563 - Jésus Sauveur des Hommes !

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E g lise en MARTINIQUE N° 563 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 8 avril 2018 J é s u s S a u v e u r d e s H o m m e s !

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EDITORIAL 2 MÉDIAS 23 3 3 DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com VERS LA VIE 222 L e mystère de la résurrection de Jésus continue son œuvre dans l’Église. Ce deuxième dimanche de Pâques est pour toute l’Eglise celui de la miséricorde. L’Evangile d’aujourd’hui nous y invite. Comme le souligne le pape François\ , l’Évangile est le livre de la miséricorde de Dieu, à lire et\ à relire, parce que tout ce que Jésus a dit et accompli est une expression de la miséricorde du Père. Le premier don du Ressuscité, n’est-ce pas celui de la paix… la\ paix intérieure qui chasse la crainte et le doute ? Nous sommes désormais les messagers de sa miséricorde divine et porteurs de l’Esprit libérateur qui donne la vie. Ainsi, comme Marie à l’Annonciation (fêtée ce 9 avril), accueillons la Bonne Nouvelle, et apprenons à nous ouvrir à l’amour de Dieu. Des jeunes en font l’expérience régulièrement dans notre diocèse. « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé\ grâce auprès de Dieu» : Tel était le thème de leur rassemblement, le dimanche des Rameaux, à l’occasion de la 33ème Journée Mondiale de la Jeunesse. Une rencontre pleine d’espérance, prémices des prochaines Journées Caribéennes de la Jeunesse qui se dérouleront en Juillet en Martinique. Conférence-débat, effusion de l’Esprit… les hommes sont, par\ ailleurs, le centre de toutes les attentions. Quoi de plus normal, puisqu’ils ont un rôle pastoral au sein de la cellule familiale, lieu où ils doivent mettre « le sel et le levain » de la foi. \ Ils doivent y montrer l’exemple par leur vie de tous les jours. C’est\ ainsi, par conséquent, que l’autorité que Dieu leur a donnée\ sera respectée par les membres de leur foyer. Saluons donc la réflexion menée par l’OSPEM, et tout le travail qu’effectue \ la Pastorale des hommes pour "Donner Dieu aux hommes et les hommes à Dieu". Le Mot de Mgr Macaire, intitulé Mi Nonm lan, est à ce sujet très édifiant. L’évêque nous invite à faire plus confiance aux hommes. Un homme était particulièrement sous le feu des projecteurs le dimanche de la Miséricorde 2015 : il s’agit de Mgr Macaire. Déjà 3 ans d’épiscopat, et d’aucuns se souviennent encore\ de cet événement qui a marqué l’Eglise qui est en Martinique. Chaque année depuis, nous partageons avec vous le travail réalisé par l’évêque dans le diocèse. Dans le dossier \ présenté aujourd’hui, après une rétrospective introduite par le Secrétaire général de la Communication, nous donnons la parole à des journalistes. Rendons grâce pour les religieuses qui, à 15 jours de la 55 e Journée de prière pour les vocations, lancent un sondage sur la vie religieuse : « An nou palé ! 2 mo ! 4 pawol ! ». Merci d\ ’y participer largement. Dans cette octave de Pâques, comme Thomas, entrons dans la joie de la foi. Jésus est vivant, il est ressuscité ! Il nous rejoint pour nous apporter sa paix ! Mettons fermement nos pas dans les siens ! Justine Lordinot ■ S ommaire EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE • Mi Nonm lan ! LITURGIE VIE DU DIOCÈSE EGLISE UNIVERSELLE\C • Parole domini\bale • L’Annon\biation •  33 ème  Journée Mondiale de la Jeunesse •  Conféren\be-débat sur le rôle et la pla\be  du père martiniquais •  400 hommes plongés dans le feu  du Saint-Esprit •  Saint Joseph,  patron de nos établissements •  Les jeunes des 1 ères  et 2 èmes  années  du \bheminement en ré\bolle\btion •  Mgr David Ma\baire à l’é\boute des futurs  \bonfi  rmands du distri\bt Grand-Nord • Ré\bolle\btion de \barême de l’ACPM • Sondage sur la vie \!religieuse •  Conféren\be-débat sur l’es\blavage  et la souffran\be - A\bte 1 •  Commémoration de l’abolition de   l’es\blavage dans le Distri\bt Nord-Atlantique • Agenda de l’Ar\bhevêque •  Troisième anniversaire d’ordination  épis\bopale de Mgr David Ma\baire • Quelques témoignag\!es •  Soeur Marie-Germain \!Haustant •   Messe du diman\bhe de la Di\!vine Miséri\borde Homélie du pape François 3334 3333 2222 21 9 11 12 12 13 14 15 16 20 5 6 1919 17 7 8 Doss\ber  :  MGR MACAIRE :  3 ANS D’ÉPISCOPAT

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L es modèles masculins négatifs ne manquent pas chez nous : du ti-boug cireur au vieillard aca- riâtre, du ti-mal coureur à l’adulte infi- dèle, du gars farceur au père absent… Que de mères, d’épouses, de fils et de filles souffrent de la blessure masculine de notre société ! La triste réputation des hommes antillais est relayée à plaisir par le malpalé local. Les milans sur les lâche- tés, les mensonges, les adultères ou les violences, jettent un opprobre tenace, et parfois mérité, sur la gente masculine de nos îles. Cette situation est-elle une fatalité, voire une malédiction irréversible ? Peut-être pas, si l’on considère enfin ce qu’est un homme, ou plutôt comment on devient un homme. De même qu’avant d’avoir leur voix grave, ils doivent assumer le timbre fluet de petit garçon, les jeunes gens n’acquièrent la pleine maturité d’adulte qu’en affrontant la faiblesse de l’ado livré aux passions de la jeunesse (2 Tim 2,22) : ils grandissent par des conversions successives. Tous les hommes de la Bible nous montrent ce chemin qui passe de la bassesse à la sainteté, de la faute au pardon. Jésus, modèle de ceux qui sont appelés à « constituer cet Homme parfait, dans la force de l’âge » (Ep 4,13), a suivi ce chemin par sa Passion volontaire : avant d’être exalté et fait Seigneur par son Père, Il a voulu prendre la condition des hommes et s’humilier jusqu’à la mort de la croix (Ph 2,8). « Tout fils qu’il était, il a dû apprendre par ses souffrances l’obéissance » (Hb 5,8). Il s’est donc principalement montré Lui-même en Homme Humilié et Crucifié (ni en Enfant de la Crèche, ni en Adolescent au Temple, ni en Baptisé du Jourdain, ni en Prédicateur ou en Thaumaturge, ni en Transfiguré, ni même en Ressuscité)… C’est dans sa Passion qu’on dit : « Voici l’Homme » (Jn 19,5) et que le centurion s’écrit : « Vraiment cet Homme était le Fils de Dieu ! » (Mc 15,39). Le fameux « Ecce Homo » (Mi Nonm lan !) désigne donc Jésus enchaîné, flagellé, couronné d’épines, ridiculisé par un manteau de pourpre. Sans chercher à excuser la litanie des turpitudes masculines locales, disons que le passage par la case « bêtise et wont » ou plutôt la case « expérimentation humiliante de la faiblesse » est nécessaire à la maturation des jeunes hommes. Mais voilà, en Martinique, le paradigme féminin est si puissant qu’on attend des garçons une perfection à croissance linéaire comme les filles. Leurs indispensables passages à vide sont mal compris et, surtout, très mal gérés. Notre système éducatif avec sa mixité permanente et sa féminisation exclusive (mères, professeures, catéchistes) donne rarement l’occasion aux jeunes hommes de déconner entre eux… sauf au sport et dans la rue (!). Privés d’une parole d’autorité masculine qui les relève et qui leur dise : « Ti bolonm, tu as été idiot, mais je suis passé par là moi aussi ; aie confiance, tu peux te relever », se sentant dominés par le modèle féminin et méprisés en raison de leurs écarts (sans parler des péchés de leurs pères dont ils portent inconsciemment l’héritage néfaste), les fils, découragés, s’enferment dans les vices et ne se relèvent plus… Sauf si on leur fait enfin confiance. Je sais que les femmes ont bien des raisons pour ne pas le faire. Mais la Vierge Marie n’a-t-elle pas espéré contre toute espérance pendant la Passion de son Fils, lorsque Pilate disait : « Mi Nonm lan ! » !? N’est-ce pas parce que Jésus a des plaies et que son côté est transpercé que Marie-Madeleine se jette à ses pieds, que Thomas le reconnaît comme son Dieu-Sauveur et que se répandent sur nous les grâces de sa Miséricorde !? En posant un juste regard de confiance, notre société ne doit-elle pas apprendre à donner une chance à ces garçons meurtris par leurs fautes et leur enseigner comment se relever ? Nous verrons peut- être jaillir enfin une nouvelle génération de pères, d’époux et de fils qui auront appris, grâce à leur faiblesse, à être forts. « Mi sé nonm lan ! ». + Fr David Macaire Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ inconsciemment l’héritage néfaste), les fils, découragés, s’enferment dans les fils, découragés, s’enferment dans les vices et ne se relèvent plus… Sauf si on MOT DE L’ÉVÊQUE . Privés d’une parole d’autorité masculine qui les Ti bolonm , tu as été idiot, mais je suis passé par là moi aussi ; aie confiance, tu peux te relever », se sentant dominés par le modèle féminin et méprisés en Mi Nonm lan ! Et si on faisait enfin confiance aux hommes !? ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 3

