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N° 469 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 6 octobre 2013 Envoi en mission

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Editorial Editorial • Pour un nouvel élan missionnaire Mot de l'Evêque • Soyons de bons anges Eglise universelle • Extraits du Message du Pape François pour la Journée missionnaire mondiale 2013 Droit canonique • Les exorcismes (fin) Liturgie • Parole dominicale Chancellerie • Peut-on annuler un baptême ? Dossier : La mission • Envoi en mission des catéchistes • Témoignages : - Annoncer l’évangile, une nécessité - Ecouter la Parole de Dieu et la garder • Sainte Thérèse de Lisieux Patronne des missions Vie du diocèse • Bienvenue, père Philibert ! Formation • La liturgie Société • Attention à l’explosion sociale Vers la vie • Sœur François-Xavier Jouan Médias numéro 469 numéro 4 69 N° 469 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 6 octobre 2013 Envoi en mission S ommaire DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Édiprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 58697207 Fort de France Cedex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr egliseenmartinique@orange.fr S i, pour des raisons de calendrier, on peut dire que nous approchons du terme de l’Année de la Foi, en réalité, dans les faits, ce temps voulu par Benoît XVI a pour but de fortifier et d’approfondir notre amitié avec le Seigneur et, en conséquence, ne s’arrête pas après la solennité du Christ-Roi. En préambule de son message pour la Journée missionnaire mondiale, le pape François écrit que la foi est un précieux don de Dieu qui ouvre notre esprit afin que nous puissions Le connaître et L’aimer… C’est un don qui n’est pas réservé à quelques-uns mais qui est offert avec générosité. Il ne faudrait pas limiter ce don de la foi à la seule jouissance personnelle : c’est en le partageant avec d’autres qu’il se développe. On peut se rappeler ici ce que Jésus a dit dans la parabole des talents : « Pourquoi n’as-tu pas fait fructifier ce talent reçu ? » Le pape François parle de la nécessité pour les communautés de sortir de leur enclos pour aller vers ceux qui n’ont pas encore eu la possibilité de connaître le Christ. La solidité de notre foi, au plan personnel et communautaire, se mesure à partir de la capacité de la communiquer à d’autres, de la diffuser, de la vivre dans la charité, d’en témoigner auprès de ceux qui nous rencontrent et partagent avec nous le chemin de la vie. Ces paroles fortes du Saint-Père nous demandent de remettre en question notre manière de concevoir et de mettre en pratique notre foi. Il est vrai que, dans la culture ambiante, tout ce qui touche au religieux est renvoyé au domaine privé. Sans tomber dans un prosélytisme qui met mal à l’aise quand on voit la manière dont il est pratiqué par certains, c’est plus par notre manière d’être et d’agir que nous serons crédibles et pourrons être identifiés comme disciples du Christ. L’offrande de notre vie réelle devient, comme l’indique saint Paul : un culte spirituel, saint et agréable à Dieu (Rom 12,1). La tentation, devant les difficultés rencontrées, est de se replier sur soi-même, de se couper de la communauté qui, elle, appelle et envoie pour être témoins du Christ dans le monde. Nous sommes tous envoyés sur les routes du monde pour cheminer avec nos frères, en professant et en témoignant notre foi au Christ (Pape François). Il est vrai que, pour beaucoup d’entre nous, le va-et-vient entre ces deux pôles de notre vie chrétienne – individu et communauté – ne va pas de soi. Au lieu de les vivre dans la tension et la dispersion, essayons de les vivre dans une communion et un esprit de réconciliation. P. Jean de Coulanges n 2 3 Pour un nouvel élan missionnaire 7 Couverture : Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - (Ph : Guy Baubant) (Ph : Guy Baubant) 8 Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - 9 Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - 12 Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - 10 Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - 14 Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - 15 Couverture : Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - 16 19 17 18 4 Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - 1212 Envoi en mission des catéchistes - 22 septembre 2013 - Hall des sports du Lamentin - 13

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Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 33 Mot de l'Evêque Soyons de bons anges L a fête des saints Archanges Michel, Gabriel et Raphaël ras- semble toujours, dans notre île, une foule impressionnante de pèlerins au milieu desquels se distinguent les parachutistes en uniforme qui se réclament de leur saint patron Michel. A cette occasion, quelques voix dubitatives ne manquent pas de demander : « Les anges existent-ils vraiment ou ne sont-ils qu’une invention de l’Eglise ? ». La Bible répond à cette question en mentionnant, déjà dans son premier livre, la Genèse (ch. 16,7), la présence de l’Ange du Seigneur aux côtés de la servante Hagar, pour la réconforter. Dans son dernier livre, l’Apocalypse (chap. 21), la Bible parle d’un ange mesurant les remparts de la Ville Sainte. Tout au long des soixante-dix autres livres qui la composent, la Bible fait état des anges qui manifestent la volonté et la présence de Dieu en de multiples circonstances. Cependant, la meilleure preuve de l’existence des anges nous est donnée par le Seigneur Jésus lui- même. Non seulement il a affirmé leur existence et leur présence au côté de chacun d’entre nous, mais encore, plusieurs fois, il s’est vu proposer leur aide. Un chrétien ne peut donc mettre en doute l’existence des anges. Cependant, les anges ne sont pas des créatures dotées d’un corps comme le nôtre. Ils sont des êtres spirituels et, par conséquent, invisibles. S’ils sont représentés dans notre iconographie comme des humains asexués, dotés d’une paire d’ailes, c’est uniquement grâce au fruit de notre imagination. Les anges n’ont pas besoin d’attri- buts humains pour s’acquitter auprès des hommes de leur mission de messagers de Dieu. Ils tiennent leur nom précisément de la mission qui leur est confiée par Dieu. Angelos signifie en grec envoyé et ce mot est à l’origine du latin angelus qui a donné ange en français. Les anges sont, par définition, des messagers de Dieu. La Bible nous révèle qu’il existe une multitude d’anges et, parmi eux, une hiérarchie au sommet de laquelle se trouvent les « archanges ». Trois de ces archanges sont particulièrement présents dans la Bible et personnifiés : ce sont les Archanges Michel, Gabriel et Raphaël. Michel – dont le nom en hébreu signifie : Qui est comme Dieu – est le prince des anges. Il livre un combat incessant au mal et remporte la victoire finale sur le Diable appelé Satan. Gabriel – qui se traduit par Force de Die u – est le messager par excellence. Celui qui porte à Zacharie l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste et surtout celui qui vient annoncer à la Vierge Marie qu’elle a été choisie par Dieu pour être la Mère du Sauveur. Raphaël enfin – dont le nom signifie Dieu a guéri – personnifie la Providence divine qui accompagne tout homme au long de son itinéraire, comme Raphaël a été la présence tutélaire qui a protégé le jeune Tobie tout au long de sa route semée d’embuches et d’épreuves. Les anges nous accom - pagnent en permanence. Notre ange gardien surtout, auquel il ne nous est pas inter - dit de nous adresser, bien au contraire, pour lui demander conseil, intercession pour nous auprès de Dieu et protection. Les anges sont des compagnons qui nous rassurent et nous encouragent à faire la volonté de Dieu, c’est-à-dire à faire le bien. Ils nous proposent leur exemple, eux dont l’existence consiste à obéir à Dieu et à manifes- ter son amour. Nous avons, nous aussi, reçu la mission d’être des messagers de Dieu. En venant dans ce monde et en donnant sa vie pour nous, le Christ a dit : Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. Le mot mission provient du verbe latin mitto, missum, mittere qui signifie envoyer. Missus, c’est-à- dire envoyé, est étymologiquement synonyme de angelos ou ange. A quelques jours de la Semaine missionnaire mondiale, nous avons besoin de redécouvrir notre vocation d’envoyés et nous devons demander à Dieu de nous donner d’être ses envoyés, porteurs de la bonne nouvelle de sa présence avec nous jusqu’à la fin des temps, témoins de sa bonté et de son amour. On n’est pas chrétien pour soi tout seul. Notre foi doit briser les tours Xxxx

