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17 novembre 2013
COLLECTE NATIONALE
• LIBÉRATION DES OTAGES
UNE FOI MISE À L’ÉPREUVE
• LÉGUEZ À L'ÉGLISE
CATHOLIQUE
• PÈLERINAGE
DES FAMILLES
POUR LES VOCATIONS
Grâce à vous.
En 2019, Léa fera le catéchisme
à vos petits-neveux
dans la nouvelle salle de catéchisme.
Parlez-en à votre curé ou contactez le délégué legs.Léguez à l’Église catholique
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE MARTINIQUE5-7, rue du Révérend Père Pinchon
BP 586 - 97207 Fort de France Cédex
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Tél. 06 96 310 333
e-mail : pouch.michel@gmail.com
N° 472 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 17 novembre 2013
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Editorial
Editorial
• Qui est mon prochain ?
Mot de l'Evêque
• Parlez-moi des morts
Eglise universelle
• Le Pape François nous parle de la foi
Eglise de France
• L'Assemblée plénière d'automne
Liturgie
• Parole dominicale
Droit canonique
• Les onctions (2)
Vie du diocèse
• Libération des otagesUne foi mise à l’épreuve
• Journée nationale du Secours catholique - Visages de
la pauvreté en Martinique
• La diaconie
• Donner un sens à sa vie
- Qui suis-je ? Où vais-je ? Quel sens donner à ma vie
- Monastère invisible
- Pèlerinage des familles pour les vocations
Médias
numéro
472
numéro
472
17 novembre 2013 COLLECTE NATIONALE
• LIBÉRATION DES OTAGES UNE FOI MISE À L’ÉPREUVE
• LÉGUEZ À L'ÉGLISE
CATHOLIQUE
• PÈLERINAGE
DES FAMILLES
POUR LES VOCATIONS
Grâce à vous. En 2019, Léa fera le catéchisme
à vos petits-neveux
dans la nouvelle salle de catéchisme.
Parle z-en à votre curé ou contactez le délégué legs.Léguez à l’Église catholiqueASSO CIA TION DIOCÉSA INE DE MA RTINIQ UE5-7, r ue du Révé re nd P ère Pinchon
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N° 472 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 17 novembre 2013
S ommaire
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Édiprint – Bois Quarré
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Commission paritaire N° 1115L87225
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S
’il vous arrive de traverser
certaines rues de la ville
capitale, tôt le matin, votre
regard sera heurté par la misère de
personnes qui ont passé la nuit à
même le sol, enroulées dans des
cartons.
Comment passer indifférent, sans
s’interroger sur la cause d’une telle
déchéance et sur la conduite à
avoir ?
Le texte d’évangile du bon
samaritain (Luc 10) interpelle.
Comment se situer face à ceux
et celles que nous rencontrons
sur notre chemin : regard fuyant ?
prétexte stérile ? réelle attention à
l’autre, quitte à se salir les mains
s’il le faut ? Comment vivre en
vérité notre foi et prendre au
sérieux ces paroles du Seigneur
qui dit à chacun de nous : Tu as
du prix à mes yeux et moi, je t’aime
(Is 43,4) ?
S’il est vrai que la réponse à ces
questions dépend de la force de
conviction de chacun, il est aussi
vrai que ce sont des problèmes
qui relèvent d’une réalité sociale
et que la réponse se trouve
dans un objectif plus global de
développement et de service
selon un esprit de fraternité. Ce
fut l’objectif du rassemblement
Diaconia 2013 à Lourdes du 9 au
11 mai 2013.
Un défi est lancé aujourd’hui à la
conscience chrétienne : comment
prendre au sérieux cette tâche
à réaliser, cet objectif à vivre
dans le concret de l’existence,
cet idéal de fraternité voulu par le
Christ Jésus : Vous êtes tous frères,
vous n’avez qu’un Père (Mt 23,
8-9) ? Cette mission confiée par
le Christ à ses disciples est de
tous les temps. Elle sera toujours
d’actualité, aussi longtemps que
l’égoïsme humain fera obstacle à
la solidarité.
L’histoire nous rappelle que, dans
les relations humaines, l’homme
a été un loup pour l’homme et
qu’il a été impitoyable à l’égard
de ses proches. Aujourd’hui, ne
nous faisons pas d’illusion, nous
ne vivons pas dans un monde idéal
où tout le monde il est beau, tout le
monde il est gentil. Le Christ nous
invite à regarder l’autre comme
un frère, ce qui exige de nous
la conversion profonde de nos
préjugés sociaux. Dans le monde
du chacun pour soi, la famille tend
à n’être plus le lieu d’une relation
confiante entre les personnes ; le
lien social est considéré comme
quantité négligeable, les plus
faibles sont les plus vulnérables ;
moins protégés, ils deviennent les
premières victimes.
Le pape François invite les chrétiens
à se positionner comme acteurs
de fraternité dans la société ; il
nous incite à œuvrer pour une
transformation sociale ; il nous
demande de nous associer à
tout homme de bonne volonté
et à participer aux entreprises
communes. Puisse la collecte
nationale du Secours catholique
du 17 novembre 2013 nous rappeler
notre responsabilité en ce domaine.
P. Jean de Coulanges n
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Qui est mon prochain ?
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Xxxx
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
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Mot de l'Evêque
Parlez-moi des morts
D
iscutant avec des
Sadducéens qui ne
croyaient pas en la
Résurrection, le Seigneur
Jésus leur disait : Vous êtes
dans l’erreur en ne connais -
sant ni les Ecritures ni la
puissance de Dieu. Dieu
vous dit : ″"Je suis le Dieu
d’Abraham, le Dieu d’Isaac
et le Dieu de Jacob. " Ce
n’est pas de morts mais de
vivants qu’il est le Dieu !
Cette controverse relatée
à l’occasion des fêtes de la
Toussaint par notre revue
Eglise en Martinique a été l’occasion
pour plusieurs de ses lecteurs de
faire part de leurs questions.
Certains demandaient : « Comment
pouvez-vous dire que Dieu n’est
pas le Dieu des morts mais des
vivants ! Alors que l’Eglise prie
pour les morts et célèbre la liturgie
des défunts au lendemain de la
Toussaint ! Comment comprendre
ces contradictions ? ».
C’est précisément pour éviter de
telles équivoques que, chaque fois
que cela est possible, l’Eglise préfère
parler de « défunts » plutôt que de
« morts ».
La mort désigne la fin de la vie et
son absence définitive. Le mort n’est
plus la personne vivante qu’il était
mais son cadavre ou sa dépouille.
Certaines langues ont dans leur
vocabulaire un mot pour désigner
un animal vivant et un autre pour
nommer ce même animal une fois
qu’il est mort.
L’Eglise a beaucoup de considération
pour le cadavre de l’être humain car,
avant d’être cadavre, c’était un corps
animé par lequel la personne a vécu,
est entrée en relation avec les autres,
a aimé, a prié, a souffert, est passée
de vie à trépas. A ce titre, le cadavre,
ou dépouille humaine comme on
l’appelle, mérite le respect et parfois
même une certaine vénération. Il ne
peut cependant plus être considéré
comme une « personne ». C’est
pourquoi l’Eglise n’administre pas
de sacrement à un « mort ».
La personne humaine porte en soi
une dimension spirituelle qui ne
se réduit pas aux seules molécules
constituant son corps. Pour l’Eglise,
cette dimension perdure au-delà
de la mort biologique. L’Eglise croit
en la vie qui demeure en dépit de
la mort. Sa foi s’enracine dans les
paroles et les actes de son Seigneur
Jésus.
Dans l’une de ses paraboles –
petites histoires inventées par lui
pour rendre plus compréhensibles
ses messages – Jésus met en scène
un riche et un pauvre au moment
de leur mort. Il laisse clairement
entendre que la mort est suivie d’un
jugement, puisque celui de ces deux
hommes qui n’avait pensé qu’à soi-
même et n’avait cherché le sens de
sa vie que dans la possession et la
jouissance des biens matériels, est
condamné aux tourments éternels,
tandis que le pauvre, privé de tout
pendant sa vie, est reçu dans le sein
d’Abraham.
