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• SeSSion deS SéminariSteS à Grenoble • la ConférenCe deS évêqueS deS antilleS en Guadeloupe • aGriCulture à la martinique N° 462 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 7 avril 2013 Journée diocésaine des jeunes

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Editorial Editorial • Servir avec amour Mot de l'Evêque • E Risorto Gesù Christo Alleluia Eglise universelle • Remerciements du Pape François aux cardinaux • Extraits du discours du pape François aux représentants des Eglises et des différentes religions Eglise dans la Caraïbe • La Conférence des évêques des Antilles en Guadeloupe Liturgie • Parole dominicale Droit canonique • Les autres actes du culte divin Les sacramentaux Vocations • Journée mondiale de prière pour les vocations • Session des séminaristes à Grenoble Vie du diocèse • Journée diocésaine des jeunes Année de la Foi Témoignages Société • Agriculture à la Martinique : La filière de diversification (fruits - légumes - fleurs) • La Manif pour tous 972 Médias numéro 462 • SESSION DES SÉMINARISTES À GRENOBLE • LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DES ANTILLES EN GUADELOUPE • AGRICULTURE À LA MARTINIQUE N° 462 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 7 avril 2013 Journée diocésaine des jeunes S ommaire Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 tirage : 8 000 exeMplaires i.s.s.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 Ad m i n i s t r At i o n – ré d Ac t i o n Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 se r v i c e d e s Ab o n n e m e n t s Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586 97207 Fort de France Cédex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.cef.fr archeveche-martinique@wanadoo.fr A u cœur de notre foi, il y a Pâques : le passage de la mort à la vie du Christ ressuscité, la victoire de la vie sur la mort. Chacun de nous, marqué par le temps et évoluant dans le temps, fait dans sa vie l’expérience de la chronologie des évènements et des situations. Pour notre croissance, nous sommes, malgré nous, contraints de faire de nombreux passages dans notre existence : passer (Pâques) d’une situation acquise, connue, recherchée, à une autre imprévue, angoissante qui nous provoque à la confiance et à l'espérance. Nous vivons actuellement des évènements importants de l’histoire de notre Eglise, évènements qui exigent de nous d’entrer dans le dynamisme pascal. L’Eglise universelle est appelée à passer de Benoît XVI – qui a marqué par la profondeur de sa réflexion théologique – à François qui conduira l’Eglise sur des voies nouvelles. Dès maintenant, les observateurs essaient de décrypter, à partir des attitudes et des paroles du Saint-Père, l’orientation qu’il donnera à son pontificat. Dans sa première homélie lors de l’inauguration de son pontificat, il a dit : N’oublions jamais que le vrai pouvoir est le service et que le Pape aussi, pour exercer le pouvoir, doit entrer toujours plus dans ce service qui a son sommet lumineux sur la croix. Il doit regarder vers le service humble, concret, riche de foi de saint Joseph et, comme lui, ouvrir les bras pour garder tout le peuple de Dieu et accueillir avec affection et tendresse l’humanité tout entière, spécialement les plus pauvres, les plus faibles, les plus petits. Et, en une phrase lapidaire, il conclut : Seul celui qui sert avec amour sait garder. On a là des paroles fortes, inspirées par l’évangile, qui méritent notre attention, appellent à changer de perspective et surtout ouvrent nos chantiers d’évangile à une grande espérance. Peut-être aurions-nous préféré prendre un temps de repos pour souffler, digérer l’inédit. Mais le Ressuscité appelle et envoie ses disciples à prendre la route de la mission. Pas étonnant que l’Eglise choisisse un dimanche de cette période pascale (le quatrième dimanche de Pâques) pour revivi- fier la vocation du peuple de Dieu à travailler à la vigne du Seigneur, et aussi à sensibiliser les jeunes générations à prendre part à cette mission. Contrairement aux sociétés du passé qui étaient uniformes et relativement stables dans leur mode de vie, notre époque se distingue par une grande mobilité des personnes qui vivent désormais au rythme des évènements de la planète. En cette Année de la Foi, prenons conscience que la foi ne se garde pas en la mettant en conserve, mais en la communiquant, en la transmettant de bouche à oreille, de mains en mains, de cœur à cœur, parce que l’évangile est une Parole en liberté. Père Jean de Coulanges n 2 3 Photo de couverture : Journée diocésaine des jeunes à la cathédrale de Saint-Pierre (photo P. Luc Philippon) Servir avec amour 5 6 7 8 9 10 11 16 12 14 18 19

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Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 3 Mot de l'Evêque E risorto Gésù Cristo. Alleluia ! S oixante ans après, je me souviens encore de la joyeuse affirmation qu’échangeaient les passants en se croisant dans les ruelles du Trastevere à Rome : E risorto Gésù Cristo. Alleluia ! criaient-ils les uns aux autres. J’étais alors jeune séminariste, au début de ma première année de philosophie. Je ne connaissais que quelques mots d’italien et je ne comprenais pas la signification de ce Risorto qui semblait provoquer une joie réelle entre ceux qui l’échangeaient. On m’expliqua alors que risorto était le participe passé du verbe risorgere qui signifie se relever, renaître et aussi ressusciter . Crier à travers les rues : E risorto Gesù Cristo revenait à crier à pleins poumons : Jésus Christ est ressuscité . C’était cette Bonne Nouvelle la cause de la joie communicative de toutes ces personnes. C’était en 1953. Soixante ans se sont depuis écoulés : un demi- siècle plus dix ans. Sans être de ces inconditionnels du passé dont Jésus lui-même disait avec humour : Quiconque boit du vin vieux n’en désire pas du nouveau, car il dit « le vieux est meilleur » (Luc 5,39), j’ai quand même le sentiment d’être l’un des derniers dinosaures survivants, en comparant le présent à ces souvenirs dont je me demande parfois s’ils sont bien réels, tant le monde a changé depuis. A cette époque, il est vrai, la sécularisation de la société ne s’était pas encore généralisée. L’Eglise, contestée comme depuis toujours, était quand même respectée et, sous la conduite majestueuse du Pape Pie XII, montrait imperturbablement la voie du salut à tout homme de bonne volonté. Dieu avait sa place dans la cité et Jésus Christ était invoqué comme son Fils bien aimé, ressuscité d’entre les morts. A propos, que signifiait cette résurrection proclamée chaque dimanche dans le symbole des Apôtres ? Rares étaient ceux qui se posaient la question. Et sans doute aussi rares ceux qui auraient été en mesure d’y répondre. Il existe, en effet, diverses conceptions de la Résurrection. L’une d’entre elles affirme que la résurrection est le retour, après la mort, à la vie d’avant la mort. Elle serait la continuation de la vie d’ici-bas. Le récit de Lazare ramené à la vie par Jésus, quatre jours après sa mort, illustre ce point de vue ; de même le récit de la fille de Jaïre, ou celui du fils de la veuve de Naïm. Dans tous ces cas, il s’agit plus de réanimation que de résurrection , car ces personnes ramenées à la vie sont mortes à nouveau. La résurrection de Jésus n’a rien de semblable. Elle n’est ni une réanimation, ni une réincarnation, ni un phéno- mène de métempsychose. La résurrection de Jésus, cas absolument unique dans toute l’histoire de l’huma- nité, est bien un retour à la vie du Jésus historique, né de la Vierge Marie, qui a souffert et qui est mort. Mais cette vie, qui est la sienne n’est plus la même. Elle est transformée, pour ainsi dire divinisée, spiritualisée ; elle est devenue la vie de Dieu lui-même ; une vie qui n’est plus soumise aux contraintes du temps et de l’espace ni aux lois de la biologie ou de la physique. Jésus se fait toucher et il demande même à manger à ses apôtres, mais c’est pour leur dire : Je ne suis pas un fantôme ou un esprit, car un fantôme n’a ni chair ni os comme vous pouvez constater que j’en ai. Il disparaît cependant à leur regard pour se rendre présent parmi eux huit jours plus tard, alors que toutes les portes du lieu dans lequel ils se trouvent sont fermées. Admettre la résurrection de Jésus c’est faire un acte de foi. Jésus disait à son Apôtre Thomas l’incrédule : Tu crois parce que tu as vu, heureux plutôt ceux qui croiront sans avoir vu (Jean 20,29). La résurrection de Jésus n’a pas eu de témoins. Elle est cependant étayée par le constat des femmes et des disciples au lendemain du sabbat, lorsqu’ils

