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• La Vocation en fête
• 1
er mai :
fête de saint Joseph
• Legs et donations
Léguez à
l’Église catholique
N° 464 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 5 mai 2013
Au service de l’Homme :
le travail
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Editorial
Editorial
• Fruit du travail
Mot de l'Evêque
•
Allez travailler dans ma vigne
Eglise universelle
• Extrait du Message de Benoît XVI
pour la 47 ème Journée mondiale
des communications sociales
Dossier : Le travail
• Parole de Dieu et travail humain
• 1
er mai : Fête du travail
Fête de saint Joseph, serviteur,
à l’écoute de l’Esprit
• Choisir le dialogue social
• Exercer des responsabilités
en entreprise en vivant sa foi
Droit canonique
• Les bénédictions (2)
Liturgie
• Parole dominicale
Vie du diocèse
• Legs et donations
• La Vocation en fête
• Concert à l'initiative
de la Pastorale des jeunes
Année de la Foi
• Témoignages (2)
Médias
numéro
464
• LA VOCATION EN FÊTE
• 1
ER MAI :
FÊTE DE SAINT JOSEPH
• LEGS ET DONATIONS
Léguez à
l’Église catholique
N° 464 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 5 mai 2013
Au service de l’Homme :
le travail
S ommaire
Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
tirage : 8 000 exeMplaires
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A
ujourd’hui, nous utilisons
dans notre vie quotidienne
de nombreux objets qui
facilitent et élargissent le champ
de notre communication avec
les autres. Pour certains d’entre
eux, comme les prothèses, ils
sont devenus indispensables au
bon fonctionnement de notre
organisme. Les jeunes générations,
contemporaines de ces découvertes,
trouvent que tout cela va de soi.
Mais sans l’intelligence et le
travail de l’homme, ces avancées
technologiques auraient été
impossibles.
La Bible attribue cette capacité
créatrice de l’être humain à la
ressemblance avec son créateur :
Tu le couronnes de gloire et de beauté
pour qu’il domine sur l’œuvre de tes
mains ; tout fut mis par Toi sous ses
pieds (Ps 8,6-7).
L’émerveillement devant le fruit du
travail de l’homme ne doit pas faire
perdre de vue les aspects négatifs
qui, parfois, défigurent les personnes,
perturbent leur vie sociale, détériorent
la physionomie de la planète qui nous
a été confiée. Ne soyons pas dupes. Si
l’intelligence est à l’œuvre, le profit
est le moteur qui fait avancer la
recherche et motive le travailleur.
Aujourd’hui, notre société est hélas
gangrenée par le chômage. Ceux
qui ne travaillent pas se considèrent
comme des rebuts de la société et,
bien souvent pour certains d’entre
eux, s’évadent et se réfugient dans
des rêves artificiels.
Saurons-nous, comme nous y invite
l’évangile, mettre les bienfaits de nos
découvertes au service du plus grand
nombre ? Saurons-nous respecter et
protéger notre terre nourricière ?
Il est de notre responsabilité de
mettre plus de justice dans les
rapports entre les humains, de
rendre plus habitable, plus agréable,
l’environnement où nous vivons et
où nous travaillons.
Par son travail, le chrétien, comme
tout homme, se développe et a le
devoir de respecter et de protéger son
milieu de vie. Avec gratitude, dans
un esprit d’action de grâce, il offre
les biens reçus de Dieu, transformés
par lui, pour qu’ils deviennent le
corps et le sang du Christ.
Dieu nous a donné la terre non
pas pour l’abîmer mais pour la
cultiver : Le travail de l’homme procède
immédiatement de la personne, dit le
concile Vatican II : celle-ci marque la
nature de son empreinte et la soumet à
ses desseins (Gaudium et Spes, 67).
Pour l’enseignement social de
l’Eglise, l’entreprise existe comme
une communauté humaine de travail
où salariés, dirigeants et actionnaires
vivent dans une interdépendance.
Au titre de cette solidarité, les trois
composantes doivent pouvoir chercher
ensemble les moyens de servir le bien
commun de l’entreprise (Choisir le
dialogue social, CEF).
Et Benoît XVI, dans «Caritas in
Veritate», soulignait que l’activité
économique ne peut résoudre tous
les problèmes sociaux par la simple
extension de la logique marchande…
C’est pourquoi il faut avoir présent à
l’esprit que séparer l’agir économique,
auquel il reviendrait seulement de
produire de la richesse, de l’agir politique,
à qui il reviendrait de rechercher la justice
au moyen de la redistribution, est une
cause de graves déséquilibres.
Père Jean de Coulanges n
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Photo de couverture : © fotolia
Fruit du travail
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Mot de l'Evêque
Allez travailler dans ma vigne
L
a bataille entre les par-
tisans et les opposants
du projet de loi permet-
tant le mariage entre elles
de personnes du même sexe,
a trouvé son épilogue dans
le triomphe des partisans du
projet de loi.
A cette occasion, la Garde
des Sceaux concluait son
discours de remerciement
par une envolée lyrique
sentencieusement terminée
par une citation de Nietzsche,
modifiée par elle : Les vérités
tues
(pause), celles que l’on
tait, deviennent vénéneuses. O n
pouvait comprendre, à la
faveur de la légère pause et
de l’inflexion de sa voix : « Les
vérités tuent. Celles que l’on tait
deviennent vénéneuses ».
Nietzsche, auteur de la phrase, a
écrit, lui :
Toutes les vérités tues
deviennent un jour venimeuses.
Loin de prétendre faire l’analyse
ou l’exégèse de cette phrase, je
veux plutôt partager, en toute
simplicité, quelques réflexions
qu’elle m’inspire.
D’abord, il est question de vérités
au pluriel. Dans le langage courant,
nous évoquons parfois la possibilité
de dire « leurs quatre vérités »
à certaines personnes. Pour les
croyants et particulièrement les
chrétiens, il ne peut y avoir qu’une
seule vérité, qui est Dieu, à l’origine
et au terme de toute chose.
La vérité a toujours posé question.
Pilate déjà demandait à Jésus,
lors de son procès : Qu’est-ce
que la vérité ? Sans répondre
directement à cette question,
Jésus affirmait : Moi, je suis né
et je suis venu dans le monde,
afin de rendre témoignage à la
vérité.
Il ajoutait : La vérité vous rendra libres.
La vérité ne peut
donc pas être mortifère. Elle ne
peut empoisonner. Elle ne peut
« tuer ». Bien au contraire, elle
donne la vie et rend libres en
permettant de faire les choix qui
s’opposent au mal.
C’est pourquoi occulter la vérité,
l’entraver, la travestir, la taire
pour faire place aux sophismes,
c’est répandre le venin capable
d’empoisonner le présent et
l’avenir. C’est cela qu’il faut arrêter
de taire. Il faut avoir le courage de
dire qu’ils se trompent, ceux qui
veulent à tout prix remplacer les
lois de la nature par la théorie du
« genre » et faire croire que le
mariage « gay » est un progrès
pour l’humanité.
C’est un sophisme très habile de
faire admettre que la loi qui nie
la différence sexuelle, pourtant
fondatrice de l’humanité, est une
loi généreuse et belle qui met fin
aux millénaires de discrimination
entre homme et femme. Pour
qu’un être humain vienne au
monde, il lui faut nécessairement
un père et une mère. Pour nier
cette évidence, on prétend que les
progrès faits par la science ont
déjà trouvé d’autres moyens
de reproduction humaine aussi
efficaces. Et l’homme apprenti
sorcier de jubiler du haut de
son illusoire toute-puissance !
Taire cela, c’est effectivement
préparer des lendemains mor -
tifères. C’est pourquoi il faut
continuer à affirmer contre
vents et marées qu’un homme
est un homme, qu’une femme
est une femme, qu’ils sont
tous les deux complémentai-
res et constitutifs ensemble
de l’humanité. Ce n’est pas
faire preuve d’homophobie,
mais tout simplement de bon
sens.
Les partisans de la loi récemment
votée prétendent ne rien enlever
ni au mariage ni à personne, parce
que ce qui compte pour eux c’est
l’amour et la possibilité de vivre
en couple, pour deux personnes
du même sexe, sans être victimes
de l’homophobie. Dans ce cas,
pourquoi vouloir à tout prix le
mariage quand on sait que mariage
et fécondité sont intrinsèquement
liés ? Comment cette fécondité
sera-t-elle possible entre deux
personnes du même sexe ? Pour
répondre à cette interrogation,
il n’y a que des propositions
« abracadabrantesques ».
