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E glise sainte
E g lise
en MARTINIQUE
N° 586
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
19 MAI 2019
Quid de l'enseignement catholique
en Martinique ?
Un chrétien doit-il être végétarien ?
Quand les mamans parlent
de l'Esprit-Saint
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EDITORIAL
2
AGENDA DE L'EVEQUE 18
3
3
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04
http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com
222
« C
omme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les
uns les autres ».
L’amour est la nature même de Jésus, et c’est
donc naturellement qu’il nous aime. Pour nous, c’est plus
compliqué. Trop d’entraves, tels que nos manques de pardon, nos
insuffisances, notre orgueil, nos rancœurs, etc., nous empêchent
d’aimer pleinement nos frères. Mais aujourd’hui encore, Jésu\
s
nous appelle à un amour fraternel, à aimer notre prochain.
N’est-ce pas de cet amour que naitra « l’Eglise Sainte », qui
n’exclut et ne juge personne ?
« Nous devons exclure que Dieu soit le protagoniste des
tentations qui surgissent sur le chemin de l’homme », nous dit
le pape François, poursuivant sa catéchèse sur le Notre Père. C’est
la formule « Ne nous laisse pas entrer en tentation » qui est le
thème de la réflexion proposée. Aux moments les plus terribles de
notre vie, Dieu veille avec nous, Dieu lutte avec nous, il est toujours
proche de nous. Parce qu’il est Père.
L’Esprit Saint de Dieu reçu au baptême nous habite, et est à
l’œuvre. Il souffle dans les cœurs, dans les familles, dans les
maisons et dans les paroisses. Quelques mamans ont accepté de
témoigner de son action dans leur vie.
La fête de l’Esprit Saint se vivra en famille dans notre diocès\
e. La
Pentecôte des familles se prépare activement. Quelques conseils
complémentaires sont donnés pour les inscriptions qui se font en
ligne. Pour la circonstance, la solidarité est de mise.
L’enseignement catholique est un acteur incontournable du
champ de l’éducation en Martinique. Ses actions s’inscrivent
dans les orientations de travail du Comité National de
l’Enseignement Catholique, mais également dans celles du
3
ème chantier d’E CCLESIA ’M 2020 ! de notre diocèse : « Bâtir une
éducation chrétienne ». Le Délégué Episcopal à l’\
Education et à
l’Enseignement Catholique, le père Alain Ransay, nous en parle.
Végétarien, végétalien, vegan… Effet de mode ou convictions
religieuses ? D’aucuns se posent des questions sur ce qui est bon
de consommer. Mais au fait, un chrétien doit-il être végétarien ?
C’est la question qui est posée dans la rubrique « An tchè
légliz-la ». Les éléments de réponse nous sont donnés par un
diacre du diocèse.
Comme nous l’enseigne Jésus, l’amour passe par la tenue de
service. Soyons des serviteurs les uns pour les autres. Qu’en ce
mois de Marie, notre maman du ciel nous couvre de son manteau
maternel !
L'Amour de Dieu est si merveilleux... Partageons-le !
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
EGLISE UNIVERSELLE\C
• La Parole Dominicale
• Ascension - (\b9 mai)
• La Visitation - (31 mai)
• Pentecôte des familles :
Pourquoi une effusion de\n l’Esprit-Saint ?
Pourquoi une inscription\n en ligne ?
• Homélie de la messe chrismale du 17 avril \b019
• Les mamans et l’Esprit-Saint
• Saint-Joseph, travailleur
• Le 1
er mai fêté par les chrétiens
dans le monde du travail
• L’enseignement catholique de Martini\nque
Des communautés éducatives qui fonctionnent sur le principe de subsidi\narité
• Interview du Père Alain Ransay,
Délégué Episcopal à l’Education et à l’Enseignement Cathol\nique (DDEC)
• Un chrétien doit-il être végétarien ?
• A Dieu, Mère Jean
• 5 bonnes raisons d'éduquer nos \nenfants
dans la foi catholique
• Catéchèse du pape François « Ne nous laisse pas entrer en tentation »
3333
3334
2222
VERS LA VIE 18
5
6
6
7
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11
12
16
8
10
Doss\ber : ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE
MÉDIAS 19
• Un chrétien doit-il être végétarien ?• Un chrétien doit-il être végétarien ?
AN TCHÈ LÉGLIZ-LA 17
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L
'Eglise Catholique transmet
la vraie foi et dispose de tous
les moyens de salut...
➊ Objectivement, la foi catholique
est fondée sur la succession
apostolique, c'est-à-dire la succession
des Apôtres, depuis Jésus, sans
interruption depuis 2000 ans. Notre
Eglise n’est pas née il y a quelques
années de la volonté humaine d’un
pasteur. De génération en génération,
nous sommes les héritiers directs de
ce que Jésus a fait et dit...
➋ La Parole de Dieu a fait l'Eglise.
C’est-à-dire une communauté,
composée à 100% de pécheurs, qui
a reçu, puis écrit et rassemblé les
textes issus de cette Parole. C’est une
chose merveilleuse et exemplaire
que la place de la Bible chez nos
frères séparés. Mais attention : la
Parole a fondé une communauté, et
non pas un livre. La Parole est Esprit,
le livre est lettre. « L’Esprit vivifie, la
lettre tue » (2 Co 3, 6). L'Esprit fait
naître une communauté une, sainte,
catholique et apostolique... La lettre
fait des adeptes dans des milliers de
communautés diverses. C’est donc
l’Eglise Catholique, fruit de la Parole,
qui est le principal témoignage divin
au milieu des hommes. Le Livre, le
Saint Livre des Écritures, est là pour
confirmer cette Parole pour qu'elle
soit toujours vivante au sein de la
communauté.
➌ L'Eglise nous donne en vérité la
présence réelle du Corps du Christ
dans le Très-Saint-Sacrement.
Selon Jn 6 : « Mon Corps est la vraie
nourriture et mon Sang est la vraie
boisson ».
➍ Le même Esprit qui couvrit la
Vierge Marie de son ombre et lui
donna d’enfanter le Sauveur, le
même Esprit qui ressuscita le Christ,
est le même Esprit qui fit naître
l'Eglise et sa mission et la fait vivre
depuis 2000 ans. L'Eglise ne peut
vivre que par le Oui de Marie, son
modèle et sa Mère. Ignorer la Vierge
Marie, c'est ignorer certaines œuvres
de l'Esprit, ignorer l'enseignement
des Écritures, ignorer la volonté
de Dieu et, finalement, ramener
l'Esprit-Saint à soi. La Pentecôte
n’est pas un événement privé pour
le bien-être de ceux qui reçoivent
l'Esprit Saint, c’est un événement
universel qui fait naître une Eglise
Catholique.
➎ La foi reçue de Pierre et de
ses successeurs, les papes, est
demeurée la même à travers les
époques, les âges, les cultures et
même les personnalités. La foi
catholique ne change pas selon la
volonté plus ou moins inspirée de
tel ou tel pasteur et ne repose pas
sur les qualités d'un homme. Elle
s’appuie sur la promesse du Christ
faite à Pierre : « Tu es Pierre et sur
cette pierre je bâtirai mon Eglise »
(Mt 16,18) ou encore : « Pierre, j'ai
prié pour que ta foi ne défaille
pas » (Lc 22,32). Même si des
personnes extrêmement faillibles
humainement sont montées sur le
trône de Pierre, malgré toutes les
déviances humaines morales qui
ont pu exister dans le clergé depuis
Juda, la foi garantie par le Seigneur
n'a jamais failli !!! L’enseignement
des Apôtres est resté le même,
sans altération, sans ajout, sans
soustraction. Il est transmis jusqu’à
aujourd’hui aux catéchumènes,
aux premiers communiants, aux
confirmands et à tous ceux qui font
profession de foi dans l’Eglise.
Nous savons que des fidèles qui
se sont éloignés depuis longtemps
de l’Eglise disent n’avoir (1) pas fait
l’expérience de l'Esprit Saint, (2) pas
vécu l’accueil et la vie fraternelle,
(3) pas eu assez d’enseignement
biblique, (4) pas été envoyés en
mission. Leurs reproches sont
parfois justes et doivent convertir
notre façon d’être Eglise. On n’a pas
su montrer à ceux-là qu'ils étaient,
chacun, nécessaires à la vie et au
témoignage de la communauté. C’est
dommage, car, malgré les limites de
ses membres, l’Eglise Catholique
dispose en plénitude des moyens
de salut voulus par le Christ. A
chaque génération, elle produit
des saints !
+ Fr David Macaire,
Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 3
MOT DE L’ÉVÊQUE
5 bonnes raisons d'éduquer
nos enfants dans la foi catholique
5 bonnes raisons d'éduquer 5
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 4
C
hers frères et sœurs, bonjour !
Nous poursuivons notre
catéchèse sur le Notre Père, et nous
arrivons désormais à l’avant-dernière
invocation : « Ne nous abandonne pas
à la tentation ». Une autre version dit :
« Ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Le Notre Père commence de manière
sereine : il nous fait désirer que le grand
projet de Dieu puisse se réaliser parmi
nous. Puis il pose un regard sur la vie
et nous fait demander ce dont nous
avons besoin chaque jour : notre « pain
quotidien ». Puis la prière se tourne vers
nos relations interpersonnelles, souvent
polluées par l’égoïsme : nous demandons
le pardon et nous nous engageons à
le donner. Mais c’est avec cette avant-
dernière invocation que notre dialogue
avec notre Père céleste entre dans le vif
du drame, c’est-à-dire sur le terrain de la
confrontation entre notre liberté et les
pièges du malin.
Comme nous le savons, l’expression
originelle grecque contenue dans les
Évangiles est difficile à rendre de manière
exacte (…). Mais nous pouvons converger
unanimement sur un élément : quelle
que soit la manière dont on comprend
le texte, nous devons exclure que Dieu
soit le protagoniste des tentations qui
surgissent sur le chemin de l’homme.
Comme si Dieu était aux aguets pour
tendre des pièges et des embûches à
ses enfants. (…). N’oublions pas : le Notre
Père commence par « Père ». Et un père
ne tend pas de piège à ses enfants. Les
chrétiens n’ont rien à faire d’un Dieu
envieux, en compétition avec l’homme
ou qui s’amuserait à le mettre à l’épreuve.
