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• LA FÊTE DES FAMILLES
• LA PRÉSIDENTE
DE L’APEL EN VISITE
EN MARTINIQUE
•
PÈLERINAGE DU
ROSAIRE 2013
N° 471 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 3 novembre 2013
L’espérance chrétienne
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Editorial
Editorial
• Le sens de la vie
Mot de l'Evêque
• Tous saints !
Eglise universelle
• Nouvelle traduction liturgique de la Bible dans sa version intégrale
Liturgie
• Parole dominicale
Droit canonique
• Les onctions (1)
Dossier : La sainteté
• Vocation universelle à la sainteté
• Qui était M. Léon Papin Dupont ?
• Tous… saints !
• La sainteté de la femme
Vie du diocèse
• La Fête des Familles
• Pèlerinage du Rosaire 2013
• La présidente de l’APEL en visite en Martinique
Société
• Le vieillissement de la population martiniquaise
Médias
numéro
471
numéro
471
• LA FÊTE DES FAMILLES
• LA PRÉSIDENTE
DE L’APEL EN VISITE
EN MARTINIQUE
•
PÈLERINAGE DU
ROSAIRE 2013
N° 471 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 3 novembre 2013
L’espérance chrétienne
S ommaire
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Édiprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895
Commission paritaire N° 1115L87225
ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique
Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 58697207 Fort de France Cedex
Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr
egliseenmartinique@orange.fr
E
n ce mois de novembre, la liturgie de l’Eglise oriente notre
prière et notre méditation vers le sens dernier de notre vie et
de notre foi.
Interrogeons-nous d’abord avec le psalmiste sur la brièveté de \
notre
existence en ce monde : Le nombre de nos années ? Soixante-dix, quatre-
vingts pour les plus vigoureux ! Leur plus grand nombre n’est que peine et
misère ; elles s’enfuient, nous nous envolons… Dès le matin, c’est une herbe
changeante : elle fleurit le matin ; le soir, elle est fanée, desséchée (Ps 89).
Ces paroles de ce sage de l’Ancien Testament peuvent nous paraître
aujourd’hui empreintes de pessimisme et de nostalgie. Ce temps qui
passe et qui s’écoule jusqu’à épuisement, chacun de nous peut en
faire l’expérience. La finitude de la vie nous conduit à cherch\
er et à
donner sens à tout ce que nous faisons et à notre propre existence\
.
Dans le psaume 89, le croyant s’adresse à Dieu, sa prière est m\
otivée
par sa foi : Rassasie-nous de ton amour au matin.
Le matin de l’existence, pour un être humain, c’est sa jeunesse\
.
L’orientation de sa vie est déterminée par sa reconnaissance et \
sa
confiance en la présence de l’amour divin. Le soir de l’existen\
ce
humaine, c’est la pente descendante de la vie terrestre. Ainsi, pour
le croyant, l’espérance d’une vie nouvelle au-delà de la mor\
t se fonde
dans l’amour divin qui pour lui sera sans faille et sans limite.
A l’homme de la première alliance, la vie en Dieu pouvait paraî\
tre
obscure. Le voile sera levé par le Christ, dans sa vie, sa mort et sa
résurrection.
L’apôtre Paul a ces paroles lumineuses : Pour moi, vivre c’est le Christ
et mourir est un gain (Phil. 1,21). Pour lui, la source de la vie sera la
résurrection de Jésus d’entre les morts.
Toutes les comparaisons dans l’ordre naturel pour approcher cette
réalité de la vie nouvelle – tel le grain de blé ou l’arb\
re qui pousse à
partir du terreau – restent bien loin de la vie qui vient de la ré\
surrection
du Christ.
L’objectif que le Christ fixe à ses disciples, c’est de particip\
er pleinement
au bonheur de son Père en vivant la pauvreté du cœur, la douceur, la
compassion, la justice, la paix dans les relations humaines.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense est gr\
ande dans les
cieux (Mt 5,3-13).
P. Jean de Coulanges n
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Le sens de la vie
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Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
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Mot de l'Evêque
Tous saints !
C
ontrairement à une
opinion très large -
ment répandue à la
Martinique, la fête de la
Toussaint n’est pas la fête
des morts, mais la fête des
vivants.
Dieu n’est pas le
Dieu des morts, il est le
Dieu des vivants, répon -
dait Jésus aux Sadducéens
qui ne croyaient pas à la
Résurrection.
La Toussaint est la fête de
tous ceux qui vivent dans
la sainteté de Dieu. C’est
aussi la fête de tous ceux qui
s’efforcent de répondre à l’invitation
que le Seigneur leur adresse : Pour
vous, soyez saints, comme votre
Père des cieux est saint.
Cette fête fait monter vers Dieu
l’action de grâce de l’Eglise pour ces
centaines de millions d’hommes et
de femmes, de toutes les époques
et de tous les temps, chrétiens ou
autres hommes de bonne volonté,
qui ont rendu concrète la plus belle
utopie qui soit : « Etre tous saints ».
Dieu seul est saint, clame l’Eglise
catholique. La Sainteté est, en
effet, ce qui caractérise Dieu seul.
Cependant, nous ne sommes pas
dans l’erreur lorsque nous disons
que la Toussaint est la fête de
« tous les saints ». Car, dans son
amour infini, Dieu a voulu offrir en
partage à l’humanité cette sainteté
qui est son privilège exclusif. C’est
en effet Dieu lui-même qui nous
dit :
Vous donc, soyez saints car je
suis saint, moi, le Seigneur votre
Dieu
(Lévitique 19).
Jésus, Fils de Dieu, venu nous
révéler le vrai visage de Dieu, dit
à ses disciples :
Vous donc, soyez
parfaits comme votre Père céleste
est parfait (Matthieu 5,48). En
d’autres termes :
Soyez saints
comme Dieu, votre Père, est saint.
Malgré nos misères et nos péchés,
nous sommes déjà « saints » par
notre participation à la sainteté de
Dieu lorsqu’il fait alliance avec nous.
Par le baptême, il nous plonge dans
la personne et dans la vie de son Fils
Jésus et de l’Esprit Saint et donc, il
nous fait partager sa nature divine.
Cela est si vrai que Jésus Christ,
son Fils, vrai Dieu et vrai homme,
s’identifie à chacun de nous et dit :
Tout ce que vous faites à l’un de
ces plus petits d’entre vos frères,
c’est à moi-même que vous le faites
(Matthieu 25,40).
Les premiers chrétiens, qui avaient
conscience de participer à la sainteté
de Dieu, se donnaient entre eux le
nom de « saints ». Lorsque saint
Paul écrit aux chrétiens qui sont
à Rome, il dit :
Je salue les saints
qui sont à Rome. Quand il fait
une collecte, c’est, dit-il, pour venir
en aide aux « saints » qui sont à
Jérusalem.
La fête de tous les saints rend
grâce à Dieu pour le partage de sa
sainteté avec nous. Elle nous invite
aussi à devenir ce que nous sommes
déjà, c’est-à-dire des « saints ».
On peut la comprendre comme
une exhortation, comme un mot
d’ordre : « Tous ! Saints ! ».
Le vocable « saint »
évoque presque toujours
l’image de ces personnes
« canonisées » par
l’Eglise et statufiées
dans le marbre. Mais la
sainteté ne nous fossilise
pas, ni ne nous momifie.
Etre saint ne signifie
nullement se couper de
la vie terrestre et de ses
réalités. Bien au contraire,
c’est en s’acquittant
consciencieusement et
avec amour de toutes
ses responsabilités hu-
maines que l’on se
sanctifie. Saint Joseph s’est sanctifié
en accomplissant son métier de
charpentier et en faisant à tout
moment ce que le Seigneur
attendait de lui. La Vierge Marie
elle-même, bien que conçue sans
péché, s’est sanctifiée en répondant
à l’annonce de l’Ange : Je suis la
servante du Seigneur, qu’il me soit
fait selon sa parole.
La sainteté nous invite à vivre
intensément l’instant présent,
comme s’il était notre dernier
instant, sous le regard de Dieu,
avec le désir de lui obéir et de lui
plaire, au service de notre prochain.
Elle nous fait expérimenter déjà la
joie qui vient de Dieu quand notre
conscience est en paix avec lui et
nous fait pressentir le bonheur
qui sera le nôtre si Dieu nous juge
dignes d’être accueillis dans son
Royaume au terme de notre vie
humaine.
Nous sommes en marche vers
ce moment où nous serons des
« défunts » et non pas des morts.
