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V ous allez recevoir une force ! E g lise en MARTINIQUE Une 1 ère  Mission de rue : Merci Aïn-Karem N° 587 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 2 JUIN 2019 Les rendez-vous de l'Esprit Saint  dans l'Eglise 25-35 ans/Se reconstruire : tout un programme ! Prochaine parution le 23 juin 2019

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EDITORIAL 2 3 3 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com 222 A ujourd’hui, la liturgie nous invite à nous préparer à accueillir l’Esprit Saint, en vivant l’Amour de Dieu au quotidien. Jésus souhaite que tous les croyants soient vraiment en communion, unis dans l’Amour comme Lui est uni à son Père, dans l’Esprit Saint : « Que tous, ils soient\ un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi… ». C’est par la prière et en union profonde avec Jésus que nous établirons et entretiendrons cette unité. Le protagoniste de toute prière chrétienne est l’Esprit Saint , nous dit le pape François qui termine le cycle de catéchèses sur le « Notre Père ». Pour prier, nous devons nous faire tout- petits, pour que l’Esprit Saint vienne en nous, et que ce soit Lui qui nous guide dans la prière . Nous devons être humbles, et accepter Dieu comme notre Père. L’Esprit Saint, enseigne, agit, guide l’Eglise. « Il rend tém\ oignage et Glorifie Jésus ». L’Esprit Saint harmonise nos relations avec le Père et le Fils. Il utilise les différents dons et charismes de\ chacun pour faire grandir l’Église. Il se manifeste à travers différents groupes charismatiques, communautés, et dans les familles. Le dossier sur « La vie dans l’Esprit Saint » vient nous éc\ lairer sur les grands rendez-vous, en Eglise, avec la 3 e personne de la Sainte Trinité. La première communion est une étape importante dans une vie chrétienne. Ce moment permet avant tout la rencontre privilégiée avec le Christ. Mais pourquoi une première communion ? C’est à ce questionnement qu’un prêtre de notre diocèse apporte des éléments de réponse dans la rubrique « An tchè légliz-la ». « Là où sont amour et charité, Dieu est présent ». De\ mandons au Seigneur de nous aider à vivre pleinement dans l’Unité et dans l’Amour pour que le monde croie. Soyons greffés au Christ pour faire fructifier les dons de son Esprit dans nos milieux de vie. Bon dimanche ! Justine Lordinot ■ S ommaire EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE EGLISE UNIVERSELLE • La Parole Dominicale •   La Pentecôte •   Ev\bques des Antilles réunis à Cayenne •   Festival d’Évangélisation Aïn-Kar\nem « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé » • Festimode, Acte 2 - Yo bèl, yo joli ! •  La Pastorale des 25-35 ans : r\nécollection Guérir des blessures du passé pour  se (re)construire •  Moment festif des équipes du\n Rosaire  de Saint Joseph • Agenda de l’Archev\bque • Pour que le 22 mai soit un jo\nur de paix •    Les rendez-vous de l’Esprit Saint  dans L’Eglise • Le Renouveau Charismatique • Le Centre des Eaux Jaillis\nsantes • La Communauté du \nChemin Neuf • La Communauté de \nL’emmanuel •  Interview du Père Wilfried Bannais \n: L’ Esprit-Saint et l\na famille •   Pourquoi une Première Communion ? •   Patte folle ou jambe lourde •   25 mai, le protagoniste de toute prière  chrétienne est l’Esprit Saint - Con\nclusion du  cycle sur la prière du « Notre Père » 3333 3334 2222 5 6 7 10 12 12 12 14 15 15 16 16 17 8 9 Dossi\br : LA VIE DANS L’ESPRIT SAINT MÉDIAS 19 •   Pourquoi une Première Communion ?•   Pourquoi une Première Communion ? AN TCHÈ LÉGLIZ-LA 18

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 3 MOT DE L’ÉVÊQUE S i l’Esprit-Saint faisait de  la politique, il ne serait ni  conservateur, ni centriste, mais  réformateur et… traditionnaliste.  Ce n’est pas contradictoire ! Le mot  Tradition vient de Transmission.  Dans une course de relais, un objet  avance sans cesse et se transmet  de coureur en coureur. Chaque  athlète donne le meilleur de lui- même, court à sa façon, sur sa  portion de piste, ainsi le relais n’est  jamais au même endroit, toujours  en mouvement, toujours adapté  au terrain, toujours porté par des  coureurs différents, mais il demeure  intact : on ne change pas de relais !  Les coureurs passent, mais le relais  reste !  Il en est de même dans la vie de  l’Eglise Catholique : L’Esprit des pro- phètes fait toutes choses nouvelles.  Il est le promoteur d’une nouveauté  permanente, d’un renouvellement  incessant, d’âge en âge, dans la fidé- lité à l’Évangile… qui, lui, ne change  pas. C’est pour cela que l’Eglise est  une société à la fois réformatrice et  traditionnaliste. Les deux mots sont  complémentaires ! Réformer sans  rien transmettre, c’est faire une révo- lution stérile. Conserver une tradition  sans lui donner d’évoluer, c’est la  momifier et se transformer soi-même  en gardien de musée.   Dans l’Esprit-Saint, l’Eglise Catholique  avance sur ses deux jambes : Tradition  et Charisme !  Sa Tradition, c’est l’Évangile, la Bonne  Nouvelle, toujours… « nouvelle ».  Pour la conserver, on la transmet de  génération en génération par des us,  des coutumes, des enseignements,  des doctrines, des livres et des  rites divers. Depuis 2000 ans (ce  n’est pas le moindre des signes de  l’action de l’Esprit parmi nous !),  nous, Catholiques, avons réussi à  conserver intact, malgré nos failles et  les périls des temps, l’enseignement  de Jésus ! Les combats n’ont pas  manqué :    -  des soixante-huitards ont tenté,  sous prétexte de « Vatican II »,  de scier la branche des traditions  qui les avait portés ;    -  nos frères séparés (dont les mil- liers de communautés n’existent  que depuis quelques décennies)  vilipendent nos traditions bimil- lénaires qui ont pourtant permis  que l’Évangile parvienne jusqu’à  aujourd’hui !  L’exemple des uns et des autres  montre que, quand il n’y a pas la  stabilité de la Tradition, la jambe  réformatrice est une « patte folle »  qui part dans tous les sens.   La seconde jambe de notre Eglise  est le Charisme, c’est-à-dire l’action  d’édification permanente de l’Esprit- Saint. Les temps, les hommes,  les mentalités, les cultures, les  technologies, les sociétés changent.  Et, en ces temps qui sont les derniers,  les changements sont rapides et  profonds. Or, malgré le chemin  prophétique de « Vatican II », le  Catholicisme semble souvent en  décalage avec l’Homme moderne.  Le levain n’est pas dans la pâte,  beaucoup de nos contemporains  sont livrés aux fausses doctrines.  Nous n’avons à nous en prendre  qu’à nous-mêmes ! Si la jambe  du Charisme n’apporte pas son  dynamisme, celle de la Tradition  devient lourde et l’Eglise « traîne  la patte » !  En Martinique, nous voilà à un de  ces carrefours de l’Histoire où il nous  faut avoir et le courage de réformer  certaines habitudes et l’intelligence  de conserver sans corruption notre  héritage. A l’ère du numérique et  de la crise sociale, sans « retour en  arrière », ni « changement pour le  changement », il faut s’interroger  sérieusement sur la pertinence de  l’organisation actuelle des paroisses,  des sacristies, des secrétariats, de  notre façon de faire le catéchisme,  d’accompagner les fidèles, de  préparer et de célébrer baptêmes,  mariages, 1 ères  communions  et  confirmations, de concevoir la  mission des prêtres ou celles des  laïcs… Vaste programme. Au nom de la MISSION d’annoncer et  de faire vivre l’Évangile en Martinique,  les structures, les habitudes, les  groupes, les mouvements ou les  personnes qui ne sauront pas se  réformer disparaîtront. Pas question  que l’Eglise avance sur une « jambe  lourde » ou une « patte folle » : l’Esprit  l’entraîne à courir vers son Époux  qui vient ! + Fr David Macaire,  Archevêque de Saint-Pierre  et Fort-de-France  ■ ces carrefours de l’Histoire où il nous  faut avoir et le courage de réformer  Patte folle ou jambe lourde

