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Jésus-Christ, Roi des rois, et Seigneur des seigneurs
• RASSEMBLEMENT
DES ANTILLO-GUYANAIS
À SAINT-SULPICE
• PRENDRE CONSCIENCE
DE NOTRE VULNÉRABILITÉ
FACE AUX RISQUES
NATURELS MAJEURS
• L'AVENT : QU'ATTENDONS-NOUS ?
N° 511 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 22 novembre 2015
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Editorial
A
ujourd’hui, dernier dimanche du temps ordinaire, l’Eglise célè\
bre la
solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ «Roi de l’univers»\
. C’est
par le don de sa vie que le Christ est Roi ! Sa royauté est symbolis\
ée
par la Croix. Son autorité se concrétise par des actes d’amour, de paix, de
réconciliation, de pardon… Service, fidélité et amour sont l\
es maîtres mots
de ce dimanche. Le Christ est Roi pour nous aimer, et pour que nous ayons
la vie. Il est Roi pour l’éternité. Il l’a affirmé lui-mê\
me : Je suis l’Alpha et
l’Oméga. Celui qui est, qui était et qui vient, le souverain de\
l’univers.
Nous voilà donc arrivés au terme de l’année liturgique B, qu\
e nous avons
parcourue en compagnie de saint Marc. Dimanche prochain (29 novembre),\
1er dimanche de l'Avent, en entrant dans l’année C, nous contemplerons
le visage du Christ avec l’Evangéliste saint Luc.
Une année nouvelle commence, et c’est pour nous une nouvelle occas\
ion
de mettre nos pas dans ceux de Jésus, notre Roi. Apprenons à le co\
nnaître,
à le reconnaître, à l’écouter, à témoigner de ce qu’Il a fait et qu’Il continue à
faire pour nous. Il est parfois difficile de comprendre ce que nous rece\
vons,
mais apprenons à accepter dans la joie et rendons grâce, car la lo\
gique du
Seigneur n’est pas la nôtre. Elle nous dépasse !
L'Avent est un temps d'attente, nous dit le frère Prétot de l’Institut supérieur
de liturgie. C'est pourquoi on peut considérer ce temps liturgique comme un
temps de gestation. Ce temps est marqué par la figure de Marie, la fe\
mme qui
attend la naissance de Jésus.
La dévotion à la Sainte Vierge Marie est le thème central de notre dossier
intitulé : « Le mois d’octobre était consacré au Rosaire.\
Comment avez-vous
vécu ce temps de dévotion mariale ? Quels sont vos rapports avec l\
a Sainte
Vierge ? ». Nous avons apprécié à nouveau la collaboration d\
es fidèles qui
enrichissent le débat par leurs témoignages.
A l’occasion de la 21 ème Conférence des parties de la Convention-cadre des
Nations unies sur les changements climatiques (COP 21), qui se déroulera
du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris, Eglise en Martinique propose
un article de l’universitaire Pascal Saffache, géographe, qui nous\
interpelle
sur notre vulnérabilité face aux risques naturels majeurs. Les der\
nières
intempéries qu'a connu la Martinique ne font que conforter ses propos\
.
Souvenons-nous de la déclaration du pape François, à l’occas\
ion de la sortie
de son encyclique sur l’environnement en juin dernier : La maison que nous
habitons est en train de se détruire et cela touche tout le monde, sp\
écialement
les pauvres.
En ce dimanche 22 novembre, fête de sainte Cécile, patronne des mu\
siciens
et des choristes, prions pour celles et ceux qui assurent le service de \
nos
célébrations (chefs de chœurs, choristes, animateurs…).
Prions également pour toutes les familles touchées par les attenta\
ts perpétrés
à Paris, le 13 novembre dernier.
Que ce chemin de l'Avent soit pour chacun, un bon temps de préparation
aux prochaines fêtes de Noël !
Justine Lordinot n
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION P. Luc Philippon, DEI
REDACTRICE EN CHEF Justine Lordinot
MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Ediprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895
Commission paritaire N° 1115L87225
ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique
Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la MartiniqueBoîte Postale 586
97207 Fort de France Cedex
Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr
egliseenmartinique@orange.fr
Editorial
Mot de l'Evêque
• Sé Li nou lé !
Eglise universelle
Attentats du 13 novembre, à Paris :
• Tuer au nom de Dieu
« est un blasphème »
• Messe à l'intention des victimes, de leurs proches et à l'intention
de la France
Liturgie
• Parole dominicale
• Avent : qu'attendons-nous ?
Dossier : Le mois d’octobre était
consacré au Rosaire. Comment
avez-vous vécu ce temps de
dévotion mariale ? Quels sont vos
rapports avec la Sainte Vierge ?
• Octobre, le mois du Rosaire
• Témoignages
Vie du diocèse
• Antillais et Guyanais de tous âges réunis autour de leurs évêques,
le 11 novembre 2015
Société -
les risques naturels
• La Martinique sous les eaux
• Prendre conscience de notre
vulnérabilité face aux risques
naturels majeurs
Vers le Père…
• Frère Jacques Xavier Ziémé
Médias
numéro
511
S ommaire
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numéro
511
SS ommaire
Jésus-Christ, Roi des rois, et Seigneur des seigneurs
• RASSEMBLEMENT
DES ANTILLO-GUYANAIS
À SAINT-SULPICE
• PRENDRE CONSCIENCE
DE NOTRE VULNÉRABILITÉFACE AUX RISQUES
NATURELS MAJEURS
• L'AVENT : QU'ATTENDONS-NOUS ?
N° 511 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 22 novembre 2015
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Sé Li nou lé !
U
ne grande séquence
politique s’annonce !
Les élections nationales
occupent le terrain des grands
médias, les élections locales
approchent. Bientôt, nous allons
suivre les grands matchs électoraux
télévisuels en famille, installés
confortablement dans un canapé
et munis de chips, d’accras et de
sodas…
Tout cela est-il étranger à notre
vie spirituelle ? Certainement
pas ! En nous appelant à voter,
le système démocratique impose
un engagement moral de chaque
citoyen. Le mot "voter" vient du
latin
votum , le vœu, et du verbe
volare qui veut dire "vouloir". Voter,
c’est exprimer un vœu, c’est donc
engager sa volonté. Donner son
vote est un acte qui implique toute
notre âme : notre intelligence,
notre liberté, notre spiritualité.
S’abstenir, sauf raison grave (la santé
par exemple), est une démission
face à notre responsabilité de
chrétien et de citoyen. C’est
pourquoi le Catéchisme de l’Eglise
Catholique, en commentant la
Parole de Dieu (Rm 13,1-2) affirme
que la soumission à l'autorité et la
coresponsabilité du bien commun
exigent moralement l'exercice du
droit de vote
(CEC 2240).
Si aucun candidat ne nous paraît
digne de confiance, on peut voter
"blanc", mais on ne peut pas dire
que le Christ nous envoie dans
le monde et s’abstenir de cet
engagement en disant : « sa pa
zafè mwen ». L’Eglise nous oblige
donc à participer aux élections.
Par exemple, les jours de scrutins,
même les religieux contemplatifs,
qui ne sortent jamais de leur
monastère, se rendent au bureau
de vote !
Une élection républicaine n’est
pas une élection de "reine de
Carnaval" ! Ce n’est pas en fonction
de l’applaudimètre, du nombre de
« sé li nou lé » ou « nou pa lé’y » de
la foule qu’on choisit de confier, ou
pas, des responsabilités politiques
à un candidat ou à une équipe.
L’Histoire nous montre comment
un vote "charnel", nourri par la
peur, la colère, la vengeance ou
même la sympathie médiatique,
peut porter au pouvoir des
candidats aux projets mortifères et
sectaires, aux mains de puissances
ténébreuses. Autrement dit, on
ne vote pas n’importe comment !
Le vote ne doit pas se faire sur
des critères charnels, c’est-à-dire
affectifs ("j’aime" / "j’aime pas"),
mais bien sur des critères spirituels,
objectifs et raisonnés.
Pour un disciple du Christ, c’est une
faute devant Dieu de voter sans
savoir pour qui et pour quoi on
vote, en se laissant plus ou moins
influencer par les médias ou les
affects. Chacun doit discerner
en conscience, avec des critères
objectifs, c’est-à-dire réfléchir, peser
et soupeser dans l’Esprit-Saint, les
programmes des candidats !
L’Eglise ne donne généralement
pas des consignes de vote, mais
elle se réserve le droit de souligner
les principaux enjeux de chaque
élection et de dénoncer ce qui
est incompatible avec l’Evangile
dans le discours politique. Je
salue à ce titre l’initiative des
Mouvements d’Action Catholique
de demander aux candidats de
s’expliquer Face aux Chrétiens
ce 22 novembre 2015 : nul doute
que ce meeting-là nous aidera à
accomplir intelligemment notre
devoir électoral.
Pour aider notre discernement,
je voudrais citer ici le discours
final de Mgr Georges Pontier,
président de la Conférence des
évêques de France, lors de la
dernière assemblée des évêques à
Lourdes : Nous portons de l’estime
à l’engagement politique. Avons-
nous autre chose à dire à nos fidèles
que d’aller voter ? Sûrement. Nous
voulons ajouter : pensez au sort
des petits et des humbles ; pensez
à l’accueil, pensez au respect
de la vie et de la dignité de la
personne humaine ; pensez aux
politiques sociales et familiales,
à l’éducation des jeunes ; fuyez
la violence sous toutes ses formes,
la violence verbale n’étant pas
la moindre. Regardez de près les
programmes.
En résumé, c’est à la lumière de la
Parole de Dieu que nous devons
juger les idées des candidats et
faire notre choix, car, en Vérité,
il n’y a pas d’autre programme
électoral que l’Evangile, il n’y pas
d’autre roi que le Christ Jésus : sé
Li nou lé !
