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E g lise en MARTINIQUE V isite en nous ! N° 595 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 8 DÉCEMBRE 2019 Hommage au père Filopon La saison touristique commence Ecologie : l’Eglise s’engage

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EDITORIAL 2 AGENDA DE L'EVEQUE 173 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com 222 « C onvertissez-vous, car le royaume des cieux est tout proche ! »(Mt3, 1). Ce 2 e dimanche de l’Avent et de la Solennité de l’Immaculée (8 décembre), nous met en présence de deux personnages importants dans notre préparation de la rencontre du Seigneur Jésus : la Vierge Marie et Saint Jean-Baptiste. Notons cependant que ce 8 décembre tombant le 2e dimanche de l’Avent, la fête mariale est décalée d’un jour. Ainsi cette année, la fête de l’Immaculée Conception sera célébrée le lundi 9 décembre. Le dimanche, qui est une commémoration du mystère pascal, demeure un jour de fête, et il a priorité sur la solennité. « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route ! » (Mt3, 2). Ce chemin du Seigneur, nous avons à le préparer dans notre vie, notre maison, notre paroisse, notre Eglise … par la prière, la conversion, l’accueil des autres. « Visite en nous », titre de notre revue, fait référence à diverses visites, la plus importante étant celle de Jésus dans notre vie…\ Notre évêque a également repris son bâton de pèlerin et a\ débuté ses visites pastorales. C’est la communauté de Trinité qui l’a reçu. Un temps fort vécu par tous les fidèles, et qui a vu également \ l’institution à l’acolytat d’un paroissien. Visite également des touristes ! La saison touristique est en effet ouverte. La Martinique reçoit des frères et sœurs venant d’a\ illeurs, avec d’autres cultures, d’autres modes de vie. A cette occasion, le Délégué Diocésain à la Pastorale du Tourisme nous présente son programme. Depuis plusieurs années, le rôle de l'homme dans la dégradation de son environnement n'est plus remis en cause : Pollution de l'air, de l'eau, des sols, nuisances sonores, destruction de la biodiversité. Aujourd’hui, Eglise en Martinique nous interpelle… « Ecologie : faut-il avoir peur pour la Martinique ? » C’est la question qui e\ st posée dans la rubrique « An Tchè Légliz-la ». Préparons le chemin du Seigneur. Il nous rejoint dans notre vie de tous les jours, tout spécialement à l’approche de Noël. Disp\ osons- nous à l’accueillir avec tout notre amour, en faisant œuvre d’unité, de paix et de réconciliation. Mettons-nous en marche avec Marie ! Bon temps de l’Avent ! Justine Lordinot ■ S ommaire EDITORIAL 3333 MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE EGLISE UNIVERSELLE\C • La Parole Dominicale •   Journée mon\biale \bu tourisme 2019 :  un avenir meilleur pour tous  •   Interview \bu père Philippon , \bélégué\n  \biocésain à la Pastorale \bu Tourisme • De quoi êtes-vous fi  ers en  Martinique ? •  Ecologie : faut-il avoir peur pour la Ma\nrtinique ? • Une histoire à suivre… : Gab Kingsley (suite) •  Bible en nous •  Journée mon\biale \bes pauvres •  ICEA •   Visite pastorale \be l’Evêque à la paroisse  \be Trinité •   « L’écologie intégrale »  en \bébat à l’Assemblée plénière \be la CEF •  Catholiques, je \nvous aime !  •   Solennité \be l'Immaculée \nConception  \be la bienheureuse Vierge Marie 2222 3333 4 5 6 7 8 9 10 12 13 15 • Une histoire à suivre… : Gab Kingsley (suite)• Une histoire à suivre… : Gab Kingsley (suite)• Une histoire à suivre… : Gab Kingsley (suite) COIN JEUNESSE  18 •  Ecologie : faut-il avoir peur pour la Ma\nrtinique ?•  Ecologie : faut-il avoir peur pour la Ma\nrtinique ? AN TCHÈ L\bGLIZ-LA 16 Dossier  :   TOURISME

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 3 Cette Eglise que j’aime… C ’est d’abord un formidable bouillonnement de vie au cœur d’un peuple ; une grande famille catholique, traversée certes par des frottements, mais aussi par tant de solidarité, de dévouement et d’amour ; une grande chaîne d’hommes et de femmes de tous âges et conditions, réunie à l’appel de Dieu. Le dimanche matin, quelle émotion de voir ces voitures garées autour des églises, ces petites filles endimanchées, ces grands-mères et leurs chapeaux, ces familles « sapées » qui se précipitent pour ne pas être trop en retard, ces hommes attroupés aux portes, ces milliers de voix louant Dieu, ces assemblées écoutant l’homélie ou agenouillées à l’élévation… Dieu est là ! Cette Eglise que j’aime… C’est la ferveur palpable des temps de prière, de louange et d’adoration qui rassemblent des foules et ceux qui leur montrent Jésus. Ce sont ces ministres de la liturgie qui, avec sérieux, prennent part à l’œuvre de Dieu ; ces milliers de choristes qui offrent leurs voix à la Parole du Seigneur. Ce sont ces centaines d’écoutants formés pour ne jamais laisser seuls leurs frères dans le Seigneur. Ce sont ces milliers de catéchistes et d’éducateurs dévoués à l’instruction chrétienne des jeunes et à l’évangélisation de leurs parents dans les paroisses, les mouvements ou les écoles. Ce sont ces familles (ah ! chères familles !) qui, au cœur de ce monde difficile, vivent et éduquent leurs enfants dans la foi. Ce sont ceux qui, en situation fragile, se savent aimés de Dieu et membres de notre famille, même s’ils ne communient pas, ou ces groupes d’hommes qui jaillissent çà et là pour témoigner de Jésus ! Dieu est là ! Cette Eglise que j’aime… Ce sont ces serviteurs, mouvements et communautés motivés par l’Esprit- Saint ; ce sont ces conseils, comités ou secrétariats qui assistent les pasteurs dans leur charge quotidienne au service du peuple ; ce sont ces groupes de jeunes qui, malgré les persécutions, résistent dans la joie et la simplicité pour servir à l’autel, agir et se rassembler ; ce sont ces acteurs de différents milieux socio- professionnels (artistes, politiques, enseignants, employés, chefs d’entreprises, psychologues, cadres, marins-pêcheurs…) debout pour bâtir le Royaume de paix et de justice ; ce sont ces intellectuels et chercheurs qui édifient l’Eglise et le monde par la recherche de la Vérité ; ce sont ces Martiniquais qui savent allier foi et identité pour diffuser l’Évangile dans notre culture. Cette Eglise que j’aime… Ce sont ces adultes qui préparent le baptême ou la confirmation dans notre diocèse ; ce sont les centaines de personnes qui, chaque année, consacrent du temps à leur formation chrétienne ; ce sont les milliers de fidèles de nos médias (Eglise en Martinique) qui récompensent les formidables équipes de communicants du diocèse ! Cette Eglise que j’aime… C’est ce monde parfois invisible et si peu connu de milliers de catholiques au service des plus pauvres, des migrants, des gens de la rue, des malades ou des personnes âgées isolées de nos campagnes. Cette Eglise que j’aime… Ce sont ces religieuses dont le dévouement s’étend sans relâche jusque dans le grand âge et la fatigue ; ce sont ces prêtres qui, malgré les attaques et les combats, continuent, seuls à pouvoir le faire, à donner Jésus en parole et en acte … pour l’amour de Dieu ! Dieu est là ! Catholiques, je vous aime ! + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ Dans la vie de couple, on ne doit pas passer son temps à se plaindre de ce qui ne va  pas : un époux déclare sa \blamme à son épouse, lui redit qu’elle est sa « toute-belle » !  Au nom du Christ-Époux, en ce début d’année liturgique, alors que l’Eglise-Épouse se  prépare à aller joyeusement à la rencontre de  « Celui qui vient sauver son Peuple » ,  il me plaît de nous redire la beauté de cette  « Nouvelle Jérusalem, belle comme une  épouse parée pour son époux » , la beauté de ce diocèse, de cette Eglise que j’aime\à ! MOT DE L’ÉVÊQUE Catholiques, je vous aime !