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«I l y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre » (Jn 20, 30). L’Évangile est le livre de la miséricorde de Dieu, à lire et à relire, parce que tout ce que Jésus a dit et accompli est une expression de la miséricorde du Père. Toutefois, tout n’a pas été écrit ; l’Évangile de la miséricorde demeure un livre ouvert, où continuer à écrire les signes des disciples du Christ, gestes concrets d’amour, qui sont le meilleur témoignage de la miséricorde. Nous sommes tous appelés à devenir des écrivains vivants de l’Évangile, porteurs de la Bonne Nouvelle à tout homme et à toute femme d’aujourd’hui. Nous pouvons le faire en mettant en pratique les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles, qui sont le style de vie du chrétien. Par ces gestes simples et forts, parfois même invisibles, nous pouvons visiter tous ceux qui sont dans le besoin, portant la tendresse et la consolation de Dieu. On poursuit ainsi ce que Jésus a accompli le jour de Pâques, quand il a répandu dans les cœurs des disciples effrayés la miséricorde du Père, soufflant sur eux l’Esprit Saint qui pardonne les péchés et donne la joie. Toutefois, dans le récit que nous avons écouté émerge un contraste évident : il y a la crainte des disciples, qui ferment les portes de la maison ; de l’autre, il y a la mission de la part de Jésus, qui les envoie dans le monde porter l’annonce du pardon. Il peut y avoir aussi en nous ce contraste, une lutte intérieure entre la fermeture du cœur et l’appel de l’amour à ouvrir les portes closes et à sortir de nous-mêmes. Le Christ, qui par amour est passé à travers les portes closes du péché, de la mort et des enfers, désire entrer aussi chez chacun pour ouvrir tout grand les portes closes du cœur. Lui, qui par la résurrection a vaincu la peur et la crainte qui nous emprisonnent, veut ouvrir tout grand nos portes closes et nous envoyer. La route que le Maître ressuscité nous indique est à sens unique, elle avance dans une seule direction : sortir de nous-mêmes, sortir pour témoigner de la force de guérison de l’amour qui nous a conquis. Nous voyons devant nous une humanité souvent blessée et craintive, qui porte les cicatrices de la douleur et de l’incertitude. Face à l’imploration douloureuse de miséricorde et de paix, nous entendons, aujourd’hui adressée à chacun de nous, l’invitation confiante de Jésus : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Chaque infirmité peut trouver dans la miséricorde de Dieu un secours efficace. Sa miséricorde, en effet, ne s’arrête pas à distance : il désire venir à la rencontre de toutes les pauvretés et libérer des nombreuses formes d’esclavage qui affligent notre monde. Il veut rejoindre les blessures de chacun, pour les soigner. Être apôtres de miséricorde signifie toucher et caresser ses plaies, présentes aussi aujourd’hui dans le corps et dans l’âme de tant de ses frères et sœurs. En soignant ces plaies nous professons Jésus, nous le rendons présent et vivant ; nous permettons à d’autres, de toucher de la main sa miséricorde, de le reconnaître « Seigneur et Dieu », comme fit l’Apôtre Thomas. C’est cela la mission qui nous a été confiée. Tant de personnes demandent d’être écoutées et comprises. L’Évangile de la miséricorde, à annoncer et à écrire dans la vie, cherche des personnes au cœur patient et ouvert, « bons samaritains » qui connaissent la compassion et le silence face au mystère du frère et de la sœur ; il demande des serviteurs généreux et joyeux, qui aiment gratuitement sans rien exiger en échange. « La paix soit avec vous ! » : c’est le salut que le Christ adresse à ses disciples ; c’est la même paix qu’attendent les hommes de notre temps. Ce n’est pas une paix négociée, ce n’est pas l’arrêt de quelque chose qui ne va pas : c’est sa paix, la paix qui vient du cœur du Ressuscité, la paix qui a vaincu le péché, la mort et la peur. C’est la paix qui ne divise pas, mais unit ; c’est la paix qui ne laisse pas seuls, mais nous fait sentir accueillis et aimés ; c’est la paix qui demeure dans la douleur et fait fleurir l’espérance. Cette paix, comme le jour de Pâques, naît et renaît toujours du pardon de Dieu, qui enlève l’inquiétude du cœur. Être porteuse de sa paix : c’est la mission confiée à l’Église le jour de Pâques. Nous sommes nés dans le Christ comme instruments de réconciliation, pour porter à tous le pardon du Père, pour révéler son visage de seul amour dans les signes de la miséricorde. Dans le Psaume responsorial, il a été proclamé : « Son amour est pour toujours » (117/118, 2). C’est vrai, la miséricorde de Dieu est éternelle ; elle ne finit pas, elle ne s’épuise pas, elle ne se rend pas face aux fermetures, et elle ne se fatigue jamais. Dans ce « pour toujours » nous trouvons un soutien dans les moments d’épreuve et de faiblesse, parce que nous sommes certains que Dieu ne nous abandonne pas : il demeure avec nous pour toujours. Remercions pour son si grand amour, qu’il nous est impossible de comprendre : il est si grand ! Demandons la grâce de ne jamais nous fatiguer de puiser la miséricorde du Père et de la porter dans le monde : demandons d’être nous-mêmes miséricordieux, pour répandre partout la force de l’Évangile, pour écrire ces pages de l’Évangile que l’apôtre Jean n’a pas écrites. Extrait homélie, Messe du dimanche de la divine miséricorde, avril 2016 ■ EGLISE UNIVERSELLE\! Messe du dimanche de la Divine Miséricorde Homél\be du pape Franço\bs ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 4

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Dimanche 8 avril 2\b18\8  la P arole  Dominicale Fête de la Miséricorde « L a paix soit avec vous », à deux reprises le Seigneur nous invite à la confiance et à la foi. Foi en Lui, en son Père, en notre Père. Ce premier jour de la semaine, aujourd’hui, jour du Seigneur, en montrant ses plaies, les traces de ses souffrances, à ses disciples, c’est à nous qu’il veut se montrer. Il a accepté d’être insulté, d’être flagellé, de porter la croix, d’être mis en croix, de porter la misère du monde car il nous aime. Il veut nous rassurer, nous dire qu’il est toujours présent. Aussi, nous sommes tous en quelque sorte comme Thomas, chacun son jumeau. Comme lui, nous devons voir et toucher pour donner notre confiance. Il s’agit en effet d’une grande déclaration d’amour pour tous les hommes. “Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus”. L’Esprit Saint qu’il insuffle à ses disciples est le dernier cadeau offert à ceux qu’il envoie en mission. Par l’Esprit Saint, Jésus envoie ses disciples, ministres de la paix, ministres du pardon des pêchés, à transmettre le don de la paix à tous ceux qui en auraient fait la demande à travers le sacrement de « pardon ». Si saint Jean Paul II choisit le 2ème dimanche de Pâques, c’est qu‘il a été lui aussi inspiré par l’Esprit Saint. Ce dimanche de la Miséricorde, nous donne à percevoir l’ultime message de la mission de Jésus sur cette terre. Dans l’évangile de saint Jean, il n’y a aucun récit de la Pentecôte. Le don de l’Esprit jaillit du cœur du Christ au moment où il rend son âme à Dieu. Le don de l’Esprit est fait par Jésus en soufflant sur ses disciples en leur disant « recevez l’Esprit Saint ». C’est donc que cette mission confiée aux disciples est tout à fait centrale dans le projet que nourrit Jésus à l’égard de son Église naissante. En s’appuyant sur ce don de l’Esprit, sur cette mission de réconciliation, sur cet horizon de miséricorde, chacune et chacun d’entre nous, pécheurs que nous sommes, nous pouvons, malgré nos faiblesses, nos résistances, nos fautes mêmes, espérer que l’amour de Dieu est plus grand que notre faiblesse. La miséricorde est un don de Dieu pour notre temps. Sainte Sr Faustine a transmis au monde la vérité sur l’amour de Dieu à l’homme en utilisant un langage simple, et en appelant à une totale confiance « Jésus, j’ai confiance en toi ». Pour parler et écrire sur la Miséricorde divine, Sr Faustine puisait dans son expérience personnelle qui prenait source dans la méditation du mystère de la passion et de la mort du Christ. La Miséricorde de Dieu se rend proche de l’homme grâce au sacrifice de la croix du Seigneur Jésus, qui est une source de vraie vie et de vrai bonheur. Dès le début de son pontificat, Jean Paul II parle de Dieu riche en Miséricorde, en prenant l’exemple de l’expérience mystique de Sr Faustine. Il dit « Depuis le début de mon service comme successeur de Pierre, je savais que propager ce message (sur la Miséricorde divine) était ma mission particulière. Elle m’a été confiée par la Providence dans la situation contemporaine de l’homme ». Ainsi, le 18 avril 1993, il déclare Sr Faustine, bienheureuse de l’Eglise, et le 30 avril 2000, Jean Paul II institua la fête de la Miséricorde Divine pour l’Eglise entière, ce que les pèlerins à Cracovie et à Rome accueillirent par de vifs applaudissements. Nous sommes tous invités à nous recueillir à Cracovie, capitale de la Miséricorde dans le magnifique sanctuaire de Lagiewniki, lieu vivant de prières, qui unit tous les adorateurs de la Miséricorde Divine. On y implore la Miséricorde de Dieu non seulement pour nous, mais aussi pour le monde entier. P. Jan Mielewski,Curé de Ducos ■ Actes 4,32-35  •  Psaume 117  •  1 Jea\7n 5,1-6  •  Jean 20,\71\b-31 2 ème Dimanche de Pâques - Année B ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 5

