474 - Visite du Cardinal Filoni

Page 1

• LA PASTORALE DES JEUNES CLÔTURE L’ANNÉE DE LA FOI • LA PROBLÉMATIQUE DE L’EAU EN MARTINIQUE • LE COMBAT DE LA BANQUE ALIMENTAIRE N° 474 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 15 décembre 2013 Visite du Cardinal Filoni

Page 2

Editorial Editorial • Noël, le temps du départ ! Mot de l'Evêque • C’est le temps de l’Avent Eglise universelle • L’option préférentielle pour les pauvres Eglise dans la Caraïbe • Vers la béatification • Visite du Cardinal Fernando Filoni en Martinique Liturgie • Parole dominicale • Méditation de Noël Droit canonique • Les onctions (4) Vie du diocèse • La Pastorale des jeunes clôture l’Année de la Foi • Ouverture d’une école de prière à la paroisse Saint-Hyacinthe du Lorrain • La problématique de l’eau en Martinique • Horaires des messes de Noël et du J our de l’An Société • Le gaspillage alimentaire • Le combat de la Banque alimentaire numéro 474 numéro 474 • LA PASTORALE DES JEUNES CLÔTURE L’ANNÉE DE LA FOI • LA PROBLÉMATIQUE DE L’EAU EN MARTINIQUE • LA BANQUE ALIMENTAIRE ÉPROUVÉE N° 474 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 15 décembre 2013 Visite du Cardinal Filoni S ommaire DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Édiprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 58697207 Fort de France Cedex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr egliseenmartinique@orange.fr D ans les pays occidentaux, la fête de Noël est, depuis quelques décennies, deve- nue une course à une plus grande consommation. Tous les moyens sont bons pour stimuler les sens et aiguiser l’appétit de ceux qui, même rassasiés, sont piégés par leur désir insatiable. Ils sont légion, cependant, ceux qui restent en marge et ne participent pas à ces festivités. Les chrétiens ne devraient pas se reconnaître dans ces débauches de biens de consommation. La mémoire de la naissance du Christ dans notre humanité évoque pour eux une tout autre réalité. Jésus n’a-t-il pas dit que l’homme ne vit pas seulement de pain (Mt 4,4) et qu’ils sont heureux ceux qui ont faim et soif de la justice car ils seront rassasiés (Mt 5,6) ? On n’est pas non plus en harmonie avec l’Evangile en se contentant de se gaver de prières comme on le fait avec des friandises, si, en même temps, on n’est pas soucieux de la faim d’amour fraternel et de la soif de Dieu. Le concile Vatican II constate : Alors que des foules immenses manquent encore du strict nécessaire, certains, même dans les régions moins développées, vivent dans l’opulence ou gaspillent sans compter. Le luxe côtoie la misère (Gaudium et spes, 63). Dans cette même ligne, nous lirons avec profit l’extrait de l’Exhortation apostolique du Pape François, La joie de l’Evangile, publié dans ce numéro de Eglise en Martinique. Avec le début de l’année liturgique, nous n’aurons jamais fini de reprendre la route, de suivre le chemin qui est le Christ Jésus. Hélas, bien souvent par conservatisme ou par peur, nous préférons l’immobilisme au mouvement, le sur-place au changement. Dans l’évangile, celle qui accueille Jésus au plus profond de son existence, c’est Marie. Très vite commencent pour elle le déplacement, les changements de situations, les mises en route. Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth (Luc 1,39). Porter Dieu, c’est prendre le départ vers les autres. Si Celui que nous rencontrons dans la prière n’est pas un fantasme mais vraiment le Dieu d’Amour, alors Il nous pousse à la rencontre des autres. Marie nous fait comprendre que prendre le temps de la prière, c’est puiser l’énergie à l’écoute de l’Esprit Saint, pour rassembler nos forces et partir vers l’ailleurs de la mission. Pour un chrétien, il n’y a pas de concurrence entre la prière et la mission, comme il n’y a pas d’opposition entre la rivière et sa source. La mission a besoin de la prière, comme la prière ne peut pas se passer de la mission. L’orientation de la mission est donnée dans la prière ; la vérité de la prière s’exprime dans la mission. P. Jean de Coulanges n 2 3 Noël, le temps du départ ! Couverture : Le Cardinal quittant la cathédrale - Photo Bernadette Helmany 7 10 6 8 Photo Bernadette Helmany 12 Photo Bernadette Helmany 1010 11 Couverture : Le Cardinal quittant la cathédrale - 15 Le Cardinal quittant la cathédrale - 13 Couverture : 19 1818 16 la paroisse Saint-Hyacinthe du Lorrain Le Cardinal quittant la cathédrale - la paroisse Saint-Hyacinthe du Lorrain Le Cardinal quittant la cathédrale - 14

Page 3

Xxxx Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 33 Mot de l'Evêque C’est le temps de l’Avent D ans notre culture martini - quaise, « l’avent » a une connotation plus clima- tique que liturgique. Il désigne une saison particulière au cours de laquelle le temps et le climat changent : les alizés soufflent avec plus de force que d’habitude et rafraîchissent la température. On parle d’eux en disant : « les avents ». Ils précèdent Noël et annoncent la récolte de la canne à sucre dont les flèches blanches qui flottent dans le vent sont les fleurs qui annoncent la maturité de la tige. Pour l’Eglise, « l’Avent » a une autre signification qu’exprime son origine latine : « Adventus » qui signifie « venue – arrivée – avènement ». L’Avent est un temps d’attente qui prépare la venue du Seigneur. Le Seigneur est déjà venu. Les chrétiens célèbrent son incarnation à Noël. Le temps de l’Avent les invite à se remémorer ce moment qui n’est ni un conte de fée pour enfants, ni une occasion de réveillons pour adultes, mais historiquement le moment où le Fils de Dieu s’est fait homme en prenant chair dans le sein de la Vierge Marie. Les chrétiens sont celles et ceux qui croient que Jésus de Nazareth, né au temps du Roi Hérode, est bien le Messie que l’humanité attendait depuis toujours, et donc le Fils unique de Dieu. Après avoir partagé en toute chose la condition humaine, Jésus a été crucifié sous Ponce Pilate, il est mort sur une croix et a été enseveli. Mais, contrairement à toute attente, il est ressuscité le troisième jour, donnant ainsi la preuve qu’il est vraiment le Fils de ce Dieu que personne ne peut connaître, sinon lui. Jésus s’est déclaré lui-même comme étant le Chemin, la Vérité et la Vie. Il a promis à ses disciples qu’il reviendrait dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Le temps de l’Avent nous demande de croire en ce retour, de l’attendre et de le préparer. Entre ce moment de la venue du Fils de Dieu dans notre chair et celui où il reviendra dans sa gloire, il y a « l’aujourd’hui ». Le temps de l’Avent demande de le privilégier car c’est en ce temps, qui n’est ni hier ni demain, que le Seigneur fait signe à chaque heure, chaque minute, chaque seconde et chaque instant. Le Seigneur est là, qui frappe à la porte de chacun. Mais, étourdis par l’ivresse de leurs passions, les bruits et les fureurs de leur violence, les hommes d’aujourd’hui peuvent-ils encore l’entendre ? Déjà, il y a bien longtemps de cela, saint Augustin disait : Je crains le Seigneur qui passe et qui frappe à ma porte. J’ajoute : « Et qui passe parce que je ne lui ai pas ouvert ma porte ». L’Avent demande aux chrétiens et à tous les hommes de bonne volonté d’être vigilants, attentifs au Seigneur qui passe et vient frapper à leur porte. Invitation à signer une pétition contre tel licenciement injuste ! Faire un don à une œuvre caritative ! S’inscrire dans une association de parents ! Il y a tant de manières pour le Seigneur de frapper à la porte de chacun ! Le temps de l’Avent invite à relever la tête et à rester vigilants car le Seigneur vient. Ne soyons pas comme les escargots dont le ventre colle à la terre, englués dans leur propre bave. Notre horizon va au-delà des choses matérielles qui nous hypnotisent. Gardons notre tête dans les étoiles et surtout, laissons-nous inonder par la lumière de Celui qui est venu éclairer tous les hommes. Bonne nouvelle année liturgique à tous ! + Michel Méranville Archevêque n