Dans la Lettre de l’apôtre Jacques, nous
lisons : « Dans l’épreuve de la tentation,
que personne ne dise : “Ma tentation
vient de Dieu”. Dieu, en effet, ne peut
être tenté de faire le mal, et lui-même ne
tente personne ». C’est plutôt le contraire :
le Père n’est pas l’auteur du mal, à aucun
de ses fils qui lui demande un poisson, il
ne donne un serpent, et quand le mal se
présente dans la vie de l’homme, il combat
à ses côtés pour qu’il puisse en être libéré.
Un Dieu qui combat toujours pour nous,
pas contre nous. C’est le Père ! C’est dans
ce sens que nous prions le Notre Père.
Ces deux moments – l’épreuve et la
tentation – ont mystérieusement été
présents dans la vie de Jésus lui-même.
Dans cette expérience, le Fils de Dieu
s’est fait complètement notre frère.
Et ce sont précisément ces passages
évangéliques qui nous montrent que les
invocations les plus difficiles du Notre
Père ont déjà été exaucées : Dieu ne nous
a pas laissés seuls, mais en Jésus, il se
manifeste comme le « Dieu-avec-nous »
jusqu’aux conséquences extrêmes. Il
est avec nous quand il nous donne la
vie, il est avec nous pendant la vie, il est
avec nous dans la joie, il est avec nous
dans les épreuves, il est avec nous dans
les tristesses, il est avec nous dans les
échecs, quand nous péchons, mais il est
toujours avec nous, parce qu’il est Père
et qu’il ne peut pas nous abandonner. Si
nous sommes tentés de faire le mal, en
niant notre fraternité avec les autres et
en désirant un pouvoir absolu sur tout et
sur tout le monde, Jésus a déjà combattu
pour nous cette tentation : les premières
pages de l’Évangile l’attestent. Aussitôt
après avoir reçu le baptême par Jean, au
milieu de la foule des pécheurs, Jésus
se retire dans le désert où il est tenté par
Satan. C’est ainsi que commence la vie
publique de Jésus, avec la tentation qui
vient de Satan. Mais Jésus repousse toute
tentation et il sort victorieux. L’Évangile de
Matthieu a une note intéressante qui clôt
le duel entre Jésus et l’Ennemi : « Alors le
diable le quitte. Et voici que des anges
s’approchèrent, et ils le servaient».
Mais même au moment de l’épreuve
suprême, Dieu ne nous laisse pas seuls.
Quand Jésus se retire pour prier à
Gethsémani, son cœur est envahi d’une
angoisse indicible et il fait l’expérience
de la solitude et de l’abandon. L’épreuve
est si déchirante que quelque chose
d’inattendu se produit. Jésus ne mendie
jamais l’amour pour lui-même, et pourtant,
en cette nuit, il sent son âme triste à mourir,
alors il demande la proximité de ses amis :
« Restez ici et veillez avec moi ! ». Au temps
de l’agonie, Dieu demande à l’homme de
ne pas l’oublier et l’homme, lui, dort. Au
moment où l’homme connaît l’épreuve,
Dieu, lui, veille. Aux moments les plus
terribles de notre vie, Dieu veille avec
nous, Dieu lutte avec nous, il est toujours
proche de nous. Parce qu’il est Père. C’est
ainsi que nous avons commencé la prière :
Notre Père. Et un père n’abandonne pas
ses enfants. Cette nuit de souffrance
de Jésus, de lutte, est le dernier sceau
de l’Incarnation : Dieu descend nous
retrouver dans nos abîmes et dans les
tourments qui constellent l’histoire. Il ne
nous abandonnera jamais ! Éloigne donc
de nous, ô Dieu, le temps de l’épreuve et
de la tentation. Mais quand ce moment
arrivera pour nous, Notre Père, montre-
nous que nous ne sommes pas seuls. Tu es
le Père. Montre-nous que le Christ a déjà
pris sur lui aussi le poids de cette croix.
Montre-nous que Jésus nous appelle à
la porter avec lui en nous abandonnant,
confiants, à ton amour de Père. Merci.
Pape François ■
Catéchèse du pape Franço\bs
EGLISE UNIVERSELLE\n
« Ne nous laisse pas
entrer en tentation »
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 5
Dimanche 19 mai 2019 \1
la P arole Dominicale
Actes 14,21b-27 • P\psaume 144 • Apocalypse 21,1-5a • \bea\pn 13,31-33a.34-35
5 ème dimanche de Pâques - Année C
M
es frères et sœurs,
Le Cénacle, c’est ce cadre que
Jésus a choisi pour manifester
au monde les derniers signes de son
sacrifice.
Le Cénacle, c’est le lieu du partage
d’amour des disciples du Christ, avec
Jésus envers le Père.
Le Cénacle est le lieu d’échange d’amour
par les mots, par les gestes du Christ
envers le monde.
Dans une scène de la vie quotidienne,
après le partage du repas, après leur
avoir révélé le sacrifice offert à travers
le don de sa personne, le Christ continue
à enseigner. Les disciples vivent sans le
comprendre un moment extraordinaire.
L’Esprit Saint ne s’étant pas encore
révélé aux Apôtres, ceux-ci ne sont
pas vraiment aptes à saisir la portée
et la solennité du moment. Pourtant,
c’est ce moment que Jésus choisit. Ce
moment (Judas étant absent) qui lui
permettra de dire à ceux en qui il a
pleinement confiance ce qu’il attend
d’eux. Nul doute que Jésus sait que ses
disciples saisiront la portée des mots
une fois que l’Esprit Saint aura œuvré.
Il leur faut comprendre, lire à travers les
mots, entrer dans l’Esprit du Seigneur.
Maintenant, nous sommes entre nous,
regardez et observez ce qui se passe,
voyez… Judas est parti, qu’il fasse ce
pour quoi il est né. Ainsi, l’agonie du
Christ débute.
Ouvrez vos oreilles, écoutez et
comprenez… Le fils de l’Homme est
glorifié et Dieu est glorifié en Lui, Jésus
et son Père ne forment qu’un. Jésus
présente à travers cette simple phrase
deux personnes de la Sainte Trinité, la
3ème n’étant pas encore révélée. Et nous,
est-ce pareil pour nous, Dieu, est-il
glorifié en nous, quand le trouble nous
angoisse, quand nous sommes toujours
dans la nuit ? Notre monde intérieur
peut être dans le froid et dans l’orage,
nous avons l’impression d’être seuls au
monde, pourtant l’Amour infini de Dieu
travaille au plus profond de notre être.
La détresse et la misère de l’humanité
est prise dans le mystère de Jésus qui
nous sauve. Notre cœur peut déjà brûler
d’amour en vérité.
« Mes petits enfants, je suis encore avec
vous mais pour peu de temps, et vous
me chercherez ».
Jésus prépare les cœurs. Il nous demande
d’aimer comme Lui, et de demeurer dans
son amour. La place que nous donnons
à l’autre dans notre vie et dans notre
cœur ne va pas changer à cause de
l’épreuve. Le Christ nous montre le
chemin, la vérité, le don et le pardon.
Quand nous sommes dans l’épreuve,
nous devons nous humilier et dire à
Jésus à quel point nous avons besoin de
lui. Alors, il prend en nous la première
place. Ce n’est pas quand tout va bien
que nous prions le plus, mais quand les
difficultés s’accumulent. A ce moment,
nous nous appuyons sur la prière, dans
la foi. C’est dans ces moments difficiles
de colère, de souffrance intérieure, de
haine, de trahison d’amour, que l’Amour
de Dieu se révèle encore plus et que
Jésus triomphe.
Si Jésus s’est livré pour nous et si l’Amour
a triomphé du mal au Golgotha, c’est
pour triompher encore en nous, quand
nous vivons des situations d’épreuves.
Le commandement qu’il leur révèle est
celui qui l’a animé durant toute sa vie, et
qui l’anime pour nous dans les cieux. Le
commandement de l’Amour : « Comme
je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous
les uns, les autres ». Voilà, tout est là.
Tout est dit. Seul l’Amour compte. Seul
l’Amour importe et l’Amour vous rendra
libre. Aimer son prochain, aimer son
frère, sa sœur, aimer ses ennemis, c’est
aimer le Christ. Lorsque Jésus demande
à Pierre à trois reprises, « Pierre, est ce
que tu m’aimes ? », nous comprenons bien la portée de la question. Il insiste
sur l’importance de l’amour. Aimer par-
dessus tout, aimer malgré la douleur,
aimer malgré les souffrances. Aimer et
pardonner toujours pour suivre le Christ.
Si Jésus nous invite à aimer c’est parce
que nous sommes son Eglise, son corps
visible. A-t-on déjà vu une personne
saine d’esprit se blesser sciemment ?
Alors, nous ne devons pas nous blesser,
mais plutôt nous pardonner et nous
aimer puisque nous sommes le Corps du
Christ et chacun de nous est un membre
de ce corps. Prendre soin de ce corps
et prendre soin de nos frères, de nos
sœurs, tel est notre devoir.
L’Amour du Christ, ce message où il nous
invite à nous aimer les uns les autres,
est au cœur de l’Evangile. Cette parole
du Christ est revigorante, Jésus nous
a donné sa propre vie pour que nous
vivions de Lui. A sa suite, nous devons
donner le meilleur de nous-mêmes
et accepter les dons qu’il nous offre.
Accepter aussi tout ce que l’autre nous
offre, même le pire de nos ennemis.
Au-delà de la blessure, nous vivons en
Dieu pour vivre en frères.
A la suite du Christ, demandons à Dieu
que l’Esprit Saint nous habite afin que
notre foi grandisse chaque jour et que
nous ayons la force et le courage d’aimer
selon son cœur. Demandons le courage
fraternel, celui de la vérité, du pardon,
et du don, pour vivre pleinement dans
son amour.
Jésus nous donne à travers ses disciples
ce commandement, car c’est l’amour qui
montrera à tous que Jésus est présent
en nous. Acceptant l’état de faiblesse
dans lequel nous sommes, nous nous
abaissons à l’exemple du Christ. Alors,
demandons la grâce d’accueillir la
faiblesse, l’humiliation dans l’Esprit Saint
pour faire grandir en nous l’Amour de
Dieu.