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LITURGIE La  fête  de  l’Annonciation  du  Seigneur  est  fondamentale  dans  l’histoire  de  notre  Salut.  Elle  est  l’expression  même  du  choix  de  Dieu  dont  la  Vierge  Marie  fait  l’objet,  et  qui  a  joué  un  rôle  privilégié dans l’œuvre de Rédemption accomplie par son fils Jésus. Ce rôle s’est illustré dès  l’annonce de la venue de Jésus au monde. Mais c’est aussi et surtout l’accomplissement de la  promesse de Dieu faite à son peuple ; en effet, la célèbre prophétie dans laquelle Isaïe (cf. Is 7,  10-14) annonçait le fait que la Vierge enfantera un fils qui sera « Dieu avec nous », est le signe  de l’intervention de Dieu pour \7sauver son peuple. L 'Annonciation du Seigneur se classe au rang des solennités, et pas des moindres, de l’Eglise catholique. Elle est célébrée souvent autour des fêtes pascales, soulignant ainsi son étroit lien avec le mystère de notre Rédemption. L’Incarnation est en vue de la Rédemption, le dessein d’amour de Dieu pour les hommes. Le moment où le Fils de Dieu s’est fait homme dans le sein de la Vierge Marie s’impose aujourd’hui d’une manière privilégiée à notre contemplation qui se concentre tour à tour sur le Christ et sa Mère : le Christ qui, en entrant dans le monde, fait un acte d’obéissance à son Père : « Me voici, mon Dieu ; je viens pour faire ta volonté » (He 10, 5-7) ; Marie qui l’accueille par la foi et le porte avec tendresse dans sa chair : « voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 37-38). Que retenir en célébrant désormais la fête de l’Annonciation du Seigneur ? Retenons d’abord avec l’histoire, que l’Annonciation est fêtée neuf mois avant la Nativité à une date fixe, le 25 mars (ou bien le 2 ème dimanche qui fait suite au dimanche de Pâques, lorsque ce dernier est le 25 ou 26 mars). Sa solennité apparaît à Rome dans la seconde moitié du 7 ème siècle sous le titre d’Annunciatio Domini. Elle est redevenue fête du Seigneur depuis 1969. La célébration de l’Annonciation, tout en soulignant la fidélité de Dieu à son Alliance et à sa promesse, nous permet de raviver notre foi en l’union hypostatique des personnes humaine et divine en Jésus- Christ : « je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ… il est Dieu…vrai Dieu, né du vrai Dieu… de même nature que le Père ; … Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme», professons-nous à chaque célébration eucharistique dominicale. Nous y découvrons également la place qu’occupe Marie dans l’œuvre rédemptrice de son fils Jésus. Dieu a associé son humble servante à la réalisation de son dessin d’amour pour le salut des hommes ; à travers Marie, c’est l’humanité entière qui fut sollicitée à collaborer avec Dieu. Cependant, si intimement liée que soit la Vierge à l’évènement qui devait faire d’elle la Mère de Dieu, c’est le Verbe fait chair qui est au centre de la célébration. Au-delà de toutes ces considérations, la réponse de Marie retient particulièrement notre attention. La maternité de Marie ne se limite pas à une génération biologique, car elle comporte un aspect psychologique et spirituel. Marie n’est pas devenue mère de Dieu de manière purement charnelle, en ce sens que Dieu aurait seulement trouvé en elle son corps humain. Marie a engagé dans sa maternité toute son âme, sa conscience, son intelligence, son cœur, toute sa personne. Si Marie n’a pas eu l’initiative de l’incarnation, elle n’a pas pour autant été mise devant le fait accompli. Elle a accepté librement de devenir la mère du Christ, elle l’a accueilli librement par un « OUI » maternel qui la rend bénéficiaire d’une grâce à laquelle elle a coopéré. Le Concile Vatican II insiste fortement sur ce libre consentement de Marie, donné lors de l’annonciation : « Le Père des miséricordes a voulu que l’acceptation de la mère prédestinée précédât l’incarnation » (Lumen Gentium 56). « Marie dit alors : je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu l’as dit et l’ange la quitta » (Lc 1, 38). Une réponse de foi indéfectible et manifestation d’une disponibilité exceptionnelle. « Marie par sa foi, dit saint Augustin, a conçu le Christ dans son esprit avant de l’avoir enfanté dans sa chair. » (Sermon 215) ; et saint Jean-Paul II, dans son encyclique Redemptoris Mater, compare la foi de Marie à celle d’Abraham : « On peut comparer la foi de Marie à celle d’Abraham que l’apôtre appelle notre père dans la foi » (Rm 4,12). Dans l’économie du salut révélé par Dieu, la foi d’Abraham représente le commencement de l’Ancienne Alliance ; la foi de Marie à l’Annonciation inaugure la Nouvelle Alliance. Comme Abraham « espérant contre toute espérance, crut et devint ainsi père d’une multitude de peuples » (Rm 4, 18), de même Marie, au moment de l’A nnonciation, après avoir dit sa condition de vierge (« comment cela sera-t-il ? ») crut que par la puissance du Très-Haut, par l’Esprit saint, elle allait devenir la mère du Fils de Dieu, suivant la révélation de l’ange : « L’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 35) (RM, n° 14). En cette fête de l’Annonciation, célébrée cette année aux lendemains des solennités pascales, demandons à Dieu d’être « sauvés par la puissance de la Résurrection du Christ » pour parvenir « à la joie éternelle ». Amen ! P. Jules Doganou, Administrateur de la paroisse du Morne-des-Esses ■ L’Annonciation ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 6

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La Cellule Communication Pastorale Diocésaine des Jeunes ■ Chers jeunes, on peut « couillonner » les foules et  nous «  couillonner  ». On peut nous faire taire par la peur à cause  de la violence, du terrorisme ... par la peur du chômage…  On nous fait  peur aussi avec la seule chose qui pourrait nous donner de la joie, l'amour. Ma peur c'est que vous vous taisiez, qu'on ne vous entende plus dans le  monde, que vous ne chantiez plus. On vous anesthésie par la douceur de vivre... Le pape disait : ''Mes enfants, criez car si vous ne criez pas les pierres vont crier.'' Nous avons le pouvoir de transformer la Caraïbe, c'est l'hymne des JCJ. Vous avez  ce pouvoir. Les JCJ seront le moment de transformer nos cœurs. Tu as le pouvoir  de transformer ta vie. Y crois-tu ? Tu peux transformer ton cœur, ta famille, ta paroisse, la Martinique, la Caraïbe. Tu as le pouvoir, comme disciple du Christ, de transformer la Caraïbe, n'oublie  pas ça.  Vous seuls pouvez faire résonner l'acclamation du Christ dans le monde.  Si vous êtes là c'est que vous avez été choisis pour transformer le  monde.  L'Esprit Saint agit en vous pour vous guider, vous donner  ce pouvoir. Je bénis le Seigneur pour vous.  Lors de la communion vous avez reçu Jésus qui  prend le risque de faire de vous des tabernacles, et  par là même, vous avez reçu un appel. Parmi vous, il y en a qui ont été appelés et qui le savent. Vous Parmi vous, il y en a qui ont été appelés et qui le savent. Vous  vous perdez dans les attraits du monde.  Il n'y a aucune honte vous perdez dans les attraits du monde.  Il n'y a aucune honte  à suivre le Christ. Suivez l'appel du Christ si vous voulez être à suivre le Christ. Suivez l'appel du Christ si vous voulez être  remplis d'amour et de la paix de Jésus. Remportez la victoire, soyez dans la confiance parce qu'il  vous a déjà choisis. Avec vous, Dieu veut sauver tellement  d'âmes. Quand on a Dieu, on a tout.  Les JCJ sont pour vous deux semaines de joie,  d'allégresse, de festivités, de partage.  Inscrivez-vous, venez nombreux ! Inscrivez-vous, venez nombreux ! Camaïeu  de  couleurs,  arc-en-ciel  de  motivation  et  diversité  d’attente,  une  chose  est  certaine : plus de 700 jeunes catholiques ont répondu à l’appel de Mgr Macaire par le biais  de  la  Pastorale  des  jeunes.  C’est  la  paroisse  de  Sainte-Marie  qui  a  accueilli  cette  33 ème   journée mondiale de la Jeunesse qui avait pour thème « Sois sans crainte, Marie, car tu  as trouvé grâce auprès de Dieu».  Cette journée a formellement marqué le lancement de la campagne d’inscriptions des  Journées Caribéennes\7 de la Jeunesse(JCJ) prévues du 10 au 23 ju\7illet 2018.  Extraits de l’homélie de Mgr David Les JCJ 2018, j’y serai … et toi ? Les inscriptions sont ouvertes sur le site  jcj.pasto972.com  Lors de la communion vous avez reçu Jésus qui  Extraits de l’exhortation du Père Emmanuel Chaulvet, Délégué de l'Evêque à la Pastorale des jeunes et des vocations VIE DU DIOCÈSE ‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘ ‘‘‘‘‘‘ ‘‘ nous «  couillonner  ». On peut nous faire taire par la peur à cause  ‘‘ nous «  couillonner  ». On peut nous faire taire par la peur à cause nous «  couillonner  ». On peut nous faire taire par la peur à cause  ‘‘ nous «  couillonner  ». On peut nous faire taire par la peur à cause  ‘‘‘‘ ‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘ ‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘ ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 7

