607 - Tous missionnaires

Page 1

E g lise en MARTINIQUE T ous missionnaires ! N° 607 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 11 OCTOBRE 2020 Tony, diacre permanent Missionnaires catholiques en Martinique Hommage au père Filopon Pentecote des Familles, le 9 juin 201 9 au stade Pierre Aliker de Dillon

Page 2

23 « L e repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce » (Mt 22, 8-9). Aujourd’hui, nous sommes interpellés sur notre statut d’invité\ s. Nous sommes tous conviés au banquet, mais savons-nous accueillir réellement l’invitation ? Dieu appelle chacun de nous à faire Eglise, à vivre en communion, mais sommes- nous toujours disposés à lui répondre, personnellement : « Me voici » ? Le mois d’octobre est le mois du Rosaire, mais également celui de la Mission. Dans son message pour la Journée Missionnaire Mondiale du dimanche 18 octobre 2020 : « Me voici : envoie-moi ! » (Is 6,8),\ le pape François nous invite, dans la confiance, à demeurer attentifs aux appels de Dieu en cette période marquée par la pandémie du Covid-19. « La mission est une réponse, libre et consciente, à l’appel de Dieu. Mais cet appel, nous ne pouvons le percevoir que lorsque nous vivons une relation personnelle d’amour avec Jésus vivant dans son Eglise », nous dit le Saint-Père. Tony Allaguy-Sallachy, nouveau diacre permanent ordonné par notre archevêque le dimanche 20 septembre 2020, a bien compris ce message. Il témoigne que sa mission est de « porter et montrer Jésus vivant agissant ». La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux… Remercions le Seigneur pour notre frère ! Tous missionnaires ! C’est le titre de notre dossier. Vous y trouverez des témoignages de différents membres de mouvements diocésains (Pastorale des Hommes, aumôneries des hôpitaux et dee prisons, chrétiens dans le monde du travail, des migrants…) qui ont répondu à la question : « La mission\ est-elle vitale pour toi, ou est-ce une simple occupation pour faire passer le temps ? La rubrique « An Tchè Légliz-la » est également riche en témoignages sur la question du célibat. Où en sommes-nous dans notre désir d’alliance avec le Seigneur \ ? Sommes-nous en communion fraternelle avec tous ceux qui nous entourent ? Portons-nous « le vêtement de noces » ? Rappelons-nous que c’est l’amour que nous éprouverons les uns pour les autres qui conditionnera notre place parmi les invités au banquet. Bon mois missionnaire à tous ! Justine Lordinot ■ S ommaire EDITORIAL EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE EGLISE UNIVERSELLE •  La Parole Dominicale •   Interview \be Père Monconthour  à propos \be la mission •   Témoignages :  La mi\nssion est-elle vitale  pour toi, ou est-ce une simple occupation  pour faire passer le temps ? •   Aïn Karem, \bes missionnaires \b’aujour\b’hui au service \be l’évangélisation •  Peut-on être heureux en étant célibataire ? •  Soeur Damien Niv\nert • Souvenir \be l’abbé François, Evrar\b Saffache •   Tony Allaguy-Salachy\n, nouveau \biacre  permanent pour notre \biocèse • Ah, la grotte \be Lour\bes ! •   La Catéchèse souhait\ne aux familles  martiniquaises la v\nie fraternelle en  communion, en intimit\né avec Jésus-Christ •   Les 5 Essentiels \be la vie e\nn Christ en pratique sur la paroisse \be Cori\bon •   L’agriculture et l’alimentation :  \bes \béfi  s essentiels à la Marti\nnique •   Agen\ba \be l’Archevêque •  Où va la Martinique !? \n •   Message \bu Saint-Père François pour la journée mon\biale \bes missions 2020 2 3 4 5 6 7 12 8 9 10 11 14 16 •  Peut-on être heureux en étant célibataire ?•  Peut-on être heureux en étant célibataire ? AN TCHÈ LÉGLIZ\bLA 14 Dossier : TOUS MISSIONNAIRES MÉDIAS 19 VERS LA VIE 18 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

Page 3

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 3 MOT DE L’ÉVÊQUE N ulle part ! C’est une île, pas  un bateau, elle ne bougera  pas. D’après les géologues,  elle est là depuis près de 12 millions  d’années. Mais si l’île ne bouge pas,  les choses, les gens, les relations, les  idées, les coutumes, le peuplement,  le climat ou même la foi bougent ;  non seulement ici, mais dans le  monde autour ! Nous, M artiniquais,  ceux d’aujourd’hui (seront-ils ceux de  demain !?), sommes collectivement  face à un grand rond-point qui n’offre  que deux possibilités : soit tourner en  rond (alors nous serons exclus), soit  choisir une direction.  Laquelle ? Voici 9 aspects de la ques- tion qui méritent d’être considérés  dans les prochains mois.  ➀   Où va la société de la Martinique ?  Déchirure raciale ou réconciliation  réparatrice ? ➁   Où va la culture martiniquaise ?  Obscénité superficielle ou beauté  traditionnelle recherchée ? ➂   Où va l’éducation en Martinique ?  Démission collective ou mission  collective ? ➃   Où va la politique en Martinique ?  Haine partisane sur fond d’ambi- tion personnelle ou débat construc- tif en vue du bien commun ? ➄   Où va l’économie du peuple de  Martinique ? Consommation bouli- mique ou valorisation des hommes  et des richesses ? ➅   Où va la terre de Martinique ?  Exploitation aliénante ou déve- loppement durable ? ➆   Où vont les Martiniquais ? Ailleurs  ou chez eux ? ➇   Où va la foi en Martinique ?  Occultisme sectaire ou fraternité  chrétienne ? ➈   Où va l’Eglise en Martinique ? En  replis ou en sortie ? L’enjeu est important. Des « potomitan  »  que nous pensions immuables, comme  par exemple, l’économie centrée sur  la fonction publique et les « 40% »,  la population afro-descendante, les  solidarités familiales, ou encore la  foi chrétienne et catholique, ne sont  pas du tout évidents à l’horizon de la  prochaine décennie. A l’heure de la  mondialisation, la terre, l’économie,  la culture, les valeurs, les traditions, le  peuplement, et même les croyances…  tout est désormais « sur le marché »,  disponible pour des colonisations  nouvelles.  Ne subsisteront au doux soleil de notre  île bercée des alizées perpétuels  que ceux qui sauront discerner  aujourd’hui les signes des temps et  planter au plus vite le bon drapeau  au bon endroit. L’ambiance est à la  pugnacité, tant pis pour les mous ! Que  les meilleurs gagnent ! Il faudra être  forts (c’est-à-dire unis et proactifs).  Une prime est d’ores-et-déjà accordée  aux minorités créatrices : ceux qui se  montrent capables de donner leur vie  pour une cause, aussi insensée soit- elle, seront les prophètes des temps  nouveaux.  Ne comptons pas sur une protection  extérieure, cette loi de la jungle est  internationale. Même l’Europe ou  l’Amérique sont sur la défensive,  déstabilisées dans leurs convictions.  Grands systèmes politiques,  puissances d’argent, idéologues,  influenceurs, lobbies, opportunistes  en tout genre se positionnent : le  monde est à prendre, à vendre au plus  offrant ou au plus violent ! Il n’y aura  pas de pitié pour les canards boiteux !  Installés dans des habitudes plus ou  moins « out-of-date* » et des valeurs  de plus en plus contestées par la  société, les catholiques n’ont pas le  droit de se réfugier derrière la foi ou  la mystique pour se désolidariser du  questionnement sociétal.  La charité du Christ nous presse (2Co 5,14) et  nous exige de prendre position pour  l’Evangile. Sinon, il ne faudra pas  rouspéter parce que la société sombre  dans des travers antichrétiens ! Nous  serons responsables par nos fuites et  nos silences coupables. Se contenter  de messages « WhatsApp » indignés  ne suffira pas : chacun aura à rendre  des comptes à Celui qui nous demande  d’être  « prudents comme des serpents et candides comme des colombes » (Mt 10,16) et qui regrette que les fils des ténèbres soient bien plus dégourdis pour leur commerce que les fils de la lumière pour le Royaume ! (Luc 16, 8). Tous missionnaires ! Ce n’est pas une  option.  + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France  ■ Où va la Martinique !? *passées de mode

