564 - Christ aujourd’hui nous appelle !

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E g lise en MARTINIQUE C hrist aujourd’hui nous appelle ! N° 564 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 22 AVRIL 2018

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EDITORIAL 2 MÉDIAS 19 3 3 DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com VERS LA VIE 222 L e 4 e dimanche de Pâques est appelé « Dimanche du Bon pasteur ». « Je suis le bon pasteur, le vrai berger » nous dit Jésus. Aujourd’hui également, toute l’Eglise est en communion à l’occasion de la 55e Journée mondiale de prière pour les vocations. «Dans la diversité et dans la spécificité de chaque vocation\ , personnelle et ecclésiale, il s'agit d’écouter, de discerner, de vivre l'appel du Seigneur », exhorte le pape François dans son Message tourné vers les jeunes. En effet, le Christ nous appelle tous, mais certains sont appelés à des vocations particulières. Ils sont invités à consacrer \ leur vie au Seigneur. Toutefois, de nombreux éléments de notre monde moderne peuvent « brouiller » le message. Prions donc pour tous ceux qui sont appelés à devenir prêtres et bons pasteurs à l’image de Jésus. Prions pour que les jeunes découvrent la joie du service, et qu’ils fassent confiance à Dieu. Oui ! « L’avenir appartient aux fous », précise notre évêque, et « ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce \ que Dieu a choisi ». Pour le père Manuel Grandin, la famille a été un véritable lieu de vocation. Son témoignage, proposé en introduction de notre dossier « Vocations », est très édifiant. Prêtre depuis maintenant 10 ans, il vit pleinement et avec joie les missions qui lui sont confiées. Il est vrai que la vocation est un don de l’Amour de Dieu. Néanmoins, pour celle dite particulière (prêtre, religieux ou consacré), il existe des éléments de discernement permettant d'éliminer les fausses pistes. Notre évêque préci\ se le cheminement pour être prêtre en Martinique. Par ailleurs, d’aucuns se demandent pourquoi n’y a-t-il pas de femmes prêtres ? Des éléments de réponses sont donnés dan\ s la rubrique « An tchè Légliz-la », par le plus jeune prêt\ re de notre diocèse, le père Gaëtan Présent. Jésus, le Bon pasteur, est notre seul Sauveur. Il connaît chacun de nous. Ne craignons pas de le suivre ! Justine Lordinot ■ S ommaire EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE •  L’avenir appartient aux \tfou\b LITURGIE VIE DU DIOCÈSE AN TCHÈ LÉGLIZ\bLA EGLISE UNIVERSELLE\C • Parole dominicale •  La MEC bapti\be \be\b 3 \tpremier\b étudiant\b •  Mon Dieu, Tu e\b beau, Tu e\b grand...  en toute création !  Soirée Fe\btimode au Parc Floral •  La communication dan\b le couple, Que\btion de vie ou de mor\tt ? Récollection  de\b Équipe\b Notre Dame •  Cheminement vocationnel  de père Manuel Grandin, \bj •  Comment di\bcerner ma vocation ? Là où e\bt ma voie, là e\bt ma joie ! • Comment devenir prêtre en Martinique ? •  Sœur Marie-Germain \tHau\btant •  Pourquoi n’y a-t-il pa\b \tde femme\b prêtre\b ? •   Extrait\b du Me\b\bage du pape Françoi\b  pour la 55 e Journée mondiale de prière  pour le\b vocation\b 3334 5 3333 2222 18 17 8 9 12 13 10 7 Dossier  : VOCATION

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E n Martinique, comme ailleurs, l’avenir que notre génération propose aux jeunes est impré- gné d’une sagesse surannée et trom- peuse. Elle sent mauvais la culture bien-pensante couverte d’un verni de christianisme moralisateur, endormi et médiocre. « Ma manman m’a dit comme ça… ». On comprend que nos fils et nos filles fuient dès que possible ce qui leur paraît sans radicalité et cherchent désespérément, jusqu’au suicide parfois, d’autres modèles de vie, d’autres types d’existence. Alors qu’ils risquent l’obésité psychologique (lassitude, oisiveté, trop-plein...) en s’empiffrant de futilités à travers des écrans de différentes tailles, le monde n’a d’autres rêves à offrir aux jeunes que des idéaux bourgeois. Chaque idéal n’est en fait qu’un « canapé » (bon ou mauvais), un lieu tranquille où semble exclu le moindre effort : canapé des bonnes études, canapé d’une petite vie sans vague, canapé d’une pratique religieuse ni-trop-ni-trop-peu, canapé de parents conciliants et camarades, canapé des amours tranquilles et sans effort, canapé d’une sexualité jouisseuse, canapé de l’argent et du luxe, canapé d’une bonne réputation, canapé des amis nombreux et fidèles, canapé des grossesses désirées, canapé d’un corps svelte et sportif, canapé d’une morale remplie de bons sentiments, canapé d’une vie sans danger, sans maladie et sans mort… Le message transmis est clair : le bonheur n’est possible que dans un canapé, installé dans la facilité et l’insouciance d’un intérieur cossu et confortable… Et pourtant, nous savons tous que ces choses ne sont pas accessibles au plus grand nombre et que seule une élite y a accès. Ainsi, lorsque les « bons » canapés s’avèrent inaccessibles à la grande majorité, beaucoup se jettent sur les sofas de la TV-réalité, de la drogue, de la violence, des jeux vidéo, de la pornographie, des débauches et des orgies, des sectes et des idolâtries… La liste des refuges impurs est longue pour ceux qui cherchent à s’affaler quelque part et à trouver la sécurité à tout prix, sous une couette ou un coussin. An ba fey, si vous préférez ! Rappelons-nous, 170 ans après l’abolition, que l’esclavage du coussin est peut-être pire que celui des chaînes. Celui-là ne fait pas mal, il ne conduit pas à la révolte à force de souffrance ; il n’exploite pas le travail mais l’oisiveté ; il ne meurtrit pas le corps, mais appesantit le cœur ; il ne tanne pas la peau, mais il implose le squelette. Il n’y a pas de « Nègre Marron » dans cet esclavage-là. Personne ne songe à fuir, les jambes sont paralysées. Sauf ceux qui renoncent au canapé pour chausser leurs chaussures de marche et partir à l’aventure. C’est du moins ce que conseille le pape François à la jeunesse dans son message des JMJ de Cracovie…. En appelant aujourd’hui les jeunes à répondre à l’appel de Dieu à la vie consacrée ou à la prêtrise, j’ai conscience, face au monde, face à certains chrétiens et face aux jeunes eux-mêmes, que beaucoup ne comprennent pas la folie de la vocation. Oui ! l’Eglise incite consciemment les jeunes à une rébellion spirituelle face à toute une civilisation mourante dont la soi-disant sagesse n’est rien d’autre que le résultat d’une colonisation idéologique de l’Occident athée et matérialiste. Si ce monde est sage, alors j’appelle des fous ! Et c’est tant mieux, car « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi » ! + Fr David Macaire Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 3 ce que conseille le pape François à la jeunesse dans son message des JMJ de Cracovie…. de Cracovie…. MOT DE L’ÉVÊQUE ‘‘ Chers jeunes, soyez les nouveaux « Nèg Maron ». Le Nèg Maron d’aujourd’hui, c’est le garçon qui se dit prêt à répondre à l’appel et à donner sa vie pour servir l’Eglise ; c’est la jeune fille qui accepte d’offrir sa féminité au Christ ; c’est le baptisé qui choisit Jésus. ‘‘ féminité au Christ ; c’est le  ‘‘ féminité au Christ ; c’est le baptisé qui choisit Jésus. ‘‘ baptisé qui choisit Jésus. L’avenir appartient aux fous