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Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 4 Eglise en Martinique Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97 207 FORT de FRance cede X MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 € Guy ANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne ! Nom : ........................................................................\ .................................................................................. Prénom : ........................................................................\ ........................................................................... Adresse : ........................................................................\ ........................................................................... Mail : ........................................................................\ ...................................................................................... Tél. ........................................................................\ ........................ Code Postal .................................. Ville ........................................................................\ ......................................................................................... La défense de la liberté religieuse dans le bilan du pontificat de Benoît XVI Dès le début de son pontificat, le Saint-Père a affirmé que la liberté religieuse est fondamentale ; elle s’enracine en effet pour lui dans la dignité de chaque homme et elle est donc une valeur universelle. Il se situe ainsi clairement dans la lignée de Vatican II et, en particulier, de la déclaration Dignitatis humanae 1. Mot de l'Evêque (suite) ont trouvé le tombeau de Jésus mystérieusement vide de son corps tandis que le linceul et le suaire qui enveloppaient son cadavre étaient à leur place, posés à plat. Cependant ces détails matériels n’auraient aucune valeur apo- dictique sans les nombreuses apparitions de Jésus lui-même après sa mort. Saint Paul en cite quelques-unes dans sa première lettre aux Corinthiens au chapitre 15. Il écrit : Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures. il a été enseveli. il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. il est apparu à Céphas puis aux Douze. Ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois : la plupart sont encore vivants et quelques-uns sont morts. Ensuite il est apparu à Jacques puis à tous les apôtres. En tout dernier lieu, il m’est aussi apparu, à moi l’avorton. Car je suis le plus petit des Apôtres parce que j’ai persécuté l’Eglise de Dieu (1 Cor. 15,1-12). Saint Paul s’étonnait : Comment certains d’entre vous disent qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? Mais s’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité notre prédication est vide et vide aussi notre foi. si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais Christ est vraiment ressuscité. Si Paul s’est converti, est devenu le plus zélé des Apôtres du Christ alors qu’il l’avait combattu auparavant. Si les apôtres qui avaient renié Jésus et s’étaient cachés, par peur, après sa mort, ont eu le courage de témoigner de lui en affrontant la torture et la mort. Si des hommes possédant de grands biens ont accepté de s’en dépouiller pour les donner aux pauvres, c’est parce qu’un jour, tous ces hommes ont rencontré sur leur route Jésus Ressuscité. Jésus est le chemin, la vérité et la vie. Il a vaincu la mort et ne peut plus mourir. Il donne la vie en plénitude à tous ceux qui croient en lui. Il est la résurrection de tout homme qui vit et croit en lui. Il est vivant, non pas à la manière de l’homme invisible qui se tient quelque part, au milieu de nous. Il vit en chacun de ceux qui croient en Lui et Il vit dans la communauté de tous ces croyants qui forment son Eglise. Le signe qu’il est vivant et que sa vie triomphe de toute mort, c’est la communion de ses disciples entre eux. La veille de sa mort il a prié pour cette communion en disant à son Père : Père, que mes disciples soient UN comme toi et moi nous sommes UN, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Autre signe indéniable de sa résurrection c’est l’amour vrai qui, au-delà de nos misères, de nos péchés, de nos faiblesses et de nos reniements et grâce à la puissance de sa Résurrection, nous donne la force de nous aimer les uns les autres, comme il nous aime. A ce signe l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples : Si vous vous aimez comme je vous aime. Oui, Christ est Ressuscité. E risorto Gésù Cristo. Alleluia ! Alleluia ! + Michel Méranville, Archevêque n * * * * *

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Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 5 Chers frères cardinaux, C ette période, dédiée au conclave, a été chargée de signification non seulement pour le Collège cardinalice mais aussi pour tous les fidèles. En ces jours, nous avons senti de manière presque sensible l’affection et la solidarité de l’Église universelle, ainsi que l’attention de nombreuses personnes qui, bien qu’elles ne partagent pas notre foi, regardent l’Église avec respect et admiration. De tous les coins de la terre, s’est élevée la prière fervente et unanime du peuple chrétien pour le nouveau pape et ma première rencontre avec la foule massée sur la place Saint-Pierre a été riche en émotions. Avec cette image suggestive du peuple priant et joyeux encore gravée dans mon esprit, je désire manifester ma sincère reconnaissance aux évêques, aux prêtres, aux personnes consacrées, aux jeunes, aux familles, aux personnes âgées pour leur proximité spirituelle, si touchante et fervente. Je ressens le besoin de vous exprimer à vous tous, chers et vénérés frères cardinaux, ma plus vive et profonde gratitude pour votre collaboration diligente dans la conduite de l’Église pendant la vacance du Siège. J’adresse mes salutations cordiales à chacun de vous, à commencer par le doyen du Collège cardinalice, Monsieur le cardinal Angelo Sodano, que je remercie pour les aimables paroles et pour les vœux fervents qu’il m’a adressés en votre nom. Avec lui, je remercie Monsieur le cardinal Tarcisio Bertone, camerlingue de la Sainte Église romaine, pour son travail précieux pendant cette phase délicate de transition, ainsi que le très cher cardinal Giovanni Battista Re, qui a été notre président pendant le conclave : merci beaucoup ! Ma pensée se tourne avec une affection particulière vers les vénérés cardinaux qui, en raison de leur âge ou de la maladie, ont assuré leur participation et manifesté leur amour de l’Église à travers l’offrande de leur souffrance et de leur prière. […] Mes remerciements vont aussi à tous ceux qui, dans les différentes maisons, se sont employés activement à la préparation et au bon déroulement du conclave, assurant la sécurité et la tranquillité des cardinaux en cette période si importante pour la vie de l’Église.J’adresse une pensée pleine d’af- fection et de profonde gratitude à mon vénéré prédécesseur Benoît XVI qui, dans les années de son pontificat, a enrichi et fortifié l’Église par son magistère et par la manière dont il l’a guidée, par sa bonté, sa foi, son humilité, sa douceur. Ces années resteront pour tous un patrimoine spirituel ! Vécu dans un total don de soi, le ministère pétrinien a eu en lui un interprète sage et humble, le regard tou- jours fixé sur le Christ, le Christ ressuscité, présent et vivant dans l’Eucharis- tie. Notre fervente prière, le souvenir impérissable que nous gardons de lui, notre fidèle et affectueuse reconnaissance l’accom- pagneront toujours. Nous sentons bien que Benoît XVI a allumé une flamme au plus profond des cœurs : elle continuera de brûler parce qu’elle sera alimentée par sa prière, qui soutiendra encore l’Église sur son chemin spirituel et missionnaire. Je confie à la puissante intercession de Marie, notre Mère, Mère de l’Église, mon ministère et le vôtre. Sous son regard maternel, que chacun de nous puisse avancer, joyeux et docile à la voix de son divin Fils, en renforçant l’unité, en persévérant d’un seul cœur dans la prière et en témoignant de la véritable foi en la présence continuelle du Seigneur. Avec ces sentiments – qui sont véritables ! – je vous donne de tout cœur la bénédiction apostolique. […] Sa Sainteté François n Eglise universelle Remerciements du pape François aux cardinaux Le Pape François remerciant le cardinal Sodano, Doyen du Collège d\ es Cardinaux

