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N° 506 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 13 septembre 2015
6 septembre 2015 :
MGR MACAIRE A REÇU LE PALLIUM DANS SON DIOCÈSE
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Editorial
Editorial
Mot de l'Evêque
• En avant !
Eglise universelle
• Le pape François s’engage pour l’environnement
Liturgie
• Parole dominicale
Vie du diocèse
• Grande fête diocésaine à la Cathédrale Saint-Louis
• Homélie de S.E.R. Mgr Nicola Girasoli
• Retour en images sur quelques événements
• Gaétan Présent institué « Lecteur » et « Acolyte
• Récollection de l’Action Catholique des Milieux Sanitaires et Sociaux
• La paroisse Saint-Hyacinthe du Lorrain en fête
• Hommage au père Bruno Latour, Chancelier du diocèse de Martinique
• Hommage à Ginette Yung Hing, Vice-présidente de Radio Saint-Louis
Agenda de l’Archevêque
Vers la vie
• Joseph Gallet de Saint-Aurin, CSSp
• Frère Alexandre Zébo
Médias
numéro
506
S ommaire
C
'est la rentrée ! Avec les écoles, c’est aussi l’Église diocésaine
qui fait la sienne. La revue Eglise en Martinique est donc de
nouveau au rendez-vous, avec toujours l’ambition de vous
tenir informé des actualités du diocèse.
Ne tournons pas trop vite la page de la trêve estivale qui a eu, sans\
nul
doute, son importance. L’heure peut être au bilan. Aujourd’hui, dans
quelles dispositions abordons-nous l’année pastorale qui commence ?
Certains ont certainement vécu des moments importants, parfois
difficiles ; d’autres ont fait des découvertes, des rencontres. L\
a vie de
famille a peut-être été renforcée… L’Evangile d’aujourd’hui devrait
nous aider à reprendre la route… la bonne, celle qu’a prise Jé\
sus,
et qui conduit à la vie... Renoncer à soi-même et avancer à travers les
épreuves et les souffrances de la terre jusqu’à la gloire de la\
résurrection
et de la vie éternelle.
Les activités pastorales ne se sont pas complètement arrêtée\
s pendant
les vacances. C’est ainsi que l’évêque a poursuivi ses visit\
es pastorales
et célébré des événements importants. Nous vous avons con\
cocté
une petite rétrospective pour vous permettre de revivre quelques-uns
de ces temps forts en images. Un hommage est également rendu à
père Bruno Latour qui nous a quittés subitement au mois de juin.
Par ailleurs, le dimanche 6 septembre dernier, les fidèles sont
venus nombreux à la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France
pour entourer leur archevêque, qui vivait un moment solennel
et historique de son épiscopat : la remise du Pallium. C’est Son
Excellence Mgr Nicola Girasoli, Nonce à Trinidad, qui représentait
le pape François pour cette célébration officielle. La prés\
ence des
deux autres évêques de la Province ecclésiastique, Mgr Jean-Yves
Riocreux (Guadeloupe) et Mgr Emmanuel Lafont (Guyane), était un
signe fort de l’unité des trois diocèses. Le pallium symbolise \
l’autorité
de l’archevêque et son lien de communion avec le successeur de
Pierre. C’était donc un événement fort en émotion…
La rentrée est aussi synonyme de bonnes résolutions. Le pape Franç\
ois
nous appelle au respect de l'environnement dans son encyclique
sur l'écologie Laudato si' (Loué sois-tu), publiée le 18 juin dernier.
Profitons donc de ses recommandations. La terre, créée par Dieu, a\
été soumise à l’Homme pour qu’il en prenne soin. Proté\
geons-la !
Le Christ nous appelle toujours à le découvrir, à nous nourrir de sa
Parole, à la vivre en allant à sa rencontre, en nous mettant à \
son
service ! Le chemin que nous avons choisi doit faire sens. Nous
avons tous des talents, quels qu’ils soient. Pour cette nouvelle anné\
e
pastorale, prenons donc des engagements dans nos communautés
paroissiales, dans les mouvements, dans les équipes, les groupes de
prière.
A tous, une belle rentrée !
Justine Lordinot n
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3
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION P. Luc Philippon, DEI
REDACTRICE EN CHEF Justine Lordinot
MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Ediprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895
Commission paritaire N° 1115L87225
ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique
Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586
97207 Fort de France Cedex
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egliseenmartinique@orange.fr
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SS
N° 506 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 13 septembre 2015
6 septembre 2015 :
MGR MACAIRE A REÇU LE PALLIUM
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En avant !
C
’est la rentrée !!... La rentrée,
c’est le moment où des
milliers de jeunes, de parents,
de professeurs et d’éducateurs
redémarrent une nouvelle activité, se
retrouvent dans les rues aux mêmes
heures et, surtout, se tournent vers
l’avenir. On pourrait penser que, en
dehors de ceux qui sont touchés
directement par le rythme scolaire,
la rentrée ne veut rien dire du tout…
Mais nous voyons bien que nous
sommes quasiment tous influencés,
on pourrait même dire «concernés»,
par ce moment particulier.
C’est la rentrée : notre petite «cigale»
intérieure s’arrête de chanter et
notre «fourmi» recommence à
travailler, à bâtir, à faire des projets.
(Vous vous souvenez de cette fable
de La Fontaine qui nous parle de «la
cigale-ayant-chanté-tout-l’été qui
alla crier famine chez une fourmi,
sa voisine» ). En fait, chacun de nous
est un peu «fourmi travailleuse» et
un peu «cigale insouciante». Un
chrétien est quelqu’un qui n’oppose
pas, dans sa vie personnelle, la cigale
à la fourmi. Il sait être un peu des
deux au bon moment ! Et là, c’est
le moment de rentrer !
C’est donc la rentrée !!... Enfin…pour
ceux qui sont sortis ! Car pour rentrer,
il faut savoir être cigale, se reposer,
se détendre et prendre la vie du bon
côté. Le démon a été très fort lorsqu’il
a transformé des classes d’âge
entières en groupes d’hyperactifs.
Toute une génération piégée par ses
emails, ses Smartphones, tablettes,
4G, wifi et Bluetooth et qui n’arrive
plus à décrocher. Une génération
droguée au travail, au travail pour le
travail, au travail pour survivre, pour
exister... Une génération inquiète qui
fonce tête baissée, sans regarder ni
à droite ni à gauche, et surtout pas
en haut vers le ciel. Une génération
qui fonce dans le mur à coups de
drogues fortes et d’anxiolytiques… Pour ceux-là, l’idéal de la fourmi est
devenu une idole. Dans nos villes et
même nos campagnes, une grosse
fourmi a été érigée à la place du veau
d’or, mais le résultat est le même, en
plus effrayant même !
Le chrétien doit donc savoir être une
cigale, savoir lever les yeux vers le
ciel, s’arrêter et louer le Créateur, lui
rendre grâce pour le travail accompli
et pour les fruits récoltés… Il sait,
en un mot, imiter son créateur qui
s’est reposé pour contempler son
œuvre. Rentrer, c’est aussi prévoir de
célébrer chaque dimanche l’œuvre
de Dieu dans nos vies et dans le
monde, et choisir déjà le moment
d’une bonne retraite spirituelle dans
l’année.
Mais le chrétien est aussi une fourmi
qui sait qu’il y a un temps pour
tout. Un temps pour se reposer, un
temps pour travailler. Quand arrive
le temps de s’engager, de prendre
des responsabilités, de se mouiller,
les chants de la cigale n’ont plus
cours ! Là-aussi, le Prince-de-la-
société-du-profit a frappé très fort
lorsqu’il a exclu du monde du travail
des milliers d’hommes et femmes en
pleine vitalité. Lorsqu’il a fait croire à
des personnes pleines de ressources
que, leur carrière étant terminée,
il n’y avait pas d’autre place pour
elles dans la société que devant leur
petit écran à regarder des émissions
idiotes. Lorsqu’il a fait croire à des
milliers de jeunes qu’ils n’avaient
aucun avenir dans ce monde…
Rentrer est un acte d’Espérance !
C’est se tourner vers l’avenir en
faisant confiance à soi-même, au
monde et à Dieu. L’Espérance est le
plus grand des trésors aujourd’hui.
Le manque d’Espérance de notre
monde est la cause de tant de
déprime, tant de déchirements,
tant de violence, tant d’avortements,
tant de suicides… Or l’Espérance,
c’est la richesse de l’Eglise et des
croyants : malgré toutes nos misères
(économique, physique ou même
morale), nous gardons confiance et
investissons nos forces dans le projet
de Dieu. Nous n’avons que cinq
pains et deux poissons, mais nous
sommes suffisamment motivés (mis-
en-mouvement) pour vouloir nourrir
toute une foule. Le monde nous
propose d’être riches, égoïstes et
inquiets ; l’Eglise nous donne d’être
pauvres, généreux et confiants. Il
faut choisir entre les deux. Ainsi,
toute personne de bonne volonté
qui choisit de «rentrer», c’est-à-dire
de servir, de s’engager, de se donner,
de bâtir un monde nouveau, entre
dans la joie de Dieu !
