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• LA FÊTE DES FAMILLES • LA PRÉSIDENTE DE L’APEL EN VISITE EN MARTINIQUE • PÈLERINAGE DU ROSAIRE 2013 N° 471 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 3 novembre 2013 L’espérance chrétienne

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Editorial Editorial • Le sens de la vie Mot de l'Evêque • Tous saints ! Eglise universelle • Nouvelle traduction liturgique de la Bible dans sa version intégrale Liturgie • Parole dominicale Droit canonique • Les onctions (1) Dossier : La sainteté • Vocation universelle à la sainteté • Qui était M. Léon Papin Dupont ? • Tous… saints ! • La sainteté de la femme Vie du diocèse • La Fête des Familles • Pèlerinage du Rosaire 2013 • La présidente de l’APEL en visite en Martinique Société • Le vieillissement de la population martiniquaise Médias numéro 471 numéro 471 • LA FÊTE DES FAMILLES • LA PRÉSIDENTE DE L’APEL EN VISITE EN MARTINIQUE • PÈLERINAGE DU ROSAIRE 2013 N° 471 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 3 novembre 2013 L’espérance chrétienne S ommaire DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Édiprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 58697207 Fort de France Cedex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr egliseenmartinique@orange.fr E n ce mois de novembre, la liturgie de l’Eglise oriente notre prière et notre méditation vers le sens dernier de notre vie et de notre foi. Interrogeons-nous d’abord avec le psalmiste sur la brièveté de \ notre existence en ce monde : Le nombre de nos années ? Soixante-dix, quatre- vingts pour les plus vigoureux ! Leur plus grand nombre n’est que peine et misère ; elles s’enfuient, nous nous envolons… Dès le matin, c’est une herbe changeante : elle fleurit le matin ; le soir, elle est fanée, desséchée (Ps 89). Ces paroles de ce sage de l’Ancien Testament peuvent nous paraître aujourd’hui empreintes de pessimisme et de nostalgie. Ce temps qui passe et qui s’écoule jusqu’à épuisement, chacun de nous peut en faire l’expérience. La finitude de la vie nous conduit à cherch\ er et à donner sens à tout ce que nous faisons et à notre propre existence\ . Dans le psaume 89, le croyant s’adresse à Dieu, sa prière est m\ otivée par sa foi : Rassasie-nous de ton amour au matin. Le matin de l’existence, pour un être humain, c’est sa jeunesse\ . L’orientation de sa vie est déterminée par sa reconnaissance et \ sa confiance en la présence de l’amour divin. Le soir de l’existen\ ce humaine, c’est la pente descendante de la vie terrestre. Ainsi, pour le croyant, l’espérance d’une vie nouvelle au-delà de la mor\ t se fonde dans l’amour divin qui pour lui sera sans faille et sans limite. A l’homme de la première alliance, la vie en Dieu pouvait paraî\ tre obscure. Le voile sera levé par le Christ, dans sa vie, sa mort et sa résurrection. L’apôtre Paul a ces paroles lumineuses : Pour moi, vivre c’est le Christ et mourir est un gain (Phil. 1,21). Pour lui, la source de la vie sera la résurrection de Jésus d’entre les morts. Toutes les comparaisons dans l’ordre naturel pour approcher cette réalité de la vie nouvelle – tel le grain de blé ou l’arb\ re qui pousse à partir du terreau – restent bien loin de la vie qui vient de la ré\ surrection du Christ. L’objectif que le Christ fixe à ses disciples, c’est de particip\ er pleinement au bonheur de son Père en vivant la pauvreté du cœur, la douceur, la compassion, la justice, la paix dans les relations humaines. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense est gr\ ande dans les cieux (Mt 5,3-13). P. Jean de Coulanges n 2 3 Le sens de la vie 6 7 88 9 14 15 19 16 5 14 13 9 10101010 12

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Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 33 Mot de l'Evêque Tous saints ! C ontrairement à une opinion très large - ment répandue à la Martinique, la fête de la Toussaint n’est pas la fête des morts, mais la fête des vivants. Dieu n’est pas le Dieu des morts, il est le Dieu des vivants, répon - dait Jésus aux Sadducéens qui ne croyaient pas à la Résurrection. La Toussaint est la fête de tous ceux qui vivent dans la sainteté de Dieu. C’est aussi la fête de tous ceux qui s’efforcent de répondre à l’invitation que le Seigneur leur adresse : Pour vous, soyez saints, comme votre Père des cieux est saint. Cette fête fait monter vers Dieu l’action de grâce de l’Eglise pour ces centaines de millions d’hommes et de femmes, de toutes les époques et de tous les temps, chrétiens ou autres hommes de bonne volonté, qui ont rendu concrète la plus belle utopie qui soit : « Etre tous saints ». Dieu seul est saint, clame l’Eglise catholique. La Sainteté est, en effet, ce qui caractérise Dieu seul. Cependant, nous ne sommes pas dans l’erreur lorsque nous disons que la Toussaint est la fête de « tous les saints ». Car, dans son amour infini, Dieu a voulu offrir en partage à l’humanité cette sainteté qui est son privilège exclusif. C’est en effet Dieu lui-même qui nous dit : Vous donc, soyez saints car je suis saint, moi, le Seigneur votre Dieu (Lévitique 19). Jésus, Fils de Dieu, venu nous révéler le vrai visage de Dieu, dit à ses disciples : Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Matthieu 5,48). En d’autres termes : Soyez saints comme Dieu, votre Père, est saint. Malgré nos misères et nos péchés, nous sommes déjà « saints » par notre participation à la sainteté de Dieu lorsqu’il fait alliance avec nous. Par le baptême, il nous plonge dans la personne et dans la vie de son Fils Jésus et de l’Esprit Saint et donc, il nous fait partager sa nature divine. Cela est si vrai que Jésus Christ, son Fils, vrai Dieu et vrai homme, s’identifie à chacun de nous et dit : Tout ce que vous faites à l’un de ces plus petits d’entre vos frères, c’est à moi-même que vous le faites (Matthieu 25,40). Les premiers chrétiens, qui avaient conscience de participer à la sainteté de Dieu, se donnaient entre eux le nom de « saints ». Lorsque saint Paul écrit aux chrétiens qui sont à Rome, il dit : Je salue les saints qui sont à Rome. Quand il fait une collecte, c’est, dit-il, pour venir en aide aux « saints » qui sont à Jérusalem. La fête de tous les saints rend grâce à Dieu pour le partage de sa sainteté avec nous. Elle nous invite aussi à devenir ce que nous sommes déjà, c’est-à-dire des « saints ». On peut la comprendre comme une exhortation, comme un mot d’ordre : « Tous ! Saints ! ». Le vocable « saint » évoque presque toujours l’image de ces personnes « canonisées » par l’Eglise et statufiées dans le marbre. Mais la sainteté ne nous fossilise pas, ni ne nous momifie. Etre saint ne signifie nullement se couper de la vie terrestre et de ses réalités. Bien au contraire, c’est en s’acquittant consciencieusement et avec amour de toutes ses responsabilités hu- maines que l’on se sanctifie. Saint Joseph s’est sanctifié en accomplissant son métier de charpentier et en faisant à tout moment ce que le Seigneur attendait de lui. La Vierge Marie elle-même, bien que conçue sans péché, s’est sanctifiée en répondant à l’annonce de l’Ange : Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa parole. La sainteté nous invite à vivre intensément l’instant présent, comme s’il était notre dernier instant, sous le regard de Dieu, avec le désir de lui obéir et de lui plaire, au service de notre prochain. Elle nous fait expérimenter déjà la joie qui vient de Dieu quand notre conscience est en paix avec lui et nous fait pressentir le bonheur qui sera le nôtre si Dieu nous juge dignes d’être accueillis dans son Royaume au terme de notre vie humaine. Nous sommes en marche vers ce moment où nous serons des « défunts » et non pas des morts. Le mot défunt tient son origine du latin defunctus qui vient lui-même d’un verbe qui signifie s’acquitter de. Le mot fonctionnaire a la même racine. Le défunt est donc comme quelqu’un qui s’est acquitté de ce Xxxx

