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E g lise en MARTINIQUE T u ne craindras ni la peste qui rôde dans le noir, ni le fléau qui frappe à midi (Ps 90,6) N° 603 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 7 JUIN 2020 L'Eglise au temps du Covid-19 : témoignages et perspectives Ordonnés diacre et prêtre en la Fête de la Divine Miséricorde Hommage au père Filopon

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23222 À toi, louange et gloire éternellement ! C’est avec joie et soulagement que nous avons accueilli la reprise progressive des célébrations religieuses publiques dans notre diocèse depuis le 21 mai dernier, évidemment dans le respect des mesures garantissant aux fidèles une sécurité sanitaire maximale. Rendons grâce à Dieu ! Aujourd’hui, 1 er dimanche après la Pentecôte, nous fêtons la Sainte Trinité : la réalité mystérieuse d’un seul Dieu dans l’unité d’amour de trois personnes distinctes, égales et indivisibles, le Père, le Fils, l’Esprit. Retenons que ce qui est propre à Dieu-Trinité, c’est l’unité de trois personnes et la parfaite communion entre\ elles. La liturgie du mois de juin nous réserve une succession de belles fêtes liturgiques : dimanche prochain (14 juin) c’est la fête\ du Saint-Sacrement ; le 3 e vendredi après la Pentecôte (19 juin) ce sera la fête du Sacré-Cœur ; ensuite nous aurons la Saint Jean-Baptiste (le 24) et la fête des Saints Pierre et Paul (le 29). Ce seront là de très belles occasions de nous réjouir et de ren\ dre grâce au Seigneur pour les dons qu'il nous a faits. La pandémie due au Coronavirus a mis le monde en alerte rouge, et le confinement a été une grande épreuve pour la communauté chrétienne. Cependant, l’Eglise a su s’adapter en déployant des méthodes des plus modernes. Les messes filmées dans les églises, certes vides, ont permis aux paroissiens\ confinés de vivre en communion avec le Saint-Père, les prêtres de notre diocèse, et notre archevêque. « Tu ne craindras ni la peste qui rôde dans le noir, ni le fléau qui frappe à midi » (Ps 90, 6). Cette période de confinement nous a marqués, mais pas anéantis. Notre revue se devait d’y consacrer un dossier. Ce dernier est intitulé : « L’Eglise au temps du Covid-19». Vous y retrouverez des témoignages intéressants et riches. En déclarant l’année 2020-2021, année spéciale dédié\ e à l’anniversaire de l’encyclique Laudato Si’, le pape nous appelle «à saisir ce temps d'épreuve (Coronavirus) comme un temps de choix... le temps de choisir ce qui compte et ce qui passe, de sépare\ r ce qui est nécessaire de ce qui ne l'est pas ». C’est ce qu’ont fait le père Neuville Cospar et le diacre Jacqu\ es Platon qui ont été ordonnés, en plein confinement, le dimanche de la Miséricorde (19 avril) : deux heureux événements véc\ us dans notre diocèse. "Deux hommes sont là et chacun, oubliant tout, donne sa vie au Christ et à l’Eglise", dira notre archevê\ que dans son homélie que nous vous proposons dans cette édition. En faisant le signe de croix, nous résumons le cœur de notre foi : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Heureuse Fête de la Sainte Trinité à tous… et Bonne fête à toutes les Mamans ! Justine Lordinot ■ S ommaire EDITORIAL EDITORIAL 33 MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE EGLISE UNIVERSELLE •  La Parole Dominicale •   Témoignages e\b perspec\bives :  On ne l'avai\b pas vu venir, celui-là ! • Témoignages • Prières •   Ordonnés diacre e\b prê\bre en la Fê\be de la Divine Misé\nricorde  - Homélie de Mgr Ma\ncaire - Témoignages •   Visi\be pas\borale de l’Archevêque  à la paroisse de Josseaud •   Mi Zafè ! •    Lauda\bo Si’ , une encyclique  pour se proje\ber  dans l'après-pandémie 2222 3333 4 5 6 14 13 15 18 Dossi\br :  L’ÉGLISE AU TEMPS  DU COVID 19 MÉDIAS 19 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 3 MOT DE L’ÉVÊQUE P as la peine de commenter sans cesse la crise du Covid- 19 : on ne parle que de ça depuis 3 mois ! Sur la planète entière, ou presque, on s’est arrêté, on est resté chez soi. Tous les commentaires ont été faits, tous les avis ont été échangés. On a appris la contamination et même le décès de personnes célèbres, on a écouté quotidiennement les chiffres de la mortalité, on a vu défiler des scientifiques, des médecins, des politiques, des économistes et surtout des journalistes. Même les moins savants, ou les moins spirituels, ont donné leur avis. …on était confiné et on a regardé la télé !... De même, est-ce bien nécessaire de gloser sur les évènements politiques de ce trimestre ? Élections municipales, évènements du 22 Mé… beaucoup de réactions ont été suscitées çà et là. Les groupes WhatsApp de copains, de familles, de collègues, les pages Facebook ou les profils Instagram et autres réseaux divers ont fait siwawa à force de commentaires, de vidéos, de photos, de dessins humoristiques et de plaisanteries diverses. Nous avions besoin de communiquer, d’échanger, de parler et nous avons utilisé les réseaux !.... On était confiné et on a cliqué sur les smartphones !... On pourrait aussi philosopher sur le fait d’avoir été privé de détente pendant un temps si long : pas de sorties, pas de spectacles, pas de sport, pas de cinéma, pas de plages, pas de restaurants… L’ennui et la déprime étaient tels qu’en fin de compte, pour la survie des agoulous- Maquedo-dépressifs les plus addicts, certains drives ont dû rouvrir… Pour les professionnels comme pour les consommateurs, il y a de quoi gémir, à bon droit, de ce grand trou noir qui nous a privés des salles obscures emblématiques de la vie culturelle… On était confiné, on a regretté le grand écran !… Je ne ferai pas non plus de grands commentaires sur le temps très particulier qu’a vécu l’Eglise. En effet, dépi mitan Karen’m-la, la Simen’n Sent rivé, Pâk tombé anlè nou, tan paskal an-ni pasé fioup-fiap, sé Pantkôt’ ki té mantché : piès lanmès, piès konfésyon, piès chimen’d’kwa… Légliz fèmen ! presbitè fèmen !… Ébé Bondié ! Les évènements forts qui rythment la vie de nos âmes, de nos familles, de nos paroisses, de notre diocèse ont été mis sur pause par la crise. Nous avons dû recourir à des subterfuges, du virtuel : nous avions besoin de célébrer, d’être nourris spirituellement, d’être enseignés, de prendre des décisions. Il fallait vivre en Eglise... On était confiné, on s’est branché sur Internet !... Toutes ces réalités sont graves, mais rendons-nous à l’évidence : la grande affaire, la grande révélation derrière tous ces évènements est d’un autre ordre : + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ …sans parler du télétravail, du commerce, des jeux vidéo ou encore des démarches administratives ! Ainsi, quelle que soit la dimension de notre vie, nous voilà quasi-dépendants des écrans. Ils sont là, partout et tout le temps : bienvenue dans Matrix ! Notez que ce n’est pas une critique, mais un constat. Il faudra y réfléchir ; voici deux pistes : ➊ Victimes de notre époque, nous passons plus de temps sur nos écrans que devant le Seigneur… Ah ! si le Bon Dieu nous semblait aussi nécessaire que les écrans ! De quoi faudra-t-il jeûner au prochain carême !? ➋ Victimes par excellence, beaucoup de nos jeunes sont totalement dépendants des écrans. Où cela peut-il nous mener !? J’espère que le joueur de flûte de Hamelin n’a pas échangé sa flûte pour un écran… Mi zafè ! Information = Télévision Communication = Smartphone Détente = Grands Ecrans Messe = Internet !... Télévision Communication = r+Ü‘­D‡Ž§ž Messe = 8,“÷«,„“be\ ee J’espère que le joueur de flûte de Mi zafè !

