Page 1
• L'ÉGLISE, MYSTÈRE ET CONSTITUTION
• CONGRÈS DE MÉDECINE
ENVIRONNEMENTALE
•
LES CENTRES DE
PRÉPARATION AU MARIAGE
N° 473 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 1 er décembre 2013
Quelle terre pour
nos petits-enfants ?
Page 2
Editorial
Editorial
• Le temps de la vigilance
Mot de l'Evêque
• L’Assemblée Plénière des Evêques à Lourdes
Eglise universelle
• Homélie du Pape François
Liturgie
• Parole dominicale
Droit canonique
• Les onctions (3)
Vie du diocèse
• L'Eglise, mystère et constitution
• L’aumônerie du centre pénitentiaire
• Les centres de préparation au mariage
• Opération Lumière de la paix
de Bethléem
Eglise en Afrique
• Le père Georges Vandenbeusch, témoin du Christ au Cameroun
Société
• Congrès de Médecine Environnementale
Médias
numéro
473
numéro
473
• L'EGLISE, MYSTÈRE ET CONSTITUTION
• CONGRÈS DE MÉDECINE
ENVIRONNEMENTALE
•
LES CENTRES DE
PRÉPARATION AU MARIAGE
N° 473 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 1 er décembre 2013
S ommaire
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Édiprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895
Commission paritaire N° 1115L87225
ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique
Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 58697207 Fort de France Cedex
Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr
egliseenmartinique@orange.fr
A
ujourd’hui, grâce au développement des techniques,
notre vie personnelle et sociale dispose de machines qui
facilitent la communication entre les personnes. Mais n’y
a-t-il pas aussi le danger d’une priorité à l’objet, au dé\
triment d’une
relation humaine directe et franche ? Vivre en permanence au
rythme de la machine peut provoquer stress, impatience, agitation,
énervement !
Pour que de vraies relations humaines se tissent en famille, à l’é\
cole,
au travail, dans les communautés, elles ont besoin d’un temps plus\
long, plus lent, pour l’écoute, la compréhension, la communion.\
Ce qui est vrai au niveau des rapports humains l’est aussi dans la
vie spirituelle. La foi exige du croyant qu’il sorte de sa superficialité,
de son paraître, pour se livrer dans la vérité la plus profonde\
de
son être.
Nous entrons dans l’Avent. A première vue, le temps liturgique
semble se répéter. En réalité, il nous accompagne dans nos doutes,
nos faiblesses, notre croissance, notre espérance.
La vie du Christ, à chaque période du calendrier liturgique, est
proposée comme guide et modèle, de sa naissance à sa mort et sa
résurrection. Pour répondre à son appel, réaliser cette voca\
tion,
atteindre un tel objectif, le chrétien devra éviter de se laisser
prendre par les sollicitations du monde.
Dans ce contexte, l’Avent est le temps de la vigilance : Veillez
donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra.
C’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l\
’homme viendra
(Mt 24,42).
Célébrer le temps de l’éveil, c’est renouveler notre rega\
rd sur les
personnes que nous côtoyons au quotidien, en famille, au travail,
pour vivre avec elles des relations renouvelées.
Célébrer le temps de l’éveil, c’est sortir de nos habitud\
es de penser,
de croire, et nous ouvrir à l’aujourd’hui des autres et de Dieu\
.
Célébrer le temps de l’éveil c’est porter un regard autre\
sur le
monde qui n’est pas que négatif parce que nous croyons qu’il est
aimé de Dieu, et savoir en rendre grâce.
Notre Dieu est un Dieu qui veille et non qui surveille. Car on surveille\
au nom de la loi, on veille au nom de la tendresse (Jacques Leclerc).
P. Jean de Coulanges n
2
3
Le temps de la vigilance
6
7
8
19
5
8
10
15
16
1212
14
Page 3
Xxxx
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
33
Mot de l'Evêque
L’Assemblée Plénière
des Evêques à Lourdes
L
a Conférence des Evêques de
France a tenu son Assemblée
Plénière à Lourdes du 5 au
10 novembre 2013. En tant que
membre de droit de cette confé-
rence, j’y ai participé et c’est avec
joie que j’ai retrouvé la centaine
d’évêques de l’Hexagone aux -
quels s’étaient joints la plupart
des évêques des départements et
territoires d’outre-mer ainsi que
d’autres invités.
Lors de sa session d’avril dernier,
à laquelle ne participaient pas les
évêques d’outre-mer en raison de
leur éloignement et du coût de
leur déplacement, la Conférence
a procédé au renouvellement de
son bureau, notamment en élisant
comme président Monseigneur
Georges Pontier, archevêque de
Marseille, et comme vice-présidents
Monseigneur Pascal Delanoix et
Monseigneur Pierre-Marie Carré.
En communion profonde avec le
Pape François qui écrivit une très
cordiale lettre d’encouragement à
son président, l’Assemblée, comme
chaque année, se déroula dans
un climat intense de prière, de
travail et de célébrations, sous le
regard de la Vierge Marie, dans son sanctuaire se relevant à peine,
grâce à la générosité des croyants,
des suites des terribles inondations
du mois de juin dernier.
L’Assemblée aborda différents sujets
tels que :
-
La relecture et l’analyse des
évènements vécus récemment aux
JMJ de Rio et durant Diaconia 2013.
-
La formation des séminaristes
en France, avec pour thème :
Quels prêtres pour quelles
communautés ?
- La manière dont les communautés
chrétiennes préparent et accom-
pagnent ceux qui veulent célébrer
le sacrement de mariage.
L’Assemblée apprécia l’expérience de
l’Ecole de Vie Conjugale présentée
par la Communauté de l’Emmanuel.
Elle réfléchit longuement sur le
phénomène social de l’avortement
et l’éducation affective des jeunes.
A l’approche des élections
européennes qui auront lieu du 22
au 25 mai prochain, l’Assemblée
voulut comprendre les enjeux
de la construction européenne,
avec l’aide de M me Sylvie Goulard,
députée européenne, auteure de
L’Europe pour les nuls.
L’Assemblée s’interrogea sur « la
présence des chrétiens dans la
société contemporaine » ; la place de
la diaconie dans la vie de nos Eglises
diocésaines. Elle eut le bonheur de
recevoir les premiers exemplaires de
la traduction liturgique de la Bible.
L’Assemblée eut la joie d’accueillir
plusieurs nouveaux évêques
nommés en remplacement de
ceux atteints par la limite d’âge
ou empêchés par la maladie ou
la mort. Elle fit place aussi à des
échanges avec nos frères chrétiens
du Moyen-Orient.
Les points que nous avons travaillés
pendant cette Assemblée sont trop
nombreux pour que je les énumère
tous. Il me serait aussi bien difficile de
décrire ces sentiments de fraternité
et de communion que j’ai une fois
de plus éprouvés au contact de tous
ces frères, successeurs des Apôtres,
portant collégialement le souci de
toute l’Eglise.
Participer à ces Assemblées Plénières
est une grande grâce pour laquelle
je remercie le Seigneur.
+ Michel Méranville
Archevêque
n
Le temps de la vigilance
Page 4
Eglise en France
Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d'hommes (Mt 4,19)
Extrait du discours de clôture de Mgr Georges Pontier,
archevêque de Marseille,
Président de la Conférence des Evêques de France,
le dimanche 10 novembre 2013 à Lourdes
L
es prêtres diocésains sont les
premiers collaborateurs que
Dieu nous a donnés par le
sacrement de l'Ordre. Ils portent
une lourde charge pastorale.
Nous tenons à leur redire notre
estime, notre soutien et notre
reconnaissance.
Pendant cette assemblée,
nous avons voulu réfléchir à la
formation des futurs prêtres.
Notre échange s'est déroulé
dans un climat serein et vrai. Il
a fait apparaître les questions
précises et nouvelles qui se posent
à nous à cause des évolutions
de l'Eglise et de la société. Il
devra se poursuivre au cours des
prochaines assemblées. Nous
souhaitons qu'il fasse grandir le
climat de confiance nécessaire
pour que les équipes formatrices
des séminaires, les séminaristes et
tous ceux qui sont impliqués dans
la formation puissent poursuivre
paisiblement leur parcours.