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 4 EGLISE UNIVERSELLE\n M ère Immaculée, le jour de ta fête, si chère au peuple chrétien, je viens te rendre hommage, au cœur de Rome. J’apporte, dans mon âme, les fidèles de cette Eglise et tous ceux qui vivent dans cette ville, en particulier les malades et ceux qui, en raison de différentes situations, ont plus de mal à avancer. Tout d’abord, nous voulons te remercier pour la sollicitude maternelle avec laquelle tu accompagnes notre chemin : combien de fois n’avons-nous pas entendu les récits, les larmes aux yeux, de ceux qui ont fait l’expérience de ton intercession, les grâces que tu demandes pour nous à ton Fils Jésus ! Je pense aussi à une grâce ordinaire que tu accordes aux habitants de Rome : celle de faire face avec patience aux inconvénients de la vie quotidienne. Mais pour cela nous te demandons la force de ne pas nous résigner, au contraire, de faire chaque jour chacun notre part pour améliorer les choses, afin que le soin de chacun rende Rome plus belle et plus vivable pour tous ; afin que le devoir bien accompli par chacun assure les droits de tous. Et en pensant au bien commun de cette ville, nous te prions pour ceux qui ont des rôles de plus grande responsabilité : obtiens-leur la sagesse, la clairvoyance, l’esprit de service et de collaboration. Sainte Vierge, je désire te confier de manière particulière les prêtres de ce diocèse : les curés, les vicaires, les prêtres âgés qui avec un cœur de pasteurs continuent à travailler au service du peuple de Dieu, les nombreux prêtres étudiants du monde entier qui collaborent dans les paroisses. Pour tous, je te demande la douce joie d’évangéliser et le don d’être des pères, proches des gens, miséricordieux. A toi, Femme entièrement consacrée à Dieu, je confie les femmes consacrées dans la vie religieuse et dans la vie séculière, qui, grâce à Dieu, sont si nombreuses à Rome, plus que dans aucune autre ville du monde, et forment une splendide mosaïque de nationalités et de cultures. Pour elles, je te demande la joie d’être, comme toi, des épouses et des mères, fécondes dans la prière, dans la charité, dans la compassion. O Mère de Jésus, je te demande une dernière chose, en ce temps de l’Avent, en pensant aux jours où toi et Joseph étiez angoissés par la naissance désormais imminente de votre enfant, préoccupés parce qu’il y avait un recensement et que vous aussi vous deviez quitter votre village, Nazareth, et vous rendre à Bethléem... Tu sais, Mère, ce que signifie porter en soi la vie et sentir autour de soi l’indifférence, le rejet, parfois du mépris. C’est pourquoi je te demande d’être proche des familles qui, aujourd’hui à Rome, en Italie, dans le monde entier vivent des situations semblables, afin qu’elles ne soient pas abandonnées à elles- mêmes, mais protégées dans leurs droits, des droits humains qui passent avant toute autre exigence, même légitime. O Marie Immaculée, aurore de l’espérance à l’horizon de l’humanité, veille sur cette ville, sur les maisons, sur les écoles, sur les bureaux, sur les magasins, sur les usines, sur les hôpitaux, sur les prisons ; que nulle part ne manque ce que Rome a de plus précieux, et qu’elle conserve pour le monde entier, le testament de Jésus : «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés» (cf. Jn 13, 34). Amen. Place d'Espagne, 8/12/1918 Source : http://w2.vatican.va/ ■ ACTE DE V\bN\bRATION DE L’IMMACUL\bE CONCEPTION Solennité de l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie Prière du Pape François Joseph étiez angoissés par la naissance légitime.légitime.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 55 Dimanche 8 décembre \b019  la P arole  Dominicale Deuxième dimanche de l’Avent - Année A C e deuxième dimanche du temps de l’Avent est marqué par la figure de Jean-Baptiste. Dans son commentaire de l’évangile de Saint Matthieu, Saint Hilaire de Poitiers dévoile certains aspects de la valeur symbolique de la description que fait de lui cet évangéliste. Jean se trouve au désert. Ce lieu avait, pour les Hébreux, une grande importance. C’est au désert, en sortant de l’Egypte avec ses souffrances, ses révoltes et ses espoirs, qu’Israël s’est graduellement transformé en Peuple de Dieu. C’est donc le lieu où on arrive avec le poids de ses péchés, et où débute un nouveau départ. Jean s’y trouve pour donner la possibilité de ce nouveau départ. Il était vêtu de poils de chameau. C’est ainsi qu’était habillé non seulement Élie, le plus grand des prophètes (2Rois 1, 8), mais aussi tous ceux qui avaient annoncé les grandes actions de Dieu dans l’histoire (Héb. 11, 37). Par cette tenue, le Baptiste, dernier des prophètes avant Jésus, annonce l’action définitive : Dieu se fait homme pour nous sauver. Il « avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage ». C’était la nourriture des enfants, de ceux qui naissent à la vie. Ces aliments sont aussi ce dont on peut se nourrir quand, en traversant le désert, on épuise toutes ses provisions. En ce sens, c’est la nourriture gratuite, don de la Providence divine. C’est la condition de l’humanité qui a épuisé ses ressources au cours de la longue marche dans le désert de ce monde et à qui Jean propose la Bonne Nouvelle, la nourriture qu’offre la miséricorde divine à ceux qui s’éveillent à sa vie. Ainsi, l’Evangéliste voit se réaliser en Jean ce qui avait été prévu huit siècles plus tôt : « Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». De ce livre du prophète Isaïe est tirée la première lecture. Dans l’extrait de ce dimanche, on parle du Messie à venir : « Sur lui reposera l’esprit du Seigneur… La justice est la ceinture de ses hanches… ». Le Messie annoncé portera donc la justice dont le fruit sera la paix. Pour exprimer cette paix, le prophète utilise des images devenues célèbres : « le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main ». Autant de signes de pacification de la création qui se réaliseraient avec la venue du Messie. Mais, malgré la venue de Celui-ci depuis deux mille ans, de ce qui est annoncé, on voit très peu de traces : les hommes continuent à se combattre avec des instruments toujours plus mortels. Dans le quotidien, si le fort s’intéresse au faible, c’est souvent plus pour l’exploiter que par amitié. Pourtant, par sa prophétie, Isaïe n’a pas raconté un songe, une utopie. Il a déterminé une prospective. Un monde de paix et de justice existe déjà dans la vie ultra-terrestre, à laquelle ceux qui le voudront accèderont. Ici sur terre, le Messie en a laissé des semences qui, à bien observer, germent déjà. Car dans ce monde, il n’y a pas que du négatif mais aussi beaucoup de choses positives. Ces plantes de la semence de paix qu’a apportées le Messie, croîtront davantage dans la mesure où chacun de nous les accueillera et les cultivera dans sa vie avec un amour patient. Abbé Médard Kounoudji Curé de la paroisse Saint Jean-Baptiste, Basse-Pointe ■ Isaïe 11,1-10  •  \àPsaume 71  •  Romai\àns 15,4-9  •  Matt\àhieu 3,1-12

