Page 1
3e Chantier de conversion pastorale :
Bâtir une éducation chrétienne
ECCLESIA’M 2020 !
E g lise
en MARTINIQUE
N° 531
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
6 novembre 2016
Quelle M artinique pour demain ?
Page 2
EDITORIAL
L
e Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, n’est pas
le Dieu des morts, mais des vivants. Aujourd’hui, quelques
jours après la Toussaint et la commémoration des fidèles
défunts, il est question de vie après la mort, de Résurrection\
.
La vie éternelle est au cœur de notre foi. Il faut “en avoir é\
té
jugé digne. Notre avenir se prépare donc maintenant.
En fait, c’est greffés sur la résurrection de Jésus que nous\
allons
vivre de sa Vie. Nous aurons la Vie par Lui, et en Lui.
Mgr Macaire poursuit la présentation du plan pastoral
ECCLESIA’M 2020 ! Découvrez, dans cette édition, le 3
e
chantier « Bâtir une éducation chrétienne » qui intéresse,
entre autres, la catéchèse et les jeunes.
C’est en aimant que l’on annonce le Dieu-Amour, nous disait
le pape François, à l’occasion du Jubilé des catéchistes \
de
septembre dernier. Il recommandait de ne pas se lasser de mettre
en premier l’annonce principale de la foi : le Seigneur est ressuscité.
Il n’y a pas de contenu plus important, rien de plus solide et actuel,
a-t-il ajouté. Il est vrai que la Foi vient de ce que l’on entend, et
ce que l’on entend vient de la parole du Christ (Rom. 10,17).
Le dossier intitulé « Quelle Martinique pour demain ? »,
orienté également vers l’éducation, fait écho au 3
e chantier
du plan pastoral. Eglise en Martinique a donné la parole à
deux référents dans le domaine de l’éducation : Père Alai\
n
Ransay, directeur diocésain de l’Enseignement catholique
de Martinique, et Matthieu Bergot, directeur général de
L’Espérance.
Nous arrivons au terme de l’Année de la Miséricorde.
Mgr Macaire fermera les Portes des églises jubilaires de notre
diocèse, le 13 novembre. Père Catayée, chargé de l’organi\
sation
du Jubilé de la Miséricorde, invite les fidèles qui n’ont pas
encore fait le passage de la Porte sainte, de saisir l’opportunité\
de le faire dans le cadre du circuit organisé par le diocèse.
Par ailleurs Mesdames, un Congrès est organisé à votre
intention, les 18, 19 et 20 nov 2016, à la Ferme Perrine :
"Femmes pour Jésus". Pensez à vous inscrire si vous souhaitez
y participer !
Dieu de la vie, fais de nous des vivants, engagés sur la route de
l’éternité. Fais nous reconnaitre en Jésus la source de la v\
ie et
aide-nous à « montrer Jésus partout en Martinique et au-delà\
,
personnellement et en Eglise ».
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
MOT DE L’EVÊQUE
MÉDIAS
Dossier : QUELLE MARTI\bIQUE POUR DEMAI\b ?
• 3 e Chantier de conver\bion pa\btorale :
Bâtir une éducation chrétienne
23
• Le caractère propre de\b établi\b\bement\b
catholique\b d’en\beign\rement -
Un projet éducatif original
• Interview de Matthieu Bergot, directeur général de L’E\bpérance
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
EGLISE U\bIVERSELLE
• Parole dominicale
• Samedi 1
er octobre 2016
Me\b\be d’envoi de la Catéchè\be
• Sainte Bakhita, de l’E\bclavage à la Sainteté
• Rentrée chez le\b Ignatien\b • Jubilé de\b catéchi\bte\b - « C’e\bt en aimant que l’on annonce le Dieu-Amour »
A\b\bÉE SAI\bTE DE LA M\sISÉRICORDE
• La Vierge pèlerine à Redoute et à Coridon
• Franchir le\b Porte\b Sainte\b
9
11
14
12
13
16
15
2
3
17
18
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Père Luc Philippon RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@orange.fr
Page 3
3 e Chantier de conversion pastorale :
Bâtir une éducation chrétienneECCLESIA’M 2020 !
EEM :
Monseigneur Macaire, nous
abordons aujourd’hui un troisième
chantier : « Bâtir une Education
Chrétienne ». Qu’entendez-vous
par là ?
En arrivant en Martinique, tout le monde
m’a dit que le principal problème du
pays était la détresse de la jeunesse
(désœuvrement, violence, débauche,
exode, chômage, etc.). Quand je dis
« tout le monde », ce sont les prêtres,
les fidèles, les politiques, les éducateurs,
les journalistes, les chefs d’entreprise, les
policiers… Enfin, tout’moun ! Ensuite,
mon ministère épiscopal m’a donné de
rencontrer de nombreux jeunes, et j’ai
voulu les écouter et les comprendre.
Leur jugement sur leur génération
est parfois plus sévère que celui des
adultes.
EEM : Quelle est selon vous le
problème de notre jeunesse ?
Tout d’abord, je ne pense pas du tout que
la jeunesse d’aujourd’hui soit pire que la
jeunesse d’hier. Par contre, ils se sentent
frappés d’une sorte de « malédiction » :
on leur a dit que le monde allait mal, de
plus en plus mal ; on les a élevés comme
des petits rois pour qui tout était permis
et accessible, mais on leur a ensuite dit
qu’ils étaient finalement incapables
de bâtir un monde meilleur ; on les a
éduqués culturellement avec la TV et
internet, sans contact avec la vraie vie : le goût de l’effort, les vrais
amis, la nature, le silence
et Dieu… Bref, nous avons
suspendu une épée de
Damoclès au-dessus de leur
tête en disant qu’au moindre
échec ils seraient perdus…
Ils ont fini par croire à nos
prophéties de malheur.
Ainsi, beaucoup de nos
jeunes n’ont plus aucune
espérance, ni en eux-mêmes,
ni en notre pays… et ni,
malheureusement, en notre Eglise. Le
monde leur paraît une jungle dans
laquelle ils ne peuvent survivre que
par la domination (preuve en est que,
pour qu’ils puissent naître et vivre dans
le confort, toute une génération de leurs
frères et sœurs n’ont pas vu le jour !) ;
la TV et les réseaux sociaux leur ont
fait croire qu’il n’y a qu’un rêve, qu’un
bonheur : devenir des stars et être
infiniment riches avec des plaisirs sans
fin… La domination égoïste et le rêve :
deux mensonges ! Un cocktail morbide
qui a fini par exploser !
Les plus doués se détournent de la foi et
des valeurs de l’Evangile, pour servir le
dieu-réussite qui les dévore. Les autres
se disent qu’ils n’ont plus de place au
soleil du pays ; ils s’effondrent et fuient
dans la délinquance, la pornographie,
le sexe, les drogues…. La rue pour les
garçons, l’avortement pour les filles sont
les fruits d’un seul et même manque
d’Espérance, pour ne pas dire d’un
désespoir généralisé !
On peut accuser l’invasion de la « culture
de mort » liée à la mondialisation et
aux réseaux sociaux, mais vous et moi
n’y pouvons rien sinon, justement, de
Bâtir une Education Chrétienne ! Une
éducation capable de préserver nos
jeunes de l’impact de cette civilisation
violente et hédoniste.
EEM : N’y a-t-il pas de bons
éducateurs en Martinique ?
Bien sûr qu’il y en a. Mais l’éducation
est un tout : famille-école-Eglise-
médias-associations… et ce « tout »
n’est pas assez uni chez nous.
Tout d’abord la famille : sans la
famille, pas d’éducation, même si elle
est parfois blessée par l’absence de
père et toutes les autres failles (déjà
abordées dans le premier chantier).
C’est elle, avant l’Etat et avant l’Eglise,
qui éduque les jeunes.
REFLEXION GENERALE\r
MOT DE L’EVÊQUE
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 3
Page 4
MOT DE L’EVÊQUE
EEM : Chaque acteur de
l’Education Catholique doit-il
constituer un atelier de ce
chantier pour « bâtir une
éducation chrétienne » ?
En quelque sorte, oui. Sachant que
l’Enseignement Catholique (sous la
direction du père Alain Ransay) et
les mouvements étant des entités
propres, doivent opérer en interne
leur « conversion missionnaire »
en fonction de leurs compétences,
de leurs fonctionnements, de leur
pédagogie et de leurs charismes
particuliers. Le diocèse sera là
pour les accompagner. Par contre,
le catéchisme et la pastorale des
jeunes concernent l’ensemble de la
famille diocésaine. Dont voici les trois
ateliers :
➊ L’aggiornamento du Catéchisme :
Pour faire faire l’expérience de
Dieu et de l’Eglise à toute la famille
de l’enfant, il faudra impliquer
les parents, repenser les rythmes,
la pédagogie et les supports et
trouver les moyens de mieux
assister les catéchistes.
➋ La préparation aux sacrements
de l’initiation qui ne devra plus
être liée à l’âge ou à la scolarité
des enfants, mais effectuée avec
la participation de leur famille.
➌ La pastorale des jeunes qui doit
faire l’objet d’une vraie réflexion
pour pallier l’absence de jeunes
animateurs, former des leaders,
fournir aux responsables une « boîte
à outils » pédagogique, faire des
propositions aux étudiants, imaginer
des solutions pour les jeunes en
difficulté, accompagner les groupes
de servants d’autel et les vocations.
EEM : Parlons du catéchisme !? C’est
un grand atelier ; vous nous rappeliez
que nous sommes les premiers en
France en taux de catéchisation.
C’est donc un élément capital de la
vie de l’Eglise et de la société.
Ensuite la société : je suis très
inquiet, comme je l’ai écrit dans le
mot de l’évêque du n°527 de Eglise
en Martinique 1, de l’exode des jeunes
leaders de 20 à 30 ans, seuls capables,
à grande échelle, de tirer les jeunes de
14 à 18 ans vers le haut. C’est un vrai
problème…
EEM : Et l’Eglise ?
Soyons francs : l’Eglise Catholique
est directement concernée par
ce problème. Elle porte une vraie
responsabilité. Chez nous, près de
56% des jeunes sont catéchisés :
c’est le plus fort taux de France ! Dieu
merci, il y a une jeunesse catholique
formidable qui comble de joie,
d’espoir et de confiance mon cœur de
Pasteur. Ils ne sont pas « mieux » que
les autres, mais ceux-là ont rencontré
Jésus et sont remplis d’espérance.
Mais ils sont bien peu nombreux, à
peine 10% des confirmés. Où sont
les autres, les 99 brebis qui ont quitté
l’enclos et qui se perdent !? C’est
terrible ! Qui a jeté de l’ivraie dans
notre champ ? Et à quel moment ?
Pourquoi si peu ont été vraiment
éduqués à la construction de soi, à la
culture, aux valeurs, à la pureté et aux
autres vertus… ? Et surtout comment
se fait-il que nous n’ayons pas réussi
à enseigner la foi de façon vivante et
vivifiante ?
J’invite donc à une véritable remise
en question de nos familles et
de nos institutions (catéchisme,
enseignement catholique, pastorale
des jeunes, mouvements…). C’est
précisément l’objet de ce chantier.
(1) « La triple peine : c’est Rachel qui pleure ses
enfants » in Eglise en Martinique n°527,
11 septembre 2016.