Nous voulons préparer des
prêtres qui assumeront la charge
pastorale dans les conditions
que connaissent aujourd'hui nos
diocèses. Notre Eglise a besoin de
prêtres missionnaires qui vivent
en modèles du troupeau qui leur
est confié. Ils devront mener une
vraie vie fraternelle, être des
passionnés du Christ pour donner
toute leur vie pour l'Evangile. Ils
devront être attentifs à ceux
qui souffrent et se trouvent
aux marges. Enfin, ils seront
des hommes de communion,
capables de coopérer avec les
diacres, les religieuses et les laïcs.
C'est en aimant leur peuple, nous
le savons bien, qu'ils trouveront
leur bonheur profond.
Déjà, nous avons les yeux fixés sur
le pèlerinage des séminaires qui
aura lieu dans un an, ici, auprès de
la grotte de Lourdes. Ce sera pour
notre Eglise un signe important de
fraternité et d'espérance et nous le
confions dès à présent à la Vierge
Marie.
n
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
4
É glise
en Martinique
Règlement à l’ordr\Me de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
Église en Martinique\M • \boîte Postale 586\M • 97207 FORT de FRance cedeX
MARTiNiquE 40 €
GuADElOupE 44 €
Guy ANE 44 €
FRANCE et étranger 50 €
Oui, je m’abonne !
Nom :
Prénom :
Adresse :
E-mail :
Tél
Code Postal Ville
Mgr Georges Pontier
Page 5
L
e Pape s’est inspiré du
récit du retour de Jésus
à Nazareth, tel qu’il est
proposé par Luc (4,16-30) dans
un passage de l’Évangile parmi
les plus « dramatiques », dans
lequel – a dit le Pape – on peut
voir comment est notre âme et
comment le vent peut la faire
tourner d’un côté à l’autre. À
Nazareth, a expliqué le Pape, tous
attendaient Jésus. Ils voulaient
le trouver. Et lui est allé trouver
les siens. Pour la première fois,
il revenait dans son village. Eux
l’attendaient parce qu’ils avaient
entendu tout ce que Jésus avait
fait à Capharnaüm, les miracles. Et
quand commence la cérémonie,
comme d’habitude, ils demandent
à l’hôte de lire le livre. Jésus le fait
et lit le livre du prophète Isaïe, qui
était un peu la prophétie à son
propos et c’est pourquoi il conclut
la lecture en disant :
Aujourd’hui
s’accomplit cette écriture que
vous avez écoutée.
La première réaction, a expliqué le
Pape, a été très belle, tout le monde
a apprécié. Mais ensuite, dans
l’âme de certains, a commencé
à s’insinuer le ver de l’envie et
on a commencé à dire : Mais où
a-t-il étudié, celui-là ? N’est-ce
pas le fils de Joseph ? Nous
connaissons toute sa parenté. Et
ils ont commencé à prétendre qu’il
fasse un miracle : ce n’est qu’alors
qu’ils croiraient. Ceux-là, a précisé
le Pape, voulaient du spectacle :
Fais un miracle et nous croirons en
toi. Mais Jésus n’est pas un artiste.
Jésus ne fit pas de miracles
à Nazareth. Il souligna au
contraire le peu de foi de ceux
qui demandaient du spectacle. Et
eux, a noté le Pape François, sont
entrés dans une grande colère, ils
se sont levés et ils poussaient Jésus
jusqu’au mont pour le jeter et le
tuer. Ce qui avait commencé dans
la joie menaçait de se conclure par
un crime, l’assassinat de Jésus par
jalousie, par envie.
Mais il ne s’agit pas seulement d’un
événement d’il y a deux mille ans,
a souligné l’Évêque de Rome. Cela
arrive tous les jours dans notre cœur,
dans nos communautés, chaque
fois que l’on accueille quelqu’un en
parlant bien de lui le premier jour et
puis de moins en moins jusqu’à en
arriver aux commérages, presque
jusqu’à l’écorcher. Celui qui, dans
une communauté, cancane contre
un frère finit par « vouloir le tuer »,
a souligné le Pape.
L’apôtre Jean nous dit cela :
Celui qui hait son frère dans
son cœur est un assassin (1 Jn
3,15). Nous sommes habitués
aux commérages, aux ragots et
souvent nous transformons nos
communautés et même notre
famille en un enfer où se manifeste
cette forme de criminalité qui
conduit à tuer son frère et sa sœur
avec sa langue. La Bible dit que le diable est entré
dans le monde par jalousie. Une
communauté, une famille peut
être détruite par cette jalousie
qu’enseigne le diable dans le cœur
et qui fait que l’un parle mal de
l’autre. Pensons-y : la langue, les
commérages, les ragots constituent
nos armes quotidiennes !
Ainsi, comment construire une
communauté, s’est demandé
le Pape ? Pour qu’il y ait la paix
dans une communauté, dans une
famille, dans un pays, dans le
monde, nous devons commencer
par
être avec le Seigneur. Et là où
se trouve le Seigneur, il n’y a pas
d’envie, il n’y a pas de criminalité,
il n’y a pas de jalousie. Il y a la
fraternité. Demandons cela au
Seigneur : ne jamais tuer notre
prochain avec notre langue et être
avec le Seigneur comme nous tous
serons au ciel. n
Eglise universelle
La langue tue
Homélie du Pape François
au cours d’une messe en semaine
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
5
La langue, les commérages, les ragots sont des
armes qui chaque jour assaillent la communauté
humaine, en semant envie, jalousie et avidité du
pouvoir. Avec elles, on peut en arriver à tuer une
personne. C’est pourquoi parler de paix signifie aussi
penser à tout le mal que l’on peut faire avec la langue.
Garde ta langue
du mal et tes lèvres
des paroles perfides. Évite le mal,
fais ce qui est bien, poursuis la paix, recherche- la.
Psaume 33
Page 6
Dimanche 1 er décembre 2013
L a P arole D ominicale
1 er dimanche de l’Avent – Année A
A
vec le premier dimanche de
l’Avent, nous entrons dans
une nouvelle année liturgique.
Nous quittons l’année C – au cours de
laquelle nous avons médité l’évangile
selon saint Luc – pour reprendre le
cycle à partir de l’année A et l’écoute
régulière, mais non exhaustive, de
l’évangile selon saint Matthieu.
Le temps de l’Avent est le premier
temps liturgique. Les ornements du
prêtre seront de couleur violette,
signe de pénitence et de conversion
pour l’ensemble du Corps du Christ.
Le mot ‘avent’ vient du latin adventus
qui signifie ‘attente’.
Attente de quoi ? D’une part, de
la célébration de Noël qui arrive au
terme de près de quatre semaines de
préparation. D’autre part – et c’est le
plus important pour nous – attente
de la rencontre définitive avec notre
Père dans la gloire de la vie éternelle.
Cette dimension eschatologique
(qui concerne les fins dernières) est
souvent escamotée au profit de
l’immédiat de la fête.
Ce qui pose d’ailleurs une autre
question : Attendre comment ? Bien
souvent, ce temps de l’Avent ne revêt
guère son caractère de pénitence
et de préparation spirituelle. Les
occupations des uns et des autres sont
plus matérielles. Et au fur et à mesure
que la date du 25 décembre approche,
plus on devient fébrile, non pas pour
accueillir Celui qui vient, mais pour
savoir de quoi sera composé le repas
de la fête, quels cadeaux seront faits…
Nous venons de vivre une Année
de la Foi qui s’est achevée le dernier dimanche de l’année liturgique, le 24
novembre, en la fête du Christ, Roi de
l’univers. Osons espérer que ces mois
de réflexion, de prière et de formation
plus intenses, car demandées tant par
le pape Benoît XVI que par le pape
François, auront ouvert nos cœurs à
l’intelligence de la foi, au désir d’être
des croyants crédibles dans le monde.