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 6 LIRE TOUTE LA BIBL\ E EN UNE ANNÉE Pour ceux qui désirent lire la Bible ENTIÈREMENT, Eglise en Martinique reprend, numéro après numéro, la répartition proposée dans la Bible En Nous : « Lire la Bible en une année » (page XVII). Cette répartition échelonne tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testaments selon le cycle liturgique, de façon à ce que le lecteur reste toujours globalement en phase avec le mouvement spirituel de toute l’Eglise. On peut donc prendre le train en marche à n’importe quel moment de l’année. D’un point de vue pratique : ➊  favoriser l’endurance plutôt que la précipitation, ➋ ménager des moments calmes, ➌ prendre un rendez-vous de quelques minutes avec la Parole chaque jour, ➍ commencer la lecture par une petite prière (certaines sont proposées dans la BEN) et un « Je vous salue Marie ». Avant de commencer un nouveau Livre, vous pouvez prendre connaissance de l’introduction proposée par les biblistes. Cela enrichira votre compréhension. Restez bien dans une lecture amoureuse, un dialogue avec votre Dieu : dégustez, ne dévorez pas ! Relisez, s’il le faut, plusieurs fois un verset ou un bref passage… et laissez Dieu vous parler. Bonne lecture à tous ! ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 6 Pour se préparer à Noël, du 8 au 21 décembre, vous pourrez lire : Evangile selon saint Luc (Lc) 24 chapitres LIRE TOUTE LA BIBL\ E EN UNE ANNÉE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 7 Du 16 au 17 novembre, le Comité Diocésain de la Solidarité et de la Charité a coordonné  dans  le  diocèse  une  série  d’événements  autour  de  la  Journée  mondiale  des  pauvres,  instituée par le pape François en 2017. Ce week-end a été l’occasion pour la paroisse du  Lamentin d’un temps de prière et d’adoration avec les pauvres. L a journée mondiale des pauvres n’a pas seulement pour objectif de nous motiver à mieux servir les pauvres. Elle vise par-dessus tout à placer le pauvre au centre de nos vies. Jésus ne nous a pas seulement commandé de servir les pauvres, il s’est identifié à eux : « Ce que vous faites au plus petit, c’est à moi que vous le faites ». Adorer Jésus suppose de le contempler dans la personne du pauvre. Pour nous y aider, la paroisse du Lamentin a organisé une nuit d’adoration et d’espérance avec les pauvres sur la place André Aliker, du samedi 16 novembre 20h, au dimanche 17 novembre 5h. Cette place où respirent nuit et jour les blessés de la vie, et plus particulièrement les alcooliques et les toxicomanes, ce lieu de rencontre et disputes multiples, de règlements de compte, a été pour l’occasion un lieu de paix et de prière. Toute la communauté diocésaine était invitée. Nos frères et sœurs qui vivent dans la mangrove ont reçu la visite de paroissiens qui les invitaient à venir prier avec le reste de la communauté. À 21h, nous avons commencé notre temps de prière, accompagnés par Saint Vincent de Paul et les Pèlerins de l’Eau Vive qui faisaient partie de l’organisation de ce moment. Nous étions bien conscients de la présence aux quatre coins des rues de tous les SDF, les laissés-pour-compte de notre société. Sur la place, nous étions nombreux à prier avec les plus démunis d’entre nous, les alcooliques, les toxicomanes et leurs parents. Ce samedi soir, Jésus nous a dit : "Je viens à vous, vous tous qui peinez sous le fardeau, pour vous soulager…". Oui, Jésus a laissé le tabernacle pour venir à la rencontre de ceux qui ne viennent plus à l’église à cause de leur désespoir, de la honte. Il est venu à la rencontre de ceux qui sont blessés, mais qui ont tant besoin de lui. Il est venu leur dire : "Je vous écoute, je vous entends, vous ainsi que toutes ces personnes, vos amis, vos parents qui prient avec vous ce soir et qui crient de douleur avec vous : "Jésus Sauveur, guéris-nous de l’alcool, de la drogue, de la misère". Ce temps de prière était important pour nous faire comprendre que notre engagement de chrétien ne consiste pas uniquement en des initiatives d’assistance qui, bien que louables et nécessaires, doivent viser à renforcer en chacun l’attention maximale qui est due à chaque personne en détresse. Le pape François demandait de ne pas s'arrêter à la première nécessité matérielle, mais à découvrir la bonté qui se cache dans le cœur de chacun. En plus de l’aspect matériel, le grand défi de notre société est la pauvreté spirituelle. Car « la plus grande pauvreté est l’absence du Christ », comme l’a dit le pape François. Ce sont souvent des pauvres, cette nuit-là, qui nous faisaient découvrir le cœur miséricordieux du Père. Ils ont été marqués par les épreuves, et ils savent que Dieu leur a fait miséricorde. Toute une nuit de prière avec les pauvres, quelle grâce, Seigneur ! Ceux que notre saint patron Laurent appelaient "les trésors de l’Église", nous on fait comprendre, en priant avec nous, que pour suivre Jésus en vérité, il nous fallait faire entrer les pauvres dans notre vie. Nous remercions le Délégué diocésain de la Solidarité et de la Charité, Patrick Domergue, qui nous a accompagnés durant cette nuit de prière, nos prêtres pères Henderson et Guerrier, qui ont prié avec nous, l’équipe évènementielle de la paroisse qui nous a offert de quoi tenir jusqu’au matin, l’équipe de Sécurité déléguée par la mairie pour cette nuit, et aussi tous ceux qui ont fait des efforts pour la réussite de cette initiative. Que le Seigneur nous bénisse tous ! Mamette Marie-Louise, Paroissienne du Lamentin ■ Une nuit pour changer notre regard ! Journée mondiale des pauvres  VIE DU DIOCÈSE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 8 Formation Sciences Politiques et Ecologie Humaine Diplôme d'Etat Licence Mention Sciences Sociales (France) et Bachelor (Canada) Le campus d'enseignement supérieur de l'ICEA vous propose : • Un enseignement d'excellence pluridisciplinaire et ouvert sur l'international • Un accompagnement personnalisé • Un environnement moderne et hyper connecté F aire partie d’un réseau de plus de 200 universités catholiques réparties sur tous les continents, institutions qui conjuguent la qualité des enseignements avec l’exigence du sens, et qui cultivent surtout une vision de l’homme dans laquelle nous nous reconnaissons : telle est l’ambition de l’ICEA , Institut Catholique Européen des Amériques. Si l’appartenance formelle à la Fédération Internationale des Universités Catholiques (FIUC) prendra statutairement quelques années, l’ICEA y est déjà référencé, fait partie de ce réseau, et élabore dès à présent des partenariats avec ses membres. L’Université Saint-Paul à Ottawa en est le premier exemple. Des opportunités multiples d’échanges et de poursuites d’études Les étudiants de l’ICEA bénéficient de multiples possibilités de poursuite d’étude après leurs diplômes à l’ICEA. Ri\ en qu’en France (pays où le terme Institut plutôt qu’Université est dicté par la loi de 1880), l’Institut Catholique de Lille compte 32 000 étudiants et 217 filières de formation. Les autres Instituts (Paris, Angers, Toulouse, Lyon, sans oublier La Roche-sur-Yon) complètent des possibilités multiples avec des centaines de filières qui mènent aux diplômes d’Etat. Une convergence de vue particulièrement puissante qui crée des passerelles naturelles Sur tous les continents, la convergence de vision sur l’homme, avec une vision catholique et ouverte sur le monde, crée des passerelles privilégiées vers ces Universités Catholiques pour les étudiants de l’ICEA. C’est une possibilité, une vraie richesse, qui s’ajoute aux parcours classiques, accessibles naturellement grâce aux diplômes d’Etat délivrés aux étudiants de l’Ecole Thomas More. Retrouvez cette formation sur Parcousup ! ICEA  -  un réseau international de plus de 200 universités catholiques  

