459 - Choisir Dieu

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N° 459 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 24 février 2013 • Présence d’église Pour le service du monde de la santé • la catéchèse au service de la nouvelle évangélisation • au revoir très saint-Père Choisir Dieu

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Editorial Editorial •Compagnondevie Mot de l'Evêque •Aurevoir TrèsSaintPère Eglise universelle •MercitrèsSaint-Père Carême •Laconversion, lieudelarencontre  duvraiDieu(2) •Dimanchedécisif  pourlescatéchumènes •L’Eucharistieetlaconversion  del’écrivain Liturgie •Paroledominicale Droit canonique •Lesacrementdel’Ordre(7)   Vie du diocèse •LaCatéchèseauservice  delaNouvelleEvangélisation •EveilàlaFoiet AnnéedelaFoi  Pastorale de la santé •Présenced’Eglisepourleservice  dumondedelasanté  Mouvements •ScoutsetGuides,  l’expériencehaïtienne Médias numéro 459 N° 459 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 24 février 2013 • PRÉSENCE D’ÉGLISE POUR LE SERVICE DU MONDE DE LA SANTÉ • LA CATÉCHÈSE AU SERVICE DE LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION • AU REVOIR TRÈS SAINT-PÈRE Choisir Dieu S ommaire Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 tirage : 8 000 exeMplaires i.s.s.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 Ad m i n i s t r At i o n – ré d Ac t i o n Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 se r v i c e d e s Ab o n n e m e n t s Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586 97207 Fort de France Cédex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.cef.fr archeveche-martinique@wanadoo.fr D is-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. La vie de famille et l’organisation de la vie sociale amènent à se rencontrer, à se fréquenter les uns les autres, à se frotter aux mêmes personnes pour confronter ses manières de voir et pour collaborer aux mêmes tâches. Aujourd’hui, le phénomène associatif se développant dans de nombreux domaines entraîne, même inconsciemment, une forme subtile de mimétisme entre les personnes. L’uniforme ou la mode, comme signe extérieur, joue sur l’identification et l’appartenance de quelqu’un à un même groupe. Ce qui est possible dans le domaine sociologique l’est moins dans une relation spirituelle. Le croyant, dans la prière, fréquente régulièrement un être spirituel qui est plus intérieur à lui-même que lui-même. Pour éviter le risque de se méprendre sur l’identité de celui que l’on rencontre, un effort de lucidité est demandé dans ce rapport au Tout-Autre, lui l’infiniment différent de ce que l’on peut connaître de lui. Notre guide en la circonstance est le Christ Jésus. C’est lui le Chemin, la Vérité, la Vie. Il est le révélateur qui nous conduit par la lumière de son Esprit. Ouvrir sa vie à la présence du Christ Jésus, à sa Parole, à son Esprit, a comme effets de convertir la personne, de réorienter son parcours dans l’existence. Nous n’aurons jamais fini de faire mourir nos représentations de Dieu, que nous utilisons comme échafaudage pour aller vers lui, mais qui, en réalité, sont des béquilles dont l’origine est la projection de nos fantasmes et de notre volonté de puissance sur lui. A l’extrême, l’actualité donne de tristes exemples de fanatiques religieux qui revendiquent la défense de la cause de Dieu et qui, en son nom, font exploser des innocents. En réalité, ils prennent un masque religieux pour faire triompher leur idéologie par la force et la violence. Le religieux, comme phénomène humain, n’est pas nécessairement bon. Il doit être soumis à un discernement dont le critère de base est le bien et le respect de toute personne créée à la ressemblance de Dieu. La compagnie de Jésus permet une lente imprégnation de tout l’être. Le chemin d’initiation à la vie en Christ ne s’arrête pas à la connaissance de base des éléments premiers de la foi ni même à la réception des sacrements, mais il doit se poursuivre dans la fidélité à quelqu’un, Jésus, qui est toujours à nos côtés, quels que soient les aléas de la vie. Père Jean de Coulanges n 2 3 Compagnon de vie Photo de couverture : P. Luc Philippon - Foyer de Charité - Trinité 5 7 10 11 12 14 16 1 5 18 19 8

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Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 3 Mot de l'Evêque Au revoir Très Saint-Père L e 11 février 2013 restera à jamais inscrit dans toutes les mémoires. C’est ce jour-là, fête de Notre-Dame de Lourdes et Journée Mondiale des Malades, que le Pape Benoît XVI choisit pour annoncer, à la stupeur du monde entier, qu’il renonçait à ses fonctions d’Evêque de Rome ainsi qu’à son ministère pétrinien desuccesseur de Pierre, le chef des Apôtres. S’exprimant en latin, le Pape avait motivé sa décision en disant : Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l'avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le minis- tère pétrinien. Cependant, dans le monde d'aujourd'hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande impor - tance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint- Pierre et annoncer l'Évangile, la vigueur du corps et de l'esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, successeur de saint Pierre. Le Pape, né le 16 avril 1927 et donc âgé de 86 ans bientôt, avait senti ses forces bien amoindries ces derniers mois. Déjà, en 2010, dans son livre d’entretien avec Peter Seewald intitulé « Lumière du monde : le Pape, l’Eglise et les signes du temps », lorsque le jour - naliste lui avait demandé : Avez- vous pensé à vous retirer ? le Pape avait répondu : On peut se retirer dans un moment calme, ou quand tout simplement on ne peut plus. Mais on ne doit pas s’enfuir au milieu du danger et dire : Qu’un autre s’en occupe. Le journaliste avait poursuivi : On peut donc imaginer une situa- tion dans laquelle vous jugeriez opportun un retrait du pape ? Et Benoît XVI avait répondu : Oui. Quand un pape en vient à reconnaître en toute clarté que physiquement, psychiquement et spirituellement il ne peut plus assumer la charge de son minis- tère, alors il a le droit et, selon les circonstances, le devoir de se retirer. C’est ce qu’il a fait ! Le 28 février 2013, Benoît XVI ne sera plus l’Evêque de Rome ni le Pape souverain Pontife, mais redeviendra simplement Joseph Ratzinger, Evêque et Cardinal émé- rite de la Sainte Eglise. Neuf jours après sa démission com- mencera le Conclave qui réunira au Vatican les cardinaux électeurs qui, dans l’isolement et la prière, auront la charge de désigner celui qui prendra la succession du Saint- Père. Nous sommes invités à les soutenir par notre prière afin que l’Esprit Saint les éclaire et leur permette de faire le bon choix. Nous sommes invités aussi à dire notre reconnaissance au Seigneur pour nous avoir donné ce serviteur fidèle de l’Eglise qu’a été Joseph Ratzinger tout au long de sa vie de prêtre, d’évêque et, pendant huit ans, en tant que Pape, assu- rant son ministère pétrinien de manière exemplaire, humble et courageuse, nous disant par son abnégation que Dieu est Amour (Deus Caritas est : le titre de l’une de ses encycliques). La bombe de la renonciation du Saint-Père a laissé l’Eglise Catholique en état de choc, mais pas au point de lui faire oublier que, depuis le mercredi des cen- dres, 13 février, elle est entrée dans le temps du Carême. L’Eglise particulière de Martinique, par un indult du Pape (c’est-à-dire une autorisation spéciale) vieux de

