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• La Communauté
du Chemin neuf
• Crise finanCière :
queL impaCt sur
Les dom ?
• fête de La paroisse
de saint-esprit
N° 466 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 2 juin 2013
Le Rosaire en fête
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Editorial
Editorial
•
Appelés à la liberté
Mot de l'Evêque
• La Sainte Trinité
Eglise universelle
• Extrait du Message du Saint-Siège
concernant Diaconia 2013
Eglise de France
• Message aux catholiques après
la loi sur le mariage et l'adoption
Liturgie
• Parole dominicale
Droit canonique
• La bénédiction des objets
de dévotion (4)
Vie du diocèse
• Evangéliser à l’école
de la Vierge Marie (2)
• Le Jubilé des Equipes du Rosaire
de la Martinique
• La Communauté du Chemin-Neuf
• Fête de la paroisse de Saint-Esprit
Année de la foi
• Une jeune Martiniquaise
responsable de l’accueil du Frat
• Témoignages de foi
Société
• Crise financière : quel impact
sur les DOM ?
Médias
numéro
466
• LA COMMUNAUTÉ
DU CHEMIN-NEUF
• CRISE FINANCIÈRE : QUEL IMPACT SUR
LES DOM ?
• FÊTE DE LA PAROISSE
DE SAINT-ESPRIT
N° 466 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 2 juin 2013
Le Rosaire en fête
S ommaire
Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
tirage : 8 000 exeMplaires
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L
es événements qui ont
marqué l’histoire d’un
peuple et de ses habitants, ne
peuvent disparaître à tout jamais.
Pour les sauver de l’oubli, il faut en
faire régulièrement mémoire.
Le 22 mai est l’une de ces dates qui
est appréciée, non seulement parce
que c’est un jour férié, mais surtout
parce que c’est le souvenir d’une
libération. Cet évènement dont
nous sommes redevables mérite
notre reconnaissance ; il devra être
gardé en mémoire de génération en
génération.
Dans un tout autre domaine, celui
de notre foi, nous faisons mémoire
d’une libération hors du commun
où Jésus, le Christ, s’est engagé,
pour notre vie, jusqu’à la mort.
Dans la Bible, le peuple de la
première Alliance donne l’exemple
de la mémoire d’un événement
libérateur qu’il perpétue à travers
les siècles. Il fait mémoire de la
Pâque, c’est-à-dire du passage
de la terre de servitude au pays
voulu par Dieu, celui de la liberté.
C’est dans ce cadre de la mémoire
pascale juive, celui de la sortie
de la servitude, que Jésus a choisi
d’instituer l’eucharistie.
Jésus ne cesse de nous appeler à
la liberté des enfants de Dieu. On
peut légitimement se demander
si notre vie eucharistique est
suffisamment ancrée dans les
réalités humaines pour être un
ferment de libération ?
Dans la culture actuelle, les
attachements à de nouvelles
formes de servitude freinent le
développement de l’être humain.
Et les conquêtes de l’homme sur
lui-même l’aident à une plus grande
lucidité et, en conséquence, à un
esprit critique sur l’environnement
social.
Aujourd’hui, des risques de servitude
font appel à notre vigilance : les
drogues, les dépendances multiples
dans tous les domaines, surtout celui
de la consommation, les violences,
le racisme, la domination et
l’exploitation des plus faibles…
L’apôtre Paul nous provoque à la
libération, en Galates 5,1 : C’est
pour que nous soyons vraiment libres
que Christ nous a libérés. Tenez donc
ferme et ne vous laissez pas remettre
sous le joug de l’esclavage.
A être trop englué dans les difficultés
du présent, on en vient à être
oublieux d’événements marquants
du passé et peu reconnaissant
envers les hommes et les femmes
qui ont contribué à notre bien-être
d’aujourd’hui. Le souvenir de ces
périodes phares de notre histoire est
devenu pour le plus grand nombre
une occasion de fête ! Poser des
gestes symboliques, tels les marches,
les rassemblements, les diverses
célébrations, les prises de parole,
tout cela peut contribuer au réveil
des mémoires endormies.
L’essentiel de la libération, pour
un chrétien, ne se vit pas une fois
l’an, mais au jour le jour, avec
comme objectif la construction
du royaume de paix, de justice
et d’amour annoncé et voulu par
Jésus Christ.
Père Jean de Coulanges n
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Photo de couverture : Les Equipes du Rosaire au Hall des Sprots de Rivière-Salée
Appelés à la liberté
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Église en Martinique du 2 juin 2013 / n°466
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Mot de l'Evêque
La Sainte Trinité ?
P
ourquoi fêter la sainte
Trinité ? me demandait une
chrétienne. Elle ajoutait : il
suffit de fêter Dieu, tout simple-
ment ! Pourquoi compliquer lors-
que l’on peut faire simple ?
Il faut admettre que pour beaucoup
de chrétiens la fête de la Sainte
Trinité comporte quelque chose
d’abscons qui ne soulève pas trop
l’enthousiasme. Au point que
certains disent même : C’est une
fête pour intellectuels, dont nous
ne voyons pas l’utilité.
Il y a bien des années de cela, la
catéchèse chrétienne s’alignait sur
l’école. La catéchiste était appelée
maîtresse comme dans le primaire.
Elle faisait un cours de catéchisme
qui consistait essentiellement à
poser des questions auxquelles
les élèves donnaient des réponses
apprises par cœur.
La question portant sur la
Sainte Trinité était l’une des plus
récurrentes.
Qu’est-ce que le mystère de la sainte
Trinité ? demandait la catéchiste.
La réponse était invariablement
celle-ci : Le mystère de la sainte
Trinité est le mystère d’un seul
Dieu en trois personnes égales et
distinctes : le Père, le Fils et le
saint Esprit.
La catéchiste se satisfaisait de
l’exactitude de la réponse, sans
se douter du casse-tête qu’elle
déclenchait dans le crâne des
enfants : Comment trois peuvent-ils
faire un, tout en restant distincts ?
Comment comprendre et résoudre
cette mauvaise équation ? A la
limite, à quoi sert ce mystère
incompréhensible ?
Avec le temps, les chrétiens ont
découvert que si le mot
mystère
signifie fondamentalement ce qui
est caché, secret, réservé aux initiés,
il n’est pas synonyme d’énigme sans
réponse ou absurde.
Dans la Bible, le mystère est plutôt
une vérité concernant Dieu, cachée
en lui depuis toujours, vérité que
l’homme ne peut ni imaginer, ni
trouver par lui-même, mais que par
amour, Dieu lui révèle.
Par analogie, chacun de nous est en
soi un mystère pour les autres. Car
les autres ne voient que l’extérieur
de nous-même, ils ne connaissent
pas le fond de notre cœur, ni nos
pensées secrètes, nos rêves, nos
déceptions… Tout cela leur est
caché.
Par contre, nous pouvons, dans un
élan d’amour et de confiance, leur
ouvrir notre intimité et leur révéler
ce qu’il leur était impossible de
découvrir par eux-mêmes.
C’est un peu ce que fait Dieu. Dieu
est le tout autre. Dieu, personne
ne le connaît, dit saint Jean. Toutes
les religions parlent de Dieu. Mais
de quel Dieu s’agit-il ? Comment
est-il ? Que fait-il ? Chaque religion
a sa conception particulière de
Dieu. Est-ce la bonne ?
Dans sa bonté, Dieu n’a pas voulu
laisser l’homme dans l’ignorance,
à la merci de sa manière toute
humaine de concevoir Dieu. Dieu
a envoyé son Fils unique en la
personne de Jésus de Nazareth,
né de la Vierge Marie.
C’est Jésus qui nous révèle que
Dieu est son Père. Un Père qu’il
prie souvent et dont il fait toujours
la volonté. C’est lui qui nous révèle
qu’il y a l’Esprit Saint qui est le
lien entre le Père et lui. Par son
Fils Jésus, Dieu ouvre à l’homme
l’intimité de sa vie.
C’est déjà là un honneur infini
que Dieu fait aux hommes. Il leur
permet de découvrir qu’il y a en
lui comme trois personnes, trois
êtres bien distincts partageant
cependant la même nature divine.
Ce ne sont pas trois dieux, mais
ils sont indissociables les uns des
autres, parce qu’ils s’aiment d’un
amour infini.
Dieu fait encore bien plus, puisqu’il
fait entrer par le baptême dans
l’intimité de sa vie ceux qui librement
répondent à son invitation.
A quoi donc peut bien servir cette
révélation ? Ne serait-ce qu’à nous
dire concrètement que Dieu est
Amour puisqu’il est la communion
de trois personnes.
Si l’homme a été créé à l’image et à la
ressemblance de Dieu alors l’homme
doit être aussi un être d’amour
et de communion. On comprend
mieux alors pourquoi l’homme est
constamment invité par Dieu à
sortir de son égoïsme pour devenir
un être de relations, heureux des
différences qu’il rencontre et qui
lui sont complémentaires.