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* * * * * Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 4 Eglise en Martinique Règlement à l’ordr\se de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martiniq\ ue Boîte Postale 586 \b7 207 FORT DE FRANCE CEDEX MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne ! Nom : ........................................................................\ ..................................................................................... Prénom : .......................................................................\ ............................................................................... Adresse : .......................................................................\ ............................................................................... Mail : .......................................................................\ .......................................................................................... Tél. .......................................................................\ ........................... Code Postal .................................. Ville .......................................................................\ ........................................................................................... Mot de l'Evêque (suite) pour quoi il a été créé ; comme un bon fonctionnaire qui a fait son devoir et, au terme de sa carrière, va prendre une retraite bien méritée. A partir du 9 ème siècle, l’Eglise a voulu associer la mémoire de ces fidèles défunts à la belle fête de Tous les Saints. Il nous est bon d’évoquer de manière particulière ceux qui nous ont quittés, qui nous étaient proches, que nous continuons à aimer, et de penser qu’ils font maintenant partie de cette immense cohorte des bienheureux que nous espérons rejoindre un jour, dans la vie éternelle, dans ce bonheur et cette joie qu’absolument rien ne pourra plus leur ravir. Que la fête de la Toussaint soit aussi dès maintenant la nôtre ! Bonne fête ! + Michel Méranville Archevêque n Messe des Antillais et Guyanais de l’hexagone Place Saint Sulpice - 2 rue Palatine 75006 Paris métro Saint Sulpice (ligne 4) Présidée par : Mgr Michel Méranville (Archevêque de Martinique) Mgr Jean-Yves Riocreux (Evêque de Guadeloupe) Mgr Emannuel Lafont (Evêque de Guyane) Renseignements : Aumônerie Nationale Antilles-Guyane 5 bis, rue de Mouzaïa - 75019 Paris - 01 42 800 900 Lundi 11 novembre 2013en l’église Saint Sulpice Bondyé ka hélé’w ou pa ka tannBondyé Bondyé Bondyé

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C ette approbation du Saint- Siège vient couronner les efforts d’un énorme travail débuté il y a maintenant plus de dix- sept ans. En effet, jusqu’à présent, seuls les textes du Nouveau Testament et quatre mille versets de l’Ancien Testament et des lectionnaires étaient regroupés dans un ouvrage, la Bible de la liturgie, édité en 1993. Très rapidement, la nécessité d’un texte intégral pour la liturgie fut exprimée par les évêques de la Commission Internationale Francophone de Traduction Liturgique (CIFTL, aujourd’hui CEFTL) et, en 1996, cet ambitieux chantier de traduction fut lancé. Durant toutes ces années, et jusqu’à aujourd’hui, ce sont près de soixante-dix experts, liturgistes, exégètes, écrivains et poètes venus de France, de Belgique, du Canada, du Luxembourg et de Suisse qui se lancèrent dans cette lourde entreprise. L’ensemble de la nouvelle traduction fut, dès 2005, soumis aux différentes Conférences épiscopales francophones, pour être finalement validé par elles à l’automne 2012, après l’étude de plus de quatre mille remarques et de nombreux échanges avec la Congrégation. Cinquante ans après l’ouverture du Concile Vatican II, cette nouvelle Bible intégrale dans sa traduction liturgique est, pour citer le père Jacques Rideau, directeur du SNPLS « un fruit de Sacrosanctum Concilium et de Dei Verbum ; elle signe ce lien intime que l’Ecriture et la Liturgie entretiennent l’une avec l’autre ». Cette nouvelle traduction est une première étape avant la publication des nouveaux lectionnaires. La Bible, traduction officielle liturgique, paraîtra à la fin du mois de novembre. Elle sera également progressivement mise en ligne sur le site de l’AELF et sur liturgiecatholique.fr , afin que chacun puisse se l’approprier. Frédéric Bergeret Secrétaire général de l’AELF n D epuis plusieurs jours, est médiatisée l'information selon laquelle la prière d u " Notre Père" changerait « immédiatement » dans la pra- tique des croyants. Apportons les précisions suivantes : Il y a dix-sept ans, les Conférences épiscopales francophones ont demandé de mettre en chantier une traduction intégrale de la Bible à usage liturgique. En effet, au lendemain du Concile, seuls les textes utilisés pour la messe et les sacrements ont été traduits en français. Cette traduction postconciliaire méritait aussi une révision. La traduction, à paraître le 22 novembre prochain, est cette version intégrale et révisée. Parmi les modifications remarquables figure cette demande du " Notre Père" : Et ne nous laisse pas entrer en tentation qui remplace : Ne nous soumets pas à la tentation. Rien ne change actuellement pour la prière du " Notre Père", y compris à la messe. Un changement pourra intervenir dans quelques années lorsqu'entrera en vigueur la nouvelle traduction du Missel Romain, qui est encore en chantier. Comme l'écrivait saint Jacques : Que nul, quand il est tenté, ne dise que sa tentation vient de Dieu. Communier à la prière du Christ de cette manière réjouira donc les croyants... le moment venu. L'intérêt journalistique pour le " Notre Père" est positivement révélateur du sens populaire de la principale prière des chrétiens. Mais la pendule des rédactions est un peu en avance sur celle des églises ! Mgr Bernard Podvin Porte-parole des évêques de France n Eglise universelle Nouvelle traduction liturgique de la Bible dans sa version intégrale Chaque chose en son temps Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 5 La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements vient de faire parvenir au président de la Conférence des évêques de France la recognitio de la nouvelle traduction liturgique de la Bible dans sa version intégrale.