Cette parabole révèle
que, pour Jésus, la vie
continue au-delà de la
mort. Elle affirme que
toute vie humaine sera
soumise au jugement de
Dieu après ce passage
de la mort. Elle se trouve
justifiée par les paroles de
Jésus à l’adresse du larron
crucifié en même temps
que lui : Aujourd’hui
même, tu seras avec
moi au paradis. La mort
physique sera donc suivie
du jugement de Dieu.
Mais, demandera-t-on, s’il en est
ainsi, où sont donc ces défunts qui
sont toujours vivants pour Dieu,
même si leur cadavre a été enterré
ou incinéré ?
L’Eglise répond qu’ils sont passés
de ce monde auprès de Dieu. Cela
ne satisfait pas notre imagination
qui localise souvent Dieu « dans le
ciel », au-dessus de nous, là-haut
dans les nuages.
Mais Dieu est Esprit par excellence.
On ne peut l’enfermer dans un
lieu. Rien ne peut le contenir ni
le comprendre, pas même notre
imagination. Le Ciel, qui est
conventionnellement son domaine,
n’est ni en haut, ni en bas, ni à
droite, ni à gauche. Nous disons
par commodité que « Dieu est
partout ».
En passant par la mort physique,
notre vie se transforme et passe
dans une autre dimension, comme le
grain tombé en terre qui ne devient
pas un autre grain qui aurait grossi,
mais une plante combien différente
de ce grain ! Comme une larve qui se
transforme en moustique. Comme
les ondes invisibles, inaudibles de
nos portables et smartphones qui
se transforment en sons, en images
et en vidéos.
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Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
4
Église
en Martinique
Règlement à l’ord\sre de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
Eglise en Martiniq\
ue
Boîte Postale 586
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FRANCE et étranger 50 €
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Tél. ........................................................................\
..........................
Code Postal ..................................
Ville ........................................................................\
..........................................................................................
Mot de l'Evêque (suite)
Ces analogies n’ont pas la
prétention de répondre à nos
interrogations, pas plus qu’elles
ne pourront nous dire où et ce que
nous étions avant notre naissance.
Scientifiques, philosophes, pen-
seurs et sages auront encore
longtemps à épiloguer, sans
réponse apodictique, autour de
l’origine et du terme de notre
existence humaine.
Les chrétiens préfèrent se fier à Jésus
Christ. Cet homme – le seul – qui a
vraiment connu la mort et qui s’en
est relevé dans son corps à la fois le
même et transformé. C’est lui qui
nous dit :
Dieu n’est pas le Dieu
des morts, mais des vivants.
Il nous révèle que Dieu nous aime et
nous a créés par Amour, pour que
nous ayons avec lui la vie éternelle. Lui, Fils de Dieu, ne cesse de nous dire
:
Je suis la résurrection et la vie, tout
homme qui vit et qui croit en moi,
fut-il mort, vivra ; je le ressusciterai
au dernier jour.
Croyons en lui ! Et qu’en toute chose,
sa vie soit toujours pour nous plus forte
que la mort !
+ Michel Méranville
Archevêque
n
à l’occasion de la clôture de l’année liturgique et de la fête du Christ, Roi de l’univers,
invite tous les jeunes du diocèse âgés de 15 à 35 ans
à
un grand temps fort diocésain qui se tiendra
A la fin de cette rencontre, une
grande braderie d’articles JMJ-L
sera proposée aux participants.
Après le succès des JMJ Locales,
aidons nos jeunes à rester mobilisés !
le dimanche 24 novembre 2013
à l’église Sainte-Face de De Briant de 14h30 à 17h00.
LA PAStorALe DeS JeuneS Communiqué
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Une foi humble
N
otre foi a besoin du
soutien des autres,
notamment dans les
moments difficiles. Si nous
sommes unis, la foi devient
forte. Qu’il est beau de nous
soutenir les uns les autres
dans l’aventure merveilleuse
de la foi ! Je dis cela parce
que la tendance à s’enfermer
dans le privé a influencé aussi
le domaine religieux, si bien
que très souvent on a du mal
à demander l’aide spirituelle
de ceux qui partagent avec
nous l’expérience chrétienne.
Qui d’entre nous n’a pas fait
l’expérience des incertitudes, des
désarrois et même de doutes sur
le chemin de la foi ? Nous en avons
tous fait l’expérience, moi aussi :
cela fait partie du chemin de la foi,
cela fait partie de notre vie. Tout
cela ne doit pas nous surprendre,
parce que nous sommes des
êtres humains, marqués par des
fragilités et des limites. Toutefois,
dans ces moments difficiles, il faut
avoir confiance en l’aide de Dieu,
à travers la prière filiale, et, dans le
même temps, il est important de
trouver le courage et l’humilité de
s’ouvrir aux autres, pour demander
de l’aide, pour demander de nous
donner un coup de main. Combien
de fois avons-nous fait cela avant
de réussir à résoudre le problème
et trouver Dieu une nouvelle
fois ! Dans cette communion –
communion veut dire commune-
union – nous sommes une grande
famille où toutes les composantes
s’aident et se soutiennent entre
elles.
Une foi accueillante
Le Seigneur veut que nous fassions
partie d’une Église qui sait ouvrir les
bras pour accueillir ; qui n’est pas
la maison de quelques-uns, mais la
maison de tous ; où tous puissent
être renouvelés, transformés,
sanctifiés par son amour, les
plus forts et les plus faibles, les
pécheurs, les indifférents, ceux qui
se sentent découragés et perdus.
L’Église offre à tous la possibilité de
parcourir la voie de la sainteté, qui
est la voie du chrétien. Elle nous
fait rencontrer Jésus Christ dans
les sacrements, en particulier dans
la confession et dans l’Eucharistie.
Elle nous communique la Parole
de Dieu, elle nous fait vivre dans
la charité, dans l’amour de Dieu
envers tous.
Une foi courageuse
La tentation de laisser Dieu de côté
pour nous mettre nous-mêmes au
centre est toujours présente et
l’expérience du péché blesse notre
vie chrétienne, notre condition
d’enfants de Dieu. C’est pourquoi
nous devons avoir le
courage de la foi et ne
pas nous laisser guider
par la mentalité qui nous
dit : « Dieu ne sert pas,
il n’est pas important
pour toi », et ainsi de
suite. C’est précisément
le contraire : ce n’est
qu’en nous comportant
en enfants de Dieu, sans
nous décourager pour
nos chutes, pour nos
péchés, en nous sentant
aimés par Lui, que notre
vie sera renouvelée,
animée par la sérénité et par la
joie. Dieu est notre force ! Dieu
est notre espérance !
Une foi communautaire
L’Ascension n’indique pas l’absence
de Jésus, mais nous dit qu’il
est vivant au milieu de nous de
manière nouvelle ; il n’est plus dans
un lieu précis du monde comme
il l’était avant l’Ascension ; il est
dans la Seigneurie de Dieu, présent
en tout lieu et en tout temps,
proche de chacun de nous. Dans
notre vie, nous ne sommes jamais
seuls : nous avons cet avocat qui
nous attend, qui nous défend. Le
Seigneur crucifié et ressuscité nous
guide. Avec nous, il y a beaucoup
de frères et sœurs qui, dans le
silence et dans l’anonymat, dans
leur vie de famille et de travail,
dans leurs problèmes et difficultés,
dans leurs joies et espérances,
vivent quotidiennement la foi et
apportent, avec nous, au monde
la Seigneurie de l’amour de Dieu,
en Jésus Christ ressuscité, monté
au Ciel, avocat de notre cause.
Eglise universelle
Le Pape François nous parle
de la foi
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
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L’Année de la Foi se clôturera officiellement le dimanche 24 novembre
2013, en la solennité du Christ, Roi de l’univers. Accueillons ces\
paroles éclairantes de notre Pape François sur la foi.
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Eglise universelle
Eglise de France
Une foi mariale
Comment Marie a-t-elle vécu
cette foi ? Elle l’a vécue dans la
simplicité des mille occupations
et préoccupations quotidiennes
de toute maman : comment
s’occuper de la nourriture, des
vêtements, du soin de la maison...
