498 - Le frère David Macaire succède à Mgr Méranville

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N° 498 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 15 mars 2015 Le frère David Macaire succède à Mgr Méranville DIOC?SE DE MARTINIQUE :

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Editorial Editorial Mot de l'Evêque • Tu nous as choisis pour servir en ta presence Xxx • Le frère David Macaire, nouvel Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France Eglise universelle • Message du pape François pour la 30 ème Journée Mondiale de la Jeunesse 2015 Liturgie • Parole dominicale Chemin de sainteté • Fête de Saint Joseph Dossier : Ton corps est le temple du Saint Esprit – Comment vis-tu cela ? • Votre corps est le temple du Saint Esprit • Témoignages La vie consacrée • La Congrégation des Sœurs de la Charité de Saint-Louis Vie du Diocèse • Scouts et Guides de Martinique : Prêts pour construire un monde plus fraternel • Conférence-débat « Réussir sa vie sexuelle et sentimentale » Vers la vie • Sœur Claire-Madeleine Gréaux Société • La mangrove : les chercheurs tirent la sonnette d’alarme Médias numéro 498 S ommaire L e frère David Macaire est le nouvel archevêque de Martinique, nommé par le pape François, depuis le 7 mars dernier ! Une grande joie pour le diocèse et pour Mgr Méranville qui aspirait, depuis quatre ans, à une retraite bien méritée. Pour cette édition, les exigences de calendrier nous obligent à ê\ tre assez succincts sur cette nomination. Mais nous y reviendrons plus longuement, sachant que le Frère Macaire sera sur place pour nous livrer ses sentiments. Dans son Message pour la 30e Journée Mondiale de la jeunesse (JMJ), le Saint-Père lance aux jeunes une exhortation à se rebeller «c\ ontre la tendance diffuse à banaliser l’amour». L’amour vrai existe, mais il doit s’apprendre : c’est cette notion que le diacre Jean-Paul Levif, in\ vité sur la paroisse du Morne-des-Esses, a tenté d’inculquer aux jeunes\ Samaritains de l’année Pierres vivantes, lors d’une conféren\ ce-débat intitulée «Réussir sa vie sexuelle et sentimentale». Notre dossier «Ton corps est le temple du Saint Esprit – Comment le vis-tu ? », est inspiré des paroles de saint Paul, dans sa premiè\ re lettre aux Corinthiens. Si notre corps est la demeure de Dieu, c’est donc qu'il lui est consacré. C’est un lieu saint et respecté. Souil\ ler notre corps c'est donc contrister l'Esprit Saint! Nous avons recueilli quelque\ s témoignages édifiants. L’Evangile nous invite à prendre conscience que nous avons du prix aux yeux de Dieu. «Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné s\ on Fils unique, pour que tout homme obtienne la vie». Aimer, c’est donc tout donner ! La Congrégation des Sœurs de la Charité de Saint-Louis, que nous présentons dans le cadre de la Vie consacrée, en a bien pris conscience. L’Esprit Saint demeure leur principe de vie, d’action et de renouveau. Sur notre route vers Pâques, nous fêtons le 19 mars saint Joseph, \ cet homme humble, investi pourtant d’une mission fort importante : celle de prendre soin de Jésus et de Marie. N’avons-nous pas, nous aussi\ , la mission de prendre soin de nos frères ? Au quatrième dimanche de carême, c’est peut-être le moment de faire le point sur notre cheminement. Avons-nous pu tenir nos engagements ? Avons-nous fait une démarche de réconciliation ? Où en sommes-nous ? Persévérons ! Prions avec sincérité et supplions Dieu d’é\ liminer tout ce qui nous empêche de revenir vers Lui, entre autres, orgueil, ég\ oïsme et jalousie. Bonne route vers Pâques ! Justine Lordinot n 2 3 8 9 16 14 17 19 18 DIRECTEUR DE LA PUBLICATION P. Luc Philippon, DEI REDACTRICE EN CHEF Justine Lordinot MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Ediprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 Administr Ation – réd Action Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 service des Abonnements Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586 97207 Fort de France Cedex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr egliseenmartinique@orange.fr 11 4 5 6 7

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 33 Mot de l'Evêque Tu nous as choisis pour servir en ta présence L ’Eglise catholique latine est régie par un Code de Droit canonique réalisé par Saint Pie X en 1917, rénové par Saint Jean XXIII au cours du Concile Vatican II et promulgué en 1983 par le Pape Saint Jean-Paul II. Ce Code légifère sur l’intégralité de la vie de l’Eglise tant dans son organisation que dans son fonctionnement. Il se divise en sept Livres qui se subdivisent en sections, en chapitres et en articles exprimés à leur tour par des Canons. Dans le Livre II consacré au « Peuple de Dieu », s’agissant des Evêques, l’article 3 prescrit au Canon 401 que : L’évêque diocésain qui a atteint soixante-quinze ans accomplis est prié de présenter la renonciation à son office au Pontife suprême qui y pourvoira après examen de toutes les circonstances (Can.401 §1) Conformément à ce canon j’ai adressé ma renonciation au Pape Benoît XVI avant le mois de février 2011. Pour de multiples raisons la réponse a tardé jusqu’à ce samedi 7 mars 2015. En effet, le Pape François ayant accepté ma renonciation, a nommé le Frère David Macaire, de l’ordre des Frères Prêcheurs (communément appelés les Dominicains), archevêque de Saint Pierre et Fort de France. Le Frère David Macaire est donc officiellement désigné par le Pape pour me succéder comme Evêque et Archevêque dans l’Archidiocèse de Martinique. Cependant, le Canon 379 du Code prévoit que : A moins qu’il ne soit retenu par un empêchement légitime, celui qui est promu à l’Episcopat doit recevoir la consécration épiscopale dans les trois mois qui suivent la réception des lettres apostoliques qui le nomment, avant la prise de possession de son office. Tant qu’il n’a pas reçu la consécration épiscopale celui que Rome a nommé n’a pas la plénitude du sacrement de l’ordre. Il ne peut exercer le pouvoir spirituel donné aux successeurs des Apôtres pour enseigner, sanctifier et de guider le peuple de Dieu. Pour être pleinement Evêque, le Frère David devra donc recevoir au préalable la consécration épiscopale qui lui sera conférée à une date qui sera transmise aux chrétiens en temps opportun. Par ailleurs, bien que régie en interne par un Droit qui lui est propre, l’Eglise est inféodée au pouvoir civil. En France, l’Eglise catholique n’est pas une communauté autonome, indépendante de l’Etat. Elle est soumise aux Lois Civiles qui sont celles de la République qui est laïque. Ainsi l’Eglise catholique qui est en Martinique n’est pas reconnue par l’Etat en tant qu’église mais en tant qu’ « Association Diocésaine ». Par un accord conclu en janvier 1924 entre le Pape Pie XI et l’Etat français, des Associations existent depuis cette date qui ne sont pas des associations « cultuelles », ni dites « de loi 1901 » et encore moins « culturelles » mais des Associations Diocésaines dont le président, élu par une assemblée générale des membres est l’Evêque. L’Evêque ne peut agir au civil qu’en tant que Président de l’Association Diocésaine. Le Frère Macaire devra donc recevoir la consécration épiscopale pour pouvoir prendre possession canoniquement du Diocèse dont il est nommé évêque. Il lui faudra ensuite être reconnu comme président par l’Assemblée générale de l’Association Diocésaine. Dans l’entre temps , à la demande du Saint Père, le diocèse continue à être administré par moi jusqu’à la prise de possession par l’Evêque nommé, qui deviendra alors Evêque de plein exercice. Quant à moi tout en conservant jusqu’à ma mort la plénitude du sacrement de l’ordre qui m’a été conférée le 18 avril 2004 porterai j’aurai le titre d’Archevêque Emérite. Jusqu’à cette date les prêtres officiant continueront à prier pour leur Evêque Michel jusqu’à la prise de possession de son siège par l’Evêque David. Rien n’empêche, bien au contraire de prier pour l’ensemble des Evêques sans oublier celui qui a été mon prédécesseur avant de devenir Archevêque Emérite : Monseigneur Maurice Marie-Sainte. Je souhaite que ces explications inhabituelles ne fassent pas perdre de vue que par le baptême tout chrétien est appelé à prendre une part active à la mission de l’Eglise qui consiste à faire connaître et aimer Jésus-Christ venu nous révéler le seul vrai Dieu et nous inviter à nous mettre sous son regard, au service de tous nos frères. Nous souhaitons la Bienvenue au Frère David choisi pour servir en présence de Dieu comme la tête visible du corps que constitue l’Eglise particulière de Martinique dont nous sommes les membres pour la plupart sinon tous. + Michel Méranville, Archevêque n

