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• Le Fourneau
économique
• Le repas
des F amiLLes
au Lamentin
•
Les enF ants
de L ’eveiL à La Foi
au domaine du Fort
N° 465 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 19 mai 2013
Au souffle de l’Esprit
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Editorial
Editorial
• Sois marqué de l’Esprit Saint
Mot de l'Evêque
• Bonne nouvelle !
Droit canonique
• La bénédiction des objets destinés
au culte (3)
Liturgie
• Parole dominicale
Vie du diocèse
• Les Equipes du Rosaire
• Evangéliser à l’école
de la Vierge Marie (1)
• Concert de solidarité
avec la paroisse du Morne-Vert
• Les enfants de l’Eveil à la foi
au Domaine du Fort
• Le Fourneau économique
• Y a-t-il une solution à la crise ?
• Le repas des familles : un moment
d'échange et de convivialité
Education
• Bénédiction de la Centrale
photovoltaïque de l’Espérance
Société
• Esclavage et christianisme
• Manifestation contre la loi pour le
« mariage pour tous »
Médias
numéro
465
• LE FOURNEAU
ÉCONOMIQUE
• LE REPAS DES FAMILLES
AU LAMENTIN
•
LES ENFANTS
DE L’EVEIL À LA FOI
AU DOMAINE DU FORT
N° 465 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 19 mai 2013
Au souffle
de l’Esprit
S ommaire
Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
tirage : 8 000 exeMplaires
i.s.s.N. 0759-4895
Commission paritaire N° 1115L87225
Ad m i n i s t r At i o n – ré d Ac t i o n Archevêché de la Martinique
Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70
se r v i c e d e s Ab o n n e m e n t s Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586
97207 Fort de France Cédex
Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.cef.fr
egliseenmartinique@orange.fr
L
e dimanche 28 avril 2013, à la
cathédrale de Fort-de-France,
cent soixante-neuf jeunes et
adultes étaient confirmés dans la foi
de l’Eglise par notre évêque.
La confirmation, sacrement de
l’initiation chrétienne, rappelle que
Dieu agit dans notre existence, quel
que soit notre âge. Il nous rejoint
dans nos questions, nos doutes, nos
recherches, à condition pour nous
d’ouvrir notre existence, en toute
liberté, à sa présence.
Il est nécessaire, pour celui ou
celle qui demande la confirmation,
de l’exprimer par lettre à son
évêque, lui confiant ses raisons
personnelles de croire en Jésus
Christ et d’espérer.
Pour se préparer à vivre une nouvelle
relation avec Jésus Christ dans
l’Esprit Saint, une formation devra
prendre en compte son histoire,
avec ses forces et ses faiblesses,
pour l’accompagner dans un
approfondissement personnel de
la foi. Dans cette perspective, celui
qui commence ce chemin devra
compter sur l’aide fraternelle de
personnes expérimentées, témoins
de la communauté chrétienne, pour
avancer à la lumière de la Parole
de Dieu.
Les rites de la confirmation, faits de
paroles et de signes, conduisent le
croyant à la présence de l’Esprit Saint
qui se donne dans la diversité de son
être : esprit de sagesse et d’intelligence,
esprit de conseil et de force, esprit de
connaissance et d’affection filiale,
esprit d’adoration.
Liée à l’onction d’huile sainte,
la parole adressée au confirmand,
appelé par son prénom, est : Sois
marqué de l’Esprit Saint, le don de
Dieu.
Une telle empreinte laissée sur
le corps du confirmé n’est pas
seulement un signe extérieur,
tout en surface, mais un appel à
rencontrer Dieu au plus profond
de son être, une trace à imprimer
dans la vie de tous les jours. Plus
qu’une invitation, un vœu pieux,
c’est une mission à entreprendre
et à réaliser.
Comment ne pas regretter que trop
souvent nous nous satisfassions de
l’intention (l’enfer, dit-on, est pavé
de bonnes intentions !) sans parvenir
à l’action, à la phase concrète de
la réalisation. Quand il s’agit de la
foi, nous le savons, seule la vérité
des actes a de la valeur devant
Dieu. Jeunes ou adultes, il nous
faut du temps pour transformer
nos intentions pieuses en actes,
nos désirs en réalité. Le chemin
qui permet de sortir des illusions
perdues est la route de la conversion
qu’il nous faut prendre de manière
résolue, avec l’aide de l’Esprit.
Dans le monde et ses institutions,
combien seraient nécessaires un
brin de sagesse et d’intelligence,
une brassée de conseil, de force,
d’affection filiale, pour mieux se
comprendre, s’entraider, avancer
ensemble dans les difficultés de
la vie !
Père Jean de Coulanges n
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Photo de couverture : Paroisse de Saint-Esprit - dimanche 20 mai 2012, confirmation de 81 jeunes spiritains
Sois marqué
de l’Esprit Saint
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Mot de l'Evêque
Bonne nouvelle !
J
e vous annonce une Bonne
Nouvelle, disaient les anges aux
bergers, dans la nuit de Noël !
Amis lecteurs, à mon tour, je vous
annonce une Bonne Nouvelle, celle
de la résurgence du site internet du
Diocèse.
Cette renaissance, décidée par
l’Archevêque, a été possible grâce
à l’opiniâtreté de l’économe du
Diocèse, le Diacre Hervé Lordinot,
grâce à Madame Mathilde Henry,
conceptrice du site, ainsi qu’à d’autres
personnes, prêtres et laïcs, gagnées
par le souci de permettre au Diocèse
de retrouver la voie royale de sa
Communication.
il a fallu la foi, la détermination,
la persévérance de ce petit
groupe, alliées au savoir-faire de la
technicienne, pour que soit mis sur
pied cet outil qui sera désormais au
service du projet pastoral du Diocèse
dont le mot d’ordre est bien connu :
Etre ensemble le Corps du Christ
pour le salut du monde.
C’est donc une Bonne Nouvelle q u e
j’annonce, avec d’autant plus de
bonne humeur que la société gérée
par Madame Mathilde Henry, qui a
conçu et entretiendra ce site, a pour
enseigne : Bonnenouvelle.fr
Cependant, pour accéder au site
internet du Diocèse de la Martinique
il faudra taper son adresse :
martinique.catholique.fr
(ou encore se rendre sur le site de
la Conférence des Evêques de France
(CEF), dans la rubrique Diocèses , et
taper Martinique).
L’ouverture officielle du site est en
corrélation avec la belle fête de la
Pentecôte et a lieu dans l’octave
de la 47 ème Journée mondiale des
communications sociales. Ce n’est
pas un hasard.
A la Pentecôte, le Christ Jésus a
répandu l’Esprit Saint sur ses disciples
pour qu’ils soient remplis de son
amour et en témoignent partout
dans le monde.
La grâce de l’Esprit a donné aux
disciples le courage d’ouvrir les
portes qu’ils avaient verrouillées
par peur. Elle leur a permis de se
comprendre, de s’accepter différents
et complémentaires. Elle leur a donné
le besoin de communiquer les uns
avec les autres, de constituer des
communautés et de témoigner, par
leurs paroles et par leurs actes, que
Jésus est le Sauveur.
Les objectifs de ce site internet
s’inspirent de la Pentecôte. Tout
d’abord, le site veut instaurer
une communion véritable entre
les paroisses, les mouvements et
associations ainsi qu’entre les divers
organes de communication du
Diocèse pour vivre l’unité autour
de l’Evêque et en lien avec l’Eglise
Universelle dont l’Evêque de Rome,
notre Pape François, est garant de
l’unité.
Comme à la Pentecôte, le site veut
répondre à la nouvelle évangélisation
dont notre monde a besoin, en
donnant aux chrétiens les moyens
de cette évangélisation par une
meilleure connaissance de la Parole
de Dieu et de la vie de l’Eglise.
Avant d’apprendre le latin à John il
faut connaître John, dit un proverbe.
Avant d’être un chrétien un homme
est un homme. Dans l’incarnation
Dieu s’est fait homme. Le site a donc
pour objectif d’être très près de la vie
des hommes et de leurs actualités,
avec une option préférentielle pour
les plus pauvres et les plus démunis.
L’un des objectifs les plus importants
du site est de permettre à chacun
de découvrir et d’approfondir sa
vocation baptismale : par le baptême
tout chrétien est devenu membre de
l’Eglise Corps du Christ qui est Prêtre,
Prophète et Roi. Le chrétien est donc
appelé par son baptême à être dans
les réalités de la vie comme le sel qui
donne du goût à la nourriture et la
préserve de la corruption.
