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• FORUM : LES TÊTES DE LISTE FACE
AUX CHRÉTIENS
• LES SARGASSES
• VISITE PASTORALE DE MGR MACAIRE
À RIVIÈRE-PILOTE
N° 510 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 8 novembre 2015
Les jeunes doivent-ils Les jeunes doivent-ils
obligatoirement quitter la Martinique obligatoirement quitter la Martinique
pour réussir leur vie ?pour réussir leur vie ?
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Editorial
A
men, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que
tout le monde. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle\
a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour
vivre. Aujourd’hui, Jésus nous invite à la générosité, à l\
a charité, à la
sincérité et à l’amour. Il nous invite à vivre la pauvreté de cœur. Les
pauvres de cœur, en effet, sont prêts à se mettre en danger pour vivre
de Dieu. La Bible ne nous enseigne-t-elle pas que l’essentiel est invisible
aux yeux ?
Ce qui nous amène à «Garder au cœur le souvenir des écrit\
s des
croyants qui nous ont précédés», comme nous le recommande le\
père
jésuite Manuel Grandin. Pour le 15 novembre, 33
ème dimanche du
temps ordinaire B, nous publions la méditation de l'Evangile de Jésus
Christ selon saint Marc (13,24-32) qu’il a préparée et qui es\
t diffusée
dans «Vers Dimanche». Une belle semaine de réflexion (du 9 au 15
novembre) qui nous aidera à préparer notre cœur pour notre pro\
chaine
rencontre dominicale. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront
pas, nous dit Jésus.
Dans cette édition, nous relatons la visite pastorale de Mgr Macaire \
dans le secteur paroissial de Rivière-Pilote, Josseaud et la Régal\
e. Ce
rendez-vous, apprécié et attendu par de nombreux fidèles, avait\
été
très bien préparé.
Dans le dossier consacré à l’exode des jeunes Martiniquais, nous avons
recueilli pour vous plusieurs témoignages de jeunes ayant vécu une\
expérience d’expatriation, ou au contraire, une installation au pays
réussie. Face à des situations difficiles, certains jeunes ne perd\
ent pas
espoir et veulent rester en Martinique.
Par ailleurs, différents rendez-vous vous sont donnés à travers\
les
communiqués : Rassemblement national des Antillais et Guyanais
de l’Hexagone à l’église Saint-Sulpice, le 11 novembre sur l\
e thème
« Ensemble, vivons la miséricorde» ; rencontre annuelle des réfé\
rents
de la Pastorale diocésaine de la santé, le 14 novembre ; 2 ème édition de la
« Prière pour toute vie naissante », organisée par l’Ass\
ociation familiale
catholique de Bellefontaine ; invitation de la Famille ignatienne…
Le temps de l’Avent approche : demandons donc à Marie de nous
enseigner la Pauvreté de cœur, et à vivre la Joie dans la simplicité.
Seigneur Jésus, aide-nous à être généreux, à l’imag\
e des veuves de la
liturgie de ce jour !
Justine Lordinot n
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION P. Luc Philippon, DEI
REDACTRICE EN CHEF Justine Lordinot
MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Ediprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895
Commission paritaire N° 1115L87225
ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique
Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la MartiniqueBoîte Postale 586
97207 Fort de France Cedex
Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr
egliseenmartinique@orange.fr
Editorial
Mot de l'Evêque
• La fin d’un monde…
Eglise universelle
• Les vrais défenseurs de la doctrine
ne sont pas ceux qui défendent la
lettre mais l’esprit
Liturgie
• Parole dominicale
• Vers le 33
ème dimanche B : méditation
proposée par P. Manuel Grandin
Dossier : L'exode de notre
jeunesse : Pensez-vous que les
jeunes doivent obligatoirement
quitter la Martinique pour
réussir leur vie ?
• Jeunes, entre illusion…
et désillusion !
• Témoignages
Vie du diocèse
• Mgr David Macaire en visite pastorale dans la communauté
paroissiale de Rivière-Pilote
A propos…
• Visite à Turin, pour vénérer le Saint Suaire
Point de vue…
• Sagesse et intelligence
Société
• Sargasses !
Médias
numéro
510
S ommaire
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numéro
510
SS
• FORUM : LES TÊTES
DE LISTE FACE
AUX CHRÉTIENS
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À RIVIÈRE-PILOTE
N° 510 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 8 novembre 2015
Les jeunes doivent-ils Les jeunes doivent-ils obligatoirement quitter la Martinique obligatoirement quitter la Martinique pour réussir leur vie ?pour réussir leur vie ?
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La fin d’un monde…
L
e monde actuel, et
surtout notre Martinique
d’aujourd’hui, nous inquiète.
On sent parfois dans le pays comme
une anxiété latente, une panique
sociale. Les sujets d’appréhensions
se multiplient : beaucoup de
familles et de couples explosent ;
les personnes âgées vieillissent
seules ; les jeunes, plus que les
autres, sont marqués par cette
ambiance délétère et anxiogène.
Ceux qui le peuvent quittent le
pays pour trouver ailleurs leur
épanouissement professionnel,
affectif et même spirituel. Ceux
qui restent sont menacés par le
chômage et le désœuvrement.
La violence envahit nos quartiers,
alors que de plus en plus de jeunes
jouent à la roulette russe avec leur
vie sur la route et ailleurs. Pendant
que les hommes sombrent dans la
drogue, l’alcool, la pornographie
et le sexe facile, les femmes ont
recours en masse à l’avortement
(l’un des plus forts taux au
monde). Les esprits de morts ainsi
libérés produisent toutes sortes de
maladies mentales et spirituelles
et, bien sûr, l’usage des sorcelleries
diverses n’arrange pas les choses.
Et je ne parle pas des menaces
naturelles et écologiques…
Les forces vives et les bonnes
volontés ne manquent pas : les
travailleurs sociaux, les éducateurs,
le milieu associatif, les hommes
et femmes politiques, et bien
sûr les croyants, sont à l’œuvre.
Mais elles semblent bien petites
pour contenir des maux dont
l’origine nous dépasse. Demeure
l’impression que tous les remèdes
ont été tentés sans résultats
durables, et que les efforts ne font
que ralentir la progression d’un
mal inexorable.
De gros nuages planent : serait-ce
la fin du monde ? Je ne sais pas (car nous n’avons pas à le savoir)
quand sera la fin du monde, mais
je sais que quelque chose de notre
monde actuel va cesser, va mourir,
va passer. Faut-il le craindre ? Faut-il
se battre coûte que coûte pour
éviter cette fin ? Faut-il se laisser
aller au défaitisme en se livrant aux
distractions massives, ou pratiquer
la «fuite en avant», alors même
qu’«on n’y croit plus», pour essayer
de sauver sa peau malgré tout dans
le «chacun pour soi» ?
Peut-être qu’une bonne nouvelle
se cache derrière cette situation :
les moussons, ces pluies diluviennes
qui couvrent l’Inde à intervalles
réguliers et qui apportent chaque
année leur lot de désolation, sont
aussi accueillies par la sagesse
populaire comme une renaissance,
une vie nouvelle.
La Parole de Dieu en cette fin
d’année liturgique nous répond
en nous révélant un avenir à la fois
lumineux et terrifiant. Elle nous
révèle sinon le moment, mais du
moins l’esprit de la fin du monde,
de la fin de tout monde :
« Je vis,
dit saint Jean le visionnaire, un ciel
nouveau, une terre nouvelle – car le
premier ciel et la première terre ont
disparu, et de mer, il n'y en a plus.
Et je vis la Cité sainte, Jérusalem
nouvelle, qui descendait du ciel,
de chez Dieu ; elle s'est faite belle,
comme une jeune mariée parée pour
son époux. J'entendis alors une voix
clamer, du trône : "Voici la demeure
de Dieu avec les hommes. Il essuiera
toute larme de leurs yeux : de mort,
il n'y en aura plus ; de pleur, de cri
et de peine, il n'y en aura plus, car
l'ancien monde s'en est allé." Alors,
Celui qui siège sur le trône déclara :
"Voici, je fais l'univers nouveau."
(Apocalypse 21,2 ss)
A la lumière de la Parole de Dieu,
ne devrions-nous pas espérer cette civilisation nouvelle, mais
franchement nouvelle, que le
Bienheureux Paul VI, saint Jean
Paul II et Benoît XVI ont appelé la
«Civilisation de l’Amour» et dont
le pape François a jeté les bases
concrètes et politiques dans son
encyclique
Laudato Si.
