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N° 479 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 23 février 2014
Jubilé
des Centres de Préparation au Mariage
de Martinique
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Editorial
Editorial
Le temps ordinaire
Mot de l'Evêque
Pourquoi dors-tu, Seigneur ?
Eglise universelle
Message du Pape pour le Carême 2014
Liturgie
Parole dominicale
Droit canonique
La liturgie des heures (3)
Vie du diocèse
La paroisse de Tartane fête saint François de Sales
Messe diocésaine des malades
Fête de Baden-Powell
Questionnaire de carême
Dossier : Les Centres de
Préparation au Mariage
Cinquantenaire des CPM Martinique Cérémonie d’ouverture
Un appel en couple pour le service des frères
Société
La Martinique à l’heure du « Chacun pour Soi » (2)
La justice sociale au cœur de la doctrine sociale de l’Eglise (2)
Médias
numéro
479
numéro
479
N° 479 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 23 février 2014
Jubilé
des Centres de Préparation au Mariage de Martinique
S ommaire
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION R.P. Jean de CoulangesRÉDACTEUR EN CHEFR.P. Jean de Coulanges MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Ediprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895
Commission paritaire N° 1115L87225
ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique
Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70
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egliseenmartinique@orange.fr
D
ans le langage courant, est ordinaire ce qui est habituel,
commun, qui va de soi. Une journée sans relief, où rien ne
se passe de particulier, est une journée ordinaire.
Le temps ordinaire, dans la liturgie catholique, a un autre sens.
Il se situe en dehors des fêtes où sont célébrés les é\
vénements
principaux de la vie du Christ Jésus, à savoir : sa naissance, sa \
mort
et sa résurrection. Ce temps ordinaire n’est pas pour autant vide de
contenu pour vivre sa foi.
L’esprit de fête se vérifie aussi dans nos coutumes ; par exemple les
chanté Nwel du temps de Noël ou la période carnavalesque. Cependant,
le sérieux de la vie exige de chacun une grande responsabilité dan\
s
la conduite de sa vie. Comme dit le livre de l’Ecclésiaste : Il y a un
temps pour chaque chose : un temps pour bâtir, un temps pour planter,
un temps pour récolter, un temps pour rire, un temps pour danser, un
temps pour gémir… (Ecclésiaste 3,1-8).
Il ne faudrait pas perdre de vue cet essentiel qui est de trouver et
de donner un sens à ce que l’on fait. Cependant, cette période dite
‘ordinaire’ a toute son importance, car c’est là que nous pouvons
exercer nos responsabilités au quotidien et inscrire notre foi dans
la ‘vraie vie’.
Il serait inconvenant pour un chrétien de rencontrer et fréquenter\
Jésus
uniquement à l’occasion des grandes solennités liturgiques, comme
Noël et Pâques. C’est au quotidien, dans nos relations ordinair\
es, en
famille, au travail, dans le quartier, que Jésus nous fait signe. Toutes ces
relations, mêlées de joies, de doutes, d’épreuves, peuvent ê\
tre vécues
en union profonde avec Jésus. L’eucharistie, célébrée au quotidien ou
le dimanche, est le signe de sa présence réelle dans notre humanité.
Il y a peut-être pour chacun de nous le risque de sombrer dans les
habitudes : saluer ou manifester son désintérêt pour quelqu’un par
habitude… rencontrer Jésus dans la prière par habitude… aim\
er par
habitude… La vie, alors, n’aurait plus de relief, plus de couleur, plus
de sel, plus d’intérêt. De l’ordinaire, on passe au banal.
Jésus, dans l’ordinaire de la vie, nous demande d’être vigil\
ants : Veillez,
parce que vous ne savez pas quel jour va venir votre maître… Tenez-vous
prêts car c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que l\
e Fils de l’homme va
venir (Mt 24,42).
La manière de vivre ce temps ordinaire au quotidien appartient à
chacun.
P. Jean de Coulanges n
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Le temps ordinaire
Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour
(B. Helmany)
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Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour
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Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour
(B. Helmany) 7
Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour
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Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour
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Cinquantenaire des CPM Martinique
Photo de couverture : Les présidents des CPM depuis leur fondation jusqu’à ce jour
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Mot de l'Evêque
Pourquoi dors-tu, Seigneur ?
R
éveille-toi ! Pourquoi dors-tu,
Seigneur ? Tu nous exposes à
la moquerie et au rire de notre
entourage et devant nous les peuples
haussent les épaules.
Cette lamentation du psaume 44
pourrait bien être celle de notre Eglise
en Martinique, à la suite de la bévue
inadmissible de quatre de ses prêtres.
Ces derniers, voyant approcher le
moment où la renonciation de l’actuel
archevêque deviendrait effective,
avaient voulu barrer la route à l’un des
prêtres qu’ils supposaient pressenti
par Rome pour lui succéder.
Ces prêtres avaient alors remis le
dossier qu’ils destinaient au Pape et
au Nonce apostolique, à un illuminé
du pays prétendant, depuis des
années, purifier l’Eglise Catholique
locale, en distribuant à la ronde force
courriers diffamatoires contre son
évêque et son clergé.
Les médias furent les premiers
destinataires de ces courriers signés
par ces quatre prêtres, avec les
témoignages de deux jeunes hommes
aspirant à devenir séminaristes et
celui d’un pseudo « jeune prêtre »
se camouflant dans l’anonymat
par crainte de représailles, tout en
clamant « qu’il faut aimer le Christ
jusqu’à donner son sang pour lui ! » .
Les auteurs du dossier avaient
vilipendé leur victime, en l’occurrence
le père Jean-Max Renard, actuel vicaire
général, lui reprochant de nombreux
défauts et surtout essayant, par des
allégations mensongères, de jeter
le doute sur son comportement
avec les séminaristes, suggérant des
tendances immorales de sa part.
Dans son journal de 19 heures,
Martinique Première avait donné la
priorité à ce qu’elle appelait « l’affaire
Renard » et son présentateur avait
ajouté l’information mensongère
selon laquelle la candidature du père
Renard avait été écartée aussitôt par
Rome qui interdisait la présence du
père dans le diocèse.
Le père en question se trouvait alors
momentanément à Paris, pour une
session de formation des personnels
d’officialité, à l’Institut Catholique de
Paris. Quant à sa candidature, elle
ne pouvait être « écartée » pour la
bonne raison qu’elle n’avait jamais
existé, étant donné qu’il n’y a jamais
de dépôt de candidature à la fonction
d’évêque.
Néanmoins, la médiatisation du
« scandale » eut un fort impact sur
la population. On vit de nombreux
chrétiens en larmes et d’autres,
indignés de découvrir que des prêtres
pouvaient se livrer à de si basses
manœuvres afin de discréditer l’un
des leurs, à des fins partisanes. Ces
prêtres prétendant avoir agi pour le
bien de notre Eglise locale n’avaient
pas réalisé que la fin ne justifie pas
tous les moyens et que le mal ne fait
jamais le bien.
Certes, nous pouvons nous lamenter
avec le psaume 44. Cependant, ce
n’est pas Dieu qui nous expose
aujourd’hui aux railleries de nos
ennemis.
Nous n’avons pas besoin non plus de
réveiller Dieu, car il ne dort jamais.
Ce sont plutôt nous, les croyants, qui
avons besoin de nous réveiller.
Veillez et priez pour ne pas entrer en
tentation, disait Jésus, car l’esprit
est prompt mais la chair est faible.
Le péché, par définition, consiste à
vouloir substituer sa propre volonté
à celle de Dieu. C’est toujours la
tentation des hommes d’obtenir, par
eux-mêmes, ce qu’ils ne demandent
même plus à Dieu. La prière devient
alors un acte dont on attend une
efficacité magique : elle n’est
plus le dialogue humble, fait de
contemplation et d’écoute de la
Parole, dans lequel l’orant dit : Parle,
Seigneur, ton serviteur écoute.
Malgré tout, ne jetons pas la pierre
à nos prêtres. Ils ont sans doute
été contaminés par cet esprit de
sécularisation qui enferme Dieu
à double tour à la sacristie pour
permettre à chacun de faire, de son
choix personnel, le seul critère du
bien et du mal.
Je suis cependant convaincu que
les prêtres en question prennent
conscience amèrement maintenant
du mal qu’ils ont fait à notre Eglise
en Martinique et qu’ils cherchent
comment réparer ce mal et par quelle
démarche en demander pardon à
notre Eglise.
A quelques jours de l’ouverture du
Carême, qu’ils nous donnent le bon
exemple en revenant vraiment à Celui
qui est le Chemin, la Vérité et la Vie ;
qu’ils nous entraînent avec eux à sa
suite et nous rendent attentifs à la
question qu’Il adresse à chacun et à
chacune d’entre nous : Vous êtes le sel
de la terre. Mais si le sel se dénature,
avec quoi va-t-on lui redonner sa
saveur ?
Il attend notre réponse.
Croyons avec Lui que ce qui est
impossible à l’homme ne l’est pas
à Dieu.
+ Michel Méranville, Archevêque n
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Eglise universelle
Chers frères et sœurs,
J
e voudrais vous offrir, à
l’occasion du Carême, quelques
réflexions qui puissent vous
aider dans un chemin personnel
et communautaire de conversion.
Je m’inspirerai de la formule de
saint Paul :
Vous connaissez en effet
la générosité de notre Seigneur
Jésus Christ : lui qui est riche,
il est devenu pauvre à cause de
vous, pour que vous deveniez
riches par sa pauvreté
(2 Co 8,9).
L’Apôtre s’adresse aux chrétiens
de Corinthe pour les encourager
à être généreux vis-à-vis des fidèles
de Jérusalem qui étaient dans
le besoin. Que nous disent-elles,
ces paroles de saint Paul, à nous
chrétiens d’aujourd’hui ? Que
signifie, pour nous aujourd’hui,
cette exhortation à la pauvreté,
à une vie pauvre dans un sens
évangélique ?
La grâce du Christ
Ces paroles nous disent avant tout
quel est le style de Dieu. Dieu ne
se révèle pas par les moyens de
la puissance et de la richesse du
monde, mais par ceux de la faiblesse
et de la pauvreté : Lui qui est riche,
il est devenu pauvre à cause de
vous... Le Christ, le Fils éternel de
Dieu, qui est l’égal du Père en
puissance et en gloire, s’est fait
pauvre ; il est descendu parmi nous,
il s’est fait proche de chacun de
nous, il s’est dépouillé, ‘vidé’, pour
nous devenir semblable en tout
(cf. Ph 2,7 ; He 4,15). Quel grand
mystère que celui de l’Incarnation
de Dieu ! C’est l’amour divin qui en
est la cause, un amour qui est grâce,
générosité, désir d’être proche
et qui n’hésite pas à se donner,
à se sacrifier pour ses créatures
bien-aimées. La charité, l’amour,
signifient partager en tout le sort du
bien-aimé. L’amour rend semblable,
il crée une égalité, il abat les murs
et les distances. C’est ce qu’a fait
Dieu pour nous.
La raison qui a poussé Jésus à se
faire pauvre n’est pas la pauvreté
en soi, mais, dit saint Paul, [pour
que] … vous deveniez riches par
sa pauvreté. […] Il s’agit là d’une
synthèse de la logique de Dieu, de
la logique de l’amour, de la logique
de l’Incarnation et de la Croix.
Dieu n’a pas fait tomber sur nous
le salut depuis le haut, comme le
ferait celui qui donne en aumône
de son superflu avec un piétisme
philanthropique. Ce n’est pas cela
l’amour du Christ ! Lorsque Jésus
descend dans les eaux du Jourdain
et se fait baptiser par Jean-Baptiste,
il ne le fait pas par pénitence, ou
parce qu’il a besoin de conversion ;
il le fait pour être au milieu des
gens, de ceux qui ont besoin du
pardon, pour être au milieu de
nous, qui sommes pécheurs, et pour
se charger du poids de nos péchés.
Voilà la voie qu’il a choisie pour
nous consoler, pour nous sauver,
pour nous libérer de notre misère.
