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3e Chantier de conversion pastorale :   Bâtir une éducation chrétienne ECCLESIA’M 2020 ! E g lise en MARTINIQUE N° 531 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 6 novembre 2016 Quelle M artinique pour demain ?

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EDITORIAL L e Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Aujourd’hui, quelques  jours après la Toussaint et la commémoration des fidèles  défunts, il est question  de vie après la mort, de Résurrection\ .  La vie éternelle est au cœur de notre foi. Il faut “en avoir é\ té  jugé digne. Notre avenir se prépare donc maintenant.  En fait, c’est greffés sur la résurrection de Jésus que nous\  allons  vivre de sa Vie. Nous aurons la Vie par Lui, et en Lui.  Mgr Macaire poursuit la présentation du plan pastoral  ECCLESIA’M 2020 ! Découvrez, dans cette édition, le 3 e  chantier  « Bâtir une éducation chrétienne » qui intéresse,  entre autres, la catéchèse et les jeunes. C’est en aimant que l’on annonce le Dieu-Amour, nous disait  le pape François, à l’occasion du Jubilé des catéchistes \ de  septembre dernier. Il recommandait de ne pas se lasser de mettre en premier l’annonce principale de la foi : le Seigneur est ressuscité. Il n’y a pas de contenu plus important, rien de plus solide et actuel,  a-t-il ajouté. Il est vrai que la Foi vient de ce que l’on entend, et  ce que l’on entend vient de la parole du Christ (Rom. 10,17). Le dossier intitulé « Quelle Martinique pour demain ? »,  orienté également vers l’éducation, fait écho au 3 e chantier  du plan pastoral. Eglise en Martinique  a donné la parole à  deux référents dans le domaine de l’éducation : Père Alai\ n  Ransay, directeur diocésain de l’Enseignement catholique  de Martinique, et Matthieu Bergot, directeur général de  L’Espérance. Nous arrivons au terme de l’Année de la Miséricorde.  Mgr Macaire fermera les Portes des églises jubilaires de notre  diocèse, le 13 novembre. Père Catayée, chargé de l’organi\ sation  du Jubilé de la Miséricorde, invite les fidèles qui n’ont pas  encore fait le passage de la Porte sainte, de saisir l’opportunité\   de le faire dans le cadre du circuit organisé par le diocèse. Par ailleurs Mesdames, un Congrès est organisé à votre  intention, les 18, 19 et 20 nov 2016, à  la Ferme Perrine :  "Femmes pour Jésus". Pensez à vous inscrire si vous souhaitez  y participer ! Dieu de la vie, fais de nous des vivants, engagés sur la route de  l’éternité. Fais nous reconnaitre en Jésus la source de la v\ ie et  aide-nous à « montrer Jésus partout en Martinique et au-delà\ ,  personnellement et en Eglise ». Justine Lordinot  ■ S ommaire EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE MÉDIAS Dossier :  QUELLE MARTI\bIQUE  POUR DEMAI\b ? •  3 e Chantier de conver\bion pa\btorale : Bâtir une éducation chrétienne 23 •  Le caractère propre de\b établi\b\bement\b  catholique\b d’en\beign\rement -  Un projet éducatif original •  Interview de Matthieu Bergot,  directeur général de L’E\bpérance LITURGIE VIE DU DIOCÈSE EGLISE U\bIVERSELLE • Parole dominicale •  Samedi 1 er octobre 2016 Me\b\be d’envoi de la Catéchè\be • Sainte Bakhita, de l’E\bclavage à la Sainteté • Rentrée chez le\b Ignatien\b •  Jubilé de\b catéchi\bte\b - « C’e\bt en aimant  que l’on annonce le Dieu-Amour » A\b\bÉE SAI\bTE DE LA M\sISÉRICORDE •  La Vierge pèlerine à Redoute et à Coridon • Franchir le\b Porte\b Sainte\b 9 11 14 12 13 16 15 2 3 17 18 DIRECTEUR DE PUBLICATION : Père Luc Philippon RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@orange.fr

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3 e Chantier de conversion pastorale :   Bâtir une éducation chrétienneECCLESIA’M 2020 ! EEM : Monseigneur Macaire, nous abordons aujourd’hui un troisième chantier : « Bâtir une Education Chrétienne ». Qu’entendez-vous par là ? En arrivant en Martinique, tout le monde m’a dit que le principal problème du pays était la détresse de la jeunesse (désœuvrement, violence, débauche, exode, chômage, etc.). Quand je dis « tout le monde », ce sont les prêtres, les fidèles, les politiques, les éducateurs, les journalistes, les chefs d’entreprise, les policiers… Enfin, tout’moun ! Ensuite, mon ministère épiscopal m’a donné de rencontrer de nombreux jeunes, et j’ai voulu les écouter et les comprendre. Leur jugement sur leur génération est parfois plus sévère que celui des adultes. EEM : Quelle est selon vous le problème de notre jeunesse ? Tout d’abord, je ne pense pas du tout que la jeunesse d’aujourd’hui soit pire que la jeunesse d’hier. Par contre, ils se sentent frappés d’une sorte de « malédiction » : on leur a dit que le monde allait mal, de plus en plus mal ; on les a élevés comme des petits rois pour qui tout était permis et accessible, mais on leur a ensuite dit qu’ils étaient finalement incapables de bâtir un monde meilleur ; on les a éduqués culturellement avec la TV et internet, sans contact avec la vraie vie : le goût de l’effort, les vrais amis, la nature, le silence et Dieu… Bref, nous avons suspendu une épée de Damoclès au-dessus de leur tête en disant qu’au moindre échec ils seraient perdus… Ils ont fini par croire à nos prophéties de malheur. Ainsi, beaucoup de nos jeunes n’ont plus aucune espérance, ni en eux-mêmes, ni en notre pays… et ni, malheureusement, en notre Eglise. Le monde leur paraît une jungle dans laquelle ils ne peuvent survivre que par la domination (preuve en est que, pour qu’ils puissent naître et vivre dans le confort, toute une génération de leurs frères et sœurs n’ont pas vu le jour !) ; la TV et les réseaux sociaux leur ont fait croire qu’il n’y a qu’un rêve, qu’un bonheur : devenir des stars et être infiniment riches avec des plaisirs sans fin… La domination égoïste et le rêve : deux mensonges ! Un cocktail morbide qui a fini par exploser ! Les plus doués se détournent de la foi et des valeurs de l’Evangile, pour servir le dieu-réussite qui les dévore. Les autres se disent qu’ils n’ont plus de place au soleil du pays ; ils s’effondrent et fuient dans la délinquance, la pornographie, le sexe, les drogues…. La rue pour les garçons, l’avortement pour les filles sont les fruits d’un seul et même manque d’Espérance, pour ne pas dire d’un désespoir généralisé ! On peut accuser l’invasion de la « culture de mort » liée à la mondialisation et aux réseaux sociaux, mais vous et moi n’y pouvons rien sinon, justement, de Bâtir une Education Chrétienne ! Une éducation capable de préserver nos jeunes de l’impact de cette civilisation violente et hédoniste. EEM : N’y a-t-il pas de bons éducateurs en Martinique ? Bien sûr qu’il y en a. Mais l’éducation est un tout : famille-école-Eglise- médias-associations… et ce « tout » n’est pas assez uni chez nous. Tout d’abord la famille : sans la famille, pas d’éducation, même si elle est parfois blessée par l’absence de père et toutes les autres failles (déjà abordées dans le premier chantier). C’est elle, avant l’Etat et avant l’Eglise, qui éduque les jeunes. REFLEXION GENERALE\r  MOT DE L’EVÊQUE ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 3

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MOT DE L’EVÊQUE EEM : Chaque acteur de l’Education Catholique doit-il constituer un atelier de ce chantier pour « bâtir une éducation chrétienne » ? En quelque sorte, oui. Sachant que l’Enseignement Catholique (sous la direction du père Alain Ransay) et les mouvements étant des entités propres, doivent opérer en interne leur « conversion missionnaire » en fonction de leurs compétences, de leurs fonctionnements, de leur pédagogie et de leurs charismes particuliers. Le diocèse sera là pour les accompagner. Par contre, le catéchisme et la pastorale des jeunes concernent l’ensemble de la famille diocésaine. Dont voici les trois ateliers : ➊   L’aggiornamento du Catéchisme : Pour faire faire l’expérience de Dieu et de l’Eglise à toute la famille de l’enfant, il faudra impliquer les parents, repenser les rythmes, la pédagogie et les supports et trouver les moyens de mieux assister les catéchistes. ➋   La préparation aux sacrements  de l’initiation qui ne devra plus être liée à l’âge ou à la scolarité des enfants, mais effectuée avec la participation de leur famille. ➌   La pastorale des jeunes qui doit faire l’objet d’une vraie réflexion pour pallier l’absence de jeunes animateurs, former des leaders, fournir aux responsables une « boîte à outils » pédagogique, faire des propositions aux étudiants, imaginer des solutions pour les jeunes en difficulté, accompagner les groupes de servants d’autel et les vocations. EEM : Parlons du catéchisme !? C’est un grand atelier ; vous nous rappeliez que nous sommes les premiers en France en taux de catéchisation. C’est donc un élément capital de la vie de l’Eglise et de la société. Ensuite la société : je suis très inquiet, comme je l’ai écrit dans le mot de l’évêque du n°527 de Eglise en Martinique 1, de l’exode des jeunes leaders de 20 à 30 ans, seuls capables, à grande échelle, de tirer les jeunes de 14 à 18 ans vers le haut. C’est un vrai problème… EEM : Et l’Eglise ? Soyons francs : l’Eglise Catholique est directement concernée par ce problème. Elle porte une vraie responsabilité. Chez nous, près de 56% des jeunes sont catéchisés : c’est le plus fort taux de France ! Dieu merci, il y a une jeunesse catholique formidable qui comble de joie, d’espoir et de confiance mon cœur de Pasteur. Ils ne sont pas « mieux » que les autres, mais ceux-là ont rencontré Jésus et sont remplis d’espérance. Mais ils sont bien peu nombreux, à peine 10% des confirmés. Où sont les autres, les 99 brebis qui ont quitté l’enclos et qui se perdent !? C’est terrible ! Qui a jeté de l’ivraie dans notre champ ? Et à quel moment ? Pourquoi si peu ont été vraiment éduqués à la construction de soi, à la culture, aux valeurs, à la pureté et aux autres vertus… ? Et surtout comment se fait-il que nous n’ayons pas réussi à enseigner la foi de façon vivante et vivifiante ? J’invite donc à une véritable remise en question de nos familles et de nos institutions (catéchisme, enseignement catholique, pastorale des jeunes, mouvements…). C’est précisément l’objet de ce chantier. (1) « La triple peine : c’est Rachel qui pleure ses  enfants » in Eglise en Martinique  n°527,  11 septembre 2016. INTERVIEW DE MGR M\rACAIRE SUR LES ATELIERS DU CHANTIE\rR « Bâtir une éducation chrétienne » ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 4