+ David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre
et Fort-de-France
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ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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Mot de l'Evêque
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Eglise universelle - Attentats du 13 novembre, à Paris
L
es événements tragiques qui
ont frappé notre pays ces
jours-ci, et particulièrement
Paris et Saint-Denis, plongent nos
concitoyens dans l’effroi et la stu-
peur. Ils nous posent deux redou-
tables questions : en quoi notre
mode de vie peut-il provoquer une
agression aussi barbare ? A cette
première question, nous répon-
dons volontiers par l’affirmation
de notre attachement aux valeurs
de la République, mais l’événe-
ment nous oblige à nous interro-
ger sur le prix à payer pour cet
attachement et à un examen de
ces valeurs. La deuxième question
est encore plus redoutable, car
elle instille un soupçon dans beau-
coup de familles : comment des
jeunes formés dans nos écoles et
nos cités peuvent-ils connaître une
détresse telle, que le fantasme du
califat et de sa violence morale et
sociale puisse représenter un idéal mobilisateur ? Nous savons que la
réponse évidente des difficultés de
l’intégration sociale ne suffit pas à
expliquer l’adhésion d’un certain
nombre au djihadisme, bien qu’ils
échappent apparemment à l’exclu-
sion sociale. Comment ce chemin
de la barbarie peut-il devenir un
idéal ? Que dit ce basculement sur
les valeurs que nous défendons ?
La foi chrétienne peut-elle nous
être de quelque secours dans le
désarroi qui s’est abattu sur nous ?
A la lumière des lectures bibliques
que nous venons d’entendre,
je voudrais vous proposer trois
éléments de réflexion.
1. Dieu, mon seul espoir
Le psaume 15, comme beaucoup
d’autres psaumes, est un cri de foi
et d’espérance. Pour le croyant dans
la détresse, Dieu est le seul recours
fiable : « Il est à ma droite, je suis
inébranlable ».
C’est peu dire que les tueries
sauvages de ce vendredi noir
ont plongé dans la détresse des
familles entières. Et cette détresse
est d’autant plus profonde, qu’il
ne peut pas y avoir d’explications
rationnelles qui justifieraient
l’exécution aveugle de dizaines de
personnes anonymes. Mais si la
haine et la mort ont une logique,
elles n’ont pas de rationalité. Bien
sûr, nous avons besoin de dire des
mots, nous avons besoin que des
mots soient dits et que nous les
entendions, mais nous sentons
Messe à l’intention des victimes,
de leurs proches et à l’intention de la France
Eglise universelle Eglise universelle - Attentats du 13 novembre, à Paris
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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* * * * *
Chers frères et sœurs,
Je tiens à exprimer ma tristesse pour les attentats terroristes qui ont ensanglanté\
la France, tard
vendredi, faisant de nombreuses victimes. J’adresse l’expression de ma souffrance, mes condolé-
ances au président de la République française et à tous les \
citoyens. Je suis proche, en particulier,
des familles de ceux qui ont perdu la vie et des blessés.
Une telle barbarie nous laisse sans mot, et nous nous demandons comment \
le cœur de l’homme
peut concevoir et réaliser ces horribles événements qui ont bouleversé non seulement la France,
mais le monde entier. Face à des actes aussi intolérables, on ne peut que condamner cet a\
ffront
inqualifiable à la dignité de la personne humaine. Je tiens à réaffirmer avec force que le chemin
de la violence et de la haine ne pourra jamais résoudre les problèmes de l’humanité ! Et utiliser le
nom de Dieu pour justifier ce chemin, ces choix, c’est un blasphème.
Je vous invite à vous joindre à moi dans la prière : confions à la miséricorde de Dieu les victimes
sans défense de cette tragédie. Que la Vierge Marie, la mère de miséricorde, suscite dans les cœurs
de tous des pensées de sagesse et des intentions de paix. Nous lui de\
mandons de protéger et de
veiller sur la chère nation française, fille aînée de l’Église, sur l’Europe et sur le monde tout\
entier.
Pape François (Angélus du 15 novembre 2015)
Tuer au nom de Dieu « est un blasphème »
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tous que ces paroles ne vont pas
au-delà d’un réconfort immédiat.
Avec l’irruption aveugle de la mort,
c’est la situation de chacun d’entre
nous qui devient incontournable.
Le croyant, comme tout un chacun,
est confronté à cette réalité
inéluctable, proche ou lointaine,
mais certaine : notre existence
est marquée par la mort. On
peut essayer de l’oublier, de la
contourner, de la vouloir douce et
légère, mais elle est là. La foi, aucune
foi, ne permet d’y échapper. Et
nous sommes intimement acculés à
répondre de nous-mêmes : vers qui
nous tourner dans cette épreuve ?
Faire confiance aux palliatifs, plus ou
moins efficaces ou durables ou bien
faire confiance à notre Dieu, qui est
le Dieu de la vie. Le psalmiste nous
soutient pour mettre sur nos lèvres
la prière de la foi et de l’espérance :
Tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.
En ces jours d’épreuve, chacun de
ceux qui croient au Christ est appelé
au témoignage de l’espérance pour
lui-même et tous ceux qu’il essaie
d’accompagner et de soulager.
Au moment où va s’ouvrir, dans
quelques semaines, l’année de la
miséricorde, nous voudrions, par
nos paroles et nos actions, être des
messagers de l’espérance au cœur
de la souffrance humaine.
2. Tu m’apprends le chemin de
la vie
(Psaume 15)
Cette espérance définit une manière
de vivre pour ceux qui la reçoivent.
Elle nous apprend le chemin de la
vie. Heureusement, tous ne sont pas
confrontés aux horreurs subies par
les victimes du fanatisme comme
celles de vendredi dernier. Mais tous,
sans exception, chacun et chacune
d’entre nous, nous devons affronter
des événements et des périodes
difficiles dans notre existence. À
quoi reconnaît-on un homme ou
une femme d’espérance ? À sa
capacité à assumer des épreuves
et à combattre contre les forces
destructrices dans la confiance et
la sérénité. Cette force intérieure
permet à des hommes et à des
femmes ordinaires, comme vous et
moi, de refuser de plier, de faire des
choix difficiles, parfois héroïques,
bien au-delà de ses propres forces.
Après les périodes de dures épreu-
ves, nous pouvons reconnaître que
certaines et certains ont tenu sans
faiblir parce que leur conviction
intérieure était assez forte pour
braver des dangers possibles ou réels.
Pour nous, chrétiens, cette force
vient de notre confiance en Dieu et
de notre capacité à nous appuyer
sur Lui. Mais nous pouvons aller plus
loin dans notre interprétation : pour
un certain nombre d’hommes et
de femmes, leur foi en une réelle
transcendance de l’être humain les
motive. Même s’ils ne partagent pas
notre foi en Dieu, ils partagent un de
ses fruits qui est la reconnaissance de
la valeur unique de chaque existence
humaine et de sa liberté. Pouvons-
nous voir dans le calme et le sang-
froid dont nos compatriotes ont fait
preuve, un signe de cette conviction
que notre société ne peut se justifier
que par son respect indéfectible de
la dignité de la personne humaine ?
Face à la barbarie aveugle, toute
fissure dans ce socle de nos
convictions serait une victoire de
nos agresseurs. Nous ne pouvons
répondre à la sauvagerie barbare
que par un surcroît de confiance en
nos semblables et en leur dignité.
Ce n’est pas en décapitant que l’on
montre la grandeur de Dieu, c’est
en travaillant au respect de l’être
humain jusque dans ses extrêmes
faiblesses.
3. Lorsque vous verrez arriver
tout cela
… (Marc 13,29)
Cette confiance en Dieu est une
lumière sur le chemin de la vie, mais
pas seulement pour chacun d’entre
nous dans son existence personnelle.
Elle est aussi une lumière pour
comprendre l’histoire humaine,
y compris dans son déroulement
énigmatique. L’évan-gile de Marc
que nous avons entendu annonce le
retour du Fils de l’Homme, le Sauveur,
à travers des signes terrifiants dans
les cieux et sur la terre. Nous ne
sommes plus accoutumés à cette
façon de scruter les signes, encore
que beaucoup fassent commerce
de cet exercice. Mais il me semble
que le plus important pour nous
est de puiser dans cette lecture
deux enseignements. D’abord,
nul ne sait ni le jour ni l’heure de
la fin des temps. Seul, le Père les
connaît. Nous savons aussi que
nous ne connaissons ni le jour ni
l’heure de notre propre fin et que
cette ignorance taraude bien des
gens. Mais nous voyons tous, et
l’événement de cette semaine nous
le rappelle cruellement, que l’œuvre
de mort ne cesse jamais et frappe,
parfois aveuglément.
Ensuite, les événements drama-
tiques ou terrifiants de l’histoire
humaine peuvent être interprétés et
compris comme des signes adressés
à tous. Lorsque vous verrez cela,
sachez que le Fils de l’Homme
est proche à votre porte,
nous
dit l’évangile (Marc 13,29). Cette
capacité d’interpréter l’histoire n’est
pas une façon de nier la réalité.
Elle est une façon de découvrir que
l’histoire a un sens. Elle annonce
quelqu’un qui frappe à notre
porte, à chacune de nos portes. Ce
quelqu’un, c’est le Christ. Ainsi nous
ne pouvons pas nous arrêter aux
malheurs de la vie ni aux souffrances
que nous endurons, comme si
cela n’avait aucun sens. À travers
eux, nous pouvons découvrir que
Dieu frappe à notre porte et veut
nous appeler encore à la vie, nous
ouvrir les chemins de la vie. Cette
espérance, nous devons la porter et
en témoigner comme un réconfort
pour ceux qui souffrent et comme
un appel pour tous à vérifier les
vraies valeurs de sa vie.
Je vous propose maintenant de vous
unir intensément à la prière des
défunts qui va être chantée.
Cardinal André Vingt-Trois, archevêque
de Paris (Homélie du 15/11/15)
Source : http://www.paris.catholique.fr
n
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L a P arole D ominicale
Dimanche 22 novembre 2015
Daniel 7,13-14 • Psaume 92 • Apocalypse 1,5-8 • Jean 18,33-37
P
our cette fête du Christ-
Roi, nous avons des textes
contrastés. La première
lecture est exaltante quant à la
royauté du Fils de l’Homme qui
s’avance pour recevoir «domi-
nation, gloire et royauté». Tous
les peuples, toutes les nations le
serviront et sa domination s’exer-
cera éternellement. Il se dégage
donc de ce passage la notion de
puissance.