Père Jan Mielewski, Curé de Ducos
■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 6
Au jour de l’Annonciation, dès que Marie eut appris par
l’Ange Gabriel que sa cousine Elisabeth attendait un enfant
« dans sa vieillesse », elle part en hâte pour aider sa
cousine : c’est la Visitation de Marie à Elis\pabeth.
L
es textes bibliques et la fête
liturgique nous invitent à
reconnaitre dans le mystère de
l’ascension du Christ deux aspects :
• Celui de la glorification céleste du
Christ qui est en rapport étroit avec sa
résurrection,
• Celui de son dernier départ après une
période d’apparitions, départ et retour
vers Dieu dont les apôtres ont été témoins
sur le mont des Oliviers.
En montant au ciel, Christ a inauguré un
nouveau mode de vie auprès de Dieu.
Il est entré en premier dans le royaume
pour préparer une place à ses élus, puis
il reviendra et les y introduira pour qu’ils
soient toujours avec lui (Jn 14,2s). En
attendant cette échéance, nous chrétiens,
devons demeurer unis par la foi.
L’Ascension nous ouvre une perspective
de la vie au ciel, de la vie éternelle. Dans les
épreuves, gardons courage et rappelons-
nous que la plus petite souffrance d’ici-bas
nous prépare au-delà de toute espérance,
un poids éternel de gloire (2 Co 4,17).
Jésus ne nous a pas laissés seuls. Il
demeure en nous par la présence
réelle dans l’Eucharistie. C’est là que
nous puisons la force de vivre dans
l’espérance de la vie du ciel, à travers les
prières, les sacrements, qui sont un trésor
inépuisable.
La fête de l’Ascension doit être pour
chacun de nous un temps de révélation.
Le temps des témoins et des missions
commence. En tant que baptisés, nous
avons un devoir vis-à-vis de la mission.
C’est l’occasion privilégiée pour nous
de réfléchir sur les vocations. C’est aussi
un appel à la responsabilité de chaque
chrétien.
Faisons en sorte qu’en ce jour de joie,
chaque famille, chaque groupe de prière,
soit exhortés à rester dans la mouvance
de l’Esprit Saint. D’ailleurs, le synode
diocésain E CCLESIA ’M 2020 ! nous met sur
le chemin de guérison dans l’expérience
de la Pentecôte des familles.
Vivons donc l’expérience de Pâques
en passant par les exhortations de
l’Ascension afin de mieux vivre la
Pentecôte, fête de la naissance de l’Eglise
de Jésus Christ.
D
ans le don de la vie reçu à la
fois par une femme âgée et
une jeune vierge, la Visitation
illustre combien « rien n’est impossible
à Dieu », et que « Dieu donne la vie et
comble les attentes de ceux qui l’espère
contre toute espérance ». L'initiative de la
Vierge est marquée par une authentique
charité, humble et courageuse, par la
foi en la Parole de Dieu et par la poussée
intérieure de l'Esprit Saint. Celui qui aime
s'oublie et se met au service du prochain.
Voilà l'image et le modèle de l'Église.
La Visitation fait le pont entre Jean-
Baptiste et Jésus, entre l’ancienne et la
nouvelle alliance. Jean Baptiste est ce nouvel Élie annoncé
par Malachie (Ml 3,23), « préparé pour la
fin des temps » (Si 48,10), et qui précède
l’apparition du Royaume de Dieu.
La figure de Marie est interpellation et
inspiration pour incarner les attitudes
et les valeurs chrétiennes :
La charité fraternelle, rendre le bien
pour le mal, est le deuxième mystère
joyeux. Marie, à travers son fils conçu, va
au-devant du sacrifice suprême.
Parler de spiritualité mariale, c'est
trouver en Marie l'inspiration pour
suivre le Christ. Il s'agit principalement
de
don, de présence, d'expérience,
de vie. Le Père l’a choisie pour communiquer
son Verbe de vie au monde meurtri.
Que sa maternité continue d’engendrer
de nouveaux ‘Jean-Baptiste’ pour qu’ils
proclament la vérité et communiquent le
souffle de l’Esprit ! A notre tour, donnons
un souffle à nos rencontres et que nos
visites deviennent des visitations.
Heureuse visitation ! Heureux souffle de
vie ! Heureuse vie de l’Esprit qui porte le
Christ au monde.
Père Hippolyte Toglobesse,
Curé de Case-pilote et Bellefontaine
■
A scension • (\b9 mai)
L a V isitation • (31 mai)
Quarante jours après pâques, l’Eglise célèbre la fête de
l’Ascension, la montée de \bésus au ciel vers Dieu son père.
Du latin
Ascendere , l’Ascension signifie « mont\per ».
LITURGIE
Page 7
Pentecôte des familles :
Pourquoi une effusion de l’Esprit-Saint ? Pourquoi une inscription en ligne ?
Pourquoi une inscription en ligne ?
Pourquoi une effusion de l’Esprit-Saint ?
Pourquoi une inscription en ligne ? Pourquoi une inscription en ligne ?
■ Pourquoi une effusion de l’Esprit-Saint ?
Ce faisant, nous répondons à l’appel de notre Archevêque,
Mgr David Macaire, qui lui-même est porteur de l’appel du
pape François exprimé dans son homélie à la fin des Rencontres
Mondiales des Familles à Dublin, le dimanche 26 août 2018
à Phoenix Park, face à plus de 600 000 personnes : « […] la
source ultime de tout le bien : […] l’Esprit de Dieu, qui souffle
constamment une vie nouvelle sur le monde, dans les cœurs,
dans les familles, dans les maisons et dans les paroisses. Chaque
nouveau jour dans la vie de nos familles et chaque nouvelle
génération portent la promesse d’une nouvelle Pentecôte, une
Pentecôte domestique, une nouvelle effusion de l’Esprit […] ».
Pendant ce temps d’effusion de l’Esprit-Saint, l’Eglise avec Marie,
Mère de l’Eglise, prie pour que tous ceux qui le désirent puissent
accueillir le plus pleinement possible l’Esprit-Saint reçu au
baptême ! Ce seront les parents qui prieront pour leurs enfants
après que les enfants et les prêtres aient prié pour les parents.
Prions dès maintenant pour que pendant ce temps, que nous
désirons plein de douceur, l’Esprit-Saint soit accueilli dans des
cœurs assoiffés de sa présence !
■
Pourquoi une inscription en ligne ?
La dynamique de préparation à la Pentecôte des familles se met en
place dans notre diocèse grâce à l’implication des catéchistes, des
équipes de pastorale familiale des paroisses, avec la bénédiction
et le soutien des prêtres ! Qu’ils en soient tous remerciés et bénis !
Toutefois, un effort soutenu doit être réalisé pour l’étape
d’inscription (et de paiement) en ligne, et ce pour au moins 3
raisons :
➊ Assurer un accueil fluide, simple et fiable pour plusieurs
milliers de personnes attendues le jour de la Pentecôte au
Stade.
➋ Diminuer au maximum le stockage et les transferts d'argent
entre paroisse et archevêché : économie d'énergie et de
mobilisation de comptabilité.
➌ Permettre davantage de solidarité, d'amour fraternel dans
la communauté paroissiale avec, pour cerise sur le gâteau, le
fait de donner leur place aux plus jeunes qui peuvent aider
les moins jeunes à se familiariser avec ces outils numériques.
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 7
VIE DU DIOCÈSE
☛ Chaque membre de la famille doit
avoir son billet : un billet « payant » à
10 € et le reste gratuit. Si les inscriptions
gratuites pour votre famille n’ont pas été
faites, merci de les réaliser au plus tôt.
☛ Le paiement par carte bancaire est
à privilégier. Si vous avez des difficultés, merci
de faire jouer la solidarité : une autre famille peut
réaliser le paiement, elle peut ensuite se faire
rembourser en liquide.
☛ Les billets obtenus peuvent être téléchargés sur
le téléphone et/ou imprimés.
Inscrivez vos familles grâce au
lien suivant, puis inviter les autres
familles autour de vous à s’inscrire :
https://www.weezevent.com/
pentecote-des-familles-2019.
Le seul fait d’aider à inscrire, d’encourager,
constitue un vrai acte missionnaire !
La catéchèse et la pastorale familiale du diocèse ■
Quelques conseils pratiques à rappeler :
Comment évangéliser, être missionnaire
autour de la Pentecôte des familles ?
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 8
VIE DU DIOCÈSE
I
l y a quelques mois, à
l’occasion d’une ordination,
Eglise en Guadeloupe a
titré : « Aujourd’hui, un homme
est devenu prêtre ». La formule
m’a semblé remplie de sens, c’est-
à-dire remplie de questions. Un
homme est devenu prêtre, « homme
de Dieu », mais a-t-il cessé d’être
homme pour autant ? Ne faut-il pas
être un homme et le demeurer pour
être un prêtre ? N’opposons-nous
pas parfois des choses qui sont
faites pour être unies, ou, pour être
exact, en complémentarité.
Première question : Un prêtre, au sens
étymologique, est un sacrificateur,
mais est-ce qu’il arrête pour autant
d’être un sacrifié, lui-même offert ?
La prière est le métier du prêtre. Il
rassemble les gens pour les faire
prier, mais arrête-t-il pour autant
de prier ? Lui-même, de quel côté
de la barrière se trouve-t-il ? Le
prêtre est celui qui prie, celui qui
offre… son temps, sa vie, tout ce
qu’il est. A l’image du Christ, il
est le prêtre et la victime offerte
avec tout le peuple de Dieu. C’est
d’ailleurs pour ça que lui seul peut
dire en vérité, in persona Christi :
« Ceci est mon C orps, ceci est mon
S ang ».
Et voilà le premier secret (il y en aura
sept) de la vie des prêtres : le secret
de sa sainteté, de sa sanctification.
Sacrificateur et sacrifié, celui qui
fait prier et préside la prière de la
communauté est celui qui prie plus
que tout autre.
Deuxième question : Le prêtre est un
pasteur, mais est-ce qu’il cesse d’être
un fidèle ? Serait-il un infidèle ? Ce
serait un comble ! Devenu manager
dans l’institution, il ne serait plus
prophète, n’aurait plus de charisme
et ne saurait rien faire d’autre que
commander – en "Koumandè" !!
Pasteur et responsable, il est aussi
un fou qui se jette à l’eau, qui dérange
parfois la communauté lorsque
l’Esprit Saint le guide !