Le mot
défunt tient son origine du
latin
defunctus qui vient lui-même
d’un verbe qui signifie
s’acquitter
de. Le mot fonctionnaire a la même
racine. Le défunt est donc comme
quelqu’un qui s’est acquitté de ce
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Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
4
Eglise
en Martinique
Règlement à l’ordr\se de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
Eglise en Martiniq\
ue
Boîte Postale 586
\b7 207 FORT DE FRANCE CEDEX
MARTINIQUE 40 €
GUADELOUPE 44 €
GUYANE 44 €
FRANCE et étranger 50 €
Oui, je m’abonne !
Nom : ........................................................................\
.....................................................................................
Prénom : .......................................................................\
...............................................................................
Adresse : .......................................................................\
...............................................................................
Mail : .......................................................................\
..........................................................................................
Tél. .......................................................................\
...........................
Code Postal ..................................
Ville .......................................................................\
...........................................................................................
Mot de l'Evêque (suite)
pour quoi il a été créé ; comme
un bon fonctionnaire qui a fait
son devoir et, au terme de sa
carrière, va prendre une retraite
bien méritée.
A partir du 9 ème siècle, l’Eglise a voulu
associer la mémoire de ces fidèles
défunts à la belle fête de Tous les Saints. Il nous est bon d’évoquer
de manière particulière ceux qui
nous ont quittés, qui nous étaient
proches, que nous continuons
à aimer, et de penser qu’ils font
maintenant partie de cette immense
cohorte des bienheureux que nous
espérons rejoindre un jour, dans la
vie éternelle, dans ce bonheur et cette joie qu’absolument rien ne
pourra plus leur ravir.
Que la fête de la Toussaint soit
aussi dès maintenant la nôtre !
Bonne fête !
+ Michel Méranville
Archevêque
n
Messe des Antillais et Guyanais
de l’hexagone
Place Saint Sulpice - 2 rue Palatine 75006 Paris
métro Saint Sulpice (ligne 4)
Présidée par :
Mgr Michel Méranville (Archevêque de Martinique) Mgr Jean-Yves Riocreux (Evêque de Guadeloupe) Mgr Emannuel Lafont (Evêque de Guyane)
Renseignements : Aumônerie Nationale Antilles-Guyane 5 bis, rue de Mouzaïa - 75019 Paris - 01 42 800 900
Lundi 11 novembre 2013en l’église Saint Sulpice
Bondyé
ka hélé’w
ou pa ka tannBondyé Bondyé Bondyé
Page 5
C
ette approbation du Saint-
Siège vient couronner les
efforts d’un énorme travail
débuté il y a maintenant plus de dix-
sept ans. En effet, jusqu’à présent,
seuls les textes du Nouveau
Testament et quatre mille versets
de l’Ancien Testament et des
lectionnaires étaient regroupés
dans un ouvrage, la Bible de la
liturgie, édité en 1993.
Très rapidement, la nécessité d’un
texte intégral pour la liturgie fut
exprimée par les évêques de
la Commission Internationale
Francophone de Traduction
Liturgique (CIFTL, aujourd’hui
CEFTL) et, en 1996, cet ambitieux
chantier de traduction fut lancé.
Durant toutes ces années, et
jusqu’à aujourd’hui, ce sont près
de soixante-dix experts, liturgistes,
exégètes, écrivains et poètes
venus de France, de Belgique, du
Canada, du Luxembourg et de
Suisse qui se lancèrent dans cette
lourde entreprise.
L’ensemble de la nouvelle
traduction fut, dès 2005, soumis aux
différentes Conférences épiscopales
francophones, pour être finalement
validé par elles à l’automne 2012,
après l’étude de plus de quatre mille
remarques et de nombreux
échanges avec la Congrégation.
Cinquante ans après l’ouverture du
Concile Vatican II, cette nouvelle
Bible intégrale dans sa traduction
liturgique est, pour citer le père
Jacques Rideau, directeur du
SNPLS « un fruit de Sacrosanctum
Concilium
et de Dei Verbum ; elle
signe ce lien intime que l’Ecriture
et la Liturgie entretiennent l’une
avec l’autre ».
Cette nouvelle traduction est une
première étape avant la publication
des nouveaux lectionnaires.
La Bible, traduction officielle
liturgique, paraîtra à la fin du
mois de novembre. Elle sera
également progressivement mise
en ligne sur le site de l’AELF et
sur liturgiecatholique.fr , afin que
chacun puisse se l’approprier.
Frédéric Bergeret
Secrétaire général de l’AELF
n
D
epuis plusieurs jours, est
médiatisée l'information
selon laquelle la prière
d u " Notre Père"
changerait
« immédiatement » dans la pra-
tique des croyants. Apportons les
précisions suivantes :
Il y a dix-sept ans, les Conférences
épiscopales francophones ont
demandé de mettre en chantier
une traduction intégrale de la Bible
à usage liturgique. En effet, au
lendemain du Concile, seuls les
textes utilisés pour la messe et
les sacrements ont été traduits
en français. Cette traduction
postconciliaire méritait aussi une
révision. La traduction, à paraître
le 22 novembre prochain, est cette
version intégrale et révisée. Parmi
les modifications remarquables
figure cette demande du " Notre
Père" : Et ne nous laisse pas entrer
en tentation qui remplace : Ne
nous soumets pas à la tentation.
Rien ne change actuellement pour
la prière du " Notre Père", y compris
à la messe. Un changement
pourra intervenir dans quelques
années lorsqu'entrera en vigueur
la nouvelle traduction du Missel
Romain, qui est encore en chantier.
Comme l'écrivait saint Jacques :
Que nul, quand il est tenté, ne dise
que sa tentation vient de Dieu.
Communier à la prière du Christ
de cette manière réjouira donc les
croyants... le moment venu.
L'intérêt journalistique pour le
" Notre Père" est positivement
révélateur du sens populaire de
la principale prière des chrétiens.
Mais la pendule des rédactions
est un peu en avance sur celle des
églises !
Mgr Bernard Podvin
Porte-parole des évêques de France
n
Eglise universelle
Nouvelle traduction liturgique
de la Bible dans sa version intégrale
Chaque chose en son temps
Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
5
La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements vient de faire
parvenir au président de la Conférence des évêques de France la recognitio de
la nouvelle traduction liturgique de la Bible dans sa version intégrale.
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Dimanche 3 novembre 2013
L a P arole D ominicale
Zachée, un petit qui invite à grandir
31 ème dimanche du Temps ordinaire - Année C
C
ertains épisodes des récits
évangéliques sont plus
connus que d’autres et tous
les personnages qu’ils mettent en
intrigue n’ont pas la même célébrité
dans l’imaginaire populaire.
Zachée fait certainement partie des
stars de la scène évangélique, non
parce que sa rencontre avec Jésus
n’est racontée qu’une seule fois
par les évangélistes, mais en raison
de sa petite taille. Au-delà de cette
information sur sa constitution
physique, cette figure laisse un
modèle de croissance chrétienne
encore pertinent pour ceux et
celles qui lisent ou écoutent Lc 19,1-
10 aujourd’hui.
Pour recueillir le message que
l’expérience de Zachée nous délivre,
il suffit de suivre patiemment le
déroulement du récit qu’en fait
Luc. L’évangéliste organise son
texte en deux séquences. La
première a lieu en l’absence de
Jésus et principalement dans une
rue de Jéricho. La seconde phase
se vit avec Jésus au domicile de
Zachée.
Le passage de la rue à la maison
indique un changement de la
relation. Il signifie un progrès
dans le sens de la proximité, voire
de l’intimité. En Jésus, le Dieu
des chrétiens se fait proche de
l’humanité et vient la rejoindre,
même dans ses fragilités les plus
lamentables (cf. première lecture).
Sa bonté envers sa créature n’est
freinée ni par le jugement méprisant
de la personne prétendument
juste, ni par la situation du
pécheur lui-même. En effet, l’hôte
de Jésus, en tant que publicain,
subissait la mauvaise réputation
de cette profession à laquelle les
juifs attachaient naturellement
le détournement des deniers
publics et la collaboration avec
le colonisateur romain. De plus,
Zachée n’est pas un quelconque
publicain ; il se dresse à la tête
de cette corporation mal famée ;
son statut social l’enrichit mais le
condamne aussi : aucune misère
humaine ne résiste à la miséricorde
divine ! Voilà une idée maîtresse de
l’évangile selon saint Luc.
Parallèlement à ce que nous
y apprenons de Dieu, le texte
nous enseigne aussi au sujet de
la personne humaine, à travers
la démarche de Zachée. Celui-ci
pose deux actes, qui correspondent
aux deux mouvements de la
scène, à savoir dans la rue et dans
la maison. Le premier moment
revient à un temps de préparation.