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 4 EGLISE UNIVERSELLE\n R appeler les cinq ans de Laudato Si’ n'est pas une célébration purement rituelle. La semaine et l'année consacrées à l'encyclique représentent une sorte de vérification pour découvrir des initiatives, des idées, des expériences, des bonnes pratiques. C'est un moyen de partager ce que le document a mis en mouvement dans les communautés, les territoires, partout dans le monde, et de réfléchir à sa pertinence au présent, alors que le monde entier se bat contre la pandémie de Covid-19. L'un des mérites du vaste texte du pape François, qui part des fondements de la relation entre les créatures et le Créateur, est qu'il nous a fait comprendre que tout est lié : il n'y a pas de question environnementale séparée de la question sociale. Le changement climatique, les migrations, la guerre, la pauvreté et le sous-développement sont les manifestations d'une crise unique qui, avant d'être écologique, est, à sa racine, une crise éthique, culturelle et spirituelle. 24  mai  2020  -  24  mai  2021  :  une  année  spéciale  dédiée  à  l’anniversaire  de  l’enc\bclique  Laudato Si’ Une initiative annoncée par le pape François après la prière du Regina Cœli du 24 mai, pour marquer les cinq ans de l’encyclique. La Semaine Laudato Si’ a impliqué les communautés catholiques du monde entier. […] Le pape François a décidé de la transformer en année Laudato Si’, jusqu’au 24 mai 2021. Laudato si’ ne nait pas de la nostalgie de remonter le temps et de nous ramener aux formes de vie préindustrielle. La racine du problème écologique, réside précisément dans le fait qu'il existe «une manière de comprendre la vie et l’activité humaine qui a dévié et qui contredit la réalité jusqu’à lui nuire». Repartir de la réalité signifie accepter l'objectivité de la condition humaine, à partir de la reconnaissance de la nature limitée du monde et de ses ressources. […] L'intervention de l'homme dans la nature «s’est toujours vérifiée, mais longtemps elle a eu comme caractéristique d’accompagner, de se plier aux possibilités qu’offrent les choses elles- mêmes. Il s’agissait de recevoir ce que la réalité naturelle permet de soi, comme en tendant la main. Maintenant, en revanche, ce qui intéresse c’est d’extraire tout ce qui est possible des choses par l’imposition de la main de l’être humain, qui tend à ignorer ou à oublier la réalité même de ce qu’il a devant lui». C'est pourquoi «le moment est venu de prêter de nouveau attention à la réalité avec les limites qu’elle impose, et qui offrent à leur tour la possibilité d’un développement humain et social plus sain et plus fécond». La crise que nous vivons à cause de la pandémie a rendu tout cela encore plus évident : «Nous avons avancé à toute vitesse, en nous sentant forts et capables en tout, a déclaré le Pape le 27 mars dernier lors du temps de prière Place Saint-Pierre. Avides de profit, nous nous sommes laissés absorber par les choses et étourdir par la hâte... nous n'avons pas pris conscience des guerres et des injustices planétaires, nous n'avons pas écouté le cri des pauvres, et de notre planète gravement malade. Nous avons continué sans nous décourager, pensant que nous resterions toujours en bonne santé dans un monde malade». Au cours de ce même intense moment de prière pour invoquer la fin d'une pandémie qui nous a tous mis face à notre fragilité et notre impuissance, le pape a rappelé que nous sommes appelés «à saisir ce temps d'épreuve comme un temps de choix... le temps de choisir ce qui compte et ce qui passe, de séparer ce qui est nécessaire de ce qui ne l'est pas». Laudato si’ nous guide pour repenser une société où la vie humaine, en particulier celle des plus faibles, est défendue ; où chacun a accès aux soins, où les gens ne sont jamais rejetés et où la nature n'est pas pillée sans discernement, mais cultivée et préservée pour ceux qui viendront après nous. Laudato Si’, un\b \bncycliqu\b  pour s\b proj\bt\br dans l'après-pandémi\b Il  y  a  cinq  ans,  le  Pape  signait  un  document  qui  représente  une  nouvelle  étape  dans  la  doctrine sociale de l\bÉglise, et une feuille de route pour la construction d’une société plus  juste, capable de sauvegarder la vie humaine \oet toute la création. https://www.vaticannews.va/fr/ ■ Prière commune pour la Terre et l'humanité Dieu aimant, Créateur du ciel, de la terre et de tout ce qu'ils contiennent. Ouvre nos esprits et touche nos cœurs, afin que nous puissions faire partie de la création, ton don. Sois présent pour les personnes dans le besoin en ces temps difficiles, en particulier les plus pauvres et les plus vulnérables. Aide-nous à faire preuve de solidarité créative pour affronter les conséquences de cette pandémie mondiale. Rends-nous courageux pour accepter les changements visant à la recherche du bien commun. A présent plus que jamais, puissions- nous nous sentir tous interconnectés et interdépendants. Fais en sorte que nous réussissions à écouter et à répondre au cri de la terre et au cri des pauvres. Puissent les souffrances actuelles être les douleurs de l'accouchement d'un monde plus fraternel et durable. Sous le regard bienveillant de Marie Auxiliatrice,nous te prions par le Christ Notre Seigneur. Amen

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 55 Dimanche 7 juin 2020 \7 la P arole  Dominicale Sainte Trinité - Année A L a solennité de la Sainte Trinité nous plonge dans le mystère de l’Amour qu’est Dieu. Chaque fois que nous faisons le signe de croix ou évoquons l’une ou l’autre des formules trinitaires qui fleurissent nos célébrations liturgiques, nous confessons notre appartenance à la belle famille de Dieu Un et Trine, et nous nous inscrivons dans le réseau des relations aimantes qui unissent entre elles chacune des Personnes de la Trinité. Le mystère de la Trinité est central dans notre vie chrétienne. Comme le stipule notre Catéchisme, Dieu seul peut nous en donner la connaissance en se révélant comme Père, Fils et Saint-Esprit. Souvenons-nous que les mystères de la foi ne sont pas des dogmes obscurantistes hors de notre portée, mais plutôt la révélation du Dieu d’amour qui s’offre à nos questions pour émerveiller notre intelligence, nourrir notre foi et attiser notre désir de nous élever vers les réalités d’en haut. Pour rentrer quelque peu dans l’intelligence de ce mystère, retenons que l’Incarnation du Fils de Dieu révèle que Dieu est le Père éternel, et que le Fils est consubstantiel au Père, c'est- à-dire qu’Il est en Lui, et avec Lui, le même Dieu unique. La mission du Saint-Esprit, envoyé par le Père au nom du Fils et par le Fils « d’auprès du Père » révèle qu’Il est avec eux, le même Dieu unique. « Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire. » Ainsi le Saint-Esprit procède du Père en tant que source première et, par le don éternel de celui-ci au Fils, il procède du Père et du Fils en communion. Pour faire simple, je m’arrête souvent à cette belle analogie de la braise (parmi tant d’autres). En effet, l’union des trois personnes en une seule nature divine, peut se voir à travers cette réalité indissociable qu’est la braise où cohabitent trois états inséparables : la chaleur que ça produit, la lumière qu’on perçoit clairement dans le noir, et le support de l’ensemble qu’est le charbon. Vous enlevez un, et vous n’avez plus de braise. Dans l’histoire de notre salut, nous constatons que les trois Personnes de la Trinité œuvrent ensemble dans une unité inséparable. Au commencement, l’Esprit planait au-dessus des eaux et Dieu créa le ciel et la terre par sa Parole, le Verbe (Gn.1). Le Psalmiste dit que « le Seigneur a fait les cieux par sa Parole, l’univers, par le souffle de sa bouche » (Ps.32,6). Dans l’Évangile de Matthieu, Jésus s’approcha des onze et leur dit : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations, faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit… » (Mt.28,18-20). Saint Paul évoque à différents niveaux de ses épîtres la communion des trois Personnes en un seul Dieu pour inviter tout chrétien et toute communauté chrétienne à l’unité dans la diversité : ne faire qu’un tout en étant plusieurs (Ep.2,18 ; 1Co.12,4-6 ; Ga.4,6 ; 2Co.13,13…) Bien-aimés frères et sœurs, la Trinité est donc le mystère de notre Dieu, qui unit et qui par le mystère de Pâques et de la Pentecôte, nous donne la possibilité de demeurer en Lui malgré nos limites. Retenons que notre baptême dans le Père, le Fils et l’Esprit-Saint nous fait déjà entrer dans cette relation exceptionnelle qui unit les trois Personnes de la Trinité. Il nous rend participants de l’édification de la civilisation d’Amour initiée par la Sainte Trinité. Faire le contraire, c’est- à-dire continuer à servir les intérêts du « diviseur », nous dénature et nous éloigne du Règne de Dieu. En ce temps trouble où sévissent le Covid-19 et ses corolaires, soyons les artisans de paix et d’unité qui montrent le vrai visage de l’Amour triomphant. « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ». Père Sosthène Godjo, Curé du Lorrain et de Marigot ■ Exode 34,4b-6.8-9  • \o Cantique Daniel 3\o,52,53,54,55,56   Romains 2 Corinthien\os 13,11-13  •   Je\oan 3,16-18 LITURGIE 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 6 VIE DU DIOCÈSE J acques Platon est issu d’une famille profondément croyante et pratiquante. Il commence sa vie ecclésiale comme servant de messe. Rapidement, il va avouer au défunt père Emmanuel Cathy son désir d’être prêtre. Celui-ci va jouer un rôle de premier plan dans sa vocation. Au cours de ses études à l’université, il découvre la JEC et le père Georges Zaïre qui deviendra le 2ème prêtre important dans son cheminement. Plus tard, il fera la connaissance du père Pierre- Alex Zonzon qui lui a fait intégrer le foyer Dominique Savio pour l’aider à discerner sa vocation. Après un certain temps, il reçut de lui le feu vert pour partir au séminaire Saint Sulpice à Paris. Son parcours fût assez sinueux... A cet égard, Jacques affirme que sa rencontre avec Mgr Macaire aura été décisive pour l’aboutissement de son parcours vocationnel. Neuville Cospar, lui, est né à Cayenne le 19 décembre 1980. Il est issu d’une famille catholique pratiquante. Lui aussi devient rapidement servant de messe. Avant son service, il avait pris l’habitude de méditer les textes de la liturgie. Cela a creusé en lui une faim des Saintes Ecritures. Un jour, la lecture du passage du jeune homme riche que Jésus appelait à tout quitter pour le suivre, s’est mis à résonner fortement dans son cœur. C’est à ce moment-là que la question du sacerdoce