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Réveille-toi, M artinique
E g lise
en MARTINIQUE
N° 584
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
21 AVRIL 2019
Ajoupa, Marigot...
ça bouge dans le Grand-Nord
Martinique debout :
l'héritage du P. Jean-Michel
Grand rendez-vous des
familles à la Pentecôte
Mgr Gaston Jean-Michel • 1911-2015
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EDITORIAL
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DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
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C
hrist est ressuscité, Il est vraiment ressuscité ! L’Amour
a vaincu la mort ! Cette vérité donne sens à notre vie ;
elle nous ouvre une voie d’espérance. Dieu nous fait
grâce parce qu’Il nous aime infiniment.
« Aucun de nous n’aime Dieu autant qu’il nous a aimés… No\
us
restons toujours des enfants qui doivent tout à leur Père », nous dit le
pape François qui poursuit sa catéchèse sur la prière du « Notre
Père ». Il nous invite à méditer sur la demande : « Pardo\
nne-
nous nos offenses ». Le pire des péchés, c’est l’orgueil,\
exhorte
le Saint-Père.
Heureusement que le Seigneur est de toute bonté ! « Je désire
que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour to\
utes
les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs » a-t-il dit à sœur
Faustine. C’est ainsi que l’Eglise fêtera la Divine Misérico\
rde,
le dimanche 28 avril (2
e dimanche de Pâques). Nous avons à
accueillir cette miséricorde et à la faire rayonner aussi bien dans
notre vie personnelle, qu’ecclésiale.
La Fête de la Miséricorde nous rappelle bien des souvenirs :
C’est, en effet, le12 avril 2015 que Mgr Macaire fut consacré
Evêque... un événement exceptionnel qui date de 4 ans déjà\
!
Par ailleurs, 9 jours après, le père Gaston Jean-Michel rejoignait\
la maison de son Père.
Réveille-toi, Martinique ! C’est ce que nous aurait dit ce « Po\
to
mitan de la foi » aujourd’hui, face à tous les problèmes soc\
iaux,
environnementaux… Nous avons voulu le faire parler à travers
divers intervenants, et c’est le fruit de notre dossier intitulé
« Une Martinique debout ! ».
Aujourd’hui encore, de nombreux adultes continuent à recevoir
la Bonne Nouvelle de la résurrection de Jésus. Soutenons-les
sur leur chemin de foi, pour qu’ils cheminent dans la joie et la
confiance.
Que la lumière de Pâques nous aide à demeurer toujours dans
la joie et la sérénité !
Bonne fête de la Résurrection à tous !
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
333 EGLISE UNIVERSELLE
• La Parole Dominicale
• La fête \be la Divine Misé\nricor\be
• Inauguration \bu jar\bin paroissial \b’Ajoupa-Bouillon
« Nous sommes le jar\bin \be Dieu »
• La Pentecôte \bes familles
• Inauguration \be l'église \bu\n Marigot
• Agen\ba \be l’Archevêque
• JMJ \bu \bimanche \bes\n Rameaux
• A\bieu, Annie Rousselin
• Anniversaires \bu mois \b’Avril
• L’omelette aux lar\bons
• Catéchèse \bu pape François
« Par\bonne-nous nos offenses »
• Mgr Éric \be Moulins-\nBeaufort élu prési\bent \bes évêques
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Dossi\br : PÈRE GASTON JEAN-MICHEL
UNE MARTINIQUE DEBO\SUT
MÉDIAS 19
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V
oilà une devinette que
nous a posée un jour le
père Nicolas Buttet : « Pour
faire une omelette aux lardons, il
faut une poule et un cochon. Mais
quelle est la différence entre les
deux par rapport à l’omelette ? ... ».
Réfléchissez bien, la question est
importante en ce jour de Pâques.
La réponse éclairera le véritable
effet de la résurrection dans la vie
de chacun et de notre communauté.
Tout d’abord, souvenez-vous
qu’en une semaine, avec Jésus,
nous sommes passés du succès
des Rameaux à la honte du procès,
puis, après l’abomination de la
Croix, de la désolation du tombeau
à la gloire de la Résurrection. En
quoi cette histoire nous regarde-
t-elle ? Sommes-nous comme
cette foule de spectateurs qui,
après avoir crié "Hosanna", a hurlé
"Crucifie-le" ? Sommes-nous de
ceux qui, influencés par l’opinion
publique, ont préféré Barabbas à
Jésus, le criminel à l’innocent ? De
ceux qui ont craché sur celui que les
autorités et la rumeur accusaient de
crime !? Sommes-nous de ceux qui,
obnubilés par leur confort et leur
bien-être, se sont livrés au monde,
aux modes et au démon ?
Ou bien sommes-nous de ceux
qui ont pris part, jusqu’au bout,
malgré les angoisses, les chutes,
les faiblesses et les doutes, à la
Passion jusqu’au matin de Pâques,
pour entendre et comprendre la
Nouvelle de la Résurrection ? Oh !
ceux-là ne sont pas les plus forts :
certains ont fui, d’autres se sont
cachés, mais tous ont pris le risque,
au final, de perdre leur vie pour
Jésus. Ils l’ont aimé parce qu’Il les
a aimés le premier et appelés "mes
amis".
Revenons à la poule et au cochon !
La poule ne donne que des œufs :
elle est simplement concernée par
l’omelette. Le cochon, lui, donne son
lard, c’est-à-dire sa chair : il donne
sa vie pour l’omelette aux lardons.
Lui, il est impliqué.
Eh bien ! Je proclame que le temps
des catholiques simplement
concernés par leur Eglise est
bientôt terminé. Quelque chose de
grand est en train de se passer en
Martinique. Bientôt, je le crois, j’en
vois les prémices, le monde entier
verra en nous un peuple ressuscité
de ses tombeaux, de son passé
honteux, de sa crise actuelle, de
ses dissensions haineuses, de ses
adultères, de ses avortements, de
ses sorcelleries, de ses violences,
bref de son long, trop long chemin
de croix. Mais cela ne se fera pas
avec des gens qui ont vendu leur
âme au confort et au bien-être. Cela
ne touchera pas ceux qui, se sentant
simplement concernés, sur le bord
du chemin, passeront comme les
foules du "Hosanna" au "Crucifie-le".
Le carême n’aura pas de fin pour
ces gens-là !
Il n’y aura d’Alléluia que pour ceux
qui, impliqués de tout cœur, au
risque de leur vie, à la suite du
Christ, par Lui, avec Lui et en Lui,
seront prêts à mourir avec Lui. Ceux
qui auront la joie en partage seront
ceux qui se seront laissé crucifier
pour le monde, pour ressusciter
avec le Christ, ceux qui seront un
témoignage vivant de Jésus-Christ
mort et vivant à jamais.
La résurrection, elle est pour tous…
tous ceux qui sont prêts à se jeter
dedans corps et âme. Tous ceux qui
sont prêts à parcourir tout le chemin
de la Croix, depuis les Rameaux
jusqu’à Pâques, en passant par
le Vendredi Saint. Il n’y a pas de
résurrection à la carte, sur le mode
« silon van, latché poul panché ».
Il n’y a pas de vie chrétienne à la
carte dans laquelle on prend ce
qui nous intéresse et on laisse de
côté ce qui ne nous convient pas.
Comme disait le Pape François aux
jeunes le jour des Rameaux : « Il n’y a
pas de négociations devant la croix,
pas de compromis » ! Qui oserait
regarder le Ressuscité en face, Lui
qui a donné sa vie, son sang pour
nous, et lui dire : « Je vais t’aimer de
temps en temps, quand je pourrai,
quand cela va m’intéresser et pas
trop me déranger » !?
Devant le mystère de Pâques, c’est
tout ou rien.
+ Fr David Macaire , Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 3
MOT DE L’ÉVÊQUE
L’omelette aux lardons
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 4
« Pardonne-nous nos offenses »
Catéchès\b du pap\b François
C
hers frères et sœurs,
Après avoir demandé à Dieu le
pain de chaque jour, la prière
du Notre Père entre dans le domaine
de nos relations avec les autres. Et Jésus
nous enseigne à demander au Père :
« Pardonne-nous nos offenses, comme
nous pardonnons à ceux qui nous ont
offensés » (Mt 6,12). De même que nous
avons besoin du pain, nous avons aussi
besoin du pardon. Et cela tous les jours.
