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E g lise en MARTINIQUE Rencontrer Dieu à l'aéroport Tous disciples, tous M issionnaires ! N° 571 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 21 OCTOBRE 2018 Quizz - Testez vos connaissances sur ECCLÉSIA 'M 2020 ! Dossier : La mission

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EDITORIAL 2 MÉDIAS 19 3 3 DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com 222 T ous disciples, tous missionnaires ! Le Mois missionnaire dans l'Eglise a débuté avec la fête de Sainte Thérèse de l'Enf\ ant- Jésus, Patronne des Missions. Aujourd’hui, Jésus nous demande de développer un esprit de service… désintéressé, donc de don, de charité. Il dénonce les rapports de force et de supériorité. Etre serviteur, c’est-ce fondamentalement la mission de tout baptisé. La Journée Missionnaire Mondiale, célébrée ce dimanche 21 octobre, a pour thème : « Avec les jeunes, portons l’Evangile à tous ! ». Le pape François appelle ces derniers « à ne pas a\ voir peur de Jésus et de l’Église, à transmettre la foi dans les pé\ riphéries de l’humanité, et à répondre à l’appel de la vocation »\ . Saw ka di di sa ! dit notre Archevêque. Les adultes ont le devoir, en priorité, d’aider les jeunes « à prendre le monde (et l\ ’Eglise) en main ! ». Pour eux et avec eux, nous devons tous « gagner en authenticité, en fraternité, en vérité, … en sainteté \ ! ». Très grande mission, n’est-ce pas ? Cette mission, très nombreux sont ceux qui l’expérimentent dé\ jà auprès de publics variés, dans les paroisses, et même… dans les aéroports. Le dossier sur la Mission, développé dans cette édition, nous permet d'aller à leur rencontre pour recueillir leu\ rs témoignages. La fête de la Toussaint approche… Avons-nous le désir d’être Saints, à l’exemple du pape Paul VI et de Mgr Oscar Romero canonisés dimanche dernier ? Que tous les saints qui nous ont précédés soient pour nous des \ modèles, et nous aident à garder le cap. Rappelons-nous que « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude». Accueillons donc Jésus-serviteur, et imitons-le ! Tous en mission pour annoncer le Christ ! Belle journée missionnaire ! Justine Lordinot ■ S ommaire EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE •  Saw ka di di sa !? \? Les enjeu\b du synode r\?omain sur les jeunes LITURGIE VIE DU DIOCÈSE EGLISE UNIVERSELLE\C • Parole dominicale • Fête de la Toussaint • Commémoration des fi  dèles défunts • Sœur Marie-Reine v\?an Deth  •  Quizz - Testez vos connaissances sur  Ecclesia’M 2020 ! •  L'église  du Carbet \?participe au\b 35 èmes   journées européennes du patrimoi\?ne •  La paroisse des Terres-Sainville, terre de mission…  Interview du P. Francky Vilsaint •  Haïti chéri mwen, pa jem bliyè Témoignage de Sr Ch\?ristine • Rencontrer Dieu à l’aéroport… •  La mission paroissiale  Interview du P. Jean-Michel Monconthour, curé de la Cathédrale Saint-Louis • Agenda de l’Archevêque •  Journée Missionnaire Mondiale 2018 Message du pape 3334 3333 2222 VERS LA VIE 18 6 7 7 10 8 11 12 13 15 17 Doss\ber  : LA MISSION

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 3 MOT DE L’ÉVÊQUE L ’instant est grave. Le Pape a même demandé à l’Eglise de dire la prière de Saint Michel Archange et le Rosaire au cours de ce mois. En ce moment-même, à Rome, après avoir entendu des experts et reçu des rapports issus des consultations réalisées sur toute la planète, les évêques, successeurs des Apôtres, réunis en Synode, débattent en se laissant guider par l’Esprit-Saint. Ils transmettront bientôt au Pape « sa yo di di sa » : les orientations et les grandes convictions prophétiques sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Nous sommes là au cœur des défis mondialisés des temps présent et futur. La Martinique est concernée. Nos aînés, nos familles, notre Eglise, nos responsables et « décideurs » et même notre subsistance comme peuple et comme culture, dépendent des travaux de cette assemblée et des enjeux qui en résultent. Et vous, qu’en dites-vous !? Jamais la présence des jeunes, leur action et leur dynamisme, dans la vie de l’Eglise, n’ont été aussi nécessaires et vitaux ; jamais les forces des ténèbres qui traversent leur culture et les éloignent de Jésus n’ont été aussi puissantes. La globalisation, notamment des nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’impérialisme idéologique des sociétés de consommation, la crise migratoire, la crise de la famille et les défis intergénérationnels s’imposent à tous les peuples, voire à tous les individus. Les nouvelles générations doivent faire des choix de vie toujours plus compliqués :  Les jeunes cherchent Dieu. Mais comment faire dans un monde où la technocratie, qui les a fait rêver, montre chaque jour sa trahison au profit des puissances d’argent ?  Les jeunes sont capables, plus que nous, de solidarité, de gratuité et de fraternité. Beaucoup y travaillent avec courage. Mais, en même temps, la « culture du déchet » abîme leur relation au monde et aux autres.  Nombre de garçons et de filles aspirent à l’amour pur et droit et à une sexualité épanouie et stable. Mais le monde les attire dans une sensualité égoïste, une débauche facile et une invasion tentaculaire de la pornographie.  L’accès à l’information s’est démocratisé, décuplant leurs possibilités d’action et d’engagement, permettant à chacun de devenir un libre acteur de la vérité partagée. Mais le Menteur, déchaîné, répand partout ses Fake News. Il insécurise davantage un monde où plus rien n’est crédible, même les institutions les plus sacrées (famille, patrie, Eglise…). Beaucoup de jeunes sont laissés sans protection face aux manipulations des puissances occultes. L’Eglise ne peut abandonner ses fils et filles de lumière, menacés. Malgré tout ce qui se dit, partout dans le monde, les jeunes, même des non-chrétiens, demandent des prêtres. Ils veulent des prêtres disponibles et célibataires pour le royaume, comme Jésus ! Humblement mais sans complexe, l’Eglise peut « comme l’aigle renouveler sa jeunesse » ( Ps 103,5) et aider les jeunes à prendre le monde (et l’Eglise) en main ! C’est une priorité. En effet, les jeunes sont l’Eglise, ils sont La réponse du Tout-Puissant. Si nous les aidons à être cette "génération choisie appelée à montrer son excellence", ils apporteront au monde la réponse aux détresses du temps. Pour eux et avec eux, tous les fidèles de l’Eglise Catholique, les pasteurs, les communautés, doivent gagner en authenticité, en fraternité, en vérité, … en sainteté ! Nous n’avons pas le choix ! Aucune famille n’a le choix, aucun père, aucune mère, aucune paroisse, aucun prêtre, aucun évêque, aucune école, aucun groupe, aucun éducateur, aucun catéchiste, aucun paroissien, aucun responsable… Personne n’a le choix. Il y aurait non- assistance à jeunesse en danger. Saw ka di di sa !? + Fr David Macaire Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ Saw ka di di sa !? Les enjeux du synode romain sur les jeunes

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Journée Missionnaire Mondiale 2018 Message du pape  - Dimanche 21 octobre 2018 - C hers jeunes, avec vous, je désire réfléchir sur la mission que Jésus nous a confiée. En m’adressant à vous, j’entends inclure tous les chrétiens qui vivent dans l’Eglise l’aventure de leur existence comme enfants de Dieu. Ce qui me pousse à parler à tous, en dialoguant avec vous, c’est la certitude que la foi chrétienne reste toujours jeune quand on s’ouvre à la mission que le Christ nous confie. « La mission renforce la foi », a écrit saint Jean-Paul II, un Pape qui a beaucoup aimé les jeunes, et leur a manifesté un grand dévouement. L’occasion du Synode que nous célébrerons à Rome au mois d’octobre, mois missionnaire, nous offre l’opportunité de mieux comprendre, à la lumière de la foi, ce que le Seigneur Jésus veut vous dire à vous les jeunes et, à travers vous, aux communautés chrétiennes. La vie est une mission.  Chaque homme et chaque femme est une mission, et c’est la raison pour laquelle on vit sur la terre. Etre attirés et être envoyés sont les deux mouvements que notre cœur, surtout quand on est jeune, sent comme des forces intérieures de l’amour qui promettent un avenir et poussent notre existence en avant. Personne autant que les jeunes ne sent combien la vie fait irruption et attire. Vivre avec joie sa propre responsabilité pour le monde est un grand défi. Je connais bien les lumières et les ombres propres au fait d’être jeunes, et si je pense à ma jeunesse et à ma famille, je me rappelle l’intensité de l’espérance pour un avenir meilleur. Le fait de ne pas nous trouver en ce monde par notre décision, nous laisse entrevoir qu’il y a une initiative qui nous précède et nous donne d’exister. Chacun de nous est appelé à réfléchir sur cette réalité : « Je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans ce monde ». Nous  vous  annonçons  Jésus  Christ.  