ministériel lui est venue. Il fait son Séminaire, puis va servir l’Eglise comme secrétaire de l’évêché de Cayenne. Après quoi, il va intégrer une communauté pendant 6 ans en Italie et enfin, peu après l’arrivée de Mgr Macaire à la Martinique, il a souhaité rejoindre le diocèse de la Martinique où se trouve une grande partie de sa famille. A l’issue des lectures du dimanche de la Miséricorde, notre évêque a prêché sur la différence entre le bizarre et le mystère ; un même événement – comme la situation du monde subissant la pandémie du Covid- 19 – peut être interprété comme quelque chose de bizarre ou de mystérieux. Si on le voit sous l’ange du bizarre, il nous fait peur, il n’a pas de sens. Mais s’il est vu en tant que mystère, alors ce qui nous arrive est plein de Dieu, il contient un message divin, il a du sens. Du reste, vécu avec Dieu, plus l’événement est douloureux et mortifère, plus il devient, paradoxalement, promesse de résurrection. Cette célébration, comme l’ordination presbytérale du pape Jean-Paul II, s’est effectuée en tout petit comité, mais pour quelle fécondité ! Cette cérémonie confinée est comme le tombeau vide, une parole faite de silence… Mais un silence assourdissant ! Père Alain Ransay, curé de Bellevue ■ Ordonnés diacre et prêtre en la Fête de la Divine Miséricorde Le dimanche 19 avril, en la fête de la Miséricorde divine, a eu lieu – dans le strict respect  des  règles  du  confinement  et  dans  un  contexte  morose  –  un  événement  prophétique,  un  acte  d’espérance,  un  flash  de  lumière  ;  je  veux  parler  des  ordinations  diaconale  et  presbytérale, respectivement, de \bacques Platon et de Neuville Cospar.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 7 Homélie de Mgr Macaire Mystérieuse Miséricorde C ’est bizarre, n’est-ce pas !? c’est bizarre…, très bizarre, ce moment que nous sommes en train de vivre ? Cette ambiance dans laquelle la planète est jetée. C’est bizarre ! C’est le confinement : tout le monde est chez soi. C’est un bizarre qui fait peur. On a l’impression que l’on ne contrôle pas tout à fait les choses : on ne voit pas les gens, on ne peut plus s’embrasser, il y a des gestes barrières, il faut les respecter, on ne peut plus rencontrer nos amis, aller visiter nos anciens, plus voyager… C’est un moment bizarre ! Et puis, plus bizarre encore, cette église vide alors que nous allons célébrer un évènement majeur, capital de votre vie, de la vie de l’Eglise tout entière. On a l’habitude des foules. N’est-ce pas !? Ce jour est bizarre, comme le jour de Pâques d’une certaine façon. A bien y penser, plein de choses sont bizarres : cet Evangile qu’on vient d’entendre. Jésus est mort, crucifié, transpercé, enterré, et puis il revient alors que toutes les portes sont fermées. Thomas trouve ça bizarre, et il a bien raison. Vous-mêmes, avez-vous bien écouté cet Evangile, où Jésus invite l’apôtre à mettre la main dans le trou fait par la lance, dans le côté transpercé, pour aller toucher jusqu’au cœur ?! Si on devait représenter cette scène au cinéma, elle paraîtrait étrange. Mais ne dit-on pas chez nous, que « seule la pointe du couteau connaît le cœur du giraumon » ? C’est pourquoi Jésus dit : « Viens, viens mettre ta main ». Car seul celui qui s’approche de Jésus, seuls ceux qui disent « Cœur Sacré de Jésus J’ai confiance en toi », peuvent toucher son cœur et connaître la puissance de sa Miséricorde ! De fait, l’acte que nous sommes en train de poser est lui aussi bizarre : deux hommes sont là et chacun, oubliant tout, donne sa vie au Christ et à l’Eglise. Vos cheminements à l’un et à l'autre, avec leurs longueurs, les hauts, les bas, les moments de doute certainement, de souffrance… sont bizarres. Vus de loin en tout cas. Avoir attendu tant d’années pour être ordonnés, alors que l’appel est venu jeune dans votre vie, pourquoi ? Comme si le temps était hors de contrôle… encore un élément bizarre. Parfois, on ne sait pas où vont les choses, ni qui tient les ficelles – peut- être personne ? « Bizarre » ça rime avec « hasard » et ça produit alors une sorte de panique sourde. Les films d’horreur ou, pire encore, (car c’est « pour de vrai ») beaucoup de journaux télévisés et de médias entretiennent une peur ambiante, une panique suffisante pour consommer davantage, pour maintenir la méfiance et l’isolement psychologique et social, chacun devant son écran. Le bizarre, en réalité est terrifiant. Certains ont même eu peur de cette célébration ! … Nous-mêmes, quelques- uns en tout cas, avons dû traverser la peur. Pourquoi ? Parce que cette célébration ne ressemble pas à ce qu’on fait d’habitude. On n’est donc pas rassuré, on ne sait pas où donner du cœur, de la tête, du pied, des mains, on ne sait pas. Consentir au m\bstère\d Oui l’évènement d’aujourd’hui est un fait bizarre, mais allons-nous céder à la bizarrerie ? C’est une question spirituelle : nos âmes vont-elles se laisser envahir par la bizarrerie ? Non. Parce que nous, chrétiens, nous avons une autre conception des choses, même si la réalité reste la même. Nous savons que le bizarre est une tromperie. Pour nous les choses ne sont pas « bizarres », elles sont « mystérieuses ». C’est très différent ! Si la « bizarrerie » fait peur car elle semble être une chose hors de contrôle, une situation qui nous échappe, le Mystère lui, est un évènement contrôlé de A à Z. Nous savons qu’il y a quelqu’Un qui contrôle et c’est un quelqu’Un qui nous aime !. La bizarrerie est pour le monde, le mystère est pour le croyant. La bizarrerie tente de tromper et de perdre notre intelligence qui est comme sommée de s’éteindre et de s’intéresser à autre chose. On lui dit : « tu ne comprendras pas » : la bizarrerie cultive l’ésotérisme. Certains sont peut-être initiés, alors que d’autres croient savoir, mais la majorité est maintenue dans l’ignorance. Nous qui croyons au mystère, au contraire, notre intelligence est en éveil, émerveillée par tant de grâces, comme un enfant qui entre dans un magasin de chocolat, notre raison s’épanouit dans le mystère dont elle n’atteindra jamais les limites. Il faut entrer de plain pied dans le mystère, comme Thomas a mis sa main dans le côté de son Seigneur, le cœur, l’âme ouverte pour tout saisir. Contrairement aux bizarreries, le mystère est exaltant, il est attirant. Avez-vous vu que beaucoup de chrétiens sont entrés dans cette période de confinement avec la conviction que « Dieu a quelque chose à nous dire » ? Si le monde panique - et il a raison parce que tant de personnes seront et sont déjà en souffrance, tant pour les questions économiques que du point de vue psychologique, sans parler du virus lui-même et de la mort qui plane ! - le chrétien, face à sa peur, face à la mort, se tourne vers le mystère. Il sait que quelqu’Un lui dit quelque chose et qu’il va vers un but. Il y a un sens à tout cela. P. Alain rappelait tout à l’heure que le cheminement qui a été le vôtre, l’un comme l’autre d’ailleurs, fut un cheminement qui a été sinueux. Allons- nous aujourd’hui considérer cela comme une bizarrerie ou comme un Mystère ? Derrière les méandres de vos routes respectives, n’y avait-il qu’un grand vide hasardeux et froid, ou est-ce Dieu qui vous conduisait l’un et l’autre, chacun, à travers une certaine maturation ? L’un

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 8 VIE DU DIOCÈSE et l’autre il vous a fallu près de quarante ans (c’est l’âge de Neuville et c’est aussi le temps qu’il a fallu depuis le premier appel de Jacques…). Une quarantaine d’années ! Comme Israël, comme l’aveugle né… (et certains exégètes disent même que c’était l’âge réel du Christ à sa mort : il y a de quoi méditer !). En tout cas, vous en conviendrez, Dieu écrit droit mais sur des lignes courbes. Et tout vient à point pour celui qui sait attendre, surtout quand il attend dans la foi. Nous venons d’ailleurs de l’entendre dans la lecture de la première lettre de saint Pierre : « il faut que vous soyez affligés par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or (...). Mais vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi ». Dieu avait un plan qui est passé par différentes personnes qu’on a remerciées tout à l’heure et voilà qu’il aboutit à une étape majeure dans la situation actuelle et l’évènement de ce jour. Tout cela est un mystère ! Je voudrais, en particulier pour toi Neuville, rendre grâce pour tes frères et sœurs de l’Eglise de Guyane qui te portent et qui mystérieusement aujourd’hui, sont tout heureux de ton offrande, ici, en Martinique. Je ne peux pas ne pas citer mon frère évêque Emmanuel qui, il y a quelques mois, est venu m’encourager à regarder avec bienveillance ton cheminement vocationnel. Je remercie donc Monseigneur Lafont et je remercie aussi les prêtres et tous ceux qui m’ont invité positivement à considérer l’appel de Dieu dans ta vie. Mystère, n’est-ce pas !? De voir aujourd’hui Dieu présent à travers tous les évènements et toutes les personnes que nous avons rencontrées dans notre vie. Comme les 2 discipl\des  entrant au tombeau En parlant de mystère, il y a un grand mystère, le plus grand de tous, dans lequel vous êtes entrés de plain pied en pénétrant dans cette église vide tout à l’heure. Peut-être y êtes-vous déjà entrés lorsque, à cause du confinement, nous nous sommes interrogés sur cette l’ordination et que vous m’avez répondu : « Ben, si ce n’est pas possible de reporter, étant donné qu'on ne sait pas si nous pourrons nous réunir avant plusieurs mois, eh bien célébrons l’ordination à la date prévue ». Le mystère dont je parle est le mystère de Pâques. C’est le mystère du tombeau vide : comme les 2 disciples, un plus jeune, un plus âgé, ont couru vers le tombeau et y sont arrivés, vous êtes arrivés, vous êtes entrés l’un et l’autre dans cette église vide qui ressemble en ce jour au tombeau vide du Christ. Elle ressemble au tombeau vide, non pas seulement par le fait qu’elle soit vide, mais en ce que, comme le tombeau du matin de Pâques, cette vacuité est le signe même de la résurrection, le témoignage d’une vie plus forte que la mort ! Il y a ici quelque chose qui transcende les nuits, les peurs, les morts et les doutes et l’Eglise dont vous serez désormais les hérauts, en est témoin. Nous, nous aurions rêvé d’une ordination qui ressemble au dimanche des Rameaux, avec des foules qui crient « Hosanna » et qui applaudissent, etc. Mais vous avez droit, et nous tous, prêtres et fidèles, avec vous, à une ordination qui ressemble au dimanche de Pâques. Il n’y a rien à voir, ou presque, sinon un tombeau vide ! Et ce tombeau vide crie plus fort que tous les hurlements