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E g lise
en MARTINIQUE
Le C hrist règne : et les chrétiens ?
N° 594
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
24 NOVEMBRE 2019
Hommage au père Filopon
Lire toute la Bible en une année
(suite)
Qui soutient votre engagement ?
Questionnaire de l'Avent
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EDITORIAL
2
AGENDA DE L'EVEQUE 163
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04
http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com
222
L
’Eglise célèbre aujourd’hui la solennité de Notre Seigneu\
r
Jésus-Christ, Roi de l’univers. Nous voilà donc arrivés au
terme de l’Année liturgique C, que nous avons parcourue en
compagnie de saint Luc. Dimanche prochain (1er décembre), 1er
dimanche de l’Avent, débutera l’Année A qui nous permettra de
contempler le visage du Christ avec l’Evangéliste saint Matthieu.
Temps de l’Avent, temps d’attente, temps d’espérance où l’Eglise est
appelée à la vigilance. Notre diocèse nous propose un questionn\
aire,
sur trois semaines (au lieu de quatre), pour nous préparer, en
communauté, à accueillir Celui qui vient. Nous mettrons ainsi en
œuvre, au cours de nos échanges, les 5 « Essentiels des Ac. 2,42-45 » :
Communion, Adoration, Ministère, Évangélisation & Formation.
Par ailleurs, dans toutes les paroisses, de nombreux jeunes sont au
service de la liturgie de la messe : ce sont les servants d’autels. L\
e
pape François, particulièrement sensible à leur mission, les in\
vite
à Rome en août 2020, pour un pèlerinage qui leur permettra de
vivre la dimension universelle de l’Eglise, et d’expérimenter l\
a
fraternité. « On n’est pas chrétien tout seul : tous ensemble on est plus
fort, on a plus de courage, on va plus loin », affirme le Saint-Père
dans la lettre qu’il leur a adressée.
Qu’en est-il de notre engagement en tant que chrétien ? Qui soutie\
nt
notre engagement ? Autant de questions qui nous interpellent et
qui font l’objet de notre dossier étayé de témoignages de fr\
ères et
sœurs en tenue de service.
Nouvelle année liturgique, nouvelle occasion de mettre nos pas
dans ceux de Jésus, notre Roi, pour nous entendre dire, comme au
bon larron : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu sera\
s
dans le Paradis. » (Lc 23,43).
La Parole de Dieu nous soutiendra dans nos efforts. Pour le temps
de l’Avent, en effet, Eglise en Martinique continue à prodiguer ses
conseils pour une lecture continue de la « Bible en Nous » sur
une année.
La fin du monde arrive-t-elle ? Un prêtre répond à cette question
dans la rubrique « An tchè légliz-la », en rappelant ceci : \
« Oui, bien
sûr. Nous le savons, dans notre univers toute chose a un commencement
et une fin. Cela dit, la fin du monde, n’est que la fin d’un monde\
».
C’est sur la croix que le Christ se révèle Roi de l’Univers.\
Sa
royauté est basée sur l’Amour, la Justice et la Paix. Prions pour
qu’Il règne dans notre vie, et qu’Il soutienne notre engagement\
.
Ecartons tout esprit de division, et empruntons le chemin de
la réconciliation qui plait à Dieu. Soyons tout simplement des
humbles disciples du Christ Jésus, notre Roi !
Bon dimanche !
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
33 MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
EGLISE UNIVERSELLE\C
• La Parole Dominicale
• Peut-on encore \b’engager aujourd’hui ?
• Témoignage\b
• La fi n du monde arrive-t-elle ?
• Une hi\btoire à \buivre… : Gab King\bley (\buite) • Qu'e\bt-ce que l'Avent
• Premier pèlerinage de\b élu\b de Martinique
• Temp\b fort pour le\b Antillo-Guyanai\b
• Bible en nou\b
• Un Avent avec le\b cinq e\b\bentiel\b
Que\btionnaire de l’Avent
• ICEA - Réu\b\bir pour \bervir : tr\nouver \ba voie
• Leg\b - donation\b - a\b\burance\b vie Aider matériellement l’Egli\be,
\ban\b lé\ber un proche
• Paroi\b\be ! Qu’a\b-tu fait du Jour du Seig\nneur !?
• Le pape invite le\b \bervant\b d’autel à Rome
en août 2020
2222
3333333333
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5
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15
MÉDIAS 19
• La fi n du monde arrive-t-elle ? • La fi n du monde arrive-t-elle ?
AN TCHÈ LÉGLI\b-LA
• Une hi\btoire à \buivre… : Gab King\bley (\buite)• Une hi\btoire à \buivre… : Gab King\bley (\buite)• Une hi\btoire à \buivre… : Gab King\bley (\buite)
COIN JEUNESSE 18
17
Dossier : QUI SOUTIENT VOTRE ENGAGEMENT ?
13
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 3
Q
ue pensez-vous de vos
dimanches matins ?
Dans une famille chrétienne, le
Dimanche n’est pas d’abord un
jour de repos pour faire ses petites
affaires, les travaux d’école, des
courses, du ménage ou du sport. Il est
le 1 er jour de la semaine, un jour saint
consacré à honorer Dieu. En famille,
l’ambiance doit être au mieux : s’il y
a eu des disputes, on se réconcilie ;
on veille à ce que la maison ait, ce
jour-là, un air de fête, nettoyée et
décorée simplement ; des habits
propres, réservés au Dimanche,
sont préparés pour chacun. Un bon
repas sans télévision, ni téléphone
portable, en invitant parfois un
pauvre, une personne seule ou un
prêtre, précède une saine détente en
famille (sieste, partage, promenade,
film, visite, rangement, bricolage,
sport, goûter…) ; enfin, une prière
familiale conclut le Jour du Seigneur
de la « FAMILLE selon le cœur de
Dieu » !
Mais qu’en est-il du Jour du Seigneur
en PAROISSE ? Cette question
plurielle, je me la pose à moi-même et
je la pose à chaque pasteur et équipe
pastorale à la suite d’E
CCLESIA ’M 2020 !
A quoi ressemble la synaxe de
« l’Eglise vivant au milieu de ses fils et
de ses filles » ? Est-ce que les parents,
les enfants, les groupes, les PCE, les
prêtres (eux aussi !), les personnes
isolées, les jeunes, les habitués, les
non-habitués, les nouveaux arrivants,
les visiteurs, ou les personnes âgées
qui se rassemblent ce jour-là, trouvent
de la joie, du repos, du réconfort
spirituel, une nourriture apaisante
pour leurs âmes ? Se sentent-ils aimés,
accueillis, attendus par Dieu et leurs
frères ? Sommes-nous heureux d’aller
à la messe ?
Des équipes joyeuses accueillent-
elles chacun dans la maison de
Dieu ? Propose-t-on aux adolescents
un service, même minime, qui leur
montre qu’ils sont les bienvenus ? Y
a-t-il une Liturgie de la Parole pour les
enfants ? Les familles sont-elles reçues
de façon prioritaire (surtout lorsque
les parents, parfois des mamans
seules, ont des enfants en bas âge
difficiles à tenir !) ? leur montre-t-on
qu’elles sont et seront toujours les
bienvenues et que la communauté fait
tout pour les mettre à l’aise ?
Les différents ministres et
responsables se montrent-ils comme
des frères dans le Seigneur ou comme
des gardiens du temple ; comme des
serviteurs ou comme des directeurs-
m’as-tu-vu ; comme des disciples de
l’Agneau ou comme des agents de
sécurité ? Sont-ce toujours les mêmes
que l’on voit au service ou fait-on
appel, à tour de rôle, à des fidèles
différents ?
La messe est-elle placée à l’heure
qui convient aux personnes les plus
fragiles ou à l’heure qui arrange les
responsables ?
La liturgie est-elle respectée ? Ne
prend-on pas les fidèles en otage en
surchargeant avec des paroles, des
symboles et des chants inconnus ? Les
homélies sont-elles nourrissantes,
apaisantes ou moralisatrices,
ennuyantes et redondantes ? la
liturgie n’est-elle pas trop longue ?
le silence, qui permet la louange et
la prière intérieure, est-il respecté ?
Juste, AVANT le début de la liturgie
proprement dite ou juste APRES
l’envoi, ne pourrait-on pas, pendant
15 à 20 minutes, proposer à ceux
qui le veulent un temps de louange
charismatique, un chapelet, une
lectio divina, un enseignement,
une vidéo, des témoignages ou une
adoration silencieuse pour préparer
(ou prolonger) notre rassemblement
fraternel ? N’est-ce pas bien mieux
que les bavardages ou les vaines
agitations habituelles dans l’espace
sacré ?
