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• EVEIL À LA FOI :
CÉLÉBRATION DES SAINTS
INNOCENTS
• RETRAITE D’EXERCICES
SPIRITUELS DE SAINT IGNACE
• LES ÉLECTIONS MUNICIPALES :
UNE CHANCE POUR LE BIEN
COMMUN
N° 476 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 12 janvier 2013
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Editorial
Editorial
• L’unité des chrétiens
Mot de l'Evêque
• Comme les rois Mages…
Eglise universelle
• Synode sur la famille
Eglise en France
• Les élections municipales : une chance pour le bien commun
Liturgie
• Parole dominicale
Droit canonique
• Les onctions (fin)
Dossier : L’œcuménisme
• Œcuménisme en contexte local
• Petit vocabulaire
• Explication de l’affiche 2014
Vie du diocèse
• Visite de travail du père Bertrand Pinçon
• L’appel
• Eveil à la foi : célébration des Saints Innocents
• Une veillée sur les pas de notre Pape François
• Retraite d'Exercices spirituels
Médias
numéro
476
numéro
476
• EVEIL À LA FOI :
CÉLÉBRATION DES SAINTS
INNOCENTS
• RETRAITE D’EXERCICES
SPIRITUELS DE SAINT IGNACE
• LES ÉLECTIONS MUNICIPALES : UNE CHANCE POUR LE BIEN COMMUN
N° 476 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 12 janvier 2013
S ommaire
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Édiprint – Bois Quarré
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L
a division des chrétiens ne date pas d’une histoire récente. Dé\
jà,
l’apôtre Paul interpellait les chrétiens de Corinthe à ce su\
jet :
Le Christ est-il divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pou\
r vous ?
(1 Cor 1,13).
Il a fallu attendre l’évangélisation des nouveaux territoires d\
e mission
pour que les consciences chrétiennes se réveillent à cette ques\
tion
de l’unité. Comment croire, en effet, un message d’amour, de paix,
de réconciliation, qui creuse la division entre les personnes ? Quel \
crédit accorder aux paroles de ces messagers ? Dans ces territoires,\
le contre témoignage de la division des chrétiens devenait un frei\
n
à l’annonce de l’évangile.
Après des siècles de séparation, la division des chrétiens é\
tait subie
comme une fatalité, si bien que la marche vers l’unité était\
un rêve
de quelques utopistes. Pour que le projet de communion entre
chrétiens devienne réalité, il fallait l’inscrire dans le lo\
ng terme. Là
où le temps avait creusé la méfiance et le soupçon dans les \
relations,
il fallait désormais compter sur l’espérance et la foi pour ré\
tablir la
confiance, la paix, la fraternité.
Nous sommes convaincus qu’il ne peut y avoir de véritable
réconciliation entre frères séparés si l’Esprit du Seigneur n’agit pas
dans le cœur des hommes de bonne volonté. Sans lui, les chrétie\
ns
divisés ne peuvent pas marcher dans la même direction. La prièr\
e
commune, soutenue par la foi et l’espérance, permettra de dépas\
ser
les limites de nos frontières respectives et nous faire retrouver la
grande famille de Celui qui est et fait notre unité.
Les paroles du Christ nous pressent : Que tous, ils soient un, comme
toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, \
eux
aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé… Que leur unité
soit parfaite ; ainsi le monde saura que tu m’as envoyé et que tu \
les as
aimés comme tu m’as aimé (Jean 17,22).
Dès l’origine, à cause du péché, l’être humain est \
divisé en lui-même,
dans ses relations avec les autres, dans sa relation avec son Créateur.
Sans le secours du Seigneur, nos efforts vers l’unité risquent d’être
vains. Acceptons nos diversités, prions l’Esprit du Père et du \
Fils de
faire de nous des artisans de paix et de communion.
P. Jean de Coulanges n
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L’unité des chrétiens
Couverture : Affiche créée par l’Association
Unité Chrétienn
e pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2014 pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2014
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Mot de l'Evêque
Comme les rois Mages…
A
la Martinique, la plupart
des fêtes religieuses ont
une connotation culi -
naire. C’est le cas de l’Epiphanie
qui évoque surtout la galette des
rois, « feuilletée » ou « à la fran-
gipane », qui provoque la ruée
chez les pâtissiers et l’explosion
de joie dans les familles où l’un
ou l’autre des convives découvre
la fève qui s’y trouvait dissimulée.
La tradition de la galette a des
origines incertaines. Néanmoins,
elle se rapporte quelque peu
au récit que fait l’Evangéliste
Matthieu de la visite des Mages
à l’Enfant Jésus, peu après sa
naissance. Matthieu rapporte
que Jésus étant né à Bethléem au
temps du roi Hérode le Grand, des
Mages venus d’Orient arrivèrent
à Jérusalem et demandèrent :
Où est le roi des Juifs qui vient
de naître ?
Les Mages n’étaient pas des
magiciens, mais plutôt des savants
qui scrutaient le ciel, à la recherche
du signe dont parlaient certaines
prophéties. Elles annonçaient
que la naissance du Messie,
Roi des Juifs, serait signalée
par l’apparition d’un astre
insolite. Les Mages scrutaient
le ciel. Voyant y apparaître une
étoile d’une lumière spéciale, ils
avaient compris que la prophétie
s’était réalisée. Et tout de suite,
ils avaient entrepris le voyage
de la Perse (Iran), qui était leur
pays, jusqu’à Jérusalem, capitale
religieuse du Peuple de Dieu.
Dans la ville sainte, ils interrogent
chefs des prêtres et scribes pour
qu’ils leur disent où doit naître
l’enfant annoncé par l’astre.
Mais ces religieux, familiers de
la Bible, sont incapables de les
renseigner. Quant au sanguinaire
roi Hérode qui gouverne le pays,
apprenant le motif du voyage
des Mages, il leur demande de
continuer leur recherche et de
revenir l’informer du lieu exact
où se trouverait l’enfant. C’était
dans le but d’éliminer celui qui
pouvait mettre en péril son trône.
La quête des Mages s’arrête
lorsqu’ils découvrent le lieu où
se trouve l’Enfant, avec Marie, sa
mère. Tombant à genoux, ils se
prosternent devant lui ; ils ouvrent
leurs coffrets et lui offrent en
présents de l’or, de l’encens et
de la myrrhe. Ensuite, avertis en
songe de ne pas retourner chez
Hérode, ils regagnent leur pays
par un autre chemin.
L’aventure des Mages peut être
une très belle allégorie pour
les chrétiens et les hommes de
bonne volonté d’aujourd’hui.
Les Mages étaient des hommes
qui savaient relever la tête et
tourner leur regard vers le ciel.
Dans notre monde matérialiste,
n’avons-nous pas trop souvent les
yeux rivés au sol ? Notre ventre
colle à la terre, dit le psaume 43.
Savons-nous tourner nos regards
vers le haut, vers ce qui n’est
pas matériel, vers un idéal, une
transcendance ?
Les Mages cherchaient le
Dieu Sauveur. Dans un monde
sécularisé, tenté de chercher son
salut dans les seuls progrès de
la technique et de la science,
cherchons-nous notre salut
au-delà de nous-mêmes, en
Celui que nous appelons Notre
Père des Cieux
et dont Jésus de
Nazareth nous a révélé le visage ?
Les Mages connaissent les Ecritures
et la Tradition. Néanmoins, ils ont
besoin des autres pour continuer
leur route. On ne peut pas être
chrétien tout seul. Il ne suffit
pas de connaître la Bible, même
par cœur, pour découvrir le Fils
de Dieu vivant aujourd’hui avec
nous. C’est
là où deux ou trois se
rassemblent en mon nom
que je
suis, dit le Christ. L’Eglise est-elle
pour nous une communauté «
nécessaire », sans laquelle nous ne
pouvons pas être véritablement
« enfants de Dieu » ?
Pour aller adorer l’enfant qui
vient de naître, les Mages
prennent des risques énormes : ils
quittent leur pays, leur sécurité,
leurs habitudes. Pour suive
Jésus aujourd’hui, sommes-nous
capables de prendre certains
risques ? Celui de quitter nos
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Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476
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* * * * *
Église
en Martinique
Règlement à l’ordr\Me de :
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Code Postal Ville
Mot de l'Evêque (suite)
mauvaises habitudes, de risquer
de ne pas avoir de promotion
professionnelle, d’être ridiculisé,
de se retrouver tout seul ?
Les Mages s’attendaient à trouver
« un roi ». Ils tombent à genoux
devant un enfant et sa mère. Ils
l’adorent et lui présentent leur
trésor. Nous cherchons Dieu dans
le merveilleux et les miracles. Nous
cherchons Dieu dans les apparitions,
nous le cherchons au plus haut
des cieux. Nous oublions que Dieu
habite en chacun de nous et dans
la vie de tout homme. C’est son Fils
qui le dit : Tout ce que vous faites au
plus petit d’entre mes frères, c’est
à moi-même que vous le faites.
