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E g lise
en MARTINIQUE
T u ne craindras ni la peste qui rôde dans
le noir, ni le fléau qui frappe à midi
(Ps 90,6)
N° 603
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
7 JUIN 2020
L'Eglise au temps du Covid-19 :
témoignages et perspectives
Ordonnés diacre et prêtre
en la Fête de la Divine Miséricorde
Hommage au père Filopon
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23222 À
toi, louange et gloire éternellement !
C’est avec joie et soulagement que nous avons accueilli la
reprise progressive des célébrations religieuses publiques
dans notre diocèse depuis le 21 mai dernier, évidemment dans
le respect des mesures garantissant aux fidèles une sécurité
sanitaire maximale. Rendons grâce à Dieu !
Aujourd’hui, 1
er dimanche après la Pentecôte, nous fêtons la
Sainte Trinité : la réalité mystérieuse d’un seul Dieu dans l’unité
d’amour de trois personnes distinctes, égales et indivisibles, le Père,
le Fils, l’Esprit. Retenons que ce qui est propre à Dieu-Trinité,
c’est l’unité de trois personnes et la parfaite communion entre\
elles.
La liturgie du mois de juin nous réserve une succession de belles
fêtes liturgiques : dimanche prochain (14 juin) c’est la fête\
du
Saint-Sacrement ; le 3
e vendredi après la Pentecôte (19 juin)
ce sera la fête du Sacré-Cœur ; ensuite nous aurons la Saint
Jean-Baptiste (le 24) et la fête des Saints Pierre et Paul (le 29).
Ce seront là de très belles occasions de nous réjouir et de ren\
dre
grâce au Seigneur pour les dons qu'il nous a faits.
La pandémie due au Coronavirus a mis le monde en alerte
rouge, et le confinement a été une grande épreuve pour la
communauté chrétienne. Cependant, l’Eglise a su s’adapter
en déployant des méthodes des plus modernes. Les messes
filmées dans les églises, certes vides, ont permis aux paroissiens\
confinés de vivre en communion avec le Saint-Père, les prêtres
de notre diocèse, et notre archevêque.
« Tu ne craindras ni la peste qui rôde dans le noir, ni le fléau
qui frappe à midi » (Ps 90, 6). Cette période de confinement
nous a marqués, mais pas anéantis. Notre revue se devait d’y
consacrer un dossier. Ce dernier est intitulé : « L’Eglise au temps
du Covid-19». Vous y retrouverez des témoignages intéressants
et riches.
En déclarant l’année 2020-2021, année spéciale dédié\
e à
l’anniversaire de l’encyclique Laudato Si’, le pape nous appelle
«à saisir ce temps d'épreuve (Coronavirus) comme un temps de
choix... le temps de choisir ce qui compte et ce qui passe, de sépare\
r
ce qui est nécessaire de ce qui ne l'est pas ».
C’est ce qu’ont fait le père Neuville Cospar et le diacre Jacqu\
es
Platon qui ont été ordonnés, en plein confinement, le dimanche
de la Miséricorde (19 avril) : deux heureux événements véc\
us
dans notre diocèse. "Deux hommes sont là et chacun, oubliant
tout, donne sa vie au Christ et à l’Eglise", dira notre archevê\
que
dans son homélie que nous vous proposons dans cette édition.
En faisant le signe de croix, nous résumons le cœur de notre
foi : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Heureuse Fête de la Sainte Trinité à tous… et Bonne fête à
toutes les Mamans !
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
EDITORIAL
33 MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
EGLISE UNIVERSELLE
• La Parole Dominicale
• Témoignages e\b perspec\bives :
On ne l'avai\b pas vu venir, celui-là !
• Témoignages
• Prières • Ordonnés diacre e\b prê\bre
en la Fê\be de la Divine Misé\nricorde
- Homélie de Mgr Ma\ncaire
- Témoignages
• Visi\be pas\borale de l’Archevêque à la paroisse de Josseaud
• Mi Zafè !
•
Lauda\bo Si’ , une encyclique pour se proje\ber
dans l'après-pandémie
2222
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5
6
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15
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Dossi\br : L’ÉGLISE AU TEMPS DU COVID 19
MÉDIAS 19
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Christian CATAYÉE RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 3
MOT DE L’ÉVÊQUE
P
as la peine de commenter
sans cesse la crise du Covid-
19 : on ne parle que de
ça depuis 3 mois ! Sur la planète
entière, ou presque, on s’est arrêté,
on est resté chez soi. Tous les
commentaires ont été faits, tous les
avis ont été échangés. On a appris
la contamination et même le décès
de personnes célèbres, on a écouté
quotidiennement les chiffres de
la mortalité, on a vu défiler des
scientifiques, des médecins, des
politiques, des économistes et surtout
des journalistes. Même les moins
savants, ou les moins spirituels, ont
donné leur avis. …on était confiné
et on a regardé la télé !...
De même, est-ce bien nécessaire
de gloser sur les évènements
politiques de ce trimestre ? Élections
municipales, évènements du 22
Mé… beaucoup de réactions ont
été suscitées çà et là. Les groupes
WhatsApp de copains, de familles,
de collègues, les pages Facebook ou
les profils Instagram et autres réseaux
divers ont fait siwawa à force de
commentaires, de vidéos, de photos,
de dessins humoristiques et de
plaisanteries diverses. Nous avions
besoin de communiquer, d’échanger,
de parler et nous avons utilisé les
réseaux !.... On était confiné et on a
cliqué sur les smartphones !...
On pourrait aussi philosopher sur
le fait d’avoir été privé de détente
pendant un temps si long : pas de
sorties, pas de spectacles, pas de
sport, pas de cinéma, pas de plages,
pas de restaurants… L’ennui et la
déprime étaient tels qu’en fin de
compte, pour la survie des agoulous-
Maquedo-dépressifs les plus addicts,
certains drives ont dû rouvrir… Pour
les professionnels comme pour les
consommateurs, il y a de quoi gémir,
à bon droit, de ce grand trou noir qui
nous a privés des salles obscures
emblématiques de la vie culturelle…
On était confiné, on a regretté le
grand écran !…
Je ne ferai pas non plus de grands
commentaires sur le temps très
particulier qu’a vécu l’Eglise. En effet,
dépi mitan Karen’m-la, la Simen’n
Sent rivé, Pâk tombé anlè nou, tan
paskal an-ni pasé fioup-fiap, sé
Pantkôt’ ki té mantché : piès lanmès,
piès konfésyon, piès chimen’d’kwa…
Légliz fèmen ! presbitè fèmen !… Ébé
Bondié ! Les évènements forts qui
rythment la vie de nos âmes, de nos
familles, de nos paroisses, de notre
diocèse ont été mis sur pause par la
crise. Nous avons dû recourir à des
subterfuges, du virtuel : nous avions
besoin de célébrer, d’être nourris
spirituellement, d’être enseignés, de
prendre des décisions. Il fallait vivre
en Eglise... On était confiné, on s’est
branché sur Internet !...
Toutes ces réalités sont graves, mais
rendons-nous à l’évidence : la grande
affaire, la grande révélation derrière
tous ces évènements est d’un autre
ordre :
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
…sans parler du télétravail, du commerce,
des jeux vidéo ou encore des démarches
administratives !
Ainsi, quelle que soit la dimension de
notre vie, nous voilà quasi-dépendants des
écrans. Ils sont là, partout et tout le temps :
bienvenue dans Matrix ! Notez que ce n’est
pas une critique, mais un constat. Il faudra
y réfléchir ; voici deux pistes :
➊ Victimes de notre époque, nous
passons plus de temps sur nos écrans
que devant le Seigneur… Ah ! si le Bon
Dieu nous semblait aussi nécessaire
que les écrans ! De quoi faudra-t-il
jeûner au prochain carême !?
➋ Victimes par excellence, beaucoup de
nos jeunes sont totalement dépendants
des écrans. Où cela peut-il nous mener !?
J’espère que le joueur de flûte de
Hamelin n’a pas échangé sa flûte
pour un écran… Mi zafè !
Information =
Télévision
Communication =
Smartphone
Détente =
Grands
Ecrans
Messe =
Internet !...
Télévision
Communication =
r+ Ü‘D‡Ž§ž
Messe =
8,“ ÷«,„“ be\
ee
J’espère que le joueur de flûte de
Mi zafè !
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 4
EGLISE UNIVERSELLE\n
R
appeler les cinq ans de Laudato
Si’ n'est pas une célébration
purement rituelle. La semaine
et l'année consacrées à l'encyclique
représentent une sorte de vérification
pour découvrir des initiatives, des idées,
des expériences, des bonnes pratiques.
C'est un moyen de partager ce que le
document a mis en mouvement dans les
communautés, les territoires, partout dans
le monde, et de réfléchir à sa pertinence au
présent, alors que le monde entier se bat
contre la pandémie de Covid-19. L'un des
mérites du vaste texte du pape François, qui
part des fondements de la relation entre
les créatures et le Créateur, est qu'il nous a
fait comprendre que tout est lié : il n'y a pas
de question environnementale séparée
de la question sociale. Le changement
climatique, les migrations, la guerre, la
pauvreté et le sous-développement sont
les manifestations d'une crise unique qui,
avant d'être écologique, est, à sa racine,
une crise éthique, culturelle et spirituelle.
24 mai 2020 - 24 mai 2021 :
une année spéciale dédiée à
l’anniversaire de l’enc\bclique
Laudato Si’
Une initiative annoncée par le pape
François après la prière du Regina Cœli
du 24 mai, pour marquer les cinq ans de
l’encyclique. La Semaine Laudato Si’ a
impliqué les communautés catholiques
du monde entier. […] Le pape François
a décidé de la transformer en année
Laudato Si’, jusqu’au 24 mai 2021.
Laudato si’ ne nait pas de la nostalgie de
remonter le temps et de nous ramener aux
formes de vie préindustrielle. La racine du
problème écologique, réside précisément
dans le fait qu'il existe «une manière de
comprendre la vie et l’activité humaine qui
a dévié et qui contredit la réalité jusqu’à
lui nuire». Repartir de la réalité signifie
accepter l'objectivité de la condition
humaine, à partir de la reconnaissance
de la nature limitée du monde et de
ses ressources. […] L'intervention de
l'homme dans la nature «s’est toujours
vérifiée, mais longtemps elle a eu comme
caractéristique d’accompagner, de se plier
aux possibilités qu’offrent les choses elles-
mêmes. Il s’agissait de recevoir ce que la
réalité naturelle permet de soi, comme en
tendant la main. Maintenant, en revanche,
ce qui intéresse c’est d’extraire tout ce qui
est possible des choses par l’imposition de
la main de l’être humain, qui tend à ignorer
ou à oublier la réalité même de ce qu’il a
devant lui». C'est pourquoi «le moment
est venu de prêter de nouveau attention
à la réalité avec les limites qu’elle impose,
et qui offrent à leur tour la possibilité d’un
développement humain et social plus sain
et plus fécond».