L’Eglise, en annonçant ce qu’elle a gratuitement reçu, peut partager, avec vous les jeunes, le chemin et la vérité qui conduisent à donner sens au fait de vivre sur cette terre. Jésus Christ, mort et ressuscité pour nous, s’offre à notre liberté et la provoque à chercher, à découvrir et à annoncer ce sens véritable et plénier. Chers jeunes, n’ayez pas peur du Christ et de son Eglise ! En eux se trouve le trésor qui remplit la vie de joie. Je vous le dis par expérience : grâce à la foi, j’ai trouvé le fondement de mes rêves et la force de les réaliser. J’ai vu beaucoup de souffrance, beaucoup de pauvreté défigurer les visages de tant de frères et sœurs. Pourtant, pour celui qui vit avec Jésus, le mal est une provocation à aimer toujours plus. Beaucoup d’hommes et de femmes, beaucoup de jeunes se sont généreusement donnés eux-mêmes, parfois jusqu’au martyre, par amour de l’Evangile, au service de leurs frères. De la croix de Jésus, découvrons la logique divine de l’offrande de nous-mêmes comme annonce de l’Evangile pour la vie du monde (cf. Jn 3, 16). Etre enflammés de l’amour du Christ consume celui qui brûle et fait grandir, illumine et réchauffe celui qu’on aime. A l’école des saints qui nous ouvrent aux vastes horizons de Dieu, je vous invite à vous demander en toute circonstance : « Que ferait le Christ à ma place ? ». Transmettre  la  foi  \busqu’aux  extrêmes confins de la terre. Vous aussi, les jeunes, par le Baptême vous êtes des membres vivants de l’Eglise, et ensemble nous avons la mission de porter l’Evangile à tous. Vous êtes en train de vous ouvrir à la vie. Grandir dans la grâce de la foi qui nous a été transmise par les Sacrements de l’Eglise, nous associe à un grand nombre de générations de témoins, où la sagesse de celui qui a l’expérience devient un témoignage et un encouragement pour celui qui s’ouvre à l’avenir. Et la nouveauté des jeunes devient, à son tour, soutien et espérance pour celui qui est proche du but de son chemin. Dans la cohabitation des divers âges de la vie, la mission de l’Eglise construit des ponts entre les générations, grâce auxquels la foi en Dieu et l’amour pour le prochain constituent des facteurs d’unité profonde. Cette transmission de la foi, cœur de la mission de l’Eglise, arrive donc ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 4 Avec les jeunes, portons l’Evangile à tous ! EGLISE UNIVERSELLE\?

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par la “contagion” de l’amour, où la joie et l’enthousiasme expriment le sens retrouvé et plénier de la vie. La propagation de la foi par attraction exige des cœurs ouverts, dilatés par l’amour. À l’amour, il n’est pas possible de mettre des limites : l’amour est fort comme la mort. Et une telle expansion suscite la rencontre, le témoignage, l’annonce ; elle suscite le partage dans la charité avec tous ceux qui, loin de la foi, se montrent indifférents à elle, parfois hostiles et opposés. Des milieux humains, culturels et religieux, encore étrangers à l’Evangile de Jésus et à la présence sacramentelle de l’Eglise, représentent les périphéries extrêmes, les “extrêmes confins de la terre”, vers lesquels, depuis la Pâque de Jésus, ses disciples missionnaires sont envoyés, dans la certitude d’avoir toujours leur Seigneur avec eux. En cela consiste ce que nous appelons la missio ad gentes. La périphérie la plus désolée de l’humanité qui a besoin du Christ est l’indifférence envers la foi ou encore la haine contre la plénitude divine de la vie. Chaque pauvreté matérielle et spirituelle, chaque discrimination de frères et de sœurs est toujours une conséquence du refus de Dieu et de son amour. Les extrêmes confins de la terre, chers jeunes, sont pour vous aujourd’hui très relatifs et toujours facilement “navigables”. Le monde digital, les réseaux sociaux qui nous envahissent et nous traversent, diluent les confins, effacent les marges et les distances, réduisent les différences. Tout semble à portée de main, tout semble si proche et immédiat. Pourtant, sans l’engagement du don de nos vies, nous pourrons avoir des myriades de contacts, mais nous ne serons jamais plongés dans une véritable communion de vie. La mission, jusqu’aux extrêmes confins de la terre, exige le don de soi-même dans la vocation qui nous a été confiée par Celui qui nous a placés sur cette terre. J’oserais dire que, pour un jeune qui veut suivre le Christ, l’essentiel est la recherche et l’adhésion à sa propre vocation. Témoigner de l’amour. Je rends grâce pour toutes les réalités ecclésiales qui vous permettent de rencontrer personnellement le Christ vivant dans son Eglise : les paroisses, les associations, les mouvements, les communautés religieuses, les différentes expressions de service missionnaire. Beaucoup de jeunes trouvent dans le volontariat missionnaire, une forme pour servir les “plus petits”, promouvant la dignité humaine et témoignant de la joie d’aimer et d’être chrétiens. Ces expériences ecclésiales font en sorte que la formation de chacun ne soit pas seulement une préparation pour son propre succès professionnel, mais développe et prenne soin d’un don du Seigneur pour mieux servir les autres. Ces formes louables de service missionnaire temporaire sont un début fécond et, dans le discernement vocationnel, peuvent vous aider à vous décider pour un don total de vous- mêmes comme missionnaires. De cœurs jeunes sont nées les Œuvres Pontificales Missionnaires, pour soutenir l’annonce de l’Evangile à tous les peuples, contribuant à la croissance humaine et culturelle de tant de populations assoiffées de Vérité. Les prières et les aides matérielles, qui sont généreusement données et distribuées à travers les OPM, aident le Saint-Siège à faire en sorte que ceux qui les reçoivent pour leurs propres besoins puissent à leur tour, être capables de porter témoignage dans leur milieu. Personne n’est si pauvre au point de ne pas pouvoir donner ce qu’il a, mais avant tout ce qu’il est. J’aime répéter l’exhortation que j’ai adressée aux jeunes Chiliens : « Ne pense jamais que tu n’as rien à apporter, ou que tu ne manques à personne. Beaucoup de gens ont besoin de toi ; sache-le. Que chacun de vous le sache dans son cœur : beaucoup de gens ont besoin de moi ». Chers jeunes, le mois d’octobre missionnaire, au cours duquel se déroulera le Synode qui vous est dédié, sera une autre occasion pour nous donner d’être des disciples-missionnaires toujours plus passionnés pour Jésus et sa mission, jusqu’aux extrêmes confins de la terre. A Marie Reine des Apôtres, aux saints François Xavier et Thérèse de l’Enfant-Jésus, au bienheureux Paolo Manna, je demande d’intercéder pour nous tous et de nous accompagner toujours. Pape François ■ ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 5