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xxxxx Le samedi 7 mars dernier, le Pape François a nommé le successeur de Mgr Méranville, qui a atteint depuis quatre ans la limite d’âge de 75 ans : c’est le frère David Macaire, Prieur du Couvent des Dominicains de la Sainte-Baume, et Recteur du Sanctuaire de la Sainte- Baume, qui devient Archevêque de Saint-Pierre et Fort- de-France. Il est le troisième Martiniquais à accéder à cette charge, après Mgr Maurice Marie-Sainte (1969), et Mgr Michel Méranville (2004). Le frère David Macaire, nouvel Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France S elon le Code de Droit de l’Eglise, le Canon 379 prescrit que «celui qui est promu à l’épiscopat, doit recevoir la consécration épiscopale dans les trois mois qui suivent la réception des lettres apostoliques et, en tout cas, avant la prise de possession de son office». Ainsi, attendant que le frère Macaire reçoive la consécration épiscopale, Mgr Michel Méranville, Archevêque émérite, est nommé Administrateur apostolique du diocèse de la Martinique, jusqu’à l’ordination de son successeur. Qui est le Frère David Macaire ? Le Frère David Macaire, né à Nanterre, est âgé de 46 ans. Il est depuis 1994, Dominicain de la Province de Toulouse. Il a passé son enfance et sa jeunesse en Martinique. Il a grandi dans la foi grâce à sa famille, son école (Ecole et collège des Dominicaines de la Délivrande du Morne-Rouge) et sa paroisse (il fut servant de messe, et scout d’Europe). En 1994, il rentre au noviciat des Dominicains de la province de Toulouse, et poursuit ses études de philosophie et de théologie à Bordeaux et Toulouse. Ordonné prêtre le 23 juin 2001 à Toulouse, il sera Père-Maître des frères étudiants au Couvent de Bordeaux de 2001 à 2006, puis Prieur du Couvent Bordeaux jusqu'en 2011, date à laquelle il est élu Prieur du Couvent de la Sainte-Baume. Frère David exerce plusieurs ministères. Bon prédicateur, il est souvent invité par différents groupes et paroisses. Pèlerinage du Rosaire à Lourdes en 2014. n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 4 Sa Bibliographie : - Le Père Gaston Jean-Michel, Témoin de l’Evangile (Mémoire martiniquaise et Histoire Ecclésiale), Co-dirigé avec frère Gilles Danroc op, éditions La Thune, 2012, 278 pages - Les Petites Prières, éditions Peuple Libre, 2012, 126 pages Marie-Madeleine, itinéraire spirituel d’une femme libérée, éditions La Licorne, 2014, 112 pages (A paraître) : Les dimensions charismatiques de la Prédication, in « Prêcher dans le Souffle de la Parole, Jalons pour une théologie dominicaine de la prédication », collectif dirigé par fr. Emmanuel Durand op., Editions du Cerf, 2015, p.193-211. 2009, avec les Scouts à Corse Avec des petits Haïtiens Pèlerinage du Rosaire à Lourdes en 2014

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Eglise universelle Message du pape François pour la 30 ème Journée Mondiale de la Jeunesse 2015 A yez le courage d’être heureux : c’est l’exhortation lancée par le Pape François dans son message. Sur la route de Cracovie et des JMJ 2016, le Pape a décidé de poursuivre sa réflexion sur les Béatitudes, développant la sixième Béatitude : Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu (Mt,5,8). Le pape François invite les jeunes à refuser la culture du provisoire et à être révolutionnaires. Le pape François commence par un constat : la recherche du bonheur est commune à toutes les personnes, de tous les temps, et de tous les âges . Le bonheur a existé dans les premiers chapitre du Livre de la Genèse, là où les masques n’existaient pas, ni les faux-fuyants, ni les raisons de se cacher les uns aux autres. Tout était limpide et clair. Vint le péché originel et Jésus qui, par son incarnation, sa vie, sa mort et sa résurrection, nous rachète du péché et nous ouvre des horizons nouveaux. Le Pape précise ainsi que c’est dans le Christ que se trouve le plein accomplissement de vos rêves de bonté et de bonheur. Lui seul peut satisfaire vos attentes, tant de fois déçues par les fausses promesses du monde. Le Pape François lance alors aux jeunes une véritable exhortation à l’amour : une exhortation à se rebeller contre la tendance diffuse à banaliser l’amour, surtout quand on cherche à le réduire seulement à l’aspect sexuel, en le détachant ainsi de ses caractéristiques essentielles de beauté, de communion, de fidélité et de responsabilité. Il invite ainsi les jeunes à être révolutionnaires, à aller à contre- courant , à se révolter contre cette culture du provisoire. N’ayez pas peur d’un amour vrai, celui que nous enseigne Jésus . Le Pape fait confiance aux jeunes et les invite à se lancer à la découverte du riche enseignement de l’Eglise , ce qui leur permettra de se rendre compte que le christianisme ne consiste pas en une série d’interdits qui étouffent nos désirs de bonheur, mais en un projet de vie capable de fasciner nos cœurs. Heureux les cœurs purs disent les Béatitudes. Or cette pureté est menacée par les pensées perverses qui sortent du cœur de l’Homme. Le Pape conseille donc à chacun d’apprendre à discerner ce qui peut polluer son cœur, se former une conscience droite et sensible, capable de discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. Autre recommandation du Pape : préserver le bien le plus précieux que nous pouvons avoir, notre relation avec Dieu. Quand cette perception diminue, l’être humain devient une énigme incompréhensible, parce que savoir que l’on est aimé de Dieu inconditionnellement donne sens à notre vie . C’est pourquoi, pour être heureux, il faut avoir du courage et se laisser pénétrer par l’amour que nous porte Dieu. Ces cœurs purs verront donc Dieu. Pour rencontrer Dieu, il faut prier. Le Pape pose d’ailleurs la question aux jeunes : priez-vous ? Savez-vous que vous pouvez parler avec Jésus, avec le Père, avec le Saint-Esprit, comme on parle avec un ami ? Et pas n’importe quel ami, mais votre meilleur et plus fidèle ami ! Une autre manière de voir Dieu, et peut-être tout aussi importante, est de le voir à travers le visage des frères, spécialement de ceux qui sont les plus oubliés : les pauvres, les affamés, les assoiffés, les étrangers, les malades, les prisonniers. Un cœur pur est nécessairement aussi un cœur dépouillé, qui sait s’abaisser et partager sa propre vie avec ceux qui sont le plus dans le besoin ». Une ultime réflexion du Pape avant de retrouver les jeunes en juillet 2016 à Cracovie. Radio Vatican, février 2015 Lien vers message complet du pape : http://w2.vatican.va/content/francesco/ fr/messages/youth/documents/ papa-francesco_20150131_messaggio- giovani_2015.html n Le 17 février 2015, le Conseil pontifical pour les laïcs a publié\ le message du Saint-Père pour la 30 ème Journée Mondiale de la Jeunesse. La JMJ 2015 sera célébrée dans les églises locales le 29 mars (dimanche des Rameaux), sur le thème : Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu (cf. Mt 5,8). Il s'agit de la dernière JMJ diocésaine avant le prochain rassemblement mondial de la jeunesse en juillet 2016, à Cracovie, en Pologne. ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 5