La crise que nous vivons à cause de la
pandémie a rendu tout cela encore plus
évident : «Nous avons avancé à toute
vitesse, en nous sentant forts et capables
en tout, a déclaré le Pape le 27 mars dernier
lors du temps de prière Place Saint-Pierre.
Avides de profit, nous nous sommes laissés
absorber par les choses et étourdir par la
hâte... nous n'avons pas pris conscience des
guerres et des injustices planétaires, nous
n'avons pas écouté le cri des pauvres, et
de notre planète gravement malade. Nous
avons continué sans nous décourager,
pensant que nous resterions toujours en
bonne santé dans un monde malade».
Au cours de ce même intense moment de
prière pour invoquer la fin d'une pandémie
qui nous a tous mis face à notre fragilité et notre impuissance, le pape a rappelé que
nous sommes appelés «à saisir ce temps
d'épreuve comme un temps de choix... le
temps de choisir ce qui compte et ce qui
passe, de séparer ce qui est nécessaire
de ce qui ne l'est pas». Laudato si’ nous
guide pour repenser une société où la
vie humaine, en particulier celle des plus
faibles, est défendue ; où chacun a accès
aux soins, où les gens ne sont jamais
rejetés et où la nature n'est pas pillée sans
discernement, mais cultivée et préservée
pour ceux qui viendront après nous.
Laudato Si’,
un\b \bncycliqu\b
pour s\b proj\bt\br
dans l'après-pandémi\b
Il y a cinq ans, le Pape signait un document qui représente une nouvelle étape dans la
doctrine sociale de l\bÉglise, et une feuille de route pour la construction d’une société plus
juste, capable de sauvegarder la vie humaine \oet toute la création.
https://www.vaticannews.va/fr/
■
Prière commune pour
la Terre et l'humanité
Dieu aimant, Créateur du ciel, de la terre
et de tout ce qu'ils contiennent.
Ouvre nos esprits et touche nos cœurs,
afin que nous puissions faire partie de la
création, ton don. Sois présent pour les
personnes dans le besoin en ces temps
difficiles, en particulier les plus pauvres
et les plus vulnérables. Aide-nous à faire
preuve de solidarité créative pour affronter
les conséquences de cette pandémie
mondiale. Rends-nous courageux pour
accepter les changements visant à la
recherche du bien commun.
A présent plus que jamais, puissions-
nous nous sentir tous interconnectés et
interdépendants.
Fais en sorte que nous réussissions
à écouter et à répondre au cri de la
terre et au cri des pauvres. Puissent les
souffrances actuelles être les douleurs
de l'accouchement d'un monde plus
fraternel et durable.
Sous le regard bienveillant de Marie
Auxiliatrice,nous te prions par le Christ
Notre Seigneur.
Amen
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 55
Dimanche 7 juin 2020 \7
la P arole Dominicale
Sainte Trinité - Année A
L
a solennité de la Sainte Trinité
nous plonge dans le mystère de
l’Amour qu’est Dieu. Chaque
fois que nous faisons le signe de croix
ou évoquons l’une ou l’autre des
formules trinitaires qui fleurissent
nos célébrations liturgiques, nous
confessons notre appartenance à la
belle famille de Dieu Un et Trine, et
nous nous inscrivons dans le réseau
des relations aimantes qui unissent
entre elles chacune des Personnes de
la Trinité.
Le mystère de la Trinité est central
dans notre vie chrétienne. Comme le
stipule notre Catéchisme, Dieu seul
peut nous en donner la connaissance
en se révélant comme Père, Fils et
Saint-Esprit. Souvenons-nous que
les mystères de la foi ne sont pas
des dogmes obscurantistes hors de
notre portée, mais plutôt la révélation
du Dieu d’amour qui s’offre à nos
questions pour émerveiller notre
intelligence, nourrir notre foi et attiser
notre désir de nous élever vers les
réalités d’en haut.
Pour rentrer quelque peu dans
l’intelligence de ce mystère, retenons
que l’Incarnation du Fils de Dieu révèle
que Dieu est le Père éternel, et que le
Fils est consubstantiel au Père, c'est-
à-dire qu’Il est en Lui, et avec Lui, le
même Dieu unique. La mission du
Saint-Esprit, envoyé par le Père au
nom du Fils et par le Fils « d’auprès
du Père » révèle qu’Il est avec eux, le
même Dieu unique. « Avec le Père et le
Fils, il reçoit même adoration et même
gloire. » Ainsi le Saint-Esprit procède
du Père en tant que source première
et, par le don éternel de celui-ci au
Fils, il procède du Père et du Fils en
communion.
Pour faire simple, je m’arrête souvent à
cette belle analogie de la braise (parmi
tant d’autres). En effet, l’union des
trois personnes en une seule nature
divine, peut se voir à travers cette
réalité indissociable qu’est la braise
où cohabitent trois états inséparables :
la chaleur que ça produit, la lumière
qu’on perçoit clairement dans le noir,
et le support de l’ensemble qu’est le
charbon. Vous enlevez un, et vous
n’avez plus de braise. Dans l’histoire
de notre salut, nous constatons que les
trois Personnes de la Trinité œuvrent
ensemble dans une unité inséparable.
Au commencement, l’Esprit planait
au-dessus des eaux et Dieu créa le ciel
et la terre par sa Parole, le Verbe (Gn.1).
Le Psalmiste dit que « le Seigneur a
fait les cieux par sa Parole, l’univers,
par le souffle de sa bouche » (Ps.32,6).
Dans l’Évangile de Matthieu, Jésus
s’approcha des onze et leur dit : « Tout
pouvoir m’a été donné au ciel et sur la
terre. Allez ! De toutes les nations, faites
des disciples : baptisez-les au nom du
Père, et du Fils, et du Saint-Esprit… »
(Mt.28,18-20). Saint Paul évoque à
différents niveaux de ses épîtres la
communion des trois Personnes en un
seul Dieu pour inviter tout chrétien et
toute communauté chrétienne à l’unité
dans la diversité : ne faire qu’un tout
en étant plusieurs (Ep.2,18 ; 1Co.12,4-6 ;
Ga.4,6 ; 2Co.13,13…)
Bien-aimés frères et sœurs, la Trinité est
donc le mystère de notre Dieu, qui unit
et qui par le mystère de Pâques et de
la Pentecôte, nous donne la possibilité
de demeurer en Lui malgré nos limites.
Retenons que notre baptême dans le
Père, le Fils et l’Esprit-Saint nous fait déjà
entrer dans cette relation exceptionnelle
qui unit les trois Personnes de la Trinité.
Il nous rend participants de l’édification
de la civilisation d’Amour initiée par la
Sainte Trinité. Faire le contraire, c’est-
à-dire continuer à servir les intérêts
du « diviseur », nous dénature et nous
éloigne du Règne de Dieu. En ce temps
trouble où sévissent le Covid-19 et ses
corolaires, soyons les artisans de paix
et d’unité qui montrent le vrai visage
de l’Amour triomphant.
« Que la grâce du Seigneur Jésus Christ,
l’amour de Dieu et la communion du
Saint-Esprit soient avec vous tous ».
Père Sosthène Godjo,
Curé du Lorrain et de Marigot
■
Exode 34,4b-6.8-9 • \o Cantique Daniel 3\o,52,53,54,55,56
Romains 2 Corinthien\os 13,11-13 • Je\oan 3,16-18
LITURGIE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 6
VIE DU DIOCÈSE
J
acques Platon est issu d’une
famille profondément croyante et
pratiquante. Il commence sa vie
ecclésiale comme servant de messe.
Rapidement, il va avouer au défunt
père Emmanuel Cathy son désir d’être
prêtre. Celui-ci va jouer un rôle de
premier plan dans sa vocation. Au
cours de ses études à l’université, il
découvre la JEC et le père Georges Zaïre
qui deviendra le 2ème prêtre important
dans son cheminement. Plus tard, il
fera la connaissance du père Pierre-
Alex Zonzon qui lui a fait intégrer le
foyer Dominique Savio pour l’aider à
discerner sa vocation. Après un certain
temps, il reçut de lui le feu vert pour
partir au séminaire Saint Sulpice à Paris.
Son parcours fût assez sinueux... A cet
égard, Jacques affirme que sa rencontre
avec Mgr Macaire aura été décisive
pour l’aboutissement de son parcours
vocationnel. Neuville Cospar, lui, est né à Cayenne le
19 décembre 1980. Il est issu d’une famille
catholique pratiquante. Lui aussi devient
rapidement servant de messe. Avant son
service, il avait pris l’habitude de méditer
les textes de la liturgie. Cela a creusé en lui
une faim des Saintes Ecritures. Un jour, la
lecture du passage du jeune homme riche
que Jésus appelait à tout quitter pour
le suivre, s’est mis à résonner fortement
dans son cœur. C’est à ce moment-là que
la question du sacerdoce ministériel lui est
venue. Il fait son Séminaire, puis va servir
l’Eglise comme secrétaire de l’évêché de
Cayenne. Après quoi, il va intégrer une
communauté pendant 6 ans en Italie et
enfin, peu après l’arrivée de Mgr Macaire
à la Martinique, il a souhaité rejoindre le
diocèse de la Martinique où se trouve une
grande partie de sa famille.
A l’issue des lectures du dimanche de la
Miséricorde, notre évêque a prêché sur la
différence entre le bizarre et le mystère ; un
même événement – comme la situation du
monde subissant la pandémie du Covid-
19 – peut être interprété comme quelque
chose de bizarre ou de mystérieux. Si on
le voit sous l’ange du bizarre, il nous fait
peur, il n’a pas de sens. Mais s’il est vu en
tant que mystère, alors ce qui nous arrive
est plein de Dieu, il contient un message
divin, il a du sens. Du reste, vécu avec
Dieu, plus l’événement est douloureux et
mortifère, plus il devient, paradoxalement,
promesse de résurrection.
Cette célébration, comme l’ordination
presbytérale du pape Jean-Paul II, s’est
effectuée en tout petit comité, mais
pour quelle fécondité ! Cette cérémonie
confinée est comme le tombeau vide, une
parole faite de silence… Mais un silence
assourdissant !
Père Alain Ransay, curé de Bellevue ■
Ordonnés diacre et prêtre
en la Fête de la Divine Miséricorde
Le dimanche 19 avril, en la fête de la Miséricorde divine, a eu lieu – dans le strict respect
des règles du confinement et dans un contexte morose – un événement prophétique,
un acte d’espérance, un flash de lumière ; je veux parler des ordinations diaconale et
presbytérale, respectivement, de \bacques Platon et de Neuville Cospar.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 7
Homélie de Mgr Macaire
Mystérieuse Miséricorde
C
’est bizarre, n’est-ce pas !?
c’est bizarre…, très bizarre, ce
moment que nous sommes en
train de vivre ? Cette ambiance dans
laquelle la planète est jetée. C’est
bizarre ! C’est le confinement : tout le
monde est chez soi. C’est un bizarre qui
fait peur.
