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E g lise en MARTINIQUE La joie du dimanche N° 561 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 11 mars 2018 Horaires des célébrations pénitentielles Père Claude Anglio ✝ 1947 – 2018

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EDITORIAL AN TCHÈ LÉGLIZ-LA D ieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en Lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle (Jn3, 16). En ce 4 e dimanche de carême, dit dimanche de Laetare, la liturgie nous présente l'amour infini de Dieu pour l'humanité. Nous sommes aimés inconditionnellement par Lui. Sur la route de notre Carême, cette Bonne Nouvelle est source de joie ! « Arrête-toi, regarde et reviens ! » nous exhorte le pape François dans son message de carême. Le Saint-Père rappelle que c’est un temps favorable pour corriger les accords dissonants de notre vie chrétienne, et accueillir l’annonce de la Pâque du Se\ igneur toujours nouvelle, joyeuse et pleine d’espérance». Aujourd’hui, nous pouvons faire une autoévaluation des trois semaines que nous venons de vivre, et voir où nous en sommes de notre cheminement. Cette année, la réflexion de carême de notre diocèse s’appuie sur un questionnaire hebdomadaire s’inspirant du premier chantier du plan pastoral E CCLESIA ’M 2020 ! sur la Famille. Quelques échos de rencontres en petites communautés ecclésiales font l’objet du dossier intitulé « Notre carême ». Le commentaire de la feuille de route « La Famille selon le cœur de Dieu » que nous propose le Délégué diocésain à la p\ astorale familiale vient nous édifier sur l’article 3 : Les devoirs du coup\ le chrétien, pour la question de l’ouverture à la Vie. Par ailleurs, la possibilité nous est offerte de recevoir le pardon du Seigneur dans le sacrement de pénitence. Le calendrier des célébrations pénitentielles dans le diocèse est publié\ dans cette édition. Il y a quelque part tout au fond de nous-mêmes, au-delà des chagri\ ns et des nuits et des jours ; il y a quelque part une fleur, un poème, une étoile, un chemin qui s’appelle l’amour… ce sont les paroles d’un des chants entonnés lors des funérailles de père Claude\ Anglio, curé de la paroisse St Jean Baptiste du Vauclin. Il a fait sa Pâque le 18 février dernier, pour rejoindre Celui en qui il avait mis toute son espérance. Homme de communication, il a laissé un grand vide dans le cœur de tous ceux qui l’ont côt\ oyé. De nombreuses personnes, parents, amis, membres du clergé… l’ont accompagné à l’Eglise de De Briant, signe marquant de son apostolat. Eglise en Martinique a tenu à lui rendre hommage. Dieu aime le monde et nous invite à l’aimer. Marchons avec joie sur ce chemin qui mène à Pâques ! Justine Lordinot ■ S ommaire EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE •  L’iguana contre-attaque  \batholique encore et toujours ! LITURGIE VIE DU DIOCÈ\bE EGLI\bE UNIVER\bELLE • Parole dominicale •   Qu’est-ce que la mi-carême pour un chrétien ? •     ECCLESIA ’M 2020 ! :   -   \bommentaire de  la Feuille de route   de la Famille  selon le cœur de Dieu   -    Week-end des fi  ancés avec Mgr David  Macaire - L’A\bPM au coeur de la mission • Hommage à père Anglio • Agenda de l’Archevêque •  L’Eglise et l’esclavage, et après ? \bonférence-débat •  170 ans de l'aboli\ttion de l'esclavage :  Non plus esclaves, mais frères  (suite) •  Horaires des célébrations pénitentielles 2018 •   Le carême, temps d'approfondissement  spirituel avec nos frères • Témoignages •  Vivre le \barême sur la paroisse du Lorrain  \bonférence sur la chasteté avant le mariage •   \barême, Arrête-toi, regarde et reviens ! 5 18 11 12 13 14 16 6 15 15 17 7 8 Dossier  : NOTRE CARÊME 2 1616 MÉDIA\b 1619 3 3 DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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D ernièrement, je comparais certains catho- liques aux iguanes de chez nous 1 domi- nés génétiquement par une autre espèce invasive. En 2005, le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, expliquait comment « la petite barque de la pensée de nombreux chrétiens a été ballottée par les vagues, jetée d'un extrême à l'autre : du marxisme au libéralisme, jusqu'au libertinisme ; du collectivisme à l'individua- lisme radical ; de l'athéisme à un vague mysticisme religieux ; de l'agnosticisme au syncrétisme et ainsi de suite » 2 . Cela dit, cette faiblesse de certains catholiques n’est pas congénitale, comme si notre religion était faible, vouée à être supplantée. Il s’agit, en réalité, d’une déficience récente, conjoncturelle et factuelle. Elle vient du fait qu’on a omis, aussi bien en famille qu’au « caté », de transmettre aux nouvelles générations des doctrines basiques. Les manuels d’instruction chrétienne (réalisés par des gens certainement très compétents, mais ignorants de la sagesse d’antan) n’énoncent pas les principes éducatifs simples et clairs qui permettent à « ceux que le Seigneur adjoint à notre Eglise pour être sauvés » (Act. 2,47) de rester fidèles malgré les attaques et les contradictions. On a laissé penser que « posséder une foi claire, selon le Credo de l'Eglise, est considéré comme du fondamentalisme »². En éduquant les chrétiens comme s’ils allaient vivre dans un monde idéologique de bisounours, sans leur donner de squelette ni doctrinal ni moral, on a fini par produire pas mal de croyants à la foi dégénérée et de fidèles à l’état larvaire. Ça tombe mal, car l’iguana contre-attaque et une forte tempête doctrinale menace le monde, « chaque jour naissent de nouvelles sectes et se réalise ce que dit saint Paul à propos de l'imposture des hommes (cf. Ep 4,14). Tandis que le relativisme, c'est-à-dire se laisser entraîner "à tout vent de la doctrine", apparaît comme l'unique attitude à la hauteur de l'époque actuelle, on est en train de mettre sur pied une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif »². Voici donc un petit rappel du minimum vital qu’un fidèle catholique doit mettre en œuvre pour répondre à la vocation à la sainteté de Celui qui « nous a choisis pour le servir » : L’iguana contre-attaque Catholique encore et toujours ! Dont acte ! Tchimbé rèd ! Jésus vous aime. + Fr David Macaire Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ 1 cf Mot de l’évêque dans Eglise en Martinique n° 560 « Le complexe de l’iguana delicatissisma »2 Homélie Card. Ratzinger, Missa Pro eligendo Romano Pontifice 18 avril 20053 Selon le Code de Droit Canonique de l’Eglise aux canons 212231/226 /225/222/221/220/ Les 7 pratiques des fidèles catholiques 1- la prière quotidienne ; 2- l’assistance à la messe tous les dimanches et jours de fête ; 3- la communion au moins à Pâques ; 4- la confession régulière ; 5- l’observance du carême et du jeûne ; enfin, la participation aux temps forts de l’Eglise : 6- processions, 7- pèlerinages ou retraites. Les 7 œuvres de miséricorde spirituelle 1- conseiller ceux qui sont dans le doute ; 2- enseigner les ignorants ; 3- avertir les pécheurs ; 4- consoler les affligés ; 5- pardonner les offenses ; 6- supporter patiemment les personnes contrariantes ; 7- prier Dieu pour les vivants et pour les morts. Les 7 œuvres de miséricorde corporelle 1- donner à manger aux affamés ; 2- donner à boire à ceux qui ont soif ; 3- vêtir ceux qui sont nus ; 4- accueillir les étrangers ; 5- assister les malades ; 6- visiter les prisonniers ; 7- ensevelir les morts. Les 7 devoirs des fidèles catholiques 3 1- demeurer en communion avec le Pape et les évêques dans la foi et la charité ; 2- participer à la mission de l’Eglise et se former en conséquence ; 3- subvenir aux besoins de l’Eglise en participant au Denier de l’Eglise ; 4- s ’engager pour la promotion de la justice sociale et imprégner de l’Évangile le temporel ; 5- donner son avis aux pasteurs ; 6- ne jamais porter atteinte à la réputation d’autrui ; 7- se marier quand on vit en couple et éduquer ses enfants en famille dans la foi. MOT DE L’ÉVÊQUE ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 3