Cependant, il ne suffit pas de permettre
à un site internet de renaître de ses
cendres. il faut, certes, saluer cette
performance. Mais il ne faut surtout
pas oublier que le plus important
reste à faire : celui de permettre à
ce site d’être informé, de se nourrir
des actualités quotidiennes, d’être
informé de ce qui se vit et se décide
dans les paroisses et les mouvements.
il faut que le site soit informé de
l’agenda de chaque paroisse, des fêtes
importantes, des horaires des messes
et cérémonies. C’est la raison pour
laquelle je demande à chaque curé
d’avoir dans sa paroisse un comité
de communication capable de faire le
lien avec les responsables du site.
i l suffira de les contacter à l’adresse
que vous trouverez facilement sur
martinique.catholique.fr.
Amis lecteurs, c’est sur ces Bonnes
Nouvelles que je vous quitte donc
aujourd’hui en vous disant A bientôt !
et en souhaitant à chacune et à
chacun une bonne et sainte fête de
Pentecôte.
+ Michel Méranville, Archevêque n
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Église en Martinique du 19 mai 2013 / n°465
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E g l i sE En M a r t i n i q u E
Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
É glise en Martinique
Boîte Postale 586 • 97 207 FORT de FRance cede X
MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 €
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......................................................................................
Tél. ........................................................................\
........................ Code Postal ..................................
Ville ........................................................................\
.........................................................................................
Résultat de la tombola de Saint-Vincent de Paul
Ré sul ta t de la t om bol a d e S aint -V inc ent de Paul
Ré sul ta t du t ira ge du 4 m ai 2013 d e l a t om bola d e S aint -V inc ent -de -Paul com mun iqué par le
Cons eil D épa rtem ent al de la M art in ique .
1 5 276 1 Voitur e Che vrolet S pa rk
2 21 565 1 I-Pad
3 23 020 1 PC P ort abl e
4 33 190 1 Groupe Ele c trogè ne
5 17 548 1 Clim ati s e ur
6 21 801 1 Paire de lune tt e s s ol aire Jim my Choc
7 10 180 1 Paire de lune tt e s s ol aire Taghe ner
8 1 283 1 Montre G uess A cti va te ur
9 3 949 1 Paire de lune tt e s s ol aire G ucci
10 28 350 1 Saut oir a rg ent
1 1 29 080 1 Paire de lune tt e s s ol aire G ucci
12 7 004 1 Bague
13 10 911 1 Sortie Ca ta M am bo pour 2 p ers onne s
14 28
182 1 Sortie Ca ta M am bo pour 2 p ers onne s
15 28 484 1 Sortie Ca ta D elph is
16 34 451 1 collie r a rge nt fe mm e
17 18 942 1 collie r a rge nt fe mm e
18 28 196 1 AR F ort de F ranc e – P ointe-à -P it r e E xpre ss de s Il es
19 13 636 1 AR F ort de F ranc e – S ain te -L ucie E xpr ess de s Il es
20 18 731 1 Coffret port e fe uille
21 22 070 1 Chevali è re H om me
22 17 942 1 Chevali è re H om me
23 30 498 1 Bague femme
24 5 604 2 soins Espa ce E nerg ie
25 25 672 1 Colli e r
hom me
26 10 986 1 Bracele t
27 5 341 1 Porte fe uille f em me
28 17 108 1 coffre t A ve nture Tam L oisirs
29 11 899 2 soins Espa ce E nerg ie
30 27 907 1 Trous se m anuc ure
31 6 902 1 Porte fe uille + port e m onna ie
32 5 378 1 Pochette hom me
33 9 301 1 Porte m onna ie fe mme
34 23 841 1 Servi ce N app e + Servi ette s 12 c ouverts
35 19 408 1 Pèse -p ers onne
L es b ille ts s e t erm ina nt par : 794 - 323 e t 373 g agne nt cha cun un l ot de cons olation.
L es l ot s p
ourront être re ti ré s à pa rtir du 27 mai 2013 à la M ais on d'Accue il de Mont géra lde ,
1 1, A venue de la P la in e, F ort -de -Franc e. T él : 05 96 75 20 08
Résultat du tirage du 4 mai 2013 de la tombola de Saint-Vincent-de-Paul communiqué par le Conseil Départemental
de la Martinique.
Les billets se terminant par : 794 - 323 et 373 gagnent chacun un lot de consolation.
Les lots pourront être retirés, à partir du 27 mai 2013, à la Maison d'Accueil de Montgéralde, 11, Avenue de la
Plaine, Fort-de-France. Tél : 05 96 75 20 08
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D
ans le cadre de l’activité
humaine traitée dans
l’article précédent, nous
avons abordé la bénédiction
de personnes, d’animaux et de
certains instruments de travail
et objets destinés au bienfait de
l’homme. Aujourd’hui, il s’agit de
se rapprocher des bénédiction
et dédicace de choses et objets
destinés au culte. En sachant
que la dédicace concerne une
consécration de lieux sacrés, nous
nous limiterons aux bénédictions
d’objets destinés au culte.
il faut savoir que l’Eglise a toujours
veillé avec un soin particulier à ce
que les objets destinés au culte
soient dignes, nobles et beaux,
sans richesse excessive. Pour les
chrétiens, il ne s’agit nullement d’un
luxe ostentatoire prouvant une
prétendue richesse et supériorité
de l’Eglise. Mais la beauté et le
caractère précieux des matériaux
utilisés ne font que refléter la
beauté, la richesse et la préciosité
de Dieu.
D’ailleurs, ces objets, une fois
bénits, ne peuvent plus servir à
un usage profane mais seulement
pour les célébrations sacrées. ils
sont destinés exclusivement au
culte et doivent donc être traités
avec respect. Parmi ces objets, nous
trouvons les baptistères, le mobilier
liturgique, les portes d’églises, les
croix destinées à la vénération
publique, comme les images ou
statues de saints. On trouve aussi
les cloches des églises, l’orgue, les
chemins de croix, les cimetières, les
tombes. Font aussi partie de ces
choses bénites, l’eau utilisée en de
multiples circonstances et les objets
servant aux célébrations liturgiques
(calices, patènes, ciboires, ostensoirs,
vêtements liturgiques, linges
liturgiques comme les corporaux,
nappes d’autels...).
Souvent, ces objets, démodés ou
abîmés, ne font plus l’objet du
respect de leur bénédiction. ils
sont relégués dans des remises,
donnés ou vendus, voire jetés faute
d’utilisation. Par contre, il arrive que
ces objets soient, dans l’esprit des
personnes, chargés d’un pouvoir
spirituel particulier et fassent l’objet
d’un trafic à des fins mercantiles et
ésotériques.
Peut-on vendre des objets
de culte bénits ?
il n'est pas interdit, d'une manière
générale, de vendre un objet bénit,
si on en est le propriétaire légitime.
Mais il est interdit de vendre la
bénédiction qui lui est attachée. Ce
serait, de droit divin, de la simonie
puisque ce serait la vente d'une chose
spirituelle. La simonie est l’achat ou
la vente pour un prix temporel d’un
bien spirituel. En clair, le simoniaque
monnaye la valeur spirituelle d’un
objet. La simonie est interdite. Elle
est un délit canonique et est punie
par le code de droit canonique.
Ainsi, un calice consacré ne peut
pas être vendu plus cher à cause de
la consécration qu'il a reçue. Tout
contrat simoniaque étant invalide
de plein droit, l'acheteur devrait
restituer le calice ainsi acquis, et
recouvrer la somme payée ou tout
au moins obtenir du vendeur le
remboursement du supplément
qu'il avait perçu à cause de la
consécration.
Les objets consacrés ou munis
d'une bénédiction constitutive
doivent être traités avec respect
et ne peuvent être employés à
un usage profane ou étranger
à leur destination, même s'ils
appartiennent à des particuliers.
L'acheteur d'un calice consacré n'a
donc le droit de l'utiliser que pour
la célébration de la sainte messe.
il peut en faire cadeau à un prêtre
qui l’utilisera pour offrir le sacrifice
eucharistique.
Les objets bénits ou consacrés
peuvent perdre leur bénédiction
ou consécration, notamment
lorsqu'ils ont été exposés à une
vente publique. L'expression vente
publique ne désigne pas seulement
une vente aux enchères, mais aussi,
semble-t-il, toute vente faite dans
un magasin ouvert à tous.