On a l’impression que l’on ne contrôle
pas tout à fait les choses : on ne voit pas
les gens, on ne peut plus s’embrasser,
il y a des gestes barrières, il faut les
respecter, on ne peut plus rencontrer
nos amis, aller visiter nos anciens, plus
voyager… C’est un moment bizarre !
Et puis, plus bizarre encore, cette église
vide alors que nous allons célébrer un
évènement majeur, capital de votre vie,
de la vie de l’Eglise tout entière. On a
l’habitude des foules. N’est-ce pas !? Ce
jour est bizarre, comme le jour de Pâques
d’une certaine façon. A bien y penser,
plein de choses sont bizarres : cet
Evangile qu’on vient d’entendre. Jésus
est mort, crucifié, transpercé, enterré,
et puis il revient alors que toutes les
portes sont fermées. Thomas trouve ça
bizarre, et il a bien raison. Vous-mêmes,
avez-vous bien écouté cet Evangile, où
Jésus invite l’apôtre à mettre la main
dans le trou fait par la lance, dans le côté
transpercé, pour aller toucher jusqu’au
cœur ?! Si on devait représenter cette
scène au cinéma, elle paraîtrait étrange.
Mais ne dit-on pas chez nous, que « seule
la pointe du couteau connaît le cœur du
giraumon » ? C’est pourquoi Jésus dit :
« Viens, viens mettre ta main ». Car seul
celui qui s’approche de Jésus, seuls ceux
qui disent « Cœur Sacré de Jésus J’ai
confiance en toi », peuvent toucher son
cœur et connaître la puissance de sa
Miséricorde !
De fait, l’acte que nous sommes en train
de poser est lui aussi bizarre : deux
hommes sont là et chacun, oubliant
tout, donne sa vie au Christ et à l’Eglise.
Vos cheminements à l’un et à l'autre,
avec leurs longueurs, les hauts, les bas,
les moments de doute certainement,
de souffrance… sont bizarres. Vus
de loin en tout cas. Avoir attendu tant
d’années pour être ordonnés, alors
que l’appel est venu jeune dans votre
vie, pourquoi ? Comme si le temps était
hors de contrôle… encore un élément
bizarre. Parfois, on ne sait pas où vont
les choses, ni qui tient les ficelles – peut-
être personne ?
« Bizarre » ça rime avec « hasard » et
ça produit alors une sorte de panique
sourde. Les films d’horreur ou, pire
encore, (car c’est « pour de vrai »)
beaucoup de journaux télévisés et
de médias entretiennent une peur
ambiante, une panique suffisante pour
consommer davantage, pour maintenir
la méfiance et l’isolement psychologique
et social, chacun devant son écran. Le
bizarre, en réalité est terrifiant.
Certains ont même eu peur de cette
célébration ! … Nous-mêmes, quelques-
uns en tout cas, avons dû traverser la peur.
Pourquoi ? Parce que cette célébration ne
ressemble pas à ce qu’on fait d’habitude.
On n’est donc pas rassuré, on ne sait pas
où donner du cœur, de la tête, du pied,
des mains, on ne sait pas.
Consentir au m\bstère\d
Oui l’évènement d’aujourd’hui est un
fait bizarre, mais allons-nous céder
à la bizarrerie ? C’est une question
spirituelle : nos âmes vont-elles se laisser
envahir par la bizarrerie ? Non. Parce
que nous, chrétiens, nous avons une
autre conception des choses, même si
la réalité reste la même. Nous savons
que le bizarre est une tromperie. Pour
nous les choses ne sont pas « bizarres »,
elles sont « mystérieuses ». C’est très
différent !
Si la « bizarrerie » fait peur car elle semble
être une chose hors de contrôle, une
situation qui nous échappe, le Mystère
lui, est un évènement contrôlé de A à Z.
Nous savons qu’il y a quelqu’Un qui
contrôle et c’est un quelqu’Un qui nous
aime !. La bizarrerie est pour le monde, le
mystère est pour le croyant. La bizarrerie
tente de tromper et de perdre notre
intelligence qui est comme sommée
de s’éteindre et de s’intéresser à autre
chose. On lui dit : « tu ne comprendras
pas » : la bizarrerie cultive l’ésotérisme.
Certains sont peut-être initiés, alors que
d’autres croient savoir, mais la majorité
est maintenue dans l’ignorance. Nous qui
croyons au mystère, au contraire, notre
intelligence est en éveil, émerveillée par
tant de grâces, comme un enfant qui
entre dans un magasin de chocolat, notre
raison s’épanouit dans le mystère dont
elle n’atteindra jamais les limites. Il faut
entrer de plain pied dans le mystère,
comme Thomas a mis sa main dans le
côté de son Seigneur, le cœur, l’âme
ouverte pour tout saisir. Contrairement
aux bizarreries, le mystère est exaltant,
il est attirant.
Avez-vous vu que beaucoup de
chrétiens sont entrés dans cette période
de confinement avec la conviction que
« Dieu a quelque chose à nous dire » ?
Si le monde panique - et il a raison
parce que tant de personnes seront et
sont déjà en souffrance, tant pour les
questions économiques que du point de
vue psychologique, sans parler du virus
lui-même et de la mort qui plane ! - le
chrétien, face à sa peur, face à la mort,
se tourne vers le mystère. Il sait que
quelqu’Un lui dit quelque chose et qu’il
va vers un but. Il y a un sens à tout cela.
P. Alain rappelait tout à l’heure que
le cheminement qui a été le vôtre,
l’un comme l’autre d’ailleurs, fut un
cheminement qui a été sinueux. Allons-
nous aujourd’hui considérer cela comme
une bizarrerie ou comme un Mystère ?
Derrière les méandres de vos routes
respectives, n’y avait-il qu’un grand vide
hasardeux et froid, ou est-ce Dieu qui
vous conduisait l’un et l’autre, chacun,
à travers une certaine maturation ? L’un
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 8
VIE DU DIOCÈSE
et l’autre il vous a fallu près de quarante
ans (c’est l’âge de Neuville et c’est aussi
le temps qu’il a fallu depuis le premier
appel de Jacques…). Une quarantaine
d’années ! Comme Israël, comme
l’aveugle né… (et certains exégètes
disent même que c’était l’âge réel du
Christ à sa mort : il y a de quoi méditer !).
En tout cas, vous en conviendrez, Dieu
écrit droit mais sur des lignes courbes.
Et tout vient à point pour celui qui sait
attendre, surtout quand il attend dans la
foi. Nous venons d’ailleurs de l’entendre
dans la lecture de la première lettre de
saint Pierre : « il faut que vous soyez
affligés par toutes sortes d’épreuves ;
elles vérifieront la valeur de votre foi qui
a bien plus de prix que l’or (...). Mais vous
allez obtenir le salut des âmes qui est
l’aboutissement de votre foi ». Dieu avait
un plan qui est passé par différentes
personnes qu’on a remerciées tout à
l’heure et voilà qu’il aboutit à une étape
majeure dans la situation actuelle et
l’évènement de ce jour. Tout cela est un
mystère !
Je voudrais, en particulier pour toi
Neuville, rendre grâce pour tes frères et
sœurs de l’Eglise de Guyane qui te portent
et qui mystérieusement aujourd’hui,
sont tout heureux de ton offrande, ici, en
Martinique. Je ne peux pas ne pas citer
mon frère évêque Emmanuel qui, il y a
quelques mois, est venu m’encourager
à regarder avec bienveillance ton
cheminement vocationnel. Je remercie
donc Monseigneur Lafont et je remercie
aussi les prêtres et tous ceux qui m’ont
invité positivement à considérer l’appel
de Dieu dans ta vie. Mystère, n’est-ce
pas !? De voir aujourd’hui Dieu présent à
travers tous les évènements et toutes les
personnes que nous avons rencontrées
dans notre vie.
Comme les 2 discipl\des
entrant au tombeau
En parlant de mystère, il y a un grand
mystère, le plus grand de tous, dans
lequel vous êtes entrés de plain pied
en pénétrant dans cette église vide tout
à l’heure. Peut-être y êtes-vous déjà
entrés lorsque, à cause du confinement,
nous nous sommes interrogés sur cette
l’ordination et que vous m’avez répondu :
« Ben, si ce n’est pas possible de reporter,
étant donné qu'on ne sait pas si nous
pourrons nous réunir avant plusieurs
mois, eh bien célébrons l’ordination à la
date prévue ». Le mystère dont je parle
est le mystère de Pâques. C’est le mystère
du tombeau vide : comme les 2 disciples,
un plus jeune, un plus âgé, ont couru vers
le tombeau et y sont arrivés, vous êtes
arrivés, vous êtes entrés l’un et l’autre
dans cette église vide qui ressemble en
ce jour au tombeau vide du Christ. Elle
ressemble au tombeau vide, non pas
seulement par le fait qu’elle soit vide,
mais en ce que, comme le tombeau du
matin de Pâques, cette vacuité est le signe
même de la résurrection, le témoignage
d’une vie plus forte que la mort ! Il y a
ici quelque chose qui transcende les
nuits, les peurs, les morts et les doutes
et l’Eglise dont vous serez désormais les
hérauts, en est témoin.
Nous, nous aurions rêvé d’une
ordination qui ressemble au dimanche
des Rameaux, avec des foules qui crient
« Hosanna » et qui applaudissent, etc.
Mais vous avez droit, et nous tous, prêtres
et fidèles, avec vous, à une ordination
qui ressemble au dimanche de Pâques.
Il n’y a rien à voir, ou presque, sinon
un tombeau vide ! Et ce tombeau vide
crie plus fort que tous les hurlements
de toutes les foules. Plus fort que les
« Pas Lui, mais Barabbas », plus fort que
les « crucifie-Le ». Soudain, on ne les
entend plus parce que le tombeau est
vide et que les linges sont là, roulés à
part et qu’Il n’est pas là. Il n’est pas ici. Il a
vaincu la mort. C’est bien ce mystère qui
se réalise dans l’ordination d’un homme
qui donne toute sa vie ! Quelles que
soient les circonstances, c’est toujours ce
mystère-là que nous célébrons. N’est-ce
pas en temps de guerre aussi, en tout
cas de persécution, discrètement dans
la chapelle d’un évêché avec quelques
séminaristes et l’évêque, qu’a été
ordonné le saint pape Jean-Paul II ?
(B on ! pour vous, ce n’est pas tout à fait le
cas, parce qu’il y a quelques dizaines de
milliers d’auditeurs de Radio Saint-Louis,
de Radio Saint-Gabriel, de plein d’autres
médias partenaires, plus la WebTV, etc.).
Mais c’est quand même quelque chose.
C’est le mystère de Pâques.
