510 - Les jeunes doivent-ils obligatoirement quitter la Martinique pour réussir leur vie ?

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• FORUM : LES TÊTES DE LISTE FACE AUX CHRÉTIENS • LES SARGASSES • VISITE PASTORALE DE MGR MACAIRE À RIVIÈRE-PILOTE N° 510 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 8 novembre 2015 Les jeunes doivent-ils Les jeunes doivent-ils obligatoirement quitter la Martinique obligatoirement quitter la Martinique pour réussir leur vie ?pour réussir leur vie ?

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Editorial A men, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle\ a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre. Aujourd’hui, Jésus nous invite à la générosité, à l\ a charité, à la sincérité et à l’amour. Il nous invite à vivre la pauvreté de cœur. Les pauvres de cœur, en effet, sont prêts à se mettre en danger pour vivre de Dieu. La Bible ne nous enseigne-t-elle pas que l’essentiel est invisible aux yeux ? Ce qui nous amène à «Garder au cœur le souvenir des écrit\ s des croyants qui nous ont précédés», comme nous le recommande le\ père jésuite Manuel Grandin. Pour le 15 novembre, 33 ème dimanche du temps ordinaire B, nous publions la méditation de l'Evangile de Jésus Christ selon saint Marc (13,24-32) qu’il a préparée et qui es\ t diffusée dans «Vers Dimanche». Une belle semaine de réflexion (du 9 au 15 novembre) qui nous aidera à préparer notre cœur pour notre pro\ chaine rencontre dominicale. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas, nous dit Jésus. Dans cette édition, nous relatons la visite pastorale de Mgr Macaire \ dans le secteur paroissial de Rivière-Pilote, Josseaud et la Régal\ e. Ce rendez-vous, apprécié et attendu par de nombreux fidèles, avait\ été très bien préparé. Dans le dossier consacré à l’exode des jeunes Martiniquais, nous avons recueilli pour vous plusieurs témoignages de jeunes ayant vécu une\ expérience d’expatriation, ou au contraire, une installation au pays réussie. Face à des situations difficiles, certains jeunes ne perd\ ent pas espoir et veulent rester en Martinique. Par ailleurs, différents rendez-vous vous sont donnés à travers\ les communiqués : Rassemblement national des Antillais et Guyanais de l’Hexagone à l’église Saint-Sulpice, le 11 novembre sur l\ e thème « Ensemble, vivons la miséricorde» ; rencontre annuelle des réfé\ rents de la Pastorale diocésaine de la santé, le 14 novembre ; 2 ème édition de la « Prière pour toute vie naissante », organisée par l’Ass\ ociation familiale catholique de Bellefontaine ; invitation de la Famille ignatienne… Le temps de l’Avent approche : demandons donc à Marie de nous enseigner la Pauvreté de cœur, et à vivre la Joie dans la simplicité. Seigneur Jésus, aide-nous à être généreux, à l’imag\ e des veuves de la liturgie de ce jour ! Justine Lordinot n DIRECTEUR DE LA PUBLICATION P. Luc Philippon, DEI REDACTRICE EN CHEF Justine Lordinot MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Ediprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la MartiniqueBoîte Postale 586 97207 Fort de France Cedex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr egliseenmartinique@orange.fr Editorial Mot de l'Evêque • La fin d’un monde… Eglise universelle • Les vrais défenseurs de la doctrine ne sont pas ceux qui défendent la lettre mais l’esprit Liturgie • Parole dominicale • Vers le 33 ème dimanche B : méditation proposée par P. Manuel Grandin Dossier : L'exode de notre jeunesse : Pensez-vous que les jeunes doivent obligatoirement quitter la Martinique pour réussir leur vie ? • Jeunes, entre illusion… et désillusion ! • Témoignages Vie du diocèse • Mgr David Macaire en visite pastorale dans la communauté paroissiale de Rivière-Pilote A propos… • Visite à Turin, pour vénérer le Saint Suaire Point de vue… • Sagesse et intelligence Société • Sargasses ! Médias numéro 510 S ommaire 2 3 numéro 510 SS • FORUM : LES TÊTES DE LISTE FACE AUX CHRÉTIENS • LES SARGASSES • VISITE PASTORALE DE MGR MACAIRE À RIVIÈRE-PILOTE N° 510 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 8 novembre 2015 Les jeunes doivent-ils Les jeunes doivent-ils obligatoirement quitter la Martinique obligatoirement quitter la Martinique pour réussir leur vie ?pour réussir leur vie ? 8 7 5 10 12 14 15 14 19 11

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La fin d’un monde… L e monde actuel, et surtout notre Martinique d’aujourd’hui, nous inquiète. On sent parfois dans le pays comme une anxiété latente, une panique sociale. Les sujets d’appréhensions se multiplient : beaucoup de familles et de couples explosent ; les personnes âgées vieillissent seules ; les jeunes, plus que les autres, sont marqués par cette ambiance délétère et anxiogène. Ceux qui le peuvent quittent le pays pour trouver ailleurs leur épanouissement professionnel, affectif et même spirituel. Ceux qui restent sont menacés par le chômage et le désœuvrement. La violence envahit nos quartiers, alors que de plus en plus de jeunes jouent à la roulette russe avec leur vie sur la route et ailleurs. Pendant que les hommes sombrent dans la drogue, l’alcool, la pornographie et le sexe facile, les femmes ont recours en masse à l’avortement (l’un des plus forts taux au monde). Les esprits de morts ainsi libérés produisent toutes sortes de maladies mentales et spirituelles et, bien sûr, l’usage des sorcelleries diverses n’arrange pas les choses. Et je ne parle pas des menaces naturelles et écologiques… Les forces vives et les bonnes volontés ne manquent pas : les travailleurs sociaux, les éducateurs, le milieu associatif, les hommes et femmes politiques, et bien sûr les croyants, sont à l’œuvre. Mais elles semblent bien petites pour contenir des maux dont l’origine nous dépasse. Demeure l’impression que tous les remèdes ont été tentés sans résultats durables, et que les efforts ne font que ralentir la progression d’un mal inexorable. De gros nuages planent : serait-ce la fin du monde ? Je ne sais pas (car nous n’avons pas à le savoir) quand sera la fin du monde, mais je sais que quelque chose de notre monde actuel va cesser, va mourir, va passer. Faut-il le craindre ? Faut-il se battre coûte que coûte pour éviter cette fin ? Faut-il se laisser aller au défaitisme en se livrant aux distractions massives, ou pratiquer la «fuite en avant», alors même qu’«on n’y croit plus», pour essayer de sauver sa peau malgré tout dans le «chacun pour soi» ? Peut-être qu’une bonne nouvelle se cache derrière cette situation : les moussons, ces pluies diluviennes qui couvrent l’Inde à intervalles réguliers et qui apportent chaque année leur lot de désolation, sont aussi accueillies par la sagesse populaire comme une renaissance, une vie nouvelle. La Parole de Dieu en cette fin d’année liturgique nous répond en nous révélant un avenir à la fois lumineux et terrifiant. Elle nous révèle sinon le moment, mais du moins l’esprit de la fin du monde, de la fin de tout monde : « Je vis, dit saint Jean le visionnaire, un ciel nouveau, une terre nouvelle – car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n'y en a plus. Et je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu ; elle s'est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J'entendis alors une voix clamer, du trône : "Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n'y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé." Alors, Celui qui siège sur le trône déclara : "Voici, je fais l'univers nouveau." (Apocalypse 21,2 ss) A la lumière de la Parole de Dieu, ne devrions-nous pas espérer cette civilisation nouvelle, mais franchement nouvelle, que le Bienheureux Paul VI, saint Jean Paul II et Benoît XVI ont appelé la «Civilisation de l’Amour» et dont le pape François a jeté les bases concrètes et politiques dans son encyclique Laudato Si. Et si la société martiniquaise était la première au monde à bâtir cette Civilisation de l’Amour ? Et si c’était notre vocation pour le monde de vivre ce à quoi tous les hommes aspirent ? Une société solidaire, où on accepte d’avoir une voiture plus petite, de ne pas s’acheter des écrans multiples, de consommer local, de ne pas profiter du système et de ses failles, d’aider et de soutenir les plus faibles, de donner des "coups de main", de ne plus pratiquer le "nèg kont nèg", de rejeter toute sorcellerie, de respecter la nature et de ne pas produire de déchets, de s’encourager, d’accueillir la vie de sa conception à sa fin naturelle, de jeter un regard d’espérance sur nos jeunes, même quand ils sont en échec… On dira que je rêve, mais lequel d’entre nous ne partage pas ce rêve ? Et si nous l’avons tous au cœur, quel démon nous empêche de le réaliser ? Ce n’est donc pas un rêve, c’est une prophétie ! C’est mon rôle ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 33 Mot de l'Evêque