Le chrétien qui prie demande avant
tout à Dieu que soient pardonnées ses
offenses, c’est-à-dire, ses péchés, ce qu’il
fait de mal. C’est la première vérité de
toute prière : même si nous étions des
personnes parfaites, même si nous étions
des saints limpides qui ne dévient jamais
d’une vie bonne, nous restons toujours
des enfants qui doivent tout à leur Père.
L’attitude la plus dangereuse de toute vie
chrétienne, quelle est-elle ? C’est l’orgueil.
C’est l’attitude de celui qui se met devant
Dieu en pensant que ses comptes avec lui
sont toujours à jour : l’orgueilleux croit qu’il
a tout en ordre. Comme le pharisien de la
parabole, dans le temple, qui pense prier,
mais en réalité il se loue lui-même devant
Dieu : « Je te remercie, Seigneur, parce
que je ne suis pas comme les autres ».
Et les gens qui se sentent parfaits, les
gens qui critiquent les autres, sont des
gens orgueilleux. Personne d’entre nous
n’est parfait, personne. Au contraire, le
publicain, qui se tenait derrière, dans le
temple, un pécheur méprisé par tout le
monde, s’arrête sur le seuil du temple et ne
se sent pas digne d’entrer, et il se confie à
la miséricorde de Dieu. Et Jésus commente
ainsi : « c’est lui qui était devenu un homme
juste, plutôt que l’autre » (Lc 18,14), c’est-
à-dire pardonné, sauvé. Pourquoi ? Parce
qu’il n’était pas orgueilleux, parce qu’il
reconnaissait ses limites et ses péchés.
Il y a des péchés qui se voient et des
péchés qui ne se voient pas. Il y a des
péchés éclatants qui font du bruit, mais
il y a aussi des péchés sournois, qui se
nichent dans le cœur sans même que nous
nous en apercevions. Le pire de ceux-là,
c’est l’orgueil qui peut aussi contaminer
les personnes qui vivent une vie religieuse
intense. Il y avait autrefois un couvent de
sœurs, dans les années 1600-1700, connu,
au temps du jansénisme : elles étaient
absolument parfaites et l’on disait d’elles
qu’elles étaient pures comme les anges
mais orgueilleuses comme les démons.
C’est triste. Le péché divise la fraternité, le
péché nous fait penser que nous sommes
meilleurs que les autres, le péché nous
fait croire que nous sommes semblables
à Dieu.
Et au contraire, devant Dieu, nous sommes
tous pécheurs et nous avons des motifs
de battre notre coulpe – tous ! – comme
ce publicain dans le temple. Dans sa
première Lettre, saint Jean écrit : « Si
nous disons que nous n’avons pas de
péché, nous nous égarons nous-mêmes,
et la vérité n’est pas en nous » (1 Jn 1,8).
Si tu veux te tromper toi-même, dis que
tu n’as pas de péché ; comme cela, tu te
trompes toi-même. Nous sommes tous des
débiteurs, avant tout parce qu’en cette vie
nous avons beaucoup reçu : l’existence, un
père et une mère, l’amitié, les merveilles
de la création… Même s’il nous arrive à
tous de traverser des jours difficiles, nous
devons toujours nous rappeler que la vie
est une grâce, c’est le miracle que Dieu a
extrait du néant.
En second lieu, nous sommes débiteurs
parce que, même si nous réussissons à
aimer, personne d’entre nous n’est capable
de le faire par ses seules forces. L’amour
vrai, c’est quand nous pouvons aimer, mais
avec la grâce de Dieu. Personne d’entre
nous ne brille de sa propre lumière. Il y a
ce que les anciens théologiens appelaient
un « mysterium lunae », non seulement
dans l’identité de l’Église, mais aussi dans l’histoire de chacun de nous. Que signifie
ce « mysterium lunae » ? Qui est comme
la lune, qui n’a pas sa propre lumière : elle
reflète la lumière du soleil. Nous non plus,
nous n’avons pas notre propre lumière : la
lumière que nous avons est un reflet de la
grâce de Dieu, de la lumière de Dieu. Si tu
aimes, c’est parce quelqu’un, à l’extérieur
de toi, t’a souri quand tu étais enfant,
t’enseignant à répondre par un sourire.
Si tu aimes, c’est parce que quelqu’un, à
côté de toi, t’a éveillé à l’amour, te faisant
comprendre qu’en lui réside le sens de
l’existence.
Essayons d’écouter l’histoire de quelqu’un
qui s’est trompé : un détenu, un condamné,
un drogué… nous connaissons tellement
de monde qui se trompe dans la vie. Sans
préjudice de leur responsabilité, qui est
toujours personnelle, tu te demandes
parfois qui devrait être inculpé pour leurs
erreurs, si c’est seulement leur conscience,
ou l’histoire de haine et d’abandon que
certaines personnes traînent derrière
elles.
Et c’est cela, le mystère de la lune : nous
aimons, avant tout parce que nous avons
été aimés, nous pardonnons parce que
nous avons été pardonnés. Et si quelqu’un
n’a pas été illuminé par la lumière du soleil,
il devient glacé comme le sol en hiver.
Comment ne pas reconnaître aussi, dans
la chaîne d’amour qui nous précède,
la présence providentielle de l’amour
de Dieu ? Aucun de nous n’aime Dieu
autant qu’il nous a aimés. Il suffit de se
mettre devant un crucifix pour saisir la
disproportion : Il nous a aimés et il nous
aime toujours le premier.
Prions donc : Seigneur, même le plus
saint parmi nous ne cesse pas d’être ton
débiteur. Ô Père, prends pitié de nous
tous !
Pape François ■
Catéchès\b du pap\b François
EGLISE UNIVERSELLE\n
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 5
L'archevêque de Reims est réputé pour sa détermination
à traiter \busqu'au bout les dossiers de l'Église.
U
n homme de 57 ans devient
le nouveau président de la
Conférence des évêques. Il
s'appelle Éric de Moulins-Beaufort. Il
a été nommé archevêque de Reims,
en octobre 2018. Il fut pendant dix ans
évêque auxiliaire de Paris, et succède
à Mgr Georges Pontier, archevêque de
Marseille, âgé de 75 ans. C'est un héritier
direct du cardinal Vingt-Trois, dont il fut
le secrétaire particulier, et du cardinal
Lustiger, qui l'ordonna prêtre. Il porte
comme lui une croix pectorale gravée sur
un rectangle de fer. Élu à la présidence
des évêques à la majorité requise des
deux tiers, il prendra ses fonctions au
début de l'été. […]
Cette élection de l'un des benjamins
de l'épiscopat est surtout le signe d'une
volonté forte de la nouvelle génération
d'évêques de rompre avec un certain
immobilisme épiscopal. Non que l'équipe
précédente n'ait rien accompli, loin de
là : elle a pris tout le choc des révélations
depuis six ans et a œuvré avec décision.
Mais, par ce choix, la majorité des
évêques entend accélérer le passage à
une culture radicale et sans compromis
sur la question des abus sexuels dans
l'Église. Cette élection symbolise l'arrivée
aux responsabilités d'une génération de
jeunes évêques qui a vu, comme prêtres,
les désastres de l'omerta. Ces évêques
n'ont aucun scrupule institutionnel pour
« aller jusqu'au bout » de l'opération
vérité. Ils ont compris que ce n'est qu'à
ce prix que l'Église se relèverait.
« Aller jusqu'au bout du travail » sur
ces dossiers sales de l'épiscopat est
d'ailleurs l'une des marques de fabrique
du nouveau président des évêques.
Cette phrase, Mgr de Moulins-Beaufort
en a fait sa politique quand il était en
charge de ces dossiers d'abus sexuels
à Paris et, indirectement, au sein de
la Conférence des évêques où sa
détermination fut très appréciée.