Et voilà le deuxième secret : le secret
de son efficacité (capacité légendaire,
à travers l’histoire, à créer sans cesse,
des œuvres, des groupes, des actions
pour la gloire de Dieu et le salut du
monde).
Troisième question : Un prêtre a une
mission pastorale, mais a-t-il cessé,
du coup, d’être dans un diocèse lié
au ministère de l’évêque ?
Puisqu’il
est chef (dans le Christ-Chef), a-t-il
cessé d’être un équipier dans le
presbyterium ou dans les équipes
avec lesquelles il travaille ? Son
sacerdoce l’a-t-il placé sur une
planète différente des autres ? Est-il
encore membre du corps dont il est la
tête ? Bien sûr que oui. Au contraire,
étant, à la fois, pleinement dans sa
charge et pleinement en lien avec ses
frères, membre d’un corps, il trouve
là le secret de sa fidélité. (cf le
père Bousquet : "complémentarité
et charisme"). Que serait chaque
prêtre isolé des fidèles, du clergé, de
l’évêque et de l’Église ? Un monstre !
Un monstre rempli de talents peut-
être, mais monstrueux quand même !
Quatrième question : Le prêtre est
un enseignant… cesse-t-il d’être
disciple ? Bien au contraire ! Il ne
peut enseigner que ce que lui-
même a reçu et doit recevoir
sans cesse. Comme disait mon
père : "piti kouté gran… mé gran
kouté piti". Le prêtre ne peut pas
manquer de faire l’expérience de
l’enseignement qui lui vient des
fidèles, même les plus humbles,
même les plus éloignés de la foi !
Dieu veut que cet homme formé
pour enseigner, soit sans cesse un
disciple. Un disciple missionnaire.
Un curieux, un enfant. Un enfant
qui écoute ("Écoute, Israël" !),
qui voit les signes et reçoit sans
cesse l’enseignement de son
Dieu à travers les hommes, les
femmes, les évènements, l’Église
et ses pasteurs suprêmes. C’est
là
le secret de son humilité. Un
prétentieux qui n’apprend plus
rien, n’est plus un maître, ni un
témoin du Christ.
Cinquième question : Le prêtre est
un confesseur, mais est-il encore
un confessé ? Est-il un pénitent ?
Oui, et c’est même là le secret de
sa beauté.
La beauté de l’Église,
c’est que précisément toute la
grâce, toute la force, toute la
sainteté vient du Christ ! Le prêtre
est un pauvre type comme tous
les autres. S’il s’était trouvé un
prêtre au milieux des hommes et
des femmes qui voulaient lapider
la femme adultère, lui non plus
n’aurait pas jeté la première
« Un homme est devenu prêtre »
Homél\be de la messe chr\bsmale du 17 avr\bl 2019
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 9
pierre ! (Ça marche aussi pour les
évêques !). Le secret de sa beauté,
c’est d’être un coupable qui doit
porter un certain jugement sur
l’attitude de ses frères, non pas en
son propre nom, ou au nom de sa
propre perfection, mais au nom
du Christ. Cela lui donne quelque
chose du cœur miséricordieux
de Celui qui s’est laissé abaisser
jusqu’au sacrifice de la croix.
Sixième question : Le prêtre est un
père, cesse-t-il pour autant d’être un
fils ?
Toute sa vie est consacrée au
don de soi, de son temps, de la
P arole, du Corps et du Sang du
Christ, de la miséricorde ou du
pardon… Mais un père ne peut-il
jamais se montrer faible ? Les pères
de ce monde enseignent pourtant
tout autant par leur force que par leur
faiblesse, c’est ce qui fait d’eux des
êtres humains. Qu’en est-il de nos
pères-prêtres : celui de ta paroisse,
de ton équipe, de ton aumônerie, de
ta communauté ou de ton groupe est
aussi un homme avec ses défauts,
ses faiblesses, qui avance comme
tous les autres en boitant, et c’est
là le secret de son autorité. On
l’appelle « père », mais ce n’est pas
pour lui, c’est parce que Dieu l’a
choisi et mis là pour qu’il le soit
pour ses frères. C’est un service.
Septièmement, enfin, le prêtre est
un célibataire, mais doit-il être un
solitaire ? A-t-il cessé d’être en
communauté pour autant ?
Est-il
entouré de quelques groupies et
affidés, qui le regardent d’en bas en
le laissant dans sa solitude, ou a-t-il
le droit ou non d’être entouré ?
Est-ce qu’à la tête d’une grande
communauté de plusieurs milliers
de personnes, il doit se retrouver
seul dans son coin quand la messe est terminée ? L’invite-t-on pour
l’isoler à une place d’honneur
et ne lui parler que du baptême
du petit neveu… ou dire du mal
d’une autre paroissienne (!), ou
bien a-t-il le droit d’avoir une
petite communauté (PCE) comme
tout le monde ? Une famille ! Une
vraie famille, avec des frères et
sœurs qui le respectent, lui font
confiance et sont capables de lui
dire :"Là, tu as prêché un peu trop
longtemps aujourd’hui, mon père".
Non parce qu’un igname est sur
le feu, mais parce qu’ils prennent
part à son ministère. C’est de plus
en plus aujourd’hui une obligation
qu’il y ait autour de chaque prêtre
une communauté de disciples
missionnaires, de vrais amis,
hommes et femmes, de différents
âges et conditions, dont il se sait
entouré, aimé, corrigé quand il
le faut. C’est là le secret de sa
fécondité. Célibataire, oui, mais
pas isolé ! Célibataire, mais pas
mis sur un piédestal et encensé
comme une statue. Aimé oui !...
mais pas adulé par des flatteurs.
Au final, le prêtre, c’est un homme…
de Dieu.
Sans cesse en mission, il
est prêtre jusqu’à la fin de sa vie,
et même dans l’éternité. Mais c’est
aussi un homme qui a une famille,
se détend, part en vacances, prie,
exerce ses propres charismes…
Le risque, si on distingue trop
l’homme et sa mission, c’est qu’il
ait des moments de vie publique
où il est prêtre et des moments de
vie privée où il ne l’est plus du
tout, où il raccroche soutane ou
chasuble, devient un homme tout
court… sans Dieu. C’est un vrai
risque si on oublie que Dieu a uni
l’agir humain et divin dans la vie
de ces serviteurs.
Le prêtre est un homme de Dieu
parce que la mission est toute sa
vie ou, plutôt, parce que sa vie
est entièrement une mission. Un
prêtre âgé dans une maison de
retraite, malade, fatigué ou retiré,
reste un prêtre, un missionnaire,
parce que Dieu l’a choisi. Ce n’est
pas sa mission qui est sa vie, c’est
sa vie entière, qui, dans chaque
fibre, chaque moment, intime ou
public, devient un témoignage.
Bien entouré par ses frères et les
fidèles les plus proches, si possible
bien accompagné par son évêque,
alors il peut s’écrier, non pas :
« C’est le Christ que je sers de
8h à 17h », mais :
"Ce n’est plus
moi qui vis, c’est le Christ qui vit
en moi" ! Il dort quand je dors, se
repose, se détend, pleure, rit, va
prier, célébrer…
Dans sa pauvreté, mais dans cette
unité profonde entre l’homme et
Dieu – qu’il essaie de réaliser, et
qu’il va un jour totalement vivre à
la table du Royaume –, le prêtre a
trouvé le secret. Aidons nos prêtres
à vivre tout cela. Aidons-nous les
uns, les autres, mes frères, à unir
ce qui est peut-être distinct, mais
qui doit être uni et complémentaire
pour notre sanctification et notre
joie. Amen.
+ fr. David Macaire ■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 10
VIE DU DIOCÈSEVIE DU DIOCÈSEVIE DU DIOCÈSE
À une semaine de la fête des mères et trois semaines de la Pentecôte, quoi de mieux
que de prendre la main de Marie et d’inviter l'Esprit-Saint à habiter notre cœur et à
transformer notre vie, lui qui nous sanctifie ! Trois mamans témoignent de ce que l’Esprit-
Saint est une force active dans leurs vies et la plus ef\pficace des "aides à domic\pile" !
Les mamans et l’Esprit-Saint
Y a-t-il un lien entre la mère, la
maternité et l‛Esprit Saint ?Le rôle de la mère est bien
celui d'accueillir la vie qui
lui est confiée et de prendre soin de
cet enfant pour le faire croître, le faire
grandir pour que cet enfant puisse à son
tour se donner, donc se réaliser. L‛enfant
pour croître a besoin d‛être dans un
environnement d‛amour et de bienveillance.
L‛enfant n‛est pas la chose de la mère, il
n‛est pas non plus l‛objet, dans le sens de
propriété de la mère, mais inversement,
la mère n‛est pas esclave de l‛enfant. Il y
a donc un équilibre harmonieux à trouver.
L‛Esprit-Saint, Lui, est souffle d‛amour,
fruit de l‛amour donné et reçu du Père et
du Fils. De cette amour donné, reçu du
Père, jaillit l‛Esprit-Saint, l‛Esprit d‛amour.
L‛Esprit-Saint est celui qui a permis que
Marie soit mère. C‛est par l‛action de
l‛Esprit-Saint que Marie est mère, par la
volonté de Dieu.
Mon expérience : quand j‛ai enfin bien voulu
implorer le souffle de l‛Esprit-Saint, son
souffle d‛amour dans mon rôle de mère, j‛ai
réalisé que beaucoup de tensions, beaucoup
de crispations, de déceptions ont pu être
apaisées. Mon regard a pu être transformé
de façon bienveillante. Il me semble qu'une
maman qui accueille l‛Esprit- Saint peut
transformer son regard, peut transformer
sa façon d‛aimer, peut avoir une relation
plus harmonieuse, plus ajustée, à savoir
que l'on pense d‛abord au bien de l‛autre.
De plus, prier l‛Esprit-Saint pour qu‛il
accompagne nos enfants, c'est faire un
cadeau à notre enfant. Confier nos enfants
à l‛Esprit-Saint, c‛est leur faire un véritable
cadeau car l‛Esprit Saint ne peut vouloir que
leur bien, que le bonheur de nos enfants
bien-aimés.
