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N° 469 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 6 octobre 2013
Envoi en mission
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Editorial
Editorial
• Pour un nouvel élan missionnaire
Mot de l'Evêque
• Soyons de bons anges
Eglise universelle
• Extraits du Message du Pape François pour la Journée
missionnaire mondiale 2013
Droit canonique
• Les exorcismes (fin)
Liturgie
• Parole dominicale
Chancellerie
• Peut-on annuler un baptême ?
Dossier : La mission
• Envoi en mission des catéchistes
• Témoignages :
- Annoncer l’évangile, une nécessité
- Ecouter la Parole de Dieu
et la garder
• Sainte Thérèse de Lisieux Patronne des missions
Vie du diocèse
• Bienvenue, père Philibert !
Formation
• La liturgie
Société
• Attention à l’explosion sociale
Vers la vie
• Sœur François-Xavier Jouan
Médias
numéro
469
numéro
4 69
N° 469 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 6 octobre 2013
Envoi en mission
S ommaire
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Édiprint – Bois Quarré
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S
i, pour des raisons de
calendrier, on peut dire que
nous approchons du terme
de l’Année de la Foi, en réalité,
dans les faits, ce temps voulu par
Benoît XVI a pour but de fortifier
et d’approfondir notre amitié avec
le Seigneur et, en conséquence,
ne s’arrête pas après la solennité
du Christ-Roi.
En préambule de son message pour
la Journée missionnaire mondiale,
le pape François écrit que la foi est
un précieux don de Dieu qui ouvre
notre esprit afin que nous puissions Le
connaître et L’aimer… C’est un don
qui n’est pas réservé à quelques-uns
mais qui est offert avec générosité.
Il ne faudrait pas limiter ce don
de la foi à la seule jouissance
personnelle : c’est en le partageant
avec d’autres qu’il se développe.
On peut se rappeler ici ce que
Jésus a dit dans la parabole des
talents : « Pourquoi n’as-tu pas fait
fructifier ce talent reçu ? »
Le pape François parle de la
nécessité pour les communautés
de sortir de leur enclos pour aller
vers ceux qui n’ont pas encore eu
la possibilité de connaître le Christ.
La solidité de notre foi, au plan
personnel et communautaire, se
mesure à partir de la capacité de
la communiquer à d’autres, de la
diffuser, de la vivre dans la charité,
d’en témoigner auprès de ceux qui
nous rencontrent et partagent avec
nous le chemin de la vie.
Ces paroles fortes du Saint-Père
nous demandent de remettre
en question notre manière de
concevoir et de mettre en pratique
notre foi.
Il est vrai que, dans la culture
ambiante, tout ce qui touche au
religieux est renvoyé au domaine
privé. Sans tomber dans un
prosélytisme qui met mal à l’aise
quand on voit la manière dont
il est pratiqué par certains, c’est
plus par notre manière d’être et
d’agir que nous serons crédibles
et pourrons être identifiés comme
disciples du Christ.
L’offrande de notre vie réelle
devient, comme l’indique saint
Paul : un culte spirituel, saint et
agréable à Dieu (Rom 12,1). La
tentation, devant les difficultés
rencontrées, est de se replier sur
soi-même, de se couper de la
communauté qui, elle, appelle
et envoie pour être témoins du
Christ dans le monde. Nous
sommes tous envoyés sur les routes
du monde pour cheminer avec nos
frères, en professant et en témoignant
notre foi au Christ (Pape François).
Il est vrai que, pour beaucoup
d’entre nous, le va-et-vient
entre ces deux pôles de notre
vie chrétienne – individu et
communauté – ne va pas de soi.
Au lieu de les vivre dans la tension
et la dispersion, essayons de les
vivre dans une communion et un
esprit de réconciliation.
P. Jean de Coulanges n
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Pour un nouvel
élan missionnaire
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Couverture : Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - (Ph : Guy Baubant)
(Ph : Guy Baubant)
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Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin -
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Mot de l'Evêque
Soyons de bons anges
L
a fête des saints
Archanges Michel,
Gabriel et Raphaël ras-
semble toujours, dans notre
île, une foule impressionnante
de pèlerins au milieu desquels
se distinguent les parachutistes
en uniforme qui se réclament
de leur saint patron Michel.
A cette occasion, quelques voix
dubitatives ne manquent pas
de demander : « Les anges
existent-ils vraiment ou ne
sont-ils qu’une invention de
l’Eglise ? ».
La Bible répond à cette question
en mentionnant, déjà dans son
premier livre, la Genèse (ch. 16,7), la
présence de l’Ange du Seigneur aux
côtés de la servante Hagar, pour
la réconforter. Dans son dernier
livre, l’Apocalypse (chap. 21), la
Bible parle d’un ange mesurant les
remparts de la Ville Sainte. Tout
au long des soixante-dix autres
livres qui la composent, la Bible
fait état des anges qui manifestent
la volonté et la présence de Dieu
en de multiples circonstances.
Cependant, la meilleure preuve
de l’existence des anges nous est
donnée par le Seigneur Jésus lui-
même. Non seulement il a affirmé
leur existence et leur présence au
côté de chacun d’entre nous, mais
encore, plusieurs fois, il s’est vu
proposer leur aide. Un chrétien
ne peut donc mettre en doute
l’existence des anges.
Cependant, les anges ne sont pas
des créatures dotées d’un corps
comme le nôtre. Ils sont des êtres
spirituels et, par conséquent,
invisibles. S’ils sont représentés
dans notre iconographie comme
des humains asexués, dotés d’une
paire d’ailes, c’est uniquement
grâce au fruit de notre imagination.
Les anges n’ont pas besoin d’attri-
buts humains pour s’acquitter
auprès des hommes de leur
mission de messagers de Dieu. Ils
tiennent leur nom précisément
de la mission qui leur est confiée
par Dieu.
Angelos signifie en grec
envoyé et ce mot est à l’origine du
latin angelus qui a donné ange
en français. Les anges sont, par
définition, des messagers de Dieu.
La Bible nous révèle qu’il existe
une multitude d’anges et, parmi
eux, une hiérarchie au sommet
de laquelle se trouvent les
« archanges ». Trois de ces archanges
sont particulièrement présents
dans la Bible et personnifiés : ce
sont les Archanges Michel, Gabriel
et Raphaël.
Michel – dont le nom en hébreu
signifie :
Qui est comme Dieu –
est le prince des anges. Il livre
un combat incessant au mal et
remporte la victoire finale sur le
Diable appelé Satan.
Gabriel – qui se traduit par
Force de Die u – est le messager
par excellence. Celui qui porte à
Zacharie l’annonce de la naissance
de Jean-Baptiste et surtout celui qui
vient annoncer à la Vierge Marie
qu’elle a été choisie par Dieu pour
être la Mère du Sauveur.
Raphaël enfin – dont le
nom signifie Dieu a guéri
– personnifie la Providence
divine qui accompagne
tout homme au long de son
itinéraire, comme Raphaël a
été la présence tutélaire qui
a protégé le jeune Tobie tout
au long de sa route semée
d’embuches et d’épreuves.
Les anges nous accom -
pagnent en permanence.
Notre ange gardien surtout,
auquel il ne nous est pas inter -
dit de nous adresser, bien au
contraire, pour lui demander conseil,
intercession pour nous auprès de
Dieu et protection.
Les anges sont des compagnons qui
nous rassurent et nous encouragent
à faire la volonté de Dieu, c’est-à-dire
à faire le bien. Ils nous proposent
leur exemple, eux dont l’existence
consiste à obéir à Dieu et à manifes-
ter son amour.
Nous avons, nous aussi, reçu la
mission d’être des messagers de
Dieu. En venant dans ce monde et
en donnant sa vie pour nous, le Christ
a dit : Comme le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie.
Le mot mission provient du verbe
latin mitto, missum, mittere qui
signifie envoyer.
Missus, c’est-à-
dire envoyé, est étymologiquement
synonyme de
angelos ou ange.
A quelques jours de la Semaine
missionnaire mondiale, nous avons
besoin de redécouvrir notre vocation
d’envoyés et nous devons demander
à Dieu de nous donner d’être ses
envoyés, porteurs de la bonne
nouvelle de sa présence avec nous
jusqu’à la fin des temps, témoins de
sa bonté et de son amour.
On n’est pas chrétien pour soi tout
seul. Notre foi doit briser les tours
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Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
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Eglise
en Martinique
Règlement à l’ordr\se de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
Eglise en Martiniq\
ue
Boîte Postale 586
\b7 207 FORT DE FRANCE CEDEX
MARTINIQUE 40 €
GUADELOUPE 44 €
GUYANE 44 €
FRANCE et étranger 50 €
Oui, je m’abonne !
Nom : ........................................................................\
.....................................................................................
Prénom : .......................................................................\
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Adresse : .......................................................................\
...............................................................................
Mail : .......................................................................\
..........................................................................................
Tél. .......................................................................\
...........................
Code Postal ..................................
Ville .......................................................................\
...........................................................................................
