Page 1
N° 459 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 24 février 2013
• Présence d’église
Pour le service du
monde de la santé
• la catéchèse
au service
de la nouvelle
évangélisation
•
au revoir
très saint-Père
Choisir Dieu
Page 2
Editorial
Editorial
•Compagnondevie
Mot de l'Evêque
•Aurevoir TrèsSaintPère
Eglise universelle
•MercitrèsSaint-Père
Carême
•Laconversion, lieudelarencontre
duvraiDieu(2)
•Dimanchedécisif
pourlescatéchumènes
•L’Eucharistieetlaconversion
del’écrivain
Liturgie
•Paroledominicale
Droit canonique
•Lesacrementdel’Ordre(7)
Vie du diocèse
•LaCatéchèseauservice
delaNouvelleEvangélisation
•EveilàlaFoiet AnnéedelaFoi
Pastorale de la santé
•Présenced’Eglisepourleservice
dumondedelasanté
Mouvements
•ScoutsetGuides,
l’expériencehaïtienne
Médias
numéro
459
N° 459 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 24 février 2013
• PRÉSENCE D’ÉGLISE POUR LE SERVICE DU
MONDE DE LA SANTÉ
• LA CATÉCHÈSE
AU SERVICE
DE LA NOUVELLE
ÉVANGÉLISATION
•
AU REVOIR
TRÈS SAINT-PÈRE
Choisir Dieu
S ommaire
Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
tirage : 8 000 exeMplaires
i.s.s.N. 0759-4895
Commission paritaire N° 1115L87225
Ad m i n i s t r At i o n – ré d Ac t i o n Archevêché de la Martinique
Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70
se r v i c e d e s Ab o n n e m e n t s Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586
97207 Fort de France Cédex
Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.cef.fr
archeveche-martinique@wanadoo.fr
D
is-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. La vie de famille
et l’organisation de la vie sociale amènent à se rencontrer,
à se fréquenter les uns les autres, à se frotter aux mêmes
personnes pour confronter ses manières de voir et pour collaborer
aux mêmes tâches.
Aujourd’hui, le phénomène associatif se développant dans de
nombreux domaines entraîne, même inconsciemment, une forme
subtile de mimétisme entre les personnes. L’uniforme ou la mode,
comme signe extérieur, joue sur l’identification et l’appartenance
de quelqu’un à un même groupe.
Ce qui est possible dans le domaine sociologique l’est moins dans
une relation spirituelle. Le croyant, dans la prière, fréquente
régulièrement un être spirituel qui est plus intérieur à lui-même
que lui-même. Pour éviter le risque de se méprendre sur l’identité
de celui que l’on rencontre, un effort de lucidité est demandé dans
ce rapport au Tout-Autre, lui l’infiniment différent de ce que l’on
peut connaître de lui.
Notre guide en la circonstance est le Christ Jésus. C’est lui le
Chemin, la Vérité, la Vie. Il est le révélateur qui nous conduit par
la lumière de son Esprit. Ouvrir sa vie à la présence du Christ Jésus,
à sa Parole, à son Esprit, a comme effets de convertir la personne,
de réorienter son parcours dans l’existence.
Nous n’aurons jamais fini de faire mourir nos représentations de
Dieu, que nous utilisons comme échafaudage pour aller vers lui, mais
qui, en réalité, sont des béquilles dont l’origine est la projection de
nos fantasmes et de notre volonté de puissance sur lui.
A l’extrême, l’actualité donne de tristes exemples de fanatiques
religieux qui revendiquent la défense de la cause de Dieu et qui, en
son nom, font exploser des innocents. En réalité, ils prennent un
masque religieux pour faire triompher leur idéologie par la force et
la violence.
Le religieux, comme phénomène humain, n’est pas nécessairement
bon. Il doit être soumis à un discernement dont le critère de base
est le bien et le respect de toute personne créée à la ressemblance
de Dieu. La compagnie de Jésus permet une lente imprégnation de
tout l’être.
Le chemin d’initiation à la vie en Christ ne s’arrête pas à la
connaissance de base des éléments premiers de la foi ni même à la
réception des sacrements, mais il doit se poursuivre dans la fidélité
à quelqu’un, Jésus, qui est toujours à nos côtés, quels que soient les
aléas de la vie.
Père Jean de Coulanges n
2
3
Compagnon de vie
Photo de couverture : P. Luc Philippon - Foyer de Charité - Trinité
5
7
10
11
12
14
16
1 5
18
19
8
Page 3
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
3
Mot de l'Evêque
Au revoir Très Saint-Père
L
e 11 février 2013 restera à
jamais inscrit dans toutes les
mémoires. C’est ce jour-là,
fête de Notre-Dame de Lourdes
et Journée Mondiale des Malades,
que le Pape Benoît XVI choisit
pour annoncer, à la stupeur du
monde entier, qu’il renonçait à
ses fonctions d’Evêque de Rome
ainsi qu’à son ministère pétrinien
desuccesseur de Pierre, le chef
des Apôtres.
S’exprimant en latin, le Pape avait
motivé sa décision en disant :
Après avoir examiné ma conscience
devant Dieu, à diverses reprises, je
suis parvenu à la certitude que mes
forces, en raison de l'avancement
de mon âge, ne sont plus aptes à
exercer adéquatement le minis-
tère pétrinien. Cependant, dans
le monde d'aujourd'hui, sujet à de
rapides changements et agité par
des questions de grande impor -
tance pour la vie de la foi, pour
gouverner la barque de saint-
Pierre et annoncer l'Évangile, la
vigueur du corps et de l'esprit est
aussi nécessaire, vigueur qui, ces
derniers mois, s’est amoindrie en
moi d’une telle manière que je
dois reconnaître mon incapacité à
bien administrer le ministère qui
m’a été confié. C’est pourquoi,
bien conscient de la gravité de cet
acte, en pleine liberté, je déclare
renoncer au ministère d’Evêque
de Rome, successeur de saint
Pierre.
Le Pape, né le 16 avril 1927 et
donc âgé de 86 ans bientôt, avait
senti ses forces bien amoindries
ces derniers mois. Déjà, en 2010,
dans son livre d’entretien avec
Peter Seewald intitulé « Lumière
du monde : le Pape, l’Eglise et les
signes du temps », lorsque le jour -
naliste lui avait demandé :
Avez-
vous pensé à vous retirer ? le Pape
avait répondu : On peut se retirer
dans un moment calme, ou quand
tout simplement on ne peut plus.
Mais on ne doit pas s’enfuir au
milieu du danger et dire : Qu’un
autre s’en occupe.
Le journaliste avait poursuivi : On
peut donc imaginer une situa-
tion dans laquelle vous jugeriez
opportun un retrait du pape ?
Et Benoît XVI avait répondu :
Oui. Quand un pape en vient à
reconnaître en toute clarté que
physiquement, psychiquement et
spirituellement il ne peut plus
assumer la charge de son minis-
tère, alors il a le droit et, selon
les circonstances, le devoir de se
retirer.
C’est ce qu’il a fait !
Le 28 février 2013, Benoît XVI ne
sera plus l’Evêque de Rome ni
le Pape souverain Pontife, mais
redeviendra simplement Joseph
Ratzinger, Evêque et Cardinal émé-
rite de la Sainte Eglise.
Neuf jours après sa démission com-
mencera le Conclave qui réunira
au Vatican les cardinaux électeurs
qui, dans l’isolement et la prière, auront la charge de désigner celui
qui prendra la succession du Saint-
Père.
Nous sommes invités à les soutenir
par notre prière afin que l’Esprit
Saint les éclaire et leur permette
de faire le bon choix.
Nous sommes invités aussi à dire
notre reconnaissance au Seigneur
pour nous avoir donné ce serviteur
fidèle de l’Eglise qu’a été Joseph
Ratzinger tout au long de sa vie
de prêtre, d’évêque et, pendant
huit ans, en tant que Pape, assu-
rant son ministère pétrinien de
manière exemplaire, humble et
courageuse, nous disant par son
abnégation que Dieu est Amour
(Deus Caritas est : le titre de l’une
de ses encycliques).
La bombe de la renonciation
du Saint-Père a laissé l’Eglise
Catholique en état de choc, mais
pas au point de lui faire oublier
que, depuis le mercredi des cen-
dres, 13 février, elle est entrée dans
le temps du Carême.
L’Eglise particulière de Martinique,
par un indult du Pape (c’est-à-dire
une autorisation spéciale) vieux de
Page 4
Mot de l'Evêque (suite)
plus de trente-cinq ans, n’a com-
mencé ce temps liturgique que deux
jours plus tard . Cette particularité
est due au fait que le mercredi des
cendres, jour de pénitence par excel-
lence, est à la Martinique le jour où
le carnaval atteint son paroxysme
avec l’incinération de
Vaval sur la
place publique, au terme d’une
frénétique liesse populaire et d’un
interminable vidé , c’est-à-dire défilé
de carnavaliers revêtus de noir et
de blanc.
Le temps liturgique du Carême
commençant par un rite pénitentiel
qui est l’imposition des Cendres,
et les fidèles confondant ces cen-
dres liturgiques avec les cendres de
Vaval incinéré en fin d’après-midi,
ce fut une raison supplémentaire
pour l’Eglise de Martinique, suivie
par celle de Guadeloupe et celle
de Guyane, de demander à Rome
et d’obtenir l’autorisation de com-
mencer le Carême le vendredi sui-
vant le mercredi des cendres.