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Eglise universelle Chers frères et sœurs, J e commence mon ministère apostolique durant cette année que mon vénéré prédécesseur, Benoît XVI, avec une intuition vraiment inspirée, a proclamée être l’Année de la Foi pour l’Église catholique. Par cette initiative, que je désire poursuivre et qui, j’espère, sera un stimulant pour le cheminement de foi de chacun, il a voulu marquer le 50 ème anniversaire du début du Concile Vatican II, proposant en quelque sorte un pèlerinage vers ce qui représente l’essentiel pour chaque chrétien : le rapport personnel et transformant avec Jésus Christ, Fils de Dieu, mort et ressuscité pour notre salut. C’est justement dans le désir d’annoncer aux hommes de tous les temps ce trésor de la foi perpétuellement valable, que réside le cœur du message conciliaire. Ensemble avec vous, je ne peux oublier tout ce que ce concile a signifié pour le cheminement œcuménique. Il me plaît de rappeler les paroles que le bienheureux Jean XXIII a prononcées, lui dont nous nous rappellerons dans peu de temps le 50 ème anniversaire de son décès. Il a dit dans son discours inoubliable d’ouverture : L'Église catholique estime que son devoir est de faire tous ses efforts pour que s'accomplisse le grand mystère de cette unité que Jésus Christ, à l'approche de son sacrifice, a demandée à son Père dans une ardente prière ; et elle éprouve une douce paix à savoir qu'elle est étroitement unie à ces prières du Christ. Ce Pape Jean ! Oui, chers frères et sœurs dans le Christ, sentons-nous tous intimement unis à la prière de notre Sauveur durant la dernière Cène, à son invocation : Ut unum sint (qu’ils soient un). Demandons au Père miséricordieux de vivre en plénitude cette foi que nous avons reçue en don le jour de notre baptême, et de pouvoir en donner le libre, joyeux et courageux témoignage. Ce sera là notre meilleur service à la cause de l’unité des chrétiens, un service d’espérance pour un monde encore marqué par des divisions, des oppositions et des rivalités. Plus nous serons fidèles à sa volonté, en pensées, dans les paroles et dans les œuvres, plus nous cheminerons vraiment et substantiellement vers l’unité. Pour ma part, je désire vous assurer, suivant en cela mes prédécesseurs, de la volonté ferme de poursuivre le chemin du dialogue œcuménique, et je remercie déjà le Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des Chrétiens, pour l’aide qu’il continuera à offrir, en mon nom, à cette très noble cause. Je vous demande, chers frères et sœurs, de porter ma salutation cordiale et l’assurance de mon souvenir dans le Seigneur Jésus aux Églises et aux Communautés chrétiennes que vous représentez. Et je vous demande d’avoir la charité d’une prière spéciale pour ma personne, afin que je puisse être un Pasteur selon le cœur du Christ. Et maintenant, je m’adresse à vous, distingués représentants du peuple juif, auquel un lien spirituel très spécial nous unit puisque, comme l’affirme le Concile Vatican II : L’Église du Christ reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent déjà, selon le mystère divin du salut, dans les patriarches, Moïse et les prophètes (Nostra aetate, 4). Je vous remercie pour votre présence et j’ai confiance qu’avec l’aide du Très- Haut, nous pourrons poursuivre avec profit ce dialogue fraternel que le concile a souhaité (cf. ibid.) et qui s’est effectivement réalisé, portant des fruits non négligeables, spécialement au cours des dernières décennies. Je vous salue ensuite et je vous remercie cordialement, chers amis appartenant à d’autres traditions religieuses : d’abord les musulmans qui adorent Dieu unique, vivant et miséricordieux, et l’invoquent par la prière, et vous tous. J’apprécie beaucoup votre présence. En elle, je vois un signe tangible de la volonté de croître dans l’estime réciproque et dans la coopération pour le bien commun de l’humanité. Sa Sainteté François n Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 6 Extraits du discours du pape François aux représentants des Eglises et des différentes religions

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L es évêques arriveront à l'aéroport Pôle Caraïbes entre le jeudi 11 et le samedi 13 avril 2013. Ils seront logés dans un premier temps soit au Centre Diocésain aux Abymes (CPSO), soit à l’hôtel Pergola à Gosier. Le samedi 13 avril 2013 à 18h, une messe solennelle ouvrira l'assemblée plénière. Elle sera célébrée en la cathédrale Saint- Pierre et Saint-Paul de Pointe-à- Pitre et présidée par Mgr Michel Méranville, archevêque de Saint- Pierre et Fort-de-France. Le dimanche 14 avril 2013, un grand rassemblement avec confirmation de cinq cents jeunes et adultes se tiendra au Palais omnisports de Gosier. Dès le matin, les confirmands arriveront sur place pour les ultimes préparatifs. La messe solennelle, présidée par Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, concélébrée par les évêques présents, débutera à 15h. Elle sera retransmise à la télévision en Guadeloupe, Martinique et Guyane par Guadeloupe 1 ère. Du lundi 15 au jeudi 18 avril 2013, les évêques tiendront leur assemblée dans les locaux de l’évêché de Basse-Terre. Le mardi 16 avril à 18h, une messe solennelle présidée par le Nonce apostolique, Mgr Nicola Girasoli, sera célébrée en la cathédrale Notre-Dame-de-Guadeloupe à Basse-Terre. Vendredi 19 avril 2013, après une ultime séance de travail, les évêques découvriront la Guadeloupe lors d’une excursion touristique. Depuis plusieurs mois déjà, de nombreuses personnes participent aux préparatifs de cet évènement pour l’accueil, la logistique, les liturgies. Un comité, présidé par Jean-Marie Lapoussin, regroupe toutes les personnes bénévoles souhaitant s’associer à cette assemblée plénière et à la journée du dimanche 14 avril 2013. n Eglise dans la Caraïbe La Conférence des évêques des Antilles en Guadeloupe Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 7 Du samedi 13 au vendredi 19 avril 2013, l'assemblée plénière des évêques de la Caraïbe se tiendra en Guadeloupe. Vingt évêques des différents diocèses de la Caraïbe y participeront. La Conférence des Evêques des Antilles à Barbade - mai 2011

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7 avril 2013 L a P arole D ominicale Actes 5,12-16 • Psaume 117 • Apocalypse1,9-19 • Jean 20,19-31 Deuxième dimanche de Pâques Année C S i le Christ est ressuscité, à quels signes le reconnaîtrons- nous ? Thomas a exigé de voir et de toucher ses plaies avant de croire à la résurrection. Thomas, le jumeau, notre jumeau, me rappelle également la résistance de tant de frères et sœurs qui voient en l’affirmation de la résurrection une pierre d’achoppement ; en effet, notre monde d’aujourd’hui réclame des signes pour croire. Quelle réponse leur donnera le Seigneur ? Celle de la miséricorde que nous célébrons en ce dimanche. Examinons brièvement ces diffé- rents signes : 1. Thomas et les signes du Ressuscité Malgré les déclarations enthou- siastes des autres disciples, Thomas refuse de croire à la résurrection. Il lui faut davantage qu’un simple témoignage pour accepter la bou- leversante nouvelle. Voir et toucher les plaies du Ressuscité pour s’assu- rer que c’est vraiment lui : voilà la condition qu’il pose pour couper court à toute discussion. Thomas n’a visiblement pas envie d’être traité de crédule. Mais voilà que Jésus le surprend huit jours plus tard, en lui demandant de toucher ses plaies. Bouleversé et profondé- ment ému, Thomas s’exclame : Mon seigneur et mon Dieu ! Sa foi va au-delà de celle des autres disciples puisqu’il donne au Christ ressuscité le titre le plus grand de tout l’Evangile. Oui, cet homme qui se tient devant lui et l’invite à plonger le doigt dans ses plaies, n’est pas seulement un innocent que Dieu a ramené à la vie. C’est son Seigneur et son Dieu. Et le récit de la double apparition du Christ se conclut par cette béatitude adressée aux croyants de tous les temps : Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! Si donc la foi en la résurrection ne doit plus être basée sur la vision du corps physique du Christ, quels sont alors les signes nouveaux de sa présence ? Jésus lui-même en mentionne trois : la paix, l’Esprit et le pardon des péchés. 2. Les trois signes • Le premier don du Christ ressuscité à ses disciples est la paix : une paix définitive, réelle qui transfigure leur histoire ; une paix intérieure pour tranquilliser leurs consciences perturbées après les événements tragiques qu’ils ont vécus. • À ce merveilleux don de la paix qui fait naître l’espérance, Jésus ajoute celui de l’Esprit Saint qui en est d’ailleurs la source. C’est lui qui, hier et aujourd’hui, donne vie à l’Eglise. Sans ce dernier, il était impensable que les disciples deviennent des témoins intré- pides du Christ ressuscité. C’est par lui qu’ils font les miracles, en témoigne la première lecture de ce dimanche. Les guérisons qu’ils opèrent, attirent l’attention sur leur message, aident la foi et l’Eglise grandit. C’est encore le même don divin qui permettra plus tard à saint Jean, dans l’Apo- calypse, de bénéficier d'une vision grandiose destinée à produire la conviction que tout le cours de l’histoire est commandé par Dieu et son Christ. • Le troisième don que le Seigneur ressuscité accorde à son Eglise est le pouvoir de pardonner les péchés, de réconcilier avec Dieu. Née de la miséricorde du Père, l’Eglise est envoyée dans le monde pour être instrument de réconcilia- tion entre Dieu et les hommes. 3. Le signe de la miséricorde Un dernier signe du Ressuscité, mis en évidence par la liturgie de ce dimanche, est celui de la miséricorde. Depuis l’an 2000, le pape Jean Paul II a demandé à l’Eglise entière de célébrer en ce deuxième dimanche de Pâques la fête de la Miséricorde divine. C’était lors de la canonisa- tion de Sr Faustine Kowalska à qui Jésus, au cours d’une apparition, avait montré son côté ouvert d’où jaillissaient deux rayons illuminant le monde. Ces deux rayons, lui a-t-il expliqué, représentent sa miséri- corde qui se déverse sur l’humanité. Le terme miséricorde , comme on le sait, est composé en latin de miseri (misère) et de cordia (cœur).C’est le Cœur de Dieu qui se penche sur la misère de l’homme pour le sauver. Aujourd’hui plus que jamais, le monde a besoin de l’annonce de cette Miséricorde divine pour croire au Dieu vainqueur de la mort. Soyons les messagers de cette bonne nouvelle. P. Gérard Yougbaré, Vicaire à Saint-Christophe et Sainte-Thérèse n Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 8