Les Mages se prosternent. Geste
d’adoration. Autrefois, on disait :
On n’adore que Dieu seul.
Aujourd’hui, nous disons : « J’adore
le chocolat ». Ne plions nos genoux
que devant Dieu seul. Refusons
d’être les « fans » « d’idoles » que
l’on traite comme des dieux ou
des déesses et qui sont, la plupart
du temps, de pauvres malheureux
que leur trop plein d’argent rend
encore plus malheureux.
Les Mages se dessaisissent de ce
qui est leur trésor : l’or, l’encens et
la myrrhe, et l’offrent à l’Enfant
en qui ils ont reconnu le Fils de
Dieu. Et nous ? Qu’offrons-nous au
Seigneur en dehors de la très petite
pièce de monnaie qui alourdit notre
portefeuille ?
Lorsque la proposition nous est
faite de travailler le dimanche,
avons-nous le courage de dire que
c’est
Le jour du Seigneur ? Quand
nous-mêmes, chrétiens, déclarons
que le travail du dimanche arrondit
nos fins de mois et que, pour cette
raison, il est bienvenu, rappelons-
nous ces paroles du Christ : Que sert
à l’homme de gagner l’univers s’il
vient à perdre son âme ?
Le désir de tous ceux qui partagent
la galette des rois est d’être
couronnés « rois » ou « reines »
en trouvant la fève ou son ersatz
dissimulé dans la pâtisserie. Que ce
titre, même très éphémère, nous
rappelle que, par notre baptême,
nous sommes devenus membres de
Jésus Christ qui est prêtre, prophète
et roi.
Nous sommes donc « rois » par
participation. Mais, dans la Bible, le
roi n’est pas celui qui se fait servir,
mais celui qui se fait volontairement
esclave de ses frères. En devenant
roi ou reine, même de manière très
éphémère, pour avoir trouvé la fève
volontairement cachée dans une
galette, acceptons-nous de suivre
celui qui a été Roi dans l’Amour
et le Service et qui nous a faits ses
disciples ?
Comme les Mages, mettons-nous
en route à la suite du Christ, sans
attendre !
+ Michel Méranville
Archevêque
n
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Le projet du Dieu
Créateur et Rédempteur
L
a beauté du message
biblique sur la famille a sa
racine dans la création de
l'homme et de la femme faits tous
deux à l’image et la ressemblance
de Dieu (cf. Gn 1,24-31 ; 2,4b-
25). Unis par un lien sacramentel
indissoluble, les époux vivent la
beauté de l'amour, de la paternité,
de la maternité et de la dignité
suprême de participer ainsi à
l’œuvre créatrice de Dieu.
Dans le don du fruit de leur union, ils
assument la responsabilité d’élever
et d’éduquer d’autres personnes
pour l’avenir du genre humain. À
travers la procréation, l'homme et
la femme accomplissent dans la foi
la vocation d’être les collaborateurs
de Dieu pour la sauvegarde de
la création et la croissance de la
famille humaine.
Le Bienheureux Jean Paul II
a commenté cet aspect dans
Familiaris Consortio : « Dieu a
créé l'homme à son image et à sa
ressemblance (cf. Gn 1,26s) : en
l'appelant à l'existence par amour,
il l'a appelé en même temps à
l'amour. Dieu est amour (1Jn 4,8)
et il vit en lui-même un mystère de
communion personnelle d'amour.
En créant l'humanité de l'homme
et de la femme à son image et
en la conservant continuellement
dans l'être, Dieu inscrit en elle la
vocation, et donc la capacité et la
responsabilité correspondantes,
à l'amour et à la communion
(cf Gaudium et spes, 12). L'amour
est donc la vocation fondamentale
et innée de tout
être humain » (FC,
n° 11).
Ce projet du Dieu
créateur, que le
péché originel a
bouleversé (cf.
Gn 3,1-24), s’est
manifesté dans
l’histoire à travers
les vicissitudes du
Peuple élu jusqu’à
la plénitude des
temps, alors qu’avec
l’incarnation le Fils de Dieu non
seulement confirma la volonté
divine de salut, mais avec la
rédemption il offrit la grâce d’obéir
à cette même volonté.
Le Fils de Dieu, Verbe fait chair (cf.
Jn 1,14) dans le sein de la Vierge
Mère, vécut et grandit dans la
famille de Nazareth et participa
aux noces de Cana dont il enrichit
la fête avec le premier de ses
« signes » (cf. Jn 2,1-11). Il accepta
avec joie l'accueil familier de ses
premiers disciples (cf. Mc 1,29-31 ;
2,13-17) et consola la famille de ses
amis dans leur deuil à Béthanie
(cf. Lc 10,38-42 ; Jn 11,1-44).
Jésus Christ a rétabli la beauté du
mariage en proposant à nouveau
le projet unitaire de Dieu qui
avait été abandonné, en raison
de la dureté du cœur de l’homme,
même au sein de la tradition du
peuple d’Israël (cf. Mt 5,31-32 ;
19.3-12 ; Mc 10,1-12 ; Lc 16,18). En
retournant aux origines, Jésus a
enseigné l'unité et la fidélité entre
les époux, refusant la répudiation
et l’adultère.
C’est justement à travers
l’extraordinaire beauté de l'amour
humain – déjà exalté avec des
accents inspirés dans le Cantique
des Cantiques – et du lien
conjugal – exigé et défendu par
des Prophètes comme Osée (cf.
Os 1,2-3,3) et Malachie (cf. Ml 2,13-
16) – que Jésus a affirmé la dignité
originelle de l’amour conjugal
entre l'homme et la femme. n
(à suivre)
Eglise universelle
Synode des Evêques - III ème Assemblée générale extraordinaire
Les défis pastoraux de la famille
dans le contexte de l’évangélisation
Document de préparation (suite)
Unis par
un lien sacramentel
indissoluble,
les époux vivent
la beauté de l'amour, de la paternité,
de la maternité
et de la dignité
suprême de participer ainsi à l’œuvre
créatrice de Dieu.
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Eglise en France
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I
ls savent que, pour chacun
d'entre nous, être enraciné
en un lieu est une dimension
essentielle de la vie personnelle
et sociale. Beaucoup ont à
cœur d'accueillir au mieux les
nouveaux habitants.
Et quand le chômage ou
la précarité touchent nos
concitoyens, une vie locale
harmonieuse favorise la dignité
et la recherche d'emploi. Dans
les cas de grande solitude, en
particulier, la commune est souvent
ce premier garant du lien social,
avec les services aux personnes
âgées, aux personnes fragiles
ou en situation de handicap, en
développant la vie associative,
sportive et culturelle.
Une parole forte
d'encouragement
C'est pourquoi nous souhaitons
encourager fortement toutes
les personnes qui projettent en
2014 de donner quelques années
au service du bien commun.
Qu'elles travaillent à l'échelle de la
commune, de la communauté de
communes ou d'agglomération,
qu'elles représentent la dimension
locale dans les diverses structures
de la vie départementale ou
régionale, toutes seront invitées
à participer, à leur façon, à
la construction d'une société
fraternelle.
Pour les catholiques, en particulier,
cette dimension fraternelle
comporte un sens très profond.
Elle enracine l'engagement pour
le bien commun au cœur même
de la source de leur foi. Comme le
dit le pape François dans sa récente
Exhortation apostolique Evangelii
Gaudium (n° 179), « la Parole
de Dieu enseigne que, dans le
frère, on trouve le prolongement
permanent de l'Incarnation pour
chacun de nous : 'Dans la mesure
où vous l'avez fait à l'un de ces plus
petits de mes frères, c'est à moi que
vous l'avez fait' (Mt 25,40). Tout ce
que nous faisons pour les autres a
une dimension transcendante ».
Nous saluons l'implication
des élus
En tant qu'évêques, par notre
ministère, nous observons
la richesse de la vie locale,
particulièrement lors de nos
visites pastorales. Les associations,
les municipalités et les
paroisses, sont souvent,
notamment dans les
petites communes rurales
qui constituent l'immense
majorité du tissu communal,
les seuls lieux de lien social.
Nous savons, bien sûr, les
difficultés auxquelles les
élus doivent faire face. La
crise économique, longue
et coûteuse en emplois,
en fermetures d'entreprises, la
recherche des subventions et
des dotations rendent difficiles
les projets et les investissements
municipaux. Les communes
elles-mêmes sont touchées.
L'intercommunalité est un degré
qui, en période de crise, doit
permettre une mutualisation
équitable et réfléchie.