Quoi qu’il en soit, l’Eglise catholi-
que universelle est maintenant en
Carême, temps liturgique qui dure
quarante jours comme l’indique
son étymologie et qui prépare à
la fête de Pâques, fondatrice de
la foi des chrétiens, fête qui célè- bre la mort et la Résurrection du
Seigneur Jésus.
Le Jour de Pâques, les catéchu-
mènes définitivement appelés par
l’Evêque reçoivent le baptême qui
les fait passer de leur condition de
païen à la liberté des enfants de
Dieu. Ils reçoivent en même temps
le sacrement qui confirme leur
baptême et accèdent à l’Eucha-
ristie, tandis que les baptisés qui
les accompagnent renouvellent les
promesses de leur baptême.
Contrairement à l’idée que l’on s’en
fait, le Carême n’est pas un temps
de tristesse et de privation. Il est,
certes, un temps d’entraînement
comme ce temps que s’impose
le sportif qui veut participer aux
Jeux olympiques ou simplement au
semi-marathon de Fort-de-France.
Il s’impose, certes, des privations
et des changements dans ses habi-
tudes, son régime alimentaire, son
sommeil et bien d’autres domai-
nes, mais ce n’est pas dans le but
de se faire souffrir
; au contraire,
dans le but de savourer la joie de
la victoire sur soi-même d’abord et
sur les autres, ensuite.
Le Carême rappelle que notre vie
a du prix. Nous n’avons pas le droit
d’en faire n’importe quoi. Nous
devons nous préoccuper du sens à
donner à notre vie, car l’homme ne
vit pas que de pain mais il se nourrit
de toute parole qui sort de la bouche
de Dieu. Donc, prendre le temps de
laisser Dieu nous parler par la Bible,
mais aussi par sa parole incarnée
dans l’Eglise, dans les sacrements et
dans nos frères les hommes.
Dieu attend de dialoguer avec
nous. La prière est une conversa-
tion avec Dieu, à condition que
nous prenions le temps de l’écouter
après lui avoir dit : Parle, seigneur,
ton serviteur écoute. La Parole de
Dieu nous renvoie toujours vers nos
frères en nous invitant à nous faire
proches d’eux par notre sympathie,
notre empathie, notre solidarité,
notre partage. En fait, en leur don-
nant notre cœur.
Que nous sachions mettre à profit
ce temps de grâce en nous por -
tant les uns les autres dans une
prière confiante au Seigneur. C’est
la grâce que nous pouvons mutuel-
lement nous souhaiter.
Bon Carême à tous !
+ Michel Méranville,
Archevêque
n
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
4
Eglise
en Martinique
Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
Eglise en Martinique
Boîte Postale 586
97 207 FORT de FRance cede X
MARTiNiquE 40 €
GuADElOupE 44 €
Guy ANE 44 €
FRANCE et étranger 50 €
Oui, je m’abonne !
Nom : ........................................................................\
..................................................................................
Prénom : ........................................................................\
...........................................................................
Adresse : ........................................................................\
...........................................................................
Mail : ........................................................................\
......................................................................................
Tél. ........................................................................\
........................
Code Postal ..................................
Ville ........................................................................\
.........................................................................................
Page 5
1. Aux sources de vos plus
grandes aspirations
A chaque époque, et de nos jours
encore, de nombreux jeunes sont
habités par le profond désir que
les relations entre les personnes
soient vécues dans la vérité et dans
la solidarité. Beaucoup manifestent
l’aspiration à construire de vraies
relations d’amitié, à connaître un
amour vrai, à fonder une famille
unie, à atteindre une stabilité
personnelle et une réelle sécurité,
qui puissent leur garantir un avenir
serein et heureux.
Certes, me souvenant de ma
jeunesse, je sais bien que stabilité
et sécurité ne sont pas des
questions qui occupent le plus
l’esprit des jeunes. S’il est vrai
que la recherche d’un emploi qui
permette d’avoir une situation
stable est un problème important
et urgent, il reste que la jeunesse
est en même temps l’âge de la
recherche d’un grand idéal de
vie. Si je pense à mes années
d’alors, nous voulions simplement
ne pas nous perdre dans la
normalité d’une vie bourgeoise.
Nous voulions ce qui est grand,
nouveau. Nous voulions trouver la
vie elle-même dans sa grandeur et
sa beauté. Bien sûr, cela dépendait
aussi de notre situation. Durant la
dictature du national-socialisme
et la guerre, nous avons été,
pour ainsi dire, "enfermés" par le
pouvoir dominant. Nous voulions
donc sortir à l’air libre et entrer
dans toutes les potentialités
de l’être humain. Je crois que,
dans un certain sens, cet élan
qui pousse à sortir de l’habitude
existe à toutes les générations.
Désirer quelque chose de plus
que la routine quotidienne d’un
emploi stable et aspirer à ce qui
est réellement grand, tout cela
fait partie de la jeunesse. Est-ce
seulement un rêve inconsistant,
qui s’évanouit quand on devient
adulte ? Non, car l’homme est
vraiment créé pour ce qui est
grand, pour l’infini. Tout le reste
est insuffisant, insatisfaisant. Saint
Augustin avait raison : Notre cœur
est inquiet tant qu’il ne repose en
Toi. Le désir d’une vie plus grande
est un signe du fait qu’Il nous
a créés, que nous portons son
"empreinte". Dieu est vie, et pour
cela, chaque créature tend vers la
vie. De façon unique et spéciale,
la personne humaine, faite à
l’image et à la ressemblance de
Dieu, aspire à l’amour, à la joie
et à la paix.
Eglise universelle
Merci T rès Saint-Père
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
5
Le monde entier a appris avec surprise, le lundi 11 février 2013, la décision
du pape Benoît XVI de se retirer de la lourde charge de diriger l’Eglise. Une
décision mûrement réfléchie dans la foi et l’amour du Christ et de l’Eglise.
De manière exceptionnelle, la fin du pontificat de Benoît XVI ne coïncide pas avec
la fin de sa vie. Sa vie continue au service de l’Eglise dans la prière et la réflexion.
Ce contexte nous a semblé favorable à une relecture du message où il se livrait
aux jeunes à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid.
Page 6
Eglise universelle (suite)
Nous comprenons alors que
c’est un contresens de prétendre
éliminer Dieu pour faire vivre
l’homme ! Dieu est la source de la
vie : l’éliminer équivaut à se séparer
de cette source et, inévitablement,
se priver de la plénitude et de la
joie :
En effet, la créature sans
Créateur s’évanouit (Concile
Vatican II, Gaudium et spes, 36).
La culture actuelle, dans certaines
régions du monde, surtout en
Occident, tend à exclure Dieu ou
à considérer la foi comme un fait
privé, sans aucune pertinence
pour la vie sociale. Alors que
toutes valeurs qui fondent la
société proviennent de l’Evangile
– comme le sens de la dignité
de la personne, de la solidarité,
du travail et de la famille – on
constate une sorte d’"éclipse de
Dieu", une certaine amnésie, voire
un réel refus du christianisme et
un reniement du trésor de la foi
reçue, au risque de perdre sa
propre identité profonde.
Pour cette raison, chers amis,
je vous invite à intensifier votre
chemin de foi en Dieu, le Père
de notre Seigneur Jésus Christ.
Vous êtes l’avenir de la société et
de l’Eglise ! Comme l’apôtre Paul
l’écrivait aux chrétiens de la ville
de Colosse, il est vital d’avoir des
racines, des fondements solides !
Et cela est particulièrement vrai
aujourd’hui, quand beaucoup
de jeunes n’ont pas de repères
stables pour construire leur vie, ce
qui engendre en eux une grande
insécurité. Le relativisme ambiant,
qui consiste à dire que tout se
vaut et qu’il n’y a aucune vérité ni
aucun repère absolu, n’engendre
pas la vraie liberté mais instabilité,
déception, conformisme aux modes
du moment. Vous, les jeunes,
vous avez le droit de recevoir des
générations qui vous précèdent des
repères clairs pour faire vos choix
et construire votre vie, comme
une jeune plante a besoin d’un
tuteur, durant le temps nécessaire,
pour pousser des racines,
pour devenir un arbre solide,
capable de donner du fruit […]
2. Enracinés et fondés
dans le Christ
Pour mettre en lumière l’importance
de la foi en Dieu dans la vie des
croyants, je voudrais m’arrêter sur
les trois expressions employées
par saint Paul dans cette citation :
Enracinés et fondés en Christ,
affermis dans la foi. Nous pouvons
y voir trois images. "Enraciné"
évoque l’arbre et les racines qui
le nourrissent. "Fondé" se réfère
à la construction de la maison.
"Affermi" renvoie à la croissance de
la force physique ou morale […]
Etendre ses racines, c’est donc mettre
sa confiance en Dieu, dans la foi. En
Dieu nous puisons notre vie […]
Il y a un moment, durant la
jeunesse, où chacun de nous se
demande : quel sens a ma vie ?