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L a P arole D ominicale Dimanche 15 mars 2015 2 Chroniques 36, 14-16.19-23 • Psaume 136 • Ephésiens 2,4-10 • Jean 3,14-21 4 ème dimanche de Carême B L ’évangile de ce dimanche est une partie du dialogue que Jésus a avec Nicodème dans l’évangile de Jean. Jésus vient d’ex- pliquer à son interlocuteur que la nouvelle naissance se fait par l’eau et l’Esprit, celui-ci lui rétorque : Comment cela peut-il se faire ? Le texte qui nous est donné en ce quatrième dimanche de Carême commence avec la réponse de Jésus à cette question : De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Autrement dit, la foi dans le Christ crucifié serait, selon Jésus, le moyen de naître d’En-Haut. De fait, le passage du livre des Nombres 21,6-9 fait référence à un épisode de l’Exode où les hébreux étaient décimés par des serpents brûlants et la réponse de Dieu à la prière de Moïse fut la suivante : Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! Effectivement, Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie ! On comprend le rapprochement que Jésus fait avec sa crucifixion. Le serpent d’airain sur le mât représente de fait, une préfiguration de la croix. Ainsi pour naître de nouveau, pour survivre à la morsure du Démon ou du péché, il faut fixer notre regard sur le Christ crucifié… C’est là que tombe tous les mensonges mortels de ce monde. Le crucifié, c’est l’homme méprisé car défiguré, sans pouvoir, et pauvre au point d’être nu. Or Dieu sait combien la gloire humaine, le pouvoir et l’argent, sont des idoles qui conduisent au péché et donc à la mort, car le salaire du péché, c’est la mor t (Rm 6, 23). Cet homme crucifié qui n’a rien – loin s’en faut – de ce que les hommes convoitent est pourtant l’homme parfait aux yeux de Dieu. Porter un regard de foi sur le crucifié, c’est être en mesure de démasquer les idoles qui nous accaparent et nous conduisent au mal et donc à la mort car, nous l’avons dit, la mort est une conséquence du péché. Contempler le crucifié c’est aussi échapper au jugement car on s’est déjà soumis au jugement de la croix sur le péché du monde. C’est en même temps venir à la lumière car la croix inonde le monde de sa lumière en démasquant les idoles du monde et en montrant le chemin de l’amour et du sacrifice que le Christ a ouvert pour que nous y marchions à notre tour. Car a-t-il déclaré : celui qui veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, prenne sa croix et me suive. La raison de tout cela est la même que dans le désert d’Egypte, c’est parce que Dieu a aimé son peuple qu’il lui a envoyé Moïse et qu’il lui a donné cette croix pour guérir de la morsure des serpents brûlants. Oui c’est parce que Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, qu’il a livré son Fils dans nos mains afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Frères et sœurs, les jours de la passion approchent à grands pas, demandons au Seigneur de réaliser un peu plus cette année de quel amour il nous a aimé. Le Père nous a donné son Fils qui a donné sa vie pour nous, et Saint Jean nous dit dans sa première lettre : Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Ainsi l’amour appelle l’amour et le sacrifice du Christ appelle le nôtre, car aimer c’est servir et servir c’est parfois crucifiant, car c’est donner sa vie pour les autres. P. Alain Ransay Curé de Marin et Sainte-Anne n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 6

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 7 Chemin de sainteté Fête de Saint Joseph (19 mars) L es évangélistes ne nous ont conservé aucune parole de ce juste , le charpentier de Nazareth en Galilée, fiancé à Marie, la Mère de Dieu, époux aussi discret que fidèle et chaste. Père nourricier et éducateur de Dieu le Fils, devenu homme parmi les hommes de ce village, il le fait tout simplement. L'ange lui avait dit : Ne crains pas de prendre chez toi, Marie, ton épouse ; et Joseph prit chez lui Marie son épouse. L'ange lui avait dit : Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, et Joseph se leva, prit l'enfant et sa mère et s'enfuit en Egypte. Il est un vrai fils d'Abraham : il croit et fait ce que Dieu lui dit. Lorsque Jésus disparaît pendant trois jours lors du pèlerinage à Jérusalem, Joseph accompagne la quête de Marie : Ton père et moi nous te cherchions. Et Jésus, même s'il se consacre désormais aux affaires de son Père n'en est pas moins soumis à celui qui, sur terre, a autorité paternelle sur lui. Le Père savait à qui il confiait son Fils unique et sa Mère. Durant sa vie, Saint Joseph s'est occupé de tout ce qui était nécessaire à la Vierge Marie et à Jésus, et a veillé sur la Sainte Famille. Il est donc le Saint patron des familles. Artisan charpentier à Nazareth Saint Joseph est devenu le patron des travailleurs. Sa fête, qui a lieu le 19 mars, est très suivie par les artisans et les ouvriers dans le monde. Nombreux sont ceux qui confient leur recherche d'emploi à Saint Joseph par le biais de la prière. n Le pape Léon XIII donna une prière à saint Joseph pour accompagner son encyclique Quamquam Pluries, qui déclarait saint Joseph patron de l'Eglise. Nous recourons à vous dans notre tribulation, bienheureux Joseph, et, après avoir imploré le secours de votre très sainte épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Au nom de l'affection qui vous a uni à la Vierge immaculée, Mère de Dieu ; par l'amour paternel dont vous avez entouré l'Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder d'un œil propice l'héritage que Jésus-Christ a acquis au prix de son sang, et de nous assister de votre puissance et de votre secours dans nos besoins. Ô très vigilant gardien de la Sainte Famille, protégez la race élue de Jésus-Christ ; Ô Père très aimant, éloignez de nous toute souillure d'erreu\ r et de corruption ; Ô notre très vaillant et tutélaire protecteur, assistez-nous du haut du ciel dans le combat que nos livrerons à la puissance des ténèbres ; et, de même que vous avez arraché autrefois l'Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd'hui la sainte Eglise de Dieu des embûches de l'ennemi et de toute adversité. Couvrez-nous tous de votre perpétuel patronage, afin que, soutenus par la puissance de votre exemple et de votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir et obtenir la béatitude éternell\ e du Ciel. Ainsi soit-il. Pape Léon XIII