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Décès de Fred Augustin
Église en Martinique du 2 juin 2013 / n°466
4
E g l i sE En M a r t i n i q u E
Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
É glise en Martinique
Boîte Postale 586 • 97 207 FORT de FRance cede X
MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 €
Guy ANE 44 € FRANCE et étranger 50 €
Oui, je m’abonne !
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......................................................................................
Tél. ........................................................................\
........................ Code Postal ..................................
Ville ........................................................................\
.........................................................................................
Mot de l'Evêque (suite)
Dieu qui a fait l’homme à son
image l’a créé homme et femme e t
la Bible dit : L’homme quittera son
père et sa mère pour s’attacher
à sa femme et les deux ne feront
qu’une seule chair.
La concrétisation de l’amour de
l’homme et de la femme s’exprime
dans l’enfant issu de la communion
des deux. La famille est la plus belle
image de la Sainte Trinité.
Merci à Dieu qui nous révèle tout
cela en ces temps troubles de
violences et de haines, dans lesquels
la nature humaine elle-même est
contestée pour faire place aux
élucubrations des hommes, décidés
dans leur superbe à mettre fin à
vingt siècles de civilisation pour
satisfaire leurs besoins égoïstes.
Gloire soit au Père, au Fils et au Saint
Esprit, comme au commencement,
maintenant et toujours. Amen.
+ Michel Méranville, Archevêque n
L
e samedi 18 mai 2013, après
une longue et pénible
maladie, M. Fred Augustin
quittait ce monde pour la Maison
du Père. Ses obsèques étaient
célébrées le mardi 21 mai, dans
une Cathédrale Saint-Louis de Fort-
de-France trop petite pour contenir
la foule émue qui s’y pressait.
Fred Augustin était un homme
très connu de tous les milieux
martiniquais, en raison de son
importance et de son influence
dans la vie sociale et économique
de la Martinique. Il avait été dès
l’âge de 29 ans le président de la
Mutuelle l’Humanité Solidaire, mais
il était devenu aussi le président
de la Fédération Antilles-Guyane
du Crédit Mutuel et président du
Conseil d’Administration de la
Société Martiniquaise des HLM
(SMHLM).
Chrétien convaincu, Fred avait
toujours voulu servir son Eglise
catholique et lui
rendre un peu de ce
qu’il avait reçu d’elle.
C’est grâce à lui que vit
naissance la paroisse
de Cori-don, du temps
de Monseigneur de La
Brunelière et du père
Brown.
Fred était aussi
membre du Conseil
pour les Affaires
Administratives et Economiques
du Diocèse de la Martinique.
Humble, effacé mais efficace,
modèle de générosité et d’abné-
gation, Fred Augustin ne se souciait
pas de lui-même mais des autres,
toujours disponible pour ceux qui
sollicitaient de lui un conseil ou
une aide.
Fred a vécu sa longue et très
éprouvante maladie sans murmure,
offrant au Seigneur sa vie en
sacrifice en lui disant
simplement : Que ta
volonté soit faite et
non la mienne.
A sa Maman, à
son Fils, à la mère
de son fils, à ses
parents et à ses
proches, Eglise en
Martinique
adresse
ses plus sincères
condoléances
accompagnées de la gratitude
du Diocèse pour ces témoignages
d’amitié, de disponibilité et de
service laissés par Fred comme
autant de cailloux blancs qui
marquent la route qui conduit à
la Maison du Père où nous sommes
appelés à nous retrouver un jour.
Requiescat in pace !
+ Michel Méranville, Archevêque n
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S
a Sainteté le Pape François
adresse ses cordiales et
affectueuses salutations
aux évêques, aux prêtres, aux
diacres, aux religieux et religieuses
et aux fidèles représentant tous
les diocèses de France, réunis
à Lourdes, près de la grotte de
Massabielle. C'est une joie toute
particulière de saluer l'initiative
Diaconia 2013, fortement inspirée
par l'encyclique
Deus Caritas est.
Joie à laquelle s'associent ceux et
celle, qui, vivant dans une grande
souffrance comme la précarité,
l'abandon, l'humiliation, la
solitude, trouvent dans l'Église
un service d'amour fraternel,
de rencontre et d'écoute. Nous
voici au terme de ce temps pascal
où le Christ, à travers sa mort et
sa résurrection, a fait éclater sa
victoire ; il a définitivement vaincu
la mort et le mal. L'Église vit de ce
mystère pascal et elle manifeste
à son tour cet amour vainqueur
en exerçant sa triple tâche :
l'annonce de la Parole de Dieu, la
célébration des sacrements et le
service de la charité. Ce sont trois
tâches qui s'appellent l'une l'autre
et qui ne peuvent être séparées
l'une de l'autre
(Deus Caritas est,
n° 25). En vivant ces trois tâches,
l'Église est pleinement elle-même
et rend présent le Christ ressuscité
à tout homme. La diaconie, dont le
premier responsable est l'Évêque,
est le service de la charité, avec
une attention privilégiée aux plus souffrants, aux plus pauvres. Dans
la Bible, la pauvreté est avant tout
une qualité pour vivre de Dieu.
Le pauvre biblique est celui qui
se dépouille de lui-même pour
s'ouvrir au Christ et nous savons
que le premier pauvre est le Christ
lui-même,
qui pour vous s'est fait
pauvre, de riche qu'il était, afin de
vous enrichir par sa pauvreté
(cf.
2 Co 8,9) . En continuité avec Lui, la
mission de l'Église consiste à porter
la lumière du Christ ressuscité dans
les lieux les plus obscurs, là où la
souffrance règne dans les cœurs et
les corps. C'est pourquoi l'amour
du Christ nous pousse vers le cri
de celui qui souffre à cause d'une
pauvreté sociale, économique,
psychologique. Celui qui coopère
à cette mission de l'Église vit de
ce partage pascal et fraternel
sans
s'inspirer des idéologies de
l'amélioration du monde, mais
se laissant guider par la foi qui,
dans l'amour, devient agissante
(cf. Ga 5,6) (cf. Deus caritas
est,
n° 33). Le monde actuel est
confronté à une crise financière,
économique et écologique grave
qui provoque beaucoup de
souffrances, particulièrement
chez les plus fragiles. Cette crise
advient en terrain miné par des
idéologies de réussite individuelle,
de performance et de compétition
qui fragilisent considérablement la
société et aggravent la pauvreté.
Nous savons toutefois que la
vraie cause de cette crise est provoquée par des conceptions
anthropologiques et éthiques
erronées qui se trouvent au centre
de ces dysfonctionnements où
l'homme n'est plus regardé en
tant qu'image de Dieu. Dans
l'appréhension de cette crise,
l'Église s'adresse à la dignité et à
la liberté de la personne humaine
non sous forme de prescriptions,
mais comme une réflexion visant
à révéler la vérité et la lumière
du Christ en matière sociale, une
vérité qui s'impose par la force
qu'elle porte en elle-même…
Du Vatican, le 25 avril 2013, Cardinal
Tarcisio Bertone, secrétaire d'État
n
Eglise universelle
Extrait du Message du Saint-Siège
concernant Diaconia 2013
Église en Martinique du 2 juin 2013 / n°466
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Jeudi 9 mai 2013, au cours du rassemblement national « Diaconia, servons
la fraternité », au terme de la messe de l'Ascension célébrée dans la basilique
Saint-Pie-X de Lourdes, Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle et
Saintes et président du Conseil National pour la Solidarité, a lu un message en
provenance du Vatican dans lequel le pape François s'est adressé aux 12 000
participants de Diaconia. Une grande émotion a parcouru l'assemblée. Le pape
a littéralement été ovationné.
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Eglise de France
Depuis plusieurs mois, beaucoup d'entre vous êtes mobilisés pour exprimer votre
opposition au projet de loi ouvrant le mariage aux personnes du même sexe.
Message aux catholiques après
la loi sur le mariage
et l'adoption
J
'ai entendu l'expression de
votre déception de n'avoir pas
été pris en compte. Même si
la loi est validée par le Conseil
Constitutionnel, le débat doit se
poursuivre. Il faut pouvoir analy -
ser ce qui s'est produit, mettre à
jour les malentendus et prolonger
une réflexion citoyenne sur les
conditions minimales qui permet-
tent d'assurer la cohésion sociale
et de construire un vivre-ensem-
ble harmonieux et respectueux
de tous.
Comme évêque, j'ai été sensible
aux clivages que ces débats ont
créés dans la société et même
dans la communauté catholique.
Par-delà l'aspect politique de
la question, les divergences
d'analyse et la pluralité légitime
des opinions au sein de la
communauté chrétienne, je vous
appelle à vous retrouver sur le
témoignage qu'il nous faut rendre
ensemble à l'Evangile. Il invite en
permanence à prendre le parti du
plus petit et du plus vulnérable. Le
respect de la dignité de l'homme
créé à l'image de Dieu, ne se divise
pas. Qu'il s'agisse de l'enfant à
naître, de l'intérêt supérieur de
l'enfant et de son droit à vivre en
famille, de l'accueil et du respect
des migrants, de la solidarité
avec les demandeurs d'emploi,
de l'attention aux personnes
malades ou handicapées, de
l'accompagnement de la personne
en fin de vie... En toutes ces
situations, il nous faut porter
ensemble témoignage à l'Evangile
de la Vie. C'est l'apport singulier
et irremplaçable des disciples du
Christ à l'édification d'une société
humaine, solidaire et fraternelle.