Et si la société martiniquaise était
la première au monde à bâtir
cette Civilisation de l’Amour ? Et
si c’était notre vocation pour le
monde de vivre ce à quoi tous les
hommes aspirent ? Une société
solidaire, où on accepte d’avoir
une voiture plus petite, de ne pas
s’acheter des écrans multiples,
de consommer local, de ne pas
profiter du système et de ses
failles, d’aider et de soutenir les
plus faibles, de donner des "coups
de main", de ne plus pratiquer le
"nèg kont nèg", de rejeter toute
sorcellerie, de respecter la nature
et de ne pas produire de déchets,
de s’encourager, d’accueillir la vie
de sa conception à sa fin naturelle,
de jeter un regard d’espérance sur
nos jeunes, même quand ils sont en
échec… On dira que je rêve, mais
lequel d’entre nous ne partage pas
ce rêve ? Et si nous l’avons tous au
cœur, quel démon nous empêche
de le réaliser ?
Ce n’est donc pas un rêve, c’est
une prophétie ! C’est mon rôle
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 8 novembre 2015 / n°510
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Mot de l'Evêque
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Mot de l'Evêque
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de pasteur de l’Eglise
catholique de la pro-
clamer, mais je ne peux
être seul à la porter. Je
lance cet appel d’abord
aux prêtres et aux
fidèles de mon Eglise ;
je lance cet appel à la
veille des échéances
politiques importantes,
voire historiques, aux
leaders politiques et aux
candidats à l’élection
de la CTM ; je lance cet
appel aux décideurs du monde
économique ; je lance cet appel
aux familles et aux travailleurs
sociaux ; par-dessus tout, je lance
cet appel à ceux qui sont les plus
frappés par les fléaux sociaux, à
ceux qui sont sans travail, sans
famille, sans santé, à ceux qui sont
dans les rues et les difficultés. Par
la grâce, si eux se relèvent et se
mettent à espérer, qui refuserait
de les suivre ? Ainsi, par la puissance
de la grâce du bap-
tême que tant de
Martiniquais ont reçu,
je proclame que «si
quelqu’un est dans
le Christ, il est une
création nouvelle :
l’être ancien a disparu,
un être nouveau est
là».
Que ce monde
(et chacun de nous)
accepte de mourir et de
renaître dans le Christ,
notre Alpha et notre Oméga, et
tout sera renouvelé.
+ David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France
n
Du 3 au 8 novembre, à Lourdes :
Assemblée plénière des Evêques de France
Mardi 10 novembre :
- Réunion de travail à l’Officialité du diocèse de Paris
- Rencontre avec la communauté de la Maison Saint- Augustin
Mercredi 11 novembre :
- Rencontre avec les envoyés et délégués diocésains de l’Aumônerie Antilles-Guyane
- 15h : Messe des Antillais et Guyanais à l’église Saint-Sulpice de Paris, précédée d’une catéchèse
à 14h
- Visite de la paroisse Saint-Georges (qui accueille cette année le père Marcel Crépin)
Samedi 14 novembre :
- Visite pastorale de la paroisse de Tartane
- 18h : confirmation à Tartane
Dimanche 15 novembre :
- 7h : messe paroissiale à l’église du bourg de Schœlcher
- 9h30 : confirmation à l’église de la Résurrection de Terreville
- 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Mardi 17 novembre : Conseil épiscopal
Mardi 17 - mercredi 18 novembre : Visite
pastorale de la paroisse de Ducos
Mercredi 18 novembre, 18h : Catéchèse de
l’Evêque à l’église Emmaüs, retransmise sur Radio
Saint-Louis
Jeudi 19 novembre :
- Rencontre avec les curés-recteurs de sanctuaire
- Messe à l’hôpital Clarac
- Première rencontre et lancement du mouvement des EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens)
Vendredi 20 novembre :
- Inauguration et bénédiction de la Maison Sainte-Marie à L'Espérance
- 18h30 : Messe d'ouverture de la session
d'évangélisation du Renouveau Charismatique à Petit-
Bourg
Samedi 21 novembre :
- Toute la journée, au Monastère Sainte-Marie-des-
Anges de Bout-Bois (Carbet) : rencontre avec toutes les
religieuses du diocèse, dans le cadre de l’Année de la
Vie Consacrée
- 18h30 : confirmation à Saint-Pierre
Dimanche 22 novembre :
- 6h30 : Messe paroissiale à Ducos
- 9h : confirmation à Ducos
- Journée de l’Action Catholique : à partir de 14h30, au presbytère de la cathédrale, forum "Face aux Chrétiens"
organisé par la FEMAC, en présence des têtes de liste à
l’élection de la Collectivité Territoriale de Martinique
- 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Agenda de l’Archevêque
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Eglise universelle
C
hères Béatitudes,
Éminences, Excellences,
Chers frères et sœurs,
Je voudrais tout d’abord remercier
le Seigneur qui a guidé notre
chemin synodal au cours de ces
années, avec l’Esprit-Saint dont
le soutien ne manque jamais à
l’Église (…).
Alors que je suivais les travaux du
Synode, je me suis demandé : que
signifiera pour l’Église de conclure
ce Synode consacré à la famille ?
Il ne signifie certainement pas
avoir achevé tous les thèmes
inhérents à la famille, mais avoir
cherché à les éclairer par la lumière
de l’Évangile, de la tradition et
de l’histoire bimillénaire de
l’Église, infusant en eux la joie
de l’espérance, sans tomber dans
la facile répétition de ce qui est
indiscutable ou le déjà dit.
Il ne signifie sûrement pas avoir
trouvé des solutions exhaustives à
toutes les difficultés, et aux doutes
qui défient et menacent la famille,
mais avoir mis ces difficultés et ces
doutes sous la lumière de la Foi, les
avoir examinés attentivement, les
avoir affrontés sans peur et sans se
cacher la tête dans le sable.
Il signifie avoir incité tout le monde
à comprendre l’importance de
l’institution de la famille et du
mariage entre un homme et une
femme, fondée sur l’unité et sur
l’indissolubilité, et à l’apprécier
comme base fondamentale de la
société et de la vie humaine.
Il signifie avoir écouté et fait
écouter les voix des familles et
des pasteurs de l’Église qui sont
venus à Rome, en portant sur leurs
épaules les poids et les espérances,
les richesses et les défis des familles
de toutes les parties du monde.
Il signifie avoir donné la preuve de
la vivacité de l’Eglise catholique,
qui n’a pas peur de secouer les
consciences anesthésiées, ou de
se salir les mains en discutant de
la famille d’une façon animée et
franche.
Il signifie avoir cherché à regarder
et à lire la réalité, ou plutôt les
réalités d’aujourd’hui avec les
yeux de Dieu, pour allumer et
pour éclairer avec la flamme de
la foi les cœurs des hommes,
en un moment historique de
découragement et de crise
sociale, économique, morale et
de négativité dominante.
Il signifie avoir témoigné à tous que
l’Évangile demeure pour l’Église la
source vive d’éternelle nouveauté,
contre qui veut «l’endoctriner»
en pierres mortes à lancer contre
les autres.
Il signifie encore avoir mis à nu
les cœurs fermés qui souvent
se cachent jusque derrière les
enseignements de l’Église, ou
derrière les bonnes intentions,
pour s’asseoir sur la cathèdre de
Moïse et juger, quelquefois avec
supériorité et superficialité, les cas
difficiles et les familles blessées.
Il signifie avoir affirmé que l’Église
est Église des pauvres en esprit,
et des pécheurs en recherche du
pardon, et pas seulement des
justes et des saints, ou plutôt des
justes et des saints quand ils se
sentent pauvres et pécheurs.
Il signifie avoir cherché à ouvrir
les horizons pour dépasser toute
herméneutique de conspiration
ou fermeture de perspective
pour défendre et pour répandre
la liberté des enfants de Dieu,
pour transmettre la beauté
de la Nouveauté chrétienne,
quelquefois recouverte par la
rouille d’un langage archaïque
ou simplement incompréhensible.
Sur le chemin de ce Synode,
les diverses opinions qui se
sont exprimées librement –
et malheureusement parfois
avec des méthodes pas du tout
bienveillantes – ont certainement
enrichi et animé le dialogue,
offrant une image vivante d’une
Eglise qui n’utilise pas «des
formulaires préparés d’avance»,
Les vrais défenseurs de la
doctrine ne sont pas ceux qui
défendent la lettre mais l’esprit
Samedi 24 octobre, le pape François a conclu le synode sur la famille\
par un
discours mettant en avant une Église des pauvres en esprit, et des pécheurs
en recherche du pardon, et pas seulement des justes et des saints.
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Eglise universelle
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mais qui puise, à la source
inépuisable de sa foi, une eau
vive pour désaltérer les cœurs
desséchés.
Et, au-delà des questions
dogmatiques bien définies par le
Magistère de l’Église, nous avons
vu aussi que ce qui semble normal
pour un évêque d’un continent,
peut se révéler étrange, presque
comme un scandale, pour l’évêque
d’un autre continent ; ce qui est
considéré comme violation d’un
droit dans une société, peut être
requis évident et intangible dans
une autre ; ce qui pour certains
est liberté de conscience, pour
d’autres peut être seulement
confusion. En réalité, les cultures
sont très diverses entre elles,
et chaque principe général a
besoin d’être inculturé s’il veut
être observé et appliqué. (…).
