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E g lise
en MARTINIQUE
C hrist aujourd’hui nous appelle !
N° 564
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
22 AVRIL 2018
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EDITORIAL
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MÉDIAS 19
3
3
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04
http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com
VERS LA VIE
222
L
e 4 e dimanche de Pâques est appelé « Dimanche du
Bon pasteur ». « Je suis le bon pasteur, le vrai berger »
nous dit Jésus. Aujourd’hui également, toute l’Eglise
est en communion à l’occasion de la 55e Journée mondiale
de prière pour les vocations.
«Dans la diversité et dans la spécificité de chaque vocation\
,
personnelle et ecclésiale, il s'agit d’écouter, de discerner, de
vivre l'appel du Seigneur », exhorte le pape François dans
son Message tourné vers les jeunes.
En effet, le Christ nous appelle tous, mais certains sont appelés
à des vocations particulières. Ils sont invités à consacrer \
leur
vie au Seigneur. Toutefois, de nombreux éléments de notre
monde moderne peuvent « brouiller » le message. Prions
donc pour tous ceux qui sont appelés à devenir prêtres et
bons pasteurs à l’image de Jésus. Prions pour que les jeunes
découvrent la joie du service, et qu’ils fassent confiance à
Dieu. Oui ! « L’avenir appartient aux fous », précise notre
évêque, et « ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce \
que
Dieu a choisi ».
Pour le père Manuel Grandin, la famille a été un véritable
lieu de vocation. Son témoignage, proposé en introduction
de notre dossier « Vocations », est très édifiant. Prêtre depuis
maintenant 10 ans, il vit pleinement et avec joie les missions
qui lui sont confiées.
Il est vrai que la vocation est un don de l’Amour de Dieu.
Néanmoins, pour celle dite particulière (prêtre, religieux
ou consacré), il existe des éléments de discernement
permettant d'éliminer les fausses pistes. Notre évêque préci\
se
le cheminement pour être prêtre en Martinique.
Par ailleurs, d’aucuns se demandent pourquoi n’y a-t-il pas de
femmes prêtres ? Des éléments de réponses sont donnés dan\
s
la rubrique « An tchè Légliz-la », par le plus jeune prêt\
re de
notre diocèse, le père Gaëtan Présent.
Jésus, le Bon pasteur, est notre seul Sauveur. Il connaît chacun
de nous. Ne craignons pas de le suivre !
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
MOT DE L’EVÊQUE
• L’avenir appartient aux \tfou\b
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
AN TCHÈ LÉGLIZ\bLA
EGLISE UNIVERSELLE\C
• Parole dominicale
• La MEC bapti\be \be\b 3 \tpremier\b étudiant\b
• Mon Dieu, Tu e\b beau, Tu e\b grand...
en toute création !
Soirée Fe\btimode au Parc Floral
• La communication dan\b le couple, Que\btion de vie ou de mor\tt ? Récollection
de\b Équipe\b Notre Dame
• Cheminement vocationnel de père Manuel Grandin, \bj
• Comment di\bcerner ma vocation ? Là où e\bt ma voie, là e\bt ma joie !
• Comment devenir prêtre en Martinique ?
• Sœur Marie-Germain \tHau\btant • Pourquoi n’y a-t-il pa\b \tde femme\b prêtre\b ?
• Extrait\b du Me\b\bage du pape Françoi\b
pour la 55
e Journée mondiale de prière
pour le\b vocation\b
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5
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Dossier : VOCATION
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E
n Martinique, comme ailleurs,
l’avenir que notre génération
propose aux jeunes est impré-
gné d’une sagesse surannée et trom-
peuse. Elle sent mauvais la culture
bien-pensante couverte d’un verni de
christianisme moralisateur, endormi
et médiocre. « Ma manman m’a dit
comme ça… ». On comprend que nos
fils et nos filles fuient dès que possible
ce qui leur paraît sans radicalité et
cherchent désespérément, jusqu’au
suicide parfois, d’autres modèles de
vie, d’autres types d’existence.
Alors qu’ils risquent l’obésité
psychologique (lassitude, oisiveté,
trop-plein...) en s’empiffrant de
futilités à travers des écrans de
différentes tailles, le monde n’a
d’autres rêves à offrir aux jeunes que
des idéaux bourgeois. Chaque idéal
n’est en fait qu’un « canapé » (bon ou
mauvais), un lieu tranquille où semble
exclu le moindre effort : canapé des
bonnes études, canapé d’une petite
vie sans vague, canapé d’une pratique
religieuse ni-trop-ni-trop-peu, canapé
de parents conciliants et camarades,
canapé des amours tranquilles et
sans effort, canapé d’une sexualité
jouisseuse, canapé de l’argent et du
luxe, canapé d’une bonne réputation,
canapé des amis nombreux et fidèles,
canapé des grossesses désirées,
canapé d’un corps svelte et sportif,
canapé d’une morale remplie de bons
sentiments, canapé d’une vie sans
danger, sans maladie et sans mort…
Le message transmis est clair : le
bonheur n’est possible que dans
un canapé, installé dans la facilité
et l’insouciance d’un intérieur cossu
et confortable… Et pourtant, nous
savons tous que ces choses ne sont
pas accessibles au plus grand nombre
et que seule une élite y a accès. Ainsi,
lorsque les « bons » canapés s’avèrent
inaccessibles à la grande majorité,
beaucoup se jettent sur les sofas de la
TV-réalité, de la drogue, de la violence,
des jeux vidéo, de la pornographie,
des débauches et des orgies, des
sectes et des idolâtries… La liste des
refuges impurs est longue pour ceux
qui cherchent à s’affaler quelque part
et à trouver la sécurité à tout prix, sous
une couette ou un coussin. An ba fey,
si vous préférez !
Rappelons-nous, 170 ans après
l’abolition, que l’esclavage du coussin
est peut-être pire que celui des chaînes.
Celui-là ne fait pas mal, il ne conduit
pas à la révolte à force de souffrance ; il
n’exploite pas le travail mais l’oisiveté ;
il ne meurtrit pas le corps, mais
appesantit le cœur ; il ne tanne pas
la peau, mais il implose le squelette.
Il n’y a pas de « Nègre Marron » dans
cet esclavage-là. Personne ne songe à
fuir, les jambes sont paralysées. Sauf
ceux qui renoncent au canapé pour
chausser leurs chaussures de marche
et partir à l’aventure. C’est du moins
ce que conseille le pape François à la
jeunesse dans son message des JMJ
de Cracovie….
En appelant aujourd’hui les jeunes
à répondre à l’appel de Dieu à la
vie consacrée ou à la prêtrise, j’ai
conscience, face au monde, face à
certains chrétiens et face aux jeunes
eux-mêmes, que beaucoup ne
comprennent pas la folie de la vocation.
Oui ! l’Eglise incite consciemment les
jeunes à une rébellion spirituelle face
à toute une civilisation mourante dont
la soi-disant sagesse n’est rien d’autre
que le résultat d’une colonisation
idéologique de l’Occident athée et
matérialiste.
Si ce monde est sage, alors j’appelle
des fous ! Et c’est tant mieux, car « Ce
qu’il y a de fou dans le monde, voilà
ce que Dieu a choisi » !
+ Fr David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 3
ce que conseille le pape François à la
jeunesse dans son message des JMJ
de Cracovie…. de Cracovie….
MOT DE L’ÉVÊQUE
‘‘
Chers jeunes, soyez les
nouveaux « Nèg Maron ». Le
Nèg Maron d’aujourd’hui,
c’est le garçon qui se dit
prêt à répondre à l’appel
et à donner sa vie pour
servir l’Eglise ; c’est la jeune
fille qui accepte d’offrir sa
féminité au Christ ; c’est le
baptisé qui choisit Jésus.
‘‘
féminité au Christ ; c’est le
‘‘
féminité au Christ ; c’est le
baptisé qui choisit Jésus.
‘‘
baptisé qui choisit Jésus.
L’avenir appartient aux fous
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 4
C
hers frères et sœurs,
En octobre prochain, se
déroulera la XV ème Assemblée
Générale ordinaire du Synode des
Évêques, qui sera consacrée aux
jeunes, en particulier au rapport
entre jeunes, foi et vocation. A cette
occasion, nous aurons la possibilité
d’approfondir comment, au centre de
notre vie, il y a l’appel à la joie que
Dieu nous adresse et comment cela est
« le projet de Dieu pour les hommes
et les femmes de tout temps » (…).