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L e temps du Carême est un temps favorable pour corriger les accords dissonants de notre vie chrétienne et accueillir l’annonce de la Pâque du Seigneur toujours nouvelle, joyeuse et pleine d’espérance. L’Église dans sa sagesse maternelle nous propose de prêter une attention particulière à tout ce qui peut refroidir et rouiller notre cœur de croyant. Les tentations auxquelles nous sommes exposés sont nombreuses. Et il est triste de constater comment, face aux vicissitudes quotidiennes, profitant de la souffrance et de l’insécurité, se lèvent des voix qui ne savent que semer la méfiance. Et si le fruit de la foi est la charité, le fruit de la méfiance est l’apathie et la résignation. Méfiance, apathie et résignation : ces démons qui cautérisent et paralysent l’âme du peuple croyant. Le Carême est un temps précieux pour débusquer ces dernières, ainsi que d’autres tentations et laisser notre cœur recommencer à battre au rythme du cœur de Jésus. Toute cette liturgie est imprégnée par ces sentiments et nous pourrions dire que cela fait écho à trois expressions qui nous sont offertes pour « réchauffer le cœur du croyant » : arrête-toi, regarde et reviens. Arrête-toi un peu, laisse cette agitation et cette course insensée qui remplit le cœur de l’amertume de sentir que l’on n’arrive jamais à rien. Arrête-toi, laisse cette injonction à vivre en accéléré qui disperse, divise et finit par détruire le temps de la famille, le temps de l’amitié, le temps des enfants, le temps des grands- parents, le temps de la gratuité… le temps de Dieu. Arrête-toi un peu devant la nécessité d’apparaître et d’être vu par tous, d’être continuellement à "l'affiche", ce qui fait oublier la valeur de l’intimité et du recueillement. Arrête-toi un peu devant le regard hautain, le commentaire fugace et méprisant qui naît de l’oubli de la tendresse, de la compassion et du respect dans la rencontre des autres, en particulier de ceux qui sont vulnérables, blessés et même de ceux qui sont empêtrés dans le péché et l’erreur. Arrête-toi un peu devant l’obsession de vouloir tout contrôler, tout savoir, tout dévaster, qui naît de l’oubli de la gratitude face au don de la vie et à tant de bien reçu. Arrête-toi un peu devant le bruit assourdissant qui atrophie et étourdit nos oreilles et qui nous fait oublier le pouvoir fécond et créateur du silence. Arrête-toi un peu devant l’attitude favorisant des sentiments stériles, inféconds qui surgissent de l’enfer- mement et de l’apitoiement sur soi-même et qui conduisent à oublier d’aller à la rencontre des autres pour partager les fardeaux et les souffrances. Arrête-toi devant la vacuité de ce qui est immédiat, momentané et éphémère, qui nous prive de nos racines, de nos liens, de la valeur des parcours et du fait de nous savoir toujours en chemin. Arrête-toi pour regarder et contempler ! Regarde les signes qui empêchent d’éteindre la charité, qui maintiennent vive la flamme de la foi et de l’espérance. Regarde le visage de nos familles qui continuent à miser jour après jour, avec beaucoup d'efforts, pour aller de l’avant dans la vie et qui ne cessent pas de tout tenter pour faire de leur maison une école de l’amour. Regarde les visages interpellant de nos enfants et des jeunes porteurs d’avenir et d’espérance, porteurs d’un lendemain et d’un potentiel qui exigent dévouement et protection. Regarde les visages de nos anciens, marqués par le passage du temps ; visages porteurs de la mémoire vivante de nos peuples. Visages de la sagesse agissante de Dieu. Regarde les visages de nos malades et de tous ceux qui s’en occupent ; visages qui nous rappellent que la valeur de chaque personne ne peut jamais être réduite à une question de calcul ou d’utilité. Regarde les visages contrits de tous ceux qui cherchent à corriger leurs erreurs et leurs fautes, et qui luttent pour transformer les situations et aller de l’avant. Regarde et contemple le visage de l’Amour Crucifié qui, aujourd’hui, sur la croix, continue d’être porteur d’espérance ; main tendue à ceux qui se sentent crucifiés, qui font l’expérience dans leur vie du poids de leurs échecs, de leurs désenchantements et de leurs déceptions. Regarde et contemple le visage concret du Christ crucifié par amour de tous sans exclusion. De tous ? Oui, de tous. Regarder son visage est l’invitation pleine d’espérance de ce temps de Carême pour vaincre les démons de la méfiance, de l’apathie et de la résignation. Visage qui nous incite à nous écrier : le Royaume de Dieu est possible ! Arrête-toi, regarde et reviens. Reviens à la Maison de ton Père. Reviens, sans peur, vers les bras ouverts et impatients de ton Père riche en miséricorde qui t’attend. Reviens ! Sans peur, c’est le temps favorable pour revenir à la maison, à la maison «de mon Père et de votre Père». C’est le temps pour se laisser toucher le cœur… La vraie vie est quelque chose de bien différent et notre cœur le sait bien. (…). Reviens, sans peur, pour faire l’expérience de la tendresse de Dieu qui guérit et réconcilie. Laisse le Seigneur guérir les blessures du péché et accomplir la prophétie faite à nos pères : Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. Arrête-toi, regarde et reviens ! Pape François Source : https://fr.zenit.org/articles/careme-arrete-toi- regarde-et-reviens/ ■ EGLISE UNIVERSELLE\t Carême Arrête-toi, regarde et reviens ! ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 4

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Dimanche 11 mars 201\b  la P arole  Dominicale L a première lecture de ce dimanche nous invite à entendre le récit de l’Exil de la déportation à Babylone, en 586 avant JC sous Nabuchodonosor, roi de Babylone, au retour en Israël, en 538 avant JC sous Cyrus, roi de Perse. Si le peuple se détournait de son Dieu en accueillant d’autres idoles, « Le Seigneur, le Dieu de leurs pères, sans attendre et sans se lasser, leur envoyait des messagers, car il avait pitié de son peuple et de sa Demeure » (2Ch 36,15). Dieu ne veut pas abandonner son peuple mais l’aider à grandir dans la confiance. Et même dans l’épreuve de la déportation, le Seigneur continue d’accompagner Israël autrement. Car même si le Temple de Jérusalem est détruit, chacun peut faire l’expérience qu’il est possible de rencontrer le Seigneur. La deuxième lecture nous parle aussi de la miséricorde de Dieu : « Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ » (Eph 2,4). L’amour du Seigneur est gratuit et premier, St Paul en fait l’expérience sur le chemin de Damas où il est saisi par le Christ Jésus alors qu’il persécute ses disciples. Il abandonne sa conduite ancienne et accepte le Christ dans sa vie, se mettant à l’annoncer à tous. Nos œuvres bonnes ne nous justifient pas devant Dieu, elles justifient notre salut donné par Dieu devant les hommes. La grâce est première ainsi que l’accueil de la grâce dans la foi. Et notre témoignage au monde est d’aimer gratuitement comme Dieu en Christ nous aime gratuitement, donnant sa vie pour nous. L’Evangile de ce dimanche nous parle de la rencontre de Jésus avec Nicodème, pharisien et membre du sanhédrin. Nous avons alors une des plus belles révélations du cœur du message de l’Incarnation : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé" (Jn 3,16). Il est bon de connaître par cœur ce passage, c’est- à-dire qu’il habite notre cœur parce que Dieu nous dit son amour et son projet pour nous. Le Christ ne vient pas pour nous accuser (c’est le rôle du diable), mais pour nous sortir de l’enfermement du péché. La lumière intérieure que nous offre Jésus vient chasser la peur pour s’ouvrir ainsi à la miséricorde sans limite du Père céleste. Ce 4 ème dimanche de Carême est dit dimanche de la joie à cause du verset qui ouvre la liturgie au début de la messe : « Réjouis-toi, Jérusalem, et vous tous qui l'aimez, rassemblez-vous ; unissez-vous à sa joie, vous qui avez été dans la tristesse ; tressaillez d'allégresse, rassasiez-vous et soyez consolés dans ses délices. Je me suis réjoui dans cette parole qui m'a été dite : Nous irons dans la maison du Seigneur. » (Is 66, 10-11). C’est la joie du salut, du retour du peuple en Israël après l’exil à Babylone, du don du Christ pour nous relever de nos péchés, de la miséricorde gratuite de Dieu offerte à tous, de la joie de témoigner de cette présence du Seigneur qui ne nous condamne pas, mais nous donne la vie éternelle. Dans ce chemin de Carême, il est bon d’accueillir cette joie car nous ne nous préparons pas aux fêtes pascales par un redoublement de culpabilisation, mais par un allègement de ce qui nous encombre pour accueillir le mystère de la Révélation. Nos efforts doivent nous conduire à la joie, notre confiance dans le nom du Christ doit nous aider à partager cette joie autour de nous. « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite» (Jn 15,9-11). P. Thibaut du Rusquec, Communauté du Chemin Neuf ■ 2 Chroniques 36,14-16.19\.-23  •  Psau\be 136  •  Ephés\.iens 2,4-10  •  Je\.an 3,14-21 4 ème dimanche de carême - Année B ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 5

