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E g lise
en MARTINIQUE
N° 541
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
26 mars 2017
J'aime mon E glise
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EDITORIAL
T
entation, transfiguration, conversion, réconciliation…
A l’image de l’aveugle-né, nous poursuivons pas à pas
notre montée vers la lumière de Pâques. Nos cœurs
s’ouvrent, en effet, pour se laisser convertir par la rencontre
avec Jésus, la Lumière du monde.
Les récits de ce 4
e dimanche de Carême, dit « dimanche
de Lætare », nous invitent à la conversion du regard :
« Dieu ne regarde pas comme les hommes ; les hommes
regardent l’apparence mais le Seigneur regarde le cœur ».
Jésus veut aujourd’hui nous guérir de notre aveuglement en
nous apportant la lumière. Il pose son regard d’amour sur
chacun de nous, faisant entrer sa lumière dans nos vies. En
ce temps de carême, sachons reconnaître ce qui est capable
de lui plaire.
Le pape François nous affirme que « La charité est un cadeau
de Dieu, pas une création de l’homme ». Celui qui aime,
ajoute-t-il, a la joie de l’espérance d’arriver à rencontre\
r le
grand amour qu’est le Seigneur.
La joie était palpable et se lisait sur le visage des hommes à
l’occasion de la grande marche, « par Jésus», « pour Jé\
sus »
et « vers Jésus », organisée par la nouvelle Pastorale des
hommes. Cette manifestation était présidée par Mgr Macaire.
Un moment fort par lequel ces chrétiens manifestaient leur
présence dans l’Eglise qui est en Martinique, mais surtoutt
leur amour pour le Christ. N’oublions pas que là où sont amour
et charité, Dieu est présent.
Les 7 et 8 avril prochains, les acteurs du développement
durable et de l’environnement participeront à la 2
e édition
du Village Valora, qui sera parrainée par Mgr Macaire. Une
interview de l’évêque est proposée dans cette édition.
Retrouvez, par ailleurs, un dossier sur le « Coutumier de
l’Eglise diocésaine de Martinique » dans lequel sont publiés\
tous les décrets établis par l’archevêque. C’est le chancelier
du diocèse, le père Arnauld Houévoyéha, qui nous éclaire \
sur le sujet.
Aveugles, nous le sommes tous… Cependant, il nous reste
quelques semaines avant la joie de Pâques. Avançons
dignement ! Ne négligeons donc pas les fraternels moments
de réflexion en petites communautés ecclésiales autour
des questionnaires de carême proposés par notre diocèse ;
profitons largement des temps de prière, d’adoration, et de
la possibilité qui nous est offerte de recevoir le pardon du
Seigneur dans le sacrement de pénitence. Portons la lumière
de la Parole partout où nous passons...
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
AGENDA DE L'ARCHEVÊQUE
MOT DE L’EVÊQUE
MÉDIAS
• La Civilisation de \nl’Amo\br en Martiniq\be Chapitre 2 : L’être prophétiq\be
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
EGLISE UNIVERSELLE
• La long\be ro\bte des baptisés penda\nnt
les 40 jo\brs de carême vers pâq\bes
• Parole dominicale
•
ECCLESIA’M 2020 ! Chantier n°3 :
« Bâtir \bne éd\bcation chrétienne »
• Temps forts et Rentrée en Carême s\br la Paroisse Saint Henri des A\nnses Arlet
• Rencontre des diacres permanents avec Mgr Macaire s\br la paroisse de Sainte-L\bce
• Valora, le Village d\b développement d\brable, des risq\bes nat\brels et
de l’économie circ\blaire et solidaire
• Les 4
èmes Semaines Ignatiennes\n en Martiniq\be
• La Marche des hommes
• Samedi de l’ACPM
• Sœ\br Marie-Gertr\bde \nHélène Bea\bjolais • Catéchèse d\b pape F\nrançois La charité est « \bn cadea\b » de Die\b,
pas « \bne création de l’homme »
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D\bssier : LE COUTUMIER
DE L’EGLISE DIOCÉSAINE
DE MARTINIQUE
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DIRECTEUR DE PUBLICATION : Père Luc Philippon RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@orange.fr
VERS LA VIE 21
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« Le Seigneur me dit: "Prophétise, fils d’homme, prophétis\
e sur ces ossements ». (Ez 37,4)
La Civilisation de l’Amour en Martinique
Chapitre 2 : L’être prophétique
E
t pourtant, l’Eglise n’a pas
manqué de prophètes !! Les
papes des temps modernes et
les évêques du Concile Vatican II, il
y a 52 ans, en 1965, avaient bien vu
que « le genre humain vit aujourd'hui
un âge nouveau de son histoire, une
véritable métamorphose sociale et
culturelle (…). Jamais les hommes
n'ont eu comme aujourd'hui un sens
aussi vif de la liberté, mais, au même
moment, surgissent de nouvelles
formes d'asservissement social et
psychique. (…) Une inquiétude saisit
nos contemporains et ils s'interrogent
avec un mélange d'espoir et d'angoisse
sur l'évolution actuelle du monde
(Gaudium et Spes, n°4).
Des papes et des évêques prophètes,
c’est bien ; mais le peuple de prophètes,
c’est mieux ! C’est le peuple qui doit se
saisir des textes des Saintes Écritures,
des encouragements lumineux des
successeurs des apôtres, et devenir lui
aussi un peuple selon le cœur de Dieu.
Malheureusement, les fidèles,
pourtant si bien avertis par leurs
pasteurs, ont laissé la parole à de
faux prophètes et se sont terrés loin
des places publiques. Un « bon »
laïc catholique est de préférence un
monsieur ou une dame qui « aide
le prêtre » (surtout à la messe le
dimanche), au lieu de prendre des
engagements dans le monde culturel,
politique, économique, syndical,
social ou médiatique ! On a même
parfois honte de ceux qui osent se dire
chrétiens dans ces milieux… Mais ce
que Dieu demande c’est, au nom de
l’Évangile, de bâtir un projet de société
qui s’appelle la Civilisation de l’Amour.
En Martinique, ne voyons-nous
pas que l’adoption du mode de vie
athée des sociétés occidentales est en train de causer la perte de
notre peuple ? « Le jour de la colère
vient » (Col 3,6 ; Ap 6,17) et n’avons-
nous pas d’autres ambitions que de
rouler chacun en voiture de luxe dans
des embouteillages infinis, vers un
emploi tranquille, dans un bureau
climatisé, après un petit tour au centre
commercial pour « se faire plaisir » ?
Ne voyons-nous pas le meurtre à
feu doux de nos grandes et belles
familles par la diminution du
nombre d’enfants, la contraception,
l’avortement, le divorce facile,
l’isolement des personnes âgées et
le rejet des personnes qui portent un
handicap ?
Sommes-nous aveugles face au
massacre de notre société du koudmen
par le chacun-pour-soi et la peur de
l’autre (depuis quand n’as-tu pas offert
un fruit-à-pain ou une patte de banane
à ta voisine ? et depuis quand, s’il te
manque des allumettes à la maison,
n’es-tu pas allé voir ton voisin pour
lui en demander ?).
Allons-nous nous taire devant le gâchis
du potentiel humain et l’étouffement
de l’espérance martiniquaise par le
« malélevisme», le laisser-aller, les
tenues vulgaires, la violence et le sexe
facile de tant de jeunes pourtant si
prometteurs ?
Resterons-nous sans réponse quant
à la ruine de notre terre, de nos eaux,
de notre richesse environnementale
que nous exploitons si mal (quand
nous ne les polluons pas) ??
Sommes-nous indifférents à la
détresse de tant de filles et de fils de
Dieu abîmés par cette vie compliquée,
aux relations tumultueuses, qui crient
« anmwé » et ne savent plus à quel
saint se vouer, tant ils ont fréquenté
des officines de charlatans aux
thérapies douteuses et onéreuses… ?
NON, bien sûr ! Nous allons nous
lever comme un peuple de prophètes
parce que notre Grand Dieu et Sauveur
Jésus-Christ a un projet que notre
Eglise doit porter en ce monde. Nous
serons prophètes en Eglise ou nous
ne serons rien !
J’appelle en particulier à l’engagement
et à l’Action de Jeunes Catholiques :
voulez-vous être prophètes ? Voulez-
vous montrer Jésus en Martinique
et au-delà : être des hommes et
des femmes selon le cœur de
Dieu, construire personnellement
et en Eglise de vraies familles
chrétiennes, faire (re)vivre la solidarité
communautaire qui était la richesse
de nos grands-parents, témoigner
auprès des jeunes de l’Espérance
qui déplace les montagnes, travailler
dur pour exploiter vous-mêmes
les potentialités de notre terroir et
redonner la foi à tous les baptisés qui
attendent de retrouver leur vocation
de Fils de Lumière ?
+ Fr David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre
et Fort-de-France
■
(à suivre)
MOT DE L’ÉVÊQUE
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C
hers frères et sœurs, bonjour !
Nous savons bien que le grand
commandement que nous
a laissé le Seigneur Jésus est celui
d’aimer : aimer Dieu de tout notre
cœur, de toute notre âme et de tout
notre esprit et aimer notre prochain
comme nous-mêmes (cf. Mt 22,37-39),
c’est-à-dire que nous sommes appelés
à l’amour, à la charité. Et c’est là notre
vocation la plus haute, notre vocation
par excellence ; et la joie de l’espérance
chrétienne est liée à celle-ci. Celui qui
aime a la joie de l’espérance, d’arriver
à rencontrer le grand amour qu’est le
Seigneur.
L’apôtre Paul, dans le passage de
la Lettre aux Romains, nous met en
garde : il y a le risque que notre charité
soit hypocrite, que notre amour soit
hypocrite. Nous devons alors nous
demander : quand cette hypocrisie
advient-elle ? Et comment pouvons-
nous être sûrs que notre amour
est sincère, que notre charité est
authentique ? Que nous ne faisons
pas semblant de faire la charité ou que
notre amour n’est pas un feuilleton
télévisé : un amour sincère, fort… L’hypocrisie peut s’insinuer partout, y
compris dans notre manière d’aimer.
Cela se vérifie quand notre amour
est intéressé, mû par des intérêts
personnels ; et combien y a-t-il
d’amours intéressés !… quand nos
services caritatifs dans lesquels il
semble que nous nous prodiguions
sont effectués pour nous mettre nous-
mêmes en avant, ou pour nous sentir
récompensés : « Mais comme je suis
bon ! ». Non, ceci est de l’hypocrisie.
Ou encore quand nous visons des
choses qui ont une « visibilité » pour
faire étalage de notre intelligence ou
de notre capacité. Derrière tout cela,
il y a une idée fausse, trompeuse, ce
qui revient à dire que, si nous aimons,
c’est parce que nous sommes bons ;
comme si la charité était une création
de l’homme, un produit de notre cœur.
La charité, elle, est avant tout une
grâce, un cadeau ; pouvoir aimer est
un don de Dieu et nous devons le lui
demander. Et il le donne volontiers, si
nous le lui demandons. La charité est
une grâce : elle ne consiste pas à faire
transparaître ce que nous sommes,
mais ce que le Seigneur nous donne et
que nous accueillons librement ; et elle
ne peut s’exprimer dans la rencontre
avec les autres si elle n’est pas d’abord
générée par la rencontre avec le visage
doux et miséricordieux de Jésus.