Nous sommes frappés par le fait
que l’Apôtre nous dise que nous
avons été libérés, non pas grâce
à la richesse du Christ, mais par sa
pauvreté. […]
Alors quelle est-elle cette pauvreté,
grâce à laquelle Jésus nous délivre
et nous rend riches ? C’est juste -
ment sa manière de nous aimer,
de se faire proche de nous, tel le
Bon Samaritain qui s’approche de l’homme laissé à moitié mort sur le
bord de la route (cf. Lc 10,25ss). Ce
qui nous donne la vraie liberté, le
vrai salut, le vrai bonheur, c’est son
amour de compassion, de tendresse
et de partage. La pauvreté du Christ
qui nous enrichit, c’est le fait qu’il
ait pris chair, qu’il ait assumé nos
faiblesses, nos péchés, en nous com -
muniquant la miséricorde infinie de
Dieu. La pauvreté du Christ est la
plus grande richesse
: Jésus est riche
de sa confiance sans limite envers
le Père, de pouvoir compter sur Lui
à tout moment, en cherchant tou-
jours et seulement la volonté et la
gloire du Père. Il est riche comme est
riche un enfant qui se sent aimé et
qui aime ses parents et ne doute pas
un seul instant de leur amour et de
leur tendresse. La richesse de Jésus,
c’est d’être le Fils ; sa relation unique
avec le Père est la prérogative souve -
raine de ce Messie pauvre. Lorsque
Jésus nous invite à porter son
joug
qui est doux,
il nous invite à nous
enrichir de cette riche pauvreté et
de cette
pauvre richesse qui sont
les siennes, à partager avec lui son
Esprit filial et fraternel, à devenir
des fils dans le Fils, des frères dans
le Frère Premier-né (cf. Rm 8,29).
On a dit qu’il n’y a qu’une seule
tristesse, c’est celle de ne pas
être des saints (Léon Bloy) ; nous
pourrions également dire qu’il n’y
a qu’une seule vraie misère, c’est
celle de ne pas vivre en enfants de
Dieu et en frères du Christ.
Notre témoignage
Nous pourrions penser que cette
‘voie’ de la pauvreté s’est limitée
à Jésus, et que nous, qui venons
après Lui, pouvons sauver le monde
avec des moyens humains plus
adéquats. Il n’en est rien. À chaque
époque et dans chaque lieu, Dieu
continue à sauver les hommes et
Message du Pape pour le Carême 2014
Il s'est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté (cf. 2 Cor 8,9)
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le monde grâce à la pauvreté du
Christ, qui s’est fait pauvre dans
les sacrements, dans la Parole, et
dans son Église, qui est un peuple
de pauvres. La richesse de Dieu ne
peut nous rejoindre à travers notre
richesse, mais toujours et seulement
à travers notre pauvreté personnelle
et communautaire, vivifiée par
l’Esprit du Christ.
À l’exemple de notre Maître, nous
les chrétiens, nous sommes appelés
à regarder la misère de nos frères,
à la toucher, à la prendre sur nous
et à œuvrer concrètement pour
la soulager. La misère ne coïncide
pas avec la pauvreté ; la misère est
la pauvreté sans confiance, sans
solidarité, sans espérance. Nous
pouvons distinguer trois types de
misère : la misère matérielle, la
misère morale et la misère spirituelle.
La misère matérielle est celle qui est
appelée communément pauvreté et
qui frappe tous ceux qui vivent dans
une situation contraire à la dignité
de la personne humaine : ceux qui
sont privés des droits fondamentaux
et des biens de première nécessité
comme la nourriture, l’eau et les
conditions d’hygiène, le travail, la
possibilité de se développer et de
croître culturellement. Face à cette
misère, l’Église offre son service,
sa diakonia, pour répondre aux
besoins et soigner ces plaies qui
enlaidissent le visage de l’humanité.
Nous voyons dans les pauvres et
les laissés-pour-compte le visage
du Christ ; en aimant et en aidant
les pauvres, nous aimons et nous
servons le Christ. Notre engagement
nous pousse aussi à faire en sorte
que, dans le monde, cessent les
atteintes à la dignité humaine,
les discriminations et les abus qui
sont si souvent à l’origine de la
misère. Lorsque le pouvoir, le luxe
et l’argent deviennent des idoles, ils
prennent le pas sur l’exigence d’une
distribution équitable des richesses.
C’est pourquoi il est nécessaire que
les consciences se convertissent à la
justice, à l’égalité, à la sobriété et
au partage. La misère morale n’est pas moins
préoccupante. Elle consiste à se
rendre esclave du vice et du péché.
Combien de familles sont dans
l’angoisse parce que quelques-
uns de leurs membres – souvent
des jeunes – sont dépendants de
l’alcool, de la drogue, du jeu, de
la pornographie ! Combien de
personnes ont perdu le sens de la vie,
sont sans perspectives pour l’avenir
et ont perdu toute espérance ! Et
combien de personnes sont obligées
de vivre dans cette misère à cause
de conditions sociales injustes, du
manque de travail qui les prive de
la dignité de ramener le pain à la
maison, de l’absence d’égalité dans
les droits à l’éducation et à la santé.
Dans ces cas, la misère morale peut
bien s’appeler début de suicide.
Cette forme de misère qui est
aussi cause de ruine économique,
se rattache toujours à la misère
spirituelle qui nous frappe, lorsque
nous nous éloignons de Dieu et
refusons son amour. Si nous
estimons ne pas avoir besoin de
Dieu, qui nous tend la main à travers
le Christ, car nous pensons nous
suffire à nous-mêmes, nous nous
engageons sur la voie de l’échec.
Seul Dieu nous sauve et nous libère
vraiment.
L’Évangile est l’antidote véritable
contre la misère spirituelle : le
chrétien est appelé à porter en
tout lieu cette annonce libératrice
selon laquelle le pardon pour le mal
commis existe, selon laquelle Dieu
est plus grand que notre péché
et qu’il nous aime gratuitement,
toujours, et selon laquelle nous
sommes faits pour la communion
et pour la vie éternelle. Le
Seigneur nous invite à être des
hérauts joyeux de ce message de
miséricorde et d’espérance ! Il est
beau d’expérimenter la joie de
répandre cette bonne nouvelle, de
partager ce trésor qui nous a été
confié pour consoler les cœurs brisés
et donner l’espérance à tant de
frères et de sœurs qui sont entourés
de ténèbres. Il s’agit de suivre et d’imiter Jésus qui est allé vers les
pauvres et les pécheurs comme le
berger est allé à la recherche de la
brebis perdue, et il y est allé avec
tout son amour. Unis à Lui, nous
pouvons ouvrir courageusement de
nouveaux chemins d’évangélisation
et de promotion humaine.
Chers frères et sœurs, que ce temps
de Carême trouve toute l’Église
disposée et prête à témoigner du
message évangélique à tous ceux
qui sont dans la misère matérielle,
morale et spirituelle ; message qui se
résume dans l’annonce de l’amour
du Père miséricordieux, prêt à
embrasser toute personne, dans
le Christ. Nous ne pourrons le faire
que dans la mesure où nous serons
conformés au Christ, Lui qui s’est
fait pauvre et qui nous a enrichis
par sa pauvreté. Le Carême est un
temps propice pour se dépouiller ;
et il serait bon de nous demander
de quoi nous pouvons nous priver,
afin d’aider et d’enrichir les autres
avec notre pauvreté. N’oublions pas
que la vraie pauvreté fait mal : un
dépouillement sans cette dimension
pénitentielle ne vaudrait pas grand
chose. Je me méfie de l’aumône qui
ne coûte rien et qui ne fait pas mal.
Que l’Esprit Saint, grâce auquel
nous [sommes] pauvres, et nous
faisons tant de riches ; démunis
de tout, et nous possédons tout
(2
Co 6,10), nous soutienne dans nos
bonnes intentions et renforce en
nous l’attention et la responsabilité
vis-à-vis de la misère humaine, pour
que nous devenions miséricordieux
et artisans de miséricorde. Avec ce
souhait, je vous assure de ma prière,
afin que tout croyant et toute
communauté ecclésiale puissent
parcourir avec profit ce chemin
de Carême. Je vous demande
également de prier pour moi. Que
le Seigneur vous bénisse et que la
Vierge Marie vous garde.
Du Vatican, le 26 décembre 2013
Fête de saint Étienne,
diacre et protomartyr
n
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 23 février 2014 / n°479
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Dimanche 23 février 2014
L a P arole D ominicale
7 ème dimanche du temps ordinaireAnnée A
L
e commandement de
l’amour du prochain est
le nœud de ces lectures
(Lévitique 19,18 = Matthieu 5,43).
Dans l’évangile, il est dit sans
restriction aucune :
Aimez
vos ennemis.
L’évangile de ce
dimanche est la suite de celui
de dimanche dernier que nous
pouvons résumer en disant : la
loi que donne Jésus est basée
sur l’amour. Dieu est amour et
demande aux humains d’être à
leur tour amour.
Revenons au texte du jour.
Soyez saints car moi, le Seigneur
votre Dieu, je suis saint (Lévitique
19,2). Dans la première lecture,
c’est la solidarité qui lie entre
eux les membres du peuple
qui est décrite : ton frère, ton
compagnon, les fils de ton peuple
désignent les Israélites. Pourtant,
le fondement de cette solidarité
n’est plus le sang ou la race, mais
l’Alliance de Dieu. Parce qu’il a
fait de ce peuple son peuple, Dieu
lui demande d’être saint.
Mais avons-nous assez de courage
et d’amour pour aller à contre-
courant de notre milieu, s’il faut
dénoncer son péché, voire même
réprimander notre meilleur
compagnon ?
C’est encore le même message
que nous livre l’apôtre Paul dans
la deuxième lecture : Frères,
n’oubliez pas que vous êtes le
temple de Dieu et que l’Esprit de
Dieu habite en vou s (1 Corinthiens
3,16-23).
C’est la logique même. Puisque
la personne baptisée, par son
baptême, est habitée par Dieu,
elle est ‘temple’ de Dieu et il y a
une union profonde entre elle et
Dieu. Or, Dieu n’est qu’Amour. De
même, cette personne baptisée
est tenue de voir dans l’autre
personne un ‘temple’ de Dieu,
tout comme elle.
Chaque baptisé ne peut pas se
comporter n’importe comment :
il est demeure de Dieu. Il doit se
respecter et respecter aussi toute
personne ‘temple de Dieu’, même
les enfants ; les autres de toutes
les races, de toutes les langues,
de toutes les religions.
En avez-vous bien conscience ?
Aimez vos ennemis. C’est en
mettant en pratique la Parole
du Seigneur que l’on se fait son
disciple. Le Seigneur nous a appris
l’amour des ennemis. Privés de
la grâce, nous ne pouvons pas
aimer les ennemis, mais l’Esprit
apprend à aimer et alors on a de
la compassion, même pour les
plus mauvais d’entre nous.
Mais qui peut pardonner ?
N’est-ce pas Dieu seul ? (cf. Marc
8,7). Justement ! Et pour être
fils de notre Père céleste,
nous devons l’imiter :
Soyez
miséricordieux comme votre Père
est miséricordieux.
Et c’est quoi, pardonner ? Ce
n’est pas effacer le mal, ni oublier
la faute ; c’est même le contraire
de l’oubli. Ce n’est pas seulement
accueillir et faire de nouveau
confiance. Ce n’est pas seulement
se réconcilier. Le pardon, c’est
abolir quelque chose qui s’est
pourtant produit, non par l’oubli,
mais par un acte d’amour gratuit
qui rétablit et renouvelle la
relation.
Avec autorité, Jésus affirme
« ses nouvelles directives ». C’est
la ligne de conduite qu’il nous
donne comme conclusion de
son sermon sur la montagne.
C’est d’ailleurs d’après notre
comportement à vivre selon cette
ligne de conduite que nous serons
jugés lors du jugement.
La route que Jésus nous propose
de suivre est difficile, et nous-
mêmes sommes fragiles et
peureux. Nous nous fatiguons
rapidement et nous voudrions
faire de « petites pauses » de
temps en temps. Mieux que
nous, le Seigneur connaît nos
faiblesses. Il sait ce dont nous
sommes capables. Ce qu’il nous
demande, c’est de persévérer
dans l’effort. Savoir nous relever
après chaque chute et repartir
du bon pied. Quant à lui, il est à
nos côtés :
Je suis avec vous tous
les jours, jusqu’à la fin des temps
(Matthieu 28,20).