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Avant tout, je voudrais louer et bénir les centaines de personnes qui se dévouent pour faire le catéchisme aux enfants et aux jeunes. Et, en premier, féliciter l’Equipe Diocésaine et son responsable, le diacre Pierre Valey, qui animent notre armée de catéchistes et d’éducateurs avec tant de bonté et de compétence. L’aggiornamento du Caté- chisme vise avant tout une priorité : faire faire l’expérience de Dieu et de l’Eglise à toute la famille de l’enfant. Car il faut rappeler à tout le monde (aux familles, aux catéchistes et aux curés) que ce sont les parents qui sont les premiers responsables devant Dieu de l’éducation chrétienne de leurs enfants. Donc, si les parents sont exclus ou s’excluent du catéchisme, nous faisons une œuvre qui ne vient pas de Dieu. Je demanderai donc à cet atelier de réfléchir aux moyens possibles d’impliquer directement les parents dans le catéchisme. Cela veut dire une vraie conversion des responsables et des familles. C’est désormais une priorité absolue, comme je l’ai dit dans la description des ateliers sur la famille. « Que le catéchisme en Martinique se transforme en un grand mouvement d’évangélisation des familles et des parents ». Je rappelle que le catéchisme des parents se pratiquait déjà en Martinique il y a quelques années. Je ne sais pas pourquoi on a reculé dans ce domaine. Donc, le rôle des catéchistes évoluera d’ici 2020 en accompagnement des familles, comme pour la préparation au baptême ou au mariage. Plus l’enfant grandira, plus il aura affaire avec les catéchistes-éducateurs. Mais, en aucun cas, l’implication des parents ne sera une option. Le « caté » régulier et hebdomadaire doit rester un principe de base. Mais pas tel qu’il est aujourd’hui où il exclut les parents et ne produit pas assez de fruits. Tout le monde me l’a dit. EEM : Ce ne sera pas facile pour tous les parents de participer aux séances de catéchisme !? En effet, raison de plus pour être créatif : on peut imaginer par exemple des visites systématiques des familles ou des séances de caté dans l’une ou l’autre famille des enfants du groupe, à tour de rôle. C’est l’occasion aussi de repenser à nouveaux frais les rythmes et la pédagogie, en particulier en ayant une meilleure intelligence de la réforme scolaire et du collège pour comprendre si ce que nous proposons comme horaires et comme cursus est bien adapté à ce que les jeunes reçoivent à l’école. On pourrait introduire des récollections et des mini-retraites de façon plus systématique. Certaines paroisses proposent aussi une pédagogie nouvelle pendant les vacances et je pense que ceci doit se généraliser. C’est l’occasion d’avoir une pédagogie moins scolaire. Par exemple, pourquoi l’Eglise ne saurait proposer aux familles qui sont en vacances, d’où qu’elles viennent, un programme ludique et intense de catéchisme et préparation aux sacrements… ? Pourquoi faut-il absolument se calquer sur la période scolaire lorsque le sport, l’école et tout le reste envahissent l’emploi du temps ? Des paroisses de métropole retrouvent l’utilité (surtout avec les nouveaux rythmes scolaires) de refonder des patronages. Nous devons y réfléchir (les familles et les municipalités sont très intéressées). Je voudrais aussi qu’il y ait des tests de connaissance : pourquoi pas sous la forme de concours diocésains ou une forme ludique, mais en tout cas un moyen motivant d’évaluer les connaissances. EEM : Pensez-vous changer aussi les manuels de catéchisme ? En effet, un des points majeurs de cet atelier concerne les parcours, les supports et la pédagogie du catéchisme. Au XXI ème siècle, avec des jeunes qui sont toujours sur leur portable, certaines personnes m’ont suggéré un passage au tout- numérique. Mais cela demanderait des compétences que n’ont pas forcément les catéchistes. Je pense aussi que les supports papier ont l’avantage de rester dans les familles et d’être consultés même des années plus tard. Je sais que des catéchistes se plaignent des manuels, mais y a-t-il des manuels parfaits ? Remettre un livre, quel qu’il soit, entre les mains des catéchistes suffit-il ? Certes, il faudra penser à de nouveaux supports, mais le plus important sera de trouver un moyen d’assister les catéchistes dans leur pédagogie. J’ai rencontré une équipe où la responsable propose des fiches pédagogiques à chaque séance et L’aggiornamento du Caté- chisme L’aggiornamento du Caté- chisme L’aggiornamento du Caté- vise avant tout une priorité  :  faire faire l’expérience de Dieu et de  l’Eglise à toute la famille de l’enfant .  Car il faut rappeler à tout le monde  aussi de  les rythmes et la pédagogieles rythmes et la pédagogie particulier en ayant une  intelligence de la réforme scolaire intelligence de la réforme scolaire  et du collège pour comprendre si ce  En effet, un des points majeurs de  les parcours,  catéchisme . Au XXI et du collège pour comprendre si ce  que nous proposons comme horaires  et comme cursus est bien adapté à ce  cet atelier concerne  les supports et la pédagogie du  . Au XXI ème  siècle, avec  les parcours,  les supports et la pédagogie du les supports et la pédagogie du  catéchisme . Au XXI ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 5

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MOT DE L’EVÊQUE ses catéchistes sont les seuls à ne pas s’être plaints du manuel actuel. C’est une piste à creuser ! Les fiches seraient plus souples, plus pédagogiques ; elles proposeraient des éléments du manuel (texte, image,…), un jeu, un chant (local), un document multimédia et surtout un lien avec la liturgie comme le demandent les catéchistes et… le pape François ! Il parle de « l’initiation mystagogique, comme d’une valorisation renouvelée des signes liturgiques de l’initiation chrétienne » (EG n°166). EEM : C’est beaucoup de choses !? Et ce n’est pas fini ! Mais nous avons 4 ans pour mettre tout cela en place !... Parlons maintenant de la préparation aux  sacrements de l’initiation . Elle ne doit plus être idiotement calquée sur le niveau scolaire et sur l’âge des enfants. Elle doit être à la fois plus courte, plus intense et concerner toute la famille. Notamment pour la Première Communion. Ce n’est pas l’enfant seulement qui doit aller à la messe, c’est toute sa famille. Mais celle-ci doit impérativement se sentir accueillie, attendue, encouragée, aimée. Les catéchistes et la communauté paroissiale doivent leur montrer Jésus. Le système actuel n’est pas satisfaisant. Les catéchistes s’épuisent en vain et une distance se crée avec les parents. La méthode ne tient pas compte des familles, ni de l’évolution spirituelle de chaque enfant. Parfois, même au bout de trois ans de catéchisme, ni la famille ni l’enfant ne sont vraiment prêts à recevoir Jésus, alors que d’autres enfants y sont disposés depuis l’âge de 7 ans. Je demande à ce que les parents puissent demander l’autorisation de faire faire la Première Communion à leur enfant dès que celui-ci est prêt, dès la première année de catéchisme s’il le faut, et même avant. Si ces parents sont impliqués et suivent une formation en famille proposée par la paroisse et accompagnée par des catéchistes, quel que soit l’âge de l’enfant, il n’y aucune raison d’attendre. Le pape saint Pie X a demandé de faire faire la Première Communion à l’âge de raison. Par contre, la paroisse et les catéchistes se chargeront d’accompagner ce choix des parents, de mettre des normes, de visiter et de guider la famille dans la démarche sacramentelle. Si la famille est très éloignée de l’Eglise, il sera d’autant plus nécessaire d’en prendre soin et de l’accompagner. En aucun cas la réception d’un sacrement ne dispensera une famille de la participation au catéchisme régulier. EEM : Monseigneur, c’est une révolution !? En esprit, peut-être ; en pratique, pas tant que ça. Il nous faudra inverser la responsabilité : la paroisse aide les parents et non l’inverse. Par contre, ce n’est pas une révolution pour la théologie pastorale catholique qui ne nous laisse pas le choix. Ce sont les parents qui s’impliquent ou rien. Du point de vue pratique, ce n’est pas non plus une révolution mais une évolution. Ce système est celui que nous proposons déjà pour les préparations au baptême ou au mariage. Nous ferons de même, avec des adaptations, pour la Première Communion et la Profession de Foi. Vous voyez, ce n’est pas un scoop ! Cela dit, on sait très bien qu’on ne pourra pas mobiliser des parents toutes les semaines. Il faudra leur proposer des sessions courtes et intenses à plusieurs dates dans l’année avec des horaires et des méthodes adaptés, où ils s’inscriront librement. En fin de préparation, il faudrait proposer une retraite familiale joyeuse. Les districts, les paroisses, les PCE et les mouvements pourraient s’impliquer. La charte des familles présentera tout cela. EEM : Et la Confirmation !? Ah ! Parlons-en. D’abord, il y a de très belles choses. Ma rencontre avec ces plus de 3000 jeunes par an m’a beaucoup ému et réjoui. Mais j’avoue que je suis bien triste, oui triste, lorsque je repasse dans les paroisses et que je ne vois qu’une infime partie de ces jeunes à la messe. Je ne me suis pas encore habitué à l’absence des jeunes et je ne veux pas m’y habituer. J’en ai assez de raconter ma « vieille blague » des pigeons qui, une fois confirmés par l’évêque, sont sortis de l’église pour ne plus y revenir, alors que rien n’avait pu les en chasser auparavant ! C’est beaucoup de parents sont impliqués et suivent une formation en famille proposée par la paroisse et accompagnée par ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 6