Cette crédibilité, cette vérité de la
foi, qui désormais s’ancre en nous,
doit nous permettre de vivre ce
temps particulier de l’Avent comme
une grande aventure, un chemin de
conversion. Pendant quatre semaines,
nous aurons pour compagnon le
prophète Isaïe qui rappellera avec
force que le retour du Seigneur ouvrira
un monde nouveau dans lequel
tous les peuples, toutes les nations,
travailleront à la paix :
De leurs épées,
ils forgeront des socs de charrue et de
leurs lances, des faucilles. On ne lèvera
plus l'épée nation contre nation, on ne
s'entraînera plus pour la guerre…
Nous pensons que c’est utopique, que
jamais les nations s’uniront ? C’est que
nous manquons de Foi ! La première
étape de la conversion des baptisés
ne doit-elle pas être justement de
tout mettre en œuvre pour que là
où ils vivent, dans les familles, dans
les quartiers, soient rejetés tout ce qui
divise, toute jalousie, toute haine ?
Saint Paul sera également un
compagnon de route… Une parole
qui veut nous réveiller, nous secouer.
Ce temps d’attente n’est pas un long
fleuve tranquille. C’est un temps qui
demande au contraire que nous
nous secouions : Rejetons les activités
des ténèbres, revêtons-nous pour le
combat de la lumière. Conduisons-nous
honnêtement, comme on le fait en plein
jour, sans ripailles ni beuveries, sans
orgies ni débauches, sans dispute ni
jalousie… Revêtez le Seigneur Jésus
Christ.
Se conduire honnêtement ! Nourris
du Christ, peut-on encore vivre dans
les ténèbres du péché ? Imaginons
que chacun de ceux qui viennent
communier décident de prendre au
sérieux cet appel de saint Paul et se
conduisent honnêtement dans la
force de l’Esprit… Le temps de l’Avent
est bien un temps de pénitence en vue
d’une vraie conversion pour ceux qui
vont prendre au sérieux la Parole que
Dieu nous adresse...
Tenez-vous donc prêts, vous aussi :
c'est à l'heure où vous n'y penserez pas
que le Fils de l'homme viendra…
Jésus
nous avertit : notre vie présente est
une étape, une préparation pour cette
autre vie que sera notre vie éternelle.
Réveillons notre foi, ne laissons pas le
sommeil de l’indifférence emplir nos
jours. Si nous attendons dans la Foi,
c'est-à-dire en agissant comme des
enfants de Dieu, alors nous n’avons
pas à craindre le dernier retour du
Christ. Ce retour se fera lorsque nous
ne l'attendons pas, mais soyons sûrs
que
c'est dans la joie que nous irons
vers la maison de Dieu
(Ps 121).
Dans l’attente de cette venue et de
notre joie, n’oublions pas que plus
nous participerons au repas du
Seigneur, plus nous nous revêtirons
du Christ. Nous pourrons marcher,
confiants et humbles, vers Celui qui
nous aime et qui nous attend…
P. Bruno Latour, C.S.Sp Curé du François
n
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
6
Isaïe 2,1-5 • Psaume 121 • Romains 13,11-14a • Matthieu 24,37-44
Page 7
P
arce que l'Esprit Saint est
l'Onction du Christ, c'est le
Christ, la Tête du Corps, qui
le répand dans ses membres pour
les nourrir, les guérir, les organiser
dans leurs fonctions mutuelles, les
vivifier, les envoyer témoigner, les
associer à son offrande au Père et
à son intercession pour le monde
entier. C'est par les sacrements de
l'Eglise que le Christ communique
aux membres de son Corps son
Esprit Saint et Sanctificateur.
Les fidèles incorporés à l'Eglise par
le baptême ont reçu un carac-
tère qui les délègue pour le culte
religieux chrétien ; devenus fils
de Dieu par une régénération, ils
sont tenus de professer devant les
hommes la foi que par l'Eglise ils
ont reçue de Dieu.
Par le sacrement de confirmation,
leur lien avec l'Eglise est rendu plus
parfait, ils sont enrichis d'une force
spéciale de l'Esprit-Saint et obligés
ainsi plus strictement tout à la fois
à répandre et à défendre la foi par
la parole et par l'action en vrais
témoins du Christ.
Participant au sacrifice eucha-
ristique, source et sommet
de toute la vie chrétienne, ils
offrent à Dieu la victime divine
et s'offrent eux-mêmes avec elle ;
ainsi, tant par l'oblation que par
la sainte communion, tous, non
pas indifféremment mais chacun
à sa manière, prennent leur part
originale dans l'action liturgique. Il
s'ensuit que, restaurés par le Corps
du Christ au cours de la sainte liturgie
eucharistique, ils manifestent,
sous une forme concrète, l'unité
du peuple de Dieu que ce grand
sacrement signifie en perfection
et réalise admirablement.
Ceux qui s'approchent du
sacrement de pénitence y
reçoivent de la miséricorde de
Dieu le pardon de l'offense qu'ils
lui ont faite et, du même coup,
sont réconciliés avec l'Eglise que leur
péché a blessée et qui, par la charité,
l'exemple, les prières, travaille à leur
conversion.
Par l'onction sacrée des malades
et la prière des prêtres, c'est l'Eglise
tout entière qui recommande les
malades au Seigneur souffrant et
glorifié, pour qu'il les soulage et les
sauve (cf. Jc 5,14-16) ; bien mieux,
elle les exhorte, en s'associant
librement à la passion et à la mort
du Christ (cf. Rm 8,17) à apporter
leur part pour le bien du peuple
de Dieu.
Quant à ceux parmi les fidèles qui
reçoivent l'honneur de l'ordre
sacré, c'est pour être par la parole
et la grâce de Dieu les pasteurs de
l'Eglise qu'ils sont institués au nom
du Christ.
Enfin, par la vertu du sacrement de
mariage, qui leur donne de signifier
en y participant le mystère de l'unité
et de l'amour fécond entre le Christ
et l'Eglise (cf. Ep 5,32), les époux
chrétiens s'aident mutuellement à se
sanctifier dans la vie conjugale, dans
l'accueil et l'éducation des enfants :
en leur état de vie et dans leur ordre,
ils ont ainsi dans le peuple de Dieu
leurs dons propres (cf. 1 Co 7,7).
De leur union, en effet, procède la
famille où naissent des membres
nouveaux de la cité des hommes,
dont la grâce de l'Esprit-Saint fera
par le baptême des fils de Dieu pour
que le peuple de Dieu se perpétue
tout au long des siècles. Il faut que,
par la parole et par l'exemple, dans
cette sorte d'Eglise qu'est le foyer, les
parents soient pour leurs enfants les
premiers hérauts de la foi, au service
de la vocation propre de chacun et
tout spécialement de la vocation
sacrée.
[Ainsi], pourvus de moyens
salutaires d'une telle abondance et
d'une telle grandeur, tous ceux qui
croient au Christ, quels que soient
leur condition et leurs états de vie,
sont appelés par Dieu, chacun dans
sa route, à une sainteté dont la
perfection est celle même du Père (2).
La forme de l’onction est l’huile
Avant la réforme demandée par le
concile Vatican II, seule l’huile d’olive
était acceptée pour l’administration
des onctions, mais dans le texte de la
Constitution apostolique par laquelle
Paul VI modifie le rite du sacrement
de l'onction des malades et approuve
le nouveau rituel des malades le 30
novembre 1972, le pontife précise
ceci : Comme l'huile d'olive, dont
l'emploi était jusqu'à maintenant
exigé pour la validité du sacrement,
fait défaut ou est fort difficile à
trouver en certaines régions, Nous
avons décrété, à la demande de
nombreux évêques, que l'on pourra
à l'avenir, selon les circonstances,
utiliser également une autre huile.
Celle-ci devra toutefois être extraite
de plantes, comme c'est le cas pour
l'huile d'olive.
Aussi, le canon 847 §1 prévoit : Dans
l'administration des sacrements qui
requièrent l'utilisation des saintes
huiles, le ministre doit se servir
d'huile d'olive ou d'autres plantes,
récemment consacrées ou bénites
par l'Evêque.
P. Jean-Max Renard, Vice-Official n
Les onctions
(3)
L’onction est transmise par les sacrements (1)
Droit canonique
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
7
(1) Catéchisme de l’Eglise Catholique, §739
(2) Concile Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 11
Celui qui nous affermit avec vous dans le Christ et qui nous a donné l'onction, c'est Die\
u, lui qui
nous a aussi marqués d'un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit (2 Co 1,21-22).