Continuons à nous mobiliser
ensemble pour promouvoir une
« écologie humaine » qui s'attache
partout à créer les conditions
d'épanouissement et de respect
de tout l'homme et de tous les
hommes.
Pour assumer pleinement notre
vocation chrétienne au sein de la
société actuelle, des exigences se
font jour avec plus de précision.
Nous devons nous aider à
rendre témoignage d'une vie
authentiquement chrétienne et
travailler à donner le goût d'une
vie radicalement déterminée par
l'Evangile. Ne nous bloquons
pas sur une attitude refus, car
tout n'est pas que politique. Il
nous faut encore, par notre
témoignage de vie, promouvoir
une anthropologie et une éthique
éclairées par l'Evangile.
1) Se nourrir de la Parole
et prier
Dans notre manière de vivre en
chrétien, nous ne pouvons nous
satisfaire de l'à-peu-près. Il nous
faut devenir des familiers de la
Parole pour nous en nourrir et
la mettre en contact avec notre
vie pour qu'elle la transforme. La
prière doit aussi rester au cœur
de notre engagement. Nous ne
défendons pas une idéologie,
mais nous appartenons au Christ.
Notre vie doit refléter ce qu'il
est venu révéler de la vérité de
notre humanité sauvée. Sans
la prière pour le nourrir, notre
investissement personnel risque
de se laisser dévoyer vers une
Église en Martinique du 2 juin 2013 / n°466
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Mgr Jean-Luc Brunin
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campagne où le calcul, la ruse ou
le rapport de forces risqueront de
prendre le dessus.
2) Devenir une « communauté
du oui » au sein d'une
société démocratique
L'exercice de la démocratie
suppose d'admettre dès le départ
que les divergences d'opinion
sont légitimes. Sur cette base, les
citoyens et leurs organisations
peuvent exprimer librement leur
point de vue, dans le respect
des autres. Chacun mérite ainsi
d'être écouté et respecté dans ses
convictions profondes. Le mépris,
la violence verbale ou physique
n'ont pas leur place dans le jeu
démocratique. Ils sont, pour les
chrétiens, antagoniques avec
la liberté religieuse dont ils se
réclament.
3) Défendre une juste position
à propos de l'égalité
L'idéologie égalitariste ne permet
pas de gérer positivement la
reconnaissance des différences.
Elle rend impossible une approche
respectueuse de la singularité.
Pourtant, chaque être humain
est unique. Le reconnaître n'est
aucunement porter atteinte au
droit à l'égalité qui impose de
reconnaître et de promouvoir
chacun dans la vérité de son
humanité. Vivre en société, c'est
toujours faire vivre ensemble des
personnes uniques et singulières
qui se construisent dans une
reconnaissance mutuelle et une
interdépendance pour naître à la
conscience d'une communauté de
destin. Ce qui se prépare au sujet
de l'adoption et de la filiation barre
la route à une appropriation de la
singularité de chaque enfant. On
lui mentira, ou bien on brouillera
la lisibilité de ses origines. L'enfant
ne sera plus accueilli dans une
lignée généalogique comme un
don, mais on le fabriquera comme
un dû !
4) Respecter les personnes
homosexuelles
La demande de reconnaissance
exprimée par une partie des
personnes homosexuelles a trouvé
une réponse dans l'ouverture
indistincte du mariage pour tous.
Certaines d'entre elles se plaignent
cependant de n'avoir pas été
vraiment écoutées et respectées
dans la réponse apportée. Leur
différence et leur singularité se
sont trouvées niées, on les a fait
entrer dans un dispositif commun
et uniforme qui entravera à terme
leur épanouissement dans la vérité
de leur humanité. Nous ne pouvons
sous-estimer les frustrations et les
violences qui naissent chaque fois
que les différences sont occultées.
On attend du législateur qu'il crée
les conditions qui garantissent à la
fois le respect de la singularité des
individus et les chances pour chacun
d'une insertion harmonieuse
dans une communauté humaine
plus large, qu'elle soit familiale,
nationale ou universelle.
L'Eglise appelle les personnes
homosexuelles comme les
personnes hétérosexuelles, à vivre
leur relation dans la chasteté. Il
nous faut découvrir la valeur de
cette attitude qui doit marquer
toutes nos relations pour qu'elles
soient vraiment humaines. La
chasteté concerne davantage
que la dimension sexuelle de la
personne, elle est respect de l'autre
que je ne peux jamais posséder
comme un objet. Au cœur de
toute relation, toujours menacée
de devenir possessive, elle offre
une dimension de gratuité et
de respect. Les relations chastes
peuvent être source de fécondité
sociale.
5) Témoigner de la valeur
du mariage qui ouvre
au don de la vie
Les chrétiens sont appelés à
redoubler d'efforts pour témoigner
de la valeur du mariage, union
durable et libre entre un homme et une femme, ouverte sur la vie
et offrant aux enfants un cadre
éducatif stable et épanouissant.
La dimension sacramentelle du
mariage inclut le témoignage du
bonheur de vivre en couple dans
la fidélité et la joie de faire vivre
une famille, cellule de base de la
société et de l'Eglise. Tenir dans
la fidélité entre époux et 'faire
famille' n'est pas sans difficultés.
Habitée par la Miséricorde
de Dieu, tout en continuant
à témoigner de la valeur des
exigences de la fidélité et de
l'indissolubilité du mariage, notre
Eglise doit pouvoir accompagner
les familles en difficulté ou en
échec sur un chemin de croissance
et d'épanouissement. En ce sens,
j'encourage les efforts de tous les
groupes et mouvements engagés
au sein de la pastorale familiale
du diocèse.
6)
Se préoccuper de l'éducation
affective des jeunes
Dans une société fortement
érotisée, il y a urgence à travailler à
l'éducation relationnelle, affective
et sexuelle des jeunes générations.
Nous connaissons trop de blessés
de l'amour qui se remettent
difficilement d'expériences
éphémères et destructrices,
qui les ont rendus désabusés et
parfois même désespérés. J'invite
les mouvements de jeunes, les
aumôneries et l'enseignement
catholique à s'investir pour la
formation des jeunes en ce
domaine.
Que l'Esprit nous aide à discerner
et à ouvrir les chemins du
témoignage de notre foi et du
service de l'Evangile au cœur
de tous les débats de notre
société !
Mgr Jean-Luc Brunin,
évêque du Havre
Président du Conseil Famille et Société
n
Église en Martinique du 2 juin 2013 / n°466
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Dimanche 2 juin 2013
L a P arole D ominicale
Genèse 14,18-20 • Psaume 109 • 1 Corinthiens 11,23-26 • Luc 9,11b-17
A la découverte de l’Evangile
Solennité du Corps et du Sang du Christ
Année C
L
uc, dont le récit est retenu
pour la fête du Corps et
du Sang du Christ, n'a pas
pour intention de nous fournir
une photographie de l'événement.
Tout comme les autres évangélistes,
il rapporte cet événement passé
de la vie de Jésus en fonction
de la pratique sacramentelle de
l'Eglise primitive, de sa foi vécue
et de sa célébration cultuelle. C'est
pourquoi ce récit présente plusieurs
affinités avec celui de l'institution
de l'eucharistie. Mais ce ne sont pas
là les seules richesses de ce passage.
Dans quel cadre Luc a-t-il inséré
le miracle de la multiplication des
pains ?
D'une part, l'introduction des
versets 10-11 sert de conclusion à
l'épisode de la mission des Douze
(Lc 9,1-6). Ceux-ci reviennent de
leur tournée apostolique et Jésus
les invite à se retirer dans un endroit
isolé aux alentours de la ville de
Bethsaïde.
Lors de la multiplication des pains,
ces mêmes Douze auront à nouveau
à intervenir pour distribuer le pain à
la foule disposée préalablement en
rangées de cinquante personnes.
L'épisode de la multiplication des
pains a lieu vers la fin du ministère
galiléen de Jésus. Le drame se noue
entre les autorités déjà hostiles, les
foules enthousiastes au début, mais
bientôt déçues dans leurs espéran-
ces messianiques trop matérielles,
les disciples, et Jésus qui voudrait
faire comprendre la vraie nature
de son messianisme...
Contrairement à Mt 9,36 et Mc
6,34, Luc ne parle pas de la pitié
de Jésus pour les foules et ne cite
pas l'Ecriture :
il en eut pitié, parce
qu'ils étaient comme des brebis qui
n'ont pas de berger. Il mentionne
simplement leur accueil. On pres-
sent malgré tout la bonté de Jésus
qui se rend disponible aux foules,
alors qu'il était en quête d'un lieu
retiré pour lui et les Douze.