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Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 9 C ependant, l’Eglise dispose d’autres moyens pour le progrès de la foi des fidèles. Par d’autres actes du culte divin, l’Eglise assure la sanctification de son peuple. Les canons 1166 à 1204 précisent ces autres actes. Il s’agit des sacramentaux, de la liturgie des heures, des funérailles ecclésiastiques, du culte des saints, des saintes images et des reliques, du vœu et du serment. Dans les prochains articles, nous verrons tour à tour ces différents actes mis à la disposition des fidèles pour leurs sanctification et progrès spirituel. Mais voyons d’abord : Les sacramentaux Il y a plusieurs mois, une présentation a déjà été faite des sacramentaux. Ces derniers, encadrés par les canons 1166 à 1172, sont des signes sacrés par lesquels, d'une certaine manière, à l'imitation des sacrements, sont signifiés et obtenus à la prière de l'Eglise des effets surtout spirituels (C1166). Proches des sacrements qui réalisent efficacement la grâce qu'ils signifient, les sacramentaux sont des signes sacrés qui rappellent toujours, directement ou indirectement, un sacrement. En fait, ils préparent à recevoir l’effet principal des sacrements. (Ainsi par exemple, l’utilisation de l’eau bénite, sans être un sacrement, rappelle la purification par l’eau du sacrement du baptême). Par eux, les diverses circonstances de la vie sont sanctifiées. Quels sont les sacramentaux ? Contrairement aux sacrements, les sacramentaux ne font pas l’objet d’une liste exhaustive. Les canons 1169 à 1172 parlent des consécrations, des dédicaces, des exorcismes, des onctions, de l’imposition des mains, des bénédictions et des aumônes. Alors que les sacrements sont ordonnés par le Christ et sont l’action même du Christ, les sacramentaux, eux, sont à l’initiative de la foi, de la prière et des supplications de l’Eglise elle-même. Aussi, contrairement aux sacrements, d’autres sacramentaux peuvent être inventés par l’Eglise. Dans ce cas, seul le siège Apostolique peut constituer de nouveaux sacramentaux ou interpréter authentiquement ceux qui sont en usage, abolir ou changer certains d'entre eux (C1167§1). Les fidèles et les prêtres sont attentifs à ne pas inventer des sacramentaux au gré de leur fantaisie ou de l’humeur du moment. Le respect de cette mesure nous assure de persister dans la foi catholique et la communion en Eglise. Quelles sont les caractéristiques des sacramentaux ? Le Catéchisme de l’Eglise Catholique précise : En premier lieu, les sacramentaux sont institués par l'Eglise en vue de la sanctification de certains ministères de l'Eglise, de certains états de vie, de circonstances très variées de la vie chrétienne, ainsi que de l'usage des choses utiles à l'homme. Ensuite, ils relèvent du sacerdoce baptismal : tout baptisé est appelé à être une "bénédiction". Enfin, les sacramentaux ne confèrent pas la grâce de l'Esprit Saint à la manière des sacrements, mais par la prière de l'Eglise ils préparent à recevoir la grâce et disposent à y coopérer. Chez les fidèles bien disposés, presque tous les événements de la vie sont sanctifiés par la grâce divine qui découle du Mystère pascal de la Passion, de la Mort et de la Résurrection du Christ. Car c'est du Christ que tous les sacrements et sacramentaux tirent leur vertu. Ils orientent l’usage des choses matérielles vers l’objectif final : la sanctification de l'homme et la louange de Dieu. Qui peut célébrer ces sacramentaux ? Le ministre des sacramentaux est le clerc muni du pouvoir requis ; certains sacramentaux, selon les règles des livres liturgiques, peuvent aussi, au jugement de l'Ordinaire du lieu, être administrés par des laïcs ayant les qualités voulues (C1168). En Martinique, aucun sacramental n’a été autorisé à l’administration par des laïcs. Cette consigne n’est pas à appliquer aux funérailles qui ne sont pas des sacramentaux, au sens canonique du terme. Elles peuvent être célébrées par des laïcs. Que dire des bénédictions ? Le cas sera abordé dans le prochain article. Comment célébrer les sacramentaux ? Ils comportent toujours une prière, souvent accompagnée d'un signe déterminé comme l'imposition de la main, le signe de la croix, l'aspersion d'eau bénite. Mais les sacramentaux seront conférés et pratiqués selon les rites et les formules approuvés par l'autorité de l'Eglise [qui] seront soigneusement observés (C1167§2). En Martinique, notre archevêque a cette formule coutumière : ‘le rituel et rien que le rituel !’. Applicable pour les sacrements ainsi que pour les sacramentaux, cette consigne nous garde dans une uniformité des pratiques pastorales diocésaines et universelles. P. Jean-Max Renard,Vice-Official n Les autres actes du culte divin Les sacramentaux Dans les précédents chapitres, nous avons abordé les sacrements dans l’Eglise catholique. Les sacrements, signes et moyens par lesquels la foi s'exprime et se fortifie, le culte est rendu à Dieu et se réalise la sanctification des hommes (C840), sont l’action efficace du Christ lui-même dans son Eglise. Droit canonique