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Aujourd’hui,  nous  abordons  l’article  3  :  Les  devoirs  du  couple  chrétien,   et  plus  particulière\bent  la  question  de   l’ouverture  à  la  Vie.  Je  \b’appuierai  sur  un  article  tiré  d’un parcours pour couple « Pro\besse d’a\bour » pour gu\.ider notre réflexion. D ieu bénit le couple humain et l’associe à son œuvre en lui confiant la transmission de la vie. En lui donnant cet ordre : « soyez féconds », Dieu se révèle tel qu’il est : l’Amour est créateur et il donne la vie. C’est pourquoi tout amour, s’il est vrai, s’il est à l’image de Dieu, ne peut que s’ouvrir à la vie. Il ne s’agit pas d’avoir le maximum d’enfants, dans une sorte de performance numérique : nous ne sommes pas des reproducteurs ! Mais on ne peut séparer le don des corps, le « ne faire qu’une seule chair » du don de la vie. L’un ne va pas sans l’autre. Cette affirmation nous oblige à nous poser la question sur ce que nous pensons et nous disons de comportements désormais banalisés en ce qui concerne la contraception et la procréation médicalement assistée. Il est sage d’y réfléchir, pour soi-même ou pour aider d’autres couples sur cette question. Pratiquer une régulation naturelle des naissances, ce n’est pas faire enfant sur enfant. C’est devenir et demeurer responsable de notre fécondité, avec sagesse et générosité, dans la vérité du don. Ce n’est pas toujours facile, mais pour peu qu’on le veuille, qu’on l’apprenne, au besoin, en se faisant aider, cela peut être un grand bonheur et un accomplissement dans la vie conjugale. Vouloir des enfant\?s Avons-nous des enfants ? En aurons- nous d’autres ? Combien ? Quel sera leur avenir ? Nous ne savons que peu de choses, et parfois l’inquiétude nous domine. L’enfant reste un mystère, un cadeau de Dieu. On ne « fait » pas un enfant, on l’accueille dans le don mutuel. Dieu n’est pas seul à donner, les parents le font aussi : ils acceptent en toute confiance la bénédiction de Dieu, ils la mettent en œuvre avec amour. Vouloir des enfants, c’est prendre la responsabilité de les nourrir, de les éduquer, de veiller à leur sainteté. C’est aussi les aider à connaitre Dieu et à l’aimer, puisque c’est le bonheur auquel Dieu les destine. Vouloir des enfants, c’est s’engager à s’aimer mutuellement, parce qu’ils en ont absolument besoin pour grandir dans la joie. Vouloir des enfants, c’est enfin et surtout décider de les aimer quoiqu’il arrive. Etre parents est un « métier » passionnant – on « bâtit » des personnes – mais peuvent surgir aussi de graves difficultés… Il faut accepter d’entrer dans la joie, la vraie, celle de l’amour qui est don. Et si l’enfant ne \?vient pas ?  Peut-être n’avons-nous pas encore d’enfant ? Peut-être avons-nous eu des difficultés à avoir le premier. Sans angoisse, tout couple doit se poser une question : que faire si l’enfant ne vient pas ? Bien connaître son corps facilite la venue d’une naissance. La régulation naturelle des naissances aide le couple à savoir quel est le meilleur moment pour s’unir. Une vie équilibrée, dans laquelle on prend le temps de s’aimer, est un bon « terreau ». Homme et femme, vous n’êtes pas des machines, votre fécondité dépend de votre fatigue, de votre stress, de votre joie intérieure. Mais si malgré tout l’enfant ne vient pas ? La médecine peut intervenir heureusement. Mais attention ! L’enfant ne doit pas devenir le résultat de la prouesse technique d’une équipe hospitalière. Si la médecine doit soigner, elle ne peut pas se substituer au don des corps, qui est l’expression du don des personnes, pour la transmission de la vie. Il en va de notre dignité et de la dignité de nos enfants. Il faut donc être bien au courant des possibilités, apprécier les enjeux, pour être capable de dire non s’il le faut. Il faut peut-être répondre à une autre question : la fécondité d’un couple est-elle seulement limitée à l’accueil d’un enfant ? N’y a-t-il pas d’autres formes de fécondité à découvrir ? P. Wilfried Bannais, Curé de Saint-Joseph Délégué diocésain à la Pastorale Familiale ■ VIE DU DIO\bÈSE Commentaire de la Feuille de route de la Famille selon le cœur de DieuCommentaire de la Feuille Commentaire de la Feuille Commentaire de la Feuille Commentaire de la Feuille ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 6

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Les  17  et  18  février  derniers,  à  la  Villa  FL  à  Californie,  Mgr  David  Macaire recevait les fiancés che\binant vers le sacre\bent du \bariage.  Près de 241 couples, dont certains réce\b\bent \bariés, bénéficiaient de  la 3 è\be  édition de ce te\bps fort voulu par notre archevêque. Toujours  ani\bé du désir de leur parler « les yeux dans les yeux », Monseigneur  renouvelait sa confiance à l’Association des Centres de Préparation au  Mariage (ACPM) pour l’organisation cette belle rencontre. D eux jours intenses durant lesquels les couples présents ont pu discerner leur appel à la lumière du thème : « M’engager, me marier, oui mais… ». Une formulation qui contenait le projet de briser la spirale de la peur, pour rentrer dans la dynamique de la grâce. Par ses enseignements riches, profonds, accessibles et surtout inspirés, Mgr Macaire aidait chacun à découvrir toute la délicatesse du projet de bonheur de Dieu pour l’homme et la femme au travers du sacrement du mariage. Dans la communion de l’Eglise, le lien se faisait alors évident avec la démarche ECCLESIA ’M 2020 ! dont un des ateliers s’intitule : « Accompagner et protéger les familles ». Par cette rencontre était renouvelée la préoccupation que le peuple de Dieu ne se meurt faute de connaissance, afin de fonder de saintes et solides familles, signes efficaces de la présence du Christ au cœur de ce monde. Des temps de partage en carrefour ont permis aux fiancés d’exprimer ce qu'ils savaient ou avaient entendu du mariage, à l’observation de leur entourage. L’enseignement du dimanche nous faisait découvrir toute la beauté et la dimension de la communion contenue dans l’acte conjugal. Cette matinée était clôturée par un beau cœur à cœur eucharistique célébré par Mgr David Macaire et concélébré par le Père Wilfried Bannais, Délégué diocésain à la Pastorale familiale. Au sortir de ce copieux week-end, sur l’air du chant « Ne rentrez pas chez vous comme avant », les fiancés nous quittaient avec dans les yeux la joie du ressuscité communiquée par notre archevêque. Ce rendez-vous annuel faisant désor- mais partie intégrante des sessions de préparation au mariage, les animateurs ACPM puisaient dans les larges sourires des fiancés l’énergie nécessaire à l’édition 2019. Nous invitons donc dès maintenant les couples à se rapprocher de nos permanences d’accueil sans date de mariage arrêtée, la session de préparation au sacrement du mariage étant un lieu de discernement. Muriel Novarre, présidente de l'ACPM ■ Week- end des fiancés avec Mgr David Macaire L’A\bPM au cœur de la mission ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 7

