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N° 477 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 26 janvier 2014
2 février :
Journée de la vie consacrée
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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
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Editorial
Editorial
• Temps de crise,
temps de mutation ?
Mot de l'Evêque
• Bonnes nouvelles
Eglise universelle
• Synode sur la famille (suite)
Droit canonique
• La Liturgie des Heures
Formation
• Bible et liturgie
Liturgie
• Parole dominicale
Œcuménisme
• Œcuménisme en contexte local
Vie du diocèse
• Centre diocésain de la Garde
d’honneur du Sacré-Cœur
Vie consacrée
• Deux défis majeurs pour la vie
consacrée
• Témoignages
Société
• Le souci du Bien commun à l'heure
des conflits
• Le bien commun dans la doctrine
sociale de l’Eglise
Médias
numéro
477
S ommaire
Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Ediprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
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Mot de l'Evêque
I
l ne se passe pas de jour, sans
que soient annoncés dans les
médias des dépôts de bilan, des
licenciements, des accidents de la
route, des tueries, des vols à main
armée ! Une lente imprégnation
de notre conscience par ces élé
-
ments négatifs, change à la longue
notre regard sur les personnes et
modifie notre perception de la
vie en société. Progressivement,
s’installe en nous la méfiance,
le pessimisme, le repli sur soi et
même un certain fatalisme.
C’est un lieu commun de dire que
la société, dans beaucoup de ses
rouages, est en crise. Est-ce une
crise de croissance, de modèle,
d’identité, du sens de la vie ?
La vie personnelle, surtout la vie
sociale, est fortement conditionnée
par la vie économique dont l’objectif
prioritaire est l’accumulation
de l’avoir, au détriment bien
souvent de l’être humain et de son
épanouissement. La conséquence
d’une telle situation se voit dans
le grand nombre d’individus qui
restent sur le carreau ; ils sont
considérés par les puissants de ce
monde comme des déchets.
En pareille situation, il n’est donc
pas étonnant que la vie sociale
soit chahutée par des grèves à
répétition ! Là où il faudrait
s’attaquer aux véritables causes
du mal, on prodigue des palliatifs,
cautère sur jambe de bois, qui
n'atténuent que provisoirement
les effets du mal.
Le bien commun n’intéresse
plus grand monde, seul l’intérêt individuel ou catégoriel mobilise
encore, surtout quand il est
menacé. La situation actuelle est
comparable à un bateau en péril
où chaque passager en fait à sa tête
pour se sauver, ce qui entraîne une
pagaille qui nuit au bon déroulement
du sauvetage de l’ensemble.
Pour la vie sociale, est-ce une
attitude responsable ?
Chacun de nous, dans son rapport
à l’autre, dans son travail, sa vie
sociale, est appelé à un sursaut où
le bien commun devra être pris
en compte. Dans l’enseignement
social de l’Eglise, la notion de
bien commun est définie comme
l’ensemble des conditions sociales qui
permettent, tant aux groupes qu’à
chacun de leurs membres, d’atteindre
leur perfection d’une façon plus
totale.
Chaque personne recherche la
possession de biens particuliers
en fonction de sa culture, sa
profession, son groupe social.
Comme ces biens particuliers sont
variés, la société globale ne peut
exister et se développer qu’à la
condition que ces biens particuliers
coexistent, au lieu de se neutraliser
et de se détruire les uns les autres.
Dans un pays, l’institution qui
est plus spécialement chargée du
bien commun, c’est le pouvoir
politique. D’où l’importance, dans
un régime démocratique, d’élire
des hommes et des femmes qui
ont le souci du bien de tous sans
distinction.
P. Jean de Coulanges n
2
Bonnes nouvelles
3
L
e vendredi 17 janvier 2014,
dans l’église Saint-Louis de
Mirza, en Guyane française,
avait lieu la messe solennelle de
clôture de la conférence annuelle
de la Province ecclésiastique des
Antilles françaises et de la Guyane.
La Province ecclésiastique est
un regroupement de plusieurs
diocèses, voulu par l’Eglise
catholique et inscrit dans
son Droit canonique en 1983.
Ce regroupement d’Eglises
particulières est confié par le
Pontife romain à un évêque qui
porte le titre d’Archevêque ou de
Métropolitain et se trouve
ainsi
à la tête d’un « Archidiocèse » .
Les évêques des autres diocèses
qui constituent la Province ecclé-
siastique sont ses « suffragants » .
Ils ne lui sont pas inféodés
puisqu’ils conservent leur pleine
autorité et leur totale liberté
dans leurs diocèses, la mission
de l’archevêque étant plutôt un
service de coordination et de
recours en certains cas.
Chaque année, la Province
ecclésiastique − qui, en l’occurrence,
regroupe la Martinique, la
Guadeloupe et la Guyane − tient
sa conférence, successivement,
dans l’un de ces trois diocèses. La
dernière réunion ayant eu lieu à
la Martinique, c’était donc cette
année à la Guyane d’accueillir les
Evêques, accompagnés de leurs
vicaires généraux et de l’économe
de l’archidiocèse, au centre spirituel
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus,
tenu par les sœurs de Saint Paul de
Chartres, à la Madeleine.
Dans ce cadre invitant au
recueillement et à la prière, les
sujets d’échange, de discussion
et de décisions ne manquèrent
pas. Après avoir exprimé nos
sentiments de satisfaction suite
à la visite dans nos diocèses de
son Eminence le Cardinal Filoni,
préfet de la Congrégation pour
l’Evangélisation des Peuples, nous
commençâmes par l’actualité dans
nos Eglises respectives sur fond
de violence, de crimes, de grèves.
Nous devions déplorer les tristes
records de meurtres par armes
à feu qui mettent à égalité la
Guadeloupe et la Martinique.
La pastorale des jeunes et celle
des vocations retinrent notre
souci particulier : que faire pour
répondre aux attentes des jeunes
qui ont surtout besoin de modèles
et de familles stables et aimantes
pour s’épanouir, découvrir un idéal
et surmonter victorieusement
l’échec scolaire ?
Quelle aide pourrions-nous mieux
apporter à la préparation au
mariage, au soutien des couples,
à la préparation au baptême, à
la rénovation de la catéchèse, au
recrutement des catéchistes et des
animateurs de cheminement dont
le nombre a diminué de manière
inquiétante ? Pouvons-nous aider
les chrétiens à comprendre qu’ils
sont les membres de l’Eglise qui
a besoin d’eux pour évangéliser
ce monde qui a tant besoin de
découvrir le Christ pour le suivre
et le faire connaître ?
Nous avons décidé d’harmoniser
nos procédures concernant les
célébrations de mariages et de
funérailles et de faire passer les
honoraires de messe de 16 à 17
euros, comme le demande la
Conférence des Evêques de France.
Nous avons comparé les réponses
que Rome attend de nous pour
finaliser le Synode sur la famille
qui aura lieu à Rome du 5 au 19
octobre prochain.
Nous n’avons pas manqué de
nous réjouir de la décision du Pape
François d’élever au Cardinalat,
pour la première fois dans l’histoire
de la Caraïbe, deux originaires de
cette région : son Eminence Mgr
Kelvin Edward Felix, archevêque
émérite de Sainte-Lucie, né à la
Dominique, et son Eminence
Chibly Langlois, actuellement
évêque des Cayes, en Haïti, que
nous congratulons. Cela prouve,
si besoin était, que notre Pape
François est loin de se désintéresser
des Eglises particulières de notre
région et qu’il veille sur elles avec
beaucoup de sollicitude.
Une nomination qui m’a personnel -
lement comblé de bonheur a été
celle de son Eminence Mgr Francesco
Loris Capovilla, archevêque émérite
de Chiéti, dont j’ai eu plusieurs fois
l’occasion de vous entretenir dans
Eglise en Martinique, spécialement
dans le numéro 427 de Pentecôte
2 0 11.
Temps de crise,
temps de mutation ?
Couverture :
Distribution de nourriture au Fourneau économique -
photo : Diocèse de la Martinique
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Mgr Michel Méranville et Mgr Capovilla
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* * * * *
Mot de l'Evêque (suite)
Dans ce numéro, je rappelais
les circonstances qui me firent
connaître son Eminence Capovilla,
alors secrétaire particulier du
Bienheureux Pape Jean XXIII qui
sera déclaré « Saint » au mois d’avril
prochain.
Je ne puis m’empêcher de reproduire
ici la confidence que Monseigneur
Capovilla m’avait faite lorsque
j’étais allé le voir. Elle caractérise
bien ce très grand serviteur de
notre Eglise et singulièrement du
Bon Pape Jean dont il est, à 98 ans,
l’héritier spirituel et le conservateur
de sa pensée et de ses écrits.
Voici, littéralement traduit de
l’italien, ce que me disait Mgr
Capovilla :
« Michel, lorsqu’un jeune capucin de
couleur noire, un Brésilien, a voulu
venir à Loretto pour être ordonné
prêtre par moi, quand nous sommes
sortis de la sacristie − moi avec ma
crosse et ma mitre et ce jeune à côté
de moi −, il y a eu sur notre parcours
des applaudissements ponctués
de ces exclamations : C’est un
noir ! Un noir !