Ces jours où nous allons bientôt fêter la
Fête des Mères, je ne peux qu‛encourager
les mamans, qui donnent tant à leurs
enfants, qu'à se tourner vers l‛Esprit-
Saint pour qu‛il souffle en elles un regard
renouvelé, qu‛il souffle en elles un vent
nouveau de l‛amour même de Dieu. Je rends
grâce au Seigneur de m‛avoir rendue mère.
Chacun de mes enfants est un don reçu
de Dieu que je confie avec une confiance
absolue au souffle de l‛amour de l‛Esprit-
Saint. Bonne Fête des Mères dans le
souffle de l‛Esprit : accueillez cet Esprit,
souffle d‛amour.
L'ange lui répondit : Le Saint Esprit
viendra sur toi, et la puissance du Très
Haut te couvrira de son ombre...» (Luc
1,35).
Voici la parole qui m'est tout de suite
venue à l'esprit en pensant à l'action de
l'Esprit-Saint dans ma vie et mon rôle
de mère !
Maman de 2 enfants (Annaelle, 8 ans
et Samuel, 4 ans) je fais régulièrement
l'expérience qu'il n'est pas toujours facile
"d‛assurer" sur tous les fronts : couple,
enfants, travail, mission diocésaine, etc.
Mise à part la présence indispensable
de mon époux à qui j'ai été confiée par
Dieu, je puise ma force dans l'invocation
quotidienne de l‛Esprit-saint.
En effet, dès le matin, j'invoque l'Esprit
de force afin qu‛Il m'aide à démarrer la
journée et à faire face à tout ce qui s'y
présentera. Pour éduquer et élever nos
enfants selon le cœur de
Dieu, dans une société qui cherche
de plus en plus à s'en "passer" voire à le
"nier", j'invoque l'Esprit de conseil et de
sagesse.
C'est aussi ce même Esprit-Saint, reçu
par nos enfants le jour de leur baptême,
que je les invite à invoquer sur la route
de l'école.
En fait, tout comme Marie devint la mère
de Jésus par l'action de l'Esprit-Saint,
ma vocation d'épouse et par la même de
mère, ne peut s'exercer sans cette aide
divine qu'est le Saint-Esprit.
La Pentecôte des familles prévue le 9 juin
sera pour mon époux, nos enfants et moi-
même, l'occasion d'accueillir le souffle de
l‛Esprit-saint qui viendra me fortifier dans
mes faiblesses. Merci Seigneur pour ce
don de l'Esprit-Saint ! Le Seigneur nous a confié
à mon époux et à moi de
nombreux enfants (huit), des
cadeaux extraordinaires et merveilleux de
Dieu. Leur présence fait du bien à notre
couple et à d'autres. En tant que mère, j'ai
à les accueillir chacun, à prendre soin d'eux
en les éduquant chrétiennement de façon
à ce qu'ils connaissent Dieu, qu'ils aiment
Celui qui les a créés de tout leur cœur,
de toute leur âme, de toute leur force
et de tout leur esprit, et qu‛ils puissent
aimer leur prochain en commençant par
leurs frères et sœurs et leurs parents.
Je suis responsable d'eux en développant
leurs vertus (justice, force, tempérance,
prudence) pour plus de bonheur, pour plus
de charité, d'espérance et de foi dans ce
monde difficile. Mais comment y arriver
sans l'aide de l'Esprit-Saint qui est en
moi, et aussi en eux, et qui est là pour
m'éclairer, me guider dans mes choix pour
le bien de mes enfants ? Chaque matin,
depuis le jour où j'ai donné ma vie à Jésus,
en accueillant consciemment l‛Esprit-Saint
que j'ai reçu à mon baptême, je l‛invite
à conduire ma journée. Je lui demande
de venir m‛aider dans les petites choses
de la vie quotidienne (organisation de la
maison, école, travail, conflits, sorties,
éducation affective et sexuelle…) en lui
disant simplement, dans telle situation :
« Viens Esprit-Saint !» Je sais que je suis
limitée, que je ne sais pas toujours aimer
comme il le faudrait, c‛est donc pour cela
que j‛appelle au secours l‛Esprit-Saint pour
qu‛il s‛occupe de chacun des enfants : j‛en
suis incapable sans lui et sans mon époux
! Et ma joie de maman, c‛est de voir les
enfants demander aussi de l‛aide à l‛Esprit-
Saint pour pouvoir faire la volonté de Dieu.
L‛enjeu n‛est-il pas que nous soyons tous
unis au Père, à Jésus et à l‛Esprit-Saint
dans la vie éternelle ? La Sainte Vierge
Marie, notre maman du Ciel, mon modèle
de Mère, l‛épouse de l‛Esprit-Saint, me
rappelle sans cesse ma mission de maman :
celle de conduire chacun des enfants vers
ce bonheur éternel.
Béatrice Marie
Gabrielle
Ingrid
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 11
Le 1 er mai, l’Eglise fête Saint-\boseph, travailleur. Le charpentier de Nazareth est aussi
un bâtisseur et un modèle pour les croyants.
Le 1
er mai, c’est aussi la fête patronale de la commune. Des manifestations de réjouissances
ont eu lieu sur le parvis de l’église avec la participation des paroissiens qui sont aussi
administrés de la commune pour la plupar\pt.
L
a messe a eu lieu à 7 heures en
l’église du bourg en présence
d’une délégation d’élus avec
le maire, Athanase Jeanne-Rose, à sa
tête ainsi que des élus des communes
voisines, membres de la Communauté
d’Agglomération du Centre de la
Martinique (CACEM).
Une procession était prévue. Elle devait
partir de la statue de Saint-Joseph à
l’entrée de la ville, mais le temps en a
décidé autrement !
Dans son homélie, le curé de la paroisse,
le père Wilfried Bannais, a rappelé le
rôle du travailleur chrétien par rapport
à ce que Dieu nous demande. Le travail
nous rend-il solidaire ou nous isole-t-il,
s’est-il interrogé ?
Il nous rappelait par là-même le devoir
de lutte du chrétien pour sortir de cet
isolement.
Le curé nous a aussi invités, d’une part, à
avoir une pensée pour les demandeurs
d’emploi, surtout ceux qui sont sincères,
d’autre part, à montrer aux jeunes le sens
chrétien du travail.
Ce qui est important, ce n’est pas gagner
de l’argent mais faire quelque chose
qui nous épanouisse et nous rendre
heureux.
La messe s’est poursuivie par une
manifestation culturelle avec divers
exposants (plantes, fruits et légumes,
objets d’artisanat d’art, pâtisserie, etc.).
Joël Sandot ■
C
ette année, cette rencontre a eu
lieu à l’église « Cœur Immaculé
de Marie » de Bellevue. Une
foule nombreuse a participé à la messe
de 19h présidée par son excellence
Mgr David Macaire. Dans son homélie, il
a insisté sur la mission du chrétien. Nous
ne sommes pas seulement chrétiens à la
messe, dans l’Eglise, mais nous devons
l’être partout, surtout auprès de ceux qui
ne la fréquentent pas. Car, dit-il : « Nous
sommes une génération choisie pour
annoncer Jésus dans tous nos milieux
de vie».
Cette célébration a été riche en temps
forts : des objets symbolisant le monde du travail ont été portés en procession
lors des offrandes, l’envoi en mission par
l’archevêque de la nouvelle présidente
du CMT en lui remettant un cierge
allumé, la prière à Notre-Dame du travail
qui clôturait la neuvaine commencée
le 22 avril 2019, le lendemain de
l’anniversaire du retour vers Dieu de
notre regretté père Gaston Jean-Michel,
le fondateur de l’Action catholique
dans notre diocèse, les remerciements
à tous les participants, mais également
aux militants et prêtres de la première
heure, le père Jean de Coulanges et tout
particulièrement l’ancien Président du
CMT, Samson Gabriel, qui a beaucoup
œuvré pour le mouvement.
A l’issue de la célébration, les personnes
qui avaient effectué la neuvaine, ainsi
que celles qui étaient intéressées par le
mouvement, ont été invitées à rejoindre
les membres du CMT pour un échange
suivi d’une collation. Le message du
1er mai du Mouvement Mondial des
Travailleurs Chrétiens (MMTC) ainsi que
la prière des CMT ont été remis à chacun.
Vous pouvez les retrouver sur le site du
diocèse dans la rubrique CMT.
Marie-Elisabeth R., Présidente du CMT ■
Saint-
Joseph, travailleur
Le 1
er
mai fêté
par les chrétiens dans le monde du travail
Depuis de nombreuses années, les Chrétiens dans le Monde
du Travail (CMT) célèbrent la fête du travail le 30 avril, au
cours d’une célébration eucharistique. Selon le calendrier
de l’année, cette célébration est effectuée sur une paroisse.
Le 1 er mai, l’Eglise fête Saint-\boseph, travailleur. Le charpentier de Nazareth est aussi
un bâtisseur et un modèle pour les croyants.
Le 1 er mai, c’est aussi la fête patronale de la commune. Des manifestations de réjouissances er mai, c’est aussi la fête patronale de la commune. Des manifestations de réjouissances er
ont eu lieu sur le parvis de l’église avec la participation des paroissiens qui sont aussi
administrés de la commune pour la plupar\pt.
L
a messe a eu lieu à 7 heures en
L
a messe a eu lieu à 7 heures en
L
l’église du bourg en présence
d’une délégation d’élus avec L d’une délégation d’élus avec L
le maire, Athanase Jeanne-Rose, à sa
tête ainsi que des élus des communes
voisines, membres de la Communauté
d’Agglomération du Centre de la
Martinique (CACEM).
Une procession était prévue. Elle devait
partir de la statue de Saint-Joseph à
l’entrée de la ville, mais le temps en a
décidé autrement !
Dans son homélie, le curé de la paroisse,
le père Wilfried Bannais, a rappelé le
rôle du travailleur chrétien par rapport
à ce que Dieu nous demande. Le travail
nous rend-il solidaire ou nous isole-t-il,
s’est-il interrogé ?
Il nous rappelait par là-même le devoir
de lutte du chrétien pour sortir de cet
isolement.
Le curé nous a aussi invités, d’une part, à
avoir une pensée pour les demandeurs
d’emploi, surtout ceux qui sont sincères,
d’autre part, à montrer aux jeunes le sens
chrétien du travail.
Ce qui est important, ce n’est pas gagner
de l’argent mais faire quelque chose
qui nous épanouisse et nous rendre
heureux.
