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N° 516 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 31 janvier 2016 Jésus, Salut pour toutes les nations

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Editorial A ujourd’hui, en ce 4e dimanche du temps ordinaire, il est question d’Amour. Dieu est Amour et veut le faire connaître aux hommes. Un amour qui, même s’il se porte sur tous, s’adresse à chacun en particulier. Aussi, nous pouvons faire des choses extraordinaires pour Dieu, mais sans l’amour, notre conversion ne peut être en vérité. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurai beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne sert à rien, nous dit Saint Paul. Par amour, les personnes consacrées ont tout abandonné pour marcher à la suite de Jésus. Elles manifestent le don d’amour q\ ue le Christ et l’Église se font mutuellement l’un à l’autre\ . Rendons grâce pour tous ceux qui ont répondu à l’appel du Seigneur ; ceux qui, inspirés par le don bouleversant du Christ, ont aspiré à l\ eur tour à lui donner leur vie. Les personnes consacrées sont signes que Dieu est tout et que nous ne\ sommes rien ! déclare Mgr Macaire. Ce 2 février, avec la fête de la Présentation de Jésus au Temple, l’Eglise universelle clôture également l’Année de la vie consacrée. Découvrons, dans cette édition, un bel article de père Jérô\ me intitulé : « Le moine et la vie consacrée ». Dans le cadre de l’Année Sainte de la Miséricorde, la présentation d’une nouvelle église jubilaire vous est présentée par père Phanor. C’est l’histoire de la Basilique Notre-Dame de la Délivrande du\ Morne-Rouge qui nous est contée. Par ailleurs, nous vous proposons l’intégralité de l’Homé\ lie de Mgr Macaire, à l’occasion du Jubilé des prêtres du diocèse, l\ e 8 janvier : «Le prêtre est le ministère de la Miséricorde »\ . L’icône de la Vierge de la Miséricorde poursuit son pèlerinage dans les églises et les familles… une source de joie et de paix pour ce\ ux qui l’accueillent. Grande nouvelle : selon un Décret de notre Archevêque, l’entrée en carême dans la Province ecclésiastique (Martinique, Guadeloupe et Guyane) peut recommencer le mercredi des Cendres. Les Evêques ont décidé donc de lever l’obligation de le célébrer le v\ endredi, hormis dans les lieux où le recueillement serait gêné par le carnaval, précise l’Archevêque. Espérons ce temps de carême avec joie, car c’est un rendez-vous\ que Dieu nous donne pour grandir dans notre foi, avec nous-mêmes, avec Lui et avec les autres. Un temps pour nous laisser réconcilier, par le Christ, avec notre Père miséricordieux. Pour nous aider à bien nous y préparer, Eglise en Martinique propose une réflexion pour les deux premières semaines. La suite vous sera\ livrée dans le prochain numéro… Que le Seigneur soit notre lumière en cette prochaine période de liesse carnavalesque ! Ayons à l’esprit que "Tout est permis ; mais tout n’édifie pas" (1Co 10,23). Justine Lordinot n DIRECTEUR DE LA PUBLICATION P. Luc Philippon, DEI REDACTRICE EN CHEF Justine Lordinot MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Ediprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la MartiniqueBoîte Postale 586 97207 Fort de France Cedex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr egliseenmartinique@orange.fr Editorial Mot de l’Evêque • Mais à quoi servent les « Bonnes Sœurs » ? Eglise universelle • Fête de la Présentation du Seigneur Journée mondiale de la vie consacrée • Journée mondiale de la vie consacrée • Le moine et la miséricorde Liturgie • Parole dominicale Année sainte de la Miséricorde • Homélie de Mgr David Macaire lors du Jubilé des prêtres du diocèse de la Martinique • La Basilique Notre-Dame de la Délivrande du Morne-Rouge • La Vierge de la Miséricorde • Agenda de l’Archevêque Questionnaire de carême • Montrer le visage miséricordieux Vie du Diocèse • Visites pastorales de Mgr Macaire : - aux Trois-Ilets… - à Sainte-Marie (bourg) - à Morne-des-Esses Dossier : "Tout est permis ; mais tout n’édifie pas" (1Co 10,23). Comment appliqueriez-vous cette citation de Saint Paul au prochain carnaval ? • Témoignages Vers la vie • Sœur Monique Baret • Sœur François de Saint Joseph Alphonse Médias numéro 516 S ommaire 2 2 4 numéro 516 SS ommaire N° 516 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 31 janvier 2016 Jésus, Salut pour toutes les nations 44 5 6 14 7 11 1616 1818 20 21 22 23 11 1313 13

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Mais à quoi servent les « Bonnes Sœurs » ? C e 2 février sera la clôture de l’Année de la Vie consacrée, mais aussi le Jubilé de la Miséricorde pour les personnes consacrées de notre diocèse. La fête de la Présentation de Jésus au Temple est traditionnellement un grand jour pour les personnes consacrées. On aurait aussi pu choi - sir le premier dimanche de carême. Car la vie consacrée, avant d’être un outil extraordinaire d’évangéli - sation, est avant tout un signe de l’attente. Tout consacré est un signe du Royaume qui vient ! Comme le dit Timothy Radcliffe (ancien maître de l’Ordre des Prêcheurs), les consa - crés sont un peu comme ces gens qui attendent le bus dans une ville qu’on ne connaît pas. Le simple fait qu’il y ait ces gens, ces habitués qui sont là à attendre le bus, est un signe que le bus va venir. Pour celui qui ne sait pas, qui a juste vu les horaires sur internet, cette présence le rassure et lui donne confiance. De même, celui qui a été catéchisé et qui a reçu le message de l’Evangile est conforté et encouragé dans sa foi par le signe qu’est chaque personne consacrée. Si la fête de la Présentation au Temple a été choisie, c’est parce que chaque protagoniste est un modèle de consécration : Marie présente le modèle du don de soi. Pleine de grâce, elle repré - sente la plénitude de la consécra - tion, ayant offert à Dieu, et à Dieu seul, son être entier, son âme, son corps et même ses entrailles ! Plus que tout autre, les consacrés de l’Eglise l’ont reçue comme modèle. En renouvelant radicalement leur baptême par la profession reli - gieuse, ils imitent Marie, la voie royale pour engendrer le Christ en ce monde pour toutes les nations. Joseph, humble et silencieux travail - leur, l’homme chaste qui a consacré son existence à être le gardien de Marie et de Jésus, représente fina - lement l’idéal de la vie consacrée et des vœux : sa pauvreté se confondait avec son humilité car son unique richesse était sa famille ; appelé de façon particulière à la chasteté et la continence, il manifesta ainsi son amour pour sa femme et son res - pect pour Dieu ; son obéissance l’a fait entrer dans la liberté des enfants de Dieu qui jamais ne regrettent de suivre la volonté divine. Siméon est le modèle d’une dimen - sion prophétique de la vie consa - crée qui n’a d’autre désir que Dieu, d’autre bonheur que d’être auprès de Dieu, d’autre attente que sa venue, d’autre espérance que sa présence. Telle est en effet la grande victoire de toute vie consacrée, au- delà des actions et des ministères multiples exercés par les personnes consacrées : voir le Sauveur, le mon - trer et le proclamer à toutes les nations. « Maintenant, Seigneur, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la Paix car mes yeux ont vu le Salut »… Enfin, Anne, la prophétesse, nous révèle la récompense promise à la fidélité tenace des personnes consacrées. Dans le temple, tous les jours depuis son veuvage, elle atteint l’âge de 84 ans (7x12) nous dit l’écriture. Une grande perfection d’une âme burinée par le temps au service de Dieu. Nous comprenons l’origine de ce regard si perçant qui lui a permis de voir en cet enfant le libérateur de tout le peuple, mais aussi l’autorité de son témoignage alors qu’elle parle à tout le monde de cet enfant ! Ainsi sont les consa - crés : la fréquentation assidue et quotidienne de la Vérité, leur mode de vie si particulier dans l’Eglise et dans le monde, donnent à leur témoignage une force et une puis - sance qui vient de Dieu ! Les personnes consacrées ne servent donc à rien. Elles sont ! Elles sont signes que Dieu est tout et que nous ne sommes rien ! + David Macaire Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 33 Mot de l’Evêque Les évêques de la Province Ecclésiastique (Martinique, Guadeloupe et Guyane) ont décidé de lever l’obligation de célébrer l’entrée en Carême le vendredi-après-les-Cendres. Cette pratique est toute- fois recommandée dans les lieux où le recueillement serait gêné par le Carnaval. (Voir le décret de l’Archevêque sur le site diocésain). Décret de l’Archevêque

