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• LA PASTORALE DES JEUNES
CLÔTURE L’ANNÉE DE LA FOI
• LA PROBLÉMATIQUE
DE L’EAU EN MARTINIQUE
•
LE COMBAT DE LA BANQUE
ALIMENTAIRE
N° 474 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 15 décembre 2013
Visite du Cardinal
Filoni
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Editorial
Editorial
• Noël, le temps du départ !
Mot de l'Evêque
• C’est le temps de l’Avent
Eglise universelle
• L’option préférentielle pour les pauvres
Eglise dans la Caraïbe
• Vers la béatification
• Visite du Cardinal Fernando Filoni en Martinique
Liturgie
• Parole dominicale
• Méditation de Noël
Droit canonique
• Les onctions (4)
Vie du diocèse
• La Pastorale des jeunes clôture l’Année de la Foi
• Ouverture d’une école de prière à la paroisse Saint-Hyacinthe du Lorrain
• La problématique de l’eau en Martinique
• Horaires des messes de Noël et du J our de l’An
Société
• Le gaspillage alimentaire
•
Le combat de la Banque alimentaire
numéro
474
numéro
474
• LA PASTORALE DES JEUNES
CLÔTURE L’ANNÉE DE LA FOI
• LA PROBLÉMATIQUE
DE L’EAU EN MARTINIQUE
•
LA BANQUE ALIMENTAIRE
ÉPROUVÉE
N° 474 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 15 décembre 2013
Visite du Cardinal
Filoni
S ommaire
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Édiprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
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I.S.S.N. 0759-4895
Commission paritaire N° 1115L87225
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Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr
egliseenmartinique@orange.fr
D
ans les pays occidentaux,
la fête de Noël est, depuis
quelques décennies, deve-
nue une course à une plus grande
consommation. Tous les moyens
sont bons pour stimuler les sens
et aiguiser l’appétit de ceux qui,
même rassasiés, sont piégés par
leur désir insatiable.
Ils sont légion, cependant, ceux qui
restent en marge et ne participent
pas à ces festivités.
Les chrétiens ne devraient pas se
reconnaître dans ces débauches
de biens de consommation. La
mémoire de la naissance du Christ
dans notre humanité évoque pour
eux une tout autre réalité. Jésus
n’a-t-il pas dit que l’homme ne vit
pas seulement de pain (Mt 4,4) et
qu’ils sont heureux ceux qui ont
faim et soif de la justice car ils seront
rassasiés (Mt 5,6) ?
On n’est pas non plus en harmonie
avec l’Evangile en se contentant
de se gaver de prières comme on
le fait avec des friandises, si, en
même temps, on n’est pas soucieux
de la faim d’amour fraternel et de
la soif de Dieu.
Le concile Vatican II constate :
Alors que des foules immenses
manquent encore du strict nécessaire,
certains, même dans les régions moins
développées, vivent dans l’opulence ou
gaspillent sans compter. Le luxe côtoie
la misère (Gaudium et spes, 63).
Dans cette même ligne, nous lirons
avec profit l’extrait de l’Exhortation
apostolique du Pape François, La
joie de l’Evangile, publié dans ce
numéro de Eglise en Martinique. Avec le début de l’année liturgique,
nous n’aurons jamais fini de reprendre
la route, de suivre le chemin qui
est le Christ Jésus. Hélas, bien
souvent par conservatisme ou par
peur, nous préférons l’immobilisme
au mouvement, le sur-place au
changement.
Dans l’évangile, celle qui accueille
Jésus au plus profond de son existence,
c’est Marie. Très vite commencent
pour elle le déplacement, les
changements de situations, les mises
en route.
Marie se mit en route rapidement vers
une ville de la montagne de Judée. Elle
entra dans la maison de Zacharie et
salua Elisabeth (Luc 1,39).
Porter Dieu, c’est prendre le départ
vers les autres. Si Celui que nous
rencontrons dans la prière n’est pas
un fantasme mais vraiment le Dieu
d’Amour, alors Il nous pousse à la
rencontre des autres. Marie nous fait
comprendre que prendre le temps
de la prière, c’est puiser l’énergie
à l’écoute de l’Esprit Saint, pour
rassembler nos forces et partir vers
l’ailleurs de la mission.
Pour un chrétien, il n’y a pas de
concurrence entre la prière et
la mission, comme il n’y a pas
d’opposition entre la rivière et sa
source. La mission a besoin de la
prière, comme la prière ne peut pas
se passer de la mission. L’orientation
de la mission est donnée dans
la prière ; la vérité de la prière
s’exprime dans la mission.
P. Jean de Coulanges n
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Noël, le temps du départ !
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Le Cardinal quittant la cathédrale - Photo Bernadette Helmany
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Mot de l'Evêque
C’est le temps de l’Avent
D
ans notre culture martini -
quaise, « l’avent » a une
connotation plus clima-
tique que liturgique. Il désigne
une saison particulière au cours
de laquelle le temps et le climat
changent : les alizés soufflent
avec plus de force que d’habitude
et rafraîchissent la température.
On parle d’eux en disant : « les
avents ». Ils précèdent Noël et
annoncent la récolte de la canne
à sucre dont les flèches blanches
qui flottent dans le vent sont les
fleurs qui annoncent la maturité
de la tige.
Pour l’Eglise, « l’Avent » a une
autre signification qu’exprime
son origine latine : « Adventus »
qui signifie « venue – arrivée –
avènement ». L’Avent est un
temps d’attente qui prépare la
venue du Seigneur.
Le Seigneur est déjà venu.
Les chrétiens célèbrent son
incarnation à Noël. Le temps de
l’Avent les invite à se remémorer
ce moment qui n’est ni un
conte de fée pour enfants, ni
une occasion de réveillons pour
adultes, mais historiquement le
moment où le Fils de Dieu s’est
fait homme en prenant chair
dans le sein de la Vierge Marie.
Les chrétiens sont celles et
ceux qui croient que Jésus de
Nazareth, né au temps du Roi
Hérode, est bien le Messie que
l’humanité attendait depuis
toujours, et donc le Fils unique
de Dieu. Après avoir partagé
en toute chose la condition
humaine, Jésus a été crucifié
sous Ponce Pilate, il est mort sur
une croix et a été enseveli. Mais,
contrairement à toute attente,
il est ressuscité le troisième jour,
donnant ainsi la preuve qu’il est
vraiment le Fils de ce Dieu que
personne ne peut connaître,
sinon lui.
Jésus s’est déclaré lui-même
comme étant le Chemin, la
Vérité et la Vie. Il a promis à ses
disciples qu’il reviendrait dans la
gloire pour juger les vivants et
les morts. Le temps de l’Avent
nous demande de croire en ce
retour, de l’attendre et de le
préparer.
Entre ce moment de la venue
du Fils de Dieu dans notre chair
et celui où il reviendra dans sa
gloire, il y a « l’aujourd’hui ». Le
temps de l’Avent demande de le
privilégier car c’est en ce temps,
qui n’est ni hier ni demain, que
le Seigneur fait signe à chaque
heure, chaque minute, chaque
seconde et chaque instant.
Le Seigneur est là, qui frappe
à la porte de chacun. Mais,
étourdis par l’ivresse de leurs
passions, les bruits et les fureurs
de leur violence, les hommes
d’aujourd’hui peuvent-ils encore
l’entendre ?
Déjà, il y a bien longtemps de
cela, saint Augustin disait : Je
crains le Seigneur qui passe et
qui frappe à ma porte. J’ajoute : « Et qui passe parce que je ne lui
ai pas ouvert ma porte ».
L’Avent demande aux chrétiens
et à tous les hommes de bonne
volonté d’être vigilants, attentifs
au Seigneur qui passe et vient
frapper à leur porte. Invitation
à signer une pétition contre tel
licenciement injuste ! Faire un
don à une œuvre caritative !
S’inscrire dans une association de
parents
! Il y a tant de manières
pour le Seigneur de frapper à la
porte de chacun !
Le temps de l’Avent invite à
relever la tête et à rester vigilants
car le Seigneur vient. Ne soyons
pas comme les escargots dont le
ventre colle à la terre, englués
dans leur propre bave. Notre
horizon va au-delà des choses
matérielles qui nous hypnotisent.
Gardons notre tête dans les
étoiles et surtout, laissons-nous
inonder par la lumière de Celui
qui est venu éclairer tous les
hommes.
Bonne nouvelle année liturgique
à tous !
+ Michel Méranville
Archevêque
n
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Mot de l'Evêque (suite)
Le temps de l’Avent par lequel
commence une nouvelle année
liturgique pour tous les croyants de
l’Eglise catholique universelle a été
marqué en Martinique par la visite du
Cardinal Fernando Filoni, préfet de la
Congrégation pour l’Evangélisation
des Peuples.
Intervention
de Mgr Méranville
C’est la première fois dans l’histoire
religieuse de la Martinique qu’un
représentant du Pape et du Saint-
Siège, d’un tel rang, fasse à notre
Eglise locale l’honneur de sa présence,
accompagné de surcroît par le
Nonce de la région, son Excellence
l’Archevêque Nicola Girasoli, Délégué
apostolique, c’est-à-dire représentant
personnel du Saint Père, notre Pape
François, dans notre région.
A l’occasion de cette visite qui nous
honore, plusieurs personnes m’ont
posé des questions bien concrètes
telles celles-ci : qu’est-ce qu’un préfet,
dans l’Eglise catholique ? qu’est-ce
qu’une Congrégation ? qu’est-ce
que l’Evangélisation des Peuples ? Il
me semble primordial d’essayer de
répondre, même très succinctement,
à ces questions.
Mais, avant toute chose, je me
permettrai de rappeler ce qu’est
l’Eglise. Le mot « Eglise » évoque
souvent pour nous un bâtiment, un
lieu de culte : exemple l’église de
Sainte-Thérèse, l’église de Balata !
Ce mot évoque aussi une institution
hiérarchisée, avec le Pape à son
sommet, et en-dessous de lui : les
évêques, les prêtres, les diacres,
les religieuses et religieux, et tout
en bas de cette pyramide, les laïcs,
couramment appelés les fidèles.
Certes, ces évocations ne sont pas
totalement erronées. Mais elles
font parfois oublier que l’Eglise est
avant tout un Peuple. C’est-à-dire des
hommes, des femmes, des enfants
convoqués par Dieu, appelés par Dieu
à devenir ensemble un seul peuple
ardent à faire le bien.