P. Georges Paruta
Curé du Gros-Morne
n
Lévitique 19,1-2.11-18 Psaume 102 1 Corinthiens 3,16-23 M\
atthieu 5,38-48
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ÉGLISE EN MARTINIQUE
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La liturgie des heures,
la prière de l’Eglise (1)
C
e que lui-même faisait, Jésus
nous a ordonné de le faire
à notre tour. Priez, a-t-il
souvent dit, demandez, implorez
(Mt 5,44 ; 7,7 ; Lc 13,33... ), en mon
nom (Jn 14,13ss ; 15,16 ; 16,23.26).
Il a même donné un modèle de
prière dans le 'Notre Père' et il
nous a avertis que la prière était
nécessaire (Lc 18,1), une prière
humble (Lc 18,9-14), vigilante
(Lc 21,36 ; Mc 13,33), persévérante,
confiante dans la bonté du Père
(Lc 11,5-13 ; 18,1-8 ; Jn 14,13 ; 16,23),
faite avec une intention pure et
accordée à la nature de Dieu
(Mt 6,5-8 ; 23,14 ; Lc 20,47 ;
Jn 4,23).
Quant aux Apôtres, qui maintes
fois dans leurs Épîtres nous
transmettent des prières, surtout
de louange et d'action de grâce,
ils nous exhortent à l'insistance
et à l'assiduité (Rm 8,15.26 ;
1 Co 12,3), dans la prière offerte
à Dieu (2 Co 1,20), par le Christ
(He 13,15), dans l'Esprit Saint
(Rm 12,12 ; 1 Co 7,5). Ils sou-
lignent l'efficacité de la
prière pour la sanctification
(1 Tm 4,5 ; Jc 5,15ss ; 1 Jn 3,22 ;
5,15ss). Ils nous exhortent à la
prière de louange (Ep 5,19ss ;
He 13,15 ; Ap 19,5), d'action de
grâce (Col 3,17 ; Ph 4,6 ; 1 Th 5,17 ;
1 Tm 2,1), de demande (Rm 8,26 ;
Ph 4, 6) et d'intercession pour tous (Rm 15,30 ; 1 Tm 2,1ss ; Ep 6,18 ;
1 Th 5,25 ; Jc 5,14.16).
En s’adjoignant la communauté
des hommes, le Christ continue à
exercer sa fonction sacerdotale par
son Eglise elle-même. Cela se vit
non seulement dans la célébration
de l'Eucharistie, mais aussi par
d'autres moyens et surtout par
l'accomplissement de l'office
divin. L’Eglise loue sans cesse le
Seigneur et intercède pour le salut
du monde entier.
L'office divin, d'après l'antique
tradition chrétienne, est constitué
de telle façon que tout le
déroulement du jour et de la
nuit soit consacré par la louange
de Dieu. Lorsque cet admirable
cantique de louange est accompli
selon la règle par les prêtres ou
par d'autres, députés à cela par
institution de l'Eglise, ou par les
fidèles priant avec le prêtre selon
la forme approuvée, alors c'est
vraiment la voix de l'Epouse elle-
même qui s'adresse à son Epoux ;
mieux encore, c'est la prière du
Christ que celui-ci, avec son Corps,
présente au Père.
Par conséquent, tous ceux
qui assurent cette charge
accomplissent l'office de l'Eglise
et, en même temps, participent
de l'honneur suprême de l'Epouse
du Christ, parce qu'en acquittant
les louanges divines, ils se tiennent
devant le trône de Dieu au nom
de la Mère Eglise (2).
Dans sa prière, l'Église continue celle du Christ. Priant avec le
Christ, elle prie aussi par lui et
elle le prie lui-même. Comme
l'a dit saint Augustin, le Christ
prie pour nous comme notre
prêtre, il prie en nous comme
notre chef, il est prié par nous
comme notre Dieu. On trouve
là le fondement de la prière
chrétienne des psaumes.
Ainsi, prière dans le Christ, la
prière de l'Église est aussi prière
dans l'Esprit. C'est lui qui dit en
nous 'Père'. Elle est enfin une
prière communautaire, puisqu'elle
est prière d'un peuple, prière des
membres diversifiés d'un corps.
P. Jean-Max Renard
Vice-Official
n
Droit canonique
La liturgie des heures (3)
(1) Extraits de la Présentation Générale de la Liturgie des Heures (PGLH), Paul VI, n os 5
à 7, 1 er novembre 1970.
(2) Concile Vatican II, constitution sur la sainte liturgie, Sacrosanctum Concilium n
os 83 et
84, 1963.
Le Christ prie pour nous
comme notre prêtre, il prie en nous
comme notre chef,
il est prié par nous comme notre Dieu.
Comme chaque année, l’association du pèlerinage du Rosaire entame sa
campagne d’inscriptions pour la prochaine édition du pèlerinage qui se déroulera
à Lourdes du 4 au 12 octobre 2014.
Les inscriptions sont reçues au presbytère de la cathédrale depuis le vendredi
7 février de 8h à 12h. Nous vous attendons nombreux.
Communiqué PÈLERINAGE DU ROSAIRE 2014
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Vie du diocèse
Le 24 janvier, l’Eglise fait mémoire de saint
François de Sales. Mais pour la paroisse de
Tartane, ce jour est une solennité. En effet,
depuis le 24 janvier 1957, à l’occasion de
la pose de la première pierre de l’actuelle
église, Mgr Henri François de Sales Varin de
la Brunelière, alors évêque de la Martinique,
a dédié la paroisse de Tartane à son propre
saint Patron, François de Sales.
La paroisse de Tartane
fête saint François de Sales
C
e 24 janvier 2014, à 18h, une
messe solennelle, présidée
par le prêtre
de la paroisse, père
Pierre-Alex Zonzon,
a rassemblé dans
la foi et la joie les
paroissiens qui,
depuis le 16 janvier,
avaient préparé
l’événement par
une neuvaine.
Pendant l’homélie
de ce jour, chacun
a été amené à méditer sur une
pensée de saint François de Sales
rédigée sur un feuillet remis à
l’accueil.
Nous avons confié tout
particulièrement au
Seigneur le père Aurèle
Michaud, fondateur de la
paroisse, tous les prêtres
qui l’ont desservie depuis
sa création, tous ceux et
celles qui y ont été des
pierres vivantes ou qui,
d’une façon ou d’une
autre, ont contribué
à l’amélioration du
bâtiment.
Le dimanche 26 janvier, c’est la
foule des grands jours qui est
venue célébrer son Seigneur et
rendre grâce pour celui qui s’est fait en tout le serviteur de tous :
saint François de Sales. Son image,
reconstituée par les différents
groupes de la communauté à partir
de plusieurs pièces d’un puzzle, a
pris place devant l’autel en début
de célébration.
Les pères Jan Mielewski, Marc
Lafleur et Pierre-Alex Zonzon ont
concélébré la messe en présence
de nombreux invités parmi lesquels
des représentants des autorités
civiles et de plusieurs associations.
La grande nouveauté cette année
a été la présence de
la presse. Rappelons
que François de
Sales est aussi le
saint Patron des
journalistes. Un
des temps forts
de la célébration
a été la procession
des offrandes à
laquelle ont pris part
journalistes, marins
pêcheurs, touristes,
hôteliers et restaurateurs, ainsi que
les associations sportives.
À l’issue de la messe, une salle
paroissiale a été inaugurée. Alliant le parfum de LA
FLEUR au MIEL EXQUIS,
elle porte le nom de ‘Salle
Marc & Yan’ pour dire
notre reconnaissance aux
pères Marc Lafleur et Jan
Mielewski qui ont soutenu
et accompagné le projet
ainsi que sa réalisation.
La journée s’est clôturée
en beauté avec un temps
d’évangélisation animé de
chants et de prière par le groupe
Evangelizo pacem accompagné des
pères Henderson et Monconthour.
La cellule communication n
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du 23 février 2014 / n°479
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Les PP. Zonzon, Mielewski et Lafleur
Procession des marins pêcheurs
Pose de la première pierre
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P
our une messe prévue
à 9h, c’est dès avant
8h que les fidèles ont
commencé à arriver à l’église
en un flot régulier qui a permis
que l’accueil se déroule
dans de bonnes conditions.
Quelques membres de
l’Association du Pèlerinage
du Rosaire étaient venus
prêter main forte à l’équipe
diocésaine de la pastorale de
la santé, tandis que la chorale
de la pastorale de la santé
assurait l’animation du chant.
Plus de trois cents personnes
s’étaient préalablement
inscrites dans leurs paroisses
pour recevoir le sacrement des
malades au cours de l’eucharistie.
C’est l’occasion de féliciter les
paroisses – prêtres et secrétaires
– qui ont eu à cœur de collaborer
avec nous pour nous faire parvenir
leurs listes dans les temps. Un
coup de chapeau tout particulier
aux référents qui, dans plusieurs
paroisses, ont pris leur rôle au
sérieux en assistant les prêtres
et, là où c’était possible, en
accompagnant personnellement
les malades. L’équipe diocésaine
a ainsi pu mettre à jour ses listes
de référents et découvrir des
référents de paroisses dynamiques
et missionnaires dans l’âme, en
dépit parfois de l’âge ou de la
maladie. Notre objectif, avec l’aide
des modérateurs, est de réunir
prochainement les référents de
districts nouvellement désignés,
en vue de renforcer toujours plus
le lien entre l’équipe diocésaine et
les paroisses.
Saluons la présence, en ce
samedi matin, autour de notre
archevêque, des prêtres en lien
avec la pastorale de la santé : les
pères Gilles Bolle, modérateur ;
Jean-Moïse Exantus, aumônier de l’hôpital Pierre-Zobda-
Quitman ; Pierre Zécler,
aumônier de l’hôpital de
Mangot-Vulcin ; Walter Covens,
aumônier des cliniques Saint-
Paul et Sainte-Marie. Etaient
également présents les pères
Joseph Wolf, Claude Anglio,
Christian Catayée, Jean-Michel
Monconthour, sans oublier
bien sûr le père Luc Philippon,
curé de la paroisse qui nous
accueillait. Ce dernier, avant la
messe, s’est tenu à la disposition
des personnes désirant recevoir
le sacrement de réconciliation.
Enfin, nous ne pouvons passer
sous silence la présence des
membres de la Protection civile.
Grâce à Dieu, ils n’ont pas eu à
intervenir pour des motifs graves,
mais se sont montrés efficaces
et pleins de douceur à l’égard
de nos frères et sœurs malades
et handicapés dans leurs divers
déplacements.
Un immense merci à tous !
Viviane Pierre-François
Responsable diocésaine
de la Pastorale de la santé
n
Messe diocésaine des malades
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du 23 février 2014 / n°479
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Le samedi 8 février 2014, dans une église Sainte-Face de De Briant
particulièrement bien décorée pour la circonstance, Mgr Michel Méranville a
présidé la messe diocésaine des malades, entouré de quelques\
prêtres et du
diacre Pierre Valey.
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Vie du diocèse
Le 22 février de chaque année, Journée Mondiale de la Pensée ou ‘Thinking Day’,
les scouts et les guides du monde entier se souviennent et rendent hommage
aux fondateurs du mouvement, Olave et Robert Stephenson Baden-Powell.
Fête de Baden-Powell
E
n 1907, en
effet, Robert
Baden-Powell
(1857-1941) organise
le premier camp scout
sur l’île de Brownsea
(Grande-Bretagne)
qui accueille vingt
jeunes de tous les
milieux. Baden-Powell
sera proclamé dès
1920 chef scout du
monde. Sa femme,
Olave (1889-1977)
jouera le même
rôle chez les guides.
Personnages d’exception que le
destin a très tôt réunis puisque
tous deux nés un 22 février, ils
sont à l’origine d’un mouvement
qui affiche son universalité : il est
pratiqué par plus de vingt-huit
millions de personnes réparties
dans deux cent seize pays.
Mais, au-delà de la commémoration,
le ‘Thinking Day’ constitue
chaque année un temps fort
de la vie de notre mouvement.
Temps de communion avec tous
les autres scouts et guides du
monde puisque, grâce aux moyens
modernes de communication,
nous pouvons découvrir d’autres
cultures, d’autres modes de vie,
mais également nous associer à
des projets. Temps également
de réflexion sur le sens de notre
engagement scout et guide dans
nos réalités d’aujourd’hui, et donc
sur l’actualité de la pensée de Olave
et Robert Stephenson Baden-
Powell et sur un véritable choix
de société où des citoyens – actifs,
utiles et heureux – contribueront
à rendre notre monde un peu
meilleur que nous ne l’avons
trouvé.