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Journée mondiale de la vie consacrée ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 4 L a fête de la Présentation de Jésus au Temple, aussi appelée fête de la purification, est plus connue sous le nom populaire de Chandeleur . Ce nom, qui signifie « fête des chandelles », a pour origine la procession par laquelle débute la célébration. Par ce geste, nous nous souvenons que c’est par le titre « Lumière pour éclairer les nations païennes » (Luc 2, 32), que Siméon accueille Jésus lors de la Présentation au Temple par Marie et Joseph, quarante jours après sa naissance. Par ailleurs, la présentation de Jésus au temple, consacré selon la prescription rituelle de l’époque au Seigneur comme tout garçon premier né, annonce le don de Jésus par amour de Dieu et des hommes, et l’offrande suprême de la Croix. Cette journée a donc une importance particulière pour toute personne consacrée, qui, inspirée par le don bouleversant du Christ, aspire à son tour à donner sa vie et à tout abandonner pour marcher à sa suite. n Pourquoi une journée de la vie consacrée ? Lors de la première journée de la vie consacrée en 1997, Jean Paul II soulignait les trois buts de cette journée. Une journée placée en premier lieu sous le signe de l’action de grâce « parce qu’il est beau et juste de remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée, qui enrichit et réjouit l’Eglise par la multiplicité des charismes et le dévouement de tant de vies totalement données au Seigneur et aux frères ». L’objectif de cette journée est aussi de mieux connaître et apprécier la vie consacrée. « En contemplant le don de la vie consacrée, l’Eglise contemple sa vocation la plus profonde, celle de n’appartenir qu’à son Seigneur, soulignait Jean Paul II. La vie consacrée a pour mission prioritaire de garder vivante dans l’Eglise la forme historique de vie assumée par le Fils de Dieu quand il est venu sur cette terre ». Cette journée est enfin une invitation pour toutes les personnes consacrées « à célébrer ensemble et solennellement les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles. Pour cela elles sont conviées à réfléchir sur le don reçu, à découvrir, dans un regard de foi toujours plus pur, le rayonnement de la beauté divine diffusé par l’Esprit dans leur forme de vie, à prendre conscience de leur mission incomparable dans l’Eglise pour la vie du monde ». n Fête de la Présentation du Seigneur (2 février) Journée mondiale de la vie consacrée (2 février) Quarante jours après la naissance de Jésus, Marie et Joseph portèrent l’Enfant au Temple, afin de le présenter au Seigneur selon la loi de Moïse. Aus\ si l’Église célèbre-t-elle, le 2 février, la Présentation du Seigneur au Temple, qui clôture les solennités de l’Incarnation. Initiative de Jean Paul II en 1997, la journée de la vie consacrée a lieu chaque année le 2 février. Eglise universelle

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D ès le début de la règle de Saint Benoît, la miséricorde est intrinsèque à la vie d’un moine, comme elle doit être celle de tous les baptisés. Le moine ne se départit pas des autres membres de l’Eglise. Cependant, il choisit de vivre d’une manière plus intime la vie du Christ. En tant que moines, nous pensons que la miséricorde n’est pas un pieux sentiment de pitié, ni de compassion envers autrui, ni que la miséricorde soit un attribut que Dieu accorderait à ceux qui ont bien agi dans la vie, ni une grâce particulière que Dieu accorderait aux hommes repentis, mais en réalité, la personne du Christ comme précédemment décrit. Le moine est appelé à faire une expérience intime avec Dieu, pour montrer aux hommes, ses frères, ce que Dieu est de nature, en essence, c’est-à-dire, Amour. Saint Benoît nous dit : " Écoute, mon fils, les préceptes du Maître et prête l’oreille de ton cœur. Reçois volontiers l’enseignement d’un si bon père et mets-le en pratique, afin de retourner par l’exercice de l’obéissance, à celui dont t’avait éloigné la lâcheté de la désobéissance ". Dans la règle de Saint Benoît, la miséricorde commence par l’écoute et l’obéissance à la Parole de Dieu. C’est par l’écoute et l’obéissance à la Parole de Dieu que nous arriverons à faire de nouveaux progrès dans la connaissance de Dieu pour être touchés, et imprégnés de sa miséricorde. En vivant dans le monastère, le moine doit travailler, méditer pour atteindre cet état de perfection en Dieu. St Benoît compare le monastère à un atelier d’art spirituel où nous devons façonner notre âme, par l’écoute de la Parole, l’obéissance à Dieu dans l’amour du prochain comme Dieu qui est miséricorde et qui sans cesse nous prodigue son Amour. Au sein du monastère, Dieu nous remodèle dans une charité parfaite à l’image de son Fils qui est son reflet : à mesure que l’on progresse dans la voie religieuse et dans la foi, le cœur se dilate, et l’on court dans la voie des commandements de Dieu, avec la douceur ineffable de l’amour (Pr, 49). Nous sommes tous appelés à devenir des êtres miséricordieux, particulièrement le moine, qui par une méditation constante, parvient à la charité fraternelle, au sein du monastère que St Benoît qualifie d’école de formation spirituelle qui nous ouvre à la miséricorde divine. Dans sa démarche de conversion de ses propres passions, le moine parviendra, par la grâce de Dieu, à être Christifié par son Seigneur, et à aimer ses frères comme le veut le Christ. La miséricorde et le moine ne font donc qu’un dans l’esprit de St Benoît. St Benoît exhorte le moine de ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu, car seule la miséricorde peut l’aider et le soutenir, s’il viendrait à faillir dans ses bonnes résolutions vers la patrie et l’amour de son prochain. A ce titre l’exhortation est valable pour tous les baptisés. Père Thierry Jérôme, monastère de Terreville n Le moine et la miséricorde Conformément à la règle de Saint Benoît, la miséricorde r\ égit, du début de son engagement jusqu’à la fin de toute l’existence d’un moine, sa vie comme celle de tout baptisé. La miséricorde en réalité est le poumon de tou\ te vie chrétienne. De cette manière le moine est appelé à devenir ce que son maîtr\ e, le Christ, est de nature : l’amour, la bonté, le pardon, qui sont les fondements de la miséricorde divine. Journée mondiale de la vie consacrée Frère Thierry Jérôme lors de son ordination sacerdotale ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 55

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L a P arole D ominicale Dimanche 31 janvier 2016 Jérémie 1,4-5.17-19 • Psaume 70 • 1 Corinthiens 12,31 ; 13,1-13 • Luc 4,21-30 4 ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C N ous retrouvons Jésus au milieu de la Communauté de son village natal de Nazareth. Il y a huit jours, il y fai- sait la lecture du livre du prophète Isaïe, à la manière d’un laïc, et suivant son tour. Toutefois, il y a un plus par rapport au commun des laïcs : c’est lorsque, commentant le texte qu’il a lu, Jésus dit à ses compatriotes : « Cette Parole que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ». Jésus affirme ainsi qu’il est lui-même le Serviteur du Seigneur dont il est question dans le Livre Saint ; et que c’est dans sa Personne et dans sa Vie que s’accomplit ce que le prophète a dit. La Parole que Dieu dit – en empruntant le canal de la parole humaine – est la BONNE NOUVELLE et non une belle parole. Et il est possible, quand Dieu parle, qu’il manque de finesse et de courtoisie. Il n’y a qu’à voir et entendre comment s’expriment parfois des prophètes comme Amos et Osée. Il n’y a qu’à voir et entendre comment écrit et parle Jérémie à travers qui Dieu s’adresse à nous, en ce quatrième dimanche du temps ordinaire. Pensons à Jean-Baptiste, dernier prophète dans le temps, mais le premier dans les rangs. Pensons aux apôtres que l’on dit prophète de la nouvelle Alliance, dont Paul qui lui aussi s’adresse à nous en ce jour, à travers les chrétiens de Corinthe. La Parole que Jésus porte, comme tous les prophètes dont il est le modèle, c’est la Parole du Seigneur, la BONNE NOUVELLE que nous distinguions il y a un instant de nos belles paroles. Autrement est la Parole de Dieu qui bouscule les hommes, afin de les remettre sur le chemin de conversion. Pour mener les siens à la conversion, Jésus tentait de leur faire comprendre que Dieu ne parle pas que pour eux, mais qu’il parle et agit aussi à l’adresse et à l’intention des étrangers et des païens. Pour eux, c’était le mot de trop, le mot qui a changé leur fierté en dépit et leur réserve en adversité. Seulement voilà encore ! C’est souvent un petit mot de trop que l’Evangile apporte, parce que Dieu veut toujours que nous fassions un pas de plus. Autant il est vrai que le disciple n’est pas plus grand que le maître, les prophètes venus annoncer Jésus n’échapperont pas aux oppositions de leurs frères. C’est ce que Jérémie comprend (Jr 1,4- 9), quand le Seigneur l’appelle et lui dit : Avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les peuples. Lève-toi, tu prononceras contre eux tout ce que je t’ordonnerai. Ne tremble pas devant eux, sinon, c’est moi qui te ferai trembler devant eux… Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer. Parole du Seigneur. Que l’Eglise du Seigneur, issue de ses apôtres, s’attende aujourd’hui à des réactions hostiles à ce qu’elle dit. Qu’elle s’attende à recevoir, des uns, le reproche d’être d’opposition, et des autres, celui d’être à la solde de l’Etat. Ceci n’est pas pour encourager les chrétiens à une fausse neutralité. Car s’ils veulent être neutres (en fait ils ne pourront jamais l’être), s’ils veulent paraître neutres, ils seront infidèles au Seigneur qui jamais ne s’enferme dans la neutralité. Dieu prend position pour que tout homme ait droit à la vie, soit en possession de tous les moyens d’acquérir la dignité d’être à l’image de Dieu. Voilà pourquoi l’Eglise que nous sommes ne doit pas avoir peur de dire à tous les hommes des paroles auxquelles ils ne peuvent pas s’attendre. P. Claude Anglio, Curé du Diamant n Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 6