Au-delà de son côté amusant,
l’ascension du sycomore est lourde
d’enseignement. Elle peut nous
renvoyer à l’ardeur du désir de
Dieu contrarié par diverses sortes
de petitesses, dont nous avons
conscience. Mais ces obstacles
naturels, qui font écran à notre
rencontre avec Jésus, peuvent être
dépassés moyennant la conscience
que nous en prenons et l’effort
que nous fournissons pour les
contourner. Si notre volonté de
rendre plus active notre foi (cf.
deuxième lecture) souffre de nos
bassesses chroniques, montons sur
le sycomore des moyens proposés
par l’Église ! La seconde phase, qui se déroule
loin de la foule et dans l’intimité
de la résidence de Zachée, est
marquée par une déclaration. Les
mots employés par le publicain
pour exprimer sa conversion
comportent de fortes résonances
bibliques. En parlant de la moitié
de ses biens, Zachée peut se mettre
en parallèle avec Hérode qui s’était
déclaré capable d’offrir la moitié de
son royaume. Mais la ressemblance
ici semble plus forte avec David. En
réaction à la parabole prononcée
par le prophète Nathan, le roi
avait juré que la brebis volée
devait être payée quatre fois
(2 S 12,6). Pareillement, Zachée
s’engage à compenser les torts
qu’il aurait commis au quadruple.
Ce rapprochement nous permet
de construire une chaîne de
personnes soucieuses de la justice,
qui part de l’Ancien Testament
avec David et se poursuit dans
le Nouveau Testament avec
Zachée. Dans le cas de ce dernier,
le désir de Dieu aboutit à la soif
de justice envers les hommes, à
la réhabilitation des spoliés. Si
notre foi nous conduit à rectifier
les injustices que nous aurions
commises, nous deviendrons des
relais contemporains de cette
tradition qui rend gloire à Dieu
en relevant l’homme (cf. refrain
du psaume 144 selon
Prions en
Église
).
Zachée sera-t-il célèbre uniquement
pour sa taille ou deviendra-t-il pour
nous un modèle de progression
spirituelle ?
P. Elvis Elengabeka, C.S.Sp n
Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
6
Sagesse 11,23-26 ; 12,1-2 • Psaume 144 • 2 Timothée 1,11-12 ; 2,1-2 • Luc 19,1-10
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C
e mot désigne une des manières
d'utiliser les huiles, aromates,
parfums et autres corps gras.
Alors que la friction ou le massage
évoque les utilisations médicinales
par lesquelles on veut faire passer
l'huile sous la peau pour atteindre et
revigorer les muscles, l'onction (ou
friction douce), matériellement plus
restreinte et donc plus superficielle, a
été chargée, par contre, de nombreux
symbolismes présents dans toutes les
civilisations. Donc l’onction a un peu
le sens courant d’une médecine au
sens scientifique, dont le terme le plus
approprié est la friction. Mais l’onction
repose davantage sur une pratique
empreinte de spiritualité.
L’onction est une douceur attendris-
sante qui touche les cœurs et porte à la
piété.
Dans cette acception du terme,
la sensibilité, pas toujours objective, est
sollicitée. De nos jours, en Martinique,
l’habitude se répand de qualifier cer-
tains rassemblements de personnes ou
des individualités selon qu’ils ont ou
non l’onction ou une onction. Cette
vision réductrice a tendance à catalo-
guer des événements et des personnes.
Ces dernières, en général des frères
chrétiens voire des prédicateurs, sont
distinguées selon un critère sensible et
souvent affectif. Untel a l’onction, tel
autre n’a aucune onction. Je sens, je
ne sens pas. Mais qui suis-je pour juger
mon frère ? Qui suis-je même pour
juger de l’efficacité de l’action, de la
parole ou de la prédication de celui qui
est peut-être l’envoyé de Dieu ?
L’onction signifie une douceur affectée
et hypocrite.
Se dit d’un discours plein
d’onction par exemple. Cette significa-
tion littéraire, plutôt ironique, est peu
usitée dans nos régions.
Enfin, l’onction est une application
d’huile sainte sur une personne pour la consacrer à Dieu ou lui conférer la
grâce de lutter contre le mal ou contre la
maladie. Cette définition du Larousse
nous intéresse davantage puisqu’elle
a le sens religieux que nous lui don-
nons dans l’Eglise. En effet, l'onction
– qui présente quelque analogie avec
le sceau, le marquage – a signifié le
transfert d'appartenance, la mise à
part en vue d'usages spécifiques liés
généralement au culte et donc au
domaine du sacré. De ce fait, l'onction
évoque souvent la consécration des
personnes (rois, évêques, prêtres) ou
des objets (pour le culte notamment).
Si ces onctions sont assez répandues
dans les civilisations antiques, l’époque
moderne voit aussi leur usage, particu-
lièrement dans la religion catholique.
C’est ainsi que dans notre pratique
cultuelle, l’onction d’huile est présente
dans nombre de sacrements et rites
(baptême, confirmation, ordination,
malades, catéchumènes). Quel en est
le sens profond théologique ?
Dans notre pratique, l’onction est liée
à Jésus Christ, mort et ressuscité, au
nom duquel les personnes et les choses
reçoivent elles-mêmes l’onction.
Le mot Christ est une traduction
gréco-latine de l'hébreu mashia’h qui
a le sens de messie , c'est-à-dire oint .
"Christ" est donc accolé au nom propre
de "Jésus". Cette appellation de Christ
est devenue tellement usitée qu'on la
prend pour un nom propre et non plus
pour une épithète au sens de laquelle
on ne prête plus guère attention.
En quoi le Christ est-il oint ?
Saint Irénée, évêque de Lyon au deu-
xième siècle et père de l’Eglise, expli-
quait ainsi :
Dans le nom du Christ est
sous-entendu celui qui a oint, celui qui
a été oint et l'onction même dont il a été
oint. Celui qui a oint, c'est le Père ; celui
qui a été oint, c'est le Fils et il l'a été dans
l'Esprit qui est l'onction. Comme le dit le
Verbe par la bouche d'Isaïe : « L'Esprit
de Dieu est sur moi parce qu'il m'a
oint », ce qui indique tout ensemble, et
le Père qui a oint, et le Fils qui a été oint,
et l'onction qu'est l'Esprit (2). L’onction
qu’a reçue Jésus Christ n’est donc pas
l’imposition d’une quelconque huile
sur une partie du corps. Mais Jésus
reçoit cette onction du Père de qui il
reçoit toute mission :
Comme le Père
m’a envoyé..
. (Jn 20,21). Il est sujet de
l’onction : Tu es le Christ (l’oint), le Fils
du Dieu vivant... (Mt 16,16). Il est oint
par l’Esprit Saint : Vous savez ce qui s’est
passé [...] Jésus de Nazareth [...] après
le baptême de Jean ; comment Dieu l’a
oint de l’Esprit Saint et de puissance...
(Ac 10,38).
Il y a eu des oints du Seigneur dans
l'Ancienne Alliance (cf. Ex 30,22-32), le
roi David éminemment (cf. 1 S 16,13).
Mais Jésus est l'Oint de Dieu d'une
manière unique : l'humanité que le Fils
assume est totalement ointe de l'Esprit
Saint. Jésus est constitué Christ par
l'Esprit Saint et non par l’application
d’huile sainte (cf. Lc 4,18-19 ; Is 61,1).
La Vierge Marie conçoit le Christ de
l'Esprit Saint qui, par l'ange, l'annonce
comme Christ lors de sa naissance
(cf. Lc 2,11) et pousse Siméon à venir
au Temple voir le Christ du Seigneur
(cf. Lc 2,26-27) ; c'est lui qui emplit le
Christ (cf. Lc 4,1) et dont la puissance
sort du Christ dans ses actes de guéri-
son et de salut (cf. Lc 6,19 ; 8,46). C'est
lui enfin qui ressuscite Jésus d'entre les
morts (cf. Rm 1,4 ; 8,11).
P. Jean-Max Renard, Vice-Official n
Les onctions
(1)
(1 ère partie)
En ouvrant le bon dictionnaire Larousse de la langue française, nous trouvons les
définitions suivantes du nom commun onction : L’onction est une friction douce
avec une pommade contenant un principe actif destiné à pénét\
rer par la peau.
