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E g lise en MARTINIQUE La joie du S alut N° 562 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 25 mars 2018 Horaires des célébrations de la Semaine sainte

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EDITORIAL 2 MÉDIAS 19 3 3 DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com VERS LA VIE AN TCHÈ LÉGLIZ-LA 222 H osanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Aujourd’hui, dimanche des Rameaux, commence la Semaine sainte, appelée encore la « Grande semaine ». Ces 40 jours passés dans le désert avec Jésus nous ont donné\ l’occasion de nous remettre en question, de réajuster notre vie à la sienne. Nous sommes en marche vers le Ressuscité. Les célébrations de la Semaine sainte nous permettront de nous unir fermement à Lui. Notre vicaire épiscopal nous rappelle les événements de cette Grande semaine. Afin de permettre une large participation à ces temps forts, et ne pas passer à côté du mystère central \ de notre foi, les horaires des célébrations dans le diocèse sont disponibles dans cette édition. C’est ainsi que le Jeudi saint, l’Église célèbre la messe\ « en mémoire de la Cène du Seigneur. Dans une de ses catéchèses sur la messe, le pape François nous rappelle que « l’Eucharisti\ e, c’est le Corps de Jésus ; c’est tout ! » … En vérité, précise-t-il, le sacrifice du Christ et le sacrifice de l’Eucharistie sont un uniqu\ e sacrifice. La fête de Pâques, sommet du calendrier liturgique chrétien, est un jour d’allégresse. C’est aussi la fête préférée des familles qui se retrouvent chaque année autour d’un repas convivial. Quelques-unes ont témoigné de ce qu’elles vivent durant le temps pascal dans notre dossier intitulé « Célébrer Pâque\ s en famille ». Il est introduit par le délégué épiscopal à la Pastorale Familiale. Au seuil de cette Grande semaine, ouvrons-nous à la conversion en nous faisant serviteurs les uns des autres. Au-delà du cocon familial sécurisé dans lequel nous nous retrouvons le plus souvent, notre évêque nous exhorte à intégrer les Petites Communautés Ecclésiales (PCE) dans nos quartiers. Notons que la « PCE n’est ni un mouvement, ni une association, mais c’est plutôt le prolongement de l’Eglise-Famille dans le quartier ! ». Participons pleinement à la mission de l’Eglise !\ Jésus s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’\ à mourir, et à mourir sur une croix. Par sa Passion et par sa Croix, Il nous ouvre un chemin vers la résurrection et la vie éternelle. Avec Lui, choisissons donc d’aimer ! Bonne montée vers Pâques ! Justine Lordinot ■ S ommaire EDITORIAL MOT DE L’EVÊQ\bE •   Mais il a ses amis\n !  De la nécessité de c\bmmunautés fraternelles LIT\bRGIE VIE D\b DIOCÈSE EGLISE \bNIVERSELLE • Par\ble d\bminicale • La grande semaine •  Est-ce nécessaire d’av\bir un rameau béni chez s\bi \n? •  La missi\bn étudiante cath\blique  : Appr\bndir sa f\bi, et etre ensemble •  Réfl  exi\bn des jeunes de l’Aumônerie  Nati\bnale Antilles Guyane (ANAG) •  Un carême inspiré des \brientati\bns d’ ECCLESIA ’M 2020 !  au Saint-Esprit •  Exh\brtati\bn aux fi  dèles du di\bcèse de  la Martinique p\bur i\nntégrer les Petites  C\bmmunautés Ecclésiales (PCE) • Agenda de l’Archevêque •  Feuille de r\bute des Petites c\bmmunautés  ecclésiales  de Martinique •   Le Christ est ressuscité… il est vraiment ressuscité ! Alléluia !\n! • Quelques tém\bignag\nes •  H\braires des célébrati\bns  de la Semaine Sainte 2018 •   S\beur Claire d’Assise G\buj\bn • S\beur Camille du Sacré-C\beur B\bnne •   L’Eucharistie, « c’est le C\brps de Jésus ; c’est t\but ! » 3334 3333 2222 17 18 9 10 11 12 5 6 13 14 16 7 8 Dossier  :  CÉLÉBRER PÂQ\bES  EN FAMILLE

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D ernièrement, en recevant des  confirmands, j’interpellais  les jeunes sur la réalité de  l’amour fraternel qui unit les croyants.  J’interroge alors une jeune fille à propos  de Jérôme [1], un garçon du groupe,  choisi au hasard, assis un peu plus loin :  « Matilde ! Si Jérôme a un problème au collège, est-ce que tu penses que tu dois te porter à son secours !? » Elle me répond  spontanément … : « Mais il a ses amis ! »  Je vous dispense de l’accent qui voulait  dire : « boug la ni kanmarad li, sa pa ka gadé mwen… tchip ! » (c’est moi qui  rajoute le « tchip ! »).  Dans la réponse de cette jeune fille,  une triste réalité déchire mon cœur  de pasteur, une vraie claque pour  notre communauté : ainsi, après sept  ans d’instruction chrétienne dans  le même groupe et à la veille de leur  confirmation, ni Matilde, ni Jérôme, ni  les autres (beaucoup d’autres) n’ont fait  l’expérience d’une fraternité solidaire  dans le Christ. Quelques minutes avant,  comme d’habitude, les jeunes n’avaient  pas su où se trouvait le livre de la Genèse.  Ce n’était certes pas glorieux, mais je  venais de leur dire  « qu’on n’était pas à l’école » ; je ne pouvais donc leur  reprocher de ne pas répondre à une  question de cours. L’essentiel, me  disais-je, c’est qu’ils soient vraiment  frères et sœurs en Jésus… Et voilà  que Matilde, avec son « mais il a ses amis ! », me clouait le bec… un bec  épiscopal et même archiépiscopal !   Mais si Matilde m’a cloué le bec,  elle m’a aussi ouvert les yeux. J’ai  vu, d’un coup d’un seul, l’ampleur  du cancer qui menace notre  communauté. Pour Matilde, Jérôme  était un élève de sa classe qui était  au caté avec elle et non pas un frère  dans le Christ, scolarisé dans son  collège. Ce n’était pas son ami. Elle  n’avait pas saisi qu’il était son prochain  et aucun de ceux qui les entouraient  n’aurait pu dire : « voyez comme ils s’aiment ! » . Eux-mêmes, en grandissant,  se rendraient compte que plusieurs  années dans l’Eglise ne les auront  pas fait faire l’expérience concrète de la charité fraternelle. Pourtant, la  charité existe dans notre Eglise et elle est  puissante, mais elle n’est pas toujours  sensible à l’échelon personnel.    Jésus dit que « c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront pour mes disciples »   (Jn 13,35). Cette phrase sonne comme  une condamnation pour beaucoup ! Car  nombreux sont ceux qui pensent comme  Matilde et font passer les relations du  monde avant la relation née dans l’Esprit- Saint : est-ce ma voisine qui va à la messe  ou bien ma sœur en Christ qui habite  près de chez moi ? est-ce le chauffeur  de taxi qui fait les lectures le dimanche  ou est-ce mon frère ministre de la Parole  qui est taximan ? est-ce que je connais  seulement le prénom de ces gens !? et  est-ce qu’ils connaissent le mien ? est-ce  que je me sens solidaire et responsable  de cette sœur, de ce frère, si demain il  est hospitalisé ou a besoin de soutien ?  est-ce mon prochain ?    Mes frères, cette question est grave et  essentielle. La fraternité est le premier  besoin de l’homme moderne, surtout  en Martinique. Le diable sait qu’aucun  de nous, s’il ne se sent, avant tout, aimé  concrètement dans une communauté  fraternelle, ne se convertira et ne restera  fidèle à l’Évangile. Jésus lui-même nous  rappelle que même le royaume de  Satan connaît une certaine solidarité.  Le monde et ses nouvelles technologies  créent l’illusion de communautés  virtuelles de toutes sortes qui isolent  et fragilisent les fidèles, livrés ainsi à la  merci de sectes et de mouvements aux  doctrines frelatées… privés de la Joie  du Salut.    En même temps, nos grandes  assemblées dominicales et notre  éducation chrétienne ne permettent  pas toujours à chacun d’expérimenter  l’amour fraternel voulu par le Christ.  C’est une question de nombre. La vie  chrétienne en Petites Communautés est  donc capitale !    Alors, Matilde dira de Jérôme : « Mais c’est mon frère ! » + Fr David Macaire Archevêque de Saint-Pierre  et Fort-de-France  ■ MOT DE L’ÉVÊQUE Mais si Matilde m’a cloué le bec,  elle m’a aussi ouvert les yeux. J’ai  vu, d’un coup d’un seul, l’ampleur  du cancer qui menace notre  communauté. Pour Matilde, Jérôme  était un élève de sa classe qui était  avec elle et non pas un frère  dans le Christ, scolarisé dans son  collège. Ce n’était pas son ami. Elle  Mais il a ses amis ! De la nécessité de communautés fraternelles 1 Les prénoms ont été changés. ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 3