de toutes les foules. Plus fort que les « Pas Lui, mais Barabbas », plus fort que les « crucifie-Le ». Soudain, on ne les entend plus parce que le tombeau est vide et que les linges sont là, roulés à part et qu’Il n’est pas là. Il n’est pas ici. Il a vaincu la mort. C’est bien ce mystère qui se réalise dans l’ordination d’un homme qui donne toute sa vie ! Quelles que soient les circonstances, c’est toujours ce mystère-là que nous célébrons. N’est-ce pas en temps de guerre aussi, en tout cas de persécution, discrètement dans la chapelle d’un évêché avec quelques séminaristes et l’évêque, qu’a été ordonné le saint pape Jean-Paul II ? (B on ! pour vous, ce n’est pas tout à fait le cas, parce qu’il y a quelques dizaines de milliers d’auditeurs de Radio Saint-Louis, de Radio Saint-Gabriel, de plein d’autres médias partenaires, plus la WebTV, etc.). Mais c’est quand même quelque chose. C’est le mystère de Pâques. Ce silence du tombeau vide, la discrétion de Pierre et Jean, des quelques femmes qui courent au matin, sont devenus l’évènement qui a complètement inversé l’histoire, qui a versé dans le cœur de ceux qui veulent bien recevoir ce message, la grâce, l’amour, la miséricorde, la victoire profonde de Notre Dieu sur toutes les misères, sur toutes les morts, sur tous les soucis, sur toutes les peines de notre existence jusqu’à son dernier souffle. C’est ce mystère-là que je ne vous demande pas simplement, au nom de l’Église, d'annoncer, mais que je vous demande de devenir vous-mêmes : combien de morts, combien de soucis, combien de problèmes allez-vous affronter dans votre vie de ministres du Seigneur ! Comme serviteurs du peuple de Dieu, vous devrez plonger dans la mort du monde, des âmes, des baptisés, de vos confrères prêtres, de votre évêque (eh oui !) Et celle même de votre propre cœur ! Il faudra en traverser des tombeaux ! et tous ne sont pas vides : il y a parfois quelques cadavres dans les placards ! Il faudra travailler à les ressusciter dans le cœur des uns et dans le cœur des autres, dans les familles, dans les paroisses et dans les quartiers. Ce dimanche de résurrection que nous célébrons, vous ne devrez jamais l’oublier. Le Seigneur vous a comme placés dans ce grand mystère qui n’est pas une bizarrerie, mais un signe, une parole, une parole dans le silence. Notre Dieu aime beaucoup les paradoxes : une parole dans le silence, une foule dans le désert, une plénitude dans le vide. Vous en verrez d’autres ! Et puisque je parle des 2 disciples et des morts qu’il faudra traverser, j’insiste sur le sacrement de la confession, qui est l’un des sacrements essentiels dans la vie du

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 9 prêtre…. Il faudra passer des heures au confessionnal à ressusciter les morts, à traverser des tombeaux ; à vider des tas d’ossements desséchés. Comme les 2 anges  du sanctuaire Restons encore au matin de Pâques. Une femme ce jour-là représente l’Eglise. C’est Marie-Madeleine. Elle est la figure de l’Eglise qui court vers son Sauveur, en même temps que de l’humanité qui va devenir l’Eglise justement en étant choisie comme l’épouse nouvelle. Rappelez-vous que si vous êtes engagés à vie dans le célibat pour le Royaume, vous avez une épouse. Cette épouse, c’est l’Eglise dont vous épousez aujourd’hui complètement la vie. Et comme tous les époux, il y a des moments où votre épouse vous procurera beaucoup de joie, énormément de joie (croyez-moi, je l’ai épousée aussi et je ne suis pas le seul !) mais aussi, des jours où elle sera un peu lourde à supporter, et enfin des moments de souffrance et de peine. Vous aussi, parfois, vous la décevrez. Eh oui ! ça arrivera parce que vous êtes des hommes. Mais, attention, de même que Madeleine, ne voit pas tout de suite le Ressuscité, mais deux anges assis l’un et l’autre de chaque côté du linceul, de même l’Eglise, je parle ici des fidèles, verra d’abord en vous… des anges. Le prêtre, le diacre, ministres consacrés dans le célibat, ont, qu’on le veuille ou non, aux yeux des fidèles, une dimension angélique. Le mot « ange » veut dire envoyé. Il est vrai que vous ne vous appartenez plus tout à fait vous- mêmes. Jacques Platon, Neuville Cospar, c’est vous-mêmes. Désormais c’est toujours vous-mêmes… mais envoyés par Dieu. Cela changera radicalement l’orientation de votre existence. Comme la paternité change, normalement, la vie d’un homme ! On n’est pas prêtre de 8h à 17h dans sa vie. On n’est pas prêtre jusqu’à sa retraite et puis après on fait autre chose. On est prêtre tout le temps, à 100%. Ce n’est pas facile avec notre humanité terreuse, terrestre. La dimension angélique se fait ici très concrète. Le fait d’être envoyés, d’être consacrés par Dieu pour être à ce peuple comme amis de l’époux, fait de vos personnes un signe de la grâce à tout moment. Ce sont les deux anges que voit Madeleine. Vous saurez, comme chacun de nous, les prêtres, à quel point vous êtes humains et restez attachés à la terre, avec des défauts, des tendances « pas jolies », des choses qui vous embêtent. Vous aimeriez, aaahhh !, vous envoler, comme les anges… mais vous ne l’êtes pas ! Pourtant, dans le regard du peuple de Dieu (et c’est un regard légitime !), vous aurez une dimension angélique, vous serez des « hommes de Dieu », des « hommes du sacré ». Votre façon de parler, d’être, de vous habiller, de répondre, votre politesse, vos attitudes même les plus privées, votre façon d’affronter l’adversité, les tentations ou les épreuves, ne peuvent être celles de ce monde... Votre vie ne peut plus être liée à votre affectivité personnelle, même si c’est bien vous, avec tout ce que vous êtes, qui vous offrez aujourd’hui dans le service. Plus exactement, c’est vous qui avez été choisis et avez répondu oui au choix de Dieu. Dieu, qui connaît mieux que quiconque vos limites personnelles, vous demande, non pas de façon hypocrite extérieure, mais de la façon la plus intérieure possible, d’être son homme, son représentant, par toutes les fibres de votre vie. Pas seulement dans les actes du ministère pour confesser, dire la messe, rencontrer des gens, etc., mais à chaque instant. C’est impossible. Je vous le dis tout de suite. Mais à Dieu, rien n’est impossible. Il faut donc consentir humblement à cette dimension angélique. Et puisque l’ange ne fait rien d’autre que de louer Dieu, vous serez d’abord députés à la louange du Seigneur ! Avant de faire, vous êtes là pour être : être un consacré, être un homme de Dieu…. Tout le reste est futile d’une certaine façon, sauf peut-être une 3ème et dernière dimension de ce même mystère de Pâques…. Comme les 2 discipl\des  d’E mmaüs Cette 3 ème dimension implique aussi 2 hommes, 2 êtres : on a eu Pierre et Jean qui entrent dans le tombeau vide. On a eu les 2 anges…. Voilà maintenant les 2 disciples d’Emmaüs ! En sortant de cette église tout à l’heure, vous serez comme les 2 disciples d’Emmaüs. Vous vous serez laissé rejoindre par le Ressuscité dans votre vie et vos tristesses, vous aurez entendu sa Parole de vie, vous aurez vu et reconnu le Seigneur au partage du Pain… Qui plus est, cela se renouvellera à chaque messe, tous les jours de votre vie. Chaque jour, la messe, c’est-à-dire la mission et en même temps l’Eucharistie, l’action de grâce : merci Seigneur.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 10 VIE DU DIOCÈSE Rappelez-vous ces 2 disciples qui s’en vont tout tristes. Combien de tristesses dans votre vie, dans celle de chacun d’entre nous, combien de soucis portons-nous et porterons-nous avec le peuple de Dieu, pour lui, en lui. Vous allez célébrer l’Eucharistie. Vous entendrez chaque jour les paroles de demande de pardon, la Parole de Dieu proclamée, l’Evangile. Vous-mêmes, vous serez amenés à proclamer cet Evangile, à le commenter pour le peuple de Dieu, pour lui dire ce qu’il doit faire et ce qu’il doit croire. Vous recevrez les offrandes du peuple chrétien (offrandes, d’ailleurs, qui vous feront vivre concrètement grâce aux dons des fidèles : commes les Lévites, vous n’avez et n’aurez pas d’autre héritage que la bonté, l’amitié et l’amour du peuple de Dieu). Cette offrande, vous la présenterez au nom du peuple et surtout dans le Christ « in persona Christi ». Neuville, tu vas prononcer ces paroles : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang » et comme les disciples d’Emmaüs, tes yeux verront chaque jour. Les disciples d’Emmaüs avaient le cœur tout brûlant à l’aller, alors que Jésus leur expliquait dans les Ecritures ce qui le concernait. Ensuite, ils partagèrent le pain et partirent en mission. Ils ne peuvent pas garder pour eux ce qu’ils ont entendu et ce qu’ils ont vu. Mais nous, fuyant l’inconfort du mystère, il peut nous arriver de nous laisser aller, même pas dans les bizarreries qui nous bousculent un peu et que nous ne contrôlons pas, mais dans l’habitude que nous croyons parfaitement contrôler. Et il ne faudra pas s’habituer : le grand danger, c’est de tomber dans la banalité… et la banalité rime bizarrement avec la médiocrité ! Celle-ci guette immanquablement ceux qui célèbrent chaque jour les saints mystères : voir et toucher fréquemment Jésus, peut nous conduire à Le banaliser! Rien de pire que le prêtre qui « fait son boulot », qui fait le job.. et rien de plus !. Il faudra veiller, par des temps de retraite, de prière, à renouveler profondément votre rapport à l’Eucharistie, vous offrir avec Lui sur l’autel (« Ceci est mon corps, ceci est mon sang ») et puis, évidemment, dans la prolongation de la messe d’Emmaüs : repartir en courant, en pleine nuit, à deux, jamais seul, comme des fous pour annoncer : « Nous L’avons vu. Il est ressuscité ». Voilà le mystère profond que vous devrez vivre : incroyable mystère ! Accueillir le m\bstè\dre  de la vocation Mes amis, tout cela n’est pas bizarre, évidemment. Ce n’est pas bizarre d’être là. C’est mystérieux, mais ça l’est toujours : un homme qui devient prêtre, un homme qui devient diacre, c’est toujours un mystère incroyable !. Chaque matin, on ne s’y habitue pas, on se lève et se dit : « Le Seigneur t’a choisi pour être son serviteur, son prêtre mais pourquoi ? Quel mystère de notre vie qui aurait pu être complètement différente ». Combien de jeunes dans nos familles, en ce moment, en train de nous écouter, ont déjà reçu cet appel ? Je voudrais leur dire en votre nom, pour finir, que ce n’est pas bizarre de devenir prêtre même si ça fait peur. Ça fait peur, ça fait peur à beaucoup de monde, mais ça fait peur surtout à celui qui reçoit cet appel. Oui, c’est étrange de ne pas se marier, de vivre pour Dieu, de n’avoir d’autre héritage, d’autre salaire que ce qu’on reçoit des dons des fidèles. C’est tellement plus rassurant de tenir, de se tenir à une vie qui paraît bien rangée (comme si le mariage était une assurance tout risque contre les problèmes. Vous verrez, vous le savez déjà, vous demanderez à vos amis mariés). Mais, enfin, vivre comme tout le monde paraît bien moins étrange… c’est normal, c’est naturel ! Je voudrais dire donc à ces jeunes qui ont reçu déjà cet appel, oui, ça paraît bizarre. Oui, il y a une peur à traverser. Oui, il y a quelque chose qui est un peu étrange mais il faut à ce moment-là choisir le mystère. C’est quoi choisir le mystère ? C’est dire à Dieu, « ok ! je ne vais pas tout comprendre, mais je sais que Tu es là. Et je sais que Tu m’attires. Tu m’appelles et mon intelligence, mon âme, mon cœur, ma volonté, tout ce que je suis va être baigné de ton amour. Je ne comprendrai pas tout dans ce chemin, mais je sais que Tu es SUR ce chemin. ! » En fait, en un mot, comme en cent, vous êtes des fous. Nous sommes des fous. Mais c’est une bonne nouvelle. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, c’est ce que Dieu a choisi ». « Viens Esprit Saint ». Amen ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 11 Depuis le 19 avril 2020, Le Seigneur Jésus-Christ m’a fait la grâce d’entrer dans l’ordre presbytérale. Mais avant de continuer rappelons-nous qu’à cette date nous étions en plein confinement. Dans de telles conditions, comment vivre dans la sérénité cette ordination ? Dans la semaine qui précédait l’ordination, on était dans l’octave de Pâques, qui nous invite à la joie de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus Christ. Dans un deuxième temps pour moi ce fut la préparation spiri- tuelle et priante qui devait prendre le pas sur tout le reste. Bien sûr, il y avait un peu d’appréhension à cause de la situation extraordinaire dans laquelle nous étions, mais aussi une grande confiance en notre Dieu. J’ai eu la chance de me retrouver dans le magnifique cadre du Foyer de Charité à Trinité, j’ai pu ainsi recevoir les excellents enseignements du père Emmanuel Aine et vivre auprès de la communauté durant cette semaine préparatoire. C’est ainsi que sereinement j’ai pu me préparer à l’ordination. D’autant plus que je savais que d’autres personnes priaient pour Jacques et moi durant cette semaine. J’ai pu approfondir l’un des aspects fondamentaux de la vie du prêtre, c’est-à-dire la prière. Cette rencontre quotidienne \ avec Notre Seigneur, non seulement à la messe, mais aussi dans l’oraison et le chapelet. Et c’est de cette manière que j’ai pu aborder dans la prière et dans la paix cette cérémonie de l’ordination. Comme vous le savez, elle a eu lieu à l’église d’Emmaüs, dans un cadre par- ticulier avec une église vide à première vue. Ce fut une cérémonie qui débuta dans la joie, l’absence de mes proches aurait pu alté- rer cette joie, mais ce ne fut pas le cas. Car l’essentiel est que par l’imposition des mains, Dieu donne un nouveau prêtre à son Eglise. Je rends grâce à Dieu d’avoir permis que Mgr Macaire dans sa grande bonté ait maintenu ces deux ordinations. Durant toute la cérémonie, Dieu a permis que les pères Alain Ransay, Sosthène Godjo, Gaëtan Présent, Emmanuel Chaulvet, Wilfried Bannais et le diacre Hervé Lordinot nous aident à entrer dans cette dimension festive de l’ordination, accompagnés de toute l’équipe de Radio Saint Louis et de M. Alain Arnaud. Je remercie chacun d’entre eux du fond du cœur pour leur collaboration. J’en profite pour exprimer ma profonde reconnaissance à tous ces fidèles et à tous ces prêtres qui m’ont aidé durant toutes ces années à cheminer pour répondre à cet appel de Dieu, et particulièrement à Mgr David Macaire qui m’a permis de répondre librement à cet appel de Dieu. Suivre le Christ pour tout chrétien et à plus forte raison pour tout ministre ordonné, c’est accepter de mettre ses pas dans ceux de son Seigneur et de marcher, où, lui a marché. De la crèche à la croix, quel renoncement ! Le dimanche 19 avril 2020, dimanche de la Miséricorde divine, j’ai eu la joie d’être ordonné diacre par Mgr David Macaire dans des conditions qui semblent être particulières, mais qui révèlent sans nul doute toute la tendresse du cœur de Dieu. Un public très intime, réduit à l’essentiel, comme \ à la crèche… Des chœurs angéliques comme le soir de Noë\ l qui ont merveilleusement interprété les chants… Un public peu nombreux recueilli comme au pieds de la croix, avec Marie, mais plein d’espérance… Et enfin, à la fin une joie et une paix inexprimables et inestimables comme au matin de Pâques !!! Prendre le chemin du Christ, c’est accepter de marcher là où on ne voudrait pas forcément aller, s’aventurer là ou l’Esprit veux que nous allions. Cette ordination aussi belle et profonde fusse-t-elle, n’est pas une fin en soi, ni même un commencement pour moi. Elle est simplement une étape que j’ai vécue avec beaucoup de reconnaissance, non seule- ment par rapport à l’immense sollicitude de Notre Seigneur envers moi, sa fidélité et sa ténacité, mais aussi par rapport à la confiance toute simple et toute belle de Mgr Macaire à mon égard. Oui, je sais que cette ordination que nous avons voulue maintenir le père Neuville et moi, a créé des frustrations chez certaines et certains qui auraient souhaité être associés \ à notre joie. Mais notre joie, c’est la joie de toute l’Eglise…\ C’est la joie du matin de Pâques. Le temps viendra où nous pourrons nous réjouir des mer- veilles de Dieu dans nos vies. D’autres ordinations viendront combler l’espérance de notre diocèse et renforcer notre joie. Mais n’oublions pas que si le Seigneur nous a permis de vivre la joie de cette ordination en étant confinés, c’est pour nous rappeler à l’essentiel : l’exigence de l’amour. Il n’y a rien d’autre que l’Amour !!! Si nos célébrations, nos communautés (familiales, ecclésiales, amicales, etc..), sont sans amour véritable, alors notre foi est vaine et le culte que nous rendons à Dieu est nul et non avenu. L’amour n’est pas un vain mot, l’amour c’est Dieu. Et c’est de cette manière que Et c’est de cette manière que j’ai pu aborder dans la prière et j’ai pu aborder dans la prière et dans la paix cette cérémonie de l’ordination. Comme vous le l’ordination. Comme vous le savez, elle a eu lieu à l’église savez, elle a eu lieu à l’église Suivre le Christ pour tout chrétien Suivre le Christ pour tout chrétien et à plus forte raison pour tout et à plus forte raison pour tout ministre ordonné, c’est accepter ministre ordonné, c’est accepter de mettre ses pas dans ceux de ordonné diacre par Mgr David "C’est Dieu qui donne un prêtre à son Eglise, c’est Lui qui a la première place... " "L'amour n'est pas un vain mot, l'amour c'est Dieu.""L'amour n'est pas un vain mot, l'amour c'est Dieu.""L'amour n'est pas un vain mot, l'amour c'est Dieu." Témoignages… Père Neuville Cospar Diacre Jacques Platon Diacre Jacques Platon Diacre Jacques Platon

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 12 VIE DU DIOCÈSE Confinement ne rime pas du tout avec ordina- tion. Pour reprendre les mots mêmes de l’ho- mélie de Mgr Macaire, nous aurions pu penser que c’était « bizarre » de conjuguer les deux ensemble. C’est un peu ce que je me disais d’ailleurs, quelques jours avant l’événement. Puis, la date s’approchant, j’ai com- pris que cette ordination pouvait être vue comme un signe fort de la Vie plus forte que la mort. Une actualisation concrète de la fête de Pâques dans la vie de ces deux hommes et de tout le diocèse. L’Eglise a fait face à toutes sortes de difficultés au fil des siècles, et c’était une manière de dire que le Christ est plus fort que le coronavirus. Cependant, il est dommage que la res- triction du nombre de personnes n’ait pas permis à beaucoup de participer à cet heureux moment. L’assemblée diocésaine, physiquement présente et heureuse d’accueillir chaleureusement leurs pasteurs, m’a manqué. Mais l’iro- nie de l’histoire est qu’elle était bien plus nombreuse encore par les moyens de télécommunication que si elle était dans la cathédrale. Avec la grâce de Dieu, même en petit comité, nous avons pu offrir à Neuville et à Jacques une cérémonie « mysté- rieuse » et joyeuse dont ils se souvien- dront à vie. L’émotion était palpable sur le visage des deux élus du jour, ainsi que sur le visage de l’archevêque et de tous les participants. Emotion liée au contexte, mais aussi liée aux parcours des ordinands qui ont tous les deux de longs itinéraires atypiques qui les ont menés finalement à leur consécration. J’ai personnellement savouré le pri- vilège d’être physiquement présent à cette célébration. Une autre joie fut celle d’y accompagner Neuville, qui fait partie de notre équipe sacerdotale du Lorrain et du Marigot depuis juillet 2019, et de le voir faire ses premiers pas de bébé prêtre. Pas que j’ai moi-même effectués il n’y a pas si longtemps… Au final, une célébration non pas « bizarre » mais « mystérieuse » qui n’a rien à envier aux ordinations en contexte normal. La fécondité de l’Église en Martinique a réjoui les âmes des Antillo-Guyanais et au-delà, par l’ordination sacerdotale de notre frère Neuville Cospar. En effet, le dimanche de la Divine Miséricorde, le Fiat de Neuville a été accueilli et consacré par les mains et le cœur d’un apôtre de la miséricorde, notre arche- vêque David Macaire. Au nom du père Gaëtan Présent, des fidèles du Marigot et du Lorrain, je redis notre joie et notre reconnaissance à Monseigneur et à son diocèse, à la famille Cospar et à toutes les personnes que Dieu a placées sur le chemin de notre frère pour permettre l’éclosion de sa vocation. Le chemin de Neuville vers le sacerdoce n’a pas été droit, comme beaucoup de chemins. Mais quelles que soient les courbes, Dieu sait toujours y écrire droit et beau. Dans sa magnificence, Dieu a permis que ce fils du Lorrain, spécialement de Morne Vallon, se consacre sur la terre d’origine de ses ancêtres. Amen, Alléluia ! Comme chacun de nous, Neuville est une histoire sacrée. Mais cette histoire prend une dimension toute nouvelle avec son ordination. Désormais, il pourra s’appliquer, plus que jamais, cette phrase que nous disons dans la prière pour les prêtres : « Je ne suis plus moi, je suis Jésus et Jésus crucifié ; je suis comme le pain et le vin ; une substance consacrée qui a cessé d'être elle-même ». Que le Nom du Seigneur soit à jamais béni ! Et que son serviteur Neuville trouve toute sa joie dans sa Vigne. Qu’il reste ami de Jésus et développe son amour de l’Église et de sa liturgie. A ses premières messes, quand il élève Jésus, ses mains tremblent. Qu’à ses dernières messes, que ce ne soit pas Jésus qui tremble entre ses mains. Que ses mains qui vont quotidiennement toucher le Sauveur soient des mains amies dont le contact lui soit doux. Que le père Neuville ait continuellement la grâce d’emporter de la messe d’aujourd’hui la soif de celle de demain, et que plein lui-même des dons reçus, il ait la grâce de les communiquer largement aux autres. Vive le Sacerdoce ! Vive Neuville ! Vive les jeunes qui vont lui emboiter le pas ! Vive la Martinique ! Père Sosthène G odjo, Curé du Lorrain et du Marigot Père Gaëtan Présent Pères Gaëtan Présent - Neuville Cospar et Sosthène GodjoPères Gaëtan Présent - Neuville Cospar et Sosthène Godjo