Par contre, sur le parvis, pourquoi
pas un temps convivial pour se
saluer, glisser un mot au prêtre ou à
tel responsable, mieux se connaître
les uns les autres et ne pas laisser
repartir sans amour ceux qui sont les
plus seuls !?
Tout cela n’est pas un catalogue, mais
une question : Paroisse, qu’as-tu fait
du Jour du Seigneur !?
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
MOT DE L’ÉVÊQUE
Paroisse ! Qu’as-tu fait du Jour du Seigneur !?
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 4
EGLISE UNIVERSELLE\n
C
her ami,
Je suis heureux de m’adresser
à toi, qui assures dans ta
paroisse le service de l’autel, pour
t’inviter à participer au grand
pèlerinage des servants d’autel,
organisé par l’Eglise de France à Rome,
l’été prochain.
Le Seigneur Jésus t’a appelé à le
servir dans la liturgie de la Messe.
C’est une occasion unique pour toi de
le rencontrer, de l’aimer davantage,
de t’engager pour lui. Mais, tu l’as
remarqué, la Messe se termine par les
paroles du prêtre : « Allez ! ».
Après avoir servi Jésus à la Messe,
nous sommes tous appelés à le servir
dans notre vie de tous les jours, dans
la rencontre avec nos frères et sœurs :
nous sommes envoyés en mission.
Nous sommes envoyés en mission,
n’oublie pas.
En participant à ce pèlerinage à Rome,
tu te rendras sur les tombeaux de
Saint Pierre et de Saint Paul, eux aussi
envoyés en mission par Jésus, et qui
ont donné ici leur vie pour lui.
Leur courageux témoignage sera pour
toi un encouragement à persévérer
dans ton engagement et dans ta vie
chrétienne, malgré les contradictions
et les critiques que tu rencontres
peut-être autour de toi, malgré les
questions que tu te poses, malgré les
efforts que cela te demande.
Nous aurons la joie de nous rencontrer,
tous ensemble. Et tu rencontreras aussi
d’autres jeunes que tu ne connais pas
encore, mais qui accomplissent le
même service, partagent la même foi.
Invite aussi ceux qui auraient envie
de s’engager comme toi ! On n’est pas
chrétien tout seul : tous ensemble on
est plus fort, on a plus de courage, on
va plus loin.
Je t’attends donc à Rome, du 24 au 28
août de la prochaine année.
D’ici là, je prie pour toi et pour
tous ceux qui t’entourent, et je te le
demande, n’oublie pas de prier pour
moi. J’en ai besoin, ce travail n’est pas
facile !
Que la Vierge Marie te garde et que
Dieu te bénisse !
A Rome, le 12 novembre 2019Pape François
Source : https://fr.zenit.org/articles/
■
Le pape invite les servants d’autel à Rome en août 2020
« On n’est pas chrétien tout seul »
‘‘
On n’est pas
chrétien tout seul : tous ensemble
on est plus fort,
on a plus de courage, on va plus loin.
‘‘
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 55
Dimanche 24 novemb\be 2019
la P arole Dominicale
Christ Roi - Année C
L
’Église nous invite à célébrer
aujourd’hui, en ce dernier
dimanche de l’année liturgique
C, la solennité du Christ Roi de
l’univers. La royauté dont nous parle la
liturgie de ce dimanche n’est pas celle
que nous connaissons dans notre
monde. Celle que nous connaissons
est basée sur le profit, la corruption,
la force et la violence. C’est le pouvoir
du monde, c’est le modèle des rois de
la terre ; mais elle nous parle d’une
royauté de service, celle du Christ
qui se fait serviteur. Sa royauté est
basée sur le service, la tendresse, la
droiture, la vérité, l’amour, le respect,
le bien-être des gens, la miséricorde
et le pardon. Jésus affirme que la base
du pouvoir doit être « l’amour de la
vérité ».
Son Royaume passe d’abord par une
véritable conversion de ceux qui
désirent y entrer. Si nous voulons que
Dieu règne sur nous, nous devons
entendre les appels à la conversion
qu’il nous adresse. Avec lui, plus rien
ne peut être comme avant.
La question de la royauté de Jésus
peut paraitre ridicule. Le Christ n’a ni
armée, ni gardes du corps, ni terres
à défendre ou à conquérir. Il n’a
pas de gardes qui se battront pour
lui. Le pire c’est que les quelques
disciples qu’il avait se sont enfuis.
Cette fête du Christ, Roi de l’univers,
nous montre que ce n’est pas par la
force des armes qu’on peut obtenir
la victoire contre le mal, mais par
celle des paroles, et surtout celle de
l’amour.
C’est précisément ce que nous
montre l’Évangile de ce jour : Nous
sommes à un moment dramatique de
la vie de Jésus. Il est en croix, raillé et
méprisé par les soldats. La Royauté
du Christ se manifeste sur la Croix. La
Croix est « le trône d’honneur » de
Jésus. Et c'est au moment où le Christ
est le plus pauvre et le plus misérable
que le Centurion, un païen, proclame
sa Divinité et sa Royauté en disant :
« Certainement, cet Homme était
Juste ».
Donc, le signe qui domine dans ce
royaume est celui de la Croix ; celle-ci
cependant n’a rien à voir avec les
souffrances que font souvent subir
les puissants à leurs sujets, sans
consentement de leur part. Le règne
de Dieu ne s’impose pas d’en haut,
car le Christ sur la Croix s’identifie par
amour aux plus pauvres auxquels il
veut tout donner. C'est au sein d'une
souffrance inouïe que le Fils de Dieu
enseigne ce qu'IL est vraiment. Le
Commandement de l'Amour est
pour tous les hommes, qu'ils soient
dignes ou non de cet Amour ; Jésus
pardonne à ses bourreaux. Il n'aime
pas leur péché et leur violence, mais
son Amour divin les enveloppe et
les excuse du fait qu'ils ne savent
pas ce qu'ils font... Le Pardon est
un sentiment divin, extrêmement
difficile à un être humain, mais le
Seigneur qui nous demande de
Pardonner nous vient en aide par
son Esprit si nous l'en supplions.
L’évangile de ce jour ne cherche pas
à mettre le doigt sur nos lâchetés et
nos misères, mais plutôt à mettre en
lumière tous les actes d’amour qui
nous font vivre et vont nous permettre
de nous identifier au Christ crucifié.
Nous faisons partie d’un peuple de
pauvres, et le Royaume est offert à
ceux qui viennent les uns vers les
autres en frères, quelles que soient
leur condition sociale, leur origine et
même leur religion. La seule façon de
devenir de vrais acteurs du Royaume
est de reconnaître le Christ lui-même
en tout homme qu’il met sur notre
chemin.
L’Évangile nous demande d'être
fiers d'être disciples d'un Crucifié.
Que notre « Signe de la Croix » ne
soit jamais un geste machinal et
inconscient. Ce pourrait être notre
manière de proclamer la Royauté
du Christ-Roi et de préparer notre
place au Royaume avec notre ROI.
P. Michel Delvarice,
Administrateur de la paroisse du Vert-Pré
■
2 Samuel 5, 1-3 •\i Psaume 121 • Colossiens 1, 12-20 • Lu\ic 23, 35-\b3
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 6
Un temps où l’on p\àrépare son cœur à f\àêter Noël
L
e temps de l’Avent compte quatre dimanches avant Noël.
Historiquement, on sait que l’avent avait surtout pour but de
tourner notre prière et nos cœurs vers ce que l’on appelle les
« fins dernières », autrement dit le retour du Christ, que tous les
chrétiens attendent. Aujourd’hui encore, notre Avent honore donc ces
deux aspects : méditer sur le retour du Christ (en gros, les 2 premières
semaines) et ensuite la préparation de nos cœurs à célébrer Noël, du
15 au 24 décembre, et qui est une préparation plus centrée sur la fête
même de Noël avec la lecture des évangiles qui précèdent la naissance
du Christ et les divers événements : l’annonce de la naissance de Jean le
Baptiste ; l’annonce à la Vierge Marie, à saint Joseph, la nativité de saint
Jean-Baptiste, etc.