C’est un peuple qui n’est pas extra
terrestre. Il est présent partout dans
le monde, c’est pourquoi l’on dit
qu’il est « catholique », c’est-à-dire
universel. Mais une portion de ce
peuple, à l’endroit où il existe, est
confiée à la vigilance et aux soins
d’un évêque, successeur des douze
Apôtres choisis par Jésus lui-même.
L’unité de ces évêques est confiée
au successeur de Pierre, celui à qui
Jésus a déclaré :
Tu es Pierre et sur
cette pierre je bâtirai mon Eglise et
les forces du mal ne pourront rien
contre elle.
L’Evêque qui succède à
Pierre est appelé Pape et prend le nom
de son choix. Le pape actuel a choisi
François. Le Pape a besoin autour
de lui de multiples collaborateurs.
L’ensemble des services qui aident le
Pape s’appelle la « Curie ».
A la tête de la Curie, il y a le Secrétariat
d’Etat, à l’heure actuelle : Mgr Pietro
Parolin. C’est comme s’il était le premier
ministre du Pape. Car, dépendant de
lui, il y a les Congrégations qui sont
comme les Ministères dans notre Etat
laïc. Au lieu de dire « Ministères », nous
disons, dans notre jargon d’Eglise, «
Dicastères ». Il y a neuf Dicastères ou
Congrégations :
1- Congrégation pour la Doctrine et
la Foi. 2- Pour les Eglises orientales.
3- Pour le Culte divin et la Discipline
des sacrements. 4- Pour la cause des
Saints. 5- Pour les Evêques. 6- Pour
l’Evangélisation des Peuples. 7-
Pour le Clergé. 8- Pour les Instituts
de vie consacrée et les Sociétés de
Vie apostolique. 9- Pour l’Education
catholique.
Le Cardinal Filoni est donc le
préfet, c’est-à-dire le ministre
d’une congrégation parmi les plus
importantes de l’Eglise, car c’est elle
qui a la responsabilité, avant toute
chose, de faire connaître l’Evangile
partout dans le monde où il n’est pas
ou très peu connu.
C’est dans ces pays, ces contrées qui
ne le connaissent pas ou très peu, que
le Seigneur veut se faire connaître
et aimer. C’est l’ordre qu’il intime à
ses disciples, après sa résurrection :
Comme le Père m’a envoyé, moi
aussi, je vous envoie. Allez ! De
toutes les nations, faites des disciples.
Apprenez-leur à observer ce que
je vous ai prescrit. Baptisez-les au
nom du Père, et du Fils, et du Saint
Esprit. Et moi, je suis avec vous tous
les jours, jusqu’à la fin du monde.
L’Eglise existe pour annoncer la Bonne
Nouvelle de la Parole du Christ. La
première mission de l’Eglise est de
révéler le Christ au monde en rendant
présente sa Parole. L’importance
et le rôle de la Congrégation pour
l’Evangélisation des Peuples sont donc
primordiaux pour l’Eglise et celui à qui
elle confie cette responsabilité, c’est
actuellement le Cardinal Fernando
Filoni.
Né en Italie, le 15 avril 1946, le Cardinal,
après ses études et un doctorat en
Philosophie et en Droit Canon, a été
ordonné prêtre le 3 juillet 1970. Il est
entré ensuite au service de diverses
nonciatures, notamment celles du
Sri Lanka, d’Iran, du Brésil et des
Philippines. Il a séjourné notamment
en Irak pendant la guerre dans ce
pays. Basé à Hong-Kong tandis qu’il
était au service de la Nonciature des
Philippines, il a beaucoup contribué
au rapprochement du Saint-Siège
avec la Chine.
En mai 2011, le Pape émérite
Benoît XVI l’a nommé préfet de la
Congrégation pour l’Evangélisation
des Peuples, en lui donnant droit
de regard sur tous les territoires de
mission dont dépendent encore
aujourd’hui la plupart des diocèses
des Petites Antilles, dont le nôtre, la
Martinique.
C’est du plus profond de notre cœur
que nous disons « Bienvenue au
Cardinal Filoni » en lui demandant
de présider la Liturgie du milieu du
jour qui nous rassemble.
Visite du Cardinal Filoni
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E GLISE EN M ARTINIQUE
Règlement à l’ordr\qe de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
É glise en Martinique
Boîte Po\btale 586 • \q97 207 FORT DE FRANCE CEDEX
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Vous savez comme moi que la
Liturgie des Heures est la prière
officielle, donc liturgique de
l’Eglise. C’est la prière du peuple
de Dieu tout entier qui doit
sanctifier l’ensemble de la journée.
La journée était divisée autrefois,
surtout pour les moines, en
diverses tranches de trois heures
qui s’appelaient Prime, Laudes,
Tierce, Sexte, None, Vêpres et
Complies.
Prier, c’est parler à Dieu et surtout
l’écouter. Aujourd’hui, nous
demandons à son Eminence de
présider la prière officielle de
notre Eglise particulière en ce
milieu du jour (liturgie de Sexte).
Nous confions au Seigneur nos intentions les plus chères. Nous
prions pour son Eglise de plus en
plus persécutée dansle monde.
Nous prions pour les sept otages
français éparpillés en Afrique :
Nord du Cameroun, Mali, Niger,
Syrie. Parmi eux, nous pensons
au père Georges Vandenbeusch
enlevé par la secte islamique Boco
Haram.
Nous prions aussi pour que prenne
fin la discrimination ethnique
instaurée dans la République
Dominicaine, l’île voisine
adossée à Haïti, dans laquelle
le gouvernement, approuvé par
son Conseil constitutionnel, a
déchu de leur nationalité tous
les descendants d’immigrants
haïtiens nés après 1929.
Cela fait environ 200 000
personnes qui sont destituées de
leur nationalité et qui deviennent
donc tout à coup des sans papier,
sans identité, sans la possibilité de
s’inscrire à l’université ou postuler
pour un emploi, sans couverture
sociale, sans aucun droit. Ce
sont des « zombis » que l’on ne
peut pas refouler sur Haïti que
la plupart ne connaissent pas et
dont ils ne parlent pas la langue,
ayant toujours parlé l’espagnol
dominicain.
Les fonctionnaires qui se chargent
de ces « dénaturalisations » font des enquêtes qui prennent pour
cibles les personnes dont le nom
a une consonnance française, tel
par exemple : « Pierre ». Ils se
basent aussi sur la couleur de
la peau. Toute personne noire
ou très sombre est suspectée de
descendre d’un parent haïtien.
Il faut savoir qu’en République
Dominicaine les documents
d’identité font mention de la race.
Trois mentions - et seulement
trois - sont possibles : Blanc, Métis,
Indien. Les « Noirs » sont obligés
de se déclarer « Indiens » pour
pouvoir exister officiellement.
Au moment où des obsèques
planétaires sont célébrées en
l’honneur de Nelson Mendela
qui a mis fin à l’apartheid dans
son pays, nous ne pouvons rester
indifférents à ce qui se passe dans
un petit pays si proche du nôtre
et dans lequel combien d’entre
nous sont allés en touristes ou
pour passer des vacances.
Nous devons au moins prendre
conscience de cette intolérable
injustice faite aux descendants
d’Haïtiens et crier notre
réprobation. Il nous faut refuser
cette négation de l’homme et
de ses droits, à proximité de
notre île, dans la Caraïbe que
l’on considère comme un paradis.
Nous ne pouvons nous boucher
les oreilles pour ne pas entendre,
nous boucher les yeux pour ne pas
voir et nous boucher la bouche
pour ne pas parler. Nous ne
devons surtout pas rester les bras
croisés, sans rien faire.
Réveillons-nous en ce temps de
l’Avent. Comme Jean-Baptiste qui
préparait le chemin du Seigneur
en criant : Convertissez-vous,
convertissons-nous en faisant
quelque chose au secours de nos
frères de la Caraïbe discriminés.
Faites connaître à notre revue
vos réactions et suggestions ; ce
sera déjà le début d’une action
de solidarité.
Liturgie des Heures
Ce qui se passe en République Dominicaine
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La place privilégiée des pauvres
dans le peuple de Dieu
197. Les pauvres ont une place
de choix dans le cœur de Dieu,
au point que lui-même s’est fait
pauvre (2 Co 8,9). Tout le chemin
de notre rédemption est marqué
par les pauvres. Ce salut est venu
jusqu’à nous à travers le « oui »
d’une humble jeune fille d’un petit
village perdu dans la périphérie
d’un grand empire. Le Sauveur
est né dans une mangeoire, parmi
les animaux, comme cela arrivait
pour les enfants des plus pauvres ;
il a été présenté au Temple avec
deux colombes, l’offrande de ceux
qui ne pouvaient pas se permettre
de payer un agneau (cf. Lc 2,24 ;
Lv 5,7) ; il a grandi dans une maison
de simples travailleurs et a travaillé
de ses mains pour gagner son pain.
Quand il commença à annoncer le
Royaume, des foules de déshérités
le suivaient, et ainsi il manifesta ce
que lui-même avait dit :
L’Esprit
du Seigneur est sur moi, parce
qu’il m’a consacré par l’onction,
pour porter la bonne nouvelle aux
pauvres (Lc 4,18). À ceux qui étaient
accablés par la souffrance, opprimés
par la pauvreté, il assura que Dieu
les portait dans son cœur : Heureux,
vous les pauvres, car le Royaume
de Dieu est à vous
(Lc 6,20) ; il
s’est identifié à eux :
J’ai eu faim,
et vous m’avez donné à manger,
enseignant que la miséricorde
envers eux est la clef du ciel (cf Mt
25,35s).
