476 - Le Christ est-il divisé ?

Page 1

• EVEIL À LA FOI : CÉLÉBRATION DES SAINTS INNOCENTS • RETRAITE D’EXERCICES SPIRITUELS DE SAINT IGNACE • LES ÉLECTIONS MUNICIPALES : UNE CHANCE POUR LE BIEN COMMUN N° 476 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 12 janvier 2013

Page 2

Editorial Editorial • L’unité des chrétiens Mot de l'Evêque • Comme les rois Mages… Eglise universelle • Synode sur la famille Eglise en France • Les élections municipales : une chance pour le bien commun Liturgie • Parole dominicale Droit canonique • Les onctions (fin) Dossier : L’œcuménisme • Œcuménisme en contexte local • Petit vocabulaire • Explication de l’affiche 2014 Vie du diocèse • Visite de travail du père Bertrand Pinçon • L’appel • Eveil à la foi : célébration des Saints Innocents • Une veillée sur les pas de notre Pape François • Retraite d'Exercices spirituels Médias numéro 476 numéro 476 • EVEIL À LA FOI : CÉLÉBRATION DES SAINTS INNOCENTS • RETRAITE D’EXERCICES SPIRITUELS DE SAINT IGNACE • LES ÉLECTIONS MUNICIPALES : UNE CHANCE POUR LE BIEN COMMUN N° 476 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 12 janvier 2013 S ommaire DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Édiprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 58697207 Fort de France Cedex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr egliseenmartinique@orange.fr L a division des chrétiens ne date pas d’une histoire récente. Dé\ jà, l’apôtre Paul interpellait les chrétiens de Corinthe à ce su\ jet : Le Christ est-il divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pou\ r vous ? (1 Cor 1,13). Il a fallu attendre l’évangélisation des nouveaux territoires d\ e mission pour que les consciences chrétiennes se réveillent à cette ques\ tion de l’unité. Comment croire, en effet, un message d’amour, de paix, de réconciliation, qui creuse la division entre les personnes ? Quel \ crédit accorder aux paroles de ces messagers ? Dans ces territoires,\ le contre témoignage de la division des chrétiens devenait un frei\ n à l’annonce de l’évangile. Après des siècles de séparation, la division des chrétiens é\ tait subie comme une fatalité, si bien que la marche vers l’unité était\ un rêve de quelques utopistes. Pour que le projet de communion entre chrétiens devienne réalité, il fallait l’inscrire dans le lo\ ng terme. Là où le temps avait creusé la méfiance et le soupçon dans les \ relations, il fallait désormais compter sur l’espérance et la foi pour ré\ tablir la confiance, la paix, la fraternité. Nous sommes convaincus qu’il ne peut y avoir de véritable réconciliation entre frères séparés si l’Esprit du Seigneur n’agit pas dans le cœur des hommes de bonne volonté. Sans lui, les chrétie\ ns divisés ne peuvent pas marcher dans la même direction. La prièr\ e commune, soutenue par la foi et l’espérance, permettra de dépas\ ser les limites de nos frontières respectives et nous faire retrouver la grande famille de Celui qui est et fait notre unité. Les paroles du Christ nous pressent : Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, \ eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé… Que leur unité soit parfaite ; ainsi le monde saura que tu m’as envoyé et que tu \ les as aimés comme tu m’as aimé (Jean 17,22). Dès l’origine, à cause du péché, l’être humain est \ divisé en lui-même, dans ses relations avec les autres, dans sa relation avec son Créateur. Sans le secours du Seigneur, nos efforts vers l’unité risquent d’être vains. Acceptons nos diversités, prions l’Esprit du Père et du \ Fils de faire de nous des artisans de paix et de communion. P. Jean de Coulanges n 2 3 L’unité des chrétiens Couverture : Affiche créée par l’Association Unité Chrétienn e pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2014 pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2014 6 pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2014 9 5 pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2014 8 Unité Chrétienn e pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2014 10 Unité ChrétiennUnité Chrétienn 1010 11 Couverture : Affiche créée par l’Association Couverture : Affiche créée par l’Association Unité Chrétienn 11 12 Couverture : Affiche créée par l’Association 13 Couverture : Affiche créée par l’Association 16 19 1717 18 Couverture : Affiche créée par l’Association Couverture : Affiche créée par l’Association Couverture : Affiche créée par l’Association 14

Page 3

Xxxx Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 33 Mot de l'Evêque Comme les rois Mages… A la Martinique, la plupart des fêtes religieuses ont une connotation culi - naire. C’est le cas de l’Epiphanie qui évoque surtout la galette des rois, « feuilletée » ou « à la fran- gipane », qui provoque la ruée chez les pâtissiers et l’explosion de joie dans les familles où l’un ou l’autre des convives découvre la fève qui s’y trouvait dissimulée. La tradition de la galette a des origines incertaines. Néanmoins, elle se rapporte quelque peu au récit que fait l’Evangéliste Matthieu de la visite des Mages à l’Enfant Jésus, peu après sa naissance. Matthieu rapporte que Jésus étant né à Bethléem au temps du roi Hérode le Grand, des Mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Les Mages n’étaient pas des magiciens, mais plutôt des savants qui scrutaient le ciel, à la recherche du signe dont parlaient certaines prophéties. Elles annonçaient que la naissance du Messie, Roi des Juifs, serait signalée par l’apparition d’un astre insolite. Les Mages scrutaient le ciel. Voyant y apparaître une étoile d’une lumière spéciale, ils avaient compris que la prophétie s’était réalisée. Et tout de suite, ils avaient entrepris le voyage de la Perse (Iran), qui était leur pays, jusqu’à Jérusalem, capitale religieuse du Peuple de Dieu. Dans la ville sainte, ils interrogent chefs des prêtres et scribes pour qu’ils leur disent où doit naître l’enfant annoncé par l’astre. Mais ces religieux, familiers de la Bible, sont incapables de les renseigner. Quant au sanguinaire roi Hérode qui gouverne le pays, apprenant le motif du voyage des Mages, il leur demande de continuer leur recherche et de revenir l’informer du lieu exact où se trouverait l’enfant. C’était dans le but d’éliminer celui qui pouvait mettre en péril son trône. La quête des Mages s’arrête lorsqu’ils découvrent le lieu où se trouve l’Enfant, avec Marie, sa mère. Tombant à genoux, ils se prosternent devant lui ; ils ouvrent leurs coffrets et lui offrent en présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnent leur pays par un autre chemin. L’aventure des Mages peut être une très belle allégorie pour les chrétiens et les hommes de bonne volonté d’aujourd’hui. Les Mages étaient des hommes qui savaient relever la tête et tourner leur regard vers le ciel. Dans notre monde matérialiste, n’avons-nous pas trop souvent les yeux rivés au sol ? Notre ventre colle à la terre, dit le psaume 43. Savons-nous tourner nos regards vers le haut, vers ce qui n’est pas matériel, vers un idéal, une transcendance ? Les Mages cherchaient le Dieu Sauveur. Dans un monde sécularisé, tenté de chercher son salut dans les seuls progrès de la technique et de la science, cherchons-nous notre salut au-delà de nous-mêmes, en Celui que nous appelons Notre Père des Cieux et dont Jésus de Nazareth nous a révélé le visage ? Les Mages connaissent les Ecritures et la Tradition. Néanmoins, ils ont besoin des autres pour continuer leur route. On ne peut pas être chrétien tout seul. Il ne suffit pas de connaître la Bible, même par cœur, pour découvrir le Fils de Dieu vivant aujourd’hui avec nous. C’est là où deux ou trois se rassemblent en mon nom que je suis, dit le Christ. L’Eglise est-elle pour nous une communauté « nécessaire », sans laquelle nous ne pouvons pas être véritablement « enfants de Dieu » ? Pour aller adorer l’enfant qui vient de naître, les Mages prennent des risques énormes : ils quittent leur pays, leur sécurité, leurs habitudes. Pour suive Jésus aujourd’hui, sommes-nous capables de prendre certains risques ? Celui de quitter nos