Page 8
Vie du diocèse
Tel était le thème retenu par le Service diocésain de la catéchèse pour la
formation proposée le 11 novembre dernier, en l’église Sainte-Face de De Briant,
à tous les catéchistes et animateurs de l’Eveil à la foi, du\
cheminement et du
catéchuménat en âge scolaire. Cette formation était animée par le père Christian
Catayée, curé de la paroisse du Robert. Quelques catéchistes témoignent.
L'Eglise, mystère et constitution
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
8
Quelques photos de la célébration de l’envoi en mission
par Mgr Michel Méranville nous ont rappelé la remise
de notre tablier pour le service, à la manière du Christ.
Après l’accueil par le diacre Pierre Valey, la prière à
l’Esprit Saint, la lecture de Ac 2,42-47, nous sommes
invités à réfléchir sur la manière dont nous vivons notre
foi : le pourquoi et le comment de notre participation
à la messe ; la prise de conscience de notre qualité de
membre de l’Eglise, corps du Christ ; la qualité de notre
témoignage dans la communauté ; notre responsabilité
dans l’annonce d’un Christ vivant, que nous devons
aider les enfants et les jeunes à rencontrer.
Le père Catayée nous a aidés à entrer dans le mystère
de l’Eglise, voulue par Dieu, faisant partie de son
plan de salut, convoquée de manière particulière à la
messe. Tous différents, mais tous conviés à entrer en
communion les uns avec les autres, et avec le Christ,
pour confesser une même foi. Nous avons découvert
ou redécouvert une Eglise, mystère de vie éternelle,
par le biais de laquelle nous donnons visage au Christ,
et que nous sommes appelés à aimer. Continuons notre
conversion, affirmons notre engagement et notre foi,
soyons les véritables témoins dont l’Eglise a besoin
pour évangéliser le monde.
Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous ! Amen
(Ap. 22,21)
Il était important pour moi d’être
présente à cette formation car elle me
donne de vrais outils pour transmettre
la foi aux enfants et cette journée m’a
permis d’approfondir ma propre foi au-
delà de mes attentes. Se former est une
nécessité pour bien servir. Se former,
c’est déjà servir le royaume de Dieu.
Se former, en se laissant transformer,
c’est accueillir le royaume de Dieu,
pour soi et pour les autres. C’est un
engagement en soi.
Le père Christian Catayée
Page 9
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
9
Un jour, une amie, catéchiste depuis plusieurs années,
m’a dit :
- Marie-France, est-ce que tu accepterais de faire partie de l’équipe liturgique de la catéchèse ?
- Mais ce n’est pas possible ! Je n’y connais rien, je ne pourrais pas vous être utile !
- Alors, il faut te former. Il y a des formations dispensées par le diocèse ; si tu veux, viens avec nous
et tu verras…
Eh bien, j’ai vu ! Cette conversation s’est déroulée
il y a deux ans et, d’appels en appels, de réponse en
engagement, ma route de baptisée s’est dessinée,
route sur laquelle la formation a été le moteur de
mes orientations. En premier lieu, les groupes de
catéchisme, animés par une responsable d’année, ont
fait éclore en moi le goût de la Parole et de la rencontre
qu’elle suscite : rencontre avec le Seigneur qui se
raconte à nous à travers le texte, rencontre avec d’autres
passionnés, désireux de transmettre la Parole de Dieu.
Depuis que je suis catéchiste, je cherche à me
former. Cette formation dispensée par le père
Christian Catayée sur L’Eglise : mystère et
constitution m’a rappelé que je devais vivre de
l’eucharistie et de la prière. C’est indispensable :
sans ces deux pôles, je ne me sentirais pas le droit
de proclamer un Dieu vivant et aimant.
Quelle image de l’Eglise je donne comme
catéchiste ? Quel témoignage de vie
communautaire donnons-nous ? Suis-je fidèle
à l’Eucharistie ? La formation personnelle
a-t-elle pour moi de l’importance ?
C’est par ces quelques questions, en référence
au texte des Actes des apôtres 2,42-47, que le
diacre Pierre Valey a introduit cette session
de formation qui avait pour thème : L’Eglise.
C’est à chacun de nous de s’interroger
en conscience sur son « savoir-faire » et
surtout sur son « savoir-être », comme
l’a recommandé le Pape François aux
catéchistes. Un « savoir-être » dans l’Eglise,
mais aussi en dehors du bâtiment église.
Dans l’Eglise, Dieu convoque son peuple sur
toute la surface de la terre. Qu’elle soit locale
ou universelle, l’Eglise est le peuple de Dieu
convoqué par lui. Elle vit de sa Parole et de
l’Eucharistie et devient, par le fait même, le
Corps du Christ.
Communiqué
informe que
la prochaine rencontre de formation des catéchistes accompagnateurs des enfants du catéchuménat
en âge de scolarité
aura lieu
le samedi 7 décembre 2013 de 8h30 à 11h30
à la salle paroissiale de Bellevue.
Au programme :
- bilan des étapes 1 et 2
- découverte de l’étape 3
le seRVice diocésain
de la catéchÈse
attention !
Plus de huit cents catéchistes présents
Le bon vouloir de Dieu a été
que les hommes ne reçoivent
pas la sanctification et le salut
séparément, hors de tout lien
mutuel ; il a voulu en faire
un peuple – l’Eglise – qui le
connaîtrait selon la vérité et
le servirait dans la sainteté
(Concile Vatican II, Lumen Gentium).
Page 10
Vie du diocèse
A la suite des journées d’études internationales qui se sont déroulées à
Paris les 28 et 29 octobre dernier sur le thème : Le fait religieux en prison :
configurations, apports, risques, le diacre Emmanuel Lordinot, aumônier du
centre pénitentiaire de Ducos, a bien voulu répondre aux questions de Eglise
en Martinique.
L’aumônerie du centre pénitentiaire
Eglise en Martinique :
Comment en êtes-vous arrivé à
exercer la fonction d’aumônier
de prison ?
Emmanuel Lordinot :
C’est en adhérant à l’ASEADM
(association d’aide aux détenus
de la Martinique), que présidait
Mme Mony, que j’ai eu un premier
contact avec le monde carcéral.
Nous avions pour mission d’aider
les détenus en difficulté, mais nous
n’avions aucun contact direct avec
eux. Pourtant, combien grand était
mon désir de les rencontrer.
Au cours de mon entretien en vue
de l’ordination diaconale avec notre
responsable, le père Gilles Bolle, ce
dernier m’a demandé quel serait
mon souhait si toutefois j’étais
ordonné. Je lui ai tout de suite
répondu : visiter les prisonniers.
Lors de mon ordination, le 3
décembre 2006, Mgr Michel
Méranville m’a donné comme
mission la charge de l’aumônerie
au centre pénitentiaire de Ducos :
mon souhait se réalisait. C’était
pour moi une véritable grâce de
Dieu.
EeM : En quoi consiste cette
fonction ?
E.L. : Le baptême invite à vivre
l’annonce de la Bonne Nouvelle
avec d’autres, et particulièrement
avec les personnes incarcérées,
exclues par la société pour un
temps de plus en plus long.
Dans l’Evangile, le Christ envoie ses
disciples deux par deux : la mission
n’est donc pas l’affaire d’une
personne seule, mais elle se vit en
Eglise. L’équipe d’aumônerie, dans
la diversité de ses membres, est
signe de la responsabilité commune
d’une présence de l’Eglise dans les
prisons.
C’est pour cela que c’est l’Evêque
lui-même qui nomme un
responsable de l’équipe pastorale
de l’aumônerie. Ce dernier anime
et coordonne la vie de l’équipe
pour que l’ensemble des tâches
confiées soit accompli. L’aumônier
titulaire est le référent de l’équipe
au niveau de l’administration. Il
apporte aux personnes détenues
une assistance pastorale lors des
visites individuelles, des célébrations
liturgiques et des animations de
groupes divers.
EeM : Comment la mission de
l’aumônier est-elle perçue par le
directeur de la prison ?
E.L. : Pour le directeur de la
prison, l'aumônerie constitue une
ressource essentielle dans la vie de
la prison. L’aumônier est considéré
comme un acteur à part entière
de l'organisation que constitue
l'établissement pénitentiaire. Sa
mission spirituelle contribue de
manière efficace au repérage
des personnes traversant des
situations individuelles difficiles.