Mot de l'Evêque (suite)
d’ivoire dans lesquelles nous avons
le mauvais réflexe de nous réfugier.
Nous devons nous préoccuper des
autres et leur être solidaires.
Quelques exemples, parmi de
nombreux autres : A la Martinique
la grève des transporteurs publics
a duré plus d’un mois et n’est
pas terminée, affectant les plus
démunis, ceux qui ne possèdent
pas de véhicules et qui ne peuvent
compter que sur ces transports
pour aller au travail, faire leurs
courses, se déplacer. Mais comme
la majorité des habitants de
l’île possèdent un véhicule, on
a entendu dire : « Cette grève
peut durer aussi longtemps que
la guerre de cent ans, elle ne me
dérange pas ».
Cet état d’esprit peut être
transposé dans de nombreux
domaines de la vie. Par exemple,
des jeunes passent leur temps à
arracher les chaînes et les boucles
d’oreilles de personnes qui ne
peuvent se défendre. Ils vendent
le produit de leurs agressions à
des bijoutiers malhonnêtes qui
ne posent aucune question sur
la provenance de ces vols qui
affectent sérieusement l’état
physique et psychique des victimes.
C’est « chacun pour soi » dit-on et
on ajoute parfois : « débouya pa
péché = débrouillardise n’est pas
péché ». Il faut attendre d’être
personnellement concerné pour
dire que cette situation ne peut
durer !
Dans nos cités existent des
poubelles, tout est mis en œuvre
pour que la Martinique soit propre,
évite les épidémies de dengue ou
la leptospirose que propagent les
rats. Mais c’est plus pratique de
jeter ses ordures n’importe où,
de se débarrasser sans frais de ses
encombrants, à condition de ne
pas se faire prendre.
Qu’en pensent saint Michel et nos
anges gardiens ? Eux qui veulent
nous faire sortir de notre égoïsme
pour être porteurs, comme eux, de
l’amour de Dieu par notre courage,
notre altruisme, notre solidarité.
Pouvons-nous décemment leur
demander de nous protéger, alors
que nous faisons le jeu des anges
mauvais qu’ils ont combattus ?
Il existe, en effet, des anges de
malheur à la manière de Satan,
« l’accusateur de nos frères »,
comme l’appelle la Bible.
Il y a, heureusement, des anges
de bonheur et de paix : ils ont
comme émules ces personnes
convaincues qu’il y a plus de
bonheur à donner qu’à recevoir
et qui donnent de leur temps et
même de leur argent pour que le
bien triomphe de l’indifférence,
de la haine, de la violence et de
toute forme d’injustice.
Que les saints Archanges que nous
fêtons nous encouragent à être
comme eux des anges de lumière,
en étant tout simplement de
meilleurs disciples du Christ Jésus.
+ Michel Méranville,
Archevêque
n
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1. La foi est un précieux don de Dieu,
qui ouvre notre esprit afin que nous
puissions le connaître et l’aimer. Il
veut entrer en relation avec nous
afin de nous faire participer à sa vie
même et rendre notre vie davantage
pleine de signification, meilleure,
plus belle. Dieu nous aime ! La
foi demande cependant à être
accueillie. Elle demande donc une
réponse personnelle de notre part,
le courage de faire confiance à Dieu,
de vivre son amour, reconnaissants
pour son infinie miséricorde. Elle est
ensuite un don qui n’est pas réservé
à quelques-uns mais qui est offert
avec générosité. Tous devraient
pouvoir faire l’expérience de la joie
de se sentir aimés par Dieu, de la
joie du salut ! Et il s’agit d’un don
qu’il n’est pas possible de conserver
pour soi mais qui doit être partagé :
si nous voulions le garder seulement
pour nous, nous deviendrions dans
ce cas des chrétiens isolés, stériles et
malades. L’annonce de l’Évangile
est inséparable du fait d’être
disciples du Christ et elle constitue
un engagement constant qui
anime toute la vie de l’Église. L’élan
missionnaire est un signe clair de
la maturité d’une communauté
ecclésiale (Benoît XVI, Exhortation
apostolique Verbum Domini, n. 95).
Chaque communauté est « adulte »
lorsqu’elle professe la foi, qu’elle la
célèbre avec joie dans la liturgie,
qu’elle vit la charité et annonce sans
relâche la Parole de Dieu, sortant
de son enclos afin de la porter
également dans les « périphéries »,
surtout à ceux qui n’ont pas encore
eu la possibilité de connaître le
Christ. La solidité de notre foi, au
plan personnel et communautaire,
se mesure aussi à partir de la capacité
de la communiquer à d’autres, de la
diffuser, de la vivre dans la charité,
d’en témoigner auprès de ceux qui
nous rencontrent et partagent avec
nous le chemin de la vie.
2 . L’Année de la Foi, cinquante
ans après le début du Concile
Vatican II, nous appelle à faire
en sorte que l’Église tout entière
ait une conscience renouvelée
de sa présence dans le monde
contemporain, de sa mission
parmi les peuples et les nations.
Le caractère missionnaire n’est
pas seulement une question de
territoires géographiques mais
de peuples, de cultures et de
personnes, parce que justement
les « frontières » de la foi ne
traversent pas seulement des lieux
et des traditions humaines mais le
cœur de tout homme et de toute
femme. Le Concile Vatican II a
souligné de façon particulière la
manière dont le devoir missionnaire,
le devoir d’élargir les frontières de
la foi, est le propre de tout baptisé
et de toutes les communautés
chrétiennes : Puisque le Peuple de
Dieu vit dans des communautés,
diocésaines et paroissiales surtout,
et que, c’est dans ces communautés
que, d’une certaine manière, il se
montre visible, c’est aussi aux
communautés qu’il appartient de
rendre témoignage au Christ devant
les nations (Décret Ad Gentes,
n. 37). Chaque communauté est
donc interpellée et invitée à faire
sien le mandat confié par Jésus
à ses Apôtres afin qu’ils soient
ses
témoins à Jérusalem, dans
toute la Judée et la Samarie, et
jusqu’aux extrémités de la terre
(Ac 1,8), non pas comme un aspect
secondaire de la vie chrétienne
mais comme un aspect essentiel :
nous sommes tous envoyés sur les
routes du monde pour cheminer
avec nos frères, en professant et
en témoignant notre foi au Christ
et en étant annonciateurs de son
Évangile. J’invite les évêques, les
prêtres, les conseils presbytéraux et
pastoraux, toute personne et tout
groupe responsable à l’intérieur de
l’Église, à donner de l’importance à
la dimension missionnaire au sein
Eglise universelle
Extraits du Message du Pape François
pour la Journée missionnaire
mondiale 2013
Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
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Cette année, nous célébrons la Journée missionnaire mondiale alors que
s’achève l’Année de la Foi, occasion importante pour renforcer notre amitié avec
le Seigneur et notre cheminement en tant qu’Église qui annonce avec courage
l’Évangile. Dans cette perspective, je souhaiterais proposer quelques réflexions.
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Eglise universelle
de leurs programmes pastoraux et
de formation, ressentant que son
propre engagement apostolique
n’est pas complet s’il ne comprend
pas l’intention de « rendre
témoignage du Christ devant les
Nations », face à tous les peuples.
Le caractère missionnaire n’est
pas seulement une dimension
programmatique dans la vie
chrétienne mais il est également
une dimension paradigmatique qui
concerne tous les aspects de la vie
chrétienne.
3. Souvent, l’œuvre d’évan-
gélisation rencontre des obstacles
non seulement à l’extérieur mais à
l’intérieur même de la communauté
ecclésiale. Parfois la ferveur, la joie,
le courage, l’espérance que nous
mettons dans le fait d’annoncer à
tous le message du Christ et d’aider
les hommes de notre temps à le
rencontrer sont faibles. Parfois,
certains pensent encore que porter
la vérité de l’Évangile consiste à faire
violence à la liberté. Paul VI a des
paroles lumineuses à ce propos :
Ce
serait… une erreur d’imposer quoi
que ce soit à la conscience de nos
frères. Mais c’est tout autre chose
de proposer à cette conscience la
vérité évangélique et le salut en
Jésus Christ en pleine clarté et dans
le respect absolu des options libres
qu’elle fera… c’est un hommage
à cette liberté (Exhortation
apostolique Evangelii nuntiandi,
n. 80). Nous devons toujours avoir
le courage et la joie de proposer,
avec respect, la rencontre avec le
Christ, de nous faire porteurs de son
Évangile. Jésus est venu parmi nous
pour indiquer le chemin du salut et il
nous a confié à nous aussi la mission
de le faire connaître à tous, jusqu’aux
extrémités de la terre. Souvent, nous
voyons que ce sont la violence, le
mensonge, l’erreur qui sont mis en
relief et proposés. Il est urgent de
faire resplendir à notre époque la
bonne vie de l’Évangile au travers
de l’annonce et du témoignage et
cela à l’intérieur même de l’Église
parce que, dans cette perspective, il est important de ne jamais oublier
un principe fondamental pour
tout évangélisateur : il n’est pas
possible d’annoncer le Christ sans
l’Église. Évangéliser n’est jamais
un acte isolé, individuel, privé,
mais toujours ecclésial. Paul VI
écrivait que lorsque le plus obscur
prédicateur, catéchiste ou pasteur,
dans la contrée la plus lointaine,
prêche l’Évangile, rassemble sa
petite communauté ou confère un
sacrement, même seul, il fait un
acte d’Église. Il agit non pas par
une mission qu’il s’attribue, ou par
une inspiration personnelle, mais en
union avec la mission de l’Église
et en son nom
(Ibid. n. 60). Et cela
donne force à la mission et fait sentir
à tout missionnaire et évangélisateur
qu’il n’est jamais seul mais qu’il fait
partie d’un seul Corps, animé par le
Saint Esprit.