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* * * * * Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 4 Eglise en Martinique Règlement à l’ordr\se de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martiniq\ ue Boîte Postale 586 \b7 207 FORT DE FRANCE CEDEX MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne ! Nom : ........................................................................\ ..................................................................................... Prénom : .......................................................................\ ............................................................................... Adresse : .......................................................................\ ............................................................................... Mail : .......................................................................\ .......................................................................................... Tél. .......................................................................\ ........................... Code Postal .................................. Ville .......................................................................\ ........................................................................................... Mot de l'Evêque (suite) d’ivoire dans lesquelles nous avons le mauvais réflexe de nous réfugier. Nous devons nous préoccuper des autres et leur être solidaires. Quelques exemples, parmi de nombreux autres : A la Martinique la grève des transporteurs publics a duré plus d’un mois et n’est pas terminée, affectant les plus démunis, ceux qui ne possèdent pas de véhicules et qui ne peuvent compter que sur ces transports pour aller au travail, faire leurs courses, se déplacer. Mais comme la majorité des habitants de l’île possèdent un véhicule, on a entendu dire : « Cette grève peut durer aussi longtemps que la guerre de cent ans, elle ne me dérange pas ». Cet état d’esprit peut être transposé dans de nombreux domaines de la vie. Par exemple, des jeunes passent leur temps à arracher les chaînes et les boucles d’oreilles de personnes qui ne peuvent se défendre. Ils vendent le produit de leurs agressions à des bijoutiers malhonnêtes qui ne posent aucune question sur la provenance de ces vols qui affectent sérieusement l’état physique et psychique des victimes. C’est « chacun pour soi » dit-on et on ajoute parfois : « débouya pa péché = débrouillardise n’est pas péché ». Il faut attendre d’être personnellement concerné pour dire que cette situation ne peut durer ! Dans nos cités existent des poubelles, tout est mis en œuvre pour que la Martinique soit propre, évite les épidémies de dengue ou la leptospirose que propagent les rats. Mais c’est plus pratique de jeter ses ordures n’importe où, de se débarrasser sans frais de ses encombrants, à condition de ne pas se faire prendre. Qu’en pensent saint Michel et nos anges gardiens ? Eux qui veulent nous faire sortir de notre égoïsme pour être porteurs, comme eux, de l’amour de Dieu par notre courage, notre altruisme, notre solidarité. Pouvons-nous décemment leur demander de nous protéger, alors que nous faisons le jeu des anges mauvais qu’ils ont combattus ? Il existe, en effet, des anges de malheur à la manière de Satan, « l’accusateur de nos frères », comme l’appelle la Bible. Il y a, heureusement, des anges de bonheur et de paix : ils ont comme émules ces personnes convaincues qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir et qui donnent de leur temps et même de leur argent pour que le bien triomphe de l’indifférence, de la haine, de la violence et de toute forme d’injustice. Que les saints Archanges que nous fêtons nous encouragent à être comme eux des anges de lumière, en étant tout simplement de meilleurs disciples du Christ Jésus. + Michel Méranville, Archevêque n

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1. La foi est un précieux don de Dieu, qui ouvre notre esprit afin que nous puissions le connaître et l’aimer. Il veut entrer en relation avec nous afin de nous faire participer à sa vie même et rendre notre vie davantage pleine de signification, meilleure, plus belle. Dieu nous aime ! La foi demande cependant à être accueillie. Elle demande donc une réponse personnelle de notre part, le courage de faire confiance à Dieu, de vivre son amour, reconnaissants pour son infinie miséricorde. Elle est ensuite un don qui n’est pas réservé à quelques-uns mais qui est offert avec générosité. Tous devraient pouvoir faire l’expérience de la joie de se sentir aimés par Dieu, de la joie du salut ! Et il s’agit d’un don qu’il n’est pas possible de conserver pour soi mais qui doit être partagé : si nous voulions le garder seulement pour nous, nous deviendrions dans ce cas des chrétiens isolés, stériles et malades. L’annonce de l’Évangile est inséparable du fait d’être disciples du Christ et elle constitue un engagement constant qui anime toute la vie de l’Église. L’élan missionnaire est un signe clair de la maturité d’une communauté ecclésiale (Benoît XVI, Exhortation apostolique Verbum Domini, n. 95). Chaque communauté est « adulte » lorsqu’elle professe la foi, qu’elle la célèbre avec joie dans la liturgie, qu’elle vit la charité et annonce sans relâche la Parole de Dieu, sortant de son enclos afin de la porter également dans les « périphéries », surtout à ceux qui n’ont pas encore eu la possibilité de connaître le Christ. La solidité de notre foi, au plan personnel et communautaire, se mesure aussi à partir de la capacité de la communiquer à d’autres, de la diffuser, de la vivre dans la charité, d’en témoigner auprès de ceux qui nous rencontrent et partagent avec nous le chemin de la vie. 2 . L’Année de la Foi, cinquante ans après le début du Concile Vatican II, nous appelle à faire en sorte que l’Église tout entière ait une conscience renouvelée de sa présence dans le monde contemporain, de sa mission parmi les peuples et les nations. Le caractère missionnaire n’est pas seulement une question de territoires géographiques mais de peuples, de cultures et de personnes, parce que justement les « frontières » de la foi ne traversent pas seulement des lieux et des traditions humaines mais le cœur de tout homme et de toute femme. Le Concile Vatican II a souligné de façon particulière la manière dont le devoir missionnaire, le devoir d’élargir les frontières de la foi, est le propre de tout baptisé et de toutes les communautés chrétiennes : Puisque le Peuple de Dieu vit dans des communautés, diocésaines et paroissiales surtout, et que, c’est dans ces communautés que, d’une certaine manière, il se montre visible, c’est aussi aux communautés qu’il appartient de rendre témoignage au Christ devant les nations (Décret Ad Gentes, n. 37). Chaque communauté est donc interpellée et invitée à faire sien le mandat confié par Jésus à ses Apôtres afin qu’ils soient ses témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre (Ac 1,8), non pas comme un aspect secondaire de la vie chrétienne mais comme un aspect essentiel : nous sommes tous envoyés sur les routes du monde pour cheminer avec nos frères, en professant et en témoignant notre foi au Christ et en étant annonciateurs de son Évangile. J’invite les évêques, les prêtres, les conseils presbytéraux et pastoraux, toute personne et tout groupe responsable à l’intérieur de l’Église, à donner de l’importance à la dimension missionnaire au sein Eglise universelle Extraits du Message du Pape François pour la Journée missionnaire mondiale 2013 Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 5 Cette année, nous célébrons la Journée missionnaire mondiale alors que s’achève l’Année de la Foi, occasion importante pour renforcer notre amitié avec le Seigneur et notre cheminement en tant qu’Église qui annonce avec courage l’Évangile. Dans cette perspective, je souhaiterais proposer quelques réflexions.