Dans la deuxième lecture, tirée
de l’Apocalypse, on a aussi cette
exaltation, mais elle est enracinée
dans l’histoire : Jésus-Christ est
explicitement désigné comme ce
Souverain de l’univers avec l’idée
que ce qui justifie son titre est le
fait qu’il soit le premier-né d’entre
les morts.
Pourtant, en arrivant à l’Evangile,
tiré de celui de Jean, on a
l’impression que Jésus se méfie du
terme «roi». Quand Pilate lui dit :
Alors, tu es roi ?
Il s’empresse de
dire :
C’est toi qui le dis.
Cela tient du fait que le terme de
roi est ambigu. Il peut décrire une
réalité positive mais aussi négative.
Dans le premier livre de Samuel
au chapitre 8, 1S8, le peuple vient
trouver Samuel pour lui demander
un roi. Samuel fut mécontent parce
qu’ils avaient dit : Donne-nous un
roi pour nous gouverner, et il se mit
à prier le Seigneur. Or, le Seigneur
lui répondit :
Écoute la voix du
peuple en tout ce qu’ils te diront.
Ce n’est pas toi qu’ils rejettent,
c’est moi qu’ils rejettent : ils ne
veulent pas que je règne sur eux.
Pour Israël, il ne devrait pas être
question d’autre roi que Dieu.
Pourtant, au moment où il aurait
dû reconnaître son roi qui venait
à lui, c’est le rejet. Pilate leur
dit : Vais-je crucifier votre roi ?
Les grands prêtres répondirent :
Nous n’avons pas d’autre roi
que l’empereur . Alors, il leur livra
Jésus pour qu’il soit crucifié. Ils se
saisirent de Jésus.
Ces versets se situent quelques
lignes après le dialogue entre
Jésus et Pilate que nous lisons ce
dimanche du Christ-Roi.
Pour les hommes pécheurs, le terme
de roi est connoté de puissance et
de domination servile. Alors qu’il
aurait dû désigner une exaltation
positive : le Roi est celui qui garantit
la vie de tous, le bonheur de tous.
Il est en quelque sorte au service
du bonheur de ses sujets.
La royauté de Jésus n’est pas
une royauté de servilité. Et effec- tivement, s’il était roi au sens où
l’entend le monde, ses légions
auraient combattu pour lui !
La royauté de Jésus est une
royauté de victoire ! Victoire sur
le péché, victoire sur la mort ! Il
faut le répéter et insister sur cette
dimension que le chrétien ne doit
pas perdre de vue. En effet, nous
sommes dans un monde encore
marqué par le péché. Un monde
où nous trouvons la souffrance,
la douleur. Et en plus, les media
n’arrangent pas les choses en
nous déversant toute la misère
du monde. Eh bien, le Christ, lui,
nous annonce la Bonne Nouvelle !
Et quelle est-elle ? « Le Christ est
ressuscité d’entre les morts ! Il a
vaincu la mort ! ».
Cette victoire est éclatante. Et si
nous avons du mal à le voir dans
nos vies quotidiennes – bien qu’elle
soit là – nous la toucherons du
doigt au jour de la Résurrection.
Mais attention, il ne s’agit pas
d’une victoire à retardement : elle
est déjà là ! Et le chrétien doit vivre
dans cette logique de victoire. Ce
Seigneur qui viendra dans la gloire
est ce même Seigneur qui nous a
promis d’être avec nous jusqu’à la
fin des temps. Si le chrétien agit au
cœur du monde en faisant le bien,
c’est parce qu’il a la foi en Jésus-
Christ, vainqueur des ténèbres et
de la mort. Le Dieu que nous avons,
est le Dieu des victoires !
P. Christian Catayée,
Curé de Saint-Christophe et Sainte-Thérèse
n
Christ-Roi de l’univers - Année B
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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L
'Avent est un temps
d'attente, et c'est pourquoi
on peut considérer ce temps
liturgique comme un temps de
gestation. Mais ce temps est
marqué par la figure de Marie, la
femme qui attend la naissance de
Jésus : or la Tradition voit dans la
personne de Marie en attente de
la naissance de Jésus, une figure de
l’Église qui attend la réalisation des
promesses. C'est ce qui peut nous
inviter à considérer l’Église comme
un corps en gestation. Qu'est-ce
que l’Église attend vraiment ?
Ici il faut ajouter aussitôt, qu'en
parlant de l’Église, on considère
non pas une institution extérieure,
sociale et politique, comme on
parlerait d'un syndicat, d'un parti
politique, ou d'une région, mais
l'ensemble des chrétiens, et donc
nous-mêmes, chacun comme
membres du corps.
L'attente de la naissance
du Seigneur
La phrase qui va guider cette
réflexion est une parole du
Magnificat dont la traduction
liturgique (Luc 1,38) est : Marie
dit alors : "Voici la servante du
Seigneur ; que tout se passe pour
moi selon ta parole". Alors l'ange
la quitta. L'Avent est un temps où,
pour une part, mais pour une part
seulement, l'Eglise fait mémoire
de l'attente de la naissance du
Sauveur dans la chair. En effet,
c'est un aspect de l'Avent, d'être
un temps de préparation à Noël.
Et en parlant ainsi, je pense que
pour beaucoup de chrétiens, Noël
est perçu d'abord comme la fête de
la naissance de Jésus à Bethléem.
Or le cycle Avent - Noël - Épiphanie
est moins la mémoire de la
naissance de Jésus qu'une grande
célébration de la manifestation
du Seigneur. Le mot Épiphanie
renvoie à celui de manifestation.
Mais qu'est-ce qui se manifeste
au juste ?
Dieu se rend visible
à nos yeux
Dieu l'invisible, l'éternel, celui
qui peut dire en toute vérité "je
suis Dieu, et non pas homme" se
fait homme parmi les hommes,
l'un d'entre nous. Il entre dans
notre histoire et fait donc de
l'histoire humaine un temps de
gestation. C'est pourquoi l'Avent
nous rappelle que le temps que
nous vivons, depuis la naissance
du Christ à Bethléem, mais surtout
depuis sa mort et sa résurrection,
est un temps de gestation.
Il faut donc avoir présent à l'esprit
que dans le plan de Dieu, c'est
toute l'histoire du Salut, l'aventure
de Dieu avec les hommes, qui est
un temps de gestation. (…). La
venue de Dieu parmi les hommes
est une histoire de salut. Dieu au
milieu de nous est une bonne
nouvelle et non le signal d'un
danger.
Un temps de joie
L'Avent et Noël font donc mémoire
de la manifestation de Dieu
dans l'histoire des hommes et
c'est pourquoi effectivement, il
est juste de parler de ce temps
comme un temps de joie. Mais
la joie ne vient pas tellement
de la naissance de l'enfant, que
de ce qu'elle signifie : Dieu avec
nous, comme on l'entendra le 4
ème
dimanche de l'Avent pendant la
lecture de la prophétie d'Isaïe 7. Le
Seigneur lui-même vous donnera
un signe : Voici que la jeune femme
est enceinte, elle enfantera un fils,
et on l'appellera Emmanuel, (c'est-
à-dire : Dieu-avec-nous) (Isaïe 7,14).
Première conséquence pour
notre réflexion : si l’Église est en
gestation, c'est d'abord parce que
Dieu est venu à la rencontre de
l'humanité. Depuis que Dieu est
entré dans l'histoire des hommes
– et c'est le sens des alliances de
l'Ancien Testament, avec Abraham,
avec Moïse, et surtout depuis que
Dieu, en Jésus de Nazareth, s'est
manifesté dans la chair – le monde
est en gestation. Et qu'est-ce qui
est en train de naître ? La joie
Liturgie
Avent : qu'attendons-nous ?
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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Le temps de l'Avent est marqué par la figure de Marie qui attend son enfant...
Mais nous, qu'attendons-nous ?
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Liturgie
d'une rencontre, la joie de Dieu
qui découvre en Jésus l'humanité
accomplie, la joie de l'homme qui
découvre en Jésus la promesse que
Dieu lui a faite.
Dire que l’Église est en gestation,
c'est donc en fait se laisser
décentrer en tournant nos
regards vers Dieu qui est venu à la
rencontre de l'humanité. S'il peut
y avoir gestation, c'est parce que
Dieu prend l'initiative, que dans
sa miséricorde, il a décidé de faire
alliance. Mais là encore, il ne faut
pas réduire le temps de l'Avent à
cet aspect seulement.
La venue du Christ
à la fin des temps
En réalité, le temps de l'Avent
est moins un temps où l'on fait
mémoire de la naissance de Jésus
dans la chair, qu'un temps où
l’Église oriente nos regards vers la
venue du Christ à la fin des temps.
Adventus en latin signifie «venue»,
mais une venue dont la naissance
à Bethléem était la première
réalisation, qui surtout annonçait
la venue plénière à la fin des temps.
Dans un texte célèbre – le cinquième
sermon pour l'Avent – un texte qui
est lu à l'office durant ce temps de
l'Avent, saint Bernard explique qu'il
n'y a pas une seule venue, celle de
Jésus, qui vient au monde après
avoir été porté par Marie en son
sein durant neuf mois, mais trois
venues que l'on décline comme
le tiercé dans le désordre : 1, 3 et
enfin 2.
La première, c'est donc la naissance
de Jésus à Bethléem il y a un peu
plus de 2 000 ans. Dieu s'est fait
homme parmi les hommes. La
troisième venue, c'est l'attente
du retour du Christ dans la gloire.
Nous le chantons au cœur de
l'Eucharistie : "nous attendons ta
venue dans la gloire".
La gestation dont nous faisons
mémoire durant l'Avent, ce n'est
pas seulement celle de Marie,
mais celle du Royaume. On sait
que dans l’Évangile, Jésus parle du
Royaume de Dieu avec des images,
la graine de moutarde, la levure qui
fait lever la pâte : des images qui
disent la gestation du Royaume.
Si l'on peut dire que l’Église est en
gestation, c'est parce qu'elle attend
et prépare le Royaume dont elle
est déjà une certaine réalisation.
C'est pour cela que la fin de l'année
liturgique rejoint le début. Ce que
nous avons célébré le premier
dimanche de l'Avent et ce que nous
avons célébré lors de la fête du
Christ Roi de l'univers, se rejoignent
intimement : l’Église attend la
réalisation du Royaume de justice
et de paix inauguré par la Pâque
du Christ.