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 9 Je ne m’y attendais pas. C’était bien. Pas de cadre strict. J’ai bien aimé qu’on nous demande notre avis. Cela nous a permis de nous exprimer et de porter notre pierre à l’édifice. Nous participons à la vie de l’Eglise. J’espère une évolution de l’Eglise au niveau de la messe et de l’animation autre que des regroupements que ce que nous vivions déjà. Je suis choriste. Je veux vivre l’Eglise à travers le chant et la musique. Ce fût une après-midi très sympathique dans l’approche que l’évêque a instauré. Ce n’était pas une rencontre en grand groupe comme on a l’habitude de connaître. Il a créé de petits groupes. Chacun a pu s’exprimer librement. Cette fois, on nous écoutait. L’évêque cherchait à savoir ce que nous pensions et non à nous dire ce qu’il faudrait penser. Il nous a demandé comment nous, jeunes, on voudrait voir notre Eglise plus tard. C’est une démarche qui m’a beaucoup plu parce que pour une fois on se sent écouter. C’est à nous de faire des suggestions … et ça c’est bien. Les  23  et  24  novembre,  Mgr  David  Macaire  a  passé  le  week-end avec les paroissiens de Trinité. A l’orée de la  \bin du projet  ECCLESIA ’M 2020 ! , il s’est agi pour lui de poser  les  \bondations  de  l’Eglise  de  demain.  S’il  a  rencontré  l’ensemble des paroissiens, il était notamment question  pour  lui  de  venir  écouter  les  attentes  de  nos  jeunes.  Deux  questions  ont  présidé  à  des  échanges  \bructueux  et  surprenants  :   «  Que  viens-tu  chercher  en  tant  que  chrétien  à  la  messe  ?  Et  toi,  qu’apportes-tu  aux  autres  \brères et sœurs ? ». C es deux jours ont donc été ponctués par : - des rencontres avec des groupes de jeunes accompagnés de leurs responsables qui ont répondu nombreux à son invitation ; - la célébration des messes du samedi soir et du dimanche suivie de rencontres spontanées avec les fidèles venus en famille ; - l’institution à l’acolytat de Patrick Buval. V isite pastorale de l’Evêque à la paroisse de Trinité Huguette Deux questions étaient primordiales pour nous : Pourquoi les femmes ne pouvent pas être prêtres ? Pourquoi a-t-il eu la réforme du cheminement ? On espère qu’elle sera plus animée car on s’ennuie à la messe. Parfois la lecture est trop monotone. Avoir des homélies plus adaptées. Il faudrait des rencontres intéressantes qui ne se ressemblent pas. Il faudrait mélanger le côté ludique et la connaissance de Dieu. Suggestions : climatiser l’église. Séverine Théo Jocelyn Linise ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 10 C’était une première pour l’Assemblée plénière de la Con\bérence des Evêques de France   à Lourdes : mardi 6 et mercredi 7 novembre 2019, elle s’est élargie à des non évêques,  deux délégués par diocèse, associés aux travaux consacrés à l’écologie intégrale, premier  point de l’ordre du jour proposé par le Conseil Permanent et son président, Mgr Eric de  Moulins-Beau\bort. D ans sa présentation à l’ouverture de l’assemblée, Mgr de Moulins- Beaufort a souligné sa volonté de développer la dimension synodale dans le travail de la CEF à la suite de l’appel du pape François. C’est ainsi que l’hémicycle Sainte Bernadette a accueilli les 120 évêques et, pendant les deux premiers jours, 200 délégués dans une ambiance fraternelle et joyeuse. La matinée de la première journée a donné la parole à six personnes expertes de l’écologie, engagées dans le combat pour la transition écologique au nom de leur conscience écologique et de leur foi, ou en questionnement par rapport à la foi, ayant accepté de partager les données scientifiques disponibles sur ce sujet et leurs expériences personnelles traduisant le changement de vie lié à leur prise de conscience de l’urgence écologique. Le témoignage de Raphaël Cornut- Thénard, architecte, fondateur d’Anuncio et du congrès Mission, a mis en évidence le lien entre la prise de conscience écologique, récente chez lui, et l’identité chrétienne : la nature ou, plus précisément la Création, est confiée par le Créateur à l’homme pour qu’il la garde et la cultive. Or, nous vivons une crise écologique historique et nous prenons peu à peu conscience que le « monde a été démoli », son harmonie rompue, par le choix d’un développement intensif et destructeur de notre environnement. Les chrétiens ont un rôle prophétique : appeler l’humanité à se convertir pour prendre soin de la « maison commune », comme le demande le Saint-Père dans Laudato Si, en adoptant un rapport juste à l’environnement et en exerçant la charité envers toutes les créatures. L’Eglise doit être un acteur important de la transition vers un mode de vie plus sobre et respectueux de la nature : le consumérisme actuel, dont l’argent et le profit sont les moteurs, est l’ennemi de la création. Alors, même si notre planète est en danger, il est encore temps : convertissons-nous et replaçons le Christ au centre de nos vies. C’est ce que font aujourd’hui de nombreux jeunes qu’il a rencontrés et qui ont décidé un changement radical de leur mode de vie ! Pour Maxime de Rostollan, ingénieur et agroécologiste, fondateur de « Fermes d’avenir », nous devons comprendre qu’il n’y aura un engagement dans la transition écologique, une révolution sociétale, que s’il y a une prise de conscience de l’urgence de la situation et un changement de paradigme restaurant la relation harmonieuse entre l’homme et la nature, les deux étant inséparables, « tout étant lié ». La perte de la biodiversité résultant de notre modèle de développement doit nous alerter ! Le modèle de croissance adopté aujourd’hui, avec l’argent comme principal indicateur, est suicidaire : un effort de lucidité est nécessaire et l’appel du pape François à une vie plus sobre et préservant l’avenir des générations futures doit être entendu. Chacun doit changer de comportement dès maintenant ! Gauthier Chapelle, ingénieur agronome et docteur en biologie, « collapsologue », étudiant l’effondrement possible de notre civilisation, spécialisé dans le biomimétisme, a peint un tableau sombre de notre monde menacé d’un « effondrement » programmé : il a lui aussi changé de vie en quittant le monde académique pour devenir chercheur in(terre)dépendant. Pour lui, l’humanité a manqué l’occasion de sortir « en douceur » du mode de croissance « exponentielle » du capitalisme libéral entre 1970 et 1990 après l’appel du Club de Rome. Aujourd’hui, l’urgence est là, et la nature nous donne l’exemple : un autre mode de vie fondé sur l’entraide et la solidarité est possible. C’est pourquoi, il faut créer des « ilôts de résilience » ouvrant une conversion possible pour tous vers un mode de vie plus sobre et participatif. En étudiant la nature, on découvre que la compétition et la concurrence ne sont pas les seuls principes en acte, mais que l’entraide et la solidarité sont aussi à l’œuvre dans nos forêts (arbres et champignons vivant en interaction). Pour lui, la permaculture ouvre une autre voie de développement agricole. A la concurrence doit succéder la coopération, à l’égoïsme l’altruisme : oui, un autre monde est possible, et cela dépend d’une décision personnelle ! N’en doutons pas, la crise est devant nous : si les engagements pris lors des Conférences internationales sur le climat ne sont pas tenus, les rapports du GIEC (Groupe international d’experts sur l’évolution du climat) sont clairs : une augmentation, actuellement prévisible, de 2 à 4° d’ici à la fin du 21ème siècle, entrainera élévation du niveau des mers, disparition de vastes « L’écologie intégrale » en \bébat à l’Assemblée plénière \be la CEF VIE DU DIOCÈSE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 11 zones habitées et migrations de centaines de millions de personnes chassées de leurs territoires devenus invivables… Alors, dès maintenant, promouvons une culture de coopération et d’entraide pour faire face ensemble aux changements qui arrivent ! Faisons le choix de « moins de biens (matériels) et de plus de liens » ! C’est ce que recommande, lui aussi, Martin Choutet, fondateur de l’association pour l’amitié, oeuvrant auprès des personnes les plus pauvres. L’urgence écologique ouvre un temps favorable pour modifier nos comportements. Nous devons prendre en compte les souffrances causées aux autres par notre mode de vie actuel, que ce soit la personne démunie qui vit à côté de nous dans la rue de notre ville, ou le paysan africain qui ne peut vivre de son travail. Ce souci du prochain doit être à nouveau au cœur de nos choix ! Engagement écologique et engagement social, c’est le même combat ! La survie de la planète et la survie de l’humanité sont inséparables. Pour Fabrice Boissier, ingénieur des mines et directeur général de l’ADEME, la crise est bien là. De nombreux signes en témoignent, comme la pollution de la mer par nos déchets plastiques, le