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 4 C hers frères et sœurs, En octobre prochain, se déroulera la XV ème Assemblée Générale ordinaire du Synode des Évêques, qui sera consacrée aux jeunes, en particulier au rapport entre jeunes, foi et vocation. A cette occasion, nous aurons la possibilité d’approfondir comment, au centre de notre vie, il y a l’appel à la joie que Dieu nous adresse et comment cela est « le projet de Dieu pour les hommes et les femmes de tout temps » (…). Il s’agit d’une bonne nouvelle qui nous est annoncée avec force par la 55 ème Journée mondiale de Prière pour les Vocations : nous ne sommes pas plongés dans le hasard, ni entraînés par une série d’évènements désordonnés, mais, au contraire, notre vie et notre présence dans le monde sont fruits d’une vocation divine ! Même dans nos temps inquiets, le Mystère de l’Incarnation nous rappelle que Dieu vient toujours à notre rencontre et il est Dieu-avec- nous, qui passe le long des routes parfois poussiéreuses de notre vie et, accueillant notre poignante nostalgie d’amour et de bonheur, nous appelle à la joie. Dans la diversité et dans la spécificité de chaque vocation, personnelle et ecclésiale, il s’agit d’écouter, de discerner et de vivre cette Parole qui nous appelle d’en- haut et qui, tandis qu’elle nous permet de faire fructifier nos talents, nous rend aussi instruments de salut dans le monde et nous oriente vers la plénitude du bonheur. Ces trois aspects – écoute, discernement et vie – servent aussi de cadre au début de la mission de Jésus, qui, après les jours de prière et de lutte dans le désert, visite sa synagogue de Nazareth, et là, se met à l’écoute de la Parole, discerne le contenu de la mission que le Père lui a confiée et annonce qu’il est venu pour la réaliser “aujourd’hui” (cf. Lc 4, 16-21). Ecouter : L’appel du Seigneur, il faut le dire tout de suite, n’a pas l’évidence de l’une des nombreuses choses que nous pouvons sentir, voir ou toucher dans notre expérience quotidienne. Dieu vient de manière silencieuse et discrète, sans s’imposer à notre liberté. Aussi, on peut comprendre que sa voix reste étouffée par les nombreuses préoccupations et sollicitations qui occupent notre esprit et notre cœur. Il convient alors de se préparer à une écoute profonde de sa Parole et de la vie, à prêter aussi attention aux détails de notre quotidien, à apprendre à lire les évènements avec les yeux de la foi, et à se maintenir ouverts aux surprises de l’Esprit. Nous ne pourrons pas découvrir l’appel spécial et personnel que Dieu a pensé pour nous, si nous restons fermés sur nous-mêmes, dans nos habitudes et dans l’apathie de celui qui passe sa propre vie dans le cercle restreint de son moi, perdant l’opportunité de rêver en grand et de devenir protagoniste de cette histoire unique et originale que Dieu veut écrire avec nous. Jésus aussi a été appelé et envoyé ; pour cela, il a eu besoin de se recueillir dans le silence, il a écouté et lu la Parole dans la Synagogue et, avec la lumière et la force de l’Esprit Saint, il en a dévoilé la pleine signification, référée à sa personne-même et à l’histoire du peuple d’Israël. Cette attitude devient aujourd’hui toujours plus difficile, plongés comme nous le sommes dans une société bruyante, dans la frénésie de l’abondance de stimulations et d’informations qui remplissent nos journées. Au vacarme extérieur, qui parfois domine nos villes et nos quartiers, correspond souvent une dispersion et une confusion intérieure, qui ne nous permettent pas de nous arrêter, de savourer le goût de la contemplation, de réfléchir avec sérénité sur les évènements de notre vie et d’opérer, confiants dans le dessein bienveillant de Dieu pour nous, un discernement fécond. Mais, comme nous le savons, le Royaume de Dieu vient sans faire de bruit et sans attirer l’attention, et il est possible d’en accueillir les germes seulement lorsque, comme le prophète Elie, nous savons entrer dans les profondeurs de notre esprit, le laissant s’ouvrir à l’imperceptible souffle de la brise divine. Ecouter, discerner, vivre l’appel du Seigneur EGLISE UNIVERSELLE\t Extrait\b du Me\b\bage du pape Françoi\b pour la 55 e Journée mondiale de prière pour les vocations

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 5 Discerner : En lisant, dans la synagogue de Nazareth, le passage du prophète Isaïe, Jésus discerne le contenu de la mission pour laquelle il a été envoyé et il le présente à ceux qui attendaient le Messie : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur » (Lc 4, 18-19). De la même manière, chacun de nous peut découvrir sa propre vocation seulement à travers le discernement spirituel, un « processus grâce auquel la personne arrive à effectuer, en dialoguant avec le Seigneur et en écoutant la voix de l’Esprit, les choix fondamentaux, à partir du choix de son état de vie. Nous découvrons en particulier, que la vocation chrétienne a toujours une dimension prophétique. Comme nous témoigne l’Ecriture, les prophètes sont envoyés au peuple dans des situations de grande précarité matérielle et de crise spirituelle et morale, pour adresser au nom de Dieu des paroles de conversion, d’espérance et de consolation. Comme un vent qui soulève la poussière, le prophète dérange la fausse tranquillité de la conscience qui a oublié la Parole du Seigneur, discerne les évènements à la lumière de la promesse de Dieu et aide le peuple à apercevoir des signes d’aurore dans les ténèbres de l’histoire. Aujourd’hui aussi, nous avons grand besoin du discernement et de la prophétie ; de dépasser les tentations de l’idéologie et du fatalisme et de découvrir, dans la relation avec le Seigneur, les lieux, les instruments et les situations à travers lesquels il nous appelle. Chaque chrétien devrait pouvoir développer la capacité à “lire à l’intérieur” de sa vie et à saisir où et à quoi le Seigneur l’appelle pour continuer sa mission. Vivre  :  Enfin, Jésus annonce la nouveauté de l’heure présente, qui enthousiasmera beaucoup et durcira d’autres : les temps sont accomplis et c’est Lui le Messie annoncé par Isaïe, oint pour libérer les prisonniers, rendre la vue aux aveugles et proclamer l’amour miséricordieux de Dieu à toute créature. Vraiment « aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre » (Lc 4, 20), affirme Jésus. La joie de l’Evangile, qui nous ouvre à la rencontre avec Dieu et avec les frères, ne peut attendre nos lenteurs et nos paresses ; elle ne nous touche pas si nous restons accoudés à la fenêtre, avec l’excuse de toujours attendre un temps propice ; elle ne s’accomplit pas non plus pour nous si nous n’assumons pas aujourd’hui même le risque d’un choix. La vocation est aujourd’hui ! La mission chrétienne est pour le présent ! Et chacun de nous est appelé -à la vie laïque dans le mariage, à la vie sacerdotale dans le ministère ordonné, ou à la vie de consécration spéciale- pour devenir témoin du Seigneur, ici et maintenant. Cet “aujourd’hui” proclamé par Jésus, en effet, nous assure que Dieu continue à “descendre” pour sauver notre humanité et nous rendre participants de sa mission. Le Seigneur appelle encore à vivre avec lui et à marcher derrière lui dans une relation de proximité particulière, à son service direct. Et s’il nous fait comprendre qu’il nous appelle à nous consacrer totalement à son Royaume, nous ne devons pas avoir peur ! C’est beau -et c’est une grande grâce- d’être entièrement et pour toujours consacrés à Dieu et au service des frères. Le Seigneur continue aujourd’hui à appeler à le suivre. Nous ne devons pas attendre d’être parfaits pour répondre notre généreux “me voici”, ni nous effrayer de nos limites et de nos péchés, mais accueillir avec un cœur ouvert la voix du Seigneur. L’écouter, discerner notre mission personnelle dans l’Église et dans le monde, et enfin la vivre dans l’aujourd’hui que Dieu nous donne. Que Marie la très Sainte, la jeune fille de périphérie, qui a écouté, accueilli et vécu la Parole de Dieu faite chair, nous garde et nous accompagne toujours sur notre chemin. Pape François ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 6 Dimanche 22 avril 20\b8\2  la P arole  Dominicale S œurs et frères, Aujourd’hui, l’image du Christ Bon Berger éclaire l’Eglise entière et nous dévoile aussi un autre reflet du mystère pascal et de la mission de l’Eglise. L’image du Christ Bon Berger est très ancienne. Elle est déjà reprise dans les catacombes romaines, dès le 3 ème siècle. Du reste, le Bon Berger guidant son peuple est une image biblique très fidèle, qui a traversé toute l’Ancienne Alliance, depuis Abraham, puis Moïse et David, et beaucoup de prophètes l’ont reprise, tels Amos, puis Jérémie et Ezéchiel, pour parler de Dieu lui-même. Dieu, c’est Lui le Bon Berger qui guide et rassemble son peuple, le soigne et le guérit pour le conduire dans Sa Bergerie. Or, Jésus dit : « Je suis le bon Berger ». Il prend donc pour Lui-même l’image réservée à Dieu. C’est cela qui fera scandale : Il s’identifie à Dieu le Bon Pasteur. Et Jésus va plus loin : non seulement le Bon Pasteur prend soin de son troupeau, pour le mener vers les bons pâturages (cf. Ps 22-23), mais il annonce aussi qu’Il donne sa vie pour ses brebis : c’est donc l’Amour seul qui le guide. Et nous voici pleinement dans le mystère pascal ! Cinq fois de suite en huit versets, Jésus affirme qu’Il donne sa Vie pour ses brebis, en faveur des brebis, pour les mener vers le Père, dans le bonheur de la Vie. Alors que le loup, c’est-à-dire le démon, ne cherche qu’à les disperser et à les dévorer ; le Bon Berger est devenu l’Agneau immolé pour tout le troupeau, pour le rassembler et le sauver. Et aussi pour ceux qui ne sont pas encore dans ce peuple rassemblé : « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise ». Révélation de la mission de l’Eglise, qui est celle du rassemblement dans la foi du peuple de Dieu, dans le respect des différences : l’unité n’est pas l’uniformité, nous le savons bien ! Cette unité se construit dans la communion de foi et d’amitié avec Dieu, par Jésus Christ… En Lui, nous devenons « enfants de Dieu ». C’est cela le mystère de l’Eglise. Nous ne sommes pas un peuple qui pense la même chose, mais un peuple qui entre dans une communion de vie, dans l’Amour de Dieu, dans la liberté de l’Esprit Saint, un peuple ami dans le Seigneur ! Cette semaine, nous sommes donc appelés à vivre selon cette Parole ! Parfois pourtant, elle peut nous sembler un peu loin de nos préoccupations quotidiennes… Est-ce vraiment le cas ? Le Bon Berger est « le seul qui puisse nous sauver » dit saint Pierre. Mais il ne faut pas se tromper de salut ! Le Christ ne nous a pas promis de nous épargner les problèmes, mais de nous sauver au cœur de ces problèmes, du moins, si nous lui faisons confiance ! Il s’agit donc pour nous de Le laisser être notre Berger, notre Bon Pasteur ! Amen Père Patrick-Alexis Phanor ■ Actes 4,8-12  •  Psaume 117  •   1 Je\Jan 3,1-2  •  Jean 10\J,11-18 4 ème Dimanche de Pâques - Année B