Dans une interview à l'hebdomadaire
Paris-Notre-Dame d'octobre 2018,
il reconnait : « Nous avons cru qu'il
suffisait de sermonner les abuseurs, de
leur faire faire une retraite, pour qu'ils
aient un sursaut moral. Ce n'était pas
une question de morale. Ces individus
sont dangereux. » Il ajoutait dans une
toute récente lettre pastorale à Reims :
« Il est clair que la collaboration avec
les autorités judiciaires de notre pays
doit être sans faille. »
Il faudra maintenant voir l'homme
à l'œuvre. Mais l'Église de France va
trouver avec cette figure émergente
une image jeune, de dynamisme, de
sérieux. Un président des évêques,
assisté de deux vice-présidents,
également élus, Mgr Olivier Leborgne
(Amiens) et Mgr Dominique Blanchet
(Belfort), n'a pas de pouvoir exécutif,
mais il a un pouvoir d'entraînement,
capital pour une institution religieuse
comme l'Église.
Et c'est là l'autre raison du vote : l'extrême
gravité de la situation d'une Église
catholique vilipendée, la souffrance
de prêtres méritants mais en butte au
mépris ont eu raison des habituels
clivages qui paralysent l'assemblée
des évêques : Paris-province, droite-
gauche, progressistes-classiques,
dogmatiques-charismatiques.
La collaboration avec “ les autorités
judiciaires de notre pays doit être sans
faille ” (Mgr Éric de Moulins-Beaufort)
La partie sera néanmoins aiguë
pour Mgr de Moulins-Beaufort. Ce
bourreau de travail – il a besoin de
peu de sommeil - remarqué pour
ses capacités intellectuelles et sa
rigueur, apparaît « trop parisien » à
certains, voire « hautain ». « C'est
bien mal le connaître », assurent ses
proches. Ils saluent son « humour », sa
« simplicité ». Il a, disent-ils, le « cœur
sur la main ». D'autant que ce passionné
de cuisine, qui se déplace à vélo, sait
jouer collectif : il a grandi avec trois
frères et trois sœurs !
Docteur en théologie, diplômé
d'économie et de Sciences Po, il a
aussi un secret, sa devise épiscopale.
Énigmatique, elle est extraite de saint
Jean et parle du Christ : « Il entrera, Il
sortira. » Il explique : « Aider chacun
à vivre son intériorité pour aller vers
l'extérieur et porter ce que nous vivons
à l'extérieur vers l'intériorité. »
Jean-Marie Guénois (Le Figaro) ■
Mgr Éric
de Moulins-Beaufort
élu président
des évêques
L'élection de Mgr de Moulins-Beaufort symbolise l'arrivée
aux responsabilités d'une génération de jeunes évêques. Photo :
MARC BERTRAND/CHALLENGES-REA
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 6
« Laissez-Le être, et faire Pâques en nous »
6
Dimanche 21 avril 2\b19\2
la P arole Dominicale
Actes 10,34a.37-43 • \é Psaume 117 • Colossiens 3,1-4 ou 1 Co\érinthiens 5,6b-8 •\é Jean 20,1-9
Pâques - Année C
C
hers amis lecteurs : Alléluia !
Il est ressuscité comme il l'a
dit : Alléluia ! Ce dimanche de
Pâques n'est pas un anniversaire de ce
premier matin de Pâques. Pas plus que
cette fête de Pâques n'est un mémorial
- un souvenir de ce premier dimanche
matin de Pâques. Aujourd'hui c'est
Pâques ! Aujourd'hui est le jour que
le Seigneur a fait. Aujourd'hui, il est
ressuscité. Faites attention, frères
et sœurs, aux mots du présent. C’est
Pâques - c'est le jour, ils ont besoin d’être
entendus. Nous ne nous souvenons
pas de ce qui est arrivé à Jésus, ni
des événements de la première fête
de Pâques. Nous ne sommes pas des
spectateurs à regarder les réactions
des trois disciples - Marie-Madeleine,
Pierre et Jean. Au contraire, ce dimanche
de Pâques est notre participation au
triomphe et à la victoire de Dieu. Comme
l'a écrit le poète jésuite Gérard Manley
Hopkins, « Laissez-L e être Pâques en
nous ». Laissons cette victoire et ce
triomphe toucher nos vies. Aujourd'hui,
maintenant. Que notre rassemblement
à l'église en ce dimanche de Pâques
nous rafraîchit et nous renouvelle avec
la joie et le triomphe qui émane du
Christ qu'aucun tombeau ne pourrait
contenir dans la mort. Nous nous
levons avec lui. Cela a commencé
dans les eaux du Baptême et nous
nous élevons avec lui par la foi, en lui
dont la Lumière brille plus fort que les
ténèbres qui sont en nous ou dans le
monde, nous nous élevons avec Lui
dont la joie détruit toute tristesse qui
entre dans nos vies. Christ, notre espoir
est Alléluia Ressuscité. Laissez-Le être,
faire Pâques en nous.
Un ancien symbole chrétien pour
Christ est l'ancre. L'ancre stabilise le
navire ; l'ancre maintient le bateau en
toute sécurité. Christ nous maintient
fermement quand la vie devient rude. Le
Christ nous maintient liés à Dieu lorsque
les vagues de la vie s’écroulent sur
nous. Christ notre espoir est ressuscité.
Laissez-Le être, faire Pâques en nous.
Nous pouvons sortir de tout ce qui dans
la vie nous inflige la mort, parce que
nous avons été unis à la Résurrection
du Christ par le Baptême, et maintenant
par la foi. Nous pouvons sortir de nos
propres péchés avec la puissance de la
Résurrection du Christ en nous. Nous
pouvons sortir des ténèbres avec la
lumière de la Résurrection du Christ
en nous. Nous pouvons sortir de tout
lien qui nous maintient avec la liberté
de la Résurrection du Christ en nous.
Passer de la mort à la vie en Jésus-Christ
et nous passons avec Lui.
C'est la fête de Pâques pour nous qui
luttons, des pécheurs pour qui le Christ
est mort sur la Croix pour ressusciter
avec Dieu. Sa Mort et sa Résurrection
nous remplissent d'espoir et nous
maintiennent stables et en sécurité.
Son réveil nous ouvre la porte de ces
tombeaux qui pourraient nous piéger.
Sa victoire sur la mort est notre victoire
sur tous les mourants et les chemins de
mort que nous faisons de notre vivant.
En ce matin de Pâques, écoutons la
prédication de saint Pierre dans la
maison de Corneille, un soldat romain,
rapportée dans la première lecture
d'aujourd'hui des Actes des Apôtres.
Pour Corneille et sa famille, les non-
croyants, Pierre prêche et enseigne.
Entrons dans cette maison et écoutons
ce que dit Pierre - Jésus est l'oint - le
Christ - le Sauveur. La promesse de Dieu
« Ils l'ont mis à mort en le suspendant
à un arbre. Dieu l'a ressuscité le
troisième jour. » C'est le troisième jour
ce matin. Aujourd'hui, notre Dieu qui
a transformé la mort de Jésus par sa
glorieuse résurrection peut transformer
nos expériences de mort. Saint Paul
nous exhorte dans la deuxième lecture
à voir notre vie à travers ce prisme de
transformation qu'est la résurrection de
Jésus-Christ. Laissons ce prisme refléter
l'Amour de Dieu pour nous.
Laissons Pâques nous redonner
une nouvelle vie, quelle que soit la
catastrophe à laquelle nous sommes
confrontés dans le monde ou dans
nos situations personnelles. Laissez-Le
être, faire Pâques en nous. Laissez
cette célébration de Pâques ouvrir
nos tombeaux de peur, de péché,
d’inquiétudes, de difficultés et de
problèmes et nous remplir d’espoir - de
VIE. Laissez Christ être, et faire Pâques
en VOUS AUJOURD'HUI.
Père Patrick-Alexis Phanor ■
LITURGIE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 7
Le 30 avril 2000, \bour de la canonisation de sainte Faustine, le pape saint Jean-Paul II
a institué pour l’Église universelle, la fête de la Divine Miséricorde, le deuxième
dimanche de Pâques. Ce dimanche termine l’octave de Pâques, temps durant lequel
l’Église se ré\bouit de la Résurrection de Jésus comme s’il s’agissait d’un seul \bour\é.