réchauffement climatique et ses effets sur la banquise, sur les glaciers, sur l’élévation du niveau des mers… Des études prospectives, intégrant ces « contraintes écologiques » doivent permettre de dresser un tableau possible de la France de 2050 : modes de vie et d’habitat, transports en commun, travail à la maison, types d’énergie, valeurs éducatives proposées par l’école… Un autre choix de développement économique est possible, comme le montre l’économie circulaire. Mais, sommes-nous prêts à changer notre mode de vie et de consommation ? Une économie de profit doit céder la place à une économie de la relation. La question nous est posée collectivement, et pas seulement personnellement. La référence à Ninive et à Jonas est éclairante : la conversion est possible, mais il faut qu’elle s’impose à tous comme l’illustre la décision du Roi de Ninive, suivie ensuite par tous les habitants. Enfin, pour Xavier, dirigeant d’entreprise, l’urgence écologique exige une élévation de conscience, et l’Eglise a un rôle essentiel à jouer en ce temps historique. Il est nécessaire de s’interroger : quel sens a le développement économique tel que nous le vivons depuis les années 60 ? En s’orientant vers la transition écologique, l’humanité répond à quatre défis qu’elle doit impérativement relever pour changer de mode de vie : s’aimer soi-même, aimer son prochain, aimer et chercher la vérité, aimer la création pour en prendre soin. Alors, pour certains, il est bien tard, et même trop tard pour changer ; mais cela vaut la peine d’essayer : la peur ne doit pas l’emporter sur l’espérance, source de joie. Inutile d’insister, ces discours de vérité ont été reçus avec gravité par les participants, évêques ou délégués diocésains, tous conscients des enjeux. Les échanges du temps de repas, et surtout ceux des ateliers de l’après-midi, au cours desquels les intervenants ont pu dialoguer avec les délégués et les évêques, ont été d’une grande richesse. La seconde journée a été l’occasion pour Elena Lasida, sociologue et responsable du pôle Ecologie à la CE, et Fabien Revol, théologien, de souligner le caractère extraordinaire de ce qui avait été vécu la veille : travail en commun entre évêques et simples baptisés, méthode innovante, lancement d’un processus dont on ne connaît pas l’aboutissement, paroles radicales entendues par tous… et même par deux bébés, Charles et Judith, représentants des générations futures, présents dans l’assemblée avec leurs parents délégués diocésains ! Il en est ressorti le sentiment de l’urgence écologique renvoyant également aux conclusions du récent synode sur l’Ama- zonie, et aux enseignements de Laudato Si appelant à entendre la clameur de la terre et celle des pauvres. La menace qui laisse entrevoir l’écroulement, l’ef- fondrement d’un monde, peut être vue aussi comme une promesse, celle d’un renouvellement et d’une joie de vivre en communion avec toutes les créatures, et avec le Créateur qui se donne à nous à travers sa Création. Cette crise écologique, dont nous prenons clairement conscience aujourd’hui, est un véritable appel à la conversion, comme le disait déjà Benoît XVI dans son message pour la Journée de la Terre en 2010. Les pistes de travail ouvertes nous invitent à passer d’une écologie de l’angoisse et de la peur, à une écologie intégrale faisant place à l’homme, permettant ainsi une écologie de l’espérance, et une écologie du sens et de la Révélation donnant à Dieu la première place et éclairant la marche de l’humanité, réconciliée avec elle-même, avec le monde et avec Dieu. Le dernier temps de partage, clôturant ces deux journées de travail, a été vécu par diocèse, et élargi aux provinces ecclésiastiques. Les évêques et délégués de Martinique, Guadeloupe et Guyane ont pu ainsi vivre des échanges riches et fraternels permettant d’esquisser les initiatives qui seront prises dans chacun de nos diocèses, situés dans des zones directement concernés par les effets du réchauffement climatique, pour y implanter l’écologie intégrale au cœur des démarches pastorales. Le moment est venu : réveillons-nous et agissons ensemble pour préserver la beauté naturelle de ces magnifiques régions qui nous ont été confiées. Nous le savons, la grâce du Seigneur ne nous fera pas défaut, lui qui est présent avec nous jusqu’à la fin du monde ! Enfin, nous voulons le souligner pour terminer, les temps de prières vécus en commun, offices du jour et messes, ont été des temps forts de communion et de joie entre tous les participants, ainsi que la belle veillée d’adoration du mardi soir, préparée avec soin par le service de la Pastorale des laïcs de la CEF autour de la prière d’alliance, et au cours de laquelle nous avons tous ressenti la présence et l’amour du Seigneur au milieu de nous. Nicole et Michel Déglise Délégués diocésains à l’Assemblée plénière élargie de la CEF ■

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TOURISME  DOSSIER Extraits du message du Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Pré\bet du Dicastère du  Développement Humain Intégral, pour la Journée Mondiale du Tourisme, observée  annuellement le 27 septembre. […] L a décision de se concentrer sur le tourisme du point de vue de l’emploi est particulièrement opportune compte tenu des facteurs critiques profondément enracinés et émergents dans la dimension vitale du travail pour de nombreuses personnes, sous toutes les latitudes. Les objectifs souhaités de paix, de sécurité, de progrès social et d’inclusion ne peuvent être atteints si nous négligeons l’engagement commun de veiller à ce que chacun ait un emploi digne, équitable et libre, construit autour de la personne et de ses besoins premiers de développement humain intégral. Le travail « est propre à la personne humaine. Il exprime la dignité d’être créé à l’image de Dieu », [1] a dit le pape François. Il ne peut y avoir de progrès là où il n’y a pas de travail et il ne peut certainement pas y avoir d’avenir meilleur. Le travail, qui n’est pas seulement un emploi mais un moyen par lequel l’homme s’accomplit dans la société et dans le monde, est un élément essentiel pour déterminer le développement intégral de la personne et de la communauté dans laquelle il vit. […] Selon les statistiques publiées par l’Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies (OMT), au moins un emploi sur 11 dans le monde est généré – indirectement ou directement – par le tourisme, et ces chiffres, qui concernent des millions de personnes des quatre coins du monde, sont en augmentation. On parle d’un cycle en expansion avec des implications énormes sur le plan social, économique et culturel, qui a dépassé les attentes les plus ambitieuses. Qu’il suffise de dire qu’en 1950, il y avait un peu plus de 25 millions de touristes internationaux, alors que les estimations suggèrent qu’au cours de la prochaine décennie, le nombre de voyageurs internationaux pourrait atteindre deux milliards. […] Compte tenu de ce flux, la dimension de rencontre que peut offrir l’emploi dans l’industrie touristique semble encourageante… […] Le pape François a parlé du tourisme comme une opportunité de rencontre dans son discours aux jeunes du Centre Touristique des Jeunes en mars, à l’occasion du 70ème anniversaire de la fondation de l’Association. Le Souverain Pontife s’est félicité de leur engagement à promouvoir un » tourisme lent » qui ne s’inspire pas des canons de la consommation ou ne cherche pas seulement à accumuler des expériences, mais qui soit capable de favoriser la rencontre entre les personnes et le territoire, la connaissance et le respect mutuel « [6]. […] ■ Journée mondiale du tourisme 2019 : un avenir meilleur pour tous ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 12 1] François, Catéchèse à l’audience générale, 19 août 2015. 6] François, Audience avec les directeurs et associés du Youth Tourism Center, 22 mars 2019.