Frères et sœurs, votre Eglise vous
offre d’œuvrer pour le Royaume de
Dieu en ce monde. En cette rentrée,
nous avons besoin urgemment de
serviteurs. C’est pourquoi je lance
un appel à tous : rentrez !!
Rentrez dans les mouvements de
spiritualité et d’action catholique,
rentrez dans les groupes de
louange et de prière, rentrez au
service bénévole du secrétariat
paroissial pour accueillir, rentrez
dans les équipes liturgiques et les
chorales, rentrez dans la pastorale
de la santé au service des malades
et des souffrants, rentrez dans les
équipes d’animation du catéchisme,
rentrez dans l’accompagnement des
catéchumènes, rentrez dans l’équipe
de nettoyage de votre église, rentrez
dans les cycles de formation, rentrez
dans l’animation des mouvements de
jeunes, rentrez dans les associations
au service des plus pauvres, rentrez
au séminaire, rentrez au couvent…
bref, comme disait saint Jean Paul II :
entrez dans l’Espérance !
+ David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France
n
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Mot de l'Evêque
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Eglise universelle
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du 13 septembre 2015 / n°506
4
L
’Encyclique Laudato si’ ,
construite autour de six
chapitres, tire son titre du
poème de saint François d’Assise,
Loué sois-tu, mon Seigneur qui,
dans le
Cantique des Créatures,
rappelle que la terre est aussi
comme une sœur et une mère. Le
cri de la nature maltraitée et le cri
des pauvres abandonnés montent
jusqu’à Dieu.
I. Ce qui se passe
dans notre maison
Ce chapitre inclut les dernières
découvertes scientifiques sur
l’environnement comme une
façon d’écouter le cri de la création,
reconnaître la contribution
que chacun peut apporter.
Les
questions abordées : la pollution,
le changement climatique, l’eau,
la perte de la biodiversité, la
détérioration sociale, les inégalités
planétaires, la faiblesse des réactions
devant ces drames !
II. L’Evangile de la création
La complexité de la crise écologique
nécessite un dialogue multiculturel
et pluridisciplinaire qui inclut la
spiritualité et la religion. La foi offre
de grandes motivations pour la
protection de la nature et des
frères et sœurs les plus fragiles ;
les obligations envers la nature font
partie de la foi chrétienne.
III. La racine humaine
de la crise écologique
Ce chapitre présente une analyse de
la situation actuelle, pour que nous
ne considérions pas seulement les
symptômes, mais aussi les causes
les plus profondes,
en dialoguant avec la philosophie et les sciences
humaines.
IV. Une écologie intégrale
Le cœur de la proposition de
l’encyclique est l’écologie intégrale
comme un nouveau paradigme
de la justice, une écologie
qui
incorpore la place spécifique de
l’être humain dans ce monde et
ses relations avec la réalité qui
l’entoure. En effet, nous ne pouvons
concevoir la nature comme séparée
de nous ou comme un simple cadre
de notre vie. Cela est vrai dans
différents domaines (économie
et politique), dans différentes
cultures, en particulier les plus
menacées, et même dans chaque
instant de notre vie quotidienne. Il
existe un lien inséparable entre les
questions environnementales et les
questions sociales et humaines. Par
conséquent, il est
fondamental de
chercher des solutions intégrales qui
prennent en compte les interactions
des systèmes naturels entre eux et
avec les systèmes sociaux. Il n’y
a pas deux crises séparées, l’une
environnementale et l’autre sociale,
mais une seule et complexe crise
socio-environnementale.
V. Quelques lignes
d’orientation et d’action
Ce chapitre aborde la question de ce
que nous pouvons et devons faire.
Les analyses seules ne suffisent pas :
il faut des propositions d’action qui
concernent aussi bien chacun de
nous que la politique internationale
et à même de nous aider à sortir de
la spirale d’autodestruction dans
laquelle nous nous enfonçons. Il
est essentiel que la construction des pistes concrètes ne soit pas
abordée de manière idéologique
ou réductionniste. C’est ainsi que le
dialogue est indispensable. Ce mot
est présent dans le titre de chaque
section de ce chapitre.
VI.
Education et spiritualité
écologiques
1. Miser sur un autre style de vie :
Le changement des modes de vie et
des choix de consommation ouvre
de grandes possibilités.
2. Éducation pour l’alliance entre
l’humanité et l’environnement.
3. La conversion écologique : la
foi et la spiritualité chrétiennes
offrent de profondes motivations
pour alimenter la passion de la
préservation du monde, sachant que
le changement climatique individuel
n’est pas suffisant (…).
4. Joie et paix :
La sobriété, qui est
vécue avec liberté et de manière
consciente, est libératrice, tout
comme le bonheur requiert de
savoir limiter certains besoins qui
nous abrutissent, en nous rendant
ainsi disponibles aux multiples
possibilités qu’offre la vie.
5. Amour civil et politique : Une
écologie intégrale est aussi faite
de simples gestes quotidiens par
lesquels nous rompons la logique
de la violence, de l’exploitation,
de l’égoïsme, tout comme il existe
une dimension civique et politique
de l’amour.
Source : http://www.mission-universelle.
catholique.fr/ n
Le pape François s’engag e
pour l’environnement
À quelques mois de la conférence internationale sur l'environnemen\
t COP21
(30 novembre -11 décembre, au Bourget), le pape François a publié, le 18
juin dernier, une encyclique sur l'avenir de notre planète. En voici un résumé\
.
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L a P arole D ominicale
Dimanche 13 septembre 2015
24 ème Dimanche du Temps OrdinaireAnnée B
Isaïe 50,5-9a • Psaume 114 • Jacques 2,14-18 • Marc 8,27-35
O
n le voit quand Jésus
interroge ses disciples sur
son identité, la réponse
de Pierre, leur représentant,
est parfaite. Mais quand Jésus
commence à parler de la croix
qu’il doit embrasser à Jérusalem,
Pierre n'est plus en phase avec lui,
il ne le suit plus. Plus étonnant, Il
l'écarte de sa route, le prend à
part pour lui manifester vivement
son désaccord. Et comme on
le comprend. A moins d’être
masochiste, personne n’aime la
croix en tant que telle.
Notons que quand Pierre affirme
à Jésus son refus de celle-ci, Jésus
lui dit :
Passe derrière moi Satan .
Autrement dit, Jésus reconnaît la
patte de Satan chaque fois que
des chrétiens refusent la croix…
Les juifs connaissaient bien Isaïe
35, mais ils oubliaient Isaïe 50
et Isaïe 53. Nous avons parlé
dimanche dernier d’Isaïe 35. Vous
savez, c’est le passage où il est dit
que quand le Messie viendra, les
yeux des aveugles se dessilleront,
les oreilles des sourds s’ouvriront,
la langue du muet criera sa joie, le
boiteux bondira de joie, etc. L’idée
de la prophétie est que le mal sera
éradiqué par le Messie. Mais dans
Isaïe 50, ce même Messie dit :
…et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé. J’ai
présenté mon dos à ceux qui me
frappaient, et mes joues à ceux
qui m’arrachaient la barbe. Je
n’ai pas caché ma face devant les
outrages et les crachats.
C’est la première lecture de la
messe de ce dimanche.
Dans l’évangile d’aujourd’hui, on
a entendu qu’au moment même
où Pierre fait son admirable
profession de foi, Jésus annonce
pour la première fois que s’il
accomplit Isaïe 35, il va aussi
accomplir Isaïe 50 et Isaïe 53. Il
guérit les malades, il accomplit
des miracles, mais il est aussi le
Serviteur souffrant d’Isaïe 50 et
53. C’est très surprenant... Jusqu’à
aujourd’hui, les juifs ont du mal
à intégrer ces passages qui ne
cadrent pas avec l’idée qu’ils se
font du Roi Messie qui est censé
mettre tous ses adversaires sous
ses pieds.
Mais au fait, pourquoi le Messie
doit-il souffrir, être anéanti,
méprisé, exécuté comme le pire
des criminels ?
Pourquoi le Roi, le Sauveur,
ne nous sauve pas avec ses
légions d’anges et des armes de
destruction massive à l’encontre
du mal et de ses artisans, mais en
prenant sur lui nos souffrances,
nos maladies, nos péchés et en
les clouant avec lui sur la croix ?
En fait, il se manifeste comme le
Bon Pasteur qui se met en travers
de la route du loup pour protéger
ses brebis, et qui assume ses
morsures, ses griffes pour que le
troupeau soit épargné. Il préfère
faire étalage de son amour plutôt
que de sa puissance.