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C hers frères et sœurs, bonjour ! Nous continuons les catéchèses  sur la messe et, nous nous arrêtons  sur la prière eucharistique. Une fois conclu  le rite de la présentation du pain et du vin,  commence la prière eucharistique, qui  qualifie la célébration de la messe et en  constitue le moment central, ordonné à la  sainte communion. Elle correspond à ce  que Jésus lui-même a fait à table avec les  apôtres lors de la dernière Cène, quand  il « rendit grâce » pour le pain, et ensuite  pour le calice du vin : son action de grâce  revit dans chacune de nos Eucharisties,  en nous associant à son sacrifice du Salut. Et dans cette prière solennelle, l’Église  exprime ce qu’elle accomplit quand elle  célèbre l’Eucharistie et le motif pour lequel  elle la célèbre, à savoir faire communion  avec le Christ réellement présent dans  le pain et dans le vin consacrés. Après  avoir invité le peuple à élever son cœur  vers le Seigneur et à lui rendre grâce, le  prêtre prononce la prière à haute voix, au  nom de toutes les personnes présentes,  en s’adressant au Père par l’intermédiaire  de Jésus-Christ dans l’Esprit Saint. « Cette  prière signifie que toute l’assemblée des  fidèles s’unit au Christ pour magnifier les  grandes œuvres de Dieu et pour offrir  le sacrifice ». Et pour s’unir, elle doit  comprendre. C’est pourquoi l’Église a  voulu célébrer la messe dans la langue  que comprennent les gens, afin que  chacun puisse s’unir à cette louange et  à cette grande prière avec le prêtre. En  vérité, « le sacrifice du Christ et le sacrifice  de l’Eucharistie sont un unique sacrifice ». Dans le Missel, on trouve différentes  formules de prière eucharistique,  toutes constituées par des éléments caractéristiques, que je voudrais  maintenant rappeler. Elles sont toutes  très belles. Avant tout, il y a la préface, qui  est une action de grâce pour les dons de  Dieu, en particulier pour avoir envoyé  son Fils comme notre Sauveur. La préface  se conclut par l’acclamation du Sanctus,  normalement chanté. Il est beau de  chanter le Sanctus : « Saint, saint, saint le  Seigneur ». Toute l’assemblée unit sa voix  à celle des anges et des saints pour louer  et glorifier Dieu. Il y a ensuite l’invocation de l’Esprit afin  que, par sa puissance, il consacre le pain  et le vin. Nous invoquons l’Esprit pour qu’il  vienne et qu’il y ait Jésus dans le pain et le  vin. L’action de l’Esprit Saint et l’efficacité  des paroles mêmes du Christ, proférées  par le prêtre, rendent réellement présents,  sous les espèces du pain et du vin, son  Corps et son Sang, son sacrifice offert sur  la croix une fois pour toutes. Jésus, sur ce  point, a été très clair. Nous avons entendu  comment St Paul, au début, raconte les  paroles de Jésus : « Ceci est mon corps, ceci  est mon sang ». C’est Jésus lui-même qui a  dit cela. Nous ne devons pas nous poser  des questions étranges : « Mais comment  est-ce possible, une telle chose… ». C’est  le Corps de Jésus ; c’est tout ! La foi vient à  notre aide ; par un acte de foi, nous croyons  que c’est le Corps et le Sang de Jésus. C’est  le « mystère de la foi », comme nous le  disons après la consécration. Le prêtre dit :  « Mystère de la foi » et nous répondons  par une acclamation. En célébrant le  mémorial de la mort et de la résurrection  du Seigneur, dans l’attente de son retour  glorieux, l’Église offre au Père le sacrifice  qui réconcilie le ciel et la terre : elle offre le  sacrifice pascal du Christ en s’offrant avec  lui et en demandant, en vertu de l’Esprit  Saint, de devenir « dans le Christ un seul  Corps et un seul Esprit. L’Église veut nous  unir au Christ et devenir avec le Seigneur  un seul Corps et un seul Esprit. C’est  cela la grâce et le fruit de la communion  sacramentelle : nous nous nourrissons du  Corps du Christ pour devenir, nous qui en  mangeons, son Corps vivant aujourd’hui  dans le monde. C’est un mystère de communion ; l’Église  s’unit à l’offrande du Christ et à son  intercession (…). Et quand nous allons à  la messe, c’est pour faire cela : être l’Église  qui prie. « De même que le Christ a étendu  les bras sur la croix, ainsi, par lui, avec lui  et en lui, l’Église s’offre et intercède pour  tous les hommes ». La prière eucharistique  demande à Dieu de rassembler tous ses  enfants dans la perfection de l’amour, en  union avec le pape et l’évêque, mentionnés  par leur nom, signe que nous célébrons en  communion avec l’Église universelle et  avec l’Église particulière.  (…) ; elle exprime  tout ce que nous accomplissons dans la  célébration eucharistique ; et en outre,  elle nous enseigne à cultiver trois attitudes  qui ne devraient jamais manquer chez  les disciples de Jésus : premièrement,  apprendre à « rendre grâce, toujours  et en tout lieu » et pas seulement à  certaines occasions, quand tout va bien.  Deuxièmement, faire de notre vie un don  d’amour, libre et gratuit ;  troisièmement,  construire la communion concrète, dans  l’Église et avec tous. Cette prière centrale  de la messe nous éduque, petit à petit, à  faire de toute notre vie une « Eucharistie »,  c’est-à-dire une action de grâce. Pape François  ■ Source : https://fr.zenit.org/articles/catechese/ EGLISE UNIVERSELLE\n L’Eucharistie, « c’est le Corps de Jésus ; c’est tout ! » ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 4

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Dimanche 25 mars 20\b8  la P arole  Dominicale N ous célébrons dans une même  cérémonie l’entrée triomphale  du Christ à Jérusalem et sa  condamnation à mort. Il fait son entrée à  Jérusalem assis sur un ânon, acclamé par  la foule. Durant la Passion, la haine et la  violence se déploient avec force contre lui. En célébrant notre Seigneur, ce Roi humble  monté sur un ânon, nous souvenant que  c'est pour nous qu’Il entre à Jérusalem  et souffrira sa Passion, nous voudrions  regarder les acteurs majeurs de ces  événements : la foule et Jésus Lui-même. La foule n’est pas hypocrite, mais elle se  laisse manipuler. Saint Luc souligne la  joie et les louanges de la foule « pour  tous les miracles qu’ils avaient vus. Ils  disaient : Béni soit le roi qui vient au nom  du Seigneur ! » Et Jésus Lui-même, honoré  des insignes royaux, par louange ou par  dérision, se laisse faire. Les faits et les  paroles des uns et des autres et leurs  attitudes sont pour nous une invitation en  ce début de Semaine sainte à vérifier notre  attitude de foi face au Christ, à garder constamment notre regard de foi sur sa personne. Notre vie serait-elle un mélange des  différentes attitudes de la foule à l’égard  du Christ ? Nous pouvons bien accueillir  avec joie le Christ et son évangile, et  finir par nous montrer discrets quant à  notre appartenance au Christ. De même  nous pouvons veiller avec le Christ dans  la prière, avec Lui être forts dans la  tentation, aussitôt après nous détourner  complètement de Lui, la Source de la Vie,  et manifester de l’hostilité à l’Evangile. De  même, nous pouvons nous tenir debout  dans la foi au pied de la croix de Jésus   à travers les épreuves de la vie, qui est  « Puissance de Dieu ». Mais nous restons  aussi capables de perdre l’espérance  dans la puissance de vie manifestée à la  Croix. La Passion du Seigneur demeure  une source inépuisable pour notre propre  examen de conscience. En voyant le contraste entre la dignité réelle  du Christ, signifiée extérieurement par ses  insignes royaux, et sa Passion humiliante,  nous apprenons à ne pas nous arrêter  à ce qui est visible, nous portons plutôt  notre regard sur tout le poids de l’amour  que le Seigneur met dans sa Passion. Il  nous montre que la voie de la confiance  et de l’amour envers Dieu n’est pas une  impasse. Mieux, c’est l’unique voie qui  traverse la mort et nous obtient la vie  éternelle. Aussi, l’attitude que le Seigneur  attendrait de nous, par notre méditation  de ces événements, ce n’est pas de nous  apitoyer sur son sort. Il dit : « pleurez  d’abord sur vous  ». En marchant avec Jésus  sur son chemin de croix, s’il est difficile de  ne pas pleurer devant l’injustice de son  sort, mais c’est la manière dont Jésus nous  sauve ! Ainsi, au-delà de la tristesse, nous  devons rendre grâce au Père. Jésus nous  redonne la vie que nous avons perdue à  cause du péché ; Il accomplit sous nos  yeux l’œuvre de salut qu’aucun homme ne  pouvait réaliser de lui-même !  La passion  de Jésus révèle la passion d’amour de  Dieu notre Père pour chacun de nous,  et c’est pourquoi des larmes de joie et  de reconnaissance doivent couler en  abondance aujourd’hui en méditant  la Passion. Saint Jean Chrysostome le  résume à travers une comparaison : « Un homme vaillant affronte le cruel tyran qui tient la ville en esclavage et, au bout d’immenses efforts et souffrances, emporte la victoire. Tu étais sur les gradins, tu n’as pas combattu, tu ne t’es ni fatigué ni blessé. Mais si tu admires le héros, si tu te réjouis avec lui de sa victoire, si tu lui tresses des couronnes, que tu provoques et agites pour lui l’assemblée, si tu t’inclines avec joie aux pieds du vainqueur, que tu poses un baiser sur sa tête et lui serres la main ; en somme, si tu es en délire pour lui, au point de faire de sa victoire la tienne, moi je te dis que tu auras certainement ta part dans le prix du vainqueur. Mais plus encore : suppose que le vainqueur n’ait vraiment pas besoin du prix qu’il vient de remporter, que ce qu’il désire surtout c’est voir honorer son supporteur et que le prix gagné au combat soit le couronnement de son ami. Dans ce cas, cet homme, qui n’a pourtant connu ni fatigue ni blessure, obtiendra-t-il la couronne ? Bien sûr qu’il l’obtiendra ! Eh bien, c’est ce qui se passe entre le Christ et nous. Jésus, sur la croix, a vaincu le vieil adversaire. Nos épées ne sont pas tachées de sang, nous n’étions pas dans l’arène, nous ne ramenons aucune blessure, la bataille nous ne l’avons même pas vue, et voici que nous obtenons la victoire. Cette lutte était la sienne, notre couronne. Et puisque cette victoire est aussi la nôtre, imitons ce que font les soldats en ces cas-là : exultons de joie, entonnons des hymnes de louange au Seigneur » (Saint  Jean Chrysostome). Désiré Mintsa Mba, CSSp Paroisse du Vert-Pré ■ Isaïe 50,4-7  •  P\hsaume 21  • Philippie\hns 2,\b-11  • Marc 14, 1 – 15, 47 Dimanche des Rameaux - Année B ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 5