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 4 C hers frères et sœurs, bonjour ! Nous concluons aujourd’hui le  cycle de catéchèses sur le « Notre  Père ». Nous pouvons dire que la prière  chrétienne naît de l’audace d’appeler Dieu  par le nom de « Père ». C’est la racine de  la prière chrétienne : dire « Père » à Dieu.  Mais il faut du courage ! Il ne s’agit pas tant  d’une formule que d’une intimité filiale  dans laquelle nous sommes introduits  par grâce : Jésus est le révélateur du Père  et il nous donne la familiarité avec lui. « Il  ne nous laisse pas une formule à répéter  mécaniquement. Comme pour toute prière  vocale, c’est à travers la Parole de Dieu  que l’Esprit Saint enseigne aux enfants de  Dieu à prier leur Père ». Jésus lui-même  a employé différentes expressions pour  prier son Père. Si nous lisons attentivement  les Évangiles, nous découvrons que ces  expressions de prière qui affleurent sur  les lèvres de Jésus rappellent le texte du  « Notre Père ».  Par exemple, la nuit de Gethsémani, Jésus  prie de cette manière : « Abba… Père,  tout est possible pour toi. Éloigne de moi  cette coupe. Cependant, non pas ce que  moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! »  (Mc 14,36). Comment ne pas reconnaître  dans cette prière, si brève soit-elle, une  trace du « Notre Père » ? Au milieu des  ténèbres, Jésus invoque Dieu par le nom  d’« Abba », avec une confiance filiale et,  bien qu’il ressente peur et angoisse, il  demande que soit accomplie sa volonté. Dans d’autres passages de l’Évangile,  Jésus insiste avec ses disciples pour qu’ils  cultivent un esprit d’oraison. La prière doit  être insistante et surtout, elle doit porter le  souvenir des frères, surtout quand nous  vivons des relations difficiles avec eux.  Jésus dit : «  Et quand vous vous tenez en  prière, si vous avez quelque chose contre  quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père  qui est aux cieux vous pardonne aussi  vos fautes » (Mc 11,25). Comment ne pas  reconnaître, dans ces expressions, une  consonance avec le « Notre Père » ? Et les  exemples pourraient être nombreux pour  nous aussi. Dans les écrits de saint Paul, nous ne  trouvons pas le texte du « Notre Père »,  mais sa présence émerge dans cette  synthèse étonnante où l’invocation du  chrétien est condensée en un seul mot :  « Abba ! » (cf. Rm 8,15 ; Gal 4,6). Dans l’Évangile de Luc, Jésus satisfait  pleinement la requête des disciples qui,  le voyant souvent se mettre à part et  s’immerger dans la prière, se décident un  jour à lui demander : « Seigneur, apprends- nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui  aussi, l’a appris à ses disciples » (11,1). Alors  le Maître leur enseigna la prière adressée  au Père. Si l’on considère dans son ensemble le  Nouveau Testament, on voit clairement  que le premier protagoniste de toute  prière chrétienne est l’Esprit Saint. Mais  n’oublions pas ceci : le protagoniste de  toute prière chrétienne est l’Esprit Saint.  Nous ne pourrions jamais prier sans la  force de l’Esprit Saint. C’est lui qui prie en  nous et qui nous entraîne à bien prier.  Nous pouvons demander à l’Esprit de  nous enseigner à prier, parce que c’est lui  le protagoniste, celui qui fait la véritable  prière en nous. Il souffle dans le cœur de  chacun de nous, qui sommes des disciples  de Jésus. L’Esprit nous rend capables de  prier en enfants de Dieu, ce que nous  sommes réellement par le baptême.  L’Esprit nous fait prier dans le « sillon »  que Jésus a creusé pour nous. C’est cela, le  mystère de la prière chrétienne : par grâce,  nous sommes attirés dans ce dialogue  d’amour de la Très Sainte Trinité. Jésus priait ainsi. Quelquefois il a employé  des expressions qui sont certainement  très éloignées du texte du « Notre  Père ». Pensons aux paroles initiales du  psaume 22, que Jésus prononce sur la  croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi  m’as-tu abandonné ? » (Mt 27,46). Le  Père céleste peut-il abandonner son  Fils ? Certainement pas. Et pourtant, c’est  son amour pour nous, pécheurs, qui a  conduit Jésus jusqu’à ce point : jusqu’à  expérimenter l’abandon de Dieu, son  éloignement, parce qu’il a pris sur lui  tous nos péchés. Mais aussi dans ce cri  angoissé, il reste le « Mon Dieu, mon Dieu ».  Dans ce « mon », se trouve le cœur de sa  relation avec son Père, c’est le cœur de la  foi et de la prière. Voilà pourquoi, à partir de ce cœur,  un chrétien peut prier dans toutes les  situations. Il peut reprendre à son compte  toutes les prières de la Bible, des psaumes  en particulier ; mais il peut aussi prier avec  toutes les expressions qui, au long des  milliers d’années d’histoire, ont jailli du  cœur des hommes. Et au Père, ne cessons  jamais de parler de nos frères et sœurs en  humanité, pour qu’aucun d’entre eux, les  pauvres en particulier, ne reste sans une  consolation et une portion d’amour. Au terme de cette catéchèse, nous  pouvons redire cette prière de Jésus :  « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je  proclame ta louange : ce que tu as caché  aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux  tout-petits » (Lc 10,21). Pour prier, nous  devons nous faire tout-petits, pour que  l’Esprit Saint vienne en nous et que ce soit  lui qui nous guide dans la prière. Pape François  ■ Conclusion du cycl\b sur la prièr\b du « Notr\b Pèr\b » Le protagoniste de toute prière chrétienne est l’Esprit SaintLe protagoniste de toute prière Le protagoniste de toute prière EGLISE UNIVERSELLE\n

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 5 Dimanche 2 juin 201\b \2 la P arole  Dominicale Actes 7,55-60   •  Psaume 96   •  Apocalypse 22,\b2-\b4.\b6-\b7.20 \p   •  Jean \b7,20-26 7 ème dimanche de Pâques - Année C C e septième dimanche de  Pâques est situé entre  l’Ascension et la Pentecôte.  Cet entre-deux fêtes est un moment  liturgique marqué par l’attente du  Saint-Esprit, mais aussi l’attente du  Seigneur Jésus qui est monté à la droite  du Père et qui a promis de venir comme  il est parti.  La Parole du jour dégage deux idées  forces :  Le Christ nous interpelle sur notre  espérance, sur notre manière de  tourner notre regard vers le Ciel, sur  notre désir de la vie éternelle. Dans  l’extrait des Actes des apôtres, Étienne,  aux prises avec ses accusateurs,  « fixait le ciel du regard ». Le Seigneur  permit même qu’il ait une vision où il  contempla le Fils de l’homme debout  à la droite du Père. Ce regard du cœur  vers le Ciel, cette contemplation du  Seigneur dans le quotidien nous  projettent vers la finalité de notre vie :  vivre en union intime avec le Seigneur.  Nous aspirons tous à un au-delà  de nous-mêmes. Une soif d’infini  repose en chacun de nous et seul le  Christ, déjà dans cette vie terrestre,  peut la combler. Si nous recherchons  les réalités d’en haut, si notre cœur  s’attache aux choses qui ne passent  pas, comme l’amour, la paix, la joie,  la justice, nous vivrons sur terre un  avant-goût du Ciel. L’Église et la liturgie nous aident à  tourner notre regard du cœur vers le  Ciel, vers la venue ultime du Seigneur  afin qu’il règne pleinement sur la  création transfigurée. La deuxième  lecture nous dit que « l’Esprit et l’Épouse  disent au Seigneur :  Viens ! Celui qui  entend, qu’il dise Viens ! ». De fait,  dans le Notre Père, nous souhaitons  « que ton règne vienne ». A chaque  eucharistie, lors de l’anamnèse, nous  chantons « nous attendons ta venue  dans la gloire ». Mais sommes-nous  conscients de ce que nous disons ?  Avons-nous vraiment soif que le  Seigneur vienne ? Déjà dans tout ce  qui touche à notre vie terrestre, mais  aussi qu’il vienne achever son plan  d’amour pour l’histoire de l’humanité ?  Nous sommes souvent accaparés par  nos préoccupations terrestres, et nous  oublions l’espérance que Dieu nous  donne. Nous avons peut-être aussi  peur de cette venue, de cette inconnue,  de cette résurrection de la chair que  nous ne connaissons pas encore mais  que le Christ a promise… « Là où est  ton trésor, là aussi sera ton cœur ». Si  notre cœur est attaché au Seigneur,  alors désirons ce dont notre âme a  soif, ce pour quoi nous sommes faits :  élevons notre cœur et tournons-le vers  le Seigneur. La deuxième chose fondamentale  que le Christ nous enseigne dans  l’évangile de ce jour est l’unité, la  communion entre Dieu et nous, et  les uns avec les autres. Cette prière,  appelée « sacerdotale », prononcée  au soir de sa Passion, est mise sur les  lèvres du Seigneur élevé dans la gloire.  