Page 4

Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 4 * * * * * Église en Martinique Règlement à l’ordr\Me de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Église en Martinique\M • \boîte Postale 586\M • 97207 FORT de FRance cedeX MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 € Guy ANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne ! Nom : Prénom : Adresse : E-mail : Tél Code Postal Ville Mot de l'Evêque (suite) mauvaises habitudes, de risquer de ne pas avoir de promotion professionnelle, d’être ridiculisé, de se retrouver tout seul ? Les Mages s’attendaient à trouver « un roi ». Ils tombent à genoux devant un enfant et sa mère. Ils l’adorent et lui présentent leur trésor. Nous cherchons Dieu dans le merveilleux et les miracles. Nous cherchons Dieu dans les apparitions, nous le cherchons au plus haut des cieux. Nous oublions que Dieu habite en chacun de nous et dans la vie de tout homme. C’est son Fils qui le dit : Tout ce que vous faites au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi-même que vous le faites. Les Mages se prosternent. Geste d’adoration. Autrefois, on disait : On n’adore que Dieu seul. Aujourd’hui, nous disons : « J’adore le chocolat ». Ne plions nos genoux que devant Dieu seul. Refusons d’être les « fans » « d’idoles » que l’on traite comme des dieux ou des déesses et qui sont, la plupart du temps, de pauvres malheureux que leur trop plein d’argent rend encore plus malheureux. Les Mages se dessaisissent de ce qui est leur trésor : l’or, l’encens et la myrrhe, et l’offrent à l’Enfant en qui ils ont reconnu le Fils de Dieu. Et nous ? Qu’offrons-nous au Seigneur en dehors de la très petite pièce de monnaie qui alourdit notre portefeuille ? Lorsque la proposition nous est faite de travailler le dimanche, avons-nous le courage de dire que c’est Le jour du Seigneur ? Quand nous-mêmes, chrétiens, déclarons que le travail du dimanche arrondit nos fins de mois et que, pour cette raison, il est bienvenu, rappelons- nous ces paroles du Christ : Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme ? Le désir de tous ceux qui partagent la galette des rois est d’être couronnés « rois » ou « reines » en trouvant la fève ou son ersatz dissimulé dans la pâtisserie. Que ce titre, même très éphémère, nous rappelle que, par notre baptême, nous sommes devenus membres de Jésus Christ qui est prêtre, prophète et roi. Nous sommes donc « rois » par participation. Mais, dans la Bible, le roi n’est pas celui qui se fait servir, mais celui qui se fait volontairement esclave de ses frères. En devenant roi ou reine, même de manière très éphémère, pour avoir trouvé la fève volontairement cachée dans une galette, acceptons-nous de suivre celui qui a été Roi dans l’Amour et le Service et qui nous a faits ses disciples ? Comme les Mages, mettons-nous en route à la suite du Christ, sans attendre ! + Michel Méranville Archevêque n

Page 5

Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 5 Le projet du Dieu Créateur et Rédempteur L a beauté du message biblique sur la famille a sa racine dans la création de l'homme et de la femme faits tous deux à l’image et la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1,24-31 ; 2,4b- 25). Unis par un lien sacramentel indissoluble, les époux vivent la beauté de l'amour, de la paternité, de la maternité et de la dignité suprême de participer ainsi à l’œuvre créatrice de Dieu. Dans le don du fruit de leur union, ils assument la responsabilité d’élever et d’éduquer d’autres personnes pour l’avenir du genre humain. À travers la procréation, l'homme et la femme accomplissent dans la foi la vocation d’être les collaborateurs de Dieu pour la sauvegarde de la création et la croissance de la famille humaine. Le Bienheureux Jean Paul II a commenté cet aspect dans Familiaris Consortio : « Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1,26s) : en l'appelant à l'existence par amour, il l'a appelé en même temps à l'amour. Dieu est amour (1Jn 4,8) et il vit en lui-même un mystère de communion personnelle d'amour. En créant l'humanité de l'homme et de la femme à son image et en la conservant continuellement dans l'être, Dieu inscrit en elle la vocation, et donc la capacité et la responsabilité correspondantes, à l'amour et à la communion (cf Gaudium et spes, 12). L'amour est donc la vocation fondamentale et innée de tout être humain » (FC, n° 11). Ce projet du Dieu créateur, que le péché originel a bouleversé (cf. Gn 3,1-24), s’est manifesté dans l’histoire à travers les vicissitudes du Peuple élu jusqu’à la plénitude des temps, alors qu’avec l’incarnation le Fils de Dieu non seulement confirma la volonté divine de salut, mais avec la rédemption il offrit la grâce d’obéir à cette même volonté. Le Fils de Dieu, Verbe fait chair (cf. Jn 1,14) dans le sein de la Vierge Mère, vécut et grandit dans la famille de Nazareth et participa aux noces de Cana dont il enrichit la fête avec le premier de ses « signes » (cf. Jn 2,1-11). Il accepta avec joie l'accueil familier de ses premiers disciples (cf. Mc 1,29-31 ; 2,13-17) et consola la famille de ses amis dans leur deuil à Béthanie (cf. Lc 10,38-42 ; Jn 11,1-44). Jésus Christ a rétabli la beauté du mariage en proposant à nouveau le projet unitaire de Dieu qui avait été abandonné, en raison de la dureté du cœur de l’homme, même au sein de la tradition du peuple d’Israël (cf. Mt 5,31-32 ; 19.3-12 ; Mc 10,1-12 ; Lc 16,18). En retournant aux origines, Jésus a enseigné l'unité et la fidélité entre les époux, refusant la répudiation et l’adultère. C’est justement à travers l’extraordinaire beauté de l'amour humain – déjà exalté avec des accents inspirés dans le Cantique des Cantiques – et du lien conjugal – exigé et défendu par des Prophètes comme Osée (cf. Os 1,2-3,3) et Malachie (cf. Ml 2,13- 16) – que Jésus a affirmé la dignité originelle de l’amour conjugal entre l'homme et la femme. n (à suivre) Eglise universelle Synode des Evêques - III ème Assemblée générale extraordinaire Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation Document de préparation (suite) Unis par un lien sacramentel indissoluble, les époux vivent la beauté de l'amour, de la paternité, de la maternité et de la dignité suprême de participer ainsi à l’œuvre créatrice de Dieu.

Page 6

Eglise en France Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 6 I ls savent que, pour chacun d'entre nous, être enraciné en un lieu est une dimension essentielle de la vie personnelle et sociale. Beaucoup ont à cœur d'accueillir au mieux les nouveaux habitants. Et quand le chômage ou la précarité touchent nos concitoyens, une vie locale harmonieuse favorise la dignité et la recherche d'emploi. Dans les cas de grande solitude, en particulier, la commune est souvent ce premier garant du lien social, avec les services aux personnes âgées, aux personnes fragiles ou en situation de handicap, en développant la vie associative, sportive et culturelle. Une parole forte d'encouragement C'est pourquoi nous souhaitons encourager fortement toutes les personnes qui projettent en 2014 de donner quelques années au service du bien commun. Qu'elles travaillent à l'échelle de la commune, de la communauté de communes ou d'agglomération, qu'elles représentent la dimension locale dans les diverses structures de la vie départementale ou régionale, toutes seront invitées à participer, à leur façon, à la construction d'une société fraternelle. Pour les catholiques, en particulier, cette dimension fraternelle comporte un sens très profond. Elle enracine l'engagement pour le bien commun au cœur même de la source de leur foi. Comme le dit le pape François dans sa récente Exhortation apostolique Evangelii Gaudium (n° 179), « la Parole de Dieu enseigne que, dans le frère, on trouve le prolongement permanent de l'Incarnation pour chacun de nous : 'Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait' (Mt 25,40). Tout ce que nous faisons pour les autres a une dimension transcendante ». Nous saluons l'implication des élus En tant qu'évêques, par notre ministère, nous observons la richesse de la vie locale, particulièrement lors de nos visites pastorales. Les associations, les municipalités et les paroisses, sont souvent, notamment dans les petites communes rurales qui constituent l'immense majorité du tissu communal, les seuls lieux de lien social. Nous savons, bien sûr, les difficultés auxquelles les élus doivent faire face. La crise économique, longue et coûteuse en emplois, en fermetures d'entreprises, la recherche des subventions et des dotations rendent difficiles les projets et les investissements municipaux. Les communes elles-mêmes sont touchées. L'intercommunalité est un degré qui, en période de crise, doit permettre une mutualisation équitable et réfléchie. Mais nous savons l'énergie avec laquelle les responsables de l'action sociale mettent en œuvre des initiatives nouvelles. Nous savons aussi leur volonté de servir la communauté territoriale tout entière. Nous savons encore l'attachement des maires à « leurs » églises, part essentielle du patrimoine communal, dont ils sont souvent les premiers à initier des restaurations. Pour tout cela, et bien d'autres actions des domaines si variés du développement local, nous saluons leur implication et condamnons les discours Les élections municipales : une chance pour le bien commun Déclaration du Conseil permanent de la Conférence des Évêque\ s de France à l'approche des élections municipales des 23 et 30 mars 20\ 14 Au nom des évêques de France, nous tenons à rendre hommage aux hommes et aux femmes impliqués dans la vie municipale. Ces élus de la proximité humaine et géographique, très attachés à leurs communes, quelles que\ soient leurs dimensions, sont parfois engagés depuis de longues années.

