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N° 477 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 26 janvier 2014 2 février : Journée de la vie consacrée

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Xxxx Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 33 Editorial Editorial • Temps de crise, temps de mutation ? Mot de l'Evêque • Bonnes nouvelles Eglise universelle • Synode sur la famille (suite) Droit canonique • La Liturgie des Heures Formation • Bible et liturgie Liturgie • Parole dominicale Œcuménisme • Œcuménisme en contexte local Vie du diocèse • Centre diocésain de la Garde d’honneur du Sacré-Cœur Vie consacrée • Deux défis majeurs pour la vie consacrée • Témoignages Société • Le souci du Bien commun à l'heure des conflits • Le bien commun dans la doctrine sociale de l’Eglise Médias numéro 477 S ommaire Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Ediprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 tirage : 8 000 exeMplaires i.s.s.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 Administr Ation – réd Action Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 service des Abonnements Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586 97207 Fort de France Cedex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr egliseenmartinique@orange.fr Mot de l'Evêque I l ne se passe pas de jour, sans que soient annoncés dans les médias des dépôts de bilan, des licenciements, des accidents de la route, des tueries, des vols à main armée ! Une lente imprégnation de notre conscience par ces élé - ments négatifs, change à la longue notre regard sur les personnes et modifie notre perception de la vie en société. Progressivement, s’installe en nous la méfiance, le pessimisme, le repli sur soi et même un certain fatalisme. C’est un lieu commun de dire que la société, dans beaucoup de ses rouages, est en crise. Est-ce une crise de croissance, de modèle, d’identité, du sens de la vie ? La vie personnelle, surtout la vie sociale, est fortement conditionnée par la vie économique dont l’objectif prioritaire est l’accumulation de l’avoir, au détriment bien souvent de l’être humain et de son épanouissement. La conséquence d’une telle situation se voit dans le grand nombre d’individus qui restent sur le carreau ; ils sont considérés par les puissants de ce monde comme des déchets. En pareille situation, il n’est donc pas étonnant que la vie sociale soit chahutée par des grèves à répétition ! Là où il faudrait s’attaquer aux véritables causes du mal, on prodigue des palliatifs, cautère sur jambe de bois, qui n'atténuent que provisoirement les effets du mal. Le bien commun n’intéresse plus grand monde, seul l’intérêt individuel ou catégoriel mobilise encore, surtout quand il est menacé. La situation actuelle est comparable à un bateau en péril où chaque passager en fait à sa tête pour se sauver, ce qui entraîne une pagaille qui nuit au bon déroulement du sauvetage de l’ensemble. Pour la vie sociale, est-ce une attitude responsable ? Chacun de nous, dans son rapport à l’autre, dans son travail, sa vie sociale, est appelé à un sursaut où le bien commun devra être pris en compte. Dans l’enseignement social de l’Eglise, la notion de bien commun est définie comme l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale. Chaque personne recherche la possession de biens particuliers en fonction de sa culture, sa profession, son groupe social. Comme ces biens particuliers sont variés, la société globale ne peut exister et se développer qu’à la condition que ces biens particuliers coexistent, au lieu de se neutraliser et de se détruire les uns les autres. Dans un pays, l’institution qui est plus spécialement chargée du bien commun, c’est le pouvoir politique. D’où l’importance, dans un régime démocratique, d’élire des hommes et des femmes qui ont le souci du bien de tous sans distinction. P. Jean de Coulanges n 2 Bonnes nouvelles 3 L e vendredi 17 janvier 2014, dans l’église Saint-Louis de Mirza, en Guyane française, avait lieu la messe solennelle de clôture de la conférence annuelle de la Province ecclésiastique des Antilles françaises et de la Guyane. La Province ecclésiastique est un regroupement de plusieurs diocèses, voulu par l’Eglise catholique et inscrit dans son Droit canonique en 1983. Ce regroupement d’Eglises particulières est confié par le Pontife romain à un évêque qui porte le titre d’Archevêque ou de Métropolitain et se trouve ainsi à la tête d’un « Archidiocèse » . Les évêques des autres diocèses qui constituent la Province ecclé- siastique sont ses « suffragants » . Ils ne lui sont pas inféodés puisqu’ils conservent leur pleine autorité et leur totale liberté dans leurs diocèses, la mission de l’archevêque étant plutôt un service de coordination et de recours en certains cas. Chaque année, la Province ecclésiastique − qui, en l’occurrence, regroupe la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane − tient sa conférence, successivement, dans l’un de ces trois diocèses. La dernière réunion ayant eu lieu à la Martinique, c’était donc cette année à la Guyane d’accueillir les Evêques, accompagnés de leurs vicaires généraux et de l’économe de l’archidiocèse, au centre spirituel Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, tenu par les sœurs de Saint Paul de Chartres, à la Madeleine. Dans ce cadre invitant au recueillement et à la prière, les sujets d’échange, de discussion et de décisions ne manquèrent pas. Après avoir exprimé nos sentiments de satisfaction suite à la visite dans nos diocèses de son Eminence le Cardinal Filoni, préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, nous commençâmes par l’actualité dans nos Eglises respectives sur fond de violence, de crimes, de grèves. Nous devions déplorer les tristes records de meurtres par armes à feu qui mettent à égalité la Guadeloupe et la Martinique. La pastorale des jeunes et celle des vocations retinrent notre souci particulier : que faire pour répondre aux attentes des jeunes qui ont surtout besoin de modèles et de familles stables et aimantes pour s’épanouir, découvrir un idéal et surmonter victorieusement l’échec scolaire ? Quelle aide pourrions-nous mieux apporter à la préparation au mariage, au soutien des couples, à la préparation au baptême, à la rénovation de la catéchèse, au recrutement des catéchistes et des animateurs de cheminement dont le nombre a diminué de manière inquiétante ? Pouvons-nous aider les chrétiens à comprendre qu’ils sont les membres de l’Eglise qui a besoin d’eux pour évangéliser ce monde qui a tant besoin de découvrir le Christ pour le suivre et le faire connaître ? Nous avons décidé d’harmoniser nos procédures concernant les célébrations de mariages et de funérailles et de faire passer les honoraires de messe de 16 à 17 euros, comme le demande la Conférence des Evêques de France. Nous avons comparé les réponses que Rome attend de nous pour finaliser le Synode sur la famille qui aura lieu à Rome du 5 au 19 octobre prochain. Nous n’avons pas manqué de nous réjouir de la décision du Pape François d’élever au Cardinalat, pour la première fois dans l’histoire de la Caraïbe, deux originaires de cette région : son Eminence Mgr Kelvin Edward Felix, archevêque émérite de Sainte-Lucie, né à la Dominique, et son Eminence Chibly Langlois, actuellement évêque des Cayes, en Haïti, que nous congratulons. Cela prouve, si besoin était, que notre Pape François est loin de se désintéresser des Eglises particulières de notre région et qu’il veille sur elles avec beaucoup de sollicitude. Une nomination qui m’a personnel - lement comblé de bonheur a été celle de son Eminence Mgr Francesco Loris Capovilla, archevêque émérite de Chiéti, dont j’ai eu plusieurs fois l’occasion de vous entretenir dans Eglise en Martinique, spécialement dans le numéro 427 de Pentecôte 2 0 11. Temps de crise, temps de mutation ? Couverture : Distribution de nourriture au Fourneau économique - photo : Diocèse de la Martinique 7 10 5 8 11 12 13 15 16 17 19 Mgr Michel Méranville et Mgr Capovilla