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Année sainte de la Miséricorde ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 7 ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 77 « Huissier des œuvres divines » Vous avez entendu ce que Jésus dit à cet homme qu’il vient de purifier : « Va donc te montrer aux prêtres »… « Va te montrer aux prêtres » ; comme si le prêtre jouait un rôle essentiel dans le processus de purification… Il s’agit là pourtant des prêtres de l’ancienne alliance, des prêtres du temple de Jérusalem qui ne sont pas les prédécesseurs des prêtres que nous sommes, chers frères, en tout cas, pas directement. Notre mission est différente, et même très différente puisqu’elle a pour origine le ministère du seul grand prêtre ! Celui qui vient du sacerdoce de Melchisédech, qui vient de Dieu et qui est Dieu. Celui qui est, en ce moment même, le seul prêtre qui intercède et qui accompli la sanctification de l’humanité toute entière. Le sacerdoce dont parle Jésus n’était que la préfiguration du vrai et grand sacerdoce. Et pourtant, ces prêtres-là ont l’air d’avoir une très grande importance pour Jésus : cet homme vient d’être purifié, personne n’avait besoin de venir attester ce que Jésus fait et pourtant il envoie l’ex-lépreux se montrer aux prêtres. « Va te montrer ! » Parce que le prêtre est là pour dire, pour attester la « Vérité » (un peu comme nous disons en Martinique lorsqu’on affirme quelque chose et qu’elle est attestée par un évènement ou une personne extérieure : « Ah, la vérité ! »… avec une accentuation sur le "vé" de vérité.) Et bien Jésus confirme la vocation des prêtres d’être, en quelque sorte, « les huissiers » des œuvres divines. Ils vont constater le miracle, constater l’œuvre de Dieu face au peuple, face au monde. Le prêtre est en quelque sorte assermenté pour dire : « oui, Dieu agit là ». Et c’est important, car on a entendu dans l’épitre de Saint- Jean, comment le rapport que nous avons avec le témoignage va déterminer notre entrée dans la vie éternelle. En effet, celui qui croit au témoignage de Jésus, qui croit à Celui dont Il est le témoin – car Jésus qui seul a vu le Père, qui seul est le Verbe qui était tourné vers Dieu et qui était Dieu – celui donc qui croit au témoignage entre dans la vie éternelle. Celui qui ne croit pas au témoignage fait de Dieu un menteur, il est damné car il rejette l’amour miséricordieux de Dieu. Donc voilà que Dieu confère une mission capitale au sacerdoce, au sacerdoce d’hier et au sacerdoce d’aujourd’hui : la mission d’être témoin, témoin patenté, officiel, privilégié, autorisé des œuvres de Dieu. C’est en cela d’ailleurs que nous tous par notre baptême nous sommes « prêtres ». « Celui qui touche Dieu et qui touche les hommes » Nous sommes aussi Prophètes et Rois : Le prophète c’est celui qui va parler dans ce monde. Et sa parole, son attitude, sa façon d’être, ses gestes, les signes qu’il va poser, vont être des paroles, des attitudes, des gestes, des signes, qui vont parler de Dieu, qui vont manifester ce que Dieu dit à ce monde, sa parole et sa volonté. Le roi, c’est celui qui dans son agir quotidien, dans son métier, dans son ministère de père, de mère de famille, dans tous ses ministères, dans tout ce qu’il fait dans ce monde, va agir dans la Miséricorde et dans l’amour de Dieu pour, si j’ose dire, fabriquer de l’amour dans ce monde. Mais le prêtre… le prêtre c’est celui qui est tourné vers Dieu et vers les hommes, pour porter vers Dieu la vie des hommes. Quand un prêtre monte à l’autel, c’est au nom du sacerdoce de tous les fidèles, le Homélie de Mgr David Macaire Jubilé des prêtres du diocèse de la Martinique Vendredi 8 janvier 2016 – Cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France Evangile : Luc 5, 12-16 Le Prêtre est le ministre de la Miséricorde

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 8 Année sainte de la Miséricorde sacerdoce royal de tous ceux qui intercède pour le monde. A travers les prêtres ici rassemblés c’est toute la Martinique, toutes les paroisses de l’île, et finalement toutes les communes, c’est-à-dire aussi bien ceux qui vont à la messe que ceux qui n’y vont pas, ceux qui sont catholiques et ceux qui ne le sont pas, qui sont représentés. Parce qu’à travers ces hommes que Dieu a appelés, que Dieu a choisis, que Dieu a placés parmi nous, ce sont toutes nos prières, toutes nos intentions, tout le bien de notre vie, qui montent vers Dieu comme un encens, comme une prière et que Dieu reçoit par le sacrifice de nos mains, de leurs mains. Le prêtre est donc au milieu des hommes, choisi pour monter vers Dieu. Comme finalement chacun des fidèles aussi, est choisi pour faire monter la prière de son entourage, de ses voisins et même de ses ennemis vers Dieu dans sa prière personnelle, dans ses sacrifices personnels. Mais les prêtres sont choisis comme ministre du sacerdoce commun, pour porter nos offrandes à l’autel comme un signe visible des grâces invisibles, par les sacrements. C’est le prêtre qui est donc choisi pour attester que cet homme est bien guéri. Le prêtre va être aussi tourné vers les hommes au nom de Dieu pour aller toucher les hommes, il touche le Corps du Christ à la messe, mais il touche les hommes dans les sacrements. Il faut le faire de toucher un lépreux ! Il ne s’agit pas simplement de regarder de loin, et de dire « ok, tu es guéri de ta lèpre ». Le prêtre devra s’approcher de lui, avoir, comme dit le pape François, l’odeur des brebis. Le prêtre, les prêtres sont ceux qui vont vers le peuple au nom de Dieu. Car il ne s’agit pas simplement de monter à l’autel au nom du peuple qui, par sa prière, conduit le prêtre à porter le sacrifice du Christ au nom des sacrifices de tous les fidèles, il faut aussi redescendre de l’autel pour aller vers le peuple, pour aller jeter les filets du Seigneur, pour annoncer la miséricorde, l’année de bienfaits… pour être, oui mes pères, pour être le visage de la Miséricorde de Dieu dans ce peuple qui en a tant besoin ! Jésus l’a voulu, même pour les prêtres de l’ancienne alliance (et c’est un signe pour nous d’avoir cet évangile en ce jour de notre Jubilé) : le prêtre est celui qui va s’approcher du lépreux, le toucher et comme pour achever la guérison, attester de la grâce qui ne vient que de Dieu, et de Dieu seul, que de Jésus et de Jésus seul, qui est le seul Seigneur, le seul prêtre, le seul Dieu. Le prêtre est là comme l’instrument final qui touche et témoigne. « A la fin de l’envoi, disait Cyrano, je touche », eh bien Dieu, à la fin de ses grâces, nous fait être touchés par un prêtre. « De la misère à la Miséricorde » Nous tous au cours de cette retraite avons été touchés par un de nos frères prêtres qui nous a donné le sacrement de réconciliation, vous et moi. Le prêtre est donc celui qui est passé de l’état de misère à l’état de Miséricorde : c’est un misérable comme nous tous sommes misérables. (Car Dieu, dit saint Paul, a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde (Romains 11,32) Misérable est le prêtre, misérable comme tous les hommes pris au milieu des hommes, mais pour devenir, non pas simplement quelqu’un qui expérimente, qui a fait l’expérience de la miséricorde, mais un miséricordieux, un professionnel de la miséricorde en tout temps, en tout lieu. On n’est pas prêtre de 8h à 17h, on n’est pas prêtre 35h par semaine ; on est prêtre toute sa vie, parce que tout en nous a été comme modifié par la grâce, par l’imposition des mains de l’évêque qui a fait de nous un prêtre. Toute notre vie, nos jeunes années, nos années de maturité, nos vieilles années, tout est devenu miséricordieux, sacrement de la Miséricorde de Dieu.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 9 C’est vrai que les fidèles nous en demandent beaucoup, c’est vrai que Dieu Lui-même nous demande beaucoup. Mais Dieu a raison et les fidèles aussi ont raison, parce que « Celui qui a beaucoup reçu, il lui sera beaucoup demandé ». Nos fidèles ne peuvent pas nous demander d’être Dieu, ils ne peuvent pas nous demander d’être surhumains, mais ils doivent et peuvent, comme tous les enfants de la terre, nous demander de répondre à l’appel que Dieu a posé sur chacun d’entre nous. Ils peuvent et ils doivent nous demander de répandre sur eux sans limite les grâces dont Dieu nous a fait les instruments. Les fidèles et le monde ne nous pardonnent pas nos écarts, nos manques de charité. Les fidèles et le monde ne nous pardonnent pas nos manques d’amour ; ils savent que nous sommes pécheurs, que nous sommes, comme eux, misérables, mais ils veulent voir en nous les effets non pas de nos propres efforts ou de nos propres qualités, ils veulent voir en nous les effets de la Miséricorde de Dieu. Notre vie qui a épousé notre ministère est, pour le monde entier, chrétien ou pas, catholique ou pas, un signe immense de cette Miséricorde de Dieu. Nous sommes les témoins de cette Miséricorde. Témoins privilégiés : Tant d’âmes ont été lavées par notre ministère alors que nous ne sommes rien. Tant d’âmes ont reçu le Corps du Christ par notre ministère alors que nous ne sommes rien. Tant d’âmes ont été plongées dans la mort et la résurrection, ont été ressuscitées dans le saint baptême par notre ministère alors que nous ne sommes rien. Mais toutes ces âmes veulent voir dans les prêtres, en sachant bien qu’ils sont misérables, un signe aussi de la Miséricorde. « Marie nous montre comment être signe » C’est pour cela que les prêtres ont besoin de la prière, l’intercession de la Vierge Marie, la mère des prêtres, la reine sacerdotale. Elle n’était pas prêtre, elle n’a pas servi à l’autel, Marie, mais elle était la femme sacerdotale qui offre son Fils au pied de la croix comme chacun d’entre nous, chaque jour, offrons le Fils au pied de l’autel. Nous avons besoin de la regarder, nous les prêtres, parce que le regard que le peuple de Dieu porte sur nous ressemble un peu au regard qu’il porte sur elle. Et c’est pour cela que Marie a un regard privilégié sur chacun d’entre nous, prêtre, parce que nous donnons au monde le Corps de son Fils issu de sa chair. Parce que, elle aussi, est une sauvée, une graciée qui a reçu cette mission dans le monde d’être signe de la grâce. Par le privilège de son Immaculée Conception, Marie nous montre, à nous prêtres, comment être un signe de la grâce : nous avons reçu la grâce de la conversion, de la Miséricorde, c’est à nous, encore une fois, que Dieu donne d’être les huissiers, les « constatateurs », les témoins si vous préférez, de ses œuvres dans le peuple de Dieu. Témoins privilégiés, exigences privilégiées aussi : Le Seigneur et le peuple de Dieu finalement nous demandent d’être crédibles. Crédibles parce que le témoignage que nous portons est trop important pour la vie des fidèles et pour la vie de ce monde. Notre témoignage, nous l’avons entendu dans saint Jean, dont nous sommes responsables en ce monde, est celui qui sauve le monde. C’est le témoignage qui va diviser à la fin des temps les brebis et les boucs, ceux qui auront entendu, cru, adhéré au témoignage de Jésus Christ et ceux qui lui auront tourné le dos. Notre devoir est donc, non seulement d’être des témoins crédibles, mais des témoins permanents. Etre toujours là, être présents jusqu’au bout et jusqu’au bout de nos forces. Sans le prêtre, sans les prêtres, on peut connaître Jésus Christ, on peut le rechercher, on peut adhérer à sa doctrine, mais cette adhésion court le risque de n’être qu’idéologique ou passagère. Pour adhérer au Christ, les hommes ont besoin d’un socle objectif, de quelqu’un qui vient attester ! Dans l’Ecriture il y a besoin d’un témoin, d’un ou deux témoins pour attester d’une vérité. Le prêtre, à l’image de Marie, est donc celui qui est choisi comme phare : Il indique la terre ferme de l’Evangile du Christ à ceux qui sont perdus dans l’océan des doctrines et risquent que de faire naufrage sur les écueils des idôles de ce monde.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 10 Année sainte de la Miséricorde « La Miséricorde a fait le prêtre pour que le prêtre fasse Miséricorde » Pour finir, reprenant cette formule célèbre : « l’Eglise fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Eglise ». Je dirai que le prêtre fait Dieu devenir corps sur l’autel et le prêtre fait le Corps du Christ devenir Dieu. Mes pères, mes frères, mes fils, telle est notre vocation suprême : Faire venir Dieu dans ce monde ; Faire Dieu devenir corps et faire le Corps du Christ, le peuple de Dieu, nous avec, devenir Dieu. C’est-à-dire être sanctifiés, être divinisés, être rayonnants de la beauté de Dieu. Nos imperfections, nos faiblesses, nos péchés eux-mêmes deviennent rayonnants, éclatants de lumière lorsque cette Miséricorde et ces grâces sont déversées sur nous par notre ministère. Certes, l’Eucharistie fait l’Eglise et l’Eglise fait l’Eucharistie. Oui le prêtre fait Dieu devenir Corps et le corps devenir Dieu… Mais on peut dire aussi que la Miséricorde a fait le prêtre pour que le prêtre fasse Miséricorde. Sans la miséricorde de Dieu, mes frères, nous serions peut-être, pour certains d’entre nous, de grands hommes, de grands professeurs, ou de grands artisans, de grands agriculteurs, certains d’entre nous seraient peut-être aussi de grands pécheurs, des… pauvres types. Mais la Miséricorde de Dieu nous a fait prêtres. Cela nous dépasse complètement, cela nous envahit à chaque instant quand on y pense. On se lève le matin, on est comme tout le monde et on se rend compte, à cause ou plutôt grâce au peuple de Dieu et grâce à Dieu qui nous attend, que nous sommes porteurs de cette grâce dont nous avons été les premiers bénéficiaires. La Miséricorde donc a fait des prêtres pour que les prêtres puissent faire Miséricorde. L’évènement qui se passe aujourd’hui en ce jubilé des prêtres, est un jubilé qui concerne chaque fidèle, qui concerne chaque Martiniquais, chaque personne qui va passer dans ce pays, parce que les prêtres, nous le savons, c’est pour cela qu’ils sont célibataires, ont épousé le peuple de Dieu. Ce qui se passe, c’est une fête pour les époux de façon à ce que l’épouse, l’Eglise, la Sainte Eglise, se réjouisse que son époux donne à ses fils prêtres d’être plongés dans sa Miséricorde… Un peu comme le pain au beurre est plongé dans le chocolat le jour de la première communion. Eh bien, Dieu se réjouit et « le plat », notre ministère, notre vie, notre être entier va être servi au cours de ce jubilé de la Miséricorde. Il va être mangé et il est là pour être mangé. Car on ne peut pas dire, mes pères, chaque jour à la messe : « ceci est mon corps prenez et mangez, ceci est mon sang prenez et buvez » et demeurer totalement étanche aux paroles que nous prononçons. C’est bien le Corps du Christ qui est mangé, le Sang du Christ qui est bu, mais c’est aussi un peu notre vie qui est donnée sur l’autel ! Nous les prêtres, si nous sommes appelés à faire Miséricorde à longueur de jour, à longueur d’année, à longueur de vie, c’est parce que Dieu nous a fait Miséricorde. Célébrons dans la paix et dans la joie cet instant, goûtons à pleine dent ce bonheur d’être baigné à nouveau dans la Miséricorde du Seigneur. Oui la Miséricorde nous a fait prêtres et nous faisons Miséricorde. Amen ! n