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Mot de l'Evêque (suite) plus de trente-cinq ans, n’a com- mencé ce temps liturgique que deux jours plus tard . Cette particularité est due au fait que le mercredi des cendres, jour de pénitence par excel- lence, est à la Martinique le jour où le carnaval atteint son paroxysme avec l’incinération de Vaval sur la place publique, au terme d’une frénétique liesse populaire et d’un interminable vidé , c’est-à-dire défilé de carnavaliers revêtus de noir et de blanc. Le temps liturgique du Carême commençant par un rite pénitentiel qui est l’imposition des Cendres, et les fidèles confondant ces cen- dres liturgiques avec les cendres de Vaval incinéré en fin d’après-midi, ce fut une raison supplémentaire pour l’Eglise de Martinique, suivie par celle de Guadeloupe et celle de Guyane, de demander à Rome et d’obtenir l’autorisation de com- mencer le Carême le vendredi sui- vant le mercredi des cendres. Quoi qu’il en soit, l’Eglise catholi- que universelle est maintenant en Carême, temps liturgique qui dure quarante jours comme l’indique son étymologie et qui prépare à la fête de Pâques, fondatrice de la foi des chrétiens, fête qui célè- bre la mort et la Résurrection du Seigneur Jésus. Le Jour de Pâques, les catéchu- mènes définitivement appelés par l’Evêque reçoivent le baptême qui les fait passer de leur condition de païen à la liberté des enfants de Dieu. Ils reçoivent en même temps le sacrement qui confirme leur baptême et accèdent à l’Eucha- ristie, tandis que les baptisés qui les accompagnent renouvellent les promesses de leur baptême. Contrairement à l’idée que l’on s’en fait, le Carême n’est pas un temps de tristesse et de privation. Il est, certes, un temps d’entraînement comme ce temps que s’impose le sportif qui veut participer aux Jeux olympiques ou simplement au semi-marathon de Fort-de-France. Il s’impose, certes, des privations et des changements dans ses habi- tudes, son régime alimentaire, son sommeil et bien d’autres domai- nes, mais ce n’est pas dans le but de se faire souffrir ; au contraire, dans le but de savourer la joie de la victoire sur soi-même d’abord et sur les autres, ensuite. Le Carême rappelle que notre vie a du prix. Nous n’avons pas le droit d’en faire n’importe quoi. Nous devons nous préoccuper du sens à donner à notre vie, car l’homme ne vit pas que de pain mais il se nourrit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Donc, prendre le temps de laisser Dieu nous parler par la Bible, mais aussi par sa parole incarnée dans l’Eglise, dans les sacrements et dans nos frères les hommes. Dieu attend de dialoguer avec nous. La prière est une conversa- tion avec Dieu, à condition que nous prenions le temps de l’écouter après lui avoir dit : Parle, seigneur, ton serviteur écoute. La Parole de Dieu nous renvoie toujours vers nos frères en nous invitant à nous faire proches d’eux par notre sympathie, notre empathie, notre solidarité, notre partage. En fait, en leur don- nant notre cœur. Que nous sachions mettre à profit ce temps de grâce en nous por - tant les uns les autres dans une prière confiante au Seigneur. C’est la grâce que nous pouvons mutuel- lement nous souhaiter. Bon Carême à tous ! + Michel Méranville, Archevêque n Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 4 Eglise en Martinique Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97 207 FORT de FRance cede X MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 € Guy ANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne ! Nom : ........................................................................\ .................................................................................. Prénom : ........................................................................\ ........................................................................... Adresse : ........................................................................\ ........................................................................... Mail : ........................................................................\ ...................................................................................... Tél. ........................................................................\ ........................ Code Postal .................................. Ville ........................................................................\ .........................................................................................

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1. Aux sources de vos plus grandes aspirations A chaque époque, et de nos jours encore, de nombreux jeunes sont habités par le profond désir que les relations entre les personnes soient vécues dans la vérité et dans la solidarité. Beaucoup manifestent l’aspiration à construire de vraies relations d’amitié, à connaître un amour vrai, à fonder une famille unie, à atteindre une stabilité personnelle et une réelle sécurité, qui puissent leur garantir un avenir serein et heureux. Certes, me souvenant de ma jeunesse, je sais bien que stabilité et sécurité ne sont pas des questions qui occupent le plus l’esprit des jeunes. S’il est vrai que la recherche d’un emploi qui permette d’avoir une situation stable est un problème important et urgent, il reste que la jeunesse est en même temps l’âge de la recherche d’un grand idéal de vie. Si je pense à mes années d’alors, nous voulions simplement ne pas nous perdre dans la normalité d’une vie bourgeoise. Nous voulions ce qui est grand, nouveau. Nous voulions trouver la vie elle-même dans sa grandeur et sa beauté. Bien sûr, cela dépendait aussi de notre situation. Durant la dictature du national-socialisme et la guerre, nous avons été, pour ainsi dire, "enfermés" par le pouvoir dominant. Nous voulions donc sortir à l’air libre et entrer dans toutes les potentialités de l’être humain. Je crois que, dans un certain sens, cet élan qui pousse à sortir de l’habitude existe à toutes les générations. Désirer quelque chose de plus que la routine quotidienne d’un emploi stable et aspirer à ce qui est réellement grand, tout cela fait partie de la jeunesse. Est-ce seulement un rêve inconsistant, qui s’évanouit quand on devient adulte ? Non, car l’homme est vraiment créé pour ce qui est grand, pour l’infini. Tout le reste est insuffisant, insatisfaisant. Saint Augustin avait raison : Notre cœur est inquiet tant qu’il ne repose en Toi. Le désir d’une vie plus grande est un signe du fait qu’Il nous a créés, que nous portons son "empreinte". Dieu est vie, et pour cela, chaque créature tend vers la vie. De façon unique et spéciale, la personne humaine, faite à l’image et à la ressemblance de Dieu, aspire à l’amour, à la joie et à la paix. Eglise universelle Merci T rès Saint-Père Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 5 Le monde entier a appris avec surprise, le lundi 11 février 2013, la décision du pape Benoît XVI de se retirer de la lourde charge de diriger l’Eglise. Une décision mûrement réfléchie dans la foi et l’amour du Christ et de l’Eglise. De manière exceptionnelle, la fin du pontificat de Benoît XVI ne coïncide pas avec la fin de sa vie. Sa vie continue au service de l’Eglise dans la prière et la réflexion. Ce contexte nous a semblé favorable à une relecture du message où il se livrait aux jeunes à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid.

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Eglise universelle (suite) Nous comprenons alors que c’est un contresens de prétendre éliminer Dieu pour faire vivre l’homme ! Dieu est la source de la vie : l’éliminer équivaut à se séparer de cette source et, inévitablement, se priver de la plénitude et de la joie : En effet, la créature sans Créateur s’évanouit (Concile Vatican II, Gaudium et spes, 36). La culture actuelle, dans certaines régions du monde, surtout en Occident, tend à exclure Dieu ou à considérer la foi comme un fait privé, sans aucune pertinence pour la vie sociale. Alors que toutes valeurs qui fondent la société proviennent de l’Evangile – comme le sens de la dignité de la personne, de la solidarité, du travail et de la famille – on constate une sorte d’"éclipse de Dieu", une certaine amnésie, voire un réel refus du christianisme et un reniement du trésor de la foi reçue, au risque de perdre sa propre identité profonde. Pour cette raison, chers amis, je vous invite à intensifier votre chemin de foi en Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Vous êtes l’avenir de la société et de l’Eglise ! Comme l’apôtre Paul l’écrivait aux chrétiens de la ville de Colosse, il est vital d’avoir des racines, des fondements solides ! Et cela est particulièrement vrai aujourd’hui, quand beaucoup de jeunes n’ont pas de repères stables pour construire leur vie, ce qui engendre en eux une grande insécurité. Le relativisme ambiant, qui consiste à dire que tout se vaut et qu’il n’y a aucune vérité ni aucun repère absolu, n’engendre pas la vraie liberté mais instabilité, déception, conformisme aux modes du moment. Vous, les jeunes, vous avez le droit de recevoir des générations qui vous précèdent des repères clairs pour faire vos choix et construire votre vie, comme une jeune plante a besoin d’un tuteur, durant le temps nécessaire, pour pousser des racines, pour devenir un arbre solide, capable de donner du fruit […] 2. Enracinés et fondés dans le Christ Pour mettre en lumière l’importance de la foi en Dieu dans la vie des croyants, je voudrais m’arrêter sur les trois expressions employées par saint Paul dans cette citation : Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi. Nous pouvons y voir trois images. "Enraciné" évoque l’arbre et les racines qui le nourrissent. "Fondé" se réfère à la construction de la maison. "Affermi" renvoie à la croissance de la force physique ou morale […] Etendre ses racines, c’est donc mettre sa confiance en Dieu, dans la foi. En Dieu nous puisons notre vie […] Il y a un moment, durant la jeunesse, où chacun de nous se demande : quel sens a ma vie ? Quel but, quelle direction ai-je le désir de lui donner ? C’est une étape fondamentale, qui peut tourmenter l’âme, parfois même longtemps. On pense au genre de travail à entreprendre, aux relations sociales à établir, aux relations sentimentales à développer… Dans ce contexte, je repense à ma jeunesse. D’une certaine façon, j’ai bien eu conscience que le Seigneur me voulait comme prêtre. Mais ensuite, apraès la guerre, quand au séminaire et à l’université j’étais en chemin vers ce but, j’ai eu à reconquérir cette certitude. J’ai dû me demander : est-ce vraiment ma voie ? Est-ce vraiment la volonté du Seigneur pour moi ? Serais-je capable de Lui rester fidèle et d’être totalement disponible, à son service ? Prendre une telle décision ne se fait pas sans souffrance. Il ne peut en être autrement. Mais ensuite a jailli la certitude : c’est bien cela ! Oui, le Seigneur me veut, Il me donnera donc la force. En l’écoutant, en marchant avec Lui, je deviens vraiment moi-même. Ce qui importe, ce n’est pas la réalisation de mes propres désirs, mais Sa volonté. Ainsi, la vie devient authentique […] Etre fondé en Christ, c’est répondre concrètement à l’appel de Dieu, en mettant notre confiance en Lui et en mettant en pratique sa Parole. […] Vous aussi, efforcez-vous tous les jours de suivre la Parole du Christ. Ecoutez-le comme l’Ami véritable avec qui partager le chemin de votre vie. Avec Lui à vos côtés, vous serez capables d’affronter avec courage et espérance les difficultés, les problèmes, ainsi que les déceptions et les échecs. […] 3. Affermis dans la foi Dans ce contexte culturel, […] il y a un fort courant "laïciste", qui veut supprimer Dieu de la vie des personnes et de la société, projetant et tentant de créer un "paradis" sans Lui. Or l’expérience enseigne qu’un monde sans Dieu est un "enfer" où prévalent les égoïsmes, les divisions dans les familles, la haine entre les personnes et les peuples, le manque d’amour, de joie et d’espérance. […] C’est pourquoi moi aussi, en tant que successeur de l’apôtre Pierre, je désire vous affermir dans la foi (cf. Lc 22, 32 ). […] 4. Croire en Jésus sans le voir Chers jeunes, apprenez à "voir", à "rencontrer" Jésus dans l’Eucharistie, là où Il est présent et proche jusqu’à se faire nourriture pour notre chemin ; dans le sacrement de la Pénitence, dans lequel le Seigneur manifeste sa miséricorde en offrant son pardon. Reconnaissez et servez Jésus aussi dans les pauvres, les malades, les frères qui sont en difficulté et ont besoin d’aide. […] Ne vous laissez pas décourager, cherchez plutôt le soutien de la communauté chrétienne, le soutien de l’Eglise! S.S. Benoît XVI, 6 août 2010 n Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 6