Jésus nous dit, à la fin de cet
évangile, que celui qui veut être
chrétien ne connaîtra pas d’autre
chemin que celui qu’il a lui-même
emprunté. Il s’agit, par amour de
Dieu et du prochain, de renoncer
à soi-même, d’embrasser sa croix
et avancer à travers les épreuves et
les souffrances de la terre jusqu’à
la gloire de la résurrection et de
la vie éternelle.
Frères et sœurs, pour conclure,
je ne peux pas ne pas reprendre
la mise en garde de saint Paul
disant aux chrétiens de son temps
de faire attention à ces soi-disant
chrétiens qui sont ennemis de la
croix du Christ. Ils aiment la belle
vie, le luxe, l’argent. Leur dieu, dit
saint Paul, c’est leur ventre et non
pas Jésus-Christ (Cf. Ph 3,18-19).
Quand on est ami de l’argent, on
n’est pas ami de Jésus, même si
dans sa bouche on n’entend que
« Seigneur, Seigneur ». En effet,
Jésus nous a dit qu’on ne peut
pas servir deux maîtres à la fois,
autrement on aimera l’un et haïra
l’autre. Ainsi, parmi les chrétiens,
ceux qui aiment l’argent et qui
vont jusqu’à utiliser la religion
pour se remplir les poches et
vivre la grande vie, sont des gens
qui, quoi qu’ils disent, détestent
Jésus, même s’ils n’en sont pas
conscients. Ce n’est pas moi qui
le dis, mais Jésus lui-même.
P. Alain Ransay,
Curé du Marin et Sainte-Anne
n
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
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Vie du diocèse
Il était 15h30 ce dimanche 6 septembre 2015, lorsque l’imposante p\
rocession
composée des servants d’autel, des diacres, des prêtres, des évêques, a
remonté la rue Antoine-Siger pour entrer dans la cathédrale Saint-\
Louis, trop
petite pour accueillir tous les représentants des forces vives du diocèse :
paroisses, mouvements, congrégations et communautés religieuses, f\
amille
et amis, autorités civiles et militaires, invitées par Mgr l’Ar\
chevêque, et les
nombreux fidèles qui avaient souhaité participer pleinement à ses côtés à cet
événement historique.
Grande fête diocésaine
à la Cathédrale Saint- Louis
Le Chœur diocésain , créé par Mgr
Macaire, et dirigé par Dominique-
Edouard Lagier, a animé de façon
magistrale la célébration ; il était
pour l’occasion, composé de cinq
chorales :
Résonan's, Eau vive de
Coridon, Chœur d'hommes de Saint-
Christophe, Chorale Harmonie et
Chœur d'hommes de la Cathédrale.
L’orgue de la cathédrale était tenu
par l’organiste titulaire, Robert
Sifflet.
La beauté de la décoration
florale aux couleurs du Vatican,
blanc et jaune, et des fleurs de
la Martinique, celle des bannières
portant blason des évêques
fixées au-dessus de leurs sièges, le
long tapis rouge couvrant l’allée
centrale et les marches jusqu’à
l’autel, soulignaient l’importance
de cette célébration pour tout
notre archidiocèse.
Après les membres du presbyterium,
Mgr Riocreux et Mgr Lafont,
évêques de Guadeloupe et de
Guyane, Mgr David Macaire a
salué l’autel avant de rejoindre sa
cathèdre. Puis, Mgr Girasoli, Nonce
à Trinidad et Délégué apostolique
aux Antilles, représentant le Saint-
Père, et donc accompagné du
drapeau du Vatican, a été accueilli
solennellement à l’entrée de la
cathédrale par le père Fortuné
Gibon, vicaire général et le père
Marcel Crépin, vicaire épiscopal.
Après avoir embrassé le crucifix
qui lui était présenté, il s’est signé
de l’eau bénite avant d’asperger
l’assemblée en remontant l’allée
centrale, précédé du diacre Hervé
Lordinot, portant le pallium.
Guidé par le cérémoniaire principal,
Kerry Moran, il s’est agenouillé
devant l’autel pour se recueillir,
puis est allé saluer Mgr Macaire.
Le diacre ayant déposé le pallium
sur l’autel, Mgr Girasoli a procédé
à son encensement, le pallium
signifiant l’Agneau de Dieu et la
brebis sauvée et portée par le
Bon Pasteur, avant d’être conduit
devant l’autel où son siège avait
été installé. Jusqu’à l’imposition du
pallium, le représentant du Saint-
Père a présidé la célébration.
Avant de recevoir son pallium,
Mgr Macaire a prononcé le mot
d’accueil en se tournant d’abord
vers le Nonce, représentant le
Saint-Père, puis vers les autorités
civiles et militaires, les délégués
des composantes du diocèse, les
fidèles présents physiquement et
par les ondes de Radio Saint-Louis
et des autres médias associés, en
les remerciant d’être à ses côtés.
Il s’est ensuite agenouillé devant
le Nonce. Recevant le pallium du
diacre, Mgr Girasoli l’a alors imposé
solennellement sur les épaules de
Mgr Macaire en disant :
Recevez le pallium, pris auprès
du tombeau de saint Pierre :
nous vous le remettons au nom du
pontife romain, le pape François,
pour que vous le portiez, en signe
de votre autorité de métropolitain
dans toute l’étendue de votre
province ecclésiastique. Qu’il
soit pour vous symbole d’unité,
témoignage de votre communion
avec le Siège apostolique, lien de
la charité et stimulant de votre
force d’âme.
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
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Mgr Lafont, Mgr Riocreux, Mgr Girasoli et leurs différents blasons
Dimitri BAJAZET Dimitri BAJAZET
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Pendant que retentissait le
chant de louange et d’allégresse
Laudate Dominum , Mgr Girasoli et
Mgr Macaire ont échangé un geste
de paix, avant de regagner chacun
leur place, Mgr David Macaire
prenant dès lors la présidence
de la suite de la célébration.
Mgr Riocreux et Mgr Lafont,
évêques des diocèses suffragants
de Guadeloupe et de Guyane, sont
allés à leur tour saluer l’archevêque
vêtu de son pallium, marquant ainsi
l’unité de la province ecclésiastique.
Mgr Macaire ayant choisi de célébrer
la messe votive de saint Pierre et
saint Paul, pour marquer l’unité
avec Rome et l’Eglise universelle, la
couleur liturgique était le rouge, et
ce sont les textes de cette messe qui
ont été proclamés lors de la liturgie
de la Parole.
L’homélie a été donnée par le
Nonce, Mgr Nicola Girasoli, insistant
notamment, sur le sens du pallium
qui, premièrement, nous rappelle
Jésus le Christ, le Pasteur, devenu
Lui-même agneau, par amour pour
nous ; deuxièmement, le Christ qui
a pris l’humanité sur ses épaules
pour nous ramener à la maison (la
maison de Dieu) et, troisièmement,
que, « nous les évêques, sommes
des Pasteurs au service de leurs
troupeaux ».
Il a encore demandé à l’archevêque
de renforcer le chemin de l’unité, et
aussi d’éliminer toutes les divisions
symptômes de la force du péché
et de la présence des forces du mal
en nous.
Après la profession de foi et
la prière universelle, la liturgie
eucharistique a commencé par la
procession des offrandes, enracinée
dans la culture martiniquaise
symbolisée par les coupeurs de
canne, les sacs en madras et en
jute, recevant les offrandes des
fidèles. En raison d’une décision
de Mgr Macaire, la quête réalisée
lors de cette célébration sera versée
aux sinistrés dominiquais, de même
que la seconde quête réalisée dans
toutes les paroisses de l’île à la fin
des messes célébrées lors du 23 ème
dimanche du temps ordinaire.
Après la prière du Notre Père et
la communion, a été rappelée
solennellement la décision
de Mgr Macaire d’accorder
l’indulgence plénière à tous ceux
qui ont participé à cette messe
dite du pallium, physiquement ou
par les ondes, et qui respectent les
conditions prévues pour recevoir
cette indulgence.
Après les remerciements adressés
par Mgr Macaire à Mgr Girasoli, à
qui il a demandé de dire au Saint-
Père tout l’amour de l’archidiocèse,
à Mgr Riocreux et à Mgr Lafont,
qu’il a invités à venir souvent,
puis à tous ceux qui ont préparé
cette célébration et participé à sa
réalisation, ce fut donc le temps de
la bénédiction solennelle donnée
par l’archevêque, suivi ensuite
par le chant du Salve Regina , et
d’un temps de recueillement de
Mgr Macaire devant l’autel de la
Vierge Marie, avant que le diacre
ne proclame la fin de la messe en
nous envoyant tous en mission.