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 7    J ’ai en moi cette i\jmmense  fierté, cette gran\jde joie d’avoir  accompagné ces 3 frères et\j s\burs  dans leur chemineme\jnt. La tâche  n’est pas terminée pour no\js amis car ils  devront désormais m\jontrer Jésus partout  et en toute circonstance, principalement  à travers leur vie. Je l\jeur souhaite  de vivre leur foi de manière  totalement décomplexée\j ! C’est une première \jpour  la MEC. C’était un baptême  assez original par rapport à ce  que l’on voit habituellement\j, car  ils étaient en immersion\j totale dans  une piscine. Nous \javons accueilli 3  frères dans notre grande famille  de Dieu. Je leur s\jouhaite qu’ils  suivent les pas de Dieu et qu’il\js  fassent sa volonté en  toute circonstance. Voilà l’aboutissement de deux belles années de cheminement au sein de la Mission Etudiante Catholique (MEC) pour 3 étudiants qui, par ailleurs, sont d’une même fratrie. Céphora, Rachel et William ont reçu leurs 3 sacrements d’initiation ce dimanche 1 er avril 2018, en l’Eglise de Schœlcher, devant une assemblée principalement estudiantine, lors de la messe de Pâques célébrée par le père Olivier-Marie Lucenay, aumônier des étudiants. Audrey, accompagnatrice, témoigne de cette joie d’accueillir 3 néophytes : C’est une première \jpour  Yohan, membre de la MEC, témoigne : Ils ont dit « Oui » au baptême…… Devant une assemblée pleine de solennité, de joie et de fierté,\ les 3 jeunes ont choisi de renoncer à vivre comme le monde, pour rentrer dans le cercle des Saints, le peuple de Dieu. … par immersion C’est en entrant dans cette église particulièrement bien déc\ orée pour l’occasion par les étudiants et leurs parents, que tous ont compri\ s qu’il ne s’agirait pas d’un baptême « comme on a l’habitude de \ le voir ». En effet, une piscine était installée devant l’autel. Céphora, Rachel et William, revêtus d’un vêtement noir, à tour de rôle ont été totalement immergés dans la piscine en position « co\ ucher », comme pour rappeler « la mort » avant de se relever, signe de nouvelle vie en mémoire de la résurrection du Christ. Un peu plus tard, après acclamation de l’assemblée, revêtus \ de blanc, ils reçurent la Confirmation et l’Eucharistie. La MEC, une aumônerie particulièrement solidaire et dynamique La Mission Etudiante Catholique, qui fête déjà ses 2 bougies, r\ eprésente une véritable famille. D’ailleurs, comme le dit Stéphy, membre de la MEC, il était impossible de manquer à l’appel : « C’était pour nous et singulièrement pour\ moi, un moment très fort de les voir enfin baptisés. Je suis sortie de Sainte-Anne pour assister à\ cette magnifique cérémonie, car c’était un moment qu’il ne fallait pas rat\ er. Je suis contente pour eux qu’ils vivent maintenant cette nouvelle aventure avec Dieu à leur \ côté». Aumônerie chapotée par le Père Lucenay, elle permet aux jeunes de s’élever spirituellement et de poser un avis sur toutes les grandes questions de \ société à travers des rencontres, des débats, des actions, des sorties, ma\ is aussi un parcours de catéchuménat entièrement dédié aux étudian\ ts. Si tu es lycéen ou étudiant, 2 rendez-vous sont les tiens : les rencontres-débats du mardi, à partir de 17h30, à la salle paroissiale de Schœlcher, et la messe des étudiants le dimanche, à 18h30, à l’Eglise de Schœlcher. Save the date VIE DU DIOCÈSEVIE DU DIOCÈSE La MEC baptise ses 3 premiers étudiants ‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘ ‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘‘

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 8 Le \benouveau cha\bismatique a tenu son spectacle  "Festimode"  au  G\band  Ca\bbet  du  Pa\bc  Flo\bal  de  Fo\bt-de-F\bance. Cette manifestation était p\bésidée  pa\b not\be a\bchevêque, Mg\b David Macai\be, qui était  à l'initiative de ce p\bojet innovant.  Soirée Festimode au Parc Floral C ette élégante soirée a fait salle comble. Si le thème retenu était "Mon Dieu, Tu es beau, Tu es grand… en toute création", l'objectif était de montrer qu'on pouvait porter des vêtements en abordant une vision chrétienne, véhiculer des valeurs conformes à la bible sans pour autant limiter la liberté et la créativité, arborer un look chic, sobre et distingué à la fois, car nous sommes enfants du Roi des rois qui lui, est digne de tout honneur, sans oublier que nous sommes son temple et nous devons, de ce fait, porter sa beauté et son éclat. Après les paroles de bienvenue de la coordinatrice diocésaine, Raymonde Moundangui, et le mot de l'Evêque, la soirée a été ponctuée de louanges par le groupe Péniel, de danses par les jeunes du Renouveau, du témoignage de Rosie, de l'exhortation percutante du père Francky Vilsaint de la paroisse de St Christophe. Il y avait aussi Elie avec ses slams très parlants. Avant de conclure la soirée, c'est le groupe théâtral GPF qui a enflammé la salle avec ses sketches pleins d'humour, de joie et d'amour. Le groupe a su montrer avec beaucoup de brio que le chrétien qui s'habille doit éviter l'extravagance ; qu'une tenue sobre et de bon goût doit être l'expression d'un cœur qui plait à Dieu, mais ce même chrétien doit se montrer accueillant et patient envers ceux qui ne connaissent pas Dieu, ou qui viennent de se convertir, ceux qui ont une allure qui reflètent le monde, et que chacun peut s'habiller d'une façon qui corresponde à son âge sans choquer ni provoquer, tout simplement parce que Dieu juge sans partialité et il aime tous les humains. La soirée s'est clôturée de belle manière par la louange. La coordination du Renouveau charismatique tient à remercier tous ceux dont la générosité et l'engagement ont contribué à faire du spectacle "festimode acte 1" un évènement mémorable et une réussite. La coordinatrice diocésaine, Raymonde Moundangui ■ Mon Dieu, Tu es beau, Tu es grand... en toute création ! VIE DU DIOCÈSE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 9 Les Responsables, Roselyne et Frédéric et Les Responsables, Roselyne et Frédéric et Les Responsables, Roselyne et Frédéric et Les Responsables, Roselyne et Frédéric et des Prêtes conseillers spirituels du Mouvement.des Prêtes conseillers spirituels du Mouvement. Les Responsables, Roselyne et Frédéric et des Prêtes conseillers spirituels du Mouvement. Les Responsables, Roselyne et Frédéric et Les Responsables, Roselyne et Frédéric et des Prêtes conseillers spirituels du Mouvement. Les Responsables, Roselyne et Frédéric et Une des équipes en pleine réflexion sur le thème Une des équipes en pleine réflexion sur le thème Une des équipes en pleine réflexion sur le thème avec le couple Flavien (couple END) Une des équipes en pleine réflexion sur le thème avec le couple Flavien (couple END) Une des équipes en pleine réflexion sur le thème Un couple qui fait un très beau témoignage Un couple qui fait un très beau témoignage Un couple qui fait un très beau témoignage sur la journée Un couple qui fait un très beau témoignage sur la journée Un couple qui fait un très beau témoignage Le dimanche 11 ma\bs 2018, 4 ème  Dimanche de Ca\bême dit  dimanche de Læta\be (de la joie), les Equipes Not\be-Dame  (END) ont o\bganisé une \bécollection au Foye\b de l’Espé\bance  à Chateaubœuf.  L ’objectif de cette journée fut largement atteint : faire découvrir aux couples mariés toutes les richesses de notre mouvement. En effet, ils étaient plus d’une trentaine de couples à avoir répondu présents pour ce temps de prière, de partage et d’échanges, vécu comme pour une véritable rencontre d’équipe, autour d’un repas, avec d’autres couples et un prêtre (conseiller spirituel). Le thème proposé, « La communication dans le couple, Question de vie ou de mort ? » fut approfondi par le père Benjamin Francois-Haugrin, conseiller spirituel du mouvement. Il nous rappelait, avec beaucoup d’humour, que lors de notre sacrement de mariage, nous avions chacun à notre tour émis un message à notre conjoint, message reçu et auquel nous avions répondu en nous acceptant mutuellement comme époux et épouse par notre OUI. Il terminait son propos en nous précisant que la communication dans le couple est surtout une communication qui se vit à 3, puisque Dieu veut nous parler en premier, et qu’il nous faut trouver les moyens de l’écouter. En fin d’après midi, les couples du mouvement nous ont rejoints dans la chapelle du foyer pour célébrer l’Eucharistie présidée par notre Archevêque, Mgr David Macaire, tout vêtu de rose. Dans son homélie il nous exhortait, à accueillir Jésus-Christ, Lumière venu dans le monde, pour nous faire découvrir ou redécouvrir les qualités et les bienfaits de nos conjoints, de nos enfants et toutes les grâces que Dieu nous accorde à travers ce merveilleux sacrement de mariage. « Dieu nous a tellement aimés qu’il nous a donné notre époux - notre épouse pour nous conduire à la… Sainteté », concluait-il. Cette belle journée s’est achevée autour du goûter, par la prière pour obtenir la béatification du Père Caffarel (prêtre fondateur du mouvement), et du Magnificat (qui conclut chaque rencontre END). Un très grand merci à tous les couples présents et à tout ceux qui ont fait de cette journée une réussite : ce qui nous permet de chanter avec Marie : « Le Seigneur a fait pour nous des merveilles... ». Roselyne et Frédéric Flériag, responsables END ■ La communication dans le couple, Question de vie ou de mort ? Récollection de\b Équipe\b No\ttre-Dame Pour joindre les Équipes Notre-Dame et obtenir des informations : • Mr et M me Frédéric et Roselyne FLERIAG Tél. : 06 96 53 20 11 • E-mail : fleriag.rose@gmail.com Vous pouvez aussi vous rendre sur leur site internet en cliquant sur le lien suivant : http://www.equipes-notre-dame.fr/secteur/martinique