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Père Philippon, vous êtes le délégué de la Pastorale des Réalités du Tourisme et des Loisirs (PRTL) du diocèse de Martinique, quelles réflexions vous inspire le message du Cardinal Peter Turkson ? L es emplois dans l'économie  touristique sont variés  et nombreux. Ainsi, un  voyageur en provenance de la  Guadeloupe, de la Guyane, de  l'Amérique du nord, ou d'Europe,  voire de plus loin encore par  avion, a un premier contact le plus  souvent digital, qui sera suivi par  une rencontre avec les membres  d'une compagnie aérienne qui  suppose de nombreux métiers  autres que le pilote et l'hôtesse  de l'air. Devant se déplacer, la  rencontre se vit avec l'agent de  comptoir du loueur de voitures ;  arrivé au lieu de séjour en hôtel,  si c'est l'option choisie, pour voir  et vivre la Martinique ; devant se  nourrir de la gastronomie locale  en dehors du lieu d'hébergement,  les restaurants de l'ile proposeront  les mets les plus savoureux à nos  chers visiteurs qui ne sont pas les  milliardaires du CAC40 ou de Wall  Street. J’ai gardé dans le cœur  ce merveilleux échange avec un  couple de retraités rencontrés dans  le grand marché de Fort-de-France  qui nous donne à réfléchir à la  « silver économie » : « Mon père,  cela fait 8 ans que nous venons en  Martinique. Mon mari et moi, nous  mettons de côté chaque année,  euro par euro pour nous offrir  ce merveilleux moment de nos  années de vieillesse ». A n’en pas  douter, il y a une grande diversité  des emplois dans le monde du  tourisme. Par ailleurs, l'activité touristique,  pour atteindre ses différents  objectifs, ne peut se passer d'une  formation permanente et sérieuse  pour faire aimer la Martinique  comme l'entend le message du  Comité Martiniquais du Tourisme.  Au restaurant, non seulement le  plat doit être savoureux pour  rendre agréable le séjour, mais  aussi la qualité du service avec le  sourire doit enrichir la rencontre  fraternelle par-delà la relation  "business" au sens le plus noble  de ce mot.   A la Martinique, comme je l'ai  constaté avec l'office du tourisme  du Marin au Salon nautique de  la Rochelle au Grand Pavois,  (invité par M me Lucie Beaudin,  Directrice de l’Office du tourisme  du Marin) et aussi à Top Resa, 2 ème  salon important pour l’économie  touristique de la Martinique,  (invité par M me Karine Mousseau,  Questions au  père Philippon, délégué diocésain à la Pastorale du Tourisme ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 13

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TOURISME  DOSSIER ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 14 Présidente du Comité martiniquais  du tourisme), les acteurs du  tourisme se battent pour conquérir  les marchés mondiaux et soutenir  les emplois du secteur. C’est ainsi  que le dernier évènement de la fin  du mois de novembre que vient de  vivre le monde de la plaisance en  Martinique, est l’arrivée de la mini- transat "La boulangère" partie de la  Rochelle deux semaines plus tôt, et  que l’Office du tourisme du Marin  nous a donnée de vivre. Enfin, pour conclure mes réflexions  à partir du message du cardinal  Turkson, je pense profondément à  cette catastrophe qui a meurtri non  seulement le cœur de nombreux  Parisiens croyants ou non et le  monde entier : l'incendie du lundi  15 avril 2019, jour de la Semaine  sainte, qui a blessé Notre-Dame  de Paris. Ce sont de nombreux emplois qui  sont aussi partis en fumée ; des  drames humains se jouent même  s’il n'y a pas de victimes directes  liées au feu ; des restaurateurs ont  dû licencier des employés qui pour  certains avaient plus de quarante  années de maison, comme me  l’a confié Madeleine dans son  restaurant « A l’ombre de Notre- Dame ». Un vrai déchirement  humain. Notre-Dame de Paris, priez pour tous ces sinistrés du tourisme parisien.  Quels sont les projets de la Pastorale diocésaine du Tourisme ? La Martinique est un joyau de la  Création que nous devons nous- mêmes découvrir en profondeur.  Nous devons ensuite le montrer  partout en Martinique et au-delà  personnellement et en Eglise, avec  deux boussoles : Bible En Nous  et Laudato Si’, texte encyclique  du pape François pour sauver la  maison commune.  •  Un samedi par mois dans des  lieux différents. En peu de mots :  réflexion, contemplation, partage. •  La journée du père Pinchon :  conférences avec le monde  universitaire dont l’ICEA, et des  débats avec les jeunes.  •  Le diocèse et ses évêques :  le 1 er évêque martiniquais,  Mgr Maurice  Marie-Sainte,  baptisé à la Basilique de Balata,  le petit Montmartre martiniquais,  et inhumé au cimetière jouxtant  ce haut lieu de la dévotion au  Sacré-Cœur. •   Pendant le temps liturgique de  carême : la Semaine Sainte en  Martinique à l’instar de Séville  en Andalousie. •   Pendant les vacances de juillet et  août : Vakans bò kay et le Tour de Martinique des yoles rondes. Qu'en est-il de l'ouverture des églises aux visiteurs ? La Pastorale des Réalités du  Tourisme et des Loisirs est avant  tout une pastorale de la rencontre.  Je me dois de convaincre tous mes  confrères de me soutenir dans  cette pastorale diocésaine voulue  par notre archevêque, Mgr David  Macaire, en invitant des hommes et  des femmes à se mettre ensemble  pour organiser ces espaces de  temps, afin de permettre des rendez- vous spirituels, ici en Martinique,  avec Jésus, tel ce mémorable  échange entre notre Sauveur et la  Samaritaine au puits de Jacob vers  midi.  Comme le Dr Martin Luther King  :  I HAVE A DREAM, to open the  doors of our churches. Please, help  me ! Kontan wè zòt ! Bienvenue !  Welcome ! bienvenido ! Herzlich  Willkommen !  ■ Thank you ! Mèsi anpil ! Un grand merci à tous les donateurs. L’activité touristique, nous l’avons vu avec l’incendie de Notre-Dame de Paris, reste  fragile. Ce n’est pas l’Office du Tourisme des Bahamas de Paris qui le démentira. Après la  catastrophe naturelle de l’ouragan Dorian du 27 août 2019 qui a ravagé des îles de l’archipel des Bahamas.  Les larmes du Premier ministre, Mr Hubert Minis, nous ont bouleversés. La pastorale diocésaine du  tourisme de la Martinique ayant entendu le cri de souffrance de nos voisins caribéens a médité cette  perle de notre culture créole : « Lè bab’ wvazen’w ka brilé, wouzé ta’w ». Elle médite aussi la parabole  lucanienne du blessé laissé pour mort au bord de la route : Le bon\  samaritain. « Exsélans Monséniè Patrick Pinder, nou ka mandé Bondjé lafòs épi kouraj pou zot tout. Tchébé rèd pa moli ! ». Help the Bahamas after Dorian Thank you ! Mèsi anpil ! Un grand merci à tous les donateurs. L’activité touristique, nous l’avons vu avec l’incendie de Notre-Dame de Paris, reste  fragile. Ce n’est pas l’Office du Tourisme des Bahamas de Paris qui le démentira. Après la  catastrophe naturelle de l’ouragan Dorian du 27 août 2019 qui a ravagé des îles de l’archipel des Bahamas.  TOURISME  DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 15 L’Association  Martinique  Biosphère  porte  la  démarche  de  candidature  mondiale  de  la  Martinique  au  titre  de  Réserve  de  Biosphère,  attribué  par  l’UNESCO.  C ette démarche a trois objectifs :  préserver et valoriser richesses naturelles et culturelles,   développer et valoriser savoir-faire, produits et activités,   encourager et valoriser la recherche scientifique et . l’éducation environnementale. Depuis septembre 2018, les habitants ont été invités dans l’ensemble des communes de notre île à participer, à s’exprimer, à être acteurs pour construire notre candidature : les 34 communes, et leur population, se sont rassemblées et engagées autour de ce projet commun. Les ateliers consacrés aux richesses naturelles et culturelles ont permis de mettre en avant les atouts remarquables de notre territoire. Deux questions, parmi d’autres, étaient posées aux participants : de quoi êtes-vous fiers dans votre commune ? De quoi êtes-vous fiers en Martinique ? Et les réponses ont fusé : la Montagne Pelée, le Rocher du Diamant, le Tombolo de Sainte-Marie, la Caravelle, les mangroves, la faune et la flore, les sources, les rivières et les cascades, les espèces endémiques, le littoral, les îlets, les forêts, les Pitons du Nord, les plantes médicinales, sont parmi les richesses naturelles citées en nombre. Le Carnaval, les danses et musiques traditionnelles, la gastronomie, la musique, l’artisanat, le créole, les églises, les "Chanté Nwèl", les coiffes et tenues traditionnelles, la Yole et le gommier, le tour des Yoles, la littérature et les écrivains, la Bibliothèque Schœlcher, les habitations, et bien sûr le rhum et les distilleries pour nos richesses culturelles. La Martinique est un trésor, une des plus belles îles des Caraïbes, et possède des atouts considérables. Les habitants n’ont pas ignoré les enjeux à relever : les pollutions liées aux activités et comportements humains (pesticides, chlordécone, VHU, plastique, eaux usées, décharges sauvages), mais aussi sargasses, risques naturels et changement climatique. Que faire ? Préserver nos richesses naturelles et notre identité culturelle, valoriser tourisme responsable, agriculture raisonnée et consommation locale, promouvoir sensibilisation et éducation à l’environnement à une large échelle, telles sont les propositions d’actions qu’ils ont majoritairement suggérées. Alors, personnellement et collectivement, passons à l’acte ! Nathalie de Pompignan Présidente Association Martinique Biosphère ■ L’Association  Martinique  Biosphère  De quoi êtes - vous fiers en Martinique ?