Ainsi, un objet qui a perdu sa
bénédiction ou sa consécration
peut servir à des usages profanes,
mais non vulgaires ! L'acheteur du
calice qui a perdu sa consécration
pourrait sans doute en faire un
bibelot d'étagère, une curiosité
de son salon, mais non un verre
à boire ! Lorsqu'une église est
devenue inutilisable et ne peut être
réparée, l'Ordinaire du lieu a le droit
de la réduire à un usage profane
mais non sordide. L'acheteur de
cette ancienne église pourrait en
faire une bibliothèque ou une salle
de conférences, mais non une écurie
ou une boîte de nuit. il en est de
même pour un objet indulgencié
qui perd ses indulgences lorsqu'il
est vendu.
P. Jean-Max Renard,Vice-Official n
La bénédiction des objets
destinés au culte
(3)
Les choses sacrées qui sont destinées au culte divin par une dédicace ou une bénédiction
seront traitées avec respect et ne seront pas employées à un usage profane ou
impropre, même si elles sont la propriété de personnes privées (canon 1171).
Droit canonique
Église en Martinique du 19 mai 2013 / n°465
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19 mai 2013
L a P arole D ominicale
Actes 2,1-11 • Psaume 103 • Romains 8,8-17 • Jean 14,15-16.23b-26
« …un autre Paraclet »
Dimanche de Pentecôte Année C
U
n de mes filleuls qui est
en Métropole et qui a
des amis musulmans et
juifs cherchait à améliorer ses
connaissances bibliques pour
pouvoir dialoguer avec eux. il m’a
téléphoné pour me demander
ce que signifiait l’expression un
autre paraclet , qu’il avait lue dans
l’évangile de la fête de Pentecôte.
C’est vrai que ce mot est curieux
car il est repris presque tel quel
du grec
paraclètos qui signifie :
défenseur, intercesseur et conso-
lateur. Dans la traduction liturgi-
que, on a mis tout simplement
défenseur ; mais on n’y retrouve
pas l’idée d’ intercesseur ni de
consolateur . Certains traduc-
teurs avancent le mot avocat qui
semble mieux rendre le vocable
paraclètos mais cette proposition
reste encore insatisfaisante. De
fait, c’est la difficulté à traduire
ce terme qui fait que la Bible de
Jérusalem l’a tout simplement
transcrit par paraclet , de peur
de perdre certaines nuances du
mot par une traduction comme
défenseur ou même avocat .
Donc Jésus dit que le Père
enverra
un autre paraclet . Or,
dans la première lettre de saint
Jean, l’apôtre dit :
si l'un de nous
vient à pécher, nous avons un
défenseur devant le Père : Jésus
Christ, le Juste
(1 Jn 2,1). Ainsi,
Jésus et l’Esprit Saint sont deux
paraclets envoyés par le Père ; ils nous défendent comme des avo-
cats, ils intercèdent pour nous et
ils nous consolent.
On peut dire que Jésus, pendant
son ministère public sur la terre,
nous a effectivement défendus
vis-à-vis des agressions multiples
du mal, au point de tout prendre
sur lui-même
; on peut dire qu’il a
intercédé pour nous (cf. Jn 17) ; on
peut dire aussi qu’il nous a conso-
lés de toutes nos peines par les
nombreuses guérisons et libéra-
tions qu’il a accomplies (voire les
résurrections) ; plus encore, par le
don de l’eucharistie à la dernière
Cène –
Celui qui mange ma chair
et boit mon sang a la vie éternelle.
(Jn 6,54) – c’est incontestable-
ment une consolation pour nous
et un encouragement majeur.
Le Saint Esprit qu’il nous promet a
pour but de faire la même chose,
mais aujourd’hui et jusqu’à la fin
des temps. il reprend ce qui est
de Jésus pour nous le donner, il
rend la mission de Jésus actuelle ;
il rend notamment Jésus présent
dans l’eucharistie. C’est pourquoi
Jésus dit que lui aussi reviendra
vers nous et qu’il sera auprès de
nous. Ainsi, l’Esprit et le Verbe
demeurent en nous pour œuvrer
comme paraclets. Si, durant son
ministère public, Jésus agissait
par la puissance de l’Esprit Saint,
depuis la Pentecôte, c’est l’Esprit
qui agit mais au nom de Jésus.
Cependant, c’est la même œuvre
de salut voulue par le Père qu’ils
opèrent en nous et pour nous.
Oui, aujourd’hui plus que jamais,
nous avons besoin que l’on prenne
notre défense face au péché,
car nous ne parvenons pas à lui
résister comme il faudrait – et
sommes trop souvent vaincus
par lui ; alors l’Esprit Saint vient
allumer dans nos cœurs un feu
qui ne consume pas, sauf le mal
qui s’y trouve. Nous avons besoin
que l’on
intercède pour nous, car
nous ne savons pas prier comme
il faut ; alors l’Esprit Saint vient
à notre secours par des gémis-
sements ineffables , pour parler
comme saint Paul. Nous avons
besoin de consolations face aux
dures réalités de ce monde et le
Saint Esprit est encore là pour
nous ; par sa puissance se réali-
sent des signes qui réconfortent,
mais aussi des miracles dans les
cœurs et dans les âmes auxquels
il apporte la paix et la joie.
Bonne fête de Pentecôte à
tous !
P. Alain Ransay
Curé de Saint-Christophe
et Sainte-Thérèse
n
Église en Martinique du 19 mai 2013 / n°465
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Je prierai le Père, et il
vous donnera un autre
Défenseur qui sera pour toujours avec vous :
C'est l'Esprit de vérité.
(Jn 14,16)
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L
a progression des Equipes
dans notre diocèse est
constante de 1963 jusqu’à
une période très récente. Une
vingtaine à l’origine, elles sont
aujourd’hui plus de quatre cents,
après avoir connu un pic il y a deux
ans, où elles ont atteint le chiffre
de cinq cents. Elles comptent en
2013 plus de cinq mille membres.
Les Equipes
du Rosaire ne
sont pas faites
pour satisfaire
un besoin de
religiosité qui
de toute façon
paraîtrait suran-
née compte
tenu de l’orien-
tation donnée
par le concile
Vatican ii :
l’Eglise, peuple
de Dieu, intègre tous ses membres
pour tendre vers cet effort mission-
naire pour lequel elle a été instituée.
Les Equipes du Rosaire cherchent
à y correspondre grâce à l’émer -
gence dans les quartiers, chez
les particuliers, de petites Eglises
domestiques constituées autour
de la Parole de Dieu, du partage et
de la mise en commun de prières
d’action de grâce et d’intercession
et d'une référence vivante à la pré-
sence de Marie, Vierge et Mère.
La première Equipe fut fondée en
1963 par M
elle Bertha Gaboly qui
fut directrice d’école et connue
pour être une éducatrice rigou-
reuse et attentive aux besoins des
jeunes. Elle était de la paroisse de
Redoute, laquelle est consacrée à
Notre-Dame du Rosaire.
Le mouvement s’est développé
sous l’inspiration discrète mais
réelle du Foyer de Charité, où se
tenaient ses récollections annuelles
et d’où est partie une tendance
à l’unification du mouvement au
niveau diocésain. Une mention
spéciale doit être faite du père
Joseph Eyquem, Dominicain,
véritable fondateur du mouvement
et de son souci de le voir conserver
son caractère de petites Eglises
domestiques, multiples et unifiées
autour du feuillet mensuel et d’une
documentation élaborée dans
l’esprit de l’ordre dominicain.
Les responsables diocésaines
successives, à savoir : M mes Colette
Orel, Suzanne Vestris, inès Amar,
Sylvane Tramis et, depuis 2008,
Mme Marie-José Pastel, ont eu
à cœur d’œuvrer pour que le
mouvement corresponde à son
but initial qui est missionnaire et
marial.
Gérard Landau n
Vie du diocèse
Les Equipes du Rosaire
un mouvement missionnaire
Église en Martinique du 19 mai 2013 / n°465
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Les Equipes du Rosaire ont cinquante ans d’existence
à la Martinique. Elles ont été créées à la suite de ce
mouvement d’Eglise que fut le Rosaire Vivant, initié
par Pauline Jarricot.
Pauline Jarricot
Marie-José Pastel, responsable diocésaine et P. Patrick-Alexis Phanor,
aumônier diocésain du Rosaire
Au premier plan, les jeunes du Rosaire de Saint-Esprit
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Vie du diocèse
La Vierge Marie inspire notre vie de prière dans l’accueil de l’Esprit, l’écoute
de la Parole, l’attention à la Présence. A l'occasion du mois de Marie et de la
fête de la Pentecôte, le père Patrick-Alexis Phanor nous invite à nous mettre à
l'école de la Vierge, docile à l'Esprit.