Mais nous savons l'énergie avec
laquelle les responsables de
l'action sociale mettent en œuvre
des initiatives nouvelles. Nous
savons aussi leur volonté de servir
la communauté territoriale tout
entière. Nous savons encore
l'attachement des maires à
« leurs » églises, part essentielle
du patrimoine communal, dont ils
sont souvent les premiers à initier
des restaurations. Pour tout cela, et
bien d'autres actions des domaines
si variés du développement local,
nous saluons leur implication
et condamnons les discours
Les élections municipales :
une chance pour le bien commun
Déclaration du Conseil permanent de la Conférence des Évêque\
s de
France à l'approche des élections municipales des 23 et 30 mars 20\
14
Au nom des évêques de France, nous tenons à rendre hommage aux hommes et
aux femmes impliqués dans la vie municipale. Ces élus de la proximité humaine
et géographique, très attachés à leurs communes, quelles que\
soient leurs
dimensions, sont parfois engagés depuis de longues années.
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populistes répandant la suspicion
contre toute représentation
politique.
Face à l'individualisme,
des hommes et des
femmes soucieux de tous
La tendance à l'individualisme, à
la perte du sens du bien commun
et au rejet de l'autre, quand il
est différent ou quand il vient
d'ailleurs, nous inquiète. Souvent,
la peur, puis la violence, en sont
les conséquences. Parfois même,
des personnes ont le sentiment
qu'elles ne sont plus accueillies là
où, il y a quelques années encore,
elles avaient toute leur place.
Nous encourageons les candida-
tures aux élections municipales de
2014 des hommes et des femmes
soucieux de tous, notamment dans
les nouvelles générations.
Forts de leur humanité, de leur
disponibilité, forts aussi, s'ils en
sont habités, de leur foi au Christ,
ils pourront faire du nouveau, en
renversant les mentalités dans le
sens de l'amour et de l'Évangile.
Au service du bien commun,
ils sauront allier aspirations
individuelles, justice sociale,
démocratie et paix. Notre pays
en vaut la peine. Nous engageons
à mettre en œuvre, au niveau
local, une vive attention à
toutes formes de pauvretés et la
conduite d'actions dynamiques et
inventives pour le meilleur de la
vie ensemble.
Que chaque citoyen, en allant
voter, montre sa volonté de
prendre sa part dans la recherche
du bien commun.
n
Depuis Léon XIII, les papes
ont eu le souci de définir ce
qu’est le bien commun et de
rappeler ses exigences, comme
le montrent les articles 1906
à 1910 du Catéchisme de
l’Eglise Catholique :
1906 : Par bien commun,
il faut entendre l’ensemble
des conditions sociales qui
permettent, tant aux groupes
qu’à chacun de leurs membres,
d’atteindre leur perfection,
d’une façon plus totale et plus
aisée (GS (1) 26,1 cf. GS 74,1).
Le bien commun intéresse
la vie de tous. Il réclame la
prudence de la part de chacun,
et plus encore de la part de
ceux qui exercent la charge
de l’autorité. Il comporte trois
éléments essentiels :
1907 : Il suppose, en pre-
mier lieu, le respect de la per-
sonne en tant que telle. Au nom
du bien commun, les pouvoirs
publics sont tenus de respec-
ter les droits fondamentaux
et inaliénables de la personne
humaine. La société se doit
de permettre à chacun de ses
membres de réaliser sa voca-
tion. En particulier, le bien
commun réside dans les condi -
tions d’exercice des libertés
naturelles qui sont indispen-
sables à l’épanouissement de la
vocation humaine : Ainsi : droit
d’agir selon la droite règle de
sa conscience, droit à la sau-
vegarde de la vie privée et à
la juste liberté, y compris en
matière religieuse (GS 26,2).
1908 : En second lieu, le bien
commun demande le bien-être
social et le développement
du groupe lui-même. Le
développement est le résumé
de tous les devoirs sociaux.
Certes, il revient à l’autorité
d’arbitrer, au nom du bien
commun, entre les divers
intérêts particuliers. Mais elle
doit rendre accessible à chacun
ce dont il a besoin pour mener
une vie vraiment humaine :
nourriture, vêtement, santé,
travail, éducation et culture,
information convenable, droit
de fonder une famille, etc.
(cf. GS 26,2).
1909 : Le bien commun
implique enfin la paix, c’est-à-
dire la durée et la sécurité d’un
ordre juste. Il suppose donc
que l’autorité assure, par des
moyens honnêtes, la sécurité
de la société et celle de ses
membres. Il fonde le droit à la
légitime défense personnelle et
collective.
1910 : Si chaque communauté
humaine possède un bien
commun qui lui permet de se
reconnaître en tant que telle,
c’est dans la communauté
politique qu’on trouve sa
réalisation la plus complète.
Il revient à l’Etat de défendre
et de promouvoir le bien
commun de la société civile,
des citoyens et des corps
intermédiaires.
Qu'entend-on par le bien commun ?
(1) Constitution Gaudium et Spes
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Dimanche12 janvier 2014
L a P arole D ominicale
Le baptême du Seigneur – Année A
L
ors de nos réunions de
préparation au baptême,
les questions qui reviennent
souvent se rapportent au baptême
du Seigneur : pourquoi Jésus
s’est-il fait baptiser à l’âge de 30
ans, alors que nous baptisons les
petits enfants ? pourquoi a-t-il
été plongé dans le Jourdain, alors
que le célébrant ne verse sur la
tête ou le front de nos enfants
qu’une petite quantité d’eau ?
L’Evangile de ce dimanche peut
être pour nous, catholiques, un
temps privilégié de réflexion sur
le sens de notre propre baptême.
Il efface nos péchés et nous ouvre
les portes du Ciel, mais il est
surtout un engagement que nous
prenons avec Dieu. Pour durer, il
importe de relire de temps à autre
cet engagement pour savoir si on
s’y conforme encore.
Revenons aux textes du jour. La
prédication de Jean-Baptiste avait
suscité en Israël un formidable élan
de conversion chez les hommes de
toutes les régions environnant le
Jourdain (cf. Mt 3,5). Tous ceux
qui voulaient changer de vie
et donner à Dieu sa vraie place
venaient se plonger dans les eaux
du Jourdain en signe de renouveau
intérieur. C’était une manière de
préparer la venue du Messie.
Mêlé à cette foule, quelqu’un de
totalement différent se présente
à Jean-Baptiste pour recevoir le
baptême : c’est son cousin Jésus.
Dans les versets précédents, Jean-
Baptiste dit au sujet de Jésus :
Moi, je vous baptise dans l’eau…
lui, il vous baptisera dans l’Esprit
Saint et le feu.
Jean-Baptiste est dérouté par
l’attitude de Jésus et il veut s`y
opposer : C’est moi qui aie besoin
d’être baptisé par toi, et c’est toi
qui viens à moi !
Jésus réplique :
Laisse faire maintenant, c’est ainsi
qu’il nous convient d’accomplir
toute justice . C’est une manière de
lui dire : "Ta mission prend fin ici,
c’est à moi de jouer maintenant".
Quelle que soit la mission qui nous
est confiée, il y a toujours un début
et une fin. Il faut avoir la souplesse
et l’humilité de Jean-Baptiste pour
laisser Dieu agir. Peut-être nous
posons-nous la même question
que Jean-Baptiste : si ce baptême
est un baptême de conversion,
que fait Jésus dans le Jourdain ?
N’est-il pas le Fils de Dieu, donc
sans péché ?
Jésus est venu sauver tous les
hommes et, pour cela, il prend
à son compte toute notre
humanité ; il s’est fait homme
pour partager l’histoire de tous
les hommes de tous les temps.
C’est déjà le commencement de
sa Passion : sur la croix, il s’offre
en victime pour le pardon de nos
péchés ; au baptême, il prend tous
les péchés de l’humanité pour
les engloutir dans les eaux du
Jourdain. Comment ne pas nous
rappeler les paroles de Jésus aux
fils de Zébédée :
Vous ne savez
pas ce que vous demandez ?
Pouvez-vous boire à la coupe
que je vais boire, être baptisés du
baptême dont je vais être baptisé ?
(Mc 10,39). Le baptême de Jésus
commence au Jourdain mais
trouve son achèvement sur la
croix. La coupe qu’il doit boire,
le baptême dont il parle, c’est sa mort sur la croix.
Voici que les cieux s’ouvrirent et
Jésus vit l’Esprit de Dieu descendre
comme une colombe et venir sur
lui. Et des cieux, une voix disait :
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en lui, j’ai mis tout mon Amour.
C’est une merveilleuse occasion,
parmi d’autres, de contempler
la Trinité Sainte : le Père qui
parle au Fils, le Fils qui reçoit
sa mission et, en même temps,
l’onction du Saint Esprit. Jésus
est confirmé dans sa mission par
le Père lui-même ; c’est une très
belle manière de commencer sa
vie publique. Il s’humilie en se
présentant au baptême pour
montrer qu’il assume totalement
son humanité, tout en étant Fils
de Dieu.
Le jour de notre baptême, Dieu
nous dit ces mêmes paroles : "Tu
es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai
mis tout mon Amour" et c’est ce
qui fait que nous sommes frères
et sœurs de Jésus Christ. C’est
cela la grâce de notre baptême :
devenir enfants de Dieu en Jésus,
qui est le Fils unique du Père. Il
nous donne sa divinité, il nous fait
prêtres, prophètes et rois.