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  Le  samedi  24  mars  2018,  près  de  50  hommes  et  femmes  se  sont  retrouvés  à  la  salle  paroissiale de Saint-Joseph po\7ur participer à la c\7onférence-débat de l’OSPEM. U n partage de l’Évangile du jour a eu lieu après l’accueil du P. Wilfried Bannais. Trois interventions :  Pascal S., 36 ans, marié et père de trois enfants, qui suit le Christ depuis 13 ans, a retenu toute l’attention de l’assistance. Il a précisé qu’il a été baptisé grâce à sa grand-mère. Ses parents, moins pratiquants à cette époque, lui ont inculqué le respect et l’amour du travail, et il y avait beaucoup d’amour entre eux. Mais une dégradation des relations familiales a provoqué une rancune contre son père. Lors d’une retraite à Medjugorje, il a retrouvé le chemin de la paix : « tu honoreras ton père et ta mère ! » Le chemin de sa propre guérison masculine passait par la réconciliation avec son père. C’est aussi à Medjugorje qu’il a rencontré sa future épouse avec qui il a eu trois enfants (et un qui est au Ciel !). Pour lui, être un époux se joue dans le regard, l’écoute et la prière réciproques avec son épouse. Leur dialogue est nécessaire à la justesse de son attitude paternelle.  M me Copol-Dobat, psychologue clinicienne, a donné sa définition du père qui est avant tout un « lieu », le lieu du langage. C’est un lieu ouvert : le père ouvre une porte afin que l’enfant sorte du giron maternel. La place du père est déjà inscrite dans le langage et la mère fait comprendre à l’enfant que c’est parce qu’elle était prête que le père est venu inscrire en elle l’enfant. La mère accepte son incomplétude et elle offre au père sa place indispensable pour elle et pour l’enfant. La difficulté pour nous est d’avoir été marqués par une Colonisation et un Esclavage Racialisés (CER) qui marquent notamment la paternité jusqu’à aujourd’hui.  Mgr Macaire a fait appel à l’univers culturel antillais, à travers trois person- nages : le mal fini , Compère Lapin, le Nègre Marron. Le mal fini suscitait déjà l’admiration des Caraïbes (dans un rite initiatique, les jeunes hommes devaient capturer l’animal et consommer son cœur cru et chaud pour acquérir sa force). Mais le puissant mal fini est aussi prédateur ; Compère-Lapin est sympathique mais farceur ; et le Nèg Maron est libre mais en fuite… Qu’est-ce que cela nous dit du père martiniquais ? Du point de vue de la religion, dans la bible, le « père-idéal » est rare : à part Joseph, vendu comme esclave (!), les patriarches ne sont pas des modèles de moralité. Dans le Nouveau Testament, seul Dieu, finalement, se révèle comme le Père par excellence. Chez nous, le prêtre est, pour beaucoup, une figure paternelle : homme de Dieu, chaste, sage, leader… Enfin, du point de vue sociologique, en Martinique, on attend des hommes la réussite sociale avant l’implication domestique. Par une sorte de mépris, le vice est toléré chez l’homme. Il n’y a personne pour enseigner aux jeunes hommes à maîtriser leurs passions et leurs pulsions et à acquérir des vertus comme la fidélité, la tempérance, la probité, la chasteté, la loyauté, l’honneur, la constance, la courtoisie, etc. Pour finir, l’archevêque a souligné que la masculinité antillaise (dans la famille comme dans l’Eglise !) doit encore se découvrir. Elle a été affectée par l’esclavage et étouffée par le modèle dominant de la femme poto mitan (où l’homme, père et compagnon, est considéré comme mineur dans la vie de famille, soumis à la méfiance, simple paratonnerre de l’anxiété féminine). Le modèle proprement masculin du père antillais reste à élaborer. Ce modèle de sa paternité ne saurait être une version masculine du modèle féminin. Cela passera par l’exercice d’une autorité remplie de sagesse et des gestes simples comme bénir sa femme et ses enfants le soir. Prochain rendez-vous : le vendredi 20 avril 2018, à partir de 18h15, pour traiter de l’acte 2 de la conférence sur l’esclavage et la souffrance. Yves-Marie Grivalliers Coordinateur de l’OSPEM ■ Conféren\be-débat sur le rôle et la place du père martiniquais VIE DU DIOCÈSE le rôle et la place du père martiniquais ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 8

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Le  dimanche  18  Mars  2018,  veille  de  la  fête  de  Saint  Joseph,  ils  étaient  plus  de  400  hommes à converger, dès 7h, vers l’église de Saint-Joseph, où se tenait une manifestation  inédite : Une effusion du Saint-Esprit réservée aux hommes, organisée par la Pastorale  diocésaine des hommes et la Coordination du Renouveau charismatique de la Martinique,  sous le regard bienveillant de Mgr David\7 Macaire. «V ous recevrez une force, celle du Saint-Esprit » (Actes 1, 8). C’est au début de l’année 2018 que germait dans le cœur des membres du noyau de la Pastorale diocésaine des hommes une folle idée : inviter les hommes de toutes conditions et toutes situations, à s’engager dans un séminaire de vie dans l’Esprit de sept semaines. Objectif : vivre une rencontre transformante avec le Saint-Esprit. Portés par la Coordination du Renouveau charismatique, c’est avec enthousiasme que s’organisait le séminaire au Couvent de Cluny retenu en raison de son caractère central, ses facilités de stationnement, sa chapelle, la présence accueillante des religieuses. La date de l’effusion fut choisie en raison de sa proximité avec la fête de Saint-Joseph, patron de la Pastorale des hommes. Car en ces temps troublés où tout le monde s’accorde à dire que les hommes ne sont pas à leur véritable place, tant au plan familial que spirituel, il semblait plus que nécessaire qu’ils soient renouvelés par une surabondance de grâce : la force du Saint-Esprit. « Ne contristez pas le Saint-Esprit dans lequel vous avez été scellés pour le jour de la Rédemption (Eph 4, 30) ». Le séminaire de vie dans l’Esprit élaboré par le Renouveau charismatique comprend sept séances hebdomadaires, entre lesquelles les participants doivent lire des extraits de la bible, prier longuement, méditer sur leur vie, se confesser, faire des démarches de réconciliation, etc. Il s’agit donc d’un chemin de conversion long et exigeant (du 21 février au 28 mars 2018), qui suppose une fidélité à toutes les séances composées d’enseignements, de témoignages, de carrefours, de louange et de prière. Le mercredi 21 février 2018 commençait, à 18h, le premier séminaire au Couvent de Cluny. A la grande surprise des organisateurs, dès 17h, le site était assailli par plus de 450 hommes de tous âges visiblement désireux d’expérimenter une nouvelle vie dans l’Esprit-Saint. Après quelques ajustements nécessaires, les sessions étaient lancées, avec en point d’orgue deux séances de confessions assurées par 14 prêtres à la première, et 8 à la deuxième. Quelle joie de voir tant d’hommes se plonger dans la miséricorde de Dieu, certains après plusieurs décennies vécues sans absolution ! Ainsi lavés par le sang de l’Agneau et restaurés dans la grâce sanctifiante de leur baptême, les hommes pouvaient se présenter à l’église de Sant-Joseph, le dimanche 18 mars, pour vivre l’effusion du Saint-Esprit. L’Eucharistie, source et sommet du don de l’Esprit. Saint-Joseph, 8h, ce dimanche 18 mars 2018 : 400 hommes vêtus de blanc et le cœur grand ouvert sont accueillis par Mgr David Macaire et le père Wilfried Bannais, curé de la paroisse. La messe est animée et servie par les hommes et le diacre Jean-Paul Levif. Homélie de feu de Mgr David, banquet du Corps du Christ, chants d’allégresse, envoi des fidèles, et nous voilà prêts à entrer dans une cérémonie d’effusion de l’Esprit Saint sans précédent, car exclusivement destinée à des hommes. Il est 10h. Le témoignage donné par David Limery sur sa spectaculaire conversion est suivi de l’enseignement de notre archevêque sur le thème « Vous recevrez l’Esprit- Saint ». Commentant la prophétie de Jérémie 31, 31-34, il nous rappelle le rôle pédagogique de la Loi Mosaïque que le Christ accomplit et sublime par la Loi Nouvelle, celle de l’amour-charité. Il invite les hommes à s’approprier cette puissance d’amour qui réside dans le cœur sacré de Jésus en allant transpercer ce cœur comme la lance du soldat au Calvaire : nous devons être les fers de lance qui connaissent (i.e. naissent avec) le Christ en transperçant son trésor d’amour, notamment par une pratique sacramentelle intense et par l’amour du prochain. Une fois équipés de cet amour 400 hommes plongés dans le feu du Saint-Esprit ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 9

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fou, nous sommes invités à l’entretenir et le diffuser grâce à l’exercice des vertus cardinales, parmi lesquelles la tempérance doit être particulièrement cultivée par le genre masculin pour faire face aux désordres de notre temps. Pour parvenir à suivre cette feuille de route, il nous faut renouveler en nous, par l’effusion de l’Esprit, la force de l’Esprit-Saint, déjà reçue au baptême et à la confirmation. Monseigneur conclut par une parabole qui parle aux hommes : Un riche propriétaire a donné à chaque homme une Ferrari. Prends soin d’elle, utilise-la correctement, assure sa maintenance, fait les révisions régulières, car le propriétaire, quand il reviendra dans 10, 20 ou 30 ans demandera des comptes de la gestion de ce bien… L’heure est venue de se diriger en groupe vers un « feu ardent » allumé sur le parvis de l’église dans un vaste tonneau dans lequel chaque homme jette le courrier qu’il adresse à Dieu pour être libéré de ses esclavages, lui rendre grâce pour ses bienfaits et le supplier d’exaucer ses demandes. Après un temps de recueillement et de prière à l’Esprit-Saint, autour du feu, les hommes regagnent l’autel où les attendent des intercesseurs qui leurs imposent les mains en demandant pour eux l’effusion de l’Esprit. Nous sommes témoins d’une puissante descente de l’Esprit qui foudroie les cœurs bien disposés, au point que Mgr David et des animateurs doivent s’employer sans relâche à soutenir ceux qui vacillent, délivrer ceux qui portent de lourds fardeaux spirituels, consoler ceux qui voient leur misère et sont guéris de leurs blessures…. A 13h30, un chant de louange entonné par le groupe « Buisson Ardent » et une prière d’action de grâce à l’Esprit-Saint concluent la première partie de la journée. Car ce n’est pas fini ! Après un repas festif partagé à la salle paroissiale, les participants se retrouvent à 15h dans l’église, mais ils ne sont pas seuls. Cette fois-ci, les familles ont été invitées à venir rendre grâce à Dieu auprès du chef de famille. Louanges, témoignages spontanés, paroles prophétiques, prières, cris d’allégresse : une joie authentique et éclatante partagée par tous même si certains visages laissent apparaître l’émerveillement de la rencontre avec l’Esprit-Saint vécue plus tôt… Le séminaire n’est pas fini… et la mission ne fait que commencer. Car la moisson est abondante dans les foyers, les entreprises, la vie civile, l’Eglise de Martinique. Il faut donc que les 400 nouveaux ouvriers qualifiés par l’Esprit- Saint se préparent à y être envoyés. C’est l’objet des deux dernières séances du séminaire de vie dans l’Esprit du 21 et du 28 mars centrées sur les thèmes fondateurs suivants : « Appelés à être disciples du Christ » et « Vous serez mes témoins ». Ainsi formés et solidement établis (Jean 16, 15), ces hommes pourront répondre à notre archevêque « Me voici !», lui qui leur lançait le 19 mars 2016, à l’occasion du jubilé des hommes à la Ferme de Perrine : « Je vous attends... ! ». Diacre Jean-Paul Levif, délégué diocésain de la Pastorale des hommes ■ • Hommes du Très Saint Sacrement• Rosaire hommes• Chœur d' hommes• Groupe d' hommes• Adorateurs• Hommes du Sacré-Cœur de Jésus• Croisade des Pères de Famille VIE DU DIOCÈSE ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 10