4. À notre époque, la mobilité
diffuse et la facilité de commu-
nication au travers des nouveaux
médias ont mélangé entre eux
les peuples, les connaissances,
les expériences. Pour des raisons
de travail, des familles entières se
déplacent d’un continent à l’autre.
Les échanges professionnels et
culturels, suivis par le tourisme
et des phénomènes analogues,
provoquent un vaste mouvement
de personnes. Parfois il est difficile,
même pour les communautés
paroissiales, de connaître de manière
sûre et approfondie ceux qui sont
de passage ou ceux qui vivent de
manière stable sur le territoire. En
outre, dans des zones toujours plus
vastes des régions traditionnellement
chrétiennes, s’accroît le nombre de
ceux qui sont étrangers à la foi,
indifférents à la dimension religieuse
ou animés par d’autres croyances.
Par ailleurs, il n’est pas rare que
certains baptisés fassent des choix
de vie qui les conduisent loin de la
foi, rendant ainsi nécessaire qu’ils
fassent l’objet d’une « nouvelle
évangélisation ».
À tout cela vient s’ajouter le fait
qu’une vaste part de l’humanité
n’a pas été atteinte par la Bonne
Nouvelle de Jésus Christ. Nous
vivons par ailleurs un moment de
crise qui touche différents secteurs
de l’existence, non seulement
celui de l’économie, de la finance,
de la sécurité alimentaire, de
l’environnement, mais également
celui du sens profond de la vie et des
valeurs fondamentales qui l’animent.
La coexistence humaine est marquée,
elle aussi, par des tensions et des
conflits qui provoquent insécurité et
difficulté à trouver le chemin d’une
paix stable. Dans cette situation
complexe, où l’horizon du présent et
de l’avenir semblent caractérisés par
des nuages menaçants, il est encore
plus urgent de porter avec courage
au sein de chaque réalité l’Évangile
du Christ qui constitue une annonce
d’espérance, de réconciliation, de
communion ; une annonce de la
proximité de Dieu, de sa miséricorde,
de son salut ; une annonce du fait
que la puissance de l’amour de Dieu
est capable de l’emporter sur les
ténèbres du mal et de conduire sur
le chemin du bien.
L’homme de notre temps a besoin
d’une lumière sûre qui éclaire sa
route et que seule la rencontre avec
le Christ peut donner. Portons à ce
monde, par notre témoignage, avec
amour, l’espérance donnée par la
foi ! Le caractère missionnaire de
l’Église n’est pas un prosélytisme mais
un témoignage de vie qui illumine
le chemin, qui porte espérance et
amour. L’Église – je le répète une fois
encore – n’est pas une organisation
d’assistance, une entreprise, une
ONG mais une communauté de
personnes animées par l’action de
l’Esprit Saint, qui ont vécu et vivent
l’étonnement de la rencontre avec
Jésus Christ et désirent partager
cette expérience de joie profonde,
partager le Message de salut que
le Seigneur nous a apporté. C’est
justement l’Esprit Saint qui conduit
l’Église sur ce chemin.
Du Vatican, le 19 mai 2013,
Solennité de la Pentecôte
Le Pape François n
Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
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Des exorcismes pour qui ?
A
vant le concile Vatican II,
l’exorcisme pouvait être
pratiqué sur des objets,
lors des bénédictions.
Mais, contrairement à l’antique
rituel, le livre des bénédictions
promulgué en 1984 (1), traduit
en français (2), ne comporte plus
d’exorcisme sur les choses (eau,
huile, sel, or, encens, myrrhe,
médaille de saint Benoît…). De
même, la bénédiction des saintes
huiles par l’évêque ne comporte
plus de formule d’exorcisme
(3).
Le rite de la bénédiction de
l’eau prévu lors des célébrations
eucharistiques a conservé la
possibilité de bénir l’eau et le sel.
Cependant, un exorcisme n’est
plus prononcé. Seule la mention
suivante est prévue : Permets,
Seigneur, qu’en tout lieu où l’on
répandra l’eau que nous allons
mêler de sel, la présence de ton
Esprit éloigne l’adversaire et nous
protège continuellement (4).
Que penser des prières
de délivrance ?
En dehors des exorcismes pro-
prement dits, il existe des prières
de délivrance
qui visent à utiliser
des formules déprécatoires et dans
lesquelles l’orant, celui qui prie,
ne s’adresse pas directement aux
démons. Ces prières concernent
ceux qui vivent une influence
démoniaque et une certaine
emprise des esprits mauvais. Le
ministre peut être un laïc, dans
la mesure où il n’y a pas vraiment
d’exorcisme mais seulement
une demande faite à Dieu de la
protection de l’emprise du malin.
L’autorité spirituelle du Christ
n’est pas engagée directement.
Il ne s’agit que de prières de
demandes insistantes de fidèles
au Seigneur. Une circulaire de la
C ongrégation pour la doctrine de
la foi (5) invite les fidèles à prier
pour que, comme Jésus nous l’a
enseigné, nous soyons libérés du
mal. Ainsi, précise ce dicastère,
que ceux qui n’ont pas le pouvoir
nécessaire ne dirigent pas des
réunions dans lesquelles on fait
usage de prières pour obtenir la
délivrance au cours desquelles
sont directement interpellés et où
l’on cherche à connaître le nom
des esprits mauvais
(6).
Que penser des personnes
qui disent avoir un charisme
de libération ?
En reprenant les termes de la
lettre de la Congrégation pour
la doctrine de la foi et les termes
de la loi de l’Eglise, l’exercice d’un
charisme de libération dont les
prières interpellent directement
les démons n’est pas autorisé.
Cependant, le charisme ne se
reçoit pas par une loi mais est une
grâce de Dieu au service de son
Eglise. Il peut être authentique.
Dans ce cas, il doit toujours être
authentifié par l’évêque diocésain.
Ainsi, avec l’autorisation de son
pasteur et dans le respect des
conditions prévues, une personne
pourra exercer son charisme dans
son diocèse. S’il s’agit d’un clerc,
ce charisme pourra devenir un
ministère donné par son évêque.
S’il s’agit d’un laïc, la pratique de
son charisme se fera en coopération
à l’exercice du ministère.
En Martinique
A ce jour, Monseigneur l’Arche-
vêque n’a pas désigné de prêtre exorciste. Aussi, aucun
exorcisme ne peut être pratiqué
(même par une personne
venant de l’extérieur) ou vécu
sans l’autorisation expresse de
l’Archevêque de la Martinique.
Toute pratique contraire accroît
la division du corps ecclésial,
manifeste une rupture de la
communion et manifeste une
désobéissance à la loi de l’Eglise.
En cas de possession avérée, le
curé est à même de juger de
la gravité de la situation. Les
personnes sont alors présentées
par le prêtre, directement à
l’Archevêque. Dans tous les cas,
les prêtres sont habilités à faire
les prières de délivrance prévues
par les rituels mais pas les grands
exorcismes.
P. Jean-Max Renard,
Vice-Official
n
Les exorcismes (fin)
Personne ne peut légitimement prononcer des exorcismes sur les possédés, à
moins d'avoir obtenu de l'Ordinaire du lieu une permission particulière et expresse.
Cette permission ne sera accordée par l'Ordinaire du lieu qu'à un prêtre pieux,
éclairé, prudent et de vie intègre (c.1172).
Droit canonique
Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
7
(1) De benedictionibus, promulgué à Rome le
31 mai 1984.
(2) Livre des bénédictions, rituel romain, édition
revue et corrigée, Chalet-Tardy, 1995.
(3) Pontifical Romain, bénédiction de l’huile des catéchumènes, de l’huile des malades et confection du Saint-Chrême, traduction confirmée le 25/01/1990, Paris, AELF, 1990. (4) Missel Romain, Nouvelle édition typique, traduction française, Paris, Desclée-Mame,
1978, p. 454.
(5) Lettre de la Congrégation pour la doctrine de
la foi, J. Ratzinger, Exorcisme et réunions de
prières, 25 septembre 1985
(6) Ibid
Le charisme ne se reçoit
pas par une loi mais est
une grâce de Dieu au
service de son Eglise.
[…] Dans ce cas, il doit
toujours être authentifié
par l’évêque diocésain.
