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E g lise
en MARTINIQUE
V isite en nous !
N° 595
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
8 DÉCEMBRE 2019
Hommage au père Filopon
La saison touristique commence
Ecologie : l’Eglise s’engage
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EDITORIAL
2
AGENDA DE L'EVEQUE 173
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04
http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com
222
«
C
onvertissez-vous, car le royaume des cieux est tout
proche ! »(Mt3, 1).
Ce 2
e dimanche de l’Avent et de la Solennité de
l’Immaculée (8 décembre), nous met en présence de deux
personnages importants dans notre préparation de la rencontre
du Seigneur Jésus : la Vierge Marie et Saint Jean-Baptiste.
Notons cependant que ce 8 décembre tombant le 2e dimanche de
l’Avent, la fête mariale est décalée d’un jour. Ainsi cette année, la
fête de l’Immaculée Conception sera célébrée le lundi 9 décembre.
Le dimanche, qui est une commémoration du mystère pascal,
demeure un jour de fête, et il a priorité sur la solennité.
« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route ! » (Mt3, 2).
Ce chemin du Seigneur, nous avons à le préparer dans notre vie,
notre maison, notre paroisse, notre Eglise … par la prière, la
conversion, l’accueil des autres.
« Visite en nous », titre de notre revue, fait référence à diverses
visites, la plus importante étant celle de Jésus dans notre vie…\
Notre évêque a également repris son bâton de pèlerin et a\
débuté
ses visites pastorales. C’est la communauté de Trinité qui l’a reçu.
Un temps fort vécu par tous les fidèles, et qui a vu également \
l’institution à l’acolytat d’un paroissien.
Visite également des touristes ! La saison touristique est en effet
ouverte. La Martinique reçoit des frères et sœurs venant d’a\
illeurs,
avec d’autres cultures, d’autres modes de vie. A cette occasion,
le Délégué Diocésain à la Pastorale du Tourisme nous présente
son programme.
Depuis plusieurs années, le rôle de l'homme dans la dégradation de
son environnement n'est plus remis en cause : Pollution de l'air,
de l'eau, des sols, nuisances sonores, destruction de la biodiversité.
Aujourd’hui, Eglise en Martinique nous interpelle… « Ecologie :
faut-il avoir peur pour la Martinique ? » C’est la question qui e\
st
posée dans la rubrique « An Tchè Légliz-la ».
Préparons le chemin du Seigneur. Il nous rejoint dans notre vie de
tous les jours, tout spécialement à l’approche de Noël. Disp\
osons-
nous à l’accueillir avec tout notre amour, en faisant œuvre d’unité,
de paix et de réconciliation.
Mettons-nous en marche avec Marie !
Bon temps de l’Avent !
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
3333 MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
EGLISE UNIVERSELLE\C
• La Parole Dominicale
• Journée mon\biale \bu tourisme 2019 :
un avenir meilleur pour tous
• Interview \bu père Philippon , \bélégué\n \biocésain à la Pastorale \bu Tourisme
• De quoi êtes-vous fi ers en Martinique ?
• Ecologie : faut-il avoir peur pour la Ma\nrtinique ?
• Une histoire à suivre… : Gab Kingsley (suite) • Bible en nous
• Journée mon\biale \bes pauvres
• ICEA
• Visite pastorale \be l’Evêque à la paroisse
\be Trinité
• « L’écologie intégrale » en \bébat à l’Assemblée plénière \be la CEF
• Catholiques, je \nvous aime !
• Solennité \be l'Immaculée \nConception
\be la bienheureuse Vierge Marie
2222
3333
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15
• Une histoire à suivre… : Gab Kingsley (suite)• Une histoire à suivre… : Gab Kingsley (suite)• Une histoire à suivre… : Gab Kingsley (suite)
COIN JEUNESSE 18
• Ecologie : faut-il avoir peur pour la Ma\nrtinique ?• Ecologie : faut-il avoir peur pour la Ma\nrtinique ?
AN TCHÈ L\bGLIZ-LA 16
Dossier : TOURISME
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 3
Cette Eglise que j’aime…
C
’est d’abord un formidable
bouillonnement de vie
au cœur d’un peuple ; une
grande famille catholique, traversée
certes par des frottements, mais aussi
par tant de solidarité, de dévouement
et d’amour ; une grande chaîne
d’hommes et de femmes de tous
âges et conditions, réunie à l’appel
de Dieu. Le dimanche matin, quelle
émotion de voir ces voitures garées
autour des églises, ces petites filles
endimanchées, ces grands-mères
et leurs chapeaux, ces familles
« sapées » qui se précipitent pour ne
pas être trop en retard, ces hommes
attroupés aux portes, ces milliers de
voix louant Dieu, ces assemblées
écoutant l’homélie ou agenouillées à
l’élévation… Dieu est là !
Cette Eglise que j’aime…
C’est la ferveur palpable des temps de
prière, de louange et d’adoration qui
rassemblent des foules et ceux qui leur
montrent Jésus. Ce sont ces ministres
de la liturgie qui, avec sérieux,
prennent part à l’œuvre de Dieu ; ces
milliers de choristes qui offrent leurs
voix à la Parole du Seigneur. Ce sont
ces centaines d’écoutants formés
pour ne jamais laisser seuls leurs
frères dans le Seigneur. Ce sont ces
milliers de catéchistes et d’éducateurs
dévoués à l’instruction chrétienne
des jeunes et à l’évangélisation de
leurs parents dans les paroisses, les
mouvements ou les écoles. Ce sont
ces familles (ah ! chères familles !)
qui, au cœur de ce monde difficile,
vivent et éduquent leurs enfants dans
la foi. Ce sont ceux qui, en situation
fragile, se savent aimés de Dieu et
membres de notre famille, même s’ils
ne communient pas, ou ces groupes
d’hommes qui jaillissent çà et là pour
témoigner de Jésus ! Dieu est là !
Cette Eglise que j’aime…
Ce sont ces serviteurs, mouvements
et communautés motivés par l’Esprit-
Saint ; ce sont ces conseils, comités ou
secrétariats qui assistent les pasteurs
dans leur charge quotidienne au
service du peuple ; ce sont ces
groupes de jeunes qui, malgré les
persécutions, résistent dans la joie
et la simplicité pour servir à l’autel,
agir et se rassembler ; ce sont ces
acteurs de différents milieux socio-
professionnels (artistes, politiques,
enseignants, employés, chefs
d’entreprises, psychologues, cadres,
marins-pêcheurs…) debout pour
bâtir le Royaume de paix et de justice ;
ce sont ces intellectuels et chercheurs
qui édifient l’Eglise et le monde par
la recherche de la Vérité ; ce sont ces
Martiniquais qui savent allier foi et
identité pour diffuser l’Évangile dans
notre culture.
Cette Eglise que j’aime…
Ce sont ces adultes qui préparent
le baptême ou la confirmation dans
notre diocèse ; ce sont les centaines
de personnes qui, chaque année,
consacrent du temps à leur formation
chrétienne ; ce sont les milliers de
fidèles de nos médias (Eglise en
Martinique) qui récompensent
les formidables équipes de
communicants du diocèse !
Cette Eglise que j’aime…
C’est ce monde parfois invisible et si
peu connu de milliers de catholiques
au service des plus pauvres, des
migrants, des gens de la rue, des
malades ou des personnes âgées
isolées de nos campagnes.
Cette Eglise que j’aime…
Ce sont ces religieuses dont le
dévouement s’étend sans relâche
jusque dans le grand âge et la fatigue ;
ce sont ces prêtres qui, malgré les
attaques et les combats, continuent,
seuls à pouvoir le faire, à donner Jésus
en parole et en acte … pour l’amour
de Dieu !
Dieu est là ! Catholiques, je vous aime !
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
Dans la vie de couple, on ne doit pas passer son temps à se plaindre de ce qui ne va
pas : un époux déclare sa \blamme à son épouse, lui redit qu’elle est sa « toute-belle » !
Au nom du Christ-Époux, en ce début d’année liturgique, alors que l’Eglise-Épouse se
prépare à aller joyeusement à la rencontre de
« Celui qui vient sauver son Peuple » ,
il me plaît de nous redire la beauté de cette
« Nouvelle Jérusalem, belle comme une
épouse parée pour son époux »
, la beauté de ce diocèse, de cette Eglise que j’aime\à !
MOT DE L’ÉVÊQUE
Catholiques, je vous aime !