Droit canonique
Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
7
(1) Inspiré de l’article de G. Mathon, dans
Catholicisme hier, aujourd’hui et demain,
Jacquemet, Mathon et Baudry, éditions Letouzé et Ané.(2) Saint Irénée de Lyon, traité sur les hérésies :
Adversus Haereses, III, 18, 3, 61-72.
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Dossier : La sainteté
Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
8
Vocation universelle à la sainteté
L
’Église, dont le saint Concile
présente le mystère,
est aux yeux de la foi
indéfectiblement sainte. En effet,
le Christ, Fils de Dieu, qui, avec le
Père et l’Esprit, est proclamé « le
seul Saint », a aimé l’Église comme
son épouse, il s’est livré pour elle
afin de la sanctifier (cf. Ep 5,25-26),
il se l’est unie comme son Corps et
l’a comblée du don de l’Esprit Saint
pour la gloire de Dieu. Aussi dans
l’Église, tous, qu’ils appartiennent
à la hiérarchie ou qu’ils soient
régis par elle, sont appelés à
la sainteté, selon la parole de
l’apôtre :
Oui, ce que Dieu veut
c’est votre sanctification
(1 Th 4,3 ;
cf. Ep 1,4). Cette sainteté de l’Église
se manifeste en permanence et
doit se manifester par les fruits
de grâce que l’Esprit produit dans
les fidèles ; sous toutes sortes de
formes, elle s’exprime en chacun
de ceux qui tendent à la charité
parfaite, dans leur ligne propre
de vie, en édifiant les autres ;
elle apparaît d’une manière
particulière dans la pratique des
conseils qu’on a coutume d’appeler
évangéliques. Cette pratique des
conseils, assumée sous l’impulsion
de l’Esprit Saint par un grand
nombre de chrétiens, soit à titre
privé, soit dans une condition ou
un état sanctionné par l’Église,
apporte dans le monde et doit y apporter un lumineux témoignage
et un exemple de sainteté.
Maître divin et modèle de toute
perfection, le Seigneur Jésus a
prêché à tous et chacun de ses
disciples, quelle que soit leur
condition, cette sainteté de vie
dont il est à la fois l’initiateur et
le consommateur : Vous donc,
soyez parfaits comme votre Père
céleste est parfait
(Mt 5,48). Et en
effet, à tous il a envoyé son Esprit
pour les mouvoir de l’intérieur
à aimer Dieu de tout leur cœur,
de toute leur âme, de toute leur
intelligence et de toutes leurs forces
(cf. Mc 12,30), et aussi à s’aimer
mutuellement comme le Christ les a
aimés (cf. Jn 13,34 ; 15,12). Appelés
par Dieu, non au titre de leurs
œuvres mais au titre de son dessein
gracieux, justifiés en Jésus notre
Seigneur, les disciples du Christ
sont véritablement devenus par
le baptême de la foi, fils de Dieu,
participants de la nature divine et,
par là même, réellement saints.
Cette sanctification qu’ils ont reçue,
il leur faut donc, avec la grâce de
Dieu, la conserver et l’achever
par leur vie. C’est l’apôtre qui les
avertit de vivre comme il convient
à des saints (Ep 5,3), de revêtir,
comme des élus de Dieu saints
et bien-aimés, des sentiments de
miséricorde, de bonté, d’humilité,
de douceur, de longanimité
(Col 3,12), portant les fruits de
l’Esprit pour leur sanctification
(cf Ga 5,22 ; Rm 6,22). Cependant,
comme nous nous rendons
tous fautifs en bien des points
(cf. Jc 3,2), nous avons constamment
besoin de la miséricorde de Dieu et
nous devons tous les jours dire dans
notre prière : Pardonne-nous nos
offense
s (Mt 6,12).
Il est donc bien évident pour tous
que l’appel à la plénitude de la
vie chrétienne et à la perfection
de la charité s’adresse à tous ceux
qui croient au Christ, quel que
soit leur état ou leur forme de
vie ; dans la société terrestre elle-
même, cette sainteté contribue
à promouvoir plus d’humanité
dans les conditions d’existence.
Les fidèles doivent s’appliquer de
toutes leurs forces, dans la mesure
du don du Christ, à obtenir cette
perfection, afin que, marchant sur
ses traces et se conformant à son
image, accomplissant en tout la
volonté du Père, ils soient avec
toute leur âme voués à la gloire
de Dieu et au service du prochain.
Ainsi, la sainteté du Peuple de Dieu
s’épanouira en fruits abondants,
comme en témoigne avec éclat,
à travers la vie de tant de saints,
l’histoire de l’Église.
n
Le 1 er novembre, l’Eglise fête tous les saints, connus et inconnus, et nous invi\
te
à leur emboîter le pas. Chaque baptisé est appelé à la sa\
inteté, affirme le concile
Vatican II dans la constitution Lumen Gentium, dont le chapitre 5 traite de la
vocation universelle à la sainteté dans l’Eglise. Arrêtons-nous un instant sur un
extrait de ce chapitre.
L’appel à la plénitude
de la vie chrétienne et à
la perfection de la charité s’adresse à tous ceux
qui croient au Christ,
quel que soit leur état ou leur forme de vie.
Bienheureux Jean XXIII
qui convoqua le Concile Vatican II
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Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
9
I
l épouse, le 9 mai 1827, aux
Trois-Ilets, Caroline d'Audiffredy
(1802-1833). De cette union,
le 4 octobre 1832, naît une fille :
Marie-Caroline-Henriette. Mais le
1
er août 1833, l'épouse de Léon
décède, probablement d'une
tuberculose. Il se donne alors
résolument à Dieu partageant sa
vie entre le souci de sa fille et le
service de Dieu et des pauvres.
Comme la santé d'Henriette donne
des inquiétudes, il est conseillé au
veuf de retourner en France, là où
le climat serait plus favorable.
En 1834, Léon quitte son île natale
en emmenant également avec lui
sa mère et trois serviteurs : Adée et
Adèle, des mulâtresses, et Alfred,
un homme noir, pour s'installer
à Tours. Ses serviteurs créoles se
considèrent comme de sa famille
et Adèle l’assistera jusque dans
son agonie.
A Tours, M. Dupont s’adonne
à diverses œuvres. Il est rempli
d'une grande dévotion à saint
Martin, ancien évêque de Tours.
Il crée le
Vestiaire de saint Martin
pour distribuer des vêtements aux
pauvres, comme saint Martin
l'avait fait autrefois, alors soldat,
à un pauvre. Il demande la
permission au pape de reconstruire
une basilique en l'honneur de
saint Martin, sur le lieu de l'église
qui lui était consacrée, mais qui
avait été détruite. Avec l'accord
de Mgr Guibert, Léon fait des
recherches archéologiques pour
redécouvrir les reliques du saint
évêque de Tours du IV ème siècle.
Ainsi, dans la nuit du 14 décembre 1860, on retrouve enfin, dans une
cave murée, les reliques de saint
Martin. La joie est à son comble
dans le cœur de Léon Dupont.
Recevant l’image de la Sainte Face,
il en fait l’objet de sa prière pour le
monde, la France, les pécheurs. Il
en fait aussi l’objet d’un culte qui se
répand rapidement dans le monde.
Après la mort de sa fille à 15 ans, il
consacre sa vie à cette œuvre, à la
correspondance suscitée par elle, à
la prière : les guérisons intérieures
et extérieures se multiplient, le
salon de M. Dupont devient un
lieu incessant de pèlerinages, de
miracles et de conversions.
Dans le même temps, il développe
l’Adoration eucharistique de jour
et de nuit chez lui et partout en
France. Lui-même est un fervent
adorateur, communie chaque
jour (fait rare à l’époque). Il écrit
plusieurs prières sur le Chemin de
Croix, soutient la fondation des
Petites Sœurs des Pauvres à Tours
et se consacre à diverses œuvres
de charité.
Perclus par la goutte, il finit par
se retirer et mène son dernier
combat dans un grand abandon,
rayonnant toujours une grande
paix et une grande sérénité. Il
s’éteint à Tours le 18 mars 1876.
De son vivant, il est surnommé
« le saint homme de Tours ». Les
travaux du nouveau sanctuaire-
basilique commencent en 1886,
mais l'édifice n'est terminé qu'en
1902, puis consacré en 1925 par le
cardinal archevêque de Lyon.
Depuis sa mort, le culte de la Sainte
Face n’a fait que grandir. Son salon
a été transformé en oratoire.
Les guérisons et conversions
continuent. L’Eglise a reconnu ses
vertus héroïques en 1983 : il est
déclaré vénérable par le Saint-Siège.
Un miracle dûment authentifié
ouvrira la voie à sa béatification.
n
Qui était M. Léon Papin Dupont ?