Evangéliser à l’école
de la Vierge Marie
(1)
N
ous allons regar -
der l'épisode de
la Visitation de
Marie à Élisabeth, un
épisode que l'on peut
rattacher à l'Annoncia-
tion. On peut délimiter
dans cet Évangile de
l'enfance selon saint
Luc une séquence
Annonciation -Visitation
-Magnificat (au chapi-
tre premier, les versets
26 à 56). Dans cette
séquence, la réponse
que fait la Vierge Marie
à l'ange Gabriel, est
véritablement au cœur,
au centre :
Je suis la
servante du seigneur,
qu'il m'advienne selon
ta parole
(verset 38).
Jean Paul ii nous dit :
Marie a prononcé ce
fiat dans la foi. il nous
dit encore que cette réponse
de Marie, c'est comme le point
culminant de la foi de Marie dans
son attente du Christ, mais aussi le
point de départ, le commencement
de tout son cheminement dans la
foi.
Dans la foi, par la puissance de
l'Esprit, Marie accueille le Fils de
Dieu envoyé par le Père. C'est aussi
cette même foi et ce même Esprit
qui animent Marie pour porter
Jésus à Élisabeth.
Car c'est une véritable rencontre
évangélisatrice qui se produit entre
ces deux femmes ; c'est-à-dire, au
fond, un partage de la Bonne
Nouvelle, de la présence de Jésus
vivant. Nous découvrons dans
cette séquence (Annonciation
- Visitation - Magnificat) une
lumière qui peut nourrir et animer
nos rencontres de personne à
personne en vue de partager
l'Évangile, la présence de Jésus
vivant. Cette lumière que nous
trouvons éclaire cinq aspects de la
rencontre évangélisatrice. Elle va
nous aider à mieux comprendre
comment nous-mêmes, dans nos
rencontres, nous devons porter
l'Évangile de Jésus :
- d'abord, dire « oui » à Dieu : Marie
a commencé par dire « oui » à
Dieu ;
-
deuxièmement, aller vers
l'autre pour accueillir
ce que Dieu a fait dans
sa vie : Marie va vers
Élisabeth, mais c'est
d'abord pour accueillir
ce que Dieu a fait en
elle ;
-
troisièmement, témoi-
gner en apportant la
paix : c'est la salutation
de Marie qui touche pro-
fondément Élisabeth et
Jean Baptiste ;
- quatrièmement, réveiller
l'étonnement : c'est
Élisabeth qui dit : Mais
comment se fait-il que la
mère de Mon seigneur
vienne à moi ?
;
-
cinquièmement, prier
ensemble dans la joie :
c'est le Magnificat que
Marie partage à sa
cousine Élisabeth.
1. Évangéliser, c'est dire
« oui » à Dieu
Le premier aspect de cette lumière
qui nous est donnée : Marie dit
« oui » à Dieu.
Je suis la servante,
qu'il m'advienne selon ta parole. On
évangélise d'abord en commençant
par dire «oui » à Dieu dans sa vie,
profondément.
Marie a prononcé ce fiat dans la
foi. Par la foi, elle s'est remise à
Dieu sans réserve, et elle se livra Église en Martinique du 19 mai 2013 / n°465
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elle-même intégralement, comme
la servante du seigneur, à la
personne et à l'œuvre de son Fils.
Et ce Fils, comme l'enseignent les
Pères, elle l'a conçu en son esprit
avant de le concevoir dans son
sein, précisément par la foi.
C'est d'abord dans son âme, par
son attitude de foi et d'obéissance,
que Marie a conçu Jésus. Telle doit
être notre attitude première pour
évangéliser : obéir au Père, dire
oui au Père et ainsi accueillir Jésus
en nous. Écoutons le Cardinal
Danneels :
L'évangélisation
commence un peu plus tôt que cet
épisode, car Marie s'est mise en
marche parce qu'elle avait reçu le
seigneur en elle et avait prononcé
son "oui" total. si vous voulez
évangéliser, ne pensez pas à des
techniques, ou comment faire ;
ce qui est important, c'est que
vous ayez dit, dans votre cœur, le
"oui" total. Qui dit un "oui" total
évangélisera en tout ce qu'il dit et
fera. si vous avez dit "oui" à moitié,
vous évangéliserez à moitié. Et si
vous avez dit un tout petit "oui",
très hésitant, qui est déjà bien, il
ne faut pas vous surestimer, c'est
déjà quelque chose, il y aura une
toute petite évangélisation.
sans le "oui" de Marie, elle ne
serait jamais partie chez Élisabeth.
C'est parce que Marie a prononcé
ce "oui" total qu'il y a chez elle une
sorte d'impatience qui s'installe et
Marie ne peut pas rester chez elle.
Elle aurait pu rester chez elle. Elle
en aurait eu le droit car son enfant
est venu d'une manière mystérieuse.
Elle aurait pu se retirer dans sa
chambre. Mais non : une fois que
quelqu'un a dit "oui", il y a un feu
qui s'installe dans son cœur. Luc
nous dit : Marie partit en 'hâte'. si
vous voulez évangéliser, essayez
de dire ce soir dans votre cœur
le "oui" le plus global et le plus
complet possible, à la mesure de la
grâce que Dieu vous a faite. Mais
ne sous-estimez pas la grâce, vous
donnerez un "oui" beaucoup plus
fondamental que vous ne le croyez.
si vous avez dit ce "oui" de tout
votre cœur, ne vous faites aucun
souci : l'évangélisation a déjà
commencé. Comme la Visitation
avait déjà commencé au moment
où Marie avait dit "oui" dans son
cœur.
Voici donc une première lumière
qui nous est donnée à travers cette
rencontre de Marie et d'Élisabeth.
Évangéliser, ce n'est pas d'abord
agir. Évangéliser, c'est d'abord dire
« oui ». C'est-à-dire être serviteur,
être servante. Marie coagit
seulement, en laissant les choses
s'accomplir.
2. Évangéliser, c'est aller
vers… pour accueillir
La seconde lumière qui nous est
donnée dans cette rencontre,
c'est celle-ci : nous rencontrons
des personnes, nous allons vers
des personnes, non pas d'abord
pour apporter l'Évangile comme
une richesse qui nous établirait
dans un esprit de supériorité, mais
en accueillant ce que l'Esprit Saint
a déjà fait dans la vie des autres,
dans le cœur de l'autre.
Luc nous dit : En ces jours-là,
Marie partit et se rendit en hâte
vers la région montagneuse, dans
une ville de Juda (1,39).
Marie porte en elle le Fils de Dieu,
et elle part sous l'inspiration
de l'Esprit Saint qui vient de la
couvrir de son ombre. Lors de la
Pentecôte, nous voyons aussi les
apôtres, saisis par l'Esprit, sortir
du Cénacle. Jésus leur avait dit :
Vous allez recevoir une force, celle
de l'Esprit saint qui descendra
sur vous ; vous serez alors mes
témoins à Jérusalem, dans toute la
Judée et la samarie, et jusqu'aux
extrémités de la terre
(Actes 1,8)
On comprend que recevoir l'Esprit
Saint, c'est devenir témoin. Pour
évangéliser, il faut accepter de
bouger, de sortir, d'aller vers...
C'est dans la maison de Zacharie
(v. 40) qu'éclate la joie du Salut,
et c'est seulement après un séjour
de trois mois que Marie retourne
dans sa propre maison (v. 56). Tout
l'épisode de la Visitation de Marie
à Élisabeth se trouve ainsi comme
enserré entre ces deux notations
de la maison : Marie qui arrive à la
maison de Zacharie et Marie qui
repart dans sa propre maison.
Alors la hâte de Marie, c'est d'une
certaine façon le souffle de l'Esprit
qui la pousse à sortir et à aller. Mais
c'est aussi la délicatesse de son
obéissance. Beaucoup de choses,
dans les paroles de l'ange Gabriel,
n'étaient qu'allusions et n'étaient
annoncées qu'implicitement ;
c'est à Marie qu'il revient, par
son sens de l'obéissance... de
donner une réalité à ces allusions
et de prendre les moindres signes
comme des ordres.
L'ange lui avait dit en parlant de
la grossesse d'Élisabeth : Rien
n'est impossible à Dieu (v. 37).
Littéralement traduit du grec, on
comprend : « Aucune parole n'est
impuissante chez Dieu. » Et Marie
le sait bien, elle qui vient d'accueillir
la Parole, le Verbe. Si donc elle part
chez Élisabeth, ce n'est pas pour
vérifier ce que l'ange lui a dit. Elle
part avec la certitude que Dieu a
agi en sa cousine.
Quant à nous, nous évangéliserons
dans la mesure où nous aurons
ce sens du partage : la certitude
que Dieu a déjà agi dans l'autre.