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 11 La Basilique Notre-Dame de la Délivrande du Morne-Rouge L e 27 décembre dernier, Mgr David Macaire invitait toutes les familles de notre diocèse à s’y rassembler pour célébrer la fête de la Sainte Famille, mais aussi pour l’ouverture de la porte jubilaire de ce sanctuaire. Plus d’un millier de pèlerins venant de toute l’île ont participé avec joie et ferveur à cette célébration, et à tout le programme proposé par la pastorale familiale, dans la salle du Millénium. L’après-midi de ce même jour, parents et enfants ont pu vivre des moments de partage, de prière, de jeux et de chants. Ce haut lieu de prière est connu de tous les chrétiens de Martinique, qui y viennent en pèlerinage chaque année au pied de leur sainte patronne, Notre-Dame de la Délivrande. En effet, il n’est pas de région au monde aujourd’hui où il n’y ait un sanctuaire de la Mère du Christ, la Vierge Marie… Son rayonnement s’étend tantôt sur tout un pays, sur une province, ou un simple village ; et c’est ici, au Morne-Rouge que Notre-Dame fut installée. Ce fut le premier Evêque de la Martinique, Mgr Le Herpeur, qui créa le pèlerinage de Notre-Dame de la Délivrande. En 1850, le père Le Herpeur, originaire de Normandie, est choisi comme premier Evêque de la Martinique, et s’embarque à Brest. Au cours de la traversée, il essuie une violente tempête qui menace de couler le navire (Voir bas-relief sous la statue) ; il fait le vœu de consacrer son nouveau diocèse à N.D. de la Délivrande, vénérée en l’ancien, s’il en sort sain et sauf. Il installe, à Saint- Pierre, le siège épiscopal. Guidé par son cheval, selon une célèbre légende, il choisit le Morne-Rouge pour construire un sanctuaire. La statue est commandée et elle est intronisée dans le sanctuaire en 1853. 10 août 1886, inauguration d’un orgue de la facture Henri Didier, la cérémonie était présidée par Mgr Carméné. L’organiste de Fort- de-France, Charles Pornain, était aux claviers et eut l’occasion de réjouir l’assistance en jouant des œuvres d’Alexandre Guilmant, de Charles-Marie Widor, de Camille Saint-Saëns et de Théodore Salomé. L’église et l’orgue furent détruits par un cyclone en 1891. Noël 1862 : Marie Anne Jacques Laure Sabes, née le 25 juillet 1841 à Saint-Pierre (Martinique), dans une famille issue de la bourgeoisie française, émigrée sur l’île depuis 1789, fait une surprenante conversion spirituelle, au pied d’une statue de la Vierge, dans le célèbre sanctuaire de Notre- Dame de la Délivrande. Elle décide alors de consacrer sa vie au Christ, après avoir fréquenté les soirées mondaines et autres extravagances bourgeoises de l’époque. Impressionnée par la société esclavagiste, Laure prend la mission de venir en aide aux indignés, aux migrants et aux plus pauvres. C’est ainsi que le 2 février 1868, elle fonde avec quelques compagnes, une nouvelle Congrégation : les dominicaines missionnaires de Notre- Dame de la Délivrande. C’est alors la première fois qu’une congrégation religieuse Contrairement à ce qui avait été annoncé dans le précé\ dent numéro, nous restons dans le district du Nord Caraïbe. En quittant la cathédral\ e Notre-Dame- de-l’Assomption de Saint-Pierre, nous nous dirigeons vers la Basiliqu\ e Notre- Dame de la Délivrande, dans la belle commune du Morne-Rouge.