Originaire d'une famille bretonne, Léon Papin Dupont (qui se fait couramment et
modestement appeler M. Dupont) naît le 24 janvier 1797 à la Martinique, dans une
famille de l’aristocratie. Dès sa première communion, il fait une véritable expérience
de Dieu : Je versais un torrent de larmes et mon cœur fut inondé de joie. Cette
expérience s’affermit dans une vie de foi, d’espérance et de charité toujours croissant.
Léon Papin Dupont
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Dossier : La sainteté
Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
10
D
ieu seul est parfait et
saint. Aussi, pour définir
la sainteté, c'est vers Lui
qu'il faut regarder. C’est dans la
Parole de Dieu que nous pouvons
puiser la description exacte de la
sainteté. Pour nous révéler qui Il
est, Dieu a envoyé Jésus, son Fils
Unique, Lui qui nous dit :
Celui qui
m'a vu a vu le Père,
et d’ajouter :
Je suis dans le Père et le Père est
en moi
(Jn 14,9-10).
Jésus est le modèle de sainteté
donné par Dieu à tous les chrétiens.
Par sa parole et ses actes, Il nous
dévoile le visage de Dieu qui est
Amour.
Dieu a envoyé son Fils
unique dans le monde afin que
nous vivions par Lui
(1 Jn 4,9).
Jésus est le visage humain de la
Sainteté de Dieu. Il a pris sur lui
toutes nos faiblesses, hormis le
péché, et toute sa vie a été et est
toujours, pour tous les hommes
de tous les temps, l'exemple de
la perfection que Dieu attend de
chacun de nous. Jésus nous invite à être parfaits,
comme notre Père du ciel est
parfait. Il nous donne la marche
à suivre dans les Béatitudes
(Mt 5,1-12). Il est notre guide, notre
GPS pour le ciel, le chemin que
beaucoup d’hommes ont suivi ou
suivent encore aujourd’hui. Oui,
Dieu nous y appelle, il appelle tous
les hommes, toutes les femmes
à la sainteté. Tous ceux qui ont
choisi de vivre à l’exemple de Jésus
sont appelés des saints. Leur vie,
toute simple, faite de paroles et
d’actes d’amour, de générosité, de
fidélité à la Parole de Dieu, est là
pour nous montrer que rien n’est
impossible à Dieu.
« Saint » signifie « choisi ». Les
saints sont des hommes ou des
femmes, connus ou inconnus, qui
essaient de vivre comme le Christ.
Ils nous aident à marcher sur les
traces de Dieu et nous rappellent
que nous sommes tous appelés à
la sainteté.
Le 1
er novembre, l'Église honore
la foule innombrable de ceux et celles qui ont été des témoins du
Christ. La sainteté est une voie
possible pour chacun, à condition
de se laisser conduire par l’amour
de Dieu.
Pour parvenir à la sainteté,
Jésus, par l’Eglise, nous donne
les sacrements. Par eux, Il nous
communique sa grâce, le don de
Lui-même ; il nous donne la force
de réaliser cette perfection. Les
sacrements sont les canaux de la
grâce divine : par le baptême, nous
pouvons naître à la vie de Dieu
ou la retrouver par le sacrement
de pénitence. L'eucharistie (la
messe) nourrit notre âme et la fait
grandir en vue de la vie éternelle
;
la confirmation nous donne une
force toute surnaturelle dans la
lutte à mener quotidiennement
contre les forces du mal. L'ordre,
le mariage et le sacrement des
malades répondent aux besoins
particuliers de telle ou telle
circonstance de notre vie et nous
donnent les grâces appropriées.
Pierre Valey,
Délégué épiscopal à la catéchèse
n
Tous… saints !
La première grande fête proposée par l’Eglise pour l’année pastorale est la
Toussaint. En catéchèse, nous ne pouvons passer sous silence un suj\
et aussi
important. En effet, tous les manuels que nous utilisons actuellement parlent
de la sainteté de Dieu et de celle de l’homme, car l’homme a é\
té créé à l’image
et à la ressemblance de Dieu.
Bienheureux Jean Paul II
Bienheureux Louis et Zélie Martin,
parents de sainte Thérèse de Lisieux
Marthe Robin
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Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
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Mots d’enfants et de catéchistes
Les saints, ce sont ceux qui ont
trouvé le chemin du bonheur en
aimant Dieu de toutes leurs forces.
Ils nous invitent à faire comme eux !
Il y a beaucoup de personnes qui ont
vécu dans la fidélité à l’Evangile et
au service de tous, mais qui n’ont
pas été canonisées. Eux aussi
sont des saints. Parfois nous en
connaissons. Ce sont des personnes
qui rayonnent littéralement.
Je dis aux enfants que la sainteté,
c’est accueillir la Parole de Dieu,
c’est aussi lui demeurer fidèle
et avoir confiance en lui : faire
preuve de justice et d’amour,
pratiquer le pardon et être un
artisan de paix.
Ma marraine m’a emmené à la
messe de la Toussaint l’année
dernière ; après, on a parlé des
saints. Pour moi un saint, c'est
une personne qui a pris dans
son cœur tout l'Amour de Dieu
et qui l'a donné ensuite à tout le
monde autour de lui.
Au cheminement, les jeunes me disent que pour être un saint il
faut être très fort et faire des choses extraordinaires. Mais je leur
dis que nous y sommes tous appelés et que c’est par de petites
actions quotidiennes, accomplies dans le silence – comme
par exemple ne pas se mettre en colère contre l’autre, ne pas
se moquer de celui qui se trompe, sourire ou tendre la main à
celui qui est en difficulté et qui pleure – qu’on peut y parvenir.
Être un saint, ce n'est pas être superman et accomplir des choses
exceptionnelles, mais juste avoir le cœur rempli d'amour.
Ma maman m’a dit qu’il y a un
saint qui s’appelle comme moi,
Nicolas. Je sais plein de choses sur
lui. Il avait bon cœur et il a sauvé
des filles de l’esclavage ; c’est
aussi le saint des petits enfants.
Il était très gentil et maintenant il
vit auprès de Dieu. J’essaie d’être
gentil comme lui, mais parfois je
n’y arrive pas parce que il y en a
qui m’embêtent à l’école.
Un jeune de mon groupe de
cheminement m’a dit : "La
Toussaint, c’est la fête d’un tas de
vieilles personnes qui ont fait des
choses extraordinaires pour leur
époque mais, de nos jours, cela
m’étonnerait qu’il y ait encore de
nouveaux saints". Du coup, nous
avons cherché et trouvé une jeune
fille, Chiara Luce Badano, qui,
depuis l'enfance, était habitée par
une foi lumineuse qui n’a cessé
de grandir. Elle a eu un cancer
à 16 ans et a choisi d'affronter
sa maladie et de s'en remettre à
Dieu. Elle est morte à la veille de
ses 19 ans. Elle a été béatifiée le
25 septembre 2010 par le pape
Benoît XVI. Il n’y a donc ni âge
ni époque pour être saint.
Bienheureuse Chiara Luce Badano
Sainte Faustine
Bienheureux Charles de Foucauld
Saint Vincent de Paul
Claire de Castelbajac
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Dossier : La sainteté
Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
12
L
a femme est sainte en
soi, du fait même que
Dieu l’a regardée, choisie
et continue à la regarder et à
la choisir pour notre société
d’aujourd’hui.
Oui, elle est sainte, comme
l’affirme saint Paul dans
Ephésiens ; bien que blessée
avec Eve et son péché, tout
comme l’homme.
Cependant, par la Vierge
Marie, par son baptême, en
posant des actes de charité
en Christ, jour après jour, au
quotidien, en toute simplicité,
la femme retrouve son état
d’innocence d’avant la faute, ainsi
que son état de sainteté.
C’est la raison pour laquelle la
femme, en tant que femme, a
un rôle essentiel, voire existentiel
pour notre société. A mesure
que la femme posera des actes
de charité chrétienne, alors sa
sainteté grandira et notre société
en bénéficiera. Le premier acte de
sainteté que la femme posera sera
de nous « enfanter » au Christ,
à l’instar de la Vierge Marie ;
puis elle proposera le Christ et
annoncera la Bonne Nouvelle,
comme la Samaritaine qui allait
annoncer le Christ aux Samaritains
et Marie-Madeleine qui a annoncé
la résurrection.