La procession a alors lentement
quitté la cathédrale pendant que
le
Chœur diocésain chantait dans
la joie le chant d’envoi, repris
par toute l’assemblée agitant
des foulards (jaune et blanc) aux
couleurs du Vatican. Mgr Macaire,
en compagnie de Mgr Girasoli, de
Mgr Riocreux et de Mgr Lafont a
pris le temps de saluer les autorités
présentes, et ensuite les membres
de sa famille, parmi lesquels ses
parents, et de nombreux fidèles
voulant lui témoigner leur affection
avant de quitter la cathédrale.
Cette célébration restera un grand
moment de la vie de notre diocèse
pour tous ceux qui y ont participé
physiquement ou par les ondes !
Vous pouvez retrouver, en vidéo
sur la webtv Saint-Louis, cette
célébration qui a été retransmise
en direct par la radio diocésaine en
partenariat avec le service diocésain
de communication, en cliquant
sur le lien suivant https://www.
youtube.com/user/rsl972 .
Michel Déglise n
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du 13 septembre 2015 / n°506
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Vie du diocèse
Homélie de S.E.R. * Mgr Nicola Girasoli
à l’occasion de l’imposition du Pallium
à S.E.R. Mgr David Macaire
C
her Mgr David Macaire,
archevêque de Saint-Pierre
et Fort-de-France, chers
frères évêques, Mgr Jean-Yves
Riocreux, évêque de Basse-Terre et
Pointe-à-Pitre, et Mgr Emmanuel
Lafont, évêque de Cayenne, chers
prêtres, diacres, hommes et femmes
appartenant aux Congrégations
religieuses, Autorités civiles et
militaires (M. le Préfet….), chers
frères et sœurs.
C’est toujours une grande joie pour
moi de venir à la Martinique, la plus
belle île de la région caraïbe : un vrai
paradis naturel que le bon Dieu nous
a donné ! Mais aujourd’hui, je suis
parmi vous pour une célébration
historique : l’imposition du Pallium
à votre jeune et nouvel Archevêque
de cette Province ecclésiastique.
En effet, le pape François a voulu
changer une tradition qui, jusqu’à
l’année dernière, a vu célébrer
l’imposition du Pallium aux nouveaux
Archevêques métropolitains,
toujours le 29 juin de chaque année,
dans la Basilique Saint-Pierre, au
Vatican. Ce changement, comme l’a
bien expliqué le pape François dans
la Lettre qu’il a lui-même envoyée à
tous les évêques le 12 janvier 2015, a
été fait pour donner la possibilité à
toute l’Eglise archidiocésaine, et aussi
aux diocèses suffragants qui font
partie de la même Province, c’est-
à-dire les diocèses de Guadeloupe
et de Guyane, d’être présents et
de participer à cette célébration
vraiment importante pour notre
Eglise.
En effet, l’imposition du Pallium n’est
pas une affaire privée du nouvel
Archevêque et, éventuellement, de
ses amis qui peuvent voyager avec lui
à Rome… Au contraire, l’imposition
du Pallium est un événement de
toute l’Eglise de la Martinique, de la
Guadeloupe et de la Guyane. Le pape
François désire aussi que l’imposition
du Pallium in loco , c’est-à-dire dans
cette merveilleuse cathédrale, aide
les fidèles à comprendre le chemin
de la synodalité et à renforcer le lien
de la communion des Eglises locales
avec l’Eglise universelle. C’est pour
cela que le Saint-Père a voulu que
dorénavant ce soit le Nonce ou le
Délégué apostolique qui impose le
Pallium.
Mais, chers frères et sœurs, qu’est-ce
que le Pallium ? C’est une pièce
d’étoffe, tissée avec la laine des
agneaux bénis par le pape en la
fête de sainte Agnès, le 21 janvier.
Le Pallium nous rappelle Jésus, le
Christ, le Pasteur devenu Lui-même
Agneau par amour pour nous.
Le Pallium nous rappelle le Christ
qui a pris l’humanité sur ses épaules
pour nous ramener à la maison, la
maison de Dieu.
Le Pallium rappelle que nous, les
évêques, sommes des pasteurs au
service de nos « troupeaux ».
Alors, chers frères et sœurs,
l’imposition du Pallium n’est pas un geste décoratif, mais aujourd’hui,
cher Mgr Macaire, c’est tout le
peuple de Dieu de la Martinique,
de la Guadeloupe et de la Guyane,
que vous prenez en charge sur vos
épaules.
Cher Mgr Macaire, aujourd’hui,
vous prenez sur vos épaules surtout
les pauvres et tous ceux qui sont
abandonnés, tous ceux qui souffrent
et que vous devez porter au Christ.
Le pape François dit souvent que
nous, les évêques, devons toujours
être au milieu du peuple de Dieu,
écouter leurs soucis et partager
leurs difficultés. Le Droit canonique
nous rappelle que les Provinces
ecclésiastiques, les archevêques
qu’on appelle Métropolitains,
comme vous ici à Fort-de-France, ont
été créés pour promouvoir l’action
pastorale commune (Can. 431 § 1).
A vous, cher Mgr Macaire, comme
Archevêque métropolitain, il vient
d’être confié la tâche de veiller
à ce que la foi et la discipline
ecclésiastique soient observées et
d’en informer le Pontife romain
(Can. 436 § 1). C’est pour cela que
la présence aujourd’hui ici de Mgr
Riocreux et de Mgr Lafont est très
importante, parce que le Pallium
symbolise l’unité et la communion
de la Province ecclésiastique et vous,
les trois évêques, devez travailler
ensemble pour fortifier la foi et
l’unité entre vous et avec Rome.
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
8
Page 9
S.E.R. : Son Excellence Révérendissime
En effet, nous célébrons aujourd’hui
la Messe votive de saint Pierre et
saint Paul pour souligner l’unité et
l’universalité de notre Eglise : une,
sainte, catholique et apostolique
(unam, sanctam catholicam et
apostolicam…) . Le Pallium réunit
en communion tous les fidèles des
trois diocèses de Saint-Pierre et
Fort-de-France, de Basse-Terre et
Pointe-à-Pitre et de Cayenne. Et c’est
pour cela que vous, Mgr Macaire,
pouvez porter le Pallium dans toutes
les églises des trois diocèses, mais
absolument pas hors de la Province
que vous présidez.
Vous savez bien que, lorsque vous
allez en Métropole ou dans d’autres
diocèses hors de votre Province
ecclésiastique, vous ne pouvez pas
porter le Pallium, parce le Pallium
vous identifie avec cette Province,
avec le peuple de Dieu de la
Martinique, de la Guadeloupe et de
la Guyane. Et si un jour, dans un futur
très lointain, vous êtes transféré dans
une autre Province ecclésiastique
(je ne vous le souhaite pas… parce
que je pense qu’il n’y a pas dans le
monde un diocèse plus beau que
la Martinique !), vous aurez besoin
d’un nouveau Pallium (cf. Can. 431
§ 2).
C’est pour cela que cette célébration
signifie, très concrètement, la
communion entre les évêques
de l’Eglise et le pape François, le
successeur de saint Pierre. Elle signifie
que nous devons être Pasteurs pour
l’unité et dans l’unité.
Cher Mgr Macaire, il y a déjà presque
six mois que vous avez été nommé
Archevêque de Saint-Pierre et
Fort-de-France. Nous sommes tous
témoins de ce que vous avez été très
bien accueilli ici ; votre enthousiasme
et votre jeunesse vous permettent
d’arriver au cœur des fidèles pour leur
communiquer la joie de la foi… pour
les réveiller. Oui, parce qu’il y a dans
notre Eglise catholique beaucoup
de catholiques qui dorment. Je les
appelle souvent en anglais
sleeping
catholiques. On a besoin d’une foi
vivante. Il faut motiver les fidèles
à s’engager dans la vie pastorale
de l’Archidiocèse. Aujourd’hui, pour
être des chrétiens authentiques, il
faut aller à contre-courant. Ils sont
nombreux, les défis pour notre
Profession de foi. Les lois civiles
deviennent toujours plus éloignées
de l’enseignement authentique de
notre foi et de l’Evangile… Il y a là
une tentation grave de choisir ce
qui nous plaît, comme dans le menu
d’un restaurant. Quand nous allons
au restaurant, nous choisissons
ce qui nous plaît. Pour être un
chrétien authentique, bien réveillé,
il faut accepter tout le menu, il faut
aller à contre-courant et accepter
l’intégralité de la foi.
Sûrement, cher Mgr Macaire, vous
avez déjà entendu dans les premiers
mois de votre ministère, qu’ici à
la Martinique, il y a beaucoup à
faire… Mais vous pouvez compter
sur la collaboration d’un très bon
presbyterium… Je vous assure que
les prêtres de la Martinique sont les
plus engagés de toute la Caraïbe et
aussi que le laïcat de la Martinique
est beau !
