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Famille, D ieu appelle tes enfants
E g lise
en MARTINIQUE
N° 585
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
5 MAI 2019
Les nouvelles de la Famille diocésaine
Ma famille missionnaire : ne ratez pas la page 12
22 Mé : Guérison de la "Famille Matnik"
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EDITORIAL
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DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04
http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com
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«M
’aimes-tu ? »… « Suis-moi ! ». C’est à nous
aujourd’hui que ces paroles s’adressent. Comme
Pierre, nous somme invités à faire entièrement
confiance à Jésus qui nous offre sans limite son amour et sa
miséricorde. Le Christ ressuscité est là, bien présent. Il n\
ous rejoint
au cœur de nos vies et de nos épreuves. Avec Lui et par Lui, nous
sommes envoyés dans le monde pour témoigner de notre foi.
Le 4
ème dimanche de Pâques (12 mai), l’Eglise universelle fête la
56 ème Journée mondiale de prière pour les vocations. La vocation
est un appel. Famille, Dieu appelle tes enfants…. Rappelez-vous
toujours que, à ceux qui laissent les filets et la barque pour le sui\
vre,
le Seigneur promet la joie d’une vie nouvelle, qui comble le cœur \
et
anime le chemin, exhorte le pape François dans son message intitulé
« Le courage de risquer pour la promesse de Dieu ».
Certains baptisés répondent à l’appel et essaient d’imite\
r la forme
de vie du Christ par des vœux particuliers. C’est le cas des prê\
tres,
et la question qui est souvent posée à leur sujet concerne le
mariage : Pourquoi les prêtres ne sont-ils pas mariés ? Des éléments
de réponse très édifiants sont donnés dans la rubrique « \
An tchè
Légliz-la ».
C’est également, entre autres, le cas des veuves consacrées. Au
sein de la Communauté Anne la prophétesse, des veuves consacrent
leur vie dans la continuité des grâces de leur sacrement de mariag\
e,
en union avec leur mari défunt. Par ailleurs, l’Eglise accueille
chaque année les catéchumènes qui témoignent de l’appel r\
eçu à
se mettre en route.
La famille chrétienne est un acteur privilégié de l’évangélisation
au quotidien. Aussi, dans notre diocèse, la « Pentecôte des
familles » se prépare activement sous l’égide de notre archevêque,
du Renouveau Charismatique et des Services diocésains de la
Catéchèse et de la Pastorale familiale. Elle se déroulera le di\
manche
9 juin 2019, le matin en paroisse, et l’après-midi au stade Pierre
Aliker. Une organisation est mise en place dans les paroisses pour
permettre au plus grand nombre de vivre pleinement ce temps fort.
Toutes les familles sont invitées à prendre part à cet évé\
nement.
Le 22 mai prochain, la Martinique commémorera l’abolition de
l’esclavage. Notre diocèse s'associe à cet événement impo\
rtant de
l'Histoire, et consacre un dossier à la thématique. Une neuvaine
de prière est ainsi proposée pour la Guérison des blessures de
l'esclavage.
Oui Jésus, nous t’aimons. Que ta Joie soit notre force ! Fais de n\
ous
des témoins et des messagers de ton amour.
Bon mois de Mai à tous, sous le tendre regard de Maman Marie !
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
EGLISE UNIVERSELLE
• La Parole Dominicale
• Recollection Bèlè L\bgliz
• Etre veuve consacr\be, c’est quoi au juste ?
• « Besoin d’être reconnu … »
• La veill\be pascale à Ducos
• Marie-Micheline, nou\nvelle venue dans la famille catholique
• Mon baptême a ch\nang\b ma vie
• Pentecôte des familles 2019
• 22 M\b : Gu\brison de \nla famille martiniquaise
• Neuvaine de prière pour la Gu\brison \ndes blessures de l’esclavage
• Honore ton père et ta mère
• Mandela et la R\bconciliation
• Pourquoi les prêtres ne sont-ils pas mari\bs ?
• R\bveil missionnaire
• Message du pape F
rançois
pour la 56
ème Journ\be Mondiale de prière
pour les Vocations
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Dossi\br : 22 MÉ
MÉDIAS 19
• Pourquoi les prêtres ne sont-ils • Pourquoi les prêtres ne sont-ils
AN TCHÈ LÉGLIZ-LA 18
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+ Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■
D
ans un peu plus d’un mois, la Pentecôte ! Cette
année, chez nous, avec le projet de la Pentecôte
des Familles, elle prendra une dimension
missionnaire. C’est une première, car notre diocèse de
Martinique, qui a beaucoup de qualités, de ferveur, de
manifestations de l’Esprit, n’est pas encore un diocèse
entièrement éveillé par le virus missionnaire. Il faut
l’avouer, nous savons célébrer le Seigneur dans nos
vies, mais nous ne sommes pas encore tous brûlés
du désir de l’annoncer. Nous n’avons pas encore les
réflexes communautaires, les structures missionnaires,
les temps forts et les outils de la mission…
Mais les choses changent ! Cette année 2019, les
familles vont inviter d’autres familles ! Ce ne sont
pas des affiches ou des annonces à la messe qui vont
toucher ces frères et sœurs dont les enfants ou les
filleuls sont au catéchisme, mais qui ne fréquentent pas
vraiment l’Eglise : Ce seront des invitations personnelles,
les yeux dans les yeux !
E
CCCLESI a’M 2020 ! a lancé notre famille diocésaine sur
des sentiers missionnaires que nous ne soupçonnions
pas : accueil dans les paroisses, Mission Étudiante,
dialogue avec la société et le monde politique, accueil
spirituel de Padre Pio, et aujourd’hui, avec la Pentecôte
des Familles, ce sont les catéchistes qui entrent dans la
mission… quelle joie !
Pour féliciter les catéchistes et leur montrer combien
je vois les fruits de leur ministère, j’aimerais vous
faire lire cette lettre d’une confirmande que j’ai reçue
dernièrement :
Cette lettre, qui devrait motiver même les plus découragés
d’entre nous, nous révèle que l’Esprit souffle chez nos
jeunes. Ce qu’ils attendent de leur Eglise : non pas de la
timidité, ni un Évangile au rabais, mais de l’AUDACE !
SI I BEL, DI I BEL !
Monseigneur ,
Je vous écris aujourd 'hui , c'est pour vous demander le sacrement
de confirmation . Car je me sens prête et je me sens capable .
Ma vie personnelle avec Jésus se résume en quelques mots
:
parfois de l
'amour , parfois de la peine , parfois de la peur ,
parfois de la haine , parfois de la joie… mais toujours de l 'espoir !
L'espoir de croire ! Jésus et moi , nous sommes si proches et si
éloignés à la fois
. Mais je sais qu’Il ne me tourne jamais le dos .
(
C’est moi qui le fais parfois ). J 'ai perdu beaucoup de choses
et j
'en ai gagné tout autant… mais il y a une chose dont je suis
sûre
, c'est que Jésus était toujours avec moi .
Parfois je crois , parfois je ne crois pas… je ne peux pas m 'empêcher
de douter . Mais je sais que je crois au fond de moi . Il y a
beaucoup trop de pensées qui s 'entrechoquent dans ma tête , mais
il y en a une qui persiste : JESUS M ’AIME ! Moi je le
sais
, je le sens . Je vis ma foi chaque jour différemment : souvent
elle est hésitante
, fragile , mais il y a des instants où je suis plus
sûre que jamais
. Ces instants sont forts et parlants . Alors je
m
'exprime pour dire ce qu 'il me semble avoir dit .
La peur ne tient pas devant Dieu . Ce sera à SON appel que
je répondrai quand on dira mon nom le fameux jour
(de ma
confirmation
). Je n 'ai pas peur et j 'en suis fière . Je suis fière
de dire que je suis prête à devenir autonome dans ma foi
.
Après la confirmation , je compte être différente… enfin pas
vraiment
, car je veux rester celle que je suis . Je compte aimer
Dieu
, Jésus , mon prochain . Je compte garder le sourire ,
apprécier d 'avoir eu la chance de connaître Jésus . Je dirais
peut -être au monde entier toutes les merveilles que Dieu a faites .
Je voudrais aider les opprimés et les pauvres . Et si c 'est vrai
que qui croit en Dieu peut déplacer les montagnes
, alors j 'en
déplacerai les plus grandes et les plus infranchissables
.
J
'ai entendu des gens dire qu’en sortant de l’églis e , ils se sont
sentis comme des chrétiens accomplis… Alors moi aussi , je
veux être sûre de ma foi et croire en toutes circonstances . Je
le veux de tout mon cœur
, de toute mon âme , et en cet instant
plus que tout
!
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 3
MOT DE L’ÉVÊQUE
Réveil missionnaire
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 4
Le courage de risquer pour la promesse de Dieu
MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
C
hers frères et sœurs,
Après avoir vécu en octobre
dernier l’expérience dynamique
et féconde du Synode dédié aux jeunes,
nous avons récemment célébré à
Panama les 34 èmes Journées mondiales
de la Jeunesse. Deux grands rendez-
vous, qui ont permis à l’Eglise de tendre
l’oreille à la voix de l’Esprit et aussi à la
vie des jeunes, à leurs interrogations,
aux lassitudes qui les accablent et
aux espérances qui les habitent. En
reprenant justement ce que j’ai eu
l’occasion de partager avec les jeunes
à Panama, en cette Journée mondiale de
prière pour les Vocations, je voudrais
réfléchir sur la manière dont l’appel
du Seigneur nous rend porteurs d’une
promesse et, en même temps, nous
demande le courage de risquer avec
Lui et pour Lui. Je voudrais m’arrêter
brièvement sur ces deux aspects – la
promesse et le risque – en contemplant
avec vous la scène évangélique de
l’appel des premiers disciples près du
lac de Galilée (Mc 1, 16-20).