Rester dans la vigilance
Mais entre la première et la troisième
venue, il y en a une deuxième.
Et ce temps intermédiaire, c'est
aujourd'hui. Chaque jour, le
Seigneur vient, si nous l'accueillons.
Et c'est pourquoi, le premier
dimanche de l'Avent est placé sous
le signe de la vigilance : la vigilance,
c'est la vertu par excellence d'une
Église en gestation.
On peut encore ajouter ici que les
biblistes soulignent qu'en hébreu,
la racine (ChaQaD) renvoie à
la fois au verbe "veiller" et à un
arbre, l'amandier. On trouve
notamment ce rapprochement
au premier chapitre du livre du
prophète Jérémie : "La parole du
Seigneur me parvint : Que vois-tu,
Jérémie ? Je répondis : je vois une
branche d'amandier. Tu as bien
vu ; car je veille sur ma parole pour
l'accomplir" (Jérémie 1,11-12)
L'amandier est le premier arbre
à se mettre à fleurir. Le veilleur,
c'est donc celui qui annonce le
printemps. C'est celui qui attend,
dans la confiance aimante, que
la vie refleurisse. C'est aussi celui
qui, à force d'attente, d'attention,
devient capable de discerner les
signes de la vie et de la lumière
au cœur de l'hiver, du froid et de
la nuit.
F. Patrick Prétot, osb, Institut Supérieur de liturgie - Institut catholique de Paris (dans
Croire ), 13/10/15 n
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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Dans le cadre de la fête de saint François-Xavier, Le Chemin Ignatien Martinique
vous invite à découvrir la Famille ignatienne, le samedi 5 décembre, à 16h,
au Pensionnat Saint-Joseph-de-Cluny, 22 route de Cluny (dans la grande salle du Couvent).
Durant cette heure de rencontre, la Famille ignatienne vous sera présentée et vous pourrez (ré) entendre l’invitation à devenir ADLS (Amis Dans Le Seigneur) à l’école Ignace et de François-Xavier.
* Dès 14h30 : les animateurs du Chemin Ignatien assureront une Permanence/ Accueil en vue des prochaines Retraites d’Exercices Spirituels de saint Ignac\
e de Loyola.
Adresse : BP 25, 97240 Le François ✆ 05 96 54 35 80 ✉ secretariat.cheminignatien972@gmail.com
CHEMIN IGNATIEN MARTINIQUE Communiqué
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L
e Je vous salue Marie n'est
pas apparu d'un seul coup.
Cette prière à Marie est née
peu à peu dans la piété de l'Eglise,
pour ne se fixer dans sa forme
définitive que vers 1500. Pourtant,
dès le 12
ème siècle, saint Bernard
contribua à développer cette prière
à Marie sous la forme naissante
du chapelet ou du rosaire. Et saint
Dominique au siècle suivant, en
répandit l'usage, prescrivant à ses
religieux de porter un chapelet
à leur ceinture. La grande peste
de 1349, qui ravagea tous les
royaumes d'Europe, amena les
foules à un surcroît de piété, qui
contribua également à l'essor de
la piété mariale. Et c'est en fait au
siècle suivant que cette prière prit
le nom de Rosaire.
Le pape Pie V engagea l’Église
entière à cette prière, face à l'avancée
turque qui menaçait l'Europe. C'est
ainsi que fut attribuée au Rosaire
la victoire décisive de Lépante, en
1571. La fête de Notre-Dame du
Rosaire, célébrée le 7 octobre, a
été instituée par le pape Pie V en
1573, pour remercier Marie de cette
victoire. En 1883, le pape Léon XIII
décrétait solennellement que le
mois d'octobre de cette année-là
serait entièrement consacré à "la
Sainte Reine du Rosaire". Depuis,
le mois d'octobre, durant lequel
comme au mois de mai, on prie
particulièrement la Vierge, est
appelé le mois du Rosaire.
Un rosaire comprend 150
Je vous
salue Marie,
qui rappellent les 150
Psaumes, et on a longtemps appelé
le Rosaire Psautier de Marie. Les 150
Je vous salue Marie furent partagés
en trois parties, en l'honneur de la
Trinité. Puis chaque partie en cinq
dizaines, chacune étant précédée
d'un
Notre Père et suivie du Gloire
au Père
ou Gloria , en l'honneur de
la Sainte Trinité.
Méditer l'histoire du Salut
Le Rosaire est ainsi une forme de
prière répétitive et très simple,
durant laquelle on médite sur la
place de Marie dans le mystère du
salut, pour s'y associer. Cette prière
en effet n'est pas pure répétition :
elle est méditation, accueil du
mystère de Dieu qui touche et
rejoint nos vies. Le chapelet (ou le
rosaire) est ainsi une méditation de l'Evangile, l'accueil pour le croyant,
de la vie du Seigneur.
Dans la récitation du chapelet,
chaque mystère est annoncé ou
médité et suivi d'une dizaine de
chapelet. Pour ne pas perdre le
compte, les fidèles utilisaient un
collier de cent cinquante grains,
nommé "patenôtre", qui est à
l'origine des chapelets actuels. Le
rosaire a longtemps compté quinze
mystères, répartis en 3 séries : les
mystères joyeux, douloureux et
glorieux, ce qui amenait aux 150 Je
vous salue Marie, qui en faisaient le
Psautier de Marie. Mais Jean Paul II
a rajouté, en 2002, cinq nouveaux
mystères : les mystères lumineux.
Le Rosaire, lentement récité et
médité en famille, en communauté,
personnellement, fait entrer peu à
peu dans les sentiments du Christ
et de sa Mère, en évoquant tous les
événements qui sont la clé de notre
salut. Faites du Rosaire la douce
chaîne qui vous lie à Dieu par Marie
(saint Jean Paul II)
Jacques Nieuviarts, assomptionniste,
bibliste (dans
Croire ) n
Le Rosaire est le nom d'une prière composée de quatre chapelets d'oraison,
consacrée à Marie. En 1883, le pape Léon XIII décrétait q\
ue le mois d'octobre
de cette année-là serait entièrement consacré à "la Sainte Reine du Rosaire".
Depuis, octobre est traditionnellement resté le mois du Psautier de M\
arie. Le
P. Jacques Nieuviarts, assomptionniste, nous en dit plus.
Octobre, le mois du Rosaire
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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Dossier : Le mois d’octobre était consacré au Rosaire. Comment
avez-vous
vécu ce temps de dévotion mariale ? Quels sont
vos rapports avec la Sainte Vierge ?
Mathurine, Sainte-Marie
J’avoue que j’avais un peu de
mal avec la dévotion mariale.
Je me disais, comme peut-être
bien d’autres personnes, qu’une
trop grande place était réservée
à Marie, au détriment de son fils
Jésus, notre sauveur.
Mais, j’ai compris que Marie était
ma mère du ciel quand j’ai eu
une très grosse épreuve. Plusieurs
personnes accompagnées de
prêtres, récitaient le chapelet à
mon intention, parfois à mon
domicile, et je me suis sentie
bercée.
J’ai compris que la dévotion
mariale permettait à Marie de
prier avec moi et pour moi. Elle
intercédait pour moi auprès
de son fils pour que ce dernier
m’accorde la grâce de la guérison
de mon cœur meurtri. Depuis,
Maman Marie m’accompagne
tous les jours dans mes prières.
Et comme disait le saint curé
d’Ars : Marie est la portière du
ciel
. Elle accueille et rassure.
Témoignages…
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ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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Dossier :
Le mois d’octobre était consacré au Rosaire. Comment avez-
vous
vécu ce temps de dévotion mariale ? Quels sont vos rapports
avec la Sainte Vierge ?
Sylvie Saxémard,
Fort-de-France
Je n'ai jamais vraiment prié
Marie. J'ai toujours trouvé
ennuyeuse et inutile la prière
du chapelet. J'ai toujours pensé
qu'aller directement à Jésus était
suffisant et que je n'avais pas
besoin de Marie pour cela.
Pourtant, lors d'une retraite
spirituelle au Foyer de charité de
Trinité (longtemps repoussée),
du 12 au 18 octobre 2015
(comme par hasard, mois du
rosaire – mais était-ce vraiment un hasard ?), j'ai eu, une nuit
où je n'arrivais pas à dormir, le
passage de l'Annonciation qui
m'est revenu en mémoire. J'ai eu
alors la claire vision que tout ce
qui manquait à ma vie se trouvait
là : la joie, la confiance totale
dans le Seigneur (et donc plus
de crainte), l'humilité, le service,
le don de soi, l'envoi en mission,
le partage, la charité ! Et pour
couronner le tout, j'ai compris
que dans l'Annonciation étaient
présentes les trois personnes de
la Trinité, avec en son cœur…
Marie !
Depuis cette grâce que j'ai reçue
(et bien d'autres par la suite), j'ai
décidé de prendre Marie chez
moi, de me consacrer à Jésus par
ses mains, et depuis, je revis !...
et mon chapelet, je le dis tous
les jours avec joie et ferveur, car
j'ai compris que cette prière nous
fait méditer avec Marie tous les
événements de la vie de Jésus
qu'elle gardait dans son cœur !
Béni sois-tu Seigneur Jésus, de
m'avoir confiée à Marie! Amen!
Alléluia !
Léa Joly, Lorrain
Voilà comment j’ai vécu ce mois
du Rosaire.
J’ai eu, comme d’habitude, des
temps de prière personnelle avec
Marie, veillant à ce que le petit
sanctuaire qui lui est dédié dans
le jardin soit maintenu propre et
fleuri. L’occasion m’a été donnée
aussi de prier avec les autres. En
effet, avec le groupe de prière
Notre Dame de la Porte de
ma paroisse, nous disons tous
les mardis le Rosaire. Le jeudi
22 octobre, avec les équipes
Bèlè Légliz de Morne-des-Esses,
Marigot, Lorrain, et les techniciens
de la paroisse, j’ai pris part à
l’enregistrement des mystères
lumineux en créole. Le samedi 31
octobre, les mouvements mariaux
ont organisé une matinée avec les
enfants et les jeunes catéchisés.