Il s’agit d’une bonne nouvelle qui
nous est annoncée avec force par
la 55 ème Journée mondiale de Prière
pour les Vocations : nous ne sommes
pas plongés dans le hasard, ni
entraînés par une série d’évènements
désordonnés, mais, au contraire, notre
vie et notre présence dans le monde
sont fruits d’une vocation divine !
Même dans nos temps inquiets,
le Mystère de l’Incarnation nous
rappelle que Dieu vient toujours à
notre rencontre et il est Dieu-avec-
nous, qui passe le long des routes
parfois poussiéreuses de notre vie et,
accueillant notre poignante nostalgie
d’amour et de bonheur, nous appelle
à la joie. Dans la diversité et dans
la spécificité de chaque vocation,
personnelle et ecclésiale, il s’agit
d’écouter, de discerner et de vivre
cette Parole qui nous appelle d’en-
haut et qui, tandis qu’elle nous permet
de faire fructifier nos talents, nous
rend aussi instruments de salut dans
le monde et nous oriente vers la
plénitude du bonheur.
Ces trois aspects – écoute, discernement
et vie – servent aussi de cadre au début
de la mission de Jésus, qui, après les
jours de prière et de lutte dans le désert,
visite sa synagogue de Nazareth, et là,
se met à l’écoute de la Parole, discerne
le contenu de la mission que le Père lui
a confiée et annonce qu’il est venu pour
la réaliser “aujourd’hui” (cf. Lc 4, 16-21).
Ecouter : L’appel du Seigneur, il faut
le dire tout de suite, n’a pas l’évidence
de l’une des nombreuses choses que
nous pouvons sentir, voir ou toucher
dans notre expérience quotidienne.
Dieu vient de manière silencieuse et
discrète, sans s’imposer à notre liberté.
Aussi, on peut comprendre que sa voix
reste étouffée par les nombreuses
préoccupations et sollicitations qui
occupent notre esprit et notre cœur.
Il convient alors de se préparer à une
écoute profonde de sa Parole et de la
vie, à prêter aussi attention aux détails
de notre quotidien, à apprendre à lire
les évènements avec les yeux de la foi,
et à se maintenir ouverts aux surprises
de l’Esprit.
Nous ne pourrons pas découvrir l’appel
spécial et personnel que Dieu a pensé
pour nous, si nous restons fermés sur
nous-mêmes, dans nos habitudes et
dans l’apathie de celui qui passe sa
propre vie dans le cercle restreint de
son moi, perdant l’opportunité de rêver
en grand et de devenir protagoniste
de cette histoire unique et originale
que Dieu veut écrire avec nous. Jésus
aussi a été appelé et envoyé ; pour
cela, il a eu besoin de se recueillir
dans le silence, il a écouté et lu la
Parole dans la Synagogue et, avec la
lumière et la force de l’Esprit Saint,
il en a dévoilé la pleine signification,
référée à sa personne-même et à
l’histoire du peuple d’Israël. Cette
attitude devient aujourd’hui toujours
plus difficile, plongés comme nous le
sommes dans une société bruyante,
dans la frénésie de l’abondance de
stimulations et d’informations qui
remplissent nos journées. Au vacarme
extérieur, qui parfois domine nos villes
et nos quartiers, correspond souvent
une dispersion et une confusion
intérieure, qui ne nous permettent
pas de nous arrêter, de savourer le
goût de la contemplation, de réfléchir
avec sérénité sur les évènements de
notre vie et d’opérer, confiants dans
le dessein bienveillant de Dieu pour
nous, un discernement fécond. Mais,
comme nous le savons, le Royaume
de Dieu vient sans faire de bruit et
sans attirer l’attention, et il est possible
d’en accueillir les germes seulement
lorsque, comme le prophète Elie, nous
savons entrer dans les profondeurs
de notre esprit, le laissant s’ouvrir à
l’imperceptible souffle de la brise
divine.
Ecouter, discerner, vivre l’appel du Seigneur
EGLISE UNIVERSELLE\t
Extrait\b du Me\b\bage du pape Françoi\b pour la
55
e
Journée mondiale de prière pour les vocations
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 5
Discerner : En lisant, dans la synagogue
de Nazareth, le passage du prophète
Isaïe, Jésus discerne le contenu de la
mission pour laquelle il a été envoyé
et il le présente à ceux qui attendaient
le Messie : « L’Esprit du Seigneur est
sur moi parce que le Seigneur m’a
consacré par l’onction. Il m’a envoyé
porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la
vue, remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable accordée
par le Seigneur » (Lc 4, 18-19). De la
même manière, chacun de nous peut
découvrir sa propre vocation seulement
à travers le discernement spirituel, un
« processus grâce auquel la personne
arrive à effectuer, en dialoguant avec
le Seigneur et en écoutant la voix de
l’Esprit, les choix fondamentaux, à partir
du choix de son état de vie.
Nous découvrons en particulier, que
la vocation chrétienne a toujours une
dimension prophétique. Comme nous
témoigne l’Ecriture, les prophètes sont
envoyés au peuple dans des situations
de grande précarité matérielle et de crise
spirituelle et morale, pour adresser au
nom de Dieu des paroles de conversion,
d’espérance et de consolation. Comme
un vent qui soulève la poussière, le
prophète dérange la fausse tranquillité
de la conscience qui a oublié la Parole
du Seigneur, discerne les évènements
à la lumière de la promesse de Dieu
et aide le peuple à apercevoir des
signes d’aurore dans les ténèbres de
l’histoire. Aujourd’hui aussi, nous avons
grand besoin du discernement et de la
prophétie ; de dépasser les tentations de
l’idéologie et du fatalisme et de découvrir,
dans la relation avec le Seigneur, les lieux,
les instruments et les situations à travers
lesquels il nous appelle. Chaque chrétien
devrait pouvoir développer la capacité
à “lire à l’intérieur” de sa vie et à saisir
où et à quoi le Seigneur l’appelle pour
continuer sa mission.
Vivre : Enfin, Jésus annonce la
nouveauté de l’heure présente, qui
enthousiasmera beaucoup et durcira
d’autres : les temps sont accomplis et
c’est Lui le Messie annoncé par Isaïe,
oint pour libérer les prisonniers, rendre
la vue aux aveugles et proclamer l’amour
miséricordieux de Dieu à toute créature.
Vraiment « aujourd’hui s’accomplit ce
passage de l’Ecriture que vous venez
d’entendre » (Lc 4, 20), affirme Jésus.
La joie de l’Evangile, qui nous ouvre
à la rencontre avec Dieu et avec les
frères, ne peut attendre nos lenteurs et
nos paresses ; elle ne nous touche pas
si nous restons accoudés à la fenêtre,
avec l’excuse de toujours attendre un
temps propice ; elle ne s’accomplit pas
non plus pour nous si nous n’assumons
pas aujourd’hui même le risque d’un
choix. La vocation est aujourd’hui !
La mission chrétienne est pour le
présent ! Et chacun de nous est appelé
-à la vie laïque dans le mariage, à la vie
sacerdotale dans le ministère ordonné,
ou à la vie de consécration spéciale-
pour devenir témoin du Seigneur, ici et
maintenant.
Cet “aujourd’hui” proclamé par Jésus,
en effet, nous assure que Dieu continue
à “descendre” pour sauver notre
humanité et nous rendre participants de
sa mission. Le Seigneur appelle encore
à vivre avec lui et à marcher derrière
lui dans une relation de proximité
particulière, à son service direct. Et
s’il nous fait comprendre qu’il nous
appelle à nous consacrer totalement
à son Royaume, nous ne devons pas
avoir peur ! C’est beau -et c’est une
grande grâce- d’être entièrement et pour
toujours consacrés à Dieu et au service
des frères.
Le Seigneur continue aujourd’hui à
appeler à le suivre. Nous ne devons pas
attendre d’être parfaits pour répondre
notre généreux “me voici”, ni nous
effrayer de nos limites et de nos péchés,
mais accueillir avec un cœur ouvert la
voix du Seigneur. L’écouter, discerner
notre mission personnelle dans l’Église
et dans le monde, et enfin la vivre dans
l’aujourd’hui que Dieu nous donne.
Que Marie la très Sainte, la jeune fille
de périphérie, qui a écouté, accueilli et
vécu la Parole de Dieu faite chair, nous
garde et nous accompagne toujours sur
notre chemin.