La sainteté d’une personne n’est
pas pour elle-même, elle a vocation
à se donner. Cette sainteté
grandissante chez la femme
s’exprime à travers sa parole, ses
prises de position, ses attitudes, sa
spécificité féminine, pour rayonner
du Christ et de l’enseignement
de l’Eglise au sein de sa famille,
dans son environnement familial
et social, dans un cadre profane
ou monastique, et enfin par son
dévouement au sein de la vie
de l’Eglise ou d’associations de
charité.
Ainsi, elle diffusera la bonne
odeur du Christ, partout et en
tout temps, car la sainteté a
l’odeur de parfum du jardin
d’Eden, celui du royaume de
Dieu, et celui-ci n’est rien d’autre
que Jésus lui-même, que Dieu lui-
même.
Prions l’Esprit Saint par la Vierge
Marie.
O femmes qui avez été choisies
par Dieu dans cette vocation
de sainteté, soyez dans la joie,
heureuses et fières de nous
féconder le Saint. Pour votre
modèle de sainteté, prenez
toujours votre prototype, Marie.
Que le Seigneur vous bénisse en
tout et partout.
Jean-Marie Elie Setbon n
La sainteté de la femme
Après un premier séjour dans notre diocèse en juin
2013, pendant lequel il a présenté son premier ouvrage
autobiographique « De la Kippa à la Croix », Jean-
Marie Elie Setbon, ancien rabbin, juif orthodoxe, puis
loubavitch, converti au catholicisme, a donné, du 14 au
19 octobre 2013, une série de conférences percutantes,
pragmatiques, centrées sur la Parole de Dieu et le
Catéchisme de l’Eglise Catholique, sur les thèmes du
couple et de la famille et dont des rediffusions sont
assurées régulièrement par Radio Saint-Louis. Il nous
parle de la sainteté de la femme.
La sainteté
d’une personne n’est pas pour elle- même,
elle a vocation à se donner.
Sainte Joséphine Bakhita
Jean-Marie Elie Setbon
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Vie du diocèse
La Fédération de Martinique des Associations Familiales Catholiques et l’AFC de
Saint-Christophe ont organisé, le dimanche 6 octobre 2013, la Fête des Familles
2013 “ zone Martinique”, sur l’espace paroissial de l’église de Saint-Christophe.
La Fête des Familles
A
cette occasion, la messe
de 8h30, célébrée par le
père Alain Ransay, curé de
la paroisse, a permis à tous les
participants de dire merci à Dieu
pour le don précieux de la famille.
La célébration a été retransmise
en direct sur les ondes de Radio
Saint-Louis.
A l’issue de la messe, le pot de
l’amitié a réuni l’ensemble des
personnes présentes, l’Union
Départementale des Associations
Familiales, la Fédération et des
membres des douze autres AFC
de Martinique, des autorités et les
fidèles de la paroisse.
Monseigneur Gaston
Jean-Michel a été mis
à l’honneur en tant
que militant pour la
sauvegarde de la famille
et de la jeunesse et
pour son engagement
au service de la
société martiniquaise.
Il s’est prêté à un
jeu de questions-
réponses au cours
d’un entretien ponctué de rires et
d’applaudissements.
Un « point information » sur les
AFC et leur mission était disponible.
Des adhésions ont été recensées
le jour même et nous espérons
vivement que le mouvement pour
la famille prendra son essor dans
notre Martinique, tant il est vrai que nos familles sont
touchées par des
difficultés de tout
bord, avec une acuité
au niveau des jeunes
notamment.
La fête s’est pour-
suivie par un déjeuner
à 12h30, réunissant
plus de deux cent
cinquante convives.
L’animation a été
assurée par Nestor Mijéré et Louis
Joseph Huygues-Beaufond qui ont
apporté, à partir de devinettes, des
informations à la fois sur la paroisse
et sur le diocèse.
A 16h30, un goûter a été servi et a
clôturé la fête.
Cette manifestation a connu
un franc succès. La Fédération
de Martinique des AFC et l’AFC
de Saint-Christophe tiennent à
remercier toute la communauté
paroissiale, tous les bénévoles qui
se sont impliqués et ont participé
à l’effort de préparation et de
réception avec beaucoup d’entrain,
sans oublier les participants à la
fête.
Serge Racine
Président de l’AFC de Saint-Christophe
n
Église en Martinique du 3 novembre 2013
13
Procession d'entrée : D iacre Jean-Paul Levif et P. Alain Ransay
Monseigneur Gaston
Jean-Michel
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Vie du diocèse
Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
14
C
es pèlerins sont venus
prier ensemble et nourrir
leur foi au contact de leurs
frères valides, malades ou en
situation de handicap, mais
qui, comme Marie, savent que
rien n’est impossible à Dieu.
Le thème de la foi, que nous
avons développé tout au long
de cette Année de la Foi, avait
également été choisi par les
Dominicains, organisateurs
de ce pèlerinage. D’ailleurs,
cette vertu théologale est
une constante à Lourdes où
le miracle est permanent pour
tous ceux qui savent regarder
avec le cœur et les yeux
d’enfant de Bernadette.
Près de cent cinquante pèlerins
martiniquais avaient répondu à
l’invitation de ce grand rendez-
vous annuel. Le prédicateur, le
frère Hervé Jégou, aumônier
national des Equipes du Rosaire,
nous a fait vivre durant les quatre
jours les enseignements de
l’évangéliste saint Jean à propos
de la guérison de l’aveugle né. Une
véritable catéchèse autour de ce
récit qui nous invite à inaugurer,
comme l’aveugle, un itinéraire de
foi avec Jésus qui peut redonner la
vue, mais surtout qui illumine nos
nuits et nos jours sans espoir. Des
homélies qui nous ont fait toucher
du doigt la puissance de cette foi
qui comble de biens les affamés et
élève les humbles, leur permettant
de témoigner autour d’eux pour
faire connaître et aimer le Dieu,
Père, Fils et Saint Esprit. Une foi
chrétienne que nous sommes
appelés à vivre au quotidien dans
tous les actes de notre vie.
Suis-je un chercheur du Christ ?
Comment agir concrètement par
amour de mon prochain ? Est-ce
que je « mouille ma chemise »
pour faire connaître Dieu autour
de moi ? Mon pardon est-il sincère
ou juste de façade ? Est-ce que je
prie au-delà de mes seuls intérêts,
ou suis-je prêt à offrir ma vie
pour ceux que j’aime ? Autant
d’interrogations sous forme de
prières que nos pèlerins ont sans
doute déposées au creux de la
grotte, où beaucoup aiment à
laisser une fleur, une photo d’un
être cher ou un message, comme
une bouteille à la mer, mais avec la
certitude et l’assurance que Marie,
notre tendre mère du ciel, ne
manquera pas d’intercéder pour
nous auprès de son Fils.
La diversité des nationalités
présentes à Lourdes nous a
rappelé l’épisode de la Tour
de Babel où la multiplication
des langues, plutôt qu’un
châtiment de Dieu,
représentait une chance pour
l’humanité : la diversité est
plus riche que l’uniformité.
C’était donc une invitation à
l'ouverture à l'autre, celui qui
m'est radicalement différent,
comme voie qui mène au
Tout Autre. Ainsi, ce 105 ème
pèlerinage du Rosaire a eu
la joie d’accueillir, pour la
première fois, une délégation
de la République d’Haïti.
La veillée proposée le
vendredi soir nous a offert le
privilège d’assister à la pièce
créée par les frères Dominicains
de la Province de France pour le
festival d’Avignon 2011 :
Pierre et
Mohamed.
Il s’agit d’un dialogue
fantastique interprété par l’unique
acteur Jean-Baptiste Germain qui
rend hommage à l’amitié et à
la tolérance interreligieuse qui a
uni Mgr Pierre Claverie, évêque
d’Oran, et son chauffeur musulman
Mohamed, assassinés tous les deux
le 1 er août 1996 à Oran, en Algérie.
Lourdes : une invitation à grandir
dans la foi sous le regard de la
Vierge Marie.
Bernadette Helmany n
Pèlerinage du Rosaire 2013
Fais grandir en nous la foi
En dépit des graves inondations du mois de juin dernier, le pèlerinage annuel
du Rosaire à Lourdes, du 2 au 5 octobre 2013, a su accueillir ses milliers de
pèlerins venus de tous les diocèses de France et d’outre-mer, mais aussi d’autres
régions du monde.
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Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
15
Pour la septième année consécutive, les APEL d’établissem\
ent ont été invitées
à participer à la Semaine des APEL. La présidente nationale des APEL,
M
me Caroline Saliou, était en Martinique durant cette semaine. Elle a bien voulu
répondre à nos questions.