Peut-on mettre en péril l’avenir
de notre humanité avec une
telle désinvolture ? Au sujet de
l’avenir du maïs transgénique, les
décideurs se sont montrés bien
plus circonspects !
Que faire maintenant que
la loi semble définitivement
adoptée ? Cette interrogation
ouvre aux chrétiens un vaste
champ à ensemencer avec la
Parole du Christ. Plus que jamais,
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Église en Martinique du 5 mai 2013 / n°464
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E g l i sE En M a r t i n i q u E
Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
É glise en Martinique
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La défense de la liberté religieuse
dans le bilan du pontificat de Benoît XVI
Dès le début de son pontificat, le Saint-Père a affirmé que la liberté religieuse
est fondamentale ; elle s’enracine en effet pour lui dans la dignité de chaque
homme et elle est donc une valeur universelle. Il se situe ainsi clairement dans
la lignée de Vatican II et, en particulier, de la déclaration Dignitatis humanae
1.
Mot de l'Evêque (suite)
notre monde est à évangéliser.
L’apôtre Paul écrivait à son disciple
Timothée : il viendra un temps où
les hommes ne supporteront pas
la saine doctrine ; mais, ayant
la démangeaison d'entendre des
choses agréables, ils se donneront
une foule de docteurs selon leurs
propres désirs, détourneront
l'oreille de la vérité et se tourneront
vers les fables (2 Timothée 4,3).
Ce constat vaut pour notre
époque. L’urgence est donc celle
de l’Evangélisation. Le Seigneur
envoie chacun à ce travail.
Allez
travailler à ma vigne, dit-il à
chacun.
Car la moisson est
abondante, mais les ouvriers peu
nombreux.
L’ambition des hommes de notre
temps est celle de se passer
totalement de Dieu, de toute
influence religieuse, de toute
référence à une transcendance,
quelle qu’elle soit. Face à ce projet,
la réaction des croyants ne peut
se réduire à la seule lutte : se
battre, faire la guerre, mener des
combats, certes louables ; tout cela
n’aboutit qu’à des résultats jamais
totalement concluants.
Le travail que le Seigneur confie
à chacun et à tous est celui du
témoignage. Les chrétiens doivent
avant tout témoigner par leur
fidélité à la Parole de Dieu, leurs
choix de vie, leur respect des uns
et des autres, même lorsqu’ils ne partagent pas leur point de vue.
Dans un monde de plus en plus
matérialiste, consumériste, les
croyants doivent témoigner que
l’homme ne vit pas que de pain
mais se nourrit de toute Parole
qui sort de la bouche de Dieu.
En d’autres termes, que l’homme
ne se construit pas tout seul mais
se reçoit d’un Autre qui se révèle
par son Envoyé dans notre monde
pour être, pour tout homme de
bonne volonté, le chemin, la
vérité et la vie. C’est lui que nous
devons écouter et suivre pour
rester dans la Vérité et avoir la
vie en abondance.
+ Michel Méranville,
Archevêque
n
* * * * *
Léguez à
l’Église catholique
DENIER
E g l i s e
de l’
Au cœur de
la Mission :
le don
Dieu aime
celui
qui donne avec joie.
(2 Corinthiens 9,7)
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C
es espaces, quand ils sont
bien valorisés et de manière
équilibrée, contribuent
à promouvoir des formes de
dialogue et de débat qui, si elles
sont effectuées avec respect,
attention pour la vie privée,
responsabilité et dévouement à
la vérité, peuvent renforcer les
liens d'unité entre les personnes
et promouvoir efficacement
l'harmonie de la famille humaine.
L'échange d'informations peut
devenir une réelle communication,
les liens peuvent se développer
en amitié, les connexions faciliter
la communion. Si les réseaux
sont appelés à réaliser ce grand
potentiel, les personnes qui y
participent doivent s'efforcer
d'être authentiques, parce que
dans ces espaces on ne partage
pas seulement des idées et des
informations mais en définitive on
se communique soi-même.
Le développement des réseaux
sociaux exige de l’engagement : les
personnes participent à construire
des relations et à trouver de l'amitié,
dans la recherche de réponses à
leurs questions, en se divertissant,
mais aussi en se stimulant
intellectuellement et dans le souci
du partage des compétences et
des connaissances. En unissant
les personnes en fonction de ces
besoins fondamentaux, les réseaux
font de plus en plus partie du
tissu social même. Les réseaux
sociaux sont donc alimentés par
des aspirations enracinées dans le
cœur humain.
La culture des réseaux sociaux et
les changements dans les formes
et les styles de communication,
posent des défis importants à ceux
qui veulent parler de vérité et de
valeurs. Souvent, comme c'est le
cas pour d’autres médias sociaux,
la signification et l'efficacité des
différentes formes d'expression
semblent plus déterminées par
leur popularité que par leur
importance intrinsèque et leur
validité. La popularité est encore
fréquemment liée à la célébrité ou à
des stratégies de persuasion plutôt
qu’à la logique de l'argumentation.
Parfois, la voix discrète de la raison
peut être dominée par la rumeur
des informations excessives et ne
parvient pas à éveiller l'attention
qui est réservée par contre à qui
s'exprime d’une manière plus
persuasive. Les médias sociaux ont
besoin donc de l'engagement de
tous ceux qui sont conscients de
l'importance du dialogue, du débat
raisonné, de l’argumentation
logique ; des personnes qui
cherchent à cultiver des formes
de discours et d'expression qui font
appel aux plus nobles aspirations
de ceux qui sont impliqués dans
le processus de communication.
Le dialogue et le débat peuvent
s'épanouir et grandir aussi quand
on converse et prend au sérieux
ceux qui ont des idées différentes
des nôtres. « Étant donné la
diversité culturelle, il faut faire
en sorte que les personnes, non
seulement acceptent l’existence de
la culture de l’autre, mais aspirent
aussi à s’en enrichir et à lui offrir ce
que l’on possède de bien, de vrai
et de beau. »
[…] Pour ceux qui ont accueilli
d’un cœur ouvert le don de la
foi, la réponse la plus radicale
aux questions de l'homme sur
l'amour, la vérité et le sens de la
vie – questions qui ne sont en
aucune façon absentes dans les
réseaux sociaux – se trouve dans
la personne de Jésus Christ. Il
est naturel que celui qui a la foi
désire, avec respect et sensibilité, la
partager avec ceux qu'il rencontre
dans l'environnement numérique.
En définitive, cependant, si notre
partage de l'Évangile est capable
de donner de bons fruits, c'est
toujours grâce à la force de la
Parole de Dieu de toucher les
cœurs, bien avant tout effort de
notre part. La confiance dans la
puissance de l'action de Dieu doit
toujours dépasser toute sécurité
mise dans l'utilisation de moyens
humains.
Benedictus PP. XVI n
Eglise universelle
Extrait du Message de Benoît XVI
pour la 47
ème
Journée mondiale
des communications sociales
Église en Martinique du 5 mai 2013 / n°464
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Réseaux sociaux : portes de vérité et de foi ;
nouveaux espaces pour l’évangélisation
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Dossier : Le travail
Dans le but d’ouvrir tous les aspects de la condition humaine au message
évangélique, au fil de sa longue expérience, l’Église a élaboré un discours sur
les questions sociales. Depuis la fin du XIXème siècle, avec le Pape Léon XIII,
ce riche enseignement s’exprime surtout à travers les lettres encycliques. ’une
d’elles, publiée par le bienheureux Jean Paul II en septembre 1981(1), a été
essentiellement consacrée à la pratique du travail humain. En réalité, comme les
autres encycliques sociales, celle-ci est une lecture de la situation de l’humanité, à
propos de son labeur quotidien, à la lumière de la Parole de Dieu. Puisque l’ouvrage
est encore accessible, il n’est pas nécessaire d’en faire un résumé et il suffit d’en
recommander vivement la lecture intelligente. En revanche, nous proposons la
visite d’une source biblique de la pensée chrétienne sur le travail humain.
Parole de Dieu et travail humain
I
l s’agit de la consigne donnée
par Dieu à l’homme dans le
premier récit de la création
du monde racontée par le livre de
la Genèse. Nous y rencontrons le
verset suivant :
soyez féconds et
prolifiques, remplissez la terre et
dominez-la. soumettez les poissons
de la mer, les oiseaux du ciel et
toute bête qui remue sur la terre
(2) !