Pape François ■
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Dimanche 22 avril 20\b8\2
la P arole Dominicale
S
œurs et frères,
Aujourd’hui, l’image du Christ
Bon Berger éclaire l’Eglise entière
et nous dévoile aussi un autre reflet
du mystère pascal et de la mission de
l’Eglise.
L’image du Christ Bon Berger est très
ancienne. Elle est déjà reprise dans
les catacombes romaines, dès le 3 ème
siècle. Du reste, le Bon Berger guidant
son peuple est une image biblique très
fidèle, qui a traversé toute l’Ancienne
Alliance, depuis Abraham, puis Moïse
et David, et beaucoup de prophètes
l’ont reprise, tels Amos, puis Jérémie et
Ezéchiel, pour parler de Dieu lui-même.
Dieu, c’est Lui le Bon Berger qui guide
et rassemble son peuple, le soigne et le
guérit pour le conduire dans Sa Bergerie.
Or, Jésus dit : « Je suis le bon Berger ».
Il prend donc pour Lui-même
l’image réservée à Dieu. C’est
cela qui fera scandale : Il
s’identifie à Dieu le Bon
Pasteur.
Et Jésus va plus loin :
non seulement le Bon
Pasteur prend soin de
son troupeau, pour le
mener vers les bons
pâturages (cf. Ps 22-23),
mais il annonce aussi qu’Il donne sa vie
pour ses brebis : c’est donc l’Amour seul
qui le guide. Et nous voici pleinement
dans le mystère pascal ! Cinq fois de
suite en huit versets, Jésus affirme qu’Il
donne sa Vie pour ses brebis, en faveur
des brebis, pour les mener vers le Père,
dans le bonheur de la Vie. Alors que le
loup, c’est-à-dire le démon, ne cherche
qu’à les disperser et à les dévorer ; le Bon
Berger est devenu l’Agneau immolé pour
tout le troupeau, pour le rassembler et
le sauver.
Et aussi pour ceux qui ne sont pas encore
dans ce peuple rassemblé : « J’ai encore
d’autres brebis qui ne sont pas de cette
bergerie : celles-là aussi, il faut que je
les conduise ».
Révélation de la mission de l’Eglise, qui
est celle du rassemblement dans la foi
du peuple de Dieu, dans le respect des
différences : l’unité n’est pas l’uniformité,
nous le savons bien ! Cette unité se
construit dans la communion de foi et
d’amitié avec Dieu, par Jésus Christ… En
Lui, nous devenons « enfants de Dieu ».
C’est cela le mystère de l’Eglise. Nous ne
sommes pas un peuple qui pense la même
chose, mais un peuple qui entre dans une
communion de vie, dans l’Amour de Dieu,
dans la liberté de l’Esprit Saint, un peuple
ami dans le Seigneur !
Cette semaine, nous sommes donc
appelés à vivre selon cette Parole !
Parfois pourtant, elle peut nous sembler
un peu loin de nos préoccupations
quotidiennes… Est-ce vraiment le
cas ? Le Bon Berger est « le seul qui
puisse nous sauver » dit saint Pierre.
Mais il ne faut pas se tromper de salut !
Le Christ ne nous a pas promis de
nous épargner les problèmes, mais
de nous sauver au cœur de ces
problèmes, du moins, si nous
lui faisons confiance ! Il s’agit
donc pour nous de Le laisser être notre Berger, notre Bon Pasteur !
Amen
Père Patrick-Alexis Phanor ■
Actes 4,8-12 • Psaume 117 • 1 Je\Jan 3,1-2 • Jean 10\J,11-18
4 ème Dimanche de Pâques - Année B
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 7
J ’ai en moi cette i\jmmense
fierté, cette gran\jde joie d’avoir
accompagné ces 3 frères et\j s\burs
dans leur chemineme\jnt. La tâche
n’est pas terminée pour no\js amis car ils
devront désormais m\jontrer Jésus partout
et en toute circonstance, principalement
à travers leur vie. Je l\jeur souhaite de vivre leur foi de manière totalement décomplexée\j !
C’est une première \jpour
la MEC. C’était un baptême
assez original par rapport à ce
que l’on voit habituellement\j, car
ils étaient en immersion\j totale dans
une piscine. Nous \javons accueilli 3
frères dans notre grande famille
de Dieu. Je leur s\jouhaite qu’ils
suivent les pas de Dieu et qu’il\js
fassent sa volonté en
toute circonstance.
Voilà l’aboutissement de deux belles années de cheminement
au sein de la Mission Etudiante Catholique (MEC) pour 3
étudiants qui, par ailleurs, sont d’une même fratrie. Céphora,
Rachel et William ont reçu leurs 3 sacrements d’initiation ce
dimanche 1
er avril 2018, en l’Eglise de Schœlcher, devant une
assemblée principalement estudiantine, lors de la messe de
Pâques célébrée par le père Olivier-Marie Lucenay, aumônier
des étudiants.
Audrey, accompagnatrice, témoigne
de cette joie d’accueillir 3 néophytes :
C’est une première \jpour
Yohan, membre de la MEC, témoigne :
Ils ont dit « Oui » au baptême……
Devant une assemblée pleine de solennité, de joie et de fierté,\
les 3
jeunes ont choisi de renoncer à vivre comme le monde, pour rentrer
dans le cercle des Saints, le peuple de Dieu.
… par immersion
C’est en entrant dans cette église particulièrement bien déc\
orée pour
l’occasion par les étudiants et leurs parents, que tous ont compri\
s qu’il
ne s’agirait pas d’un baptême « comme on a l’habitude de \
le voir ».
En effet, une piscine était installée devant l’autel.
Céphora, Rachel et William, revêtus d’un vêtement noir, à tour de rôle
ont été totalement immergés dans la piscine en position « co\
ucher »,
comme pour rappeler « la mort » avant de se relever, signe de nouvelle
vie en mémoire de la résurrection du Christ.
Un peu plus tard, après acclamation de l’assemblée, revêtus \
de blanc,
ils reçurent la Confirmation et l’Eucharistie.
La MEC, une aumônerie particulièrement solidaire et dynamique
La Mission Etudiante Catholique, qui fête déjà ses 2 bougies, r\
eprésente une
véritable famille.
D’ailleurs, comme le dit Stéphy, membre de la MEC, il était impossible de manquer
à l’appel : « C’était pour nous et singulièrement pour\
moi, un moment très fort de les
voir enfin baptisés. Je suis sortie de Sainte-Anne pour assister à\
cette magnifique
cérémonie, car c’était un moment qu’il ne fallait pas rat\
er. Je suis contente pour eux
qu’ils vivent maintenant cette nouvelle aventure avec Dieu à leur \
côté».
Aumônerie chapotée par le Père Lucenay, elle permet aux jeunes de s’élever
spirituellement et de poser un avis sur toutes les grandes questions de \
société
à travers des rencontres, des débats, des actions, des sorties, ma\
is aussi un
parcours de catéchuménat entièrement dédié aux étudian\
ts.
Si tu es lycéen ou étudiant,
2 rendez-vous sont les tiens :
les rencontres-débats du mardi, à partir de 17h30, à la salle
paroissiale de Schœlcher, et la messe des étudiants
le dimanche, à 18h30, à l’Eglise de Schœlcher.
Save the date
VIE DU DIOCÈSEVIE DU DIOCÈSE
La MEC baptise ses
3 premiers étudiants
‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘
‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 8
Le \benouveau cha\bismatique a tenu son spectacle
"Festimode" au G\band Ca\bbet du Pa\bc Flo\bal de
Fo\bt-de-F\bance. Cette manifestation était p\bésidée
pa\b not\be a\bchevêque, Mg\b David Macai\be, qui était
à l'initiative de ce p\bojet innovant.
Soirée Festimode
au Parc Floral
C
ette élégante soirée a fait salle comble. Si le thème retenu était
"Mon Dieu, Tu es beau, Tu es grand… en toute création", l'objectif
était de montrer qu'on pouvait porter des vêtements en abordant
une vision chrétienne, véhiculer des valeurs conformes à la bible sans
pour autant limiter la liberté et la créativité, arborer un look chic, sobre
et distingué à la fois, car nous sommes enfants du Roi des rois qui lui,
est digne de tout honneur, sans oublier que nous sommes son temple
et nous devons, de ce fait, porter sa beauté et son éclat.