Deux couples de frères –Simon et
André avec Jacques et Jean– sont en
train d’accomplir leur travail quotidien
de pêcheurs. Dans ce dur métier,
ils ont appris les lois de la nature,
et quelquefois ils ont dû la défier
quand les vents étaient contraires et
que les vagues agitaient les barques.
Certains jours, la pêche abondante
récompensait la grande fatigue, mais
d’autres fois, l’effort de toute une nuit
ne suffisait pas à remplir les filets et on
revenait sur le rivage fatigué et déçu. Ce sont là les situations ordinaires de la
vie, dans lesquelles chacun de nous se
mesure avec les désirs qu’il porte dans
le cœur, se consacre à des activités qu’il
espère pouvoir être fructueuses, avance
dans la “mer” de différentes manières à
la recherche de la route juste qui puisse
étancher sa soif de bonheur. Parfois il
jouit d’une bonne pêche, d’autres fois,
au contraire, il doit s’armer de courage
pour tenir le gouvernail d’une barque
ballottée par les vagues, ou faire face
à la frustration de se retrouver avec les
filets vides.
Comme dans l’histoire de chaque
appel, même dans ce cas une rencontre
survient. Jésus marche, il voit ces
pêcheurs et s’approche… C’est arrivé
avec la personne avec laquelle nous
avons choisi de partager la vie dans le
mariage, ou quand nous avons senti
l’attrait pour la vie consacrée : nous
avons vécu la surprise d’une rencontre
et, à ce moment, nous avons entrevu la
promesse d’une joie capable de combler
notre vie. Ainsi, ce jour-là, près du lac
de Galilée, Jésus est allé à la rencontre
de ces pêcheurs, rompant la « paralysie
de la normalité ». Et tout de suite il leur
adresse une promesse : « Je vous ferai
devenir pêcheurs d’hommes » (Mc 1, 17).
L’appel du Seigneur alors n’est pas une
ingérence de Dieu dans notre liberté ;
ce n’est pas une “cage” ou un poids qui
nous est mis sur le dos. C’est au contraire
l’initiative amoureuse avec laquelle Dieu
vient à notre rencontre et nous invite
à entrer dans un grand projet dont il
veut nous rendre participants, visant
l’horizon d’une mer plus vaste et d’une
pêche surabondante.
Le désir de Dieu, en effet, est que notre
vie ne devienne pas prisonnière de
l’évidence, ne soit pas entraînée par
inertie dans les habitudes quotidiennes
et ne reste pas inerte devant ces choix qui
pourraient lui donner une signification.
Le Seigneur ne veut pas que nous nous
résignions à vivre au jour le jour en
pensant que, au fond, il n’y a rien pour
quoi il vaille la peine de s’engager avec
passion, et en éteignant l’inquiétude
intérieure pour chercher de nouvelles
routes à notre navigation. Si quelquefois
il nous fait expérimenter une “pêche
miraculeuse”, c’est parce qu’il veut nous
faire découvrir que chacun de nous est
appelé –de façons diverses– à quelque
chose de grand, et que la vie ne doit pas
rester empêtrée dans les filets du non-
sens et de ce qui anesthésie le cœur. La
vocation, en somme, est une invitation
à ne pas nous arrêter sur le rivage avec
les filets à la main, mais à suivre Jésus au
long de la route qu’il a pensée pour nous,
pour notre bonheur et pour le bien de
ceux qui sont autour de nous.
Naturellement, embrasser cette
promesse demande le courage de
risquer un choix. Les premiers disciples,
en se sentant appelés par lui à prendre
part à un rêve plus grand, « aussitôt,
laissant leurs filets, le suivirent ». Cela
signifie que pour accueillir l’appel du
Seigneur, il convient de se mettre en
jeu avec tout soi-même, et de courir le
risque d’affronter un défi inédit ; il faut
laisser tout ce qui voudrait nous tenir
EGLISE UNIVERSELLE\n
Pour la 56
ème
Journée Mondiale
de prière pour les Vocations
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 5
attachés à notre petite barque, nous
empêchant de faire un choix définitif ;
il nous est demandé cette audace qui
nous pousse avec force à la découverte
du projet que Dieu a sur notre vie. En
substance, lorsque nous sommes placés
face à la vaste mer de la vocation, nous
ne pouvons pas rester à réparer nos
filets sur la barque qui nous donne
sécurité, mais nous devons nous fier à
la promesse du Seigneur.
Je pense surtout à l’appel à la vie
chrétienne, que tous nous recevons au
Baptême et qui nous rappelle comment
notre vie n’est pas le fruit d’un hasard,
mais le don du fait d’être des enfants
aimés du Seigneur, rassemblés dans la
grande famille de l’Eglise. L’existence
chrétienne naît et se développe
justement dans la communauté
ecclésiale, surtout grâce à la Liturgie, qui
nous introduit à l’écoute de la Parole de
Dieu et à la grâce des sacrements ; c’est
là que, depuis le plus jeune âge, nous
sommes initiés à l’art de la prière et au
partage fraternel. C’est justement parce
qu’elle nous engendre à la vie nouvelle
et nous conduit au Christ que l’Eglise
est notre mère ; c’est pourquoi nous
devons l’aimer également lorsque nous
découvrons sur son visage les rides de
la fragilité et du péché, et nous devons
contribuer à la rendre toujours plus
belle et lumineuse, afin qu’elle puisse
être témoin de l’amour de Dieu dans
le monde.
La vie chrétienne, ensuite, trouve son
expression dans ces choix qui, tandis
qu’ils donnent une direction précise
à notre navigation, contribuent aussi
à la croissance du Royaume de Dieu
dans la société. Je pense au choix de
s’épouser dans le Christ et de former une
famille, ainsi qu’aux autres vocations
liées au monde du travail et des métiers,
à l’engagement dans le domaine
de la charité et de la solidarité, aux
responsabilités sociales et politiques,
et ainsi de suite. Il s’agit de vocations qui
nous rendent porteurs d’une promesse
de bien, d’amour et de justice non
seulement pour nous-mêmes, mais
aussi pour les contextes sociaux et
culturels dans lesquels nous vivons,
qui ont besoin de chrétiens courageux
et d’authentiques témoins du Royaume
de Dieu.
Dans la rencontre avec le Seigneur,
certains peuvent sentir l’attrait d’un
appel à la vie consacrée ou au sacerdoce
ordonné. Il s’agit d’une découverte qui
enthousiasme et qui en même temps
fait peur, se sentant appelés à devenir
“pêcheurs d’hommes » dans la barque
de l’Eglise à travers une offrande totale
de soi-même et l’engagement d’un
service fidèle à l’Evangile et aux frères.
Ce choix comporte le risque de tout
laisser pour suivre le Seigneur et de
se consacrer complètement à lui pour
devenir collaborateurs de son œuvre.
De nombreuses résistances intérieures
peuvent empêcher une décision de
ce genre, comme aussi dans certains
contextes très sécularisés, où il semble
ne plus y avoir de place pour Dieu et
pour l’Evangile, on peut se décourager
et tomber dans la « lassitude de
l’espérance ». Pourtant il n’y a pas de
joie plus grande que de risquer sa vie
pour le Seigneur ! En particulier à vous,
les jeunes, je voudrais dire : ne soyez pas
sourds à l’appel du Seigneur ! S’il vous
appelle pour ce chemin, ne tirez pas votre
épingle du jeu et faites-lui confiance.
Ne vous laissez pas contaminer par
la peur qui nous paralyse devant les
hauts sommets que le Seigneur nous
propose. Rappelez-vous toujours que,
à ceux qui laissent les filets et la barque
pour le suivre, le Seigneur promet la joie
d’une vie nouvelle, qui comble le cœur
et anime le chemin. Très chers, il n’est pas toujours facile de
discerner sa vocation et d’orienter sa
vie d’une façon juste. Pour cela, il faut un
engagement renouvelé de la part de toute
l’Eglise –prêtres, personnes consacrées,
animateurs pastoraux, éducateurs– afin
que s’offrent, surtout aux jeunes, des
occasions d’écoute et de discernement.
Il faut une pastorale pour les jeunes et
les vocations qui aide à la découverte
du projet de Dieu, spécialement à travers
la prière, la méditation de la Parole
de Dieu, l’adoration eucharistique et
l’accompagnement spirituel.