C’est précisément cette existence
normale de la Vierge qui fut le
terrain où se développèrent une
relation singulière et un dialogue
profond entre elle et Dieu, entre
elle et son Fils. Le « oui » de Marie,
déjà parfait au commencement, a
grandi jusqu’à l’heure de la Croix.
Là, sa maternité s’est élargie pour
embrasser chacun de nous, pour
nous conduire à son Fils. Marie
a vécu toujours plongée dans
le mystère du Dieu fait homme,
comme sa première et parfaite
disciple, en méditant toute chose
dans son cœur à la lumière du Saint
Esprit, pour comprendre et mettre
en pratique toute la volonté de
Dieu. n
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
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KTO : Quelle est la tonalité
de cette assemblée plénière de
novembre, la première présidée
par Mgr Georges Pontier ?
Mgr Podvin : C'est effectivement
la première Assemblée plénière
que préside Mgr Pontier. La
présidence est toujours au service
de l'ensemble des évêques. Il n'y a
donc pas un « programme Pontier »
qui succéderait à un « programme
Vingt-Trois ». Les personnalités
sont différentes évidemment, le
contexte de l'actualité évolue. Mais
les sujets profonds, ainsi que les axes
pastoraux, demeurent. Mgr Pontier
veut vivre sa présidence en équipe.
Il anime une relecture régulière
des décisions et des enjeux. Il fait
de réelles délégations, partagées
avec les vice-présidents et le conseil
permanent. Vous devinez bien que
l'Assemblée de novembre 2013 est
marquée à la fois par le formidable
élan que donne le pape François
à nos communautés et la gravité
des questions que pose l'évolution
sociétale et économique. En 2013,
la France a connu une réforme
sociétale dont l'Église avait dit
en amont (dès novembre 2011)
qu'elle cliverait douloureusement
la société. Hélas, cette prédiction
est avérée. Beaucoup de repères
sont perdus tant dans l'éthique
individuelle que collective. À court
terme, la fin de vie est un autre
exemple de préoccupation. Un
travail de dialogue, de confiance
et de réhabilitation de la
responsabilité politique est urgent.
KTO : Quels sont les dossiers
travaillés par les évêques ? Quelles
en sont leurs finalités ?
Mgr Podvin : En novembre
2014, les séminaires de France
vivront un rassemblement national
à Lourdes. D'ici là, les évêques
souhaitent échanger sur leurs
critères de formation au ministère
presbytéral. Autre dossier qui sera
partagé à Lourdes : comment
motiver l'opinion publique sur
une Europe sociale, fondée sur
des valeurs et qui ne soit pas
dépendante des individualismes ou
des marchés ? Madame Goulard,
députée européenne, donnera
son témoignage. Les évêques
travailleront aussi les dossiers
suivants : la présence des catholiques
dans la société contemporaine ; le
phénomène social de l'avortement
et les conséquences sur l'éducation
des jeunes ; comment proposer
les sacrements de l'initiation
chrétienne aujourd'hui, et préparer
au mariage ? Ces quelques
exemples montrent une vigilance
de l'Église sur le devenir de la
personne humaine, et son désir
de prendre part au débat public.
L'Assemblée plénière
d'automne
Mardi 5 novembre 2013, les évêques de France –
et parmi eux, Mgr Michel Méranville – rassemblés à
Lourdes, ont entamé cinq jours de travail et de prière
pour préparer l'avenir de l'Église en France. Mgr Bernard
Podvin, porte-parole des évêques de France, a évoqué
pour KTO cette nouvelle assemblée plénière des évêques.
Mgr Georges Pontier
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Ajoutons à cette énumération la
préoccupation très vive concernant
les chrétiens d'Orient ; la solidarité
dans nos diocèses, comme fruit du
rassemblement Diaconia 2013,
ne nous faisant pas oublier nos
frères en précarité. Les évêques ne
manqueront pas aussi d'aborder
des questions plus ecclésiales ou
pastorales : la traduction liturgique
biblique ; les projets de la pastorale
des jeunes comme le pèlerinage
des étudiants en Terre Sainte. Vous
le voyez, la grille est remplie.
KTO : On sait que les évêques ont
des approches, des expériences et
des diocèses différents. Quel est
donc l'enjeu des débats ?
Mgr Podvin : Dieu merci, les
évêques sont différents les uns des
autres et exercent leur ministère
dans des contextes pas toujours
comparables ! L'ennui viendrait de
l'uniformité, dit le poète. L'enjeu
est tout autre : en communion
permanente avec le Saint-Père
et sous sa vigilance, les évêques
vivent ce que l'on appelle l' affectus
collegialis dont parlait Jean Paul
II. Ce qui se joue dans l'hémicycle
à Lourdes n'est donc pas l'addition
de points de vue, mais la recherche,
dans la communion, d'une
expression commune. Quand on
accède à ce degré d'expression,
c'est une grâce, non seulement
pour les évêques, mais pour tous
les baptisés et habitants de leurs
diocèses. Je puis en témoigner.
KTO : Pourquoi les débats sont-ils
pour l'essentiel à huis clos ?
Mgr Podvin : Il n'est pas du
seul fait de l'Église catholique de
garder le huis clos lors de débats
fondamentaux. Regardez nombre
d'autres institutions qui le font
aussi. Nous veillons à ce que, dans le
programme de Lourdes, certaines
plages soient ouvertes à la presse.
Des conférences de presse sont
organisées au fil de la semaine
par les évêques concernés par les
questions traitées. Pour répondre
profondément à votre question,
une Assemblée plénière n'est
pas un Parlement. Ses membres
doivent pouvoir débattre entre
eux. Il y va de la sérénité et de la
clarté de leur discernement. Mais
ce qui importe, ce ne sont pas
les épisodes de ce débat. C'est
l'affectus collegialis , dont je parlais
tout à l'heure, qui en ressort et qui
produit des fruits.
KTO : La prière tient une place
importante lors de l'assemblée
plénière, pourquoi ?
Mgr Podvin : Non seulement la
prière tient une place importante,
mais elle est première. Sinon,
pourquoi se rendre à Lourdes ?
Autant faire Assemblée plénière
dans une salle de congrès ! Dans
ce sanctuaire marial se ressent
une communion avec des millions
de fidèles. Ils portent la mission
de l'Église dans leur dévotion.
Les sujets traités à Lourdes
deviendraient vite des morceaux
choisis de sociologie ou de théorie
pastorale s'ils n'étaient pas irrigués
à la fois par la prière des évêques
entre eux, mais aussi par la prière
de tous les catholiques qui portent
l'Assemblée de Lourdes dans leurs
cœurs. Les téléspectateurs de KTO
sont unis à cette Assemblée !
Propos recueillis
par Constance Pluviaud
n
Eglise de France
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Dimanche 17 novembre 2013
L a P arole D ominicale
Journée mondiale du Secours catholiqueLa fin du monde nous est annoncée !
33 ème dimanche du Temps ordinaire Année C
L
e jour du Seigneur
viendra !
et encore : Un
jour... tout sera détruit.
Les révélations de l’Evangile sont
terrifiantes. Mais c’est la réalité
du monde qu’évoque pour nous
la liturgie de ce dimanche où
les textes bibliques sont de style
apocalyptique : Malachie
3,19-20 et Evangile de
saint Luc 21,5-19. Le jour
du Seigneur vient avec
son Soleil de justice qui
fera grâce aux
craignant
Dieu
et offrira le Salut à
ceux qui auront persévéré
dans la foi.
Jésus nous enseigne ce
qui nous est nécessaire
pour vivre en vérité dans ce monde
qui passe, pour être sans vain
attachement ou vaine curiosité.
Les signes précurseurs donnés
par l’Ecriture sont des réalités
que nous connaissons déjà.
Nous vivons des temps de crises
politiques, économiques, sociales ;
nous devons faire face ici et là à
des guerres, des soulèvements ;
et nous ne sommes pas épargnés
par les phénomènes naturels ou
technologiques destructeurs, par
toutes sortes d’épidémies graves
et de famines.
