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E g lise
en MARTINIQUE
Hommage à Mgr Cabo • 1932-2019
A ccourons-y donc !
N° 596
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
22 DÉCEMBRE 2019
Hommage au père Filopon
Les anciens nous parlent de Noël
et du jour de l’An
Horaires des messes de Noël
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EDITORIAL
23
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04
http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com
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V
oici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils et on l’appellera
Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous » (Mt 1,23).
Noël est la fête d’une naissance, celle de Jésus dans notre
humanité. Noël est aussi l’incarnation de la Parole de Dieu en \
nous.
La liturgie de ce 4e dimanche de l’Avent nous fait entrer dans la
famille de Marie et de Joseph, tous les deux ajustés à Dieu.
Aussi, Dès le début de l’Avent jusqu’à la Chandeleur (2 février),
dans les églises et les familles chrétiennes nous retrouvons une
crèche évoquant la naissance du Christ à Bethléem. Dans sa \
lettre
apostolique « Admirabile signum » publiée le 1er décembre 20\
19,
le pape François exhorte que « Le merveilleux signe de la crèche, si
chère au peuple chrétien, suscite toujours stupeur et émerveill\
ement… La
crèche est comme un Évangile vivant, qui découle des pages de l\
a Sainte
Écriture… La crèche est un appel à l’humilité et au dé\
pouillement… La
crèche parle de l’amour de Dieu ».
Dieu nous aime, et Mgr Cabo, évêque émérite du diocèse de\
la
Guadeloupe dont les funérailles ont été célébrées ré\
cemment, a
expérimenté cet amour. Il a consacré sa vie à Dieu, et lui a été fidèle
jusqu’au bout. Paix à son âme !
Dans notre dossier intitulé «Les traditions de Noël vues par le\
s
Anciens », nos ainés témoignent. An tan lontan, l’accueil, la
solidarité et le partage étaient les maitres-mots, alors que de no\
s
jours, certains passent Noël confinés chez eux, seuls et isolés\
,
bien loin de ces instants de partage qui font l’esprit de Noël.
D’où la question qui interpelle, posée dans la rubrique « An\
Tchè
Légliz-la » : Peut-on être seul et triste à Noël ?
Comme nous le savons, l'indifférence est destructrice. Faisons place
à l’amour ! Soyons solidaires : visitons ceux qui sont seuls. L’Eglise,
c’est nous ! Que personne ne reste donc enfermé dans sa solitude.
C’est ainsi que pour bien vivre en communauté les différentes
célébrations de fin d’année dans le diocèse, les horaires\
des messes
de Noël et du Jour de l’An vous sont proposés pour les diffé\
rentes
paroisses.
Par ailleurs, l'année qui s'achève est l'occasion de vous remercier de
votre fidélité. Cette édition est, en effet, la dernière de \
2019. Nous
nous retrouverons le 5 janvier 2020, à l’Epiphanie du Seigneur.
Rappelons- nous que Jésus est notre cadeau de Noël, un beau cadeau\
reçu de Dieu, notre Père ; un cadeau qui donne sens à notre vie\
.
C’est la bonté de Dieu qui éclate à Noël !
Accueillons ce cadeau, et laissons-nous transformer… Que le
Seigneur naisse dans notre cœur et dans nos familles !
Venez, Divin Messie, nous rendre espoir et nous sauver ! Vous êtes notre
vie : Venez, venez, venez !
Joyeux Noël à tous !
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
3333 MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
EGLISE DE GUADELOUPE
VIE DU DIOCÈSE
EGLISE UNIVERSELLE\C
• La Parole Dominicale
• Noël d\bantan...
• Témoignages
• Un conte de noël par Bèlè Lé\ngliz
• Peut-on être seul et triste à Noël ? • Bible en nous
• ICEA
• Journées Nationales Prison du 23 au \n30
novembre 2019
Justice, Prison : Sortir \ndu cercle vicieux
• Agenda de l’Archevêque
• Une session ACPM sous le signe de l\bamour
• Visite Pastorale à Bellevue « Mes chers jeunes vous êtes les acteurs du changement
de l’Église »
• Le chanoine Georges Salinière
• La Journée de la pa\nuvreté dans le Nord-Atlantique
• Horaires des messes de Noël 2019 et du Jour de l’An 2020
• « Bénissez, ne maudissez pas » (Rm 12,1\n4)
Pour préparer nos cœurs à Noël
• Lettre apostolique du pape François Le merveilleux signe de la crèche
• Mgr Cabo : l’Hommage populaire et unanime
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MÉDIAS 19
• Peut-on être seul et triste à Noël ?
1212 AN TCHÈ LÉGLI\b-LA 12121218
Dossier : LES TRADITIONS DE \CNOËL VUES PAR LES ANCIENS
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B
énissez, c'est à cela que
vous avez été appelés, afin
d'hériter la bénédiction
(1P 3,9). Pourtant, la tentation est
grande, face à la situation morale
de notre époque, de hurler leurs
« quatre vérités » à tous les
menteurs qui, de l’Assemblée
Nationale, au Journal Télévisé, en
passant par les salles de classe ou
les vidéos des réseaux sociaux,
abusent par de vaines raisons notre
génération et la traînent vers des
désordres qui attirent la colère de
Dieu (Ep 5,5-6) !
Le peuple périt faute de connaissance
(Os 4,6)… Ne faut-il pas, alors, que
chacun dise la vérité à son prochain
(Ep 4,25) ? En effet, ni le fornicateur,
ni le débauché, ni le cupide – qui est
un idolâtre – n'ont droit à l'héritage,
dans le Royaume (Ep 5,5-6). Il est
donc capital de dénoncer les œuvres
stériles des ténèbres. Et même si ce
que ces gens-là font en cachette, on
a honte même de le dire ; quand
tout cela est dénoncé, c'est dans
la lumière qu'on le voit apparaître
(Ep 5,11-14) !
Que faut-il donc faire !? Parler (au
risque de déformer le message
chrétien qui est avant tout « Amour
et Miséricorde » et de voir s’éloigner
tant de personnes traumatisées par
les jugements de chrétiens bien-
pensants) ou se taire (au risque de
laisser périr des âmes dans le péché
et se mettre en faute par omission) ?
Ce qui est certain, c’est que pour
ne pas contrister l'Esprit Saint de
Dieu, il faut extirper de chez nous
aigreur, emportement, colère,
clameurs, outrages, avec la malice
sous toutes ses formes. Face au
péché, il faut savoir se montrer bons
et compatissants les uns pour les
autres, se pardonner mutuellement,
comme Dieu nous a pardonné dans
le Christ (Ep 4, 32). Aux antipodes de
la dénonciation aigrie systématique
et contre-productive, l'apôtre
encourage à discerner ce qui plaît au
Seigneur (Ep 5,10). Il enseigne que le
nom des impuretés ne soit même pas
prononcé parmi nous, car mieux vaut
faire entendre des actions de grâces
(Ep 5,3-4) afin d’être vainqueur du
mal par le bien (Rm 12,14-21).
Autrement dit, dénoncer le mal, ce
n’est pas vociférer des malédictions
par-ci par-là et en chaque situation,
mais c’est être attiré par ce qui est
humble, ne pas se complaire dans
l’orgueil de sa propre sagesse (…),
être en paix avec tous si possible,
autant qu'il dépend de soi, ne
pas oublier que c'est Dieu qui fait
justice (Rm 12,14-21), renouveler son
jugement par une transformation
spirituelle (Ep 4,23) et ne laisser sortir
de sa bouche que de bonnes paroles
capables d'édifier, quand il le faut,
et de faire du bien à ceux qui les
entendent (Ep 4,29).
Toute bonne âme se demande
comment tirer bon parti de la
période présente, tandis que nos
temps sont mauvais (Ep 5,16). Mais
attention ! Rien n’est plus éloigné de
l’Évangile que la culture des « coups
de gueule », à la radio comme à la
maison, en public comme en privé
et surtout à l’église ! « Bocs » et
remarques acerbes, diatribes et
jugements pour faire « wont » aux
gens, ne sont pas dignes des disciples
de Jésus-Christ, même motivés par
de justes et tristes constats ! Il est dit :
Récitez entre vous des psaumes, des
hymnes et des cantiques inspirés ;
chantez et célébrez le Seigneur de
tout votre cœur. En tout temps et à
tout propos, rendez grâce à Dieu le
Père, au nom de notre Seigneur Jésus
Christ (Ep 5,20).
Pour changer notre monde, nos
proches, nos frères ou notre cœur,
la Parole nous invite donc davantage
à compter sur l’humble fécondité
de l’amour fidèle et de la confiance
renouvelée que sur l’efficacité
trompeuse de condamnations
orgueilleuses et systématiques.