Quand nous sommes arrivés à
l’autel, j’ai dit : Quel bel accueil
vous avez réservé à mon ami, Jason
Dos Santos ! Je vous en remercie.
Mais pourquoi avez-vous dit : C’est
un noir ! Et vous n’avez pas dit :
L’Evêque est un blanc ! Vous avez sans doute été impressionnés par
sa couleur. Alors laissez-moi vous le
présenter, moi : Jason est un citoyen
du Brésil avec tous ses droits et ses
devoirs. Il est lauréat de l’université
de Rio de Janeiro, mais aussi de
l’université de la Grégorienne. Il a
ses papiers en règle et parle cinq
langues. Il a voulu devenir frère
capucin par amour de saint François
d’Assise et de l’Italie. Il a voulu être
ordonné par moi.
Mais moi qui suis un évêque blanc,
je n’ai pas le courage de lui imposer
les mains sans avoir évoqué au
préalable une page de son histoire.
Car Jason est citoyen brésilien, mais
son sang n’est pas brésilien : il lui
vient d’Afrique.
Dans notre histoire chrétienne, il y
a quelques pages qui ne sont pas à
notre honneur. Ce ne sont pas des
pages chrétiennes. Nous devons
croire que la Providence se sert de
tout… Mais à part quelques rares
exceptions, nous avons accepté
sans réagir que 200 millions de
noirs soient transportés chez
nous comme esclaves, pour notre
profit. Essayons seulement de nous
représenter un tel drame !
Je me suis agenouillé devant
Jason, je lui ai baisé les pieds et
je l’ai embrassé comme un frère.
Alors l’assemblée a compris ce
que nous étions en train de faire.
Ce n’était plus le moment des
applaudissements, mais celui de
la grande réflexion. Je leur ai dit :
Jason m’a raconté son histoire.
Il est le dernier d’une fratrie de
onze enfants. Sa maman est morte
au moment où elle le mettait au
monde. Celle qui l’a éduqué est
Nonna Judita, une femme noire,
analphabète. Elle a fait de ces onze
enfants onze chrétiens, disciples
de Jésus. N’éprouvez-vous pas de
la tendresse envers eux et le désir
de les embrasser ?
Ici, en Italie, il y a des milliers de
femmes de couleur qui s’occupent
des personnes âgées. On les utilise,
mais on ne les aime pas. Et pourtant,
on leur confie ce que l’on a de plus
cher : nos parents, nos enfants.
N’y a-t-il pas là une aberration ? Si
l’Eglise ne parle pas, qui parlera ?
Il ne suffit pas de faire l’aumône. Il
faut faire la justice sociale ».
Au moment où nous assistons à une
résurgence du racisme, ces propos
de Mgr Francesco Loris conservent
toute leur actualité en nous révélant
aussi la pureté d’âme et le courage
de leur auteur.
Auguri aux cardinaux élus par
le Pape et qui recevront de ses
mains la barrette cardinalice le 22
février prochain et à Monseigneur
Francesco Loris Capovilla : longue
vie et que le Seigneur le bénisse.
+ Michel Méranville, Archevêque n
L’enseignement de
l’Église sur la famille
D
ans la communauté
chrétienne primitive, la
famille apparut également
comme l’
Église domestique (cf.
CEC 1655). Dans lesdits “codes
familiaux” des Lettres apostoliques
du Nouveau Testament, la grande
famille du monde antique est
reconnue comme le lieu de la
solidarité la plus profonde entre
femmes et maris, entre parents
et enfants, entre riches et pauvres
(cf. Ep 5,21-6,9 ; Col 3,18 - 4,1 ; 1Tm
2,8-15 ; Tt 2,1-10 ; 1P 2,13 - 3,7 ;
cf. aussi la Lettre à Philémon). En
particulier, la Lettre aux Éphésiens
a reconnu dans l'amour nuptial
entre l'homme et la femme
le
grand mystère
qui rend présent
dans le monde l'amour du Christ
et de l’Église (cf. Ep 5,31-32).
Au cours des siècles, surtout dans les
temps modernes jusqu’à nos jours,
l’Église a produit un enseignement
constant et progressif sur la famille
et sur le mariage qui la fonde.
Une des expressions les plus
remarquables a été proposée par
le Concile Œcuménique Vatican
II, dans la Constitution pastorale
Gaudium et spes, qui, en traitant
quelques-uns des problèmes les
plus urgents, consacre un chapitre
entier à la promotion de la dignité
du mariage et de la famille, comme
cela est montré dans la description
de sa valeur pour la constitution de
la société : « Ainsi la famille, lieu de
rencontre de plusieurs générations
qui s’aident mutuellement à
acquérir une sagesse plus étendue
et à harmoniser les droits des
personnes avec les autres exigences
de la vie sociale, constitue-t-elle
le fondement de la société» (GS,
52). L'appel à une spiritualité
christocentrique pour les époux
croyants est d’une intensité toute
spéciale : « Que les époux eux-
mêmes créés à l’image d’un Dieu
vivant et établis dans un ordre
authentique de personnes, soient
unis dans une même affection,
dans une même pensée et dans
une mutuelle sainteté, en sorte
que, à la suite du Christ, principe
de vie, ils deviennent, à travers
les joies et les sacrifices de leur
vocation, par la fidélité de leur
amour, les témoins de ce mystère
de charité que le Seigneur a
révélé au monde par sa mort et
sa résurrection » (GS, 52).
Les Successeurs de Pierre
également, après le Concile
Vatican II, ont enrichi par leur
Magistère la doctrine sur le
mariage et sur la famille, en
particulier Paul VI avec l’Encyclique
Humanae vitae, qui offre des
enseignements spécifiques
tant sur les principes que sur la
pratique. Successivement, le Pape
Jean Paul II, dans l’Exhortation
apostolique Familiaris Consortio,
voulut insister en proposant le
dessein divin à propos de la vérité
sur l’origine de l’amour entre
époux et celui de la famille : «
Le lieu unique, qui rend possible
cette donation selon toute sa
vérité, est le mariage, c'est-à-
dire le pacte d'amour conjugal
ou le choix conscient et libre
par lequel l'homme et la femme
accueillent l'intime communauté de vie et d'amour voulue par Dieu
lui-même (cf. Gaudium et spes,
48), et qui ne manifeste sa vraie
signification qu'à cette lumière.
L'institution du mariage n'est pas
une ingérence indue de la société
ou de l'autorité, ni l'imposition
extrinsèque d'une forme ; elle
est une exigence intérieure
du pacte d'amour conjugal qui
s'affirme publiquement comme
unique et exclusif pour que soit
vécue ainsi la pleine fidélité au
dessein du Dieu créateur. Cette
fidélité, loin d'amoindrir la liberté
de la personne, la met à l'abri
de tout subjectivisme et de tout
relativisme, et la fait participer à la
Sagesse créatrice » (FC, 11).
Le Catéchisme de l’Église
Catholique recueille ces données
fondamentales : « L’alliance
matrimoniale, par laquelle un
homme et une femme constituent
entre eux une intime communauté
Eglise universelle
Synode des Evêques - III ème Assemblée générale extraordinaire
Les défis pastoraux de la famille
dans le contexte de l’évangélisation
Document de préparation (suite)
La foi n’est pas un
refuge pour ceux qui
sont sans courage, mais
un épanouissement de
la vie. Elle fait découvrir
un grand appel, la
vocation à l’amour, et
assure que cet amour
est fiable, qu’il vaut la
peine de se livrer à lui,
parce que son fondement
se trouve dans la fidélité
de Dieu, plus forte que
notre fragilité.
vous informe que, à l’occasion de la Journée mondiale des malades,
Mgr Michel Méranville présidera
la Messe diocésaine des malades
le samedi 8 février 2014 à 9h - à l’église Sainte-Face de De Briant.
Tous les malades du diocèse y sont largement conviés.
Ceux qui désirent recevoir le sacrement des malades au cours de cette célébration
doivent impérativement s’inscrire auprès de leur paroisse. Les paroisses ont
jusqu’au 3 février 2014 pour faire parvenir leurs listes à l’archevêché.
Pour faciliter le stationnement aux abords de l’église, il serait bon de privilégier un transport en car.
Les voitures pourront déposer les malades à la porte de l’église, mais ne pourront pas y stationner.
Communiqué La PaS toraLe DiocéS aine De La Santé
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Eglise universelle
de vie et d’amour, a été fondée
et dotée de ses lois propres par
le Créateur. De par sa nature,
elle est ordonnée au bien des
conjoints ainsi qu’à la génération
et à l’éducation des enfants. Elle
a été élevée entre baptisés par
le Christ Seigneur à la dignité de
sacrement [Cf. Conc. Œcum. Vat.
II,
Gaudium et spes, 48 ; Code de
Droit Canonique, 1055, 1] » (CEC
1660).