INTERVIEW DE MGR M\rACAIRE SUR LES ATELIERS DU CHANTIE\rR
« Bâtir une éducation chrétienne »
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 4
Page 5
Avant tout, je voudrais louer et bénir
les centaines de personnes qui se
dévouent pour faire le catéchisme aux
enfants et aux jeunes. Et, en premier,
féliciter l’Equipe Diocésaine et son
responsable, le diacre Pierre Valey, qui
animent notre armée de catéchistes et
d’éducateurs avec tant de bonté et de
compétence.
L’aggiornamento du Caté-
chisme vise avant tout une priorité :
faire faire l’expérience de Dieu et de
l’Eglise à toute la famille de l’enfant.
Car il faut rappeler à tout le monde
(aux familles, aux catéchistes et aux
curés) que ce sont les parents qui sont
les premiers responsables devant
Dieu de l’éducation chrétienne de
leurs enfants. Donc, si les parents sont
exclus ou s’excluent du catéchisme,
nous faisons une œuvre qui ne vient
pas de Dieu.
Je demanderai donc à cet atelier
de réfléchir aux moyens possibles
d’impliquer directement les parents
dans le catéchisme. Cela veut dire une
vraie conversion des responsables
et des familles. C’est désormais une
priorité absolue, comme je l’ai dit
dans la description des ateliers sur
la famille. « Que le catéchisme en
Martinique se transforme en un grand
mouvement d’évangélisation des
familles et des parents ». Je rappelle
que le catéchisme des parents se
pratiquait déjà en Martinique il y
a quelques années. Je ne sais pas
pourquoi on a reculé dans ce domaine.
Donc, le rôle des catéchistes évoluera
d’ici 2020 en accompagnement des
familles, comme pour la préparation
au baptême ou au mariage. Plus
l’enfant grandira, plus il aura affaire
avec les catéchistes-éducateurs.
Mais, en aucun cas, l’implication des
parents ne sera une option.
Le « caté » régulier et hebdomadaire
doit rester un principe de base. Mais
pas tel qu’il est aujourd’hui où il exclut
les parents et ne produit pas assez de
fruits. Tout le monde me l’a dit.
EEM : Ce ne sera pas facile pour
tous les parents de participer aux
séances de catéchisme !?
En effet, raison de plus pour être
créatif : on peut imaginer par exemple
des visites systématiques des familles
ou des séances de caté dans l’une
ou l’autre famille des enfants du
groupe, à tour de rôle. C’est l’occasion
aussi de repenser à nouveaux frais
les rythmes et la pédagogie, en
particulier en ayant une meilleure
intelligence de la réforme scolaire
et du collège pour comprendre si ce
que nous proposons comme horaires
et comme cursus est bien adapté à ce
que les jeunes reçoivent à l’école. On
pourrait introduire des récollections
et des mini-retraites de façon plus
systématique. Certaines paroisses
proposent aussi une pédagogie
nouvelle pendant les vacances et je
pense que ceci doit se généraliser.
C’est l’occasion d’avoir une pédagogie
moins scolaire. Par exemple, pourquoi
l’Eglise ne saurait proposer aux
familles qui sont en vacances, d’où
qu’elles viennent, un programme
ludique et intense de catéchisme
et préparation aux sacrements… ?
Pourquoi faut-il absolument se
calquer sur la période scolaire
lorsque le sport, l’école et tout le reste
envahissent l’emploi du temps ? Des
paroisses de métropole retrouvent
l’utilité (surtout avec les nouveaux
rythmes scolaires) de refonder des
patronages. Nous devons y réfléchir
(les familles et les municipalités sont
très intéressées). Je voudrais aussi
qu’il y ait des tests de connaissance :
pourquoi pas sous la forme de
concours diocésains ou une forme
ludique, mais en tout cas un moyen
motivant d’évaluer les connaissances.
EEM : Pensez-vous changer aussi
les manuels de catéchisme ?
En effet, un des points majeurs de
cet atelier concerne les parcours,
les supports et la pédagogie du
catéchisme. Au XXI
ème siècle, avec
des jeunes qui sont toujours sur
leur portable, certaines personnes
m’ont suggéré un passage au tout-
numérique. Mais cela demanderait
des compétences que n’ont pas
forcément les catéchistes. Je pense
aussi que les supports papier
ont l’avantage de rester dans les
familles et d’être consultés même
des années plus tard. Je sais que
des catéchistes se plaignent des
manuels, mais y a-t-il des manuels
parfaits ? Remettre un livre, quel qu’il
soit, entre les mains des catéchistes
suffit-il ? Certes, il faudra penser à
de nouveaux supports, mais le plus
important sera de trouver un moyen
d’assister les catéchistes dans leur
pédagogie. J’ai rencontré une équipe
où la responsable propose des fiches
pédagogiques à chaque séance et
L’aggiornamento du Caté-
chisme
L’aggiornamento du Caté-
chisme
L’aggiornamento du Caté-
vise avant tout une priorité :
faire faire l’expérience de Dieu et de
l’Eglise à toute la famille de l’enfant .
Car il faut rappeler à tout le monde
aussi de
les rythmes et la pédagogieles rythmes et la pédagogie
particulier en ayant une
intelligence de la réforme scolaire intelligence de la réforme scolaire
et du collège pour comprendre si ce
En effet, un des points majeurs de
les parcours,
catéchisme . Au XXI
et du collège pour comprendre si ce
que nous proposons comme horaires
et comme cursus est bien adapté à ce
cet atelier concerne
les supports et la pédagogie du
. Au XXI ème siècle, avec
les parcours,
les supports et la pédagogie du les supports et la pédagogie du
catéchisme . Au XXI
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 5
Page 6
MOT DE L’EVÊQUE
ses catéchistes sont les seuls à ne pas
s’être plaints du manuel actuel. C’est
une piste à creuser ! Les fiches seraient
plus souples, plus pédagogiques ;
elles proposeraient des éléments
du manuel (texte, image,…), un
jeu, un chant (local), un document
multimédia et surtout un lien avec
la liturgie comme le demandent les
catéchistes et… le pape François ! Il
parle de « l’initiation mystagogique,
comme d’une valorisation renouvelée
des signes liturgiques de l’initiation
chrétienne » (EG n°166).
EEM : C’est beaucoup de
choses !?
Et ce n’est pas fini ! Mais nous
avons 4 ans pour mettre tout cela
en place !... Parlons maintenant
de
la préparation aux
sacrements de l’initiation .
Elle ne doit plus être idiotement
calquée sur le niveau scolaire et
sur l’âge des enfants. Elle doit être
à la fois plus courte, plus intense et
concerner toute la famille. Notamment
pour la Première Communion. Ce
n’est pas l’enfant seulement qui doit
aller à la messe, c’est toute sa famille.
Mais celle-ci doit impérativement
se sentir accueillie, attendue,
encouragée, aimée. Les catéchistes
et la communauté paroissiale doivent
leur montrer Jésus.
Le système actuel n’est pas satisfaisant.
Les catéchistes s’épuisent en vain et
une distance se crée avec les parents.
La méthode ne tient pas compte des
familles, ni de l’évolution spirituelle de
chaque enfant. Parfois, même au bout
de trois ans de catéchisme, ni la famille
ni l’enfant ne sont vraiment prêts à
recevoir Jésus, alors que d’autres
enfants y sont disposés depuis l’âge de
7 ans. Je demande à ce que les parents
puissent demander l’autorisation de
faire faire la Première Communion à
leur enfant dès que celui-ci est prêt,
dès la première année de catéchisme
s’il le faut, et même avant. Si ces
parents sont impliqués et suivent
une formation en famille proposée
par la paroisse et accompagnée par
des catéchistes, quel que soit l’âge de
l’enfant, il n’y aucune raison d’attendre.
Le pape saint Pie X a demandé de faire
faire la Première Communion à l’âge
de raison.
Par contre, la paroisse et les catéchistes
se chargeront d’accompagner ce choix
des parents, de mettre des normes,
de visiter et de guider la famille dans
la démarche sacramentelle. Si la
famille est très éloignée de l’Eglise,
il sera d’autant plus nécessaire d’en
prendre soin et de l’accompagner. En
aucun cas la réception d’un sacrement
ne dispensera une famille de la
participation au catéchisme régulier.
EEM : Monseigneur, c’est une
révolution !?
En esprit, peut-être ; en pratique, pas
tant que ça. Il nous faudra inverser la
responsabilité : la paroisse aide les
parents et non l’inverse. Par contre,
ce n’est pas une révolution pour la
théologie pastorale catholique qui ne
nous laisse pas le choix. Ce sont les
parents qui s’impliquent ou rien.
Du point de vue pratique, ce n’est
pas non plus une révolution mais
une évolution. Ce système est celui
que nous proposons déjà pour les
préparations au baptême ou au
mariage. Nous ferons de même, avec
des adaptations, pour la Première
Communion et la Profession de Foi.
Vous voyez, ce n’est pas un scoop !
Cela dit, on sait très bien qu’on ne
pourra pas mobiliser des parents
toutes les semaines. Il faudra leur
proposer des sessions courtes et
intenses à plusieurs dates dans
l’année avec des horaires et des
méthodes adaptés, où ils s’inscriront
librement. En fin de préparation, il
faudrait proposer une retraite familiale
joyeuse. Les districts, les paroisses, les
PCE et les mouvements pourraient
s’impliquer. La charte des familles
présentera tout cela.
EEM : Et la Confirmation !?
Ah ! Parlons-en. D’abord, il y a de très
belles choses. Ma rencontre avec
ces plus de 3000 jeunes par an m’a
beaucoup ému et réjoui. Mais j’avoue
que je suis bien triste, oui triste, lorsque
je repasse dans les paroisses et que je
ne vois qu’une infime partie de ces
jeunes à la messe. Je ne me suis pas
encore habitué à l’absence des jeunes
et je ne veux pas m’y habituer. J’en ai
assez de raconter ma « vieille blague »
des pigeons qui, une fois confirmés
par l’évêque, sont sortis de l’église
pour ne plus y revenir, alors que rien
n’avait pu les en chasser auparavant !
C’est beaucoup de parents sont impliqués et suivent
une formation en famille proposée
par la paroisse et accompagnée par
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 6
Page 7
Disons-le franchement, les équipes
sont merveilleuses, mais il y a un
échec à la clé. En Martinique comme
ailleurs.
Après 7 à 8 ans de catéchisme, très
peu de jeunes ont vraiment fait
l’expérience de l’Eglise, l’expérience
du Seigneur et très peu sont devenus
des témoins. Donc, c’est à mon tour de
dire la fameuse phrase : « i za tan pou
nou fini épi sa ! »
Ce n’est pas de la faute des jeunes. S’ils
ne sont pas fidèles à leur promesse,
c’est aussi parce que leurs familles ne
sont pas assez impliquées dans leur
vie chrétienne et que, dans beaucoup
de paroisses, il n’y a plus rien après
la confirmation, faute d’animateurs,
comme je l’ai déjà dit. C’est un drame.
J’y reviendrai.
EEM : Que proposez-vous ?
Tout d’abord, je demande une
réflexion de fond sur l’âge et la
pédagogie de la Confirmation.