Page 8
Dimanche 6 octobre 2013
L a P arole D ominicale
Habacuc 1,2-3 ; 2,2-4 • Psaume 94 • 2 Timothée 1,6-8.13-14 • Luc 17, 5-10
27 ème dimanche du Temps ordinaire
Année C
L
e cri du prophète Habacuc
jaillit du plus profond de
l’humanité.
Combien de
temps, Seigneur, vais-je t’appeler
au secours ?
Elle retentit, cette
clameur, en millions de voix qui
protestent devant le silence de
Dieu. Tu n’entends pas crier contre
la violence et tu ne délivres pas !
Ce n’est pas le seul endroit de la
Bible où l’homme se révolte contre
son sort et contre la passivité du
ciel. Les innocents seront-ils donc
toujours les premières victimes
de la brutalité des hommes ?
La souffrance des opprimés crie
vengeance au ciel. Et Dieu se tait.
Patience, répond le Seigneur au
prophète, chaque chose à son
heure. Le juste vivra par sa fidélité.
Prends ta part de souffrance pour
l’annonce de l’évangile, ajoute
saint Paul de sa prison. Et la foi
véritable est capable de transformer
le monde, de planter des arbres
dans la mer,
explique Jésus à ses
disciples. Patience, fidélité, foi,
confiance : autant de variations
autour d’une même attitude de
fond qui nous est demandée.
Comme le prophète, nous crions
vers le Seigneur : Combien de
temps ? Pourquoi ? Pourquoi Dieu
reste-t-il silencieux devant tout ce
mal que nous vivons ?
La réponse à ces interrogations
ne peut venir que de la prière
où nous contemplons Jésus. Il a
connu comme nous des joies et des
peines. Il a ri, il a pleuré, il a pris part
à des noces et à des funérailles. Il
est mort injustement sur la croix. Et
là, il a pris sur lui toutes nos peurs :
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi
m’as-tu abandonné ?
Depuis cette croix, scandale et folie
pour les hommes, la puissance du
mal est vaincue, même si elle semble
encore dominer l’histoire. Car la
croix, pour nous comme pour Jésus,
conduit à la résurrection. Elle est en
fin de compte un cri d’espérance.
Jésus ne nous promet pas d’ôter
la souffrance de nos existences. Il
nous répond en la transformant en
un chemin de lumière. Mais pour
le découvrir, il faut mener une vie
spirituelle. Il faut avoir la foi. C’est
ça notre réponse.
Cette réponse n’est pas facile. Bien
souvent, nous avons l'impression
d’être crucifiés nous aussi. Il faut
toute l'énergie de l'espérance
pour le croire possible. C'est
pour cette raison que l'apôtre
Paul recommande à Timothée et
à chacun de nous de réveiller le
don de Dieu, le don de la foi ; il
veut nous aider à vaincre la peur
pour témoigner avec courage de
l'espérance qui nous anime. Nous
ne devons pas craindre de rendre
témoignage à notre Seigneur.
L'évangile du Christ doit être reçu
et proclamé dans le monde entier
de génération en génération.
C’est pour cela qu’avec les Apôtres
nous demandons au Seigneur :
Augmente en nous la foi ! La foi
qui est la force de Dieu qui nous
accompagne et nous donne le
courage de faire face à la vie et aux
problèmes qui se présentent. Sans
nous soustraire aux intempéries,
elle nous aide à passer à travers la
tempête. La foi, grâce à laquelle
nous gardons le contact avec Dieu,
notre compagnon de voyage, et
nous savons que nous ne serons
pas seuls à faire face aux difficultés.
Voici que je suis avec vous pour
toujours, jusqu’à la fin du monde
(Mt 28,20). La foi qui est comme
une boussole qui nous indique la
direction à suivre avec la garantie
que Dieu marche avec nous.
Nous croyons peut-être que nous
n’avons pas beaucoup de foi. Le
Christ nous dit : commencez avec ce
que vous avez ; ensuite, organisez-
vous pour la faire grandir… par la
prière, la méditation, l’engagement
dans la paroisse ou dans des
groupes de bénévoles ; donnez de
votre temps et utilisez vos talents
pour aider les autres… et vous
verrez que votre foi grandira.
Cette foi que nous avons, nous
devons aussi la transmettre aux
autres, surtout aux enfants, aux
petits-enfants… Transmettre cette
façon de vivre, cette attitude vis-
à-vis de la vie, cette manière de
comprendre ce qui se passe et qui
nous permet de donner un sens à
notre vie. Nous pouvons constater
avec regret qu'il n'y a pas eu de
véritable transmission de la foi chez
nous ces derniers temps. Les enfants
ne reçoivent plus ce don de leurs
parents et de leurs grands-parents.
Comme toute vie, la foi a besoin
de « transmetteurs » pour se
perpétuer. Elle a aussi besoin d'un
environnement favorable pour se Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
8 (suite en page18)
Page 9
R
égulièrement, la chancel-
lerie de l’archevêché reçoit
des courriers de personnes
qui demandent à ce que l’inscrip-
tion de leur baptême soit effacée
des registres de catholicité sur
lesquels le baptême est inscrit, l’acte
étant signé par le ministre célébrant
(prêtre ou diacre), le parrain et la
marraine de l’enfant, du jeune ou
de l’adulte qui a été baptisé. La
motivation de cette demande est
l’appartenance à une autre religion que la religion catholique depuis la
célébration du baptême.
L’Eglise a toujours refusé d’effacer
les actes écrits d’un baptême.
Elle accepte d’écrire en marge de
l’acte que la personne a renoncé
à son baptême et d’expédier une
photocopie de l’acte ainsi modifié
au demandeur.
Depuis la loi Informatique et
libertés, certaines personnes prétendent avoir le droit de
faire effacer toute mention de
leur baptême. Mgr Stanislas
Lalanne, ancien évêque de
Coutances et Avranches,
devenu depuis quelques mois
évêque de Pontoise, vient de
faire paraître un communiqué
sur la décision de justice de la
Cour d’appel de Caen qui fera
désormais jurisprudence.
Voici ce communiqué :
Le diocèse de la Martinique se rallie au
communiqué de Mgr Lalanne qui le
conforte dans sa manière de procéder
lorsqu’il lui est demandé de radier un nom
du registres des baptêmes.
\
Père Gilles Bolle, Chancelier
du diocèse de Martinique
n
Chancellerie
Peut-on annuler un baptême ?
Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
9
Église en Martinique
du 6 octobre 2013 / n°469
« La Cour d’appel de Caen vient
de rendre sa décision dans l’affaire
de la demande de radiation du
registre des baptêmes, jugée en
première instance le 6 octobre
2011 par le Tribunal de Grande
Instance de Coutances. Le
Tribunal ordonnait alors de
procéder à l’effacement définitif
de la mention selon laquelle le
demandeur avait été baptisé, et ce,
par tout moyen. Cette décision, à
mes yeux, n’était pas admissible.
J’étais alors directement concerné
et mis en cause en tant qu’évêque
du diocèse de Coutances et
Avranches. J’avais donc décidé
de faire appel de cette décision.
La Cour d’appel de Caen infirme
aujourd’hui la décision du Tribunal
de Coutances.
D’une part, les magistrats ont
reconnu que la tenue des registres
de baptême correspond à une
finalité légitime dans le cadre
de la loi Informatique et libertés.
D’autre part, les magistrats ont
conclu qu’il n’y avait pas, pour
cet évènement public qu’est le
baptême, atteinte à la vie privée.
En effet, le registre n’est pas
accessible aux tiers et la divul-
gation de l’information est au
surplus le fait du seul intéressé.
C’est bien ce que je souhaitais
faire entendre en 2011. Bien
sûr, l’Eglise restera à l’écoute
des personnes qui veulent faire
une démarche en vue d’obtenir
la radiation de leur nom des
registres de baptême : l’Eglise
continuera, comme auparavant,
à accéder à leur souhait en
apposant à proximité de leur
nom, sur le registre des baptêmes,
une mention qui en atteste.
L’Eglise accueille de façon
compréhensive ces demandes et
respecte la liberté de cheminement
de ces personnes. Mais elle se doit
aussi d’honorer le sens fondateur
et essentiel de l’acte de baptême.
C’est l’attitude qu’elle a eue avec
le demandeur de la Manche.
Elle ne peut pas lui dire : « Oui,
votre baptême n’a pas eu lieu ».
C’est impossible ! Le baptême,
pour les chrétiens, est une
nouvelle naissance dans la vie du
Christ. Cet évènement, d’ordre
spirituel, est aussi un acte humain
et historique, vécu par plusieurs
personnes qui en ont donc été
partie prenante ou témoins.
Je suis d’autant plus satisfait de
la décision de la Cour d’appel de
Caen que celle-ci pourra permettre
de répondre aux interrogations
d’autres diocèses confrontés à des
questions similaires ».
Le baptême, pour les chrétiens, est une
nouvelle naissance dans la vie du Christ.
Cet évènement, d’ordre spirituel, est aussi un acte humain et historique, vécu par
plusieurs personnes qui en ont donc été partie prenante ou témoins.