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Disons-le franchement, les équipes sont merveilleuses, mais il y a un échec à la clé. En Martinique comme ailleurs. Après 7 à 8 ans de catéchisme, très peu de jeunes ont vraiment fait l’expérience de l’Eglise, l’expérience du Seigneur et très peu sont devenus des témoins. Donc, c’est à mon tour de dire la fameuse phrase : « i za tan pou nou fini épi sa ! » Ce n’est pas de la faute des jeunes. S’ils ne sont pas fidèles à leur promesse, c’est aussi parce que leurs familles ne sont pas assez impliquées dans leur vie chrétienne et que, dans beaucoup de paroisses, il n’y a plus rien après la confirmation, faute d’animateurs, comme je l’ai déjà dit. C’est un drame. J’y reviendrai. EEM : Que proposez-vous ? Tout d’abord, je demande une réflexion de fond sur l’âge et la pédagogie de la Confirmation. La théologie ne valide pas notre pratique actuelle d’en faire le sacrement-récompense de ceux qui ont fait deux ou trois ans de catéchisme en plus. La Confirmation est la suite du Baptême. Elle est un don, un cadeau de Dieu pour chaque baptisé. Qui plus est, nous avons la mauvaise idée de proposer le cheminement en classes de 4 ème -3ème , l’âge le plus difficile. Ainsi, arrivés au lycée, les jeunes oublient leur promesse, pourtant sincère, et tournent « naturellement » la page. Ils voient la religion comme une discipline pour les « petits collégiens ». Donc, la tentative de faire mûrir davantage les jeunes avec deux ou trois années de cheminement après le catéchisme ne produit pas des témoins du Christ. C’est pourquoi, de plus en plus de diocèses de France reviennent à une C onfirmation en même temps ou même avant la Profession de Foi. Il faudra donc envisager, par exemple, de confirmer tous les jeunes dès la fin du catéchisme et bâtir un cheminement en forme de préparation aux ministères et à la vie théologale pour les jeunes lycéens ou étudiants qui souhaitent volontairement s’engager dans l’Eglise et y prendre des responsabilités (comme devenir parrain ou marraine, par exemple). A ceux-là, on proposerait un engagement solennel. Ce chemin devra comporter trois éléments : une expérience pastorale (dans un groupe de jeunes), une expérience d’Eglise (un service ou un ministère) et une expérience spirituelle (avec des récollections et des retraites) et s’achèverait par l’octroi d’une mission d’Eglise. Certainement, ce nouveau cheminement comportera moins de jeunes, mais ceux qui viendront seront motivés. Mieux vaut 12 apôtres que 200 demi-chrétiens. Une question se posera : Si le nouveau « cheminement » ne s’adresse qu’à des lycéens, quelle offre pour les collégiens : rassemblements, mouvements, institutions nouvelles (aumôneries, patronages !) ? J’attends des idées. Je demande donc à cet atelier de réfléchir sur ces pistes et leurs conséquences et de me faire des propositions. EEM : Et après la C onfirmation, que proposera l’Eglise en 2020 ? Ce qu’il y a aujourd’hui ! Avant et après la Confirmation, l’Eglise développe, non sans difficulté, certes,  une  Pastorale des Jeunes . C’est le troisième atelier de ce chantier. Cette pastorale a toujours été très active en Martinique, notamment aujourd'hui sous la conduite du père Emmanuel Chaulvet. Mais la tâche est difficile et demande un incessant renouvellement. Il y a aussi des initiatives comme le Réseau de groupes de "post-confirmation" animé par Frédéric Félixine. Il faut d’abord effectuer une vraie réflexion sur l’absence de jeunes animateurs pour imaginer des solutions palliatives : faut-il envisager d’employer des animateurs professionnels post-cheminement ? Faut-il créer, comme dans certains diocèses voisins de la Caraïbe, un programme systématique de formation pour les « young catholic leaders » ? et engager prioritairement tous les jeunes de 18 à 30 ans qui sont encore au pays à devenir des animateurs des mouvements de cette pastorale ? Cela demandera de vérifier que des adultes trop zélés n’empêchent pas les jeunes de prendre en main ces groupes ! Tout d’abord, je demande réflexion de fond sur l’âge et la pédagogie de la Confirmation . La théologie ne valide pas notre Il faut d’abord effectuer une vraie réflexion sur l’absence de pour imaginer jeunes animateurs pour imaginer des solutions palliatives : faut-il vraie réflexion sur l’absence de jeunes animateurs pour imaginer une vraie réflexion sur l’absence de une réflexion de fond sur l’âge et la ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 7

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Un logo pour ECCLESIA’M 2020 ! COMMUNIQUÉ Notre évêque, Mgr Macaire, et son Conseil, ont décidé de lancer un concours pour la création d’un nouveau logotype, afin de donner une identité visuelle au plan pastoral ECCLESIA’M 2020 ! Nous vous invitons donc à laisser libre cours à votre créativité et à vos talents pour proposer un logo coloré, dynamique, qui reflète une Eglise en "mouvement".Vos créations peuvent être déposées à l’archevêché ou trans\ mises par mail au service de communication du diocèse à : secretariatcomcom@gmail.com Diocèse de Fort-de-France, Service communication MOT DE L’EVÊQUE Les responsables sont démunis et doivent réinventer à chaque fois des choses que d’autres ont déjà expérimentées. Il faut donc créer des « boîtes à outils » d’animation et d’activités pour les aider. Dans cette « boîte à outils », chaque responsable pourrait puiser, « à la carte », des idées de témoins, de lieux d’accueil et de prière, de documents culturels, de visites, de jeux, de chants, de livres, de films ou de spectacles, ou de documents multimédia, de conseils, de sessions de formation et, bien sûr, un calendrier de rassemblements diocésains et autres initiatives (défis, concours, etc.). L’animation d’un réseau de responsables devrait permettre un partage d’expérience et l’alimentation de la boîte avec des idées nouvelles ! Chaque âge aurait sa boîte à outils. Par exemple, les 14-18 : plutôt sport- musique et prière… EEM : Et les étudiants ? Sous ce terme, j’englobe tous les post-bac : les 18-25 ans à qui il faudra offrir de la formation, de l’accompagnement spirituel systématique, des réflexions sur la vocation et des actions envers les plus jeunes et les pauvres… J’espère aussi la création d’un rendez-vous comme une « paroisse universitaire », qui soit mis en place pour tous les jeunes qui sont en post-bac ou en études professionnelles et qui veulent voir Jésus. Ce projet est déjà en cours grâce au zèle du père Olivier-Marie Lucenay. EEM : Avez-vous pensé aux jeunes en difficulté ? Oh oui ! Tous les jours. Je tiens à ce qu’une réflexion sur la création d’une pastorale appropriée pour les jeunes en difficulté soit menée. L’Eglise de 2020 (pas plus que celle de 2017 !) ne peut passer à côté de ces centaines de garçons livrés à eux-mêmes, sans tenter quelque chose. L’abbé Jean- Michel, l’abbé Zaïre ou l’abbé Morland vont venir nous tirer les oreilles ! Il faudra trouver un moyen, avec des professionnels et des pasteurs, de proposer à ces jeunes un chemin de salut. En Jamaïque, par exemple, l’Eglise a lancé un "programme for non attached young people" en 5 points : ‘1-Musique / 2-Sport / 3-Accompagnement/ 4-Éducation / 5-Foi Catholique ,. Ici, pourquoi ne pas penser à développer des sortes de camps de formation !? Ou même un centre !? Même pour quelques-uns. EEM : Monseigneur, en arrivant dans le diocèse, l’une de vos premières actions a été de créer une maison pour les séminaristes. Les vocations font-elles partie d’ECCLESIA’M 2020 !? Oui, bien-sûr ! Les vocations sont un atelier à part entière. En plus des structures déjà en place (la Maison Saint-Jean-Paul II, le Foyer Saint Dominique Savio et les équipes de vocations), il faudra voir comment accompagner les jeunes vocations de façon plus personnelle, comment rejoindre ceux et celles qui partent faire leurs études en Métropole et qui voient naître une vocation à ce moment de leur vie (heureusement, le père Marcel Crépin devrait être un bon support pour ces jeunes). Les groupes de servants d’autel feront l’objet d’une attention particulière. Ces jeunes qui servent la messe sont parfois les plus engagés dans l’Eglise. Parmi eux naissent des vocations. Ces groupes souffrent aujourd’hui de ce que, parfois, les jeunes ne sont pas accompagnés personnellement, mais seulement pour leur service, par des adultes qui, souvent, ne sont ni des animateurs ni des spécialistes en liturgie. Les servants doivent être dirigés par les jeunes eux-mêmes, sous les ordres du prêtre. J’ai déjà personnellement commencé à réfléchir à l’organisation et à la pédagogie qui leur convient. Notamment en vue d’une meilleure intégration des garçons qui sont aujourd’hui minoritaires, ce qui est très dommage. Une vraie coéducation permettra d’éduquer les garçons et les filles de façon distincte , en respectant les caractéristiques féminine et masculine... Vaste programme. ■ qu’une réflexion sur la création pastorale appropriée pour les jeunes soit menée. L’Eglise de Oh oui ! Tous les jours. Je tiens à ce qu’une réflexion sur la création d’une qu’une réflexion sur la création d’une pastorale appropriée pour les jeunes en difficulté soit menée. L’Eglise de 2020 (pas plus que celle de 2017 !) ne pastorale appropriée pour les jeunes en difficulté soit menée. L’Eglise de Oui, bien-sûr ! Les vocations sont un atelier à part entière. En plus des ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 8