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Mot de l'Evêque ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 4 de pasteur de l’Eglise catholique de la pro- clamer, mais je ne peux être seul à la porter. Je lance cet appel d’abord aux prêtres et aux fidèles de mon Eglise ; je lance cet appel à la veille des échéances politiques importantes, voire historiques, aux leaders politiques et aux candidats à l’élection de la CTM ; je lance cet appel aux décideurs du monde économique ; je lance cet appel aux familles et aux travailleurs sociaux ; par-dessus tout, je lance cet appel à ceux qui sont les plus frappés par les fléaux sociaux, à ceux qui sont sans travail, sans famille, sans santé, à ceux qui sont dans les rues et les difficultés. Par la grâce, si eux se relèvent et se mettent à espérer, qui refuserait de les suivre ? Ainsi, par la puissance de la grâce du bap- tême que tant de Martiniquais ont reçu, je proclame que «si quelqu’un est dans le Christ, il est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là». Que ce monde (et chacun de nous) accepte de mourir et de renaître dans le Christ, notre Alpha et notre Oméga, et tout sera renouvelé. + David Macaire Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France n Du 3 au 8 novembre, à Lourdes : Assemblée plénière des Evêques de France Mardi 10 novembre : - Réunion de travail à l’Officialité du diocèse de Paris - Rencontre avec la communauté de la Maison Saint- Augustin Mercredi 11 novembre : - Rencontre avec les envoyés et délégués diocésains de l’Aumônerie Antilles-Guyane - 15h : Messe des Antillais et Guyanais à l’église Saint-Sulpice de Paris, précédée d’une catéchèse à 14h - Visite de la paroisse Saint-Georges (qui accueille cette année le père Marcel Crépin) Samedi 14 novembre : - Visite pastorale de la paroisse de Tartane - 18h : confirmation à Tartane Dimanche 15 novembre : - 7h : messe paroissiale à l’église du bourg de Schœlcher - 9h30 : confirmation à l’église de la Résurrection de Terreville - 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Mardi 17 novembre : Conseil épiscopal Mardi 17 - mercredi 18 novembre : Visite pastorale de la paroisse de Ducos Mercredi 18 novembre, 18h : Catéchèse de l’Evêque à l’église Emmaüs, retransmise sur Radio Saint-Louis Jeudi 19 novembre : - Rencontre avec les curés-recteurs de sanctuaire - Messe à l’hôpital Clarac - Première rencontre et lancement du mouvement des EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens) Vendredi 20 novembre : - Inauguration et bénédiction de la Maison Sainte-Marie à L'Espérance - 18h30 : Messe d'ouverture de la session d'évangélisation du Renouveau Charismatique à Petit- Bourg Samedi 21 novembre : - Toute la journée, au Monastère Sainte-Marie-des- Anges de Bout-Bois (Carbet) : rencontre avec toutes les religieuses du diocèse, dans le cadre de l’Année de la Vie Consacrée - 18h30 : confirmation à Saint-Pierre Dimanche 22 novembre : - 6h30 : Messe paroissiale à Ducos - 9h : confirmation à Ducos - Journée de l’Action Catholique : à partir de 14h30, au presbytère de la cathédrale, forum "Face aux Chrétiens" organisé par la FEMAC, en présence des têtes de liste à l’élection de la Collectivité Territoriale de Martinique - 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Agenda de l’Archevêque

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Eglise universelle C hères Béatitudes, Éminences, Excellences, Chers frères et sœurs, Je voudrais tout d’abord remercier le Seigneur qui a guidé notre chemin synodal au cours de ces années, avec l’Esprit-Saint dont le soutien ne manque jamais à l’Église (…). Alors que je suivais les travaux du Synode, je me suis demandé : que signifiera pour l’Église de conclure ce Synode consacré à la famille ? Il ne signifie certainement pas avoir achevé tous les thèmes inhérents à la famille, mais avoir cherché à les éclairer par la lumière de l’Évangile, de la tradition et de l’histoire bimillénaire de l’Église, infusant en eux la joie de l’espérance, sans tomber dans la facile répétition de ce qui est indiscutable ou le déjà dit. Il ne signifie sûrement pas avoir trouvé des solutions exhaustives à toutes les difficultés, et aux doutes qui défient et menacent la famille, mais avoir mis ces difficultés et ces doutes sous la lumière de la Foi, les avoir examinés attentivement, les avoir affrontés sans peur et sans se cacher la tête dans le sable. Il signifie avoir incité tout le monde à comprendre l’importance de l’institution de la famille et du mariage entre un homme et une femme, fondée sur l’unité et sur l’indissolubilité, et à l’apprécier comme base fondamentale de la société et de la vie humaine. Il signifie avoir écouté et fait écouter les voix des familles et des pasteurs de l’Église qui sont venus à Rome, en portant sur leurs épaules les poids et les espérances, les richesses et les défis des familles de toutes les parties du monde. Il signifie avoir donné la preuve de la vivacité de l’Eglise catholique, qui n’a pas peur de secouer les consciences anesthésiées, ou de se salir les mains en discutant de la famille d’une façon animée et franche. Il signifie avoir cherché à regarder et à lire la réalité, ou plutôt les réalités d’aujourd’hui avec les yeux de Dieu, pour allumer et pour éclairer avec la flamme de la foi les cœurs des hommes, en un moment historique de découragement et de crise sociale, économique, morale et de négativité dominante. Il signifie avoir témoigné à tous que l’Évangile demeure pour l’Église la source vive d’éternelle nouveauté, contre qui veut «l’endoctriner» en pierres mortes à lancer contre les autres. Il signifie encore avoir mis à nu les cœurs fermés qui souvent se cachent jusque derrière les enseignements de l’Église, ou derrière les bonnes intentions, pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées. Il signifie avoir affirmé que l’Église est Église des pauvres en esprit, et des pécheurs en recherche du pardon, et pas seulement des justes et des saints, ou plutôt des justes et des saints quand ils se sentent pauvres et pécheurs. Il signifie avoir cherché à ouvrir les horizons pour dépasser toute herméneutique de conspiration ou fermeture de perspective pour défendre et pour répandre la liberté des enfants de Dieu, pour transmettre la beauté de la Nouveauté chrétienne, quelquefois recouverte par la rouille d’un langage archaïque ou simplement incompréhensible. Sur le chemin de ce Synode, les diverses opinions qui se sont exprimées librement – et malheureusement parfois avec des méthodes pas du tout bienveillantes – ont certainement enrichi et animé le dialogue, offrant une image vivante d’une Eglise qui n’utilise pas «des formulaires préparés d’avance», Les vrais défenseurs de la doctrine ne sont pas ceux qui défendent la lettre mais l’esprit Samedi 24 octobre, le pape François a conclu le synode sur la famille\ par un discours mettant en avant une Église des pauvres en esprit, et des pécheurs en recherche du pardon, et pas seulement des justes et des saints. ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 55