C’est l’occasion pour
nous d’affirmer
notre identité de
mouvement de scoutisme, acteur
d’une Eglise ouverte à tous, et
chargés de former des citoyens en
donnant la possibilité à celui qui le
souhaite, dans le cadre du projet
éducatif du mouvement Scouts
et Guides de France et grâce à la
pratique du scoutisme de Baden
Powell :
1. de construire sa personnalité.
2. de développer ses potentialités
de fille et de garçon et d’accéder,
en fonction de son âge, à toutes
les responsabilités, en dehors
des stéréotypes posés souvent
par notre société.
3. d’apprendre à vivre ensemble,
sans élitisme, sans distinction
de culture, de croyance ou
d’origines sociales.
4. d’habiter autrement la planète,
grâce à un mode de vie plus
responsable et plus respectueux
des lois de la Nature.
L’Association Scouts et Guides
de Martinique contribue, par le
dynamisme de ses 700 jeunes et de
ses 150 cadres répartis au sein de
18 groupes locaux, à porter haut
la flamme d’Olave et de Robert
Stephenson Baden-Powell. Aussi, le
‘Thinking Day’ constitue pour nous
l’occasion d’affirmer notre identité,
nos valeurs et de faire la promotion
du scoutisme vécu au quotidien par
des jeunes, grâce à tous ses cadres
bénévoles et aux parents qui nous
font confiance et s’engagent à nos
côtés, au service de l’éducation de
leurs enfants.
Du 16 au 23 février 2014, nous
participerons donc activement à la
semaine de promotion des valeurs
du scoutisme, destinée à valoriser
l’action visible des groupes dans
les communes ou les paroisses
d’implantation, et à mieux nous faire
connaître du grand public grâce à
une campagne de communication.
Cette semaine sera clôturée
par un grand rassemblement,
le dimanche 23 février 2014, au
stade Yves Adèle du Lamentin : la
« fête de Baden-Powell », moment
privilégié de rencontre, de partage
et d’ouverture aux autres.
Qu’à travers nous, vivent les valeurs
du scoutisme et la pensée d’Olave
et de Robert Stephenson Baden-
Powell !
Maurice Ferné
Délégué territorial de Martinique
n
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Questionnaire de Carême 2014
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Questionnaire de carême
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L
e questionnaire vise à nous faire réfléchir sur
ces deux thèmes qui se confronteront aux
différentes réalités. Toutefois, vivre un carême
n’est pas uniquement basé sur la réflexion. Le carême
est aussi le temps de l’action et l'occasion de faire
examen de conscience. Ce questionnaire peut [doit]
nous aider à préparer le temps du sacrement de
réconciliation, profitons-en !
A chaque semaine de carême sont proposés un thème
global et un effort.
Bon carême et bonne montée vers Pâques !
Message = message du pape François pour la Journée
mondiale de la paix 2014.
Message : n° 1 §1 et 2
Bible : Ephésiens 4,1-6
1. §1 Dans mon premier message pour la Journée mondiale de la Paix, je désire adresser à tous, personnes
et peuples, le vœu d’une existence pleine de joie et d’espérance. Dans le cœur de chaque homme et de
chaque femme habite en effet le désir d’une vie pleine, à laquelle appartient une soif irrépressible de
fraternité, qui pousse vers la communion avec les autres, en qui nous ne trouvons pas des ennemis
ou des concurrents, mais des frères à accueillir et à embrasser.
§2 En effet, la fraternité est une dimension essentielle de l’homme, qui est un être relationnel. La vive
conscience
d’être en relation nous amène à voir et à traiter chaque personne comme une vraie sœur
et un vrai frère ; sans cela, la construction d’une société juste, d’une paix solide et durable devient
impossible. Et il faut immédiatement rappeler que la fraternité commence habituellement à s’apprendre
au sein de la famille, surtout grâce aux rôles responsables et complémentaires de tous ses membres,
en particulier du père et de la mère. La famille est la source de toute fraternité et, par conséquent,
elle est aussi le fondement et la première route de la paix puisque, par vocation, elle devrait gagner
le monde par son amour.
Le thème du questionnaire de carême 2014 est inspiré du Message du pape pour
la Journée mondiale de la paix 2014 soulignant l’importance de la fraternité.
Ce thème de la fraternité, nous avons voulu qu’il soit conjugué avec celui de la
famille, puisque l’Eglise est dans la phase préparatoire du Synode sur la famille
qui se déroulera en octobre 2014.
S emaine 1 : Semaine de la famille
01 Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne
de votre vocation : 02 ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les
autres avec amour ;
03 ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix.
04 Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et
un seul Esprit.
05 Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, 06 un seul Dieu et Père de tous,
au-dessus de tous, par tous, et en tous (Ep 4,1-6).
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Questionnaire :
1. Dans le cœur de chaque homme et de chaque femme habite le désir d\
'une vie pleine. Qu’est-ce qu'une vie
pleine ? Avez-vous un but dans la vie ? Vivons-nous au petit bonheur la chance ? Avez-vous le sentiment que
l'instantané prime sur le projet ? Pour un baptisé : qu’est-ce qu’une vie pleine ? Qu’est-ce qui nous manque
pour nous aider à remplir notre vie selon le projet de Dieu ?
2.
La fraternité commence habituellement à s'apprendre en famille. Pour vous, qu'est-ce qu'une famille ?
Quels sont concrètement les moments où la famille est réunie ? Le pape François rappelle que la fraternité
s’apprend en famille : Nos familles sont-elles vraiment le lieu d’apprentissage de la fraternité ? Qu’est-ce qui
fait obstacle à cette fraternité ?
En famille : Faites le point sur comment vous vivez le partage.
Effort de la semaine : Tout au long de la semaine, s’efforcer, dans la mesure du possible, de prendre
les repas en famille, précédés d’un bénédicité.
Message : n° 2 sauf §1
Bible : Jacques 4,1-12
2. §2 Selon le récit des origines, tous les hommes proviennent de parents communs, d’Adam et Ève,
couple créé par Dieu à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1,26), de qui naissent Caïn et Abel. Dans
l’événement de la famille primitive, nous lisons la genèse de la société, l’évolution des relations entre les
personnes et les peuples.
§3 Abel est berger, Caïn est paysan. Leur identité profonde et à la fois leur vocation, est celle d’ être frères ,
aussi dans la diversité de leur activité et de leur culture, de leur manière de se rapporter à Dieu et au
créé. Mais le meurtre d'Abel par Caïn atteste tragiquement le rejet radical de la vocation à être frères.
Leur histoire (cf. Gn 4,1-16) met en évidence la tâche difficile à laquelle tous les hommes sont appelés,
de vivre unis, en prenant soin l’un de l’autre. Caïn, n’acceptant pas la prédilection de Dieu pour Abel
qui lui offrait le meilleur de son troupeau – « le Seigneur agréa Abel et son offrande, mais il n’agréa
pas Caïn et son offrande » (Gn 4,4-5) – tue Abel par jalousie. De cette façon, il refuse de se reconnaître
frère, d’avoir une relation positive avec lui, de vivre devant Dieu, en assumant ses responsabilités de soin
et de protection de l’autre. À la question : « Où est ton frère ? », avec laquelle Dieu interpelle Caïn,
lui demandant compte de son œuvre, il répond : « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? »
(Gn 4, 9). Puis, nous dit la Genèse, « Caïn se retira de la présence du Seigneur » (4,16).
§4 Il faut s’interroger sur les motifs profonds qui ont entraîné Caïn à méconnaître le lien de fraternité
et aussi le lien de réciprocité et de communion qui le liait à son frère Abel. Dieu lui-même dénonce et
reproche à Caïn une proximité avec le mal : « le péché n’est-il pas à ta porte ? » (Gn 4,7). Caïn, toutefois,
refuse de s’opposer au mal et décide de « se jeter sur son frère Abel » (Gn 4,8), méprisant le projet de
Dieu. Il lèse ainsi sa vocation originaire à être fils de Dieu et à vivre la fraternité.
§5 Le récit de Caïn et d’Abel enseigne que l’humanité porte inscrite en elle une vocation à la fraternité,
mais aussi la possibilité dramatique de sa trahison. En témoigne l’égoïsme quotidien qui est à la base
de nombreuses guerres et de nombreuses injustices : beaucoup d’hommes et de femmes meurent en
effet par la main de frères et de sœurs qui ne savent pas se reconnaître tels, c’est-à-dire comme des êtres
faits pour la réciprocité, pour la communion et pour le don.
S emaine 2 : Semaine de l’accueil
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Questionnaire de carême
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Questionnaire :
1. Abel est berger, Caïn est paysan. Leur identité profonde et à la fois leur vocation, est celle d’ être
frères
, aussi dans la diversité de leur activité et de leur culture, de leur manière de se rapporter à Dieu\
et au créé.
Dans les premiers chapitres du livre de la Genèse, il nous est rapporté les trois péchés des
origines : la chute de nos premiers parents affectant la relation Homme-Dieu et la relation homme-femme,
l’histoire du premier meurtre expliquant l’irruption incontrôlable de la violence chez les hommes (Caïn et
Abel) et le récit de Babel disant comment l’orgueil humain a abouti à l’incompréhension entre peuples.
Le récit de Caïn et Abel n’est donc pas une simple anecdote du passé lointain, mais un récit actuel qui
raconte aussi la violence d’aujourd’hui. Ce n’est pas seulement Caïn qui dit : « Suis-je le gardien de mon
frère ? » mais tout homme.
Dans notre département/diocèse sont souvent soulignées les appartenances à telle ou telle communauté
(antillais noirs ou 'békés', chinois, etc.)… Cette diversité me dérange-t-elle ? Pourquoi ? Suis-je enfermé
dans ma communauté ou est-ce que j’essaie de découvrir l’autre ?
L’église doit être un lieu de vraie fraternité… Concrètement, nos communautés ‘appartiennent-elles à
tel groupe ou à tous ? Quel signe prophétique doit-on poser pour montrer que la fraternité n’est pas un
slogan mais une réalité
(Voyez comme ils s’aiment !!!) ? Comment voyez-vous la fraternité dans cette
diversité ? Notre Eglise doit-elle gommer les différences ou composer avec ?
L'accueil en famille
2. Ma famille est-elle ouverte aux autres ? Ma famille est-elle refuge (?) face au monde extérieur ?
Papa, maman, suis-je capable d'accueillir les amis de mes enfants, voire une belle-fille ou un beau-fils
ayant une autre éducation ou d’un autre milieu… ? Nous arrive-t-il d’inviter à manger en dehors du cercle
familial ou amical ? Quand j'invite quelqu'un, est-ce que j'invite aussi sa famille ?
Effort de la semaine : M'efforcer de sourire et être accueillant envers des étrangers.
01 D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de
tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ?
02 Vous êtes pleins de convoitises et vous
n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez
en conflit et vous faites la guerre. Vous n’obtenez rien parce que vous ne demandez pas ;
03 vous
demandez, mais vous ne recevez rien ; en effet, vos demandes sont mauvaises, puisque c’est pour
tout dépenser en plaisirs.
04 Adultères que vous êtes ! Ne savez-vous pas que l’amour pour le monde rend ennemi de Dieu ?
Donc celui qui veut être ami du monde se pose en ennemi de Dieu.
05 Ou bien pensez-vous que
l’Écriture parle pour rien quand elle dit : ‘Dieu veille jalousement sur l’Esprit qu’il a fait habiter en
nous’ ?
06 Dieu ne nous donne-t-il pas une grâce plus grande encore ? C’est ce que dit l’Écriture :
‘Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce’.
07 Soumettez-vous donc à Dieu, et
résistez au diable : il s’enfuira loin de vous.
08 Approchez-vous de Dieu, et lui s’approchera de vous.
Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; esprits doubles, purifiez vos cœurs. 09 Reconnaissez votre
misère, prenez le deuil et pleurez ; que votre rire se change en deuil et votre joie en accablement.
10 Abaissez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera.
11 Frères, cessez de dire du mal les uns des autres ; dire du mal de son frère ou juger son frère, c’est
dire du mal de la Loi et juger la Loi. Or, si tu juges la Loi, tu ne la pratiques pas, mais tu en es le juge.