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Dimanche 3 novembre 2013 L a P arole D ominicale Zachée, un petit qui invite à grandir 31 ème dimanche du Temps ordinaire - Année C C ertains épisodes des récits évangéliques sont plus connus que d’autres et tous les personnages qu’ils mettent en intrigue n’ont pas la même célébrité dans l’imaginaire populaire. Zachée fait certainement partie des stars de la scène évangélique, non parce que sa rencontre avec Jésus n’est racontée qu’une seule fois par les évangélistes, mais en raison de sa petite taille. Au-delà de cette information sur sa constitution physique, cette figure laisse un modèle de croissance chrétienne encore pertinent pour ceux et celles qui lisent ou écoutent Lc 19,1- 10 aujourd’hui. Pour recueillir le message que l’expérience de Zachée nous délivre, il suffit de suivre patiemment le déroulement du récit qu’en fait Luc. L’évangéliste organise son texte en deux séquences. La première a lieu en l’absence de Jésus et principalement dans une rue de Jéricho. La seconde phase se vit avec Jésus au domicile de Zachée. Le passage de la rue à la maison indique un changement de la relation. Il signifie un progrès dans le sens de la proximité, voire de l’intimité. En Jésus, le Dieu des chrétiens se fait proche de l’humanité et vient la rejoindre, même dans ses fragilités les plus lamentables (cf. première lecture). Sa bonté envers sa créature n’est freinée ni par le jugement méprisant de la personne prétendument juste, ni par la situation du pécheur lui-même. En effet, l’hôte de Jésus, en tant que publicain, subissait la mauvaise réputation de cette profession à laquelle les juifs attachaient naturellement le détournement des deniers publics et la collaboration avec le colonisateur romain. De plus, Zachée n’est pas un quelconque publicain ; il se dresse à la tête de cette corporation mal famée ; son statut social l’enrichit mais le condamne aussi : aucune misère humaine ne résiste à la miséricorde divine ! Voilà une idée maîtresse de l’évangile selon saint Luc. Parallèlement à ce que nous y apprenons de Dieu, le texte nous enseigne aussi au sujet de la personne humaine, à travers la démarche de Zachée. Celui-ci pose deux actes, qui correspondent aux deux mouvements de la scène, à savoir dans la rue et dans la maison. Le premier moment revient à un temps de préparation. Au-delà de son côté amusant, l’ascension du sycomore est lourde d’enseignement. Elle peut nous renvoyer à l’ardeur du désir de Dieu contrarié par diverses sortes de petitesses, dont nous avons conscience. Mais ces obstacles naturels, qui font écran à notre rencontre avec Jésus, peuvent être dépassés moyennant la conscience que nous en prenons et l’effort que nous fournissons pour les contourner. Si notre volonté de rendre plus active notre foi (cf. deuxième lecture) souffre de nos bassesses chroniques, montons sur le sycomore des moyens proposés par l’Église ! La seconde phase, qui se déroule loin de la foule et dans l’intimité de la résidence de Zachée, est marquée par une déclaration. Les mots employés par le publicain pour exprimer sa conversion comportent de fortes résonances bibliques. En parlant de la moitié de ses biens, Zachée peut se mettre en parallèle avec Hérode qui s’était déclaré capable d’offrir la moitié de son royaume. Mais la ressemblance ici semble plus forte avec David. En réaction à la parabole prononcée par le prophète Nathan, le roi avait juré que la brebis volée devait être payée quatre fois (2 S 12,6). Pareillement, Zachée s’engage à compenser les torts qu’il aurait commis au quadruple. Ce rapprochement nous permet de construire une chaîne de personnes soucieuses de la justice, qui part de l’Ancien Testament avec David et se poursuit dans le Nouveau Testament avec Zachée. Dans le cas de ce dernier, le désir de Dieu aboutit à la soif de justice envers les hommes, à la réhabilitation des spoliés. Si notre foi nous conduit à rectifier les injustices que nous aurions commises, nous deviendrons des relais contemporains de cette tradition qui rend gloire à Dieu en relevant l’homme (cf. refrain du psaume 144 selon Prions en Église ). Zachée sera-t-il célèbre uniquement pour sa taille ou deviendra-t-il pour nous un modèle de progression spirituelle ? P. Elvis Elengabeka, C.S.Sp n Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 6 Sagesse 11,23-26 ; 12,1-2 • Psaume 144 • 2 Timothée 1,11-12 ; 2,1-2 • Luc 19,1-10

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C e mot désigne une des manières d'utiliser les huiles, aromates, parfums et autres corps gras. Alors que la friction ou le massage évoque les utilisations médicinales par lesquelles on veut faire passer l'huile sous la peau pour atteindre et revigorer les muscles, l'onction (ou friction douce), matériellement plus restreinte et donc plus superficielle, a été chargée, par contre, de nombreux symbolismes présents dans toutes les civilisations. Donc l’onction a un peu le sens courant d’une médecine au sens scientifique, dont le terme le plus approprié est la friction. Mais l’onction repose davantage sur une pratique empreinte de spiritualité. L’onction est une douceur attendris- sante qui touche les cœurs et porte à la piété. Dans cette acception du terme, la sensibilité, pas toujours objective, est sollicitée. De nos jours, en Martinique, l’habitude se répand de qualifier cer- tains rassemblements de personnes ou des individualités selon qu’ils ont ou non l’onction ou une onction. Cette vision réductrice a tendance à catalo- guer des événements et des personnes. Ces dernières, en général des frères chrétiens voire des prédicateurs, sont distinguées selon un critère sensible et souvent affectif. Untel a l’onction, tel autre n’a aucune onction. Je sens, je ne sens pas. Mais qui suis-je pour juger mon frère ? Qui suis-je même pour juger de l’efficacité de l’action, de la parole ou de la prédication de celui qui est peut-être l’envoyé de Dieu ? L’onction signifie une douceur affectée et hypocrite. Se dit d’un discours plein d’onction par exemple. Cette significa- tion littéraire, plutôt ironique, est peu usitée dans nos régions. Enfin, l’onction est une application d’huile sainte sur une personne pour la consacrer à Dieu ou lui conférer la grâce de lutter contre le mal ou contre la maladie. Cette définition du Larousse nous intéresse davantage puisqu’elle a le sens religieux que nous lui don- nons dans l’Eglise. En effet, l'onction – qui présente quelque analogie avec le sceau, le marquage – a signifié le transfert d'appartenance, la mise à part en vue d'usages spécifiques liés généralement au culte et donc au domaine du sacré. De ce fait, l'onction évoque souvent la consécration des personnes (rois, évêques, prêtres) ou des objets (pour le culte notamment). Si ces onctions sont assez répandues dans les civilisations antiques, l’époque moderne voit aussi leur usage, particu- lièrement dans la religion catholique. C’est ainsi que dans notre pratique cultuelle, l’onction d’huile est présente dans nombre de sacrements et rites (baptême, confirmation, ordination, malades, catéchumènes). Quel en est le sens profond théologique ? Dans notre pratique, l’onction est liée à Jésus Christ, mort et ressuscité, au nom duquel les personnes et les choses reçoivent elles-mêmes l’onction. Le mot Christ est une traduction gréco-latine de l'hébreu mashia’h qui a le sens de messie , c'est-à-dire oint . "Christ" est donc accolé au nom propre de "Jésus". Cette appellation de Christ est devenue tellement usitée qu'on la prend pour un nom propre et non plus pour une épithète au sens de laquelle on ne prête plus guère attention. En quoi le Christ est-il oint ? Saint Irénée, évêque de Lyon au deu- xième siècle et père de l’Eglise, expli- quait ainsi : Dans le nom du Christ est sous-entendu celui qui a oint, celui qui a été oint et l'onction même dont il a été oint. Celui qui a oint, c'est le Père ; celui qui a été oint, c'est le Fils et il l'a été dans l'Esprit qui est l'onction. Comme le dit le Verbe par la bouche d'Isaïe : « L'Esprit de Dieu est sur moi parce qu'il m'a oint », ce qui indique tout ensemble, et le Père qui a oint, et le Fils qui a été oint, et l'onction qu'est l'Esprit (2). L’onction qu’a reçue Jésus Christ n’est donc pas l’imposition d’une quelconque huile sur une partie du corps. Mais Jésus reçoit cette onction du Père de qui il reçoit toute mission : Comme le Père m’a envoyé.. . (Jn 20,21). Il est sujet de l’onction : Tu es le Christ (l’oint), le Fils du Dieu vivant... (Mt 16,16). Il est oint par l’Esprit Saint : Vous savez ce qui s’est passé [...] Jésus de Nazareth [...] après le baptême de Jean ; comment Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance... (Ac 10,38). Il y a eu des oints du Seigneur dans l'Ancienne Alliance (cf. Ex 30,22-32), le roi David éminemment (cf. 1 S 16,13). Mais Jésus est l'Oint de Dieu d'une manière unique : l'humanité que le Fils assume est totalement ointe de l'Esprit Saint. Jésus est constitué Christ par l'Esprit Saint et non par l’application d’huile sainte (cf. Lc 4,18-19 ; Is 61,1). La Vierge Marie conçoit le Christ de l'Esprit Saint qui, par l'ange, l'annonce comme Christ lors de sa naissance (cf. Lc 2,11) et pousse Siméon à venir au Temple voir le Christ du Seigneur (cf. Lc 2,26-27) ; c'est lui qui emplit le Christ (cf. Lc 4,1) et dont la puissance sort du Christ dans ses actes de guéri- son et de salut (cf. Lc 6,19 ; 8,46). C'est lui enfin qui ressuscite Jésus d'entre les morts (cf. Rm 1,4 ; 8,11). P. Jean-Max Renard, Vice-Official n Les onctions (1) (1 ère partie) En ouvrant le bon dictionnaire Larousse de la langue française, nous trouvons les définitions suivantes du nom commun onction : L’onction est une friction douce avec une pommade contenant un principe actif destiné à pénét\ rer par la peau. Droit canonique Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 7 (1) Inspiré de l’article de G. Mathon, dans Catholicisme hier, aujourd’hui et demain, Jacquemet, Mathon et Baudry, éditions Letouzé et Ané.(2) Saint Irénée de Lyon, traité sur les hérésies : Adversus Haereses, III, 18, 3, 61-72.