198. Pour l’Église, l’option pour
les pauvres est une catégorie
théologique avant d’être culturelle,
sociologique, politique ou philo-
sophique. Dieu leur accorde
« sa première miséricorde ». Cette
préférence divine a des consé-
quences dans la vie de foi de tous
les chrétiens, appelés à avoir
les
mêmes sentiments qui sont dans le
Christ Jésus (Ph 2,5). Inspirée par
elle, l’Église a fait une « option pour
les pauvres », entendue comme
une « forme spéciale de priorité
dans la pratique de la charité
chrétienne dont témoigne toute
la tradition de l’Église ». […] Pour
cette raison, je désire une Église
pauvre pour les pauvres. Ils ont
beaucoup à nous enseigner. En
plus de participer au sensus fidei ,
par leurs propres souffrances ils
connaissent le Christ souffrant. Il
est nécessaire que tous nous nous
laissions évangéliser par eux. La
nouvelle évangélisation est une
invitation à reconnaître la force
salvifique de leurs existences, et à les
mettre au centre du cheminement
de l’Église. Nous sommes appelés à
découvrir le Christ en eux, à prêter
notre voix à leurs causes, mais aussi
à être leurs amis, à les écouter, à
les comprendre et à accueillir la
mystérieuse sagesse que Dieu veut
nous communiquer à travers eux.
199. Notre engagement ne consiste
pas exclusivement en des actions
ou des programmes de promotion
et d’assistance ; ce que l’Esprit
suscite n’est pas un débordement
d’activisme, mais avant tout
une « attention » à l’autre qu’il
« considère comme un avec lui ».
Cette attention aimante est le début
d’une véritable préoccupation pour
sa personne, à partir de laquelle
je désire chercher effectivement
son bien. Cela implique de valoriser
le pauvre dans sa bonté propre,
avec sa manière d’être, avec sa
culture, avec sa façon de vivre la
foi. […] C’est seulement cela qui
rendra possible que « dans toutes
les communautés chrétiennes, les
pauvres se sentent “chez eux”. Ce
style ne serait-il pas la présentation
la plus grande et la plus efficace de
la Bonne Nouvelle du Royaume ? ».
Sans l’option préférentielle pour
les plus pauvres, « l’annonce
de l’Évangile, qui demeure la
première des charités, risque d’être
incomprise ou de se noyer dans un
flot de paroles auquel la société
actuelle de la communication nous
expose quotidiennement ».
200. Étant donné que cette
Exhortation s’adresse aux membres
de l’Église catholique, je veux
dire avec douleur que la pire
discrimination dont souffrent les
pauvres est le manque d’attention
spirituelle. L’immense majorité
des pauvres a une ouverture
particulière à la foi ; ils ont besoin
de Dieu et nous ne pouvons pas
négliger de leur offrir son amitié, sa
bénédiction, sa Parole, la célébration
des Sacrements et la proposition
d’un chemin de croissance et de
maturation dans la foi. L’option
préférentielle pour les pauvres doit
se traduire principalement par une
attention religieuse privilégiée et
prioritaire.
n
Eglise universelle
L’option préférentielle
pour les pauvres
Au moment où nous nous apprêtons à nous prosterner devant notre Dieu
qui pour nous s’est fait tout petit dans une crèche, méditons c\
et extrait de
l’Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, « La joie de l’Evangile », où le
Pape François nous rappelle l’option préférentielle pour les pauvres qui doit
caractériser l’Eglise et l’annonce de l’Evangile.
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Eglise dans la Caraïbe
T
oute la communauté catholique de l’archidiocèse avait été invitée à participer à la messe du 9 décembre
2013 à la cathédrale Notre-Dame de Fatima, en la solennité de l’Immaculée-Conception, marquant le
début de l’enquête canonique pour la cause de béatification. Mgr Joseph Harris, l’actuel Archevêque
de Port-of-Spain, a exhorté sa communauté à participer massivement à cet événement historique et à s’unir
dans la prière pour le succès de cette enquête.
Monseigneur Gordon Anthony
Pantin, l’un des premiers arche-
vêques originaires de la Caraïbe,
est né à Port-of-Spain, Trinidad,
le 27 août 1929. Le jeune Pantin
décida, à l’âge de 17 ans, de se
faire prêtre et était impatient
d’entreprendre les études en vue
de la prêtrise. Son frère aîné, père
Gérald « Gerry » Pantin fit une fois
remarquer que « Tony » voulait
être prêtre dès l’âge de 7 ans. Il
fut acolyte à St Patrick’s Church dès
son plus jeune âge.
Anthony Pantin enseigna pendant
une courte période à St Mary’s
College avant d’embarquer pour
le Canada. Il entra au noviciat de
la Congrégation du Saint-Esprit
au Canada en 1946 et obtint, de
l’Université de Montréal, sa licence
de philosophie. Il retourna alors
à Trinidad en 1949 où il enseigna
pendant trois ans à St Mary’s
College. En 1952, il partit pour
Dublin, Irlande, pour ses études de
théologie. Il y fut ordonné prêtre le
3 juillet 1955 et fut envoyé comme
prêtre missionnaire en Guadeloupe
jusqu’en 1959. Il revint alors à
Trinidad pour enseigner à Fatima
College, à Port-of-Spain, jusqu’en
1964. En 1965, le voilà de nouveau
à St Mary’s College où il fut élu
supérieur de sa congrégation
jusqu’en 1967. En novembre de
cette même année, le Pape Paul VI
le nomma Archevêque de Port-of-
Spain, poste laissé vacant par la
résignation du légendaire Comte
Patrick Finbar Ryan. Son ordination épiscopale eut lieu le 19 mars 1968
à la Cathédrale de l’Immaculée-
Conception. Sa devise d’archevêque
fut :
Tout à tous. Pendant ses
trente-deux ans d’épiscopat, il fit
d’inlassables efforts pour rester
fidèle à cette devise.
Monseigneur Galt, ancien évêque
de Barbade, qui était son ami
proche depuis l’école, se souvient
qu’il avait une facilité à rencontrer
d'égale manière les personnes
de toutes classes sociales. Il
était aussi capable de reprendre
quelqu’un s’il était convaincu
que cette personne avait fait
quelque chose de mal, mais ses
réprimandes étaient toujours
faites avec amour. Il se montrait
particulièrement attentif à enrichir
la vie des personnes défavorisées. Il insistait pour voir tous ceux qui
se présentaient, prenait tous les
appels téléphoniques et écrivait
un nombre impressionnant de
lettres aussi bien dans le pays
qu’à l’étranger. Il était connu pour
son humour, son amour pour les
pauvres, son respect de la vie. Le
jour de Noël, c’était son grand
plaisir de visiter les hôpitaux, les
maisons pour personnes âgées
et indigents : là, il se plaisait à
bavarder et chanter avec les
résidents.
Il fonda le Mary Care Centre pour
accueillir les jeunes adolescentes
enceintes. Dans ses sermons, il avait
coutume d’attirer l’attention sur le
nombre important de personnes
sans abri et seules. On se souvient
de son rôle de médiateur dans les
deux périodes troublées que furent
le mouvement Black Power et le
Coup d’Etat de 1990. Nombreux
sont ceux qui se réfèrent encore
aux encouragements qu’ils ont
reçus de lui à l’occasion de crises
personnelles. Il fut un membre
fondateur de l’Organisation inter-
religieuse de Trinidad et Tobago
qu’il présida un temps. Il fut
également très actif au sein de
la Conférence des Evêques des
Antilles. « Tony », comme on le
nommait affectueusement, servit
trente-deux ans comme pasteur
de l’Eglise catholique à Trinidad
et Tobago. Il était un humaniste,
le prêtre du peuple. Il mourut le
12 mars 2000, laissant un riche
héritage.
n
Vers la béatification
L’Archidiocèse de Port-of-Spain, Trinidad, vient de vivre un moment de joie sans
précédent : l'ouverture officielle de l'enquête diocésaine concernant la cause de
béatification du regretté Archevêque Gordon Anthony Pantin, C.S.Sp.
Mgr Anthony Pantin
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Eglise dans la Caraïbe
Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474
8
P
our la pre-
mière fois en
quatre cents
ans d’évangélisa-
tion de la région des
Caraïbes, « première
zone des Amériques à
avoir écouté la Bonne
Nouvelle du Christ »,
le Cardinal Préfet en
charge des "Jeunes
Églises" visitait cette
région. Après le Venezuela, où
il a représenté le Saint-Père au
Congrès missionnaire latino-amé-
ricain à Maracaïbo, il s’est rendu
à Trinidad, siège de la Conférence
des Evêques des Antilles, pour y
rencontrer à Port-of-Spain les
évêques membres de cette confé-
rence. Il a ensuite visité quelques
diocèses de la région, dont la
Jamaïque, Sainte-Lucie, puis la
Martinique et la Guadeloupe,
avant de regagner Rome le mer -
credi 4 décembre 2013.
Le Cardinal s’est d’abord rendu
à Radio Saint-Louis où il a tenu
un point presse. Ce fut pour lui l’occasion de rencontrer le
fondateur de la station, Mon-
seigneur Gaston Jean-Michel,
qui lui a remis un exemplaire du
livre qui lui est consacré et qui
décrit, dans sa seconde partie,
l’évangélisation des Antilles et de
la Martinique à partir du 17 ème
siècle. A la question
d’un journaliste
sur la montée de
la violence dans
nos sociétés, il a
répondu en attirant
l’attention sur la
sélection opérée
par la presse dans
la diffusion des
informations : un arbre
tombe, on en parle
aussitôt, mais on ne
voit pas la forêt qui
continue de pousser
et qui nous permet
pourtant de respirer !
Le bien ne fait pas de
bruit, mais il est partout
présent : il convient d’en
rendre compte aussi. Il
a alors appelé chaque
chrétien à être témoin du Christ, à
pratiquer, sans se lasser, les vertus
de charité et de générosité comme
l’a fait Mère Teresa.
Après avoir visité les installations
de la radio diocésaine et l’église
Emmaüs, le Cardinal Filoni,
Visite du Cardinal Fernando
Filoni en Martinique
C’est une journée de fête et de joie qu’a vécue l’archidiocèse de Saint-Pierre et
Fort-de-France ce mardi 3 décembre 2013, en accueillant en visite officielle le
Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisa\
tion des
Peuples. Il était accompagné du Délégué apostolique pour \
les Antilles et la
Guyane, Mgr Nicola Girasoli.
Le Cardinal Filoni face à la presse à Radio Saint-Louis
Question de journaliste
Arrivée à la cathédrale Saint-Louis
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Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474
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Mgr Girasoli et Mgr Méranville se
sont rendus à la cathédrale Saint-
Louis où ils ont été accueillis par le
curé de la cathédrale, le père Jean-
Michel Monconthour,
et ont eu la joie de
prier l’office du milieu
du jour avec les prêtres,
les diacres et les fidèles
de la Martinique qui les
attendaient nombreux.