Paul nous invite à reconnaître que
nous sommes pécheurs, et que même
notre manière d’aimer est marquée
par le péché. Mais en même temps,
il se fait porteur d’une nouvelle
annonce, une annonce d’espérance : le
Seigneur ouvre devant nous une voie
de libération, une voie de salut. C’est
la possibilité de vivre nous aussi le
grand commandement de l’amour, de
devenir des instruments de la charité
de Dieu. Et cela se produit quand nous
nous laissons guérir et renouveler
le cœur par le Christ ressuscité. Le
Seigneur ressuscité qui vit parmi nous,
qui vit avec nous, est capable de guérir
notre cœur ; il le fait si nous le lui
demandons. C’est lui qui nous permet,
même dans notre petitesse et notre
pauvreté, de faire l’expérience de la
compassion du Père et de célébrer les
merveilles de son amour.
Et l’on comprend alors que tout ce que
nous pouvons vivre et faire pour nos
Catéchèse d\b pape F\nrançois
La charité est « un cadeau » de Dieu,
pas « une création de l’homme »
EGLISE UNIVERSELLE\n
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frères n’est rien d’autre que la réponse
à ce que Dieu a fait et continue de faire
pour nous. Ou plutôt, c’est Dieu lui-
même qui, en faisant sa demeure dans
notre cœur et dans notre vie, continue
de se faire proche et de servir tous ceux
que nous rencontrons tous les jours
sur notre chemin, à commencer par les
derniers et par les plus démunis dans
lesquels il se reconnaît en premier.
Alors, par ces paroles, l’apôtre Paul ne
veut pas tant nous faire des reproches
que nous encourager et raviver en
nous l’espérance. Tous, en effet, nous
faisons l’expérience de ne pas vivre
pleinement et comme nous le devrions
le commandement de l’Amour. Mais
ceci aussi est une grâce, parce que
cela nous fait comprendre que, par
nous-mêmes, nous ne sommes pas
capables d’aimer vraiment : nous avons
besoin que le Seigneur renouvelle
continuellement ce don dans notre
cœur, à travers l’expérience de son
infinie miséricorde. Et alors, oui, nous
recommencerons à apprécier les
petites choses, les choses simples,
ordinaires ; nous recommencerons à
apprécier toutes ces petites choses de
tous les jours et nous serons capables
d’aimer les autres comme Dieu les
aime, voulant leur bien, c’est-à-dire
que nous soyons saints amis de Dieu ;
et nous serons contents en raison de la
possibilité de nous rendre proches de
celui qui est pauvre et humble, comme
Jésus le fait avec chacun de nous quand
nous sommes loin de lui, de nous plier
aux pieds de nos frères comme lui, le
bon Samaritain, le fait avec chacun de
nous, par sa compassion et son pardon.
Chers frères, ce que l’apôtre Paul
nous a rappelé est le secret pour
être – j’emploie ses paroles – c’est
le secret pour être « joyeux dans
l’espérance » (Rm 12,12). La joie de
l’espérance, parce que nous savons
qu’en toute circonstance, y compris
la plus défavorable, et même à
travers nos propres échecs, l’amour
de Dieu ne diminue pas. Et alors, le
cœur visité et habité par sa grâce
et sa fidélité, nous vivons dans la
joyeuse espérance de rendre en
nos frères, si peu soit-il, tout ce que
nous recevons chaque jour de lui.
Merci.
Pape François, 15 mars 2017
Source : https://fr.zenit.org/
■
Agenda de l’Archevêque
Dimanche 2 avril :
- 8h30-16h30 au Millenium du Morne-Rouge : Apostolat des femmes
-
17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Du 3 au 5 avril :
- Visite pastorale du district du Centre Est
Mardi 4 avril :
- Conseil épiscopal à la paroisse de Redoute
Mercredi 5 avril :
- 18h : Catéchèse de l’Evêque à l’église Emmaüs
Jeudi 6 avril :
- Visite de malades
- Cours de théologie spirituelle
Vendredi 7 avril :
- Visite de malades
Samedi 8 avril :
- Parrainage de la 2 ème édition du « Village Valora »,
à Carrère
- 11h : Conférence sur « Laudato Si et l’héritage du père Gaston Jean-Michel »
Dimanche 9 avril :
Dimanche des Rameaux et de la Passion
- De 9h à 16h, sous la Tente de la Rencontre du Gros- Morne : Grand rassemblement des jeunes
(Thème : « Le Puissant fit pour moi des merveilles ») - 17h30 :
Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis
Mardi 11 avril : Mardi Saint
- Rencontre au Siège du Secours Catholique avec une Délégation nationale
Mercredi 12 avril : Mercredi Saint
- 10h : Messe Chrismale à la cathédrale Saint-Louis
Jeudi 13 avril : Jeudi Saint
- 19h : Messe du soir en mémoire de la Cène du Seigneur à la cathédrale Saint-Louis
Vendredi 14 avril : Vendredi Saint
- 10h : Chemin de croix au départ de la chapelle du Christ-Roi en direction du Calvaire de Fort-de-
France
- 15h : Célébration de la Passion à la cathédrale Saint-Louis
Samedi 15 avril : Samedi Saint
- 20h : Veillée pascale à la cathédrale Saint-Louis
Dimanche 16 avril :
Dimanche de la Résurrection
- 7h30 : Messe au Centre Pénitentiaire de Ducos
- 10h30 : Messe à la cathédrale Saint-Louis
- 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis
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LITURGIE
La longue route des baptisés pendant les 40 jours de carême vers Pâques
La liturgie catholique a toujours considéré le carême comme une période décisi\be dans
laquelle les baptisés sont en route \bers le grand é\bénement sal\bifique, la Pâque. Et les 40 jours
qui marquent cette période s’inscri\bent dans la logique des trois é\bénements historiques dans
la bible à sa\boir : les 40 ans de marche du peuple hébreux dans le désert \bers la terre promise.
U
ne grande expérience, à la
fois spirituelle et historique,
avec Yahvé comme défenseur
et libérateur qui a marqué jusqu’à
aujourd’hui, la conscience collective du
peuple d’Israël (Nb 14, 1-45). Ensuite les
40 jours de Moïse au Mont Sinaï avec le
décalogue, (les 10 commandements de
Dieu). Enfin les 40 jours dans le Nouveau
Testament symbolisant les 40 jours de
Jésus au désert (Mt 4,1-11).
Dans son étymologie latine « quadra-
gesima», du grec « tessarakostè », évoque
le quarantième jour. Il se comprend
comme une période de préparation
qui commence le jour de mercredi des
cendres. En effet la liturgie du mercredi
des cendres marque le début de ce grand
moment. Le mercredi de cendres, « dies
cinerum », premier jour de carême est très
significatif. Ce jour doit son nom au rite
catholique de l’imposition des cendres.
On brule les rameaux desséchés de
l’année dernière puis le prêtre trace une
croix avec les cendres des rameaux sur le
font des croyants en disant : « Souviens-
toi, homme, que tu es poussière et à la
poussière tu retourneras. » Abraham
s’explique ainsi « moi qui ne suis que
poussière et cendre. » (Gn18,27). Cette
locution exprime la fragilité de la nature
humaine à partir de la cendre. En
hébreux (‘aphar qui signifie poussière
et (‘epher) qui signifie cendre. D’emblée
ce temps est d’abord marqué par la
reconnaissance de sa fragilité (l’homme),
en tant qu’être fragile ; cette fragilité est
la conséquence du péché causé par la
désobéissance de l’homme à la Parole
de Dieu (Gn 3,1-24). Ainsi le temps
de carême est avant tout le temps de
reconnaitre sa fragilité dans le péché,
c’est une rétrospection dans la mesure
où l’homme fait un retour sur lui-même,
pour faire un examen de conscience sur sa conduite vis-à-vis de Dieu. Dans cette
dynamique, une discipline s’impose c’est
la
metanoia, le changement.
Le carême est un moment de
changement, ce changement s’inscrit
dans la perspective de la conversion
qui signifie le détachement sur les veilles
habitudes, la libération radicale sur la
pesanteur du péché.
La conversion est aussi un combat
spirituel où l’homme résiste contre les
tentations du malin pour ne pas tomber
dans le péché.
Par ailleurs, la vie chrétienne est
comparable au voyage d’Israël
dans le désert. C’est le chemin de la
sanctification. Et les 40 jours que l’Eglise
nous propose de vivre en ce temps de
carême, fait mention de la purification,
c’est une vocation de Dieu à la sainteté et
à la pureté afin de bien vivre le sublime
événement de notre salut qui est la
Pâque. Les 40 ans du peuple d’Israël
dans le désert en marche vers la terre
promise est la préfiguration de 40 jours de
marche des baptisés vers la Pâque, grand
événement salvifique. Ce parallélisme
trouve une place de choix pour éclairer
notre conscience. Car la marche dans
le désert pendant 40 ans pour Israël
symbolise la libération de l’esclavage
en Egypte, les 40 jours constituent la
libération des enfants de Dieu sous
l’esclavage du péché et de la mort, dont
Jésus est la figure emblématique de cette
dernière. Ici, Jésus se comprend comme
le nouveau Moïse, et le peuple d’Israël
est la préfiguration du nouveau peuple
de Dieu libéré de l’esclavage du péché
et de la mort (l’Eglise).
Le carême est un mémorial, un souvenir
sur la passion, la mort et la résurrection
du Christ. En effet, les 40 jours constituent
le moment de compassion des baptisés,
– les disciples – à la souffrance du maître.
Cette compassion doit se passer par une
ascèse et par des exercices spirituels à
savoir : la prière, le jeûne et l’aumône.
Le carême est un moment de vivre le
silence de son cœur par la prière, le jeûne
et le partage ou l’aumône. Cette longue
route ne doit pas être à la manière des
Hébreux soumis à la tentation, mais à
la manière du Christ au désert dans la
prière pour ne pas tomber dans le piège
du malin.
Que l’Esprit du Seigneur nous aide à faire
cette expérience spirituelle de 40 jours
en tout état de grâce. Amen.
P. Arnack Bokombé, vicaire des Terres-Sainville ■
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Dimanche 26 mars 20\b7
la P arole Dominicale
L
’Evangile de ce dimanche
nous présente les Pharisiens,
les parents, l’aveugle : trois
réactions différentes au miracle
que Jésus accomplit, trois attitudes
différentes devant Jésus.
Les Pharisiens, au début, semblent
admettre le fait de la guérison :
« Comment as-tu recouvré la vue ?
Que dis-tu de celui qui t’a ouvert les
yeux ? » ; mais ensuite, les plus hostiles
accaparent le débat et jettent le doute
dans l’esprit des gens : « Après tout,
qu’est-ce qui nous prouve qu’il était
vraiment aveugle ? ».
Lors du dernier interrogatoire, ils ne
cherchent plus du tout la vérité. Ils
tentent seulement de prendre l’homme
en défaut, en lui faisant répéter les
détails du miracle. C’est le drame des
Pharisiens : ils croient voir et se ferment
à la lumière ; ils croient savoir, et ils
le répètent : « Cet homme ne vient
pas de Dieu (puisqu’il guérit le jour
du sabbat)». Ils croient savoir, mais
deviennent aveugles !
Les parents de l’aveugle ont biaisé
avec la vérité : « Nous sommes certains
que c’est bien notre fils et qu’il est
né aveugle. Comment maintenant il
voit, nous l’ignorons ! Qui lui a ouvert
les yeux, nous l’ignorons ! ». Les
Pharisiens disaient : « Nous savons ! ».