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Dossier : La sainteté Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 8 Vocation universelle à la sainteté L ’Église, dont le saint Concile présente le mystère, est aux yeux de la foi indéfectiblement sainte. En effet, le Christ, Fils de Dieu, qui, avec le Père et l’Esprit, est proclamé « le seul Saint », a aimé l’Église comme son épouse, il s’est livré pour elle afin de la sanctifier (cf. Ep 5,25-26), il se l’est unie comme son Corps et l’a comblée du don de l’Esprit Saint pour la gloire de Dieu. Aussi dans l’Église, tous, qu’ils appartiennent à la hiérarchie ou qu’ils soient régis par elle, sont appelés à la sainteté, selon la parole de l’apôtre : Oui, ce que Dieu veut c’est votre sanctification (1 Th 4,3 ; cf. Ep 1,4). Cette sainteté de l’Église se manifeste en permanence et doit se manifester par les fruits de grâce que l’Esprit produit dans les fidèles ; sous toutes sortes de formes, elle s’exprime en chacun de ceux qui tendent à la charité parfaite, dans leur ligne propre de vie, en édifiant les autres ; elle apparaît d’une manière particulière dans la pratique des conseils qu’on a coutume d’appeler évangéliques. Cette pratique des conseils, assumée sous l’impulsion de l’Esprit Saint par un grand nombre de chrétiens, soit à titre privé, soit dans une condition ou un état sanctionné par l’Église, apporte dans le monde et doit y apporter un lumineux témoignage et un exemple de sainteté. Maître divin et modèle de toute perfection, le Seigneur Jésus a prêché à tous et chacun de ses disciples, quelle que soit leur condition, cette sainteté de vie dont il est à la fois l’initiateur et le consommateur : Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Mt 5,48). Et en effet, à tous il a envoyé son Esprit pour les mouvoir de l’intérieur à aimer Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme, de toute leur intelligence et de toutes leurs forces (cf. Mc 12,30), et aussi à s’aimer mutuellement comme le Christ les a aimés (cf. Jn 13,34 ; 15,12). Appelés par Dieu, non au titre de leurs œuvres mais au titre de son dessein gracieux, justifiés en Jésus notre Seigneur, les disciples du Christ sont véritablement devenus par le baptême de la foi, fils de Dieu, participants de la nature divine et, par là même, réellement saints. Cette sanctification qu’ils ont reçue, il leur faut donc, avec la grâce de Dieu, la conserver et l’achever par leur vie. C’est l’apôtre qui les avertit de vivre comme il convient à des saints (Ep 5,3), de revêtir, comme des élus de Dieu saints et bien-aimés, des sentiments de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité (Col 3,12), portant les fruits de l’Esprit pour leur sanctification (cf Ga 5,22 ; Rm 6,22). Cependant, comme nous nous rendons tous fautifs en bien des points (cf. Jc 3,2), nous avons constamment besoin de la miséricorde de Dieu et nous devons tous les jours dire dans notre prière : Pardonne-nous nos offense s (Mt 6,12). Il est donc bien évident pour tous que l’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur état ou leur forme de vie ; dans la société terrestre elle- même, cette sainteté contribue à promouvoir plus d’humanité dans les conditions d’existence. Les fidèles doivent s’appliquer de toutes leurs forces, dans la mesure du don du Christ, à obtenir cette perfection, afin que, marchant sur ses traces et se conformant à son image, accomplissant en tout la volonté du Père, ils soient avec toute leur âme voués à la gloire de Dieu et au service du prochain. Ainsi, la sainteté du Peuple de Dieu s’épanouira en fruits abondants, comme en témoigne avec éclat, à travers la vie de tant de saints, l’histoire de l’Église. n Le 1 er novembre, l’Eglise fête tous les saints, connus et inconnus, et nous invi\ te à leur emboîter le pas. Chaque baptisé est appelé à la sa\ inteté, affirme le concile Vatican II dans la constitution Lumen Gentium, dont le chapitre 5 traite de la vocation universelle à la sainteté dans l’Eglise. Arrêtons-nous un instant sur un extrait de ce chapitre. L’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur état ou leur forme de vie. Bienheureux Jean XXIII qui convoqua le Concile Vatican II

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Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 9 I l épouse, le 9 mai 1827, aux Trois-Ilets, Caroline d'Audiffredy (1802-1833). De cette union, le 4 octobre 1832, naît une fille : Marie-Caroline-Henriette. Mais le 1 er août 1833, l'épouse de Léon décède, probablement d'une tuberculose. Il se donne alors résolument à Dieu partageant sa vie entre le souci de sa fille et le service de Dieu et des pauvres. Comme la santé d'Henriette donne des inquiétudes, il est conseillé au veuf de retourner en France, là où le climat serait plus favorable. En 1834, Léon quitte son île natale en emmenant également avec lui sa mère et trois serviteurs : Adée et Adèle, des mulâtresses, et Alfred, un homme noir, pour s'installer à Tours. Ses serviteurs créoles se considèrent comme de sa famille et Adèle l’assistera jusque dans son agonie. A Tours, M. Dupont s’adonne à diverses œuvres. Il est rempli d'une grande dévotion à saint Martin, ancien évêque de Tours. Il crée le Vestiaire de saint Martin pour distribuer des vêtements aux pauvres, comme saint Martin l'avait fait autrefois, alors soldat, à un pauvre. Il demande la permission au pape de reconstruire une basilique en l'honneur de saint Martin, sur le lieu de l'église qui lui était consacrée, mais qui avait été détruite. Avec l'accord de Mgr Guibert, Léon fait des recherches archéologiques pour redécouvrir les reliques du saint évêque de Tours du IV ème siècle. Ainsi, dans la nuit du 14 décembre 1860, on retrouve enfin, dans une cave murée, les reliques de saint Martin. La joie est à son comble dans le cœur de Léon Dupont. Recevant l’image de la Sainte Face, il en fait l’objet de sa prière pour le monde, la France, les pécheurs. Il en fait aussi l’objet d’un culte qui se répand rapidement dans le monde. Après la mort de sa fille à 15 ans, il consacre sa vie à cette œuvre, à la correspondance suscitée par elle, à la prière : les guérisons intérieures et extérieures se multiplient, le salon de M. Dupont devient un lieu incessant de pèlerinages, de miracles et de conversions. Dans le même temps, il développe l’Adoration eucharistique de jour et de nuit chez lui et partout en France. Lui-même est un fervent adorateur, communie chaque jour (fait rare à l’époque). Il écrit plusieurs prières sur le Chemin de Croix, soutient la fondation des Petites Sœurs des Pauvres à Tours et se consacre à diverses œuvres de charité. Perclus par la goutte, il finit par se retirer et mène son dernier combat dans un grand abandon, rayonnant toujours une grande paix et une grande sérénité. Il s’éteint à Tours le 18 mars 1876. De son vivant, il est surnommé « le saint homme de Tours ». Les travaux du nouveau sanctuaire- basilique commencent en 1886, mais l'édifice n'est terminé qu'en 1902, puis consacré en 1925 par le cardinal archevêque de Lyon. Depuis sa mort, le culte de la Sainte Face n’a fait que grandir. Son salon a été transformé en oratoire. Les guérisons et conversions continuent. L’Eglise a reconnu ses vertus héroïques en 1983 : il est déclaré vénérable par le Saint-Siège. Un miracle dûment authentifié ouvrira la voie à sa béatification. n Qui était M. Léon Papin Dupont ? Originaire d'une famille bretonne, Léon Papin Dupont (qui se fait couramment et modestement appeler M. Dupont) naît le 24 janvier 1797 à la Martinique, dans une famille de l’aristocratie. Dès sa première communion, il fait une véritable expérience de Dieu : Je versais un torrent de larmes et mon cœur fut inondé de joie. Cette expérience s’affermit dans une vie de foi, d’espérance et de charité toujours croissant. Léon Papin Dupont