Tous ces événements sont-ils
pour nous des signes de la fin du
monde ou de la fin d’un monde ?
Ne doivent-ils pas plutôt être pour
nous des signes de la finalité du
monde ? A travers les persécutions
annoncées par Jésus, le chrétien (le
disciple) parviendra à cette finalité.
Pour le Nom de Jésus, il accepte
d’être martyr de la Foi , vivant
chaque condamnation en témoin
victorieux, fort de la sagesse du
Dieu fidèle.
Le disciple sait que la fin est le
retour du Christ S auveur en
qui tout l’amour du Père s’est
manifesté. Il demeure ferme
dans l’espérance chrétienne,
tout en travaillant dans un
monde qui s’agite dans la peur
et l’angoisse. Ce monde est
souvent celui où les arrogants se
créent des sociétés sur mesure,
loin des valeurs évangéliques.
Mais pour le croyant, sa vie
donnée avec persévérance à
la suite du Fils ressuscité est une
solidarité offerte aux pauvres de la
terre, en communion avec le Christ,
pour que le monde soit sauvé.
P. Jean-Michel Monconthour
curé de la Cathédrale
n
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
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Pour le croyant, sa vie donnée
avec persévérance à la suite
du fils ressuscité est une
solidarité offerte aux pauvres
de la terre, en communion
avec le Christ, pour que le monde soit sauvé.
Malachie 3,19-20a • Psaume 97 • 2 Thessaloniciens 3,7-12 • Luc 21,5-19
Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de \
votre défense. Moi-même,
je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adve\
rsaires ne pourront
opposer ni résistance ni contradiction. Vous serez livrés même par vos parents, vos
frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous
serez détestés de tous, à cause de mon Nom. Mais pas un cheveu \
de votre tête ne sera
perdu. C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie \
(Luc 21,14-19).
Page 9
S
i le Christ est le Oint par excel-
lence, celui qui a reçu la plé-
nitude de l’Esprit Saint, les
chrétiens à sa suite sont oints, mar-
qués eux aussi du sceau de l’Esprit.
C'est en effet le Christ que Dieu a
marqué de son sceau (Jn 6,27) et c'est
en lui que le Père nous marque aussi
de son sceau
(1).
Les Chrétiens sont des oints
Nous sommes appelés chrétiens
parce que nous croyons à Jésus, le
Christ. Les chrétiens sont ceux qui
croient au Christ, Fils de Dieu, mort
et ressuscité et qui, par l’Esprit, dans
le Père, rétablit l’alliance entre Dieu
et les hommes.
Mais les chrétiens sont surtout ceux
qui sont oints, marqués d'un sceau
indélébile imprimé par Dieu, à travers
le moyen des sacrements. Jésus est le
premier oint et les chrétiens sont oints
à la suite du Christ. En conséquence,
nous les chrétiens formons une
communauté sacrée et organique.
Ils deviennent membres d’une
communauté
Par le baptême, nous dit le canon
96 du code de droit canonique, un
être humain est incorporé à l'Eglise
du Christ et y est constitué comme
personne avec les obligations et les
droits qui sont propres aux chrétiens...
Ainsi, le nouveau peuple saint de
Dieu participe aussi de la fonction
prophétique du Christ ; il répand son
vivant témoignage avant tout par
une vie de foi et de charité ; il offre à
Dieu un sacrifice de louange, le fruit
des lèvres qui célèbrent son Nom
(cf. He 13,15). La collectivité des
fidèles, ayant l'onction qui vient du
Saint (cf. 1 Jn 2,20.27), ne peut se
tromper dans la foi ; ce don particulier
qu'elle possède, elle le manifeste par
le moyen du sens surnaturel de foi qui
est celui du peuple tout entier, lorsque,
des évêques jusqu'aux derniers des
fidèles laïcs, elle apporte aux vérités
concernant la foi et les mœurs un
consentement universel. Grâce en
effet à ce sens de la foi qui est éveillé
et soutenu par l'Esprit de vérité et
sous la conduite du magistère sacré,
qui permet, si on obéit fidèlement, de
recevoir non plus une parole humaine,
mais véritablement la parole de Dieu
(cf. 1 Th 2,13), le peuple de Dieu
s'attache indéfectiblement à la foi
transmise aux saints une fois pour
toutes (cf. Jude 1,3), il y pénètre
plus profondément en l'interprétant
comme il faut et dans sa vie la met
plus parfaitement en œuvre
(2).
Ils sont enrichis de dons
Mais le même Esprit Saint ne se borne
pas à sanctifier le peuple de Dieu par
les sacrements et les ministères, à le
conduire et à lui donner l'ornement
des vertus, il distribue aussi parmi les
fidèles de tous ordres, répartissant
ses dons à son gré en chacun (1 Co
12,11), les grâces spéciales qui rendent
apte et disponible pour assumer les
diverses charges et offices utiles au
renouvellement et au développement
de l'Eglise, suivant ce qu'il est dit : C'est
toujours pour le bien commun que le
don de l'Esprit se manifeste dans un
homme
(1 Co 12,7). Ces grâces, des
plus éclatantes aux plus simples et
aux plus largement diffusées, doivent
être reçues avec action de grâce et
apporter consolation, étant avant
tout ajustées aux nécessités de l'Eglise
et destinées à y répondre. Mais les
dons extraordinaires ne doivent pas
être témérairement recherchés ;
ce n'est pas de ce côté qu'il faut
espérer présomptueusement le fruit
des œuvres apostoliques ; c'est à
ceux qui ont la charge de l'Eglise de
porter un jugement sur l'authenticité
de ces dons et sur leur usage bien
entendu. C'est à eux qu'il convient
spécialement, non pas d'éteindre
l'Esprit, mais de tout éprouver pour
retenir ce qui est bon (cf. 1 Th 5,12.
19-21)
(3).
Ils sont temple de l’Esprit Saint
En effet, les baptisés, par la
régénération et l'onction du Saint
Esprit, sont consacrés pour être une
demeure spirituelle et un sacerdoce
saint, pour offrir, par toutes les
activités du chrétien, autant de
sacrifices spirituels et proclamer les
merveilles de celui qui, des ténèbres,
les a appelés à son admirable lumière
(cf. 1 P 2,4-10). (4) ... Donc l'Esprit Saint
"oint" le baptisé, Il imprime sur lui
un sceau indélébile (cf. 2 Co 1,21-
22) et Il le constitue temple spirituel,
c'est-à-dire qu'Il le remplit de la sainte
présence de Dieu grâce à l'union et à
la conformité avec Jésus Christ. Fort
de cette onction spirituelle, le chrétien
peut, à sa manière, répéter les paroles
de Jésus : L'Esprit du Seigneur est
sur moi, parce qu'Il m'a consacré par
l'onction ; Il m'a envoyé porter la
bonne nouvelle aux pauvres, annoncer
aux prisonniers leur libération et aux
aveugles le retour de la vue, remettre en
liberté les opprimés et proclamer une
année de grâce du Seigneur
(Lc 4,18-
19 ; cf. Is 61,1-2). Ainsi, par l'effusion
du Baptême et de la Confirmation, le
baptisé participe à la mission même
du Christ Jésus, le Messie Sauveur (5).
P. Jean-Max Renard, Vice-Official n
Les onctions
(2)
Celui qui nous affermit avec vous dans le Christ et qui nous a donné l'onction,
c'est Dieu, lui qui nous a aussi marqué d'un sceau et a mis dans nos cœurs les
arrhes de l'Esprit (2 Co 1,21-22).
Droit canonique
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
9
(1) Catéchisme de l’Eglise Catholique, §698(2) Concile Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 12(3) Concile Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 12(4) Concile Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 10(5) Concile Vatican II, Constitution dogmatique Christifideles Laici, n° 13
Page 10
Libération des otages
Une foi mise à l’épreuve
La ville du François a vécu avec une émotion toute particulière la libération de
Thierry Dol, originaire de cette ville, et de ses compagnons de captivité, le 29
octobre 2013. Le père Bruno Latour, curé de la paroisse du François, a bien
voulu répondre aux questions de Eglise en Martinique : il nous parle du rôle
essentiel de la foi qui a soutenu et entouré la famille de Thierry Dol jusqu’au
jour tant attendu de l’heureux dénouement.