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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 5 Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 4 * * * * * Mot de l'Evêque (suite) Dans ce numéro, je rappelais les circonstances qui me firent connaître son Eminence Capovilla, alors secrétaire particulier du Bienheureux Pape Jean XXIII qui sera déclaré « Saint » au mois d’avril prochain. Je ne puis m’empêcher de reproduire ici la confidence que Monseigneur Capovilla m’avait faite lorsque j’étais allé le voir. Elle caractérise bien ce très grand serviteur de notre Eglise et singulièrement du Bon Pape Jean dont il est, à 98 ans, l’héritier spirituel et le conservateur de sa pensée et de ses écrits. Voici, littéralement traduit de l’italien, ce que me disait Mgr Capovilla : « Michel, lorsqu’un jeune capucin de couleur noire, un Brésilien, a voulu venir à Loretto pour être ordonné prêtre par moi, quand nous sommes sortis de la sacristie − moi avec ma crosse et ma mitre et ce jeune à côté de moi −, il y a eu sur notre parcours des applaudissements ponctués de ces exclamations : C’est un noir ! Un noir ! Quand nous sommes arrivés à l’autel, j’ai dit : Quel bel accueil vous avez réservé à mon ami, Jason Dos Santos ! Je vous en remercie. Mais pourquoi avez-vous dit : C’est un noir ! Et vous n’avez pas dit : L’Evêque est un blanc ! Vous avez sans doute été impressionnés par sa couleur. Alors laissez-moi vous le présenter, moi : Jason est un citoyen du Brésil avec tous ses droits et ses devoirs. Il est lauréat de l’université de Rio de Janeiro, mais aussi de l’université de la Grégorienne. Il a ses papiers en règle et parle cinq langues. Il a voulu devenir frère capucin par amour de saint François d’Assise et de l’Italie. Il a voulu être ordonné par moi. Mais moi qui suis un évêque blanc, je n’ai pas le courage de lui imposer les mains sans avoir évoqué au préalable une page de son histoire. Car Jason est citoyen brésilien, mais son sang n’est pas brésilien : il lui vient d’Afrique. Dans notre histoire chrétienne, il y a quelques pages qui ne sont pas à notre honneur. Ce ne sont pas des pages chrétiennes. Nous devons croire que la Providence se sert de tout… Mais à part quelques rares exceptions, nous avons accepté sans réagir que 200 millions de noirs soient transportés chez nous comme esclaves, pour notre profit. Essayons seulement de nous représenter un tel drame ! Je me suis agenouillé devant Jason, je lui ai baisé les pieds et je l’ai embrassé comme un frère. Alors l’assemblée a compris ce que nous étions en train de faire. Ce n’était plus le moment des applaudissements, mais celui de la grande réflexion. Je leur ai dit : Jason m’a raconté son histoire. Il est le dernier d’une fratrie de onze enfants. Sa maman est morte au moment où elle le mettait au monde. Celle qui l’a éduqué est Nonna Judita, une femme noire, analphabète. Elle a fait de ces onze enfants onze chrétiens, disciples de Jésus. N’éprouvez-vous pas de la tendresse envers eux et le désir de les embrasser ? Ici, en Italie, il y a des milliers de femmes de couleur qui s’occupent des personnes âgées. On les utilise, mais on ne les aime pas. Et pourtant, on leur confie ce que l’on a de plus cher : nos parents, nos enfants. N’y a-t-il pas là une aberration ? Si l’Eglise ne parle pas, qui parlera ? Il ne suffit pas de faire l’aumône. Il faut faire la justice sociale ». Au moment où nous assistons à une résurgence du racisme, ces propos de Mgr Francesco Loris conservent toute leur actualité en nous révélant aussi la pureté d’âme et le courage de leur auteur. Auguri aux cardinaux élus par le Pape et qui recevront de ses mains la barrette cardinalice le 22 février prochain et à Monseigneur Francesco Loris Capovilla : longue vie et que le Seigneur le bénisse. + Michel Méranville, Archevêque n L’enseignement de l’Église sur la famille D ans la communauté chrétienne primitive, la famille apparut également comme l’ Église domestique (cf. CEC 1655). Dans lesdits “codes familiaux” des Lettres apostoliques du Nouveau Testament, la grande famille du monde antique est reconnue comme le lieu de la solidarité la plus profonde entre femmes et maris, entre parents et enfants, entre riches et pauvres (cf. Ep 5,21-6,9 ; Col 3,18 - 4,1 ; 1Tm 2,8-15 ; Tt 2,1-10 ; 1P 2,13 - 3,7 ; cf. aussi la Lettre à Philémon). En particulier, la Lettre aux Éphésiens a reconnu dans l'amour nuptial entre l'homme et la femme le grand mystère qui rend présent dans le monde l'amour du Christ et de l’Église (cf. Ep 5,31-32). Au cours des siècles, surtout dans les temps modernes jusqu’à nos jours, l’Église a produit un enseignement constant et progressif sur la famille et sur le mariage qui la fonde. Une des expressions les plus remarquables a été proposée par le Concile Œcuménique Vatican II, dans la Constitution pastorale Gaudium et spes, qui, en traitant quelques-uns des problèmes les plus urgents, consacre un chapitre entier à la promotion de la dignité du mariage et de la famille, comme cela est montré dans la description de sa valeur pour la constitution de la société : « Ainsi la famille, lieu de rencontre de plusieurs générations qui s’aident mutuellement à acquérir une sagesse plus étendue et à harmoniser les droits des personnes avec les autres exigences de la vie sociale, constitue-t-elle le fondement de la société» (GS, 52). L'appel à une spiritualité christocentrique pour les époux croyants est d’une intensité toute spéciale : « Que les époux eux- mêmes créés à l’image d’un Dieu vivant et établis dans un ordre authentique de personnes, soient unis dans une même affection, dans une même pensée et dans une mutuelle sainteté, en sorte que, à la suite du Christ, principe de vie, ils deviennent, à travers les joies et les sacrifices de leur vocation, par la fidélité de leur amour, les témoins de ce mystère de charité que le Seigneur a révélé au monde par sa mort et sa résurrection » (GS, 52). Les Successeurs de Pierre également, après le Concile Vatican II, ont enrichi par leur Magistère la doctrine sur le mariage et sur la famille, en particulier Paul VI avec l’Encyclique Humanae vitae, qui offre des enseignements spécifiques tant sur les principes que sur la pratique. Successivement, le Pape Jean Paul II, dans l’Exhortation apostolique Familiaris Consortio, voulut insister en proposant le dessein divin à propos de la vérité sur l’origine de l’amour entre époux et celui de la famille : « Le lieu unique, qui rend possible cette donation selon toute sa vérité, est le mariage, c'est-à- dire le pacte d'amour conjugal ou le choix conscient et libre par lequel l'homme et la femme accueillent l'intime communauté de vie et d'amour voulue par Dieu lui-même (cf. Gaudium et spes, 48), et qui ne manifeste sa vraie signification qu'à cette lumière. L'institution du mariage n'est pas une ingérence indue de la société ou de l'autorité, ni l'imposition extrinsèque d'une forme ; elle est une exigence intérieure du pacte d'amour conjugal qui s'affirme publiquement comme unique et exclusif pour que soit vécue ainsi la pleine fidélité au dessein du Dieu créateur. Cette fidélité, loin d'amoindrir la liberté de la personne, la met à l'abri de tout subjectivisme et de tout relativisme, et la fait participer à la Sagesse créatrice » (FC, 11). Le Catéchisme de l’Église Catholique recueille ces données fondamentales : « L’alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une intime communauté Eglise universelle Synode des Evêques - III ème Assemblée générale extraordinaire Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation Document de préparation (suite) La foi n’est pas un refuge pour ceux qui sont sans courage, mais un épanouissement de la vie. Elle fait découvrir un grand appel, la vocation à l’amour, et assure que cet amour est fiable, qu’il vaut la peine de se livrer à lui, parce que son fondement se trouve dans la fidélité de Dieu, plus forte que notre fragilité. vous informe que, à l’occasion de la Journée mondiale des malades, Mgr Michel Méranville présidera la Messe diocésaine des malades le samedi 8 février 2014 à 9h - à l’église Sainte-Face de De Briant. Tous les malades du diocèse y sont largement conviés. Ceux qui désirent recevoir le sacrement des malades au cours de cette célébration doivent impérativement s’inscrire auprès de leur paroisse. Les paroisses ont jusqu’au 3 février 2014 pour faire parvenir leurs listes à l’archevêché. Pour faciliter le stationnement aux abords de l’église, il serait bon de privilégier un transport en car. Les voitures pourront déposer les malades à la porte de l’église, mais ne pourront pas y stationner. Communiqué La PaS toraLe DiocéS aine De La Santé