Quel but, quelle direction ai-je le
désir de lui donner ? C’est une
étape fondamentale, qui peut
tourmenter l’âme, parfois même
longtemps. On pense au genre de
travail à entreprendre, aux relations
sociales à établir, aux relations
sentimentales à développer…
Dans ce contexte, je repense à ma
jeunesse. D’une certaine façon, j’ai
bien eu conscience que le Seigneur
me voulait comme prêtre. Mais
ensuite, apraès la guerre, quand
au séminaire et à l’université j’étais
en chemin vers ce but, j’ai eu à
reconquérir cette certitude. J’ai dû
me demander : est-ce vraiment ma
voie ? Est-ce vraiment la volonté
du Seigneur pour moi ? Serais-je
capable de Lui rester fidèle et
d’être totalement disponible, à son
service ? Prendre une telle décision
ne se fait pas sans souffrance. Il
ne peut en être autrement. Mais
ensuite a jailli la certitude : c’est
bien cela ! Oui, le Seigneur me
veut, Il me donnera donc la force.
En l’écoutant, en marchant avec
Lui, je deviens vraiment moi-même.
Ce qui importe, ce n’est pas la
réalisation de mes propres désirs,
mais Sa volonté. Ainsi, la vie devient
authentique […]
Etre fondé en Christ, c’est répondre
concrètement à l’appel de Dieu, en
mettant notre confiance en Lui et
en mettant en pratique sa Parole.
[…] Vous aussi, efforcez-vous tous
les jours de suivre la Parole du Christ.
Ecoutez-le comme l’Ami véritable
avec qui partager le chemin de
votre vie. Avec Lui à vos côtés,
vous serez capables d’affronter
avec courage et espérance les
difficultés, les problèmes, ainsi que
les déceptions et les échecs. […]
3. Affermis dans la foi
Dans ce contexte culturel, […] il
y a un fort courant "laïciste", qui
veut supprimer Dieu de la vie des
personnes et de la société, projetant
et tentant de créer un "paradis"
sans Lui. Or l’expérience enseigne
qu’un monde sans Dieu est un
"enfer" où prévalent les égoïsmes,
les divisions dans les familles, la
haine entre les personnes et les
peuples, le manque d’amour, de
joie et d’espérance. […]
C’est pourquoi moi aussi, en tant
que successeur de l’apôtre Pierre,
je désire vous affermir dans la foi
(cf.
Lc 22, 32 ). […]
4. Croire en Jésus
sans le voir
Chers jeunes, apprenez à "voir", à
"rencontrer" Jésus dans l’Eucharistie,
là où Il est présent et proche jusqu’à
se faire nourriture pour notre
chemin ; dans le sacrement de la
Pénitence, dans lequel le Seigneur
manifeste sa miséricorde en offrant
son pardon. Reconnaissez et servez
Jésus aussi dans les pauvres, les
malades, les frères qui sont en
difficulté et ont besoin d’aide. […]
Ne vous laissez pas décourager,
cherchez plutôt le soutien de la
communauté chrétienne, le soutien
de l’Eglise!
S.S. Benoît XVI, 6 août 2010 n
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
6
Page 7
J
e vais vous citer juste quelques
passages d’une lettre d’un
moine cistercien écrite à
l’occasion de la Toussaint :
« Voici un petit coucou à l’occasion
de la fête de tous les Saints. Le
temps de nous réjouir ensemble de
notre vocation : devenir un saint,
une sainte… ! Vous ne croyez pas ?
C’est si simple ! Devenir un saint,
c’est tout simple. La difficulté, s’il
y en a une, n’est pas d’être saint
mais d’être simple ! La sainteté
est à l’opposé de la perfection
telle qu’on imagine celle-ci
habituellement. Heureusement !
La sainteté est bien une perfection,
mais ce n’est pas
l’autoperfection .
Ce n’est pas une perfection que
l’on atteint par soi-même. C’est
une perfection que l’on reçoit
d’un Autre. La sainteté, c’est
la perfection de Dieu. Or, la
perfection de Dieu ne peut être
que la perfection de l’Amour.
La sainteté est la perfection de
l’amour. Mais qu’est-ce qu’aimer ?
Aimer, c’est faire de l’autre mon
créateur ; aimer, c’est accepter
d’être achevé par l’autre. Donc
j’aime Dieu en acceptant d’être
créé par son amour, en acceptant
de n’avoir que ceci devant Dieu,
ceci qui me comble : être aimé de
lui. Au fond – et c’est là sans doute
la pointe subtile de notre tendance
profonde à vivre pour nous-mêmes
et par nous-mêmes – nous avons
du mal à accepter d’être aimés,
à tenir ainsi sans appui sur nous-
mêmes. Nous voici à même de
comprendre que, pour devenir un
saint, il n’y a rien à faire ! Il suffit
de se laisser faire ! Se laisser faire
par Dieu ! Laisser Dieu être Dieu, c’est se laisser aimer et cela
suffit pour devenir le plus
grand des saints. L’homme
n’a plus qu’un travail
:
s’ouvrir au travail de Dieu.
Comme le confirme saint
Irénée :
Le propre de Dieu
est de faire, et le propre de
l’homme est de se laisser
faire.
C’est cela la sainteté,
l’accomplissement de soi
par un autre que soi qui est
Dieu. C’est cela la sainteté,
non pas une plénitude que l’on
se donne, mais que l’on reçoit,
dans la mesure où l’on ouvre
notre pauvreté à cette plénitude
divine ».
Jésus disait à Nicodème :
Le vent
souffle où il veut et tu entends sa
voix, mais tu ne sais pas d’où il
vient, ni où il va. Ainsi en est-il de
quiconque est né de l’Esprit
(Jn
3,8). La conversion – l’appel à la
sainteté – à laquelle nous appelle
le Christ est donc de partir sur le
chemin que son Père, et notre
Père, nous indiquera au fur et
à mesure : ce chemin peut être
tortueux, mais Dieu écrit droit avec
des lignes courbes, dit-on.
On pense généralement que la
conversion est quelque chose de
mystérieux qui est donné tout à
coup d'En-Haut – d'habitude par
une expérience profondément
émotionnelle – et nous transforme
en un géant spirituel dans l'espace
d'une nuit. Le Nouveau Testament
enseigne que la vraie conversion
se réalise dans une croissance
graduelle et par des changements
opérés en nous par la puissance
du Christ. C'est pourquoi nul
ne peut prétendre être "arrivé"
spirituellement ; nous cherchons
tous à marcher avec Christ plus
étroitement de jour en jour et à
Lui ressembler davantage.
Je vous disais au début qu’il ne
s’agit pas tant de dire la conversion
que de la vivre. Aussi, je vais vous
laisser ici avec les mots d’un grand
converti, le grand saint Paul, dont
nous avons célébré la conversion
le 25 janvier dernier : Frères,
pour moi-même je n'estime pas
encore avoir saisi le prix ; mais
je fais une chose : oubliant ce
qui est en arrière et tendant vers
ce qui est en avant, je cours vers
le but pour obtenir le prix de la
vocation céleste de Dieu en Christ
Jésus (Ph 3,13-14). A chacun donc,
durant ce carême 2013, de trouver
son chemin de Damas qui passe
par la réflexion proposée dans le
précédent numéro de notre revue :
Foi – Prière – Conversion. Que ce
carême nous permette, grâce à
elle, de nous laisser mieux façonner
et convertir par le Seigneur !
P. Patrick-Alexis Phanor,
Curé de Morne-Rouge et Prêcheur
n
Carême
La conversion,
lieu de la rencontre du vrai Dieu (2)
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
7
Nous vous présentons la fin de la réflexion du père Patrick-Alexis Phanor sur la
conversion, commencée dans le précédent numéro de notre revue.
Page 8
Carême
Le dimanche 17 février 2013, premier dimanche de carême, à 15 heures, à
l’église Emmaüs de Rivière-Roche, la célébration de l’Appel décisif a rassemblé
trente-huit catéchumènes adultes du diocèse parvenus au terme de leur temps
de catéchuménat.
Dimanche décisif
pour les catéchumènes
C
ette célébration était prési-
dée par notre archevêque,
Mgr Michel Méranville. Il a
appelé nominativement ces adul-
tes qui lui ont demandé de les
admettre aux trois sacrements de
l’initiation chrétienne : le baptême,
la confirmation et l’eucharistie.
L’étape de l’appel décisif est
le rituel qui clôture le temps du
catéchuménat qui s’échelonne
sur deux ou trois années, et
même quatre ans pour certains.
C’est un temps qui va mener le
catéchumène à la maturation de
sa vocation chrétienne ; le but est
d’entrer dans le temps de Dieu qui
n’est pas le temps de l’homme.
Le cheminement vers le baptême
est vécu non pas comme un but
à atteindre, mais comme une
ouverture vers une nouvelle étape,
celle de la vie chrétienne ordinaire
dans laquelle les sacrements reçus
vont se déployer avec l’aide de la communauté et de l’Esprit-Saint.
L’appel décisif est donc une étape
importante pour ces adultes, ceux
qui les connaissent et qui ont été
pour eux des aînés dans la foi. La
présence du curé de leur paroisse,
de leurs accompagnateurs, de leurs
parrains et marraines témoigne de
leur attachement au Christ.
Chaque appelé inscrit son nom
sur le registre diocésain. Cette
inscription du nom leur permet
d’accéder au troisième temps
de leur cheminement, qui sera
le temps de la purification et de
l’illumination.