On peut, à la lecture de ce passage,  comprendre que le Christ intercède  auprès du Père en ces termes pour  nous obtenir la grâce de l’unité. « Que  tous soient uns, comme toi, Père, tu  es en moi et moi en toi. Qu’ils soient  uns en nous ». Dans son sacrifice sont  brisées toutes nos divisions. Pourtant,  nos réalités viennent contrecarrer le  plan de Dieu. Regardons nos familles  chrétiennes : l’entente entre frères  et sœurs, entre parents et enfants  relève presque de l’exception. Et l’état  de notre cœur nous révèle souvent  une autre division : notre manque  de communion avec Dieu, notre  indécision entre Dieu et les intérêts  de ce monde. En réalité, le Christ prie  pour nous le Père pour que notre cœur  soit en communion d’amour avec le  sien afin que nous connaissions une  unité personnelle et pour que nous  œuvrions pour la communion entre  nous. Nous y aspirons tous, le monde  y aspire aussi. Mais avons-nous soif  d’être des artisans de paix et ainsi de  hâter la venue du Seigneur ? Viens Seigneur Jésus ! Père Gaëtan Présent, Vicaire  Paroisses du Lorrain et de Marigot ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 6 LITURGIE  E n ce jour est pleinement révélée  la Trinité sainte. Depuis ce jour,  le Royaume annoncé par le  Christ est ouvert à ceux qui croient  en Lui : dans l’humilité de la chair et  dans la foi, ils participent déjà à la  communion de la Trinité Sainte. Par  sa venue, et elle ne cesse pas, l’Esprit  saint fait entrer le monde dans les  derniers temps, le temps de l’Eglise,  le Royaume déjà hérité, mais pas  encore consommé » (CEC 731 - 732).   Fort de cet enseignement de l’Eglise,  nous affirmons que la Pentecôte est  la manifestation officielle visible du  S aint Esprit, la troisième Personne de  la Trinité Sainte. Ainsi s’accomplissait  la promesse faite par Jésus à ses  disciples avant de retourner d’auprès  de Dieu le Père : l’envoi du Paraclet  par Dieu le Père au nom du Dieu le  Fils (Jn 14,26). C’est l’évangéliste Luc qui nous  raconte le fait (cf. Actes des Apôtres  2, 1-13). Il est considéré comme  l’évènement fondateur de l’Eglise qui  reçoit le don du Saint Esprit. La force  de l’esprit de Dieu propulse alors,  sur les chemins du monde, pour y  proclamer la Bonne Nouvelle à toute  créature, le petit noyau de modestes  Galiléens (les apôtres) encore  paralysés il y a quelques heures par  la peur, le doute (cf. Ac 2, 14…36). Les  données essentielles qui retiennent  l’attention sont : d’une part, la mission  de l’Esprit créateur et sanctificateur ;  d’autre part, l’objet de cette mission  concerne la communauté constituée  par le Christ durant sa vie publique ;  c’est sur les Douze réunis que l’Esprit  est répandu ; enfin, les Douze sont  investis par l’Esprit d’une autorité et  d’une puissance qui les constituent  prédicateurs et dispensateurs des  richesses du Christ ressuscité. Pour la foi chrétienne, le don de  l’Esprit qui a présidé à la naissance  de l’Eglise, et que célèbre la fête de  la Pentecôte ne relève pas du seul  passé. C’est un fait toujours actuel,  permanent, source sans cesse  renouvelée de vie divine dans l’Eglise  et chez ses membres. Ce don revêt de  multiples formes, appelées charismes  (du grec charisma = don gratuit), qui  ne donnent le plus souvent lieu à  aucune manifestation visible. Dans  certains cas, pourtant, ils peuvent se  traduire en de telles manifestions tels  que : dons de guérison, de prophétie,  de parler en langues, d’interprétation  de ces parlers… dont témoignent  les récits de la vie des premières  communautés. La Pentecôte est restée dans la  mémoire chrétienne comme la  manifestation du don de l’Esprit aux  apôtres et à l’Eglise, pour les soutenir  dans leur mission d’annoncer au  monde entier l’Evangile du S alut en  Jésus ressuscité. C’est ce que retient  la théologie chrétienne, par-delà  les circonstances de l’évènement ;  c’est aussi le sens de la place faite,  dans le cycle liturgique, à la fête de  la Pentecôte : elle conclut la période  pascale, tout entière consacrée à la  contemplation et la célébration de  Jésus ressuscité et vivant à jamais ;  elle convie les chrétiens à se faire,  sous l’impulsion de l’Esprit, les signes  visibles du Salut.  Père Jules Doganou, Administrateur de la paroisse  de Morne-des-Esses  ■ Le Catéchisme de l’Eglise Catholique,  nous enseigne que « le jour de la Pentecôte (au  terme des sept semaines pascales), la Pâque du Christ s’accomplit dans l’effusion de  l’Esprit saint qui est manifesté, donné et communiqué comme personne divine : de  sa plénitude, le Christ Seigneur, répand à profusion l’Esprit. L a P e n t e c ô t e

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 7 Chaque  année,  les  20  évêques  de  la  Caraïbe  se  réunissent  pour  leur  assemblée  de  l’AEC  (Antilles Episcopal  Conference). Début mai, cette importante réunion s’est tenue en Guyane,  au centre spirituel Ste Thérèse de l’Enfant Jésus des sœur\ps Saint Paul de Chartres. O ccasion pour ces évêques   anglophones, disséminés  à travers les Antilles de la  Jamaïque à Trinidad, de découvrir une  terre française et une Eglise vivante.  Mgr Lafont, l’évêque de Cayenne depuis  15 ans, avait magnifiquement organisé  avec un programme riche de rencontres,  de célébrations et de découvertes. Une assemblée épiscopale est d’abord  une rencontre fraternelle d’évêques  permettant d’échanger sur de nombreux  sujets pastoraux, de prier ensemble afin  de nous fortifier dans la mission. Cette année, à la veille d’un mois  missionnaire extraordinaire en octobre,  nous avons longuement abordé ce thème  en préparant un colloque important qui  se tiendra à Port of Spain en septembre.  En effet, comme le demande le pape,  l’Eglise doit réveiller la conscience de  la mission ad gentes, comme ce fut le  cas aux 19 ème  et 20 ème  siècles. Un dossier  présente d’ailleurs ce mois missionnaire  qui aura pour thème : « Baptisés et  envoyés. L’Eglise du Christ en mission  dans le monde ». Au début de cette semaine en Guyane,  les évêques ont approfondi le message  et la vie de Saint Oscar Roméro, évêque  martyr au Salvador. Un laïc anglais proche  de cette figure d’Amérique centrale nous  a guidés dans la connaissance de ce  pasteur proche des pauvres, assassiné  en 1980.  Pour les évêques, ce fut une découverte  et une source d’inspiration dans notre  mission auprès des plus pauvres.  Le  pape François lui-même admire Oscar  Romero, et a permis sa béatification  en 2015 devant 250 000 fidèles, et la  canonisation en octobre dernier en  même temps que Paul VI. La formation des prêtres a été un thème  important, abordé en cette session  comme l’an dernier avec le pape à Rome.  Deux lieux de formation anglophones  regroupent les futurs prêtres de la  Caraïbe : en Jamaïque et à Trinidad.  Les séminaristes de nos trois diocèses  francophones sont à Toulouse, Aix en  Provence, Rome et en Martinique. Des échos ont également été donnés des  récents rassemblements de jeunes : JCJ  pour la région  à Fort-de-France en juillet  dernier, et les JMJ de Panama en janvier.  Ces rencontres antillaises et mondiales  sont source d’espérance, ainsi que les  rassemblements de jeunes en diocèses  pour les Rameaux. Célébrations Deux grandes célébrations, le dimanche  5 mai et le 8 mai, ont permis deux  belles concélébrations des évêques,  en présence de nombreux fidèles,  participant joyeusement à ces prières.  Dans la cathédrale Saint Sauveur  récemment restaurée, nous avons eu  une belle concélébration avec prière  eucharistique entièrement chantée, une  joie et une ferveur impressionnantes.  Martinique et Guadeloupe furent aussi  bien mentionnées en raison de la  présence de nombreux fidèles de ces  diocèses. Mais c’est surtout la célébration  du  mercredi 8 mai qui restera gravée dans  la mémoire de tous les participants. A  l’image de la grande confirmation en  2013 à Gosier pour l’assemblée des  évêques des Antilles, l’Eglise en Guyane   a impressionné les pasteurs, eux-mêmes  sollicités pour donner le sacrement de  confirmation à 600 enfants et 40 adultes.  Dans le plus grand Palais des Sports, le  Progt  à Matoury, la célébration de trois  heures  a été remarquablement animée  par une chorale et un orchestre  avec  les chants populaires  bien connus.  Cette messe marquait aussi pour le  diocèse le lancement de la Grande  Mission. Mgr Lafont présente ce grand  temps d’évangélisation : « Nous allons  sillonner les rues, les quartiers, les  villages partager  notre fierté de croire  que Jésus est vivant, qu’il est au milieu  de nous, qu’il aime chaque personne  vivant en Guyane. Il nous sauve et nous  montre le chemin du bonheur ». Dans  ce but,  une plaquette de 20 pages est  d’ailleurs largement diffusée dans toute  la Guyane. Enfin, la dernière journée de cette  rencontre fut consacrée à la visite du  C entre spatial de Kourou en Guyane.  