Page 4

Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 4 Mot de l'Evêque (suite) Le temps de l’Avent par lequel commence une nouvelle année liturgique pour tous les croyants de l’Eglise catholique universelle a été marqué en Martinique par la visite du Cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples. Intervention de Mgr Méranville C’est la première fois dans l’histoire religieuse de la Martinique qu’un représentant du Pape et du Saint- Siège, d’un tel rang, fasse à notre Eglise locale l’honneur de sa présence, accompagné de surcroît par le Nonce de la région, son Excellence l’Archevêque Nicola Girasoli, Délégué apostolique, c’est-à-dire représentant personnel du Saint Père, notre Pape François, dans notre région. A l’occasion de cette visite qui nous honore, plusieurs personnes m’ont posé des questions bien concrètes telles celles-ci : qu’est-ce qu’un préfet, dans l’Eglise catholique ? qu’est-ce qu’une Congrégation ? qu’est-ce que l’Evangélisation des Peuples ? Il me semble primordial d’essayer de répondre, même très succinctement, à ces questions. Mais, avant toute chose, je me permettrai de rappeler ce qu’est l’Eglise. Le mot « Eglise » évoque souvent pour nous un bâtiment, un lieu de culte : exemple l’église de Sainte-Thérèse, l’église de Balata ! Ce mot évoque aussi une institution hiérarchisée, avec le Pape à son sommet, et en-dessous de lui : les évêques, les prêtres, les diacres, les religieuses et religieux, et tout en bas de cette pyramide, les laïcs, couramment appelés les fidèles. Certes, ces évocations ne sont pas totalement erronées. Mais elles font parfois oublier que l’Eglise est avant tout un Peuple. C’est-à-dire des hommes, des femmes, des enfants convoqués par Dieu, appelés par Dieu à devenir ensemble un seul peuple ardent à faire le bien. C’est un peuple qui n’est pas extra terrestre. Il est présent partout dans le monde, c’est pourquoi l’on dit qu’il est « catholique », c’est-à-dire universel. Mais une portion de ce peuple, à l’endroit où il existe, est confiée à la vigilance et aux soins d’un évêque, successeur des douze Apôtres choisis par Jésus lui-même. L’unité de ces évêques est confiée au successeur de Pierre, celui à qui Jésus a déclaré : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les forces du mal ne pourront rien contre elle. L’Evêque qui succède à Pierre est appelé Pape et prend le nom de son choix. Le pape actuel a choisi François. Le Pape a besoin autour de lui de multiples collaborateurs. L’ensemble des services qui aident le Pape s’appelle la « Curie ». A la tête de la Curie, il y a le Secrétariat d’Etat, à l’heure actuelle : Mgr Pietro Parolin. C’est comme s’il était le premier ministre du Pape. Car, dépendant de lui, il y a les Congrégations qui sont comme les Ministères dans notre Etat laïc. Au lieu de dire « Ministères », nous disons, dans notre jargon d’Eglise, « Dicastères ». Il y a neuf Dicastères ou Congrégations : 1- Congrégation pour la Doctrine et la Foi. 2- Pour les Eglises orientales. 3- Pour le Culte divin et la Discipline des sacrements. 4- Pour la cause des Saints. 5- Pour les Evêques. 6- Pour l’Evangélisation des Peuples. 7- Pour le Clergé. 8- Pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique. 9- Pour l’Education catholique. Le Cardinal Filoni est donc le préfet, c’est-à-dire le ministre d’une congrégation parmi les plus importantes de l’Eglise, car c’est elle qui a la responsabilité, avant toute chose, de faire connaître l’Evangile partout dans le monde où il n’est pas ou très peu connu. C’est dans ces pays, ces contrées qui ne le connaissent pas ou très peu, que le Seigneur veut se faire connaître et aimer. C’est l’ordre qu’il intime à ses disciples, après sa résurrection : Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. Allez ! De toutes les nations, faites des disciples. Apprenez-leur à observer ce que je vous ai prescrit. Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. L’Eglise existe pour annoncer la Bonne Nouvelle de la Parole du Christ. La première mission de l’Eglise est de révéler le Christ au monde en rendant présente sa Parole. L’importance et le rôle de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples sont donc primordiaux pour l’Eglise et celui à qui elle confie cette responsabilité, c’est actuellement le Cardinal Fernando Filoni. Né en Italie, le 15 avril 1946, le Cardinal, après ses études et un doctorat en Philosophie et en Droit Canon, a été ordonné prêtre le 3 juillet 1970. Il est entré ensuite au service de diverses nonciatures, notamment celles du Sri Lanka, d’Iran, du Brésil et des Philippines. Il a séjourné notamment en Irak pendant la guerre dans ce pays. Basé à Hong-Kong tandis qu’il était au service de la Nonciature des Philippines, il a beaucoup contribué au rapprochement du Saint-Siège avec la Chine. En mai 2011, le Pape émérite Benoît XVI l’a nommé préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, en lui donnant droit de regard sur tous les territoires de mission dont dépendent encore aujourd’hui la plupart des diocèses des Petites Antilles, dont le nôtre, la Martinique. C’est du plus profond de notre cœur que nous disons « Bienvenue au Cardinal Filoni » en lui demandant de présider la Liturgie du milieu du jour qui nous rassemble. Visite du Cardinal Filoni

Page 5

Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 5  E GLISE  EN  M ARTINIQUE Règlement à l’ordr\qe de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : É glise  en Martinique Boîte Po\btale 586 • \q97 207 FORT DE FRANCE CEDEX MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne ! Nom : ........................................................................\ ..................................................................................... Prénom : .......................................................................\ ............................................................................... Adresse : .......................................................................\ ............................................................................... Mail : ........................................................................\ ......................................................................................... Tél. .......................................................................\ ........................... Code Postal .................................. Ville .......................................................................\ ........................................................................................... Vous savez comme moi que la Liturgie des Heures est la prière officielle, donc liturgique de l’Eglise. C’est la prière du peuple de Dieu tout entier qui doit sanctifier l’ensemble de la journée. La journée était divisée autrefois, surtout pour les moines, en diverses tranches de trois heures qui s’appelaient Prime, Laudes, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies. Prier, c’est parler à Dieu et surtout l’écouter. Aujourd’hui, nous demandons à son Eminence de présider la prière officielle de notre Eglise particulière en ce milieu du jour (liturgie de Sexte). Nous confions au Seigneur nos intentions les plus chères. Nous prions pour son Eglise de plus en plus persécutée dansle monde. Nous prions pour les sept otages français éparpillés en Afrique : Nord du Cameroun, Mali, Niger, Syrie. Parmi eux, nous pensons au père Georges Vandenbeusch enlevé par la secte islamique Boco Haram. Nous prions aussi pour que prenne fin la discrimination ethnique instaurée dans la République Dominicaine, l’île voisine adossée à Haïti, dans laquelle le gouvernement, approuvé par son Conseil constitutionnel, a déchu de leur nationalité tous les descendants d’immigrants haïtiens nés après 1929. Cela fait environ 200 000 personnes qui sont destituées de leur nationalité et qui deviennent donc tout à coup des sans papier, sans identité, sans la possibilité de s’inscrire à l’université ou postuler pour un emploi, sans couverture sociale, sans aucun droit. Ce sont des « zombis » que l’on ne peut pas refouler sur Haïti que la plupart ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la langue, ayant toujours parlé l’espagnol dominicain. Les fonctionnaires qui se chargent de ces « dénaturalisations » font des enquêtes qui prennent pour cibles les personnes dont le nom a une consonnance française, tel par exemple : « Pierre ». Ils se basent aussi sur la couleur de la peau. Toute personne noire ou très sombre est suspectée de descendre d’un parent haïtien. Il faut savoir qu’en République Dominicaine les documents d’identité font mention de la race. Trois mentions - et seulement trois - sont possibles : Blanc, Métis, Indien. Les « Noirs » sont obligés de se déclarer « Indiens » pour pouvoir exister officiellement. Au moment où des obsèques planétaires sont célébrées en l’honneur de Nelson Mendela qui a mis fin à l’apartheid dans son pays, nous ne pouvons rester indifférents à ce qui se passe dans un petit pays si proche du nôtre et dans lequel combien d’entre nous sont allés en touristes ou pour passer des vacances. Nous devons au moins prendre conscience de cette intolérable injustice faite aux descendants d’Haïtiens et crier notre réprobation. Il nous faut refuser cette négation de l’homme et de ses droits, à proximité de notre île, dans la Caraïbe que l’on considère comme un paradis. Nous ne pouvons nous boucher les oreilles pour ne pas entendre, nous boucher les yeux pour ne pas voir et nous boucher la bouche pour ne pas parler. Nous ne devons surtout pas rester les bras croisés, sans rien faire. Réveillons-nous en ce temps de l’Avent. Comme Jean-Baptiste qui préparait le chemin du Seigneur en criant : Convertissez-vous, convertissons-nous en faisant quelque chose au secours de nos frères de la Caraïbe discriminés. Faites connaître à notre revue vos réactions et suggestions ; ce sera déjà le début d’une action de solidarité. Liturgie des Heures Ce qui se passe en République Dominicaine