Page 4

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 4 EGLISE UNIVERSELLE\n C hers frères et sœurs, … En cette année, marquée par les souffrances et  les défis causés par la pandémie de COVID-19, ce  cheminement missionnaire de toute l’Eglise se poursuit à  la lumière de la parole que nous trouvons dans le récit de  la vocation du prophète Isaïe : « Me voici : envoie-moi ! » (Is 6, 8). C’est la réponse toujours renouvelée à la question  du Seigneur : « Qui enverrai-je ? ». Cet appel provient du  cœur de Dieu, de sa miséricorde qui interpelle tant l’Eglise  que l’humanité, dans la crise mondiale actuelle. […] Dans ce contexte, l’appel à la mission, l’invitation à sortir  de soi-même par amour de Dieu et du prochain, se  présente comme une opportunité de partage, de service,  d’intercession. La mission, que Dieu confie à chacun,  fait passer du moi peureux et fermé au moi retrouvé et  renouvelé par le don de soi.[…] La mission est une réponse, libre et consciente, à l’appel  de Dieu. Mais cet appel, nous ne pouvons le percevoir que  lorsque nous vivons une relation personnelle d’amour  avec Jésus vivant dans son Eglise. Demandons-nous :  sommes-nous prêts à accueillir la présence de l’Esprit  Saint dans notre vie, à écouter l’appel à la mission, soit à  travers la voie du mariage, soit à travers celle de la virginité  consacrée ou du sacerdoce ordonné, et de toute façon dans  la vie ordinaire de tous les jours ? Sommes-nous disposés  à être envoyés partout, pour témoigner de notre foi en Dieu  Père miséricordieux, pour proclamer l’Evangile du salut de  Jésus Christ, pour partager la vie divine de l’Esprit Saint en  édifiant l’Eglise ? Comme Marie, la mère de Jésus, sommes- nous prêts à être sans réserve au service de la volonté de  Dieu (cf. Lc 1, 38) ? Cette disponibilité intérieure est très  importante pour répondre à Dieu : Me voici, Seigneur :  envoie-moi ! (cf. Is 6, 8). Et cela non pas dans l’abstrait,  mais dans l’aujourd’hui de l’Eglise et de l’histoire. Comprendre ce que Dieu est en train de nous dire en ce  temps de pandémie devient aussi un défi pour la mission  de l’Eglise. […] Obligés à la distance physique et à rester  à la maison, nous sommes invités à redécouvrir que nous  avons besoin de relations sociales, et aussi de la relation  communautaire avec Dieu. Loin d’augmenter la méfiance  et l’indifférence, cette condition devrait nous rendre plus  attentifs à notre façon d’entretenir nos relations avec les  autres. Et la prière, par laquelle Dieu touche et meut notre  cœur, nous ouvre aux besoins d’amour, de dignité et de  liberté de nos frères, de même qu’au soin de toute la  création. L’impossibilité de nous réunir en tant qu’Eglise  pour célébrer l’Eucharistie nous a fait partager la condition  de nombreuses communautés chrétiennes qui ne peuvent  pas célébrer la Messe chaque dimanche. Dans ce contexte,  la question que Dieu pose : « Qui enverrai-je ? », nous  est adressée de nouveau et attend de nous une réponse  généreuse et convaincue : « Me voici : envoie-moi ! » (Is 6,8). Dieu continue de chercher qui envoyer au monde  et aux nations pour témoigner de son amour, de son salut  du péché et de la mort, de sa libération du mal (cf. Mt 9,  35-38 ; Lc 10, 1-12). Célébrer la Journée Missionnaire Mondiale signifie  aussi réaffirmer comment la prière, la réflexion et  l’aide matérielle de vos offrandes sont une opportunité  permettant de participer activement à la mission de Jésus  dans son Eglise. La charité, exprimée dans les collectes des  célébrations liturgiques du troisième dimanche d’octobre,  a pour objectif de soutenir le travail missionnaire accompli  en mon nom par les Œuvres Pontificales Missionnaires,  pour répondre aux nécessités spirituelles et matérielles  des peuples et des Eglises dans le monde entier, pour le  salut de tous. Que la Très Sainte Vierge Marie, Etoile de l’évangélisation et  Consolatrice des affligés, disciple missionnaire de son Fils  Jésus, continue d’intercéder pour nous et de nous soutenir. Pape François Rome, Saint Jean de Latran, 31 mai 2020, Solennité de la Pentecôte  ■ MESSAGE DU SAINT\bPÈRE  FRANÇOIS POUR  la Journée Mondiale des Missions 2020 « Me voici : envoie-moi ! » (Is 6,8)

Page 5

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 55 Dimanche 11 octobre \b0\b0  la P arole  Dominicale 28 ème dimanche du Temps Ordinaire - Année A L a liturgie de ce dimanche nous  montre un Dieu qui veut offrir à  ses enfants tout ce qui est bon. Dans la première lecture extraite du  livre du prophète Isaïe, on nous a dit  que le Seigneur préparera pour tous  les peuples, sur sa montagne, un festin  de viandes grasses et de vins capiteux,  un festin de viandes succulentes et de  vins décantés. Pour pouvoir participer à  cette fête, il faut monter sur la montagne  de Dieu, c’est-à-dire aller à sa rencontre.  Le chrétien, à chaque fois qu’il vient  à la messe, nous pouvons dire qu’il  monte à la montagne du Seigneur pour  le rencontrer. La messe est l’image la  plus concrète de ce lieu de festin. L’autel  à l’église symbolise cette montagne,  le lieu de jonction entre Dieu et son  peuple. Cette même image de fête est  apparue dans l’Evangile où  on nous dit que le royaume  des cieux est comparable  à un roi qui célébrait les  noces de son fils. Les  noces symbolisent la  joie, la gaité, le bonheur.  Le Seigneur nous invite  à entrer dans sa joie.  Son fils se marie avec  l’humanité, Il est celui qui  vient épouser l’humanité  pour pouvoir la faire entrer  dans la joie de son père. Mais  est-ce que tous les invités  répondront à cette belle invitation ?  Non, tous n’ont pas répondu à l’appel  du Maître. En dépit de tout cela, le Maître  lui-même reste patient, il continue à  nous inviter à prendre part à sa joie. Le Seigneur n’arrête pas de nous  envoyer des serviteurs pour nous  inviter à la noce de son fils, mais nous ne  sommes pas toujours prêts à répondre  positivement. Nous avons toujours  des excuses pour ne pas répondre à  son invitation. Parfois, nous estimons  même que cela ne vaut pas la peine d’y  répondre.  Aujourd’hui, n’y a-t-il pas des  gens qui disent : « je n’ai pas de temps  pour aller à la messe ; le dimanche est  mon seul jour de repos » ?  Notre vrai  repos n’est-ce pas notre Seigneur qui  nous le procure ? Le Seigneur nous invite tous à participer  à son festin, il ne fait pas d’exception,   mais il y a une condition. La seule chose  qu’il exige de nous pour y participer  est de porter notre vêtement de noce.  La bonté de Dieu qui invite tous les  hommes, bons comme mauvais, n’est  donc pas un laisser-aller bonasse.  Le  salut n’est jamais automatique, il faut  correspondre à l’invitation de Dieu en  se transformant. Mes frères et sœurs, estimons-nous  heureux d’être des invités du Seigneur.  Nous n’en sommes pas dignes, mais il  nous fait grâce, il nous fait jouir de sa  miséricorde infinie. Notre Seigneur est  bonté infinie, faisons un effort pour  répondre à son invitation, ainsi nous  pourrons jouir de sa bonté et  participer pleinement à sa joie. Mes frères et sœurs, ce  n’est pas toujours facile  de répondre à l’invitation  de Dieu. Seuls, nous ne pouvons pas y arriver.  Demandons-lui la grâce  d’entrer dans la joie et  l’émerveillement d’une  telle invitation. Père Joacin Guerrier, Vicaire, paroisse Saint-Laurent  du Lamentin ■ LITURGIE  Isaïe 25,6-10a  • \i Psaume 22  •  Philipp\iiens 4,12-14\b19-20  •\i  Matthieu 22,1-14Isaïe 25,6-10a  • \i Psaume 22  •  Philipp\iiens 4,12-14\b19-20  •\i  Matthieu 22,1-14