Impressionnant site, immense, avec  les trois rampes de lancement des  fusées. Ouvert en 1964, il regroupe  1700 personnes en permanence et est  ouvert sur l’espace et sur le monde. Projet  européen, il est aussi utilisé par les Russes.  Les satellites envoyés dans l’espace sont  destinés aux télécommunications,  à la  météo, à l’observation.  Les évêques sont repartis dans leurs  diocèses, heureux de cette semaine de  prières, d’échanges, de découvertes  et  de rencontres. La prochaine assemblée se tiendra fin  avril 2020 à Antigua, île au nord de la  Guadeloupe. + Jean-Yves Riocreux  ■ Evêques des Antilles réunis à CayenneEvêques des Antilles réunis Evêques des Antilles réunis Evêques des Antilles réunis Evêques des Antilles réunis Evêques des Antilles réunis VIE DU DIOCÈSE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 8 «  J’ai  cru,  c’est  pourquoi  j’ai  parlé  »,  voilà  le  thème  du  festival  d’évangélisation  Aïn- Karem  qui  s’est  déroulé  du  Mardi  23  avril  au  Samedi  27  avril  20\b9,  dans  les  paroisses  périphériques de Fort-de-France, en Martinique. M ais qu’est-ce que Aïn-Karem ? C’est une communauté apostolique née  en 1985 dans le Diocèse de Paris, dont le  co-fondateur est le père Michel Gitton.  Fidèles, laïcs mariés ou non, clercs, ont  choisi d’organiser leur vie autour de  l’évangélisation, pour annoncer le Christ. Le concile Vatican II n’a cessé de nous  demander (« nous », chaque chrétien,  chaque famille, chaque paroisse) d’être  fondamentalement missionnaires.  Chaque chrétien a été invité à s’engager  fermement dans l’évangélisation du  monde.  Comment répondre aux pauvretés de ce  monde et aux attentes des hommes dans  nos lieux de vie,  dans notre quotidien ?  Comment penser à l’évangélisation de  manière nouvelle en Martinique ?   C’est tout à fait naturellement que  Mgr David Macaire s’est engagé avec  Aïn-Karem et Petite Sœur Françoise  dans cet apostolat de rue, permettant  ainsi de rappeler le deuxième chantier  synodal du Diocèse de Martinique  d’E CCLESIA ’M 2020 !, la « Conversion de  la Pastorale en mission de parvis ».  Près de soixante fidèles venus de toutes  les paroisses se sont lancés dans cette  grande aventure diocésaine, organisée  pour la première fois en Martinique au  Foyer Dominique Savio, à Redoute. Ces baptisés se sont tous sentis appelés  à annoncer l’Évangile et à témoigner de  la Bonne Nouvelle comme les Apôtres,  premiers témoins du Christ, grâce à  l’Esprit Saint (Ac 2,1-11) toujours présent. La bénédiction et le lancement du  festival ont eu lieu le 23 avril, à 14 heures,  à la Cathédrale Saint- Louis en présence  du curé, père J-M. Monconthour. Durant ce festival, il y a eu des laudes, des  oraisons guidées, des enseignements,  des échanges. Les après-midis furent  consacrés aux pratiques d’évangélisation  de rue et de temps d’adoration dans les  paroisses de Redoute (Père H. Lafine),  Saint-Joseph (Père W. Bannais), Lamentin  (Père P. Henderson), Schœlcher (Père F.  Gibon) et Cathédrale Saint-Louis.  Les veillées, également temps forts de  cet évènement, ont livré témoignages,  enseignements, intercessions. La  Caravane de l’Espoir, les groupes de  louanges Source de Vie & Misirecordia et M. Icheck, les ont animées avec  beaucoup de ferveur. Aux soixante pionniers de  l’évangélisation de rue en Martinique, la  communauté Aïn- Karem a rappelé qu’il  ne s’agissait pas de convaincre, mais de  respecter l’autre et sa liberté, d’annoncer  la Bonne Nouvelle en invitant le frère à  suivre un chemin où le Christ est présent  et nous attend. Tout ce petit monde s’est donc mis en  mouvement avec audace, mais aussi avec  beaucoup d’humilité et de confiance.  Cette semaine d’évangélisation de rue  a été une source de grande joie. Ils sont  prêts à recommencer. Que chacun comprenne que la mission  constitue l’Église. Elle nous concerne  tous.  Le Christ nous a dit : allez de toutes les nations, faites des disciples (Matthieu  28,18-20).  Il appartient donc à chacun de continuer  cette mission et de « Montrer Jésus  partout en Martinique ». Merci à tous, Curés & Bénévoles ■ F\bstival d’Évangélisation Aïn-Kar\bm « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé » F\bstival d’Évangélisation Aïn-Kar\bm VIE DU DIOCÈSE Informations-Rencontres   06 96 43 52 33 « J’ai cru » : Être sous le choc d’une rencontre avec le Dieu vivant « C’est pourquoi » :  revisiter le contenu de notre Foi pour savoir quoi transmettre « J’ai parlé » : franchir le pas et aller au-devant des enfants perdus

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 9 Jésus  Christ  étant  Dieu  et  auteur  de  la  beauté  absolue.  Il  avait  une  tenue  qui  témoignait  d'un  certain  avant-gardisme.  Son  style  était,  pour  son  époque,  minimaliste  mais  d'une  grande  modernité  et  dépourvue  d'extravagance  excentrique.  Alors  pourquoi  ne  pas  prendre exemple sur les caractéristiques du look du Christ ? P ourquoi, nous qui sommes imitateurs  du Christ ne devrions-nous pas marcher  sur ses traces, lui, le précurseur de toute  œuvre excellente, en arborant un look chic,  sobre et distingué à la fois pour nous présenter  devant le Roi des rois qui est digne de tout  honneur ? Tel était l'objectif de notre spectacle Festimode,  Acte 2.  Cette manifestation consistait à faire prendre  conscience que le Seigneur peut nous inspirer  chaque jour un style, une silhouette qui lui rend  gloire et nous distingue du monde et de ses  tendances....  En effet, notre corps est le temple  de Dieu et doit, de ce fait, porter toute sa beauté  et son éclat.  Le spectacle Festimode, Acte2, dresse un bilan  positif malgré un public très enthousiaste mais  venu un peu moins nombreux que l'an dernier. C'est avec plaisir que les sens et l'imaginaire ont  été éveillés par les chants de Christiane Vallejo,  les corps en mouvement des jeunes danseuses  du Saint-Esprit, les sons et les rythmes de la  louange du Buisson Ardent. Après s’être laissé happé par la poésie du slam,  le public a été très touché par le percutant  témoignage d'une sœur, la puissante exhortation  de notre archevêque Mgr David Macaire et  l'enseignement très édifiant du père N’Goma.   Au niveau des sketches, le scénario sous forme  de scénettes dynamiques a tenu toutes ses  promesses. L'ambiance, l'humour et l'amour étant au  rendez-vous, personne n'a trouvé le temps long.  Un grand merci à Mgr Macaire qui est à l'initiative  de cet événement, et au public très généreux qui  a affirmé sa satisfaction. Merci à tous les participants pour leur travail  et leur investissement, et merci aux bénévoles  pour leur aide, leur volonté et leur générosité. Raymonde Moundangui  ■ Festimode, Acte 2 Jésus  Christ  étant  Dieu  et  auteur  de  la  beauté  absolue.  Il  avait  Yo bèl, yo joli ! Défilé en tenue de travail Défilé tenue de messe en famille Défilé en tenue de cérémonie