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Jubilé de\b catéchi\bte\b « C’est en aimant que l’on annonce le Dieu-Amour » L ’Apôtre Paul, dans la seconde lecture, adresse à Timothée, mais aussi à nous, quelques recommandations qui lui tiennent à cœur. Parmi elles, il demande de « garder le commandement du Seigneur, en demeurant sans tache, irréprochable ». Il parle simplement d’un commandement. Il semble qu’il veuille faire fixer notre regard sur ce qui est essentiel pour la foi. St Paul, en effet, ne recommande pas beaucoup de points ni d’aspects, mais il souligne le centre de la foi. Ce centre autour duquel tout tourne, ce cœur palpitant qui donne vie à tout, c’est l’annonce pascale, la première annonce : le Seigneur Jésus est ressuscité, le Seigneur Jésus t’aime, il a donné sa vie pour toi ; ressuscité et vivant, il est présent à tes côtés et il t’attend chaque jour. Nous ne devons jamais l’oublier. En ce Jubilé des catéchistes, il nous est demandé de ne pas nous lasser de mettre en premier l’annonce principale de la foi : le Seigneur est ressuscité. Il n’y a pas de contenu plus important, rien de plus solide et actuel. Tout le contenu de la foi devient beau s’il est relié à ce centre, s’il est traversé par l’annonce pascale. En revanche, s’il est isolé, il perd sens et force. Nous sommes toujours appelés à vivre et à annoncer la nouveauté de l’amour du Seigneur : «Jésus t’aime vraiment, comme tu es. Fais-lui une place : malgré les déceptions et les blessures de la vie, laisse-lui la possibilité de t’aimer. Il ne te décevra pas ». Le commandement dont parle St Paul nous fait penser aussi au commandement nouveau de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». C’est en aimant que l’on annonce le Dieu- Amour. Non pas en cherchant à convaincre, jamais en imposant la vérité, non plus en se raidissant sur des obligations religieuses ou morales. Dieu est annoncé en rencontrant les personnes, en prêtant attention à leur histoire et à leur chemin. Car le Seigneur n’est pas une idée, mais une personne vivante : son message passe par le témoignage simple et vrai, par l’écoute et l’accueil, par la joie qui rayonne. On ne parle pas bien de Jésus quand on est triste : on ne transmet pas non plus la beauté de Dieu en faisant seulement de belles prédications. Le Dieu de l’espérance est annoncé en vivant aujourd’hui l’Evangile de la charité, sans peur d’en témoigner aussi sous des formes nouvelles d’annonces. L’Evangile de ce dimanche nous aide à comprendre ce que veut dire aimer, et surtout à éviter certains risques. Dans la parabole, il y a un homme riche qui ne remarque pas Lazare, un pauvre qui est « devant son portail » (…). Mais il a une infirmité plus grande que celle de Lazare, qui est « couvert d’ulcères » : ce riche souffre d’une grande cécité, parce qu’il ne réussit pas à regarder au-delà de son monde fait de banquets et de beaux vêtements. Il ne voit pas derrière la porte de sa maison où est allongé Lazare, parce que ce qui se passe dehors ne l’intéresse pas. Il ne voit pas avec les yeux, car il ne sent pas avec le cœur. La mondanité qui anesthésie l’âme est entrée dans son cœur. La mondanité est comme un « trou noir » qui engloutit le bien, qui éteint l’amour parce qu’elle ramène tout au moi. On ne voit plus alors que les apparences et on ne prête plus attention aux autres, car on devient indifférent à tout. Souvent, celui qui souffre de cette grave cécité se met à « loucher » : il regarde avec révérence les personnes célèbres, de haut rang, admirées du monde, et il détourne le regard des nombreux Lazare d’aujourd’hui, des pauvres et de ceux qui souffrent, qui sont les préférés du Seigneur. Mais le Seigneur regarde celui qui est négligé et mis à l’écart du monde. Lazare est le seul personnage, dans toutes les paraboles de Jésus, à être appelé par son nom. Son nom veut dire « Dieu aide ». Dieu ne l’oublie pas, il l’accueillera au banquet de son Royaume, avec Abraham, dans une communion riche en affections. En revanche, l’homme riche, dans la parabole, n’a même pas de nom ; sa vie est oubliée, car celui qui vit pour soi ne fait pas l’histoire. Et un chrétien doit faire l’histoire ! Il doit sortir de lui-même, pour faire l’histoire ! L’insensibilité d’aujourd’hui creuse des abîmes infranchissables à jamais. Et nous sommes tombés, à présent, dans cette maladie de l’indifférence, de l’égoïsme, de la mondanité. EGLISE UNIVERSELLE\r ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 9

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Agenda de l’Archevêque Du 4 au 9 novembre : - Assemblée plénière de la Conférence des évêques de France à Lourdes Mercredi 9 novembre : Eucharistie à la Fondation Jérôme Lejeune, à Paris Vendredi 11 novembre : - 15h : Eglise Saint-Sulpice (6e), Messe des Antillais et Guyanais avec les évêques de la Province ecclésiastique Samedi 12 novembre : - 9h30-13h : Eglise des Buttes-Chaumont (19 e), temps de partage avec les jeunes suivi de l’Eucharistie Dimanche 13 novembre : - Rallye de fermeture des 5 portes jubilaires - 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 15 novembre : Conseil épiscopal Mercredi 16 novembre 18h : Catéchèse de l’Evêque à l’église Emmaüs Jeudi 17 novembre : - 18h30 : Installation du nouveau Curé de Saint- Joseph Du 18 au 20 novembre : Congrès des femmes à la Ferme Perrine Samedi 19 novembre : - 17h : Confirmation à la paroisse de Tartane Dimanche 20 novembre : - 9h : Confirmation à la paroisse de Ducos - 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis EGLISE UNIVERSELLE\r Il y a un autre détail dans la parabole, un contraste. La vie opulente de cet homme sans nom est décrite comme ostentatoire : tout en lui réclame des besoins et des droits. Même mort il insiste pour être aidé et prétendre à ses intérêts. La pauvreté de Lazare, en revanche, s’exprime avec une grande dignité : aucune lamentation, protestation ni parole de mépris ne sort de sa bouche. C’est un enseignement précieux : en tant que serviteurs de la parole de Jésus nous sommes appelés à ne pas étaler une apparence et à ne pas rechercher la gloire ; nous ne pouvons pas non plus être tristes ni nous lamenter. Ne soyons pas des prophètes de malheur qui se complaisent à dénicher les dangers ou les déviances ; ne soyons pas des gens qui se retranchent dans leurs propres environnements en émettant des jugements amers sur la société, sur l’Eglise, sur tout et sur tous, polluant le monde de choses négatives. Celui qui est familier de la Parole de Dieu ne connaît pas le scepticisme qui se lamente. Celui qui annonce l’espérance de Jésus est porteur de joie et voit loin, il a des horizons, il n’a pas un mur qui le ferme ; il voit loin car il sait regarder au-delà du mal et des problèmes. En même temps il voit bien de près, car il est attentif au prochain et à ses nécessités. Aujourd’hui, le Seigneur nous le demande : devant tant de Lazare que nous voyons, nous sommes appelés à nous inquiéter, à trouver des chemins pour rencontrer et aider, sans déléguer toujours aux autres et dire « je t’aiderai demain, aujourd’hui je n’ai pas le temps, je t’aiderai demain ». Et c’est un péché. Le temps donné pour porter secours aux autres est du temps donné à Jésus, c’est de l’amour qui demeure : c’est notre trésor au ciel que nous nous procurons ici sur terre. En conclusion, chers catéchistes et chers frères et sœurs, que le Seigneur nous donne la grâce d’être renouvelés chaque jour par la joie de la première annonce : Jésus est mort et ressuscité, Jésus nous aime personnellement ! Qu’il nous donne la force de vivre et d’annoncer le commandement de l’amour, en dépassant la cécité de l’apparence et les tristesses mondaines. Qu’il nous rende sensibles aux pauvres, qui ne sont pas un appendice de l’Evangile, mais une page centrale, toujours ouverte devant tous. Homélie du pape François, le 25 septembre 2016, à Rome Source : https://fr.zenit.org/ ■ ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 10

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L es saducéens sont en quelque sorte des « intégristes » ; ils s’arrêtent à l’enseignement de Moïse à savoir le Pentateuque (les 5 premiers livres de la Bible), et n’acceptent pas l’enseignement postérieur des prophètes et des sages de l’Ancien. Ainsi, ils ne croient pas en la résurrection, car à l’époque de Moïse, on pensait que la seule manière que l’homme avait de survivre après la mort était par le biais de sa postérité, c’est-à-dire à travers ses enfants. Au début de l’histoire d’Israël, le groupe prenait le pas sur l’individu ; ce qui était important, c’était le peuple, sa fidélité à l’alliance avec Dieu, sa fécondité, sa sécurité, etc. On a encore vu cette conception des choses au XX e siècle avec des pilotes japonais qui se suicidaient en jetant leurs avions sur des bateaux de guerre américains, car pour eux, leurs vies personnelles étaient peu de chose à côté de la liberté et de l’honneur de leur Peuple. C’est avec le prophète Isaïe (Is 19 ,26 ) et particulièrement à l’époque de la persécution d’Antiochus Epiphane qu’apparaît clairement en Israël cette foi en la survie individuelle après la mort (2 Maccabées 1 ,7 s.). En effet, le peuple ne comprenait pas qu’un juste qui meurt jeune à cause de sa foi n’ait aucune récompense pour sa fidélité. A l’époque de Jésus seule une petite minorité (les Saducéens) ne croit toujours pas en la résurrection. Quelques-uns d’entre eux abordent donc Jésus pour tenter de lui prouver que l’idée de résurrection est stupide. Ils lui posent un problème difficile puisqu’il s’agit du cas de 7 frères qui épousent successivement la même femme sans laisser d’enfant. « A la résurrection, demandent-ils à Jésus, de qui sera-t-elle l’épouse ? ». La réponse de Jésus est double : 1) Il ne faut pas s’imaginer que le monde à venir est comparable à ce monde ci. Dans le Royaume, les Fils de Dieu sont éternels, leurs corps même sont « spiritualisés ». Ils n’ont plus besoin de se reproduire. Le mariage est donc superflu. De plus les citoyens de ce monde à venir aiment de l’amour même de Dieu, leur amour est donc universel et ne se réduit pas à une petite famille humaine, mais s’étend à Dieu et à toutes ses créatures. 2) Il déplore leur méconnaissance de l’Ecriture en citant un passage du deuxième livre du Pentateuque (Ex 3,6) : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Jésus ajoute, « Dieu n’est pas un Dieu de morts mais de vivants ». En effet, si les noms qui sont dans le titre que Dieu se donne, à savoir « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob », étaient ceux de morts, cela signifierait que Dieu n’est pas consistant, il serait le dieu des ombres, de ceux qui n’existent plus. Il serait lui-même une ombre. Mais Dieu est jaillissement de vie, et il aime tout ce qui existe avec un amour de prédilection pour l’homme qu’il a créé à son image ! Or en Dieu, Amour et Vie se confondent (Cf. Jn 6 ,14 et 1 Jn 8 ,4 ) de sorte que ceux qu’il aime vivent par lui. Par conséquent, ceux qui accueille son amour et s’attachent à lui demeurent vivants. Si une jeune femme fait alliance avec un milliardaire, elle devient par le fait même milliardaire, de même si vous faites alliance avec la Vie, vous devenez vivants éternellement par le fait même. Jésus le dit bien dans cet évangile : « Tous, en effet, vivent pour lui ». Ainsi les patriarches, mais aussi tous ceux qui ont vécu dans la foi au Dieu d’Israël sont vivants. Nous nous rappelons que sur la Montagne de la Transfiguration, Moïse et Elie apparurent en gloire au côté de Jésus. Tous les saints sont dans cette même gloire entrevue par les apôtres sur le Mont Thabor. Et nous- mêmes cheminons vers cette gloire en tâchant de marcher à la suite de Jésus sous la poussée de l’Esprit Saint. Nous sommes promis, non à la mort, mais à la Vie. Baptisés, nous dit St Paul, nous avons revêtu le Christ (Ga 26 ,3), nous avons endossé aussi sa victoire sur la mort et la gloire de la Résurrection. P. Alain Ransay Curé de Bellevue ■ Dimanche 6 no\bembre 2016 2 Martyrs d’Isra\bl 7,1-2.9-14  •  P\2saume 16  •  2 Thessaloniciens 2,16-3,5  \2•  Luc 20,27-38 32 ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C « Tous en effet, vivent pour lui » la P arole  D ominicale 2 Martyrs d’Isra\bl 7,1-2.9-14  •  P\2saume 16  •  2 Thessaloniciens 2,16-3,5  \2•  Luc 20,27-38 ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 11