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 66 Dimanche 21 octob\be 2018  la P arole  Dominicale H abituellement, le héros, celui qui plaît à tout le monde et dont on chante les louanges, c’est celui qui terrasse, fait souffrir et élimine les méchants. Curieusement, dans la première lecture mais également dans l’évangile de ce dimanche, c’est le contraire ; celui qui plait à Dieu est celui qui est broyé par la souffrance et qui doit boire une coupe extrêmement amère. Il est donc, au contraire, celui que les méchants font souffrir… Quel étrange renversement ! Ainsi, le Christ qui est notre modèle en toutes choses, nous avertit que la mission n’est pas une entreprise glorieuse, mais périlleuse. Que par ailleurs, elle suppose que le missionnaire revête la tenue de service, et accepte d’aimer ceux vers qui il est envoyé au risque de devenir vulnérable vis-à-vis d’eux, et donc d’avoir à souffrir de leur part. « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ». La mission pour le Christ est vite devenue une épreuve où il a fait l’expérience de la souffrance physique, morale et spirituelle ; expérience qui s’est soldée par une mort particulièrement ignominieuse ; celle de la Croix. Oui, il y a un prix à payer pour le salut des hommes. En se chargeant de nos péchés, le Christ a été broyé comme le raisin au pressoir, et a laissé jaillir le sang qui nous purifie ; c’est ainsi qu’il nous a rendus justes et donc sauvés. Mais en quoi est-ce que cela nous concerne ? On pourrait se dire : « Super, il a souffert pour nous, donc nous n’avons plus qu’à passer à la caisse pour récupérer les bons d’entrée dans le Royaume de Dieu ». Il y a des chrétiens évangéliques qui sont dans cette logique-là : « Christ a souffert pour nous, et à nous la belle vie, la prospérité matérielle, la réussite en amour et en prime la vie éternelle ». C’est ce que l’on peut appeler un « évangile light ». Mais si vous enlevez la souffrance donc la croix aux chrétiens, vous leur enlevez l’amour du même mouvement. On ne peut pas aimer sans souffrir ; on s’inquiète pour ceux que l’on aime et on souffre quand ils souffrent ou quand ils nous montrent de l’indifférence ou, pire encore, du rejet. Le véritable évangile comporte la Croix : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Nous aussi avons à endurer, voire à porter le péché de ceux vers qui nous sommes envoyés, que ce soit au sein de la famille, au travail, et partout ailleurs. Le Christ nous envoie pour prolonger sa mission. « Le Serviteur n’est pas au-dessus du Maître, s’ils m’ont persécuté, vous aussi vous serez persécutés ». Le disciple missionnaire est donc quelqu’un qui, comme Jésus, fait de sa vie un sacrifice, mais c’est un sacrifice d’amour. Comme les parents font des sacrifices pour leurs enfants par amour. C’est par amour qu’ils consacrent l’essentiel de leurs revenus à leur progéniture au lieu d’en profiter pour eux-mêmes. C’est par amour qu’ils s’inquiètent pour eux en oubliant leurs propres intérêts. Je pense à ce malade qui m’interpelle dans un couloir de l’hôpital de la Meynard : « Père Ransay, Père Ransay ! » ; j’entre dans sa chambre ; je le vois bien malade ; je le salue et lui demande ce qu’il a, pensant qu’il m’avait interpellé pour prier pour sa guérison. Mais il me répond : « J’ai un cancer, mais ce n’est pas pour cela que je vous ai appelé ; mon fils est en Métropole et il ne trouve pas de travail ; j’aimerais que vous puissiez prier pour lui ». Ainsi, sur son lit de malade, il ne pense pas à lui, il ne pleure pas sur son sort, mais il souffre de ce que son fils qui est en Métropole ne trouve pas de travail. C’est à ce père que ressemble le disciple missionnaire ; il est préoccupé par le salut de ses frères et cela fait son tourment. P. Alain Ransay, Curé de Bellevue ■ Isaïe 53\b10-1 1 •   P\Isaume 32  •   Hébreux 4\b14-16  •   Mar\Ic 10\b35-45 29 ème dimanche du Temps Ordinaire - Année B Le missionné n’est pas un héros glorieux et triomphant, mais un serviteur souffrant LITURGIE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 7 La Toussaint est la fête de tous les saints. Chaque 1 er novembre\b  l’Église honore ainsi la foule innombrable de ceux et celles qui  ont été de vivants et lumineux té\Imoins du Christ. Au  lendemain  de  la  fête  de  la  Toussaint\b  l’Eglise  s’empresse  de  prier  pour  ses  fidèles  qui  sont  décédés. La bible nous enseigne que Dieu  aime que les hommes qui collaborent entre eux  soient solidaires.  D ans la Bible, nous lisons l’histoire de nombreux personnages qui participent à l’histoire du salut. La Parole de Dieu ne transmet pas seulement des préceptes, des conseils, des avis venant de Dieu, mais aussi des exemples de vies si diverses et pourtant traversées par l’alliance et l’amour de Dieu. Les saints nous sont donnés par Dieu pour nous encourager à persévérer dans le chemin d’union à Dieu. Car la sainteté n’est pas une voie réservée à une élite : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ. Le pape François, dans sa lettre apostolique sur la sainteté, nous dit : « Ne pensons pas uniquement à ceux qui sont déjà béatifiés ou canonisés. L’Esprit Saint répand la sainteté partout, dans le saint peuple fidèle de Dieu », car « le bon vouloir de Dieu a été que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel ; il a voulu en faire un peuple qui le connaîtrait selon la vérité, et le servirait dans la sainteté » (§.6). La fête de la Toussaint est une fête joyeuse pour célébrer tous ces saints inconnus ou non. Dieu n’est pas égoïste. Et quand on l’honore, il honore en retour ceux qui lui sont proches, comme quelqu’un d’humble que l’on félicite, qui s’empresse de remercier ses collaborateurs ou amis. ■ P rier pour les défunts procède de cette solidarité, et le Catéchisme de l’Eglise catholique affirme que prier pour les défunts est une œuvre de miséricorde spirituelle. La conviction que les vivants ont à prier pour les morts s’est établie dès les premiers temps du christianisme. L’idée d’une journée spéciale de priè re pour les défunts dans le prolongement de la Toussaint a vu le jour avant le Xe siècle. Le lien ainsi établi avec la fête de tous les saints répond à une vue cohérente : le 1 er novembre, les catholiques célèbrent dans l’allégresse la fête de tous les saints ; le lendemain, ils prient plus généralement pour tous ceux qui sont morts. Par ce jour consacré aux défunts, l’Église signifie aussi que la mort est une réalité qu’il est nécessaire et possible d’assumer, puisqu’elle est un passage à la suite du Christ ressuscité. Dieu n’est pas égoïste. Il sait que prier pour un défunt est un acte altruiste, et il en tient compte. Nous le savons parce que Jésus l’a montré quand il exauçait les demandes du centurion et de la femme syro-phénicienne. N’a-t-il pas dit : « Qui me voit, voit le Père » ? Ecouter les demandes altruistes est une caractéristique de Dieu. Père Christian Catayée, Vicaire épiscopal ■ Fête de la Toussaint Commémoration des fidèles défunts

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 8 ! Z ! Z ! I Q UU I U I Q U Q Z Z Z Z I Z I  Depuis  deux  ans\b  l’Eglise  en  Martinique  est  entrée  dans  une  démarche  synodale.  Les  prêtres et les communautés ont été invités à donner leur avis sur la mission de l’Eglise  au cours de grandes assemblées et de consultations diverses. Mais tout cela risque de  ne servir à rien si tout le monde (« synode » veut dire « tous ensemble ») n’apporte pas  sa  pierre  à  l’édifice  commun.  Voilà  un  petit  jeu  pour  tester  tes  connaissances  sur  les  orientations de notre communauté diocésaine dans les prochaines années. Les réponses  seront données dans le prochain numéro d’ Eglise en Martiniqu\Ie  !  Testez vos connaissances sur Ecclesia’M 2020 ! Q VIE DU DIOCÈSE 4 Pourquoi la démarche synodale et le plan pastoral s’appellent ECCLESIA ’M 2020 ! ? Quel est le mot d’ordre du synode ? Entre ces 5 images, laquelle contient le logo complet d’ ECCLESIA ’M 2020 ! ? ➀ Parce qu’après 2020 on arrête « l’Eglise à Maman ! »…Et on se repose ! ➁ Parce que chaque paroisse (= Ecclesia Ecclesiolarum = l’Eglise des petites Eglises = la famille des familles) a 3 ans pour commencer à mettre en œuvre les orientations actées en 2017 ! ➂ Parce que le pape François a dit qu’il viendra en Martinique en 2020 pour voir si on avance. ➀ Chercher Jésus partout, en Martinique et en France, tous les jours de notre vie ➁ Trouver dans ma vie la présence de Jésus aujourd’hui et demain ➂ Montrer Jésus partout, en Martinique et au-delà, personnellement et en Eglise ➃ Marcher avec Jésus sur les routes du monde ➄ Rester avec Jésus et l’écouter partout dans la Caraïbe ➅ Plonger dans la rivière d’amour de Jésus 5 Voici les slogans des grands chantiers d’ ECCLESIA ’M 2020 ! A compléter par les mots qui manquent. ➀ Accompagner et protéger les ........................................................................\ ...............................................................................................................................\ ............................... ➁ Une ........................................................................\ .................................................................................................... plus familiale et des ........................................................................\ ............................................... plus ecclésiales ! ➂ ........................................................................\ ................................................................................................................ la pastorale paroissiale en mission ➃ Bâtir une éducation ........................................................................