La théologie ne valide pas notre
pratique actuelle d’en faire le
sacrement-récompense de ceux qui
ont fait deux ou trois ans de catéchisme
en plus. La Confirmation est la suite du
Baptême. Elle est un don, un cadeau de
Dieu pour chaque baptisé.
Qui plus est, nous avons la mauvaise
idée de proposer le cheminement
en classes de 4 ème -3ème , l’âge le plus
difficile. Ainsi, arrivés au lycée, les
jeunes oublient leur promesse,
pourtant sincère, et tournent
« naturellement » la page. Ils voient
la religion comme une discipline
pour les « petits collégiens ». Donc,
la tentative de faire mûrir davantage
les jeunes avec deux ou trois années
de cheminement après le catéchisme
ne produit pas des témoins du Christ.
C’est pourquoi, de plus en plus de
diocèses de France reviennent à une
C onfirmation en même temps ou
même avant la Profession de Foi.
Il faudra donc envisager, par
exemple, de confirmer tous les
jeunes dès la fin du catéchisme et
bâtir un cheminement en forme
de préparation aux ministères et
à la vie théologale pour les jeunes
lycéens ou étudiants qui souhaitent
volontairement s’engager dans l’Eglise
et y prendre des responsabilités
(comme devenir parrain ou marraine,
par exemple). A ceux-là, on proposerait
un engagement solennel. Ce chemin
devra comporter trois éléments :
une expérience pastorale (dans un
groupe de jeunes), une expérience
d’Eglise (un service ou un ministère)
et une expérience spirituelle (avec
des récollections et des retraites) et
s’achèverait par l’octroi d’une mission
d’Eglise. Certainement, ce nouveau
cheminement comportera moins
de jeunes, mais ceux qui viendront
seront motivés. Mieux vaut 12
apôtres que 200 demi-chrétiens. Une
question se posera : Si le nouveau
« cheminement » ne s’adresse
qu’à des lycéens, quelle offre pour
les collégiens : rassemblements,
mouvements, institutions nouvelles
(aumôneries, patronages !) ? J’attends
des idées. Je demande donc à cet
atelier de réfléchir sur ces pistes et
leurs conséquences et de me faire
des propositions.
EEM : Et après la C onfirmation,
que proposera l’Eglise en 2020 ?
Ce qu’il y a aujourd’hui ! Avant et après
la Confirmation, l’Eglise développe,
non sans difficulté, certes, une
Pastorale des Jeunes . C’est
le troisième atelier de ce chantier.
Cette pastorale a toujours été très
active en Martinique, notamment
aujourd'hui sous la conduite du
père Emmanuel Chaulvet. Mais la
tâche est difficile et demande un
incessant renouvellement. Il y a aussi
des initiatives comme le Réseau de
groupes de "post-confirmation" animé
par Frédéric Félixine.
Il faut d’abord effectuer une
vraie réflexion sur l’absence de
jeunes animateurs pour imaginer
des solutions palliatives : faut-il
envisager d’employer des animateurs
professionnels post-cheminement ?
Faut-il créer, comme dans certains
diocèses voisins de la Caraïbe, un
programme systématique de formation
pour les « young catholic leaders »
? et engager prioritairement tous les
jeunes de 18 à 30 ans qui sont encore
au pays à devenir des animateurs des
mouvements de cette pastorale ? Cela
demandera de vérifier que des adultes
trop zélés n’empêchent pas les jeunes
de prendre en main ces groupes !
Tout d’abord, je demande
réflexion de fond sur l’âge et la
pédagogie de la Confirmation .
La théologie ne valide pas notre
Il faut d’abord effectuer une
vraie réflexion sur l’absence de
pour imaginer jeunes animateurs pour imaginer
des solutions palliatives : faut-il
vraie réflexion sur l’absence de
jeunes animateurs pour imaginer
une
vraie réflexion sur l’absence de
une
réflexion de fond sur l’âge et la
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 7
Page 8
Un logo pour ECCLESIA’M 2020 !
COMMUNIQUÉ
Notre évêque, Mgr Macaire, et son Conseil, ont décidé de lancer un concours pour la création d’un nouveau logotype,
afin de donner une identité visuelle au plan pastoral ECCLESIA’M 2020 !
Nous vous invitons donc à laisser libre cours à votre créativité et à vos talents pour proposer un logo coloré, dynamique,
qui reflète une Eglise en "mouvement".Vos créations peuvent être déposées à l’archevêché ou trans\
mises par mail
au service de communication du diocèse à : secretariatcomcom@gmail.com
Diocèse de Fort-de-France, Service communication
MOT DE L’EVÊQUE
Les responsables sont démunis et doivent
réinventer à chaque fois des choses que
d’autres ont déjà expérimentées. Il faut donc
créer des « boîtes à outils » d’animation
et d’activités pour les aider. Dans cette
« boîte à outils », chaque responsable
pourrait puiser, « à la carte », des idées de
témoins, de lieux d’accueil et de prière, de
documents culturels, de visites, de jeux, de
chants, de livres, de films ou de spectacles,
ou de documents multimédia, de conseils,
de sessions de formation et, bien sûr, un
calendrier de rassemblements diocésains
et autres initiatives (défis, concours, etc.).
L’animation d’un réseau de responsables
devrait permettre un partage d’expérience
et l’alimentation de la boîte avec des idées
nouvelles ! Chaque âge aurait sa boîte à
outils. Par exemple, les 14-18 : plutôt sport-
musique et prière…
EEM : Et les étudiants ?
Sous ce terme, j’englobe tous les post-bac :
les 18-25 ans à qui il faudra offrir de la
formation, de l’accompagnement spirituel
systématique, des réflexions sur la vocation
et des actions envers les plus jeunes et
les pauvres… J’espère aussi la création
d’un rendez-vous comme une « paroisse
universitaire », qui soit mis en place pour
tous les jeunes qui sont en post-bac ou en
études professionnelles et qui veulent voir
Jésus. Ce projet est déjà en cours grâce au
zèle du père Olivier-Marie Lucenay.
EEM : Avez-vous pensé aux
jeunes en difficulté ?
Oh oui ! Tous les jours. Je tiens à ce
qu’une réflexion sur la création d’une
pastorale appropriée pour les jeunes
en difficulté soit menée. L’Eglise de
2020 (pas plus que celle de 2017 !) ne
peut passer à côté de ces centaines
de garçons livrés à eux-mêmes, sans
tenter quelque chose. L’abbé Jean-
Michel, l’abbé Zaïre ou l’abbé Morland
vont venir nous tirer les oreilles ! Il
faudra trouver un moyen, avec des
professionnels et des pasteurs, de
proposer à ces jeunes un chemin
de salut. En Jamaïque, par exemple,
l’Eglise a lancé un "programme for
non attached young people" en
5 points : ‘1-Musique / 2-Sport /
3-Accompagnement/ 4-Éducation /
5-Foi Catholique ,. Ici, pourquoi ne pas
penser à développer des sortes de
camps de formation !? Ou même un
centre !? Même pour quelques-uns.
EEM : Monseigneur, en arrivant
dans le diocèse, l’une de vos
premières actions a été de créer
une maison pour les séminaristes.
Les vocations font-elles partie
d’ECCLESIA’M 2020 !?
Oui, bien-sûr ! Les vocations sont
un atelier à part entière. En plus des
structures déjà en place (la Maison
Saint-Jean-Paul II, le Foyer Saint
Dominique Savio et les équipes de
vocations), il faudra voir comment
accompagner les jeunes vocations
de façon plus personnelle, comment
rejoindre ceux et celles qui partent
faire leurs études en Métropole et
qui voient naître une vocation à ce
moment de leur vie (heureusement,
le père Marcel Crépin devrait être un
bon support pour ces jeunes).
Les groupes de servants d’autel feront
l’objet d’une attention particulière.
Ces jeunes qui servent la messe
sont parfois les plus engagés dans
l’Eglise. Parmi eux naissent des
vocations. Ces groupes souffrent
aujourd’hui de ce que, parfois, les
jeunes ne sont pas accompagnés
personnellement, mais seulement
pour leur service, par des adultes qui,
souvent, ne sont ni des animateurs
ni des spécialistes en liturgie. Les
servants doivent être dirigés par les
jeunes eux-mêmes, sous les ordres
du prêtre. J’ai déjà personnellement
commencé à réfléchir à l’organisation
et à la pédagogie qui leur convient.
Notamment en vue d’une meilleure
intégration des garçons qui sont
aujourd’hui minoritaires, ce qui est
très dommage. Une vraie coéducation
permettra d’éduquer les garçons et les
filles de façon distincte , en respectant
les caractéristiques féminine et
masculine... Vaste programme. ■
qu’une réflexion sur la création
pastorale appropriée pour les jeunes
soit menée. L’Eglise de
Oh oui ! Tous les jours. Je tiens à ce
qu’une réflexion sur la création d’une qu’une réflexion sur la création d’une
pastorale appropriée pour les jeunes
en difficulté soit menée. L’Eglise de
2020 (pas plus que celle de 2017 !) ne
pastorale appropriée pour les jeunes
en difficulté soit menée. L’Eglise de
Oui, bien-sûr ! Les vocations sont
un atelier à part entière. En plus des
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 8
Page 9
Jubilé de\b catéchi\bte\b
« C’est en aimant
que l’on annonce le Dieu-Amour »
L
’Apôtre Paul, dans la seconde
lecture, adresse à Timothée,
mais aussi à nous, quelques
recommandations qui lui tiennent
à cœur. Parmi elles, il demande
de « garder le commandement du
Seigneur, en demeurant sans tache,
irréprochable ». Il parle simplement
d’un commandement. Il semble
qu’il veuille faire fixer notre regard
sur ce qui est essentiel pour la foi.
St Paul, en effet, ne recommande pas
beaucoup de points ni d’aspects,
mais il souligne le centre de la foi. Ce
centre autour duquel tout tourne, ce
cœur palpitant qui donne vie à tout,
c’est l’annonce pascale, la première
annonce : le Seigneur Jésus est
ressuscité, le Seigneur Jésus t’aime,
il a donné sa vie pour toi ; ressuscité
et vivant, il est présent à tes côtés et il
t’attend chaque jour. Nous ne devons
jamais l’oublier.
En ce Jubilé des catéchistes, il nous
est demandé de ne pas nous lasser
de mettre en premier l’annonce
principale de la foi : le Seigneur est
ressuscité. Il n’y a pas de contenu plus
important, rien de plus solide et actuel.
Tout le contenu de la foi devient beau
s’il est relié à ce centre, s’il est traversé
par l’annonce pascale. En revanche,
s’il est isolé, il perd sens et force. Nous
sommes toujours appelés à vivre et
à annoncer la nouveauté de l’amour
du Seigneur : «Jésus t’aime vraiment,
comme tu es. Fais-lui une place :
malgré les déceptions et les blessures
de la vie, laisse-lui la possibilité de
t’aimer. Il ne te décevra pas ».
Le commandement dont parle
St Paul nous fait penser aussi au
commandement nouveau de Jésus :
« Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés ». C’est en
aimant que l’on annonce le Dieu-
Amour. Non pas en cherchant à
convaincre, jamais en imposant la
vérité, non plus en se raidissant sur
des obligations religieuses ou morales.