La présidente de l’APEL
en visite en Martinique
Eglise en Martinique : Vous
avez été élue il y a dix-huit mois
présidente nationale de l’APEL.
Pouvez-vous nous rappeler ce qui
se cache derrière ces lettres ?
Caroline Saliou : C’est tout
simplement l’Association des Parents
d’Elèves de l’Enseignement Libre.
EeM : Quelles ont été les modalités
de votre élection ?
C.S. : Ce sont les présidents
académiques qui votent ; leur
nombre de voix varie selon le nombre
d’adhérents dans leur académie.
L’APEL regroupe 854 798 parents
adhérents sur le plan national.
En ce qui concerne l’académie de
Martinique, les adhérents sont au
nombre de 3 002 ; c’est M. Charles-
André Manquant qui a participé au
dernier vote à Clermont-Ferrand, le
1
er juin 2012.
EeM :
Quel est le lien des APEL
avec les Eglises diocésaines ?
C.S. : Je me dois de rappeler que
l’APEL est une association apolitique
et non confessionnelle : telle a été,
depuis sa fondation, la volonté des
évêques de France. Elle se doit de
pouvoir représenter et accompagner
toutes les familles, sans distinction
sociale ou religieuse.
La première APEL, en France
métropolitaine, a été mise en
place il y plus de quatre-vingts ans
à Marseille, le 22 février 1930 par
Eugène Bresson, sous l'impulsion
du Chanoine Audibert. Toutefois,
si nous sommes apolitiques et non
confessionnels, nous soutenons notre caractère propre, celui de
l’enseignement catholique, et, en
ce sens, nous avons des propositions
en matière de pastorale familiale.
Ainsi, par exemple, utilisons-nous le
parcours « Alpha parents » dans nos
rencontres pastorales.
EeM :
Les évêques semblent jouer
un rôle important ?
C.S. : Les évêques ont souhaité que
nous soyons libres et aconfessionnels,
de même libres et autonomes par
rapport à l’enseignement catholique.
Ce qui m’amène à dire que nous
ne sommes pas un service de
l’enseignement catholique. Nous
sommes un partenaire. Dans le statut
qu’ont voté les évêques de France lors
de l’assemblée plénière du 18 avril
2013, ils ont tenu à souligner la place
des parents dans l’enseignement
catholique par le moyen d’une seule
association : l’APEL. Par ailleurs, ce
statut met en évidence le rôle et la
responsabilité de l’évêque diocésain
dans l’enseignement catholique.
EeM :
Quels sont les objectifs de
votre visite en Martinique ?
C.S. : Lorsque j’ai été élue, un des
points de ma profession de foi a été de
développer les liens avec l’outre-mer.
Je dois reconnaître que la distance
demeure un obstacle quand on veut
faire aboutir des propositions. Si on
veut avoir de vrais projets qui se
réalisent, il faut venir sur le terrain.
Un autre objectif de mon voyage
est la préparation du congrès
de Strasbourg en mai 2014. Dans
cette optique, je dois mobiliser
les adhérents de Martinique
pour former des animateurs pour
R encontres Parents-Ecole (RPE) sur
la thématique: parent d’élève,
un métier d’avenir. A cet objectif,
s’ajoute la mission de présenter le
statut de l’E nseignement catholique
aux parents et aux enseignants avant
leur mise en œuvre prévue pour
septembre 2014.
Au cours de la journée de travail
du 17 octobre, j’ai rencontré les
partenaires internes et externes
de l’enseignement catholique.
Dans la matinée, j’ai eu la joie
de me rendre au groupe scolaire
Patronnage Saint-Louis, à l'école
Séminaire-Collège Sainte-Marie,
puis à la Direction diocésaine de
l’enseignement catholique où
j’ai été accueillie par la directrice,
Mme Jeanne Valère. Dans l'après-
midi, j'étais au Rectorat et dans
la soirée, j'ai participé au C onseil
d'Administration de l’APEL de
l'Académie Martinique.
Enfin, le dernier objectif de cette
visite, c’est la semaine de l’APEL dans
laquelle nous sommes et qui a pour
thème cette année : Lire, quel plaisir !
EeM : Comment percevez-vous
votre mission ?
C.S. : Ma mission consiste à
représenter et à accompagner
les parents dans leur mission
d’éducateurs et à défendre la liberté
des familles en matière de choix
d’établissement. Pour cela, je me dois
d’aller à la rencontre des acteurs de
l’enseignement catholique dans tous
les diocèses ou les régions de France
et d’outre-mer.
Propos recueillis
par le père Luc Philippon, DEI
n
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Société
Église en Martinique du 3 novembre 2013 / n°471
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Dans le cadre de la Semaine bleue 2013, S emaine nationale des personnes âgées,
dont le thème est cette année : Vieillir et agir ensemble dans la communauté,
le père Luc Philippon, Délégué épiscopal à l’information, a rencontré M
me Annie
Ramin, directeur d’hôpital honoraire.
Le vieillissement de la population
martiniquaise
Eglise en Martinique :
Quelles réflexions vous inspire
le vieillissement de la population
martiniquaise ?
Annie Ramin : On constate
un vieillissement normal de la
population mondiale. Cela est dû
principalement à l’augmentation
de l’espérance de vie du fait de
l’amélioration de l’hygiène, des
programmes de vaccination,
de la prévention en matière de
santé, d’une meilleure qualité de
vie et d’une baisse de la natalité,
conséquence de la transformation
économique du monde. En
revanche, depuis 2006, en
Martinique, on a constaté que la
population a cessé d'augmenter
et a commencé brutalement à
diminuer, alors que cette évolution
était envisagée pour 2025.
EeM : Qu’est-ce qui est à l’origine
de la chute de la natalité ?
A.R. : Nous sommes devant une
évolution mondiale. Les familles
ont de moins en moins besoin de
bras, donc d'enfants, contrairement
aux années passées où l’agriculture
était l’activité économique
dominante. La mortalité infantile
a chuté de manière massive avec
l'évolution de la médecine et des
modes de vie.
La Martinique, elle, a connu l’exode
de sa jeunesse lors de la création
du BUMIDOM dans les années 60.
Il y a eu aussi ceux qui partaient et
partent encore faire des études à
l'extérieur et y restent, une fois le
diplôme obtenu, pour travailler.
Aujourd’hui, après une carrière
professionnelle en Métropole ou
à l'étranger, un certain nombre
d’entre eux reviennent vivre leur
retraite en Martinique.
Un autre point qui aiderait à
comprendre cette chute de la
natalité : c'est l’exiguïté du marché
du travail. Il n’y a pas assez de
travail pour tous les diplômés ; ils
sont obligés de se tourner vers
l’extérieur et construisent leur
vie en dehors de la Martinique,
justement à l'âge où ils bâtissent
une famille.
EeM : Quels sont les enjeux
économiques, sociaux et culturels
du vieillissement de la population
pour la Martinique ?
A.R. : Les enjeux économiques
sont très importants. Vers 2040,
la population active aura diminué
de 65 000 personnes, avec pour
conséquence une diminution des
recettes fiscales, une diminution
de l'activité commerciale, une transformation des besoins
(ex. : moins d'élèves, donc moins
d'activités en direction de la
jeunesse). Nous vivrons ce que vit
aujourd’hui l’Allemagne.
Plus de 95% des personnes âgées
vivront à domicile : l’enjeu est
de trouver des voies nouvelles
permettant de satisfaire leurs
besoins en terme de vie quotidienne
(tels le repas à domicile, le petit
entretien), mais aussi en termes de
santé (soins à domicile ou en général
hors de l'hôpital) et enfin en termes
sociétaux (soutien psychologique,
lutte contre la vulnérabilité, lutte
contre la solitude).
Il faut également trouver des
systèmes favorisant la vie à domicile.
En cette matière, nous avons eu
le 26 septembre dernier l’exposé
d’une architecte qui a montré
comment prévenir les accidents
domestiques grâce à beaucoup de
"petites" solutions peu onéreuses,
mais aussi comment, en intégrant
dès la construction la perspective
du vieillissement, on prépare cette
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nouvelle et longue étape de la vie
(utilisation de la domotique).
Des nouveaux métiers
commencent déjà à apparaître
et vont se développer. M. Pierre
Marie-Joseph, président de
l’Association martiniquaise pour
la promotion de l’industrie, et
son organisation professionnelle
réfléchissent déjà à cette
problématique du vieillissement
de la population quant à ses
conséquences économiques. C'est
également le cas d'autres secteurs
tels que l'ex- Direction du travail,
s'agissant des conséquences sur la
structure et le nombre d'emplois...