C’est le moment pour le
catéchumène de prendre
conscience du chemin parcouru
et de s’ouvrir librement à la grâce
du Seigneur. Ce temps est l’unique
période du catéchuménat qui a
une durée
: quarante jours. Il
coïncide avec le carême et tient
plus de la retraite spirituelle que
de la catéchèse. C’est le temps
de l’ultime préparation avant les
prochaines fêtes pascales où les
catéchumènes continueront à se
purifier par l’écoute de la Parole de
Dieu, la prière et le renoncement à
soi-même, et débouche sur l’étape
des scrutins (1) célébrés en paroisse
au cours de l’eucharistie des 3 ème ,
4 ème et 5 ème dimanches de carême.
Le carême est un temps de grâce
pour les chrétiens pour se convertir
et croire à l’évangile.
Le temps de la purification et
de l’illumination se termine par
l’administration des sacrements
dans les paroisses à la veillée
pascale. Les catéchumènes, après
avoir été plongés dans l’eau du
baptême, reçoivent le sacrement
de la confirmation et communient
au Christ par le sacrement de
l’eucharistie. Ils cessent alors d’être
des catéchumènes pour devenir
des néophytes (2), littéralement des
nouvelles plantes. ils sont une
création nouvelle, ils ont revêtu
le Christ.
S’ensuit le temps de la mystagogie (3)
qui va jusqu’à la Pentecôte.
Le 26 février 2012, la célébration de
l’appel décisif avait réuni autour de
l’évêque cinquante et un candidats.
Aussi, malgré la sécularisation de
notre société, il est heureux de
constater que des hommes et des
femmes viennent frapper à la porte
de notre église, des hommes et des
femmes en quête d’une rencontre
avec quelqu’un : le Christ.
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
8
Page 9
9
Elodie Vernon (paroisse de Redoute)
J'ai 27 ans et je suis issue d'une famille de deux
enfants. Mon père est catholique non pratiquant.
Ma mère est également catholique mais a fréquenté
les Témoins de Jéhovah et m'y a emmenée de l’âge
de 6 ans à 12 ans environ. Depuis, je n'ai eu aucune
pratique religieuse.
invitée par des cousines catholiques à une messe,
j'ai été interpellée par la beauté des chants et par la
célébration eucharistique. J'ai ressenti à ce moment-
là le désir d'en connaître un peu plus. Après mûres
réflexions et m’être renseignée, j'ai fait le choix de la
religion catholique.
Cela fait trois ans que je chemine sur la paroisse
de Redoute afin de recevoir les sacrements de
l'initiation chrétienne. Ma participation aux messes,
aux différentes récollections avec d'autres candidats
aux sacrements, le parcours catéchuménal, me
permettent de me nourrir de la Parole de Dieu et
d'approfondir ma foi. C'est avec beaucoup de joie
que je vis tout cela pour m'approcher du seigneur.
Découvrir le seigneur me permet de dire qu'il est
merveilleux parce qu'il a créé tout ce qui m'entoure
et que je peux admirer. Après la réception des
sacrements de l'initiation chrétienne, je souhaite
m'engager en intégrant un mouvement paroissial
pour mieux vivre ma foi dans la communauté.
Jean-Louis Nabajoth (paroisse du François)
Né à Paris, je suis revenu à la Martinique avec ma
mère à l’âge de 18 ans. Dès mon arrivée, je tombai
malade et fus admis au centre HPC, centre spécialisé
de Colson, où l’on diagnostiqua une faiblesse mentale.
Après un an d’hospitalisation, j’ai pu reprendre mes
études jusqu’en terminale. On me trouva une famille
d’accueil à qui je demandai de me porter sur les fonts
baptismaux. Avec eux j’ai appris à connaître Dieu, j’ai
découvert la messe. il est vrai qu’auparavant j’avais
croisé la route du père Zaïre qui voulait être mon
parrain. Mais, à l’époque, je n’avais pas compris cet
appel de Dieu. Malgré mon handicap, j’ai réalisé la
volonté du Tout-Puissant qui a posé la main sur moi ;
il m’a donné une mission que personne d’autre ne peut
remplir à ma place. J’ai choisi de cheminer et suis fier
d’être devenu un fils adoptif de Dieu et de faire partie
de sa grande famille, l’Eglise. A l’âge de 61 ans, j’ai
reçu avec joie, le dimanche 17 février dernier, les trois
sacrements de l’initiation chrétienne. Je remercie mon
accompagnateur, ma famille d’accueil, ainsi que mes
deux tuteurs pour leur soutien et leur encouragement
dans toutes mes démarches. Fils unique abandonné de
mes parents mais recueilli par Dieu, je veux persévérer
et approfondir ma vie chrétienne. Vraiment, Dieu est
vivant et c’est un Dieu d’amour !
Témoignages de néophytes
Cette Année de la Foi sera une occasion propice
pour nous chrétiens de cultiver le don de la foi
afin de témoigner de notre espérance et, comme
nous y invite le pape Benoît XVI, que nous puissions
faire découvrir aux chercheurs de Dieu que sont les
catéchumènes, la foi dans son intégrité et toute sa
splendeur.
Marie Bourdet,
Service diocésain du catéchuménat
n
(1) Dans le vocabulaire ecclésial, le mot scrutin rassemble trois sens : c'est une célébration
au cours de laquelle le candidat au baptême est appelé à se placer devant la grandeur de
l'appel de Dieu, examiné sur sa progression dans la vie chrétienne et encouragé à lutter
contre le mal.
(2) Du grec neos, nouveau et phutos, plante, de phuein, naître. Souvent traduit par "nouvelles ou jeunes plantes" : nouveau baptisé.
(3) Du grec mustes, initié et agein, conduire. C'est, pour les nouveaux baptisés, un temps
d'approfondissement de la foi et d'incorporation à la communauté c\
hrétienne.
Communiqué Le Service DiocéS ain Du catéchuménat
vous informe qu’une formation sera dispensée au profit des catéchumènes et
recommençants adolescents et adultes, le samedi 9 mars 2013, de 8h à 12h.
Thème de la formation :
Les sacrements . (le lieu sera précisé ultérieurement) .
Page 10
André Frossard, journaliste et écrivain athée du XX ème , converti à l’âge de 20
ans au catholicisme, raconte sa conversion soudaine dans un livre à succès :
Dieu existe, je l'ai rencontré (1969). En voici quelques extraits.
L’Eucharistie et
la conversion de l’écrivain
A
ndré Frossard écrit dans
son livre comment eut lieu
cette conversion. Jusqu’à
ses derniers jours, il n’a fait que
dire :
Depuis que j’ai rencontré
Dieu, je ne puis m’habituer à
son mystère. Chaque jour est une
nouveauté pour moi. si Dieu existe,
je dois le dire ; si le Christ est le Fils
de Dieu, je dois le crier ; s’il y a la
vie éternelle, je dois la prêcher.
« En entrant à 5h10 dans une
chapelle du Quartier Latin de
Paris pour rencontrer un ami,
j’en suis sorti cinq minutes plus
tard en compagnie d’une amitié
qui n’était pas de ce monde. En
entrant, j’étais sceptique et athée,
mais plus encore indifférent et
préoccupé par bien d’autres choses
que par un Dieu que je ne cherchais
même plus à nier... Debout devant
la porte, je cherchais des yeux mon
ami sans arriver à le reconnaître...
mon regard passait de l’ombre à la
lumière... des fidèles aux religieuses,
à l’autel... »
« Mon regard s’arrêta sur la
deuxième bougie qui brûlait à
gauche de la croix (j’ignorais
me trouver en face du Saint-
Sacrement). Et voilà que, tout à
coup, se déchaînent une série de
prodiges d’une violence inépuisable
qui vont démolir en un instant
l’être absurde que je suis, pour
faire naître le garçon stupéfié que
je n’ai jamais été... D’abord, je
me sentis souffler ces mots : “Vie
spirituelle”... comme s’ils étaient
prononcés à voix basse... puis une
grande lumière... un monde, un
autre monde d’une splendeur
et d’une richesse qui, du coup,
renvoient le nôtre parmi les ombres
fragiles des rêves non réalisés...
l’évidence de Dieu... duquel je sens
toute la douceur... une douceur
active, bouleversante, bien au-delà
de la violence, capable de briser la
pierre la plus dure et, plus dur que
la pierre, le cœur humain.
son irruption débordante et totale
s’accompagnait de la joyeuse
allégresse de celui qui est sauvé
d’un naufrage juste à temps. Ces
sensations, que j’ai de la peine à
traduire dans un langage inadapté
aux idées et aux images, se suivent
en même temps... Tout est dominé
par la présence de Celui dont je ne
pourrai plus jamais écrire le nom
sans avoir la crainte de blesser sa
tendresse. Celui devant qui j’ai la
chance d’être un fils pardonné qui
se réveille pour apprendre que tout
est don ».
Frossard commentait : « Dieu existe
et il était présent, révélé, caché par
cette lumière qui, sans discours
ni images, faisait comprendre
l’Amour... Une seule chose me
surprend : l’Eucharistie. J’étais
stupéfait que la charité divine
ait trouvé ce moyen inouï pour
communiquer et surtout qu’elle ait
choisi le pain pour le faire. Le pain
qui est l’aliment du pauvre et celui
préféré des enfants... ».