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Eglise universelle ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 6 mais qui puise, à la source inépuisable de sa foi, une eau vive pour désaltérer les cœurs desséchés. Et, au-delà des questions dogmatiques bien définies par le Magistère de l’Église, nous avons vu aussi que ce qui semble normal pour un évêque d’un continent, peut se révéler étrange, presque comme un scandale, pour l’évêque d’un autre continent ; ce qui est considéré comme violation d’un droit dans une société, peut être requis évident et intangible dans une autre ; ce qui pour certains est liberté de conscience, pour d’autres peut être seulement confusion. En réalité, les cultures sont très diverses entre elles, et chaque principe général a besoin d’être inculturé s’il veut être observé et appliqué. (…). L’inculturation n’affaiblit pas les vraies valeurs mais démontre leur véritable force et leur authenticité, puisqu’elles s’adaptent sans se transformer, mais au contraire elles transforment pacifiquement et graduellement les différentes cultures. Nous avons vu, également à travers la richesse de notre diversité, que le défi que nous avons devant nous est toujours le même : annoncer l’Évangile à l’homme d’aujourd’hui, en défendant la famille de toutes les attaques idéologiques et individualistes. Et sans jamais tomber dans le danger du relativisme, ou du fait de diaboliser les autres, nous avons cherché à embrasser pleinement et courageusement la bonté et la miséricorde de Dieu qui surpasse nos calculs humains, et qui ne désire rien d’autre que «tous les hommes soient sauvés», pour insérer et pour vivre ce Synode dans le contexte de l’Année extraordinaire de la Miséricorde que l’Église est appelée à vivre. Chers confrères, l’expérience du Synode nous a fait aussi mieux comprendre que les vrais défenseurs de la doctrine ne sont pas ceux qui défendent la lettre mais l’esprit ; non les idées mais l’homme ; non les formules mais la gratuité de l’amour de Dieu et de son pardon. Cela ne signifie en aucune façon diminuer l’importance des formules, des lois et des commandements divins, mais exalter la grandeur du vrai Dieu qui ne nous traite pas selon nos mérites et pas même selon nos œuvres mais uniquement selon la générosité illimitée de sa miséricorde. Cela signifie dépasser les tentations constantes du frère aîné et des ouvriers jaloux. Au contraire, cela signifie valoriser davantage les lois et les commandements créés pour l’homme et non vice-versa. En ce sens, le juste repentir, les œuvres et les efforts humains prennent un sens plus profond, non comme prix du Salut qu’on ne peut pas acquérir, accompli gratuitement par le Christ sur la Croix, mais comme réponse à Celui qui nous a aimés le premier et nous a sauvés au prix de son sang innocent, tandis que nous étions encore pécheurs. Le premier devoir de l’Église n’est pas celui de distribuer des condamnations ou des anathèmes, mais il est celui de proclamer la miséricorde de Dieu, d’appeler à la conversion et de conduire tous les hommes au salut du Seigneur. Le Bienheureux Paul VI, avec des paroles magnifiques, disait : «Nous pouvons donc penser que chacun de nos péchés ou fuite de Dieu allume en lui une flamme d’un plus intense amour, un désir de nous reprendre et de nous réinsérer dans son plan de salut […]. Dieu, dans le Christ, se révèle infiniment bon […]. Dieu est bon. Et non seulement en lui- même ; Dieu est, nous le disons en pleurant, bon pour nous. Il nous aime, nous cherche, pense à nous, nous connaît, nous inspire et nous attend : Il sera – si l’on peut dire ainsi – heureux le jour où nous nous retournons et disons : Seigneur, dans ta bonté, pardonne-moi. Voici donc notre repentir, devenir la joie de Dieu». Saint Jean Paul II affirmait égale- ment que «L’Église vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la miséricorde […] et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est la déposi- taire et la dispensatrice» (…). Lorsque l’Église doit rappeler une vérité méconnue, ou un bien trahi, elle le fait toujours, poussée par l’amour miséricordieux, afin que les hommes aient la vie et l’aient en abondance. Sous cet éclairage, et grâce à ce temps de grâce que l’Église a vécu, en parlant et discutant de la famille, nous nous sentons enrichis mutuellement ; et beaucoup d’entre nous ont expérimenté l’action de l’Esprit-Saint, qui est le véritable protagoniste et artisan du Synode. Pour nous tous, le mot «famille» ne résonne plus comme avant, au point qu’en elle, nous trouvons déjà le résumé de sa vocation et la signification de tout le chemin synodal. En réalité, pour l’Église, conclure le Synode signifie retourner à «marcher ensemble», réellement, pour porter partout dans le monde, dans chaque diocèse, dans chaque communauté et dans chaque situation, la lumière de l’Évangile, l’accolade de l’Église et le soutien de la miséricorde de Dieu ! Merci ! Pape François, 24/10/15 à Rome n

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 7 L a P arole D ominicale Dimanche 8 novembre 2015 L’offrande véritable 1 Rois 17,10-16 • Psaume 145 • Hébreux 9,24-28 • Marc 12,38-44 A lors que nous nous approchons pas à pas du temps de l’Avent, temps propice à la méditation du mystère de l’abaissement du Fils, la liturgie attire notre attention sur l’obole d’une veuve indigente au temple de Jérusalem. Nous connaissons ce passage de l’Evangile, où Jésus prend cette femme en exemple alors qu’en réalité elle offre moins que tout le monde. Laissons-nous appeler par le maître avec les autres disciples, et regardons la particularité de son offrande Notons tout d’abord que ces lignes d’Evangile interviennent après la mise en garde de Jésus contre l’orgueil des Pharisiens qui dévorent les biens des veuves , — bénéficiant d’une attention particulière de la part de Dieu — et recherchent les honneurs. Il faut donc nous attendre à ce que cet exemple pris par le Christ serve à conforter ses propos comme il le fait souvent. Jésus ne regardait pas ce que la foule mettait dans le tronc, mais comment elle s’y prenait. Lui qui discerne les cœurs, nous introduit d’emblée dans l’attention que Dieu accorde à notre offrande. Il s’attarde sur la façon d’offrir, l’intention, le cœur profond du donateur, et non sur l’offrande elle- même. La différence fondamentale du don de la veuve tient précisément au fait qu’elle donne de son essentiel, tout ce qu’elle possède, contrairement aux autres qui donnent de leur superflu. Mais alors, cela invaliderait-il les dons de ceux qui ont la chance d’avoir des ressources ? Dit autrement, l’offrande agréable à Dieu est-elle uniquement celle de l’indigent ? Dieu merci, non ! Nous venons de le dire, ce qui importe, c’est la qualité du cœur du donateur, et non son offrande. En donnant son essentiel, la veuve sait qu’elle rentrera chez elle les mains vides, sans aucune ressource. Comme cette veuve de Sarepta de la première lecture, qui donna au prophète Elie tout ce qui lui restait pour vivre. En donnant tout à Dieu, ces veuves manifestent la qualité de leur foi. Dieu est le donateur suprême ! Elles reconnaissent qu’elles tirent leur unique subsistance, leur vie, de Dieu seul. Notre offrande est en réalité réponse au don de la vie qu’il nous fait le premier. Occupe- toi de mes affaires, je m'occuperai des tiennes, disait Jésus à Sainte Catherine de Sienne. Voilà la vraie mesure du don ! Donner à Dieu sans compter car il nous donne abondamment. Notre offrande, à la quête, au denier du culte, pour des levées de fonds ciblées, dit quelque chose de notre confiance en Dieu, en son Eglise. Le don matériel aide certes aux besoins de la communauté, mais est-ce que je donne extérieurement, ou, comme cette indigente, j’ai conscience que je me donne moi-même dans mon offrande ? Que je donne de mon superflu ou de mon nécessaire, cet appel que nous lance cette veuve nous aide à entrer dans la profondeur de notre offrande à Dieu. Est-ce que je donne tout à Dieu ? En tes mains je remets mon Esprit, dira Jésus à son Père sur la croix. En contemplant le don du Fils au Père, qui nous est comme prophétisé par ce récit évangélique d’aujourd’hui, nous avons la route tracée pour apprendre à nous donner entièrement à notre tour. Nous pouvons alors demander à l’Esprit-Saint la grâce d’humilité qui accompagne nécessairement le don véritable. Humilité de se reconnaître dépendant de Dieu, créature indigente de l’Amour de notre Seigneur. P. Olivier Lucenay, Vicaire n 32 ème Dimanche du Temps Ordinaire Année B