C
’est le Seigneur Jésus lui-même
qui est l’instigateur de cette
fête ! Il dit à sœur Faustine : « Je
désire que le premier dimanche après
Pâques soit la fête de la Miséricorde. »
(P. J. 299) . « Je désire que la fête de la
Miséricorde soit le recours et le refuge
pour toutes les âmes, et surtout pour
les pauvres pécheurs. En ce jour, les
entrailles de ma miséricorde sont
ouvertes, je déverse tout un océan de
grâces sur les âmes qui s’approcheront
de la source de ma miséricorde ; toute
âme qui se confessera et communiera
recevra le pardon complet de ses fautes
et la remise de leur punition ; en ce jour
sont ouvertes toutes les sources divines
par lesquelles s’écoulent les grâces »
(P. J. 699).
Pourquoi ce dimanche particuliè-
rement ? L’Évangile du jour, Jn 20,
19-31 qui relate la rencontre de
Jésus ressuscité avec les apôtres et
particulièrement avec Thomas, est
éclairant. Il nous aide à comprendre la
Miséricorde de Dieu et combien il est
important pour nous de l’accueillir. A
Pâques, nous célébrons la mort et la
résurrection de Jésus, c’est une grande
et bonne nouvelle, mais pas si facile à
croire. C’est ce que vit l’apôtre Thomas qui n’est pas avec les autres le jour de
la Résurrection. Il peine encore à croire
qu’un homme soit revenu de la mort, il
a besoin d’en faire l’expérience comme
les autres l’ont faite eux-mêmes. Il veut
être sûr que c’est bien Jésus. En cela,
son nom de « Didyme » fait de lui notre
jumeau.
Jésus ne repousse pas sa demande, au
contraire, il y répond en se présentant
à Thomas. Les marques des clous et de
la lance attestent que c’est bien celui
qui était mort qui est là, devant lui
vivant. Jésus accueille notre misère, il
se met à notre portée. En montrant ses
blessures, il affirme que sa mort était
bien réelle et qu’il est à nouveau vivant.
Cette nouvelle vie est la preuve qu’il a
vaincu la mort, que l’humanité n’a plus
à redouter cette échéance que chacun
doit affronter. Le seul vainqueur de la
mort est le Vivant, Dieu lui-même, et
l’exclamation de foi jaillit du cœur de
Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
« La paix soit avec vous !". Ces mots
sont rassurants. Au cœur de toutes
les violences et les tribulations, Jésus
annonce la paix. Il ne cherche pas
à se venger, il ne demande pas des
comptes sur la conduite des uns et
des autres, il offre la Paix. Ces paroles
sont une invitation à la confiance. C’est
pourquoi l’invocation : « Jésus, j’ai
confiance en toi ! » sur l’image du Christ
Miséricordieux, nous invite à entrer
dans ce grand mystère de la Miséricorde
Divine. Comme Thomas, aussi loin
que nous soyons, contemplons les
blessures de Jésus pour y trouver
la consolation et l’assurance que
nos péchés seront engloutis dans
la puissance de la Passion et de la
Résurrection. Approchons-nous pour
accueillir la paix. Répondons à son
attente en recevant le sacrement de la
Réconciliation et de l’Eucharistie, en ce
jour où, la Miséricorde nous est offerte
en pluie de bénédiction.
‘‘
L’humanité ne
trouvera pas la Paix tant qu’elle ne se tournera pas
avec confiance vers ma Miséricorde.
(P. J. 300)
‘‘
1 Petit Journal § 299
Fr Christian-Marie Donet, op
Missionnaire de la Miséricorde en Martinique
■
La fête de la Divine Miséricorde
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 8
‘‘
Le samedi 23 mars 2019, a eu lieu l’inauguration du Jardin de l’Immaculée Conception,
dans la paroisse d’A\boupa-Bouillon. La Vierge Marie est le modèle parfait de la terre
fertile pour la Parole de Dieu.
N
otre jardin a vu le jour sur une idée des catéchistes,
dans le cadre du 5 ème chantier de E CCLESIA ’M 2020 ! :
Soigner et délivrer les âmes (le bien-être). Action
communautaire : créer un jardin créole, plantes et fleurs
dans chaque paroisse. L’Evangile de la Parabole du Semeur
a servi de support au projet.
Ce samedi 23 mars, à 7h30, avec nos parents, nos catéchistes,
d’autres paroissiens, nous avons d’abord participé à la messe
présidée par le père Grégoire, curé de la paroisse. La messe
terminée, nous nous sommes rendus au presbytère, où se
trouve notre jardin, pour la bénédiction.
Nous avons nommé les différentes parties avec des noms
de saints patrons des jardiniers, des laboureurs, des
cultivateurs, etc. : saint Fiacre, saint Médard, saint Isidore le
Laboureur, saint Phocas de Sinope, et sainte Hildegarde de
Bingen pour la partie des plantes médicinales.
Après la lecture du livre de la Genèse sur la création,
père Grégoire a béni nos plantations, les outils et
l’assemblée. Puis il a remercié chaleureusement tous
ceux qui ont participé à la réalisation du projet :
nos parents, nous les jeunes qui venons travailler
à l’entretien le samedi, les paroissiens qui nous
accompagnent, qui nous aident, qui nous ont
offert des outils, le parent qui a labouré la terre,
les catéchistes.
« NOUS SOMMES LE JARDIN DE DIEU »
Monsieur le curé a terminé en disant que cette phrase :
« Nous sommes le jardin de Dieu », inscrite au dos de nos
tee-shirts, chacun devrait se l’approprier, car DIEU, n’a qu’un
seul et grand jardin, le cœur de l’homme, dans lequel il n’a
jamais cessé de répandre sa semence.
Nous les catéchistes, nous sommes aussi semeurs de la
Parole de Dieu et, avec l’aide de l’Esprit Saint, nous devrions
trouver en nos jeunes ce coin de bonne terre qui existe afin
de faire germer cette Parole. Pour clôturer l’événement, nous avons partagé
une collation au jardin, dans la joie, la bonne
humeur, et la fraternité.
Les jeunes et les animatrices de cheminement
Paroisse Immaculée conception de l’Ajoupa-Bouillon
Inauguration du jardin
paroissial d’Ajoupa- Bouillon
« Nous sommes le jardin de Dieu »
‘‘
Allons semer l’Evangile, et
Dieu fera grandir la récolte !
(Le Pape François)
Inauguration du jardin Inauguration du jardin
VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 9
la Pentecôte des famillesla Pentecôte des famillesla Pentecôte des familles
Le Forum Wahou !
La Grammaire de la Vie
Grand Rendez-vous diocésain : La Pentecôte des familles
Les 27 et 28 avril 2019, au Couvent de Cluny, sur la place du corps et de la vie
affective et sexuelle dans le plan de Dieu (couples, célibataires, consacrés...).
Pour s’inscrire et pour plus de précisions : https://www.weezevent.com/forum-
wahou-martinique-2019
propose un approfondissement de la Théologie du Corps développée par saint
Jean-Paul II, les 3, 4 et 5 mai 2019.
Pour s’inscrire et pour plus de précisions : https://www.weezevent.com/
grammaire-de-la-vie-martinique
Le dimanche de Pentecôte, 9 juin, en paroisse, puis au stade Pierre Aliker
dans l’après-midi.
Il s’agit d’un temps fort obligatoire du cursus de formation des familles d’enfants
catéchisés, en cheminement ou scolarisés dans l’enseignement catholique, et
ouvert à toutes les familles du diocèse.
Pour s’inscrire et pour plus de précisions : https://www.weezevent.com/
pentecote-des-familles-2019 (organisée par la Catéchèse, le Renouveau
Charismatique et la Pastorale Familiale du diocèse).
En Avril et Mai 2019, la Pastorale familiale vous propose des
rencontres à ne pas manquer... et retenez dès maintenant
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Le Carnaval prépare-t-il
au Carême ?L’Eglise en Martinique prend
le chemin de guérison
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Laure Sabes : Retour en Martinique
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Que penser des traditions
culinaires en lien avec la foi ?Dossier : Laure SabèsLettre aux Religieuses
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...............................................................................................................................\
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Oui,
je m’abonne !
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VIE DU DIOCÈSEVIE DU DIOCÈSE
Après deux années de travaux de
restauration réalisés par la municipalité,
c’était ce samedi 13 avril 2019, la
réouverture de l’église.