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 13 Le  6  mars  2020,  Mgr  David  Macaire  a  visité  la  paroisse  Notre-Dame  du  Grand  Retour,  Sanctuaire Saint-Cœur-de-Mari\oe de Josseaud qui, pour la semaine, tenait le candélabre  de l’Eucharistie dans le cadre du carême des veilleurs.  ÉGLISE EN MARTINIQUE 13 C est avec beaucoup de joie qu’il a été accueilli par quelques membres de la communauté. Nous avons eu un temps de prières, d’échanges, l’accent a été mis sur l’absence de notre jeunesse et l’avenir de notre Eglise, un partage très fructueux sur l’Evangile de Saint Matthieu 5,43- 48 qui invite à « Aimer nos ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent ». Monseigneur a donné des pistes de réflexion en nous demandant de travailler avec enthousiasme, et de faire preuve de discernement. Il nous rappelle que Jésus nous accueille tels que nous sommes, avec nos faiblesses et nos potentialités. L’évêque a ensuite visité différents quartiers autour de Josseaud. De retour pour les vêpres à 18h et l’Eucharistie, il a célébré dans la joie avec le peuple de Dieu qui avait répondu en grand nombre à l’invitation ce vendredi. Dans son homélie, il a souligné le sens de l’Eucharistie qui est le Corps mystique du Christ. En le célébrant, nous rendons grâce à Dieu pour tous ses bienfaits. Pour le geste de paix à l’Eucharistie, il invite l’assemblée à une paix intérieure qui soit durable. Monseigneur a promis une nouvelle visite à Josseaud, et s’est inscrit sur la liste du candélabre du Jeûne pour la semaine du 8 au 14 mars, en union de prières avec la communauté. Juste après la messe, Mgr Macaire a rencontré les responsables des jeunes de moins de 25 ans et les jeunes de 25 à 35 ans. Après avoir écouté et répondu aux différentes questions, l’Archevêque a pu découvrir tous les soucis et l’engouement des jeunes pour l’Eglise. Il a insisté auprès des jeunes pour leur faire comprendre que dans une communauté, ils ont un rôle important à jouer, en donnant des témoignages édifiants, en invitant d’autres jeunes à mettre en place des temps de prière, de louange, etc. L’évêque les ramène vers les 5 essentiels, c’est-à-dire les cinq aspects fondamentaux qui caractérisent la vie chrétienne, et qui en marquent la vitalité des enfants de Dieu. La prière, la vie fraternelle, la formation, la charité en acte et la mission qui prennent leur source dans le livre des Actes des apôtres 2, 42 : « Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain, et aux prières ». Ainsi donc s’est achevée par la prière du Notre Père la journée pastorale de notre évêque Mgr David Macaire. P. Paul Rosemond François ■ Visite pastorale de l’Archevêque à la paroisse de Josseaud

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 14 L’ÉGLISE AU TEMPS D\nU COVID 19  DOSSIER On ne l'avait pas vu venir, celui-là ! C 'est le premier sentiment qui vient à notre esprit, tant l'enchaînement des événements a été rapide. On entendit parler du coronavirus dans le dernier tiers du mois de janvier. Nos esprits étaient plutôt accaparés par les grèves à propos de la réforme des retraites. On voulait mieux préparer l'avenir tout en bloquant le présent. Et voilà qu'aux actualités, on nous parlait d'un virus qui sévissait dans une ville chinoise, Wuhan (où, hein ?). Petit à petit, tout ce qui venait de Chine devenait suspect. Par précaution sanitaire, il valait mieux éviter tout contact avec ceux qui revenaient de ce pays ou qui y avait un rapport. Mais là encore, il fallait préparer le carnaval, se nettoyer la tête à coup de chants graveleux et surtout montrer son insouciance face à l'obéissance à la loi ! C'est alors que le nom devint populaire, il s'invitait dans les vidés, les soirées, les costumes et les calembours : coronavirus ! Les cendres de Vaval étaient encore chaudes quand on réalisa que ceux qui voyageaient risquaient de rencontrer un certain Covid-19, échappé de Chine pour être hébergé en Italie, pays doté d'une flotte de croisière impressionnante et si efficace pour l'incubation de ce nouveau fléau. Il valait mieux les tenir à carreau, voire hors terre, tous ceux qui venaient du monde coronaire…. C'est alors qu'on bascula dans un film, comme à Hollywood. Tout alla très vite et du jour au lendemain, une fois son devoir de citoyen rempli, on nous annonçait que les bars et restaurants seraient clos et qu'on ne pourrait se retrouver dans une église que pour une petite centaine de paroissiens, curé compris. Au lendemain de cette messe- supplice (les fidèles ne pouvaient communier, sauf le prêtre) le coup de massue : le Président nous intime l'ordre de rester à la maison dès demain minuit, et ce, pour 15 jours…. Puis 15 autres…. Et, allez, un mois encore ! D'abord groggy par l'annonce, l'Église en Martinique espérait retrouver les bancs d'église pour la Semaine sainte. Sé sa ou té konprann ! Elle dut boire le vinaigre surtout à Pâques : il n'y eut point de cierges allumés dans les mains des fidèles pour entrer dans l'église. Les portes de cette dernière resteraient closes ! Mais recevoir un koutjok ne te met pas forcément K.O. Très vite, on a vu apparaître des initiatives virtuelles bien réelles… Mi sé labé-a anlè YouTube ! Tel un chat qu'on jetait en l'air, l'Église retombait sur ses pattes. Krik ! Non, pé ké ni krak ! De nouveaux mots (maux ? Oh, zut l'orthographe !) comme confinement, distanciation, asymptomatique (j'avais cru comprendre "à 5, c'est automatique") allaient faire basculer un mode de vie et un mode de culte. Et c'est dans ce vide que l'on découvrit la collaboration. Covid dit neuf ! Neufs ces temps de prière, d'adoration, d'enseignement et de communion planétaire avec le Saint- Père ! Neufs dans la soif et la faim des sacrements ! Nous n'avons pas les moyens de vous faire un "journal du confinement", mais nous donnons la parole à un certain nombre pour un retour d'expérience sans prétention. Premiers jets du "An tan Coronaviris". P. Christian Catayée ■ Témoignages et perspectives

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 15 Jamais autant que ces deux derniers mois, je n’ai mesuré l’impor- tance de mon sacerdoce : j’ai choisi de suivre Jésus pour donner, je veux donner ! Mais comment le faire en pleine crise du Covid-19 ? Confinés au Domaine du Fort à Saint- Pierre, j’étais en communauté avec le Chemin-Neuf mais, loin de la commu- nauté paroissiale. La première parole qui a jailli de mon cœur c’est la déclara- tion de Dieu après avoir créé l’homme : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul… » (Genèse 2, 18). C’est pourquoi j’ai demandé à chaque paroissien de choisir d’être l’ange gar- dien d’un autre en priant et en prenant régulièrement des nouvelles de son protégé. Pour moi qui suis prêtre depuis 2004, consacré pour donner le pain de l’Eu- charistie, le Corps du Christ… me voici mis dans l’incapacité de nour- rir le peuple que Dieu m’a confié ! Suis-je devenu un mauvais pasteur qui ne nourrit pas les brebis du Seigneur ou qui mange seul sans se soucier de la faim des autres ? La réponse m’est venue de Jésus dans l’Évangile de saint Matthieu. Dans l’évangile matthéen, le Christ répond au diable : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4,4). C’est ainsi que je pris l’engagement solennel d’envoyer une méditation de l’évangile du jour accompagnée de quelques points de réflexions, tous les jours du confinement, à tous les frères et sœurs de la paroisse. Ces homélies de tous les jours, du 17 mars au 10 mai, furent un lien spirituel fort où Dieu s’est manifesté en me donnant la possibilité de continuer à nourrir et paître ses agneaux (Jean 21,15). Merci Seigneur pour ce temps des retrouvailles qui est aussi un temps de semailles. En effet, l’Esprit Saint nous dé-confine afin que nous allions semer le grain de la parole et montrer Jésus partout. La crise sanitaire planétaire liée au Covid-19 entraînant un confinement de plus de deux mois pour éviter la propagation du virus et l’aggrava- tion de la pandémie a eu, au-delà de sa dimension salutaire, des consé- quences négatives sur les personnes du point de vue individuel (anxiété, esseulement, dépression…), familial (aggravation de problèmes de couple, des relations parents-enfants, agres- sivité et violences), professionnel (chômage partiel, licenciement…), économique (récession, fermeture de petites entreprises, pertes financières importantes…), et spirituel ( ferme- ture des lieux de culte, privation de la communion eucharistique...). Le service Padre Pio ayant essentiel- lement pour mission la mise en œuvre de la pastorale de l’écoute (organiser et former) fédère en son sein différents groupes, communautés et mouvements pour la mise en place de cellules d’écoute, de prière et de compassion dans tout le Diocèse. En raison du confinement, il a fallu adapter les modalités de l’offre d’écoute pour répondre aux besoins de demandes d’aide de personnes en souffrance et en détresse. D’où l’or- ganisation proposée pour assurer des permanences téléphoniques. Ces permanences sont tenues par des écoutants qui sont contactés par sœur Paule-Marie qui recueille les demandes par le biais du téléphone du service, et qui oriente les personnes souhaitant une écoute. En collaboration avec la Communauté de L’Emmanuel, le numéro vert de SOS Prière (0972302999) a été activé en Martinique avec quatre écoutants de la Communauté de l’Emmanuel. Les Martiniquais ont pu être enten- dus par des écoutants de Métropole et quatre écoutants de Martinique. De même, les bénéficiaires d’ailleurs (Métropole et pays francophones) ont pu être écoutés par la Martinique éga- lement. C’est une alternative pour répondre aux besoins liés au confinement. Après le confinement, la plate-forme SOS Prière gérée par la Communauté de L’Emmanuel sera développée avec la collaboration des écoutants de Padre Pio dans le créneau de 18h-minuit, dans un lieu qui sera déterminé, afin de mutualiser les moyens et de fédé- rer autour de la compassion dans un esprit de communion ecclé- siale. La communication autour des perma- nences d’écoute télé- phonique a été faite par les médias de l’Eglise et les réseaux sociaux. Quelques personnes ont pu bénéficier de ces permanences d’écoute et ont été très contentes de cet espace. Le simple fait de les avoir écoutées et parfois orientées, d’avoir prié avec elles, leur a fait beaucoup de bien. Une bonne articulation a été faite éga- lement avec la PCE des psychologues qui orientait des personnes qui avait besoin d’un accompagnement spiri- tuel, et vice-versa. La cellule diagnostique a été égale- ment opérationnelle pour des situa- tions de délivrance. Nous rendons grâce à Dieu pour la disponibilité de chacun ! « Donnez-leur vous-même à manger ! » Témoignages Père Arnaud Wilfried Goma-Okadina,Communauté du Chemin-Neuf, Paroisse de Coridon Tony Allaguy-Salachy, Service diocésain Padre Pio