Son soutien aux personnes en
grande souffrance psychologique
est reconnu par la direction de la
prison.
EeM : Comment êtes-vous accueilli
par les détenus ?
E.L. : En premier lieu, il est
important de préciser que c’est
un pécheur qui accueille un autre
pécheur. C’est ce qui, à mon avis,
conforte la relation. Les personnes
détenues, nos frères et sœurs
incarcérés, sont très respectueuses
envers les religieux. Elles nous font
bon accueil. Beaucoup sont des
blessés de la vie, mal aimés dans
leur enfance, sans vraie formation.
C'est l'Église qui nous envoie.
C’est avec joie que les détenus
nous accueillent parce que nous
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
10
Page 11
essayons de les aider à croire en
leurs chances de se réinsérer, à
retrouver foi en l'avenir, à retrouver
l'estime d'eux-mêmes.
L'aumônier n'apporte aux
prisonniers rien d'autre que son
regard bienveillant, sa présence,
son écoute offerte gratuitement,
sans jugement. Pour ma part,
j’apprends à les connaître, à les
estimer, sans leur demander le
motif de leur incarcération.
Les personnes détenues
recherchent une personne qui
les aide à comprendre le sens de
la sanction pour les conduire au
pardon et à mieux vivre leur peine.
Elles recherchent le dialogue parce
qu’elles veulent se remettre en
question et le plus important
c’est que, pour la plupart, leur foi
commence à revivre. Ces personnes
profondément marquées par
l’échec et l’exclusion ont besoin
de se sentir et de se savoir aimées.
Au départ, la religion n’est pas
forcément au centre de leurs
demandes, mais je reste persuadé
qu’elles ne sont pas insensibles à
cet amour inconditionnel du Christ
à leur égard. C’est vraiment cette
redécouverte, cette renaissance à
la foi qui leur donne la volonté et
le courage de vivre la souffrance
de l’enfermement. La foi devient
par la suite un soutien important
pour eux. Quand tout s’effondre
autour de vous, il n’y a de solide
que la Parole de Dieu.
La barrière de la langue empêche
parfois de fructueuses discussions.
D’autres difficultés sont inhérentes
au fonctionnement du milieu
carcéral : les contraintes de temps
limitent ou même empêchent
parfois d’avoir des dialogues
personnalisés et approfondis. Aussi,
je ne peux pas répondre à toutes
les demandes, particulièrement
quand il s’agit du temporel.
EeM :
Quelle relation le détenu
entretient-il avec le monde extérieur ? Avec
l’argent ?
E.L. : Vis-à-vis du
monde extérieur, le
détenu se sent en
général exclu, rejeté,
voire méprisé. Il a le
sentiment que son
image est ternie et
que la société pointe
sur lui un doigt
accusateur. Il se sent
dévalorisé et parfois
complexé. Paradoxalement,
certains nour-
rissent de forts désirs de
réintégration dans ce monde du
« dehors ».
Le détenu a le droit d’écrire et de
recevoir des lettres de ses proches.
L’Administration fournit aux
détenus indigents de quoi écrire
et des timbres, quelle que soit la
catégorie pénale ou pénitentiaire
à laquelle ils appartiennent.
Toutes les lettres sont lues par un
agent pénitentiaire. Par contre,
ils ne peuvent recevoir de leurs
proches ni colis, ni argent liquide,
ni chèque. Les communications
téléphoniques représentent
également pour les détenus
(sauf les prévenus) un moyen
non négligeable de maintenir des
contacts avec leur famille et leurs
amis. Cependant, la meilleure
façon d’encourager les relations
des détenus avec l’extérieur est
l’octroi de permissions.
Ils peuvent effectuer des achats
par l'intermédiaire du service
de cantine. Des bons leur sont
distribués pour les achats courants
(produits d'hygiène, alimentation,
tabac, journaux, produits
d'entretien).
EeM :
Intervenez-vous aussi
auprès des familles ?
E.L. : Il m’est arrivé de donner,
par exemple, des nouvelles d’un
fils ou d’une fille à ses parents.
C’est un véritable bonheur pour
ceux qui n’ont pas encore obtenu de droit de visite. Mais ce n’est
pas le rôle essentiel de l’aumônier.
Ce dernier ne peut servir de
relais de communication entre
le détenu et la famille. D’autres
organismes assurent cette mission
d’accompagnement familial : c’est
le cas du Secours Catholique, par
exemple.
EeM :
Qu’est-ce que vous
aimeriez voir changer au centre
pénitentiaire de Ducos ?
E.L. : - Le nombre de détenus
pouvant assister aux messes et
célébrations du dimanche doit
être revu à la hausse. Trop de
prisonniers en sont privés.
- Un nouveau regroupement
des prévenus, scindés en deux
groupes, pour la deuxième messe.
Ce qui leur ferait bénéficier d’une
participation plus assidue aux
rencontres dominicales.
- L’organisation de la participation
des détenus au catéchisme et
aux messes doit être améliorée :
certains sont « oubliés » lors de
l’appel.
- Faciliter l’accès des prêtres au
centre pénitentiaire de Ducos
(note de service type à rédiger).
- Permettre l’introduction
contrôlée, dans le centre
pénitentiaire, d’appareils de
diffusion de musique et de films
vidéo.
n
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
11
Le centre pénitentiaire de Ducos vu du ciel
Page 12
Vie du diocèse
En 2014, les Centres de Préparation au Mariage de la Martinique fêteront leurs
cinquante années d’existence. Cinquante ans qui ont vu la prépa\
ration de près
de 20 000 couples de fiancés au sacrement du mariage. Cinquante années
durant lesquelles de nombreux couples chrétiens ont donné de leur temps et
de leur foi au service des fiancés.
Les Centres de Préparation
au Mariage
Bientôt cinquante ans de présence à la Martinique
E
n effet, les Centres de
Préparation au Mariage
(CPM) ont été implantés
en Martinique en octobre 1964,
sous l’impulsion du Père d’Heilly
qui avait également créé ce
mouvement en France hexagonale
et qui en était l’aumônier. Parmi les
couples pionniers en Martinique,
on ne peut manquer de citer
Marcelle et Guy Prudent qui ont
été à l’origine des toutes premières
équipes.
Après dix années d’existence, les six
Centres de Préparation au Mariage
d’alors se sont érigés en association
loi 1901, le 19 janvier 1974. Ainsi
est née l’Association des Centres
de Préparation au Mariage de la
Martinique (ACPM Martinique).
Mais l’ACPM est avant tout un
mouvement d’Eglise qui œuvre
pour les couples et les familles,
aux côtés des autres mouvements
de la pastorale familiale diocésaine.
Ce mouvement a reçu sa
mission de l’Evêque du diocèse :
« Amener les couples désirant
se marier à l’Eglise à découvrir le
sens profond de la vocation au
mariage, à travers le témoignage
des couples CPM ». C’est ainsi
qu’ils pourront devenir signe
vivant de l’Amour du Christ pour
son Eglise.
Cette mission d’évangélisation
se déploie aujourd’hui à travers :
• L’accueil des couples désireux
de se marier, dans deux
permanences (Fort-de-France et
Sainte-Marie), pour un premier
contact.
• L’organisation d’une dizaine
de sessions de préparation au
mariage par an (soit environ 400
couples accueillis).
• L’organisation de retraites, à
raison de deux par an, en tandem
avec le mouvement des Equipes
Notre-Dame.
• L’organisation de temps de
récollections et de formation
pour les couples.
• L’animation d’une émission
mensuelle sur Radio Saint-Louis,
tous les 2 èmes vendredis du mois.
Le mouvement CPM est organisé
en petites équipes, composées
de quatre à sept couples,
accompagnées par un prêtre ou
un diacre, qui cheminent ensemble
et partagent des temps de révision
de vie. La révision de vie est un moment
de relecture de sa vie de couple,
à la lumière de la Parole de Dieu.
C’est à travers cette démarche
que chaque couple découvre à
quel point Dieu est présent dans
sa vie et comment il agit dans
les petits détails quotidiens. Ce
travail en couple est complété par
le témoignage et le partage en
équipe.