La messe s’est poursuivie par une
manifestation culturelle avec divers
exposants (plantes, fruits et légumes,
objets d’artisanat d’art, pâtisserie, etc.).
Joël Sandot ■
Saint - Joseph, travailleur - Joseph, travailleur -
■
0696 28 56 38
sur Facebook :
Action catholique de la MartiniqueAction catholique de la Martinique
diocèse dans la rubrique CMT.
Pour tout contact : Pour tout contact :
Page 12
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 12
L’enseignement catholique de Martinique
D es communautés éducatives
qui fonctionnent sur le principe
de subsidiarité
L’Enseignement catholique (E.C.) n’est pas dans un univers protégé, il est plongé dans
le monde d’aujourd’hui avec toutes les difficultés que rencontre ce monde : la perte de
sens, l’absence de repères solides, les conflits, les inégalités, la dépopulation importante
et continue en Martinique, la perspective du chômage des jeunes. Tout cela impacte
forcément les effectifs scolaires. Cette évolution démographique et plus largement
sociétale et spirituelle oblige l’ensemble des acteurs en charge du monde éducatif à
penser de nouvelles stratégies
F
ace à cette désespérance
ambiante, l’E.C. de Martinique
se veut un acteur vigilant et
souhaite apporter sa contribution
dans le champ de l’éducation.
Il s’inscrit, comme ceux des autres
territoires français et d’outre-mer,
dans les orientations de travail du
Comité National de l’Enseignement
Catholique (CNEC) mises en œuvre
dans les territoires par le Secrétariat
Général de l’E.C. (SGEC).
Lors de l’Assemblée plénière des
évêques de France de Novembre
2018, ceux-ci ont donné leur accord
pour les orientations du CNEC
ci-dessous : L’EC de Martinique s’inscrit également
dans les orientations diocésaines :
Celles du 3
ème chantier d’E CLESIA ’M 2020 ! :
Bâtir une éducation chrétienne qui
propose aux différents acteurs des
orientations pour une éducation
catholique.
Celles du projet diocésain de
l’enseignement catholique qui s’oriente
dans ce sens et se propose de
➊
Viser le développement,
afin de répondre aux
besoins éducatifs dans le
cadre d’un juste maillage
territorial.
➋ Favoriser prioritairement
les pratiques et les projets
relevant de la mixité sociale
et scolaire, de l’inclusion,
de l’accueil des élèves les
plus fragiles.
➌ Promouvoir dans tous
les établissements des
modalités d’organisation
pédagogique efficientes
associant créativité et
sobriété.
‘‘
Donner un souffle
nouveau
aux communautés éducatives
‘‘
ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE DOSSIER
Page 13
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 13
Par un travail de fond pour promouvoir son projet
éducatif :
Offrir aux élèves une éducation religieuse
respectueuse de la liberté des consciences.
Garantir aux familles la liberté du choix éducatif.
Proposer une offre de formation élargie de la
maternelle au post-bac.
Préparer les jeunes à «l’après cursus scolaire par
une éducation au choix beaucoup plus précoce».
Offrir un enseignement de qualité au moyen de
pratiques pédagogiques éprouvées, mais aussi
renouvelées.
Accompagner dans leur mission les équipes
enseignantes et non enseignantes.
Pour mieux comprendre comment se déclinera cette
démarche sur notre territoire, une présentation de
l’organisation de l’E.C. de notre Diocèse est nécessaire :
Selon le statut de l’E.C., l’évêque du lieu est le premier
responsable de l’E.C. (art. 198 et suivants).
Pour assurer cette mission,
Mgr l’Archevêque, David Macaire, s’est
entouré d’une conférence des tutelles et
d’un délégué épiscopal Directeur diocésain, le Père Alain
Ransay. Nommé par l’évêque, le Directeur Diocésain a
pour mission de contribuer à la veille qu’exerce l’évêque
sur l’ensemble des établissements de son diocèse quelle
qu’en soit la tutelle.
Les services de la Direction Diocésaine sont assurés
par une Directrice adjointe, une adjointe en Pastorale
et un observateur académique en charge des données
numériques et des statistiques. Des personnes ressources
apportent également une aide ponctuelle pour la veille
juridique et la conduite de projets. Nous rappelons que l’E.C. représente à la Martinique :
• 6,5 % de la population scolarisée.
• 4666 élèves, 2331 au 1
er degré, 2335 au 2 nd degré.
• Accueille des élèves de la maternelle au post bac dans 15 établissements répartis sur le territoire : Morne-Rouge,
Fort-de-France, Rivière-Salée.
• 291 enseignants, 244 personnels non enseignants.
• Des projets éducatifs, pastoraux, d’établissement dans chacune des structures.
• Des structures et des partenaires :
Des tutelles congréganistes et diocésaine :
- Notre-Dame de la Délivrande (les établissements du
Morne-Rouge et l’externat de Redoute),
- Saint Joseph de Cluny (Rue Lamartine et Cluny)
- la tutelle diocésaine (Séminaire-Collège, la Maîtrise de la Cathédrale, et Saint Jean-Paul II- L'Espérance).
Des Associations :
- L’APEL, association des parents d’élèves.
- FORMIRIS pour le financement des formations.
- L’IFAGEC pour la formation des enseignants,
- L’UGSEL pour l’animation sportive, éducative et culturelle
des élèves.
- Les OGEC pour la gestion administrative et financière des établissements.
Des bénévoles : les catéchistes, les chargés de mission…
Et l’E.C. étant associé à l’état par contrat :
Les Mairies,
la Collectivité Territoriale de Martinique
L’Education nationale.
Comment ?
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 14
ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE DOSSIER
Reconnue comme seule association officielle de parents d'élèves
par l'Enseignement catholique, l'Apel (Association de parents
d'élèves de l'enseignement libre) dispose d'une place spécifique
au sein de l'établissement scolaire. Membres à part entière de
la communauté éducative, les parents sont des partenaires de
l'établissement.
En Martinique, les 5 Apel d’établissement existantes (2 846 adhérents) sont regroupées
au sein de l’Apel Académique, elle-même faisant partie de l’Apel Nationale.
Les familles bénéficient de l'abonnement au magazine Famille & éducation, de l'accès
au site internet www.apel.fr, du Facebook Apel Martinique et du Service d'information
et de conseil aux familles (0696 414 696).
Si l’établissement est la
cheville ouvrière et le socle
de l’organisation de l’E.C.,
il ne peut fonctionner sans
le maillage territorial que
constituent par leurs actions,
les partenaires, les structures,
les associations qui sont moins
connues du grand public, c’est
pourquoi nous avons choisi de
les présenter ici :L’IFAGEC : Institut de
Formation Antilles
Guyane de l’Ensei-
gnement Catholique est en France l’un des 27 Instituts supé-
rieurs de formation de l'enseignement catholique. Aux Antilles
Guyane, l’IFAGEC est un institut missionné au service des
établissements privés sous contrat, créé le 22 octobre 1999.
Il propose un master MEEF (métiers de l'enseignement de
l'éducation et de la formation), par convention avec l’ICP
(Institut catholique de Paris) pour les étudiants qui veulent
embrasser le métier d’enseignant
L’lFAGEC assure la formation continue des enseignants du
privé sous contrat et également des parcours alternatifs de
cadres éducatifs.
Par ailleurs, l’IFAGEC, en lien avec l’Ecole des Cadres Missionnés
assure la formation des chefs d’établissement et de leurs
adjoints.
La responsabilité de
l’élaboration de la politique
de formation est confiée par
l’Enseignement catholique à Formiris. Organisme
national, accompagné par la tutelle de la formation,
Formiris exerce ses fonctions dans le cadre défini par le
Comité national de l’Enseignement catholique.
Formiris a la responsabilité :
• d’élaborer les propositions d’orientation de formation
pour l’ensemble des personnels, en tenant compte
des préconisations de la tutelle, des priorités des
établissements et des besoins des personnels.
• de gérer les fonds publics de formation des enseignants
et de rendre compte de leur usage ;
• de programmer les dispositifs de formation continue des enseignants et de les évaluer ;
• de répartir les financements dédiés à la formation
initiale des maîtres.
Les Organismes de Gestions de l'Enseignement
Catholique (OGEC)
Les membres des OGEC, bénévoles de l’association,
apportent une indispensable compétence à la gestion
économique, financière, immobilière et sociale de
l’établissement.
Ils mettent leur expertise au service du projet éducatif de
l’établissement. Le président de l’association de gestion
collabore étroitement avec le chef d’établissement et
l’autorité de tutelle (Les acteurs de la communauté
éducative).
Beaucoup d’actions, de tâches sont réalisées par « les
bénévoles » notamment dans le domaine pastoral et
celui de l’animation dans les établissements. Parents,
sympathisants, anciens élèves contribuent par leur
soutien à tisser du lien et faire vivre l’esprit d’une vraie
communauté où chacun doit se sentir responsable,
respecté et reconnu.
L’ UGSEL, fédération sportive
éducative de l’E.C.
Les chiffres nationaux :
Page 15
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 15
Et enfin, comme l’Enseignement Catholique est avant
tout une ECOLE de la vie, nous terminons avec un sujet
d’actualité :
La préparation aux examens
présentée par un Chef d’établissement
Le groupe scolaire du second degré Saint Joseph de
Cluny est constitué d’un collège, d’un lycée général et
technologique ainsi que d’un lycée professionnel.
A la rentrée 2018, nous préparons nos élèves de 3
ème au
Diplôme National du Brevet (DNB), aux baccalauréats ES,
S, L et STMG, aux baccalauréats professionnels commerce
et ASSP, aux BEP commerce et ASSP, et aux CAP AEPE.
Concernant le DNB, nous organisons au cours de l’année
scolaire 2 examens blancs dans les conditions du
déroulement des épreuves : 1 en janvier et 1 au début
du mois de mai. Les résultats sont ensuite affichés
et exploités par les enseignants. Suite au deuxième
examen blanc, les élèves recalés sont pris en charge par
l’équipe pédagogique et bénéficient d’un programme
d’entrainement en juin.