A son baptême, Jésus est investi
de la mission d’être l’Amour
de Dieu parmi les hommes, de
montrer le vrai visage de Dieu :
Mon Serviteur, mon Elu, en qui
j’ai mis ma joie, ne criera pas...
n’éteindra pas la mèche qui faiblit.
Il fera paraître le jugement en toute
fidélitéé (Is 42 – 1 ère lecture).
Jésus n’est pas comme les autres
Isaïe 42,1-4.6-7 • Psaume 28 • Actes 10,34-38 • Matthieu 3,13-17
Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476
8 (suite page 12)
Page 9
D’autres onctions
E
n dehors des onctions
canoniques, la liturgie
de l’Eglise catholique ne
prévoit pas d’autres onctions.
Cependant, dans la tradition
chrétienne, on trouve des
onctions d’huiles singulières
auxquelles la piété des fidèles
accorde une certaine charge
spirituelle. Ces pratiques, non
réglementées par l’Eglise, sont
liées à la foi des fidèles. Parmi
ces huiles, nous avons plusieurs
exemples courants : huile ayant
brûlé dans des lampes de
sanctuaires (lampes rouges de
tabernacles), huile ayant brûlé
devant une statue de saint
Joseph, huile de sainte Rita,
huile qui a suinté du corps de
saint Charbel Makhlouff, huile
qui suinte de telle ou telle icône
du Christ ou de la Vierge... On
peut même y associer l’eau de
Lourdes.
Si toutes ces huiles peuvent
être utilisées dans la foi, il
convient cependant d’opérer
un discernement. Ces onctions
d’huile ne doivent pas être
confondues avec d’autres
onctions proposées, suggérées,
demandées et quelquefois
exigées, en dehors de l’Eglise, par
des personnes dont l’intention
n’est pas toujours le salut des
âmes en Jésus Christ, Fils de Dieu,
le Père.
C’est ainsi qu’aux Antilles, des
gadé zafè , voyants, marabouts
et autres marchands de bonheur
fleurissent et profitent souvent
de la crédulité et du désarroi
des personnes pour proposer
certaines onctions ! Souvent
accompagnées de prières,
ces onctions sont proposées contre paiement, alors même
que les guérisons de Jésus sont
toujours gratuites. Par ailleurs,
rappelons-nous qu’à ces lépreux
qui demandent la guérison, Jésus
ordonne : Va te montrer aux
prêtres ! (Lc 17,14). C’est pourquoi
la prudence nous invite à agir avec
discernement afin d’éviter de se
laisser abuser spirituellement et
matériellement. Ce discernement
se fait toujours en Eglise.
Onctions et phytothérapie
Des onctions dont nous parlons,
nous excluons évidemment les
baumes, onguents et autres pré-
parations médicinales, les
rimèd
razié,
qui n’ont aucune connota-
tion spirituelle et qui sont d’ordre
thérapeutique, phytothérapeu-
tique, et appartiennent à la
médecine traditionnelle. De ces
produits naturels, on fait souvent
des onctions, mais alors on par-
lera davantage de massage ou
de friction !
L’onction :
une vibration positive
Nous ne conclurons pas cette
note sans tout de même
évoquer l’onction prise dans
le sens d’une grâce ressentie
lors d’une discussion, d’une
homélie, d’un enseignement
ou d’un temps de prière. Cette
sensibilité, souvent personnelle,
est un don de Dieu à la personne
qui la ressent. Elle est d’abord
une grâce pour cette personne
qui, souvent touchée par Dieu,
ressent cette douceur réelle de
Dieu. Ce ressenti, cette onction,
ne révèle pas nécessairement
la sagesse ou la sainteté d’une
personne ou d’un orateur, mais
plutôt une attention particulière
de Dieu à l’un ou l’autre. Dans
une même assemblée, plusieurs
personnes peuvent ressentir
une onction spéciale, alors que
d’autres n’auront rien ressenti de
particulier, tout en étant satisfaits
du temps passé ensemble !
Béni soit Dieu qui donne de
ressentir sa présence, une
onction, mais Dieu est aussi
présent alors que le quotidien
semble « ordinaire » !
Et la foi dans tout cela ?
Alors que nous cherchons
remèdes, onctions, refuges et
guérisons, il est peut-être bon de
se poser une question essentielle :
"Est-ce que je crois vraiment
à l’efficacité des sacrements,
prières et supplications vécus en
Eglise ?"
Et il leur disait une parabole sur
ce qu'il leur fallait prier sans cesse
et ne pas se décourager.
Il y avait dans une ville un juge qui
ne craignait pas Dieu et n'avait
de considération pour personne.
Il y avait aussi dans cette ville
une veuve qui venait le trouver, en
disant : "Rends-moi justice contre
mon adversaire !" Il s'y refusa
longtemps. Après quoi, il se dit :
"J'ai beau ne pas craindre Dieu
et n'avoir de considération pour
personne, néanmoins, comme
cette veuve m'importune, je vais
lui rendre justice, pour qu'elle ne
vienne pas sans fin me rompre la
tête". Et le Seigneur dit : "Ecoutez
ce que dit ce juge inique. Et Dieu
ne ferait pas justice à ses élus qui
crient vers lui jour et nuit, tandis
qu'il patiente à leur sujet ! Je vous
dis qu'il leur fera prompte justice.
Mais le Fils de l'homme, quand il
viendra, trouvera-t-il la foi sur la
terre ?"
(Lc 18,1-8).
P. Jean-Max Renard,
Vice-Official
n
Droit canonique
Les onctions
(fin)
Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476
9
Celui qui nous affermit avec vous dans le Christ et qui nous a donné l'onction,
c'est Dieu, lui qui nous a aussi marqués d'un sceau et a mis dans nos cœurs
les arrhes de l'Esprit (2 Co 1,21-22).
Page 10
Dossier : Œcuménisme
Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476
10
Définition et sens chrétien
de l’œcuménisme
Œ
cuménisme vient du grec
oikoumené (oecouménè).
Ce dernier désigne toute
la partie de la terre habitée par
des hommes et des femmes. Il ne
concerne pas la partie désertique,
inhabitée de la planète terre.
En chrétienté, œcuménisme fait
allusion à tout ce qui touche à l’en-
semble des Eglises chrétiennes ; il se
réfère spécialement aux rapports
entre les différentes confessions
chrétiennes. Il signifie alors l’en-
semble des efforts visant à l’unité
visible des Eglises, dont le dénomi-
nateur commun est Jésus Christ.
Œcuménisme et
Eglise catholique
Si le mouvement œcuménique
moderne de la première moitié du
XX ème siècle semblait émerger plutôt
du côté des confessions chrétiennes
non catholiques, cependant
la préoccupation majeure du
mouvement a toujours été présente
dans la Tradition même de l’Eglise
catholique. D’après le Pape Pie XII,
l’origine de l’œcuménisme est à
rechercher du côté de l’œuvre de
l’Esprit Saint (1). Cette conviction a
été explicitée par la création, par
le Pape Jean XXIII, du
Secrétariat
pour la promotion de l’unité des
chrétiens,
en 1962, dans le sillage
du Concile Vatican II. Cette volonté
s’est encore consolidée par la
transformation dudit Secrétariat
en Conseil pontifical pour la
promotion de l’unité des chrétiens
(CPPUC) le 1 er mars 1989, par le
Pape Jean Paul II.
Mais l’outil de base à partir
duquel l’Eglise catholique déploie
son effort œcuménique reste
le décret œcuménique Unitatis
redintegratio. Ce document
affiche clairement l’un des
objectifs recherchés par le
Concile œcuménique Vatican II :
« Promouvoir la restauration de
l’unité entre tous les chrétiens »
(
Unitatis redintegratio, n° 1). Cet
objectif trouve son fondement
dans la Bible.
Fondement scripturaire
de l’œcuménisme
La compréhension œcuménique
de l’Eglise catholique est
inspirée des textes de l’Ecriture
Sainte, notamment du Nouveau
Testament. Le principal étant
la prière sacerdotale de Jésus :
« Que tous soient un comme toi,
Père, tu es en moi et moi en toi ;
qu’eux aussi soient un en nous… »
(Jn 17,21a) ; et le Christ de préciser
le but de l’unité souhaitée :
« … afin que le monde croie que
tu m’as envoyé » (Jn 17,21b). Notre
Seigneur s’adressait bien sûr aux
Apôtres, dans un cadre restreint ;
mais sa prière visait, en même
temps, la situation de ceux et celles
qui, par eux, croiraient en Lui.
Ce souci de l’unité sera, par la suite,
renforcé par nombre de textes
de saint Paul aux communautés
destinataires. Ainsi, aux Ephésiens,
il écrit : « Il n’y a qu’un Corps et
qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une
espérance au terme de l’appel que
vous avez reçu ; un seul Seigneur,
une seule foi, un seul baptême ;
un seul Dieu et Père de tous, qui
règne sur tous, agit par tous et
demeure en tous » (Ep 4,4-6). Par
conséquent, « tous, vous n’êtes
qu’un en Jésus Christ » (Ga 3,28).