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J e vais vous citer juste quelques passages d’une lettre d’un moine cistercien écrite à l’occasion de la Toussaint : « Voici un petit coucou à l’occasion de la fête de tous les Saints. Le temps de nous réjouir ensemble de notre vocation : devenir un saint, une sainte… ! Vous ne croyez pas ? C’est si simple ! Devenir un saint, c’est tout simple. La difficulté, s’il y en a une, n’est pas d’être saint mais d’être simple ! La sainteté est à l’opposé de la perfection telle qu’on imagine celle-ci habituellement. Heureusement ! La sainteté est bien une perfection, mais ce n’est pas l’autoperfection . Ce n’est pas une perfection que l’on atteint par soi-même. C’est une perfection que l’on reçoit d’un Autre. La sainteté, c’est la perfection de Dieu. Or, la perfection de Dieu ne peut être que la perfection de l’Amour. La sainteté est la perfection de l’amour. Mais qu’est-ce qu’aimer ? Aimer, c’est faire de l’autre mon créateur ; aimer, c’est accepter d’être achevé par l’autre. Donc j’aime Dieu en acceptant d’être créé par son amour, en acceptant de n’avoir que ceci devant Dieu, ceci qui me comble : être aimé de lui. Au fond – et c’est là sans doute la pointe subtile de notre tendance profonde à vivre pour nous-mêmes et par nous-mêmes – nous avons du mal à accepter d’être aimés, à tenir ainsi sans appui sur nous- mêmes. Nous voici à même de comprendre que, pour devenir un saint, il n’y a rien à faire ! Il suffit de se laisser faire ! Se laisser faire par Dieu ! Laisser Dieu être Dieu, c’est se laisser aimer et cela suffit pour devenir le plus grand des saints. L’homme n’a plus qu’un travail : s’ouvrir au travail de Dieu. Comme le confirme saint Irénée : Le propre de Dieu est de faire, et le propre de l’homme est de se laisser faire. C’est cela la sainteté, l’accomplissement de soi par un autre que soi qui est Dieu. C’est cela la sainteté, non pas une plénitude que l’on se donne, mais que l’on reçoit, dans la mesure où l’on ouvre notre pauvreté à cette plénitude divine ». Jésus disait à Nicodème : Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit (Jn 3,8). La conversion – l’appel à la sainteté – à laquelle nous appelle le Christ est donc de partir sur le chemin que son Père, et notre Père, nous indiquera au fur et à mesure : ce chemin peut être tortueux, mais Dieu écrit droit avec des lignes courbes, dit-on. On pense généralement que la conversion est quelque chose de mystérieux qui est donné tout à coup d'En-Haut – d'habitude par une expérience profondément émotionnelle – et nous transforme en un géant spirituel dans l'espace d'une nuit. Le Nouveau Testament enseigne que la vraie conversion se réalise dans une croissance graduelle et par des changements opérés en nous par la puissance du Christ. C'est pourquoi nul ne peut prétendre être "arrivé" spirituellement ; nous cherchons tous à marcher avec Christ plus étroitement de jour en jour et à Lui ressembler davantage. Je vous disais au début qu’il ne s’agit pas tant de dire la conversion que de la vivre. Aussi, je vais vous laisser ici avec les mots d’un grand converti, le grand saint Paul, dont nous avons célébré la conversion le 25 janvier dernier : Frères, pour moi-même je n'estime pas encore avoir saisi le prix ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant, je cours vers le but pour obtenir le prix de la vocation céleste de Dieu en Christ Jésus (Ph 3,13-14). A chacun donc, durant ce carême 2013, de trouver son chemin de Damas qui passe par la réflexion proposée dans le précédent numéro de notre revue : Foi – Prière – Conversion. Que ce carême nous permette, grâce à elle, de nous laisser mieux façonner et convertir par le Seigneur ! P. Patrick-Alexis Phanor, Curé de Morne-Rouge et Prêcheur n Carême La conversion, lieu de la rencontre du vrai Dieu (2) Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 7 Nous vous présentons la fin de la réflexion du père Patrick-Alexis Phanor sur la conversion, commencée dans le précédent numéro de notre revue.

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Carême Le dimanche 17 février 2013, premier dimanche de carême, à 15 heures, à l’église Emmaüs de Rivière-Roche, la célébration de l’Appel décisif a rassemblé trente-huit catéchumènes adultes du diocèse parvenus au terme de leur temps de catéchuménat. Dimanche décisif pour les catéchumènes C ette célébration était prési- dée par notre archevêque, Mgr Michel Méranville. Il a appelé nominativement ces adul- tes qui lui ont demandé de les admettre aux trois sacrements de l’initiation chrétienne : le baptême, la confirmation et l’eucharistie. L’étape de l’appel décisif est le rituel qui clôture le temps du catéchuménat qui s’échelonne sur deux ou trois années, et même quatre ans pour certains. C’est un temps qui va mener le catéchumène à la maturation de sa vocation chrétienne ; le but est d’entrer dans le temps de Dieu qui n’est pas le temps de l’homme. Le cheminement vers le baptême est vécu non pas comme un but à atteindre, mais comme une ouverture vers une nouvelle étape, celle de la vie chrétienne ordinaire dans laquelle les sacrements reçus vont se déployer avec l’aide de la communauté et de l’Esprit-Saint. L’appel décisif est donc une étape importante pour ces adultes, ceux qui les connaissent et qui ont été pour eux des aînés dans la foi. La présence du curé de leur paroisse, de leurs accompagnateurs, de leurs parrains et marraines témoigne de leur attachement au Christ. Chaque appelé inscrit son nom sur le registre diocésain. Cette inscription du nom leur permet d’accéder au troisième temps de leur cheminement, qui sera le temps de la purification et de l’illumination. C’est le moment pour le catéchumène de prendre conscience du chemin parcouru et de s’ouvrir librement à la grâce du Seigneur. Ce temps est l’unique période du catéchuménat qui a une durée : quarante jours. Il coïncide avec le carême et tient plus de la retraite spirituelle que de la catéchèse. C’est le temps de l’ultime préparation avant les prochaines fêtes pascales où les catéchumènes continueront à se purifier par l’écoute de la Parole de Dieu, la prière et le renoncement à soi-même, et débouche sur l’étape des scrutins (1) célébrés en paroisse au cours de l’eucharistie des 3 ème , 4 ème et 5 ème dimanches de carême. Le carême est un temps de grâce pour les chrétiens pour se convertir et croire à l’évangile. Le temps de la purification et de l’illumination se termine par l’administration des sacrements dans les paroisses à la veillée pascale. Les catéchumènes, après avoir été plongés dans l’eau du baptême, reçoivent le sacrement de la confirmation et communient au Christ par le sacrement de l’eucharistie. Ils cessent alors d’être des catéchumènes pour devenir des néophytes (2), littéralement des nouvelles plantes. ils sont une création nouvelle, ils ont revêtu le Christ. S’ensuit le temps de la mystagogie (3) qui va jusqu’à la Pentecôte. Le 26 février 2012, la célébration de l’appel décisif avait réuni autour de l’évêque cinquante et un candidats. Aussi, malgré la sécularisation de notre société, il est heureux de constater que des hommes et des femmes viennent frapper à la porte de notre église, des hommes et des femmes en quête d’une rencontre avec quelqu’un : le Christ. Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 8