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 16 ? Question AN TCHÈ LÉGLIZ-LA ‘‘ Ecologie : faut-il avoir peur pour la Martinique? ‘‘ OUI ! Je ne réponds pas en tant que spécialiste ou expert de l’environnement, mais en tant que pasteur. La question de l’écologie va de pair avec la question des habitudes de consommation. Sommes-nous prêts à changer notre comportement de vie et de consommation? Commençons par la base : l’eau. Si nous ne changeons pas notre manière de consommer l’eau potable, nous arriverons tôt ou tard à un seuil critique qui affectera notre mode vie et notre environnement. Il nous faut en conséquence (ré)apprendre à utiliser l’eau non potable pour certaines activités (arrosage, lavage de voiture, etc.). Sans une véritable prise de conscience à l’échelle de l’île, j’ai bien peur que nous ne sciions la branche sur laquelle nous sommes assis. L’électricité. Elle est très pratique pour l’activité humaine. Mais elle n’est pas sans incidence sur l’environnement. Pour produire de l’électricité en Martinique, aujourd’hui, il faut consommer beaucoup de pétrole. C’est vrai que nous devrions améliorer l’utilisation d’énergie renou- velable, mais il faudrait en plus changer les habitudes : pas seulement apprendre à éteindre les lampes dans une pièce vide, mais aussi accepter de renoncer au confort quotidien de certaines tâches comme par exemple en cuisine utiliser “l’huile de coude” plutôt qu’un appareil électrique, pratique mais non sans incidence dans le bilan carbone ! ou encore monter/ descendre le store à la manivelle plutôt qu’au moteur électrique. Bref, tous ces petits gestes qui nous demandent des efforts et qu’on a facilités avec l’électricité. Je ne prône pas un retour en arrière, mais la gestion d’activités quotidiennes équilibrées entre ce que je peux faire par moi-même et l’utilisation d’appareils. Il faudrait parler aussi des transports, de l’alimentation, de la manière de nous divertir aussi. Mais je laisse ça aux spécialistes. Avoir peur pour la Martinique en matière d’écologie ? Oui, effectivement. Puisque déjà l'existant montre de terribles changements : les sols sont pollués. La question du chlordécone est un exemple très malheureux. L'utilisation de pesticides, d'engrais et autre chose encore ne va pas sans risque, et les conséquences s'inscrivent dans une échelle de temps assez grande. Le réchauffement climatique est une réalité et la montée des eaux est inéluctable : nous le voyons déjà sur les côtes avec la disparition progressive de nos plages. Si vous allez aux Salines par exemple, vous verrez très bien que la distance à parcourir pour aller à la mer s'est beaucoup rétrécie. A d'autres endroits, il n'y a même plus de plage. Mais nous subissons aussi les conséquences du changement global, des perturbations globales puisque la brume des sables est là avec son lot de troubles. Je me souviens du temps où les jours de brume de sable étaient extrêmement rares dans une année. Aujourd'hui, ces jours sont majoritaires : il y a plus de jours de brume de sable que de jours totalement clairs. Que sera la Martinique de demain alors en matière d’écologie ? Les influences nous viennent aussi d'ailleurs : le problème des Sargasses ne dépend pas de nous, il nous est imposé même si nous devons réagir en conséquence. L'apparition du poisson lion qui dévore l'écosystème marin, les iguanes qui viennent d'ailleurs et qui prolifèrent à la place de l'espèce endémique, que de changements déjà là ! Avoir peur pour la Martinique en matière d’écologie nous serait bénéfique. Parce que si on continue notre mode de vie actuel, on court à la catastrophe. Tandis que si nous prenions conscience que le bijou des Antilles est en danger, alors une réaction salutaire serait possible. Et comme nous ne sommes pas seuls, si nos voisins, et aussi les autres citoyens du monde pouvaient avoir la même réaction, à l’échelle de la planète les choses pourraient s’améliorer. En 2021, il n’y aura plus en Europe d’utilisation de plastique à usage unique… Finies nos assiettes en plastique lors de nos sorties à la plage ou à nos réceptions… Finis nos cotons-tiges traditionnels… Finies nos pailles pour siroter notre soda… De nouvelles habitudes basées sur la consigne s’établiront. A nous d’accueillir cette conversion ! Mais je vous renvoie la question : toute conversion peut-elle se passer de renoncements ? P. Christian Catayée ■ Les influences nous viennent aussi d'ailleurs : le nous, il nous est imposé même si nous devons réagir en conséquence.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 17 Agenda de l’Archevêque Samedi 7 décembre : • 14h : Messe d’envoi en mission de la Post-C onfirmation à l'église de Bellevue Du 7 au 8 décembre : Visite pastorale à la paroisse de Bellevue Samedi 7 décembre : • 18h : Messe anticipée à l’église de Bellevue Dimanche 8 décembre : • 7h : Messe dominicale à l’église de Bellevue • 9h30 : Messe dominicale au monastère de Terreville • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Lundi 9 décembre : • Messe pour tous les élèves du Séminaire Collège Mardi 10 décembre : • Conseil épiscopal Mercredi 11 décembre : • 15h : Rencontre avec les confirmands du Nord Caraïbe à l’évêché • 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs Jeudi 12 décembre : • Conseil d’Administration de l’ICEA• Réunion de synthèse de l'Association Martinique Biosphère Vendredi 13 décembre : • 18h30 : Messe de la fête patronale de la paroisse de Sainte-Luce Samedi 14 décembre : • Rencontre avec les présidents d’associations de marins-pêcheurs Du 14 au 15 décembre : Visite pastorale à la paroisse du Morne-Vert Dimanche 15 décembre : • 8h : Messe dominicale à l’église du Morne-Vert • 14h30 : Confirmation à la paroisse de Rivière-Pilote • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 17 décembre : • Conseil épiscopal Mercredi 18 décembre : • 9h : Messe à l'église du Prêcheur (180 ans de la commune) • 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs Vendredi 20 décembre :• 8h30 : Messe à l’Espérance Samedi 21 décembre : • Récollection pour les servantes d’autel de plus de 16 ans Du 21 au 22 décembre : Visite pastorale à la paroisse Vauclin Samedi 21 décembre : • 18h : Messe anticipée à l’église du Vauclin Dimanche 22 décembre : • 8h : Messe dominicale à l’église du Vauclin • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Retour vers le Père de Mgr Ernest Cabo (1932-2019) Mgr Riocreux et les prêtres du diocèse font part du décès de\ Mgr Ernest Cabo, évêque émérite du diocèse de Basse-Terre et Pointe à Pitre. Il est décédé paisiblement à l’EHPAD du Sacré-Cœur à Basse-Terre, entouré de sa famille dans la soirée du jeudi 28 Novembre. Mgr Cabo né le 15 Décembre 1932 à Sainte-Rose, baptisé le 22 Janvier 1933 a été ordonné prêtre le 9 Août 1964. Il a été vicaire à Capesterre, aumônier des mouvements jeunes, responsable des vocations, directeur du Foyer vocationnel Paul VI à Basse-Terre et à Pointe-à-Pitre. En 1972, il est nommé curé du Sacré-Cœur à Pointe-à-Pitre. Nommé Evêque par Saint Jean-Paul II, il a été consacré Evêque le 6 Novembre 1983 en la Cathédrale St Pierre St Paul de Pointe-à-Pitre. D’abord évêque auxiliaire de Mgr Oualli, il est devenu évêque de Guadeloupe, le 2 juin 1984. Ainsi, il a exercé son