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Année sainte de la Miséricorde ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 12 est composée de membres de couleur. Laure prend comme nom de religieuse : Marie de la Providence. Elle deviendra par la suite la première supérieure générale de sa fondation. 8 décembre 1868 : couronne- ment de la statue N.D de la Délivrande ; le Saint-Père Pie IX donne et bénit de ses mains les deux couronnes. Le 8 décembre devient la fête de la paroisse, sous le vocable de l’Immaculée Conception (un vitrail à droite dans le chœur commémore cet événe- ment). Depuis son installation au Morne-Rouge, la Vierge Marie intercède tout particulièrement sur son village, secoué plusieurs fois par des catastrophes : 18 août 1891, un terrible cyclone s’abat sur la Martinique. Le Morne- Rouge est dévasté, mais la statue de la Délivrande reste debout sur son socle, au milieu des débris de toutes sortes. 30 août 1902 : une éruption volcanique de type Nuée Ardente s’abat sur le Morne-Rouge ; le village est presque entièrement anéanti, mais le sanctuaire, bien que couvert en essentes en bois, demeure intact au milieu de l’incendie. Il sert de refuge aux nombreux péléens venus se précipiter à l’église. Le père Mary, curé de la paroisse accourt aussi et donne les sacrements. Un ultime fidèle, particulièrement mécréant frappe à la porte de l’église. Le père Mary lui ouvre, et c’est alors que le père sera brûlé par la nuée ardente. Il dira : « je suis le dernier brûlé ». Effectivement, le volcan se calmera ensuite. Le père Mary a continué de confesser, aux pieds de la statue de NDD, puis les secours l’ont évacué à l’hôpital, en passant par Fond Saint Denis, col de Yang-Ting. Il mourra quelques jours après à Fort-de- France – hôpital Gallieni – des suites de ses brûlures (un vitrail au fond de l’église est inspiré de cet événement). Des vols sacrilèges furent alors commis (vases sacrés, cloches, confessionnaux, orgue, carrelage) par les gens qui vinrent récupérer toutes ces choses, en ce sanctuaire vide au milieu d’un village abandonné de tous. Comme en 1891, la statue de Notre-Dame et une grande partie du sanctuaire demeurent intactes au milieu de l’embrasement général. Cette dernière est alors transportée à Fort-de-France, paroisse de Redoute. En mémoire de cette journée tragique, le pèlerinage diocésain fut fixé au 30 août. C’est le jour où des milliers de Martiniquais viennent vénérer Marie, faisant ce jour-là du Morne- Rouge la Capitale Mariale de l’île. En 1907, le Père Wechter fut chargé de la reprise de la paroisse, ainsi que de la restauration de l’église et de la paroisse. Le 26 novembre 1912, la statue est de retour au Morne-Rouge, avec grandes liesses populaires, selon la volonté de Mgr Malleret, et l’inauguration eut lieu le 15 décembre Depuis, la fête du 30 août demeure le plus grand pèlerinage diocésain. 14 janvier 1920 : Sa Sainteté le Pape Benoît XV a déclaré et constitué la Bienheureuse Vierge Marie Libératrice, Patronne principale du diocèse de la Martinique. Désormais, la Martinique est sous le patronage de la Vierge de la Délivrande, et tous les Martiniquais sont heureux de se proclamer ses enfants. Elle les conduit assurément vers son Fils Jésus-Christ. 1922 : un orgue de la facture Henri Didier, provenant de la cathédrale de Fort-de-France, y a été installé (à l’occasion de la pose de l’orgue Mutin à la cathédrale). Le buffet porte encore des marques de chauffe (stigmates d’un incendie ?). Cet orgue a ensuite été transformé par la Maison Laval-Thivolle, avec la pose d’une peinture grise industrielle sur la façade, et le remplacement de la soufflerie par un réservoir à charge flottante. La restauration de cet instrument par Sébastien Fohrer, en 2010, a nécessité de nombreuses heures de travail. Cet instrument est, selon les experts, rare et désormais classé par le patrimoine. Aujourd’hui, la paroisse est administrée par un curé-recteur, le père Josef Nowak, originaire de Pologne, qui entend poursuivre les initiatives commencées par son prédécesseur, l’abbé Patrick-Alexis Phanor, à savoir : depuis 2011, les nuits des sentinelles, (nuit d’adoration autour d’un thème et animée par les différentes pastorales diocésaines), les pèlerins d’un jour (une journée de pèlerinage au Sanctuaire avec différents temps forts et débutant par l’Eucharistie), le pèlerinage diocésain vécu sur tout le temps de la neuvaine à Notre-Dame de la Délivrande, avec différents pèlerinages avec les pastorales diocésaines. Il entend mettre en valeur la chapelle du Sacré-Cœur construite après l’éruption en souvenir d’une apparition du Christ quelque temps avant l’éruption de 1902. Ayant reçu l’agrément de l’Archevêque, l’Adoration perpétuelle y sera vécue très bientôt. Homme au grand cœur, très ouvert, et pétri de la spiritualité de la Miséricorde Divine, le père Josef Nowak est disponible durant cette année jubilaire pour l’accueil des pèlerins de passage, ou pour toute demande des uns et des autres pour des pèlerinages paroissiaux ou de mouvements. Dans notre prochain numéro, en redescendant par la route de la Trace, nous nous arrêterons à la Basilique du Sacré-Cœur de Balata. Patrick-Alexie Phanor Délégué épiscopal, Pastorale Sanctuaires n

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 1313 La Vierge Pèlerine M. Gisèle De sa sortie de la voiture, jusqu’à son installation, nous avons accueilli la Vierge pèlerine par le chant « Chez nous soyez Reine ». Les invités, amis et parents (une trentaine de personnes de tout âge) ont débuté ce temps de prières selon le déroulement proposé : chants, prière, partage de la parole : Luc 15,11-32 ; le fils prodigue et Luc 6,27-35 : l’amour des ennemis. Echange fructueux, mettant en évidence l’amour gratuit que Dieu nous donne, et sa miséricorde infinie qu’il fait agir en nous pour que nous soyons des miséricordieux à notre tour. Du mercredi 6 décembre à 18h, au jeudi 7 décembre à 17h, la chaine de prière ne s’est pas interrompue. Cela a été une très grande joie d’accueillir chez moi « la Vierge de la Miséricorde », une joie doublée d’une forte émotion. « Le Reflet du cœur de Dieu », « Marie Pleine de grâce » qui s’est invitée en mon humble demeure. Quelle grâce que Dieu m’a faite en ce début d’année !!! Pour tous ceux qui ont répondu à l’invitation de Marie, notre Mère, qu’ils gardent dans leur cœur la paix, la joie et la sérénité qu’ils ont reçues pour vivre pleinement la miséricorde de Dieu durant cette année jubilaire. Témoignage… Mardi 2 février, au Monastère de Terreville : Messe à 10h : Jubilé de la vie consacrée pour tous les religieux et religieuses du diocèse Mercredi 3 février : - Visite pastorale de Marigot - 18h : Catéchèse de l’Evêque à l’église Emmaüs Vendredi 5 février : - Equipe de rédaction d’ Eglise en Martinique - Bellefontaine, 18h30 : messe et pose d’un tableau de la Divine Miséricorde Samedi 6 février : 8h30 : Confirmation au Morne-Rouge Dimanche 7 février, - 9h : Messe paroissiale au Marigot - 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint- Louis Lundi 8 février : - Séminaire d’évangélisation au Palais des sports du Lamentin - Séminaire d’évangélisation au Millenium du Morne- Rouge Mercredi 10 février (Mercredi des Cendres) : - 9h : Messe des Cendres au monastère Sainte-Marie- des-Anges (Bout-Bois, Carbet) - Séminaire d’évangélisation au Millenium du Morne- Rouge Pas de catéchèse à Emmaüs Vendredi 12 février : Messe pour les malades à l’Hôpital Pierre Zobda-Quitman Samedi 13 — dimanche 14 février : A l’Espérance, week-end de préparation au mariage pour tous les fiancés du diocèse : « Tout ce qu’il faut savoir avant de se marier » (ACPM) Dimanche 14 février : - Messe à l’Espérance : Jubilé des fiancés - 15h : Appel décisif à la cathédrale Saint-Louis - 17h : Vêpres solennelles et imposition des cendres Agenda de l’Archevêque

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 14 Questionnaire de carême C Ces réflexions pourront nourrir nos réunions de quartier ou paroissiales. Certes, on peut réfléchir soi-même en a parte , mais faisons l’effort de « faire Eglise » : ne négligeons pas le bénéfice que nous pouvons tirer de la réflexion d’un autre. Bien sûr, il ne nous est pas interdit d’être inventif : nous vous proposons une route balisée, libre à vous (paroisse, communauté, quartier, famille) de l’agrémenter ou de l’enrichir. Nous comptons aussi sur vos témoignages ! N’hésitez pas à nous faire parvenir vos commentaires (brefs). n Montrer le visage miséricordieux du Père Cette année, le carême est fortement conditionné par l’année jubilaire. Au thème qui nous est donné par le Saint Siège, étalé sur le\ s quatre premières semaines du carême, nous rajoutons un questionnaire hebdomadaire, les\ œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle mises à l’honneur, ainsi qu’une Bonne Action (B.A.) pour la semaine. Texte : Luc 4,1-13 La rencontre entre Satan et Jésus n’eut pas de témoins ; il a donc fallu que Jésus, d’une manière ou d’une autre, en parlât à ses disciples. Et Luc, plus que les autres synoptiques (Matthieu et Marc), en a gardé la trace. Dans un récit extrêmement bien construit, il décrit les trois tentations auxquelles Jésus s’affronta. Le Satan que décrit Luc semble tout-puissant en ce monde. A l’évidence, il connaît la messianité de Jésus (Si tu es le fils de Dieu, répété deux fois). Et il est fin connaisseur de la Bible, qu’il cite mot à mot. Mais il déclare aussi la capacité de donner le pouvoir à qui se soumet à lui. A l’inverse du diable qui divise les hommes entre eux ou en eux-mêmes (c’est l’étymologie du mot diable), Dieu rassemble et unifie l’homme. Il lui propose non le pouvoir, mais la liberté de choisir. Choisir le meilleur entre tous les possibles qui s’offrent à lui, choisir la vie et non la mort, choisir le service plutôt que la domination. A travers nos petits choix chaque jour répétés, ce temps de carême nous offre la possibilité d’élever notre âme vers ce Dieu qui a choisi l’humilité en s’incarnant en Jésus. Réflexions • Que signifie pour moi écouter Dieu ? Combien de temps est-ce que je consacre à l’écoute de la Parole de Dieu ? Est-ce que je me contente d’écouter les textes proclamés à la messe ? • Ai-je une bible ? Reste-t-elle dans ma bibliothèque ? • En ce carême, suis-je prêt(e) à consacrer plus de temps à la Parole de Dieu ? • Satan tente Jésus en citant la bible, cela signifie qu’il ne suffit pas de sortir une phrase de la bible pour dire la vérité. Est-ce que je me soucie de l’interprétation des textes par l’Église, ou bien je me contente de faire ma propre opinion ? • Jeûner a-t-il du sens pour moi ? Quelles sont mes difficultés à jeûner ? Y-a-t-il d’autres jeûnes que la nourriture ? Quelles sont mes pratiques de l’aumône ? Quel sens est-ce que je donne à l’aumône ? S emaineS du 14 au 20 février 2016 Les tentations de Jésus Conversion ecclésiale à travers l’écoute de la Parole, la prière et le jeûne

