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E g lise en MARTINIQUE S aints et Saintes de Dieu N° 608 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 25 OCTOBRE 2020 Hommage au père Filopon

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23 «T u aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit » (Mt 22,37)… « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22,39). Jésus nous révèle que ces commandements sont inséparables…\ et complémentaires. Il est aussi urgent d’aimer Dieu que d’aime\ r son frère. Jésus s'identifie à notre prochain et il nous appell\ e à le reconnaître dans les autres. Cet appel à aimer Dieu et le \ prochain nous rejoint actuellement dans un monde de plus en plus violent, indifférent, où l’égoïsme prédomine. L’accueil est un signe de l’amour que nous portons aux autres. Comme l‘évoque notre évêque dans son Mot, prenons-nous le temps d’accueillir notre frère ? Pouvons-nous lui dire « sé \ ou nou té ka atann » pour l’établir dans la communauté, afin\ qu’il y demeure, et devienne lui aussi signe d’amour pour les autres ? Le pape François nous interpelle sur l’urgence d’agir, ensemble, face à la crise socio-environnementale mise en évidence par la pandémie du coronavirus. Suivant le concept du développement durable, le Saint-Père invite à « construire, au cours de la prochaine décennie, un monde où nous pourrons répondre aux besoins des générations présentes, en incluant tout le monde, sans compromettre les possibilités des générations futures »\ . Saints et Saintes de Dieu… Le 1 er novembre, l’Eglise célébrera la fête de tous les saints connus ou inconnus. C’est l’occasion\ pour nous de rendre grâce à Dieu pour le jeune Carlo Acutis, décédé à 15 ans en 2006, et qui a été solennellement proclamé Bienheureux le 10 octobre dernier, dans la ville d’Assise, en Italie. Sa vie est pour nous une véritable catéchèse. La sainte\ té n’a pas d’âge, et nous sommes tous appelés à être des \ saints. Le 2 novembre, nous commémorerons nos fidèles défunts. Notre rapport avec la mort est parfois assez ambigu, et il nous a paru intéressant d’avoir un regard croisé sur le sujet. C’\ est ainsi que notre dossier intitulé « De la mort à la vie » don\ ne la parole à un sociologue, un psychologue clinicien et un prêtre pour enrichir le débat. L’Evangile d’aujourd’hui nous inspire cette prière : Seigneur\ , aide-nous à t’aimer à travers nos frères ! Apprends-nous à\ accueillir d’un cœur sincère ! Fais de nous de fidèles disci\ ples missionnaires ! Bon dimanche à tous ! Justine Lordinot ■ S ommaire EDITORIAL EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE •  La Parole Dominicale •  A la Toussaint\b tous saints ! •   Notre rapport à la mort  Guy-Albert Médec\b Soc\niologue •   Faire son deuil aujourd’hui Tony Allaguy-Salachy\n •   La mort\b un sujet qui\n fait peur ! Père Alain Ransay\b curé de Bellevue •  Connais-tu des sai\nnts noirs ? •    Que représente pour toi ces Saints noirs au  panthéon des Saints ? •    Pourquoi ces Saints ne sont-ils p\nas visibles ? Ce  manque de visibilité \nn’a-t-il pas une infl  uence  sur notre foi ? Ne serait-il pas intéressant de  les présenter de nos jours ? •    Y a-t-il en Martiniq\nue  des hommes et  des femmes qui ont été de\ns chemins  ou des signes de sain\nteté pour toi ? •  La paroisse Sainte-Thérèse en fête ! •   Joyeux anniversaire  à nos prêtres ordonnés en octobre •   Père Gaëtan Présent\b  un scientifi  que qui devient prêtre •  Agenda de l’Archevêque •    Sé ou man té ka atann !  (C’est toi que j’attendais) •   Message du pape François - Ecologie intégrale :  il faut « agir »\b  « pa\ns demain\b aujourd’hui » •  Béatifi  cation de Carlo Acutis 2 3 •   Message du pape François - Ecologie intégrale :•   Message du pape François - Ecologie intégrale : EGLISE UNIVERSELLE 10 7 8 •   Message du pape François - Ecologie intégrale : 4 5 9 11 12 13 15 16 Couverture : Bienheureux Carlo Acutis, béatifié le 10 octobre 2020 à Assise en Italie •  Connais-tu des sai\nnts noirs ? AN TCHÈ LÉGLIZ\bLA 18 Dossier : DE LA MORT À LA\S VIE MÉDIAS 19 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 3 MOT DE L’ÉVÊQUE