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 8 Liturgie Vers le 33 ème dimanche du temps ordinaire B Méditation de l’Evangile selon saint Marc 13,24- 32 proposée par le père Manuel Grandin Lundi 9/11 - Jésus va revenir Avec soin, Jésus prépare ses disciples à son retour, événement aussi mystérieux que brutal. Il évoque même une « grande détresse ». De fait, la tonalité et les images dont il use sont particulières. C’est ce que l’on appelle dans la Bible le langage apocalyptique qui essaie de décrire la grandeur de ce qui va arriver à la fin du monde par le biais d’effets visuels dignes des films de science-fiction. Je relis lentement le début du récit en étant sensible à ces images – soleil qui s’obscurcit, lune perdant sa clarté, etc. – qui disent que toute la création est concernée par ce retour. Et moi, est-ce que je me sens aussi concerné ? Mardi 10/11 Présence de Jésus Il y a dans ce passage un paradoxe. Si Jésus annonce sa venue, c’est qu’il va partir. Or il nous est souvent dit, en particulier dans l’Eucharistie, que Jésus est au milieu de nous. Alors Jésus est-il présent, oui ou non ? Même en répondant oui à cette question, force est de constater que je ne peux pas le saisir. Je prends le temps en ce jour de réfléchir à ma manière de percevoir la présence de Jésus dans ma vie. Est-ce que je le sens proche, lointain ou même les deux ? Je pense aux moyens que j’emploie, ou que je pourrais employer, pour me rendre présent à sa présence. Mercredi 11/11 Grande fête Non seulement la création est concernée par l’événement mais des anges sont envoyés « pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel». Les hommes sont donc aussi conviés mais pas n’importe lesquels. Ce sont les «élus», c’est- à-dire les amis de Dieu, ceux qui se sont montrés, par leurs paroles et leurs actes, artisans de paix et serviteurs de tous. Je rends grâce au Seigneur pour tous ses amis de par le monde et à travers l’histoire. Et je lui demande, par leur intercession, de prendre part à cette grande fête. Jeudi 12/11 Image du figuier Comme à son habitude, Jésus prend une image de la nature pour illustrer son propos. Que je vive en ville ou à la campagne, cette manière de faire peut être l’occasion d’être plus attentif à la nature qui m’environne. Je choisis aujourd’hui de contempler un arbre – ses feuilles qui tombent en cet automne pour ceux d’Europe – ou la mer ou le ciel en me rappelant que tout cela peut me parler de Dieu et du soin qu’il porte à notre humanité. Vendredi 13/11 Grande détresse Avec l’image du figuier, Jésus fait comprendre que sa génération sera contemporaine de ces événements, et donc ces événements, auraient déjà dû avoir eu lieu. Mais en y regardant de près, pas dans le ciel mais bien sur la terre, depuis l’époque de Jésus, combien de fois a-t-on eu l’impression que tout s’écroulait ? Et certaines détresses dont nous sommes témoins – scandales, trafics en tout genre – valent bien l’image des «puissances célestes ébranlées». Je confie au Seigneur tous les malheureux de notre terre, et je lui demande de m’aider à avoir un cœur plus compatissant. Samedi 14/11 Quitter la maîtrise Notre page d’évangile se termine aussi étrangement qu’elle avait commencé : nul ne sait quand cela adviendra, sauf le Père. Il ne s’agit donc pas de vivre dans l’imaginaire de ce qui pourrait arriver – on ne connaît pas plus l’heure de sa propre mort – mais bien de rechercher dans l’instant présent la manière dont le Seigneur vient à ma rencontre. Même au cœur du chaos, «le Fils de l’homme» se fait proche et vient le sauver. Je rends grâce au Seigneur qui ne m’abandonne jamais. Dimanche 15/11 Le goût de la parole Dans deux semaines, c’est l’Avent. Nous sommes donc dans les derniers jours de l’année liturgique. C’est l’occasion de faire mémoire des paroles qui m’ont accompagné cette année. Quelles lectures bibliques proposées par la liturgie, découvertes lors d’un temps de prière ou offertes par d’autres, me restent-elles ? Quelle action de Jésus ou quel visage de Dieu travaillent- ils ma vie intérieure ? Je prends le temps de les noter quelque part pour y revenir peut-être dans un an. Écrire est important pour poursuivre le travail de l’Esprit à l’œuvre à travers tous ces écrits des croyants qui nous ont précédés. Comme eux, nous sommes invités à «garder au cœur le souvenir de ses merveilles» dans nos vies et à en rendre grâce. C’est cela, l’Eucharistie ! n

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 9 Les mouvements d’action catholique spécialisée (CMT, ACMSS, CMR, Equipes Enseignantes, MRJC), membres de la Fédération des Mouvements d’Action Catholique de la Martinique (FEMAC/M), ont l’honneur de vous inviter à participer, le dimanche 22 novembre 2015, à l’occasion de la journée de l’action catholique, au forum : « Face aux chrétiens » ouvert au public à partir de 14h30, au presbytère de la cathédrale de Fort de France en présence de l’archevêque Mgr David Macaire Au cours de ce forum, les différentes têtes de liste à l’élection à la Coll\ ectivité Territoriale de Martinique (CTM), ou leurs représentants qui auront confirmé leur participation, seront interrogées sur leurs projets pour la Martinique à travers les questions élaborées à partir des réalités que vi\ vent les mouvements précités, chacun dans son domaine. Venez nombreux et faites-en part à vos parents, amis et collègues.Pour tous renseignements : Yves-Marie GRIVALLIERS (06 96 85 22 00) FE.MAC MARTINIQUE FÉDÉRATION DES MOUVEMENTS D'ACTION CATHOLIQUE Le thème qui vous est proposé pour la prochaine édition de la r\ evue (n° 511) : Le mois d’octobre était consacré au Rosaire. Comment avez-vous vécu ce temps de dévotion mariale ? Quels sont vos rapports avec la Sainte Vierge ? Nous attendons vos témoignages (10 lignes maximum), pour le 11 novembre 2015 au plus tard, à egliseenmartinique@orange.fr N’oubliez pas de préciser vos noms et prénoms. Merci de joindre une photo. Les dossiers de la revue Eglise en Martinique

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Dossier : L'exode de notre jeunesse : Pensez-vous que les jeunes doivent obligatoirement quitter la Martinique pour réussir leur vie ? On affirme que «l’avenir appartient aux jeunes». Mais, dans ce monde en crise, ces derniers doivent relever de nombreux défis pour assurer leur aven\ ir. Jeunes, entre illusion… et désillusion ! C ertains jeunes décident de quitter la Martinique pour poursuivre leurs études (l’offre de formation étant plus variée), ou pour trouver du travail. Parfois, il n’est pas question de choix, mais de nécessité. Diplômés ou pas, ils tentent leur chance afin de s’assurer un avenir meilleur. De nos jours, les étudiants doivent être compétents et compétitifs, car la mondialisation les pousse à acquérir une forte expérience internationale pendant leurs études. Certains partent donc à l’étranger par choix. Ils ont un projet de vie bien réfléchi et ont envie de découvrir d’autres cultures, d’autres savoir-faire. Ceux-là sont généralement les plus diplômés et préfèrent s’expatrier que de rebondir de stage en stage, sans la perspective de trouver un emploi stable en Martinique. Cependant, l’acquisition d’une expérience hors de l’île ne veut pas dire que les jeunes la valoriseront chez eux plus tard. Le plus souvent, ils envisagent toute leur vie « ailleurs». Peut-on leur en vouloir, quand on sait que l’expatriation leur donne souvent accès à des avantages non négligeables ? Même quand ils sont formés en Martinique, le tissu économique n’offre parfois aucune perspective aux jeunes. On retrouve beaucoup de diplômés qui ne travaillent pas dans leur domaine de formation. En faisant le choix de rester en Martinique, ils sont donc parfois obligés de se reconvertir, après plusieurs années de chômage. C’est donc la crise, le chômage et les désillusions qui poussent les jeunes à s’expatrier. Fort heureusement, certains arrivent à bien s’insérer dans la vie active. Nous avons recueilli plusieurs témoignages de jeunes ayant vécu une expérience d’expatriation, ou au contraire, une installation au pays réussie. Un grand nombre pense qu’il n’est pas nécessaire de quitter la Martinique pour réussir sa vie. Justine Lordinot n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 10 Florence Lordinot, 24 ans, Montpellier Je viens de terminer mes études à Montpellier. Partir de la Martinique a été pour moi une nécessité sur deux points : d’une part, j’avais envie de voir d’autres horizons et quitter le cocon familial, et d’autre part, la filière que j’avais choisie n’existait pas en Martinique. J’avoue que rester au pays ne permet pas de s’ouvrir à d’autres cultures, ni de se confronter à d’autres réalités de la vie. J’ai fait donc le choix de partir et je ne regrette rien (non, pas vraiment rien, car le fait de laisser ma famille me chagrine malgré tout). Cependant, j’ai terminé mon cursus et mon vœu actuel est de travailler à l’étranger. Je suis donc disponible pour un départ imminent, pour m’enrichir, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. Je dirai donc que quitter la Martinique pour réussir ma vie était important pour moi. J’aime bien y revenir souvent, mais la perspective de travailler sur place ne m’attire pas pour le moment. Mais qui sait ? Dieu est le seul Maître, et peut-être que dans sa grande bonté, il me donnera un signe le moment opportun. Levi Stessy, 19 ans Je suis en CPGE Littéraire au Lycée de Bellevue. Il est vrai que pour beaucoup d’entre nous la réussite se trouve ailleurs qu’en Martinique, par exemple en France métropolitaine. Néanmoins je pense que la réussite, si on le veut, peut se trouver aussi en Martinique. Cependant les formations postbac sont assez limitées sur notre île, ce qui nous oblige à partir et poursuivre nos études hors du département. Je souhaite partir, mais par la suite revenir et m’accomplir ici en Martinique, car je pense que de nombreuses opportunités peuvent se présenter à moi. Tout cela me permettra de réussir et de faire avancer mon île. Témoignages…