Après un film sur Marie, les
animatrices ont expliqué la prière
du chapelet aux enfants, qui ont
dit les mystères joyeux aidés du
séminariste Franck. Un petit livret
pour poursuivre la pratique de
cette prière à la maison avec les
parents leur a été remis. Livia,
membre de la Jeunesse Mariale,
a présenté ce mouvement et a
incité les jeunes à la rejoindre.
J’ai assuré avec mon époux le
temps de louange qui a clôturé
cette matinée.
Marie est incontournable et nous
mène assurément à Jésus.
Emelie Priam, Lamentin
J’étais souvent «agacée» par
le culte exagéré que certaines
personnes adressent à la V
ierge
Marie ; elles en oubliaient Jésus
au passage ; Marie était simple et
humble et n’aurait pas voulu ce
genre de démonstration.
Mais à l’occasion d’une épreuve
familiale où mon cœur de mère se
déchirait, je me suis tournée vers
Marie, lui demandant comment
elle avait pu supporter la mort
de son fils sans elle-même mourir,
et elle m’a répondu. Devant la
douceur de sa réponse, ma foi,
qui était une foi presque de
convenance il me faut l’avouer,
s’est purifiée et affermie. Petit
à petit j’ai pu accepter la perte
de mon propre fils. Et depuis,
chaque jour, la mère que je suis
s’adresse à notre mère du ciel
dans la prière.
Marie est ce visage maternel
vers lequel nous nous tournons.
Elle nous guide dans la foi.
Elle nous guide vers le Fils. Car
c’est le Christ qui est au cœur
de la foi, je ne l’oublie pas.
Marie-Jeanne Kader,
Morne-des-Esses
Le Rosaire est la prière catholique
consacrée à Marie, mère de Jésus
de Nazareth et notre mère. Le mois
du Rosaire, je l'ai vécu en priant un
peu plus le chapelet et les vingt
mystères constituant le rosaire, au
moins une fois par semaine. A cela
s’ajoutait ma dizaine quotidienne,
puisque je fais partie d'une équipe
du R osaire composée de quinze
membres. Nous nous réunissons
une fois par mois durant toute
l'année pour prier et partager sur
un passage l'Evangile.
A l'occasion du mois du R osaire,
il y a eu une très belle messe au Robert à laquelle j'ai participé.
Nous avons eu une procession
à la grotte et la méditation du
chapelet.
Pour ma part, j'aime beaucoup
prier la Vierge Marie ; elle est
notre mère et notre reine, elle
intercède pour nous auprès de
son fils. Merci maman Marie !
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ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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Odile Pancaldi, Lamentin
Le mois d'octobre est un mois
de délices que j'affectionne
particulièrement, car c'est le mois
du Rosaire, de rendez-vous avec
Marie. Le Rosaire, je le médite
chaque jour, il me nourrit, m'élève,
me permet de rester dans les cœurs
unis de Jésus et de Marie. Au fur et
à mesure de chaque méditation,
je sens progressivement la paix et
l'amour de Dieu m'envahir. C'est du
pur bonheur. Je n'en connais pas de meilleur. Gloire à Dieu ! Bénie
soit Marie qui nous donne tant de
roses pour inonder nos cœurs et
nous embellir. C'est merveilleux.
En Eglise, près de la grotte ou
dans ma chambre ; au volant dans
un embouteillage ou en pleine
nature, l'effet est pratiquement
le même : Marie nous comble de
ses grâces. Loué soit Dieu ! Il nous
comble de ses bienfaits par cette
prière miraculeuse. Béni soit Dieu
qui nous gratifie de Son Esprit !
C'est un bonheur indescriptible et
si mystérieux, que pratiquement
seuls les pratiquants peuvent
comprendre et échanger à ce
propos. Je rends grâce à Dieu pour
ce don qu'il m'a fait en me donnant
l'amour du Rosaire. Loué soit Dieu
pour tant de miséricorde
! Je rends
grâce à Dieu pour tous les vœux
exaucés à travers nos prières pour
nous, nos familles et le monde
entier ! Merci Marie ! Notre Dame
du Rosaire, priez pour nous.
Amen.
Nadiège, 50 ans, Sainte-Marie
Le mois d’octobre, mois du
Rosaire, est un mois important
pour moi car je fais partie d’une
équipe du Rosaire depuis plusieurs
années.
J’ai médité, comme d’habitude,
un mystère du Rosaire en union
de prière avec les autres membres
de mon équipe.
Par ailleurs, j’ai essayé de réciter le
chapelet fréquemment. Mais, ce
temps de dévotion mariale s’est
concrétisé par la méditation des
mystères du R osaire avec une amie
et ma mère au début du mois, ainsi
que le 31 octobre et également
d’autres jours du mois avec les
sœurs et frères de mon équipe.
La Sainte Vierge est la mère de
notre Sauveur. C’est Jésus qui nous
l’a donnée pour mère. Donc, je la
considère comme une mère, une
sœur, une amie, une confidente.
Je fais confiance à son interces-
sion auprès de son Fils. Elle est
pour moi un modèle d’humilité, de
sagesse, de foi. Je répète souvent
la parole qu’elle a prononcée aux
noces de Cana : « Faites tout ce
qu’il vous dira…».
Josette Rose, Lamentin
(membre du Mouvement
Sacerdotal Marial)
La prière du Rosaire est entrée
dans mon intimité voilà main -
tenant une vingtaine d’années
grâce à une amie qui m’a invi -
tée à participer à un cénacle du
Mouvement Sacerdotal Marial.
Et depuis, je prie assidument un
Rosaire complet (20 mystères)
en famille, élargie à des amis au
moins deux fois par mois et un
chapelet sinon une dizaine aussi
souvent que possible. Certes, au
mois d’octobre plus particulière-
ment, nous sont proposés divers
temps de prière et manifestations
mais c’est toute l’année que nous
vivons la dévotion mariale.
Vivre au quotidien avec Marie, la
prendre chez moi (dans mon cœur
et à mon domicile) comme l’a fait
saint Jean, c’est ce que j’essaie
de faire. Jésus lui-même ne nous
a-t-il pas dit « Voici ta Mère ».
J’ai compris que si Jésus sur la
Croix nous a donné Marie pour
Mère, c’est parce qu’il sait qu’elle
peut intervenir en notre faveur et
qu’elle a sa place dans l’histoire
du salut. En priant régulièrement
avec Marie, au fil des différents
mystères du Rosaire, je revis avec Marie les moments importants et
significatifs de la Vie de Jésus. En
priant avec Marie qui est remplie
de l’Esprit-Saint, j’ouvre mon âme
à l’Esprit-Saint et je me laisse rem-
plir de paix. Et progressivement,
Marie, telle une mère discrète,
attentive et aimante, me façonne
et me forme pour me conduire à
son fils. Elle est présente à mes
côtés dans la bataille.
Dans les cénacles de prière du
MSM, nous prions pour les prêtres,
fils de prédilection de la Vierge
Marie.
Marie, tendresse dans nos vies,
Marie, chemin qui mène à Lui.
Ninotte, Sainte-Marie
Etant membre d’une équipe du
Rosaire, j’ai vécu d’une manière
spéciale cette dévotion mariale
au mois d’octobre. Je me suis tout
d’abord appliquée à m’acquitter
des devoirs d’un chrétien en évi-
tant de pécher, en agissant plus
par amour que par crainte, et en
priant souvent la très sainte Vierge
Marie, en l’honorant comme la
mère de Dieu. Je me suis efforcée
de méditer le R
osaire, c’est-à-dire
les quatre chapelets (mystères
joyeux, lumineux, douloureux et
glorieux) tous les jours durant ce
mois. J’ai toujours eu, depuis ma jeu-
nesse, pleine confiance en la
Vierge Marie que je priais souvent.
Et pour couronner mes prières,
mes chants, j’ai participé à un pèle -
rinage à la grotte de Saint-Joseph
avec les équipes du Rosaire de ma
paroisse.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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Dossier : Le mois d’octobre était consacré au Rosaire. Comment avez-vous
vécu ce temps de dévotion mariale ? Quels sont vos rapports
avec la Sainte Vierge ?
Le thème qui vous est proposé pour la prochaine édition de la r\
evue (n° 512) :
Selon vous, un chrétien peut-il s’investir pleinement en politique ?
Nous attendons vos témoignages (10 lignes maximum), pour le 25 novembre 2015 au plus tard,
à egliseenmartinique@orange.fr
N’oubliez pas de préciser vos noms et prénoms. Merci de joindre une photo.
Les dossiers de la revue Eglise en Martinique
Marie-Elise Kader, 68 ans
Au cours des différentes médita-
tions des mystères du Rosaire, je
confie à Marie : les migrants par
millions qui sont sans destina-
tion ; les milliers de morts dans
les traversées périlleuses ; les
nombreux attentats meurtriers,
les ravages causés par l'usage des
produits illicites, les persécutions
et assassinats des minorités reli-
gieuses. Je lui confie également la
désertion de nos églises et tous
les fléaux de notre temps.
Prions-nous suffisamment ?
Faisons-nous appel à notre mère,
la très sainte Vierge Marie ?
C'est son regard maternel que je
cherche lors de la méditation des
mystères du rosaire, afin d'être
éclairée et inspirée.
Marie-Louise Annette,
53 ans
J'ai vécu ce temps de dévotion
mariale dans l'abandon à maman
Marie, comme un enfant dans les
bras de sa mère. Sachant qu'elle est
présente et qu'elle veille sur moi.
Il est vrai que j'égrène le
chapelet tous les jours, mais le
mois d'octobre étant consacré au Rosaire, alors j'ai demandé
à Marie la grâce de l'égrener
davantage, me permettant
ainsi de méditer entièrement
les mystères du Rosaire. Elle
me l'a accordée, je la remercie
infiniment.
En priant le Rosaire, Marie
m'aide à comprendre l'amour
de Dieu, de son fils Jésus, de
l'Esprit-Saint et d'elle-même.
Méditer le Rosaire, c'est aussi
se mettre à l'école de Marie. A
travers les différents mystères,
Marie m'éduque, me rassure,
me réconforte, m'encourage et
m'aide à éviter le mal, à regarder
aussi ma vie pour que je puisse
me convertir afin d'être agréable
à Dieu. Elle est ma mère, ma
reine, je l'aime, elle est toute
puissante.