Comme cela s’est présenté plusieurs
fois durant les Journées mondiales de
la Jeunesse de Panama, nous devons
regarder Marie. Dans l’histoire de cette
jeune fille, la vocation a été aussi en
même temps une promesse et un
risque. Sa mission n’a pas été facile,
pourtant elle n’a pas permis à la peur
de prendre le dessus. Son “oui” a été
« le “oui” de celle qui veut s’engager
et risquer, de celle qui veut tout parier,
sans autre sécurité que la certitude
de savoir qu’elle était porteuse d’une
promesse. Et je demande à chacun de
vous : vous sentez-vous porteurs d’une
promesse ? Quelle promesse est-ce que
je porte dans le cœur, à réaliser ? Marie,
sans aucun doute, aura eu une mission
difficile, mais les difficultés n’étaient
pas une raison pour dire “non”. Certes,
elle aura des difficultés, mais ce ne
seront pas les mêmes difficultés qui
apparaissent quand la lâcheté nous
paralyse du fait que tout n’est pas clair
ni assuré par avance ».
En cette Journée, unissons-nous dans
la prière en demandant au Seigneur de
nous faire découvrir son projet d’amour
sur notre vie, et de nous donner le
courage de risquer sur la route qu’il a
depuis toujours pensée pour nous.
Du Vatican, le 31 janvier 2019,
Mémoire de saint Jean Bosco.
François
■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 66
Dimanche 05 mai 2019 \0
la P arole Dominicale
Actes 5,27b-32.40b-41\P • Psaume 29 • A\bocaly\bse 5,11-14 • J\Pean 21,1-19
3 ème dimanche de Pâques - Année C
F
rères et sœurs, le dernier
mot de l’évangile que nous
venons d’entendre est celui de
« témoins ». C’est un thème sur lequel
saint Luc revient souvent, en recourant
à deux termes différents : le premier,
employé une seule fois, consiste à
simplement rendre compte, c’est le
témoignage visuel ; et le deuxième, très
fréquent, qui évoque un engagement
personnel allant jusqu’au don de la vie,
c’est le martyre. C’est le terme employé
ici, et tout au long des Actes des Apôtres,
sans doute parce que c’est le service
que Jésus attend de ses disciples au
lendemain de la résurrection.
Frères et sœurs, avons-nous le choix
entre deux appels ? Je ne le crois pas.
Même si vous comme moi, braves
mais pas téméraires, nous nous
voyons peut-être plus facilement en
simples témoins qu’en martyrs, cette
possibilité ne nous est plus offerte : à
moins d’avoir des apparitions, le temps
de la vision a disparu. Il nous faut bien
être témoins au sens de martyr. Mais
cela ne veut aucunement dire qu’en
sortant de cette célébration, vous deviez
vous précipiter à la rencontre de vos
bourreaux : le martyre est en quelque
sorte un accident, dans la mesure où
l’on ne choisit pas d’être martyr, on le
devient, c’est un aboutissement.
Quel est alors ce témoignage que Jésus
attend aujourd’hui de chacun de nous,
et qui soit donc à notre portée ? Il repose
sur l’Écriture. Vous l’aurez sans doute
constaté, aux disciples rassemblés à
Jérusalem, comme à ceux d’Emmaüs
un peu plus tôt, Jésus explique les
Écritures, il ouvre l’esprit des disciples
à leur intelligence. Ces Écritures ne
sont certes pas la seule manière de
faire la rencontre de Jésus, Jésus
se manifeste aussi dans le sacrifice
eucharistique, dans le sacrement de
réconciliation, dans la rencontre des
pauvres et des petits ; c’est vrai, mais il
se manifeste aussi à travers elles comme
le rappellent les disciples d’Emmaüs :
« notre cœur n’était-il pas tout brûlant
en chemin quand il nous interprétait
les Écritures ? ». On rapporte de sainte
Rose de Lima que, lorsqu’elle lisait les
évangiles, elle voyait un petit Jésus se
promener entre les lignes : je voudrais
bien que nous ayons tous cette chance.
L’évangile de ce jour nous demande donc
de rendre témoignage à Jésus à partir
des Écritures, en évoquant pour nos
interlocuteurs leur accomplissement,
un thème aussi fréquent chez Luc que
celui du témoignage : il est présent
aujourd’hui dans la première lecture
des Actes, « Dieu a ainsi accompli ce qu’il
avait d’avance annoncé », comme dans
l’évangile, « il faut que s’accomplisse
tout ce qui a été écrit à mon sujet ».
Dans les deux cas, ce qui s’accomplit,
c’est la Parole de Dieu : mais comment
pourrons-nous témoigner d’un tel
accomplissement si nous n’avons
qu’une très vague connaissance des
Écritures ?
J’entends déjà la réponse que l’on
va me faire : rendre témoignage à l’accomplissement des Écritures,
certes, mais celles-ci sont si vastes et
compliquées, il nous faut de l’aide.
Très franchement, avons-nous besoin
d’aide pour comprendre ce que nous
dit un ami ? Non pas, il faut le fréquenter
assidûment, et son vocabulaire, sa
manière de parler, nous deviennent
familiers. Et nous le comprenons de
mieux en mieux au fur et à mesure de
la lecture. Il en va de même avec la Bible,
commençons donc par le plus simple,
les évangiles, les psaumes, quelques
prophètes, sans trop nous poser de
questions, disons une
lectio divina
adaptée… et le reste deviendra simple.
Mais commençons, n’attendons pas, ne
cherchons pas d’excuses.
Frères et sœurs, je voudrais vous poser
une question. Je suis sûr que vous
ouvrez plusieurs fois par jour votre
courrier électronique pour prendre
des nouvelles des uns et des autres.
Faîtes-vous de même avec votre bible ?
Pas sûr ! Pourtant les propositions n’ont
jamais été si nombreuses. Je prends
au hasard : Retraite dans la ville, Signe
dans la bible, Théobule… Alors je vous
propose un engagement, celui d’ouvrir
votre bible au moins une fois chaque
jour dès lors que vous ouvrez votre
courrier électronique : parce que Dieu
et Jésus sont vos amis, qu’ils voudraient
eux aussi de vos nouvelles et que vous
sachiez ce qu’ils deviennent. Et vous
verrez que vous finirez par leur rendre
témoignage.
fr. Hervé Ponsot, op ■
Rendre témoignage aux Écritures
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 7
VIE DU DIOCÈSE
La récollection des équi\bes Bèlè Légliz du diocèse s’est tenue le 24 mars 2019 au
Lorrain, de 9h à 17h. Etaient \brésentes les équi\bes de Josseaud, Lamentin, Trois-ilets,
Cathédrale, Lorrain.
L
a maison de la culture, située
à proximité de l’église et
du presbytère, mise à notre
disposition par le maire de la ville,
est notre premier lieu de rendez-vous.
Les équipes sont accueillies par le
curé de la paroisse, le père Sosthène
Godjo, et le père Gaëtan Présent, son
vicaire. Après un temps de prière, les
membres des équipes se présentent
à tour de rôle. Le père Hugues Lafine,
responsable de la formation à Bèlè
Légliz, nous fait découvrir, verset
après verset (de la situation initiale
à l’envoi en mission) le passage
de la bible relatif au démoniaque
gérasénien (Luc 8, 26-39). Ce texte est
proposé par l’intervenant pour nous
permettre de nous engager dans le
carême 2019 placé dans notre diocèse
sous le mot d’ordre : E
CCLESIA ’M 2020 !,
chemin de guérison.
Donc, après avoir manifesté sa
puissance divine en calmant la
tempête, Jésus fait face maintenant à
la violence d’une armée de démons
qui s’est emparée de la volonté d’un
homme habitant dans les tombes, nu,
déshumanisé, véritable tableau de
la déchéance morale d’une créature. Les villageois ont bien essayé de le
maîtriser avec des chaînes et des
fers, mais sans succès. Mais quel
changement lorsque Jésus intervient
pour le délivrer ! Les gens de la ville le
retrouvent assis, vêtu, et avec toute sa
raison, avec « toute sa tête », comme on
dit chez nous ! L’action transformatrice
opérée par Jésus suscite une double
réaction paradoxale : la présence de
Jésus dérange et inquiète le monde !
Au lieu de fixer le regard sur la
manifestation de la puissance de Jésus
qui guérit, qui libère, les habitants de
la région s’intéressent davantage à la
perte de leurs troupeaux de cochons.
Ainsi en est-il encore aujourd’hui !
Le père Lafine nous demande de
nous attarder notamment sur le
verset 37 : « Et toute la population de
la région des Géraséniens pria Jésus
de s’éloigner d’eux, car ils étaient en
proie à une grande peur… », et de
réfléchir à toutes ces peurs qui nous
font refuser le changement pour que
ne soit pas touchée notre zone de
confort, pour que nous n’ayons pas à
remettre en question notre situation
professionnelle, notre statut social,
nos intérêts personnels. C’est le
thème à développer pour la prochaine
célébration
Bèlè Légliz.
Le père Henderson nous rejoint plus
tard. Il nous demande de préparer
les intentions de prière à partir de ce
même verset 37 pour la célébration de
l’après-midi ! Le père Monconthour est
présent lui aussi.
A la pause-repas, les équipes peuvent
se retrouver « anba pié mango-a » ou
dans le jardin de la réconciliation et de
la miséricorde. La chapelle du Saint
Curé d’Ars est ouverte pour ceux qui
veulent partager un moment d’intimité
avec Jésus.
La conque de lambi résonne : les
équipes se rassemblent à nouveau
dans la maison de la culture pour
préparer les intentions de prière et se
rendent ensuite au deuxième lieu de
rencontre, l'église, pour la répétition
des chants et la célébration.
La journée se termine par un partage
fraternel.