La révision de vie constitue le cœur
de la vie du mouvement. C’est
en effet autour de ce temps de
partage, en vérité, sur des thèmes
touchant à la vie du couple et de
la famille, que se tissent les liens de
fraternité et d’entraide qui unissent
les membres des équipes.
A travers les sessions de
préparation au mariage organisées
chaque année, le mouvement
CPM propose aux couples de
fiancés une occasion unique de
se préparer à l’engagement qu’ils
vont prendre ensemble devant
Dieu. Grâce aux témoignages des
couples animateurs et aux temps
d’échanges avec les autres fiancés,
grâce aussi à l’intervention d’un
prêtre, les fiancés découvrent,
au cours des cinq à six séances
de la session, le sens réel du
sacrement de mariage tel que
voulu par Dieu. Pour beaucoup,
c’est une surprise et la découverte
que, derrière les exigences du
mariage chrétien (liberté, fidélité,
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
12
La famille CPM, avec son aumônier P. Gabriel Valard
Page 13
fécondité, indissolubilité), se cache
la promesse d’une vie pleine de
sens qui nous unit à Dieu.
Nombreux sont les couples qui
terminent la session transformés,
avec la joie profonde de ceux qui
ont compris que l’amour qu’ils
ressentent l’un pour l’autre est
un don de Dieu qui nécessite un
renouvellement régulier à la source
pour grandir et se développer.
L’ACPM Martinique est aujourd’hui
composée de :
• 11 équipes réparties sur tout le
territoire (au nord, au centre et
au sud).
• Un aumônier, le père Gabriel
Valard, nommé par l’Evêque,
garant de la ligne spirituelle du
mouvement.
• Un conseil d’administration qui
anime l’activité du mouvement.
• Une équipe de couples pilotes,
dont le rôle est de faire vivre
l’esprit CPM au sein des équipes
et d’accompagner les nouveaux
couples membres CPM.
L’ACPM Martinique est également
affiliée à la fédération nationale
des CPM.
A l’heure où nous assistons à une
remise en question profonde de
la notion même de mariage et de
famille, le mouvement CPM est
là pour :
• rappeler que le plan d’amour de
Dieu sur l’homme et la femme
est clairement expliqué dans la
Parole de Dieu.
• témoigner que le sacrement de
mariage, vécu profondément,
constitue la promesse d’un
bonheur durable pour les
époux, en même temps
que les conditions idéales
d’épanouissement des enfants
et de la famille.
C’est un chemin étroit et difficile,
mais c’est un chemin de vie où
le Seigneur est présent et nous
guide jusqu’à lui, comme il nous
l’a promis.
On le voit bien, la mission CPM n’a
jamais été autant nécessaire.
Gabriel Levif
Responsable diocésain CPM
n
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
13
Retrouvez l’émission de l’ACPM sur Radio Saint-Louis :
tous les 2
èmes vendredis du mois, de 20h à 22h
pour découvrir le plan de Dieu sur le couple et la famille chrétie\
nne.
Vous pouvez également réécouter ces émissions sur le site in\
ternet de
Radio Saint-Louis :
www.radiosaintlouis.com => Rubrique : ACPM
Pour être informé des activités, rencontres, retraites… de l’ACPM,
abonnez-vous à notre page Facebook :
ACPM Martinique
Vous avez un projet de mariage religieux ? N’attendez pas…
L’ACPM vous accueille dans ses deux permanences :
n Presbytère de Bellevue, à Fort-de-France
Mercredi de 15h30 à 17h30
Samedi de 9h à 11h
Tél. : 05 96 72 03 69 (fermé au mois d’août)
n Presbytère de Sainte-Marie
2
ème et 4 ème samedis du mois, de 9h à 11h (fermé en juillet et en août)
vous invitent à la Récollection des Familles
qu’elles organisent au m orne-Rouge le dimanche 22 décembre 2013 - de 7h30 à 17h
autour du thème : FAMILLES, DIEU VOUS APPELLE
Toutes les familles sont d’ores et déjà les bienvenues.
Ceux qui souhaitent prendre part au repas (10€ ) sont priés de s’inscrire auprès des membres des
AFC ou de la Pastorale familiale diocésaine ou encore en composant l’un des numéros suivants :
05 96 73 09 10 / 06 96 97 06 47. Date limite d’inscription : 18 décembre 2013.
Animateur : Diacre Paul Rougon
Louange et eucharistie animées par le groupe Buisson ardent.
Communiqué la FédéRation des associations Familiales c atholiques
et la PastoRale F amiliale diocésaine
Page 14
Vie du diocèse
La Lumière de Bethléem est un événement
interconfessionnel : une flamme est allumée
dans la Grotte de la Nativité à Jérusalem
et elle est ramenée dans le monde entier.
Le thème Tenir une lampe allumée continue
d’avoir du sens en cette année qui marque
le centenaire de la reconnaissance du
Scoutisme par le Vatican en 1913.
Opération Lumière de la paix
de Bethléem
L’histoire de la Lumière
de Bethléem
L
ancée en 1986 en Autriche,
l’opération
Lumière de
Bethléem
se répète chaque
année pendant la période de
l’Avent. Le principe est simple :
une bougie est allumée dans la
Grotte de la Nativité à Bethléem.
Cette flamme est ensuite transmise
de bougie en bougie jusqu’en
Autriche. De là, elle
part pour Paris d’où elle
est ensuite retransmise
à des représentants
régionaux des Scouts et
Guides de France ainsi
que des Eclaireuses et
Eclaireurs Unionistes de
France.
Le but : éduquer les enfants et les
jeunes à la paix en leur montrant
que celle-ci commence par un petit
geste tout simple envers l’autre.
De très nombreux départements,
diocèses, groupes scouts, paroisses
accueillent la lumière et l’offrent
autour d’eux : voisins, hôpitaux,
prisons, croyants d’autres confes-
sions religieuses…
Un geste pour la paix
au temps de Noël
Lumière pour briller, pour
s’engager dans la fête, pour
témoigner que les ténèbres n’ont
pas le dernier mot dans le monde. Feu qui protège, qui rassure dans
la nuit, qui éloigne nos peurs et
rapproche les Hommes. Osons
recueillir, transmettre et offrir la
Lumière de Bethléem.
L’opération de la Lumière de
Bethléem propose un geste et
une démarche qui nous viennent
de l’événement de Noël, d’un
Dieu qui désire la paix entre tous.
Paix sur la Terre est son premier
message (Luc 2,14). Elle a pour
but d’éduquer les enfants et les
jeunes à la paix. En veillant sur la
flamme, ils découvrent aussi que
la maintenir allumée demande
une vigilance de chaque instant,
tout comme la paix. La Lumière
de Bethléem, semée sur toute la
France, dans toute l’Europe et chez
nous en Martinique, veut marquer,
par des milliers de petites flammes,
le terrain conquis sur l’indifférence,
la rancune ou la haine.
Dans notre diocèse
Les Scouts et Guides de Martinique
organisent chaque année, depuis
quatre ans, une célébration
pour transmettre la Lumière de
Bethléem à l’ensemble des scouts
et guides et à toute personne
qui souhaite, à son tour, devenir
porteuse d’espérance.
Les responsables scouts et
guides ont reçu la lumière lors
d’une célébration qui a eu lieu
le dimanche 24 novembre 2013
au monastère de
Terreville, lumière
qu’ils porteront
et distribueront
ensuite dans leurs
différents groupes.
Cette année, la
catéchèse parti
-
cipe à l’opération
Lumière de la paix de Bethléem
aux côtés des scouts. C’est ainsi
que, le 15 décembre 2013, tous les
enfants participeront à la messe
avec un lumignon. À la fin de la
célébration, ils seront invités à offrir
cette lumière à la personne de leur
choix. Ainsi, à travers notre pays, un
réseau de fraternité sera tissé pour
faire de Noël un temps de paix et
d’espérance.
La lumière du Christ convie chacun
de nous à s’engager dans la fête
pour témoigner que les ténèbres
n’ont pas le dernier mot dans le
monde.
n
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
14
Rassemblement de scouts et guides au François
Page 15
J
e mesure avec toujours plus
d'étonnement comment le
climat, les conditions de vie
modèlent la culture, le langage et
donc la façon de penser et de vivre.
