479 - Jubilé des Centres de Préparation au Mariage de Martinique

Page 1

N° 479 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 23 février 2014 Jubilé des Centres de Préparation au Mariage de Martinique

Page 2

Editorial Editorial  Le temps ordinaire Mot de l'Evêque  Pourquoi dors-tu, Seigneur ? Eglise universelle  Message du Pape pour le Carême 2014 Liturgie  Parole dominicale Droit canonique  La liturgie des heures (3) Vie du diocèse  La paroisse de Tartane fête saint François de Sales  Messe diocésaine des malades  Fête de Baden-Powell Questionnaire de carême Dossier : Les Centres de Préparation au Mariage  Cinquantenaire des CPM Martinique Cérémonie d’ouverture  Un appel en couple pour le service des frères Société  La Martinique à l’heure du « Chacun pour Soi » (2)  La justice sociale au cœur de la doctrine sociale de l’Eglise (2) Médias numéro 479 numéro 479 N° 479 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 23 février 2014 Jubilé des Centres de Préparation au Mariage de Martinique S ommaire DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Ediprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 58697207 Fort de France Cedex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr egliseenmartinique@orange.fr D ans le langage courant, est ordinaire ce qui est habituel, commun, qui va de soi. Une journée sans relief, où rien ne se passe de particulier, est une journée ordinaire. Le temps ordinaire, dans la liturgie catholique, a un autre sens. Il se situe en dehors des fêtes où sont célébrés les é\ vénements principaux de la vie du Christ Jésus, à savoir : sa naissance, sa \ mort et sa résurrection. Ce temps ordinaire n’est pas pour autant vide de contenu pour vivre sa foi. L’esprit de fête se vérifie aussi dans nos coutumes ; par exemple les chanté Nwel du temps de Noël ou la période carnavalesque. Cependant, le sérieux de la vie exige de chacun une grande responsabilité dan\ s la conduite de sa vie. Comme dit le livre de l’Ecclésiaste : Il y a un temps pour chaque chose : un temps pour bâtir, un temps pour planter, un temps pour récolter, un temps pour rire, un temps pour danser, un temps pour gémir… (Ecclésiaste 3,1-8). Il ne faudrait pas perdre de vue cet essentiel qui est de trouver et de donner un sens à ce que l’on fait. Cependant, cette période dite ‘ordinaire’ a toute son importance, car c’est là que nous pouvons exercer nos responsabilités au quotidien et inscrire notre foi dans la ‘vraie vie’. Il serait inconvenant pour un chrétien de rencontrer et fréquenter\ Jésus uniquement à l’occasion des grandes solennités liturgiques, comme Noël et Pâques. C’est au quotidien, dans nos relations ordinair\ es, en famille, au travail, dans le quartier, que Jésus nous fait signe. Toutes ces relations, mêlées de joies, de doutes, d’épreuves, peuvent ê\ tre vécues en union profonde avec Jésus. L’eucharistie, célébrée au quotidien ou le dimanche, est le signe de sa présence réelle dans notre humanité. Il y a peut-être pour chacun de nous le risque de sombrer dans les habitudes : saluer ou manifester son désintérêt pour quelqu’un par habitude… rencontrer Jésus dans la prière par habitude… aim\ er par habitude… La vie, alors, n’aurait plus de relief, plus de couleur, plus de sel, plus d’intérêt. De l’ordinaire, on passe au banal. Jésus, dans l’ordinaire de la vie, nous demande d’être vigil\ ants : Veillez, parce que vous ne savez pas quel jour va venir votre maître… Tenez-vous prêts car c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que l\ e Fils de l’homme va venir (Mt 24,42). La manière de vivre ce temps ordinaire au quotidien appartient à chacun. P. Jean de Coulanges n 2 3 Le temps ordinaire Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour (B. Helmany) 6 Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour 8 4 Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour (B. Helmany) 7 Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour 9 Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour 9 10 Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour 11  Cinquantenaire des CPM Martinique Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour 19 Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour 22 24 27 26

Page 3

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 33 Mot de l'Evêque Pourquoi dors-tu, Seigneur ? R éveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ? Tu nous exposes à la moquerie et au rire de notre entourage et devant nous les peuples haussent les épaules. Cette lamentation du psaume 44 pourrait bien être celle de notre Eglise en Martinique, à la suite de la bévue inadmissible de quatre de ses prêtres. Ces derniers, voyant approcher le moment où la renonciation de l’actuel archevêque deviendrait effective, avaient voulu barrer la route à l’un des prêtres qu’ils supposaient pressenti par Rome pour lui succéder. Ces prêtres avaient alors remis le dossier qu’ils destinaient au Pape et au Nonce apostolique, à un illuminé du pays prétendant, depuis des années, purifier l’Eglise Catholique locale, en distribuant à la ronde force courriers diffamatoires contre son évêque et son clergé. Les médias furent les premiers destinataires de ces courriers signés par ces quatre prêtres, avec les témoignages de deux jeunes hommes aspirant à devenir séminaristes et celui d’un pseudo « jeune prêtre » se camouflant dans l’anonymat par crainte de représailles, tout en clamant « qu’il faut aimer le Christ jusqu’à donner son sang pour lui ! » . Les auteurs du dossier avaient vilipendé leur victime, en l’occurrence le père Jean-Max Renard, actuel vicaire général, lui reprochant de nombreux défauts et surtout essayant, par des allégations mensongères, de jeter le doute sur son comportement avec les séminaristes, suggérant des tendances immorales de sa part. Dans son journal de 19 heures, Martinique Première avait donné la priorité à ce qu’elle appelait « l’affaire Renard » et son présentateur avait ajouté l’information mensongère selon laquelle la candidature du père Renard avait été écartée aussitôt par Rome qui interdisait la présence du père dans le diocèse. Le père en question se trouvait alors momentanément à Paris, pour une session de formation des personnels d’officialité, à l’Institut Catholique de Paris. Quant à sa candidature, elle ne pouvait être « écartée » pour la bonne raison qu’elle n’avait jamais existé, étant donné qu’il n’y a jamais de dépôt de candidature à la fonction d’évêque. Néanmoins, la médiatisation du « scandale » eut un fort impact sur la population. On vit de nombreux chrétiens en larmes et d’autres, indignés de découvrir que des prêtres pouvaient se livrer à de si basses manœuvres afin de discréditer l’un des leurs, à des fins partisanes. Ces prêtres prétendant avoir agi pour le bien de notre Eglise locale n’avaient pas réalisé que la fin ne justifie pas tous les moyens et que le mal ne fait jamais le bien. Certes, nous pouvons nous lamenter avec le psaume 44. Cependant, ce n’est pas Dieu qui nous expose aujourd’hui aux railleries de nos ennemis. Nous n’avons pas besoin non plus de réveiller Dieu, car il ne dort jamais. Ce sont plutôt nous, les croyants, qui avons besoin de nous réveiller. Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation, disait Jésus, car l’esprit est prompt mais la chair est faible. Le péché, par définition, consiste à vouloir substituer sa propre volonté à celle de Dieu. C’est toujours la tentation des hommes d’obtenir, par eux-mêmes, ce qu’ils ne demandent même plus à Dieu. La prière devient alors un acte dont on attend une efficacité magique : elle n’est plus le dialogue humble, fait de contemplation et d’écoute de la Parole, dans lequel l’orant dit : Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. Malgré tout, ne jetons pas la pierre à nos prêtres. Ils ont sans doute été contaminés par cet esprit de sécularisation qui enferme Dieu à double tour à la sacristie pour permettre à chacun de faire, de son choix personnel, le seul critère du bien et du mal. Je suis cependant convaincu que les prêtres en question prennent conscience amèrement maintenant du mal qu’ils ont fait à notre Eglise en Martinique et qu’ils cherchent comment réparer ce mal et par quelle démarche en demander pardon à notre Eglise. A quelques jours de l’ouverture du Carême, qu’ils nous donnent le bon exemple en revenant vraiment à Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie ; qu’ils nous entraînent avec eux à sa suite et nous rendent attentifs à la question qu’Il adresse à chacun et à chacune d’entre nous : Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel se dénature, avec quoi va-t-on lui redonner sa saveur ? Il attend notre réponse. Croyons avec Lui que ce qui est impossible à l’homme ne l’est pas à Dieu. + Michel Méranville, Archevêque n

Page 4

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 4 Eglise universelle Chers frères et sœurs, J e voudrais vous offrir, à l’occasion du Carême, quelques réflexions qui puissent vous aider dans un chemin personnel et communautaire de conversion. Je m’inspirerai de la formule de saint Paul : Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté (2 Co 8,9). L’Apôtre s’adresse aux chrétiens de Corinthe pour les encourager à être généreux vis-à-vis des fidèles de Jérusalem qui étaient dans le besoin. Que nous disent-elles, ces paroles de saint Paul, à nous chrétiens d’aujourd’hui ? Que signifie, pour nous aujourd’hui, cette exhortation à la pauvreté, à une vie pauvre dans un sens évangélique ? La grâce du Christ Ces paroles nous disent avant tout quel est le style de Dieu. Dieu ne se révèle pas par les moyens de la puissance et de la richesse du monde, mais par ceux de la faiblesse et de la pauvreté : Lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous... Le Christ, le Fils éternel de Dieu, qui est l’égal du Père en puissance et en gloire, s’est fait pauvre ; il est descendu parmi nous, il s’est fait proche de chacun de nous, il s’est dépouillé, ‘vidé’, pour nous devenir semblable en tout (cf. Ph 2,7 ; He 4,15). Quel grand mystère que celui de l’Incarnation de Dieu ! C’est l’amour divin qui en est la cause, un amour qui est grâce, générosité, désir d’être proche et qui n’hésite pas à se donner, à se sacrifier pour ses créatures bien-aimées. La charité, l’amour, signifient partager en tout le sort du bien-aimé. L’amour rend semblable, il crée une égalité, il abat les murs et les distances. C’est ce qu’a fait Dieu pour nous. La raison qui a poussé Jésus à se faire pauvre n’est pas la pauvreté en soi, mais, dit saint Paul, [pour que] … vous deveniez riches par sa pauvreté. […] Il s’agit là d’une synthèse de la logique de Dieu, de la logique de l’amour, de la logique de l’Incarnation et de la Croix. Dieu n’a pas fait tomber sur nous le salut depuis le haut, comme le ferait celui qui donne en aumône de son superflu avec un piétisme philanthropique. Ce n’est pas cela l’amour du Christ ! Lorsque Jésus descend dans les eaux du Jourdain et se fait baptiser par Jean-Baptiste, il ne le fait pas par pénitence, ou parce qu’il a besoin de conversion ; il le fait pour être au milieu des gens, de ceux qui ont besoin du pardon, pour être au milieu de nous, qui sommes pécheurs, et pour se charger du poids de nos péchés. Voilà la voie qu’il a choisie pour nous consoler, pour nous sauver, pour nous libérer de notre misère. Nous sommes frappés par le fait que l’Apôtre nous dise que nous avons été libérés, non pas grâce à la richesse du Christ, mais par sa pauvreté. […] Alors quelle est-elle cette pauvreté, grâce à laquelle Jésus nous délivre et nous rend riches ? C’est juste - ment sa manière de nous aimer, de se faire proche de nous, tel le Bon Samaritain qui s’approche de l’homme laissé à moitié mort sur le bord de la route (cf. Lc 10,25ss). Ce qui nous donne la vraie liberté, le vrai salut, le vrai bonheur, c’est son amour de compassion, de tendresse et de partage. La pauvreté du Christ qui nous enrichit, c’est le fait qu’il ait pris chair, qu’il ait assumé nos faiblesses, nos péchés, en nous com - muniquant la miséricorde infinie de Dieu. La pauvreté du Christ est la plus grande richesse : Jésus est riche de sa confiance sans limite envers le Père, de pouvoir compter sur Lui à tout moment, en cherchant tou- jours et seulement la volonté et la gloire du Père. Il est riche comme est riche un enfant qui se sent aimé et qui aime ses parents et ne doute pas un seul instant de leur amour et de leur tendresse. La richesse de Jésus, c’est d’être le Fils ; sa relation unique avec le Père est la prérogative souve - raine de ce Messie pauvre. Lorsque Jésus nous invite à porter son joug qui est doux, il nous invite à nous enrichir de cette riche pauvreté et de cette pauvre richesse qui sont les siennes, à partager avec lui son Esprit filial et fraternel, à devenir des fils dans le Fils, des frères dans le Frère Premier-né (cf. Rm 8,29). On a dit qu’il n’y a qu’une seule tristesse, c’est celle de ne pas être des saints (Léon Bloy) ; nous pourrions également dire qu’il n’y a qu’une seule vraie misère, c’est celle de ne pas vivre en enfants de Dieu et en frères du Christ. Notre témoignage Nous pourrions penser que cette ‘voie’ de la pauvreté s’est limitée à Jésus, et que nous, qui venons après Lui, pouvons sauver le monde avec des moyens humains plus adéquats. Il n’en est rien. À chaque époque et dans chaque lieu, Dieu continue à sauver les hommes et Message du Pape pour le Carême 2014 Il s'est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté (cf. 2 Cor 8,9)