Cependant, s’il y a « diversité de
dons, mais c’est le même Esprit ;
diversité de ministères, mais c’est
le même Seigneur ; divers modes
d’action, mais c’est le même
Dieu qui produit tout en tous »
(1 Co 12,4-6). C’est pourquoi tous
sont invités à partager la paix du
Seigneur, ensemble : « Que règne
en vos cœurs la paix du Christ, à
laquelle vous avez été appelés tous
en un seul corps » (Col 3,15).
Destinés au départ à un groupe
ou à des communautés restreintes,
néanmoins, comme le souligne le
Pape Paul VI, ces principes énoncés
par Jésus et par saint Paul ont
une portée universelle. Ils sont
destinés à : « tous les chrétiens
de tous les temps » (2). Toutefois,
Œcuménisme en contexte local
A l’approche de la Semaine mondiale de prière pour l’unité des chrétiens, le
père Philibert Madrandélé rappelle le saint discernement à observer quant aux
initiatives locales dans la communion avec d’autres confessions chrétiennes.
Promouvoir la restauration de l’unité entre tous les chrétiens, c’est l’un des buts principaux du
saint Concile œcuménique de Vatican II
(décret Unitatis Redintegratio, n°1).
Rencontre du pape François et du patriarche
Grec-orthodoxe Jean d’Antioche en visite à Rome
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Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476
11
comme à leur origine, ils trouvent,
aujourd’hui encore, leur lieu
d’application concrète dans des
Eglises particulières.
Eglises particulières,
terreau de la vie
œcuménique
Le rôle primordial des évêques
dans le développement du don
de l’unité au sein de leurs Eglises
respectives, et de surcroît avec les
autres confessions chrétiennes, a
été souligné, sans ambiguïté, par
le Concile Vatican II : « Les évêques
sont, chacun pour sa part, le
principe et le fondement de l’unité
dans leurs Eglises particulières :
celles-ci sont formées à l’image
de l’Eglise universelle, c’est en
elles et à partir d’elles qu’existe
l’Eglise catholique une et unique »
(Lumen Gentium, n° 23). Et parmi
les problèmes touchant à l’unité
de l’Eglise sur lesquels les évêques
sont appelés à se pencher, il y a
celui de l’œcuménisme.
Or, l’une des pistes de solution
au problème œcuménique, c’est
l’efficace association des Eglises
locales, à travers leurs évêques,
en lien avec l’Eglise universelle.
Et au niveau local, les paroisses
sont invitées à traiter de cette
situation de l’unité des chrétiens,
en harmonie avec l’ordinaire du
lieu (évêque diocésain).
Hormis les acquis déjà officialisés
par l’Eglise universelle et mis en
application, certaines expériences
de la vie œcuménique, au niveau
de la communauté paroissiale,
doivent faire l’objet de rapport
étroit avec l’ordinaire du lieu ; la
charitable prudence étant requise,
compte tenu de la délicatesse
du problème et du risque de
glissement dans la confusion,
toujours possible.
C’est pourquoi, malgré le fait que
tous les fidèles catholiques soient
appelés à la tâche œcuménique,
cependant, le Concile confie son
application explicitement « aux
évêques de toute la terre pour qu’ils
veillent à la promouvoir et qu’ils
l’orientent avec discernement »
(UR , n° 4).
P. Philibert Madrandélé n
Conseil œcuménique des
Eglises (COE)
Association constituée par la
plupart des Églises chrétiennes
(réformées, orthodoxes, angli-
canes, évangéliques). L'Église
catholique romaine n'en fait pas
partie, mais elle y collabore à
titre d'observateur. Elle participe
à part entière au groupe
Foi et
Constitution. Le siège central
du COE se trouve à Genève. Le
COE s’attache à promouvoir
l’unité des chrétiens dans la foi,
le témoignage et le service pour
construire un monde plus juste
et pacifique.
Conseil pontifical pour la
promotion de l’unité des
chrétiens (CPPUC)
L'origine du Conseil pontifical
pour la promotion de l'unité des
chrétiens est étroitement liée au
Concile Vatican II. Le Pape Jean XXIII
désirait que l'engagement de l'Église
catholique dans le mouvement
œcuménique contemporain soit
l'un des buts principaux du Concile.
C'est pourquoi, le 5 juin 1960, il
a créé un Secrétariat pour la
promotion de l'unité des chrétiens .
C'était la première fois que le
Saint-Siège mettait en place une
structure consacrée uniquement
aux questions œcuméniques. En
1966, le Concile étant achevé,
le Pape Paul VI a confirmé le
Secrétariat pour la promotion de
l'unité des chrétiens comme organe
permanent du Saint-Siège. C'est
par la Constitution apostolique
Pastor Bonus du 28 juin 1988 que
le Pape Jean Paul II a transformé
le Secrétariat en
Conseil pontifical
pour la promotion de l'unité des
chrétiens (CPPUC), changement
devenu effectif le 1 er mars 1989.
Le Conseil a une double fonction :
- Il est tout d'abord chargé de
promouvoir, à l'intérieur de l'Église
catholique, un authentique esprit
œcuménique selon le Décret
conciliaire Unitatis redintegratio.
-
En même temps, il s'efforce
également de développer le
dialogue et la collaboration avec
les autres Églises et Communions
mondiales. Aussi, dès sa création,
il a établi une cordiale coopération
avec le Conseil œcuménique des
Églises (COE) dont le siège est
à Genève ; depuis 1968, douze
théologiens catholiques sont
membres à part entière de la
Commission Foi et Constitution,
département théologique du COE.
Il appartient également au CPPUC
de nommer des observateurs
catholiques aux différents
rassemblements œcuméniques
et d'inviter à son tour des
observateurs ou des « délégués
fraternels » des autres Églises
et Communautés ecclésiales à
l'occasion des grands événements
de l'Église catholique.
n
Petit vocabulaire
(1) Instruction du 20 décembre 1949 qui marque l’entrée
officielle de l’Eglise catholique dans le mouvement
œcuménique.
(2) DC 1973, n° 1626, p. 152
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Dossier : Œcuménisme
Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476
12
serviteurs de Dieu, il est l’Élu.
Bien que Jean-Baptiste soit le
plus grand des prophètes, on se
rend compte qu’il avait raison
de dire qu’il n’est pas digne de
lui ôter ses sandales. Pourtant,
par notre baptême, Jésus
nous rend semblables à lui. Le
baptême chrétien ne protège pas
simplement le nouveau baptisé,
comme le disent souvent les
parents, il nous hisse à la dignité de
fils de Dieu, héritiers du Royaume
avec le Christ. Notre baptême
chrétien nous engage à imiter
Jésus pour le rendre présent là où
il nous appelle à vivre, à travailler,
à prier, à célébrer et à aimer.
On comprend l’émerveillement
de Pierre à Césarée, chez le
centurion romain, dans Actes 10,
34-38 (2 ème lecture) : En vérité, je
le comprends, Dieu ne fait pas
de différence entre les hommes,
mais, quelle que soit leur race, il
accueille les hommes qui l’adorent
et font ce qui est juste.
Par le baptême, Jésus inaugure
l’universalité du salut. Il n’y a plus
ni juif ni grec, ni homme ni femme,
car tous vous êtes Un en Christ
(Gal. 3,28). Ainsi,
il confie à son
Eglise la mission de baptiser toutes
les nations : Allez par le monde
entier proclamer l’Évangile
à toutes les nations. Celui qui
croira et sera baptisé sera sauvé
(Mc 15,15-16).
Georges Atine
Diacre permanent
n
(suite de la page 8)
Explication de l’affiche 2014
Le Christ est- il divisé ? 1 Corinthiens 1,1- 17
Pour mieux se l’approprier, voici l’explication de l’affiche créée par Unité
chrétienne pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2014.
L
e Christ est-il divisé ? Dans
la foi, nous répondons non à
la question provocatrice de
Paul. Pourtant, nos communautés
ecclésiales sont divisées !
Allons-nous
réduire à néant la
croix du Christ ?
Certainement
pas ! La croix du Christ est bien
plantée dans la terre ! Cependant,
comment les disciples de Jésus
peuvent-ils annoncer l’Évangile
en se déchirant ?
Il est fidèle, le Dieu qui vous a
appelés à la communion avec son
Fils, Jésus Christ, notre Seigneur.
La Croix continue d’éclairer
le monde et lui offrir la grâce
et la paix. C’est pourquoi nous
apercevons la croix lumineuse au
second plan du visuel, le Christ
présent et agissant malgré nos
infidélités.
Quand je serai élevé de terre,
j’attirerai à moi tous les hommes
(Jn 12,32). Inlassablement,le Christ
ouvre les bras jusqu’aux extrémités
du monde pour accueillir et réunir
tout le genre humain en lui.