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 11 Yannick Jeanville, 23 ans, Bordeaux Les jeunes ne sont pas obligés de quitter la Martinique pour réussir, sinon personne ne vivrait en Martinique ! Néanmoins, une expérience ailleurs pourrait permettre de s'ouvrir ou de découvrir une réalité différente afin d'entrevoir, puis saisir une opportunité quelle qu'elle soit pour aller au-delà des dogmes de l'île (mentalités, innovations, philosophie de vie). Mais si cette expérience en elle-même n'est pas forcément obligatoire, elle est tout de même souhaitable. De toute façon, le Seigneur accompagne tout le monde, peu importe sa localité, et la réussite ne dépend pas de son lieu de vie. Il n'y a pas de vie condamnée à l'échec dès lors qu'on naît et vit en Martinique ; la volonté est l'une des clés pour réussir sa vie. Arnold Louison Un jeune n'est pas obligé de partir. C'est la jeunesse qui doit faire avancer le pays avec la grâce de Dieu. Même si la société ne leur donne pas forcément les bonnes pistes, ainsi que la chance de faire ce qu'il faut. Clémence Zaïre La question de l'exode de la jeunesse est évoquée aujourd'hui. Cependant, ce n'est pas un fait nouveau. Dans les années 70, le Bumidom a facilité l'expansion de beaucoup, ou l'exode de nos concitoyens qui sont revenus en majorité avec un emploi en poche et se sont constitué une famille. Les jeunes de chez nous sont, pour la plupart, confrontés à ce phénomène au moment de commencer les études. Cependant l'exode touche la population à un niveau ou un autre. Dans la généalogie du temps, le premier à partir en exode fut Abraham qui a reçu de Dieu un haut appel à quitter son pays, sa famille, et à partir pour une terre lointaine et inconnue. Vu la conjoncture économique actuelle, qu'elle le veuille ou non, notre jeunesse est amenée à quitter son pays natal pour déjà se former et acquérir des connaissances multiples eu égard aux nombreuses cultures qu'elle croise sur son parcours, ce qui est très bénéfique pour notre jeunesse qui s'ouvre au monde extérieur et s'enrichit de nouveautés. Dire qu'elle doit partir reviendrait à dire qu'il n'y a aucun moyen chez nous. Certes non. Pour la plus grande majorité c'est plus une nécessité absolue qu'un droit ; c'est absolu de réussir sa vie puisque la Martinique étant une île, il y a lieu de sortir de nos étroitesses pour profiter allègrement de la multiplicité et des richesses de la race humaine pour réussir sa vie, et revenir faire les siens profiter, ne serait-ce qu’une période, de ses ressources nouvelles. Odile Pancaldi Si réussir sa vie c'est trouver un emploi qui nous correspond, dans lequel on s’épanouit et pour lequel on est fait, partir à l'étranger (hors de la Martinique) permet une ouverture certaine dans la mesure où on y acquiert de l'expérience. Le fait de partir, sous la sainte protection de Dieu, est vécu comme une grâce. Dieu ouvre les chemins qui nous sont nécessaires. Il nous fait rencontrer les personnes qu'il faut, loger où on doit, suivre les études qui nous correspondent... Soyons- Lui toujours reconnaissants, fréquentons les églises les plus proches de nos domiciles et demeurons dans la prière. Aussi, à l'étranger, le fait de rencontrer et de se confronter à d'autres cultures, nous permet de nous élever pour progresser afin de nous mettre à niveau plus ou moins rapidement. La Martinique ne saurait nous accueillir tous, et partir est un plus à coup sûr. Riche ou pauvre on est dans la même galère, et l'entraide est bien présente à l'étranger au sein des différentes communautés. Le fait d'avoir à apprendre à gérer son budget, sa relation avec Dieu, ses sorties ou non, ses relations, son travail, les intempéries, etc. pousse à mieux réussir sa vie, car on apprend à devenir responsable, fort et travailleur. Beaucoup de valeurs y sont reconnues, entretenues et développées par tout un chacun. On apprend à devenir soi-même et à se dépasser toujours. Qu'on choisisse de revenir ou non en Martinique après un certain nombre d'années, la réussite sera toujours là car le plus est bien acquis. Laetitia Bellemare, 22 ans, Nantes Le jeune n'est pas obligé de partir pour réussir sa vie. Mais il doit déjà trouver une filière d'étude, ou le domaine qui l'intéresse, pour après trouver un travail. Il faut aussi qu'il y ait un établissement de formation, et par la suite des offres d'emploi lui permettant de développer son "talent". Si toutes ces conditions ne sont pas réunies, le jeune doit partir et poursuivre son chemin. Heureusement, certains trouvent leur bonheur et ont la chance de rester sur leur île. Il y a aussi ceux qui partent volontairement pour se former, et qui reviennent afin d'en faire profiter l'île. En conclusion, rien n'est obligatoire, tout dépend de nos choix et des contraintes qui nous bloquent. Le but est de faire aboutir son projet professionnel.

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Vie du Diocèse Ces moments de rencontres, importants dans le ministère de Mgr Macaire, permettent un véritable échange avec les communautés. L’occasion lui est donnée de connaître les préoccupations et les inquiétudes \ des équipes dans les paroisses, de faire le point sur les situations qui n’ont pas enc\ ore trouvé de solution, de les amener à mieux comprendre le fonctionnement de l’\ Eglise. Mardi 20 octobre 2015, à 18h30, début de sa visite… Mgr David Macaire en visite pastorale dans la communauté paroissiale de Rivière- Pilote S on arrivée au presbytère, au bourg de Rivière-Pilote, où l'attendaient le curé de la paroisse, le père Wilfried Bannais et les responsables des différents groupes et mouvements paroissiaux, Mgr David Macaire est accueilli par des chants de louanges. Après un temps de prière, Il est tout de suite entré dans le vif du sujet. Avec beaucoup d’humour, M. Alex Vigilant a présenté les 53 groupes et mouvements œuvrant au sein de notre paroisse. Pendant deux heures, Mgr Macaire a écouté attentivement les responsables paroissiaux faire remonter les difficultés rencontrées, les attentes, et aussi partager la joie de l’engagement au service de l’Eglise. Ce que l’on pourrait retenir, entre autres, de cette rencontre, c’est l’accent mis par Mgr Macaire sur : ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 12 1. Les quartiers et secteurs : Quelle aide, ces secteurs, ces communautés de quartiers, attendent de leur pasteur ? Une grande enquête sur la pastorale des quartiers a été lancée. A cet effet, le père Joseph-Pérald Rémy de la paroisse du Robert, délégué de Mgr Macaire, proposera, en temps voulu, un questionnaire aux différents quartiers et secteurs. 2. Les Equipes de funérailles, œuvre de charité et de miséri - corde : Cette année, une célébration eucharistique sera proposée à toutes les équipes de funérailles du diocèse. 3. La catéchèse : Où sont les autres enfants en âge d’être catéchisés, et ceux qui ont été confirmés ? La priorité des catéchistes c’est aujourd’hui d’aller à la rencontre des jeunes parents de 30/40 ans, de les évangéliser, de les former, de les amener à faire l’expérience du sacré, à se rapprocher de l’autel ; c’est tout l’enjeu de la catéchèse. 4. Les groupes de louange : Ils doivent se rassembler, se connaître, travailler et faire des projets ensemble pour qu’il y ait entre eux une certaine coordination.