C’est le délégué de
l’Évêque à la Liturgie, le
père Wilfried Bannais,
qui a animé l’office,
accompagné à l’orgue
par le père Patrick
Phanor.
Dans son intervention, Mon-
seigneur Méranville a remercié Son
Eminence de sa visite et a présenté
brièvement son diocèse, avant
de donner la parole à quelques
responsables diocésains (catéchèse
et catéchuménat, enseignement
catholique, jeunes et vocations,
famille). Dans sa réponse, Son Éminence
a redit toute la joie qu’il éprou-
vait à être présent dans cette
cathédrale de Fort-de-France au
milieu du peuple de
Dieu pour prier avec
lui et rendre grâce au
Seigneur pour la foi
de la Martinique.
A la fin de son inter
-
vention écoutée par
tous avec une atten-
tion toute particu -
lière, Son Éminence a appelé tous les fidèles présents à
prier pour lui et pour la mission que
lui a confiée le Saint-Père à la tête
de la Congrégation pour l’Évangé-
lisation des P
euples : Je vous
remercie pour l’amour que
vous avez pour l’Église. Je
vous assure de ma prière, de
mon affection ; priez pour
moi et soutenez ma mission
par vos prières. Avec saint
François- Xavier, Patron des
missions, je vous salue et vous
donne ma bénédiction !
Michel Déglise n
A la fin de la célébration, nous avons demandé
au père Luc Philippon, D.E.I., de nous dire ce
qu’il retenait de cette visite :
« Cette visite, le jour de la fête d’un grand
missionnaire de l’Asie, saint François-Xavier,
nous donne de l’élan pour entrer dans la
nouvelle évangélisation dans laquelle la
Martinique est engagée, sans complexe, en
comptant avec assurance sur l’Esprit Saint, le
grand agent de l’évangélisation.
La joie de l’Évangile, c’est Jésus qui vient à
la rencontre de notre humanité. Le Cardinal-
Préfet, qui a reçu du Pape François la mission
d’accompagner et d’encourager l’action
d’évangélisation, nous fortifie dans notre
joie d’être missionnaire ici, dans notre Eglise
particulière. Retenons ses paroles dans la
cathédrale Saint-Louis : "La Martinique peut
ressembler à la barque que Notre Seigneur
Jésus empruntait pour traverser le lac de
Tibériade afin d’aller annoncer l’espérance
de la Bonne Nouvelle. Vous aussi, allez
aux périphéries annoncer l’Évangile, allez
témoigner de la foi !" ».
Départ de la cathédrale
Baiser au crucifix Office du milieu du jour
A la sortie, la foule s'empresse autour du Cardinal
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Dimanche 15 décembre 2013
La vie en rose
Et si, ce dimanche, nous voyions la vie en rose ?
L a P arole D ominicale
3 ème dimanche de l’Avent – Année A
F
ortifiez les mains défaillantes,
dites aux gens qui s’affolent :
‘prenez courage, ne craignez
pas, voici votre Dieu’. Ces
magnifiques paroles du prophète Isaïe
déterminent la couleur liturgique de
ce dimanche : le rose. Alors que le
temps de l’Avent est marqué par le
violet d’une obscurité dans laquelle
pointe déjà la Lumière du Sauveur,
en ce 3 ème dimanche de l’Avent, le ciel
s’éclaircit encore : Prenez courage,
voici votre Dieu. La Lumière d’en-haut
approche, elle vient nous visiter : le violet
s’éclaircit, il passe au rose, comme le
ciel avant l’aurore. Le Seigneur vient
bientôt, réjouissons-nous déjà : c’est
le
Gaudete , le dimanche de la joie.
L’Eglise nous offre donc aujourd’hui
le temps d’une pause joyeuse dans
notre pèlerinage de l’Avent ; le temps,
aussi, de reprendre conscience de cette
proximité du Sauveur et de tout ce que
cela implique dans nos vies. Il vient
bientôt, le Messie, tout bientôt ! Ce
n’est pas encore maintenant, mais nous
avons la joyeuse certitude qu’il va venir
pour nous sauver.
Ce dimanche en rose nous appelle donc
à la patience. Non pas une patience qui
nous crispe, mais une patience joyeuse !
Saint Jacques, dans la deuxième lecture,
nous invite à contempler la nature :
Voyez le cultivateur : il attend les
produits précieux de la terre avec
patience. La récolte va venir, mais il faut
laisser le temps du mûrissement. Notre
stress, notre rapport crispé au temps
et notre désir de « tout avoir tout de
suite » trouvent sans doute leur cause
dans notre rupture avec le rythme
de la nature. Car le Seigneur, par la
nature, prend son temps pour déployer
la beauté et faire porter du fruit. « C’est
le temps que tu prends pour ta rose
qui rend ta rose si importante », disait
Antoine de Saint-Exupéry… Nous voici
de nouveau renvoyés à la rose !
Si cette couleur liturgique évoque
l’aurore avant le jour, elle vient aussi nous
dire qui est Celui dont nous attendons
patiemment la venue. Mélange du rouge
et du blanc, les deux couleurs divines
qui symbolisent l’amour et la pureté,
le rose annonce cette rencontre de la
plénitude de l’Amour et de la Sainteté
en la personne du Christ : le Dieu Saint va
prendre chair. Le rouge et le blanc vont
se mêler en sa personne : la virginité et
le martyre, l’Eucharistie et le sang de la
croix, mêlés, en un seul mystère, celui
de notre salut.
La couleur rose – et la fleur qui a repris
son nom – évoque aussi la bonne
odeur. Odeur de la sainteté dit-on
et plus encore de Marie ; odeur plus
sublime du Sacrement du Pardon
quand l’Eglise nous sort de la mauvaise
odeur du péché par la grâce du Crucifié-
Ressuscité qui, comme une rose foulée
sous nos pieds, dégage la bonne odeur
du Pardon, de la Miséricorde du Père.
Comme une rose de bonne odeur,
notre vie est déjà embaumée par la
présence du Sauveur qui doit venir.
Et pourtant, combien de fois, malgré la
présence du Seigneur et l’attente de son
retour, nos vies ne sentent pas la rose
mais plutôt la mauvaise odeur de nos
péchés ? Cette mauvaise odeur dont
saint Jacques a évoqué l’un des aspects
les plus laids, en nous prévenant :
Ne gémissez pas les uns contre
les autres. Tous nos gémissements,
critiques, jalousies et malveillances, tout
cela sent très mauvais ! Et Lucien de
Samosate, philosophe du deuxième
siècle, reconnaissait avec tristesse : « Ils
ne voient pas la rose, mais ils scrutent
attentivement les épines sur la tige ».
Au nom du Christ, dont la bonne odeur
a été répandue en nous par le Saint
Esprit, nous ne pouvons pas scruter
chez les autres les épines de leurs
défauts, en omettant de voir les roses
de leurs qualités.
Mais revenons à la couleur rose. Elle n’a
pas franchement bonne presse ; couleur
plébiscitée par les fillettes, beaucoup
de prêtres rechignent à l’employer en
ce 3
ème dimanche de l’Avent, comme
au 4 ème dimanche du Carême. Le rose
est une couleur considérée comme
éphémère et fragile, qui porterait à
l’instabilité. C’est, pourrait-on dire, cette
instabilité du rose qui touche Jean-
Baptiste au cœur de sa prison. Lui qui,
dimanche dernier, avait annoncé la
venue du Messie en reconnaissant :
Celui qui vient derrière moi est plus
puissant que moi,
le voilà aujourd’hui
déstabilisé. Alors il interroge le Christ :
Es-tu celui qui doit venir ou devons-
nous en attendre un autre ? C’est
qu’entre-temps il a entendu les paroles
déroutantes de Jésus et il a vu ses
actes de miséricorde ; voilà de quoi
être déstabilisé par rapport à l’attente
d’un Roi Messie ! D’autant que le
Baptiste qui annonçait le Libérateur se
retrouve désormais enfermé en prison :
il expérimente exactement le contraire
de ce qu’il annonçait ! N’y a-t-il pas de
quoi être profondément déstabilisé ?
Isaïe 35,1-6a.10 • Psaume 145 • Jacques 5,7-10 • Matthieu 11,2-11
(suite page 13)
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Liturgie
Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474
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D
ans la célébration de la
nuit, Isaïe nous redit avec
force l’éclat de joie qui
s’empara du peuple d’Israël lors
de l’annonce qui lui est faite de
la fin de son exil à Babylone et
de son retour vers la terre de ses
ancêtres ; vers Jérusalem, la ville
de la paix, vers la demeure de Dieu
parmi les hommes :
Le peuple qui
marchait dans les ténèbres a vu
se lever une grande lumière ; sur
ceux qui habitaient le pays de
l'ombre, une lumière a resplendi
(Is 9,2).
Cette joie lumineuse est
aujourd’hui parmi nous, au milieu
de nous, et, espérons-le, en nous.
Elle est provoquée par cet enfant,
ce bébé, couché dans la paille
d’une mangeoire, entouré de ses
parents… Elle est dans le regard de
l’immigré qui trouve une place à
notre table ! Elle est dans les yeux
du vieillard ou du malade qui sent
une présence amie à ses côtés !
Elle est dans les yeux de l’enfant
qui se sent aimé et protégé par
ses parents…
Ecoutons ce que le pape François
dénonce comme contraire à
cette joie lorsqu’il écrit, dans son
Exhortation apostolique : « Le grand
risque du monde d’aujourd’hui,
avec son offre de consommation
multiple et écrasante, est une
tristesse individualiste qui vient
du cœur bien installé et avare, de
la recherche malade de plaisirs
superficiels, de la conscience isolée.
Quand la vie intérieure se ferme sur
ses propres intérêts, il n’y a plus de
place pour les autres, les pauvres
n’entrent plus, on n’écoute plus
la voix de Dieu, on ne jouit plus
de la douce joie de son amour ;
l’enthousiasme de faire le bien ne
palpite plus. Même les croyants
courent ce risque... Beaucoup y
succombent et se transforment en
personnes vexées, mécontentes,
sans vie. Ce n’est pas le choix d’une
vie digne et pleine, ce n’est pas le
désir de Dieu pour nous, ce n’est
pas la vie dans l’Esprit qui jaillit du
cœur du Christ ressuscité ».