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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 7 Eglise universelle de vie et d’amour, a été fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur. De par sa nature, elle est ordonnée au bien des conjoints ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants. Elle a été élevée entre baptisés par le Christ Seigneur à la dignité de sacrement [Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Gaudium et spes, 48 ; Code de Droit Canonique, 1055, 1] » (CEC 1660). La doctrine exposée dans le Catéchisme considère tant les principes théologiques que les comportements moraux, traités sous deux titres distincts : Le sacrement du mariage (n. 1601- 1658) et Le sixième commandement (n. 2331-2391). La lecture attentive de ces parties du Catéchisme fournit une compréhension moderne de la doctrine de la foi pour soutenir l’action de l’Église face aux défis contemporains. Sa pastorale trouve son inspiration dans la vérité du mariage considéré selon le dessein de Dieu qui a créé l’homme et la femme et qui, dans la plénitude des temps, a révélé en Jésus également la plénitude de l’amour entre époux élevé au niveau de sacrement. Le mariage chrétien, fondé sur le consentement, est aussi doté d’effets propres tels que les biens et les devoirs des époux ; toutefois, il n’est pas affranchi du régime du péché (cf. Gn 3,1-24) qui peut procurer des blessures profondes et aussi des dégradations à la dignité même du sacrement. L’Encyclique récente du Pape François, Lumen fidei, traite de la famille dans son rapport avec la foi qui révèle « combien les liens entre les hommes peuvent être forts, quand Dieu se rend présent au milieu d’eux » (LF 50). « Le premier environnement dans lequel la foi éclaire la cité des hommes est donc la famille. Je pense surtout à l’union stable de l’homme et de la femme dans le mariage. Celle-ci naît de leur amour, signe et présence de l’amour de Dieu, de la reconnaissance et de l’acceptation de ce bien qu’est la différence sexuelle par laquelle les conjoints peuvent s’unir en une seule chair (cf. Gn 2,24) et sont capables d’engendrer une nouvelle vie, manifestation de la bonté du Créateur, de sa sagesse et de son dessein d’amour. Fondés sur cet amour, l’homme et la femme peuvent se promettre l’amour mutuel dans un geste qui engage toute leur vie et rappelle tant d’aspects de la foi. Promettre un amour qui soit pour toujours est possible quand on découvre un dessein plus grand que ses propres projets, qui nous soutient et nous permet de donner l’avenir tout entier à la personne aimée » (LF 52). « La foi n’est pas un refuge pour ceux qui sont sans courage, mais un épanouissement de la vie. Elle fait découvrir un grand appel, la vocation à l’amour, et assure que cet amour est fiable, qu’il vaut la peine de se livrer à lui, parce que son fondement se trouve dans la fidélité de Dieu, plus forte que notre fragilité » (LF 53). n (Questionnaire à suivre) Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 6 Qu’est-ce que la liturgie des heures ? S ous ses différentes appellations d’office divin, bréviaire, prière des heures, prière du temps présent, la Liturgie des Heures, prière publique et habituelle de l’Église, est la prière du Christ avec son Corps. Par elle, le Mystère du Christ, que nous célébrons dans l’Eucharistie, sanctifie et transfigure le temps de chaque jour. Elle se compose principalement de Psaumes et d’autres textes bibliques, ainsi que de lectures des Pères et des maîtres spirituels (1). Origines de la liturgie des heures (2)? La prière des psaumes est ancestrale et déjà connue dans le peuple juif. L’évangéliste Marc nous rapporte que Jésus lui- même a prié les psaumes selon la tradition juive : Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des oliviers (Mc 14,26). A vrai dire, même si les Évangiles et les Actes des Apôtres citent fréquemment les psaumes, nous ne sommes guère informés de la place qu'ils occupaient dans la liturgie juive au début de notre ère. Quant aux communautés chrétiennes, il semble que, jusque vers l’an 200, elles aient recouru à des hymnes spécifiquement chrétiennes plus qu'aux psaumes de l'A.T. C'est l'abus gnostique des hymnes qui aurait conduit à abandonner celles-ci pour reprendre les psaumes, au prix d'un grand effort de la part des Pères de l'Église pour proposer une lecture christologique de ces textes pré-chrétiens. L' office monastique, né en Égypte et en Syrie dès le III ème siècle vise à une prière incessante et cette prière est nourrie de la rumination des psaumes, que les moines savent par cœur. Chaque jour, en solitaire ou en communauté, le moine récite le psautier dans son intégralité, du début à la fin. A partir du IV ème siècle, les commu - nautés cathédrales (autour d'un siège épiscopal) et les communau - tés monastiques célèbrent une liturgie au cours des heures de la journée. Dans cette liturgie des heures , les psaumes prennent une large place. L’office de Laudes (le matin) et de vêpres (le soir) sont les principales heures priées dans les cathédrales. Une sélection de psaumes est alors opérée, distin- guant ceux qui conviennent mieux à la prière du matin ou du soir. Au fil des siècles, l’office divin évoluera. Pour célébrer, de nombreux livres et recueils seront alors utilisés : hymnaires (hymnes à réciter au cours de l'office divin), antiphonaires (livres de chants liturgiques qui contiennent les antiennes), psautiers (livres des psaumes), responsoriaux (recueils de répons ou de psaumes à chanter sous forme de réponse), homiliaires (recueils d'homélies ou de sermons), passionnaires (collections de vies de saints), collectaires (contenaient les prières de collectes de l'office), martyrologes (recueils annonçant les saints qu'on a coutume de célébrer dans les églises jour après jour). A ce rythme, seules les grandes cathédrales peuvent s’offrir un tel équipement en livres, très coûteux et embarrassant ! Aussi, dès le XI ème siècle, des recueils allégés, simplifiés, abrégés et modernisés seront inventés. L’obligation de la prière communautaire de l’office elle- même évoluera vers la récitation personnelle. Le mot breviarium en latin qui signifie abrégé, résumé, est très en vogue au Moyen-Age et utilisé dans tous les domaines de la science. A la longue, il désignera exclusivement les rituels abrégés permettant la prière de l’ office divin . Ainsi, le XIII ème siècle verra apparaître les premiers bréviaires codifiés, particulièrement sous l’instigation des religieux franciscains. Plusieurs bréviaires seront en vigueur selon la région, les coutumes locales, les diocèses et les communautés religieuses. Le 9 juillet 1568, par la bulle Quod nobis , Pie V abolissait sans exception tous les anciens bréviaires (sauf ceux jouissant d'une tradition ininterrompue de deux cents ans) et imposait pour le début de 1569 le nouveau bréviaire, avec défense d'y rien changer, d'y rien ajouter, d'en rien retrancher. Jusqu’à nous, le bréviaire de Pie V connut quelques changements et enrichissements. Aujourd’hui, à la demande du concile Vatican II, l’office divin de la liturgie des heures a été profondément remanié et unifié. Puisque la sanctification de la journée est la fin de l'office, le cours traditionnel des Heures sera restauré de telle façon que les Heures retrouveront leur vrai temps dans la mesure du possible et qu'il soit tenu compte des conditions de la vie présente, surtout pour ceux qui s'appliquent aux œuvres de l'apostolat... Dans l'accomplissement de cette restauration, le vénérable trésor séculaire de l'office romain sera adapté de telle sorte que ceux à qui il est confié puissent en profiter plus largement et plus facilement (3). P. Jean-Max Renard Vice-Official n Droit canonique La liturgie des heures L’association Mère de Miséricorde, en collaboration avec la Pastorale familiale, organise une session de formation à la pédagogie « Parlez-moi d’amour » . Face à la réalité de ce qui nous entoure, les jeunes tentent de trouver des réponses à leurs ques - tions, parfois auprès de leur famille, souvent auprès de leurs copains et aussi à travers différents moyens de communication (médias, internet, etc.). Bien souvent, nous ne savons pas quoi leur dire ou comment leur dire les choses ! « Parlez-moi d’amour » est une pédagogie adaptée aux jeunes, qui permet de les éveiller à la beauté et à la valeur de l’amour durable et de la vie humaine, en portant auprès d’eux le message chrétien sur l’amour, la sexualité et la vie. Soyons les premiers acteurs de l’éducation de nos enfants ! La formation « Parlez-moi d’amour » aura lieu les samedi 8 février et dimanche 9 février 2014 de 8h30 à 17h au relais de chateaubœuf (direction LEP de Chateaubœuf). Participation de 20 € par personne. Repas tiré du sac. Inscription obligatoire jusqu’au 6 février 2014 aux numéros suivants : 06 96 37 84 86 - 06 96 21 10 60 - 05 96 75 19 21 ou par mail : mmc.martinique@gmail.com Communiqué ForMation « ParLez-Moi D’aMour » En avant-goût de la formation, une conférence sera animée par les formateurs nationaux du programme « Parlez-moi d’amour » le jeudi 6 février 2014 de 18h à 20h30 à l’église Emmaüs de Rivière-Roche, sur le thème : Comment parler d’amour aux jeunes ? (1) Compendium du Catéchisme de l’Église Catholique. (2) A partir de Philippe Rouillard, article Psaumes dans la liturgie, in Dictionnaire du catholicisme, 1988. (3) Concile Vatican II, Constitution sur la sainte liturgie, sacrosanctum Concilium n os 88 et 90, 1963.