Pour les équipes Bèlè Légliz
Léa Joly
■
Recollection Bèlè Légliz
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 8
Le samedi 30 mars s’est déroulée, à la cha\belle de l’archevêché et
sous la \brésidence de Mgr Macaire, une célébration eucharistique
au cours de laquelle une veuve, Liliane Branchet, a consacré son
veuvage au Seigneur. Pour ré\bondre à la curiosité suscitée \bar cet
événement, Maguy, res\bonsable nationale de cette communauté
(qui a \bris racine en France métro\bolitaine il y a quelque 30 ans),
a acce\bté de bon gré de ré\bondre à quelques questions.
Etre veuve consacrée,
c’est quoi au juste ?
Pourquoi votre communauté s’intitule-
t-elle « Anne la Prophétesse » ?
Dans l’évangile de St Luc : « Il y avait
une femme prophète, Anne… Après
7 ans de mariage, demeurée veuve, elle
était arrivée à l’âge de 84 ans. Elle ne
s’éloignait pas du Temple, servant Dieu
jour et nuit dans le jeûne et la prière ».
Anne nous sert de modèle, car elle
incarne la femme fidèle à son Seigneur,
persévérante dans son choix de vie,
toute consacrée à la prière, au jeûne, à
la louange.
Donc, la CALP - communauté Anne
la prophétess - n’accueille que des
veuves ?
Effectivement, c’est une communauté
de femmes qui ont entendu l’appel du
Seigneur à lui consacrer leur vie de veuve
dans la continuité des grâces de leur
sacrement de mariage, en union avec
leur mari défunt. Elles ne doivent donc
avoir été mariées qu’une fois, et peuvent
y entrer à partir de l’âge de 50 ans.
Une communauté ? Est-ce à dire
qu’elles vivent ensemble, comme des
religieuses ?
Pas exactement ! il existe des points
communs avec les congrégations de
religieuses, par exemple, la veuve
consacrée prononce le vœu de chasteté et
s’engage à demeurer dans cet état jusqu’à
la fin de sa vie. Il s’agit d’une véritable
vocation. La communauté possède, par
ailleurs, des statuts, une règle de vie à
laquelle on doit se soumettre. La grande
différence, c’est que la veuve consacrée
en Eglise garde ses obligations familiales
ou professionnelles ; cependant, tout en
restant dans le monde, elle s’attache à
vivre l’esprit communautaire, l’amour
fraternel avec ses sœurs dans la foi, et la
communauté est première dans sa vie !
Mais comment fait-elle pour vivre une
vie communautaire tout en restant dans
le monde ?
La veuve qui veut être consacrée reste
unie à son mari, « compagnon d’éternité»,
mais elle réalise la communauté en union
fraternelle et spirituelle avec les autres
membres, dans une communion de
prière et de conviction. Pour cela des
rencontres régulières sont programmées
tout au long de l’année, rencontre sur une
demie journée ou sur une journée entière.
Elle s’engage à y participer assidûment :
l’eucharistie, la prière, les partages,
partage de vie, partage d’évangile,
partage de thèmes y tiennent une
grande place. Elles sont soutenues par
un conseiller spirituel (prêtre, religieux,
religieuse) qui les accompagne en leur
donnant un enseignement et en les aidant
dans leur vie de foi.
Et dans leur vie quotidienne, elles ont
des obligations ?
Comme je l’ai déjà dit, la prière tient une
grande place dans leur vie quotidienne,
c’est une nécessité vitale ; l’oraison
quotidienne est au cœur de leur vie, de
même l’eucharistie, la lecture en continu
des évangiles, l’étude des thèmes,
l’application de la règle de vie. Il est
aussi nécessaire de faire régulièrement
une révision de vie et de suivre une
retraite annuelle.
Quelles sont les conditions à remplir
pour entrer dans cette communauté ?
Il faut être baptisée, n’avoir été mariée
qu’une fois et avoir été mariée à l’église.
Pour postuler, on entre en contact avec
la responsable locale de la communauté
qui proposera, à la suite d’un entretien,
la participation à une récollection,
généralement au mois de juin. L’année
alignée sur le calendrier scolaire
commence en septembre. La formation
dure quatre ans avec, à mi-parcours,
l’entrée en communauté qui sera suivie
deux ans après de la consécration, avec
toutefois la possibilité de reculer d’un
an ou deux maximum la décision finale.
La consécration du veuvage ce n’est
pas le couronnement d’une vie, mais
le point de départ d’une nouvelle vie
axée sur le don de soi au Seigneur, qui
nous appelle, dans la continuité des
grâces du sacrement de mariage. Elle
est un témoignage de fidélité ; signe
que l’amour est plus fort que la mort,
l’amour humain étant vécu comme signe
de l’Amour et de la fidélité de Dieu. ■
VIE DU DIOCÈSE
Contact en Martinique :
Monique Palcy
0696 72 62 77
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L
’ACTION CATHOLIQUE de la
MARTINIQUE : la révision de
vie, comme moyen de réflexion .
VOIR (ou REGARDER) : qu’est-ce que
les évènements ont à nous dire dans le
quotidien de tout un chacun, en nous
appuyant sur notre foi.
« A l’exemple de Jésus au cours de sa
vie, es-tu un chrétien motivé dans ta vie
professionnelle ? » (Thème de l’année
2018 -2019 )
Evangile de Jésus-Christ selon saint
Luc (10, 1-12) : « Parmi ses disciples, le
Seigneur en désigna encore soixante-
douze, et il les envoya deux par deux
devant lui dans toutes les villes et localités
où lui-même devait aller. Il leur dit :
«La moisson est abondante, mais les
ouvriers sont peu nombreux... ».
JUGER (ou DISCERNER) : malgré les
difficultés que nous pouvons rencontrer
ou auxquelles nous sommes confrontées,
notre vie est riche et mérite d’être
appréciée (l’Amour que nous donnons,
l’Amour des autres que nous recevons, et
l’Amour de Dieu pour nous tous).
AGIR (REPARTIR) : pour nous engager,
en faisant preuve de solidarité sur nos
lieux de travail, et, en changeant en vérité
notre regard.
Tout ceci s’est concrétisé le samedi
9 mars 2019, par un forum intitulé
« LA RECONNAISSANCE AU TRAVAIL »,
animé par M me Carine Cazalet, psycho-
logue du travail.
La matinée débuta par un temps d’accueil
et de présentation du prêtre de la paroisse
de Coridon, père Arnaud Goma, et de
Mme Dominique Angeon, responsable du
groupe ACMSS (Fort-de-France).
Le Président de la Fédération
Martiniquaise de l’Action Catholique
(F.E.M.A.C), M. Laurent Vestris, était aussi
des nôtres.
Après un parcours professionnel dans
les Ressources Humaines, M me Cazalet
s'est orientée vers la Santé au Travail
et la Prévention des Risques Psycho-
Sociaux (RPS). Diplômée de l'université
en psychologie sociale, du travail
et des organisations, sa formation a
été complétée par l'approche de la
psychodynamique du travail et de la
médecine psychosomatique. Elle exerce
au C.H.U de la Martinique depuis 2011.
L’expérience de M
me Cazalet lui a permis
d’enrichir ses pistes de réflexion et ainsi,
nous avons pu échanger, en élargissant
la thématique vers « la Reconnaissance
du travail ».
Grâce aux exercices que nous avons pu
faire, toute l’assemblée puis, en petits
groupes, les personnes présentes ont
mis au final l’accent, à une large majorité,
sur la notion de « RESPECT » et sur la
considération de la « PERSONNE ».
La reconnaissance AU travail se
compose de trois leviers : elle peut être
sociale (être en relation), symbolique
(faire participer, demander un avis) et,
matérielle (rétributions : salaire, primes).
La reconnaissance DU travail porte
sur la personne, son ETRE, sa pratique
professionnelle, son investissement et
ses résultats professionnels, son AGIR.
Ces deux axes de la reconnaissance
répondent à des besoins vitaux
et permettent ainsi d’assurer une
dynamique identitaire professionnelle
qui, elle-même, garantit un bon état de
santé psychologique.
Chacun d’entre nous attachons de
l’importance à certaines valeurs
personnelles, professionnelles et
interpersonnelles. Nos besoins en
reconnaissance en dépendent.
Après un temps de prière, nous avons
entonné avec beaucoup de joie, « Ne
rentrez pas chez vous comme avant…
A quoi bon les mots si l’on ne parle pas ;
à quoi bon les phrases si l’on n’écoute
pas… à quoi bon la vie si l’on n’aime pas ? »
Dominique Angeon, Responsable Diocésaine
de l’ACMSS, et Vice-présidente de la FEMAC ■
« Besoin d’être reconnu … »
Site national : www.acmss.fr –
Bulletin de Liaison de l’ACMSS Bulletin de Liaison de l’ACMSS
Site national : www.acmss.fr –
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Marie-Micheline,
nouvelle venue
dans la famille catholique
Les catéchumènes sont vraiment une chance \bour l’église.
En effet, à la veillée \bascale, sur la \baroisse de Notre-Dame
de la Divinité de Ducos, Claire, une catéchumène adulte
très joyeuse et très concentrée à la fois, entourée de ses
\barents, de son Directeur et de tous ses collègues, a reçu
les trois sacrements de l’Initiation Chrétienne.Animatrice en milieu scolaire à Fort-de-France, habitant
Saint-Jose\bh et fréquentant cette \baroisse, Marie-
Micheline Romain en\P est venue à demander le ba\btême.