Nous voici renvoyés par le Pape
à l’esprit de Noël. Cet esprit n’est
pas un esprit de mondanité,
de jouissance sans frein, de
multiplication de dépenses…
L’esprit de Noël, c’est ouvrir nos
yeux et nos cœurs à la merveille
fragile et pure d’une Parole
créatrice (le Verbe dont parle saint
Jean) qui prend chair pour nous
redonner vie et nous conduire vers
l’Amour total et définitif en Dieu.
Pour cela, il faut écouter la voix de
Dieu, jouir de la douce joie de son
amour, être enthousiaste à faire
le bien !
Toujours dans l’Exhortation
apostolique du Pape François :
« L’amour de Jésus que nous avons
reçu, l’expérience d’être sauvés
par lui… nous pousse à l’aimer
toujours plus ». C’est cet amour
qui prend chair en ce jour de Noël ;
c’est cet amour que nous venons
contempler aujourd’hui et dans
les jours à venir, cet amour dont la
Parole sera demain source de salut
pour les hommes et les femmes qui
l’écouteront et la vivront. Pour le
moment, nous le contemplons,
nous emplissons nos cœurs et nos
âmes d’un regard de bébé qui nous
sourit pour nous dire déjà combien
il a confiance en nous ; combien il
attend que nous l’aimions comme
il nous aime. Mystérieusement,
c’est ce bébé qui vient nous sauver.
Si nous fermons les yeux sur la
souffrance du monde, si nous
fermons les yeux sur celui dont
nous devons nous faire proches,
comment pourrions-nous voir Dieu
dans cet enfant de la crèche ?
Angelus Silesius, poète et mystique
allemand du XVII ème siècle, exprime
d’une manière forte le sens de
Noël : Quand le Christ serait
né mille fois à Bethléem, s’il ne
naît pas en toi, tu es perdu pour
l’éternité.
Jésus doit naître chaque jour à ce
monde pour l’éclairer et le faire
vivre car
Il est la vraie Lumière,
qui éclaire tout homme en venant
dans le monde , nous dit saint Jean.
Désormais notre mission sera de
faire naître Christ en nous, de faire
grandir Christ par nous, par nos
paroles et nos gestes… Il y va de
notre vie… C’est notre mission de
baptisés.
P. Bruno Latour, C.S.Sp,
curé du François
n
Méditation de Noël
à partir de l’Exhortation apostolique La joie de l’Evangile du Pape François
Aujourd’hui la Parole créatrice se fait chair pour nous élever vers Dieu…
Noël rassemble tous les chrétiens, ceux qui viennent habituellement à la messe
et ceux qui se situent plus à la périphérie. Chacun vient vivre dans la foi la
venue au monde de Celui que, à la suite d’Israël, tous les peup\
les attendent.
Ce bébé, fragile et pauvre, n’est autre que le Prince de la Paix, le don de Dieu
aux hommes…
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Droit canonique
Les huiles sont bénites par
l’Evêque
L'Evêque doit être considéré comme
le grand prêtre de son troupeau,
de qui découle et dépend, d'une
certaine façon, la vie dans le Christ des
fidèles qui lui sont confiés. La messe
chrismale qu'il célèbre (au cours de
la semaine sainte) avec les prêtres
provenant de tout son diocèse et au
cours de laquelle il consacre le saint-
chrême et bénit les autres huiles doit
être tenue pour l'une des principales
manifestations de l'union étroite
des prêtres avec lui (1). Le chrême
à utiliser dans le sacrement de
confirmation doit être béni par
l'évêque, même si c'est un prêtre
qui administre le sacrement (canon
880, §2).
L’Evêque est donc le seul à pouvoir
bénir ces huiles. Cependant, ce principe
souffre de quelques exceptions. En
effet, le canon 999 prévoit :
Outre
l'Evêque, peuvent bénir l'huile
destinée à l'onction des malades :
§1 ceux qui par le droit sont
équiparés à l'Evêque diocésain,
c'est-à-dire ceux qui sont à la tête des
communautés de fidèles autres que
des diocèses comme, par exemple,
la prélature territoriale et l'abbaye
territoriale, le vicariat apostolique
et la préfecture apostolique, ainsi
que l'administration apostolique
érigée de façon stable. Ces pasteurs
qui ne sont pas obligatoirement des
évêques peuvent bénir, comme un
évêque, l’huile pour les malades.
Exceptionnellement, peut aussi
bénir cette huile, tout prêtre, en
cas de nécessité, mais seulement
au cours même de la célébration
du sacrement
(§2 du canon 999). La
première condition prévue : en cas de
nécessité, est importante. Car il ne
s’agit pas d’une question de simple
confort pratique, mais d’unité de
l’Eglise et des sacrements. Le principe
est que l'huile n’est bénite que par le
seul pasteur d’une Eglise particulière
diocésaine. C’est ainsi qu’une
deuxième condition est prévue pour
la bénédiction exceptionnelle de cette
huile par un prêtre. Elle pourra être
bénite, seulement au moment de la
célébration. En conséquence, si les
conditions de nécessité l’obligent, il
ne faut jamais bénir plus d’huile qu'il
n'est nécessaire pour la célébration.
S'il y en a un peu trop, l'excédent
sera recueilli dans un coton et brûlé
rapidement.
Les huiles sont transmises par
l’évêque aux prêtres
Le curé demandera les saintes
huiles à son Evêque propre et
les conservera avec soin dans un
endroit décent (canon 847, §2) . Par
ce canon, le code protège l’unité
de l’Eglise et prévient tout abus,
sectarisme et schisme en son sein.
Pour rappel, on se souviendra que
le diocèse est la portion du peuple
de Dieu confiée à un Evêque pour
qu'il en soit, avec la coopération
du presbyterium, le pasteur, de
sorte que dans l'adhésion à son
pasteur et rassemblée par lui dans
l'Esprit Saint par le moyen de
l'Evangile et de l'Eucharistie, elle
constitue une Eglise particulière
dans laquelle se trouve vraiment
présente et agissante l'Eglise du
Christ, une, sainte, catholique et
apostolique
(canon 369).
Les ministres des onctions
Pour le baptême, le ministre est
l'Evêque, le prêtre et le diacre... Si
le ministre ordinaire est absent ou
empêché, un catéchiste ou une autre
personne députée à cette charge
par l'Ordinaire du lieu confère
licitement le baptême, et même,
dans le cas de nécessité, toute
personne agissant avec l'intention
requise
(canon 861). Si le baptême
est célébré en cas de nécessité et dans
le cas de danger de mort, l’onction
sera faite ultérieurement par un
ministre clerc. Les laïcs ne peuvent
faire que l’ondoiement (baptiser avec
de l’eau), le complément du baptême
avec l’onction d’huile est par la suite
réalisé par un clerc.
Pour la confirmation, le canon 882
stipule :
L'Evêque est le ministre
ordinaire de la confirmation ;
le prêtre, muni de cette faculté
en vertu du droit universel ou
d'une concession particulière de
l'autorité compétente, confère lui
aussi validement ce sacrement. Par
ailleurs, ont de plein droit la faculté
d'administrer la confirmation, dans
les limites de leur ressort, ceux
qui sont équiparés par le droit
à l'Evêque diocésain... le prêtre
qui, en vertu de son office ou par
mandat de l'Evêque diocésain,
baptise quelqu'un sorti de l'enfance
ou admet à la pleine communion de
l'Eglise catholique quelqu'un déjà
baptisé... et pour les personnes en
danger de mort, le curé et même
tout prêtre
(canon 883).
Pour le sacrement des malades,
tout
prêtre, et seul le prêtre, administre
validement l'onction des malades.
C'est le devoir et le droit de tous
les prêtres qui ont charge d'âmes
d'administrer l'onction des
malades aux fidèles confiés à leur
office pastoral ; pour une cause
raisonnable, tout autre prêtre peut
administrer ce sacrement, avec le
consentement au moins présumé
du prêtre dont il s'agit plus haut
(canon 1003). Parce que le sacrement
des malades est lié à la conversion,
au pardon des péchés et donc au
sacrement de la réconciliation, les
diacres ne peuvent pas administrer
l’onction des malades.
Pour le sacrement de l’ordre, le
ministre de l'ordination sacrée est
l'Evêque consacré et seulement
l’évêque consacré (canon 1012).
P. Jean-Max Renard, Vice-Official n
Les onctions
(4)
(1) Ordo benedicendi oleum catechumenorum et infirmo- rum et conficiendi chrisma, n° 1
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Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474
13
Le dimanche 24 novembre 2013, dans l’après-midi, environ mille jeunes des
différentes paroisses du diocèse, portant des tee-shirts aux couleurs de leurs
districts, avaient répondu à l’invitation du délégué d\
e l’évêque à la Pastorale des
jeunes et des vocations, le père Emmanuel Chaulvet.
L
e rendez-vous était donné
à l’église Sainte-Face de De
Briant. Ce fut une royale
après-midi que le Seigneur, le Roi
des rois, nous a donné de vivre
dans la joie, la louange, puis
l’adoration eucharistique avec un
recueillement des jeunes qui mérite
d’être souligné et encouragé.
Le Pape François introduisait ainsi
son homélie à la messe du jour :
"Aujourd’hui, la Solennité du Christ,
Roi de l’univers, couronnement
de l’année liturgique, marque
également la conclusion de l’Année
de la Foi promulguée par le pape
Benoît XVI, pour qui nous avons
une pensée pleine d’affection et de
reconnaissance pour ce don qu’il
nous a fait. Avec cette initiative
providentielle, il nous a donné la
possibilité de redécouvrir la beauté
de ce chemin de foi qui a débuté
le jour de notre baptême, qui nous
a faits fils de Dieu et frères dans
l’Eglise".
La foi est bien un don de Dieu,
une force qui permet de déplacer
les montagnes, de traverser les
épreuves les plus redoutables
comme la dévastation
de Tacloban City aux
Philippines et, dans
une moindre mesure,
l’incendie du local de
la Banque alimentaire
de Martinique. Devant
de telles épreuves, la
méditation du livre
de Job n'est-elle pas
un puissant secours
spirituel pour nourrir
en nous la Foi ? Car
nous pouvons tous nous
poser la question : où en
est notre foi ?