Après les paroles de bienvenue de la coordinatrice diocésaine,
Raymonde Moundangui, et le mot de l'Evêque, la soirée a été ponctuée
de louanges par le groupe Péniel, de danses par les jeunes du Renouveau,
du témoignage de Rosie, de l'exhortation percutante du père Francky
Vilsaint de la paroisse de St Christophe. Il y avait aussi Elie avec ses
slams très parlants.
Avant de conclure la soirée, c'est le groupe théâtral GPF qui a enflammé
la salle avec ses sketches pleins d'humour, de joie et d'amour. Le groupe
a su montrer avec beaucoup de brio que le chrétien qui s'habille doit
éviter l'extravagance ; qu'une tenue sobre et de bon goût doit être
l'expression d'un cœur qui plait à Dieu, mais ce même chrétien doit se
montrer accueillant et patient envers ceux qui ne connaissent pas Dieu,
ou qui viennent de se convertir, ceux qui ont une allure qui reflètent le
monde, et que chacun peut s'habiller d'une façon qui corresponde à son
âge sans choquer ni provoquer, tout simplement parce que Dieu juge
sans partialité et il aime tous les humains.
La soirée s'est clôturée de belle manière par la louange.
La coordination du Renouveau charismatique tient à remercier tous ceux
dont la générosité et l'engagement ont contribué à faire du spectacle
"festimode acte 1" un évènement mémorable et une réussite.
La coordinatrice diocésaine, Raymonde Moundangui ■
Mon Dieu, Tu es beau,
Tu es grand...
en toute création !
VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 9
Les Responsables, Roselyne et Frédéric et Les Responsables, Roselyne et Frédéric et Les Responsables, Roselyne et Frédéric et Les Responsables, Roselyne et Frédéric et
des Prêtes conseillers spirituels du Mouvement.des Prêtes conseillers spirituels du Mouvement.
Les Responsables, Roselyne et Frédéric et
des Prêtes conseillers spirituels du Mouvement.
Les Responsables, Roselyne et Frédéric et Les Responsables, Roselyne et Frédéric et
des Prêtes conseillers spirituels du Mouvement.
Les Responsables, Roselyne et Frédéric et
Une des équipes en pleine réflexion sur le thème Une des équipes en pleine réflexion sur le thème Une des équipes en pleine réflexion sur le thème avec le couple Flavien (couple END) Une des équipes en pleine réflexion sur le thème avec le couple Flavien (couple END) Une des équipes en pleine réflexion sur le thème Un couple qui fait un très beau témoignage Un couple qui fait un très beau témoignage Un couple qui fait un très beau témoignage sur la journée Un couple qui fait un très beau témoignage sur la journée Un couple qui fait un très beau témoignage
Le dimanche 11 ma\bs 2018, 4 ème Dimanche de Ca\bême dit
dimanche de Læta\be (de la joie), les Equipes Not\be-Dame
(END) ont o\bganisé une \bécollection au Foye\b de l’Espé\bance
à Chateaubœuf.
L
’objectif de cette journée fut
largement atteint : faire découvrir
aux couples mariés toutes les
richesses de notre mouvement. En
effet, ils étaient plus d’une trentaine
de couples à avoir répondu présents
pour ce temps de prière, de partage
et d’échanges, vécu comme pour une
véritable rencontre d’équipe, autour
d’un repas, avec d’autres couples et un
prêtre (conseiller spirituel).
Le thème proposé, « La communication
dans le couple, Question de vie ou de
mort ? » fut approfondi par le père
Benjamin Francois-Haugrin, conseiller
spirituel du mouvement. Il nous
rappelait, avec beaucoup d’humour,
que lors de notre sacrement de mariage,
nous avions chacun à notre tour émis
un message à notre conjoint, message
reçu et auquel nous avions répondu en
nous acceptant mutuellement comme
époux et épouse par notre OUI. Il
terminait son propos en nous précisant que la communication dans le couple
est surtout une communication qui se
vit à 3, puisque Dieu veut nous parler
en premier, et qu’il nous faut trouver les
moyens de l’écouter.
En fin d’après midi, les couples du
mouvement nous ont rejoints dans
la chapelle du foyer pour célébrer
l’Eucharistie présidée par notre
Archevêque, Mgr David Macaire, tout
vêtu de rose.
Dans son homélie il nous exhortait, à
accueillir Jésus-Christ, Lumière venu dans
le monde, pour nous faire découvrir ou
redécouvrir les qualités et les bienfaits de
nos conjoints, de nos enfants et toutes les
grâces que Dieu nous accorde à travers ce
merveilleux sacrement de mariage. « Dieu
nous a tellement aimés qu’il nous a donné
notre époux - notre épouse pour nous
conduire à la… Sainteté », concluait-il.
Cette belle journée s’est achevée autour
du goûter, par la prière pour obtenir la
béatification du Père Caffarel (prêtre
fondateur du mouvement), et du Magnificat
(qui conclut chaque rencontre END).
Un très grand merci à tous les couples
présents et à tout ceux qui ont fait de cette
journée une réussite : ce qui nous permet
de chanter avec Marie : « Le Seigneur a fait
pour nous des merveilles... ».
Roselyne et Frédéric Flériag, responsables END ■
La communication dans le couple,
Question de vie ou de mort ?
Récollection de\b Équipe\b No\ttre-Dame
Pour joindre les Équipes Notre-Dame et obtenir des informations :
• Mr et M me Frédéric et Roselyne FLERIAG Tél. : 06 96 53 20 11
• E-mail : fleriag.rose@gmail.com
Vous pouvez aussi vous rendre sur leur site internet en cliquant sur le lien suivant :
http://www.equipes-notre-dame.fr/secteur/martinique
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 10
VOCATION DOSSIER
Cheminement vocationnel
du père Manuel Grandin, sj
EenM : Quand avez-vous ressenti
l’appel du Seigneur pour la
première fois ? Avez-vous eu
l’occasion d’en parler avec un
prêtre de votre entourage ou une
autre personne ?
Père Manuel :
Mon appel a été
assez précoce, car dès l’enfance je
me sentais familier des choses de
l’Eglise, et dès 12 ans, avec l’appui
de mes parents, j’ai pu passer une
journée avec le père Charles Aubrée,
alors curé à Sainte-Anne, pour voir
comment ça vivait un prêtre ! Puis
j’ai rencontré Mgr Marie-Sainte
pour parler de cette vocation. A 14
ans, après ma confirmation qui a été
un moment fort pour moi, le père
Zonzon m’accueillait à l’internat du
Foyer Dominique Savio, à Redoute,
où j’ai eu la joie de côtoyer un
certain Jean-Michel Monconthour.
Rencontrer des prêtres différents et
heureux (je pense aussi au curé de
ma paroisse du François, le Père
Miron) m’a beaucoup encouragé
et stimulé. M’occupant moi-même
aujourd’hui de jeunes voulant entrer
chez les jésuites, je me rends compte
que chaque chemin est unique, et
que Dieu a beaucoup d’humour
et d’imagination pour rejoindre
chacun. Il en est aussi de même
avec les couples que j’accompagne
au mariage ou les célibataires non
consacrés : Dieu prend l’initiative
de la rencontre, et c’est à nous
d’apprendre à l’écouter.
EenM : Comment votre famille a-t-
elle réagi ? Et vos amis ?
Père Manuel : Trop bien !
Je m’amuse en disant cela.
Contrairement à des jeunes qui
portent ce genre de questions, mes
parents ont vite pris au sérieux mon
projet, même si je manquais de
maturité et de liberté intérieure à
cet âge, et aussi plus tard. Ils étaient
déjà très engagés dans l’Eglise. Cela
a été plus difficile pour mon unique
petite sœur qui trouvait (déjà) que
je me prenais trop au sérieux. Avec
le temps, c’est pourtant elle qui m’a
le plus aidé dans ma vocation dans
les moments de découragement.
EenM : Avez-vous envisagé un
autre chemin de vie ? Quand avez-
vous pris votre décision définitive,
et avez-vous hésité entre la vie
de religieux et la vie de prêtre
diocésain ?