Page 7

Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 7 populistes répandant la suspicion contre toute représentation politique. Face à l'individualisme, des hommes et des femmes soucieux de tous La tendance à l'individualisme, à la perte du sens du bien commun et au rejet de l'autre, quand il est différent ou quand il vient d'ailleurs, nous inquiète. Souvent, la peur, puis la violence, en sont les conséquences. Parfois même, des personnes ont le sentiment qu'elles ne sont plus accueillies là où, il y a quelques années encore, elles avaient toute leur place. Nous encourageons les candida- tures aux élections municipales de 2014 des hommes et des femmes soucieux de tous, notamment dans les nouvelles générations. Forts de leur humanité, de leur disponibilité, forts aussi, s'ils en sont habités, de leur foi au Christ, ils pourront faire du nouveau, en renversant les mentalités dans le sens de l'amour et de l'Évangile. Au service du bien commun, ils sauront allier aspirations individuelles, justice sociale, démocratie et paix. Notre pays en vaut la peine. Nous engageons à mettre en œuvre, au niveau local, une vive attention à toutes formes de pauvretés et la conduite d'actions dynamiques et inventives pour le meilleur de la vie ensemble. Que chaque citoyen, en allant voter, montre sa volonté de prendre sa part dans la recherche du bien commun. n Depuis Léon XIII, les papes ont eu le souci de définir ce qu’est le bien commun et de rappeler ses exigences, comme le montrent les articles 1906 à 1910 du Catéchisme de l’Eglise Catholique : 1906 : Par bien commun, il faut entendre l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection, d’une façon plus totale et plus aisée (GS (1) 26,1 cf. GS 74,1). Le bien commun intéresse la vie de tous. Il réclame la prudence de la part de chacun, et plus encore de la part de ceux qui exercent la charge de l’autorité. Il comporte trois éléments essentiels : 1907 : Il suppose, en pre- mier lieu, le respect de la per- sonne en tant que telle. Au nom du bien commun, les pouvoirs publics sont tenus de respec- ter les droits fondamentaux et inaliénables de la personne humaine. La société se doit de permettre à chacun de ses membres de réaliser sa voca- tion. En particulier, le bien commun réside dans les condi - tions d’exercice des libertés naturelles qui sont indispen- sables à l’épanouissement de la vocation humaine : Ainsi : droit d’agir selon la droite règle de sa conscience, droit à la sau- vegarde de la vie privée et à la juste liberté, y compris en matière religieuse (GS 26,2). 1908 : En second lieu, le bien commun demande le bien-être social et le développement du groupe lui-même. Le développement est le résumé de tous les devoirs sociaux. Certes, il revient à l’autorité d’arbitrer, au nom du bien commun, entre les divers intérêts particuliers. Mais elle doit rendre accessible à chacun ce dont il a besoin pour mener une vie vraiment humaine : nourriture, vêtement, santé, travail, éducation et culture, information convenable, droit de fonder une famille, etc. (cf. GS 26,2). 1909 : Le bien commun implique enfin la paix, c’est-à- dire la durée et la sécurité d’un ordre juste. Il suppose donc que l’autorité assure, par des moyens honnêtes, la sécurité de la société et celle de ses membres. Il fonde le droit à la légitime défense personnelle et collective. 1910 : Si chaque communauté humaine possède un bien commun qui lui permet de se reconnaître en tant que telle, c’est dans la communauté politique qu’on trouve sa réalisation la plus complète. Il revient à l’Etat de défendre et de promouvoir le bien commun de la société civile, des citoyens et des corps intermédiaires. Qu'entend-on par le bien commun ? (1) Constitution Gaudium et Spes

Page 8

Dimanche12 janvier 2014 L a P arole D ominicale Le baptême du Seigneur – Année A L ors de nos réunions de préparation au baptême, les questions qui reviennent souvent se rapportent au baptême du Seigneur : pourquoi Jésus s’est-il fait baptiser à l’âge de 30 ans, alors que nous baptisons les petits enfants ? pourquoi a-t-il été plongé dans le Jourdain, alors que le célébrant ne verse sur la tête ou le front de nos enfants qu’une petite quantité d’eau ? L’Evangile de ce dimanche peut être pour nous, catholiques, un temps privilégié de réflexion sur le sens de notre propre baptême. Il efface nos péchés et nous ouvre les portes du Ciel, mais il est surtout un engagement que nous prenons avec Dieu. Pour durer, il importe de relire de temps à autre cet engagement pour savoir si on s’y conforme encore. Revenons aux textes du jour. La prédication de Jean-Baptiste avait suscité en Israël un formidable élan de conversion chez les hommes de toutes les régions environnant le Jourdain (cf. Mt 3,5). Tous ceux qui voulaient changer de vie et donner à Dieu sa vraie place venaient se plonger dans les eaux du Jourdain en signe de renouveau intérieur. C’était une manière de préparer la venue du Messie. Mêlé à cette foule, quelqu’un de totalement différent se présente à Jean-Baptiste pour recevoir le baptême : c’est son cousin Jésus. Dans les versets précédents, Jean- Baptiste dit au sujet de Jésus : Moi, je vous baptise dans l’eau… lui, il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Jean-Baptiste est dérouté par l’attitude de Jésus et il veut s`y opposer : C’est moi qui aie besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! Jésus réplique : Laisse faire maintenant, c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice . C’est une manière de lui dire : "Ta mission prend fin ici, c’est à moi de jouer maintenant". Quelle que soit la mission qui nous est confiée, il y a toujours un début et une fin. Il faut avoir la souplesse et l’humilité de Jean-Baptiste pour laisser Dieu agir. Peut-être nous posons-nous la même question que Jean-Baptiste : si ce baptême est un baptême de conversion, que fait Jésus dans le Jourdain ? N’est-il pas le Fils de Dieu, donc sans péché ? Jésus est venu sauver tous les hommes et, pour cela, il prend à son compte toute notre humanité ; il s’est fait homme pour partager l’histoire de tous les hommes de tous les temps. C’est déjà le commencement de sa Passion : sur la croix, il s’offre en victime pour le pardon de nos péchés ; au baptême, il prend tous les péchés de l’humanité pour les engloutir dans les eaux du Jourdain. Comment ne pas nous rappeler les paroles de Jésus aux fils de Zébédée : Vous ne savez pas ce que vous demandez ? Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? (Mc 10,39). Le baptême de Jésus commence au Jourdain mais trouve son achèvement sur la croix. La coupe qu’il doit boire, le baptême dont il parle, c’est sa mort sur la croix. Voici que les cieux s’ouvrirent et Jésus vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui, j’ai mis tout mon Amour. C’est une merveilleuse occasion, parmi d’autres, de contempler la Trinité Sainte : le Père qui parle au Fils, le Fils qui reçoit sa mission et, en même temps, l’onction du Saint Esprit. Jésus est confirmé dans sa mission par le Père lui-même ; c’est une très belle manière de commencer sa vie publique. Il s’humilie en se présentant au baptême pour montrer qu’il assume totalement son humanité, tout en étant Fils de Dieu. Le jour de notre baptême, Dieu nous dit ces mêmes paroles : "Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon Amour" et c’est ce qui fait que nous sommes frères et sœurs de Jésus Christ. C’est cela la grâce de notre baptême : devenir enfants de Dieu en Jésus, qui est le Fils unique du Père. Il nous donne sa divinité, il nous fait prêtres, prophètes et rois. A son baptême, Jésus est investi de la mission d’être l’Amour de Dieu parmi les hommes, de montrer le vrai visage de Dieu : Mon Serviteur, mon Elu, en qui j’ai mis ma joie, ne criera pas... n’éteindra pas la mèche qui faiblit. Il fera paraître le jugement en toute fidélitéé (Is 42 – 1 ère lecture). Jésus n’est pas comme les autres Isaïe 42,1-4.6-7 • Psaume 28 • Actes 10,34-38 • Matthieu 3,13-17 Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 8 (suite page 12)