Saluons le travail de
transposition du livre de
Job en nos catégories
créoles par le père
Hugues Lafine qui, en
excellent exégète, ne dénature pas le texte sacré. Et
félicitons les jeunes qui ont mimé,
de belle manière, de larges extraits
de ce livre mettant en évidence
la foi qui tient bon en dépit des
épreuves.
Michel Déglise n
La Pastorale des jeunes
clôture l’Année de la Foi
Mais le Christ ne va pas nous laisser
dans l’instabilité du rose : bientôt,
nous verrons la blanche lumière
de sa venue. Alors, dans l’attente
de cette manifestation lumineuse,
Jésus répond à Jean-Baptiste en
appelant ses disciples à témoigner
de leur espérance : Allez rapporter
à Jean ce que vous entendez et
voyez. Témoigner, faire mémoire
des merveilles du Seigneur, c’est un
rempart assuré contre toutes les
tentations du doute.
Alors, si la couleur de l’espérance,
c’est le vert – parce qu’il évoque le
Jardin du paradis – le soutien de
notre espérance, c’est certainement
le rose : au cœur de nos instabilités,
nous avons la certitude que le
Seigneur vient, la certitude que le
Soleil va bientôt éclairer la terre et
dissiper la nuit. Maranatha ! Viens,
Seigneur Jésus !
P. Patrick-Alexis Phanor,
curé de Morne-Rouge/Prêcheur
n
(suite de la page 10)
Le P. Hugues Lafine donne la parole aux enfants
Adoration recueillie
Des jeunes très attentifs à la mise en scène du livre de Job
Page 14
Vie du diocèse
I
l y a moins de deux
mois, à l’initiative
du père Pierre Hen-
derson, curé de Saint-
Hyacinthe du Lorrain,
d’une équipe de laïcs de
la paroisse, et avec l'ac-
cord de notre Evêque,
naissait la première école
de prière pour enfants,
jeunes et adultes, dans
notre diocèse de la
Martinique.
Pour mener à bien ce
projet qui a été mûrement
pensé et porté dans la
prière pendant trois ans,
nous avons bénéficié
de l’aide précieuse de
sœur Marie-Philippe,
frère Edouard et Josiane,
expérimentés dans le
domaine.
Du 21 au 25 octobre
2013, le décor avait été
planté à la maison de la
culture, mise à notre disposition
par le Maire de la Ville du Lorrain,
que nous remercions encore. Cet
aménagement, qui mettait en
évidence le pupitre, le livre de la
Parole, le siège du prêtre, l’autel,
a revêtu différents aspects selon
le thème du jour.
Les adultes se sont retrouvés
le matin dès 6h30, avec les
pères Filopon et Henderson
pour un temps de prière avec
l’apprentissage de récitatifs et le
soir, à 17h, pour un enseignement
et une célébration. Les enfants et les jeunes étaient pris en charge
de 9h à 16h (enseignement,
louange, apprentissage de
récitatifs, ateliers). Le dernier jour,
une eucharistie a réuni petits et
grands, épanouis et rayonnants
de bonheur.
La pratique du récitatif est un
temps pour accueillir la Parole de
Dieu avec tout son être. En effet,
le corps de celui qui récite, son
affectivité, son intelligence, son
histoire sont impliqués dans la
réception globale de la Parole ;
grâce à eux, elle s’inscrit de manière
active dans la mémoire.
La mélodie et les gestes
rendent attentif à
chaque détail du texte,
ils viennent amplifier
la perception de la
Parole. Il ne s’agit pas
d’une « expression »
ou d’un mime, mais
d’une « impression »
en soi de la Parole de
Dieu. La personne
qui conserve la Parole
dans la mémoire de
son cœur la perçoit de
façon vivante en elle et
elle a de la facilité pour
la faire fructifier.
Les enfants et les
jeunes ont porté un
intérêt particulier aux
activités qui leur étaient
proposées dans les
ateliers, ce qu’illustrent
abondamment les
photos prises par les
jeunes de l’Atelier
« Photographie ».
Sœur Marie-Philippe nous a
récemment informés de l’utilisation
de nos photos pour une formation
de catéchistes à Bayonne et pour
le 30 ème anniversaire des Ecoles de
Prière de France qui s’est déroulé
du 9 au 11 novembre au Puy-en-
Velay.
Le temps du bilan passé, l’heure
est maintenant à la préparation
de la prochaine session !
Pour l’équipe, Léa Joly n
Ouverture d’une école de prière
à la paroisse Saint-Hyacinthe du Lorrain
Il y a trente ans, à l’initiative de Jean Fournier, jésuite, et d’une équipe de prêtres
et laïcs du Puy-en-Velay, naissait la première école de prière pour enfants et
jeunes. Depuis, ce sont maintenant une vingtaine de diocèses en Franc\
e qui
organisent une ou plusieurs écoles de prière dans l’année.
Le frère Edouard et sœur Marie-Philippe initient au récitatif…\
… et les participants s'y essaient
Page 15
Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474
15
Le forum du mouvement Chrétiens dans le Monde Rural (CMR) a permis de
présenter à un public de choix les principaux problèmes que l’on rencontre sur la
gestion écologique et économique de l’eau à la Martinique.
La problématique de l’eau en Martinique
Forum du CMR
L
a présentation d’un
diaporama a fait ressortir
en plusieurs chapitres la
présence, l’utilisation et la gestion
de l’eau, de la Création (référence
aux principaux textes bibliques) à
nos jours.
Il a fallu faire prendre conscience aux
participants de la générosité de la
nature qui déverse annuellement sur
la Martinique 2 705 millions de mètres
cubes d’eau dépourvue de toute
pollution : « ces cristaux, brumes,
gouttelettes métamorphosent
la nature et offrent de véritables
instants de bonheur ».
Cette eau, qualifiée par certains de
cristalline, suit un parcours plus ou
moins connu et se charge en route
de pollutions visibles et invisibles
pour, en fin de course, se déverser
dans la mer. C’est au cours de ce
processus, et dans des conditions
sanitaires relativement bien
maîtrisées, que quatre syndicats
martiniquais de la gestion de l’eau
(CACEM pour le centre, SCCCNO
pour le nord-est, SCNA pour le
nord atlantique et SICSM pour le
centre et le sud), ainsi que la ville
du Morne-Rouge agissant pour son
propre compte, traitent environ 53
millions de mètres cubes d’eau par
an, nécessaires aux usagers.
Ainsi, comme l’a si bien martelé
M. José Nosel, administrateur
territorial, « la Martinique ne risque
pas de manquer d’eau, mais risque
d’en connaître une certaine pénurie
parce que nous ne pourrons pas
l’utiliser ». En effet, il y a un risque
majeur lié à la pollution et il y a aussi
le risque d’écarter de cette ressource
une partie de la population à cause de son prix élevé
(4,45
le mètre cube en
Martinique contre 3 en
Métropole). Pour cette
raison, l’harmonisation
du prix de l’eau reste une
priorité.
M. Didier Camy, de l’Agence
Régionale de Santé (ARS), se
veut cependant rassurant :
« Nous contrôlons la qualité de
l’eau en Martinique ». Il met en
garde contre l’eau de nos sources
(165 recensées : 126 analysées dont
107 contaminées par des germes
témoins de contamination fécale,
soit 85%, et 19 sources indemnes
de contamination, soit 15%). Il
conclut en rappelant que « la
consommation d’eau des sources
de bord de route est déconseillée :
cette eau est déclarée impropre à la
consommation ».
Avec M. Joël Choux, de l’entreprise
PROCAP, nous apprenons que
la récupération et l’utilisation
de l’eau pluviale sont beaucoup
plus développées en milieu rural.
Il renforce ainsi le constat des
membres du CMR qui préconisent
l’installation accompagnée de
citernes de récupération de l’eau
de pluie.
Mme Myriam Malsa, représentant
le Conseil général, a, de son côté,
précisé les enjeux pour la protection
des captages : gérer durablement les
ressources disponibles, préserver les
milieux aquatiques et les périmètres
de captage.
L’animateur du forum, M. Hugues
Daniel Joseph, a, quant à lui,
insisté sur l’action du CMR et sur
l’urgence d’une prise de conscience
collective de la gestion de l’eau à la
Martinique. Il suggère :
- Au sujet des dégâts causés par les
pluies diluviennes et des risques
d’obstruer les sources naturelles,
de tenir compte des observations
des riverains avant d’entreprendre
le tracé d’une route, d’un ouvrage
d’art, d’un lotissement : cela
éviterait bien des catastrophes et
problèmes en aval. Les participants
se sont alors souvenus du récent
glissement du Morne Calebasse
ou encore de l’effondrement du
lotissement de la ville du François
ainsi que celui de la route du Gros-
Morne.
- De mobiliser de façon officielle
tous les médias (presse, radios,
télés) pour fédérer l’ensemble du
peuple martiniquais et construire
une véritable conscience collective
autour de l’eau.
L’adhésion de tous les participants
s’est traduite par cette chanson
bien connue des membres des
associations d’action catholique :
Un nouveau monde se lève, la terre
chante en nos mains ; la création
s’achève par le travail humain.
(suite page 17)
Au premier plan : M. José Nosel et M. José Marie-Louise
Ouverture d’une école de prière
à la paroisse Saint-Hyacinthe du Lorrain
Page 16
Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474
16
A l'échelle mondiale, les études montrent que 1 300 milliards de tonnes de produits
alimentaires par an sont gaspillés, soit un tiers de la production totale. Un vaste
gâchis causé pour sa plus large part par la consommation des ménages (42 %),
mais aussi par l'industrie agroalimentaire, les détaillants et la restauration.
Le gaspillage alimentaire
D
ans notre île, le phénomène
peut prendre une ampleur
similaire, surtout en cette
période de fêtes. Comment expli-
quer et tenter de relever ce défi
"anti-gaspi" ? Quelques réponses
nous sont données par M
me Sonia
Macabre, titulaire d’un Master 2
Ingénierie de l'insertion, formatrice
et coach professionnel certifié.
Eglise en Martinique :
Peut-on avoir une définition de ce
qu’est le gaspillage ?
Sonia Macabre : Pour nous
travailleurs sociaux, le gaspillage c’est
dépenser avec excès et inutilement,
car c’est la consommation exces-
sive qui induit principalement
les phénomènes de gaspillage.