Dieu est annoncé en rencontrant
les personnes, en prêtant attention
à leur histoire et à leur chemin. Car
le Seigneur n’est pas une idée, mais
une personne vivante : son message
passe par le témoignage simple et
vrai, par l’écoute et l’accueil, par la
joie qui rayonne. On ne parle pas bien
de Jésus quand on est triste : on ne
transmet pas non plus la beauté de
Dieu en faisant seulement de belles
prédications. Le Dieu de l’espérance
est annoncé en vivant aujourd’hui
l’Evangile de la charité, sans peur
d’en témoigner aussi sous des formes
nouvelles d’annonces.
L’Evangile de ce dimanche nous aide
à comprendre ce que veut dire aimer,
et surtout à éviter certains risques.
Dans la parabole, il y a un homme
riche qui ne remarque pas Lazare,
un pauvre qui est « devant son
portail » (…). Mais il a une infirmité
plus grande que celle de Lazare, qui
est « couvert d’ulcères » : ce riche
souffre d’une grande cécité, parce
qu’il ne réussit pas à regarder au-delà
de son monde fait de banquets et
de beaux vêtements. Il ne voit pas
derrière la porte de sa maison où est allongé Lazare, parce que ce qui se
passe dehors ne l’intéresse pas. Il ne
voit pas avec les yeux, car il ne sent
pas avec le cœur. La mondanité qui
anesthésie l’âme est entrée dans son
cœur. La mondanité est comme un
« trou noir » qui engloutit le bien, qui
éteint l’amour parce qu’elle ramène
tout au moi. On ne voit plus alors
que les apparences et on ne prête
plus attention aux autres, car on
devient indifférent à tout. Souvent,
celui qui souffre de cette grave cécité
se met à « loucher » : il regarde avec
révérence les personnes célèbres,
de haut rang, admirées du monde, et
il détourne le regard des nombreux
Lazare d’aujourd’hui, des pauvres et
de ceux qui souffrent, qui sont les
préférés du Seigneur.
Mais le Seigneur regarde celui qui
est négligé et mis à l’écart du monde.
Lazare est le seul personnage, dans
toutes les paraboles de Jésus, à être
appelé par son nom. Son nom veut
dire « Dieu aide ». Dieu ne l’oublie
pas, il l’accueillera au banquet de
son Royaume, avec Abraham, dans
une communion riche en affections.
En revanche, l’homme riche, dans la
parabole, n’a même pas de nom ; sa
vie est oubliée, car celui qui vit pour
soi ne fait pas l’histoire. Et un chrétien
doit faire l’histoire ! Il doit sortir de
lui-même, pour faire l’histoire !
L’insensibilité d’aujourd’hui creuse
des abîmes infranchissables à jamais.
Et nous sommes tombés, à présent,
dans cette maladie de l’indifférence,
de l’égoïsme, de la mondanité.
EGLISE UNIVERSELLE\r
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 9
Page 10
Agenda de l’Archevêque
Du 4 au 9 novembre :
- Assemblée plénière de la Conférence des évêques de France à Lourdes
Mercredi 9 novembre :
Eucharistie à la Fondation Jérôme Lejeune, à Paris
Vendredi 11 novembre :
- 15h : Eglise Saint-Sulpice (6e), Messe des Antillais et Guyanais avec les évêques de la Province
ecclésiastique
Samedi 12 novembre :
- 9h30-13h : Eglise des Buttes-Chaumont (19
e),
temps de partage avec les jeunes suivi de
l’Eucharistie
Dimanche 13 novembre :
- Rallye de fermeture des 5 portes jubilaires
- 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis Mardi 15 novembre :
Conseil épiscopal
Mercredi 16 novembre
18h : Catéchèse de l’Evêque à l’église Emmaüs
Jeudi 17 novembre :
- 18h30 : Installation du nouveau Curé de Saint-
Joseph
Du 18 au 20 novembre :
Congrès des femmes à la Ferme Perrine
Samedi 19 novembre :
- 17h : Confirmation à la paroisse de Tartane
Dimanche 20 novembre :
- 9h : Confirmation à la paroisse de Ducos
- 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
EGLISE UNIVERSELLE\r
Il y a un autre détail dans la parabole,
un contraste. La vie opulente de cet
homme sans nom est décrite comme
ostentatoire : tout en lui réclame des
besoins et des droits. Même mort il
insiste pour être aidé et prétendre à
ses intérêts. La pauvreté de Lazare,
en revanche, s’exprime avec une
grande dignité : aucune lamentation,
protestation ni parole de mépris
ne sort de sa bouche. C’est un
enseignement précieux : en tant que
serviteurs de la parole de Jésus nous
sommes appelés à ne pas étaler une
apparence et à ne pas rechercher
la gloire ; nous ne pouvons pas non
plus être tristes ni nous lamenter. Ne
soyons pas des prophètes de malheur
qui se complaisent à dénicher les
dangers ou les déviances ; ne soyons
pas des gens qui se retranchent dans
leurs propres environnements en
émettant des jugements amers sur
la société, sur l’Eglise, sur tout et sur
tous, polluant le monde de choses
négatives. Celui qui est familier de
la Parole de Dieu ne connaît pas le
scepticisme qui se lamente.
Celui qui annonce l’espérance de
Jésus est porteur de joie et voit loin,
il a des horizons, il n’a pas un mur qui
le ferme ; il voit loin car il sait regarder
au-delà du mal et des problèmes.
En même temps il voit bien de
près, car il est attentif au prochain
et à ses nécessités. Aujourd’hui, le
Seigneur nous le demande : devant
tant de Lazare que nous voyons, nous
sommes appelés à nous inquiéter, à
trouver des chemins pour rencontrer
et aider, sans déléguer toujours aux
autres et dire « je t’aiderai demain,
aujourd’hui je n’ai pas le temps, je
t’aiderai demain ». Et c’est un péché.
Le temps donné pour porter secours
aux autres est du temps donné à Jésus,
c’est de l’amour qui demeure : c’est
notre trésor au ciel que nous nous
procurons ici sur terre.
En conclusion, chers catéchistes et
chers frères et sœurs, que le Seigneur
nous donne la grâce d’être renouvelés
chaque jour par la joie de la première
annonce : Jésus est mort et ressuscité,
Jésus nous aime personnellement !
Qu’il nous donne la force de vivre et
d’annoncer le commandement de
l’amour, en dépassant la cécité de
l’apparence et les tristesses mondaines.
Qu’il nous rende sensibles aux
pauvres, qui ne sont pas un appendice
de l’Evangile, mais une page centrale,
toujours ouverte devant tous.
Homélie du pape François,
le 25 septembre 2016, à Rome
Source : https://fr.zenit.org/
■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 10
Page 11
L
es saducéens sont en quelque
sorte des « intégristes » ; ils
s’arrêtent à l’enseignement
de Moïse à savoir le Pentateuque
(les 5 premiers livres de la Bible),
et n’acceptent pas l’enseignement
postérieur des prophètes et des
sages de l’Ancien. Ainsi, ils ne
croient pas en la résurrection, car à
l’époque de Moïse, on pensait que
la seule manière que l’homme avait
de survivre après la mort était par
le biais de sa postérité, c’est-à-dire
à travers ses enfants. Au début de
l’histoire d’Israël, le groupe prenait
le pas sur l’individu ; ce qui était
important, c’était le peuple, sa
fidélité à l’alliance avec Dieu, sa
fécondité, sa sécurité, etc. On a
encore vu cette conception des
choses au XX
e siècle avec des pilotes
japonais qui se suicidaient en jetant
leurs avions sur des bateaux de
guerre américains, car pour eux,
leurs vies personnelles étaient
peu de chose à côté de la liberté et
de l’honneur de leur Peuple. C’est
avec le prophète Isaïe (Is 19 ,26 ) et
particulièrement à l’époque de la
persécution d’Antiochus Epiphane
qu’apparaît clairement en Israël
cette foi en la survie individuelle
après la mort (2 Maccabées 1 ,7 s.).
En effet, le peuple ne comprenait pas
qu’un juste qui meurt jeune à cause
de sa foi n’ait aucune récompense
pour sa fidélité.
A l’époque de Jésus seule une
petite minorité (les Saducéens) ne
croit toujours pas en la résurrection. Quelques-uns d’entre eux abordent
donc Jésus pour tenter de lui prouver
que l’idée de résurrection est
stupide. Ils lui posent un problème
difficile puisqu’il s’agit du cas de 7
frères qui épousent successivement
la même femme sans laisser d’enfant.
« A la résurrection, demandent-ils à
Jésus, de qui sera-t-elle l’épouse ? ».
La réponse de Jésus est double :
1) Il ne faut pas s’imaginer que le
monde à venir est comparable à ce
monde ci. Dans le Royaume, les Fils
de Dieu sont éternels, leurs corps
même sont « spiritualisés ». Ils n’ont
plus besoin de se reproduire. Le
mariage est donc superflu. De plus
les citoyens de ce monde à venir
aiment de l’amour même de Dieu,
leur amour est donc universel et ne
se réduit pas à une petite famille
humaine, mais s’étend à Dieu et à
toutes ses créatures.
2) Il déplore leur méconnaissance
de l’Ecriture en citant un passage
du deuxième livre du Pentateuque
(Ex
3,6) : « Je suis le Dieu de ton père,
le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le
Dieu de Jacob. » Jésus ajoute, « Dieu
n’est pas un Dieu de morts mais
de vivants ». En effet, si les noms
qui sont dans le titre que Dieu se
donne, à savoir « Dieu d’Abraham,
d’Isaac et de Jacob », étaient ceux de
morts, cela signifierait que Dieu n’est
pas consistant, il serait le dieu des
ombres, de ceux qui n’existent plus. Il serait lui-même une ombre. Mais
Dieu est jaillissement de vie, et il
aime tout ce qui existe avec un amour
de prédilection pour l’homme qu’il a
créé à son image ! Or en Dieu, Amour
et Vie se confondent (Cf. Jn 6
,14 et
1 Jn 8 ,4 ) de sorte que ceux qu’il
aime vivent par lui. Par conséquent,
ceux qui accueille son amour et
s’attachent à lui demeurent vivants.
Si une jeune femme fait alliance avec
un milliardaire, elle devient par le
fait même milliardaire, de même si
vous faites alliance avec la Vie, vous
devenez vivants éternellement par
le fait même. Jésus le dit bien dans
cet évangile : « Tous, en effet, vivent
pour lui ».
Ainsi les patriarches, mais aussi
tous ceux qui ont vécu dans la foi
au Dieu d’Israël sont vivants. Nous
nous rappelons que sur la Montagne
de la Transfiguration, Moïse et Elie
apparurent en gloire au côté de
Jésus. Tous les saints sont dans
cette même gloire entrevue par les
apôtres sur le Mont Thabor. Et nous-
mêmes cheminons vers cette gloire
en tâchant de marcher à la suite de
Jésus sous la poussée de l’Esprit
Saint. Nous sommes promis, non à la
mort, mais à la Vie. Baptisés, nous dit
St Paul, nous avons revêtu le Christ
(Ga 26 ,3), nous avons endossé aussi
sa victoire sur la mort et la gloire de
la Résurrection.