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Vocations Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 10 D ans son message, Benoît XVI nous invitait à réfléchir sur le thème suivant : Les vocations, signe de l’espérance fondée sur la foi , qui s’inscrit dans le contexte de l’Année de la Foi et du 50 ème anniversaire de l’ouverture du Concile œcumé- nique Vatican II. Chaque année, l’ensemble des chrétiens se retrouvent le quatrième dimanche de Pâques pour implorer de Dieu le don de saintes vocations et pour proposer à nouveau à la réflexion de tous l’urgence de la réponse à l’appel divin. Ce rendez-vous se vit dans l’espérance car Dieu ne nous laisse jamais seuls et il est fidèle à la parole donnée. Nous pouvons compter sur l’Amour de notre Dieu manifesté pleinement en Jésus Christ. Et nous, nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru ! (1 Jn 4,16). Et s’adressant particulièrement aux jeunes, Benoît XVI concluait son message avec les mots suivants : Que ne manquent pas les prêtres zélés qui sachent accompagner les jeunes comme "compagnons de voyage" pour les aider à reconnaître, sur le chemin souvent tortueux et obscur de la vie, le Christ, Voie, Vérité et Vie (cf. Jn 14,6) ; pour leur proposer, avec courage évangélique, la beauté du service de Dieu, de la communauté chrétienne, des frères ! Des prêtres qui montrent la fécondité d’un engagement enthousiasmant, donnant un sens plénier à leur propre existence, parce que fondé sur la foi en celui qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4,19) ! Chers jeunes, n’ayez pas peur de le suivre et de parcourir les voies exigeantes et courageuses de la charité et de l’engagement généreux ! Ainsi vous serez heureux de servir, vous serez témoins de cette joie que le monde ne peut donner, vous serez les flammes vives d’un amour infini et éternel, vous apprendrez à "rendre raison de l’espérance qui est en vous ! (1 P 3,15) ". A cette occasion, les prêtres, les diacres, les religieux et religieuses de notre diocèse témoigneront de façon dynamique et originale de la joie qui les habite à suivre le Christ par des sketches, des danses, des chants ou des contes… Ce sera l’occasion de présenter et faire connaître les différentes communautés qui œuvrent dans notre diocèse. Ainsi, nous invitons tous ceux qui veulent nous encourager à venir nous rejoindre pour cette après-midi récréative au Foyer Dominique Savio - Accueil Don Bosco : le dimanche 21 avril 2013 à partir de 15h. Le Comité de la Pastorale des Vocations n Journée mondiale de prière pour les vocations Dans le cadre de la cinquantième Journée mondiale de prière pour les vocations, le comité diocésain propose cette année un temps festif extraordinaire le dimanche 21 avril 2013 au Foyer Dominique-Savio, à partir de 15h. Au programme : 15h : Temps de louange et d'action de grâces 16h : Prestations des communautés… congrégations… (sketches, danses, chants, contes...) 18h : Angelus chanté 18h10 : Office des Vêpres 18h40 : Surprises Une buvette payante sera mise en place au Foyer pour soutenir les projets de la pastorale diocésaine des vocations. Tu portes un regard d'amour ! Seigneur Jésus, Toi le Ressuscité, tu connais les doutes, les hésitations, les peurs de ceux et celles qui aujourd’hui ont à faire des choix qui engagent leur vie, une vie qui t’est consacrée et pour laquelle ils ont envie de se donner à fond, sans réserve. Tu portes sur chacun d’eux un regard d’amour et tu leur parles au cœur. A ceux et celles qui se risquent ainsi à te suivre, donne des frères et sœurs qui les accompagnent et les font grandir dans la foi. Donne des signes qui les encouragent et confirment leur choix. Donne-leur confiance et paix. Pour ta gloire. Et pour la joie de ton Église ! Amen. Mgr Jean Kockerols Evêque auxiliaire de Malines - Bruxelles

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Une fois par trimestre, les séminaristes martiniquais se retrouvent à l’occasion d’une session. Au programme : partage, sorties découvertes, rencontres passionnantes, réflexions spirituelles. Voici l’écho qui nous est parvenu de leur dernière session. D u 4 au 8 mars 2013, nous avons rendu visite aux Dominicaines Missionnaires de Notre-Dame de la Délivrande à Grenoble. Pour cette session, en l’absence de notre délégué épiscopal à la formation au ministère (DEFM), nous sommes allés sur les traces de Laure Sabès (Mère Marie de la Providence), fondatrice de l’ordre. Originaire de la Martinique, elle a fondé en 1868 cette congrégation qui a pour devise A imer et servir les plus pauvres. Puis la maison- mère fut déplacée de Martinique à Grenoble suite à l’éruption de la Montagne Pelée. C’est au sein de cette maison-mère que nous avons résidé durant cinq jours. A notre arrivée, nous avons été très bien accueillis par les sœurs. Nous avons échangé avec elles sur les joies de leur vocation et de la vie communautaire religieuse ; puis chacun d’entre nous a fait le récit de sa vocation. Nous avons été marqués par le dévouement, la gentillesse et la sagesse des sœurs. Nous nous sommes sentis, l’espace de cinq jours, au cœur même de la Martinique. Le lendemain, nous nous sommes rendus à la Grande Chartreuse pour découvrir la vie de ces moines qui sont reclus au sommet de la Grande Chartreuse dans le silence et la prière. Nous avons marché jusqu’au monastère où nous avons visité un musée qui explique la vie des moines et la fabrication de la Chartreuse , liqueur à base de quinze plantes. Nous avons été surpris par la rigueur et le don total que requiert la règle cartusienne. Ces sessions sont aussi l’occasion de nous donner des nouvelles sur nos cheminements respectifs, dans la joie et la bonne humeur, afin de consolider notre fraternité en tant que frères du même diocèse. Chacun de nous a pu livrer ses joies et ses difficultés à propos des études, de la vie communautaire, de la vie pastorale et personnelle sur cette route particulière du sacerdoce ministériel. Toujours sous l’égide de saint Bruno, fondateur des Chartreux, nous sommes allés dire les vêpres au sein de la famille monastique de Bethléem. Cette communauté vit dans le même esprit que les Chartreux mais elle a adopté le rite byzantin (1) dans sa liturgie. A l’issue des vêpres, nous avons été accueillis pour un goûter-échange avec la sœur hôtelière. Nous avons échangé sur les particularités de cet ordre contemplatif et sur les joies de la vie consacrée. En guise de cadeau, la sœur nous a livré comme parole de vie : Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance, en nous exhortant à être des ministres de la vie de Dieu et à engager tout notre être au service de la Vie. Cette phrase demeure pour nous, aujourd’hui, un leitmotiv pour persévérer sur ce chemin qui est le nôtre. Enfin, le jeudi 7, nous sommes allés sur les traces de Marthe Robin à Châteauneuf-de-Galaure. Nous avons participé à la messe au Foyer de Charité. Nous nous sommes rendus à la ferme de Marthe. Dès notre arrivée, nous avons visualisé un film retraçant sa vie, puis nous avons pris un temps de prière dans sa chambre. Nous avons été émus par la force de ce lieu. Nous avons tous ressenti la présence forte et les nombreuses prières faites à Marthe avant nous. Nous avons été très heureux de vivre ce moment privilégié auprès d’elle. Nous avons eu une pensée pour notre Foyer de Charité de Martinique. Gaëtan, Jean-Jacques, Ludovic et Olivier, Séminaristes n (1) Rite catholique oriental Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 11 Session des séminaristes à Grenoble A Grenoble avec les sœurs Dominicaines Au Foyer de Charité de Châteauneuf-de-Galaure

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Vie du diocèse Ce dimanche 24 mars 2013, dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, les jeunes de nos paroisses ont convergé vers la cathédrale de Saint- Pierre pour vivre le premier temps fort diocésain de la Pastorale des Jeunes, sous la présidence de notre Archevêque, Mgr Michel Méranville. Journée diocésaine des jeunes C e grand rassemblement fait écho aux Journées Mondiales de la Jeunesse instituées par le Bienheureux Pape Jean Paul II. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples (Mt 28,19) : tel est le thème majeur pour cette année. Ce fut une réussite car près de 1 200 jeunes ont fait le déplacement. Presque toutes les paroisses de l’île étaient représentées, dans une diversité de couleurs de T-shirts proposée par la Pastorale diocésaine : rouge pour les jeunes du Centre, bleu pour ceux du Nord-Caraïbe, orange ou jaune pour le Nord- Atlantique et blanc ou vert pour le Sud. La célébration eucharistique a débuté comme convenu à 9h30. Mgr Méranville était accompa- gné de deux dia- cres permanents, Georges Brival et René Morélot. Deux prêtres concélébraient : le père Jean-David Angouroussiva, membre de la Communauté du Chemin Neuf, et le père Emmanuel Chaulvet, délégué épiscopal pour la Pastorale des Jeunes et des Vocations. Le groupe Bénédiction du Morne-des-Esses a assuré l’animation de l’Eucharistie et a contribué grandement au recueillement de tous ces jeunes désirant rencontrer le Seigneur, témoigner de la foi qui les habite et de la joie d’appartenir à l'Eglise, Corps du Christ Ressuscité. Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 12