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Saint Joseph, toi qui n’avais d’autre bonheur que Dieu et qui reçus son Fils en héritage, aide-nous à trouver notre Joie dans un engagement total au service de l’Église et de nos frères, afin que nous tracions pour le monde un chemin de vie ! Amen. Sr Sabine Papaya ■ ‘‘‘‘ ‘‘‘‘ Pour nous, le 1\b mars, c’est toujours un jour pas comme  les autres…  Nous  devons  cette  belle  fête  à  notre  mère  fondatrice  Anne-Marie Javouhey. Dès l’origine de la congrégation,  elle nous rappelle dans ses lettres sa grande confiance  en Saint Joseph. A u pensionnat cette année, après la grande neuvaine préparatoire à la fête de Saint Joseph, pour faire vivre tout l’établissement, des chapiteaux sont installés afin que petits et grand puissent célébrer notre Saint patron. Depuis trois ans, Mgr David Macaire répond à notre invitation pour la célébration de l’Eucharistie. C’est toujours avec une grande joie que nous l’accueillons. Au cours de la messe animée par la chorale Arpège, une dizaine de petites filles ont fait une étape de baptême. Dans son homélie, notre évêque nous rappelle l’importance du silence, de l’écoute et d’une vie intérieure comme Saint Joseph. Après la célébration, à la demande de la responsable du chantier n° 5 d’E CCLESIA ’M 2020 ! « Santé et bien-être », nous avons souhaité que Mgr bénisse les enfants et leur jardin créole, illustration du thème annuel de l’Ecole primaire du Couvent de Cluny « la terre don de Dieu ». Dans l’après-midi, les élèves ont fait honneur à une belle comédie musicale « Rose-Aimée, un douloureux destin », une pièce musicale tirée du livre « Rêves Amers » de Maryse Condé, animée par la chorale Arpège. Ce fut un moment très apprécié. C’est avec un bel esprit de fête que nous avons vécu un vibrant cor unum à la Martinique. A tous ceux qui veulent un bon guide spirituel, Saint Joseph est là. Saint Joseph, patron de nos établissements Prière à Saint Joseph ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 11

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En  partant  de  l’expérience  des  années  écoulées, les animateurs de cheminement  de  l’unité  pastorale  d’Ajoupa-Bouillon,  Basse-Pointe,  Grand-Rivière  et  Macouba  ont  décidé,  pour  cette  année  pastorale,  d’organiser  séparément  des  journées  de  récollection pour chacune\7 des années.  A insi, les dimanches 19 novembre 2017 et 25 février 2018, les paroisses de Grand-Rivière et Macouba ont reçu respectivement les jeunes des 1 ères et 2 èmes années de cheminement provenant de ces quatre paroisses du Grand Nord Atlantique. Que ce soit à Grand-Rivière ou à Macouba, la journée de récollection avait pour thème : la Messe. Elle commençait d’ailleurs par la messe à 8 h suivie d’une collation. Au terme de la célébration eucharistique, à 10 h, les jeunes se réunissaient en petits groupes. Pour une bonne participation, ils étaient répartis en 3 ateliers. En s’aidant d’images ou d’un texte, ils devaient reprendre entre eux le déroulé de la première partie de la messe. Cet exercice s’achevait par un compte- rendu d’un représentant de chacun des ateliers ainsi que de la visualisation d’un film sur l’explication du Saint Sacrifice et d’une explication donnée soit par le père Médard Kounoudji, ou le père Grégoire Jagowdzik. Pour conclure la matinée, les animateurs présentaient sous forme ludique la scène des disciples d’Emmaüs. Puis, chacun s’offrait son déjeuner. L’après-midi était consacré à la deuxième partie de la messe : la liturgie de l’Eucharistie. Toujours en groupes, les jeunes travaillaient à partir d’images, de mots mêlés et de textes à trous. Le travail des groupes était ensuite mis en commun. La journée s’achevait par une synthèse du déroulé de la liturgie de l’Eucharistie et une conclusion générale au terme de laquelle une collation était offerte à tous les participants. Chrystèle Chopin, animatrice de cheminement à Macouba Annick Voitier, animatrice de cheminement à Basse-Pointe ■ Dans  le  cadre  de  leur  préparation  au  sacrement  de  la  Confirmation,  les  jeunes  de  la  3 ème   année  de  cheminement  d’Ajoupa-Bouillon,  Basse-Pointe,  Grand-Rivière  et  Macouba avaient pris rendez-vous avec Mgr David Macaire pour le \b mai, en vue d’un  entretien à l’archevêché. M ais à l’initiative de l’Ordinaire du lieu, cette rencontre eut lieu le samedi 17 mars, dans la salle paroissiale d’Ajoupa- Bouillon. 39 jeunes ont alors échangé avec l’évêque sur différentes questions : la Foi, l’unité des chrétiens, la communion, la vocation des prêtres… un échange dynamique qui a suscité l’intérêt des jeunes, et qui s’est achevé par une attente de Mgr David : que ces futurs confirmés restent unis et montrent Jésus. Chrystèle Chopin - Animatrice de cheminement, Paroisse de Macoub a ■ Les jeunes des 1 ères et 2 èmes années du cheminement en récollection Les jeunes des 1Les jeunes des 1 VIE DU DIOCÈSE Mgr David Macaire à l’écoute des futurs confirmands du d\bstr\bct Grand-Nord ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 12

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L e père Pierre Henderson nous a accompagnés tout au long de la journée, en nous proposant un éclairage qui nous montre qu'en se rapprochant de Dieu nous pouvons être guéris. Nous vous proposons des remontées de couples qui nous donnent leur ressenti. Nous les remercions pour ce partage. Prochains temps pour les couples en préparation au mariage: - Samedi de l’ACPM : 14 avril 2018, au couvent de Cluny - Retraite de pentecôte : vendredi 18 mai (18h), au dimanche 20 mai (17h). Muriel Novarre, présidente de l'ACPM ■ Guitte et Charles Cette journée du Mars 2018 fût merveilleuse dans son ensemble, en compagnie du père Henderson qui possède d'ailleurs un cha- risme exceptionnel. Ce temps fort riche , fructueux, nous a permis d'être plus humbles , de nous réconcilier avec ceux qui nous ont blessés, de gommer en quelque sorte cette rancœur enfouie dans nos cœurs, de s\ 'accorder un pardon mutuel, de nous entraider, de nous protéger de l'ennemi, de nous reconstruire à l' image de Jésus, d'apprécier son parfum, de no\ us vouer les uns envers les autres à un amour infiniment bon. Nous aimons louer le Seigneur de tout nôtre être ; pour nous c'est "renaître" sans cesse dans la Foi du Christ. En cheminement vers le sacrement du mariage, c'était notre deuxième week-end des fiancés. Nous l'avons dévoré avec appétit tant les enseignements, témoignages, chants... font du bien à l'âme et au couple. C'est un moment important de discernement que nous conseillons de vivre dès les premières pensées de mariage. Feedback récollection ACPM et prêtre Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger vers les parkings ce qui fut très appréciable. Explication claire p\ our arriver à la salle de l’évènement, compte tenu de la grandeur du sit\ e, donc gain de temps. Excellente organisation/répartition des équipes à l’entrée de la salle \ et dans celle-ci pour l’accueil/l’installation des invités. Bénévoles de l’association toujours aussi souriants, avenants et agréables. Lieu : Géographique centré, vaste, aisément accessible, salle ventilée et spa- cieuse. Heure du début d’évènement très appréciable compte tenu du jour. Horaires des différents ateliers non respectés. Nous avons dû partir à 17h23 pour cause d’obligations familiales, donc nous avons raté la clôture. Temps de déjeuner trop court. Contenu : Échanges des témoignages durant les carrefours émouvants et por- teurs de morale et sagesse. Père Henderson nous a apporté maintes \ explications qui ont prouvé qu’en se rattachant et en se confiant à Jésus, des blessures peuvent être soulagées. Bonne maîtrise du thème du jour. Des louanges, toutes aussi belles et entraînantes les unes que les au\ tres ont renforcé ces messages. Activités variées et enrichissantes pour le bien-être des couples (témoig\ nages, développement spirituel du prêtre, messe, louanges, diffusion de film émouvant). Extras : Mise à disposition gratuite ou payante de boissons chaudes, \ froides pour améliorer le confort des invités, ce qui est une fois de plus pris en considération. Célia et Emmanuel Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Membres de l’association présents dès l’arrivée sur les lieux pour diriger Krystel Florella Le  dimanche  18  mars  2018  s'est  déroulée la récollection de carême  de l'ACPM au Foyer de l'Espérance.  Nous avons  reçu  186 personnes :  des couples qui, à la suite du week- end  des  fiancés,  reprennent  goût  à la spiritualité. Ce temps fort  fait  partie  de  leur  préparation  et  leur  cheminement  vers  le  sacrement  du mariage. Le  thème  abordé  :  "Jésus  me  renouvelle dans ses blessures, et  par Lui je suis guéri" (1P 2.21-25).  Thème qui colle bien avec la période  de  carême  et  particulièrement  pour  les  couples  qui  demandent  le sacrement du mariage.  Récollection de carême de l’ACPM Diman\bhe 18 mars 2018  ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 13