\bvec Saint Jean-Bap\àtiste, attendre Noël\à
Saint Jean-Baptiste est un personnage clé de l’A vent puisque c’est lui qui
appelle sans cesse le peuple à se convertir pour accueillir le Messie de
Dieu. En effet, le Messie de Dieu ne s’accueille que par un cœur ayant le
désir de se convertir à sa parole. En quelque sorte, il incarne bien l’esprit
de l’A vent puisque c’est le prophète de l’attente par excellence : il prépare
les chemins du Seigneur, il montre l’agneau de Dieu, le Christ, qui vient
dans le monde.
Se préparer à recev\àoir Jésus avec la \àVierge Marie
La Vierge Marie tient aussi une place toute particulière puisque son rôle
et sa place dans l’accueil de Dieu au cœur de sa vie sont particulièrement
offerts à notre prière. Qui d’autre mieux que Marie, dans l’attente de
la naissance de son fils, peut montrer à l’Église, et donc à nous-mêmes,
comment disposer nos cœurs à le recevoir ? Elle est la figure de l’attente
et de la confiance en Dieu par excellence.
L’\bvent, pour appre\àndre à préférer Jésu\às
Comme nos cœurs sont dans l’attente et appelés à se convertir pour mieux
accueillir l’Enfant Jésus, quelques « signes » liturgiques vont signifier cela :
en plus de la couleur violette que revêtent les prêtres par les ornements
liturgiques, on ne chante plus le Gloria à la messe du dimanche. C’est le
chant des anges la nuit de Noël : on le « réserve » donc pour cette fête,
comme pour mieux le retrouver à Noël.
Le violet est aussi la couleur de la « pénitence » dans l’Église, un mot que
l’on aime moins… Jean-Baptiste « proclamait un baptême de conversion
pour le pardon des péchés ! ». La conversion est toujours tournée vers
une joie plus grande qu’est l’accueil de Dieu dans nos vies. C’est cela que
nous célébrerons le 25 décembre, et c’est pour cela que nous disposons
nos cœurs à préférer Jésus à toute chose. Regardez Marie par exemple :
elle avait un beau projet de mariage avec Joseph ! Ces deux personnages
(comme tant d’autres saints d’ailleurs) avaient des projets, une vie bien
réglée, une belle situation, et pouvaient légitimement profiter de l’existence.
Mais ils ont préféré Dieu à toute autre chose. C’est le témoignage que nous
recevons pendant l’Avent.
Père Cédric Burgun, Prêtre du diocèse de Metz
Source : Église Catholique de France. Edité par la Conférence des évêques de France
■
Qu'est- ce
que
l'
Avent �
LITURGIE
semaines) et ensuite la préparation de nos cœurs à célébrer Noël, du
15 au 24 décembre, et qui est une préparation plus centrée sur la fête
même de Noël avec la lecture des évangiles qui précèdent la naissance
du Christ et les divers événements : l’annonce de la naissance de Jean le
Baptiste ; l’annonce à la Vierge Marie, à saint Joseph, la nativité de saint
Jean-Baptiste, etc.
\bvec Saint Jean-Bap\àtiste, attendre Noël\à
Saint Jean-Baptiste est un personnage clé de l’
appelle sans cesse le peuple à se convertir pour accueillir le Messie de
Dieu. En effet, le Messie de Dieu ne s’accueille que par un cœur ayant le
désir de se convertir à sa parole. En quelque sorte, il incarne bien l’esprit
de l’ Avent puisque c’est le prophète de l’attente par excellence : il prépare
les chemins du Seigneur, il montre l’agneau de Dieu, le Christ, qui vient
dans le monde.
Se préparer à recev\àoir Jésus avec la \àVierge Marie
La Vierge Marie tient aussi une place toute particulière puisque son rôle
et sa place dans l’accueil de Dieu au cœur de sa vie sont particulièrement
offerts à notre prière. Qui d’autre mieux que Marie, dans l’attente de
la naissance de son fils, peut montrer à l’Église, et donc à nous-mêmes,
offerts à notre prière. Qui d’autre mieux que Marie, dans l’attente de
la naissance de son fils, peut montrer à l’Église, et donc à nous-mêmes,
offerts à notre prière. Qui d’autre mieux que Marie, dans l’attente de
comment disposer nos cœurs à le recevoir ? Elle est la figure de l’attente
et de la confiance en Dieu par excellence.
L’\bvent, pour appre\àndre à préférer Jésu\às
Comme nos cœurs sont dans l’attente et appelés à se convertir pour mieux
accueillir l’Enfant Jésus, quelques « signes » liturgiques vont signifier cela :
ce
qu e
l' Avent
qu
Avent
qu
Avant Noël s’ouvre le temps
de l’Avent, qui commence cette
année le 1
er décembre 2019.
L’avent (avec un « e ») est
certes un temps qui précède
Noël. Mais d’où vient ce temps
et quel est son but ?
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 7
VIE DU DIOCÈSEVIE DU DIOCÈSEVIE DU DIOCÈSE
Ce premier pèlerinage historique, à l’initiative de l’Observatoire
Socio Politique de l’Eglise en Martinique (l’OSPEM) a réuni des
femmes et des hommes élus de Martinique à Rome, du 25 au
31 octobre 2019. Certains d’être appelés à vivre une expérience
humaine et spirituelle particulière, ces personnalités
politiques d’origine diverses et variées ont répondu à l’appel
de l’Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France.
L
e groupe était constitué
de conseillers municipaux
de différentes villes, d’une
conseillère communautaire de CAP
NORD Martinique, de conseillères de
la Collectivité Territoriale de Martinique
et des deux parlementaires députées.
Si les réunions d’organisation et la
célébration de bénédiction du 4
octobre avaient déjà soudé ce groupe, la
détermination de ces premiers pèlerins
doit être saluée. Un mouvement de
grève du personnel navigant italien les a
contraints à courageusement se séparer
au départ de Roissy Charles de Gaulle
pour passer par Vienne, Amsterdam
ou par Nice… afin d’être tous présents
au rendez-vous à Rome, et répondre à
l’appel de Mgr David Macaire qui les y
attendait en compagnie du diacre Yves
Bobi et du père Benjamin François-
Haugrin.
Le programme fut riche en temps forts
et faits marquants. Il y eu de grands
moments de visite, de recueillement et
de prière dans des lieux saints tels : la
prestigieuse basilique Saint-Paul Hors
Les Murs dotée d’une majestueuse
façade en mosaïques ; l’église Saint-
Louis des Français qui abrite les trois
tableaux du Caravage ; l’incontournable
basilique Saint-Pierre, le plus important
édifice du catholicisme, où le groupe a
pu visiter le tombeau de Saint-Pierre,
entre autres ; la basilique Saint-
Jean-de-Latran et son baptistère où
les pèlerins ont pu renouveler leur
vœux de baptême, ce qui fait qu’elle
est considérée comme la mère de
toutes les églises de Rome, voire du
monde ; la basilique papale Sainte
Marie Majeure (dédiée à la Vierge)
fort appréciée du Pape François…
Tout au long de ce pèlerinage, les
participants étaient conviés à partager
l’eucharistie. Mgr David Macaire a
célébré les messes du matin dans
chacune des basiliques visitées, assisté
en cela par le père François-Haugrin et le
diacre Bobi. De même pour la cérémonie
de renouvellement des vœux de
baptême au baptistère du Latran.
Ce déplacement a été l’occasion
d’effectuer des visites protocolaires.
Pendant leur séjour, les élus de Martinique
ont été reçus à la villa Bonaparte, siège
de l’Ambassade de France auprès le
Saint Siège, par Madame Elisabeth
Beton-Delègue, ex ambassadrice d’Haïti
nouvellement nommée à Rome. Ils ont
également participé à l’audience papale
du mercredi au cours de laquelle le pape
François n’a pas manqué de souligner
leur présence et leur adresser un mot
spécial.
Des moments d’études et de réflexion
dans des dicastères (ministères) signi-
ficatifs pour la
mission sociale des élus de nos terri-
toires ont été effectués :
- Dicastère de la culture, où les échanges se sont focalisés sur
les questions sensibles, voire
douloureuses, d’identité et de
transmission.
- Dicastère pour la promotion du
développement humain intégral,
qui entend être un véritable
laboratoire, un lieu de conseil,
d’élaboration et d’échange sur
tout ce qui participe de l’écologie
intégrale et qui prend appui sur la
doctrine sociale de l’Eglise. Concernés
par les problématiques locales de
chlordécone, climat, érosion de nos
territoires… les élus de Martinique
s’accordent à dire que s’il n’est pas
trop tard, il y a urgence tout de même
à revisiter les solidarités en termes
de réponse aux effets néfastes de la
mondialisation.