Les parents disent : « Nous ignorons »,
et nous ne voulons pas savoir. C’est étrange : leur fils est guéri après tant
d’années de cécité, et ils ne veulent
pas savoir !
L’Aveugle : d’abord il n’a rien dit. Il a
perçu la présence de Jésus devant lui,
sans le voir. Il a entendu ensuite des
paroles étranges : « Aussi longtemps
que je suis dans le monde, je suis la
lumière du monde ». Mais à quoi bon
parler de lumière à un aveugle-né ?
C’est alors qu’il a senti la boue
appliquée sur ses yeux. Il a obéi,
toujours sans rien voir. Il s’est rendu
à la piscine de Siloé, il s’est lavé à la
piscine indiquée par Jésus, l’Envoyé
de Dieu. Là encore, rien. Mais au
retour, il voyait. Alors il s’est mis en
route vers la lumière, vers la source
de sa lumière, vers la connaissance
de Jésus.
Et ses paroles reflètent bien l’itinéraire
de sa foi : il parle d’abord de l’homme
qu’on appelle Jésus ; un peu après, il
dit : « C’est un prophète ! » ; et plus tard
il réplique hardiment aux Pharisiens :
« Si cet homme n’était pas de Dieu, il
ne pourrait rien faire ! »
Quelques instants encore, et l’homme
voit enfin, de ses yeux, de ses yeux
guéris, Jésus, qui lui a donné pour
la première fois la lumière, et même
une double lumière : la lumière des
yeux et la lumière de la foi.
Et une fois de plus, c’est Jésus qui
prend les devants : Jésus apprit qu’ils
l’avaient chassé. Il vint alors le trouver
et lui dit : « Crois-tu, toi, au Fils de
l’homme ? » Et lui de répondre : « Et
qui est-il, Seigneur, pour que je croie
en lui ? ». « Eh bien, tu l’as vu ; c’est
lui qui te parle ».
C’est notre prière à nous aussi, sauvés
par Jésus, illuminés au baptême, et
compromis courageusement par
notre fidélité à l’Évangile : « Qui es-tu,
Seigneur ? Au début de ma vie, au
milieu de ma vie et à la fin de ma
vie, révèle-toi à moi, pour que ma
foi te réponde ! » L’homme dit : « Je
crois, Seigneur » ; et il se prosterna
devant lui. Et moi … dans ce temps
de carême, je dis….
P. Joseph Nowak,
curé de Morne-Rouge
■
« Crois-tu au Fils de l’homme ? »
Il répondit :
« Et qui est-il, Seigneur,
pour que je croie en lui ? »
Jésus lui dit : « Tu le vois,
et c’est lui qui te parle. »
Il dit :
« Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.
‘‘
Et il se prosterna
‘‘
Et il se prosterna
‘‘
1 Samuel 16,1b.6-7.\j10-13a • Ps 22 • Ephésiens 5,8\j-14 • Jean 9,1-411
4 ème Dimanche de carême - Année A
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 7
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P
our ce chantier qui comportait 3
ateliers, une enquête a été lancée
le 18 février : 1) L’aggiornamento
du Catéchisme ; 2) La préparation aux
sacrements de l’initiation ; 3) La pastorale
des jeunes.
Dans un temps très court, vous avez
été 1384 à répondre par internet ou sur
papier aux différentes questions. Ce
sondage a permis de dégager 6 priorités
qui ont été débattues lors de l’Assemblée
synodale du 11 mars 2017. Autour de
Mgr David, il y avait une assemblée
composée de 66% de femmes et 34%
d’hommes, (jeunes : 20%, prêtres : 8%,
papas : 10%, mamans : 16%, catéchistes :
27%, animateurs du Cheminement : 16%).
L’Eucharistie a été présidée par
Mgr David. Après la présentation de la journée et la synthèse de l’enquête, nous
nous sommes retrouvés en 12 carrefours
animés par les prêtres.
A chacune des questions posées, il fallait
dégager 3 priorités :
• Comment impliquer les parents dans
les séances de caté ?
• Comment assister les catéchistes dans leur mission ?
• Comment réformer la préparation à la Première communion ?
• Comment approfondir une expérience spirituelle au Cheminement ?
• Comment mettre en œuvre cet engagement solennel dont a parlé
Mgr David ?
• Comment accompagner les mouve- ments et les autres groupes paroissiaux
de jeunesse ? Après le repas partagé, nous avons reçu
le témoignage de la paroisse des Trois
Ilets où la Catéchèse est assurée cette
année par les parents. Puis, tous ont
participé à la synthèse où les nouvelles
technologies ont montré leur utilité
à certains réfractaires. Mgr Macaire a
commenté ces résultats en nous invitant
à poursuivre la réflexion en constituant
des groupes de travail.
Un film « Une Aventure avec Jésus » a
permis de voir ce que vivent les parents,
les enfants et les catéchistes de 1
ère Année
dans le diocèse de Martinique.
Il nous faut créer une autre dynamique
afin que la fameuse phrase : « i za tan
pou nou fini épi sa ! » disparaisse de
notre langage.
Pierre Valey ■
Diacre Pierre Valey, délégué
diocésain à la catéchèse
Diacre Pierre Valey, délégué
diocésain à la catéchèse
Diacre Pierre Valey, délégué
Quelques témoignag\ces…
Emilie Betzy, paroisse de
Schœlcher
ECCLESIA’M 2020 !
Chantier n°3 : « Bâtir \bne éd\bcation chrétienne »
Il faut donc que la catéchèse en Martinique se transforme en un
grand mou\bement d’é\bangélisation des familles et des parents, tous les parents, quelles que soient leurs situations matrimoniales.
C’est
le souhait de Mgr Da\j\bid.
VIE DU DIOCÈSE
J’accompagne
les jeunes de
cheminement à
la confirmation.
J’aime beaucoup le principe d’Ecclésia’m 2020 !
Cette journée m’a permis de m’exprimer. On a pu
partager nos idées, exposer les problèmes de la
catéchèse. Ce changement est demandé et attendu par
le peuple chrétien de Martinique. Voir des jeunes et
des moins jeunes ensemble pour faire évoluer l’Eglise,
c’est déjà un grand progrès. Après cette journée, je
suis sûre que ce projet va aboutir, et que l’Eglise en
Martinique changera avec la grâce de Dieu.
Une journée très
riche ! J’ai été ravie
de constater ce besoin fervent de la
Martinique de révolutionner la catéchèse ;
que des idées innovantes existent déjà
et méritent d’être propagées. Certaines
propositions faites seront d’ailleurs
porteuses d’une vraie fraternité et d’un
réel rapprochement de la vie spirituelle
et de la vie familiale et communautaire. Le concept de
l’Assemblée
synodale répartie dans
des groupes de réflexion
intergénérationnels est très
enrichissant, notamment
pour les recherches d’idées.
Selon moi, cela reflète notre
Eglise.
Quelques témoignag\ces…
J’aime beaucoup le principe d’Ecclésia’m 2020 !
Une journée très
riche ! J’ai été ravie
Emilie Betzy, Emilie Betzy,
Le concept de
l’Assemblée
Carole Milia, paroisse de
Bellevue Alysson Barbot,
16 ans, paroisse
du Diamant
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 8
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Temps forts et Rentrée en Carême sur la Paroisse Saint Henri des Anses Arlet
La paroisse Saint-Henri des Anses d’Arlet a connu deux temps forts a\bant l’entrée en
carême 2017. Le premier a réuni, après la messe de 9h30, les touristes de passage
sur la commune pour un partage con\bi\bial autour du curé de la paroisse, le père Jean-
Michel Monconthour, et les paroissiens. Le second a rassemblé les chrétiens pour un
séminaire autour d’un thème bien choisi : « Comment se rele\ber après un échec », à
l’initiati\be de la Pastorale des \bocations des Anses d’Arlet.
L
e dimanche 26 février, une
centaine de touristes a répondu
présent à l’invitation du curé
autour d’un « apéro », après la messe
dominicale. Les touristes, avant le début
de la célébration, ont été accueillis sur le
parvis de l’église par l’équipe d’accueil,
et invités à afficher à l’aide d’un
« post-it » leur lieu de provenance sur
une carte représentant la Martinique.
Ce nouveau défi, lancé par le curé
de la paroisse et les fidèles, a tout de
suite fait écho dans le cœur d’autres
paroissiens déjà très actifs et engagés
au sein de leur église. Ils ont mis les
bouchées doubles pour accueillir les
touristes, venus en famille ou entre amis.
La dégustation d’entrées culinaires
traditionnelles « fait maison » dans le
jardin du presbytère des Anses d’Arlet
ont ravi tout un chacun. Les touristes,
venus des quatre coins de la France
métropolitaine et divers pays de la
caraïbe, ont profité pour faire plus
ample connaissance avec les fidèles et
le curé de la paroisse. Certains ont été
très touchés par la gratuité du moment,
d’autres ont repris rendez-vous pour la
saison prochaine. Chacun est reparti sur
une note positive. La Lettre de l’évêque
après sa visite pastorale dans la
commune invitait les fidèles à réfléchir
sur la mise en place d’une pastorale du
tourisme, vu le nombre de touristes qui
viennent participer aux célébrations ou
y « jeter un œil » pour voir Jésus ». Ce
moment inaugure sans doute un sursaut
pour une telle pastorale au sein d’une
paroisse déjà bien dynamique, et qui
est « consciente du service que Dieu
lui a confié » selon le mot de l’évêque.
Le second temps fort a connu un vif
succès. Il s’est déroulé durant les temps
d’entrée en carême, sous forme de
séminaires, le 28 février et le 1er mars, à
l’initiative de la pastorale des vocations
et sa responsable, Yvonne Joseph, avec
l’accord du curé. Le thème : « comment
se relever après un échec ». Une
quarantaine de participants a été invitée
à réfléchir sous forme d’ateliers autour
de textes bibliques fondamentaux de
l’Ancien et du Nouveau Testament
(« Caen et Abel, David et Bethsabée,
la Samaritaine etc..). Les ateliers ont
été co-animés par deux psychologues
rattachées au service de la formation
diocésaine : Mmes Joëlle Nuissier et
Maryse Annette, qui ont apporté de
précieux éclairages à la question de
« la répétition des scénarios de vie :
comprendre pour mieux réagir » à la
lumière des écritures. La chute et le
péché des origines ont été resitués
par le père Monconthour à partir de
la notion de la 10ème heure : l’heure à
laquelle Adam a péché dans le jardin.
Cette question a captivé l’attention
des participants qui ont demandé un
enseignement plus conséquent sur ce
thème déjà évoqué dans l’émission
biblique « Regard sur la Bible » (père
Hugues Lafine /Radio St Louis). Jésus
vient là où nous avons chuté : c’est
l’heure de la miséricorde. Les temps
de partage conviviaux ont été aussi très
appréciés. Les témoignages édifiants
et l’animation en louange avec les
membres de la chorale « Siloé » et de
la pastorale des hommes ont surtout
marqué les cœurs. Ces deux temps forts
nous rappellent que la paroisse des
Anses d’Arlet a été retenue par l’Evêque
comme « petit laboratoire synodal »
pour tout le diocèse, et c’est à ce titre
qu’elle poursuit sa mission dans le plan
Ecclésia’M 2020 !