Cette question a été posée au père Gilles Bolle, chancelier de notre diocèse.
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Dossier : La mission
Ce dimanche 22 septembre 2013 fut pour les catéchistes, animateurs du
cheminement et du catéchuménat, un moment fort. En effet, ils ont été très
nombreux à répondre à l’invitation du Service diocésain de la catéchèse pour la
messe d’envoi en mission, présidée par Mgr Michel Méranville\
.
Envoi en mission
des catéchistes
U
ne célébration très festive
et pourtant très simple,
tant il est vrai que toute
beauté véritable est synonyme de
simplicité.
Dès l’accueil, il nous a été remis
un tablier au centre duquel figure
le logo de l’Année de la Foi, cette
barque, frêle en apparence,
conduite par le Seigneur lui-même.
Avec la procession d’entrée, le
ton était donné avec le chant :
Ubicumque et semper evangelium.
La présence de nombreux prêtres
a été très appréciée, signe de la
nécessaire collaboration entre
pasteurs et fidèles afin de mieux
annoncer Jésus et qui renforce
et actualise l’objectif du projet
pastoral diocésain : Etre ensemble
le Corps du Christ pour le salut
du monde.
Après la communion, le diacre
Jean-Paul Levif a été invité par
l’Archevêque à nous entretenir sur
le thème brûlant de la
théorie du
genre. Cette intervention, bien que
synthétique, fut écoutée de façon
très attentive par tous et nous
sommes avides de nous retrouver
pour un développement sur ce
projet qui constitue un véritable
danger, particulièrement pour
les jeunes. Dans l’attente, nous
avons reçu mission de demeurer
fortement unis dans la prière.
Voilà qu’arrive le temps de l’envoi
en mission proprement dit, ponctué
d’un geste fort : l’Archevêque invite
chacun à revêtir son tablier, nous
rappelant le geste de Jésus aux pieds
de ses disciples le soir du Jeudi saint.
Moment d’intense émotion où tous,
de l’Archevêque aux techniciens,
ont noué leur tablier, signe de notre
engagement de baptisé au service
de l’annonce de Jésus.
En guise de conclusion, voici un
extrait du chant d’entrée : Annoncer
l’Evangile est ma vie, une charge
que Dieu m’a confiée ; sa Parole a saisi mon cœur, l’annoncer en
tout temps, il n’est d’autre bonheur.
Rendons grâce à Dieu de nous avoir
embauchés à sa vigne. Merci à notre
Archevêque de nous affermir dans
notre engagement. Nos prières
accompagnent le Service diocésain
de la catéchèse.
Un groupe de catéchistes
de De Briant
n
Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
10
Cette messe d’envoi portait véritablement son nom. Je l’ai vécue
comme un envoi de Dieu en mission. Le geste qui m’a le plus
marquée lors de cette eucharistie, c’est la remise des tabliers
imprimés au logo de l’Année de la Foi. A ce moment précis, rien
qu’en nouant le tablier, j’ai eu conscience de la mission de foi à
laquelle Dieu m’appelait. Et je n’ai eu aucune hésitation. Pour\
moi, c’est : « Oui, Seigneur ». J’ai surtout retenu le messa\
ge
de notre archevêque qui nous a rappelé la signification de ce
tablier : nous sommes au service de la foi, au service de nos
frères, au service des enfants dont nous avons la responsabilité.
En tant qu'animatrice de l'Eveil à la Foi, je me mets au service
des bouts de chou pour être un vecteur par lequel Dieu pourra
transmettre son message. Servir avec amour et humilité, tel sera
mon leitmotiv pour cette année pastorale.
Katia
"Désormais, ce sont des hommes que tu prendras"
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Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
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Je suis catéchiste parce que j’ai envie de
partager ce que j’ai reçu, que je reçois
et qui me fait vivre. Personnellement,
je trouve que Dieu est toujours à
découvrir de différentes manières, que
ce soit par des témoignages de vie, des
paroles reçues, partagées, des écrits,
des formations... Mais au cœur, il y a
pour moi l’Evangile, Jésus qui, par sa
Parole et sa Vie, nous apprend à aimer
en vérité.
Notre évêque nous a envoyés en
mission et, par cet acte, il m’a
encouragée dans l’engagement que
j’ai pris voilà déjà sept ans. Il m’a
donné des forces et m’a éclairée pour
le chemin qui s’ouvre devant moi au
seuil de cette année qui commence.
Eliane
Je salue tout d’abord la volonté de
notre évêque de réunir les deux
Services diocésains (Catéchèse et
Catéchuménat) pour montrer l’unité
de l’Eglise locale et témoigner
ensemble, dans une même ferveur,
de la Parole de Dieu à tous.
C’est avec beaucoup d’émotion que
j’ai franchi le palais des sports en
voyant ce lieu rempli de frères et de
sœurs unis pour une même mission :
Evangéliser. J’ai été saisie par le
chant qui accompagnait l’arrivée des
participants : Ubicumque et semper
Evangelium et particulièrement
le troisième couplet : Annoncer
l’Evangile est ma vie, une charge
que Dieu m’a confiée ; sa Parole a
saisi mon cœur, l’annoncer en tout
temps, il n’est d’autre bonheur. Par ces paroles qui sont une vérité dans
ma vie, le Seigneur m’a, de nouveau,
touchée pour cette belle mission.
Quelle joie de voir tous ces baptisés,
adultes et jeunes, engagés en enfants
de lumière, dire au Seigneur, d’une
seule voix, sachant que la tâche
est difficile aujourd’hui : « Oui !
J’accepte de prendre le tablier, avec
les pasteurs ordonnés, pour servir à
la suite de Jésus ».
Je suis repartie de la célébration
plus forte et confiante pour dire aux
personnes que j’accompagne que
Jésus est Maître de tout, c’est Lui
que nous devons connaître et aimer
car il nous aima le premier.
Mariette
… tous les participants revêtent le tablier de service
A l'invitation de l'Archevêque…
Diacre Pierre Valey, délégué
de l'Evêque à la catéchèse
Vue d'ensemble Joie du service
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Dossier : La mission
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J’ai soixante-dix-sept ans et
annoncer l’évangile, c’est
mon devoir de chrétien. J’ai
convaincu quelques membres
(six à sept personnes) de
l’équipe du rosaire à laquelle
j’appartiens de la nécessité d’un
témoignage évangélique de la
charité envers les personnes
seules et les malades. Dans
les quartiers de Bélème et
Belfort où nous habitons, nous
faisons beaucoup d’efforts pour
créer une communauté plus
conviviale et plus fraternelle.
Nous portons une attention
particulière aux personnes :
si nous ne les voyons pas à la
messe, nous essayons de savoir
si elles ne sont pas malades.
Si c’est le cas, nous allons les
visiter. Nous nous donnons rendez-vous le mercredi après-
midi à la chapelle de Bélème
où nous commençons par prier
ensemble. Puis, nous partons
à pied au domicile de ceux et
celles que nous avons prévenus
de notre visite. Généralement,
la famille de la personne malade
nous attend avec elle. Nous
prenons le temps d’échanger
des nouvelles puis nous prions
et nous chantons pendant
environ vingt minutes. Vient
alors le moment de la lecture
de la Parole de Dieu que nous
avons entendue à la messe le
dimanche. Nous retransmettons
ce qu'a dit le prêtre dans son
homélie et nous échangeons
autour de cette Parole. Nous
prenons ensuite un temps pour
parler de l’actualité de la paroisse à l’aide du bulletin paroissial
que nous leur remettons. Nous
proposons le dernier numéro
de
Eglise en Martinique à
ceux qui ne l’ont pas encore
et les feuillets du rosaire qui
nous donnent l’occasion d’un
partage. Souvent, nous leur
apportons un petit présent.
Quand nous partons, nous
leur disons toujours le nom du
prochain malade visité, en leur
demandant de prier pour nous
afin de nous aider à continuer
notre mission. Ainsi, nous
arpentons infatigablement les
chemins des quartiers Bélème et
Belfort en ayant soin de rendre
compte au curé de la paroisse.
Valentine
Annoncer l’évangile : une nécessité
Dans le cadre de la Journée mondiale des missions et dans le prolongement de
l'envoi en mission des catéchistes, deux chrétiennes nous disent c\
omment elles
vivent l'aspect missionnaire de leur baptême dans leur environnement immédiat.
J’ai accepté de me lancer dans
cette aventure qu’est la décou-
verte de la foi avec les enfants
pour rendre témoignage de ce
que nous croyons.
L’envoi en mission des caté-
chistes du diocèse par l’évêque
montre la place importante
qu’occupe la transmission de la
Parole de Dieu, non seulement
aux enfants mais également
aux adultes catéchumènes. C’est Jésus lui-même qui nous
apprend l’amour de Dieu pour
les hommes, par son Esprit
Saint et par l’exemple de sa vie,
de sa mort et de sa résurrection.