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 4
EGLISE UNIVERSELLE\n
M
ère Immaculée, le jour de
ta fête, si chère au peuple
chrétien, je viens te rendre
hommage, au cœur de Rome. J’apporte,
dans mon âme, les fidèles de cette
Eglise et tous ceux qui vivent dans
cette ville, en particulier les malades
et ceux qui, en raison de différentes
situations, ont plus de mal à avancer.
Tout d’abord, nous voulons te remercier
pour la sollicitude maternelle avec
laquelle tu accompagnes notre chemin :
combien de fois n’avons-nous pas
entendu les récits, les larmes aux
yeux, de ceux qui ont fait l’expérience
de ton intercession, les grâces que tu
demandes pour nous à ton Fils Jésus ! Je
pense aussi à une grâce ordinaire que
tu accordes aux habitants de Rome :
celle de faire face avec patience aux
inconvénients de la vie quotidienne.
Mais pour cela nous te demandons
la force de ne pas nous résigner, au
contraire, de faire chaque jour chacun
notre part pour améliorer les choses,
afin que le soin de chacun rende Rome
plus belle et plus vivable pour tous ;
afin que le devoir bien accompli par
chacun assure les droits de tous. Et en
pensant au bien commun de cette ville,
nous te prions pour ceux qui ont des
rôles de plus grande responsabilité :
obtiens-leur la sagesse, la clairvoyance,
l’esprit de service et de collaboration.
Sainte Vierge, je désire te confier de
manière particulière les prêtres de
ce diocèse : les curés, les vicaires,
les prêtres âgés qui avec un cœur
de pasteurs continuent à travailler au service du peuple de Dieu, les
nombreux prêtres étudiants du
monde entier qui collaborent dans
les paroisses. Pour tous, je te demande
la douce joie d’évangéliser et le don
d’être des pères, proches des gens,
miséricordieux.
A toi, Femme entièrement consacrée à
Dieu, je confie les femmes consacrées
dans la vie religieuse et dans la vie
séculière, qui, grâce à Dieu, sont si
nombreuses à Rome, plus que dans
aucune autre ville du monde, et
forment une splendide mosaïque de
nationalités et de cultures. Pour elles,
je te demande la joie d’être, comme toi,
des épouses et des mères, fécondes
dans la prière, dans la charité, dans la
compassion.
O Mère de Jésus, je te demande
une dernière chose, en ce temps de
l’Avent, en pensant aux jours où toi et
Joseph étiez angoissés par la naissance
désormais imminente de votre enfant,
préoccupés parce qu’il y avait un
recensement et que vous aussi vous
deviez quitter votre village, Nazareth,
et vous rendre à Bethléem... Tu sais,
Mère, ce que signifie porter en soi la vie
et sentir autour de soi l’indifférence, le
rejet, parfois du mépris. C’est pourquoi
je te demande d’être proche des
familles qui, aujourd’hui à Rome, en
Italie, dans le monde entier vivent des
situations semblables, afin qu’elles
ne soient pas abandonnées à elles-
mêmes, mais protégées dans leurs
droits, des droits humains qui passent
avant toute autre exigence, même
légitime.
O Marie Immaculée, aurore de
l’espérance à l’horizon de l’humanité,
veille sur cette ville, sur les maisons,
sur les écoles, sur les bureaux, sur
les magasins, sur les usines, sur les
hôpitaux, sur les prisons ; que nulle
part ne manque ce que Rome a de plus
précieux, et qu’elle conserve pour le
monde entier, le testament de Jésus :
«Aimez-vous les uns les autres comme
je vous ai aimés» (cf. Jn 13, 34).
Amen.
Place d'Espagne, 8/12/1918
Source : http://w2.vatican.va/
■
ACTE DE V\bN\bRATION DE L’IMMACUL\bE CONCEPTION
Solennité de l'Immaculée
Conception de la bienheureuse Vierge Marie
Prière du Pape François
Joseph étiez angoissés par la naissance
légitime.légitime.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 55
Dimanche 8 décembre \b019
la P arole Dominicale
Deuxième dimanche de l’Avent - Année A
C
e deuxième dimanche du
temps de l’Avent est marqué
par la figure de Jean-Baptiste.
Dans son commentaire de l’évangile
de Saint Matthieu, Saint Hilaire de
Poitiers dévoile certains aspects de
la valeur symbolique de la description
que fait de lui cet évangéliste.
Jean se trouve au désert. Ce lieu
avait, pour les Hébreux, une grande
importance. C’est au désert, en sortant
de l’Egypte avec ses souffrances, ses
révoltes et ses espoirs, qu’Israël s’est
graduellement transformé en Peuple
de Dieu. C’est donc le lieu où on arrive
avec le poids de ses péchés, et où
débute un nouveau départ. Jean s’y
trouve pour donner la possibilité de
ce nouveau départ.
Il était vêtu de poils de chameau. C’est
ainsi qu’était habillé non seulement
Élie, le plus grand des prophètes
(2Rois 1, 8), mais aussi tous ceux qui
avaient annoncé les grandes actions
de Dieu dans l’histoire (Héb. 11, 37).
Par cette tenue, le Baptiste, dernier
des prophètes avant Jésus, annonce
l’action définitive : Dieu se fait homme
pour nous sauver.
Il « avait pour nourriture des
sauterelles et du miel sauvage ».
C’était la nourriture des enfants, de
ceux qui naissent à la vie. Ces aliments
sont aussi ce dont on peut se nourrir
quand, en traversant le désert, on
épuise toutes ses provisions. En
ce sens, c’est la nourriture gratuite,
don de la Providence divine. C’est la
condition de l’humanité qui a épuisé
ses ressources au cours de la longue
marche dans le désert de ce monde et
à qui Jean propose la Bonne Nouvelle,
la nourriture qu’offre la miséricorde
divine à ceux qui s’éveillent à sa vie.
Ainsi, l’Evangéliste voit se réaliser
en Jean ce qui avait été prévu huit
siècles plus tôt : « Jean est celui que
désignait la parole prononcée par le
prophète Isaïe : voix de celui qui crie
dans le désert : préparez le chemin du
Seigneur, rendez droits ses sentiers ».
De ce livre du prophète Isaïe est tirée
la première lecture. Dans l’extrait de
ce dimanche, on parle du Messie à
venir : « Sur lui reposera l’esprit du
Seigneur… La justice est la ceinture
de ses hanches… ».
Le Messie annoncé portera donc la
justice dont le fruit sera la paix. Pour
exprimer cette paix, le prophète
utilise des images devenues célèbres :
« le loup habitera avec l’agneau,
le léopard se couchera près du
chevreau, le veau et le lionceau seront
nourris ensemble, un petit garçon
les conduira. La vache et l’ourse
auront même pâture, leurs petits
auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le
nourrisson s’amusera sur le nid du
cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant
étendra la main ». Autant de signes
de pacification de la création qui se
réaliseraient avec la venue du Messie.
Mais, malgré la venue de Celui-ci
depuis deux mille ans, de ce qui est
annoncé, on voit très peu de traces :
les hommes continuent à se combattre
avec des instruments toujours plus
mortels. Dans le quotidien, si le fort
s’intéresse au faible, c’est souvent
plus pour l’exploiter que par amitié.
Pourtant, par sa prophétie, Isaïe n’a
pas raconté un songe, une utopie.
Il a déterminé une prospective. Un
monde de paix et de justice existe déjà
dans la vie ultra-terrestre, à laquelle
ceux qui le voudront accèderont.
Ici sur terre, le Messie en a laissé
des semences qui, à bien observer,
germent déjà. Car dans ce monde, il
n’y a pas que du négatif mais aussi
beaucoup de choses positives.
Ces plantes de la semence de paix
qu’a apportées le Messie, croîtront
davantage dans la mesure où chacun
de nous les accueillera et les cultivera
dans sa vie avec un amour patient.
Abbé Médard Kounoudji
Curé de la paroisse
Saint Jean-Baptiste, Basse-Pointe
■
Isaïe 11,1-10 • \àPsaume 71 • Romai\àns 15,4-9 • Matt\àhieu 3,1-12
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 6
LIRE TOUTE LA BIBL\
E EN UNE ANNÉE
Pour ceux qui désirent lire la Bible ENTIÈREMENT, Eglise en Martinique
reprend, numéro après numéro, la répartition proposée dans la Bible
En Nous : « Lire la Bible en une année » (page XVII). Cette répartition
échelonne tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testaments selon le
cycle liturgique, de façon à ce que le lecteur reste toujours globalement
en phase avec le mouvement spirituel de toute l’Eglise. On peut donc
prendre le train en marche à n’importe quel moment de l’année.