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Père Claude Anglio nous a quittés le di\banche 18 février 2018. Aux côtés du père  Gaston Jean-Michel, il était la voix et l’i\bage de l’Eglise Catholique dans les \bédias.  I l y a plus de 45 ans, alors qu’il était encore au séminaire d’Issy-les-Moulineaux, père Jean-Michel lui demanda d’être son correspondant au comité catholique de radio-télévision à Paris ; puis, après son retour en Martinique, père Jean-Michel lui demanda de le seconder et d’intégrer la communication diocésaine aux côtés du père Louis Elie. CDRT, SDRT puis SECAP, père Anglio assuma, avec rigueur et enthousiasme, durant toutes ces années, la responsabilité des services diocésains chargés de diffuser la Bonne-Nouvelle à la radio et télévision. C’est lui encore qui proposa le nom de notre radio diocésaine, Radio Saint Louis en février 1982, quand il appuya père Jean-Michel dans le lancement de cette nouvelle radio au service de l’Evangile. Après son ordination diaconale le 15 août 1974, à l’église de De Briant, dont il suivit la construction dans sa jeunesse, c’est à la cathédrale Saint-Louis qu’il fut ordonné prêtre, le 14 décembre 1975, par Mgr Marie- Sainte, et nommé vicaire stagiaire au Lorrain, paroisse dans laquelle il avait effectué son stage diaconale. Il quitta ensuite le Nord pour revenir à Fort de France en tant que vicaire à Saint-Christophe, aux Terres-Sainville, puis à la cathédrale Saint-Louis aux côtés du père Michel Méranville, qui venait d’en être nommé curé. C’est ensuite en tant que curé, qu’il fut nommé successivement à Rivière-Pilote (avec pendant un an, la charge du Vauclin), à Case- Pilote et Bellefontaine, à De Briant où il resta 10 ans, aux Trois-Ilets et Anses d’Arlet, au Diamant et enfin au Vauclin où il exerçait sa mission pastorale depuis septembre 2016. Merci au père Claude pour tout ce qu’il a apporté à tant de fidèles de notre diocèse, et à la communication diocésaine pendant toutes ces années. Merci aussi pour son « Regard chrétien sur l’actualité » du mardi qu’il assura si fidèlement, avec son franc-parler légendaire, sur Radio Saint Louis depuis sa création. Michel Déglise , Secrétaire général de la communication Diocèse de la Martinique ■ Père Anglio, un communiquant hors pair… HOMMAGE À PÈRE ANGLIO  ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 8

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« Pour aller où je vais vous savez le chemin ». Ces paroles de Jésus résonnent près de 2000 ans plus tard encore dans le cœur de tout fidèle. Oui, pour aller où se trouve Jésus nous savons le chemin. Nous savons qu'il faut passer par un chemin de renoncement, d'abnégation. Chemin fait de sacrifices, de joie et de larmes. Un chemin qui passe par le trépas, par la mort. Connaître le chemin ! Si Thomas réagit par l'interrogation c'est parce qu'il n'a pas compris que cette connaissance du chemin est imprimée au plus profond de nos cœurs, comme à la racine de notre être, comme la nostalgie du jardin d'Eden. Oui, nous connaissons le chemin et nous l’appréhendons ! Ce chemin nous est rappelé chaque fois que nous pleurons la mort d’un proche. Parce qu'il nous a quittés, nous savons qu'il nous faudra laisser à notre tour ce monde et ses attaches. Nous comprenons alors pourquoi le psalmiste crie des profondeurs vers Dieu. « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ». Pourtant le Christ nous rassure face à cette angoisse du chemin qui mène à lui. Il est lui-même le chemin, il est lui-même la vérité, il est lui-même la vie. Le chemin, parce qu'il obéit en tout au Père et qu'il nous apprend à le faire malgré nos réticences, malgré nos résistances, voire malgré nos révoltes. La vérité, parce qu'il met à nu nos faux-semblants qui sont en fait ces chaînes qui nous retiennent à la bassesse.La vie, parce qu'enfin, quand nous serons réunis avec lui, tout sera plus beau, tout sera plus grand, tout sera plus lumière. Il y a donc un double sentiment qui réside en nous quand nous voyons l'un des nôtres partir. À la fois la tristesse de le voir emprunter ce chemin qui nous sépare, et à la fois la consolation qu'il entre dans la joie du Maître. Mais le départ inattendu de Claude rend les choses plus complexes, car s'ajoute l'interrogation. Il y a en effet tant de « pourquoi » qui se bousculent en nos esprits. « Pourquoi nous l’as-tu enlevé si tôt, Seigneur ? Pourquoi cette épreuve ? ». Cela peut aller jusque dans l'esprit de certains à « pourquoi nous as-tu abandonnés, Seigneur ? ». Nous nous étions habitués à sa présence, alors la perspective de continuer sans lui devient le défi. « Comment ferons-nous sans lui ? ». Cette dernière question peut être posée par les paroissiens attachés à lui, par les associations et mouvements dans lesquels il était impliqué : Tiers ordre franciscain, conférence Saint-Vincent de Paul, mais surtout le service de communication du diocèse. Claude, nous retenons de toi ton sourire lumineux, l'un de tes plus beaux atouts, en vérité. Quand Dieu distribuait les plus beaux sourires, tu étais là ! Tu n'étais pas aux toilettes… (pour détourner, l'une de tes facéties). Alors, quand tu te présenteras devant la majesté divine, souris ! Souris et tout sera oublié, tout sera pardonné ! Souris comme tu l'as fait pour nous, de ce sourire qui désarmait, qui excusait et qui ravissait. Le Seigneur nous a dit qu'il préparait notre place. Si tu t'en vas aujourd'hui, c'est que la tienne est prête. Sans doute ne seras-tu pas loin de ceux qui ont compté pour toi. Mais nous nous doutons bien que tu ne dois pas être bien loin du coin "comédie et humour". J'imagine bien que si l'on demande où tu te trouves, on nous répondra au ciel “suivez-les rires”. Car nous savons que notre Dieu est un Dieu de tendresse et de bonté. Ce qu'il a semé en nous se moissonne chez lui. S’il a mis en toi ces qualités que nous apprécions, alors nous les retrouverons transfigurées dans son royaume. Combien de fois, face à la mort, as-tu parlé de résurrection ? Combien de fois as-tu mis l'accent sur le Christ victorieux de la mort et qui promet la vie ? Aujourd'hui ce ne sont plus des paroles pour toi, entre donc dans la vie ! Enfin, je n'ai jamais oublié les paroles que tu m'as dites le jour de mon ordination, au baiser de paix : « Maintenant, je peux te le dire, merci d'avoir été là ! ». Aujourd'hui, Claude, à mon tour et au nom de beaucoup : « Maintenant, je peux te le dire, merci d'avoir été là ! ». Père Christian Catayée “ Maintenant, je peux te le dire : merci d'avoir été là ! ” Homélie pour les funérailles  la majesté divine, la majesté divine, la majesté divine, la majesté divine, souris ! Souris et tout souris ! Souris et tout souris ! Souris et tout souris ! Souris et tout souris ! Souris et tout sera oublié, tout sera pardonné ! sera oublié, tout sera pardonné ! sera oublié, tout sera pardonné ! sera oublié, tout sera pardonné ! sera oublié, tout sera pardonné ! ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 9