Unité de l’Église et unité de
l’humanité sont inséparables.
Mais la division des chrétiens
ne masque-t-elle pas le dessein
divin de tout rassembler dans
le Christ ? Par leurs scissions, les
baptisés n’ont-ils pas défiguré
le message de réconciliation de
l’évangile ? C’est ce que montre
la croix fragmentée du premier
plan, mosaïque colorée mais
incomplète.
Que percevons-nous ? Les
cubes tombent-ils de la croix
ou à l’inverse remontent-ils à
partir du tas déjà sur le sol ?
Voyons-nous l’unité visible de
l’Église continuer à se démolir
aujourd’hui ou, au contraire,
peu à peu se reconstruire dans
le mouvement œcuménique ?
Si le Seigneur ne bâtit pas la
maison, les ouvriers travaillent
en vain
(Ps 127,1). C’est la raison
pour laquelle nous prions pour
obtenir du Père l’unité comme
un don, nous demandons l’unité
telle que le Christ la veut, par les
moyens qu’il voudra,
nous nous
offrons au souffle de l’Esprit. Nous
pourrons alors nous retrousser les
manches et travailler sereinement
à l’œuvre de l’unité.
n
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Vie du diocèse
Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476
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L
e croyant qui s’adresse à
Dieu dans le psaume affirme
honnêtement son péché,
mais en même temps sa relation
à un Dieu fidèle à son alliance
avec lui en tant que membre
du Peuple d’Israël. C’est comme
une épouse qui reconnaîtrait un
adultère face à un mari tellement
miséricordieux et aimant qu’elle
est certaine non seulement de
ne pas être rejetée, mais d’être
pardonnée et reprise comme
épouse. Malheureusement,
ce n’est pas comme cela que
fonctionnent les humains.
Dans ce psaume, le pénitent est
déjà dans la joie avant même
d’avoir obtenu le pardon
(Ils
danseront les os que tu broyas) .
Le péché étant une mort de la
relation avec Dieu et donc une
mort de nous-mêmes qui sommes
faits pour être « connectés » avec
Dieu et les autres, dès lors Dieu
devra recréer le pécheur : Crée
en moi un cœur pur. Le verbe
que nous traduisons par "créer"
vient de l’hébreux barah ; c’est
le même qui est utilisé au tout
début de la Bible quand il est dit :
Au commencement, Dieu créa le
ciel et la terre. C’est cette nouvelle
création qui est source de joie et
d’émerveillement pour le pénitent.
Un autre point important révélé par
l’analyse textuelle du père Pinçon
est que le psaume se présente en
deux parties qui ont chacune une structure concentrique,
au centre de chacune
desquelles on trouve le
mot "justice". Du coup,
ce qui est essentiel,
ce n’est pas le péché
de l’homme, mais la
"justice" de Dieu. Mot
qui, dans la Bible, n’a
pas la signification que nous lui
prêtons habituellement. Il faudrait
entendre ici : "agit de façon
droite", peut-être même "fidèle à
l’Alliance", voire "miséricordieux".
Le pécheur qui parle dans le
psaume veut que son péché soit
l’occasion pour Dieu de manifester
sa droiture, sa fidélité, voire sa
miséricorde et se propose même
d’en être un témoin qualifié !
* * *
Après cette présentation du
psaume 50 (51), le père Pinçon
nous a dit un petit mot de la
nouvelle traduction liturgique de la Bible. Elle était nécessaire à
plus d’un titre :
1. La précédente traduction
datant de 1973 n’était
pas complète ; on n’avait
traduit que les textes qui
étaient lus au cours des
célébrations.
2. Il y avait certains mots
à revoir, dans la mesure
où la culture évolue sans
cesse et où la recherche
biblique a progressé.
3. Enfin, il fallait donner au texte un style oral et une
certaine qualité sonore. * * *
Enfin, dans un troisième
temps, le père Pinçon
nous a parlé d’un projet,
élaboré avec l’abbé
Lafine, de création d’un
institut de théologie à
la Martinique pour la rentrée
2014. Il fonctionnerait selon un
mixte virtuel/"présentiel". En
fait, grâce à Internet, des cours
écrits voire en vidéo pourraient
être transmis aux étudiants mais,
sur place, ils auraient des tuteurs,
voire des professeurs chargés de
Travaux Dirigés (TD). Les examens
pourraient se passer par Skype
ou par le professeur lui-même qui
pourrait venir sur place pour cela
en y associant en même temps des
sessions de formation.
P. Alain Ransay, curé des paroisses de
Saint-Christophe et Sainte-Thérèse
n
Visite de travail du père
Bertrand Pinçon
Le père Bertrand Pinçon, doyen de la Faculté de théologie de Lyon, a passé
quelques jours dans notre île, à l’invitation du père Hugues Lafine, son ancien
condisciple. Il a notamment animé, le 30 décembre dernier, une récollection
pour les prêtres. Etant spécialiste des psaumes, il nous a invités à regarder
avec lui le psautier et s’est arrêté sur le psaume 50 (51) qu’il a « décortiqué »
avec nous. Un prochain article de lui nous en dira d’avantage. Mais peut-être
pouvons-nous déjà faire ressortir l’un ou l’autre point.
Page 14
Vie du diocèse
Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476
14
A
ujourd’hui, je
voudrais parler de
l’appel. A dessein, je
ne parlerai pas de "vocation",
même si le mot est synonyme
d’appel, tout simplement
parce que j’entends
privilégier les acceptions
de ce dernier terme qui ne
sont pas d’emblée présentes
dans le substantif "vocation"
(même si on ne saurait les
exclure dans certains cas),
à savoir un aspect ponctuel,
une dimension de soudaineté,
d’imprévu et de dérangeant.
Dans un premier temps, je
voudrais m’interroger avec vous
sur le pourquoi de l’appel :
pourquoi l’appel m’advient-il, en
gros pourquoi me « casse-t-il les
pieds » ? La question qui retiendra
ensuite notre attention est : A quoi
suis-je appelé ? Et enfin : dans quel
but le suis-je ?
I. Pourquoi un appel
résonne-t-il au risque
de me déranger ?
Pourquoi, enfants, nos parents
nous sollicitaient-ils pour des
services, dès lors que nous fûmes
capables de nous tenir sur nos
jambes et de maîtriser les mots
usuels de la langue ?
D’abord parce qu’il serait malséant
et dangereux d’élever des enfants
dans l’oisiveté, ensuite parce qu’ils
avaient sans doute besoin de notre
aide, même si elle avait encore un
côté dérisoire, mais, plus encore,
dans un souci éducatif. De fait, les
services qui nous étaient demandés
étaient structurants pour nous-
mêmes ; ils nous ont donc aidés à
construire notre personnalité.
Pouvons-nous penser qu’il en est
de même pour Dieu ? D’une part,
il nous appellerait quand le besoin
s'en ferait sentir pour l’aider et,
d’autre part, il nous éduquerait
de cette manière ?
1. Dieu nous appelle à l’aider
comme un père son enfant
« Viens, et prends-moi ce marteau…
Maintenant, prends-moi une clé
10 dans la boîte à outils »… Je me
souviens de ces moments passés
avec mon père où j’étais honoré
de pouvoir lui être utile et, donc,
de participer à ma manière à ses
productions ou réparations : lits,
bancs, fenêtres, etc. Ces petits
services étaient secondaires au
regard de ce que lui faisait, mais
cela lui facilitait les choses et lui
faisait gagner un peu de temps
et, de mon côté, cela avait un
côté formateur ; le voyant faire,
je pourrais par la suite faire comme
lui.
Dieu pourrait se passer de petits
services secondaires et tout faire
lui-même, mais il
fonctionne en bon
père de famille. Il veut
avoir besoin de nous.
Et comme le petit
garçon qui participe
aux travaux de son
papa, nous devrions
en être honorés. Oui,
si Dieu nous lance
l’appel à prendre
des responsabilités
supplémentaires
dans l’école – je
parle de Dieu, je ne parle pas
d’un égo qui veut enfler et qui,
du coup, ne sera pas utile aux
autres, mais risque bien de devenir
rapidement nuisible. Si Dieu
t’appelle à un poste plus élevé
dans la hiérarchie, pourquoi pas,
si cela doit aider les collègues
et les enfants dont tu auras la
charge. S’il t’appelle à accepter
une fonction dans un syndicat
enseignant, pourquoi pas ? Ou
encore dans une association de
quartier ou sportive ou culturelle,
ou encore dans l’Église, comme
catéchiste ou responsable d’année
de catéchisme, ou dans une autre
fonction de service.
2. Pourquoi pas ?
Je me souviens de cet homme
d’une quarantaine d’années,
soigné à Clarac pour un cancer
métastasé et qui me disait, à
propos de sa maladie : « Je ne
dis pas : 'pourquoi moi ?' mais :
'
pourquoi pas moi ?' ».