12 Un seul est à la fois législateur et juge, celui qui a le pouvoir de sauver et de perdre. Pour qui te
prends-tu donc, toi qui juges ton prochain ? (Jc 4,1-12)
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3. §1 La question surgit spontanément : les hommes et les femmes de ce monde ne pourront-ils jamais
correspondre pleinement à la soif de fraternité, inscrite en eux par Dieu Père ? Réussiront-ils avec
leurs seules forces à vaincre l’indifférence, l’égoïsme et la haine, à accepter les différences légitimes
qui caractérisent les frères et les sœurs ?
§2 En paraphrasant ses paroles, nous pourrions synthétiser ainsi la réponse que nous donne le Seigneur
Jésus : puisqu’il y a un seul Père qui est Dieu, vous êtes tous des frères (cf. Mt 23,8-9). La racine de la
fraternité est contenue dans la paternité de Dieu. Il ne s’agit pas d’une paternité générique, indistincte et
inefficace historiquement, mais bien de l’amour personnel, précis et extraordinairement concret de Dieu
pour chaque homme (cf. Mt 6,25-30). Il s’agit donc d’une paternité efficacement génératrice de fraternité,
parce que l’amour de Dieu, quand il est accueilli, devient le plus formidable agent de transformation
de l’existence et des relations avec l’autre, ouvrant les hommes à la solidarité et au partage agissant.
27 Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.
28 Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. 29 À celui qui te
frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
30 Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas. 31 Ce que vous voulez
que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.
32 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle
reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Si vous faites du bien
à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant.
34 Si
vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les
pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis,
faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez
les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants.
Questionnaire :
1. La racine de la fraternité est contenue dans la paternité de Dieu\
. Est-ce que j’arrive à concevoir que Dieu
est Père ? Nous affirmons que Dieu est Père… Quel Père et donc quelle image de Dieu ? Quelles doivent être
les caractéristiques d’un père ? Quelle image avons-nous du père dans notre société ? Comment s’exerce
ma paternité (maternité) ? Quelle(s) difficulté(s) pour parler ou présenter Dieu comme Père à des enfants
qui n’ont pas une image ‘positive’ du père ? (père souvent absent...)
Quelle pourrait être notre responsabilité dans la vision qu’ont nos enfants sur Dieu ? Comment faire le
passage de « mon Dieu » à « Notre Père » ?
2. L’amour de Dieu, quand il est accueilli, devient le plus formidable agent de transformation de l’existence
et des relations avec l’autre, ouvrant les hommes à la solidarité et au partage ag\
issant. L’amour de Dieu
vous pousse-t-il vers les autres ? Comment ? Donnez des exemples ; faites mémoire d’un acte gratuit posé
par amour de Dieu ?
En famille : Le partage est-il naturel dans ma famille ? Suis-je jaloux(se) de ce que mes frères ou sœurs
ont reçu ? Suis-je capable de prêter sans dire, par exemple : « ça s’appelle reviens » ? Qu’est-ce que je ne
partagerais jamais ? Qu’est-ce qui est plus facile : le partage ou l’aumône ?
Effort de la semaine : Inviter quelqu’un à partager un repas, une sortie, une activité…
Message : n° 3 §1 et 2
Bible : Luc 6,27-35
S emaine 3 :
Semaine du partage
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Questionnaire de carême
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4. §2 Paul VI affirmait que non seulement les personnes mais aussi les nations doivent se rencontrer dans
un esprit de fraternité. Et il explique : « Dans cette compréhension et cette amitié mutuelles, dans cette
communion sacrée, nous devons […] œuvrer ensemble pour édifier l’avenir commun de l’humanité ». Ce
devoir concerne en premier lieu les plus favorisés. Leurs obligations sont enracinées dans la fraternité humaine
et surnaturelle et se présentent sous un triple aspect : le devoir de solidarité , qui exige que les nations
riches aident celles qui sont moins avancées ; le
devoir de justice sociale, qui demande la recomposition en
termes plus corrects des relations défectueuses entre peuples forts et peuples faibles ; le
devoir de charité
universelle , qui implique la promotion d’un monde plus humain pour tous, un monde dans lequel tous aient
quelque chose à donner et à recevoir, sans que le progrès des uns constitue un obstacle au développement
des autres.
§4 La solidarité chrétienne suppose que le prochain soit aimé non seulement comme « un être humain
avec ses droits et son égalité fondamentale à l’égard de tous, mais [comme] l’image vivante de Dieu le
Père, rachetée par le sang du Christ et objet de l’action constante de l’Esprit Saint », comme un autre
frère. « Alors – rappelle Jean Paul II – la conscience de la paternité commune de Dieu, de la fraternité de
tous les hommes dans le Christ, “fils dans le Fils”, de la présence et de l’action vivifiante de l’Esprit Saint,
donnera à notre regard sur le monde comme un nouveau critère d’interprétation », pour le transformer.
14 Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle
le sauver ? 15 Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les
jours ; 16 si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans
leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? 17 Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre,
est bel et bien morte (Jc 2,14-17).
01 Nous les forts, nous devons porter la fragilité des faibles, et non pas faire ce qui nous plaît. 02 Que chacun
de nous fasse ce qui plaît à son prochain, en vue du bien, dans un but constructif. 03 Car le Christ n’a pas
fait ce qui lui plaisait, mais, de lui, il est écrit : ‘Sur moi sont retombées les insultes de ceux qui t’insultent’.
04 Or, tout ce qui a été écrit à l'avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la
persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance.
05 Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon
le Christ Jésus (Rm 15,1-5).
Questionnaire :
1. Qu’est-ce que la solidarité ? Quelle différence avec la compassion ? Qu’est-ce qui m’encourage à la solidarité ?
Quels sont les freins à cette solidarité ? Que dire de la solidarité du Christ envers nous ?
Pour vous, en quoi consiste la justice sociale ? Au niveau personnel, que puis-je faire en direction de la justice
sociale ? Et au niveau de l’Etat, que serait-il souhaitable ?
Que comprendre derrière l’expression « charité universelle » ?
Quelle différence je fais entre ‘fraternité’ – ‘solidarité’ – ‘compassion’ ?
Dans ma famille, avec mon voisinage, dans mon milieu de travail, dans la communauté chrétienne : la solidarité
est-elle vécue et comment ? Qu’est-ce qui nous empêche parfois de vivre la ‘solidarité’ ?
2. M’est-il facile de voir en l’autre l’image de Dieu ?
En quoi consiste la dignité humaine ?
M’est-il facile d’être un frère (une sœur) pour le prochain ? « Qui est mon prochain ? »
Effort de la semaine : Proposer ses services à quelqu’un qui en aurait besoin.
Message : n° 4 §2 et 4
Bible : Jacques 2,14-17 et Romains 15,1-5
S emaine 4 :
Semaine de la solidarité
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8. §3 Un authentique esprit de fraternité est vainqueur de l’égoïsme individuel qui empêche les personnes
de vivre entre elles librement et harmonieusement. Cet égoïsme se développe socialement, soit dans les
multiples formes de corruption, aujourd’hui partout répandues, soit dans la formation des organisations
criminelles – des petits groupes jusqu’aux groupes organisés à l’échelle globale – qui, minant en profondeur
la légalité et la justice, frappent au cœur la dignité de la personne. Ces organisations offensent gravement
Dieu, nuisent aux frères et lèsent la création, et encore plus lorsqu’elles ont une connotation religieuse.
§4 Je pense au drame déchirant de la drogue sur laquelle on s’enrichit dans le mépris des lois morales et
civiles, à la dévastation des ressources naturelles et à la pollution en cours, à la tragédie de l’exploitation
dans le travail. Je pense aux trafics illicites d’argent comme à la spéculation financière, qui souvent prend
un caractère prédateur et nocif pour des systèmes économiques et sociaux entiers, exposant des millions
d’hommes et de femmes à la pauvreté. Je pense à la prostitution qui chaque jour fauche des victimes
innocentes, surtout parmi les plus jeunes, leur volant leur avenir. Je pense à l’abomination du trafic des
êtres humains, aux délits et aux abus contre les mineurs, à l’esclavage qui répand encore son horreur
en tant de parties du monde, à la tragédie souvent pas entendue des migrants sur lesquels on spécule
indignement dans l’illégalité. Jean XXIII a écrit à ce sujet : « Une société fondée uniquement sur des
rapports de force n’aurait rien d’humain : elle comprimerait nécessairement la liberté des hommes, au lieu
d’aider et d’encourager celle-ci à se développer et à se perfectionner ». Mais l’homme peut se convertir
et il ne faut jamais désespérer de la possibilité de changer de vie. Je voudrais que ce message soit un
message de confiance pour tous, aussi pour ceux qui ont commis des crimes atroces, parce que Dieu ne
veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive (cf. Ez 18,23).
11 Et maintenant, Seigneur Dieu d’Israël, écoute, toi qui as fait sortir ton peuple du pays d’Égypte, par la
force de ta main, avec signes et prodiges, par ta grande puissance et la vigueur de ton bras, toi qui t’es
fait un nom, comme on le voit aujourd’hui.
12 Nous avons péché, nous avons été impies, nous avons été
injustes, Seigneur notre Dieu. En raison de tous tes jugements,
13 que ta fureur se détourne de nous, car
nous ne sommes plus qu’un petit nombre parmi les nations où tu nous as dispersés.
14 Entends, Seigneur,
notre prière et notre supplication ; délivre-nous à cause de toi-même ; fais-nous trouver grâce devant
ceux qui nous ont déportés,
15 afin que la terre entière sache que tu es le Seigneur notre Dieu, puisque
ton nom a été invoqué sur Israël et sa descendance.
16 Regarde, Seigneur, du haut de ta demeure sainte,
et pense à nous. Incline ton oreille, Seigneur, écoute.
17 Ouvre les yeux, Seigneur, et vois. Car ce ne sont
pas les défunts dans le séjour des morts, eux dont le souffle est enlevé des entrailles, qui rendront gloire
et justice au Seigneur,
18 mais l’âme comblée de tristesse, l’homme qui marche courbé et sans force, les
yeux défaillants et l’âme affamée, ceux-là te rendront gloire et justice, Seigneur.
19 Non, ce n’est pas à cause des actions justes de nos pères et de nos rois, que nous déposons notre
supplique devant ta face, Seigneur notre Dieu. 20 Car tu as déchaîné sur nous ta fureur et ta colère, comme
tu l’avais déclaré par tes serviteurs les prophètes, en disant : 21 « Ainsi parle le Seigneur : Courbez les
épaules et servez le roi de Babylone. Alors, vous resterez dans le pays que j’ai donné à vos pères.
22 Mais
si vous n’écoutez pas l’appel du Seigneur à servir le roi de Babylone,
23 je ferai cesser dans les villes de
Juda et dans les rues de Jérusalem le chant d’allégresse et le chant de joie, le chant de l’époux et le chant
de l’épouse. Tout le pays sera désolé, vidé de ses habitants. »
24 Or, nous n’avons pas écouté ton appel
Message : n° 8 §3 et 4
Bible : Baruch 2,11-35
S emaine 5 : Semaine de l’espérance et du pardon
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Questionnaire de carême
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à servir le roi de Babylone, et tu as accompli les paroles que tu avais prononcées par tes serviteurs les
prophètes, à savoir que les ossements de nos rois et de nos pères seraient arrachés à leur tombeau.
25 Et voici qu’ils furent jetés dehors, à la brûlure du jour et au gel de la nuit. Nos rois et nos pères sont
morts dans de cruelles souffrances, par la famine, l’épée et l’exil.
26 Tu as établi la maison sur laquelle
a été invoqué ton nom, comme elle est en ce jour, à cause de la méchanceté de la maison d’Israël et
de la maison de Juda.
27 Tu as agi envers nous selon ton entière bienveillance et ton immense tendresse, Seigneur notre Dieu,
28 comme tu l’avais déclaré par ton serviteur Moïse, le jour où tu lui ordonnas de mettre par écrit ta Loi
en présence des fils d’Israël, en disant :
29 « Vraiment, si vous n’écoutez pas ma voix, cette grande, cette
immense multitude elle-même sera réduite à un petit nombre parmi les nations où je les disperserai !
30 Oui, je sais bien qu’ils ne m’écouteront pas, car c’est un peuple à la nuque raide. Mais dans le pays
de leur exil, ils rentreront en eux-mêmes,
31 et ils sauront que moi, je suis le Seigneur leur Dieu. Je leur
donnerai un cœur et des oreilles qui entendent.