Premier pèlerinage des élus
de Martinique
est considérée comme la mère de
toutes les églises de Rome, voire du
monde ; la basilique papale Sainte
Marie Majeure (dédiée à la Vierge)
Premier pèlerinage des élus
Socio Politique de l’Eglise en Martinique (l’OSPEM) a réuni des Socio Politique de l’Eglise en Martinique (l’OSPEM) a réuni des
femmes et des hommes élus de Martinique à Rome, du 25 au
31 octobre 2019. Certains d’être appelés à vivre une expérience
humaine et spirituelle particulière, ces personnalités
ficatifs pour la
mission sociale des élus de nos terri-
ficatifs pour la
Baptistère du Latran où les pèlerins Baptistère du Latran où les pèlerins Baptistère du Latran où les pèlerins ont pu renouveler leurs vœux de baptême ficatifs pour la ont pu renouveler leurs vœux de baptême ficatifs pour la ont pu renouveler leurs vœux de baptême ficatifs pour la ont pu renouveler leurs vœux de baptême ficatifs pour la ont pu renouveler leurs vœux de baptême
Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire saluent les élus martiniquais saluent les élus martiniquais saluent les élus martiniquais saluent les élus martiniquais Le pape François et Mgr Macaire saluent les élus martiniquais Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire saluent les élus martiniquais Le pape François et Mgr Macaire Le pape François et Mgr Macaire saluent les élus martiniquais Le pape François et Mgr Macaire
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 8
Chaque année, le 11 novembre, l'Aumônerie
Nationale des Antilles et de la Guyane (ANAG),
organise à l'église Saint Sulpice, dans le 6
e
arrondissement, un temps fort avec les
Antillais et Guyanais vivant dans l’hexagone,
en présence des évêques de la Martinique, de
la Guadeloupe et de la Guyane.
C
ette année, le diocèse de Pontoise était à l’honneur.
Ce rassemblement a débuté à 14h par un temps
de Louange.
Après plusieurs témoignages de résidents de Pontoise,
Mgr Lafont, évêque de Cayenne, a donné un enseignement
riche de sens. A 15h30, il a présidé la messe de la journée.
"Se rendre dans les périphéries pour annoncer l'Evangile
revêt une grande importance", faisait-il remarquer.
Cellule communication ANAG ■
C
e vendredi 29 novembre 2019, de 19h à 21h, à la Chapelle
Sainte Thérèse sur le site de l‛Espérance, aura lieu le concert
spirituel du Seuil de l‛Avent « Les Chœurs chantent Noël ».
Il s‛agit de la 9 ème édition de ce concert avec les chorales des jeunes de l‛école
élémentaire Saint Jean-Paul II, les chorales invitées de la paroisse Sainte
Thérèse : l‛Ensemble Vocal Résonan‛s, The Angels Voices, Les Petits chanteurs
de Sainte Thérèse et avec la participation des pères Pierre Henderson, curé
de la paroisse du Lamentin et Arnaud Goma, curé de la paroisse du Sacré-
Cœur de Coridon. Ils viendront nous porter vers la joie et l‛allégresse de Noël.
Pendant l‛entracte, les spectateurs pourront goûter aux spécialités de Noël
confectionnées par les élèves du CAP Cuisine et CAP Boulangerie du lycée
professionnel Saint Jean-Paul II de l‛Espérance Patronage Saint Louis.
Votre fidélité et votre générosité sont la clé de notre réussite. Votre présence,
votre soutien, nous accompagnent tout au long de l‛année pour accueillir chaque
situation difficile, et porter un regard de bienveillance et de compassion sur
chaque jeune qui nous est confié.
Les jeunes et les équipes vous disent à très bientôt.
■
Temps fort pour les Antilloles Antillo - guyanais
- Dicastère pour les Laïcs, la
Famille et la Vie qui invite à une
action pastorale à partir de l’écoute
du monde : pastorale de la vie
humaine, pastorale de la famille,
pastorale des personnes âgées…
Autant de sujets qui interpellent eu
égard à la situation de la Martinique
au regard du vieillissement de la
population. Les visites culturelles de la Rome antique
(Forum, Colisée…) et de la Rome baroque
(place Navonne, Panthéon, Fontaine de
Trévi…) ont permis de découvrir de hauts
lieux historiques et culturels de Rome.
Ce premier pèlerinage organisé par
l’évêché de Martinique est certainement
le premier d’une longue série de
déplacements de Martiniquais vers
des lieux saints chrétiens catholiques.
Il participe clairement à la volonté de
Mgr David Macaire de faire en sorte que
les élus comme les laïcs occupent leur
place dans la société.
Mme Ghislaine Paschal, Conseillère élue
déléguée aux TIC ville de La Trinité
Conseillère communautaire à CAP NORD Martinique
■
votre soutien, nous accompagnent tout au long de l‛année pour accueillir chaque
situation difficile, et porter un regard de bienveillance et de compassion sur
chaque jeune qui nous est confié.
Les jeunes et les équipes vous disent à très bientôt. Concert au seuil de l’Avent 2018Concert au seuil de l’Avent 2018Concert au seuil de l’Avent 2018
VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 9
LIRE TOUTE LA BIBL\
E EN UNE ANNÉE
Pour ceux qui désirent lire la Bible ENTIÈREMENT, Eglise en Martinique
reprend, numéro après numéro, la répartition proposée dans la Bible
En Nous : « Lire la Bible en une année » (page XVII). Cette répartition
échelonne tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testaments selon le
cycle liturgique, de façon à ce que le lecteur reste toujours globalement
en phase avec le mouvement spirituel de toute l’Eglise. On peut donc
prendre le train en marche à n’importe quel moment de l’année.
D’un point de vue pratique :
➊
favoriser l’endurance plutôt que la précipitation,
➋ ménager des moments calmes,
➌ prendre un rendez-vous de quelques minutes avec la Parole chaque jour,
➍ commencer la lecture par une petite prière (certaines sont proposées dans
la BEN) et un « Je vous salue Marie ».
Avant de commencer un nouveau Livre, vous pouvez prendre connaissance de
l’introduction proposée par les biblistes. Cela enrichira votre compréhension.
Restez bien dans une lecture amoureuse, un dialogue avec votre Dieu : dégustez,
ne dévorez pas ! Relisez, s’il le faut, plusieurs fois un verset ou un bref passage…
et laissez Dieu vous parler.
Bonne lecture à tous
!
ÉGLISE EN MARTINIQUE
Pendant l'Avent,
d u 24 novembre au 7 décembre,
vous pourrez lire :
Livre d’ISAÏE(Is) 66 chapitres
LIRE TOUTE LA BIBL\
E EN UNE ANNÉE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 10
Un Avent avec
les cinq essentiels
Questionnaire
de l’
Avent
VIE DU DIOCÈSE
Notre archevêque, dans sa dernière lettre pastorale, “Montrer Jésus : Bâtir une
civilisation de l’amour en Martinique”, nous disait :
Pour Bâtir une Civilisation de
l’Amour en Martinique
, nous espérons offrir une EGLISE FAMILIALE, charismatique,
généreuse, joyeuse et fervente. Chaque communauté ecclésiale (chaque groupe de plus
de 2 ou 3 réunis au nom du Christ) s’appliquera à mettre en œuvre les 5 Essentiels des
Ac 2,42-45 (CAMEF) : Communion, Ado\bation, Ministè\be, Évangélisation & Fo\bmation...
Les pasteurs et responsables feront en sorte que les groupes qui vivent déjà en partie
ces éléments, travaillent progressivement à les vivre intégralement.
N
ous vous proposons un petit parcours fondé sur les cinq essentiels susnommés pour cet avent 2019. Etant donné
que cette année Noël tombe un mercredi, et qu’en conséquence la 4 ème semaine est sérieusement tronquée, nous
ferons un parcours en trois semaines.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 11
Lire le passage de l’évangile de Jean : Jn 13, 31-34. Prendre le temps de lire et faire un tour de table (aléatoire si
nécessaire) où chacun répètera un mot, une phrase ou expression du texte qui le touche ou qui fait écho.
Pourquoi l’amour est-il un commandement ? Comment expliquez-vous que ce commandement soit donné dans le
contexte de la Passion ? Selon vous, quels seraient les rapports entre communion et amour ? Au fait, qu’est-ce qui
détruit la communion ? Comment voyez-vous la communion au niveau du diocèse, de la paroisse, de la famille et
au niveau individuel ?