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 10 « Guérir des blessures du passé pour se (re)construire »,  tel était le thème choisi par le  noyau de la Pasto 25-35* pendant deux jours de récollection, les \b\b et \b2 mai dernier, au  Domaine de Rivière-Blanche à Saint-J\poseph. I nspirée par l’Esprit-Saint et le père  Emmanuel Chaulvet, la Pasto 25-35  a mis en place cette récollection afin  que les jeunes actifs du diocèse puissent  réfléchir, écouter, intérioriser, prier,  discuter et même jouer, pour repartir  plein d’espérance. Aidés par les enseignements de père  Christian Catayée, au cours de ces deux  jours, nous avons pu aborder les trois  points suivants :    ✓ S’accueillir   ✓ Identifier le type de blessures  (trois)   ✓ Se reconstruire ➊    S’accueillir : Accepter que l’on ne  peut pas changer le passé, prendre  conscience que nous avons une  origine et qu’il y a des choses que  l’on ne peut pas changer chez soi  (sa famille, sa date de naissance, sa  couleur de peau…). ➋     Trois grands types de blessures -  Abandon des parents : c’est là que l’on  prend conscience du côté paternel et  maternel du Seigneur. -  Blessure amoureuse : en tant qu’être  humain on est fait pour se donner, cette  blessure peut laisser des cicatrices  profondes. -  Trahison d’un ami : exemple de Saint  Thomas qui s’est senti trahi par Jésus car  il ne l’a pas vu ressuscité, avant les autres. ➌     Se reconstruire : la méthode  japonaise Kintsugi qui consiste à  recoller entre elles les parties fêlées  d’un vase avec de l’or ; quand on prend  le temps de cicatriser ses blessures on  est sublimé, et on devient plus beau  spirituellement qu’à l’origine. Durant ces journées, il y a eu des  exercices pratiques, un témoignage, un  sketch de La Caravane de l’Espoir édifiant  montrant que malgré les blessures, nous  ressuscitons en Jésus.  Le samedi après-midi, à l’initiative du  père Christian, nous avons joué tous  ensemble autour de mimes et de  dessins, ce qui nous a permis de relâcher  un peu la pression et de renforcer les  liens fraternels. Jésus est venu jusqu’au Domaine de  Rivière Blanche afin que nous puissions  l’adorer. Des écoutants de la Communauté  de l’Emmanuel étaient avec nous pour  prier pour ceux qui le souhaitaient. Le dimanche, père  Jean Cazeau nous  a questionné sur  nos vocations. A  quoi sommes-nous  appelés ? Suivons- nous LE bon Pasteur ?  Comment reconnaître  le bon pasteur ? Il y  avait trois verbes  à retenir : écouter,  (« Ecoute Israël »,  alors qu’Adam au  jardin d’Eden a « entendu la voix de  Dieu » Gn3 ;10),  connaître (apprendre  à connaître Jésus), et le suivre ! Le déjeuner a été l’occasion de discuter  en toute simplicité avec Mgr David  Macaire à propos des questions posées  lors de la récollection. Monseigneur a  conclu en disant que Jésus a eu des  blessures sur la croix… et après sa  résurrection, elles étaient toujours là.  Toutes les blessures ne pourront pas  disparaître, mais à charge pour nous,  comme le disait également le père  Christian, de sublimer nos blessures et  rayonner de la joie de Pâques. L’équipe Pasto 25-35 ■ Guérir des blessures du passé pour se (re)construire La Pastorale des 25-35 ans : r\nécollection VIE DU DIOCÈSE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 11 Témoignages de ret\ raitants C’est ma deuxième retraite, je suis au tout début de mon cheminement. Une parole qui a raisonné en moi lors de l’enseignement du père Catayée « Tu ne vas pas vers Dieu pour ce qu’il peut t’apporter, mais tu vas vers lui parce qu’il est Amour ». La métaphore où on est comparé à des casseroles avec le manche en dehors du feu, qui nous permet de nous sortir de ce qui nous accule m’a beaucoup aidé. Mettre sur papier ce qui nous préoccupe m’a permis d’avoir du recul par rapport aux « blessures », c’est déjà un premier pas sur le chemin de la guérison. L’exercice d’aller dans son temple personnel intérieur pour rencontrer et discuter avec Jésus a été un instant particulier pour moi, un moment très apaisant. C’est la première fois que je rencontrais Mgr David Macaire pour un temps d’échange, les réponses étaient vrai- ment pertinentes. Nous sommes venus ici sans objectif particulier, juste une envie de faire une coupure spirituelle. Au cours des enseignements, on s’est rendu compte que l’on a des blessures qui ne s’étaient pas encore mani- festées spontanément. Ce que je retiens de ce temps c’est que les blessures, on n’en guérit pas forcément totalement, mais c’est ce qui nous permet un peu de ressusciter comme le Christ et de devenir des êtres plus forts. J’ai beaucoup aimé l’image de la prothèse, avec la blessure on devient plus faible et l’on a une prothèse qui est Jésus ressuscité. Physiquement on est peut-être plus faible, mais spirituel- lement on est plus fort car le Christ rayonne en nous. La blessure n’est pas forcément négative. Dans les groupes de partage, en témoignant de nos blessures, on arrive à sauver des personnes qui sont elles-mêmes blessées, la blessure devient alors positive. Il est donc important de témoigner de notre reconstruction. J’ai aussi retenu qu’il existe trois piliers pour la reconstruc- tion : psychologique, physique et spirituel, il faut travailler sur ces trois piliers pour être en équilibre. Chaque vocation naît d’une blessure, et dans le troupeau de brebis certaines sont choisies pour devenir des pasteurs. En témoignant de nos blessures auprès d’autres brebis, nous nous aidons mutuellement à avancer vers le Christ qui est le Pasteur Suprême. Thomas 24 ans, Schœlcher Cette récollection m’a fait énormément de bien. Et pourtant je ne souhaitais pas y participer ! Mais ces deux jours ont porté du fruit et vont porter du fruit. S’accepter, s’aimer tel que l’on est, recon- naître qu’on ne peut pas tout changer : dans les grandes lignes c’est ce qui m’a le plus marqué. Le Christ nous aime pleinement et Il se sert de nos blessures pour nous fortifier. *Qu’est-ce que la Pasto 25-35 ? Souhaitée par Mgr David Macaire et créée par un petit noyau, la Pasto 25-35 est une  branche de la pastorale des jeunes réservée aux jeunes actifs/professionnels entre  20 et 40 ans,  ayant les mêmes problématiques. Il se réunit chaque dernier vendredi du  mois pour discuter, prier, louer … Prêtre accompagnateur : P ère Emmanuel Chaulvet Contact : Cellule Com Pasto jeunes - ✆ 06 96 23 48 29 Florence et Alexis, 26 ans, Fort-de-France Sandra, 28 ans, Saint-Joseph

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Si vous êtes préretraités, retraités, libre de votre temps, rejoignez le MCR ! Contact : M me  Louise  Birba Derrière Morne - 97230 Sainte-Marie  Téléphone : 05 96 69 16 20 E-mail : jlbirba@gmail.com ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 12 L e Mouvement Chrétien des Retraités (M.C.R), anciennement « Vie Montante », existe en  Martinique depuis près de 44 ans. C’est un mouvement d’action catholique dirigé par  M me Louise Birba au niveau diocésain. Actuellement, dans une dizaine de paroisses,  des équipes de retraités ou personnes libres de leur temps, se rencontrent une fois par mois,  pour partager des moments de spiritualité et de  convivialité autour du thème annuel «Vivre  en famille ». Nous avons régulièrement des rencontres diocésaines conviant l’ensemble  des équipes : citons par exemple la recollection du 12 avril au Foyer de Charité de la Trinité. Le MCR accueille, au sein d’équipes de styles bien différents, des nouveaux retraités  jusqu’aux grands aînés. La grande richesse du mouvement vient de la variété d’origines,  d’engagements et expériences de ses membres motivés pour "Aimer, partager, écouter, et  servir". Au cours des rencontres mensuelles, chacun découvre peu à peu quel sens il peut  donner à sa nouvelle disponibilité, à la lumière de la Parole de Dieu, par la réflexion, l’écoute,  le dialogue et le partage. C e dimanche 19 mai, les équipes du Rosaire de Saint Joseph étaient réunies à la  salle paroissiale pour un moment de partage. Après  la prière,  le film " Je m'appelle  Bernabett e " a été projeté.  L'auteur est Jean Sagols et l'actrice principale Katia  Miran. On y trouve également Francis Perrin et Francis Huster entre autres. Une trentaine  de personnes (dont 2 hommes et un garçonnet) étaient présentes autour du curé, père  Bannais, qui a apporté des éclairages sur certains points.                                                   Joël Sando  ■ Le Mouvement Chrétien des Retraités : a ccueillir, partager, agir VIE DU DIOCÈSE L Agenda de l’Archevêque Dimanche 2 juin : • 9h30 : Confirmation à la paroisse du Lorrain • 15h : Confirmation des recommençants à la Cathédrale Saint-Louis • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 4 juin : • Conseil presbytéral Mercredi 5 juin : • Rencontre avec les confirmands des paroisses d’Ajoupa- Bouillon, Basse-Pointe, Morne-des-Esses, Diamant et Anses d’Arlet à l’évêché • 18h : Catéchèse de l’évêque à Emmaüs Jeudi 6 juin : • Cours de Théologie de la Spiritualité Samedi 8 juin : • 10h : Confirmation à la paroisse d’Ajoupa-Bouillon • 15h : Confirmation à la paroisse de Basse-Pointe Dimanche 9 juin : Solennité de la Pentecôte • 9h30 : Confirmation à la paroisse de Morne-des-Esses • 14h-19h : Pentecôte des Familles au Stade Pierre Aliker Mardi 11 juin : • Conseil épiscopal Mercredi 12 juin : • Rencontre avec les confirmands de la paroisse du Morne-Rouge, du collège Notre-Dame de la Délivrande du Morne-Rouge et de l’école du Petit Château de Thérèse à l’évêché • 18h : Catéchèse de l’évêque à Emmaüs Jeudi 13 juin : • Confirmation d’élèves du Petit Château de Thérèse à l’évêché • Cours de Théologie de la Spiritualité Vendredi 14 juin : • Messe à L’Espérance/Patronage Saint-Louis • 20h-22h : Participation à l’émission mensuelle de l’ACPM sur Radio Saint-Louis Samedi 15 juin : • 8h : Confirmation à la paroisse du Lamentin (1 er groupe) • 18h30 : Confirmation à la paroisse du Morne-Rouge Dimanche 16 juin : • 8h : Confirmation à la paroisse du Diamant • 10h : Confirmation à la paroisse des Anses d’Arlet • Rencontre avec Mgr Emmanuel Lafont à la paroisse des Trois-Ilets • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis • 18h30 : Confirmation à la messe des étudiants de la MEC à l'église de Schœlche r Moment festif des équipes du Rosaire de Saint Joseph