Cher Mgr Macaire, surtout, il faut
renforcer le chemin d’unité, éliminer
toutes les divisions. Les divisions,
en effet, sont des symptômes de
la force du péché, de la présence
du mal qui continue à agir dans
les membres de l’Eglise. L’unité de
l’Eglise est enracinée dans l’union
avec le Christ. Le chemin d’unité est
aussi un chemin d’humilité, d’écoute,
de partage. L’humilité n’est jamais
un signe de faiblesse, mais toujours,
comme nous l’enseigne la Bible, un
signe de sagesse… Etre humble
signifie être sage et imiter notre
Seigneur qui est venu parmi nous
pour servir et donner sa vie pour
les autres. Dans le dictionnaire de
l’Eglise, il faudrait effacer le mot
« pouvoir », pour le remplacer par
le mot « service »… Le pouvoir,
dans l’Eglise, s’exprime seulement
à travers le service.
Chers frères et sœurs, dans quelques
semaines, nous allons entrer dans
l’Année jubilaire de la Miséricorde.
Le pape François nous demande
de devenir miséricordieux comme
Dieu, comme Jésus. Cela signifie qu’il
faut pardonner toujours… Avant
de juger, il faut pardonner. Comme
Jésus qui a transformé la justice en
amour. Il faut que tous, nous soyons
messagers de l’amour, de la charité,
de la miséricorde.
Le pape François, dans l’homélie du
29 juin que vous avez concélébrée
avec lui, vous a dit : « La vie chrétienne
des Apôtres est pour nous, croyants
d’aujourd’hui, un fort appel à la
prière, à la foi et au témoignage ».
Cher Mgr Macaire, soyez toujours
dans votre peuple un homme de
prière, qui enseigne aux fidèles à
avoir confiance en Dieu seul. Soyez
pour votre peuple un homme de
foi, qui enseigne aux fidèles à ne
pas avoir peur d’aller à contre-
courant, à ne pas avoir peur des
persécutions qui affligent l’Eglise.
Soyez un homme de témoignage…
Il n’y a pas de témoignage sans une
vie cohérente. Le témoignage le plus
efficace et le plus authentique est
celui qui consiste à ne pas contredire,
par son comportement et par sa vie,
tout ce que l’on prêche aux autres.
Cher Mgr Macaire, enseignez la
prière en priant, annoncez la foi
en croyant, portez témoignage en
vivant (homélie du pape François du
29 juin 2015). AMEN
+ Nicola Girasoli
Délégué Apostolique des Antilles
n ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
9
Dimitri BAJAZET Les évêques suffragants : Mgr Lafont
(Guyane) et Mgr Riocreux (Guadeloupe)
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Vie du diocèse
Depuis le dernier numéro de la revue du 21 juin, notre diocèse a v\
écu des temps
forts que nous ne pouvons pas reproduire en totalité dans cette éditi\
on. Nous
vous proposons de revivre quelques-uns en images.
Retour en images sur
quelques événements
29 juin
A Rome, à l’occasion de la fête des saints Pierre
et Paul, le pape François a remis, de manière
privée, le pallium à Mgr Macaire et aux autres
archevêques nommés en 2015. Mais l’imposition
s’est faite par son représentant, lors de la
cérémonie officielle, à la cathédrale Saint-Louis,
le 6 septembre dernier.
11 juillet
Mgr Macaire était en visite pastorale à Case- Pilote.
Son mot d’ordre : la proximité !
19 juillet
En soutien aux Scouts et Guides après l’accident du jeune pionnier lamentinois à l’occasion du grand
Rassemblement à Strasbourg, Mgr Macaire a rejoint la délégation de Martinique sur leur lieu de vie, alors qu’il
participait à la 30 ème session du Renouveau charismatique catholique en Belgique
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
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Rencontre des jeunes avant leur confirmation En visite chez une paroissienne
Avec les Scouts du Lamentin, en Martinique
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ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
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1er août - Paroisses en fête au Village de
la Poterie des Trois-Ilets
10 août - Mgr Macaire a présidé la messe au Lamentin
pour la Saint-Laurent, patron de la paroisse
Du 21 au 30 août
Pèlerinage diocésain Notre-Dame de la Délivrande du Morne-Rouge, sur le thème «Vierge Marie, montre Jésus»
2 août - L’évêque était présent au Tour des Yoles : un
événement sportif devenu incontournable à la Martinique
16 août - Célébration de l’Eucharistie à la cathédrale
Saint-Louis, en mémoire des victimes du crash aérien
de Maracaïbo et dépôt de gerbes devant la stèle
élevée à la mémoire des victimes
Page 12
Vie du diocèse
C’est au cœur du rassemblement de sa communauté chrétienne
de Martinique que le séminariste, Gaëtan Présent, a été
institué «lecteur et acolyte» par Mgr David Macaire. Cette
ultime étape avant l’ordination diaconale, s’est déroulée\
le
samedi 15 août 2015, lors de la fête de l’Assomption de la
bienheureuse Vierge Marie, en l’église Emmaüs de Rivière-
Roche. Découvrons son témoignage pour Eglise en Martinique.
Gaétan Présent institué
« Lecteur et Acolyte »
L
e lectorat et l’acolytat sont
des ministères institués,
c’est-à-dire destinés aux laïcs.
Cependant, ils sont plutôt conférés
à des hommes se préparant au
sacrement de l’ordre (diaconat en
vue du presbytérat ou diaconat
permanent) en raison d’une
certaine tradition dans l’Eglise
latine.
Le lectorat correspond au service
de la Parole de Dieu. Le lecteur est
institué pour lire la Parole de Dieu
dans l’Assemblée liturgique et la
transmettre (depuis la catéchèse
jusqu’à l’initiation aux sacrements).
L’acolytat est le service de
l’Eucharistie et des prières
personnelle et communautaire. Il
revient donc à l’acolyte de s'occuper
du service de l'autel, d'aider le
diacre et le prêtre dans les fonctions
liturgiques et principalement dans
la célébration de la Messe ; il lui
appartient en outre de distribuer
la sainte Communion, en tant que
ministre extraordinaire. Dans les
mêmes cas extraordinaires, on
pourra lui confier le soin d'exposer publiquement le Saint-Sacrement
à l'adoration des fidèles et de
le reposer ensuite, mais non de
donner la bénédiction au peuple.
J’ai eu la joie de recevoir ces
deux ministères, le samedi 15
août 2015, par l’évêque de notre
diocèse, Mgr David Macaire. Cette
deuxième étape, après l’admission
le 28 juillet 2013, est pour moi un
signe fort de la part de l’Eglise qui
me fait confiance et me confirme
dans mon cheminement vers le
sacerdoce. Elle ne représente ni
une parenthèse, ni une case à
valider, mais bien une mission à
part entière qui me donne un
avant-goût du diaconat, prochaine
étape de mon parcours.
Depuis le 15 août, j’ai eu l’occasion
d’exercer ces beaux ministères lors
de mon stage dans les paroisses
Saint-Christophe et Sainte-
Thérèse. Je proclamais l’une
des lectures, non plus comme
auparavant, mais avec l’assurance
d’être mandaté par l’Eglise pour
assumer ce service. Comme vraie
nouveauté, j’ai pu dresser l’autel
pour le célébrant, purifier les vases
sacrés après la communion, aller
chercher la réserve eucharistique
avant la communion, exposer et
déposer le Saint-Sacrement. Me
rapprocher de l’autel m’aide à
m’épanouir dans ma vocation et
à toucher du doigt le privilège
des ministres qui est de célébrer
les sacrements.
n
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
12
Chers lecteurs, nous reprenons le rythme habituel de diffusion de nos dossiers. A l’occasion de la rentrée
scolaire, la revue propose une réflexion sur la morale :
Que pensez-vous de la réintroduction de la morale laïque à l’école ?
Vos témoignages profiteront à tous. Nous les attendons, pour le 16 septembre 2015 au plus tard,
à egliseenmartinique@orange.fr
N’oubliez pas de préciser vos noms et prénoms. Merci de joindre une photo, le cas échéant.
Les dossiers de la revue Eglise en Martinique
Page 13
A
ccueillir est pour nous :
une disponibilité (volonté
d’accompagner), une
écoute et une attitude sincères qui
viennent du cœur (sourire, geste,
voix), et non «une façade».
«Mal accueillir» peut s’exprimer
de la façon suivante : avoir des
préjugés, de la méfiance, être
dans la critique et avoir des
comportements inappropriés. Dans
le monde de la santé, les principaux
facteurs favorisants sont souvent
de mauvaises conditions de travail
(manque d’effectifs et de matériels,
le travail en collaboration), les
personnalités et générations
différentes (éducation), les
résistances aux changements, les
besoins de reconnaissance d’où
un mauvais état d’esprit visant
à la «suppression de l’autre»
(dévalorisation…).
Comment accueillir l’Autre ? En
faisant en sorte que nos attitudes
soient cohérentes avec notre
foi et en portant le regard du
Christ sur l’autre, car notre foi est
incompatible avec le jugement et
le dénigrement. Dieu te demande
tous les jours :
Qu’as-tu fait de ton
frère ?