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9 Elodie Vernon (paroisse de Redoute) J'ai 27 ans et je suis issue d'une famille de deux enfants. Mon père est catholique non pratiquant. Ma mère est également catholique mais a fréquenté les Témoins de Jéhovah et m'y a emmenée de l’âge de 6 ans à 12 ans environ. Depuis, je n'ai eu aucune pratique religieuse. invitée par des cousines catholiques à une messe, j'ai été interpellée par la beauté des chants et par la célébration eucharistique. J'ai ressenti à ce moment- là le désir d'en connaître un peu plus. Après mûres réflexions et m’être renseignée, j'ai fait le choix de la religion catholique. Cela fait trois ans que je chemine sur la paroisse de Redoute afin de recevoir les sacrements de l'initiation chrétienne. Ma participation aux messes, aux différentes récollections avec d'autres candidats aux sacrements, le parcours catéchuménal, me permettent de me nourrir de la Parole de Dieu et d'approfondir ma foi. C'est avec beaucoup de joie que je vis tout cela pour m'approcher du seigneur. Découvrir le seigneur me permet de dire qu'il est merveilleux parce qu'il a créé tout ce qui m'entoure et que je peux admirer. Après la réception des sacrements de l'initiation chrétienne, je souhaite m'engager en intégrant un mouvement paroissial pour mieux vivre ma foi dans la communauté. Jean-Louis Nabajoth (paroisse du François) Né à Paris, je suis revenu à la Martinique avec ma mère à l’âge de 18 ans. Dès mon arrivée, je tombai malade et fus admis au centre HPC, centre spécialisé de Colson, où l’on diagnostiqua une faiblesse mentale. Après un an d’hospitalisation, j’ai pu reprendre mes études jusqu’en terminale. On me trouva une famille d’accueil à qui je demandai de me porter sur les fonts baptismaux. Avec eux j’ai appris à connaître Dieu, j’ai découvert la messe. il est vrai qu’auparavant j’avais croisé la route du père Zaïre qui voulait être mon parrain. Mais, à l’époque, je n’avais pas compris cet appel de Dieu. Malgré mon handicap, j’ai réalisé la volonté du Tout-Puissant qui a posé la main sur moi ; il m’a donné une mission que personne d’autre ne peut remplir à ma place. J’ai choisi de cheminer et suis fier d’être devenu un fils adoptif de Dieu et de faire partie de sa grande famille, l’Eglise. A l’âge de 61 ans, j’ai reçu avec joie, le dimanche 17 février dernier, les trois sacrements de l’initiation chrétienne. Je remercie mon accompagnateur, ma famille d’accueil, ainsi que mes deux tuteurs pour leur soutien et leur encouragement dans toutes mes démarches. Fils unique abandonné de mes parents mais recueilli par Dieu, je veux persévérer et approfondir ma vie chrétienne. Vraiment, Dieu est vivant et c’est un Dieu d’amour ! Témoignages de néophytes Cette Année de la Foi sera une occasion propice pour nous chrétiens de cultiver le don de la foi afin de témoigner de notre espérance et, comme nous y invite le pape Benoît XVI, que nous puissions faire découvrir aux chercheurs de Dieu que sont les catéchumènes, la foi dans son intégrité et toute sa splendeur. Marie Bourdet, Service diocésain du catéchuménat n (1) Dans le vocabulaire ecclésial, le mot scrutin rassemble trois sens : c'est une célébration au cours de laquelle le candidat au baptême est appelé à se placer devant la grandeur de l'appel de Dieu, examiné sur sa progression dans la vie chrétienne et encouragé à lutter contre le mal. (2) Du grec neos, nouveau et phutos, plante, de phuein, naître. Souvent traduit par "nouvelles ou jeunes plantes" : nouveau baptisé. (3) Du grec mustes, initié et agein, conduire. C'est, pour les nouveaux baptisés, un temps d'approfondissement de la foi et d'incorporation à la communauté c\ hrétienne. Communiqué Le Service DiocéS ain Du catéchuménat vous informe qu’une formation sera dispensée au profit des catéchumènes et recommençants adolescents et adultes, le samedi 9 mars 2013, de 8h à 12h. Thème de la formation : Les sacrements . (le lieu sera précisé ultérieurement) .

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André Frossard, journaliste et écrivain athée du XX ème , converti à l’âge de 20 ans au catholicisme, raconte sa conversion soudaine dans un livre à succès : Dieu existe, je l'ai rencontré (1969). En voici quelques extraits. L’Eucharistie et la conversion de l’écrivain A ndré Frossard écrit dans son livre comment eut lieu cette conversion. Jusqu’à ses derniers jours, il n’a fait que dire : Depuis que j’ai rencontré Dieu, je ne puis m’habituer à son mystère. Chaque jour est une nouveauté pour moi. si Dieu existe, je dois le dire ; si le Christ est le Fils de Dieu, je dois le crier ; s’il y a la vie éternelle, je dois la prêcher. « En entrant à 5h10 dans une chapelle du Quartier Latin de Paris pour rencontrer un ami, j’en suis sorti cinq minutes plus tard en compagnie d’une amitié qui n’était pas de ce monde. En entrant, j’étais sceptique et athée, mais plus encore indifférent et préoccupé par bien d’autres choses que par un Dieu que je ne cherchais même plus à nier... Debout devant la porte, je cherchais des yeux mon ami sans arriver à le reconnaître... mon regard passait de l’ombre à la lumière... des fidèles aux religieuses, à l’autel... » « Mon regard s’arrêta sur la deuxième bougie qui brûlait à gauche de la croix (j’ignorais me trouver en face du Saint- Sacrement). Et voilà que, tout à coup, se déchaînent une série de prodiges d’une violence inépuisable qui vont démolir en un instant l’être absurde que je suis, pour faire naître le garçon stupéfié que je n’ai jamais été... D’abord, je me sentis souffler ces mots : “Vie spirituelle”... comme s’ils étaient prononcés à voix basse... puis une grande lumière... un monde, un autre monde d’une splendeur et d’une richesse qui, du coup, renvoient le nôtre parmi les ombres fragiles des rêves non réalisés... l’évidence de Dieu... duquel je sens toute la douceur... une douceur active, bouleversante, bien au-delà de la violence, capable de briser la pierre la plus dure et, plus dur que la pierre, le cœur humain. son irruption débordante et totale s’accompagnait de la joyeuse allégresse de celui qui est sauvé d’un naufrage juste à temps. Ces sensations, que j’ai de la peine à traduire dans un langage inadapté aux idées et aux images, se suivent en même temps... Tout est dominé par la présence de Celui dont je ne pourrai plus jamais écrire le nom sans avoir la crainte de blesser sa tendresse. Celui devant qui j’ai la chance d’être un fils pardonné qui se réveille pour apprendre que tout est don ». Frossard commentait : « Dieu existe et il était présent, révélé, caché par cette lumière qui, sans discours ni images, faisait comprendre l’Amour... Une seule chose me surprend : l’Eucharistie. J’étais stupéfait que la charité divine ait trouvé ce moyen inouï pour communiquer et surtout qu’elle ait choisi le pain pour le faire. Le pain qui est l’aliment du pauvre et celui préféré des enfants... ». Frossard termina sa confession avec ces très belles paroles : « Amour, pour parler de toi, l’éternité sera trop courte. » n Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 10 Carême Depuis que j’ai rencontré Dieu, je ne puis m’habituer à Son mystère. Chaque jour est une nouveauté pour moi. Si Dieu existe, je dois le dire ; si le Christ est le Fils de Dieu, je dois le crier ; s’il y a la vie éternelle, je dois la prêcher.