32 Et là, dans le pays de leur exil, ils me loueront, ils se
souviendront de mon nom,
33 ils se repentiront de leur obstination et de leurs actions mauvaises, au
souvenir du destin de leurs pères, qui avaient péché devant le Seigneur.
34 Alors, je les ferai revenir dans
le pays que j’ai promis par serment à leurs pères Abraham, Isaac et Jacob, et ils y seront maîtres. Je les
multiplierai, ils ne diminueront plus !
35 J’établirai pour eux une alliance éternelle : je serai leur Dieu et
eux, ils seront mon peuple. Jamais plus, je ne déplacerai mon peuple Israël loin du pays que je leur ai
donné » (Ba 2,11-35).
Questionnaire :
1. Croyons-nous en la puissance de l’amour ?
Face à tant de choses qui oppriment ou assombrissent la vie des hommes, est-ce que nous conservons la
foi ? Dieu peut-il triompher de tout ce mal qui nous entoure en passant par nous ?
2. Malgré les divisions, les haines et les violences, le pape rappelle que la fraternité ‘chrétienne’ n’est pas
un vain mot ! En regardant notre vie, qu’est-ce qui, en nous, fait obstacle à la fraternité ? Est-ce que nous
avons le courage de définir cet obstacle comme un péché ? Sommes-nous prêts à la vraie conversion qui
nous permet de regarder l’autre comme un frère à aimer ‘malgré tout’ et non comme un ennemi potentiel,
un profiteur…
Avant de vouloir la conversion des autres, ne faut-il pas que je me convertisse d’abord ?
Avant de souhaiter que le mal disparaisse de la société, que puis-je faire pour qu’il disparaisse de ma famille ?
La famille est une microsociété. Les abus dont parle le pape peuvent-ils se retrouver au sein d’une famille ?
Comment porter un regard d’espérance sur le pécheur ?
Effort de la semaine : Proposer ou accueillir une réconciliation.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE
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Le 26 janvier 2014 restera à tout jamais une date mémorable pour les Centres
de Préparation au Mariage (CPM) de la Martinique. A l’occasion de son assemblée
générale annuelle, le mouvement avait prévu de prolonger cette rencontre
statutaire par un temps inédit de rassemblement des représentants
du mouvement depuis son origine, en présence de l’évêque du \
diocèse,
Mgr Michel Méranville. Cette rencontre devait marquer l’ouverture des
festivités organisées pour célébrer le cinquantenaire des CPM en Martinique.
D
ès 11h, les anciens respon-
sables diocésains du mou-
vement étaient accueillis
dans la grande salle de confé-
rences du couvent de Cluny. Temps
de retrouvailles émouvant entre
les anciens et les nouveaux, dans
une grande fraternité. Le temps de
prendre des nouvelles des uns et
des autres, et c’est l’évêque du dio-
cèse, Mgr Michel Méranville, qui
arrivait, accueilli par le président
en exercice et les deux vice-prési-
dents.
Après une brève intervention au
cours de laquelle l’archevêque
nous a exprimé sa joie d’être avec
nous, nous nous sommes déplacés,
en procession, vers la chapelle du
couvent où devait se dérouler
la célébration eucharistique
d’ouverture de cette année de
Jubilé.
Quelle merveilleuse célébration !
Comment imaginer plus bel
espace pour exprimer notre
reconnaissance au Seigneur pour
tout ce qu’il a fait, à travers le
mouvement, durant ces cinquante
années, mais aussi manifester cette
belle unité du mouvement, autour
de l’évêque et à travers les âges,
signe de sa présence bienveillante
à nos côtés ?
Dans son homélie, notre évêque
n’a pas manqué de rappeler à quel
point la mission des CPM est impor-
tante pour aider les couples fiancés
à prendre conscience de la nature
même du sacrement qu’ils sou-
haitent se donner mutuellement.
Oui, car le mariage est le seul sacre-
ment qui est transmis directement
par les bénéficiaires eux-mêmes, le
prêtre étant là comme témoin de
cette alliance.
Le rôle des CPM est de témoigner
aux fiancés que le mariage n’est pas
simplement une belle cérémonie
à l’église, pas seulement une
bénédiction d’un projet humain,
mais bien le point de départ d’un
engagement radical à renoncer à
nous-mêmes et mettre nos vies au
service de cette famille qui prend
naissance. Cet engagement devra
s’exprimer chaque jour de notre
vie, dans les choix et renoncements
que nous aurons à vivre. C'est ainsi
que le mariage devient chemin de
sanctification pour les époux, et
image du don de Jésus Christ pour
son Eglise. C’est un chemin qui
nécessite une relation personnelle
forte avec le Christ, à travers la
prière, la lecture quotidienne de
sa Parole et la pratique assidue des
sacrements. C’est ce message qui,
depuis cinquante ans, est relayé
sans cesse par les générations
d’animateurs qui se sont succédé
dans cette mission.
D’autres temps forts ont marqué
cette célébration :
- La bénédiction, par l’évêque,
des époux Alain et Line Gaudy,
animateurs CPM, qui fêtaient
leur 23 ème anniversaire de
mariage et qui ont pu, à cette
occasion, renouveler leurs vœux
d’engagement, soutenus par la
communauté CPM.
Dossier : Les Centres de Préparation au Mariage
Cinquantenaire des CPM Martinique
Cérémonie d’ouverture
Bénédiction de Alain et Line Gaudy
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Dossier : Les Centres de Préparation au Mariage
- La lecture de la prière de l’unité du mouvement, que nous avons
tous récitée en chœur, dans une
demande commune, conscients
que l’unité est une grâce qui ne
peut venir que de Dieu lui-même.
- Mais le moment le plus intense
a été, sans nul doute, la
proclamation du
Notre Père.
Imaginez cent vingt personnes, le
couple fondateur du mouvement
CPM à la Martinique, Guy et
Marcelle Prudent en tête, les
responsables diocésains qui se
sont succédé depuis les débuts,
les animateurs actuels, les enfants
de ces animateurs qui symbolisent
les générations futures du
mouvement, se tenant tous par
la main, autour de l’évêque du
diocèse, et récitant la prière
reçue de Jésus Christ lui-même : le
Notre Père. C’est toute l’histoire
passée, présente et future des
CPM Martinique, ainsi que leur
vocation, qui étaient, dans cet
instant, présentées à Jésus Christ,
comme une offrande. C’est l’unité
diocésaine du mouvement, à
travers les âges, qui s’exprimait et
recevait la bénédiction suprême.
Pendant les deux minutes qu’a
duré cette prière, le temps est
resté suspendu dans ce cœur à
cœur avec Jésus.
Après le partage du corps du Christ,
nous nous sommes tous retrouvés
dans l’espace de restauration du
couvent de Cluny pour partager
un repas de fête et poursuivre
les retrouvailles avec les anciens,
non sans avoir préalablement
souscrit à la traditionnelle photo
de famille qui constituera un
souvenir inoubliable pour nous et
les générations à venir.
Mais la journée n’était pas encore
terminée, car nous tenions à
manifester notre reconnaissance
aux anciens, à l’occasion d’une
cérémonie spéciale qui s’est
déroulée dans l’après-midi dans
la grande salle du couvent.
Chaque ancien responsable
diocésain a pu, en quelques minutes,
témoigner de son vécu à la tête du
mouvement et transmettre, dans
un geste symbolique, un témoin
au responsable suivant. Le témoin
était un parchemin contenant
des citations incontournables
sur la préparation au mariage.
Par ces petits
témoignages, nous
avons pu mesurer
comment l’âme
et l’esprit CPM
se sont transmis
de génération en
génération, jusqu’à
aujourd’hui. Cette
cérémonie a été
aussi l’occasion
de remettre à chaque ancien
responsable un trophée, en
reconnaissance de l’action qu’il a
accomplie durant sa mandature.
Ensuite, Gabriel Levif, le
responsable diocésain des CPM en
exercice, a présenté le programme
des festivités de l’année 2014.
Le menu est copieux. Signalons
la caravane CPM à la rencontre
des districts du diocèse, qui,
chaque mois, animera la messe
dans une paroisse différente et témoignera du mariage
catholique ; la rencontre avec
les jeunes en cheminement ; le
pèlerinage des familles à Lourdes…
Le programme complet et détaillé
des festivités 2014 (cf. page 21) est
aussi disponible sur le site I
nternet
du diocèse, ainsi que sur la page
facebook des CPM Martinique :
acpmmartinique
Comme l’a indiqué le responsable
diocésain, l’année 2014 sera une
année d’ouverture du mouvement
CPM, où nous irons ‘à la rencontre
de ceux qui ont besoin de nous’. Ne
serait-ce point là une orientation
nouvelle qui marquera l’avenir du
mouvement ? Il y a des moments
qui font date dans l’histoire d’un mouvement et
amènent un nouveau
souffle dans son action.
La journée du 26 janvier
2014 fait partie de ces
moments décisifs.
Gabriel Levif - Responsable
diocésain des CPM
Martinique
n
ÉGLISE EN MARTINIQUE
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20
Responsables diocésains
des CPM Martinique :
Marcelle et Guy Prudent
(1964-1981) et fondateurs du
mouvement en 1964
Victor Berthaud Celcal, et Marie-Andrée (1982-1987)
Yves-Marcel Eliette, et Odile (1988-1992)
Victor Paul Pilome, et Catherine (1993-1994)
Omer Dondon, et Laura (1995-1998)
José Paulin, et Monique (1999-2004)
Michel Marty, et Marie-Agnès (2005-2006)
Paul Galva, et Valérie (2007-2012)
Gabriel Levif, et Muriel (depuis 2013)
Gabriel et Muriel Levif
L'assemblée jubilaire
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Programme détaillé de l'année du Jubilé
JANVIER
Emission sur Radio Saint-Louis (RSL) 10/01/2014
Assemblée générale ACPM 2014 26/01/2014
Lancement de l'année du JUBILE CPM 26/01/2014
Lancement des assises du mouvement 26/01/2014
MARS
Emission sur RSL 14/03/2014
Récollection de Carême 23/03/2014
Caravane CPM à la rencontre des districts
District du Lamentin
MAI
Emission sur RSL 09/05/2014
Caravane CPM à la rencontre des districts
(Journée du mariage à Sainte-Marie) 29/05/2014
Rencontre des jeunes en cheminement
SEPTEMBRE
Emission sur RSL 12/09/2014
Caravane CPM à la rencontre des districts
District de Redoute
Rentrée du mouvement 28/09/2014
JUILLET
Journée de l'unité CPM 06/07 /2014
Caravane CPM à la rencontre des districts
District du François
Pèlerinage CPM à Lourdes
NOVEMBRE
Emission sur RSL 14/11/2014
Caravane CPM à la rencontre des districts
District du Lorrain
Temps de formation des animateurs
FEVRIER
Participation au Salon du mariage 1
er et 2/02/14
Caravane CPM à la rencontre des districts
(Journée du mariage à De Briant) 02/02/2014
Fête des fiancés 14/02/2014
Article dans Eglise en Martinique EEM (Programme de
l'année CPM)
AVRIL
Article dans EEM (Récollection)
Emission sur RSL 11/04/2014
Sortie du nouveau livret de l'animateur
Caravane CPM à la rencontre des districts
District de Bellevue
JUIN
Emission sur RSL 13/06/2014
Retraite de P entecôte 6 au 8/06/14
Caravane CPM à la rencontre des districts
District des Trois-Ilets
OCTOBRE
Emission sur RSL 10/10/2014
Caravane CPM à la rencontre des districts
District du Morne-Rouge
Retraite de Toussaint 31/10 au 2/11/14
AOUT
DECEMBRE
Emission sur RSL 12/12/2014
Emission spéciale sur RSL
Conclusions des assises du CPM 14/12/2014
Célébration eucharistique de clôture 14/12/2014
Fête de la Sainte famille 29/12/2014
Pèlerinage de Notre-Dame de la Délivrande 30/08/2014
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Dossier : Les Centres de Préparation au Mariage
Un appel en couple pour le service des frères
N
ous avons tous les deux
accompagné le CPM dès
sa naissance et ce, pen-
dant plus de trente ans. Que de
chemin parcouru depuis 1964 !
Quelle belle histoire sainte ! Que
de joies dans tous les souvenirs
qui remontent avec force !