D’un point de vue pratique :
➊
favoriser l’endurance plutôt que la précipitation,
➋ ménager des moments calmes,
➌ prendre un rendez-vous de quelques minutes avec la Parole chaque jour,
➍ commencer la lecture par une petite prière (certaines sont proposées dans
la BEN) et un « Je vous salue Marie ».
Avant de commencer un nouveau Livre, vous pouvez prendre connaissance de
l’introduction proposée par les biblistes. Cela enrichira votre compréhension.
Restez bien dans une lecture amoureuse, un dialogue avec votre Dieu : dégustez,
ne dévorez pas ! Relisez, s’il le faut, plusieurs fois un verset ou un bref passage…
et laissez Dieu vous parler.
Bonne lecture à tous
!
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 6
Pour se préparer à Noël, du 8 au 21 décembre, vous pourrez lire :
Evangile selon saint Luc (Lc) 24 chapitres
LIRE TOUTE LA BIBL\
E EN UNE ANNÉE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 7
Du 16 au 17 novembre, le Comité Diocésain de la Solidarité et de la Charité a coordonné
dans le diocèse une série d’événements autour de la Journée mondiale des pauvres,
instituée par le pape François en 2017. Ce week-end a été l’occasion pour la paroisse du
Lamentin d’un temps de prière et d’adoration avec les pauvres.
L
a journée mondiale des pauvres
n’a pas seulement pour objectif
de nous motiver à mieux servir les
pauvres. Elle vise par-dessus tout à placer
le pauvre au centre de nos vies. Jésus
ne nous a pas seulement commandé
de servir les pauvres, il s’est identifié à
eux : « Ce que vous faites au plus petit,
c’est à moi que vous le faites ». Adorer
Jésus suppose de le contempler dans la
personne du pauvre. Pour nous y aider,
la paroisse du Lamentin a organisé une
nuit d’adoration et d’espérance avec les
pauvres sur la place André Aliker, du
samedi 16 novembre 20h, au dimanche
17 novembre 5h.
Cette place où respirent nuit et jour les
blessés de la vie, et plus particulièrement
les alcooliques et les toxicomanes, ce
lieu de rencontre et disputes multiples,
de règlements de compte, a été pour
l’occasion un lieu de paix et de prière.
Toute la communauté diocésaine était
invitée. Nos frères et sœurs qui vivent
dans la mangrove ont reçu la visite de
paroissiens qui les invitaient à venir prier
avec le reste de la communauté.
À 21h, nous avons commencé notre temps
de prière, accompagnés par Saint Vincent
de Paul et les Pèlerins de l’Eau Vive qui
faisaient partie de l’organisation de ce
moment.
Nous étions bien conscients de la
présence aux quatre coins des rues de
tous les SDF, les laissés-pour-compte
de notre société. Sur la place, nous
étions nombreux à prier avec les plus
démunis d’entre nous, les alcooliques,
les toxicomanes et leurs parents.
Ce samedi soir, Jésus nous a dit : "Je
viens à vous, vous tous qui peinez sous
le fardeau, pour vous soulager…". Oui,
Jésus a laissé le tabernacle pour venir
à la rencontre de ceux qui ne viennent
plus à l’église à cause de leur désespoir,
de la honte. Il est venu à la rencontre de
ceux qui sont blessés, mais qui ont tant
besoin de lui. Il est venu leur dire : "Je
vous écoute, je vous entends, vous ainsi
que toutes ces personnes, vos amis, vos
parents qui prient avec vous ce soir et
qui crient de douleur avec vous : "Jésus
Sauveur, guéris-nous de l’alcool, de la
drogue, de la misère".
Ce temps de prière était important
pour nous faire comprendre que notre
engagement de chrétien ne consiste
pas uniquement en des initiatives
d’assistance qui, bien que louables et
nécessaires, doivent viser à renforcer en
chacun l’attention maximale qui est due
à chaque personne en détresse.
Le pape François demandait de ne
pas s'arrêter à la première nécessité
matérielle, mais à découvrir la bonté qui
se cache dans le cœur de chacun. En plus
de l’aspect matériel, le grand défi de notre
société est la pauvreté spirituelle. Car « la
plus grande pauvreté est l’absence du
Christ », comme l’a dit le pape François.
Ce sont souvent des pauvres, cette
nuit-là, qui nous faisaient découvrir le
cœur miséricordieux du Père. Ils ont été
marqués par les épreuves, et ils savent
que Dieu leur a fait miséricorde. Toute
une nuit de prière avec les pauvres, quelle
grâce, Seigneur ! Ceux que notre saint
patron Laurent appelaient "les trésors
de l’Église", nous on fait comprendre, en
priant avec nous, que pour suivre Jésus
en vérité, il nous fallait faire entrer les
pauvres dans notre vie.
Nous remercions le Délégué diocésain
de la Solidarité et de la Charité, Patrick
Domergue, qui nous a accompagnés
durant cette nuit de prière, nos prêtres
pères Henderson et Guerrier, qui ont
prié avec nous, l’équipe évènementielle
de la paroisse qui nous a offert de quoi
tenir jusqu’au matin, l’équipe de Sécurité
déléguée par la mairie pour cette nuit,
et aussi tous ceux qui ont fait des efforts
pour la réussite de cette initiative. Que le
Seigneur nous bénisse tous !
Mamette Marie-Louise,
Paroissienne du Lamentin
■
Une nuit pour changer notre regard !
Journée mondiale des pauvres
VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 8
Formation Sciences Politiques
et Ecologie Humaine
Diplôme d'Etat Licence Mention Sciences Sociales (France) et
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de 200 universités catholiques
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institutions qui conjuguent la qualité
des enseignements avec l’exigence du
sens, et qui cultivent surtout une vision
de l’homme dans laquelle nous nous
reconnaissons : telle est l’ambition de
l’ICEA , Institut Catholique Européen des
Amériques. Si l’appartenance formelle
à la Fédération Internationale des
Universités Catholiques (FIUC) prendra
statutairement quelques années, l’ICEA
y est déjà référencé, fait partie de
ce réseau, et élabore dès à présent
des partenariats avec ses membres.
L’Université Saint-Paul à Ottawa en est
le premier exemple.
Des opportunités multiples d’échanges
et de poursuites d’études
Les étudiants de l’ICEA bénéficient de multiples possibilités
de poursuite d’étude après leurs diplômes à l’ICEA. Ri\
en
qu’en France (pays où le terme Institut plutôt qu’Université
est dicté par la loi de 1880), l’Institut Catholique de Lille
compte 32 000 étudiants et 217 filières de formation. Les
autres Instituts (Paris, Angers, Toulouse, Lyon, sans oublier
La Roche-sur-Yon) complètent des possibilités multiples avec
des centaines de filières qui mènent aux diplômes d’Etat.
Une convergence de vue
particulièrement puissante qui crée
des passerelles naturelles
Sur tous les continents, la convergence de vision sur l’homme,
avec une vision catholique et ouverte sur le monde, crée
des passerelles privilégiées vers ces Universités Catholiques
pour les étudiants de l’ICEA. C’est une possibilité, une vraie
richesse, qui s’ajoute aux parcours classiques, accessibles
naturellement grâce aux diplômes d’Etat délivrés aux
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ICEA - un réseau
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de plus de
200
universités catholiques
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 9
Je ne m’y attendais pas. C’était bien. Pas de cadre strict. J’ai bien
aimé qu’on nous demande notre avis. Cela nous a permis de nous
exprimer et de porter notre pierre à l’édifice. Nous participons à
la vie de l’Eglise. J’espère une évolution de l’Eglise au niveau de la messe
et de l’animation autre que des regroupements que ce que nous vivions
déjà. Je suis choriste. Je veux vivre l’Eglise à travers le chant et la musique.
Ce fût une après-midi très sympathique dans l’approche que
l’évêque a instauré. Ce n’était pas une rencontre en grand
groupe comme on a l’habitude de connaître. Il a créé de petits groupes.
Chacun a pu s’exprimer librement. Cette fois, on nous écoutait. L’évêque
cherchait à savoir ce que nous pensions et non à nous dire ce qu’il faudrait
penser. Il nous a demandé comment nous, jeunes, on voudrait voir notre
Eglise plus tard. C’est une démarche qui m’a beaucoup plu parce que
pour une fois on se sent écouter. C’est à nous de faire des suggestions …
et ça c’est bien.