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Dossier : Ton corps est le temple du Saint Esprit – Comment vis-tu cela ? ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 8 L a Bible nous dit que les croyants sont ensemble «le corps de Christ.» Généralement on prend ces mots dans leur sens spirituel, tandis que la Bible nous demande positivement si nous ne savons pas que nos corps sont les membres de Christ. De même, quand la Bible nous parle de l'habitation en nous du Saint-Esprit ou de Christ, nous limitons leur présence à la partie spirituelle de notre être, à notre âme ou à notre cœur. Toutefois la Bible dit expressément : Ne savez- vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit ? Quand l'Eglise comprendra que le corps aussi a part à la rédemption par Christ, et qu'il doit être ramené par là à sa destination première, c'est-à-dire à être la demeure de l'Esprit, à lui servir d'instrument, et à être sanctifié par sa présence, elle reconnaîtra aussi toute la place que tient la guérison divine dans la Bible et dans le conseil de Dieu. Le récit de la création nous dit que l'homme est composé de trois parties : Dieu tira d'abord le corps de la poussière de la terre, après quoi «il souffla en lui un souffle de vie,» il fit passer en lui sa propre vie, son Esprit. Par l'union de l'esprit à la matière, l'âme devint «âme vivante». L'âme, qui est proprement l'homme, se trouve donc placée entre le corps et l'esprit servant à les relier ensemble. Par le corps, l'âme se trouve en rapport avec le monde extérieur, par l'esprit avec le monde invisible et avec Dieu. Par le moyen de l'âme, l'esprit pouvait soumettre le corps à l'action des puissances célestes et par là le spiritualiser ; par le moyen de l'âme, le corps aussi pouvait agir sur l'esprit et l'attirer vers la terre. L'âme, sollicitée par l'un et l'autre, devait donc choisir entre la voix de Dieu, lui parlant par l'esprit, ou la voix du monde lui parlant par les sens. Cette union de l'esprit et du corps offrait un ensemble merveilleux et unique dans la création ; l'homme était par là même le joyau de l'œuvre de Dieu. Il existait déjà d'autres créatures, dont les unes étaient, comme les anges, tout esprit, sans corps matériel, et les autres, comme les animaux, n'étaient que chair, possédant un corps animé d'âme vivante, mais dépourvu d'esprit. L'homme était destiné à montrer que le corps matériel, gouverné par l'esprit était susceptible d'être transformé par la vertu de l'Esprit de Dieu et d'être ainsi amené à participer à la gloire céleste. Nous savons ce que le péché et Satan ont fait de cette possibilité de transformation graduelle. Par le moyen du corps, l'esprit fut tenté, séduit, et devint l'esclave des sens. Nous savons aussi ce qu'a fait Dieu pour annuler l'œuvre de satan et atteindre le but de la création. Le Fils de Dieu a paru, afin de détruire les œuvres du diable. (1 Jean 3 :8.) Dieu a formé un corps à son Fils (Héb. 10 : 5.) La Parole a été faite chair. (Jean 1:14.) En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. (Col. 2:9.) Il a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois. (1 Pier. 2:4.) Et maintenant Jésus, ressuscité d'entre les morts avec un corps aussi franc de péché que son esprit et son âme, communique à notre corps la vertu de son corps glorifié. La sainte-cène est la «communion au corps de Christ» et nos corps sont les membres de Christ. (1 Cor. 1:9 ; 6:15 ; 12:27.) La foi nous met en possession de tout ce que nous a acquis la mort de Christ et sa résurrection, et ce n'est pas seulement dans notre âme et notre esprit que la vie de Jésus ressuscité manifeste dès ici- bas sa présence, c'est aussi dans le corps qu'elle veut agir selon la mesure de notre foi. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit ? Un grand nombre de croyants se figurent que le Saint-Esprit vient habiter notre corps comme nous habitons une maison. Rien de pareil. Je peux habiter une maison sans que pour cela elle fasse partie de mon être ; je peux la quitter sans avoir à en souffrir ; il n'existe aucun lien vital entre moi et ma maison. Il n'en est pas de même quant à la présence de notre âme et de notre esprit dans notre corps. La vie de la plante habite et anime chacune de ses parties ; et notre âme, notre esprit ne se bornent pas à habiter telle partie du corps, le cœur, la tête, ou telle autre, mais ils pénètrent partout, jusqu'à l'extrémité des membres les plus Votre Corps est le temple du Saint-Esprit Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ? Ne savez-vo\ us pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous ? Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu. 1 Cor. 6:15,19,20.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 9 Témoignages… Robby Beaufour, 30 ans, animateur catéchuménat Aujourd’hui, le Christ m’interpelle : « J’étais malade et vous m’avez visité». Je reconnais le visage de Dieu dans mon prochain. Être le temple de l’Esprit Saint, ce n’est pas pour soi-même, c’est une invitation à se donner, parce que l’Esprit Saint se communique, on ne l’emprisonne pas. Il est Dieu. Alors, dans le visage de mon frère, de ma sœur, j’apprends à découvrir le visage de Dieu, et c’est Lui qui me transfigure, qui me rappelle que je suis créé à son image et à sa ressemblance, être fragile mais si beau. Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? (1Jn 4, 20) » Géraldine Lausou, 26 ans Dieu a accepté de venir habiter dans mon cœur. Cette grâce que Dieu me fait d’habiter en moi pour y faire sa maison est pour moi un vrai privilège. Je ne suis pas parfaite loin de là, mais j’y crois parce que la Parole de Dieu me le dit : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit » ? Cela veut dire que tout ce que je suis (mon corps, mon âme, mon esprit, mon cœur) est habité par l’Esprit de Dieu et qu’il marche en permanence à mes côtés. Tout mon être appartient à Dieu et dans ce cas je ne peux pas décider de mettre fin à ma vie, car elle lui appartient. Je me dois de prendre soin de mon corps, de ne pas l’abîmer avec une consommation de produits inappropriés comme l’alcool, la drogue, la cigarette, la nourriture excessive… Je n’ai pas le droit de le dénaturer par des tatouages et des piercings ou par la prostitution. Je me dois de le respecter, et pour cela je le couvre et n’expose pas au regard des autres des parties de mon corps qui devraient rester cachées. Je suis jeune, j’aime être avec mes amis, j’aime les sorties et pour une fille se faire belle, faire des régimes à répétition et essayer de ressembler aux mannequins retouchés dans les revues est presque incontournable. Ce serait tellement facile de faire ce vers quoi le monde me pousse. Mais chaque jour, je fais le choix d’aller à contre courant « des modes », et je me laisse guider par ma foi en Dieu, plutôt que par le monde. Cependant je suis consciente que cela n’est possible que si j’accepte Jésus comme Seigneur et Sauveur dans ma vie ; alors je me confie à l’Esprit Saint qui habite en moi car c’est lui qui avec amour chaque jour me rappelle que je suis le temple du Saint-Esprit. Mathurin Trobrillant, 54 ans Mon corps est le temple du Saint Esprit ! Quel honneur que me fait le Seigneur de demeurer en moi ! Comment je vis cela ? Je me dois de veiller tous les jours à ce que mon corps soit bien entretenu (plus facile à dire qu’à faire). Je sais qu’il faut que je me nourrisse correctement (pas d‘abus d’alcool, pas de cigarette) , que je fasse attention pour que mes paroles ne dépassent pas mes pensées (pour ne pas blesser mon prochain) ; je me nourris spirituellement également (je prie, je lis ma Bible, je vais à la messe pour faire Eglise et recevoir l’Eucharistie). Par ailleurs, je veille à ce que rien n’entache extérieurement mon corps, temple du Saint Esprit : ni tatouage, ni piercing, ni de vêtements indécents et provocants. Je fais de mon mieux pour que l’Esprit du Seigneur y trouve toute sa place et me permette de le laisser transparaître. infimes. L'âme remplit de sa vie le corps tout entier, si bien que dans chaque molécule du corps la vie atteste la présence de l'âme. C'est ainsi pareillement que le Saint Esprit vient habiter notre corps. Il le pénètre tout entier. Il nous anime et nous possède infiniment plus que nous ne pouvons nous le figurer. Comme le Saint Esprit apporte à notre âme et à notre esprit la vie de Jésus avec sa sainteté, sa joie et sa force, de même il vient aussi communiquer au corps malade toute la vitalité de Christ, aussitôt que la foi étend la main pour la saisir. C'est quand le corps est entièrement soumis à Christ, crucifié avec lui, et qu'il renonce à toute propre volonté et indépendance pour ne plus vouloir être que le temple du Seigneur, c'est alors que l'Esprit- Saint manifeste dans le corps la puissance du Sauveur ressuscité. Alors seulement nous pouvons glorifier Dieu dans notre corps, en lui laissant toute liberté de montrer sa puissance en nous, de faire voir comment il sait affranchir son temple de la domination de la maladie, du péché et de Satan. Source : http://www.regard.eu.org/ n