Si tu veux être prophète, parle à
temps et à contre temps. Mais ne
parle pas d’en haut. Parle « d’en-
bas », comme Jésus, les reins
attachés et en lavant les pieds de
tes frères et prononce sur eux la
prophétie : Éveille-toi, toi qui dors,
lève-toi d'entre les morts, et sur toi
luira le Christ (Ep 5,14).
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
MOT DE L’ÉVÊQUE
« Bénissez, ne maudissez pas » (Rm 12,14)
Pour préparer nos coeurs à Noël
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EGLISE UNIVERSELLE\n
L
e merveilleux signe de la crèche,
si chère au peuple chrétien,
suscite toujours stupeur
et émerveillement. Représenter
l’événement de la naissance de Jésus,
équivaut à annoncer le mystère de
l’Incarnation du Fils de Dieu avec
simplicité et joie. La crèche, en effet,
est comme un Évangile vivant, qui
découle des pages de la Sainte Écriture.
En contemplant la scène de Noël,
nous sommes invités à nous mettre
spirituellement en chemin, attirés par
l’humilité de Celui qui s’est fait homme
pour rencontrer chaque homme. Et,
nous découvrons qu’Il nous aime
jusqu’au point de s’unir à nous, pour
que nous aussi nous puissions nous
unir à Lui.
Par cette lettre je voudrais soutenir la
belle tradition de nos familles qui, dans
les jours qui précèdent Noël, préparent
la crèche.
…
L’origine de la crèche se trouve surtout
dans certains détails évangéliques
de la naissance de Jésus à Bethléem.
L’évangéliste Luc dit simplement que
Marie « mit au monde son fils premier-né ;
elle l’emmaillota et le coucha dans une
mangeoire, …» (2, 7). Jésus est couché
dans une mangeoire, appelée en latin
praesepium, d’où la crèche.…
Les Sources franciscaines racontent
en détail ce qui s’est passé à Greccio.
Quinze jours avant Noël, François appela
un homme du lieu, nommé Jean, et le
supplia de l’aider à réaliser un vœu :
« Je voudrais représenter l’Enfant né
à Bethléem, et voir avec les yeux du
corps, les souffrances dans lesquelles il
s’est trouvé par manque du nécessaire
pour un nouveau-né, lorsqu’il était
couché dans un berceau sur la paille
entre le bœuf et l’âne » 1. Dès qu’il l’eut
écouté, l’ami fidèle alla immédiatement
préparer, à l’endroit indiqué, tout le
nécessaire selon la volonté du Saint. Le 25
décembre, de nombreux frères de divers
endroits vinrent à Greccio accompagnés
d’hommes et de femmes provenant des
fermes de la région, apportant fleurs
et torches pour illuminer cette sainte
nuit. Quand François arriva, il trouva
la mangeoire avec la paille, le bœuf et
l’âne. Les gens qui étaient accourus
manifestèrent une joie indicible jamais
éprouvée auparavant devant la scène
de Noël. Puis le prêtre, sur la mangeoire,
célébra solennellement l’Eucharistie,
montrant le lien entre l’Incarnation
du Fils de Dieu et l’Eucharistie. À cette
occasion, à Greccio, il n’y a pas eu de
santons : la crèche a été réalisée et vécue
par les personnes présentes 2.
C’est ainsi qu’est née notre tradition :
tous autour de la grotte et pleins de joie,
sans aucune distance entre l’événement
qui se déroule et ceux qui participent
au mystère.
… De cette crèche de Noël 1223,
« chacun s’en retourna chez lui plein
d’une joie ineffable » 3.
Faire une crèche dans nos maisons
nous aide à revivre l’histoire vécue à
Bethléem. … D’une manière particulière, depuis ses
origines franciscaines, la crèche est une
invitation à « sentir » et à « toucher » la
pauvreté que le Fils de Dieu a choisie
pour lui-même dans son incarnation.…
Chers frères et sœurs, la crèche fait
partie du processus doux et exigeant de
la transmission de la foi. Dès l’enfance et
ensuite à chaque âge de la vie, elle nous
apprend à contempler Jésus, à ressentir
l’amour de Dieu pour nous, à vivre et
à croire que Dieu est avec nous et que
nous sommes avec lui, tous fils et frères
grâce à cet Enfant qui est Fils de Dieu et
de la Vierge Marie ; et à éprouver en cela
le bonheur. À l’école de saint François,
ouvrons notre cœur à cette grâce simple
et laissons surgir de l’émerveillement
une humble prière : notre « merci » à
Dieu qui a voulu tout partager avec nous
afin de ne jamais nous laisser seuls.
Donné à Greccio, au Sanctuaire de la crèche,
le 1 er décembre 2019, la septième année de
mon Pontificat.
François
■
Sur la signification et la valeur de la crèche, «Admirabile signum»
Lettre apostolique du pape François
Le merveilleux signe de la crèche
1 Thomas de Celano, Vita Prima, n. 84 : Sources franciscaines (FF), n. 468.
2 Cf. ibid., n. 85: FF, n. 469.3 Ibid., n. 86: FF, n. 470.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 5
Son Excellence, Mgr Ernest Cabo, était évêq\be émérite d\b diocèse
de G\badelo\bpe. Il était le 12
ème évêq\be de son Diocèse.
N
é le 15 décembre 1932 à
Sainte-Rose, en Basse-Terre,
il a été ordonné prêtre le
9 août 1964. Il a d’abord été évêque
auxiliaire de Guadeloupe à partir du 2
juillet 1983, puis ordonné le 6 novembre
1983 à Pointe-à-Pitre par le délégué
apostolique Paul Tabet. Il fut intronisé à
la cathédrale de Basse-Terre le 7 octobre
1984, et il occupa cette charge jusqu’en
mai 2008 où, pour raison d’âge, il donna
sa démission qui fut acceptée par le
pape Benoît XVI.
Mgr Cabo est décédé paisiblement à
l'âge de 86 ans à l’EHPAD du Sacré-Cœur
à Basse-Terre, entouré de sa famille, dans
la soirée du jeudi 28 novembre 2019.
Lors de la veillée à l’évêché et la messe de
funérailles dans la cathédrale, le peuple
de Dieu a rendu un bel hommage à celui
qui fut l’évêque de Guadeloupe pendant
un quart de siècle, Mgr Ernest Cabo.
Dès l’arrivée du cercueil de bois blanc
dans la salle du Synode, des centaines
de fidèles, notamment sa grande famille
de Sainte-Rose, se sont recueillis devant
l’évêque. Dans le cercueil, le corps de
Mgr Cabo revêtu de sa mitre avec à ses
côtés, la crosse reçue par l’évêque lors de
son ordination épiscopale en 1983. Son
successeur, Mgr Riocreux, a d’ailleurs
présenté ces insignes épiscopaux au
début de la messe concélébrée par un
cardinal, cinq évêques et des dizaines
de prêtres.
Après les témoignages et la prière
durant toute la soirée du mercredi,
ce fut la fermeture émouvante du
cercueil, ensuite porté par des prêtres
guadeloupéens depuis l’évêché jusqu’à
la cathédrale proche. Procession
impressionnante précédant Mgr Cabo
mis à même le sol dans le chœur de la
cathédrale.
Les autorités ont été saluées par
Mgr Riocreux : Préfet, Président
de Région, Présidente du Conseil
Départemental, Parlementaires,
nombreux Maires. Dans un climat à la
fois joyeux et recueilli, Mgr Macaire a
prononcé son homélie, plus exactement
l’évocation de Mgr Cabo en reprenant
son style d’alternance de chants,
réflexions en créole, soulignant l’héritage
du pasteur souhaitant que chacun soit
membre actif de l’Eglise.
Au terme de la célébration, en présence
d’un millier de fidèles, le cercueil a été
mis dans le tombeau des évêques,
où Mgr Cabo repose désormais. La
belle plaque de marbre a été gravée,
rappelant ses dates de naissance en
1932, son épiscopat comme évêque
titulaire de Basse-Terre (1984-2008) et
l’année de son décès, 2019, ainsi que
ses armoiries et sa devise : « Jésus Christ
Seigneur, Alléluia ».
Cet hommage unanime et populaire
restera dans la mémoire des participants
et des milliers de Guadeloupéens qui
ont pu suivre la célébration par l’image à
la télévision, et par le son avec les radios.
Un grand moment de communion réalisé
ainsi par celui qui avait la mission de
rassembler le peuple de Dieu !
+ Jean-Yves RIOCREUX
Evêque de Guadeloupe
■
Mgr Cabo :
l’Hommage populaire et unanime
EGLISE DE GUADELOUPE
Son Excellence, Mgr Ernest Cabo, était évêq\be émérite d\b diocèse
mis dans le tombeau des évêques,
l’Hommage populaire et unanime l’Hommage populaire et unanime
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Dimanche 22 décembre 2\b19
la P arole Dominicale
Quatrième dimanche de l’Avent - Année A
D
ans cette attente motivée par la
liturgie de l'Avent, les grands
désirs qui nous envahissent
comme ceux qui habitaient les cœurs
des fidèles de l'Ancien Testament,
nous portent à l'impatience de
connaître une nouvelle fois le visage
du Messie tant attendu.