L
e père Yan, par la douceur et
la tendresse qu’il incarne, a
rendu vivante, dans le cœur
de chacun : « la Bonne nouvelle de la
résurrection du Christ ».
L’Esprit de Dieu qui a ressuscité Jésus
a rassemblé au sein de la communauté
le milieu professionnel de Claire autour
de l’unité d’amour de fils de Dieu,
rendant la célébration fervente, priante
et unique.
L’unicité de la célébration a renouvelé
l’ardent désir missionnaire de l’équipe
du catéchuménat des adultes de Ducos
(Manuella Martin, Célia Steward, Éric
Sinapayen, et la responsable Marie-
Ange Pigeon)
Désormais, Claire et tous les
Catéchumènes de la Martinique sont
devenus, après leurs sacrements, des
Néophytes, C’est-à-dire des « Jeunes
Pousses ».
Le terme « Jeune pousse » fait apparaître
une fragilité. Aussi, ils attendent de
leur parrain et marraine, et surtout de
leur paroisse, le soutien nécessaire au
renforcement de leur foi chrétienne.
Ce temps du néophytat sert à enraciner
dans toute leur vie chrétienne deux
dimensions :
D'abord, la dimension de leur vie
sacramentelle :
• C’est la découverte ou la redécouverte
de la signification et de l’universalité
des paroles et des gestes de la liturgie,
en vue d’intérioriser de dimanche en
dimanche, le mystère de la mort et de
la résurrection du Christ.
Ensuite, la dimension de leur vie
communautaire :
• C’est l’intégration de ces « jeunes
pousses » dans la participation concrète
à la vie communautaire, qui s’intègre à
leur démarche de conversion et renvoie
à la réalité ecclésiale et spirituelle.
Marie-Ange Pigeon ■
E
lle chemine depuis deux ans
avec l’équipe responsable du
catéchuménat et, à la veillée
pascale, le 20 avril 2019, elle a reçu le
baptême des mains du père Wilfried
Bannais, curé de la paroisse.
C’est en suivant le catéchisme avec
Tricia, sa fille unique que Marie-
Micheline a entendu l’appel de Dieu à
se mettre elle aussi en marche. Une fois baptisée, elle veut prendre le
temps de se poser, d’écouter à nouveau
pour savoir ce que Dieu attend d’elle.
Pour l’instant, elle cherche encore sa
voie bien qu’elle ait déjà une petite
idée.
Bienvenue à Marie-Michel dans la
grande famille des enfants de Dieu.
Joël Sandot ■
La veillée pascale à Ducos
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VIE DU DIOCÈSE
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Agenda de l’Archevêque
Du 4 au 11 mai :
• Assemblée plénière de la Conférence des évêques de la
Caraïbe à Cayenne
Samedi 11 mai :
• 17h30 : Confirmation à la paroisse de Redoute
Dimanche12 mai :
• 9h : Confirmation à la paroisse de Bellevue
• Déjeuner-débat avec la Pastorale des 25-35 ans
• 15h : Confirmation des jeunes du Séminaire Collège à
l’église de Bellevue
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-
Louis
Mardi 14 mai :
• Conseil épiscopal
Mercredi 15 mai :
• 15h : Rencontre avec les confirmands des paroisses de
Régale, Josseaud et Ste Luce à l’évêché
• 18h : Catéchèse de l’évêque à Emmaüs Jeudi 16 mai :
•
9h30 : Rencontre avec les confirmands de Saint Joseph
de Cluny à l’évêché
• Soirée Mécénat « Les Chantiers de l'Archevêque »
Vendredi 17 mai :
• Messe à l’Espérance (Etablissement scolaire saint Jean-
Paul II)
• 18h : Présentation officielle du premier « CAHIER DE L’OSPEM » (Observatoire Socio Politique de l’Eglise en
Martinique) à Bellevue
Samedi 18 mai :
• 9h : Confirmation des jeunes de Saint Joseph de Cluny à
l’église Bellevue
• 17h : Confirmation à la paroisse de Sainte Marie
Dimanche 19 mai :
• 8h : Confirmation à la paroisse du Morne-Vert
• 11h : Confirmation à la paroisse de Macouba
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
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J
’étais animée d’un grand désir
de Dieu, je sentais une affinité
profonde avec les Ecritures avant
le baptême. J’ai donc fais les démarches
nécessaires pour suivre un cheminement
catéchuménal et me faire baptiser.
Dans un monde ou le religieux a décliné,
un monde sécularisé comme celui
d’aujourd’hui, j’ai réalisé qu’être chrétien
demande beaucoup de persévérance.
Mais la messe et la pratique régulière
du sacrement de réconciliation m’ont,
en quelque sorte, façonnée au Christ.
J’ai été libérée progressivement de
certains comportements, de pensées
sombres, de doutes, de peurs. Des
pardons qui semblaient impossibles,
deviennent possibles, un regard plus
miséricordieux surgit, une douceur que
je ne me connaissais pas.
Au début, la prière a été un vrai combat.
J’avais du mal à trouver un rythme
régulier de prière personnelle. Mais en persévérant, en aménageant un
coin prière dans ma chambre, petit à
petit j’ai pu en venir à ces moments où
j’aspire à me retrouver seule en tête-à-
tête avec mon Dieu, mon Roc. Et je me
rends compte que tout part de la prière,
et tout me ramène à la prière.
Pendant mon cheminement catéchu-
ménal, je lisais la Parole de Dieu, mais
c’était quelque chose de ponctuelle.
Aujourd’hui, trois ans après mon bap-
tême, cette lecture est devenue quoti-
dienne. Je me laisse façonner par elle, et
je suis le chemin escarpé qu’elle dessine
dans ma vie. Je ne conçois plus de la lire
et de la vivre seule. Désormais je la vis
en Église.
La foi se vit dans une intimité avec Dieu,
mais elle nécessite aussi un partage et
une réciprocité avec le monde. Cela
m’a beaucoup aidée au début d’être
entourée de chrétiens sincères, pas des
chrétiens "parfaits", mais des chrétiens
qui ont su m’aider et m’aimer ! La famille
de Dieu, c’est un des plus beaux cadeaux
que j’ai reçu le jour de mon baptême.
Depuis l’année dernière, je me suis
engagée auprès de personnes en
difficulté car je pensais que j’étais en
mesure d’écouter les autres et de les
aider. Ces personnes m’ont aidée à faire
un travail de réflexion sur moi-même. J’ai
pu exercer mon discernement sur mes
fréquentations et me libérer d’« amitiés »
pathogènes. Ma vie est différente. Je n’ai
pas moins de problèmes que les autres
mais, les soucis, je les vis dans la foi
et la confiance. Ce qui a profondément
changé dans ma vie, c’est la présence
indéfectible du Christ dans mon
existence. Et cela change tout. Je lui dois
ce que je suis, quelqu’un de faible qui vit
avec sa force. Il est ma raison de vivre, et
je suis heureuse de le servir au travers
de mon engagement à m’occuper des
personnes en difficulté.
Barbara ■
Mon bap
tême a chang é ma vie
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 12
Mgr David Macaire, avec le concours de la Catéchèse,
la Pastorale Familiale et le Renouveau Charismatique,
invite toutes les familles de la Martinique\P
à la Pentecôte des familles, le dimanche 9 juin 20\P19.
VIE DU DIOCÈSE
Pentecôte des familles 2019
Mgr David Macaire, avec le concours de la Catéchèse,
la Pastorale Familiale et le Renouveau Charismatique,
Pentecôte des familles 2019Pentecôte des familles 2019Pentecôte des familles 2019
• Pourquoi une Pentecôte des familles ?
Vivre la Pentecôte des familles, c’est accueillir l’Esprit-Saint
dans chacune de nos familles quelles qu’elles soient : famille
monoparentale, famille recomposée, couple marié ou non,
avec ou sans enfant…
• Pourquoi accueillir l’Esprit-Saint ?
Souvent, nous avons besoin de grâces particulières pour
l’éducation des enfants, la réussite dans les études, l’unité
dans le couple et la famille, le pardon et la guérison de
blessures… Or, l’Esprit-Saint est l’auteur de la Grâce, de
toutes les grâces pour devenir des hommes, des femmes,
des enfants, des couples, des familles selon le cœur de Dieu.
• Avons-nous accueilli l’Esprit-Saint ?
Tout baptisé a reçu l’Esprit-Saint. En sommes-nous conscients ?
L’avons-nous accueilli et mis à la place d’honneur dans notre
intimité chaque jour ?
• Savoir des choses sur Jésus ne suffit-il pas ?
Les apôtres connaissaient Jésus, pourtant, ils continuent à
avoir peur jusqu’à la Pentecôte ! De même, tous les chrétiens
ont besoin de passer de la tête au cœur : c’est précisément
l’expérience de la Pentecôte, de l’effusion de l’Esprit-Saint.
• Pourquoi vivre la Pentecôte des familles
en Eglise ?
A l’image de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, nous sommes
appelés à être en relation d’amour les uns avec les autres.
C’est pour cela que la préparation se fait par groupe de
partage, pour vivre la solidarité, l’entraide, le partage…
• Comment se déroule la préparation ?