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 10 VOCATION DOSSIER Cheminement vocationnel du père Manuel Grandin, sj EenM : Quand avez-vous ressenti  l’appel du Seigneur pour la  première fois ? Avez-vous eu  l’occasion d’en parler avec un  prêtre de votre entourage ou une  autre personne ? Père Manuel :  Mon appel a été  assez précoce, car dès l’enfance je  me sentais familier des choses de  l’Eglise, et dès 12 ans, avec l’appui  de mes parents, j’ai pu passer une  journée avec le père Charles Aubrée,  alors curé à Sainte-Anne, pour voir  comment ça vivait un prêtre ! Puis  j’ai rencontré Mgr Marie-Sainte  pour parler de cette vocation. A 14  ans, après ma confirmation qui a été  un moment fort pour moi, le père  Zonzon m’accueillait à l’internat du  Foyer Dominique Savio, à Redoute,  où j’ai eu la joie de côtoyer un  certain Jean-Michel Monconthour.  Rencontrer des prêtres différents et  heureux (je pense aussi au curé de  ma paroisse du François, le Père  Miron) m’a beaucoup encouragé  et stimulé. M’occupant moi-même  aujourd’hui de jeunes voulant entrer  chez les jésuites, je me rends compte  que chaque chemin est unique, et  que Dieu a beaucoup d’humour  et d’imagination pour rejoindre  chacun. Il en est aussi de même  avec les couples que j’accompagne  au mariage ou les célibataires non  consacrés : Dieu prend l’initiative  de la rencontre, et c’est à nous  d’apprendre à l’écouter. EenM : Comment votre famille a-t- elle réagi ? Et vos amis ? Père Manuel :  Trop bien !  Je m’amuse en disant cela.  Contrairement à des jeunes qui  portent ce genre de questions, mes  parents ont vite pris au sérieux mon  projet, même si je manquais de  maturité et de liberté intérieure à  cet âge, et aussi plus tard. Ils étaient  déjà très engagés dans l’Eglise. Cela  a été plus difficile pour mon unique  petite sœur qui trouvait (déjà) que  je me prenais trop au sérieux. Avec  le temps, c’est pourtant elle qui m’a  le plus aidé dans ma vocation dans  les moments de découragement. EenM :  Avez-vous envisagé un  autre chemin de vie ? Quand avez- vous pris votre décision définitive,  et avez-vous hésité entre la vie  de religieux et la vie de prêtre  diocésain ?  Père Manuel :  Après mon bac et  une année d’études de commerce  (pendant laquelle je vivais dans un  foyer de la communauté du Chemin- Neuf), je suis rentré au Séminaire  interdiocésain d’Avignon où j’ai  retrouvé Christian Catayée, Jean- michel Monconthour ou Gaby  Lémy… aujourd’hui prêtres  diocésains. Je n’ai pas beaucoup  réfléchi à la question du mariage  même si j’étais déjà tombé  amoureux. J’étais un peu à fond  dans mon projet, et il faudra du  temps pour mûrir affectivement.  Le choix de la vie religieuse s’est  imposé lentement : je n’arrivais  pas bien à me projeter dans un  travail en paroisse, je n’étais pas  aussi à l’aise que d’autres par  rapport à notre culture (certains  se moquaient de mon niveau de  créole) et j’aspirais à voyager et  aussi à une vie communautaire.  Ainsi, quand il m’a été proposé  d’aller faire 2 ans de philosophie  chez les jésuites à Paris, un champ  s’ouvrait devant moi. Cela n’a pas  été une période facile, car j’ai pu  EenM  :  Bonjou\b  Pè\be  Manuel,  vous  êtes  actuellement  le  seul  jésuite  ma\btiniquais.  Vot\be  mission  depuis  6  ans  :  coo\bdinateu\b national de la pasto\bale des jeunes pou\b les  jésuites  et  les  \beligieuses  p\boches  des  jésuites  (\béseau  Magis),  et  aussi  aumônie\b  dans  une  école  d’ingénieu\bs  à  Pa\bis. Vous êtes p\bêt\be depuis maintenant 10 ans (5 av\bil  2008, Saint-Etienne), et nous étions quelques-uns à vous  avoi\b suivi à ce moment impo\btant de vot\be cheminement.  Nous vous p\boposons de \beveni\b su\b la naissance de vot\be  vocation et le chemin vocationnel qui vous a conduit jusqu’à  vot\be o\bdination p\besbyté\bale.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 11 blesser les copains du séminaire  pour m’affirmer un peu, et j’étais  assez perdu quand même. EenM :  Où avez-vous suivi votre  formation jésuite ?  Comment  se sont déroulées vos années  d’études ?  Pensez-vous que  les études suivies vous ont bien  préparé aux missions qui vous  ont été confiées après votre  ordination ? Père Manuel :  La formation jésuite  en France commence d’abord  par 2 ans de noviciat à Lyon  (apprentissage de la prière et de la  vie communautaire et des stages en  milieux populaires), puis par des  études de philosophie et de théologie  au Centre sèvres à Paris. J’ai eu  aussi des stages auprès de jeunes de  quartiers sensibles au sud de Paris  ou à Toulouse, c’est d’ailleurs là que  j’ai recroisé un certain frère David  Macaire. Mes études m’ont aidé sur  3 niveaux : découvrir la richesse  de notre tradition (Bible, doctrine,  spiritualité), et sentir combien elle  peut parler à des hommes et des  femmes du 21 e siècle ; apprendre à  prendre du recul sur les situations et  les événements (grandir en patience  envers soi-même) ; et enfin nommer  mes goûts et mes ancrages propres  (j’ai développé un goût pour la  Bible qui remonte à l’enfance ;  soigner les relations en travaillant  sur certaines figures bibliques ou en  me plongeant dans la psychologie ;  comprendre mes racines antillaises  et ma chance d’être sur plusieurs  culture dans la société française  d’aujourd’hui, etc.). Oui cela a été  décapant, mais très riche. EenM : Au cours de ce parcours,  qui est long chez les Jésuites,  avez-vous éprouvé des moments  de doute ou d’interrogation ? Avez- vous eu un conseiller spirituel qui  vous a accompagné ? Père Manuel :  Oui souvent, car  c’est mon tempérament : j’ai besoin  de comprendre les choses et de les  interroger, cela fatigue un peu mes  supérieurs). Je pense à mon premier  accompagnateur – le père Zonzon –  comme à tous les autres qui m’ont  aidé à prendre du recul et à ne pas  me concentrer d’abord sur ce qui  manque, mais sur ce qui est donné et  offert par Dieu et par les autres. On  a besoin d’un grand frère ou d’une  grande sœur dans la foi (j’ai eu aussi  des religieuses et des laïques comme  guides spirituels) pour mieux  discerner ce qui est de mes peurs,  du travail du diable (diabolos : ce  qui divise, ce qui décourage) et ce  qui est de l’action de l’Esprit. Ce  discernement est toujours à faire en  lien avec la relecture de vie, la prière  quotidienne et la vie fraternelle…  pas toujours facile, mais libérante  et heureuse. J’ai eu aussi besoin de  travailler sur le plan psychologique  pour grandir, et aujourd’hui où je  travaille avec beaucoup de jeunes,  je suis dans une équipe avec une  psychologue et 2 coaches pour  répondre au mieux aux besoins des  jeunes et des moins jeunes. EenM : La profession religieuse  et l’ordination sont à la fois  l’aboutissement d’un parcours  et un point de départ pour une  nouvelle vie : comment avez-vous  vécu ces moments particuliers ? Père Manuel :  Cela a toujours été  un mélange de joie et de combat,  avec l’assurance que Dieu est  toujours plus grand que moi et  que mes propres désirs. Mon  « slogan » (Ps 36,3-7)  :  « Fais  confiance au Seigneur, agis bien,  habite la terre et reste fidèle ;  mets ta joie dans le Seigneur : il  comblera les désirs de ton cœur.  Dirige ton chemin vers le Seigneur,  fais-lui confiance, et lui, il agira. Il  fera lever comme le jour ta justice,  et ton droit comme le plein midi.  Repose-toi sur le Seigneur et  compte sur lui ».  Le plus beau reste à venir. EenM :   Que diriez-vous  aujourd’hui à un jeune homme  qui s’interrogerait sur sa vocation  et qui hésiterait à embrasser le  chemin de la vie religieuse ?  Père Manuel :  Malgré les combats,  je t’assure l’ami, reste confiant,  le Seigneur veut le meilleur pour  toi. Et si c’est ta vocation d’être  au service particulier de l’Eglise,  réponds avec confiance, et si c’est  le mariage, sache qu’il sera tout  autant à tes côtés. L’important c’est  de prendre au sérieux ton désir  le plus profond et de croire. Et  comme le dit le pape François :  "La sainteté, c'est la rencontre de ta  faiblesse avec la force de la grâce",  alors fonce et prie ! EenM : Merci beaucoup Père  Manuel. Interview réalisée par Michel Déglise  ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 12 VOCATION DOSSIER Il existe des éléments de disce\bnement, qui, sans donne\b la ga\bantie  d'une conclusion définitive, pe\bmettent d'élimine\b les fausses pistes.  N ous avons tous une vocation fondamentale, qui est notre consécration de baptisés : nous sommes enfants du Père, disciples du Christ, temples de l'Esprit. Toute vocation particulière va se greffer sur cette vocation commune. C'est pourquoi, me semble-t-il, la première chose à faire, avant d'être prêtre ou religieux ou consacré, comme avant de se marier, c'est d'être tout simplement chrétien. Un chrétien vivant : c’est-à-dire engagé personnellement dans une vie de prière, dans un partage fraternel, dans un service et un témoignage. Cette triple ouverture est fondamentale : l'ouverture au Seigneur, l'ouverture à l'Eglise et, en même temps, la participation concrète à une cellule d'Eglise, l'ouverture au monde. Ces éléments se retrouveront, d'une manière ou d'une autre, dans toute vocation. Si l'un des trois manquait, il y aurait un déséquilibre spirituel qui rendrait toute vocation fragile et même suspecte. Sur cette base, une vie chrétienne déjà bien engagée, le discernement d'une vocation peut se faire à partir de trois critères complémentaires. ➊  Le Seigneur qui m'appe\b\be est  aussi \be Seigneur qui me crée. Il me connaît, Il ne va pas me demander quelque chose qui serait aux antipodes de ce que je suis et de ce que j'aime -ou alors Il commencera par me transformer, comme saint François d'Assise : après son baiser au lépreux, il témoignera que ce qui, auparavant, lui paraissait amer, était devenu doux, et que ce qui lui paraissait doux, était devenu amer. Ici, il faut éviter le piège assez fréquent de la peur. Certains s'imaginent que s'ils vont plus loin dans leur recherche de la volonté de Dieu, ils vont être comme pris au piège, obligés de renoncer à un tas de bonnes choses, et condamnés à une vie austère et triste, pour ne pas dire impossible. Ils oublient que Dieu est un Père qui veut le bonheur de ses enfants. Là où est ma voie, là est ma joie. Certes avec des sacrifices et des exigences, comme dans tout amour authentique. Mais l'amour est à lui-même sa récompense. Ce qui serait triste, ce serait au contraire de passer à côté d'un plus grand amour. En résumé, retenons qu'un premier éclairage sur ma vocation, c'est tout simplement ce que je suis : mes richesses, mes limites, mes goûts, mes expériences, ma formation. Tout cela ne définit pas une voie, mais indique déjà une direction. ➋  Ce\ba dit, on n'a pas une vocation pour soi, mais  pour \be Seigneur et pour \be monde. La vocation  est \ba forme concrète du\q don de \ba personne.\q  Le deuxième éclairage est donc celui qui m'est renvoyé par le monde autour de moi : à quoi, à qui ai-je envie de me consacrer ? Qu'est-ce qui me touche ? A quels appels suis-je davantage sensible ? Dans quel cadre, dans quelles situations, dans quels types de service m'est-il donné une plénitude, un élan, une sorte de vérité intérieure ? ➌ Enfin, on ne vit jamais une vocation tout seu\b.  L'appe\b du Christ en moi est, certes, intimement  personne\b, mais i\b est en même temps ecc\bésia\b,  communautaire.  Cela ouvre tout un champ de discernement : quels appels de l'Eglise trouvent davantage d'écho en moi ? Quels saints sont devenus comme mes frères aînés ? Quelles communautés anciennes ou nouvelles deviennent un peu ma famille ? Quelles sont les formes de prière, de mission, de service où je me reconnais davantage ? Evidemment une fois qu'on a essayé de faire ainsi le tour de la question, on est perplexe ; car, si cela permet d'éliminer les fausses pistes, on aboutit rarement à une conclusion définitive. Cette incertitude est essentielle. Elle me renvoie à la prière : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Saint Marc 14, 36). Elle me renvoie à la patience et à la confiance : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Saint Luc 1, 38). Ce que tu voudras, quand tu voudras, comme tu voudras. Elle me renvoie à l‘Esprit Saint ; Lui seul peut unir, dans une synthèse toujours imprévisible et merveilleuse, tous ces éléments complexes. Un jour, tout s'éclaire et se simplifie : Me voici, Seigneur ! Père Emmanuel Saint-Honoré, Curé de Rivière-Pilote ■ COMMENT DISCERNER \2MA VOCATION ? Là où est ma voie, là est ma joie !