Page 9

D’autres onctions E n dehors des onctions canoniques, la liturgie de l’Eglise catholique ne prévoit pas d’autres onctions. Cependant, dans la tradition chrétienne, on trouve des onctions d’huiles singulières auxquelles la piété des fidèles accorde une certaine charge spirituelle. Ces pratiques, non réglementées par l’Eglise, sont liées à la foi des fidèles. Parmi ces huiles, nous avons plusieurs exemples courants : huile ayant brûlé dans des lampes de sanctuaires (lampes rouges de tabernacles), huile ayant brûlé devant une statue de saint Joseph, huile de sainte Rita, huile qui a suinté du corps de saint Charbel Makhlouff, huile qui suinte de telle ou telle icône du Christ ou de la Vierge... On peut même y associer l’eau de Lourdes. Si toutes ces huiles peuvent être utilisées dans la foi, il convient cependant d’opérer un discernement. Ces onctions d’huile ne doivent pas être confondues avec d’autres onctions proposées, suggérées, demandées et quelquefois exigées, en dehors de l’Eglise, par des personnes dont l’intention n’est pas toujours le salut des âmes en Jésus Christ, Fils de Dieu, le Père. C’est ainsi qu’aux Antilles, des gadé zafè , voyants, marabouts et autres marchands de bonheur fleurissent et profitent souvent de la crédulité et du désarroi des personnes pour proposer certaines onctions ! Souvent accompagnées de prières, ces onctions sont proposées contre paiement, alors même que les guérisons de Jésus sont toujours gratuites. Par ailleurs, rappelons-nous qu’à ces lépreux qui demandent la guérison, Jésus ordonne : Va te montrer aux prêtres ! (Lc 17,14). C’est pourquoi la prudence nous invite à agir avec discernement afin d’éviter de se laisser abuser spirituellement et matériellement. Ce discernement se fait toujours en Eglise. Onctions et phytothérapie Des onctions dont nous parlons, nous excluons évidemment les baumes, onguents et autres pré- parations médicinales, les rimèd razié, qui n’ont aucune connota- tion spirituelle et qui sont d’ordre thérapeutique, phytothérapeu- tique, et appartiennent à la médecine traditionnelle. De ces produits naturels, on fait souvent des onctions, mais alors on par- lera davantage de massage ou de friction ! L’onction : une vibration positive Nous ne conclurons pas cette note sans tout de même évoquer l’onction prise dans le sens d’une grâce ressentie lors d’une discussion, d’une homélie, d’un enseignement ou d’un temps de prière. Cette sensibilité, souvent personnelle, est un don de Dieu à la personne qui la ressent. Elle est d’abord une grâce pour cette personne qui, souvent touchée par Dieu, ressent cette douceur réelle de Dieu. Ce ressenti, cette onction, ne révèle pas nécessairement la sagesse ou la sainteté d’une personne ou d’un orateur, mais plutôt une attention particulière de Dieu à l’un ou l’autre. Dans une même assemblée, plusieurs personnes peuvent ressentir une onction spéciale, alors que d’autres n’auront rien ressenti de particulier, tout en étant satisfaits du temps passé ensemble ! Béni soit Dieu qui donne de ressentir sa présence, une onction, mais Dieu est aussi présent alors que le quotidien semble « ordinaire » ! Et la foi dans tout cela ? Alors que nous cherchons remèdes, onctions, refuges et guérisons, il est peut-être bon de se poser une question essentielle : "Est-ce que je crois vraiment à l’efficacité des sacrements, prières et supplications vécus en Eglise ?" Et il leur disait une parabole sur ce qu'il leur fallait prier sans cesse et ne pas se décourager. Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et n'avait de considération pour personne. Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait le trouver, en disant : "Rends-moi justice contre mon adversaire !" Il s'y refusa longtemps. Après quoi, il se dit : "J'ai beau ne pas craindre Dieu et n'avoir de considération pour personne, néanmoins, comme cette veuve m'importune, je vais lui rendre justice, pour qu'elle ne vienne pas sans fin me rompre la tête". Et le Seigneur dit : "Ecoutez ce que dit ce juge inique. Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit, tandis qu'il patiente à leur sujet ! Je vous dis qu'il leur fera prompte justice. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?" (Lc 18,1-8). P. Jean-Max Renard, Vice-Official n Droit canonique Les onctions (fin) Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 9 Celui qui nous affermit avec vous dans le Christ et qui nous a donné l'onction, c'est Dieu, lui qui nous a aussi marqués d'un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit (2 Co 1,21-22).

Page 10

Dossier : Œcuménisme Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 10 Définition et sens chrétien de l’œcuménisme Œ cuménisme vient du grec oikoumené (oecouménè). Ce dernier désigne toute la partie de la terre habitée par des hommes et des femmes. Il ne concerne pas la partie désertique, inhabitée de la planète terre. En chrétienté, œcuménisme fait allusion à tout ce qui touche à l’en- semble des Eglises chrétiennes ; il se réfère spécialement aux rapports entre les différentes confessions chrétiennes. Il signifie alors l’en- semble des efforts visant à l’unité visible des Eglises, dont le dénomi- nateur commun est Jésus Christ. Œcuménisme et Eglise catholique Si le mouvement œcuménique moderne de la première moitié du XX ème siècle semblait émerger plutôt du côté des confessions chrétiennes non catholiques, cependant la préoccupation majeure du mouvement a toujours été présente dans la Tradition même de l’Eglise catholique. D’après le Pape Pie XII, l’origine de l’œcuménisme est à rechercher du côté de l’œuvre de l’Esprit Saint (1). Cette conviction a été explicitée par la création, par le Pape Jean XXIII, du Secrétariat pour la promotion de l’unité des chrétiens, en 1962, dans le sillage du Concile Vatican II. Cette volonté s’est encore consolidée par la transformation dudit Secrétariat en Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (CPPUC) le 1 er mars 1989, par le Pape Jean Paul II. Mais l’outil de base à partir duquel l’Eglise catholique déploie son effort œcuménique reste le décret œcuménique Unitatis redintegratio. Ce document affiche clairement l’un des objectifs recherchés par le Concile œcuménique Vatican II : « Promouvoir la restauration de l’unité entre tous les chrétiens » ( Unitatis redintegratio, n° 1). Cet objectif trouve son fondement dans la Bible. Fondement scripturaire de l’œcuménisme La compréhension œcuménique de l’Eglise catholique est inspirée des textes de l’Ecriture Sainte, notamment du Nouveau Testament. Le principal étant la prière sacerdotale de Jésus : « Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi ; qu’eux aussi soient un en nous… » (Jn 17,21a) ; et le Christ de préciser le but de l’unité souhaitée : « … afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17,21b). Notre Seigneur s’adressait bien sûr aux Apôtres, dans un cadre restreint ; mais sa prière visait, en même temps, la situation de ceux et celles qui, par eux, croiraient en Lui. Ce souci de l’unité sera, par la suite, renforcé par nombre de textes de saint Paul aux communautés destinataires. Ainsi, aux Ephésiens, il écrit : « Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel que vous avez reçu ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; un seul Dieu et Père de tous, qui règne sur tous, agit par tous et demeure en tous » (Ep 4,4-6). Par conséquent, « tous, vous n’êtes qu’un en Jésus Christ » (Ga 3,28). Cependant, s’il y a « diversité de dons, mais c’est le même Esprit ; diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur ; divers modes d’action, mais c’est le même Dieu qui produit tout en tous » (1 Co 12,4-6). C’est pourquoi tous sont invités à partager la paix du Seigneur, ensemble : « Que règne en vos cœurs la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés tous en un seul corps » (Col 3,15). Destinés au départ à un groupe ou à des communautés restreintes, néanmoins, comme le souligne le Pape Paul VI, ces principes énoncés par Jésus et par saint Paul ont une portée universelle. Ils sont destinés à : « tous les chrétiens de tous les temps » (2). Toutefois, Œcuménisme en contexte local A l’approche de la Semaine mondiale de prière pour l’unité des chrétiens, le père Philibert Madrandélé rappelle le saint discernement à observer quant aux initiatives locales dans la communion avec d’autres confessions chrétiennes. Promouvoir la restauration de l’unité entre tous les chrétiens, c’est l’un des buts principaux du saint Concile œcuménique de Vatican II (décret Unitatis Redintegratio, n°1). Rencontre du pape François et du patriarche Grec-orthodoxe Jean d’Antioche en visite à Rome