Paroissiens des Anses d’Arlet ■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 9
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Quelques témoignag\ces…
Etre épouse de diacre, c’est partager son
époux avec Dieu. Précisément, selon la mis-
sion confiée par l’évêque, il faut soutenir
son époux, autant moi que les enfants, même
si parfois ils souffrent de l’absence de leur
père. Lorsque j’ai dit oui pour l’ordination
avec l’accord des enfants, nous avons accepté
tous de vivre cette aventure divine. Cela ne
signifie pas que nous ne rencontrons pas les
mêmes difficultés avec nos enfants adoles-
cents, bien au contraire ! Mais nous savons
pouvoir compter sur la prière des frères pour
nous aider à surmonter les épreuves de la vie.
Rencontre
des diacres
permanents
avec Mgr Macaire
sur la par\bisse
de Sainte-Luce
Rencontre Rencontre
VIE DU DIOCÈSE
Le 5 mars dernier, 1 er dimanche de
carême, le père Hyppolite Toglobesse
rece\bait sur la paroisse Sainte-
Lucie de Sainte-Luce, Mgr Macaire,
accompagné des diacres perma-
nents et de leurs épouses. Après la
messe de 9h présidée par l’é\bêque,
un temps de réflexion était pro-
grammé sur différents thèmes liés
au fonctionnement spécifique et à la
mission des diacres dans le diocèse
de Martinique.
P
our rappel, les douze diacres permanents
de notre diocèse sont ordonnés pour une
mission spécifique confiée par l’évêque.
Ils ne sont pas rattachés à une paroisse et ne sont
ni des « sous-prêtres », ni des « super laïcs ». Ce
sont des hommes qui se sont engagés, après une
formation, à être toujours des serviteurs. Ils sont
d’ailleurs, avant tout, au service du ministère de
l’évêque. Alors que les prêtres représentent la
figure du Christ Pasteur, les diacres rappellent la
figure du Christ Serviteur qui « n’est pas venu pour
être servi, mais pour servir ».
La rencontre du 5 mars avec Mgr Macaire a permis
de débattre, entre autres, sur les orientations
nationales du diaconat permanent et sur leur
charte. Il s’est agi également d’impulser un nouveau
souffle à la fraternité des diacres et de leurs
épouses, qui existe depuis 2009. Des rendez-vous
ont ainsi été programmés dans différents secteurs
du diocèse pour des rencontres conviviales.
Justine Lordinot, épouse de diacre ■
Servir le Seigneur conduit souvent à des
combinaisons qu’il nous faut rendre autant
harmonieuses que possible. Dans le diaconat
permanent, il nous revient de concilier la vie
familiale, la vie professionnelle et le ministère.
Cela suppose des renoncements, de l’écoute,
de la souplesse et de la sagesse, toutes les
qualités que je m’efforce d’aller puiser chaque
jour dans le Cœur du Christ par la prière et
la soumission (consécration) au Saint-Esprit.
J’en atteste aujourd’hui : avoir été appelé par
le Seigneur et répondre à cet appel dans la foi est l’expérience la plus
exaltante qui soit, même si ce n’est pas facile tous les jours (Luc 9, 23).
familiale, la vie professionnelle et le ministère.
Jean-Paul Levif,
marié depuis 23 ans
et diacre depuis 6 ans
Patricia Lordinot, épouse du diacre
Hervé
Une très bonne initiative pendant ce temps de
carême. Nous avons pris le temps de réfléchir
sur notre mission diaconale et sur notre place
au sein de notre paroisse. L’occasion pour moi de me retrouver avec mes frères diacres
et leurs épouses. Ces temps de ressourcement
sont pour moi nécessaires. Ils sont source
d’équilibre. L’occasion aussi de découvrir
cette nouvelle église fraichement rénovée.
Paul Rougon, diacre
depuis 6 ans
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 10
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Vous avez tous les deux presque
la cinquantaine, pourquoi avoir
décidé de vous lancer dans
l’aventure du Village Valora ?
Il vaut mieux tard que jamais, dit le
vieil adage ! Nous sommes partis
d’un constat simple et cartésien. Nous
consommons de plus en plus ; les
décharges ferment les unes après
les autres ; l’usine d’incinération est
saturée ; or la superficie de notre île
reste la même. Qu’allons-nous faire
de nos déchets ? Et nous, à notre
niveau que pouvons-nous faire ?
C’est en réfléchissant à ces questions
qu’il nous a semblé nécessaire, voire
primordial, de ne plus attendre et
d’agir immédiatement. L’idée de créer
l’association 3ED est née. Nous nous
sommes alors penchés, avec un groupe
d’amis partageant les mêmes idées
que nous, sur les actions immédiates
à entreprendre. C’est à ce moment
que nous avons eu l’idée d’une
grande manifestation qui réunirait
tous les acteurs du développement
durable et de l’environnement en un
unique lieu, afin de sensibiliser le
plus grand nombre de Martiniquais
à ces problématiques : « Le Village
Valora ». C’était en 2014 !
Bientôt la seconde édition
du Village Valora… Quelles
nouveautés proposez-vous ?
Tout d’abord, nous souhaitons
remercier Mgr David Macaire pour
sa participation en tant que Parrain,
et son adhésion à ce Village. En
plus de son intervention le jour de
l’inauguration du Village, il donnera
également une conférence le samedi
8, à 11h, sur le thème « Laudato Si
et l’héritage du père Jean-Michel ».
Cette année, nous avons chargé une
agence de communication (CIBLES)
de dynamiser ce Village et de donner
aux Martiniquais envie d’y venir.
Beaucoup d’animations sont prévues
pendant ces 2 jours (Conférences,
spectacles, artistes, chanteurs,
comédiens, shows culinaires anti-
gaspillage, démonstrations…).
L’Education nationale valide
d’ailleurs cette manifestation avec une
journée plus spécifiquement dédiée
aux élèves, lycéens, collégiens de
Martinique.
Nous avons également ajouté deux
pôles supplémentaires :
- Economie circulaire sociale et
solidaire grâce à la participation
du groupe Caisse des Dépôts
et Consignations et en
partenariat avec la CRESS,
Initiatives Martinique Active,
la DIECCTE, l’ADEME.
- Risques Naturels. Sur ce pôle
nous tenterons bien évidemment
de sensibiliser les Martiniquais
aux risques encourus, mais
surtout, car nous souhaitons
du concret, nous offrirons
grâce à la Protection Civile de
Martinique, deux fois 2h par
jour, de « sensibilisation aux
gestes qui sauvent ». Car en cas
de « crise », nous ne pourrons
compter que sur ceux qui sont
avec nous. Il faudrait que dans
chaque famille martiniquaise,
au moins une personne soit
formée !
Valora, le Village du développement
durable, des risques naturels et
de l’économie circulaire et solidaire
Que de\biendront notre Planète, notre île dans quelques années ? « Les chiffres sur
le sujet sont préoccupants et ne nous laissent guère l’opportunité d’être attentiste. Il faut agir maintenant »,
c’est en ces termes que José Gaspaldy, et Philippe Pied,
respecti\bement Président de l’association 3ED (comme Eau, En\bironnement, Energie
et Dé\beloppement Durable Déchets), et membre béné\bole en charge du dé\beloppement
caraïbe, expriment leur souhait de faire quelque chose pour la Martinique…
« leur Part
du Colibri
* », comme ils s’accordent à le dire.
Retour sur le parcours de ces deux Martiniquais pour qui une action fort\
e
était indispensable. Ils préparent activement, en ce moment, la 2 nde édition
du Village Valora qui se déroulera les vendredi 7 et samedi 8 avril 2017,
avec comme Parrain : Mgr David Macaire.
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 11
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En quoi ce Village se distingue-
t-il des autres manifestations
environnementales ?
3ED, n’est pas une association
environnementale, Valora n’est pas
non plus un Village environnemental.
C’est le Village du développement
durable… et de l’économie circulaire
et solidaire, des risques naturels.
C’est là toute la nuance, selon nous :
il n’est pas question d’aller travailler
à pied pour ne pas utiliser de gaz
d’échappement et de pétrole, de
ne pas se rendre à Paris ou ailleurs,
sous prétexte que l’avion n’est pas
« à voile », de ne pas utiliser sa
pièce d’identité ou passeport car ils
sont en papier, de ne pas construire
sa maison car c’est de toutes les
façons retirer un peu de terre et
d’herbe de la nature… « Pour nous,
il est bien question de vivre en
modérant nos consommations et
en respectant, du mieux qu'on le
peut, l’environnement ».
Prenez ce cas extrême : Dans une
ville imaginaire (mais bien réelle),
72% de la population est atteint
d’une maladie grave qui nécessite
des soins urgents et sur place. Pour
cela, il faut construire à l’intérieur
même du village un espace de
sécurité et une petite clinique de
500 m 2. Au seul endroit possible se
trouvent des arbres centenaires… ».
Qu’auriez-vous décidé vous-
mêmes ?
A 3ED, nous pensons qu’il faut
un juste compromis entre la réalité
de l’activité économique et des
besoins humains (se déplacer,
s’habiller, se loger, s’amuser…) ET
la préservation de notre pays, de
notre patrimoine, de nos ressources
qui malheureusement ne sont pas
illimitées.
Pour continuer dans le temps, nous
devons préserver ces richesses en
consommant le moins que possible
les énergies fossiles et en favorisant
les énergies renouvelables, qui elles,
sont illimitées.
Dans la vie, peu importe ce qu?on
fait, on sera toujours critiqu? car
les choix des uns et des autres
diff?rent? Faisons alors avec nos
propres valeurs? et c?est sur ces
valeurs-l? que nous souhaitons
intervenir ? 3ED. Valoriser la nature,
valoriser l?Homme, valoriser notre
vie et notre terre? notre pays.
Faire prendre conscience ? chacun
qu?il existe des compromis et que
la Martinique est belle? et que
des dangers nous guettent si nous
ne r?agissons pas vite, si nous ne
r?agissons pas TOUS, maintenant !
Faisons la Martinique redevenir
Madinina, cette ? Ile aux fleurs ?.
NOUS LE POUVONS.
Revenons à Valora, quand se
déroulera cet événement et
qu’est-ce qu’on y retrouvera ?
Valora aura lieu les 7 et 8 avril
prochain, près du stade de Dillon.
Seront réunis, pendant ces 2 jours,
des acteurs du Développement
Durable et de l’Economie Circulaire
Sociale et solidaire à la Martinique. 7
pôles : Energie, Air/Eau/Eaux usées,
Construction/Transport propre,
Gestion des déchets, Biodiversité,
Economie Circulaire et Sociale,
Risques Naturels. Nous tenterons
d’apporter des réponses positives
aux enjeux environnementaux
locaux.
Ce Village Valora, mettra en
avant localement, l’actualité & les
solutions de l’ensemble des filières
Environnement, Valorisation, Air/
Eau, Déchets, Energie, Biodiversité,
et les grands enjeux transverses qui
leur sont liés.
Vous y retrouverez les principales
institutions et entreprises dans ces
domaines, sans bien sûr oublier
le milieu associatif et l’économie
sociale et solidaire.
Au programme : découvertes, jeux,
concours, spectacles, conférences et
visites d’exposants.
Pourrez-vous nous donner des
chiffres précis sur la situation
actuelle de la Martinique et sur
son devenir ?
Nous pourrons bien sûr vous donner
des chiffres issus d’études diverses
réalisées par des professionnels, des
résumés de conférences/débats que
nous avons organisées, notamment
sur les conséquences du changement
climatique en Martinique, ou encore
sur l’énergie et l’indépendance
énergétique… car nous nous
sommes entourés de spécialistes
qui peuvent répondre précisément
à ces questions.