Page 5

le monde grâce à la pauvreté du Christ, qui s’est fait pauvre dans les sacrements, dans la Parole, et dans son Église, qui est un peuple de pauvres. La richesse de Dieu ne peut nous rejoindre à travers notre richesse, mais toujours et seulement à travers notre pauvreté personnelle et communautaire, vivifiée par l’Esprit du Christ. À l’exemple de notre Maître, nous les chrétiens, nous sommes appelés à regarder la misère de nos frères, à la toucher, à la prendre sur nous et à œuvrer concrètement pour la soulager. La misère ne coïncide pas avec la pauvreté ; la misère est la pauvreté sans confiance, sans solidarité, sans espérance. Nous pouvons distinguer trois types de misère : la misère matérielle, la misère morale et la misère spirituelle. La misère matérielle est celle qui est appelée communément pauvreté et qui frappe tous ceux qui vivent dans une situation contraire à la dignité de la personne humaine : ceux qui sont privés des droits fondamentaux et des biens de première nécessité comme la nourriture, l’eau et les conditions d’hygiène, le travail, la possibilité de se développer et de croître culturellement. Face à cette misère, l’Église offre son service, sa diakonia, pour répondre aux besoins et soigner ces plaies qui enlaidissent le visage de l’humanité. Nous voyons dans les pauvres et les laissés-pour-compte le visage du Christ ; en aimant et en aidant les pauvres, nous aimons et nous servons le Christ. Notre engagement nous pousse aussi à faire en sorte que, dans le monde, cessent les atteintes à la dignité humaine, les discriminations et les abus qui sont si souvent à l’origine de la misère. Lorsque le pouvoir, le luxe et l’argent deviennent des idoles, ils prennent le pas sur l’exigence d’une distribution équitable des richesses. C’est pourquoi il est nécessaire que les consciences se convertissent à la justice, à l’égalité, à la sobriété et au partage. La misère morale n’est pas moins préoccupante. Elle consiste à se rendre esclave du vice et du péché. Combien de familles sont dans l’angoisse parce que quelques- uns de leurs membres – souvent des jeunes – sont dépendants de l’alcool, de la drogue, du jeu, de la pornographie ! Combien de personnes ont perdu le sens de la vie, sont sans perspectives pour l’avenir et ont perdu toute espérance ! Et combien de personnes sont obligées de vivre dans cette misère à cause de conditions sociales injustes, du manque de travail qui les prive de la dignité de ramener le pain à la maison, de l’absence d’égalité dans les droits à l’éducation et à la santé. Dans ces cas, la misère morale peut bien s’appeler début de suicide. Cette forme de misère qui est aussi cause de ruine économique, se rattache toujours à la misère spirituelle qui nous frappe, lorsque nous nous éloignons de Dieu et refusons son amour. Si nous estimons ne pas avoir besoin de Dieu, qui nous tend la main à travers le Christ, car nous pensons nous suffire à nous-mêmes, nous nous engageons sur la voie de l’échec. Seul Dieu nous sauve et nous libère vraiment. L’Évangile est l’antidote véritable contre la misère spirituelle : le chrétien est appelé à porter en tout lieu cette annonce libératrice selon laquelle le pardon pour le mal commis existe, selon laquelle Dieu est plus grand que notre péché et qu’il nous aime gratuitement, toujours, et selon laquelle nous sommes faits pour la communion et pour la vie éternelle. Le Seigneur nous invite à être des hérauts joyeux de ce message de miséricorde et d’espérance ! Il est beau d’expérimenter la joie de répandre cette bonne nouvelle, de partager ce trésor qui nous a été confié pour consoler les cœurs brisés et donner l’espérance à tant de frères et de sœurs qui sont entourés de ténèbres. Il s’agit de suivre et d’imiter Jésus qui est allé vers les pauvres et les pécheurs comme le berger est allé à la recherche de la brebis perdue, et il y est allé avec tout son amour. Unis à Lui, nous pouvons ouvrir courageusement de nouveaux chemins d’évangélisation et de promotion humaine. Chers frères et sœurs, que ce temps de Carême trouve toute l’Église disposée et prête à témoigner du message évangélique à tous ceux qui sont dans la misère matérielle, morale et spirituelle ; message qui se résume dans l’annonce de l’amour du Père miséricordieux, prêt à embrasser toute personne, dans le Christ. Nous ne pourrons le faire que dans la mesure où nous serons conformés au Christ, Lui qui s’est fait pauvre et qui nous a enrichis par sa pauvreté. Le Carême est un temps propice pour se dépouiller ; et il serait bon de nous demander de quoi nous pouvons nous priver, afin d’aider et d’enrichir les autres avec notre pauvreté. N’oublions pas que la vraie pauvreté fait mal : un dépouillement sans cette dimension pénitentielle ne vaudrait pas grand chose. Je me méfie de l’aumône qui ne coûte rien et qui ne fait pas mal. Que l’Esprit Saint, grâce auquel nous [sommes] pauvres, et nous faisons tant de riches ; démunis de tout, et nous possédons tout (2 Co 6,10), nous soutienne dans nos bonnes intentions et renforce en nous l’attention et la responsabilité vis-à-vis de la misère humaine, pour que nous devenions miséricordieux et artisans de miséricorde. Avec ce souhait, je vous assure de ma prière, afin que tout croyant et toute communauté ecclésiale puissent parcourir avec profit ce chemin de Carême. Je vous demande également de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde. Du Vatican, le 26 décembre 2013 Fête de saint Étienne, diacre et protomartyr n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 5

Page 6

Dimanche 23 février 2014 L a P arole D ominicale 7 ème dimanche du temps ordinaireAnnée A L e commandement de l’amour du prochain est le nœud de ces lectures (Lévitique 19,18 = Matthieu 5,43). Dans l’évangile, il est dit sans restriction aucune : Aimez vos ennemis. L’évangile de ce dimanche est la suite de celui de dimanche dernier que nous pouvons résumer en disant : la loi que donne Jésus est basée sur l’amour. Dieu est amour et demande aux humains d’être à leur tour amour. Revenons au texte du jour. Soyez saints car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint (Lévitique 19,2). Dans la première lecture, c’est la solidarité qui lie entre eux les membres du peuple qui est décrite : ton frère, ton compagnon, les fils de ton peuple désignent les Israélites. Pourtant, le fondement de cette solidarité n’est plus le sang ou la race, mais l’Alliance de Dieu. Parce qu’il a fait de ce peuple son peuple, Dieu lui demande d’être saint. Mais avons-nous assez de courage et d’amour pour aller à contre- courant de notre milieu, s’il faut dénoncer son péché, voire même réprimander notre meilleur compagnon ? C’est encore le même message que nous livre l’apôtre Paul dans la deuxième lecture : Frères, n’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vou s (1 Corinthiens 3,16-23). C’est la logique même. Puisque la personne baptisée, par son baptême, est habitée par Dieu, elle est ‘temple’ de Dieu et il y a une union profonde entre elle et Dieu. Or, Dieu n’est qu’Amour. De même, cette personne baptisée est tenue de voir dans l’autre personne un ‘temple’ de Dieu, tout comme elle. Chaque baptisé ne peut pas se comporter n’importe comment : il est demeure de Dieu. Il doit se respecter et respecter aussi toute personne ‘temple de Dieu’, même les enfants ; les autres de toutes les races, de toutes les langues, de toutes les religions. En avez-vous bien conscience ? Aimez vos ennemis. C’est en mettant en pratique la Parole du Seigneur que l’on se fait son disciple. Le Seigneur nous a appris l’amour des ennemis. Privés de la grâce, nous ne pouvons pas aimer les ennemis, mais l’Esprit apprend à aimer et alors on a de la compassion, même pour les plus mauvais d’entre nous. Mais qui peut pardonner ? N’est-ce pas Dieu seul ? (cf. Marc 8,7). Justement ! Et pour être fils de notre Père céleste, nous devons l’imiter : Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Et c’est quoi, pardonner ? Ce n’est pas effacer le mal, ni oublier la faute ; c’est même le contraire de l’oubli. Ce n’est pas seulement accueillir et faire de nouveau confiance. Ce n’est pas seulement se réconcilier. Le pardon, c’est abolir quelque chose qui s’est pourtant produit, non par l’oubli, mais par un acte d’amour gratuit qui rétablit et renouvelle la relation. Avec autorité, Jésus affirme « ses nouvelles directives ». C’est la ligne de conduite qu’il nous donne comme conclusion de son sermon sur la montagne. C’est d’ailleurs d’après notre comportement à vivre selon cette ligne de conduite que nous serons jugés lors du jugement. La route que Jésus nous propose de suivre est difficile, et nous- mêmes sommes fragiles et peureux. Nous nous fatiguons rapidement et nous voudrions faire de « petites pauses » de temps en temps. Mieux que nous, le Seigneur connaît nos faiblesses. Il sait ce dont nous sommes capables. Ce qu’il nous demande, c’est de persévérer dans l’effort. Savoir nous relever après chaque chute et repartir du bon pied. Quant à lui, il est à nos côtés : Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps (Matthieu 28,20). P. Georges Paruta Curé du Gros-Morne n Lévitique 19,1-2.11-18  Psaume 102  1 Corinthiens 3,16-23  M\ atthieu 5,38-48 ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 6