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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 9 Formation Comme annoncé dans le précédent numéro de la revue, le père Bertrand Pinçon, doyen de la Faculté de théologie de Lyon, revient sur les sujets qu’il a abordés lors de son récent passage à la Martinique : la Bible et notamment les Psaumes. Bible et liturgie La nouvelle traduction de la Bible pour la liturgie Le psautier : un livre de prières, une louange inspirée L a Bible, traduction officielle liturgique, nouvelle version francophone de la Bible pour la liturgie, est parue en novembre 2013. Certains l’ont déjà achetée. D’autres envisagent de le faire. Avant d’entreprendre l’achat ou la lecture de cette Bible, voici la réponse à quelques questions que vous pouvez vous poser. Pourquoi une nouvelle traduction de la Bible ? L’actuelle version de la Bible pour la liturgie date de 1974. Jusque-là, n’étaient traduits que les seuls passages utilisés dans la liturgie, à savoir tout le Nouveau Testament, mais seulement une infime partie de l’Ancien Testament (4000 versets sur 21 000). C’est désormais toute la Bible qui est traduite. Par ailleurs, certains mots ou expressions correspondaient à une époque ou se sont révélés improprement traduits au regard du texte source (hébreu ou grec) : ainsi, dans le récit de la multiplication des pains en Mt 14,14, lorsqu’il nous est dit que Jésus est « pris de pitié » envers les foules, le mot pitié est rendu, dans la nouvelle traduction, par l’expression verbale « remué aux entrailles », expression plus juste au regard du texte grec. De même, dans le Magnificat, on parlera désormais de la « miséricorde » de Dieu qui s’étend d’âge en âge, plutôt que de son « amour ». En quoi cette traduction liturgique est-elle différente des autres traductions ? La traduction liturgique répond à un but précis : être lue en public, proclamée, écoutée. Ce qui est, avant tout, recherché est le style oral et la qualité sonore du texte. C’est une Bible pour les lèvres et les oreilles, et non pas pour les yeux. Ainsi, les phrases doivent être courtes, le vocabulaire adapté à la culture de l’auditeur. Et surtout, il convient d’éviter les expressions gênantes à l’oreille ou sources de confusion. Ainsi, « l’Oint du seigneur » pour désigner le Messie peut se comprendre à l’oreille comme « loin du seigneur » , ce qui n’est pas la même chose ! De même, on comprendra aisément que, pour la proclamation liturgique, il est préférable de remplacer : « la vache et l’ours paîtront ensemble » par « la vache et l’ours auront même pâturage » (Is 11,7). Dans le Nouveau Testament, les Béatitudes, dans l’évan - gile de Luc, sont retouchées : l’expression : « malheureux, vous qui… » est rendue par : « quel malheur pour vous… car… » (Lc 6,20-26). De même, on le sait, dans la prière du Notre Père, la dernière demande est retraduite comme suit : « ne nous laisse pas entrer en tentation ». Comment les traducteurs ont-ils travaillé ? Cette nouvelle traduction est le fruit de dix-sept années de travail. En 1996, une commission d’évêques francophones a demandé à des spécialistes de proposer une nouvelle traduction. Cette équipe, composée de biblistes et de littéraires, a élaboré un texte qui a été soumis aux différentes conférences épiscopales. Après quelques va-et-vient avec la Congrégation pour le culte divin, le texte a été validé définitivement en 2013. Dans les prochaines années, cette nouvelle traduction servira de matrice aux nouveaux lectionnaires qui seront utilisés dans les paroisses d’ici deux ans. C’est donc probablement à l’Avent 2015 que la nouvelle traduction pourra être utilisée dans la liturgie. Par ailleurs, la nouvelle traduction servira de base à la traduction du nouveau Missel Romain qui devrait sortir, lui, vers 2016. Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 8 Qui a déjà ouvert le livre des psaumes a perçu combien il exprime l’aspiration la plus profonde du croyant devant son Dieu. De bien des manières, le psautier témoigne d’une expérience tout à la fois humaine et religieuse : vivre avec Dieu, parmi les vivants, au milieu d’une création à la fois bonne et éprouvante. En ce sens, le psautier aborde les questions les plus fondamentales de l’expérience de foi : la vie, la mort, la souffrance, la grandeur et la précarité de l’homme, la brièveté de la vie, le scandale du mal, celui du juste persécuté mais soutenu par son Dieu. C’est dire que le psautier s’inscrit dans cette grande thématique théologique qui traverse toute la Bible : une promesse divine de libération, une relation qui engage des humains avec Dieu pour un bienfait, une exigence de fidélité à une Loi, médiatrice de cette relation. Celui qui prie ne le fait pas tout seul. Il s’inscrit dans une communauté croyante qui le précède et qui le suit. Il prie avec les mots d’un autre. En cela, le psaume n’est jamais lettre morte, il est toujours parole vivante : il permet de formuler une nouvelle prière. Le psautier est l’un des 73 livres de la Bible chrétienne. Dans l’Ancien Testament, il s’inscrit après la Loi et les prophètes, c’est dire que le psautier répond bien à sa vocation d’être un livre d’alliance : un langage humain et une louange divine, un livre de prières et une prière inspirée. Il existe deux types de numé- rotations des psaumes, selon la tradition dans laquelle ils nous parviennent (hébraïque / grecque (septante), latine (vulgate) pour la liturgie). Certains ont été divisés en deux ; d’autres ont été rassemblés en un pour arriver au chiffre rond de 150. Ce qui donne, respectivement, pour la tradition hébraïque et la tradition grecque : La tradition juive qui identifie cinq livrets (Ps 1-41 ; 42-72 ; 73-89 ; 90-106 ; 107-150), considère David comme l’auteur-compositeur du livre des Psaumes. Certains d’entre eux renvoient effectivement à des événements turbulents de sa biographie : la fuite devant son fils Absalom (Ps 3), sa rencontre avec le prophète Nathan venu le trouver après son adultère avec Bethsabée (Ps 51/50)… David est certes un homme choisi par Dieu pour être roi sur tout Israël, mais il est aussi fragile, faible comme nous tous. Pourtant, il est manifeste que certains psaumes ne datent pas de la période davidique mais de l’Exil à Babylone (VI ème siècle av. J-C) et même du retour d’Exil. Derrière le David du psautier, c’est la figure royale de la communauté d’Israël qui s’exprime. La tradition chrétienne lit le psautier comme prière du Christ et prière de l’Eglise. Ainsi que l’écrit saint Augustin : « Que personne ne dise, en entendant ces paroles : ' ce n’est pas le Christ qui parle ', ni n’en vienne à dire : ' ce n’est pas moi qui parle '. Bien plutôt, s’il se sait dans le corps du Christ, qu’il dise à la fois : 'c’est le Christ qui parle ', et : ' c’est moi qui parle '. Refuse-toi à rien dire sans lui. Lui ne dit rien sans toi » (1). P. Bertrand Pinçon Doyen de la Faculté de théologie de Lyon Sites : www.theologielyon.org et www.theoenligne.fr (cours de théologie à distance pour tout public, notamment sur les psaumes). Bible hébraïque Ps 1-8 Ps 9 Ps 10 Ps 11-113 Ps 114 Ps 115 Ps 116, 1-9 Ps 116, 10-19 Ps 117-146 Ps 147, 1-11 Ps 147, 12-20 Ps 148-150 Septante – Vulgate Liturgie Ps 1-8 Ps 9, 1-21 Ps 9, 22-39 Ps 10-112 Ps 113, 1-8 Ps 113, 9-26 Ps 114 Ps 115 Ps 116-145 Ps 146 Ps 147 Ps 148-150 La traduction liturgique répond à un but précis : être lue en public, proclamée, écoutée. Ce qui est, avant tout, recherché est le style oral et la qualité sonore du texte. Le psautier aborde les questions les plus fondamentales de l’expérience de foi : la vie, la mort, la souffrance, la grandeur et la précarité de l’homme, la brièveté de la vie, le scandale du mal, celui du juste persécuté mais soutenu par son Dieu. (1) Augustin, Enarratio in Ps 85, 1.