À première vue, le texte ne semble
pas avoir de relation avec le thème
du travail et le mot n’y apparaît
même pas. Mais, au fond, cette
question est bien présente dans ce
passage biblique.
En effet, les impératifs : « soyez »,
« remplissez », « dominez » et
« soumettez », renvoient aux
actions à accomplir par l’homme.
C’est littéralement le premier
cahier de charge que l’humanité
nouvellement créée reçoit de son
créateur. En ce sens, il y a travail.
Pour capter le message du texte
à ce sujet, observons d’abord
les personnages en présence.
L’homme n’apparaît pas tout seul.
D’une part, il est situé en relation
avec Dieu. D’autre part, le texte le
met en rapport avec la terre et ses
autres habitants. L’ordre qui lui est
intimé ne concerne pas uniquement
l’organisation de sa vie personnelle.
Il le connecte directement au
Tout-Autre, qu’est Dieu, et aux
autres créatures. Cette position
peut instruire notre manière de
concevoir et d’assumer notre
travail actuel. Elle nous apprend
précisément que le travail est une
réalité relationnelle. C’est un lieu où
se jouent et se vérifient la qualité
de notre alliance à Dieu et celle de
notre lien à autrui.
Le texte est aussi intéressant pour
une spiritualité du travail du point
de vue de son contenu même. À ce
propos, il est demandé à l’homme
d’être fécond, de proliférer.
Souvent, cette action a été comprise
en lien avec la naissance des enfants
dans le cadre du mariage. Mais
la notion de la fécondité ne peut
se réduire à ce domaine. Elle est
plus large : si notre travail prépare
un meilleur avenir à l’humanité en
créant plus de solidarité et plus de
justice entre les hommes, il devient
fécond. Voilà une autre vision de la
rentabilité ! Sur la même question,
n’oublions pas qu’au fond, c’est
Dieu qui rend fructueux le travail
de nos mains (3), car s’il ne bâtit la
maison, les travailleurs se fatiguent
en vain (4). Sans Jésus, les pêcheurs
passent toute la nuit sans rien
prendre. Mais en jetant les filets
sur son ordre, leur pêche devient
miraculeuse
(5).
En plus de la dimension verticale,
qui ouvre sur Dieu, le texte établit
des relations entre les différentes
créatures dont il parle : l’homme, les
animaux et les autres créatures… À
ce niveau, l’humanité est clairement
placée au sommet de la création, car
il lui revient de soumettre le monde.
L’homme ne reçoit certainement pas
un chèque en blanc sur la nature.
En effet, il n’en est pas le créateur,
mais le gérant. De plus, les autres
textes bibliques viennent compléter
celui de la Genèse. C’est le cas pour
le livre de la Sagesse. On y lit que
l’homme doit gouverner la nature
avec douceur, justice et sainteté
(6).
Voilà les modalités dans lesquelles la
Parole de Dieu nous invite à exercer
notre travail aujourd’hui.
En pensant à la dimension
relationnelle du travail, en
élargissant sa fécondité à son
utilité pour les générations
futures et en l’assumant dans une
conscience droite, nous en ferons
un lieu d’épanouissement et de
sanctification.
P. Elvis Elengabeka, C.S.Sp n
(1) Il s’agit de la lettre encyclique Laborem exercens. En
fait, sa parution était initialement prévue pour le mois de
mai dont le premier jour marque habituellement la fête
du travail. Mais, à cause de l’attentat contre Jean Paul
II, elle ne sera publiée qu’en septembre.
(2) Gn 1,28.
(3) Gn 17,20.
(4) Ps 127,1.
(5) Lc 5,1-11.
(6) Sg 9,1-4.
Église en Martinique du 5 mai 2013 / n°464
6
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L
e 1 er mai, fête de saint
Joseph travailleur, succède à
la solennité de saint Joseph
célébré le 19 mars.
La fête de saint Joseph, fixée au 1
er
mai par le pape Pie XII, soulignait
la prise de conscience grandissante
de la dignité du monde du travail.
Il attestait ainsi que la figure
de saint Joseph y contribue
merveilleusement.
En effet, ouvrier toute sa vie, qui
mieux que lui rendit grâces à Dieu le
Père en son labeur de chaque jour ?
C’est ce modeste artisan que Dieu
choisit pour veiller sur l’enfance du
Verbe incarné venu sauver le monde
par l’humilité de la croix.
N'est-il pas
le fils du charpentier ? disait-on du
Sauveur. Joseph, connu à Nazareth
comme l'époux de Marie et le
père nourricier de Jésus, homme
juste, sans autres ressources que
son métier, Joseph, ce fugitif de la
grandeur, nous apparaît comme le
modèle achevé du travailleur selon
le Cœur de Dieu.
Modèle de travail, de fidélité, de
dévouement, Joseph était prédestiné
à devenir le patron de toute la classe
ouvrière. Diligence, application,
constance, sérénité, abnégation de
soi, telles furent les vertus du saint
charpentier de Nazareth. Le souci
de l'accomplissement de la Volonté
du Père qui a dit :
Tu mangeras ton
pain à la sueur de ton front, animait
l'âme de Joseph artisan.
Dans le cadre de la diaconie,
saint Joseph, le serviteur fidèle,
est un guide précieux pour
accompagner dans la redécouverte
et l’approfondissement des valeurs
évangéliques qui doivent éclairer
notre mission au service de nos
frères.
Pour ce faire, au cours de deux
rencontres – lundi 29 et mardi
30 avril 2013 – la communauté
paroissiale de Saint-Joseph va
mettre en lumière des grands
moments de la diaconie (provenant
du mot grec diakoneo , il désigne
l’acte de servir), avant de célébrer
le 1 er mai la sainte Eucharistie,
sommet de la mission où le Christ
se révèle serviteur, au service de
tous :
Le Fils de l’homme n’est
pas venu pour être servi mais pour
sERViR et donner sa vie en rançon
pour la multitude (Mc 10,45).
Engagement de tous pour :
1) La charité
Elle est plus qu'un sentiment, elle est
l'amour qui s'engage envers l'autre
pour lui redonner vie. La charité
tend vers le bien de l'autre, elle est
au fondement de la diaconie.
2) La solidarité
Un concept d'origine juridique
popularisé par les mouvements
ouvriers des deux derniers siècles.
Les êtres humains ne peuvent vivre
sans liens entre eux : la solidarité
leur permet de s'engager ensemble
pour défendre des intérêts
communs. Dans la Bible, Dieu
fait alliance avec un des peuples
les plus pauvres et il en fait un
partenaire. 3) La fraternité
Une des grandes valeurs républicai-
nes qui implique l'idée d'égalité et le
rejet des discriminations. La frater
-
nité suppose un compagnonnage
entre les personnes. Pour les chré-
tiens, toutes et tous sont filles et
fils d'un même Dieu. L'autre, même
éloigné, devient mon prochain.
4) La justice
Chacun doit pouvoir recevoir ce
qui lui est dû. La justice rend à
chacun ce à quoi il a droit. La
justice du Royaume proclamée par
l'Evangile va au-delà de tout calcul
distributif, elle est reconnaissance
de la dignité de chacun.
5) L'option préférentielle
pour les pauvres
Lors de sa première intervention,
après son élection, le Saint-Père
François a rappelé, en substance,
que
le monde doit se soucier des
plus pauvres en leur permettant
une vie plus digne. Au-delà des
actions humanitaires ponctuelles,
il s'agit de chercher à construire
un monde plus juste où les
pauvres aient toute leur place.
Cette construction se fait avec les
pauvres, ils ne sont plus les simples
sujets des aides extérieures, ils
deviennent peu à peu acteurs de
leur propre humanisation.
P. Emmanuel Saint-Honoré,
Curé de Saint-Joseph
n
1
er
mai : Fête du travail
Fête de saint Joseph, serviteur,
à l’écoute de l’Esprit
Église en Martinique du 5 mai 2013 / n°464
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La fête de saint Joseph est une triple fête patronale : fête
de l’Église, fête de la famille et du foyer, fête du travail.
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Dossier : Le travail
L'Eglise de France est fortement préoccupée par la crise socio-économique que
subissent tant de nos contemporains. A l’approche du grand rassemblement
de l’Ascension à Lourdes, Diaconia 2013, concernant les enjeux de solidarité,
voici quelques extraits d’un texte du Conseil Famille et Société à propos des
restructurations d'entreprises.