Page 6

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 6 A près son BAC, il décide de s’essayer à la vie  communautaire en entrant au Monastère des  bénédictins à Terreville. Puis il rejoint le père Théon,  curé de de Basse-Pointe, pour discerner avec trois autres  jeunes sa vocation.  Il réintègre le Foyer Dominique Savio et est envoyé par son  évêque au grand séminaire d’Avignon. A l’issue de trois  années d’apprentissage de la philosophie et de la théologie,  son discernement l’amène à arrêter son cursus au Séminaire  et de s’orienter vers des études de psychologie.Il devient,  après 5 ans d’études, psychologue clinicien et revient en  Martinique exercer son métier. Il met ses compétences au service des paroisses pour  l’accompagnement des jeunes et l’apprentissage de l’écoute.  Il œuvre également au Centre des Eaux Jaillissantes avec le  père Yang-Ting en qualité d’écoutant et de membre actif dans  le développement de la structure. Il rencontre et épouse Peggy, et de leur sacrement naissent  Yona et Benoît qu’ils éduquent dans la foi chrétienne.  Mgr Macaire lui confie, en 2015, la mission de  l’accompagnement spirituel, de la guérison intérieure et de  la délivrance. C’est le Service Padre Pio qu’il dirige aujourd’hui. Ainsi, Tony exerce déjà la diaconie de la charité envers  les démunis, l’Église l’appelle aujourd’hui au diaconat  permanent au service du Christ serviteur. Le comité d’accompagnement au diaconat ■ VIE DU DIOCÈSE Agé de 54 ans, Tony est le 6 ème  d’une fratrie  de  8  enfants\b  Eduqué  dans  une  famille  chrétienne  catholique,  où  il  a  appris  le  sens du service et de la charité, à 14 ans,  il  intègre  le  petit  séminaire  « le  Foyer  Dominique Savio », à\i Cluny\b Tony Allaguy- Salachy nouveau diacre permanent pour notre diocèse

Page 7

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 7 J’ai été ordonné au diaconat permanent le dimanche 20 septembre 2020, à15h, lors de la messe d’envoi des écoutants du Service Padre Pio, réunis pour leur récollection annuelle à la Ferme de Perrine au Lamentin. A l’occasion, avec ma famille et moi, tous les diacres et quelques prêtres du Diocèse étaient présents autour de Mgr Macaire pour célébrer cette grande fête diocésaine. Je l‘ai vécu comme un moment de grande joie car c’est un engagement en communion avec mon épouse Peggy et ma famille, au service du Christ serviteur qui m’appelle à avancer au large en étant configuré à lui comme serviteur, au service de la charité. Comme disait le père Emiliano Tardif : « Je ne suis que le petit âne du dimanche des Rameaux ». Ma mission est de porter et montrer Jésus vivant agissant. Gloire à DIEU ! Témoignages… C’est avec beaucoup de joie et de paix que j’ai vécu l’ordination au diaconat permanent de mon époux Tony. C’est une grâce donnée par Dieu que j’accueille et vis dans la foi, l’abandon et la confiance. Dieu ne déçoit jamais, bien au contraire. La parole de Dieu nous dit « Béni soit l'homme qui fait  confiance à l'Eternel et qui place son espérance  en lui ! » (Jérémie 17;7-8). Peggy Il  y  a  plus  d’un  siècle  que  cette  grotte  a  été  creusée  au  quartier  Goureau  à  Saint-Joseph\b  Selon  les  aînés,  elle  a  d’abord  été  un  abri  en  cas  de  fortes  pluies  pour  les  passants\b  Plus  tard,  elle  a  été  édifiée  en  lieu  de  pèlerinage  par  les  habitants  du  quartier\b  Découvrons  comment  la  statue  de la Vierge est arrivée en ce lieu ! A ux dires des gens du quartier  qui le tiennent de leurs aïeux,  l’histoire de cette grotte est  hautement croustillante ! Un beau matin, on vit apparaître une  statue de la Madone sur les lieux. Le  premier réflexe des riverains fut de  l’apporter à l’église ! Le lendemain,  rebelote ! La même statue revient  bien comme il faut. Elle est à nouveau  transportée à l’église puis encore  retrouvée au même endroit ! Les  propriétaires du terrain en ont déduit  que c’est là qu’elle veut rester. Ils ont  donc aménagé la grotte pour la Vierge  de Lourdes. De nombreux pèlerinages y ont eu lieu,  souvent de nuit avec toute l’ambiance  de l’époque ! L’éclairage se faisait alors  aux flambeaux. La grotte était énormément fréquentée  jusqu’à ce jour. Des personnes viennent  de tout le pays pour y prier et pour rendre  grâce comme en témoignent les plaques  de remerciements. Comme souvent dans les lieux de culte,  hélas, il ne s’y passait pas que des  choses avouables ! Le tronc était souvent  dévasté. L’astuce consistait à enduire une  pelure de canne à sucre de colle de fruit  à pain pour en extraire le butin ! Des lampes étaient retrouvées vides et les  murs suintaient d’huile ! La rumeur ne s’est  pas fait attendre jusqu’à la découverte du  pot aux roses ! Un serpent y est retrouvé  mort, entrelacé dans le grillage. Lui aussi  suintant, on a vite compris que c’était lui  l’auteur des larcins !  Par deux fois, la statue a été trouvée  habillée en homme ! Les lieux ont été longtemps entretenus  par Monsieur Noléo dit Tètèle qui vécut  plus de cent ans ! Il y a une vingtaine d’années, les héritiers  ont fait don du lieu à l’Archevêché de la  Martinique. Jusqu’à ce jour, les lieux sont en  permanence visités par des fidèles  locaux ou touristes venus de partout.  Ils y passent parfois des heures en prière. Joël Sandot ■ Ah, la grotte \be Lour\bes ! To n y

Page 8

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 8 C hers Familles, Chers jeunes,  En cette année pastorale qui  commence, le Service Diocésain  de la Catéchèse et l’ensemble des  animateurs et catéchistes de notre diocèse  vous proposent, à partir des résolutions  de « CAP 2025 » de continuer à vivre la  communion avec Jésus-Christ. Pour mettre en pratique cette orientation,  le thème annuel retenu est « les 5 essentiels dans les 4 résolutions de Cap 2025 » en lien avec le verset :  « Ils étaient assidus à l’enseignement des  Apôtres et à la communion fraternelle, à la  fraction du pain et aux prières. » Ac. 2,42 Aussi, chaque public accompagné (l’Eveil à  la Foi, la Catéchèse familiale des 7 -12 ans,  le Cheminement, l’Handi KT) devra mettre  en lumière les 5 essentiels. Aussi plusieurs projets diocésains  relatifs à certaines résolutions et certains  « essentiels » seront organisés. L’organisation :  Chaque responsable, animateur et  catéchiste est envoyé en mission par son  curé par des lettres de mission signées,   pour une durée maximale de 3 ans. Des prêtres référents sont nommés par  district afin d’aider le Service Diocésain  de la Catéchèse dans sa mission. La formation :  Un plan de formation est en cours  d'élaboration, avec l’aide de l’Institut  Gaston Jean-Michel,  pour les Animateurs/  Catéchistes et aux parents. La fraternité :  Des sorties « types » seront mises en place  pour les PCE des familles, les groupes de  jeunes de cheminement, d’Eveil à la Foi  et les autres… Celles-ci leur permettront  de vivre des temps fraternels tout en  découvrant la Création, à travers la beauté  de la Martinique. La messe : Une sensibilisation, à travers des visites  d’églises paroissiales et des capsules  vidéos, sera proposée aux familles. Cette sensibilisation sera un complément  de la Catéchèse du mercredi de Mgr David  Macaire. Ce projet ne pourra pas se réaliser, sans la Grâce de Dieu, ni sans vous, familles. Et à cette occasion, nous remercions  également tous les catéchistes et  animateurs de la Catéchèse pour leur  dévouement, le temps consacré à  cette mission si importante pour notre  communauté martiniquaise. Et au nom de tous ces « témoins », nous  souhaitons à toutes les familles, une  bonne rencontre avec le Christ.  Pour toutes informations : informations : informations : ✆ 05 96 63 70 70 catechese@eglisemartinique.fr Sur le site internet : catechese.eglisemartinique.fr VIE DU DIOCÈSE Laurent Vestris Responsable diocésain de la Catéchèse  ■ La Catéchèse souha\iite aux familles martiniquaises la vie fraternelle en communion,  en intimité avec Jésus-Christ