Prédication du Royaume de Dieu et
œuvres de guérison sont les deux
activités de Jésus. A cela s'ajoute
évidemment le don de la nourri-
ture, après qu'il eut fait disposer
la foule par groupes d'environ cin-
quante personnes.
C'est une communauté rassemblée
dans l'écoute de la Parole et le par -
tage du pain que constitue Jésus.
Sans que la foule l'ait demandé,
Jésus offre en abondance la nour -
riture, de même que, dans le passé,
Dieu avait offert à son peuple les
vivres dont il avait besoin (cf. Ex
16 et Nb 1 ; ou encore 1 R 17 et 2
R 4,42-44).
Ce récit est très proche de l'histoire
d'Élisée (2 R 4,42-44). On y trouve
les mêmes éléments : la rencontre
avec le thaumaturge, la constata-
tion du manque de pain, la pré-
sence des disciples de l'homme de
Dieu, l'ordre de distribution donné
par l'homme de Dieu, l'objection
des disciples, l'exécution de l'ordre,
le rassasiement de la foule et la
mention d'un surplus. Jésus appa-
raît ici sous les traits d'un prophète,
tel Élisée. Mais il y a plus encore : le miracle
a lieu dans un endroit désert et
Jésus offre en abondance le pain
et les poissons. Ce sont là autant
d'éléments qui rappellent la vie au
désert lors de l'Exode.
Jésus n'est pas seulement un pro-
phète, mais le dernier des prophè-
tes, le Prophète semblable à Moïse.
Il est le nouveau Moïse promis
autrefois (cf. Dt 18,15-18).
Le verset 16 forme le centre du
récit.
Le fait de lever les yeux au ciel indi-
que un signe de prière. Par la béné-
diction, Jésus transfère sa force
aux pains et aux poissons comme,
lors des guérisons, une puissance'
sort de lui et permet le miracle. La
surabondance du don est mise en
relief tant par le nombre des convi-
ves (5 000 personnes, réparties en
groupes de 50) que par la quantité
de morceaux de pain recueillis au
terme du repas (12 grandes cor
-
beilles), alors que toute la foule a
été rassasiée.
De ce fait, "c'est le rassasiement
qui compte pour Luc, et non la
multiplication ; l'accent porte sur
la naissance de l’Eglise, et non sur
le miracle".
La distribution, commencée par
les Apôtres, continue de nos jours.
L’Eglise reçoit le pain venu d’en
haut et le distribue. C’est le Christ
lui-même qui se donne en nourri-
ture. Il vient combler notre faim.
En cette fête, c’est l’occasion de
réfléchir aux diverses faims et aux
mille manières d’aider les autres
à vivre.
P. François-Xavier Roussel C.S.Sp n
Église en Martinique du 2 juin 2013 / n°466
8
Page 9
U
ne dévotion est une pratique
religieuse particulière,
que l'Église propose ou
du moins autorise et qui consiste
en certains actes pieux, rites et
formules, se rapportant à un
sujet doctrinalement déterminé.
Instantanément, nous pensons
au culte de la Vierge Marie et de
multiples autres saints, aux images
pieuses, aux médailles diverses
et variées ainsi qu’au chapelet et
autres objets du même type.
Quelle est la pratique ?
Concomitamment à l’habitude de
faire bénir des chapelets que l’on
suspend dans les voitures, depuis
peu, la mode nous incite à porter,
en sautoir ou en bracelet, un ou des
chapelets. Il en est de même des
images de saints arborées dans les
véhicules ou portées sur soi en guise
de porte-bonheur ou de protection.
De nombreuses croix et images
pieuses sont souvent accrochées
dans les maisons afin de s’assurer
une présence spirituelle et souvent
pour faire fuir les démons ! Bijoux et
vêtements portant l’effigie de saints
sont bénits et portés avec l’espoir
d’une protection particulière. Enfin,
des objets, insolites et sans intérêt
religieux sont souvent présentés à la
bénédiction du prêtre ou du diacre
(bijoux fantaisie, livres...).
Qu’en penser ?
L’Eglise autorise la bénédiction
d’objets liés à la dévotion dont
nous retenons les caractéristiques
suivantes :
•Cesobjets sontdestinés àla
dévotion
Ces objets ont pour but principal
de favoriser la dévotion du peuple
chrétien. Le dictionnaire Larousse
définit la dévotion comme un
attachement aux pratiques
religieuses. Il s'agit d'attachement,
donc d'une habitude aimée, à
laquelle on tient, qui ne procède pas
seulement d'une obligation, mais qui
comporte le libre choix d'exercices
facultatifs. Aussi, loin de charger la
matière d’une puissance magique
et magnétique particulière, les
bénédictions d’objets de dévotion
doivent encourager un progrès et un
soutien dans les exercices de piété du
peuple chrétien. L’effigie des objets
rappelle l’exemplarité de vie de tel
saint et sa prière incessante pour le
salut des âmes. Porter ou vénérer ces
objets invite à la prière plus intense
et à la conversion personnelle.
•Ces bénédictions serapportent
à Dieu
La bénédiction de ces objets, même
s’ils sont liés au culte de la Vierge
Marie ou d’un saint particulier,
renvoient toujours à Dieu, seul
sauveur. Tu es béni, seigneur, source
et origine de toute bénédiction, toi
qui te réjouis de la piété de tes
fidèles ; regarde avec bonté tes
serviteurs qui désirent porter ces
signes de foi et de piété… (1)
•Elless’adressent à la personne
quiporteral’objet
Ces bénédictions sont données
surtout aux personnes qui utiliseront
directement ces objets de piété
portés sur soi ou installés dans leurs
voitures ou maisons... Bénis celui qui
portera cette médaille, en l’honneur
de saint N. et donne-lui de vivre
ici-bas de manière à avoir part un
jour à l’héritage des saints, dans la
lumière. Par J-C Notre seigneur... (2)
C’est pourquoi, il est bon que celui qui va utiliser l’objet soit présent et
reçoive lui-même et directement la
bénédiction. Les bénédictions pour
autrui sont à éviter.
•Elles
incitent àla croissance
spirituelle
La bénédiction d’un objet de piété
n’est pas un tour de magie. Celui
qui va utiliser cet objet exprime
indirectement son désir et souhait
de grandir en sainteté, avec l’aide
de Dieu et des saints. La prière de
bénédiction le rappelle et le demande
à Dieu.
seigneur [...] exauce la prière
de tes serviteurs qui désirent utiliser
ce signe de ta bonté en l’honneur
de saint N., qu’ils aient à cœur
de garder tes commandements et
qu’ils obtiennent tout ce qui peut
les aider en cette vie à avancer avec
sûreté vers la vie immortelle... (3) Et
pour les chapelets, les prières de
bénédictions prévoient : En mémoire
des mystères de la vie, de la mort et
de la résurrection de Notre seigneur,
en l’honneur de la Vierge Marie,
mère de l’Eglise, que soit béni celui
qui priera avec ce chapelet [...] En
implorant avec confiance la Vierge
Marie et en contemplant les mystères
du Christ Jésus, qu’il fasse passer
dans sa vie ce qu’il aura médité
dans sa prière. Par Jésus Christ
Notre seigneur. Amen. (4) En bref,
les bénédictions de ces objets sont
excellentes mais non magiques. Elles
engagent personnellement ceux qui
utilisent ces objets qui ne sont que
des moyens de se rapprocher de
Dieu.
P. Jean-Max Renard,Vice-Official n
La bénédiction des objets
de dévotion
(4)
Outre les personnes, leurs activités, les objets destinés au culte divin, des objets
de piété peuvent être bénits pour servir à la dévotion du peuple de Dieu.
Droit canonique
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(1)
Livre des bénédictions, Rituel Romain, Chalet-Tardy, Paris, 1988, p. 393
(2) Ibidem p. 395
(3) Ibidem p. 374
(4) Ibidem pp. 402-403
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Vie du diocèse
La Vierge Marie inspire notre vie de prière dans l’accueil de l’Esprit, l’écoute
de la Parole, l’attention à la Présence. Voici la suite de la réflexion commencée
par le père Patrick-Alexis Phanor dans le précédent numéro.
Evangéliser à l’école
de la Vierge Marie
(2)
3. Évangéliser,
c'est porter
la paix
U
ne troisième
lumière nous
est donnée
dans cette rencon-
tre de Marie avec
Élisabeth, à travers la
salutation qu'elle pro-
nonce. On ne nous
rapporte pas d'ailleurs
ce que Marie a dit très
exactement, mais Luc,
aux versets 40 et 41,
écrit :
Elle entra dans
la maison de Zacharie
et salua Élisabeth. Et il advint,
dès qu'Élisabeth eut entendu la
salutation de Marie, que l'enfant
tressaillit en son sein, et Élisabeth
fut remplie de l'Esprit saint.
C'est à la salutation de Marie (trois
fois mentionnée en 1,40. 41. 44)
qu'Élisabeth attribue cette effusion
de l'Esprit : ce n'est pas le fait de
l'humble Marie, mais de l'Esprit
s aint qui est sur elle (1,35), et du
Fils de Dieu, le seigneur (1,43),
qui est en elle.