Mais, rappelons-le, nous ne
sommes pas des spécialistes,
ni de l’environnement, ni du
développement durable et encore
moins des prévisionnistes. Nous
sommes simplement un groupe
d’amis, de Martiniquais… de
métiers différents ; nous savons juste
que si nous ne faisons rien, nous
allons à notre perte. Pour cela, nous
avons donné ce que nous pouvions :
notre temps et nos compétences
afin de réunir le maximum de
personnes à une cause commune : la
préservation de notre capital… qui
part si rapidement, trop rapidement !
Merci Messieurs.
Propos recueillis par Michel Déglise ■
VIE DU DIOCÈSE
*La légende du colib\cri,
une légende amérin\cdienne :
Un jour, dit la légende, il y eut un
immense incendie de forêt. Tous
les animaux terrifiés, atterrés,
observaient impuissants le désastre.
Seul le petit colibri s’activait, allant
chercher quelques gouttes avec son
bec pour les jeter sur le feu. Après
un moment, le tatou, agacé par cette
agitation dérisoire, lui dit : Colibri !
Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec
ces gouttes d’eau que tu vas éteindre
le feu !
Et le colibri lui répondit : Je le sais,
mais je fais ma part.
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 12
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Que pouvez-vous nous dire
sur le Développement durable
et l’Eglise ou encore la Lettre
encyclique du pape François
« Laudato Si » ? Quelles sont vos
relations avec cette composante
du monde ?
Je crois que l’Eglise, sur ce sujet,
a une réflexion très ancienne qui
n’était pas encore éclose et qui, grâce
au pape Benoit XVI, est devenue
une première préoccupation, en
tout cas en Europe. Le pape a
développé le concept, qui existait
déjà, de l’écologie de l’homme.
L’homme a lui aussi une nature
qu’il faut respecter en la resituant
dans son environnement. Il y a
une vision qui, pour l’Eglise, est
globale ; la réflexion est beaucoup
plus profonde, qui précède toutes les
autres, celle sur la création. Pourquoi
définir le monde, la nature, l’univers
tout entier, les plantes, les hommes,
comme des créatures ? C’est parce
qu’ils ont une même origine, une
sorte d’unité profonde. Par exemple,
c’est quand même extraordinaire que
pour être soigné de nos maladies,
nous trouvons à peu près tout ce dont
nous avons besoin dans la nature.
Notre nature nous offre de quoi nous
nourrir et nous soigner, par quel
hasard ? Sinon parce qu’il y a une
origine commune. Cette réflexion,
c’est l’unité profonde de tout le créé
et donc le respect profond de tout
l’environnement puisque nous avons
la même origine.
Pourquoi avoir adhéré et être le
Parrain du Village Valora ?
Je me suis tout de suite trouvé
en phase sur ce projet pour deux
raisons :
- D’abord pour les raisons que je
viens d’évoquer sur la question du
développement durable, c’est-à-dire,
comment intégrer l’économie au
sens large, ce n’est pas simplement
le fait de gagner de l’argent, mais la
vie, l’activité humaine ; l’économie
dans une façon de vivre propice au
bonheur et qui respecte finalement
ce que nous sommes, qui ne va
ni dans ce concept du déchet, ni
dans le concept que développe le
pape dans le concept de Laudato
Si de "rapidacion", c’est-à-dire que
l’activité humaine finit par aller
plus vite que l’environnement, et
détruire l’environnement. Je suis
donc parfaitement en phase avec ce
projet tel qu’on me l’a présenté.
- La deuxième raison, c’est que je
pense que la Martinique, je le dis
haut et fort et je le pense de plus en
plus, peut-être, compte tenu de son
échelle, compte tenu peut-être des
aides que nous avons de l’Europe,
compte tenu de la possibilité aussi
de l’éducation de notre peuple et
des aspirations profondes de notre
culture antillaise, [ je crois] que la
Martinique peut être le premier pays
au monde, en tout cas, l’un des pays
phare, d’une économie durable, d’un
développement respectueux de la
nature et de l’environnement. C’est ce
que l’on appelle dans l’Eglise depuis
« Laudato Si » : l’écologie intégrale,
ou encore avec Jean-Paul II : « la
Civilisation de l’Amour » qui intègre
à la fois une façon de vivre, par
exemple le respect des anciens, des
plus jeunes, des handicapés, mais
aussi le respect de l’environnement ;
que tout le monde ait de quoi vivre,
se nourrir, se divertir, avoir accès à
la culture, etc.
Je crois que nous le désirons
profondément, je crois même que
nous en avons les moyens.
Nous traînons quelques boulets,
mais il faut justement une volonté
pas simplement politique, mais
culturelle, populaire, commune, il
faut donc développer une culture de
cela et je crois que ce village Valora,
tel que l’on me l’a expliqué, va tout
à fait dans le sens de ce qu’il y a dans
mon cœur d’évêque, mais aussi dans
le cœur des hommes et des femmes
de Martinique.
Quel est votre regard sur la
Martinique actuelle, optimiste,
pessimiste ?
Les deux, sombre et lumineux ;
mais la lumière est d’autant belle
qu’elle jaillit dans les ténèbres. Oui,
ténébreux parce qu’il y a un manque
d’espérance.
Après l’économie des plantations
qui s’est achevée et qui a créé
chez nous l’exode rural, les gens
ont voulu fuir ces plantations qui
certainement leur rappelaient de
mauvais souvenirs. Rappelez-vous
ce que l’on nous disait quand on
était petit : « Si ou pa ka travay
lékol ou kay travay anba bannann ».
On a fui les plantations, on a créé
une économie de fonctionnaires,
mais maintenant cette économie là
aussi s’est achevée, il faut trouver un
nouvel espoir, un nouveau modèle
social et économique.
aussi le respect de l’environnement ;
Mgr Da\bid Macaire, Arche\bêque de Saint-Pierre et Fort
de France, a accepté d’être le Parrain de la 2
nde édition du
Village Valora qui se déroulera les 7 et 8 a\bril, à Dillon (Fort
de France). C’était occasion de lui poser des questions
sur l’En\bironnement, le Dé\beloppement durable, sur la
Martinique, et les raisons de ce parrainage.
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 13
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Nous sommes à un tournant, c’est passionnant
puisqu’on est peut-être en avance sur d’autres
sociétés plus grosses, plus lourdes à bouger.
Je pense qu’on peut vraiment changer quelque
chose. Nous sommes à la fois affolés à cause de
la mondialisation, à cause aussi des problèmes
écologiques qui se posent comme la montée des
eaux, les changements climatiques ; nous avons
des jeunes ou des moins jeunes dans les rues, ce
qui n’existait pas il y a 30 ou 40 ans… Il y a tous
ces soucis, les débouchés, les jeunes font des
études, ils s’en vont à 18 ans on ne les revoit plus,
ils partent dans tous les pays du monde.
Où est notre place au soleil en Martinique pour
les Martiniquais ? C’est le côté sombre et inquiet.
En même temps, je crois qu’on peut réinventer.
Pour bien inventer ce qu’il y a dans notre cœur, c’est
de redécouvrir ce que nous avons profondément
en nous. Je suis certain que, ayant vu le fond du
cœur des Martiniquais, et j’en suis un, et cet avenir
tel qu’il se présente, je suis certain donc que nous
allons trouver en nous cette société solidaire,
croyante, respectueuse des plus faibles, des plus
fragiles que nos ancêtres avaient su construire
et que nous pouvons reconstruire malgré les
problèmes ou le modèle social européen que nous
avons adopté un peu rapidement je trouve.
Liens internet : Laudato si : goo.gl/hEU8RG et
Village VALORA : www.Valora-antilles.com
Propos recueillis par Philippe Pied
Publié avec l’aimable autorisation du Journal Antilla.
■
« Une lectrice avisée, et quelque peu chagrine, m’a fait observer à juste titre que mon
témoignage récemment publié dans « Eglise en Martinique » était notoirement incomplet
puisque n’y figure aucune allusion au « renouveau charismatique », et à son groupe
« Visitation » dont j’ai pourtant été le berger avec la sœur Paule-Marie Guégan, pendant
de longs mois.
Or ce groupe spirituel a joué un rôle immense dans ma vie, au point que je considère
que ma vraie conversion au christianisme date des découvertes que j’y ai faites, et j’y
ai rencontré des personnalités spirituelles de premier plan, telles que Daniel Levif dont
l’influence fut si forte dans le catholicisme martiniquais.
Merci à notre vigilante correspondante pour ces observations sans lesquelles mon
témoignage eût été à la fois incomplet et injuste.
La faute sans doute à une défaillance accidentelle de l’esprit d’un homme accablé par
les ans.
Léon-Laurent Valère ■
\bdditif à l’articl\ce de M. Léon-Laure\cnt Valère (cf. n° 538)
POINT DE VUE
Catéchisme, première communion et
confirmation ont bien sûr scandé
mon adolescence sans interrogation
majeure de ma part. Un désir confus de
me retrouver dans l'action avec d'autres
jeunes, m'a conduit à la Jeunesse Étudiante
Chrétienne (J.E.C.) où j'ai retrouvé une
classe d'âge partageant la même confiance
dans les aumôniers qui nous guidaient,
avec la célèbre maxime que nous n'avons
pleinement découverte que plus tard : « voir,
juger, agir ».
A l'âge de dix-sept ans, j'ai dû laisser ma Martinique natale pour suivre, bien loin de là, à Paris, mes études supérieures de droit. J'ai alors reçu l'heureux conseil de ne pas laisser en jachère mes convictions religieuses, et de prendre contact avec
la paroisse universitaire des étudiants antillais d'Outre-Mer, connue usuellement
sous la dénomination de « groupe de la rue
Thibaud ». L’accueil reçu fut à la hauteur de mes espérances, sous l'affectueuse et savante direction d'un historien et théologien de l'ordre du Saint Esprit, le père Joseph Michel. Ce dernier nous dispensa ou fit dispenser
toute une formation de fond : théologie et
philosophie de base, art de la parole, mais
aussi pratique assidue des sacrements, et
incitation à l'engagement auquel m'avait quelque peu prédisposé mon passage à la
Jeunesse étudiante chrétienne. C'était par ailleurs le temps du communisme et du marxisme-léninisme, athées et
militants, voir même agressifs, dont on
ne peut avoir qu'une très faible idée
aujourd'hui. Nos camarades étudiants,
hypnotisés par une propagande virulente,
ne cessaient de nous attaquer, n'admettant pas que d'anciens colonisés se laissent
séduire par l’«opium du peuple». Ces attaques incessantes nous conduisirent très tôt à apprendre à nous défendre, mais aussi à découvrir les misères populaires bien réelles que prétendaient effacer à jamais
nos contradicteurs. Nous nous sommes alors mis à nous former en économie sociale (économie et humanisme), sur le contenu
exact du marxisme, la compatibilité entre
justice sociale et religion. Nous avons donc appris sous les rafales de critiques, que le christianisme était aussi une religion de justice et d'action, qui avait le souci du bien commun, qu'il convenait de rechercher de manière très concrète par des actions résolues vouées au développement des communautés et des personnes.
Puis, après mes études, est venu le temps
du retour à la Martinique et de l'exercice passionné de la profession d'avocat. Dans le même temps, le pli étant pris, et la formation ayant été reçue, j'ai comme naturellement été conduit à militer au sein d'un organisme social catholique, le « secrétariat social de la Martinique », dont le père Pierre Despointes, fondateur du Foyer de Charité de Trinité,
était l’aumônier.