Car il est aussi mon enfant.
Afin d’être dans les meilleures
dispositions, il faudrait prendre soin
de soi : de sa santé physique (afin de
prévenir le syndrome d’épuisement
professionnel), préserver sa qualité
de vie (personnelle et familiale),
mieux se connaître (remise en
question, connaître ses limites,
verbaliser ses difficultés…). Notre
foi c’est notre roc : vivre selon
nos valeurs spirituelles, prière,
eucharistie et sacrement de
réconciliation, faire de bonnes
actions, «bien faire» pour être en
paix… et ainsi, progresser dans la
vie chrétienne.
Après quelques échanges et
témoignages, le père Thierry
Aurokiom nous a fait un exposé
articulé autour de trois points : Le
mystère de l’homme, la dignité
de la personne, et l’écoute de la
personne souffrante.
Le premier point a mis en relief la
dimension sacrée de l’être humain :
l’homme n’est pas seulement un
assemblage d’éléments épars
mais une idée personnelle de Dieu
(Benoît XVI). Le but de notre vie est,
en dernière analyse, de découvrir,
d’accueillir et de donner l’amour. Le
Christ crucifié, qui a porté cet amour
à son comble, comme dit l’évangile
de Jean, a traduit ce principe dans
la réalité. Dieu est Amour en lui-
même. L’amour comporte toujours
une part de renoncement à soi, de
don de soi pour l’autre.
Le deuxième point, la dignité
de la personne,
a abordé, au
préalable, le concept de personne.
Si l’homme est un mystère, c’est
que la personne ne se laisse pas
totalement définir. Pour connaître
l’autre comme une personne, je
dois engager avec elle une relation
faite de respect. C’est dans cette
relation éthique que d’une part, je
vais mieux percevoir qu’il est une personne, et que par ailleurs, lui
et moi allons devenir davantage
personnes… Comme le montre
l’étymologie, connaître (co-naître)
vraiment une personne, c’est la
faire naître davantage, et c’est
naître davantage par elle. Cette
relation éthique a été travaillée, de
façon particulière, par le philosophe
juif Emmanuel Lévinas, sous l’angle
du «visage» comme révélation
d’autrui, de sa dimension infinie
«
… Le visage est sens à lui seul… »
(E. Lévinas, Ethique et infini, Fayard,
1982).
Le troisième point,
A l’écoute de la
personne souffrante,
nous a mis de
plain-pied avec le thème de notre
rencontre, l’Accueil de l’Autre,
et plus particulièrement de la
personne souffrante dans le cadre
de notre travail de soignants… Il y
a souffrance physique lorsque le
corps fait mal d’une façon ou d’une
autre, tandis que la souffrance
morale est une douleur de l’âme.
Cette douleur de l’âme n’est pas
seulement psychique... Pour Jésus,
la souffrance est un adversaire. Il
est celui qui guérit, panse les plaies
et compatit au point qu’on peut
lui attribuer la parole du prophète
Isaïe : Il a pris nos infirmités et s’est
chargé de nos maladies.
Après un enseignement riche en
réflexions, notre matinée s’est
terminée, en toute fraternité, par
un pot de l’amitié.
Dominique Angeon, A.C.M.S.S,
Diocèse de Martinique - www.acmss.fr
n
Récollection de l’Action Catholique des Milieux Sanitaires et Sociaux
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
13
Le samedi 20 juin 2015 a eu lieu la recollection annuelle de l’Action\
Catholique
des Milieux Sanitaires et Sociaux (ACMSS), à Coridon, qui débuta\
par une
eucharistie animée par la chorale Eau Vive.
Aussi soyez accueillants les uns pour les autres,
comme le Christ fut pour vous à la gloire de Dieu (Rm 15,7)
Page 14
Vie du diocèse
Le lundi 10 août, la Communauté paroissiale du Lorrain a vécu u\
n temps de
prière et d’action de grâce pour les Vocations, dans le cadre de l’Année de la
vie consacrée, autour de saint Dominique de Guzman et saint Hyacinthe\
, avec la
Communauté des Sœurs de la Délivrande et des Sœurs de Saint-\
Paul de Chartres.
La paroisse Saint-Hyacinthe
du Lorrain en fête
A
près le chant : Si le Père vous
appelle,
le père Henderson,
curé de la paroisse, a accueilli
l’assemblée des fidèles et les sœurs
invitées.
Une citation du pape François sur la
naissance d’une vocation a introduit
la première partie .
Les mouvements mariaux de la
paroisse ont animé ensuite un temps
de méditation et de prière pour les
vocations.
La deuxième séquence, qui s’intitulait
Ils ont répondu à l’appel de
Dieu , a permis d’évoquer le oui de
Marie, et de faire le lien entre trois
prédicateurs : saint Dominique, saint
Hyacinthe et Mgr Macaire.
En effet, Il y a 800 ans, Dominique
de Guzman, un Espagnol, conçoit
l’idée de fonder un nouvel ordre
religieux, destiné à la prédication
dans le monde entier : les Frères
Prêcheurs Dominicains. L’ordre est
confirmé par le pape Honorius III dès
l’année suivante.
Hyacinthe naît en Silésie vers 1190.
Il est prêtre et chanoine de Cracovie
quand, venu à Rome, il rencontre
Dominique de Guzman qui vient de
fonder le nouvel Ordre des Prêcheurs.
Après une solide formation à Rome,
Hyacinthe est désigné pour aller
établir l'Ordre dominicain en son
pays natal. Avec le frère Henri de
Moravie, il fonde un premier couvent
à Cracovie un an après la mort de
Dominique. On se souvient de Jean
Paul II en la fête du saint de Cracovie,
la ville dont il fut évêque avant de
devenir pape ! Hyacinthe, prêtre
polonais dominicain, est le patron
de notre paroisse du Lorrain.
David naît en 1969 à Nanterre. Il est
élève à l’école primaire et au Collège
des Dominicaines de Notre-Dame de
la Délivrande au Morne-Rouge (1972-
1984). Il accomplit son cheminement
vocationnel au Foyer Dominique
Savio, à Fort-de-France (1993-1994).
Ensuite, il entre au Noviciat de la
Province de Toulouse de l’Ordre des
Prêcheurs dominicains et est ordonné
prêtre à Toulouse en 2001. Il est
prieur du Couvent des Dominicains
de Bordeaux (2006-2011), prieur du
Couvent des Dominicains de la Sainte-
Baume (2011-2015). David, prêtre
martiniquais dominicain, devient
Mgr David, nouvel archevêque du
diocèse de la Martinique, le 7 mars
2015, l’année des 800 ans de la
fondation de l’Ordre des Prêcheurs
Dominicains.
Ensuite est venu le moment de
mettre à l’honneur les sœurs de Saint-
Paul de Chartres, présentes dans le
diocèse depuis 1818, et sur la paroisse
du Lorrain, depuis 1853. Elles ont
d’abord travaillé à l’hôpital et résidé
dans l’enceinte de cet établissement.
Puis on les a retrouvées au service de
la catéchèse ou dans les mouvements
d’action catholique. A la demande
du curé, la Provinciale a dressé un
historique de la Congrégation.
Le père Henderson a adressé ses
remerciements aux sœurs qui
quittent définitivement la paroisse :
Sr Marie-Jeanne, et Sr Alice-Marie
qui s’est occupée de la sacristie et
des servants d’autel, maintenant au
nombre de 50.
Après un temps d’intercession et la
litanie des saints, le père Philibert
Madrandélé, vicaire, s’est joint au
curé pour la bénédiction finale.
Un partage fraternel a clôturé cette
soirée festive, empreinte tout à la fois
d’émotion et de joie.
Léa Joly n
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
14
Page 15
N
é le 2 février 1956 à Rouen,
le père Latour fut ordonné
prêtre le 23 juin 1984 dans
sa ville natale. A compter de 1984,
il séjourna quelques années au
Cameroun, puis en France où il
prépara sa licence et son doctorat
en Théologie, avant son arrivée à
la Martinique en 2002.
Nommé curé sur la paroisse Saint-
Michel du François, il y officia
jusqu’à son départ pour la paroisse
de Bellevue, en octobre 2014. C’est
en effet le 6 octobre 2014 que
Mgr Michel Méranville l’appela à
d’autres fonctions, en l’occurrence
celle de Chancelier du diocèse.
Il succéda ainsi à père Bolle au
terme du service missionnaire de
ce dernier.
Père Latour était également le
Supérieur des pères spiritains
de la Martinique, depuis le mois
d'octobre 2014.
Il a pris une part très active à
l’ordination de Mgr Macaire en
avril dernier : il était chargé de la
lecture de la bulle papale.