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 13 EenM : Monseigneur, comment  devient-on prêtre en Martinique ?   Oh! c'est un chemin qui prend  le temps de la maturation et de  l'accompagnement pour acquérir  des compétences nouvelles, guérir  ses blessures, nourrir son appétit  missionnaire, mieux connaître son  Eglise, découvrir ses charismes et  apprendre à les exercer, faire des  expériences dans des milieux divers,  voyager et, bien sûr, faire des études.  Mais c’est nécessaire pour être prêt  et pour discerner en toute liberté !  Tous ceux qui prennent ce chemin  ne deviennent pas prêtres, mais, si  cela se passe bien, chacun en ressort  plus libre et plus mûr, prêt à affronter  les grands défis de ce monde : la  mission, le travail, la vie spirituelle,  et la vie affective et sentimentale…  EenM : Pouvez-vous nous décrire  ce chemin ? Et tout d’abord,  combien d’étapes ?   Cela dépend un peu de chaque  cas, et notamment de l’âge et  du parcours déjà effectué par le  candidat qui se présente. Disons  qu’il y a, après le premier temps  personnel, entre 4 et 6 étapes avec  des passages obligés. EenM : Donc on commence par quoi ?   Etape « 0 » :    La prière, bien sûr :  c’est dans la prière personnelle (en  particulier la prière silencieuse) et  familiale, la participation active  à l’eucharistie, la confession, les retraites (par exemple la retraite  des vocations  au Foyer de Charité),  les lectures saintes, les pèlerinages  et le rosaire qu’on rend son cœur  disponible à la volonté de Dieu.  La Pastorale des vocations doit  veiller à ce que ce dispositif soit  offert au plus grand nombre dans  toutes les paroisses. C’est au cours  de cette première étape que certains  fuient l’appel, souvent parce que  les communautés chrétiennes n’ont  pas permis à tout cela de se réaliser.  A la fin de cette première étape,  ceux qui sont appelés ressentent un  désir au fond d’eux-mêmes qu’ils  ont parfois du mal à comprendre…  « être prêtre ! », «Dieu m’appelle »  ou « j’ai envie » ou encore « je  n’ai pas envie mais je sais qu’il  faut aller dans cette direction ». Ça  peut prendre des années, comme  une semaine, avant d’arriver à  cette conclusion. Le garçon va  alors demander un dialogue avec  un membre de l’Eglise (prêtre,  religieuse, animateur, parent…).  Cet appel peut concerner des  enfants très jeunes comme des  adultes mûrs remplis d’expériences  bonnes et mauvaises… EenM :  Et ensuite… ?   Première étape :  Si ce membre de  l’Eglise fait bien son travail, il va  chercher à faire entrer discrètement  le garçon dans le temps de  l’accompagnement et de la  maturation. C’est un temps secret.  Il ne faut surtout pas que toute la  communauté lui colle l’étiquette  de « ti labé » ; il faut faire très  attention à ce que cette personne  reste libre. Le Délégué épiscopal  aux vocations et l’Evêque sont  alors prévenus et font, s’il le faut, la  connaissance de ce jeune. (J’avoue  que j’ai une petite liste et que je  prie tous les jours personnellement  pour chacun !). Certains jeunes  veulent entrer en contact direct avec  moi, je me rends alors davantage  disponible pour eux et pour leur  famille. Mais, dans tous les cas, on  fait en sorte qu’un prêtre se charge  personnellement de faire cette route  avec le garçon. L’accompagnement  dépendra de l’âge du candidat. Pour  les enfants, on veillera à ce qu’ils  aient une instruction chrétienne  normale. L’entourage (parents,  parrain, marraine, famille) est alors  en première ligne. On veillera aussi  à ce que le jeune rencontre de temps  en temps un prêtre et ait un service  dans l’Eglise.    Ensuite, en Martinique, les garçons  de 16 ans à 21 ans qui le souhaitent,  et avec l’accord de leur famille,  sont accueillis au Foyer Saint  Dominique Savio. Pendant les  semaines scolaires, ils peuvent y  loger ou participer à des rencontres  spécifiques de la Pastorale des  vocations.    Enfin, pour les hommes plus âgés qui  pourraient déjà entrer au séminaire,  un dispositif d’accompagnement  plus personnel est offert jusqu’au  moment venu.   Comment devenir prêtre en Martinique ?

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 14 VOCATION DOSSIER  Après ce temps de maturation (en  général le temps d’achever des  études civiles ou quelque contrat),  le jeune homme fait une demande  à laquelle l’évêque répond après  avoir pris conseil et accepte (ou  pas) qu’il commence sa formation  au presbytérat.   EenM : Quelles sont les conditions  pour commencer cette formation  au presbytérat ?   Être un homme, être majeur, être  célibataire et sans enfant à charge,  avoir une bonne réputation (en tout  cas être vraiment converti), être en  bonne santé physique et mentale,  ne pas avoir de dettes (financières,  administratives ou morales)… et je  rajouterais avoir un niveau intellectuel  capable de faire des études. EenM : C’est alors le séminaire !?    Non pas encore. Deuxième étape :   C’est le temps  du  pré-discernement pendant  lequel le candidat doit faire une  année de propédeutique. C’est  une année (de septembre à juin) de  fondation spirituelle qui permet à  ceux qui envisagent le presbytérat de  recevoir une formation spirituelle,  de lire la Bible, d’expérimenter  la vie commune, la récitation  régulière des offices, de faire une  retraite de discernement avant de  commencer les études proprement  dites. Cette année se déroule  en métropole, par exemple à la  Maison Saint-Augustin à Paris  ou à Aix-en-Provence. Ce premier  départ est important. Il permet aux  candidats de se détacher de leur  milieu pour discerner de façon plus  libre l’appel de Dieu. A la fin de la  propédeutique, le candidat choisit,  ou pas, de demander à entrer au  séminaire. L’évêque peut refuser.  On peut aussi retarder l’entrée au  séminaire, si le candidat souhaite  prendre un temps de césure afin  de poursuivre ou entreprendre  des études profanes ou faire une  expérience humanitaire. EenM : Puis il rentre en Marti- nique ?   Troisième étape :   OUI ! Le  garçon devient  séminariste  proprement dit et entre dans le  Premier Cycle  d’études, le temps  de formation du disciple. A  la  Maison Saint-Jean-Paul II qui  est dans l’archevêché à Fort-de- France, sous la direction du Père  Chaulvet, l’actuel supérieur, il  mène la vie commune de prière  et d’étude. Les études sont  faites dans le C entre diocésain  de formation à Bellevue, sous la  responsabilité du père Lafine et  sont principalement consacrées à la  philosophie classique et moderne  pour s’ouvrir aux sciences divines  et au monde, à l’introduction  Etape Etape - Foyer Saint Dominique Savio Etape 3 - Les séminaristes de la Maison Saint Jean Paul II se rendant à la chapelle de l'évêché pour la messe Etape - Séminaire Saint-Cyprien de Toulouse 0 - 1 - 4 3 - 3