ministère épiscopal pendant un quart de siècle jusqu’au 5 Mai 2008. En retraite d’abord à l’évêché, puis à Gourbeyre, il résidait à l’EHPAD du Sacré-Cœur à Basse-Terre, près de l’évêché depuis mai 2016. Basse-Terre, le 29 Novembre 2019 L’association des prêtres du Prado a été fondée à Lyon par le P. Antoine Chevrier en 1860, le 10 Décembre. Cette date est retenue pour fêter annuellement le Prado. Les prêtres du Prado de la Martinique vous invitent à fêter cet\ anniversaire : le dimanche 15 Décembre 2019, de 15h30 à 18h, à l’église de Sainte Thérèse. C’est l’occasion de prier avec eux, de mieux découvrir le charisme et la spiritualité du Prado avec un enseignement et des échanges. C’est aussi l’occasion de partager un moment très convivial. Pour des informations complémentaires, vous pouvez contacter les prêtres du Prado : P. Barbe Gédio : 0696 11 18 54 - P. Pierre-Alex Zonzon : 0596 58 20 63 Fraternellement in Xto. Vos frères du Prado. Retour vers le Père de Mgr Ernest Cabo Il a été vicaire à Capesterre, aumônier des mouvements jeunes, responsable des vocations, directeur du Foyer vocationnel Paul VI à Basse-Terre et à Pointe-à-Pitre. En 1972, il est nommé

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 18 Une histoire à sui\gvre … Gab Kingsley -  On y est, lâcha Jo en jetant un mégot par la vitre ouverte. - Hum ? f  t Gab en se redressant. -  Bonsoir Madame Kingsley ! lança  Jo. - Gabriel Martin Kingsley ! -  Aïe ... bon je te laisse ... A plus  vieux ! f  t Jo en démarrant. - Mamaaaaan... -  A l'intérieur jeune homme ! Et tout  de suite ! - D’accord, d'accord... En passant devant la cuisine,  Gab aperçut sur la petite table  deux couverts. Il réalisa alors  que sa mère l'avait at endu  pour dîner. Se retournant alors  vers elle, il ouvrit la bouche pour  s'excuser, mais d'un geste sec  de la main, sa mère lui intima  l'ordre de se taire. - J'ai reçu un appel de ton lycée... Au timbre rauque et enroué de  la voix de sa mère, l'adolescent  compris que cet  e dernière avait  pleuré. Alors il tenta encore de  s'expliquer, mais elle ne lui laissa  pas le temps. -  Tes professeurs ne te supportent  plus, tu enchaînes les conseils de  discipline, tu es convoqué par la  principale ... Et puis, tu disparais  sans me dire où tu vas, ni avec  qui... - Maman... je... -  Tais toi ! s'écria M me Kingsley en  gif  ant Gab. L'adolescent se tint la joue,  consterné, car jamais sa mère  ne l'avait frappé, ni lui, ni son  petit frère Adams. -  Pourquoi agis-tu ainsi ! Alors que  j'essaye de vous élever seule,  du mieux que je peux, ton frère  et toi ! Je me démène pour vous  of  rir une existence convenable en  travaillant dure! Et toi... M me Kingsley rit amèrement. -  Toi, tu t'engages sur le même  chemin que ton père ! -  Je t'interdis de dire ça ! hurla Gab  bouillonnant de révolte.  Je... je  ne suis pas comme lui ! M me Kingsley lança alors un  regard at  risté à son f ls, avant  de se diriger dans le salon et de  s'assoir sur le canapé miteux.  Là, elle enfouit son visage dans  ses mains et dit d'une voix  déchirante : -  Seigneur ! Vois ma misère ! Vois  ma souf  rance! Gab, resté f gé dans l'entrée,  f  nit par se rendre dans la cuisine  et dîna solitairement avant  d’aller se coucher … Au petit matin, il se redressa  brusquement et réalisa,  soulagé, qu’il se trouvait dans  sa chambre. Sa respiration  était haletante et son cœur  s’était emballé. Il tenta alors  de s’apaiser en respirant  profondément et en chassant  de son esprit l’épisode houleux  d’hier soir.  Ses pensées étaient troublées  par le brouillard de ses rêves  agités et angoissants, qui ne  semblait pas vouloir se dissiper.  Se rapprochant alors du bord du  lit, il tâta du bout du pied le sol, à  la recherche de ses chaussures  qu’il trouva f nalement sur son  lit. Il se leva donc en frot ant  ses paupières encore alourdies  par le sommeil et dans le  couloir, passa devant la porte  entrebâillée de la chambre  de sa mère. Il hésita à entrer,  mais entendant les murmures  des prières qu’elle formulait, il  décida de la laisser tranquille. Il  se dirigea alors vers la chambre  de son petit frère Isiah ; il en  poussa la porte en veillant à ne  pas faire de bruit, et entra. Isiah  était de trois ans son cadet et à  son âge lui aussi se passionnait  pour les super héros, pensa Gab  en voyant les posters sur les  murs. Il lui sembla néanmoins  que les super héros noirs comme  Black Panther étaient encore  méconnus à son époque. Gab  observait, pensif, le visage aux  traits détendus de son frère,  et la quiétude qui en émanait lui  renvoya ses rêves et ses espoirs  blessés. Après avoir été convoqué par la principale Middle, Gab s’en alla avec Jo et fi t malgré lui la  connaissance de Spider, cet « ami » dont il fallait se méfi  er… Enfi  n, en rentrant chez lui, il retrouve  sa mère éplorée. Il tente alors de s’expliquer, mais cet  e dernière bouleversée ne l’écoute pas… de Yona ALLAGUY-SALACHY  (16 ans) 7ème  partie  (suite) de Yona ALLAGUY-SALACHY  (16 ans) Une histoire à sui\gvre … Chers lecteurs, nous retrouvons la suite de l’histoire dans le prochain numéro Coin Jeunesse

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 décembre 2019 – n° 595 19 Une nouvelle année pastorale commence. Chaque famille est invitée à vivre sa foi et à la partager au monde entier. Nous avons chacun, de part le baptême, reçu la mission de « Montrer Jésus » quels que soient notre milieu social, notre profession, notre âge, notre condition physique. Nous sommes tous appelés à être des témoins, tous sans exception. A cet égard, il sera mis en place une catéchèse pour les familles ayant un enfant en situation de handicap (physique ou mental). Une première rencontre pour les districts Centre Ouest et Centre Est, s’est tenue le samedi 23 novembre 2019, sur la la paroisse de la Cathédrale. Prochaines rencontres : - Districts Grand Nord et Nord Atlantique, le samedi 30 novembre, au presbytère de Sainte- Marie ; - Districts Sud et Grand Sud, le samedi 7 décembre 2019, au presbytère de Sainte- Luce ; - District du Nord Caraibe, le samedi 14 décembre, au presbytère de Sainte-Pierre. Les personnes souhaitant accompagner les familles sont invitées de 8h30 à 10h. Les familles concernées sont invitées de 10h à 11h30. Contact : Service Diocésain de la Catéchèse Tél : 0596 63 70 70. Catéchèse pour les familles ayant un enfant en situation de handicap COMMUNIQUÉS

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P rie, ô Mère, pour nous tous.Prie pour l'humanité qui souffre de la misère et de l'injustice, de la violence et de la haine,de la terreur et de la guerre. Aide-nous à contempler avec le saint Rosaire les mystères de Celui qui « est notre paix », afin que nous nous sentions tous engagés dans un service précis pour la paix. Aie un regard plein d'une attention particulière pour la terre où tu donnas le jour à Jésus,une terre que vous avez aimée ensemble et qui, aujourd'hui encore, subit tant d'épreuves. Prie pour nous, Mère de l'espérance !« Donne-nous des jours de paix, veille sur notre chemin. Fais que nous puissions voir ton Fils, remplis de joie dans le ciel. » Amen ! Jean-Paul II Fête de l’Immaculée-Conception - 8 \bécembre -

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