D’ailleurs, il n’y a pas besoin d’avoir
beaucoup d’argent pour gaspiller,
car on a le sentiment que, s’il y a des
personnes qui ont des ressources
et qui dilapident leurs revenus, il
y a aussi une part importante
de la population avec de petites
ressources qui gaspille énormément.
En effet, bien souvent, pour exister,
les personnes ont besoin de
consommer. Elles vont alors dans des
achats alimentaires, vestimentaires,
d’équipements ou autres excessifs,
alors qu’ils pourraient gérer
différemment leur budget.
EeM : A la Martinique, qui
sont les principaux responsables
du gaspillage et dans quelle
proportion ?
S.M. : Je dirais que, à tous les
niveaux, nous sommes tous des
gaspilleurs. C’est presque une
seconde nature nationale, et bien
entendu martiniquaise. L’homme
moderne vit, on le sait, dans une
société de consommation, alors il
gaspille son argent, sa santé, voire
même ses relations sociales. Ainsi,
nous perdons parfois notre temps
à nouer des relations qui sont
toxiques pour nous et pour nos
proches. On gaspille aussi le temps
à faire des choses parfaitement
négatives : par exemple, « prendre
des ‘milans’ sur le dos de la
voisine », diffuser autour de soi
des médisances ou bien faire
du lèche-vitrines alors qu’on se
sait influençable et endetté. Ce
temps, dirais-je gaspillé, aurait
pu servir au contraire à visiter
quelqu’un dans le besoin, ou
encore à tenir compagnie à une
mamie isolée, ou, pourquoi pas,
à s’enrichir culturellement dans
un musée ou une exposition.
A contrario, une société où le
développement économique
est moindre subira sans doute
moins les affres des tentations
liées aux biens de consommation
qui, de toute manière, ne sont
pas exposés au regard et dont on
ignore parfois même l’existence.
Allez donc parler de tablettes
numériques ou de portables de
dernière génération à un habitant
du Sahel, dont le seul besoin est
de trouver un peu d’eau potable
pour la journée !
EeM : Quelles en sont les
conséquences ?
S.M. : Les conséquences sont
elles aussi à plusieurs niveaux.
Tout d’abord, du point de vue
économique, cela va créer un
trou financier dans le budget.
Mais, pour nous qui travaillons
au contact de toutes les couches
de la population, nous observons
qu’en dépit d’un consumérisme à
outrance, il existe tout de même
une très grande frustration chez
beaucoup de nos compatriotes.
On achète, mais le plus souvent
on n’est pas content de soi, on
n’est pas satisfait, et ceci d’autant
plus qu’on a plus d’argent. En fait,
le besoin psychologique que l’on
avait d’acheter n’est pas nourri.
EeM : Il est courant d’expliquer
ce consumérisme par le fait que
Société
Page 17
Par ailleurs, honorés de la présence de
Mme Gwladys Kpohlo, responsable de la
formation au CMR national, nous avons
reçu les encouragements du conseil
d'administration et du président national,
M. Xavier Bonvoisin.
Il nous invite à perpétuer la dimension
internationale du mouvement CMR, ainsi
qu'à permettre une prise de conscience
des réalités martiniquaises : "Vous
travaillez aujourd'hui la question de
l'eau sur votre territoire. Nous sommes
impatients de connaître le fruit de vos
réflexions et nous ne manquerons pas, à
travers les publications du CMR, d'être le
relais de votre travail auprès, entre autres,
des membres vivant dans l'H exagone".
Il en a également profité pour nous
inviter officiellement au congrès du CMR
qui se tiendra à Hazebrouck (nord de la
France) à l'Ascension 2015. Nous espérons
pouvoir y apporter les particularités de
la Martinique et que ce rendez-vous soit
l'occasion de tisser des liens plus forts
encore avec notre fédération.
M. Hugues Daniel Joseph n
l’argent dépensé n’a pas été
gagné péniblement, car il provient
souvent de transferts sociaux.
Qu’en pensez-vous ?
S.M. : Je ne suis pas certaine que
les schémas soient si réducteurs,
car même ceux qui travaillent
péniblement gaspillent beaucoup
également. La consommation
excessive n’est pas obligatoirement
liée à l’ argent facile , mais c’est
d’abord un comportement social.
On est souvent dans la logique
de combler un manque affectif,
économique ou sentimental. Il y a
des gens qui ont besoin de manger
à longueur de journée parce
qu’ils sont d’abord malheureux.
Ils sont ainsi boulimiques, ce qui
ne manquera pas de déclencher
chez eux de graves problèmes de
santé comme l’obésité, le diabète
ou l’hypertension, et pourtant ils
poursuivront dans ce cercle vicieux.
EeM : Quelles sont les différentes
solutions envisagées pour limiter
le gaspillage ? Du côté des
industries agroalimentaires, pour
commencer, et du côté du citoyen
lambda ?
S.M. : Les différents services
sociaux du département ont
certainement pris la mesure de
la question. C’est pourquoi, par
exemple, dans ma ville, nous avons
mis en place toute une série de
procédures pour venir en aide
et apporter nos conseils à bon
nombre de familles. Nous avons
ainsi mis en place des ateliers
d’aide éducative budgétaire :
accompagner les familles à
bien gérer leur budget, c’est la
première problématique à traiter.
De même, nous avons créé des
ateliers d’éducation nutritionnelle,
avec l’aide de nutritionnistes ou
de diététiciens, pour permettre
aux familles de confectionner
des repas équilibrés qui ont de
la saveur et qui contiennent de
bons nutriments, à partir des
aliments de base. Il nous faut
aussi véhiculer le plaisir du repas
partagé en famille, car manger,
même des sardines grillées, avec
papy et mamie, cela permet de
créer du lien, tandis que l’on peut
être bien triste en mangeant du
caviar seul dans son coin…
EeM : D’un point de vue global,
en quoi cette question de la
limitation du gaspillage est-elle
importante ?
S.M. : L’enjeu majeur de cette
problématique du gaspillage
reste les conséquences observées
sur le plan de la santé physique et
mentale des personnes. Le dérè-
glement alimentaire qui touche
bon nombre de personnes en
Martinique pèse beaucoup sur
leur capital santé. En consom -
mant en excès et en gaspillant,
on brûle la chandelle par les deux
bouts. Certains parents que l’on
dit « surbookés » compensent
le plus souvent leur absence
par l’achat de biens matériels.
Mais on ne va pas remplacer par
du matériel la qualité des rela-
tions que nous pouvons avoir
avec nos enfants. Ce n’est pas
en donnant par exemple beau-
coup de chocolat ou de jouets
que nous allons remplacer les
moments d’écoute, les caresses
ou les besoins d’amour de nos
enfants. En somme, il nous faut
réserver un temps de qualité pour
le passer avec nos proches. Par
ailleurs, en dilapidant une part
moins importante du budget, on
pourrait dégager une épargne
nette, et cela nous amènerait
souvent à des comportements
plus solidaires. En effet, pourquoi
ne pas partager si on en a trop ?
Propos recueillis par B. Helmany n
Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474
17
(suite de la page 15)
Page 18
PAROISSESNuIt dE NOëlJOuR dE NOël JOuR dE l’AN
Ajoupa-Bouillon
20h 7h30 8h
Anses d’Arlet 18h 10h Le 31 : 19h – Le 1 er : 10h
Balata 20h 8h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 8h
Basse-Pointe 20h 7h 8h
Bellefontaine 20h 8h Le 31 : 19h messe + louange/adoration – Le 1
er : 8h30
Bellevue 15h30 (enfants)
19h 8h30
8h30
Carbet 17h30 9h30 9h30
Case-Pilote 19h 8h 8h
Cathédrale 19h 7h30 - 10h30 Le 31 : 18h Veillée suivie de messe
Le 1
er : 7h30 - 10h30
Coridon 19h30 9h Le 31 : 19h – Le 1 er : 9h
De Briant 19h30 9h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 9h
Diamant 19h 8h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 8h
Ducos 19h 8h Le 31 : 18h Adoration + messe à 20h – Le 1 er : 8h
Fond-Saint-Denis 23h 9h30 9h30
Foyer de Charité 9h Le 31 : 21h Nuit d’adoration + messe à minuit
François 20h présidée
par Mgr Méranville 8h - 18h
Le 31 : 18h : Adoration + messe à 19h
Le 1
er : 8h
Grand-Rivière 18h 9h30 10h
Gros-Morne 19h 9h 9h
Josseaud 20h30 7h 9h
Lamentin 15h30 (enfants)
19h 8h
Le 31 : 18h30 Action de grâce
Le 1
er : 8h
Lorrain 15h30 (enfants)
19h 8h
Le 31 : 20h Veillée – Le 1 er : 9h
Macouba 18h 10h 10h
Marigot 15h30 (enfants)
19h 9h
Le 31 : 20h Veillée – Le 1
er : 9h
Marin 18h 7h 7h
Morne-des-Esses 19h 8h 7h
Morne-Rouge 20h 9h30 9h30
Morne-Vert 19h30 7h30 7h30
Prêcheur 17h30 7h 7h
Redoute 16h (enfants)
19h 8h
8h
Régale 18h30 Pas de messe 7h30
Rivière-Pilote 18h30 8h 8h
Rivière-Salée
(Grand-Bourg) 18h30
8h Le 31 : 18h30 – Le 1
er : 9h30
Petit-Bourg 17h 8h 7h
Robert 19h 8h Le 31 : 20h – Le 1
er : 9h
Sainte-Anne 20h 9h Le 31 : 17h Adoration + messe à 18h – Le 1 er : 9h
Saint-Christophe 10h (enfants)
20h 8h30
Le 31 : 21h Réveillon spirituel + messe
Le 1
er : 6h15 - 8h30
Saint-Esprit 19h 8h30 Le 31 : 19h Adoration toute la nuit – Le 1 er : 8h30
Saint-Joseph 19h 7h30 Le 31 : 18h – Le 1 er : 7h30
Sainte-Luce 18h30 9h 7h
Sainte-Marie 16h (enfants)
19h 8h
6h30 - 9h
Saint-Pierre 20h 7h 7h
Sainte-Thérèse
(Emmaüs) 10h (enfants)
20h 8h
Le 31 : 21h Veillée + messe – Le 1
er : 8h - 10h30
Schœlcher 19h (Terreville) 8h (Bourg) Le 31 : 18h Adoration + messe à 19h (Terreville)
Le 1
er : 8h (Bourg)
Tartane 20h 9h30 Le 31 : 18h – Le 1 er : 9h30
Terres-Sainville 20h 8h Le 31 : 20h Messe + veillée jusqu'à 7h
Le 1
er : 8h
Trinité 19h 8h 8h
Trois-Ilets 19h45 7h30 7h30
Anse Mitan 18h 9h Le 31 : 18h – Le 1
er : 9h
Vauclin 18h 8h Le 31 : 18h Adoration – Le 1 er : 8h
Vert-Pré 19h 8h Le 31 : 18h – Le 1 er : 8h
Société
Suite à l’incendie qui a ravagé les locaux de la Banque aliment\
aire de Martinique,
Eglise en Martinique a rencontré M
me Christine Ratin, déléguée générale.