P
lus qu’une simple inauguration,
c’était avant tout, le renouvelle-
ment de la consécration de ce
sanctuaire par Mgr David Macaire. En
effet, cette église avait été bénite le 16
avril 1950 par Mgr Henri Varin de la
Brunelière.
C’est une foule de 800 à 1000 personnes
qui participa à cette grande fête. Outre
la communauté paroissiale, il y avait les
invités de la municipalité ainsi que les
fidèles des paroisses environnantes. Partie
de la chapelle Sainte Bakhita, une longue
procession conduite par Mgr Macaire et
une douzaine de prêtres, rejoignit le parvis
de l’église pour la remise des clés par le
maire de la commune, M. Joseph Péraste.
Pendant toute la cérémonie de dédicace,
les fidèles émerveillés manifestèrent
leur enthousiasme et leur joie à travers
les chants, les prières et même des
applaudissements. « La joie du Seigneur est notre rempart »
fut le leitmotiv de l’homélie de
Monseigneur l’archevêque qui s’adressa
particulièrement aux nombreux enfants
de l’assistance. Il leur fit comprendre que
cette église est pour eux un merveilleux
cadeau qui va ponctuer, non seulement
leur propre vie, mais encore celle de leurs
enfants et petits-enfants.
Mais avant cette grande fête, il y eut
neuf jours de préparation culturelle et
spirituelle : conférence sur l’histoire de
la paroisse, concert de chant choral, film
« Saint Paul apôtre du Christ », chasse au
trésor pour les enfants, neuvaine, journée
d’adoration, temps de jeûne, de pénitence
et de confession. Chaque jour, un grand
nombre de fidèles participait à la messe
qui clôturait chaque activité.
A la fin de la cérémonie, le référent du
Comité Paroissial, M. Daniel Olière, dit à
Monseigneur combien la population toute
entière de Marigot était heureuse de le
recevoir à l’occasion de cette inauguration.
Puis ce fut M. le maire qui fit part de la
grande détermination de toute son équipe
pour trouver les financements nécessaires
(huit cent soixante mille euros), et suivre
les chantiers afin de parvenir à cette
restauration quasiment complète de
l’église. Enfin le père Sosthène Godjo, curé
de la paroisse, exprima avec émotion sa
joie et celle de son vicaire le père Gaëtan
Présent. Il remercia chaleureusement tous
ceux qui ont contribué à la réussite de cette
belle réalisation. Il rend grâce à Dieu que
cette église-bâtiment soit si beau, mais il
rappelle que c’est surtout l’unique Eglise-
Corps du Christ qui rassemble aujourd’hui
son peuple.
A l’issue de la cérémonie, tous les
paroissiens et tous les invités se
retrouvèrent dans les jardins du presbytère
pour un temps de partage.
Marigot :
les paroissiens retrouvent
leur église
La commission d’inauguration de l’église ■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 11
Agenda de l’Archevêque
Dimanche 21 avril : Saint Jour de Pâques
• 7h30 : Messe avec baptêmes et confirmations au Centre pénitentiaire de Ducos
• 10h30 : Messe à la cathédrale Saint-Louis
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Samedi 27 avril :
• Enseignement dans le cadre du Forum Wahou !
Dimanche 28 avril :
• 9h : Confirmation à la paroisse de Schœlcher (église de la Résurrection)
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Lundi 29 avril :
•
Conseil Diocésain pour les Affaires Économiques (CDAE)
Mardi 30 avril :
• Assemblée des Modérateurs
• 18h30 : Messe de Saint Joseph Travailleur avec le
mouvement « Chrétiens dans le Monde du Travail » à
Bellevue
Mercredi 1
er mai :
• 8h : Messe pour la population de Dillon à Saint-Christophe
Du 4 au 11 mai :
• Assemblée plénière de la Conférence des évêques de la
Caraïbe à Cayenne
La commission d’inauguration de l’église ■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 12
La cellule communication
Pastorale diocésaine des jeunes
Le rendez-vous était fi xé le 14 avril aux jeunes Martiniquais à l’Hippodrome de Carrère
au Lamentin.
La Pastorale des Jeunes et son responsable, le père Emmanuel Chaulvet,
les avaient invités au grand rassemblement diocésain des
Rameaux 2019 présidé par
notre archevêque Mgr David Macaire.
Sois lumi\bre dans ta famille , c ’est le thème
proposé cette année par la Pastorale des jeunes
pour la fête des Rameaux. C’est à travers un
cheminement débuté depuis l’entrée en Carême
que les jeunes sont invités à suivre la lumière du
monde, Jésus notre Sauveur, et à son image, être
lumière pour leur famille, leurs frères, notre diocèse.
JOIE, PAIX, UNITE, COURAGE, AMOUR,
PARDON, CONFIANCE, sur sept mots retenus,
nos jeunes ont travaillé en groupe lors d’ateliers
artistique, musical ou sous forme de jeux durant
toute la matinée.
Telle est la phrase martelée par Mgr Macaire lors de
la célébration de l’Eucharistie. Il a appelé dans son
homélie à méditer profondément sur le récit de la
passion du Christ et exhorte les jeunes à entrer sans
attendre dans l’espérance en prenant la décision de
suivre Jésus.
Le Christ s’est laissé conduire à la croix parce que
convaincu que cette mort était voulue par Dieu, pour
racheter l’humanité. En le faisant, Jésus nous invite
à devenir «sel de la terre et lumière du monde afi n
que le monde croie». « Il a déjà tout préparé pour
toi en donnant sa vie à la croix. Mais c’est à toi de
faire le pas. N’attends pas demain, l’avion ne va pas
t’attendre» leur dit-il.
Il leur rappelle ainsi qu’en toute chose, nous avons
le devoir de renforcer, aff ermir et enraciner notre foi
en celui qui a fait don de soi pour nous. Aussi a-t-il
appelé les jeunes à cultiver une vie de foi, le partage
et l’obéissance comme Jésus pour son Père. Il les
pousse ainsi à se réunir entre eux, mais aussi entre
génération pour prier, lire la Parole de Dieu, à se
confesser, à rencontrer le Seigneur dans le silence; à
aller à la source et laisser Jésus entrer dans leur cœur.
Mgr David Macaire a enfi n lancé en substance aux
jeunes l’invitation à s’engager dans leur paroisse,
dans l’Eglise « sans compromis, car on ne négocie
pas avec le Seigneur ; pas de compromis avec la croix
de Jésus car il veut recevoir tout de toi ». C’est là la
seule façon pour le Christ de nous donner le bonheur
qu’il nous a promis.
OUI, Jésus t’aime, laisse le entrer,
ouvre les portes de ton c\0oeur OUI, Jésus t’aime, laisse le entrer,
ouvre les portes de ton c\0oeur
Crédit photos : M&L Photographiie
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 13
Je suis mère célibataire de deux enfants, (une fille et un garçon) catéchisés, puis
catéchiste durant de nombreuses années.
Annie Rousselin, par la grâce de Dieu, m’a aidée à accepter \
le choix de Jésus, qui
me dit : « Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se
convertissent ». Il me fallait « enseigner » et faire découvrir l’amour de Dieu. Que
de chemin parcouru depuis !
Une fois que j’avais compris et intégré que seul Jésus est le « Chemin, la Vérité
et la Vie », seul comptait le regard d’amour que Jésus porte sur moi. Lui seul voit
mon cœur et ma disposition à l’écouter, le suivre, lui faire confiance, l’aimer et
essayer d’accomplir ce qu’il me suggère avec l’aide de l’Esprit Saint.
Merci Annie de t’avoir rencontrée, connue, appréciée et aimée. Jusqu’au bout tu
m’as catéchisée, lors de mes visites à ton domicile et à l’hôpital. Que le Seigneur
soit béni pour cette mission qu’il t’a confiée ; que tu as accepté d’assumer. Merci
Annie de m’avoir fait comprendre l’importance de la catéchèse pour le chemine-
ment du chrétien. Je sais que tu continueras ta mission. Tu nous l’as promis. Que
Dieu te bénisse et t’accueille dans sa belle maison ! Merci Annie pour ton amour
de l’Église. Veille sur nous. Je t’aime Annie.