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ANNÉE SAINTE DE LA\r MISÉRICORDE Nous avons passé un autre cap de notre vie. Nous sommes arrivées stressées, angoissées et reparties apaisées. Très bonne initiative, félicitations, à réitérer. C’est par un temps pluvieux que la Vierge a été accueillie à l’église Notre-Dame du  Rosaire de Redoute, le 17 septembre 2016. Portée en procession, elle a fait son entrée  jusqu’à l’autel  sous une haie \2de roses blanches. Sur le parvis de l'église Notre-Dame du Sacré Cœur  arriva l’icône de la Vierge à l'enfant, accueillie par  une  foule  vêtue  de  blanc.  Elle  prit  part  à  un  mini  chemin  de  croix.  Sa  présence  fut  un  réconfort  au  cœur du passage de la tempête Matthew.  P. Arnaud Goma La Vierge pèlerine à Redoute…… et à Coridon Le fait marquant de cette nuit a été la rencontre entre générations, unies dans la prière. Nous ne pouvons que remercier Dieu pour ce retour à la ferveur. Cette halte de la Sainte Vierge, continue de porter ses fruits. Bruno Jenny et  Louisette L'arrivée de Marie dans la résidence a créé une grande joie particulièrement chez nos aînés qui ont pu prier depuis leur balcon lors de son passage. Nous avons partagé un moment très fort de grâces avec notre maman. Nous avons eu la joie de recevoir la Vierge pèlerine au Centre Eaux Jaillissantes. Elle a été portée en proces- sion jusqu’à la chapelle pleine de monde. Nous avons passé la nuit à adorer son Fils en sa présence. Nous avions décidé que la vierge irait dans les familles des malades et des personnes âgées. Dieu a fait des merveilles à travers les profonds partages. Ce fut un moment de ferveur intense, de grande joie. Mèsi Manman Mari, Mèsi ! Les sœurs  spiritaines Patricia Maryse ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 12

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L’une des caractéristiques notoires du Jubilé de la Miséricorde est la Porte Sainte. Le  pape François écrivait, dans la bulle d’indiction du Jubilé Le Visage de la Miséricorde,  ces  lignes  :  «  En  cette  fête  de  l’Immaculée  Conception,  j’aurai  la  joie  d’ouvrir  la  Porte  Sainte.  En  cette  occasion,  ce  sera  une  Porte  de  la  Miséricorde,  où  quiconque  entrera pourra faire l’expérience de l’Amour de Dieu qui console, pardonne, et donne l’espérance […]. En passant la Porte Sainte, nous nous laisserons embrasser par la Miséricorde de Dieu, et nous nous engagerons à être miséricordieux avec les autres comme le Père l’est avec nous. »  L a conférence des évêques nous livre le sens de « franchir la Porte Sainte ». Passer une Porte Sainte, c’est la franchir réellement comme acte symbolique de notre désir de voir toute chose à travers le Christ qui nous ouvre un horizon nouveau (Ap. 21, 5). Franchir la Porte Sainte symbolise le passage du péché vers la grâce. Toujours ouverte, la Porte exprime l’attente de Dieu qui se tient sur le seuil les bras ouverts pour nous faire entrer dans la miséricorde. Passer la Porte requiert donc qu’on laisse derrière soi le péché pour rejoindre l’amour et le pardon. Avant de franchir la Porte, il faut se mettre en route. Comme un pèlerin appelé à aller de l’avant, chacun marche à la rencontre du Père miséricordieux, sur un chemin de conversion. Passer le seuil de la Porte, c’est un acte de foi du croyant qui reconnait en Jésus-Christ le Seigneur. Le Christ a dit : « Moi, je suis la Porte » (Jn 10,7). C’est par lui que l’on peut connaître et entrer en communion avec Dieu. Le Christ est le Sauveur envoyé par le Père qui permet à tout homme de passer du péché à la grâce. Concrètement, en Martinique, Mgr David Macaire a choisi 5 portes saintes pour que nous puissions, dans notre diocèse, faire la démarche jubilaire. On pourra donc faire cette démarche en franchissant la Porte Sainte : • De la cathédrale Saint-Louis de Fort- de-France ; • De la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption de Saint-Pierre ; • De la basilique Notre-Dame de la Délivrande du Morne-Rouge ; • De la basilique du Sacré-Cœur de Balata ; • De Notre-Dame de la Salette de Sainte-Anne. Devant l’échéance de la fin du Jubilé (fermeture des Portes Saintes le 13 novembre), un nombre croissant de fidèles éprouvent le besoin de franchir les Portes Saintes. La librairie Immaculée Conception du Lamentin a travaillé avec le diocèse pour proposer un circuit organisé, permettant le franchissement des 5 Portes Saintes de Martinique en une journée. Cela se fait également dans une journée de jeûne et de prière. Et cela s’est fait avec en tête : - de tenir éveillé la Foi de nos frères et sœurs, en les accompagnant sur un parcours jubilaire qui leur permettrait de toujours mieux comprendre 5 fondamentaux qui sont : la prière, l’Eucharistie, la confession, la lecture de la bible et le jeûne. - D’enrichir nos démarches de Foi au sein de notre diocèse par la mise en place de nouveaux temps de pèlerinage autour des sanctuaires. Cet objectif a été soutenu par des gestes concrets. Lors des trajets en bus les pèlerins ont pu bénéficier de l’écoute de divers enseignements qui visaient à enrichir la démarche de l’étape suivante. De nombreux fidèles se sont inscrits à ces journées, accompagnés de prêtres. Dernier Rendez-vous : Vendredi 11 novembre, avec le père Alexis Phanor (resp. des sanctuaires), 1 religieuse, 1 diacre, des membre du comité de la Pastorale des sanctuaires, les groupes "La croisade des pères de famille et "Les hommes adorateurs de Ste-Marie". Il ne reste que quelques jours maintenant. Nous invitons les fidèles à prendre conscience que les Portes seront bientôt fermées… Donc, en route, pour les Portes ! Père Catayée, Vicaire épiscopal chargé de l’organisation du Jubilé de la Miséricorde ■ Fermeture des portes jubilaires Le dimanche 13 novembre, Mgr David Macaire ferme toutes les portes jubilaires au cours d’un « rallye des 5 portes » 5h45 Office des Laudes au Calvaire de Sainte-Anne, suivi de la fermeture de la porte jubilaire 9h Messe à la cathédrale de Saint- Pierre, suivie de la fermeture de la porte jubilaire 11 h 15 Chapelet et consécration à la Vierge au sanctuaire Notre-Dame de la Délivrande, au Morne Rouge, suivis de la fermeture de la porte jubilaire 13h Chapelet de la Miséricorde au sanctuaire du Sacré-Cœur de Balata, suivi de la fermeture de la porte jubilaire 17h30 Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis, suivies de la fermeture de la porte jubilaire. Vendredi 11 novembre, avec le père Alexis Phanor (resp. des sanctuaires), 1 religieuse, 1 diacre, des membre du comité de la Pastorale des sanctuaires, les groupes "La croisade des pères de famille et "Les hommes adorateurs de Ste-Marie". Franchir les Portes Saintes ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 13

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Samedi 1 er  octobre 2016 Messe d’envoi de la Catéchèse « Témoignez par votr\ée vie de \be que vous\é transmettez par la\é \baté\bhèse »    Les Services diocésains du catéchuménat et de la catéchèse se sont retrouvés autour de  Mgr David Macaire pour l’envoi en Mission. Plus de 1700 catéchistes et accompagnateurs  du  catéchuménat  étaient  rassemblés  en  ce  1 er  octobre  où  l’Eglise  fête  "la  Petite  Thérèse", sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, et la Sainte Face patronne des Missions.  C’est l’église de la Saint\2e Face qui a accueilli tout ce monde.  Q ui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? Telle est la question que les disciples ont posée à Jésus alors qu’Il avance vers Jérusalem. C’est aussi la question que nous nous posons en tant que femmes et hommes choisis et appelés pour annoncer l’Évangile. Dès 12h, les premiers convives étaient accueillis par les membres du Service diocésain de la catéchèse et du catéchuménat. Il était remis à chacun un signet comportant une photo de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus avec ses paroles : Confiance ! C’est la main de Jésus qui conduit tout, et une prière à sainte Thérèse. Dans la joie de se retrouver, certains avaient oublié qu’ils étaient dans une église. Un rappel a vite ramené le silence. Une répétition avec Rosange Bonheur et quatre musiciens a permis de découvrir et d’apprendre deux nouveaux chants. Avant le début de la célébration, il a été fait mémoire des catéchètes diocésains qui ont rejoint la maison du Père cette année : M mes Alberte Calixte, Alexandrine Daphne, Josette Desire-Fidelis, Evelyne Desous, Arlette Gabriel-Regis, Juliette Landry, Marie-Ange Oliny, Raphaëlle Telcio et M. Guy Guannel. A 14h10, la messe commençait par la procession d’entrée avec le chant Ubicumque et semper Evangelium nuntiate Omni creaturae Evangelium, pradicate, dont les paroles fortes ont rythmé ce temps. Dans son homélie, Mgr David nous a rappelé l’importance de la catéchèse dans l’évangélisation. Il a aussi insisté sur la place de la famille, à qui revient la mission d’éduquer et ainsi de former les générations futures. Avant la bénédiction finale, pour ne pas oublier que nous étions dans l’Année de la Miséricorde, les vœux 2016 du pape François à la Curie Romaine furent mis en scène par 12 membres des Services diocésains de la catéchèse et du catéchuménat. Une voix faisait découvrir les lettres de MISERICORDIA, en relation avec la mission de la catéchèse ; tandis que cette lettre était présentée à l’Assemblée, une autre voix lisait une prière ou un écrit de sainte Thérèse. C’était une grande joie de se retrouver pour la messe d’envoi sous le patronage de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Merci à tous ceux qui ont contribué à la réalisation de cette célébration. Pierre Valey, Diacre ■ VIE DU DIOCÈSE ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 14