Extraordinaire ! Ainsi, si Dieu
t’appelle à lui rendre de petits
services, il ne faut pas répondre,
comme les enfants paresseux :
L’appel
Dans le prolongement du thème abordé avec lui au cours d’une retraite
– « Ma profession : une vocation et une mission » –, les Equipes enseignant\
es
ont sollicité leur aumônier, le père Alain Ransay, pour leur parler de l’appel.
Celui-ci nous livre la substance de son intervention à cette occasion.
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'pourquoi moi ?' mais plutôt,
comme cet homme admirable :
'pourquoi pas moi ?' C’est un
honneur qu’il te fait ; il pourrait
s’en sortir tout seul puisqu’il
s’appelle Dieu, mais il veut avoir
besoin de toi et, à travers ce service
qu’il te demande, il va te former,
te faire grandir, il va te permettre
de développer des potentialités
qui étaient en toi et dont tu n’étais
même pas conscient.
En disant cela, je pense
aux membres du conseil
d’administration des Equipes
enseignantes. Ils nous ont étonnés
et surpris, et très agréablement
surpris. Cela est valable pour
tout ce à quoi le Seigneur nous
appelle : c’est vraiment un chemin
d’épanouissement pour nous, car
chaque fois que nous développons
de nouvelles potentialités, cela
nous donne de la joie ; nous
sommes comme une fleur qui
ouvre de nouveaux pétales et
apparaît de plus en plus dans la
plénitude de son éclat.
II. A quoi suis-je appelé ?
Les exemples précédents laissent
entendre que nous pouvons être
appelés à des tâches complètement
inattendues, non programmées et
dont, parfois, nous ne pensions
pas être capables. Cela signifie qu’il
y a quelqu’un qui semble nous
connaître mieux que nous-mêmes.
Accepter un Dieu qui me connaît
mieux que moi-même et qui
m’appelle à des services dont
je ne pensais pas être capable,
suppose un acte d’humilité et
d’abandon qui est assez rare,
malheureusement. Combien
de personnes passent à côté de
l'appel avec de bonnes raisons.
Elles ne prennent pas le temps
de discerner ; elles ont déjà des
réponses toutes faites du genre :
« Je n’ai jamais fait cela ; je ne me
sens pas capable ; je suis trop âgé
pour recommencer des études ;
mes loisirs vont en prendre un
coup ; je n’aurai plus de temps
pour les feuilletons quotidiens ; j’ai
déjà trop de choses, etc. »
De fait, peut-être faudra-t-il
abandonner des activités que
tu t’es toi-même données pour
embrasser celles auxquelles le
Seigneur t’appelle. En définitive,
je suis appelé à l’inconnu, je suis
appelé à quitter "mon pays",
c'est-à-dire mes habitudes, mes
routines, mes sécurités, pour aller
vers la Terre Promise, à la manière
d’Abraham.
III. Dans quel but suis-je
appelé ?
Dans la première partie, nous
comparions l’appel ou les appels
de Dieu avec ceux des parents à
leurs enfants en vue d’un service.
Si on reprend la comparaison, Dieu
nous demanderait des services. En
général, le parent ne demande
pas de l’aide pour lui-même, mais
sollicite un service ayant trait à la
bonne marche de la maisonnée :
aide au bricolage, à la cuisine, au
ménage, pour les courses, pour les
poubelles, etc.
Dans le cas de Dieu, il est clair
qu’il s’agit de tâches relatives au
Salut des hommes ; autrement
dit, il s'agit de ce qui est le plus
essentiel, le plus fondamental et
le plus urgent. C’est pour cela
que nous ne pouvons pas traiter
ses appels à la légère. Quand il
appelle, ce n’est pas pour rire,
ce n’est pas pour nous occuper,
ce n’est pas accessoire : c’est une
question de vie ou de mort... de vie
ou de mort éternelle. On mesure
alors la responsabilité qui est la
nôtre quand nous acceptons, mais
également les conséquences d’un
refus de notre part puisqu’elles
peuvent prendre une dimension
éternelle.
Puisse la Vierge Marie, elle qui a
dit " oui " à l’appel de Dieu du plus
profond de son âme, nous aider à
dire " oui " aux appels de Dieu pour
la plus grande gloire de Celui-ci et
pour le Salut du monde.
P. Alain Ransay,
Aumônier des Equipes enseignantes
n
Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476
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les jeunes de la Pastorale organisent un temps fort à l'église,
le vendredi 24 janvier 2014, de 19h à 23h
autour du thème fédérateur : la conversion .
Au programme : chants, enseignements, sketches...
Communiqué
A l'occ Asion de lA fête
de lA p Aroisse sAint-pA ul du Morne-des-esses,
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Vie du diocèse
Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476
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Depuis quelques semaines, l’église de Saint-Joseph avait connu une\
agitation
inhabituelle : des dizaines d’enfants avaient rempli la bâtisse de leurs cris et de
leurs chants.
Eveil à la foi : Célébration
des Saints Innocents
O
n a vu se faufiler Joseph,
Marie, l’ange Gabriel et
une multitude d’anges
et de bergers. On a vu Marie et
Elizabeth se serrer dans les bras
l’une de l’autre. On a même
cru apercevoir des hommes qui
scrutaient le ciel à la recherche
d’une mystérieuse étoile. Dans le
lointain, on a entendu dire qu’un
enfant, un sauveur, nous était
né. Des petites voix ont entonné
le
Gloria et des voix enfantines
ont invité les passants en disant :
« Venez chanter ses louanges,
venez l'adorer ! ». D’autres ont
répondu : « Entrons, courbons-
nous, prosternons-nous, à genoux devant le Dieu qui nous a faits. »
Certains ont voulu savoir ce qui
se passait et le pourquoi de toute
cette agitation. La réponse a été
invariable : « Rendez-vous le 28
décembre à 9h ».
Ce jour-là, on a vu se presser des
bébés, des enfants et même des
plus grands, avec leurs parents,
serrant des peluches, des poupées,
des voitures et des consoles de jeux.
Après l’accueil, la proclamation de
l’évangile et le message du père
Emmanuel Saint-Honoré aux parents,
le mystère fut dévoilé. Les enfants du
groupe d’Eveil à la foi de la paroisse
ont présenté la merveilleuse histoire de la naissance de Jésus dans une
crèche vivante. Les enfants et les ani-
mateurs de l’Eveil à la foi des paroisses
de Schœlcher et de Redoute se sont
joints à cette fête. Les cris de joie se
sont mêlés aux chants de louange
et chacun, petit ou grand, a reçu
personnellement les trois « B » : béné-
diction, ballon et bonbon.
En cette nouvelle année liturgique,
le thème retenu était : « Je suis
étoile pour mes frères », symbolisé
par une fresque parsemée d’étoiles
réalisée par les enfants.
Tous sont repartis le cœur rempli de
la grâce de notre Seigneur, décidés
à faire découvrir le Christ Jésus
autour d’eux, à briller et à faire
briller d’autres étoiles.
Un grand merci aux parents,
animateurs, paroissiens et au père
Emmanuel Saint-Honoré qui se sont
impliqués dans la préparation et
la tenue de cette belle fête. Un
grand bravo et un merci spécial aux
enfants qui, par leur interprétation,
ont gonflé nos cœurs de l’Amour
de Dieu, notre Père.
R. Bermude - Pour l’équipe
d’Eveil à la foi de Saint-Joseph
n
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A
près avoir demandé
pardon au Seigneur pour
toutes les décisions qui
vont à l’encontre de Sa volonté,
parmi lesquelles les dégradations
opérées sur la planète, le non-
respect de la vie avec la pratique
de l’avortement, a commencé le
temps de l’intercession pour la
paroisse (« s’il te plaît ») avec le
support des paroles du Pape :
28. […]
La paroisse est présence
ecclésiale sur le territoire, lieu
de l’écoute de la Parole, de la
croissance de la vie chrétienne,
du dialogue, de l’annonce, de la
charité généreuse, de l’adoration
et de la célébration. À travers
toutes ses activités, la paroisse
encourage et forme ses membres
pour qu’ils soient des agents
de l’évangélisation. Elle est
communauté de communautés,
sanctuaire où les assoiffés
viennent boire pour continuer à
marcher, et centre d’un constant
envoi missionnaire. Mais nous
devons reconnaître que l’appel
à la révision et au renouveau
des paroisses n’a pas encore
donné de fruits suffisants pour
qu’elles soient encore plus
proches des gens, qu’elles soient
des lieux de communion vivante
et de participation, et qu’elles
s’orientent complètement vers la
mission.
Des intentions de prière ont été
formulées pour que chacun :
- s’acquitte de l’annonce de
l’Evangile, de la prière liturgique
et personnelle, du
service des pauvres et
des malades.
- apprenne, par l’ado-
ration eucharistique,
à affronter les vanités
du monde.
Les événements de l’ac-
tualité étaient présents
à nos supplications :
- La décision du gou- vernement domini-
cain de rendre apatrides tous les
Dominicains d’origine haïtienne
qui seraient nés en République
Dominicaine après 1929.