Pour le connaître ou plutôt le
reconnaître, l'Eglise nous a offert de
parcourir un chemin durant les trois
premiers dimanches de l'Avent à la
suite des prophéties d'Isaïe et de la
prédication de Jean-Baptiste.
Aujourd'hui, grâce aux questions de
Saint Joseph, le Ciel par la voix de
l’« ange du Seigneur », applique la
prophétie d'Isaïe à l'enfant de Marie.
Revenons quelques instants sur
ces doutes de Joseph. Marie a
épousé Joseph mais avant d'habiter
ensemble, elle est enceinte. Joseph
est un « saint homme ». Sa sainteté
loin d'être apparente comme pourrait
l'être celle d'un pharisien, est réelle
et sincère. Devant la réalité évidente
de la grossesse de Marie, il décide de
la renvoyer. Cependant, il ne peut
mettre en doute la sainteté de Marie et
donc la diffamer publiquement, voilà
pourquoi il décide de la « renvoyer
en secret ». C'est donc par le désir
profond de correspondre à la volonté
de Dieu et par humilité devant le plan
de Dieu qu'il ne comprend pas, que
Joseph prend cette décision. Il nous
apprend déjà que la sainteté n'est pas
seulement une suite d'actes à poser
ou de paroles à dire, mais bien comme
dit Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus,
« une disposition du cœur qui nous
rends humbles et petits devant Dieu,
conscient de notre faiblesse, mais
confiants en sa Miséricorde infinie ».
L'humilité et la confiance de saint
Joseph sont rapidement récompensés,
car Dieu envoie son ange pour le
rassurer : « Joseph, Fils de David, ne
crains pas de prendre chez toi, Marie
ton épouse ». Saint Ambroise relève
qu'en parlant de son épouse, l'ange
vient confirmer la réalité du mariage
entre Joseph et Marie. C'est donc dans
une famille exemplaire que le Messie
doit venir. De là est née la dévotion à
la Sainte Famille.
Puis, l'ange explique à Joseph le
mystère de l'Incarnation du Fils de
Dieu annoncée par cette prophétie
d'Isaïe : « Voici que la Vierge concevra,
et elle enfantera un fils ; on lui
donnera le nom d'Emmanuel ». Jamais
l'humanité ne pouvait comprendre ou
appliquer à n'importe qui cette parole.
Une vierge qui conçoit un enfant et
qui le met au monde, dépasse toute
intelligence humaine et défie les lois
de la nature, en fait, ne relève que
du miracle. C'est donc la révélation
décisive qui s'exprime maintenant,
« l'enfant qui est en elle vient du Saint-
Esprit, tu lui donneras le nom de Jésus,
car c'est lui qui sauvera son peuple de
ses péchés ». C'est le signe prophétisé
qui apparaît dans l'histoire.
Il ne nous reste donc qu'à contempler
cette belle définition du Messie
qui nous est offerte ce dimanche :
« Emmanuel » c'est-à-dire « Dieu
avec nous », et la nuit de Noël nous
pourrons chanter « Et Verbum caro
factum est, le Verbe s'est fait chair »,
Dieu a revêtu notre humanité.
Mais pourquoi l'Incarnation ? Parce
qu'« Il sauvera son peuple de ses
péchés » ! Le Messie que nous
attendons en ce dimanche n'est pas
un enfant comme les autres qui déjà
réjouit nos cœurs, c'est le Sauveur du
monde, celui qui « enlève le péché
du monde », « le seul par lequel nous
puissions être sauvés » comme le
proclame saint Pierre dans les Actes
de Apôtres, car « il n'y a de Salut en
aucun autre ».
C'est donc avec l'humilité et la
confiance de Joseph que nous
reconnaissons et désirons le Sauveur
qui vient par la Vierge Marie.
« O Emmanuel, notre Roi et notre
Législateur, Attente des Nations et
leur Sauveur : venez nous sauver,
Seigneur notre Dieu. » (antienne « Ô »
des Vêpres du 23 décembre dans la
forme tridentine).
Abbé Nicolas Challan Belval
Aumônier des Ecoles Catholiques
■
Isaïe 7,10-1 • Psa\bme 23 • Romai\éns 1,1-7 • Matthi\ée\b 1,18-24
LITURGIE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 7
LIRE TOUTE LA BIBL\
E EN UNE ANNÉE
Pour ceux qui désirent lire la Bible ENTIÈREMENT, Eglise en Martinique
reprend, numéro après numéro, la répartition proposée dans la Bible
En Nous : « Lire la Bible en une année » (page XVII). Cette répartition
échelonne tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testaments selon le
cycle liturgique, de façon à ce que le lecteur reste toujours globalement
en phase avec le mouvement spirituel de toute l’Eglise. On peut donc
prendre le train en marche à n’importe quel moment de l’année.
D’un point de vue pratique :
➊
favoriser l’endurance plutôt que la précipitation,
➋ ménager des moments calmes,
➌ prendre un rendez-vous de quelques minutes avec la Parole chaque jour,
➍ commencer la lecture par une petite prière (certaines sont proposées dans
la BEN) et un « Je vous salue Marie ».
Avant de commencer un nouveau Livre, vous pouvez prendre connaissance de
l’introduction proposée par les biblistes. Cela enrichira votre compréhension.
Restez bien dans une lecture amoureuse, un dialogue avec votre Dieu : dégustez,
ne dévorez pas ! Relisez, s’il le faut, plusieurs fois un verset ou un bref passage…
et laissez Dieu vous parler.
Bonne lecture à tous
!
➊ 1e, 2 e & 3 e Epitre de saint Jean (Jn) 5+1+1 chapitres
➋ 1e & 2 e Epitre de saint Pierre (P) 5+3 chapitres
➌ Lettre de saint Jacques (Jc) 5 chapitres
➍ Lettre de Jude (Jude) 1 chapitre
➎ Evangile selon saint Marc (Mc) 16 chapitres
➏ Livre de Ruth (Rt) 4 chapitres
➐ Livre d’Esdras (Esd) 10 chapitres
LIRE TOUTE LA BIBL\
E EN UNE ANNÉE
Pour vivre Noël,
du 22 décembre 2019 au 4 janvier 2020,
vous pourrez lire :
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 8
Pour tout renseignement, appeler l’ICEA au 06 96 27 10 44 - ou envoyer un mail : contact@icea-edu.fr
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bien plus qu’un diplôme d’État. C’est un pari sur l’av\
enir, celui de former les acteurs de demain.
L’intérêt de cette licence est d’établir des passerelles e\
ntre des thématiques appréhendées ordinairement de façon clo\
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L’histoire, l’économie et les disciplines juridiques, en lien é\
troit avec la géopolitique ou la sociologie, intègrent le corpus de
base permettant aux étudiants de mieux comprendre le monde dans lequel nous évoluons, et de développer leur capacité
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VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 9
Agenda de l’Archevêque
Dimanche 22 décembre :
Visite pastorale à la paroisse du Vauclin
• 8h : Messe dominicale à l’église du Vauclin
•
17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
• Bénédiction du nouvel orgue de l’église de Régale
Mardi 24 décembre :
• Messe de Noël avec le Secours Catholique
• 23h : Veillée de Noël à la cathédrale Saint-Louis
• Minuit : Messe de la Nuit de Noël à la cathédrale Saint-Louis Mercredi 25 décembre : Solennité de la Nativité du Seigneur
•
Messe de l’Aurore de Noël au centre pénitentiaire de Ducos
• 10h30 : Messe du Jour de Noël à la cathédrale Saint-Louis
Dimanche 29 décembre : Fête de la Sainte Famille –
Visite pastorale à la paroisse de Bellevue (suite)
• 7h et 9h : Messes dominicales à la paroisse de Bellevue
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Vendredi 3 janvier 2020 :
• Messe à l’EHPAD « Le Temps de Vivre » au Carbet
Dimanche 5 janvier : Epiphanie du Seigneur
• 10h : Messe dominicale à la chapelle de la Maison des Spiritains
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
D\b 23 a\b 30 novembre 2019 se sont déro\blées les 26 èmes Jo\brnées Nationales Prison. A
la Martiniq\be comme dans to\bs les départements de français, ces jo\brnées initiées par
le Gro\bpe National de Concertation Prison (GNCP), et relayées par les Gro\bpes Loca\bx
de Concertation Prison (GLCP), ont e\b \bn écho dans la pop\blation. Le thème en était
porte\br : « J\bstice, Prison : Sortir \éd\b cercle vicie\bx ».
Quel cercle vicieu\dx ?