L’inculturation n’affaiblit pas les
vraies valeurs mais démontre leur
véritable force et leur authenticité,
puisqu’elles s’adaptent sans se
transformer, mais au contraire
elles transforment pacifiquement
et graduellement les différentes
cultures.
Nous avons vu, également à
travers la richesse de notre
diversité, que le défi que nous
avons devant nous est toujours
le même : annoncer l’Évangile
à l’homme d’aujourd’hui, en
défendant la famille de toutes
les attaques idéologiques et
individualistes.
Et sans jamais tomber dans le
danger du relativisme, ou du fait
de diaboliser les autres, nous avons
cherché à embrasser pleinement
et courageusement la bonté et la
miséricorde de Dieu qui surpasse
nos calculs humains, et qui ne
désire rien d’autre que «tous les
hommes soient sauvés», pour
insérer et pour vivre ce Synode
dans le contexte de l’Année
extraordinaire de la Miséricorde
que l’Église est appelée à vivre.
Chers confrères, l’expérience
du Synode nous a fait aussi
mieux comprendre que les vrais
défenseurs de la doctrine ne
sont pas ceux qui défendent la
lettre mais l’esprit ; non les idées
mais l’homme ; non les formules
mais la gratuité de l’amour de
Dieu et de son pardon. Cela ne
signifie en aucune façon diminuer
l’importance des formules, des
lois et des commandements
divins, mais exalter la grandeur
du vrai Dieu qui ne nous traite
pas selon nos mérites et pas
même selon nos œuvres mais
uniquement selon la générosité
illimitée de sa miséricorde. Cela
signifie dépasser les tentations
constantes du frère aîné et des
ouvriers jaloux. Au contraire, cela
signifie valoriser davantage les
lois et les commandements créés
pour l’homme et non vice-versa.
En ce sens, le juste repentir, les
œuvres et les efforts humains
prennent un sens plus profond,
non comme prix du Salut qu’on
ne peut pas acquérir, accompli
gratuitement par le Christ sur la
Croix, mais comme réponse à Celui
qui nous a aimés le premier et
nous a sauvés au prix de son sang
innocent, tandis que nous étions
encore pécheurs.
Le premier devoir de l’Église
n’est pas celui de distribuer
des condamnations ou des
anathèmes, mais il est celui de
proclamer la miséricorde de Dieu,
d’appeler à la conversion et de
conduire tous les hommes au salut
du Seigneur.
Le Bienheureux Paul VI, avec
des paroles magnifiques, disait :
«Nous pouvons donc penser que
chacun de nos péchés ou fuite de
Dieu allume en lui une flamme
d’un plus intense amour, un
désir de nous reprendre et de
nous réinsérer dans son plan de
salut […]. Dieu, dans le Christ, se
révèle infiniment bon […]. Dieu
est bon. Et non seulement en lui- même ; Dieu est, nous le disons
en pleurant, bon pour nous. Il
nous aime, nous cherche, pense à
nous, nous connaît, nous inspire
et nous attend : Il sera – si l’on
peut dire ainsi – heureux le jour
où nous nous retournons et
disons : Seigneur, dans ta bonté,
pardonne-moi. Voici donc notre
repentir, devenir la joie de Dieu».
Saint Jean Paul II affirmait égale-
ment que «L’Église vit d’une vie
authentique lorsqu’elle professe
et proclame la miséricorde […] et
lorsqu’elle conduit les hommes
aux sources de la miséricorde du
Sauveur, dont elle est la déposi-
taire et la dispensatrice» (…).
Lorsque l’Église doit rappeler une
vérité méconnue, ou un bien trahi,
elle le fait toujours, poussée par
l’amour miséricordieux, afin que
les hommes aient la vie et l’aient
en abondance.
Sous cet éclairage, et grâce à ce
temps de grâce que l’Église a
vécu, en parlant et discutant de la
famille, nous nous sentons enrichis
mutuellement ; et beaucoup
d’entre nous ont expérimenté
l’action de l’Esprit-Saint, qui est
le véritable protagoniste et artisan
du Synode. Pour nous tous, le mot
«famille» ne résonne plus comme
avant, au point qu’en elle, nous
trouvons déjà le résumé de sa
vocation et la signification de tout
le chemin synodal.
En réalité, pour l’Église, conclure
le Synode signifie retourner à
«marcher ensemble», réellement,
pour porter partout dans le
monde, dans chaque diocèse,
dans chaque communauté et dans
chaque situation, la lumière de
l’Évangile, l’accolade de l’Église
et le soutien de la miséricorde
de Dieu !
Merci !
Pape François, 24/10/15 à Rome n
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ÉGLISE EN MARTINIQUE
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L a P arole D ominicale
Dimanche 8 novembre 2015
L’offrande véritable
1 Rois 17,10-16 • Psaume 145 • Hébreux 9,24-28 • Marc 12,38-44
A
lors que nous nous
approchons pas à pas du
temps de l’Avent, temps
propice à la méditation du mystère
de l’abaissement du Fils, la liturgie
attire notre attention sur l’obole
d’une veuve indigente au temple
de Jérusalem. Nous connaissons
ce passage de l’Evangile, où Jésus
prend cette femme en exemple
alors qu’en réalité elle offre moins
que tout le monde. Laissons-nous
appeler par le maître avec les
autres disciples, et regardons la
particularité de son offrande
Notons tout d’abord que ces lignes
d’Evangile interviennent après la
mise en garde de Jésus contre
l’orgueil des Pharisiens qui dévorent
les biens des veuves , — bénéficiant
d’une attention particulière de la
part de Dieu — et recherchent
les honneurs. Il faut donc nous
attendre à ce que cet exemple pris
par le Christ serve à conforter ses
propos comme il le fait souvent.
Jésus ne regardait pas ce que la
foule mettait dans le tronc, mais
comment elle s’y prenait. Lui qui
discerne les cœurs, nous introduit
d’emblée dans l’attention que
Dieu accorde à notre offrande.
Il s’attarde sur la façon d’offrir,
l’intention, le cœur profond du
donateur, et non sur l’offrande elle-
même. La différence fondamentale
du don de la veuve tient
précisément au fait qu’elle donne
de son essentiel, tout ce qu’elle
possède, contrairement aux autres
qui donnent de leur superflu. Mais
alors, cela invaliderait-il les dons
de ceux qui ont la chance d’avoir
des ressources ? Dit autrement,
l’offrande agréable à Dieu est-elle
uniquement celle de l’indigent ?
Dieu merci, non ! Nous venons de le
dire, ce qui importe, c’est la qualité
du cœur du donateur, et non son
offrande. En donnant son essentiel,
la veuve sait qu’elle rentrera chez
elle les mains vides, sans aucune
ressource. Comme cette veuve de
Sarepta de la première lecture,
qui donna au prophète Elie tout
ce qui lui restait pour vivre. En
donnant tout à Dieu, ces veuves
manifestent la qualité de leur foi.
Dieu est le donateur suprême !
Elles reconnaissent qu’elles tirent
leur unique subsistance, leur vie,
de Dieu seul. Notre offrande est
en réalité réponse au don de la vie
qu’il nous fait le premier. Occupe-
toi de mes affaires, je m'occuperai
des tiennes, disait Jésus à Sainte
Catherine de Sienne. Voilà la vraie
mesure du don ! Donner à Dieu
sans compter car il nous donne
abondamment.
Notre offrande, à la quête, au
denier du culte, pour des levées
de fonds ciblées, dit quelque
chose de notre confiance en Dieu,
en son Eglise. Le don matériel
aide certes aux besoins de la
communauté, mais est-ce que je
donne extérieurement, ou, comme
cette indigente, j’ai conscience que
je me donne moi-même dans mon
offrande ? Que je donne de mon
superflu ou de mon nécessaire,
cet appel que nous lance cette
veuve nous aide à entrer dans la
profondeur de notre offrande à
Dieu. Est-ce que je donne tout à
Dieu ?
En tes mains je remets mon
Esprit, dira Jésus à son Père sur la
croix. En contemplant le don du
Fils au Père, qui nous est comme
prophétisé par ce récit évangélique
d’aujourd’hui, nous avons la route
tracée pour apprendre à nous
donner entièrement à notre tour.
Nous pouvons alors demander à
l’Esprit-Saint la grâce d’humilité
qui accompagne nécessairement
le don véritable. Humilité de se
reconnaître dépendant de Dieu,
créature indigente de l’Amour de
notre Seigneur.
P. Olivier Lucenay, Vicaire n
32 ème Dimanche du Temps Ordinaire Année B
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ÉGLISE EN MARTINIQUE
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Liturgie
Vers le 33
ème
dimanche
du temps ordinaire B
Méditation de l’Evangile selon saint Marc 13,24- 32
proposée par le père Manuel Grandin
Lundi 9/11 - Jésus va revenir
Avec soin, Jésus prépare ses disciples
à son retour, événement aussi
mystérieux que brutal. Il évoque
même une « grande détresse ».