P. Alain Ransay
Curé de Bellevue
■
Dimanche 6 no\bembre 2016
2 Martyrs d’Isra\bl 7,1-2.9-14 • P\2saume 16 • 2 Thessaloniciens 2,16-3,5 \2• Luc 20,27-38
32 ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C
« Tous en effet, vivent pour lui »
la P arole D ominicale
2 Martyrs d’Isra\bl 7,1-2.9-14 • P\2saume 16 • 2 Thessaloniciens 2,16-3,5 \2• Luc 20,27-38
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 11
Page 12
ANNÉE SAINTE DE LA\r MISÉRICORDE
Nous avons passé un
autre cap de notre
vie. Nous sommes arrivées stressées,
angoissées et reparties apaisées.
Très bonne initiative, félicitations,
à réitérer.
C’est par un temps pluvieux que la Vierge a été accueillie à l’église Notre-Dame du
Rosaire de Redoute, le 17 septembre 2016. Portée en procession, elle a fait son entrée
jusqu’à l’autel sous une haie \2de roses blanches.
Sur le parvis de l'église Notre-Dame du Sacré Cœur
arriva l’icône de la Vierge à l'enfant, accueillie par
une foule vêtue de blanc. Elle prit part à un mini
chemin de croix. Sa présence fut un réconfort au
cœur du passage de la tempête Matthew.
P. Arnaud Goma
La Vierge pèlerine à Redoute…… et à Coridon
Le fait marquant de cette
nuit a été la rencontre entre
générations, unies dans la prière.
Nous ne pouvons que remercier
Dieu pour ce retour à la ferveur.
Cette halte de la Sainte Vierge,
continue de porter ses fruits.
Bruno Jenny et
Louisette
L'arrivée de Marie dans la résidence a créé une grande joie
particulièrement chez nos aînés qui ont pu prier depuis
leur balcon lors de son passage. Nous avons partagé un
moment très fort de grâces avec notre maman.
Nous avons eu la joie de recevoir la Vierge pèlerine au
Centre Eaux Jaillissantes. Elle a été portée en proces-
sion jusqu’à la chapelle pleine de monde. Nous avons passé la nuit à
adorer son Fils en sa présence.
Nous avions décidé que la vierge irait dans les familles
des malades et des personnes âgées. Dieu a fait des
merveilles à travers les profonds partages. Ce fut un
moment de ferveur intense, de grande joie. Mèsi Manman Mari, Mèsi !
Les sœurs
spiritaines
Patricia
Maryse
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 12
Page 13
L’une des caractéristiques notoires du Jubilé de la Miséricorde est la Porte Sainte. Le
pape François écrivait, dans la bulle d’indiction du Jubilé Le Visage de la Miséricorde,
ces lignes :
« En cette fête de l’Immaculée Conception, j’aurai la joie d’ouvrir la
Porte Sainte. En cette occasion, ce sera une Porte de la Miséricorde, où quiconque entrera pourra faire l’expérience de l’Amour de Dieu qui console, pardonne, et donne l’espérance […]. En passant la Porte Sainte, nous nous laisserons embrasser par la Miséricorde de Dieu, et nous nous engagerons à être miséricordieux avec les autres comme le Père l’est avec nous. »
L
a conférence des évêques
nous livre le sens de « franchir
la Porte Sainte ».
Passer une Porte Sainte, c’est la
franchir réellement comme acte
symbolique de notre désir de voir
toute chose à travers le Christ qui nous
ouvre un horizon nouveau (Ap. 21, 5).
Franchir la Porte Sainte symbolise
le passage du péché vers la grâce.
Toujours ouverte, la Porte exprime
l’attente de Dieu qui se tient sur le
seuil les bras ouverts pour nous faire
entrer dans la miséricorde. Passer
la Porte requiert donc qu’on laisse
derrière soi le péché pour rejoindre
l’amour et le pardon.
Avant de franchir la Porte, il faut se
mettre en route. Comme un pèlerin
appelé à aller de l’avant, chacun
marche à la rencontre du Père
miséricordieux, sur un chemin de
conversion. Passer le seuil de la Porte,
c’est un acte de foi du croyant qui
reconnait en Jésus-Christ le Seigneur.
Le Christ a dit : « Moi, je suis la Porte »
(Jn 10,7). C’est par lui que l’on peut
connaître et entrer en communion
avec Dieu. Le Christ est le Sauveur
envoyé par le Père qui permet à tout
homme de passer du péché à la grâce.
Concrètement, en Martinique,
Mgr David Macaire a choisi 5 portes
saintes pour que nous puissions,
dans notre diocèse, faire la démarche
jubilaire. On pourra donc faire cette
démarche en franchissant la Porte
Sainte :
• De la cathédrale Saint-Louis de Fort-
de-France ;
• De la cathédrale Notre-Dame de
l’Assomption de Saint-Pierre ;
• De la basilique Notre-Dame de la
Délivrande du Morne-Rouge ;
• De la basilique du Sacré-Cœur de
Balata ;
• De Notre-Dame de la Salette de
Sainte-Anne.
Devant l’échéance de la fin du Jubilé
(fermeture des Portes Saintes le 13
novembre), un nombre croissant de
fidèles éprouvent le besoin de franchir
les Portes Saintes.
La librairie Immaculée Conception du
Lamentin a travaillé avec le diocèse pour
proposer un circuit organisé, permettant
le franchissement des 5 Portes Saintes
de Martinique en une journée. Cela se
fait également dans une journée de
jeûne et de prière. Et cela s’est fait avec
en tête :
- de tenir éveillé la Foi de nos frères et
sœurs, en les accompagnant sur un
parcours jubilaire qui leur permettrait
de toujours mieux comprendre 5
fondamentaux qui sont : la prière,
l’Eucharistie, la confession, la lecture
de la bible et le jeûne.
- D’enrichir nos démarches de Foi au sein
de notre diocèse par la mise en place
de nouveaux temps de pèlerinage
autour des sanctuaires.
Cet objectif a été soutenu par des gestes
concrets. Lors des trajets en bus les
pèlerins ont pu bénéficier de l’écoute
de divers enseignements qui visaient à
enrichir la démarche de l’étape suivante.
De nombreux fidèles se sont inscrits à
ces journées, accompagnés de prêtres.
Dernier Rendez-vous :
Vendredi 11 novembre, avec le père
Alexis Phanor (resp. des sanctuaires),
1 religieuse, 1 diacre, des membre du
comité de la Pastorale des sanctuaires, les
groupes "La croisade des pères de famille
et "Les hommes adorateurs de Ste-Marie".
Il ne reste que quelques jours maintenant.
Nous invitons les fidèles à prendre
conscience que les Portes seront bientôt
fermées… Donc, en route, pour les Portes !
Père Catayée, Vicaire épiscopal chargé de
l’organisation du Jubilé de la Miséricorde
■
Fermeture des portes jubilaires
Le dimanche 13 novembre, Mgr David
Macaire ferme toutes les portes jubilaires
au cours d’un « rallye des 5 portes »
5h45 Office des Laudes au Calvaire de
Sainte-Anne, suivi de la fermeture
de la porte jubilaire
9h Messe à la cathédrale de Saint-
Pierre, suivie de la fermeture de
la porte jubilaire
11 h 15 Chapelet et consécration à la
Vierge au sanctuaire Notre-Dame
de la Délivrande, au Morne Rouge,
suivis de la fermeture de la porte
jubilaire
13h Chapelet de la Miséricorde au
sanctuaire du Sacré-Cœur de
Balata, suivi de la fermeture de la
porte jubilaire
17h30 Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis, suivies de la fermeture
de la porte jubilaire.
Vendredi 11 novembre, avec le père
Alexis Phanor (resp. des sanctuaires),
1 religieuse, 1 diacre, des membre du
comité de la Pastorale des sanctuaires,
les groupes "La croisade des pères de
famille et "Les hommes adorateurs de
Ste-Marie".
Franchir les Portes Saintes
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 13
Page 14
Samedi 1 er octobre 2016
Messe d’envoi de la Catéchèse
« Témoignez par votr\ée vie de \be que vous\é transmettez par la\é \baté\bhèse »
Les Services diocésains du catéchuménat et de la catéchèse se sont retrouvés autour de
Mgr David Macaire pour l’envoi en Mission. Plus de 1700 catéchistes et accompagnateurs
du catéchuménat étaient rassemblés en ce 1
er octobre où l’Eglise fête "la Petite
Thérèse", sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, et la Sainte Face patronne des Missions.
C’est l’église de la Saint\2e Face qui a accueilli tout ce monde.
Q
ui donc est le plus grand dans le
Royaume des cieux ? Telle est la
question que les disciples ont
posée à Jésus alors qu’Il avance vers
Jérusalem. C’est aussi la question que
nous nous posons en tant que femmes
et hommes choisis et appelés pour
annoncer l’Évangile.
Dès 12h, les premiers convives étaient
accueillis par les membres du Service
diocésain de la catéchèse et du
catéchuménat. Il était remis à chacun
un signet comportant une photo de
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus avec
ses paroles : Confiance ! C’est la main de
Jésus qui conduit tout, et une prière à
sainte Thérèse.
Dans la joie de se retrouver, certains
avaient oublié qu’ils étaient dans une
église. Un rappel a vite ramené le silence.
Une répétition avec Rosange Bonheur et
quatre musiciens a permis de découvrir
et d’apprendre deux nouveaux chants.
Avant le début de la célébration, il a été
fait mémoire des catéchètes diocésains qui ont rejoint la maison du Père cette
année : M mes Alberte Calixte, Alexandrine
Daphne, Josette Desire-Fidelis, Evelyne
Desous, Arlette Gabriel-Regis, Juliette
Landry, Marie-Ange Oliny, Raphaëlle
Telcio et M. Guy Guannel.
A 14h10, la messe commençait par
la procession d’entrée avec le chant
Ubicumque et semper Evangelium
nuntiate Omni creaturae Evangelium,
pradicate,
dont les paroles fortes ont
rythmé ce temps.
Dans son homélie, Mgr David nous a
rappelé l’importance de la catéchèse
dans l’évangélisation. Il a aussi insisté
sur la place de la famille, à qui revient
la mission d’éduquer et ainsi de former
les générations futures.
Avant la bénédiction finale, pour ne pas
oublier que nous étions dans l’Année
de la Miséricorde, les vœux 2016 du
pape François à la Curie Romaine
furent mis en scène par 12 membres
des Services diocésains de la catéchèse
et du catéchuménat. Une voix faisait
découvrir les lettres de MISERICORDIA,
en relation avec la mission de la catéchèse ;
tandis que cette lettre était présentée à
l’Assemblée, une autre voix lisait une
prière ou un écrit de sainte Thérèse.
C’était une grande joie de se retrouver
pour la messe d’envoi sous le patronage
de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de
la Sainte Face.
Merci à tous ceux qui ont contribué à la
réalisation de cette célébration.
Pierre Valey, Diacre ■
VIE DU DIOCÈSE
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 14
Page 15
U
n jour entre 1876 et 1877, elle subit le même sort que sa
sœur : à son tour, alors qu’elle avait près de 9 ans, elle
est la victime de négriers qui la vendent et la revendent
plusieurs fois, sur les marchés d’El Obeid et de Khartoum, en lui
infligeant de mauvais traitements. Le traumatisme est si grand
qu’elle en oubliera son premier nom. C’est ainsi qu’on lui donne
le nom de Bakhita, qui signifie "la chanceuse". Elle appartenait
à un général turc qui lui avait fait subir de cruelles scarifications,
quand ce dernier décida de vendre toutes ses esclaves. Bakhita
est alors acquise par le consul d’Italie à Khartoum, Calisto Legnani,
en 1883.