Dès que je regarde les traductions
de l’évangile en Maffa, je voyage
beaucoup plus loin et je dois
chercher la façon dont eux-mêmes
comprennent pour trouver des
images qui parlent. […]
Les événements du Nigeria sont
ceux qui ont le plus « coloré » mon
année. Il y eut d'abord les retours
des Maffas qui étaient partis il y
a cinq ou dix ans, voire bien plus.
Puis, les jeunes qui partaient pour
une ou deux années sont revenus
pour ne pas repartir. Maintenant,
des Nigérians arrivent ! Les
combats contre la secte islamiste
font rage juste à côté. Il y a quinze
jours, nous entendions de chez
moi les bombardements. Pendant
trois jours, l'armée du Nigeria a
bombardé des refuges de Boko
Haram. Mais cela fait des mois,
voire plusieurs années, que les
autorités ont, en fait, perdu le
contrôle de ces zones.
Les réfugiés sont majoritairement
chrétiens : là-bas, dans beaucoup
de localités, c'est la conversion
à l'Islam, la mort ou le départ.
Plusieurs catéchistes du pays voisin
que nous connaissions ont été tués.
Mais, rassurez-vous, la sécurité
ici est bonne, car le Cameroun
sert de refuge aux islamistes
pourchassés. Cela fait longtemps
qu'ils ont installé des amis et des
caches et, mis à part l'enlèvement
de la famille française en février, ils
n'ont pas de revendications et de
« combats » à mener ici, du moins
pour l'instant. Cette base arrière
leur est précieuse !
Mais cette crise va avoir très vite
des répercussions sociales et
économiques fortes. La région
dans laquelle je suis est une des
plus densément peuplées du
Cameroun et, depuis plusieurs
décennies, il y a eu des migrations
saisonnières pour travailler au
Nigeria plus riche.
Cela a fourni le complément
financier permettant à beaucoup
de familles de tenir ici, car les
terres sont rares. En plus de ce
complément financier, tout ce
qu'on achète vient du Nigeria
(sucre, sel, ciment, moto, essence,
le coca et la bière, téléphones
mobiles…). En fait, je suis en train de
chercher dans ma tête ce qui nous
vient du Cameroun : la réponse
sera peut-être dans une prochaine
lettre ! Les prix augmentent donc,
car le commerce est paralysé. […]
Depuis mon dernier message, j'ai
eu ma première crise de paludisme.
Tout a commencé par un petit mal
de tête le dimanche matin, puis, à
partir de 13h, c'était l'extinction des
feux progressive, mais rapide. Je
me suis senti de plus en plus mou
et fatigué. J'ai dû aller à l'autre
bout du village voir une famille
de paroissiens ; pour revenir, c'est
comme si je venais de faire 40 km.
Rien de douloureux, mais j'avais la
tête tout embrouillée, incapable de
comprendre ce qui se passait. […]
Fin juin, avec le groupe « vocation »
de ma paroisse, nous avons
fait un autre petit pèlerinage
à Tokombéré en passant par la
montagne. Tokombéré était le
lieu de mission de Baba Simon
(le père Simon Mpéké) à la fin de
sa vie. Le procès de béatification
de ce prêtre camerounais est
bien commencé. Premier prêtre
camerounais, avec sept autres,
ordonné en 1935. Il était du sud
du Cameroun et, en 1959, il a
senti l’appel à partir en mission au
nord… bref une belle figure, très
intéressante par ce qu’il a réalisé et
compris de l’annonce de l’Evangile
ici. Nous sommes partis à quatorze
le samedi pour 42-44 km à travers
cette petite montagne. Nous avons
été très bien accueillis ; pour les
jeunes, en plus, c’est un peu la
ville à Tokombéré par rapport aux
villages : c’est plus évolué et ce ne
sont plus des Maffas. Ils étaient
donc un petit peu à l’étranger. […]
Il faudrait que je vous écrive la
prochaine fois sur l'Islam ici, son
histoire et son potentiel de tensions
pour demain dans notre région.
P. Georges Vandenbeusch n
Eglise en Afrique
Le père Georges Vandenbeusch
témoin du Christ au Cameroun
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
15
Actuellement missionnaire Fidei donum au Cameroun,
le père Georges Vandenbeusch a été enlevé dans la
nuit du 13 au 14 novembre 2013, dans une zone à
risque du nord du Cameroun, proche de la frontière
avec le Nigeria. En septembre dernier, après une
première année sur place, il livrait un témoignage
édifiant et plein d’enthousiasme sur sa mission.
P. Georges Vanderbeusch
Page 16
Société
Les 7 et 8 novembre dernier s’est tenu à l’hôtel La Batelière le premier Congrès
de Médecine Environnementale réunissant cent vingt médecins généralistes et
spécialistes.
Congrès de Médecine
Environnementale
L
a Médecine Environ-
nementale est une
approche nouvelle de
l’art médical confortée par
les nombreuses recherches
scientifiques, notamment
en génétique et en biologie
moléculaire, démontrant l’im-
pact sur l’organisme animal
et humain des modifications
physiques et chimiques de
notre espace de vie.
On observe au niveau mondial,
depuis deux ou trois décennies,
une véritable révolution
épidémiologique. Les grandes
épidémies qui pendant des
siècles décimaient les populations
(peste, lèpre, tuberculose, sida)
ont reculé pour faire place à de
véritables pandémies de maladies,
non plus infectieuses et aiguës,
mais chroniques et dégénératives
(cancer, diabète, obésité, autisme,
Alzheimer) dont l’origine serait
une mauvaise programmation du
génome pendant la vie fœtale,
provoquée par des modifications
de l’environnement (champs
électromagnétiques, pesticides,
métaux lourds, molécules chimi-
ques diverses, plastiques, dérivés
du pétrole, gasoil, tabac, etc.).
Ainsi, cancer, diabète, obésité,
autisme auraient une origine
intra-utérine, même s’ils ne se
manifestent qu’à l’âge adulte,
et cette programmation fœtale
défectueuse serait provoquée par
l’exposition de la femme enceinte
à des polluants divers pendant sa
grossesse.
L’alerte est donnée par ces
chercheurs de haut niveau qui
étudient les modifications dans la
transmission du message génétique
de notre identité moléculaire, notre
ADN, à nos descendants, du fait de
la contrainte environnementale.
Ces erreurs dans la transmission de
notre patrimoine génétique, dites
« épigénétiques », qui peuvent
se répéter sur quatre générations
voire plus, expliqueraient 80% des
maladies.
Selon l’OMS, en effet, les trois quarts
des maladies du monde moderne
sont d’origine environnementale,
et tout particulièrement celles dont
l’incidence ne cesse d’augmenter. Il
n’y a sans doute aucune famille en
Martinique qui ne compte un cancer
du sein, du côlon, du sang, une
infertilité masculine ou féminine,
un diabète insulino-résistant ou une
obésité morbide, lupus ou autres
maladies auto-immunes. L’autisme
infantile touche un enfant sur cent
aujourd’hui.
L’incidence standardisée du cancer
de la prostate est de 170 cas pour
100 000 habitants en
Martinique comme en
Guadeloupe en 2010,
plaçant ces deux îles
en première place
dans le monde entier.
L’incidence du cancer
du sein, du côlon, des
lymphomes, myélomes,
n’a pas cessé de croître.
Le diabète en France
métropolitaine touche
une personne sur dix et
en Martinique deux fois plus.
De plus, il apparaît lors des
recherches scientifiques qu’il y a
un lien entre toutes ces maladies
(cancer, diabète, obésité et
maladies neuro-dégénératives
comme la maladie d’Alzheimer ou
l’autisme) en ce sens qu’elles sont
souvent associées ou se succèdent
dans le temps et s’aggravent
mutuellement. Certains diabètes
ne peuvent être équilibrés que si
on réduit sensiblement l’obésité,
de même tous les cancers sont
aggravés par l’obésité.
Malheureusement, ces maladies
dont l’origine est très précoce (les
premières semaines de la vie) sont
portées par le matériel génétique
et sont transmissibles sur plusieurs
générations, même si elles peuvent
être réversibles.