Ce silence du tombeau vide, la discrétion
de Pierre et Jean, des quelques femmes
qui courent au matin, sont devenus
l’évènement qui a complètement inversé
l’histoire, qui a versé dans le cœur
de ceux qui veulent bien recevoir ce
message, la grâce, l’amour, la miséricorde,
la victoire profonde de Notre Dieu sur
toutes les misères, sur toutes les morts,
sur tous les soucis, sur toutes les peines
de notre existence jusqu’à son dernier
souffle. C’est ce mystère-là que je ne
vous demande pas simplement, au nom
de l’Église, d'annoncer, mais que je vous
demande de devenir vous-mêmes :
combien de morts, combien de soucis,
combien de problèmes allez-vous
affronter dans votre vie de ministres
du Seigneur ! Comme serviteurs du
peuple de Dieu, vous devrez plonger
dans la mort du monde, des âmes, des
baptisés, de vos confrères prêtres, de
votre évêque (eh oui !) Et celle même de
votre propre cœur ! Il faudra en traverser
des tombeaux ! et tous ne sont pas vides :
il y a parfois quelques cadavres dans
les placards ! Il faudra travailler à les
ressusciter dans le cœur des uns et dans
le cœur des autres, dans les familles,
dans les paroisses et dans les quartiers.
Ce dimanche de résurrection que
nous célébrons, vous ne devrez jamais
l’oublier. Le Seigneur vous a comme
placés dans ce grand mystère qui n’est
pas une bizarrerie, mais un signe, une
parole, une parole dans le silence. Notre
Dieu aime beaucoup les paradoxes : une
parole dans le silence, une foule dans le
désert, une plénitude dans le vide. Vous
en verrez d’autres !
Et puisque je parle des 2 disciples et des
morts qu’il faudra traverser, j’insiste sur le
sacrement de la confession, qui est l’un
des sacrements essentiels dans la vie du
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 9
prêtre…. Il faudra passer des heures au
confessionnal à ressusciter les morts, à
traverser des tombeaux ; à vider des tas
d’ossements desséchés.
Comme les 2 anges
du sanctuaire
Restons encore au matin de Pâques.
Une femme ce jour-là représente l’Eglise.
C’est Marie-Madeleine. Elle est la figure
de l’Eglise qui court vers son Sauveur,
en même temps que de l’humanité qui
va devenir l’Eglise justement en étant
choisie comme l’épouse nouvelle.
Rappelez-vous que si vous êtes engagés
à vie dans le célibat pour le Royaume,
vous avez une épouse. Cette épouse, c’est
l’Eglise dont vous épousez aujourd’hui
complètement la vie. Et comme tous
les époux, il y a des moments où votre
épouse vous procurera beaucoup de
joie, énormément de joie (croyez-moi,
je l’ai épousée aussi et je ne suis pas le
seul !) mais aussi, des jours où elle sera
un peu lourde à supporter, et enfin des
moments de souffrance et de peine.
Vous aussi, parfois, vous la décevrez.
Eh oui ! ça arrivera parce que vous
êtes des hommes. Mais, attention, de
même que Madeleine, ne voit pas tout
de suite le Ressuscité, mais deux anges
assis l’un et l’autre de chaque côté du
linceul, de même l’Eglise, je parle ici
des fidèles, verra d’abord en vous…
des anges. Le prêtre, le diacre, ministres
consacrés dans le célibat, ont, qu’on le
veuille ou non, aux yeux des fidèles, une
dimension angélique. Le mot « ange »
veut dire envoyé. Il est vrai que vous ne
vous appartenez plus tout à fait vous-
mêmes.
Jacques Platon, Neuville Cospar, c’est
vous-mêmes. Désormais c’est toujours
vous-mêmes… mais envoyés par Dieu.
Cela changera radicalement l’orientation
de votre existence. Comme la paternité
change, normalement, la vie d’un
homme ! On n’est pas prêtre de 8h à 17h
dans sa vie. On n’est pas prêtre jusqu’à sa
retraite et puis après on fait autre chose.
On est prêtre tout le temps, à 100%. Ce
n’est pas facile avec notre humanité
terreuse, terrestre. La dimension
angélique se fait ici très concrète. Le
fait d’être envoyés, d’être consacrés par
Dieu pour être à ce peuple comme amis
de l’époux, fait de vos personnes un
signe de la grâce à tout moment. Ce sont
les deux anges que voit Madeleine.
Vous saurez, comme chacun de nous,
les prêtres, à quel point vous êtes
humains et restez attachés à la terre,
avec des défauts, des tendances « pas
jolies », des choses qui vous embêtent.
Vous aimeriez, aaahhh !, vous envoler,
comme les anges… mais vous ne l’êtes
pas ! Pourtant, dans le regard du peuple
de Dieu (et c’est un regard légitime !),
vous aurez une dimension angélique,
vous serez des « hommes de Dieu »,
des « hommes du sacré ». Votre façon
de parler, d’être, de vous habiller, de
répondre, votre politesse, vos attitudes
même les plus privées, votre façon
d’affronter l’adversité, les tentations ou
les épreuves, ne peuvent être celles de ce
monde... Votre vie ne peut plus être liée
à votre affectivité personnelle, même si
c’est bien vous, avec tout ce que vous
êtes, qui vous offrez aujourd’hui dans le
service. Plus exactement, c’est vous qui
avez été choisis et avez répondu oui au choix de Dieu. Dieu, qui connaît mieux
que quiconque vos limites personnelles,
vous demande, non pas de façon
hypocrite extérieure, mais de la façon
la plus intérieure possible, d’être son
homme, son représentant, par toutes les
fibres de votre vie. Pas seulement dans
les actes du ministère pour confesser,
dire la messe, rencontrer des gens, etc.,
mais à chaque instant.
C’est impossible. Je vous le dis tout de
suite. Mais à Dieu, rien n’est impossible. Il
faut donc consentir humblement à cette
dimension angélique. Et puisque l’ange
ne fait rien d’autre que de louer Dieu,
vous serez d’abord députés à la louange
du Seigneur ! Avant de faire, vous êtes
là pour être : être un consacré, être un
homme de Dieu…. Tout le reste est futile
d’une certaine façon, sauf peut-être une
3ème et dernière dimension de ce même
mystère de Pâques….
Comme les 2 discipl\des
d’E mmaüs
Cette 3 ème dimension implique aussi 2
hommes, 2 êtres : on a eu Pierre et Jean
qui entrent dans le tombeau vide. On a
eu les 2 anges…. Voilà maintenant les 2
disciples d’Emmaüs ! En sortant de cette
église tout à l’heure, vous serez comme les
2 disciples d’Emmaüs. Vous vous serez
laissé rejoindre par le Ressuscité dans
votre vie et vos tristesses, vous aurez
entendu sa Parole de vie, vous aurez vu et
reconnu le Seigneur au partage du Pain…
Qui plus est, cela se renouvellera à chaque
messe, tous les jours de votre vie. Chaque
jour, la messe, c’est-à-dire la mission et
en même temps l’Eucharistie, l’action de
grâce : merci Seigneur.
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VIE DU DIOCÈSE
Rappelez-vous ces 2 disciples qui s’en
vont tout tristes. Combien de tristesses
dans votre vie, dans celle de chacun
d’entre nous, combien de soucis
portons-nous et porterons-nous avec
le peuple de Dieu, pour lui, en lui.
Vous allez célébrer l’Eucharistie. Vous
entendrez chaque jour les paroles de
demande de pardon, la Parole de Dieu
proclamée, l’Evangile. Vous-mêmes, vous
serez amenés à proclamer cet Evangile,
à le commenter pour le peuple de Dieu,
pour lui dire ce qu’il doit faire et ce qu’il
doit croire. Vous recevrez les offrandes
du peuple chrétien (offrandes, d’ailleurs,
qui vous feront vivre concrètement
grâce aux dons des fidèles : commes
les Lévites, vous n’avez et n’aurez pas
d’autre héritage que la bonté, l’amitié
et l’amour du peuple de Dieu). Cette
offrande, vous la présenterez au nom
du peuple et surtout dans le Christ « in
persona Christi ».
Neuville, tu vas prononcer ces paroles :
« Ceci est mon corps, ceci est mon sang »
et comme les disciples d’Emmaüs, tes
yeux verront chaque jour. Les disciples
d’Emmaüs avaient le cœur tout brûlant
à l’aller, alors que Jésus leur expliquait
dans les Ecritures ce qui le concernait.
Ensuite, ils partagèrent le pain et
partirent en mission. Ils ne peuvent pas
garder pour eux ce qu’ils ont entendu
et ce qu’ils ont vu. Mais nous, fuyant
l’inconfort du mystère, il peut nous
arriver de nous laisser aller, même pas
dans les bizarreries qui nous bousculent
un peu et que nous ne contrôlons pas,
mais dans l’habitude que nous croyons
parfaitement contrôler. Et il ne faudra
pas s’habituer : le grand danger, c’est de
tomber dans la banalité… et la banalité
rime bizarrement avec la médiocrité !
Celle-ci guette immanquablement ceux
qui célèbrent chaque jour les saints
mystères : voir et toucher fréquemment
Jésus, peut nous conduire à Le banaliser!
Rien de pire que le prêtre qui « fait son
boulot », qui fait le job.. et rien de plus !.
Il faudra veiller, par des temps de retraite,
de prière, à renouveler profondément
votre rapport à l’Eucharistie, vous offrir
avec Lui sur l’autel (« Ceci est mon corps,
ceci est mon sang ») et puis, évidemment,
dans la prolongation de la messe
d’Emmaüs : repartir en courant, en pleine
nuit, à deux, jamais seul, comme des fous
pour annoncer : « Nous L’avons vu. Il est
ressuscité ». Voilà le mystère profond que
vous devrez vivre : incroyable mystère !
Accueillir le m\bstè\dre
de la vocation
Mes amis, tout cela n’est pas bizarre,
évidemment. Ce n’est pas bizarre
d’être là. C’est mystérieux, mais ça
l’est toujours : un homme qui devient
prêtre, un homme qui devient diacre,
c’est toujours un mystère incroyable !.
Chaque matin, on ne s’y habitue pas, on
se lève et se dit : « Le Seigneur t’a choisi
pour être son serviteur, son prêtre mais
pourquoi ? Quel mystère de notre vie qui
aurait pu être complètement différente ».
Combien de jeunes dans nos familles,
en ce moment, en train de nous écouter,
ont déjà reçu cet appel ? Je voudrais leur
dire en votre nom, pour finir, que ce n’est
pas bizarre de devenir prêtre même si
ça fait peur. Ça fait peur, ça fait peur à
beaucoup de monde, mais ça fait peur
surtout à celui qui reçoit cet appel. Oui,
c’est étrange de ne pas se marier, de vivre
pour Dieu, de n’avoir d’autre héritage,
d’autre salaire que ce qu’on reçoit des
dons des fidèles. C’est tellement plus
rassurant de tenir, de se tenir à une vie
qui paraît bien rangée (comme si le
mariage était une assurance tout risque
contre les problèmes. Vous verrez,
vous le savez déjà, vous demanderez
à vos amis mariés). Mais, enfin, vivre
comme tout le monde paraît bien moins
étrange… c’est normal, c’est naturel !
Je voudrais dire donc à ces jeunes qui
ont reçu déjà cet appel, oui, ça paraît
bizarre. Oui, il y a une peur à traverser.