Sa vie change radicalement : “le nouveau maître était assez bon
et il se prit d’affection pour moi. Je n’eus plus de réprimandes, de
coups, de châtiments, de sorte que, devant cela, j’hésitais encore
à croire à tant de paix et de tranquilité” dit elle. En 1885, le consul
Legnani doit quitter le Soudan à cause de la révolution mahdiste et
Bakhita lui demanda de l’emmener. Il accepte et ils s’embarquent
avec une famille amie, les Michieli. Arrivés à Gênes, M me Maria
Turina Michieli demande à garder Bakhita à son service. Elle arrive
ainsi à Ziagino, dans la province de Venise.
Mme Michieli ayant eu une petite fille, la confie, avec Bakhita, à l’institut
des Catéchistes de Venise, tenu par les religieuses canossiennes.
Puis quand M me Michieli décide de les reprendre, Bakhita demande
à rester à l’institut malgré l’opposition de M me Michieli. L’affaire va
jusqu’au procès, et le 29 novembre 1889 le procureur déclare que
Bakhita était libre de choisir où elle voulait rester puisqu’il n’y avait
pas d’esclavage en Italie.
Avec les sœurs de l’institut, elle découvre Dieu et reçoit les
sacrements de baptême et de confirmation le 9 janvier 1890 par
le cardinal de Venise, Monseigneur Agostini. Le 7 décembre 1893,
Bakhita rejoint le noviciat des Sœurs de la Charité à l’institut de
Catéchuménat de Venise. Elle prononce ses premiers vœux le
8 décembre 1896, à Vérone. En 1902, elle est transférée à Schio,
province de Vicenza, où pendant plus de cinquante ans, elle
s’occupe de la cuisine, de la lingerie et de la conciergerie. En 1927,
elle prononce ses vœux perpétuels. Elle était aimée de tous. En
1910, elle écrit son histoire à la demande de sa supérieure.
Après une longue et douloureuse maladie et une pénible agonie,
elle s’éteint le 8 février 1947 en invoquant : Notre Dame! Notre Dame!
Depuis, beaucoup de grâces ont été obtenues par son intercession.
Une \bhapelle dédi\ba\bée à Sainte Bakhita
au MARIGOT
Pour… quoi ? Bakhita
Bakhita nous oblige à faire un retour sur nous-même et sur notre
Histoire, comme dit la bible, un retour chez nos pères. C’est
pourquoi je l’ai choisie d’abord parce qu’une chapelle est un
lieu de prière : Jésus dit en Mc 11,17 : "Ma Maison sera appelée
une Maison de prière pour tous les peuples". Plus encore une
chapelle pour la réconciliation et le pardon.
Nous voyons le prix de la non réconciliation et du pardon. Nous
sommes un peuple né dans la souffrance mais qui la véhicule
toujours.
Récemment, le Professeur Aimé Charles-Nicolas, le Président de
l’A.T.T.R.A.I.T a donné une conférence en collaboration avec un
Socio Anthropologue, M. William Rolle sur : Comment Identifier
et Panser nos blessures ? – et bientôt une autre conférence sur
l’Esclavage : Quel impact sur la psychologie des populations ?
Nous avons un fond de commerce culturel pas très honorable
dans notre pays Martinique et pourtant paradoxalement tant de
richesses. Mais l’autre ne peut pas être toujours désigné comme
un bouc émissaire.
Chacun, en Eglise, doit prendre ses responsabilités et vivre
l’Evangile car tout être humain doit être aimé, valorisé, reconnu.
Je souhaite que ce vœu pieux pour cette chapelle porte du
fruit et qu’elle devienne une bonne chapelle du pardon, de la
réconciliation et de l’unité.
La vie de Joséphine Bakhita inspire la détermination ferme de
travailler de manière efficace pour libérer les personnes de
l’oppression et de la violence. Saint Jean Paul II
Père Pierre Henderson , Christiane Yerro
■
Sainte Bakhita nait en 1869. Elle vit au Soudan avec ses parents, 3 frères et 4 sœurs à
Olgossa, un petit village du Darfour, près du Mont Agilerei. La première peine qu’éprouve
Joséphine, c’est quand ceux qu’elle appelle “négriers”, en réalité des membres de tribus
arabes qui faisaient le trafic des esclaves, enlèvent sa sœur aînée.\2
arabes qui faisaient le trafic des esclaves, enlèvent sa sœur aînée.\2
Sainte Bakhita,
de l’Esclavage à la
Sainteté
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 15
Page 16
C
réé le 16 Avril 2016, le « Chemin
Ignatien Martinique » a pour
objet de promouvoir et de
développer la spiritualité ignatienne,
notamment par la formation et la
pratique des Exercices spirituels de
saint Ignace de Loyola. Le C.I.M. s’engage
aussi à favoriser la croissance humaine
et spirituelle de toute personne pour le
service de l’Eglise.
Au cours de cette première année, il
s’agira prioritairement de consolider
les fondements de l’association et de
favoriser l’épanouissement spirituel
de tous ses membres.
Pour y parvenir il est déjà prévu, pour la
période d’Octobre 2016 à Mars 2017, un
programme d’activités ordonné autour
de quatre itinéraires spirituels :
• Faire halte
• Former et se former
• Faire retraite
• Se mettre au service
Rentrée chez les Ignatiens
L’association « Chemin Ignatien Martinique » (C.I.M) a fait sa rentrée 2016-2017, le
dimanche 2O ctobre 2016, en présence du père jésuite Xavier Jahan, de passage en
Martinique, à l’invitation du père Jacek Ossowski, curé de la paroisse du François.
Chacun d’entre eux regroupera
différentes rencontres et animations
qui feront l’objet de communications
en temps voulu.
Le père Xavier Jahan, invité d’honneur
de cette rentrée, a fait part de sa joie
de partager ces instants de fraternité
« ignatienne », et il a présenté la
mission que lui ont confiée les
autorités vaticanes de relancer et de
développer le Réseau Mondial de
prière du Pape pour la France. C’est
d’ailleurs en sa qualité de Directeur
national pour la France du service
d’Eglise « l’Apostolat de la prière » qu’il
a répondu à l’invitation du père Jacek.
C’est enfin autour d’un buffet tiré
du panier que s’est achevée cette
réunion de rentrée, dont la richesse
et la convivialité des échanges ont été
soulignées par tous les participants.
Rappel : le siège de
l’association « Chemin Ignatien
Martinique » est domicilié
à la Maison diocésaine,
au Presbytère de Fort-de-
France, mais pour tous les
renseignements concernant
la vie de l’association, et
notamment ses activités, il
est demandé aux personnes
intéressées de s’adresser, soit
par mail, soit par téléphone,
aux coordonnées suivantes :
Mail :
secrétariat.cheminignatien972@gmail.com
Tél : 0696 74 06 26
VIE DU DIOCÈSE
‘‘
promouvoir et
développer
la spiritualité ignatienne
‘‘
la spiritualité
‘‘
la spiritualité
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 16
Page 17
DOSSIER Quelle Martinique pour de\rmain ?
Le caractère propre des établissements catholiques d’enseignement
Un projet éducatif original
L
’Eglise Catholique propose à la
société un projet éducatif original
qui consiste, non seulement à
dispenser des savoirs dans les différentes
matières académiques, mais aussi à faire
grandir les élèves en humanité à la lumière
de l’Evangile. Elle cherche à construire,
avec le concours des jeunes eux-mêmes,
des personnalités unifiées où foi, science
et culture sont en perpétuelle interaction,
non pour s’opposer, mais pour s’enrichir
et se soutenir mutuellement (art. 11
1 ).
Elle vise également à ce que tous les
membres adultes des communautés
éducatives puissent croître humainement
et spirituellement (art. 46 et 51). Le
projet est donc holistique, en tant qu’il
concerne la personne dans toutes ses
dimensions, mais également en tant qu’il
vise tous les acteurs des communautés
éducatives. Autrement dit, les élèves de
tous horizons, catholiques ou non, sont
acceptés. De même, des professeurs ou
du personnel administratif ou de service
non catholiques sont également acceptés
pour peu qu’ils soient de bonne volonté
et d’accord pour entrer dans le projet
éducatif de l’Enseignement Catholique
(art. 33). L’Eglise fait montre d’une
confiance surprenante dans la personne
humaine car, dans d’autres institutions, on
n’accepte dans les postes d’encadrement
que ceux qui appartiennent à leur obédience. Cet optimisme n’est pas
naïveté. Les autorités de tutelle (délégués
de l’évêque ou congrégations religieuses)
doivent s’assurer que tous les acteurs
(membres des communautés éducatives,
élèves, parents, personnels administratif
et de service) jouent le jeu, et que cette
ouverture ne se retourne pas contre le
projet que les uns et les autres sont sensés
servir (art. 181).
Ce projet de réaliser une synthèse entre
foi, raison et culture, confié à un chef
d’établissement, est une véritable mission
d’Eglise (art. 145). En effet, cette dernière
a toujours voulu être en dialogue avec
la raison. Au début du Christianisme,
les premiers chrétiens disaient : « notre
Dieu n’est pas le dieu des religions, il est
celui des philosophes ». Dès le départ, il
y a donc eu dialogue entre foi et raison.
Et ce dialogue fut profitable aux deux.
Par exemple, le crédo comporte une
intégration des notions philosophiques
de substance, de nature et de personne.
En retour, le concept théologique de Trinité
va enrichir la dite notion philosophique
de personne.
L’Eglise est persuadée que la raison est
la santé de la foi car, sans cet aspect
rationnel, la religion peut vite dériver
vers la superstition ou le fanatisme (Cf.
Daesh), réciproquement, elle est tout aussi
persuadée que la foi est la santé de la
raison car, sans elle, la raison peut devenir
folle ; il suffit de penser à la doctrine
communiste construite avec une logique
imparable mais qui donnera 100 millions
de morts au cours du XX
e siècle. La raison
a besoin de s’enraciner dans des valeurs
non négociables données par la foi comme
le caractère sacré de la personne humaine
créée à l’image de Dieu, ce qui interdit de
le considérer comme un moyen, ou encore
de relativiser sa dignité sous quelque
prétexte que ce soit.
La culture, de son côté, est le déjà-là, le
substrat de toutes nos pensées et de toutes
nos réflexions ; il y a de l’impensé dans
nos pensées, du « prêt à penser » si je puis
dire ; il y a déjà des réponses toutes faites
à certaines de nos questions que la foi et
la raison doivent parfois critiquer.
Au terme, au sortir de nos établissements,
nous rêvons d’avoir des personnalités
unifiées, équilibrées et surtout généreuses,
décidées à renouveler la société de sorte
qu’elle soit plus vivable, plus juste, plus
fraternelle, plus… chrétienne.
Père Alain Ransay, Directeur Diocésain de
l’Enseignement Catholique de Martinique
■
(1) Je cite ici et plus loin dans ce texte des articles du
Statut de l’Enseignement Catholique que l’on peut
télécharger sur Internet : http://www.enseignement-
catholique.fr/wp-content/uploads/201607 //statut-
enseignement-catholique-juin-2013.pdf
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 17
Page 18
Quelle Martinique pour de\rmain ? DOSSIER
Michel Déglise : Bonjour Matthieu,
depuis quand exercez-vous vos
fonctions à la tête de l’Espérance ?