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L ’unité visible des Eglises que vise le mouvement œcuménique ne préconise pas, à l’état actuel, l’union de tous les chrétiens en une institution ecclésiale unique, ni la réunion de toutes les différentes confessions chrétiennes. Il entend plutôt promouvoir le travail commun des Eglises, dans le respect mutuel de toutes les institutions partenaires. Si l’œcuménisme est bibliquement fondé, les scissions, elles, ont sou - vent eu comme soubassement des divergences d’ordre théologique. D’où l’importance première du dialogue théologique dans les rapports entre l’Eglise catholique et les autres communautés chré- tiennes. Dialogue théologique En plus de la conversion inté - rieure et de la prière, le dialogue œcuménique est un des moyens servant la cause de l’unité entre chrétiens de différentes Eglises et communautés (1). La première forme de dialogue privilégiée par l’Eglise catholique, dans sa volonté d’unité, est le dialogue théologique. Les thèmes centraux qui constituent l’objet dudit dialogue sont définis par le décret Unitatis redintegratio qui préconise que le débat concerne prioritairement « la doctrine sur la Cène du Seigneur, les autres sacrements, le culte et les ministères de l’Eglise. » (UR , n. 22). Et le cadre convenu pour l’organisation d’un tel dialogue, ce sont des commissions mixtes interconfessionnelles. Commissions mixtes Au sortir du Concile Vatican II, l’ancien Secrétariat pour l’unité des chrétiens (2) a établi avec les autres confessions chrétiennes des commissions préparatoires, selon le programme prévu avec chacune d’elles, en vue de consti - tuer des listes de divergences doctrinales, qui fondent leur organisation particulière. Ainsi, le choix des thèmes à débattre s’est souvent adapté, selon les confessions chrétiennes parte - naires du dialogue. Les commissions mixtes sont de deux sortes, d’après leur extension : les commissions internationales, émanant du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens dont lui-même désigne les membres catholiques, et les commissions nationales ou régionales initiées par les hiérarchies locales qui en choisissent également les composants de la partie catholique. Selon leur légitimité, les commissions mixtes sont de deux ordres : les privées et les officielles. Les premières sont constituées par des chrétiens, souvent chercheurs théologiens. Elles ne dépendent d’aucune hiérarchie. Malgré le bruit que peuvent provoquer dans l’opinion certaines de leurs publications, celles-ci n’ont qu’une valeur relative ; cependant, certains éléments de leurs recherches peuvent contribuer, indirectement, aux travaux des commissions officielles. Ces dernières, mandatées par la hiérarchie de l’Eglise, travaillent en étroite relation avec elle. Valeur des conclusions des commissions mixtes Les résultats des travaux des commissions mixtes sont dits "déclaration", "accord" ou "rapport". Quand bien même ces résultats proviennent des commissions interconfessionnelles mandatées, ils ne peuvent être utilisés pour changer quoi que ce soit dans la pastorale ou la discipline de l’Eglise catholique. Un temps est requis, en vue d’une analyse minutieuse du contenu par le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. C’est seulement après en avoir relevé les éléments positifs et les lacunes éventuelles, que la rédaction définitive du document revu, corrigé et complété fera l’objet d’un prononcé officiel de la part du Magistère, avant une éventuelle entrée en vigueur des conclusions. En effet, si les analyses théologiques peuvent permettre de clarifier les divergences doctrinales entres chrétiens de différentes confessions, néanmoins leurs conclusions requièrent une approbation du Magistère. Celle-ci intervient parfois après un temps assez long de discernement ; la patience étant « la vertu œcuménique par excellence » (3). P. Philibert Madrandélé Vicaire au Lorrain n Œcuménisme Œcuménisme en contexte local (suite) Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 11 « L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles (Eglises et communautés séparées) comme de moyens de salut, dont la vertu dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à\ l’Eglise catholique » (Unitatis redintegratio, UR, n. 3). Dimanche 26 janvier 2014 L a P arole D ominicale 3 ème dimanche du temps ordinaire Année A A u moment où les portes de la prison se referment sur la voix de Jean-Baptiste et que son rôle de précurseur est brutalement interrompu par Hérode, Jésus inaugure sa mission sur les rives du lac de Galilée. Autour de lui se pressent les foules, avides de Dieu et assoiffées de vérité. Chacun porte vers lui le poids de ses doutes, ses misères, ses souffrances et ses interrogations. La tâche est débordante, comme est immense la passion qu’il éprouve pour ce peuple sans berger. Mais par où faut-il commencer ? A quoi accorder la première place ? D’après l’évangéliste Matthieu, Jésus inaugure sa mission en se fixant deux priorités : il prêche un message de conversion et se choisit des disciples. C’est autour de ces deux thèmes que je voudrais centrer ma méditation de ce dimanche. La conversion Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. La conversion à laquelle Jésus invite est essentiellement une transformation qui s’opère dans le cœur de l’homme. Elle commence toujours par une prise de conscience d’une situation qui a besoin d’être changée. Elle naît d’une insatisfaction éprouvée devant sa propre vie, d’un malaise devant sa propre histoire. C’est pourquoi la conversion suppose toujours un regard lucide posé sur soi-même, à la lumière de la Parole de Dieu. La conversion se traduit ensuite par une décision de rupture avec le passé pour commencer une existence nouvelle. Dans ce sens, elle est un acte volontaire, un effort sincère de mettre un terme à des agissements ou à de vieilles habitudes, pour se corriger. C’est à ce changement de mentalité et de comportement qu’invitait Jésus en s’adressant à ses auditeurs. Rappelons, à ce sujet, que dans la Bible, deux termes sont utilisés pour parler de la conversion : le verbe "epistrephein" qui indique un changement de direction et "metanoein" qui désigne un retournement intérieur. La conversion commence dans l’esprit par le repentir et l’adoption de nouvelles valeurs. Elle se traduit ensuite en des actes concrets. La vocation : •Un appel à être des témoins Jésus appelle des hommes à travailler avec lui au salut de leurs frères. A ces collaborateurs privilégiés, il confie essentiellement trois missions : être des témoins de la vérité, des messagers de l’amour et des artisans de la paix. Les apôtres sont donc appelés à révéler au monde la vérité sur Dieu et la vérité sur l’homme. C’est à eux qu’il revient de traduire dans un langage accessible à leurs frères le mystère de Dieu, un mystère souvent difficile à comprendre. Sans vanité ni complexe, ils doivent aider les autres à trouver une réponse aux milliers de questions qu’ils se posent, parfois avec anxiété. •Un appel à tout quitter Pour suivre le Christ, nous dit l’Évangile de ce jour, les apôtres ont abandonné leur profession avec une admirable spontanéité. Il fallait être réellement séduit par la personne et le message de Jésus pour opérer un renoncement aussi radical. Notons cependant que si le détachement de leur métier fut relativement facile, la renonciation à leurs convictions et ambition fut beaucoup plus laborieuse. Il ne suffit donc pas de quitter le monde pour suivre le Christ ; il faut encore se quitter soi- même et cela requiert beaucoup plus de courage et d’abnégation. P. Gilles Aïzo Vicaire à Schœlcher n Isaïe 8,23b ; 9,1-3 • Psaume 26 • 1 Corinthiens 1,10-13.17 • Matthieu 4,12-23 Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 10 (1) Documentation catholique, DC 1974, n°1646, p. 63. (2) Devenu Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, depuis le 1 er mars 1989. (3) D’après le cardinal Willebrands, dans DC 1974, n° 1646, p. 64. La conversion suppose toujours un regard lucide posé sur soi-même, à la lumière de la Parole de Dieu. Elle se traduit ensuite par une décision de rupture avec le passé pour commencer une existence nouvelle.