La doctrine exposée dans le
Catéchisme considère tant les
principes théologiques que les
comportements moraux, traités
sous deux titres distincts : Le
sacrement du mariage (n. 1601-
1658) et Le sixième commandement
(n. 2331-2391). La lecture attentive
de ces parties du Catéchisme fournit
une compréhension moderne de la
doctrine de la foi pour soutenir
l’action de l’Église face aux défis
contemporains. Sa pastorale trouve
son inspiration dans la vérité du
mariage considéré selon le dessein
de Dieu qui a créé l’homme et la
femme et qui, dans la plénitude
des temps, a révélé en Jésus
également la plénitude de l’amour
entre époux élevé au niveau de
sacrement. Le mariage chrétien,
fondé sur le consentement, est
aussi doté d’effets propres tels
que les biens et les devoirs des
époux ; toutefois, il n’est pas
affranchi du régime du péché (cf.
Gn 3,1-24) qui peut procurer des
blessures profondes et aussi des
dégradations à la dignité même
du sacrement.
L’Encyclique récente du Pape
François, Lumen fidei, traite de la
famille dans son rapport avec la foi
qui révèle « combien les liens entre
les hommes peuvent être forts,
quand Dieu se rend présent au
milieu d’eux » (LF 50). « Le premier
environnement dans lequel la foi
éclaire la cité des hommes est donc
la famille. Je pense surtout à l’union
stable de l’homme et de la femme
dans le mariage. Celle-ci naît de leur
amour, signe et présence de l’amour
de Dieu, de la reconnaissance
et de l’acceptation de ce bien
qu’est la différence sexuelle par
laquelle les conjoints peuvent
s’unir en une seule chair (cf. Gn
2,24) et sont capables d’engendrer
une nouvelle vie, manifestation
de la bonté du Créateur, de sa
sagesse et de son dessein d’amour.
Fondés sur cet amour, l’homme et
la femme peuvent se promettre
l’amour mutuel dans un geste qui
engage toute leur vie et rappelle
tant d’aspects de la foi. Promettre
un amour qui soit pour toujours
est possible quand on découvre
un dessein plus grand que ses
propres projets, qui nous soutient
et nous permet de donner l’avenir
tout entier à la personne aimée »
(LF 52). « La foi n’est pas un refuge
pour ceux qui sont sans courage,
mais un épanouissement de la vie.
Elle fait découvrir un grand appel,
la vocation à l’amour, et assure que
cet amour est fiable, qu’il vaut la
peine de se livrer à lui, parce que
son fondement se trouve dans la
fidélité de Dieu, plus forte que
notre fragilité » (LF 53). n
(Questionnaire à suivre)
Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
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Qu’est-ce que la liturgie
des heures ?
S
ous ses différentes
appellations d’office divin,
bréviaire, prière des heures,
prière du temps présent,
la Liturgie
des Heures, prière publique et
habituelle de l’Église, est la prière
du Christ avec son Corps. Par elle,
le Mystère du Christ, que nous
célébrons dans l’Eucharistie,
sanctifie et transfigure le temps
de chaque jour. Elle se compose
principalement de Psaumes et
d’autres textes bibliques, ainsi que
de lectures des Pères et des maîtres
spirituels
(1).
Origines de la liturgie
des heures (2)?
La prière des psaumes est
ancestrale et déjà connue dans
le peuple juif. L’évangéliste Marc
nous rapporte que Jésus lui-
même a prié les psaumes selon
la tradition juive :
Après le chant
des psaumes, ils partirent pour le
mont des oliviers
(Mc 14,26). A
vrai dire, même si les Évangiles
et les Actes des Apôtres citent
fréquemment les psaumes, nous
ne sommes guère informés de
la place qu'ils occupaient dans la
liturgie juive au début de notre
ère. Quant aux communautés
chrétiennes, il semble que, jusque
vers l’an 200, elles aient recouru
à des hymnes spécifiquement
chrétiennes plus qu'aux psaumes
de l'A.T. C'est l'abus gnostique
des hymnes qui aurait conduit
à abandonner celles-ci pour
reprendre les psaumes, au prix
d'un grand effort de la part des
Pères de l'Église pour proposer
une lecture christologique de
ces textes pré-chrétiens. L' office
monastique, né en Égypte et en
Syrie dès le III ème siècle vise à une
prière incessante et cette prière
est nourrie de la rumination
des psaumes, que les moines
savent par cœur. Chaque jour, en solitaire ou en communauté, le
moine récite le psautier dans son
intégralité, du début à la fin.
A partir du IV ème siècle, les commu -
nautés cathédrales (autour d'un
siège épiscopal) et les communau -
tés monastiques célèbrent une
liturgie au cours des heures de la
journée. Dans cette liturgie des
heures , les psaumes prennent une
large place. L’office de Laudes (le
matin) et de vêpres (le soir) sont
les principales heures priées dans
les cathédrales. Une sélection de
psaumes est alors opérée, distin-
guant ceux qui conviennent mieux
à la prière du matin ou du soir.
Au fil des siècles, l’office divin
évoluera. Pour célébrer, de
nombreux livres et recueils seront
alors utilisés : hymnaires (hymnes
à réciter au cours de l'office divin),
antiphonaires (livres de chants
liturgiques qui contiennent les
antiennes), psautiers (livres des
psaumes), responsoriaux (recueils
de répons ou de psaumes à
chanter sous forme de réponse),
homiliaires (recueils d'homélies
ou de sermons), passionnaires
(collections de vies de saints),
collectaires (contenaient les
prières de collectes de l'office),
martyrologes (recueils annonçant
les saints qu'on a coutume de
célébrer dans les églises jour
après jour). A ce rythme, seules
les grandes cathédrales peuvent
s’offrir un tel équipement en livres,
très coûteux et embarrassant !
Aussi, dès le XI ème siècle, des
recueils allégés, simplifiés,
abrégés et modernisés seront
inventés. L’obligation de la prière
communautaire de l’office elle-
même évoluera vers la récitation
personnelle. Le mot breviarium
en latin qui signifie abrégé,
résumé, est très en vogue au
Moyen-Age et utilisé dans tous
les domaines de la science. A la
longue, il désignera exclusivement
les rituels abrégés permettant
la prière de l’ office divin . Ainsi,
le XIII ème siècle verra apparaître
les premiers bréviaires codifiés,
particulièrement sous l’instigation
des religieux franciscains. Plusieurs
bréviaires seront en vigueur selon
la région, les coutumes locales,
les diocèses et les communautés
religieuses.
Le 9 juillet 1568, par la bulle
Quod nobis , Pie V abolissait
sans exception tous les anciens
bréviaires (sauf ceux jouissant
d'une tradition ininterrompue
de deux cents ans) et imposait
pour le début de 1569 le nouveau
bréviaire, avec défense d'y rien
changer, d'y rien ajouter, d'en rien
retrancher.
Jusqu’à nous, le bréviaire de Pie
V connut quelques changements
et enrichissements. Aujourd’hui, à
la demande du concile Vatican II,
l’office divin de la liturgie des
heures a été profondément
remanié et unifié.
Puisque la
sanctification de la journée est la
fin de l'office, le cours traditionnel
des Heures sera restauré de telle
façon que les Heures retrouveront
leur vrai temps dans la mesure du
possible et qu'il soit tenu compte
des conditions de la vie présente,
surtout pour ceux qui s'appliquent
aux œuvres de l'apostolat...
Dans l'accomplissement de cette
restauration, le vénérable trésor
séculaire de l'office romain sera
adapté de telle sorte que ceux à
qui il est confié puissent en profiter
plus largement et plus facilement (3).
P. Jean-Max Renard
Vice-Official
n
Droit canonique
La liturgie des heures
L’association Mère de Miséricorde, en collaboration avec la Pastorale familiale, organise une session
de formation à la pédagogie
« Parlez-moi d’amour » .
Face à la réalité de ce qui nous entoure, les jeunes tentent de trouver des réponses à leurs ques
-
tions, parfois auprès de leur famille, souvent auprès de leurs copains et aussi à travers différents
moyens de communication (médias, internet, etc.).
Bien souvent, nous ne savons pas quoi leur dire ou comment leur dire les choses !
« Parlez-moi d’amour » est une pédagogie adaptée aux jeunes, qui permet de les éveiller à la beauté
et à la valeur de l’amour durable et de la vie humaine, en portant auprès d’eux le message chrétien
sur l’amour, la sexualité et la vie.
Soyons les premiers acteurs de l’éducation de nos enfants !
La formation « Parlez-moi d’amour » aura lieu
les samedi 8 février et dimanche 9 février 2014 de 8h30 à 17h au relais de chateaubœuf (direction LEP de Chateaubœuf).
Participation de 20 € par personne. Repas tiré du sac.
Inscription obligatoire jusqu’au 6 février 2014 aux numéros suivants : 06 96 37 84 86 -
06 96 21 10 60 - 05 96 75 19 21 ou par mail : mmc.martinique@gmail.com
Communiqué ForMation « ParLez-Moi D’aMour »
En avant-goût de la formation, une conférence sera animée par les formateurs nationaux du
programme « Parlez-moi d’amour » le jeudi 6 février 2014 de 18h à 20h30 à l’église Emmaüs de
Rivière-Roche, sur le thème :
Comment parler d’amour aux jeunes ?