A cette occasion, il témoigna de
son émotion dans notre revue. En
voilà un extrait :
Quelle émotion lorsque chaque
évêque impose les mains à
l’ordinand, lorsque chaque prêtre
et diacre vient échanger la paix
avec son nouveau pasteur…
Mais surtout quel message pour
l’avenir de voir les participants,
clercs ou laïcs, rassemblés
fraternellement, communiant à
la même foi, la même espérance,
la même vie. Tout cela pourquoi,
sinon pour que vive notre Eglise…
Aujourd’hui l’Eglise qui est en
Martinique a montré qu’elle
continue le chemin ; qu’elle n’a
pas à craindre d’avancer en eaux
profondes. Au lac de Tibériade,
les disciples ont fait confiance
à l’inconnu qui leur disait de
replonger encore et encore
le filet. Aujourd’hui, avec Mgr
David Macaire, à la suite de ses
prédécesseurs, continuons à avoir
Foi en Celui qui se tient sur le
rivage et qui nous dit, à nous aussi,
de ne pas nous décourager…
Oui, Il était là le Ressuscité et
c’est Lui, plein de sollicitude et
de miséricorde, qui nous a pris
près de lui pour nous dire : Tu
es membre de mon corps, je t’ai
donné un pasteur selon mon cœur,
aie confiance…
Le Père l’a appelé à la vie en
plénitude, à avancer en eaux
profondes, à passer de l’autre
bord. Paix à son âme !
Hommage au père Bruno Latour
Chancelier du diocèse de Martinique
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
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Le samedi 27 juin 2015, nous avons appris, avec une vive
émotion, le décès subit du père Bruno Latour, prêtre de
la congrégation du Saint-Esprit, chancelier du diocèse de
Martinique. Il avait 59 ans. De nombreux fidèles ont pu lui
rendre hommage pendant deux jours (les 2 et 3 juillet) avant la
célébration des funérailles, présidée par Mgr David Macai\
re,
à l'église Notre-Dame de Bellevue, le vendredi 3 juillet 2015. Il \
fut enterré au cimetière du François.
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Vie du diocèse
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
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P. Lucianno Rinasoa, Vicaire
de la paroisse de Schœlcher
Père Bruno Roger Joseph Latour
C.S.Sp. Que peut-on garder de
lui ?
Le samedi matin 27 juin 2015,
le père Bruno Latour, prêtre de
la congrégation du Saint-Esprit,
nous a brusquement quittés.
Je crois que beaucoup d’entre
nous ont gardé de nombreux
souvenirs de lui, que mes
mots n’ont pas la prétention
de résumer. Ici, je voudrais
juste lui rendre hommage en
partageant, à travers quelques
lignes de témoignage, ce qui
m’a admirablement frappé chez
lui pendant les huit mois que
nous avons passés ensemble à
la paroisse du François (février-
septembre 2014), et les neuf
autres mois de collaboration
dans l’exercice du ministère, sur
les paroisses de Bellevue et de
Schœlcher (octobre-juin 2015).
Un soir, à table, alors qu’on était
encore au François, pendant
l’une de nos conversations
souvent portées sur la mission et
la vie missionnaire, il dit : J’aime
bien travailler sur le terrain,
être en contact avec les gens,
alors qu’il aurait pu être dans
le domaine de l’enseignement
universitaire, vu les propositions
et parfois des sollicitations qu’il
aurait refusées. Par la suite, j’ai
vite compris que son succès
pastoral qui profite à beaucoup
de personnes, particulièrement
à celles qui étaient proches de
lui, tire son origine de la passion
missionnaire qui l’animait. Il a su
toucher le cœur de beaucoup
de gens parce qu’il aimait ce
qu’il faisait, et qu’il le faisait
avec amour.
Bruno était un pasteur, très
organisé, ponctuel, et était
toujours en avance dans son
programme pastoral. Il savait
faire confiance aux gens à qui
il donnait des responsabilités,
en les laissant travailler à leur
propre façon. Il ne faisait pas
économie de son savoir-faire
surtout à ceux qui le lui avaient
demandé. La formation des
laïcs et l’attention particulière à
ceux qui souffrent, notamment
les malades et les personnes
défavorisées, étaient au cœur
de ses préoccupations. Il savait
conjuguer la rigueur et la
flexibilité, le sérieux et la blague
qu’il aimait.
C’était quelqu’un de sensible, et
qui avait aussi besoin de soutien
dans son projet pastoral, même
s’il ne le manifestait pas toujours
à cause de son caractère assez
discret.
Si nous voulons bien le garder
en notre mémoire, pourquoi ne
pas faire nôtre ce qu’il y avait de
positif chez lui pour réussir notre
vie spirituelle, intellectuelle et
humaine au bénéfice de ceux à
qui Dieu nous envoie ?
Joëlle Ramier, secrétaire de
la paroisse du François
Le décès du père Bruno
Latour m'a profondément
bouleversée. Je l'ai rencontré
dès son arrivée sur la paroisse
du François en septembre
2002. Nous avons collaboré
jusqu'à son départ pour Fort-
de-France, avec complicité
et efficacité, au service des
chrétiens établis dans notre
commune.
En douze ans, il était devenu
un ami, un confident, un
frère, un père tout à la
fois. Maintenant son nom
fait retentir à mes oreilles
deux mots : généreux et
nerveux. L'articulation de ces
qualificatifs récapitule bien
l'image que je garde de sa
personnalité, et représente
pour moi une véritable leçon
de vie.
Michel Gallet de Saint-
Aurin
Le premier contact avec le père
Bruno pouvait paraître froid.
Il était réservé et sa barbe
légendaire mettait une distance
entre lui et vous.
Mais une fois la glace rompue,
on pouvait découvrir un homme
d’une rare sensibilité, quelqu’un
de très humain, attentif aux
autres. Il était taquin et
adorait les enfants. Ses neveux
l’appelaient «Tonton rigolo».
Il tissait avec tous ceux qu’il
côtoyait des liens profonds,
des liens qu’il savait rendre
uniques. Il ne manquait jamais
l’occasion de leur ramener un
petit cadeau, pour marquer un
anniversaire ou, simplement, un
retour de voyage.
Il aimait profondément ses
paroissiens et faisait tout
pour que règne entre eux une
entente cordiale.
Le père Bruno était entier. Il
avait une foi inébranlable, il
allait toujours à l’essentiel. Il
ne faisait aucune concession à
ses convictions.
Il ne manquait pas de nous
bousculer dans notre routine,
par ses homélies, par ses forma -
tions bibliques ou simplement
par ses conversations, pour
nous obliger à nous remettre en
question, à faire murir notre foi.
Le père Bruno était un homme
méthodique, organisé, travail-
leur et plein de projets…
Je garderai le souvenir d’un ami
sincère, d’une amitié profonde,
de quelqu’un qui aura marqué
ma vie.
Je le croyais indestructible.
Qu’il soit désormais un trait
d’union entre nous et l’Éternel.
Témoignages…
Page 17
A
la fin des années 90,
Ginette rejoint Radio
Saint Louis à l’invitation de
son amie M me George Modeste.
Elle intègre immédiatement
l’équipe de Regard sur la Bible
de père Gaston Jean-Michel, puis
elle accepte d’animer l’émission
Santé de la radio. Passionnée de
cinéma, elle devient responsable
de l’émission cinéma de RSL et
elle accepte même de participer,
dans le rôle du Candide de service ,
à une émission mensuelle sur
l’économie en 2011. Enfin, en
2013, élue membre du conseil
d’administration, elle devient vice-
présidente de la radio diocésaine.
Elle a fait partie de l’équipe qui a
travaillé à la rédaction du livre
Le
Père Gaston Jean-Michel, Témoin
de l’Evangile sous la direction de
Mgr David Macaire.
Comme tous ses amis, nous retien-
drons de Ginette sa disponibilité,
sa discrétion, son attention aux
autres, son dévouement, sa dou-
ceur, son sourire et son élégance,
également sa fidélité et sa rigueur
dans l’exercice de sa profession de
pharmacienne et dans ses engage-
ments associatifs.
Femme de foi, elle avait fait don
de sa vie au Seigneur et à ses
frères, en particulier aux malades
auprès desquels elle était très
présente. Elle a ainsi soutenu
quotidiennement Mgr Gaston
Jean-Michel durant sa maladie.
Aujourd’hui, elle l’a rejoint dans
la Vie et l’Amour éternels. Ginette, merci pour tout ce que
tu nous as donné pendant ton
pèlerinage sur cette terre ; tu
resteras toujours dans le cœur
de ceux qui ont eu la joie de te
rencontrer.