Boniface Monique
Le mois du Rosaire, je l'ai vécu
toujours dans la prière avec Marie.
Mais plus encore, à la clôture
faite à l'église Sainte-Rose-de-
Lima du Robert, par la messe et
la procession avec Marie. Marie
nous aide à découvrir le sens du
«oui» de la persévérance. Je fais totalement confiance à la Sainte
Vierge, car je crois du plus profond
de mon cœur qu'elle me conduit
à Jésus. Je lui dis merci et je la prie
tous les jours.
Pendant le Temps de l’Avent, il n’y aura pas messe le dimanche à 9h à l’église Notre\
-Dame de l’Assomption
de Sainte-Marie.
Mais il y aura messe à 10h dans les quartiers comme suit :
- Dimanche 29 novembre à la chapelle d’Eudorçait
- Dimanche 06 décembre à la chapelle de Pain de Sucre
- Dimanche 13 décembre à la chapelle de Reculé
- Dimanche 20 décembre à Morne-des-Esses
Jeudi 24 décembre : messe à l’église Notre-Dame de l’Assomption de Sainte-Marie\
- 15h pour les enfants
- 18h veillée suivie de la messe
Vendredi 25 décembre : messe à 8h à l’église Notre-Dame de l’Assomption de Sain\
te-Marie
PAROISSE DE SAINTE-MARIE
Pendant le Temps de l’Avent, il n’y aura pas messe le dimanche à 9h à l’église Notre\
-Dame de
Communiqué
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Dimanche 22 novembre :
- 6h30 : Messe paroissiale à Ducos
- 9h : confirmation à Ducos
- Journée de l’Action Catholique : 14h30 : Forum "Face aux Chrétiens" organisé par la
FEMAC, en présence des candidats à la CTM
- 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Mardi 24 novembre :
- Assemblée des modérateurs de districts
- Rencontre biblique avec les parents des élèves du Couvent de Redoute
Mardi 24 - mercredi 25 novembre :
Visite pastorale de la paroisse de Redoute
Mercredi 25 novembre :
- Rencontre avec les confirmands de la paroisse de Coridon
- 18h : Catéchèse de l’Evêque à l’église Emmaüs, retransmise sur Radio Saint-Louis
Jeudi 26 novembre : Journée de travail sur le Motu
proprio
Mitis Iudex Dominus Iesus avec Mgr Riocreux
et le Fr. Vincent Tierny, op, canoniste
Samedi 28 novembre :
- Visite pastorale de la paroisse de Coridon
- 18h : Confirmation à Coridon
Dimanche 29 novembre :
- 7h et 9h30 : messes paroissiales à Redoute
- 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Mardi 1 er décembre : Conseil épiscopal
Mardi 1 er - mercredi 2 décembre :
Visite pastorale de la paroisse de Sainte-Luce
Mercredi 2 décembre, 18h : Catéchèse de
l’Evêque à l’église Emmaüs, retransmise sur Radio
Saint-Louis
Jeudi 3 décembre :
Visite pastorale de la Clinique Sainte-Marie
Samedi 5 décembre :
- Journée diocésaine du Secours Catholique au Millenium du Morne-Rouge
- Rencontre des centenaires au Lorrain
- Messe à la Clinique Sainte-Marie
- Fête de la Sainte-Barbe à Trinité
Dimanche 6 décembre :
- 7h : Messe paroissiale à Sainte-Luce
- 9h : Confirmation à Sainte-Luce
- 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Agenda de l’Archevêque
Le 28 Novembre, à 14h30,
Commencer l’Avent en beauté
au Monastère Sainte -Marie des Anges
14h30 : Concert de musique sacrée et cantiques de Noël
Chœur de chanteurs lyriques accompagnés
de Pascal Siankowski de Pascal Siankowski de Pascal à la guitare ,
Virginie B usson au violon,
e t Clarisse A gram à la flûte à bec.
&
Marché de Noël
au profit des travaux d’étanchéité de la toiture du Monastè\
re.
17h30 : Entrée dans le 1 er dimanche de l’Avent
Chant des Vêpres avec les Moniales
Le 28 Novembre, à 14h30,
Commencer l’Avent en beauté
au Monastère Sainte -Marie des Anges
14h30 : Concert de musique sacrée et cantiques de Noël
Chœur de chanteurs lyriques accompagnés
de Pascal Siankowski à la guitare ,
Virginie B usson au violon,
e t Clarisse A gram à la flûte à bec.
&
Marché de Noël
au profit des travaux d’étanchéité de la toiture du Monastè\
re.
17h30 : Entrée dans le 1 er dimanche de l’Avent
Chant des Vêpres avec les Moniales
Le 28 Novembre, à 14h30,
Commencer l’Avent en beauté
au Monastère Sainte -Marie des Anges
14h30 : Concert de musique sacrée et cantiques de Noël
Chœur de chanteurs lyriques accompagnés
de Pascal Siankowski à la guitare ,
Virginie B usson au violon,
e t Clarisse A gram à la flûte à bec.
&
Marché de Noël
au profit des travaux d’étanchéité de la toiture du Monastè\
re.
17h30 : Entrée dans le 1 er dimanche de l’Avent
Chant des Vêpres avec les Moniales
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Vie du diocèse
Ce temps fort annuel est un rendez-vous traditionnel, puisqu’il célèbre dep\
uis plusieurs
décennies, le travail mené par l’aumônerie nationale Antille\
s-Guyane auprès de
l’ensemble de nos compatriotes vivant dans l’Hexagone, mais aussi \
de tous ceux et
celles (institutions étatiques, religieuses, particuliers, associations) qui souhaitent
mieux accueillir, mieux connaître, accompagner, aider pour faciliter la rencontre.
Antillais et Guyanais de tous âges réunis autour de leurs évêques
le 11 novembre 2015
L
’aumônerie,
par sa mission,
répond à une
attente quotidienne :
former à reconnaître
l’autre et former à plus
d’amour, à s’élever de
plus en plus en frères et
sœurs en Christ.
En ce 11 novembre 2015,
en début de journée,
l’aumônerie nationale
a convié des représentants de
l’ensemble des membres de son
réseau à partager leur expérience
du terrain avec leurs évêques.
Ils sont venus des diocèses de
Strasbourg, de Lyon, Grenoble,
Orléans, Aix-en-Provence, Poitiers,
Marseille… et de tous les diocèses
de la région parisienne.
Cette richesse révélée fortifie
les uns et les autres dans leur
démarche d’être au service des
autres, pour un mieux-être qui nous
incite naturellement à reconnaître,
à notre niveau d’humain, la
bonté que chacun peut avoir en
lui et la bonté suprême de Dieu.
« Ensemble, vivons la Miséricorde »
est le thème sur lequel l’aumônerie
nous invite à réfléchir en 2015/2016,
pour nous aider à être artisans
de paix, facilitateurs de bonté, à
l’exemple du Christ.
Après ce temps de réflexion et de
partage sur l’implication de chacun
sur le terrain, notre journée s’est
poursuivie à l’église Saint-Sulpice
par le rassemblement des chrétiens
Antillais et Guyanais autour de nos
évêques.
En ouverture, un temps de louanges
et de témoignages, soutenu par
le groupe « Vie et Partage » de
Paris, a préparé les plus de 3 000
personnes présentes à accueillir la
catéchèse de Mgr Macaire sur le
thème
Chrétien et Engagement,
avant la célébration eucharistique
attendue de tous.
Cette messe concélébrée par nos
évêques de Martinique, Guade-
loupe, Guyane, accompagnés de
l’évêque d’Evry, Mgr Dubost, et de
Mgr de Dinechin, l’évêque référent
à la Pastorale des Migrants, nommé
récemment évêque de Soissons,
entourés de nombreux prêtres et
diacres venus d’Ile-de-France et
d’ailleurs, a été un moment fort
de cette journée nationale de notre
aumônerie. Que d’émotion ! Que
d’attentes, aussi ! Quel apaisement
d’entendre nos évêques nous dire
leur confiance et nous encourager à être des hommes et des femmes
connectés au Christ, nous encou-
rager à être des hommes et des
femmes actifs dans l’Eglise, des
citoyens chrétiens lucides !
Comment ne pas ressentir et
apprécier cette chaleur humaine,
entretenue par des chants qui nous
transportent jusqu’à nos terres
natales, afin de nous donner l’énergie
nécessaire pour poursuivre avec
force et détermination notre chemin
et notre travail d’évangélisateurs
dans cette Eglise de France ?
Dans le temps de catéchèse et
son homélie, Mgr Macaire a su
parler la langue de tous. Le «siwo»
était bienvenu pour nous faire
comprendre que communier en
Christ nous facilite une vie faite de
bonheur.
Que chacun puisse sucrer sa vie avec
le «siwo» que Dieu nous offre !
Rose-Marie Pastel, coordinatrice de
l’Aumônerie nationale Antilles-Guyane Crédit photo : Bruno Manuel
n
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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A
Rivière-Pilote, les habitants
du bourg ont été surpris
par la progression rapide
de l’eau qui a atteint, selon
certains, plus de deux mètres de
hauteur. Elle a tout envahi sur son
passage, provoquant l’effroi dans
la commune. Certaines personnes,
dont des commerçants, ont tout
perdu.
Père Philippon, Délégué épiscopal
à l’Information, a recueilli pour les
lecteurs de
Eglise en Martinique ,
le témoignage de père Wilfried
Bannais, curé de la paroisse de
Rivière-Pilote.
- Père Wilfried, comment avez-vous
vécu ces tragiques intempéries ?
Ce vendredi 6 novembre, nous
avions, comme chaque premier
vendredi du mois, adoration
eucharistique à l’église paroissiale ;
dès le retentissement de la sirène de
la Mairie, j’ai dû écourter le temps
de prière et j’ai fermé l’église. Très
vite nous nous sommes rendu
compte que nos deux cours d’eau
avaient quitté leur lit en envahissant
progressivement le bourg ; il a fallu
aider rapidement.