(1) Compendium du Catéchisme de l’Église Catholique.
(2)
A partir de Philippe Rouillard, article Psaumes dans la liturgie, in Dictionnaire du catholicisme, 1988.
(3)
Concile Vatican II, Constitution sur la sainte
liturgie, sacrosanctum Concilium n
os 88 et
90, 1963.
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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
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Formation
Comme annoncé dans le précédent numéro de la revue, le père Bertrand Pinçon,
doyen de la Faculté de théologie de Lyon, revient sur les sujets qu’il a abordés
lors de son récent passage à la Martinique : la Bible et notamment les Psaumes.
Bible et liturgie
La nouvelle traduction de la Bible pour la liturgie
Le psautier : un livre de prières, une louange inspirée
L
a Bible, traduction officielle
liturgique,
nouvelle version
francophone de la Bible pour
la liturgie, est parue en novembre
2013. Certains l’ont déjà achetée.
D’autres envisagent de le faire.
Avant d’entreprendre l’achat ou
la lecture de cette Bible, voici la
réponse à quelques questions que
vous pouvez vous poser.
Pourquoi une nouvelle
traduction de la Bible ?
L’actuelle version de la Bible pour
la liturgie date de 1974. Jusque-là,
n’étaient traduits que les seuls
passages utilisés dans la liturgie, à
savoir tout le Nouveau Testament,
mais seulement une infime partie
de l’Ancien Testament (4000 versets
sur 21 000). C’est désormais toute
la Bible qui est traduite.
Par ailleurs, certains mots ou
expressions correspondaient à
une époque ou se sont révélés
improprement traduits au regard
du texte source (hébreu ou
grec) : ainsi, dans le récit de la
multiplication des pains en Mt
14,14, lorsqu’il nous est dit que
Jésus est « pris de pitié » envers
les foules, le mot
pitié est rendu,
dans la nouvelle traduction, par
l’expression verbale « remué aux
entrailles »,
expression plus juste
au regard du texte grec. De même,
dans le Magnificat, on parlera
désormais de la « miséricorde »
de Dieu qui s’étend d’âge en âge,
plutôt que de son
« amour ».
En quoi cette traduction
liturgique est-elle différente
des autres traductions ?
La traduction liturgique répond à
un but précis : être lue en public,
proclamée, écoutée. Ce qui est,
avant tout, recherché est le style
oral et la qualité sonore du texte.
C’est une Bible pour les lèvres et
les oreilles, et non pas pour les
yeux. Ainsi, les phrases doivent être
courtes, le vocabulaire adapté à la
culture de l’auditeur. Et surtout, il
convient d’éviter les expressions
gênantes à l’oreille ou sources
de confusion. Ainsi, « l’Oint du
seigneur » pour désigner le Messie
peut se comprendre à l’oreille
comme « loin du seigneur » , ce qui
n’est pas la même chose ! De même,
on comprendra aisément que,
pour la proclamation liturgique, il
est préférable de remplacer :
« la
vache et l’ours paîtront ensemble »
par « la vache et l’ours auront
même pâturage » (Is 11,7).
Dans le Nouveau Testament,
les Béatitudes, dans l’évan
-
gile de Luc, sont retouchées :
l’expression : « malheureux, vous
qui… » est rendue par : « quel
malheur pour vous… car… »
(Lc 6,20-26). De même, on le sait,
dans la prière du Notre Père, la
dernière demande est retraduite
comme suit :
« ne nous laisse pas
entrer en tentation ».
Comment les traducteurs
ont-ils travaillé ?
Cette nouvelle traduction est le
fruit de dix-sept années de travail.
En 1996, une commission d’évêques
francophones a demandé à
des spécialistes de proposer
une nouvelle traduction. Cette
équipe, composée de biblistes et
de littéraires, a élaboré un texte
qui a été soumis aux différentes
conférences épiscopales. Après
quelques va-et-vient avec la
Congrégation pour le culte divin,
le texte a été validé définitivement
en 2013. Dans les prochaines
années, cette nouvelle traduction
servira de matrice aux nouveaux
lectionnaires qui seront utilisés
dans les paroisses d’ici deux ans.
C’est donc probablement à l’Avent
2015 que la nouvelle traduction
pourra être utilisée dans la liturgie.
Par ailleurs, la nouvelle traduction
servira de base à la traduction du
nouveau Missel Romain qui devrait
sortir, lui, vers 2016.
Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
8
Qui a déjà ouvert le livre des
psaumes a perçu combien il exprime
l’aspiration la plus profonde du
croyant devant son Dieu. De bien
des manières, le psautier témoigne
d’une expérience tout à la fois
humaine et religieuse : vivre avec
Dieu, parmi les vivants, au
milieu d’une création à la
fois bonne et éprouvante.
En ce sens, le psautier
aborde les questions les
plus fondamentales de
l’expérience de foi : la vie,
la mort, la souffrance, la
grandeur et la précarité de
l’homme, la brièveté de la
vie, le scandale du mal,
celui du juste persécuté
mais soutenu par son Dieu.
C’est dire que le psautier
s’inscrit dans cette grande
thématique théologique
qui traverse toute la Bible :
une promesse divine de
libération, une relation qui engage
des humains avec Dieu pour un
bienfait, une exigence de fidélité
à une Loi, médiatrice de cette
relation.
Celui qui prie ne le fait pas tout seul.
Il s’inscrit dans une communauté
croyante qui le précède et qui le
suit. Il prie avec les mots d’un autre.
En cela, le psaume n’est jamais
lettre morte, il est toujours parole
vivante : il permet de formuler une
nouvelle prière. Le psautier est l’un
des 73 livres de la Bible chrétienne.
Dans l’Ancien Testament, il s’inscrit
après la Loi et les prophètes, c’est
dire que le psautier répond bien
à sa vocation d’être un livre
d’alliance : un langage humain
et une louange divine, un livre de
prières et une prière inspirée.
Il existe deux types de numé-
rotations des psaumes, selon la
tradition dans laquelle ils nous
parviennent (hébraïque / grecque
(septante), latine (vulgate) pour
la liturgie). Certains ont été
divisés en deux ; d’autres ont été
rassemblés en un pour arriver au
chiffre rond de 150. Ce qui donne,
respectivement, pour la tradition
hébraïque et la tradition grecque :
La tradition juive qui identifie cinq
livrets (Ps 1-41 ; 42-72 ; 73-89 ;
90-106 ; 107-150), considère David
comme l’auteur-compositeur du
livre des Psaumes. Certains d’entre
eux renvoient effectivement à
des événements turbulents de sa
biographie : la fuite devant son
fils Absalom (Ps 3), sa rencontre
avec le prophète Nathan venu le
trouver après son adultère avec
Bethsabée (Ps 51/50)… David est
certes un homme choisi par Dieu
pour être roi sur tout Israël, mais il
est aussi fragile, faible comme nous
tous. Pourtant, il est manifeste que
certains psaumes ne datent pas
de la période davidique mais de
l’Exil à Babylone (VI
ème siècle av.
J-C) et même du retour d’Exil.
Derrière le David du psautier, c’est
la figure royale de la communauté
d’Israël qui s’exprime. La tradition
chrétienne lit le psautier comme
prière du Christ et prière de
l’Eglise. Ainsi que l’écrit saint
Augustin : « Que personne ne dise,
en entendant ces paroles : ' ce n’est
pas le Christ qui parle ', ni n’en
vienne à dire : '
ce n’est pas moi
qui parle
'. Bien plutôt, s’il se sait
dans le corps du Christ, qu’il dise à
la fois :
'c’est le Christ qui parle ',
et : ' c’est moi qui parle '. Refuse-toi
à rien dire sans lui. Lui ne dit rien
sans toi » (1).
P. Bertrand Pinçon
Doyen de la Faculté de théologie de Lyon Sites : www.theologielyon.org
et www.theoenligne.fr
(cours de théologie à distance pour
tout public, notamment sur les psaumes).
Bible
hébraïque
Ps 1-8 Ps 9
Ps 10
Ps 11-113 Ps 114 Ps 115
Ps 116, 1-9
Ps 116, 10-19 Ps 117-146
Ps 147, 1-11
Ps 147, 12-20 Ps 148-150 Septante – Vulgate
Liturgie
Ps 1-8
Ps 9, 1-21
Ps 9, 22-39 Ps 10-112
Ps 113, 1-8
Ps 113, 9-26 Ps 114 Ps 115
Ps 116-145 Ps 146 Ps 147
Ps 148-150
La traduction liturgique répond à un but précis : être lue en public,
proclamée, écoutée.
Ce qui est, avant tout, recherché est le style oral
et la qualité sonore du texte.
Le psautier aborde
les questions les plus
fondamentales de
l’expérience de foi : la vie,
la mort, la souffrance, la
grandeur et la précarité
de l’homme, la brièveté
de la vie, le scandale
du mal, celui du juste
persécuté mais soutenu
par son Dieu.
(1) Augustin, Enarratio in Ps 85, 1.