Les 23 et 24 novembre, Mgr David Macaire a passé le
week-end avec les paroissiens de Trinité. A l’orée de la
\bin du projet
ECCLESIA ’M 2020 ! , il s’est agi pour lui de poser
les \bondations de l’Eglise de demain. S’il a rencontré
l’ensemble des paroissiens, il était notamment question
pour lui de venir écouter les attentes de nos jeunes.
Deux questions ont présidé à des échanges \bructueux
et surprenants :
« Que viens-tu chercher en tant que
chrétien à la messe ? Et toi, qu’apportes-tu aux autres \brères et sœurs ? ».
C
es deux jours ont donc été ponctués par :
- des rencontres avec des groupes de jeunes accompagnés de leurs responsables qui ont répondu nombreux à son invitation ;
- la célébration des messes du samedi soir et du dimanche suivie
de rencontres spontanées avec les fidèles venus en famille ;
- l’institution à l’acolytat de Patrick Buval.
V isite pastorale de l’Evêque
à la paroisse de Trinité
Huguette Deux questions étaient primordiales pour nous : Pourquoi
les femmes ne pouvent pas être prêtres ? Pourquoi a-t-il eu
la réforme du cheminement ? On espère qu’elle sera plus animée car
on s’ennuie à la messe. Parfois la lecture est trop monotone. Avoir des
homélies plus adaptées. Il faudrait des rencontres intéressantes qui ne se
ressemblent pas. Il faudrait mélanger le côté ludique et la connaissance
de Dieu. Suggestions : climatiser l’église.
Séverine
Théo
Jocelyn Linise ■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 10
C’était une première pour l’Assemblée plénière de la Con\bérence des Evêques de France
à Lourdes : mardi 6 et mercredi 7 novembre 2019, elle s’est élargie à des non évêques,
deux délégués par diocèse, associés aux travaux consacrés à l’écologie intégrale, premier
point de l’ordre du jour proposé par le Conseil Permanent et son président, Mgr Eric de
Moulins-Beau\bort.
D
ans sa présentation à l’ouverture
de l’assemblée, Mgr de Moulins-
Beaufort a souligné sa volonté
de développer la dimension synodale
dans le travail de la CEF à la suite de
l’appel du pape François. C’est ainsi que
l’hémicycle Sainte Bernadette a accueilli
les 120 évêques et, pendant les deux
premiers jours, 200 délégués dans une
ambiance fraternelle et joyeuse.
La matinée de la première journée a
donné la parole à six personnes expertes
de l’écologie, engagées dans le combat
pour la transition écologique au nom de
leur conscience écologique et de leur foi,
ou en questionnement par rapport à la foi,
ayant accepté de partager les données
scientifiques disponibles sur ce sujet et
leurs expériences personnelles traduisant
le changement de vie lié à leur prise de
conscience de l’urgence écologique.
Le témoignage de Raphaël Cornut-
Thénard, architecte, fondateur d’Anuncio
et du congrès Mission, a mis en évidence
le lien entre la prise de conscience
écologique, récente chez lui, et l’identité
chrétienne : la nature ou, plus précisément
la Création, est confiée par le Créateur à
l’homme pour qu’il la garde et la cultive.
Or, nous vivons une crise écologique
historique et nous prenons peu à peu
conscience que le « monde a été démoli »,
son harmonie rompue, par le choix d’un
développement intensif et destructeur de
notre environnement. Les chrétiens ont
un rôle prophétique : appeler l’humanité
à se convertir pour prendre soin de la
« maison commune », comme le demande
le Saint-Père dans Laudato Si, en adoptant
un rapport juste à l’environnement et
en exerçant la charité envers toutes les
créatures. L’Eglise doit être un acteur
important de la transition vers un mode
de vie plus sobre et respectueux de la
nature : le consumérisme actuel, dont
l’argent et le profit sont les moteurs, est
l’ennemi de la création. Alors, même si
notre planète est en danger, il est encore
temps : convertissons-nous et replaçons
le Christ au centre de nos vies. C’est ce
que font aujourd’hui de nombreux jeunes
qu’il a rencontrés et qui ont décidé un
changement radical de leur mode de vie !
Pour Maxime de Rostollan, ingénieur et
agroécologiste, fondateur de « Fermes
d’avenir », nous devons comprendre qu’il
n’y aura un engagement dans la transition
écologique, une révolution sociétale,
que s’il y a une prise de conscience de
l’urgence de la situation et un changement
de paradigme restaurant la relation
harmonieuse entre l’homme et la nature,
les deux étant inséparables, « tout étant
lié ». La perte de la biodiversité résultant
de notre modèle de développement doit
nous alerter ! Le modèle de croissance
adopté aujourd’hui, avec l’argent comme
principal indicateur, est suicidaire : un
effort de lucidité est nécessaire et l’appel
du pape François à une vie plus sobre
et préservant l’avenir des générations
futures doit être entendu. Chacun
doit changer de comportement dès
maintenant !
Gauthier Chapelle, ingénieur agronome
et docteur en biologie, « collapsologue »,
étudiant l’effondrement possible de
notre civilisation, spécialisé dans le
biomimétisme, a peint un tableau
sombre de notre monde menacé
d’un « effondrement » programmé :
il a lui aussi changé de vie en quittant
le monde académique pour devenir
chercheur in(terre)dépendant. Pour lui,
l’humanité a manqué l’occasion de sortir
« en douceur » du mode de croissance
« exponentielle » du capitalisme libéral
entre 1970 et 1990 après l’appel du Club
de Rome. Aujourd’hui, l’urgence est là,
et la nature nous donne l’exemple : un
autre mode de vie fondé sur l’entraide et
la solidarité est possible. C’est pourquoi,
il faut créer des « ilôts de résilience »
ouvrant une conversion possible pour
tous vers un mode de vie plus sobre
et participatif. En étudiant la nature,
on découvre que la compétition et
la concurrence ne sont pas les seuls
principes en acte, mais que l’entraide
et la solidarité sont aussi à l’œuvre dans
nos forêts (arbres et champignons vivant
en interaction). Pour lui, la permaculture
ouvre une autre voie de développement
agricole. A la concurrence doit succéder
la coopération, à l’égoïsme l’altruisme :
oui, un autre monde est possible, et cela
dépend d’une décision personnelle ! N’en
doutons pas, la crise est devant nous : si les
engagements pris lors des Conférences
internationales sur le climat ne sont pas
tenus, les rapports du GIEC (Groupe
international d’experts sur l’évolution du
climat) sont clairs : une augmentation,
actuellement prévisible, de 2 à 4° d’ici à la
fin du 21ème siècle, entrainera élévation
du niveau des mers, disparition de vastes
« L’écologie intégrale »
en \bébat à l’Assemblée plénière \be la CEF
VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 11
zones habitées et migrations de centaines
de millions de personnes chassées de
leurs territoires devenus invivables…
Alors, dès maintenant, promouvons une
culture de coopération et d’entraide pour
faire face ensemble aux changements qui
arrivent ! Faisons le choix de « moins de
biens (matériels) et de plus de liens » !
C’est ce que recommande, lui aussi, Martin
Choutet, fondateur de l’association pour
l’amitié, oeuvrant auprès des personnes
les plus pauvres. L’urgence écologique
ouvre un temps favorable pour modifier
nos comportements. Nous devons
prendre en compte les souffrances
causées aux autres par notre mode de vie
actuel, que ce soit la personne démunie
qui vit à côté de nous dans la rue de
notre ville, ou le paysan africain qui ne
peut vivre de son travail. Ce souci du
prochain doit être à nouveau au cœur
de nos choix ! Engagement écologique et
engagement social, c’est le même combat !
La survie de la planète et la survie de
l’humanité sont inséparables.
Pour Fabrice Boissier, ingénieur des
mines et directeur général de l’ADEME,
la crise est bien là. De nombreux signes
en témoignent, comme la pollution de
la mer par nos déchets plastiques, le
réchauffement climatique et ses effets sur
la banquise, sur les glaciers, sur l’élévation
du niveau des mers… Des études
prospectives, intégrant ces « contraintes
écologiques » doivent permettre de
dresser un tableau possible de la France
de 2050 : modes de vie et d’habitat,
transports en commun, travail à la maison,
types d’énergie, valeurs éducatives
proposées par l’école… Un autre choix de
développement économique est possible,
comme le montre l’économie circulaire.