Frossard termina sa confession avec
ces très belles paroles : « Amour,
pour parler de toi, l’éternité sera
trop courte. »
n
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
10
Carême
Depuis que j’ai
rencontré Dieu, je ne
puis m’habituer à Son
mystère. Chaque jour
est une nouveauté pour
moi. Si Dieu existe, je
dois le dire ; si le Christ
est le Fils de Dieu, je
dois le crier ; s’il y a la
vie éternelle, je dois la
prêcher.
Page 11
24 février 2013
L a P arole D ominicale
Genèse15,5-12.17-18a•Psaume26•Philippiens3,17-21;4,1•Luc9,28b-36
2 ème dimanche de carême
Année C
L
e premier dimanche de
carême, nous avons vu Jésus
conduit par l’Esprit à travers le
désert, affrontant le mal et victorieux
du tentateur. Aujourd’hui, Jésus
transfiguré nous fait percevoir un
avant-goût de la résurrection.
Jésus prit avec lui Pierre, Jean et
Jacques, et il alla sur la montagne
pour prier. Pendant qu’il priait,
son visage apparut tout autre, ses
vêtements devinrent d’une blan-
cheur éclatante. Et deux hommes
s’entretenaient avec lui : c’était
Moïse et Élie, apparus dans la
gloire. ils parlaient de son départ
qui allait se réaliser à Jérusalem.
Jésus est le Fils bien-aimé du Père
qui resplendit de la gloire de Dieu,
de son Amour infini. Il vivra la
défiguration et il sera entouré des
mêmes apôtres Pierre, Jacques et
Jean. Les autres apôtres, demeu-
rent un peu plus loin. Pierre aura
de la peine à supporter le spectacle
de l’agonie, comme aujourd’hui
il a de la peine à supporter celui
de la Transfiguration ! Jésus est
glorifié devant lui : des rayons de
soleil autour de la tête, ses vête-
ments d’une blancheur éclatante.
La gloire de Dieu se manifeste
quand l’humanité vit divinement
sa vie d’enfant de Dieu ; elle est
l’épanouissement de son amour
dans notre vie. La gloire de Dieu
commence pour nous quand
Jésus descend du ciel dans le sein
de la Vierge Marie pour y revêtir
notre humanité. Avec cette nature
humaine, il va vaincre le mensonge,
la haine et l’enfer. La gloire de
Dieu est cette victoire de l’Amour
de Dieu sur toute obscurité. Jésus
est transfiguré quand il vit l’agonie
et qu’il nous sauve sur la croix, il
s’abandonne dans l’amour même
de son Père. Jésus, dans la tristesse
jusqu’à en mourir, ne cédera pas à
cette tristesse, Il demeurera dans
l’amour de Dieu.
Pierre et ses compagnons étaient
accablés de sommeil ; mais, se
réveillant, ils virent la gloire de
Jésus, et les deux hommes à ses
côtés. Ces derniers s’en allaient,
quand Pierre dit à Jésus : "Maître,
il est heureux que nous soyons
ici ! Dressons donc trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et
une pour Élie". il ne savait pas
ce qu’il disait. Pierre n’avait pas
fini de parler, qu’une nuée survint
et les couvrit de son ombre ; ils
furent saisis de frayeur lorsqu’ils
y pénétrèrent.
Jésus, le Fils du Père, l’enfant de
Marie immaculée, unit en lui le ciel
et la terre : Il est vraiment le Fils
bien aimé du Père et l’enfant de
Marie. Il marche vers Jérusalem.
Aujourd’hui, c’est l’épisode de la
Transfiguration sur la montagne et
les disciples Pierre, Jacques et Jean
sont témoins de cet événement.
Ils seront aussi témoins de l’ago-
nie de Jésus. Au baptême, quand
Jésus est plongé dans les eaux du
Jourdain, Jean-Baptiste dira : C’est
moi qui devrais être baptisé par toi.
Jésus répondit : Laisse faire, il faut
que toute justice s’accomplisse. À
l’agonie, Il vivra la défiguration ! La
gloire de Dieu est dans la victoire
de l’Amour sur tout mal : Tu es mon
enfant, tu es mon bien-aimé, en toi
j’ai mis tout mon amour.
Et, de la nuée, une voix se fit
entendre : "Celui-ci est mon Fils,
celui que j’ai choisi, écoutez-le".
Quand la voix eut retenti, on ne
vit plus que Jésus seul. Les disci-
ples gardèrent le silence et, de ce
qu’ils avaient vu, ils ne dirent rien
à personne à ce moment-là.
Père, dira Jésus à l’agonie, non pas
ma volonté, mais ta volonté. Jésus
vit ce moment dans l’abandon
à son Père et à l’humanité qu’Il
sauve. Cet amour vainqueur nous
est donné. Notre transfiguration
sera de vivre du même amour et
aujourd’hui nous pouvons déjà
en vivre. Avec Jésus, dans l’Esprit-
Saint, nous gardons le sourire dans
l’adversité. L’amour de Dieu est
vainqueur. Si nous bâtissons la
communauté avec des frères et
des sœurs, malgré les contradic-
tions de la vie, nous demeurons
dans l’amour, nous sommes déjà
transfigurés. La transfiguration est
notre fidélité à l’amour infini de
Dieu dans le quotidien. C’est la vic-
toire de l’amour que nous portons
en Jésus Christ. Immergés dans le
Christ, dans son amour infini, nous
sommes vainqueurs.
Cette espérance de la résurrec-
tion transfigure-t-elle notre vie,
qu'il s'agisse de nos luttes, de nos
souffrances, de notre travail ?
Cherchons-nous, dans la prière, à
connaître le regard que Dieu porte
sur nos vies ? Là où nous ne voyons
qu'échec, mort et misère, Dieu voit
triompher la vie.
P. Gaby Lémy
Curé du Lamentin
n
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
11
Page 12
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
12
Droit canonique
C
omment comprendre dans
la culture contemporaine
une telle dimension, qui
implique le concept d’autorité
et qui trouve son origine dans le
mandat même du Seigneur de
paître son troupeau ? Qu’est-ce
réellement, pour nous chrétiens,
que
l’autorité ? Les expériences
culturelles, politiques et historiques
du passé récent, notamment les
dictatures en Europe de l’Est et
de l’Ouest au XX
ème siècle, ont
rendu l’homme contemporain
suspicieux à l’égard de ce concept.
Un soupçon qui, très souvent,
se traduit dans l’affirmation
de la nécessité d’abandonner
toute autorité, qui ne vienne
pas exclusivement des hommes
et ne leur soit pas soumise, ne
soit pas contrôlée par eux. Mais
précisément si l’on regarde les
régimes qui, au siècle dernier,
ont semé la terreur et la mort,
cela nous rappelle avec force que
l’autorité, dans tous les milieux,
lorsqu’elle est exercée sans une
référence au Transcendant, se
détache de l’Autorité suprême, qui
est Dieu, et finit inévitablement
par se retourner contre l’homme. Il
est alors important de reconnaître
que l’autorité humaine n’est
jamais une fin, mais toujours
et uniquement un moyen et
que, nécessairement et à toute
époque, la fin est toujours la
personne, créée par Dieu avec
sa dignité propre intangible et
appelée à être en relation avec
son Créateur, sur le chemin
terrestre de l’existence, et dans
la vie éternelle ; c’est une autorité
exercée dans la responsabilité
devant Dieu, devant le Créateur.
Une autorité ainsi entendue, qui
ait comme but unique de servir le vrai bien des personnes et d’être
la transparence sur l’unique
Bien Suprême qui est Dieu, non
seulement n’est pas étrangère aux
hommes mais, au contraire, est
une aide précieuse sur le chemin
vers la pleine réalisation dans le
Christ, vers le salut.
L’Eglise est appelée et s’engage
à exercer ce type d’autorité qui
est service, et elle l’exerce non
à son propre titre, mais au nom
de Jésus Christ, qui a reçu du
Père tout pouvoir au Ciel et sur la
terre (cf. Mt 28,18). A travers les
pasteurs de l’Eglise, en effet, le
Christ paît son troupeau : c’est Lui
qui le guide, le protège, le corrige,
parce qu’il l’aime profondément.
Mais le Seigneur Jésus, Pasteur
suprême de nos âmes, a voulu que
le collège apostolique, aujourd’hui
les évêques, en communion avec le
Successeur de Pierre, et les prêtres,
leurs plus précieux collaborateurs,
participent à sa mission de prendre
soin du Peuple de Dieu, d’être des
éducateurs dans la foi, en orientant,
en animant et en soutenant
la communauté chrétienne,
ou comme le dit le Concile, en
veillant à ce que chaque chrétien
parvienne, dans le saint-Esprit, à
l’épanouissement de sa vocation
personnelle selon l’Evangile, à
une charité sincère et active et à
la liberté par laquelle le Christ
nous a libérés.
Chaque pasteur,
par conséquent, est l’intermédiaire
à travers lequel le Christ lui-même
aime les hommes…
Au cours des dernières
décennies, on a souvent utilisé
l’adjectif « pastoral » presque
en opposition avec le concept
de « hiérarchique », de même
que, dans la même opposition, a
également été interprétée l’idée de
« communion ». Il s’agit peut-être
là d’un point où peut être utile une
brève observation sur le terme de
« hiérarchie », qui est la désignation
traditionnelle de la structure
d’autorité sacramentelle dans
l’Eglise, ordonnée selon les trois
niveaux du sacrement de l’ordre :
épiscopat, prêtrise, diaconat. Dans
l’opinion publique prévalent, pour
cette réalité « hiérarchique »,
l’élément de subordination et
l’élément juridique ; c’est pourquoi,
Le sacrement de l’Ordre (7)
1
Il me reste donc aujourd’hui à parler de la mission du prêtre de Gouverner, de
guider, avec l’autorité du Christ et non avec la sienne, la portion du Peuple que
Dieu lui a confiée.