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L
’unité visible des Eglises
que vise le mouvement
œcuménique ne préconise
pas, à l’état actuel, l’union de tous
les chrétiens en une institution
ecclésiale unique, ni la réunion de
toutes les différentes confessions
chrétiennes. Il entend plutôt
promouvoir le travail commun
des Eglises, dans le respect
mutuel de toutes les institutions
partenaires.
Si l’œcuménisme est bibliquement
fondé, les scissions, elles, ont sou -
vent eu comme soubassement des
divergences d’ordre théologique.
D’où l’importance première du
dialogue théologique dans les
rapports entre l’Eglise catholique
et les autres communautés chré-
tiennes.
Dialogue théologique
En plus de la conversion inté -
rieure et de la prière, le dialogue
œcuménique est un des moyens
servant la cause de l’unité entre
chrétiens de différentes Eglises
et communautés (1). La première
forme de dialogue privilégiée
par l’Eglise catholique, dans sa
volonté d’unité, est le dialogue
théologique.
Les thèmes centraux qui
constituent l’objet dudit dialogue
sont définis par le décret Unitatis
redintegratio qui préconise que le
débat concerne prioritairement
« la doctrine sur la Cène du Seigneur,
les autres sacrements, le culte
et les ministères de l’Eglise. »
(UR , n. 22). Et le cadre convenu
pour l’organisation d’un tel
dialogue, ce sont des commissions
mixtes interconfessionnelles.
Commissions mixtes
Au sortir du Concile Vatican II,
l’ancien Secrétariat pour l’unité
des chrétiens
(2) a établi avec les
autres confessions chrétiennes
des commissions préparatoires,
selon le programme prévu avec
chacune d’elles, en vue de consti -
tuer des listes de divergences
doctrinales, qui fondent leur
organisation particulière. Ainsi,
le choix des thèmes à débattre
s’est souvent adapté, selon les
confessions chrétiennes parte -
naires du dialogue.
Les commissions mixtes sont de
deux sortes, d’après leur extension :
les commissions internationales,
émanant du Conseil pontifical
pour la promotion de l’unité des
chrétiens dont lui-même désigne
les membres catholiques, et
les
commissions nationales
ou régionales initiées par les
hiérarchies locales qui en choisissent
également les composants de la
partie catholique.
Selon leur légitimité, les
commissions mixtes sont de deux
ordres : les privées et les officielles.
Les premières sont constituées par
des chrétiens, souvent chercheurs
théologiens. Elles ne dépendent
d’aucune hiérarchie. Malgré le
bruit que peuvent provoquer
dans l’opinion certaines de
leurs publications, celles-ci n’ont
qu’une valeur relative ; cependant,
certains éléments de leurs
recherches peuvent contribuer,
indirectement, aux travaux des
commissions officielles. Ces
dernières, mandatées par la
hiérarchie de l’Eglise, travaillent
en étroite relation avec elle.
Valeur des conclusions
des commissions mixtes
Les résultats des travaux des
commissions mixtes sont dits
"déclaration", "accord" ou
"rapport". Quand bien même
ces résultats proviennent des
commissions interconfessionnelles
mandatées, ils ne peuvent être
utilisés pour changer quoi que
ce soit dans la pastorale ou la
discipline de l’Eglise catholique.
Un temps est requis, en vue
d’une analyse minutieuse du
contenu par le Conseil pontifical
pour la promotion de l’unité des
chrétiens. C’est seulement après
en avoir relevé les éléments positifs
et les lacunes éventuelles, que la
rédaction définitive du document
revu, corrigé et complété fera
l’objet d’un prononcé officiel de
la part du Magistère, avant une
éventuelle entrée en vigueur des
conclusions.
En effet, si les analyses
théologiques peuvent permettre
de clarifier les divergences
doctrinales entres chrétiens
de différentes confessions,
néanmoins leurs conclusions
requièrent une approbation du
Magistère. Celle-ci intervient
parfois après un temps assez
long de discernement ; la patience
étant « la vertu œcuménique par
excellence » (3).
P. Philibert Madrandélé
Vicaire au Lorrain
n
Œcuménisme
Œcuménisme en contexte local (suite)
Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
11
« L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles (Eglises et
communautés séparées) comme de moyens de salut, dont la vertu dérive de la
plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à\
l’Eglise catholique » (Unitatis
redintegratio, UR, n. 3). Dimanche 26 janvier 2014
L a P arole D ominicale
3 ème dimanche du temps ordinaire Année A
A
u moment où les portes de
la prison se referment sur
la voix de Jean-Baptiste
et que son rôle de précurseur
est brutalement interrompu
par Hérode, Jésus inaugure sa
mission sur les rives du lac de
Galilée. Autour de lui se pressent
les foules, avides de Dieu et
assoiffées de vérité. Chacun porte
vers lui le poids de ses doutes,
ses misères, ses souffrances et
ses interrogations. La tâche
est débordante, comme est
immense la passion qu’il éprouve
pour ce peuple sans berger.
Mais par où faut-il commencer ?
A quoi accorder la première
place ?
D’après l’évangéliste Matthieu,
Jésus inaugure sa mission en se
fixant deux priorités : il prêche
un message de conversion et
se choisit des disciples. C’est
autour de ces deux thèmes que
je voudrais centrer ma méditation
de ce dimanche.
La conversion
Convertissez-vous, car le
Royaume des cieux est tout
proche. La conversion à laquelle
Jésus invite est essentiellement
une transformation qui s’opère
dans le cœur de l’homme. Elle
commence toujours par une prise
de conscience d’une situation
qui a besoin d’être changée.
Elle naît d’une insatisfaction
éprouvée devant sa propre vie,
d’un malaise devant sa propre
histoire. C’est pourquoi la
conversion suppose toujours un
regard lucide posé sur soi-même, à la lumière de la Parole de Dieu.
La conversion se traduit ensuite
par une décision de rupture
avec le passé pour commencer
une existence nouvelle. Dans ce
sens, elle est un acte volontaire,
un effort sincère de mettre un
terme à des agissements ou à
de vieilles habitudes, pour se
corriger. C’est à ce changement
de mentalité et de comportement
qu’invitait Jésus en s’adressant à
ses auditeurs.
Rappelons, à ce sujet, que dans
la Bible, deux termes sont utilisés
pour parler de la conversion : le
verbe
"epistrephein" qui indique
un changement de direction
et
"metanoein" qui désigne
un retournement intérieur.
La conversion commence
dans l’esprit par le repentir et
l’adoption de nouvelles valeurs.
Elle se traduit ensuite en des actes
concrets.
La vocation :
•Un appel à être des témoins
Jésus appelle des hommes à
travailler avec lui au salut de
leurs frères. A ces collaborateurs
privilégiés, il confie essentiellement
trois missions : être des témoins
de la vérité, des messagers de
l’amour et des artisans de la paix.
Les apôtres sont donc appelés à
révéler au monde la vérité sur
Dieu et la vérité sur l’homme. C’est
à eux qu’il revient de traduire
dans un langage accessible à
leurs frères le mystère de Dieu,
un mystère souvent difficile
à comprendre. Sans vanité ni
complexe, ils doivent aider les
autres à trouver une réponse
aux milliers de questions qu’ils
se posent, parfois avec anxiété.
•Un appel à tout quitter
Pour suivre le Christ, nous dit
l’Évangile de ce jour, les apôtres
ont abandonné leur profession
avec une admirable spontanéité.
Il fallait être réellement séduit par
la personne et le message de Jésus
pour opérer un renoncement
aussi radical. Notons cependant
que si le détachement de leur
métier fut relativement facile, la
renonciation à leurs convictions
et ambition fut beaucoup plus
laborieuse. Il ne suffit donc pas
de quitter le monde pour suivre le
Christ ; il faut encore se quitter soi-
même et cela requiert beaucoup
plus de courage et d’abnégation.
P. Gilles Aïzo
Vicaire à Schœlcher
n
Isaïe 8,23b ; 9,1-3 • Psaume 26 • 1 Corinthiens 1,10-13.17 • Matthieu 4,12-23
Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
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(1) Documentation catholique, DC 1974, n°1646, p. 63. (2) Devenu Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, depuis le 1 er mars 1989. (3) D’après le cardinal Willebrands, dans DC 1974, n° 1646, p. 64.
La conversion
suppose toujours un regard lucide
posé sur soi-même, à la lumière de la Parole de Dieu. Elle se traduit
ensuite par une
décision de rupture avec le passé pour commencer une
existence nouvelle.
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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
13
Introduction
C
onfrontée aux muta-
tions profondes que le
phénomène de la mon-
dialisation impose à notre Eglise
aujourd’hui, la vie consacrée
traverse une nouvelle étape de sa
croissance spirituelle et de ques-
tionnement sur la pertinence de
son message évangélique dans la
société actuelle.
En effet, la vie consacrée bouge au
rythme d’intenses interrogations
sur les nouvelles orientations
qu’elle est appelée à donner à son
action, pour réaliser de manière
plus efficace sa mission au monde
et en même temps assumer
avec courage et espérance sa
longue marche vers son destin.