Choisir le dialogue social
L
'Eglise, par la voix du Conseil
Famille et société , est déjà
intervenue pour manifester
son attention aux personnes que
cette crise affecte directement, et
pour appeler à des changements
d'attitude. Aujourd'hui, il lui semble
nécessaire de reprendre la parole
pour dire sa solidarité avec ceux et
celles qui sont marqués par la crise,
et ceux et celles qui, à des degrés
divers, exercent des responsabilités
pour la conjurer et en corriger les
effets négatifs.
L'entreprise, une communauté
humaine de travail
Face aux restructurations dans
les entreprises industrielles, agro-
alimentaires ou de service et les
menaces sur l'emploi, on ne peut
oublier que l'entreprise est une
communauté humaine.
Pour l'enseignement social de
l'Église, l'entreprise existe comme
une communauté humaine de
travail où salariés, dirigeants et
actionnaires vivent dans une
interdépendance. Au titre de cette
solidarité, les trois composantes
doivent pouvoir chercher
ensemble les moyens de servir le
bien commun de l'entreprise.
Quelques aspects
fondamentaux
• Le travail comporte un caractère
subjectif humain.
•
Les pouvoirs qu'exercent les
actionnaires en raison de leur
détention d'actifs au capital
d'une entreprise ne sont pas
sans limites.
•
Les représentants des salariés,
désignés ou élus selon le droit en
vigueur, ont une responsabilité
essentielle, non seulement du
point de vue de la défense
des intérêts des salariés, mais
plus globalement du point de
vue de la viabilité durable de
l'entreprise.
• Les dirigeants d'entreprise sont
responsables de la mise en œuvre
harmonieuse du bien commun
de l'entreprise dans sa dimension
économique et sociale.
•
Les détenteurs de moyens
de financement (banques,
établissements de crédit ou
détenteurs de patrimoines
financiers) sont appelés en
ce temps de crise à accorder
une attention particulière
aux solutions qui leur sont
présentées par les responsables
d'entreprise ou les organisations
des salariés, visant autant que
possible à préserver l'emploi.
Lorsque survient l'inéluctable
La situation de l'entreprise
contrainte à la mise en œuvre
de plans sociaux comportant du
chômage partiel, des réductions
d'effectifs ou des licenciements
économiques, est toujours un choc,
une souffrance pour les hommes et
les femmes concernés directement
ou indirectement. Ils peuvent y lire
une menace pour l'avenir et un
désaveu quant à l'utilité de leur
travail.
Le Conseil Famille et société invite
les responsables des entreprises
concernées à reconnaître cette
souffrance qui ne peut être effacée
par de justes compensations
financières et à accorder une priorité
stratégique à leur engagement
personnel dans les négociations.
Même si toute négociation
comporte une part inévitable
d'affrontement et de conflit, le
Conseil demande cependant aux
responsables et aux actionnaires
de prendre la mesure des difficultés
et de les assumer au nom d'un
intérêt de survie à long terme qu'il
leur revient de communiquer, non
seulement aux salariés ou à leurs
représentants, mais aussi aux
collectivités territoriales qui ont la
charge des communautés locales
où vivent les travailleurs et leur
famille.
Gérer les situations en vérité et
par le dialogue social
Le Conseil Famille et société
encourage les responsables
d'entreprise et les représentants du
personnel à se prêter à des analyses
prospectives "à froid" pour faire
face à des restructurations que
les évolutions technologiques et
les tendances du marché rendent
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8
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vraisemblables. Même s'il s'agit d'exercices difficiles,
mettant à l'épreuve la responsabilité des uns et des
autres devant leurs mandants, actionnaires et salariés,
cette pratique doit être privilégiée pour maintenir
le souci à long terme du bien de la communauté
de travail. Elle permettrait aussi d'ouvrir davantage
la voie aux innovations issues de la recherche et du
développement.
Les dirigeants d'entreprise doivent avoir, pour mettre
en œuvre une telle pratique de dialogue et de
recherche prospective, un vrai souci de la formation
des représentants des salariés et lui consacrer les
moyens et ressources nécessaires.
La place de l'État et des collectivités locales dans
le dialogue social
De plus en plus soucieuses de l'attractivité de
leurs territoires, les collectivités locales doivent
être considérées comme un partenaire dans
l'accomplissement du bien commun. Dans cette
perspective, les modalités d'un dialogue régulier où
des attentes s'expriment de part et d'autre, sont sans
doute à revoir. C'était déjà l'ambition des "Comités de
bassins d'emploi" lancés dans les années 70. Elle est
toujours d'actualité.
Cette réflexion du Conseil
Famille et société s'inscrit
dans la perspective d'une
écologie sociale du travail
(Centesimus annus, 38), où le dialogue social, qui
recherche le bien commun de l'entreprise, contribue
aussi à celui de la société tout entière.
Nous souhaitons pouvoir éclairer les chrétiens
confrontés, au titre de leur situation et de leurs
diverses responsabilités, aux questions et à la gestion
des restructurations économiques. Notre réflexion
s'adresse aussi aux hommes et aux femmes de bonne
volonté qui, par leurs responsabilités, sont engagés
dans le dialogue social.
Mgr Jean-Luc Brunin, Président
et le Conseil Famille et société de la Conférence des Evêques de France
n
Église en Martinique du 5 mai 2013 / n°464
9
Les évêques, réunis en Assemblée
plénière à Paris du 16 au 18 avril
2013, ont élu une nouvelle prési-
dence de la Conférence des évêques
de France qui prendra ses fonctions au
1
er juillet 2013. Elle est composée de :
- Président :
Mgr Georges Pontier, Archevêque de Marseille,
jusqu'à présent président du comité Etudes et
Projets de la CEF.
- Vice-Présidents :
• Mgr Pascal Delannoy, Evêque de Saint-Denis,
jusqu'à présent président de la Commission
épiscopale financière et du Conseil pour les
affaires économiques, sociales et juridiques
de la CEF.
• Mgr Pierre-Marie Carré, Archevêque de
Montpellier, jusqu'à présent président de la
Commission doctrinale de la CEF.
Page 10
Dossier : Le travail
Dans son vécu professionnel, quel dirigeant chrétien n’a pas rencontré, un jour ou
l’autre, des situations qui posent question au regard de l’Ecriture Sainte, de la doctrine
sociale de l’Eglise, de l’éthique, de la conscience et des exig\
ences légales ?
Exercer des responsabilités
en entreprise en vivant sa foi
S
on défi : créer de la richesse,
pérenniser l’entreprise,
tout en étant attentif à
l’Autre, qu’il soit un concurrent,
un client, un fournisseur, un
salarié, un partenaire social ou
institutionnel.
Cette Année de la Foi est
propice à une relecture de nos
responsabilités professionnelles à
la lumière de la Parole de Dieu.
- Comment ajuster nos décisions
aux exigences évangéliques ?
- Comment discerner ce qui est
le mieux ou le moins mal dans
les choix que nous posons ?
- Notre foi doit-elle rester au
placard ?
L’entreprise :
un lieu de pouvoir
L’entreprise est souvent le
théâtre de jeux de pouvoirs,
d’ambitions personnelles, de
courses à la performance et au
profit, d’alliances et de trahisons
qui mobilisent notre énergie à des
activités stériles et destructrices.
Dans ce contexte, le dirigeant
peut céder à la tentation du
pouvoir et le gérer à son profit.
Mais ne jetons pas l’anathème
sur l’entreprise qui peut être
aussi lieu d’épanouissement et
de réalisation de l’homme.
Le Christ nous dit :
Allez donc,
de toutes les nations faites des
disciples… (Mt 28,19). Vous êtes
le sel de la terre… vous êtes la
lumière du monde ! (Mt 5,13-14).
Ce « monde » où il nous envoie,
c’est là où nous exerçons nos
responsabilités professionnelles.
Nous devons prendre conscience
de cette vocation à participer à
l’œuvre créatrice de Dieu.
Le dirigeant chrétien, un
‘envoyé’ au service des autres
Nous avons donc à évangéliser
notre mode d’exercice du
pouvoir :
- Exercer le pouvoir dans la
‘justesse’ : pour l’édification
de la personne.
-
Regarder l’autre avec
bienveillance comme enfant
de Dieu, destinataire lui aussi
du salut.
- Accomplir son devoir d’état
sans volonté de domination.
Dieu nous donne la Terre à
cultiver, la vigne à faire fructifier.
Quel souci avons-nous des frères
et sœurs qu’il a mis sur notre
route dans nos entreprises ?