Père Manuel :
Après mon bac et
une année d’études de commerce
(pendant laquelle je vivais dans un
foyer de la communauté du Chemin-
Neuf), je suis rentré au Séminaire
interdiocésain d’Avignon où j’ai
retrouvé Christian Catayée, Jean-
michel Monconthour ou Gaby
Lémy… aujourd’hui prêtres
diocésains. Je n’ai pas beaucoup
réfléchi à la question du mariage
même si j’étais déjà tombé
amoureux. J’étais un peu à fond
dans mon projet, et il faudra du
temps pour mûrir affectivement.
Le choix de la vie religieuse s’est
imposé lentement : je n’arrivais
pas bien à me projeter dans un
travail en paroisse, je n’étais pas
aussi à l’aise que d’autres par
rapport à notre culture (certains
se moquaient de mon niveau de
créole) et j’aspirais à voyager et
aussi à une vie communautaire.
Ainsi, quand il m’a été proposé
d’aller faire 2 ans de philosophie
chez les jésuites à Paris, un champ
s’ouvrait devant moi. Cela n’a pas
été une période facile, car j’ai pu
EenM : Bonjou\b Pè\be Manuel, vous êtes actuellement le
seul jésuite ma\btiniquais. Vot\be mission depuis 6 ans :
coo\bdinateu\b national de la pasto\bale des jeunes pou\b les
jésuites et les \beligieuses p\boches des jésuites (\béseau
Magis), et aussi aumônie\b dans une école d’ingénieu\bs à
Pa\bis. Vous êtes p\bêt\be depuis maintenant 10 ans (5 av\bil
2008, Saint-Etienne), et nous étions quelques-uns à vous
avoi\b suivi à ce moment impo\btant de vot\be cheminement.
Nous vous p\boposons de \beveni\b su\b la naissance de vot\be
vocation et le chemin vocationnel qui vous a conduit jusqu’à
vot\be o\bdination p\besbyté\bale.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 11
blesser les copains du séminaire
pour m’affirmer un peu, et j’étais
assez perdu quand même.
EenM : Où avez-vous suivi votre
formation jésuite ? Comment
se sont déroulées vos années
d’études ? Pensez-vous que
les études suivies vous ont bien
préparé aux missions qui vous
ont été confiées après votre
ordination ?
Père Manuel :
La formation jésuite
en France commence d’abord
par 2 ans de noviciat à Lyon
(apprentissage de la prière et de la
vie communautaire et des stages en
milieux populaires), puis par des
études de philosophie et de théologie
au Centre sèvres à Paris. J’ai eu
aussi des stages auprès de jeunes de
quartiers sensibles au sud de Paris
ou à Toulouse, c’est d’ailleurs là que
j’ai recroisé un certain frère David
Macaire. Mes études m’ont aidé sur
3 niveaux : découvrir la richesse
de notre tradition (Bible, doctrine,
spiritualité), et sentir combien elle
peut parler à des hommes et des
femmes du 21
e siècle ; apprendre à
prendre du recul sur les situations et
les événements (grandir en patience
envers soi-même) ; et enfin nommer
mes goûts et mes ancrages propres
(j’ai développé un goût pour la
Bible qui remonte à l’enfance ;
soigner les relations en travaillant
sur certaines figures bibliques ou en
me plongeant dans la psychologie ;
comprendre mes racines antillaises
et ma chance d’être sur plusieurs
culture dans la société française
d’aujourd’hui, etc.). Oui cela a été
décapant, mais très riche.
EenM : Au cours de ce parcours,
qui est long chez les Jésuites,
avez-vous éprouvé des moments
de doute ou d’interrogation ? Avez-
vous eu un conseiller spirituel qui
vous a accompagné ?
Père Manuel : Oui souvent, car
c’est mon tempérament : j’ai besoin
de comprendre les choses et de les
interroger, cela fatigue un peu mes
supérieurs). Je pense à mon premier
accompagnateur – le père Zonzon –
comme à tous les autres qui m’ont
aidé à prendre du recul et à ne pas
me concentrer d’abord sur ce qui
manque, mais sur ce qui est donné et
offert par Dieu et par les autres. On
a besoin d’un grand frère ou d’une
grande sœur dans la foi (j’ai eu aussi
des religieuses et des laïques comme
guides spirituels) pour mieux
discerner ce qui est de mes peurs,
du travail du diable (diabolos : ce
qui divise, ce qui décourage) et ce
qui est de l’action de l’Esprit. Ce
discernement est toujours à faire en
lien avec la relecture de vie, la prière
quotidienne et la vie fraternelle…
pas toujours facile, mais libérante
et heureuse. J’ai eu aussi besoin de
travailler sur le plan psychologique
pour grandir, et aujourd’hui où je
travaille avec beaucoup de jeunes,
je suis dans une équipe avec une
psychologue et 2 coaches pour
répondre au mieux aux besoins des
jeunes et des moins jeunes.
EenM : La profession religieuse
et l’ordination sont à la fois
l’aboutissement d’un parcours
et un point de départ pour une
nouvelle vie : comment avez-vous
vécu ces moments particuliers ?
Père Manuel : Cela a toujours été
un mélange de joie et de combat,
avec l’assurance que Dieu est
toujours plus grand que moi et
que mes propres désirs. Mon
« slogan » (Ps 36,3-7) : « Fais
confiance au Seigneur, agis bien,
habite la terre et reste fidèle ;
mets ta joie dans le Seigneur : il
comblera les désirs de ton cœur.
Dirige ton chemin vers le Seigneur,
fais-lui confiance, et lui, il agira. Il
fera lever comme le jour ta justice,
et ton droit comme le plein midi.
Repose-toi sur le Seigneur et
compte sur lui ».
Le plus beau reste à venir.
EenM : Que diriez-vous
aujourd’hui à un jeune homme
qui s’interrogerait sur sa vocation
et qui hésiterait à embrasser le
chemin de la vie religieuse ?
Père Manuel : Malgré les combats,
je t’assure l’ami, reste confiant,
le Seigneur veut le meilleur pour
toi. Et si c’est ta vocation d’être
au service particulier de l’Eglise,
réponds avec confiance, et si c’est
le mariage, sache qu’il sera tout
autant à tes côtés. L’important c’est
de prendre au sérieux ton désir
le plus profond et de croire. Et
comme le dit le pape François :
"La sainteté, c'est la rencontre de ta
faiblesse avec la force de la grâce",
alors fonce et prie !
EenM : Merci beaucoup Père
Manuel.
Interview réalisée par Michel Déglise ■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 12
VOCATION DOSSIER
Il existe des éléments de disce\bnement, qui, sans donne\b la ga\bantie
d'une conclusion définitive, pe\bmettent d'élimine\b les fausses pistes.
N
ous avons tous une vocation fondamentale, qui est notre consécration de baptisés : nous
sommes enfants du Père, disciples du Christ, temples de l'Esprit.
Toute vocation particulière va se greffer sur cette vocation commune. C'est pourquoi, me
semble-t-il, la première chose à faire, avant d'être prêtre ou religieux ou consacré, comme avant de
se marier, c'est d'être tout simplement chrétien.
Un chrétien vivant : c’est-à-dire engagé personnellement dans une vie de prière, dans un partage
fraternel, dans un service et un témoignage. Cette triple ouverture est fondamentale : l'ouverture au Seigneur,
l'ouverture à l'Eglise et, en même temps, la participation concrète à une cellule d'Eglise, l'ouverture au monde.
Ces éléments se retrouveront, d'une manière ou d'une autre, dans toute vocation. Si l'un des trois manquait, il y aurait un déséquilibre
spirituel qui rendrait toute vocation fragile et même suspecte.
Sur cette base, une vie chrétienne déjà bien engagée, le discernement d'une vocation peut se faire à partir de trois critères
complémentaires.
➊
Le Seigneur qui m'appe\b\be est
aussi \be Seigneur qui me crée.
Il me connaît, Il ne va pas me demander
quelque chose qui serait aux antipodes de
ce que je suis et de ce que j'aime -ou alors
Il commencera par me transformer, comme
saint François d'Assise : après son baiser au
lépreux, il témoignera que ce qui, auparavant,
lui paraissait amer, était devenu doux, et que
ce qui lui paraissait doux, était devenu amer.
Ici, il faut éviter le piège assez fréquent de la
peur. Certains s'imaginent que s'ils vont plus
loin dans leur recherche de la volonté de Dieu,
ils vont être comme pris au piège, obligés
de renoncer à un tas de bonnes choses, et
condamnés à une vie austère et triste, pour
ne pas dire impossible.