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24 février 2013 L a P arole D ominicale Genèse15,5-12.17-18a•Psaume26•Philippiens3,17-21;4,1•Luc9,28b-36 2 ème dimanche de carême Année C L e premier dimanche de carême, nous avons vu Jésus conduit par l’Esprit à travers le désert, affrontant le mal et victorieux du tentateur. Aujourd’hui, Jésus transfiguré nous fait percevoir un avant-goût de la résurrection. Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il alla sur la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d’une blan- cheur éclatante. Et deux hommes s’entretenaient avec lui : c’était Moïse et Élie, apparus dans la gloire. ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem. Jésus est le Fils bien-aimé du Père qui resplendit de la gloire de Dieu, de son Amour infini. Il vivra la défiguration et il sera entouré des mêmes apôtres Pierre, Jacques et Jean. Les autres apôtres, demeu- rent un peu plus loin. Pierre aura de la peine à supporter le spectacle de l’agonie, comme aujourd’hui il a de la peine à supporter celui de la Transfiguration ! Jésus est glorifié devant lui : des rayons de soleil autour de la tête, ses vête- ments d’une blancheur éclatante. La gloire de Dieu se manifeste quand l’humanité vit divinement sa vie d’enfant de Dieu ; elle est l’épanouissement de son amour dans notre vie. La gloire de Dieu commence pour nous quand Jésus descend du ciel dans le sein de la Vierge Marie pour y revêtir notre humanité. Avec cette nature humaine, il va vaincre le mensonge, la haine et l’enfer. La gloire de Dieu est cette victoire de l’Amour de Dieu sur toute obscurité. Jésus est transfiguré quand il vit l’agonie et qu’il nous sauve sur la croix, il s’abandonne dans l’amour même de son Père. Jésus, dans la tristesse jusqu’à en mourir, ne cédera pas à cette tristesse, Il demeurera dans l’amour de Dieu. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, se réveillant, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’en allaient, quand Pierre dit à Jésus : "Maître, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie". il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Jésus, le Fils du Père, l’enfant de Marie immaculée, unit en lui le ciel et la terre : Il est vraiment le Fils bien aimé du Père et l’enfant de Marie. Il marche vers Jérusalem. Aujourd’hui, c’est l’épisode de la Transfiguration sur la montagne et les disciples Pierre, Jacques et Jean sont témoins de cet événement. Ils seront aussi témoins de l’ago- nie de Jésus. Au baptême, quand Jésus est plongé dans les eaux du Jourdain, Jean-Baptiste dira : C’est moi qui devrais être baptisé par toi. Jésus répondit : Laisse faire, il faut que toute justice s’accomplisse. À l’agonie, Il vivra la défiguration ! La gloire de Dieu est dans la victoire de l’Amour sur tout mal : Tu es mon enfant, tu es mon bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : "Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le". Quand la voix eut retenti, on ne vit plus que Jésus seul. Les disci- ples gardèrent le silence et, de ce qu’ils avaient vu, ils ne dirent rien à personne à ce moment-là. Père, dira Jésus à l’agonie, non pas ma volonté, mais ta volonté. Jésus vit ce moment dans l’abandon à son Père et à l’humanité qu’Il sauve. Cet amour vainqueur nous est donné. Notre transfiguration sera de vivre du même amour et aujourd’hui nous pouvons déjà en vivre. Avec Jésus, dans l’Esprit- Saint, nous gardons le sourire dans l’adversité. L’amour de Dieu est vainqueur. Si nous bâtissons la communauté avec des frères et des sœurs, malgré les contradic- tions de la vie, nous demeurons dans l’amour, nous sommes déjà transfigurés. La transfiguration est notre fidélité à l’amour infini de Dieu dans le quotidien. C’est la vic- toire de l’amour que nous portons en Jésus Christ. Immergés dans le Christ, dans son amour infini, nous sommes vainqueurs. Cette espérance de la résurrec- tion transfigure-t-elle notre vie, qu'il s'agisse de nos luttes, de nos souffrances, de notre travail ? Cherchons-nous, dans la prière, à connaître le regard que Dieu porte sur nos vies ? Là où nous ne voyons qu'échec, mort et misère, Dieu voit triompher la vie. P. Gaby Lémy Curé du Lamentin n Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 11

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Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 12 Droit canonique C omment comprendre dans la culture contemporaine une telle dimension, qui implique le concept d’autorité et qui trouve son origine dans le mandat même du Seigneur de paître son troupeau ? Qu’est-ce réellement, pour nous chrétiens, que l’autorité ? Les expériences culturelles, politiques et historiques du passé récent, notamment les dictatures en Europe de l’Est et de l’Ouest au XX ème siècle, ont rendu l’homme contemporain suspicieux à l’égard de ce concept. Un soupçon qui, très souvent, se traduit dans l’affirmation de la nécessité d’abandonner toute autorité, qui ne vienne pas exclusivement des hommes et ne leur soit pas soumise, ne soit pas contrôlée par eux. Mais précisément si l’on regarde les régimes qui, au siècle dernier, ont semé la terreur et la mort, cela nous rappelle avec force que l’autorité, dans tous les milieux, lorsqu’elle est exercée sans une référence au Transcendant, se détache de l’Autorité suprême, qui est Dieu, et finit inévitablement par se retourner contre l’homme. Il est alors important de reconnaître que l’autorité humaine n’est jamais une fin, mais toujours et uniquement un moyen et que, nécessairement et à toute époque, la fin est toujours la personne, créée par Dieu avec sa dignité propre intangible et appelée à être en relation avec son Créateur, sur le chemin terrestre de l’existence, et dans la vie éternelle ; c’est une autorité exercée dans la responsabilité devant Dieu, devant le Créateur. Une autorité ainsi entendue, qui ait comme but unique de servir le vrai bien des personnes et d’être la transparence sur l’unique Bien Suprême qui est Dieu, non seulement n’est pas étrangère aux hommes mais, au contraire, est une aide précieuse sur le chemin vers la pleine réalisation dans le Christ, vers le salut. L’Eglise est appelée et s’engage à exercer ce type d’autorité qui est service, et elle l’exerce non à son propre titre, mais au nom de Jésus Christ, qui a reçu du Père tout pouvoir au Ciel et sur la terre (cf. Mt 28,18). A travers les pasteurs de l’Eglise, en effet, le Christ paît son troupeau : c’est Lui qui le guide, le protège, le corrige, parce qu’il l’aime profondément. Mais le Seigneur Jésus, Pasteur suprême de nos âmes, a voulu que le collège apostolique, aujourd’hui les évêques, en communion avec le Successeur de Pierre, et les prêtres, leurs plus précieux collaborateurs, participent à sa mission de prendre soin du Peuple de Dieu, d’être des éducateurs dans la foi, en orientant, en animant et en soutenant la communauté chrétienne, ou comme le dit le Concile, en veillant à ce que chaque chrétien parvienne, dans le saint-Esprit, à l’épanouissement de sa vocation personnelle selon l’Evangile, à une charité sincère et active et à la liberté par laquelle le Christ nous a libérés. Chaque pasteur, par conséquent, est l’intermédiaire à travers lequel le Christ lui-même aime les hommes… Au cours des dernières décennies, on a souvent utilisé l’adjectif « pastoral » presque en opposition avec le concept de « hiérarchique », de même que, dans la même opposition, a également été interprétée l’idée de « communion ». Il s’agit peut-être là d’un point où peut être utile une brève observation sur le terme de « hiérarchie », qui est la désignation traditionnelle de la structure d’autorité sacramentelle dans l’Eglise, ordonnée selon les trois niveaux du sacrement de l’ordre : épiscopat, prêtrise, diaconat. Dans l’opinion publique prévalent, pour cette réalité « hiérarchique », l’élément de subordination et l’élément juridique ; c’est pourquoi, Le sacrement de l’Ordre (7) 1 Il me reste donc aujourd’hui à parler de la mission du prêtre de Gouverner, de guider, avec l’autorité du Christ et non avec la sienne, la portion du Peuple que Dieu lui a confiée. Le Seigneur Jésus, Pasteur suprême de nos âmes, a voulu que le collège apostolique, aujourd’hui les évêques, en communion avec le Successeur de Pierre, et les prêtres, leurs plus précieux collaborateurs, participent à sa mission de prendre soin du Peuple de Dieu, d’être des éducateurs dans la foi, en orientant, en animant et en soutenant la communauté chrétienne, ou comme le dit le Concile, en veillant « à ce que chaque chrétien parvienne, dans le Saint-Esprit, à l’épanouissement de sa vocation personnelle selon l’Evangile, à une charité sincère et active et à la liberté par laquelle le Christ nous a libérés ». Chaque pasteur, par conséquent, est l’intermédiaire à travers lequel le Christ lui-même aime les hommes…