De fait, la tonalité et les images
dont il use sont particulières. C’est
ce que l’on appelle dans la Bible le
langage apocalyptique qui essaie
de décrire la grandeur de ce qui va
arriver à la fin du monde par le biais
d’effets visuels dignes des films de
science-fiction. Je relis lentement le
début du récit en étant sensible à ces
images – soleil qui s’obscurcit, lune
perdant sa clarté, etc. – qui disent
que toute la création est concernée
par ce retour. Et moi, est-ce que je
me sens aussi concerné ?
Mardi 10/11
Présence de Jésus
Il y a dans ce passage un
paradoxe. Si Jésus annonce sa
venue, c’est qu’il va partir. Or il
nous est souvent dit, en particulier
dans l’Eucharistie, que Jésus est
au milieu de nous. Alors Jésus est-il
présent, oui ou non ? Même en
répondant oui à cette question,
force est de constater que je ne
peux pas le saisir. Je prends le temps
en ce jour de réfléchir à ma manière
de percevoir la présence de Jésus
dans ma vie. Est-ce que je le sens
proche, lointain ou même les deux ?
Je pense aux moyens que j’emploie,
ou que je pourrais employer, pour
me rendre présent à sa présence.
Mercredi 11/11
Grande fête
Non seulement la création est
concernée par l’événement mais
des anges sont envoyés « pour
rassembler les élus des quatre coins
du monde, depuis l’extrémité
de la terre jusqu’à l’extrémité
du ciel». Les hommes sont donc
aussi conviés mais pas n’importe
lesquels. Ce sont les «élus», c’est-
à-dire les amis de Dieu, ceux qui
se sont montrés, par leurs paroles
et leurs actes, artisans de paix et
serviteurs de tous. Je rends grâce au
Seigneur pour tous ses amis de par
le monde et à travers l’histoire. Et je
lui demande, par leur intercession,
de prendre part à cette grande fête.
Jeudi 12/11
Image du figuier
Comme à son habitude, Jésus prend
une image de la nature pour
illustrer son propos. Que je vive
en ville ou à la campagne, cette
manière de faire peut être l’occasion
d’être plus attentif à la nature qui
m’environne. Je choisis aujourd’hui
de contempler un arbre – ses feuilles
qui tombent en cet automne pour
ceux d’Europe – ou la mer ou le ciel
en me rappelant que tout cela peut
me parler de Dieu et du soin qu’il
porte à notre humanité.
Vendredi 13/11
Grande détresse
Avec l’image du figuier, Jésus fait
comprendre que sa génération sera
contemporaine de ces événements,
et donc ces événements, auraient
déjà dû avoir eu lieu. Mais en y
regardant de près, pas dans le ciel
mais bien sur la terre, depuis l’époque
de Jésus, combien de fois a-t-on eu
l’impression que tout s’écroulait ?
Et certaines détresses dont nous
sommes témoins – scandales, trafics
en tout genre – valent bien l’image
des «puissances célestes ébranlées».
Je confie au Seigneur tous les
malheureux de notre terre, et je
lui demande de m’aider à avoir un
cœur plus compatissant.
Samedi 14/11
Quitter la maîtrise
Notre page d’évangile se termine
aussi étrangement qu’elle avait
commencé : nul ne sait quand cela
adviendra, sauf le Père. Il ne s’agit
donc pas de vivre dans l’imaginaire
de ce qui pourrait arriver – on ne
connaît pas plus l’heure de sa propre
mort – mais bien de rechercher dans
l’instant présent la manière dont
le Seigneur vient à ma rencontre.
Même au cœur du chaos, «le Fils de
l’homme» se fait proche et vient
le sauver. Je rends grâce au Seigneur
qui ne m’abandonne jamais.
Dimanche 15/11
Le goût de la parole
Dans deux semaines, c’est l’Avent.
Nous sommes donc dans les derniers
jours de l’année liturgique. C’est
l’occasion de faire mémoire des
paroles qui m’ont accompagné
cette année. Quelles lectures
bibliques proposées par la liturgie,
découvertes lors d’un temps de
prière ou offertes par d’autres, me
restent-elles ? Quelle action de Jésus
ou quel visage de Dieu travaillent-
ils ma vie intérieure ? Je prends le
temps de les noter quelque part
pour y revenir peut-être dans un an.
Écrire est important pour poursuivre
le travail de l’Esprit à l’œuvre à
travers tous ces écrits des croyants
qui nous ont précédés. Comme eux,
nous sommes invités à «garder au
cœur le souvenir de ses merveilles»
dans nos vies et à en rendre grâce.
C’est cela, l’Eucharistie !
n
Page 9
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 8 novembre 2015 / n°510
9
Les mouvements d’action catholique spécialisée (CMT, ACMSS, CMR, Equipes
Enseignantes, MRJC), membres de la Fédération des Mouvements d’Action
Catholique de la Martinique (FEMAC/M), ont l’honneur de vous inviter à participer,
le dimanche 22 novembre 2015, à l’occasion de la journée de l’action catholique, au forum : « Face aux chrétiens »
ouvert au public à partir de 14h30, au presbytère de la cathédrale de Fort de France en présence de l’archevêque Mgr David Macaire
Au cours de ce forum, les différentes têtes de liste à l’élection à la Coll\
ectivité Territoriale de Martinique
(CTM), ou leurs représentants qui auront confirmé leur participation, seront interrogées sur leurs projets
pour la Martinique à travers les questions élaborées à partir des réalités que vi\
vent les mouvements
précités, chacun dans son domaine. Venez nombreux et faites-en part à vos parents, amis et collègues.Pour tous renseignements : Yves-Marie GRIVALLIERS (06 96 85 22 00)
FE.MAC MARTINIQUE
FÉDÉRATION DES MOUVEMENTS D'ACTION CATHOLIQUE
Le thème qui vous est proposé pour la prochaine édition de la r\
evue (n° 511) :
Le mois d’octobre était consacré au Rosaire. Comment avez-vous vécu ce temps de dévotion mariale ? Quels sont vos rapports avec la Sainte Vierge ?
Nous attendons vos témoignages (10 lignes maximum), pour le 11 novembre 2015 au plus tard,
à egliseenmartinique@orange.fr
N’oubliez pas de préciser vos noms et prénoms. Merci de joindre une photo.
Les dossiers de la revue Eglise en Martinique
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Dossier : L'exode de notre jeunesse : Pensez-vous que les jeunes doivent obligatoirement quitter la Martinique pour réussir leur vie ?
On affirme que «l’avenir appartient aux jeunes». Mais, dans ce monde en crise,
ces derniers doivent relever de nombreux défis pour assurer leur aven\
ir.
Jeunes, entre illusion…
et désillusion !
C
ertains jeunes décident de
quitter la Martinique pour
poursuivre leurs études
(l’offre de formation étant plus
variée), ou pour trouver du travail.
Parfois, il n’est pas question de
choix, mais de nécessité. Diplômés
ou pas, ils tentent leur chance afin
de s’assurer un avenir meilleur.
De nos jours, les étudiants doivent
être compétents et compétitifs,
car la mondialisation les pousse
à acquérir une forte expérience
internationale pendant leurs
études.
Certains partent donc à l’étranger
par choix. Ils ont un projet de
vie bien réfléchi et ont envie
de découvrir d’autres cultures,
d’autres savoir-faire. Ceux-là sont
généralement les plus diplômés
et préfèrent s’expatrier que de
rebondir de stage en stage, sans
la perspective de trouver un emploi
stable en Martinique.
Cependant, l’acquisition d’une
expérience hors de l’île ne veut pas
dire que les jeunes la valoriseront
chez eux plus tard. Le plus souvent,
ils envisagent toute leur vie
« ailleurs».
Peut-on leur en vouloir, quand on
sait que l’expatriation leur donne
souvent accès à des avantages non
négligeables ?
Même quand ils sont formés en
Martinique, le tissu économique
n’offre parfois aucune perspective
aux jeunes. On retrouve beaucoup
de diplômés qui ne travaillent pas
dans leur domaine de formation.
En faisant le choix de rester en
Martinique, ils sont donc parfois
obligés de se reconvertir, après
plusieurs années de chômage.
C’est donc la crise, le chômage et
les désillusions qui poussent les
jeunes à s’expatrier.
Fort heureusement, certains
arrivent à bien s’insérer dans la
vie active.
Nous avons recueilli plusieurs
témoignages de jeunes ayant vécu
une expérience d’expatriation, ou
au contraire, une installation au
pays réussie. Un grand nombre
pense qu’il n’est pas nécessaire de
quitter la Martinique pour réussir
sa vie.
Justine Lordinot n
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 8 novembre 2015 / n°510
10
Florence Lordinot, 24 ans,
Montpellier
Je viens de terminer mes
études à Montpellier. Partir de
la Martinique a été pour moi
une nécessité sur deux points :
d’une part, j’avais envie de voir
d’autres horizons et quitter le
cocon familial, et d’autre part, la
filière que j’avais choisie n’existait
pas en Martinique.