Quel témoignage donnons-nous
de l’amour de Dieu quand il faut
mettre en place un licenciement
économique ? Face à telle
revendication salariale ? Sur tel
marché face à un concurrent ?
Dans la fixation des prix ? Dans
le respect de l’environnement,
de la qualité des produits
fabriqués ?
Traiter toute situation avec
un regard chrétien, un regard
d’amour : c’est à cette conversion
intérieure que les dirigeants
chrétiens sont appelés. Oui !
Le commandement nouveau
reçu de Jésus – Aimez-vous les
uns les autres –
a toute sa place
dans la réalité impitoyable de
nos entreprises.
Poser des actes de foi,
s’abandonner, oser la confiance
Confrontés à des embûches
dans l’exercice de cet apostolat,
nous avons le choix entre deux
stratégies :
- Celle du monde : compter sur ses
propres forces et s’investir dans des
compétitions plus ou moins féroces
où l’autre est le ‘frère ennemi’.
- Une tout autre qui suppose la foi :
lutter et faire face à l’adversité
tout en reconnaissant ses limites,
en s’abandonnant à la foi et à la
prière, sous le regard de l’Esprit
Saint. Etre à la fois Marthe et
Marie.
Car, la prière n’est pas incompatible
avec le business et le management.
Une négociation difficile avec un
client, un entretien avec quelqu’un en
difficulté, une réunion conflictuelle,
etc., peuvent être des opportunités
pour se mettre intérieurement en ‘état
de prière’… Cela amène à cultiver
une forme de sérénité et de quête
de solution ‘juste’ quelle qu’en soit
l’issue… Cette manière d’agir est
en résonance avec ignace de Loyola
qui exprimait en substance : ‘Faites
toutes choses comme si le résultat ne
dépendait que de vous et, quelle que
soit son issue, accueillez-la comme
l’œuvre de Dieu’ (Alain Setton, Bible
et management - Ed. Desclée de
Brouwer).
Cette deuxième stratégie, à contre-
courant de celle que la société nous
apprend, n’est pas aveu de faiblesse
ni de défaitisme ou d’attentisme,
mais expérience de foi.
Josette Rose Yung-Hing n
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Les personnes
L
es bénédictions, qui doivent
être données avant tout aux
catholiques, peuvent aussi
être données aux catéchumènes et
même aux non-catholiques, à moins
qu'une interdiction de l'Eglise ne
s'y oppose
(Canon 1170). Pourquoi
une telle réserve ? Si nous nous
rappelons que les sacramentaux ne
sont pas des sacrements, pourquoi
les bénédictions seraient-elles
réservées aux seuls catholiques ?
D’abord, il convient de savoir que
les bénédictions sont réservées aux
baptisés. En effet, les sacramentaux
se réfèrent toujours directement
ou indirectement à un sacrement
et même il prépare la personne
à mieux recevoir l’effet principal
des sacrements. Donc, imposer
un sacramental, une bénédiction
à un non-baptisé l’obligerait en
quelque sorte à recevoir une grâce
dont il refuserait la racine qu’est
le baptême ! C’est pourquoi les
bénédictions sont d’abord réservées
aux seuls baptisés qui y ont droit.
Les catéchumènes peuvent aussi
recevoir les bénédictions parce qu’ils
sont sur le chemin du baptême.
Le canon 206 précise : sont en
lien avec l'Eglise d'une manière
spéciale les catéchumènes qui,
sous la motion de l'Esprit saint,
demandent volontairement et
explicitement à lui être incorporés
et qui, par ce désir ainsi que par la
vie de foi, d'espérance et de charité
qu'ils mènent, sont unis à l'Eglise
qui les considère déjà comme
siens. L'Eglise a le souci spécial
des catéchumènes : en les invitant
à mener une vie évangélique et en
les introduisant à la célébration
des rites sacrés, elle leur accorde
déjà diverses prérogatives propres
aux chrétiens.
Si les catholiques ont droit aux
bénédictions, les non-catholiques
(non-baptisés compris) peuvent
en bénéficier à condition qu’il n’y
ait pas d’interdiction de l’Eglise.
Il est surtout interdit d’imposer
à quelqu’un une bénédiction.
Même si les bénédictions sont
bonnes pour les hommes, on ne
peut pas les imposer de manière
ostentatoire et défiante dans
l’irrespect des convictions de
chacun. Un geste récent de notre
pape François nous le rappelle : le
16 mars dernier, alors qu’il recevait
quelque cinq mille représentants
des médias, sans faire le signe de
croix, il dit ceci : Je vous avais
dit que je vous aurais donné de
grand cœur ma bénédiction. Etant
donné que beaucoup d’entre vous
n’appartiennent pas à l’Eglise
catholique, d’autres ne sont pas
croyants, j’adresse de tout cœur
cette bénédiction, en silence, à
chacun de vous, respectant la
conscience de chacun, sachant
que chacun de vous est enfant de
Dieu. Que Dieu vous bénisse !
Les activités humaines
et les choses
Elles peuvent aussi être bénies
(ou bénites). Conduits par la foi,
affermis par l’espérance et poussés
par la charité, les chrétiens ne
se contentent pas de chercher à
reconnaître dans toutes les créatures
des traces de la bonté de Dieu, mais
ils regardent tous les événements
du monde comme des signes de la
providence paternelle avec laquelle
Dieu dirige et gouverne tout. ils
trouvent donc toujours et partout
l’occasion de prier le seigneur, de
mettre en lui leur confiance et de
lui rendre grâce. Puisque l’on peut,
par la foi, discerner la présence de
Dieu dans tous les événements de
la vie, il convient de proposer des
rites particuliers pour inaugurer
des actions ou des édifices. Nous
bénissons Dieu, en effet, et nous lui
rendons grâce pour de nouvelles
actions, pour de nouveaux édifices
et nous lui demandons avant tout de
combler lui-même de sa bénédiction
ceux qui bénéficient de ces œuvres
ou de ces actions (1).
Parmi ces activités humaines, nous
notons divers édifices tels que des
écoles, des hôpitaux, une nouvelle
maison familiale... Des lieux et
instruments de travail, des champs,
des prémices de récoltes, la table,
les repas peuvent recevoir une
bénédiction. L’Eglise permet aussi
la bénédiction des animaux. Pour
ces derniers, il ne s’agit nullement
d’exorcismes ou de l’attribution
d’un pouvoir particulier (pour une
utilisation mercantile ou magique
des animaux). Mais il est plutôt
question d’une prière d’action
de grâce et de coopération pour
le bien de l’homme en excluant
l’exploitation servile de l’animal.
Les bénédictions (2)
Qu’est- ce qui peut être béni ?
Les personnes, les activités et les choses ainsi que des objets pour le culte
peuvent être bénis, dans la mesure où tout cela n’est pas contraire au projet
de Dieu. Par exemple, il serait inconvenant et insensé de demander à bénir une
« maison close », une arme destinée à éliminer son insupportable voisin ou encore
un talisman, si précieux soit-il !
Droit canonique
(suite page 19)
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5 mai 2013
L a P arole D ominicale
Actes 15, 1-2.22-29 • Psaume 66 • Apocalypse 21,10-14.22-23 • Jean 14,23-29
L’Esprit et nous avons décidé
Sixième dimanche de Pâques
Année C
L
a première lecture de ce
dimanche relate l'épisode
palpitant du premier
Concile de Jérusalem, au cours
duquel l'Eglise eut à se prononcer
officiellement en faveur de
l'universalité de sa mission. Sur le
plan historique, cette assemblée
conciliaire fut provoquée par des
conflits à la fois théologiques
et culturels qui secouaient les
communautés d'Antioche et de
Jérusalem. Etait-il nécessaire de
soumettre les frères d'origine
païenne aux traditions juives
avant de les accueillir dans l'Eglise?
Telle était la grande question à
laquelle il fallait, de toute urgence,
trouver une réponse. Au terme
de fraternelles discussions, il fut
décidé de n'imposer aux païens
aucune disposition normative qui
pût faire penser à une domination
culturelle. Si c'est bien le Christ
seul qui sauve, pourquoi donc les
obliger à observer la circoncision
et les autres traditions ? L'option
en faveur de l’intégration
inconditionnelle de tous les peuples
venait d'être prise pour toujours.
De ce Concile convoqué par les
apôtres pour résoudre un pro-
blème concret, on pourrait retenir
trois enseignements.