Des rencontres hebdomadaires ou par quinzaine sont
organisées en paroisse (avant ou après la messe dominicale,
le jour de caté…), ou dans l’enseignement catholique par les
catéchistes et l’équipe pastorale familiale : il s’agit de jeux,
d’échanges par groupe de 2 à 5 familles autour d’enseignements
vidéo de Mgr David Macaire. Des informations pratiques et
des aides concrètes seront proposées.
Concrètement, comment s’inscrire ?
L’inscription se fait en ligne :
https://www.weezevent.com/pentecote-des-
familles-2019, et la participation financière s’élève à 10€
par famille, quel que soit le nombre d’enfants, pour contribuer
aux frais importants de ce type de manifestation. Un ticket
par famille sera donc payant et tous les autres seront gratuits.
En cas de difficulté, il conviendra de faire jouer la solidarité.
• Comment cela se déroulera-t-il
le dimanche de Pentecôte, 9 juin 2019 ?
La matinée se vivra en paroisse, et les participants seront
acheminés au stade Pierre Aliker en bus, selon un horaire
échelonné par district : afin d’organiser les transports et
d’en diminuer les coûts, il sera nécessaire d’avoir très tôt le
nombre de participants par paroisse. Enfin, Il faudra prévoir
chaussures plates (pas de talon), eau, casquette, parapluie,
natte de plage pour la famille…
Les Services Diocésains de la Pastorale Familiale et de la Catéchèse ■
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Comme tout \beu\ble, notre histoire et notre vie sociale sont contrastées, faites d’ombres
et de lumières. Et \bourtant nous ne \bourrons jamais être rien d’autre qu’une famille !
Une famille en crise, dont les causes de la souffrance sont à rechercher, en grande \bart,
dans notre \bassé violé \bar un crime contre l’humanité. Mais doit-on considérer tout cela
comme une fatalité !? Peut-on rêver à une famille martiniquaise enfi\Pn réconciliée ?
N
otre passé est-il la raison
unique de cette tendance
pessimiste et défaitiste
qui semble teinter inéluctablement
l’ambiance sociale de l’île ? N’y a-t-il
que des horreurs et des hontes dans
notre passé et n’y a-t-il que des échecs
et des blessures dans notre présent ?
Ce passé, qui revient si violemment
et si fréquemment, est-il donc une
chaîne dont nous ne pourrons jamais
nous libérer vraiment ? Sommes-nous
condamnés à être toujours colonisés
culturellement par l’individualisme
de l’impérialisme idéologique (le mot
est du Pape François) des sociétés
de consommation ? La résilience,
l’espérance, la joie de vivre, la réussite
et l’excellence martiniquaises sont-
elles des utopies ? Sinon, quel chemin
prendre ?
Tout d’abord, celui des peuples
d’Europe qui, après des siècles de
guerres et d’immondes massacres
mutuels au XX ème siècle, sont parvenus
à construire, en moins de 50 ans,
une union qui n’est pas uniquement
politique ou économique, mais
humaine, tout simplement. Face à
la réalité du péché et de la capacité
du cœur humain à se vautrer
dans le mal absolu, face aussi aux
dangers pour leur identité que
représente l’émergence des autres
grands ensembles du monde,
les Européens de toutes nations, malgré les différences culturelles
et raciales, sont parvenus, appuyés
sur leurs racines chrétiennes, à se
considérer suffisamment unis pour
vivre ensemble. Il a fallu pour cela
un effort de toutes les composantes
de la société. Et, à part quelques
extrémistes qui veulent parfois exciter
les haines, tous les corps sociaux,
éducatifs, politiques, associatifs ou
religieux de toutes confessions ont su
passer au-dessus des blessures pour
collaborer à l’unité.
L’autre exemple est encore plus fort,
plus semblable au nôtre, plus proche
culturellement et plus récent : c’est
celui de l’Afrique du Sud. Le travail
de réconciliation opéré par Nelson
Mandela constitue un véritable
paradigme révolutionnaire non-
violent. Ce modèle doit être plus
qu’inspirant pour nous. Et, dans ce
« nous », j’inclus volontiers tous les
groupes humains, tous les hommes
et les femmes de bonne volonté,
de toutes tendances et de toutes
convictions. Le temps n’est-il pas
venu de prendre un chemin identique,
fait de non-violence, en vue d’une
réconciliation réparatrice ?
Pour ce faire, il faut diagnostiquer nos
maux, trouver des raisons d’espérer
en notre Martinique. Comprendre tous
ensemble quel est notre appel, notre
projet commun. Quelle est la grâce que tous les Martiniquais doivent
construire ensemble aux yeux du
monde entier !?
Il n’appartient pas au mandat de
l’Eglise de travailler pour elle-même,
particulièrement dans le domaine
socio-politique ! L’Eglise travaille pour
le Christ qui a dit : « Je suis le Chemin,
la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Ce faisant,
elle est au cœur de sa mission envers
la société… Voilà ce que disait, en
1965, le concile Vatican II :
« Les joies et les espoirs, les tristesses et
les angoisses des hommes de ce temps,
des pauvres surtout et de tous ceux
qui souffrent, sont aussi les joies et les
espoirs, les tristesses et les angoisses
des disciples du Christ, et il n'est rien de
vraiment humain qui ne trouve écho
dans leur cœur. (…) La communauté
des chrétiens se reconnaît donc
réellement et intimement solidaire
du genre humain et de son histoire
(Gaudium et Spes N°1-3).
Jésus a dit que « la Vérité rend libre »
(Jn 8,32). C’est pourquoi l’Eglise se doit
d’inviter chacun à apporter librement
sa pierre à l’édifice de la vérité et de
jeter les bases d’une société libre,
paisible, enthousiaste et prospère
à laquelle tous aspirent : la famille
martiniquaise.
+ fr. David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■
22 Mé : Guérison
de la famille martiniquaise
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 13
22 MÉ DOSSIER
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 14
Neuvaine de prière pour
la Guérison des blessures de l’esclavage
Psaume 85 (84) :
Neuvaine de prière pour Neuvaine de prière pour
22 MÉ DOSSIER
T u as aimé, Seigneur, cette terre, Tu as fait revenir les déportés de Jacob ;
tu as ôté le péché de ton peuple, tu as couvert toute sa fau\
te ; (…) Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.
J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles ; qu’ils ne reviennent jamais à leur folie !
Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera not\
re terre. Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ;la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.
Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.
Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit…
Notre Père…
Prions :
« S
eigneur ! Le 22 Mai, nous commémorons la fin de l’esclavage et de \
la traite
négrière aux Antilles. Les conséquences de ce drame et des crim\
es commis
sont encore sensibles dans ce monde où tu nous envoies bâtir avec \
tous la Civilisation
de l’Amour. Elles entravent l’évangélisation et la vraie libération de\
notre société.
Toi qui a permis la réconciliation des peuples moins de cinquante ans \
après les guerres
mondiales du XX
e siècle et les crimes contre l’humanité perpétrés entre e\
ux, donne
aux peuples des Antilles et de la Guyane la grâce de l’Unité da\
ns la Vérité.
A la suite du Jubilé de la Miséricorde, alors que de nombreuses pe\
rsonnes issues
des différentes composantes de la société antillaise appellent \
à une réconciliation
réparatrice, nous nous tournons vers Toi : que la Justice et la Paix s’embrassent,
que l’Amour et la Vérité se rencontrent sur notre terre et dans\
nos cœurs, et qu’ainsi
la Grâce surabonde là où le péché a abondé (Rm 5,20).
Par l’intercession des saints Onésime et Philémon, esclave et m\
aître, devenus des
« frères très chers dans le Seigneur » (Phil 1,16) qu’aucun Antillais, quelle que
soit son origine ou la couleur de sa peau, ne demeure esclave d’aucun\
e haine, ni
d’aucune injustice.
Amen !
Notre Dame de la Délivrande : Priez pour nous. (3 fois) »
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Honore ton père et ta mère
« Honore ton \bère et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que
te donne le Seigneur ton Dieu » (Décalogue, 4
e commandement).
Nous sommes très nombreux à être les descendants de ces centaines
de milliers de femmes et d’hommes qui vécurent en esclavage
sur cette terre que nous chérissons, la Martinique.
Nos aïeux furent martyrisés dans l\Peur chair et leur es\brit.
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 15
D
urant l’esclavage, si les corps
furent violentés, parfois brisés,
c’est surtout l’âme qui souffrit.
Il fut inculqué à nos parents la honte de
leur humanité.
En ce temps-là, les hommes ne pouvaient
pas être pères, car ils étaient incapables
de protéger leur famille. Les mères
devinrent alors des poto mitan.
À cette époque, nos aïeux n’avaient ni
nom de famille, ni acte de naissance,
de mariage ou de décès. Dans cette
situation, impossible de faire lignée.
C’est pour cela que l’esclavage qu’ont
subi nos aïeux est un crime contre
l’Humanité !
Il dura 213 ans : du 15 septembre 1635
au 23 mai 1848* ! Mais ils survécurent et
eurent une descendance : Nous !
Aujourd’hui, la plupart d’entre nous ne
les connaissons pas, les ont oubliés, les
ignorons ou en ont honte.
Cet oubli, cette honte, ce désintéres-
sement sont des tâches qui obscurcissent
nos vies de famille et l’ensemble de la
Martinique.