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 13 Le  22  mai  20\b9,  nous  avons  célébré  le  \b7\b ème   anniversaire  de  l’abolition  de  l’esclavage  en  Martinique.  Nous  avons  célébré  le  jour  où  les  esclaves  ont  cessé  d’être des esclaves, et où les esclavagistes ont cessé d’être des esclavagistes. Nous  avons célébré le jour où le peuple libre de Martinique est né. Le 22 mai est donc un  jour de paix qui de\pvrait nous réunir tous dans le même recueillement. P ourtant le 22 mai est pour  beaucoup d’entre nous un  jour de honte, un jour de  souffrance, un jour de rancœur. C’est  un jour que certains enfouissent au  fond de leur mémoire, et que d’autres  exhument pour activer les clivages. Quand j’étais enfant, cette date n’était  pas commémorée. On ne parlait  pas du 22 mai, et encore moins de  l’esclavage qui avait pourtant sévi  dans nos familles pendant 200 ans.  On tentait d’effacer ce passé. On le  taisait pour mieux le gommer. Notre  histoire commune était infondée.  Seul l’avenir comptait. Quelle erreur !  Quelle erreur ce long silence ! Quelle  erreur d’avoir cru que l’oubli était le  pardon ! Mais quelle erreur aussi de réveiller  ce passé pour y chercher les grandes  douleurs et les mettre dans les cœurs  d’aujourd’hui ! Quelle erreur de laisser  l’émotion envahir notre réalité au  point que 171 ans après, on rejoue la  partie des coupables et des victimes !  Une partie perdue par tous. J’ai été marqué par ma rencontre avec  Serge Romana en juin 2016. Serge Romana est généticien à  l’hôpital Necker-Enfants malades,  professeur de médecine à l’Université  Paris Descartes. Il est aussi le président  de la Fondation « Esclavage &  Réconciliation » dont le but est de  rendre nos sociétés antillaises moins  conflictuelles. Originaire du Moule  en Guadeloupe, il est le descendant  de Juliette, matricule 5322, née à  Saint-Anne en Guadeloupe en 1818,  et nommée Romana le 14 septembre  1848, au Moule…  Avec son association, il milite pour  la célébration de la mémoire des  esclaves, non plus comme des entités  anonymes, mais comme des personnes  nommées. Ses travaux lui ont permis  de remonter le fil généalogique de la  plupart des familles antillaises jusqu’à  leurs ancêtres libérés. J’ai été ému devant la liste des 130 000  noms des victimes martiniquaises  et guadeloupéennes. Les noms des  personnes qui avaient souffert dans  leur chair. J’ai été troublé aussi par  le dialogue apaisé mais sincère que  j’ai eu alors avec Serge. Un dialogue  simple et clair, dépouillé de tout  « héritage subjectif ». Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais pu  échanger en vérité et en confiance avec  quiconque sur ce passé douloureux. Il propose de célébrer la mémoire  des personnes qui ont souffert de  l’esclavage et qui ont été libérés  à partir du 22 mai 1848. Il faut leur  rendre hommage, car ils incarnent  l’humanité retrouvée. Ils sont ancêtres  de douleur, mais aussi d’espoir. Ils  sont la source même du travail de  mémoire dont nos sociétés antillaises  ont besoin pour s’apaiser. Un projet  est en cours avec notre évêque et la  mairie de Saint-Pierre. Oui, le 22 mai doit être un jour de  paix, de concorde et de recueillement.  Pour tous. Emmanuel de Reynal  ■ Pour que le 22 m ai soit un jour de paix

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 14  LA VIE DANS L’ESPRIT SAINT DOSSIER C hers amis lecteurs, dans le livre  de l’Apocalypse (22, 17) nous  lisons : « L’Esprit et l’épouse  disent  “Viens” ! ». Ainsi, parler des  rendez-vous de l’Esprit dans l’Église,  et singulièrement dans sa liturgie c’est  reconnaître d’abord qu’il y a une œuvre  commune de l’assemblée qui prie et  de l’Esprit qui sanctifie et introduit  dans la vie de Dieu. De fait, toute la vie  de l’Église, que ce soit la liturgie, les  sacrements, les assemblées de prière  charismatique où l’on invoque l’Esprit  Saint, tous les mouvements qui se  rassemblent au Nom de Jésus lorsque  deux ou trois se réunissent comme Il  nous l’a demandé,  et plus encore, la  vie de prière de chaque baptisé repose  sur la révélation. Jésus lui-même n’a- t-il pas affirmé à ses disciples : « Nul  ne connaît le Fils sinon le Père ; comme  nul ne connaît le Père sinon le Fils et  celui à qui le Fils veut bien le révéler »  (Matthieu 11, 27). Or, Celui par lequel le Fils révèle cette  connaissance c’est l’Esprit Saint. Ainsi,   pas de rendez-vous en Église et de  l’Église sans la présence de l’Esprit Saint.  Celui que l’on appelle communément  le Paraclet nous rappelle à la suite des  disciples (Jn 14, 26) ce que Jésus à dit ; Il  rend témoignage (Jn 15, 26) et le glorifie  (Jn16, 14). Toute la dynamique nouvelle insufflée  par le Concile Vatican II concernant la  liturgie s’appuie sur la reconnaissance  que les Sacrements, dans leur totalité,  sont œuvres du Saint Esprit. Un exemple  flagrant, la prière eucharistique n°3 qui  bien entendu s’adresse au Père, mais  le Maître d’œuvre c’est le Saint Esprit :  « Nous te supplions de consacrer Toi- même les offrandes que nous apportons.  Sanctifie-le par ton Esprit pour qu’elles  deviennent le Corps et le Sang de ton  Fils… ». De fait, l’Esprit Saint est l’acteur principal  de la célébration eucharistique et des  autres Sacrements. Comment pourrait-il  en être autrement si l’on considère la  liturgie comme un véritable engagement  selon les termes même de Saint Paul :  « Personne ne peut dire :  Jésus est Seigneur, s’il n’est avec l’Esprit Saint »  (1 Co12, 3) ? Il est de même concernant les autres  lieux où nous pratiquons notre  Foi, comme notre vie de prière, les  assemblées de prière ou simplement  notre prière personnelle. En effet,  la  prière, authentiquement chrétienne,  ne peut jaillir que sous la mouvance,  la poussée du Saint Esprit. La Parole de  Dieu atteste que c’est l’Esprit qui permet  au chrétien de dire Abba ! Père ! Ce rôle important que joue l’Esprit  Saint dans la prière est donné par le  Catéchisme de l’Église Catholique (CEC) :  « L'Esprit Saint, dont l'onction imprègne tout notre être, est le Maître intérieur de la prière chrétienne et l'artisan de la tradition vivante de la prière », autrement  dit, c’est Lui qui suscite en nous toute  prière. C’est Lui qui fait jaillir de nos  cœurs la prière qui plaît à Dieu, la prière  que Dieu va exaucer. Aujourd’hui encore, l’Esprit Saint  continue à agir avec puissance dans  la vie de l’Église, et ses fruits sont  abondants dans la mesure où nous  sommes disposés à nous ouvrir à sa  force de renouveau ecclésial. Devenons  de plus en plus des familiers de l’Esprit  Saint pour l’être aussi avec Jésus et le  Père. Je vous laisse avec cette prière du  Père Raniero Cantalamessa : Les rendez- vous de l’Esprit Saint dans L’Eglise P. Patrick-Alexis Phanor  ■ Viens, ô Saint-Esprit ! Viens, force et douceur de Dieu ! Viens, toi le mouvement et la paix ! Renouvelle notre courage,Remplis notre solitude  dans le monde, Crée en nous l’intimité avec Dieu ! Nous ne disons plus,  comme le prophète :  « Viens des quatre vents »,  Comme si nous ne savions pas  d'où tu proviens ; Nous disons :Viens, Esprit du côté  transpercé du Christ en croix ! Viens de la bouche du ressuscité !  ‘‘ ‘‘ Viens de la bouche du ressuscité ! ‘‘ Viens de la bouche du ressuscité ! 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 15 L'émergence du Renouveau charis- matique qui a suivi le concile  Vatican II est un don spécial de  l'Esprit Saint à l'Eglise, et l'un des  éléments positifs du Renouveau est  l'importance accordée aux charismes  et aux dons de l'Esprit. Le mérite du  Renouveau est l'actualisation de ces  dons et l'expérience particulière,  enrichissante et extraordinaire de la  grâce de Pentecôte à travers l'exercice  des charismes pour grandir dans  l’amour de Dieu, dans la charité et le  service des frères.  