Mais, sommes-nous prêts à changer
notre mode de vie et de consommation ?
Une économie de profit doit céder la
place à une économie de la relation. La
question nous est posée collectivement,
et pas seulement personnellement. La
référence à Ninive et à Jonas est éclairante :
la conversion est possible, mais il faut
qu’elle s’impose à tous comme l’illustre la
décision du Roi de Ninive, suivie ensuite
par tous les habitants.
Enfin, pour Xavier, dirigeant d’entreprise,
l’urgence écologique exige une élévation
de conscience, et l’Eglise a un rôle
essentiel à jouer en ce temps historique.
Il est nécessaire de s’interroger : quel sens
a le développement économique tel que
nous le vivons depuis les années 60 ? En
s’orientant vers la transition écologique,
l’humanité répond à quatre défis qu’elle
doit impérativement relever pour changer
de mode de vie : s’aimer soi-même, aimer
son prochain, aimer et chercher la vérité,
aimer la création pour en prendre soin.
Alors, pour certains, il est bien tard, et
même trop tard pour changer ; mais cela
vaut la peine d’essayer : la peur ne doit
pas l’emporter sur l’espérance, source
de joie.
Inutile d’insister, ces discours de vérité ont
été reçus avec gravité par les participants,
évêques ou délégués diocésains, tous
conscients des enjeux. Les échanges
du temps de repas, et surtout ceux des
ateliers de l’après-midi, au cours desquels
les intervenants ont pu dialoguer avec les
délégués et les évêques, ont été d’une
grande richesse.
La seconde journée a été l’occasion pour
Elena Lasida, sociologue et responsable
du pôle Ecologie à la CE, et Fabien Revol,
théologien, de souligner le caractère
extraordinaire de ce qui avait été vécu la
veille : travail en commun entre évêques
et simples baptisés, méthode innovante,
lancement d’un processus dont on ne
connaît pas l’aboutissement, paroles
radicales entendues par tous… et
même par deux bébés, Charles et Judith,
représentants des générations futures,
présents dans l’assemblée avec leurs
parents délégués diocésains !
Il en est ressorti le sentiment de l’urgence
écologique renvoyant également aux
conclusions du récent synode sur l’Ama-
zonie, et aux enseignements de Laudato
Si appelant à entendre la clameur de la
terre et celle des pauvres. La menace
qui laisse entrevoir l’écroulement, l’ef-
fondrement d’un monde, peut être vue
aussi comme une promesse, celle d’un
renouvellement et d’une joie de vivre en
communion avec toutes les créatures, et avec le Créateur qui se donne à nous à
travers sa Création.
Cette crise écologique, dont nous prenons
clairement conscience aujourd’hui, est un
véritable appel à la conversion, comme le
disait déjà Benoît XVI dans son message
pour la Journée de la Terre en 2010.
Les pistes de travail ouvertes nous invitent
à passer d’une écologie de l’angoisse et de
la peur, à une écologie intégrale faisant
place à l’homme, permettant ainsi une
écologie de l’espérance, et une écologie
du sens et de la Révélation donnant à
Dieu la première place et éclairant la
marche de l’humanité, réconciliée avec
elle-même, avec le monde et avec Dieu.
Le dernier temps de partage, clôturant
ces deux journées de travail, a été vécu
par diocèse, et élargi aux provinces
ecclésiastiques. Les évêques et délégués
de Martinique, Guadeloupe et Guyane
ont pu ainsi vivre des échanges riches
et fraternels permettant d’esquisser les
initiatives qui seront prises dans chacun
de nos diocèses, situés dans des zones
directement concernés par les effets
du réchauffement climatique, pour y
implanter l’écologie intégrale au cœur
des démarches pastorales. Le moment
est venu : réveillons-nous et agissons
ensemble pour préserver la beauté
naturelle de ces magnifiques régions qui
nous ont été confiées.
Nous le savons, la grâce du Seigneur ne
nous fera pas défaut, lui qui est présent
avec nous jusqu’à la fin du monde ! Enfin,
nous voulons le souligner pour terminer,
les temps de prières vécus en commun,
offices du jour et messes, ont été des
temps forts de communion et de joie
entre tous les participants, ainsi que la
belle veillée d’adoration du mardi soir,
préparée avec soin par le service de la
Pastorale des laïcs de la CEF autour de la
prière d’alliance, et au cours de laquelle
nous avons tous ressenti la présence et
l’amour du Seigneur au milieu de nous.
Nicole et Michel Déglise
Délégués diocésains à l’Assemblée plénière élargie de la CEF
■
Page 12
TOURISME DOSSIER
Extraits du message du Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Pré\bet du Dicastère du
Développement Humain Intégral, pour la Journée Mondiale du Tourisme, observée
annuellement le 27 septembre.
[…] L
a décision de se
concentrer sur le
tourisme du point de
vue de l’emploi est particulièrement
opportune compte tenu des
facteurs critiques profondément
enracinés et émergents dans la
dimension vitale du travail pour
de nombreuses personnes, sous
toutes les latitudes. Les objectifs
souhaités de paix, de sécurité,
de progrès social et d’inclusion
ne peuvent être atteints si nous
négligeons l’engagement commun
de veiller à ce que chacun ait un
emploi digne, équitable et libre,
construit autour de la personne
et de ses besoins premiers de
développement humain intégral.
Le travail « est propre à la personne
humaine. Il exprime la dignité d’être
créé à l’image de Dieu », [1] a dit le
pape François. Il ne peut y avoir de
progrès là où il n’y a pas de travail
et il ne peut certainement pas y
avoir d’avenir meilleur. Le travail,
qui n’est pas seulement un emploi
mais un moyen par lequel l’homme
s’accomplit dans la société et dans
le monde, est un élément essentiel
pour déterminer le développement
intégral de la personne et de la
communauté dans laquelle il vit.
[…]
Selon les statistiques publiées par
l’Organisation mondiale du tourisme
des Nations Unies (OMT), au moins
un emploi sur 11 dans le monde
est généré – indirectement ou
directement – par le tourisme, et ces
chiffres, qui concernent des millions
de personnes des quatre coins du
monde, sont en augmentation. On
parle d’un cycle en expansion avec
des implications énormes sur le
plan social, économique et culturel,
qui a dépassé les attentes les plus
ambitieuses. Qu’il suffise de dire
qu’en 1950, il y avait un peu plus de 25
millions de touristes internationaux,
alors que les estimations suggèrent
qu’au cours de la prochaine
décennie, le nombre de voyageurs
internationaux pourrait atteindre
deux milliards. […]
Compte tenu de ce flux, la dimension
de rencontre que peut offrir l’emploi
dans l’industrie touristique semble
encourageante… […] Le pape
François a parlé du tourisme comme
une opportunité de rencontre dans
son discours aux jeunes du Centre
Touristique des Jeunes en mars, à
l’occasion du 70ème anniversaire
de la fondation de l’Association. Le
Souverain Pontife s’est félicité de
leur engagement à promouvoir un »
tourisme lent » qui ne s’inspire pas
des canons de la consommation
ou ne cherche pas seulement à
accumuler des expériences, mais
qui soit capable de favoriser la
rencontre entre les personnes et
le territoire, la connaissance et le
respect mutuel « [6]. […] ■
Journée mondiale du tourisme 2019 :
un avenir meilleur pour tous
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 12
1] François, Catéchèse à l’audience générale, 19 août 2015.
6] François, Audience avec les directeurs et associés du Youth Tourism Center, 22 mars
2019.
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Père Philippon, vous êtes le
délégué de la Pastorale des
Réalités du Tourisme et des
Loisirs (PRTL) du diocèse
de Martinique, quelles
réflexions vous inspire le
message du Cardinal Peter
Turkson ?