L a scène est inoubliable. Historique. On est le 12 Avril 2015. Le nouvel archevêque de Martinique vient tout juste d’être ordonné. Selon le rituel, il doit saluer ses frères évêques venus lui imposer les mains et recevoir l’hommage des prêtres du diocèse. Le premier qui s’avance est en fauteuil roulant, il est poussé par le cérémoniaire. Il s’agit du doyen du presbyterium. Âgé alors de 103 ans, il est la mémoire vivante autant que le cœur de l’Eglise en Martinique. Tout le monde sait le lien personnel qui l’unit au nouveau pasteur. La foule frémit. Les caméras saisissent la scène en gros plan. Le vieux prophète pointe du doigt son nouvel évêque… c’est en père qu’il s’adresse à lui : « sé ou man té ka atann » ! L’assemblée n’a pas entendu, mais elle applaudit. Personne ne sait à ce moment-là que les deux hommes ne se reverront plus (en ce monde en tout cas). C’est la dernière apparition publique du père Gaston Jean-Michel. Il mourra 9 jours plus tard. En discutant, il y a quelques temps, avec un ami de longue date qui, comme moi, travaillait jadis au côté du père Jean-Michel, j’ai saisi la portée de cette affirmation. En effet, nous partagions sur notre vision de la mission de l’Eglise. Nous envisagions le rêve de tant de prêtres d’avoir un ministère moins « technique » et plus « charismatique », axé sur la Rencontre, l’accueil des personnes et des pauvres à « l’entrée » de l’Eglise ; les paroisses seraient si bien organisées et vivraient si bien l’Evangile, que les pasteurs auraient du temps gratuit pour accompagner les situations particulières et confieraient chaque nouvel arrivant à des responsables aptes à mettre en œuvre la vision du pasteur et à intégrer chaque appelé dans la famille. Tel le Bon Berger, ils feraient confiance aux 99 brebis dans l’enclos et se dévoueraient surtout au soin de la brebis perdue. Chaque personne se sentirait accueillie de façon personnelle et unique : « sois le bienvenu, nous t’attendions, toi ! Personnellement ! » … Alors mon ami s’écria : « C’est comme ça que le père Jean-Michel faisait avec nous ! ». En effet, spécialiste du « Sé ou man té ka atann » le père avait le don d’inviter ceux qu’il « harponnait » à prendre place dans ses équipes. Moi- même, débarqué par hasard dans les studios de Radio Saint-Louis à 19 ans, ne me suis-je pas retrouvé du jour au lendemain animateur et membre de la famille ? Combien de fois n’avons- nous pas été surpris parce que le père était « encore » allé trouver quelqu’un, qu’il fallait incorporer comme la 8 ème merveille du monde alors que l’équipe tournait déjà très bien ! Mais l’Histoire nous a montré qu’il avait raison. Tant de ces personnes ont donné leur vie dans les différents groupes que le père a fondés. Ils y ont trouvé des frères et des sœurs, y ont servi le Seigneur, et s’y sont convertis et sanctifiés. Le père leur avait dit « sé ou man té ka atann ». Et nous devions nous convertir à chaque nouveau en lui disant nous aussi : « Sé ou NOU té ka atann». Pasteurs et paroissiens, est-ce le cas de tous ceux qui nous fréquentent : la ‘tite dame qui vient dans le fond de l’Eglise, la maman qui amène son enfant au catéchisme, le « ti-garçon sireur* » qui fréquente le groupe des scouts, l’adolescente rebelle qui finit son cheminement et chante parfois à la chorale, le parrain discret qui vient par obligation à la réunion de préparation au sacrement, le couple qui franchit les portes du secrétariat 5 minutes avant la fermeture, le monsieur qui rouspète parce qu’on lui demande de l’argent pour une inscription, la femme en pleurs qui appelle pour préparer les obsèques de sa mère, ou son frère qui viendra à la messe de sortie… savons-nous leur dire « Sé ou man té ka attan » ? Et toi-même, lecteur, sais-tu que « Sé ou man té ka atann »? J’ai bien envie d’en faire le slogan de « CAP 2025 ! »… + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ 103 ans, il est la mémoire vivante Sé ou man té ka atann ! (C’est toi que j’attendais) *garçonnet turbulent