Page 6

Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 6 La place privilégiée des pauvres dans le peuple de Dieu 197. Les pauvres ont une place de choix dans le cœur de Dieu, au point que lui-même s’est fait pauvre (2 Co 8,9). Tout le chemin de notre rédemption est marqué par les pauvres. Ce salut est venu jusqu’à nous à travers le « oui » d’une humble jeune fille d’un petit village perdu dans la périphérie d’un grand empire. Le Sauveur est né dans une mangeoire, parmi les animaux, comme cela arrivait pour les enfants des plus pauvres ; il a été présenté au Temple avec deux colombes, l’offrande de ceux qui ne pouvaient pas se permettre de payer un agneau (cf. Lc 2,24 ; Lv 5,7) ; il a grandi dans une maison de simples travailleurs et a travaillé de ses mains pour gagner son pain. Quand il commença à annoncer le Royaume, des foules de déshérités le suivaient, et ainsi il manifesta ce que lui-même avait dit : L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres (Lc 4,18). À ceux qui étaient accablés par la souffrance, opprimés par la pauvreté, il assura que Dieu les portait dans son cœur : Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous (Lc 6,20) ; il s’est identifié à eux : J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger, enseignant que la miséricorde envers eux est la clef du ciel (cf Mt 25,35s). 198. Pour l’Église, l’option pour les pauvres est une catégorie théologique avant d’être culturelle, sociologique, politique ou philo- sophique. Dieu leur accorde « sa première miséricorde ». Cette préférence divine a des consé- quences dans la vie de foi de tous les chrétiens, appelés à avoir les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus (Ph 2,5). Inspirée par elle, l’Église a fait une « option pour les pauvres », entendue comme une « forme spéciale de priorité dans la pratique de la charité chrétienne dont témoigne toute la tradition de l’Église ». […] Pour cette raison, je désire une Église pauvre pour les pauvres. Ils ont beaucoup à nous enseigner. En plus de participer au sensus fidei , par leurs propres souffrances ils connaissent le Christ souffrant. Il est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par eux. La nouvelle évangélisation est une invitation à reconnaître la force salvifique de leurs existences, et à les mettre au centre du cheminement de l’Église. Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux. 199. Notre engagement ne consiste pas exclusivement en des actions ou des programmes de promotion et d’assistance ; ce que l’Esprit suscite n’est pas un débordement d’activisme, mais avant tout une « attention » à l’autre qu’il « considère comme un avec lui ». Cette attention aimante est le début d’une véritable préoccupation pour sa personne, à partir de laquelle je désire chercher effectivement son bien. Cela implique de valoriser le pauvre dans sa bonté propre, avec sa manière d’être, avec sa culture, avec sa façon de vivre la foi. […] C’est seulement cela qui rendra possible que « dans toutes les communautés chrétiennes, les pauvres se sentent “chez eux”. Ce style ne serait-il pas la présentation la plus grande et la plus efficace de la Bonne Nouvelle du Royaume ? ». Sans l’option préférentielle pour les plus pauvres, « l’annonce de l’Évangile, qui demeure la première des charités, risque d’être incomprise ou de se noyer dans un flot de paroles auquel la société actuelle de la communication nous expose quotidiennement ». 200. Étant donné que cette Exhortation s’adresse aux membres de l’Église catholique, je veux dire avec douleur que la pire discrimination dont souffrent les pauvres est le manque d’attention spirituelle. L’immense majorité des pauvres a une ouverture particulière à la foi ; ils ont besoin de Dieu et nous ne pouvons pas négliger de leur offrir son amitié, sa bénédiction, sa Parole, la célébration des Sacrements et la proposition d’un chemin de croissance et de maturation dans la foi. L’option préférentielle pour les pauvres doit se traduire principalement par une attention religieuse privilégiée et prioritaire. n Eglise universelle L’option préférentielle pour les pauvres Au moment où nous nous apprêtons à nous prosterner devant notre Dieu qui pour nous s’est fait tout petit dans une crèche, méditons c\ et extrait de l’Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, « La joie de l’Evangile », où le Pape François nous rappelle l’option préférentielle pour les pauvres qui doit caractériser l’Eglise et l’annonce de l’Evangile.

Page 7

Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 7 Eglise dans la Caraïbe T oute la communauté catholique de l’archidiocèse avait été invitée à participer à la messe du 9 décembre 2013 à la cathédrale Notre-Dame de Fatima, en la solennité de l’Immaculée-Conception, marquant le début de l’enquête canonique pour la cause de béatification. Mgr Joseph Harris, l’actuel Archevêque de Port-of-Spain, a exhorté sa communauté à participer massivement à cet événement historique et à s’unir dans la prière pour le succès de cette enquête. Monseigneur Gordon Anthony Pantin, l’un des premiers arche- vêques originaires de la Caraïbe, est né à Port-of-Spain, Trinidad, le 27 août 1929. Le jeune Pantin décida, à l’âge de 17 ans, de se faire prêtre et était impatient d’entreprendre les études en vue de la prêtrise. Son frère aîné, père Gérald « Gerry » Pantin fit une fois remarquer que « Tony » voulait être prêtre dès l’âge de 7 ans. Il fut acolyte à St Patrick’s Church dès son plus jeune âge. Anthony Pantin enseigna pendant une courte période à St Mary’s College avant d’embarquer pour le Canada. Il entra au noviciat de la Congrégation du Saint-Esprit au Canada en 1946 et obtint, de l’Université de Montréal, sa licence de philosophie. Il retourna alors à Trinidad en 1949 où il enseigna pendant trois ans à St Mary’s College. En 1952, il partit pour Dublin, Irlande, pour ses études de théologie. Il y fut ordonné prêtre le 3 juillet 1955 et fut envoyé comme prêtre missionnaire en Guadeloupe jusqu’en 1959. Il revint alors à Trinidad pour enseigner à Fatima College, à Port-of-Spain, jusqu’en 1964. En 1965, le voilà de nouveau à St Mary’s College où il fut élu supérieur de sa congrégation jusqu’en 1967. En novembre de cette même année, le Pape Paul VI le nomma Archevêque de Port-of- Spain, poste laissé vacant par la résignation du légendaire Comte Patrick Finbar Ryan. Son ordination épiscopale eut lieu le 19 mars 1968 à la Cathédrale de l’Immaculée- Conception. Sa devise d’archevêque fut : Tout à tous. Pendant ses trente-deux ans d’épiscopat, il fit d’inlassables efforts pour rester fidèle à cette devise. Monseigneur Galt, ancien évêque de Barbade, qui était son ami proche depuis l’école, se souvient qu’il avait une facilité à rencontrer d'égale manière les personnes de toutes classes sociales. Il était aussi capable de reprendre quelqu’un s’il était convaincu que cette personne avait fait quelque chose de mal, mais ses réprimandes étaient toujours faites avec amour. Il se montrait particulièrement attentif à enrichir la vie des personnes défavorisées. Il insistait pour voir tous ceux qui se présentaient, prenait tous les appels téléphoniques et écrivait un nombre impressionnant de lettres aussi bien dans le pays qu’à l’étranger. Il était connu pour son humour, son amour pour les pauvres, son respect de la vie. Le jour de Noël, c’était son grand plaisir de visiter les hôpitaux, les maisons pour personnes âgées et indigents : là, il se plaisait à bavarder et chanter avec les résidents. Il fonda le Mary Care Centre pour accueillir les jeunes adolescentes enceintes. Dans ses sermons, il avait coutume d’attirer l’attention sur le nombre important de personnes sans abri et seules. On se souvient de son rôle de médiateur dans les deux périodes troublées que furent le mouvement Black Power et le Coup d’Etat de 1990. Nombreux sont ceux qui se réfèrent encore aux encouragements qu’ils ont reçus de lui à l’occasion de crises personnelles. Il fut un membre fondateur de l’Organisation inter- religieuse de Trinidad et Tobago qu’il présida un temps. Il fut également très actif au sein de la Conférence des Evêques des Antilles. « Tony », comme on le nommait affectueusement, servit trente-deux ans comme pasteur de l’Eglise catholique à Trinidad et Tobago. Il était un humaniste, le prêtre du peuple. Il mourut le 12 mars 2000, laissant un riche héritage. n Vers la béatification L’Archidiocèse de Port-of-Spain, Trinidad, vient de vivre un moment de joie sans précédent : l'ouverture officielle de l'enquête diocésaine concernant la cause de béatification du regretté Archevêque Gordon Anthony Pantin, C.S.Sp. Mgr Anthony Pantin

Page 8

Eglise dans la Caraïbe Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 8 P our la pre- mière fois en quatre cents ans d’évangélisa- tion de la région des Caraïbes, « première zone des Amériques à avoir écouté la Bonne Nouvelle du Christ », le Cardinal Préfet en charge des "Jeunes Églises" visitait cette région. Après le Venezuela, où il a représenté le Saint-Père au Congrès missionnaire latino-amé- ricain à Maracaïbo, il s’est rendu à Trinidad, siège de la Conférence des Evêques des Antilles, pour y rencontrer à Port-of-Spain les évêques membres de cette confé- rence. Il a ensuite visité quelques diocèses de la région, dont la Jamaïque, Sainte-Lucie, puis la Martinique et la Guadeloupe, avant de regagner Rome le mer - credi 4 décembre 2013. Le Cardinal s’est d’abord rendu à Radio Saint-Louis où il a tenu un point presse. Ce fut pour lui l’occasion de rencontrer le fondateur de la station, Mon- seigneur Gaston Jean-Michel, qui lui a remis un exemplaire du livre qui lui est consacré et qui décrit, dans sa seconde partie, l’évangélisation des Antilles et de la Martinique à partir du 17 ème siècle. A la question d’un journaliste sur la montée de la violence dans nos sociétés, il a répondu en attirant l’attention sur la sélection opérée par la presse dans la diffusion des informations : un arbre tombe, on en parle aussitôt, mais on ne voit pas la forêt qui continue de pousser et qui nous permet pourtant de respirer ! Le bien ne fait pas de bruit, mais il est partout présent : il convient d’en rendre compte aussi. Il a alors appelé chaque chrétien à être témoin du Christ, à pratiquer, sans se lasser, les vertus de charité et de générosité comme l’a fait Mère Teresa. Après avoir visité les installations de la radio diocésaine et l’église Emmaüs, le Cardinal Filoni, Visite du Cardinal Fernando Filoni en Martinique C’est une journée de fête et de joie qu’a vécue l’archidiocèse de Saint-Pierre et Fort-de-France ce mardi 3 décembre 2013, en accueillant en visite officielle le Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisa\ tion des Peuples. Il était accompagné du Délégué apostolique pour \ les Antilles et la Guyane, Mgr Nicola Girasoli. Le Cardinal Filoni face à la presse à Radio Saint-Louis Question de journaliste Arrivée à la cathédrale Saint-Louis