J’avoue que rester au pays ne
permet pas de s’ouvrir à d’autres
cultures, ni de se confronter à
d’autres réalités de la vie. J’ai fait
donc le choix de partir et je ne
regrette rien (non, pas vraiment
rien, car le fait de laisser ma
famille me chagrine malgré tout).
Cependant, j’ai terminé mon
cursus et mon vœu actuel est
de travailler à l’étranger. Je suis
donc disponible pour un départ
imminent, pour m’enrichir, tant
sur le plan personnel que sur le
plan professionnel.
Je dirai donc que quitter la
Martinique pour réussir ma vie
était important pour moi. J’aime
bien y revenir souvent, mais la
perspective de travailler sur place
ne m’attire pas pour le moment.
Mais qui sait ? Dieu est le seul
Maître, et peut-être que dans
sa grande bonté, il me donnera
un signe le moment opportun.
Levi Stessy, 19 ans
Je suis en CPGE Littéraire au
Lycée de Bellevue. Il est vrai que
pour beaucoup d’entre nous la
réussite se trouve ailleurs qu’en
Martinique, par exemple en France
métropolitaine. Néanmoins je pense
que la réussite, si on le veut, peut
se trouver aussi en Martinique.
Cependant les formations postbac
sont assez limitées sur notre île, ce
qui nous oblige à partir et poursuivre
nos études hors du département.
Je souhaite partir, mais par la
suite revenir et m’accomplir ici en
Martinique, car je pense que de
nombreuses opportunités peuvent
se présenter à moi. Tout cela me
permettra de réussir et de faire
avancer mon île.
Témoignages…
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ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 8 novembre 2015 / n°510
11
Yannick Jeanville, 23 ans, Bordeaux
Les jeunes ne sont pas obligés de quitter la
Martinique pour réussir, sinon personne ne vivrait
en Martinique ! Néanmoins, une expérience ailleurs
pourrait permettre de s'ouvrir ou de découvrir une
réalité différente afin d'entrevoir, puis saisir une
opportunité quelle qu'elle soit pour aller au-delà
des dogmes de l'île (mentalités, innovations,
philosophie de vie). Mais si cette expérience en
elle-même n'est pas forcément obligatoire, elle
est tout de même souhaitable. De toute façon, le
Seigneur accompagne tout le monde, peu importe
sa localité, et la réussite ne dépend pas de son lieu
de vie. Il n'y a pas de vie condamnée à l'échec dès
lors qu'on naît et vit en Martinique ; la volonté est
l'une des clés pour réussir sa vie.
Arnold Louison
Un jeune n'est pas obligé de partir. C'est la jeunesse qui doit faire avancer le pays avec la grâce de Dieu.
Même si la société ne leur donne pas forcément les bonnes pistes, ainsi que la chance de faire ce qu'il faut.
Clémence Zaïre
La question de l'exode de la
jeunesse est évoquée aujourd'hui.
Cependant, ce n'est pas un fait
nouveau. Dans les années 70, le
Bumidom a facilité l'expansion
de beaucoup, ou l'exode de nos
concitoyens qui sont revenus
en majorité avec un emploi en
poche et se sont constitué une
famille. Les jeunes de chez nous
sont, pour la plupart, confrontés
à ce phénomène au moment
de commencer les études.
Cependant l'exode touche
la population à un niveau ou
un autre. Dans la généalogie
du temps, le premier à partir
en exode fut Abraham qui a
reçu de Dieu un haut appel à
quitter son pays, sa famille, et à
partir pour une terre lointaine
et inconnue. Vu la conjoncture
économique actuelle, qu'elle le
veuille ou non, notre jeunesse est
amenée à quitter son pays natal
pour déjà se former et acquérir
des connaissances multiples eu
égard aux nombreuses cultures
qu'elle croise sur son parcours,
ce qui est très bénéfique pour
notre jeunesse qui s'ouvre au
monde extérieur et s'enrichit
de nouveautés. Dire qu'elle doit
partir reviendrait à dire qu'il
n'y a aucun moyen chez nous.
Certes non. Pour la plus grande
majorité c'est plus une nécessité
absolue qu'un droit ; c'est absolu
de réussir sa vie puisque la
Martinique étant une île, il y a
lieu de sortir de nos étroitesses
pour profiter allègrement de la
multiplicité et des richesses de la
race humaine pour réussir sa vie,
et revenir faire les siens profiter,
ne serait-ce qu’une période, de
ses ressources nouvelles.
Odile Pancaldi
Si réussir sa vie c'est trouver un
emploi qui nous correspond,
dans lequel on s’épanouit et
pour lequel on est fait, partir à
l'étranger (hors de la Martinique)
permet une ouverture certaine
dans la mesure où on y acquiert
de l'expérience.
Le fait de partir, sous la sainte
protection de Dieu, est vécu
comme une grâce. Dieu ouvre
les chemins qui nous sont
nécessaires. Il nous fait rencontrer
les personnes qu'il faut, loger
où on doit, suivre les études qui
nous correspondent... Soyons-
Lui toujours reconnaissants,
fréquentons les églises les plus
proches de nos domiciles et
demeurons dans la prière.
Aussi, à l'étranger, le fait de
rencontrer et de se confronter
à d'autres cultures, nous permet
de nous élever pour progresser
afin de nous mettre à niveau plus
ou moins rapidement.
La Martinique ne saurait nous
accueillir tous, et partir est un
plus à coup sûr.
Riche ou pauvre on est dans la
même galère, et l'entraide est
bien présente à l'étranger au sein
des différentes communautés.
Le fait d'avoir à apprendre à
gérer son budget, sa relation
avec Dieu, ses sorties ou non,
ses relations, son travail, les
intempéries, etc. pousse à mieux
réussir sa vie, car on apprend
à devenir responsable, fort et
travailleur.
Beaucoup de valeurs y sont
reconnues, entretenues et
développées par tout un chacun.
On apprend à devenir soi-même
et à se dépasser toujours. Qu'on
choisisse de revenir ou non en
Martinique après un certain
nombre d'années, la réussite
sera toujours là car le plus est
bien acquis.
Laetitia Bellemare, 22 ans, Nantes
Le jeune n'est pas obligé de partir pour réussir sa
vie. Mais il doit déjà trouver une filière d'étude, ou
le domaine qui l'intéresse, pour après trouver un
travail. Il faut aussi qu'il y ait un établissement de
formation, et par la suite des offres d'emploi lui
permettant de développer son "talent". Si toutes
ces conditions ne sont pas réunies, le jeune doit
partir et poursuivre son chemin. Heureusement,
certains trouvent leur bonheur et ont la chance
de rester sur leur île. Il y a aussi ceux qui partent
volontairement pour se former, et qui reviennent
afin d'en faire profiter l'île. En conclusion, rien
n'est obligatoire, tout dépend de nos choix et
des contraintes qui nous bloquent. Le but est de
faire aboutir son projet professionnel.
Page 12
Vie du Diocèse
Ces moments de rencontres, importants dans le ministère de Mgr Macaire,
permettent un véritable échange avec les communautés. L’occasion lui est
donnée de connaître les préoccupations et les inquiétudes \
des équipes dans
les paroisses, de faire le point sur les situations qui n’ont pas enc\
ore trouvé de
solution, de les amener à mieux comprendre le fonctionnement de l’\
Eglise. Mardi
20 octobre 2015, à 18h30, début de sa visite…
Mgr David Macaire en visite pastorale
dans
la communauté paroissiale de Rivière- Pilote
S
on arrivée au presbytère,
au bourg de Rivière-Pilote,
où l'attendaient le curé
de la paroisse, le père Wilfried
Bannais et les responsables
des différents groupes et
mouvements paroissiaux, Mgr
David Macaire est accueilli par
des chants de louanges. Après
un temps de prière, Il est tout de
suite entré dans le vif du sujet.
Avec beaucoup d’humour, M. Alex
Vigilant a présenté les 53 groupes
et mouvements œuvrant au sein
de notre paroisse. Pendant deux
heures, Mgr Macaire a écouté
attentivement les responsables
paroissiaux faire remonter
les difficultés rencontrées, les
attentes, et aussi partager la joie
de l’engagement au service de
l’Eglise.
Ce que l’on pourrait retenir, entre
autres, de cette rencontre, c’est
l’accent mis par Mgr Macaire sur :
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du 8 novembre 2015 / n°510
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1. Les quartiers et secteurs : Quelle
aide, ces secteurs, ces communautés
de quartiers, attendent de leur
pasteur ? Une grande enquête sur la
pastorale des quartiers a été lancée. A
cet effet, le père Joseph-Pérald Rémy
de la paroisse du Robert, délégué
de Mgr Macaire, proposera, en
temps voulu, un questionnaire aux
différents quartiers et secteurs.
2. Les Equipes de funérailles,
œuvre de charité et de miséri -
corde : Cette année, une célébration
eucharistique sera proposée à toutes
les équipes de funérailles du diocèse.