E
n effet, notre système carcéral
est pris dans un cercle vicieux, et
l’on se rend compte que plus on
insère, plus il est difficile d’accompagner
correctement les personnes incarcérées
durant leur détention, et par là même,
préparer leur sortie. Ainsi, après leur
sortie, peu ou mal préparée (recherche
de logement, de travail, lien avec la
famille, suivi extérieur pour certains
particulièrement ceux qui ont besoin
d’être cadré etc.), ces personnes
reviennent en prison d’où ce cercle
vicieux. Ainsi donc, l’accent n’est-il
pas plus porté sur l’extension du parc
pénitentiaire, ainsi que sur l’arsenal de
mesures au lieu de prévenir, ou encore
travailler à améliorer les conditions
d’accompagnement, de préparation
à la réinsertion ? De plus, la durée
d’emprisonnement (peine courte)
entraine souvent une sortie sèche sans
avoir pu être préparée.
Empêcher la récidiv\de :
Sortir de la déli\bqua\d\bce
La récidive en Martinique reste à un taux
à peu près similaire à celle de tous les
départements français. Toutefois, on ne
pourra améliorer cette situation sans le
concours de tous les acteurs politiques,
institutionnels, économiques, sociétaux,
religieux, etc.
En effet, il faut pour cela une véritable
prise en compte de cette difficulté. C’est le
processus par lequel une personne sort
de la délinquance. En fait, on ne cherche
plus pourquoi il y a récidive, mais plus
comment la personne s’en sort. Ainsi, on se
rend compte que si elle s’en sort c’est parce
qu’elle a été accompagnée, écoutée, mais et
surtout parce qu’elle a elle-même choisi de
changer de vie, de prendre un autre chemin.
Le rôle de l’Aumô\be\drie
A ce niveau, les aumôneries ont tout leur
sens, car la prise de conscience de ce que
l’on est et de ce que l’on veut être passe
par un travail, un cheminement non
seulement humain mais spirituel,
se reconnaître et vouloir changer ;
une véritable volonté mais aussi un
accompagnement, un suivi régulier.
C’est avec l’aide de l’Esprit Saint,
l’Amour de Dieu et le regard maternel
de Maman Marie que le changement
peut véritablement s’opérer. Il faut
aussi nos prières. En conclusion, sortir
du cercle vicieux doit être l’affaire de
tous.
En relation avec le Groupe Local
de Concertation Prison, durant ces
Journées nos actions ont porté sur la
communication avec le public et sur
les médias. En lien avec le thème de
cette année, nous avons organisé une
matinée d’animation et de prévention
sur la place Roméro de Fort-de-France.
Frantz Odonnat
Aumônier de Prison
■
Justice, Prison : Sortir du cercle vicieux
Journées Nationales Prison
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 10
Née de la volonté d\b père Moncontho\br d'insta\brer \bne éq\bipe ACPM s\br la paroisse de la
Cathédrale, avec l'app\bi d\b co\bple responsable M\briel et Georges Novarre, l’éq\bipe Saint-
Lo\bis s'est constr\bite progressivement en intégrant des co\bples q\bi avaient manifesté la
volonté de devenir co\bples animate\brs à l'iss\be des samedis d\b C\éPM.
P
endant 3 ans, nous avons
cheminé, prié ensemble, parlé
ouvertement de nos blessures
et de notre passé, partagé la parole
de Dieu autour de révisions de vie un
mercredi par mois, avec la volonté ferme
d’entamer une mission de couple, et
d’être au service des fiancés. Bref, nous
avons appris à vivre ensemble et à nous
faire connaître.
D’horizons divers, puisque nous venons
des 4 coins de la Martinique (Case-Pilote,
Gros-Morne, Fort-de-France, Sainte-
Anne, Saint-Joseph, Robert, Trinité…),
nous avons réussi à créer une union forte
de foi et de prière avant la tenue de la
première rencontre. Tous les talents et
les charismes du groupe ont été mis en
œuvre pour mener à bien la mission et
faire de cette session une réussite selon
le plan de Dieu.
Nous avons porté en prière tous les
fiancés inscrits en faisant le jeûne
chaque vendredi, en récitant le chapelet
jusqu’à entamer un Jéricho que nous
avons clôturé le mardi précédant le
premier dimanche.
Pendant 6 semaines, du dimanche 27
octobre au dimanche 1er décembre, 20
animateurs réunis au sein de 5 carrefours
(saint Marc, saint Joseph, saint Luc, saint
Mathieu, saint Jean) ont abordé les
différents thèmes et échanges fructueux
avec les 27 couples fiancés présents
afin de leur permettre de discerner leur
vocation au mariage. Empreints de vérité,
les témoignages donnés par les couples
animateurs ont été tous édifiants
ainsi que les enseignements de notre
aumônier père Wilfried Bannais, et des
différents prêtres et diacres du District
qui nous ont accompagnés.
La session de l'Equipe Saint-Louis s'est
terminée par une rencontre festive
autour des Noces de Cana. Les couples
animateurs, revêtus de leurs plus beaux
habits de noces, ont accueilli avec joie
les fiancés pour la dernière fois après
une célébration à la Cathédrale, et
une bénédiction finale des couples
animateurs et des fiancés par le père
Moncontour.
Pour les gourmands, nous avons pu
apprécié tout au long de la session les
talents culinaires de Sabine et Thierry
jusqu’au gâteau final des noces.
Un grand merci à tous les laïcs et les
intervenants qui ont contribué à la
réussite de cette première session 2019
sur la paroisse de la Cathédrale.
L’union, le partage, le soutien, le dialogue
entre membres de l’équipe Saint-Louis
et les couples fiancés nous ont permis de
mener à bien cette session. Bref, l'amour
entre nous nous a permis de dépasser
les montagnes et de montrer aux fiancés
un visage du Christ Amour et Ressuscité.
L’équipe ACPM Saint-Louis.
Paroisse de la Cathédrale
■
VIE DU DIOCÈSE
Une session ACPM sous le signe de l'amour
du 22 décembre 2019 – n° 596
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 11
Le week-end d\b 7 a\b 8 décembre 2019, Monseigne\br David
Macaire était de passage à la paroisse de Notre-Dame de
Bellev\be, dans le cadre d’\bne visite pastorale. C'est avec
bea\bco\bp de joie q\be les pères Alain Ransay (c\bré) et Philibert
Madrandélé (vicaire) ainsi q\be l'ensemble des paroissiens
l'ont acc\beilli.
L
e samedi, à 14h30, Monseigneur
a d'abord célébré la messe
pour tous les post-confirmés de
Martinique. Il leur a rappelé l'importance
d'être à l’écoute du Seigneur afin de
discerner leurs vocations, mais aussi de
devenir de véritables évangélisateurs.
A 18h, il a présidé la célébration de la
messe anticipée du dimanche au cours
de laquelle lui ont été présentés les
responsables des différents groupes et
mouvements de la paroisse.
Après la messe, s’est tenue une belle
rencontre entre l’évêque et les jeunes
de 25-35 ans. Y ont pris part une
cinquantaine de jeunes adultes qui,
pour la plupart, sont impliqués dans les
paroisses ou encore en cheminement,
assoiffés de Dieu et cherchant à accroître
leur relation avec Lui. D'ailleurs, c'était
précisément sur ce thème que Mgr
Macaire, soucieux de l'avenir des jeunes
du diocèse, voulait mettre l’accent
afin de leur permettre de rester en
communion avec notre Seigneur Jésus
Christ en travaillant à Sa vigne.
Chez les 25-35 ans, nous constatons
que la moisson est abondante, mais
les ouvriers peu nombreux (Mt 9,37).
Pour pallier ce manque et améliorer les
projets qui leur seront destinés, l’évêque
leur a posé la question suivante :
"Qu'attendez-vous de l’Église ?"
Les jeunes, par petits groupes, ont
manifesté leur désir ardent de rencontrer
le Christ, d'apprendre à
le connaître à travers
sa Parole, d’avoir le
discernement pour agir
selon ses préceptes et
pouvoir ainsi le refléter
comme des enfants de
lumière. De plus, la majorité
a affirmé venir à l’Église afin d'y trouver
un soutien et un réconfort spirituel pour
mieux faire face aux blessures que la
société actuelle leur inflige. Pour cela,
un véritable besoin de guide spirituel
s'est fait sentir. Ils voudraient aussi
que l’Église soit enrichie par diverses
activités adaptées à leur rythme de vie
et permettant de les réunir davantage.
Des propositions ont été faites : groupes
de réflexions sur la Bible, sur les faits
marquants, activités sportives, ateliers
sur la liturgie… S'investir au sein du
diocèse doit être l'une de leurs priorités.
L’évêque appelle donc activement les
jeunes à adopter une attitude volontariste
au sein de l’Église en apportant des
idées, des projets et en s'y engageant
dans la mesure du possible. Il les invite
à oser de nouvelles missions telles que
l'évangélisation à travers les réseaux
sociaux, et à en renouveler d’autres telles
que, par exemple, les débats entre jeunes
sur Radio Saint-Louis.