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Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 13 à de nombreuses personnes, l’idée de hiérarchie apparaît en opposition avec la flexibilité et la vitalité du sens pastoral et également contraire à l’humilité de l’Evangile. Mais il s’agit d’une mauvaise compréhension du sens de la hiérarchie, également causée d’un point de vue historique par des abus d’autorité et par le carriérisme, qui sont précisément des abus et qui ne dérivent pas de la nature même de la réalité « hiérarchique ». L’opinion commune est que la « hiérarchie » est toujours liée à la domination et qu’elle ne correspond pas ainsi au véritable sens de l’Eglise, de l’unité dans l’amour du Christ. Mais, comme je l’ai dit, il s’agit d’une mauvaise interprétation, qui a pour origine des abus au cours de l’histoire, mais qui ne répond pas à la véritable signification de ce qu’est la hiérarchie. Commençons par le mot. On dit généralement que la signification du mot hiérarchie serait « domination sacrée », mais ce n’est pas sa véritable signification, qui est « origine sacrée », c’est-à- dire que cette autorité ne provient pas de l’homme lui-même, mais elle a son origine dans le sacré, dans le Sacrement ; elle soumet donc la personne à la vocation, au mystère du Christ ; elle fait de l’individu un serviteur du Christ et ce n’est qu’en tant que serviteur du Christ que celui-ci peut gouverner, guider pour le Christ et avec le Christ. C’est pourquoi, pour celui qui entre dans le saint Ordre du Sacrement, la « hiérarchie » n’est pas un autocrate ; il entre dans un lien nouveau d’obéissance avec le Christ : il est lié à Lui en communion avec les autres membres de l’Ordre sacré, du Sacerdoce. Et le Pape lui-même – point de référence de tous les autres pasteurs et de la communion de l’Eglise – ne peut pas faire ce qu’il veut ; au contraire, le Pape est le gardien de l’obéissance au Christ, à sa parole résumée dans la regula fidei, dans le Credo de l’Eglise, et il doit guider dans l’obéissance au Christ et à son Eglise. La hiérarchie implique donc un triple lien : tout d’abord, celui avec le Christ et l’ordre donné par le Seigneur à son Eglise ; ensuite, le lien avec les autres pasteurs dans l’unique communion de l’Eglise ; et enfin, le lien avec les fidèles confiés à l’individu, dans l’ordre de l’Eglise. On comprend donc que communion et hiérarchie ne sont pas contraires l’une à l’autre, mais se conditionnent. Ensemble, elles forment une seule chose (communion hiérarchique). Le Pasteur est donc tel en guidant et en protégeant le troupeau, et en empêchant parfois qu’il se perde. Le devoir de gouverner propre aux prêtres n’est pas compréhensible en dehors d’une vision clairement et explicitement surnaturelle. Au contraire, celui-ci, soutenu par le véritable amour pour le salut de chaque fidèle, est particulièrement précieux et nécessaire également à notre époque. Si l’objectif est d’apporter l’annonce du Christ et de conduire les hommes à la rencontre salvifique avec Lui afin qu’ils aient la vie, le devoir de guider se présente comme un service vécu dans un don total pour l’édification du troupeau dans la vérité et dans la sainteté, allant souvent à contre-courant et en rappelant que celui qui est le plus grand doit devenir comme le plus petit, et celui qui gouverne, comme celui qui sert. Où un prêtre peut-il puiser aujourd’hui la force pour cet exercice de son propre ministère, dans la pleine fidélité au Christ et à l’Eglise, avec un dévouement total au troupeau ? La réponse est une seule : dans le Christ Seigneur. La façon de gouverner de Jésus n’est pas celle de la domination, mais c’est le service humble et plein d’amour du lavement des pieds, et la royauté du Christ sur l’univers n’est pas un triomphe terrestre, mais trouve son point culminant sur le bois de la Croix, qui devient jugement pour le monde et point de référence pour l’exercice de l’autorité qui soit une véritable expression de la charité pastorale. Les saints, et parmi eux saint Jean- Marie Vianney, ont exercé avec amour et dévouement leur devoir de prendre soin de la portion du Peuple de Dieu qui leur a été confiée, se révélant également des hommes forts et déterminés, animés de l’unique objectif de promouvoir le véritable bien des âmes, capables de payer de leur personne, jusqu’au martyre, pour demeurer fidèles à la vérité et à la justice de l’Evangile… P. Jean-Max Renard, Vice-Official n (1) Catéchèse du Pape Benoît XVi sur le ministère du prêtre, audience générale du mercredi 26 mai 2010. Où un prêtre peut-il puiser aujourd’hui la force pour cet exercice de son propre ministère [l’autorité], dans la pleine fidélité au Christ et à l’Eglise, avec un dévouement total au troupeau ? La réponse est une seule : dans le Christ Seigneur. La façon de gouverner de Jésus n’est pas celle de la domination, mais c’est le service humble et plein d’amour du lavement des pieds, et la royauté du Christ sur l’univers n’est pas un triomphe terrestre, mais trouve son point culminant sur le bois de la Croix, qui devient jugement pour le monde et point de référence pour l’exercice de l’autorité qui soit une véritable expression de la charité pastorale.

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Vie du diocèse Qui dit Nouvelle évangélisation, dit message nouveau de paix et de vérité qui doit être proposé au monde d’aujourd’hui. L’annonce de la Bonne Nouvelle doit se préciser et prendre sa source en Jésus, qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est Lui le pédagogue de tout catéchète. Il est donc important que les catéchètes puissent se former. La Catéchèse au service de la Nouvelle Evangélisation C ’est ainsi que plus de deux cents animateurs du Cheminement se sont retrouvés le 26 janvier dernier à De Briant. Mgr Méranville nous a accueillis avec un extrait de l’évangile de saint Matthieu : la parabole du Royaume des cieux comparable à un filet qui est jeté en mer. Le tri s’effectue quand le filet est ramené sur le rivage. La Bonne Nouvelle est annoncée à tous, sans distinction, en vue du salut… Le temps de prière s’est effectué à partir de l’évangile des noces de Cana et la méditation à partir d’une homélie de Benoît XVI. Ce dialogue entre Jésus et Marie part du constat d’un manque de vin pour que la fête continue. Aux noces de Cana, nous sommes en présence d’un double oui : celui de Marie et celui de Jésus, oui commun à la volonté du Père. Nous devons apprendre à progresser vers ce point de rencontre avec le Christ pour faire la volonté du Père. Ou i à l’appel du Christ à servir les autres. Marie et Jésus s’adressent à nous pour que nous accueillions les jeunes dans leurs difficultés afin de leur permettre de retrouver la paix et la joie. Après cet échange, nous nous sommes retrouvés par groupes de dix à treize personnes, pour continuer la réflexion sur le Cheminement. Le sacrement de la Confirmation La Confirmation doit être reçue dans une démarche de foi libre. Le jeune doit choisir de suivre librement le Christ et s’engager à le servir dans ses frères. Par son baptême, il a sa place dans l’Eglise. Comme tout sacrement, il y a une préparation et un accueil. Exigences pour les chrétiens Aujourd’hui, le monde est sécula- risé : Dieu y a moins de place, on ne croit plus en Dieu sous prétexte de laïcité. Dans ce monde, le chrétien est appelé à redoubler de vigilance, à être sel de la terre et lumière du monde, à témoigner par une vie qui va édifier ses frères ; en un mot, à devenir missionnaire. Ses exigences lui sont dictées par Jésus, la première étant l’amour. Documents utilisés L’édification passe par le témoignage, mais cela n’est pas suffisant : il faut aussi des documents. Dans le diocèse, ils sont très divers. Le but est de donner aux jeunes une vision de la vie chrétienne en les faisant réfléchir en petits groupes. Tous les supports utilisés renvoient à la Parole de Dieu. Tous les aspects de la vie sont abordés afin de construire l’homme. Se dire chrétien – vivre en chrétien Se dire chrétien, c’est reconnaître son appartenance à une famille dont la référence est le Christ. Mais vivre en chrétien demande de l’action, des gestes pour témoigner et s’engager à la suite de Jésus venu sauver l’homme. Vivre en chrétien se résume par le premier des commandements : Aimer Dieu et aimer son prochain. Engagement des animateurs Animer, c’est donner vie, accom- pagner, à l’image de Jésus avec les foules. L’animateur favorise l’écoute, crée une dynamique de groupe, est rempli de compassion. Sa formation lui permet de donner quelque chose de neuf. Il est un exemple dans la vie pour ceux qu’il doit évangéliser. Il a à rendre active la foi des jeunes. Mgr Michel Méranville a rappelé que le baptême nous incorpore au Christ, Prêtre, Prophète et Roi. Nous sommes baptisés pour être envoyés. Cela passe par le témoignage dans un monde où le mal sévit. C’est ce monde que Dieu veut sauver, avec les hommes. Le sacrement de la Confirmation invite à l’engagement. L’évangélisation des jeunes est très importante pour toute la société. Nous avons noté le désir et la joie des animateurs de réfléchir, d’ Etre Ensemble le Corps du Christ pour le salut du Monde. La réflexion se poursuit. Pierre Valey, diacre Délégué de l’évêque pour la catéchèse n Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 14