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Dossier : La sainteté Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 10 D ieu seul est parfait et saint. Aussi, pour définir la sainteté, c'est vers Lui qu'il faut regarder. C’est dans la Parole de Dieu que nous pouvons puiser la description exacte de la sainteté. Pour nous révéler qui Il est, Dieu a envoyé Jésus, son Fils Unique, Lui qui nous dit : Celui qui m'a vu a vu le Père, et d’ajouter : Je suis dans le Père et le Père est en moi (Jn 14,9-10). Jésus est le modèle de sainteté donné par Dieu à tous les chrétiens. Par sa parole et ses actes, Il nous dévoile le visage de Dieu qui est Amour. Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par Lui (1 Jn 4,9). Jésus est le visage humain de la Sainteté de Dieu. Il a pris sur lui toutes nos faiblesses, hormis le péché, et toute sa vie a été et est toujours, pour tous les hommes de tous les temps, l'exemple de la perfection que Dieu attend de chacun de nous. Jésus nous invite à être parfaits, comme notre Père du ciel est parfait. Il nous donne la marche à suivre dans les Béatitudes (Mt 5,1-12). Il est notre guide, notre GPS pour le ciel, le chemin que beaucoup d’hommes ont suivi ou suivent encore aujourd’hui. Oui, Dieu nous y appelle, il appelle tous les hommes, toutes les femmes à la sainteté. Tous ceux qui ont choisi de vivre à l’exemple de Jésus sont appelés des saints. Leur vie, toute simple, faite de paroles et d’actes d’amour, de générosité, de fidélité à la Parole de Dieu, est là pour nous montrer que rien n’est impossible à Dieu. « Saint » signifie « choisi ». Les saints sont des hommes ou des femmes, connus ou inconnus, qui essaient de vivre comme le Christ. Ils nous aident à marcher sur les traces de Dieu et nous rappellent que nous sommes tous appelés à la sainteté. Le 1 er novembre, l'Église honore la foule innombrable de ceux et celles qui ont été des témoins du Christ. La sainteté est une voie possible pour chacun, à condition de se laisser conduire par l’amour de Dieu. Pour parvenir à la sainteté, Jésus, par l’Eglise, nous donne les sacrements. Par eux, Il nous communique sa grâce, le don de Lui-même ; il nous donne la force de réaliser cette perfection. Les sacrements sont les canaux de la grâce divine : par le baptême, nous pouvons naître à la vie de Dieu ou la retrouver par le sacrement de pénitence. L'eucharistie (la messe) nourrit notre âme et la fait grandir en vue de la vie éternelle ; la confirmation nous donne une force toute surnaturelle dans la lutte à mener quotidiennement contre les forces du mal. L'ordre, le mariage et le sacrement des malades répondent aux besoins particuliers de telle ou telle circonstance de notre vie et nous donnent les grâces appropriées. Pierre Valey, Délégué épiscopal à la catéchèse n Tous… saints ! La première grande fête proposée par l’Eglise pour l’année pastorale est la Toussaint. En catéchèse, nous ne pouvons passer sous silence un suj\ et aussi important. En effet, tous les manuels que nous utilisons actuellement parlent de la sainteté de Dieu et de celle de l’homme, car l’homme a é\ té créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Bienheureux Jean Paul II Bienheureux Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse de Lisieux Marthe Robin

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Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 11 Mots d’enfants et de catéchistes Les saints, ce sont ceux qui ont trouvé le chemin du bonheur en aimant Dieu de toutes leurs forces. Ils nous invitent à faire comme eux ! Il y a beaucoup de personnes qui ont vécu dans la fidélité à l’Evangile et au service de tous, mais qui n’ont pas été canonisées. Eux aussi sont des saints. Parfois nous en connaissons. Ce sont des personnes qui rayonnent littéralement. Je dis aux enfants que la sainteté, c’est accueillir la Parole de Dieu, c’est aussi lui demeurer fidèle et avoir confiance en lui : faire preuve de justice et d’amour, pratiquer le pardon et être un artisan de paix. Ma marraine m’a emmené à la messe de la Toussaint l’année dernière ; après, on a parlé des saints. Pour moi un saint, c'est une personne qui a pris dans son cœur tout l'Amour de Dieu et qui l'a donné ensuite à tout le monde autour de lui. Au cheminement, les jeunes me disent que pour être un saint il faut être très fort et faire des choses extraordinaires. Mais je leur dis que nous y sommes tous appelés et que c’est par de petites actions quotidiennes, accomplies dans le silence – comme par exemple ne pas se mettre en colère contre l’autre, ne pas se moquer de celui qui se trompe, sourire ou tendre la main à celui qui est en difficulté et qui pleure – qu’on peut y parvenir. Être un saint, ce n'est pas être superman et accomplir des choses exceptionnelles, mais juste avoir le cœur rempli d'amour. Ma maman m’a dit qu’il y a un saint qui s’appelle comme moi, Nicolas. Je sais plein de choses sur lui. Il avait bon cœur et il a sauvé des filles de l’esclavage ; c’est aussi le saint des petits enfants. Il était très gentil et maintenant il vit auprès de Dieu. J’essaie d’être gentil comme lui, mais parfois je n’y arrive pas parce que il y en a qui m’embêtent à l’école. Un jeune de mon groupe de cheminement m’a dit : "La Toussaint, c’est la fête d’un tas de vieilles personnes qui ont fait des choses extraordinaires pour leur époque mais, de nos jours, cela m’étonnerait qu’il y ait encore de nouveaux saints". Du coup, nous avons cherché et trouvé une jeune fille, Chiara Luce Badano, qui, depuis l'enfance, était habitée par une foi lumineuse qui n’a cessé de grandir. Elle a eu un cancer à 16 ans et a choisi d'affronter sa maladie et de s'en remettre à Dieu. Elle est morte à la veille de ses 19 ans. Elle a été béatifiée le 25 septembre 2010 par le pape Benoît XVI. Il n’y a donc ni âge ni époque pour être saint. Bienheureuse Chiara Luce Badano Sainte Faustine Bienheureux Charles de Foucauld Saint Vincent de Paul Claire de Castelbajac

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Dossier : La sainteté Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 12 L a femme est sainte en soi, du fait même que Dieu l’a regardée, choisie et continue à la regarder et à la choisir pour notre société d’aujourd’hui. Oui, elle est sainte, comme l’affirme saint Paul dans Ephésiens ; bien que blessée avec Eve et son péché, tout comme l’homme. Cependant, par la Vierge Marie, par son baptême, en posant des actes de charité en Christ, jour après jour, au quotidien, en toute simplicité, la femme retrouve son état d’innocence d’avant la faute, ainsi que son état de sainteté. C’est la raison pour laquelle la femme, en tant que femme, a un rôle essentiel, voire existentiel pour notre société. A mesure que la femme posera des actes de charité chrétienne, alors sa sainteté grandira et notre société en bénéficiera. Le premier acte de sainteté que la femme posera sera de nous « enfanter » au Christ, à l’instar de la Vierge Marie ; puis elle proposera le Christ et annoncera la Bonne Nouvelle, comme la Samaritaine qui allait annoncer le Christ aux Samaritains et Marie-Madeleine qui a annoncé la résurrection. La sainteté d’une personne n’est pas pour elle-même, elle a vocation à se donner. Cette sainteté grandissante chez la femme s’exprime à travers sa parole, ses prises de position, ses attitudes, sa spécificité féminine, pour rayonner du Christ et de l’enseignement de l’Eglise au sein de sa famille, dans son environnement familial et social, dans un cadre profane ou monastique, et enfin par son dévouement au sein de la vie de l’Eglise ou d’associations de charité. Ainsi, elle diffusera la bonne odeur du Christ, partout et en tout temps, car la sainteté a l’odeur de parfum du jardin d’Eden, celui du royaume de Dieu, et celui-ci n’est rien d’autre que Jésus lui-même, que Dieu lui- même. Prions l’Esprit Saint par la Vierge Marie. O femmes qui avez été choisies par Dieu dans cette vocation de sainteté, soyez dans la joie, heureuses et fières de nous féconder le Saint. Pour votre modèle de sainteté, prenez toujours votre prototype, Marie. Que le Seigneur vous bénisse en tout et partout. Jean-Marie Elie Setbon n La sainteté de la femme Après un premier séjour dans notre diocèse en juin 2013, pendant lequel il a présenté son premier ouvrage autobiographique « De la Kippa à la Croix », Jean- Marie Elie Setbon, ancien rabbin, juif orthodoxe, puis loubavitch, converti au catholicisme, a donné, du 14 au 19 octobre 2013, une série de conférences percutantes, pragmatiques, centrées sur la Parole de Dieu et le Catéchisme de l’Eglise Catholique, sur les thèmes du couple et de la famille et dont des rediffusions sont assurées régulièrement par Radio Saint-Louis. Il nous parle de la sainteté de la femme. La sainteté d’une personne n’est pas pour elle- même, elle a vocation à se donner. Sainte Joséphine Bakhita Jean-Marie Elie Setbon