Page 9

Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 9 Mgr Girasoli et Mgr Méranville se sont rendus à la cathédrale Saint- Louis où ils ont été accueillis par le curé de la cathédrale, le père Jean- Michel Monconthour, et ont eu la joie de prier l’office du milieu du jour avec les prêtres, les diacres et les fidèles de la Martinique qui les attendaient nombreux. C’est le délégué de l’Évêque à la Liturgie, le père Wilfried Bannais, qui a animé l’office, accompagné à l’orgue par le père Patrick Phanor. Dans son intervention, Mon- seigneur Méranville a remercié Son Eminence de sa visite et a présenté brièvement son diocèse, avant de donner la parole à quelques responsables diocésains (catéchèse et catéchuménat, enseignement catholique, jeunes et vocations, famille). Dans sa réponse, Son Éminence a redit toute la joie qu’il éprou- vait à être présent dans cette cathédrale de Fort-de-France au milieu du peuple de Dieu pour prier avec lui et rendre grâce au Seigneur pour la foi de la Martinique. A la fin de son inter - vention écoutée par tous avec une atten- tion toute particu - lière, Son Éminence a appelé tous les fidèles présents à prier pour lui et pour la mission que lui a confiée le Saint-Père à la tête de la Congrégation pour l’Évangé- lisation des P euples : Je vous remercie pour l’amour que vous avez pour l’Église. Je vous assure de ma prière, de mon affection ; priez pour moi et soutenez ma mission par vos prières. Avec saint François- Xavier, Patron des missions, je vous salue et vous donne ma bénédiction ! Michel Déglise n A la fin de la célébration, nous avons demandé au père Luc Philippon, D.E.I., de nous dire ce qu’il retenait de cette visite : « Cette visite, le jour de la fête d’un grand missionnaire de l’Asie, saint François-Xavier, nous donne de l’élan pour entrer dans la nouvelle évangélisation dans laquelle la Martinique est engagée, sans complexe, en comptant avec assurance sur l’Esprit Saint, le grand agent de l’évangélisation. La joie de l’Évangile, c’est Jésus qui vient à la rencontre de notre humanité. Le Cardinal- Préfet, qui a reçu du Pape François la mission d’accompagner et d’encourager l’action d’évangélisation, nous fortifie dans notre joie d’être missionnaire ici, dans notre Eglise particulière. Retenons ses paroles dans la cathédrale Saint-Louis : "La Martinique peut ressembler à la barque que Notre Seigneur Jésus empruntait pour traverser le lac de Tibériade afin d’aller annoncer l’espérance de la Bonne Nouvelle. Vous aussi, allez aux périphéries annoncer l’Évangile, allez témoigner de la foi !" ». Départ de la cathédrale Baiser au crucifix Office du milieu du jour A la sortie, la foule s'empresse autour du Cardinal

Page 10

Dimanche 15 décembre 2013 La vie en rose Et si, ce dimanche, nous voyions la vie en rose ? L a P arole D ominicale 3 ème dimanche de l’Avent – Année A F ortifiez les mains défaillantes, dites aux gens qui s’affolent : ‘prenez courage, ne craignez pas, voici votre Dieu’. Ces magnifiques paroles du prophète Isaïe déterminent la couleur liturgique de ce dimanche : le rose. Alors que le temps de l’Avent est marqué par le violet d’une obscurité dans laquelle pointe déjà la Lumière du Sauveur, en ce 3 ème dimanche de l’Avent, le ciel s’éclaircit encore : Prenez courage, voici votre Dieu. La Lumière d’en-haut approche, elle vient nous visiter : le violet s’éclaircit, il passe au rose, comme le ciel avant l’aurore. Le Seigneur vient bientôt, réjouissons-nous déjà : c’est le Gaudete , le dimanche de la joie. L’Eglise nous offre donc aujourd’hui le temps d’une pause joyeuse dans notre pèlerinage de l’Avent ; le temps, aussi, de reprendre conscience de cette proximité du Sauveur et de tout ce que cela implique dans nos vies. Il vient bientôt, le Messie, tout bientôt ! Ce n’est pas encore maintenant, mais nous avons la joyeuse certitude qu’il va venir pour nous sauver. Ce dimanche en rose nous appelle donc à la patience. Non pas une patience qui nous crispe, mais une patience joyeuse ! Saint Jacques, dans la deuxième lecture, nous invite à contempler la nature : Voyez le cultivateur : il attend les produits précieux de la terre avec patience. La récolte va venir, mais il faut laisser le temps du mûrissement. Notre stress, notre rapport crispé au temps et notre désir de « tout avoir tout de suite » trouvent sans doute leur cause dans notre rupture avec le rythme de la nature. Car le Seigneur, par la nature, prend son temps pour déployer la beauté et faire porter du fruit. « C’est le temps que tu prends pour ta rose qui rend ta rose si importante », disait Antoine de Saint-Exupéry… Nous voici de nouveau renvoyés à la rose ! Si cette couleur liturgique évoque l’aurore avant le jour, elle vient aussi nous dire qui est Celui dont nous attendons patiemment la venue. Mélange du rouge et du blanc, les deux couleurs divines qui symbolisent l’amour et la pureté, le rose annonce cette rencontre de la plénitude de l’Amour et de la Sainteté en la personne du Christ : le Dieu Saint va prendre chair. Le rouge et le blanc vont se mêler en sa personne : la virginité et le martyre, l’Eucharistie et le sang de la croix, mêlés, en un seul mystère, celui de notre salut. La couleur rose – et la fleur qui a repris son nom – évoque aussi la bonne odeur. Odeur de la sainteté dit-on et plus encore de Marie ; odeur plus sublime du Sacrement du Pardon quand l’Eglise nous sort de la mauvaise odeur du péché par la grâce du Crucifié- Ressuscité qui, comme une rose foulée sous nos pieds, dégage la bonne odeur du Pardon, de la Miséricorde du Père. Comme une rose de bonne odeur, notre vie est déjà embaumée par la présence du Sauveur qui doit venir. Et pourtant, combien de fois, malgré la présence du Seigneur et l’attente de son retour, nos vies ne sentent pas la rose mais plutôt la mauvaise odeur de nos péchés ? Cette mauvaise odeur dont saint Jacques a évoqué l’un des aspects les plus laids, en nous prévenant : Ne gémissez pas les uns contre les autres. Tous nos gémissements, critiques, jalousies et malveillances, tout cela sent très mauvais ! Et Lucien de Samosate, philosophe du deuxième siècle, reconnaissait avec tristesse : « Ils ne voient pas la rose, mais ils scrutent attentivement les épines sur la tige ». Au nom du Christ, dont la bonne odeur a été répandue en nous par le Saint Esprit, nous ne pouvons pas scruter chez les autres les épines de leurs défauts, en omettant de voir les roses de leurs qualités. Mais revenons à la couleur rose. Elle n’a pas franchement bonne presse ; couleur plébiscitée par les fillettes, beaucoup de prêtres rechignent à l’employer en ce 3 ème dimanche de l’Avent, comme au 4 ème dimanche du Carême. Le rose est une couleur considérée comme éphémère et fragile, qui porterait à l’instabilité. C’est, pourrait-on dire, cette instabilité du rose qui touche Jean- Baptiste au cœur de sa prison. Lui qui, dimanche dernier, avait annoncé la venue du Messie en reconnaissant : Celui qui vient derrière moi est plus puissant que moi, le voilà aujourd’hui déstabilisé. Alors il interroge le Christ : Es-tu celui qui doit venir ou devons- nous en attendre un autre ? C’est qu’entre-temps il a entendu les paroles déroutantes de Jésus et il a vu ses actes de miséricorde ; voilà de quoi être déstabilisé par rapport à l’attente d’un Roi Messie ! D’autant que le Baptiste qui annonçait le Libérateur se retrouve désormais enfermé en prison : il expérimente exactement le contraire de ce qu’il annonçait ! N’y a-t-il pas de quoi être profondément déstabilisé ? Isaïe 35,1-6a.10 • Psaume 145 • Jacques 5,7-10 • Matthieu 11,2-11 (suite page 13) Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 10

Page 11

Liturgie Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 11 D ans la célébration de la nuit, Isaïe nous redit avec force l’éclat de joie qui s’empara du peuple d’Israël lors de l’annonce qui lui est faite de la fin de son exil à Babylone et de son retour vers la terre de ses ancêtres ; vers Jérusalem, la ville de la paix, vers la demeure de Dieu parmi les hommes : Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre, une lumière a resplendi (Is 9,2). Cette joie lumineuse est aujourd’hui parmi nous, au milieu de nous, et, espérons-le, en nous. Elle est provoquée par cet enfant, ce bébé, couché dans la paille d’une mangeoire, entouré de ses parents… Elle est dans le regard de l’immigré qui trouve une place à notre table ! Elle est dans les yeux du vieillard ou du malade qui sent une présence amie à ses côtés ! Elle est dans les yeux de l’enfant qui se sent aimé et protégé par ses parents… Ecoutons ce que le pape François dénonce comme contraire à cette joie lorsqu’il écrit, dans son Exhortation apostolique : « Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la voix de Dieu, on ne jouit plus de la douce joie de son amour ; l’enthousiasme de faire le bien ne palpite plus. Même les croyants courent ce risque... Beaucoup y succombent et se transforment en personnes vexées, mécontentes, sans vie. Ce n’est pas le choix d’une vie digne et pleine, ce n’est pas le désir de Dieu pour nous, ce n’est pas la vie dans l’Esprit qui jaillit du cœur du Christ ressuscité ». Nous voici renvoyés par le Pape à l’esprit de Noël. Cet esprit n’est pas un esprit de mondanité, de jouissance sans frein, de multiplication de dépenses… L’esprit de Noël, c’est ouvrir nos yeux et nos cœurs à la merveille fragile et pure d’une Parole créatrice (le Verbe dont parle saint Jean) qui prend chair pour nous redonner vie et nous conduire vers l’Amour total et définitif en Dieu. Pour cela, il faut écouter la voix de Dieu, jouir de la douce joie de son amour, être enthousiaste à faire le bien ! Toujours dans l’Exhortation apostolique du Pape François : « L’amour de Jésus que nous avons reçu, l’expérience d’être sauvés par lui… nous pousse à l’aimer toujours plus ». C’est cet amour qui prend chair en ce jour de Noël ; c’est cet amour que nous venons contempler aujourd’hui et dans les jours à venir, cet amour dont la Parole sera demain source de salut pour les hommes et les femmes qui l’écouteront et la vivront. Pour le moment, nous le contemplons, nous emplissons nos cœurs et nos âmes d’un regard de bébé qui nous sourit pour nous dire déjà combien il a confiance en nous ; combien il attend que nous l’aimions comme il nous aime. Mystérieusement, c’est ce bébé qui vient nous sauver. Si nous fermons les yeux sur la souffrance du monde, si nous fermons les yeux sur celui dont nous devons nous faire proches, comment pourrions-nous voir Dieu dans cet enfant de la crèche ? Angelus Silesius, poète et mystique allemand du XVII ème siècle, exprime d’une manière forte le sens de Noël : Quand le Christ serait né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en toi, tu es perdu pour l’éternité. Jésus doit naître chaque jour à ce monde pour l’éclairer et le faire vivre car Il est la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde , nous dit saint Jean. Désormais notre mission sera de faire naître Christ en nous, de faire grandir Christ par nous, par nos paroles et nos gestes… Il y va de notre vie… C’est notre mission de baptisés. P. Bruno Latour, C.S.Sp, curé du François n Méditation de Noël à partir de l’Exhortation apostolique La joie de l’Evangile du Pape François Aujourd’hui la Parole créatrice se fait chair pour nous élever vers Dieu… Noël rassemble tous les chrétiens, ceux qui viennent habituellement à la messe et ceux qui se situent plus à la périphérie. Chacun vient vivre dans la foi la venue au monde de Celui que, à la suite d’Israël, tous les peup\ les attendent. Ce bébé, fragile et pauvre, n’est autre que le Prince de la Paix, le don de Dieu aux hommes…