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U n jour entre 1876 et 1877, elle subit le même sort que sa sœur : à son tour, alors qu’elle avait près de 9 ans, elle est la victime de négriers qui la vendent et la revendent plusieurs fois, sur les marchés d’El Obeid et de Khartoum, en lui infligeant de mauvais traitements. Le traumatisme est si grand qu’elle en oubliera son premier nom. C’est ainsi qu’on lui donne le nom de Bakhita, qui signifie "la chanceuse". Elle appartenait à un général turc qui lui avait fait subir de cruelles scarifications, quand ce dernier décida de vendre toutes ses esclaves. Bakhita est alors acquise par le consul d’Italie à Khartoum, Calisto Legnani, en 1883. Sa vie change radicalement : “le nouveau maître était assez bon et il se prit d’affection pour moi. Je n’eus plus de réprimandes, de coups, de châtiments, de sorte que, devant cela, j’hésitais encore à croire à tant de paix et de tranquilité” dit elle. En 1885, le consul Legnani doit quitter le Soudan à cause de la révolution mahdiste et Bakhita lui demanda de l’emmener. Il accepte et ils s’embarquent avec une famille amie, les Michieli. Arrivés à Gênes, M me Maria Turina Michieli demande à garder Bakhita à son service. Elle arrive ainsi à Ziagino, dans la province de Venise. Mme Michieli ayant eu une petite fille, la confie, avec Bakhita, à l’institut des Catéchistes de Venise, tenu par les religieuses canossiennes. Puis quand M me Michieli décide de les reprendre, Bakhita demande à rester à l’institut malgré l’opposition de M me Michieli. L’affaire va jusqu’au procès, et le 29 novembre 1889 le procureur déclare que Bakhita était libre de choisir où elle voulait rester puisqu’il n’y avait pas d’esclavage en Italie. Avec les sœurs de l’institut, elle découvre Dieu et reçoit les sacrements de baptême et de confirmation le 9 janvier 1890 par le cardinal de Venise, Monseigneur Agostini. Le 7 décembre 1893, Bakhita rejoint le noviciat des Sœurs de la Charité à l’institut de Catéchuménat de Venise. Elle prononce ses premiers vœux le 8 décembre 1896, à Vérone. En 1902, elle est transférée à Schio, province de Vicenza, où pendant plus de cinquante ans, elle s’occupe de la cuisine, de la lingerie et de la conciergerie. En 1927, elle prononce ses vœux perpétuels. Elle était aimée de tous. En 1910, elle écrit son histoire à la demande de sa supérieure. Après une longue et douloureuse maladie et une pénible agonie, elle s’éteint le 8 février 1947 en invoquant : Notre Dame! Notre Dame! Depuis, beaucoup de grâces ont été obtenues par son intercession. Une \bhapelle dédi\ba\bée à Sainte Bakhita  au MARIGOT Pour… quoi ? Bakhita Bakhita nous oblige à faire un retour sur nous-même et sur notre Histoire, comme dit la bible, un retour chez nos pères. C’est pourquoi je l’ai choisie d’abord parce qu’une chapelle est un lieu de prière : Jésus dit en Mc 11,17 : "Ma Maison sera appelée  une Maison de prière pour tous les peuples". Plus encore une chapelle pour la réconciliation et le pardon. Nous voyons le prix de la non réconciliation et du pardon. Nous sommes un peuple né dans la souffrance mais qui la véhicule toujours. Récemment, le Professeur Aimé Charles-Nicolas, le Président de l’A.T.T.R.A.I.T a donné une conférence en collaboration avec un Socio Anthropologue, M. William Rolle sur : Comment Identifier  et Panser nos blessures ?  – et bientôt une autre conférence sur l’Esclavage : Quel impact sur la psychologie des populations ? Nous avons un fond de commerce culturel pas très honorable dans notre pays Martinique et pourtant paradoxalement tant de richesses. Mais l’autre ne peut pas être toujours désigné comme un bouc émissaire. Chacun, en Eglise, doit prendre ses responsabilités et vivre l’Evangile car tout être humain doit être aimé, valorisé, reconnu. Je souhaite que ce vœu pieux pour cette chapelle porte du fruit et qu’elle devienne une bonne chapelle du pardon, de la réconciliation et de l’unité. La vie de Joséphine Bakhita inspire la détermination ferme de travailler de manière efficace pour libérer les personnes de l’oppression et de la violence. Saint Jean Paul II Père Pierre Henderson , Christiane Yerro ■ Sainte Bakhita nait en 1869. Elle vit au Soudan avec ses parents, 3 frères et 4 sœurs à  Olgossa, un petit village du Darfour, près du Mont Agilerei. La première peine qu’éprouve  Joséphine, c’est quand ceux qu’elle appelle “négriers”, en réalité des membres de tribus  arabes qui faisaient le trafic des esclaves, enlèvent sa sœur aînée.\2 arabes qui faisaient le trafic des esclaves, enlèvent sa sœur aînée.\2 Sainte Bakhita, de l’Esclavage à la Sainteté ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 15

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C réé le 16 Avril 2016, le « Chemin Ignatien Martinique » a pour objet de promouvoir et de développer la spiritualité ignatienne, notamment par la formation et la pratique des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Le C.I.M. s’engage aussi à favoriser la croissance humaine et spirituelle de toute personne pour le service de l’Eglise. Au cours de cette première année, il s’agira prioritairement de consolider les fondements de l’association et de favoriser l’épanouissement spirituel de tous ses membres. Pour y parvenir il est déjà prévu, pour la période d’Octobre 2016 à Mars 2017, un programme d’activités ordonné autour de quatre itinéraires spirituels : • Faire halte • Former et se former • Faire retraite • Se mettre au service Rentrée chez les Ignatiens L’association « Chemin Ignatien Martinique » (C.I.M) a fait sa rentrée 2016-2017, le  dimanche 2O ctobre 2016, en présence du père jésuite Xavier Jahan, de passage en  Martinique, à l’invitation du père Jacek Ossowski, curé de la paroisse du François. Chacun d’entre eux regroupera différentes rencontres et animations qui feront l’objet de communications en temps voulu. Le père Xavier Jahan, invité d’honneur de cette rentrée, a fait part de sa joie de partager ces instants de fraternité « ignatienne », et il a présenté la mission que lui ont confiée les autorités vaticanes de relancer et de développer le Réseau Mondial de prière du Pape pour la France. C’est d’ailleurs en sa qualité de Directeur national pour la France du service d’Eglise « l’Apostolat de la prière » qu’il a répondu à l’invitation du père Jacek. C’est enfin autour d’un buffet tiré du panier que s’est achevée cette réunion de rentrée, dont la richesse et la convivialité des échanges ont été soulignées par tous les participants. Rappel : le siège de l’association « Chemin Ignatien Martinique » est domicilié à la Maison diocésaine, au Presbytère de Fort-de- France, mais pour tous les renseignements concernant la vie de l’association, et notamment ses activités, il est demandé aux personnes intéressées de s’adresser, soit par mail, soit par téléphone, aux coordonnées suivantes : Mail : secrétariat.cheminignatien972@gmail.com Tél : 0696 74 06 26 VIE DU DIOCÈSE ‘‘ promouvoir et développer la spiritualité ignatienne ‘‘ la spiritualité ‘‘ la spiritualité ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 16

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DOSSIER Quelle Martinique pour de\rmain ? Le caractère propre des établissements catholiques d’enseignement Un projet éducatif original L ’Eglise Catholique propose à la société un projet éducatif original qui consiste, non seulement à dispenser des savoirs dans les différentes matières académiques, mais aussi à faire grandir les élèves en humanité à la lumière de l’Evangile. Elle cherche à construire, avec le concours des jeunes eux-mêmes, des personnalités unifiées où foi, science et culture sont en perpétuelle interaction, non pour s’opposer, mais pour s’enrichir et se soutenir mutuellement (art. 11 1 ). Elle vise également à ce que tous les membres adultes des communautés éducatives puissent croître humainement et spirituellement (art. 46 et 51). Le projet est donc holistique, en tant qu’il concerne la personne dans toutes ses dimensions, mais également en tant qu’il vise tous les acteurs des communautés éducatives. Autrement dit, les élèves de tous horizons, catholiques ou non, sont acceptés. De même, des professeurs ou du personnel administratif ou de service non catholiques sont également acceptés pour peu qu’ils soient de bonne volonté et d’accord pour entrer dans le projet éducatif de l’Enseignement Catholique (art. 33). L’Eglise fait montre d’une confiance surprenante dans la personne humaine car, dans d’autres institutions, on n’accepte dans les postes d’encadrement que ceux qui appartiennent à leur obédience. Cet optimisme n’est pas naïveté. Les autorités de tutelle (délégués de l’évêque ou congrégations religieuses) doivent s’assurer que tous les acteurs (membres des communautés éducatives, élèves, parents, personnels administratif et de service) jouent le jeu, et que cette ouverture ne se retourne pas contre le projet que les uns et les autres sont sensés servir (art. 181). Ce projet de réaliser une synthèse entre foi, raison et culture, confié à un chef d’établissement, est une véritable mission d’Eglise (art. 145). En effet, cette dernière a toujours voulu être en dialogue avec la raison. Au début du Christianisme, les premiers chrétiens disaient : « notre Dieu n’est pas le dieu des religions, il est celui des philosophes ». Dès le départ, il y a donc eu dialogue entre foi et raison. Et ce dialogue fut profitable aux deux. Par exemple, le crédo comporte une intégration des notions philosophiques de substance, de nature et de personne. En retour, le concept théologique de Trinité va enrichir la dite notion philosophique de personne. L’Eglise est persuadée que la raison est la santé de la foi car, sans cet aspect rationnel, la religion peut vite dériver vers la superstition ou le fanatisme (Cf. Daesh), réciproquement, elle est tout aussi persuadée que la foi est la santé de la raison car, sans elle, la raison peut devenir folle ; il suffit de penser à la doctrine communiste construite avec une logique imparable mais qui donnera 100 millions de morts au cours du XX e siècle. La raison a besoin de s’enraciner dans des valeurs non négociables données par la foi comme le caractère sacré de la personne humaine créée à l’image de Dieu, ce qui interdit de le considérer comme un moyen, ou encore de relativiser sa dignité sous quelque prétexte que ce soit. La culture, de son côté, est le déjà-là, le substrat de toutes nos pensées et de toutes nos réflexions ; il y a de l’impensé dans nos pensées, du « prêt à penser » si je puis dire ; il y a déjà des réponses toutes faites à certaines de nos questions que la foi et la raison doivent parfois critiquer. Au terme, au sortir de nos établissements, nous rêvons d’avoir des personnalités unifiées, équilibrées et surtout généreuses, décidées à renouveler la société de sorte qu’elle soit plus vivable, plus juste, plus fraternelle, plus… chrétienne. Père Alain Ransay, Directeur Diocésain de l’Enseignement Catholique de Martinique ■ (1) Je cite ici et plus loin dans ce texte des articles du  Statut de l’Enseignement Catholique que l’on peut  télécharger sur Internet : http://www.enseignement- catholique.fr/wp-content/uploads/201607 //statut- enseignement-catholique-juin-2013.pdf ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 17