Nous ignorons quelles furent les
paroles par lesquelles Marie salua
Élisabeth. L'évangéliste rapporte
seulement que le salut que Marie
adresse à Élisabeth a été efficace.
ii a participé à la puissance qui
est propre aux paroles créatrices
de Dieu : "il dit, et cela fut" (Ps
148,5) ; ces paroles, au dire de
saint Jean Chrysostome, équivalent
à des œuvres. Dès qu'Élisabeth
entendit la salutation de Marie, l'enfant qu'elle portait tressaillit
dans son sein, et elle-même fut
remplie de l'Esprit
saint.
La salutation de Marie a touché le
cœur d'Élisabeth parce qu'elle est
un peu comme le prolongement
de la salutation de l'ange Gabriel
Réjouis-toi, comblée de grâce, le
seigneur est avec toi
(verset 48).
Elle y a répondu par l'assentiment
de sa foi ; et le Verbe s'est fait
chair (Jn 1,14). Et on devine
finalement que la salutation de
Marie à Élisabeth transmet alors,
mystérieusement, l'Amour même
de Dieu, l'Esprit Saint.
Il est peut-être bon de se rappeler
ici la consigne que Jésus a donnée
aux Douze, envoyés en mission : En
entrant dans la maison, saluez-la ;
si cette maison en est digne, que
votre paix vienne sur elle ; si elle
ne l'est pas, que votre paix vous
soit retournée (Mt 10,12-13). Parmi
les formules de salutation qu'on
trouve dans la Bible, on
peut lire : Que Yahvé
te bénisse (Rt 2,4) ; ou
bien : Bénédiction de
Yahvé sur vous (Ps 129,
8) ; ou encore : Que
la paix soit avec toi ( Jg
19,20).Peut-être Marie,
simplement, a-t-elle dit
shalom , la paix , comme
Jésus ressuscité le dira
à ses apôtres. Et c'est
véritablement la paix de
l'Esprit qu'elle transmet à
Élisabeth, et qui touche
le cœur d'Élisabeth et
le petit Jean-Baptiste.
Ainsi, lorsque nous visitons l'un de
nos frères, nous sommes porteurs
de cette bénédiction divine : la paix.
Il n'est pas besoin de chercher de
grandes phrases à dire. Témoigner,
c'est d'abord transmettre la paix et
la joie, l'amour de Dieu, qui nous
habitent. Méditons l'exemple de
Marie, avec le cardinal Danneels :
Marie n'a encore rien dit, elle a
simplement dit bonjour. Dès qu'on
dit bonjour dans une classe ou à
une assemblée, l'évangélisation
se fait presque en dehors de nous-
même. Marie et Élisabeth ne font
rien ; pour l'instant, ce sont les
deux enfants qui font quelque
chose. C'est Jésus qui commence
tout petit à faire bouger son petit
cousin dans le sein de sa mère.
Cela veut dire que même Marie
ne fait rien pour évangéliser.
C'est l'enfant en elle qui touche
un autre enfant. Les deux femmes
sont presque absentes de la scène,
elles ne disent rien : elles sentent.
Pour nous, de même : c'est Jésus,
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sans que nous ayons rien dit, qui
déjà trouve son interlocuteur dans
le cœur de l'autre qui écoute. Car
dans chacun, dans chaque homme,
il y a un petit Jean-Baptiste qui
attend ; il y a une sorte d'harmonie
préétablie. Ne dites pas trop vite
qu'ils n'écouteront pas. il y a
dans chacun de nous, même en
quelqu'un qui est dans le péché,
un petit Jean-Baptiste qui dort
(ou qui est étouffé chez certains)
mais qui est sur la même longueur
d'onde et qui perçoit Jésus. il faut
dire bonjour, et après, avoir une
confiance ferme dans le fait que les
hommes sont faits pour Dieu. Que
ce Dieu, vous le portez en vous
et qu'il y a une compréhension
initiale entre l'homme et Dieu.
Ainsi, lorsque nous évangélisons,
commençons simplement par
laisser la paix qui habite nos
cœurs passer dans le cœur des
autres. Notre Archevêque nous
partageait l’autre jour tous les
débats qu’a suscités le geste de
paix à l’Eucharistie lors d’une des
dernières assemblées des Evêque
à Lourdes. C’est dire l’importance
de notre participation à la Messe
pour recevoir et échanger ce geste
entre nous et surtout le prolonger
tout au long de la semaine auprès
de ceux et celles que nous croisons
sur nos chemins. Voilà une manière
toute simple d’évangéliser, mais
bien plus efficace que tous nos
plans de conquête pour convertir
l’autre à coups de : Il y a qu’à, il
faut qu’on…
4. Évangéliser, c'est réveiller
l'étonnement
Quatrième lumière qui nous est
donnée : évangéliser, c'est réveiller
l'étonnement dans le cœur de
l'autre. Nous voyons la cousine de
Marie, Élisabeth, qui s'exclame :
Comment m'est-il donné que
vienne à moi la mère de mon
seigneur ? (Lc 1,43).
Élisabeth s'étonne. C'est le signe
d'une foi vivante.
La grâce qui est
en elle et qui, en six mois, pouvait
devenir presque une routine, cette
grâce s'agite charnellement en elle
à travers le petit Jean-Baptiste
et l'avertit que, une fois de plus
et surtout maintenant, il faut
s'étonner.
Élisabeth pensait sans doute
que sa stérilité avait fait place à
la fécondité pour que Zacharie
et elle connaissent la joie
d'un enfant. Maintenant, elle
comprend soudain que le don
de Dieu dépasse la sphère de leur
famille. Dans le tressaillement
d'allégresse de l'enfant qu'elle
porte, elle saisit par sa rencontre
avec Marie le caractère surnaturel
de tout ce qui arrive. L'Esprit
Saint lui donne l'intelligence et
la sagesse de l'œuvre que Dieu a
accomplie en Marie, et cela éveille
en elle la révélation de sa propre
mission. Dans la lumière de Marie,
Élisabeth ouvre maintenant à son
enfant la voie que Dieu a prévue
pour lui.
Le voyage à travers les montagnes
débouche sur une communication
divine qui fait passer Élisabeth
du régime de la Loi
(Lc 1,6) au
régime de l'Esprit (1,41). Ainsi
arrive-t-il parfois que nos contacts
évangélisateurs aboutissent à une
croissance dans l'Esprit Saint, dont
nous comprenons qu'il s'agissait de
l'heure de Dieu. Celui-ci nous fait la
grâce d'être ses serviteurs auprès
de nos frères. Dans nos dialogues,
nous percevons cette œuvre de
l'Esprit à cet étonnement, cet
émerveillement, dans lequel entre
notre interlocuteur. Dieu est là, et
je ne le savais pas , comme dit Jacob
(Gn 29,16). Ne nous décourageons
pas pour autant si ce n'est pas tous
les jours ! C'est Dieu qui évangélise,
pas nous, répète le cardinal
Danneels : il peut y avoir beaucoup
de résistance, ils peuvent ne pas
accepter. Mais dites-vous bien
que ceux qui réagissent le plus
fort, ils sont le plus à servir. Ceux
qui ne réagissent pas du tout et
disent oui sans réfléchir, souvent,
ce sont eux qui n'ont pas reconnu
le seigneur. N'ayez pas peur si
quelqu'un dit non, il peut être dans
une sorte de combat intérieur et
peut être plus évangélisé que nous
ne le croyons. Ne vous fiez pas
aux apparences, mais fiez-vous
au fait que nous portons en nous
Jésus, comme Marie, et lui porte
un petit Jean-Baptiste. Et avant
que nous n'échangions quoi que
ce soit, sauf le salut, ils sont déjà
en train de travailler, et cela va
bouger. Donc, ce n'est pas moi qui
évangélise, ce n'est pas le contenu
de ce que je dis qui est important,
c'est la conviction avec laquelle
je le dis.
si vous êtes vrais, si vous dites ce
que vous sentez en vous, même
en bégayant, en hésitant, vous
toucherez les cœurs. Une chose
est d'autant plus vraie que c'est
un témoignage. si vous racontez
quelque chose de votre propre
vie, vous êtes sûrs que c'est vrai.
N'exagérez pas, et ne minimisez
pas non plus. La meilleure
évangélisation, c'est le témoignage
de la vie. il ne faut pas le faire
trop souvent, car répéter son
témoignage vingt ou quarante fois,
ça use un homme et le témoignage
aussi ! C'est pour cela qu'il faut
être à plusieurs. Chacun doit
le faire. il faut se soutenir l'un
l'autre, par exemple quand l'un
est fatigué. C'est pour cela que
Jésus disait d'aller deux par deux,
pas tout seul, pour se soutenir,
s'encourager, et également pour
que l'autre prenne le relais.
N'ayez pas peur : il y a dans l'autre
un petit Jean-Baptiste qui écoute,
même si l'autre rigole. C'est Dieu
qui évangélise, pas nous.