Ils oublient que Dieu est un Père qui veut le
bonheur de ses enfants. Là où est ma voie,
là est ma joie. Certes avec des sacrifices et
des exigences, comme dans tout amour
authentique. Mais l'amour est à lui-même
sa récompense. Ce qui serait triste, ce serait
au contraire de passer à côté d'un plus grand
amour.
En résumé, retenons qu'un premier éclairage
sur ma vocation, c'est tout simplement ce que
je suis : mes richesses, mes limites, mes goûts,
mes expériences, ma formation. Tout cela ne
définit pas une voie, mais indique déjà une
direction.
➋
Ce\ba dit, on n'a pas une vocation pour soi, mais
pour \be Seigneur et pour \be monde. La vocation
est \ba forme concrète du\q don de \ba personne.\q
Le deuxième éclairage est donc celui qui m'est renvoyé par le monde
autour de moi : à quoi, à qui ai-je envie de me consacrer ? Qu'est-ce
qui me touche ? A quels appels suis-je davantage sensible ? Dans
quel cadre, dans quelles situations, dans quels types de service
m'est-il donné une plénitude, un élan, une sorte de vérité intérieure ?
➌
Enfin, on ne vit jamais une vocation tout seu\b.
L'appe\b du Christ en moi est, certes, intimement
personne\b, mais i\b est en même temps ecc\bésia\b,
communautaire.
Cela ouvre tout un champ de discernement : quels appels de l'Eglise
trouvent davantage d'écho en moi ? Quels saints sont devenus
comme mes frères aînés ? Quelles communautés anciennes ou
nouvelles deviennent un peu ma famille ? Quelles sont les formes
de prière, de mission, de service où je me reconnais davantage ?
Evidemment une fois qu'on a essayé de faire ainsi le tour de la
question, on est perplexe ; car, si cela permet d'éliminer les fausses
pistes, on aboutit rarement à une conclusion définitive.
Cette incertitude est essentielle.
Elle me renvoie à la prière : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu
veux » (Saint Marc 14, 36). Elle me renvoie à la patience et à la confiance :
« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta
parole » (Saint Luc 1, 38). Ce que tu voudras, quand tu voudras, comme
tu voudras.
Elle me renvoie à l‘Esprit Saint ; Lui seul peut unir, dans une synthèse
toujours imprévisible et merveilleuse, tous ces éléments complexes.
Un jour, tout s'éclaire et se simplifie : Me voici, Seigneur !
Père Emmanuel Saint-Honoré, Curé de Rivière-Pilote ■
COMMENT DISCERNER \2MA VOCATION ?
Là où est ma voie, là est ma joie !
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 13
EenM : Monseigneur, comment
devient-on prêtre en Martinique ?
Oh! c'est un chemin qui prend
le temps de la maturation et de
l'accompagnement pour acquérir
des compétences nouvelles, guérir
ses blessures, nourrir son appétit
missionnaire, mieux connaître son
Eglise, découvrir ses charismes et
apprendre à les exercer, faire des
expériences dans des milieux divers,
voyager et, bien sûr, faire des études.
Mais c’est nécessaire pour être prêt
et pour discerner en toute liberté !
Tous ceux qui prennent ce chemin
ne deviennent pas prêtres, mais, si
cela se passe bien, chacun en ressort
plus libre et plus mûr, prêt à affronter
les grands défis de ce monde : la
mission, le travail, la vie spirituelle,
et la vie affective et sentimentale…
EenM : Pouvez-vous nous décrire
ce chemin ? Et tout d’abord,
combien d’étapes ?
Cela dépend un peu de chaque
cas, et notamment de l’âge et
du parcours déjà effectué par le
candidat qui se présente. Disons
qu’il y a, après le premier temps
personnel, entre 4 et 6 étapes avec
des passages obligés.
EenM : Donc on commence par quoi ?
Etape « 0 » : La prière, bien sûr :
c’est dans la prière personnelle (en
particulier la prière silencieuse) et
familiale, la participation active
à l’eucharistie, la confession, les
retraites (par exemple la retraite
des vocations au Foyer de Charité),
les lectures saintes, les pèlerinages
et le rosaire qu’on rend son cœur
disponible à la volonté de Dieu.
La Pastorale des vocations doit
veiller à ce que ce dispositif soit
offert au plus grand nombre dans
toutes les paroisses. C’est au cours
de cette première étape que certains
fuient l’appel, souvent parce que
les communautés chrétiennes n’ont
pas permis à tout cela de se réaliser.
A la fin de cette première étape,
ceux qui sont appelés ressentent un
désir au fond d’eux-mêmes qu’ils
ont parfois du mal à comprendre…
« être prêtre ! », «Dieu m’appelle »
ou « j’ai envie » ou encore « je
n’ai pas envie mais je sais qu’il
faut aller dans cette direction ». Ça
peut prendre des années, comme
une semaine, avant d’arriver à
cette conclusion. Le garçon va
alors demander un dialogue avec
un membre de l’Eglise (prêtre,
religieuse, animateur, parent…).
Cet appel peut concerner des
enfants très jeunes comme des
adultes mûrs remplis d’expériences
bonnes et mauvaises…
EenM : Et ensuite… ?
Première étape : Si ce membre de
l’Eglise fait bien son travail, il va
chercher à faire entrer discrètement
le garçon dans le temps de
l’accompagnement et de la
maturation. C’est un temps secret.
Il ne faut surtout pas que toute la
communauté lui colle l’étiquette
de « ti labé » ; il faut faire très
attention à ce que cette personne
reste libre. Le Délégué épiscopal
aux vocations et l’Evêque sont
alors prévenus et font, s’il le faut, la
connaissance de ce jeune. (J’avoue
que j’ai une petite liste et que je
prie tous les jours personnellement
pour chacun !). Certains jeunes
veulent entrer en contact direct avec
moi, je me rends alors davantage
disponible pour eux et pour leur
famille. Mais, dans tous les cas, on
fait en sorte qu’un prêtre se charge
personnellement de faire cette route
avec le garçon. L’accompagnement
dépendra de l’âge du candidat. Pour
les enfants, on veillera à ce qu’ils
aient une instruction chrétienne
normale. L’entourage (parents,
parrain, marraine, famille) est alors
en première ligne. On veillera aussi
à ce que le jeune rencontre de temps
en temps un prêtre et ait un service
dans l’Eglise.
Ensuite, en Martinique, les garçons
de 16 ans à 21 ans qui le souhaitent,
et avec l’accord de leur famille,
sont accueillis au Foyer Saint
Dominique Savio. Pendant les
semaines scolaires, ils peuvent y
loger ou participer à des rencontres
spécifiques de la Pastorale des
vocations.
Enfin, pour les hommes plus âgés qui
pourraient déjà entrer au séminaire,
un dispositif d’accompagnement
plus personnel est offert jusqu’au
moment venu.
Comment devenir prêtre
en Martinique ?
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 14
VOCATION DOSSIER
Après ce temps de maturation (en
général le temps d’achever des
études civiles ou quelque contrat),
le jeune homme fait une demande
à laquelle l’évêque répond après
avoir pris conseil et accepte (ou
pas) qu’il commence sa formation
au presbytérat.
EenM : Quelles sont les conditions
pour commencer cette formation
au presbytérat ?
Être un homme, être majeur, être
célibataire et sans enfant à charge,
avoir une bonne réputation (en tout
cas être vraiment converti), être en
bonne santé physique et mentale,
ne pas avoir de dettes (financières,
administratives ou morales)… et je
rajouterais avoir un niveau intellectuel
capable de faire des études.
EenM : C’est alors le séminaire !?
Non pas encore.
Deuxième étape : C’est le temps
du pré-discernement pendant
lequel le candidat doit faire une
année de propédeutique. C’est
une année (de septembre à juin) de
fondation spirituelle qui permet à
ceux qui envisagent le presbytérat de
recevoir une formation spirituelle,
de lire la Bible, d’expérimenter
la vie commune, la récitation
régulière des offices, de faire une
retraite de discernement avant de
commencer les études proprement
dites. Cette année se déroule
en métropole, par exemple à la
Maison Saint-Augustin à Paris
ou à Aix-en-Provence. Ce premier
départ est important. Il permet aux
candidats de se détacher de leur
milieu pour discerner de façon plus
libre l’appel de Dieu. A la fin de la
propédeutique, le candidat choisit,
ou pas, de demander à entrer au
séminaire. L’évêque peut refuser.