L’archevêque a également évoqué
un point important : celui du caritatif.
Jésus s'est identifié aux pauvres, aux
malades, aux prisonniers… Ainsi, il est nécessaire d'intégrer que
l'engagement du chrétien
inclut de se mettre au
service du Seigneur à
travers nos frères et sœurs
les plus faibles.
Être en mission, c'est aussi se marier,
fonder une famille selon le cœur de Dieu
et évoluer spirituellement ensemble. Il y
avait d’ailleurs plusieurs parents mariés,
préoccupés par leurs difficultés à se
rendre à la messe, ou encore à la suivre
correctement avec leurs enfants.
C'est la raison pour laquelle l’évêque a
évoqué le problème des horaires des
messes qui doivent être accessibles
pour tous, la mise en place d’un service
de garderie durant les heures de messe
qui permettrait un éveil à la foi pour les
plus petits. Les célibataires ne sont pas
oubliés : l'évêque prévoit de continuer
leur accompagnement par rapport à leurs
vocations.
Le lendemain, en raison de sa
participation à la Trans Martinique et
de sa visite au monastère de Terreville,
Monseigneur n’a pu présider les
eucharisties dominicales. Mais, pour la
plus grande joie de tous, il reviendra le
dimanche 29 décembre prochain.
Agnès Michel,
paroissienne de Bellevue
■
Visite Pastorale à Bellevue
« Mes chers jeunes, vous êtes les acteurs
du changement de l’Église
»
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 12
24 Décembre 1965, décès d\b chanoine Georges Salinière. Voilà pl\bs de 50 ans q\be l’abbé Salinière,
originaire de Saint-Joseph, a q\bitté ce monde po\br la maison d\b Père. 5
ème d’\bne fratrie de 15
enfants, il est parti très je\bne de la Mart\éiniq\be po\br sa formation.
Cette année 2019, comme l'an dernier, à l'occasion de la Jo\brnée de la pa\bvreté, le dimanche 17
novembre, la priorité a été donnée a\bx personnes en sit\bation de précarité dans notre environnement.
La zone d\b Nord-Atlantiq\be a organisé \bn repas festif po\br recevoir ces personnes.
G
eorges Salinière avait
à peine 10 ans lorsque,
repéré par le père Triclot, il
est parti au petit séminaire d’Allex,
à l’initiative du père Jourdan.
Arrivé sur place, l’enfant est tout
émerveillé de voir la neige pour la
première fois !
Les quelques personnes encore
vivantes qui l’ont connu se
souviennent de son caractère
toujours joyeux, voire un peu
taquin !
Au football, il avait été surnommé
« 420 », en référence aux canons de
la 1 ère guerre mondiale, et à cause
de son tir précis et puissant.
Il a vite été repéré par la direction
de l’école comme un élève assidu
à l’étude, et très consciencieux ;
c’est pourquoi il avait été nommé
auxiliaire. C’était en quelque sorte
l’adjoint du surveillant général
(aujourd’hui on dirait Conseiller
Principal d’Education, NDLR).
A la fin de sa formation initiale,
avec les pères Jean-Michel et
Lavigne, il est parti pour Alger.
De retour à la Martinique, il est
ordonné prêtre. Il servira dans
plusieurs paroisses dont le
Gros-Morne, Rivière-Salée
et le François.
Il a eu droit à des
funérailles grandioses
dans cette dernière
paroisse. Sa messe de
sortie a été dite dans
sa paroisse d’origine,
Saint-Joseph, où encore
aujourd’hui habite la
famille Salinière.
Joël Sandot ■
L
es partenaires au sein du Pôle social
de la Trinité que sont la Maison du
Cœur, le CCAS et l'Épicerie Sociale
et Solidaire de la Trinité, sous le regard
bienveillant de la paroisse, ont mis tout en
œuvre pour faire de cet élan de charité un
temps festif. Cet objectif a été amplement
atteint si l'on en croit les différents
participants.
Les produits culinaires offerts généreuse-
ment par des donateurs (que nous remer-
cions encore ici) tels que légumes-pays,
boissons sans alcool, pâtés, eau, fruits,
pâtisseries, viandes et poissons... ont fait
la joie des papilles gustatives de tous les
convives.
Un orchestre couleur locale a offert tout
l'après-midi une ambiance qui remplissait
la piste de danse sans discontinuer, et
c'était un bonheur de voir les cadres
municipaux (M. le Maire et son épouse
en tête) danser, rire et s'amuser parmi et
avec des personnes âgées plus ou moins
guillerettes. Un des grands maîtres du bèlè
et un groupe de danse improvisé ont offert
un moment de musique traditionnelle
de haute facture. La rencontre a pris fin
comme prévu vers 17h, et un coup de main
a permis rapidement de laisser la salle
propre et bien rangée.
Des remerciements chaleureux
doivent être adressés aux scouts et
guides, aux bénévoles du groupe
charismatique du Robert, ainsi qu'à
ceux de Trinité, de même qu'aux
groupes Sourire d’Automne et les
Jeunes Ouvriers de Jésus de la Trinité.
Remerciements aux membres
de l'Épicerie Sociale et Solidaire,
de même qu'au personnel de la
municipalité, cadres et service
technique compris, qui ont prêté
main forte même en cuisine... Oui !
Vraiment un moment de réelle solidarité.
Il a été noté toutefois qu’il faudra garantir
un moyen de locomotion (bus) pour que
toutes les personnes isolées ou à mobilité
difficile, puissent participer à la fête.
M. Denis Ponchateau,
Président de la Maison du Cœur
■
Le chanoine Georges Salinière
La Journée de la pauvreté
dans le Nord-Atlantique
Le chanoine Georges SalinièreLe chanoine Georges Salinière
VIE DU DIOCÈSE
plusieurs paroisses dont le
Gros-Morne, Rivière-Salée
Joël Sandot ■
de la Trinité.
Remerciements aux membres
Épicerie Sociale et Solidaire,
de même qu'au personnel de la
municipalité, cadres et service
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 13
ParoissesVeillée Nuit de Noël Jour de Noël Jour de l’An
Ajoupa-Bouillon
20h 8h
Le 31 : 18h • Le 1 er : 8h
Anses d’Arlet 20h 10h
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 10h
Balata 19h veillée
20h 9h30
Le 31 : 6h30
• Le 1 er : 9h30
Basse-Pointe 16h Pour les enfants à Démare
20h 9h
Le 31 : 17h30
• Le 1 er : 9h
Bellefontaine 17h30 veillée - 18h30 messe 9h30
Le 31 : 20h
• Le 1 er : 9h30
Bellevue 15h (enfants) - 20h télévisée
8h
Le 31 : 21h veillée suivie de la messe
• Le 1 er : 9h
Carbet 20h veillée + messe 9hLe 31 : 18h Adoration – 20h messe
Le 1
er : 8h Prière mariale – 9h messe
Case-Pilote 19h30 veillée - 20h30 messe 7h30
Le 31 : 18h30
• Le 1 er : 8h
Cathédrale 23h veillée + messe à minuit 10h30Le 31 : 18h Adoration - 20h messe
Le 1
er : 7h30 et 10h30
Coridon 19h 10h
Le 31 : 23h suivie de l’Adoration
• Le 1 er : 9h
De Briant 19h 9h
Le 31 : 18h vêpres suivies de la messe
• Le 1 er : 8h
Diamant 9h
(enfants + leurs parents) - 19h 9h
Le 31 : 18h30 Adoration • Le 1 er : 9h
Ducos 20h 8h
Le 31 : 20h
• Le 1 er : 8h
Emmaüs 19h 8h
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 8h
Fond-Saint-Denis 18h 9h30Le 1 er : 18h
Foyer de Charité
de Trinité Pas de messe
9hLe 31 : 21h veillée d’adoration + messe à minuit
François 19h 8h
Le 31 : 17h Adoration - 18h30 messe
• Le 1 er : 8h
Grand-Rivière 20h 8h
Le 31 : 18h Adoration – 20h messe
• Le 1 er : 8h
Gros-Morne 19h 8h
Le 31 : 20h - 22h-1h nuit d’adoration
• Le 1 er : 8h
Josseaud 18h30 8h
Le 31 : 18h30
• Le 1 er : 8h
Lamentin 15h Célébration : enfants, PCE
19h Veillée suivie de la messe 6h et 8h30
Le 31 : 19h veillée
• Le 1 er : 6h et 8h30
Lorrain 15h30 enfants
19h veillée - 20h messe 8h
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 8h
Macouba 20h 10hLe 1
er : 10h
Marigot 15h30 enfants
20h 10h
Le 31 : 22h veillée suivie de la messe
• Le 1 er : 9h30
Marin 19h 9h
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 9h
Morne-des-Esses 19h 8h
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 8h
Morne-Rouge 19h 8h30
Le 31 : 18h
• Le 1 er : 8h30
Morne-Vert 19h 8hLe 1 er : 8h
Prêcheur 18h30 7h30
Le 31 : 18h30
• Le 1 er : 7h30
Redoute 16h
19h30 8h
Le 31 : 20h
• Le 1 er : 8h
Régale 18h30 Pas de messeLe 1
er : 7h30
Rivière-Pilote 18h30 8h
Le 31 : 18h30
• Le 1 er : 8h
Rivière-Salée
(Grand-Bourg) 19h 8h (Bourg)
10h30 (Ehpad Logis
St Jean)
Le 31 : 18h30
• Le 1 er : 9h30
Petit-Bourg 18h30 8hLe 1
er : 7h
Robert 20h 8h
Le 31 : 23h30
• Le 1 er : 8h
Sainte-Anne 18h30 - 20h messe 9h
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 9h
Saint-Christophe 19h 6h15 - 8h30
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 6h15 - 8h30
Saint-Esprit 18h30 9h
Le 31 : 20h30
• Le 1 er : 9h
Saint
-Joseph 22h 9h
Le 31 : 18h Adoration - messe à 19h • Le 1 er : 9h
Sainte-Luce 19h 8h30
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 8h30
Sainte-Marie 15h catéchèse - 19h messe 8h bourg
10h30 à St Jacques
Le 31 : 17h Adoration suivie de la messe
• Le 1 er : 8h
Saint-Pierre 19h 8h30Le 1
er : 8h30
Sainte-Thérèse 20h 9h
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 9h
Schœlcher 16h (Terreville famille enfants)
19h (Bourg) 8h (bourg)
Le 1
er : 8h (bourg)
Tartane 19h veillée suivie de la messe 9h30
Le 31 : 19h veillée
• Le 1 er : 9h30
Terres-Sainville 20h 8h
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 8h
Trinité 19h 8h
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 8h
Trois-Ilets 19h 7h30
Le 31 : 18h Adoration - 19h messe
• Le 1 er : 7h30
Vauclin 19h 8h
Le 31 : 19h
• Le 1 er : 8h
Vert-Pré 18h 8h
Le 31 : 18h veillée suivie de la messe
• Le 1 er : 8h
Anse Mitan 17h 9h30Le 1 er : 9h30
Maison des Spiritains 19h 10h
Le 31 : 19h • Le 1 er : 10h
Horaires des messes de Noël 2\b19 et du Jour de l’An 2\b2\b
Rapprochez-vous du secrétariat de la paroisse qui vous intéresse.