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Après la pause-déjeuner, c’était à la chorale de la Caravane de l’Espoir de reprendre le flambeau de l’animation musicale. Ensuite, Mgr Méranville a voulu rappeler l’histoire de Mgr Oscar Romero, Archevêque martyr de San Salvador, tué en pleine célébration eucharistique le 24 mars 1980 par un meurtrier non identifié. Mgr Romero avait anticipé le danger d'un assassinat et en avait parlé souvent, déclarant sa volonté d'accepter le martyre si son sang pouvait contribuer à la solution des problèmes de la nation. En tant que chrétien, dit-il à l’une de ces occasions, je ne crois pas à la mort sans résurrection. s'ils me tuent, je ressusciterai à nouveau dans le peuple salvadorien. C’est en son honneur que la place qui se trouve en face de la cathédrale de Fort-de-France porte son nom. Ce témoignage concret montre l’exigence d’une foi enracinée dans le Christ pour vaincre toutes les peurs. Et c’est aussi une manière d’interpeller les jeunes et les moins jeunes sur les défis à relever quand on est chrétien. L’après-midi s’est poursuivie avec des sketches, malgré quelques problèmes techniques de sonorisation. Ces sketches mettaient en scène les difficultés de répondre à l’appel : Allez donc, de toutes les nations faites des disciples. Les jeunes sont hélas souvent catalogués : « drogués… toxicos… alcoolos… », même par d’autres jeunes. Souhaitons que cette rencontre leur aura permis de véritablement choisir de suivre le Christ avec tout leur dynamisme et la force de la jeunesse. Il y a là un potentiel à exploiter. Soyons confiants car le Christ nous précède dans la mission et c’est Lui qui donne les forces nécessaires. Le Comité de la Pastorale des Jeunes n Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 13

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Année de la Foi En cette Année de la Foi, il nous a semblé intéressant de donner la parole à des chrétiens désireux de partager avec nos lecteurs le sens qu’ils donnent à cette démarche proposée par l’Eglise universelle et les fruits qu’ils en attendent. Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 14 Témoignages Cette Année de la Foi est compliquée car je suis confrontée à divers challenges sur les plans spirituel et professionnel. Je dois faire des choix dans ma vie mais aussi continuer mon engagement sur ma paroisse au sein de l’équipe pastorale dont je suis membre. Je suis interpellée par la situation de mes frères et sœurs démunis et, avec d’autres personnes engagées comme moi, nous avons fait le projet d’un repas solidaire sur lequel nous travaillons depuis le mois de février. C’est une manière de poser un geste concret et tangible de solidarité, en offrant un repas à ces familles. Cela nous permet de souligner les valeurs d’accueil, d’ouverture à l’autre et d’aide mutuelle qui sous- tendent la vie dans les secteurs de quartiers. Mon engagement en tant qu’animatrice du cheminement m’a poussé à entrer, avec les treize jeunes dont j’ai la responsabilité, plus profondément dans le texte du Credo pour comprendre ensemble ce qu’il signifie pour notre foi. Au quotidien, cette Année de la Foi m’incite à une réflexion plus rigoureuse sur ma vie, mes engagements… Pour cela, la présence du Christ m’est indispensable. Elle se manifeste dans ma prière, dans la lecture de la Parole de Dieu, dans les sacrements, dans la messe et dans le regard de mes frères quand je prends le temps de m’intéresser à eux. En conclusion, je dirais que cette Année de la Foi m’invite à une relecture de ma vie pour mieux me situer dans la perspective de l’appel que j’ai reçu et de la mission qui m’a été confiée. Irénette Crétinoir Paroisse du Lamentin L’annonce de la proclamation de l’Année de la Foi en octobre 2012 par Benoît XVI, je l’ai accueillie et ressentie comme une invitation, une aventure à vivre et à partager avec toute la communauté chrétienne. Cette Année de la Foi est pour moi l’occasion de redécouvrir le chemin de la foi, de ressentir la joie de connaître le Christ et de vivre en chrétien, de garder sans cesse le regard tourné vers le Christ. Les enseignements et les temps forts que j’ai pu vivre au sein de ma communauté paroissiale ou ailleurs m’ont enthousiasmée et poussée à témoigner de l’amour du Christ. Cette année n’est pas terminée, elle devra se poursuivre par notre engagement pour proclamer sans cesse notre foi, dans l’unité, la fraternité et la fidélité. Elisabeth Goldéry, Paroisse de Redoute É G L I S E E N M A R T I N I Q U E d u 9 o c t o b r e 2 0 1 1 / n ° 4 2 9 12 Catéchèse Une nouvelle année pastorale commence pour la catéchèse dans la dynamique du projet pastoral diocésain : Etre ensemble le Corps du Christ pour le salut du monde. Catéchistes pour annoncer Jésus Christ ! La catéchèse pour qui et pourquoi ? J ésus est venu dans notre monde, il a choisi des hommes, d’autres l’ont suivi car il enseignait avec autorité. Après sa mort et sa résurrection, avant de retourner à son Père, il a rassemblé ses disciples et leur a confié une mission : Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez -les… ; apprenez -leur à garder (obéir à) tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde (Mt 28,19-20). Ces deux versets de l’évangile de saint Matthieu résument très bien le but de la catéchèse et la mission des catéchistes. C’est Jésus qui envoie vers les peuples, vers les personnes pour en faire des disciples, afin de transmettre quelque chose, un enseignement qui a été reçu. La catéchèse s’adresse à tous les chrétiens pris individuellement mais aussi aux communautés chrétiennes (de toutes les nations). Elle ne s’adresse pas seulement aux enfants et adolescents, mais aussi aux jeunes et aux adultes. La catéchèse est l’affaire de la communauté et de chacun de ses membres. La catéchèse sert à faire résonner le message de Jésus Christ. Le but de la catéchèse est donc d’aider les personnes et les communautés à comprendre la foi en Jésus Christ et en vivre de manière personnelle. Elle conduit à une foi adulte. Et Jésus ajoute qu’ I l est avec nous jusqu’à la fin des temps. La catéchèse doit permettre au catéchisé d’être en communion avec la personne de Jésus Christ, avec Dieu. La catéchèse ne se limite pas à la foi, elle doit permettre à l’enfant et à l’adulte de vivre en témoignant de la grâce de Dieu manifestée en Jésus Christ, de l’espérance qu’ils ont et de l’amour inconditionnel qu’ils sont invités à vivre au nom de Jésus. Les catéchistes Le meilleur pédagogue, c’est Jésus. C’est sur la route d’Emmaüs, au soir de sa Résurrection, qu’Il en donne le meilleur exemple. De quoi parliez - ▲▼ Rassemblement des catéchistes (Palais des sports de Ducos) Rassemblement des enfants de l'Eveil à la foi (Morne-Rouge) Eglise_429.indd 12 4/10/11 9:23:51