Page 11

Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 11 comme à leur origine, ils trouvent, aujourd’hui encore, leur lieu d’application concrète dans des Eglises particulières. Eglises particulières, terreau de la vie œcuménique Le rôle primordial des évêques dans le développement du don de l’unité au sein de leurs Eglises respectives, et de surcroît avec les autres confessions chrétiennes, a été souligné, sans ambiguïté, par le Concile Vatican II : « Les évêques sont, chacun pour sa part, le principe et le fondement de l’unité dans leurs Eglises particulières : celles-ci sont formées à l’image de l’Eglise universelle, c’est en elles et à partir d’elles qu’existe l’Eglise catholique une et unique » (Lumen Gentium, n° 23). Et parmi les problèmes touchant à l’unité de l’Eglise sur lesquels les évêques sont appelés à se pencher, il y a celui de l’œcuménisme. Or, l’une des pistes de solution au problème œcuménique, c’est l’efficace association des Eglises locales, à travers leurs évêques, en lien avec l’Eglise universelle. Et au niveau local, les paroisses sont invitées à traiter de cette situation de l’unité des chrétiens, en harmonie avec l’ordinaire du lieu (évêque diocésain). Hormis les acquis déjà officialisés par l’Eglise universelle et mis en application, certaines expériences de la vie œcuménique, au niveau de la communauté paroissiale, doivent faire l’objet de rapport étroit avec l’ordinaire du lieu ; la charitable prudence étant requise, compte tenu de la délicatesse du problème et du risque de glissement dans la confusion, toujours possible. C’est pourquoi, malgré le fait que tous les fidèles catholiques soient appelés à la tâche œcuménique, cependant, le Concile confie son application explicitement « aux évêques de toute la terre pour qu’ils veillent à la promouvoir et qu’ils l’orientent avec discernement » (UR , n° 4). P. Philibert Madrandélé n Conseil œcuménique des Eglises (COE) Association constituée par la plupart des Églises chrétiennes (réformées, orthodoxes, angli- canes, évangéliques). L'Église catholique romaine n'en fait pas partie, mais elle y collabore à titre d'observateur. Elle participe à part entière au groupe Foi et Constitution. Le siège central du COE se trouve à Genève. Le COE s’attache à promouvoir l’unité des chrétiens dans la foi, le témoignage et le service pour construire un monde plus juste et pacifique. Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (CPPUC) L'origine du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens est étroitement liée au Concile Vatican II. Le Pape Jean XXIII désirait que l'engagement de l'Église catholique dans le mouvement œcuménique contemporain soit l'un des buts principaux du Concile. C'est pourquoi, le 5 juin 1960, il a créé un Secrétariat pour la promotion de l'unité des chrétiens . C'était la première fois que le Saint-Siège mettait en place une structure consacrée uniquement aux questions œcuméniques. En 1966, le Concile étant achevé, le Pape Paul VI a confirmé le Secrétariat pour la promotion de l'unité des chrétiens comme organe permanent du Saint-Siège. C'est par la Constitution apostolique Pastor Bonus du 28 juin 1988 que le Pape Jean Paul II a transformé le Secrétariat en Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens (CPPUC), changement devenu effectif le 1 er mars 1989. Le Conseil a une double fonction : - Il est tout d'abord chargé de promouvoir, à l'intérieur de l'Église catholique, un authentique esprit œcuménique selon le Décret conciliaire Unitatis redintegratio. - En même temps, il s'efforce également de développer le dialogue et la collaboration avec les autres Églises et Communions mondiales. Aussi, dès sa création, il a établi une cordiale coopération avec le Conseil œcuménique des Églises (COE) dont le siège est à Genève ; depuis 1968, douze théologiens catholiques sont membres à part entière de la Commission Foi et Constitution, département théologique du COE. Il appartient également au CPPUC de nommer des observateurs catholiques aux différents rassemblements œcuméniques et d'inviter à son tour des observateurs ou des « délégués fraternels » des autres Églises et Communautés ecclésiales à l'occasion des grands événements de l'Église catholique. n Petit vocabulaire (1) Instruction du 20 décembre 1949 qui marque l’entrée officielle de l’Eglise catholique dans le mouvement œcuménique. (2) DC 1973, n° 1626, p. 152

Page 12

Dossier : Œcuménisme Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 12 serviteurs de Dieu, il est l’Élu. Bien que Jean-Baptiste soit le plus grand des prophètes, on se rend compte qu’il avait raison de dire qu’il n’est pas digne de lui ôter ses sandales. Pourtant, par notre baptême, Jésus nous rend semblables à lui. Le baptême chrétien ne protège pas simplement le nouveau baptisé, comme le disent souvent les parents, il nous hisse à la dignité de fils de Dieu, héritiers du Royaume avec le Christ. Notre baptême chrétien nous engage à imiter Jésus pour le rendre présent là où il nous appelle à vivre, à travailler, à prier, à célébrer et à aimer. On comprend l’émerveillement de Pierre à Césarée, chez le centurion romain, dans Actes 10, 34-38 (2 ème lecture) : En vérité, je le comprends, Dieu ne fait pas de différence entre les hommes, mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste. Par le baptême, Jésus inaugure l’universalité du salut. Il n’y a plus ni juif ni grec, ni homme ni femme, car tous vous êtes Un en Christ (Gal. 3,28). Ainsi, il confie à son Eglise la mission de baptiser toutes les nations : Allez par le monde entier proclamer l’Évangile à toutes les nations. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé (Mc 15,15-16). Georges Atine Diacre permanent n (suite de la page 8) Explication de l’affiche 2014 Le Christ est- il divisé ? 1 Corinthiens 1,1- 17 Pour mieux se l’approprier, voici l’explication de l’affiche créée par Unité chrétienne pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2014. L e Christ est-il divisé ? Dans la foi, nous répondons non à la question provocatrice de Paul. Pourtant, nos communautés ecclésiales sont divisées ! Allons-nous réduire à néant la croix du Christ ? Certainement pas ! La croix du Christ est bien plantée dans la terre ! Cependant, comment les disciples de Jésus peuvent-ils annoncer l’Évangile en se déchirant ? Il est fidèle, le Dieu qui vous a appelés à la communion avec son Fils, Jésus Christ, notre Seigneur. La Croix continue d’éclairer le monde et lui offrir la grâce et la paix. C’est pourquoi nous apercevons la croix lumineuse au second plan du visuel, le Christ présent et agissant malgré nos infidélités. Quand je serai élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes (Jn 12,32). Inlassablement,le Christ ouvre les bras jusqu’aux extrémités du monde pour accueillir et réunir tout le genre humain en lui. Unité de l’Église et unité de l’humanité sont inséparables. Mais la division des chrétiens ne masque-t-elle pas le dessein divin de tout rassembler dans le Christ ? Par leurs scissions, les baptisés n’ont-ils pas défiguré le message de réconciliation de l’évangile ? C’est ce que montre la croix fragmentée du premier plan, mosaïque colorée mais incomplète. Que percevons-nous ? Les cubes tombent-ils de la croix ou à l’inverse remontent-ils à partir du tas déjà sur le sol ? Voyons-nous l’unité visible de l’Église continuer à se démolir aujourd’hui ou, au contraire, peu à peu se reconstruire dans le mouvement œcuménique ? Si le Seigneur ne bâtit pas la maison, les ouvriers travaillent en vain (Ps 127,1). C’est la raison pour laquelle nous prions pour obtenir du Père l’unité comme un don, nous demandons l’unité telle que le Christ la veut, par les moyens qu’il voudra, nous nous offrons au souffle de l’Esprit. Nous pourrons alors nous retrousser les manches et travailler sereinement à l’œuvre de l’unité. n