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 1515 Texte : Luc 9,28-36 « Par son amour, Jésus-Christ attire à lui les hommes de toutes générations : en tous temps, il convoque l’Église, lui confiant l’annonce de l’Évangile, avec un mandat qui est toujours nouveau. C’est pourquoi aujourd’hui aussi, un engagement ecclésial plus convaincu en faveur d’une nouvelle évangélisation, pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l’enthousiasme de communiquer la foi, est nécessaire. L’engagement missionnaire des croyants, qui ne peut jamais manquer, puise force et vigueur dans la redécouverte quotidienne de son amour. En effet, la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d’un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie. Elle rend fécond, parce qu’elle élargit le cœur dans l’espérance et permet d’offrir un témoignage capable d’engendrer : en effet, elle ouvre le Cœur et l’esprit de tous ceux qui écoutent à accueillir l’invitation du Seigneur à adhérer à sa Parole pour devenir ses disciples. » Benoît XVI, Porta Fidei, 7 Réflexions • Qu’est-ce qui me fascine chez Jésus ? Qu’est-ce qui m’attire à lui ? • Ai-je « besoin » de Jésus ? Mon amour pour lui est-il gratuit ? • Que signifie pour moi « croire en Jésus » ? • Que signifie « faire alliance avec Dieu » ? • Est-il difficile pour moi d’obéir à Dieu ? Pourquoi ? • Qu’est-ce qui s’oppose à Dieu en moi ? • Comment est-ce que je comprends « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » ? • Qu’est-ce qu’un disciple du Christ aujourd’hui ? Peut-on être disciple de Jésus comme du temps de Pierre, André, Jean, etc. ? Œuvres de Miséricorde Corporelle : abriter les étrangers. Spirituelle : Exhorter les pécheurs ; consoler les affligés. B.A. Transfigurons nos visages ! SOURIEZ ! J’aurai à cœur de sourire aux autres. Œuvres de Miséricorde Corporelle : donner à manger à ceux qui ont faim ; donner à boire à ceux qui ont soif ; vêtir ceux qui sont nus. Spirituelle : conseiller ceux qui ont besoin ; instruire les ignorants. B.A. Être attentif plus que d’habitude aux besoins des autres. Je m’efforcerai de parler des qualités des autres plutôt que de leurs défauts. Je ferai un effort cette semaine pour ne pas me plaindre de ma condition, de mes déboires, etc. S emaineS du 21 au 27 février 2016 La transfiguration Renforcer la foi des chrétiens dans le mystère de la mort et de la Résurrection du Christ. Adhérer à l’Alliance, à la volonté de Dieu. Être disci\ ple du Christ.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 16 Vie du Diocèse Ce sont des fidèles remplis de joie qui ont accueilli Mgr David Macai\ re, les 29 et 30 décembre, à la paroisse Notre-Dame de La Bonne Délivrance aux Trois-Ilets. Une visite harmonisée entre acteurs paroissiaux, politiques et éco\ nomiques de la commune. Les fidèles rencontrés tout au long de la visite n’ont\ eu de cesse de manifester leur joie. Un tour d’horizon un peu rapide pour certains, mais qui reste mémorable et historique dans l’histoire de notre diocèse… À\ refaire ! Visites pastorales de Mgr Macaire aux Trois-Ilets… L e soleil tire sa révérence quand Monseigneur arrive sur la commune des Trois-Ilets. Il est accueilli par le curé, Jean Michel Monconthour, et les différents paroissiens qui œuvrent dans les pastorales au sein de la paroisse. C’est le début d’une visite de 24 heures qui lui permettra de rencontrer les acteurs politiques, économiques, des malades et les fidèles. La rencontre commence au presbytère par les vêpres du jour. Une entrée en matière grandement appréciée par l’Archevêque. S’ensuit une présentation historique et religieuse, puis géodémographique de la commune. Les délégués des pastorales vont présenter tour à tour leur travail. On compte 17 pastorales sur la paroisse : les hommes, l’environnement, la communication, la culture, la liturgie et les sacrements, les jeunes, les vocations, la famille, les femmes, la catéchèse, la santé, le social et la charité, les aînés, l’éducation, les quartiers, les groupes de prières. Deux autres pastorales sont en cours : celles du tourisme et des migrants. Ces pastorales sont organisées pour faire vivre la paroisse ; le bureau pastoral paroissial au service de tous, est un groupe de réflexion pour le développement de la pastorale, il contribue au développement de la paroisse. Une étude un peu plus profonde se fait au niveau de la catéchèse. Monseigneur, compte tenu de la démographie de la commune, des nouveaux rythmes scolaires et du nombre d’enfants inscrits, donne des directives, interroge, conseille tout un chacun. Un accueil particulier, plus soigné doit être fait au niveau des parents des enfants. « Plus vous gagnerez de parents et plus vos catéchèses regorgeront d’enfants ». Ses conseils sont clairs et précis, et s’élargit à toutes les paroisses qu’il visite : « L’accueil est un élément primordial qui doit être préparé, intégré et appliqué par TOUS ». « Gardez en tête que vous êtes une équipe de frères et de sœurs ». Notre Archevêque souligne par là, la difficulté rencontrée partout, dans les paroisses de Martinique et d’ailleurs, de faire corps ensemble pour la mission qui nous a été confiée, ou parfois celle que nous

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 17 avons choisie. Ces difficultés qui nuisent aux relations -et par ricochet à la mission- selon lui, n’ont qu’un remède : l’Amour. "Nous cheminons tous, en travaillant ensemble, en priant, en montant des projets, et nous avons tous des défauts. La seule chose qui règle les problèmes c’est la Bienveillance". "Priez pour vos frères et sœurs". La joie, et la sagesse marquent les cœurs des paroissiens présents à ce premier contact iléen. C’est autour d’un partage commun que la réunion s’est achevée. Ce soir-là, la soupe de Gustave a ravi les papilles… Quelques heures plus tard, en route pour la marche matinale. Il est 5h15 quand le groupe venu accompagner l’évêque pour sa marche part en direction du golf des Trois-Ilets. La cadence est vite donnée ; ils discutent des apparitions de la Vierge Marie, au même moment, l’évêque les invite à regarder le ciel et leur dit "regardez l’étoile du matin, celle qui montre où le soleil se lève ; c’est Marie, elle nous montre aussi son fils". Les échanges se poursuivent entre révélations de grâces, et confidences des fidèles. Sa sagesse est toujours bien distillée pour leur permettre de bien vivre leur foi. Avec le jour qui se lève, la messe de 6h30 se rapproche… Elle est animée par la chorale des jeunes : une fierté pour notre Archevêque. Il le dit d’ailleurs : "je suis toujours très heureux de voir des jeunes comme vous dans la mission. Soyez les étoiles de prophétie du monde". Après la messe, M me Marthe Rouvel, la deuxième adjointe au maire, et quelques élus, accueillent l’Archevêque autour d’un petit- déjeuner. L’église, très connue pour le baptême de l’Impératrice Joséphine, et pour la sépulture de sa mère, est un lieu de visite incontournable pour les nombreux touristes. Une concertation entre la paroisse, la municipalité et l’Office du tourisme des Trois-Ilets est envisagée pour ouvrir davantage l’église durant la saison touristique. Les préoccupations à ce sujet concernaient le patrimoine religieux, présent dans l’église classée monument historique depuis le 5 janvier 1993. "Enlevez tout ce qu’il y a de précieux, et ouvrez les portes de l’église". Un autre projet présenté par Christelle Henderson et Serge Pain (absent malheureusement ce jour), autour des trésors de l’église, qui mettra en valeur les sites liés au patrimoine religieux, mais également des objets précieux avec le concours de la municipalité et de la Dac. Les administrés et les élus ont pu poursuivre cet échange très chaleureux autour de questions diverses. Monseigneur s’est rendu à l’hôpital et à l’Ehpad des Trois- Ilets. Accueilli par le Docteur Dorail, notre évêque a tenu à saluer tous les malades, certains s’étaient même déplacés pour recevoir leur bénédiction du jour. Il les a vus tous sans exception, ainsi que le personnel qu’il a tenu à encourager dans son travail. Rencontre avec les marins pêcheurs. Sur la plage de l’anse à l’âne, les marins pêcheurs accueillent Monseigneur. Très vite, réunis autour de la grotte de la vierge construite il y a peu de temps, les touristes, promeneurs et fidèles présents sur place profitent de l’occasion pour soumettre leurs difficultés, et c’est toujours avec joie que Monseigneur les bénit, et les conseille. Le temps pour Monseigneur de saluer des jeunes parfois exclus, des artisans et la population. Un couple en voyage de noces est heureux d’être béni… plus loin, une jeune femme très émue demande une bénédiction pour elle et son compagnon. Il en est de même pour les yoles des marins pêcheurs. Ces derniers vont finir le transport de l’évêque qui poursuit sa visite d’anse en anse en canot. Rencontre avec quelques acteurs de la vie socio-économique de l’Anse Mitan. Très heureux, de pouvoir échanger avec Monseigneur, les professionnels du tourisme présents ont échangé sur leurs difficultés, la spécificité de la Martinique qui reste chère par rapport à d’autres destinations. Des professionnels quand même alertes sur la nécessité de se renouveler, de se moderniser dans l’hôtellerie pour faire face à la concurrence. Déjeuner et rencontre avec les confirmands. Notre archevêque déjeune avec les fidèles au presbytère. Il accorde un tête à tête aux confirmands avant la confirmation du dimanche 3 janvier. L’occasion d’échanger, un moment privilégié que Monseigneur aime leur accorder. Il leur réitère son souhait de poursuivre ces rencontres, même par petits groupes, après leur confirmation. À suivre donc… Toute bonne chose a une fin… Vers 16h, ce sont des paroissiens radieux, reconnaissants qui remercient Monseigneur. Il a laissé l’espérance, et montré aux Iléens la seule direction à prendre : Celle du Christ. Une rencontre intense et unique, à l’image de notre Archevêque… Maeva Céleste Saint Lebe n