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Colette Anglio Brianto, sœur de père Anglio Le décès de Claude nous a surpris. Nous avons su bien sûr qu'il était malade, mais Claude a choisi de ne pas nous en parler. Il s'est plutôt soucié de ses sœurs et frères qui combattaient ou combattent encore la maladie. Même pour mon mari et moi qui l’avions accom- pagné pour des examens médicaux lors de son dernier voyage en métropole, il s’est toujours montré rassurant. La subite dégradation de son état de santé, peut-être provoquée par le choc du décès brutal de notre sœur Aline, ne nous a pas permis de réaliser qu’il souffrait lui-même. Nous, ses frères et sœurs, sommes confrontés à la terrible vérité : nous sommes la génération qui s’en va. Le départ de Claude qui suit celui d’Aline nous aidera à franch\ ir le cap car nous ressentons tous une force spirituelle qui maintient le lien avec les absents. Nous rendons tous hommage à notre frère Claude "artisan de paix" dans la famille et au-delà, prêtre à jamais ! Il est sur le chemin vers Dieu. Société Saint-Vincent de Paul Le père Claude Anglio a été notre aumônier pendant plus de 30 ans. Il a connu nos aînés et nous-mêmes qu’il a fait grandir dans la foi et dans l’amour du prochain pour que notre Société existe jusqu’à maintenant. Nous sommes Marthe et Marie, les sœurs de Béthanie, c’est ainsi que notre bienfaiteur Frédéric Ozanam nous a surnommés : "actions et prières" parce que toute prière ne peut s’accomplir que dans l’action. Son rôle d’aumônier était très important pour nous. Nous \ lui disons merci de nous avoir accompagnés jusqu’en 2016. Il a assuré toutes nos récollections, nos rencontres diocésaines, nos temps forts. Il a nous a aidés à régler nos différends, a été présent lors de nos rencontres nationales, et quand c’était nécessaire a accompagné\ individuellement ceux qui le demandaient. Quand nous avions un temps fort en préparation, il restait fidèle à sa vocation de serviteur de Dieu et nous recevait après la messe du dimanche, malgré sa fatigue, pour que tout soit au point. Il a su nous montrer la route vers la sainteté. Il avait compris que la Société Saint-Vincent de Paul ne pouvait fonctionner sans aumônier et il a accepté cette charge sans se plaindre, avec amour et simplicité car il était profondément empreint de charité. Il nous a fait aimer le Christ dans les pauvres et nous a donné les armes nécessaires pour cela. Merci pour toutes les grâces que nous avons reçues par ce prêtre grand serviteur de Jésus, fidèle à sa vocation, à son histoire et à ses valeurs chrétiennes. L’avoir connu, avoir travaillé avec lui, nous a rendus heureux et enrichis et nous rendons grâce à Dieu de nous avoir permis de cheminer un moment ensemble. Sa Foi sans faille était, pour tous ceux qui avaient eu le bonheur de le connaître, un gage d’espérance. Sa disparition est une grande perte pour nous tous, mais le bon grain qu’il a semé continuera de germer dans les cœurs de tous les membres de la Société Sain\ t- Vincent de Paul de la Martinique. Mgr Jean Hamot, du diocèse de la Guadeloupe Dimanche 18 février, 1er dimanche de Carême : « je me souviendrai de mon alliance avec vous », à 17h08, Claude mettait un point final au livre de sa vie. Ce livre, il ne l’a pas écrit tout seul, celui à qui il avait consacré toute sa vie en a écrit la préface. La postface reste à rédiger, à nous de le faire. Le matin de ce dernier dimanche, nous échangions quelques nouvelles par téléphone, rien ne laissait prévoir une issue aussi rapide. Permettez-moi d’être simple et discret pour respecter sa mémoire, Claude n’aimait pas le « bling-bling ». Nous nous sommes rencontrés à Paris en 1971. Claude était au séminaire d’Issy-les-Moulineaux et moi étudiant à l’Institut catholiqu\ e de Paris et aumônier-adjoint de la Mission antillaise, à la rue st Jacques. C’est là que nous prenions le temps d’accueillir nos frères Antillo-guyanais. Claude et moi avions déjà commencé à partager nos questions pastorales. Mgr Riocreux, évêque de Guadeloupe a été condisciple de Claude. Tout le diocèse vous transmet ses affectueuses pensées. Claude était vrai dans tout ce qu’il entreprenait : Vrai dans ses contacts avec les autres : il savait recevoir, écouter, accueillir. Vrai en amitié. Vrai dans son ministère de responsable de communauté. Il avait le souci de faire, des communautés qui lui étaient confiées, des communautés ou tous sont responsables et il donnait la première place à la formation. C’est pour cela qu’il m’invitait à l’aider, tenant compte des « quelques compétences » que je pouvais apporter dans le domaine de la catéchèse, de la liturgie. J’ai eu l’occasion de participer à des « retraites de première communion ou de profession de foi » ou de carême. Autant d’occasions de partage et de relecture de notre ministère. Claude avait compris l’importance des moyens de communi- cation pour l’annonce de l’Evangile et la voix de l’Eglise à travers les Médias. Sa voix, on ne l’entendra plus, mais elle continuera à résonner… Chaque année, nous nous retrouvions à Paris avec tous les délégués épiscopaux à l’information, des DOM-TOM, pour ciseler notre formation sous la conduite du P. Choux. Il avait aussi le souci des plus pauvres… Je n ‘oublierai pas nos échanges, encouragements et critiques, lors de la naissance des radios diocésaines : Radio St Louis à la Martinique et radio Massabielle en Guadeloupe. Et, il tenait à être présent aux moments importants de la vie notre diocèse comme la clôture du synode diocésain ou les 150 ans du diocèse. Le pape François, dans son exhortation apostolique « la joie de l’Evangile », nous rappelle que par le baptême reçu, chaque membre du peuple de Dieu est devenu « disciple missionnaire ». Que ce témoignage nous invite, comme Claude le souhaitait, à une meilleure formation, à un approfondissement de notre amour, à un témoignage plus clair de l’Evangile. Que nos Eglises, Martinique et Guadeloupe, continuent à avancer sur le chemin d’une conversion pastorale missionnaire. Puissions- nous rester, comme le pape le souligne et comme Claude a essayé de le vivre : « une Eglise en sortie » : qui prend l’ini- tiative, qui s’implique, qui accompagne, qui fructifie et fête ». mettait un point final au livre de sa vie. Ce livre, il ne l’a pas écrit tout seul, celui à qui il avait consacré toute sa vie en a écrit la qui combattaient ou combattent encore la Même pour mon mari et moi qui l’avions accom- ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 10

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Père Benjamin François-Haugrin, Curé de Régale et Rivière-Salée Le père Claude Anglio est décédé le dimanche 17 février, un peu après 17 heures, à l’hôpital du Marin. A sa dernière affectation, il était curé de la paroisse du Vauclin. C’est avec une grande tristesse que beaucoup de fidèles ont appris la nouvelle de son décès. Il allait avoir 71 ans au mois de mars. En tant que prêtre, j’ai eu l’occasion de travailler avec lui dans le district des Trois-Ilets lorsqu’il était curé du Diamant, et récemment en tant que modérateur du distric Sud. Avant sa maladie, nous nous rencontrions tous les quinze jours à l’o\ ccasion de nos réunions de district. Ce que je retiens de nos rencontres, c’est l’image d’un prêt\ re avec un franc-parler, toujours respectueux des per- sonnes, aimant les choses bien faites. Il avait un sens profond du sacré, une grande culture, il était humble \ et modeste. Il aimait se retrouver avec les prêtres plus jeunes et c’était l’occasion pour nous d\ e l’entendre raconter les anecdotes les plus drôles de sa vie de prêtre, ou encore une bonne blague pour détendre l’at\ mosphère. Avec le père Claude, on était sûr de toujours rire un bon coup. Le père Claude Anglio me laisse le souvenir d’un prêtre attaché à l’évangélisation au moyen des médias et des nouvelles technologies de l’information. Il avait cette intuition, qu’il fallait utiliser tous les nouveaux moyens possibles pour que le monde soit évangélisé. Le père Claude Anglio a accompli sa mission du mieux qu’il a pu. Comme moi, ses confrères prêtres et les fidèles qui l’ont connu présentent à sa famille leurs sincères condoléances et prient pour le repos de son \ âme. Que le Seigneur l’accueille dans son royaume. Groupe de Louange MAGDALA de la paroisse Saint Jean-Baptiste du Vauclin MAGDALA est le nom que le Révérend Père Claude Anglio a donné à notre groupe de louange lors d'un entretien fructueux dans son bureau en Mai dernier. Il nous a confié la mission d'animer l'Adoration mensuelle, en collaboration avec les Hommes du Très Saint-Sacrement. Il nous a guidés comme un Père. MERCI Père Claude. MAGDALA est le nom que le Révérend Père Claude Il nous a guidés comme un Père. MERCI Père Claude. Agenda de l’Archevêque Dimanche 11 mars : • 8h30 : Messe dominicale à la paroisse de Saint-Christophe • 15h30 : Messe de clôture de la récollection des Equipes Notre-Dame à L’Espérance • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 13 mars : • Conseil épiscopal Mercredi 14 mars : • Rencontre avec les confirmands de Saint-Joseph de Cluny • Rencontre avec les confirmands des paroisses de Morne-des-Esses et du Grand Nord • 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs Dimanche 18 mars : • 8h : Messe dominicale à la paroisse de Saint-Joseph • Enseignement à l’occasion de l’effusion de l’Esprit de 400 hommes préparés par la Pastorale diocésaine des Hommes (église de Saint-Joseph) • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Lundi 19 mars : • 8h30 : Messe de la fête patronale des établis- sements Saint-Joseph de Cluny PAS DE CATECHESE DE L’EVEQUE LE MERCREDI 21 MARS Samedi 24 mars : • 8h30-13h : Conférence-débat : « La place et le rôle du père martiniquais », organisée par l’OSPEM (salle paroissiale de Saint-Joseph) Dimanche 25 mars : Dimanche des Rameaux • 14h30 : Messe avec la Pastorale des Jeunes à Sainte-Marie • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 11