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LITURGIE Pâques est le cœur même de la foi chrétienne. C’est pourquoi les chrétiens se préparent à la  fête de Pâques depuis \hle début du Carême, et en particuli\her tout au long de la Semaine sa\hinte. I l y a une caractéristique commune  aux quatre évangiles : ils accordent au  récit de la Passion et à son contexte  une plus grande importance que tout  autre passage de la vie de Jésus. Cela est  une indication forte que, dès le début,  les chrétiens ont considéré la Passion et  la Résurrection de Jésus comme message  central de l’Evangile. Pour les chrétiens d’aujourd’hui, cela se  traduit par l’accent mis dans le vécu de  la Semaine sainte, au travers de célé- brations mais aussi de traditions fortes. La Semaine Sainte commence le  dimanche des Rameaux (célébration  de l’entrée solennelle du Christ à  Jérusalem), inclut le Jeudi saint (célébra- tion de l’institution de l’Eucharistie et du  Sacerdoce par le Christ) et le Vendredi  saint (célébration de la Passion du Christ  et de sa mort sur la croix). Elle s’achève  avec la veillée pascale, pendant la nuit  du Samedi saint au dimanche de Pâques  (résurrection du Christ). Dimanche des Ramea\tux Six jours avant la fête de la Pâque juive,  Jésus vient à Jérusalem. La foule l’acclame  lors de son entrée dans la ville. Elle a  tapissé le sol de manteaux et de rameaux  verts, formant comme un chemin royal en  son honneur. En mémoire de cet événement, les  catholiques viennent à l’église, ce jour-là,  avec des rameaux (de buis, olivier, laurier  ou palmier, selon les régions) que le prêtre  bénit au début de la messe. Les fidèles les  emportent ensuite chez eux pour orner  leur crucifix jusqu’au dimanche des  Rameaux de l’année suivante. Depuis le pontificat de St. Jean-Paul II, ce  dimanche est aussi celui de la Journée  Mondiale de la Jeunesse (JMJ). Messe chrismale Dans le rite catholique latin, la messe  chrismale n’appartient pas, au sens  strict, au triduum pascal. Si elle a lieu  le plus souvent le Jeudi saint au matin,  elle peut être transférée à un autre jour,  pourvu qu’elle soit proche de Pâques.  Pour nous en Martinique, elle se vit le  mercredi matin à 10h. C’est au cours  de cette messe que l’évêque bénit les  saintes huiles qui serviront aux différents  sacrements au cours de l’année (baptême,  confirmation, ordination) et que les  prêtres renouvellent leurs engagements. Jeudi saint Le Jeudi saint, l’Église célèbre la messe  « en mémoire de la Cène du Seigneur »,  et rappelle le geste du lavement des pieds  que Jésus fit pour signifier l’amour et le  service que l’on doit aux autres. Puis, les  fidèles s’unissent à la prière du Christ  ce soir-là, en veillant auprès du Saint-  Sacrement transféré au reposoir. Vendredi saint Jour de jeûne et d’abstinence par excel- lence, le Vendredi saint nous commé- morons la Passion et la mort de Jésus. Le  chemin de croix est l’exercice de piété mis  à l’honneur chez nous. Mais la cérémonie  principale est l’office de la Passion qui  commence par la prostration du célé- brant dans le plus grand silence. Dans cet  office, on lit la Passion selon St Jean et on  fait la grande prière universelle où l’Eglise  prie pour le monde entier, monde racheté  par la mort de Jésus-Christ. Ensuite, les  fidèles sont invités à faire un geste de  vénération envers la croix pour témoi- gner de leur gratitude envers le Seigneur  qui accepta la mort pour les pécheurs  que nous étions. A l’issue de la cérémonie, s’il n’y a pas de  chemin de croix, on repart dans le silence. Samedi saint Durant la journée du Samedi saint,  l’Eglise ne célèbre aucun sacrement.  Elle se tient spirituellement en silence  auprès du tombeau de son Seigneur.  Ce sera dans la nuit du samedi au  dimanche qu’elle se réunira alors pour  la vigile (ou veillée) pascale. C’est la nuit du triomphe ! On commence  par célébrer le Christ vainqueur des  ténèbres par le rite du feu nouveau et  de la lumière. On se rend en procession  vers l’Eglise avec le seul cierge pascal  allumé qui symbolise le Christ ressuscité,  mais aussi l’époux de la parabole en  Matthieu 25,1-13. C’est pourquoi, c’est  à la porte de l’église que les fidèles  reçoivent la lumière comme les vierges  qui attendaient l’arrivée de l’époux  pour entrer, munies de leurs lampes  allumées, avec l’époux dans la salle des  noces. Une fois à l’intérieur, on chante l’exultet,  chant de victoire à la gloire du Christ  vainqueur. Après le temps de la Parole de  Dieu reprenant les principales étapes de  l’histoire du salut jusqu’à la Résurrection  du Christ, on célèbre le baptême des  catéchumènes adultes, puis l’E ucharistie. Dimanche de Pâ\bues « Le premier jour de la semaine, Marie  de Magdala se rend au tombeau. La  pierre a été enlevée… Les bandelettes  ont été déposées… Le linge est roulé  à part » (Évangile selon saint Jean, 20). Étymologiquement, « Pâques »  signifie « passage » : par ce passage  de la mort à la Vie, le Christ a sauvé  l’Homme du péché et l’a appelé à la  vie éternelle. La Résurrection du Christ  est l’accomplissement des promesses  faites par Dieu à son peuple. C’est  pourquoi la fête de Pâques, célébrée  par une messe solennelle, est le sommet  du calendrier liturgique chrétien. Ce  jour d’allégresse est marqué dans  les églises par la couleur blanche ou  dorée, symbole de joie et de lumière. Père Christian Catayée, Vicaire épiscopal  ■ La Grande Semaine ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 6

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Pour nous suivre : Maeva Céleste ■ Mission Etudiante Catholique 972 @mec_972 mec_972 Pour nous suivre : Réveil matinal pour les étudiants de la Mission Étudiante Catholique (MEC), le 25 février dernier. Le programme ? Une journée détente dans le nord pour la première messe délocalisée sur la paroisse du Lorrain*. 8h La team Avengers  accueille les heur\deux du jour.  D\bpart pour Sainte-Marie,  direction le mus\be du Rh\dum !  On aurait pu imaginer  une autre destination, mais  ce choix a une per\dtinence  que les \btudiants et lyc\bens  d\bcouvriront au cou\drs  de l’après midi. 9h40. Rejoints par le père Lucenay,  aumônier des \btudiants et depuis peu,  prêtre r\bf\brent des \dlyc\bes publics et  catholiques du dioc\dèse, les participants d\bcouvrent les lieu\dx et \bcoutent la visite avec attention. Le site r\bvèle  ses secrets, son histoire. Après la th\borie pl\dace à la d\bgustation, avec mod\bration bien \dsûr !  13h. Halte  nature  à  la  forêt  «  La  Philippe  »,  toujours  dans  la  commune  de  Sainte-Marie.  Cette  forêt  domaniale  a  \bt\b  choisie  pour  le  d\bjeuner, afin de poursuivre la convivialit\b d\bjà  amorc\be  lors  de  la  matin\be.  Des  groupes  de  r\bflexion  sont  constitu\bs  afin  de  r\bfl\bchir  au  thème de la journ\be " les addictions". On s’installe,  à  table,  sur  des  chaises,  plaids,  on  \bchange,  et...  on  profite.  Le  d\bjeuner  et  les  \bchanges  dig\br\bs, place à un temps d’enseignement sur les  addictions. L’occasion pour le père Lucenay de  revenir sur l'enjeu de pr\bserver notre libert\b au  contact de l’alcool, des drogues, des r\bseaux  sociaux, du sexe, de la pornographie…  16h30.  Dans le bus pour  l’ultime \btape du jour, le  Lorrain, où eu lieu\d à 18h30 la  messe des \btudiants, à laquelle  furent convi\bs les \d\btudiants  du grand nord. Ainsi s'est achev\be une riche  journ\be, articul\be autour d'une  exp\brience de foi enracin\be  dans une expression\d  conviviale et culturelle. Reste connecté(e) ! ‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘ La mission étudiante catholique : VIE DU DIOCÈSE catholique : catholique : « Un enseignement  riche, surtout en ce  temps de carême où  nous souhaitons nous  rapprocher davantage  du Christ, et donc,\a  couper avec de mauvaises  ha\bitudes »  confie une \btudiante. Kalina :   C’est une super\be  journée, la visite,\a le moment  à la forêt, j’ai appris \be\aaucoup de  choses ; il fallait venir pour savoir !  Une Lorrinoise : La messe était très \belle,  très interactive, avec une  \belle chorale, de t\arès \beaux  chants ; j’ai \beauco\aup apprécié  le fait que la MEC se dé\aplace au  Lorrain, l’engagement du Père  Lucenay avec les étudiants ;\a  nous devrions avoir ce  mouvement aussi  au Lorrain. Approndir sa foi, et etre ensemble * La messe des étudiants qui a lieu tous les dimanches soir, à 18h30, à l'église du bourg de Schoelcher, est délocalisée ponctuellement, dans n’importe quelle commune, afin de rejoindre les étudiants excentrés. ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 7

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La  première  rencontre  de  l’année  2018  proposée  par  l’Aumônerie  Nationale  Antilles  Guyane (ANAG) pour les 18-40 ans, a eu lieu le samedi 3 février à l’Eglise Notre Dame  de l’Assomption des Buttes-Chaumont (Paris 19 ème ). Notre sujet de réflexion était lié au  thème choisi pour cette nouvelle année pastorale : « Il partit pour un pays lointain où il  dilapida tous ses biens » (Luc 15, 13). En méditant cette parabole du fils Prodigue, nous  avons établi un parallèle avec les  Antillo-guyanais, et particulièrement avec la tranche  d’âge concernée par cette rencontre.  E n effet, comme le fils prodigue  quittant la demeure parentale  riche d’un héritage qu’il va  malheureusement dilapider en menant  une vie de désordre, nous quittons notre  pays de naissance pour nous rendre en  France hexagonale, riches d’un héritage,  riches d’un trésor. Qu’en faisons-nous ?  Tout d’abord, de \bu\tels  trésors parlons-nous\t ?  De très beaux échanges nous ont permis,  dans un premier temps, de recenser et de  prendre conscience des trésors que nous  avons reçus et qui ne sont pas d’abord  d’ordre matériel. En effet, nous avons pu  constater que nous sommes riches de :  -  L’amour de Dieu et de nos parents, -  Notre foi, -  Des connaissances religieuses  transmises par nos proches depuis notre  plus tendre enfance, -   Nos pratiques religieuses : Participation  à la messe dominicale, aux fêtes  religieuses, aux temps liturgiques tels  que Noël, Carême et Pâques, -   Notre éducation, les valeurs inculquées  par nos parents (le respect des autres,  dire  Bonjour, rendre service), notre sens  de la famille, -  Notre culture, -  Notre langue. Qu’en faisons-nous \t? Que sont devenus tous ces trésors  après quelques années, et parfois après  quelques mois en Métropole ? Les avons- nous fait fructifier ou les avons-nous  dilapidés comme le Fils prodigue ou  encore enfouis par peur ?  Nous quittons nos départements –  Martinique, Guadeloupe, Guyane –  pour poursuivre nos études ou pour  des raisons professionnelles. Si cette vie  nouvelle, loin des parents nous apprend  à être autonomes, à gagner en maturité,  à nous responsabiliser, il est vrai que  pour beaucoup de jeunes, elle est aussi  synonyme de «liberté» (faire ce que je  veux, comme je veux, quand je veux) et  de mimétisme (agir comme les autres).  La foi, ou plutôt la pratique religieuse est  assez vite négligée et les liens familiaux  en sont parfois affectés.  Le constat est clair. Dès lors que la priorité  se traduit pour nous, par la recherche d’un  statut social, d’un confort matériel ou de  plaisirs éphémères que propose cette  société très sécularisée au détriment de  nos valeurs humaines et spirituelles, nous  finissons assez rapidement, comme le fils  prodigue, par dilapider l’héritage reçu des  parents et de l’Eglise. Il est important pour  nous de prendre conscience du trésor que  nous avons reçu dès notre enfance et que  nous nous devons d’enrichir cette société  qui s’est appauvrie de certaines valeurs  essentielles, tant sur le plan humain que  spirituel.  Un Père patient et  miséricordieux Notons aussi, que cette parabole nous  révèle l’amour miséricordieux du Père qui  est toujours prêt à nous accueillir quand  nous revenons vers lui, en reconnaissant  humblement nos erreurs, nos torts, nos  péchés. Notre Dieu est un Père patient  et miséricordieux, lent à colère et plein  d’amour, qui attend toujours le retour du  pécheur, le retour de l’enfant prodigue. Après la remontée des différents partages, voici quelques questions posées par notre aumônier afin de prolonger la réflexion : -   Est-ce que je prends conscience des trésors reçus ? -   Quelles résolutions vais-je pendre pour ne pas dilapider mes biens ? -   Quelle est la place des sacrements, de la Parole de Dieu et de la prière dans ma vie ? -   Vais-je à la rencontre d’un prêtre ou d’un accompagnateur spirituel pour avoir des mises en lumière sur les évènements de ma vie (période de trouble…) ? -   Est-ce que mes fréquentations ne sont pas à revoir ? Equipe communication  ■ Réflexi\bn des jeunes  de l’Aumônerie Nati\bnale  Antilles Guyane « Il partit pour un pays lointain où il dilapida tous ses biens » ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 8