Page 9

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 9 N ous sommes un groupe  de dix personnes de la  paroisse de Coridon à être  engagées sur ce chemin : 7 femmes  et 3 hommes dont le père Arnaud,  curé de la paroisse, et 2 couples.  Découvrir et mettre en pratique les 5  essentiels a constitué la suite logique  d’un cheminement après le parcours  Alpha et la Petite Communauté  Ecclésiale (PCE). Chaque thème correspond à plusieurs  étapes du guide d’animation. Le déroulé  est rythmé par un enseignement basé  sur des citations bibliques, la définition  d’un objectif en fin d’étape intégrant  une idée à méditer, un verset pour  accompagner la journée et des questions  qui appellent à de profondes réflexions.  La lecture personnelle des chapitres  donne l’occasion d’un premier échange  entre binômes de lecteurs.  Se tiennent ensuite les rencontres  du groupe. Une première en a posé  le fonctionnement. Les six autres  s’articulent autour d’une collation ; un  temps d’adoration ; une animation par  un membre du groupe et un échange  sur la thématique présentée ; un temps  de prières.  Une fois par quinzaine, le lundi soir du  13/07 au 05/10/2020, nous nous sommes  majoritairement réunis à la paroisse. La  septième et dernière rencontre devrait  s’organiser dans un autre cadre. Le petit  format du groupe ainsi que le  calendrier bien ajusté ont permis de  tenir un rythme de progression régulière.  En apparence, le chemin semble anodin  entre lecture, mémorisation de passages  bibliques, vie de groupe et possibilité  d’étancher sa soif de connaître  davantage le Christ. Dans la pratique, il  devient un vrai parcours initiatique pour  se rencontrer soi-même, rencontrer les  autres et rencontrer Dieu à travers sa  Parole et dans les autres. Il s’agit d’un  engagement dans le temps offert à  Dieu. Ce chemin invite également à la  patience et à la persévérance pour vivre  la transformation.Dieu œuvre dans nos  vies même lorsque nous ne le sentons  pas. Le Seigneur se sert de nos faiblesses.  A titre personnel, ce parcours est venu  me rejoindre au cœur d’une période de  fortes turbulences : traversée du  désert professionnel avec perte  d’indépendance financière,  rôle d’aidant familial bénévole  chez un parent âgé en perte  d’autonomie, confrontation aux  affres et déconvenues de la prise  en charge des personnes âgées,  climat familial conflictuel teinté  de violences verbales et d’intimidations,  et santé fragilisée. Ces 40 étapes sont  venues m’apporter une main tendue,  une famille spirituelle. Dans les rendez- vous de groupe, des murs du silence sont  tombés pour un partage de communauté  d’expériences, de vécus douloureux, de  blessures familiales ou affectives parfois  encore béantes, de deuils, d’échecs de  déceptions ou de peurs. Des rendez- vous donnés pour rompre l’isolement,  diminuer les tensions, alléger des croix,  écouter, ouvrir son cœur et de revenir  à la vie ! Quelle grâce de retrouver ma  vraie joie anéantie jusque-là par un  quotidien terrassant. Créer et nourrir ces  liens fraternels autour de la personne du  Christ et pour le Christ est un des aspects  que je garde du chemin vers l’Essentiel.  Vous voilà avertis : mettez-vous en  chemin et Dieu fera le reste. Carine Conconne, Coridon ■ de dix personnes de la  paroisse de Coridon à être  engagées sur ce chemin : 7 femmes  et 3 hommes dont le père Arnaud,  curé de la paroisse, et 2 couples.  Découvrir et mettre en pratique les 5  essentiels a constitué la suite logique  d’un cheminement après le parcours  Alpha et la Petite Communauté  Chaque thème correspond à plusieurs  étapes du guide d’animation. Le déroulé  est rythmé par un enseignement basé  sur des citations bibliques, la définition  format du groupe ainsi que le  fortes turbulences : traversée du  désert professionnel avec perte  d’indépendance financière,  rôle d’aidant familial bénévole  chez un parent âgé en perte  d’autonomie, confrontation aux  affres et déconvenues de la prise  en charge des personnes âgées,  climat familial conflictuel teinté  de violences verbales et d’intimidations,  et santé fragilisée. Ces 40 étapes sont  En chemin vers l’Essentiel : une invitation à se mettre en route  pour l’objectif vital de retrouver une identité harmonieuse\b  Le parcours propose de mettre en pratique cinq volets pour  lesquels rechercher un équilibre : la prière, la communion  fraternelle,  la  maturité,  le  service  et  l’évangélisation\b  Ces  5 aspects de la finalité de Dieu pour notre vie constituent le  guide  de  la  vie  du  chrétien,  et  apportent  des  réponses  aux  grandes questions du sens de la \ivie\b Les 5 Essentiels de la vie en Christ en pratique sur la paroisse de Coridon

Page 10

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 10 Chaque  année,  le  16  octobre,  l'Organisation  des  Nations  Unies  pour  l'alimentation  et  l'agriculture célèbre la Journée  mondiale  de  l'alimentation,  qui  commémore  la  date  de  sa  création,  en  1945\b  Le  thème  retenu pour l’édition 2020 est : Cultiver,  nourrir,  préserver.  Ensemble,  agir  pour  l’avenir\b  Eglise en Martinique  est allée  à  la  rencontre  d’Alexandre  Terne,  agriculteur  biologique  certifié  et  engagé,  qui  nous  donne  son  point  de  vue  sur  la  question\b L’agriculture et l’alimentation : des défis essentiels à la Martinique VIE DU DIOCÈSE EeM : L’agriculture martiniquaise est-elle suffisamment  performante pour assurer une sécurité alimentaire à sa  population ? AT : La sécurité alimentaire se décline en deux volets : l'accès  aux aliments et la qualité de l'alimentation. Le monde agricole  martiniquais ne parvient pas à suivre les mutations économiques et  démographiques de la région, notamment au niveau de la sécurité  alimentaire. La production ne suffit pas à combler les besoins  et le commerce doit alors compléter les approvisionnements  d'origine locale. Les exportations sont beaucoup trop importantes  et nos élus peinent à prendre le problème à bras le corps.  Nous avons accès à l’alimentation importée dans les grandes  et moyennes surfaces, beaucoup trop riche pour la santé,  donc nocive, qui est beaucoup moins chère que l’alimentation  locale, mais dont la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.  On touche là à un autre aspect de la sécurité alimentaire : \ l'équilibre de l'alimentation semble de plus en plus fragilisé et \ on  assiste à un développement de  maladies alimentaires (obésité,  cholestérol, diabète...). En  même temps, nous sommes  dans une hyper consommation  alimentaire qui crée une  insatisfaction permanente.  EeM : Que faudrait-il faire selon vous ? Il faudrait que nos élus mettent en place une véritable politique  agricole avec des objectifs tournés vers l'éducation des  citoyens martiniquais et des comportements alimentaires  plus sains.La crise sanitaire du covid-19 que nous vivons a changé nos habitudes de consommation et il faut profiter de  ce malheur qui frappe le monde entier. Pendant le  confinement, les petits agriculteurs ont mis en place des  paniers alimentaires avec les fruits et légumes du terroir et  les gens en ont bien profité. L’alimentation est vitale et c’est  parce qu’elle est vitale, qu’on en est dépendant. Revenir à une  alimentation simple, biologique avec de vrais aliments, sans  pour autant mettre de côté le plaisir  ! Il faut réapprendre au gens  à consommer sainement. Le mot important, c’est «  apprendre  ».  Nous devons devenir acteurs de notre consommation pour arriver  à une autosuffisance alimentaire. Il nous faut avancer pas à pas,  et ce ne sont pas seulement les agriculteurs qui peuvent entamer  ce processus, mais chacun de nous.  ‘‘ La crise sanitaire a changé nos habitudes de consommation ‘‘ de consommation ‘‘ de consommation