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 15 aux sciences théologiques  (Bible, langues anciennes,  histoire, spiritualité, liturgie) et  à des considérations pastorales  (psychologie, visites…). Les  professeurs, pour la plupart, sont  issus de notre Eglise locale. Enfin,  pendant toute la durée du cycle qui  dure 2 ans, le séminariste rejoint  chaque dimanche un prêtre- tuteur  choisi par l’évêque qu’il  va observer dans son ministère. A  la fin du premier cycle, le candidat  s’engage solennellement dans  cette formation ecclésiastique au  cours d’une cérémonie publique  d’Admission pendant laquelle il  reçoit une soutane comme habit  de prière et de mission.  Après cela, si on le juge bon, certains  séminaristes peuvent être autorisés  ou encouragés à interrompre les  études ecclésiastiques pour un  temps d’expérience humanitaire  ou ecclésiale.   EenM : C’est alors le Second Cycle  qui commence !? Quatrième étape :  Alors  com- mence l’avant-dernière ligne  droite qui dure 3 ans : le Second  Cycle dit de théologie, ou temps  de configuration au Christ. Il  est effectué en dehors du diocèse,  au séminaire interdiocésain Saint- Cyprien de Toulouse. Mais le  groupe des séminaristes du diocèse  se retrouve en communauté, sous  la conduite d’un prêtre, le samedi- dimanche et pendant les temps de  vacances. Les séminaristes actuels  sont à la paroisse de Cahors. Au  bout de 2 ans, l’évêque célèbre  l’Institution aux Ministères du  Lectorat et de l’Acolytat.   Cinquième étape :  Puis  l’ordina- tion diaconale est célébrée  si possible dans la paroisse  d’insertion en métropole ou en  Martinique, en principe au terme  de la troisième année du Second  Cycle. Le futur prêtre prend alors  l’engagement  définitif au célibat,  à l’obéissance à l’évêque, à la  récitation quotidienne de l’office… Le diacre poursuit ensuite la  quatrième année du Second Cycle  en étant inséré sur une paroisse.  Un stage pastoral, temps de  synthèse vocationnelle, lui est  offert avant son ordination. Puis  il fait une dernière retraite avant  de DEVENIR PRÊTRE.  EenM : C’est la fin ?    NON ! Tout commence au  contraire ! Le nouveau prêtre  reste en formation. C’est pour lui  le moment de donner ce qu’il a  reçu, mais aussi d’apprendre à  recevoir et à éviter les pièges…  On reste jeune prêtre pendant au  moins 10 ans. Et les plus anciens  nous disent qu’on ne finit jamais  sa formation.  ■ Etape - Rentrée Séminaire de Paris Cathédrale de Fort-de-France Père Emmanuel Chaulvet Délégué de l'évêque aux vocations Etape - Ordination diaconale Ordination presbytérale Etape - Séminaire Saint-Cyprien de Toulouse - 2 5

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 16 Ordination diaconale du Frère Noël Michel René Saint- Prix L e frère Michel Saint-Prix qui a été ordonné diacre par Mgr David Macaire, le dimanche 8 avril 2018, en la fête de la Divine Miséricorde, est né le 25 décembre 1943. Il est l’aîné de deux frères et une sœur. Il ressentit l’appel de Dieu à l’âge de 12 ans ; il entrera au séminaire pendant 2 ans, puis au monastère de S aint Pierre le 5 janvier 1960. Il fera profession simple, le 29 septembre 1961 ; profession solennelle, le 29 septembre 1965, après avoir fait son service militaire. Le frère Michel partira pour le Sénégal pour 2 ans de 1967-1968. Il effectuera, en Suisse, ses études à l’Ecole de la F oi de Fribourg, de 1979-1981, puis une année de comptabilité, toujours à fribourg, en 1982. Le frère Michel est un moine d’une grande simplicité, qui ne rechigne pas devant les travaux les plus humbles. Actuellement, il est responsable de la cuisine, du magasin, dépositaire, sous-Prieur du monastère Notre- Dame du Mont des Oliviers, à Terreville. Priez pour lui ! Frère Thierry Jérôme, osb Prieur du monastère Notre-Dame du Mont des Oliviers ■ Agenda de l’Archevêque Du 22 au 26 avril : ■ Assemblée Plénière de la Conférence des Évêques de la Caraïbe à Rome Dimanche 29 avril : ■ Rencontre familiale des Foyers de Charité de la Caraïbe (Foyer de Charité de Trinité) ■ 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint- Louis Lundi 30 avril : ■ Conseil Épiscopal ■ Conseil Diocésain pour les Affaires Économiques ■ 18h30 : Messe de Saint Joseph Artisan avec le CMT (Chrétiens dans le Monde du Travail) à l’église du Lamentin Mercredi 2 mai : ■ Rencontre avec les confirmands du Séminaire-Collège et du Diocèse aux Armées à l’évêché ■ 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs Samedi 5 mai : ■ 9h : Confirmation à la paroisse de Trinité ■ 18h : Confirmation à la paroisse du Vauclin Dimanche 6 mai : ■ Forum des jeunes en cheminement de la paroisse de Redoute ■ 15h : Confirmation des recommençants à la cathédrale Saint- Louis ■ 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis (célébration de l’admission des séminaristes en fin de 1 er Cycle) Ordination diaconale du Frère Noël Ordination diaconale du Frère Noël VOCATION Ordination diaconale du Frère Noël Ordination diaconale du Frère Noël Ordination diaconale du Frère Noël DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 17 ? Question E nsuite, il est bon de rappeler une chose importante. Seul le Christ est Prêtre de l’Alliance éternelle qui nous réconcilie avec le Père. La fonction principale du prêtre est d’être médiateur entre Dieu et le peuple, d’offrir des sacrifices en vue de la réconciliation des hommes avec Dieu. Et de l’unique sacerdoce du Christ découle celui de tous les baptisés, tous participent à ce qu’il est et à ce qu’il fait. Par notre baptême, nous sommes tous prêtres, prophètes et rois par grâce du Christ. Donc, les hommes et les femmes sont prêtres puisqu’ils peuvent offrir leurs prières pour le monde ainsi que leur propre personne en sacrifice agréable à Dieu 1. Cependant, le seul Grand- Prêtre au service de toute l’humanité a choisi d’être un homme masculin (vir) en conformité avec son être de Fils éternel. De plus, Jésus a révolutionné les rapports avec les femmes juives de son temps, si nous considérons les femmes qui le suivaient par exemple. Pourtant, le soir de sa Passion, en disant à ses apôtres « faites cela en mémoire de moi » 2, ou encore « comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie… Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » 3, le Christ a institué le sacerdoce ministériel au service du sacerdoce commun des fidèles, en le confiant à d’autres hommes masculins que lui, ses apôtres, qui reçoivent cette charge de poursuivre ce qu’il a initié. Ensuite, dans les premiers temps de l’Église, fidèles à l’intention du Christ, les apôtres ont imposé les mains à d’autres hommes pour en faire des collaborateurs et des successeurs. Ces successeurs sont aujourd’hui les évêques, et les prêtres, collaborateurs des évêques. Il y a ainsi une différence fondamentale entre le sacerdoce de tout baptisé, et celui du ministre ordonné, et seuls les hommes peuvent y prétendre selon un choix voulu par Dieu lui-même 4. Le choix divin des hommes masculins est également enraciné spirituellement dans une symbolique forte d’alliance. Le Christ veut passer par des hommes aussi pour rappeler de manière sensible à l’Église qu’elle est son Épouse, il est en vis-à-vis avec elle. Cela est particulièrement palpable lors des célébrations eucharistiques. Seul un homme peut figurer la présence de l’Époux au milieu de l’Église-Épouse. Enfin, une dernière réflexion nous fait constater que même la Vierge Marie, qui est la Mère de Dieu, qui a tout vécu avec Jésus, qui a une place ô combien précieuse dans le projet de Dieu pour l’humanité, qui est honorée de tous les titres possibles, n’a pas été choisie pour exercer le sacerdoce ministériel. Et elle ne l’a jamais revendiqué. Voilà de quoi nous faire réfléchir sur la vocation de la femme à partir de son exemple. Père Gaëtan Présent ■ Il est bon, en p\béambule, de p\bécise\b que la question du sace\bdoce pou\b les  femmes est venue avec la mode\bnisation, et avec une ce\btaine idée de l’égalité  homme-femme. Les diffé\bences sexuelles sont gommées, tout po\bte à c\boi\be  que  l’homme  et  la  femme  sont  inte\bchangeables.  Alo\bs  que  les  vocations  spécifiques de l’homme et de la femme sont diffé\bentes, et à \bedécouv\bi\b. 1 Cf. Romains 12,12 Luc 22,193 Jean 20,21.234 Pour protéger cette initiative divine, la tentative d’ordination sacrée d’une femme est passible d’excommunication qui ne peut être levée que par l’autorité romaine ‘‘ ‘‘ AN TCHÈ LÉGLIZ-LA Pourquoi n’y a-t-il pas de femmes prêtres ?