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Quelle Martinique pour de\rmain ? DOSSIER Michel Déglise : Bonjour Matthieu, depuis quand exercez-vous vos fonctions à la tête de l’Espérance ? Matthieu Bergot : J’ai démarré cette mission en août 2010. C’était une période difficile car L’espérance venait de sortir de redressement judiciaire, le 29 juin 2010, avec un plan de continuation de 10 ans. Lors de mon premier contact avec les salariés me sont venus ces trois mots : Reconnaissance (envers ceux qui nous ont précédés), espérance (que nous recevons du Seigneur) et audace (car il nous fallait bâtir des choses nouvelles). Aujourd’hui je crois que ces mots reflètent ce qui nous a permis d’avancer ensemble malgré les obstacles. MD : Vos études (vous êtes ancien élève de l’Ecole Polytechnique et de Telecom ParisTech) vous ont-elles orienté vers les enfants et les jeunes en difficulté ? MB : Indirectement, oui. Pour prendre un exemple, ma première expérience professionnelle (stage) a consisté à enseigner les mathématiques, au niveau post bac, à des jeunes Cambodgiens, dans un camp de réfugiés de 200 000 personnes, situé à la frontière khméro- thaïlandaise. Cette expérience m’a bouleversé. Certains élèves avaient fait la guerre à 14 ans, en tongs, avec leur kalachnikov, et avaient soif de passer à autre chose. J’ai éprouvé à ce moment-là l’immense joie et le privilège de pouvoir me mettre au service de jeunes qui en avaient besoin. Ce souvenir ne m’a jamais quitté, même si pendant 15 ans, j’ai successivement travaillé dans l’industrie des Telecom, puis créé ma propre entreprise de conseil et innovation en 2003. Vint l’âge de 40 ans, et cette question de ce que je voulais réellement faire de ma vie professionnelle, plus intimement en résonance avec mon cheminement intérieur. Je dois au scoutisme d’avoir expérimenté la joie de la sobriété matérielle (un feu de camp, des chants, des jeux au grand air), et la joie de la gratuité (du service aux autres). Ces deux aspects m’ont aidé, je pense, à faire le pas pour quitter un chemin vers toujours plus d’aisance matérielle ou de reconnaissance, et à rejoindre Apprentis d’Auteuil pour me mettre au service des jeunes en difficultés et de leurs familles. MD : Comment avez-vous découvert la fondation des Apprentis d’Auteuil et vous y êtes-vous engagé ? MB : Un ami, passé à 40 ans d’une activité de capital-risque à la direction d’un centre de personnes handicapées, m’a aidé à croire qu’une telle transformation était possible, entre le monde du business et le monde socio-éducatif. La rencontre avec la Fondation d’Auteuil tient pour moi de la Providence. J’étais prêt ; une rencontre a été organisée par un ami sans que je l’aie sollicitée, et rapidement nous avons convergé vers une mission exaltante pour moi ! Pour la petite histoire, au départ je devais partir à La Réunion, et c’est seulement au dernier moment que mon détachement a été vers la Martinique, comme DG d’une association affiliée, L’Espérance. MD : Les jeunes en difficulté sociale et scolaire sont-ils encore au centre des préoccupations de l’Espérance, comme au temps d’Adolphe Trillard ? MB : Si depuis le temps d’Adolphe Trillard (1907 création du Patronage Saint-Louis qui deviendra, en 1919, Foyer de l’Espérance), la société a beaucoup changé, les difficultés, elles, n’ont pas disparu ; elles ont pris d’autres visages (famille monoparentale, addictions, insertion professionnelle et formation…), et les attentes des jeunes ont évolué. Dans une économie mondiale, où l’information circule vite et librement, la force d’un territoire passe par sa capacité à faire de sa jeunesse « des Hommes et Femmes debout », et vaut par son attention aux plus fragiles. Aussi, la mission de L’espérance reste profondément d’actualité. Elle consiste à « accueillir, éduquer, former et insérer » les jeunes, et s’appuie sur notre conviction que chaque jeune a une valeur unique et sacrée. Il appartient à chacun, et en particulier à nous adultes, d’être des instruments d’espérance pour les aider : à travers un regard bienveillant, révéler leurs talents propres et développer la Interview de Matthieu Bergot, directeur général de L’E\bpérance ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 18

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confiance nécessaire pour grandir et réussir leur vie. En revanche, ce qui a évolué, ce sont les dispositifs que nous mettons en œuvre pour arriver à ces fins. Nous avons entrepris des transformations en Martinique, et créé de nouvelles associations jumelles par leur gouvernance en Guadeloupe et en Guyane. MD : Pouvez-vous nous donner des exemples des évolutions en Martinique ? MB : Nous agissons au travers de trois ambitions : la réussite scolaire (école primaire, collège, lycée professionnel et internat avec l’ensemble scolaire Saint jean-Paul II), la protection de l’enfance (Maison d’enfants, pour des jeunes confiés par le département et les juges pour enfants), et l’insertion (accompagnement des jeunes très éloignés de l’emploi sur un parcours d’insertion réussie). Aujourd’hui 200 jeunes au total sont ainsi accompagnés. Deux voies porteuses de sens pour tous méritent d’être signalées :   Un  travail  ave\b  les  jeunes  (principalement ceux en parcours d’insertion) sur le soin porté à l’environnement : - Un espace agro-forestier, un verger de 40 espaces et un jardin créole de plantes endémiques ornementales, nourricières, médicinales (200 espèces) ou aromatiques ; - Une centrale photovoltaïque, couvrant 3700 m 2 de toiture, produisant plus de 2 MWh par jour en moyenne, soit environ 3 fois ce que nous consommons ; - Des protections solaires ventilées en façade permettant de diminuer la température des internats sans utiliser de la climatisation ; - Un dispositif de récupération des eaux de pluie qui offre une quasi autonomie d’arrosage au site ; - Des ateliers de compostage, bouturage, et une activité d’apiculture (sur site, mais aussi au Fort Saint-Louis grâce à un partenariat avec la Marine Nationale) ; - Allant toujours plus loin dans son souhait de préserver cet espace, L’espérance est devenue site pilote sur les questions de lutte contre l’érosion des berges.  Un  travail  sur  la  solidarité  : notre mission de protection de la jeunesse, et donc des plus fragiles, ne peut se concevoir sans agir à la fois sur la justice et la qualité des relations sociales, et la sauvegarde de l’environnement (Encyclique Laudato Si). Aussi en février 2016, L’espérance a ouvert une boutique solidaire au 10 avenue des Caraïbes, à Fort de France, espace de consommation solidaire et responsable, qui réunit les gens de cœur et qui donne le sourire. Sourire de ceux qui donnent. Sourire des familles défavorisées ou en quête de bonnes affaires. Sourire des cinq vendeurs en insertion qui se forment pour l’ouverture de leur propre commerce. Sourire des jeunes de notre ensemble scolaire Saint Jean- Paul II, puisque les bénéfices servent au financement des projets éducatifs. MD : Vous organisez aussi des événements variés, pourquoi ? MB : De fait, nous considérons que notre mission tire sa fécondité de deux dimensions indissociables et qui se répondent l’une à l’autre. Accompagner les jeunes dans l’espérance d’une part, et s’efforcer à ce que cette espérance (qui est don de Dieu) rayonne de manière concrète, d’autre part. Tous les événements que nous organisons répondent à cette deuxième dimension, mais aussi à la première, car nous les organisons avec les jeunes et grâce à eux. Concrètement, une chasse aux trésors sur le site, sur le thème de Laudato Si, notre dîner de charité annuel avec Marcel Ravin (cette année, le 25 novembre), le concert de l’Avent (le 9 novembre) ou la Journée Portes Ouvertes de L’espérance (le jour de l’Ascension), sont autant d’occasions de relations de qualité avec les jeunes, les familles, les donateurs, les amis, et de nouvelles personnes : ensemble nous disons l’espérance. MD : Vous dirigez en même temps le déploiement de nouveaux projets sur les Antilles avec la Fondation d’Auteuil. Pouvez-vous nous en parler et nous expliquer les liens avec la Fondation d’Auteuil ? MB : L’espérance en Martinique, Saint Jean Bosco en Guadeloupe, et AGAPÉ en Guyane, sont des associations affiliées à la Fondation Apprentis d’Auteuil. Nous avons donc des liens très forts, au premier rang desquels le partage des valeurs et de la mission. Ces liens s’inscrivent dans nos modalités de gouvernance, puisque la Fondation d’Auteuil dispose dans chacune de ces associations de 3 sièges sur 11 au sein des Conseils d’administration de ces associations, les autres sièges étant réservés à l’évêque (3) et aux personnes représentant la société civile (5). « Seulement » 3 sièges, c’est une manière pour la Fondation d’Auteuil de travailler « avec », et pas « pour », ni « à la place de », tant on sait combien il est important, particulièrement dans nos régions, d’avancer ensemble pour aller plus loin, et non seul pour aller plus vite. Pour autant, les associations sont ancrées dans leur territoire respectif, et les projets s’exercent à l’échelle locale ; ce qui permet à chaque association de construire des relations de proximité avec les acteurs économiques et institutionnels du territoire, et avec les donateurs, parties prenantes des projets. ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 19