Arlette François
« Jésus t’aime ». Ce slogan et vérité, je l’associe à Annie. Elle m’a dit un jour : « Le
Seigneur est venu me chercher dans ma misère de bouvière ; il m’a dit « Je t’aime » et
m’a appelée pour une grande mission : la catéchèse des enfants et des ados ». Contre
vents et marées, envers et contre tout, convaincue de l’amour de Jésus et de sa foi en
lui, Annie a sillonné la Martinique pour aider les catéchistes, les parents et les enfants
à faire la grande rencontre avec Jésus et à croire en lui. Au fil des jours, pour cette
grande évangélisation, avec une équipe, elle a élaboré des manuels de catéchisme,
propres au diocèse, et centrés sur la Parole de Dieu. Son objectif était que la Bible soit
le Livre de chevet de chacun. Elle a organisé des formations, des retraites et de grands
rassemblements. Je me souviens encore du grand rassemblement où 2500 catéchistes
sont partis avec ce slogan « Jésus t’aime » à coller à l’arrière de leur voiture. Annie
a dit « oui » jusqu’au bout et même dans la maladie. Sa mission terminée sur terre,
avant de partir, elle répétait « Jésus je t’aime ». Au nom de tous, merci Annie, pour ton
oui, pour cette vie donnée, ton témoignage de foi, ta simplicité, ton humilité, ton oreille
d’écoute et ta tendresse.
Merci Annie pour ces 30 années d’amitié. Rentre dans la joie de ton Père.
Julia Loiseau
Pendant 15 ans, j‛ai travaillé à tes côtés. Je devais
en priorité, mettre en forme, dactylographier les
différents manuels que tu t‛apprêtais à rédiger à
l‛intention des enfants, des parents et des catéchistes.
Trois manuels ont vu le jour : Pour la 2
e année « Le Dieu
de Jésus », en 3 e année : « Ensemble, en Jésus, soyons
l‛Eglise », et en 4e année : « Jésus mon Trésor ». J‛ai
appris à travailler dans la bonne humeur. La prière avait
une grande place dans le travail.
Lors d‛un de tes enseignements, j‛ai compris l‛importance
de l‛Adoration, se mettre à « lablani » devant le Seigneur,
« exposer le linge au soleil, pour le blanchir » : c‛était ton
expression.
Tu savais ressentir un mal être, et on retrouvait malgré
nous une joie, un bien-être, après un court échange.
Merci Seigneur, pour ce charisme, cette grâce.
Avec les temps de formation, des retraites annuelles
pour les catéchistes étaient organisées au Foyer de
Charité de Trinité, en pension complète ou demi-pension,
2 sessions étaient proposées tant la demande était
forte. Il y avait les Rassemblements diocésains des
catéchistes, comme par exemple « Evangéliser notre
culture » ou « Les sacrements », où les catéchistes
étaient acteurs et spectateurs, ou encore ce message «
JESUS T‛AIME » collé sur nos voitures. Encore merci,
Madame, Merci pour ton humilité. Ou sav : « Jésus
t‛aime ».
Roselyne Gouacide
Pendant 15 ans, j‛ai travaillé à tes côtés. Je devais
Annie ma collaboratrice à la Chancellerie diocésaine
Il y a des voix beaucoup plus autorisées que moi, qui ne suis qu’un ouvrier-collaborateur
de la dernière heure. Mgr Macaire m’a donné l’opportunité de travailler avec toi.
Ce court moment a été un moment de plaisir et de joie partagés. Nous avons tous
été surpris par cette maladie qui n’a pas émis de signaux pour prévenir, et toi tu l’as
accueillie avec la joie que nous te connaissons. Chaque fois que je t’ai rendu visite à
la maison ou à l’hôpital, je t’ai trouvée rayonnante. J’ai compris que la souffrance et la
maladie sont des occasions de rendre grâce à Dieu. C’était un plaisir d’entendre tes
réflexions profondes sur le don que tu as fait à Dieu de ta vie et sur le bonheur que
tu as d’être sa fille. Tu disais, sans crainte et sans peur, que tu es prête, que la grande
rencontre pouvait être, tout de suite, ce soir comme demain. Te voilà maintenant
devant Celui que tu as servi avec dévouement. Tu as préparé cette rencontre. Ce qui
manque à la souffrance du Christ, tu l’as achevé dans ta chair, pour son corps qui est
l’Eglise (Colossiens 1,24). Entre désormais dans la joie de ton Maître. Adieu Annie.
Père Arnauld Houévoyéha, curé de la Cathédrale de Saint-Pierre Roselyne Gouacide
Adi e u, Annie Rousselin
Te voilà maintenant devant Celui que tu as servi avec dévouement...\
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 14
E
n ce mois d’Avril 2019, nous fêtons le 4 ème anniversaire de l’ordination épiscopale
de Mgr David Macaire, consacré évêque par le cardinal Chibly Langlois assisté
de Mgr Michel Méranville et Mgr Marc Aillet, le 12 avril 2015 au stade de Dillon,
en la fête de la Divine Miséricorde. C’est cette fête que notre archevêque a choisie pour
célébrer cet anniversaire et rendre grâce à Dieu : cette année, ce sera le dimanche 28
avril 2019, où nous pourrons nous joindre à lui lors des Vêpres solennelles de la Divine
Miséricorde, à la cathédrale Saint-Louis, à 17h30. Que le Seigneur le bénisse et lui accorde
les grâces nécessaires à la poursuite de sa mission à la tête de l’archidiocèse de Saint-
Pierre et Fort-de-France !
E
n ce même mois, nous faisons
aussi mémoire du départ pour
la Maison du Père de Mgr Gaston
Jean-Michel, le 21 avril 2015, 9 jours
après qu’il ait eu la joie de vivre à Dillon
l’ordination de Mgr Macaire, l’un de ses
« fils spirituels ». Nous pouvons revenir,
4 ans après, sur les traces de l’héritage
qu’il a légué à notre diocèse au cours
de sa longue vie consacrée à répandre
la Bonne Nouvelle en Martinique, en
particulier à travers le développement
de la communication diocésaine et
de l’Action Catholique dans le monde
rural et agricole dont il a été l’un des
principaux acteurs. Nous confions notre
diocèse, et son Pasteur, à l’intercession
de Mgr Jean-Michel.
Anniversaires du mois d’Avril
VIE DU DIOCÈSE
Michel Déglise, Secrétaire général de la
Communication
■
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Une Martinique debout !Patrimoine spirituel
du père Gaston Jean- Michel
Le secret du père Jean-Michel, c’est que la foi dans le Christ ressuscité sera tou\bours
le seul moyen pour les Antilles de rayonner parmi les nations. Certes, nous avons dé\bà
été le phare du monde, à l’époque où nous avions l’exclusivité de l’or blanc : le sucre.
Mais à quel prix !.. Humain, social, psychologique, historique. Nous en payons encore
les conséquences. Toute autre tentative d’action – politique, culturelle, économique,
voire scientifique – est vouée à l’échec, à la souffrance, à l’exploitation des hommes
et de l’environnement, si elle n’est accompagnée d’une véritable réflexion spirituelle,
chrétienne et même catholique.
N
otre Eglise n’est pas auto-
référencée. Elle n’est pas un
parti politique qui cherche des
électeurs, ni une religion qui appâte des
adeptes, ni une société de lobbying. Elle
est l’outil de Dieu pour le salut du
monde. Quand elle se préoccupe d’elle-
même, elle perd sa sève, sa verdeur, sa
raison d’être ; elle pourrit.