Je ne pars pas seulement pour
porter l'Évangile, je pars aussi pour
trouver – peut-être au milieu de
bien des aspects négatifs – telle
ou telle merveille de Dieu dans le
cœur et la vie de la personne que
je rencontre.
P. Patrick-Alexis Phanor,
Curé de Morne-Rouge et Prêcheur
n
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Vie du diocèse
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Depuis l’ouragan Dean en 2007, les paroissiens du Morne-Vert ne peuvent
plus se rassembler dans leur église. C’est la vie chrétienne des fidèles et de la
communauté dans son ensemble qui souffre de cette situation. Aussi, le curé et
son équipe paroissiale n’ont cessé de manifester leur volonté d’entreprendre des
actions en vue de la restauration de l’édifice.
C’est le sens du concert prévu le 22 mai 2013
à la cathédrale Saint-Louis.
Concert de solidarité
avec la paroisse du Morne- Vert
L
e mercredi 22 mai 2013, le Chœur d’hommes des
Pitons, de la paroisse du Morne-Vert, invite tous ceux
qui sont sensibles aux difficultés que connaît leur
paroisse, au concert de solidarité qu’ils organisent à la
cathédrale de Fort-de-France, à 16 heures. Le but de cette
manifestation, qui se veut avant tout festive, est d’aider
au financement des réparations de l’église pour que les
paroissiens retrouvent au plus vite leur lieu de culte.
Plusieurs chorales ont accepté de nous
apporter leur soutien en participant à ce
concert : Transfiguration du Morne-Vert,
Révélation et Esperanza du Carbet, Betty
Marolany, le Chœur des Anges des Trois-
ilets, Les Voix du Renouveau de De Briant,
immaculée-Conception et Les Benjamins de
Rivière-Pilote, Madinina Accordéon e t Chœur
à pleine voix de Trinité, et bien sûr le Chœur
d’hommes des Pitons.
Chacun pourra manifester sa générosité au
cours de la quête qui sera réalisée à l’entracte.
La paroisse du Morne-Vert compte sur la
présence du plus grand nombre et remercie
à l’avance tous les donateurs.
Le Conseil paroissial n
Une vue de l’extérieur de l'église
V ue d’ensemble de l'intérieur l’église
Depuis l’ouragan Dean, une partie du plafond de l’église s’e\
st affaissée
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Église en Martinique du 19 mai 2013 / n°465
11
I
ls y ont été accueillis par les
membres de la Communauté
du Chemin Neuf dans la joie et
l’amour de notre Seigneur.
Au cours d'un temps d’adoration
du Saint-Sacrement, ils ont placé
leurs activités sous le regard de
Dieu.
Les ateliers de confection d’icônes,
de dizainiers et de croix, auxquels
se sont joints leurs parents,
ont précédé la célébration de
l’Eucharistie par le père Jean-David
Angouroussiva.
Chants et danses des petits et des
grands ont joyeusement animé
cette messe.
Après un repas bien mérité, mais
rapidement pris, les jeux et la
découverte du site occupèrent les
participants sous un soleil voilé,
mais bien présent.
Le thème de la journée était : Jésus,
apprends-moi à prier. Les croix, les
dizainiers et les icônes réalisés par
les enfants accompagneront leurs
prières.
Toutefois, les animateurs ont
souhaité aller plus loin en
ponctuant la journée d’instants
de prière et de chants.
Sur le parcours du retour, leurs
petites voix faisaient entendre
des chants de louanges au Christ
ressuscité semant ainsi des grains
de joie et d’amour.
Quand est-ce qu’on recommence ?
C’était super ! ont été les
commentaires entendus le plus
souvent.
Nous disons un grand merci à la
Communauté du Chemin Neuf.
Les équipes Eveil à la foi de Ducos
et de Saint-Joseph
n
Les enfants de l’Eveil à la foi
au Domaine du Fort
Dimanche 28 avril 2013, une soixantaine d’enfants de l’Eveil à la foi des
paroisses de Ducos et Saint-Joseph ont eu la joie et le bonheur de découvrir le
Domaine du Fort, à Saint-Pierre.
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Vie du diocèse
Église en Martinique du 19 mai 2013 / n°465
Eglise en Martinique : sœur
Marie-Michel, depuis octobre
2012, vous avez pris le relais
de sœur Rose au Fourneau
économique, au service de la
charité. Pour vous qu'est-ce que
la charité ?
Sœur Marie-Michel : Dans mon
cœur, c'est l'Evangile de saint
Matthieu qui dit : J'avais faim,
et vous m'avez donné à manger ;
j'avais soif, et vous m'avez donné à
boire ; j'étais un étranger, et vous
m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous
m'avez habillé ; j'étais malade,
et vous m'avez visité ; j'étais en
prison, et vous êtes venus jusqu'à
moi !
(Mt 25,35-36). La charité est
attention et service aux frères et
sœurs qui s'adressent à nous.
EeM : Comment faites-vous
pour trouver les moyens qui
rendent possible cette immense et
nécessaire action caritative ?
Sr M-M : Notre premier moyen
est celui de la prière ; les paroles
du Saint-Père François sur l'Eglise
qui doit demeurer vigilante
afin de ne pas devenir une
organisation humanitaire non
gouvernementale, résonnent en
moi. Avec cette prière régulière
pleine de confiance en la divine
Providence, grâce à la générosité
des Martiniquais, nous sommes
capables de donner à manger à
ceux qui frappent à notre porte
depuis 1902. Ainsi, depuis plus de
cent ans, les sœurs de Saint-Paul
de Chartres sont au service de
ceux qui ont besoin d'aide pour se
nourrir. Nous continuons l'œuvre
fondée par un laïc martiniquais,
Adolphe Trillard, qui a beaucoup
œuvré auprès des plus pauvres à
la Martinique.
Concrètement, nous recevons
des dons en nature sous forme
de produits alimentaires que
nous remettent des particuliers,
mais aussi la banque alimentaire
qui, en ce moment, vit des temps
difficiles, ce qui n'est pas sans
conséquence pour nous.
Si la banque alimentaire
ferme, le Fourneau pourra-
t-il encore donner à manger
à ceux qui, de plus en plus
nombreux et de plus en plus
jeunes, viennent à nous ?
Cette situation alarmante a
touché le cœur des artistes
qui nous ont récemment
aidés à sensibiliser la population martiniquaise ;
permettez-moi de leur adresser
tous nos remerciements.
EeM
: Comment s'organise
l'accueil des personnes ?
Sr M-M : il y a un travail préalable
des assistantes sociales qui permet
d'évaluer les besoins des sœurs et
des frères que nous accueillons ;
nous commençons par les écouter,
ce qui parfois nous amène à
compatir à des situations de
désespoir. Nous puisons dans
l'espérance de l'Evangile pour
accompagner et réconforter celui
ou celle qui n'en peut plus de cette
vie.
Nous accueillons du lundi au
samedi les personnes n'ayant pas
un domicile fixe, en prenant soin de
leur donner une aide alimentaire
pour le dimanche.
EeM : Comment faites-vous en étant
seulement trois religieuses ?
Sr M-M : Nous rendons grâce
à la Providence car des bénévoles
participent très fraternellement et
très efficacement à notre action
caritative : nous sommes aidées
par une cuisinière et une trentaine
de bénévoles dont ingrid, une
étudiante. n
Le Fourneau économique
Le Fourneau économique La Providence vient au secours des plus démunis,
leur octroyant une aide alimentaire quotidienne depuis cent onze ans. Eglise
en Martinique donne un coup de projecteur sur cette association caritative qui
n’est pas épargnée par la crise.
Préparation de colis alimentaire
Distribution de repas
Un accueil personnalisé 12
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Depuis plusieurs années déjà, elle constitue l’information basique incontournable,
lancinante, et malheureusement angoissante, des quotidiens de presse. La
crise, en effet, est là, au cœur de la société occidentale, avec son cortège
d’abominations : pauvreté, chômage, désespérance. Les décideurs semblent
impuissants face à ce problème et dès lors l’opinion, désemparée, se demande
s’il s’agit d’une fatalité ou s’il y a bien une solution \
à semblable fléau ?
Y a- t-il une solution à la crise ?
A
l’analyse, force est
de reconnaître que,
contrairement à ce
que l’on pourrait penser, il ne
manque pas de solutions ; bien
au contraire, il y a pléthore, tout
à la fois sur le plan international,
européen et national...