Car, qu’est-ce qu’un groupe humain
qui ignore ses parents ? Cette question
est d’autant plus terrible pour nous,
chrétiens, qui nous nous référons aux
commandements de Dieu. Comment
avons-nous pu oublier leur souffrance,
nous, qui honorons celle du Christ sur
la croix ?
Le temps est venu d’avoir le courage
de les regarder en face et de leur
redonner leur humanité en devenant
consciemment leurs descendants et en
les honorant.
De 1848 à 1865, les quelque 60 000
personnes qui vivaient encore en
esclavage avant mai 1848, ont reçu des
noms de famille. Ces noms sont ceux de la
majorité des Martiniquais d’aujourd’hui.
L’identité de ces aïeux a été retrouvée
par deux associations, l’Association Martiniquaise de Recherche sur
l’Histoire des Familles (Amarhisfa)
et le Comité Marche du 23 Mai 1998
(CM98), après un travail acharné dans les
registres des individualités. Un exemple
parmi d'autres : Félicité, une femme de
33 ans, née en Afrique, qui était esclave
au Vauclin et dont le matricule était le
n° 359, reçut le 27 octobre 1848, pour la
première fois, le nom de Macaire...
Ne serait-il pas merveilleux qu’un lieu
de mémoire des victimes martiniquaises
de l’esclavage porte leur prénom, leur
matricule et leur nom ? Il serait un lieu
de paix où nous nous unirions pour leur
rendre hommage. Pourquoi pas dans
un lieu prestigieux et chargé d’histoire
comme les abords de la Cathédrale
de Saint-Pierre bientôt rénovée. Un tel
projet doit être étudié.
Ainsi, alors qu’ils étaient destinés à
sombrer dans la froideur de l’oubli,
nous les porterons à la lumière pour
que l’oubli et la honte ne soient plus
qu’un mauvais souvenir.
Eglise en Martinique ■
Honore ton père et ta mère
« Honore ton \bère et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que
Nous sommes très nombreux à être les descendants de ces centaines
de milliers de femmes et d’hommes qui vécurent en esclavage
La cathédrale Notre-Dame de l'Assomption de Saint-Pierre bientôt r\
énovée
Martiniquaise de Recherche sur
* jour de la proclamation officielle de l'abolition,
après la révolte des esclaves du 22 Mé que nous
commémorons chaque année
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 16
22 MÉ DOSSIER
L’heure est venue \É!
O
n m’a demandé d’écrire un article sur la vision
qu’avait Nelson Mandela sur la réconciliation
entre les différentes composantes de la société
sud-africaine. L’ancien premier Président noir de la
République d’Afrique du Sud avait dit : « l’heure est venue
de refermer les plaies, l’heure est venue de créer des ponts
au-dessus du fossé qui nous séparait. L’heure est venue de
construire. »
Comme le dit l’Écriture, il y a un tem\bs \bour
tout, sur cette ter\Ére :
« Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque
chose sous le ciel : un temps pour donner la vie, et un
temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps
pour arracher.Un temps pour tuer, et un temps pour guérir ;
un temps pour détruire et un temps pour construire.
Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps
pour gémir, et un temps pour danser. Un temps pour
jeter des pierres, et un temps pour les amasser ;
un temps pour s’étreindre, et un temps pour s’abstenir.
Un temps pour chercher, et un temps pour perdre ;
un temps pour garder, et un temps pour jeter.
Un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ;
un temps pour se taire, et un temps pour parler. Un temps
pour aimer, et un temps pour ne pas aimer ; un temps pour
la guerre, et un temps pour la paix » (Qohèleth 3,1-8).
Un tem\bs \bour la gue\Érre
En 1960, Nelson Mandela avait convaincu la direction de
l’ANC d’engager une lutte armée contre l’apartheid. Certes,
il avait été élevé dans un climat de stratégie non violente,
au sein d’un mouvement fortement marqué par Gandhi.
Mais cette stratégie n’avait porté aucun fruit. Le pouvoir
blanc était de plus en plus brutal, le peuple n’en pouvait
plus et menaçait de ne plus écouter ses dirigeants. Mandela
comprit qu’à moins de contrôler et de discipliner l’action
violente, elle prendrait des formes terribles. Alors, il créa
la branche armée de l’ANC, Umkhonto weSizwe (La Lance
de la Nation) et il engagea la lutte sous forme de sabotage,
excluant toute atteinte aux personnes, soit par blessure,
soit par assassinat.
L’heure de parler de réconciliation n’était pas venue. Le
pouvoir n’avait nulle intention d’établir la justice ou de
reconnaitre les droits des Noirs, des Métis et des Indiens.
Un tem\bs \bour la \baix\É
Lorsque Mandela parle de paix, les conditions exigées par
l’ANC pour entrer dans des négociations mettant fin à l’apar-
theid avaient été acceptées par le président de Klerk, au cours
de son discours du 2 février 1990 : légalisation de tous les
mouvements de libération, libération de tous les prisonniers
politiques, suppression de l’État d’urgence, arrêt des exécu-
tions de prisonniers politiques. Il engage des négociations
autour d’un projet de nouvelle constitution. Alors, l’heure
de la réconciliation peut sonner. Elle suppose en effet un
changement dans la situation d’injustice et des mesures pour
y mettre fin, et que des deux côtés on s’engage résolument
vers une solution négociée des conflits. Tant que les choses
ne s’améliorent pas, le moment n’est pas venu.
On ne négocie \bas si on n’est \bas dis\bosé à
faire des com\bromis
Négocier, c’est accepter de rencontrer l’adversaire à mi-chemin.
Mandela a toujours su que la solution contre l’apartheid ne
viendrait pas d’une victoire militaire. Les Noirs n’en auraient
jamais les moyens. Il s’était préparé à négocier longtemps
avant que ne s’ouvrent les pourparlers. Dans sa prison, il a
gagné deux batailles. La première fut de « connaitre » son
adversaire. Jusque-là, il n’avait guère eu de contact direct avec
des Blancs. À Robben Island, il étudia l’Afrikaner : sa culture,
son histoire, sa langue, sa poésie, ses désirs et ses craintes.
Il prit conscience que les Afrikaners avaient eux-aussi mené
une guerre de libération contre les Anglais, au tournant du
20ème siècle. Il s’en servira dans les négociations ! Il apprit qu’ils
craignaient que les Noirs se vengent le jour où ils en auraient
la possibilité. La seconde victoire fut de comprendre que la
paix serait mieux assurée s’il transformait l’adversaire en
partenaire, au lieu de vouloir l’éliminer. Il souhaitait que le
Mandela et
la Réconciliation
Frederik de Klerk, le dernier président de l'apartheid et
Nelson Mandela, le premier président noir d'Afrique du Sud
Mgr Emmanuel Lafont, figure importante de l'opposition à l'apartheid en Afrique du Sud dans les années 80 aux côtés de Nelson Mandela et Mgr Desmond Tutu.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 17
peuple afrikaner soit fier d’avoir été battu par lui. Battu, mais
pas éliminé, battu, mais pas humilié. Battu, mais pas hors-jeu.
Saint Paul l’avait dit à sa façon : « sois vainqueur du mal par le
bien » (Romains 12,21).
« La vérité vous re\Éndra libre » (Jean \É8,32)
Parmi les peurs des Blancs, il y avait la crainte de revanche,
de procès à la Nuremberg, d’expropriations massives. Ils
demandaient une Amnistie générale. Cela, Mandela ne
pouvait l’admettre. Car son peuple réclamait de savoir : « où
est mon fils qui a disparu il y a 20 ans ? Qu’avez-vous fait de
mon père ? Qui a tenté d’empoisonner notre pasteur ? Qui
a décidé de détruire le Siège du Conseil Sud-Africain des
Églises ? » Comment faire le deuil, en effet, tant qu’on ne sait
pas ? peut-on imposer aux victimes un double silence, pour
ne pas ré-inquiéter les coupables ?
Une commission \bour\É la vérité
Alors est venu l’idée de créer une « Commission Vérité et
Réconciliation ». Cette commission permettrait de répondre
à deux exigences apparemment contradictoires : éviter des
procès de revanche, mais permettre à la vérité de voir le jour.
On ne donnerait pas d’amnistie globale. Mais on pourrait
l’accorder à quiconque viendrait devant la commission,
déclarerait sans omettre quoi que ce soit tous les crimes
commis par lui ou elle, et montrerait raisonnablement que
son action était la conséquence de la situation politique. Alors,
cette personne pourrait recevoir l’amnistie pour ses crimes.Cela revenait à dire aux victimes : « si nous allons vers la
justice, nous risquons deux choses. La première c’est que
dès le premier procès, la plupart des Blancs quitteront
notre pays, par peur et par colère. Alors nous resterons
entre nous – comme l’Algérie en 1962 – mais il n’y aura plus
d’administration, d’armée, d’université, d’industrie… Car
même si le changement politique se produit, le pays dépend
encore beaucoup des Blancs. Nous serons libres, mais nous
serons nus. La deuxième chose, c’est que nous n’accèderons
pas à la vérité entière, car les accusés en diront le moins
possible pour éviter les peines trop lourdes… ».
Acceptons donc de demander la vérité, et de garder à ceux
qui la diront une place parmi nous, avec notre pardon.