Le père détestait les tendances au
repliement. Lui si « peuple », n’aimait
la religion populaire que lorsqu’elle
conduisait à dissiper de nos esprits
les fumées de l’obscurantisme, de
l’assujettissement et de la superstition
pour nous ouvrir, conscients et
responsables, à l’engagement :
« Évangélisez vos milieux de vie ! »
En JÉSUS, se révèle la vocation de
chacun : Agriculteurs, nourriciers du
peuple par la terre que Dieu leur a
donnée, véritables remparts contre
la dépendance aux autres qui nous
menace ; Marins-pêcheurs, aventuriers
de la mer et nourriciers des rivages ;
Enseignants et éducateurs, architectes
de notre avenir ; Jeunes des mondes
ruraux et urbains, héritiers de la joie
et du savoir-vivre de chez nous ;
Fonctionnaires, apôtres et gardiens du
bien commun ; Entrepreneurs et Cadres,
serviteurs du dynamisme, du bien-être
et de la fierté par le travail ; Médecins,
personnels de santé et travailleurs
sociaux, agents de l’humanisation
d’une société qui n’oublie pas les plus
fragiles ; Journalistes et communicants,
serviteurs de la vérité et de la justice…
et tous les autres juristes, techniciens,
restaurateurs, acteurs du tourisme,
transporteurs, ouvriers, marchands, …
IL est LÀ, au cœur de vos vies ! Présent
d’abord dans vos relations familiales et
professionnelles.
Les institutions de l’Eglise (diocèse,
paroisses, communautés, groupes,
mouvements, et même le clergé) ne
sont là qu’en « back office », pour que
tous témoignent du Christ dans la vie
de tous les jours.
Pour ce prêtre, la liturgie est une
« pompe » qui transforme l’eau stagnante
(nid à moustiques) en eau vive qui coule
dans les sillons de la terre ! La messe,
source de la vie chrétienne, féconde
TOUTES les réalités de notre vie. La
« messe », n’est-ce pas la « mission » ?
Pour les catholiques les plus chauds, le
moment le plus important c’est : « Allez
dans la paix du Christ ». C’est l’envoi
en mission, le début d’une aventure.
Alors que les plus froids retournent aux
activités normales et que les tièdes se
contentent de leur « tite-messe » qui ne
change rien dans leur façon d’être.
Enfin, le père Jean-Michel aurait été fou de
joie de lire « Laudato Si ». Cette encyclique
du pape François sur l’écologie intégrale
prône la communion de l’activité et la
culture humaines avec l’environnement
et avec Dieu. Avec E CCLESIA ’M 2020 !,
travaillons à ce que la Martinique mette
en œuvre intégralement ce projet. Nous
le pouvons. Dieu nous le demande.
C’est ça, la Martinique debout, ressuscitée
avec le Christ.
+ fr. David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 15
PÈRE GASTON JEAN-MICHEL UNE MARTINIQUE DEB\nOUT DOSSIER
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 16
Comme dit le titre du grand Témoin : il est
au diocèse ce que Césaire était à Fort-de-
France et au Monde.
Cet Homme Témoin, Militant, Soldat du
Christ, Résistant "RASIN' KAS".
Il est un adepte de la construction d’un
monde meilleur. Il a permis aux paysans
d’accéder à la terre.
Père Jean-Michel Gaston après 4 ans
d’absence vous êtes de retour : Votre Voix
se fait entendre et attendre.
Qu’aviez vous à no\qus dire sur la
Martinique ?
La situation de la Martinique est ambiguë et
paradoxale, personne ne peut dire ce que
sera ce pays demain.
Que faut-il faire ?\q
Il faut reprendre la main sur notre vie.
Comme dit le Concile Vatican II,
« Vocation du Laïc, c’est la gestion du
temporel ».
Il faut toujours trouver des alternatives aux
situations présentes face à Goliath, David
peut résister, c'est-à-dire à la Mondialisation
ou à la dégradation du système.
Lutter pour ne pas se laisser « Condi-
tionner» ou « Bestialiser».
L’a\btion \batholique \qétant votre
« Dada », que devo\qns nous
faire ?
L’action Catholique s’étiole un peu – le
militantisme est en baisse. A nouveau
apprendre à : VOIR – JUGER – AGIR, c'est-
à-dire à avoir une bonne idée de lecture
des situations et des enjeux.
Nous avons des défis à relever le bras armé,
c’est l’Evangile dans ce monde totalisant
sans foi ni loi.
Il faut plus d'engagements personnels
et collectifs, plus de coopération et de
collaboration dans les quartiers, les familles,
l’église et Petites Communautés Ecclésiales
(PCE).
Je pense que les Martiniquais s’éveillent à
l’appel que le Seigneur ne peut manquer
de leur faire.
Ils prieront et agiront dans le sens de
l’évolution positive. Un pays qui glisse vers
la corruption est un pays destiné au malheur
pour la société et pour les citoyens les plus
honnêtes.
Car loin de vouloir arrêter l’hémorra-
gie sociale, politique, économique, etc.,
nous sommes les pourfendeurs : sur
les problèmes de pollutions environ-
nementales, sanitaires, catastrophes
écologiques et toutes les consomma-
tions toxiques ou additives débridées et
gaspilleuses.
Ré\bemment, il y avait un slogan :
« Martinique, île à\q vendre !
Qu’en pensez vous \q?
Il y a des réajustements à faire dans les
consciences par rapport à l’avenir, c'est-à-
dire le milieu naturel, le foncier, le caritatif,
le politique.
Le Seigneur a donné la consigne en « Gen.1 »
de dominer, cultiver, protéger, sauvegarder
la terre.
« Il faut donc attirer l’attention sur le choc
des terres bétonnées, les autorités sanitaires
ont signalé que 92% des Martiniquais sont
contaminés par le chlordécone, et les
terres elles-mêmes suivent. « Nous avons
‘’chlordéconé’’ »,
Cette molécule restera dans la terre entre
460 et 2000 ans. Il faut mettre en valeur les
terres contaminées cependant, en utilisant
les fonds Européens par exemple, ou
adopter une autre agriculture plus intégrée.
Qu’avez-vous à rajo\quter ?
Nous sommes en Synode, c’est l’occasion
d’analyser et de réfléchir dans les chantiers.
Ce n’est pas l’option curative qu’il faut
prendre, mais plutôt la préventive.
Pour porter la devise de Mgr David Macaire :
« Montrer Jésus ». Père Pierre Henderson, Curé de la Paroisse
Saint Laurent du Lamentin, Aumônier de la FEMAC
■
PÈRE GASTON JEAN-MICHEL
UNE MARTINIQUE DEB\nOUT DOSSIER
En ce \bour de Pâques, le père Pierre Henderson fait parler le père Gaston Jean-Michel, quatre
ans après l'enciellement...
Père Gaston Jean-Michel :
Témoin, Militant, Soldat du Christ, Résistant !
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 17
Le père Gaston Jean-Michel nous a laissés le 21avril 2015, et
sa flamme brûle encore. Il a donné sa vie pour l’annonce du
Christ au milieu d’une population en quête d’identité et qui,
dans le contexte d’au\bourd’hui, se pose la question de sa foi et
du vivre ensemble après l’esclavage.
L
e père Jean-Michel aura puisé
dans le concile Vatican II les
possibilités nouvelles pour mettre
en œuvre et déployer sa puissance de
transformation de l’évangile au niveau
social, politique et économique. (David
Macaire, o.p. et Glies Danroc, o.p, Le père
Gaston Jean Michel Témoin de l’évangile,
p. 136). L’Evangile sa nourriture, lui a
donné l’énergie révolutionnaire du
Christ pour l’action. Il avait la ferme
conviction que l’évangile appelait les
chrétiens à transformer la Martinique,
cette terre, que Dieu leur a donnée.
C’est dans l’action catholique auprès de
jeunes agriculteurs chrétiens qu’il en a
donné le plus grand témoignage.
Le père Jean-Michel était un homme
de paix mais également de vérité et de
justice. Selon lui, après l’abolition de
l’esclavage à la Martinique, il a manqué
une réforme agraire qui n’aurait été que
justice. Permettre aux afro-descendants
d’accéder à la terre qu’ils réclamaient
pour travailler. Pouvoir vivre du fruit de
son travail n’était pour lui que justice. Il
considérait que le vivre ensemble faisait
appel à des actes forts et des décisions
courageuses que personne jusqu’ici n’a
osé prendre.
Plus de 170 ans après l’esclavage, le
« vivre ensemble » entre les différentes
composantes de notre société
martiniquaise reste notre grand défi. Le
père Gaston Jean-Michel, l’humaniste et
le chrétien, demeure encore lumière sur
notre chemin d’unité, cette page de notre
histoire qui demeure encore inachevée.