Page 14
LES TRADITIONS DE \nNOËL
VUES PAR LES ANCIENS DOSSIER
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 14
N
ous nous proposons de vous
raconter comment nous vivions
dans notre famille, le temps de
l’Avent qui nous conduit aux Fêtes de Noël.
A l’époque, qui n’est pourtant pas telle-
ment éloignée, juste une cinquantaine
d’années, les actions commerciales
étaient beaucoup moins importantes.
Et pourtant nous étions vraiment libres
et heureux dans la simplicité de nos choix.
Nous avons maintenant une multitude
de groupes d’animation, alors que,
munis de nos Cantiques de Noël,
nous profitions simplement des ani-mations à la télévision ou à la radio pour accompagner nos chants.
La crèche était sortie du placard pour être réinstallée, tous les sujets attendaient le moment décisif et retrouvaient leurs places pour la plus grande joie de tous.
La maman avec l’aide des enfants
préparait l’arbre de Noël où elle accrochait des boules de toutes
les couleurs, une guirlande lumi-
neuse et différents sujets. Mais avant toute chose, nous voulions
entrer dans cette nouvelle année litur-
gique, en préparant notre cœur à la venue
de Jésus Fils de Dieu. Le Père dans sa
grande miséricorde a voulu nous visiter
lui le Tout Puissant, le Créateur de tout
ce qui existe, dans ce Petit Enfant, confié
à l’Amour d’une famille humaine.
Dans le recueillement, la Prière, la
confession, nous voulions nous sou-
mettre à cette volonté de Dieu pour que
notre conversion soit accomplie dans
tout notre être. Nous désirions accueillir
cette humilité de Dieu et sa douceur
pour que notre conversion s’opère dans
sa Lumière et dans sa Paix. Alors par
la lecture de la Parole, nos chants, nos
louanges, nos adorations, nous pouvions
sentir notre vie grandir.
Dans le recueillement nous assistions
aux messes dominicales de l’Avent et
nous attendions la veillée de la Naissance
de Jésus et puis la messe du jour. Alors
dans la joie nous pouvions terminer
notre crèche en y faisant entrer l’Enfant
Jésus. Mais nous savions que la plus
belle crèche était celle de notre cœur où
Jésus devra régner désormais.
■
Comment vivions�nous Noël en Famille il y a 50 ans �
TÉMOIGNAGE DE S ONIA ET A LBERT A RNAULD
A q\belq\bes jo\brs d\b réveillon de Noël, c’est l’effervescence ! Les centres commercia\bx
brillent de mille fe\bx ; les « chanté Nwel » s’enchaînent dep\bis fin novembre. Le Noël
d’a\bjo\brd’h\bi est deven\b \bne fête commerciale… mais l’esprit de Noël est bien là !
D'a\bc\bns se so\bviennent d\b Noël d'antan, en famille et entre amis. C'était vraiment
\bne fête des retro\bvailles et de partage.
Po\br cette édition, grâce a\bx témoignages de nos aînés, no\bs avons choisi de vo\bs
replonger dans l'atmosphère de ce Nöel, q\be les moins de 50 ans ne connaissent
pe\bt-être pas. Nostalgie...
Noël d'antan...
Page 15
Q
uand j’étais enfant, Noël était une véritable fête de
retrouvailles et de partage. On se regroupait dès le
coucher du soleil pour chanter de vieux cantiques
et danser au son des chacha, tambou, ti-bwa pour ceux qui
possédaient ces instruments, mais nous qui n’avions pas
beaucoup de moyens, une bouteille, une cuillère et une vielle
boîte en fer blanc faisaient l’affaire, tout cela dans une grande
convivialité.
Dans les foyers modestes comme chez nous, on se réunis-
sait autour d’une table éclairée par une lampe à pétrole,\
un
lampion ou une bougie ; et tous en chœur, dans le respect
de l’évènement à venir, et allons-y avec les chants : "Les
temps marqués par nos prophètes, bientôt, Seigneur, vont
s'accomplir, ne tardez pas, le ciel s'apprête, et n'attend que
vous pour s'ouvrir".
Quand on s’était bien échauffé à la maison, chacun attrapait
quelque chose : du sirop de groseille, du schrub (Mi bon
bagay), des pois d’Angole, qui avaient mijoté toute la journée
sur un feu de charbon, des ignames, un pot de chocolat à l’eau
et à la cannelle qui avait été épaissi avec du « toloman », du
ragoût fait avec le porc que les voisins avaient aidé à tuer le
matin. Nous, les enfants les plus débrouillards, on s’accrochait
aux jupes de nos mères et c’était parti ! On passait de porte
en porte et on partageait avec les voisins qui, eux, avaient
fait les mêmes préparatifs dans un esprit festif et convivial.
C’était la ribote qui commençait ! Ha !!!
Tous les soirs jusqu’au 25 décembre, on recommençait
jusqu’au petit jour à passer de maison en maison, dans la
famille et chez les amis, chantant et mangeant à satiété. Les
chants étaient beaux, tout le monde les connaissait. Moi,
ce que j’aimais dans la ribote, c’était danser et chanter.
Mais attention, on ne faisait pas n’importe quoi chez
les gens ! On respectait la maison qui nous accueillait.
Quand on entonnait le fameux : "Minuit ! Chrétiens,
c'est l'heure solennel où l'homme Dieu descendit
jusqu'à nous", l’émotion s’emparait de tous ceux qui
étaient présents. Sa té bèl dann ! Men tan fè tan, tan
kité tan ! J’ai transmis à mes enfants nos traditions
qu’ils mettent en pratique, mais aujourd’hui à plus
de 95 ans, je ne peux plus faire ces choses-là.
C’est à eux de continuer, car Noël demande
beaucoup de préparatifs, d’amour et d’esprit
de partage. Vous imaginez, depuis septembre
on commence les préparatifs avec les écorces
d’orange et de mandarine qui ont séché len-
tement sous le soleil toute l’année, puis mis
à macérer dans du rhum avec de la cannelle
et de la vanille pour faire le schrub qu’on
fera déguster aux uns et aux autres, la confiture de "sirèt", pour agrémenter les ti-punch.
La veille de Noël, très tôt le matin, le chef de famille et un ou
deux voisins tuent le cochon qu’on servira en ragoût au repas
de Noël avec du boudin bien épicé, quelques hommes qui s’y
connaissent s’occupent de l’igname de Noël, l’igname Sassa
qu’on ne « fouille » qu’à Noël.