- L’incendie de la Banque
alimentaire de Martinique.
- Les deux disparitions encore inexpliquées en Martinique :
Benoît Lagrée, trailer breton
disparu depuis le 30 novembre, et
Magalie Méjean, jeune femme de
28 ans, qui n’a pas donné signe
de vie depuis le 17 décembre.
Le temps du « Merci » a permis de
rendre grâce au Seigneur, entre
autres pour :
- Le Pape François, un pape prêt
à réformer l’Eglise, qui appelle
les jeunes et les religieux à faire
preuve de courage, qui invite les
catéchistes à « savoir changer »
pour éveiller la mémoire de Dieu.
- La libération des otages français
kidnappés au Niger depuis
septembre 2010, parmi lesquels
le Martiniquais Thierry Dol,
et celle toute récente du père
George Vandenbeusch, enlevé au
Cameroun dans la nuit du 13 au 14 novembre 2013.
- Le combat de
Nelson Mandela
qui a mené une
politique de récon-
ciliation nationale
entre noirs et
blancs en refusant
l’apartheid.
Le temps d’ado-
ration qui a suivi a
favorisé le cœur à
cœur avec Jésus. Là encore, les
mots du Pape François sont venus
rassurer les plus inquiets à propos
de l’apostolat :
279. Parfois, il nous semble
que nos efforts ne portent pas
de fruit… […] Peut-être que
le Seigneur passe par notre
engagement pour déverser des
bénédictions quelque part, dans
le monde, dans un lieu où nous
n’irons jamais. L’Esprit Saint agit
comme il veut, quand il veut et
où il veut ; nous nous dépensons
sans prétendre, cependant, voir
des résultats visibles. Nous savons
seulement que notre don de soi
est nécessaire. Apprenons à nous
reposer dans la tendresse des
bras du Père, au cœur de notre
dévouement créatif et généreux.
Avançons, engageons-nous à fond,
mais laissons-le rendre féconds
nos efforts comme bon lui semble.
Léa Joly
pour le service communication de la paroisse du Lorrain
n
Une veillée sur les pas
de notre Pape François
Comme chaque année, le 31 décembre, les paroissiens du Lorrain et des
environs se sont retrouvés à l’église pour clôturer l’année dans la prière et
l’action de grâce. La soirée était axée sur les trois mots-clés : « Pardon », « S’il
te plaît », « Merci » et sur des extraits de l’Exhortation apostolique du Saint-
Père, Evangelii Gaudium.
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Retraite d’Exercices spirituels de saint Ignace
au Foyer de Charité de Trinité
du lundi 10 au samedi 15 mars 2014
Retraite de saint Ignace : « A la suite du Christ, vivre aujourd’hui »
par les pères jésuites
Michel Roger (délégué du provincial pour l’apostolat spirituel des Exercices Spirituels)
&
Manuel Grandin (directeur du RJI -Réseau Jeunesse Ignatien-) avec la participation d’une équipe d’ignatiens laïcs et diacre\
.
Vous aimez PRIER avec la PAROLE de DIEU
ou vous avez envie de DÉCOUVRIR cette manière de prier,
deux propositions vous sont offertes :
parcours personnalisé avec accompagnement individuel
ou retraite prêchée en groupe avec accompagnement individuel.
Inscription obligatoire et choix effectué, à l’avance, par l’Equipe d’animation de la retraite, à partir du désir exprimé par les retraitants dans leur lettre de motivation.
Merci d’adresser votre demande d’inscription
et une lettre de motivation,
en y joignant une enveloppe timbrée avec vos nom et adresse à :
Père Manuel GRANDIN, jésuite 14, rue d’Assas 75006 PARIS
tél. : 05 96 54 35 80 ou 06 52 32 66 64
Infos pratiques :
Frais de séjour : l’estimation des frais de séjour
durant la retraite est de 195 (chèque à l’ordre du Foyer de Charité
de Trinité, dont 20 à l’inscription)
Frais d’animation : 10 à 25 jour par retraitant (ces frais sont
une participation du retraitant aux voyages et frais de séjour des
accompagnateurs et autres serviteurs, ainsi qu’aux frais généraux).
Chacun acquitte sa part selon ses réelles possibilités et sa générosité.
Ci-après quelques questions.
Vos réponses permettront de mieux répondre à votre attente
(sachez qu’il n’y a pas de bonnes réponses !) :
Avez-vous déjà fait une retraite de saint Ignace ?
Si oui, où ? Si non, un autre type de retraite ? Où ? Pourquoi
souhaitez-vous faire cette retraite ? Quelle est votre attente ?
Comment priez-vous habituellement ?
Communiqué
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Dimanche 12 janvier 2014
Donné à Dieu, perdu pour sa famille ?
Comment réagit-on quand son enfant vient nous dire qu’il veut consacrer sa vie à Dieu ? Est-ce une grande
joie ou au contraire un choc qui nous ébranle ? Notre foi s’en trouve-t-elle modifiée ?
Dimanche 19 janvier 2014
Manger est-il un acte sacré ?
Manger est-il un acte sacré ? Pourquoi y a-t-il autant de références aux repas, à la nourriture, dans la Bible ?
Les chrétiens ont-ils une attention particulière à la nourriture ? Pourquoi "manger" le corps du Christ est-il si
important pour les chrétiens ? Que dit la nourriture de notre culture ? Le père Daniel Demonière, martiniquais
d’origine, viendra nous rappeler pourquoi les chrétiens communient au corps et au sang du Christ. Il nous
dira aussi l’importance des repas dans la société martiniquaise et son évolution.
Nous irons en Nouvelle-Calédonie voir comment les ignames, reçus comme un don de Dieu, font partie
intégrante de la culture kanak.
Nous serons connectés depuis la Martinique avec Rudy, professeur de cuisine aux Orphelins Apprentis
d’Auteuil. Il nous donnera son point de vue de formateur auprès des jeunes en difficulté, toujours dans
l’idée que la cuisine est liée au vivre ensemble, à la communauté. Nous irons également en Polynésie assister
au traditionnel maha, le repas polynésien, et verrons comment les valeurs de partage autour du repas font
partie intégrante des familles polynésiennes.
Dimanche 26 janvier 2014
La Bible, ce livre méconnu
Connaissons-nous la Bible ? La lisons-nous régulièrement ? Que nous apporte sa lecture et qu’est-ce que nous
y découvrons ?
Dieu m’est témoin s’intéresse cette semaine à la Bible, livre fondamental pour nous chrétiens,
mais livre parfois méconnu. Le père Elvis Elengabeka sera avec nous en plateau pour répondre à toutes ces
questions. Ce spiritain, congolais d’origine, est professeur d’exégèse du Nouveau Testament à la Faculté
catholique de Paris ; il anime aussi une chronique sur Radio Saint-Louis, la radio du diocèse de Fort-de-France
en Martinique, où il se rend chaque année.
Nous irons à La Réunion rencontrer Fabrice Patsoumoudou. Cet animateur de groupe biblique et formateur
au sein du diocèse de Saint-Denis ne se sépare jamais de sa Bible et, tel un passeur du Christ, anime des
groupes de réflexion dans les paroisses.
Nous serons connectés avec Huguette Olanor depuis Saint-Claude en Guadeloupe. Responsable du Renouveau
charismatique, elle nous racontera comment elle relit sa vie de tous les jours à la lumière des textes de l’Évangile.
Nous verrons aussi comment, en Nouvelle-Calédonie, la traduction de la Bible en langue kanak a permis
aux chrétiens d’avancer dans leur foi et comment la Bible est devenue pour les calédoniens un support
d’apprentissage de leur langue.
Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions
Medias
Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr Église en Martinique du 12 janvier 2014 / n°476
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99.5 - 101.3 et 105,3 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
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Nous partageons ta joie, Seigneur,chaque fois que germe l’unité
Avec toi, nous prions, Seigneur,
pour que tous nous soyons unis, comme tu es avec le Père.
Avec toi, nous prions, Seigneur, pour ton Eglise, pour que le désir d’unité jaillisse avec force,
pour que l’unité ne soit pas écartée comme inaccessible ou voulue seulement en esprit,sans être mise en pratique.
Nous partageons ta joie, Seigneur,
toutes les fois que l’unité germe dans ton peuple, toutes les fois que s’estompent
les différences confessionnelles,
que s’approfondit l’échange mutuel,
et que le respect mutuel nous unifie.
Nous partageons ta joie, Seigneur,lorsque ton peuple vit dans l’unité,
accepte de partager sa maison, sa paroisse, son expérience de prière, de fraternité, de témoignage ou de service,
et réalise ainsi une unité organique. Avec toi, nous prions, Seigneur,
pour que ta prière soit pleinement et définitivement exaucée,lorsque nous, ton peuple,
ne ferons qu’un avec toi et ton Père.
Révérend John Young