L’intérêt d’un tel congrès est
de former les médecins à cette
nouvelle approche des maladies,
même si les traitements sont loin
d’être codifiés. Cette prise de
conscience de la gravité de l’impact
de l’environnement sur la santé
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
16
Eau polluée sortant d’une bananeraie
Page 17
amène chacun à rechercher des
solutions dans la prévention
et conforte la position de ceux
qui défendent le principe de
précaution même quand tout
n’est pas prouvé.
L’association organisatrice du
congrès, l’AMSES-Martinique,
Association médicale pour la
sauvegarde de l’environnement et
de la santé, composée uniquement
de médecins, s’inscrit totalement
dans cette attitude de « précau-
vention » : faire jouer le principe
de précaution et prévenir une
catastrophe sanitaire. C’est bien ce
qui explique ses prises de position
contre la dérogation à l’épandage
aérien.
Les produits utilisés dans
l’épandage, qu’il soit aérien ou
terrestre, sont dangereux pour la
santé, même s’ils sont autorisés par
l’ANSES, l’autorité administrative
qui délivre les autorisations de
mise sur le marché. En effet,
l’ANSES se base sur des données de
toxicologie très anciennes, datant
de Paracelse, au 13 ème siècle, selon
lesquelles « c’est la dose qui fait le
poison » ; et donc la diminution de
la dose réduirait ou supprimerait
les effets néfastes des produits
toxiques. Il nous a été démontré
par les spécialistes intervenant
au congrès que les petites doses,
même minimes, quand elles sont
répétitives, sont plus dangereuses
que les fortes doses, car elles
créent une intoxication chronique
qui impacte notre génome, c’est-à-
dire notre identité cellulaire et se
manifeste plusieurs années après,
sur plusieurs générations.
Dans une terre déjà polluée par
le chlordécone pour plusieurs
siècles, l’utilisation de molécules
supplémentaires est génocidaire.
On connaît en effet de manière
certaine les conséquences du
chlordécone sur la prostate, sur
la fertilité, sur le développement
intellectuel des enfants, vingt ans
après l’arrêt de son utilisation, alors
que les aliments sont contaminés
par de très faibles doses résiduelles
de ce pesticide.
Il s’agit maintenant, pour le
corps médical qui a assisté à ces
interventions de très grande
qualité, de traduire toutes les
informations reçues en prise en
charge des patients. Que faire
par exemple devant un ouvrier
agricole atteint de cancer de la
prostate dont il a été démontré
qu’il est corrélé à l’exposition
au chlordécone ? Comment
le faire reconnaître comme
maladie professionnelle ? Quelle
surveillance pour la famille ?
Ce congrès a réuni des médecins
martiniquais, mais aussi guade-
loupéens et métropolitains, ce
qui permettra des collaborations
ultérieures fructueuses car, non
seulement la Guadeloupe partage
avec la Martinique cet état de
catastrophe sanitaire, mais dans
l’Hexagone également le corps
médical est en état d’alerte face
à la flambée des pathologies
environnementales.
Un tel congrès, s’il était réservé au
corps médical, intéresse l’ensemble
des citoyens qui peuvent, chacun à
son niveau, commencer à réduire
la facture environnementale en
consommant moins de véhicules
gasoil puissants et polluants, moins
de récipients plastiques riches en
phtalates et bisphénol A hautement
cancérigènes et obésogènes, moins
d’hydrocarbures aromatiques
polycycliques, ces polluants
contenus dans les déchets de la
cigarette, les graisses très grillées
(ribs, poulets boucanés), moins
de pesticides domestiques et
professionnels, d’insecticides,
de cosmétiques. La vigilance
concerne chaque citoyen car les
conséquences se retournent sur
l’ensemble de la société, comme
c’est le cas du chlordécone,
malheureusement présent dans
nos sols pour plusieurs siècles
à cause de l’imprévoyance de
quelques-uns.
Dr Josiane Jos-Pélage n
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
17
vous convie à sa première conférence-débat qui se tiendra
le jeudi 5 décembre 2013 à 18h30
au presbytère de la Cathédrale (1, rue Abbé Lecornu)
autour du thème :
Paix du cœur : quelles sont les sources invisibles et méconnues des tensions dans notre société ?
Conférence animée par Marie-Michèle Hilaire, psychosociologue.
Communiqué la PastoRale de la cultuRe de la P aRoisse
de la c athédRale s aint-louis
Page 18
Page 19
Dimanche 1 er décembre 2013
Oubliés des hommes, oubliés de Dieu ?
Exclus, démunis, laissés-pour-compte... SDF, alcooliques, toxicomanes… Quelle place donner à ceux dont
personne ne veut ? Parfois abandonnés des hommes, le sont-ils de Dieu ? Comment les aider à\
reprendre
pied et les mettre sur la bonne route ?
Dieu m’est témoin s’intéresse cette semaine à tous ceux dont on ne parle jamais. Et c’est Florent Roy, bénévole
à l’ordre de Malte à Papeete, en Polynésie, qui nous racontera comment il vit sa foi par l’action en servant
des repas, en écoutant ceux qui sont seuls.
Nous serons connectés avec Cayenne, en Guyane, où Rozenn le Pabic nous racontera comment son association,
l’ADER Guyane, tente de faire de la prévention auprès des « travailleurs du sexe ».
Dimanche 8 décembre 2013
Scouts
Les scouts existent-ils encore aujourd’hui ? Quelle est leur identité chrétienne ? Faut-il s’éloigner de l’Eglise
pour recruter ou, au contraire, faut-il une présence accrue des paroisses pour relancer le scoutisme ?
C’est Christian Larcher, responsable des Scouts de France en Outre-Mer, qui répondra à toutes ces questions
cette semaine dans
Dieu m’est témoin et nous aidera à comprendre les différentes réalités des scouts d’outre-mer.
Nous irons à la Réunion voir comment les scouts sont sollicités par le diocèse. Puis nous irons en Guyane
découvrir une autre réalité locale. Jean- Robert, chef des Scouts de Cayenne, nous aidera à comprendre
comment il a d’abord misé sur les valeurs humanistes pour permettre aux enfants de différentes « confessions »
de faire grandir leur foi.
Dimanche 15 décembre 2013
Prêtres étrangers
Comment sont accueillis les prêtres étrangers outre-mer ? Quelle place trouvent-ils dans un nouveau diocèse,
surtout quand ils ne sont pas Français ? Le dialogue est-il facile avec un prêtre qui ne connaît pas les coutumes et les
traditions locales ? Comment font-ils pour s’intégrer à la population, aux coutumes et célébrer ensemble le Christ ?
L’invité de
Dieu m’est témoin répondra cette semaine à toutes ces questions et témoignera de son expérience
outre-mer.
Nous irons ensuite en Martinique rencontrer un prêtre au fort accent polonais, le père Grzegorz Jagowdzik.
Il gère, avec le père Philibert Madrandélé Dratu, originaire, lui, de la République Démocratique du Congo,
plusieurs paroisses du nord de la Martinique comme Macouba, Ajoupa-Bouillon ou Grand-Rivière… Nous
verrons comment ils ont su se faire apprécier de leurs paroissiens.
Nous irons ensuite en Guyane. Envoyé du Congo Brazzaville en Guyane par son évêque il y a dix ans, le père
Alain Fortuné Sindza est curé de la paroisse de Roura depuis quatre ans. Au milieu des Guyanais, mais aussi
des Créoles, des Indiens et des Laotiens, le curé congolais « n’est plus un étranger ».
Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions
Medias
Église en Martinique du 1
er décembre 2013 / n°473
19 Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr
99.5 - 101.3 et 105,3 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
Page 20
F ais de nous des veilleurs
Seigneur,
en ce début de l’Avent,
viens réveiller notre cœur alourdi,
secouer notre torpeur spirituelle.
Donne-nous d’écouter à nouveau les murmures de ton Esprit
qui en nous prie, veille, espère.
Seigneur,
ravive notre attente,
la vigilance active de notre foi
afin de nous engager partout où la vie est bafouée,
l’amour piétiné, l’espérance menacée, l’homme mé\
prisé.
Seigneur,
en ce temps de l’Avent,
fais de nous des veilleurs
qui préparent et hâtent l’avènement et
le triomphe ultime de ton Royaume,
celui du règne de l’Amour.