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An nou palé ! 2 mo ! 4 pawol ! ➊  Pensez-vous que la vie des religieuses soit nécessaire à la vie de\ l’Eglise ?   Si oui, pourquoi ? (3 réponses)   ❍ Pour faire le catéchisme  ❍ Pour la sacristie    ❍ Pour assurer une présence  ❍ Pour former des chrétiens   ❍ Comme témoignage de la permanence de l’amour de Dieu ❍ Pour prier  ❍ Pour faire de l’écoute spirituelle ou personnelle   ❍ Pour s’occuper des plus pauvres ❍ Autr e ………………………………………………\ ………………………………………………\ ………………………………………………\ …..……………………..…… Si non, pourquoi ?    ❍ Parce que, depuis le Concile Vatican II, les laïcs peuvent assurer toutes les tâches dans l’Eglise    ❍ Parce que l’état a pris en charge les hôpitaux et les écoles ❍ Autre  ………………………………………………\ ………………………………………………\ ………………………………………………\ …..……………………..…… ➋ Si votre fille, votre nièce, votre filleule vous annonce qu’elle v\ eut devenir religieuse, vous serez :   ❍ Heureux     ❍ Inquiet      ❍ Étonné      ❍ Déçu     ❍ Triste     ❍ Impressionné      ❍ Fier ❍ Autre  ………………………………………………\ ………………………………………………\ ………………………………………………\ …..……………………..…… ➌ Quelles sont les Congrégations que vous connaissez :   ❍ Srs Saint Paul de Chartres      ❍ Srs Saint Joseph de Cluny   ❍ Dominicaines Missionnaires de Notre-Dame de la Délivrande   ❍ Bénédictin(e)s        ❍ Spiritain(e)s        ❍ Petites Srs de Jésus      ❍ Srs de la Charité de St Louis   ❍  Autre  ………………………………………………\ ………………………………………………\ ……………   ❍  Aucune  ➍ Si vous êtes une femme, pourquoi n’êtes-vous pas devenue religi\ euse ?   ❍ Je n’étais pas appelée       ❍ J’ai eu mon premier enfant trop jeune   ❍ Mon entourage s’y est opposé            ❍ Je me suis mariée             ❍ J’ai eu peur   ❍ Je ne connaissais pas cette vocation             ❍ J’ai essayé mais l’ambiance m’a repoussée   ❍ Les sœurs m’ont dit que je n’avais pas la vocation Vos réponses seront envoyées directement à l'Archevêché Archevêché - rue du Père Pinchon - B.P 586 - 97207 Fort-de-France Cedex ou par e-mail : archeveche-martinique@wanadoo.fr ➊ SONDAGE sur la vie religieuse ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 14

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L e diocèse de Martinique a chargé l’Observatoire Socio-Politique de l’Eglise en Martinique (OSPEM) d’organiser des conférences sur ce thème. Après avoir traité de « l’Eglise et l’esclavage, et après ?» le samedi 24 février 2018, à l’Eglise d’Emmaüs, la seconde conférence ayant pour thème « l’Esclavage et la Souffrance- Acte n°1 » s’est déroulée au Presbytère de la Cathédrale de Fort-de-France, le vendredi 16 mars, de 18h à 21h, avec des intervenants de qualité, devant environ 200 personnes. Le premier à s’exprimer fut Mgr Jean Hamot, prêtre guadeloupéen promu au titre d’Evêque honorifique de Guadeloupe, ex-vicaire général à Pointe- à-Pitre, auteur d’un livre sur Mgr Magloire, premier prêtre noir de la Guadeloupe. Il a expliqué les conséquences de l’esclavage qui a structuré notre société codifiée par le Code Noir. Ce crime a modifié les schémas de pensée et d’agir. Pendant plus de deux siècles, l’esclavage a été un fait majeur de l’histoire. Il y a une corrélation constante entre trois phénomènes au regard de notre perception de la société, la loi, notre rapport au monde. Pour lui, l’esclavage a modifié les modes de pensée et d’agir en nous faisant adopter l’histoire d’un autre. Le second intervenant, M. Aimé Charles- Nicolas, professeur de Psychiatrie à la Faculté de médecine des Antilles- Guyane, organisateur du 1 er Colloque scientifique international sur le thème de «L’esclavage : quel impact sur la psychologie des populations ?» en 2016, de son côté a indiqué que l’abolition de l’esclavage doit impérativement être célébrée « ensemble ». Pour lui, la souffrance psychique entrainée par le traumatisme de l’esclavage est de deux ordres : elle est immédiate (stress), elle est récurrente (traumatisme). Le Code Noir a codifié et créé une souffrance. Le concept de race a alors été fabriqué. C’est la plus grave tragédie humaine qui ait jamais existé. Aux USA après l’abolition, il y eu une grande période de lynchage qui a fait que l’esclavage n’était pas réellement aboli. Ensuite, il y eut une période d’oubli : ce crime faisait quelques lignes à peine dans les manuels d’histoire et il y a eu perte, pour beaucoup de Noirs, de leur identité : ils venaient d’ethnies diverses sans se comprendre. Il fallut inventer le créole pour se comprendre et une nouvelle culture s’est créée. Après l’aération musicale assurée par Bèlè légliz katédral, M. Max Belaise, laïc, anthropologue et philosophe, a surtout insisté sur l’avenir en illustrant ses propos par des faits d’actualité. Pour lui, il faut maintenant savoir et ne pas avoir honte du passé. Le débat qui s’en est suivi a permis de revenir sur la résilience qui est la faculté à « rebondir », à vaincre des situations traumatiques. La conférence s’est terminée par la lecture de la prière pour l’OSPEM, et le chant final « En lettres de lumière ». L’acte 2 de cette conférence-débat aura lieu à la fin du mois d’avril, même lieu, même heure. Murielle Martheli, Membre du comité de l’OSPEM ■ An nou palé ! 2 mo ! 4 pawol ! Cette année, nous fêtons  les  170  ans  de  l’abolition  de l’Esclavage. Cet asser- vissement de l’humain, ce  crime  contre  l’Humanité  a  généré  beaucoup  de  souffrances, tant person- nelles que sociétales.  Conféren\be-débat sur l’esclavage et la souffrance - Acte 1 COMMÉMORATION ABOLITION DE \!L'ESCLAVAGE ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 15

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Ce  vendredi  23  mars  2018,  en  commémoration  des  170  ans  de  l’abolition de l’esclavage, le district  Nord-Atlantique,  sous  l’égide  du  modérateur  père  Gaby  Lémy,  a  invité  les  paroissiens  à  participer  au chemin de croix sur le plateau de  « La Sainte famille » à Gaschette.  D ès 18h, des centaines de fidèles venus du Gros-Morne, de Sainte-Marie, du Morne- des-Esses, de Trinité, de Tartane, du Vert- Pré et du Robert, accompagnés de leurs curés, ont envahi le site chargé d’histoire. C’est une ancienne habitation sucrerie datée du XVIII ème siècle, revalorisée par l’Abbé Morland, à travers la création de l’association « La Sainte Famille » qui vient en aide aux enfants défavorisés. Sur ce site subsiste encore des vestiges (cachot d’esclaves…) classés monuments historiques depuis 2012. Après une présentation sur l’historique des lieux et des mots d’introduction issus du discours du pape François pour la journée mondiale de la paix, la foule, éclairée à la lueur des flambeaux, s’est recueillie avec ferveur pour les 14 stations, jusqu’à la chapelle. Ce chemin de croix s’est clôturé avec la prière à Sainte Joséphine Bakhita, esclave canonisée qui nous disait : « Soyez bons, aimez le Seigneur, priez pour ceux qui ne le connaissent pas. Voyez comme est grande la grâce de connaitre Dieu. » Père Percy Acquah & Rose Lise ■ Le District Nord- Atlantique avait rendez- vous à Gaschette COMMÉMORATION ABOLITION DE \!L'ESCLAVAGE ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 16