J'ai par la suite adhéré au mouvement « La
vie nouvelle », à l'instigation de l'un de mes
amis, zélateur diligent du personnalisme communautaire chrétien, à la suite du
philosophe Emmanuel Mounier. Il y était entre autres affirmé qu’un chrétien authentique ne pouvait se satisfaire de
la seule foi, sans les œuvres, et qu'en
tant que personne humaine, il avait le devoir de s'engager au service des autres, et d’en promouvoir concrètement le développement.
Séduit par ces idées, je continuai à adhérer
à ma religion chrétienne et à la mettre en pratique, mais en donnant à mon action économique et sociale un éclairage différent. Petit à petit se faisaient jour en moi, l'idée et le sentiment qu'il faudrait peut-être aller plus loin et exercer une influence plus
forte et plus panoramique sur la vie sociale
pour le bien commun de tous. Mes amis, mes camarades de groupe, ne cessaient de me représenter qu'il ne suffisait pas de « pratiquer » assidûment, comme je le faisais
pour être fidèle à nos idéaux chrétiens : il
fallait aussi, le cas échéant, oser « se salir les mains », éventuellement par l'action politique. L'occasion m’en fut peu après donnée, je la saisis non sans péripéties de
tous ordres, et je fus en définitive (avec un
certain étonnement) élu comme conseiller général de la Martinique, tout en pratiquant le culte catholique, et en continuant à me
former en tous domaines.J'ai notamment suivi au moins une « retraite fondamentale au Foyer de Charité de Trinité ». J’exerçai par la suite mes fonctions d'élu local pendant douze années. Je devins peu après bâtonnier de l'ordre local des avocats au barreau de Fort de France, et je fus admis à exercer les fonctions de magistrat,
cessant dès lors mes fonctions purement
politiques. Je regagnai donc l'Europe, cette fois en qualité de juge en région parisienne. Ma foi ne m'avait pas quitté. Marié et père de cinq enfants, je continuai à pratiquer ma religion. J'estimai cependant qu'une plus grande réserve externe s’imposait désormais à moi pour respecter le principe de neutralité républicaine, sans déroger à mes convictions religieuses, et je mis en sourdine les démonstrations de foi par trop ostensibles.
Je terminai ma vie professionnelle à la tête
d'une Cour d'Appel métropolitaine.
Aujourd'hui je mesure bien mieux le double enracinement de ma vie :
- D'une part, une foi de plus en plus forte, tirant sa force de la confiance dans les paroles mêmes de Jésus-Christ ;- D’autre part, la conviction que la vraie charité est inséparable de la recherche active du bien commun, du bien de tous, même au risque des « salissures » que peut engendrer l'action. Oui, qu'aurait été la foi sans les œuvres, et sans les tentatives pour les réaliser ?
Je ne regrette ni les unes, ni les autres. Léon-Laurent Valère ■
Mon parcours a commencé de la manière la plus classique, par une éducation à la vie chrétienne
solidement et tendrement initiée par ma mère, institutrice certes la\bque, mais exigeante quant
au respect de sa religion catholique. J'ai en ai donc connu très tôt la pratique et les rites, quoique
mon père fût membre d'une société phi\,losophique agnostique. Témoin de la foi
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 février 2017 – n° 53820
VIE DU DIOCÈSE
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 14
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Les 4
èmes
Semaines Ignatiennes
en Martinique
Du samedi 25 fé\brier au dimanche 12 mars 2017 se sont tenues dans notre diocèse
les 4
èmes Semaines Ignatienn\jes organisées par le Chemin Ignatien M\jartinique.
L
es précédentes éditions
avaient été initiées par
un groupe d’Amis dans le
Seigneur, qui depuis le 16 Avril
2016 ont créé leur association dont
l’objet social est de promouvoir et
développer la spiritualité Ignatienne
par la formation et la pratique des
exercices spirituels de Saint Ignace
de Loyola.
Point culminant des activités du
Chemin Ignatien Martinique, ces
4èmes semaines Ignatiennes ont été
animées par le père jésuite Hugues
Deletraz ainsi que par un groupe
de laïcs Ignatien, membres actifs
de l’association. Ces semaines
s’articulaient autour de 3 axes : une
formation et deux retraites.
L’ouverture de cette manifestation s’est
faite au Foyer Dominique Savio à Fort-
de-France, par la session de formation
destinée aux accompagnateurs
du Chemin Ignatien Martinique et
animée par le Père Hugues, sur les
thèmes suivants : « Entrer en retraite »,
« l’Accompagnement Spirituel et
l’Accompagnement psychologique »,
« l’Oraison Ignatienne ». S’agissant des retraites, elles se sont
déroulées, dans le silence, au Foyer de
Charité de Trinité ; retraites données
et accompagnées personnellement
par une équipe composée du père
jésuite, d’une religieuse et de laïcs
Ignatien, membres de l’association.
Cet accompagnement personnalisé a
permis à chaque retraitant d’être aidé
dans son cheminement.
La 1 ère retraite, selon les exercices
spirituels de Saint Ignace de Loyola,
du lundi 6 mars au vendredi 10 mars,
a proposé aux 13 retraitants, la prière
commune du matin, la prière d’alliance
du soir, des topos et des points pour
les temps de prière personnelle,
en lien avec les thèmes quotidiens
suivants : « Dieu m’accueille comme
je suis, il a toute l’initiative », « Ma
réponse au Seigneur : entre gratitude
et demande de pardon », « Vivre de
la Miséricorde et faire confiance à
Jésus », « Entrer dans le temps de
Chaque jour ».
La retraite courte, du vendredi 10 mars
au dimanche 12 mars, 2 jours avec la
Parole de Dieu, à l’école de Saint Ignace,
a permis aux 20 retraitants de vivre un
temps de ressourcement et d’initiation
à la spiritualité Ignatienne à partir
de deux thèmes : « Dieu m’accueille
comme je suis, il a toute l’initiative »,
« Faire confiance à Jésus ».
De ces deux retraites, on retiendra la
richesse des topos, l’investissement
et la satisfaction personnelle des
retraitants, la qualité de l’accueil et
les conditions d’hébergement.
Les retraitants ont bien compris que
la spiritualité Ignatienne leur offrait
une manière de prier avec la Parole
de Dieu qui les engageait à rencontrer
le Seigneur personnellement et à
maintenir cette relation par la suite.
Signalons également, dans le cadre
de ces 4 èmes Semaines Ignatiennes,
deux interventions du père Hugues
Deletraz : jeudi 2 mars, témoignage
sur l’accompagnement spirituel à
l’église Saint Michel du François et
dimanche 5 mars, animation d’une
halte spirituelle à la Basilique Notre
Dame de la Délivrande du Morne-
Rouge.
Le Chemin Ignatien Martinique (CIM) ■
P. Deletraz,sj
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 15
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La Marche des hommes
VIE DU DIOCÈSE
Le dimanche 19 Mars 2017, ils étaient près de 2000 hommes à con\berger, dès 9h, \bers la
Cathédrale de Fort-de-France, pour prendre part à «La Grande Marche des Hommes »
organisée par la Pastorale diocésaine des Hommes.
«L
es hommes de .
la Martinique en
marche pour Jésus »,
tel était le slogan de cette manifestation
invitant les hommes à marcher pour le
Christ, et à se laisser enseigner, toucher,
libérer, guérir par le Seigneur afin de
se mettre au service de l’Eglise, de la
société, des familles…
Des kilomètres de marche et
des tonnes de grâce\cs !
Accueillis dans la Cathédrale par
Mgr Macaire et le père Catayée, curé de
la Cathédrale, les hommes repartaient
dès 9h30, par trois « routes » indiquées
par Michel-Ange Amar, selon leurs
communes d’origine et repérables
par les couleurs des Tee-Shirt. Chaque
cortège était précédé d’un véhicule
équipé de haut-parleurs diffusant des
chants de louange et les exclamations
des animateurs installés à bord, les
marcheurs brandissant des panneaux
colorés : « en route pour Jésus, en
marche avec Jésus, des hommes se
lèvent pour Jésus, etc. Les pèlerins
prenaient la direction du Séminaire
Collège, avec Monseigneur en tête d’un
des cortèges. Là, Frantz Meslien et son
groupe de louange les attendaient dans
la cour, avec le chant « Dieu a une armée
qui se lève pour le servir ! ». Allégresse
indescriptible…
Un temps pour de profondes
transformations
A 10h45, Bruneau Faustin délivrait un
puissant témoignage de conversion
exaltant la miséricorde de Dieu vécue
dans le secret d’un confessionnal. Il
n’en fallait pas plus pour lancer les
confessions grâce à la présence de
l’Archevêque et de cinq autres prêtres
installés dans la chapelle du Séminaire
Collège. A 11h, arriva le temps de
l’enseignement par le diacre Jean-Paul
Levif sur le thème du plan de Dieu
sur l’Homme martiniquais. Il invita à
prendre conscience des blocages qui
empêchent les hommes martiniquais
de rentrer ou de demeurer dans le projet
de Dieu, en développant quelques
pistes concrètes pour revenir dans
l’ordre de Dieu et reprendre sa place
dans sa famille, dans la société et dans
l’Eglise : conversion, lecture de la Parole,
prière, vie sacramentelle, proclamation
de sa foi en Dieu en paroles et en
actes ! Lui succéda un temps de prière
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 16
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L
es carrefours ont permis à
chacun de s'exprimer en
témoignant, en échangeant
sur le pardon, tant apprécié par les
couples.
Le prédicateur, père Olivier-Marie
Lucenay, fidèle à lui-même, a su
mettre la joie, la bonne humeur dans
une salle comble (113 couples), tout
en montrant et démontrant que le
pardon est bien une affaire sérieuse
et un chemin incontournable pour le
couple qui veut durer, que le pardon
n'est pas une option : « Celui qui
est en face de moi n'est pas mon
ennemi », « Aimer l'autre pour ce qu'il
est puisque Dieu nous aime comme
nous sommes».
La parabole de la femme adultère,
développée en support biblique,
donna tout son sens au pardon
Divin qui nous appelle à mener une
vie chaste, même si nous sommes
conscients dans le couple d'être
différents, mais prêts à mourir l'un
pour l'autre.
Père Olivier-Marie nous a précisé
que le pardon est un chemin et
nous avons un but : c'est l'horizon.
Si nous avons confiance en Dieu,
nous nous attachons à ses paroles.
A l'issue de l’après-midi, les visages
resplendissants et pétillants de joie
des couples montraient que des
réponses étaient données et qu'ils
en redemandaient.
Muriel Novarre,
Responsable diocésaine ACPM
■
Samedi de l’ACPM
Le Samedi de l'ACPM qui s'est déroulé le 11 mars au cou\bent de Cluny a\bait pour
thème : Le pardon, les conflits dans le couple - "Pardonner, guérir et grandir", thème
idéal pour débuter le carême a\bec les couples mariés ou en discernement.
charismatique de libération et de
guérison avec Rolland Sainte-Croix,
Bruneau Faustin et Jean-Paul Levif. Les
fruits seront certainement nombreux
et viendront confirmer que le Christ
était bien présent et agissant durant
toute cette matinée.
Le repas tiré du sac dans une bonne
humeur générale et fraternelle clôtura
ce premier temps.