Page 13

Vie du diocèse Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 13 L e croyant qui s’adresse à Dieu dans le psaume affirme honnêtement son péché, mais en même temps sa relation à un Dieu fidèle à son alliance avec lui en tant que membre du Peuple d’Israël. C’est comme une épouse qui reconnaîtrait un adultère face à un mari tellement miséricordieux et aimant qu’elle est certaine non seulement de ne pas être rejetée, mais d’être pardonnée et reprise comme épouse. Malheureusement, ce n’est pas comme cela que fonctionnent les humains. Dans ce psaume, le pénitent est déjà dans la joie avant même d’avoir obtenu le pardon (Ils danseront les os que tu broyas) . Le péché étant une mort de la relation avec Dieu et donc une mort de nous-mêmes qui sommes faits pour être « connectés » avec Dieu et les autres, dès lors Dieu devra recréer le pécheur : Crée en moi un cœur pur. Le verbe que nous traduisons par "créer" vient de l’hébreux barah ; c’est le même qui est utilisé au tout début de la Bible quand il est dit : Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. C’est cette nouvelle création qui est source de joie et d’émerveillement pour le pénitent. Un autre point important révélé par l’analyse textuelle du père Pinçon est que le psaume se présente en deux parties qui ont chacune une structure concentrique, au centre de chacune desquelles on trouve le mot "justice". Du coup, ce qui est essentiel, ce n’est pas le péché de l’homme, mais la "justice" de Dieu. Mot qui, dans la Bible, n’a pas la signification que nous lui prêtons habituellement. Il faudrait entendre ici : "agit de façon droite", peut-être même "fidèle à l’Alliance", voire "miséricordieux". Le pécheur qui parle dans le psaume veut que son péché soit l’occasion pour Dieu de manifester sa droiture, sa fidélité, voire sa miséricorde et se propose même d’en être un témoin qualifié ! * * * Après cette présentation du psaume 50 (51), le père Pinçon nous a dit un petit mot de la nouvelle traduction liturgique de la Bible. Elle était nécessaire à plus d’un titre : 1. La précédente traduction datant de 1973 n’était pas complète ; on n’avait traduit que les textes qui étaient lus au cours des célébrations. 2. Il y avait certains mots à revoir, dans la mesure où la culture évolue sans cesse et où la recherche biblique a progressé. 3. Enfin, il fallait donner au texte un style oral et une certaine qualité sonore. * * * Enfin, dans un troisième temps, le père Pinçon nous a parlé d’un projet, élaboré avec l’abbé Lafine, de création d’un institut de théologie à la Martinique pour la rentrée 2014. Il fonctionnerait selon un mixte virtuel/"présentiel". En fait, grâce à Internet, des cours écrits voire en vidéo pourraient être transmis aux étudiants mais, sur place, ils auraient des tuteurs, voire des professeurs chargés de Travaux Dirigés (TD). Les examens pourraient se passer par Skype ou par le professeur lui-même qui pourrait venir sur place pour cela en y associant en même temps des sessions de formation. P. Alain Ransay, curé des paroisses de Saint-Christophe et Sainte-Thérèse n Visite de travail du père Bertrand Pinçon Le père Bertrand Pinçon, doyen de la Faculté de théologie de Lyon, a passé quelques jours dans notre île, à l’invitation du père Hugues Lafine, son ancien condisciple. Il a notamment animé, le 30 décembre dernier, une récollection pour les prêtres. Etant spécialiste des psaumes, il nous a invités à regarder avec lui le psautier et s’est arrêté sur le psaume 50 (51) qu’il a « décortiqué » avec nous. Un prochain article de lui nous en dira d’avantage. Mais peut-être pouvons-nous déjà faire ressortir l’un ou l’autre point.

Page 14

Vie du diocèse Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 14 A ujourd’hui, je voudrais parler de l’appel. A dessein, je ne parlerai pas de "vocation", même si le mot est synonyme d’appel, tout simplement parce que j’entends privilégier les acceptions de ce dernier terme qui ne sont pas d’emblée présentes dans le substantif "vocation" (même si on ne saurait les exclure dans certains cas), à savoir un aspect ponctuel, une dimension de soudaineté, d’imprévu et de dérangeant. Dans un premier temps, je voudrais m’interroger avec vous sur le pourquoi de l’appel : pourquoi l’appel m’advient-il, en gros pourquoi me « casse-t-il les pieds » ? La question qui retiendra ensuite notre attention est : A quoi suis-je appelé ? Et enfin : dans quel but le suis-je ? I. Pourquoi un appel résonne-t-il au risque de me déranger ? Pourquoi, enfants, nos parents nous sollicitaient-ils pour des services, dès lors que nous fûmes capables de nous tenir sur nos jambes et de maîtriser les mots usuels de la langue ? D’abord parce qu’il serait malséant et dangereux d’élever des enfants dans l’oisiveté, ensuite parce qu’ils avaient sans doute besoin de notre aide, même si elle avait encore un côté dérisoire, mais, plus encore, dans un souci éducatif. De fait, les services qui nous étaient demandés étaient structurants pour nous- mêmes ; ils nous ont donc aidés à construire notre personnalité. Pouvons-nous penser qu’il en est de même pour Dieu ? D’une part, il nous appellerait quand le besoin s'en ferait sentir pour l’aider et, d’autre part, il nous éduquerait de cette manière ? 1. Dieu nous appelle à l’aider comme un père son enfant « Viens, et prends-moi ce marteau… Maintenant, prends-moi une clé 10 dans la boîte à outils »… Je me souviens de ces moments passés avec mon père où j’étais honoré de pouvoir lui être utile et, donc, de participer à ma manière à ses productions ou réparations : lits, bancs, fenêtres, etc. Ces petits services étaient secondaires au regard de ce que lui faisait, mais cela lui facilitait les choses et lui faisait gagner un peu de temps et, de mon côté, cela avait un côté formateur ; le voyant faire, je pourrais par la suite faire comme lui. Dieu pourrait se passer de petits services secondaires et tout faire lui-même, mais il fonctionne en bon père de famille. Il veut avoir besoin de nous. Et comme le petit garçon qui participe aux travaux de son papa, nous devrions en être honorés. Oui, si Dieu nous lance l’appel à prendre des responsabilités supplémentaires dans l’école – je parle de Dieu, je ne parle pas d’un égo qui veut enfler et qui, du coup, ne sera pas utile aux autres, mais risque bien de devenir rapidement nuisible. Si Dieu t’appelle à un poste plus élevé dans la hiérarchie, pourquoi pas, si cela doit aider les collègues et les enfants dont tu auras la charge. S’il t’appelle à accepter une fonction dans un syndicat enseignant, pourquoi pas ? Ou encore dans une association de quartier ou sportive ou culturelle, ou encore dans l’Église, comme catéchiste ou responsable d’année de catéchisme, ou dans une autre fonction de service. 2. Pourquoi pas ? Je me souviens de cet homme d’une quarantaine d’années, soigné à Clarac pour un cancer métastasé et qui me disait, à propos de sa maladie : « Je ne dis pas : 'pourquoi moi ?' mais : ' pourquoi pas moi ?' ». Extraordinaire ! Ainsi, si Dieu t’appelle à lui rendre de petits services, il ne faut pas répondre, comme les enfants paresseux : L’appel Dans le prolongement du thème abordé avec lui au cours d’une retraite – « Ma profession : une vocation et une mission » –, les Equipes enseignant\ es ont sollicité leur aumônier, le père Alain Ransay, pour leur parler de l’appel. Celui-ci nous livre la substance de son intervention à cette occasion.