Qu’entendez-vous par adoration ? Adorer en esprit et en vérité, c’est quoi au juste ? Adorer seul ou en public ? En
quoi l’adoration est-elle essentielle à la vie de la communauté chrétienne ? Qu’est-ce qui empêche l’adoration ?
Comment voyez-vous l’adoration au niveau du diocèse, de la paroisse, de la famille et au niveau individuel ?
Lire le passage de l’évangile de Luc : Lc 5, 1-27. Prendre le temps de lire et faire un tour de table (aléatoire si nécessaire)
où chacun répètera un mot, une phrase ou expression du texte qui le touche ou qui fait écho.
Si l’Esprit-Saint nous guide, pourquoi avons-nous besoin de formation ? Pourquoi la formation serait-elle une
priorité ? Quels sont les domaines dans lesquels vous souhaiteriez une formation ? Qui doit former en Église ? Est-ce
que je lis des livres ou des revues chrétiennes ? Ai-je au moins assisté à une formation paroissiale ou diocésaine ?
La formation doit-elle être dans l’Eglise uniquement spirituelle ? Pensez-vous être formateur/trice ?
Qu’est-ce qui détruit la formation ? Comment voyez-vous la formation au niveau du diocèse, de la paroisse, de la
famille et au niveau individuel ?
Lire le passage de l’évangile de Luc : Lc 10, 1-11. Prendre le temps de lire et faire un tour de table (aléatoire si nécessaire)
où chacun répètera un mot, une phrase ou expression du texte qui le touche ou qui fait écho.
Quelle est votre définition du ministère ? Que faudrait-il pour qu’un ministère soit un service ? Est-ce que tous
peuvent avoir un ministère et pourquoi ? Qui donne le ministère ? Pourquoi est-il si difficile d’être serviteur ? Au
fait, qu’est-ce qui détruit le ministère/service ? Comment voyez-vous le service au niveau du diocèse, de la paroisse,
de la famille et au niveau individuel ?
Evangéliser, c’est quoi ? Evangélisation et publicité, il y a-t-il une différence ? Comment évangélisez-vous ? A quand
remonte la dernière fois où j’ai parlé (vraiment) à quelqu’un de Jésus ? Vous est-il possible d’évangéliser sans parler
de morale ? Qu’est-ce qui détruit l’évangélisation ? Comment voyez-vous l’évangélisation au niveau du diocèse, de
la paroisse, de la famille et au niveau individuel ?
1ère semaine : La communion et l’adoration
3ème semaine : La formation
2ème semaine : Le ministère (service) et l’évangélisation
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 12
Les élèves en voie générale sont invités à formuler leur choix d’orientation de plus
en plus tôt. Pourtant, à 16 ans et même plus tard, il peut être difficile de se projeter,
à la fois dans une filière d’études mais aus\isi dans un métier.
C
’est une réalité dont
peut témoigner l’équipe
pédagogique de l'École
Thomas More de l’ICEA. Sa
Formation Sciences Politiques et
Ecologie Humaine, présente sur
Parcoursup, accueille de jeunes
bacheliers qui tirent parti de leur
cursus pour mûrir leur projet
professionnel. Dans cette formation
pluridisciplinaire de trois ans, avec
à la clé un diplôme de Licence
Mention Sciences Sociales (et
un Bachelor dans le cadre d’un
double cursus avec le Canada),
l’accompagnement des étudiants,
y compris par leur parrain chef
d’entreprises, est une priorité. “Par
quel métier suis-je appelé à servir
le monde ?” est la question centrale
à discerner. L’éclairage de la foi, si
l’étudiant est dans cette démarche
proposée à l’ICEA, est un allié
puissant pour avancer. La formation pluridisciplinaire de l’Ecole
Thomas More permet à l’étudiant de
découvrir différentes disciplines, tout en
faisant l’acquisition de savoir et savoir-
faire précieux. Apprendre à apprendre, à
structurer ses idées ou encore à prendre
la parole en public, voilà quelque unes
des compétences travaillées, et qui leur
permettront d’évoluer avec aisance
dans un monde en constante évolution.
Pour trouver leur voie, nous invitons
nos étudiants à apprendre à mieux se
connaître. C’est certainement le point
de départ : comprendre et appréhender
leurs traits de personnalité, leurs
envies, leurs passions, mais aussi leurs
ambitions : quels sont leurs rêves, leurs
objectifs et surtout, que sont-ils prêts à
faire pour les atteindre ?
Enfin, lorsqu’on est passionné et motivé,
on peut être surpris par l’étendue de
ses ressources internes ! Il est donc
important de ne pas se limiter. Plusieurs
étudiants ont trouvé dans notre école
une réponse à leur envie de suivre une
formation d’excellence pluridisciplinaire
tout en restant en Martinique. D’autres
rêvaient d’étudier à l’international et
notamment au Canada, un projet qu’ils
ont mis en œuvre dès leur première
année d’étude à l’ICEA. D’autres encore
pensaient que le coût de la formation
serait un obstacle et ont bénéficié de la
Bourse ICEA Solidarité.
Le choix d’orientation c’est donc avant
tout une démarche qui consiste à mieux
se connaître et à ouvrir le champ des
possibles, en identifiant les ressources
qui permettront de répondre à ses
ambitions.
Pour tout renseignement sur les
cursus que nous proposons, appelez
l’ICEA au 06 96 27 10 44 ou envoyez
un mail : contact@icea-edu.fr
■
ICEA - Réussir pour servir : trouver sa voie
VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 13
Depuis la loi de 1905, l’Eglise ne peut économiquement vivre que de la générosité de ses fidèles.
Parmi les ressources traditionnelles (dons, quêtes, denier, casuel, legs…) il se trouve que le
legs, très courant au début du siècle dernier, est tombé en désuétude. Dans l’esprit de beaucoup
de fidèles, le legs est l’affaire de personnes riches qui n’ont pas d’héritier. D’autre part, léguer
était assimilé à transférer la propriété d’un bien immo\ibilier.
I
l semble utile de rappeler que tout
fidèle peut, à sa mesure, aider
financièrement son Eglise sans pour
autant léser un proche.
En effet, léguer consiste à rédiger un
testament dans lequel est nettement
précisé qu’il est de la volonté du vivant
de donner à son décès (à l’Eglise de
Martinique) un bien, (immeuble ou
autre) en respectant les obligations
légales en matière de succession.
En effet, après avoir doté les héritiers
réservataires, il peut être légalement
dégagé une part appelée la quotité
disponible (il est conseillé de se
rapprocher de son notaire pour préciser
cette notion).
Compte tenu du marché du foncier en
Martinique et du nombre d’héritiers
réservataires, il semble que seules les
personnes sans héritier direct sont en
mesure de léguer un bien immobilier.
Mais il faut avoir connaissance que
tout autre bien peut être légué (compte
bancaire, voiture, bijoux, argenterie…).
Peut importe la valeur de ces biens,
même modeste un legs manifeste
toujours pour la famille de la part du
testateur un témoignage de l’engagement
profond vis-à-vis de l’Eglise.
En dehors du legs, la donation et
l’assurance vie permettent, du vivant
du donateur, de transmettre un bien
ou des valeurs.
La donation devant obligatoirement être
effectuée auprès d’un Notaire.
En ce qui concerne l’Assurance-vie, il
s’agit d’un contrat d’épargne qui permet
de désigner comme bénéficiaire un ou
plusieurs personnes en cas de décès.
Il est possible d’ouvrir plusieurs comptes
Assurance-vie, ainsi dans le cas où un
compte a été ouvert dans un ménage
avec comme bénéficiaire un ou des êtres
chers, il vous est possible de souscrire
un nouveau contrat avec comme
bénéficiaire « Association diocésaine
de la Martinique » ; ce contrat peut être
alimenté par des versements modestes
adaptés à la situation financière de
chacun.
En résumé, le fait de léguer ou de
mettre son Eglise comme bénéficiaire
d’un contrat d’Assurance vie n’est pas
réservé aux personnes dites « aisées » ;
toute personne engagée pour son Eglise
peut contribuer à accroitre ses moyens
matériels à hauteur de ses possibilités.
Les besoins, notamment en réparation
ou construction de nouvelles Eglises,
sont immenses et les chrétiens qui
souhaitent manifester leur espérance
dans l’Église de demain et prolonger
au-delà de leur propre vie l’aide et
le soutien manifestés de leur vivant,
doivent étudier les moyens que sont le
legs, la donation et l’Assurance-vie.