3. La catéchèse : Où sont les autres
enfants en âge d’être catéchisés,
et ceux qui ont été confirmés ?
La priorité des catéchistes c’est
aujourd’hui d’aller à la rencontre
des jeunes parents de 30/40 ans,
de les évangéliser, de les former, de
les amener à faire l’expérience du
sacré, à se rapprocher de l’autel ;
c’est tout l’enjeu de la catéchèse.
4. Les groupes de louange : Ils
doivent se rassembler, se connaître,
travailler et faire des projets
ensemble pour qu’il y ait entre eux
une certaine coordination.
Page 13
Quid de la paroisse de Rivière-Pilote ?
La paroisse l’Immaculée-
Conception de Rivière-Pilote, dont
la fête est célébrée le
8 décembre, a pour
curé, depuis 2010, le
père Wilfried Bannais.
Elle est organisée en
7 secteurs de quartier.
Nous pouvons compter sur le
Conseil Paroissial pour les Affaires
Economiques (CPAE) dans un rôle
d’assistance et de veille auprès
du curé dans l’administration
matérielle de notre paroisse
(gestion du personnel, finances,
travaux, achats, relations avec la
Ville de Rivière-Pilote, questions
de sécurité…).
Pour l’animation liturgique :
3 équipes liturgiques ; 5 chorales :
l’Immaculée-Conception, Benja-
mins, Chœur d’Hommes, Joie de Servir, Ensemble soyons
l’Eglise
; l’équipe de funérailles ;
26 ministres de communion ;
1 équipe d’art floral.
Pour la catéchèse : 12 enfants
de l’Eveil à la foi, 300 enfants
(1ère à 5 ème année de catéchisme),
130 jeunes au cheminement, 42
catéchumènes, 80 catéchistes et
animateurs.
Les pastorales suivantes : La
Pastorale de la Famille (l’AFC
et l’ACPM) ; la pastorale des
hommes ; la pastorale des jeunes
(Jeunes de 15-35 ans, CV-AV, la
Jeunesse Mariale, les Servants
d’Autel) ; la pastorale de la santé,
la pastorale des vocations.
Les mouvements et services :
l’équipe entretien jardin ;
l’Amicale des Guides Adultes ;
l’équipe Baptême ; l’équipe de
communication avec son
mensuel
An ti kozé ; les
Hommes du Très Saint
Sacrement ; Saint-Vincent-de-
Paul et ses ateliers ; le groupe
de louange Jésus comme
un phare ; les mouvements
mariaux composés de 15
équipes du Rosaire, de 300
membres dont 2 équipes
d’hommes ; 4 Praesidia
de la Légion de Marie ; le
Mouvement sacerdotal
marial (9 membres) ; le
Scapulaire de Notre-Dame
du Mont Carmel (30
membres) ; la Confrérie du
Sacré-Cœur (20 membres) ;
le groupe de la Divine
Miséricorde ; 3 équipes de
Renouveau charismatique ; 1
équipe pour la permanence
de l’église.
Mgr Macaire a aussi mis l’accent
sur la capacité des uns et des autres
à œuvrer et à accomplir de belles
et grandes choses, dans la foi et
l’espérance. Les acteurs de l’Eglise
doivent et peuvent changer la
Martinique, par la prière et les
actions, c’est la mission.
La rencontre a été clôturée, tout
d’abord par une action de grâce,
appuyée par un hommage à
l’occasion de l’anniversaire de
Mgr Macaire, et la joie a éclaté
dans l’assemblée. Un cocktail dinatoire a permis de
prolonger les échanges.
Le mercredi 21 octobre, Mon-
seigneur
Macaire a poursuivi sa
visite pastorale en se rendant à
Josseaud pour y rencontrer les
jeunes de la paroisse avant le
sacrement de la confirmation.
Après un échange sur le sens de
ce sacrement et le déroulement
de la cérémonie, les jeunes ont
reçu à l’église le sacrement de la
réconciliation.
En fin de matinée, à la mairie,
l’archevêque a rencontré une
petite délégation de la municipalité
conduite par le maire de la commune,
M. Raymond Théodose, afin d’évoquer
les attentes et préoccupations de
chacun. Il a surtout été question des
jeunes qui quittent le pays pour la
métropole et ne reviennent pas, ce
qui pose problème. Il manque des
jeunes pour assurer certains postes et
responsabilités dans les mouvements,
les associations, les entreprises…
Communication paroissiale n
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Page 14
A propos de…
ÉGLISE EN MARTINIQUE
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14
M
a visite a commencé
par celle du Musée du
Saint Suaire qui m’a
particulièrement bouleversée
avec des détails historiques d’une
grande importance. L’itinéraire
de ce tissu des pays de l’Orient
pour arriver en Occident en
passant par la Grèce et la France
avant d’occuper une place toute
particulière à la Cathédrale de
Turin. De nos jours, le Saint Suaire
y est conservé dans une structure
protégée à l’abri de la lumière
et sous atmosphère gazeux pour
ralentir toute dégradation.
Les études sur le Saint Suaire de
Turin révèlent une image en négatif
photo d’un homme qui a subi des
châtiments corporels avec le fouet,
qui a porté un casque d’épines
tressées, qui a été cloué sur une
croix et qui a eu le cœur transpercé.
Par analogie avec la Passion relatée
dans les Evangiles, les catholiques
croient que ce long tissu de 4,40m
de long par 1,13m de large est le
Linceul de Notre Seigneur Jésus-
Christ.
Le fouet utilisé avait au bout des
morceaux de métal qui arrachaient
la peau. Les soldats ont tressé
un casque d’épines qui a été
enfoncé sur la tête du Crucifié.
On distingue très bien les traces de
sang laissées par les gouttes de sang
qui ont coulé de la tête sur le visage
et tout particulièrement une qui a
la forme du chiffre 3 inversé. Est-ce
pour nous signifier que la Trinité
était bien là, silencieuse, dans la
souffrance de Notre Seigneur Jésus-
Christ ou est-ce pour annoncer
l’Omega, la fin de notre propre
situation de souffrances, purifiée
par le sang de Notre Seigneur Jésus-
Christ, et nous montrant le vrai
chemin de conversion.
Aucune preuve scientifique tangible
n’a pu donner une datation précise
du Linceul et expliquer l’apparition
de l’image de l’homme crucifié sur
le tissu, si ce n’est probablement
par une explosion de lumière. Dieu,
le scientifique divin, nous donne des
signes par milliers dans Sa Création,
mais nos cœurs ne sont-ils pas
trop durs ? Nos yeux ne sont–ils
pas trop fermés ? Nos cerveaux
trop embrigadés ? Dieu étant
Dieu, comment imaginer qu’un
événement d’une aussi grande
importance que la Mort et la
Résurrection de Son Fils pour le
rachat de l’Humanité pourrait
passer inaperçu dans l’histoire
humaine. Dieu nous accompagne
toujours sur le chemin de la
connaissance, comme un père
accompagne son enfant. Il l’a fait
depuis le premier homme Adam
jusqu’à nos jours et pour, les
générations futures. J’ai la foi que
l’image de l’homme sur le linceul
est Celui qui a réalisé ce sacrifice
d’Amour pour toi, pour moi, pour
chacun de nous dans ce monde.
C’est vraiment une question de
foi. Cette image doit être regardée
dans toute sa grandeur et dans
toute sa simplicité, en méditant ces
mots : « il n’y a pas de plus grand
amour que de donner sa vie pour
ceux que l’on aime ».
Alors Seigneur Jésus-Christ, daigne
accueillir ces quelques mots simples :
Je T’aime, je T’adore, je T’honore,
Je Sanctifie Ton nom tous les jours
et je Te bénis. Bénis-moi afin que
je sois une étincelle de Ta Lumière
sur la route de ceux et celles que
chaque jour, je rencontre, que mon
regard croise ou qui sont dans mes
pensées. Que La Puissance de Ta
Lumière de Résurrection nous
éclaire et brise les ténèbres partout
dans ce monde, dans nos familles,
dans les lieux que nous côtoyons
quotidiennement. Amen.
Juliette Smith-Ravin n
Visite à Turin, pour vénérer le Saint Suaire
Un souhait très cher demandé à Notre Seigneur Jésus-Christ s\
’est réalisé cette
année à la Pentecôte. Après avoir visité Rome la ville é\
ternelle et le Vatican, je
suis partie pour Turin pour vénérer le Saint Suaire, considéré par les catholi\
ques
comme le Linceul qui a enveloppé Notre Seigneur Jésus-Christ lors\
de Sa Mort
et laissé dans la tombe après Sa Résurrection. Nous croyo\
ns qu’il est la
dernière preuve tangible de Sa Résurrection.
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15
Point de vue…
Sagesse et intelligence : ce diptyque est abondamment cité dans les t\
extes
liturgiques. Les Ecritures nous apprennent que le roi Salomon (responsa\
ble
politique), en était abondamment pourvu. Il s’en inspirait pour gouverner.