Il faut avoir de la patience et du savoir-faire, car on ne rigole
pas avec la nourriture en cette période-là. On mange beaucoup,
on chante beaucoup et on danse beaucoup. Quand j’étais
jeune, j’aimais ça. Dès que je commençais à danser, les gens
m’accompagnaient avec un petit refrain : "Vié fanm pisé, vié
fanm pisé" Mésieu sa té bèl !
La tradition des Chanté Nwèl et de Fè laribòt est toujours
respectée et bien suivie, mais elle a évolué, et moi-même la
mémoire me fait défaut de plus en plus. Sé la jénès ki pou pran
larilèv atjèlman pou nou pa pèd tradisyon nou. ■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 15
Chanté Nwèl épi Fè Laribòt
TÉMOIGNAGE DE M AN L I
S IA
Comment vivions�nous Noël en Famille il y a 50 ans �
Chanté Nwèl épi Fè LaribòtChanté Nwèl épi Fè LaribòtChanté Nwèl épi Fè LaribòtChanté Nwèl épi Fè Laribòt
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Nous avons recueilli, lors d’une discussion à bâtons rompus, le témoignage des pères Pierre Mirta et
Gabriel Valard, actuellement en résidence dans une Maison de retraite, qui ont bien voulu partager avec
nous leurs souvenirs d’une messe de minuit.
LES TRADITIONS DE \nNOËL
VUES PAR LES ANCIENS DOSSIER
L
a messe de minuit était l’événement religieux de l’anné\
e. Elle
est traditionnellement célébrée au milieu de la nuit parce que
c’est à ce moment que se lève le nouveau jour.
A l’époque, cette messe faisait partie du cycle de quatre messes
destinées à célébrer la Nativité. Il y avait d’abord la messe de
l’Emmanuel, la veille au soir, puis les trois « messes de Noël » c’est-
à-dire, la messe de minuit proprement dite, la messe de l’aurore l\
e
matin du 25 décembre, et la messe du jour de Noël. C’est la messe
de minuit qui est restée de loin, la plus célébrée et pratiq\
uée de nos
jours, même si elle est célébrée habituellement vers 19h, 21h ou
22h. On était obligé de changer l’heure parce que les transport\
s
en commun ne fonctionnaient pas à cette heure, les gens voulaient
venir à la messe, mais ils n’avaient pas de voiture. Et puis il y avait
les pétards ! A minuit, les jeunes faisaient exploser des pétards dans
toute la paroisse et surtout aux abords de l’église. C’était\
impossible
de célébrer dans le calme.
La messe de Noël est une occasion pour les gens de se rassembler,
souvent en famille, pour célébrer la naissance de Jésus. Il faut par-
ticulièrement soigner cette célébration, parce qu'en tant que p\
rêtres,
nous sommes bien conscients que c’est souvent à ce moment-là que
certaines personnes qui n’ont pas l’habitude de venir à l’église vont
venir à la messe.
Dans le temps, un peu avant minuit, les cloches de l’église se met-taient à sonner pour appeler les fidèles à la messe de minuit. La chorale chantait alors le Venez divin Messie en chœur avec toute l’assemblée. Mais ce que tous attendaient, c’était l’entr\
ée du prêtre avec tous les enfants de chœur pour entonner le Minuit chrétien. Le prêtre faisait la procession pour la mise en place de l’enfant Jésus dans la crèche de Noël. C’est comme ça que la messe commençait. C’était l’événement religieux\
de l’année.
Au moment de l’homélie, il fallait faire comprendre aux fidèles que certains membres de la communauté étaient absents de cette célébration de la messe de Noël, pour cause de maladie, et qu’il fallait penser à eux. C'était important.
C’était une messe très joyeuse à l’époque. Elle l’est encore de nos
jours. Les gens de la campagne apportaient des légumes, des oranges
et des mandarines au prêtre. Parfois une famille invitait le prêtre à venir partager le repas du 25 décembre avec elle. C’est arrivé bien souvent à l’époque. Cela se fait moins de nos jours.
■
Souvenirs d’une messe de Minuit
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 16
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Un conte de noël par Bèlè Légliz
En plus des Chanté Nwèl, la période de Noël est selon notre tradition, le moment de l’oralité, du conte, pour
grands et petits. Voici un conte pour nous permettre de vivre ou revivre l’ambiance de Noël.
Y
éééékrik ! YééééKrak !
Est-ce que la cour dort ? Non la
cour ne dort !
Alors si la cour ne dort pas, réveillez-vous
pour écouter la belle histoire que je
vais vous raconter. Krik ! Krak ! Yékrik !
Yékrak ! Yé mistiki ! Yé mistikra ! Krik !
Krak !
Messieurs et dames, c‛était un soir, trois
semaines avant la veille de Noël, Krik !
Krak ! Yékrik ! Yékrak !
Messieurs et dames, les punchs coco et
les shrubs parfumés à la cannelle et à la
vanille emplissaient les alentours d‛un doux
parfum. Krik ! Krak ! Yékrik ! Yékrak ! Yé
mistiki ! Yé mistikra ! Le matin, compère
zandoli avait apporté la nouvelle à toute la
population des animaux. Tous les criquets
de la savane accompagnaient zandoli dans
sa mision en chant :
« Bélia-é mi nouvèl-la,
manmay kouté sa zandoli ka di zòt la.
Bélia-é mi nouvèl-la ! » Krik ! Krak ! Alors
compère zandoli avait gonflé sa « majòl »
et sur un ton très officiel avait annoncé…
Krik ! Krak ! « Avis à la population, Krik !
Krak ! les cochons sont en grève. Yékrik !
Yékrak ! Cette année il n‛y aura pas de
jambon, pas de boudin, pas de pâté ni de
ragoût pour Noël. Krik ! Krak ! Tous ceux
qui veulent savoir pourquoi, sont conviés à
une réunion ce soir, à 18h, à la porcherie
du quartier ». Yékrik ! Yékrak !
Voilà pourquoi ce soir vous êtes tous là
réunis, jenn kon vié, avòté kon matrité,
pour comprendre pourquoi les cochons
étaient en grève ce Noël-là. Krik ! Krak !
Yékrik ! Yékrak !
Cela se passait il y a très longtemps de
cela Krik ! Krak ! Au temps où les animaux
parlaient et vivaient tous au fin fond de
la campagne de Morne Zombi, en bonne
intelligence avec les hommes. Yéééékrik !
YééééKrak !
Man Dolfine, la plus vieille cochonne du
quartier, avait prévenu tous les cochons
de la porcherie. Krik ! Krak ! Yékrik !
Yékrak ! Elle avait vu Ti-Sonson aigui-
ser ses coutelas et préparer plusieurs
boutou près de la rivière. Krik ! Krak !
Elle n‛en avait jamais vu autant. Krik ! Krak ! Pendant qu‛il aiguisait ses coutelas
il chantait :
« Koutla, filé, fo filé, mi nwèl
ka rivé, kochon kay pran fè »
(air : Mèsi
Bondjé). Krik ! Krak ! Yékrik ! Yékrak !
Et plus tard, elle avait vu man Édwarliz
et man Féfé ramasser du bois et prépa-
rer un « fouyé difé » Krik ! Krak ! Elles
chantaient toutes les deux : « Manmay-la
Nwèl ka rivé, tout moun kay manjé paté
ek boudin cho ! Manmay-la Nwèl ka rivé, sé kochon-an za gra épi épé ! Manmay-la
Nwèl ka rivé, Konben kochon nou ké manjé
lanné tala ! » (air : Wi sa bèl pran chimen
Bondjé) Krik ! Krak ! Yékrik ! Yékrak ! Man
Dolfine était la manman cochon que tous
écoutaient. C‛était la plus ancienne de la
porcherie. Krik ! Krak ! Elle avait de l‛ex-
périence. Krik ! Krak ! C‛est elle qui avait
donné naissance à la plupart des cochons
de la porcherie. Krik ! Krak ! Yékrik !
Yékrak ! Et manmay ça se voyait, parce
que son ventre arrivait jusqu‛à terre.
Yékrik ! Yékrak !
Man Dolfine leur a dit : « Ça ne peut plus
continuer. Krik ! Krak ! Avant les hommes
choisissaient l‛un de nous qu‛ils sacrifiaient
pour tout le quartier. Krik ! Krak ! Nous les
cochons, on l‛acceptait parce que c‛était
le prix à payer pour vivre ensemble. Krik !
Krak ! Yékrik ! Yékrak ! Mais aujourd‛hui,
l‛homme est devenu égoïste, Krik ! Krak ! Il
ne veut pas partager. Krik ! Krak ! Chacun
veut son propre cochon pour Noël. Krik !
Krak ! S‛ils continuent comme ça, en deux
ans ils auront décimer notre porcherie.
Krik ! Krak !