Matthieu Bergot : J’ai démarré
cette mission en août 2010. C’était
une période difficile car L’espérance
venait de sortir de redressement
judiciaire, le 29 juin 2010, avec
un plan de continuation de 10 ans.
Lors de mon premier contact avec
les salariés me sont venus ces trois
mots : Reconnaissance (envers ceux
qui nous ont précédés), espérance
(que nous recevons du Seigneur) et
audace (car il nous fallait bâtir des
choses nouvelles). Aujourd’hui je
crois que ces mots reflètent ce qui
nous a permis d’avancer ensemble
malgré les obstacles.
MD : Vos études (vous êtes ancien
élève de l’Ecole Polytechnique et de
Telecom ParisTech) vous ont-elles
orienté vers les enfants et les jeunes
en difficulté ?
MB : Indirectement, oui. Pour
prendre un exemple, ma première
expérience professionnelle
(stage) a consisté à enseigner les
mathématiques, au niveau post bac,
à des jeunes Cambodgiens, dans
un camp de réfugiés de 200 000
personnes, situé à la frontière khméro-
thaïlandaise. Cette expérience m’a
bouleversé. Certains élèves avaient
fait la guerre à 14 ans, en tongs, avec
leur kalachnikov, et avaient soif de
passer à autre chose. J’ai éprouvé
à ce moment-là l’immense joie et
le privilège de pouvoir me mettre
au service de jeunes qui en avaient
besoin. Ce souvenir ne m’a jamais
quitté, même si pendant 15 ans,
j’ai successivement travaillé dans
l’industrie des Telecom, puis créé
ma propre entreprise de conseil et
innovation en 2003. Vint l’âge de
40 ans, et cette question de ce que
je voulais réellement faire de ma vie
professionnelle, plus intimement en
résonance avec mon cheminement
intérieur. Je dois au scoutisme d’avoir
expérimenté la joie de la sobriété
matérielle (un feu de camp, des
chants, des jeux au grand air), et la
joie de la gratuité (du service aux
autres). Ces deux aspects m’ont aidé,
je pense, à faire le pas pour quitter un
chemin vers toujours plus d’aisance
matérielle ou de reconnaissance, et
à rejoindre Apprentis d’Auteuil pour
me mettre au service des jeunes en
difficultés et de leurs familles.
MD : Comment avez-vous découvert
la fondation des Apprentis d’Auteuil
et vous y êtes-vous engagé ?
MB : Un ami, passé à 40 ans
d’une activité de capital-risque à la
direction d’un centre de personnes
handicapées, m’a aidé à croire qu’une
telle transformation était possible,
entre le monde du business et le
monde socio-éducatif. La rencontre
avec la Fondation d’Auteuil tient
pour moi de la Providence. J’étais
prêt ; une rencontre a été organisée
par un ami sans que je l’aie sollicitée,
et rapidement nous avons convergé
vers une mission exaltante pour moi !
Pour la petite histoire, au départ je
devais partir à La Réunion, et c’est
seulement au dernier moment
que mon détachement a été vers
la Martinique, comme DG d’une
association affiliée, L’Espérance.
MD : Les jeunes en difficulté
sociale et scolaire sont-ils encore
au centre des préoccupations de
l’Espérance, comme au temps
d’Adolphe Trillard ?
MB : Si depuis le temps d’Adolphe
Trillard (1907 création du Patronage
Saint-Louis qui deviendra, en 1919,
Foyer de l’Espérance), la société a
beaucoup changé, les difficultés,
elles, n’ont pas disparu ; elles
ont pris d’autres visages (famille
monoparentale, addictions, insertion
professionnelle et formation…), et
les attentes des jeunes ont évolué.
Dans une économie mondiale,
où l’information circule vite et
librement, la force d’un territoire
passe par sa capacité à faire de sa
jeunesse « des Hommes et Femmes
debout », et vaut par son attention
aux plus fragiles.
Aussi, la mission de L’espérance
reste profondément d’actualité. Elle
consiste à « accueillir, éduquer, former
et insérer » les jeunes, et s’appuie sur
notre conviction que chaque jeune
a une valeur unique et sacrée. Il
appartient à chacun, et en particulier
à nous adultes, d’être des instruments
d’espérance pour les aider : à travers
un regard bienveillant, révéler leurs
talents propres et développer la
Interview de
Matthieu Bergot,
directeur général de L’E\bpérance
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 18
Page 19
confiance nécessaire pour grandir et
réussir leur vie.
En revanche, ce qui a évolué, ce sont
les dispositifs que nous mettons en
œuvre pour arriver à ces fins. Nous
avons entrepris des transformations
en Martinique, et créé de nouvelles
associations jumelles par leur
gouvernance en Guadeloupe et en
Guyane.
MD : Pouvez-vous nous donner
des exemples des évolutions en
Martinique ?
MB : Nous agissons au travers de trois
ambitions : la réussite scolaire (école
primaire, collège, lycée professionnel
et internat avec l’ensemble scolaire
Saint jean-Paul II), la protection de
l’enfance (Maison d’enfants, pour des
jeunes confiés par le département et
les juges pour enfants), et l’insertion
(accompagnement des jeunes très
éloignés de l’emploi sur un parcours
d’insertion réussie). Aujourd’hui
200 jeunes au total sont ainsi
accompagnés.
Deux voies porteuses de sens pour
tous méritent d’être signalées :
Un travail ave\b les jeunes
(principalement ceux en parcours
d’insertion) sur le soin porté à
l’environnement :
- Un espace agro-forestier, un verger
de 40 espaces et un jardin créole de
plantes endémiques ornementales,
nourricières, médicinales (200
espèces) ou aromatiques ;
- Une centrale photovoltaïque, couvrant 3700 m 2 de toiture,
produisant plus de 2 MWh par jour
en moyenne, soit environ 3 fois ce
que nous consommons ;
- Des protections solaires ventilées en façade permettant de diminuer
la température des internats sans
utiliser de la climatisation ;
- Un dispositif de récupération des eaux de pluie qui offre une quasi
autonomie d’arrosage au site ;
- Des ateliers de compostage,
bouturage, et une activité
d’apiculture (sur site, mais
aussi au Fort Saint-Louis grâce
à un partenariat avec la Marine
Nationale) ;
- Allant toujours plus loin dans son
souhait de préserver cet espace,
L’espérance est devenue site pilote
sur les questions de lutte contre
l’érosion des berges.
Un travail sur la solidarité :
notre mission de protection de la
jeunesse, et donc des plus fragiles,
ne peut se concevoir sans agir à la
fois sur la justice et la qualité des
relations sociales, et la sauvegarde
de l’environnement (Encyclique
Laudato Si). Aussi en février
2016, L’espérance a ouvert une
boutique solidaire au 10 avenue
des Caraïbes, à Fort de France,
espace de consommation solidaire
et responsable, qui réunit les gens de
cœur et qui donne le sourire. Sourire
de ceux qui donnent. Sourire des
familles défavorisées ou en quête
de bonnes affaires. Sourire des cinq
vendeurs en insertion qui se forment
pour l’ouverture de leur propre
commerce. Sourire des jeunes de
notre ensemble scolaire Saint Jean-
Paul II, puisque les bénéfices servent
au financement des projets éducatifs.
MD : Vous organisez aussi des
événements variés, pourquoi ?
MB : De fait, nous considérons
que notre mission tire sa fécondité
de deux dimensions indissociables
et qui se répondent l’une à l’autre.
Accompagner les jeunes dans
l’espérance d’une part, et s’efforcer à
ce que cette espérance (qui est don de
Dieu) rayonne de manière concrète,
d’autre part. Tous les événements que
nous organisons répondent à cette
deuxième dimension, mais aussi à
la première, car nous les organisons
avec les jeunes et grâce à eux.
Concrètement, une chasse aux trésors
sur le site, sur le thème de Laudato
Si, notre dîner de charité annuel avec
Marcel Ravin (cette année, le 25
novembre), le concert de l’Avent (le
9 novembre) ou la Journée Portes
Ouvertes de L’espérance (le jour de
l’Ascension), sont autant d’occasions
de relations de qualité avec les jeunes,
les familles, les donateurs, les amis,
et de nouvelles personnes : ensemble
nous disons l’espérance.
MD : Vous dirigez en même temps
le déploiement de nouveaux projets
sur les Antilles avec la Fondation
d’Auteuil. Pouvez-vous nous en
parler et nous expliquer les liens
avec la Fondation d’Auteuil ?
MB : L’espérance en Martinique,
Saint Jean Bosco en Guadeloupe,
et AGAPÉ en Guyane, sont des
associations affiliées à la Fondation
Apprentis d’Auteuil. Nous avons
donc des liens très forts, au premier
rang desquels le partage des
valeurs et de la mission. Ces liens
s’inscrivent dans nos modalités de
gouvernance, puisque la Fondation
d’Auteuil dispose dans chacune de
ces associations de 3 sièges sur 11
au sein des Conseils d’administration
de ces associations, les autres sièges
étant réservés à l’évêque (3) et aux
personnes représentant la société
civile (5). « Seulement » 3 sièges,
c’est une manière pour la Fondation
d’Auteuil de travailler « avec », et
pas « pour », ni « à la place de »,
tant on sait combien il est important,
particulièrement dans nos régions,
d’avancer ensemble pour aller plus
loin, et non seul pour aller plus vite.
Pour autant, les associations sont
ancrées dans leur territoire respectif,
et les projets s’exercent à l’échelle
locale ; ce qui permet à chaque
association de construire des relations
de proximité avec les acteurs
économiques et institutionnels du
territoire, et avec les donateurs,
parties prenantes des projets.
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 19
Page 20
Cet équilibre à trouver entre
l’appartenance claire à un groupe
qui apporte expertise et puissance
d’action (pour nous, il s’agit
de la Fondation d’Auteuil), et le
respect d’une autonomie et identité
locale (garantie de pérennité et
d’adéquation aux attentes), est la
clef de la réussite.
Nous avons, par exemple, souhaité
traduire cet équilibre entre
appartenance Apprentis d’Auteuil
et ancrage local dans des identités
visuelles spécifiques pour ces 3
associations. Pour prendre l’exemple
de L’Espérance, le logo exprime
l’alliance entre le projet local,
l’Eglise et Apprentis d’Auteuil.
L’association Saint Jean Bosco,
créée en avril 2015, à Basse Terre en
Guadeloupe, sur un site historique,
développe des offres de formation
et d’insertion professionnelles
adaptées aux jeunes les plus
fragilisés. En Guyane, AGAPE
est engagée dans le programme
PREMICES (Programme de
Réussite Educative pour les Mineurs
Issus des Communes Eloignées
Scolarisés) qui se préoccupe de
l’accompagnement, à Cayenne, des
collégiens et lycéens issus du fleuve,
et principalement Amérindiens.
MD : Quelle est la place des
donateurs, anciens et bénévoles
dans votre action ?
MB : Nos donateurs, bénévoles ou
anciens ne sont pas « de simples
noms » dans un fichier ; ils font
partie intégrante de l’équipe. Ce
sont des personnes avec un visage
qui participent, quand ils le peuvent,
à nos manifestations et temps forts
annuels. Ils sont bienvenus dans nos
établissements pour des visites. Sans
eux, l’âme de L’Espérance n’aurait
sans doute pas la même vivacité.