Les lycées sont organisés en semestre, ce qui permet une
bonne prise en compte des élèves en difficulté. En effet,
un accompagnement spécifique est accordé aux élèves
dont les résultats sont trop justes, voire insuffisants. De
la fin septembre à la fin mai, des devoirs type bac sont
programmés tous les samedis pour les élèves de 1 ères
et Terminales du Lycée Général et Technologique (LGT)
en plus de l’horaire normal de leur classe. Concernant
les élèves de 2 nde LGT, des devoirs du samedi sont
programmés une fois par mois. Les élèves de Terminales
du Lycée Professionnel (LP) bénéficient de la même
programmation que les élèves de terminale du LGT.
Cet entrainement est essentiel pour le bac, mais surtout
pour acquérir une capacité de travail intéressante pour
se préparer aux exigences du post bac. Une semaine de
bac blanc est organisée autour des vacances de carnaval
afin que les élèves se situent quant à leur préparation.
Enfin, des enseignants et les adjoints en pastorale se
tiennent en permanence à la disposition des élèves
pour un coaching concernant leur méthode de travail
ainsi que leur bien-être physique et mental pour mieux
aborder cette période d’examen.
Le chef d’établissement, G.VOYER
L’offre de formation
de l’Enseignement Catholique
2019/2024 en préparation
Au niveau national, ce travail de préparation à
l’accompagnement des établissements sur l’évolution
de cette politique prospective concertée pour affronter
les défis de l’école de demain se concrétisera par une
feuille de route qui déclinera les principes d’action, les
orientations politiques pour se donner les moyens d’un
développement global, les paramètres à prendre en
compte, les modalités de travail. Cette feuille de route
sera diffusée en juin 2019.
Au niveau local, selon la même démarche et parallèlement,
un groupe de travail a été constitué depuis novembre 2018
et réfléchit à une offre de formation aux familles sur notre
territoire. Celle-ci prend en compte les atouts et les freins
de notre territoire dans une logique de complémentarité
avec l’Enseignement public. Ses conclusions et son projet
seront présentés au CODIEC/CAEC (Comité Diocésain de
l’Enseignement Catholique, Comité Académique de l’E.C.)
du 11 juin 2019. Le CODIEC/CAEC, sous la présidence de
Monseigneur l’Archevêque, valide toutes les décisions
prises dans l’E.C. présentées par Le Directeur Diocésain. ■
LYCEE
POLYVALENT
COLLEGE
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Interview du
Père Alain Ransay,
Délégué Ep\bscopal à l’Educat\bon et
à l’Ense\bgnement Cathol\bq\Cue (DDEC)
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 16
Père Alain Ransay, vous êtes directeur
de l’enseignement catholique depuis
2016. Pouvez-vous nous rappeler la
place de l’Enseignement catholique
en Martinique ? Depuis quand
existe-t-il ?
L’Enseignement Catholique (EC) a
existé depuis le commencement de
la scolarisation à la Martinique. Ce
sont les sœurs de Cluny qui tenaient
toutes les écoles de la Martinique. Les
familles de colons fortunés envoyaient
ensuite leurs enfants à Paris pour la
poursuite de leurs études secondaires,
jusqu’à ce que les frères de Ploërmel
créent le Séminaire Collège à Saint-
Pierre qui sera, suite à l’éruption
volcanique du 8 mai 1902, transféré
sur la nouvelle capitale, à savoir Fort-
de-France.
Combien d’écoles et d’établissements
comprend-il ? Combien d’élèves
sont-ils accueillis ?
7 écoles, 4 collèges et 2 lycées
généraux, 2 lycées professionnels.
Un peu moins de 4667 élèves.
En 3 ans, quelle évolution avez-vous
observée ? Les demandes d’inscrip-
tions non satisfaites sont-elles tou-
jours aussi nombreuses ?
Elles restent nombreuses, même si le
nombre a baissé et continuera à baisser
à cause du phénomène de dénatalité
que nous déplorons actuellement et
qui risque même de conduire à la
disparition de la culture martiniquaise.
Dans plusieurs régions de France,
des écoles et établissements privés
catholiques hors contrat avec
l’Education Nationale ont été créés
par des parents d’élèves. Est-ce le
cas ici aussi ?
Il y a 4 établissements hors-contrats à
ma connaissance : le Petit Château de
Thérèse à Ducos et l’école St Raphaël
à Terreville, et 2 écoles qui ont adopté
la pédagogie Montessori : une à Fort-
de-France et l’autre à Saint-Joseph.
Quelles sont les raisons de ce choix
opéré par ces parents ?
Seul le Petit Château est explicitement
sur le même terrain que nous.
Les raisons sont que les parents
trouvaient que le caractère propre
de nos établissements n’était pas
suffisamment affirmé.
Ce caractère propre des établissements
catholiques sous contrat avec l’Etat
vous paraît-il suffisamment affirmé
ici ?
Je trouve qu’un gros effort a été fait…
Il nous reste encore une bonne marge
de progression, mais les choses, à mon
avis, progressent bien.
D epuis 2018, à l’initiative de Mgr
David Macaire, l’Enseignement
catholique s’est étendu à
l’Enseignement supérieur avec la
création de l’Institut Catholique
Européen des Amériques (ICEA).
Qu’apporte-il de nouveau pour les
jeunes de la Martinique et de la
Caraïbe ? Est-il appelé à étendre
son offre de formations dans les
prochaines années ?
L’ICEA entend apporter, même
modestement, une contribution au
bien commun de la Martinique qui
passe par la formation des ses jeunes
à des métiers qui ouvrent sur de vrais
débouchés sur place. Il s’agit pour
nous, non pas de faire concurrence à
l’Université de Antilles, mais d’agir
en complémentarité notamment pour
retenir quelques uns des 800 jeunes
qui partent chaque année faire des
études ailleurs. Plus nous aurons
des jeunes Martiniquais qui passent
leurs premières années de vie adulte
à la Martinique, plus nous aurons de
chances qu’ils aiment leur région et
qu’ils aient envie d’y travailler.
Concernant l’offre de formation, la
première « Sciences politiques et
écologie humaine » est en place.
Mais de nombreux autres projets sont
dans les cartons, notamment dans le
domaine scientique.
Enfin, vous préparez avec vos équipes
la rentrée 2019 : de nouveaux projets
seront-ils mis en œuvre ?
Les problématiques générales
touchent tout autant les Etablissements
catholiques que les autres écoles. Un
groupe de travail est mis en place depuis
le début de l’année scolaire 2018/2019
afin que nos écoles répondent aux
besoins des familles, à ceux de cette
société où les changements s’opèrent
très vite ; cette société à laquelle chacun
doit s’adapter en permanence, mais
notre mission éducative et pastorale
reste la même. Certains projets sont
déjà bien engagés et tiennent compte
de la diversité d’implantation et de
population de nos établissements,
d’autres sont en gestation à tous les
niveaux de la maternelle au post-
bac pour que « chacun de nos élèves
devienne auteur du sens qu’il donne
à sa vie, à la vie sociale et à la vie
de l’humanité» (Cf. Journée des
communautés éducatives de décembre
2005).
Propos recueillis par Michel Déglise ■
ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE DOSSIER
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?
Question AN TCHÈ
LÉGLIZ-LA
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 17
‘‘
‘‘
Un chrétien doit-il être végétarien ?
A
vant de répondre à cette question
cherchons dans la bible si le Christ
Jésus lui-même a été végétarien
ou pas.
On peut constater en lisant la Sainte
Ecriture que Jésus a mangé du poisson :
« Ils lui présentèrent un morceau de
poisson grillé. Il le prit et le mangea
devant eux. » (Luc 24, 42-43), et aussi
de l’agneau (Luc 22.8-15). Donc le Christ
Jésus a miraculeusement nourri la foule
au moyen de pain et de poisson (Mathieu
14.17-21).
D’autre part, on retrouve l’apôtre Pierre
qui voit une toile qui contenait des
animaux, et une voix qui vient du ciel
lui dit que toute nourriture, y compris
animale, était pure : « Il sentit la faim et
voulut… ne le dit pas souillé » (Actes
10.10-15).
Mais déjà dans l’Ancien Testament,
Dieu donne aux hommes la faculté de
se nourrir à partir de la viande. Cela est
survenu après le déluge au temps de Noé,
Dieu montre ici une grande sollicitude
envers toute l’humanité en lui permettant
de manger de la viande : « Soyez la crainte
et l'effroi de tous les animaux de la terre et
de tous les oiseaux du ciel, comme de tous
ce dont la terre fourmille, et de tous les
poissons de la mer : ils sont livrés entre vos
mains» (Genèse 9.2-3), et cette instruction
n’a pas changé entretemps.
Être végétarien n’est pas une faute, on peut
le devenir à cause de raisons médicales.
Un médecin peut nous imposer un
régime alimentaire strict, sans viande,
afin de sauver notre vie ou au contraire de
nous imposer de manger de la viande car
il y a une carence en protéine ou autres.
De même, Saint Paul nous indique un
chemin équilibré qui peut nous aider à
avoir une attitude juste vis-à-vis de celui
qui est végétarien ou autres, car de nos
jours, de nouveaux modes d’habitudes
alimentaires apparaissent (végan,
végétaliens…). Saint Paul nous dit : « Tel
croit pouvoir manger de tout ; tel autre, qui
est faible, se nourrit des légumes. Que celui
qui mange ne méprise point celui qui ne
mange pas, et que celui qui ne mange pas
ne juge point celui qui mange, car Dieu l'a
accueilli parmi les siens » (Romains 14.2-3).
Encore une fois, Dieu a permis à
l’humanité de manger de la viande
après le déluge (Genèse 9.3). La Loi de
l’Ancien Testament interdisait à la nation
d’Israël de consommer la chair de certains
animaux (Lévitique 11.1-47), mais aucun
commandement n’a jamais interdit de
manger de la viande.
C’est pourquoi il est important de retenir
que Jésus a déclaré que tous les aliments
et toutes formes de nourriture, en
particulier toutes sortes de viandes sont
pures : « Ecoutez-moi tous, et comprenez
bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme
et qui pénètre en lui ne peut le rendre
impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà
ce qui rend l’homme impur » (Marc 7.14-
15). En déclarant que « tous les aliments
sont purs », Notre Seigneur Jésus Christ
contrevenait gravement à une tradition
de son peuple…
mais c’était pour
permettre à tous
ceux qui n’avaient
pas les traditions
juives d’entrer
dans l’Eglise.
Notre Seigneur
Jésus Christ pensait
aux païens.