Ces questions se présentent
aujourd’hui sous la forme de deux
grands défis majeurs auxquels la
vie consacrée doit faire face pour
réussir à radicaliser davantage son
message de salut.
1. Pertinence de la vie
consacrée à l’ère
de la mondialisation
La nécessité s’avère forte, à
l’heure de la mondialisation, de
redécouvrir, face aux drames
de la montée de contradictions
sociales, spirituelles, politiques,
économiques et culturelles, des
lignes de pensée, de stratégie et
d’action qui tendent à redonner
son sens humain à tout homme.
Et ce sens à redécouvrir, c’est le
développement de tout l’homme et de tous les hommes, appelant
ainsi à une solidarité mondiale qui
apparaît comme le versant éthique
faisant défaut à la réalité de la
mondialisation.
En termes clairs, il s’agit, pour la
vie consacrée, de lutter, autant
que faire se peut, pour une
mondialisation à visage humain,
celle qui fait découvrir en même
temps le visage prophétique de
la vie consacrée, à travers des
innovations propres à rendre
compte de la sollicitude fraternelle
des consacrés pour leurs frères
humains asservis par des détresses
de tout genre : Pour être crédible,
pour être signe prophétique au
sein de l’Eglise et de la société
humaine, il faut être et se
rendre visible, présent dans la
vie quotidienne, dans la société
qui nous entoure et qui crie ses
besoins et ses détresses vers le
ciel, et faire en même temps preuve
d’inventivité et de créativité pour
trouver des solutions de vie et de
survie. Dans toutes ces situations,
les consacrés sont appelés à
rendre un témoignage concret de
leur appartenance au Christ et de
leur sollicitude fraternelle pour
leurs frères et sœurs. (1)
Vie consacrée
Deux défis majeurs
pour la vie consacrée
à l’ère de la mondialisation
A l’occasion du 2 février, journée de la vie consacrée, le père Patrick-Alexis
Phanor, délégué de l’Evêque auprès des religieuses, nous propose une réflexion
sur deux défis majeurs pour la vie consacrée aujourd’hui.
Vie du diocèse
Le vendredi 3 janvier 2014, le Centre diocésain de la Garde d’honneur du Sacré-
Cœur était érigé au Robert, au cours d’une messe présidée par Mgr Michel
Méranville.
Centre diocésain de la Garde
d’honneur du Sacré-
Cœur
C
e Centre vise à rendre
présente l’association
Heure de présence au
Cœur de Jésus
(site internet :
http://gardedhonneurdusacrecoeur.
org ).
L’Heure de présence au Cœur de
Jésus est une association fondée en
1863. Elle regroupe des personnes
qui ont choisi de vivre une heure
par jour en offrant à Jésus ce que
l’on est en train de faire.
Cette heure est fixe. C’est pourquoi
l’on inscrit le nom des membres
de l’association dans un cadran
horaire à l’heure choisie par le
membre. Ce cadran est exposé
dans une église ou un oratoire
accessible à tous.
Le vendredi 3 janvier 2014, le
cadran de la Garde d’honneur de
la Martinique a été placé dans
l’oratoire du presbytère du Robert,
à la fin d’une procession entamée
à l’envoi de la messe.
Comme les heures choisies par
les membres couvrent tout le
cadran horaire, les membres de
l’association Heure de présence
au Cœur de Jésus constituent ainsi
une garde permanente que l’on
appelle Garde d’honneur.
Pourquoi l’érection
du Centre diocésain ?
Beaucoup de Martiniquais, au
fil des années, se sont rendus en
pèlerinage à Paray-le-Monial et y
ont été sensibilisés à l’
Heure de
présence
. Un bon nombre
d’entre eux se sont inscrits
à Paray-le-Monial, sans
savoir qu’il y en avait
d’autres qui avaient fait
la même démarche. Au
vu du nombre d’inscrits, la
présidente de l’association,
profitant de la présence de
membres martiniquais au
pèlerinage du 150 ème anniversaire
de l’ Heure de présence , les
a encouragés à effectuer les
démarches nécessaires pour ériger
un centre en Martinique. Comme
c’est au Robert qu’il y avait la plus
grande concentration de membres,
le curé fut donc sollicité en mai
2013 et l’ordonnance épiscopale
lui conférant l’autorisation d’ériger
le Centre de la Garde d’honneur
fut signée par Mgr Méranville en
juin 2013.
Au terme de préparatifs
incontournables, il a été choisi
d’ériger le Centre un premier
vendredi du mois et même un
premier vendredi de l’année, soit
donc le vendredi 3 janvier 2014.
La Garde d’honneur, c’est vivre :
L’Heure de présence au
Cœur de Jésus .
Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
12
Les objectifs des Gardes d’Honneur :
• Répondre à l’Amour de Jésus qui s'est offert en sacrifice
pour chacun de nous :
Pour eux, je me sanctifie afin qu'eux aussi soient sanctifiés
en vérité
(Jean 17,19)
• Devenir un consolateur du Cœur de Jésus :
J’ai cherché des consolateurs, mais je n'en ai pas trouvé
(Ps 68,21)
On arrive avec son fardeau… le Seigneur nous le porte.
Il s’agit, pour la
vie consacrée, de
lutter, autant que
faire se peut, pour
une mondialisation à
visage humain, celle
qui fait découvrir en
même temps le visage
prophétique de la vie
consacrée, à travers
des innovations propres
à rendre compte de la
sollicitude fraternelle
des consacrés pour leurs
frères humains asservis
par des détresses de
tout genre.
P. Christian Catayée
Curé du Robert
n
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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
14
Vie consacrée
Dans cette optique, les personnes
consacrées travaillant avec
d’autres frères et sœurs devront
se montrer solidaires à l’égard de
ces derniers quant aux exigences
de la vie sociale actuelle. Il s’agit
plus concrètement pour elles de
tenir compte des conditions de vie
souvent précaires dans lesquelles
leurs frères et sœurs vivent, en
faisant preuve à leur égard d’une
grande sollicitude dans la charité.
Plus encore, c’est de cette façon
que les consacrés exprimeront à
leurs contemporains la proximité et
la bonté de Dieu qui est une force
que Dieu a posée en eux, pour
les rendre capables de vaincre le
pouvoir du mal et la souffrance qui
afflige la majorité de leurs frères
et sœurs. (2)
2. Défi de spiritualité
C’est surtout au moment de crises
et de mutations sociales, politiques,
économiques, historiques… que
l’Esprit souffle le plus fort et inspire
des projets audacieux de réformes
des structures et d’engagement
apostolique pour l’avènement du
Règne de Dieu dans le monde. Il est
vrai que les besoins de notre société
et des peuples du monde entier
sont immenses. De partout, on fait
appel à l’Eglise, à ses prêtres et aux
hommes et femmes engagés.
L’un de ces besoins les plus
urgents de notre monde s’avère
être incontestablement celui de
la prière qui, depuis la création du
monde et à travers les siècles, est
le moyen efficace par lequel Dieu
se fait plus proche de l’homme et
de toutes ses souffrances et ses
joies. Et les personnes consacrées,
pas plus que d’autres bien sûr, en
devraient être des spécialistes. Cela
est d’autant plus vrai que l’opinion
du peuple chrétien ordinaire ne
cesse d’affirmer que les consacrés
sont des personnes qui ‘prient’. Et
à peine les rencontrent-ils qu’ils
leur demandent de prier pour eux.
C’est tout aussi vrai qu’à plusieurs
reprises dans l’histoire de la
vie consacrée, il s’est toujours
manifesté ce désir de vouloir
cloisonner le consacré dans sa
chapelle. A travers toutes les
discussions y afférant, l’argument
majeur a toujours été que ce qui
correspond le mieux aux attitudes
de la personne consacrée c’est la
prière.
A l’heure de la mondialisation qui
semble quelque peu bousculer
toutes ces attentes religieuses,
les consacrés doivent affirmer
davantage et avec force que rien
ne peut remplacer l’expérience de
Dieu ; et que, sans vie de prière,
nous serions tous aujourd’hui
les premières victimes livrées
à la merci de cette réalité aux
dimensions planétaires qu’est la
mondialisation.
Par conséquent, l’Evangile doit
trouver de nouvelles formules
d’expression pour garder en
veilleuse la dynamique de l’Esprit
de Dieu : « C’est dans cette
exigence éthique que l’évangile
se découvre comme la source
d’une spiritualité à la hauteur
de la mondialisation, comme une
dynamique essentielle capable
d’intégrer les exigences de l’Esprit
de Dieu au cœur des réalités du
monde, dans le but de construire
une société eucharistique, dont
l’énergie spirituelle ne peut
être qu’une volonté de vivre la
globalisation comme un souffle de
bonheur partagé. » (3)
C’est à faire advenir l’aurore d’une
mondialisation spirituelle que les
consacrés sont aujourd’hui invités.
Et ce sera là pour eux le cœur
de l’évangile à partir duquel la
nouvelle évangélisation du monde,
en tant que réalité spatiale et
globale, devra commencer.