Sagesse et intelligence
Elles sont primordiales en cette veille d’élection
E
n cette année 2015, ce
diptyque se retrouve dans
certaines lectures de notre
missel, comme par exemple le livre
du prophète Baruc (4 avril, jour de
Pâques) ; le livre des Proverbes (16
août) ; la lettre de saint Paul aux
Colossiens (3 septembre) ; la lettre
de saint Jacques (26 septembre).
Mais que sont donc la Sagesse et
l’Intelligence ?
On dit d’un enfant qu’il est sage
lorsqu’il se conduit calmement,
sans turbulence, obéissant aux
instructions de sa famille.
Mais que dire d’un adulte ?
Notre Seigneur, celui qui l’a créé,
voudrait qu’il soit lui aussi obéissant
à ses préceptes, respectueux de
ses commandements qu’il doit
s’employer à connaître et à appliquer
(notamment : aime ton prochain
comme toi-même).
Cet impératif de connaissance
s’impose à tous ceux qui, aspirant
à gouverner, doivent appréhender
le monde d’aujourd’hui dans son
extrême complexité : milieu proche,
espaces lointains, espaces géogra-
phiques, problèmes humains, éco-
nomiques... de manière à engranger
des expériences qui, en se sédimen-
tant, constituent le socle d’un savoir
permettant d’agir avec justesse et pertinence au bénéfice de tous.
L’homme politique sage sait garder
son calme. Son comportement
est fait de réserve et de retenue,
loin de toute vocifération et de
gesticulation théâtralisée. Il donne
le pas à l’observation, à la réflexion
et à une présentation sereine des
faits. Il sait prévoir : qualité qui nous
remet en mémoire la parabole
des vierges sages et des vierges
folles, les premières, contrairement
aux secondes avaient anticipé
un obstacle, et pris la précaution
d’emporter leur lampe allumée.
De même, l’architecte qui bâtit
sa maison, afin de prévenir toute
déconvenue, s’emploie à «calculer
la dépense» avant d’entreprendre
des travaux. Ce sont là des
comportements de sagesse.
Les initiateurs du changement
historique que l’on nous propose
(collectivité de Martinique et non
plus département-région) ont-ils
mesuré les conséquences d’un tel
changement ?
Et l’intelligence dans tout cela ?
Etymologiquement, l’intelligence
(inter legere = lier entre) signifie
l’aptitude à établir des liens entre
une multitude de données (sociales,
environnementales, administratives,
humaines, etc.) et celle d’inspiration
divine, afin d’atteindre un objectif,
notamment, celui de servir (et non de
se servir) dans l’intérêt du plus grand
nombre.
Agir, gouverner avec intelligence,
revient par conséquent à faire preuve
de clairvoyance et de discernement,
pour utiliser les connaissances à bon
escient, avec en prime une honnêteté
indiscutable.
En cette veille de consultation électorale,
il semble de la plus haute importance
que les uns et les autres, c’est-à-dire les
candidats, d’une part, et les citoyens,
d’autre part, soient éminemment
conscients du fait que le but essentiel
à atteindre – dans un monde
particulièrement angoissant et instable
– réside dans notre sécurité statutaire,
notre prospérité économique afin de
tourner le dos au fléau du chômage,
et travailler à l’épanouissement des
personnes afin de tuer les racines
de la violence. Ainsi, dans certaines
entreprises, il convient d’éradiquer les
causes d’une conflictualité latente, si
l’on a comme objectif celui de les rendre
performantes. Le développement
économique est à ce prix.
Le tout est de savoir quelles
connaissances mobiliser et quels liens
établir entre elles pour atteindre le but
recherché.
Livie Pierre-Charles n
Convie tous les référents des pastorales paroissiales de Santé à la Rencontre annuelle des Référents qui
aura lieu le samedi 14 novembre 2015, de 9h à 12h30, au presbytère de la cathédrale à Fort-de-France.
Thème : « De l’évangile de la vie à la pastorale de la santé »\
Compte tenu de l’importance de cette rencontre, la présence des deux référents de chaque paroisse est
vivement souhaitée.
LA PASTORALE
DIOCESAINE DE LA SANTE
Communiqué
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Société
Les premières invasions de sargasses sur nos côtes martiniquaises datent de
juin 2011. Après des épisodes de bien moindre ampleur en 2012 et 2\
013, le
phénomène s’est reproduit en 2014 dans des proportions considérables.
Sargasses !
D
urant la période de crise,
les quantités d’algues
accumulées aux abords du
littoral ont pu être estimées par la
Direction de l'Environnement, de
l'Aménagement et du Logement
(DEAL), au travers d’observations
visuelles par hélicoptère, à environ
205 000 m3, ce qui correspond à
plus de 58 000 tonnes d’algues
en poids sec, et ce, uniquement
sur le littoral Atlantique. La
majeure partie n’ayant pu être
ramassée, les nuisances, à la fois
environnementales, sanitaires et
économiques, ont débuté avec la
décomposition de ces algues.
La famille des sargasses est très
grande, mais seules deux espèces
s’échouent sur les territoires de
la Caraïbe, ainsi que sur les côtes
américaines, et plus récemment
sur les côtes ouest africaines :
Sargassum Natans et Sargassum
Fluitans. Ce sont des algues brunes
holopélagiques : elles passent
l’ensemble de leur cycle de vie en
pleine mer, et n’ont pas besoin
de support pour se développer.
Elles flottent au moyen de petits
«aérocystes» remplis d’un gaz
produit par l’algue. De fait, elles
voguent au gré des courants et
s’amoncellent dans un espace marin
soumis à des vents relativement
faibles, et cerclé de courants marins
tels que le Gulf Stream, le courant
des Açores et celui des Antilles. Cette
«Mer des Sargasses» se situe au sud
des Bermudes, et s’étend environ de
70 à 40 degrés Ouest, et de 25 à 35
degrés Nord, sur 3 jusqu'à 7 millions
de km² (Carpenter et Cox, 1974).
Cet espace présente une situation
courantologique particulière appe-
lée gyre, à l’origine de vents et de
courants relativement faibles au
centre et circulaires autour, et donc
entraînant la stagnation des algues
dans la zone.
Une autre zone de production de
sargasses se situe dans le Golfe du
Mexique. En 2008, Gower et King
ont démontré que ces deux zones
étaient liées d’un point de vue
fonctionnel. En effet, les sargasses
flottantes commencent leur cycle
de vie dans le nord-ouest du Golfe
du Mexique, chaque printemps,
aux alentours du mois de mars. Au
début de l’été (juillet), ces algues
sont emportées par les courants
pour s’accumuler dans la Mer des
Sargasses. Selon Gower et King
(2008) et Smetace et Zingone
(2013), ce n’est pas moins d’un
million de tonnes de sargasses, en
poids frais, qui transitent entre ces
deux zones.
Lors de fortes tempêtes, les
courants violents morcellent la
périphérie de la Mer de Sargasses.
De même, les systèmes de courants
situés aux alentours entraînent
une dispersion sporadique de
bancs de sargasses dans l’océan
Atlantique. Ces fragments isolés
dévirent alors au gré des courants
et parfois s’échouent sur les côtes.
Ce phénomène a toujours existé.
Néanmoins depuis 2011, l’ensemble
du bassin Caraïbe, ainsi que certaines
parties de l’Afrique récemment, font
face à des échouages massifs sur
leur littoral.
Néanmoins il n’a pas été prouvé
que les algues présentes sur nos
côtes proviennent de cet espace
océanique. En effet, l’origine du
phénomène, ainsi que les causes
de ces échouages massifs, n’ont
pas encore été déterminées avec
certitude par les scientifiques, seules
quelques hypothèses ont été émises.
Selon Gower et al. (2013), les
sargasses échouées sur les côtes
Caraïbes en 2011 et 2014 ne
proviendraient pas du système Golfe
du Mexique - Mer des Sargasses, mais
d’un nouveau centre de production
situé à l’embouchure de l’Amazone
: «la petite Mer des Sargasses». Ce
nouveau lieu de croissance, apparu
en 2010, pourrait être le résultat
d’une intensification de l’agriculture
couplée à une destruction accrue de
la mangrove brésilienne, qui retenait
auparavant une grande partie des
nutriments provenant des fleuves
(Parc national de la Guadeloupe). En
effet, l’utilisation intensive d’engrais
en agriculture a pour effet le rejet
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de nitrates et de phosphates dans les
eaux côtières, nutriments essentiels
au développement des sargasses.
Ces bancs de sargasses seraient
ensuite emportés par le courant
Sud Est équatorial jusqu’aux Antilles.
Une autre théorie se base sur le
changement climatique (Pascal
Saffache). En effet, ce bouleverse-
ment global serait à l’origine d’une
perturbation de certains courants
marins, modifiant ainsi la direction
des bancs de sargasses vers les côtes.