\ ...............................................................................................................................\ ........... ➃ La catéchèse : mouvement d’évangélisation des ........................................................................\ ...................................................................... ........................................................................\ ...................................................................................... (2 choix) ➅ Guérir le ........................................................................\ ................................................................................ par l’Évangile ➆ Soigner et ........................................................................\ .......................................................................................... les âmes ➇ ........................................................................\ ................................................................ Jésus vivant et agissant ➈ Ton ........................................................................\ ............................................... est le temple de l’Esprit, prends-en soin ! Pourquoi ce mot d’ordre ? ➀ Parce que l’Eglise n’a pas à se montrer à l’extérieur ; ça c’est bon pour les autres religions. ➁ Parce que tous les chrétiens, quelle que soit leur vie, peuvent et doivent devenir des témoins du Christ. ➂ Parce que ceux qui ne suivent pas Jésus n’auront pas de bénédiction : sa bien fèt rivé yo ! ➃ Parce que les gens n’ont qu’à venir à l’Eglise et vivre proprement. ➄ Parce que les catholiques sont assez nombreux ; ils peuvent rester entre eux. Pourquoi la démarche synodale 1 Quel est le mot d’ordre du synode ? 3 d’d’ 2 ➀ ➁➂ ➃➄

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 9 Pour un membre de l’Eglise, 3 expériences sont fondamentales. Lesquelles ? ➀ L’expérience d’une vie sans péché ➁ L’expérience communautaire et fraternelle ➂ L’expérience de connaître toute la Bible par cœur ➃ L’expérience de la rencontre personnelle avec le Christ dans l’Esprit-Saint ➄ L’expérience mystique de connaître le nom de son ange gardien ➅ L’expérience d’une louange bien chaude ➆ L’expérience d’être envoyé en mission ➇ L’expérience des voyages et des pèlerinages à l’étranger 6 Parmi les propositions suivantes qui font toutes partie du plan pastoral, une seule n’est pas du tout mise en œuvre en Martinique pour l’instant. Laquelle ? Pour aider les fidèles et les responsables à mettre en œuvre le plan pastoral, l’archevêque a promulgué un certain nombre de Feuilles de Route. Lesquelles ? Parmi les 20 décisions suivantes prises par ECCLESIA ’M 2020 ! 3 sont fausses. Lesquelles ? ➀ Faire naître des Petites Communautés Ecclésiales (PCE) dans tous les quartiers, dans tous les milieux. Avec une personne-relais de la paroisse dans chaque quartier ➁ Faire en sorte que le prêtre soit présent sur le parvis après la messe ➂ Acheter un gros chien de garde pour chaque presbytère ➃ Développer le catéchisme avec la participation active des parents ➄ Confier aux hommes une ou plusieurs missions pastorales spécifiques dans chaque paroisse ➅ Proposer un programme d’évangélisation par an et par paroisse, notamment avec des témoignages de conversion ➆ Nommer un réfèrent de la Pastorale Familiale par paroisse ➇ Surveiller les gens qui communient alors qu’ils n’ont pas le droit ➈ Former les catéchistes pour qu’ils forment les parents ➉ Valoriser et susciter des actes concrets d’unité entre les différentes composantes de notre peuple Soigner des célébrations au cours desquelles des chrétiens du parvis et d’autres religions viennent à l’église (funérailles, baptême, mariage, …) Visiter les familles, surtout les plus éloignées de l’Eglise Proposer des activités différentes après le catéchisme (aumônerie, patronage…) Promouvoir et initier des activités (retraites, ateliers, marches…) liant le corps et l’âme (chant/ danse/ randonnée/ silence/ jeûnes/ Hildegarde de Bigen/ découverte Nature/ iconographie/ diététique et cuisine) Faire en sorte que chaque famille soit dans un groupe, un mouvement, une communauté (PCE/mouvement/association…) Proposer des récollections, des retraites et des temps festifs pour les familles Inviter systématiquement des jeunes post-confirmés à accompagner le catéchisme Mettre en œuvre de nouveaux outils pédagogiques et supports (la Bible, les nouvelles technologies, multimédia) Fermer les portes de l’église pour ceux qui arrivent en retard Organiser des messes spéciales pour la catéchèse 1212 1313 14 Promouvoir et initier des activités (retraites, ateliers, marches…) 14 15 Faire en sorte que chaque famille soit dans un groupe, un mouvement, 15 16 Proposer des récollections, des retraites et des temps festifs pour 16 17 Inviter systématiquement des jeunes post-confirmés à accompagner 17 18 Mettre en œuvre de nouveaux outils pédagogiques et supports (la 18 19 Fermer les portes de l’église pour ceux qui arrivent en retard19 20 Organiser des messes spéciales pour la catéchèse20 Parmi les propositions suivantes qui font toutes partie du plan pastoral, une 8 Pour aider les fidèles et les responsables à mettre en œuvre le plan pastoral, 9 7 ➀ Créer un jardin créole plantes et fleurs dans la paroisse ➁ Développer les groupes de Post-confirmation pour les jeunes ➂ Faire des visites pastorales de quartiers (messe ou prière, animation, visite de malades, de familles, des enfants catéchisés, bénédiction des maisons) avec le prêtre. ➃ Vivre la 1 ere communion famille par famille ➄ Utiliser les technologies de l’internet et les réseaux sociaux pour optimiser l’accueil paroissial ➅ Développer les messes spécial-familles ➆ Proposer systématiquement une écoute personnalisée aux fiancés, aux confirmands et aux catéchumènes ➇ Bénir publiquement les anniversaires de mariage à la fin de la messe dominicale ➈ Créer une Université Catholique ➀ La Feuille de Route de l’Education Catholique VRAI/ FAUX ➁ La Feuille de Route de la Famille selon le Cœur de Dieu et les 10 règles de conduite VRAI/ FAUX ➂ Le Directoire des sacristines VRAI/ FAUX ➃ La Feuille de Route de la jeunesse catholique VRAI/ FAUX ➄ La Feuille de Route du nouveau ministère des catéchistes VRAI/ FAUX ➅ La Feuille de Route des Petites Communautés Ecclésiales VRAI/ FAUX ➆ La Feuille de Route des parents d’enfants malélevés VRAI/ FAUX ➇ Le Vade Mecum des prêtres VRAI/ FAUX ➈ La Feuille de Route des paroisses et des Conseils Pastoraux Paroissiaux VRAI/ FAUX ➉ La charte des chorales et animateurs liturgiques VRAI/ FAUX 1111

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VIE DU DIOCÈSE MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € E g lise en MARTINIQUE N° 536REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €15 janvier 2017 Préparons 2017 ! lise MARTINIQUE MARTINIQUE N°536REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUELLE — 2,00BIMENSUELLE — 2,00 €€15 janvier 2017 E g lise en MARTINIQUE N° 540REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €12 mars 2017 M archons dans la lumière ! Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97207 FORT de France CEDEX E g lise en MARTINIQUE PPréparons 2017 !Préparons 2017 !PPréparons 2017 !Préparons 2017 ! MMMMMMMMMM archons dans la lumière ! M archons dans la lumière ! M Nom : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ................... Prénom : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....... Adresse : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...... Mail : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Tél. : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Code Postal : .......................................................................\ .................................................................................................................... Ville : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....................... Oui, je m’abonne ! ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 10 Le  mois  de  septembre  2018  est  un  moment  historique  de  la  vie  de  notre  archidiocèse.  En  effet\b  les  15  et  16  septembre\b huit églises de notre diocèse  ouvraient leurs portes dans le cadre des  journées  du  patrimoine  dont  le  thème  proposé était : "L'art du pa\Irtage".  L e diocèse de Saint-Pierre et Fort-de-France, à l'instar d'autres diocèses de la C onférence des évêques de France, ne pouvait rester sourd et aveugle devant une telle proposition. Tous ces lieux ont par essence vocation à partager C elui qui se donne en nourriture pour la multitude.Quelle joie de partager ces journées culturelles qui permettent aux croyants de rencontrer des hommes et des femmes venues de différentes périphéries, cherchant à approfondir leur soif de connaitre davantage l'histoire religieuse paroissiale avec des figures de curés tel M onsieur l'abbé Goux, inhumé en 1865, ou encore une figure plus récente, tel M onsieur l'abbé Maurice Dionisi, Inhumé en 1989 au cimetière communal. Le bâtiment dans son histoire nous donne de retenir la date de 1776, inscrite sur la grille de communion. ■ L'église du Carbet participe aux 35 èmes journées européennes du patrimoine