Page 11

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 11 Nous devons utiliser notre corps comme arme pour  affronter la vie. Mais c'est assez compliqué de le faire  si notre corps est en mauvaise condition. Nous devons  donc, dans la mesure du possible, nous efforcer de  manger le plus convenablement possible.  Je pense que l’Eglise a un rôle important à jouer là. Elle touche beaucoup de fidèle, elle pourrait  alors commencer à éduquer les gens sur la manière  de mieux s’alimenter, de consommer sainement et  comment réduire l'impact de notre mode de vie sur  l'environnement et notre santé. Il faut que chacun  revienne au bon sens. Nos ancêtres savaient comment  s'alimenter. L’Eglise pourrait inciter chaque famille  à développer un petit jardin créole pour planter  des épices, quelques tomates, aubergines, laitues,  concombres, carottes… Cela éviterait d’acheter ces  produits de base dans les grandes et moyennes surfaces,  qui s’approvisionnent parfois dans des filières difficiles  à retracer, et cela ferait une économie substantielle dans  les foyers. Si on habite en cité, on fabrique des bacs  avec des palettes récupérées et on plante sur son balcon. Nous devons prendre conscience de la valeur nutritive  des produits alimentaires que nous avons sur notre  territoire. Mangeons donc le plus sainement que nous pouvons.  C'est possible, mais il faut beaucoup d'efforts, surtout  si nous y sommes habitués. Alors, à vos jardins ! • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 20 octobre : • Conseil presbytéral Mercredi 21 octobre : • Rencontre avec les confirmands des paroisses de Morne- des-Esses et de Basse-Pointe à l’évêché • 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs Samedi 24 octobre : • 10h30 : Confirmation à la paroisse de Ducos • Récollection pour les servantes d’autel de plus de 16 ans Dimanche 25 octobre : • 8h : Confirmation à la paroisse de De Briant • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Agenda de l’Archevêque Dimanche 11 octobre : • 10h : Messe à l’église du Prêcheur • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 13 octobre : • Conseil épiscopal Mercredi 14 octobre : • 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs Samedi 17 octobre : • Rencontre avec les mouvements et groupes des pastorales diocésaines • Messe d’envoi de la Post-confirmation - Institution à l’acolytat de Frédéric Félixine • 17h : Confirmation à la paroisse du Saint-Esprit Dimanche 18 octobre : • 11h : Confirmation à la paroisse du Lamentin La Pastorale diocésaine de la Santé invite les professionnels de santé, les visiteurs de malades, les ministres extraordinaires de communion à domicile et dans les institutions, à la messe de rentrée présidée par le curé, le père Gilles Aïzo, le dimanche 25 octobre 2020, à 15h, à l’Eglise Notre-Dame de l’Assomption de Sainte-Marie. Contacts pour toutes informations complémentaires : 06 96 23 14 92 (Jacqueline) / 0696 27 32 31 (Franck) / 0696 85 22 00\ (Yves-Marie) MESSE DE RENTREE COMMUNIQUÉ ‘‘ l’Eglise a un rôle important à jouerl’Eglise a un rôle importantl’Eglise a un rôle important ‘‘ l’Eglise a un rôle important ‘‘ l’Eglise a un rôle important ‘‘ l’Eglise a un rôle important ‘‘ l’Eglise a un rôle important ‘‘‘‘ l’Eglise a un rôle important ‘‘ l’Eglise a un rôle important Propos recueillis  par Eve-Lyne Bazin  ■ invite les professionnels de santé, les visiteurs de malades, les ministres

Page 12

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 12 TOUS MISSIONNAIRES   DOSSIER Interview de Père Monconthour à propos de la mission P ère Monconthour, il y a  différents aspects dans la  mission. Pouvez-vous nous  en parler ?  Quand on parle de mission, nous  les chrétiens, nous entendons  Jésus qui envoie ses disciples en  mission, comme cité au chapitre  28 de l’Evangile de Matthieu :  « Allez de toutes les nations, faites  des disciples, baptisez-les au nom  du Père et du Fils et du Saint-Esprit,  et apprenez-leur tout ce que je vous  ai prescrit. Et moi, je suis avec vous  jusqu’à la fin des temps ». La mission chrétienne consiste  donc à se rendre dans les nations  pour y trouver des hommes et  des femmes qui puissent devenir  disciples de Jésus, par l’action  de l’Eglise, sous la mouvance de  l’Esprit Saint, et dans la présence  agissante du Christ. La mission est celle du Christ qui  rassemble ses disciples quelles que  soient les nations, puis les envoie. Il y a un aspect institutionnel de la  mission puisque cette dernière a  été instituée par le Christ. Il y a un  aspect organisationnel parce que  les disciples doivent s’organiser  pour rejoindre les nations, chacune  ayant son contexte (historique,  politique, économique, social).  L’aspect culturel de la mission est  non négligeable puisqu’il s’agit de  transmettre l’Evangile dans une  autre réalité humaine qui n’est pas  celle du peuple juif. Dès le début,  cela posera problème : Faut-il  devenir Juif pour être chrétien ?  Ou bien le message du Christ est-il  universel et convient-il  à toutes  les cultures ? C’est tout l’enjeu de  l’inculturation du message chrétien,  afin que celui-ci soit entendu,  compris et mis en pratique quel  que soit le contexte missionnaire.  Il faudra s’entendre sur le cœur  du message à transmettre dans  une fidélité au long des siècles  jusqu’au retour glorieux du Christ.  C’est le kérygme, c’est-à-dire la  proclamation de la mort et de la  résurrection de Jésus, et le don de  l’Esprit-Saint pour la rémission des  péchés qui est le cœur du message.  Tous les disciples sont porteurs  de cette Bonne Nouvelle de la  miséricorde de Dieu qui se répand  sur le monde par l’obéissance de  son Fils Jésus jusqu’à la Croix,  et par l’Esprit de Miséricorde qui  préside et ratifie la proclamation  des disciples. Autant dire que dans  la mission, c’est tout Dieu, Père  Fils et Esprit Saint, qui agit et qui  féconde le travail des disciples,  puisque  Personne ne va au Père sans passer par le Fils… (Jn 14,6) La mission a une dimension  spi- rituelle, sacramentelle (7 sacre- ments) qui la fonde puisqu’elle est  « action dans la contemplation et  contemplation dans l’action ». En  dehors de ce cadre, il convient de  se poser des questions sur l’authen- ticité de notre agir missionnaire. Qu'entendez-vous par "Tous  missionnaires" ? La mission est confiée à tous les  baptisés. Ces derniers sont plongés  dans le Christ pour devenir ses  disciples puisque c’est Lui qui les  a choisis, appelés et établis pour  qu’ils aillent et portent du fruit. La  relation est intime et les baptisés  sont des témoins de ce qu’ils  vivent, de ce qui, chaque jour, est  comme un feu dévorant qui les  brule et les consume pour Dieu  et pour les Hommes, à l’image de  Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.  Nous avons bien dit tous les  baptisés, quels que soient leur  âge et leur situation, selon leurs  capacités. Ils ont tous reçu l’Esprit  Saint pour le service de l’Eglise  et de la mission, sans exception. C’est une mission militante pour la  cause du Royaume et le salut des  hommes, une Eglise souffrante qui  participe à la Passion/Résurrection  de notre Seigneur Jésus-Christ,  une Eglise triomphante qui vit  de la victoire du Christ en elle,  et de la gloire de Dieu qui va se  manifester.  Tous missionnaires, appelés à vivre  les Béatitudes à l’école du Christ,  ils répondent à différents états de  vie : baptisés célibataires au service  du Royaume, ceux-ci pourront  changer d’état de vie, sauf s’ils  font d’autres vœux spécifiques  entretemps (engagement à la vie  religieuse, par exemple). 