Page 12

Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 12 Droit canonique Les huiles sont bénites par l’Evêque L'Evêque doit être considéré comme le grand prêtre de son troupeau, de qui découle et dépend, d'une certaine façon, la vie dans le Christ des fidèles qui lui sont confiés. La messe chrismale qu'il célèbre (au cours de la semaine sainte) avec les prêtres provenant de tout son diocèse et au cours de laquelle il consacre le saint- chrême et bénit les autres huiles doit être tenue pour l'une des principales manifestations de l'union étroite des prêtres avec lui (1). Le chrême à utiliser dans le sacrement de confirmation doit être béni par l'évêque, même si c'est un prêtre qui administre le sacrement (canon 880, §2). L’Evêque est donc le seul à pouvoir bénir ces huiles. Cependant, ce principe souffre de quelques exceptions. En effet, le canon 999 prévoit : Outre l'Evêque, peuvent bénir l'huile destinée à l'onction des malades : §1 ceux qui par le droit sont équiparés à l'Evêque diocésain, c'est-à-dire ceux qui sont à la tête des communautés de fidèles autres que des diocèses comme, par exemple, la prélature territoriale et l'abbaye territoriale, le vicariat apostolique et la préfecture apostolique, ainsi que l'administration apostolique érigée de façon stable. Ces pasteurs qui ne sont pas obligatoirement des évêques peuvent bénir, comme un évêque, l’huile pour les malades. Exceptionnellement, peut aussi bénir cette huile, tout prêtre, en cas de nécessité, mais seulement au cours même de la célébration du sacrement (§2 du canon 999). La première condition prévue : en cas de nécessité, est importante. Car il ne s’agit pas d’une question de simple confort pratique, mais d’unité de l’Eglise et des sacrements. Le principe est que l'huile n’est bénite que par le seul pasteur d’une Eglise particulière diocésaine. C’est ainsi qu’une deuxième condition est prévue pour la bénédiction exceptionnelle de cette huile par un prêtre. Elle pourra être bénite, seulement au moment de la célébration. En conséquence, si les conditions de nécessité l’obligent, il ne faut jamais bénir plus d’huile qu'il n'est nécessaire pour la célébration. S'il y en a un peu trop, l'excédent sera recueilli dans un coton et brûlé rapidement. Les huiles sont transmises par l’évêque aux prêtres Le curé demandera les saintes huiles à son Evêque propre et les conservera avec soin dans un endroit décent (canon 847, §2) . Par ce canon, le code protège l’unité de l’Eglise et prévient tout abus, sectarisme et schisme en son sein. Pour rappel, on se souviendra que le diocèse est la portion du peuple de Dieu confiée à un Evêque pour qu'il en soit, avec la coopération du presbyterium, le pasteur, de sorte que dans l'adhésion à son pasteur et rassemblée par lui dans l'Esprit Saint par le moyen de l'Evangile et de l'Eucharistie, elle constitue une Eglise particulière dans laquelle se trouve vraiment présente et agissante l'Eglise du Christ, une, sainte, catholique et apostolique (canon 369). Les ministres des onctions Pour le baptême, le ministre est l'Evêque, le prêtre et le diacre... Si le ministre ordinaire est absent ou empêché, un catéchiste ou une autre personne députée à cette charge par l'Ordinaire du lieu confère licitement le baptême, et même, dans le cas de nécessité, toute personne agissant avec l'intention requise (canon 861). Si le baptême est célébré en cas de nécessité et dans le cas de danger de mort, l’onction sera faite ultérieurement par un ministre clerc. Les laïcs ne peuvent faire que l’ondoiement (baptiser avec de l’eau), le complément du baptême avec l’onction d’huile est par la suite réalisé par un clerc. Pour la confirmation, le canon 882 stipule : L'Evêque est le ministre ordinaire de la confirmation ; le prêtre, muni de cette faculté en vertu du droit universel ou d'une concession particulière de l'autorité compétente, confère lui aussi validement ce sacrement. Par ailleurs, ont de plein droit la faculté d'administrer la confirmation, dans les limites de leur ressort, ceux qui sont équiparés par le droit à l'Evêque diocésain... le prêtre qui, en vertu de son office ou par mandat de l'Evêque diocésain, baptise quelqu'un sorti de l'enfance ou admet à la pleine communion de l'Eglise catholique quelqu'un déjà baptisé... et pour les personnes en danger de mort, le curé et même tout prêtre (canon 883). Pour le sacrement des malades, tout prêtre, et seul le prêtre, administre validement l'onction des malades. C'est le devoir et le droit de tous les prêtres qui ont charge d'âmes d'administrer l'onction des malades aux fidèles confiés à leur office pastoral ; pour une cause raisonnable, tout autre prêtre peut administrer ce sacrement, avec le consentement au moins présumé du prêtre dont il s'agit plus haut (canon 1003). Parce que le sacrement des malades est lié à la conversion, au pardon des péchés et donc au sacrement de la réconciliation, les diacres ne peuvent pas administrer l’onction des malades. Pour le sacrement de l’ordre, le ministre de l'ordination sacrée est l'Evêque consacré et seulement l’évêque consacré (canon 1012). P. Jean-Max Renard, Vice-Official n Les onctions (4) (1) Ordo benedicendi oleum catechumenorum et infirmo- rum et conficiendi chrisma, n° 1

Page 13

Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 13 Le dimanche 24 novembre 2013, dans l’après-midi, environ mille jeunes des différentes paroisses du diocèse, portant des tee-shirts aux couleurs de leurs districts, avaient répondu à l’invitation du délégué d\ e l’évêque à la Pastorale des jeunes et des vocations, le père Emmanuel Chaulvet. L e rendez-vous était donné à l’église Sainte-Face de De Briant. Ce fut une royale après-midi que le Seigneur, le Roi des rois, nous a donné de vivre dans la joie, la louange, puis l’adoration eucharistique avec un recueillement des jeunes qui mérite d’être souligné et encouragé. Le Pape François introduisait ainsi son homélie à la messe du jour : "Aujourd’hui, la Solennité du Christ, Roi de l’univers, couronnement de l’année liturgique, marque également la conclusion de l’Année de la Foi promulguée par le pape Benoît XVI, pour qui nous avons une pensée pleine d’affection et de reconnaissance pour ce don qu’il nous a fait. Avec cette initiative providentielle, il nous a donné la possibilité de redécouvrir la beauté de ce chemin de foi qui a débuté le jour de notre baptême, qui nous a faits fils de Dieu et frères dans l’Eglise". La foi est bien un don de Dieu, une force qui permet de déplacer les montagnes, de traverser les épreuves les plus redoutables comme la dévastation de Tacloban City aux Philippines et, dans une moindre mesure, l’incendie du local de la Banque alimentaire de Martinique. Devant de telles épreuves, la méditation du livre de Job n'est-elle pas un puissant secours spirituel pour nourrir en nous la Foi ? Car nous pouvons tous nous poser la question : où en est notre foi ? Saluons le travail de transposition du livre de Job en nos catégories créoles par le père Hugues Lafine qui, en excellent exégète, ne dénature pas le texte sacré. Et félicitons les jeunes qui ont mimé, de belle manière, de larges extraits de ce livre mettant en évidence la foi qui tient bon en dépit des épreuves. Michel Déglise n La Pastorale des jeunes clôture l’Année de la Foi Mais le Christ ne va pas nous laisser dans l’instabilité du rose : bientôt, nous verrons la blanche lumière de sa venue. Alors, dans l’attente de cette manifestation lumineuse, Jésus répond à Jean-Baptiste en appelant ses disciples à témoigner de leur espérance : Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez. Témoigner, faire mémoire des merveilles du Seigneur, c’est un rempart assuré contre toutes les tentations du doute. Alors, si la couleur de l’espérance, c’est le vert – parce qu’il évoque le Jardin du paradis – le soutien de notre espérance, c’est certainement le rose : au cœur de nos instabilités, nous avons la certitude que le Seigneur vient, la certitude que le Soleil va bientôt éclairer la terre et dissiper la nuit. Maranatha ! Viens, Seigneur Jésus ! P. Patrick-Alexis Phanor, curé de Morne-Rouge/Prêcheur n (suite de la page 10) Le P. Hugues Lafine donne la parole aux enfants Adoration recueillie Des jeunes très attentifs à la mise en scène du livre de Job