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Vie du Diocèse Les 12 et 13 janvier 2016, la paroisse Notre-Dame de l’Assomption a eu la grande joie de recevoir Mgr David Macaire. à Sainte- Marie (bourg)… De l’Accueil à la Miséricorde : une visite pastorale dans la joie ! C ’est par une rencontre au domicile de deux malades que l’Archevêque a débuté son passage sur la paroisse, le mardi 12 janvier. Au quartier Derrière- Morne, il a visité Marie-Claire Denis (secrétaire paroissiale pendant plusieurs années), et ses parents, les époux Birba. Monseigneur a pu percevoir la joie sur leurs visages. M. Birba, malgré la maladie de sa femme, est toujours à son service et au service de la paroisse. Envoyé en mission par Mgr Marie-Sainte, il a été, en toute modestie et simplicité, le bras droit du père Jean-Vincent Goma pendant de longues années. Une anecdote : M. Birba raconte qu’il dormait au presbytère en absence du père, et vers 2 ou 3 heures du matin, les paroissiens n’hésitaient pas à sonner pour l’informer d’un décès. Joie du partage pendant l’Eucharistie présidée par l’Evêque dans une église bondée, digne d’un dimanche, suivie du partage de la « soupe populaire » ; la communauté était invitée à rencontrer Mgr Macaire autour des différentes soupes. Un temps très chaleureux, convivial et agréable, apprécié de tous. La journée est clôturée par les complies vers 21h. Réveil aux aurores le lendemain, dès cinq heures, la journée marathon a commencé par une marche matinale face au tombolo. Mgr Macaire a pu rencontrer différents corps de métier (infirmiers, marins-pêcheurs, éboueurs). Un centenaire de la commune, M. Fernand Hippocrate surnommé Ado, a accompagné l’évêque et le groupe avec entrain et la vigueur qui le caractérise. Après avoir pris un petit déjeuner local, Monseigneur a célébré l’Eucharistie à 6h30. La visite s’est poursuivie à la Mairie, où l’archevêque a été reçu avec honneur par le maire de la commune, M. Bruno-Nestor Azérot, et son conseil municipal. Il a tenu à rappeler l’importance des relations entretenues avec la paroisse, et la nécessité de conserver ce partenariat étroit en vue du bien commun. La journée a été marquée par la visite très émouvante à l’IMP (Institut Médico-pédagogique), qui accueille des enfants en situation de handicap. La gaieté débordante et le bonheur dégagé par la cinquantaine de jeunes et des encadrants, se lisaient sur les visages et se ressentaient dans les cœurs. L’évêque a reçu de nombreux cadeaux confectionnés par les enfants qui les lui ont offerts avec amour et grande simplicité. Anecdote : distribution de câlins sans modération par Monseigneur. Sur la route, il a salué quelques commerçants, des marchandes du centre commercial, et des touristes agréablement surpris de cette rencontre. La délégation s’est dirigée vers le musée Saint James pour une ballade-découverte en petit train, dans la plantation de la distillerie. ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 18

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Quid de la Paroisse ? L’évêque a ensuite visité les chapelles de Pain de sucre, Reculée et Eudorçait, où des comités d’accueil présentaient succinctement les lieux. A chacune de ces étapes, très appréciée par les paroissiens de tout âge, l’archevêque a pris un temps de prières et de bénédictions, avant de clôturer par une collation. De retour vers le presbytère, Mgr Macaire a tenu à marquer un temps d’arrêt sur la place Clarissa Jean-Philippe , afin de lui rendre hommage, et admirer le tombolo qui lui était inaccessible à cause de la houle. Après le déjeuner, la visite s’est poursuivie par la rencontre des 94 jeunes confirmands de la paroisse et des jeunes de la catéchèse à la salle paroissiale. L’effervescence était à son maximum quand plus de deux cents enfants, accompagnés de leurs parents et animateurs, ont entonné des chants. Il a insisté sur la réponse de Samuel dans l’évangile du jour : Parle seigneur, ton serviteur écoute . Ensuite notre archevêque s’est prêté agréablement, et pour le bonheur de chacun, à l’inévitable séance photos. Le samedi 16 janvier, il a célébré, sur la paroisse de Sainte-Marie, la confirmation d’une centaine de jeunes de Notre-Dame de l’assomption et de Saint-Paul. Que cette visite extraordinaire continue à mettre la joie dans les cœurs de chacun et de tous, afin que continue notre mission d’accueil dans la Miséricorde de notre Père des Cieux. CPP Sainte-Marie n La commune compte 2 paroisses : Notre-Dame de l’Assomption et Saint-Paul Curé : Père Fortuné Gibon Vicaire : Père José N’Goma Prêtres habitués : P. Joseph Calaber et P. Pierre Mirta au Morne-des-Esses Diacre permanent : Emmanuel Lordinot au Morne-des-Esses Communauté religieuse : 3 Sœurs de St-Joseph de Cluny Autres lieux de culte : Eglise du Morne-des-Esses, Chapelles de Saint-Jacques, Bezaudin, Eudorçait, Pain de Sucre, Rodon, Reculée. Secrétariat : 1 secrétaire et des bénévoles Sacristie : 1 sacristine et 2 aides. Les conseils : le Conseil pastoral des Affaires Economiques (dont une équipe de trésorerie) et le Conseil pastoral paroissial. Catéchèse : Eveil à la foi « Petits Samuel », de la 1ère à la 5 ème année de catéchisme, le cheminement et le catéchuménat. Scouts (Louveteaux, Pionniers, Caravelles de Sainte-Marie), Jeunesse Mariale Groupes de prière : Légion de Marie, Groupe de prière pour les défunts, Equipes du Rosaire Différentes équipes : Comités de quartiers et du Bourg, Equipe des Funérailles, Baptême, Bakoua, Crochet, Peinture sur tissu, Chrétiens dans le Monde du Travail (CMT), Chrétiens Curieux, Chrétiens du Monde Rural (CMR), Hommes adorateurs du Saint Sacrement, Vac’KT, Pastorale de la santé, Equipe de vente. Liturgie : ministres de la proclamation de la parole, de la communion, servants d’autels. Chorales : Allégresse, Louange sans frontière, Flamme d’amour, La voix des pèlerins, chorale des funérailles. Pastorale des jeunes : une trentaine de jeunes actifs, dont 3 participeront aux JMJ 2016 Associations : Association des centres de préparation au mariage (ACPM), Communauté du Chemin neuf (CANA), Conférence de Saint Vincent de Paul, Association Familiale Catholique. ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 19

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Vie du Diocèse Les 16 et 17 janvier 2013, Mgr Macaire effectuait sa visite pastorale au Morne- des-Esses. C’est dire que la petite paroisse Saint-Paul a connu un jour et demi de grande intensité. Petite paroisse, certes… mais qui jouit d’une vivante et fraternelle communauté de chrétiens unis autour du Christ. … et à Morne- des-Esses R encontres, échanges, découvertes, partages… faisaient partie du programme concocté par l’équipe pastorale et les prêtres, pour la tournée de Mgr Macaire dans « les mornes ». La visite a débuté par une rencontre avec les 48 confirmands et leurs parents au lieu-dit « Les Z’Amandines », un bel espace mis à disposition par les époux Duchel. Mgr Macaire a relu avec les jeunes leur démarche avant la confirmation qui devait avoir lieu le soir même. Au cours d’un échange amical et fraternel, l’Archevêque a répondu, avec beaucoup de plaisir et de simplicité, à leurs interrogations. A partir de demain, c’est vous qui faites l’Eglise, leur dira-t-il. La Rencontre de quelques malades à domicile fut la seconde étape du programme. C’est ainsi que Mme Georges Gélie, les sœurs Misat Yvette et Lisette ( je suis contente, car je n’ai pas eu à monter dans un manguier pour le voir, Gloire à Dieu ! dira M me Yvette, qui avait composé un chant spécialement pour l’occasion), Mme Anne Bédot (bientôt 105 ans) et Mme Hermance Erimée, étaient au comble du bonheur en recevant la visite de l’Archevêque. Un petit tour à la Vannerie, lieu culturel et de tradition… l’Arche - vêque est accueilli par le président de l’OSA - TOUR, M. Luc Lérandy, et les employés, qui lui font découvrir les techniques de prépara- tion du cachibou et de l’aroman, plantes utili - sées pour la fabrication des objets en vannerie caraïbe. La tournée se poursuit sur plusieurs sites : au Calvaire, à la Chapelle du Pérou et au lieu-dit « Les 3 sources », pour permettre à Mgr Macaire de rencontrer, dans différents cadres ambiancés , les enfants catéchisés, les animatrices, et tous les mouvements et groupes de la paroisse : Secours Catholique, Légion de Marie, Equipe du Rosaire, Scouts et Guides, Groupe de prière Arche d’Alliance, La Pastorale des Jeunes, Bèlè Légliz, les chorales Souffle Nouveau , Le Chœur du Morne- des-Esses et Les Ménestrels. Le point d’orgue de la visite a été, sans nul doute, la très belle messe que Mgr Macaire a présidée, le dimanche 17 janvier, à 8 h, dans une église comble. La Visite pastorale de notre Evêque fut, pour notre communauté paroissiale, une source d’enrichissement humain et spirituel. Les paroissiens disent avoir découvert un archevêque « proche et humain ». Justine Lordinot n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 20