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Eglise universelle de leurs programmes pastoraux et de formation, ressentant que son propre engagement apostolique n’est pas complet s’il ne comprend pas l’intention de « rendre témoignage du Christ devant les Nations », face à tous les peuples. Le caractère missionnaire n’est pas seulement une dimension programmatique dans la vie chrétienne mais il est également une dimension paradigmatique qui concerne tous les aspects de la vie chrétienne. 3. Souvent, l’œuvre d’évan- gélisation rencontre des obstacles non seulement à l’extérieur mais à l’intérieur même de la communauté ecclésiale. Parfois la ferveur, la joie, le courage, l’espérance que nous mettons dans le fait d’annoncer à tous le message du Christ et d’aider les hommes de notre temps à le rencontrer sont faibles. Parfois, certains pensent encore que porter la vérité de l’Évangile consiste à faire violence à la liberté. Paul VI a des paroles lumineuses à ce propos : Ce serait… une erreur d’imposer quoi que ce soit à la conscience de nos frères. Mais c’est tout autre chose de proposer à cette conscience la vérité évangélique et le salut en Jésus Christ en pleine clarté et dans le respect absolu des options libres qu’elle fera… c’est un hommage à cette liberté (Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, n. 80). Nous devons toujours avoir le courage et la joie de proposer, avec respect, la rencontre avec le Christ, de nous faire porteurs de son Évangile. Jésus est venu parmi nous pour indiquer le chemin du salut et il nous a confié à nous aussi la mission de le faire connaître à tous, jusqu’aux extrémités de la terre. Souvent, nous voyons que ce sont la violence, le mensonge, l’erreur qui sont mis en relief et proposés. Il est urgent de faire resplendir à notre époque la bonne vie de l’Évangile au travers de l’annonce et du témoignage et cela à l’intérieur même de l’Église parce que, dans cette perspective, il est important de ne jamais oublier un principe fondamental pour tout évangélisateur : il n’est pas possible d’annoncer le Christ sans l’Église. Évangéliser n’est jamais un acte isolé, individuel, privé, mais toujours ecclésial. Paul VI écrivait que lorsque le plus obscur prédicateur, catéchiste ou pasteur, dans la contrée la plus lointaine, prêche l’Évangile, rassemble sa petite communauté ou confère un sacrement, même seul, il fait un acte d’Église. Il agit non pas par une mission qu’il s’attribue, ou par une inspiration personnelle, mais en union avec la mission de l’Église et en son nom (Ibid. n. 60). Et cela donne force à la mission et fait sentir à tout missionnaire et évangélisateur qu’il n’est jamais seul mais qu’il fait partie d’un seul Corps, animé par le Saint Esprit. 4. À notre époque, la mobilité diffuse et la facilité de commu- nication au travers des nouveaux médias ont mélangé entre eux les peuples, les connaissances, les expériences. Pour des raisons de travail, des familles entières se déplacent d’un continent à l’autre. Les échanges professionnels et culturels, suivis par le tourisme et des phénomènes analogues, provoquent un vaste mouvement de personnes. Parfois il est difficile, même pour les communautés paroissiales, de connaître de manière sûre et approfondie ceux qui sont de passage ou ceux qui vivent de manière stable sur le territoire. En outre, dans des zones toujours plus vastes des régions traditionnellement chrétiennes, s’accroît le nombre de ceux qui sont étrangers à la foi, indifférents à la dimension religieuse ou animés par d’autres croyances. Par ailleurs, il n’est pas rare que certains baptisés fassent des choix de vie qui les conduisent loin de la foi, rendant ainsi nécessaire qu’ils fassent l’objet d’une « nouvelle évangélisation ». À tout cela vient s’ajouter le fait qu’une vaste part de l’humanité n’a pas été atteinte par la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Nous vivons par ailleurs un moment de crise qui touche différents secteurs de l’existence, non seulement celui de l’économie, de la finance, de la sécurité alimentaire, de l’environnement, mais également celui du sens profond de la vie et des valeurs fondamentales qui l’animent. La coexistence humaine est marquée, elle aussi, par des tensions et des conflits qui provoquent insécurité et difficulté à trouver le chemin d’une paix stable. Dans cette situation complexe, où l’horizon du présent et de l’avenir semblent caractérisés par des nuages menaçants, il est encore plus urgent de porter avec courage au sein de chaque réalité l’Évangile du Christ qui constitue une annonce d’espérance, de réconciliation, de communion ; une annonce de la proximité de Dieu, de sa miséricorde, de son salut ; une annonce du fait que la puissance de l’amour de Dieu est capable de l’emporter sur les ténèbres du mal et de conduire sur le chemin du bien. L’homme de notre temps a besoin d’une lumière sûre qui éclaire sa route et que seule la rencontre avec le Christ peut donner. Portons à ce monde, par notre témoignage, avec amour, l’espérance donnée par la foi ! Le caractère missionnaire de l’Église n’est pas un prosélytisme mais un témoignage de vie qui illumine le chemin, qui porte espérance et amour. L’Église – je le répète une fois encore – n’est pas une organisation d’assistance, une entreprise, une ONG mais une communauté de personnes animées par l’action de l’Esprit Saint, qui ont vécu et vivent l’étonnement de la rencontre avec Jésus Christ et désirent partager cette expérience de joie profonde, partager le Message de salut que le Seigneur nous a apporté. C’est justement l’Esprit Saint qui conduit l’Église sur ce chemin. Du Vatican, le 19 mai 2013, Solennité de la Pentecôte Le Pape François n Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 6

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Des exorcismes pour qui ? A vant le concile Vatican II, l’exorcisme pouvait être pratiqué sur des objets, lors des bénédictions. Mais, contrairement à l’antique rituel, le livre des bénédictions promulgué en 1984 (1), traduit en français (2), ne comporte plus d’exorcisme sur les choses (eau, huile, sel, or, encens, myrrhe, médaille de saint Benoît…). De même, la bénédiction des saintes huiles par l’évêque ne comporte plus de formule d’exorcisme (3). Le rite de la bénédiction de l’eau prévu lors des célébrations eucharistiques a conservé la possibilité de bénir l’eau et le sel. Cependant, un exorcisme n’est plus prononcé. Seule la mention suivante est prévue : Permets, Seigneur, qu’en tout lieu où l’on répandra l’eau que nous allons mêler de sel, la présence de ton Esprit éloigne l’adversaire et nous protège continuellement (4). Que penser des prières de délivrance ? En dehors des exorcismes pro- prement dits, il existe des prières de délivrance qui visent à utiliser des formules déprécatoires et dans lesquelles l’orant, celui qui prie, ne s’adresse pas directement aux démons. Ces prières concernent ceux qui vivent une influence démoniaque et une certaine emprise des esprits mauvais. Le ministre peut être un laïc, dans la mesure où il n’y a pas vraiment d’exorcisme mais seulement une demande faite à Dieu de la protection de l’emprise du malin. L’autorité spirituelle du Christ n’est pas engagée directement. Il ne s’agit que de prières de demandes insistantes de fidèles au Seigneur. Une circulaire de la C ongrégation pour la doctrine de la foi (5) invite les fidèles à prier pour que, comme Jésus nous l’a enseigné, nous soyons libérés du mal. Ainsi, précise ce dicastère, que ceux qui n’ont pas le pouvoir nécessaire ne dirigent pas des réunions dans lesquelles on fait usage de prières pour obtenir la délivrance au cours desquelles sont directement interpellés et où l’on cherche à connaître le nom des esprits mauvais (6). Que penser des personnes qui disent avoir un charisme de libération ? En reprenant les termes de la lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi et les termes de la loi de l’Eglise, l’exercice d’un charisme de libération dont les prières interpellent directement les démons n’est pas autorisé. Cependant, le charisme ne se reçoit pas par une loi mais est une grâce de Dieu au service de son Eglise. Il peut être authentique. Dans ce cas, il doit toujours être authentifié par l’évêque diocésain. Ainsi, avec l’autorisation de son pasteur et dans le respect des conditions prévues, une personne pourra exercer son charisme dans son diocèse. S’il s’agit d’un clerc, ce charisme pourra devenir un ministère donné par son évêque. S’il s’agit d’un laïc, la pratique de son charisme se fera en coopération à l’exercice du ministère. En Martinique A ce jour, Monseigneur l’Arche- vêque n’a pas désigné de prêtre exorciste. Aussi, aucun exorcisme ne peut être pratiqué (même par une personne venant de l’extérieur) ou vécu sans l’autorisation expresse de l’Archevêque de la Martinique. Toute pratique contraire accroît la division du corps ecclésial, manifeste une rupture de la communion et manifeste une désobéissance à la loi de l’Eglise. En cas de possession avérée, le curé est à même de juger de la gravité de la situation. Les personnes sont alors présentées par le prêtre, directement à l’Archevêque. Dans tous les cas, les prêtres sont habilités à faire les prières de délivrance prévues par les rituels mais pas les grands exorcismes. P. Jean-Max Renard, Vice-Official n Les exorcismes (fin) Personne ne peut légitimement prononcer des exorcismes sur les possédés, à moins d'avoir obtenu de l'Ordinaire du lieu une permission particulière et expresse. Cette permission ne sera accordée par l'Ordinaire du lieu qu'à un prêtre pieux, éclairé, prudent et de vie intègre (c.1172). Droit canonique Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 7 (1) De benedictionibus, promulgué à Rome le 31 mai 1984. (2) Livre des bénédictions, rituel romain, édition revue et corrigée, Chalet-Tardy, 1995. (3) Pontifical Romain, bénédiction de l’huile des catéchumènes, de l’huile des malades et confection du Saint-Chrême, traduction confirmée le 25/01/1990, Paris, AELF, 1990. (4) Missel Romain, Nouvelle édition typique, traduction française, Paris, Desclée-Mame, 1978, p. 454. (5) Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, J. Ratzinger, Exorcisme et réunions de prières, 25 septembre 1985 (6) Ibid Le charisme ne se reçoit pas par une loi mais est une grâce de Dieu au service de son Eglise. […] Dans ce cas, il doit toujours être authentifié par l’évêque diocésain.