En premier lieu, l'assemblée de
Jérusalem confirme merveilleu-
sement que l'Esprit promis par
Jésus à son Eglise est bien présent
et agissant en son sein, particu-
lièrement aux heures de crise.
C'est sous son inspiration que les
Apôtres ont pris la décision de
ne rien imposer aux païens qui
embrassaient la foi chrétienne.
Aussi pouvaient-ils affirmer, avec
une audace qui a de quoi nous
surprendre : L'Esprit saint et
nous avons décidé…
La deuxième affirmation qui se
dégage de ce Concile, c'est que
Dieu ne fait pas de discrimination
entre les hommes et les cultures
(Ac 10,34) : il accueille tous les peu-
ples dans la diversité de leurs tradi-
tions et de leurs richesses, puisque
toutes les réalités humaines peu-
vent être purifiées et transformées
par l'Evangile. Ce dialogue entre
l'Evangile et la culture, que les théo-
logiens désignent par le terme évo-
cateur de l'inculturation, est une
tâche permanente de l'Eglise. A la
suite des apôtres, il nous revient,
à nous chrétiens de ce siècle, de
porter la lumière de notre foi dans
tous les secteurs de notre vie pro-
fessionnelle, culturelle, familiale,
politique et sociale.
Le Concile de Jérusalem rappelle
enfin la priorité de l'amour dans
la vie de l’Eglise. Etant à la fois
de nature divine et humaine,
on ne doit pas s’étonner que le
peuple de Dieu soit exposé au
risque des conflits et des polémi-
ques. Cependant, toutes les crises
que traverse l’Eglise peuvent être
résolues, si elle sait maintenir l'exi-
gence fondamentale de l'amour
fraternel et de la paix.
Ce thème de la paix est également
développé par l'évangile de ce
jour où le Christ, à la veille de sa
passion, déclare à ses disciples : Je
vous laisse la paix, je vous donne
ma paix ; ce n'est pas à la manière
du monde que je vous la donne
(Jn 14,27). Quelques jours plus
tard, au soir de la résurrection, il
confirme ce don en leur commu-
niquant l’Esprit Saint.
Quelles sont les caractéristiques de
cette paix promise par le Christ ?
La paix du Christ n'est pas une réa-
lité extérieure à l'homme. Elle est
avant tout le fruit de la présence
de l'Esprit dans le cœur du croyant
(cf. Rm 5,5). II est très significatif
d'ailleurs que le Christ parle de
la paix après avoir soufflé sur les
disciples pour leur transmettre le
don de l'Esprit. II est révélateur
également que, dans la tradition
de l'Eglise, l'Esprit et la paix soient
représentés, tous les deux, par la
colombe. Selon la belle image du
Père Cantalamessa :
La paix est
comme le sillon d'un beau navire
qui s'élargit jusqu'à l’infini mais
commence par une pointe, et la
pointe est, dans ce cas, le cœur
de l'homme.
Que cette paix demeure en
nous.
P. Gilles Aïzo,
Vicaire à la paroisse de Schœlcher
n
Église en Martinique du 5 mai 2013 / n°464
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Rappel des principales
motivations pour les
testateurs
- Manifester votre espérance dans
l’Eglise de demain.
- Contribuer à donner à l’Eglise les
moyens de vivre et d’agir pour les
générations futures.
- Prolonger, au-delà de votre propre
vie, l’aide et le soutien manifestés
de votre vivant.
- Laisser pour votre famille un
message fort sur vos convictions
profondes.
Les trois moyens de
transmettre tout ou partie
de vos biens
- Le legs testamentaire
- La donation
- L’assurance-vie
1) Le legs testamentaire
Un legs est un don par testament,
c’est-à-dire une disposition écrite par
laquelle vous choisissez de donner
tout ou partie de vos biens après
votre décès.
Il existe trois types de legs :
- Le legs universel pour donner
la totalité de ses biens.
- Le legs à titre universel pour
donner une partie ou une
catégorie (immobilier, mobilier,
avoirs financiers) de vos biens à
une ou plusieurs associations ou
œuvres.
- Le legs à titre particulier
pour donner un bien précis et
identifiable à une personne, une
association ou une œuvre.
En cas de décès sans testament,
vos biens seront remis à vos
héritiers en suivant les règles
successorales prévues par la loi. En
l’absence de famille, tout reviendra
automatiquement à l’Etat.
Si un testament a été rédigé, il est
possible de demander qu’une ou
plusieurs œuvres soient soutenues
après votre décès.
Le testament peut être rédigé sur
papier simple (Olographe), mais il
est préférable de le faire enregistrer
chez un notaire (Authentique).
Dans la mesure où vous avez des
héritiers
réservataires (enfants,
petits-enfants ou conjoint), leur part
doit être respectée conformément
à la loi, mais une quote-part de vos
biens peut être léguée à un tiers : il
s’agit de la quotité disponible.
Celle-ci est ainsi déterminée :
Un enfant ➞ la moitié
Deux enfants ➞ le tiers restant
Trois enfants et plus ➞ le quart
restant
Il est conseillé de consulter un notaire
pour les cas plus complexes.
Il est à noter que le testament, même
déposé chez un notaire, peut être
modifié à tout moment.
2) La donation
Une donation est un acte par lequel
vous donnez, de votre vivant, un
ou plusieurs biens (meubles ou
immeubles) à un tiers (personne,
association, œuvre).
Celle-ci doit obligatoirement être
faite devant notaire.
En cas de donation à une œuvre,
trois types principaux de donations
sont acceptés :
- Donation en pleine propriété
(définitive et exclusive).
-
Donation en nue-propriété : le bien
n’est plus votre propriété, mais
vous en conservez la jouissance
jusqu’à la fin de votre vie ; cette
jouissance pouvant profiter à une
personne de votre choix.
- Donation temporaire d’usufruit :
par cet acte, vous restez proprié-
taire de votre bien, mais vous attri-
buez à un tiers le droit de jouir
de ce bien pendant une durée
minimale de trois ans (portefeuille
titre, biens locatifs).
3) L’assurance-vie
L’assurance-vie est un contrat
d’épargne qui permet de transmettre
un capital dans un cadre juridique
et fiscal avantageux.
Lors de la signature du contrat
avec votre assureur, celui-ci vous
demandera de désigner un ou
plusieurs bénéficiaires. Il est possible,
à tout moment, de modifier le
nombre et la nature du ou des
bénéficiaires.
Le contrat d’assurance-vie peut être
alimenté de trois façons :
- La prime unique (un seul
versement).
-
Les primes périodiques ou
programmées.
- Les versements libres.
Conclusion
Mgr Michel Méranville m’a désigné
en qualité de Délégué diocésain
pour les Legs et Donations afin
d’en faire la promotion et d’être
à la disposition de toute personne
envisageant une telle opération.
Le Délégué Legs, Michel Pouch
0696 310 333
n
Vie du diocèse
Legs et donations
Comment transmettre tout ou partie de ses biens à l’Eglise catholi\
que
Église en Martinique du 5 mai 2013 / n°464
13
Dans le cadre de la campagne de sensibilisation aux legs et donations, il
apparaît utile de rappeler comment il est possible d’aider financièrement l’Eglise
catholique par l’intermédiaire du diocèse de la Martinique.
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Vie du diocèse
Église en Martinique du 5 mai 2013 / n°464
14
Le dimanche 21 avril 2013, Journée mondiale de prière pour les vocations, le
comité du Service diocésain des vocations avait donné rendez-vous, au Foyer
vocationnel Dominique-Savio, aux prêtres, aux communautés religieuses et à
tous ceux qui voulaient se joindre à eux pour un temps festif de la vocation.
La Vocation en fête
L
e soleil n’étant pas de la
partie, nous avons dû migrer
à l’église de Redoute toute
proche, sous le regard de Notre-
Dame du Rosaire.
C’est un bouquet d’action de grâce
que les communautés religieuses
ont présenté au Père des cieux :
sketches, chants, danses, tout pour
ensoleiller nos cœurs après le long
épisode pluvieux que nous venions
de vivre : quel beau témoignage de
vie, de service et d’amour !
Il n’y a pas de crise des vocations,
à proprement parler, mais c’est la
crise de la réponse, du oui généreux
à l’appel de Dieu. La grâce que
nous osons demander à la Très
Sainte Vierge Marie est de nous
apprendre à dire
oui , comme elle,
à la sainte volonté de Dieu.