Vie du diocèse
Eglise en Martinique : Père
Bruno Latour, quelle réaction vous
inspire la libération des otages ?
P. Bruno Latour : Il y a une
grande joie et un soulagement.
Joie tout d’abord pour les familles,
heureuses de retrouver, au bout de
trois longues années, des personnes
dont on ne savait rien. On peut se
douter qu’il y avait de la souffrance
morale chez les uns et les autres.
Celle-ci est maintenant soulagée.
Cet événement nous inspire une
grande libération intérieure. Ici, au
François, nombreux sont ceux, de
tous milieux et de toutes conditions,
qui ont exprimé leur joie d’une
manière ou d’une autre : prière
personnelle, temps de louange et
d’action de grâce, parfois même
des manifestations physiques
comme les larmes, devant cette fin
qui n’était pas prévisible, en tout
cas pas de cette façon-là, même
si d’aucuns avaient, disent-ils, des
signes.
EeM : Comment
les paroissiens et
vous-même avez-
vous accompagné
les parents de
Thierry Dol ?
B.L. : D’abord dans
la discrétion parce
que ce sont des
gens extrêmement
discrets. Je les
ai rencontrés à
plusieurs reprises,
surtout la maman.
Ils viennent assez souvent à la
messe : ce sont des priants. Le
père l’a d’ailleurs dit lui-même : il
priait même pendant son travail.
Son métier a aussi été pour lui
une aide dans la mesure où il lui
évitait de plonger dans le désespoir
ou la déprime. Il y a donc eu la
prière personnelle de la famille ;
il y a également eu ces contacts
dans la simplicité, l’humilité, la
réserve. Nous n’avons jamais
voulu les harceler. Ils l’étaient déjà
bien assez de la part de certains
médias : dès qu’il y avait le moindre
bruit, on leur téléphonait et c’était
l’angoisse. Ils attendaient d’autres
appels téléphoniques, ce qui s’est
enfin produit il y a quelques jours,
quand ils ont appris la libération
de leur fils.
Au niveau de la paroisse, à chaque
messe du dimanche, nous avions
intégré dans la prière universelle – et
non pas dans la prière eucharistique
comme cela a été dit par erreur
dans la presse – une intention pour
Thierry Dol et ses compagnons
otages. De même, depuis que
nous avons appris leur libération,
nous avons intégré pour quelque
temps, dans la prière universelle du
dimanche, une intention d’action
de grâce pour leur libération. Ils ont
toujours été considérés ensemble
dans notre prière.
Il y a eu d’autres manifestations
au François, notamment une
soirée de prière, en juillet je crois,
à l’intention de Thierry Dol et des
otages, organisée par des groupes
de prière chrétiens. Je dis bien
chrétiens car, même si ce sont des
catholiques qui ont initié le projet,
d’autres chrétiens se sont joints à
eux devant l’église.
EeM : Nous sommes presque à la
fin de l’Année de la Foi. Il y a un
mot qui est revenu souvent, même
dans la bouche de personnes qui
se déclarent laïques, comme le
Président de la République : on
a entendu parler de « fin d’un
calvaire ». Vous, en tant que
prêtre, comment situez-vous cet
événement – qui a été une épreuve
– dans l’Année de la Foi ? Quel
enseignement en tirer ?
B.L. : La réponse se trouve déjà
dans la question : l’enseignement
à tirer de cette épreuve, c’est la
foi, la confiance. Toujours garder
confiance, persévérance dans la
prière. On peut avoir parfois le
sentiment que nos prières ne sont
pas exaucées. Certes, elles ne sont
pas forcément exaucées comme
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
10
Thierry Dol et ses parents à son arrivée à Paris
Page 11
nous l’entendons, nous, et au
moment où nous l’attendons. Mais
il faut laisser le temps à Dieu : le
temps de Dieu n’est pas le nôtre.
D’ailleurs, l’Ecriture le dit bien : Pour
le Seigneur, un jour est comme
mille ans et mille ans sont comme
un jour. La dimension du temps
n’est pas la même pour Dieu,
pourtant il finit, d’une manière
ou d’une autre, par accéder à nos
prières, à nous entendre. Toute la
Bible ne cesse de dire que Dieu
est attentif au cri des pauvres,
les anawim . Cette prière devient
une vraie prière quand elle se fait
humble, quand elle se fait simple.
Je pense que Dieu ne peut rester
insensible à cette prière inspirée
par une foi qui ne fait pas de bruit,
à la manière des parents de Thierry
entre autres – je ne parle pas d’une
foi du charbonnier. En même
temps, cela ne veut pas dire que
toutes les prières sont exaucées de
la manière dont nous le souhaitons.
Mme Dol disait qu’elle vivait dans
l’espoir de la libération de son fils
et continuait à vivre normalement
parce que, d’une manière ou d’une
autre, elle savait que Dieu entendait
sa prière et qu’il ne la laissait pas
tomber. Je pense que derrière cette
expérience, c’est notre propre prière
qui est interrogée, c’est notre propre
rapport à la foi : est-ce que nous
avons vraiment confiance en Dieu ou
bien est-ce que nous abandonnons devant le moindre petit rocher sur
le terrain et passons à autre chose,
en disant que Dieu ne nous écoute
pas ? Non, Dieu nous écoute. Mais
sommes-nous capables d’attendre
sa réponse et d’accepter la réponse
qu’il nous donne, selon sa volonté.
Cela, c’est une autre affaire : une
affaire de foi.
Propos recueillis par le père Luc Philippon
Délégué épiscopal à l’information
n
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
11
Journée nationale
du Secours catholique
Visages de la pauvreté en Martinique
A l’occasion de la journée nationale du Secours catholique, le père Luc Philippon a
rencontré pour Eglise en Martinique Marcette Louis-Joseph, déléguée diocésaine
du Secours catholique de la Martinique depuis dix-sept ans.
Eglise en Martinique :
Marcette Louis-Joseph, en tant que
déléguée diocésaine du Secours
catholique, vous êtes non seulement
une observatrice de notre société
martiniquaise, mais aussi une
actrice économique auprès des plus
faibles. Quel est votre regard sur la
pauvreté en Martinique en cette fin
d’année 2013 ?
Marcette Louis-Joseph : C’est
vrai, je suis observatrice parce que
je suis vraiment sur le terrain avec
les équipes locales. Nous sommes
implantés sur tout le territoire
Page 12
Vie du diocèse
de la Martinique et nous avons la
particularité d’observer et d’analyser
les pauvretés qui existent dans notre
pays.
Quand on parle de personnes
pauvres en Martinique, on parle
généralement des personnes les
plus éloignées de l’emploi,
notamment les mères de
famille sans emploi. Mais
nous avons constaté qu’il
y a une nouvelle forme de
pauvreté depuis trois ou
quatre ans. Nous avons vu
arriver dans nos accueils
des travailleurs pauvres,
si l’on peut dire : des
personnes qui travaillent
certes, mais leur contrat
précaire ne leur permet
pas de joindre les deux
bouts et de vivre de leur
travail. Les dépenses sont
beaucoup plus élevées que
les recettes. Nous avons
vu également arriver des
personnes qui perçoivent
une petite retraite, ce qui
n’était pas aussi fréquent
il y a quelques années. Il
y a même des couples qui travaillent
et qui font malgré tout appel au
Secours catholique. Le constat est
là : il y a une vraie difficulté dans la vie
d’aujourd’hui pour beaucoup de nos
compatriotes, en grande partie à cause
du coût élevé de la vie. Quand nous
analysons objectivement la situation
des personnes qui viennent vers nous,
nous ne pouvons que constater qu’ils
ont réellement besoin de cette aide,
même si c’est de manière tout à fait
ponctuelle pour certains.
EeM : Vous avez parlé des retraités.
Qu’en est-il des jeunes ? On entend
parler de pauvreté chez les étudiants.