Le Seigneur Jésus, Pasteur suprême de nos âmes, a voulu
que le collège apostolique, aujourd’hui les évêques, en
communion avec le Successeur de Pierre, et les prêtres,
leurs plus précieux collaborateurs, participent à sa
mission de prendre soin du Peuple de Dieu, d’être des
éducateurs dans la foi, en orientant, en animant et en
soutenant la communauté chrétienne, ou comme le
dit le Concile, en veillant « à ce que chaque chrétien
parvienne, dans le Saint-Esprit, à l’épanouissement de
sa vocation personnelle selon l’Evangile, à une charité
sincère et active et à la liberté par laquelle le Christ
nous a libérés ». Chaque pasteur, par conséquent, est
l’intermédiaire à travers lequel le Christ lui-même aime
les hommes…
Page 13
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
13
à de nombreuses personnes,
l’idée de hiérarchie apparaît en
opposition avec la flexibilité
et la vitalité du sens pastoral et
également contraire à l’humilité
de l’Evangile. Mais il s’agit d’une
mauvaise compréhension du sens
de la hiérarchie, également causée
d’un point de vue historique par
des abus d’autorité et par le
carriérisme, qui sont précisément
des abus et qui ne dérivent pas
de la nature même de la réalité
« hiérarchique ». L’opinion
commune est que la « hiérarchie »
est toujours liée à la domination
et qu’elle ne correspond pas ainsi
au véritable sens de l’Eglise, de
l’unité dans l’amour du Christ.
Mais, comme je l’ai dit, il s’agit
d’une mauvaise interprétation, qui
a pour origine des abus au cours de
l’histoire, mais qui ne répond pas à
la véritable signification de ce qu’est
la hiérarchie. Commençons par le
mot. On dit généralement que
la signification du mot hiérarchie
serait « domination sacrée », mais ce
n’est pas sa véritable signification,
qui est « origine sacrée », c’est-à-
dire que cette autorité ne provient
pas de l’homme lui-même, mais
elle a son origine dans le sacré,
dans le Sacrement ; elle soumet
donc la personne à la vocation,
au mystère du Christ ; elle fait de
l’individu un serviteur du Christ et
ce n’est qu’en tant que serviteur du
Christ que celui-ci peut gouverner,
guider pour le Christ et avec le
Christ. C’est pourquoi, pour celui
qui entre dans le saint Ordre du
Sacrement, la « hiérarchie » n’est
pas un autocrate ; il entre dans un
lien nouveau d’obéissance avec le
Christ : il est lié à Lui en communion
avec les autres membres de l’Ordre
sacré, du Sacerdoce. Et le Pape
lui-même – point de référence
de tous les autres pasteurs et de
la communion de l’Eglise – ne
peut pas faire ce qu’il veut ; au
contraire, le Pape est le gardien de
l’obéissance au Christ, à sa parole
résumée dans la
regula fidei, dans
le Credo de l’Eglise, et il doit guider
dans l’obéissance au Christ et à son
Eglise. La hiérarchie implique donc
un triple lien : tout d’abord, celui
avec le Christ et l’ordre donné par
le Seigneur à son Eglise ; ensuite, le
lien avec les autres pasteurs dans
l’unique communion de l’Eglise ;
et enfin, le lien avec les fidèles
confiés à l’individu, dans l’ordre
de l’Eglise.
On comprend donc que
communion et hiérarchie ne sont
pas contraires l’une à l’autre,
mais se conditionnent. Ensemble,
elles forment une seule chose
(communion hiérarchique). Le
Pasteur est donc tel en guidant et
en protégeant le troupeau, et en
empêchant parfois qu’il se perde.
Le devoir de gouverner propre aux
prêtres n’est pas compréhensible
en dehors d’une vision clairement
et explicitement surnaturelle. Au
contraire, celui-ci, soutenu par le
véritable amour pour le salut de
chaque fidèle, est particulièrement
précieux et nécessaire également
à notre époque. Si l’objectif est
d’apporter l’annonce du Christ
et de conduire les hommes à
la rencontre salvifique avec Lui
afin qu’ils aient la vie, le devoir
de guider se présente comme un
service vécu dans un don total
pour l’édification du troupeau
dans la vérité et dans la sainteté,
allant souvent à contre-courant
et en rappelant que celui qui est
le plus grand doit devenir comme
le plus petit, et celui qui gouverne,
comme celui qui sert.
Où un prêtre peut-il puiser
aujourd’hui la force pour cet
exercice de son propre ministère,
dans la pleine fidélité au Christ et à
l’Eglise, avec un dévouement total
au troupeau ? La réponse est une
seule : dans le Christ Seigneur. La
façon de gouverner de Jésus n’est
pas celle de la domination, mais
c’est le service humble et plein
d’amour du lavement des pieds,
et la royauté du Christ sur l’univers
n’est pas un triomphe terrestre,
mais trouve son point culminant
sur le bois de la Croix, qui devient
jugement pour le monde et point
de référence pour l’exercice de
l’autorité qui soit une véritable
expression de la charité pastorale.
Les saints, et parmi eux saint Jean-
Marie Vianney, ont exercé avec
amour et dévouement leur devoir
de prendre soin de la portion du
Peuple de Dieu qui leur a été
confiée, se révélant également
des hommes forts et déterminés,
animés de l’unique objectif de
promouvoir le véritable bien des
âmes, capables de payer de leur
personne, jusqu’au martyre, pour
demeurer fidèles à la vérité et à la
justice de l’Evangile…
P. Jean-Max Renard, Vice-Official n
(1) Catéchèse du Pape Benoît XVi sur le ministère du
prêtre, audience générale du mercredi 26 mai 2010.
Où un prêtre peut-il puiser
aujourd’hui la force pour
cet exercice de son propre
ministère [l’autorité],
dans la pleine fidélité au
Christ et à l’Eglise, avec
un dévouement total au
troupeau ? La réponse est
une seule : dans le Christ
Seigneur. La façon de
gouverner de Jésus n’est
pas celle de la domination,
mais c’est le service
humble et plein d’amour
du lavement des pieds,
et la royauté du Christ
sur l’univers n’est pas un
triomphe terrestre, mais
trouve son point culminant
sur le bois de la Croix,
qui devient jugement
pour le monde et point de
référence pour l’exercice
de l’autorité qui soit une
véritable expression de la
charité pastorale.
Page 14
Vie du diocèse
Qui dit Nouvelle évangélisation, dit message nouveau de paix et de vérité qui
doit être proposé au monde d’aujourd’hui. L’annonce de la Bonne Nouvelle doit
se préciser et prendre sa source en Jésus, qui est le Chemin, la Vérité et la
Vie. C’est Lui le pédagogue de tout catéchète. Il est donc important que les
catéchètes puissent se former.
La Catéchèse au service
de la Nouvelle Evangélisation
C
’est ainsi que plus de
deux cents animateurs
du Cheminement se sont
retrouvés le 26 janvier dernier à
De Briant. Mgr Méranville nous
a accueillis avec un extrait de
l’évangile de saint Matthieu : la
parabole du Royaume des cieux
comparable à un filet qui est jeté
en mer. Le tri s’effectue quand le
filet est ramené sur le rivage. La
Bonne Nouvelle est annoncée à
tous, sans distinction, en vue du
salut…
Le temps de prière s’est effectué
à partir de l’évangile des noces
de Cana et la méditation à partir
d’une homélie de Benoît XVI. Ce
dialogue entre Jésus et Marie part
du constat d’un manque de vin
pour que la fête continue. Aux
noces de Cana, nous sommes en
présence d’un double
oui : celui
de Marie et celui de Jésus, oui
commun à la volonté du Père. Nous
devons apprendre à progresser
vers ce point de rencontre avec le
Christ pour faire la volonté du Père.
Ou i à l’appel du Christ à servir les
autres.
Marie et Jésus s’adressent à nous
pour que nous accueillions les
jeunes dans leurs difficultés afin
de leur permettre de retrouver la
paix et la joie.
Après cet échange, nous nous
sommes retrouvés par groupes
de dix à treize personnes, pour
continuer la réflexion sur le
Cheminement. Le sacrement
de la Confirmation
La Confirmation doit être reçue
dans une démarche de foi libre.
Le jeune doit choisir de suivre
librement le Christ et s’engager
à le servir dans ses frères. Par son
baptême, il a sa place dans l’Eglise.
Comme tout sacrement, il y a une
préparation et un accueil.
Exigences pour les chrétiens
Aujourd’hui, le monde est sécula-
risé : Dieu y a moins de place, on ne
croit plus en Dieu sous prétexte de
laïcité. Dans ce monde, le chrétien
est appelé à redoubler de vigilance,
à être sel de la terre et lumière
du monde,
à témoigner par une
vie qui va édifier ses frères ; en un
mot, à devenir missionnaire. Ses
exigences lui sont dictées par Jésus,
la première étant l’amour.