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La paroisse du Saint-Esprit est entrée en carême depuis le mercredi des cendres. Un carême  sous le signe de l’Alliance hier, aujourd’hui et demain. Tout un programme a été élaboré  s’inspirant de certaines orientations des chantiers du projet pastoral  ECCLESIA ’M 2020 ! L a célébration du mercredi 14  février s’ouvrait avec les vêpres  pour ensuite s’intensifier avec la  messe incluant le rite des cendres. Par  ce rite des cendres, les fidèles du Saint- Esprit redirent au Dieu Père leur désir  profond de répondre à son invitation  de faire route avec son Fils.  Couverts de  l’Arc de Dieu au milieu de nos nuages  quotidiens, nous nous sommes engagés  à marcher durant quarante jours, le  regard fixé sur Jésus, celui qui jette le  pont entre nous et son Père.  Dans ce programme de carême riche,  élaboré par le curé en collaboration  avec le CPP, différentes démarches  furent mises en œuvres :  causeries,  enseignements, catéchèses, marches  pénitentielles, adoration du Christ,  Serviteur Souffrant, retraites, visites  particulières aux malades à leurs  domiciles et messes dans les E.H.P.A.D  de la commune, animation de carême  en PCE. (Chantier N o 5).   Dans cette  nouvelle dynamique pastorale, les  fidèles se sentent non seulement  impliqués, mais aussi concernés, et se  voient destinataires des objectifs visés  par le programme de carême. « Visite  Seigneur notre diocèse, protège- nous !» Le jeudi après les cendres, les jeunes de  17 à 40 ans ont eu le privilège de vivre  une entrée au désert à l’église.  Un temps  de silence, de partage de la parole, de  prière où les jeunes, en petits groupes,  ont répondu aux questions : quels sont  les obstacles qui vous empêchent de  vivre l’engagement de votre baptême ?  Qu’est-ce que vous pouvez faire pour  mieux vivre l’évangile et montrer Jésus ?  En quoi voudriez-vous vous engager  dans la paroisse ? (Chantier N o 3). Le  vendredi après les cendres, un très  grand nombre de paroissiens a vécu  un autre temps de grâce avec un riche  enseignement donné par le père Fenick  Exumar : « la montagne, le désert et la  nature comme lieux de contemplation  et cœur à cœur avec Dieu ». Une messe  incluant encore le rite des cendres  a clôturé cette activité à la grande  satisfaction des fidèles.   Dans ce programme de carême, la  promotion des activités en pleine  nature était considérée. Plusieurs  marches pénitentielles étaient prévues,  une pour tous les paroissiens, une  pour certains enfants de caté et une  pour les jeunes de 17 à 40 ans. Lors de  la première marche, bravant la pluie  et le froid avec joie et surtout une  grande ferveur, une foule nombreuse  accompagnée du Curé s'en alla dès  5h, chacun à son rythme, à travers les  différents quartiers, priant, méditant la  Parole de Dieu, et contemplant la nature  qui s'éveillait lentement : Merveilles du  Seigneur présent en sa création. Il est  heureux de souligner la présence, lors  des activités de carême, de nombreux  jeunes qui témoignèrent de leur joie  d'avoir su résister à la chaleur de leur  lit pour participer aux marches tôt le  matin. Une façon pour ces futurs leaders  chrétiens de redire au Seigneur qu'ils  désirent ardemment raviver l'alliance  d'amour qu'il a faite avec chacun de  nous.  Au cours d'une rencontre réservée  exclusivement aux hommes de la  paroisse, le mercredi 21 février, il  leur fut rappelé leur devoir, en tant  qu’hommes catholiques, d’oser faire  la différence par leur témoignage de  vie et leur sens des responsabilités au  sein de la société martiniquaise et de  leurs familles.  Cependant, le lundi 26  février, c’était l’occasion pour les femmes  de vivre un temps fort de prière et de  sensibilisation. Le curé a amené ces  dernières à découvrir quelques figures  et personnalités féminines importantes  dans la Bible. Les paroissiennes ont  exprimé leur satisfaction de découvrir  la vocation et la mission de plusieurs  femmes importantes de l’Ancien et  du Nouveau Testament. A chaque  tranche d'âge, une activité adéquate fut  proposée dans le but de susciter un  éveil missionnaire dans la paroisse en  préparant Pâques.   Un carême  inspiré  des orientations  d’ E CCLESIA ’M 2020 !   au Saint-Esprit Un carême Un carême  VIE DU DIOCÈSE ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 9