Le charisme qui apparait comme l'un  des traits les plus caractéristiques  du Renouveau charismatique est  le don des langues, mais au sein du  Renouveau s'exercent des charismes  de tout genre puisqu'il a reçu le grand  don de la diversité des charismes, la  diversité qui mène à l'harmonie de  l'Esprit au service de l'Église. Il ne fonctionne pas comme un  mouvement, il est un courant de grâces  dans l'Eglise.  Sa mission lui est propre  et se résume en trois points :  -  L'effusion de l'Esprit (se laisser saisir  par l'Esprit Saint), -  La manifestation des dons et  charismes, -  La vie communautaire par le  témoignage de sa foi, de sa vie, ses  paroles, ses engagements. Par l’action de l'action de l'Esprit Saint,   le Renouveau charismatique qui est un  courant de grâces dans l'Eglise et pour  l'Eglise, a suscité dans la vie de l'Eglise une  floraison de groupes et de mouvements  chacun avec un charisme particulier  :   écoute,  intercession, adoration,  compassion, combat spirituel, louange,  évangélisation, animation, service,  discernement des esprits, foi, fondation  de fraternité et de communauté, etc. Le Renouveau charismatique  c’est la réactivation de la grâce  de Pentecôte dans toutes ses  dimensions spirituelles, mystiques,  communautaires, évangélisatrices.  C'est aussi l’expérience de conversion,  d’écoute de la parole, d'évangélisation,  de fraternité, de louange, de vie de  sainteté, vivre de la grâce de l'Esprit  Saint à travers les sacrements. Le Centre des Eaux Jaillissantes est  un Centre catholique d’Écoute, de  Compassion, d’Apostolat et de Prière  au service des enfants, jeunes, adultes,  quelle que soit leur confession, pour  aimer à leur tour leur frère sur la route.  Il a pour objet exclusif l’assistance et  la bienfaisance - en secourant par la  compassion, l’apostolat et la prière les  personnes en difficulté - en formant  des accompagnateurs spirituels  - en  créant un foyer permanent de vie  communautaire, de service, de prière  et d’accueil - en offrant des entretiens,  séminaires, récollections, etc.  Le Charisme Eaux Jaillissantes consiste  à annoncer Jésus-Dieu ressuscité en  chair et en os (Luc 24, 36-42) vivant  avec les personnes tout le temps, et  à permettre de faire « l’expérience »  de cette « rencontre avec Lui », par :  1) l’écoute non-directive centrée  sur la personne ; 2) l’évangélisation  personnalisée au moyen du « Triangle  de Conversion Eaux Jaillissantes » ;  3)la prière de libération et guérison  en binôme, pendant que des équipes  d’intercesseurs se relaient chaque jour  à la « Chapelle » pour prier ensemble  pour les Écoutés, les Écoutants, les  Orants, la Communauté, l’Église, le  Monde, les Souffrants, etc.  Ce charisme s’étend à l’accom- pagnement individuel ou collectif des  jeunes vers leur maturation humaine,  sociale et spirituelle.  N.B. La conversion (CEC 1430), contraire  de l’endurcissement du cœur, n’est  pas arrêter de faire ce péché-là, mais  décider d’arrêter de le faire. Si infestation, il faut : 1) pardonner à  mon ennemi, 2) laisser Jésus-Dieu me  délivrer quand Il veut.                           LE RENOUVEAU CHARIS\2MATIQUE Un courant de grâces dans l�Eglise et pour l�Eglise Annoncer Jésus ¨Dieu ressuscité LE CENTRE DES EAUX\2 JAILLISSANTES  Père Yang-Ting Jean-Marie C.S.Sp.  Psychologue EPP

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 16 Née d’un groupe de prière en 1973  à Lyon (France), la Communauté du  Chemin Neuf est une Communauté  catholique à vocation œcuménique.  Elle compte aujourd’hui près de  2000 membres dans une trentaine  de pays. Couples, familles, célibataires  consacrés hommes et femmes  ont choisi l’aventure de la vie  communautaire à la suite du Christ  pauvre et humble pour se mettre au  service de l’Eglise et du monde. Une des spécificités de la  Communauté du Chemin Neuf tient  sans doute à la vie et l’engagement  commun des couples et des frères et  sœurs consacrés dans le célibat. Les couples habitent en « fraternité  de vie » (dans une maison de la  Communauté) ou en « fraternité de  quartier » (dans un même quartier).  Dans tous les cas, chaque famille  habite un lieu de vie qui lui est propre  (appartement ou maison) de manière  à préserver l’intimité familiale et  conjugale. Parmi ses membres, la Communauté  compte plus de 300 frères et sœurs  engagés dans le célibat pour le  Royaume : environ 150 prêtres ou  frères en formation pour le sacerdoce,  et 150 sœurs. Ces frères et sœurs  consacrés vivent selon les Conseils  évangéliques de Pauvreté, Chasteté  et Obéissance qui sont explicitement  inscrits dans leurs Constitutions.  La Communauté du Chemin Neuf  repose sur deux courants spirituels  particuliers : la spiritualité ignatienne  et la spiritualité charismatique liée au  renouveau des années 1970. Ces deux  éléments permettent à la communauté  d’exercer ses charismes pour l’unité :  unité entre chrétiens, unité du couple  et de la famille, unité de la personne,  unité entre les peuples. Les lieux de  vie communautaire, les sessions,  les retraites sont des moments pour  vivre ces charismes et de voir Dieu  agir avec chacun pour l’unité, dans  des mouvements de conversions et  d’ouverture à l’autre grâce à l’aide de  l’Esprit Saint. La Communauté de l’Emmanuel  est née dans l’élan du renouveau  de l’Eglise Catholique de la fin du  XX e siècle. Elle a démarré par une  assemblée de prière à Paris, et a  grandi rapidement en France et dans  le monde. C’est une communauté de  laïcs (mariés, célibataires, consacrés  dans le célibat) et de prêtres, qui  vivent au cœur du monde et se mettent  ensemble au service de la mission de  l’Église catholique par l’adoration, la  compassion et l’évangélisation. Elle  a pour vocation de témoigner de la  présence de Dieu dans le monde,  de sa proximité et de son amour  pour chacun. La Communauté de  l’Emmanuel est présente dans 60  pays et touche chaque année à travers  ses activités apostoliques plusieurs  centaines de milliers de personnes.  Elle compte :  • 11 500 membres, •  275 prêtres et une centaine de  séminaristes,  •  225 hommes et femmes consacrés  dans le célibat,  • 10 évêques.  La Province Martinique compte quant  à elle une cinquantaine de membres  engagés ou en étape de discernement.  3 prêtres de Martinique (les pères  Christian Catayée, Jean Max Renard  et Olivier Marie Lucenay) sont issus  de notre Province, et depuis août  2018 nous avons la joie d’accueillir le  père Jean Boteennfail Cazeau (vicaire  à la Paroisse de la Cathédrale Saint  Louis). L’Église a ouvert les procès de  canonisation de Pierre Goursat, notre  fondateur, et de Cyprien et Daphrose  Rugamba, couple martyr fondateur de  la communauté au Rwanda. Valérie & Paul Galva Responsables Province Martinique Communauté de l'Emmanuel LA COMMUNAUTÉ DU CH\2EMIN NEUF  LA COMMUNAUTÉ DE L’EMMANUEL  Spiritualité ignatienne et spiritualité charismatique Témoigner de la présence de Dieu dans le monde  LA VIE DANS L’ESPRIT SAINT DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 17 Interview du  Père Wilfried Bannais : L’ Esprit-Saint et la famille P ère Wilfried, vous êtes le  Délégué de l’Evêque à la  Pastorale familiale. Vous  appelez toutes les familles à se  joindre au grand rassemblement  de la Pentecôte des familles au  stade de Dillon, le dimanche 9  juin, jour de la Pentecôte.  Dans nos prières en famille,  nous nous tournons souvent  vers le Père et le Fils, moins  spontanément vers le Saint- Esprit. Pourquoi et comment  lui adresser nos prières ? L’Esprit Saint est comme un  guide de montagne, il nous  conduit, il nous guide dans notre  chemin de foi, à la rencontre  de Jésus Christ, car de nous- mêmes, et ce, malgré notre bonne  volonté, notre désir de l’aimer,  de le servir, nous avons du mal  à demeurer dans cette relation de  communion avec notre Seigneur.  