Père, Seigneur du ciel et de la terre,
qu’il me soit fait selon ta Parole.
Sœurs de Saint-Joseph
de Cluny
Les Sœurs de la Congrégation de
Saint-Joseph de Cluny nous ont
partagé l’héritage que leur a laissé
Anne-Marie Javouhey : « Que nous
sommes heureuses d’avoir une si belle
mission : faire l’œuvre de Dieu ! »
« Tu as tant de choses à nous dire
au présent, Anne-Marie.
Que ton souffle nous fasse écrire,
à notre tour, une histoire d’amour.
Comme toi, dépasser les
frontières,
accueillir quelle que soit la couleur,
avancer en des terres étrangères,
simplement être là pour aimer.
Avec toi, que nos vies soient prière
et nos cœurs des océans de paix.
Emprunter ton chemin de lumière,
simplement être là et marcher. »
Sœurs de la Charité
de Saint-Louis
Deux voix angéliques ont entonné
Amour pour Amour, nous laissant
saisis par Dieu : ce sont les Sœurs
de la Charité de Saint-Louis.
« Toi qui connais depuis longtemps,
depuis ton cœur d’enfant,
qui est Dieu,
c’est toi désormais qu’Il a choisi pour
apprendre aux tout-petits
son amour merveilleux.
Pars vers ces gens où Dieu t’envoie
qui souffrent d’être en croix tous
les jours.
S’ils voient que tu cherches à prendre part à leurs peines et leurs
espoirs, ils croiront à l’amour. »
(Paroles de Robert LEBEL)
« Amour pour Amour,
jusqu’au don de soi-même.
S’offrir sans retour.
Est-il plus beau : « Je t’aime » ?
Amour pour Amour,
tendresse pour tendresse.
S’offrir sans retour tant que
l’amour nous blesse. »
Sœurs
Dominicaines
Missionnaires de
Notre-Dame de
la Délivrande
Sur les pas de la Marti-
niquaise Laure Sabes :
Aimer et servir, telle est
notre devise.
Sœur Venise dansant pour le Seigneur
Page 15
Les membres du Comité des
vocations remercient le Seigneur
pour cette après-midi merveilleuse
passée dans la paix, la joie et le
témoignage. Nous le remercions
pour toutes les grâces reçues en
ce jour et pour ses dons.
Restons à l’écoute du Seigneur
afin de répondre favorablement à
son appel pour le servir dans la joie
et l’amour. Restons à son écoute
pour faire fructifier ces dons pour
le service de la communauté et
de l’Eglise.
Cet amour que nous avons
ressenti cette après-midi à
travers le service de nos sœurs,
le partage de nos prêtres, nous
vous le partageons car nous
étions vraiment unis comme les
membres d’une famille assemblée
autour du même Père.
Comité des vocations n
Sœurs de Saint-Paul de Chartres
Dis-moi quel est ton amour, je te dirai qui tu es…
Missionnaires à la suite de saint Paul, nous le sommes, Sœurs de
Saint-Paul de Chartres. Aujourd’hui encore, le Seigneur nous appelle
sur les chemins de
l’Evangile.
« Se donner à Dieu,
au bien de l’Eglise
et à l’utilité du pro-
chain » : tel est notre
projet de vie à la
suite de Marie-Anne
de Tilly.
Institut Union Thérèse
de Jésus
Répondre à l’appel du Seigneur
en lui consacrant notre vie
et
en menant une vie évangélique à la
suite du Christ, dans le monde.
Nous nous engageons par les
vœux de chasteté, de pauvreté et
d’obéissance au sein de l’Institut.
Nous vivons la spiritualité du Carmel
en fondant notre prière sur la Parole
de Dieu, avec l’aide de la Vierge
Marie.
Sœurs Missionnaires du Saint-Esprit
Etre envoyées à la suite du Christ,
au service de l’évangélisation
des populations les plus
abandonnées.
L’essentiel est de porter le
témoignage de l’amour. Cet
amour s’exprime dans le respect
des personnes, la simplicité des
relations, le partage de vie
et l’ouverture à une culture
différente de la nôtre.
Foyer de Charité
il m’a séduit, je me suis laissé séduire,
il a parlé à mon cœur et mon cœur a
répondu à son amour ; j’ai découvert
que j’étais unique à ses yeux…
C’est par un sketch que les filles du Foyer
de Charité de Trinité nous ont charmés.
- Tu as rencontré le prince charmant ?
dit Albertine.
- J’ai passé six jours en retraite, en silence,
à prier, à écouter la Parole de Dieu pour
pouvoir mieux vivre ma foi… J’ai profité
du calme, de la beauté de la nature…
J’ai retrouvé la paix intérieure…
…
- Ecoute, c’est simple, vas-y toi-même et
tu verras !
Communauté de l’Emmanuel
Association internationale de fidèles de
droit pontifical, fondée en 1976.
Puiser des forces dans l'adoration
eucharistique pour vivre la compassion
et l'évangélisation.
15 Bénédiction finale par les pères Lafine, Phanor,
Chaulvet et Henderson
Page 16
Vie du diocèse
Église en Martinique du 5 mai 2013 / n°464
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Le dimanche 14 avril 2013, les jeunes de De Briant ont organisé un concert de
chorales pour récolter des fonds pour les Journées Martiniquaises des Jeunes
qui auront lieu en juillet prochain dans notre diocèse. Cinq chorales ont participé
à cette action qui a été couronnée de succès.
Concert à l’initiative
de la Pastorale des jeunes
Je m’appelle Dufrénot Larry, j'ai 22 ans et
avec David Téreau, 24 ans, nous faisons partie
de la pastorale des jeunes de De Briant. Nous
avons été chargés d’organiser un concert afin
d’aider à financer les JMJ-Locales qui se
dérouleront en juillet.
L’idée était d’informer, de mobiliser et de
lancer un appel principalement aux jeunes en
leur donnant un avant-goût des JMJ-Locales.
Le jour du concert, j’ai été étonné de voir
l’église remplie de personnes qui chantaient,
dansaient ! Il y avait une grande implication,
non seulement de la part des chorales,
mais aussi du public et ce, jusqu’à la fin du
concert.
Cette journée n’aurait pas été ce qu’elle a été
sans le soutien du père Luc Philippon, curé
de la paroisse, de la JEA – Jeunes En Avant
– un groupe d'une quinzaine de personnes
mobilisées pour animer et faire vivre la
paroisse, des chorales et de tous ceux qui ont
aidé à la réalisation de ce concert. Piti kon
gran, nou té ansanm-ansanm épi Bondjé.
(1)
Je rends grâce à Dieu pour tout ce qu’il a
permis et qu’il nous permettra encore de faire
pour le servir.
(1) Petits et grands, nous étions d’un seul cœur avec Dieu.
P
lus de trois cents personnes ont fait le déplacement
pour soutenir cette action. Un spectacle original
entrecoupé de mini-sketches proposés par les
jeunes de la paroisse, de la bonne humeur, des stands de
gâteaux, de cocktails rafraîchissants sans alcool. Tel fut le
programme concocté par les jeunes.
Une quête a été réalisée à l’entracte au profit des JMJ-
Locales. L’assemblée a fait preuve d’une grande générosité.
Les chorales présentes : Aurore de Saint-Christophe, des
Jeunes de Redoute,
Chœur en Portée des Terres-Sainville,
Chœur à Cœur de Schœlcher, immaculée-Conception de
Rivière-Pilote, ont tour à tour animé l’après-midi. Le concert
s’est terminé par un chant commun avec l’assemblée et
toutes les chorales réunies.
Vu le succès remporté grâce au dynamisme de ces jeunes,
cette manifestation pourrait être reconduite.
Pastorale diocésaine des jeunes n
Choeur à Coeur de Schoelcher
Immaculée Conception de Rivière-Pilote
Choeur en portée des Terres-Sainville
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Vivre des moments conçus et animés par et
pour les jeunes en présence du Seigneur, ce
n’est pas si courant que cela au quotidien. Il est
donc important d’encourager et de pérenniser
ce genre de temps fort.
Dans ce monde rempli de tentations, ces temps
forts de louanges nous permettent de couper
avec le quotidien, de prier, de louer et de crier
tout haut notre foi et notre amour pour celui
qui a donné sa vie pour nous. De plus, cela
nous permet également de constater que nous
ne sommes pas seuls et qu’il y a autour de nous
en Martinique beaucoup de jeunes chrétiens
qui sont heureux et fiers d’affirmer leur foi.