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 10 Dossier : Ton corps est le temple du Saint Esprit – Comment vis-tu cela ? Guy-Albert Neris, 44 ans Mon corps est le temple de l’Esprit Saint. Cette citation de Saint Paul semble, selon moi, être un programme de vie en lien avec mon Baptême. Enfant de Dieu, j’ai à adhérer à une posture qui, malgré mes limites, m’invite à VIVRE selon le plan de Dieu. De ce fait, mon être tout entier aspire à une adéquation de vie en lien avec ma FOI. Ainsi mon « être » et mon « faire » se laissent perpétuellement questionner sur la « droiture » en lien avec ma posture de croyant. Etre temple de l’Esprit Saint est donc la rencontre de ma personne humaine, avec mon chemin de foi personnel et en Eglise, pour une croissance vers la VIE… qui m’aide au quotidien dans mes choix, mes postures, mes décisions, mon rapport à ma personne et à mon prochain... Annette Marie-Louise, 52 ans, Le Seigneur Dieu nous a créés à son image. Il nous a donné un corps magnifique et nous avons le devoir de l'aimer et d'en prendre soin, le protéger des dangers, tels l'alcool, la drogue, le sexe, certaines modes vestimentaires, les piercings et tatouages, et bien d'autres mauvaises choses néfastes pour le corps. Elles sont là pour nous défigurer et occuper une place qui n'est pas la leur, afin de nous entrainer à notre perte et notre destruction. Ce n'est pas pour cela que Dieu nous a créés, mais bien pour la vie. A chaque Eucharistie, Dieu fait corps avec nous par son fils Jesus- Christ ; nous devons donc veiller et prier afin de lui être agréable et que notre corps devienne vraiment le temple du Saint-Esprit. Célia Gros, 28 ans Quand j’ai eu 20 ans, je me suis fais tatouer un petit poignard en haut de la hanche, sur les conseils d’un prétendu ami dont l’opinion comptait plus que tout pour moi, et je le regrette énormément. Aujourd’hui j’ai 28 ans et je trouve cela puéril. Si j’avais réfléchi et mis en pratique la parole de Dieu, jamais je n’aurais fait ça. Si j’avais pris conscience que mon corps est le temple du Saint Esprit, je n’aurais pas apposé ce signe de violence qui me rappelle en plus de mauvais souvenirs sur mon corps. Puisque depuis mon baptême je portais déjà le signe de Dieu en moi, je n’avais pas besoin de ce poignard tatoué sur le corps. Mais le mal est fait et je dois vivre avec. Aujourd’hui, je pense avoir acquis suffisamment d’expérience pour ne plus me laisser influencer, et j’essaie de faire en sorte que la demeure que je suis sois en mesure d’accueillir l’Esprit de Dieu. Pour permettre à un plus grand nombre de prendre part aux débats dans les dossiers proposés, le prochain thème à traiter dans le n°499 qui paraitra le 29 mars 2015, est le suivant : « Le mariage chrétien a-t-il du sens pour toi aujourd’hui ? Nous attendons vos réactions à l’adresse suivante : egliseenmartinique@orange.fr N’oubliez pas de préciser vos noms, prénoms et votre âge. Merci de joindre, dans la mesure du possible, une photo. Les dossiers de la revue Eglise en Martinique Jean Paul II – Message aux jeunes de France "Ayez un très grand respect de votre corps et du corps des autres ! Que votre corps soit au service de votre moi profond. Que vos gestes, vos regards soient toujours le reflet de votre âme. Adoration du corps ? Non, jamais ! Mépris du corps ? Pas davantage ! Maîtrise du corps ? Oui ! Transfiguration du corps ? Plus encore !"

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La vie consacrée Nous sommes une congrégation de vie apostolique, fondée le 25 mai \ 1803 par M me Mole de Champlâtreux, née Marie Louise Elisabeth de Lamoignon, en religion Mère Saint Louis. Une dame de la grande noblesse française. La Congrégation des Sœurs de la Charité de Saint- Louis La Fondatrice : Mère Saint Louis (1763-1825) J’ai été conduite par l’amour depuis ma plus tendre enfance… Il me voulait tout entière, ce Dieu de bonté, écrivait Mère Saint Louis, consciente de l’initiative de Dieu dans sa vie. Née le 3octobre 1763 à Paris, Marie Louise Elisabeth de Lamoignon grandit au milieu de ses six frères et sœurs. Elle mena une enfance choyée, dans une famille chrétienne soucieuse de justice et de charité. Sa grand-mère l’initie aux valeurs chrétiennes, spécialement à l’amour des pauvres, dont elle témoignera toute sa vie. Bien que rêvant de solitude et de prière, à l’exemple de ses deux grandes tantes visitandines, ses parents l’unirent à François Edouard Molé de Champlâtreux. Tout en assumant les obligations de sa position, elle fit, en accord avec son mari, le choix d’une vie simple, au service des pauvres qui la nommèrent "l’Ange des mansardes". Le peuple qui la désignait ainsi reconnaissait déjà sa charité, son humilité et sa modestie. Elle se sentait appelée à entrer dans une plus grande intimité avec le Seigneur. Elle s’en ouvrit à son directeur spirituel, l’abbé de Pancemont, alors curé de la paroisse Saint-Sulpice de Paris, qui lui permit de faire Un pacte avec la croix . Jésus la préparait sans nul doute à affronter les malheurs qui l’attendaient. Contexte socio-historique de la Fondation En 1789, la fureur révolutionnaire avec l’esprit qu’elle véhiculait, s’abat sur les Molé de Champlâtreux que tout désignait : nom, rang, fortune. Mme Molé eut à expérimenter la gêne à cause de la séquestration de tous ses biens. Les deuils se succèdent : la mort d’un enfant pendant la tourmente, la mort tragique de son père et enfin celle de son mari guillotiné le jour de Pâques, le 20 avril 1794. Un foyer détruit. Une fortune anéantie. C’était pour le moins une vie apparemment brisée. Pourtant, il en fut autrement au regard de Dieu. Sous la sage direction de son directeur spirituel, disciple de l’Ecole Française de spiritualité, elle apprit à discerner le sens de la croix et devint l’instrument docile des desseins d’amour de Dieu pour la société de son temps. Broyée de douleurs, elle fut tentée par la haine, («mon pays m’a persécutée ; je l’ai haï. C’est pour cela que je me trouve plus portée à m’immoler pour lui»). Mais envahie par l’amour miséricordieux du Père révélé en son Fils Jésus, Mme Molé pardonna à ses ennemis. Car derrière les visages des victimes et des bourreaux, elle ne vit alors que le Christ blessé. A l’exemple de Jésus Rédempteur et Sauveur de l’humanité, elle s’ouvrit aux détresses de la société et de l’Eglise de son temps, balayée par la tourmente révolutionnaire. C’est dans ce contexte que huit années plus tard, en 1802, après avoir achevé l’éducation de ses deux enfants, son directeur spirituel devenu évêque de Morbihan lui demande de venir s’occuper des fillettes errantes et désœuvrées, sur le port de Vannes, que préoccupait son cœur de pasteur. Elle renonça alors à son projet de vie monastique à Paris et répondit à son appel. Ainsi, elle inaugura l’œuvre de charité : création d’ateliers de dentelles et écoles pour les jeunes et fillettes pauvres et abandonnées. Le 25 mai 1803, elle fonda une congrégation consacrée à l’édu- cation de la jeunesse abandonnée ; elle fait profession religieuse et prend le nom de Sœur Saint Louis. Supérieure de la nouvelle congrégation, elle choisit Saint Louis comme patron, pour son œuvre de restauration spirituelle et sociale, modèle de foi vive, ami des pauvres et artisan de justice. Pape Pie VII, venu à Paris sacrer Napoléon, bénit la fondatrice et ses filles en disant : Votre maison de charité sera le berceau de beaucoup d’autres. Je souhaite que les évêques de France et ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 11