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Quid de la paroisse de Rivière-Pilote ? La paroisse l’Immaculée- Conception de Rivière-Pilote, dont la fête est célébrée le 8 décembre, a pour curé, depuis 2010, le père Wilfried Bannais. Elle est organisée en 7 secteurs de quartier. Nous pouvons compter sur le Conseil Paroissial pour les Affaires Economiques (CPAE) dans un rôle d’assistance et de veille auprès du curé dans l’administration matérielle de notre paroisse (gestion du personnel, finances, travaux, achats, relations avec la Ville de Rivière-Pilote, questions de sécurité…). Pour l’animation liturgique : 3 équipes liturgiques ; 5 chorales : l’Immaculée-Conception, Benja- mins, Chœur d’Hommes, Joie de Servir, Ensemble soyons l’Eglise ; l’équipe de funérailles ; 26 ministres de communion ; 1 équipe d’art floral. Pour la catéchèse : 12 enfants de l’Eveil à la foi, 300 enfants (1ère à 5 ème année de catéchisme), 130 jeunes au cheminement, 42 catéchumènes, 80 catéchistes et animateurs. Les pastorales suivantes : La Pastorale de la Famille (l’AFC et l’ACPM) ; la pastorale des hommes ; la pastorale des jeunes (Jeunes de 15-35 ans, CV-AV, la Jeunesse Mariale, les Servants d’Autel) ; la pastorale de la santé, la pastorale des vocations. Les mouvements et services : l’équipe entretien jardin ; l’Amicale des Guides Adultes ; l’équipe Baptême ; l’équipe de communication avec son mensuel An ti kozé ; les Hommes du Très Saint Sacrement ; Saint-Vincent-de- Paul et ses ateliers ; le groupe de louange Jésus comme un phare ; les mouvements mariaux composés de 15 équipes du Rosaire, de 300 membres dont 2 équipes d’hommes ; 4 Praesidia de la Légion de Marie ; le Mouvement sacerdotal marial (9 membres) ; le Scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel (30 membres) ; la Confrérie du Sacré-Cœur (20 membres) ; le groupe de la Divine Miséricorde ; 3 équipes de Renouveau charismatique ; 1 équipe pour la permanence de l’église. Mgr Macaire a aussi mis l’accent sur la capacité des uns et des autres à œuvrer et à accomplir de belles et grandes choses, dans la foi et l’espérance. Les acteurs de l’Eglise doivent et peuvent changer la Martinique, par la prière et les actions, c’est la mission. La rencontre a été clôturée, tout d’abord par une action de grâce, appuyée par un hommage à l’occasion de l’anniversaire de Mgr Macaire, et la joie a éclaté dans l’assemblée. Un cocktail dinatoire a permis de prolonger les échanges. Le mercredi 21 octobre, Mon- seigneur Macaire a poursuivi sa visite pastorale en se rendant à Josseaud pour y rencontrer les jeunes de la paroisse avant le sacrement de la confirmation. Après un échange sur le sens de ce sacrement et le déroulement de la cérémonie, les jeunes ont reçu à l’église le sacrement de la réconciliation. En fin de matinée, à la mairie, l’archevêque a rencontré une petite délégation de la municipalité conduite par le maire de la commune, M. Raymond Théodose, afin d’évoquer les attentes et préoccupations de chacun. Il a surtout été question des jeunes qui quittent le pays pour la métropole et ne reviennent pas, ce qui pose problème. Il manque des jeunes pour assurer certains postes et responsabilités dans les mouvements, les associations, les entreprises… Communication paroissiale n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 13

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A propos de… ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 14 M a visite a commencé par celle du Musée du Saint Suaire qui m’a particulièrement bouleversée avec des détails historiques d’une grande importance. L’itinéraire de ce tissu des pays de l’Orient pour arriver en Occident en passant par la Grèce et la France avant d’occuper une place toute particulière à la Cathédrale de Turin. De nos jours, le Saint Suaire y est conservé dans une structure protégée à l’abri de la lumière et sous atmosphère gazeux pour ralentir toute dégradation. Les études sur le Saint Suaire de Turin révèlent une image en négatif photo d’un homme qui a subi des châtiments corporels avec le fouet, qui a porté un casque d’épines tressées, qui a été cloué sur une croix et qui a eu le cœur transpercé. Par analogie avec la Passion relatée dans les Evangiles, les catholiques croient que ce long tissu de 4,40m de long par 1,13m de large est le Linceul de Notre Seigneur Jésus- Christ. Le fouet utilisé avait au bout des morceaux de métal qui arrachaient la peau. Les soldats ont tressé un casque d’épines qui a été enfoncé sur la tête du Crucifié. On distingue très bien les traces de sang laissées par les gouttes de sang qui ont coulé de la tête sur le visage et tout particulièrement une qui a la forme du chiffre 3 inversé. Est-ce pour nous signifier que la Trinité était bien là, silencieuse, dans la souffrance de Notre Seigneur Jésus- Christ ou est-ce pour annoncer l’Omega, la fin de notre propre situation de souffrances, purifiée par le sang de Notre Seigneur Jésus- Christ, et nous montrant le vrai chemin de conversion. Aucune preuve scientifique tangible n’a pu donner une datation précise du Linceul et expliquer l’apparition de l’image de l’homme crucifié sur le tissu, si ce n’est probablement par une explosion de lumière. Dieu, le scientifique divin, nous donne des signes par milliers dans Sa Création, mais nos cœurs ne sont-ils pas trop durs ? Nos yeux ne sont–ils pas trop fermés ? Nos cerveaux trop embrigadés ? Dieu étant Dieu, comment imaginer qu’un événement d’une aussi grande importance que la Mort et la Résurrection de Son Fils pour le rachat de l’Humanité pourrait passer inaperçu dans l’histoire humaine. Dieu nous accompagne toujours sur le chemin de la connaissance, comme un père accompagne son enfant. Il l’a fait depuis le premier homme Adam jusqu’à nos jours et pour, les générations futures. J’ai la foi que l’image de l’homme sur le linceul est Celui qui a réalisé ce sacrifice d’Amour pour toi, pour moi, pour chacun de nous dans ce monde. C’est vraiment une question de foi. Cette image doit être regardée dans toute sa grandeur et dans toute sa simplicité, en méditant ces mots : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime ». Alors Seigneur Jésus-Christ, daigne accueillir ces quelques mots simples : Je T’aime, je T’adore, je T’honore, Je Sanctifie Ton nom tous les jours et je Te bénis. Bénis-moi afin que je sois une étincelle de Ta Lumière sur la route de ceux et celles que chaque jour, je rencontre, que mon regard croise ou qui sont dans mes pensées. Que La Puissance de Ta Lumière de Résurrection nous éclaire et brise les ténèbres partout dans ce monde, dans nos familles, dans les lieux que nous côtoyons quotidiennement. Amen. Juliette Smith-Ravin n Visite à Turin, pour vénérer le Saint Suaire Un souhait très cher demandé à Notre Seigneur Jésus-Christ s\ ’est réalisé cette année à la Pentecôte. Après avoir visité Rome la ville é\ ternelle et le Vatican, je suis partie pour Turin pour vénérer le Saint Suaire, considéré par les catholi\ ques comme le Linceul qui a enveloppé Notre Seigneur Jésus-Christ lors\ de Sa Mort et laissé dans la tombe après Sa Résurrection. Nous croyo\ ns qu’il est la dernière preuve tangible de Sa Résurrection.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 15 Point de vue… Sagesse et intelligence : ce diptyque est abondamment cité dans les t\ extes liturgiques. Les Ecritures nous apprennent que le roi Salomon (responsa\ ble politique), en était abondamment pourvu. Il s’en inspirait pour gouverner. Sagesse et intelligence Elles sont primordiales en cette veille d’élection E n cette année 2015, ce diptyque se retrouve dans certaines lectures de notre missel, comme par exemple le livre du prophète Baruc (4 avril, jour de Pâques) ; le livre des Proverbes (16 août) ; la lettre de saint Paul aux Colossiens (3 septembre) ; la lettre de saint Jacques (26 septembre). Mais que sont donc la Sagesse et l’Intelligence ? On dit d’un enfant qu’il est sage lorsqu’il se conduit calmement, sans turbulence, obéissant aux instructions de sa famille. Mais que dire d’un adulte ? Notre Seigneur, celui qui l’a créé, voudrait qu’il soit lui aussi obéissant à ses préceptes, respectueux de ses commandements qu’il doit s’employer à connaître et à appliquer (notamment : aime ton prochain comme toi-même). Cet impératif de connaissance s’impose à tous ceux qui, aspirant à gouverner, doivent appréhender le monde d’aujourd’hui dans son extrême complexité : milieu proche, espaces lointains, espaces géogra- phiques, problèmes humains, éco- nomiques... de manière à engranger des expériences qui, en se sédimen- tant, constituent le socle d’un savoir permettant d’agir avec justesse et pertinence au bénéfice de tous. L’homme politique sage sait garder son calme. Son comportement est fait de réserve et de retenue, loin de toute vocifération et de gesticulation théâtralisée. Il donne le pas à l’observation, à la réflexion et à une présentation sereine des faits. Il sait prévoir : qualité qui nous remet en mémoire la parabole des vierges sages et des vierges folles, les premières, contrairement aux secondes avaient anticipé un obstacle, et pris la précaution d’emporter leur lampe allumée. De même, l’architecte qui bâtit sa maison, afin de prévenir toute déconvenue, s’emploie à «calculer la dépense» avant d’entreprendre des travaux. Ce sont là des comportements de sagesse. Les initiateurs du changement historique que l’on nous propose (collectivité de Martinique et non plus département-région) ont-ils mesuré les conséquences d’un tel changement ? Et l’intelligence dans tout cela ? Etymologiquement, l’intelligence (inter legere = lier entre) signifie l’aptitude à établir des liens entre une multitude de données (sociales, environnementales, administratives, humaines, etc.) et celle d’inspiration divine, afin d’atteindre un objectif, notamment, celui de servir (et non de se servir) dans l’intérêt du plus grand nombre. Agir, gouverner avec intelligence, revient par conséquent à faire preuve de clairvoyance et de discernement, pour utiliser les connaissances à bon escient, avec en prime une honnêteté indiscutable. En cette veille de consultation électorale, il semble de la plus haute importance que les uns et les autres, c’est-à-dire les candidats, d’une part, et les citoyens, d’autre part, soient éminemment conscients du fait que le but essentiel à atteindre – dans un monde particulièrement angoissant et instable – réside dans notre sécurité statutaire, notre prospérité économique afin de tourner le dos au fléau du chômage, et travailler à l’épanouissement des personnes afin de tuer les racines de la violence. Ainsi, dans certaines entreprises, il convient d’éradiquer les causes d’une conflictualité latente, si l’on a comme objectif celui de les rendre performantes. Le développement économique est à ce prix. Le tout est de savoir quelles connaissances mobiliser et quels liens établir entre elles pour atteindre le but recherché. Livie Pierre-Charles n Convie tous les référents des pastorales paroissiales de Santé à la Rencontre annuelle des Référents qui aura lieu le samedi 14 novembre 2015, de 9h à 12h30, au presbytère de la cathédrale à Fort-de-France. Thème : « De l’évangile de la vie à la pastorale de la santé »\ Compte tenu de l’importance de cette rencontre, la présence des deux référents de chaque paroisse est vivement souhaitée. LA PASTORALE DIOCESAINE DE LA SANTE Communiqué