L’Eucharistie, sour\cce
et sommet de ce Jub\cilé
Vers 13h30, les hommes quittaient
le Séminaire Collège en un cortège
unique, vêtus du Tee-Shirt blanc de « La Grande Marche des Hommes »
imprimés spécialement pour la
circonstance, en direction de la
Cathédrale où les attendait le
repas eucharistique présidé par
Mgr Macaire, concélébré par les
pères Catayée et Anglio, servi par
le diacre Jean-Paul Levif ainsi que
par le cérémoniaire Query, et 6
jeunes servants. Dans son homélie,
l’Archevêque invita les hommes à
se mettre dans la peau d’une femme
pendant quelques minutes, afin de
mieux saisir le mystère de l’amour
sacrificiel que Dieu appelle tous les
hommes à vivre sans réserve.
Après l’envoi, les responsables des
différents mouvements d’hommes du
diocèse se succédèrent au pupitre pour
présenter leurs actions, et inviter les
hommes à les rejoindre pour poursuivre
leur marche avec Jésus. Car un chrétien
seul est un chrétien en danger.
Des hommes ont publiquement marché
pour Jésus dans la Capitale. Mais il
y a 2000 ans, c’est Dieu qui a marché
ouvertement avec les hommes. Cette
alliance continuera grâce au ministère
particulier dévolu aux hommes dans ce
monde...
La Pastorale diocésaine des Hommes ■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 17
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Père Arnauld Houévoyéha, ChancelierPère Arnauld Houévoyéha, Chancelier
Les décrets di\bers établis par l’Arche\bêque de Saint-Pierre et
Fort-de-France sont désormais publiés dans un document à
usage interne destiné aux prêtres et aux personnes en mission
ecclésiale. Ce document est intitulé « Coutumier du diocèse de la
Martinique ».
Eglise en Martinique a eu le pri\bilège d’interroger
le chancelier du diocèse, M. l’Abbé Arnauld Houé\boyéha, sur ce
document important qui régit une partie de notre \bie diocésaine.
En effet, le chancelier, en tant que « Notaire de la Curie », est
le « garde des sceaux » du diocèse. Il est chargé d’authentifier
tous les actes officiels de l’arche\bêque. C’est donc lui qui reçoit
et garantit les décrets contenus dans ce « coutumier ».
EEM : Monsieur le chancelier,
qu’est-ce qu’un coutumier ?
Le chancelier : Comme son nom
l’indique, c’est un document qui
rassemble toutes les coutumes
particulières qui sont vécues
dans le diocèse et pour lesquelles
l’évêque a légiféré. Comme pasteur
de l’Eglise en Martinique, il doit
poser des actes de gouvernement,
prendre des décisions, organiser la
communauté diocésaine. Il établit
donc officiellement certaines normes
et règles dans la vie de l’Eglise locale
et il rappelle aussi, en les soulignant,
les règles de toute l’Eglise, par
exemple en liturgie.
Donc, Mgr Macaire a voulu que ces
règles soient écrites sous forme
de décrets et non pas uniquement
dites oralement (avec toutes les
transformations que cela peut
entraîner) pour qu’elles conservent
une certaine objectivité. Ces décrets,
une fois authentifiés par le chancelier,
notre évêque a voulu qu’ils soient
réunis dans un document unique qu’il
a appelé « le Coutumier du diocèse ».
EEM : Mais si l’évêque établit un
décret, à quoi sert le chancelier ?
Le chancelier : Eh bien, il vaut mieux
toujours avoir deux signatures pour
un texte officiel ! Il ne faut pas que
n’importe qui invente des règles
en disant ensuite que cela vient de
l’évêque. C’est le rôle du chancelier
envers le peuple de Dieu : il garantit
que l’acte est bien officiel. Et puis,
s’il y a un questionnement ou un
litige, le chancelier est celui qui aide
à interpréter et à appliquer la règle
dans les cas particuliers…
Mais il faut aussi que la décision de
l’évêque n’outrepasse pas le droit de
l’Eglise universelle ; le chancelier doit
le vérifier…
EEM : Que voulez-vous dire par
là ? Pouvez-vous nous donner un
exemple ?
Le chancelier : Oui. Si, par exemple,
l’évêque intervient sur un domaine
qui est déjà régi par le droit de l’Eglise
(ce qu’on appelle le « Droit canon »),
il faut que sa décision reste dans
les normes fixées par ce droit. Et je
ne parle pas des autres niveaux de
décision comme la Conférence des
Evêques qui peut aussi édicter des
normes (comme les traductions des
textes officiels) ou le droit particulier
des religieux. Par exemple, l’évêque
ne peut pas changer la date de la fête
de Pâques parce qu’il y aurait une
raison particulière dans le diocèse…
(si, par exemple, l’anniversaire d’un
grand saint local tombe ce jour-là). Par
contre, il peut choisir une autre date
pour la fête diocésaine. Ou encore,
l’évêque nomme les curés et peut
définir ce qu’il attend d’eux, mais
il doit respecter les règles du Droit
canon que l’Eglise a établies au cours
des siècles pour le bien des fidèles
et la justice.
EEM : Dans le diocèse de Martinique,
quels sont les sujets sur lesquels notre
évêque a établi un décret officiel ?
Le chancelier : Oh ! c’est très
varié. Ces décrets fixent aussi bien
l’érection d’institutions (comme les
districts, les sanctuaires diocésains
ou la maison des séminaristes), que
des règles de discipline liturgique
(comme la célébration du Mercredi
des Cendres, l’institution d’une
année du Cœur de Marie en 2017, les
conditions des messes en dehors des
églises, la fonction des cérémoniaires,
la bénédiction des adultes pendant la
messe, les mariages et les funérailles
par rapport à l’Eucharistie, l’usage
des sacramentaux, les tarifs des
offrandes de mariage et de funérailles,
la disposition du mobilier dans les
églises, les règles pour les chorales
liturgiques ou pour le funérarium de
La Joyau…) ; il y a aussi des décisions
disciplinaires (comme les procédures
en cas de manquement d’un ou d’une
responsable de l’Eglise ou la solidarité
financière entre les paroisses) ; enfin
des décrets concernent l'organisation
des ministères dans le diocèse
(par exemple l’administration de la
LE COUTUMIER DE L’EGLISE DIOCÉSAINE \nDE MARTINIQUE DOSSIER
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 18
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Curie diocésaine, la centralisation
de la comptabilité, le ministère de
délivrance, les intentions de messe,
les caractéristiques du ministère des
prêtres en paroisse, des diacres et
autres ministres, l’usage des églises
pour des tournages et des concerts,…).
Vous voyez, il y a de quoi faire !
EEM : En effet ! Justement, n’est-ce pas
un peu compliqué ? Le Royaume de
Dieu a-t-il besoin de tout cela ?
Le chancelier : Vous posez la bonne
question ! Le Royaume de Dieu
vit d’abord de l’Esprit-Saint. C’est
Lui qui le guide à travers les âges
et les vicissitudes de l’Histoire. Or,
justement, dès le commencement,
le Saint Esprit a confirmé l’autorité
des apôtres que Jésus avait appelés
pour qu’ils soient les pasteurs de son
troupeau, en lien avec Pierre. Tout
de suite, ces apôtres ont dû donner
des règles de conduite quand un
problème advenait. Par exemple,
dans les Actes des Apôtres, lorsque
la question du baptême des païens a
été soulevée par les évènements de
Césarée (Ac10,44), les apôtres ont dû
légiférer dans l’Esprit-Saint (Ac 15,28)
et dire comment faire, et mettre en
œuvre dans ce cas le commandement
de Jésus : « Baptisez-les au Nom du
Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mt
28,19). Cette organisation n’a pas
changé depuis 2000 ans : L’Evangile
est notre règle suprême et toutes les
autres règles dans l’Eglise ne sont rien
d’autre qu’une mise en pratique de
l’Evangile dans des cas particuliers par
l’autorité des successeurs des apôtres
(les évêques), en lien avec le pape
(successeur de Pierre). C’est le rôle des
pasteurs d’établir le droit et la justice
pour que le troupeau ne se divise pas.
Finalement, vous voyez, c’est simple.
Si un père de famille n’établit pas une
règle, ses enfants feront n’importe
quoi dans la maison. C’est le devoir
de l’évêque d’établir les règles dans
le diocèse. Mgr Macaire a choisi de le
faire par ce Coutumier.
EEM : Mais les fidèles ne connaissent
pas ces règles, ni même celles du Droit
canon. A quoi ça sert si personne n’est
au courant ?
Le chancelier : C’est vrai que le
Coutumier est récent et n’existe que
depuis un an, mais le clergé et les
responsables d’Eglise à qui il s’adresse
sont informés des règles qu’il contient.
Elles ont même été édictées avec
leur avis. D’ailleurs, c’est à eux que le
document s’adresse en priorité. Le clergé,
en effet, exerce la fonction pastorale au
plus près du peuple ; au jour le jour,
c’est lui qui guide le troupeau et qui vit
au milieu de celui-ci. Ainsi, le curé de la
Cathédrale et celui de Fonds-Saint-Denis
ne vont pas appliquer les règlements
de la même façon. C’est la même règle,
mais elle demande un jugement pastoral
de chacun.
EEM : Comment ça marche ?
Le chancelier : Dans l’Eglise
(Mgr Macaire le répète souvent), le
Seigneur a voulu que la loi soit toujours
vivante, indiquée non par un morceau
de papier avec de l’encre, mais par un
frère qui m’accompagne : celui ou celle
qui a la responsabilité. Bien sûr, tous
les fidèles doivent être informés, au
moins succinctement, des coutumes
de leur diocèse… C’est pour cela que
nous faisons cette interview ! Mais
c’est d’abord aux curés d’indiquer aux
fidèles concernés, non seulement les
règles elles-mêmes, mais les raisons
profondes de chacune d’elles. Il ne sert
à rien de connaître une règle si on ne
voit pas comment elle fait vivre l’Evangile
aujourd’hui. Ainsi, les règles édictées
par l’évêque sont là pour normer les
décisions et orientations pastorales du
clergé. La communauté diocésaine doit
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 19
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être bien organisée – c’est une question
de justice – pour qu’il y fasse bon vivre.
Chaque prêtre ou chaque paroisse ne fait
pas comme il veut. Cela dit, à la demande
des prêtres, l’évêque reste libre, dans des
cas particuliers, de dispenser un fidèle
d’une règle qui, dans son cas, ne serait
pas juste.
EEM : Par exemple ?
Le chancelier : Eh bien, par exemple, si
quelqu’un de très modeste ne peut pas
s’acquitter du montant indiqué dans le
décret pour l’offrande d’un enterrement
ou d’un mariage, il est évident que le
curé peut et même doit le dispenser de
l’offrande ! D’ailleurs, le décret prévoit
cette dispense.
EEM : Vous nous avez déjà dit les
domaines qui sont concernés par ces
décrets, pouvez-vous nous dire un peu
leur contenu ?
Le chancelier : Oui, volontiers. On
peut essayer de faire une présentation
succincte des décrets qui concernent le
plus grand nombre des fidèles : il y en a un
peu moins d’une trentaine. ( voir encadré)
EEM : Ça fait beaucoup !
Le chancelier : Peut-être, mais c’est signe
de dynamisme aussi. Les choses changent
et évoluent. Et certainement, avec le
synode et le plan pastoral ECCLESIA’M
2020 ! , de nouvelles règles se mettront
en place. Je crois que notre archevêque
souhaite publier un résumé de chaque
nouveau décret dans Eglise en Martinique.