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 10 Lors de la première Assemblée des Petites Communautés  Ecclésiales à Cluny, le dimanche 28 janvier 2018, qui a été  un grand succès, Mgr David Macaire a rappelé l’orientation  synodale  selon  laquelle  chaque  fidèle  catholique  de  la  Martinique  doit  intégrer  une  Petite  Communauté,  en  particulier dans son quartier ! La PCE du quartier n’est ni un  mouvement ni une association, mais c’est le prolongement  de l’Eglise dans le quartier ! « Accueillir et écouter chaque personne  et proposer un accompagnement humain  ou spirituel », tel était l’objectif d’une  mini retraite offerte aux fidèles qui ne  peuvent pas communier, rentrant ainsi  dans le cadre d'Ecclesia’M 2020 ! Comme  dit l’Ecriture « si quelqu’un a soif, qu’il  vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit  en moi, des fleuves d’eau vive jailliront de  son cœur. » (Jn 7, 37-38). Ou encore « venez  à moi vous tous qui êtes fatigués de porter  un lourd fardeau et je vous donnerai le  repos. » (Mt 11, 28). Suite à cette retraite un  accompagnement personnalisé fut offert  tout le long du carême en vue d’accueillir  les désirs spirituels de nos frères et sœurs  qui sont en attente de communion. Quel  bonheur pour eux de redécouvrir la  communion, de désirer et de recevoir  la bénédiction avant l’action de grâce à  chaque messe !      Entre autres activités, on peut souligner  la messe des malades, la messe du caté  qui réunit désormais dans la communion  ecclésiale enfants, parents, animatrices et  animateurs. Dans la dernière ligne droite  avant la semaine sainte, le lundi 26 mars,  une retraite animée par le Diacre Paul Levif  est proposée aux enfants. Sans oublier  la retraite des hommes et la retraite des  femmes. Enfin, aux très nombreux fidèles  familiers au renouveau charismatique  de la paroisse, « vivre le carême sous  la mouvance de l’Esprit-Saint » fut le  thème d’un entretien donné par le curé.  Le Seigneur nous offre par ce temps une  nouvelle occasion pour nous tourner  davantage vers nos frères, donc vers  Lui.  Pour que notre Carême à tous soit  riche et fécond, apprends-nous Seigneur,  avec l’aide de la Vierge Marie, comment  le vivre personnellement et en Eglise. A  tous, bonne route vers la joie de Pâques ! Marie Olive Louisy-Louis  ■ P our bien comprendre l’exhor- tation de Mgr Macaire, je vous  invite, mes chers enfants, à  écouter quelques extraits du décret  « Apostolicam Actuositatem » du Concile  Vatican II sur l’Apostolat des laïcs, pro- mulgué en 1965 par Paul VI. Les pères de Vatican II  rappellent la  nécessité de l’apostolat des laïcs 1, leur  participation spécifique à la mission de  l’Église 2, les fondements de leur mission  au nom du baptême qui les unit au Christ 3,  leur sanctification par les sacrements 4  et  la puissance de leur témoignage auprès  des hommes 5 .        Les caractéristiques particulières de la  mission des laïcs s’établissent suivant les  conditions de vie de chacun (vie conju- gale et familiale, célibat et veuvage, état  de maladie, activité professionnelle et  sociale) et reposent sur une vie morale  exemplaire (la compétence profession- nelle, le sens familial et civique, et les  vertus qui regardent la vie sociale telles  que la probité, l’esprit de justice, la sin- cérité, la délicatesse, la force d’âme...). Ainsi, Mgr David Macaire demande à  chaque baptisé d’être membre d’une PCE,  d’être le prolongement de l’Eglise-Fa- mille dans son lieu de vie. Car c’est là  que se jouent l’accueil des nouveaux  fidèles dans les cités et dans l’Eglise,  la visite des familles, des malades, des  personnes seules, des EHPAD et hôpi- taux, la célébration de la Messe dans  les quartiers, la prière et la méditation  de la Parole de Dieu, l’aide et l’accom- pagnement des fidèles dans le deuil,  Exhortation aux fidèles du diocèse de la Martinique pour intégrer les Petites Communautés Ecclésiales (PCE)pour intégrer les Petites Communautés Ecclésiales (PCE) « Accueillir et écouter chaque personne « Accueillir et écouter chaque personne  VIE DU DIOCÈSE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 11 l’intégration de la réforme de la catéchèse,  l’encadrement des jeunes du quartier dans  la prière, la méditation de la Parole de Dieu,  la solidarité fraternelle, la préparation des  messes et les moments de convivialité. Mes enfants, les PCE constituent la voie  prophétique pour sortir la Martinique de  la souffrance morale, spirituelle et psy- chologique. Tous ! Engageons-nous pour  embellir la vie et donner de l’espérance à  nos frères et sœurs dans nos quartiers et  dans les familles. Enlevez de votre esprit  l’idée que pour être utile et pour exercer  l’apostolat véritablement, il faut qu’on soit  autour du prêtre à l’autel. C’est archi-faux !  Tous, par notre baptême dans le Christ et les  directives données par le Concile Vatican II,  vous êtes appelés à exercer votre MISSION  dans le monde de ce temps ! La Bienheureuse Vierge Marie, Reine des Apôtres, est l’exemple parfait de cet apos- tolat. Tandis qu’Elle menait sur terre une vie semblable à celle de tous, remplie par les soins et les labeurs familiaux, Marie demeu- rait toujours intimement unie à son Fils et coopérait à l’œuvre du Sauveur à un titre absolument unique. Aujourd’hui où elle est au ciel, « son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèle- rinage n’est pas achevé, et qui se trouvent engagés dans les peines et les épreuves jusqu’à ce qu’ils parviennent à la patrie bienheureuse ». Tous doivent avoir envers elle une vraie dévotion et confier leur vie et leur apostolat à sa sollicitude maternelle 6. Merci. P. Joseph-Pérald Rémy, CSSp  ■ 1 1. Le saint Concile, dans sa volonté de rendre plus intense l’activité apostolique du Peuple de Dieu, se tourne avec une grand\ e attention vers les chrétiens laïcs, dont il rappelle le rôle pr\ opre et absolument nécessaire dans la mission de l’Église. L’apostolat des laïcs, en effet, ne peut jamais manquer à l’Église, car \ il est une conséquence de leur vocation chrétienne. L’Écriture elle-même montre parfaitement (cf. Ac 11, 1926 ,18 ; 21 - ; Rm 16, 116 - ; Ph 4, 3) combien cette activité se manifesta spontanément aux premiers jours de l’Église et combien elle fut féconde. 2 Il y a dans l’Église diversité de ministères, mais unité\ de mission. Le Christ a confié aux apôtres et à leurs successeurs la charge\ d’enseigner, de sanctifier et de gouverner en son nom et par son pouvoir. Mais les laïcs, rendus participants de la charge sacerdotale, prophétique et royale du Christ, assument, dans l’Église et dans le monde, leur part dans ce qui est la mission du\ Peuple de Dieu tout entier. 3 Les laïcs tiennent de leur union même avec le Christ Chef, le devoir et le droit d’être apôtres. Insérés qu’ils sont par le ba\ ptême dans le Corps mystique du Christ, fortifiés grâce à la confirma\ tion par la puissance du Saint-Esprit, c’est le Seigneur lui-même qui les députe à l’apostolat. S’ils sont consacrés sacerdoce royal et nation sainte (cf. 1 P 2, 410 -), c’est pour faire de toutes leurs actions des offrandes spirituelles, et pour rendre témoignage au Christ sur toute la terre. 4 Pour l’exercice de cet apostolat, le Saint-Esprit qui sanctifie le Peuple de Dieu par les sacrements et le ministère accorde en outre aux fidèles des dons particuliers (cf. 1 Co 12, 7), les « rép\ artissant à chacun comme il l’entend » (cf. 1 Co 12, 11) pour que tous,\ et « chacun selon la grâce reçue, se mettent au service des autres\ ». 5 Poussés par la charité qui vient de Dieu, les laïcs pratiquent le bien à l’égard de tous, surtout de leurs frères dans la foi \ (cf. Ga 6, 10), rejetant « toute malice, toute fraude, hypocrisie, envie, toute\ médisance » (1 P 2, 1), entraînant ainsi les hommes vers le Christ. 6 Apostolicam Actuositatem (Vatican II) Agenda de l’Archevêque Dimanche 25 mars : Dimanche des Rameaux • 14h30 : Messe avec la Pastorale des Jeunes à Sainte- Marie • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Lundi 26 mars : • Conseil Diocésain pour les Affaires Économiques Mercredi 28 mars : • 10h : Messe Chrismale à la cathédrale Saint-Louis Jeudi 29 mars : Jeudi Saint • 19h : Messe en mémoire de la Cène du Seigneur à la cathédrale Saint-Louis Vendredi 30 mars : Vendredi Saint • Chemin de croix au Calvaire de Fort-de-France (départ à 10h de la chapelle du Christ-Roi) • 15h : Célébration de la Passion à la cathédrale Saint-Louis Samedi 31 mars : Samedi Saint • 20h : Veillée pascale à la cathédrale Saint-Louis Dimanche 1 er avril : Saint Jour de Pâques • 7h30 : Messe au Centre pénitentiaire de Ducos • 10h30 : Messe à la cathédrale Saint-Louis • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mercredi 4 avril : • Rencontre avec les confirmands des paroisses de Sainte-Luce, Josseaud et Régale à l’évêché Jeudi 5 avril : • Rencontre avec les professeurs de l’ICEA (Institut Catholique Européen des Amériques) à l’évêché Vendredi 6 avril : • 19h : Soirée Festimode au Grand Carbet du Parc Aimé Césaire Samedi 7 avril : • Rencontre avec les confirmands de la paroisse de Saint-Joseph à l’évêch\ é • 17h : Confirmation à la paroisse de Sainte-Marie Dimanche 8 avril : • 9h30 : Ordination diaconale du Fr. Rémy Saint-Prix au Monastère bénédictin de Terreville • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis

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Pas de tête à tête avec Dieu sans coude à coude avec ses frères ! Nous devons tous comprendre que…   Tous les baptisés sont prêtres, prophètes et rois par leur baptême.  Ainsi,  les ministères invisibles exercés par la plupart des fidèles dans leur vie quotidienne manifestent le sacerdoce royal de Jésus-Christ tout autant que les ministères liturgiques.    Tous les chrétiens, en particulier les fidèles les plus engagés, ont besoin d’être entourés de frères qui s’aiment et se soutiennent. Une communauté chrétienne doit être une FAMILLE où chacun est  connu et reconnu. Or, nos communautés paroissiales comptent un  trop grand nombre de fidèles pour vivre concrètement cette réalité.  Les communautés paroissiales doivent se muter en une commu- nauté de familles et de communautés. Ecclesia’M 2020 ! = Ecclesia Ecclesiolarum  (Une communion de petites communautés). Pour devenir des DISCIPLES MISSIONNAIRES, il faut : ➊       Appartenir  à  une communauté  fraternelle  ➋ Faire la rencontre  personnelle de Jésus- Christ dans l’Esprit  ➌ Changer sa vie et  recevoir une mission. Être baptisé dans l’Eglise signifie avoir droit à…   UNE COMMUNAUTÉ FACILEMENT ACCESSIBLE   UN ACCUEIL INCONDITIONNEL DE CHACUN   UNE RECONNAISSANCE PERSONNELLE PAR SON NOM   UN SOUTIEN MUTUEL ET FRATERNEL   UNE RÉELLE PROXIMITÉ DES RESPONSABLES   UN ÉCLAIRAGE BIBLIQUE SUR LA VIE   LA POSSIBILITÉ DE SE METTRE AU SERVICE DES AUTRES ➊   LA VIE FRATERNELLE (accueil/ confidentialité/ écoute/ détente et convivialité/ absence de  jugement/ douceur/ rendez-vous régulier (une fois par mois au moins)/ intergénérationnel/  entraide… ). Présidée par un responsable (homme ou femme) et un noyau de 3-4 personnes, un mandat de 3 ans renou- velable confié par le curé. ➋  LA PRIÈRE (chants/ adoration/ oraison/ Prière du Temps présent/ Messe de la PCE/  Neuvaines/ Rosaire/ marche spirituelle/ louange/ ministère charismatique/ pèlerinages/  animation messe paroissiale...). ➌   L'ÉTUDE DE LA PAROLE  (étude biblique/ témoignage/ invitation de prédicateur/ discussion  sur un thème/ formation au ministère/ visionnage de films ou de documents/ partage…). ➍  LE SERVICE MISSIONNAIRE (visite des personnes âgées et malades/ secours des plus  pauvres/ support des familles ayant des prisonniers/ catéchisme et visite aux familles/  koudmens/ embellissement des quartiers/ évangélisation...). Une réunion de PCE se tient tous les mois, minimum. Elle doit durer une heure et  demi environ et comporte 7 parties (pour les groupes, chorales, mouvements et  services divers, ce type de réunion prend place régulièrement au début d’une activité habituelle. Dans ce cas, la dernière partie  « Action » est remplacée par l’activité propre et habituelle du groupe) :  ➊   Prière de début : Une dizaine de chapelet ou un office divin « prière pour le T emps présent » ou selon le mouvement. ➋  Échange et tour de table : Nouvelles de chacun, de la fraternité, du quartier, de la paroisse, du diocèse, du monde.  ➌ Lectio Divina (Lecture de la Parole) : Les méthodes sont diverses, mais une fiche diocésaine sera proposée dans la Bible  des Antilles et de la Guyane qui sera distribuée bientôt dans le diocèse.  ➍  Partage ou enseignement sur la Parole (si l’un des membres ou un invité a reçu ce ministère de la part du curé). ➎  Prières spontanées et intercession. ➏  Prières les uns pour les autres. ➐  Préparation des prochaines actions et/ou temps convivial (pour les groupes et mouvements, ce sont les charismes  propres aux mouvements qui sont exercés dans cette partie).       (De temps en temps, si le prêtre est disponible, la messe sera célébrée pour la PCE, suivie d’un bwè-manjé) Prolégomènes Slogan Les quatre piliers de la PCE  ➊ Un parcours spirituel  en trois experiences  Être baptisé dans l’Eglise signifie avoir Droits des fi dèles au nom de l’Evangile  Déroulement d’une réunion type                              Feuille de r\bute des Petites Communautés Ecclésiales de Martinique VIE DU DIOCÈSE ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 12