Page 7

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 7 La liturgie des heures, la prière de l’Eglise (1) C e que lui-même faisait, Jésus nous a ordonné de le faire à notre tour. Priez, a-t-il souvent dit, demandez, implorez (Mt 5,44 ; 7,7 ; Lc 13,33... ), en mon nom (Jn 14,13ss ; 15,16 ; 16,23.26). Il a même donné un modèle de prière dans le 'Notre Père' et il nous a avertis que la prière était nécessaire (Lc 18,1), une prière humble (Lc 18,9-14), vigilante (Lc 21,36 ; Mc 13,33), persévérante, confiante dans la bonté du Père (Lc 11,5-13 ; 18,1-8 ; Jn 14,13 ; 16,23), faite avec une intention pure et accordée à la nature de Dieu (Mt 6,5-8 ; 23,14 ; Lc 20,47 ; Jn 4,23). Quant aux Apôtres, qui maintes fois dans leurs Épîtres nous transmettent des prières, surtout de louange et d'action de grâce, ils nous exhortent à l'insistance et à l'assiduité (Rm 8,15.26 ; 1 Co 12,3), dans la prière offerte à Dieu (2 Co 1,20), par le Christ (He 13,15), dans l'Esprit Saint (Rm 12,12 ; 1 Co 7,5). Ils sou- lignent l'efficacité de la prière pour la sanctification (1 Tm 4,5 ; Jc 5,15ss ; 1 Jn 3,22 ; 5,15ss). Ils nous exhortent à la prière de louange (Ep 5,19ss ; He 13,15 ; Ap 19,5), d'action de grâce (Col 3,17 ; Ph 4,6 ; 1 Th 5,17 ; 1 Tm 2,1), de demande (Rm 8,26 ; Ph 4, 6) et d'intercession pour tous (Rm 15,30 ; 1 Tm 2,1ss ; Ep 6,18 ; 1 Th 5,25 ; Jc 5,14.16). En s’adjoignant la communauté des hommes, le Christ continue à exercer sa fonction sacerdotale par son Eglise elle-même. Cela se vit non seulement dans la célébration de l'Eucharistie, mais aussi par d'autres moyens et surtout par l'accomplissement de l'office divin. L’Eglise loue sans cesse le Seigneur et intercède pour le salut du monde entier. L'office divin, d'après l'antique tradition chrétienne, est constitué de telle façon que tout le déroulement du jour et de la nuit soit consacré par la louange de Dieu. Lorsque cet admirable cantique de louange est accompli selon la règle par les prêtres ou par d'autres, députés à cela par institution de l'Eglise, ou par les fidèles priant avec le prêtre selon la forme approuvée, alors c'est vraiment la voix de l'Epouse elle- même qui s'adresse à son Epoux ; mieux encore, c'est la prière du Christ que celui-ci, avec son Corps, présente au Père. Par conséquent, tous ceux qui assurent cette charge accomplissent l'office de l'Eglise et, en même temps, participent de l'honneur suprême de l'Epouse du Christ, parce qu'en acquittant les louanges divines, ils se tiennent devant le trône de Dieu au nom de la Mère Eglise (2). Dans sa prière, l'Église continue celle du Christ. Priant avec le Christ, elle prie aussi par lui et elle le prie lui-même. Comme l'a dit saint Augustin, le Christ prie pour nous comme notre prêtre, il prie en nous comme notre chef, il est prié par nous comme notre Dieu. On trouve là le fondement de la prière chrétienne des psaumes. Ainsi, prière dans le Christ, la prière de l'Église est aussi prière dans l'Esprit. C'est lui qui dit en nous 'Père'. Elle est enfin une prière communautaire, puisqu'elle est prière d'un peuple, prière des membres diversifiés d'un corps. P. Jean-Max Renard Vice-Official n Droit canonique La liturgie des heures (3) (1) Extraits de la Présentation Générale de la Liturgie des Heures (PGLH), Paul VI, n os 5 à 7, 1 er novembre 1970. (2) Concile Vatican II, constitution sur la sainte liturgie, Sacrosanctum Concilium n os 83 et 84, 1963. Le Christ prie pour nous comme notre prêtre, il prie en nous comme notre chef, il est prié par nous comme notre Dieu. Comme chaque année, l’association du pèlerinage du Rosaire entame sa campagne d’inscriptions pour la prochaine édition du pèlerinage qui se déroulera à Lourdes du 4 au 12 octobre 2014. Les inscriptions sont reçues au presbytère de la cathédrale depuis le vendredi 7 février de 8h à 12h. Nous vous attendons nombreux. Communiqué PÈLERINAGE DU ROSAIRE 2014

Page 8

Vie du diocèse Le 24 janvier, l’Eglise fait mémoire de saint François de Sales. Mais pour la paroisse de Tartane, ce jour est une solennité. En effet, depuis le 24 janvier 1957, à l’occasion de la pose de la première pierre de l’actuelle église, Mgr Henri François de Sales Varin de la Brunelière, alors évêque de la Martinique, a dédié la paroisse de Tartane à son propre saint Patron, François de Sales. La paroisse de Tartane fête saint François de Sales C e 24 janvier 2014, à 18h, une messe solennelle, présidée par le prêtre de la paroisse, père Pierre-Alex Zonzon, a rassemblé dans la foi et la joie les paroissiens qui, depuis le 16 janvier, avaient préparé l’événement par une neuvaine. Pendant l’homélie de ce jour, chacun a été amené à méditer sur une pensée de saint François de Sales rédigée sur un feuillet remis à l’accueil. Nous avons confié tout particulièrement au Seigneur le père Aurèle Michaud, fondateur de la paroisse, tous les prêtres qui l’ont desservie depuis sa création, tous ceux et celles qui y ont été des pierres vivantes ou qui, d’une façon ou d’une autre, ont contribué à l’amélioration du bâtiment. Le dimanche 26 janvier, c’est la foule des grands jours qui est venue célébrer son Seigneur et rendre grâce pour celui qui s’est fait en tout le serviteur de tous : saint François de Sales. Son image, reconstituée par les différents groupes de la communauté à partir de plusieurs pièces d’un puzzle, a pris place devant l’autel en début de célébration. Les pères Jan Mielewski, Marc Lafleur et Pierre-Alex Zonzon ont concélébré la messe en présence de nombreux invités parmi lesquels des représentants des autorités civiles et de plusieurs associations. La grande nouveauté cette année a été la présence de la presse. Rappelons que François de Sales est aussi le saint Patron des journalistes. Un des temps forts de la célébration a été la procession des offrandes à laquelle ont pris part journalistes, marins pêcheurs, touristes, hôteliers et restaurateurs, ainsi que les associations sportives. À l’issue de la messe, une salle paroissiale a été inaugurée. Alliant le parfum de LA FLEUR au MIEL EXQUIS, elle porte le nom de ‘Salle Marc & Yan’ pour dire notre reconnaissance aux pères Marc Lafleur et Jan Mielewski qui ont soutenu et accompagné le projet ainsi que sa réalisation. La journée s’est clôturée en beauté avec un temps d’évangélisation animé de chants et de prière par le groupe Evangelizo pacem accompagné des pères Henderson et Monconthour. La cellule communication n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 8 Les PP. Zonzon, Mielewski et Lafleur Procession des marins pêcheurs Pose de la première pierre

Page 9

P our une messe prévue à 9h, c’est dès avant 8h que les fidèles ont commencé à arriver à l’église en un flot régulier qui a permis que l’accueil se déroule dans de bonnes conditions. Quelques membres de l’Association du Pèlerinage du Rosaire étaient venus prêter main forte à l’équipe diocésaine de la pastorale de la santé, tandis que la chorale de la pastorale de la santé assurait l’animation du chant. Plus de trois cents personnes s’étaient préalablement inscrites dans leurs paroisses pour recevoir le sacrement des malades au cours de l’eucharistie. C’est l’occasion de féliciter les paroisses – prêtres et secrétaires – qui ont eu à cœur de collaborer avec nous pour nous faire parvenir leurs listes dans les temps. Un coup de chapeau tout particulier aux référents qui, dans plusieurs paroisses, ont pris leur rôle au sérieux en assistant les prêtres et, là où c’était possible, en accompagnant personnellement les malades. L’équipe diocésaine a ainsi pu mettre à jour ses listes de référents et découvrir des référents de paroisses dynamiques et missionnaires dans l’âme, en dépit parfois de l’âge ou de la maladie. Notre objectif, avec l’aide des modérateurs, est de réunir prochainement les référents de districts nouvellement désignés, en vue de renforcer toujours plus le lien entre l’équipe diocésaine et les paroisses. Saluons la présence, en ce samedi matin, autour de notre archevêque, des prêtres en lien avec la pastorale de la santé : les pères Gilles Bolle, modérateur ; Jean-Moïse Exantus, aumônier de l’hôpital Pierre-Zobda- Quitman ; Pierre Zécler, aumônier de l’hôpital de Mangot-Vulcin ; Walter Covens, aumônier des cliniques Saint- Paul et Sainte-Marie. Etaient également présents les pères Joseph Wolf, Claude Anglio, Christian Catayée, Jean-Michel Monconthour, sans oublier bien sûr le père Luc Philippon, curé de la paroisse qui nous accueillait. Ce dernier, avant la messe, s’est tenu à la disposition des personnes désirant recevoir le sacrement de réconciliation. Enfin, nous ne pouvons passer sous silence la présence des membres de la Protection civile. Grâce à Dieu, ils n’ont pas eu à intervenir pour des motifs graves, mais se sont montrés efficaces et pleins de douceur à l’égard de nos frères et sœurs malades et handicapés dans leurs divers déplacements. Un immense merci à tous ! Viviane Pierre-François Responsable diocésaine de la Pastorale de la santé n Messe diocésaine des malades ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 9 Le samedi 8 février 2014, dans une église Sainte-Face de De Briant particulièrement bien décorée pour la circonstance, Mgr Michel Méranville a présidé la messe diocésaine des malades, entouré de quelques\ prêtres et du diacre Pierre Valey.

Page 10

Vie du diocèse Le 22 février de chaque année, Journée Mondiale de la Pensée ou ‘Thinking Day’, les scouts et les guides du monde entier se souviennent et rendent hommage aux fondateurs du mouvement, Olave et Robert Stephenson Baden-Powell. Fête de Baden-Powell E n 1907, en effet, Robert Baden-Powell (1857-1941) organise le premier camp scout sur l’île de Brownsea (Grande-Bretagne) qui accueille vingt jeunes de tous les milieux. Baden-Powell sera proclamé dès 1920 chef scout du monde. Sa femme, Olave (1889-1977) jouera le même rôle chez les guides. Personnages d’exception que le destin a très tôt réunis puisque tous deux nés un 22 février, ils sont à l’origine d’un mouvement qui affiche son universalité : il est pratiqué par plus de vingt-huit millions de personnes réparties dans deux cent seize pays. Mais, au-delà de la commémoration, le ‘Thinking Day’ constitue chaque année un temps fort de la vie de notre mouvement. Temps de communion avec tous les autres scouts et guides du monde puisque, grâce aux moyens modernes de communication, nous pouvons découvrir d’autres cultures, d’autres modes de vie, mais également nous associer à des projets. Temps également de réflexion sur le sens de notre engagement scout et guide dans nos réalités d’aujourd’hui, et donc sur l’actualité de la pensée de Olave et Robert Stephenson Baden- Powell et sur un véritable choix de société où des citoyens – actifs, utiles et heureux – contribueront à rendre notre monde un peu meilleur que nous ne l’avons trouvé. C’est l’occasion pour nous d’affirmer notre identité de mouvement de scoutisme, acteur d’une Eglise ouverte à tous, et chargés de former des citoyens en donnant la possibilité à celui qui le souhaite, dans le cadre du projet éducatif du mouvement Scouts et Guides de France et grâce à la pratique du scoutisme de Baden Powell : 1. de construire sa personnalité. 2. de développer ses potentialités de fille et de garçon et d’accéder, en fonction de son âge, à toutes les responsabilités, en dehors des stéréotypes posés souvent par notre société. 3. d’apprendre à vivre ensemble, sans élitisme, sans distinction de culture, de croyance ou d’origines sociales. 4. d’habiter autrement la planète, grâce à un mode de vie plus responsable et plus respectueux des lois de la Nature. L’Association Scouts et Guides de Martinique contribue, par le dynamisme de ses 700 jeunes et de ses 150 cadres répartis au sein de 18 groupes locaux, à porter haut la flamme d’Olave et de Robert Stephenson Baden-Powell. Aussi, le ‘Thinking Day’ constitue pour nous l’occasion d’affirmer notre identité, nos valeurs et de faire la promotion du scoutisme vécu au quotidien par des jeunes, grâce à tous ses cadres bénévoles et aux parents qui nous font confiance et s’engagent à nos côtés, au service de l’éducation de leurs enfants. Du 16 au 23 février 2014, nous participerons donc activement à la semaine de promotion des valeurs du scoutisme, destinée à valoriser l’action visible des groupes dans les communes ou les paroisses d’implantation, et à mieux nous faire connaître du grand public grâce à une campagne de communication. Cette semaine sera clôturée par un grand rassemblement, le dimanche 23 février 2014, au stade Yves Adèle du Lamentin : la « fête de Baden-Powell », moment privilégié de rencontre, de partage et d’ouverture aux autres. Qu’à travers nous, vivent les valeurs du scoutisme et la pensée d’Olave et de Robert Stephenson Baden- Powell ! Maurice Ferné Délégué territorial de Martinique n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 10