L
es emplois dans l'économie
touristique sont variés
et nombreux. Ainsi, un
voyageur en provenance de la
Guadeloupe, de la Guyane, de
l'Amérique du nord, ou d'Europe,
voire de plus loin encore par
avion, a un premier contact le plus
souvent digital, qui sera suivi par
une rencontre avec les membres
d'une compagnie aérienne qui
suppose de nombreux métiers
autres que le pilote et l'hôtesse
de l'air. Devant se déplacer, la
rencontre se vit avec l'agent de
comptoir du loueur de voitures ; arrivé au lieu de séjour en hôtel,
si c'est l'option choisie, pour voir
et vivre la Martinique ; devant se
nourrir de la gastronomie locale
en dehors du lieu d'hébergement,
les restaurants de l'ile proposeront
les mets les plus savoureux à nos
chers visiteurs qui ne sont pas les
milliardaires du CAC40 ou de Wall
Street. J’ai gardé dans le cœur
ce merveilleux échange avec un
couple de retraités rencontrés dans
le grand marché de Fort-de-France
qui nous donne à réfléchir à la
« silver économie » : « Mon père,
cela fait 8 ans que nous venons en
Martinique. Mon mari et moi, nous
mettons de côté chaque année,
euro par euro pour nous offrir
ce merveilleux moment de nos
années de vieillesse ». A n’en pas
douter, il y a une grande diversité
des emplois dans le monde du
tourisme.
Par ailleurs, l'activité touristique,
pour atteindre ses différents
objectifs, ne peut se passer d'une
formation permanente et sérieuse
pour faire aimer la Martinique
comme l'entend le message du
Comité Martiniquais du Tourisme.
Au restaurant, non seulement le
plat doit être savoureux pour
rendre agréable le séjour, mais
aussi la qualité du service avec le
sourire doit enrichir la rencontre
fraternelle par-delà la relation
"business" au sens le plus noble
de ce mot.
A la Martinique, comme je l'ai
constaté avec l'office du tourisme
du Marin au Salon nautique de
la Rochelle au Grand Pavois,
(invité par M me Lucie Beaudin,
Directrice de l’Office du tourisme
du Marin) et aussi à Top Resa, 2 ème
salon important pour l’économie
touristique de la Martinique,
(invité par M me Karine Mousseau,
Questions au père Philippon,
délégué diocésain à la Pastorale du Tourisme
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 13
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TOURISME DOSSIER
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 14
Présidente du Comité martiniquais
du tourisme), les acteurs du
tourisme se battent pour conquérir
les marchés mondiaux et soutenir
les emplois du secteur. C’est ainsi
que le dernier évènement de la fin
du mois de novembre que vient de
vivre le monde de la plaisance en
Martinique, est l’arrivée de la mini-
transat "La boulangère" partie de la
Rochelle deux semaines plus tôt, et
que l’Office du tourisme du Marin
nous a donnée de vivre.
Enfin, pour conclure mes réflexions
à partir du message du cardinal
Turkson, je pense profondément à
cette catastrophe qui a meurtri non
seulement le cœur de nombreux
Parisiens croyants ou non et le
monde entier : l'incendie du lundi
15 avril 2019, jour de la Semaine
sainte, qui a blessé Notre-Dame
de Paris.
Ce sont de nombreux emplois qui
sont aussi partis en fumée ; des
drames humains se jouent même
s’il n'y a pas de victimes directes
liées au feu ; des restaurateurs ont
dû licencier des employés qui pour
certains avaient plus de quarante
années de maison, comme me
l’a confié Madeleine dans son
restaurant « A l’ombre de Notre-
Dame ». Un vrai déchirement
humain.
Notre-Dame de Paris, priez pour
tous ces sinistrés du tourisme
parisien.
Quels sont les projets de
la Pastorale diocésaine du
Tourisme ?
La Martinique est un joyau de la
Création que nous devons nous-
mêmes découvrir en profondeur.
Nous devons ensuite le montrer
partout en Martinique et au-delà
personnellement et en Eglise, avec
deux boussoles : Bible En Nous
et Laudato Si’, texte encyclique
du pape François pour sauver la
maison commune.
• Un samedi par mois dans des
lieux différents. En peu de mots :
réflexion, contemplation, partage.
• La journée du père Pinchon :
conférences avec le monde
universitaire dont l’ICEA, et des
débats avec les jeunes.
• Le diocèse et ses évêques :
le 1 er évêque martiniquais,
Mgr Maurice Marie-Sainte,
baptisé à la Basilique de Balata,
le petit Montmartre martiniquais,
et inhumé au cimetière jouxtant
ce haut lieu de la dévotion au
Sacré-Cœur.
• Pendant le temps liturgique de
carême : la Semaine Sainte en
Martinique à l’instar de Séville
en Andalousie.
• Pendant les vacances de juillet et
août : Vakans bò kay et le Tour
de Martinique des yoles rondes.
Qu'en est-il de l'ouverture
des églises aux visiteurs ?
La Pastorale des Réalités du
Tourisme et des Loisirs est avant
tout une pastorale de la rencontre.
Je me dois de convaincre tous mes
confrères de me soutenir dans
cette pastorale diocésaine voulue
par notre archevêque, Mgr David
Macaire, en invitant des hommes et
des femmes à se mettre ensemble
pour organiser ces espaces de
temps, afin de permettre des rendez-
vous spirituels, ici en Martinique,
avec Jésus, tel ce mémorable
échange entre notre Sauveur et la
Samaritaine au puits de Jacob vers
midi.
Comme le Dr Martin Luther King :
I HAVE A DREAM, to open the
doors of our churches. Please, help
me !
Kontan wè zòt ! Bienvenue !
Welcome ! bienvenido ! Herzlich
Willkommen !
■
Thank you ! Mèsi anpil ! Un grand merci à tous les donateurs.
L’activité touristique, nous l’avons vu avec l’incendie de Notre-Dame de Paris, reste
fragile. Ce n’est pas l’Office du Tourisme des Bahamas de Paris qui le démentira. Après la
catastrophe naturelle de l’ouragan Dorian du 27 août 2019 qui a ravagé des îles de l’archipel des Bahamas.
Les larmes du Premier ministre, Mr Hubert Minis, nous ont bouleversés. La pastorale diocésaine du
tourisme de la Martinique ayant entendu le cri de souffrance de nos voisins caribéens a médité cette
perle de notre culture créole : « Lè bab’ wvazen’w ka brilé, wouzé ta’w ». Elle médite aussi la parabole
lucanienne du blessé laissé pour mort au bord de la route : Le bon\
samaritain.
« Exsélans Monséniè Patrick Pinder, nou ka mandé Bondjé lafòs épi kouraj pou zot tout. Tchébé rèd pa moli ! ».
Help the Bahamas after Dorian
Thank you ! Mèsi anpil ! Un grand merci à tous les donateurs.
L’activité touristique, nous l’avons vu avec l’incendie de Notre-Dame de Paris, reste
fragile. Ce n’est pas l’Office du Tourisme des Bahamas de Paris qui le démentira. Après la
catastrophe naturelle de l’ouragan Dorian du 27 août 2019 qui a ravagé des îles de l’archipel des Bahamas.
TOURISME DOSSIER
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 15
L’Association Martinique Biosphère
porte la démarche de candidature
mondiale de la Martinique au titre
de Réserve de Biosphère, attribué par
l’UNESCO.
C ette démarche a trois objectifs :
préserver et valoriser richesses naturelles et culturelles,
développer et valoriser savoir-faire, produits et activités,
encourager et valoriser la recherche scientifique et
. l’éducation environnementale.
Depuis septembre 2018, les habitants ont été invités dans l’ensemble des communes de
notre île à participer, à s’exprimer, à être acteurs pour construire notre candidature : les 34
communes, et leur population, se sont rassemblées et engagées autour de ce projet commun.
Les ateliers consacrés aux richesses naturelles et culturelles ont permis de mettre en avant les atouts
remarquables de notre territoire. Deux questions, parmi d’autres, étaient posées aux participants :
de quoi êtes-vous fiers dans votre commune ? De quoi êtes-vous fiers en Martinique ?
Et les réponses ont fusé : la Montagne Pelée, le Rocher du Diamant, le Tombolo de Sainte-Marie, la Caravelle,
les mangroves, la faune et la flore, les sources, les rivières et les cascades, les espèces endémiques, le littoral,
les îlets, les forêts, les Pitons du Nord, les plantes médicinales, sont parmi les richesses naturelles citées
en nombre. Le Carnaval, les danses et musiques traditionnelles, la gastronomie, la musique, l’artisanat,
le créole, les églises, les "Chanté Nwèl", les coiffes et tenues traditionnelles, la Yole et le gommier, le
tour des Yoles, la littérature et les écrivains, la Bibliothèque Schœlcher, les habitations, et bien sûr le rhum et les distilleries pour nos richesses culturelles. La Martinique est un trésor, une des plus belles îles des Caraïbes, et possède des atouts considérables.