De cette manière, l’Eglise pour
laquelle les consacrés œuvrent
pourra, elle aussi, se saisir comme une source d’initiative
et d’inventivité, des propositions
nouvelles propres à enrichir les
autres. D’héritière, elle pourra
désormais devenir novatrice pour
s’ouvrir davantage aux appels
du monde et de l’Esprit. Ce sera
également pour elle une manière
d’œuvrer à son propre bénéfice
à travers le perfectionnement de
sa connaissance des Ecritures qui
seront désormais une source de
renouveau de l’ être ensemble et
de l’
agir communautaire.
C’est finalement de cette
façon que, sans se conformer
foncièrement au monde, la vie
consacrée pourra parler au sein
du présent pour y faire écho de
l’utopie et de l’exigence de Dieu
pour les hommes de ce temps. C’est
alors seulement qu’elle pourra
renouveler l’intelligence qu’elle a
des problèmes et des défis, afin de
devenir une Eglise confiante en un
Dieu qui vient à la rencontre des
hommes.
Père Patrick-Alexis Phanor
Délégué de l’Evêque
auprès des religieuses
n
(1) De HAES R., “Le jubilé de l’an 2000 et la vie religieuse”, dans Telema, n° 4 (2000), p. 60. (2) Message du synode des évêques sur la vie
religieuse, n° 8.
(3) KÄ MANA, « L’Afrique chrétienne à l’heure de la mondialisation. Repenser les orienta - tions de la mission », dans spiritus, n° 166
(2002), p. 20.
La Journée de la vie consacrée est un moment
favorable pour témoigner de l’appel que j’ai
reçu du Seigneur à lui donner toute ma vie ; et
pour lui rendre grâce pour le chemin parcouru
depuis plus de quarante ans d’engagement à
sa suite dans la Fraternité des Petites Sœurs de
Jésus, dont plus de trente ans en Martinique.
Ma source d’inspiration inépuisable à la suite
de Charles de Foucauld et de Petite Sœur
Magdeleine, notre fondatrice, c’est bien sûr
Jésus. Il me nourrit spirituellement chaque
jour par sa Parole vivante, par son Pain et
tous ceux que je rencontre. J’aime beaucoup
les partages d’Evangile que nous faisons
chaque semaine en communauté et souvent
avec des amis. La méditation de la Parole me
prépare à mieux participer à l’Eucharistie où
j’accueille aussi Jésus, Pain de Vie. C’est dans
l’adoration silencieuse – une heure chaque jour – que la Petite sœur prolonge l’accueil de
Jésus mystérieusement présent dans le Pain
consacré et agissant par son Esprit.
Le charisme des Petites sœurs de Jésus,
c’est l’imitation de Jésus dans son mystère
de Bethléem et de Nazareth. Les Petites
sœurs partagent la vie des pauvres en petites
communautés qui témoignent de l’Amour
universel : originaires de pays différents, elles
apprennent l’ouverture à l’autre.
Notre Fraternité du Carbet a été fondée au
milieu des marins-pêcheurs en 1955. Le
quartier a bien changé au fil du temps, mais
ce qui reste ce sont les liens tissés par l’amitié,
les contacts de la vie ordinaire et la joie de
rencontrer chaque personne… signe de
fraternité, joie de contribuer à l’évangélisation
par ma vie.
Petite sœur Thérèse-Eugénie
Tu m’as séduite, seigneur, et je me suis
laissé séduire ! C’est par ces mots du
prophète Jérémie que je rends grâce
au Seigneur de m’avoir appelée à
la vie consacrée. Voilà aujourd’hui
quatorze ans que je suis religieuse
dans la congrégation des Sœurs de
Saint Paul de Chartres et, pour moi,
c’est une grande joie de vivre cette
aventure de la foi et de la fraternité
avec mes sœurs. Jour après jour, année
après année, je mesure les merveilles et
la fidélité du Seigneur dans ma vie.
C’est vrai qu’il nous invite à le suivre
sans aucune garantie préalable, mais
c’est également vrai qu’il marche avec
nous tous les jours dans la mission et
c’est ce qui est formidable ! Le tout,
c’est de s’abandonner et de le laisser
faire. Le 2 février prochain, jour dédié
à la vie consacrée, sera l’occasion pour
moi de réitérer mon "oui" d’appartenir
pleinement au Seigneur et de lui redire,
comme Marie : Je suis la servante du
seigneur, qu’il me soit fait selon ta
parole.
Sr Thérésa
Je suis Marie-Gabrielle, membre du Foyer de
Charité à Trinité. Pour répondre à cet appel, j’ai
tout d’abord prié le Seigneur pendant longtemps
lui demandant de m’éclairer sur ma vocation et
surtout de m’aider à répondre selon sa volonté et
non la mienne. Ayant suivi les conseils d’une amie,
j’ai participé à des retraites, et suis venue aider de
façon régulière au foyer. Des retraitants ou amis du
foyer me disaient qu’ils me voyaient bien y vivre
en tant que membre. Mais je n’étais pas prête,
aussi j’ai pris de la distance pendant près de deux
ans. Cette solution venait de moi ; elle n’était pas
la bonne. En ne venant pas au foyer, je ressentais
comme un vide, comme un manque en moi. Plus les
jours passaient, plus ce manque devenait grand et
difficile à supporter. Jusqu’au jour où j’ai décidé de
renouer avec le foyer en commençant d’abord par
faire une retraite. Aidée par un guide spirituel, j’ai
progressé et en suis venue à faire un mois d’essai.
Ensuite, je suis revenue pour six mois. C’est alors
que j’ai compris que ce qui me manquait c’était
cette joie profonde de me donner pour le service
au Foyer de Charité. Cela fera bientôt trois années
que j’y suis de façon constante. Je remarque que
lorsque l’on répond à une vocation, on ne dit pas
un seul « oui », mais chaque jour, on renouvelle ce
« oui » en le redisant sans cesse.
Marie-Gabrielle
Témoignages
Les consacrés doivent
affirmer davantage et
avec force que rien
ne peut remplacer
l’expérience de Dieu
;
et que, sans vie de
prière, nous serions
tous aujourd’hui les
premières victimes
livrées à la merci de cette
réalité aux dimensions
planétaires qu’est la
mondialisation.
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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
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U
ne actualité récente nous
permet de poursuivre
notre réflexion sur ce
point. Elle concerne les rapports
entre groupes sociaux en
cas de conflit, et la nécessaire
conformité de nos conduites ou
revendications individuelles à la
doctrine sociale de l’Eglise et au
bien commun.
Il est en effet courant d’observer
l’évolution de l’espèce humaine,
en tout cas occidentale, vers
un individualisme de plus en
plus marqué. Est bon, ce qui
est bon pour moi. Les valeurs
communautaires sont souvent
rejetées au second rang, au
seul profit de l’intérêt individuel
imposé de haute lutte. La réussite
est uniquement vécue comme
d’une bataille où l’on s’est imposé
par la seule force de ses moyens,
de son intelligence ou de sa force.
Il en résulte une conception
guerrière et agressive de la vie
sociale, rendant encore plus
complexes et difficiles les rapports
entre les hommes, et ignorant
les réalités les plus élémentaires
de notre pays dont la survie
économique est plus que jamais
à l’ordre du jour.
D’abord, il s’agit d’un territoire
de très petites dimensions, où les contacts sont fréquents, et dont
une telle attitude ne favoriserait
pas une ambiance paisible et
détendue, tout particulièrement
nécessaire en ces temps troublés.
Sans nier la nécessité des
demandes, voire des luttes
sociales, il convient d’allier la clarté
et la fermeté des réclamations à
la prise en compte d’un certain
nombre de réalités dont les
suivantes :
- Nous vivons sur une île
extrêmement dépendante des
deux poumons que constituent
pour elle le port et l’aéroport.
De toute évidence, le blocage
de l’une ou l’autre de ces deux
structures, même au soutien de
revendications fondées, ne saurait
être envisagé qu’avec la plus
extrême prudence, en raison des
dommages parfois irréparables
causés à toute une population
par de telles actions.
- De même, une réflexion saine et
prudente doit conduire à écarter
les mesures tendant à la paralysie
des livraisons de carburant. Le
rôle essentiel des énergies fossiles
dans l’alimentation de toute
l’île n’a pas à être démontré, et
l’arrêt des transports publics de
passagers qui en résulte à brève
échéance, préjudicie d’abord et massivement aux plus modestes
d’entre nous.
Certes, les luttes syndicales ont
leur nécessité, et sont parfois fort
dures pour leurs protagonistes,
mais elles ne doivent jamais
dispenser ceux-ci d’une constante
réflexion sur l’adéquation des
moyens qu’ils emploient aux
résultats qu’ils espèrent, au
respect des personnes concernées
et, en définitive, au bien commun
de tous.
Plus facile à dire qu’à faire…
mais conforme à nos valeurs et,
en définitive, si profondément
efficace !