Page 11

Questionnaire de Carême 2014

Page 12

Questionnaire de carême ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 12 L e questionnaire vise à nous faire réfléchir sur ces deux thèmes qui se confronteront aux différentes réalités. Toutefois, vivre un carême n’est pas uniquement basé sur la réflexion. Le carême est aussi le temps de l’action et l'occasion de faire examen de conscience. Ce questionnaire peut [doit] nous aider à préparer le temps du sacrement de réconciliation, profitons-en ! A chaque semaine de carême sont proposés un thème global et un effort. Bon carême et bonne montée vers Pâques ! Message = message du pape François pour la Journée mondiale de la paix 2014. Message : n° 1 §1 et 2 Bible : Ephésiens 4,1-6 1. §1 Dans mon premier message pour la Journée mondiale de la Paix, je désire adresser à tous, personnes et peuples, le vœu d’une existence pleine de joie et d’espérance. Dans le cœur de chaque homme et de chaque femme habite en effet le désir d’une vie pleine, à laquelle appartient une soif irrépressible de fraternité, qui pousse vers la communion avec les autres, en qui nous ne trouvons pas des ennemis ou des concurrents, mais des frères à accueillir et à embrasser. §2 En effet, la fraternité est une dimension essentielle de l’homme, qui est un être relationnel. La vive conscience d’être en relation nous amène à voir et à traiter chaque personne comme une vraie sœur et un vrai frère ; sans cela, la construction d’une société juste, d’une paix solide et durable devient impossible. Et il faut immédiatement rappeler que la fraternité commence habituellement à s’apprendre au sein de la famille, surtout grâce aux rôles responsables et complémentaires de tous ses membres, en particulier du père et de la mère. La famille est la source de toute fraternité et, par conséquent, elle est aussi le fondement et la première route de la paix puisque, par vocation, elle devrait gagner le monde par son amour. Le thème du questionnaire de carême 2014 est inspiré du Message du pape pour la Journée mondiale de la paix 2014 soulignant l’importance de la fraternité. Ce thème de la fraternité, nous avons voulu qu’il soit conjugué avec celui de la famille, puisque l’Eglise est dans la phase préparatoire du Synode sur la famille qui se déroulera en octobre 2014. S emaine 1 : Semaine de la famille 01 Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : 02 ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; 03 ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. 04 Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. 05 Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, 06 un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous (Ep 4,1-6).

Page 13

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 13 Questionnaire : 1. Dans le cœur de chaque homme et de chaque femme habite le désir d\ 'une vie pleine. Qu’est-ce qu'une vie pleine ? Avez-vous un but dans la vie ? Vivons-nous au petit bonheur la chance ? Avez-vous le sentiment que l'instantané prime sur le projet ? Pour un baptisé : qu’est-ce qu’une vie pleine ? Qu’est-ce qui nous manque pour nous aider à remplir notre vie selon le projet de Dieu ? 2. La fraternité commence habituellement à s'apprendre en famille. Pour vous, qu'est-ce qu'une famille ? Quels sont concrètement les moments où la famille est réunie ? Le pape François rappelle que la fraternité s’apprend en famille : Nos familles sont-elles vraiment le lieu d’apprentissage de la fraternité ? Qu’est-ce qui fait obstacle à cette fraternité ? En famille : Faites le point sur comment vous vivez le partage. Effort de la semaine : Tout au long de la semaine, s’efforcer, dans la mesure du possible, de prendre les repas en famille, précédés d’un bénédicité. Message : n° 2 sauf §1 Bible : Jacques 4,1-12 2. §2 Selon le récit des origines, tous les hommes proviennent de parents communs, d’Adam et Ève, couple créé par Dieu à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1,26), de qui naissent Caïn et Abel. Dans l’événement de la famille primitive, nous lisons la genèse de la société, l’évolution des relations entre les personnes et les peuples. §3 Abel est berger, Caïn est paysan. Leur identité profonde et à la fois leur vocation, est celle d’ être frères , aussi dans la diversité de leur activité et de leur culture, de leur manière de se rapporter à Dieu et au créé. Mais le meurtre d'Abel par Caïn atteste tragiquement le rejet radical de la vocation à être frères. Leur histoire (cf. Gn 4,1-16) met en évidence la tâche difficile à laquelle tous les hommes sont appelés, de vivre unis, en prenant soin l’un de l’autre. Caïn, n’acceptant pas la prédilection de Dieu pour Abel qui lui offrait le meilleur de son troupeau – « le Seigneur agréa Abel et son offrande, mais il n’agréa pas Caïn et son offrande » (Gn 4,4-5) – tue Abel par jalousie. De cette façon, il refuse de se reconnaître frère, d’avoir une relation positive avec lui, de vivre devant Dieu, en assumant ses responsabilités de soin et de protection de l’autre. À la question : « Où est ton frère ? », avec laquelle Dieu interpelle Caïn, lui demandant compte de son œuvre, il répond : « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? » (Gn 4, 9). Puis, nous dit la Genèse, « Caïn se retira de la présence du Seigneur » (4,16). §4 Il faut s’interroger sur les motifs profonds qui ont entraîné Caïn à méconnaître le lien de fraternité et aussi le lien de réciprocité et de communion qui le liait à son frère Abel. Dieu lui-même dénonce et reproche à Caïn une proximité avec le mal : « le péché n’est-il pas à ta porte ? » (Gn 4,7). Caïn, toutefois, refuse de s’opposer au mal et décide de « se jeter sur son frère Abel » (Gn 4,8), méprisant le projet de Dieu. Il lèse ainsi sa vocation originaire à être fils de Dieu et à vivre la fraternité. §5 Le récit de Caïn et d’Abel enseigne que l’humanité porte inscrite en elle une vocation à la fraternité, mais aussi la possibilité dramatique de sa trahison. En témoigne l’égoïsme quotidien qui est à la base de nombreuses guerres et de nombreuses injustices : beaucoup d’hommes et de femmes meurent en effet par la main de frères et de sœurs qui ne savent pas se reconnaître tels, c’est-à-dire comme des êtres faits pour la réciprocité, pour la communion et pour le don. S emaine 2 : Semaine de l’accueil

Page 14

Questionnaire de carême ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 14 Questionnaire : 1. Abel est berger, Caïn est paysan. Leur identité profonde et à la fois leur vocation, est celle d’ être frères , aussi dans la diversité de leur activité et de leur culture, de leur manière de se rapporter à Dieu\ et au créé. Dans les premiers chapitres du livre de la Genèse, il nous est rapporté les trois péchés des origines : la chute de nos premiers parents affectant la relation Homme-Dieu et la relation homme-femme, l’histoire du premier meurtre expliquant l’irruption incontrôlable de la violence chez les hommes (Caïn et Abel) et le récit de Babel disant comment l’orgueil humain a abouti à l’incompréhension entre peuples. Le récit de Caïn et Abel n’est donc pas une simple anecdote du passé lointain, mais un récit actuel qui raconte aussi la violence d’aujourd’hui. Ce n’est pas seulement Caïn qui dit : « Suis-je le gardien de mon frère ? » mais tout homme. Dans notre département/diocèse sont souvent soulignées les appartenances à telle ou telle communauté (antillais noirs ou 'békés', chinois, etc.)… Cette diversité me dérange-t-elle ? Pourquoi ? Suis-je enfermé dans ma communauté ou est-ce que j’essaie de découvrir l’autre ? L’église doit être un lieu de vraie fraternité… Concrètement, nos communautés ‘appartiennent-elles à tel groupe ou à tous ? Quel signe prophétique doit-on poser pour montrer que la fraternité n’est pas un slogan mais une réalité (Voyez comme ils s’aiment !!!) ? Comment voyez-vous la fraternité dans cette diversité ? Notre Eglise doit-elle gommer les différences ou composer avec ? L'accueil en famille 2. Ma famille est-elle ouverte aux autres ? Ma famille est-elle refuge (?) face au monde extérieur ? Papa, maman, suis-je capable d'accueillir les amis de mes enfants, voire une belle-fille ou un beau-fils ayant une autre éducation ou d’un autre milieu… ? Nous arrive-t-il d’inviter à manger en dehors du cercle familial ou amical ? Quand j'invite quelqu'un, est-ce que j'invite aussi sa famille ? Effort de la semaine : M'efforcer de sourire et être accueillant envers des étrangers. 01 D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ? 02 Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre. Vous n’obtenez rien parce que vous ne demandez pas ; 03 vous demandez, mais vous ne recevez rien ; en effet, vos demandes sont mauvaises, puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs. 04 Adultères que vous êtes ! Ne savez-vous pas que l’amour pour le monde rend ennemi de Dieu ? Donc celui qui veut être ami du monde se pose en ennemi de Dieu. 05 Ou bien pensez-vous que l’Écriture parle pour rien quand elle dit : ‘Dieu veille jalousement sur l’Esprit qu’il a fait habiter en nous’ ? 06 Dieu ne nous donne-t-il pas une grâce plus grande encore ? C’est ce que dit l’Écriture : ‘Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce’. 07 Soumettez-vous donc à Dieu, et résistez au diable : il s’enfuira loin de vous. 08 Approchez-vous de Dieu, et lui s’approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; esprits doubles, purifiez vos cœurs. 09 Reconnaissez votre misère, prenez le deuil et pleurez ; que votre rire se change en deuil et votre joie en accablement. 10 Abaissez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera. 11 Frères, cessez de dire du mal les uns des autres ; dire du mal de son frère ou juger son frère, c’est dire du mal de la Loi et juger la Loi. Or, si tu juges la Loi, tu ne la pratiques pas, mais tu en es le juge. 12 Un seul est à la fois législateur et juge, celui qui a le pouvoir de sauver et de perdre. Pour qui te prends-tu donc, toi qui juges ton prochain ? (Jc 4,1-12)