Erudit qu’il était, le père Jean-Michel
connaissait très bien l’histoire tragique de
la Martinique pour l’avoir bien étudiée. Il
avait la conviction que ce peuple, malgré
ses blessures et son inachèvement,
avait atteint un achèvement de par son
élection en temps que peuple d’enfant
de Dieu.
Le père Jean-Michel nous invite à prendre
au sérieux notre élection qui vient de
notre baptême. Dieu nous a choisis
pour être pour le monde des témoins
de pardon après l’offense. Il nous a
donné la force de l’amour pour arriver
au dépassement de nos différences de
couleurs, de classes sociales pour vivre
ensemble.
Le métissage à la Martinique peut-être
réussi et fraternel, si nous accueillons
notre vie dans ce pays et dans cette
culture, comme un don de Dieu et non
comme une malédiction.
Le père Jean-Michel a su éviter le piège
du silence devant la souffrance dû à
l’esclavage et ses conséquences, et il a
aussi eu la lucidité de mettre en garde
contre l’autre piège de la division que
portait en eux le marxisme et l’athéisme.
Il a lancé un cri de ralliement à l’évangile
pour toute la société afin qu’elle se
remette debout, en mouvement et
travaille à construire ce pays ensemble.
\
Aujourd’hui, son cri résonne encore
dans nos cœurs, mais cela nous a t-il
rendu capable, plus de 170 dix ans
après l’abolition de l’esclavage, de nous
regarder mutuellement avec un regard
fraternel ?
La réalité de la vie à la Martinique nous
montre qu’il existe encore des résistances
au vivre ensemble et au métissage ; tous
les cœurs ne sont pas encore prêts pour
le grand rassemblement fraternel. Le
métissage, nous ne l’avons pas choisi,
par la violence de l’histoire, il s’est imposé
à nous et nous en sommes le produit.
Plus que jamais, que nous soyons ici ou
d’ailleurs, s’impose à nous la nécessité
d’évoquer le message universel de vérité,
de justice, de pardon et réconciliation
que nous a laissé l’homme de foi et
l’humaniste qu’a été le père Jean-Michel.
Pour que les populations de nos sociétés
post-esclavagistes ne se retrouvent
pas dans l’impasse entre colère et
impuissance, elles sont invitées à grimper
sur les épaules de ce géant, afin de voir
plus loin et marcher vers un destin choisi.
Alors notre métissage deviendra pour
chacun de nous un évènement heureux
et toujours fraternel.
Père Benjamin François-Haugrin ■
Un homme de foi et un humaniste !
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P
osons-nous ces questions : notre
société évolue-t-elle dans le
bon sens ? Quel est le degré de
responsabilité de nos décideurs ? Sommes-
nous sous perfusion économique ? Les
changements de comportement ne font-ils
pas ressortir des lourdeurs qui accentuent
dangereusement le « débouya pa péché » ?
Nos villes se peuplent alors que nos
campagnes peinent à produire des aliments
sains et de bonne qualité. Le scandale du
chlordécone a réveillé les consciences qui
ont conduit nos agriculteurs responsables
à mieux respecter leur terre, mais au prix
d’efforts et de sacrifices méconnus du grand
public. Le principe de précaution que leur
impose la traçabilité s’apparente à une
grande rigueur d’exploitation qui freine
dangereusement la distribution des produits
locaux. Sans une organisation solidaire au
sein d’une coopérative structurée et bien
administrée, la relation entre producteurs et
consommateurs ne favorise pas la confiance,
ce qui accorde aux acteurs d’importations
une liberté parfois irresponsable et
synonyme de profits démesurés.
Le principe du « voir, juger, agir »
appliqué dans nos mouvements d’actions
catholiques nous invite de plus en plus à
privilégier notre méthode de révision de
vie pour faire ressortir les problématiques
évoquées, et rechercher pour soi et pour
les autres les motivations indispensables
à une bonne gestion des terres agricoles.
C’est là une façon de vivre notre foi, de
communiquer tout en se formant selon les
bons principes inculqués par le révérend
père Gaston Jean Michel.
La Martinique de demain aura besoin de
solidarité certes, mais surtout du pouvoir
de décider pour et par elle-même afin
que nos propres richesses humaines et
environnementales soient privilégiées quand
des avantages locaux méritent la priorité.
Hugues Daniel JOSEPH
Président des Chrétiens du Monde Rural (CMR)
■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2019 – n° 584 18
PÈRE GASTON JEAN-MICHEL
UNE MARTINIQUE DEB\nOUT DOSSIER
«P
rier, et agir ! », c’était le mot
d’ordre de Mgr Gaston Jean-
Michel, homme de foi et
d’action, qui a laissé à la Martinique et à son
Église un dynamisme nouveau et perpétuel
dans des domaines tels que l’action
catholique agricole et la communication,
entre autres ! Nous voyons d’ailleurs
aujourd’hui un beau fruit de son héritage,
avec l’œuvre missionnaire et charitable de
l’un de ses fils spirituels : notre archevêque,
Mgr David Macaire.
Oui, la prière et l’action ! Non pas l’un, sans
l’autre. D’ailleurs, si nous parlons de prier
et d’agir, c’est d’abord parce que notre
Seigneur, le Christ Jésus, nous a lui-même
envoyés ! Rappelons-nous : « Allez dans le
monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la
création » (Marc 16, 15). C’est alors qu’il y a plus
de deux mille ans, le Seigneur Jésus a envoyé
le peuple des baptisés communiquer ! Vous
et moi, sommes donc concernés. En effet,
nous devons communiquer l’Évangile par
nos vies, et cela au monde entier ! Le monde
de nos amis, de nos paroisses, de nos voisins,
de notre famille, de nos collègues, de nos
ennemis… a besoin de recevoir la bonne
nouvelle de l’amour de Dieu ! Et cet amour
de Dieu est missionnaire par nature, puisqu’il
sauve ! À nous donc d’être des fervents
communicants, là où nous sommes.
Comment faire ? Eh bien d’abord en priant. En
effet, prier c’est vivre, vivre de l’intérieur. Tout
part du cœur, c’est le Christ lui-même qui l’a
dit (Luc 6, 45), c’est pourquoi pour faire jaillir
la vie de Dieu en nous, nous devons passer
du temps avec lui dans l’intimité du temple
que nous sommes. Notre intérieur ne doit
pas ressembler à une église vide, sombre et
glacée, sinon ce qui débordera de nous sera
terrible pour ceux qui nous entourent. Et là
donc, est-ce que c’est l’amour et le bonheur
que nous communiquerions ? Au contraire !
Ravivons la flamme de la prière en parlant
à Dieu d’un cœur sincère, en nous laissant
imprégner de l’Évangile, du Notre Père et de
l’Ave Maria, en contemplant en silence les
merveilles de Dieu dans notre si belle nature,
ou encore en le louant comme David ! Alors
là, assurément, nous serons du sel et de la
lumière véritable dans ce monde qui a tant
besoin de goût et de chaleur. Et en fait, voici
que nous sommes déjà dans l’action ! Car en
ravivant la flamme de nos cœurs dont nous
parlions un petit peu plus tôt, comment ne
pas désirer se mettre à l’œuvre ! Quitte à prendre le risque de se tromper au départ,
mais au moins soyons libre de communiquer
notre foi et l’amour qui nous brûle à nos amis,
dans nos paroisses, à nos voisins, à notre
famille, à nos collègues, et encore mieux
à nos ennemis ! Car ainsi, il n’y aura plus
d’ennemis, il y aura seulement des amoureux
de Dieu qui s’écrieront à leur tour « frères,
que devons-nous faire ? » (Actes 2,37), et là,
le cœur rempli d’Esprit Saint nous pourrons
sur nos réseaux sociaux leur partager la vie
de l’Église : temps d’évangélisation, retraites,
horaires des Messes, communautés, etc.
Et pour nous tous, communicants du diocèse
et des paroisses, nous aurons le cœur de plus
en plus en joie de nous savoir « en mission »,
suite aux appels du Christ et de son serviteur
martiniquais, Mgr Gaston Jean-Michel.
Prions et agissons, dans l’Esprit, en Martinique
et au-delà !
Yann Brédas, Équipe communication du diocèse de
Saint-Pierre et Fort-de-France
■
Communiquer : c’est une mission !
Merci Mgr Gaston Jean-Michel