Comme en toutes choses, chaque
chrétien doit prier Dieu afin qu’il lui
montre ce qu’il veut qu’il mange. Tout
ce que nous décidons de manger est
acceptable à ses yeux, tant que nous lui
rendons grâces de nous l’avoir donné
(1 Thessaloniciens 5.18). « Ainsi donc, que
vous mangiez, que vous buviez ou quoi
que vous fassiez quelque chose, faites tout
pour la gloire de Dieu. » (1 Corinthiens
10.31).
Ainsi nous comprenons que ne pas être
végétarien n’est certainement pas une
faute pour un chrétien. Si j’ai mangé de
la viande, je n’aurai pas besoin d’aller
le confesser. Par contre, si on adopte ce
mode de vie, (végétarien, végan) il est
nécessaire que cela se fasse de manière à
nous maintenir en bonne santé et ne pas
provoquer de maladies graves.
Le Christ nous a montré durant sa vie
terrestre qu’il a lui-même mangé de
la viande, et il a même multiplié des
poissons.
Abbé Neuville Cospar,
Diacre, paroisse de Bellevue
■
de son peuple…
mais c’était pour
permettre à tous
Notre Seigneur
Jésus Christ pensait
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 18
N
otre bien-aimée Mère Jean
a très bien illustré dans sa
vie quotidienne la devise de
notre Congrégation : «LOVE & SERVE»
- «AIMER & SERVIR».
Elle aimait particulièrement les pauvres,
les défavorisés et les personnes âgées.
Un homme pauvre nommé Joe venait
toujours à notre porte, selon nous, au
mauvais moment ... particulièrement
aux prières à la chapelle. N’ayant plus
que nous, il aurait attendu jusqu’après
les prières, mais les paroles de Mère
Jean résonnent encore dans nos oreilles
à ce jour… Cet homme pourrait bien
être Jésus… allons le nourrir et venons
ensuite prier… notre prière aura plus
de sens.
Chaque Sœur qui a eu l’occasion d’être
formée par Mère Jean peut témoigner
de nombreuses expériences d’amour
et de service.
Elle aimait beaucoup sa famille et
celle-ci l’aimait inconditionnellement
en retour. Famille de Mère Jean, je
dois vous dire que tout ce que vous
lui avez donné a été partagé avec la
communauté. Elle n'a rien gardé pour
elle et pourtant elle était si heureuse
et contente. Pour nous, elle a donné un
sens véritable au vœu de pauvreté par
son brillant exemple.
C'est grâce à sa gentillesse que Mère
Jean a créé un fonds spécial pour
aider les pauvres dans le besoin.
Lorsqu'elle a entendu parler du sort
des enfants de l'école primaire et du
Vieux-Fort qui arrivaient en classe
affamés, ou manquaient l'école parce
qu'ils n'avaient rien à manger, Mère
Jean a fourni les fonds nécessaires pour
donner le petit déjeuner à 60 enfants
environ, le matin avant l'école.
Mère Jean a traité tout le monde
avec amour et dignité, y compris nos employés du couvent, et Chacun peut
témoigner sur la façon dont il s'est senti
chéri par Mère Jean et sur le fait qu'il
se soit senti mieux dans une famille
dont les conditions de vie étaient
fort améliorées. Une de ses paroles
préférées : « Mes Sœurs, si quelqu'un
vous demande ce que vous faites au
couvent, dites-lui que vous êtes à l'école
de l'amour ». Elle nous rappelait tous les
jours, à travers ses exemples, la devise
de Laure SABES « Aimer et Servir », afin
d’être de vraies femmes de l’Evangile.
Elle a toujours été une âme très calme
et douce. Même quand elle a rendu son
dernier souffle le vendredi 8 mars 2019,
après son petit-déjeuner. L’infirmière
de service a confié aux Sœurs : «Je veux
mourir comme elle, quand mon jour
viendra... calme, sereine et paisible ».
Repose en paix, Mère Jean.
Sr Marie Anthonia ■
A Dieu, Mère Jean
VERS LA VIE
Agenda de l’Archevêque
Dimanche 19 mai :
• 8h : Confirmation à la paroisse du Morne-Vert (Morne-Vert + Carbet)
• 11h : Confirmation à la paroisse de Macouba (Macouba + Grand-Rivière)
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Mardi 21 mai :
• Conseil épiscopal
Mercredi 22 mai :
• Rencontre avec les confirmands de la paroisse
de Saint-Christophe à l’évêché
• 18h : Catéchèse de l’évêque à Emmaüs
Jeudi 23 mai :
• Assemblée Générale et Conseil d’Administration
de l’Espérance Patronage Saint-Louis
Vendredi 24 mai :
• Cénacle pour les prêtres
Samedi 25 mai :
• Messe d’action de grâce et rencontre avec les directeurs
des établissements de l’Enseignement Catholique
• 17h : Confirmation à la paroisse du François (1
er groupe)
Dimanche 26 mai :
• 6h : Messe à la chapelle de Volga • 7h30 : Confirmation à la paroisse de Régale
• 10h : Confirmation à la paroisse de Josseaud
•
17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Lundi 27 mai :
• Conseil Diocésain pour les Affaires Économiques
Mardi 28 mai :
• Conseil épiscopal
Mercredi 29 mai :
• Rencontre avec les confirmands des paroisses du Lorrain
et du Marigot à l’évêché
• 18h : Catéchèse de l’évêque à Emmaüs
Jeudi 30 mai : Ascension du Seigneur
• 7h : Messe à la paroisse du Marin
• 9h : Confirmation à la paroisse de Sainte-Luce
• 18h : Feu nouveau à Ducos
Vendredi 31 mai :
• Rencontre avec les élus participants au pèlerinage à Rome
Samedi 1 er juin :
• 9h : Confirmation à la paroisse de Balata
• 17h : Confirmation à la paroisse du Marigot
Dimanche 2 juin :
• 9h30 : Confirmation à la paroisse du Lorrain
• 15h : Confirmation des recommençants à la Cathédrale
Saint-Louis
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 mai 2019 – n° 586 19
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\p MARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père PinchonBP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\pX
Téléphone : 06 96 3\p10 333 - E-mail : m\pichel.pouch@wanadoo.fr
oui , je souha\bte recevo\br en toute confident\bal\bté votre brochure pour m’\bnformer
sur les poss\bb\bl\btés de legs, donat\bons et assurances-v\be à l’Assoc\bat\bon D\bocésa\bne.
oui , je souha\bte être contacté pour un rendez-vous au Serv\bce des legs et
donat\bons ou à mon dom\b\Cc\ble.
L\bGUEZ
à l’ Église catholique
L’espérance en hér\btage
DEMANDE D’INFORMATIONS
sans engagement de votre part
Mes coordonnées ❏ Mme ❏ Melle ❏ M.
Nom Prénom
Adresse
Code postal
V\blle Téléphone
E-ma\bl
Paro\bsse
(facultat\bf)
POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\pINIQUE
Pour consulter le site Web : http://www.ecclesiam2020.fr
E CCLESIA 'M 2020 !
Dimanche 26 mai 2019 - Jeunes actifs : les oubliés de l'Eglise ?
Ils ne sont plus étudiants et ne vont plus à l’aumônerie, ils ne sont pas encore mariés, ils n’ont pas
encore d’enfants et ne les accompagnent donc pas au baptême ou au catéchisme : que fait l’Eglise pour
les jeunes professionnels ? Sont-ils suffisamment accompagnés et trouvent-ils des groupes adaptés
à leurs préoccupations ? Comment concilient-ils leur nouvelle vie de salariés et leur foi ? Dieu m’est
témoin accueille cette semaine des jeunes actifs qui s’organisent !
Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.
L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
5 e Chantier E CCLESIA ’M 2020 !
« Soigner et Délivrer les âmes » La santé et le bien- être « Soigner et Délivrer les âmes »
D
Dans le cadre du 5 ème grand chantier synodal E CCLESIA ’M 2020, l’Association
des pèlerins et militants de la foi « APMF » vous propose, pour améliorer
votre santé et votre bien être spirituel et tout particulièrement en cette
période de carême, des marches tout au long de l’année 2019. Vous avez la
possibilité de marcher en toute amitié et convivialité dans le district de votre choix.
« Eglise en Route »
Programme des Marches du Samedi 25 ma\pi 2019
DISTRICT DEPART à 6h ARRIVEE
District de FdeF Centre Est Chapelle de Choisy (Saint Joseph)
Grotte de Lourdes (Saint Joseph)
District de FdeF Centre Ouest Maison des Spiritains (FdeF)
Couvent Saint Joseph de Cluny (FdeF)
District du Grand Nord Chapelle de Macédoine
Oratoire de Vivé
District du Grand Sud Eglise Saint Thomas du Diamant
Chapelle de Taupinière (Commune du Diamant)
District du Nord Atlantique Eglise Saint Paul du Morne des Esses
Chapelle de Bois Lézards (Gros-Morne)
District du Nord Caraïbe Eglise Saint-Denis de Fonds St-Denis
Eglise Notre Dame de l’assomption (Saint Pierre)
District du Sud Chapelle de Fond d’Orange (Ducos)
Oratoire du Morne-Vert (Ducos)
Viens montrer JESUS
partout en MARTINIQUE,
personnellement et en Eglise.
Que toute la Martinique soit en route !!!
Prochaines marches prévues les samedi 1 er, 15 et 29 juin 2019
Pour tout renseignement, n’hésitez pas à contacter l’APMF au 0696 86 46\
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Ô Seigneur, fais que ma foi soit entière, sans réserves,
et qu’elle pénètre dans ma pensée,
dans ma façon de juger les choses divines et les choses humaines. Ô Seigneur, fais que ma foi soit libre :
qu’elle ait le concours personnel de mon adhésion,
accepte les renoncements et les devoirs qu’elle comporte
et qu’elle exprime le point culminant de ma personnalité : je crois en Toi, Seigneur.
Ô Seigneur, fais que ma foi soit certaine,
forte d’une résultante extérieure de preuves
et d’un témoignage intérieur de l’Esprit Saint,
forte de sa lumière rassurante, de sa conclusion pacifiante, de son assimilation reposante…
St Paul VI
« Seigneur, je crois… « Seigneur, je crois… Je veux croire en Toi ! »Je veux croire en Toi ! »
– désormais fêté le \b9 mai –
Saint Paul VI