P. Patrick-Alexis Phanor,
Curé de Morne-Rouge et Prêcheur
n
Citations principales : Jean Paul II, La Mère du Rédempteur ; Cardinal Danneels, homélie d'une messe d'envoi en mission en Belgique.
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Vie du diocèse
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D
es invités avaient fait le
déplacement pour ce
cinquantenaire. Parmi
eux, l’aumônier international des
Equipes du Rosaire : frère Gilles
Danroc, Dominicain ; l’aumônier
national frère Hervé Gégou,
Dominicain ; M
me Anne-Marie
Nas, responsable nationale ; père
Yves-Gérard Richemont, aumônier
régional ; Mathurine Navis,
responsable régionale et Liliane
Sommeil, responsable diocésaine,
tous trois de la Guadeloupe ;
père Antonin Manga, aumônier
diocésain et Joëlle Rezaire,
responsable diocésaine de la
G u y a n e .
C’est un concert spirituel,
à la cathédrale Saint-Louis,
qui a débuté les festivités, le
mardi 7 mai 2013, à 19h. Le
père Patrick-Alexis Phanor,
aumônier diocésain, a su
présenter, comme à l’accou-
tumée, les différentes cho-
rales d’enfants et de jeunes
qui ont fait vibrer les nom-
breux fidèles et membres des
Equipes présents. Des solis- tes, comme les pères
Phanor et Henderson,
Mme
Roseline Cyrille,
Mickaël Riskwait, ont
su, par leurs inter -
prétations, réjouir le
cœur de toutes les
personnes présentes
d a n s l ’ a s s e m b l é e . \
Le Hall des Sports de
Rivière-Salée a été
le lieu où se sont retrouvées les
Equipes du sud et du centre, le
mercredi 8 mai , pour une journée
fraternelle. Avant la célébration de
l’Eucharistie, qui devait clôturer
la journée, la conférence de
Mme Nathalie Zonzon-Quitman sur
la dévotion mariale à la Martinique
a été très appréciée ; il en a été de
même des témoignages qui lui ont
succédé.
Le jeudi de l’Ascension, des
paroissiens de la cathédrale de
Fort-de-France s’étaient joints aux
nombreux membres des Equipes
du centre pour la célébration
eucharistique, présidée, à 7h30,
par le frère Gégou. Elle a été suivie
d’une journée portes ouvertes,
dans la cour du presbytère de
la cathédrale. Bon nombre de
visiteurs se sont succédé tout au
long de la matinée et l’après-
midi pour l’exposition consacrée
à ces cinquante
ans d’histoire du
mouvement en
Martinique, et l’achat
des livres, objets et
CD qui leur étaient
proposés. Après
l’accueil des invités
et la visite des futurs
locaux du siège du
mouvement, des
témoignages ont
édifié les personnes
Le Jubilé des Equipes
du Rosaire de la Martinique
Les Equipes du Rosaire de la Martinique ont fêté leur Jubilé au début du mois de
mai. Occasion pour ce mouvement marial et missionnaire de mettre en lumière
tout ce qui, de 1963 à 2013, a permis à ses responsables et à ses membres
de mener leur apostolat à l’école de Marie.
Délégations venant de l'extérieur
Bèlè Légliz
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présentes. En fin d’après-midi, elles
ont pu apprécier l’animation de
Bèlè Légliz.
\
Le samedi 11 mai, c’est au Millénium
du Morne-Rouge que se sont
rassemblés les équipiers du nord
pour une journée fraternelle avec
un programme presque identique
à celui du mercredi 8 mai. A la
différence que la messe a été
concélébrée par les aumôniers des
EDR dans la matinée et que, en plus
de la conférence de M me Zonzon-
Quitman, qui avait été enrichie
par des éléments nouveaux, un
enseignement a été donné par
le père David Rondof, curé de
la cathédrale Notre-Dame-de-
l’Assomption de Saint-Pierre. Ce fut
aussi l’occasion de présenter tous
les visiteurs venus de Guadeloupe,
G u y a n e e t m é t r o p o l e . \
Enfin, le moment phare a été
la messe de clôture des célébra-
tions de ces cinquante ans, au
Hall des Sports de Rivière-Salée,
le dimanche 12 mai, à 15h. Un
grand nombre de membres des
Equipes du Rosaire de tout le dio-
cèse avaient afflué en ce lieu pour
ce temps fort. C’est le père Patrick-
Alexis Phanor, aumônier diocésain
depuis dix ans, qui a prononcé
le mot d’accueil. La messe était
présidée par le père Jean-Max
Renard, Vicaire général du dio-
cèse, qui a présenté les excuses de
notre archevêque, Mgr Méranville
pour son absence. La messe
était concélébrée par l’aumônier
national, l’aumô-
nier régional, les
aumôniers diocé-
sains et les pères
Philippon, François-
Haugrin, Gibon,
Monconthour,
Lafine et Aïzo, qui
avaient accompa-
gné leurs équipes.
L’animation a été
assurée par Mikaël
Riskwait et son
groupe. A la fin
de la célébration,
Mme Marie-José Pastel, responsa-
ble diocésaine des Equipes du
Rosaire, a donné la parole aux
différents responsables nationaux
et régionaux présents. Elle a remer -
cié tous les membres des Equipes
pour leur participation active à
l’organisation de ce jubilé d’or et
tous ceux qui ont contribué à sa
réalisation.
En conclusion, on peut dire que
les efforts de tous n’ont pas
été vains pour la réussite des
manifestations et célébrations
de ce cinquantenaire, qui a
permis de donner une meilleure
visibilité des Equipes du Rosaire à
la Martinique. Ce fut l’occasion
également de resserrer les
liens entre les responsables du
m o u v e m e n t d e n o s t r o i s d i o c è s e s . \
Par ailleurs, l’exposé de M me Nathalie
Zonzon-Quitman a permis de se
rendre compte que la piété mariale
à la Martinique remonte à la
période de la colonisation de l’île
et de l’esclavage, et que la Vierge
Marie a toujours été présente
d a n s l ’ h i s t o i r e d e n o t r e d i o c è s e .
Précisons enfin que l’objectif de ce
cinquantième anniversaire était,
avant tout, de faire découvrir le
mouvement aux jeunes
et de rappeler aux
responsables combien
il est important et
primordial d’intégrer
ces derniers dans les
Equipes.
R e n é M o r é l o t , \
Chargé de
communication
n Église en Martinique du 2 juin 2013 / n°466
13 Une vue de l'assemblée
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Vie du diocèse
Le samedi 18 mai 2013, dans le cadre de la solennité
de Pentecôte, la Communauté du Chemin-Neuf (CCN)
a célébré à Rome et dans les vingt-huit pays du monde
où elle est présente, le quarantième anniversaire de
sa fondation.
La Communauté
du Chemin- Neuf
a quarante ans
La naissance de la communauté
E
n 1972, sept ans après l'ouver
-
ture du concile Vatican II,
l’expérience de Pentecôte
qui commence aux Etats-Unis se
répand en France, et nombreux
sont ceux qui manifestent les dons
du Saint Esprit. C’est dans cette
mouvance que deux jeunes sémi-
naristes jésuites à Lyon : Laurent
Fabre et Bertrand Lepesant, font
l’expérience du "Baptême dans
l’Esprit Saint" avec l’aide de trois
jeunes Américains (un jésuite et
deux épiscopaliens issus du Renou-
veau Charismatique). Rentrés à
Lyon, forts de cette expérience,
tout en continuant leurs études au
séminaire, ils suscitent un groupe
de prière charismatique : conver-
sions, guérisons, signes et miracles…
Le groupe de prière ne cesse de
grandir. En octobre 1973, six per -
sonnes de 25 à 35 ans avec Laurent
Fabre choisissent de vivre en com-
munauté en partageant tous leurs
biens comme au temps des actes
des apôtres… C’est le début du
Chemin Neuf, au 49 Montée du
Chemin Neuf (origine de ce nom), à
Lyon, en France. Commençait alors une histoire inimaginable, inspirée
par l’Esprit Saint et encouragée à
l’époque par le Cardinal Renard.
Rapidement des couples et d’autres
célibataires, hommes et femmes
de toutes confessions chrétiennes,
rejoignent la communauté répon-
dant à l’appel pressant du Christ à
travailler pour l’unité des chrétiens,
pour l’évangélisation du monde, la
paix et la réconciliation entre les
peuples. Aujourd’hui, en 2013, la
communauté rassemble mille huit
cents membres répartis dans vingt-
huit pays.
Le 20 avril1984, la CCN est érigée par
le Cardinal Decourtray, archevêque
de Lyon, en association publique
de fidèles et le 14 septembre 2009,
l’Institut du Chemin Neuf a été
reconnu comme institut religieux
clérical de droit pontifical par le
Cardinal Franc Rodé.
La communauté arrive en Martinique
par l’une de ses missions
: Cana,
soutenue par Mgr Marie-Sainte.
Les premiers engagements ont
lieu en 1996 avec sept membres
dont trois couples et un célibataire
(aujourd’hui prêtre de l’institut,
membre du conseil international).