Nous ne sommes que des ins-
truments et des intermédiaires
dans cette œuvre catéchétique
du Seigneur. C’est une véritable
mission à laquelle prennent part
de nombreux catéchistes.
Nadiège
Ce que j’ai retenu de l’envoi en
mission des catéchistes, c’est
que Jésus Christ est au cœur
de la catéchèse et la mission
essentielle du catéchiste est
d’annoncer l’Evangile, la Bonne
Nouvelle aux hommes : Dieu les
aime ; Jésus, le Fils de Dieu, est
mort, il est ressuscité ; son Esprit
est à l’œuvre dans le monde et les
hommes sont appelés à devenir
fils de Dieu.
La catéchèse m’a inscrit dans une
aventure que je ne maîtrise pas !
Ce que je vis avec les enfants a
rejailli sur ma vie tout entière
et c’est comme cela que j’ai
découvert le bonheur qu’il y a à
transmettre et à partager sa foi !
Etre au service de la catéchèse
est une expérience personnelle
et spirituelle forte, qui met
davantage à l’écoute des autres et
de Dieu.
Jocelyne
* * * * *
Exemplaires des fanions réalisés en district
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13
Dans notre paroisse, après la
cinquième année de catéchisme,
nous devons nous inscrire dans
une pastorale pour la découvrir.
Moi, j’ai choisi de découvrir la
liturgie, avec l’atelier art floral.
Pendant une année, un samedi
matin sur deux, nous étions un
petit groupe de cinq jeunes avec
une animatrice à la chapelle de
Jeanne d’Arc pour réaliser des
bouquets. On commençait par
prier, après on écoutait la Parole
de Dieu. Ensuite, chacun de nous
disait comment cette Parole le
touchait et on essayait d’exprimer
ce qu’on avait entendu avec des
fleurs et de la verdure.
Notre animatrice nous a expliqué
que Jésus est témoin de l’amour
de Dieu pour tout le monde et
surtout pour les petits, les pauvres,
les malades ; que nous aussi nous
devions nous rapprocher des
personnes pauvres et malades si
nous voulions faire la volonté de
Dieu. Notre groupe a donc décidé de ne
pas garder les bouquets que nous
faisions, mais de les offrir à des
personnes de notre secteur qui ne
sortaient plus de chez elles, même
pas pour aller à la messe, parce
qu’elles étaient malades. Nous
avions fait une liste des personnes
malades dans le secteur. Notre ani-
matrice nous a dit que nous ne de-
vions pas choisir la personne à qui
nous voulions rendre visite, mais
qu’il nous fallait préparer notre
cœur en priant pour accepter le
nom qui serait tiré au sort. Quand
ce fut mon tour, je suis allée chez
une dame âgée avec mon anima-
trice. J’ai prié avec elle, ensuite
je lui ai lu l’évangile qu’on allait
entendre le lendemain à la messe.
La mamie était très contente. Elle
m’a posé quelques questions :
dans quelle classe j’étais, est-ce
que j’étudiais bien à l’école. Elle
m’a dit qu’il fallait que je conti-
nue comme ça. Elle a voulu que
je récite une dizaine de chapelet avec elle et
elle a chanté
un chant à
Marie que je
ne connais-
sais pas. C’était
une mamie très
gentille. Elle
m’a dit que
quand elle avait
mon âge, elle
était dans un
groupe qui priait
la Vierge Ma-
rie. Maintenant, je prie toujours
pour elle quand je fais ma prière,
c’est comme si elle était de ma
famille. Parfois, quand je suis à
la messe, je pense à elle aussi et
je dis dans mon cœur une prière
pour elle. Je voudrais bien conti-
nuer à faire une activité qui me
fasse plaisir et qui fasse plaisir à
d’autres personnes comme cette
mamie.
Maud, 13 ans
Ecouter la Parole de Dieu et la garder
* * * * *
La PastoraLe diocésaine de La santé
invite :
Les professionnels de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, kinésithérapeutes,
assistantes sociales, psychologues, personnels administratifs, agents hospitaliers, etc.) - les
visiteurs de malades - les référents de paroisses - les ministres extraordinaires de la communion
à la messe de rentrée de la Pastorale de la santéqui sera présidée par Mgr Michel Méranville
le dimanche 13 octobre 2013, à 15 heures, à l’église e mmaüs de rivière-roche.
Communiqués Fête des FaMiLLes 2013
La 9 ème édition nationale de la Fête des Familles 2013 organisée par les aFc
se tiendra le dimanche 6 octobre 2013, dès 8h, à la paroisse de s aint-christophe,
en présence de Monseigneur Gaston Jean-Michel.
C’est avec une grande joie que nous accueillerons toutes les familles. Occasion de se retrouver en
famille et entre familles pour partager un moment convivial et dire ensemble : « C’est quand même
beau d’avoir une famille ! Merci la famille ! »
Programme : Messe à 8h30 - Pot de l’amitié - Mise à l’honneur de Monseigneur Gaston J\
ean-Michel -
Déjeuner festif - Après-midi festive.
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Dossier : La mission
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14
L’Eglise a proclamé patronne des missions sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et
de la Sainte Face, plus communément appelée sainte Thérèse d\
e Lisieux. Ce
qui est surprenant, c’est que cette sainte était une religieuse cloîtrée dans un
monastère du carmel.
Sainte Thérèse de Lisieux
Patronne des missions
M
ais au fait, que signifie
l’expression « patronne
des missions » ?
Au préalable, rappelons-nous ce
que nous affirmons dans le credo :
« Je crois… à la communion des
saints ». Autrement dit, même si les
saints ne sont plus physiquement
avec nous sur terre, ils demeurent
en communion avec nous et donc
intercèdent auprès du Seigneur
pour nous.
Lorsque l’Eglise déclare sainte
Thérèse de Lisieux patronne
des missions, elle lui demande
d’intercéder particulièrement pour
la mission et donc pour toutes les
missions.
En somme, cela pourrait se traduire
ainsi : « Sainte Thérèse, puisque tu
étais animée par un immense désir
d’évangéliser durant ta vie, nous te
demandons de prier pour toutes les
activités missionnaires du monde ».
L’Eglise, en fait, prend en compte
ce qui était un trait fondamental de
la personnalité de sainte Thérèse.
Rappelons que Thérèse Martin est
née le 2 janvier 1873 à Alençon,
dernière d’une fratrie de neuf
enfants. Elle perdit sa mère à ses
4 ans. Elle manifesta le désir d’entrer
au carmel de Lisieux à 14 ans et
c’est le 9 avril 1888 qu’elle y entra.
Elle y resta jusqu’à sa mort, le 30
septembre 1897. Elle avait 24 ans !
Thérèse, toute vibrante de
l’amour du Christ, avait voulu
annoncer l’Evangile dans le
monde entier. Pourquoi ne pas
devenir missionnaire ? Partir, par
exemple au carmel de Saïgon, au
Vietnam ? Une fois encore, c’est
dans la Parole de Dieu, méditée
nuit et jour, que Thérèse trouve
la réponse :
Tous ne peuvent être
apôtres, prophètes, docteurs. Elle
a compris. L’Amour, écrit-elle,
renferme toutes les vocations.
Dans le cœur de l’Eglise, ma mère,
je serai l’Amour (cf. 1 Corinthiens,
chapitres 12 et 13).
Bientôt, sa supérieure lui confie
deux missionnaires, les pères
Bellière et Roulland, qu’elle
soutiendra par la prière.
C’est ainsi qu’une jeune carmélite
cloîtrée deviendra la sainte
patronne des missions en 1927.
Elle partage ce titre avec saint
François-Xavier, jésuite missionnaire
(+1552), canonisé en 1662.
L’Eglise a donc déclaré patrons des
missions un missionnaire et une
contemplative. En cela, elle nous
enseigne que la mission n’est pas
uniquement de se rendre sur le
terrain et d’annoncer le Christ, mais
aussi qu’elle prend sa source dans
une vie donnée à Dieu, une vie
enracinée dans la prière, marquée
par le désir que le nom de Jésus soit
répandu dans les cœurs.
Choisir une carmélite comme
patronne des missions en dit
long sur l’implication de nos vies
particulières sur la vie de l’Eglise
en général. Cela signifie que là où
je suis, je suis capable de porter
le monde grâce à mon union au
Christ. Or, la mission est l’œuvre
de l’Esprit Saint. Pour que cette
union au Christ soit au service de
la mission, rien de mieux que de
demander le soutien de l’Esprit
Saint : En nos cœurs, répands
l’amour du Père (Veni Creator).
P. Christian Catayée,
curé du Robert
n
Sainte Thérèse de Lisieux Vitrail de saint François-Xavier
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15
Vie du diocèse
Le père Philibert Madrandélé est arrivé en Martinique le samedi 7 septembre
2013 afin de prêter main-forte à notre diocèse. Notre archevêque, Mgr Michel
Méranville, l’a présenté à son presbyterium lors de la rentrée pastorale des prêtres
et des diacres au Foyer de Charité de Trinité, le mardi 10 septembre dernier. Le
père Philibert a accepté de se présenter aux lecteurs de Eglise en Martinique.