Documents utilisés
L’édification passe par le
témoignage, mais cela n’est
pas suffisant : il faut aussi des
documents. Dans le diocèse, ils sont
très divers. Le but est de donner
aux jeunes une vision de la vie
chrétienne en les faisant réfléchir
en petits groupes. Tous les supports
utilisés renvoient à la Parole de
Dieu. Tous les aspects de la vie
sont abordés afin de construire
l’homme.
Se dire chrétien –
vivre en chrétien
Se dire chrétien, c’est reconnaître
son appartenance à une famille
dont la référence est le Christ.
Mais vivre en chrétien demande de
l’action, des gestes pour témoigner
et s’engager à la suite de Jésus
venu sauver l’homme. Vivre en
chrétien se résume par le premier
des commandements : Aimer Dieu
et aimer son prochain.
Engagement des animateurs
Animer, c’est donner vie, accom-
pagner, à l’image de Jésus avec
les foules. L’animateur favorise
l’écoute, crée une dynamique de
groupe, est rempli de compassion.
Sa formation lui permet de donner
quelque chose de neuf. Il est un
exemple dans la vie pour ceux qu’il
doit évangéliser. Il a à rendre active
la foi des jeunes.
Mgr Michel Méranville a rappelé
que le baptême nous incorpore
au Christ, Prêtre, Prophète et
Roi. Nous sommes baptisés pour
être envoyés. Cela passe par le
témoignage dans un monde où
le mal sévit. C’est ce monde que
Dieu veut sauver, avec les hommes.
Le sacrement de la Confirmation
invite à l’engagement.
L’évangélisation des jeunes est très
importante pour toute la société.
Nous avons noté le désir et la joie
des animateurs de réfléchir, d’ Etre
Ensemble le Corps du Christ pour
le salut du Monde. La réflexion se
poursuit.
Pierre Valey, diacre
Délégué de l’évêque pour la catéchèse n
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
14
Page 15
A
près l’accueil et la prière, les
représentants de dix-sept
paroisses ont parlé de leurs
activités avec les enfants depuis le
début de l’année pastorale. Ces
activités très diverses et ludiques
sont appréciées des enfants et des
parents. La Parole de Dieu est au
centre de ces rencontres qui ont
lieu le samedi ou le dimanche.
Pour certaines célébrations
eucharistiques, les enfants sont
présents au moment de l’accueil
et à partir de l’action de grâce.
Ensuite, nous avons échangé à
partir des cinq tableaux prévus
pour la célébration du 21 avril :
L’appel des premiers disciples
(Mt 4,18-22) : C’est Jésus qui a
l’initiative, c’est Lui qui appelle.
Les disciples le suivent car ils
attendaient un Messie. Ils le suivent
sans se poser de question : c’est la
Foi, la Confiance en Dieu. Lorsque
l’on rencontre véritablement
Dieu, cela provoque un grand
bouleversement dans notre vie
au point que l’on change notre
façon de vivre.
Mise en œuvre : confiance et
réponse à donner à Jésus.
Le jeune homme riche (Marc
10,17-30) : Dieu propose mieux
que tout ce que l’on a ou que
l’on aimerait avoir, si on accepte
de suivre Jésus. Le respect des
commandements de Dieu c’est
bien, mais Dieu demande encore
plus : non seulement aimer ses
parents mais aimer toute personne.
Mise en œuvre : respect de la
Parole de Dieu et charité.
L’Appel de Samuel (1 Samuel
3,1-18) : Nous sommes en présence
d’un enfant et d’un prêtre qui
vivent dans le Temple. Ils servent
Dieu. La vie de Samuel est comme
celle de tout enfant.
Mise en œuvre : sensibilisation à la
vie de service, la vie religieuse.
L’appel de Nathanaël et Philippe
(Jean 1,45-51) : La foi peut naître
de quelqu’un d’autre. Nathanaël
et Philippe étaient d’abord des
disciples de Jean-Baptiste avant
qu’ils ne suivent Jésus. Quelle que
soit notre situation, Jésus a besoin
de nous. Il faut donc faire silence
et attendre ce que Dieu attend de
nous. Nous avons parfois besoin
des autres pour rencontrer Dieu.
Mise en œuvre : Importance du
silence – La foi, c’est croire sans
voir. Les autres nous aident à
croire.
Appel de Zachée (Luc 19,1-10) :
Ce texte est rempli de symboles
et de personnages qui ont chacun
un sens. La curiosité de Zachée le
conduit à Jésus. Zachée change de
comportement après sa rencontre
avec Jésus, il se convertit. Zachée
donne ce qu’il a aux pauvres.
Mise en œuvre : Rencontrer Jésus
et se convertir.
Des chants ont été proposés et
cinq paroisses ont été retenues
pour piloter les tableaux : Gros-
Morne, Marigot, Sainte-Thérèse,
Redoute et Lamentin. Les enfants
ont commencé la préparation en
paroisse ou en secteur paroissial,
voire même en district. Notre
réflexion se poursuit ; la prochaine
rencontre des responsables
paroissiaux aura lieu le 2 mars 2013
de 14h à 16h30.
L’Eveil à la Foi des tout-petits (de
3 à 6 ans) est très important pour
les familles et toute la société. Il
s’agit d’éveiller les enfants à la vie
spirituelle. En cette Année de la
Foi et de
Diaconia , nous voulons
montrer que les tout-petits ont
leur place dans l’Eglise et enraciner
en eux des germes d’espérance et
de charité.
Pierre Valey, diacre
Délégué de l’évêque pour la catéchèse n
Eveil à la Foi
et Année de la Foi
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
15
Les animateurs de l’Eveil à la Foi préparant le rassemblement annuel des enfants
prévu le dimanche 21 avril 2013, se sont retrouvés le 26 janvier dernier. Ce
rassemblement aura pour thème : Foi et Confiance en Dieu.
Les enfants de l'Eveil à la Foi de Saint-Joseph
Page 16
Pastorale de la santé
Dans chaque diocèse de France existe un service qui s’appelle la Pastorale de
la Santé. Il s’agit pour l’Eglise d’être présente à tous ceux et celles qui, d’une
manière ou d’une autre, sont concernés par la politique de la santé menée
dans notre pays. C’est dire le nombre important de personnes qui peuvent se
mobiliser autour de cette réalité.
Présence d’Eglise pour
le service du monde de la santé
I
l y a en premier lieu
les malades atteints
physiquement
ou psychiquement.
Dans leur épreuve,
ils sont accompagnés
par les soignants qui
essaient, en fonction
de thérapies mises
en place, de soigner
les personnes pour
parvenir à un processus
de guérison. Médecins,
infirmiers, infirmières,
aides-soignants,
assistants à domicile
s’adonnent à un travail de plus en
plus performant pour faire reculer
les diverses maladies invalidantes :
cancers, infections diverses, diabète
chronique, maladies cardio-
vasculaires, maladies génétiques
ou encore orphelines. Ils se
heurtent à des difficultés de plus
en plus insurmontables liées à la
récession économique dont souffre
déjà depuis plusieurs années la
politique de la santé en France.
Nous sommes parvenus à un stade,
au moins en Martinique, des plus
inquiétants. Le monde hospitalier
est en souffrance par manque de
ressources. La situation devient de
plus en plus dramatique dans les
établissements hospitaliers. Quel
patient n’a pas fait l’expérience
d’une attente interminable aux
urgences, allongé sur un brancard
dans un couloir, faute de personnel
suffisant. Dans les services, c’est la
morosité, la fatigue, l’énervement
des soignants, du fait de leur nombre restreint. Ils regrettent de
ne plus pouvoir être plus présents
aux malades afin d’humaniser les
soins
; ils sont réduits à l’état de
techniciens compétents mais qui
n’ont plus le temps d’investir dans
des relations humaines. La parole
du professeur Valéry-Radot, dans
une réunion avec ses assistants et
ses internes, après les premières greffes du rein, est
d’actualité
:
Vous êtes
devenus de grands
spécialistes de la
chirurgie, hautement
compétents dans
la technicité, mais
attention dans ce que
vous faites à ne pas
tuer l’humanisme.
Quelle souffrance
aujourd’hui de consta-
ter que des praticiens
d’excellent niveau
dans diverses spéciali-
tés démissionnent de nos services
hospitaliers, faute de moyens pour
travailler convenablement !
L’Eglise catholique, par l’intermé-
diaire de ses membres les plus
divers, a toujours été présente au
monde de la santé. Il y a eu le
temps où des congrégations reli-
gieuses ont suppléé à l’absence
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
16 Messe diocésaine des malades à Morne-Rouge
Au service de l'humanisation des soins
Page 17
de personnel laïc suffisamment
formé dans les établissements
hospitaliers d’Etat. Ce fut le cas
à l’hôpital civil de Fort-de-France.
Des services d’aumônerie ont été
mis en place et se sont développés
avec la participation de visiteurs de
malades dans le cadre du Service
Evangélique des Malades (SEM).
Depuis quelques années, médecins,
infirmiers et autres professionnels
de la santé ont la possibilité de se
retrouver dans le cadre de l’Action
Catholique des Milieux Sanitaires
et Sociaux (ACMSS) pour relire, à
la lumière de l’évangile, leur vie
de professionnels de la santé. Les
équipes sont encore trop peu nom-
breuses et, face à toutes les interro-
gations qui se posent, ont besoin
de se multiplier et de s’étoffer dans
la réflexion et l’action.