Page 15

'pourquoi moi ?' mais plutôt, comme cet homme admirable : 'pourquoi pas moi ?' C’est un honneur qu’il te fait ; il pourrait s’en sortir tout seul puisqu’il s’appelle Dieu, mais il veut avoir besoin de toi et, à travers ce service qu’il te demande, il va te former, te faire grandir, il va te permettre de développer des potentialités qui étaient en toi et dont tu n’étais même pas conscient. En disant cela, je pense aux membres du conseil d’administration des Equipes enseignantes. Ils nous ont étonnés et surpris, et très agréablement surpris. Cela est valable pour tout ce à quoi le Seigneur nous appelle : c’est vraiment un chemin d’épanouissement pour nous, car chaque fois que nous développons de nouvelles potentialités, cela nous donne de la joie ; nous sommes comme une fleur qui ouvre de nouveaux pétales et apparaît de plus en plus dans la plénitude de son éclat. II. A quoi suis-je appelé ? Les exemples précédents laissent entendre que nous pouvons être appelés à des tâches complètement inattendues, non programmées et dont, parfois, nous ne pensions pas être capables. Cela signifie qu’il y a quelqu’un qui semble nous connaître mieux que nous-mêmes. Accepter un Dieu qui me connaît mieux que moi-même et qui m’appelle à des services dont je ne pensais pas être capable, suppose un acte d’humilité et d’abandon qui est assez rare, malheureusement. Combien de personnes passent à côté de l'appel avec de bonnes raisons. Elles ne prennent pas le temps de discerner ; elles ont déjà des réponses toutes faites du genre : « Je n’ai jamais fait cela ; je ne me sens pas capable ; je suis trop âgé pour recommencer des études ; mes loisirs vont en prendre un coup ; je n’aurai plus de temps pour les feuilletons quotidiens ; j’ai déjà trop de choses, etc. » De fait, peut-être faudra-t-il abandonner des activités que tu t’es toi-même données pour embrasser celles auxquelles le Seigneur t’appelle. En définitive, je suis appelé à l’inconnu, je suis appelé à quitter "mon pays", c'est-à-dire mes habitudes, mes routines, mes sécurités, pour aller vers la Terre Promise, à la manière d’Abraham. III. Dans quel but suis-je appelé ? Dans la première partie, nous comparions l’appel ou les appels de Dieu avec ceux des parents à leurs enfants en vue d’un service. Si on reprend la comparaison, Dieu nous demanderait des services. En général, le parent ne demande pas de l’aide pour lui-même, mais sollicite un service ayant trait à la bonne marche de la maisonnée : aide au bricolage, à la cuisine, au ménage, pour les courses, pour les poubelles, etc. Dans le cas de Dieu, il est clair qu’il s’agit de tâches relatives au Salut des hommes ; autrement dit, il s'agit de ce qui est le plus essentiel, le plus fondamental et le plus urgent. C’est pour cela que nous ne pouvons pas traiter ses appels à la légère. Quand il appelle, ce n’est pas pour rire, ce n’est pas pour nous occuper, ce n’est pas accessoire : c’est une question de vie ou de mort... de vie ou de mort éternelle. On mesure alors la responsabilité qui est la nôtre quand nous acceptons, mais également les conséquences d’un refus de notre part puisqu’elles peuvent prendre une dimension éternelle. Puisse la Vierge Marie, elle qui a dit " oui " à l’appel de Dieu du plus profond de son âme, nous aider à dire " oui " aux appels de Dieu pour la plus grande gloire de Celui-ci et pour le Salut du monde. P. Alain Ransay, Aumônier des Equipes enseignantes n Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 15 les jeunes de la Pastorale organisent un temps fort à l'église, le vendredi 24 janvier 2014, de 19h à 23h autour du thème fédérateur : la conversion . Au programme : chants, enseignements, sketches... Communiqué A l'occ Asion de lA fête de lA p Aroisse sAint-pA ul du Morne-des-esses,

Page 16

Vie du diocèse Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 16 Depuis quelques semaines, l’église de Saint-Joseph avait connu une\ agitation inhabituelle : des dizaines d’enfants avaient rempli la bâtisse de leurs cris et de leurs chants. Eveil à la foi : Célébration des Saints Innocents O n a vu se faufiler Joseph, Marie, l’ange Gabriel et une multitude d’anges et de bergers. On a vu Marie et Elizabeth se serrer dans les bras l’une de l’autre. On a même cru apercevoir des hommes qui scrutaient le ciel à la recherche d’une mystérieuse étoile. Dans le lointain, on a entendu dire qu’un enfant, un sauveur, nous était né. Des petites voix ont entonné le Gloria et des voix enfantines ont invité les passants en disant : « Venez chanter ses louanges, venez l'adorer ! ». D’autres ont répondu : « Entrons, courbons- nous, prosternons-nous, à genoux devant le Dieu qui nous a faits. » Certains ont voulu savoir ce qui se passait et le pourquoi de toute cette agitation. La réponse a été invariable : « Rendez-vous le 28 décembre à 9h ». Ce jour-là, on a vu se presser des bébés, des enfants et même des plus grands, avec leurs parents, serrant des peluches, des poupées, des voitures et des consoles de jeux. Après l’accueil, la proclamation de l’évangile et le message du père Emmanuel Saint-Honoré aux parents, le mystère fut dévoilé. Les enfants du groupe d’Eveil à la foi de la paroisse ont présenté la merveilleuse histoire de la naissance de Jésus dans une crèche vivante. Les enfants et les ani- mateurs de l’Eveil à la foi des paroisses de Schœlcher et de Redoute se sont joints à cette fête. Les cris de joie se sont mêlés aux chants de louange et chacun, petit ou grand, a reçu personnellement les trois « B » : béné- diction, ballon et bonbon. En cette nouvelle année liturgique, le thème retenu était : « Je suis étoile pour mes frères », symbolisé par une fresque parsemée d’étoiles réalisée par les enfants. Tous sont repartis le cœur rempli de la grâce de notre Seigneur, décidés à faire découvrir le Christ Jésus autour d’eux, à briller et à faire briller d’autres étoiles. Un grand merci aux parents, animateurs, paroissiens et au père Emmanuel Saint-Honoré qui se sont impliqués dans la préparation et la tenue de cette belle fête. Un grand bravo et un merci spécial aux enfants qui, par leur interprétation, ont gonflé nos cœurs de l’Amour de Dieu, notre Père. R. Bermude - Pour l’équipe d’Eveil à la foi de Saint-Joseph n