Messieurs et dames, il fallait voir les
cochons trembler, ils voulaient se cacher
mais il n‛y avait aucun endroit où se cacher
dans la porcherie. Krik ! Krak !
D‛une voix autoritaire, man Dolfine les
calma et dit : « Ce que nous allons faire,
c‛est résister et arrêter de nous alimen-
ter. Quand ils verront que nous sommes
maigres, ils ne voudront pas de nous. Krik !
Krak ! Yékrik ! Yékrak !
Mais messieurs et dames, dans la porche-
rie, il avait un petit groupe de cochons per-
turbateurs, Krik ! Krak ! Yékrik ! Yékrak !
Tous les autres cochons les évitaient.
Krik ! Krak ! Ils étaient « malélevé »
Krik ! Krak ! Sans éducation. Yékrik !
Yékrak ! Voraces. Krik ! Krak ! Agoulou.
Yékrik ! Yékrak ! Ils ne respectaient pas
les anciens. Krik ! Krak ! C‛était la bande
des cinq frères Morfal. Krik ! Krak ! Ils se
moquaient des autres cochons qui avaient
suivi les conseils de man Dolfine. Krik !
Krak ! Ils se goinfraient nuit et Jour.
Yékrik ! Yékrak ! Mangeaient la part des
autres. Krik ! Krak !
Yéééékrik ! YééééKrak ! Est-ce que la cour
dort ? Non la cour ne dort !
Alors si la cour ne dort pas, réveillez-vous
pour écouter la suite de l‛histoire que je
vais vous raconter maintenant. Krik ! Krak !
Yékrik ! Yékrak ! Yé mistiki ! Yé mistikra !
L‛avant-veille de Noël Messieurs et
dames, Krik ! Krak ! Ti Sonson avec ses
compères sont venus à la porcherie. Krik !
Krak ! Il faisait nuit noire Messieurs
et dames. Krik ! Krak ! les « bèt a fé »
éclairaient leur chemin. Yékrik ! Yékrak !
Les hommes chantaient en chemin : « Bèt
a fé kléré ba nam mwen, kléré ba nam
mwen chimen difisil. Chak bèt a fé trouvé
cochon-an, trouvé cochon-an ki ké ba nou
boudin-an »
(air : de Ti-kanno)
Ils ont choisi les plus gras parmi les
cochons. Krik ! Krak ! Ils ont choisi les
cinq frères Morfal. Krik ! Krak ! Yékrik !
Yékrak !
Messieurs et dames vous connaissez la
fin de l‛histoire. Krik ! Krak ! Yékrik !
Yékrak ! Cette année-là encore, il y a eu
de bonnes choses à manger sur toutes les
tables du quartier. Yékrik ! Yékrak ! Il y
avait : boudin, Krik ! Krak ! pâté cochon,
Krik ! Krak ! jambon Noël, Krik ! Krak !
ragoût de cochon. Yékrik ! Yékrak ! C‛était
jour de fête dans le quartier. Ha ! Ha !
Ha ! Messieurs et dames, ce qu‛il faut
comprendre, c‛est qu‛il faut respecter
les anciens. On peut ne pas être d‛accord,
mais ils ont l‛avantage de l‛expérience, et
se moquer d‛eux, ce n‛est pas faire preuve
d‛intelligence. Yéééékrik ! YééééKrak !
Sé pri fen ! ■
Un conte de noël par Bèlè Légliz
Yékrik ! yékrak ! kouté pou tann, tann pou konprann ! Souvenirs d’une messe de Minuit
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 17
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 18
J
e réponds du tac au tac « non »,
car en principe solitude et tristesse
sont contraires à l’esprit de Noël. En
effet, la Nativité de notre Seigneur Jésus
arrive dans un contexte de regroupement
des peuples à cause de ce fameux
recensement ordonné par l’empereur
César Auguste (Luc 2, 1).
A Noël, le Fils de Dieu se fait petit enfant.
La naissance de Jésus, l’Emmanuel, Dieu
avec nous (Matthieu 1,23) s’accompagne
d’une grande joie, qui sera celle de tout
le peuple. (Luc 2,10)
Personne ne vient à la crèche seule ! Les
bergers sont nombreux, les mages sont
trois, autour de l’enfant de Bethléem il y a
Marie et Joseph. C’est un moment de joie
et d’allégresse pour tous. C’est pourquoi
le souhait exprimé à Noël c’est « Joyeux
Noël ! ».
Bien sûr, il y a une bonne solitude, celle
de la méditation, de la prière pendant
une retraite spirituelle, par exemple. Mais
nous savons que celui qui prie est avec
Dieu. Donc il n’est ni seul, ni triste.
Mais la solitude couplée à la tristesse
pèse sur beaucoup de personnes. Oui,
certains peuvent être seuls et tristes, car
abandonnés par les autres. Je pense
aux malades, aux étrangers (étudiants,
migrants, …), aux personnes âgées et
aux prisonniers, aux veufs et veuves,
etc. Autour de nous, des personnes sont
dans l’angoisse, l’amertume, le chagrin,
la mélancolie, la désolation, les soucis,
l’inquiétude et la peur.
Pour ceux qui traversent ces épreuves,
Noël est la réponse de Dieu qui déchire les cieux, « prenant alors la condition
d’esclave et devenant semblable aux
hommes » (Philippiens 2, 7) pour venir
prendre nos solitudes et nos tristesses
pour les transformer en paix et en joie.
Dans la Prière Eucharistique 3 pour
« assemblées d’enfants », nous disons
que le Seigneur Jésus reviendra un jour
dans la gloire du Royaume, et « qu’il n’y
aura plus de gens tristes, malades ou
malheureux »
A l’image de Dieu qui vient nous visiter,
nous aussi, nous sommes invités à
rendre visite aux autres. Surtout si « ces
autres », sont le malade, le prisonnier, le
malheureux qui a faim, l’étranger sans
famille, sans domicile fixe (Matthieu 25).
Avant d’être nommé en Martinique, j’étais
curé à Paris dans le 18 ème arrondissement.
Parfois, le soir du 25 décembre, je partais
servir de la nourriture dans le 13 ème dans
une association dénommée La Mie de
Pain.
Grande fut ma surprise de retrouver
l’Evêque de Paris, un soir de Noël, derrière
les marmites de soupe en train de servir,
lui aussi, les SDF. Si un chrétien seul
est un enfant de Dieu en danger, je
dirais qu’un chrétien seul et triste
est un chrétien dans le coma.
Ce sont l’attention fraternelle
et l’amour du prochain qui le
sauveront.
A Coridon, pour ce temps
de l’Avent 2019, nous
organisons des visites
fraternelles à domicile de deux
heures de temps maximum. A la
suite de la visitation de la Vierge
Marie, mettons-nous en route avec
empressement vers
les autres pour
retrouver le
cœur de notre
vie chrétienne :
la prière, la
fraternité, le
service, la lecture
de la parole grâce à
« Bible en Nous », et le témoignage,
fruit de l’amour que nous montrons les
uns pour les autres.
Bravo aux familles, aux paroisses, aux
personnes qui pensent à inviter ou à
visiter ceux qui sont seuls et tristes.
Que par la puissance de l’Esprit Saint,
tout esprit de solitude et de tristesse soit
chassé par le Nom de Jésus ! Et que tout
esprit loue le Seigneur ! Amen
Père Arnaud Goma,
Communauté du Chemin-Neuf
Curé de Coridon et aumônier d’étudiants
■
empressement vers
les autres pour
fraternité, le
service, la lecture
de la parole grâce à
« Bible en Nous » , et le témoignage,
?
Question AN TCHÈ
LÉGLIZ-LA
‘‘
Peut-on être seul et triste à Noël ?
‘‘
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 22 décembre 2019 – n° 596 19
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\é MARTINIQUE Service legs et donations
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E CCLESIA 'M 2020 !
Retrouvez les actualités du diocèse sur :
http://martinique.catholique. fr
Dimanche 29 décembre 2019
L'hostie : présence réelle du Christ ?
(rediffusion du 2 septembre 2018)
Qu’est-ce que l’hostie ? D’où vient-elle ? Comment ce
pain que nous mangeons, peut-il ÊTRE le corps du
Christ ? Et pourquoi le Christ nous demande-t-il de le
manger ? Qu’est-ce que la transsubstantiation ? Des
questions fondamentales dans la vie d'un chrétien et
que Dieu m'est témoin pose cette semaine au frère Yves
Combeau, dominicain, historien et consultant pour le
Jour du Seigneur.
Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.
L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
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‘‘
D ieu, qui êtes à l'origine de la famille et qui l'avez voulue comme\
lieu de l'amour et de la vie, accordez à toutes les familles de la te\
rre de
ressembler à celle que Vous avez donnée à votre Fils, d'être unies comme elle par les liens de votre charité, et d'être ouvertes comme elle\
aux appels de l'Esprit-Saint. Amen.
‘‘
La Sainte Famille
29 décembre