Bienvenue, père Philibert !
Eglise en Martinique : Père,
d’où venez-vous ?
Père Philibert : Originaire de
la République Démocratique du
Congo, je viens du diocèse d’Isiro-
Niangara. Né le 21 avril 1966, j’ai
été ordonné prêtre le 21 août
1994.
EeM : Quel évêque vous a
ordonné ?
P. Ph. : A l’époque de notre
ordination – nous étions quatre
à être ordonnés le même jour – le
siège épiscopal d’Isiro-Niangara
était vacant ; un administrateur
diocésain gérait les affaires
courantes. C’est Mgr Richard
Domba Mady, du diocèse voisin de
Dungu-Duruma, qui nous a imposé
les mains. Il y a dix-neuf ans.
EeM : Quel a été votre parcours
jusqu’à ce jour ?
P. Ph. : Après mon ordination, j’ai
reçu la mission de formateur au
Petit Séminaire – collège et lycée
pour futurs prêtres – pendant
sept ans. Après cette première
expérience pastorale, mon évêque
m’a nommé directeur de notre
radio diocésaine, Radio Boboto
(qui signifie Radio de la paix, en
langue locale), qui émet depuis
2001. J’ai accompli cette mission
encore sept ans durant.
La mission m’a appelé à avancer
au large. A la demande de mon
évêque, je suis parti pour la France
afin de poursuivre une formation
théologique à l’Institut Catholique
de Paris, ciblée sur le dialogue
interreligieux. J’ai demeuré à Paris
de 2008 à août 2013. Pendant tout
ce temps, j’étais étudiant à temps
complet, accueilli successivement
dans les diocèses de Paris, Saint-
Denis, Beauvais et Nanterre.
EeM : Comment l’Esprit Saint
vous a-t-il conduit jusqu’à nous ?
P. Ph. : J’ai connu la Martinique
à travers l’Association Pèlerins
d’Outre-Mer,
dont j’ai été
accompagnateur. Plusieurs de
ses membres m’ont encouragé
à venir servir ici, en Martinique.
J’ai fait part à mon évêque,
Mgr Julien Andavo Mbia, de
cette volonté missionnaire. Ayant
discerné les choses pour le bien de
sa vigne, contact a été pris avec
l’Archidiocèse de Saint-Pierre et
Fort-de-France.
EeM : Dans quelle paroisse se
fera votre insertion pastorale ?
P. Ph. : Je suis nommé vicaire sur
les paroisses de Macouba, Basse-
Pointe, Ajoupa-Bouillon et Grand- Rivière. Avec résidence sur cette
dernière paroisse.
EeM : Comment envisagez-vous
votre mission aujourd’hui dans
notre diocèse ?
P. Ph. : Mon grand désir est de
m’insérer en pastorale paroissiale.
Je voudrais apporter ma modeste
contribution en œuvrant, tant soit
peu, pour la gloire de Dieu et le
salut de son peuple qui appartient
à l’Eglise de Jésus Christ dans
cette partie du monde, dont
l’enthousiasme et l’hospitalité sont
très encourageants. Si le Seigneur
m’en accorde la grâce…
EeM : Pourriez-vous nous
partager brièvement quelques
données de l’Eglise en République
Démocratique du Congo ?
P. Ph. : Mon pays est très étendu ;
nous avons quarante-sept diocèses.
Les chrétiens forment la majorité de
la population, dont plus de la moitié
est catholique. Dans mon diocèse, le
presbyterium compte une centaine
de prêtres, plutôt jeunes.
En ce qui concerne la situation
politique, c’est l’instabilité et la
problématique sécuritaire qui sont
préoccupantes. Je suis arrivé dans
une Martinique plus sereine.
Que Dieu bénisse la Martinique
qui m’accueille et que la prière
de cette Eglise particulière monte
vers Dieu comme un encens pour
obtenir la paix en République
Démocratique du Congo.
Propos recueillis
par le père Luc Philippon, D.E.I.
n
P. Philibert Madrandélé
Page 16
Formation
C’est le thème retenu pour l’année 2013-2014 dans le cadre de la formation
diocésaine.
La liturgie
R
égulièrement, les chrétiens
se retrouvent pour vivre
des célébrations dites
liturgiques. Certaines sont vécues
dans la joie, d’autres dans la
tristesse ; d’autres encore sont
de véritables solennités comme
Noël et Pâques. Ces deux grandes
fêtes sont précédées d’un
temps de préparation intense,
respectivement l’Avent et le
Carême.
Mais que se passe-t-il vraiment
durant ces rencontres ? Et
d’ailleurs, qu’est-ce que la
liturgie ? Quel rôle joue-t-elle dans
notre existence ? Ces célébrations, qui reviennent
pour la plupart chaque année,
accordent une place importante à la
Parole de Dieu, lue et commentée ;
laquelle nous éclaire davantage sur
le mystère du salut révélé en Jésus
Christ. Un certain nombre de rites
rappellent ses gestes dans l’Evangile.
Ainsi, les liens entre le Christ et la
liturgie semblent plus qu’étroits.
Mais qu’en est-il vraiment ? Que dit
le texte conciliaire à ce sujet ?
On retrouve également des éléments
qui ne sont pas sans rappeler la
piété juive : les bénédictions,
par exemple. Est-ce à dire que la
liturgie chrétienne aurait puisé
dans la liturgie juive ? Comment ?
Dans quelle proportion ? Y
aurait-il d’autres sources d’après
le témoignage des Ecritures ? Bref,
que dire du rapport entre Bible et
liturgie ?
Comme les années précédentes,
nous aborderons notre thème
sous plusieurs angles :
- Aspect dogmatique : présentation
de la liturgie selon le concile Vatican
II (Sacrosanctum concilium).
- Enquête biblique.
- Anthropologie du rite : le sens
du rite en général et en liturgie
chrétienne.
- Quelques repères canoniques.
Par ailleurs, une rencontre autour
des psaumes sera proposée vers la
fin du mois de décembre. Elle sera
animée par le doyen de la faculté de
théologie de Lyon, le père Bertrand
Pinçon, bibliste spécialisé dans les
textes de la Sagesse et les psaumes.
Les plus téméraires pourront suivre
un cours de grec biblique dispensé le lundi soir au couvent de Cluny, à
partir de 18h. Pour de plus amples
informations, contacter le Service
Formation au 06 96 04 53 00.
A retenir enfin, pour ceux
qui seraient intéressés, une
intervention du père jésuite Michel
Roger, durant les jours gras 2014,
sur l’accompagnement spirituel de groupes et la conversation
spirituelle à l’école d’Ignace
de Loyola. Sur ce dernier point,
des précisions seront apportées
ultérieurement.
P. Hugues Lafine
Délégué de l’Evêque à la Formation
n
Planning des formations :
Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
16
Dates
Centres 16, 23 et 30 octobre
13 novembre
20 et 27 novembre
11 et 18 décembre 15 et 22 janvier
5 et 12 février 30 avril
7, 21 et 28 mai
Saint-Pierre Sacrosanctum
concilium Repères
canoniques Bible et liturgie Anthropologie du rite
Bellevue Anthropologie du rite Sacrosanctum
concilium Repères
canoniques Bible et liturgie
Rivière- Salée
Bible et liturgieAnthropologie du rite Sacrosanctum
concilium
Repères
canoniques
Sainte-Marie Repères
canoniques Bible et liturgie
Anthropologie du rite Sacrosanctum
concilium
Page 17
H
alte à la violence en tout
genre !
C’est bien de le
dire mais, effectivement,
qu’est-ce que cela change ? Nous
vivons dans une société qui est
de plus en plus « galère » pour
les plus faibles et surtout pour les
jeunes.
- Nous comptons 62% de jeunes
qui n’ont pas d’emploi.
- Les centres de formation
et de rattrapage scolaire se
multiplient, mais pour quel
emploi au bout du
processus ?
- De plus en plus
de personnes en
précarité ne par
-
viennent pas à se
loger. Les loge -
ments sociaux ou
résidences sociales
sont insuffisants.
- Nous pouvons
y ajouter le mal
vivre d’un certain nombre de
mères de famille qui doivent
affronter seules les difficultés
auxquelles elles se heurtent
chaque jour.
- Le commerce de la drogue est
juteux : il annihile les uns et
enrichit les autres, non sans
risques. Dans quelle mesure
n’est-il pas aussi une soupape
de sécurité pour certains ?
- L’augmentation des prix
redevient galopante et nous
ne savons pas restreindre
notre consommation.
Un constat important : les pauvres
sont à nos portes, les voyons-
nous ? Une parabole de Jésus
nous invite à vaincre
notre cécité. Il s’agit de
celle qui met en scène
le riche et le pauvre
Lazare (Lc 16,19-31).
Le reproche adressé au
riche
et qui le conduira
à sa perte, c’est de ne
pas avoir VU le pauvre
Lazare en souffrance et
donc de N’AVOIR RIEN
FAIT.