M. L.-J. : En effet, de plus en plus
de jeunes font appel à nous pour
les aider à payer leurs loyers, leurs
frais de transports, d’études ou de
formation, notamment ceux qui
doivent partir à l’extérieur de la
Martinique pour se former dans
d’autres départements d’outre-mer
ou en France métropolitaine. Même
des jeunes qui suivent une formation
à la Martinique sollicitent notre aide
car certaines de ces formations sont
payantes ; quand elles ne le sont pas,
certains ont du mal à faire face aux
frais de transport.
EeM : Parlez-nous du Secours
catholique en Martinique : combien
êtes-vous de bénévoles ? Y a-t-il des
salariés ?
M. L.-J. : En Martinique, le Secours
catholique compte environ cinq
cents bénévoles et nous sommes cinq
salariés : la déléguée, une secrétaire,
deux animateurs et une comptable.
EeM : Comment se fait la répartition
des antennes du Secours catholique
sur le diocèse ?
M. L.-J. : Les salariés sont basés au
siège du Secours catholique, à la rue
Robespierre, à Fort-de-France, mais
nous sommes tous à la disposition de
toute la Martinique. Les animateurs
sont aux côtés des bénévoles, ils
les accompagnent ; ils rencontrent
les partenaires institutionnels,
les curés de paroisses en vue de
mettre en place, avec les bénévoles,
les différentes actions à mener
afin d’accompagner au mieux les
personnes en difficulté. Un animateur
s’occupe plus particulièrement du
territoire du nord (nord caraïbe
et nord atlantique) ; l’autre, des
territoires du sud et du centre.
Nous avons réparti le travail en
quatre secteurs : nord caraïbe
(4 antennes) ; centre : 2
antennes ; sud : 4 antennes et
nord atlantique : 5 antennes.
Nous travaillons toujours en
lien avec les paroisses, par
l’intermédiaire des prêtres et
en collaboration avec certains
mouvements paroissiaux.
EeM : Quel est le thème retenu
pour la campagne de la collecte
de cette année ?
M. L.-J. : Le thème retenu est :
Aidons-nous les uns les autres.
EeM : Dans l’aide que vous
apportez aux personnes, il n’y
a pas que l’aide financière ?
M. L.-J. : Quand nous parlons
d’accompagner les personnes,
c’est bien sûr lorsqu’elles ont besoin
d’une aide matérielle (aider à payer
une facture, aide alimentaire…).
Mais, de plus en plus, nous nous
appliquons à leur faire comprendre
les raisons qui les ont conduites à
la situation dans laquelle elles se
trouvent, par exemple : les aider à
gérer un budget, à mettre en place
leurs démarches administratives,
à se redynamiser. Pour cela, nous
organisons des ateliers avec des
professionnels d’autres institutions
qui nous prêtent main-forte. Cela
peut durer six mois, un an : nous
prenons le temps qu’il faut pour que
la personne se remette debout et
puisse prendre sa vie en main. Nous
organisons également des temps de
rencontre, des groupes de parole…
Il est essentiel pour nous de ne pas
en rester à l’aide matérielle, mais
de nous positionner dans le long
terme. A celui qui a faim, nous ne
donnons pas un poisson, mais nous
lui apprenons à pêcher…
n
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
12
Page 13
L
e Nouveau Testament
emploie le terme « diaconie »
dans plusieurs sens.
D’abord, cela désigne la mission
du Christ lui-même : Le Fils de
l’homme n’est pas venu pour être
servi mais pour servir et donner
sa vie en rançon pour la multitude
(Mc 10,45).
Ensuite, la diaconie évoque une
façon de vivre les rapports humains
dans la communauté. C’est une
invitation à ne pas rechercher les
premières places mais à vivre selon
la logique du Christ : une présence
joyeuse, un engagement risqué,
une existence livrée :
Si quelqu'un
veut être le premier, il sera le
dernier de tous et le serviteur de
tous
(Mc 9,35).
Troisièmement,
diakonia désigne
la mission des disciples, qui se
disent « serviteurs » : ce terme
intègre alors aussi l’annonce de
la Parole.
Quatrièmement, le même terme
s’utilise pour nommer l’entraide
entre les communautés (Ac 11,29).
Enfin, diakonia vise l’activité de
service aux personnes (Ac 6).
Au total, la « diaconie » apparaît
comme une invitation à vivre
des relations différentes à la
suite de Jésus, où chacun se lie
véritablement à ses frères et sœurs
et se met au service de tous. Cette
mise en pratique de l’Évangile
conduit à vivre dans la dynamique
de l’Alliance, en se confrontant
aux logiques du monde. Par
conséquent, la « diaconie » est
bien plus que l’addition d’actions
de solidarité ou qu’un ensemble
d’instances spécialisées. Il s’agit,
à travers ces engagements mais
aussi la vie quotidienne, de
« convertir » toutes nos relations –
proches et lointaines – à la lumière
de l’Évangile, y compris avec ceux
qui ne partagent pas notre foi. Il
en découle que, dans l’Église, nul
ne peut s’approprier la diaconie
en disant : « c’est mon affaire ! »,
puisque c’est l’affaire de tous.
Inversement, personne ne peut
s’en sentir exempté en disant à
d’autres : « c’est votre affaire ! ».
Cependant, cette conversion de
nos rapports humains doit d’abord
se vérifier avec les plus vulnérables
de notre société, sans lesquels nous
ne pouvons accueillir pleinement la
Bonne Nouvelle : les pauvres et les
souffrants ont, en effet, un trésor
à partager, en particulier à l’Eglise
qu’ils sont appelés à évangéliser.
La communauté chrétienne ne
pourrait donc pas grandir sans leur
donner une place de choix dans sa
prière et dans sa vie. En vérité je
vous le dis, dans la mesure où vous
l'avez fait à l'un de ces plus petits
de mes frères, c'est à moi que vous
l'avez fait (Mt 25,40).
La rencontre avec les plus pauvres
nous amène ainsi à souligner
la dimension théologale de la
diaconie, qui n’est pas une simple
conséquence de la foi, mais qui
se situe en son cœur comme son
« terreau ». Servir la charité par la
diaconie n’est pas alors seulement
un devoir éthique mais, de manière
plus profonde, un « rendez-vous
avec le Christ ». En parlant de
diaconie, on permet aux chrétiens
de vivre leurs engagements
solidaires – à l’intérieur ou non
du cadre ecclésial – comme une
expérience de type sacramentel.
Enfin, la diaconie de l’Église
est appelée à se faire publique
et politique. En se montrant
particulièrement sensibles aux
plus faibles, en luttant à leurs
côtés pour une société plus juste,
les chrétiens peuvent jouer un
rôle de veille et de mobilisation
particulièrement nécessaire face
aux logiques dominantes du
monde. C’est aussi un enjeu pour
collaborer avec celles et ceux qui
n’appartiennent pas à l’Église. En
tant qu’elle est au service de la
fraternité entre tous, la diaconie
concerne en effet la société dans
son ensemble.
C’est l’heure d’une nouvelle
« imagination de la charité »,
qui se déploierait non seulement
à travers les secours prodigués
avec efficacité, mais aussi dans la
capacité de se faire proche, d’être
solidaire de ceux qui souffrent,
de manière que le geste d’aide
soit ressenti non comme une
aumône humiliante, mais comme
un partage fraternel. Pour cela,
nous devons faire en sorte que,
dans toutes les communautés,
les pauvres se sentent « chez
eux ». Ce style ne serait-il pas la
présentation la plus grande et la
plus efficace de la bonne nouvelle
du Royaume ? (Jean Paul II, Au
début du nouveau millénaire,
2001, n° 50).
Extrait de la note de réflexion du comité
de suivi théologique de Diaconia 2013 n
La diaconie
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
13
La démarche de Diaconia 2013 nous convie à la
rencontre de l'autre et nous invite sur un chemin dont
le terme ne peut se résumer à 2013. Rappelons le
sens de la diaconie dans l’Eglise et que l’Esprit Saint
nous aide à entendre l’appel à servir la fraternité.
Page 14
Vie du diocèse
Dans un contexte socioculturel où les jeunes ont du mal à se situe\
r et à être bien dans leur
peau, il nous a semblé intéressant de reprendre, à leur intenti\
on, ces quelques repères
que le père Emmanuel Chaulvet, délégué de l'Evêque pour l\
es vocations, a eu l’occasion
de leur adresser au cours d’une retraite de jeunes.