Ce sont les habitants qui ont été
les premiers surpris par l’ampleur
des inondations. Ce fut un moment
douloureux d’impuissance, car
nous étions désarmés. L’aide s’est
rapidement organisée en essayant
par exemple de coincer les voitures
pour éviter qu’elles ne soient
emportées. Nous avons aussi agi
pour venir en aide à la pharmacie
située près de l’église, nous avons
sauvé ce que nous avons pu. Nous
étions non seulement démunis,
mais également désemparés.
- Démunis, désemparés, mais
cependant remplis de foi ?
Avec la foi dans le Seigneur, nous
gardons la tête sur les épaules.
Grâce à la foi, nous ne laissons pas
la panique nous dominer tout en
reconnaissant que pour l’homme
surpris, battu, la première attitude
est la désolation. Que c’est triste de
reconnaître son impuissance face à
la montée rapide des eaux !
Que c’est triste de voir que le travail,
qu’on appelle le pain quotidien, est
parti dans l’eau avec les néfastes
conséquences qui s’ensuivent ; je
pense aux nombreux commerçants
du bourg qui ont tout perdu. La foi
permet de se relever certes, mais elle
ne répond pas à toutes les questions
même si Dieu est pour nous refuge
et force, secours toujours offert
dans la détresse. Mais, c’est aussi
cette foi qui se manifeste à travers
les coups de main, les élans de
solidarité, comme par exemple
l’entraide des pharmaciens venus
des communes voisines, pour aider
les pharmacies sinistrées.
- Enfin, quels seraient les besoins
immédiats de vos paroissiens ?
Tout n’a pas encore été répertorié,
toutefois à travers les visites que j’ai
effectuées, certains habitants ont
tout perdu. Aux différentes messes,
j’ai insisté auprès des fidèles pour
qu’ils restent attentifs aux appels
des frères et des sœurs qui crient
vers eux. A côté de cela, nous avons
sur le territoire paroissial la présence
caritative de la Conférence Saint-
Vincent-de-Paul qui est à l’œuvre,
avec d’autres solidarités, à l’initiative
de la Mairie. n
Société : Les risques naturels
La Martinique sous les eaux
Retour sur les intempéries du 6 novembre 2015
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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Le 6 novembre dernier, la Martinique a connu un phénomène
pluvio-orageux qui a fortement perturbé la vie quotidienne de ses
habitants. Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur l’île
ont, en effet, causé des dégâts considérables (circulation difficile,
débordements des cours d’eau, maisons inondées…). Le sud de\
l’île
a été particulièrement touché.
L’église Le cimetière
Des habitants dans le marché couvert envahi
par l’eau boueuse
P. Wilfried Bannais
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Q
uelle que soit leur récurrence,
ces aléas ont la particularité
d’être des événements
toujours vécus collectivement, mais
dont les incidences individuelles
sont parfois dramatiques. L’examen
des mécanismes de fonctionnement
de ces aléas, devrait nous éclairer
sur notre vulnérabilité, et mettre en
lumière l’écart qui nous sépare de la
résilience, c’est-à-dire des politiques
et comportements susceptibles de
réduire notre vulnérabilité. Ce texte
est donc un plaidoyer en faveur
de la résilience de la population
martiniquaise.
Ouragans et éruptions
volcaniques : des risques
«maîtrisés»
Les cyclones tropicaux sont des
dépressions atmosphériques qui
s’accompagnent de formations
nuageuses en spirale, à l’origine
de pluies torrentielles et de vents
violents.
Au cours des quatre derniers
siècles, les Antilles françaises ont
été affectées par 110 ouragans :
52 passèrent sur ou à proximité de
la Martinique et 58 sur l’archipel
guadeloupéen. Les plus terribles
– par leur puissance et les dégâts
engendrés – furent pour la
Martinique ceux du 11 octobre
1780 (9 000 morts), du 18 août
1891 (700 morts), du 25 septembre
1963 (10 morts et 50 blessés), du 20
août 1970 (44 morts et 23 blessés)
et du 29 août 1979 (30 blessés,
4 000 sans-abris).
Si le risque cyclonique fait véritable -
ment partie de la vie quotidienne
des populations antillaises, le risque
volcanique est beaucoup moins pré -
sent quoique plus meurtrier.
La Martinique et la Guadeloupe
sont toutes deux dominées par
un volcan : la montagne Pelée
en Martinique et la Soufrière en
Guadeloupe. La première s’est
distinguée en détruisant la ville de
Saint-Pierre en 1902 (29 000 morts)
et en 1929 (plus de 300 morts),
alors que la seconde connut une
crise majeure en 1976.
Ces deux édifices volcaniques
appartiennent au type péléen
(volcans gris). Il s’agit de volcans
explosifs, extrêmement dangereux,
qui n’émettent que peu de lave,
mais des nuées ardentes (il s’agit de
gros volumes de cendres, de vapeurs
d’eau, et de débris volcaniques,
portés à des températures variant
de 600 à 1 200 degrés, se déplaçant à
160-180 m/s environ, précédés d’un
souffle). C’est ce phénomène qui
explique l’arasement de la ville de
Saint-Pierre. Le souffle destructeur,
précédant la nuée, balaya tout sur
son passage, tandis que la masse
brûlante (de vapeurs d’eau et de
cendres incandescentes) paracheva
la destruction.
Si la récurrence des manifestations
volcaniques est bien moins
importante que celle des
manifestations cycloniques, il
n’en demeure pas moins que
l’activité volcanique a marqué
définitivement les mémoires. En
raison des moyens mis en œuvre
aujourd’hui pour surveiller ces aléas
(cycloniques et volcaniques), ces
derniers sont considérés comme
« maîtrisés ».
Eruptions volcaniques
sous-marines et tsunamis :
un aléa à ne pas négliger
L’arc des Petites Antilles compte
neuf volcans actifs ; parmi eux,
le
Kick'em Jenny présente un
intérêt particulier, car il s’agit
d’un volcan sous-marin, en cours
de croissance, qui a déjà connu
plusieurs éruptions. La question est
Société : Les risques naturels
Prendre conscience de notre vulnérabilité face aux risques naturels majeurs
A l’image des autres territoires insulaires caribéens, la Martinique est directement
concernée par les risques naturels majeurs : ouragans, éruptions volcaniques,
séismes, élévation du niveau de la mer, etc. font désormais partie du vocabulaire
quotidien des Martiniquais.
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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de savoir s’il constitue une menace
directe pour les populations. Le
Kick'em Jenny se situe au sud des
Petites Antilles, dans l’archipel des
Grenadines. Son sommet (situé à
130 m de profondeur) se localise à
9 km au nord de l’île de la Grenade
(95 000 habitants sur une superficie
de 344 km²) et à 5 km environ de
l’île faiblement peuplée de
Round
Island (151 hectares). L’île de la
Martinique en est distante de 230
km environ.
Le Kick'em Jenny est le seul
volcan actif immergé de la Caraïbe
insulaire. Il est entré en éruption
une douzaine de fois au cours des 75
dernières années (1943, 1953, 1965,
mai et août 1966, 1988, 2001…)
et a connu trois manifestations
subaériennes visibles (1939, 1974
et 1990).
Aujourd’hui, on redoute surtout
la formation de tsunamis liés à
une éventuelle éruption. Certains
journaux régionaux, notamment à
la Barbade, ont d’ailleurs entretenu
un climat de psychose, pendant
les périodes de crises éruptives,
en affirmant qu’une vague de
10 m pourrait, consécutivement à
l’éruption du volcan, frapper les
côtes antillaises et recouvrir des
régions habitées.
Sur le plan technique, un tsunami
peut en effet se produire ; il pourrait
concerner non seulement les îles les
plus proches, mais plus globalement
toutes celles de la Caraïbe orientale
et même la Barbade. D’ailleurs,
l’éruption de 1939 a déclenché une
série d’ondes – d’une amplitude
de 2 m environ – qui atteignirent
l’île de
Round Island , au nord de
la Grenade, ainsi que les côtes
de la Martinique, où des dégâts
matériels furent enregistrés :
clôtures arrachées, constructions
côtières endommagées, etc.
En définitive, la question d’un
tsunami induit par le réveil du
Kick'em Jenny reste d’actualité,
même s’il s’avère difficile d’apprécier
l’ampleur que pourrait avoir cet
événement.
Le télétsunami : un risque
médiatisé mais peu connu
Un télétsunami est une onde – de
forte amplitude – qui traverse une
masse d’eau océanique ; cette
onde est généralement mue par un
phénomène sismique. Au cours des
trois derniers siècles, la Martinique
et la Guadeloupe ont été frappées
à au moins cinq reprises par des
télétsunamis (le 1 er novembre
1755, le 30 novembre 1823, le 30
novembre 1824, le 26 juillet 1837, le
18 novembre 1867…), cependant,
tous n’ont pas été recensés, car la
mémoire collective n’a pas joué
et certaines surcotes marines ne
furent jamais identifiées, faute de
connaissances.
Le tsunami du 1
er novembre 1755
ayant été bien décrit en Martinique,
il s’avère nécessaire d’en donner
quelques détails : « Phénomène
arrivé à la Trinité à 2 heures après-
midi. La mer, sans grande agitation
et par la seule crue de ses eaux, était
montée sur la côte en peu de temps
à 2 pieds au-dessus des hautes
marées. On commençait à y faire
une légère attention, quand tout
d’un coup elle se mit à fuir vers le
large avec une telle rapidité, qu’en
4 minutes la moitié de l’espace qui
se trouve entre les bateaux, quand
ils sont mouillés, et le rivage fut
à sec ; c’est-à-dire environ deux
cents pas : les gens raisonnables
virent cette nouveauté avec une
sorte d’effroi ; quelques nègres
attirés par ce spectacle, se mirent
à courir imprudemment dans le
lit resté à sec, pour y prendre des
poissons qui y étaient échoués,
sans faire réflexion que la mer qui
s’était retirée si vite reviendrait
sans doute avec la même vitesse
et ne leur laisserait pas le temps
de se sauver. Quelques instants
après, elle revint en effet, mais les
nègres se sauvèrent, à l’exception
de deux ou trois qui y auraient péri
sans le secours d’un canot […] elle
enfonça les portes des maisons
quoique bien retenues au-dedans ;
les cafés qui s’y trouvaient furent
perdus, et quelques personnes ont
failli y être submergées ; la mer
a continué dans le même train
jusqu’à 6 heures du soir, mais
en diminuant […] » (Moreau de
Jonnès, 1822).