On peut aussi retarder l’entrée au
séminaire, si le candidat souhaite
prendre un temps de césure afin
de poursuivre ou entreprendre
des études profanes ou faire une
expérience humanitaire.
EenM : Puis il rentre en Marti-
nique ?
Troisième étape : OUI ! Le
garçon devient séminariste
proprement dit et entre dans le
Premier Cycle d’études, le temps
de formation du disciple. A la
Maison Saint-Jean-Paul II qui
est dans l’archevêché à Fort-de-
France, sous la direction du Père
Chaulvet, l’actuel supérieur, il
mène la vie commune de prière
et d’étude. Les études sont
faites dans le C entre diocésain
de formation à Bellevue, sous la
responsabilité du père Lafine et
sont principalement consacrées à la
philosophie classique et moderne
pour s’ouvrir aux sciences divines
et au monde, à l’introduction
Etape
Etape - Foyer Saint Dominique Savio
Etape 3 - Les séminaristes de la Maison Saint Jean Paul II
se rendant à la chapelle de l'évêché pour la messe Etape - Séminaire Saint-Cyprien de Toulouse
0 - 1
- 4 3 - 3
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 15
aux sciences théologiques
(Bible, langues anciennes,
histoire, spiritualité, liturgie) et
à des considérations pastorales
(psychologie, visites…). Les
professeurs, pour la plupart, sont
issus de notre Eglise locale. Enfin,
pendant toute la durée du cycle qui
dure 2 ans, le séminariste rejoint
chaque dimanche un prêtre-
tuteur choisi par l’évêque qu’il
va observer dans son ministère. A
la fin du premier cycle, le candidat
s’engage solennellement dans
cette formation ecclésiastique au
cours d’une cérémonie publique
d’Admission pendant laquelle il
reçoit une soutane comme habit
de prière et de mission.
Après cela, si on le juge bon, certains
séminaristes peuvent être autorisés
ou encouragés à interrompre les
études ecclésiastiques pour un
temps d’expérience humanitaire
ou ecclésiale.
EenM : C’est alors le Second Cycle
qui commence !?
Quatrième étape : Alors com-
mence l’avant-dernière ligne
droite qui dure 3 ans : le Second
Cycle dit de théologie, ou temps
de configuration au Christ. Il
est effectué en dehors du diocèse,
au séminaire interdiocésain Saint-
Cyprien de Toulouse. Mais le
groupe des séminaristes du diocèse
se retrouve en communauté, sous
la conduite d’un prêtre, le samedi-
dimanche et pendant les temps de
vacances. Les séminaristes actuels
sont à la paroisse de Cahors. Au
bout de 2 ans, l’évêque célèbre
l’Institution aux Ministères du
Lectorat et de l’Acolytat.
Cinquième étape : Puis l’ordina-
tion diaconale est célébrée
si possible dans la paroisse
d’insertion en métropole ou en
Martinique, en principe au terme
de la troisième année du Second
Cycle. Le futur prêtre prend alors
l’engagement définitif au célibat,
à l’obéissance à l’évêque, à la
récitation quotidienne de l’office…
Le diacre poursuit ensuite la
quatrième année du Second Cycle
en étant inséré sur une paroisse.
Un stage pastoral, temps de
synthèse vocationnelle, lui est
offert avant son ordination. Puis
il fait une dernière retraite avant
de DEVENIR PRÊTRE.
EenM : C’est la fin ?
NON ! Tout commence au
contraire ! Le nouveau prêtre
reste en formation. C’est pour lui
le moment de donner ce qu’il a
reçu, mais aussi d’apprendre à
recevoir et à éviter les pièges…
On reste jeune prêtre pendant au
moins 10 ans. Et les plus anciens
nous disent qu’on ne finit jamais
sa formation.
■
Etape - Rentrée Séminaire de Paris Cathédrale de Fort-de-France
Père Emmanuel Chaulvet Délégué
de l'évêque aux vocations
Etape - Ordination diaconale Ordination presbytérale Etape - Séminaire Saint-Cyprien de Toulouse
- 2
5
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Ordination diaconale du Frère Noël Michel René Saint- Prix
L
e frère Michel Saint-Prix qui a été ordonné
diacre par Mgr David Macaire, le dimanche 8
avril 2018, en la fête de la Divine Miséricorde,
est né le 25 décembre 1943. Il est l’aîné de deux frères
et une sœur. Il ressentit l’appel de Dieu à l’âge de 12
ans ; il entrera au séminaire pendant 2 ans, puis au
monastère de S aint Pierre le 5 janvier 1960.
Il fera profession simple, le 29 septembre 1961 ;
profession solennelle, le 29 septembre 1965, après
avoir fait son service militaire.
Le frère Michel partira pour le Sénégal pour 2 ans de
1967-1968.
Il effectuera, en Suisse, ses études à l’Ecole de la F oi de
Fribourg, de 1979-1981, puis une année de comptabilité,
toujours à fribourg, en 1982.
Le frère Michel est un moine d’une grande simplicité,
qui ne rechigne pas devant les travaux les plus humbles.
Actuellement, il est responsable de la cuisine, du
magasin, dépositaire, sous-Prieur du monastère Notre-
Dame du Mont des Oliviers, à Terreville.
Priez pour lui !
Frère Thierry Jérôme, osb
Prieur du monastère Notre-Dame du Mont des Oliviers
■
Agenda de l’Archevêque
Du 22 au 26 avril :
■ Assemblée Plénière de la Conférence des Évêques de la Caraïbe à Rome
Dimanche 29 avril :
■ Rencontre familiale des Foyers de Charité de la Caraïbe (Foyer de Charité de Trinité)
■ 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-
Louis
Lundi 30 avril :
■ Conseil Épiscopal
■ Conseil Diocésain pour les Affaires Économiques
■ 18h30 : Messe de Saint Joseph Artisan avec le CMT
(Chrétiens dans le Monde du Travail) à l’église du
Lamentin
Mercredi 2 mai :
■ Rencontre avec les confirmands du Séminaire-Collège et du
Diocèse aux Armées à l’évêché
■ 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs
Samedi 5 mai :
■ 9h : Confirmation à la paroisse de Trinité
■ 18h : Confirmation à la paroisse du Vauclin
Dimanche 6 mai :
■ Forum des jeunes en cheminement de la paroisse de Redoute
■ 15h : Confirmation des recommençants à la cathédrale Saint-
Louis
■ 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
(célébration de l’admission des séminaristes en fin de 1 er Cycle)
Ordination diaconale du Frère Noël Ordination diaconale du Frère Noël
VOCATION
Ordination diaconale du Frère Noël Ordination diaconale du Frère Noël Ordination diaconale du Frère Noël
DOSSIER
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 17
?
Question
E
nsuite, il est bon de rappeler
une chose importante. Seul le
Christ est Prêtre de l’Alliance
éternelle qui nous réconcilie avec le
Père. La fonction principale du prêtre
est d’être médiateur entre Dieu et le
peuple, d’offrir des sacrifices en vue
de la réconciliation des hommes avec
Dieu. Et de l’unique sacerdoce du Christ
découle celui de tous les baptisés,
tous participent à ce qu’il est et à
ce qu’il fait. Par notre baptême,
nous sommes tous prêtres,
prophètes et rois par
grâce du Christ. Donc, les
hommes et les femmes
sont prêtres puisqu’ils
peuvent offrir leurs
prières pour le monde
ainsi que leur propre
personne en sacrifice
agréable à Dieu 1.
Cependant, le seul Grand-
Prêtre au service de toute
l’humanité a choisi d’être un
homme masculin (vir) en conformité
avec son être de Fils éternel. De plus,
Jésus a révolutionné les rapports avec
les femmes juives de son temps, si
nous considérons les femmes qui le
suivaient par exemple. Pourtant, le soir
de sa Passion, en disant à ses apôtres
« faites cela en mémoire de moi » 2, ou
encore « comme le Père m’a envoyé,
moi aussi je vous envoie… Ceux à
qui vous remettrez les péchés, ils leur
seront remis » 3, le Christ a institué le
sacerdoce ministériel au service du
sacerdoce commun des fidèles, en le
confiant à d’autres hommes masculins
que lui, ses apôtres, qui reçoivent cette
charge de poursuivre ce qu’il a initié.