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Dimanche 6 octobre 2013 L a P arole D ominicale Habacuc 1,2-3 ; 2,2-4 • Psaume 94 • 2 Timothée 1,6-8.13-14 • Luc 17, 5-10 27 ème dimanche du Temps ordinaire Année C L e cri du prophète Habacuc jaillit du plus profond de l’humanité. Combien de temps, Seigneur, vais-je t’appeler au secours ? Elle retentit, cette clameur, en millions de voix qui protestent devant le silence de Dieu. Tu n’entends pas crier contre la violence et tu ne délivres pas ! Ce n’est pas le seul endroit de la Bible où l’homme se révolte contre son sort et contre la passivité du ciel. Les innocents seront-ils donc toujours les premières victimes de la brutalité des hommes ? La souffrance des opprimés crie vengeance au ciel. Et Dieu se tait. Patience, répond le Seigneur au prophète, chaque chose à son heure. Le juste vivra par sa fidélité. Prends ta part de souffrance pour l’annonce de l’évangile, ajoute saint Paul de sa prison. Et la foi véritable est capable de transformer le monde, de planter des arbres dans la mer, explique Jésus à ses disciples. Patience, fidélité, foi, confiance : autant de variations autour d’une même attitude de fond qui nous est demandée. Comme le prophète, nous crions vers le Seigneur : Combien de temps ? Pourquoi ? Pourquoi Dieu reste-t-il silencieux devant tout ce mal que nous vivons ? La réponse à ces interrogations ne peut venir que de la prière où nous contemplons Jésus. Il a connu comme nous des joies et des peines. Il a ri, il a pleuré, il a pris part à des noces et à des funérailles. Il est mort injustement sur la croix. Et là, il a pris sur lui toutes nos peurs : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Depuis cette croix, scandale et folie pour les hommes, la puissance du mal est vaincue, même si elle semble encore dominer l’histoire. Car la croix, pour nous comme pour Jésus, conduit à la résurrection. Elle est en fin de compte un cri d’espérance. Jésus ne nous promet pas d’ôter la souffrance de nos existences. Il nous répond en la transformant en un chemin de lumière. Mais pour le découvrir, il faut mener une vie spirituelle. Il faut avoir la foi. C’est ça notre réponse. Cette réponse n’est pas facile. Bien souvent, nous avons l'impression d’être crucifiés nous aussi. Il faut toute l'énergie de l'espérance pour le croire possible. C'est pour cette raison que l'apôtre Paul recommande à Timothée et à chacun de nous de réveiller le don de Dieu, le don de la foi ; il veut nous aider à vaincre la peur pour témoigner avec courage de l'espérance qui nous anime. Nous ne devons pas craindre de rendre témoignage à notre Seigneur. L'évangile du Christ doit être reçu et proclamé dans le monde entier de génération en génération. C’est pour cela qu’avec les Apôtres nous demandons au Seigneur : Augmente en nous la foi ! La foi qui est la force de Dieu qui nous accompagne et nous donne le courage de faire face à la vie et aux problèmes qui se présentent. Sans nous soustraire aux intempéries, elle nous aide à passer à travers la tempête. La foi, grâce à laquelle nous gardons le contact avec Dieu, notre compagnon de voyage, et nous savons que nous ne serons pas seuls à faire face aux difficultés. Voici que je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde (Mt 28,20). La foi qui est comme une boussole qui nous indique la direction à suivre avec la garantie que Dieu marche avec nous. Nous croyons peut-être que nous n’avons pas beaucoup de foi. Le Christ nous dit : commencez avec ce que vous avez ; ensuite, organisez- vous pour la faire grandir… par la prière, la méditation, l’engagement dans la paroisse ou dans des groupes de bénévoles ; donnez de votre temps et utilisez vos talents pour aider les autres… et vous verrez que votre foi grandira. Cette foi que nous avons, nous devons aussi la transmettre aux autres, surtout aux enfants, aux petits-enfants… Transmettre cette façon de vivre, cette attitude vis- à-vis de la vie, cette manière de comprendre ce qui se passe et qui nous permet de donner un sens à notre vie. Nous pouvons constater avec regret qu'il n'y a pas eu de véritable transmission de la foi chez nous ces derniers temps. Les enfants ne reçoivent plus ce don de leurs parents et de leurs grands-parents. Comme toute vie, la foi a besoin de « transmetteurs » pour se perpétuer. Elle a aussi besoin d'un environnement favorable pour se Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 8 (suite en page18)

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R égulièrement, la chancel- lerie de l’archevêché reçoit des courriers de personnes qui demandent à ce que l’inscrip- tion de leur baptême soit effacée des registres de catholicité sur lesquels le baptême est inscrit, l’acte étant signé par le ministre célébrant (prêtre ou diacre), le parrain et la marraine de l’enfant, du jeune ou de l’adulte qui a été baptisé. La motivation de cette demande est l’appartenance à une autre religion que la religion catholique depuis la célébration du baptême. L’Eglise a toujours refusé d’effacer les actes écrits d’un baptême. Elle accepte d’écrire en marge de l’acte que la personne a renoncé à son baptême et d’expédier une photocopie de l’acte ainsi modifié au demandeur. Depuis la loi Informatique et libertés, certaines personnes prétendent avoir le droit de faire effacer toute mention de leur baptême. Mgr Stanislas Lalanne, ancien évêque de Coutances et Avranches, devenu depuis quelques mois évêque de Pontoise, vient de faire paraître un communiqué sur la décision de justice de la Cour d’appel de Caen qui fera désormais jurisprudence. Voici ce communiqué : Le diocèse de la Martinique se rallie au communiqué de Mgr Lalanne qui le conforte dans sa manière de procéder lorsqu’il lui est demandé de radier un nom du registres des baptêmes. \ Père Gilles Bolle, Chancelier du diocèse de Martinique n Chancellerie Peut-on annuler un baptême ? Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 9 Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 « La Cour d’appel de Caen vient de rendre sa décision dans l’affaire de la demande de radiation du registre des baptêmes, jugée en première instance le 6 octobre 2011 par le Tribunal de Grande Instance de Coutances. Le Tribunal ordonnait alors de procéder à l’effacement définitif de la mention selon laquelle le demandeur avait été baptisé, et ce, par tout moyen. Cette décision, à mes yeux, n’était pas admissible. J’étais alors directement concerné et mis en cause en tant qu’évêque du diocèse de Coutances et Avranches. J’avais donc décidé de faire appel de cette décision. La Cour d’appel de Caen infirme aujourd’hui la décision du Tribunal de Coutances. D’une part, les magistrats ont reconnu que la tenue des registres de baptême correspond à une finalité légitime dans le cadre de la loi Informatique et libertés. D’autre part, les magistrats ont conclu qu’il n’y avait pas, pour cet évènement public qu’est le baptême, atteinte à la vie privée. En effet, le registre n’est pas accessible aux tiers et la divul- gation de l’information est au surplus le fait du seul intéressé. C’est bien ce que je souhaitais faire entendre en 2011. Bien sûr, l’Eglise restera à l’écoute des personnes qui veulent faire une démarche en vue d’obtenir la radiation de leur nom des registres de baptême : l’Eglise continuera, comme auparavant, à accéder à leur souhait en apposant à proximité de leur nom, sur le registre des baptêmes, une mention qui en atteste. L’Eglise accueille de façon compréhensive ces demandes et respecte la liberté de cheminement de ces personnes. Mais elle se doit aussi d’honorer le sens fondateur et essentiel de l’acte de baptême. C’est l’attitude qu’elle a eue avec le demandeur de la Manche. Elle ne peut pas lui dire : « Oui, votre baptême n’a pas eu lieu ». C’est impossible ! Le baptême, pour les chrétiens, est une nouvelle naissance dans la vie du Christ. Cet évènement, d’ordre spirituel, est aussi un acte humain et historique, vécu par plusieurs personnes qui en ont donc été partie prenante ou témoins. Je suis d’autant plus satisfait de la décision de la Cour d’appel de Caen que celle-ci pourra permettre de répondre aux interrogations d’autres diocèses confrontés à des questions similaires ». Le baptême, pour les chrétiens, est une nouvelle naissance dans la vie du Christ. Cet évènement, d’ordre spirituel, est aussi un acte humain et historique, vécu par plusieurs personnes qui en ont donc été partie prenante ou témoins. Cette question a été posée au père Gilles Bolle, chancelier de notre diocèse.