Page 13

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 13 Certains répondront à l’appel  au mariage afin de fonder des  familles de disciples et, en couple,  ils annonceront la Parole, sauf  s’il s’agit d’un mariage avec un  non croyant. D’autres seront des  ministres ordonnés (évêques,  prêtres et diacres) pour présider  et servir le peuple de Dieu en  mission. Tous les baptisés sont  munis de charismes propres donnés  par l’Esprit Saint qui a fait d’eux  des prêtres, prophètes et rois pour  Annoncer, Célébrer et Servir,  chacun selon sa vocation. Aujourd'hui, dans notre Eglise  en Martinique, quels seraient les  freins pour vivre la conversion  pastorale, c'est-à-dire, la mission  du parvis ? Le premier frein c’est de ne pas  être dans la mission de l’Eglise.  L’Eglise alors est mal comprise, mal  vécue, et les baptisés ne peuvent  alors remplir leurs missions. La  conversion est alors nécessaire  pour retrouver les fondamentaux  de la mission telle que le Christ  nous l’a confiée. La conversion  concerne le Chrétien dans sa  relation personnelle avec le Maître.  Il doit se remémorer son initiation,  l’élection dont il bénéficie, et  rompre avec la mentalité ambiante  qui peut obscurcir son jugement.  La conversion concerne aussi la  communauté pour que celle-ci  s’organise pour accompagner  le changement de mentalité,  et proposer des itinéraires  pour les baptisés afin que ces  derniers rejoignent le groupe des  disciples en mission. Le refus de  cette conversion personnelle et  communautaire sera un frein pour  la mission du parvis. Le disciple  et la communauté des disciples  doivent être à l’’écoute du Christ  et de l’Esprit Saint qui gouvernent  la mission. Le disciple demeure  dans l’obéissance et l’imitation du  Maître. Autre frein : le manque d’intérêt  et d’amour que l’on a parfois  les uns envers les autres. Cela  entraîne finalement une perte de  vitalité de la communauté parce  que les disciples ne s’interpellent  pas, ne s’encouragent pas et ne  communient pas ensemble pour  répondre à l’appel de Dieu.  La communauté semble alors  rassemblée, mais elle est brisée ou  morcelée. Dans une telle situation,  il n’y a pas de fécondité dans la  mission. En exemple de ce manque  d’intérêt, le fait de ne pas chercher   à faire grandir quelqu’un là où nous  sommes au service. Ce manque de  partage peut être signe d’un manque  de foi, de liberté et de vérité. Nous  sommes alors prisonniers de ce  que nous faisons, et le parvis ne  nous intéresse pas : pourquoi aller  chercher d’autres puisque nous y  sommes déjà ? Un des freins à la mission du parvis  serait également la « condition  sanitaire des disciples ». Nous ne  sommes pas toujours en bonne santé  spirituelle, physique, relationnelle.  Nous manquons d’estime de nous- mêmes, de charité et nous avons  besoin nous-mêmes de réparation  et de guérison. Comment sortir  quand on est soi-même dans le  besoin ?  Le manque de préparation et  d’accompagnement des disciples  est aussi un handicap à la mission.  Quel parcours proposer alors aux  disciples ? Un espace de réflexion,  bureau de la conversion pastorale,  ne serait-il pas nécessaire pour  analyser les freins et proposer des  solutions pour accompagner ainsi  la conversion pastorale ? Comment percevez-vous la mission  de l'Eglise par rapport à la montée  de l'activisme en Martinique et  dans le monde ? La mission de l’Eglise ne doit  pas être frileuse à cause du passé  coloniale, au contraire ! La montée de l’activisme répond  certainement à un besoin de justice  face à l’histoire des colonisations  et de la mondialisation. Ici et là,  la colère gronde, des populations  crient. La détresse s’installe de plus  en plus, la précarité grandit quand  une minorité s’enrichit. Dans ce  contexte, il est clair que les disciples  iront en priorité vers les personnes  en difficulté pour leur annoncer  le Royaume de Dieu, et leur  apporter l’espérance chrétienne.  Les disciples chercheront aussi à  agir sur leur contexte missionnaire  pour que grandisse la justice dans  le monde. En première ligne, sont concernés  par ce travail d’évangélisation de  leurs sociétés, les disciples issus  de ces mêmes sociétés. A ne pas  confondre « évangélisation » et  « colonisation » comme cela a pu  arriver dans l’histoire. Les disciples  du Christ doivent accompagner  toutes les personnes et initiatives  de bonne volonté qui travaillent  à améliorer le sort de leurs  semblables. La mission de l’Eglise, mission du  Christ, est une mission de solidarité  avec les pauvres, les malades et  les pécheurs. C’est une mission  de Salut. Propos recueillis par Justine Lordinot  ■ TOUS MISSIONNAIRES   DOSSIER

Page 14

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 14 TOUS MISSIONNAIRES   DOSSIER L'aumônerie de  l'hôpital est pour  moi une évidence  ; cet appel a eu  lieu après une  messe à la Maison de la Femme, de la Mère et de  l’Enfant (MFME). ”Je ne suis pas venu pour les  bien-portants, mais pour les malades.’’ Mc 2,17.  Cette parole de jésus s'est ancrée en moi et tout  fut clair. Au-delà de ma présence au sein de l'Aumônerie,  j'ai la joie et la chance de pouvoir apporter dans  mon quotidien un soutien à un membre de la  famille d'un malade, et à une personne âgée  malade et isolée. Je suis engagée dans la Pastorale des migrants, et pour moi la  mission est vitale. Ce n’est pas une activité de loisir comme le  sport ; la mission est au cœur de ma vie de baptisée et d’envoyée.  Elle est donnée dans un cadre pastorale bien précis et se réfère  à la parole du Bon Pasteur. Chez les migrants, notre texte de  référence est Mt 25;35-39, et particulièrement le verset 35 : « Car j’avais faim, et  vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un  étranger, et vous m’avez accueilli ». Dans cette mission, je me sens solidaire de ma sœur ou de mon frère venu d’ailleurs,  je vais à sa rencontre et avec audace, je me mets à son service (chercher des  aides alimentaires, fi nancières, vestimentaires…). En lui permettant d’avoir une  espérance malgré les diffi cultés, je prépare la place pour que le Seigneur agisse.  Avec confi ance et foi, montrer que l’impossible devient possible. Proclamer à tous les hommes l’amour sans  limite du Père, c’est essentiel pour moi. Chercher à faire les choses comme il faut et consciencieusement pour  que se réalise le plan du Père qui passe par la voie de l'obéissance au Père et de la solidarité avec l'homme fragile,  en l’occurrence le migrant. Notre vie devrait témoigner de Dieu et de son amour pour les gens, ce que nous  manifestons d’abord et avant tout dans notre quotidien. C’est ce que j’essaie de faire à travers mon engagement  dans la Pastorale des migrants. La mission est-elle vitale pour toi, ou est-ce une simple occupation pour faire passer le temps ? Pour moi la mission est  vitale, car c'est un devoir  d'être au service de Dieu ;  ceci prouve aussi que nous  sommes des enfants de  Dieu et que nous l'aimons  vraiment ;  donc une  mission de Dieu pour nous  ne devrait pas être un passe-temps. Florence Café,Grande sœur de la post-confirmation Paroisse Saint-Michel du François vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un  Dans cette mission, je me sens solidaire de ma sœur ou de mon frère venu d’ailleurs,  je vais à sa rencontre et avec audace, je me mets à son service (chercher des  aides alimentaires, fi nancières, vestimentaires…). En lui permettant d’avoir une  Témoignages Franck Nieger, Membre de l’Aumônerie de l’hôpital Flore Malfleury, Pastorale des migrants messe à la Maison de la Femme, de la Mère et de 

Page 15

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 15 Etre Aumônier de prison est pour moi une  mission vitale. C’est une mission diocésaine,  d’Eglise. Tout aumônier doit prendre  conscience que l’Église se défi nit comme  « Corps du Christ ».  C’est une véritable grâce  de reconnaître la place de chaque membre,  dont les personnes détenues, dans la vie  du Corps (1 Corinthiens 12, 12-31). Ne pas  assumer le souci des membres qui souffrent  porte atteinte à la vitalité du Corps. Donc,  ce n’est vraiment pas pour faire passer le  temps que nous, aumôniers, sommes envoyés  à la prison, mais bien pour demeurer dans la  vérité : « J’étais en prison et vous êtes venus  jusqu’à moi » (Mt 25, 36). Une mission, c’est une charge qui nous est confi  ée  d’accomplir une tâche, tâche qui contribue à la  réalisation d’un projet, d’un dessein et qui peut  s’inscrire dans plusieurs domaines tels que, par  exemple, familial, politique, économique, social ou  religieux. Nous chrétiens, dès notre baptême, nous  sommes chargés d’une mission qui est  d’accomplir la Volonté de Dieu, de travailler à la  réalisation de son Dessein. C’est le sens même  de notre vie, c’est LA MISSION, et quelle que soit  la charge qui nous est confi ée, nous devons la  réaliser avec amour, en respectant nos valeurs  chrétiennes, selon Sa Volonté. Pour moi, la mission est fondamentale et nous  avons parfois besoin de toute une vie pour en  saisir les contours et l’importance. En tant que baptisée,  je suis également appelée. Par mon Oui,  j'ai une part active à jouer pour faire  connaître Dieu et son Royaume ; "car la création  en attente aspire à la révélation des fi ls de Dieu."  Quel que soit le média par lequel je passe (radio,  presse écrite, réseaux sociaux), mon objectif est  d'apporter une meilleure connaissance de notre  Seigneur et ses bienfaits dans la vie de ceux qui  sont touchés par son Amour. Dans la mission,   c'est la joie et le désir de produire, de réaliser  quelque chose de beau et bien fait pour Dieu,   mission qui m'anime. Mais comme dans toutes  entreprises, il y a des moments où je déplace des  montagnes, d'autres fois où je rame, voire même  des remises en question. Mais je ne suis que le  sarment et Lui la Vigne Véritable. Dans chaque  mission, je vis pleinement et profondément  quelque chose d'unique qui m'apporte sur tous les  plans, me fait grandir, voir les points à corriger et  mes limites. Dans la mission, le résultat c'est Lui,  mais avec mon concours, notre concours.  Tout d’abord, je crois  que chaque baptisé  reçoit une mission  en tant que "prêtre prophète et roi, en Jésus-Christ".   De ce fait, ma participation à la coordination de la  Pastorale diocésaine des Hommes de Martinique est  une réponse à un appel. Face aux réalités de notre  société concernant la place, le rôle des hommes, et  pour mettre en action la spiritualité masculine, je crois  à l'urgente nécessité de mobiliser les bonnes volontés,  dont la mienne si infi me soit-elle. Le but de mon action  c’est de redonner aux hommes les moyens de prendre  leur place dans la foi, l'Église et la société… et ma  motivation est la recherche de la Gloire de Dieu, de la  Vie éternelle en alignant nos vies humaines masculines  sur la Volonté du Père.  Michel Gallet de Saint-Aurin Membre des E.D.C Emmanuel Lordinot, Aumônier de Prison Michel-Ange Amar, Pastorale des Hommes Myléna Alcindor, Service des Émissions Catholiques sur l'Audiovisuel Public (SECAP)