Quarante ans après
La Communauté du Chemin Neuf a
célébré ses quarante ans de fonda-
tion à l’occasion du rassemblement
de tous les mouvements ecclésiaux et
des communautés nouvelles invités
par le Pape François à Rome. Par
les moyens modernes de communi-
cation, tous les vingt-huit pays ont
pu fêter ensemble, en communion
l’œuvre vivifiante de l’Esprit Saint !
En Martinique, nous étions trois
cents de la fraternité œcuménique
internationale : communauté, com-
munion, fraternité Cana, mission
jeunes, groupes de prière et amis,
rassemblés au Domaine du Fort, à
Saint-Pierre, pour célébrer et suivre
l’émission vidéo en duplex à partir
de Rome et en direct avec sept
autres pays. Nous avons partagé
un repas festif suivi d’un énorme
gâteau d’anniversaire ! Parmi nos
invités, nous avons eu la joie d’ac-
cueillir certains membres de l’Eglise
réformée avec leur pasteur, Jean
Pierre Anzala ! La fête s’est termi-
née par une immense action de
grâce au cœur de l’eucharistie de
Pentecôte !
Certains de ces moments forts
internationaux sont accessibles à
tous sur le site de la communauté :
www.40ans.chemin-neuf.org
Sr Marie-Noëlle Oger
et Francelise Prospa
n
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E
ntre 1753 et 1758 la
construction de l'église
confiée à des frères
Capucins fut placée sous la
protection de l'Esprit Saint ; d'où
son nom : paroisse, puis plus
tard, commune de Saint-Esprit.
Pour aider les paroissiens, et plus
particulièrement les jeunes de la
2
ème année de cheminement, à
entrer dans cette grande fête de
la Pentecôte, des temps forts ; la
neuvaine à l'Esprit Saint et d'autres
démarches, furent proposés par le
père Philippe Décilap au cours de
l'adoration du saint-sacrement du
vendredi.
Le vendredi 3 mai 2013, après la
méditation du chapelet, le thème
de l'enseignement était :
Qui est
l'Esprit saint ?
L'Esprit Saint est
une personne, un ami, l'ami le plus
cher, le plus sûr et le plus fidèle.
Le vendredi 10 mai, après
la méditation du chapelet,
l'enseignement sur le thème :
On peut contrister l'Esprit saint.
Comment l'Esprit Saint nous parle
et comment marcher selon sa
conduite ?
Le vendredi 17 mai, de 18 à 24
heures, tous les membres de
l'assemblée, dans le recueillement,
la ferveur et la joie, préparèrent
leur cœur à accueillir en plénitude le
renouvellement des dons reçus au
baptême. L'enseignement portait
sur :
Comment l'Esprit saint peut
nous vivifier, nous sanctifier,
nous libérer des fantômes qui
nous hantent, en particulier "le
rejet".
Ce thème, ciblait surtout les jeunes
souvent confrontés à cette dure
réalité : rejet dès la naissance ou
même avant, rejet par la société,
rejet par la famille, rejet à cause de
la couleur de peau, du physique…
De cet enseignement, il faut
surtout retenir que l'Esprit Saint
nous libère de tous les fantômes du
passé. Au cours de cette démarche,
l'attention et le recueillement des
jeunes étaient palpables. Tout
était réuni pour invoquer le Saint
Esprit et demander l'abondance
de ces dons : prière d'abandon
et de consécration ; prière de
libération ; prière d'intercession
et prière d'action de grâce. Il est
à noter la participation d'une très
importante assemblée attentive et
recueillie au cours de ces différents
temps forts. Après la prière des
dons le père Décilap souhaita à
tous les fidèles une très bonne fête
de Pentecôte et d'être de véritables
témoins de la paix et de l'amour
du Christ dans notre paroisse et
au-delà. A chacun de ces temps
forts, il soulignait l'importance du
sacrement de confirmation vers
lequel s'acheminent ces jeunes.
Dimanche 19 mai, fête de la
Pentecôte, nombreux furent les
fidèles qui, dans la joie, participè-
rent aux différentes
célébrations dominica -
les. A la messe de sept
heures, les représen-
tants de la commune
ainsi que leurs invités
furent accueillis par le
prêtre. Celui-ci, dans
son homélie, invita
l'assemblée à travailler
pour la justice et le
bien commun.
L'équipe liturgique n
Fête de la paroisse de Saint-Esprit
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Pour les paroissiens de Saint-Esprit, la fête de la Pentecôte revêt un caractère
particulier, parce que fête du renouvellement de l'Esprit pour tout baptisé, mais
aussi fête de leur commune.
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Année de la foi
Abréviation de « Fraternel », ce rassemblement organisé chaque
année impaire à Jambville (Yvelines) pour les collégiens d'Île-de-
France fête, en 2013, ses trente-quatre années d'existence
tandis que le Frat des lycéens organisé chaque année paire à
Lourdes, est centenaire depuis 2008.
Une jeune Martiniquaise
responsable de l’accueil du Frat
L
a longévité et la popularité du Frat auprès
des jeunes des aumôneries, des paroisses
et des établissements d'enseignement
catholique en a fait un symbole du dynamisme
de la jeunesse catholique d'Île-de-France.
La raison d'être de ce pèlerinage est de
transmettre le message chrétien aux jeunes
pour qu'ils deviennent eux-mêmes relais auprès
des générations futures et dans la société qu'ils
contribueront à construire.
Réaliser qu'être chrétien...
ce n'est pas ringard !
Il est en effet important de proposer aux collégiens
et lycéens une expérience qui renouvelle leur
manière de vivre la foi chrétienne, de leur montrer
par ces rencontres avec d'autres jeunes que
décidément, être chrétien n'est pas ringard !
Selon Mgr Gérard Daucourt, évêque de Nanterre,
la portée du Frat va même au-delà : Evidemment
le Frat veut permettre aux jeunes de mieux
connaître le message du Christ. Mais c'est aussi
une formidable contribution pour l'Île-de-France
à ce qu'on appelle la cohésion sociale. On ne
souligne pas assez que ce rassemblement de
plus de dix mille jeunes de tout milieu et de toute
origine est une réponse pleine d'espérance aux
aspirations de convivialité et de solidarité de
notre société.
Quatre propositions structurent un
rassemblement du Frat : des célébrations sous
une « église chapiteau » de 6 750 m², la rencontre
de témoins de la foi partageant avec les jeunes
leur expérience de Dieu, la vie en communauté
dans les villages répartis à Jambville ou Lourdes et
enfin des temps de carrefours en petits groupes
pour réfléchir sur le thème de l'année.
Le Frat a réveillé sa foi
De sa voix claire,
Marina Marie-
Sainte se rappelle
ces premières
émotions, qu’elle
aime voir jaillir chez
les jeunes dont
elle est devenue
responsable. A
29 ans, Marina,
conseillère en
mutuelle dans le
bâtiment et les
travaux publics,
gère l’accueil de
ce grand rassemblement des 13-15 ans d’Île-de-
France, organisé du 17 au 20 mai à Jambville
(Yvelines). A la suite de ses parents, cette jeune
femme d’origine martiniquaise a été poussée
très tôt à s’engager. Ma confirmation, en 2001,
a été un déclic. Animatrice d’aumônerie, elle crée
une chorale dans sa paroisse de Notre-Dame-de-
la-Garde, dans le 13 ème arrondissement de Paris.
Depuis 2011, elle accompagne des catéchumènes
et des confirmands. Pour le Frat, elle intègre les
sweats blancs, ces petites mains de la logistique,
puis est nommée chef d’équipe, et à présent
responsable.
Pour moi qui étais timide, le fait
d’être appelée a été essentiel. J’apprends à faire
confiance.
Adrien Bail,
journaliste pour
Prions en Eglise n
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Témoignages de foi
C’est avec une grande joie que je
participe aux "mardis de la foi".
Joie de retrouver, en Eglise,
des frères et sœurs d’autres
paroisses et échanger avec eux
sur les articles du Credo. Joie de
découvrir, avec des prêtres et des
diacres, le vrai sens de notre foi.
Après les séances suivies, je ne
prie plus le Credo de la même
façon. Je le vis de façon plus
approfondie, plus parfaite. Ma
relation à Dieu est plus grande,
surtout que les deux premiers
articles ont été analysés avant
Pâques.
J’ai été confortée dans ma
mission de baptisée : témoigner
de Jésus Christ venu dans notre
chair, mort, ressuscité et vivant
au milieu de nous. Par lui nous
est accordé le pardon de nos
péchés et il nous ouvre la porte
du Salut.
Je regrette qu’il n’y ait pas plus de
jeunes à ces réunions, de jeunes couples qui demandent ou sont
appelés à demander le baptême
pour leurs jeunes enfants. Aux
réunions de préparation au
baptême, on constate qu’ils en
sont restés aux connaissances du
catéchisme et n’ont pas cherché
à faire grandir leur foi.
J’espère qu’il y aura, à la suite
de l’Année de la Foi, d’autres
points à approfondir en Eglise.