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Dossier : La mission Ce dimanche 22 septembre 2013 fut pour les catéchistes, animateurs du cheminement et du catéchuménat, un moment fort. En effet, ils ont été très nombreux à répondre à l’invitation du Service diocésain de la catéchèse pour la messe d’envoi en mission, présidée par Mgr Michel Méranville\ . Envoi en mission des catéchistes U ne célébration très festive et pourtant très simple, tant il est vrai que toute beauté véritable est synonyme de simplicité. Dès l’accueil, il nous a été remis un tablier au centre duquel figure le logo de l’Année de la Foi, cette barque, frêle en apparence, conduite par le Seigneur lui-même. Avec la procession d’entrée, le ton était donné avec le chant : Ubicumque et semper evangelium. La présence de nombreux prêtres a été très appréciée, signe de la nécessaire collaboration entre pasteurs et fidèles afin de mieux annoncer Jésus et qui renforce et actualise l’objectif du projet pastoral diocésain : Etre ensemble le Corps du Christ pour le salut du monde. Après la communion, le diacre Jean-Paul Levif a été invité par l’Archevêque à nous entretenir sur le thème brûlant de la théorie du genre. Cette intervention, bien que synthétique, fut écoutée de façon très attentive par tous et nous sommes avides de nous retrouver pour un développement sur ce projet qui constitue un véritable danger, particulièrement pour les jeunes. Dans l’attente, nous avons reçu mission de demeurer fortement unis dans la prière. Voilà qu’arrive le temps de l’envoi en mission proprement dit, ponctué d’un geste fort : l’Archevêque invite chacun à revêtir son tablier, nous rappelant le geste de Jésus aux pieds de ses disciples le soir du Jeudi saint. Moment d’intense émotion où tous, de l’Archevêque aux techniciens, ont noué leur tablier, signe de notre engagement de baptisé au service de l’annonce de Jésus. En guise de conclusion, voici un extrait du chant d’entrée : Annoncer l’Evangile est ma vie, une charge que Dieu m’a confiée ; sa Parole a saisi mon cœur, l’annoncer en tout temps, il n’est d’autre bonheur. Rendons grâce à Dieu de nous avoir embauchés à sa vigne. Merci à notre Archevêque de nous affermir dans notre engagement. Nos prières accompagnent le Service diocésain de la catéchèse. Un groupe de catéchistes de De Briant n Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 10 Cette messe d’envoi portait véritablement son nom. Je l’ai vécue comme un envoi de Dieu en mission. Le geste qui m’a le plus marquée lors de cette eucharistie, c’est la remise des tabliers imprimés au logo de l’Année de la Foi. A ce moment précis, rien qu’en nouant le tablier, j’ai eu conscience de la mission de foi à laquelle Dieu m’appelait. Et je n’ai eu aucune hésitation. Pour\ moi, c’est : « Oui, Seigneur ». J’ai surtout retenu le messa\ ge de notre archevêque qui nous a rappelé la signification de ce tablier : nous sommes au service de la foi, au service de nos frères, au service des enfants dont nous avons la responsabilité. En tant qu'animatrice de l'Eveil à la Foi, je me mets au service des bouts de chou pour être un vecteur par lequel Dieu pourra transmettre son message. Servir avec amour et humilité, tel sera mon leitmotiv pour cette année pastorale. Katia "Désormais, ce sont des hommes que tu prendras"

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Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 11 Je suis catéchiste parce que j’ai envie de partager ce que j’ai reçu, que je reçois et qui me fait vivre. Personnellement, je trouve que Dieu est toujours à découvrir de différentes manières, que ce soit par des témoignages de vie, des paroles reçues, partagées, des écrits, des formations... Mais au cœur, il y a pour moi l’Evangile, Jésus qui, par sa Parole et sa Vie, nous apprend à aimer en vérité. Notre évêque nous a envoyés en mission et, par cet acte, il m’a encouragée dans l’engagement que j’ai pris voilà déjà sept ans. Il m’a donné des forces et m’a éclairée pour le chemin qui s’ouvre devant moi au seuil de cette année qui commence. Eliane Je salue tout d’abord la volonté de notre évêque de réunir les deux Services diocésains (Catéchèse et Catéchuménat) pour montrer l’unité de l’Eglise locale et témoigner ensemble, dans une même ferveur, de la Parole de Dieu à tous. C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai franchi le palais des sports en voyant ce lieu rempli de frères et de sœurs unis pour une même mission : Evangéliser. J’ai été saisie par le chant qui accompagnait l’arrivée des participants : Ubicumque et semper Evangelium et particulièrement le troisième couplet : Annoncer l’Evangile est ma vie, une charge que Dieu m’a confiée ; sa Parole a saisi mon cœur, l’annoncer en tout temps, il n’est d’autre bonheur. Par ces paroles qui sont une vérité dans ma vie, le Seigneur m’a, de nouveau, touchée pour cette belle mission. Quelle joie de voir tous ces baptisés, adultes et jeunes, engagés en enfants de lumière, dire au Seigneur, d’une seule voix, sachant que la tâche est difficile aujourd’hui : « Oui ! J’accepte de prendre le tablier, avec les pasteurs ordonnés, pour servir à la suite de Jésus ». Je suis repartie de la célébration plus forte et confiante pour dire aux personnes que j’accompagne que Jésus est Maître de tout, c’est Lui que nous devons connaître et aimer car il nous aima le premier. Mariette … tous les participants revêtent le tablier de service A l'invitation de l'Archevêque… Diacre Pierre Valey, délégué de l'Evêque à la catéchèse Vue d'ensemble Joie du service

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Dossier : La mission Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 12 J’ai soixante-dix-sept ans et annoncer l’évangile, c’est mon devoir de chrétien. J’ai convaincu quelques membres (six à sept personnes) de l’équipe du rosaire à laquelle j’appartiens de la nécessité d’un témoignage évangélique de la charité envers les personnes seules et les malades. Dans les quartiers de Bélème et Belfort où nous habitons, nous faisons beaucoup d’efforts pour créer une communauté plus conviviale et plus fraternelle. Nous portons une attention particulière aux personnes : si nous ne les voyons pas à la messe, nous essayons de savoir si elles ne sont pas malades. Si c’est le cas, nous allons les visiter. Nous nous donnons rendez-vous le mercredi après- midi à la chapelle de Bélème où nous commençons par prier ensemble. Puis, nous partons à pied au domicile de ceux et celles que nous avons prévenus de notre visite. Généralement, la famille de la personne malade nous attend avec elle. Nous prenons le temps d’échanger des nouvelles puis nous prions et nous chantons pendant environ vingt minutes. Vient alors le moment de la lecture de la Parole de Dieu que nous avons entendue à la messe le dimanche. Nous retransmettons ce qu'a dit le prêtre dans son homélie et nous échangeons autour de cette Parole. Nous prenons ensuite un temps pour parler de l’actualité de la paroisse à l’aide du bulletin paroissial que nous leur remettons. Nous proposons le dernier numéro de Eglise en Martinique à ceux qui ne l’ont pas encore et les feuillets du rosaire qui nous donnent l’occasion d’un partage. Souvent, nous leur apportons un petit présent. Quand nous partons, nous leur disons toujours le nom du prochain malade visité, en leur demandant de prier pour nous afin de nous aider à continuer notre mission. Ainsi, nous arpentons infatigablement les chemins des quartiers Bélème et Belfort en ayant soin de rendre compte au curé de la paroisse. Valentine Annoncer l’évangile : une nécessité Dans le cadre de la Journée mondiale des missions et dans le prolongement de l'envoi en mission des catéchistes, deux chrétiennes nous disent c\ omment elles vivent l'aspect missionnaire de leur baptême dans leur environnement immédiat. J’ai accepté de me lancer dans cette aventure qu’est la décou- verte de la foi avec les enfants pour rendre témoignage de ce que nous croyons. L’envoi en mission des caté- chistes du diocèse par l’évêque montre la place importante qu’occupe la transmission de la Parole de Dieu, non seulement aux enfants mais également aux adultes catéchumènes. C’est Jésus lui-même qui nous apprend l’amour de Dieu pour les hommes, par son Esprit Saint et par l’exemple de sa vie, de sa mort et de sa résurrection. Nous ne sommes que des ins- truments et des intermédiaires dans cette œuvre catéchétique du Seigneur. C’est une véritable mission à laquelle prennent part de nombreux catéchistes. Nadiège Ce que j’ai retenu de l’envoi en mission des catéchistes, c’est que Jésus Christ est au cœur de la catéchèse et la mission essentielle du catéchiste est d’annoncer l’Evangile, la Bonne Nouvelle aux hommes : Dieu les aime ; Jésus, le Fils de Dieu, est mort, il est ressuscité ; son Esprit est à l’œuvre dans le monde et les hommes sont appelés à devenir fils de Dieu. La catéchèse m’a inscrit dans une aventure que je ne maîtrise pas ! Ce que je vis avec les enfants a rejailli sur ma vie tout entière et c’est comme cela que j’ai découvert le bonheur qu’il y a à transmettre et à partager sa foi ! Etre au service de la catéchèse est une expérience personnelle et spirituelle forte, qui met davantage à l’écoute des autres et de Dieu. Jocelyne * * * * * Exemplaires des fanions réalisés en district