Les vocations demeurent toujours une urgence dans l’Eglise, et particulièrement
dans notre Eglise diocésaine. C’est pourquoi Eglise en Martinique anticipe la
journée mondiale des vocations pour nous encourager à prier le Maître de la
moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson.
Qui suis-je ? Où vais- je ?
Quel sens donner à ma vie ?
Donner un sens à sa vie
D
evant la difficulté d’être
un homme ou une femme
accompli dans une société
en pleine mutation, comment
trouver ce pour quoi je suis fait,
ce à quoi je suis appelé ? Qui
suis-je ? Où vais-je ? Qu’est-ce
qu’un disciple ? Quelle sexualité
pour aujourd’hui ? Autant de
questions auxquelles les jeunes
sont particulièrement confrontés.
Demain n’existe pas sans
aujourd’hui !
Quel sens donner à ma vie ? Quelles
sont mes priorités ? Nos choix
présents déterminent notre avenir,
et cela commence maintenant.
« Il n’y a pas de demain sans
aujourd’hui, pas de futur sans ici
et maintenant ! ». Les choix de ce
jour ne sont pas sans conséquence,
ils déterminent le présent et
influencent l’à-venir. Aujourd’hui,
c’est le jour qui t’est donné à toi,
et il est « présent », c’est-à-dire
« cadeau de Dieu ». L’homme,
donc, a à accueillir et à vivre
pleinement l’instant présent. Là, il
lui est alors possible d’entendre la
parole du Christ Jésus, parole qui
instruit, parole qui ouvre la porte
à un bel avenir. En réalisant ce qui
plaît à Dieu, nul doute que homme
et femme sont amenés à poser de
bons choix pour aujourd’hui et
pour demain. Il n’y a donc pas de
raison d’avoir peur. « Avoir peur
de demain » équivaut à ne pas
prendre le temps de se « poser » les
bonnes questions, ni de « poser »
les choses en perspective.
« Il y a un temps pour chaque
chose » !
Masculin ou féminin, jeune ou
vieux, tous sont inscrits dans le
temps. C’est à travers un long
cheminement que l’être humain
fait l’expérience de la vie et qu’il
est appelé à s’accomplir. De fait,
il faut du temps pour découvrir sa
voie, du temps pour trouver sa voix.
Jésus Christ, lui aussi, est entré
dans ce rapport au temps. Par
l’incarnation, il a connu la naissance
et la mort et, pendant trente ans
de vie cachée, il s’est préparé à
sa vocation. Qu’a-t-il donc fait
pendant ce laps de temps ? La Bible
ne nous le dit pas, certainement
parce que « cela ne nous regarde
pas ! ». Cependant, en tant qu’êtres
imparfaits mais perfectibles, nous
avons, nous aussi, comme Jésus,
à nous inscrire dans un processus
de croissance, c’est-à-dire à croître
en taille, en intelligence et en
sagesse, progressivement, dans les
différents espaces sociaux de notre
monde. C’est ce qu’enseigne le livre
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
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P. Emmanuel Chaulvet entouré de jeunes
Page 15
vous invite
au temps de louange et d’évangélisation
qu’elle organise à l’occasion de la solennité du Christ-Roi
le dimanche 24 novembre 2013 à 15h à la salle des fêtes de Basse-Pointe.
Venez avec votre cœur, votre voix… votre foi !Animation assurée par le groupe Péniel.
Communiqué LA PAroiSSe S Aint JeAn-BAPtiS te De B ASSe-Pointe
de l’Ecclésiaste : « Dieu n’opère pas
par magie », mais il travaille dans
le temps. Avec lui, rien ne se fait
tout de suite, mais tout ce qu’il fait
sera pour toujours. Il y a un temps
pour tout et un temps pour toute
chose sous le ciel. Un temps pour
enfanter, un temps pour mourir.
Un temps pour arracher et un
temps pour planter. Un temps
pour pleurer et un temps pour
rire. Un temps pour chercher et un
temps pour trouver. Je regarde la
tâche que Dieu donne aux enfants
des hommes : tout ce qu’il fait
convient en son temps (Ecclésiaste
3,1…11).
Difficulté d’être un homme
A notre époque,
être un homme ne
va pas de soi. En
effet, la construction
identitaire n’est plus
évidente car les critères
de la masculinité
ont changé. Les plus
jeunes ont du mal à
trouver leur place
entre une virilité
triomphante et une
virilité efféminée.
De plus, soumis
à une injonction
paradoxale, la société
leur demande d’être à la fois
viriles et doux, solides et capables
d’exprimer leurs émotions. Face
à des femmes battantes sur le
plan professionnel et familial, et
souvent élevés par des femmes
seules (père absent), les jeunes
hommes ont du mal à assumer
pleinement leur identité masculine.
C’est pourquoi l’Eglise les invite à
se tourner vers Jésus, le Christ, afin
qu’apprenant de Lui (attitudes,
paroles, gestes…), ils puissent
devenir des adultes matures et
responsables.
Une sexualité mal vécue
L’être humain est un être sexué,
il a à s’accomplir sur le plan de
la sexualité. Or, en la matière, la
société ne nous aide pas. Bien
au contraire, elle pervertit les
consciences en ne présentant
la relation entre deux êtres que
sous l’angle de la génitalité, de la
performance et de la technique.
Elle nous dit même que, pour
être bien dans sa peau et avoir
une sexualité « normale », il
faut augmenter le nombre de
partenaires et la fréquence des
rapports,
il faut essayer des pra-
tiques sexuelles diffé-
rentes et tout oser :
échangisme, perver
-
sions « soft », gadgets
sexuels. Conséquence,
aujourd’hui beaucoup
de nos contempo -
rains ne sont pas épa-
nouis du fait d’une
sexualité mal vécue,
d’un rapport confus
entre l’homme et la
femme. Cette même
société oublie donc
de mentionner que l’amour est
un élément structurant de l’être,
tant sur le plan spirituel que psy -
chologique et social. En effet, le
Christ enseigne que « l’amour
sexué », l’amour entre un homme
et une femme, est un « rapport de
soins ». Il s’agit de soigner l’autre,
de poser un acte pour faire du
bien.
n
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
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Page 16
E
n communion avec le
Pape et toutes les familles
présentes à Rome,
le district de la Cathédrale
(Cathédrale, Terres-Sainville, De
Briant et Balata) vivait ce même
samedi un pèlerinage inédit :
le pèlerinage des familles pour
les vocations au sanctuaire
diocésain du Morne-Rouge,
Notre-Dame de la Délivrande. Ce premier pèlerinage pour les
vocations est le fruit du travail
pastoral en district. Après la
journée mondiale de prière
pour les vocations du 21 avril
2013, nous avons beaucoup
médité cet extrait du message
pour cette 50 ème journée : Le
problème du nombre suffisant
de prêtres touche de près tous
les fidèles : non seulement parce
Vie du diocèse
Église en Martinique du 17 novembre 2013 / n°472
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Au cours de cette Année de la Foi qui, officiellement,
prendra fin le dimanche 24 novembre 2013, le Pape
François a invité les familles à vivre un pèlerinage à
Rome : c’était le samedi 26 octobre dernier.
Pèlerinage des familles pour les vocations
District de la Cathédrale
C
es paroles de Jésus résument
à elles seules ce qu’est le
"monastère invisible". Nous
souffrons, dans tous les diocèses
de France et en outre-mer, d’un
grave déficit de prêtres, de diacres,
de religieux et de religieuses.
Organiser des rencontres de
jeunes pour susciter l’intérêt pour
les vocations n’apporte pas les
résultats escomptés.
Aujourd’hui comme hier, le
Seigneur continue à appeler. Notre
prière confiante devrait permettre
que cet appel soit entendu,
réfléchi, approfondi, soutenu par
les familles et les communautés
chrétiennes. Nous sommes
tous responsables de l’éveil des
vocations dans nos paroisses. Le
monastère invisible a pour but
de nous y aider. En m’inscrivant
au monastère invisible, je prends
l’engagement de prier chaque jour
à cette intention (une dizaine de
chapelet, une lecture méditée de la
Parole de Dieu, un temps d’oraison,
l’offrande de ma journée, la
participation à la messe dans la
semaine, au choix de chacun).