Le Délégué de l’Evêque est à votre
disposition pour toute explication ou
conseil concernant ces questions.
Vous pouvez demander une
consultation en appelant au
05.96.63.70.70 le secrétariat de
l’Archevêché, ou le 06 96 31 03 33.
Michel Pouch délégué Diocésain aux legs ■
LEGS -
DONATIONS -
ASSURANCES VIE
Aider matériellement
l ’Eglise, sans léser
un proche
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 14
S’engager permet de créer un lien avec d’autres, de partager des valeurs (la solidarité,
le partage, l’aide aux plus démunis…) autour d’un projet commun. On sort transformé
et enrichi de cet investissement collectif. Les autres nous reconnaissent aussi dans
l’engagement que l’on a. Notre dossier s’attarde aujourd’hui sur l’engagement des
chrétiens, sur le plan politique, économique, caritatif et culturel.
Est-ce que le chrétien peut
s’engager dans son environnement
martiniquais, qu’il soit politique,
social, culturel ?
C
’est une question fondamentale
finalement, le chrétien est
d’abord un être humain. Alors
nous pouvons nous demander ceci :
est-ce que l’être humain doit s’engager ?
Il est dans un espace, dans un temps, dans
une histoire qui se déroule, dans une
succession d’événements qu’il va subir,
alors que doit-il faire ? Est-ce qu’il rentre
en interaction avec cet environnement
qui de toutes les façons agit sur lui, un
environnement qui va créer chez lui un
besoin d’adaptation, alors est-ce que
cette adaptation va se faire sans lui ?
Ou est-ce que cet être humain va plutôt
choisir de prendre sur lui pour accueillir
cet environnement tel qu’il est, et voir
comment de manière responsable il va
l’habiter, interagir avec lui, s’y insérer
et en faire un avantage au lieu de subir
afin d’entrer dans une collaboration avec
celui-ci pour pouvoir vivre.
D’autant plus s’il est chrétien, il sait que
cet environnement lui est donné comme
un don de Dieu : c’est la Création ! Ce
qui est donné lui est donné dans une
responsabilité, en effet, Dieu crée le
monde et il dit à l’homme : « je te place
dans ce monde, et tu en es responsable
pour que ce monde puisse porter du
fruit ».
Ce qui signifie que le chrétien
doit être responsable à tous les
niveaux ?
Le chrétien est responsable de manière
humaine puisqu’il vit dans un écosystème,
et il doit s’adapter en interaction avec
celui-ci, et il est d’autant plus responsable
qu’il a reçu une mission de la part de Dieu
par rapport à cet environnement.
Tout être humain qui grandit reçoit
un ensemble de valeurs, des moyens
d’expression, un langage pour se
développer. En fait, il reçoit une culture.
Pour exister, il faut donc rentrer dans un
processus d’acquisition de sa culture,
parce que tout le monde vit dans une
culture.
Il est très important de comprendre
cela, car la culture que l’on reçoit a des
traditions et des éléments solides pour
qu’une communauté puisse exister. Ces
traditions et ces éléments se transmettent
de génération en génération.
Pour exemple : un type d’habitat, des
techniques, l’agriculture, etc. Tous ces
éléments se transmettent et se reçoivent,
et la survie d’une société en dépend, et
encore plus : du Royaume de Dieu !
En effet, la Tradition reçue de Jésus-
Christ doit s’exprimer sur cette terre
martiniquaise pour que les personnes
qui y habitent puissent entendre et
comprendre l’Evangile. Alors là, on
a un élément un peu exogène qui va
s’exprimer dans notre culture particulière
pour devenir endogène. Parce qu’en
réalité il y a une attente de la Martinique,
comme de toute culture d’ailleurs, de la
manifestation du Christ. Donc pour le
chrétien catholique, exprimer l’Evangile
dans les réalités du pays, c’est déjà
permettre à Jésus Christ de venir dans
ce monde !
Comment la Pentecôte vécue à Jérusalem
peut-elle rejoindre la terre martiniquaise
telle qu’elle est, notamment dans son expression
créole ? Car cette
Pentecôte, elle
est aussi pour la
Martinique !
Donc le travail de dia-
logue entre l’Evangile et
son environnement culturel, social, poli-
tique est un travail chrétien. Ceci, afin de
faire progresser ces réalités et qu’y entre
le Salut. En somme, pour que le monde
que nous habitons soit purifié de ce qui
pourrait entraîner le peuple loin de Dieu.
Pour exemple, si nous sommes dans
une civilisation de la violence, en
permettant à l’Evangile d’entrer, celle-ci
se transformera en civilisation de paix.
Le travail du chrétien est donc
fondamental, c’est le « voir, juger, agir »
que le père Gaston Jean-Michel nous a
enseigné.
Dans son environnement économique,
social, culturel, le chrétien pose le regard
et il voit ce qui est conforme à l’Evangile,
et ce qui ne l’est pas : c’est une dimension
prophétique. Ce regard chrétien est
permanent pour discerner à la lumière
de l’Evangile, cela lui permet de rentrer
dans une phase d’action. Et dans cette
phase, il est important de se demander
avec qui l’on va agir pour faire avancer
tout le monde. Dans sa commune, dans
sa ville, dans son quartier, le chrétien
doit poser son regard pour permettre au
monde d’avancer !
Propos du père Jean-Michel Monconthour,
recueillis par Yann Brédas
■
Peut-on encore s’engager aujourd’hui ?
son expression
créole ? Car cette
Pentecôte, elle
est aussi pour la
Donc le travail de dia-
logue entre l’Evangile et
son environnement culturel, social, poli-
QUI SOUTIENT VOTRE ENGAGEMENT ?
Peut
DOSSIER
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 15
Par mon baptême, Je m’engage !
Comme animatrice de Cheminement, j’ai
répondu à l’appel du prêtre qui soulignait
une fois de plus que « les ouvriers sont peu
nombreux ». Je me suis engagée sur ma
paroisse de Coridon (Fort-de-France) en
tant qu’animatrice de cheminement. Nous
étions une équipe de trois, et nous avons
accompagné les jeunes de la paroisse
au sacrement de confirmation. Ce fut
une expérience enrichissante de pouvoir
échanger avec les autres animatrices,
et en réunions avec les animatrices de
Redoute, préparer des recollections, et
surtout, discuter avec ces jeunes adultes
en devenir et les amener à voir que Jésus
est présent dans nos vies pour toute chose,
en s’appuyant sur des exemples concrets,
les ouvrages dédiés et la Parole.
C’était une grande joie pour moi
chaque année, le jour du sacrement de
confirmation, de les voir en habits de fête
dans l’église, et de mesurer le chemin
que chacun avait parcouru. Cela a duré
cinq années.
Lorsque le curé de Coridon de l’époque, le
père Gilles Bolle, alors responsable d’un
groupe d’Action Catholique des Milieux
Sanitaires et Sociaux (A.C.M.S.S.), a
sollicité les professionnels de la santé
et du social, lors de l’Eucharistie du
dimanche, pour créer un groupe
d’A.C.M.S.S. sur notre paroisse. J’ai
répondu à l’appel. Le samedi suivant,
je me suis rendue au presbytère pour
dire au prêtre que j’étais intéressée.
Nous avons échangé, il m’a parlé de
l’Action Catholique et m’a proposé d’en
être la responsable. En réponse à mes
réserves, il m’a rassuré et proposé son
accompagnement pour les rencontres.
C’est ainsi que deux personnes de la
paroisse se sont présentées, j’en ai parlé
dans mon milieu professionnel, et le
groupe s’est constitué en mai 2009. Notre
première rencontre a eu lieu le 15 octobre
2009. J’ai pu compter sur les conseils et
l’expérience de Nicole D., très investie
dans la vie de notre Diocèse. Le 19
octobre 2019, nous rendions grâce à
Dieu lors d’une messe pour nos 10 ans
d’existence.
Les rencontres mensuelles que nous
avons à la salle paroissiale sont des
moments d’échanges très fructueux, où
nous pouvons verbaliser les difficultés
que nous rencontrons sur notre lieu de
travail (parfois personnels), toujours à
la lumière de la Parole.Des recollections
nous aident à
faire une pause, à
nous interroger, et à
nous ressourcer pour
repartir avec plus
d’entrain.
Nous avons organisé
des forums qui
ont donné comme
conclusions que, malgré que
ce ne soit pas toujours simple de travailler
dans des conditions de travail souvent
forts difficiles (matériels, effectifs, …)
en milieu hospitalier ou à domicile, Dieu
est « notre boussole », notre soutien.