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Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 13 Dans notre paroisse, après la cinquième année de catéchisme, nous devons nous inscrire dans une pastorale pour la découvrir. Moi, j’ai choisi de découvrir la liturgie, avec l’atelier art floral. Pendant une année, un samedi matin sur deux, nous étions un petit groupe de cinq jeunes avec une animatrice à la chapelle de Jeanne d’Arc pour réaliser des bouquets. On commençait par prier, après on écoutait la Parole de Dieu. Ensuite, chacun de nous disait comment cette Parole le touchait et on essayait d’exprimer ce qu’on avait entendu avec des fleurs et de la verdure. Notre animatrice nous a expliqué que Jésus est témoin de l’amour de Dieu pour tout le monde et surtout pour les petits, les pauvres, les malades ; que nous aussi nous devions nous rapprocher des personnes pauvres et malades si nous voulions faire la volonté de Dieu. Notre groupe a donc décidé de ne pas garder les bouquets que nous faisions, mais de les offrir à des personnes de notre secteur qui ne sortaient plus de chez elles, même pas pour aller à la messe, parce qu’elles étaient malades. Nous avions fait une liste des personnes malades dans le secteur. Notre ani- matrice nous a dit que nous ne de- vions pas choisir la personne à qui nous voulions rendre visite, mais qu’il nous fallait préparer notre cœur en priant pour accepter le nom qui serait tiré au sort. Quand ce fut mon tour, je suis allée chez une dame âgée avec mon anima- trice. J’ai prié avec elle, ensuite je lui ai lu l’évangile qu’on allait entendre le lendemain à la messe. La mamie était très contente. Elle m’a posé quelques questions : dans quelle classe j’étais, est-ce que j’étudiais bien à l’école. Elle m’a dit qu’il fallait que je conti- nue comme ça. Elle a voulu que je récite une dizaine de chapelet avec elle et elle a chanté un chant à Marie que je ne connais- sais pas. C’était une mamie très gentille. Elle m’a dit que quand elle avait mon âge, elle était dans un groupe qui priait la Vierge Ma- rie. Maintenant, je prie toujours pour elle quand je fais ma prière, c’est comme si elle était de ma famille. Parfois, quand je suis à la messe, je pense à elle aussi et je dis dans mon cœur une prière pour elle. Je voudrais bien conti- nuer à faire une activité qui me fasse plaisir et qui fasse plaisir à d’autres personnes comme cette mamie. Maud, 13 ans Ecouter la Parole de Dieu et la garder * * * * * La PastoraLe diocésaine de La santé invite : Les professionnels de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, kinésithérapeutes, assistantes sociales, psychologues, personnels administratifs, agents hospitaliers, etc.) - les visiteurs de malades - les référents de paroisses - les ministres extraordinaires de la communion à la messe de rentrée de la Pastorale de la santéqui sera présidée par Mgr Michel Méranville le dimanche 13 octobre 2013, à 15 heures, à l’église e mmaüs de rivière-roche. Communiqués Fête des FaMiLLes 2013 La 9 ème édition nationale de la Fête des Familles 2013 organisée par les aFc se tiendra le dimanche 6 octobre 2013, dès 8h, à la paroisse de s aint-christophe, en présence de Monseigneur Gaston Jean-Michel. C’est avec une grande joie que nous accueillerons toutes les familles. Occasion de se retrouver en famille et entre familles pour partager un moment convivial et dire ensemble : « C’est quand même beau d’avoir une famille ! Merci la famille ! » Programme : Messe à 8h30 - Pot de l’amitié - Mise à l’honneur de Monseigneur Gaston J\ ean-Michel - Déjeuner festif - Après-midi festive.

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Dossier : La mission Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 14 L’Eglise a proclamé patronne des missions sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, plus communément appelée sainte Thérèse d\ e Lisieux. Ce qui est surprenant, c’est que cette sainte était une religieuse cloîtrée dans un monastère du carmel. Sainte Thérèse de Lisieux Patronne des missions M ais au fait, que signifie l’expression « patronne des missions » ? Au préalable, rappelons-nous ce que nous affirmons dans le credo : « Je crois… à la communion des saints ». Autrement dit, même si les saints ne sont plus physiquement avec nous sur terre, ils demeurent en communion avec nous et donc intercèdent auprès du Seigneur pour nous. Lorsque l’Eglise déclare sainte Thérèse de Lisieux patronne des missions, elle lui demande d’intercéder particulièrement pour la mission et donc pour toutes les missions. En somme, cela pourrait se traduire ainsi : « Sainte Thérèse, puisque tu étais animée par un immense désir d’évangéliser durant ta vie, nous te demandons de prier pour toutes les activités missionnaires du monde ». L’Eglise, en fait, prend en compte ce qui était un trait fondamental de la personnalité de sainte Thérèse. Rappelons que Thérèse Martin est née le 2 janvier 1873 à Alençon, dernière d’une fratrie de neuf enfants. Elle perdit sa mère à ses 4 ans. Elle manifesta le désir d’entrer au carmel de Lisieux à 14 ans et c’est le 9 avril 1888 qu’elle y entra. Elle y resta jusqu’à sa mort, le 30 septembre 1897. Elle avait 24 ans ! Thérèse, toute vibrante de l’amour du Christ, avait voulu annoncer l’Evangile dans le monde entier. Pourquoi ne pas devenir missionnaire ? Partir, par exemple au carmel de Saïgon, au Vietnam ? Une fois encore, c’est dans la Parole de Dieu, méditée nuit et jour, que Thérèse trouve la réponse : Tous ne peuvent être apôtres, prophètes, docteurs. Elle a compris. L’Amour, écrit-elle, renferme toutes les vocations. Dans le cœur de l’Eglise, ma mère, je serai l’Amour (cf. 1 Corinthiens, chapitres 12 et 13). Bientôt, sa supérieure lui confie deux missionnaires, les pères Bellière et Roulland, qu’elle soutiendra par la prière. C’est ainsi qu’une jeune carmélite cloîtrée deviendra la sainte patronne des missions en 1927. Elle partage ce titre avec saint François-Xavier, jésuite missionnaire (+1552), canonisé en 1662. L’Eglise a donc déclaré patrons des missions un missionnaire et une contemplative. En cela, elle nous enseigne que la mission n’est pas uniquement de se rendre sur le terrain et d’annoncer le Christ, mais aussi qu’elle prend sa source dans une vie donnée à Dieu, une vie enracinée dans la prière, marquée par le désir que le nom de Jésus soit répandu dans les cœurs. Choisir une carmélite comme patronne des missions en dit long sur l’implication de nos vies particulières sur la vie de l’Eglise en général. Cela signifie que là où je suis, je suis capable de porter le monde grâce à mon union au Christ. Or, la mission est l’œuvre de l’Esprit Saint. Pour que cette union au Christ soit au service de la mission, rien de mieux que de demander le soutien de l’Esprit Saint : En nos cœurs, répands l’amour du Père (Veni Creator). P. Christian Catayée, curé du Robert n Sainte Thérèse de Lisieux Vitrail de saint François-Xavier