Oui, il y a quelque chose qui est un
peu étrange mais il faut à ce moment-là
choisir le mystère. C’est quoi choisir le
mystère ? C’est dire à Dieu, « ok ! je ne
vais pas tout comprendre, mais je sais
que Tu es là. Et je sais que Tu m’attires.
Tu m’appelles et mon intelligence, mon
âme, mon cœur, ma volonté, tout ce que
je suis va être baigné de ton amour. Je ne
comprendrai pas tout dans ce chemin,
mais je sais que Tu es SUR ce chemin. ! »
En fait, en un mot, comme en cent, vous
êtes des fous. Nous sommes des fous.
Mais c’est une bonne nouvelle. « Ce qu’il
y a de fou dans le monde, c’est ce que
Dieu a choisi ».
« Viens Esprit Saint ». Amen
■
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Depuis le 19 avril 2020, Le Seigneur Jésus-Christ m’a fait la
grâce d’entrer dans l’ordre presbytérale. Mais avant de continuer
rappelons-nous qu’à cette date nous étions en plein confinement.
Dans de telles conditions, comment vivre dans la sérénité cette
ordination ?
Dans la semaine qui précédait l’ordination, on était dans
l’octave de Pâques, qui nous invite à la joie de la Résurrection
de Notre Seigneur Jésus Christ.
Dans un deuxième temps pour moi ce fut la préparation spiri-
tuelle et priante qui devait prendre le pas sur tout le reste. Bien
sûr, il y avait un peu d’appréhension à cause de la situation
extraordinaire dans laquelle nous étions, mais aussi une grande
confiance en notre Dieu.
J’ai eu la chance de me retrouver dans le magnifique cadre du
Foyer de Charité à Trinité, j’ai pu ainsi recevoir les excellents
enseignements du père Emmanuel Aine et vivre auprès de la
communauté durant cette semaine préparatoire.
C’est ainsi que sereinement j’ai pu me préparer à l’ordination.
D’autant plus que je savais que d’autres personnes priaient pour
Jacques et moi durant cette semaine.
J’ai pu approfondir l’un des aspects fondamentaux de la vie du
prêtre, c’est-à-dire la prière. Cette rencontre quotidienne \
avec
Notre Seigneur, non seulement à la messe, mais aussi dans
l’oraison et le chapelet.
Et c’est de cette manière que
j’ai pu aborder dans la prière et
dans la paix cette cérémonie de
l’ordination. Comme vous le
savez, elle a eu lieu à l’église
d’Emmaüs, dans un cadre par-
ticulier avec une église vide
à première vue. Ce fut une
cérémonie qui débuta dans la
joie, l’absence de mes proches aurait pu alté-
rer cette joie, mais ce ne fut pas le cas. Car l’essentiel est
que par l’imposition des mains, Dieu donne un nouveau
prêtre à son Eglise. Je rends grâce à Dieu d’avoir permis
que Mgr Macaire dans sa grande bonté ait maintenu ces
deux ordinations.
Durant toute la cérémonie, Dieu a permis que les pères
Alain Ransay, Sosthène Godjo, Gaëtan Présent, Emmanuel
Chaulvet, Wilfried Bannais et le diacre Hervé Lordinot nous
aident à entrer dans cette dimension festive de l’ordination,
accompagnés de toute l’équipe de Radio Saint Louis et de
M. Alain Arnaud. Je remercie chacun d’entre eux du fond
du cœur pour leur collaboration.
J’en profite pour exprimer ma profonde reconnaissance à
tous ces fidèles et à tous ces prêtres qui m’ont aidé durant
toutes ces années à cheminer pour répondre à cet appel de
Dieu, et particulièrement à Mgr David Macaire qui m’a
permis de répondre librement à cet appel de Dieu.
Suivre le Christ pour tout chrétien
et à plus forte raison pour tout
ministre ordonné, c’est accepter de mettre ses pas dans ceux de son Seigneur et de marcher, où, lui a marché. De la crèche à la croix, quel renoncement !
Le dimanche 19 avril 2020, dimanche de la Miséricorde
divine, j’ai eu la joie d’être
ordonné diacre par Mgr David
Macaire dans des conditions qui semblent être particulières,
mais qui révèlent sans nul doute toute la tendresse du cœur
de Dieu. Un public très intime, réduit à l’essentiel, comme \
à la crèche… Des chœurs angéliques comme le soir de Noë\
l
qui ont merveilleusement interprété les chants… Un public
peu nombreux recueilli comme au pieds de la croix, avec
Marie, mais plein d’espérance… Et enfin, à la fin une joie
et une paix inexprimables et inestimables comme au matin
de Pâques !!!
Prendre le chemin du Christ, c’est accepter de marcher là
où on ne voudrait pas forcément aller, s’aventurer là ou
l’Esprit veux que nous allions. Cette ordination aussi belle
et profonde fusse-t-elle, n’est pas une fin en soi, ni même
un commencement pour moi. Elle est simplement une étape que j’ai vécue avec beaucoup de reconnaissance, non seule-
ment par rapport à l’immense sollicitude de Notre Seigneur
envers moi, sa fidélité et sa ténacité, mais aussi par rapport
à la confiance toute simple et toute belle de Mgr Macaire à
mon égard.
Oui, je sais que cette ordination que nous avons voulue
maintenir le père Neuville et moi, a créé des frustrations
chez certaines et certains qui auraient souhaité être associés \
à notre joie. Mais notre joie, c’est la joie de toute l’Eglise…\
C’est la joie du matin de Pâques.
Le temps viendra où nous pourrons nous réjouir des mer-
veilles de Dieu dans nos vies. D’autres ordinations viendront
combler l’espérance de notre diocèse et renforcer notre joie.
Mais n’oublions pas que si le Seigneur nous a permis de vivre
la joie de cette ordination en étant confinés, c’est pour nous
rappeler à l’essentiel : l’exigence de l’amour.
Il n’y a rien d’autre que l’Amour !!!
Si nos célébrations, nos communautés (familiales, ecclésiales,
amicales, etc..), sont sans amour véritable, alors notre foi est
vaine et le culte que nous rendons à Dieu est nul et non avenu.
L’amour n’est pas un vain mot, l’amour c’est Dieu.
Et c’est de cette manière que Et c’est de cette manière que
j’ai pu aborder dans la prière et j’ai pu aborder dans la prière et
dans la paix cette cérémonie de
l’ordination. Comme vous le l’ordination. Comme vous le
savez, elle a eu lieu à l’église savez, elle a eu lieu à l’église
Suivre le Christ pour tout chrétien Suivre le Christ pour tout chrétien
et à plus forte raison pour tout et à plus forte raison pour tout
ministre ordonné, c’est accepter ministre ordonné, c’est accepter
de mettre ses pas dans ceux de
ordonné diacre par Mgr David
"C’est Dieu qui donne un prêtre à son Eglise,
c’est Lui qui a la première place...
"
"L'amour n'est pas un vain mot, l'amour c'est Dieu.""L'amour n'est pas un vain mot, l'amour c'est Dieu.""L'amour n'est pas un vain mot, l'amour c'est Dieu."
Témoignages…
Père Neuville Cospar
Diacre Jacques Platon Diacre Jacques Platon Diacre Jacques Platon
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VIE DU DIOCÈSE
Confinement ne rime
pas du tout avec ordina-
tion. Pour reprendre les
mots mêmes de l’ho-
mélie de Mgr Macaire,
nous aurions pu penser
que c’était « bizarre » de
conjuguer les deux ensemble. C’est
un peu ce que je me disais d’ailleurs,
quelques jours avant l’événement.
Puis, la date s’approchant, j’ai com-
pris que cette ordination pouvait être
vue comme un signe fort de la Vie plus
forte que la mort. Une actualisation
concrète de la fête de Pâques dans la
vie de ces deux hommes et de tout le
diocèse. L’Eglise a fait face à toutes
sortes de difficultés au fil des siècles,
et c’était une manière de dire que le
Christ est plus fort que le coronavirus. Cependant, il est dommage que la res-
triction du nombre de personnes n’ait
pas permis à beaucoup de participer
à cet heureux moment. L’assemblée
diocésaine, physiquement présente et
heureuse d’accueillir chaleureusement
leurs pasteurs, m’a manqué. Mais l’iro-
nie de l’histoire est qu’elle était bien
plus nombreuse encore par les moyens
de télécommunication que si elle était
dans la cathédrale.
Avec la grâce de Dieu, même en petit
comité, nous avons pu offrir à Neuville
et à Jacques une cérémonie « mysté-
rieuse » et joyeuse dont ils se souvien-
dront à vie. L’émotion était palpable sur
le visage des deux élus du jour, ainsi
que sur le visage de l’archevêque et de
tous les participants. Emotion liée au contexte, mais aussi liée aux parcours
des ordinands qui ont tous les deux de
longs itinéraires atypiques qui les ont
menés finalement à leur consécration.
J’ai personnellement savouré le pri-
vilège d’être physiquement présent à
cette célébration. Une autre joie fut
celle d’y accompagner Neuville, qui
fait partie de notre équipe sacerdotale
du Lorrain et du Marigot depuis juillet
2019, et de le voir faire ses premiers pas
de bébé prêtre. Pas que j’ai moi-même
effectués il n’y a pas si longtemps…
Au final, une célébration non pas
« bizarre » mais « mystérieuse » qui
n’a rien à envier aux ordinations en
contexte normal.
La fécondité de l’Église en Martinique
a réjoui les âmes des Antillo-Guyanais
et au-delà, par l’ordination sacerdotale
de notre frère Neuville Cospar. En effet,
le dimanche de la Divine Miséricorde,
le
Fiat de Neuville a été accueilli et
consacré par les mains et le cœur d’un
apôtre de la miséricorde, notre arche-
vêque David Macaire. Au nom du père
Gaëtan Présent, des fidèles du Marigot
et du Lorrain, je redis notre joie et notre
reconnaissance à Monseigneur et à son
diocèse, à la famille Cospar et à toutes
les personnes que Dieu a placées sur le
chemin de notre frère pour permettre
l’éclosion de sa vocation. Le chemin
de Neuville vers le sacerdoce n’a pas
été droit, comme beaucoup de chemins.
Mais quelles que soient les courbes,
Dieu sait toujours y écrire droit et beau.
Dans sa magnificence, Dieu a permis que ce fils du Lorrain, spécialement
de Morne Vallon, se consacre sur la
terre d’origine de ses ancêtres. Amen,
Alléluia !
Comme chacun de nous, Neuville est
une histoire sacrée. Mais cette histoire
prend une dimension toute nouvelle
avec son ordination. Désormais, il
pourra s’appliquer, plus que jamais,
cette phrase que nous disons dans la
prière pour les prêtres : « Je ne suis
plus moi, je suis Jésus et Jésus crucifié ;
je suis comme le pain et le vin ; une
substance consacrée qui a cessé d'être
elle-même ».