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CÉLÉBRER PÂQUES EN FAMILLE  DOSSIER A près ce cheminement de carême  sur le thème de la famille  qui nous a permis, à la fois,  d’aborder des questions sur le couple,  la femme et l’homme, la vie en Dieu de  la famille, la mission de la famille dans  le monde, et de faire relecture de nos  réalités familiales, nous voilà au seuil de  l’événement clé de notre foi chrétienne :  la mort et la résurrection de Jésus. Malgré  nos faiblesses, nos blessures, nos doutes  et nos questionnements, Dieu fait de nous  un peuple de vivants par sa résurrection.  Dieu fait de nos familles, des foyers de  lumière pour montrer Jésus à nos frères  et sœurs, Jésus ressuscité et vivant qui,  aujourd’hui comme hier, nous pardonne  nos péchés, guérit nos blessures, rétablit  l’unité, fait grandir la paix et la joie dans  nos familles. Alors, comment célébrer la Résurrection  du Christ, sa victoire sur la mort ? Comment  vivre la célébration de la fête de Pâques  qui est l’occasion pour chaque membre  de la famille de renouveler sa profession  de foi baptismale ?Tout cela est signifié par nos prières, par  notre participation active aux célébrations  du Triduum pascal, certes, mais également  par nos traditions culinaires, nos attitudes,  nos façons de nous vêtir, de décorer, de  fleurir, de fêter… Quelques familles ont  accepté de témoigner de leur façon de  vivre et de célébrer Pâques : qu’elles en  soient bénies et remerciées ! Alain et Béatrice Arnauld,  délégués diocésains à la Pastorale Familiale  ■ L ’apôtre St Paul nous dit dans l’épitre  aux Romains : « Par le baptême,  nous avons traversé la mort  avec lui. Avec lui, nous sommes vivants  pour toujours ». L’histoire du dimanche  commence ainsi avec la résurrection du  Christ, le jour de Pâques. En effet, dès les  premières communautés chrétiennes,  le dimanche s’impose comme le jour  de rassemblement des fidèles : « Le  premier jour de la semaine, alors que  nous étions réunis pour rompre le pain,  (…) Paul adressait la parole aux frères. »  (Ac 20, 7). En quoi cela concerne-t-il les  familles ? La résurrection du Christ est  le cœur de la foi chrétienne.  Notre Dieu  est du côté de la Vie, il a vaincu le mal, il a  vaincu la mort. Toute famille chrétienne  a pour fondation le Christ Ressuscité.  C’est pourquoi à la suite du Christ qui  a pardonné sur la croix, nos familles  doivent être des lieux de pardon et de  réconciliation. A la suite du Christ qui a  donné sa vie pour nous sauver du péché,  nos familles doivent être des sanctuaires  où la vie naissante est protégée, où la  fin de vie est accompagnée. A la suite  du Christ qui a prié son Père et notre  Père, nos familles doivent être des écoles  de prières où chacun, en se tournant  vers Jésus, avec l’aide des uns et des  autres, fait l’expérience personnelle de son amour inconditionnelle. A la suite  du Christ qui a souffert pour nous, nos  familles doivent être des lieux où celui  qui est faible, malade ou différent est  accueilli avec compassion et respecté  dans sa dignité.  Pâques c’est un peu comme un phare  dans la nuit qui guide chaque jour nos  familles dans un monde en manque  d’espérance. Alors, les yeux fixés sur le  Christ ressuscité entrons, en famille, en  Eglise, dans le combat victorieux de Dieu.  P. Wilfried Bannais, Délégué épiscopal à la Pastorale Familiale  ■ Au matin de Pâques, les Apôtres ont découvert quelque chose d’inouï : le tombeau où l’on  avait enseveli le corps de Jésus est vide. Dieu a ressuscité Jésus, c’est-à-dire qu’il était  mort,  et  qu’il  est  vivant  pour  toujours.  En  quoi  cela  nous  concerne  ?  Eh  bien,  la  Bonne  Nouvelle est que nous croyons que nous sommes\h ressuscités avec Jésus.  Le Christ est ressuscité… il est vraiment ressuscité ! Alléluia !! ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 13

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CÉLÉBRER PÂQUES EN FAMILLE  DOSSIER Serge et Agnès Laury et Jonathan Cette année 2018, la montée vers Pâques a commencé le Mercredi des Cendres (Vendredi pour notre paroisse) comme d’ha- bitude ; à ceci près que nous avons dû expliquer à notre fils Lenny de 3 ans et demi, le sens des cendres apposées sur notre front. Nous faisons aussi découvrir à Lenny le sens du Carême et Pâques à travers un calendrier en images à colorier les mercredis et dimanches, reçu à l’Éveil à la Foi. Ces images montrent les différentes attitudes et actions à avoir dans la vie d'un chrétien (la prière, le partage, le pardon…). Nous méditons aussi chaque jour la Parole de Dieu à l'aide du livret de Carême. Enfin, tout au long de cette monté vers P âques, nous partageons un temps particulier avec « Saint-Joseph » cette année, qui est venu touché le cœur de notre famille. Ce qui nous a conduit à chercher à le découvrir, le prier à travers le livre « Un mois avec St Joseph ». Pâques a aussi un côté traditionnel, de par notre culture, du poisson les vendredis, la bonne « soupe zabitan » et ses accras le vendredi saint après l'office de la Passion qui rompt notre jeûne, le bon gigot d'agneau le dimanche de Pâques et notre bon « Matoutou » le lundi de Pâques. Géraud, Stévia et Lenny Avec des enfants en bas-âge, j’essaie d’adapter la Liturgie du Carême pour eux. Cette année, pour commencer notre Carême, nous avons accueilli durant une semaine le tableau de la Divine Miséricorde : de nombreux moments de qualité avec les enfants et prier avec des amis, voisins et famille. Autre exemple, notre effort du vendredi de Carême que je propose aux enfants : pas de pâte à tartiner chocolatée au petit- déjeuner ! Avec des cousins et amis de leur âge, quand cela est possible nous faisons un chemin de croix adapté dans le jardin le Vendredi saint. Le samedi, la maison est rangée pour que rayonne le Christ le dimanche !!! Et le dimanche, c’est dans de beaux habits que nous vivons l’eucha- ristie pascale avant le déjeuner en famille avec les grands- parents. Avec un papa « crabier » et une ‘Mamie- Jo’ spécialiste de ‘matoutou’, les enfants ont vécu dès leur plus jeune âge dans cette tradition des crabes : nourrir, nettoyer, vendre… et déguster !!! Personnellement, je n’ai pas pour habitude de fleurir la maison. Toutefois, la grâce m’a souvent été donnée de recevoir en cadeau des fleurs ou de prévoir une composition pour ma mère pour qui cela est important. Frédérique Anne, Maureen et Mathis Mathurin et sa famille Pâques est pour moi le temps le plus important de l’année liturgique. J’aime beaucoup cette fête ! Je vis tous les temps forts de la Semaine sainte avec ma famille. A Pâques, c’est pratiquement la seule période où je rencontre mes sœurs et frères autour d’un bon repas programm\ é de longue date. Chacun sait à l’avance ce qu’il doit apporter pour que le repas soit complet (de l’entrée au dessert, de l’apé\ ro au diges- tif). Nous ne manquons de rien ! Nous avons gardé cette coutume qu’avaient nos parents de nous retrouver autour d’une grande table dans la maison familiale, pour discuter, raconter des anecdotes de notre enfance. Nos enfants se retrouvent, et ils sont toujours heureux. C’est la joie dans la famille chaque année, et pour rien au monde, je ne manquerai ce moment en famille. Durant ce temps de Carême, nous avons préparé nos cœurs aux fêtes de Pâques. La prière familiale du dimanche soir a été plus profonde et nous a permis de nous recentrer sur le message du Christ et sur son action au quotidien dans notre famille. Elle a été égale- ment l’occasion d’expliquer à nos filles la nécessité de rester connectées à Notre Seigneur Jésus dans toutes leurs situations de vie. Lors de la Semaine Sainte, nous participons à la dernière Cène et au lavement des pieds le Jeudi Saint. Puis le Vendredi Saint nous jeûnons (pas de "macayage", exception faite des traditionnels accras), nous vivons le chemin de croix organisé par notre paroisse et à 15h, nous assistons à la célébration de la Passion et de la Croix. Le Samedi Gloria, nous prenons part à la Veillée pascale pour mieux accueillir la Résurrection de Notre Seigneur le lendemain. Le lundi de Pâques, nous nous réunissons à la maison en famille (parents, frères et sœurs, oncles) autour d’un bon matoutou. Après avoir préparé au mieux notre chemin vers Pâques, par le respect des piliers du carême, pratiques des sacrements, prières et partage, on s'arrange toujours pour se rendre disponible afin de ne rien rater du triduum pascal. C'est un moment fort, et nous voulons le vivre de façon intense, nous les parents au service de notre paroisse, et notre fils cadet qui est servant d'autel veut toujours remplir sa mission durant ces jours saints. Cela fera la deuxième année que notre fils aîné (étudiant), célèbre Pâques sans nous, malgré l'éloignement, il continue à le commé- morer, et cela nous met beaucoup de joie dans le cœur. Nous clôturons cette belle semaine, en famille élargie, avec un repas composé de coq local, haricots rouges et légumes pays ; dans une maison joliment décorée des fleurs du jardin : Anthurium, Multipliant, Alpinia, et Oiseaux du para- dis. Durant ce temps de Carême, nous avons préparé 2018, la montée vers Nous clôturons cette belle semaine, en famille élargie, avec un repas Maxime et Danièle Coline et Claire Quel\bues  témoignages ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 14