Page 15

3. §1 La question surgit spontanément : les hommes et les femmes de ce monde ne pourront-ils jamais correspondre pleinement à la soif de fraternité, inscrite en eux par Dieu Père ? Réussiront-ils avec leurs seules forces à vaincre l’indifférence, l’égoïsme et la haine, à accepter les différences légitimes qui caractérisent les frères et les sœurs ? §2 En paraphrasant ses paroles, nous pourrions synthétiser ainsi la réponse que nous donne le Seigneur Jésus : puisqu’il y a un seul Père qui est Dieu, vous êtes tous des frères (cf. Mt 23,8-9). La racine de la fraternité est contenue dans la paternité de Dieu. Il ne s’agit pas d’une paternité générique, indistincte et inefficace historiquement, mais bien de l’amour personnel, précis et extraordinairement concret de Dieu pour chaque homme (cf. Mt 6,25-30). Il s’agit donc d’une paternité efficacement génératrice de fraternité, parce que l’amour de Dieu, quand il est accueilli, devient le plus formidable agent de transformation de l’existence et des relations avec l’autre, ouvrant les hommes à la solidarité et au partage agissant. 27 Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. 28 Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. 29 À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique. 30 Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas. 31 Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. 32 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. 33 Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant. 34 Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. 35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. Questionnaire : 1. La racine de la fraternité est contenue dans la paternité de Dieu\ . Est-ce que j’arrive à concevoir que Dieu est Père ? Nous affirmons que Dieu est Père… Quel Père et donc quelle image de Dieu ? Quelles doivent être les caractéristiques d’un père ? Quelle image avons-nous du père dans notre société ? Comment s’exerce ma paternité (maternité) ? Quelle(s) difficulté(s) pour parler ou présenter Dieu comme Père à des enfants qui n’ont pas une image ‘positive’ du père ? (père souvent absent...) Quelle pourrait être notre responsabilité dans la vision qu’ont nos enfants sur Dieu ? Comment faire le passage de « mon Dieu » à « Notre Père » ? 2. L’amour de Dieu, quand il est accueilli, devient le plus formidable agent de transformation de l’existence et des relations avec l’autre, ouvrant les hommes à la solidarité et au partage ag\ issant. L’amour de Dieu vous pousse-t-il vers les autres ? Comment ? Donnez des exemples ; faites mémoire d’un acte gratuit posé par amour de Dieu ? En famille : Le partage est-il naturel dans ma famille ? Suis-je jaloux(se) de ce que mes frères ou sœurs ont reçu ? Suis-je capable de prêter sans dire, par exemple : « ça s’appelle reviens » ? Qu’est-ce que je ne partagerais jamais ? Qu’est-ce qui est plus facile : le partage ou l’aumône ? Effort de la semaine : Inviter quelqu’un à partager un repas, une sortie, une activité… Message : n° 3 §1 et 2 Bible : Luc 6,27-35 S emaine 3 : Semaine du partage ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 15

Page 16

Questionnaire de carême ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 16 4. §2 Paul VI affirmait que non seulement les personnes mais aussi les nations doivent se rencontrer dans un esprit de fraternité. Et il explique : « Dans cette compréhension et cette amitié mutuelles, dans cette communion sacrée, nous devons […] œuvrer ensemble pour édifier l’avenir commun de l’humanité ». Ce devoir concerne en premier lieu les plus favorisés. Leurs obligations sont enracinées dans la fraternité humaine et surnaturelle et se présentent sous un triple aspect : le devoir de solidarité , qui exige que les nations riches aident celles qui sont moins avancées ; le devoir de justice sociale, qui demande la recomposition en termes plus corrects des relations défectueuses entre peuples forts et peuples faibles ; le devoir de charité universelle , qui implique la promotion d’un monde plus humain pour tous, un monde dans lequel tous aient quelque chose à donner et à recevoir, sans que le progrès des uns constitue un obstacle au développement des autres. §4 La solidarité chrétienne suppose que le prochain soit aimé non seulement comme « un être humain avec ses droits et son égalité fondamentale à l’égard de tous, mais [comme] l’image vivante de Dieu le Père, rachetée par le sang du Christ et objet de l’action constante de l’Esprit Saint », comme un autre frère. « Alors – rappelle Jean Paul II – la conscience de la paternité commune de Dieu, de la fraternité de tous les hommes dans le Christ, “fils dans le Fils”, de la présence et de l’action vivifiante de l’Esprit Saint, donnera à notre regard sur le monde comme un nouveau critère d’interprétation », pour le transformer. 14 Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? 15 Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; 16 si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? 17 Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte (Jc 2,14-17). 01 Nous les forts, nous devons porter la fragilité des faibles, et non pas faire ce qui nous plaît. 02 Que chacun de nous fasse ce qui plaît à son prochain, en vue du bien, dans un but constructif. 03 Car le Christ n’a pas fait ce qui lui plaisait, mais, de lui, il est écrit : ‘Sur moi sont retombées les insultes de ceux qui t’insultent’. 04 Or, tout ce qui a été écrit à l'avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. 05 Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus (Rm 15,1-5). Questionnaire : 1. Qu’est-ce que la solidarité ? Quelle différence avec la compassion ? Qu’est-ce qui m’encourage à la solidarité ? Quels sont les freins à cette solidarité ? Que dire de la solidarité du Christ envers nous ? Pour vous, en quoi consiste la justice sociale ? Au niveau personnel, que puis-je faire en direction de la justice sociale ? Et au niveau de l’Etat, que serait-il souhaitable ? Que comprendre derrière l’expression « charité universelle » ? Quelle différence je fais entre ‘fraternité’ – ‘solidarité’ – ‘compassion’ ? Dans ma famille, avec mon voisinage, dans mon milieu de travail, dans la communauté chrétienne : la solidarité est-elle vécue et comment ? Qu’est-ce qui nous empêche parfois de vivre la ‘solidarité’ ? 2. M’est-il facile de voir en l’autre l’image de Dieu ? En quoi consiste la dignité humaine ? M’est-il facile d’être un frère (une sœur) pour le prochain ? « Qui est mon prochain ? » Effort de la semaine : Proposer ses services à quelqu’un qui en aurait besoin. Message : n° 4 §2 et 4 Bible : Jacques 2,14-17 et Romains 15,1-5 S emaine 4 : Semaine de la solidarité

Page 17

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 17 8. §3 Un authentique esprit de fraternité est vainqueur de l’égoïsme individuel qui empêche les personnes de vivre entre elles librement et harmonieusement. Cet égoïsme se développe socialement, soit dans les multiples formes de corruption, aujourd’hui partout répandues, soit dans la formation des organisations criminelles – des petits groupes jusqu’aux groupes organisés à l’échelle globale – qui, minant en profondeur la légalité et la justice, frappent au cœur la dignité de la personne. Ces organisations offensent gravement Dieu, nuisent aux frères et lèsent la création, et encore plus lorsqu’elles ont une connotation religieuse. §4 Je pense au drame déchirant de la drogue sur laquelle on s’enrichit dans le mépris des lois morales et civiles, à la dévastation des ressources naturelles et à la pollution en cours, à la tragédie de l’exploitation dans le travail. Je pense aux trafics illicites d’argent comme à la spéculation financière, qui souvent prend un caractère prédateur et nocif pour des systèmes économiques et sociaux entiers, exposant des millions d’hommes et de femmes à la pauvreté. Je pense à la prostitution qui chaque jour fauche des victimes innocentes, surtout parmi les plus jeunes, leur volant leur avenir. Je pense à l’abomination du trafic des êtres humains, aux délits et aux abus contre les mineurs, à l’esclavage qui répand encore son horreur en tant de parties du monde, à la tragédie souvent pas entendue des migrants sur lesquels on spécule indignement dans l’illégalité. Jean XXIII a écrit à ce sujet : « Une société fondée uniquement sur des rapports de force n’aurait rien d’humain : elle comprimerait nécessairement la liberté des hommes, au lieu d’aider et d’encourager celle-ci à se développer et à se perfectionner ». Mais l’homme peut se convertir et il ne faut jamais désespérer de la possibilité de changer de vie. Je voudrais que ce message soit un message de confiance pour tous, aussi pour ceux qui ont commis des crimes atroces, parce que Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive (cf. Ez 18,23). 11 Et maintenant, Seigneur Dieu d’Israël, écoute, toi qui as fait sortir ton peuple du pays d’Égypte, par la force de ta main, avec signes et prodiges, par ta grande puissance et la vigueur de ton bras, toi qui t’es fait un nom, comme on le voit aujourd’hui. 12 Nous avons péché, nous avons été impies, nous avons été injustes, Seigneur notre Dieu. En raison de tous tes jugements, 13 que ta fureur se détourne de nous, car nous ne sommes plus qu’un petit nombre parmi les nations où tu nous as dispersés. 14 Entends, Seigneur, notre prière et notre supplication ; délivre-nous à cause de toi-même ; fais-nous trouver grâce devant ceux qui nous ont déportés, 15 afin que la terre entière sache que tu es le Seigneur notre Dieu, puisque ton nom a été invoqué sur Israël et sa descendance. 16 Regarde, Seigneur, du haut de ta demeure sainte, et pense à nous. Incline ton oreille, Seigneur, écoute. 17 Ouvre les yeux, Seigneur, et vois. Car ce ne sont pas les défunts dans le séjour des morts, eux dont le souffle est enlevé des entrailles, qui rendront gloire et justice au Seigneur, 18 mais l’âme comblée de tristesse, l’homme qui marche courbé et sans force, les yeux défaillants et l’âme affamée, ceux-là te rendront gloire et justice, Seigneur. 19 Non, ce n’est pas à cause des actions justes de nos pères et de nos rois, que nous déposons notre supplique devant ta face, Seigneur notre Dieu. 20 Car tu as déchaîné sur nous ta fureur et ta colère, comme tu l’avais déclaré par tes serviteurs les prophètes, en disant : 21 « Ainsi parle le Seigneur : Courbez les épaules et servez le roi de Babylone. Alors, vous resterez dans le pays que j’ai donné à vos pères. 22 Mais si vous n’écoutez pas l’appel du Seigneur à servir le roi de Babylone, 23 je ferai cesser dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem le chant d’allégresse et le chant de joie, le chant de l’époux et le chant de l’épouse. Tout le pays sera désolé, vidé de ses habitants. » 24 Or, nous n’avons pas écouté ton appel Message : n° 8 §3 et 4 Bible : Baruch 2,11-35 S emaine 5 : Semaine de l’espérance et du pardon