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Nom : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ................... Prénom : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....... Adresse : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...... Mail : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Tél. : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Code Postal : .......................................................................\ .................................................................................................................... Ville : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....................... ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 11 La paroisse des Terres-Sainville, terre de mission…  Interv\bew du P. Francky V\blsa\bnt Père, vous avez été nommé Curé de  la paroisse Saint Antoine de Padoue  le 1 er septembre 2018. Vous êtes  également le Délégué de l’Evêque  auprès des migrants depuis votre  arrivée en 2017. Effectivement, Mgr Macaire m’a  confié ces deux responsabilités que  j’ai bien sûr acceptées avec joie. Vous êtes vous-même missionnaire  :  quand avez-vous quitté votre diocèse   d’Haïti,  et dans quel pays avez-vous  été envoyé en mission ?  Ordonné prêtre en Haïti le 17  septembre 1983, j’ai rempli dans mon  pays bien des missions, notamment  à la commission Justice et Paix,  dans la direction d’écoles, de radios  catholiques, et bien sûr dans les  paroisses qui m’ont été confiées.  C’est en 2008 que j’ai effectué un  premier remplacement de 3 mois  en Guadeloupe, à la demande de  Mgr Hamot. Ensuite, mon évêque,  Mgr Willy Romélus, a accepté de  m’envoyer en mission longue dans  ce diocèse où j’ai été successivement  C uré de Notre-Dame de l’Assomption  de la Désirade, de janvier 2009 à août  2013, puis de Saint Jean-Baptiste de  Baie-Mahault, de septembre 2013 à  septembre 2017.  A la demande de  Mgr Macaire, j’ai alors été envoyé  pour une nouvelle mission dans le  diocèse de Martinique, d’abord à  Saint-Christophe et Sainte-Thérèse,  puis depuis le 2 septembre 2018 à  Saint-Antoine de Padoue. Votre nouvelle paroisse, au cœur  de la ville de Fort-de-France, est  considérée comme une terre de  mission par la diversité des personnes  qui vivent sur son territoire : vous  venez de la découvrir, pouvez-vous  nous en parler ?   J’essaie, dans un premier temps,  d’écouter, d’observer, d’analyser le  fonctionnement des agents pastoraux et  des fidèles de la paroisse pour voir, dans  un deuxième temps, quel plan pastoral  je pourrai y envisager. Mais Terres- Sainville, d’hier à aujourd’hui, abrite  des populations variées par l’origine  et la condition. Elles cohabitent dans  un « melting pot » qui regroupe bien  des communautés ethniques, créant une  mosaïque de peuples souvent venus  y trouver une vie meilleure. Mais cet  ascenseur social ne marche plus aussi  bien, et le quartier si riche en cultures  différentes, peut vite basculer si on  ne le tient pas par une évangélisation  adaptée qui pourrait résoudre, voire  même harmoniser les liens. C’est sur  cette terre de mission que je suis appelé  à développer une pastorale de proximité  et d’harmonisation entre les diverses  ethnies. Par vos fonctions de Délégué aux  migrants, vous avez déjà travaillé  avec une partie des migrants vivant  en Martinique et présents aux  Terres-Sainville ? La Pastorale des migrants n’est  pas encore bien développée. Nous  essayons de conjuguer tous nos efforts  sur Fort-de-France et les paroisses  avoisinantes. Nous avons vécu, cette  année, le dimanche après le baptême du  Seigneur consacré par l’Eglise Journée  des migrants, une messe en plusieurs  langues (anglais, espagnole, français  et créole haïtien), à l’église Emmaüs,  présidée par notre Archevêque, dans le  but de réunir les diverses populations  immigrées. Nous avons célébré,  avec les migrants haïtiens, la messe  d’anniversaire de la création du drapeau  haïtien, et administré le sacrement de  baptême à 18 petits enfants entre 4 et 10  ans, issus de parents haïtiens résidant sur  les territoires de Débriant, Balata, Terres- Sainville, Ermitage, Saint Christophe et  Volga. Avec la diligence de la Pastorale  des migrants de la cathédrale, rattachée  aujourd’hui à la P astorale diocésaine,  un Haïtien a pu obtenir sa carte de  séjour au mois de juin dernier. Installés  maintenant aux Terres-Sainville, nous  aimerions ouvrir un secrétariat avec  des bénévoles pour accueillir tous ces  migrants, et leur offrir quelques services  avec l’aide du Comité Diocésain de la  Solidarité et de la Charité. Car en les  accueillant convenablement, c’est Jésus  que nous accueillerons.   Interv\bew du P. Francky V\blsa\bnt La paroisse LA MISSION DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 12 H aïti a été  ma plus belle mission.  Après 5 ans au Gabon  et 14  ans à l’école de la Maîtrise,  un appel des Pères Dominicains lu  dans le journal de la Congrégation  attire mon attention.  J’en parle à ma  Supérieure Générale. Elle me répond : j’avais déjà pensé à toi ; avant de répondre, va passer deux semaines en Haïti avec les frères et les sœurs déjà en mission là-bas. Il s’agit en fait  d’une Communauté mixte voulant vivre   au milieu des gens. Je pars donc, à la  période de Pâques ; je leur porte un  gros jambon glacé ! Surprise, ils n’ont  pas de réfrigérateur.  Nous avons mangé  jambon avec jambon à tous les repas  pendant plusieurs jours ! Sitôt  après,  départ pour la Semaine sainte dans les  mornes ;  le chemin  est long  à travers  monts et rivières ; je ne peux porter que  quelques vêtements enveloppés dans un  grand drap de bain.  Une nuit à Maya  et le lendemain nouveau départ pour  Roseau.  Une journée de marche. Le  menu de la semaine est simple : tous les  jours riz et haricots rouges,  le dimanche  de Pâques,  un carré de sucre comme  dessert. Je suis contente et fière de rapporter à la  Communauté un diplôme : ma première  étoile de Ski poussière ! Il parait que  je suis arrivée en tête bien avant les  cabris. Lundi de Pâques, nouveau départ  pour Port-au-Prince pour le C ongrès  des religieux et religieuses : des vagues  de jeunes religieux et religieuses, je  jubile! Première conférence, c’est la  douche froide, un appel au secours :  des enfants meurent, ils sont mal nour- ris, orphelins dans la rue, cherchant la  nourriture dans les poubelles et dormant  dans des cabanes en carton. Je passe  la nuit blanche, ce n’est pas fait pour  moi  !  Au petit matin une idée me vient  :  Pourquoi moi ? Le Seigneur ne donne  que de bonnes choses : cet appel est un cadeau de Dieu, je l’accepte. De  nouveau, je jubile ! Deuxième confé- rence, le prédicateur s’adresse à ceux  qui ont reçu l’appel, et précise qu’il faut  l’accueillir comme un cadeau. Je dis à  nouveau « oui » ! Ma mission d’évangélisation consistait  à aller à la rencontre des gens dans  les mornes. Les Petites Communautés  existaient déjà « ti-légliz ». La rencontre  a lieu chez l’habitant : Tous viennent  en tenue de travail partager ce qu’ils  vivent à la lumière de l’Evangile, et  trouver les moyens pour mettre la Parole  de Dieu en pratique ; méthode « voir,  juger, agir ». Sans être  infirmière, je  donnais quelques médicaments de base,  je pansais les petits bobos ; il y avait la  pesée du bébé (maman, puis maman et  bébé). J’avais le tensiomètre, quelques  conseils et toujours l’orientation vers le  dispensaire le plus proche. J’avais la joie  de rencontrer,  à la prison, des détenues :  chaque semaine,  nous avions un espace  pour parler et faire de la couture  Nous  avions aussi la chance de rencontrer   des “rest-avec”  (petites bonnes non  payées). Moments très appréciés, elles  apprenaient à coudre et partageaient  leur misère. Il fallait construire aussi,  il s’agissait de chercher l’argent et de  suivre les travaux...  