Les habitants n’ont pas ignoré les enjeux à relever : les pollutions liées aux activités et comportements humains (pesticides, chlordécone, VHU, plastique, eaux usées,
décharges sauvages), mais aussi sargasses, risques naturels et changement
climatique. Que faire ? Préserver nos richesses naturelles et notre identité
culturelle, valoriser tourisme responsable, agriculture raisonnée et consommation locale, promouvoir sensibilisation et éducation à
l’environnement à une large échelle, telles sont les propositions d’actions
qu’ils ont majoritairement suggérées. Alors, personnellement et
collectivement, passons à l’acte !
Nathalie de Pompignan
Présidente Association Martinique Biosphère
■
L’Association Martinique Biosphère
De quoi êtes - vous fiers
en Martinique ?
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 16
?
Question AN TCHÈ
LÉGLIZ-LA
‘‘
Ecologie : faut-il avoir peur pour la Martinique?
‘‘
OUI !
Je ne réponds pas en tant que spécialiste
ou expert de l’environnement, mais en tant
que pasteur.
La question de l’écologie va de pair avec la
question des habitudes de consommation.
Sommes-nous prêts à changer notre
comportement de vie et de consommation?
Commençons par la base : l’eau. Si nous
ne changeons pas notre manière de
consommer l’eau potable, nous arriverons
tôt ou tard à un seuil critique qui affectera
notre mode vie et notre environnement. Il
nous faut en conséquence (ré)apprendre
à utiliser l’eau non potable pour certaines
activités (arrosage, lavage de voiture, etc.).
Sans une véritable prise de conscience à
l’échelle de l’île, j’ai bien peur que nous
ne sciions la branche sur laquelle nous
sommes assis.
L’électricité. Elle est très pratique pour
l’activité humaine. Mais elle n’est pas
sans incidence sur l’environnement. Pour
produire de l’électricité en Martinique,
aujourd’hui, il faut consommer beaucoup
de pétrole. C’est vrai que nous devrions
améliorer l’utilisation d’énergie renou-
velable, mais il faudrait en plus changer
les habitudes : pas seulement apprendre
à éteindre les lampes dans une pièce vide,
mais aussi accepter de renoncer au confort
quotidien de certaines tâches comme par
exemple en cuisine utiliser “l’huile de
coude” plutôt qu’un appareil électrique,
pratique mais non sans incidence dans
le bilan carbone ! ou encore monter/
descendre le store à la manivelle plutôt
qu’au moteur électrique. Bref, tous ces
petits gestes qui nous demandent des
efforts et qu’on a facilités avec l’électricité.
Je ne prône pas un retour en arrière,
mais la gestion d’activités quotidiennes
équilibrées entre ce que je peux faire par
moi-même et l’utilisation d’appareils.
Il faudrait parler aussi des transports,
de l’alimentation, de la manière de
nous divertir aussi. Mais je laisse ça aux
spécialistes.
Avoir peur pour la Martinique en matière
d’écologie ? Oui, effectivement. Puisque
déjà l'existant montre de terribles
changements : les sols sont pollués. La
question du chlordécone est un exemple
très malheureux.
L'utilisation de pesticides, d'engrais et
autre chose encore ne va pas sans risque,
et les conséquences s'inscrivent dans une
échelle de temps assez grande.
Le réchauffement climatique est une réalité
et la montée des eaux est inéluctable :
nous le voyons déjà sur les côtes avec la
disparition progressive de nos plages. Si
vous allez aux Salines par exemple, vous
verrez très bien que la distance à parcourir
pour aller à la mer s'est beaucoup rétrécie.
A d'autres endroits, il n'y a même plus de
plage.
Mais nous subissons aussi les conséquences
du changement global, des perturbations
globales puisque la brume des sables est
là avec son lot de troubles.
Je me souviens du temps où les jours de
brume de sable étaient extrêmement rares
dans une année. Aujourd'hui, ces jours sont
majoritaires : il y a plus de jours de brume
de sable que de jours totalement clairs.
Que sera la Martinique de demain alors en
matière d’écologie ?
Les influences nous
viennent aussi
d'ailleurs : le
problème des
Sargasses ne
dépend pas de
nous, il nous est
imposé même
si nous devons
réagir en conséquence.
L'apparition du poisson lion qui dévore
l'écosystème marin, les iguanes qui
viennent d'ailleurs et qui prolifèrent à
la place de l'espèce endémique, que de
changements déjà là !
Avoir peur pour la Martinique en matière
d’écologie nous serait bénéfique. Parce que
si on continue notre mode de vie actuel,
on court à la catastrophe. Tandis que si
nous prenions conscience que le bijou des
Antilles est en danger, alors une réaction
salutaire serait possible. Et comme nous ne
sommes pas seuls, si nos voisins, et aussi les
autres citoyens du monde pouvaient avoir
la même réaction, à l’échelle de la planète
les choses pourraient s’améliorer.
En 2021, il n’y aura plus en Europe
d’utilisation de plastique à usage unique…
Finies nos assiettes en plastique lors de nos
sorties à la plage ou à nos réceptions…
Finis nos cotons-tiges traditionnels… Finies
nos pailles pour siroter notre soda… De
nouvelles habitudes basées sur la consigne
s’établiront. A nous d’accueillir cette
conversion !
Mais je vous renvoie la question : toute
conversion peut-elle se passer de
renoncements ?
P. Christian Catayée ■
Les influences nous
viennent aussi
d'ailleurs : le
nous, il nous est
imposé même
si nous devons
réagir en conséquence.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 17
Agenda de l’Archevêque
Samedi 7 décembre :
• 14h : Messe d’envoi en mission de la Post-C onfirmation à l'église de Bellevue
Du 7 au 8 décembre :
Visite pastorale à la paroisse de Bellevue
Samedi 7 décembre :
• 18h : Messe anticipée à l’église de Bellevue
Dimanche 8 décembre :
• 7h : Messe dominicale à l’église de Bellevue
• 9h30 : Messe dominicale au monastère de Terreville
• 17h30 : Vêpres solennelles à la
cathédrale Saint-Louis
Lundi 9 décembre :
• Messe pour tous les élèves du Séminaire Collège
Mardi 10 décembre :
• Conseil épiscopal
Mercredi 11 décembre :
• 15h : Rencontre avec les confirmands du Nord
Caraïbe à l’évêché
• 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs Jeudi 12 décembre :
• Conseil d’Administration de l’ICEA• Réunion de synthèse de l'Association Martinique
Biosphère
Vendredi 13 décembre :
• 18h30 : Messe de la fête patronale de la paroisse
de Sainte-Luce
Samedi 14 décembre :
• Rencontre avec les présidents d’associations de marins-pêcheurs
Du 14 au 15 décembre :
Visite pastorale à la paroisse du Morne-Vert
Dimanche 15 décembre : • 8h : Messe dominicale à l’église du Morne-Vert
• 14h30 : Confirmation à la paroisse
de Rivière-Pilote
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis
Mardi 17 décembre :
• Conseil épiscopal Mercredi 18 décembre :
•
9h : Messe à l'église du Prêcheur
(180 ans de la commune)
• 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs
Vendredi 20 décembre :• 8h30 : Messe à l’Espérance
Samedi 21 décembre :
• Récollection pour les servantes d’autel de plus de 16 ans
Du 21 au 22 décembre :
Visite pastorale à la paroisse Vauclin
Samedi 21 décembre : • 18h : Messe anticipée à l’église
du Vauclin
Dimanche 22 décembre :
• 8h : Messe dominicale à l’église du Vauclin
• 17h30 : Vêpres solennelles à la
cathédrale Saint-Louis
Retour vers le Père de Mgr Ernest Cabo
(1932-2019)
Mgr Riocreux et les prêtres du diocèse font part du décès de\
Mgr Ernest Cabo, évêque
émérite du diocèse de Basse-Terre et Pointe à Pitre. Il est décédé paisiblement à l’EHPAD
du Sacré-Cœur à Basse-Terre, entouré de sa famille dans la soirée du jeudi 28 Novembre.
Mgr Cabo né le 15 Décembre 1932 à Sainte-Rose, baptisé le 22 Janvier 1933 a été
ordonné prêtre le 9 Août 1964.
Il a été vicaire à Capesterre, aumônier des mouvements jeunes, responsable des vocations,
directeur du Foyer vocationnel Paul VI à Basse-Terre et à Pointe-à-Pitre. En 1972, il est nommé
curé du Sacré-Cœur à Pointe-à-Pitre.