Au niveau international, les
chefs d’Etat réunis en groupe
des huit (G8) ou des vingt
(G20) ne cessent de s’accorder
sur d’excellents principes. Ainsi,
le G20 de Washington du 15
novembre 2008 a acté des
mesures essentielles : recentrer les
banques sur leur métier, renforcer
la transparence des marchés,
celle des produits financiers
complexes, limiter l’activité des
fonds spéculatifs, contrôler les
paradis fiscaux, les agences de
notation, la rémunération des
traders, etc. Encore faut-il que
ces mesures soient intégrées dans
l’ordre juridique interne des Etats,
faute de quoi, elles demeurent des
vœux pieux ! Et c’est là que le bât
blesse.
Au niveau européen, beaucoup
pensent qu’en appui sur la Banque
Centrale Européenne (BCE), et
avec ses financements, on pourrait
soutenir, voire relancer une activité
économique qui décline. La BCE
n’est pas endettée : elle pourrait,
si elle le souhaitait, soutenir dans
la gestion de leur dette, les Etats
qui auraient la possibilité à leur
tour d'alimenter les entreprises en
investissements nouveaux. Que
nenni !
dit l’Allemagne : Nous,
on s’en sort par notre rigueur et
notre gestion, sans avoir besoin
d’endetter la BCE. D’ailleurs,
c’est actuellement notre économie
qui est la seule capable de garantir
la pérennité de cette banque
centrale.
Cet affrontement entre
rigoristes et relanceurs
trouve un écho au niveau
des Etats, entre partisans
de l’austérité, d’une part,
et adeptes d’un vigoureux
interventionnisme d’Etat,
d’autre part. Le débat sur ce
point monte en puissance ;
il devrait s’amplifier au
fil des échéances à venir.
Ce débat s’élargit même
jusque à l’utopie, car déjà
certains esprits prônent une
« gouvernance mondiale »,
voire une « symbiose
planétaire ».
On le voit, jamais l’occident ne s’était
autant divisé sur ses méthodes, ses
principes et ses valeurs, car pendant
que l’on discute, la cupidité fait son
chemin, la souffrance croît, des vies
se brisent, les Etats se délitent et
l’avenir s’étiole.
Comment va se dénouer ce
nœud gordien qui nous menace
tous ? L’avenir nous le dira, mais
on ne saurait terminer sans
évoquer l’ouvrage récent du
Pape François : seul l’amour nous
sauvera...
Après avoir fustigé la
spéculation, le Saint-Père y prône
une société tournée vers les plus
faibles, les enfants et les personnes
âgées. L’amour est évidemment le
médicament absolu ; mais hélas,
pas à court terme, à moins que…
François Paul Félicité n
File d'attente au Fourneau économique
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Vie du diocèse
C’est dans l’esprit du service des frères que vingt-sept familles se sont retrouvées
à midi, dimanche 28 avril 2013, à la salle Méricy, à l’initiative de deux secteurs
de la paroisse du Lamentin, pour le repas des familles, dans une ambiance
chaleureuse et festive.
Le repas des familles :
un moment d'échange et de convivialité
V
ivre Diaconia 2013 tout en
faisant le lien avec l’Année
de la Foi : c’est parce que
nous voulions vivre les implications
concrètes de la foi et œuvrer au
service des plus démunis qu’est né
le projet de ce repas des familles et
de la solidarité.
Nous avons donc fait appel à un
réseau de « veilleurs » des familles
en très grande précarité, comme
les visiteurs de personnes seules
et isolées ou encore les membres
de la société Saint-Vincent-de-Paul
impliqués sur ces deux secteurs
pour répertorier les familles en
difficulté et préparer ce
déjeuner.
Ce n’était pas un déjeuner
pour les familles pauvres,
mais un moment convivial
et de solidarité. Nous
voulions poser un geste
concret et tangible de
solidarité, en offrant
un repas aux familles,
aux personnes âgées
seules, souligner les valeurs d’accueil, d’ouverture à
l’autre, d’aide mutuelle, qui sous-
tendent la vie dans les secteurs
de quartiers, créer un espace de
rencontre fraternelle et d’écoute.
La solidarité, c’est au jour le jour,
avec ses proches, ses voisins, dans
son quartier que cela se vit. C’est
ainsi qu’on crée du lien et
qu’on évite plus tard le
recours aux associations.
Afin de répondre à l’objectif
de convivialité, d'attention
à tous, que nous nous
étions fixé, il était donc
nécessaire de s'appuyer sur
une bonne organisation
matérielle. Nous avons
eu des réunions de travail
en présence ou non du
curé, le père Gaby Lémy.
Nous avons lancé les invitations
aux familles concernées. Pour
récolter les denrées nécessaires
au repas, il a fallu faire appel
à un réseau de pourvoyeurs
de denrées : commerçants ou
particuliers (pain, pâtisseries, fruits
et légumes, viande, poisson, etc.).
Nous avons sollicité des bénévoles
pour l’encadrement de la journée :
animateurs possédant le BAFA,
bénévoles de la Croix-Rouge pour
la sécurité…
Cette journée conviviale nous a
permis d'échanger, de prendre
le temps de mieux connaître les
gens qui nous entourent, de les
accueillir et de nous laisser conduire
par le Christ qui nous motive dans
notre témoignage de foi. Nous
n’avons pu que nous réjouir du bon
déroulement de cette journée riche
en rencontres, en témoignages et
en sourires. Elle était animée par le
Groupe de Prière Familiale (GPF)
et le groupe gestuel Magnificat q u i
ont su créer une ambiance festive
autour de ces familles. Grâce au
dévouement des bénévoles et aux
familles présentes, ce repas a été
un vif succès.
Un grand merci aux jeunes qui ont
fait le service et qui ont fait montre
d’une grande disponibilité auprès
des familles et d’une bonne humeur
communicative. ils ont servi avec
gentillesse tous les invités, ravis.
La paroisse a été
le point d’appui
spirituel de notre
projet : la présence
de M. le Curé, lors
du repas, la prière
de la communauté
ont été primordiales
pour la réussite de
cette journée.
Equipes d’animation
des secteurs 2 et 3
n
Église en Martinique du 19 mai 2013 / n°465
14
Une vue des participants au repas
L'équipe d'accueil
Page 15
C
e moment très rare de
grâce est une bénédiction
en soi, à plus d’un titre.
Nous pouvons en retenir sept.
1. Nous réunir : Nous étions
réunis tous dans un même lieu,
au nom ce jour-là d’une même
mission : accueillir, éduquer,
former et insérer les jeunes
en difficulté. Cette mission,
l’Espérance – Patronage Saint-
Louis (PSL), nous en sommes
dépositaires pour la mettre en
action, mais tous nos donateurs,
partenaires institutionnels ou
non, partagent cette mission, la
vivent chacun à sa manière ; et
eux et nous sommes transformés
par elle. Nous savons que la
qualité d’une société se mesure
à la manière dont elle prend
en compte les plus fragiles : le
moment que nous avons vécu,
par la réunion d’acteurs très
divers, a été un moment intense
et vrai.
2. Abriter : Au-delà de rénover
près de 6 000 m 2 de couvertures
dont certaines
étaient largement
délabrées, il n’a
échappé à personne
l’importance
symbolique des
toitures, quand on
sait que, depuis
1907, le PSL a reçu
comme mission
d’offrir un abri sûr à
des jeunes qui n’en
ont plus.
3. Faire des projets : Avoir des
projets, petits ou grands, c'est
croire en l'avenir, croire que
chacun d’entre nous est appelé
au meilleur, et croire que nous
pouvons ensemble travailler à
l’avènement du Royaume. C'est
une valeur que nous voulons
transmettre aux jeunes, afin
qu’ils croient en un avenir pour
eux-mêmes et pour les autres.
4. Etre davantage en
harmonie avec la nature :
La centrale produit un peu
plus de 2 mWh chaque jour en
moyenne, mais nous rappelle
chaque jour l’humilité des
agriculteurs dont la récolte
dépend du ciel. En nous
rapprochant de la création, nous
nous rapprochons du Créateur.
5. Participer à un effort
global : La centrale économise
600 tonnes de CO2 par an et
participe ainsi à cet effort
mondial de réduction des gaz
à effet de serre. Cet effort nous
relie au monde.
6. Former des jeunes :
Le cadre créé nous aidera
à former des jeunes à la
maintenance photovoltaïque
et, plus largement, aux énergies
vertes et aux technologies de
développement durable. Des
métiers d’avenir.