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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 13 Introduction C onfrontée aux muta- tions profondes que le phénomène de la mon- dialisation impose à notre Eglise aujourd’hui, la vie consacrée traverse une nouvelle étape de sa croissance spirituelle et de ques- tionnement sur la pertinence de son message évangélique dans la société actuelle. En effet, la vie consacrée bouge au rythme d’intenses interrogations sur les nouvelles orientations qu’elle est appelée à donner à son action, pour réaliser de manière plus efficace sa mission au monde et en même temps assumer avec courage et espérance sa longue marche vers son destin. Ces questions se présentent aujourd’hui sous la forme de deux grands défis majeurs auxquels la vie consacrée doit faire face pour réussir à radicaliser davantage son message de salut. 1. Pertinence de la vie consacrée à l’ère de la mondialisation La nécessité s’avère forte, à l’heure de la mondialisation, de redécouvrir, face aux drames de la montée de contradictions sociales, spirituelles, politiques, économiques et culturelles, des lignes de pensée, de stratégie et d’action qui tendent à redonner son sens humain à tout homme. Et ce sens à redécouvrir, c’est le développement de tout l’homme et de tous les hommes, appelant ainsi à une solidarité mondiale qui apparaît comme le versant éthique faisant défaut à la réalité de la mondialisation. En termes clairs, il s’agit, pour la vie consacrée, de lutter, autant que faire se peut, pour une mondialisation à visage humain, celle qui fait découvrir en même temps le visage prophétique de la vie consacrée, à travers des innovations propres à rendre compte de la sollicitude fraternelle des consacrés pour leurs frères humains asservis par des détresses de tout genre : Pour être crédible, pour être signe prophétique au sein de l’Eglise et de la société humaine, il faut être et se rendre visible, présent dans la vie quotidienne, dans la société qui nous entoure et qui crie ses besoins et ses détresses vers le ciel, et faire en même temps preuve d’inventivité et de créativité pour trouver des solutions de vie et de survie. Dans toutes ces situations, les consacrés sont appelés à rendre un témoignage concret de leur appartenance au Christ et de leur sollicitude fraternelle pour leurs frères et sœurs. (1) Vie consacrée Deux défis majeurs pour la vie consacrée à l’ère de la mondialisation A l’occasion du 2 février, journée de la vie consacrée, le père Patrick-Alexis Phanor, délégué de l’Evêque auprès des religieuses, nous propose une réflexion sur deux défis majeurs pour la vie consacrée aujourd’hui. Vie du diocèse Le vendredi 3 janvier 2014, le Centre diocésain de la Garde d’honneur du Sacré- Cœur était érigé au Robert, au cours d’une messe présidée par Mgr Michel Méranville. Centre diocésain de la Garde d’honneur du Sacré- Cœur C e Centre vise à rendre présente l’association Heure de présence au Cœur de Jésus (site internet : http://gardedhonneurdusacrecoeur. org ). L’Heure de présence au Cœur de Jésus est une association fondée en 1863. Elle regroupe des personnes qui ont choisi de vivre une heure par jour en offrant à Jésus ce que l’on est en train de faire. Cette heure est fixe. C’est pourquoi l’on inscrit le nom des membres de l’association dans un cadran horaire à l’heure choisie par le membre. Ce cadran est exposé dans une église ou un oratoire accessible à tous. Le vendredi 3 janvier 2014, le cadran de la Garde d’honneur de la Martinique a été placé dans l’oratoire du presbytère du Robert, à la fin d’une procession entamée à l’envoi de la messe. Comme les heures choisies par les membres couvrent tout le cadran horaire, les membres de l’association Heure de présence au Cœur de Jésus constituent ainsi une garde permanente que l’on appelle Garde d’honneur. Pourquoi l’érection du Centre diocésain ? Beaucoup de Martiniquais, au fil des années, se sont rendus en pèlerinage à Paray-le-Monial et y ont été sensibilisés à l’ Heure de présence . Un bon nombre d’entre eux se sont inscrits à Paray-le-Monial, sans savoir qu’il y en avait d’autres qui avaient fait la même démarche. Au vu du nombre d’inscrits, la présidente de l’association, profitant de la présence de membres martiniquais au pèlerinage du 150 ème anniversaire de l’ Heure de présence , les a encouragés à effectuer les démarches nécessaires pour ériger un centre en Martinique. Comme c’est au Robert qu’il y avait la plus grande concentration de membres, le curé fut donc sollicité en mai 2013 et l’ordonnance épiscopale lui conférant l’autorisation d’ériger le Centre de la Garde d’honneur fut signée par Mgr Méranville en juin 2013. Au terme de préparatifs incontournables, il a été choisi d’ériger le Centre un premier vendredi du mois et même un premier vendredi de l’année, soit donc le vendredi 3 janvier 2014. La Garde d’honneur, c’est vivre : L’Heure de présence au Cœur de Jésus . Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 12 Les objectifs des Gardes d’Honneur : • Répondre à l’Amour de Jésus qui s'est offert en sacrifice pour chacun de nous : Pour eux, je me sanctifie afin qu'eux aussi soient sanctifiés en vérité (Jean 17,19) • Devenir un consolateur du Cœur de Jésus : J’ai cherché des consolateurs, mais je n'en ai pas trouvé (Ps 68,21) On arrive avec son fardeau… le Seigneur nous le porte. Il s’agit, pour la vie consacrée, de lutter, autant que faire se peut, pour une mondialisation à visage humain, celle qui fait découvrir en même temps le visage prophétique de la vie consacrée, à travers des innovations propres à rendre compte de la sollicitude fraternelle des consacrés pour leurs frères humains asservis par des détresses de tout genre. P. Christian Catayée Curé du Robert n

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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 15 Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 14 Vie consacrée Dans cette optique, les personnes consacrées travaillant avec d’autres frères et sœurs devront se montrer solidaires à l’égard de ces derniers quant aux exigences de la vie sociale actuelle. Il s’agit plus concrètement pour elles de tenir compte des conditions de vie souvent précaires dans lesquelles leurs frères et sœurs vivent, en faisant preuve à leur égard d’une grande sollicitude dans la charité. Plus encore, c’est de cette façon que les consacrés exprimeront à leurs contemporains la proximité et la bonté de Dieu qui est une force que Dieu a posée en eux, pour les rendre capables de vaincre le pouvoir du mal et la souffrance qui afflige la majorité de leurs frères et sœurs. (2) 2. Défi de spiritualité C’est surtout au moment de crises et de mutations sociales, politiques, économiques, historiques… que l’Esprit souffle le plus fort et inspire des projets audacieux de réformes des structures et d’engagement apostolique pour l’avènement du Règne de Dieu dans le monde. Il est vrai que les besoins de notre société et des peuples du monde entier sont immenses. De partout, on fait appel à l’Eglise, à ses prêtres et aux hommes et femmes engagés. L’un de ces besoins les plus urgents de notre monde s’avère être incontestablement celui de la prière qui, depuis la création du monde et à travers les siècles, est le moyen efficace par lequel Dieu se fait plus proche de l’homme et de toutes ses souffrances et ses joies. Et les personnes consacrées, pas plus que d’autres bien sûr, en devraient être des spécialistes. Cela est d’autant plus vrai que l’opinion du peuple chrétien ordinaire ne cesse d’affirmer que les consacrés sont des personnes qui ‘prient’. Et à peine les rencontrent-ils qu’ils leur demandent de prier pour eux. C’est tout aussi vrai qu’à plusieurs reprises dans l’histoire de la vie consacrée, il s’est toujours manifesté ce désir de vouloir cloisonner le consacré dans sa chapelle. A travers toutes les discussions y afférant, l’argument majeur a toujours été que ce qui correspond le mieux aux attitudes de la personne consacrée c’est la prière. A l’heure de la mondialisation qui semble quelque peu bousculer toutes ces attentes religieuses, les consacrés doivent affirmer davantage et avec force que rien ne peut remplacer l’expérience de Dieu ; et que, sans vie de prière, nous serions tous aujourd’hui les premières victimes livrées à la merci de cette réalité aux dimensions planétaires qu’est la mondialisation. Par conséquent, l’Evangile doit trouver de nouvelles formules d’expression pour garder en veilleuse la dynamique de l’Esprit de Dieu : « C’est dans cette exigence éthique que l’évangile se découvre comme la source d’une spiritualité à la hauteur de la mondialisation, comme une dynamique essentielle capable d’intégrer les exigences de l’Esprit de Dieu au cœur des réalités du monde, dans le but de construire une société eucharistique, dont l’énergie