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L’Art culinaire de Pâ\bues  en famille  En dehors de Noël qui rassemble toute la  famille, Pâques est l’occasion de préparer  de savoureuses recettes d’agneau le  dimanche et de crabes le lundi pour toute  la famille. Et se rassembler en famille  autour de la table fait partie de ces rituels  incontournables. Le repas de Pâques demande une  vraie organisation, un budget calculé  plus largement que d’ordinaire et la  participation de toute la famille à des  degrés divers (dresser la table avec une  jolie vaisselle, pas celle de tous les jours  pour les enfants, cueillir un bouquet et  décorer la table avec des serviettes et une  jolie nappe pour les adultes …), lancer  les invitations… La veille, dans l’après-midi, avant de me  préparer pour la veillée pascale, j'entoure  mon gigot d’un mélange d'épice (ail,  oignon, thym finement haché, poivre,  sel et jus d’orange sûre), je l’enroule dans  du film transparent et au réfrigérateur  jusqu'au lendemain. Le temps du repas est un moment  d’échanges très important dans la vie  d’une famille. Nous passons chaque  fois un bon moment avec la prière du  bénédicité au début et d’action de grâce  à la fin du repas et entre, beaucoup de  rires et d’anecdotes dont nous parlons  longtemps après.  C’est l’occasion pour nous de nous  souvenir du repas du dimanche de  Pâques de notre enfance, préparé  par mon père. Nous avons toujours  eu à table du mouton ou de l’agneau  et plus précisément du gigot d'agneau,  accompagné d’igname ou d’un gratin  de légume ou de pâtes. Enfants, nous  ne savions pas pourquoi à chaque fête,  un repas ou une viande particulière  était servie, et certainement mon père  perpétuait une tradition culinaire plus  par gourmandise, il était fin gourmet,  que par désir de commémorer la mort  de notre Seigneur. Cependant aujourd’hui, grâce à notre  cheminement spirituel, nous sommes  conscients que si l’agneau est servi le  Dimanche de Pâques c’est pour rappeler  le sacrifice de l’agneau sans tâche, notre  sauveur Jésus-Christ.  Après la messe du dimanche de Pâques  en famille, nous nous dépêchons de  rentrer pour les derniers préparatifs.  Enfourner le gigot qui cuira pendant deux  heures au moins ce qui laisse le temps  de préparer l’entrée et les autres plats. Ce repas est en général préparé par ma  mère ou par moi depuis le décès de mon  père, et est partagé en famille élargie :  époux, enfants, maman, sœurs, neveux  dans une ambiance très chaleureuse et  tolérante. C’est surtout de cela dont j’ai envie que  mes enfants se souviennent : les rires et  le bonheur d’être tous réunis et que tout  ça, c’est l’œuvre du Seigneur. Nadiège et sa famille L’Art Floral de Pâ\bu\tes Prière avant la realisation d’un bouquet liturgique Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as créées : Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l'homme, pour que tu te soucies de lui ? (P SAUME 4 -8 ET 5 ). Je veux chanter, je veux jouer pour toi. De tout mon art, soutenir l’ovation,  (P S 32.3 ). Car un jour près de toi vaut mieux que mille ailleurs  (P S 10 -84 ). Tu es digne, ô notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance, car c'est toi qui créas l'univers ; par ta volonté, il n'était pas et fut créé.  (A POCALYPSE 11 -4). C'est toi qui m'a donné …les changements des saisons…les variétés de plantes et les vertus des racines (Sagesse 17 - 7 à 20 ). L'herbe se dessèche, la fleur se fane, mais ta parole, mon Dieu, subsiste à jamais (E SAÏE 8 -40 ). Ainsi, comme l'encens je voudrais répandre une bonne odeur, fleurir comme le lys, donner mon parfum, chanter un cantique, bénir le Seigneur pour toutes ses œuvres   (E CCLÉSIASTIQUE 14 -39 ). Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie ; - car la Vie s'est manifestée : nous l'avons vue, nous en rendons témoignage. (1 J EAN 1.2 -1). Qu’éclate dans l’Eglise la joie des fils de Dieu ! (Louange pascale) Réalisation de l’Atelier d’Art Floral de la paroisse du Lamentin Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez les réalités d’en haut (Colossiens 3.1) Réalisation de l’Atelier d’Art Floral de la paroisse du Lamentin ‘‘ Merci   S eig neur   pour   nos   of f randes ,   viens   cons olider   l’œuvre de nos mains ? ‘‘   ‘‘ l’œuvre de nos mains ? Prière composée par Eliane ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 15

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Paroisses Dimanche des Rameaux et de la Passion Jeudi Saint Sainte Cène Vendredi Saint Office de la Passion Samedi Saint Veillée + messe Dimanche de Pâques Ajoupa-Bouillon 8h 19h 15 h 19h 8h Anses d’Arlet 10h 19h 15 h 19h 10h Anse Mitan 9h3018h ------------ 18h 9h30 Balata 7h – 9h3018h30 15 h 19h 9h30 Basse-Pointe 7h30 20h 15 h 20h 7h30 Bellefontaine 9h30 19h 15 h 19h 9h30 Bellevue 7h – 9h30 – 18h 15h (jeunes) 19h 15 h 19h 7h - 9h30 – 18h Carbet 8h 19h 15 h 20h 9h Case-Pilote 7h30 19h 15 h 19h30 7h30 Cathédrale 7h30 – 10h30 19h 15 h 20h 7h30 - 10h30 Coridon 9h 19h 15 h 19h 10h De Briant 8h 18h30 15 h 19h 9h Diamant 8h 18h30 15 h 19h 9h Ducos 6h30 – 9h 18h 15 h 19h 6h30 - 9h Emmaüs 8h ------------ 15 h ------------ 8h Fonds-Saint-Denis 9h30 19h 15 h 19h 9h30 Foyer de Charité 9h 20h 15 h 20h 9h François 7h – 9h30 – 18h 18h30 15 h 19h 7h - 9h30 Grand-Rivière 10h 18h 15 h 18h 10h Gros-Morne 6h30 – 18h 19h 15 h 20h 7h - 10h Josseaud 10h 18h30 15 h 18h30 10h Lamentin 6h - 8h30 - 10h30 15h (jeunes) 19h 15 h 19h 6h - 8h30 Lorrain 7h – 9h3018h15 h19h7h - 9h30 Macouba 10h19h 15 h 19h 10h Marigot 7h (Dominante) 10h (Bourg) 18h15 h19h7h (Dominante) 9h30 (Bourg) Marin 9h 18h 15 h 21h 9h Morne-des-Esses 7h19h 15 h 19h 7h - 10h30 (Pérou) Morne-Rouge 8h30 19h 15 h 19h 8h30 Morne-Vert 8h19h 15 h 19h 8h Prêcheur 8h 19h 15 h 19h 8h Redoute 7h – 9h3016h (jeunes) 19h 15 h 19h 7h - 9h30 Régale 7h 18h30 15 h 19h 7h30 Rivière-Pilote 8h9h (catéchèse) 18h30 15 h 18h30 8h Rivière-Salée 7h (Petit-Bourg) 9h30 (Gd-Bourg) 18h30 (Petit-Bourg) 18h30 (Gd-Bourg) 15h (Petit-Bourg) 15h (Gd-Bourg) 19h (Petit-Bourg) 19h (Gd-Bourg) 7h (Petit-Bourg) 9h30 (Gd-Bourg) Robert 6h30 – 9h – 18h 18h30 15 h 20h 7h - 9h -18h Sainte-Anne 9h 19h 15 h 18h30 9h Saint-Christophe 6h15 – 9h 18h30 15 h 20h30 8h30 – 10h30 Saint-Esprit 8h 18h 15 h 19h 8h Saint-Joseph 18h le samedi 8h 19h 15 h 19h 8h Sainte-Luce 8h 18h30 15 h 18h30 8h Sainte-Marie 6h30 – 9h 15 h (jeunes) 19h 15 h 19h 7h – 9h Saint-Pierre 7h 20h 15 h 20h 7h Sainte-Thérèse 9h30 18h30 ------------ 20h30 10h Schœlcher 7h (Bourg) 9h (La Résurrection) 16h (La Résurrection) 19h (Bourg) 15 h (La Résurrection) 18h (Bourg) 19h30 (La Résurrection) 7h (Bourg) 9h (La Résurrection) 10h30 (Fond Lahaye) Tartane 9h30 18h 15 h 19h 9h30 Terres-Sainville 8h 18h30 15 h 19h 8h Trinité 7h30 – 9h30 18h 15 h 19h 7h30 - 9h30 Trois-Ilets 7h 19h 15 h 19h 8h Vauclin 8h 18h30 15 h 19h 9h Vert-Pré 7h30 19h 15 h 19h 8h Horaires des célébrations de la Semaine Sainte 2018 ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 16