L’être Humain, la Vie, la Relation sont
au cœur de nos métiers, et nous en avons
bien conscience.
Les mouvements d’Action Catholique
de Martinique se sont organisés en
Fédération : Fédération des Mouvements
d’Action Catholique de la Martinique
(F.E.M.A.C/M) dans les milieux
professionnels divers, notamment le
sanitaire et le social. Et là aussi, je me
suis engagée et donc, cela fait 4 ans que
j’en suis la vice-présidente.
Foi et vie
professionnelle
Dieu soutient mon
engagement. Ma foi me
guide, mon espérance dans l’amour infini
de Dieu me renouvelle dans l’engagement
dans les différents mouvements : Centre
de Préparation au Mariage (CPM), Equipe
Notre-Dame (END), Entrepreneurs
Dirigeants Chrétiens (EDC) et récemment
la Pastorale Familiale de Saint-Joseph. De
façon générale, cette espérance me guide
dans la vie familiale comme dans la vie
professionnelle et associative : là où il y
a le doute, Dieu met l’espoir ; là où il y
a la haine, le désespoir, Dieu guérit par
l’Amour.
Cet engagement est soutenu par les
sacrements reçus, donnés, renouvelés. J’ai
la chance de partager ce cheminement, ce
désir permanent de Dieu avec mon épouse,
et c’est une grâce inestimable.
Concernant les EDC, mon engagement
date de 2017 lorsque Michel Gallet m’a
proposé de rejoindre le mouvement, et de
prendre la responsabilité ou l’animation
d’une équipe. Cette proposition est venue à
un moment où je me posais la question de
la cohérence de ma foi avec mes pratiques
dans la vie professionnelle : l’entrepreneur,
le dirigeant se retrouve souvent seul.
Aux EDC, il s’agit justement de partager,
de témoigner des difficultés, mais aussi
des joies d’être chrétien en entreprise :
comment mettre en œuvre sa foi face à
son personnel, ses clients, ses fournisseurs,
ses partenaires ou autres associés ?
Comment mettre en cohérence sa foi,
souvent affirmée et développée dans la
sphère privée, avec son comportement, ses
décisions dans la sphère professionnelle
et associative. J’ai découvert au sein des
EDC des témoignages émouvants, des états
d’esprit remarquables, et cela me conforte
dans l’idée partagée qu’un chrétien ne doit
pas rester seul, mais doit s’enrichir, grandir
dans le partage et le témoignage.
Par exemple, la prise en compte dans le
quotidien de nos entreprises des valeurs
prônées par l’Eglise sur le respect de la
dignité de l’homme, et la protection de
l’environnement orientent forcément nos
décisions.
Les rassemblements au niveau local,
régional ou national sont des temps forts
également pour soutenir l’engagement
dans ce mouvement. Lorsque 2000
personnes chefs d’entreprise et dirigeants
se lèvent ensemble pour dire leur foi, cela
est très motivant et engageant.
Aujourd’hui, quatre équipes d’une
dizaine de personnes incarnent les EDC
Martinique, et ce dynamisme est salué
par tous.
Je représente les EDC Martinique au
sein de l’Observatoire Socio-Politique de
l’Eglise en Martinique (OSPEM) depuis
sa création en novembre 2016.
Foi et vie
professionnelle
Dieu soutient mon
engagement. Ma foi me
nous interroger, et à
nous ressourcer pour
repartir avec plus
Nous avons organisé
des forums qui
ont donné comme
conclusions que, malgré que
Michel Marty, EDC
Martinique
M me Dominique
Angeon,
Action Catholique
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 16
Le seigneur Jésus-Christ est
le pilier de mon engagement !
Avant de répondre à la question « Qui
soutient notre engagement ? », il est
intéressant de se poser la question
suivante : Ai-je un engagement dans ma
vie ?
Autour de moi, on me dit souvent que
je fais beaucoup de chose. Est-ce que
je m’engage beaucoup, je ne sais point.
Cependant, je réponds souvent par une
boutade : C’est peut-être toi qui ne fais
pas assez !
Mon engagement est de quel point
de vue ? Professionnel, personnel,
associatif ?
Du point de vue professionnel, mon
engagement était surtout de faire de mon
mieux pour que les lecteurs disposent
des livres souhaités dans la mesure des
possibilités de l’institution municipale
à laquelle j’appartenais. Cela fait deux
mois que je suis à la retraite.
Du point de vue familial, mon engagement
comme mari et père de trois enfants (deux
fils et une fille).
Mon engagement du point de vue musical
comme chef de chœur liturgique.
Le seigneur Jésus Christ est le pilier
de mon engagement, puisqu’auteur-
compositeur de plus de 250 chansons
qui sont essentiellement liturgiques en
créole et en français. C’est vrai que ces
chansons sont là, mais me placent dans un
dilemme. Dois-je les faire connaître pour
ma propre gloire ou celle du Seigneur ?
En tout cas, ces chants liturgiques sont
là, et comme pour beaucoup d’artistes, ils
prendront de la valeur après mon départ
vers le Père. C’est malheureusement le
lot de beaucoup d’artistes martiniquais.
Mon chant liturgique « Nou pli fò » est
connu hors de la Martinique parce qu’il
est diffusé dans les paroisses de France.
Ici, on ne connaît même pas l’auteur.
Nous n’avons pas encore pu mettre en
valeur nos propres compositions avec
nos propres rythmes. Mon engagement
reste de continuer à composer dans mes
langues et surtout dans la langue du zépon
natirel pour mon pays, avec le soutien du
Christ, loin de la
reconnaissance
de mes compa-
triotes. Jésus est le
rocher de ma vie, et
c’est lui qui me permet
de vivre cette vocation de créer pour
le Seigneur en étant ignoré des miens.
Comme je disais dans l’une de mes
compositions « Dan tousa man ja viv
asou latè, sé poko ayen épi sa ou sipòté
asou lakwa ».
Mon engagement artistique comme matjè
kréyol me pousse à produire pour la
préservation et la défense de ma langue
en pleine « décréolisation ».
Ma participation au sein de la CDML n’a
pas encore permis d’aboutir sur une vraie
rencontre des compositeurs liturgiques en
Martinique, mais nous gardons le cap.
Tous ces engagements sont soutenus par
ma foi en Jésus Christ. Jézi ou sé chimen
mwen, sé wou ki vérité mwen, sé wou sel
ki lavi mwen.
reconnaissance
de mes compa-
triotes. Jésus est le
rocher de ma vie, et
c’est lui qui me permet
comme mari et père de trois enfants (deux comme mari et père de trois enfants (deux
Judes
Duranty, artiste
Xxx : Xxx • Xxx : Xxx
ÉGLISE EN MARTINIQUE 16
Agenda de l’Archevêque
QUI SOUTIENT VOTRE ENGAGEMENT ? DOSSIER
Du 23 au 24 novembe : Visite pastorale à la paroisse de Trinité
Samedi 23 novembre :
• 18h30 : Messe anticipée à l’église de Trinité
Dimanche 24 novembre :
• 7h30 et 9h30 : Messes dominicales à l’église de Trinité
Dimanche 24 novembre :
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Lundi 25 novembre au 1
er décembre :
• Prédication d’une retraite communautaire
Mardi 26 novembre :
• Conseil épiscopal
Mercredi 27 novembre :
• 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs
Jeudi 28 novembre :
• Rencontre avec le service Diocésain du Catéchuménat
Dimanche 1
er décembre :
• 9h30 : Messe dominicale au monastère des Bénédictines
de Bout-Bois
• 14 h : Messe de l’Enseignement Catholique à l’église de De
Briant
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Lundi 02 au samedi 07 décembre :
• Prédication de la retraite monastique de Terreville
Mardi 03 décembre :
• Assemblée des modérateurs
Mercredi 04 décembre :
• 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs
Du 07 au 08 décembre :
Visite pastorale à la paroisse de Bellevue
Samedi 07 décembre :
• 18h : Messe anticipée à l’église de Bellevue
Dimanche 08 décembre :
• 7h : Messe dominicale à l’église de Bellevue
Dimanche 08 décembre :
• 9h30 : Messe dominicale au monastère de Terreville
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 17
?
Question AN TCHÈ
LÉGLIZ-LA
‘‘
La fin du monde arrive-t-elle ?