Page 14

Vie du diocèse I l y a moins de deux mois, à l’initiative du père Pierre Hen- derson, curé de Saint- Hyacinthe du Lorrain, d’une équipe de laïcs de la paroisse, et avec l'ac- cord de notre Evêque, naissait la première école de prière pour enfants, jeunes et adultes, dans notre diocèse de la Martinique. Pour mener à bien ce projet qui a été mûrement pensé et porté dans la prière pendant trois ans, nous avons bénéficié de l’aide précieuse de sœur Marie-Philippe, frère Edouard et Josiane, expérimentés dans le domaine. Du 21 au 25 octobre 2013, le décor avait été planté à la maison de la culture, mise à notre disposition par le Maire de la Ville du Lorrain, que nous remercions encore. Cet aménagement, qui mettait en évidence le pupitre, le livre de la Parole, le siège du prêtre, l’autel, a revêtu différents aspects selon le thème du jour. Les adultes se sont retrouvés le matin dès 6h30, avec les pères Filopon et Henderson pour un temps de prière avec l’apprentissage de récitatifs et le soir, à 17h, pour un enseignement et une célébration. Les enfants et les jeunes étaient pris en charge de 9h à 16h (enseignement, louange, apprentissage de récitatifs, ateliers). Le dernier jour, une eucharistie a réuni petits et grands, épanouis et rayonnants de bonheur. La pratique du récitatif est un temps pour accueillir la Parole de Dieu avec tout son être. En effet, le corps de celui qui récite, son affectivité, son intelligence, son histoire sont impliqués dans la réception globale de la Parole ; grâce à eux, elle s’inscrit de manière active dans la mémoire. La mélodie et les gestes rendent attentif à chaque détail du texte, ils viennent amplifier la perception de la Parole. Il ne s’agit pas d’une « expression » ou d’un mime, mais d’une « impression » en soi de la Parole de Dieu. La personne qui conserve la Parole dans la mémoire de son cœur la perçoit de façon vivante en elle et elle a de la facilité pour la faire fructifier. Les enfants et les jeunes ont porté un intérêt particulier aux activités qui leur étaient proposées dans les ateliers, ce qu’illustrent abondamment les photos prises par les jeunes de l’Atelier « Photographie ». Sœur Marie-Philippe nous a récemment informés de l’utilisation de nos photos pour une formation de catéchistes à Bayonne et pour le 30 ème anniversaire des Ecoles de Prière de France qui s’est déroulé du 9 au 11 novembre au Puy-en- Velay. Le temps du bilan passé, l’heure est maintenant à la préparation de la prochaine session ! Pour l’équipe, Léa Joly n Ouverture d’une école de prière à la paroisse Saint-Hyacinthe du Lorrain Il y a trente ans, à l’initiative de Jean Fournier, jésuite, et d’une équipe de prêtres et laïcs du Puy-en-Velay, naissait la première école de prière pour enfants et jeunes. Depuis, ce sont maintenant une vingtaine de diocèses en Franc\ e qui organisent une ou plusieurs écoles de prière dans l’année. Le frère Edouard et sœur Marie-Philippe initient au récitatif…\ … et les participants s'y essaient

Page 15

Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 15 Le forum du mouvement Chrétiens dans le Monde Rural (CMR) a permis de présenter à un public de choix les principaux problèmes que l’on rencontre sur la gestion écologique et économique de l’eau à la Martinique. La problématique de l’eau en Martinique Forum du CMR L a présentation d’un diaporama a fait ressortir en plusieurs chapitres la présence, l’utilisation et la gestion de l’eau, de la Création (référence aux principaux textes bibliques) à nos jours. Il a fallu faire prendre conscience aux participants de la générosité de la nature qui déverse annuellement sur la Martinique 2 705 millions de mètres cubes d’eau dépourvue de toute pollution : « ces cristaux, brumes, gouttelettes métamorphosent la nature et offrent de véritables instants de bonheur ». Cette eau, qualifiée par certains de cristalline, suit un parcours plus ou moins connu et se charge en route de pollutions visibles et invisibles pour, en fin de course, se déverser dans la mer. C’est au cours de ce processus, et dans des conditions sanitaires relativement bien maîtrisées, que quatre syndicats martiniquais de la gestion de l’eau (CACEM pour le centre, SCCCNO pour le nord-est, SCNA pour le nord atlantique et SICSM pour le centre et le sud), ainsi que la ville du Morne-Rouge agissant pour son propre compte, traitent environ 53 millions de mètres cubes d’eau par an, nécessaires aux usagers. Ainsi, comme l’a si bien martelé M. José Nosel, administrateur territorial, « la Martinique ne risque pas de manquer d’eau, mais risque d’en connaître une certaine pénurie parce que nous ne pourrons pas l’utiliser ». En effet, il y a un risque majeur lié à la pollution et il y a aussi le risque d’écarter de cette ressource une partie de la population à cause de son prix élevé (4,45 le mètre cube en Martinique contre 3   en Métropole). Pour cette raison, l’harmonisation du prix de l’eau reste une priorité. M. Didier Camy, de l’Agence Régionale de Santé (ARS), se veut cependant rassurant : « Nous contrôlons la qualité de l’eau en Martinique ». Il met en garde contre l’eau de nos sources (165 recensées : 126 analysées dont 107 contaminées par des germes témoins de contamination fécale, soit 85%, et 19 sources indemnes de contamination, soit 15%). Il conclut en rappelant que « la consommation d’eau des sources de bord de route est déconseillée : cette eau est déclarée impropre à la consommation ». Avec M. Joël Choux, de l’entreprise PROCAP, nous apprenons que la récupération et l’utilisation de l’eau pluviale sont beaucoup plus développées en milieu rural. Il renforce ainsi le constat des membres du CMR qui préconisent l’installation accompagnée de citernes de récupération de l’eau de pluie. Mme Myriam Malsa, représentant le Conseil général, a, de son côté, précisé les enjeux pour la protection des captages : gérer durablement les ressources disponibles, préserver les milieux aquatiques et les périmètres de captage. L’animateur du forum, M. Hugues Daniel Joseph, a, quant à lui, insisté sur l’action du CMR et sur l’urgence d’une prise de conscience collective de la gestion de l’eau à la Martinique. Il suggère : - Au sujet des dégâts causés par les pluies diluviennes et des risques d’obstruer les sources naturelles, de tenir compte des observations des riverains avant d’entreprendre le tracé d’une route, d’un ouvrage d’art, d’un lotissement : cela éviterait bien des catastrophes et problèmes en aval. Les participants se sont alors souvenus du récent glissement du Morne Calebasse ou encore de l’effondrement du lotissement de la ville du François ainsi que celui de la route du Gros- Morne. - De mobiliser de façon officielle tous les médias (presse, radios, télés) pour fédérer l’ensemble du peuple martiniquais et construire une véritable conscience collective autour de l’eau. L’adhésion de tous les participants s’est traduite par cette chanson bien connue des membres des associations d’action catholique : Un nouveau monde se lève, la terre chante en nos mains ; la création s’achève par le travail humain. (suite page 17) Au premier plan : M. José Nosel et M. José Marie-Louise Ouverture d’une école de prière à la paroisse Saint-Hyacinthe du Lorrain

Page 16

Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 16 A l'échelle mondiale, les études montrent que 1 300 milliards de tonnes de produits alimentaires par an sont gaspillés, soit un tiers de la production totale. Un vaste gâchis causé pour sa plus large part par la consommation des ménages (42 %), mais aussi par l'industrie agroalimentaire, les détaillants et la restauration. Le gaspillage alimentaire D ans notre île, le phénomène peut prendre une ampleur similaire, surtout en cette période de fêtes. Comment expli- quer et tenter de relever ce défi "anti-gaspi" ? Quelques réponses nous sont données par M me Sonia Macabre, titulaire d’un Master 2 Ingénierie de l'insertion, formatrice et coach professionnel certifié. Eglise en Martinique : Peut-on avoir une définition de ce qu’est le gaspillage ? Sonia Macabre : Pour nous travailleurs sociaux, le gaspillage c’est dépenser avec excès et inutilement, car c’est la consommation exces- sive qui induit principalement les phénomènes de gaspillage. D’ailleurs, il n’y a pas besoin d’avoir beaucoup d’argent pour gaspiller, car on a le sentiment que, s’il y a des personnes qui ont des ressources et qui dilapident leurs revenus, il y a aussi une part importante de la population avec de petites ressources qui gaspille énormément. En effet, bien souvent, pour exister, les personnes ont besoin de consommer. Elles vont alors dans des achats alimentaires, vestimentaires, d’équipements ou autres excessifs, alors qu’ils pourraient gérer différemment leur budget. EeM : A la Martinique, qui sont les principaux responsables du gaspillage et dans quelle proportion ? S.M. : Je dirais que, à tous les niveaux, nous sommes tous des gaspilleurs. C’est presque une seconde nature nationale, et bien entendu martiniquaise. L’homme moderne vit, on le sait, dans une société de consommation, alors il gaspille son argent, sa santé, voire même ses relations sociales. Ainsi, nous perdons parfois notre temps à nouer des relations qui sont toxiques pour nous et pour nos proches. On gaspille aussi le temps à faire des choses parfaitement négatives : par exemple, « prendre des ‘milans’ sur le dos de la voisine », diffuser autour de soi des médisances ou bien faire du lèche-vitrines alors qu’on se sait influençable et endetté. Ce temps, dirais-je gaspillé, aurait pu servir au contraire à visiter quelqu’un dans le besoin, ou encore à tenir compagnie à une mamie isolée, ou, pourquoi pas, à s’enrichir culturellement dans un musée ou une exposition. A contrario, une société où le développement économique est moindre subira sans doute moins les affres des tentations liées aux biens de consommation qui, de toute manière, ne sont pas exposés au regard et dont on ignore parfois même l’existence. Allez donc parler de tablettes numériques ou de portables de dernière génération à un habitant du Sahel, dont le seul besoin est de trouver un peu d’eau potable pour la journée ! EeM : Quelles en sont les conséquences ? S.M. : Les conséquences sont elles aussi à plusieurs niveaux. Tout d’abord, du point de vue économique, cela va créer un trou financier dans le budget. Mais, pour nous qui travaillons au contact de toutes les couches de la population, nous observons qu’en dépit d’un consumérisme à outrance, il existe tout de même une très grande frustration chez beaucoup de nos compatriotes. On achète, mais le plus souvent on n’est pas content de soi, on n’est pas satisfait, et ceci d’autant plus qu’on a plus d’argent. En fait, le besoin psychologique que l’on avait d’acheter n’est pas nourri. EeM : Il est courant d’expliquer ce consumérisme par le fait que Société