En ce temps de Pentecôte et en
cette période de confirmation,
que l’Esprit Saint affermisse nos
jeunes pour qu’ils ne s’éloignent
pas de l’Eglise à l’issue de la
cérémonie.
Qu’ils n’oublient pas que la
confirmation nous ouvre à la
mission.
Rendons grâce à Dieu pour
avoir inspiré à Benoît XVI l’idée
de demander à son peuple de
réfléchir sur sa foi.
Yolande – Paroisse de De Briant
J’ai 57 ans, je suis marié et
l’heureux papa de quatre enfants.
Je n’avais aucune conviction
sérieuse concernant l’Eglise
par le passé. Je vivais ma vie de
manière égoïste sans beaucoup
penser à Dieu. Je n’étais pas dans
une communion sincère avec le
Seigneur. Oui, j’étais là parmi les
fidèles à écouter sa parole pleine
de vie, mais me tenant à distance.
Je savais au fond de moi qu’il
était là, présent, mais oublié dans
la pratique.
Cette Année de la Foi a été comme
un réveil et a transcendé tout
mon être en m’ouvrant les portes
de l’Eglise. Cette Eglise qui se
doit d’être unitaire en Christ.
Je suis plus assidu de par mon
engagement à vivre les préceptes
de l’Eglise. Mon comportement
n’est plus le même. Je ressens
le besoin de prier à n’importe
quelle heure. Aujourd’hui, les
conversations irrévérencieuses
que je tenais et dont j’étais
friand par le passé m’agressent
lorsqu’elles sont tenues par
des tiers. Habité par l’esprit de
discernement, je suis plus réfléchi
et disposé à l’écoute.
Cette Année de la Foi est vraiment
une révélation de la connaissance
de l’amour de Dieu pour moi.
Le fait de cheminer m’a conduit à
découvrir qui est vraiment Jésus
pour moi. Parfois, je me demande
pourquoi j’ai tant attendu avant
d’aller à sa rencontre. Mais l’homme orgueilleux tend
toujours à vivre de sa liberté
pour enfin constater qu’en fin de
compte, au bout de cette liberté, il
n’y a souvent que désillusion.
Aujourd’hui, je me sens renou-
velé totalement en Christ. Il ne
nous demande pas de percer
ses mystères mais de croire à sa
Parole qui donne vie.
Seigneur, je te loue et te bénis. Je te
remercie de m’avoir ramené sur le
chemin de la conversion et que ma
foi et mon espérance grandissent
comme le grain de sénevé tombé
dans la bonne terre !
Jules – Paroisse de Saint-Pierre 17
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Société
Nos départements d’outre-mer, du fait de leur isolement géographique, ont
tendance à se croire à l’abri de la crise financière ; c’est ignorer qu’en économie,
comme pour le reste, nous sommes sensibles à « tous les souffles du vent »,
comme le dit le poète. Cependant, l’impact de la crise est, pour nous, indirect
et contrasté.
Crise financière :
quel impact sur les DOM ?
L
’impact de la crise aurait
été direct si, comme pour
tous les pays qui ont adopté
l’euro, cette monnaie venait
soudainement à se dégrader : nous
perdrions alors de notre pouvoir
d’achat, et nos échanges avec
l’extérieur seraient compromis du
fait de l’affaissement des taux de
change. Il en serait ainsi notamment
pour l’acquisition de notre pétrole,
comme de tous les produits ou
matières premières importés.
Heureusement, il n’en est rien car
l’euro est une monnaie stable ;
la Banque Centrale Européenne
qui y veille jalousement, a fait
d e c e t t e s t a b i l i t é s a p r i o r i t é . \
Par contre, indirectement, nos
départements souffrent de la
récession – le mot est officiel depuis
quelques jours – économique
globale : fermeture d’entreprises,
licenciements, paupérisation
rampante, absence de perspective
d’emplois et, corrélativement,
départ de nos jeunes vers d’autres
horizons… On mesure mal, en
termes quantitatifs, l’impact de
cet affaissement ; mais on en
ressent les effets dans la chute
du bilan des entreprises, et dans
la délinquance et la violence qui
se sont insidieusement glissées
dans nos sociétés. Les jeunes
surtout, minés par l’oisiveté,
e n p a y e n t u n l o u r d t r i b u t . \
Le secteur du tourisme s’en sort
mieux puisque les problèmes
politiques du Maghreb renvoient
vers la croisière, les sports d’hiver
et les Antilles une clientèle qui lui était jusque là fidèle. Mais
la dégradation des économies
européennes pousse surtout
les populations soit à différer
leur séjour, vraisemblablement
par manque d’argent, soit à
thésauriser en attendant des jours
meilleurs. De fait, notre potentiel
d’accueil est loin d’être comblé.
Plus grave cependant est la baisse
annoncée des dotations versées
par l’Etat aux collectivités locales.
Ces dotations constituent en effet,
avec l’octroi de mer, les principales
recettes de fonctionnement des
communes
; leur baisse les conduira
à de nouveaux sacrifices tels : le
renvoi des projets aux calendes
grecques, ou le non-remplacement
du personnel, ou encore la
diminution des aides et subventions
versées. Or, c’est justement en
cette période critique que les
collectivités sont le plus fortement
sollicitées par la population, au
titre notamment de la solidarité,
d e l ’ a i d e s o c i a l e e t d e l a s a n t é . \
Pour leur part, les banques scrutent
avec une attention particulière les
demandes qui leur sont faites, pour
juger de la fiabilité des garanties
offertes
; l’Europe, quant à elle,
n’offre ses participations que dans
des conditions de plus en plus
strictes et selon des procédures
rigoureuses, crise oblige ! Dans
ces conditions, l’amoindrissement
des dotations et le manque de
confiance général ne devraient pas
manquer d’alimenter le cycle de
paupérisation et de nourrir une
c r i s e d o n t o n n e v o i t p a s l ’ i s s u e . \
Les décideurs en sont conscients
et œuvrent avec leurs moyens au
maintien de la paix sociale ; mais là
aussi, il conviendra d’être vigilant,
car les émeutes qu’on voit éclater
de façon spontanée et inattendue
dans les grandes villes d’Europe
nous révèlent que l’angoisse couve,
qui fait le lit de la violence, et qu’on
n’est à l’abri de rien…
François Paul Félicité n
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Dimanche 2 juin 2013
Quelle humanité dans nos prisons ?
Quelles sont les conditions de détention Outre-mer ? Comment les détenus font-ils face à la promiscuité,
à la violence, à la solitude ? Quels sont leurs soutiens et comment trouvent-ils l’espérance ? Dieu vient-il
les rencontrer derrière les barreaux?
Dieu m’est témoin reçoit cette semaine François Bès, responsable de l’OIP (l’Observatoire International
des Prisons), en charge de l’Outre-mer.
Nous découvrirons au centre pénitentiaire de Baie-Mahault, en Guadeloupe, un chantier d’insertion
agricole qui permet aux détenus de préparer leur nouvelle vie une fois leur peine purgée ; une initiative
soutenue par les bénévoles du Secours Catholique.
Dimanche 9 juin 2013
Comment célébrer avec nos cultures ?
Jésus comprend-il le créole, le ma ‘ohi, le drehu, le wallisien ? A-t-on un autre rapport à Dieu quand
on prie dans sa propre langue ? Les traditions, les coutumes, la culture de chacun doivent-elles être
intégrées dans la liturgie ?
Cette semaine,
Dieu m’est témoin met un coup de projecteur sur le bèlè lègliz , une tradition musicale
inventée à l’origine par les esclaves martiniquais et qui trouve aujourd’hui sa place dans les célébrations.
Stella Gonis sera l’invitée de l’émission. Cette pétillante Martiniquaise, chanteuse, danseuse de
bèlè,
la musique traditionnelle de son île, nous racontera comment ce phénomène d’inculturation, après
un timide démarrage, connaît de plus en plus de succès en Martinique. Sur le plateau, elle nous fera
entendre sa prière, rythmée par les tambours.
Dimanche 16 juin 2013
A quel saint se vouer ?
Qui sont les saints les plus appréciés Outre-mer ? Comment sont-ils priés ? La dévotion aux saints n’est-
elle pas parfois excessive ? Comment doit-elle nous ramener à l’essentiel : le Christ ?
Deux jeunes séminaristes martiniquais viendront apporter leur témoignage sur le plateau de
Dieu m’est
témoin
cette semaine : Olivier Lucenay et Gaëtan Présent. Tous deux, actuellement en formation au
collège des Bernardins, viendront aussi nous dire comment la dévotion est encouragée au séminaire
mais pas n’importe comment. Forts de leur culture martiniquaise, ils nous expliqueront comment la
frontière entre la croyance et la superstition est parfois mince.
Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions
MeDIAs
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99.5 - 101.3 et 105.3 mHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
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Mise en page : P. Emmanuel Saint-Honoré
Icône réalisée par Alain Chenal
Il suffit que tu me regardes avec ta bonté coutumière
pour qu’aussitôt moi-même je te contemple et je t’implore.
Grégoire de Narek