‘‘
E
n cette période liturgique que nous
vivons, il est souvent question dans
les textes évangéliques de la fin des
temps, comme en ce premier dimanche de
l’Avent où il est question d’un tri qui sera
fait entre les hommes de sorte que certains
seront sauvés et d’autres pas.
On comprend que cela puisse générer
des inquiétudes et du reste, ces textes
dits « apocalyptiques » sont utilisés de
façon privilégiée par des sectes de tout
poil et de tout pelage pour faire peur aux
gens et pour les inciter, avec insistance, à
les rejoindre.
En effet, à les écouter, elles seraient,
chacune, l’unique arche de Noé, l’unique
planche de salut. Evidemment, seuls ceux
qui seront à leur bord éviteront le châtiment
final que certains groupes peuvent dater
avec précision (Cf. Mr William Miller ou
encore Mr Joseph Franklin Rutherford).
Jésus a pourtant dit : « Quant au jour et à
l'heure, nul ne les connaît, pas même les
anges dans le ciel, pas même le Fils, mais
seulement le Père » (Mc 13, 32). On peut
donc s’étonner qu’alors même que les
anges et Jésus en tant qu’homme ignorent
le jour de la fin, le membre de la première
secte venue soit en mesure de le faire.
Ces textes, disais-je, aux mains de
certaines personnes, peuvent être source
d’angoisses et d’anxiété, et même devenir
une arme de persuasion massive pour faire
des adeptes. Cependant, au cœur de ces
passages, il y a : « Alors on verra le Fils de
l’homme venir dans la nuée, avec grande
puissance et grande gloire ». Autrement dit,
il faut considérer les textes apocalyptiques,
malgré les apparences, comme une bonne
nouvelle.
Il ne faudrait pas, en effet, que nous
chrétiens en arrivions à considérer la
seconde venue du Christ comme une
catastrophe… C’est une bonne nouvelle !
Je me souviens à ce propos d’une vieille
religieuse que j’avais rencontrée dans
un groupe de prière à Toulouse, en 1983,
alors que j’étais étudiant et qui disait : « je
vois moins bien, j’entends moins bien,
je marche moins bien, tout s’en va, mais
(et alors là son visage s’éclaira d’une joie
éclatante), tout s’en va, mais Dieu vient !»
Après ces considérations, répondons de
façon directe à la question posée : la fin
du monde arrive-t-elle ?
Oui, bien sûr. Nous le savons, dans notre
univers toute chose a un commencement
et une fin. Cela dit, la fin du monde n’est
que la fin d’un monde. Le Royaume de
Dieu est l’assomption de ce monde dans la
sphère divine. Dieu va assumer sa création
pour la transfigurer pour l’homme qui est le
sommet de la création visible. Le Royaume
de Dieu où siègeront
les élus n’est pas
quelque chose
de purement
spirituel, c’est
notre univers
transfiguré, car
nous croyons à
la résurrection de
la chair.
Oui, la fin du monde viendra car nous
croyons au retour du Christ à la fin de
l’histoire pour récapituler toute chose en
lui et tout soumettre à son Père.
Cette seconde venue décrite ici de façon
imagée s’opérera aussi pour chacun
de nous, même si nous ne serons
pas forcément témoins de cette fin de
l’histoire ; un jour nous aurons à voir
venir à nous le Fils de l’homme, le jour
de notre mort. Prenons garde que ce jour
nous prenne à l’improviste. Nous savons
que personne ne sait ni le jour ni l’heure,
personne ne peut tabler sur un certain
nombre d’années à vivre. Mon expérience
en milieu hospitalier m’a montré que la
mort pouvait surgir à tout moment. Restons
éveillés et prions pour que l’avènement
du Christ ne soit pas pour nous chose
redoutable, mais événement merveilleux.
Père Alain Ransay, curé de Bellevue ■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 18
Une histoire à sui\gvre …
Gab Kingsley
Il resta longtemps assis dans l'obscurité, tendant presque à s'incorporer dans le
fauteuil. Il at endait en silence le retour de Jo qui l'emmènerait loin d'ici. L'adolescent
at endit pendant près d'une demie heure, f xant l'obscurité à peine dissoute par les
lumières malades des réverbères, dans l'espoir d'apercevoir Jo. Ne l'apercevant
toujours pas, il patienta alors encore un peu, avant de se laisser gagner par la
lassitude et engourdir par la fatigue. Il ferma donc les yeux et s'endormit malgré lui.
Quelques rêves se présentèrent. Tous imprécis et agités, entremêlant souvenirs,
craintes et angoisses ... Gab tenta alors en vain de lut er contre cet univers qui
semblait vouloir se refermer sur lui, mais cela n'empêcha pas à toutes ces images et
ces pensées de former une ronde infernale dans son esprit.
Il f nit néanmoins par se réveiller en sursaut, et remarqua une main posée sur son
épaule. Levant les yeux, il vit qu'il s'agissait de Jo.
- Je te ramène chez toi, dit simplement ce dernier en démarrant.
Gab baragouina en réponse quelque chose qui devait certainement s'apparenter
à un "merci", avant de s'accouder à la vitre entrouverte. Il resta alors silencieux,
regardant la véritable « map » étoilée qu'était le ciel, et il se surprit à penser à son
père. Il se demandait si de là où il était, il pouvait lui aussi contempler cet e nuit
étoilée... Puis il se trouva stupide, et chassa cet e idée de son esprit. Parce que son
père, il voulait l'oublier, même s’il savait au fond de lui-même que c'était impossible ...
- On y est, lâcha Jo en jetant un mégot par la vitre ouverte.
- Hum ? f t Gab en se redressant.
- Bonsoir Madame Kingsley ! lança Jo.
- Gabriel Martin Kingsley !
- Aïe... bon je te laisse... A plus vieux ! f t Jo en démarrant.
- Mamaaaaan...
de Yona ALLAGUY-SALACHY (16 ans)
6ème partie (suite)
de Yona ALLAGUY-SALACHY (16 ans)
Une histoire à sui\gvre …
Chers lecteurs,
nous retrouvons
la suite de l’histoire dans le prochain numéro
Coin Jeunesse
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 24 novembre 2019 – n° 594 19
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\i MARTINIQUE Service legs et donations
Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Ré\ivérend Père PinchonBP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\iX
Téléphone : 06 96 31\i0 333 - E-mail : mi\ichel.pouch@wanadoo.fr
oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer
sur les possibilités de legs, donations et assurances-vie à l’Association Diocésaine.
oui , je souhaite être contacté pour un rendez-vous au Service des legs et
donations ou à mon\C domicile.
LÉGUEZ
à l’ Église catholique
L’espérance en héritage
DEMANDE D’INFORMATIONS
sans engagement de votre part
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POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\iINIQUE
Pour consulter le site Web d’ECCLESIA'M 2020 ! : http://www.ecclesiam2020.fr
E CCLESIA 'M 2020 !
Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique. fr
MEDIAS
Dimanche 1 er décembre 2019
Le sida, un tabou Outre-mer ? (Rediffusion du 11 juin 2017)
En France, près de 150 000 personnes vivent avec le Sida. Beaucoup ignorent leur séropositivité. Les régions d'Outre-mer ne
sont pas épargnées. Si l'épidémie se stabilise en Martinique et à La Réunion, elle reste très forte en Guyane et en Guadeloupe,
régions les plus touchées de France. Pourquoi l'Outre-mer a-t-elle tant de mal à lutter contre cette infection ? Quel regard
l’Église porte-t-elle sur cette pandémie ? Quelles sont les actions menées pour diminuer les infections ? Comment lutter contre
les tabous et la précarité engendrés par ce virus ? Dieu m’est témoin s'intéresse cette semaine à ces questions.
Dimanche 8 décembre 2019
La Création en débat
Quelle est l’origine de l’univers ? La création du monde s’explique-t-elle ? Est-ce un processus naturel ou divin ? Vers quoi
tend-il et quel sens lui donnons-nous en tant que croyants ou non croyants ?
Cette semaine, Dieu m'est témoin vous propose un rencontre philo ! Et pour cette discussion, Marie Lesure-Vandamme
reçoit André Comte-Sponville, philosophe, et Jacques Arnould, historien des sciences et théologien.
Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.
L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
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S eigneur,
En ce temps de l'Avent
Je veux me préparer à t'accueillir.
Aide-moi à marcher dans la joie et la confiance Sur le chemin qui mène jusqu'à toi.Inspire-moi les gestes de partage De pardon et de paix
Pour annoncer autour de moi
La Bonne Nouvelle de ta venue parmi les hommes.
Sylvie Candès
T'accueillir