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 16 Société Les premières invasions de sargasses sur nos côtes martiniquaises datent de juin 2011. Après des épisodes de bien moindre ampleur en 2012 et 2\ 013, le phénomène s’est reproduit en 2014 dans des proportions considérables. Sargasses ! D urant la période de crise, les quantités d’algues accumulées aux abords du littoral ont pu être estimées par la Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DEAL), au travers d’observations visuelles par hélicoptère, à environ 205 000 m3, ce qui correspond à plus de 58 000 tonnes d’algues en poids sec, et ce, uniquement sur le littoral Atlantique. La majeure partie n’ayant pu être ramassée, les nuisances, à la fois environnementales, sanitaires et économiques, ont débuté avec la décomposition de ces algues. La famille des sargasses est très grande, mais seules deux espèces s’échouent sur les territoires de la Caraïbe, ainsi que sur les côtes américaines, et plus récemment sur les côtes ouest africaines : Sargassum Natans et Sargassum Fluitans. Ce sont des algues brunes holopélagiques : elles passent l’ensemble de leur cycle de vie en pleine mer, et n’ont pas besoin de support pour se développer. Elles flottent au moyen de petits «aérocystes» remplis d’un gaz produit par l’algue. De fait, elles voguent au gré des courants et s’amoncellent dans un espace marin soumis à des vents relativement faibles, et cerclé de courants marins tels que le Gulf Stream, le courant des Açores et celui des Antilles. Cette «Mer des Sargasses» se situe au sud des Bermudes, et s’étend environ de 70 à 40 degrés Ouest, et de 25 à 35 degrés Nord, sur 3 jusqu'à 7 millions de km² (Carpenter et Cox, 1974). Cet espace présente une situation courantologique particulière appe- lée gyre, à l’origine de vents et de courants relativement faibles au centre et circulaires autour, et donc entraînant la stagnation des algues dans la zone. Une autre zone de production de sargasses se situe dans le Golfe du Mexique. En 2008, Gower et King ont démontré que ces deux zones étaient liées d’un point de vue fonctionnel. En effet, les sargasses flottantes commencent leur cycle de vie dans le nord-ouest du Golfe du Mexique, chaque printemps, aux alentours du mois de mars. Au début de l’été (juillet), ces algues sont emportées par les courants pour s’accumuler dans la Mer des Sargasses. Selon Gower et King (2008) et Smetace et Zingone (2013), ce n’est pas moins d’un million de tonnes de sargasses, en poids frais, qui transitent entre ces deux zones. Lors de fortes tempêtes, les courants violents morcellent la périphérie de la Mer de Sargasses. De même, les systèmes de courants situés aux alentours entraînent une dispersion sporadique de bancs de sargasses dans l’océan Atlantique. Ces fragments isolés dévirent alors au gré des courants et parfois s’échouent sur les côtes. Ce phénomène a toujours existé. Néanmoins depuis 2011, l’ensemble du bassin Caraïbe, ainsi que certaines parties de l’Afrique récemment, font face à des échouages massifs sur leur littoral. Néanmoins il n’a pas été prouvé que les algues présentes sur nos côtes proviennent de cet espace océanique. En effet, l’origine du phénomène, ainsi que les causes de ces échouages massifs, n’ont pas encore été déterminées avec certitude par les scientifiques, seules quelques hypothèses ont été émises. Selon Gower et al. (2013), les sargasses échouées sur les côtes Caraïbes en 2011 et 2014 ne proviendraient pas du système Golfe du Mexique - Mer des Sargasses, mais d’un nouveau centre de production situé à l’embouchure de l’Amazone : «la petite Mer des Sargasses». Ce nouveau lieu de croissance, apparu en 2010, pourrait être le résultat d’une intensification de l’agriculture couplée à une destruction accrue de la mangrove brésilienne, qui retenait auparavant une grande partie des nutriments provenant des fleuves (Parc national de la Guadeloupe). En effet, l’utilisation intensive d’engrais en agriculture a pour effet le rejet