Michel Déglise n
Hommage à Ginette Yung Hing,
Vice-présidente de Radio Saint-Louis,
décédée le 25 août 2015 en la fête de saint Louis
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
17
Dimanche 13 septembre :
- Messes au Lamentin
- 10h : Messe de rentrée pour tous les enfants catéchisés
au Lamentin
Lundi 14 septembre :
Rencontre avec le presbyterium de Guadeloupe
Mardi 15 septembre : Assemblée des modérateurs
Mardi 15 - mercredi 16 septembre :
Visite pastorale de la paroisse du Vert-Pré
Mercredi 16 septembre, 18h : 1 ère Catéchèse de
l’Evêque à l’église Emmaüs, retransmise sur Radio Saint-Louis
Samedi 19 septembre :
Pèlerinage à Notre-Dame de la Salette, Sainte-Anne
10h : Messe pontificale
Dimanche 20 septembre :
- Confirmation des jeunes de la paroisse du Vert-Pré
- Rentrée de l’Association des Centres de Préparation au Mariage
- Fête patronale du Centre Eaux Jaillissantes
Lundi 21 septembre :
Assemblée générale de l’Association Diocésaine
Mardi 22 septembre :
Assemblée générale du clergé
Mardi 22 - mercredi 23 septembre :
Visite pastorale de la paroisse de Rivière-Salée
Mercredi 23 septembre, 18h :
Catéchèse de l’Evêque à l’église Emmaüs, retransmise sur
Radio Saint-Louis
Vendredi 25 septembre :
Messe pour les enfants de l’AMEP Maternelle et Primaire
(Foyer de La Ruche)
Samedi 26 septembre :
- Messe avec les membres de Solitude Béthanie
- Rentrée des bergers et noyaux du Renouveau charismatique
Samedi 26 - dimanche 27 septembre :
Rencontre avec les séminaristes du diocèse pendant la
retraite de la Maison Saint Jean Paul II
Dimanche 27 septembre :
- 7h : Messe à Rivière-Salée
- 9h30 : Confirmation à Rivière-Salée
- Rencontre avec la Communauté de l’Emmanuel
- Messe de rentrée de la Pastorale de la Santé
Agenda de l’Archevêque
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Vers la vie
Joseph Gallet de Saint-Aurin, CSSp
(1922-2015)
Frère Alexandre Zébo (1921-2015)
L
e père Joseph Gallet de Saint-Aurin, CSSp, est décédé le 20 août 2015.
Né le 8 juin 1922, il a été ordonné prêtre le 7 octobre 1951. Il a exercé l’essentiel de
son ministère missionnaire au Sénégal avant de revenir dans son pays d’origine,
la Martinique, en 2000.
La cérémonie de ses funérailles, présidée par Mgr David Macaire, s’est déroulée à l’église
de Bellevue (Fort-de-France), le lundi 24 août 2015, à 15h30.
n
L
e frère Alexandre Zébo est
né au Morne-Vert, le 6 mars
1921. Vers l’âge de 18 ans,
l’Abbé Gaston Jean-Michel, alors
curé du Morne-Vert, le choisit,
avec deux autres garçons, pour
fonder un mouvement d’action
catholique, la Jeunesse Agricole
Chrétienne (JAC). Il s’est donné
corps et âme à ce mouvement
qui va se propager à d’autres
paroisses. Son dévouement pour
la JAC l’a amené à consacrer sa
vie plus profondément à Dieu et
à ses frères en embrassant la vie
monastique. La providence a voulu
qu’il rencontre, en 1947, le père
Léonce Crenier, ancien prieur du
monastère Saint-Benoît-du-Lac, au
Canada. Ce dernier était venu à
la Martinique dans l’intention de
fonder un monastère bénédictin.
Il reçut pour cela l’accord de Mgr Henri Varin de la Brunelière,
l’évêque d’alors, qui lui donna le
terrain de l’ancien séminaire de
Saint-Pierre, détruit par l’éruption
de la Montagne Pelée. C’est
ainsi que le frère Zébo devint le
premier candidat pour cette toute
nouvelle fondation. Après avoir
été un membre fondateur de la
JAC, le voilà devenu un membre
fondateur du monastère de Saint-
Pierre. Cela se passait juste après la
guerre, donc en période de grandes
privations. Faute de matériaux, le
monastère prit la forme de petites
cabanes en bois brut, recouvertes
de paille de canne à sucre. Le frère
Zébo s’est beaucoup investi dans
la construction. Les débuts furent
certes très austères, mais l’enfance
du frère au Morne-Vert et son
expérience à la JAC l’y avaient
préparé. Il a toujours souligné la grande charité
qui unissait les
frères. Il a fait
profession le
14 décembre
1951. Ce fut
véritablement un
homme de prière, très consulté
au parloir pour des demandes de
prière. Il disait «porter tous ces
gens avec leurs tribulations dans
son cœur et sa prière». Depuis
ces dernières années, le grand
âge l’avait retenu en cellule où il
bénéficiait de l’attention de ses
frères et de soins infirmiers venus de
l’extérieur. Il s’est éteint le 10 août
2015 à l’âge de 94 ans, entouré des
frères de sa communauté.
Je le confie à votre prière.
P. Peter Caesar
Prieur du Monastère
n
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
18
* * * * *
FÊTE PATRONALE DU CENTRE DES EAUX JAILLISSANTES
Dimanche 20 septembre 15h - 20h
Programme :
15h - 18h : Podium d’évangélisation : "La Guérison des Cœurs"
Enseignement : Mgr David Macaire
Participation des groupes du Renouveau (louanges, sketches, gestuel, témoignages...)
18h - 20h : Adoration – Procession aux flambeaux Bienvenue à tous !
Communiqué
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Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45, sur Martinique 1 ère. L’émission peut se
revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
99.5 – 101.3 et 105,3 mHz
Site internet : www.radiosaintlouis.com
Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05
Courriel : contact@radiosaintlouis.com
L’Evangile par-dessus les toits
33 ans à votre service : 1982-2015
Dimanche 20 septembre 2015
Catholique et franc-maçon : est-ce possible ?
Peut-on être chrétien et franc-maçon ? Quelle est la position officielle de l’Église sur la franc-maçonnerie ? Qui
sont ces francs-maçons qui se revendiquent chrétiens ? Et comment leur foi chrétienne cohabite-t-elle avec les
valeurs maçonniques ? Ces questions délicates,
Dieu m’est témoin n’hésite pas à se les poser !
Pour y répondre, nous recevons cette semaine, un prêtre et un franc-maçon. Jérôme Rousse-Lacordaire,
Dominicain, docteur en théologie, est spécialiste des rapports entre franc-maçonnerie et christianisme et
auteur de différents ouvrages, notamment « Jésus dans la tradition maçonnique ». A ses côtés, Hilaire Édouard,
franc-maçon et Grand-maître de la Grande loge régulière mixte de France. Martiniquais installé à Toulouse, il
a accepté de venir témoigner. Il nous dira sans détour ce que la franc-maçonnerie lui apporte et pourquoi il
la considère comme une école de la vie.
Dimanche 27 septembre 2015 Croire en Polynésie
Dans un territoire majoritairement protestant comme la Polynésie, comment vivent les catholiques ? Existe-t-il
un œcuménisme à la polynésienne ? Comment les chrétiens polynésiens vivent-ils leur foi ? L’Église catholique
de Polynésie est-elle en forme ? Cette semaine, dans une émission dédiée à la Polynésie,
Dieu m’est témoin
s’interroge sur la vitalité de l’Église polynésienne.
Deux Polynésiens seront sur le plateau pour témoigner de leur foi. L’un est catholique de père en fils, François
Aripeu, et l’autre, ancienne membre de la Communauté du Christ, proche des mormons, Mere Tetoka.
Mere nous dira comment elle a rencontré le Christ à 26 ans, et comment sa vie a depuis changé. François nous
racontera comment ses parents lui ont transmis la foi.
Nous découvrirons comment Robert Pérétia, auteur, transmet les chants traditionnels en Polynésie, notamment
à sa petite fille.
Nous serons bien sûr connectés avec le père Abraham Meitai, curé de la paroisse Saint-Joseph à Fa'aa. Il nous
éclairera sur la variété des Églises dans l’archipel.
Nous retrouverons aussi Madeleine Cadousteau, présidente de l’Association des femmes catholiques de
Polynésie, car les femmes ont toute leur place au sein de l’Église !
Medias
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 13 septembre 2015 / n°506
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Prière pour notre terre
Dieu Tout-Puissant
qui es présent dans tout l’univers
et dans la plus petite de tes créatures,
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
répands sur nous la force de ton amour pour que
nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions
comme frères et sœurs
sans causer de dommages à personne.
Ô Dieu des pauvres,
sans causer de dommages à personne.
Ô Dieu des pauvres,
sans causer de dommages à personne.
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies,
pour que nous soyons des protecteurs du monde
et non des prédateurs,
pour que nous semions la beauté
et non la pollution ni la destruction.
Touche les cœurs
de ceux qui cherchent seulement des profits
aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir
la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
à reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures
sur notre chemin vers ta lumière infinie.
Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous t’en prions,
dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.
Pape François, L'encyclique Laudato si' , 2015