Page 18

Questionnaire de carême ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 18 à servir le roi de Babylone, et tu as accompli les paroles que tu avais prononcées par tes serviteurs les prophètes, à savoir que les ossements de nos rois et de nos pères seraient arrachés à leur tombeau. 25 Et voici qu’ils furent jetés dehors, à la brûlure du jour et au gel de la nuit. Nos rois et nos pères sont morts dans de cruelles souffrances, par la famine, l’épée et l’exil. 26 Tu as établi la maison sur laquelle a été invoqué ton nom, comme elle est en ce jour, à cause de la méchanceté de la maison d’Israël et de la maison de Juda. 27 Tu as agi envers nous selon ton entière bienveillance et ton immense tendresse, Seigneur notre Dieu, 28 comme tu l’avais déclaré par ton serviteur Moïse, le jour où tu lui ordonnas de mettre par écrit ta Loi en présence des fils d’Israël, en disant : 29 « Vraiment, si vous n’écoutez pas ma voix, cette grande, cette immense multitude elle-même sera réduite à un petit nombre parmi les nations où je les disperserai ! 30 Oui, je sais bien qu’ils ne m’écouteront pas, car c’est un peuple à la nuque raide. Mais dans le pays de leur exil, ils rentreront en eux-mêmes, 31 et ils sauront que moi, je suis le Seigneur leur Dieu. Je leur donnerai un cœur et des oreilles qui entendent. 32 Et là, dans le pays de leur exil, ils me loueront, ils se souviendront de mon nom, 33 ils se repentiront de leur obstination et de leurs actions mauvaises, au souvenir du destin de leurs pères, qui avaient péché devant le Seigneur. 34 Alors, je les ferai revenir dans le pays que j’ai promis par serment à leurs pères Abraham, Isaac et Jacob, et ils y seront maîtres. Je les multiplierai, ils ne diminueront plus ! 35 J’établirai pour eux une alliance éternelle : je serai leur Dieu et eux, ils seront mon peuple. Jamais plus, je ne déplacerai mon peuple Israël loin du pays que je leur ai donné » (Ba 2,11-35). Questionnaire : 1. Croyons-nous en la puissance de l’amour ? Face à tant de choses qui oppriment ou assombrissent la vie des hommes, est-ce que nous conservons la foi ? Dieu peut-il triompher de tout ce mal qui nous entoure en passant par nous ? 2. Malgré les divisions, les haines et les violences, le pape rappelle que la fraternité ‘chrétienne’ n’est pas un vain mot ! En regardant notre vie, qu’est-ce qui, en nous, fait obstacle à la fraternité ? Est-ce que nous avons le courage de définir cet obstacle comme un péché ? Sommes-nous prêts à la vraie conversion qui nous permet de regarder l’autre comme un frère à aimer ‘malgré tout’ et non comme un ennemi potentiel, un profiteur… Avant de vouloir la conversion des autres, ne faut-il pas que je me convertisse d’abord ? Avant de souhaiter que le mal disparaisse de la société, que puis-je faire pour qu’il disparaisse de ma famille ? La famille est une microsociété. Les abus dont parle le pape peuvent-ils se retrouver au sein d’une famille ? Comment porter un regard d’espérance sur le pécheur ? Effort de la semaine : Proposer ou accueillir une réconciliation.

Page 19

ÉGLISE EN MARTINIQUE 19 Le 26 janvier 2014 restera à tout jamais une date mémorable pour les Centres de Préparation au Mariage (CPM) de la Martinique. A l’occasion de son assemblée générale annuelle, le mouvement avait prévu de prolonger cette rencontre statutaire par un temps inédit de rassemblement des représentants du mouvement depuis son origine, en présence de l’évêque du \ diocèse, Mgr Michel Méranville. Cette rencontre devait marquer l’ouverture des festivités organisées pour célébrer le cinquantenaire des CPM en Martinique. D ès 11h, les anciens respon- sables diocésains du mou- vement étaient accueillis dans la grande salle de confé- rences du couvent de Cluny. Temps de retrouvailles émouvant entre les anciens et les nouveaux, dans une grande fraternité. Le temps de prendre des nouvelles des uns et des autres, et c’est l’évêque du dio- cèse, Mgr Michel Méranville, qui arrivait, accueilli par le président en exercice et les deux vice-prési- dents. Après une brève intervention au cours de laquelle l’archevêque nous a exprimé sa joie d’être avec nous, nous nous sommes déplacés, en procession, vers la chapelle du couvent où devait se dérouler la célébration eucharistique d’ouverture de cette année de Jubilé. Quelle merveilleuse célébration ! Comment imaginer plus bel espace pour exprimer notre reconnaissance au Seigneur pour tout ce qu’il a fait, à travers le mouvement, durant ces cinquante années, mais aussi manifester cette belle unité du mouvement, autour de l’évêque et à travers les âges, signe de sa présence bienveillante à nos côtés ? Dans son homélie, notre évêque n’a pas manqué de rappeler à quel point la mission des CPM est impor- tante pour aider les couples fiancés à prendre conscience de la nature même du sacrement qu’ils sou- haitent se donner mutuellement. Oui, car le mariage est le seul sacre- ment qui est transmis directement par les bénéficiaires eux-mêmes, le prêtre étant là comme témoin de cette alliance. Le rôle des CPM est de témoigner aux fiancés que le mariage n’est pas simplement une belle cérémonie à l’église, pas seulement une bénédiction d’un projet humain, mais bien le point de départ d’un engagement radical à renoncer à nous-mêmes et mettre nos vies au service de cette famille qui prend naissance. Cet engagement devra s’exprimer chaque jour de notre vie, dans les choix et renoncements que nous aurons à vivre. C'est ainsi que le mariage devient chemin de sanctification pour les époux, et image du don de Jésus Christ pour son Eglise. C’est un chemin qui nécessite une relation personnelle forte avec le Christ, à travers la prière, la lecture quotidienne de sa Parole et la pratique assidue des sacrements. C’est ce message qui, depuis cinquante ans, est relayé sans cesse par les générations d’animateurs qui se sont succédé dans cette mission. D’autres temps forts ont marqué cette célébration : - La bénédiction, par l’évêque, des époux Alain et Line Gaudy, animateurs CPM, qui fêtaient leur 23 ème anniversaire de mariage et qui ont pu, à cette occasion, renouveler leurs vœux d’engagement, soutenus par la communauté CPM. Dossier : Les Centres de Préparation au Mariage Cinquantenaire des CPM Martinique Cérémonie d’ouverture Bénédiction de Alain et Line Gaudy

Page 20

Dossier : Les Centres de Préparation au Mariage - La lecture de la prière de l’unité du mouvement, que nous avons tous récitée en chœur, dans une demande commune, conscients que l’unité est une grâce qui ne peut venir que de Dieu lui-même. - Mais le moment le plus intense a été, sans nul doute, la proclamation du Notre Père. Imaginez cent vingt personnes, le couple fondateur du mouvement CPM à la Martinique, Guy et Marcelle Prudent en tête, les responsables diocésains qui se sont succédé depuis les débuts, les animateurs actuels, les enfants de ces animateurs qui symbolisent les générations futures du mouvement, se tenant tous par la main, autour de l’évêque du diocèse, et récitant la prière reçue de Jésus Christ lui-même : le Notre Père. C’est toute l’histoire passée, présente et future des CPM Martinique, ainsi que leur vocation, qui étaient, dans cet instant, présentées à Jésus Christ, comme une offrande. C’est l’unité diocésaine du mouvement, à travers les âges, qui s’exprimait et recevait la bénédiction suprême. Pendant les deux minutes qu’a duré cette prière, le temps est resté suspendu dans ce cœur à cœur avec Jésus. Après le partage du corps du Christ, nous nous sommes tous retrouvés dans l’espace de restauration du couvent de Cluny pour partager un repas de fête et poursuivre les retrouvailles avec les anciens, non sans avoir préalablement souscrit à la traditionnelle photo de famille qui constituera un souvenir inoubliable pour nous et les générations à venir. Mais la journée n’était pas encore terminée, car nous tenions à manifester notre reconnaissance aux anciens, à l’occasion d’une cérémonie spéciale qui s’est déroulée dans l’après-midi dans la grande salle du couvent. Chaque ancien responsable diocésain a pu, en quelques minutes, témoigner de son vécu à la tête du mouvement et transmettre, dans un geste symbolique, un témoin au responsable suivant. Le témoin était un parchemin contenant des citations incontournables sur la préparation au mariage. Par ces petits témoignages, nous avons pu mesurer comment l’âme et l’esprit CPM se sont transmis de génération en génération, jusqu’à aujourd’hui. Cette cérémonie a été aussi l’occasion de remettre à chaque ancien responsable un trophée, en reconnaissance de l’action qu’il a accomplie durant sa mandature. Ensuite, Gabriel Levif, le responsable diocésain des CPM en exercice, a présenté le programme des festivités de l’année 2014. Le menu est copieux. Signalons la caravane CPM à la rencontre des districts du diocèse, qui, chaque mois, animera la messe dans une paroisse différente et témoignera du mariage catholique ; la rencontre avec les jeunes en cheminement ; le pèlerinage des familles à Lourdes… Le programme complet et détaillé des festivités 2014 (cf. page 21) est aussi disponible sur le site I nternet du diocèse, ainsi que sur la page facebook des CPM Martinique : acpmmartinique Comme l’a indiqué le responsable diocésain, l’année 2014 sera une année d’ouverture du mouvement CPM, où nous irons ‘à la rencontre de ceux qui ont besoin de nous’. Ne serait-ce point là une orientation nouvelle qui marquera l’avenir du mouvement ? Il y a des moments qui font date dans l’histoire d’un mouvement et amènent un nouveau souffle dans son action. La journée du 26 janvier 2014 fait partie de ces moments décisifs. Gabriel Levif - Responsable diocésain des CPM Martinique n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 20 Responsables diocésains des CPM Martinique :  Marcelle et Guy Prudent (1964-1981) et fondateurs du mouvement en 1964  Victor Berthaud Celcal, et Marie-Andrée (1982-1987)  Yves-Marcel Eliette, et Odile (1988-1992)  Victor Paul Pilome, et Catherine (1993-1994)  Omer Dondon, et Laura (1995-1998)  José Paulin, et Monique (1999-2004)  Michel Marty, et Marie-Agnès (2005-2006)  Paul Galva, et Valérie (2007-2012)  Gabriel Levif, et Muriel (depuis 2013) Gabriel et Muriel Levif L'assemblée jubilaire

Page 21

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 21 Programme détaillé de l'année du Jubilé JANVIER Emission sur Radio Saint-Louis (RSL) 10/01/2014 Assemblée générale ACPM 2014 26/01/2014 Lancement de l'année du JUBILE CPM 26/01/2014 Lancement des assises du mouvement 26/01/2014 MARS Emission sur RSL 14/03/2014 Récollection de Carême 23/03/2014 Caravane CPM à la rencontre des districts District du Lamentin MAI Emission sur RSL 09/05/2014 Caravane CPM à la rencontre des districts (Journée du mariage à Sainte-Marie) 29/05/2014 Rencontre des jeunes en cheminement SEPTEMBRE Emission sur RSL 12/09/2014 Caravane CPM à la rencontre des districts District de Redoute Rentrée du mouvement 28/09/2014 JUILLET Journée de l'unité CPM 06/07 /2014 Caravane CPM à la rencontre des districts District du François Pèlerinage CPM à Lourdes NOVEMBRE Emission sur RSL 14/11/2014 Caravane CPM à la rencontre des districts District du Lorrain Temps de formation des animateurs FEVRIER Participation au Salon du mariage 1 er et 2/02/14 Caravane CPM à la rencontre des districts (Journée du mariage à De Briant) 02/02/2014 Fête des fiancés 14/02/2014 Article dans Eglise en Martinique EEM (Programme de l'année CPM) AVRIL Article dans EEM (Récollection) Emission sur RSL 11/04/2014 Sortie du nouveau livret de l'animateur Caravane CPM à la rencontre des districts District de Bellevue JUIN Emission sur RSL 13/06/2014 Retraite de P entecôte 6 au 8/06/14 Caravane CPM à la rencontre des districts District des Trois-Ilets OCTOBRE Emission sur RSL 10/10/2014 Caravane CPM à la rencontre des districts District du Morne-Rouge Retraite de Toussaint 31/10 au 2/11/14 AOUT DECEMBRE Emission sur RSL 12/12/2014 Emission spéciale sur RSL Conclusions des assises du CPM 14/12/2014 Célébration eucharistique de clôture 14/12/2014 Fête de la Sainte famille 29/12/2014 Pèlerinage de Notre-Dame de la Délivrande 30/08/2014