Page 16

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 16 « La vérité vous rendra libre » (Jn 8,32) Aïn Karem, des missionnaires d’aujourd’huiau service de l’évangélisation La communauté « Ain Karem » pratique l’évangélisation de rue depuis déjà 40 ans, en  métropole et maintenant jusque dans les Départements et Région d’Outre-Mer (DROM) !  Elle  sera  représentée  en  Martinique  par  11  missionnaires  fin  octobre  2020,  pour  la  dernière  étape  de  la  formation  à  l'évangélisation  de  rue\b  Après  de  beaux  chemins  de  conversion et de libération personnelles auxquelles nous avons pu assister, en Martinique  ou  ailleurs,  nous  souhaitons  poursuivre  cette  mission  pour  que  l’Esprit  Saint  puisse  à  nouveau faire des merveilles\b S itués sur deux lieux de  rayonnement, Redoute et Sainte  Luce, nous soutiendrons les  missionnaires locaux. Cela se déroulera  sous la forme d'une retraite, du mardi  27 octobre, 10h, au samedi 31 octobre  au soir, donc en pension complète. Des  veillées festives ouvertes à tous, chaque  soir (prédications, louanges, prière,  adoration…) sont prévues.  « La Vérité vous rendra libre » déclare  Jésus dans l’évangile de saint Jean.  Nous voulons nous faire les témoins de  cette révélation du Christ. En ces temps  sanitaires troublés où s’exprime partout  la peur, et où chez vous la mémoire  douloureuse de l’esclavage refait surface,  nous souhaitons humblement faire écho  à cette Parole qui délivre et console. Jésus  a pris la condition d'esclave pour nous  sauver, nous les pauvres pécheurs. Qui  mieux que lui peut comprendre notre  détresse ? Dans la rue, les missionnaires ne  viendront pas avec des réponses mais  ils proposeront à tous, particulièrement  à ceux qui sont le plus loin de l’Église, de  rencontrer leur Sauveur et Libérateur.  Dans le Christ, nous formons tous un  seul  Corps. Notre histoire commune est  douloureuse, mais avec le Christ, nous  pouvons nous en libérer pour avancer  main dans la main vers Celui qui est le  Chemin, la Vérité et la Vie ! Que cette  Espérance transcende toute volonté  humaine ! Maranatha !  Agnès Pruvot ■ (Jn 8,32) Renseignements Renseignements Renseignements Renseignements et inscriptions :et inscriptions :et inscriptions : Renseignements et inscriptions : Renseignements Renseignements et inscriptions : Renseignements Renseignements et inscriptions : Renseignements Mme Mauricette Alexandre : 0696 394 622 mauricettealexandre@gmail.com Mme Elise Taurel : 0696 306 705 taurel.ghislaine@orange.fr Sr Françoise : 06 40 54 43 43 TOUS MISSIONNAIRES   Aïn Karem,Aïn Karem, DOSSIER Les photos ont été prises avant la pandémie du Covid-19.

Page 17

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 17 ? Question ‘‘ Peut-on être heureux en étant célibataire ? ‘‘ AN TCHÈ LÉGLIZ-LA Yvonnette François (Paroisse de la cathédrale) A mon humble avis, oui. Dans la mesure où c’est un choix, je pense qu’il est possible d’exister et de s’épanouir en étant célibataire. On peut davantage être à l’écoute de soi, écouter ce que dit son corps, son espri\ t, définir ses goûts, faire des choix en fonction de soi et non en fonction d’un autre ou des autres. On peut plus librement choisir ce qui pourrait faire plaisir, les gens que l’on veut rencontrer. Trouver des domaines où on peut se réaliser pleinement. Se découvrir de\ s talents cachés. On peut faire ce que l’on veut de son temps. Si on est bien entouré (famille unie, amis sincères), si les besoins essentiels définis par chacun sont satisfaits, on peut être célibataire et heureux. Oui, on peut exister et s’épanouir en dehors du couple. Il faut cependant une spiritualité active et apaisée, il faut s’aimer soi-même, connaitre ses limites et trouver un sens à sa vie. Ce sont, je pense, des facteurs importants pour être célibataire et heureux. Patricia Bélimont (Paroisse du Robert) Le Bonheur n’est pas quelque chose d’extérieur, mais de profondément intérieur ; il ne dépend pas de ce que l’on a, mais de ce que l’on est. Être marié ou en couple, c’est un engagement à s’occuper d’une personne en lui donnant tout son amour inconditionnellement 24h/24, jusqu’à ce que la mort sépare, et recevoir de l’amour en retour. C’est un besoin humain pour s'épanouir, à condition d’accepter en vérité ce que l’on est, ne pas toujours se regarder et se plaindre mais ouvrir les horizons sur le monde autour de soi… Il y a beaucou\ p d’amour inconditionnel à donner et à recevoir. De plus, en tant que chrétien, après avoir discerné et accepté la volonté, le p\ lan de Dieu pour soi, la mission est très variée, chacun peut trouver son compte pour ne pas se sentir seul et s’épanouir. Après, il y a la dimension sexuelle, mais si c’est un célibat qui est pleinement accepté, Dieu donne tout\ es les grâces nécessaires. Oui on peut être heureux en étant célibataire. Jacqueline Zozor ( Paroisse de Sainte-Thérèse) Qu’il est grand le bonheur de donner, bien plus grand que la joie de recevoir ! Donner quoi ? et bien de l’amour tout autour de soi et donner gratuitement sans attendre un retour. Et si la démarche est sincère, alors on est heureux quelle que soit notre situation de vie (marié ou non). Et inévitablement, celui qui \ donne de l’amour en reçoit en retour. De plus, si on a mis au centre de sa vie Celui qui est l’Amour, Dieu, alors ce n’est que du bonheur. Oui on peut être heureux en étant célibataire. Justine Mantier ( Paroisse du Lamentin)  On nous a inculqué l’idée selon laquelle une personne ne peut être comblée que lorsqu’elle trouve “son autre moitié”. Etre célibataire à un certain âge n’est pas bien vu. La famille, tout comme les amis, veulent à tout prix vous marier pour que vous \ fondiez une famille. Mais certaines personnes résistent à la pression et choisissent même d’être célibataires. Cependant, il faut faire la différence entre choisir de rester célibataire, et être célibataire par la force des choses. Si je choisis d’être célibataire nécessairement, c’est un état que je vivrai plus facilement puisque je ne suis pas en conflit avec moi-même. Ma situation me convient et me rend heureuse. Certains jours, j’ai envie de m’amuser, de rire, de rencontrer du monde et puis parfois, j’ai tout simplement envie de rester tranquille, de lire un bon livre et de me détendre devant un bon documentaire à la télé. Je n’ai pas un sourire lumineux tout le temps, et je n’ai pas non plus le cafard tout le temps. Qui a besoin d’être toujours sur la crête de la vague ? Pas moi en tout cas, et de toute façon c’est fatiguant. Je n’ai en fait besoin que d’une personne pour être heureuse parce que je sais que cette personne ne me juge pas. En tout cas, pas à la manière des hommes. Mon célibat me donne une plus grande disponibilité pour les autres à la différence des personnes qui vivent en couple, mais il ne me donne pas une plus grande liberté. Ma liberté et ma joie, je les trouve dans l’amour de celui qui m’a créée et qui m’a aimé\ e avant même ma conception. Je la trouve dans notre Dieu de miséricorde, celui qui garde mon âme dans la paix. Le mot du père Jean Michel Monconthour A l’Eglise le Seigneur rassemble ceux qu’il a choisis, des baptisés qui vivent dans la fraternité du C orps du Christ. Chacun vient avec son état de vie, sa situation matrimoniale, sa réalité de vie d’homme et de femme en couple ou célibat\ aire. Etre seul(e), sans partenaire, dans une société antillaise comme la nôtre n’est pas sans complication. On peut dire que le célibat en soi n’a pas bonne presse, cela est comme mal vu. Ce n’est pas normal, cela ne se peut. Les gens y voient une malédiction, un mauvais sort, un vice, ou pire, une situation douteuse. Il faut être en couple et avoir des enfants à soi ou sinon élever ceux des autres pour être dans une certaine bénédiction. Loin de nous conforter dans nos mentalités qui enferment certains dans des préjugés et les condamnent à la solitude forcée sans amitié, l’Evangile nous propose de vivre en vue du royaume des cieux, que ce soit l’état du célibat ou celui du mar\ iage. Dieu nous veut heureux. Relisons ensemble les béatitudes évangéliques (Mt 5). Que nous le soyons d’abord en nous-même en vue du royaume, dans une bonne relation à nous, à Dieu et aux autres, ceci à la suite du Christ tel l’apôtre Paul qui trouve sa joie complète dans son célibat consacré (1Co 7). Le b\ onheur c’est de donner, de faire de sa vie une offrande, d’être bon pour soi et pour les autres. Le célibat offre la possibilité de vivre sa vie dans une gratuité évangélique source d’une joie éternelle. Propos recueillis par Nicole Chésimar