Que le Nom du Seigneur soit à jamais
béni ! Et que son serviteur Neuville
trouve toute sa joie dans sa Vigne. Qu’il
reste ami de Jésus et développe son
amour de l’Église et de sa liturgie. A ses
premières messes,
quand il élève
Jésus, ses mains
tremblent. Qu’à ses
dernières messes, que
ce ne soit pas Jésus qui
tremble entre ses mains. Que ses mains
qui vont quotidiennement toucher le
Sauveur soient des mains amies dont
le contact lui soit doux. Que le père
Neuville ait continuellement la grâce
d’emporter de la messe d’aujourd’hui
la soif de celle de demain, et que plein
lui-même des dons reçus, il ait la grâce
de les communiquer largement aux
autres.
Vive le Sacerdoce !
Vive Neuville !
Vive les jeunes qui vont lui emboiter
le pas !
Vive la Martinique !
Père Sosthène G odjo, Curé du Lorrain et du Marigot
Père
Gaëtan Présent
Pères Gaëtan Présent - Neuville Cospar et Sosthène GodjoPères Gaëtan Présent - Neuville Cospar et Sosthène Godjo
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 13
Le 6 mars 2020, Mgr David Macaire a visité la paroisse Notre-Dame du Grand Retour,
Sanctuaire Saint-Cœur-de-Mari\oe de Josseaud qui, pour la semaine, tenait le candélabre
de l’Eucharistie dans le cadre du carême des veilleurs.
ÉGLISE EN MARTINIQUE 13
C
est avec beaucoup de joie qu’il
a été accueilli par quelques
membres de la communauté.
Nous avons eu un temps de prières,
d’échanges, l’accent a été mis sur
l’absence de notre jeunesse et l’avenir
de notre Eglise, un partage très fructueux
sur l’Evangile de Saint Matthieu 5,43-
48 qui invite à « Aimer nos ennemis et
prier pour ceux qui nous persécutent ».
Monseigneur a donné des pistes de
réflexion en nous demandant de travailler
avec enthousiasme, et de faire preuve de
discernement. Il nous rappelle que Jésus
nous accueille tels que nous sommes,
avec nos faiblesses et nos potentialités.
L’évêque a ensuite visité différents
quartiers autour de Josseaud. De retour
pour les vêpres à 18h et l’Eucharistie,
il a célébré dans la joie avec le peuple
de Dieu qui avait répondu en grand
nombre à l’invitation ce vendredi. Dans
son homélie, il a souligné le sens de
l’Eucharistie qui est le Corps mystique
du Christ. En le célébrant, nous rendons
grâce à Dieu pour tous ses bienfaits. Pour
le geste de paix à l’Eucharistie, il invite
l’assemblée à une paix intérieure qui
soit durable. Monseigneur a promis une
nouvelle visite à Josseaud, et s’est inscrit
sur la liste du candélabre du Jeûne pour
la semaine du 8 au 14 mars, en union de
prières avec la communauté.
Juste après la messe, Mgr Macaire a
rencontré les responsables des jeunes
de moins de 25 ans et les jeunes de 25 à
35 ans. Après avoir écouté et répondu aux
différentes questions, l’Archevêque a pu
découvrir tous les soucis et l’engouement
des jeunes pour l’Eglise.
Il a insisté auprès des jeunes pour leur faire comprendre que dans une
communauté, ils ont un rôle important
à jouer, en donnant des témoignages
édifiants, en invitant d’autres jeunes
à mettre en place des temps de prière,
de louange, etc. L’évêque les ramène
vers les 5 essentiels, c’est-à-dire les cinq
aspects fondamentaux qui caractérisent
la vie chrétienne, et qui en marquent la
vitalité des enfants de Dieu. La prière, la
vie fraternelle, la formation, la charité en
acte et la mission qui prennent leur source
dans le livre des Actes des apôtres 2, 42 :
« Ils étaient assidus à l’enseignement des
Apôtres et à la communion fraternelle, à la
fraction du pain, et aux prières ».
Ainsi donc s’est achevée par la prière du
Notre Père la journée pastorale de notre
évêque Mgr David Macaire.
P. Paul Rosemond François ■
Visite pastorale de l’Archevêque
à la paroisse de Josseaud
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 14
L’ÉGLISE AU TEMPS D\nU COVID 19 DOSSIER
On ne l'avait pas vu venir, celui-là !
C
'est le premier sentiment
qui vient à notre esprit,
tant l'enchaînement des
événements a été rapide. On entendit
parler du coronavirus dans le dernier
tiers du mois de janvier. Nos esprits
étaient plutôt accaparés par les grèves
à propos de la réforme des retraites.
On voulait mieux préparer l'avenir tout
en bloquant le présent. Et voilà qu'aux
actualités, on nous parlait d'un virus
qui sévissait dans une ville chinoise,
Wuhan (où, hein ?).
Petit à petit, tout ce qui venait de Chine
devenait suspect. Par précaution
sanitaire, il valait mieux éviter tout
contact avec ceux qui revenaient de
ce pays ou qui y avait un rapport.
Mais là encore, il fallait préparer le
carnaval, se nettoyer la tête à coup de
chants graveleux et surtout montrer
son insouciance face à l'obéissance à
la loi ! C'est alors que le nom devint
populaire, il s'invitait dans les vidés, les
soirées, les costumes et les calembours :
coronavirus !
Les cendres de Vaval étaient encore
chaudes quand on réalisa que ceux qui
voyageaient risquaient de rencontrer
un certain Covid-19, échappé de
Chine pour être hébergé en Italie,
pays doté d'une flotte de croisière
impressionnante et si efficace pour
l'incubation de ce nouveau fléau. Il
valait mieux les tenir à carreau, voire
hors terre, tous ceux qui venaient du
monde coronaire….
C'est alors qu'on bascula dans un film,
comme à Hollywood. Tout alla très
vite et du jour au lendemain, une fois
son devoir de citoyen rempli, on nous
annonçait que les bars et restaurants
seraient clos et qu'on ne pourrait se
retrouver dans une église que pour
une petite centaine de paroissiens, curé
compris. Au lendemain de cette messe-
supplice (les fidèles ne pouvaient
communier, sauf le prêtre) le coup
de massue : le Président nous intime
l'ordre de rester à la maison dès demain
minuit, et ce, pour 15 jours…. Puis 15
autres…. Et, allez, un mois encore !
D'abord groggy par l'annonce, l'Église
en Martinique espérait retrouver les
bancs d'église pour la Semaine sainte.
Sé sa ou té konprann ! Elle dut boire
le vinaigre surtout à Pâques : il n'y eut
point de cierges allumés dans les mains
des fidèles pour entrer dans l'église.
Les portes de cette dernière resteraient
closes ! Mais recevoir un koutjok ne te
met pas forcément K.O. Très vite, on a vu
apparaître des initiatives virtuelles bien
réelles… Mi sé labé-a anlè YouTube !
Tel un chat qu'on jetait en l'air, l'Église
retombait sur ses pattes. Krik ! Non, pé
ké ni krak !
De nouveaux mots (maux ? Oh, zut
l'orthographe !) comme confinement,
distanciation, asymptomatique (j'avais
cru comprendre "à 5, c'est automatique")
allaient faire basculer un mode de vie
et un mode de culte. Et c'est dans ce
vide que l'on découvrit la collaboration.
Covid dit neuf ! Neufs ces temps de
prière, d'adoration, d'enseignement et
de communion planétaire avec le Saint-
Père ! Neufs dans la soif et la faim des
sacrements !
Nous n'avons pas les moyens de vous
faire un "journal du confinement",
mais nous donnons la parole à
un certain nombre pour un retour
d'expérience sans prétention. Premiers
jets du "An tan Coronaviris".
P. Christian Catayée ■
Témoignages et perspectives
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 15
Jamais autant que ces deux
derniers mois, je n’ai mesuré l’impor-
tance de mon sacerdoce : j’ai choisi
de suivre Jésus pour donner, je veux
donner ! Mais comment le faire en
pleine crise du Covid-19 ?
Confinés au Domaine du Fort à Saint-
Pierre, j’étais en communauté avec le
Chemin-Neuf mais, loin de la commu-
nauté paroissiale. La première parole
qui a jailli de mon cœur c’est la déclara-
tion de Dieu après avoir créé l’homme :
« Il n’est pas bon que l’homme soit
seul… » (Genèse 2, 18). C’est pourquoi
j’ai demandé à chaque paroissien de
choisir d’être l’ange gar-
dien d’un autre en priant et
en prenant régulièrement des
nouvelles de son protégé.
Pour moi qui suis prêtre depuis 2004,
consacré pour donner le pain de l’Eu-
charistie, le Corps du Christ… me
voici mis dans l’incapacité de nour-
rir le peuple que Dieu m’a confié !
Suis-je devenu un mauvais pasteur qui
ne nourrit pas les brebis du Seigneur
ou qui mange seul sans se soucier de
la faim des autres ? La réponse m’est
venue de Jésus dans l’Évangile de saint
Matthieu.
Dans l’évangile matthéen, le Christ
répond au diable : « Il est écrit :
L’homme ne vit pas seulement de
pain, mais de toute parole qui sort de
la bouche de Dieu. » (Matthieu 4,4).
C’est ainsi que je pris l’engagement
solennel d’envoyer une méditation de
l’évangile du jour accompagnée de
quelques points de réflexions, tous les
jours du confinement, à tous les frères
et sœurs de la paroisse. Ces homélies
de tous les jours, du 17 mars au 10 mai,
furent un lien spirituel fort où Dieu s’est
manifesté en me donnant la possibilité
de continuer à nourrir et paître ses
agneaux (Jean 21,15).
Merci Seigneur pour ce temps des
retrouvailles qui est aussi un temps
de semailles. En effet, l’Esprit Saint
nous dé-confine afin que nous allions
semer le grain de la parole et montrer
Jésus partout.
La crise sanitaire planétaire liée au
Covid-19 entraînant un confinement
de plus de deux mois pour éviter la
propagation du virus et l’aggrava-
tion de la pandémie a eu, au-delà de
sa dimension salutaire, des consé-
quences négatives sur les personnes
du point de vue individuel (anxiété,
esseulement, dépression…), familial
(aggravation de problèmes de couple,
des relations parents-enfants, agres-
sivité et violences), professionnel
(chômage partiel, licenciement…),
économique (récession, fermeture de
petites entreprises, pertes financières
importantes…), et spirituel ( ferme-
ture des lieux de culte, privation de la
communion eucharistique...).
Le service Padre Pio ayant essentiel-
lement pour mission la mise en œuvre
de la pastorale de l’écoute (organiser
et former) fédère en son sein différents
groupes, communautés et mouvements
pour la mise en place de cellules
d’écoute, de prière et de compassion
dans tout le Diocèse.
En raison du confinement, il a fallu
adapter les modalités de l’offre
d’écoute pour répondre aux besoins
de demandes d’aide de personnes en souffrance et en détresse. D’où l’or-
ganisation proposée pour assurer des
permanences téléphoniques.
Ces permanences sont tenues par
des écoutants qui sont contactés par
sœur Paule-Marie qui recueille les
demandes par le biais du téléphone
du service, et qui oriente les personnes
souhaitant une écoute.
En collaboration avec la Communauté
de L’Emmanuel, le numéro vert de
SOS Prière (0972302999) a été activé
en Martinique avec quatre écoutants
de la Communauté de l’Emmanuel.