7. Etre reconnaissants : Ce
projet n’aurait jamais vu le jour
sans le soutien sans faille de
plusieurs partenaires : l’Europe
(FEDER) via l’ADEME, la Région,
la Préfecture (Monsieur le
Préfet était parmi nous le 25
avril), la BNP Martinique (seule
banque à nous avoir accordé le
prêt indispensable), Apprentis
d’Auteuil. Mais il faut citer M me
Jacob, paroissienne de Balata
décédée en mai 2008, qui a
Education
Bénédiction de la Centrale
photovoltaïque de l’Espérance
Et Dieu vit que cela était bon (Genèse 1)
Église en Martinique du 19 mai 2013 / n°465
15
Le 25 avril 2013 a été bénie la Centrale photovoltaïque de l’Espérance par le
Vicaire Général, le père Jean-Max Renard. Il remplaçait ce jour-là Mgr Michel
Méranville qui n’avait pu faire le déplacement.
Le site de l'Espérance et la centrale photovoltaïque en toiture
Une plaque en mémoire de l'événement
Bénédiction de la Centrale par le père Jean-Max Renard, 25 avri\
l 2013 (suite page 16)
Page 16
Société
L’institution de l’esclavage a surgi de la nuit des
temps, permettant au camp vainqueur d'intégrer
les vaincus, ou au groupe dominant d'exploiter telle
minorité. Ainsi, le peuple hébreu fut-il esclave des
Egyptiens pendant quatre siècles, avant l'Exode !
Esclavage
et christianisme
Q
uatre à cinq siècles avant
Jésus Christ, les cités
grecques, exemples de
démocratie, sont peuplées d'une
minorité de citoyens libres et d'une
écrasante majorité d'esclaves. Dans
la Rome du iii
ème siècle après Jésus
Christ, le nombre d’esclaves était
si élevé que le peuple (la plèbe)
n’avait plus besoin de travailler.
Dans cet empire romain, la croix
du supplice de Jésus Christ était
réservée aux marginaux et aux
esclaves, et l’Eglise chrétienne des
trois premiers siècles de notre ère,
persécutée, ne faisait guère de
différence entre libres et esclaves
de toutes races lorsqu’il s’agissait
de répartir les charges et les
fonctions. il y eut des diacres, des
évêques, voire deux papes, Sixte
1
er et Pie 1 er, issus de l’esclavage.
Des mariages entre chrétiens
pouvaient unir libres et esclaves.
De plus, des Noirs, esclaves ou
non, ont été évangélisateurs, voire
martyrs, comme saint Maurice,
témoin de l’Evangile dans la Gaule
Cisalpine et l’Helvétie. L’esclavage,
intégré dans les sociétés antiques,
apparaissait comme un fait
"normal". il n’en fut pas moins
contesté par les premiers Pères
de l’Eglise, au nom de la totale
liberté de l’homme, création
divine : Quand vous condamnez
à la servitude l’homme, par nature
libre et maître de lui-même, vous
portez une loi contraire à la loi
de Dieu… Homme, comment
pouvez-vous vous dire maître d’un
homme ? (Grégoire de Nysse, 4 ème
homélie sur l’Ecclésiaste).
Au Moyen Âge, l’esclavage
recule en Europe, mais prospère
en Afrique par le trafic négrier
aux mains de chefs musulmans
et des Portugais, explorateurs
des côtes africaines. En 1492,
année de la découverte de
l’Amérique, on comptait 100 000
esclaves noirs à Lisbonne ; et au
sud de la péninsule ibérique, des
plantations de canne à sucre et
des orangeraies étaient cultivées
par une abondante population
servile. C’est ce modèle qui fut
implanté en Amérique à partir
du XVi ème siècle. Mais le statut de
l’esclave a muté : l’esclave antique
est un être humain, l’esclave noir
des Temps Modernes est
un bien
meuble
!
C’est un système d’Etat, voulu par
les rois : catholiques comme en
Espagne, au Portugal ou en France ;
anglicans comme en Angleterre ;
protestants comme aux Pays-
Bas et au Danemark. En tirent
profit, le fisc royal qui prélève les
taxes, la bourgeoisie qui possède,
entre autres, les bateaux négriers,
des navires marchands et des
manufactures dont la production
ravitaille les colonies et fournit les
produits de traite pour acheter
les esclaves, les coloniaux (maîtres
habitants et administrateurs).
Bref, entrepreneurs catholiques ou
protestants, banquiers protestants
ou juifs, chefferies musulmanes
du Sahel, du Soudan et de la côte
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Education
donné en legs au Patronage
Saint-Louis une maison dont
la vente a permis l’apport
financier du PSL à ce projet.
Son don très généreux a
donc pu être transformé,
d’une certaine manière, en
une centrale photovoltaïque
de 0,5 mWc, soit la puissance
consommée par plus de
200 foyers martiniquais. A
travers elle, nous exprimons
notre reconnaissance à tous
nos donateurs, quel que
soit le montant de leur don,
et les assurons de notre
reconnaissance et de tous nos
efforts pour que leur don porte
des fruits pour les jeunes.
La bénédiction prononcée le 25
avril dernier nous a permis de
manifester notre louange devant
tant de grâces. Nous le savons,
toute rénovation importante
de bâtisses anciennes doit
commencer par les toits, c’est ce
que nous avons fait. Cet effort
entamé en juillet dernier est
maintenant terminé, et la centrale
photovoltaïque a permis de réaliser
ce projet dans des conditions
économiques compatibles avec
les moyens très limités du PSL. Nos
activités seront ainsi désormais "à
l'abri" et nous pourrons, au fur et
à mesure des besoins, rénover les
locaux nécessaires à nos activités
avec les jeunes.
Quant au véritable abri, le seul
où nous pouvons demeurer
pleinement avec nos faiblesses et
nos fragilités, c'est Dieu lui-même.
En Toi j'ai mis mon abri (Ps 7)
pourrait ainsi être notre prière
chaque matin pour notre
rénovation intérieure. Puissent ces
belles toitures et notre centrale
photovoltaïque nous le rappeler
chaque jour !
Matthieu Bergot
Directeur Général de l’Espérance –
Patronage Saint-Louis
n
(suite le la page 15)
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orientale de l’Afrique, tous ont
joué leur rôle dans cette première
mondialisation qu’a constitué le
système colonial esclavagiste.
Par le Code noir, qu'il promulgue
en 1685, Louis XiV, qui se considère
comme le chef du clergé français,
affiche le but de faire triompher
la
religion catholique, apostolique et
romaine,
mais il s’agit d’utiliser la
religion pour légitimer le système
esclavagiste aux yeux des Européens
vivant loin de la réalité coloniale. Ce
Code noir a été peu ou mal appliqué
dans les colonies, mais il contribue
aujourd’hui, à travers le prisme
de l’idéologie, à faire le procès de
l’Eglise catholique. Cependant, le
rôle des hommes d’Eglise qui ont
dénoncé le fait esclavagiste est
souvent ignoré ou déformé.
Au XVi ème siècle, Bartholomé de Las
Casas, fils d’un des compagnons
de voyage de Christophe Colomb,
converti et devenu prêtre, consacre
l’essentiel de sa vie à défendre les
indiens d’Amérique, réduits en
esclavage sur leur propre terre.
Nommé évêque, il contribue
à ralentir, sur le continent, le
génocide des Amérindiens
qu’il nomme
le massacre des
innocents, déjà consommé dans
les Grandes Antilles. il s’oppose
aussi à l’esclavage des Africains : La
captivité des noirs est aussi injuste
que celle des indiens… car elle crée
des fléaux en Afrique en générant
des
injustes guerres et des moyens
illicites pour se procurer des nègres
de traite. (Las Casas, Histoire des
indes,
Tome iii, Editions du Seuil,
p. 626-627).
D’autres religieux (dominicains,
capucins, jésuites…) ont poursuivi
la voie tracée par Las Casas, en
dépit des risques encourus. En 1681,
alors qu’il est en prison à La Havane
de Cuba, le capucin Epiphane de
Moirans écrit
La liberté juridique
ou défense juridique de la
liberté naturelle des esclaves,
condamne l’esclavage par des
arguments juridiques, théologiques
et philosophiques, repris par les
prêtres philosophes du siècle des
Lumières (Abbé de Reynald, Sieyès,
Abbé Grégoire…)
Ces anti-esclavagistes ont joué un
rôle très actif dans la révolte des
esclaves de la côte française de Saint-
Domingue en 1791, qui aboutit à
l’affranchissement général de
1793, et au décret de février 1794
abolissant l’esclavage. Des religieux
étaient alors aux côtés des esclaves
qui luttaient pour leur liberté,
et l’Abbé Grégoire a soutenu les
premiers pas de l’Etat haïtien.
En 1815, le Congrès de Vienne
interdit la Traite négrière à partir
de l’Europe. En 1833, l’Angleterre
affranchit les esclaves dans ses
colonies ; la France autorise des
expériences dans ce même but.