Bien que considéré comme une
menace à l’approche des côtes,
tant sur le plan environnemental,
économique que sanitaire, cet
écosystème à part entière jouit de
protections spécifiques (telle que la
convention de Carthage) lorsqu’il
se maintient en haute mer. En effet,
les radeaux de sargasses constituent
une nurserie, un habitat et un garde-
manger pour de multiples espèces
pélagiques, parfois endémiques à
l’écosystème (Witherington et al.
2012). Pour un exemple proche
de nous : le Marlin et la Dorade
pondent dans la Mer des Sargasses.
Les petits poissons attirant
inévitablement les plus gros, ces
habitats naturels agissent comme
des dispositifs concentrateurs
de poissons pélagiques adultes.
Néanmoins ce souci de préservation
est supplanté par les multiples
enjeux qui émanent lors des
échouages massifs de sargasses
sur les littoraux des territoires. En
effet, l’amoncellement d’algues
sur l’espace côtier engendre
également des nuisances. D’un
point de vue environnemental,
l’entassement de sargasses a pour
effet d’entraver la progression des
jeunes tortues vers le rivage tout
comme la progression inverse de
la mère lors de la période de ponte
(DEAL, Guadeloupe). Il asphyxie
également les mangroves (Impact
Mer, 2013).
D’un point de vue sanitaire, les
populations vivant à proximité des
zones d’échouages sont impactées
par la décomposition anaérobie
de ces algues. Le gaz engendré,
l’hydrogène sulfuré (H2S), d’odeur
caractéristique «d’œuf pourri»,
ne représente pas seulement une
gêne olfactive, mais peut être à
l’origine de problèmes de santé
lorsque l’exposition est importante
et récurrente.
Enfin, au niveau économique, ces
échouages massifs ont pour effet
de paralyser les activités liées à
la pêche et au tourisme, qui
représentent une part importante
de l’économie martiniquaise.
Par ailleurs, l’hydrogène sulfuré
serait également à l’origine de
dégradations de biens matériels,
tels que les appareils électroniques.
A l’heure actuelle il n’existe aucun
moyen de prévision au quotidien
des arrivages de bancs de sargasses.
En effet, en zone intertropicale, la
couverture nuageuse récurrente ne
permet pas une utilisation régulière
de l’imagerie satellitaire. Durant la
crise de 2014, des avions de l’armée
ainsi que la participation des
pilotes de lignes ont œuvré dans la
détection des arrivages de sargasses.
Cependant, ces actions restent
ponctuelles et ne permettent pas
de mettre en place une gestion
intégrée des échouages.
Etant donné qu’une prévision
régulière des arrivages de sargasses
est, à l’heure actuelle, difficile, voire
impossible, la Martinique doit faire
face aux échouages massifs de ces
algues sur ses côtes. Dès lors, de
nombreuses méthodes de collecte
sont en cours de test, autant sur terre
qu’en mer, de façon à déterminer les
plus adaptées voire adaptables à
notre littoral.
Arielle Priam (chef du service
environnement du Conseil régional)
& Alice Greuez (stagiaire)
n
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2ème édition de la "Prière pour toute vie naissante",
animée par l'Association Familiale Catholique de Bellefontaine,
Le vendredi 27 novembre 2015, à partir de 15 heures à l'église.
Thème d'année : "Soyez apôtre de l’évangile de la vie"
Au programme :
- L’accueil, suivi de la méditation du Mystère Joyeux du Rosaire des Humbles.
- L'écoute des quelques paragraphes tirés de
Evangelium vitæ de saint Jean Paul II, entrecoupés
de chants et de prières pour la vie.
- Temps d'Adoration avec le père Frédéric, suivi de l'Eucharistie.
Familles, jeunes, amis des paroisses environnantes, nous vous attendons nombreux...
Jacqueline Belfan
à devenir Amis Dans Le Seigneur (ADLS), à l’école d’Ignace de Loyola : invitation à prier avec la
Parole de Dieu (http://www.ndweb.org/versdimanche/), relire sa prière, et se risquer à une entraide
fraternelle (se constituer en «groupe de priants»). \
Le Comité de pilotage de cette aventure ignatienne en Martinique peut vous aider à aller plus loin.
Un rassemblement de la Famille ignatienne aura bientôt lieu, le samedi 5 décembre 2015, à 16h, à
la salle paroissiale de Redoute.
Contact : Chemin Ignatien Martinique - BP 25 - 97240 Le François : 05 96 54 3\
5 80
secretariat.cheminignatien972@gmail.com
Comme chaque année, les Antillais
et Guyanais vivant en métropole
se rassemblent pour une grande
messe à Saint-Sulpice, au cœur
de Paris.
Familles, amis, parents, jeunes et
moins jeunes se retrouvent aux
côtés de leurs évêques, le 11
novembre pour prier et partager
leur ferveur.
Cette messe, organisée par
l’Aumônerie Nationale Antilles
Guyane, sera retransmise en
direct sur la chaîne
you tube de
Dieu m’est témoin. Présidée par
Mgr David Macaire, archevêque
de Martinique, aux côtés de
Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque
de Guadeloupe, et Mgr Emmanuel
Laffont, évêque de Guyane, cette
célébration permettra de vivre
ensemble la miséricorde….
Si vous aussi, vous souhaitez
partagez ce moment fort,
rendez-vous le 11 novembre dès
10h sur : https://www.youtube.
com/user/DieuMestTemoin
L'ASSOCIATION FAMILIALE CATHOLIQUE DE BELLEFONTAINE
LE CHEMIN IGNATIEN MARTINIQUE INVITE
LES ABONNÉS DE LA REVUE IGNATIENNE
Communiqués
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Dimanche 15 novembre 2015Jeunes : on croit en vous !
Ils ont décroché de l’école, et ne trouvent pas leur place dans la société ; ils sont jeunes, mais n’ont déjà plus
de repères, ils sont fragilisés et n’ont pas confiance en l’avenir… Comment alors les aider à retrouver l’espoir
qu’ils ont perdu, comment les soutenir pour qu’ils puissent construire à nouveau un projet de vie ? C’est ce
que s’emploie à faire la Fondation des Apprentis d’Auteuil, que ce soit en Martinique, à La Réunion, à Mayotte
et tout récemment en Guadeloupe.
Cette semaine
Dieu m’est témoin donne la parole à tous ces jeunes qui, dans leur parcours chaotique, ont
pu saisir une main tendue et retrouver un sens à leur vie.
Nous irons à la Martinique, à l’internat Relais du Foyer de l’espérance, rencontrer Dawson, jeune garçon de
14 ans, qui retrouve petit à petit des repères et le goût d’apprendre.
Et nous serons connectés avec la Guadeloupe où le nouveau responsable de la
Fondation d’Auteuil, nous
présentera, en partenariat avec l’
Association Saint-Jean-Bosco, le nouveau programme de re-socialisation,
de formation et d’apprentissage des jeunes Guadeloupéens.
Dimanche 22 novembre 2015
La foi en marche !
Les processions connaissent-elles aujourd’hui un regain d’intérêt, et pourquoi ? Qui sont ces chrétiens qui
vivent leur foi lors des processions ? Les jeunes générations s’y retrouvent-elles ? La marche est-elle aussi une
forme de prière ?
Pour répondre à toutes ces questions,
Dieu m’est témoin reçoit cette semaine, France-Lise Bardollet. Depuis
son enfance, cette Guadeloupéenne originaire de Bouillante est familière des processions ; dans son île, mais
aussi au Portugal, à Fatima, à Lourdes, et même à Paris le 15 août. Elle nous dira pourquoi marcher est sa
façon d’exprimer sa foi.
Nous serons connectés avec le père David Rondof à Saint-Pierre en Martinique. Il nous racontera comment la
fête du Saint-Sacrement en juin dernier a rassemblé plus de 4000 pèlerins, rappelant ainsi que «nous sommes
un peuple de Dieu en marche».
Nous irons aussi en Nouvelle-Calédonie suivre Sony et les jeunes de la paroisse de la Conception, lors de la
procession du 15 août, et verrons comment la jeunesse exprime sa foi joyeusement.
Medias
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Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45, sur Martinique 1 ère. L’émission peut
se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
99.5 – 101.3 et 105,3 mHz
Site internet : www.radiosaintlouis.com
Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05
Courriel : contact@radiosaintlouis.com
L’Evangile par-dessus les toits
33 ans à votre service : 1982-2015
Page 20
Ouvre nos yeux et nos oreilles
Seigneur, ouvre nos yeux,
Que nous te reconnaissions dans nos frères et sœurs.
Seigneur, ouvre nos oreilles,
Que nous entendions les appels de ceux qui ont faim,
De ceux qui ont froid, de ceux qui ont peur
Et que l'on opprime ;
ô Seigneur, ouvre nos cœurs,
Que nous aimions les uns les autres
Comme tu nous aimes.
Renouvelle en nous ton Esprit,
Seigneur, rends-nous libres et unis.
Amen
Mère Teresa