Quand je dis que j’aime Haïti,  j’aime  les Haïtiens. Ils sont attachants ; j’admire  leur foi, je reconnais leurs talents : ils  sont chanteurs, musiciens, compositeurs,  artistes peintres, sculpteurs, écrivains,  poètes,  travailleurs courageux, mais  leur pauvreté me tenait aux entrailles.  J’ai beaucoup pleuré ! Au moment où  je termine cet article, la terre tremble  en Haïti !  ■ Nous remercions Sœur Christine\b Dominicaine Missionnaire  de Notre-Dame de la Déliv\Irande\b d’avoir accepté de nous  donner son témoigna\Ige de missionnaire en Haïti.  Haïti chéri mwen , pa jem bliyè (Haïti chéri, je ne t’oublierai jamais) La transmission de la foi est au cœur  de la mission, comme le rappelle  le Saint-Père dans son message ;  comment s’adresser aux personnes  qui sont éloignées de la paroisse ?  Comme nous y exhorte le pape François,  nous ne devons pas nous contenter de nos  fidèles qui participent régulièrement à  nos différentes célébrations religieuses  ;   il nous faut aller vers les périphéries,  vers ceux qui se sont détournés de  la foi, vers ceux qui ont abandonné  l’Eglise, pour tenter de les ramener au  bercail. Nous voulons partir du social  pour les ramener au spirituel, comme  Jésus est parti du pain matériel pour  conduire ses auditeurs au pain spirituel,  le pain qui donne la vie éternelle. Nous  comptons organiser à chaque temps fort  de l’année : la Semaine missionnaire  mondiale, l’Avent, la Semaine de prière  pour l’unité des chrétiens, le Carême,  la Pentecôte, des mini-missions de  quelques jours à travers les divers  quartiers qui sillonnent la paroisse.  A l’issue de chaque rassemblement,  nous exhorterons les fidèles présents  à partager le pot de l’amitié et de la  fraternité. Père Francky, merci d’avoir accepté  de répondre à nos questions en cette  Journée Mondiale des missions.  Propos recueillis par Michel Déglise  ■ La transmission de la foi est au cœur La transmission de la foi est au cœur  MISSIONS La transmission de la foi est au cœur  de la mission, comme le rappelle  La transmission de la foi est au cœur  DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 13 Elise  Rubal  a  été  élevée  dans  un  milieu  catholique  pratiquant\b  engagée  au  service  de  l’Eglise.  Quelques  années  plus  tard\b  son  cheminement  dans  la  Communauté  de  l’Emmanuel  lui  a  donné  d’entendre  et  d’accueillir  un  appel  à  une  disponibilité  radicale pour la mission\b au sein même de la Communauté.  Après plusieurs années  de service purement communautaire\b le responsable de l’Emmanuel l’a sollicitée pour  répondre aux besoins de l’Aumônerie à l’aéroport d’Orly.  D’abord surprise d’apprendre  l’existence  de  cette  pastorale  aéroportuaire\b  sans  spécialement  comprendre  ce  qui  l’attendait\b  Elise  a  répondu  avec  joie  à  ce  nouvel  envoi  en  mission  et  a  rejoint  assez  rapidement l’équipe en place. Quel est le rôle d’un aumônier à l’aéroport ? L es aumôniers sont au service des usagers de l’aéroport (pas loin de 30 000 par an). Beaucoup fréquentent nos lieux religieux. Notre rôle est d’accueillir particulièrement tous ceux qui le désirent, tant le personnel que les passagers et leurs accompagnateurs, ainsi que les visiteurs, mais aussi ceux que nous appelons les "résidents" qui sont les personnes sans domicile fixe. Au sein de l’aumônerie aéroportuaire, nous accueillons tous ceux qui désirent se confier à nous, qu’ils soient juifs, musulmans, athées, chrétiens pratiquants ou pas, etc. Comment vivez-vous votre mission au quotidien ? Mon ministère personnel est une véritable aventure. Quand je quitte chez moi pour l’aéroport, je n’ai aucune idée de ce qui m’attend, de ce qui pourrait se passer dans la journée, ni qui j’aurai à écouter, à orienter vers un autre service. Nous n’avons pas d’acte purement pastoral, nous sommes essentiellement, et surtout pour le personnel, une passerelle, un relais. Certains nous sollicitent pour des questions sur la catéchèse, le baptême. Un employé est venu une fois me consulter pour lui montrer comment réciter le chapelet, un autre pour me confier des intentions de prières, mais aussi pour le sacrement de réconciliation, par exemple. Il nous arrive parfois de les accompagner pour le cheminement, mais nous les orientons surtout vers leurs paroisses respectives, même si certains nous confient souvent qu’ils n’ont pas toujours le temps de s’y rendre. Notre rôle consiste aussi à prendre part à l’accueil des réfugiés (notamment des réfugiés syriens) qui quelquefois arrivent à l’aéroport sans avoir une adresse où se poser. Nous mettons alors en action nos réseaux (associations et toutes les personnes en mesure de leur venir en aide). Plus tristement, lors de catastrophes ou attentats, nous sommes là aussi, faisant partie de la cellule de crise. Dans ces situations, tous les membres de l’équipe interreligieuse se retrouvent pour un temps de prière commune, afin de soutenir, d’accompagner les personnes souffrantes ou endeuillées... Aux yeux du personnel et surtout de la direction des aéroports de Paris, nous sommes un vrai signe d’unité. Rencontrer Dieu à l’aéroport… Notre rôle est d’accueillir particulièrement tous ceux qui le désirent, tant le personnel que les passagers et leurs accompagnateurs, ainsi que les visiteurs, mais aussi ceux que nous appelons les "résidents" qui sont les personnes sans domicile fixe. Au sein de l’aumônerie aéroportuaire, nous accueillons tous ceux qui désirent se confier à nous, qu’ils soient juifs, musulmans, athées, chrétiens pratiquants ou pas, etc. Comment vivez-vous votre mission au quotidien ? Mon ministère personnel est une véritable aventure.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 14 ‘‘ Le groupe ADP n’a pas fini de tirer profit de ce laboratoire unique et exemplaire où coexistent les différents cultes. Augustin de Romanet, PDG du groupe ADP, lors d’une exposition organisée par l’Aumônerie interreligieuse. ‘‘‘‘ les différents cultes. ‘‘ les différents cultes.les différents cultes. ‘‘ les différents cultes. L’aumônerie des Aéroports de Paris (ADP) est interreligieuse (religions musulmane, israélite et chrétienne). L’entente est bonne et respectueuse avec les rabbins (notamment le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia), les Imams (tel Hazem El Shafei), la Pasteure (Anniel Haton). Cette aumônerie est constituée par des espaces de prière et des bureaux, dont :  3 lieux religieu x à Orly Sud en zone publique, avec 2 espaces de prière au niveau -1 (pour les cultes musulman et israélite) et, au 2ème étage, une chapelle (avec la présence réelle) pour les chrétiens dont l’occupation est assurée par les catholiques et les protestants. L’équipe d’aumônerie est donc œcuménique pour l’usage de la chapelle chrétienne et pour divers aspects de la pastorale, comme l’animation alternée de pauses prière.  3 bureaux (2 à Orly Sud, dont un sur le même palier que la chapelle, et un à Orly Ouest au niveau "Arrivées", porte H) sont à la disposition de l’équipe et utilisables par tous les aumôniers des différents cultes. Pour informer le public de l’existence d’une vie d’aumônerie dans cet aéroport, une signalétique matérielle a été mise en place, ainsi qu’un site internet. En outre, les offices sont annoncés par le service de la sono générale de l’aéroport. Prières et célébrations sont au cœur de la mission. Pour son fonctionnement propre, l’Aumônerie catholique propose donc, à Orly Sud, quatre messes en semaine (mardi, mercredi, vendredi et samedi à 12h), une le dimanche à 11h, ainsi que de petits offices de prière comme la récitation du chapelet, l’exposition du Saint- Sacrement… PARIS-ORLY Père Dominique Rodde dominique.rodde@adp.fr tél : 01 49 75 01 51 Madame Elise Rubal elise.rubal@adp.fr tél : 01 49 75 05 65 ou 06 80 25 27 29 Sœur Thérèse Dembelétherese.dembele@adp.fr tél : 01 49 75 03 59 PARIS-CHARLES DE GAULLE Diacre permanent Yves de Brunhoff Yves.debrunhoff@adp.frtél : 01 74 25 49 55 Père Philippe Vanneste philippe.vanneste@adp.fr tél : 01 74 25 08 49 Madame Louisiane Rose louisiane.rose@adp.frtél : 01 48 62 47 97 L’aumônerie à Orly  Culte catholique                                                             Coordonnées des au\ môniers  Elise RUBAL, Aumônier Aumônerie Catholique Aéroport d'Orly 103 Aérogare Sud, CS 90055 94396 Orly Aérogare Cedex Tél. : 06 80 25 27 29 MISSIONS L’aumônerie à Orly  DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 15 La mission paroissiale Interv\bew du P. Jean-M\bchel Monconthour,  curé de la Cathédrale Sa\bnt-Lou\bs Père Monconthour, vous venez de  fêter vos 19 ans de sacerdoce et  vous êtes aujourd’hui  Curé de la  Cathédrale Saint-Louis, au cœur  de Fort-de-France, mais vous avez  exercé votre ministère dans d’autres  paroisses : pouvez-vous nous les  rappeler ?  