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MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € E g lise en MARTINIQUE N° 536REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €15 janvier 2017 Préparons 2017 ! lise MARTINIQUE MARTINIQUE N°536REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUELLE — 2,00BIMENSUELLE — 2,00 €€15 janvier 2017 E g lise en MARTINIQUE N° 540REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €12 mars 2017 M archons dans la lumière ! Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97207 FORT de France CEDEX E g lise en MARTINIQUE PPréparons 2017 !Préparons 2017 !PPréparons 2017 !Préparons 2017 ! MMMMMMMMMM archons dans la lumière ! M archons dans la lumière ! M Nom : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ................... Prénom : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....... Adresse : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...... Mail : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Tél. : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Code Postal : .......................................................................\ .................................................................................................................... Ville : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....................... Oui, je m’abonne ! lise ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 18 Comme il l’avait fait l’année dernière, à l’occasion du 100 ème anniversaire des Apparitions de Fatima, notre évêque nous encourage, cette année encore, à retrouver la belle coutume du mois de Marie : • en dressant dans chaque famille un petit coin prière (comme une crè\ che de Noël) autour d’une image de la Maman de Jésus, avec une Bible et quelques fleurs que chaque membre de la famille apportera régulièrement. • les maisons qui accueilleront cette dévotion pourraient se signaler e\ n mettant un petit ruban bleu sur la porte d’entrée ou sur la grille du jardin. • en récitant chaque jour : 1 Notre Père, 10 Ave et 1 Gloire au Père pour le diocèse et ses familles. Ruban bleu pour les familles G eneviève Prisca Dubagmond, est née le 18 janvier 1930, à Fort-de-France, Martinique. Le 8 décembre 1952, elle entre dans la Congrégation des Sœurs de Saint Paul de Chartres, où elle reçoit l’Habit le 2 février 1954 avec le nouveau nom : Sr Rita de Jésus. Le 2 février 1957, la jeune novice émet ses premiers vœux, puis ses vœux définitifs le 2 février 1963. Toute sa vie durant, Sr Rita se donnera corps et âme, jour et nuit, au service des plus démunis et des malades. Elle aimait dire : « Je vois Jésus- Christ, et c’est Lui que je sers dans ces malheureux ». Infirmière, elle est présente dans divers Hôpitaux et principalement en Guadeloupe. En plus de sa fonction d’hospitalière, Sr Rita est appelée à devenir responsable des communautés où elle sera affectée (Hôpitaux de St Martin, Pointe-à-Pitre, Saint Esprit, Home d’enfants à Maripa Soula, Guyane). Pour des raisons de santé, elle rentre en Martinique et se rend disponible pour aider à la Maison de Retraite de Bethléem, à Terreville, ainsi qu’à la maison Provinciale, et cela jusqu’en février 2002. La charge de responsable de communauté lui sera de nouveau confiée au Morne-Rouge, où elle continuera à servir avec dévouement. Le 6 avril 2011, elle revient définitive- ment à La Maison Provinciale pour continuer à offrir ses menus services au sein de la communauté, jusqu’au jour de son appel par le Seigneur. Sœur Rita, ce mardi 3 avril 2018, la journée terminée, tu rentres dans ta chambre comme de coutume, et c’est alors pour toi le rendez-vous impérieux : « Le Maître est là, Il t’appelle ». « Voici l’Epoux qui vient : allons à la rencontre du Christ ». Notre Seigneur Lui-même t’attendait pour que tu lui remettes ta vie. Qui peut résister ? Peut-être que ces paroles sont parvenues à ton esprit, et, dans ta générosité tu as dis « Oui, Seigneur, me voici, je viens. » Repose en paix ! ■ COMMUNIQUÉ Sœur Rita de Jésus Dubagmond 18 janvier 1930 – \t3 avril 2018

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Nom : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ................... Prénom : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....... Adresse : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...... Mail : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Tél. : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Code Postal : .......................................................................\ .................................................................................................................... Ville : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....................... ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 avril 2018 – n° 564 19 ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\J MARTINIQUE Se\bvice legs et donations A\bchevêché de Fo\bt-de-F\bance - 5-7, \bue du Révé\bend Pè\be Pinchon BP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\JX Téléphone : 06 96 3\J10 333 - E-mail : m\Jichel.pouch@wanadoo.f\b oui ,  je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer  sur les possibilités de legs, donations et assurances\bvie à l’Association Diocésaine. oui , je  souhaite  être  contacté  pour  un  rendez\bvous  au  Service  des  legs  et  donations ou à mon\C domicile. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’espérance en héritage Mes coordonnées  ❏ Mme ❏ Melle    ❏ M. Nom  Prénom Adresse   Code postal Ville  Téléphone E\bmail Paroisse  (facultatif) DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\JINIQUE a désormais son site Web Depuis le 23 avril 2017, Mgr Macaire a lancé officiellement le site Web d’ECCLESIA'M 2020 ! Pour le consulter : http://www.ecclesiam2020.fr E CCLESIA 'M 2020 ! Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère. L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr 99.5 - 101.3 et 105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.comTél. : MEDIAS Dimanche 6 mai 2018 Wallis et Futuna : connectée au monde ? Pourrions-nous vivre sans Internet aujourd’hui ? Les réseaux sociaux ont-ils modifié notre rapport à l’autre ? Sont-ils utilisés comme moyen d’évangélisation ? En quoi sont-ils créateurs de liens ? Et pour quelles raisons sont-ils souvent décriés ? Toutes ces questions se posent dans nos territoires d’outre-mer, et particulièrement en ce moment à Wallis et Futuna, dernier territoire de la République française à avoir le haut débit. Les deux îles seront très prochainement raccordées à la fibre, grâce à un câble sous-marin de 1700 kilomètres de long qui reliera les Fidji aux îles Samoa. Pour célébrer ce lancement inédit, une messe sera célébrée à Mata-Utu et diffusée en direct. Depuis la métropole, Dieu m’est témoin réunira la communauté wallisienne pour une diffusion en direct de la messe via Facebook Live à Paris, dans la soirée du samedi 5 mai.

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Seigneur Jésus, Bon Pasteur, Tu as rendu témoignage à la vérité au prix de ta vie. Donne-nous d’être à notre tour de vrais témoins de ton amour au cœur du monde. Envoie l’Esprit de Vérité promis sur nos familles, nos paroisses, nos communautés. Qu’il témoigne en nos cœurs et nous rende féconds et persévérants dans les œuvres du Pè\ re. Accorde-nous de saints prêtres, heureux et rayonnants. Affermis-les dans la grâce de leur sacerdoce.Qu’ils puissent nous communiquerla vie et l’amour de ton Cœur. Amen. Source : http://www.vocations.be/ Prière au Bon Pasteur

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