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A près l’accueil et la prière, les représentants de dix-sept paroisses ont parlé de leurs activités avec les enfants depuis le début de l’année pastorale. Ces activités très diverses et ludiques sont appréciées des enfants et des parents. La Parole de Dieu est au centre de ces rencontres qui ont lieu le samedi ou le dimanche. Pour certaines célébrations eucharistiques, les enfants sont présents au moment de l’accueil et à partir de l’action de grâce. Ensuite, nous avons échangé à partir des cinq tableaux prévus pour la célébration du 21 avril : L’appel des premiers disciples (Mt 4,18-22) : C’est Jésus qui a l’initiative, c’est Lui qui appelle. Les disciples le suivent car ils attendaient un Messie. Ils le suivent sans se poser de question : c’est la Foi, la Confiance en Dieu. Lorsque l’on rencontre véritablement Dieu, cela provoque un grand bouleversement dans notre vie au point que l’on change notre façon de vivre. Mise en œuvre : confiance et réponse à donner à Jésus. Le jeune homme riche (Marc 10,17-30) : Dieu propose mieux que tout ce que l’on a ou que l’on aimerait avoir, si on accepte de suivre Jésus. Le respect des commandements de Dieu c’est bien, mais Dieu demande encore plus : non seulement aimer ses parents mais aimer toute personne. Mise en œuvre : respect de la Parole de Dieu et charité. L’Appel de Samuel (1 Samuel 3,1-18) : Nous sommes en présence d’un enfant et d’un prêtre qui vivent dans le Temple. Ils servent Dieu. La vie de Samuel est comme celle de tout enfant. Mise en œuvre : sensibilisation à la vie de service, la vie religieuse. L’appel de Nathanaël et Philippe (Jean 1,45-51) : La foi peut naître de quelqu’un d’autre. Nathanaël et Philippe étaient d’abord des disciples de Jean-Baptiste avant qu’ils ne suivent Jésus. Quelle que soit notre situation, Jésus a besoin de nous. Il faut donc faire silence et attendre ce que Dieu attend de nous. Nous avons parfois besoin des autres pour rencontrer Dieu. Mise en œuvre : Importance du silence – La foi, c’est croire sans voir. Les autres nous aident à croire. Appel de Zachée (Luc 19,1-10) : Ce texte est rempli de symboles et de personnages qui ont chacun un sens. La curiosité de Zachée le conduit à Jésus. Zachée change de comportement après sa rencontre avec Jésus, il se convertit. Zachée donne ce qu’il a aux pauvres. Mise en œuvre : Rencontrer Jésus et se convertir. Des chants ont été proposés et cinq paroisses ont été retenues pour piloter les tableaux : Gros- Morne, Marigot, Sainte-Thérèse, Redoute et Lamentin. Les enfants ont commencé la préparation en paroisse ou en secteur paroissial, voire même en district. Notre réflexion se poursuit ; la prochaine rencontre des responsables paroissiaux aura lieu le 2 mars 2013 de 14h à 16h30. L’Eveil à la Foi des tout-petits (de 3 à 6 ans) est très important pour les familles et toute la société. Il s’agit d’éveiller les enfants à la vie spirituelle. En cette Année de la Foi et de Diaconia , nous voulons montrer que les tout-petits ont leur place dans l’Eglise et enraciner en eux des germes d’espérance et de charité. Pierre Valey, diacre Délégué de l’évêque pour la catéchèse n Eveil à la Foi et Année de la Foi Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 15 Les animateurs de l’Eveil à la Foi préparant le rassemblement annuel des enfants prévu le dimanche 21 avril 2013, se sont retrouvés le 26 janvier dernier. Ce rassemblement aura pour thème : Foi et Confiance en Dieu. Les enfants de l'Eveil à la Foi de Saint-Joseph

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Pastorale de la santé Dans chaque diocèse de France existe un service qui s’appelle la Pastorale de la Santé. Il s’agit pour l’Eglise d’être présente à tous ceux et celles qui, d’une manière ou d’une autre, sont concernés par la politique de la santé menée dans notre pays. C’est dire le nombre important de personnes qui peuvent se mobiliser autour de cette réalité. Présence d’Eglise pour le service du monde de la santé I l y a en premier lieu les malades atteints physiquement ou psychiquement. Dans leur épreuve, ils sont accompagnés par les soignants qui essaient, en fonction de thérapies mises en place, de soigner les personnes pour parvenir à un processus de guérison. Médecins, infirmiers, infirmières, aides-soignants, assistants à domicile s’adonnent à un travail de plus en plus performant pour faire reculer les diverses maladies invalidantes : cancers, infections diverses, diabète chronique, maladies cardio- vasculaires, maladies génétiques ou encore orphelines. Ils se heurtent à des difficultés de plus en plus insurmontables liées à la récession économique dont souffre déjà depuis plusieurs années la politique de la santé en France. Nous sommes parvenus à un stade, au moins en Martinique, des plus inquiétants. Le monde hospitalier est en souffrance par manque de ressources. La situation devient de plus en plus dramatique dans les établissements hospitaliers. Quel patient n’a pas fait l’expérience d’une attente interminable aux urgences, allongé sur un brancard dans un couloir, faute de personnel suffisant. Dans les services, c’est la morosité, la fatigue, l’énervement des soignants, du fait de leur nombre restreint. Ils regrettent de ne plus pouvoir être plus présents aux malades afin d’humaniser les soins ; ils sont réduits à l’état de techniciens compétents mais qui n’ont plus le temps d’investir dans des relations humaines. La parole du professeur Valéry-Radot, dans une réunion avec ses assistants et ses internes, après les premières greffes du rein, est d’actualité : Vous êtes devenus de grands spécialistes de la chirurgie, hautement compétents dans la technicité, mais attention dans ce que vous faites à ne pas tuer l’humanisme. Quelle souffrance aujourd’hui de consta- ter que des praticiens d’excellent niveau dans diverses spéciali- tés démissionnent de nos services hospitaliers, faute de moyens pour travailler convenablement ! L’Eglise catholique, par l’intermé- diaire de ses membres les plus divers, a toujours été présente au monde de la santé. Il y a eu le temps où des congrégations reli- gieuses ont suppléé à l’absence Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 16 Messe diocésaine des malades à Morne-Rouge Au service de l'humanisation des soins