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A près le mot d’accueil et les explications du père Monconthour sur les différentes manifestations du diocèse sur le sujet, la conférence s’est déroulée en trois temps : partage sur l’évangile du jour (Mat5, 43-48) effectué par le père Henderson, agrémenté des chants de « Bèlè legliz catédral » et du Notre Père en créole ; interventions du frère Gilles Danroc sur l’Eglise et l’esclavage aux Antilles et du père Benjamin Francois-Haugrin sur l’Eglise, et la réparation selon la doctrine sociale de l’Eglise ; débat autour des nombreuses questions écrites par les participants. Le frère Gilles Danroc, op, est à la fois missionnaire et historien. Il a travaillé la question de l'esclavage à partir d'Haïti, la Martinique et les accords de Durban (ONU) où il a participé à la négociation sur la réparation. Dans son intervention qui a retenu toute l’attention des personnes présentes et des auditeurs de Radio Saint-Louis et sa Web TV, il a traité de trois sujets : la reconnaissance et la résilience, la réparation, la réconciliation. Dans sa conclusion, il a fourni de nombreuses pistes d’action qui seront reprises dans Les Cahiers de l’OSPEM prévus pour la fin de l’année 2018. Le père Francois-Haugrin, initiateur du parcours Zachée avec la communauté de l'Emmanuel sur la doctrine sociale de l'Eglise vécue au quotidien, représentant de l'archevêque au sein de l'OSPEM, a indiqué que la doctrine sociale de l’Eglise exclut la violence et le mensonge comme moyen pour régler un problème social et faire valoir le droit ou exprimer des idées. La réparation commence par le pardon et non l’inverse. La réparation intégrale s’articule dans un double mouvement simultané : secourir l’homme blessé dans ses dimensions matérielles et spirituelles, et en même temps se pencher au chevet de celui qui est l’auteur de cette blessure. Régine, une jeune participante, a livré ses impressions : « Certaines religions accusent l’Eglise d’avoir participé à l’esclavage. Cette conférence a répondu à mes préoccupations à ce sujet. Le frère Danroc nous a présenté les deux courants dans l’Eglise. Ceux qui ont été manipulés par l’Etat et l’autre courant minoritaire anti- esclavagiste. Cela est rassurant d’apprendre que l’Eglise a aussi aidé les esclaves à lire et s’est aussi battue pour l’abolition de l’esclavage. A partir de tout cela, je compte faire des recherches plus détaillées sur ces hommes qui se sont battus pour mettre fin à l’esclavage, et qui ont aidé les esclaves à mieux vivre cette situation ». La conférence s’est terminée par la lecture de la prière pour l’OSPEM et le chant final « En lettres de lumière ». Prochain rendez-vous le vendredi 16 mars 2018, à partir de 18h15, pour traiter de la souffrance et l’esclavage. Yves-Marie Grivalliers, Coordinateur de l’OSPEM ■ Le  sa\bedi  24  février  2018,  de  8h30  à  13h30,    près  de  90  personnes  se  sont  retrouvées  à  l’Eglise E\b\baüs, répondant ainsi  à  l’invitation  de  l’Observatoire  Socio  Politique  de  l’Eglise  en  Martinique (OSPEM) à participer  à  la  Conférence-débat  sur  le  thè\be  « L’Eglise  et  l’esclavage,  et  après  ?»,  dans  le  cadre  de  la  co\b\bé\boration  des  170  ans  de  l’abolition de l’esclavage. L’Eglise et l’esclavage, et après ? \bonférence-débat L’Eglise et l’esclavage, et après ? ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 12

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Globaliser la frate\?rnité, non  l’es\blavage ni l’in\?différen\be D ans son œuvre d’ « annonce de la vérité de l’amour du Christ dans la société », l’Église s’engage constamment dans les actions de caractère caritatif à partir de la vérité sur l’homme. Elle a la tâche de montrer à tous le chemin vers la conversion, qui amène à changer le regard sur le prochain, à reconnaître dans l’autre, quel qu’il soit, un frère et une sœur en humanité, à en reconnaître la dignité intrinsèque dans la vérité et dans la liberté, comme nous l’illustre l’histoire de Joséphine Bakhita, la sainte originaire de la région du Darfour au Soudan, enlevée par des trafiquants d’esclaves et vendue à des maîtres terribles dès l’âge de neuf ans, et devenue ensuite, à travers de douloureux événements, ‘‘libre fille de Dieu’’ par la foi vécue dans la consécration religieuse et dans le service des autres, spécialement des petits et des faibles. Cette sainte, qui a vécu entre le XIX ème et le XX ème siècle, est aujourd’hui un témoin et un modèle d’espérance pour les nombreuses victimes de l’esclavage, et elle peut soutenir les efforts de tous ceux qui se consacrent à la lutte contre cette « plaie dans le corps de l’humanité contemporaine, une plaie dans la chair du Christ ». Dans cette perspective, je désire inviter chacun, dans son rôle et dans ses responsabilités particulières, à faire des gestes de fraternité à l’égard de ceux qui sont tenus en état d’asservissement. Demandons-nous comment, en tant que communauté ou comme individus, nous nous sentons interpelés quand, dans le quotidien, nous rencontrons ou avons affaire à des personnes qui pourraient être victimes du trafic d’êtres humains, ou quand nous devons choisir d’acheter des produits qui peuvent, en toute vraisemblance, avoir été fabriqués par l’exploitation d’autres personnes. Certains d’entre nous, par indifférence ou parce qu’assaillis par les préoccupations quotidiennes, ou pour des raisons économiques, ferment les yeux. D’autres, au contraire, choisissent de faire quelque chose de positif, de s’engager dans les associations de la société civile ou d’effectuer de petits gestes quotidiens -ces gestes ont tant de valeur !- comme adresser une parole, une salutation, un « bonjour », ou un sourire, qui ne nous coûtent rien mais qui peuvent donner l’espérance, ouvrir des voies, changer la vie d’une personne qui vit dans l’invisibilité, et aussi changer notre vie par la confrontation à cette réalité. Nous devons reconnaître que nous sommes en face d’un phénomène mondial qui dépasse les compétences d’une seule communauté ou nation. Pour le combattre, il faut une mobilisation de dimensions comparables à celles du phénomène lui-même. Pour cette raison, je lance un appel pressant à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, et à tous ceux qui, de près ou de loin, y compris aux plus hauts niveaux des institutions, sont témoins du fléau de l’esclavage contemporain, à ne pas se rendre complices de ce mal, à ne pas détourner le regard face aux souffrances de leurs frères et sœurs en humanité, privés de la liberté et de la dignité, mais à avoir le courage de toucher la chair souffrante du Christ, qui se rend visible à travers les innombrables visages de ceux que Lui-même appelle « ces plus petits de mes frères » (Mt 25, 40.45). Nous savons que Dieu demandera à chacun de nous : Qu’as-tu fait de ton frère ? (cf. Gn 4, 9-10). La mondialisation de l’indifférence, qui aujourd’hui pèse sur les vies de beaucoup de sœurs et de frères, requiert que nous nous fassions tous les artisans d’une mondialisation de la solidarité et de la fraternité, qui puisse leur redonner l’espérance et leur faire reprendre avec courage le chemin à travers les problèmes de notre temps et les perspectives nouvelles qu’il apporte et que Dieu met entre nos mains. Franciscus ■ Non plus esclaves, mais frères – Pape François (suite) ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 13