Dans la continuité du temps fort de Saint-Pierre,
on percevait une cohésion et une ferveur entre
nous, jeunes chrétiens, en marche pour Jésus ;
ce qui laisse envisager que les JMJ-Locales
vont mettre le feu…
Kévin et Gladys
vous invite à un concert spirituel gratuit
Le dimanche 5 mai 2013, à 16 h, en l’église Notre-Dame de la Nativité de Schœlcher
avec la participation de plusieurs chorales paroissiales (L’Orchidée de Schœlcher, Exodus et Exultet de
Saint-Christophe, Angélus de Bellevue, Eau Vive de Coridon) et de Gertrude Seinin.
Une quête sera organisée au profit de la paroisse pour la réalisation de travaux à la chapelle de Fond Lahaye.
La Société De SaiNt-ViNceNt-De-PauL, coNféreNce De SchœL cher,
Dans le cadre de ses activités, la Pastorale diocésaine des jeunes invite
tous les jeunes de 15 à 35 ans des secteurs Centre et Sud à un temps fort en doyenné le dimanche 12 mai 2013 de 15h à 18h à l'église de Josseaud (rivière-Pilote). Thème :
La foi
Programme : Temps de prière et de louange, enseignement, témoignages…
Chaque jeune apportera une collation (boisson, gâteau…) pour un faire un partage.
Communiqués La P aStoraLe DeS JeuNeS
Jeunes de Redoute Aurore de Saint-Christophe
Sketch entre les prestations des chorales
Une vue de l'assemblée
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Année de la Foi
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Témoignages (2)
Aujourd’hui, ce sont des chrétiens des paroisses de Saint-Christophe, de Sainte-
Marie et du Lamentin qui nous disent comment ils abordent l’Année de la Foi et
ce qu’ils en attendent.
Je m’appelle Xavier Bauchaint et je suis actuellement
en classe de terminale scientifique au lycée Bellevue.
Âgé de 17 ans, je suis un jeune actif au sein de ma
paroisse de Saint-Christophe.
En effet, durant cette année, j’ai pu affirmer ma foi
par différentes activités que j’ai pu organiser et co-
organiser. En premier lieu, je pense bien sûr au grand
concours de talents de notre jeunesse paroissiale
qui a été organisé par la pastorale des jeunes de la
paroisse et a remporté un franc succès. De plus, j’ai pu
m’enraciner plus fortement dans la foi, puisque depuis
mon retour de Rome où j’ai participé au pèlerinage
national des servants de messe en août 2012, j’ai eu la
responsabilité des servants de messe de ma paroisse,
ce qui fut pour moi un honneur et une forte expérience
pour ma foi. C’est aussi dans mon univers de lycéen
que j’ai pu affirmer ma foi puisque j’en inspire plus
d’un autour de moi.
Alors, comme le disait l’hymne des JMJ 2011 de
Madrid : Affermis dans la foi, marchons avec le
Christ.
Xavier - P aroisse de Saint-Christophe
Cette Année de la Foi qui nous est offerte
est pour moi l’occasion de prendre un
temps pour réfléchir sur ce don de la foi qui
m’a été fait par le Seigneur et de m’appuyer
sur la Parole de Dieu pour orienter toutes
mes actions.
C’est une possibilité qui m’est donnée
à nouveau dans ma vie quotidienne, de
rencontrer Jésus, le visage de l’amour du
Père : dans les sacrements, particulièrement
l’Eucharistie et le sacrement de la
réconciliation que je recommence à vivre
plus régulièrement ; dans ma vie de prière,
quand j’ai répondu positivement cette année
à l’invitation du groupe du rosaire ; dans la
lecture régulière de la Parole de Dieu, en
essayant de faire l’effort chaque jour de
prendre dix minutes pour lire et méditer
cette Parole.
La foi alimente mes actions, mes gestes
d’accueil et de pardon. Elle m’ouvre les
yeux sur la nécessaire solidarité envers les
pauvres et sur le service des frères où je
me surprends à porter un regard différent
sur ceux qui sont en difficulté : je vais
désormais à leur rencontre dans les actions
menées par la paroisse. La foi me rend
complice de Dieu pour faire le bien autour
de moi. Celui qui m'a attirée à Lui, je ne l'ai
jamais vu et cependant je crois.
Emmanuella - Paroisse du Lamentin
L’Année de la Foi, c’est vraiment un temps favorable
pour chaque chrétien pour se mettre en marche et se
recentrer sur notre unique Sauveur, Jésus Christ. Elle
est pour moi un renouvellement de mon baptême, un
engagement, un cheminement, un temps de réflexion
et de recueillement, sur la longue route à la rencontre
de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, mort pour
moi (pour nous) sur le bois de la croix, ressuscité des
morts au matin de Pâques. Pour cela, j’accepte de me
laisser modeler, transformer, corriger chaque jour par
sa Parole, en la lisant, en étant assidue à la messe,
en mettant en pratique les enseignements de notre
pasteur. Comme les Apôtres, je dis souvent à Jésus :
« Augmente en moi la foi (don gratuit de Dieu) ».
Avec tout ce que nous vivons dans ce monde, toutes
les transgressions de la Loi divine, je demande à Dieu
d’affirmer et d’affermir ma foi, car lorsque je dis : Je
crois, c’est un acte conscient, confiant, voulu, vrai, qui
me permet de me tourner en toute humilité vers mon
Seigneur et mon Dieu.
Seigneur Jésus, je te loue, je te remercie, je te rends
grâce de me lier à Toi par mon baptême.
Je sais en qui j’ai mis ma foi. Oui, je crois !!!
Monique - Paroisse de Sainte-Marie
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(suite de la page 11)
Jeudi 9 mai 2013 – Ascension
Frère Roger : Un silence révolutionnaire (Pierre Barnérias)
Dans le petit village de Bourgogne, l’assassinat de frère Roger a laissé les frères de la communauté
de Taizé sous le choc. Homme de l’Evangile, il a toute sa vie défendu la cause de la paix en prêchant
la réconciliation et l’unité des chrétiens. La communauté œcuménique de Taizé, qu’il a fondée dans
les années 40 autour de quelques frères de confessions chrétiennes différentes, s’est vite imposée
aux jeunes comme un lieu de rencontre autour de la prière.
Dimanche 12 mai 2013
Handicap : la force dans la faiblesse ?
Le handicap est-il perçu comme une épreuve envoyée par Dieu, ou vécu comme un signe d’abandon ?
La foi permet-elle alors de vivre plus facilement ? Le handicap empêche-t-il de croire ? Est-on plus
fort lorsqu’on est faible ?
Pour en parler,
Dieu m’est témoin reçoit sur son plateau Jean-Claude Calif. Ce Guadeloupéen non-voyant
ne s’est pas laissé abattre quand il a définitivement perdu la vue à l’âge de 18 ans. Membre de l’association
chrétienne
Voir ensemble , il témoigne de sa vie au quotidien et de son incroyable vitalité…
Nous découvrons aussi la formidable initiative mise en place à la paroisse Saint-Christophe à Fort-de-
France, en Martinique, auprès d’enfants au handicap parfois très lourd : le
Handicaté .
Dimanche 19 mai 2013 – Pentecôte
Quelle place pour le père dans la famille ?
Quelle est la place du père dans la famille aujourd’hui ? Que représente-t-il dans la société polynésienne
ou antillaise ? Comment joue-t-il son rôle auprès de ses enfants et comment leur transmet-il sa foi ?
Toutes ces questions,
Dieu m’est témoin les a posées à ses différents invités.
Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions
MeDIAs
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Dieu qui as tout créé avec sagesse, tu as fait
l’homme à ton image et tu l’as béni en lui soumettant
les animaux ; dans ta bonté, étends ta main et
permets que ces animaux servent à nos besoins et
nous, tes serviteurs, puissions-nous, avec l’aide de
ces secours présents, désirer avec plus de confiance
les biens éternels… (2)
Les objets destinés au culte seront bénis eux aussi. Ce
genre de bénédiction fera l’objet du développement
de notre prochain article.
P. Jean-Max Renard,Vice-Official n
(1) Livre des bénédictions, Rituel Romain, Paris, Chatelet-Tardy, 1995, p. 129
(2)
Livre des bénédictions, Rituel Romain, Paris, Chatelet-Tardy, 1995, p. 234
99.5 - 101.3 et 105.3 mHz
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Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
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Mise en page : P. Emmanuel Saint-Honoré