Page 22

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 22 Dossier : Les Centres de Préparation au Mariage Un appel en couple pour le service des frères N ous avons tous les deux accompagné le CPM dès sa naissance et ce, pen- dant plus de trente ans. Que de chemin parcouru depuis 1964 ! Quelle belle histoire sainte ! Que de joies dans tous les souvenirs qui remontent avec force ! En octobre 1957, à Paris, la providence veille. Elle est à la gare Saint-Lazare, à l’arrivée du train paquebot. Marcelle et Guy ont la joie de se retrouver après les lettres, les promesses : lui à Lyon et elle à Paris. Au mois de mars 1958, ils vont trouver le père Raphaël Miron, alors aumônier des étudiants antillo-guyanais à Paris, parce qu’ils envisagent de se marier. Le CPM n’existant pas, c’est le père Miron qui les prépare à leur union et préside la célébration, le 12 juillet 1958. Nous nous sommes donné ce jour-là le sacrement de mariage, le seul sacrement que se donnent les époux. Le père Miron nous invitait alors à être signe de l’amour de Jésus Christ pour tous nos frères. Quel envoi ! Nous n’avions pas tout compris sur le moment de ce que signifiaient ces mots. En 1962, nous sommes rentrés à la Martinique. Le père Miron, revenu au pays lui aussi, est directeur des œuvres. En juillet 1963, il nous suggère de vivre une retraite de vocation conjugale. C’est ainsi qu’au mois d’août 1964, nous participons à cette retraite, animée par un père jésuite, Alphonse d’Heilly, aumônier national des CPM. Pendant dix jours, elle réunit dix-neuf couples martiniquais au couvent Saint-Joseph de Cluny à Fort-de-France. Nous sommes amenés à vivre un temps privilégié, à faire une remise en cause de notre vie de chrétiens mariés et surtout à faire la découverte extraordinaire de notre nouvelle vocation : vivre l’Amour du Seigneur en couple et être signe de cet Amour auprès des autres. Dix parmi ces couples prennent la décision de ne pas garder pour eux ce qu’ils ont reçu et d’accueillir cette vocation d’être au service des fiancés. Ainsi est née, en septembre 1964, sur la paroisse de la Cathédrale Saint-Louis, la première équipe CPM. Le père Werner Meier, en sa qualité de curé, en devient tout naturellement l’aumônier. Pendant huit mois, cette équipe fait révision de vie et se prépare à accueillir les quinze premiers couples de fiancés en mai 1965, pendant six semaines, au rythme d’une réunion par semaine. Très vite, dans l’année 1965, une autre équipe CPM voit le jour en milieu rural, au Lorrain, avec la présente forte de Justin et Janine Etifier, tous deux médecins. De 1965 à 1974, les sessions de fiancés sont organisées régulièrement à Fort-de-France et au Lorrain, au nombre de deux par an en chacun de ces lieux, en avril-mai et octobre-novembre, pour répondre aux nombreuses demandes des fiancés dont les mariages, comme chacun sait, ont traditionnellement lieu chez nous en juillet-août et décembre. Une vingtaine de couples de fiancés se pressent aux sessions dans les débuts, mais bien vite ce nombre s’accroît et les salles deviennent trop petites. Les foyers-animateurs ont fort à faire, puisqu’ils sont cinq à six couples par session à recevoir une centaine de fiancés, tout particulièrement sur Fort-de-France. Dans le même temps, la vie du CPM est appelée à se structurer, à prendre une nouvelle dimension. En 1972 et 1974, le retour du père d’Heilly à la Martinique permet d’organiser deux nouvelles retraites de vocation conjugale, en présence de notre aumônier, le père Gabriel Valard, désigné dès 1972 par l’évêque d’alors, Mgr Maurice Marie-Sainte. C’en est fini de la phase prophétique du CPM avec un seul couple responsable. Une équipe diocésaine, composée de quatre à cinq couples et de l’aumônier, est mise en place : elle peut mieux assurer les responsabilités de la préparation au mariage et prendre en charge les nouvelles demandes de sessions sur l’île. C’en est fini également de la période pendant laquelle le CPM fonctionnait en assemblée ordinaire libre. Une assemblée A l’occasion du jubilé des CPM, Eglise en Martinique donne la parole à Marcelle et Guy Prudent, fondateurs du mouvement à la Martinique.

Page 23

constitutive se tient en mars et mai 1974 : elle donne lieu à la naissance de l’Association des Centres de Préparation au Mariage de la Martinique (ACPM) qui fait l’objet d’une déclaration officielle en préfecture. Toutes ces années passées au CPM nous ont ouverts, en notre qualité de membres fondateurs, à de nombreuses rencontres qui devaient fortifier la formation des couples. Tous les deux ans, nous partions en métropole pendant les mois de juillet-août et en profitions pour faire des retraites d’une semaine avec le père d’Heilly, au monastère de Saint-Hugues-de- Biviers. Le père d’Heilly nous a aidés à rencontrer différents responsables, notamment du Centre de Liaison des Equipes de Recherche (le CLER), qui ont participé à notre formation, tant en Martinique qu’en métropole. Nous avons pu ainsi participer à des sessions organisées à Poissy sur l’écoute des jeunes (un stage et un diplôme), ainsi qu’à la formation de conseillers conjugaux et familiaux. Dans le même temps, le CLER s’implantait à la Martinique avec l’aide d’une association nouvelle présidée par une religieuse de la Congrégation des Sœurs du Saint- Esprit, Sr Jeanne Vilmin. Il convient de souligner l’aide précieuse que nous a apportée, en différentes circonstances, une autre religieuse, Sr Annick Uzel, alors responsable des Sœurs du Saint-Esprit à la Martinique. De même, nous ne voulons pas oublier tout ce que nous avons reçu de l’Abbé Denis Sonnet lors de ses passages à la Martinique. Citons également l’apport précieux de la philosophe Aline Lizotte, à l’occasion de ses séjours pour des conférences chez les Bénédictins (moines et moniales) de Martinique. Plusieurs couples ont bénéficié desdites conférences et, pour certains d’entre eux, de la formation pour les couples, dispensée à la Martinique et en métropole, à Solesmes notamment. Il faut encore souligner que nous avons été appelés par Mgr Marie- Sainte pour la mise en place du Service Diocésain de la Pastorale Familiale avec le Père Gabriel Valard, nommé délégué de ce service. Sans laisser la pastorale familiale, c’est en 1981 que nous avons passé le flambeau de la responsabilité des CPM Martinique. Ce fut tout d’abord, en 1980, un engagement dans le renouveau charismatique avec Sr Paule-Marie, berger de l’important groupe de prière de Cluny. Deux plus tard, lors du départ de celle-ci pour la Guyane, ce fut l’appel de Guy par le père Ménoret pour être le berger de ce groupe de prière. Ce n’était qu’un appel à aller plus loin avec le Christ. Il annonçait le chemin d’un engagement plus radical qui s’est vérifié en 1990, dans la Communauté du Chemin Neuf. Il est temps de conclure dans la joie en remerciant Dieu pour cette année jubilaire, pour cette belle journée du 26 janvier, pour tous ces souvenirs évoqués, ces visages retrouvés, autant que pour les plus jeunes. Dans notre assemblée jubilaire de Cluny, une question avait jailli d’une voix jeune : Mais quel âge avez-vous ? La réponse de Guy, de sa voix forte, avait retenti : 164 ans pour le couple et le même âge pour chacun de nous deux ! Que ta bénédiction forte, Seigneur, se renouvelle jour après jour, en vue d’un engagement des familles pour résister aux menaces de notre société d’aujourd’hui. Marcelle et Guy Prudent n Dans le cadre des activités de la Pastorale des Jeunes et du Service diocésain des Vocations, un temps de prière, d’adoration, d’enseignement, clôturé par l’eucharistie, est proposé aux jeunes de 15 à 35 ans à l’église Notre-Dame du Rosaire de Redoute à Fort-de-France le vendredi 28 février 2014 de 17h30 à 22h. Les jeunes intéressés sont priés de s’inscrire en paroisse Communiqué PASTORALE DES JEUNES / PASTORALE DES VOCATIONS ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 23 Père Valard, Guy et Marcelle Prudent

Page 24

II°) Le ‘chacun pour soi’ et ses nouveaux rapports I nterrogeant cette expression, questionnant cette société, Enrico Malatesta s’écria : « Et ils ont cherché à accaparer, chacun pour soi, la plus grande quantité de jouissance possible, sans s’occuper des intérêts d’autrui » ; autrement dit : « Yo ka fè zafè yo ! ». Oui, le ‘chacun pour soi’ désigne la tendance humaine à faire prévaloir ses intérêts personnels au détriment de l’intérêt général. Pour appréhender cet ‘individu’, analysons les rapports qui lui sont propres à travers quelques exemples : • Le rapport à son corps Pour ce qui est, par exemple, de la maternité et de la procréation, les nouvelles techniques de maîtrise de la fécondité bouleversent les relations conjugales, à l’ère du ‘chacun pour soi’. Mais, bien plus, l’individu moderne (voire hypermoderne) transforme et crée lui-même son corps à sa guise, avec le progrès de la chirurgie. « Le corps devient une plastique, une pâte à modeler à tout âge » pour conserver l’apparence physique désirée ou rêvée : c’est aussi un tableau sur lequel on peint, pour se montrer, se faire voir ; l’autre, c’est le rival. Les conséquences du tatouage peuvent être cependant désastreuses à moyen et long terme : développement de maladies de la peau ou encore de l’hépatite C ; par ailleurs, une péridurale ne peut être réalisée sur une future mère présentant un tatouage dans la partie inférieure du dos… • Le rapport aux autres Le rapport aux autres devient de plus en plus abstrait. Même dans le bus qui conduit les enfants à l’école, dans le taxi de commune qui mène en ville ou, pire encore, dans la voiture de papa, chacun prend son Smartphone ou sa tablette et joue, et tweete… Ceci fait dire à Frédéric Beigbeder, dans Un roman français, que « privés de nos liens familiaux, nous sommes des numéros interchangeables comme les numéros de Facebook… ». Il ajoute ailleurs : « La société dans laquelle nous sommes nés repose sur l’égoïsme. Les sociologues nomment ça l’individualisme, alors qu’il y a un mot plus simple : nous vivons dans une société de solitude. Il n’y a plus de famille, plus de village, plus de Dieu. Nos aînés nous ont délivrés de toutes ces oppressions et à la place ils ont allumé la télévision. Nous sommes abandonnés à nous-mêmes, incapables de nous intéresser à quoi que ce soit d’autre que notre nombril ». • Le rapport au temps Depuis l’avènement du téléphone portable, d’I nternet, de l’ordinateur de poche, c’est la course… à la vitesse, avec la volonté d’en tirer un maximum de profit et de plaisir. L’expression time is money n’a jamais été autant d’actualité. Cette volonté a un soubassement économique et, dans ce contexte, la vitesse devient pouvoir et engendre des comportements fous sur la route, des klaxons et jurons dans les embouteillages. « Ou ka fè mwen pèd tan mwen ! fè vit la !... ». Mamie ne peut plus traverser la rue en paix ! Et on s’en fout ! C’est le ‘chacun pour soi’… Le philosophe catholique Paul Virilio, dans Penser la vitesse, nous met en garde : l’histoire de l’individu est l’histoire de la vitesse et concrètement du moteur… A chaque étape, le temps est accéléré et finit par devenir l’urgence continue, le rythme impossible à suivre… Il a plusieurs boîtes et adresses électroniques, mais passe tout son temps à répondre à ses courriels, pris dans la spirale de l’urgence… • Le rapport à l’espace Nous sommes à l’ère de la globalisation qui est économique et financière, mais aussi humaine en ce sens que l’intégration et l’interconnexion sont telles que l’individu hypermoderne a le sentiment d’appartenir à la globalité du monde : c’est ce qu’exprime le jeune de Fort-de- France ou de Basse-Pointe, dans la mode et l’influence du Bronx, habillé à l’américaine, qui laisse tomber son pantalon avec sa casquette de travers… C’est que celui qui est ‘proche’ n’est pas le voisin immédiat, mais peut-être celui avec lequel je communique en Alaska, à l’instant présent, sur Facebook. C’est qu’en réalité, plus personne n’est vraiment proche, à l’ère du ‘chacun pour soi’. •Le rapport à Dieu Pour l’individu hypermoderne, la recherche du salut ne se situe pas La Martinique à l’heure du 'chacun pour soi' (2) Suite et fin de la réflexion très circonstanciée de M. Serge Baret commencée dans le précédent numéro de notre revue. Société ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 24