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ParoissesDates Horaires Ajoupa-Bouillon Vendredi 16 mars 18h Anses d’Arlet Jeudi 15 mars 16h – 19h30 Balata Lundi 12 mars17 h Basse-Pointe Vendredi 23 mars17h30 BellefontaineMardi 13 mars 17h -19h30 BellevueMercredi 21 mars 17 h Carbet Vendredi 16 mars 17h -19h30 Case-Pilote Jeudi 15 mars 17h -19h30 Cathédrale Vendredi 23 mars 17 h Coridon Lundi 19 mars18h30 – 20h De Briant Vendredi 16 mars 17 h Diamant Jeudi 15 mars 16h – 19h30 Ducos Mardi 20 mars 9h – 12h & 15h – 19h30 Fonds-Saint-Denis Mardi 20 mars 17h -19h30 François Jeudi 22 mars 9h – 12h & 15h – 19h30 Grand-Rivière Mardi 20 mars18h Gros-Morne Jeudi 15 mars15h – 19h Josseaud Vendredi 23 mars17h – 19h30 Lamentin Jeudi 22 mars15h – 20h Lorrain Mercredi 21 mars 16h30 Macouba Mardi 20 mars 18h Marigot Jeudi 22 mars 16h30 Marin Jeudi 8 mars15h – 19h30 Morne-des-Esses Mercredi 21 mars15h – 19h Morne-Rouge Jeudi 22 mars16h -19h Morne-Vert Vendredi 16 mars17h -19h30 Prêcheur Mardi 20 mars17h -19h30 RedouteJeudi 15 mars 17h – 20h Régale Jeudi 15 mars 16h – 19h30 Rivière-PiloteVendredi 23 mars 15h – 19h30 Rivière-Salée : Petit-Bourg Lundi 12 mars 15h – 19h30 Rivière-Salée : Grand-BourgLundi 12 mars 15h – 19h30 Robert Mercredi 14 mars 9h – 12h & 16h – 19h Sainte-Anne Jeudi 8 mars16h – 19h30 Saint-ChristopheMardi 20 mars 16h – 20h Saint-Esprit Mardi 13 mars 9h – 12h & 15h – 19h30 Saint-JosephMardi 13 mars 16h – 20h Sainte-Luce Vendredi 16 mars 17h – 19h30 Sainte-Marie Mardi 13 mars9h – 12h & 16h – 19h Saint-Pierre Mercredi 21 mars16h -19h Sainte-Thérèse Lundi 19 mars 17h – 20h Schœlcher Jeudi 15 mars 17 h TartaneVendredi 16 mars 16h – 19h Terres-SainvilleLundi 12 mars 17 h Trinité Jeudi 22 mars 10h – 12h & 16h – 19h Trois-Ilets Vendredi 23 mars16h – 19h30 VauclinVendredi 16 mars 16h – 19h30 Vert-Pré Vendredi 16 mars 15h – 18h Horaires des célébrations pénitentielles 2018 ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 14

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Le carême, temps de conversion par excellence donne l’opportunité à chaque baptisé de vivre une véritable purification afin qu’à Pâques la lumière du Christ vienne éclairer de l’\ intérieur l’humanité et nos familles. Le diocèse de la Martinique, pour ce temps, a voulu que les familles chrétiennes de l’île soient éclairées de l’intérieur à Pâques. Pour y parvenir, il faut naturellement qu’elles empruntent ce chemin de purification et de libération. Le questionnaire, dans ses différentes articulations, favorise avant tout un examen de conscience personnel, familial et ecclésial. Pour permettre à tous les paroissiens de Sainte Marie de bien médi\ ter sur le questionnaire, le curé, une semaine avant le carême, a eu une rencontre avec les responsables de quartier. Un dossier a été remis à chaque responsable. Il comportait le canevas à suivre pendant les réunions, une exégèse des textes bibliques du questionnaire et les modalités à adopter afin que les rencontres de quartiers ne soient pas ennuyeuses et longues. Sur la paroisse, sans compter les enfants du caté et les jeunes du cheminement pour qui une adaptation du \ questionnaire a été faite, les parents des enfants inscrits au caté à qui le questionnaire a été proposé\ , il y a 12 lieux de rencontres. Le curé a la grande responsabilité de participer à l’une ou l’autre des r\ encontres. Que peut-on retenir de la première semaine ? Beaucoup d’émotion\ s. La question « quelle image du couple j’ai reçu dans ma famille ? Quelle image de l’amour conjugal ?» a réveillé des blessures enfouies qui, nous espérons ne sont pas encore\ « infec- tées ». Nous espérons que les questions des semaines à suivre pendant ce carême aideront les familles à vivre une véritable conversion afin de vivre, grâce à la lumière de la résurrection, une anthropologi\ e familiale pascale. semaine avant le carême, a eu une rencontre avec les responsables de quartier. Un dossier a été remis à chaque responsable. Il comportait le canevas à suivre pendant les réunions, une exégèse des textes bibliques père Aïzo, curé de Sainte-Marie Témoignages Le  te\bps  du  Carê\be  est  un  te\bps  i\bportant dans l’année liturgique. C’est  l’occasion  de  nous  préparer  à  Pâques,  et nous so\b\bes invités à entrer dans le  co\bbat  spirituel  à  la  suite  de  Jésus  par  la  prière,  le  jeûne,  le  partage  avec  nos  frères…  C omme chaque année, notre diocèse propose aux fidèles de vivre une démarche de réflexion, en petits groupes, à l’aide d’un questionnaire. Pour 2018, le thème porte sur la famille, avec quatre rencontres sur le couple, la femme et l’homme, la vie en Dieu de la famille et la famille dans le monde. Après trois semaines de rencontres et d’échanges, nous avons recueilli quelques témoignages. Nous n’avons jamais fini de devenir chrétiens… ■ Le carême, temps d'approfondissement spirituel avec nos frères NOTRE \bARÊME  DOSSIER Comment vivez-vous\?  votre \barême ave\b  le questionnaire di\?o\bésain ? ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 15

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J’apprécie le temps du carême, car pour moi c’est l’occasion d’échanger en petits groupes, en quartier, avec des personnes ayant une bonne connaissance biblique et pouvant porter un éclairage aux frères et sœurs, ce qui permet à tous d’\ avancer chaque année dans leur chemin de foi. Ces temps d’échanges, de réflexions, de prières, nous conduisent à nous recentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire le plan de Di\ eu sur et dans nos vies ; à nous poser les questions nécessaires à not\ re conversion. Le questionnaire de carême cette année tombe à point nommé, car depuis déjà trois ans, nous réfléchissons sur le thème de\ la famille. A mon avis, c’est un thème fondamental, car si la société connaî\ t de multiples difficultés, c’est parce que la famille, sa cellule de base, a perdu sa boussole depuis de nombreuses années. Elle se conforme à l’évolution du monde, en oubliant les valeurs chrétiennes qui, auparavant, constituaient son socle et son fondement. Les éléments concrets, pratiques concernant le couple, le mariage,\ l’identité de l’homme et de la femme ainsi que la vie en Dieu d\ e la famille s’avèrent primordiaux pour tous, car ils nous permettent de redonner à la vie en couple, à la vie familiale, leur vrai sens, basé sur l’amour, sur la volonté de DIEU. Ce message de vie devrait être largement communiqué aux jeunes couples, à toutes les familles pour qu’à terme la société soit renouvelée en profondeur. moi c’est l’occasion d’échanger en petits groupes, en quartier, avec des personnes ayant une bonne connaissance biblique et pouvant porter Mireille, P.C.E. de Mansarde Courbaril de la paroisse du Robert L’équipe Bèlè Légliz Lanmanten, pendant ce carême, a remplacé sa soirée hebdomadaire de répétition en rencontre de carême avec le questionnaire diocésain. Nous avons commencé par échanger autour de la Parole qui nous a été donnée, et en résumé nous avons dit que ce que nous sommes devant Dieu définit ce que nous devons être dans notre vie chrétienne. Dans un monde dur, où l'orgueil prévaut, les chrétiens doivent montrer qu'ils sont différents. Puis nous sommes entrés dans le vif du sujet avec une participation assez intéres- sante des jeunes de l’équipe qui ont fait remarquer, à propos des articles du 2 ème dimanche de carême, qu’ils trouvaient cela plutôt idéaliste car au regard de ce qu’ils vivent et observent, nous sommes loin du compte. Il est ressorti que l’orgueil et la rivalité étaient ce qui prédominait dans la plupart des relations \ de couple. Que trop souvent les femmes étaient exigeantes envers les hommes, leur reprochant de ne rien faire comme il faut et en même temps les infantilisant. Que tout aussi souvent les hommes manquaient de maturité et du sens des responsabilité\ s laissant beaucoup trop de choses peser sur leur compagne et ne prenant pas suffisamment part à l’éducation des enfants. La conclusion étant qu’il nous faut, homme et femme, faire preuve de plus de douceur. Ce qui est loin d’être un signe de faiblesse, mais plutôt l'expression de la force morale nécessaire pour garder le contrôle de soi, et pouvoir en même temps s'approcher de l’autre en grâce. Nous devons à l’occasion de cette réflexion, dans nos familles, supporter les faiblesses des uns et des autres et pardonner le tort qu'ils peuvent nous faire. Prendre du temps pour prier en couple et en famille, dialoguer et confronter nos idées et ainsi montrer l’exemple à nos enfants. Deux figures ont été évoquées, celle de Marie et celle de Marie Madeleine. Deux femmes qui sont des exemples de fidélité, de confiance et de foi. Deux femmes auxquelles nous aimerions ressembler. C’est notre 2 e participation au partage du temps de carême. Pour nous, le thème de cette année sur la famille nous fortifie sur notre manière de vivre en famille, dans le couple, et pour l’éducation des enfants en tant que chrétiens. Le constat, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre ce que Dieu attend de nous. Ainsi, nous retenons que ce partage nous permet de profiter de l’expérience vécue par chacun. Echanger nous fait le plus grand bien et nous fortifie. Bèlè Légliz Lanmanten Groupe du quartier Pérou, Sainte Marie NOTRE \bARÊME  DOSSIER Témoignages  (suite) ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 16