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Une année dédiée à la foi est une providence de Dieu et une réponse de l’Esprit Saint aux besoins de l’Eglise. Comment accueillir cette Année de la Foi dans ma vie pour qu'elle puisse porter du fruit et du bon ? C'est peut-être d'abord en me laissant interroger à nouveau en profondeur : qu'est-ce que croire ? En qui je crois ? Qu’est-ce que cela change à ma vie ? La foi nous permet d’avoir cette assurance de n’être jamais seul sur le chemin, même si ce dernier peut en venir à se transformer en chemin de croix. Et je dois avouer que, depuis deux ans, j’ai mon compte d’épreuves : entre les difficultés familiales, de voisinage et professionnelles, j’ai parfois l’impression de perdre pied. Mais je crois que Jésus, homme admirable et sans défaut, mais aussi Fils de Dieu, mort, mais premier ressuscité, nous précède sur ce chemin pour nous en faire sortir vainqueurs de la mort. Je fais l’expérience de la rencontre avec Jésus dans ma vie quotidienne et je peux témoigner de ma foi par la manière dont je vis et je m’engage en son nom. Pour rendre sa foi crédible, il faut pouvoir la justifier par ses choix et ses engagements. Pour moi, c’est aller à la messe plus régulièrement, continuer mes efforts pour ne plus prêter l’oreille aux médisances et même les décourager. J’ai conscience que ce n’est pas extraordinaire comme engagements, mais je suis sûre qu’avec l’aide de l’Esprit Saint, non seulement je vais persévérer dans les décisions que j’ai prises depuis l’Avent 2012, mais je vais encore progresser en échangeant avec d'autres qui peuvent enrichir ma quête, et avec eux grandir dans une foi partagée et commune. Vivre ma foi aujourd'hui, c'est vivre le Credo dans la confiance la plus absolue. Léna Clem, Paroisse de Rivière-Pilote J’apprends à accorder une confiance encore plus grande à la Miséricorde divine dans tout ce que je vis : une démarche administrative, une décision à prendre, l’acceptation de la maladie d’un proche, une action à mener sur la paroisse, un problème à résoudre, un conseil à donner à un jeune, mon engagement dans ma vie de couple, malgré les assauts intérieurs et extérieurs. Je comprends à la lumière des Ecritures, notamment en étudiant la foi de Pierre, qu’aimer le Christ appelle le sacrifice et le renoncement. Mais je choisis plus que jamais de faire grandir ma relation personnelle avec Dieu, en dépit de ce que peuvent penser les autres. Je découvre le Credo que j’ai dû, si souvent, réciter machinalement ! Je me rends compte que je ne dois pas me taire et je proclame, chaque fois que l’occasion se présente, que Dieu est le Maître de la création, qu’il nous a faits homme et femme. J’acquiers la certitude que je fais partie de l’Eglise universelle, celle fondée sur les Apôtres et confiée aux Evêques et au Pape. Léa Joly, Paroisse du Lorrain L’Association du Pèlerinage du Rosaire informe que des places sont encore disponibles pour le Pèlerinage du Rosaire à Lourdes en octobre 2013. Les dernières inscriptions sont reçues à la permanence qui se tient au presbytère de la Cathédrale Saint-Louis le vendredi de 9h à 12h. Les personnes intéressées sont invitées à se présenter sans tarder. Communiqué PELERINAGE DU ROSAIRE * * * * * 15

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La SOCOPMA, première structure collective de la profession. L a SOCOPMA (Société Coopérative Maraîchère) a été créée en 1981 pour impulser la production locale et la commercialisation des fruits et légumes sur le marché de la Martinique. 240 producteurs adhérents, dont une centaine réguliers, travaillent à la coopérative ainsi que des producteurs occasionnels. La commercialisation se fait en direction des grandes surfaces et des collectivités d’environ 8 000 T/ an en moyenne, pour un chiffre d’affaires (CA) d’environ 8 M€ . Cependant, 2011 a vu le tonnage chuter à 6 000 T et 2012 à envi- ron 1 500 T. Une dette globale importante (4.3 M€ ) dont 1 M€ dû aux producteurs, des difficultés d’organisation, un déficit de pro- grammation de la production, une démarque supérieure à la norme, une masse salariale disproportion- née, une politique de recouvrement tardif des créances (860.000€ de créances dues) ont eu pour consé- quences : une perte de confiance suivie d’une désaffection des pro- ducteurs et des institutions, une trésorerie difficile, la perte de mar - chés, l’arrêt des investissements, le licenciement de 50% du personnel. Il s’en est suivi une mise en redresse- ment judiciaire en février 2012, une liquidation le 28 février 2013 et une forte inquiétude de la profession. Le marché en quelques chiffres clés pour l’ensemble de la Martinique. Concernant le tonnage d’importa- tion, il ne s’agit que des produits également cultivés en Martinique. Ne sont pas pris en compte, par exemple, les pommes, les poires, les raisins…venant de la France métropolitaine. Trois observations : - Une consommation élevée et régulière par an. - Une mise sur le marché nettement supérieure aux possibilités de la SOCOPMA. - Une grande marge de progression possible car seuls 50% des besoins du marché sont couverts par la production locale. Société Agriculture à la Martinique : La filière de diversification (fruits - légumes - fleurs) 2010 2011 Prod. Locale (t) Importations (t) Prod. Locale (t)Importations (t) Légumes 9 100.71 6 496.59 9 552.406 246.53 Fruits 9 460.14 8 869.1010 715.058 011.94 Tubercules 1 603.00 9 063.64 1 619.128 162.18 Total 20 163.85 24 429.3321 886.5722 420.65 Total marché Total 2010 : 44 593.18 Total 2011 : 44 307.22 Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 16 La récente liquidation judiciaire de la SOCOPMA nous fait prendre la mesure des énormes difficultés que connaît l’agriculture à la Martinique. Un producteur de fruits et légumes nous présente son analyse de la situation et ses espérances.

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Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 17 Situation actuelle de la filière Aujourd’hui, la filière est complètement atomisée, sans aucune relation entre les différents acteurs. L’esprit d’individualisme prime largement dans nos campagnes et dans nos organisations professionnelles. Six Organisations Professionnelles se partagent déjà une partie du marché abandonné par la SOCOPMA, en direction des circuits organisés, à savoir les grandes surfaces, les collectivités, la restauration : la Sica Ananas Martinique, l’association des vergers et jardins tropicaux, l’association des planteurs de melons, l’association Caraïbes exotiques, le GIE-MHM, la Sica de Château-Gaillard. Les marchandes, mais aussi directement certains agriculteurs, se partagent sur les bords des routes (ventes à la sauvette) une partie significative de la clientèle particulière. Nous pourrions nous interroger sur les conditions de conservation des marchandises, sur la traçabilité, sur la sécurité des consommateurs, sur l’investissement en temps des agriculteurs absents de leurs champs durant ce temps. Nous enregistrons donc une filière désorganisée qui est inquiète pour son avenir et qui n’arrive pas à se substituer à l’importation qui se renforce. Une filière à réorganiser et à unifier La production peut doubler pour répondre à la demande du marché qui existe. La profession doit impérativement s’organiser, jouer collectif, réunir ses forces, s’unifier. Deux initiatives complémentaires, pas encore opérationnelles, donnent pourtant à cette filière confiance en l’avenir. 1) La Région propose la création d’un marché de gros, de 14 000 T, puis 25 000 T à l’horizon 2015, sur un site de cinq hectares à Mangot-Vulcin, d’un investissement de 6,3 M€, pour permettre de mutualiser les moyens, notamment en chambres froides, et de proposer un lieu de regroupement des produits pour une meilleure distribution. La Région lancerait les appels d’offres en 2013. 2) Depuis le 14 mai 2010, l’IMAFLHOR (Interprofession Martiniquaise des Fruits, Légumes et produits Horticoles), d’initiative privée, fortement encouragée par les pouvoirs publics, se propose de regrouper une grande proportion de producteurs produisant 20 000 T, pour un CA de 26 M€ . Un peu en veilleuse en ce moment, faute de moyens et n’ayant pas encore réussi à fédérer l’ensemble des partenaires, elle a des objectifs ambitieux et intéressants. Le conseil d’administration regroupe les organisations de producteurs, les importateurs-distributeurs, les petites et moyennes industries agro- alimentaires, les représentants des intrants. Pour compléter le dispositif, six sections de gestion sont prévues, correspondant chacune à une filière de production : cultures maraîchères et de plein champ, cultures vivrières, productions fruitières, horticulture et productions ornementales, cultures sous abris, cultures destinées à la transformation. Chacune de ces sections, de structure de gestion autonome, doit élaborer les programmes, les financements, contrôler les actions. Dans le même temps, la formation des producteurs (gestion, qualité, environnement) et la recherche sur les variétés nouvelles seront privilégiées. Vaste programme intéressant, réunissant la production, la transformation, l’importation. Mais dans l’immédiat, l’urgence, pour pallier le vide laissé par la SOCOPMA, serait de regrouper toutes les Organisations de Producteurs sur le volet unique de la distribution. Une autre priorité consisterait à revaloriser la profession en communiquant plus sur la ruralité, en faisant redécouvrir aux Martiniquais les produits locaux, leurs saveurs, leurs qualités nutritives. Les médias pourraient jouer un rôle objectif et moteur en ce sens. Les thèmes ne manquent pas : alimentation, environnement, nature, eau, rivières, santé, etc. S’inspirer des filières Canne et Banane Les grandes filières, canne et banane, ont réussi, elles, à prendre ce virage de l’unification. Elles doivent être soutenues car elles génèrent beaucoup d’emplois directs et indirects, une bonne image de notre pays et du travail des hommes. Elles permettent aussi de baisser les coûts des échanges transatlantiques pour l’ensemble des activités économiques de la Martinique. Ces deux filières sont des modèles d’organisations professionnelles qui ont su se regrouper, s’organiser, parler d’une même voix et se faire entendre. Aujourd’hui, dans la profession bananière, il existe un seul groupement : Banamart. La filière rhum, quant à elle, a réussi aussi à s’unifier pour obtenir le label AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) pour booster ses ventes à l’export, tout en développant un intérêt touristique dans ses distilleries. Souhaitons le même avenir pour la filière de diversification : Fruits - Légumes - Fleurs. Baudouin de Reynal Agriculteur - Maraîcher n