En réalité, la vulnérabilité de la
Martinique (face aux tsunamis)
résulte de deux types de facteurs :
la forte densification de son littoral,
et son exposition par rapport à
un tsunami venant des Canaries.
En raison de sa topographie
tourmentée, l’activité anthropique
de l’île de la Martinique s’est
prioritairement concentrée sur
sa frange côtière ; l’île est donc
fortement vulnérable, car son
potentiel économique et productif
s’offre totalement aux tsunamis,
et plus généralement aux surcotes
marines. Cela est à mettre en lien
avec la présence d’une chaîne de
montagne volcanique (Cumbre
Vieja) aux Canaries, dont l’un des
versants (flanc ouest de l’île de
La
Palma ) menace de s’effondrer,
favorisant la formation de vagues
– d’une amplitude de 3 à 7 m –
qui pourraient alors traverser
l’Atlantique et affecter l’archipel
antillais et les côtes sud-américaines.
Les travaux de R. Paris (CNRS)
indiquent que ce sont 20 à 50 km 3
de roches qui risquent de glisser,
toutefois cet effondrement ne
devrait pas se produire avant
plusieurs décennies. Autre élément
notable, la Cumbre Vieja se localise
à 8 000 km des Antilles, c’est-à-
dire qu’une dizaine d’heures
s’écouleront avant que la première
vague n’affecte les Antilles ; dans
ces conditions, il devrait être
possible d’évacuer des milliers de
personnes.
Les variations du niveau
de la mer
Avant la révolution industrielle
(1860), la teneur en gaz carbonique
(CO 2) dans l’atmosphère était
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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Société
estimée à 260-270 ppm (partie
par millions). Aujourd’hui, cette
teneur avoisine 400 ppm, et les
études prospectives indiquent qu’à
l’horizon 2060, cette teneur devrait
atteindre ou dépasser les 410 ppm.
La concentration de gaz à effet de
serre (gaz carbonique, méthane,
protoxyde d’azote, gaz fluorés,
etc.) dans l’atmosphère, bloque
les rayonnements infrarouges
émis par la terre, ce qui accroît la
température moyenne des basses
couches de l’atmosphère. Au
cours des 80 dernières années, la
température moyenne de la terre
a crû de + 0,85 degré Celsius et
les climatologues estiment qu’au
cours des 80 prochaines années,
la température devrait s’élever de
+ 1,4 à + 5,6 degrés Celsius. Il est
évident que dans ces conditions,
le niveau moyen des mers devrait
s’élever en raison de la fonte des
glaces polaires et de celle des
glaciers de haute montagne.
Pour tenter d’apprécier les variations
eustatiques (variations du niveau
de la mer) susceptibles d’affecter
les côtes antillaises, une analyse
prospective a été réalisée en partant
des données du GIEC (Groupement
Intergouvernemental sur l’Evolu-
tion du Climat) : en raison du
réchauffement global de la planète,
le niveau de la mer dans le bassin
Caraïbe s’élèverait annuellement
de 2 mm. En réalité, ce chiffre
est discutable, puisque certains
secteurs connaissent des variations
positives annuelles supérieures à
2,5 mm. Toutefois, en partant de
cette hypothèse, à l’horizon 2060
le niveau de la mer devrait s’élever
d’une dizaine de centimètres.
En propageant cette élévation
à l’échelle des côtes antillaises, il
apparaît qu’elles sont toutes très
vulnérables. Par exemple, les deux
tiers du littoral cubain devraient
être ennoyés, de même que toutes
les côtes basses des îles des Petites
Antilles ; l’intrusion marine devrait
même atteindre par endroit une
extension horizontale de plus de
500 m. En couplant cette élévation
du niveau de la mer – d’une dizaine
de centimètres – avec une surcote
marine liée au passage d’un ouragan,
tout le centre historique de Fort-de-
France devrait être ennoyé, ainsi
que de vastes espaces dédiés aux
activités industrielles et portuaires.
Il en est de même au niveau des
communes de Sainte-Anne, du
Marin, du François, du Robert
dont les marges côtières devraient
s’amenuiser fortement. D’après
certaines estimations, à l’horizon
2060, la Martinique pourrait perdre
deux dizaines de km 2.
Face à ce constat des mesures de
sauvegarde devraient être prises
rapidement. Si aux Etats-Unis,
au Japon et aux Pays-Bas, ces
questions animent les travaux des
centres de recherche depuis près
de deux décennies, aux Antilles les populations semblent découvrir le
problème…
Les séismes, les inondations,
les glissements de terrain sont
autant d’autres aléas auxquels
sont confrontées les populations
locales. Bien que nous ne
détaillerons pas leurs mécanismes
de fonctionnement ici, force est de
constater que la Martinique, et plus
généralement tous les territoires
antillais, vivent sous la menace des
risques naturels majeurs.
En Martinique, tous les risques sont
représentés – excepté le risque
d’avalanche – ce qui sous-tend une
double problématique : protéger
les populations, et aménager
durablement le territoire. Cette
double contrainte devrait servir
de fil conducteur aux politiques
et à ceux qu’ils mandatent pour
aménager et développer l’espace.
Vivre sous contrainte, oblige à faire
preuve d’ingéniosité, à revendiquer
certaines spécificités, mais ne doit
aucunement faire oublier que la
vulnérablité est bien le résultat de
l’aléa (le phénomène physique) et
de l’enjeu (les éléments exposés) ;
sachant que l’on ne peut que
modestement agir et interagir sur
l’aléa, il convient de tout mettre
en œuvre (en termes d’ingénierie,
d’actions de formations, etc.) pour
maîtriser les enjeux…
Pascal Saffache n
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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du vendredi 11 au dimanche 13 décembre 2015, au Couvent des Dominicaines de la Délivrande
17, rue de la Retraite, à Redoute (Fort-de-France).
Réparer, Rénover, changer le look de notre maison est notre objectif. Amis et futurs amis, avec votre aide si minime soit-elle,
nous y arriverons, alors VENEZ ! VENEZ ! et vous verrez, nous avons besoin de vous !
Sr Jean de Dieu, Responsable de la Communauté des dominicaines missionnaires de la Dé\
livrande
L’équipe «Lakou » de la pastorale de la culture de la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-
France vous invite à poursuivre la rencontre sur la fonction paternelle avec M
me Copol-Dobat,
psychologue, lors d’une conférence-débat organisée
le jeudi 26 novembre 2015, de 18h30 à 20h30, au presbytère de la cathédrale. Nous vous attendons nombreux.
GRANDE BRADERIE
CONFÉRENCE-DÉBAT DE LA RECONNAISSANCE DU PÈRE AUX ANTILLES Communiqués
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Vers le Père…
L
e frère Jacques Xavier Ziémé est décédé à Cachan (94) le 16 octobre 2015, à l’âge de 90 ans.
Né le 6 mars 1925 à Pelletier (Martinique 97), il a fait profession le 12 septembre 1951, à Piré-sur-Seiche.
Ses différentes affectations :
Martinique : Orphelinat de l’Espérance (1954-1987, Surveillant général) ;
France : Vence (1987-2005) et Chevilly (2005-2015, retraite).
Ses obsèques ont été célébrées le mercredi 21 octobre 2015, à 14h30 à Chevilly-Larue (94).
Entre dans la joie de ton maître !
De la Congrégation du Saint-Esprit, Province de France n
Frère Jacques Xavier Ziémé
ÉGLISE EN MARTINIQUE
du 22 novembre 2015 / n°511
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E GLISE EN M ARTINIQUE
Règlement à l’ordr\qe de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
É glise en Martinique
Boîte Po\btale 586 • \q97 207 FORT DE FRANCE CEDEX
MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 €
GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 €
Oui, je m’abonne !
Nom : ........................................................................\
.....................................................................................
Prénom : .......................................................................\
...............................................................................
Adresse : .......................................................................\
...............................................................................
Mail : .......................................................................\
..........................................................................................
Tél. .......................................................................\
........................... Code Postal .................................. Ville .......................................................................\
...........................................................................................
Dimanche 6 décembre 2015
L'écologie en Outre-mer
(titre provisoire)
Face à l’avenir sombre qui se dessine pour notre planète, les responsables politiques du monde entier
peuvent-ils encore intervenir ? La COP 21 tiendra-t-elle ses promesses, juguler le réchauffement climatique
qui semble inévitablement exponentiel ? La prise de conscience est unanime mais les comportements ont-ils
véritablement changé ?
De la Polynésie à la Guyane, de Saint-Pierre-et-Miquelon à Mayotte, l’Outre-mer est particulièrement concerné
par ces questions. Pour y répondre,
Dieu m’est témoin reçoit cette semaine Vaia Tuuhia, directrice de
l’association
4D , qui œuvre pour la promotion du développement durable, et Vanessa Miranville, maire de
la commune de
La Possession à La Réunion, qui a fait de sa ville, une ville verte. Nous verrons comment La
Réunion utilise les ressources du photovoltaïque pour son agriculture, allant même jusqu’à faire de l’écologie
solidaire dans le centre pénitencier de la Prison du Port. Nous verrons aussi à quel point la route est encore
longue dans la mobilisation politique ; nous irons en Guyane voir comment la municipalité forme la population
au tri sélectif. Nous serons également connectés à Gosier, en Guadeloupe où Marianne Aimar, de l’association
YGREC MER, éduque les enfants…
Medias
Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45, sur Martinique 1 ère. L’émission peut
se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
99.5 - 101.3 et 105,3 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
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Jésus mon Roi…
Seigneur Jésus,
Ta maison n’était pas un palais,
Tes amis n’étaient pas des puissants,
Ton pouvoir n’était pas dans la force,
Mais c’est Toi, le Roi de l’univers.
Seigneur Jésus,
Ta maison est celle de Dieu,
Tes amis sont les enfants de Dieu,
Ton pouvoir est l’amour même de Dieu,
Oui, c’est Toi le Roi de l’univers.
Seigneur Jésus,
Mets en moi le désir d’habiter ta maison,
Fais de moi ton ami le plus fidèle,
Donne-moi ton pouvoir d’aimer plus que tout,
Car c’est Toi, le Roi de l’univers.