Page 18

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 18 Une vie de fidélité et de simplicité, telle fut l’existence de Sœur Damien\b Elle s’est éteinte  le  samedi 5 septembre 2020, au CHU de La Meynard (Fort-de-France), à l’âge de 92 ans,  dans sa 63 ème  année de profession religieuseuse\b Né le 4 Octobre 1910, ordonné prêtre en 1940, l’abbé François Saffache  a tiré sa révérence  le 11 octobre 1991 dans sa commune natale, Saint-Joseph, ent\iouré des siens\b Pour certains, il était Monsieur l’abbé, pour d’autres « l’abbé Saffache », mais la majorité  des personnes l’ayant côtoyé l’appelaient Tonton L’Abbé ! O riginaire du Vauclin, Rollande  Nivert, née le 9 Février 1928,  est baptisée le 26 mai 1928, et  confirmée dans cette même paroisse.  A l’âge de 25 ans, le 16 Juin 1953,  Rollande entre à la Communauté des  Sœurs de Saint-Paul de Chartres ; elle  est admise au Postulat puis au Noviciat,  le 28 Août 1955, et s’appelle désormais  Sœur Damien. Elle s’engage le 28  Août 1957 par la 1 ère Profession, puis  définitivement le 28 Août 1962.  Quelques mois après son arrivée,  en 1953, elle est envoyée à l’Hôpital- Hospice Emma Ventura en tant qu’aide- soignante, puis en tant qu’infirmière, et  y restera jusqu’au 1 er Juillet 2004, soit 51  ans au service des malades dans cette  même communauté. Sœur Damien rentre à la Maison  Provinciale où elle se rend utile et  continue à donner des conseils à tous  ceux qui l’approchent (fidèles, Sœurs,  Prêtres). Sœur Damien, une vie toute simple  et toute donnée à Dieu dans la prière  et l’écoute de la Parole. En quittant la  communauté pour se rendre à l’hôpital,  elle dit à une  Sœur : « Je  suis prête à  partir », et  à une autre  la semaine  précédente :  « Vous me  voyez là avec vous,  mais je suis déjà là-haut ». Merci Sœur Damien pour tout ce que tu  as été pour nous. Que brille en ton âme  la lumière et la joie de Dieu. Repose en  paix !   ■ S elon la formule consacrée, l’abbé  François Saffache s’est éteint des  suites d’une longue maladie.  Victime d’un AVC en 1984, il est resté,  en effet, 7 ans malade, dont 6 ans  grabataire, ne reconnaissant plus grand  monde. Prêtre, il a servi dans plusieurs paroisses  de la Martinique dont le Gros-Morne et  Sainte-Anne. Certains  prêtres et  laïcs encore vivants  en témoignent. Il a préparé des élèves au  Bac, notamment en latin. Une sélection  draconienne sévissait à cette époque à  l’entrée du lycée. L’abbé Saffache savait  stimuler et préparer les candidats !  Cette préparation ne se limitait pas aux  connaissances indispensables ! Il savait  sensibiliser les jeunes à l’environnement,  au savoir-vivre, au « vivre avec les  autres », à la solidarité et à bien d’autres  valeurs humaines et surtout chrétiennes. Frappé par un AVC en 1984, c’est en  fauteuil roulant qu’il a assisté à la fête  donnée en son honneur pour ses 50 ans  de sacerdoce à Sainte-Anne. Sa santé s’étant dégradée progres- sivement, il a fini ses jours dans sa  famille à Saint-Joseph. Ses deux sœurs,  Flavienne et Lydie l’ont assisté durant  ces années difficiles. Sa nièce Gisèle se  souvient qu’il répétait sans cesse les  derniers mots des phrases entendues ! Après avoir confessé un touriste  allemand de passage à Sainte-Anne, il  lui a offert un punch bien de chez nous !  De passage à la Martinique à l’occasion  de ses obsèques, il en  a témoigné. Administrée à l’époque par Garcin  Malsa son ancien disciple, la commune  de Sainte-Anne lui est reconnaissante.  Une rue et une cloche de l’église portent  son nom. « Tonton Saffache » laisse le souvenir  d’un homme à la fois très accessible,  affable, disponible et surtout d’une  grande humilité.                     Qu’il repose en paix. Joël Sandot   ■ Sœur Damien Nivert (1928 - 2020) Souvenir de l’abbé François Evrard Saffache Sœur Damien NivertSœur Damien Nivert VERS LA VIE

Page 19

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 octobre 2020 – n° 607 19 99.5 - 101.3et105.1 MHz radio-saint-louis@orange.fr Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € E g lise en MARTINIQUE LeChrist règne : et les chrétiens ? N° 594REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €24 NOVEMBRE 2019 Hommage au père Filopon Lire toute la Bible en une année (suite) Qui soutient votre engagement ?Questionnaire de l'Avent lise MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE N° 594REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUELLE — 2,00 € 24 NOVEMBRE 2019 E g lise en MARTINIQUE B onne décennie ! 2020-2030 N° 597REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €5 JANVIER 2020 Hommage au père Filopon Programme de Radio Saint-LouisUn chrétien peut-il utiliser les mots vulgaires quand tout le monde le fait ?Centenaire du 14 janvier Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97207 FORT de France CEDEX E g lise en MARTINIQUE LeCCChrist règne : et les chrétiens ? Christ règne : et les chrétiens ? CChrist règne : et les chrétiens ? C Lire toute la Bible en une année Lire toute la Bible en une année (suite) Qui soutient votre engagement ?Qui soutient votre engagement ?Qui soutient votre engagement ?Questionnaire de l'AventQuestionnaire de l'Avent hrist règne : et les chrétiens ? (suite) BBBB onne décennie ! 2020-2030 Programme de Radio Saint-LouisProgramme de Radio Saint-LouisUn chrétien peut-il utiliser les mots Un chrétien peut-il utiliser les mots vulgaires quand tout le monde le fait ?vulgaires quand tout le monde le fait ?Centenaire du 14 janvier Centenaire du 14 janvier Nom : .......................................................................\ ................................................................................................................ Prénom : .......................................................................\ ...................................................................................................................... Adresse : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...... Mail : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Tél. : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Code Postal : .......................................................................\ .................................................................................................................... Ville : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....................... Oui, je m’abonne ! MEDIAS Dimanche 18 octobre 2020 Quelle foi Outre-mer ! Comment s'exprime la foi dans nos territoires d'Outre-mer ? La dimension émotionnelle, affective et immédiate souvent  mise en avant dans les célébrations, que dit-elle de la foi ? Cette semaine le frère Éric-Thomas Macé, Dominicain,  Réunionnais et adjoint au producteur du CFRT, partage sur le plateau ses récits d’expériences et nous rappelle que la foi  Outre-mer est souvent l’expression de l’âme sans filtre. A ses côtés Jaklin Pavilla, Guadeloupéenne, chrétienne engagée  et femme de conviction, nous dira aussi comment l’inculturation a pris peu à peu place dans les diocèses, loin pourtant  de faire l’unanimité. Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.  L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr

Page 20

Numéros précédents