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 développer l’enseignement catholique pour répondre aux demandes des familles en ouvrant, en septembre 2017, une annexe du séminaire-collège à Rivière-Salée. MGR MACAIRE : 3 ANS D’ÉPIS\!COPAT  DOSSIER   proposer des formations supérieures d’excellence en créant l’Institut Catholique Européen des Amériques (ICEA) qui accueillera ses premiers étudiants en septembre 2018. C’est la fête liturgique de la Divine  Miséricorde  que  Mgr Macaire  a  choisie  pour  célébrer  son  anni- versaire  d’ordination  épiscopale  (Dimanche de la Divine Miséricorde  12  avril  2015).  C’est  donc  lors  des  Vêpres solennelles de ce deuxième  dimanche  de  Pâques,  le  8  avril  2018,  à  17h30,  qu’il  rendra  grâce  au  Seigneur  pour  les  3  premières  années de son épiscopat. E n cette troisième année de son épiscopat, il a eu la joie d’ordonner 2 nouveaux prêtres pour le diocèse de la Martinique : le père Michel Delvarice, le dimanche 17 septembre 2018, et le père Gaétan Présent, le dimanche 17 décembre 2017, et un nouveau diacre, son cérémoniaire principal Kerry Moran, le 26 août 2017. Mais il a eu aussi à célébrer les funérailles de l’un de ses prédécesseurs, l’évêque de sa jeunesse, Mgr Maurice Marie-Sainte, archevêque émérite de Saint-Pierre et Fort-de-France, rappelé à Dieu le 27 août 2017, celles du père prieur du monastère bénédictin de Terreville, Dom Peter Caesar, le 14 septembre 2017, et celles du Père Claude Anglio, curé du Vauclin, le 17 février 2017. Au cours de cette année, Mgr Macaire a poursuivi et achevé ses visites pastorales des districts, des établissements catholiques et des congrégations et communautés présentes dans le diocèse. Il a pu donner une dimension nouvelle à sa volonté de populariser et d’appliquer l’enseignement de l’encyclique Laudato Si’, du pape François, à la défense de la nature en Martinique en présidant le Village Valora 2017. Il a vu avancer quelques-uns de ses grands projets, notamment dans l’éducation et la culture : au  Seigneur  pour  les  3  premières  années de son épiscopat. Troisième anniversaire d’ordination épiscopale de Mgr David Macaire (Avr\bl 2015-Avr\bl 2018) ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 17

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   Continuer l’implantation de la nouvelle Pastorale des hommes, visant aussi à restaurer l’image du père dans notre société, grâce à des rencontres comme la Nuit des Guerriers du Salut, le 16 septembre 2017, ou la célébration de l’Effusion de l’esprit vécue par 400 hommes à Saint-Joseph, le 18 mars 2018, après 7 semaines de préparation.     Lancer les chemins de mémoire au Prêcheur, le 8 février 2018, jour de la fête de Sainte Bakhita, esclave devenue sainte, pour commémorer le 170 ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Martinique (22 Mai 2018), en proposant des conférences éclairant par le recours au travail des historiens, des psychologues, des philosophes et des théologiens, les rapports entre l’Eglise et l’esclavage, des célébrations (chemins de croix et messes en mémoire des ancêtres, veillées au flambeau, neuvaines de prière dans les différents districts du diocèse) en vue de la guérison des blessures de l’esclavage qui continuent aujourd’hui d’entraver le développement harmonieux de la société martiniquaise.  Relancer le Foyer vocationnel Dominique Savio en y nommant un prêtre accompagnateur, P. Philippe Décilap, en lien avec la Maison Saint Jean-Paul II qui accueille ceux qui décident de suivre le premier cycle du séminaire diocésain.    Enraciner la formation des fiancés et des jeunes couples grâce au succès du Week- end des fiancés qui suit le 14 février, fête des amoureux, renforcer la confiance des acteurs des différentes pastorales grâce à la fréquentation en hausse de ses catéchèses du mercredi à Emmaüs, et parler de Jésus à ceux qui ne le connaissent pas encore, ou qui l’ont oublié, dans des émissions grand public. MGR MACAIRE : 3 ANS D’ÉPIS\!COPAT  DOSSIER C’est d’ailleurs au cours de cette troisième année, du 12 au 20 novembre 2017, qu’il a pu réaliser son projet de visiter le Bénin (ancien Dahomey) d’où nous viennent de nombreux prêtres missionnaires Fidei Donum, mais aussi d’où sont partis pour les Amériques beaucoup d’ancêtres esclaves : ce voyage, devenu vrai pèlerinage, lui a permis de prendre une conscience plus vive de la complexité de l’histoire en Afrique, notamment lorsqu’il a parcouru la région d’Abomey (royaume de Béhanzin). Si le diocèse, sous la conduite de son pasteur, a bien avancé cette année encore, rendons-en grâce au Seigneur ; mais il reste encore beaucoup à faire, comme il ne cesse de nous le rappeler, alors à l’occasion de ce troisième anniversaire, confions au Seigneur tous les projets que Mgr David porte au fond de son cœur pour qu’ils se réalisent à travers l’œuvre des chantiers d’Ecclesia’M 2020 ! Michel Déglise Secrétaire général de la Communication Diocèse de la Martinique ■ ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 18

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Il est indéniable que nous, médias, avons senti dès la nomination de Mgr Macaire, et avant même son arrivée en Martinique, que la communication du diocèse prendrait un virage radical ! Sur internet voyageait cette vidéo montrant Frère David Macaire dans ses œuvres artistiques, véhiculant l’image d’une person\ nalité utilisant les outils de communication modernes, via les réseaux sociaux, notamment sa page\ facebook rafraîchie régulièrement sur son actualité, sur ses réfl\ exions, sur ses rencontres. Le contact a été simple, direct et d’emblée nous savions que Mgr David Macaire serait accessible, attentif à nos sollicitations, et réactif dans la mesure des possibilités et en f\ onction du contexte. Une relation de confiance et de respect mutuel s’est installée, ce qui est essentiel dans la rela\ tion entre le diocèse et notre média. Mgr Macaire est à l’aise face au micro, il est ouvert au débat et accepte la contradiction. Puis en septembre 2016, un pas supplémentaire a été franchi avec RCI, média généraliste, écouté par des auditrices et \ auditeurs de tous horizons. Le souhait commun était d’installer dans le pay\ sage radiophonique un rendez-vous dominical où Mgr Macaire explore un thème de notre société. L’émission « Comment Va Notre Ame ? » est cette fenêtre ouverte sur notre monde, mais aussi un temps de pause, invitant croyants et non croyants à s’interroger sur toutes sortes de situations, de comportem\ ents, d’actes et leurs conséquences. Loin de vouloir donner des réponses, des solutions, des règles de conduite\ , Mgr Macaire le dit lui-même en conclusion de notre émission, « j’espère que votre âme va mieux ! ». Plus de 20 000 personnes rassemblées au stade de Dillon le jour de so\ n ordination épiscopale, le 12 avril 2015. Du jamais fait et du jamais vu en Martinique! Dès son arrivée, Mgr Macaire a été l'archevêque qui rassemble, l'archevêque de tous les Martiniquais, de toutes origines sociales, toutes générations confondues. Pendant les trois anné\ es qui vont suivre, cet enthousiasme ne s'est pas estompé, loin de là. A titre d'exemple, des milliers de fidèles se rendent aux messes organisées à l'occasion de l'année de la Miséricorde, ils étaient 3 000 participants lors \ de la messe du jubilé des hommes, à la ferme Perrine. Grand prédicateur, le plus jeune évêque de France s'avère être un excellent communicant et devient, dès son retour au pays, aussi médiatique que populaire. Proche des gens, accessible, si\ mple, d'une personnalité joviale, à chacune de ses apparitions, dans les paroisses, lors de conférences ou réunions publiques, il \ attire les foules. Mais au-delà de son accessibilité, Mgr Macaire a su toucher du doi\ gt les réalités, les blessures et les préoccupations des Martiniquais. Divisions sociales, une certaine solidarité qui disparaît, la place \ des hommes dans une société matriarcale, les difficultés et l'exode des jeunes, et surtout la famille, toutes les familles, "traditionnelles" comme monoparentales, sont au cœur de ses \ préoccupations et au centre du synode Plan ECCLESIA’M 2020 !, qu'il lance en 2016. Pendant ses premières années d'épiscopat, Mgr Macaire a su insu\ ffler un nouvel élan à l'Eglise de Martinique, avec notamment la création d'un séminaire. Certains projets entamés par des pr\ êtres du diocèse se sont conclus sous son égide, entre autres l\ a naissance de l'Institut Catholique Européen des Amériques (ICEA)... Après ces trois années fructueuses, l'archevêque sait que les défis à relever restent nombreux. Mais selon Mgr Macaire, il convient de rester optimiste ! Virginie Monlouis-Privat, journaliste à France-Antilles Pascale Lavenaire, Rédactrice en chef, RCI Quand nous avons proposé à Mgr David Macaire d’être le parrain de la seconde édition du Village Valora, organisé par l’association « 3ED-Acteur du développement durable », en avril 2017, il a accepté sans aucune hésitation car il nous a immé\ dia- tement dit partager nos inquiétudes sur l’avenir de la Martinique. Cette manifestation concerne aussi bien l’eau, l’énergie, le développement durable, la biodiversité, l’économie sociale et solidaire… que les déchets,\ la valorisation ou le tri, ou encore les risques naturels auxquels est confrontée la Martinique. Ces sujets, certes, sont chers à l’Eglise et correspondent parfaitement aux préoccupations développées dans la lettre-encyclique du pape François « Laudato Si », mais nous avons compris qu’ils étaient présents dans les pensées profond\ es de Mgr Macaire - un homme, un archevêque de grande écoute. Pendant ces 2 jours d’avril 2017, il a su rassembler 32000 personnes, dont 8000 élèves, grâce à sa présence, à son écoute des autres, aussi à\ sa spontanéité. Dans la conférence, organisée in-situ sur l’héritage du père Jean-Michel à la Martinique, il a su faire comprendre aux participants l’urgence d’opter pour un développement durable respectueux des équilibres naturels et sociaux pour préser\ ver notre belle terre de Martinique et l’avenir de ses habitants. Merci encore Monseigneur d’avoir su transmettre clairement les enseignements du pape François, mai\ s surtout de vous être libéré pour présider cette manifestation malgré votre emploi du temps chargé. Merci pour ce Village, merci pour la Martinique, et merci aussi pour tous les fidèles venus nombreux que vous avez sensibilisés aux problématiques du Village Valora ! Philippe Pied, Président Association 3 ED Pour  ce  troisième  anniversaire,  nous  avons  aussi  sollicité  le  regard  de  trois  personnalités  du  monde  des  médias  que  nous remercions d’avoir accepté notre proposition :  Pascale Lavenaire, Virginie Monlouis-Privat et Philippe Pied.  Quelques  témoignages ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 19