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La vie consacrée ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 12 d’Italie créent dans leurs diocèses de semblables établissements. C’est ainsi qu’elle essaime à Auray,Pléchâtel, Saint-Gildas de Rhuys … En 1818, Mère Saint-Louis y adjoint l’œuvre des retraites spirituelles. Son attachement à Jésus Crucifié se retrouve dans la passion qu'elle porte à l'Eucharistie. C’est dans la fréquentation quotidienne de l’Eucharistie et de la Parole de Dieu qu’elle puisait sa force. Elle disait à ses premières filles : « Si les soins que vous donnez aux pauvres enfants étaient donnés en esprit d’une foi vive … ce n’est plus eux que vous verriez, c’est Jésus-Christ. Que tout parte du cœur ». […]. Le 4 mars 1825, elle décède à Vannes, à l’âge de 62 ans, Elle fut béatifiée le 25mai 2012 A sa mort, 56 religieuses avaient fait profession dans la congrégation, elle laissa quatre maisons consacrées à l’éducation des enfants pauvres et l’œuvre des retraites spirituelles, avec son blason personnel : Mes armes sont la croix de Jésus-Christ. Religieuses et laïcs associés vivent toujours des intuitions de leur fondatrice : "Jésus accueilli et servi dans chaque personne rencontrée". Transmettre au-delà des savoirs, vivre en témoin, susciter la confiance, l’adhésion dans l’acte d’éduquer … Et travailler à restaurer dans la miséricorde et la justice, l’humanité blessée, en s’engageant à poser des gestes de solidarité et de partage, d’espérance et de pardon, qui révèlent la tendresse du Père et la joie du Salut. Louise-Elisabeth invite ses Sœurs à considérer Marie comme le modèle sur lequel elles doivent se former , ne la séparant jamais de son Fils, ni de sa mission. Sa piété mariale ira le plus souvent vers Marie au pied de la croix. Marie des Douleurs qui, malgré la tendresse de son cœur, consentit au sacrifice et à la mort de son Fils… , Marie de la Compassion, proche de tous les calvaires du monde, pleine de zèle pour les intérêts de Dieu et le salut des hommes. La Congrégation des Sœurs de la Charité de Saint-Louis aujourd’hui dans le monde Nous sommes aujourd’hui rassemblées en une congrégation internationale répartie en plus de dix pays : La France, l’Angleterre, Québec, L’Ouest Canada, Les Etats-Unis d’Amérique, Haïti, Madagascar, Mali, Sénégal, Mexique, Martinique. Le charisme Fidèles à nos origines, notre charisme est : A la suite du Christ Rédempteur, restaurer dans la miséricorde et la justice l’humanité blessé, dans la tendresse du Père. La spiritualité Par la fréquentation quotidienne de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie, Révéler le Christ Rédempteur. L’Esprit Saint qui a suscité notre congrégation demeure notre principe de vie, d’action, et de renouveau. L’intuition évangélique de nos origines est un Esprit de charité. Je vous laisse un seul mot « charité », un seul jalon « charité », pas d’autre appel que celui de vivre la charité dans toute ses dimensions, jusqu’à l’héroïsme(…) La charité peut tout. (…) Tout est grand quand c’est l’amour qui le fait ! (Mère Saint Louis) Notre mission Enracinées dans l’amour du Christ Rédempteur, nous nous engageons dans la mission éducative de l’Eglise. Notre participation nous conduit à travailler au développement intégral et harmonieux de la personne humaine. Elle s’exerce par des formes variées adaptées aux différentes cultures selon les besoins du milieu et de la communauté. L’éducation de la foi revêt une importance vitale pour notre société en quête de sens. Nous portons une attention particulière aux enfants, aux jeunes, aux femmes, et surtout aux personnes qui vivent des situations difficiles. Communauté internationale SCSL Sœurs de Madagascar SCSL Haïti : La Petite enfance \

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Communiqué de Presse Vendredi 27 février 2015 Chrétiens d’Orient Nulle persécution ne peut être commise au nom de Dieu Profondément choqués et attristés face au drame vécu par des milliers de chrétiens en Syrie ces derniers jours, nous voulons manifester notre entière solidarité avec les Eglises locales et leur assurer des prières ferventes des catholiques de France. En lien régulier avec les autorités religieuses et les acteurs humanitaires chrétiens, nous savons combien sont particulièrement inhumaines les situations subies par les chrétiens d’Orient. En Irak, en Syrie, ces persécutions et ces exodes durent depuis de trop nombreuses années. Il est urgent que le sort de ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants martyrisés en raison de leur foi soit enfin pris en compte. Encore une fois, nous redisons que nulle persécution ne peut être commise au nom de Dieu. Mgr Georges Pontier Archevêque de Marseille Président de la Conférence des Evêques de France Son Eminence le Cardinal André Vingt-Trois Archevêque de Paris Ordinaire des catholiques de rite oriental en France A la Martinique : la participation à l'Œuvre des Apprentis d'Auteuil date de 1928 en France. Ici à la Martinique les sœurs de la charité de Saint Louis sont présentes à l’Espérance Patronage Saint Louis depuis 1972, avec des ministères variés. Au départ des sœurs de la branche canadienne en 2009, les religieuses de la branche haïtiennes ont pris la relève. Leur mission prioritaire est, entre autres, la pastorale. Elles sont insérées dans la paroisse de Saint-Christophe. Chaque sœur de la Charité de Saint Louis doit s’engager à travailler quotidiennement à restaurer, dans la miséricorde et la justice, l’humanité blessée, à poser des gestes de charité et de partage, d’espérance et de pardon, qui révèlent la tendresse du Père révélée en Jésus-Christ et la joie du salut. Il en est de même pour ceux et celles qui les rejoignent dans le partage du charisme comme "les Associés SCSL" et "les Amis de Mme Molé". n Sénégal Orphelinat Haïti Mali Sœurs et Associés SCSL ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 13

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Vie du Diocèse A la Martinique, c’est près de 700 scouts et guides qui se sont retrouvés le dimanche 22 février, à Rivière-Salée, pour fêter l'anniversaire des fondateurs du Scoutisme et du Guidisme, Olave et Robert Stephenson Smith Baden Powell. Organisé depuis plus de trente ans en Martinique, ce rendez-vous annuel pour fêter BP (BiPi) est l'occasion, pour toute la famille scoute et guide, de faire la promotion des valeurs portées par leur Mouvement. Dans une saine et chaleureuse ambiance, les enfants, les jeunes, les chefs et cheftaines ainsi que les scouts et guides aînés, ont vécu une journée autour de quatre temps forts : la montée des couleurs (ce rituel symbolise l’attachement aux méthodes du mouvement mais également aux valeurs de fraternité, d’universalité du scoutisme et du guidisme), le challenge intergroupe, la conférence-débat sur la thématique démocratie et laïcité animée par l'Amicale des Aînés du Scoutisme et la messe. Durant toute la matinée, une trentaine d'équipes se sont affrontées au travers d'activités réparties dans 9 domaines : construction/fabrication, sport et santé, aventure et vie dans la nature, expression artistique, prise de parole et communication, rencontres internationales, connaissance du mouvement, solidarité aux autres et protection de l'environnement. La journée s’est poursuivie par la messe en l’Eglise Saint Jean-Baptiste de Rivière Salée, célébrée par le Père Benjamin Francois-Haugrain, curé de la paroisse. Les Scouts et Guides de Rivière- Salée : un tout jeune groupe Le rassemblement du 22 février a été l'occasion de lancer officiellement les activités du tout nouveau groupe de Rivière-Salée. Une quinzaine d'enfants et de jeunes y ont déjà adhéré, encadrée par une équipe d'une dizaine de bénévoles dynamiques et motivés. Le Père Benjamin Francois-Haugrain a fortement contribué à la mise en place de ce groupe au sein de la paroisse et l’accompagne quotidiennement dans son développement. Un mouvement catholique de jeunesse Mouvement catholique d’édu- cation, les Scouts et Guides de Scouts et Guides de Martinique : Prêts pour construire un monde plus fraternel Le 22 février de chaque année, Journée Mondiale de la Pensée ou "Thinking Day", les scouts et les guides du monde entier se souviennent et rendent hommage à leurs fondateurs, tous deux nés un 22 février. Ils sont à l'origine d'un Mouvement qui affiche son universalité : aujourd'hui, plus de 50 millions de garçons et de filles ont adhéré à ce Mouvement dans plus de 162 pays et territoires dans le monde. ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 14