A bientôt donc ! ■
1 Cette publication brève est une information officielle.2 Ce numéro comprend l’année et le mois de publication du décret.3 Terme juridique qui désigne celui qui a la juridiction ordinaire, en l’occurrence l’évêque ou quelqu’un mandaté par lui dans son diocèse…
Présentation brève du contenu de
quelques décrets du Coutumier
1 :
Le Décret 201512a 2 qui érige les trois sanctuaires de Notre-Dame
de la Délivrande du Morne-Rouge, du Sacré-Cœur de Balata et de
Notre-Dame de la Salette de Sainte-Anne comme « Sanctuaires
Diocésains » et les établit comme lieux où les fidèles \
peuvent
recevoir l’indulgence plénière selon certaines conditions.
Le Décret 201601a établit que les concerts, les tournages et les
manifestations culturelles dans les églises doivent être gratuits
(on n’a pas le droit de faire payer pour entrer dans une église),
et ne peuvent se faire sans l’autorisation expresse de l’O rdinaire
3
demandée par le curé.
Le Décret 201601b qui indique que nul n’a le droit de modifier
la disposition du mobilier et des espaces sacrés d’une église (pas
même de bouger un clou !) sans l’autorisation de la Commission
d’Art Sacré du diocèse.
Le Décret 201601c qui interdit, sauf dispense et dans certaines
conditions, de célébrer des messes en dehors des églises.
Le Décret 201601d qui autorise et encourage les bénédictions des
adultes pendant la procession de communion.
Le Décret 201601e qui encourage les pasteurs à offrir et à enseigner
aux fidèles le juste usage des Sacramentaux (bénédiction de \
l’eau,
des maisons, des voitures, des médailles...).
Le Décret 201601f indique les montants moyens des offrandes
du Casuel (mariages et funérailles).
Le Décret 201601g qui fixe les conditions de dispense de
l’impossibilité de célébrer des messes de mariage et de funérailles.
Le Décret 201601h qui étend, selon le discernement des pasteurs,
la célébration du rite de l’imposition des cendres du Mercredi
des Cendres au premier dimanche de Carême inclus (de façon à
permettre au plus grand nombre de fidèles de bénéficier de ce rituel
d’entrée en Carême).
Le Décret 201601j fixe les conditions selon lesquelles tout prêtre
peut prier pour la délivrance des fidèles qui se disent tourmentés
par des esprits mauvais. (Le rituel de l’exorcisme pour les cas les
plus graves reste, selon le droit universel de l’Eglise, exclusivement
de l’autorité de l’évêque qui en fixe les conditions si nécessaire).
Le Décret 201701d établit un Coutumier à l’usage des chorales et
des groupes de louange. Notamment l’obligation de respecter à la
lettre les textes des parties chantées du missel, ou la façon d’utiliser
les instruments selon la liturgie.
Et enfin le Décret 201701e qui est un peu passé inaperçu et qui
déclare 2017 « Année du Cœur Immaculé de Marie » dans notre
diocèse. Notre évêque invite les paroisses, les familles, les équipes
de catéchistes et les mouvements mariaux à proposer des initiatives
chacun à son niveau.
LE COUTUMIER DE L’EGLISE DIOCÉSAINE \nDE MARTINIQUE DOSSIER
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 20
Page 21
VERS LA VIE
MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 €
E g lise en MARTINIQUE N° 536REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €15 janvier 2017
Préparons 2017 !
lise MARTINIQUE MARTINIQUE N°536REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUELLE — 2,00BIMENSUELLE — 2,00 €€15 janvier 2017
E g lise en MARTINIQUE
N° 540REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €12 mars 2017
M archons dans la lumière !
Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE
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Sœur Marie-Gertrude Hélène Beaujolais
(1917
–2017)
Moniale d\b Prie\bré Sainte-Marie des Anges (\nLe Carbet)
L
e Seigneur a rappelé à lui, au
matin du vendredi 13 janvier
2017, alors qu’elle était dans
sa 100
ème année et la 54 ème de sa
profession monastique, notre sœur
Marie-Gertrude Beaujolais, l’une des
trois premières fondatrices de notre
monastère. C’est une page importante
de l’histoire de la communauté qui s’est
tournée avec son départ pour la Maison
du Père.
Sr Marie-Gertrude était originaire de
Fort-de-France et faisait partie de la
1
ère équipe de Martiniquaises venues
demander la vie monastique féminine
à Solesmes, en France métropolitaine.
Née en 1917, entourée de l’affection
de sa famille, elle est la 4e et dernière
enfant de Félix Beaujolais et de Louise
Naud. Elle passe son enfance à Balata, à
l’ombre de la basilique du Sacré-Cœur, et
devient plus tard une habile couturière
dans l’atelier de Mme Thérèse. Combien
de tenues de Première Communion ou
de robes de cortège de mariage sont
passées dans ses mains ? On ne peut
l’évaluer. Elle travaillait à l’aiguille, mais
le Seigneur travaillait dans son cœur
en lui donnant de goûter la prière et
de savourer la Parole de Dieu. Elle fut
d’abord une ardente légionnaire de
Marie, puis devient oblate du monastère
des bénédictins alors à Saint-Pierre.
C’est là que s’épanouit sa vocation et que
son appel à tout quitter se concrétise.
Le 8 septembre 1961, elle s’embarquait
avec Marie Charlery sur un bananier
pour aller à l’abbaye Sainte-Cécile de
Solesmes se former à la vie monastique
et avec, au fond du cœur, le ferme espoir
d’implanter un jour un monastère de
moniales en Martinique. Même si
elles ne partaient pas à l’aventure, ce
départ pour Sainte-Cécile représentait
pour les deux jeunes filles, déjà dans
un âge relativement avancé, une foi
ferme et courageuse et une bonne
part d’inconnu. Elles affrontèrent leur
premier hiver avec vaillance. Leur
souplesse et leur esprit de foi faisaient
l’admiration de toutes. Elles émirent leur
première profession ensemble, le 6 août
1964, puis leur profession solennelle le
6 août 1967.
Il fallut attendre quinze années avant
que la fondation en Martinique soit
possible. Ce n’est qu’en novembre
1976 qu’une première équipe arrive au
monastère Sainte-Marie des Anges déjà
en cours de construction. Pour notre
sœur, l’émerveillement fut complet. Elle
retrouvait sa famille et ses nombreux
amis. Pour eux tous, elle fut une vraie
mère spirituelle. Elle était d’une
régularité exemplaire à l’Office ; au
vestiaire, son habileté et son amour du
travail bien fait fit merveille ; à l’accueil,
elle noua des amitiés qui durent encore,
jusqu’aux jours de la vieillesse qui se
prolongea jusqu’à sa centième année.
Ainsi pendant 40 ans, elle se dévoua
avec persévérance et courage à la vie du
monastère, jusque dans les dernières
années où peu à peu la vieillesse et les
infirmités l’obligèrent à une vie plus
retirée.
Elle nous laisse le souvenir de sa
profonde affection, et nous sommes
convaincues de son entrée dans le
Royaume de Celui qu’elle a cherché et
aimé d’un grand désir toute sa vie.
■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 21
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invite tous les soignants et tous les aidants familiaux à un forum qu’elle organise
le Samedi 08 Avril 2017, de 9h à 12h, à la salle
paroissiale de l’église de Balata (Fort-de-France).
« La souffrance des aidants, la souffrance des
soignants, deux souffrances qui se rejoignent ? »
Interventions :
M me Carine BAUDE, psychologue clinicienne -
M me Marie-Michelle HILAIRE, psycho-sociologue - Le Père Thierry AUROKIOM
Venez nombreux.
Mme Dominique Angeon, responsable ACMSS. Vice-présidente de la FEMAC/M
L’A.C.M.S.S (Action Catholique
des Milieux Sanitaires et Sociaux)
COMMUNIQUÉS
RAMEAUX 2017 : "Le Puissant fit pour moi des Merveilles" (Lc 1;49)
Encore une fois le Seigneur t'appelle, alors marche à sa suite de manière fun et joyeuse !
Ne perd pas de temps et rendez-vous
à la Tente de la Rencontre au Gros-Morne
Au programme... tout plein de surprises.
3€ sur place • Repas tiré du sac • Dress code : T-shirt à la couleur de ton District
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Et surtout .... Emmène une boîte de conserve ou un produit sec afin de récolter des denrées pour la Banque Alimentaire
Infoline : 0696 234 829 ✉ : contact@pasto972.com
Facebook : Pastorale Des Jeunes de Martinique - Instagram : pasto972officiel
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 22
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Dimanche 2 avril 2017
Quels jeunes s'engagent en politique ?
(Titre provisoire)
Les jeunes s’intéressent-ils à la politique ? Quelles sont leurs idées et que veulent-ils changer ? Comment leur foi intervient-
elle dans leur engagement ? En cette période électorale si particulière, Dieu m’est témoin, donne cette semaine la parole à deux
jeunes qui entendent bien faire bouger les lignes dans leurs îles respectives. Ils se présentent tous les deux aux élections
législatives, l’un pour la Martinique et l’autre pour la Guadeloupe, sans étiquette ; ils seront sur le plateau et nous diront
notamment pourquoi il est urgent de s’engager. Johann Gaudoux a 30 ans ; ce jeune Martiniquais, ancien sympathisant de
l’UMP, a créé son mouvement, le « Cercle démocratique » ; entrepreneur et conseiller municipal au Lamentin, il témoignera
des difficultés auxquelles il est déjà confronté dans sa jeune carrière, mais il reste confiant.
Dimanche 9 avril 2017
Je suis appelé à servir
(Titre provisoire)
Qu’est-ce qu’un servant d’autel ? Quel est son rôle et à quoi est-il formé ? Les servants d’autel sont-ils un vivier de vocation ?
Les filles ont-elles, elles aussi, leur place en tant que servantes de l’eucharistie ? Cette semaine Dieu m’est témoin, donne
la parole à ceux qui, chaque dimanche, servent la messe.
Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr
MEDIAS
99.5 - 101.3 et 105,1 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.
L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\j MARTINIQUE Ser\bice legs et donations
Arche\bêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Ré\bérend Père Pinchon
BP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\jX
Téléphone : 06 96 \j310 333 - E-mail : \jmichel.pouch@wanadoo.fr
oui , je s\buhaite recev\bir en t\bute c\bnfidentialité v\btre br\bchure p\bur m’inf\brmer
sur les p\bssibilités de legs, d\bnati\bns et assurances-vie à l’Ass\bciati\bn Di\bcésaine.
oui , je s\buhaite être c\bntacté p\bur un rendez-v\bus au Service des legs et
d\bnati\bns \bu à m\bn d\bm\Micile.
LÉGUEZ
à l’ Église catholique
L’espérance en héritage
Mes c\b\brd\bnnées ❏ Mme ❏ Melle ❏ M.
N\bm Prén\bm
Adresse
C\bde p\bstal
Ville Téléph\bne
E-mail
Par\bisse
(facultatif)
DEMANDE D’INFORMATIONS
sans engagement de votre part
POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\jINIQUE
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 mars 2017 – n° 541 23
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Rendez-moi, Seigneur Dieu,
obéissant sans contradiction, pauvre sans défection,
chaste sans corruption,
patient sans protestation, humble sans fiction,
joyeux sans dissipation,
sérieux sans abattement, retenu sans rigidité,actif sans légèreté,
animé de votre crainte sans désespoir, véridique sans duplicité,
faisant le bien sans présomption,
reprenant le prochain sans hauteur,
l’édifiant de parole et d’exemple sans simulation.
Saint Thomas d’Aquin