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 j uin 2020 – n° 603 16 Nous avons vécu le confinement comme tout le monde, en restant à la maison, pour travailler mais aussi pour faire des choses que l’on n’avait jamais le temps de réaliser, ne sortant que pour les courses ou pour faire du sport. Ces deux mois de confinement inopiné, imposé, ont été une expérience totalement inédite et un peu déstabilisante. En effet, il nous a fallu modifier rapidement et profondément nos habitudes de vie. Cependant, nous l’avons vécue dans la paix et la sérénité. Cette période de confinement a été un temps de vie familiale et spirituelle plus intense. L’absence d’Eucharistie et de temps d’adoration en présentielle nous a permis de découvrir et de vivre la communion spirituelle et les adorations via la WebTV RSL et YouTube. Cette période a été très intense également pour nous en tant que responsables du Service Diocésain de la Pastorale Familiale. Nommés le 7 mars 2020, nous avons dû, dès le 17 mars, prendre à bras le corps la mission pour réorganiser tous les programmes prévus. À la demande de notre Évêque, nous avons, en concertation avec le Service Diocésain de la Catéchèse, œuvré ensemble très activement pour accompagner les familles face à l’impossibilité de se rencontrer physiquement ; il a fallu mettre en place des actions pour animer ces temps liturgiques à distance, Carême, Pâques, l’Ascension, et la Pentecôte. Nous avons expérimenté les systèmes d’audio et de visioconférence, apprendre rapidement à utiliser certains outils numériques, les relations avec les médias. À l’heure du déconfinement et où l’autorisation de célébrer sur les paroisses a été accordée, toujours avec des gestes barrières, deux choses nous semblent importantes à souligner : - S’agissant de la mission : organiser l’activité du service en intégrant de nouvelles pratiques pour construire et animer les actions du réseau de la Pastorale Familiale avec tous les acteurs, et à tous les niveaux, des paroisses, des districts et des mouvements liés à la famille. - Pour les familles : nous souhaitons que tous les bons fruits acquis durant cette période pour la vie de famille soient conservés (temps en famille, prières, messes, lecture de la parole, chapelet…). Nous voudrions rendre grâce à Dieu pour tous ceux et toutes celles qui se sont mobilisés durant ce confinement, au sein des Services diocésains de la Catéchèse, de la Pastorale familiale, et sur toutes les paroisses avec leurs curés pour permettre à toutes les familles de vivre avec ferveur ces temps liturgiques majeurs de notre foi chrétienne. Prions pour que les Eglises domestiques s’affermissent dans la foi. C’est vrai que j’ai eu très peur du virus à la Martinique par rapport à toutes les infor- mations en provenance d’Italie ou de la France, et qui donnaient chaque jour le nombre de décès. Mais une fois qu’il a fallu mettre le nez dehors pour le boulot, j’ai tout confié à notre Seigneur ; que sa volonté se fasse et non la mienne. Je me suis ajustée à la Parole du Christ dans la confiance et l’espé- rance, la peur a disparu. Le seigneur a continué à agir dans mon couple à ce moment-là. Mon mari ne pratique plus depuis 15 ans, moi je suis une fervente croyante. J’ai l’habitude de faire mon chapelet sur KTO, un beau jour mon époux arrive et se met à le faire aussi. Et durant tout le confinement, nous avons prié le chapelet ensemble. Il a changé de comportement vis-à-vis de moi. Et tout continue pour le mieux. Pour tout vous dire, il faut persévérer dans la prière, le temps de Dieu n’est pas le temps de l’homme ! Avec le confinement, la famille a partagé beaucoup plus de temps autour de tous types d’activités : écoute et célébration de la Parole, chapelet, marche en plein air, discussions, visualisation de programmes télévisés communs, et tout ce que l’on n’a pas le temps de faire ensemble habituellement tel que réfléchir à la liste de courses, entre autres. Avec le déconfinement, les choses seront différentes : nos enfants pensent que la distanciation physique risque de durer et d’entraver les relations entre amis et camarades. Et de manière générale, nous limitons les dé\ placements au strict nécessaire en attendant de voir comment les choses vont évoluer. Mais surtout, nous croyons que Dieu est présent avec nous dans cette épreuve. Ce temps de confinement n’a pas toujours été facile à vivre. C’était fatiguant de toujours faire les mêmes choses (se réveiller, nettoyer la maison, faire le repas matin, midi et soir) ; de devenir maîtresse de 3 niveaux différents sans avoir forcément l’art et la manière ; de ne pas pouvoir profiter de ce que l’on a autour de nous librement (mer, chemin pédestre…). Cette période a été aussi l’occasion de nombreuses satisfactions. Et l’on peut remercier le Seigneur de nous avoir ouvert les yeux sur certaines choses, d’avoir passé plus de temps en famille, de Le connaître davantage, notamment les enfants, en regardant des films sur la vie de Jésus et en suivant les messes par le biais de radio St-Louis, et de m’avoir donné la patience et la force de pourvoir faire l’école à la maison. Avec le déconfinement, il me semble nécessaire de poursuivre les changements adoptés durant le confinement, et surtout ne pas retomber dans les mauvaises habitudes même avec la reprise du travail, et de poursuivre notre rencontre avec maman Marie et notre Seigneur Jésus-Christ. Famille Hejoaka, Paroisse de St-Esprit Famille Louemba, Paroisse de Sainte-Anne Josette et Robert Maceno Responsables du Service Diocésain de la Pastorale Familiale S.B, Paroissienne de Saint-Esprit L’ÉGLISE AU TEMPS D\nU COVID 19  Nous avons vécu le confinement DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 j uin 2020 – n° 603 17 « Jésus a été poussé au désert après son baptême pour éprouver sa voca- tion ». Au désert, les rapports sociaux, culturels et cultuels n’existent plus, nous sommes dépouillés, seuls, livrés à nous-mêmes. Voilà comment j’étais au début du confinement à cause de ce minuscule microbe qui a mis le monde à genoux ; j’étais en grande souffrance et je me révoltais jusqu’au jour où j’ai compris que ce désert, je devais l’utiliser comme un temps de retraite et de purification en attendant, dans le jeûne et la prière, de recevoir le sacrement de réconciliation et l’Eucharistie. Ces deux derniers mois ont été forts en épreuves et riches en enseignements. J’ai été tout à la fois frustrée et comblée. Frustrée parce que j’ai été coupée de mes collègues, des ballades dans le nord de la Martinique que j’affectionne particulièrement, de la vie culturelle, des assemblées du dimanche et particulièrement \ des célébrations de la Semaine sainte ; mais aussi comblée. Incroyablement comblée par la diversité de l’offre numérique pour vivre sa foi. Pas seulement radiophonique, mais aussi avec KTO, You Tube, par mail et parfois même par WhatsApp avec les défis de la Pastorale de la famille et de la catéchèse. C’était l’occasion de renouer par téléphone avec de la famille, des amis dont je m’étais éloignée, de prendre des nouvelles des voisins par-dessus le grillage, de me remettre à la lecture… de revenir à l’essentiel, et de vivre chaque instant en présence du Seigneur, Père aimant et fidèle. Différentes actions ont fait vivre le concept « QUARANTAIDE » Durant ce temps de confinement, la SSVP Martinique n'a pas cessé ses actions d'aide aux plus démunis. Dans le cadre de la pré- vention des risques majeurs, nous avions prévus des masques, des gants en stock et des locaux organisés pour une gestion autonome de nos activités à moyen terme. C’est une expérience réussie à travers la crise du covid-19. Nous avons pu approvisionner nos 22 conférences sur le territoire. Appuyer par SSVP France et des institutions publiques, nous avons mis en place des process pour protéger nos salariés, nos bénévoles et le public... Des centaines de paniers alimentaires ont été confectionnés et distribués par l'intermédiaire des bénévoles des diffé- rentes conférences réparties sur toute l'île. En collaboration avec d’autres associa- tions, les organismes publics et privés, une organisation s’est mise en place au fur et à mesure des préconisations pour couvrir l’ensemble du territoire. Les personnes en solitude ont plus que jamais besoin d'une écoute et d'un sou- tien pendant cette période. Pour cela, les bénévoles ont continué leur écoute tous les matins pour appeler, à partir de leur domicile, les personnes qui avaient déjà été recensées dans le cadre de l'action "allo..." pour maintenir le lien social. Ce sont des personnes fragilisées par leur solitude et leur âge avancé pour la plupart. Ces bénévoles leur apportent un récon- fort, un apaisement dans leurs inquié- tudes du fait du confinement. Les relations avec nos partenaires privés et publics habituels se sont intensifiées du fait de l’augmentation de la demande. Sans bus, sans portage de repas et par- fois sans parent, nombreux sont ceux qui se sont retrouvés isolés ou dans des situations complexes comme les femmes enceintes sans trousseau de maternité... Ce sont des situations nouvelles qui s’ajoutent aux aides habituelles... Des entreprises ont par ailleurs par- ticipé à cet élan de solidarité en faisant des dons conséquents. Nous avons pu constater encore une fois une grande solidarité avec beau- coup d’acteurs concernés. Nous remercions tous ceux qui nous ont aidés et soutenus, pour les Martiniquais, pour le service... Aujourd’hui ce ser- vice continue, et le déconfinement nous dévoile une situation grave qu’il faudra gérer sans assistanat, mais dans le dis- cernement. Heureusement, nourris