En mission pour la nouvelle
évangélisation, nous avons à
prendre nos responsabilités pour
davantage de justice dans ce
monde. Les lettres encycliques
des derniers papes – Populorum
progressio, Sollicitudo rei socialis,
Centesimus annus – sont à relire
et à travailler. Elles nous donnent
des possibilités pour mieux gérer
notre société. A la paroisse de
Bellevue, nous en étudierons les
grandes orientations le lundi soir à
18h, dans le cadre de la formation
pour la nouvelle évangélisation.
La nouvelle évangélisation a aussi
pour but de mettre en place dans
l’Eglise sa doctrine sociale que
nous connaissons si mal. C’est devenu un leitmotiv
de dire que nous sommes
en temps de crise :
chrétiens, ensemble, en
Eglise, apportons notre
pierre de construction
d’une Martinique où
puisse se développer
davantage de justice.
Prenons les moyens nécessaires
pour faire advenir un bonheur
durable et non des satisfactions
éphémères qui nous empêchent
de VOIR les réalités de la vie.
C’est à ce prix que nous pourrons
éviter que les situations sociales
s’enveniment et débouchent sur
une explosion que nous aurons
bien du mal à canaliser. L’heure est
donc à la prudence, à la sagesse, à
la recherche d’un équilibre pour un
mieux vivre dans le respect des uns
et des autres, en mettant l’accent
sur le partage avec les plus faibles.
La paix sociale en dépend.
P. Gilles Bolle,
Curé de la paroisse de Bellevue
n
Société
Attention à l’explosion sociale
Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
17
Quand nous écoutons les actualités télévisées et que nous lisons les journaux,
nous ne sommes pas satisfaits. Nous sommes aux antipodes du message de
bonheur que nous adresse Jésus. Comment pourrions-nous être heureux quand
nous constatons que des jeunes s’entretuent. Les micros-trottoirs donnent la
parole à des passants ou des gens du voisinage qui répondent à cha\
ud avec
émotion. Dans ces circonstances, l’affectif prédomine sur le rationnel.
Page 18
Vers la vie
Sœur François-Xavier Jouan
(1 er janvier 1928 – 8 septembre 2013)
L
ucie, Timoléon,
Cécile Jouan est
née le 1
er janvier
1928 au Lorrain.
De ses parents, elle a reçu
une bonne formation
chrétienne et une
grande dévotion pour
la Vierge Marie. Depuis
sa tendre enfance, elle a
été membre actif au sein
de divers mouvements
d’action catholique de
sa paroisse. Jeune, elle
avait un attrait particulier
pour les enfants auxquels
elle cherchait à inculquer
un grand amour pour la
Mère de Dieu.
Le 7 octobre 1952, elle
fait son entrée dans
la Congrégation des
Sœurs de Saint Paul de
Chartres. Le 2 février
1955, elle reçoit l’habit
et s’appelle désormais
Sr François-Xavier. De
1957 à 1996, elle œuvre
au chevet des malades
dans divers hôpitaux
de Guadeloupe (Marie-
Galante), Martinique
(Saint-Esprit et Marin) et
Guyane (Cayenne).
Retraitée et de retour
à la Martinique, elle se
rend disponible dans
les activités paroissiales
(Bellefontaine, Carbet,
Trinité, Morne-Rouge),
ainsi qu’au Centre
Emma Ventura et à la
Maison provinciale, se
dévouant pour lancer
ou faire revivre la
Jeunesse Mariale dans
ses différents lieux
d’apostolat.
Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
18
développer. Cet environnement,
c'est la famille. C'est aussi la
communauté chrétienne. La foi
ne peut se transmettre seulement
à travers les cours d'instruction
religieuse. Elle doit se présenter
à la jeune génération à travers
la vie collective, les rites répétés,
les manifestations populaires
de la communauté de foi.
L’individualisme actuel a tendance
à étouffer et à faire disparaître
notre mémoire collective. Dans la vie, nous rencontrons des
difficultés, des problèmes. Nous
crions vers le Seigneur et Lui, il
nous invite à regarder son Fils
crucifié à cause de notre mal. Mort
mais Ressuscité. C’est Lui notre
espérance. C’est en Lui que nous
mettons notre confiance. C’est
en Lui que nous croyons. Sur ce
chemin, nous ne sommes pas seuls.
La foi est un don accueilli et nourri
dans une communauté : l’Église
de Jésus, le Christ, qui découvre
jour après jour sa présence dans
les Écritures, dans le Pain partagé,
dans sa Miséricorde, mais aussi
dans la Croix portée avec Lui pour
le salut du monde.
Seigneur, augmente en nous la foi !
et permets-nous d’être des apôtres
d’aujourd’hui.
P. Grégoire Jagowdzik
Administrateur d’Ajoupa-Bouillon, Basse-Pointe, Grand-Rivière, Macouba
n
C’est à la Maison
provinciale qu’elle nous
quitte pour la Maison du
Père le 8 septembre 2013,
en la fête de la Nativité de
la Vierge Marie.
n
(suite de la page 8)
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L’Evangile par-dessus les toits
31 ans à votre service : 1982-2013
Page 19
Dimanche 6 octobre 2013
L’adoption, une tradition ?
L’adoption est-elle considérée comme un don ou un abandon ? Un enfant peut-il avoir deux
familles ? Doit-il maintenir le lien avec sa famille biologique ? Comment la coutume polynésienne, le « Faamu »
(qu’on peut traduire par « enfants nourris par d’autres ») permet aux enfants de circuler entre leurs parents
et leurs nourriciers sans que cela ne pose problème ? Comment alors se maintient le lien de la filiation ?
Nous recevrons sur notre plateau, Tea, un enfant Faamu. Aujourd’hui père de deux enfants, il nous racontera
comment, à 15 ans, il a découvert du jour au lendemain qu’il avait deux familles.
Nous serons connectés par skype avec Jean-Vital de Monléon, pédiatre à Dijon, qui a fondé la
Consultation
d'Adoption Outremer,
première consultation de France pour l'accueil et l'accompagnement des enfants
adoptés. Il apportera son témoignage d’expert, mais aussi de père de famille ayant lui-même adopté trois
enfants Faamu.
Dimanche 13 octobre 2013
La nature, don de Dieu
La nature est-elle un don de Dieu ? Ecologie et chrétien sont-ils des mots compatibles ? Comment retrouver
le rapport à la terre que nous avons perdu ?
Dieu m’est témoin reçoit cette semaine Lezly Laupen, une jeune et énergique Guadeloupéenne, chef de projet
en développement durable. Fervente catholique, elle nous racontera comment sa foi a guidé ses choix, jusque
dans son parcours professionnel.
Nous serons connectés avec la Martinique et Emmanuel Marie-Luce, qui nous racontera son engagement
dans son association de protection des sources d’eau.
Dimanche 20 octobre 2013
La foi des familles éprouvées
La famille peut-elle résister à toutes les épreuves ? Comment la foi peut-elle être un rempart contre les
difficultés ? Comment, face à l’accident, la détention, la disparition, une famille se reconstruit-elle ? Ce sont
toutes ces situations dramatiques que nous aborderons cette semaine dans
Dieu m’est témoin.
Daniel Hierso viendra nous raconter comment un jour d’août 2005, il apprend par téléphone que ses parents
ont péri dans le crash de Maracaibo, accident qui a endeuillé toute la Martinique, coûtant la vie aux 160
passagers du vol 708 West Caribbean. Il nous parlera de son engagement auprès des familles des victimes et
de son action dans la lutte contre la prévention des accidents aériens.
Toujours en Martinique, nous irons rencontrer les parents de Thierry Dol, jeune ingénieur martiniquais pris
en otage par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) depuis plus de 3 ans. Ses parents, fatigués par l’attente,
prient chaque jour pour le retour de leur fils.
Dimanche 27 octobre 2013
Missionnaires d'hier, missionnaires d'aujourd'hui.
Comment sont arrivés les 1ers missionnaires, outre-mer ? Comment ont-ils annoncé la foi dans les différents
territoires ? Qui étaient-ils ? Comment ont-ils été reçus ? Quelles marques, quelles empreintes ont-ils
laissées ? Quels liens restent-ils ? Qu’ils soient frères du sacré cœur, père mariste, ou sœurs de Cluny, quelle
est aujourd’hui leur mission ?
Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions
Medias
Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469
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Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr
@
Page 20
S eigneur, je voudrais être missionnaire.Malgré ma petitesse,
je voudrais éclairer les âmes,
comme les prophètes, les docteurs, j'ai la vocation d'être Apôtre...
Je voudrais parcourir la Terre, prêcher ton nom,
mais, ô mon Bien-Aimé,
une seule mission ne me suffit pas.
Je voudrais en même tempsannoncer l'Evangile
dans les cinq parties du monde
et jusque dans les îles les plus reculées...
Je voudrais être missionnaire,
non seulement pendant quelques années,
mais je voudrais l'avoir été depuis la création du monde et l'être jusqu'à la consommation des siècles.
Sainte Thérèse de Lisieux (écrit à 23 ans)