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Le Père Alain Ransay, curé de Bellevue, vient de publier ce livre aux Editions Saint-Paul. Il est préfacé par notre archevêque, Mgr David Macaire. Disponible dans toutes les librairies catholiques locales. MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon,  accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97207 FORT de France CEDEX E g lise en MARTINIQUE Nom : .......................................................................\ ............................................................................................. Prénom : .......................................................................\ ................................................................................. Adresse : .......................................................................\ ................................................................................ Mail : .......................................................................\ ................................................................................................ Tél. : .......................................................................\ ................................................................................................ Code Postal : ........................................................................\ .............................................................. Ville : .......................................................................\ ................................................................................................. Oui, je m’abonne ! Agenda de l’Archevêque Dimanche 8 avril : • 9h30 : Ordination diaconale du Fr. Michel Saint-Prix, osb au Monastère bénédictin de Terreville • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis   Du 15 au 27 avril :  Voyage à Rome • 16-21 avril : Visite ad limina avec la Conférence des Évêques de la Caraïbe - 16 avril : Rencontre des évêques avec Sa Sainteté le Pape François - 17-21 avril : Rencontre avec les différentes Congrégations et Dicastères de la Curie Romaine - Prière aux tombeaux des Apôtres et dans les Basiliques Majeures • 22-26 avril : Assemblée Plénière de la Conférence des Évêques de la \ Caraïbe  Vient de paraître… ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 20

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L e Seigneur a rappelé à lui, au matin du samedi 3 mars 2018, notre sœur Marie-Germain, la dernière des trois premières fondatrices martiniquaises de notre Monastère. C’est à nouveau une page importante de l’histoire de la communauté qui s’est tournée avec son départ pour la Maison du Père. Sr Marie-Germain, née le 22 février 1914 aux Trois-Îlets, est baptisée le 21 mars 1914. Elle rejoint le groupe des oblates du monastère de St-Pierre, avec ses amies Ninette Charlery et Hélène Beaujolais qui deviendront respectivement, Sr Marie-Scholastique et Sr Marie-Gertrude. Elle aurait voulu partir avec ces deux Martiniquaises embarquées, le 8 septembre 1961, dans un bananier à destination de l’abbaye Ste-Cécile de Solesmes, pour se former à la vie monastique. Mais elle devait s’occuper de sa maman jusqu’à son décès. Puis, malgré un âge relativement avancé (53 ans), armée d’une foi ferme et courageuse, elle entra à Ste- Cécile le 12 avril 1967. Elle reçut l’habit le 30 décembre 1967, fit profession temporaire le 1er janvier 1970, et profession solennelle le 1er janvier 1973. Sa devise fut le « Magnificat » et son emblème, la Croix. Elle sut accueillir généreusement et courageusement le dépaysement et les renoncements liés à son nouvel état de vie. Ce n’est qu’une dizaine d’années après son entrée à Ste-Cécile de Solesmes que la fondation en Martinique a été rendue possible. Ainsi, lorsque le 12 novembre 1976, Sr Marie-Germain arrive de Solesmes, accompagnée d’autres sœurs martiniquaises, le monastère Ste-Marie des Anges est déjà en cours de construction. Tout au long de son parcours monastique à Ste- Marie des Anges, Sr Marie-Germain a assumé différentes charges, mais c’est l’exploitation agricole qui était son domaine de prédilection. Elle aimait s’occuper des fruits et mettait tout son art à transformer les goyaves en gelée. Amoureuse de la solitude, elle a toujours eu une vie presque semi-érémitique tout en montrant une grande fidélité à l’office divin. Le 22 février 2014, nous avons eu la joie de fêter son centenaire, et c’est debout qu’elle a tenu à remercier ceux qui venaient la saluer au grand parloir. Sa principale caractéristique fut, ces dernières années, une continuelle action de grâces qui réjouissait toutes celles qui l’approchaient, et un profond abandon à la volonté du Père. Sa longévité exceptionnelle témoigne de la fidélité du Seigneur. Comme le vieillard Siméon, elle a veillé, attendu, puis chanté son Nunc Dimittis avant d’entrer dans la paix de son Seigneur. Sr Claire-Marie Suréna, Prieure ■ COMMUNIQUÉS Sœur Marie- Germain Haustant (1914–2018) Moniale du Prieuré Sainte-Marie des Anges (Le C\!arbet) VERS LA VIE ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 21

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Les Sœurs Dominicaines missionnaires de Notre-Dame de la Délivrand\ e, les laïcs associés et les amis vous  invitent à venir nombreux aux différentes « Portes Ouvertes » organisées aux dates suivantes : Dimanche 22 avril 2018, de 8h à 13h : école primaire Notre-Dame de la Délivrande de Redoute. Dimanche 29 avril 2018, de 9h à 13h : Place de l’église du François. Dimanche 6 mai 2018, de 9h à 15h : Près de la Tente de la Rencontre au Gros-Morne. Dimanche 10 mai 2018, de 9h à 13h : Couvent de religieuses de Morne-Rouge. Pendant la semaine de commémoration de l’abolition de l’esclavage (du 4 au 10 mai), une quarantaine de  jeunes des chorales « Vwa Lesperans » de la Maison d’Enfants de L’espérance en Martinique, « Bâtisseurs  d’Espérance » de la Fondation d’Auteuil en métropole et « Cardinal Hyacinthe Thiandoum » de Dakar (Sénégal)  donneront plusieurs représentations de la comédie musicale « Pour un monde meilleur ».  En 2016, la 1ère  tournée, emmène la troupe à Dakar et sur l’île de Goré, lieu symbolique de la traite esclavagiste au large des  côtes du Sénégal. Puis en 2017, plusieurs représentations sont données en Pays de Loire ; enfin pour boucler  ce parcours triangulaire devenu celui du respect, de la compréhension et de l’amitié, l’aventure se  terminera à Fort-de-France, à Saint Pierre et à Trinité. En français, en wolof, en créole ou en anglais, entre chœurs, solos et chorégraphies, les jeunes nous  transportent dans un spectacle interactif, qui a demandé des heures de répétition et de travail, et qui peu à  peu les transforment et les révèlent à eux-mêmes. Planning des spectacles ouverts à tous et gratuits. •Trinité le 4 mai 2018 en soirée (comédie musicale)  •Saint Pierre le 8 mai à l’ancien Théâtre en soirée (récital)  •Fort-de-France le 9 mai au Grand Carbet du Parc Floral en soirée (comédie musicale)  •Fort-de-France le 10 mai pour l’Ascension à L’espérance en journée (récital)  Nous vous attendons nombreux ! Infos : www.lesperancepsl.org ou à contact@lesperancepsl.org  Pour un soutien financier : www.ulule.com. Projet « Pour un monde meilleur avec Vwa Lesperans »  Contact : 06 96 04 59 16 ou communication@lesperancepsl.org Jubilé des 150 ans de fondation des Sœurs Dominicaines missionnair\ es de Notre Dame de la Délivrande « Pour un monde meilleur », un spectacle pas comme les autres COMMUNIQUÉS ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 22

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ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\7 MARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père PinchonBP 586 - \b7207 FORT DE FRANCE CEDE\7X Téléphone : 06 \b6 31\70 333 - E-mail : mic\7hel.pouch@wanadoo.fr oui ,  je souha\bte recevo\br en toute confident\bal\bté votre brochure pour m’\bnformer  sur les poss\bb\bl\btés de legs, donat\bons et assurances-v\be à l’Assoc\bat\bon D\bocésa\bne. oui , je  souha\bte  être  contacté  pour  un  rendez-vous  au  Serv\bce  des  legs  et  donat\bons ou à mon dom\C\bc\ble. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’espérance en hér\btage Mes coordonnées  ❏ Mme ❏ Melle    ❏ M. Nom  Prénom Adresse   Code postal V\blle  Téléphone E-ma\bl Paro\bsse  (facultat\bf) DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\7INIQUE a désormais son site Web Depuis le 23 avril 2017,  Mgr Macaire a lancé officiellement le site Web d’ECCLESIA'M 2020 !  Pour le consulter : http://www.ecclesiam2020.fr E CCLESIA 'M 2020 ! Samedi 21 avril 2018 Districts Départ : 6h Arrivée : vers 10h District de FDF Centre Est Eglise Emmaüs Chapelle de l’Espérance District de FDF Centre Ouest Chapelle de Trénelle-citron Eglise Ste Face de De Briand District du Grand Nord Eglise de L’Immaculée Conception  (Ajoupa Bouillon) Chapelle de Démare District du Grand Sud Chapelle de la Salette  (Petite Anse) Eglise St Thomas du Diamant District du Nord Atlantique Chapelle de Pérou Chapelle de Fourniols District du Nord Caraïbe Les Jardins d’Emeraude Croisée de Deux-choux District du Sud Chapelle du quartier Bac Eglise St Michel du François Dans le cadre du 5 ème  grand chantier synodal E CCLESIA ’M 2020 !, l’Association des pèlerins et militants de la foi « APMF »  vous propose, pour améliorer votre santé et votre bien-être spirituel, de participer à des marches tout au long de l’année  2018. Marchez en toute amitié et convivialité dans le district de votre\  choix. Venez montrer Jésus partout en Martinique,  personnellement et en Eglise. Que toute la Martinique soit en route ! La prochaine marche : samedi 5 mai 2018  –  Contact : l’APMF Tél. : 0696 86 46 46 ECCLESIA ’M 2020 ! 5 ème chantier « Santé & Bien-être »  - Eglise en Route - 99.5 - 101.3 et 105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.comTél. : ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 avril 2018 – n° 563 23

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Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; Il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. Sois sans crainte, Marie, Fête de l’Annonciation -  9 avril   - 

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