de cette période de Pentecôte, nous sommes optimistes pour l’avenir. Au regard de cette crise vécue en plein carême, puis Pâques, il semble évident que rien ne se fait par hasard, des vocations et des prises de conscience sont tangibles ! Notre Seigneur veille... À nous de collaborer ! Ce confinement a été pour nous, parents et enfants, une réponse à nos prières, un temps de bénédiction. Notre Seigneur a entendu nos cris et il nous a offert un temps de repos bien mérité où nous avons pu nous consacrer aux choses vraiment importantes : notre Famille et notre foi ! Les points positifs sont nombreux : absences d’obligations sociales, nouveaux regards sur nos vies, approfondis- sement des fondamentaux de vie en famille (temps de prières plus fréquents et constants, activités, partages). Nous avons senti plus que jamais la présence de Dieu dans nos vies, et nous étions plus atte\ ntifs à son appel. Malgré les restrictions de sorties, le manque d’in\ timité, de liberté, d’interactions sociales avec l’extérieur, l’ennui, nous avons pu surmonter les conflits, grâce à Dieu. Nous voyons l’avenir avec des yeux remplis d’espérance pour certains, et d’incertitude pour d’autres. Il s’agit cependant pour nous d\ e ne pas repartir comme avant : faire fructifier ce que l’on a eu à vivre, et ce que l’on a reçu de notre Seigneur durant cette période de confinement. Notre confiance est dans le Seigneur : « Que sa Sainte volonté soit faite ! ». J’avoue que le début du confine- ment m’a été quelque peu pénible, car le partage avec les frères et sœurs de la communauté paroissiale me manquait. Puis, petit à petit, j’ai organisé ma vie spirituelle, et mes jour- nées se déroulaient entre les obligations ménagères, la prière, les contacts téléphoniques et la méditation de la Parole de Dieu qui me faisait grandir en espérance. Je trouvais que les prophéties d’Ézékiel : « Je vous ferai sortir de vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! » (Ézékiel 37,13) correspondaient parfaitement à notre situation. J’ai vraiment compris alors que Dieu ne laisse pas seuls ses enfants, et que son projet pour l’humanité se réalisait. C’est alors que j’ai pu vivre cette épreuve dans la plus grande séré- nité. Merci Seigneur de nous aimer ainsi. Famille Valbon Jocelyn et Sandra Rachelle Roset, paroisse du Lamentin George-Marie Amory, paroisse du Lamentin Justine Mantier, paroisse du Lamentin Régine Pognon, Présidente Saint- Vincent-de-Paul Martinique (SSVP)

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Ils étaient nombreux, pasteurs et fidèles, hommes de sciences, autorités civiles, chrétiens simples, à être abattus par la nouvelle de l’épidémie. La nuit semblait tomber. D’épaisses ténèbres couvraient notre monde. D’où viendrait le Secours, pouvait-on se demander ? L’Eglise venait de commencer son che- minement de carême vers la montée de Pâques. Un cheminement à conno- tation de candélabre en vue d’une vie dépouillée comme le Christ dans le désert. C’est dans cet élan de foi et de ferveur que nous nous rendions compte que nous ne pouvions plus vivre les mystères du Christ, nous ne pouvions plus nous rendre dans la maison du Seigneur. Le coronavirus nous a enva- his comme les vagues de l’océan nous empêchant de vivre en communauté comme nous l’avions toujours fait. Plus de messes, plus de sacrements, plus de prières communautaires, les animations spirituelles, les chorales, les réunions, tout était suspendu. La privation de la Sainte Messe prou- vait l’importance de l’Assemblée pour le prêtre, et l’absence du prêtre rendait plus indispensable son rôle auprès de ses fidèles. Ce voyage sans lendemain forçait l’intelligence et la clairvoyance du pasteur à renouer contact avec ses fidèles par le lien des médias. Alors que tout semblait fini, le Seigneur inspira cette méthode pour le célébrer et être présent dans la vie des fidèles comme le dit si bien saint Paul dans Romain 8,31 : « Qui peut nous séparer de l’amour de Dieu ?». La crise sanitaire nous obligea donc à célébrer l’Eucharistie par retrans- mission via Youtube. Les premières semaines furent difficiles à concevoir : le stress, le choix de l’équipe, le maté- riel adéquat, tous ces élé- ments au fil des jours ont rendu perfectible notre désir d’atteindre nos fidèles qui manifes- tement étaient dans l’attente de pouvoir adorer Dieu et partici- per à la messe. De façon virtuelle, nous avons main- tenu ce lien de fidèle pasteur. Grâce à Dieu, la Semaine sainte fut vécue et la Résurrection du Christ célébrée. Il est une chose de dire la messe sans le peuple, mais c’est encore mieux de la vivre avec le peuple. L’Eglise, à travers ses fils, trouve toujours les moyens pour surmonter l’impossible quand on fait confiance au Seigneur. L’ÉGLISE AU TEMPS D\nU COVID 19  Ils étaient nombreux, pasteurs et DOSSIER Père Laurent Sounouvou, Paroisse du Morne-des-Esses ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 18 D ieu, viens à mon aide, Seigneur, à notre secours ! “Pitié, mon Dieu, pitié pour moi ! En toi je cherche refuge, un refuge à l’ombre de tes ailes, aussi longtemps que dure le malheur. Je crie vers Dieu, le Très-Haut, vers Dieu qui fera tout pour moi” (Ps 56, 2-3). Jésus, fils de David, aie pitié de nous ! Quand tu étais au mil\ ieu de ton peuple en Galilée, tu étais sensible à la détresse et\ à la misère de tous les malades qu’on amenait à toi. Aucune détre\ sse humaine ne te laissait indifférent. Aussi, nous nous tournons vers toi avec confiance pour implorer ton secours face à la menace de cett\ e épidémie causée par le virus Covid-19. Certes, nous méritons d’être frappés en raison de tout ce qu\ i se fait d’abominable chez nous. Mais nous en appelons à ta miséricorde \ ! Pitié, Seigneur, ami de la vie, lent à la colère et plein d’amour ! Dans ta bienveillance, Jésus, épargne-nous, protège-nous, guéris-nous et libère-nous. Éloigne le fléau particulièrement des tout-petits et des plus fragiles. É\ claire aussi la recherche scientifique afin qu’elle apporte rapidement des solutions efficaces \ et viables pour tous, surtout dans les pays les plus pauvres. Toi qui n’as pas écarté l’appel de Jaïre pour sa fille ain\ si que celui du centurion pour son serviteur, écoute notre appel pour notre monde en souffrance et en désarroi ! A toi soit la gloire pour les siècles sans fin ! Sainte Marie, priez pour nous ! Saint Joseph, priez pour nous ! Saint Michel archange, priez pour nous ! Saints et saintes de Dieu, priez pour nous ! Amen !                  L\oe diocèse                    \o      de la Martin\oique                    \ovous invite                    \o  à partager cette  prière pour solliciter  la clémence de Notre  Seigneur face à l’épidémie  du coronavirus                 L\oe diocèse                    \o      de la Martin\oique                    \ovous invite                    \o  à partager cette  prière pour solliciter 

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ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE M\oARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père PinchonBP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDEX Téléphone : 06 96 31\o0 333 - E-mail : mic\ohel.pouch@wanadoo.fr oui ,  j\b souhait\b r\bc\bvoir \bn tout\b confid\bntialité votr\b brochur\b pour m’inform\br  sur l\bs possibilités d\b l\bgs, donations \bt assuranc\bs-vi\b à l’Association Diocésain\b. oui , j\b  souhait\b  êtr\b  contacté  pour  un  r\bnd\bz-vous  au  S\brvic\b  d\bs  l\bgs  \bt  donations ou à mon dom\Sicil\b. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’\bspéranc\b \bn héritag\b DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part M\bs coordonné\bs  ❏ Mm\b ❏ M\bll\b    ❏ M. Nom  Prénom Adr\bss\b   Cod\b postal Vill\b  Téléphon\b E-mail Paroiss\b  (facultatif) POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MARTIN\oIQUE 99.5 - 101.3 et 105.1 MHz radio-saint-louis@orange.fr Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 19 MEDIAS Dimanche 14 juin 2020 • La dépression : un vrai tabou ? La dépression est-elle encore un tabou ? Pourquoi est-elle encore perçue aujourd’hui comme une maladie honteuse ? Quels en sont les symptômes, et comment poser le diagnostic ? Pour quelles raisons l’entourage s’enferme-t-il dans le déni, refusant de voir la maladie de leurs proches ? Cette semaine, Dieu m’est témoin veut tordre le cou aux idées reçues et dire que malgré l’espérance, la maladie peut nous atteindre. Dimanche 21 juin 2020 • L'Outre-mer, quelles excellences ? Cette semaine, Dieu m’est témoin dit halte à la caricature de l’artisanat des produits d’Outre-mer. Certains sont aujourd’hui référencés comme produits de luxe et haut de gamme et représentent sur le marché international, des produits d’exception. Entrepreneurs et cultivateurs se lancent dans des projets audacieux sur ces produits. Au-delà d’une belle vitrine économique pour nos territoires, ils disent aussi beaucoup sur le courage des femmes et des hommes qui relancent leur production. Comment arrivent-ils à se battre pour que ces produits si petits soient-ils, deviennent des produits d’exception ? Dimanche 28 juin 2020 • Pompiers : une affaire de courage ? Rediffusion Les pompiers sont-ils toujours considérés comme des héros ? Les valeurs de courage, de dévouement et de service sont- elles encore à la mode ? Qu’est-ce qui pousse les jeunes dans nos territoires d’Outre-mer à vouloir endosser cet uniforme ? Cette semaine Dieu m’est témoin consacre son émission aux pompiers en Outre-mer, une profession qui se féminise. Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère. L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr

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G loire au Père, qui a créé le monde avec sagesse et par amour.Gloire au Dieu de la Vie, qui nous a créés à son image Et nous appelle à communier à sa vie.Gloire à ce Dieu toujours présent, Non comme un juge sévère, non comme un concurrent, Mais comme le Père de tous, soucieux du bonheur de ses enfants. Par son Amour infini. Gloire au Fils, qui a sauvé le monde En l’aimant jusqu’à l’extrême. Gloire au Dieu de l’Amour, devenu l’un des nôtres Pour que nous ayons accès au monde de Dieu. Gloire à ce Dieu devenu notre frère. Gloire à l’Esprit, souffle créateur, vent de liberté, Qui renouvelle toutes choses.Gloire au Dieu de l’avenir, Esprit de Jésus Christ, Souffle de l’Église, Qui nous mènera auprès du Père et du Fils Pour un bonheur sans fin. Amen. Solennité de la Sainte Trinité 7 Juin Gloire à Dieu, Père, Fils et Esprit

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