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Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 15 Vie du diocèse Le père Philibert Madrandélé est arrivé en Martinique le samedi 7 septembre 2013 afin de prêter main-forte à notre diocèse. Notre archevêque, Mgr Michel Méranville, l’a présenté à son presbyterium lors de la rentrée pastorale des prêtres et des diacres au Foyer de Charité de Trinité, le mardi 10 septembre dernier. Le père Philibert a accepté de se présenter aux lecteurs de Eglise en Martinique. Bienvenue, père Philibert ! Eglise en Martinique : Père, d’où venez-vous ? Père Philibert : Originaire de la République Démocratique du Congo, je viens du diocèse d’Isiro- Niangara. Né le 21 avril 1966, j’ai été ordonné prêtre le 21 août 1994. EeM : Quel évêque vous a ordonné ? P. Ph. : A l’époque de notre ordination – nous étions quatre à être ordonnés le même jour – le siège épiscopal d’Isiro-Niangara était vacant ; un administrateur diocésain gérait les affaires courantes. C’est Mgr Richard Domba Mady, du diocèse voisin de Dungu-Duruma, qui nous a imposé les mains. Il y a dix-neuf ans. EeM : Quel a été votre parcours jusqu’à ce jour ? P. Ph. : Après mon ordination, j’ai reçu la mission de formateur au Petit Séminaire – collège et lycée pour futurs prêtres – pendant sept ans. Après cette première expérience pastorale, mon évêque m’a nommé directeur de notre radio diocésaine, Radio Boboto (qui signifie Radio de la paix, en langue locale), qui émet depuis 2001. J’ai accompli cette mission encore sept ans durant. La mission m’a appelé à avancer au large. A la demande de mon évêque, je suis parti pour la France afin de poursuivre une formation théologique à l’Institut Catholique de Paris, ciblée sur le dialogue interreligieux. J’ai demeuré à Paris de 2008 à août 2013. Pendant tout ce temps, j’étais étudiant à temps complet, accueilli successivement dans les diocèses de Paris, Saint- Denis, Beauvais et Nanterre. EeM : Comment l’Esprit Saint vous a-t-il conduit jusqu’à nous ? P. Ph. : J’ai connu la Martinique à travers l’Association Pèlerins d’Outre-Mer, dont j’ai été accompagnateur. Plusieurs de ses membres m’ont encouragé à venir servir ici, en Martinique. J’ai fait part à mon évêque, Mgr Julien Andavo Mbia, de cette volonté missionnaire. Ayant discerné les choses pour le bien de sa vigne, contact a été pris avec l’Archidiocèse de Saint-Pierre et Fort-de-France. EeM : Dans quelle paroisse se fera votre insertion pastorale ? P. Ph. : Je suis nommé vicaire sur les paroisses de Macouba, Basse- Pointe, Ajoupa-Bouillon et Grand- Rivière. Avec résidence sur cette dernière paroisse. EeM : Comment envisagez-vous votre mission aujourd’hui dans notre diocèse ? P. Ph. : Mon grand désir est de m’insérer en pastorale paroissiale. Je voudrais apporter ma modeste contribution en œuvrant, tant soit peu, pour la gloire de Dieu et le salut de son peuple qui appartient à l’Eglise de Jésus Christ dans cette partie du monde, dont l’enthousiasme et l’hospitalité sont très encourageants. Si le Seigneur m’en accorde la grâce… EeM : Pourriez-vous nous partager brièvement quelques données de l’Eglise en République Démocratique du Congo ? P. Ph. : Mon pays est très étendu ; nous avons quarante-sept diocèses. Les chrétiens forment la majorité de la population, dont plus de la moitié est catholique. Dans mon diocèse, le presbyterium compte une centaine de prêtres, plutôt jeunes. En ce qui concerne la situation politique, c’est l’instabilité et la problématique sécuritaire qui sont préoccupantes. Je suis arrivé dans une Martinique plus sereine. Que Dieu bénisse la Martinique qui m’accueille et que la prière de cette Eglise particulière monte vers Dieu comme un encens pour obtenir la paix en République Démocratique du Congo. Propos recueillis par le père Luc Philippon, D.E.I. n P. Philibert Madrandélé

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Formation C’est le thème retenu pour l’année 2013-2014 dans le cadre de la formation diocésaine. La liturgie R égulièrement, les chrétiens se retrouvent pour vivre des célébrations dites liturgiques. Certaines sont vécues dans la joie, d’autres dans la tristesse ; d’autres encore sont de véritables solennités comme Noël et Pâques. Ces deux grandes fêtes sont précédées d’un temps de préparation intense, respectivement l’Avent et le Carême. Mais que se passe-t-il vraiment durant ces rencontres ? Et d’ailleurs, qu’est-ce que la liturgie ? Quel rôle joue-t-elle dans notre existence ? Ces célébrations, qui reviennent pour la plupart chaque année, accordent une place importante à la Parole de Dieu, lue et commentée ; laquelle nous éclaire davantage sur le mystère du salut révélé en Jésus Christ. Un certain nombre de rites rappellent ses gestes dans l’Evangile. Ainsi, les liens entre le Christ et la liturgie semblent plus qu’étroits. Mais qu’en est-il vraiment ? Que dit le texte conciliaire à ce sujet ? On retrouve également des éléments qui ne sont pas sans rappeler la piété juive : les bénédictions, par exemple. Est-ce à dire que la liturgie chrétienne aurait puisé dans la liturgie juive ? Comment ? Dans quelle proportion ? Y aurait-il d’autres sources d’après le témoignage des Ecritures ? Bref, que dire du rapport entre Bible et liturgie ? Comme les années précédentes, nous aborderons notre thème sous plusieurs angles : - Aspect dogmatique : présentation de la liturgie selon le concile Vatican II (Sacrosanctum concilium). - Enquête biblique. - Anthropologie du rite : le sens du rite en général et en liturgie chrétienne. - Quelques repères canoniques. Par ailleurs, une rencontre autour des psaumes sera proposée vers la fin du mois de décembre. Elle sera animée par le doyen de la faculté de théologie de Lyon, le père Bertrand Pinçon, bibliste spécialisé dans les textes de la Sagesse et les psaumes. Les plus téméraires pourront suivre un cours de grec biblique dispensé le lundi soir au couvent de Cluny, à partir de 18h. Pour de plus amples informations, contacter le Service Formation au 06 96 04 53 00. A retenir enfin, pour ceux qui seraient intéressés, une intervention du père jésuite Michel Roger, durant les jours gras 2014, sur l’accompagnement spirituel de groupes et la conversation spirituelle à l’école d’Ignace de Loyola. Sur ce dernier point, des précisions seront apportées ultérieurement. P. Hugues Lafine Délégué de l’Evêque à la Formation n Planning des formations : Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 16 Dates Centres 16, 23 et 30 octobre 13 novembre 20 et 27 novembre 11 et 18 décembre 15 et 22 janvier 5 et 12 février 30 avril 7, 21 et 28 mai Saint-Pierre Sacrosanctum concilium Repères canoniques Bible et liturgie Anthropologie du rite Bellevue Anthropologie du rite Sacrosanctum concilium Repères canoniques Bible et liturgie Rivière- Salée Bible et liturgieAnthropologie du rite Sacrosanctum concilium Repères canoniques Sainte-Marie Repères canoniques Bible et liturgie Anthropologie du rite Sacrosanctum concilium