Léon-Laurent Valère n
Le souci du Bien commun
à l'heure des conflits
Dans un de nos précédents numéros, nous prévalant des termes de la doctrine
sociale de l’Eglise, et plus simplement encore de ceux de la Révélation elle-
même, nous avions rappelé à quel point les chrétiens, qu’\
ils soient ou non
hommes politiques, doivent être impliqués dans la vie sociale et participer à
la construction de la cité. Nous avions, du même coup, souligné qu’une telle
participation, singulièrement en matière économique, ne pouvait se concevoir
sans un minimum de valeurs et de conduites morales nécessaires à la pleine
efficacité de notre action. Nous en avions donné quelques exemples.
Société
L’Eglise appelle à rechercher le bien commun pour construire un monde plus
juste. Michel Déglise nous fait un rapide survol de la Doctrine sociale de l’Eglise
sur le sujet.
Le bien commun
dans la Doctrine sociale de l’Eglise
L
a doctrine sociale de l'Eglise
ne vise pas la construction
d’un monde "idéal", pas
davantage celle d’une vraie
"société chrétienne" : elle demande
simplement d’agir, dans ce
monde-ci, pour que l’homme
puisse s'y épanouir en s'humanisant
et en se sanctifiant. Il faut donc
travailler à « créer les conditions
sociales capables de rendre à tous
possible et aisée une vie digne de
l’homme » (Pie XII).
Comment y parvenir ? Au
fondement de la doctrine sociale
se trouve l’affirmation de l’égale
dignité des personnes, car, devant
Dieu, toute personne est également
digne, depuis sa conception jusqu’à
sa mort naturelle. La société
doit alors protéger, encourager
et exalter cette dignité. Elle ne
peut le faire qu’en ordonnant les
divers aspects de la vie sociale aux
exigences du bien commun.
« Par bien commun, il faut entendre
l’ensemble des conditions sociales
qui permettent, tant aux groupes
qu’à chacun de leurs membres,
d’atteindre leur perfection, d’une
façon plus totale et plus aisée »
(
Gaudium et spes, 26).
Il faut alors organiser la société
pour que toute personne bénéficie
de conditions de vie lui permettant
de se développer en dignité et en
sainteté ; tout ce qui empêche
ce développement doit donc
être repensé. C’est ce que disait
déjà, en 1931, le pape Pie XI : « Il
importe donc d’attribuer à chacun
ce qui lui revient et de ramener
aux exigences du bien commun ou
aux normes de la justice sociale la
distribution des ressources de ce
monde, dont le flagrant contraste
entre une poignée de riches et une
multitude d’indigents atteste de
nos jours, aux yeux de l’homme
de cœur, les graves dérèglements »
(Quadragesimo anno, 64).
Aujourd’hui, le pape François ne
cesse de rappeler le principe de la
destination universelle des biens,
qui requiert d’accorder toute la
sollicitude nécessaire aux pauvres,
ce que l’Eglise appelle l’option
préférentielle pour les pauvres.
Il se situe ainsi dans la ligne des
réflexions de Jean Paul II qui
précisait très clairement le sens de
cette option :
« C’est là une option, ou une
forme spéciale de priorité, dans la
pratique de la charité chrétienne
dont témoigne toute la tradition
de l’Eglise. Elle concerne la vie de
chaque chrétien, en tant qu’il imite
la vie du Christ, mais elle s’applique
également à nos responsabilités
sociales et donc à notre façon de
vivre, aux décisions que nous avons
à prendre de manière cohérente au
sujet de la propriété et de l’usage
des biens. Mais aujourd’hui, étant
donné la dimension mondiale
qu’a prise la question sociale, cet
amour préférentiel, de même que
les décisions qu’il nous inspire, ne
peut pas ne pas embrasser les
multitudes immenses des affamés,
des mendiants, des sans-abri, des
personnes sans assistance médicale
et, par-dessus tout, sans espérance
d’un avenir meilleur » ( s ollicitudo
rei socialis, 42).
Une politique se voulant juste doit
donc être orientée par ces principes.
La recherche du bien commun
engage tous les hommes, aucun
n’est exempté d’y coopérer selon
ses propres capacités. Il en va de
même pour les nations : chacune a le
devoir de développer une véritable
coopération internationale en vue
du bien commun de l’humanité
tout entière, en y incluant les
générations à venir.
Si la doctrine sociale de l’Église
propose des principes de réflexion
et donne des orientations pour
l’action, que vaut-elle en vérité si
celles-ci ne sont pas appliquées
dans leur vie quotidienne par les
chrétiens, qu’ils soient responsables
politiques ou simples citoyens ?
Comme le dit bien le Catéchisme
de l’Eglise Catholique : « C’est à ce
qu’ils auront fait pour les pauvres
que Jésus Christ reconnaîtra ses
élus. Lorsque la Bonne nouvelle est
annoncée aux pauvres (Mt 11,5),
c’est le signe de la présence du
Christ » (CEC, 2443).
Michel Déglise n
La recherche du bien
commun engage tous les hommes, aucun n’est exempté d’y
coopérer selon ses
propres capacités.
Les luttes syndicales ne
doivent jamais dispenser les protagonistes d’une
constante réflexion sur
l’adéquation des moyens qu’ils emploient aux
résultats qu’ils espèrent,
au respect des personnes concernées et,
en définitive, au bien commun de tous.
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Dimanche 26 janvier 2014
La Bible, ce livre méconnu
Connaissons-nous la Bible ? La lisons-nous régulièrement ? Que nous apporte sa lecture et qu’est-ce que nous y
découvrons ?
Dieu m’est témoin s’intéresse cette semaine à la Bible, livre fondamental pour nous chrétiens, mais
livre parfois méconnu. Le père Elvis Elengabeka sera avec nous en plateau pour répondre à toutes ces questions.
Ce spiritain, congolais d’origine, est professeur d’exégèse du Nouveau Testament à la Faculté catholique de
Paris ; il anime aussi une chronique sur Radio Saint-Louis, la radio du diocèse de Fort-de-France en Martinique,
où il se rend chaque année.
Nous irons à La Réunion rencontrer Fabrice Patsoumoudou. Cet animateur de groupe biblique et formateur au
sein du diocèse de Saint-Denis ne se sépare jamais de sa Bible et, tel un passeur du Christ, anime des groupes
de réflexion dans les paroisses.
Nous serons connectés avec Huguette Olanor depuis Saint-Claude en Guadeloupe. Responsable du Renouveau
charismatique, elle nous racontera comment elle relit sa vie de tous les jours à la lumière des textes de l’Évangile.
Nous verrons aussi comment, en Nouvelle-Calédonie, la traduction de la Bible en langue kanak a permis
aux chrétiens d’avancer dans leur foi et comment la Bible est devenue pour les Calédoniens un support
d’apprentissage de leur langue.
Dimanche 2 février 2014
Quel avenir pour la jeunesse outre-mer ?
Comment la jeunesse outre-mer imagine-t-elle aujourd’hui son avenir ? Le chômage est-il une fatalité ? Comment
redonner confiance à ceux qui ne trouvent pas d’emploi malgré leurs diplômes ?
Dieu m’est témoin s’intéresse cette semaine à la question majeure que se posent tous les jeunes d’outre-mer.
C’est Edwing Laupen qui viendra sur notre plateau pour y répondre. Cet étudiant d’origine guadeloupéenne
nous racontera notamment comment il a mis en place un fonds de solidarité pour les étudiants ultra-marins
qui viennent se former en métropole ; il nous dira aussi comment il voit l’avenir pour lui et les jeunes de son île.
Nous irons aussi en Guyane rencontrer Raymond Cazal, un jeune pilote au parcours étonnant pour qui rien
n’était impossible, même quand on est bushinengue et qu’on vient de Maripasula.
Dimanche 9 février 2014
Prenons soin de nos aînés !
Face à nos aînés, comment nous comportons-nous ? Les enfants prennent-ils encore soin de leurs parents ?
L’accueil et la solidarité familiale existent-ils encore outre-mer ? Le placement en maison est-il devenu une fatalité ?
Pour répondre à toutes ces questions,
Dieu m’est témoin reçoit cette semaine Armande Caderby et sa fille
Marie-Agnès. Fille et petite-fille de Simone et David, les deux Réunionnaises nous raconteront comment toute
leur famille s’est organisée pour prendre soin des grands-parents pour qu’ils puissent rester dans leur maison.
Nous irons voir au plus près cette réalité réunionnaise dans le sud de l’île, du côté de Sainte-Rose, dans la famille
de Francine.
Nous irons ensuite en Martinique, au sein de la famille Monthieux, chez qui Mirette n’a que quelques marches
à descendre pour retrouver l’une de ses filles et ses petits-enfants.
Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions
Medias
Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr
Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477
19
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Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
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La mission baptismale
Seigneur,
par le baptême,
tu nous appelles à manifester ton amour. Rends-nous fidèles à notre mission de te glorifier,
de proclamer l’Évangile
et de servir nos frères et sœurs.
Choisis parmi les jeunes des prêtres, des diacres,
des personnes consacrées et des laïcs engagés.
Soutiens-nous dans notre responsabilité de transmettre tes appels.Donne à tous les appelés
la générosité et la joie de vivre
pleinement leur vocation de disciples.
Gérard Bernatchez, c.s.v