Chaque mois, un petit feuillet sera
distribué aux personnes inscrites
pour aider les uns et les autres à
nourrir leur prière, leur réflexion.
Nous avons aussi à porter dans
la prière les séminaristes en
formation pour que l’Esprit Saint
les accompagne dans leurs études,
l’approfondissement de leur foi et
leur apostolat dans les paroisses où
ils sont engagés.
C’est une charge difficile d’être
formateurs de jeunes qui envisa-
gent le ministère presbytéral ou
la vie religieuse. Nous avons à
être solidaires de leur ministère
(responsables des vocations et les
équipes qui collaborent avec eux ;
délégués des évêques auprès des
séminaristes et des professeurs de
séminaires ; maîtres et maîtresses
des novices). Eux aussi comptent
sur notre prière.
Nous proposerons en temps voulu
des rencontres sur des lieux de
pèlerinage (Notre-Dame de la
Délivrande, le Sacré-Cœur de
Balata, La Salette et autres lieux).
P. Gilles Bolle, curé de Bellevue
et modérateur du district
n
Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour la moiss\
on (Lc 10,2).
Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera\
(Jn15,16).
Le monastère invisible
District de Bellevue
Deux districts nous partagent leurs initiatives, en ce début d'année pastorale,
en faveur des vocations.
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que l’avenir religieux de
la société chrétienne en
dépend, mais aussi parce
que ce problème est le
signe précis et indéniable
de la vitalité de la foi et de
l’amour des communautés
paroissiales et diocésaines
particulières et le témoi-
gnage de la santé morale
des familles chrétiennes.
Ce dernier samedi du mois
du rosaire, nous étions
environ quarante pèlerins à
venir confier à Notre-Dame
de la Délivrande notre prière
de demande pour obtenir
des vocations pour toute
l’Eglise : des vocations au
mariage, des vocations à la
vie consacrée, des vocations
sacerdotales.
Après un voyage d’une heure
environ en car, nous nous
sommes rassemblés
sur le parking du
Millenium, point
de départ de notre
marche priante
jusqu’à la basilique.
Jeunes et aînés
ensemble, nous
avons médité les
mystères joyeux du
chapelet pour les
familles. Ce premier
temps du pèlerinage
a été suivi du
moment de l’accueil
par le recteur du
sanctuaire marial, le
père Patrick Phanor,
qui, après nous avoir
chaleureusement
salués, a laissé le
temps de la parole
à Sr Christine, de la
congrégation des
Sœurs Dominicaines
Missionnaires de Notre-Dame de la
Délivrande, qui, avec talent, nous
a expliqué des points historiques
importants sur l’évangélisation
dans ce lieu de prière mariale.
Ensuite, est venu le temps du
chemin de croix. Initialement,
nous l’avions programmé au
calvaire mais, compte tenu des
pluies récentes, nous avons dû
agréablement vivre ce moment
spirituel sur le parcours aménagé
dans les jardins du presbytère.
Enfin, à 13h, nous
avons partagé ce grand
mystère de la foi :
l’eucharistie, le don par
excellence de Jésus de
qui viennent tous les
dons qui font vivre ce
corps que nous formons,
l’Eglise, peuple de Dieu
en marche.
P. Luc Philippon
curé de De Briant
n
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Par conséquent, que ne manquent pas les prêtres zélés, qui sachent accompagner les jeunes comme
compagnons de voyage pour les aider à reconnaître, sur le chemin souvent tortueux et obscur de la vie, le
Christ, Voie, Vérité et Vie (cf. Jn 14,6) ; pour leur proposer, avec courage évangélique, la beauté du service
de Dieu, de la communauté chrétienne, des frères ! Des prêtres qui montrent la fécondité d'un engagement
enthousiasmant, donnant un sens plénier à leur propre existence, parce que fondé sur la foi en celui qui nous
a aimés le premier (cf. 1 Jn 4,19) ! Je souhaite également que les jeunes, au milieu de tant de propositions
superficielles et éphémères, sachent cultiver l'attrait pour les valeurs, les buts élevés, les choix radicaux, pour
un service des autres sur les pas de Jésus. Chers jeunes, n'ayez pas \
peur de le suivre et de parcourir les voies
exigeantes et courageuses de la charité et de l'engagement généreux ! Ainsi, vous serez heureux de servir,
vous serez témoins de cette joie que le monde ne peut donner, vous serez les flammes vives d'un amour infini
et éternel, vous apprendrez à rendre raison de l'espérance qui est en vous (1 P 3,15) !
Finale du Message de Benoît XVI pour la 50 ème journée mondiale de prière pour les vocations
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Grâce à vous.
En 2019, Léa fera le catéchismeà vos petits-neveux
dans la nouvelle salle de catéchisme.
Parlez-en à votre curé ou contactez le délégué legs.
Léguez à l’Église catholique
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE MARTINIQUE
5-7, rue du Révérend Père Pinchon
BP 586 - 97207 Fort de France Cédex
Service Legs et Donations
Tél. 06 96 310 333
e-mail : pouch.michel@gmail.com
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Dimanche 17 novembre 2013
Parole aux divorcés
Comment l’Église accompagne-t-elle les personnes divorcées ? Quelle place dans l’Église trouvent ceux qui
ont choisi de se remarier ? Comment vivre sa foi de chrétien lorsqu’on ne peut plus communier ?
Des questions actuelles, parfois douloureuses. Pour y répondre, Dieu m’est témoin reçoit cette semaine deux
personnes divorcées : Agnès Luxin, mère de famille, qui vit seule avec ses trois enfants et Camille Cupit qui,
lui, s’est remarié après son divorce.
Nous irons en Nouvelle-Calédonie rencontrer Asela, une Wallisienne entreprenante et indépendante, qui s’est
remariée après son divorce. Nous verrons comment elle vit sa foi, même sans conformité avec la discipline
de l’Église.
Nous serons connectés avec la Réunion : le père Antonisamy Annaraj nous racontera comment le diocèse de
Saint-Denis veut souhaiter la bienvenue aux divorcés et Colette Murat partagera avec nous ce qu’elle vit au
sein de la Solitude Myriam.
Dimanche 24 novembre 2013
Dieu, m’entends-tu ?
Les sourds vivent-ils leur foi comme les autres ? Comment peuvent-ils comprendre la Parole de Dieu ? Comment
s’intègrent-ils dans leur paroisse ? Les pastorales des sourds sont-elles actives outre-mer ? Dieu a-t-il besoin
de parler pour se faire entendre ?
Toutes ces questions, nous les traiterons sur le plateau de
Dieu m’est témoin avec Paul Diémert, l’aumônier
national des sourds, et Jeanny Jasor, malentendante d’origine guadeloupéenne.
Nous aurons deux exemples très différents : l’un à la Réunion avec une pastorale très développée et l’autre
en Nouvelle-Calédonie où les parents d’enfants sourds sont souvent les meilleurs relais pour faire bouger les
choses.
Nous serons connectés avec Yveline Vasseaux, traductrice en langue des signes pour le centre Ephata, en
Guadeloupe.
Dimanche 1 er décembre 2013
Oubliés des hommes, oubliés de Dieu ?
Exclus, démunis, laissés-pour-compte... SDF, alcooliques, toxicomanes… Quelle place donner à ceux dont
personne ne veut ? Parfois abandonnés des hommes, le sont-ils de Dieu ? Comment les aider à\
reprendre
pied et les mettre sur la bonne route ?
Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions
Medias
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Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr
99.5 - 101.3 et 105,3 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
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L a charité
n'est pas pour l’Église
une sorte d’activité d’assistance sociale
qu’on pourrait aussi laisser à d’autres,
mais elle appartient à sa nature,
elle est une expression de son essence elle-même,
à laquelle elle ne peut renoncer.
Deus caritas est, n° 25
Benoît XVI, 25 décembre 2005