En octobre 1957, à Paris, la
providence veille. Elle est à la
gare Saint-Lazare, à l’arrivée du
train paquebot. Marcelle et Guy
ont la joie de se retrouver après
les lettres, les promesses : lui à
Lyon et elle à Paris. Au mois de
mars 1958, ils vont trouver le père
Raphaël Miron, alors aumônier
des étudiants antillo-guyanais à
Paris, parce qu’ils envisagent de se
marier. Le CPM n’existant pas, c’est
le père Miron qui les prépare à leur
union et préside la célébration, le
12 juillet 1958.
Nous nous sommes donné ce
jour-là le sacrement de mariage, le
seul sacrement que se donnent les
époux. Le père Miron nous invitait
alors à être signe de l’amour de
Jésus Christ pour tous nos frères.
Quel envoi ! Nous n’avions pas
tout compris sur le moment de ce
que signifiaient ces mots.
En 1962, nous sommes rentrés à la
Martinique. Le père Miron, revenu
au pays lui aussi, est directeur des
œuvres. En juillet 1963, il nous
suggère de vivre une retraite de
vocation conjugale. C’est ainsi
qu’au mois d’août 1964, nous
participons à cette retraite, animée
par un père jésuite, Alphonse
d’Heilly, aumônier national des
CPM. Pendant dix jours, elle réunit
dix-neuf couples martiniquais au
couvent Saint-Joseph de Cluny
à Fort-de-France. Nous sommes
amenés à vivre un temps privilégié,
à faire une remise en cause de notre
vie de chrétiens mariés et surtout à
faire la découverte extraordinaire
de notre nouvelle vocation : vivre
l’Amour du Seigneur en couple et
être signe de cet Amour auprès
des autres.
Dix parmi ces couples prennent
la décision de ne pas garder
pour eux ce qu’ils ont reçu et
d’accueillir cette vocation d’être
au service des fiancés. Ainsi est
née, en septembre 1964, sur
la paroisse de la Cathédrale
Saint-Louis, la première équipe
CPM. Le père Werner Meier, en
sa qualité de curé, en devient
tout naturellement l’aumônier.
Pendant huit mois, cette équipe
fait révision de vie et se prépare
à accueillir les quinze premiers
couples de fiancés en mai 1965,
pendant six semaines, au rythme
d’une réunion par semaine.
Très vite, dans l’année 1965, une
autre équipe CPM voit le jour en
milieu rural, au Lorrain, avec la
présente forte de Justin et Janine
Etifier, tous deux médecins.
De 1965 à 1974, les sessions
de fiancés sont organisées
régulièrement à Fort-de-France
et au Lorrain, au nombre de deux
par an en chacun de ces lieux, en
avril-mai et octobre-novembre,
pour répondre aux nombreuses
demandes des fiancés dont les
mariages, comme chacun sait,
ont traditionnellement lieu chez
nous en juillet-août et décembre.
Une vingtaine de couples de
fiancés se pressent aux sessions
dans les débuts, mais bien vite
ce nombre s’accroît et les salles
deviennent trop petites. Les
foyers-animateurs ont fort à faire,
puisqu’ils sont cinq à six couples
par session à recevoir une centaine
de fiancés, tout particulièrement
sur Fort-de-France.
Dans le même temps, la vie du
CPM est appelée à se structurer, à
prendre une nouvelle dimension.
En 1972 et 1974, le retour du
père d’Heilly à la Martinique
permet d’organiser deux nouvelles
retraites de vocation conjugale,
en présence de notre aumônier,
le père Gabriel Valard, désigné
dès 1972 par l’évêque d’alors,
Mgr Maurice Marie-Sainte.
C’en est fini de la phase
prophétique du CPM avec un seul
couple responsable. Une équipe
diocésaine, composée de quatre
à cinq couples et de l’aumônier,
est mise en place : elle peut mieux
assurer les responsabilités de la
préparation au mariage et prendre
en charge les nouvelles demandes
de sessions sur l’île.
C’en est fini également de la
période pendant laquelle le
CPM fonctionnait en assemblée
ordinaire libre. Une assemblée
A l’occasion du jubilé des CPM, Eglise en Martinique donne la parole à Marcelle
et Guy Prudent, fondateurs du mouvement à la Martinique.
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constitutive se tient en mars et
mai 1974 : elle donne lieu à la
naissance de l’Association des
Centres de Préparation au Mariage
de la Martinique (ACPM) qui fait
l’objet d’une déclaration officielle
en préfecture.
Toutes ces années passées au
CPM nous ont ouverts, en notre
qualité de membres fondateurs,
à de nombreuses rencontres qui
devaient fortifier la formation des
couples. Tous les deux ans, nous
partions en métropole pendant les
mois de juillet-août et en profitions
pour faire des retraites d’une
semaine avec le père d’Heilly, au
monastère de Saint-Hugues-de-
Biviers.
Le père d’Heilly nous a aidés à
rencontrer différents responsables,
notamment du Centre de Liaison
des Equipes de Recherche (le
CLER), qui ont participé à notre
formation, tant en Martinique
qu’en métropole. Nous avons
pu ainsi participer à des sessions
organisées à Poissy sur l’écoute des
jeunes (un stage et un diplôme),
ainsi qu’à la formation de
conseillers conjugaux et familiaux.
Dans le même temps, le CLER
s’implantait à la Martinique avec
l’aide d’une association nouvelle
présidée par une religieuse de la
Congrégation des Sœurs du Saint-
Esprit, Sr Jeanne Vilmin. Il convient
de souligner l’aide précieuse que nous a apportée, en différentes
circonstances, une autre religieuse,
Sr Annick Uzel, alors responsable
des Sœurs du Saint-Esprit à la
Martinique.
De même, nous ne voulons pas
oublier tout ce que nous avons
reçu de l’Abbé Denis Sonnet lors
de ses passages à la Martinique.
Citons également l’apport
précieux de la philosophe Aline
Lizotte, à l’occasion de ses séjours
pour des conférences chez les
Bénédictins (moines et moniales)
de Martinique. Plusieurs couples
ont bénéficié desdites conférences
et, pour certains d’entre eux, de
la formation pour les couples,
dispensée à la Martinique
et en métropole, à Solesmes
notamment.
Il faut encore souligner que nous
avons été appelés par Mgr Marie-
Sainte pour la mise en place du
Service Diocésain de la Pastorale
Familiale avec le Père Gabriel
Valard, nommé délégué de ce
service.
Sans laisser la pastorale familiale,
c’est en 1981 que nous avons passé
le flambeau de la responsabilité
des CPM Martinique. Ce fut tout
d’abord, en 1980, un engagement
dans le renouveau charismatique
avec Sr Paule-Marie, berger de
l’important groupe de prière de
Cluny. Deux plus tard, lors du
départ de celle-ci pour la Guyane,
ce fut l’appel de Guy par le père
Ménoret pour être le berger de
ce groupe de prière. Ce n’était
qu’un appel à aller plus loin avec
le Christ. Il annonçait le chemin
d’un engagement plus radical
qui s’est vérifié en 1990, dans la
Communauté du Chemin Neuf.
Il est temps de conclure dans la
joie en remerciant Dieu pour cette
année jubilaire, pour cette belle
journée du 26 janvier, pour tous
ces souvenirs évoqués, ces visages
retrouvés, autant que pour les
plus jeunes. Dans notre assemblée
jubilaire de Cluny, une question
avait jailli d’une voix jeune :
Mais
quel âge avez-vous ? La réponse de
Guy, de sa voix forte, avait retenti :
164 ans pour le couple et le même
âge pour chacun de nous deux !
Que ta bénédiction forte, Seigneur,
se renouvelle jour après jour, en
vue d’un engagement des familles
pour résister aux menaces de notre
société d’aujourd’hui.
Marcelle et Guy Prudent n
Dans le cadre des activités de la Pastorale des Jeunes et du Service diocésain des Vocations,
un temps de prière, d’adoration, d’enseignement, clôturé par l’eucharistie,
est proposé aux jeunes de 15 à 35 ans
à l’église Notre-Dame du Rosaire de Redoute à Fort-de-France
le vendredi 28 février 2014 de 17h30 à 22h.
Les jeunes intéressés sont priés de s’inscrire en paroisse
Communiqué PASTORALE DES JEUNES / PASTORALE DES VOCATIONS
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 23 février 2014 / n°479
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Père Valard, Guy et Marcelle Prudent
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II°) Le ‘chacun pour soi’ et
ses nouveaux rapports
I
nterrogeant cette expression,
questionnant cette société,
Enrico Malatesta s’écria : « Et
ils ont cherché à accaparer, chacun
pour soi, la plus grande quantité de
jouissance possible, sans s’occuper
des intérêts d’autrui » ; autrement
dit :
« Yo ka fè zafè yo ! ».
Oui, le ‘chacun pour soi’ désigne
la tendance humaine à faire
prévaloir ses intérêts personnels
au détriment de l’intérêt général.
Pour appréhender cet ‘individu’,
analysons les rapports qui lui
sont propres à travers quelques
exemples :
• Le rapport à son corps
Pour ce qui est, par exemple, de la
maternité et de la procréation, les
nouvelles techniques de maîtrise
de la fécondité bouleversent
les relations conjugales, à l’ère
du ‘chacun pour soi’. Mais, bien
plus, l’individu moderne (voire
hypermoderne) transforme et crée
lui-même son corps à sa guise, avec
le progrès de la chirurgie. « Le
corps devient une plastique, une
pâte à modeler à tout âge » pour
conserver l’apparence physique
désirée ou rêvée : c’est aussi un
tableau sur lequel on peint, pour
se montrer, se faire voir ; l’autre,
c’est le rival. Les conséquences
du tatouage peuvent être
cependant désastreuses à moyen
et long terme : développement
de maladies de la peau ou encore
de l’hépatite C ; par ailleurs, une
péridurale ne peut être réalisée
sur une future mère présentant un
tatouage dans la partie inférieure
du dos…
• Le rapport aux autres
Le rapport aux autres devient de
plus en plus abstrait. Même dans le
bus qui conduit les enfants à l’école,
dans le taxi de commune qui mène
en ville ou, pire encore, dans la
voiture de papa, chacun prend
son Smartphone ou sa tablette
et joue, et tweete… Ceci fait dire
à Frédéric Beigbeder, dans Un
roman français, que « privés de nos
liens familiaux, nous sommes des
numéros interchangeables comme
les numéros de Facebook… ». Il
ajoute ailleurs : « La société dans
laquelle nous sommes nés repose
sur l’égoïsme. Les sociologues
nomment ça l’individualisme,
alors qu’il y a un mot plus simple :
nous vivons dans une société de
solitude. Il n’y a plus de famille,
plus de village, plus de Dieu. Nos
aînés nous ont délivrés de toutes
ces oppressions et à la place ils ont
allumé la télévision. Nous sommes
abandonnés à nous-mêmes,
incapables de nous intéresser à
quoi que ce soit d’autre que notre
nombril ».
• Le rapport au temps
Depuis l’avènement du
téléphone portable, d’I nternet,
de l’ordinateur de poche, c’est
la course… à la vitesse, avec la
volonté d’en tirer un maximum
de profit et de plaisir. L’expression
time is money n’a jamais été
autant d’actualité. Cette volonté
a un soubassement économique
et, dans ce contexte, la vitesse
devient pouvoir et engendre des
comportements fous sur la route,
des klaxons et jurons dans les
embouteillages. « Ou ka fè mwen
pèd tan mwen ! fè vit la !... ».
Mamie ne peut plus traverser la
rue en paix ! Et on s’en fout ! C’est
le ‘chacun pour soi’…
Le philosophe catholique Paul
Virilio, dans
Penser la vitesse,
nous met en garde : l’histoire de
l’individu est l’histoire de la vitesse
et concrètement du moteur… A
chaque étape, le temps est accéléré
et finit par devenir l’urgence
continue, le rythme impossible
à suivre… Il a plusieurs boîtes et
adresses électroniques, mais passe
tout son temps à répondre à ses
courriels, pris dans la spirale de
l’urgence…
• Le rapport à l’espace
Nous sommes à l’ère de la
globalisation qui est économique
et financière, mais aussi humaine
en ce sens que l’intégration
et l’interconnexion sont telles
que l’individu hypermoderne
a le sentiment d’appartenir à
la globalité du monde : c’est ce
qu’exprime le jeune de Fort-de-
France ou de Basse-Pointe, dans
la mode et l’influence du
Bronx,
habillé à l’américaine, qui laisse
tomber son pantalon avec sa
casquette de travers… C’est que
celui qui est ‘proche’ n’est pas le
voisin immédiat, mais peut-être
celui avec lequel je communique
en Alaska, à l’instant présent, sur
Facebook. C’est qu’en réalité, plus
personne n’est vraiment proche, à
l’ère du ‘chacun pour soi’.