Depuis mon ordination, envoyé pour  la mission de l'Église en Martinique,  le Christ m'a donné la joie de le servir  dans les communautés paroissiales  suivantes :  Anses  d'Arlet,  Trois-Ilets,  Lamentin, Rivière-Salée, Sainte-Luce,  Rivière-Pilote, Josseaud, Terres- Sainville, Cathédrale. Comment définiriez-vous la  paroisse ?  Elle est l'assemblée des disciples du  Christ qui habitent ou fréquentent un  territoire.  Ils s'y rassemblent et s'organisent pour  y vivre la mission de l'Eglise sous la  responsabilité d'un Curé  accompagné  parfois d'autres prêtres, des vicaires.  Elle fait partie d'un Diocèse, portion  de l'Église, sous la responsabilité de  l'Evêque, en communion avec le Pape,  avec l'Église universelle.         Quelles sont ses missions ?  Elle est un peu comme un quartier  général ou une base avancée de l'Église,  au plus près des réalités (sociales,  économiques, politiques, culturelles,  familiales, etc.), surtout celles qui  réclament plus d’attention (les malades,  les pauvres, les enfants, les personnes  âgées, les migrants…). Sa mission est de faire vivre à tous le  mystère chrétien, de leur manifester le  Christ Bon Pasteur à travers une triple  charge pastorale de gouvernement,  d'enseignement et de sanctification,  sous l'autorité de l'évêque et du Curé  au niveau local. Pour célébrer les  sacrements, annoncer la Parole et  servir, la vie paroissiale s’organise et  se structure comme un corps vivant et  dynamique, animé de l’Esprit Saint.  Elle doit être administrée pour que  chaque fidèle, muni du nécessaire,  travaille à la mission.  Les pratiques pastorales diffèrent- elles entre les paroisses de ville et  les paroisses rurales ?  Oui, bien sûr ! Les réalités et mentalités  diffèrent : dans certaines paroisses,  la dynamique de solidarité existe et  ne réclame pas l’effort nécessaire à  d’autres, certaines pastorales telles que  la Pastorale de la Mer et du Tourisme  sont prioritaires en certains lieux, tandis  qu’en d’autres, ce sera celle des migrants  ou des personnes isolées ou en situation  de précarité. Dans les paroisses rurales,  les familles et leurs situations sociales  peuvent être prioritaires, tandis qu’en  situation urbaine, on retrouve plutôt  d’autres formes des réalités culturelles  et sociales. Plusieurs paroisses  partageant le même territoire dans les  villes peuvent mener une pastorale  concertée. Et de même, celles qui sont  des sanctuaires. Chaque paroisse est  unique.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 16 Dans les paroisses, les Petites  Communautés Ecclésiales (PCE)  sont plus ou moins présentes dans  les quartiers : qu’apportent-elles  de plus ?  Parfois la paroisse se vit comme  un peu sclérosée autour d’un petit  nombre de fidèles s’afférant dans  des fonctions liturgiques, dans  l’organisation et autour du prêtre,  du curé. Les autres fidèles ont alors  le sentiment d’être à part face à «sé  moun légliz-la (les gens de l’église) »  un réseau d’influence, d’histoires,  de rivalité, de « pouvoir ». Avec les  PCE, la paroisse est Communauté de  communauté. Chaque PCE est l’Eglise  où chacun trouve accueil et soutien  pour devenir missionnaire à son tour,  et rejoindre ceux qui se sont éloignés  ou en difficulté, âgés ou malades. C’est  la paroisse qui grandit dans la Charité  et la mission.  Les mouvements sont également  des éléments importants de la  vie paroissiale, quelles sont leurs   fonctions ? Parfois, le fidèle se sent  davantage membre du mouvement  que de la paroisse, comment éviter  cet éloignement ?  Dans les mouvements, les fidèles  s’associent, partagent un idéal, une  cause ou tout simplement une réalité.  Chaque mouvement, avec son charisme  propre, s’adresse à une catégorie de  fidèles. Ils peuvent coexister sans se  rencontrer. La paroisse doit rassembler,  par centre d’intérêt, les activités  pastorales afin d’en assurer un suivi,  une coordination, des relectures, des  révisions de vie et des formations  adaptées. Un groupe isolé ou replié met  en danger ses membres. La paroisse  doit veiller à l’unité de son action  pastorale et ramener au bercail ceux  qui sont éloignés. Cette communion  préoccupe le Curé et le Conseil  pastoral. La paroisse accueille toutes les  générations de fidèles : comment  faire en sorte que la cohabitation  soit harmonieuse pour que chacun  s’y sente bien accueilli ?  En réalité, nous avons tous notre place  à l’Eglise. Je parle de la communauté  des disciples du Christ et non du  bâtiment où se cristallise tensions et  velléités. Le chrétien se décentrant  de lui-même et s’ouvrant au Christ,  découvre l’autre comme étant vital  pour lui. Il se plait à l’aimer comme  il est aimé. Nous devons prêcher la  conversion. Au fond, c’est toute la  paroisse qui doit se décentrer d’elle- même, de sa routine et se convertir  pour aimer en vérité. Elle doit envoyer  ses fidèles sur les routes des campagnes  et des villes, surtout ceux qui sont  jeunes et en bonne santé. La moisson  est abondante…  Enfin, un certain nombre de fidèles  ne fréquentent plus la paroisse  de leur quartier, mais vont dans  une autre paroisse : la structure  paroissiale liée à un territoire est- elle encore adaptée à notre société  ?  Une autre forme d’organisation  pourrait-elle apparaître ? Les personnes bougent, déménagent,  mais fréquentent leur paroisse d’origine,  font du « tourisme paroissial  », veulent  découvrir d’autres réalités, s’inscrivent  dans des réseaux d’amitié d’affinité ou  d’intérêt. A l’instar de la « paroisse  des étudiants » et des Communautés  religieuses et scolaires ou des  Aumôneries. Parfois, c’est peut-être  le manque d’initiative, d’animation  ou une déception qui met en route.  Cela peut être aussi une manière toute  actuelle de consommer sans s’engager  plus que cela. C’est le temps où chaque  paroisse est regardée comme une  vitrine parmi d’autres, attirante ou  pas. Et l’on fait son choix en fonction  de ses préférences. Peut-être un jour  aurons-nous la création de paroisses  non territoriales, transformant alors  certaines Aumôneries ou Pastorales.  Père Monconthour, merci d’avoir  accepté de répondre à nos  questions. Propos recueillis par Michel Déglise  ■ MISSIONS DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 17 Le projet international « Pal-Life », comité consultatif international sur la diffusion et le développement des soins palliatifs dans le monde, lancé en 2017 par l’Académie pontificale pour la vie, a présenté récemment un document intitulé « Une nouvelle culture des soins palliatifs : un Livre blanc comme proposition de travail » . Ce livre blanc collige des recommandations pour répandre une meilleure culture des soins palliatifs dans le monde. C’est un véritable enjeu pour nos sociétés. En effet, face au triple risque pour les personnes gravement malades, d’abandon, d’acharnement thérapeutique, voire d’accélération volontaire de la fin de vie, la démarche palliative a montré toute sa pertinence. 