Le combat de la Banque alimentaire
Eglise en Martinique :
Mme Ratin, depuis quand la B anque
alimentaire existe-t-elle à la
Martinique ?
Christine Ratin : La Banque
alimentaire de Martinique a été
créée en octobre 1997.
EeM : Quelle est sa mission ?
Y a-t-il une spécificité propre à notre
département ?
C.R. : Sa mission est de collecter
des denrées alimentaires et de
les distribuer à des associations
caritatives partenaires qui viennent
en aide aux familles en difficulté.
Ces associations sont plus proches
des familles et ont donc la capacité
de créer du lien. Une grande partie
des personnes bénéficiaires de l’aide
est dirigée vers les associations par
des travailleurs sociaux. Le slogan de
la Banque alimentaire : Ensemble,
aidons l’Homme à se restaurer.
EeM : Les cris d'alerte de ceux
qui sont en relation avec les plus
démunis sont de plus en plus
alarmants ; comment percevez-vous
la situation sur le terrain ?
C.R. : Nous ne sommes pas
directement en relation avec les
personnes demandeuses. Mais
nous collectons les informations
qui nous viennent des associations.
Nous pouvons constater une
augmentation du nombre de
personnes âgées et de jeunes dans
le dénuement. De plus, nous avons
noté une augmentation d’environ
10% de notre distribution de 2010
à 2011 ; la tendance était la même
en 2012.
EeM : Quel impact a la crise
actuelle sur la générosité des
entreprises et des particuliers ?
C.R. : Les personnes qui donnent
continuent à le faire malgré la crise,
que ce soient les entreprises ou les
particuliers. C’est au niveau des
quantités données que l’on peut
voir que nous subissons les effets
de cette crise.
EeM : Comment jugez-vous le niveau
de conscience des Martiniquais en
matière de gaspillage ? Quels sont
les problèmes auxquels vous êtes
confrontés sur cette question ?
C.R. : La Martinique a encore un
gros travail à faire en matière de lutte
contre le gaspillage et notamment
contre le gaspillage alimentaire.
Les notions de DLC (date limite de
consommation) ou DLUO (date
limite d’utilisation optimale) ne sont
pas encore suffisamment dans nos
mœurs. Beaucoup ne savent pas
que certains produits peuvent être
consommés sans aucun danger pour
la santé après la date de péremption.
Notre manière d’acheter aussi doit
changer, surtout pour les produits
frais qui ne durent pas longtemps.
Il faut acheter ce que nous savons
pouvoir consommer avant la date,
cela évite ainsi de voir toute cette
nourriture dans les poubelles.
A la Banque alimentaire, nous
avons rencontré des difficultés à
faire comprendre aux gens qu’ils
pouvaient consommer certains
produits à date sans crainte. Et
nous constatons que, de fil en
aiguille, les personnes acceptent
certaines denrées. A ce propos,
nous avons organisé, à l’intention
de nos partenaires associatifs, une
formation Hygiène et Sécurité
alimentaire
et la question des
dates était au programme.
Le jour de l’incendie devait se tenir
notre premier atelier cuisine et,
en plus du thème des dates, nous
devions voir comment bien acheter.
Cet atelier devait réunir animateurs
de la Banque alimentaire de
Martinique (Bam), bénévoles des
associations et bénéficiaires de
l’aide.
EeM : Vous avez tout perdu
dans l’incendie, aussi bien votre
stock que vos moyens logistiques.
Nombreux sont ceux qui veulent
vous aider : comment doivent-ils
s’y prendre ?
C.R. : La BAM a tout perdu et
nous acceptons toutes les aides.
Pour l’instant, nous n’avons pas
de local et n’en aurons un qu’en
janvier 2014. Tous ceux qui veulent
faire des dons alimentaires peuvent
donc nous contacter à partir de
janvier. On peut également nous
faire des dons financiers ou de
matériel.
Nous répondons au 05 96 51 22 82 .
EeM : Quel message souhaiteriez-
vous faire passer aux lecteurs de
Eglise en Martinique ?
C.R. : Nous souhaiterions leur dire
qu’il n’y a pas de fatalité, mais
il y a des épreuves que seuls la
solidarité, la fraternité et l’amour
nous feront surmonter. Si nous
plaçons notre confiance en Dieu,
nous y arriverons.
n
Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474
18
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PAROISSESNuIt dE NOëlJOuR dE NOël JOuR dE l’AN
Ajoupa-Bouillon
20h 7h30 8h
Anses d’Arlet 18h 10h Le 31 : 19h – Le 1 er : 10h
Balata 20h 8h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 8h
Basse-Pointe 20h 7h 8h
Bellefontaine 20h 8h Le 31 : 19h messe + louange/adoration – Le 1
er : 8h30
Bellevue 15h30 (enfants)
19h 8h30
8h30
Carbet 17h30 9h30 9h30
Case-Pilote 19h 8h 8h
Cathédrale 19h 7h30 - 10h30 Le 31 : 18h Veillée suivie de messe
Le 1
er : 7h30 - 10h30
Coridon 19h30 9h Le 31 : 19h – Le 1 er : 9h
De Briant 19h30 9h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 9h
Diamant 19h 8h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 8h
Ducos 19h 8h Le 31 : 18h Adoration + messe à 20h – Le 1 er : 8h
Fond-Saint-Denis 23h 9h30 9h30
Foyer de Charité 9h Le 31 : 21h Nuit d’adoration + messe à minuit
François 20h présidée
par Mgr Méranville 8h - 18h
Le 31 : 18h : Adoration + messe à 19h
Le 1
er : 8h
Grand-Rivière 18h 9h30 10h
Gros-Morne 19h 9h 9h
Josseaud 20h30 7h 9h
Lamentin 15h30 (enfants)
19h 8h
Le 31 : 18h30 Action de grâce
Le 1
er : 8h
Lorrain 15h30 (enfants)
19h 8h
Le 31 : 20h Veillée – Le 1 er : 9h
Macouba 18h 10h 10h
Marigot 15h30 (enfants)
19h 9h
Le 31 : 20h Veillée – Le 1
er : 9h
Marin 18h 7h 7h
Morne-des-Esses 19h 8h 7h
Morne-Rouge 20h 9h30 9h30
Morne-Vert 19h30 7h30 7h30
Prêcheur 17h30 7h 7h
Redoute 16h (enfants)
19h 8h
8h
Régale 18h30 Pas de messe 7h30
Rivière-Pilote 18h30 8h 8h
Rivière-Salée
(Grand-Bourg) 18h30
8h Le 31 : 18h30 – Le 1
er : 9h30
Petit-Bourg 17h 8h 7h
Robert 19h 8h Le 31 : 20h – Le 1
er : 9h
Sainte-Anne 20h 9h Le 31 : 17h Adoration + messe à 18h – Le 1 er : 9h
Saint-Christophe 10h (enfants)
20h 8h30
Le 31 : 21h Réveillon spirituel + messe
Le 1
er : 6h15 - 8h30
Saint-Esprit 19h 8h30 Le 31 : 19h Adoration toute la nuit – Le 1 er : 8h30
Saint-Joseph 19h 7h30 Le 31 : 18h – Le 1 er : 7h30
Sainte-Luce 18h30 9h 7h
Sainte-Marie 16h (enfants)
19h 8h
6h30 - 9h
Saint-Pierre 20h 7h 7h
Sainte-Thérèse
(Emmaüs) 10h (enfants)
20h 8h
Le 31 : 21h Veillée + messe – Le 1
er : 8h - 10h30
Schœlcher 19h (Terreville) 8h (Bourg) Le 31 : 18h Adoration + messe à 19h (Terreville)
Le 1
er : 8h (Bourg)
Tartane 20h 9h30 Le 31 : 18h – Le 1 er : 9h30
Terres-Sainville 20h 8h Le 31 : 20h Messe + veillée jusqu'à 7h
Le 1
er : 8h
Trinité 19h 8h 8h
Trois-Ilets 19h45 7h30 7h30
Anse Mitan 18h 9h Le 31 : 18h – Le 1
er : 9h
Vauclin 18h 8h Le 31 : 18h Adoration – Le 1 er : 8h
Vert-Pré 19h 8h Le 31 : 18h – Le 1 er : 8h
Vie du diocèse
Horaires des messes de Noël et du J our de l’An
Ajoupa-Bouillon
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Sainte-Thérèse (Emmaüs) (Emmaüs)
Schœlcher
Tartane
Terres-Sainville
Trinité
Trois-Ilets
Anse Mitan
Vauclin
Vert-Pré
7h30
10h
8h
7h
8h
8h30
9h30
8h
7h30 - 10h30
9h
9h
8h
8h
9h30
9h
8h - 18h
9h30
9h
7h
8h
8h
10h
9h
7h
8h
9h30
7h30
7h
8h
Pas de messe
8h
8h
8h
8h
9h
8h30
8h30
7h30
9h
8h
7h
8h
8h (Bourg)
9h30
8h
8h
7h30
9h
8h
8h
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Donne-nous, Seigneur, de te reconnaître,ce jour et chaque jour,
sous le masque misérable de tous les éprouvés : les affamés, pas seulement de nourriture, mais aussi de la Parole de Dieu ;
les assoiffés, pas seulement deau, mais aussi de paix ; les sans-abri, cherchant non seulement un toit, mais aussi un cœur qui comprend, qui aime ; les malades et les mourants,
pas seulement dans leur corps,
mais aussi dans leur tête et dans leur esprit. Tout en gardant présente ta parole :Ce que vous faites au plus petit,c,
est à moi que vous le faites.
Mère teresa