spirituelle ne peut être qu’une volonté de vivre la globalisation comme un souffle de bonheur partagé. » (3) C’est à faire advenir l’aurore d’une mondialisation spirituelle que les consacrés sont aujourd’hui invités. Et ce sera là pour eux le cœur de l’évangile à partir duquel la nouvelle évangélisation du monde, en tant que réalité spatiale et globale, devra commencer. De cette manière, l’Eglise pour laquelle les consacrés œuvrent pourra, elle aussi, se saisir comme une source d’initiative et d’inventivité, des propositions nouvelles propres à enrichir les autres. D’héritière, elle pourra désormais devenir novatrice pour s’ouvrir davantage aux appels du monde et de l’Esprit. Ce sera également pour elle une manière d’œuvrer à son propre bénéfice à travers le perfectionnement de sa connaissance des Ecritures qui seront désormais une source de renouveau de l’ être ensemble et de l’ agir communautaire. C’est finalement de cette façon que, sans se conformer foncièrement au monde, la vie consacrée pourra parler au sein du présent pour y faire écho de l’utopie et de l’exigence de Dieu pour les hommes de ce temps. C’est alors seulement qu’elle pourra renouveler l’intelligence qu’elle a des problèmes et des défis, afin de devenir une Eglise confiante en un Dieu qui vient à la rencontre des hommes. Père Patrick-Alexis Phanor Délégué de l’Evêque auprès des religieuses n (1) De HAES R., “Le jubilé de l’an 2000 et la vie religieuse”, dans Telema, n° 4 (2000), p. 60. (2) Message du synode des évêques sur la vie religieuse, n° 8. (3) KÄ MANA, « L’Afrique chrétienne à l’heure de la mondialisation. Repenser les orienta - tions de la mission », dans spiritus, n° 166 (2002), p. 20. La Journée de la vie consacrée est un moment favorable pour témoigner de l’appel que j’ai reçu du Seigneur à lui donner toute ma vie ; et pour lui rendre grâce pour le chemin parcouru depuis plus de quarante ans d’engagement à sa suite dans la Fraternité des Petites Sœurs de Jésus, dont plus de trente ans en Martinique. Ma source d’inspiration inépuisable à la suite de Charles de Foucauld et de Petite Sœur Magdeleine, notre fondatrice, c’est bien sûr Jésus. Il me nourrit spirituellement chaque jour par sa Parole vivante, par son Pain et tous ceux que je rencontre. J’aime beaucoup les partages d’Evangile que nous faisons chaque semaine en communauté et souvent avec des amis. La méditation de la Parole me prépare à mieux participer à l’Eucharistie où j’accueille aussi Jésus, Pain de Vie. C’est dans l’adoration silencieuse – une heure chaque jour – que la Petite sœur prolonge l’accueil de Jésus mystérieusement présent dans le Pain consacré et agissant par son Esprit. Le charisme des Petites sœurs de Jésus, c’est l’imitation de Jésus dans son mystère de Bethléem et de Nazareth. Les Petites sœurs partagent la vie des pauvres en petites communautés qui témoignent de l’Amour universel : originaires de pays différents, elles apprennent l’ouverture à l’autre. Notre Fraternité du Carbet a été fondée au milieu des marins-pêcheurs en 1955. Le quartier a bien changé au fil du temps, mais ce qui reste ce sont les liens tissés par l’amitié, les contacts de la vie ordinaire et la joie de rencontrer chaque personne… signe de fraternité, joie de contribuer à l’évangélisation par ma vie. Petite sœur Thérèse-Eugénie Tu m’as séduite, seigneur, et je me suis laissé séduire ! C’est par ces mots du prophète Jérémie que je rends grâce au Seigneur de m’avoir appelée à la vie consacrée. Voilà aujourd’hui quatorze ans que je suis religieuse dans la congrégation des Sœurs de Saint Paul de Chartres et, pour moi, c’est une grande joie de vivre cette aventure de la foi et de la fraternité avec mes sœurs. Jour après jour, année après année, je mesure les merveilles et la fidélité du Seigneur dans ma vie. C’est vrai qu’il nous invite à le suivre sans aucune garantie préalable, mais c’est également vrai qu’il marche avec nous tous les jours dans la mission et c’est ce qui est formidable ! Le tout, c’est de s’abandonner et de le laisser faire. Le 2 février prochain, jour dédié à la vie consacrée, sera l’occasion pour moi de réitérer mon "oui" d’appartenir pleinement au Seigneur et de lui redire, comme Marie : Je suis la servante du seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. Sr Thérésa Je suis Marie-Gabrielle, membre du Foyer de Charité à Trinité. Pour répondre à cet appel, j’ai tout d’abord prié le Seigneur pendant longtemps lui demandant de m’éclairer sur ma vocation et surtout de m’aider à répondre selon sa volonté et non la mienne. Ayant suivi les conseils d’une amie, j’ai participé à des retraites, et suis venue aider de façon régulière au foyer. Des retraitants ou amis du foyer me disaient qu’ils me voyaient bien y vivre en tant que membre. Mais je n’étais pas prête, aussi j’ai pris de la distance pendant près de deux ans. Cette solution venait de moi ; elle n’était pas la bonne. En ne venant pas au foyer, je ressentais comme un vide, comme un manque en moi. Plus les jours passaient, plus ce manque devenait grand et difficile à supporter. Jusqu’au jour où j’ai décidé de renouer avec le foyer en commençant d’abord par faire une retraite. Aidée par un guide spirituel, j’ai progressé et en suis venue à faire un mois d’essai. Ensuite, je suis revenue pour six mois. C’est alors que j’ai compris que ce qui me manquait c’était cette joie profonde de me donner pour le service au Foyer de Charité. Cela fera bientôt trois années que j’y suis de façon constante. Je remarque que lorsque l’on répond à une vocation, on ne dit pas un seul « oui », mais chaque jour, on renouvelle ce « oui » en le redisant sans cesse. Marie-Gabrielle Témoignages Les consacrés doivent affirmer davantage et avec force que rien ne peut remplacer l’expérience de Dieu ; et que, sans vie de prière, nous serions tous aujourd’hui les premières victimes livrées à la merci de cette réalité aux dimensions planétaires qu’est la mondialisation.

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Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 17 Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 16 U ne actualité récente nous permet de poursuivre notre réflexion sur ce point. Elle concerne les rapports entre groupes sociaux en cas de conflit, et la nécessaire conformité de nos conduites ou revendications individuelles à la doctrine sociale de l’Eglise et au bien commun. Il est en effet courant d’observer l’évolution de l’espèce humaine, en tout cas occidentale, vers un individualisme de plus en plus marqué. Est bon, ce qui est bon pour moi. Les valeurs communautaires sont souvent rejetées au second rang, au seul profit de l’intérêt individuel imposé de haute lutte. La réussite est uniquement vécue comme d’une bataille où l’on s’est imposé par la seule force de ses moyens, de son intelligence ou de sa force. Il en résulte une conception guerrière et agressive de la vie sociale, rendant encore plus complexes et difficiles les rapports entre les hommes, et ignorant les réalités les plus élémentaires de notre pays dont la survie économique est plus que jamais à l’ordre du jour. D’abord, il s’agit d’un territoire de très petites dimensions, où les contacts sont fréquents, et dont une telle attitude ne favoriserait pas une ambiance paisible et détendue, tout particulièrement nécessaire en ces temps troublés. Sans nier la nécessité des demandes, voire des luttes sociales, il convient d’allier la clarté et la fermeté des réclamations à la prise en compte d’un certain nombre de réalités dont les suivantes : - Nous vivons sur une île extrêmement dépendante des deux poumons que constituent pour elle le port et l’aéroport. De toute évidence, le blocage de l’une ou l’autre de ces deux structures, même au soutien de revendications fondées, ne saurait être envisagé qu’avec la plus extrême prudence, en raison des dommages parfois irréparables causés à toute une population par de telles actions. - De même, une réflexion saine et prudente doit conduire à écarter les mesures tendant à la paralysie des livraisons de carburant. Le rôle essentiel des énergies fossiles dans l’alimentation de toute l’île n’a pas à être démontré, et l’arrêt des transports publics de passagers qui en résulte à brève échéance, préjudicie d’abord et massivement aux plus modestes d’entre nous. Certes, les luttes syndicales ont leur nécessité, et sont parfois fort dures pour leurs protagonistes, mais elles ne doivent jamais dispenser ceux-ci d’une constante réflexion sur l’adéquation des moyens qu’ils emploient aux résultats qu’ils espèrent, au respect des personnes concernées et, en définitive, au bien commun de tous. Plus facile à dire qu’à faire… mais conforme à nos valeurs et, en définitive, si profondément efficace ! Léon-Laurent Valère n Le souci du Bien commun à l'heure des conflits Dans un de nos précédents