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Vie du diocèse La Fédération de Martinique des Associations Familiales Catholiques et l’AFC de Saint-Christophe ont organisé, le dimanche 6 octobre 2013, la Fête des Familles 2013 “ zone Martinique”, sur l’espace paroissial de l’église de Saint-Christophe. La Fête des Familles A cette occasion, la messe de 8h30, célébrée par le père Alain Ransay, curé de la paroisse, a permis à tous les participants de dire merci à Dieu pour le don précieux de la famille. La célébration a été retransmise en direct sur les ondes de Radio Saint-Louis. A l’issue de la messe, le pot de l’amitié a réuni l’ensemble des personnes présentes, l’Union Départementale des Associations Familiales, la Fédération et des membres des douze autres AFC de Martinique, des autorités et les fidèles de la paroisse. Monseigneur Gaston Jean-Michel a été mis à l’honneur en tant que militant pour la sauvegarde de la famille et de la jeunesse et pour son engagement au service de la société martiniquaise. Il s’est prêté à un jeu de questions- réponses au cours d’un entretien ponctué de rires et d’applaudissements. Un « point information » sur les AFC et leur mission était disponible. Des adhésions ont été recensées le jour même et nous espérons vivement que le mouvement pour la famille prendra son essor dans notre Martinique, tant il est vrai que nos familles sont touchées par des difficultés de tout bord, avec une acuité au niveau des jeunes notamment. La fête s’est pour- suivie par un déjeuner à 12h30, réunissant plus de deux cent cinquante convives. L’animation a été assurée par Nestor Mijéré et Louis Joseph Huygues-Beaufond qui ont apporté, à partir de devinettes, des informations à la fois sur la paroisse et sur le diocèse. A 16h30, un goûter a été servi et a clôturé la fête. Cette manifestation a connu un franc succès. La Fédération de Martinique des AFC et l’AFC de Saint-Christophe tiennent à remercier toute la communauté paroissiale, tous les bénévoles qui se sont impliqués et ont participé à l’effort de préparation et de réception avec beaucoup d’entrain, sans oublier les participants à la fête. Serge Racine Président de l’AFC de Saint-Christophe n Église en Martinique du 3 novembre 2013 13 Procession d'entrée : D iacre Jean-Paul Levif et P. Alain Ransay Monseigneur Gaston Jean-Michel

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Vie du diocèse Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 14 C es pèlerins sont venus prier ensemble et nourrir leur foi au contact de leurs frères valides, malades ou en situation de handicap, mais qui, comme Marie, savent que rien n’est impossible à Dieu. Le thème de la foi, que nous avons développé tout au long de cette Année de la Foi, avait également été choisi par les Dominicains, organisateurs de ce pèlerinage. D’ailleurs, cette vertu théologale est une constante à Lourdes où le miracle est permanent pour tous ceux qui savent regarder avec le cœur et les yeux d’enfant de Bernadette. Près de cent cinquante pèlerins martiniquais avaient répondu à l’invitation de ce grand rendez- vous annuel. Le prédicateur, le frère Hervé Jégou, aumônier national des Equipes du Rosaire, nous a fait vivre durant les quatre jours les enseignements de l’évangéliste saint Jean à propos de la guérison de l’aveugle né. Une véritable catéchèse autour de ce récit qui nous invite à inaugurer, comme l’aveugle, un itinéraire de foi avec Jésus qui peut redonner la vue, mais surtout qui illumine nos nuits et nos jours sans espoir. Des homélies qui nous ont fait toucher du doigt la puissance de cette foi qui comble de biens les affamés et élève les humbles, leur permettant de témoigner autour d’eux pour faire connaître et aimer le Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Une foi chrétienne que nous sommes appelés à vivre au quotidien dans tous les actes de notre vie. Suis-je un chercheur du Christ ? Comment agir concrètement par amour de mon prochain ? Est-ce que je « mouille ma chemise » pour faire connaître Dieu autour de moi ? Mon pardon est-il sincère ou juste de façade ? Est-ce que je prie au-delà de mes seuls intérêts, ou suis-je prêt à offrir ma vie pour ceux que j’aime ? Autant d’interrogations sous forme de prières que nos pèlerins ont sans doute déposées au creux de la grotte, où beaucoup aiment à laisser une fleur, une photo d’un être cher ou un message, comme une bouteille à la mer, mais avec la certitude et l’assurance que Marie, notre tendre mère du ciel, ne manquera pas d’intercéder pour nous auprès de son Fils. La diversité des nationalités présentes à Lourdes nous a rappelé l’épisode de la Tour de Babel où la multiplication des langues, plutôt qu’un châtiment de Dieu, représentait une chance pour l’humanité : la diversité est plus riche que l’uniformité. C’était donc une invitation à l'ouverture à l'autre, celui qui m'est radicalement différent, comme voie qui mène au Tout Autre. Ainsi, ce 105 ème pèlerinage du Rosaire a eu la joie d’accueillir, pour la première fois, une délégation de la République d’Haïti. La veillée proposée le vendredi soir nous a offert le privilège d’assister à la pièce créée par les frères Dominicains de la Province de France pour le festival d’Avignon 2011 : Pierre et Mohamed. Il s’agit d’un dialogue fantastique interprété par l’unique acteur Jean-Baptiste Germain qui rend hommage à l’amitié et à la tolérance interreligieuse qui a uni Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran, et son chauffeur musulman Mohamed, assassinés tous les deux le 1 er août 1996 à Oran, en Algérie. Lourdes : une invitation à grandir dans la foi sous le regard de la Vierge Marie. Bernadette Helmany n Pèlerinage du Rosaire 2013 Fais grandir en nous la foi En dépit des graves inondations du mois de juin dernier, le pèlerinage annuel du Rosaire à Lourdes, du 2 au 5 octobre 2013, a su accueillir ses milliers de pèlerins venus de tous les diocèses de France et d’outre-mer, mais aussi d’autres régions du monde.