Les Martiniquais ont pu être enten-
dus par des écoutants de Métropole
et quatre écoutants de Martinique.
De même, les bénéficiaires d’ailleurs
(Métropole et pays francophones) ont
pu être écoutés par la Martinique éga-
lement.
C’est une alternative pour répondre
aux besoins liés au confinement.
Après le confinement, la plate-forme
SOS Prière gérée par la Communauté
de L’Emmanuel sera développée avec
la collaboration des écoutants de Padre
Pio dans le créneau de 18h-minuit,
dans un lieu qui sera déterminé, afin de
mutualiser
les moyens
et de fédé-
rer autour
de la compassion
dans un esprit de
communion ecclé-
siale.
La communication
autour des perma-
nences d’écoute télé-
phonique a été faite par
les médias de l’Eglise et les
réseaux sociaux.
Quelques personnes ont pu bénéficier
de ces permanences d’écoute et ont été
très contentes de cet espace. Le simple
fait de les avoir écoutées et parfois
orientées, d’avoir prié avec elles, leur
a fait beaucoup de bien.
Une bonne articulation a été faite éga-
lement avec la PCE des psychologues
qui orientait des personnes qui avait
besoin d’un accompagnement spiri-
tuel, et vice-versa.
La cellule diagnostique a été égale-
ment opérationnelle pour des situa-
tions de délivrance.
Nous rendons grâce à Dieu pour la
disponibilité de chacun !
« Donnez-leur vous-même à manger ! »
Témoignages
Père Arnaud Wilfried
Goma-Okadina,Communauté du
Chemin-Neuf, Paroisse de Coridon
Tony Allaguy-Salachy, Service diocésain Padre Pio
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 j uin 2020 – n° 603 16
Nous avons vécu le confinement
comme tout le monde, en restant à la
maison, pour travailler mais aussi pour
faire des choses que l’on n’avait jamais
le temps de réaliser, ne sortant que pour
les courses ou pour faire du sport.
Ces deux mois de confinement
inopiné, imposé, ont été une
expérience totalement inédite et un peu
déstabilisante. En effet, il nous a fallu
modifier rapidement et profondément
nos habitudes de vie. Cependant, nous
l’avons vécue dans la paix et la sérénité.
Cette période de confinement a été un
temps de vie familiale et spirituelle plus
intense. L’absence d’Eucharistie et de
temps d’adoration en présentielle nous
a permis de découvrir et de vivre la
communion spirituelle et les adorations
via la WebTV RSL et YouTube.
Cette période a été très intense
également pour nous en tant que
responsables du Service Diocésain de
la Pastorale Familiale. Nommés le 7
mars 2020, nous avons dû, dès le 17
mars, prendre à bras le corps la mission
pour réorganiser tous les programmes
prévus. À la demande de notre Évêque,
nous avons, en concertation avec le
Service Diocésain de la Catéchèse,
œuvré ensemble très activement
pour accompagner les familles face
à l’impossibilité de se rencontrer
physiquement ; il a fallu mettre en
place des actions pour animer ces temps
liturgiques à distance, Carême, Pâques,
l’Ascension, et la Pentecôte.
Nous avons expérimenté les systèmes
d’audio et de visioconférence,
apprendre rapidement à utiliser certains
outils numériques, les relations avec
les médias.
À l’heure du déconfinement et où
l’autorisation de célébrer sur les
paroisses a été accordée, toujours avec
des gestes barrières, deux choses nous
semblent importantes à souligner :
- S’agissant de la mission : organiser l’activité du service en intégrant de
nouvelles pratiques pour construire
et animer les actions du réseau de
la Pastorale Familiale avec tous les
acteurs, et à tous
les niveaux, des
paroisses, des
districts et des
mouvements
liés à la famille.
- Pour les familles :
nous souhaitons que
tous les bons fruits
acquis durant cette
période pour la vie
de famille soient
conservés (temps
en famille, prières,
messes, lecture de la
parole, chapelet…).
Nous voudrions rendre grâce à Dieu
pour tous ceux et toutes celles qui se
sont mobilisés durant ce confinement,
au sein des Services diocésains de la
Catéchèse, de la Pastorale familiale, et
sur toutes les paroisses avec leurs curés
pour permettre à toutes les familles de
vivre avec ferveur ces temps liturgiques
majeurs de notre foi chrétienne. Prions
pour que les Eglises domestiques
s’affermissent dans la foi.
C’est vrai que
j’ai eu très peur
du virus à la Martinique par
rapport à toutes les infor-
mations en provenance d’Italie
ou de la France, et qui donnaient
chaque jour le nombre de décès.
Mais une fois qu’il a fallu mettre
le nez dehors pour le boulot, j’ai
tout confié à notre Seigneur ; que sa
volonté se fasse et non la mienne.
Je me suis ajustée à la Parole du
Christ dans la confiance et l’espé-
rance, la peur a disparu.
Le seigneur a continué à agir
dans mon couple à ce moment-là.
Mon mari ne pratique plus depuis
15 ans, moi je suis une fervente
croyante. J’ai l’habitude de faire
mon chapelet sur KTO, un beau
jour mon époux arrive et se met
à le faire aussi. Et durant tout le
confinement, nous avons prié le
chapelet ensemble. Il a changé de
comportement vis-à-vis de moi. Et
tout continue pour le mieux. Pour
tout vous dire, il faut persévérer
dans la prière, le temps de Dieu
n’est pas le temps de l’homme !
Avec le confinement, la famille a partagé beaucoup plus de
temps autour de tous types d’activités : écoute et célébration
de la Parole, chapelet, marche en plein air, discussions,
visualisation de programmes télévisés communs, et tout
ce que l’on n’a pas le temps de faire ensemble habituellement tel que
réfléchir à la liste de courses, entre autres.
Avec le déconfinement, les choses seront différentes : nos enfants pensent
que la distanciation physique risque de durer et d’entraver les relations entre
amis et camarades. Et de manière générale, nous limitons les dé\
placements
au strict nécessaire en attendant de voir comment les choses vont évoluer.
Mais surtout, nous croyons que Dieu est présent avec nous dans cette épreuve.
Ce temps de confinement n’a pas toujours été facile à
vivre. C’était fatiguant de toujours faire les mêmes choses
(se réveiller, nettoyer la maison, faire le repas matin, midi
et soir) ; de devenir maîtresse de 3 niveaux différents
sans avoir forcément l’art et la manière ; de ne pas pouvoir
profiter de ce que l’on a autour de nous librement (mer, chemin pédestre…).
Cette période a été aussi l’occasion de nombreuses satisfactions. Et l’on peut
remercier le Seigneur de nous avoir ouvert les yeux sur certaines choses,
d’avoir passé plus de temps en famille, de Le connaître davantage, notamment
les enfants, en regardant des films sur la vie de Jésus et en suivant les messes
par le biais de radio St-Louis, et de m’avoir donné la patience et la force de
pourvoir faire l’école à la maison.
Avec le déconfinement, il me semble nécessaire de poursuivre les changements
adoptés durant le confinement, et surtout ne pas retomber dans les mauvaises
habitudes même avec la reprise du travail, et de poursuivre notre rencontre
avec maman Marie et notre Seigneur Jésus-Christ.
Famille
Hejoaka,
Paroisse de St-Esprit
Famille Louemba, Paroisse de
Sainte-Anne
Josette et
Robert Maceno
Responsables du
Service Diocésain de la Pastorale Familiale
S.B,
Paroissienne de Saint-Esprit
L’ÉGLISE AU TEMPS D\nU COVID 19
Nous avons vécu le confinement
DOSSIER
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 j uin 2020 – n° 603 17
« Jésus a été poussé au
désert après son baptême
pour éprouver sa voca-
tion ».
Au désert, les rapports sociaux,
culturels et cultuels n’existent plus, nous sommes
dépouillés, seuls, livrés à nous-mêmes.
Voilà comment j’étais au début du confinement
à cause de ce minuscule microbe qui a mis le
monde à genoux ; j’étais en grande souffrance et
je me révoltais jusqu’au jour où j’ai compris que
ce désert, je devais l’utiliser comme un temps
de retraite et de purification en attendant, dans
le jeûne et la prière, de recevoir le sacrement de
réconciliation et l’Eucharistie.
Ces deux derniers mois ont été forts en épreuves
et riches en enseignements. J’ai été tout à la fois
frustrée et comblée. Frustrée parce que j’ai été
coupée de mes collègues, des ballades dans le nord
de la Martinique que j’affectionne particulièrement, de
la vie culturelle, des assemblées du dimanche et particulièrement \
des
célébrations de la Semaine sainte ; mais aussi comblée. Incroyablement
comblée par la diversité de l’offre numérique pour vivre sa foi. Pas
seulement radiophonique, mais aussi avec KTO, You Tube, par mail et
parfois même par WhatsApp avec les défis de la Pastorale de la famille
et de la catéchèse.
C’était l’occasion de renouer par téléphone avec de la famille, des amis
dont je m’étais éloignée, de prendre des nouvelles des voisins par-dessus
le grillage, de me remettre à la lecture… de revenir à l’essentiel, et de
vivre chaque instant en présence du Seigneur, Père aimant et fidèle.
Différentes actions ont fait vivre le
concept « QUARANTAIDE »
Durant ce temps de confinement, la SSVP
Martinique n'a pas cessé ses actions d'aide
aux plus démunis. Dans le cadre de la pré-
vention des risques majeurs, nous avions
prévus des masques, des gants en stock
et des locaux organisés pour une gestion
autonome de nos activités à moyen terme.
C’est une expérience réussie à travers
la crise du covid-19. Nous avons pu
approvisionner nos 22 conférences sur
le territoire. Appuyer par SSVP France
et des institutions publiques, nous avons
mis en place des process pour protéger
nos salariés, nos bénévoles et le public...
Des centaines de paniers alimentaires
ont été confectionnés et distribués par
l'intermédiaire des bénévoles des diffé-
rentes conférences réparties sur toute l'île.
En collaboration avec d’autres associa-
tions, les organismes publics et privés,
une organisation s’est mise en place au
fur et à mesure des préconisations pour couvrir l’ensemble du territoire.
Les personnes en solitude ont plus que
jamais besoin d'une écoute et d'un sou-
tien pendant cette période. Pour cela, les
bénévoles ont continué leur écoute tous
les matins pour appeler, à partir de leur
domicile, les personnes qui avaient déjà
été recensées dans le cadre de l'action
"allo..." pour maintenir le lien social. Ce
sont des personnes fragilisées par leur
solitude et leur âge avancé pour la plupart.
Ces bénévoles leur apportent un récon-
fort, un apaisement dans leurs inquié-
tudes du fait du confinement.
Les relations avec nos partenaires privés
et publics habituels se sont intensifiées
du fait de l’augmentation de la demande.
Sans bus, sans portage de repas et par-
fois sans parent, nombreux sont ceux
qui se sont retrouvés isolés ou dans des
situations complexes comme les femmes
enceintes sans trousseau de maternité...