numéros, nous prévalant des termes de la doctrine sociale de l’Eglise, et plus simplement encore de ceux de la Révélation elle- même, nous avions rappelé à quel point les chrétiens, qu’\ ils soient ou non hommes politiques, doivent être impliqués dans la vie sociale et participer à la construction de la cité. Nous avions, du même coup, souligné qu’une telle participation, singulièrement en matière économique, ne pouvait se concevoir sans un minimum de valeurs et de conduites morales nécessaires à la pleine efficacité de notre action. Nous en avions donné quelques exemples. Société L’Eglise appelle à rechercher le bien commun pour construire un monde plus juste. Michel Déglise nous fait un rapide survol de la Doctrine sociale de l’Eglise sur le sujet. Le bien commun dans la Doctrine sociale de l’Eglise L a doctrine sociale de l'Eglise ne vise pas la construction d’un monde "idéal", pas davantage celle d’une vraie "société chrétienne" : elle demande simplement d’agir, dans ce monde-ci, pour que l’homme puisse s'y épanouir en s'humanisant et en se sanctifiant. Il faut donc travailler à « créer les conditions sociales capables de rendre à tous possible et aisée une vie digne de l’homme » (Pie XII). Comment y parvenir ? Au fondement de la doctrine sociale se trouve l’affirmation de l’égale dignité des personnes, car, devant Dieu, toute personne est également digne, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle. La société doit alors protéger, encourager et exalter cette dignité. Elle ne peut le faire qu’en ordonnant les divers aspects de la vie sociale aux exigences du bien commun. « Par bien commun, il faut entendre l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection, d’une façon plus totale et plus aisée » ( Gaudium et spes, 26). Il faut alors organiser la société pour que toute personne bénéficie de conditions de vie lui permettant de se développer en dignité et en sainteté ; tout ce qui empêche ce développement doit donc être repensé. C’est ce que disait déjà, en 1931, le pape Pie XI : « Il importe donc d’attribuer à chacun ce qui lui revient et de ramener aux exigences du bien commun ou aux normes de la justice sociale la distribution des ressources de ce monde, dont le flagrant contraste entre une poignée de riches et une multitude d’indigents atteste de nos jours, aux yeux de l’homme de cœur, les graves dérèglements » (Quadragesimo anno, 64). Aujourd’hui, le pape François ne cesse de rappeler le principe de la destination universelle des biens, qui requiert d’accorder toute la sollicitude nécessaire aux pauvres, ce que l’Eglise appelle l’option préférentielle pour les pauvres. Il se situe ainsi dans la ligne des réflexions de Jean Paul II qui précisait très clairement le sens de cette option : « C’est là une option, ou une forme spéciale de priorité, dans la pratique de la charité chrétienne dont témoigne toute la tradition de l’Eglise. Elle concerne la vie de chaque chrétien, en tant qu’il imite la vie du Christ, mais elle s’applique également à nos responsabilités sociales et donc à notre façon de vivre, aux décisions que nous avons à prendre de manière cohérente au sujet de la propriété et de l’usage des biens. Mais aujourd’hui, étant donné la dimension mondiale qu’a prise la question sociale, cet amour préférentiel, de même que les décisions qu’il nous inspire, ne peut pas ne pas embrasser les multitudes immenses des affamés, des mendiants, des sans-abri, des personnes sans assistance médicale et, par-dessus tout, sans espérance d’un avenir meilleur » ( s ollicitudo rei socialis, 42). Une politique se voulant juste doit donc être orientée par ces principes. La recherche du bien commun engage tous les hommes, aucun n’est exempté d’y coopérer selon ses propres capacités. Il en va de même pour les nations : chacune a le devoir de développer une véritable coopération internationale en vue du bien commun de l’humanité tout entière, en y incluant les générations à venir. Si la doctrine sociale de l’Église propose des principes de réflexion et donne des orientations pour l’action, que vaut-elle en vérité si celles-ci ne sont pas appliquées dans leur vie quotidienne par les chrétiens, qu’ils soient responsables politiques ou simples citoyens ? Comme le dit bien le Catéchisme de l’Eglise Catholique : « C’est à ce qu’ils auront fait pour les pauvres que Jésus Christ reconnaîtra ses élus. Lorsque la Bonne nouvelle est annoncée aux pauvres (Mt 11,5), c’est le signe de la présence du Christ » (CEC, 2443). Michel Déglise n La recherche du bien commun engage tous les hommes, aucun n’est exempté d’y coopérer selon ses propres capacités. Les luttes syndicales ne doivent jamais dispenser les protagonistes d’une constante réflexion sur l’adéquation des moyens qu’ils emploient aux résultats qu’ils espèrent, au respect des personnes concernées et, en définitive, au bien commun de tous.

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Dimanche 26 janvier 2014 La Bible, ce livre méconnu Connaissons-nous la Bible ? La lisons-nous régulièrement ? Que nous apporte sa lecture et qu’est-ce que nous y découvrons ? Dieu m’est témoin s’intéresse cette semaine à la Bible, livre fondamental pour nous chrétiens, mais livre parfois méconnu. Le père Elvis Elengabeka sera avec nous en plateau pour répondre à toutes ces questions. Ce spiritain, congolais d’origine, est professeur d’exégèse du Nouveau Testament à la Faculté catholique de Paris ; il anime aussi une chronique sur Radio Saint-Louis, la radio du diocèse de Fort-de-France en Martinique, où il se rend chaque année. Nous irons à La Réunion rencontrer Fabrice Patsoumoudou. Cet animateur de groupe biblique et formateur au sein du diocèse de Saint-Denis ne se sépare jamais de sa Bible et, tel un passeur du Christ, anime des groupes de réflexion dans les paroisses. Nous serons connectés avec Huguette Olanor depuis Saint-Claude en Guadeloupe. Responsable du Renouveau charismatique, elle nous racontera comment elle relit sa vie de tous les jours à la lumière des textes de l’Évangile. Nous verrons aussi comment, en Nouvelle-Calédonie, la traduction de la Bible en langue kanak a permis aux chrétiens d’avancer dans leur foi et comment la Bible est devenue pour les Calédoniens un support d’apprentissage de leur langue. Dimanche 2 février 2014 Quel avenir pour la jeunesse outre-mer ? Comment la jeunesse outre-mer imagine-t-elle aujourd’hui son avenir ? Le chômage est-il une fatalité ? Comment redonner confiance à ceux qui ne trouvent pas d’emploi malgré leurs diplômes ? Dieu m’est témoin s’intéresse cette semaine à la question majeure que se posent tous les jeunes d’outre-mer. C’est Edwing Laupen qui viendra sur notre plateau pour y répondre. Cet étudiant d’origine guadeloupéenne nous racontera notamment comment il a mis en place un fonds de solidarité pour les étudiants ultra-marins qui viennent se former en métropole ; il nous dira aussi comment il voit l’avenir pour lui et les jeunes de son île. Nous irons aussi en Guyane rencontrer Raymond Cazal, un jeune pilote au parcours étonnant pour qui rien n’était impossible, même quand on est bushinengue et qu’on vient de Maripasula. Dimanche 9 février 2014 Prenons soin de nos aînés ! Face à nos aînés, comment nous comportons-nous ? Les enfants prennent-ils encore soin de leurs parents ? L’accueil et la solidarité familiale existent-ils encore outre-mer ? Le placement en maison est-il devenu une fatalité ? Pour répondre à toutes ces questions, Dieu m’est témoin reçoit cette semaine Armande Caderby et sa fille Marie-Agnès. Fille et petite-fille de Simone et David, les deux Réunionnaises nous raconteront comment toute leur famille s’est organisée pour prendre soin des grands-parents pour qu’ils puissent rester dans leur maison. Nous irons voir au plus près cette réalité réunionnaise dans le sud de l’île, du côté de Sainte-Rose, dans la famille de Francine. Nous irons ensuite en Martinique, au sein de la famille Monthieux, chez qui Mirette n’a que quelques marches à descendre pour retrouver l’une de ses filles et ses petits-enfants. Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions Medias Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr Église en Martinique du 26 janvier 2014 / n°477 19 99.5 - 101.3 et 105,3 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com

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La mission baptismale Seigneur, par le baptême, tu nous appelles à manifester ton amour. Rends-nous fidèles à notre mission de te glorifier, de proclamer l’Évangile et de servir nos frères et sœurs. Choisis parmi les jeunes des prêtres, des diacres, des personnes consacrées et des laïcs engagés. Soutiens-nous dans notre responsabilité de transmettre tes appels.Donne à tous les appelés la générosité et la joie de vivre pleinement leur vocation de disciples. Gérard Bernatchez, c.s.v