•Le rapport à Dieu
Pour l’individu hypermoderne, la
recherche du salut ne se situe pas
La Martinique à l’heure
du 'chacun pour soi'
(2)
Suite et fin de la réflexion très circonstanciée de M. Serge Baret commencée
dans le précédent numéro de notre revue.
Société
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dans l’au-delà. Le salut doit être
immédiat, ici-bas : la quête du salut
passe par un ‘bonheur total’ ici-bas ;
c’est la ‘mondanisation du salut’
(cf. Yves Lambert). Elle peut être
résumée dans la religiosité (la quête)
de l’épanouissement individuel.
L’individu hypermoderne – qui
veut jouir au maximum de l’instant
présent (maximiser son temps,
diraient certains économistes)
– le conçoit et le vit ici-bas au fil
d’émotions.
C’est, en fait, une mondanisation
émotionnelle, en ce sens que
l’émotion est expressive, tout
en extériorité, en manifestation,
mise en scène. D’autre part, elle
est plurielle (l’individu a plusieurs
émotions, elles peuvent être
nombreuses en une journée) et
furtive, rapide, elle disparaît aussi
vite qu’elle est apparue et laisse
place à une autre.
Aujourd’hui, à l’heure du
‘chacun pour soi’, les valeurs
sont centrées essentiellement sur
les ‘droits individuels’ et le droit
à l’épanouissement personnel
prévaut sur toute autre forme de
droit. C’est mon bonheur personnel
avant tout, avant celui de l’autre.
L’avortement, le divorce et les autres lois de la modernité en
sont les fruits les plus manifestes.
Si l’arrivée d’un bébé contrarie ma
liberté et mon bonheur, pas de
problème : supprimons-le ! Si mon
conjoint ou ma conjointe contrarie
ma liberté individuelle, pas de
problème… ! Si mon fils handicapé
ou mon parent âgé gêne ma
liberté, pas de problème…!
L’individu hypermoderne est libre !
Pour Jésus, l’important c’est l’autre,
particulièrement le plus pauvre, le
plus malade : c’est tout le message
du mystère de l’Incarnation (ou de la
Croix) et de la tradition chrétienne.
Mais les philosophes du XVIII ème
siècle, dits, par singerie, des
lumières,
y ont vu une forme
d’aliénation de l’individu et
développé son culte.
Rappelons les mots de saint Paul, qui
n’a pas manqué de nous instruire du
primat de la Charité, dans le cadre
de son testament pastoral à Ephèse :
Je vous ai toujours montré qu’il
faut travailler ainsi pour secourir
les faibles,
en nous rappelant les
paroles du Seigneur Jésus, car lui-
même a dit : Il y a plus de bonheur à
donner qu’à recevoir (Actes 20,35).
En tout état de cause, la société est
plus que la somme des individus
qui la composent et l’histoire
nous apprend que la survie de
l’humanité passe par la solidarité
et le partage.
Le véritable défi n’est-il pas de (re)
penser le développement de la
Martinique, car « les sociétés sans
projet deviennent claustrophobes.
Dès lors que l’espérance s’évanouit,
le présent devient un butin
dont chacun veut sa part » (J.C.
Guillebaud,
Le goût de l’avenir ).
Or, le catholique n’est-il pas porteur
d’espérance ?
Serge Baret
Docteur en Sciences Economiques
n
Le conseil d’administration de la Fédération des Mouvements d'Action Catholique
de la Martinique (FEMAC/M) qui regroupe les mouvements suivants :
• Action Catholique des Milieux Sanitaires et Sociaux
• Chrétiens dans le Monde Rural
• Chrétiens dans le Monde du Travail
• Equipes Enseignantes
• Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne
invite ses membres à participer à un échange d’expérience sur la révision de vie \
le dimanche 2 mars 2014 de 8h30 à 12h30
au Relais paroissial de Chateaubœuf - à Fort-de-France
Ce sera pour eux l’occasion de profiter de la présence du père jésuite Michel Roger, délégué du Provincial
pour l’apostolat des Exercices Spirituels, pour découvrir l’accompagnement spirituel de groupes.
Plus d’informations auprès du président, Yves-Marie Grivalliers : 06 96 85 22 00.
Communiqué FEMAC MARTINIQUE
FÉDÉRATION DES MOUVEMENTS D'ACTION CATHOLIQUE
La société est plus que la somme
des individus qui la composent et
l’histoire nous apprend
que la survie
de l’humanité passe par la solidarité et le partage.
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La justice sociale au cœur de
la doctrine sociale de l’Eglise (2)
Pour Léon XIII, le travailleur ne doit pas obtenir par charité ce \
qui doit lui revenir
par justice. Justice et charité doivent se conforter l’une l’autre et entrer en
dialogue pour servir la construction d’une communauté vraiment humaine.
L’enseignement social de l’Église n’aura de cesse de le rappeler. « Pour être
authentiquement vécue, écrit Pie XI en 1937, la charité doit to\
ujours tenir
compte de la justice » (Divini redemptoris, 49).
A
près la Seconde Guerre
mondiale, de nouveaux
équilibres apparaissent
à l’échelle internationale : la
question sociale devient peu à
peu mondiale. Une phrase de
l’encyclique
Populorum progressio
(PP)
, promulguée par Paul VI en
1967, frappe particulièrement
l’opinion publique mondiale :
« Le développement est le
nouveau nom de la paix »
(
PP, 76). Pour conduire à la paix, le
développement ne peut être réduit
à sa dimension économique, c’est
avant tout une question morale.
Son but doit être la promotion de
tout homme et de tout l’homme :
personne, ni aucune dimension
de l’existence humaine ne doivent
en être exclus. En conséquence,
le développement a besoin, non
seulement de techniciens, mais
aussi de sages, pour sa réalisation.
Cette vision du développement a
des conséquences concrètes sur
les actions à entreprendre. Elle
rend attentif aux besoins et aux
urgences du monde et oriente
l’action dans un combat contre
les obstacles à la formation d’un
monde plus juste. Ainsi, il ne suffira
pas de combattre la faim, du moins
pas seulement la faim d’aliments,
mais aussi la faim d’instruction dans
les pays où les personnes n’ont pas
accès à une éducation de base.
Populorum progressio l’affirme :
« Un analphabète est un esprit
sous-alimenté » ( P P, 35). De même,
il ne suffit pas de faire reculer la
pauvreté : « Le combat contre la
misère, urgent et nécessaire, est
insuffisant. Il s’agit de construire
un monde où tout homme, sans
exception de race, de religion, de
nationalité, puisse vraiment vivre
une vie humaine… » (
P P, 47).
Paul VI indique trois devoirs
à respecter pour permettre
un développement solidaire
de l’humanité : « un devoir de
solidarité, l’aide que les nations
riches doivent apporter aux pays
en voie de développement ;
un
devoir de justice sociale,
le redressement des relations
commerciales défectueuses entre
peuples forts et peuples faibles ;
un
devoir de charité universelle,
la promotion d’un monde plus
humain pour tous, où tous auront
à donner et à recevoir, sans que le
progrès des uns soit un obstacle
au développement des autres »
(PP, 44).
En conclusion, à chaque étape de son
développement, la doctrine sociale
de l’Église a cherché des remèdes
aux injustices les plus flagrantes.
Dans un premier temps, celles-ci
ont été interprétées comme la
conséquence d’un éloignement de
l’homme de la doctrine chrétienne
et de ses institutions. Puis, les
encycliques ont fait ressortir la
dimension proprement sociale des
situations d’injustice. Ces dernières
sont toujours la conséquence du
péché de l’homme, mais d’un
péché qui s’est cristallisé dans les
institutions – ce que Jean Paul II
appelle les « structures de péché »
– qui contribuent à la reproduction
des injustices. Et c’est pourquoi
le combat pour la justice exige
non seulement notre conversion
personnelle, mais encore un
engagement déterminé en faveur
d’une réforme des structures et des
institutions au service d’une société
plus juste et donc plus humaine, « la
civilisation de l’amour » englobant
le genre humain tout entier.
Michel Déglise
Pour en savoir plus :
Compendium
de la doctrine sociale de l’Eglise,
Editions du Cerf, 2010 n
organise une session de prière à la chapelle du Coin
du 2 au 5 mars 2014 - de 14h30 à 18h30
Thème :
Jésus peut-il faire des miracles dans ma vie ?
Une garderie sera assurée pour les enfants.
Communiqué LE GROUPE DE PRIÈRE CHARISMATIQUE DU CARBET
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Dimanche 23 février 2014
L’outre-mer, malade de sa violence ?
La violence progresse-t-elle outre-mer ? L’outre-mer est-elle malade de sa violence ? Les jeunes sont-ils plus
violents aujourd’hui ? Pourquoi les femmes sont-elles encore battues aujourd’hui ? Toutes ces terribles
questions,
Dieu m’est témoin a choisi de les poser cette semaine. Pas uniquement pour en faire le constat,
mais pour en comprendre les causes et tenter d’en trouver l’issue…
Sandra Calmo sera l’une de nos invités. Martiniquaise, installée en région parisienne, elle a monté une
association
Contre la violence aux Antilles et met en place un réseau local où les acteurs de la vie économique
s’engagent pour la formation des jeunes.
Dimanche 2 mars 2014
Et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise
Sommes-nous sensibles à l’architecture d’une église ? La beauté d’un bâtiment modifie-t-elle notre façon de
prier ? L’outre-mer recèle des trésors religieux, mais comment sont-ils conservés ?
Pour répondre à ces questions,
Dieu m’est témoin accueille cette semaine François Asselin. Ce chef d’entreprise,
spécialisé dans la restauration des monuments historiques, fils, petit-fils et arrière-petit-fils de charpentier,
élevé à la mode ‘compagnon’, viendra nous raconter comment il a utilisé et respecté les traditions locales
pour chacun de ses chantiers, comme la charpente de la cathédrale Saint-Michel de Rikitea en Polynésie ou
dans la chapelle pointue à Saint-Gilles à La Réunion.
Nous découvrirons aussi comment une cloche du Caucase est arrivée à la Martinique dans l’église de Saint-
Esprit.
Dimanche 9 mars 2014
Je suis patron, je suis chrétien !
Y a-t-il une façon chrétienne de gérer son entreprise ? Comment concilier sa foi et ses responsabilités face aux
enjeux du monde du travail ? De qui être au service : du client, de l'actionnaire, du profit ?
Cette semaine,
Dieu m’est témoin s’intéresse au monde de l’entreprise à travers le regard de ceux qui les
dirigent.
Sandra Casanova, chef d’entreprise martiniquaise, viendra nous dire comment elle a su s’imposer comme
femme patron dans un monde très masculin, celui des transports ; comment elle a mis en place, dans son
île, le réseau
Femmes 3000 , ayant le souci premier de donner de la visibilité aux femmes et à leurs projets.
Nous serons connectés avec Cayenne, en Guyane, où Rudy Stephenson, le tout nouveau président des
EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens), nous racontera son engagement en tant que chrétien et chef
d’entreprise.
Rendez-vous sur www.dieumesttemoin.fr pour voir et revoir les émissions
Medias
Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 23 février 2014 / n°479
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99.5 - 101.3 et 105,3 MHz
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Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
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Hymne à l’amour
J
’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges,
si je n’ai pas la charité,
s’il me manque l’amour,
je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.
J’aurais beau être prophète,
avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu,
j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes,
s’il me manque l’amour,
je ne suis rien.
J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés,
j’aurais beau me faire brûler vif,
s’il me manque l’amour,
cela ne me sert à rien.
L’amour prend patience ;
l’amour rend service ;
l’amour ne jalouse pas ;
il ne se vante pas,
ne se gonfle pas d’orgueil ;
il ne fait rien d’inconvenant ;
il ne cherche pas son intérêt ;
il ne s’emporte pas ;
il n’entretient pas de rancune ;
il ne se réjouit pas de ce qui est injuste,
mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
il supporte tout,
il fait confiance en tout,
il espère tout,
il endure tout.
L’amour ne passera jamais.
1 Corinthiens 13,1-8