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Cet équilibre à trouver entre l’appartenance claire à un groupe qui apporte expertise et puissance d’action (pour nous, il s’agit de la Fondation d’Auteuil), et le respect d’une autonomie et identité locale (garantie de pérennité et d’adéquation aux attentes), est la clef de la réussite. Nous avons, par exemple, souhaité traduire cet équilibre entre appartenance Apprentis d’Auteuil et ancrage local dans des identités visuelles spécifiques pour ces 3 associations. Pour prendre l’exemple de L’Espérance, le logo exprime l’alliance entre le projet local, l’Eglise et Apprentis d’Auteuil. L’association Saint Jean Bosco, créée en avril 2015, à Basse Terre en Guadeloupe, sur un site historique, développe des offres de formation et d’insertion professionnelles adaptées aux jeunes les plus fragilisés. En Guyane, AGAPE est engagée dans le programme PREMICES (Programme de Réussite Educative pour les Mineurs Issus des Communes Eloignées Scolarisés) qui se préoccupe de l’accompagnement, à Cayenne, des collégiens et lycéens issus du fleuve, et principalement Amérindiens. MD : Quelle est la place des donateurs, anciens et bénévoles dans votre action ? MB : Nos donateurs, bénévoles ou anciens ne sont pas « de simples noms » dans un fichier ; ils font partie intégrante de l’équipe. Ce sont des personnes avec un visage qui participent, quand ils le peuvent, à nos manifestations et temps forts annuels. Ils sont bienvenus dans nos établissements pour des visites. Sans eux, l’âme de L’Espérance n’aurait sans doute pas la même vivacité. Ils nous rappellent en permanence ce principe fondamental : « les personnes donnent à des personnes » que ce soit du temps, des compétences, du soutien moral ou financier. MD : Les jeunes, mêmes diplômés, ont des difficultés à s’insérer dans le monde du travail et dans la société : comment vivent-ils cette situation, et quelles solutions leur proposez- vous à la sortie de leur cursus ? MB : nous insistons pour que nos jeunes ne reçoivent pas seulement un savoir-faire, ni même un savoir-être pourtant indispensables. Il faut aller plus loin et, de plus en plus, nous travaillons avec eux à développer leurs potentiels humains et spirituels, qui les amènent à devenir des hommes debout, à prendre confiance en eux. Pour ceux qui suivent le cursus d’insertion, nous avons un engagement de plus de 80% de sorties positives (un emploi ou une formation menant à un emploi), et nous les suivons sur une période d’au moins 6 mois après leur sortie. Pour les autres qui sortent de chez nous bien avant d’être en âge de travailler, nous veillons à ce qu’ils puissent faire le choix de prendre la meilleure orientation possible, en tout cas, les conseillons pour cela. MD : En juin 2017, vous aurez atteint 7 ans de présence dans votre mission à la Martinique, et maintenant en Guyane et en Guadeloupe, c’est une belle période. Quels sont vos projets pour la suite ? Je rends grâce à Dieu d’avoir reçu une si belle mission, au service de la Martinique, et plus récemment de la Guyane et de la Guadeloupe. Chaque jour, je suis heureux d’aller travailler, même si le travail est difficile, exigeant, et que nous peinons avec des moyens toujours insuffisants face à nos défis. Cette joie, je la dois aux jeunes qui vivent, malgré toutes leurs blessures ou difficultés, dans une espérance profonde. Avec eux, avec les donateurs, les partenaires et les collaborateurs, nous cheminons et nous devenons à notre manière des instruments d’espérance. Mais pour conclure, permettez- moi de vous raconter une anecdote personnelle qui répond d’une certaine manière à votre question. Il se trouve que je pratique l’aviron de mer au Centre nautique de Schœlcher, et j’ai ce bonheur de longer, chaque semaine ou presque, la magnifique côte Caraïbe, en pratiquant ce sport complet et profondément bienfaisant. Il y a quelques mois, par un mauvais geste, ayant enlevé mon alliance qui me faisait mal quand le ramais, je l’ai mise dans ma poche. Erreur, car quelques temps après, elle en est tombée à mon insu et a été engloutie, quelque part entre l’Anse Madame et Case Pilote. Je l’ai bien sûr cherchée plus tard -je tenais tant à cette alliance !- avec masque et tuba, avec cet espoir fou qu’en invoquant Saint Antoine ou même Saint Santig Du (un Saint breton réputé moins sollicité et donc plus disponible), j’allais la retrouver. J’ai dû me contenter d’admirer les poissons argentés qui déployaient leurs ballets et la transparence de l’eau, mais d’alliance, point. Mon épouse m’a offert une nouvelle alliance. Je ne sais pas combien d’année encore je pourrai être au service des jeunes en difficulté à L’espérance, ni où la Providence me guidera. Mais une chose est sûre, ma vraie alliance restera à jamais à la Martinique. MD : Merci Matthieu ■ Quelle Martinique pour de\rmain ? Cet équilibre à trouver entre DOSSIER ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 20

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L'AUMÔNERIE NATIONALE DES ANTILLES ET DE LA GUYANE COMMUNIQUÉS Chaque année, le 11 novembre, l'Aumônerie Nationale des Antilles et de la Guyane organise un temps fort à l'église St Sulpice, dans le 6e arrondissement de Paris, où plus de 3000 Antillo-Guyanais, jeunes et moins jeunes se retrouvent aux côtés des évêques de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane pour un temps de partage et de prière dont l’Eucharistie est le point d’orgue. Tous ceux qui le souhaitent, sont invités à prendre part à ce rassemblement qui commencera à 13h30 par un temps de prière, suivi d'une catéchèse sur notre thème d'année "Choisis l’Amour, Choisis la Vie". Cette catéchèse sera assurée par Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Guyane. A 15h, il présidera la célébration eucharistique. L'Aumônerie Nationale Antilles Guyane • Assure un service d’accueil, d’écoute, d’accompagnement et de formation des Antillais et Guyanais vivant (ou de passage) en France métropolitaine. En aidant ceux qui le souhaitent à consolider leur foi, elle n’a pas pour mission de se substituer aux paroisses et encore moins aux diocè\ ses. Au contraire, sa mission première est d’aider les Antillais et Guyanais à s’insérer dans la vie des Eglises locales et à prend\ re une part active dans l’annonce de l’Evangile. C’est d’ailleurs le cas dans de nombreux diocèses, et particulièrement ceux d’Ile de France. La création d’aumôneries Antillo-Guyanaises dans plusieurs d’entre eux en est le reflet. • En lien avec les aumôneries diocésaines, les groupes de prière, et avec l’accord des responsables diocésains ou paroissiaux, elle assure des temps de prière, d’enseignement, des pèlerinages, des "Chanté Noël", des célébrations eucharistiques. Elle prend part aux célébrations de commémoration de l’Abolition de l’esclavage. Le temps fort de l’année est indiscutablement, le rassemblement du 11 novembre. Pour plus d’informations : 5 bis rue de Mouzaia - 75019 PARIS - +33 (0)1 42 80 09 00 - Mail : laumonerieag@wanadoo.fr CONGRES des FEMMES Du 18 au 20 novembre 2016 A LA FERME PERRINE A teliers L o u a n g e T ém oignage s FEMMES POUR JESUS C onférence s ! COORDINATION DIOCESAINE RENOUVEAU CHARISMATIQUE CATHOLIQUE DE LA M ARTINIQUE TEL 0696 86 88 81 - 0696 73 84 51 CONGRES des FEMMES Du 18 au 20 novembre 2016 A LA FERME PERRINE A teliers L o u a n g e T ém oignage s FEMMES POUR JESUS C onférence s ! COORDINATION DIOCESAINE RENOUVEAU CHARISMATIQUE C ATHOLIQUE DE LA M ARTINIQUE TEL 0696 86 88 81 - 0696 73 84 51 CONGRES des FEMMES Du 18 au 20 novembre 2016 A LA FERME PERRINE A te lie rs L o u a n g e T é m o ig n a g e s FEMMES POUR JESUS C o n fé re n c e s ! COORDINATION DIOCESAINE RENOUVEAU C HARISM ATIQUE CATHOLIQUE D E LA M ARTINIQUE TEL 0 696 8 6 8 8 8 1 - 0 696 7 3 8 4 5 1 ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 21

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MEDIAS Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr Dimanche 13 novembre 2016 Comment vivre la miséricorde ? Qu’est-ce que la miséricorde ? Cette année jubilaire a-t-elle abouti à une conversion spirituelle de l’Église, comme le souhaitait, le pape François. Comment les missionnaires de la miséricorde agréés par le Saint-Père, ont-ils rayonné dans les différentes paroisses, et quel a été leur rôle ? Quel lien faisons-nous entre la miséricorde et le sacrement de réconciliation ? Alors que l’Année de la miséricorde touche à sa fin, Dieu m’est témoin revient sur cette année jubilaire et fait le bilan : quelles sont les actions concrètes de miséricorde qui ont été menées tout au long de cette année sainte ? Dimanche 20 novembre 2016 Y a-t’il un tourisme religieux Outre-mer ? (Rediffusion) Y a-t’il un tourisme religieux Outre-mer et quel est-il ? Au-delà des plages et des montagnes, que vont chercher les touristes dans ces lieux ? Églises, mosquées, temples et pagodes, quelles sont les richesses des édifices religieux Outre-mer ? Dieu m'est témoin répond cette semaine à toutes ces questions en compagnie de Gérard Cyrille et Maxime Cumunel. L'un emmène les pèlerins d'outre-mer, avec son association, sur les différents lieux de pèlerinage, l'autre recense le patrimoine religieux. Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère. L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr 99.5 - 101.3 et 105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € E g lise en MARTINIQUE N° 523REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUEL — 2,00 €8 mai 2016 La famille , « Potomitan » de la société... et de l'Eglise ! lise MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE N° 523REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUEL — 2,00 €8 mai 2016 E g lise en MARTINIQUE N° 525REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUEL — 2,00 €5 juin 2016 Oui le Seigneur est notre joie ! 5 juinSortie exceptionnelle de la prochaine édition le 26 juin 2016 Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97207 FORT de France CEDEX E g lise en MARTINIQUE La famille , «PPP de la société... et de l'Eglise ! PPP de la société... et de l'Eglise ! Oui le SSSeigneur est notre joie !Seigneur est notre joie !SSeigneur est notre joie !S Nom : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ................... Prénom : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....... Adresse : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...... Mail : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Tél. : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Code Postal : .......................................................................\ .................................................................................................................... Ville : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....................... Oui, je m’abonne ! ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 novembre 2016 – n° 531 23

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Dieu t’a confié, Notre Dame, l’Enfant qui portait l’avenir d\ u monde ! Dieu t’a confié, Notre Dame, l’Enfant qui portait l’avenir d\ u monde ! Tu l’as accueilli, attendu, formé dans l’Amour. Tu as veillé sur son enfance avec Joseph, Lui apprenant à marcher, à parler, à travailler, et même à prier comme un homme. Tu as su Lui demander pourquoi Il t’avait tant fait souffrir en restant au Temple à douze ans. Tu as su le rendre attentif à la gêne des époux de Cana. Tu as su le laisser partir un jour à sa tâche de Sauveur. Et tu as su être près de Lui lorsqu’il arriva au bout du chemin, où se dressait la Croix. Mais alors, Notre Dame, Il t’a confié pour enfants tous les hommes\ ! Apprends-nous donc, notre Mère, ce qu’il faut faire, ce qu’il f\ aut dire, quand et comment être présents, attentifs mais discrets, pour que nous sachions, à notre tour, assurer un avenir à chaque enfant ! Amen. Sœur Emmanuelle du Caire (1908-2008) Notre-Dame de l’avenir

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