Page 17

Par ailleurs, honorés de la présence de Mme Gwladys Kpohlo, responsable de la formation au CMR national, nous avons reçu les encouragements du conseil d'administration et du président national, M. Xavier Bonvoisin. Il nous invite à perpétuer la dimension internationale du mouvement CMR, ainsi qu'à permettre une prise de conscience des réalités martiniquaises : "Vous travaillez aujourd'hui la question de l'eau sur votre territoire. Nous sommes impatients de connaître le fruit de vos réflexions et nous ne manquerons pas, à travers les publications du CMR, d'être le relais de votre travail auprès, entre autres, des membres vivant dans l'H exagone". Il en a également profité pour nous inviter officiellement au congrès du CMR qui se tiendra à Hazebrouck (nord de la France) à l'Ascension 2015. Nous espérons pouvoir y apporter les particularités de la Martinique et que ce rendez-vous soit l'occasion de tisser des liens plus forts encore avec notre fédération. M. Hugues Daniel Joseph n l’argent dépensé n’a pas été gagné péniblement, car il provient souvent de transferts sociaux. Qu’en pensez-vous ? S.M. : Je ne suis pas certaine que les schémas soient si réducteurs, car même ceux qui travaillent péniblement gaspillent beaucoup également. La consommation excessive n’est pas obligatoirement liée à l’ argent facile , mais c’est d’abord un comportement social. On est souvent dans la logique de combler un manque affectif, économique ou sentimental. Il y a des gens qui ont besoin de manger à longueur de journée parce qu’ils sont d’abord malheureux. Ils sont ainsi boulimiques, ce qui ne manquera pas de déclencher chez eux de graves problèmes de santé comme l’obésité, le diabète ou l’hypertension, et pourtant ils poursuivront dans ce cercle vicieux. EeM : Quelles sont les différentes solutions envisagées pour limiter le gaspillage ? Du côté des industries agroalimentaires, pour commencer, et du côté du citoyen lambda ? S.M. : Les différents services sociaux du département ont certainement pris la mesure de la question. C’est pourquoi, par exemple, dans ma ville, nous avons mis en place toute une série de procédures pour venir en aide et apporter nos conseils à bon nombre de familles. Nous avons ainsi mis en place des ateliers d’aide éducative budgétaire : accompagner les familles à bien gérer leur budget, c’est la première problématique à traiter. De même, nous avons créé des ateliers d’éducation nutritionnelle, avec l’aide de nutritionnistes ou de diététiciens, pour permettre aux familles de confectionner des repas équilibrés qui ont de la saveur et qui contiennent de bons nutriments, à partir des aliments de base. Il nous faut aussi véhiculer le plaisir du repas partagé en famille, car manger, même des sardines grillées, avec papy et mamie, cela permet de créer du lien, tandis que l’on peut être bien triste en mangeant du caviar seul dans son coin… EeM : D’un point de vue global, en quoi cette question de la limitation du gaspillage est-elle importante ? S.M. : L’enjeu majeur de cette problématique du gaspillage reste les conséquences observées sur le plan de la santé physique et mentale des personnes. Le dérè- glement alimentaire qui touche bon nombre de personnes en Martinique pèse beaucoup sur leur capital santé. En consom - mant en excès et en gaspillant, on brûle la chandelle par les deux bouts. Certains parents que l’on dit « surbookés » compensent le plus souvent leur absence par l’achat de biens matériels. Mais on ne va pas remplacer par du matériel la qualité des rela- tions que nous pouvons avoir avec nos enfants. Ce n’est pas en donnant par exemple beau- coup de chocolat ou de jouets que nous allons remplacer les moments d’écoute, les caresses ou les besoins d’amour de nos enfants. En somme, il nous faut réserver un temps de qualité pour le passer avec nos proches. Par ailleurs, en dilapidant une part moins importante du budget, on pourrait dégager une épargne nette, et cela nous amènerait souvent à des comportements plus solidaires. En effet, pourquoi ne pas partager si on en a trop ? Propos recueillis par B. Helmany n Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 17 (suite de la page 15)

Page 18

PAROISSESNuIt dE NOëlJOuR dE NOël JOuR dE l’AN Ajoupa-Bouillon 20h 7h30 8h Anses d’Arlet 18h 10h Le 31 : 19h – Le 1 er : 10h Balata 20h 8h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 8h Basse-Pointe 20h 7h 8h Bellefontaine 20h 8h Le 31 : 19h messe + louange/adoration – Le 1 er : 8h30 Bellevue 15h30 (enfants) 19h 8h30 8h30 Carbet 17h30 9h30 9h30 Case-Pilote 19h 8h 8h Cathédrale 19h 7h30 - 10h30 Le 31 : 18h Veillée suivie de messe Le 1 er : 7h30 - 10h30 Coridon 19h30 9h Le 31 : 19h – Le 1 er : 9h De Briant 19h30 9h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 9h Diamant 19h 8h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 8h Ducos 19h 8h Le 31 : 18h Adoration + messe à 20h – Le 1 er : 8h Fond-Saint-Denis 23h 9h30 9h30 Foyer de Charité 9h Le 31 : 21h Nuit d’adoration + messe à minuit François 20h présidée par Mgr Méranville 8h - 18h Le 31 : 18h : Adoration + messe à 19h Le 1 er : 8h Grand-Rivière 18h 9h30 10h Gros-Morne 19h 9h 9h Josseaud 20h30 7h 9h Lamentin 15h30 (enfants) 19h 8h Le 31 : 18h30 Action de grâce Le 1 er : 8h Lorrain 15h30 (enfants) 19h 8h Le 31 : 20h Veillée – Le 1 er : 9h Macouba 18h 10h 10h Marigot 15h30 (enfants) 19h 9h Le 31 : 20h Veillée – Le 1 er : 9h Marin 18h 7h 7h Morne-des-Esses 19h 8h 7h Morne-Rouge 20h 9h30 9h30 Morne-Vert 19h30 7h30 7h30 Prêcheur 17h30 7h 7h Redoute 16h (enfants) 19h 8h 8h Régale 18h30 Pas de messe 7h30 Rivière-Pilote 18h30 8h 8h Rivière-Salée (Grand-Bourg) 18h30 8h Le 31 : 18h30 – Le 1 er : 9h30 Petit-Bourg 17h 8h 7h Robert 19h 8h Le 31 : 20h – Le 1 er : 9h Sainte-Anne 20h 9h Le 31 : 17h Adoration + messe à 18h – Le 1 er : 9h Saint-Christophe 10h (enfants) 20h 8h30 Le 31 : 21h Réveillon spirituel + messe Le 1 er : 6h15 - 8h30 Saint-Esprit 19h 8h30 Le 31 : 19h Adoration toute la nuit – Le 1 er : 8h30 Saint-Joseph 19h 7h30 Le 31 : 18h – Le 1 er : 7h30 Sainte-Luce 18h30 9h 7h Sainte-Marie 16h (enfants) 19h 8h 6h30 - 9h Saint-Pierre 20h 7h 7h Sainte-Thérèse (Emmaüs) 10h (enfants) 20h 8h Le 31 : 21h Veillée + messe – Le 1 er : 8h - 10h30 Schœlcher 19h (Terreville) 8h (Bourg) Le 31 : 18h Adoration + messe à 19h (Terreville) Le 1 er : 8h (Bourg) Tartane 20h 9h30 Le 31 : 18h – Le 1 er : 9h30 Terres-Sainville 20h 8h Le 31 : 20h Messe + veillée jusqu'à 7h Le 1 er : 8h Trinité 19h 8h 8h Trois-Ilets 19h45 7h30 7h30 Anse Mitan 18h 9h Le 31 : 18h – Le 1 er : 9h Vauclin 18h 8h Le 31 : 18h Adoration – Le 1 er : 8h Vert-Pré 19h 8h Le 31 : 18h – Le 1 er : 8h Société Suite à l’incendie qui a ravagé les locaux de la Banque aliment\ aire de Martinique, Eglise en Martinique a rencontré M me Christine Ratin, déléguée générale. Le combat de la Banque alimentaire Eglise en Martinique : Mme Ratin, depuis quand la B anque alimentaire existe-t-elle à la Martinique ? Christine Ratin : La Banque alimentaire de Martinique a été créée en octobre 1997. EeM : Quelle est sa mission ? Y a-t-il une spécificité propre à notre département ? C.R. : Sa mission est de collecter des denrées alimentaires et de les distribuer à des associations caritatives partenaires qui viennent en aide aux familles en difficulté. Ces associations sont plus proches des familles et ont donc la capacité de créer du lien. Une grande partie des personnes bénéficiaires de l’aide est dirigée vers les associations par des travailleurs sociaux. Le slogan de la Banque alimentaire : Ensemble, aidons l’Homme à se restaurer. EeM : Les cris d'alerte de ceux qui sont en relation avec les plus démunis sont de plus en plus alarmants ; comment percevez-vous la situation sur le terrain ? C.R. : Nous ne sommes pas directement en relation avec les personnes demandeuses. Mais nous collectons les informations qui nous viennent des associations. Nous pouvons constater une augmentation du nombre de personnes âgées et de jeunes dans le dénuement. De plus, nous avons noté une augmentation d’environ 10% de notre distribution de 2010 à 2011 ; la tendance était la même en 2012. EeM : Quel impact a la crise actuelle sur la générosité des entreprises et des particuliers ? C.R. : Les personnes qui donnent continuent à le faire malgré la crise, que ce soient les entreprises ou les particuliers. C’est au niveau des quantités données que l’on peut voir que nous subissons les effets de cette crise. EeM : Comment jugez-vous le niveau de conscience des Martiniquais en matière de gaspillage ? Quels sont les problèmes auxquels vous êtes confrontés sur cette question ? C.R. : La Martinique a encore un gros travail à faire en matière de lutte contre le gaspillage et notamment contre le gaspillage alimentaire. Les notions de DLC (date limite de consommation) ou DLUO (date limite d’utilisation optimale) ne sont pas encore suffisamment dans nos mœurs. Beaucoup ne savent pas que certains produits peuvent être consommés sans aucun danger pour la santé après la date de péremption. Notre manière d’acheter aussi doit changer, surtout pour les produits frais qui ne durent pas longtemps. Il faut acheter ce que nous savons pouvoir consommer avant la date, cela évite ainsi de voir toute cette nourriture dans les poubelles. A la Banque alimentaire, nous avons rencontré des difficultés à faire comprendre aux gens qu’ils pouvaient consommer certains produits à date sans crainte. Et nous constatons que, de fil en aiguille, les personnes acceptent certaines denrées. A ce propos, nous avons organisé, à l’intention de nos partenaires associatifs, une formation Hygiène et Sécurité alimentaire et la question des dates était au programme. Le jour de l’incendie devait se tenir notre premier atelier cuisine et, en plus du thème des dates, nous devions voir comment bien acheter. Cet atelier devait réunir animateurs de la Banque alimentaire de Martinique (Bam), bénévoles des associations et bénéficiaires de l’aide. EeM : Vous avez tout perdu dans l’incendie, aussi bien votre stock que vos moyens logistiques. Nombreux sont ceux qui veulent vous aider : comment doivent-ils s’y prendre ? C.R. : La BAM a tout perdu et nous acceptons toutes les aides. Pour l’instant, nous n’avons pas de local et n’en aurons un qu’en janvier 2014. Tous ceux qui veulent faire des dons alimentaires peuvent donc nous contacter à partir de janvier. On peut également nous faire des dons financiers ou de matériel. Nous répondons au 05 96 51 22 82 . EeM : Quel message souhaiteriez- vous faire passer aux lecteurs de Eglise en Martinique ? C.R. : Nous souhaiterions leur dire qu’il n’y a pas de fatalité, mais il y a des épreuves que seuls la solidarité, la fraternité et l’amour nous feront surmonter. Si nous plaçons notre confiance en Dieu, nous y arriverons. n Église en Martinique du 15 décembre 2013 / n°474 18