Ce sont des situations nouvelles qui
s’ajoutent aux aides habituelles... Des
entreprises ont
par ailleurs par-
ticipé à cet élan
de solidarité en
faisant des dons
conséquents. Nous
avons pu constater encore
une fois une grande solidarité avec beau-
coup d’acteurs concernés.
Nous remercions tous ceux qui nous ont
aidés et soutenus, pour les Martiniquais,
pour le service... Aujourd’hui ce ser-
vice continue, et le déconfinement nous
dévoile une situation grave qu’il faudra
gérer sans assistanat, mais dans le dis-
cernement.
Heureusement, nourris de cette période
de Pentecôte, nous sommes optimistes
pour l’avenir. Au regard de cette crise
vécue en plein carême, puis Pâques,
il semble évident que rien ne se fait
par hasard, des vocations et des prises
de conscience sont tangibles ! Notre
Seigneur veille... À nous de collaborer !
Ce confinement a été pour nous, parents
et enfants, une réponse à nos prières, un
temps de bénédiction. Notre Seigneur a
entendu nos cris et il nous a offert un temps de repos bien mérité où
nous avons pu nous consacrer aux choses vraiment importantes : notre
Famille et notre foi ! Les points positifs sont nombreux : absences
d’obligations sociales, nouveaux regards sur nos vies, approfondis-
sement des fondamentaux de vie en famille (temps de prières plus
fréquents et constants, activités, partages). Nous avons senti plus que
jamais la présence de Dieu dans nos vies, et nous étions plus atte\
ntifs
à son appel. Malgré les restrictions de sorties, le manque d’in\
timité,
de liberté, d’interactions sociales avec l’extérieur, l’ennui, nous avons
pu surmonter les conflits, grâce à Dieu.
Nous voyons l’avenir avec des yeux remplis d’espérance pour certains,
et d’incertitude pour d’autres. Il s’agit cependant pour nous d\
e ne pas
repartir comme avant : faire fructifier ce que l’on a eu à vivre, et ce que
l’on a reçu de notre Seigneur durant cette période de confinement. Notre
confiance est dans le Seigneur : « Que sa Sainte volonté soit faite ! ».
J’avoue que le début du confine-
ment m’a été quelque peu pénible,
car le partage avec les frères et
sœurs de la communauté paroissiale
me manquait. Puis, petit à petit, j’ai
organisé ma vie spirituelle, et mes jour-
nées se déroulaient entre les obligations ménagères, la
prière, les contacts téléphoniques et la méditation de
la Parole de Dieu qui me faisait grandir en espérance.
Je trouvais que les prophéties d’Ézékiel : « Je vous
ferai sortir de vos tombeaux et vous en ferai remonter,
ô mon peuple ! » (Ézékiel 37,13) correspondaient
parfaitement à notre situation. J’ai vraiment compris
alors que Dieu ne laisse pas seuls ses enfants, et que
son projet pour l’humanité se réalisait. C’est alors que
j’ai pu vivre cette épreuve dans la plus grande séré-
nité. Merci Seigneur de nous aimer ainsi.
Famille Valbon
Jocelyn et Sandra
Rachelle Roset,
paroisse du Lamentin
George-Marie Amory,
paroisse du Lamentin
Justine Mantier, paroisse du Lamentin
Régine Pognon,
Présidente Saint- Vincent-de-Paul
Martinique (SSVP)
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Ils étaient nombreux, pasteurs et
fidèles, hommes de sciences, autorités
civiles, chrétiens simples, à être abattus
par la nouvelle de l’épidémie. La nuit
semblait tomber. D’épaisses ténèbres
couvraient notre monde. D’où viendrait
le Secours, pouvait-on se demander ?
L’Eglise venait de commencer son che-
minement de carême vers la montée
de Pâques. Un cheminement à conno-
tation de candélabre en vue d’une vie
dépouillée comme le Christ dans le
désert. C’est dans cet élan de foi et de
ferveur que nous nous rendions compte
que nous ne pouvions plus vivre les
mystères du Christ, nous ne pouvions
plus nous rendre dans la maison du
Seigneur. Le coronavirus nous a enva-
his comme les vagues de l’océan nous
empêchant de vivre en communauté
comme nous l’avions toujours fait.
Plus de messes, plus de sacrements,
plus de prières communautaires, les
animations spirituelles, les chorales,
les réunions, tout était suspendu.
La privation de la Sainte Messe prou-
vait l’importance de l’Assemblée pour
le prêtre, et l’absence du prêtre rendait
plus indispensable son rôle auprès de
ses fidèles. Ce voyage sans lendemain
forçait l’intelligence et la clairvoyance
du pasteur à renouer contact avec ses
fidèles par le lien des médias.
Alors que tout semblait fini, le Seigneur
inspira cette méthode pour le célébrer
et être présent dans la vie des fidèles
comme le dit si bien saint Paul dans
Romain 8,31 : « Qui peut nous séparer
de l’amour de Dieu ?».
La crise sanitaire nous obligea donc
à célébrer l’Eucharistie par retrans-
mission via Youtube. Les premières
semaines furent difficiles à concevoir :
le stress, le choix de l’équipe, le maté-
riel adéquat,
tous ces élé-
ments au fil
des jours ont rendu
perfectible notre
désir d’atteindre nos
fidèles qui manifes-
tement étaient dans
l’attente de pouvoir
adorer Dieu et partici-
per à la messe. De façon
virtuelle, nous avons main-
tenu ce lien de fidèle pasteur. Grâce à
Dieu, la Semaine sainte fut vécue et la
Résurrection du Christ célébrée.
Il est une chose de dire la messe sans
le peuple, mais c’est encore mieux de la
vivre avec le peuple. L’Eglise, à travers
ses fils, trouve toujours les moyens
pour surmonter l’impossible quand on
fait confiance au Seigneur.
L’ÉGLISE AU TEMPS D\nU COVID 19
Ils étaient nombreux, pasteurs et
DOSSIER
Père Laurent Sounouvou, Paroisse du
Morne-des-Esses
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 18
D
ieu, viens à mon aide, Seigneur, à notre secours !
“Pitié, mon Dieu, pitié pour moi ! En toi je cherche
refuge, un refuge à l’ombre de tes ailes, aussi longtemps que dure le malheur. Je crie vers Dieu, le Très-Haut, vers Dieu qui fera tout pour moi” (Ps 56, 2-3).
Jésus, fils de David, aie pitié de nous ! Quand tu étais au mil\
ieu
de ton peuple en Galilée, tu étais sensible à la détresse et\
à la
misère de tous les malades qu’on amenait à toi. Aucune détre\
sse
humaine ne te laissait indifférent. Aussi, nous nous tournons vers
toi avec confiance pour implorer ton secours face à la menace de cett\
e
épidémie causée par le virus Covid-19.
Certes, nous méritons d’être frappés en raison de tout ce qu\
i se fait
d’abominable chez nous. Mais nous en appelons à ta miséricorde \
! Pitié, Seigneur, ami de la
vie, lent à la colère et plein d’amour !
Dans ta bienveillance, Jésus, épargne-nous, protège-nous, guéris-nous et libère-nous. Éloigne
le fléau particulièrement des tout-petits et des plus fragiles. É\
claire aussi la recherche
scientifique afin qu’elle apporte rapidement des solutions efficaces \
et viables pour tous, surtout
dans les pays les plus pauvres. Toi qui n’as pas écarté l’appel de Jaïre pour sa fille ain\
si que
celui du centurion pour son serviteur, écoute notre appel pour notre monde en souffrance et en
désarroi !
A toi soit la gloire pour les siècles sans fin !
Sainte Marie, priez pour nous !
Saint Joseph, priez pour nous !
Saint Michel archange, priez pour nous !
Saints et saintes de Dieu, priez pour nous !
Amen !
L\oe diocèse
\o de la Martin\oique \ovous invite
\o à partager cette prière pour solliciter
la clémence de Notre
Seigneur face à l’épidémie du coronavirus L\oe diocèse
\o de la Martin\oique
\ovous invite
\o à partager cette
prière pour solliciter
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ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE M\oARTINIQUE Service legs et donations
Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père PinchonBP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDEX
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oui , j\b souhait\b r\bc\bvoir \bn tout\b confid\bntialité votr\b brochur\b pour m’inform\br
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 7 juin 2020 – n° 603 19
MEDIAS
Dimanche 14 juin 2020 • La dépression : un vrai tabou ?
La dépression est-elle encore un tabou ? Pourquoi est-elle encore perçue aujourd’hui comme une maladie honteuse ?
Quels en sont les symptômes, et comment poser le diagnostic ? Pour quelles raisons l’entourage s’enferme-t-il dans le
déni, refusant de voir la maladie de leurs proches ? Cette semaine, Dieu m’est témoin veut tordre le cou aux idées reçues
et dire que malgré l’espérance, la maladie peut nous atteindre.
Dimanche 21 juin 2020 • L'Outre-mer, quelles excellences ?
Cette semaine, Dieu m’est témoin dit halte à la caricature de l’artisanat des produits d’Outre-mer. Certains sont aujourd’hui
référencés comme produits de luxe et haut de gamme et représentent sur le marché international, des produits d’exception.
Entrepreneurs et cultivateurs se lancent dans des projets audacieux sur ces produits. Au-delà d’une belle vitrine économique
pour nos territoires, ils disent aussi beaucoup sur le courage des femmes et des hommes qui relancent leur production.
Comment arrivent-ils à se battre pour que ces produits si petits soient-ils, deviennent des produits d’exception ?
Dimanche 28 juin 2020 • Pompiers : une affaire de courage ? Rediffusion
Les pompiers sont-ils toujours considérés comme des héros ? Les valeurs de courage, de dévouement et de service sont-
elles encore à la mode ? Qu’est-ce qui pousse les jeunes dans nos territoires d’Outre-mer à vouloir endosser cet uniforme ?
Cette semaine Dieu m’est témoin consacre son émission aux pompiers en Outre-mer, une profession qui se féminise.
Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.
L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
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G loire au Père, qui a créé le monde avec sagesse et par amour.Gloire au Dieu de la Vie, qui nous a créés à son image Et nous appelle à communier à sa vie.Gloire à ce Dieu toujours présent,
Non comme un juge sévère, non comme un concurrent,
Mais comme le Père de tous, soucieux du bonheur de ses enfants. Par son Amour infini.
Gloire au Fils, qui a sauvé le monde En l’aimant jusqu’à l’extrême.
Gloire au Dieu de l’Amour, devenu l’un des nôtres Pour que nous ayons accès au monde de Dieu. Gloire à ce Dieu devenu notre frère.
Gloire à l’Esprit, souffle créateur, vent de liberté, Qui renouvelle toutes choses.Gloire au Dieu de l’avenir,
Esprit de Jésus Christ, Souffle de l’Église,
Qui nous mènera auprès du Père et du Fils
Pour un bonheur sans fin. Amen.
Solennité de la Sainte Trinité
7 Juin
Gloire à Dieu, Père, Fils et Esprit