Page 17

Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 17 A près avoir demandé pardon au Seigneur pour toutes les décisions qui vont à l’encontre de Sa volonté, parmi lesquelles les dégradations opérées sur la planète, le non- respect de la vie avec la pratique de l’avortement, a commencé le temps de l’intercession pour la paroisse (« s’il te plaît ») avec le support des paroles du Pape : 28. […] La paroisse est présence ecclésiale sur le territoire, lieu de l’écoute de la Parole, de la croissance de la vie chrétienne, du dialogue, de l’annonce, de la charité généreuse, de l’adoration et de la célébration. À travers toutes ses activités, la paroisse encourage et forme ses membres pour qu’ils soient des agents de l’évangélisation. Elle est communauté de communautés, sanctuaire où les assoiffés viennent boire pour continuer à marcher, et centre d’un constant envoi missionnaire. Mais nous devons reconnaître que l’appel à la révision et au renouveau des paroisses n’a pas encore donné de fruits suffisants pour qu’elles soient encore plus proches des gens, qu’elles soient des lieux de communion vivante et de participation, et qu’elles s’orientent complètement vers la mission. Des intentions de prière ont été formulées pour que chacun : - s’acquitte de l’annonce de l’Evangile, de la prière liturgique et personnelle, du service des pauvres et des malades. - apprenne, par l’ado- ration eucharistique, à affronter les vanités du monde. Les événements de l’ac- tualité étaient présents à nos supplications : - La décision du gou- vernement domini- cain de rendre apatrides tous les Dominicains d’origine haïtienne qui seraient nés en République Dominicaine après 1929. - L’incendie de la Banque alimentaire de Martinique. - Les deux disparitions encore inexpliquées en Martinique : Benoît Lagrée, trailer breton disparu depuis le 30 novembre, et Magalie Méjean, jeune femme de 28 ans, qui n’a pas donné signe de vie depuis le 17 décembre. Le temps du « Merci » a permis de rendre grâce au Seigneur, entre autres pour : - Le Pape François, un pape prêt à réformer l’Eglise, qui appelle les jeunes et les religieux à faire preuve de courage, qui invite les catéchistes à « savoir changer » pour éveiller la mémoire de Dieu. - La libération des otages français kidnappés au Niger depuis septembre 2010, parmi lesquels le Martiniquais Thierry Dol, et celle toute récente du père George Vandenbeusch, enlevé au Cameroun dans la nuit du 13 au 14 novembre 2013. - Le combat de Nelson Mandela qui a mené une politique de récon- ciliation nationale entre noirs et blancs en refusant l’apartheid. Le temps d’ado- ration qui a suivi a favorisé le cœur à cœur avec Jésus. Là encore, les mots du Pape François sont venus rassurer les plus inquiets à propos de l’apostolat : 279. Parfois, il nous semble que nos efforts ne portent pas de fruit… […] Peut-être que le Seigneur passe par notre engagement pour déverser des bénédictions quelque part, dans le monde, dans un lieu où nous n’irons jamais. L’Esprit Saint agit comme il veut, quand il veut et où il veut ; nous nous dépensons sans prétendre, cependant, voir des résultats visibles. Nous savons seulement que notre don de soi est nécessaire. Apprenons à nous reposer dans la tendresse des bras du Père, au cœur de notre dévouement créatif et généreux. Avançons, engageons-nous à fond, mais laissons-le rendre féconds nos efforts comme bon lui semble. Léa Joly pour le service communication de la paroisse du Lorrain n Une veillée sur les pas de notre Pape François Comme chaque année, le 31 décembre, les paroissiens du Lorrain et des environs se sont retrouvés à l’église pour clôturer l’année dans la prière et l’action de grâce. La soirée était axée sur les trois mots-clés : « Pardon », « S’il te plaît », « Merci » et sur des extraits de l’Exhortation apostolique du Saint- Père, Evangelii Gaudium.

Page 18

Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 18 Retraite d’Exercices spirituels de saint Ignace au Foyer de Charité de Trinité du lundi 10 au samedi 15 mars 2014 Retraite de saint Ignace : « A la suite du Christ, vivre aujourd’hui » par les pères jésuites Michel Roger (délégué du provincial pour l’apostolat spirituel des Exercices Spirituels) & Manuel Grandin (directeur du RJI -Réseau Jeunesse Ignatien-) avec la participation d’une équipe d’ignatiens laïcs et diacre\ . Vous aimez PRIER avec la PAROLE de DIEU ou vous avez envie de DÉCOUVRIR cette manière de prier, deux propositions vous sont offertes : parcours personnalisé avec accompagnement individuel ou retraite prêchée en groupe avec accompagnement individuel. Inscription obligatoire et choix effectué, à l’avance, par l’Equipe d’animation de la retraite, à partir du désir exprimé par les retraitants dans leur lettre de motivation. Merci d’adresser votre demande d’inscription et une lettre de motivation, en y joignant une enveloppe timbrée avec vos nom et adresse à : Père Manuel GRANDIN, jésuite 14, rue d’Assas 75006 PARIS tél. : 05 96 54 35 80 ou 06 52 32 66 64 Infos pratiques : Frais de séjour : l’estimation des frais de séjour durant la retraite est de 195  (chèque à l’ordre du Foyer de Charité de Trinité, dont 20 à l’inscription) Frais d’animation : 10  à 25 jour par retraitant (ces frais sont une participation du retraitant aux voyages et frais de séjour des accompagnateurs et autres serviteurs, ainsi qu’aux frais généraux). Chacun acquitte sa part selon ses réelles possibilités et sa générosité. Ci-après quelques questions. Vos réponses permettront de mieux répondre à votre attente (sachez qu’il n’y a pas de bonnes réponses !) : Avez-vous déjà fait une retraite de saint Ignace ? Si oui, où ? Si non, un autre type de retraite ? Où ? Pourquoi souhaitez-vous faire cette retraite ? Quelle est votre attente ? Comment priez-vous habituellement ? Communiqué

Page 19

Dimanche 12 janvier 2014 Donné à Dieu, perdu pour sa famille ? Comment réagit-on quand son enfant vient nous dire qu’il veut consacrer sa vie à Dieu ? Est-ce une grande joie ou au contraire un choc qui nous ébranle ? Notre foi s’en trouve-t-elle modifiée ? Dimanche 19 janvier 2014 Manger est-il un acte sacré ? Manger est-il un acte sacré ? Pourquoi y a-t-il autant de références aux repas, à la nourriture, dans la Bible ? Les chrétiens ont-ils une attention particulière à la nourriture ? Pourquoi "manger" le corps du Christ est-il si important pour les chrétiens ? Que dit la nourriture de notre culture ? Le père Daniel Demonière, martiniquais d’origine, viendra nous rappeler pourquoi les chrétiens communient au corps et au sang du Christ. Il nous dira aussi l’importance des repas dans la société martiniquaise et son évolution. Nous irons en Nouvelle-Calédonie voir comment les ignames, reçus comme un don de Dieu, font partie intégrante de la culture kanak. Nous serons connectés depuis la Martinique avec Rudy, professeur de cuisine aux Orphelins Apprentis d’Auteuil. Il nous donnera son point de vue de formateur auprès des jeunes en difficulté, toujours dans l’idée que la cuisine est liée au vivre ensemble, à la communauté. Nous irons également en Polynésie assister au traditionnel maha, le repas polynésien, et verrons comment les valeurs de partage autour du repas font partie intégrante des familles polynésiennes. Dimanche 26 janvier 2014 La Bible, ce livre méconnu Connaissons-nous la Bible ? La lisons-nous régulièrement ? Que nous apporte sa lecture et qu’est-ce que nous y découvrons ? Dieu m’est témoin s’intéresse cette semaine à la Bible, livre fondamental pour nous chrétiens, mais livre parfois méconnu. Le père Elvis Elengabeka sera avec nous en plateau pour répondre à toutes ces questions. Ce spiritain, congolais d’origine, est professeur d’exégèse du Nouveau Testament à la Faculté catholique de Paris ; il anime aussi une chronique sur Radio Saint-Louis, la radio du diocèse de Fort-de-France en Martinique, où il se rend chaque année. Nous irons à La Réunion rencontrer Fabrice Patsoumoudou. Cet animateur de groupe biblique et formateur au sein du diocèse de Saint-Denis ne se sépare jamais de sa Bible et, tel un passeur du Christ, anime des groupes de réflexion dans les paroisses. Nous serons connectés avec Huguette Olanor depuis Saint-Claude en Guadeloupe. Responsable du Renouveau charismatique, elle nous racontera comment elle relit sa vie de tous les jours à la lumière des textes de l’Évangile. Nous verrons aussi comment, en Nouvelle-Calédonie, la traduction de la Bible en langue kanak a permis aux chrétiens d’avancer dans leur foi et comment la Bible est devenue pour les calédoniens un support d’apprentissage de leur langue. Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions Medias Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476 19 99.5 - 101.3 et 105,3 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com

Page 20

Nous partageons ta joie, Seigneur,chaque fois que germe l’unité Avec toi, nous prions, Seigneur, pour que tous nous soyons unis, comme tu es avec le Père. Avec toi, nous prions, Seigneur, pour ton Eglise, pour que le désir d’unité jaillisse avec force, pour que l’unité ne soit pas écartée comme inaccessible ou voulue seulement en esprit,sans être mise en pratique. Nous partageons ta joie, Seigneur, toutes les fois que l’unité germe dans ton peuple, toutes les fois que s’estompent les différences confessionnelles, que s’approfondit l’échange mutuel, et que le respect mutuel nous unifie. Nous partageons ta joie, Seigneur,lorsque ton peuple vit dans l’unité, accepte de partager sa maison, sa paroisse, son expérience de prière, de fraternité, de témoignage ou de service, et réalise ainsi une unité organique. Avec toi, nous prions, Seigneur, pour que ta prière soit pleinement et définitivement exaucée,lorsque nous, ton peuple, ne ferons qu’un avec toi et ton Père. Révérend John Young