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Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 15 Pour la septième année consécutive, les APEL d’établissem\ ent ont été invitées à participer à la Semaine des APEL. La présidente nationale des APEL, M me Caroline Saliou, était en Martinique durant cette semaine. Elle a bien voulu répondre à nos questions. La présidente de l’APEL en visite en Martinique Eglise en Martinique : Vous avez été élue il y a dix-huit mois présidente nationale de l’APEL. Pouvez-vous nous rappeler ce qui se cache derrière ces lettres ? Caroline Saliou : C’est tout simplement l’Association des Parents d’Elèves de l’Enseignement Libre. EeM : Quelles ont été les modalités de votre élection ? C.S. : Ce sont les présidents académiques qui votent ; leur nombre de voix varie selon le nombre d’adhérents dans leur académie. L’APEL regroupe 854 798 parents adhérents sur le plan national. En ce qui concerne l’académie de Martinique, les adhérents sont au nombre de 3 002 ; c’est M. Charles- André Manquant qui a participé au dernier vote à Clermont-Ferrand, le 1 er juin 2012. EeM : Quel est le lien des APEL avec les Eglises diocésaines ? C.S. : Je me dois de rappeler que l’APEL est une association apolitique et non confessionnelle : telle a été, depuis sa fondation, la volonté des évêques de France. Elle se doit de pouvoir représenter et accompagner toutes les familles, sans distinction sociale ou religieuse. La première APEL, en France métropolitaine, a été mise en place il y plus de quatre-vingts ans à Marseille, le 22 février 1930 par Eugène Bresson, sous l'impulsion du Chanoine Audibert. Toutefois, si nous sommes apolitiques et non confessionnels, nous soutenons notre caractère propre, celui de l’enseignement catholique, et, en ce sens, nous avons des propositions en matière de pastorale familiale. Ainsi, par exemple, utilisons-nous le parcours « Alpha parents » dans nos rencontres pastorales. EeM : Les évêques semblent jouer un rôle important ? C.S. : Les évêques ont souhaité que nous soyons libres et aconfessionnels, de même libres et autonomes par rapport à l’enseignement catholique. Ce qui m’amène à dire que nous ne sommes pas un service de l’enseignement catholique. Nous sommes un partenaire. Dans le statut qu’ont voté les évêques de France lors de l’assemblée plénière du 18 avril 2013, ils ont tenu à souligner la place des parents dans l’enseignement catholique par le moyen d’une seule association : l’APEL. Par ailleurs, ce statut met en évidence le rôle et la responsabilité de l’évêque diocésain dans l’enseignement catholique. EeM : Quels sont les objectifs de votre visite en Martinique ? C.S. : Lorsque j’ai été élue, un des points de ma profession de foi a été de développer les liens avec l’outre-mer. Je dois reconnaître que la distance demeure un obstacle quand on veut faire aboutir des propositions. Si on veut avoir de vrais projets qui se réalisent, il faut venir sur le terrain. Un autre objectif de mon voyage est la préparation du congrès de Strasbourg en mai 2014. Dans cette optique, je dois mobiliser les adhérents de Martinique pour former des animateurs pour R encontres Parents-Ecole (RPE) sur la thématique: parent d’élève, un métier d’avenir. A cet objectif, s’ajoute la mission de présenter le statut de l’E nseignement catholique aux parents et aux enseignants avant leur mise en œuvre prévue pour septembre 2014. Au cours de la journée de travail du 17 octobre, j’ai rencontré les partenaires internes et externes de l’enseignement catholique. Dans la matinée, j’ai eu la joie de me rendre au groupe scolaire Patronnage Saint-Louis, à l'école Séminaire-Collège Sainte-Marie, puis à la Direction diocésaine de l’enseignement catholique où j’ai été accueillie par la directrice, Mme Jeanne Valère. Dans l'après- midi, j'étais au Rectorat et dans la soirée, j'ai participé au C onseil d'Administration de l’APEL de l'Académie Martinique. Enfin, le dernier objectif de cette visite, c’est la semaine de l’APEL dans laquelle nous sommes et qui a pour thème cette année : Lire, quel plaisir ! EeM : Comment percevez-vous votre mission ? C.S. : Ma mission consiste à représenter et à accompagner les parents dans leur mission d’éducateurs et à défendre la liberté des familles en matière de choix d’établissement. Pour cela, je me dois d’aller à la rencontre des acteurs de l’enseignement catholique dans tous les diocèses ou les régions de France et d’outre-mer. Propos recueillis par le père Luc Philippon, DEI n

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Société Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 16 Dans le cadre de la Semaine bleue 2013, S emaine nationale des personnes âgées, dont le thème est cette année : Vieillir et agir ensemble dans la communauté, le père Luc Philippon, Délégué épiscopal à l’information, a rencontré M me Annie Ramin, directeur d’hôpital honoraire. Le vieillissement de la population martiniquaise Eglise en Martinique : Quelles réflexions vous inspire le vieillissement de la population martiniquaise ? Annie Ramin : On constate un vieillissement normal de la population mondiale. Cela est dû principalement à l’augmentation de l’espérance de vie du fait de l’amélioration de l’hygiène, des programmes de vaccination, de la prévention en matière de santé, d’une meilleure qualité de vie et d’une baisse de la natalité, conséquence de la transformation économique du monde. En revanche, depuis 2006, en Martinique, on a constaté que la population a cessé d'augmenter et a commencé brutalement à diminuer, alors que cette évolution était envisagée pour 2025. EeM : Qu’est-ce qui est à l’origine de la chute de la natalité ? A.R. : Nous sommes devant une évolution mondiale. Les familles ont de moins en moins besoin de bras, donc d'enfants, contrairement aux années passées où l’agriculture était l’activité économique dominante. La mortalité infantile a chuté de manière massive avec l'évolution de la médecine et des modes de vie. La Martinique, elle, a connu l’exode de sa jeunesse lors de la création du BUMIDOM dans les années 60. Il y a eu aussi ceux qui partaient et partent encore faire des études à l'extérieur et y restent, une fois le diplôme obtenu, pour travailler. Aujourd’hui, après une carrière professionnelle en Métropole ou à l'étranger, un certain nombre d’entre eux reviennent vivre leur retraite en Martinique. Un autre point qui aiderait à comprendre cette chute de la natalité : c'est l’exiguïté du marché du travail. Il n’y a pas assez de travail pour tous les diplômés ; ils sont obligés de se tourner vers l’extérieur et construisent leur vie en dehors de la Martinique, justement à l'âge où ils bâtissent une famille. EeM : Quels sont les enjeux économiques, sociaux et culturels du vieillissement de la population pour la Martinique ? A.R. : Les enjeux économiques sont très importants. Vers 2040, la population active aura diminué de 65 000 personnes, avec pour conséquence une diminution des recettes fiscales, une diminution de l'activité commerciale, une transformation des besoins (ex. : moins d'élèves, donc moins d'activités en direction de la jeunesse). Nous vivrons ce que vit aujourd’hui l’Allemagne. Plus de 95% des personnes âgées vivront à domicile : l’enjeu est de trouver des voies nouvelles permettant de satisfaire leurs besoins en terme de vie quotidienne (tels le repas à domicile, le petit entretien), mais aussi en termes de santé (soins à domicile ou en général hors de l'hôpital) et enfin en termes sociétaux (soutien psychologique, lutte contre la vulnérabilité, lutte contre la solitude). Il faut également trouver des systèmes favorisant la vie à domicile. En cette matière, nous avons eu le 26 septembre dernier l’exposé d’une architecte qui a montré comment prévenir les accidents domestiques grâce à beaucoup de "petites" solutions peu onéreuses, mais aussi comment, en intégrant dès la construction la perspective du vieillissement, on prépare cette