Ensuite, dans les premiers temps de
l’Église, fidèles à l’intention du Christ,
les apôtres ont imposé les mains à
d’autres hommes pour en faire des
collaborateurs et des successeurs.
Ces successeurs sont aujourd’hui les
évêques, et les prêtres, collaborateurs
des évêques. Il y a ainsi une différence
fondamentale entre le sacerdoce
de tout baptisé, et celui du ministre
ordonné, et seuls les hommes peuvent
y prétendre selon un choix voulu par
Dieu lui-même 4.
Le choix divin des hommes masculins
est également enraciné spirituellement
dans une symbolique forte d’alliance.
Le Christ veut passer par des hommes
aussi pour rappeler de manière
sensible à l’Église qu’elle est son
Épouse, il est en vis-à-vis avec elle. Cela
est particulièrement palpable lors des célébrations eucharistiques. Seul un homme peut figurer la présence de l’Époux au milieu de l’Église-Épouse.
Enfin, une dernière réflexion
nous fait constater que même
la Vierge Marie, qui est la
Mère de Dieu, qui a tout vécu
avec Jésus, qui a une place ô
combien précieuse dans le
projet de Dieu pour l’humanité,
qui est honorée de tous les titres
possibles, n’a pas été choisie pour
exercer le sacerdoce ministériel. Et
elle ne l’a jamais revendiqué. Voilà de
quoi nous faire réfléchir sur la vocation
de la femme à partir de son exemple.
Père Gaëtan Présent ■
Il est bon, en p\béambule, de p\bécise\b que la question du sace\bdoce pou\b les
femmes est venue avec la mode\bnisation, et avec une ce\btaine idée de l’égalité
homme-femme. Les diffé\bences sexuelles sont gommées, tout po\bte à c\boi\be
que l’homme et la femme sont inte\bchangeables. Alo\bs que les vocations
spécifiques de l’homme et de la femme sont diffé\bentes, et à \bedécouv\bi\b.
1 Cf. Romains 12,12 Luc 22,193 Jean 20,21.234 Pour protéger cette initiative divine, la tentative
d’ordination sacrée d’une femme est passible
d’excommunication qui ne peut être levée que par
l’autorité romaine
‘‘
‘‘ AN TCHÈ
LÉGLIZ-LA
Pourquoi n’y a-t-il pas de femmes prêtres ?
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MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 €
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Préparons 2017 !
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E g lise en MARTINIQUE
N° 540REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €12 mars 2017
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lise
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 18
Comme il l’avait fait l’année dernière, à l’occasion du 100 ème anniversaire des Apparitions de Fatima,
notre évêque nous encourage, cette année encore, à retrouver la belle coutume du mois de Marie :
• en dressant dans chaque famille un petit coin prière (comme une crè\
che de Noël) autour d’une image de la Maman de Jésus, avec une Bible et quelques fleurs que chaque membre de la famille apportera
régulièrement.
• les maisons qui accueilleront cette dévotion pourraient se signaler e\
n mettant un petit ruban bleu sur la porte d’entrée ou sur la grille du jardin.
• en récitant chaque jour : 1 Notre Père, 10 Ave et 1 Gloire au Père pour le diocèse et ses familles.
Ruban bleu pour les familles
G
eneviève Prisca Dubagmond,
est née le 18 janvier 1930, à
Fort-de-France, Martinique.
Le 8 décembre 1952, elle entre dans la
Congrégation des Sœurs de Saint Paul
de Chartres, où elle reçoit l’Habit le
2 février 1954 avec le nouveau nom :
Sr Rita de Jésus. Le 2 février 1957, la
jeune novice émet ses premiers vœux,
puis ses vœux définitifs le 2 février 1963.
Toute sa vie durant, Sr Rita se donnera
corps et âme, jour et nuit, au service
des plus démunis et des malades.
Elle aimait dire : « Je vois Jésus-
Christ, et c’est Lui que je sers dans ces
malheureux ».
Infirmière, elle est présente dans
divers Hôpitaux et principalement en
Guadeloupe. En plus de sa fonction d’hospitalière,
Sr Rita est appelée à devenir
responsable des communautés où elle
sera affectée (Hôpitaux de St Martin,
Pointe-à-Pitre, Saint Esprit, Home
d’enfants à Maripa Soula, Guyane).
Pour des raisons de santé, elle rentre
en Martinique et se rend disponible
pour aider à la Maison de Retraite de
Bethléem, à Terreville, ainsi qu’à la
maison Provinciale, et cela jusqu’en
février 2002. La charge de responsable
de communauté lui sera de nouveau
confiée au Morne-Rouge, où elle
continuera à servir avec dévouement.
Le 6 avril 2011, elle revient définitive-
ment à La Maison Provinciale pour
continuer à offrir ses menus services
au sein de la communauté, jusqu’au jour de son appel
par le Seigneur.
Sœur Rita, ce
mardi 3 avril
2018, la journée
terminée, tu rentres
dans ta chambre
comme de coutume, et c’est alors
pour toi le rendez-vous impérieux :
« Le Maître est là, Il t’appelle ». « Voici
l’Epoux qui vient : allons à la rencontre
du Christ ».
Notre Seigneur Lui-même t’attendait
pour que tu lui remettes ta vie. Qui
peut résister ?
Peut-être que ces paroles sont
parvenues à ton esprit, et, dans ta
générosité tu as dis « Oui, Seigneur,
me voici, je viens. »
Repose en paix !
■
COMMUNIQUÉ
Sœur Rita de Jésus Dubagmond
18 janvier 1930 – \t3 avril 2018
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 19
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\J MARTINIQUE Se\bvice legs et donations
A\bchevêché de Fo\bt-de-F\bance - 5-7, \bue du Révé\bend Pè\be Pinchon
BP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\JX
Téléphone : 06 96 3\J10 333 - E-mail : m\Jichel.pouch@wanadoo.f\b
oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer
sur les possibilités de legs, donations et assurances\bvie à l’Association Diocésaine.
oui , je souhaite être contacté pour un rendez\bvous au Service des legs et
donations ou à mon\C domicile.
LÉGUEZ
à l’ Église catholique
L’espérance en héritage
Mes coordonnées ❏ Mme ❏ Melle ❏ M.
Nom Prénom
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Ville Téléphone
E\bmail
Paroisse
(facultatif)
DEMANDE D’INFORMATIONS
sans engagement de votre part
POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\JINIQUE
a désormais son site Web
Depuis le 23 avril 2017, Mgr Macaire a lancé officiellement le site Web d’ECCLESIA'M 2020 !
Pour le consulter : http://www.ecclesiam2020.fr
E CCLESIA 'M 2020 !
Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.
L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
99.5 - 101.3 et 105.1 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.comTél. :
MEDIAS
Dimanche 6 mai 2018
Wallis et Futuna : connectée au monde ?
Pourrions-nous vivre sans Internet aujourd’hui ? Les réseaux sociaux ont-ils modifié notre rapport à l’autre ? Sont-ils utilisés
comme moyen d’évangélisation ? En quoi sont-ils créateurs de liens ? Et pour quelles raisons sont-ils souvent décriés ?
Toutes ces questions se posent dans nos territoires d’outre-mer, et particulièrement en ce moment à Wallis et Futuna, dernier
territoire de la République française à avoir le haut débit. Les deux îles seront très prochainement raccordées à la fibre, grâce
à un câble sous-marin de 1700 kilomètres de long qui reliera les Fidji aux îles Samoa. Pour célébrer ce lancement inédit,
une messe sera célébrée à Mata-Utu et diffusée en direct. Depuis la métropole, Dieu m’est témoin réunira la communauté
wallisienne pour une diffusion en direct de la messe via Facebook Live à Paris, dans la soirée du samedi 5 mai.
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Seigneur Jésus, Bon Pasteur,
Tu as rendu témoignage à la vérité au prix de ta vie. Donne-nous d’être à notre tour
de vrais témoins de ton amour au cœur du monde. Envoie l’Esprit de Vérité promis
sur nos familles, nos paroisses, nos communautés. Qu’il témoigne en nos cœurs
et nous rende féconds et persévérants dans les œuvres du Pè\
re. Accorde-nous de saints prêtres, heureux et rayonnants. Affermis-les dans la grâce de leur sacerdoce.Qu’ils puissent nous communiquerla vie et l’amour de ton Cœur.
Amen.
Source : http://www.vocations.be/
Prière au Bon Pasteur