3 ans après les premières Assisses Martiniquaises des Soins Palliatifs et de l’Accompagnement (AMSPA), la diffusion d’un livre blanc de 36 propositions pour le développement des soins palliatifs en Martinique, alors même que la loi du 2 février 2016 est venue renforcer le dispositif législatif, et que le 3 ème plan national 2015/2018 arrive à son terme, une culture des soins palliatifs réellement arrimée aux besoins de notre population vieillissante peine à s’instaurer. C’est pourquoi, l’association des Soins Palliatifs de la Martinique (ASPM- Réseau Wouspel) invite les Martiniquais à participer, nombreux aux 2 èmes AMSPA, du 21 au 26 octobre 2018. Répondre à un questionnaire en ligne (https:// aspm-reseauwouspel.com/enquete/) contribuera à l'étude exploratoire sur les connaissances, représentations, perceptions et attentes à l’égard des soins palliatifs et de l’accompagnement en Martinique. Participer à Tjèk’lanmou, garden party organisée le 21 octobre par le Lions’Club Fort Royal au profit de l’ASPM, alliera joyeuse convivialité et solidarité. Le vendredi 26 octobre, consacré à une après-midi de sensibilisation aux soins palliatifs avec notamment un accent mis sur les problématiques des proches aidants, et en soirée à une conférence : « Les soins palliatifs, quels enjeux pour la Martinique ? » sera tout particulièrement dédié à l’information et à la formation du Grand public. Pour plus de renseignement : forma-spa@orange.fr ou Tél. : 0696 817494 Le projet international « Pal-Life », comité Martiniquaises des Soins Palliatifs et de Agenda de l’Archevêque Du 3 au 28 octobre :  A Rome : Synode des Évêques « La jeunesse, la foi et le discernement vocationnel » Du 1 er au 2 novembre :  Rencontre des Novices Dominicains des Provinces de France Du 3 au 8 novembre :  Assemblée plénière des Évêques de France à Lourdes Jeudi 8 novembre :  Visite des séminaristes martiniquais à Toulouse Samedi 10 novembre :  16h30 : Eglise de la Pentecôte de Bagneux : Conférence sur le thème : « Comment l’Eglise peut-elle prendre soin de la famille ? » suivie de l’eucharistie animée par les paroissiens issus des DOM-TOM Dimanche 11 novembre : Temps fort annuel des Antillais et Guyanais à l’église Saint-Sulpice (Paris)  9h30 : Temps de partage avec les évêques de la Province ecclésiastique (Martinique, Guadeloupe et Guyane)  14h : Présentation des délégations – Enseignement  15h30 : Eucharistie présidée par Mgr Macaire

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 18 L e Seigneur a rappelé à lui, le 29 juillet 2018, notre Mère Marie- Reine van Deth, ancienne Prieure de notre monastère Sainte Marie de Anges. Marie-Claude van Deth est née le 16 octobre 1937, à Vaucresson, au foyer de Henri van Deth et de son épouse Simone, née Hauser. Elle était la 5 ème d’une famille de 7 enfants d’origine juive. Elle aurait aimé faire des études de médecine mais y a renoncé en raison de son désir de vie religieuse. Elle se lança à la place dans les Beaux- Arts, puis guidée par son père spirituel, elle entra à Ste-Cécile de Solesmes, dans la Sarthe, le 21 novembre 1958, et fit profession solennelle le 8 septembre 1964. Elle choisit comme devise « Ita Pater » (oui Père) et comme emblème le Calice. A Solesmes, elle a exercé les charges d’aide à l’économat, puis comme formatrice du noviciat le 28 avril 1968. Le 12 juin 1976, elle fut envoyée dans notre toute nouvelle fondation en Martinique comme maîtresse des novices, mais aussi pour aider M. Marie-Claude, alors prieure, à mettre en place les adaptations nécessaires dans la liturgie. Sœur Marie-Reine sut remplir cette mission de confiance avec intelligence, tout en sachant se mettre à l’écoute de ses sœurs Antillaises. Elle aima vraiment profondément notre fondation et son Ile, amour qui lui fut bien rendu. Cependant un gros accroc de santé l’obligea à revenir à Solesmes en 1984. C’est ainsi qu’elle exerça la charge d’infirmière de 1990 à 2009. Dans cette nouvelle charge, elle déploya encore une grande générosité, ne ménageant pas sa peine ni ses talents pour acquérir la compétence nécessaire et prodiguer ses soins aux malades. Le 31 mai 2009, notre Abbesse, Mère Marie-Bernadette de Maigret, la nomma Prieure de Ste-Marie- des-Anges, en remplacement de M. Placida, ce qu’elle accepta avec un grand dévouement et un esprit de foi en se donnant entièrement à la communauté de Ste-Marie-des-Anges. Elle eut à cœur de favoriser l’unité des cœurs au sein de la communauté et fut appréciée de toutes pour sa simplicité et sa délicatesse toute maternelle. Cependant, M. Marie-Reine ressentait la fatigue. En 2015, celle-ci s’accrut et les premiers symptômes de la maladie se manifestèrent. Le 19 août 2016, elle partit en repos à Sainte-Cécile, mais ce repos n’apporta pas l’amélioration nécessaire pour lui permettre de reprendre sa charge. En janvier 2017, Mère Claire de Sazilly nomma une nouvelle Prieure à Ste-Marie-des- Anges et sœur Marie-Reine entra dans la dernière phase de sa vie sur la terre, durant laquelle la prière et l’offrande de sa vie furent son moyen privilégié pour continuer à servir ses sœurs de Ste-Cécile comme de Ste-Marie-des- Anges. Ce fut une souffrance pour elle de ne pas pouvoir retrouver sa chère communauté martiniquaise qu’elle aimait tant, mais elle l’accepta en embrassant pleinement sa devise « Ita pater ». A la nouvelle Prieure, elle écrivait peu de temps après la nomination : « La mission a été remplie : qu’est-ce qu’une fondation, sinon passer la main dès que possible aux sœurs du pays où l’on a fondé ? » Durant sa maladie, elle s’est montrée admirable par sa douceur, sa docilité, son attention aux autres. Ce dimanche soir, 29 juillet, fête des saints amis du Seigneur Marthe, Marie et Lazare, deux heures après avoir passé sa dernière récréation au milieu de ses sœurs de Sainte Cécile, elle s’est endormie dans le Seigneur qui l’a invitée à ses noces. Nous ne doutons pas qu’elle ait répondu oui «Ita Pater». ■ Sœur Marie- Reine van Deth (1937–2018) Moniale de l’Abbaye Sainte Cécile de Solesmes Prieure du Monastère Sainte-Marie des Anges (\ILe Carbet) VERS LA VIE ! Z ! Z ! I Q U I U I Q U Q Z Z Z Z IZI  Testez vos connaissances sur Ecclesia’M 2020 ! Les réponses seront données dans le prochain numéroLes réponses seront données

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 octobre 2018 – n° 571 19 MEDIAS Dimanche 28 octobre 2018 Crémation : un choix qui interroge - Rediffusion Qu’est-ce que la crémation ? Que dit l’Église à ce sujet ? Comment se passent des funérailles lorsque quelqu’un est incinéré ? Et quel choix faire entre inhumation et crémation ? Cette semaine, Dieu m’est témoin revient sur une pratique qui a longtemps été interdite au sein de l’Église et qui, aujourd’hui, est plus acceptée. Philippe Pavilla, diacre à la paroisse Saint-Denis-de-l’Estrée en région parisienne, nous dira comment il accompagne les familles lorsqu'elles font le choix de la crémation pour leurs proches. Nous écouterons aussi l’émouvant témoignage de Rose-Aimée et Jean Augier qui ont perdu leur fils de 17 ans et qui avait lui-même choisi la crémation. Nous serons connectés avec le sociologie André Lucrèce depuis Le François, il nous expliquera pourquoi cette pratique est peu admise dans la culture antillaise. Dimanche 4 novembre 2018 Les engagés indiens, oubliés de l'histoire - Rediffusion Comment les Hindous sont arrivés Outre-mer ? Comment, sans le savoir, ont-ils remplacé les esclaves dans le travail des champs de canne, signant des contrats d’engagés et dans quelles conditions ont-ils vécu ? Quels repères les indiens d’Outre- mer ont-ils pu trouver dans leur propre histoire ? Dieu m’est témoin reçoit cette semaine le prof. Singaravelou. Cet agrégé de géographie a longtemps enseigné à l’Université Antilles-Guyane. Aujourd’hui chercheur en géographie culturelle, il s’intéresse particulièrement à la géographie du monde indien, à l’Inde et à sa diaspora. Nous serons également connectés avec Diana Ramassamy, en Martinique, qui se bat pour faire reconnaître les droits des personnes d’origine indienne. Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45, sur Martinique 1 ère. L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE M\IARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7\b rue du Révérend Père Pinchon BP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\IX Téléphone : 06 96 31\I0 333 - E-mail : mic\Ihel.pouch@wanadoo.fr oui ,  je souha\bte recevo\br en toute confident\bal\bté votre brochure pour m’\bnformer  sur les poss\bb\bl\btés de legs, donat\bons et assurances-v\be à l’Assoc\bat\bon D\bocésa\bne. oui , je  souha\bte  être  contacté  pour  un  rendez-vous  au  Serv\bce  des  legs  et  donat\bons ou à mon dom\C\bc\ble. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’espérance en hér\btage DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part Mes coordonnées  ❏ Mme ❏ Melle    ❏ M. Nom  Prénom Adresse   Code postal V\blle  Téléphone E-ma\bl Paro\bsse  (facultat\bf) POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\IINIQUE 99.5 - 101.3 et 105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr Pour consulter le site Web d’ECCLESIA'M 2020 ! : http://www.ecclesiam2020.fr E CCLESIA 'M 2020 !

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S eigneur, je Te remercie de m'avoir appelé à la vie (Prière testamentaire du pape Paul VI) ‘‘ ‘‘ S aint Paul VI, pape Missionnaire, prie pour notre diocèse !

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