Page 19

PAROISSESNuIt dE NOëlJOuR dE NOël JOuR dE l’AN Ajoupa-Bouillon 20h 7h30 8h Anses d’Arlet 18h 10h Le 31 : 19h – Le 1 er : 10h Balata 20h 8h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 8h Basse-Pointe 20h 7h 8h Bellefontaine 20h 8h Le 31 : 19h messe + louange/adoration – Le 1 er : 8h30 Bellevue 15h30 (enfants) 19h 8h30 8h30 Carbet 17h30 9h30 9h30 Case-Pilote 19h 8h 8h Cathédrale 19h 7h30 - 10h30 Le 31 : 18h Veillée suivie de messe Le 1 er : 7h30 - 10h30 Coridon 19h30 9h Le 31 : 19h – Le 1 er : 9h De Briant 19h30 9h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 9h Diamant 19h 8h Le 31 : 18h30 – Le 1er : 8h Ducos 19h 8h Le 31 : 18h Adoration + messe à 20h – Le 1 er : 8h Fond-Saint-Denis 23h 9h30 9h30 Foyer de Charité 9h Le 31 : 21h Nuit d’adoration + messe à minuit François 20h présidée par Mgr Méranville 8h - 18h Le 31 : 18h : Adoration + messe à 19h Le 1 er : 8h Grand-Rivière 18h 9h30 10h Gros-Morne 19h 9h 9h Josseaud 20h30 7h 9h Lamentin 15h30 (enfants) 19h 8h Le 31 : 18h30 Action de grâce Le 1 er : 8h Lorrain 15h30 (enfants) 19h 8h Le 31 : 20h Veillée – Le 1 er : 9h Macouba 18h 10h 10h Marigot 15h30 (enfants) 19h 9h Le 31 : 20h Veillée – Le 1 er : 9h Marin 18h 7h 7h Morne-des-Esses 19h 8h 7h Morne-Rouge 20h 9h30 9h30 Morne-Vert 19h30 7h30 7h30 Prêcheur 17h30 7h 7h Redoute 16h (enfants) 19h 8h 8h Régale 18h30 Pas de messe 7h30 Rivière-Pilote 18h30 8h 8h Rivière-Salée (Grand-Bourg) 18h30 8h Le 31 : 18h30 – Le 1 er : 9h30 Petit-Bourg 17h 8h 7h Robert 19h 8h Le 31 : 20h – Le 1 er : 9h Sainte-Anne 20h 9h Le 31 : 17h Adoration + messe à 18h – Le 1 er : 9h Saint-Christophe 10h (enfants) 20h 8h30 Le 31 : 21h Réveillon spirituel + messe Le 1 er : 6h15 - 8h30 Saint-Esprit 19h 8h30 Le 31 : 19h Adoration toute la nuit – Le 1 er : 8h30 Saint-Joseph 19h 7h30 Le 31 : 18h – Le 1 er : 7h30 Sainte-Luce 18h30 9h 7h Sainte-Marie 16h (enfants) 19h 8h 6h30 - 9h Saint-Pierre 20h 7h 7h Sainte-Thérèse (Emmaüs) 10h (enfants) 20h 8h Le 31 : 21h Veillée + messe – Le 1 er : 8h - 10h30 Schœlcher 19h (Terreville) 8h (Bourg) Le 31 : 18h Adoration + messe à 19h (Terreville) Le 1 er : 8h (Bourg) Tartane 20h 9h30 Le 31 : 18h – Le 1 er : 9h30 Terres-Sainville 20h 8h Le 31 : 20h Messe + veillée jusqu'à 7h Le 1 er : 8h Trinité 19h 8h 8h Trois-Ilets 19h45 7h30 7h30 Anse Mitan 18h 9h Le 31 : 18h – Le 1 er : 9h Vauclin 18h 8h Le 31 : 18h Adoration – Le 1 er : 8h Vert-Pré 19h 8h Le 31 : 18h – Le 1 er : 8h Vie du diocèse Horaires des messes de Noël et du J our de l’An Ajoupa-Bouillon Anses d’Arlet Balata Basse-Pointe Bellefontaine Bellevue Carbet Case-Pilote Cathédrale Coridon De Briant Diamant Ducos Fond-Saint-Denis Foyer de Charité François Grand-Rivière Gros-Morne Josseaud Lamentin Lorrain Macouba Marigot Marin Morne-des-Esses Morne-Rouge Morne-Rouge Morne-Vert Prêcheur Redoute Régale Régale Rivière-Pilote Rivière-Salée (Grand-Bourg) (Grand-Bourg) Petit-Bourg Petit-Bourg Robert Sainte-Anne Saint-Christophe Saint-Esprit Saint-Joseph Sainte-Luce Sainte-Marie Saint-Pierre Sainte-Thérèse (Emmaüs) (Emmaüs) Schœlcher Tartane Terres-Sainville Trinité Trois-Ilets Anse Mitan Vauclin Vert-Pré 7h30 10h 8h 7h 8h 8h30 9h30 8h 7h30 - 10h30 9h 9h 8h 8h 9h30 9h 8h - 18h 9h30 9h 7h 8h 8h 10h 9h 7h 8h 9h30 7h30 7h 8h Pas de messe 8h 8h 8h 8h 9h 8h30 8h30 7h30 9h 8h 7h 8h 8h (Bourg) 9h30 8h 8h 7h30 9h 8h 8h

Page 20

Donne-nous, Seigneur, de te reconnaître,ce jour et chaque jour, sous le masque misérable de tous les éprouvés :  les affamés, pas seulement de nourriture, mais aussi de la Parole de Dieu ; les assoiffés, pas seulement deau, mais aussi de paix ; les sans-abri, cherchant non seulement un toit, mais aussi un cœur qui comprend, qui aime ; les malades et les mourants, pas seulement dans leur corps, mais aussi dans leur tête et dans leur esprit. Tout en gardant présente ta parole :Ce que vous faites au plus petit,c, est à moi que vous le faites. Mère teresa