L’équipe diocésaine de la pastorale
de la santé a reçu mission de
l’évêque de coordonner les
diverses activités de la pastorale de
la santé : formation des visiteurs de
malades ; soutien et coordination
des Services Evangéliques des
Malades des diverses paroisses ;
coordination des célébrations
diocésaines de la pastorale de la
santé (messe des malades à Morne-
Rouge, messe annuelle des acteurs
de la pastorale de la santé.) Elle
encourage le développement des
équipes des médecins catholiques
et de l’ACMSS. Elle suit leurs
travaux et leur réflexion.
Aujourd’hui, elle souhaite
s’investir davantage avec tous
ceux qui sont concernés par un
renouveau de la politique de
la santé. Des solutions sont à
rechercher pour qu’une culture
de la vie prédomine sur la culture
de mort. C’est dans ce sens
que se tiendra, à la paroisse de
Bellevue, le dimanche 10 mars
2013, une récollection pour tous
les personnels de santé sur le
thème : Comment, aujourd’hui,
franchir la porte de la foi dans
le monde de la santé ?
Par la
suite, dans le cadre des districts,
nous pourrions rencontrer toutes
les personnes de bonne volonté
qui sont acteurs, d’une manière
ou d’une autre, dans le monde la
santé ; ce qui aboutirait plus tard
à un grand forum diocésain. C’est
urgent que l’Eglise trouve aussi une
nouvelle forme de présence auprès
des décideurs dans ce domaine. Il
en va de l’avenir de l’Homme.
\
P. Gilles Bolle - Délégué de l’Evêque
pour la pastorale de la santé
n
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
17
Messe annuelle des acteurs de la pastorale de la santé
Onction des malades au cours de la messe diocésaine
* * * * *
rappelle son prochain rendez-vous :
• Dimanche 10 mars 2013, de 10h à 18h, à la salle paroissiale de Bellevue :
Récollection à l’intention de tous les professionnels de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants,
secrétaires, psychologues, etc.). Elle se terminera par l’eucharistie de 18h à l’église de Bellevue.
Thème : En tant que professionnel de santé, comment je franchis la porte de la foi ?
Communiqué La PaS toraLe DiocéS aine De La Santé
Page 18
Mouvements
Les scouts et guides de Martinique célébreront la Journée de commémoration
de Robert Baden Powell, fondateur du scoutisme, le dimanche 24 février 2013,
à la paroisse du Robert. C’est l’occasion d’ouvrir une fenêtre sur Haïti où les
scouts et guides s’impliquent de manière considérable dans la vie de leur pays,
notamment en matière d’éducation et de prévention.
Scouts et Guides
l’expérience haïtienne
La devise des scouts d’Haïti :
Etre prêt
H
abitant dans une zone
où des catastrophes
naturelles fréquentes
s’abattent sur une population déjà
démunie, les scouts d’Haïti ont une
place de plus en plus importante
dans leur pays : secouristes sur les
plans matériels, prévisionnels et
aussi mentaux, ils sont réactifs,
efficaces et engagés.
Ces derniers mois, ils ont aidé à
la relocalisation de quatre cent
quatre familles et sensibilisé, avec
l’aide de l’UNICEF, une centaine de
familles à l’accueil des cyclones.
Des scouts formés
au secourisme
L’ANSH (Association Nationale
des Scouts d’Haïti) met un point
d’honneur à former les scouts de
tout le pays. C’est ainsi qu’une
équipe franco-haïtienne, composée
de scouts d’Haïti et de scouts et
guides de France, a sillonné pendant
trois semaines les routes d’Haïti.
Leur but ? Former une centaine
de scouts aux gestes des premiers
secours, au suivi psychologique,
mais aussi à la problématique des relations homme-femme et de la
sexualité. Les scouts d’Haïti ont
pour cela bénéficié :
- d’une formation spécifique
sur le psychosocial, dispensée
avec l’aide de la Croix-Rouge
haïtienne.
- d’une formation de formateurs,
leur permettant d’intégrer la
protection civile au niveau
national.
Des actions de sensibilisation
auprès de la population
locale
Quels ont été les retours de ces
formations ? Les volontaires ont
abordé en petits groupes de parole
le thème de la santé mentale,
encore tabou en Haïti.
Une opération de sensibilisation
contre le choléra, fléau persistant
en Haïti, a également été menée
auprès de cent quatre-vingts
louveteaux et enfants extérieurs
au mouvement. Elle consistait à
leur apprendre de façon ludique
les règles de l’hygiène, tout en
permettant à chaque enfant de
repartir avec une bassine et du
savon.
Des équipements
de télécommunication
Préparés et entraînés, les scouts
d’Haïti sont également équipés. En
effet, depuis un an, ils sont en charge
du matériel de communication
d’urgence et de téléphones
satellites, essentiels pour une
action rapide dans le pays. Avec ce
matériel de prévention, ils peuvent
transmettre très rapidement des
informations en cas de catastrophe
naturelle et faciliter l’intervention
des organisations. Répartis dans
tout le pays et de tous niveaux
sociaux, les scouts d’Haïti se sont
vu confier ces kits tout-terrain par
Télécom Sans Frontières (TSF),
afin de faciliter leur action tout en
répondant fièrement à leur devise :
Etre prêt . n
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
18
Scouts et Guides d'Haïti et de France
Page 19
Dimanche 24 février 2013
Les religions peuvent-elles se parler ? L’exemple réunionnais
Comment vivre ensemble lorsqu’on est de religions différentes ? Cette question, pourtant si simple, n’a
pas toujours de réponse évidente. Une île existe pourtant outre-mer où chrétiens, hindous, musulmans,
bouddhistes vivent harmonieusement : c’est La Réunion. Cette île de l’Océan indien nous donne un bel
exemple d’harmonie et de respect.
Houssen Amode, membre du Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion, est musulman et fervent
défenseur de l’amitié islamo-chrétienne. Il viendra nous aider à comprendre comment La Réunion, grâce à
l’histoire de son peuplement, son métissage biologique, ses mariages mixtes, réussit ce vivre-ensemble. Nous
suivrons ce groupe de
dialogue dans son action au quotidien et verrons comment, grâce à lui, toutes les communautés de l’île,
quelle que soit leur religion, peuvent s’unir pour défendre une même cause : les malades du SIDA.
Connecté depuis l’évêché de Saint-Denis, nous serons avec Mgr Gilbert Aubry, lui aussi membre actif de ce
groupe. L’évêque de La Réunion depuis 1976 nous racontera comment les Réunionnais, catholiques à 70 %,
sont au quotidien des artisans de paix.
Dimanche 3 mars 2013
Comment vit-on sa foi loin de chez soi ?
L’arrivée en Métropole lorsqu’on vient d’outre-mer est souvent un choc. Climatique, certes, mais aussi culturel.
Et sa foi, comment la vit-on lorsqu’on est loin de son île, de sa terre natale ? Certains s’éloignent de l’église,
d’autres au contraire ont besoin de vivre plus intensément leur relation avec le Christ et se retrouvent avec leurs
frères pour partager cette foi qu’ils ont ramenée de là-bas. Comment leur foi, partagée avec leurs frères d’
exil ,
est-elle identitaire ?
Le père Jean-François Lof, nouvellement nommé aumônier des Antillo-guyanais de Métropole, nous raconte ce
qu’il constate dans son diocèse de Marseille. Ce prêtre d’origine martiniquaise, mais né dans la cité phocéenne,
accompagne les jeunes Antillais pour qu’ils intègrent à leur nouvelle vie leurs pratiques religieuses habituelles.
Nous reviendrons sur un moment attendu par beaucoup d’Antillo-guyanais de l’Hexagone : la messe annuelle
de la communauté, célébrée à Paris en l’église Saint-Sulpice, la plus grande église de la capitale.
Dimanche 10 mars 2013
Dieu nous aide-t-il à nous surpasser ?
Est-ce que Dieu peut nous aider à nous surpasser ? Les valeurs d’entraide et de partage sont-elles compatibles
avec l’esprit de compétition ? Qu’est-ce que les chrétiens peuvent apprendre des sportifs ?
Pour répondre à ces questions,
Dieu m’est témoin reçoit cette semaine Laura Flessel, une icône de l’escrime
française, championne olympique.
Catholique convaincue, la Guadeloupéenne nous racontera comment sa foi a pu l’aider dans son parcours de
championne. Elle nous parlera aussi de
Ti Colibri, l’association qu’elle a fondée avec son mari pour promouvoir
l’escrime et aider les clubs défavorisés. Elle réagira au reportage réalisé en Nouvelle-Calédonie, au club des
piroguiers du Mont-Dore, où les enfants, grâce au sport, apprennent à partager.
Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459
19
MeDIAs
99.5 - 101.3 et 105.3 mHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
Page 20
Mon Dieu, convertissez-moi
au nom de Notre Seigneur Jésus Christ. Vous qui pouvez transformer des pierres en enfants d’Abraham,
vous qui pouvez tout en moi, convertissez-moi, Seigneur.
Donnez-moi le bon esprit, la sagesse, que vous avez promis de donnerà ceux qui les demanderaient.
Convertissez-moi,
et faites que je vous glorifie le plus possible jusqu’à mon dernier soupiret pendant l’éternité.Je vous le demande
au nom de Notre Seigneur Jésus Christ.
Amen
Frère Charles de Jésus
Mon Dieu, convertis-moi