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Frères et sœurs, A vec les festivités du carnaval, dont nous entendons déjà les échos, nous allons rentrer dans une période de liesse débridée. De plus ou moins bonne foi, certains revendiquent la nécessité d’un défoulement, d’autres la tradition culturelle. Dans cette ambiance, il est souvent donné libre cours à nos passions, de sorte qu’en dépit du chatoiement des défilés, le carnaval n’offre pas à voir ce qu’il y a de plus beau dans l’homme. Par ces deux citations, Saint Paul rappelle à ceux du dedans (1Co 5.9-12) leur dignité dans le Christ, tout comme leur espérance de baptisés. Le fait que ce rendez-vous annuel me soit proposé, et qu’il fasse partie de la tradition de mon environnement, justifie t-il que j’y adhère sans discerner ? Beaucoup de lieux et de propositions aux slogans sans équivoque seront offerts à l’exercice de ma liberté, pour autant seront-ils profitables à l’accomplissement du projet de bonheur réservé par notre Père en faveur de ses enfants ? Le même Saint-Paul nous enseigne que l’objectif du chrétien est la résurrection de la chair en vue de la vie éternelle (1Co 15.32). C’est donc une affaire de discernement et d’exhortation à la vigilance, pour les chrétiens que nous sommes. A l’approche de cette période de liesse pendant laquelle beaucoup de réalités contristeront notre Seigneur, l’Eglise nous invite à discerner ce qui est profitable de ce qui ne l’est pas. Ce qui relève de l’exercice éclairé de la liberté, de ce qui relève de la licence sous la domination des passions charnelles. Au final la question est, qui je sers et quel projet je sers ? Saint Paul nous rappelle que le chrétien est un éclairé, et donc porteur de lumière. Ralph Ragoo, Vie et Partage n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 21 Dossier : "Tout est permis ; mais tout n’édifie pas" (1Co 10,23). Comment appliqueriez-vous cette citation de Saint Paul au prochain carnaval ? Témoignages… Marie-Alice Palcy, Fort-de France Nous sommes tous des êtres « intéressants ». Ce qui, entre autres, fait de nous des êtres « à la ressemblance de Dieu », c’est notre faculté à distinguer le bien du mal ; de pressentir ce qui nous convient et ce qui nous nuit ; de poser certains actes et pas d’autres ; de laisser notre esprit, nos yeux vagabonder dans un univers sain ou… malsain ; de nous empiffrer ou de nous enivrer ou pas ; de nous vautrer dans la débauche sexuelle, ou pas ; de nous transformer en pur objet sexuel offert à tous passants… ou pas. Les mouches ne s’attrapent pas avec du vinaigre : les âmes des fils et des filles de Dieu ne tombent que dans des filets attrayants et doucereux. L’acte pécheur peut procurer un plaisir, une satisfaction intense, mais (oui, il y a un « mais ») toujours fugace ET destructeur à terme. Toujours ! D’aucuns diront que le carnaval fait partie de notre culture et que nous ne devons pas le rejeter. Certes ! D’ailleurs, il y a de fort belles choses à y voir (les costumes, par exemple). Le sens de la créativité de tout un peuple peut y être contemplé. Mais nos yeux ne retiendront-ils que cela ? Nos oreilles n’entendront- elles que les chansons « propres » ? Comment allons-nous alors « gérer » tout ce que nous aurons reçu ? Quels messages nos enfants y auront-ils appris ? Réflexion personnelle. Tri sélectif à envisager. Si le carnaval peut être la cause de ma perdition, que dois-je choisir ? Ma culture ou mon salut ? Si nous mettons à profit notre raison, nous choisirons la sagesse. Si nous y ajoutons notre crainte de Dieu, nous fuirons la licence car elle nous dégrade. La miséricorde de Dieu, dont il est beaucoup question, nous pousse, je le crois, sur un chemin de conversion, dans une relation d’amour avec Celui qui nous aime ce qui, inexorablement, nous éloignera de ce qui nous perd.

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Sœur Monique Baret 1952 – 2016 M onique a été baptisée à la cathédrale Saint- Louis. C’est aussi là qu’elle a fait sa première communion. Depuis petite, elle se sent attirée par le Seigneur. Elle choisit la voie de la vie religieuse et entre chez les Sœurs de Saint- Paul de Chartres en 1972, à l’âge de 20 ans. Elle prononce ses premiers vœux le 28 août 1979 et ses vœux perpétuels en 1980. Elle enseigne en Guadeloupe, en Guyane et à Saint-Barthélemy. En mars 1994, elle obtient un poste au Foyer de l’Espérance où elle enseigne pendant 12 ans. En 1996, elle demande à la Provinciale la permission de s’occuper de sa mère, malade, nécessitant sa présence ; ce qui lui fut accordé. Elle prend ainsi en charge sa maman jusqu’au décès de celle-ci.En 2015, le père Marcel Crépin lui demande d’assurer la sacristie de la cathédrale. Elle accepte gracieusement ce service. Mais sa santé se révèle vite déficiente : transportée aux urgences de La Meynard, on lui diagnostique une tumeur au cerveau. Transférée en soins palliatifs à la clinique Sainte-Marie, elle rend l’âme le vendredi 15 janvier 2016 à l’âge de 64 ans. n Voici le mot de Monseigneur Macaire prévu pour la célébration des funérailles de Sr Monique et qui n’a pu être lu : Chers amis, chères Sœurs, chers membres de la famille de Sr Monique, Alors que je m’en vais vers Trinidad pour participer au Conseil permanent de la Conférence des Evêques des Antilles, j’apprends le décès de Sœur Monique. Je voudrais que vous sachiez que Sr Monique était pour moi une "petite maman". En effet, nous nous étions rencontrés dans les années 1990, alors qu’elle était en ministère à Saint-Barthélemy. Nous avions discuté pendant quelques heures et elle m’avait posé la question de la vocation. Belle conversation qui fit germer en moi ce questionnement qui existait déjà depuis longtemps. Par la suite, nous nous sommes revus à maintes reprises et avons partagé de très bons moments, notamment cette grande joie de se retrouver dans la sacristie de la cathédrale pour les grandes célébrations du début de mon épiscopat. Son décès nous attriste, mais il me donne aussi l’assurance que vous et moi, ses amis, nous avons désormais des « racines au ciel », quelqu’un qui prie pour nous et prépare là-haut la liturgie des anges. Je l’espère. Dès que possible, je viendrai célébrer une messe à son intention. Recevez ma bénédiction. + David Macaire n * * * * * Vers la vie Sœur François de Saint Joseph Alphonse 1922 – 2015 D elphine Alphonse est née le 30 novembre 1922, à Rivière Pilote (Martinique). Très jeune, Delphine entend l’appel et y répond joyeusement, le 15 août 1950 ; elle est âgée de 28 ans. Sa formation initiale se fera au service des malades à l’Hôpital de Trinité, de décembre 1950 à octobre 1952. De retour au Noviciat, elle reçoit l’Habit des Sœurs de Saint Paul de Chartres, le 2 février 1953. Elle s’appelle désormais Sœur François de Saint Joseph. Soigner les malades, être à leur écoute, devient sa seconde vocation dans laquelle elle côtoie particulièrement les plus démunis, les plus pauvres qu’elle identifie au Christ pauvre et souffrant. Etre infirmière devient son métier. C’est ainsi qu’on la verra exerçant sa passion dans le milieu hospitalier : Hôpital Civil de 1955 à 1960, hôpital du Lamentin de 1960 à 1970, hôpital de Trinité de 1970 à 1978 où elle sera également la Supérieure de la communauté. En 1978, elle partira pour la mission d’Haïti. Elle y passera 21 années de sa vie. Elle œuvra au dispensaire d’Oriani de 1978 à 1990, à Cabaret de 1990 à 1999. Elle est affectée à la communauté du Morne-Rouge en Martinique de 2000 à 2004. En août 2004, Sr François regagne la Maison Provinciale et se dévoue de tout son être au service de ses sœurs de l’infirmerie. Le mardi 29 décembre 2015, Notre Seigneur, l’Emmanuel-Dieu-avec- nous, est venu la visiter et lui offrir le salut. A Dieu ! n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016 22

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2016/n°516 23 Eglise en Martinique Règlement à l’ordr\se de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martiniq\ ue Boîte Postale 586 \b7 207 FORT DE FRANCE CEDEX MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne ! Nom : ........................................................................\ ..................................................................................... Prénom : .......................................................................\ ............................................................................... Adresse : .......................................................................\ ............................................................................... Mail : .......................................................................\ .......................................................................................... Tél. .......................................................................\ ........................... Code Postal .................................. Ville .......................................................................\ ........................................................................................... Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr Medias 99.5 — 101.3 et 105,3 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 — Courriel : contact@radiosaintlouis.com Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45, sur Martinique 1 ère. L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr Dimanche 7 février 2016 De la Chine à l’Outre-Mer Qui sont les Chinois d’Outre-mer ? Comment vivent-ils et quelle est leur place dans la société ? De Canton à La Réunion, ou à la Polynésie, quand sont-ils arrivés et dans quelles circonstances ? Convertis au catholicisme, ont-ils pour autant gardé leurs traditions culturelles ? À la veille du nouvel an chinois, Dieu m’est témoin s’intéresse cette semaine à la communauté chinoise d’Outre-mer. Dimanche 14 février 2016 Accompagner jusqu’au bout… Les soins palliatifs sont-ils toujours synonymes de fin de vie ? Rémy Médée, jeune martiniquais de 33 ans, nous racontera comment il a accompagné sa maman, lorsqu’elle était à l’unité de soins palliatifs de Clarac en Martinique. Nous serons connectés avec Le Marin en Martinique, où le père Alain Ransay, aumônier d’hôpital, nous rappellera l’importance de l’accompagnement spirituel pour les malades et leurs proches.

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Les Petites Sœurs de Jésus au Carbet (Martinique) 2 février : Journée mondiale de la vie consacrée Le Seigneur m’a prise par la main et aveuglément j’ai suivi… (Petite Sœur Magdeleine de Jésus)

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