C’est ainsi que Mère Anne-Marie
Javouhey, religieuse, fondatrice de
la Congrégation des sœurs de Saint-
Joseph de Cluny, installe en 1836- 1838 une colonie de Noirs à Mana
en Guyane française
: il s’agit de
regrouper des Africains, déportés
malgré l’interdiction de la Traite,
afin de leur procurer des conditions
de vie décente sur une terre
inconnue. Mana offrait, bien avant
1848, le spectacle d’un village de
Noirs libres, agriculteurs et artisans,
fondant des familles stables, avec
des enfants scolarisés, très loin de
la propagande esclavagiste faisant
croire à l’opinion publique que la
libération des esclaves aboutirait
aux pires désordres ! En 1848, la
liberté fut proclamée dans les quatre
anciennes colonies françaises. Le
clergé était aux côtés des nouveaux
libres, bénissant les arbres de la
liberté, après le Te Deum !
il faudra encore quarante ans pour
extirper l’esclavage de la terre
d’Amérique. Des hommes d’Eglise
ont joué un rôle pionnier dans cette
dynamique de libération. Mais au
nom de l’écrasante majorité de
ceux qui ont été les acteurs dans
cet odieux système, clercs ou laïcs, le
Pape Jean Paul ii, lors d’un discours
prononcé à Gorée, au Sénégal, en
1992, demanda pardon à Dieu pour
le crime contre l’Humanité qu’a été
la traite négrière en ces termes :
il convient que soit confessé en
toute vérité et humilité ce péché
de l'homme contre l'homme, ce
péché de l'homme contre Dieu. (…)
Dans ce sanctuaire africain de la
douleur noire, nous implorons le
pardon du ciel. Nous prions pour
qu'à l'avenir les disciples du Christ
se montrent pleinement fidèles à
l'observance du commandement
de l'amour fraternel légué par leur
Maître.
Nous prions pour qu'ils ne soient
plus jamais les oppresseurs de
leurs frères, de quelque manière
que ce soit (…). Nous prions pour
que disparaissent à jamais le
fléau de l'esclavage ainsi que ses
séquelles.
Yvette Farraudière n
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Société
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Après le vote du 23 avril dernier ouvrant le mariage et l’adoption aux
personnes homosexuelles, le collectif LaManifPourTous organise
sur le plan national une manifestation le 25 mai 2013. Cette
manifestation est relayée le même jour à la Martinique, sur la place
de la Savane, par la coordination LaManifPourTous972 qui nous a
envoyé le communiqué suivant.
Manifestation contre la loi
pour le « mariage pour tous »
1. Pourquoi continuer
la mobilisation ?
Parce que cette loi est passée en
force, contre l’avis de la majorité
des Français, sans réels débats.
Des millions de citoyens qui, de
manière pacifique et avec le souci
de respecter les personnes, ont
manifesté leur opposition au projet
de loi, n’ont pas été entendus :
pétitions et manifestations de
rue sans précédent, sérieux
des argumentaires déployés,
renversement de l’opinion dans
les sondages.
2. Parce que cette loi est
injuste
Lorsque le pouvoir cherche à
ébranler les assises d’une civilisation,
bouscule les fondements ancestraux
de la société, revendique son droit
d’arracher les enfants à l’éducation
de leurs parents, pour satisfaire
des revendications idéologiques et
catégorielles, il est de notre devoir
d’y résister.
Le droit des enfants à avoir un père,
une mère et une filiation, est un
droit naturel et inaliénable.
Le droit des parents à éduquer
leurs enfants selon leurs valeurs,
leurs convictions, leur culture, leurs
traditions, est un droit naturel,
ancestral et inaliénable.
3. Parce que cette loi est fondée
sur le mensonge
Le mariage homosexuel est fondé
sur une fausse idée de l’égalité. Un
homme n’est pas et ne sera jamais
une femme. Une femme n’est pas
et ne sera jamais un homme : égal
ne veut pas dire semblable.
Mensonges sur la définition de
la fonction du mariage, voulu
conjointement par les autorités
civiles et religieuses, pour garantir
la protection de la mère et des
enfants contre les aléas de la vie,
par l’engagement contractuel du
père à assumer ses responsabilités
envers son épouse et les enfants
nés de cette union.
Le mariage civil est un engagement
vis-à-vis de la société et non une
reconnaissance des sentiments. Le
mariage civil est une institution
sociale et non une affaire privée.
4. Parce que cette loi c’est
"l’arbre qui cache la forêt"
– "chat an sak" : danger.
Nous y sommes, à partir de
septembre 2013, à l’école, on
enseignera à nos enfants, dès l’âge
de 6 ans, que le sexe n’est pas le
signe de leur réelle identité.
Une idéologie, qui veut transformer
la réalité : ce ne serait pas le sexe
qui déterminerait notre nature
d’homme ou de femme. Théorie
du genre !
5. Parce que cette loi se
détourne de sa mission
d’organiser le bien commun
Pour satisfaire des désirs individuels,
quitte à sacrifier ainsi la dignité
humaine au bénéfice d’une valeur
marchande :
L’enfant sera un objet de
convoitise
La femme, un corps-machine à
fabriquer des enfants
6. Parce que cette loi a des
conséquences sur toute la
société
PMA (Procréation Médicalement
Assistée), GPA (Gestation Pour
Autrui) : qui paiera ? Actes
médicaux remboursés par la
Sécurité Sociale !
7. Parce que tous ensemble
nous pouvons changer le
cours des évènements !!!
Une loi votée n’est pas une loi
promulguée. Une loi promulguée
peut être suspendue (comme le fut
le CPE en 2006). Une loi promulguée
peut être abrogée.
Plus d'informations sur
notre Blog : http://
lamanifpourtous972.
blogspot.com/
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(ManifPourTousMartinique)
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(LaManifPT972)
Tous à Fort-de-France
le 25 mai pour la
veillée des familles :
Place de la Savane à
20 heures
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Dimanche 19 mai 2013 – Pentecôte
Quelle place pour le père dans la famille ?
Quelle est la place du père dans la famille aujourd’hui ? Que représente-t-il dans la société polynésienne
ou antillaise ? Comment joue-t-il son rôle auprès de ses enfants et comment leur transmet-il sa foi ?
Toutes ces questions,
Dieu m’est témoin les a posées à ses différents invités.
Dimanche 26 mai 2013 – Sainte-Trinité
Mères de famille
Quelle est la place de la mère de famille dans nos sociétés d’outre-mer ? Quelle différence entre la
femme
poto mitan antillaise et la femme du Pacifique ? La mère est-elle chef de famille par choix ou
par devoir ?
Dieu m’est témoin tentera de répondre à ces questions cette semaine. En plateau, nous retrouverons
une bénévole du Centre d’aide aux familles matrifocales, pour qui le comportement des femmes créoles
est issu de l’histoire locale, une conséquence directe de l’esclavage.
Nous irons en Martinique à la rencontre de deux mamans qui sont au four, au moulin et à l’autel.
Dimanche 2 juin 2013 – Saint-Sacrement
Quelle humanité dans nos prisons ?
Quelles sont les conditions de détention Outre-mer ? Comment les détenus font face à la promiscuité,
à la violence, à la solitude ? Quels sont leurs soutiens et comment trouvent-ils l’espérance ? Dieu vient-il
les rencontrer derrière les barreaux?
Dieu m’est témoin reçoit cette semaine François Bès, responsable de l’OiP (l’Observatoire international
des Prisons), en charge de l’Outre-mer.
Nous découvrirons au centre pénitentiaire de Baie-Mahault, en Guadeloupe, un chantier d’insertion
agricole qui permet aux détenus de préparer leur nouvelle vie une fois leur peine purgée ; une initiative
soutenue par les bénévoles du Secours Catholique.
Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions
MeDIAs
Église en Martinique du 19 mai 2013 / n°465
19
99.5 – 101.3 et 105.3 mHz
Site internet : www.radiosaintlouis.com
Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05Courriel : contact@radiosaintlouis.com
L’Evangile par-dessus les toits
30 ans à votre service : 1982 - 2012
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J e te salue Marie,
Mère de toutes pentecôtes.
Tu es, avec les apôtres, l’Eglise qui prie et accueille les dons du Saint Esprit.
Je te salue Marie,
Mère de toutes nos espérances.
Tu es l’étoile radieuse d’un peuple en marche vers Dieu.
Tu es l’annonce de l’humanité transfigurée, tu es la réussite de la création
que Dieu a faite pour son éternité.
Michel Hubaut
Je te salue Marie