Plus de vérité, mo\Éins de châtiment :
l’unité de la Natio\Én fut \bréservée
Au début, cette commission dérangea beaucoup les Noirs. Ils
espéraient le châtiment des coupables. Mais au bout de quatre
ans, les résultats furent les suivants : 15 000 personnes ont été
entendues par la commission. 8 000 victimes ; 7 000 personnes
demandèrent l’amnistie. 1 000 l’obtinrent. Les autres, la plupart
en prison, espéraient profiter de l’aubaine pour retrouver la
liberté, mais ne purent pas prouver qu’ils avaient agi pour
des motifs politiques. 70 % des Noirs l’approuvèrent. 70% des
Blancs la trouvèrent « trop longue ».
Mandela avait réussi
son pari. La réconcilia-
tion refuse toute ten-
tation d’exclusion. Elle
préserve l’avenir.
Mgr Emmanuel Lafont,
Évêque de Cayenne
■
Commission pour la vérité et la réconciliation présidée p\
ar Mgr Desmond Tutu (avril 1996)
Mgr Lafont donnera une série de conférences en
Martinique, du 13 au 16 mai 2019 :
- Le 13 : sur le Campus de Schoelcher
- Le 14 : à la Mairie du Lorrain
- Le 15 : à Saint-Joseph
- Le 16 : aux Trois-Ilets, après la messe de 7h30
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 5 mai 2019 – n° 585 18
?
Question AN TCHÈ
LÉGLIZ-LA
‘‘
‘‘
Pourquoi les prêtres ne sont-ils pas mariés ?
D
epuis les scandales sexuels
impliquant des prêtres, et qui ont
été abondamment exposés par les
médias, on entend, même de la part de
gens intelligents : « Si les prêtres étaient
mariés, il y aurait moins de scandales ! »
Cette réflexion ne tient pas la route.
Statistiques à l'appui, c’est précisément
dans le clergé catholique qu’il y a,
proportionnellement, et de loin, le moins
de cas d’abus sexuels sur mineurs, même
si l’orchestration médiatique donne
l’impression du contraire. Évidemment,
vu les dimensions de notre Eglise, il semble
que les cas soient très nombreux.Mais, si
on regarde en pourcentage, il n’y a pas
photo : il y a beaucoup moins de cas
délictueux dans l’Eglise pour la bonne et
simple raison qu’il n’y a aucun autre corps
social où une équipe examine, dans un
cadre communautaire sur 7 ans, le profil
d’un candidat avant de l’admettre dans
le groupe.
Donc, l’idée que si les prêtres étaient
mariés, il y aurait moins de cas d’abus
est fausse, puisqu'il y a malheureusement
beaucoup plus de déviances commises par
des gens mariés que par des célibataires
consacrés.
Revenons à la question elle-même :
Pourquoi les prêtres sont-ils célibataires ?
La réponse est d’abord à chercher dans la
bouche du Seigneur lui-même :
« Tous ne comprennent pas cette parole,
mais seulement ceux à qui cela est donné.
Il y a des gens qui ne se marient pas car,
de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils
ont été mutilés par les hommes ; il y en
a qui ont choisi de ne pas se marier à
cause du royaume des Cieux. Celui qui
peut comprendre, qu’il comprenne ! »
Mt 19,11-12.
Cette parole de Jésus est d’autant plus
étonnante qu’elle est dite dans un contexte
juif où ne pas avoir d’enfants est une quasi
malédiction.
Saint Paul va dans le même sens quand
il dit :
« Celui qui n’est pas marié a le souci des
affaires du Seigneur, il cherche comment
plaire au Seigneur. Celui qui est marié a le
souci des affaires de ce monde, il cherche
comment plaire à sa femme, et il se trouve
divisé. La femme sans mari, ou celle qui
reste vierge, a le souci des affaires du
Seigneur, afin d’être sanctifiée dans son
corps et son esprit. Celle qui est mariée a le
souci des affaires de ce monde, elle cherche
comment plaire à son mari ». 1Co 7, 32-34.
Le célibat est un appel du Christ. Il n’y a à
ma connaissance aucune autre religion
où les ministres donnent tout à Dieu y
compris leur affectivité et leur sexualité.
C’est dans l’Eglise que l’on trouve le don le
plus radical à Dieu. Ce que les consacrés
sont amenés à vivre possède un caractère
surnaturel, et c’est seulement dans une
grande communion au Christ qui lui a tout
donné que l'être humain peut vivre dans
la joie ce don total de lui-même.
Cette consécration lui permet d’être plus
disponible « aux affaires du Seigneur »,
pour parler comme Saint Paul. Un exemple : quand
la persécution a
commencé en
Algérie contre
les chrétiens,
suite à la montée
de l’Islam radical
dans les années 90,
beaucoup de pasteurs
ont fait leurs valises car ils ne pouvaient
pas mettre en danger leurs femmes
et leurs enfants. Les religieuses et les
prêtres ont pu rester (comme Mgr Pierre
Claverie et ses compagnons martyrs, dont
les moines de Tibhirine) car ils étaient
célibataires.
D'autre part, les prêtres ne sont pas
mariés car, quand vous avez une famille,
elle est prioritaire sur tout (et c’est bien
normal !)D
u coup, votre service religieux
risque de devenir une simple profession.
La priorité affective qui est due à votre
famille fait que les membres de la
communauté arrivent en second. Ce
n’est pas le cas du prêtre pour lequel la
communauté est sa famille, et la paroisse
ou son aumônerie son épouse pour ainsi
dire.
Mais surtout, et c’est cela qui dérange
sans doute le plus, le prêtre est signe
du Royaume à venir où l’on ne prend
ni femme ni mari. Il est un étendard
levé dans ce monde matérialiste et
consumériste sur lequel est inscrit :
« Dieu seul suffit ! »
P. Alain Ransay, curé de Bellevue ■
Un exemple : quand
la persécution a
de l’Islam radical
dans les années 90,
beaucoup de pasteurs
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ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\P MARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père PinchonBP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\PX
Télé\bhone : 06 96 310\P 333 - E-mail : mich\Pel.\bouch@wanadoo.fr
oui , j\b souhait\b r\bc\bvoir \bn tout\b confid\bntialité votr\b brochur\b pour m’inform\br
sur l\bs possibilités d\b l\bgs, donations \bt assuranc\bs-vi\b à l’Association Diocésain\b.
oui , j\b souhait\b êtr\b contacté pour un r\bnd\bz-vous au S\brvic\b d\bs l\bgs \bt
donations ou à mon \Sdomicil\b.
\bÉGUEZ
à l’ Église catholique
L’\bspéranc\b \bn héritag\b
DEMANDE D’INFORMATIONS
sans engagement de votre part
M\bs coordonné\bs ❏ Mm\b ❏ M\bll\b ❏ M.
Nom Prénom
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Cod\b postal
Vill\b Téléphon\b
E-mail
Paroiss\b
(facultatif)
POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\PINIQUE
99.5 - 101.3 et 105.1 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr
Pour consulter le site Web d’ECCLESIA'M 2020 ! : http://www.ecclesiam2020.fr
E CCLESIA 'M 2020 !
Une Garderie est proposée
Du Vendredi 07 juin 2019 18h Au Dimanche 09 juin 2019
Intervenant : Pèrereee DEGRAS P
INSCRIPTION • ƒ ” – ± Ž ± ’ Š ‘ � ‡ ‘ — rx{x vväyväzv •• ƒ ” � ƒ ‹ Ž ã ƒ ” – ± Ž ± ’ Š ‘ � ‡ ‘ — ã acpm972 ƒ ” – ± Ž ± ’ Š ‘ � ‡ ‘ — rx{x vväyväzv ƒ ” – ± Ž ± ’ Š ‘ � ‡ ‘ — acpm972 @gmail .com acpm972acpm972 @gmail@gmail • acpm972acpm972 @gmail@gmail — ” ƒ … ‡ „ ‘ ‘ � ã ã ã Cliquez sur le lien pour une inscription ‡ � Ž ‹ ‰ � ‡ Cliquez sur le lien pour une inscription ‡ � Ž ‹ ‰ � ‡
Intervenant : Père P ascal DEGRAS
Dans un prochain numéro,
Eglise en Martinique vous proposera
un hommage à
Sœur Jean
Chrysostome, op (Marie-Adeline
Annie de Gentile)
15 février 1925 – 08 mars 2019
ANNONCE
A l’occasion du 22 Mé 2019,
l’Observatoire Socio-Politique de l’Eglise en
Martinique
publie le premier « CAHIER DE L’OSPEM » sur l’esclavage et la réconciliation
fruit des conférences et contributions données par
différents experts au cours de ses travaux autour du 170
ème anniversaire de l’abolition.
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B ienheureuse Vierge Marie de Fatima,
avec une reconnaissance renouvelée pour ta présence maternelle nous unissons notre voix à celle de toutes les générations qui te disent bienheureuse.
Nous célébrons en toi les grandes œuvres de Dieu,
qui jamais ne se lasse de se pencher avec miséricorde
sur l’humanité, affligée par le mal et blessée par le péc\
hé,
pour la guérir et pour la sauver. Accueille avec ta bienveillance de Mère l’acte de consécration qu’aujourd’hui nous faisons avec conf\
iance (...). B
Prière du pape François
– 13 mai –
Notre-Dame de Fatima