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 17 de nitrates et de phosphates dans les eaux côtières, nutriments essentiels au développement des sargasses. Ces bancs de sargasses seraient ensuite emportés par le courant Sud Est équatorial jusqu’aux Antilles. Une autre théorie se base sur le changement climatique (Pascal Saffache). En effet, ce bouleverse- ment global serait à l’origine d’une perturbation de certains courants marins, modifiant ainsi la direction des bancs de sargasses vers les côtes. Bien que considéré comme une menace à l’approche des côtes, tant sur le plan environnemental, économique que sanitaire, cet écosystème à part entière jouit de protections spécifiques (telle que la convention de Carthage) lorsqu’il se maintient en haute mer. En effet, les radeaux de sargasses constituent une nurserie, un habitat et un garde- manger pour de multiples espèces pélagiques, parfois endémiques à l’écosystème (Witherington et al. 2012). Pour un exemple proche de nous : le Marlin et la Dorade pondent dans la Mer des Sargasses. Les petits poissons attirant inévitablement les plus gros, ces habitats naturels agissent comme des dispositifs concentrateurs de poissons pélagiques adultes. Néanmoins ce souci de préservation est supplanté par les multiples enjeux qui émanent lors des échouages massifs de sargasses sur les littoraux des territoires. En effet, l’amoncellement d’algues sur l’espace côtier engendre également des nuisances. D’un point de vue environnemental, l’entassement de sargasses a pour effet d’entraver la progression des jeunes tortues vers le rivage tout comme la progression inverse de la mère lors de la période de ponte (DEAL, Guadeloupe). Il asphyxie également les mangroves (Impact Mer, 2013). D’un point de vue sanitaire, les populations vivant à proximité des zones d’échouages sont impactées par la décomposition anaérobie de ces algues. Le gaz engendré, l’hydrogène sulfuré (H2S), d’odeur caractéristique «d’œuf pourri», ne représente pas seulement une gêne olfactive, mais peut être à l’origine de problèmes de santé lorsque l’exposition est importante et récurrente. Enfin, au niveau économique, ces échouages massifs ont pour effet de paralyser les activités liées à la pêche et au tourisme, qui représentent une part importante de l’économie martiniquaise. Par ailleurs, l’hydrogène sulfuré serait également à l’origine de dégradations de biens matériels, tels que les appareils électroniques. A l’heure actuelle il n’existe aucun moyen de prévision au quotidien des arrivages de bancs de sargasses. En effet, en zone intertropicale, la couverture nuageuse récurrente ne permet pas une utilisation régulière de l’imagerie satellitaire. Durant la crise de 2014, des avions de l’armée ainsi que la participation des pilotes de lignes ont œuvré dans la détection des arrivages de sargasses. Cependant, ces actions restent ponctuelles et ne permettent pas de mettre en place une gestion intégrée des échouages. Etant donné qu’une prévision régulière des arrivages de sargasses est, à l’heure actuelle, difficile, voire impossible, la Martinique doit faire face aux échouages massifs de ces algues sur ses côtes. Dès lors, de nombreuses méthodes de collecte sont en cours de test, autant sur terre qu’en mer, de façon à déterminer les plus adaptées voire adaptables à notre littoral. Arielle Priam (chef du service environnement du Conseil régional) & Alice Greuez (stagiaire) n

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 18 2ème édition de la "Prière pour toute vie naissante", animée par l'Association Familiale Catholique de Bellefontaine, Le vendredi 27 novembre 2015, à partir de 15 heures à l'église. Thème d'année : "Soyez apôtre de l’évangile de la vie" Au programme : - L’accueil, suivi de la méditation du Mystère Joyeux du Rosaire des Humbles. - L'écoute des quelques paragraphes tirés de Evangelium vitæ de saint Jean Paul II, entrecoupés de chants et de prières pour la vie. - Temps d'Adoration avec le père Frédéric, suivi de l'Eucharistie. Familles, jeunes, amis des paroisses environnantes, nous vous attendons nombreux... Jacqueline Belfan à devenir Amis Dans Le Seigneur (ADLS), à l’école d’Ignace de Loyola : invitation à prier avec la Parole de Dieu (http://www.ndweb.org/versdimanche/), relire sa prière, et se risquer à une entraide fraternelle (se constituer en «groupe de priants»). \ Le Comité de pilotage de cette aventure ignatienne en Martinique peut vous aider à aller plus loin. Un rassemblement de la Famille ignatienne aura bientôt lieu, le samedi 5 décembre 2015, à 16h, à la salle paroissiale de Redoute. Contact : Chemin Ignatien Martinique - BP 25 - 97240 Le François : 05 96 54 3\ 5 80 secretariat.cheminignatien972@gmail.com Comme chaque année, les Antillais et Guyanais vivant en métropole se rassemblent pour une grande messe à Saint-Sulpice, au cœur de Paris. Familles, amis, parents, jeunes et moins jeunes se retrouvent aux côtés de leurs évêques, le 11 novembre pour prier et partager leur ferveur. Cette messe, organisée par l’Aumônerie Nationale Antilles Guyane, sera retransmise en direct sur la chaîne you tube de Dieu m’est témoin. Présidée par Mgr David Macaire, archevêque de Martinique, aux côtés de Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Guadeloupe, et Mgr Emmanuel Laffont, évêque de Guyane, cette célébration permettra de vivre ensemble la miséricorde…. Si vous aussi, vous souhaitez partagez ce moment fort, rendez-vous le 11 novembre dès 10h sur : https://www.youtube. com/user/DieuMestTemoin L'ASSOCIATION FAMILIALE CATHOLIQUE DE BELLEFONTAINE LE CHEMIN IGNATIEN MARTINIQUE INVITE LES ABONNÉS DE LA REVUE IGNATIENNE Communiqués

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 19 Dimanche 15 novembre 2015Jeunes : on croit en vous ! Ils ont décroché de l’école, et ne trouvent pas leur place dans la société ; ils sont jeunes, mais n’ont déjà plus de repères, ils sont fragilisés et n’ont pas confiance en l’avenir… Comment alors les aider à retrouver l’espoir qu’ils ont perdu, comment les soutenir pour qu’ils puissent construire à nouveau un projet de vie ? C’est ce que s’emploie à faire la Fondation des Apprentis d’Auteuil, que ce soit en Martinique, à La Réunion, à Mayotte et tout récemment en Guadeloupe. Cette semaine Dieu m’est témoin donne la parole à tous ces jeunes qui, dans leur parcours chaotique, ont pu saisir une main tendue et retrouver un sens à leur vie. Nous irons à la Martinique, à l’internat Relais du Foyer de l’espérance, rencontrer Dawson, jeune garçon de 14 ans, qui retrouve petit à petit des repères et le goût d’apprendre. Et nous serons connectés avec la Guadeloupe où le nouveau responsable de la Fondation d’Auteuil, nous présentera, en partenariat avec l’ Association Saint-Jean-Bosco, le nouveau programme de re-socialisation, de formation et d’apprentissage des jeunes Guadeloupéens. Dimanche 22 novembre 2015 La foi en marche ! Les processions connaissent-elles aujourd’hui un regain d’intérêt, et pourquoi ? Qui sont ces chrétiens qui vivent leur foi lors des processions ? Les jeunes générations s’y retrouvent-elles ? La marche est-elle aussi une forme de prière ? Pour répondre à toutes ces questions, Dieu m’est témoin reçoit cette semaine, France-Lise Bardollet. Depuis son enfance, cette Guadeloupéenne originaire de Bouillante est familière des processions ; dans son île, mais aussi au Portugal, à Fatima, à Lourdes, et même à Paris le 15 août. Elle nous dira pourquoi marcher est sa façon d’exprimer sa foi. Nous serons connectés avec le père David Rondof à Saint-Pierre en Martinique. Il nous racontera comment la fête du Saint-Sacrement en juin dernier a rassemblé plus de 4000 pèlerins, rappelant ainsi que «nous sommes un peuple de Dieu en marche». Nous irons aussi en Nouvelle-Calédonie suivre Sony et les jeunes de la paroisse de la Conception, lors de la procession du 15 août, et verrons comment la jeunesse exprime sa foi joyeusement. Medias ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2015 / n°510 19 Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45, sur Martinique 1 ère. L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr 99.5 – 101.3 et 105,3 mHz Site internet : www.radiosaintlouis.com Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 Courriel : contact@radiosaintlouis.com L’Evangile par-dessus les toits 33 ans à votre service : 1982-2015

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Ouvre nos yeux et nos oreilles Seigneur, ouvre nos yeux, Que nous te reconnaissions dans nos frères et sœurs. Seigneur, ouvre nos oreilles, Que nous entendions les appels de ceux qui ont faim, De ceux qui ont froid, de ceux qui ont peur Et que l'on opprime ; ô Seigneur, ouvre nos cœurs, Que nous aimions les uns les autres Comme tu nous aimes. Renouvelle en nous ton Esprit, Seigneur, rends-nous libres et unis. Amen Mère Teresa

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