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H alte à la violence en tout genre ! C’est bien de le dire mais, effectivement, qu’est-ce que cela change ? Nous vivons dans une société qui est de plus en plus « galère » pour les plus faibles et surtout pour les jeunes. - Nous comptons 62% de jeunes qui n’ont pas d’emploi. - Les centres de formation et de rattrapage scolaire se multiplient, mais pour quel emploi au bout du processus ? - De plus en plus de personnes en précarité ne par - viennent pas à se loger. Les loge - ments sociaux ou résidences sociales sont insuffisants. - Nous pouvons y ajouter le mal vivre d’un certain nombre de mères de famille qui doivent affronter seules les difficultés auxquelles elles se heurtent chaque jour. - Le commerce de la drogue est juteux : il annihile les uns et enrichit les autres, non sans risques. Dans quelle mesure n’est-il pas aussi une soupape de sécurité pour certains ? - L’augmentation des prix redevient galopante et nous ne savons pas restreindre notre consommation. Un constat important : les pauvres sont à nos portes, les voyons- nous ? Une parabole de Jésus nous invite à vaincre notre cécité. Il s’agit de celle qui met en scène le riche et le pauvre Lazare (Lc 16,19-31). Le reproche adressé au riche et qui le conduira à sa perte, c’est de ne pas avoir VU le pauvre Lazare en souffrance et donc de N’AVOIR RIEN FAIT. En mission pour la nouvelle évangélisation, nous avons à prendre nos responsabilités pour davantage de justice dans ce monde. Les lettres encycliques des derniers papes – Populorum progressio, Sollicitudo rei socialis, Centesimus annus – sont à relire et à travailler. Elles nous donnent des possibilités pour mieux gérer notre société. A la paroisse de Bellevue, nous en étudierons les grandes orientations le lundi soir à 18h, dans le cadre de la formation pour la nouvelle évangélisation. La nouvelle évangélisation a aussi pour but de mettre en place dans l’Eglise sa doctrine sociale que nous connaissons si mal. C’est devenu un leitmotiv de dire que nous sommes en temps de crise : chrétiens, ensemble, en Eglise, apportons notre pierre de construction d’une Martinique où puisse se développer davantage de justice. Prenons les moyens nécessaires pour faire advenir un bonheur durable et non des satisfactions éphémères qui nous empêchent de VOIR les réalités de la vie. C’est à ce prix que nous pourrons éviter que les situations sociales s’enveniment et débouchent sur une explosion que nous aurons bien du mal à canaliser. L’heure est donc à la prudence, à la sagesse, à la recherche d’un équilibre pour un mieux vivre dans le respect des uns et des autres, en mettant l’accent sur le partage avec les plus faibles. La paix sociale en dépend. P. Gilles Bolle, Curé de la paroisse de Bellevue n Société Attention à l’explosion sociale Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 17 Quand nous écoutons les actualités télévisées et que nous lisons les journaux, nous ne sommes pas satisfaits. Nous sommes aux antipodes du message de bonheur que nous adresse Jésus. Comment pourrions-nous être heureux quand nous constatons que des jeunes s’entretuent. Les micros-trottoirs donnent la parole à des passants ou des gens du voisinage qui répondent à cha\ ud avec émotion. Dans ces circonstances, l’affectif prédomine sur le rationnel.

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Vers la vie Sœur François-Xavier Jouan (1 er janvier 1928 – 8 septembre 2013) L ucie, Timoléon, Cécile Jouan est née le 1 er janvier 1928 au Lorrain. De ses parents, elle a reçu une bonne formation chrétienne et une grande dévotion pour la Vierge Marie. Depuis sa tendre enfance, elle a été membre actif au sein de divers mouvements d’action catholique de sa paroisse. Jeune, elle avait un attrait particulier pour les enfants auxquels elle cherchait à inculquer un grand amour pour la Mère de Dieu. Le 7 octobre 1952, elle fait son entrée dans la Congrégation des Sœurs de Saint Paul de Chartres. Le 2 février 1955, elle reçoit l’habit et s’appelle désormais Sr François-Xavier. De 1957 à 1996, elle œuvre au chevet des malades dans divers hôpitaux de Guadeloupe (Marie- Galante), Martinique (Saint-Esprit et Marin) et Guyane (Cayenne). Retraitée et de retour à la Martinique, elle se rend disponible dans les activités paroissiales (Bellefontaine, Carbet, Trinité, Morne-Rouge), ainsi qu’au Centre Emma Ventura et à la Maison provinciale, se dévouant pour lancer ou faire revivre la Jeunesse Mariale dans ses différents lieux d’apostolat. Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 18 développer. Cet environnement, c'est la famille. C'est aussi la communauté chrétienne. La foi ne peut se transmettre seulement à travers les cours d'instruction religieuse. Elle doit se présenter à la jeune génération à travers la vie collective, les rites répétés, les manifestations populaires de la communauté de foi. L’individualisme actuel a tendance à étouffer et à faire disparaître notre mémoire collective. Dans la vie, nous rencontrons des difficultés, des problèmes. Nous crions vers le Seigneur et Lui, il nous invite à regarder son Fils crucifié à cause de notre mal. Mort mais Ressuscité. C’est Lui notre espérance. C’est en Lui que nous mettons notre confiance. C’est en Lui que nous croyons. Sur ce chemin, nous ne sommes pas seuls. La foi est un don accueilli et nourri dans une communauté : l’Église de Jésus, le Christ, qui découvre jour après jour sa présence dans les Écritures, dans le Pain partagé, dans sa Miséricorde, mais aussi dans la Croix portée avec Lui pour le salut du monde. Seigneur, augmente en nous la foi ! et permets-nous d’être des apôtres d’aujourd’hui. P. Grégoire Jagowdzik Administrateur d’Ajoupa-Bouillon, Basse-Pointe, Grand-Rivière, Macouba n C’est à la Maison provinciale qu’elle nous quitte pour la Maison du Père le 8 septembre 2013, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie. n (suite de la page 8) 99.5 – 101.3 et 105,3 mHz Site internet : www.radiosaintlouis.com Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 Courriel : contact@radiosaintlouis.com L’Evangile par-dessus les toits 31 ans à votre service : 1982-2013

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Dimanche 6 octobre 2013 L’adoption, une tradition ? L’adoption est-elle considérée comme un don ou un abandon ? Un enfant peut-il avoir deux familles ? Doit-il maintenir le lien avec sa famille biologique ? Comment la coutume polynésienne, le « Faamu » (qu’on peut traduire par « enfants nourris par d’autres ») permet aux enfants de circuler entre leurs parents et leurs nourriciers sans que cela ne pose problème ? Comment alors se maintient le lien de la filiation ? Nous recevrons sur notre plateau, Tea, un enfant Faamu. Aujourd’hui père de deux enfants, il nous racontera comment, à 15 ans, il a découvert du jour au lendemain qu’il avait deux familles. Nous serons connectés par skype avec Jean-Vital de Monléon, pédiatre à Dijon, qui a fondé la Consultation d'Adoption Outremer, première consultation de France pour l'accueil et l'accompagnement des enfants adoptés. Il apportera son témoignage d’expert, mais aussi de père de famille ayant lui-même adopté trois enfants Faamu. Dimanche 13 octobre 2013 La nature, don de Dieu La nature est-elle un don de Dieu ? Ecologie et chrétien sont-ils des mots compatibles ? Comment retrouver le rapport à la terre que nous avons perdu ? Dieu m’est témoin reçoit cette semaine Lezly Laupen, une jeune et énergique Guadeloupéenne, chef de projet en développement durable. Fervente catholique, elle nous racontera comment sa foi a guidé ses choix, jusque dans son parcours professionnel. Nous serons connectés avec la Martinique et Emmanuel Marie-Luce, qui nous racontera son engagement dans son association de protection des sources d’eau. Dimanche 20 octobre 2013 La foi des familles éprouvées La famille peut-elle résister à toutes les épreuves ? Comment la foi peut-elle être un rempart contre les difficultés ? Comment, face à l’accident, la détention, la disparition, une famille se reconstruit-elle ? Ce sont toutes ces situations dramatiques que nous aborderons cette semaine dans Dieu m’est témoin. Daniel Hierso viendra nous raconter comment un jour d’août 2005, il apprend par téléphone que ses parents ont péri dans le crash de Maracaibo, accident qui a endeuillé toute la Martinique, coûtant la vie aux 160 passagers du vol 708 West Caribbean. Il nous parlera de son engagement auprès des familles des victimes et de son action dans la lutte contre la prévention des accidents aériens. Toujours en Martinique, nous irons rencontrer les parents de Thierry Dol, jeune ingénieur martiniquais pris en otage par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) depuis plus de 3 ans. Ses parents, fatigués par l’attente, prient chaque jour pour le retour de leur fils. Dimanche 27 octobre 2013 Missionnaires d'hier, missionnaires d'aujourd'hui. Comment sont arrivés les 1ers missionnaires, outre-mer ? Comment ont-ils annoncé la foi dans les différents territoires ? Qui étaient-ils ? Comment ont-ils été reçus ? Quelles marques, quelles empreintes ont-ils laissées ? Quels liens restent-ils ? Qu’ils soient frères du sacré cœur, père mariste, ou sœurs de Cluny, quelle est aujourd’hui leur mission ? Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions Medias Église en Martinique du 6 octobre 2013 / n°469 19 Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr @

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S eigneur, je voudrais être missionnaire.Malgré ma petitesse, je voudrais éclairer les âmes, comme les prophètes, les docteurs, j'ai la vocation d'être Apôtre... Je voudrais parcourir la Terre, prêcher ton nom, mais, ô mon Bien-Aimé, une seule mission ne me suffit pas. Je voudrais en même tempsannoncer l'Evangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées... Je voudrais être missionnaire, non seulement pendant quelques années, mais je voudrais l'avoir été depuis la création du monde et l'être jusqu'à la consommation des siècles. Sainte Thérèse de Lisieux (écrit à 23 ans)