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Learn to change Contactez-nous au 0596 37 37 07 Du lundi au vendredi de 7h à 19hRetrouvez-nous sur Sciences Politiques et Ecologie Humaine Double diplôme Licence et Bachelor (Troisième année à Ottawa) Learn to change Contactez-nous au 0596 37 37 07 Du lundi au vendredi de 7h à 19hRetrouvez-nous sur Sciences Politiques et Ecologie Humaine Double diplôme Licence et Bachelor (Troisième année à Ottawa) La  pre\bière  conférence  de  carê\be  a  eu  lieu  à  la  chapelle  de  Carabin  le  di\banche  18  février. Elle a été ani\bée par le père Gaëtan Présent autour du thè\be : la chasteté avant  et pendant le \bariage. Cette conférence s’est déroulée en deux partie\.s.  D ans un premier temps, le père Gaëtan a balayé l’ensemble du sujet en passant par une suite logique de sous-thèmes. La chasteté, c’est donner un sens à sa vie affective et sexuelle en maîtrisant sa volonté pour réprimer tout ce qu’il y a de désordonné dans les jouissances charnelles. C’est considérer l’autre et soi-même comme des êtres libres, c’est-à-dire, qui choisissent le bien (à ne pas confondre avec le libre arbitre qui est de choisir entre le bien ou le mal). Elle se vit avant le mariage et pendant le mariage, mais de manière différente. Avant le mariage, la chasteté est le plus souvent en attente du don de soi à un autre. Pendant le mariage, elle consiste à respecter les cycles de la femme pour une sexualité responsable et sainte. Au cours de la conférence, on a pu relever quelques éléments de la vie quotidienne qui pourraient nous empêcher de vivre la chasteté, tels que : • Les images / vidéos • Les affiches publicitaires • La tenue vestimentaire • Les lois (majorité sexuelle, mariage pour tous…) • Les réseaux sociaux. Le deuxième temps de cette conférence a été consacré aux questions-réponses entre le prêtre et l’assemblée. Ce moment fut très agréable et enrichissant. Equipe Web de la paroisse du Lorrain ■ Vivre le Carême sur la paroisse du Lorrain \bonférence sur la chasteté avant le mariage ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 17

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1. Origine Entre le mercredi qui précède le dimanche de « Laetare (le dimanche de la joie) et le mercredi qui suit, il y avait la semaine dite de la mi-carême. Dans certains pays existent des traditions et des coutumes. En France et au Canada, par exemple, on faisait un joyeux repas suivi d’une réunion familiale. En Pologne, les enfants portaient l’effigie d’une cigogne à travers les rues du village. En Allemagne et en Autriche, on annonçait ce jour-là les fiançailles entre jeunes. On remarquera le caractère festif de ce moment. 2. Mi-carême dans l’Eglise catholique. Dans l’Eglise, c’est aussi un jour de joie parmi les jours de pénitence. Le carême est un temps d’efforts à la préparation de Pâques. L’Eglise, dans sa pédagogie, propose de faire une pause pour repartir de plus belle vers Pâques. Il est permis, à l’église, de décorer avec des fleurs, les jeux d’orgue sont autorisés, le prêtre revêt des ornements roses à la place des violets. Le rose est la couleur de l’aurore ce qui est déjà une annonce de la joie pascale. Le pape Innocent III (1216) dans un sermon revient sur cet aspect : « En ce dimanche qui marque le milieu du carême, une mesure de consolation est accordée pour que les fidèles puissent ne pas faiblir sous l’effort prolongé du carême, et continuent à supporter les restrictions, d’un cœur reposé et plus léger ». L’origine historique de cette note de joie soudaine dans une période de pénitence se retrouve dans la « remise du Credo et du Notre Père » aux catéchumènes. C’était comme une exultation de joie pour notre Mère l’Eglise, car elle va engendrer de nouveaux enfants. Pour symboliser la joie, le pape avait coutume de porter, le dimanche de Laetare, une rose d’or dans la main droite, en revenant de célébrer la messe. A l’origine, c’était une rose naturelle, mais depuis le XI e siècle, elle est en or. Cette pratique semble provenir des anciennes fêtes populaires de printemps à Rome durant lesquelles le peuple portait des fleurs. La signification symbolique de ces roses d’or est exprimée dans la prière de bénédiction. Elles représentent le Christ dans la splendeur de sa Majesté, « la fleur jaillissant de l’Arbre de Jessé ». De cette coutume, le dimanche de Laetare a acquis en Allemagne le nom de Rosensonntag (le dimanche des roses). 3. En Guadeloupe, la mi-carême est un jour de repos et de festivité. On fait une pause, on reprend souffle… Pour une journée, le carnaval reprend vie, « Vaval » renait de ses cendres. Le défilé se fait avec les couleurs rouge et noire, celles du diable parait-il… Mgr Jean Hamot, diocèse de Guadeloupe ■ Si  vous  \be  de\bandez  «  qu’est-ce  que  la  \bi-carê\be  pour  un  chrétien  »,  voici  quelques  élé\bents de réponse. ‘‘ ‘‘ AN TCHÈ LÉGLIZ-LA Qu’est-ce que la mi-carême pour un chrétien ? ? Question ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 18

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ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\. MARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père PinchonBP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\.X Téléphone : 06 96 3\.10 333 - E-\bail : \bi\.chel.pouch@wanadoo.fr oui ,  je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer  sur les possibilités de legs, donations et assurances-vie à l’Association Diocésaine. oui , je  souhaite  être  contacté  pour  un  rendez-vous  au  \bervice  des  legs  et  donations ou à mon\’ domicile. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’espérance en héritage Mes coordonnées  ❏ Mme ❏ Melle    ❏ M. Nom  Prénom Adresse   Code postal Ville  Téléphone E-mail Paroisse  (facultatif) DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\.INIQUE a désormais son site Web Depuis le 23 avril 2017, Mgr Macaire a lancé officiellement le site Web d’ECCLESIA'M 2020 ! Pour le consulter : http://www.ecclesiam2020.fr E CCLESIA 'M 2020 ! MEDIAS Dimanche 18 mars 2018 Etre prêtre, ça s'apprend ? Etre prêtre cela s’apprend-il et comment sont formés les futurs prêtres ? Est-ce un métier ou une vocation ? La formation au séminaire est-elle suffisante ? A-t-elle évolué et comment ? Un futur prêtre et un prêtre formateur seront les invités de Dieu m'est témoin cette semaine. Nous irons également à Fort-de-France, à la maison Saint-Jean-Paul 2 installée par Mgr Macaire, il y a deux ans, pour former les jeunes séminaristes martiniquais du 1 er cycle. Dimanche 25 mars 2018 Notre Père : pourquoi le changer ? D’où vient la prière du Notre-Père ? A-t-elle changé depuis 2000 ans et pour quelles raisons ? Pourquoi depuis le 3 décembre dernier une nouvelle traduction a été proposée ? En comprenons-nous le sens véritable ? Cette semaine, Dieu m'est témoin décortique la prière des chrétiens, en compagnie du père Gilles Drouin, directeur de l’Institut Supérieur de Liturgie, et enseignant à l’Institut catholique de Paris. Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère. L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr 99.5 - 101.3 et 105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.comTél. : ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mars 2018 – n° 561 19

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[…] … Chaste époux de Marie \ Il combla de respect tous Ses menus aspects \ En étant si discret qu’on put le croire muet Or il savait se taire comme un grand dignitaire Mû seulement par l’Esprit Qui lui servit de guide Pour être à ses affaires et parfaire les Siennes Qui se sont faites antiennes sur cette toute nouvelle scène Allant avec courage pour vaincre les obstaclesSe faisant tabernacle sans jamais renâcler Pour aller au Cénacle où il reçoit la place Qui deviendra palace en y laissant la trace qui jamais ne s’efface Saint-Joseph protégez notre Eglise, nos familles, nos jeunes Intercédez pour nous que nous ne cédions pas à de vaines tentations… Nicole Irène Piquion Solennité de Saint Joseph -  19  mars - 

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