Nous avons besoin d’aide, de  réconfort, de force pour rester  « connectés » à notre Dieu et  faire sa volonté. L’Esprit Saint  est celui qui va nous mettre en  relation avec le Christ, il nous  rend disponibles à sa présence,  et nous apprend a écouter Jésus  qui parle à notre cœur. Chaque  fois que tu te mets en prière, ou  que tu es tiraillé par une tentation  qui t’empêche de prier de tout ton  cœur, appelle, invoque l’Esprit  Saint : « Esprit Saint, Esprit de  prière et d’adoration, apprends- moi à prier Jésus... Esprit Saint, toi l’amour du Père et du Fils, remplis-moi de ta présence et guide ma prière… ». Jésus nous connait, il connait nos difcultés, nos lenteurs, mais aussi notre soif d’amour, c’est pourquoi il nous donne l’Esprit pour faire grandir cette amitié qu’il a établie avec chacun de nous. Quelle est la place du Saint- Esprit dans la famille, « petite  église domestique » ? Nos familles, à l’image de la  Sainte Famille de Nazareth,  sont des Petites Communautés  Ecclésiales où les enfants sont  initiés, par leurs parents,  à la  prière, et éveillés à l’amour de  Dieu et au service des autres.  Ils font très tôt l’expérience  de leurs richesses et de leurs  imperfections, ainsi que celles  de leurs proches. L’Esprit Saint,  comme le sucre que l’on mélange  dans le café, vient animer la  vie spirituelle et humaine de la  famille. Il éclaire chacun dans  ce qu’il est et dans ce qu’il doit  devenir selon le plan d’amour  de Dieu. Par la plénitude de ses  dons, il façonne le cœur des  parents et des enfants pour que  chaque membre en étant à sa  place, découvre ses charismes  propres, et transforme la famille  en petite Eglise domestique. Enfin, comme l’Esprit l’a fait  pour les apôtres, peut-il aider  aujourd’hui encore  les familles  à devenir missionnaires ?  Assurément ! L’Esprit Saint est  une aide précieuse pour permettre  aux familles de ne pas être  repliées sur elles-mêmes,  mais  de devenir, comme les apôtres  à la Pentecôte,  des familles de  disciples missionnaires. Comme  le rappelle la Feuille de route de la famille selon le cœur de Dieu, la  famille, cellule de base de l’Eglise  s’ouvre concrètement aux autres  chrétiens en participant à la vie  paroissiale, à un mouvement, une  communauté, une association, en  s’engageant dans les actions de  l’Eglise, et en aidant les membres  de la famille qui s’engagent.  Mais aussi en accueillant et en  protégeant les personnes en  situation de fragilité.  Une famille transformée par  l’Esprit Saint engendre une  Eglise rayonnante, et une société  pleine d’espérance.  Père Wilfried, merci d’avoir  répondu à nos questions. Propos recueillis par Michel Déglise  ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 18 ? Question AN TCHÈ LÉGLIZ-LA ‘‘ ‘‘ Pourquoi une Première Communion ? L a question peut surprendre, c’est  vrai, mais elle a sa pertinence.  Chez nos frères orthodoxes,  le Corps et le Sang du Christ sont  donnés dans la foulée du baptême !  Ils considèrent que dès qu’on est  baptisé on peut communier. Chez  nous, la communion est assortie de  conditions… Notamment pour la  Première Communion, il est demandé  que trois conditions soient réunies :  1. être baptisé ;  2.  Savoir que Jésus est bel et bien  présent, réellement, dans l’hostie et  le vin consacrés ;  3. avoir un vrai désir de recevoir Jésus. Ainsi, il est indispensable d’être  préparé pour la communion. Car il ne  s’agit pas de “prendre l’hostie” comme  les autres, sans trop savoir de quoi il  en est. C’est pour cette raison que les  enfants sont préparés, non seulement  pour la Première Communion, mais  aussi pour toutes les communions  qu’ils feront ensuite au cours de leur  vie chrétienne. On souligne le caractère solennel  de la première fois où les enfants  communient au Corps du Christ. C’est  une  Première fois qui en appelle une  deuxième, puis une troisième, une  quatrième… L’être humain a besoin de signes et  de symboles forts dans sa vie. Ces  signes et ces symboles sont là pour  rappeler que la vie a un sens, que  la vie a du sens. Marquer le coup en  célébrant la Première Communion  nous dit que communier au C orps du  Christ n’est pas banal, anodin. Même  les adultes habitués ont besoin de  se rappeler ce caractère éminent de  l’acte de communier, et avoir de belles  cérémonies “officielles” contribue  aussi à cela. Appuyons-nous alors sur ces fêtes de  la foi (Première Communion, Profession  de Foi, Confirmation) pour nous redire  toute l’importance de réalités certes  fréquentes, mais si grandes : la foi, le  baptême, l’eucharistie ! Dans l’évangile,  Jésus raconte des  paraboles qui se  terminent par  la fête : berger  qui retrouve la  brebis perdue,  enfant prodigue  (Luc 15). Ne soyons  donc pas timorés de  fêter aussi ces étapes ! N’est-il pas  légitime de fêter le passage de Dieu  dans nos vies alors que nous le faisons  pour d’autres événements ? C’est  pourquoi la Première Communion n’est  pas seulement une fête à l’église, elle  l’est aussi dans le foyer dans lequel  on grandit ! Alors, bonne fête à tous nos  communiants ! Nous nous réjouissons  avec vous du don que le Seigneur vous  fait ! Père Christian Catayée  ■ Dans l’évangile,  Jésus raconte des  paraboles qui se  terminent par  la fête : berger  brebis perdue,  enfant prodigue  (Luc 15). Ne soyons  donc pas timorés de 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2019 – n° 587 19 ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\p MARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Ré\pvérend Père PinchonBP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\pX Téléphone : 06 96 3\b0\p 333 - E-mail : mi\pchel.pouch@wanadoo.fr oui ,  j\b souhait\b r\bc\bvoir \bn tout\b confid\bntialité votr\b brochur\b pour m’inform\br  sur l\bs possibilités d\b l\bgs, donations \bt assuranc\bs-vi\b à l’Association Diocésain\b. oui , j\b  souhait\b  êtr\b  contacté  pour  un  r\bnd\bz-vous  au  S\brvic\b  d\bs  l\bgs  \bt  donations ou à mon dom\Sicil\b. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’\bspéranc\b \bn héritag\b DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part M\bs coordonné\bs  ❏ Mm\b ❏ M\bll\b    ❏ M. Nom  Prénom Adr\bss\b   Cod\b postal Vill\b  Téléphon\b E-mail Paroiss\b  (facultatif) POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\pINIQUE 99.5 - 101.3 et 105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr Pour consulter le site Web d’ECCLESIA'M 2020 ! : http://www.ecclesiam2020.fr E CCLESIA 'M 2020 ! MEDIAS Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.  L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr Dimanche 9 juin 2019 Handicap : comment vivre ensemble ? Quelle place accordons-nous aux personnes handicapées ? Sommes-nous prêts à changer notre regard sur le handicap ?  L’adaptation se fait-elle toujours dans le même sens ? Comment les personnes en situation de handicap peuvent-elles  accéder davantage aux études et aux formations ? Cette semaine Dieu m’est témoin pose ces questions essentielles. Dimanche 16 juin 2019 Universités catholiques : quels atouts ? L’enseignement supérieur catholique s’est-il développé Outre-mer ? Pourquoi font-ils le choix d’un enseignement  supérieur catholique ? Pour quelles raisons, les universités s’implantent-elles Outre-mer et comment sont-elles  encadrées par le diocèse ? Pour répondre à toutes ces questions, Dieu m’est témoin s’intéressera, en Martinique, à  l’ICEA, l’Institut Catholique Européen des Amériques, qui accueille cette année sa toute 1ère promotion en sciences- politiques et écologie humaine. 

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M ère, aide notre foi ! Ouvre notre écoute à la Parole, pour que nous reconnaissions la voix de Dieu et son appel. Éveille en nous le désir de suivre ses pas, en sortant de notre terre et en accueillant sa promesse. Aide-nous à nous laisser toucher par son amour, pour que nous puissions le toucher par la foi. Aide-nous à nous confier pleinement à Lui, à croire en son amou\ r, surtout dans les moments de tribulations et de croix, quand notre foi est appelée à mûrir. Sème dans notre foi la joie du Ressuscité. Rappelle-nous que celui qui croit n’est jamais seul. Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus, pour qu’il soit lumière sur notre chemin. Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous jusqu’à ce qu’arrive ce jour sans couchant, qui est le Christ lui-même, ton Fils, notre Seigneur ! Prière extraite de l'encyclique Lumen Fidei (29 juin 2013) – Lundi de Pentecôte –– Lundi de Pentecôte – Bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise

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