Page 25

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 25 dans l’au-delà. Le salut doit être immédiat, ici-bas : la quête du salut passe par un ‘bonheur total’ ici-bas ; c’est la ‘mondanisation du salut’ (cf. Yves Lambert). Elle peut être résumée dans la religiosité (la quête) de l’épanouissement individuel. L’individu hypermoderne – qui veut jouir au maximum de l’instant présent (maximiser son temps, diraient certains économistes) – le conçoit et le vit ici-bas au fil d’émotions. C’est, en fait, une mondanisation émotionnelle, en ce sens que l’émotion est expressive, tout en extériorité, en manifestation, mise en scène. D’autre part, elle est plurielle (l’individu a plusieurs émotions, elles peuvent être nombreuses en une journée) et furtive, rapide, elle disparaît aussi vite qu’elle est apparue et laisse place à une autre. Aujourd’hui, à l’heure du ‘chacun pour soi’, les valeurs sont centrées essentiellement sur les ‘droits individuels’ et le droit à l’épanouissement personnel prévaut sur toute autre forme de droit. C’est mon bonheur personnel avant tout, avant celui de l’autre. L’avortement, le divorce et les autres lois de la modernité en sont les fruits les plus manifestes. Si l’arrivée d’un bébé contrarie ma liberté et mon bonheur, pas de problème : supprimons-le ! Si mon conjoint ou ma conjointe contrarie ma liberté individuelle, pas de problème… ! Si mon fils handicapé ou mon parent âgé gêne ma liberté, pas de problème…! L’individu hypermoderne est libre ! Pour Jésus, l’important c’est l’autre, particulièrement le plus pauvre, le plus malade : c’est tout le message du mystère de l’Incarnation (ou de la Croix) et de la tradition chrétienne. Mais les philosophes du XVIII ème siècle, dits, par singerie, des lumières, y ont vu une forme d’aliénation de l’individu et développé son culte. Rappelons les mots de saint Paul, qui n’a pas manqué de nous instruire du primat de la Charité, dans le cadre de son testament pastoral à Ephèse : Je vous ai toujours montré qu’il faut travailler ainsi pour secourir les faibles, en nous rappelant les paroles du Seigneur Jésus, car lui- même a dit : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir (Actes 20,35). En tout état de cause, la société est plus que la somme des individus qui la composent et l’histoire nous apprend que la survie de l’humanité passe par la solidarité et le partage. Le véritable défi n’est-il pas de (re) penser le développement de la Martinique, car « les sociétés sans projet deviennent claustrophobes. Dès lors que l’espérance s’évanouit, le présent devient un butin dont chacun veut sa part » (J.C. Guillebaud, Le goût de l’avenir ). Or, le catholique n’est-il pas porteur d’espérance ? Serge Baret Docteur en Sciences Economiques n Le conseil d’administration de la Fédération des Mouvements d'Action Catholique de la Martinique (FEMAC/M) qui regroupe les mouvements suivants : • Action Catholique des Milieux Sanitaires et Sociaux • Chrétiens dans le Monde Rural • Chrétiens dans le Monde du Travail • Equipes Enseignantes • Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne invite ses membres à participer à un échange d’expérience sur la révision de vie \ le dimanche 2 mars 2014 de 8h30 à 12h30 au Relais paroissial de Chateaubœuf - à Fort-de-France Ce sera pour eux l’occasion de profiter de la présence du père jésuite Michel Roger, délégué du Provincial pour l’apostolat des Exercices Spirituels, pour découvrir l’accompagnement spirituel de groupes. Plus d’informations auprès du président, Yves-Marie Grivalliers : 06 96 85 22 00. Communiqué FEMAC MARTINIQUE FÉDÉRATION DES MOUVEMENTS D'ACTION CATHOLIQUE La société est plus que la somme des individus qui la composent et l’histoire nous apprend que la survie de l’humanité passe par la solidarité et le partage.

Page 26

Société ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 26 La justice sociale au cœur de la doctrine sociale de l’Eglise (2) Pour Léon XIII, le travailleur ne doit pas obtenir par charité ce \ qui doit lui revenir par justice. Justice et charité doivent se conforter l’une l’autre et entrer en dialogue pour servir la construction d’une communauté vraiment humaine. L’enseignement social de l’Église n’aura de cesse de le rappeler. « Pour être authentiquement vécue, écrit Pie XI en 1937, la charité doit to\ ujours tenir compte de la justice » (Divini redemptoris, 49). A près la Seconde Guerre mondiale, de nouveaux équilibres apparaissent à l’échelle internationale : la question sociale devient peu à peu mondiale. Une phrase de l’encyclique Populorum progressio (PP) , promulguée par Paul VI en 1967, frappe particulièrement l’opinion publique mondiale : « Le développement est le nouveau nom de la paix » ( PP, 76). Pour conduire à la paix, le développement ne peut être réduit à sa dimension économique, c’est avant tout une question morale. Son but doit être la promotion de tout homme et de tout l’homme : personne, ni aucune dimension de l’existence humaine ne doivent en être exclus. En conséquence, le développement a besoin, non seulement de techniciens, mais aussi de sages, pour sa réalisation. Cette vision du développement a des conséquences concrètes sur les actions à entreprendre. Elle rend attentif aux besoins et aux urgences du monde et oriente l’action dans un combat contre les obstacles à la formation d’un monde plus juste. Ainsi, il ne suffira pas de combattre la faim, du moins pas seulement la faim d’aliments, mais aussi la faim d’instruction dans les pays où les personnes n’ont pas accès à une éducation de base. Populorum progressio l’affirme : « Un analphabète est un esprit sous-alimenté » ( P P, 35). De même, il ne suffit pas de faire reculer la pauvreté : « Le combat contre la misère, urgent et nécessaire, est insuffisant. Il s’agit de construire un monde où tout homme, sans exception de race, de religion, de nationalité, puisse vraiment vivre une vie humaine… » ( P P, 47). Paul VI indique trois devoirs à respecter pour permettre un développement solidaire de l’humanité : « un devoir de solidarité, l’aide que les nations riches doivent apporter aux pays en voie de développement ; un devoir de justice sociale, le redressement des relations commerciales défectueuses entre peuples forts et peuples faibles ; un devoir de charité universelle, la promotion d’un monde plus humain pour tous, où tous auront à donner et à recevoir, sans que le progrès des uns soit un obstacle au développement des autres » (PP, 44). En conclusion, à chaque étape de son développement, la doctrine sociale de l’Église a cherché des remèdes aux injustices les plus flagrantes. Dans un premier temps, celles-ci ont été interprétées comme la conséquence d’un éloignement de l’homme de la doctrine chrétienne et de ses institutions. Puis, les encycliques ont fait ressortir la dimension proprement sociale des situations d’injustice. Ces dernières sont toujours la conséquence du péché de l’homme, mais d’un péché qui s’est cristallisé dans les institutions – ce que Jean Paul II appelle les « structures de péché » – qui contribuent à la reproduction des injustices. Et c’est pourquoi le combat pour la justice exige non seulement notre conversion personnelle, mais encore un engagement déterminé en faveur d’une réforme des structures et des institutions au service d’une société plus juste et donc plus humaine, « la civilisation de l’amour » englobant le genre humain tout entier. Michel Déglise Pour en savoir plus : Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, Editions du Cerf, 2010 n organise une session de prière à la chapelle du Coin du 2 au 5 mars 2014 - de 14h30 à 18h30 Thème : Jésus peut-il faire des miracles dans ma vie ? Une garderie sera assurée pour les enfants. Communiqué LE GROUPE DE PRIÈRE CHARISMATIQUE DU CARBET

Page 27

Dimanche 23 février 2014 L’outre-mer, malade de sa violence ? La violence progresse-t-elle outre-mer ? L’outre-mer est-elle malade de sa violence ? Les jeunes sont-ils plus violents aujourd’hui ? Pourquoi les femmes sont-elles encore battues aujourd’hui ? Toutes ces terribles questions, Dieu m’est témoin a choisi de les poser cette semaine. Pas uniquement pour en faire le constat, mais pour en comprendre les causes et tenter d’en trouver l’issue… Sandra Calmo sera l’une de nos invités. Martiniquaise, installée en région parisienne, elle a monté une association Contre la violence aux Antilles et met en place un réseau local où les acteurs de la vie économique s’engagent pour la formation des jeunes. Dimanche 2 mars 2014 Et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise Sommes-nous sensibles à l’architecture d’une église ? La beauté d’un bâtiment modifie-t-elle notre façon de prier ? L’outre-mer recèle des trésors religieux, mais comment sont-ils conservés ? Pour répondre à ces questions, Dieu m’est témoin accueille cette semaine François Asselin. Ce chef d’entreprise, spécialisé dans la restauration des monuments historiques, fils, petit-fils et arrière-petit-fils de charpentier, élevé à la mode ‘compagnon’, viendra nous raconter comment il a utilisé et respecté les traditions locales pour chacun de ses chantiers, comme la charpente de la cathédrale Saint-Michel de Rikitea en Polynésie ou dans la chapelle pointue à Saint-Gilles à La Réunion. Nous découvrirons aussi comment une cloche du Caucase est arrivée à la Martinique dans l’église de Saint- Esprit. Dimanche 9 mars 2014 Je suis patron, je suis chrétien ! Y a-t-il une façon chrétienne de gérer son entreprise ? Comment concilier sa foi et ses responsabilités face aux enjeux du monde du travail ? De qui être au service : du client, de l'actionnaire, du profit ? Cette semaine, Dieu m’est témoin s’intéresse au monde de l’entreprise à travers le regard de ceux qui les dirigent. Sandra Casanova, chef d’entreprise martiniquaise, viendra nous dire comment elle a su s’imposer comme femme patron dans un monde très masculin, celui des transports ; comment elle a mis en place, dans son île, le réseau Femmes 3000 , ayant le souci premier de donner de la visibilité aux femmes et à leurs projets. Nous serons connectés avec Cayenne, en Guyane, où Rudy Stephenson, le tout nouveau président des EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens), nous racontera son engagement en tant que chrétien et chef d’entreprise. Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions Medias Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2014 / n°479 27 99.5 - 101.3 et 105,3 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com

Page 28

Hymne à l’amour J ’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. 1 Corinthiens 13,1-8