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Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 18 Société Samedi 23 mars 2013, à 14h, la coordination La Manif Pour Tous 972 avait donné rendez-vous devant la bibliothèque Schœlcher à tous ceux qui souhaitaient défendre le mariage, union entre un homme et une femme, et le droit de tous les enfants à avoir un père et une mère. La Manif pour tous 972 Des milliers de personnes dans les rues pour défendre la famille et les droits de l’enfant P lusieurs milliers de manifestants, venus le plus souvent en famille (grands-parents, parents, enfants), ont répondu à l’appel des organisateurs, parmi lesquels les Associations Familiales Catholiques de la Martinique (AFC) et l’Union Départementale des Associations Familiales (UDAF), opposées à ce que la ministre de la Justice a elle-même qualifié de « véritable changement de civilisation » ! Ils étaient deux fois plus nombreux que le 13 janvier 2013 devant la cathédrale Saint-Louis et ils ont défilé dans le calme en empruntant la rue de la Liberté, puis le boulevard du Général de Gaulle, jusqu’au Palais de Justice, pour demander le « retrait complet » du projet de loi sur « le mariage pour tous ». Parmi cette foule, représentative de toutes les composantes de la société martiniquaise, plusieurs élus avaient tenu à soutenir publiquement le mouvement : Bruno-Nestor Azérot, Jean- Philippe Nilor, Raymond Occolier, Ralph Monplaisir, Miguel Laventure, qui ont pris la parole devant le Palais de Justice pour affirmer leur opposition déterminée à ce projet du gouvernement. Sont également intervenus : Fred Tirault pour les politiques, puis, pour les chrétiens : Georges Zaïre (Alliance Evangélique), Dominique Catherine (cRc), Myriane Gaval (Fédération des AFC) et Jean-Paul Levif (représentant de l’Evêque). Jean- Paul Levif a rappelé que la famille, indissociable du mariage, était au fondement de notre civilisation et qu’il fallait la défendre pour la transmettre aux générations futures comme un bien précieux, donné par Dieu à l’humanité. Les deux porte-parole du collectif, Franck Monlouis-Félicité et Ralph Ragoo, ont rappelé toutes les raisons de refuser ce projet de loi. Ils ont fait reprendre par cette foule, chaleureuse et enthousiaste, les nombreux slogans préparés pour l’occasion. Mais c’est surtout pour la défense de la famille naturelle, fondement de notre civilisation, que les slogans et les pancartes ont fleuri : Nou tout yich papa épi manman (1) ou encore : Un papa + une maman, y’a pas mieux pour les enfants, La famille est précieuse, défendons-la ! Beaucoup s’interrogeaient d’ailleurs : pourquoi renvoyer l’examen de la PMA (2) à un projet de loi sur la famille étudié plus tard par le Parlement, alors que le mariage qui en est le fondement est naturellement indissociable de la famille ? Dans cette foule, les chrétiens étaient très nombreux pour défendre leurs valeurs et leur conception du mariage et de la famille, mais également le droit des enfants adoptés à avoir un père et une mère. En fin de manifestation, c’est vers le ciel où un avion venait d’apparaître que tous les regards se sont tournés ; la vérité y était inscrite en toutes lettres : Un enfant = un papa + une maman. Le principe de précaution, si souvent invoqué pour justifier les choix du gouvernement, ne s’impose-t-il pas encore plus quand il s’agit de l’avenir de la personne et de la famille humaine ? Les manifestants ont donc demandé solennellement au Président de retirer ce projet et d’entreprendre une véritable consultation en vue de l’élaboration d’une grande loi sur la famille ! Le succès de cette manifestation, organisée de belle manière par le collectif La Manif Pour tous 972, fera date pour la défense de la famille à la Martinique ! Michel Déglise n (1) Nous sommes tous enfants d’un papa et d’une maman. (2) Procréation Médicalement Assistée. La bibliothèque Schœlcher, point de départ de la manifestation

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Dimanche 7 avril 2013 La mer, bénédiction ou malédiction ? Les marins, les pêcheurs, les navigateurs, ont-ils un rapport différent à la mer ? Face aux éléments parfois déchaînés, nous sentons-nous plus humbles, plus croyants ? Jacqueline Tabarly, présidente de l’Association Eric Tabarly, sera l’invitée de Dieu m’est témoin. Martiniquaise d’origine, mais bretonne d’adoption, cette femme de caractère nous racontera comment elle tient la barre de cette association depuis la mort de son célèbre navigateur de mari en 1998. Nous serons aussi connectés avec Régis Derouet depuis Saint-Pierre-et-Miquelon et avec Théophile, ancien pêcheur, devenu catéchiste, depuis l’île Ouen, petite île au large de la commune du Mont- Dore. Dimanche 14 avril 2013 Ils sont jeunes, que font-ils pour Dieu ? Ils sont jeunes, étudiants, et dans leur vie bouillonnante s’engagent au nom de leur foi. Pour eux, croire rime avec concret. Chacun d’entre eux trouve un engagement à sa mesure et viendra en témoigner sur le plateau de Dieu m’est témoin. Matthieu Alcime, 25 ans, étudiant guadeloupéen et président de l’association- aumônerie s ous le figuier , nous racontera comment sa foi est pour lui synonyme de responsabilité. Nous serons connectés avec Vanessa Nativel, une jeune enseignante réunionnaise de 24 ans et nous irons à Cayenne, en Guyane, rencontrer Stéphanie, juste 20 ans. Dimanche 21 avril 2013 La foi peut-elle inspirer le travail en entreprise ? Comment vivre sa foi dans son travail ? Comment rencontrer Dieu au travail ? Les chefs d’entreprise catholiques peuvent-ils faire du profit ? S’enrichir en respectant les valeurs chrétiennes, comment faire ? Comment manager ses équipes de façon morale et éthique ? Comment ne pas se poser ces questions lorsqu’on est patron ? Et lorsqu’on est salarié, comment notre foi nous motive ? Arnold Louis, le Monsieur CFTC de La Réunion, sera notre invité. Miguel Guitteaud, membre du MRJC et producteur de banane en Martinique, nous accueille dans son exploitation. Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions MeDIAs Église en Martinique du 7 avril 2013 / n°462 19 99.5 - 101.3 et 105.3 mHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com

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O Dieu, Père de tous les hommes,tu nous demandes de porter l’amour là où les pauvres sont humiliés, la joie là où l’Eglise est abattue, la réconciliation là où les hommes sont divisés. Aide-nous donc à réconcilierle père avec son fils, la mère avec sa fille, le mari avec sa femme, le croyant avec celui qui ne peut croire, le chrétien avec son frère chrétien qu’il n’aime pas. Tu nous ouvres ce chemin pour que le corps blessé de Jésus Christ, ton Eglise, soit ferment de communion pour les pauvres de la terre et dans toute la famille humaine. Mère Teresa Pour les familles divisées