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 15 France contribuent à l’éducation d’enfants et de jeunes à, la citoyenneté et la tolérance afin d’en faire des citoyens actifs, utiles, heureux et artisans de paix ; et ce, suivant buts, principes et méthodes du scoutisme et du guidisme mis en place par les fondateurs du mouvement. Mouvement de jeunesse, il repose également sur l'apprentissage de valeurs fortes, telles que la solidarité, l'entraide et le respect. Pour aider chaque jeune à grandir dans sa relation à soi, aux autres et à Dieu, il mise sur une pédagogie du jeu, du projet, de l’équipe, de la vie dans la nature et de la promesse. Il cherche à éduquer les enfants et les jeunes à l’autonomie, à la responsabilité, à la citoyenneté, à la solidarité, au respect de l’environnement, au cheminement spirituel et à l’ouverture aux autres. Le mouvement est ouvert à tous, sans distinction de nationalité, de culture, d’origine sociale ou de croyance. Il donne à celui ou celles qui le souhaite, la possibilité : - de construire sa personnalité ; - de développer ses potentialités de fille et de garçon et d’accéder en fonction de son âge, à toutes les responsabilités en dehors des stéréotypes posés souvent par notre société ; - d’apprendre à vivre ensemble, sans élitisme, sans distinction de culture de croyance ou d’origines sociales ; - d’habiter autrement la planète, grâce à un mode de vie plus responsable et plus respectueux des lois de la nature. Concrètement, les Scouts et Guides de Martinique proposent aux jeunes filles et garçons, de 6 à 20 ans, un espace de vie et des activités qui répondent à leur besoin de rêver, d’agir, de réussir leurs projets, de vivre en communauté, de donner sens à leur vie. Les équipes sont soutenues dans leurs projets et encadrées par des jeunes chefs et cheftaines bénévoles. Les parents y inscrivent leurs enfants pour qu’ils fassent avant tout l’expérience de l’altérité, qu’ils apprennent à vivre avec les autres et expérimentent le partage, l’échange, le respect dans sa différence, l’amitié, le dépassement de soi et la prise de responsabilité ; au moment où le repli sur soi, l’intolérance, la crise du lien social se développent au sein de notre société Martiniquaise et dans le monde. L’apprentissage de la débrouil - lardise, de l'autonomie et de la découverte de la nature com - plètent la liste des raisons pour adhérer au scoutisme, signe d’un retour à des valeurs de solidarité et de simplicité. n Dernier message de Lord Baden-Powell À la fin de sa vie, Lord Baden- Powell of Gilwell se retire au Kenya et fait parvenir aux scouts du monde entier son dernier message : « Ceci est juste un petit mot d'adieu, pour vous rappeler, quand j'aurai disparu, que vous devez tâcher dans la vie d'être heureux et de rendre les autres heureux. Que cela paraît facile et agréable, n'est-ce pas ? C'est tout d'abord par la bonne action quotidienne que vous apprendrez à apporter le bonheur aux autres. La meilleure manière d'atteindre le bonheur est de le répandre autour de vous. J'ai eu une vie très heureuse, et j'aimerais qu'on puisse en dire autant de chacun de vous. Je crois que Dieu vous a placé dans ce monde pour y être heureux et jouir de la vie. Ce n'est ni la richesse, ni le succès, ni l'indulgence envers soi-même qui crée le bonheur. L'étude de la nature vous apprendra que Dieu a créé des choses belles et merveilleuses afin que vous en jouissiez. Contentez-vous de ce que vous avez et faites-en le meilleur usage possible. Regardez le beau côté des choses et non le plus sombre. Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus et quand l'heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en pensant que vous n'avez pas perdu votre temps et que vous avez fait « de votre mieux ». Soyez prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre promesse même quand vous serez adultes. Que Dieu vous aide. Votre ami, Baden-Powell »

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 16 D ’entrée de jeu, les jeunes ont du répondre à une question, qui a vraiment détendu l’atmosphère : C’est quoi l’amour ? Ils ont alors parlé du plaisir, de la procréation… S’appuyant sur des références bibliques, l’orateur a ensuite parlé de l’amour, et fait remarquer que l’amour vrai existe, mais qu’il doit s’apprendre. Aimer quelqu’un, c’est accepter de se sacrifier pour lui. Diverses définitions de l'amour ont été données (amour Eros, sensuel, Philia) afin que l’assistance comprenne que le seul vrai amour est l'amour AGAPE, qui permet de donner au lieu de prendre (Rm 5,5), d'être patient sans aucune exigence, qui ne tire aucun profit et qui permet de partager sans posséder. Le vrai amour, selon Dieu, qui conduit au bonheur, s'apprend, s'éduque, se nourrit de sa Parole et de l'Eucharistie. Concernant la sexualité, le message fort qui était à retenir est qu’il ne peut pas avoir de sexualité s’il n’y a pas d’amour. La sexualité est belle et sacrée, car elle est voulue par Dieu. C’est l’usage qu’on en fait qui la rend sale quand on la détourne de sa fonction. La sexualité est extrêmement puissante car elle donne la vie. Mais elle ne doit pas être vécue de manière brutale et bestiale, et ne se réduit surtout pas au sexe et aux pulsions ! Car, l'Homme est créé au-dessus des animaux qu’il domine, et qu"il est un être de communion. La sexualité ne peut et ne doit se vivre qu'en actes chrétien et humain, qui supposent un engagement et des responsabilités. C'est Dieu, par sa Parole, qui nous permet de comprendre dans quel cadre, elle doit être vécue ! Les jeunes ont été très attentifs pendant toute la durée de cette conférence, et ont porté un réel intérêt aux conseils de l’intervenant. C’était également le cas des animatrices et des parents, car l'intervention du diacre Levif a été d'une grande qualité, riche de messages spirituels et humains. Que chaque jeune se laisse discerné, éclairé et guidé par l'Esprit de son baptême afin de vivre, au moment opportun, ces réalités qui s'imposeront à lui, selon la Parole et le plan de Dieu. Les animatrices de l’année « Pierres Vivantes de Sainte-Marie et du Morne-des-Esses n Conférence-débat « Réussir sa vie sexuelle et sentimentale » Dans la matinée du 21 février dernier, une centaine de jeunes de l’année Pierres Vivantes des paroisses du Bourg de Sainte-Marie et du Morne-des- Esses, ont assisté, en compagnie de leurs animatrices et de leurs par\ ents, à une conférence-débat intitulée Sexualité et Amour. Ce temps fort était animé par le diacre Jean-Paul Levif. Il a aidé ces jeunes à aborder ces réalités, sous le regard de Dieu, l'auteur de l'amour. Témoignage… Lauriane, 17 ans La conférence que j'ai pu suivre, et qui a été présidé par le diacre Jean-Paul Levif, m'a apporté beaucoup d'informations, et des réponses à mes questionnements. On peut dire qu'elle m'a ouvert les yeux sur ce qu'est vraiment l'amour entre un homme et une femme, et surtout comment on est censé vivre cet amour sur le plan sexuel. Vus sous le regard du Seigneur, l'amour et la sexualité prennent tout de suite du sens. Ce ne sont pas que des mots, mais ce sont des réalités auxquelles il faut faire face, et qu'il ne faut pas prendre à la légère. Le diacre, en très bon pédagogue, a tenu en haleine toute l'Assemblée composée de jeunes (en majorité) et d'adultes (animatrices et parents). Vie du Diocèse

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Vers la vie Cadette d’une famille de six enfants, Rita Françoise Gréaux est\ née le 11 mars 1924 dans la maison familiale de Lorient Saint Barthélemy. Elle a entendu très jeune l’appel et y a répondu généreusement : Dieu m’a poussée à devenir Sœur très tôt. Dès que j’ai eu 18 ans, je suis partie le 9 juillet 1942 sur la goélette Maria Stella à destination de Fort-de-France, pour entrer au noviciat chez les Sœurs de Saint Paul de Chartres. Sœur Claire-Madeleine Gréaux (11 mars 1924 – 1 er mars 2015) A près deux années de noviciat, Rita reçoit l’habit et est appelée désormais Sr Claire-Madeleine : Claire (en souvenir d’une Sœur très méritante et celui de Madeleine qui a été la femme qui a aimé le Christ plus que tout.) De 1943 à 1950, la jeune religieuse est envoyée en mission à la Clinique Saint Paul à Fort-de-France, où elle découvre sa deuxième vocation à devenir infirmière en salle d’opération. De 1950 à 1967, Sr Claire-Madeleine est affectée à l’Hôpital général de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, exerçant avec dévouement et beaucoup de compassion sa mission d’infirmière, toujours au bloc opératoire. De retour en Martinique, elle est nommée Supérieure locale de la communauté des Sœurs de l’hôpital du Lamentin jusqu’en 1974 . De 1974 à 1981, notre sœur a son obédience à la communauté de l’Hôpital Saint-Hyacinthe de Guadeloupe, en tant que responsable de communauté et infirmière hospitalière. De 1981 à 1989, une nouvelle mission l’attend à Saint Martin où elle exerce la fonction de sage- femme auprès des femmes les plus démunies et déshéritées. Elle revient à Gustavia, de mars 1989 à 1994, où elle continue à se dévouer auprès des malades à l’hôpital de Bruyn. De 1994 à 2007, retraitée, elle partage avec simplicité, une toute autre activité apostolique et paroissiale à Lorient. La joie du don reste toujours intacte, elle continue avec le même entrain, le même dynamisme à travailler à la vigne du Seigneur. A 84 ans, l’âge et la fatigue se font sentir, Sr Claire-Madeleine rentre définitivement en juillet 2007, à l’Infirmerie de la Maison Provinciale. Boute-en-train, hardie, spontanée et pleine d’humour, elle savait manifester sa présence. Elle avait une grande dévotion à la Très Sainte Vierge Marie et ne quittait pas son chapelet, priant pour ceux qui ne prient pas, comme elle aimait à le dire avec force. Du haut de ses 91 ans, Sr Claire- Madeleine, restait la femme forte luttant contre la maladie et savait la surmonter allègrement pour retrouver son autonomie. Elle aimait la vie et la vie l’aimait ; elle accueillait les merveilles du Seigneur dans sa vie. Et ce dimanche matin à 5h45, au Centre Hospitalier de La Meynard, Notre Seigneur vient frapper à la porte de son âme, et sans doute sans hésitation mais avec spontanéité, force et empressement, elle l’a ouverte : « Entrez donc, mon Dieu, vous êtes ici chez vous ! » Merci Sr Claire-Madeleine, pour cette foi solide et convaincante qui t’animait ; cet amour du Christ qui t’habitait ; cet amour des petits et des pauvres dans lesquels tu savais identifier ton Bien-aimé et le servir. Que le Seigneur t’accueille dans son paradis, après t’avoir lavé les yeux dans son infinie miséricorde, et que ton âme repose en paix ! A Dieu ! n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 17 Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr

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C ette initiative a pour objectif de faire connaître son rôle et ses spécificités, mais au-delà du coup de projecteur, les chercheurs espèrent attirer l’attention sur les dangers qui menacent ce milieu. Urbanisation florissante, élevage intensif, déforestation, marées noires... Les menaces sont nombreuses et la surface de la mangrove a diminué de 30 % au cours des 30 dernières années. D’ailleurs, selon les scientifiques, elle continue de régresser de 1 à 2 % par an. En décembre dernier, une marée noire au Bangladesh a ravagé une partie de la plus importante mangrove du monde. Au Sénégal, au Vietnam ou sur le bassin indonésien, cela fait déjà longtemps que les populations locales ont pris conscience de ce déclin. Là-bas, on replante des mangroves entières à partir de palétuviers cultivés en pépinière. En Nouvelle Calédonie, quelques initiatives dans ce sens ont été menées, notamment par Jacky Mermoud, un retraité passionné et sans doute le plus connu des sauveurs de mangrove locale. Il fait pousser des palétuviers depuis 25 ans et ressuscite des forêts au Mont-Dore, à Tina et dans d’autres endroits du Grand Nouméa où ces arbres aux longues racines ont été détruits. Étonnantes découvertes Dans le reste du pays, la mangrove se porte relativement bien. Des scientifiques de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et de l’Université suivent de très près son évolution et ses propriétés. « La Nouvelle-Calédonie est idéale pour ce type d’étude, précise un responsable d’équipe à l’IRD, parce que ses mangroves, quoique bien conservées (...) sont néanmoins sujettes à une pression humaine significative : déforestation, aquaculture et exploitation minière.» Son travail consiste à comprendre le cycle du carbone de la mangrove la plus connue du monde : le cœur de Voh. De quelle façon utilise-t-elle le carbone ? Combien en rejette- t-elle ? Quelle est sa capacité de stockage ? Les études concernant la mangrove sont relativement peu nombreuses à l’échelle mondiale mais bien souvent, les résultats publiés sont surprenants et prometteurs. C’est le cas également à Mayotte, au large de Madagascar, où les scientifiques ont découvert son incroyable capacité de dépollution. Ils ont introduit, de façon contrôlée, des eaux usées parmi les palétuviers puis ils ont retracé les polluants exfiltrés tels que le phosphore ou l’azote. Les zones de mangrove recevant les eaux usées ont une croissance plus rapide que les autres. Un résultat auquel personne ne s’attendait. Au fil des recherches, il s’avère que la mangrove est un véritable trésor pour notre planète, surtout dans un contexte de changement climatique globalisé. Source : https://lejournal.cnrs.fr n Société Cette année, vous devriez entendre parler des palétuviers. Deux grands intituts français de recherche ont annoncé que 2015 serait l’Année de la mangrove. La mangrove : les chercheurs tirent la sonnette d’alarme Pour rappel, la mangrove de Martinique s'étend sur une superficie d'environ 1800 hectares et représente environ 6% de l'espace forestier de l'Ile. Elle se situe principalement au centre (au Robert, au François, dans la Baie des Anglais, à la Presqu'île de la Caravelle) et au Sud de l'île (Cul-de-sac le Marin, le Diamant). La plus grande superficie se situe dans la Baie de Génipa, au fond de la baie de Fort-de-France (près de 1000 ha). En savoir plus sur http://www.aujardin. info/fiches/martinique-mangrove. php#Ec7GCThBoxjwd3Ge.99 ÉGLISE EN MARTINIQUE du 15 mars 2015 / n°498 18

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Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin à 5h45 sur Martinique 1 ère. L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr 19 E glisE En M artiniquE Règlement à l’ordr\qe de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : É glise en Martinique Boîte Po\btale 586 • \q97 207 FORT DE FRANCE CEDEX MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne ! Nom : ........................................................................\ .......................................................................................... Prénom : ........................................................................\ .................................................................................... Adresse : ........................................................................\ .................................................................................. Mail : ....................................................................... Tél. ........................................................................\ ....... Code Postal ....................................................... Ville ........................................................................\ .. 99.5 - 101.3 et 105,3 mHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com Dimanche 22 mars La Bible, ce livre méconnu (Rediffusion) Connaissons-nous la Bible ? La lisons-nous régulièrement ? Que nous apporte sa lecture et qu’est-ce que nous y découvrons ? Dieu m’est témoin s’intéresse cette semaine à la Bible, livre fondamental pour nous chrétiens, mais livre parfois méconnu. Le père Elvis Elengabeka sera avec nous en plateau pour répondre à toutes ces questions. Ce spiritain, congolais d’origine, est professeur d’exégèse du Nouveau testament à la Faculté catholique de Paris ; il anime aussi une chronique sur Radio Saint-Louis, la radio du diocèse de Fort-de-France en Martinique, où il se rend chaque année. Nous irons à La Réunion rencontrer Fabrice Patsoumoudou. Cet animateur de groupe biblique et formateur au sein du diocèse de Saint-Denis ne se sépare jamais de sa Bible et, tel un passeur du Christ, anime des groupes de réflexion dans les paroisses. Nous serons connectés avec Huguette Olanor depuis Saint-Claude en Guadeloupe. Responsable du Renouveau charismatique, elle nous racontera comment elle relit sa vie de tous les jours à la lumière des textes de l’Évangile. Nous verrons aussi comment en Nouvelle-Calédonie, la traduction de la Bible en langue kanak a permis aux chrétiens d’avancer dans leur foi, et comment la Bible est devenue pour les Calédoniens un support d’apprentissage de leur langue. Dimanche 29 mars Le jeûne Le jeûne est-il encore pratiqué aujourd’hui et à quoi sert-il ? Est-ce une obligation pour les chrétiens, et qui sont les catholiques qui jeûnent aujourd’hui ? Cette semaine Dieu m’est témoin s’interroge sur le sens du jeûne. Pourquoi manger moins, se priver, peut-il devenir une arme spirituelle ? Et comment devons-nous jeûner ? A travers des témoignages de femmes et d’hommes engagés, nous découvrirons ou redécouvrirons le jeûne chrétien. Medias

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Aime et fais ce que tu veux Ce court précepte t'est donné une fois pour toutes : Aime et fais ce que tu veux. Si tu te tais, tais-toi par Amour, si tu parles, parle par Amour, si tu corriges, corrige par Amour, si tu pardonnes, pardonne par Amour. Aie au fond du cœur la racine de l'Amour : de cette racine, rien ne peut sortir de mauvais. Voici ce qu’est l’Amour ! Voici comment s’est manifesté l’Amour de Dieu pour nous : il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par Lui. Voici ce qu’est l’Amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est Lui qui nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 9-10). Ce n’est pas nous qui L’avons aimé les premiers, mais Il nous a aimés, afin que nous L’aimions. Ainsi soit-il. » Saint Augustin d’Hippone (354-430)