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de personnel laïc suffisamment formé dans les établissements hospitaliers d’Etat. Ce fut le cas à l’hôpital civil de Fort-de-France. Des services d’aumônerie ont été mis en place et se sont développés avec la participation de visiteurs de malades dans le cadre du Service Evangélique des Malades (SEM). Depuis quelques années, médecins, infirmiers et autres professionnels de la santé ont la possibilité de se retrouver dans le cadre de l’Action Catholique des Milieux Sanitaires et Sociaux (ACMSS) pour relire, à la lumière de l’évangile, leur vie de professionnels de la santé. Les équipes sont encore trop peu nom- breuses et, face à toutes les interro- gations qui se posent, ont besoin de se multiplier et de s’étoffer dans la réflexion et l’action. L’équipe diocésaine de la pastorale de la santé a reçu mission de l’évêque de coordonner les diverses activités de la pastorale de la santé : formation des visiteurs de malades ; soutien et coordination des Services Evangéliques des Malades des diverses paroisses ; coordination des célébrations diocésaines de la pastorale de la santé (messe des malades à Morne- Rouge, messe annuelle des acteurs de la pastorale de la santé.) Elle encourage le développement des équipes des médecins catholiques et de l’ACMSS. Elle suit leurs travaux et leur réflexion. Aujourd’hui, elle souhaite s’investir davantage avec tous ceux qui sont concernés par un renouveau de la politique de la santé. Des solutions sont à rechercher pour qu’une culture de la vie prédomine sur la culture de mort. C’est dans ce sens que se tiendra, à la paroisse de Bellevue, le dimanche 10 mars 2013, une récollection pour tous les personnels de santé sur le thème : Comment, aujourd’hui, franchir la porte de la foi dans le monde de la santé ? Par la suite, dans le cadre des districts, nous pourrions rencontrer toutes les personnes de bonne volonté qui sont acteurs, d’une manière ou d’une autre, dans le monde la santé ; ce qui aboutirait plus tard à un grand forum diocésain. C’est urgent que l’Eglise trouve aussi une nouvelle forme de présence auprès des décideurs dans ce domaine. Il en va de l’avenir de l’Homme. \ P. Gilles Bolle - Délégué de l’Evêque pour la pastorale de la santé n Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 17 Messe annuelle des acteurs de la pastorale de la santé Onction des malades au cours de la messe diocésaine * * * * * rappelle son prochain rendez-vous : • Dimanche 10 mars 2013, de 10h à 18h, à la salle paroissiale de Bellevue : Récollection à l’intention de tous les professionnels de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants, secrétaires, psychologues, etc.). Elle se terminera par l’eucharistie de 18h à l’église de Bellevue. Thème : En tant que professionnel de santé, comment je franchis la porte de la foi ? Communiqué La PaS toraLe DiocéS aine De La Santé

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Mouvements Les scouts et guides de Martinique célébreront la Journée de commémoration de Robert Baden Powell, fondateur du scoutisme, le dimanche 24 février 2013, à la paroisse du Robert. C’est l’occasion d’ouvrir une fenêtre sur Haïti où les scouts et guides s’impliquent de manière considérable dans la vie de leur pays, notamment en matière d’éducation et de prévention. Scouts et Guides l’expérience haïtienne La devise des scouts d’Haïti : Etre prêt H abitant dans une zone où des catastrophes naturelles fréquentes s’abattent sur une population déjà démunie, les scouts d’Haïti ont une place de plus en plus importante dans leur pays : secouristes sur les plans matériels, prévisionnels et aussi mentaux, ils sont réactifs, efficaces et engagés. Ces derniers mois, ils ont aidé à la relocalisation de quatre cent quatre familles et sensibilisé, avec l’aide de l’UNICEF, une centaine de familles à l’accueil des cyclones. Des scouts formés au secourisme L’ANSH (Association Nationale des Scouts d’Haïti) met un point d’honneur à former les scouts de tout le pays. C’est ainsi qu’une équipe franco-haïtienne, composée de scouts d’Haïti et de scouts et guides de France, a sillonné pendant trois semaines les routes d’Haïti. Leur but ? Former une centaine de scouts aux gestes des premiers secours, au suivi psychologique, mais aussi à la problématique des relations homme-femme et de la sexualité. Les scouts d’Haïti ont pour cela bénéficié : - d’une formation spécifique sur le psychosocial, dispensée avec l’aide de la Croix-Rouge haïtienne. - d’une formation de formateurs, leur permettant d’intégrer la protection civile au niveau national. Des actions de sensibilisation auprès de la population locale Quels ont été les retours de ces formations ? Les volontaires ont abordé en petits groupes de parole le thème de la santé mentale, encore tabou en Haïti. Une opération de sensibilisation contre le choléra, fléau persistant en Haïti, a également été menée auprès de cent quatre-vingts louveteaux et enfants extérieurs au mouvement. Elle consistait à leur apprendre de façon ludique les règles de l’hygiène, tout en permettant à chaque enfant de repartir avec une bassine et du savon. Des équipements de télécommunication Préparés et entraînés, les scouts d’Haïti sont également équipés. En effet, depuis un an, ils sont en charge du matériel de communication d’urgence et de téléphones satellites, essentiels pour une action rapide dans le pays. Avec ce matériel de prévention, ils peuvent transmettre très rapidement des informations en cas de catastrophe naturelle et faciliter l’intervention des organisations. Répartis dans tout le pays et de tous niveaux sociaux, les scouts d’Haïti se sont vu confier ces kits tout-terrain par Télécom Sans Frontières (TSF), afin de faciliter leur action tout en répondant fièrement à leur devise : Etre prêt . n Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 18 Scouts et Guides d'Haïti et de France

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Dimanche 24 février 2013 Les religions peuvent-elles se parler ? L’exemple réunionnais Comment vivre ensemble lorsqu’on est de religions différentes ? Cette question, pourtant si simple, n’a pas toujours de réponse évidente. Une île existe pourtant outre-mer où chrétiens, hindous, musulmans, bouddhistes vivent harmonieusement : c’est La Réunion. Cette île de l’Océan indien nous donne un bel exemple d’harmonie et de respect. Houssen Amode, membre du Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion, est musulman et fervent défenseur de l’amitié islamo-chrétienne. Il viendra nous aider à comprendre comment La Réunion, grâce à l’histoire de son peuplement, son métissage biologique, ses mariages mixtes, réussit ce vivre-ensemble. Nous suivrons ce groupe de dialogue dans son action au quotidien et verrons comment, grâce à lui, toutes les communautés de l’île, quelle que soit leur religion, peuvent s’unir pour défendre une même cause : les malades du SIDA. Connecté depuis l’évêché de Saint-Denis, nous serons avec Mgr Gilbert Aubry, lui aussi membre actif de ce groupe. L’évêque de La Réunion depuis 1976 nous racontera comment les Réunionnais, catholiques à 70 %, sont au quotidien des artisans de paix. Dimanche 3 mars 2013 Comment vit-on sa foi loin de chez soi ? L’arrivée en Métropole lorsqu’on vient d’outre-mer est souvent un choc. Climatique, certes, mais aussi culturel. Et sa foi, comment la vit-on lorsqu’on est loin de son île, de sa terre natale ? Certains s’éloignent de l’église, d’autres au contraire ont besoin de vivre plus intensément leur relation avec le Christ et se retrouvent avec leurs frères pour partager cette foi qu’ils ont ramenée de là-bas. Comment leur foi, partagée avec leurs frères d’ exil , est-elle identitaire ? Le père Jean-François Lof, nouvellement nommé aumônier des Antillo-guyanais de Métropole, nous raconte ce qu’il constate dans son diocèse de Marseille. Ce prêtre d’origine martiniquaise, mais né dans la cité phocéenne, accompagne les jeunes Antillais pour qu’ils intègrent à leur nouvelle vie leurs pratiques religieuses habituelles. Nous reviendrons sur un moment attendu par beaucoup d’Antillo-guyanais de l’Hexagone : la messe annuelle de la communauté, célébrée à Paris en l’église Saint-Sulpice, la plus grande église de la capitale. Dimanche 10 mars 2013 Dieu nous aide-t-il à nous surpasser ? Est-ce que Dieu peut nous aider à nous surpasser ? Les valeurs d’entraide et de partage sont-elles compatibles avec l’esprit de compétition ? Qu’est-ce que les chrétiens peuvent apprendre des sportifs ? Pour répondre à ces questions, Dieu m’est témoin reçoit cette semaine Laura Flessel, une icône de l’escrime française, championne olympique. Catholique convaincue, la Guadeloupéenne nous racontera comment sa foi a pu l’aider dans son parcours de championne. Elle nous parlera aussi de Ti Colibri, l’association qu’elle a fondée avec son mari pour promouvoir l’escrime et aider les clubs défavorisés. Elle réagira au reportage réalisé en Nouvelle-Calédonie, au club des piroguiers du Mont-Dore, où les enfants, grâce au sport, apprennent à partager. Église en Martinique du 24 février 2013 / n°459 19 MeDIAs 99.5 - 101.3 et 105.3 mHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com

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Mon Dieu, convertissez-moi au nom de Notre Seigneur Jésus Christ. Vous qui pouvez transformer des pierres en enfants d’Abraham, vous qui pouvez tout en moi, convertissez-moi, Seigneur. Donnez-moi le bon esprit, la sagesse, que vous avez promis de donnerà ceux qui les demanderaient. Convertissez-moi, et faites que je vous glorifie le plus possible jusqu’à mon dernier soupiret pendant l’éternité.Je vous le demande au nom de Notre Seigneur Jésus Christ. Amen Frère Charles de Jésus Mon Dieu, convertis-moi