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? Question Quel est le fondement biblique de la procession des Rameaux lors du dimanche des Rameaux ? Cette fête fait référence à l’entrée  triomphale de Jésus dans la ville de  Jérusalem. Mais c’est aussi à Jérusalem  qu’il vivra sa passion. Les évangiles  racontent qu’une grande foule accueille  Jésus avec des branches (de palmier  précise Jn 12,13) 1 et en déposant leurs  vêtements sur son chemin. Cette entrée  triomphale accomplit la prophétie de  Zacharie 9,9 laquelle décrit l’avènement  du roi-Messie tant attendu par Sion dans  un climat d’allégresse, et réjouissance. Le  symbole de l’ânon signifie que la royauté  de Jésus s’exerce dans l’humilité et la  miséricorde. Cette manière d’acclamer avec les rameaux était-ce une pratique répandue chez les juifs ? L’usage des rameaux est évoqué en  2M10,1-7 lors de la purification du second  Temple. Mais l’usage des rameaux accompagne  surtout les fêtes de pèlerinage dans le  monde juif, notamment la fête des tentes,  en référence au bon temps de l’Exode.  Le juif, pour l’occasion, confectionne un  bouquet, appelé Loulav. Le Loulav est constitué de quatre espèces  de végétaux : le cédrat, la myrte, le  palmier et le saule.  Ces quatre espèces symbolisent quatre  types de Juifs, ayant différents niveaux de  connaissance de la Torah et de pratique. 2 Le Loulav représente ainsi les différentes  catégories de personnes qui composent  l’humanité. Le psaume 117 fait aussi  allusion à l’usage des rameaux au verset  27. Le psalmiste célèbre la fidélité du  Seigneur, son rocher et n’envisage pas  cette fête sans un cortège avec des  rameaux en main (Ps 117,27). L’usage des rameaux, pour marquer  l’aspect festif de certains événements,  est donc assez répandu et dans le cas  qui nous intéresse, à savoir l’entrée  triomphale de Jésus à Jérusalem, il est  significatif : la présence de Jésus vient  combler une longue attente ; voici enfin  le règne davidique tant attendu.  La bénédiction et la procession des  rameaux fait mémoire de cet accueil  de Jésus comme roi-Messie, mais le  chrétien sait que Jésus a toujours fui la  foule quand celle-ci a cherché à le faire  roi… à la manière du monde. Il sait que  la royauté de Jésus n’est pas de ce monde.  Lors du dimanche des rameaux, encore  appelé dimanche de la passion, il est  déjà tourné vers la Passion et le Salut  que nous vaut le sacrifice de Jésus. En  effet, l’acclamation de Jésus se déroule  sur un chemin ; lequel annonce un  autre chemin, celui qui conduira Jésus,  couronné d’épines et portant sa croix,  au Golgotha.  Le rameau béni rappelle l’ensemble de  cette réalité. Il rappelle également le  chantier qu’est notre humanité. Notre foi  se limite tantôt à des paroles, parfois elle  parvient à se traduire en acte, à d’autre  moment il n’y a ni parole ni acte.  Faut-il avoir un rameau béni chez soi ? Pour les raisons évoquées ci-dessus, on  ne peut pas jeter le rameau béni comme  n’importe quel objet 3. Il aide à faire  mémoire. Le garder chez soi, par exemple  attaché à un crucifix (belle image : le  rameau béni rappelle l’humanité et le  crucifix le règne du Christ) 4, c’est garder  présent dans sa vie la mémoire de ce  combat victorieux mené par le Christ  dans l’humilité, la détermination et  l’obéissance totale au Père pour le salut  du monde. Il rappelle le poids de la croix  dans l’histoire de l’humanité, il rappelle  que l’amour est toujours victorieux. Le  dimanche de la passion ouvre la Semaine  sainte et conduit le croyant à Pâques. Le rameau béni invite aussi à se méfier  de la vaine gloire ou de la reconnaissance  par les hommes. Dans la même ville, en  effet, Jésus a été acclamé puis crucifié. Pour ces différentes raisons, avoir  un rameau béni à la maison s’avère  intéressant. Non pas pour toutes les  superstitions qu’on peut y attacher  (protection et pouvoir magique, etc.)  mais pour accueillir le règne de Jésus  Christ dans notre quotidien. C’est ce  règne qui garantit le Salut. Père Hugues Lafine et  Eve-Lyne Bazin  ■ La tradition du dimanche des Rameaux veut que l’on se rende à l’église avec un rameau à la main  pour le faire bénir, et participe\hr à la procession rendant un hommage so\hlennel au Christ Roi. 1 (Cf. Mat 21,1 9- ; Mc 11,1 10- ; Lc 19,2840 - ; Jn 12,1215 -). 2 Le cédrat à un bon goût et une bonne odeur. Il représente les personnes qui possèdent la connaissance (le bon goût), c’est-à-dire qu’elles ont étudié la Torah et accomplissent de bonnes actions (bonne odeur). La myrte a une bonne odeur mais elle n’est pas comestible. Elle représente les personnes qui accomplissent de bonnes actions mais n’acquièrent pas la connaissance. Le palmier est comestible mais n’a pas d’odeur. Il renvoie aux personnes qui possèdent la connaissance mais ne font pas de bonnes actions. Le saule n’a ni goût ni odeur. Il représente les personnes qui, elles n’étudient pas la Torah et ne font pas de bonnes actions. 3 Selon le Code de droit canonique, les objets bénis ne doivent pas être jetés à la poubelle, mais traités avec respect (cf. no1171 : « Les choses sacrées qui sont destinées au culte divin par une dédicace ou une bénédiction seront traitées avec respect et ne seront pas employées à un usage profane ou impropre, même si elles sont la propriété de personnes privées »). 4 A chacun de donner du sens : Pétèt prézans Jézikri an Tchè limanité. La tradition du dimanche des Rameaux veut que l’on se rende à l’église avec un rameau à la main  ‘‘ ‘‘ AN TCHÈ LÉGLIZ-LA Est-ce nécessaire d’avoir un rameau béni chez soi ? ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 17

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L’Institut Catholique Européen des Amériques (ICEA) annonce l’ouverture des inscriptions à l’école de Sciences P\ olitiques et Ecologie Humaine « Thomas More », via son site Internet www.icea-edu.fr Inscription pour cette première session à effectuer avant le 30 mars. La rentrée a lieu le mardi 18 septembre 2018. Contact téléphonique : 05 96 37 37 07 du lundi au vendredi, de 7h à 19h. Journées Caribéennes de la Jeunesse (JCJ) : Martinique terre d’accueil Vous avez été nombreux à répondre "oui" pour accueillir les jeunes venant de la caraïbe dans le cadre des JCJ, et nous vous en remercions. Cependant, il nous manque encore des familles d'accueil. Tous ceux qui ont accepté d’être « Famille d’accueil » et tous ceux qui souhaitent le devenir sont inv\ ités à une importante réunion d’information, le vendredi 6 avril 2018, à la salle paroissiale de Rivière-Salée, à 18h30. Cette réunion concerne les familles du district Sud et Grand Sud (Du\ cos, François, Rivière-Salée, Régale, Saint- Esprit, Vauclin, Anses-d’Arlet, Diamant, Josseaud, Marin, Rivière-Pilote, Sainte-Anne, Sainte-Luce et Trois-Ilets). COMMUNIQUÉS V ictorine, Juliette Goujon, est  née le 26 janvier 1927 au  Vauclin, Martinique. Le 8 juillet  1963, elle entre dans la Congrégation  des Sœurs de Saint Paul de Chartres  où elle revêt l’Habit le 28 août 1964,  et s’appelle désormais Sr Claire  d’Assise. Novice, elle continue son  cursus à la suite du Christ et prononce  ses premiers vœux le 28 août 1966,  puis les vœux perpétuels, le 28 août  1971. Femme d’intérieur, très posée,  attentive aux besoins des autres,  son apostolat s’exercera plus  sous  forme de modèle relationnel dans les  différentes paroisses où elle passera  (Sainte-Marie, Noviciat, Terres Sainville,  Terreville, St Barthélémy…). En 2003,  notre Sœur rentre définitivement à la  Maison Provinciale où elle continue  avec dévouement à servir à l’infirmerie,  comme une tendre mère malgré son  handicap physique.  Témoignage de Sr Viviane : « Sœur Claire a été pour moi et pour tous les jeunes de Terreville une personne très importante dans notre évolution dans la vie religieuse. En effet, c’est avec elle que nous avons cheminé dans l’initiation chrétienne. Nous retiendrons d’elle une personne patiente, calme, souriante et généreuse... A chaque temps fort, elle organisait des petites fêtes. C’était une très grande joie pour nous ! Nous te disons merci pour tout cet amour partagé. Ton sourire sera notre souvenir. » ■ R ufine, Camille Bonne, est née  le 20 août 1915, à Saint Joseph  (Martinique). Le 2 février  1939, elle entre dans la Congrégation  des Sœurs de Saint Paul de Chartres,  et revêt l’Habit le 17 août 1943. Elle  s’appelle désormais Sr Camille  du Sacré-Cœur. Le 25 septembre  1945, Sœur Camille du Sacré-Coeur  prononce les voeux temporaires, puis  les vœux perpétuelsle 25 septembre  1950.  Cuisiner pour les malades,  les soigner, être à leur service était  la mission de notre Sœur dans les  différentes maisons où elle était  envoyée (Hôpitaux du Lamentin, des  Trois-Ilets, Lorrain, Trinité, Asile des  vieillard…). En 1985, Sœur Camille  rentre définitivement à la Maison  Provinciale pour des raisons de santé. Elle avait, avec un  radieux sourire,  ce leit motiv :  « géri pa, mouri pa, man la ka atann, saw lé fè ! A la volonté de Dieu ! Man ni chaplé mwen, sé pou prié ba tout moun ! Sé sa selman man pé fè ! A la volonté de Dieu, sé li ki Mèt, fok nou fèy konfians ».  ■ Sœur Claire d’Assise Goujon 26 janvier 1927 – 7 \nfévrier 2018 * * * * Sœur Camille du Sacré- Cœur Bonne 20 a\bût 1915 – 10 f\névrier 2018 VERS LA VIE ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 18

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ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\h MARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Ré\hvérend Père PinchonBP 58\b - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\hX Téléphone : 0\b 9\b 310\h 333 - E-mail : mic\hhel.pouch@wanadoo.fr oui ,  je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer  sur les possibilités de legs, donations et assurances-vie à l’Association Diocésaine. oui , je  souhaite  être  contacté  pour  un  rendez-vous  au  Service  des  legs  et  donations ou à mon\- domicile. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’espérance en héritage Mes coordonnées  ❏ Mme ❏ Melle    ❏ M. Nom  Prénom Adresse   Code postal Ville  Téléphone E-mail Paroisse  (facultatif) DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\hINIQUE a désormais son site Web Depuis le 23 avril 2017, Mgr Macaire a lancé officiellement le site Web d’ECCLESIA'M 2020 ! Pour le consulter : http://www.ecclesiam2020.fr E CCLESIA 'M 2020 ! Samedi 7 avril 2018 Districts Départ : 6h Arrivée : vers 10h District de FDF Centre Est Eglise de Saint Christophe Eglise Emmaüs District de FDF Centre Ouest Eglise Saint Antoine des Terre-Sainville Chapelle de Trénelle-citron District du Grand Nord L’Oratoire de VivéEglise de L’Immaculée Conception (Ajoupa Bouillon) District du Grand Sud Eglise Saint Henri des Anses d’Arlet Chapelle de la Salette (Petite Anse) District du Nord Atlantique Eglise St Paul du Morne-des-Esses Chapelle de Pérou District du Nord Caraïbe Eglise N-D de la Délivrande (Morne rouge) Les Jardins D’Emeraude District du Sud Eglise Notre Dame de la Nativité (Ducos) Chapelle du quartier Bac Dans le cadre du 5 ème grand chantier synodal E CCLESIA ’M 2020 !, l’Association des pèlerins et militants de la foi « APMF » vous propose, pour améliorer votre santé et votre bien-être spirituel, de participer à des marches tout au long de l’année 2018. Marchez en toute amitié et convivialité dans le district de votre\ choix. Venez montrer JESUS partout en MARTINIQUE personnellement et en Eglise. Que toute la Martinique soit en route !!! Prochaine marche : samedi 21 avril 2018 – Contact : l’APMF Tél. : 0696 86 46 46 ECCLESIA ’M 2020 ! 5 ème chantier « Santé & Bien-être » - Eglise en Route - 99.5 - 101.3 et 105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.comTél. : ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mars 2018 – n° 562 19

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Le Christ est ressuscité des morts,par la mort il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie !

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