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nouvelle et longue étape de la vie (utilisation de la domotique). Des nouveaux métiers commencent déjà à apparaître et vont se développer. M. Pierre Marie-Joseph, président de l’Association martiniquaise pour la promotion de l’industrie, et son organisation professionnelle réfléchissent déjà à cette problématique du vieillissement de la population quant à ses conséquences économiques. C'est également le cas d'autres secteurs tels que l'ex- Direction du travail, s'agissant des conséquences sur la structure et le nombre d'emplois... Un des enjeux majeurs du vieillissement est de vieillir en bonne santé : au plan culturel, il y a un énorme travail à faire dès le plus jeune âge et pendant la vie professionnelle, en matière de prévention. L'objectif est d'adopter des attitudes, des comportements, des habitudes qui favorisent la conservation d'une bonne santé. Deux activités ne nécessitent pas ou entraînent peu de dépenses : la marche et la mer. Par ailleurs, le maintien du lien social pour lutter contre la solitude, développer le sens de l’autre chez les plus jeunes, construire des liens durables dès le plus jeune âge, sont aussi des axes d'actions indispensables, d'autant que beaucoup de personnes âgées se retrouvent et se retrouveront seules, les enfants ayant fait ou faisant leur vie hors de la Martinique, parfois bien loin. EeM : Quelles seront les répercussions de l’allongement de la durée de vie en matière de dépendance et de demande de soins ? A.R. : La dépendance se développera avec l'espérance de vie à la naissance qui continue de croître (84 ans chez les femmes et 79 ans chez les hommes). Nous l'avons vu, il faut, par des actions préventives très diverses, s'efforcer de la repousser. S'agissant de la demande de soins, elle augmente également : il faut donc repenser le parcours de soins et privilégier les soins hors les murs. Cette question nous invite à repenser la fonction de l’hôpital. Ce n’est plus le patient qui doit aller vers l’hôpital, mais c’est l’hôpital qui doit aller chez le patient. En ce sens, afin d’éviter au maximum l’hospitalisation qui fragilise la personne âgée, il conviendrait de développer la médecine ambulatoire. Mais il s'agit aussi de bien informer les professionnels à la prise en charge des personnes âgées. C'est ainsi qu'en 2012 a été organisé par la CRSA (1) un forum sur la prescription des médicaments aux personnes âgées qui a donné lieu à un fascicule qui semble être apprécié. Mais ce n'est qu'une goutte d'eau, beaucoup reste à faire. n Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 17 la Mission 14-18 de la CoMMunauté du CheMin neuf convie les jeunes âgés entre 14 et 18 ans au week-end des 9 et 10 novembre 2013 au d omaine du f ort à saint-Piere sur le thème : « Vous avez un message … Comment dieu nous parle-t-il ? ». Pour avoir des informations ou vous inscrire, vous pouvez nous contacter avant le mercredi 6 novembre 2013 par e-mail : mission14-18@orange.fr ou au 06 96 26 93 60. Communiqué (1) Conférence Régionale de la Santé et de l'Autonomie.

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« J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25, 36). Le Crucifié glorifié s’identifie aux petits, aux démunis et aux souffrants. En eux, Il attend d’être aimé, visité, écouté. Dans cette optique, l’aumônerie catholique de l'hôpital Pierre Zobda Quitman recrute des visiteurs de malades. Pour ce faire, vous êtes priés de vous rapprocher de votre paroisse pour vous y inscrire, en donnant vos nom, prénom et numéro de téléphone. Merci de votre disponibilité. P. Jean-Moïse exantus, aumônier PZQ, MfMe, CeV. tél.: 05 96 55 20 52 - 06 96 03 07 29 ReCRuteMent de VisiteuRs de Malades invite tous les catéchistes, les animateurs de l’Eveil à la foi, du catéchuménat des enfants en âge scolaire et du cheminement à la matinée de formation qui leur sera dispensée par le père Christian Catayée le lundi 11 novembre 2013 de 8h30 à 11h30 à l’église de de Briant. Thème : l’eglise : Mystère et constitution. le seRViCe dioCésain de la CatéChÈse Le mouvement Chrétiens dans le Monde Rural (C.M.R.) invite toutes les personnes intéressées au forum qu’ils organisent le mercredi 27 novembre 2013, de 9h à 13h30, au lycée d’enseignement général et technologique agricole de Croix-Rivail. thème : la problématique de l’eau à la Martinique. Quelques-unes des problématiques qui seront débattues : - Quelles sont les décisions prises en Martinique pour préserver et protéger l’eau de nos rivières ? - Notre eau de source est-elle potable ? - Nos nappes phréatiques sont-elles recensées et protégées ? Leur capacité est-elle suffisante pour alimenter la population en eau potable ? - Quelles sont, en Martinique, les actions connues pour stocker et utiliser l’eau de pluie ? nos attentes : Ce Forum est né d’une prise de conscience de nos membres : rareté et mauvaise gestion de l’eau, sur- tout en période de sécheresse. Nous voulons partager le fruit de notre réflexion avec un large public. Nous avons l’espoir que les Martiniquais en général, et nos décideurs politiques et professionnels en particulier, s’engageront pour répondre durablement à la problématique de l’eau en Martinique. Programme : 8h30 - 9h : Accueil des participants 9h - 9h10 : Présentation de la journée 9h10 - 10h : Diaporama (50 diapositives commentées) 10h - 10h10 : Pause 10h10 - 11h : Interventions de professionnels de l’eau 11h - 13h15 : Débat 13h15 - 13h30 : Synthèse du modérateur 13h30 : Mot du président et clôture de nos travaux. Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 18 Eglise universelle

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Dimanche 3 novembre 2013 Le bel âge de la foi La foi évolue-t-elle avec l’âge ? Vieillit-elle ou se renforce-t-elle ? Y a-t-il un âge pour croire ? Croit-on autant à 20 qu’à 80 ans ? Est-ce plus facile de croire quand on est jeune ? Les « grandes personnes » sont à l’honneur cette semaine dans Dieu m’est témoin , mais c’est d’abord leur foi que nous interrogerons. Micheline Seck, que tout son quartier appelle Mamie, sera notre invitée. Originaire de Morne-à-l’Eau en Guadeloupe, elle vit seule chez elle dans le 19 ème à Paris et nous dira qu’à son âge, 95 ans, on espère encore. Nous irons d’ailleurs en Guadeloupe rencontrer deux super-mamies, Isabelle et Simone, toujours très investies dans leur paroisse Saint-Philippe et Saint-Jacques de Petit-Canal, dans le nord de la Grande-Terre. Et c’est Frank Cusick, à Saint-Pierre et Miquelon, qui nous dira comment sa foi n’a fait que se renforcer avec l’âge. Dimanche 10 novembre 2013 Les petites mains de Dieu L’Église continue-t-elle à être vivante ? Comment ? Les différents mouvements, charismatiques ou non, les communautés, petites ou grandes, participent-ils à sa construction et comment ? De nombreux mouvements et pastorales existent partout outre-mer. Dieu m’est témoin mettra cette semaine l’accent sur certains d’entre eux, moins connus que d’autres. Ophélie Pelletier, une jeune Wallisienne de 19 ans, viendra nous parler des Focolari, le mouvement créé par Chiara Lubich en Italie en 1943 et implanté en Nouvelle-Calédonie, et bientôt à Wallis et Futuna. Nous suivrons Jacob, responsable du mouvement à Nouméa, et verrons comment la parole de vie se met chaque jour en place dans sa vie. Dimanche 17 novembre 2013 Parole aux divorcés Comment l’Église accompagne-t-elle les personnes divorcées ? Quelle place dans l’Église trouvent ceux qui ont choisi de se remarier ? Comment vivre sa foi de chrétien lorsqu’on ne peut plus communier ? Des questions actuelles, parfois douloureuses. Pour y répondre, Dieu m’est témoin reçoit cette semaine deux personnes divorcées. Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions Medias Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471 19 Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr 99.5 - 101.3 et 105,3 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com

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R egardons simplement autour de nous : les saints pullulent à nos côtés, dans notre procession terrestre. Il y a tous les saints anonymes qui peuplent le ciel et il y a même les saints de la terre ! Regardez bien autour de vous, regardez-vous vous-même, car vous en êtes, de ce peuple de saints. Souvent, il est vrai, c'est après coup qu'on les remarque, avec un certain recul dans le temps… Il vous suffit de vous mettre en route, comme l'enfant prodigue. Dieu ne se contente pas de vous attendre à la porte du ciel… Il court vers vous, il se jette à votre cou et vous embrasse longuement. Etre saint, c'est si simple ! Il suffit de se mettre en route vers son Père et lui fera tout le reste. Robert Etchegaray