Nommé Evêque par Saint Jean-Paul II, il a été consacré Evêque le 6 Novembre 1983 en la Cathédrale St Pierre
St Paul de Pointe-à-Pitre.
D’abord évêque auxiliaire de Mgr Oualli, il est devenu évêque de Guadeloupe, le 2 juin 1984. Ainsi, il a exercé
son ministère épiscopal pendant un quart de siècle jusqu’au 5 Mai 2008.
En retraite d’abord à l’évêché, puis à Gourbeyre, il résidait à l’EHPAD du Sacré-Cœur à Basse-Terre, près de
l’évêché depuis mai 2016.
Basse-Terre, le 29 Novembre 2019
L’association des prêtres du Prado a été fondée à Lyon par le P. Antoine
Chevrier en 1860, le 10 Décembre. Cette date est retenue pour fêter
annuellement le Prado.
Les prêtres du Prado de la Martinique vous invitent à fêter cet\
anniversaire : le dimanche 15 Décembre 2019, de 15h30 à 18h,
à l’église de Sainte Thérèse.
C’est l’occasion de prier avec eux, de mieux découvrir le charisme et
la spiritualité du Prado avec un enseignement et des échanges. C’est
aussi l’occasion de partager un moment très convivial.
Pour des informations complémentaires, vous pouvez contacter les
prêtres du Prado : P. Barbe Gédio : 0696 11 18 54 - P. Pierre-Alex
Zonzon : 0596 58 20 63
Fraternellement in Xto. Vos frères du Prado.
Retour vers le Père de Mgr Ernest Cabo
Il a été vicaire à Capesterre, aumônier des mouvements jeunes, responsable des vocations,
directeur du Foyer vocationnel Paul VI à Basse-Terre et à Pointe-à-Pitre. En 1972, il est nommé
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 18
Une histoire à sui\gvre …
Gab Kingsley
- On y est, lâcha Jo en jetant un mégot par la vitre ouverte.
- Hum ? f t Gab en se redressant.
- Bonsoir Madame Kingsley ! lança Jo.
- Gabriel Martin Kingsley !
- Aïe ... bon je te laisse ... A plus vieux ! f t Jo en démarrant.
- Mamaaaaan...
- A l'intérieur jeune homme ! Et tout de suite !
- D’accord, d'accord...
En passant devant la cuisine,
Gab aperçut sur la petite table
deux couverts. Il réalisa alors
que sa mère l'avait at endu
pour dîner. Se retournant alors
vers elle, il ouvrit la bouche pour
s'excuser, mais d'un geste sec
de la main, sa mère lui intima
l'ordre de se taire.
- J'ai reçu un appel de ton lycée...
Au timbre rauque et enroué de
la voix de sa mère, l'adolescent
compris que cet e dernière avait
pleuré. Alors il tenta encore de
s'expliquer, mais elle ne lui laissa
pas le temps.
- Tes professeurs ne te supportent plus, tu enchaînes les conseils de
discipline, tu es convoqué par la
principale ... Et puis, tu disparais
sans me dire où tu vas, ni avec
qui...
- Maman... je...
- Tais toi ! s'écria M
me Kingsley en
gif ant Gab. L'adolescent se tint la joue,
consterné, car jamais sa mère
ne l'avait frappé, ni lui, ni son
petit frère Adams.
- Pourquoi agis-tu ainsi ! Alors que
j'essaye de vous élever seule,
du mieux que je peux, ton frère
et toi ! Je me démène pour vous
of rir une existence convenable en
travaillant dure! Et toi...
M
me Kingsley rit amèrement.
- Toi, tu t'engages sur le même chemin que ton père !
- Je t'interdis de dire ça ! hurla Gab bouillonnant de révolte. Je... je
ne suis pas comme lui !
M
me Kingsley lança alors un
regard at risté à son f ls, avant
de se diriger dans le salon et de
s'assoir sur le canapé miteux.
Là, elle enfouit son visage dans
ses mains et dit d'une voix
déchirante :
- Seigneur ! Vois ma misère ! Vois ma souf rance!
Gab, resté f gé dans l'entrée,
f nit par se rendre dans la cuisine
et dîna solitairement avant
d’aller se coucher …
Au petit matin, il se redressa
brusquement et réalisa,
soulagé, qu’il se trouvait dans
sa chambre. Sa respiration
était haletante et son cœur
s’était emballé. Il tenta alors
de s’apaiser en respirant
profondément et en chassant
de son esprit l’épisode houleux
d’hier soir. Ses pensées étaient troublées
par le brouillard de ses rêves
agités et angoissants, qui ne
semblait pas vouloir se dissiper.
Se rapprochant alors du bord du
lit, il tâta du bout du pied le sol, à
la recherche de ses chaussures
qu’il trouva f nalement sur son
lit. Il se leva donc en frot ant
ses paupières encore alourdies
par le sommeil et dans le
couloir, passa devant la porte
entrebâillée de la chambre
de sa mère. Il hésita à entrer,
mais entendant les murmures
des prières qu’elle formulait, il
décida de la laisser tranquille. Il
se dirigea alors vers la chambre
de son petit frère Isiah ; il en
poussa la porte en veillant à ne
pas faire de bruit, et entra. Isiah
était de trois ans son cadet et à
son âge lui aussi se passionnait
pour les super héros, pensa Gab
en voyant les posters sur les
murs. Il lui sembla néanmoins
que les super héros noirs comme
Black Panther étaient encore
méconnus à son époque. Gab
observait, pensif, le visage aux
traits détendus de son frère,
et la quiétude qui en émanait lui
renvoya ses rêves et ses espoirs
blessés.
Après avoir été convoqué par la principale Middle, Gab s’en alla avec Jo et fi t malgré lui la
connaissance de Spider, cet « ami » dont il fallait se méfi er… Enfi n, en rentrant chez lui, il retrouve
sa mère éplorée. Il tente alors de s’expliquer, mais cet e dernière bouleversée ne l’écoute pas…
de Yona ALLAGUY-SALACHY (16 ans)
7ème partie (suite)
de Yona ALLAGUY-SALACHY (16 ans)
Une histoire à sui\gvre …
Chers lecteurs,
nous retrouvons
la suite de l’histoire dans le prochain numéro
Coin Jeunesse
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 19
Une nouvelle année pastorale commence.
Chaque famille est invitée à vivre sa foi et à la
partager au monde entier. Nous avons chacun,
de part le baptême, reçu la mission de « Montrer
Jésus » quels que soient notre milieu social, notre
profession, notre âge, notre condition physique.
Nous sommes tous appelés à être des témoins,
tous sans exception. A cet égard, il sera mis en
place une catéchèse pour les familles ayant un
enfant en situation de handicap (physique ou
mental).
Une première rencontre pour les districts Centre
Ouest et Centre Est, s’est tenue le samedi 23
novembre 2019, sur la la paroisse de la Cathédrale.
Prochaines rencontres :
- Districts Grand Nord et Nord Atlantique, le samedi 30 novembre, au presbytère de Sainte-
Marie ;
- Districts Sud et Grand Sud, le samedi 7 décembre 2019, au presbytère de Sainte-
Luce ;
- District du Nord Caraibe, le samedi 14 décembre, au presbytère de Sainte-Pierre.
Les personnes souhaitant accompagner les
familles sont invitées de 8h30 à 10h. Les familles
concernées sont invitées de 10h à 11h30.
Contact : Service Diocésain de la Catéchèse Tél : 0596 63 70 70.
Catéchèse pour les familles
ayant un enfant en situation de handicap
COMMUNIQUÉS
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P rie, ô Mère, pour nous tous.Prie pour l'humanité
qui souffre de la misère et de l'injustice, de la violence et de la haine,de la terreur et de la guerre.
Aide-nous à contempler avec le saint Rosaire les mystères de Celui qui « est notre paix », afin que nous nous sentions tous engagés dans un service précis pour la paix.
Aie un regard plein d'une attention particulière pour la terre où tu donnas le jour à Jésus,une terre que vous avez aimée ensemble
et qui, aujourd'hui encore, subit tant d'épreuves.
Prie pour nous, Mère de l'espérance !« Donne-nous des jours de paix, veille sur notre chemin.
Fais que nous puissions voir ton Fils,
remplis de joie dans le ciel. »
Amen !
Jean-Paul II
Fête de l’Immaculée-Conception
- 8 \bécembre -