Un des enjeux majeurs du
vieillissement est de vieillir en
bonne santé : au plan culturel, il
y a un énorme travail à faire dès
le plus jeune âge et pendant la
vie professionnelle, en matière
de prévention. L'objectif est
d'adopter des attitudes, des
comportements, des habitudes
qui favorisent la conservation
d'une bonne santé. Deux activités
ne nécessitent pas ou entraînent
peu de dépenses : la marche et
la mer.
Par ailleurs, le maintien du
lien social pour lutter contre
la solitude, développer le sens
de l’autre chez les plus jeunes,
construire des liens durables dès le
plus jeune âge, sont aussi des axes
d'actions indispensables, d'autant
que beaucoup de personnes âgées
se retrouvent et se retrouveront
seules, les enfants ayant fait
ou faisant leur vie hors de la
Martinique, parfois bien loin.
EeM : Quelles seront les
répercussions de l’allongement
de la durée de vie en matière de
dépendance et de demande de
soins ?
A.R. : La dépendance se
développera avec l'espérance de
vie à la naissance qui continue de
croître (84 ans chez les femmes
et 79 ans chez les hommes). Nous
l'avons vu, il faut, par des actions
préventives très diverses, s'efforcer
de la repousser. S'agissant de la
demande de soins, elle augmente
également : il faut donc repenser le
parcours de soins et privilégier les
soins hors les murs. Cette question
nous invite à repenser la fonction
de l’hôpital. Ce n’est plus le patient
qui doit aller vers l’hôpital, mais
c’est l’hôpital qui doit aller chez
le patient. En ce sens, afin d’éviter
au maximum l’hospitalisation
qui fragilise la personne âgée,
il conviendrait de développer la
médecine ambulatoire. Mais il
s'agit aussi de bien informer les
professionnels à la prise en charge
des personnes âgées.
C'est ainsi qu'en 2012 a été organisé
par la CRSA (1) un forum sur la
prescription des médicaments
aux personnes âgées qui a donné
lieu à un fascicule qui semble être
apprécié. Mais ce n'est qu'une
goutte d'eau, beaucoup reste à
faire. n
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la Mission 14-18
de la CoMMunauté du CheMin neuf
convie
les jeunes âgés entre 14 et 18 ans
au
week-end des 9 et 10 novembre 2013
au d omaine du f ort à saint-Piere
sur le thème :
« Vous avez un message … Comment dieu nous parle-t-il ? ».
Pour avoir des informations ou vous inscrire,
vous pouvez nous contacter avant le mercredi 6 novembre 2013
par e-mail : mission14-18@orange.fr ou au 06 96 26 93 60.
Communiqué
(1) Conférence Régionale de la Santé et de
l'Autonomie.
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« J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25, 36).
Le Crucifié glorifié s’identifie aux petits, aux démunis et aux souffrants. En eux, Il attend d’être aimé, visité, écouté.
Dans cette optique, l’aumônerie catholique de l'hôpital Pierre Zobda Quitman
recrute des visiteurs de malades.
Pour ce faire, vous êtes priés de vous rapprocher de votre paroisse
pour vous y inscrire, en donnant vos nom, prénom et numéro de téléphone.
Merci de votre disponibilité.
P. Jean-Moïse exantus, aumônier PZQ, MfMe, CeV. tél.: 05 96 55 20 52 - 06 96 03 07 29
ReCRuteMent de VisiteuRs de Malades
invite
tous les catéchistes, les animateurs de l’Eveil à la foi,
du catéchuménat des enfants en âge scolaire et du cheminement
à la matinée de formation
qui leur sera dispensée par le père Christian Catayée
le lundi 11 novembre 2013 de 8h30 à 11h30 à l’église de de Briant.
Thème :
l’eglise : Mystère et constitution.
le seRViCe dioCésain de la CatéChÈse
Le mouvement Chrétiens dans le Monde Rural (C.M.R.) invite toutes les personnes intéressées
au forum qu’ils organisent le mercredi 27 novembre 2013, de 9h à 13h30,
au lycée d’enseignement général et technologique agricole de Croix-Rivail.
thème :
la problématique de l’eau à la Martinique.
Quelques-unes des problématiques qui seront débattues :
- Quelles sont les décisions prises en Martinique pour préserver et protéger l’eau de nos rivières ?
- Notre eau de source est-elle potable ?
- Nos nappes phréatiques sont-elles recensées et protégées ? Leur capacité est-elle suffisante pour alimenter la population en eau potable ?
- Quelles sont, en Martinique, les actions connues pour stocker et utiliser l’eau de pluie ?
nos attentes :
Ce Forum est né d’une prise de conscience de nos membres : rareté et mauvaise gestion de l’eau, sur-
tout en période de sécheresse. Nous voulons partager le fruit de notre réflexion avec un large public.
Nous avons l’espoir que les Martiniquais en général, et nos décideurs politiques et professionnels
en particulier, s’engageront pour répondre durablement à la problématique de l’eau en Martinique.
Programme :
8h30 - 9h : Accueil des participants
9h - 9h10 : Présentation de la journée
9h10 - 10h : Diaporama
(50 diapositives commentées)
10h - 10h10 : Pause
10h10 - 11h : Interventions de professionnels de l’eau 11h - 13h15 : Débat
13h15 - 13h30 : Synthèse du modérateur
13h30 : Mot du président et clôture
de nos travaux.
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Eglise universelle
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Dimanche 3 novembre 2013
Le bel âge de la foi
La foi évolue-t-elle avec l’âge ? Vieillit-elle ou se renforce-t-elle ? Y a-t-il un âge pour croire ? Croit-on autant
à 20 qu’à 80 ans ? Est-ce plus facile de croire quand on est jeune ?
Les « grandes personnes » sont à l’honneur cette semaine dans
Dieu m’est témoin , mais c’est d’abord leur foi
que nous interrogerons. Micheline Seck, que tout son quartier appelle Mamie, sera notre invitée. Originaire
de Morne-à-l’Eau en Guadeloupe, elle vit seule chez elle dans le 19
ème à Paris et nous dira qu’à son âge, 95
ans, on espère encore.
Nous irons d’ailleurs en Guadeloupe rencontrer deux super-mamies, Isabelle et Simone, toujours très investies
dans leur paroisse Saint-Philippe et Saint-Jacques de Petit-Canal, dans le nord de la Grande-Terre.
Et c’est Frank Cusick, à Saint-Pierre et Miquelon, qui nous dira comment sa foi n’a fait que se renforcer avec l’âge.
Dimanche 10 novembre 2013
Les petites mains de Dieu
L’Église continue-t-elle à être vivante ? Comment ? Les différents mouvements, charismatiques ou non, les
communautés, petites ou grandes, participent-ils à sa construction et comment ?
De nombreux mouvements et pastorales existent partout outre-mer.
Dieu m’est témoin mettra cette semaine
l’accent sur certains d’entre eux, moins connus que d’autres.
Ophélie Pelletier, une jeune Wallisienne de 19 ans, viendra nous parler des
Focolari, le mouvement créé
par Chiara Lubich en Italie en 1943 et implanté en Nouvelle-Calédonie, et bientôt à Wallis et Futuna. Nous
suivrons Jacob, responsable du mouvement à Nouméa, et verrons comment la parole de vie se met chaque
jour en place dans sa vie.
Dimanche 17 novembre 2013
Parole aux divorcés
Comment l’Église accompagne-t-elle les personnes divorcées ? Quelle place dans l’Église trouvent ceux qui
ont choisi de se remarier ? Comment vivre sa foi de chrétien lorsqu’on ne peut plus communier ?
Des questions actuelles, parfois douloureuses. Pour y répondre, Dieu m’est témoin reçoit cette semaine deux
personnes divorcées.
Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions
Medias
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Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr
99.5 - 101.3 et 105,3 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
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R egardons simplement autour de nous : les saints pullulent à nos côtés,
dans notre procession terrestre.
Il y a tous les saints anonymes qui peuplent le ciel et il y a même les saints de la terre ! Regardez bien autour de vous, regardez-vous vous-même,
car vous en êtes, de ce peuple de saints. Souvent, il est vrai,
c'est après coup qu'on les remarque,
avec un certain recul dans le temps…
Il vous suffit de vous mettre en route, comme l'enfant prodigue. Dieu ne se contente pas
de vous attendre à la porte du ciel… Il court vers vous,
il se jette à votre cou
et vous embrasse longuement. Etre saint, c'est si simple !
Il suffit de se mettre en route vers son Père
et lui fera tout le reste.
Robert Etchegaray