Ils nous rappellent en permanence
ce principe fondamental :
« les personnes donnent à des
personnes » que ce soit du temps,
des compétences, du soutien moral
ou financier.
MD : Les jeunes, mêmes diplômés,
ont des difficultés à s’insérer dans le
monde du travail et dans la société :
comment vivent-ils cette situation,
et quelles solutions leur proposez-
vous à la sortie de leur cursus ?
MB : nous insistons pour que nos
jeunes ne reçoivent pas seulement un
savoir-faire, ni même un savoir-être
pourtant indispensables. Il faut aller
plus loin et, de plus en plus, nous
travaillons avec eux à développer
leurs potentiels humains et spirituels,
qui les amènent à devenir des
hommes debout, à prendre confiance
en eux. Pour ceux qui suivent le
cursus d’insertion, nous avons un
engagement de plus de 80% de
sorties positives (un emploi ou une
formation menant à un emploi), et
nous les suivons sur une période
d’au moins 6 mois après leur sortie.
Pour les autres qui sortent de chez
nous bien avant d’être en âge de
travailler, nous veillons à ce qu’ils
puissent faire le choix de prendre la
meilleure orientation possible, en
tout cas, les conseillons pour cela.
MD : En juin 2017, vous aurez
atteint 7 ans de présence dans
votre mission à la Martinique,
et maintenant en Guyane et en
Guadeloupe, c’est une belle période.
Quels sont vos projets pour la suite ?
Je rends grâce à Dieu d’avoir reçu
une si belle mission, au service de la
Martinique, et plus récemment de la
Guyane et de la Guadeloupe. Chaque
jour, je suis heureux d’aller travailler,
même si le travail est difficile,
exigeant, et que nous peinons avec
des moyens toujours insuffisants
face à nos défis. Cette joie, je la dois
aux jeunes qui vivent, malgré toutes
leurs blessures ou difficultés, dans
une espérance profonde. Avec eux,
avec les donateurs, les partenaires et
les collaborateurs, nous cheminons
et nous devenons à notre manière
des instruments d’espérance.
Mais pour conclure, permettez-
moi de vous raconter une anecdote
personnelle qui répond d’une certaine
manière à votre question. Il se trouve
que je pratique l’aviron de mer au
Centre nautique de Schœlcher, et
j’ai ce bonheur de longer, chaque
semaine ou presque, la magnifique
côte Caraïbe, en pratiquant ce
sport complet et profondément
bienfaisant. Il y a quelques mois, par
un mauvais geste, ayant enlevé mon
alliance qui me faisait mal quand le
ramais, je l’ai mise dans ma poche.
Erreur, car quelques temps après,
elle en est tombée à mon insu et
a été engloutie, quelque part entre
l’Anse Madame et Case Pilote. Je
l’ai bien sûr cherchée plus tard -je
tenais tant à cette alliance !- avec
masque et tuba, avec cet espoir fou
qu’en invoquant Saint Antoine ou
même Saint Santig Du (un Saint
breton réputé moins sollicité et donc
plus disponible), j’allais la retrouver.
J’ai dû me contenter d’admirer les
poissons argentés qui déployaient
leurs ballets et la transparence de
l’eau, mais d’alliance, point. Mon
épouse m’a offert une nouvelle
alliance. Je ne sais pas combien
d’année encore je pourrai être au
service des jeunes en difficulté à
L’espérance, ni où la Providence me
guidera. Mais une chose est sûre,
ma vraie alliance restera à jamais à
la Martinique.
MD : Merci Matthieu
■
Quelle Martinique pour de\rmain ?
Cet équilibre à trouver entre
DOSSIER
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 20
Page 21
L'AUMÔNERIE NATIONALE DES ANTILLES ET DE LA GUYANE
COMMUNIQUÉS
Chaque année, le 11 novembre, l'Aumônerie Nationale des Antilles et de la Guyane organise un temps fort à
l'église St Sulpice, dans le 6e arrondissement de Paris, où plus de 3000 Antillo-Guyanais, jeunes et moins jeunes
se retrouvent aux côtés des évêques de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane pour un temps de partage et
de prière dont l’Eucharistie est le point d’orgue.
Tous ceux qui le souhaitent, sont invités à prendre part à ce rassemblement qui commencera à 13h30
par un temps de prière, suivi d'une catéchèse sur notre thème d'année
"Choisis l’Amour, Choisis la Vie".
Cette catéchèse sera assurée par Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Guyane. A 15h, il présidera la célébration
eucharistique.
L'Aumônerie Nationale Antilles Guyane
• Assure un service d’accueil, d’écoute, d’accompagnement et de formation des Antillais et Guyanais vivant (ou de passage) en France métropolitaine. En aidant ceux qui le souhaitent à consolider leur foi, elle n’a pas
pour mission de se substituer aux paroisses et encore moins aux diocè\
ses. Au contraire, sa mission première
est d’aider les Antillais et Guyanais à s’insérer dans la vie des Eglises locales et à prend\
re une part active
dans l’annonce de l’Evangile. C’est d’ailleurs le cas dans de nombreux diocèses, et particulièrement ceux
d’Ile de France. La création d’aumôneries Antillo-Guyanaises dans plusieurs d’entre eux en est le reflet.
• En lien avec les aumôneries diocésaines, les groupes de prière, et avec l’accord des responsables diocésains ou paroissiaux, elle assure des temps de prière, d’enseignement, des pèlerinages, des "Chanté Noël",
des célébrations eucharistiques. Elle prend part aux célébrations de commémoration de l’Abolition de
l’esclavage. Le temps fort de l’année est indiscutablement, le rassemblement du 11 novembre.
Pour plus d’informations :
5 bis rue de Mouzaia - 75019 PARIS - +33 (0)1 42 80 09 00 - Mail : laumonerieag@wanadoo.fr
CONGRES des
FEMMES
Du 18 au 20 novembre 2016
A LA FERME PERRINE
A teliers
L o u a n g e
T ém oignage
s
FEMMES POUR JESUS
C onférence
s
! COORDINATION DIOCESAINE
RENOUVEAU CHARISMATIQUE
CATHOLIQUE DE LA M ARTINIQUE
TEL 0696 86 88 81 - 0696 73 84 51
CONGRES des
FEMMES
Du 18 au 20 novembre 2016
A LA FERME PERRINE
A teliers
L o u a n g e
T ém oignage
s
FEMMES POUR JESUS
C onférence
s
! COORDINATION DIOCESAINE
RENOUVEAU CHARISMATIQUE
C
ATHOLIQUE DE LA M ARTINIQUE
TEL 0696 86 88 81 - 0696 73 84 51
CONGRES des
FEMMES
Du 18 au 20 novembre 2016
A LA FERME PERRINE
A te lie rs
L o u a n g e
T é m o ig n a g e
s
FEMMES POUR JESUS
C o n fé re n c e
s
! COORDINATION DIOCESAINE
RENOUVEAU C HARISM ATIQUE
CATHOLIQUE D E LA M ARTINIQUE
TEL 0 696 8 6 8 8 8 1 - 0 696 7 3 8 4 5 1
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 21
Page 22
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 22
Page 23
MEDIAS
Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr
Dimanche 13 novembre 2016
Comment vivre la miséricorde ?
Qu’est-ce que la miséricorde ? Cette année jubilaire a-t-elle abouti à une conversion spirituelle de l’Église, comme le
souhaitait, le pape François. Comment les missionnaires de la miséricorde agréés par le Saint-Père, ont-ils rayonné
dans les différentes paroisses, et quel a été leur rôle ? Quel lien faisons-nous entre la miséricorde et le sacrement
de réconciliation ? Alors que l’Année de la miséricorde touche à sa fin, Dieu m’est témoin revient sur cette année
jubilaire et fait le bilan : quelles sont les actions concrètes de miséricorde qui ont été menées tout au long de cette
année sainte ?
Dimanche 20 novembre 2016
Y a-t’il un tourisme religieux Outre-mer ?
(Rediffusion)
Y a-t’il un tourisme religieux Outre-mer et quel est-il ? Au-delà des plages et des montagnes, que vont chercher les
touristes dans ces lieux ? Églises, mosquées, temples et pagodes, quelles sont les richesses des édifices religieux
Outre-mer ? Dieu m'est témoin répond cette semaine à toutes ces questions en compagnie de Gérard Cyrille et
Maxime Cumunel. L'un emmène les pèlerins d'outre-mer, avec son association, sur les différents lieux de pèlerinage,
l'autre recense le patrimoine religieux.
Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.
L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
99.5 - 101.3 et 105.1 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
MARTINIQUE 40 €
GUADELOUPE 44 €
GUYANE 44 €
FRANCE et étranger 50 €
E g lise en MARTINIQUE N° 523REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUEL — 2,00 €8 mai 2016
La famille , « Potomitan »
de la société... et de l'Eglise !
lise MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE N° 523REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUEL — 2,00 €8 mai 2016
E g lise en MARTINIQUE
N° 525REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUEL — 2,00 €5 juin 2016
Oui le Seigneur est notre joie !
5 juinSortie exceptionnelle
de la prochaine édition le 26 juin 2016
Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE
FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon,
accompagné de votre règlement à :
Eglise en Martinique
Boîte Postale 586
97207 FORT de France CEDEX
E g lise
en MARTINIQUE
La famille , «PPP de la société... et de l'Eglise ! PPP de la société... et de l'Eglise ! Oui le SSSeigneur est notre joie !Seigneur est notre joie !SSeigneur est notre joie !S
Nom : .......................................................................\
...............................................................................................................................\
...................
Prénom : .......................................................................\
...............................................................................................................................\
.......
Adresse : .......................................................................\
...............................................................................................................................\
......
Mail : .......................................................................\
...............................................................................................................................\
......................
Tél. : .......................................................................\
...............................................................................................................................\
......................
Code Postal : .......................................................................\
....................................................................................................................
Ville : .......................................................................\
...............................................................................................................................\
.......................
Oui,
je m’abonne !
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 23
Page 24
Dieu t’a confié, Notre Dame, l’Enfant qui portait l’avenir d\
u monde ! Dieu t’a confié, Notre Dame, l’Enfant qui portait l’avenir d\
u monde !
Tu l’as accueilli, attendu, formé dans l’Amour.
Tu as veillé sur son enfance avec Joseph,
Lui apprenant à marcher, à parler, à travailler,
et même à prier comme un homme.
Tu as su Lui demander pourquoi Il t’avait tant fait souffrir
en restant au Temple à douze ans.
Tu as su le rendre attentif à la gêne des époux de Cana.
Tu as su le laisser partir un jour à sa tâche de Sauveur.
Et tu as su être près de Lui
lorsqu’il arriva au bout du chemin, où se dressait la Croix.
Mais alors, Notre Dame, Il t’a confié pour enfants tous les hommes\
!
Apprends-nous donc, notre Mère, ce qu’il faut faire, ce qu’il f\
aut dire,
quand et comment être présents, attentifs mais discrets,
pour que nous sachions, à notre tour,
assurer un avenir à chaque enfant !
Amen.
Sœur Emmanuelle du Caire (1908-2008)
Notre-Dame de l’avenir