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 4 EGLISE UNIVERSELLE\n B onjour ! Nous vivons un moment historique marqué par des défis difficiles. Le monde est secoué par la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, qui met encore plus en évidence un autre défi mondial : la crise socio-environnementale. Cela nous confronte tous à la nécessité d’un choix. Le choix entre ce qui compte et ce qui ne compte pas. Le choix entre continuer à ignorer les souffrances des plus pauvres et à maltraiter notre maison commune, la Terre, ou s’engager à tous les niveaux pour transformer notre façon d’agir. La science nous dit, chaque jour avec plus de précision, qu’il est nécessaire d’agir d’urgence […] La conscience nous dit que nous ne pouvons pas être indifférents à la souffrance des plus pauvres, aux inégalités économiques croissantes et aux injustices sociales. […] Je voudrais vous inviter à faire un voyage ensemble. Un voyage de transformation et d’action. Fait non- pas tant de paroles, mais surtout d’actions concrètes et impossibles à remettre à demain. J’appelle cela un « voyage », car il nécessite un « déplacement », un changement ! De cette crise, aucun de nous ne doit sortir pareil – nous ne pouvons pas en sortir pareils : d’une crise, nous ne sortons jamais pareils - ; et il faudra du temps et des efforts pour en sortir. Il faudra y aller pas à pas, aider les faibles, persuader les sceptiques, imaginer de nouvelles solutions et s’engager à les mettre en œuvre. Mais l’objectif est clair : construire, au cours de la prochaine décennie, un monde où nous pourrons répondre aux besoins des générations présentes, en incluant tout le monde, sans compromettre les possibilités des générations futures. Je voudrais inviter tous les croyants, chrétiens ou non, et toutes les personnes de bonne volonté, à entreprendre ce chemin, [à partir] de leur foi ou, s’ils n’ont pas la foi, à partir de leur volonté, de leur bonne volonté. […] Il y a cinq ans, j’ai écrit l’encyclique Laudato si’, consacrée au soin de notre maison commune. Il propose le concept d’« écologie intégrale », pour répondre ensemble au cri de la terre mais aussi au cri des pauvres. […] Aujourd’hui, je voudrais proposer trois pistes d’action. Comme je l’écrivais dans Laudato si’, le changement et la bonne orientation pour le chemin de l’écologie intégrale nécessitent d’abord une démarche pédagogique (cf. n. 202). La première proposition est donc de promouvoir, à tous les niveaux, une éducation au soin de la maison commune, en développant la compréhension que les problèmes environnementaux sont liés aux besoins humains – il faut le comprendre dès le début : les problèmes environnementaux sont liés aux besoins humains – ; une éducation basée sur des données scientifiques et sur une approche éthique. C’est important : les deux. […] Comme deuxième proposition, il faut alors mettre l’accent sur l’eau et l’alimentation. L’accès à une eau salubre et potable est un droit humain essentiel et universel. Elle est essentielle car elle conditionne la survie des personnes, et pour cette raison elle est une condition à l’exercice de tous les autres droits et responsabilités. […] La troisième proposition est celle de la transition énergétique : un remplacement progressif mais immédiat des énergies fossiles par des sources d’énergie propres. […] Ces trois propositions doivent être comprises comme faisant partie d’un vaste ensemble d’actions que nous devons mener de manière intégrée pour parvenir à une solution durable des problèmes. […] Par conséquent, je vous invite tous à entreprendre ce voyage. Je l’ai donc proposé dans Laudato si’ et aussi dans la nouvelle encyclique Fratelli tutti. Comme le suggère le terme « compte à rebours », nous devons agir de toute urgence. Chacun de nous peut jouer un rôle précieux si nous nous mettons tous en route aujourd’hui. Pas demain, aujourd’hui. Parce que l’avenir se construit aujourd’hui, et il se construit non-pas seul, mais en communauté et en harmonie. Merci ! Pape François Source : https://fr.zenit.org/ ■ Message du pape François Ecologie intégrale : il faut « agir », « pas demain, aujourd’hui »

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 5 «Un garçon de notre temps, un garçon comme tant d’autres, a été conquis par Jésus pour  de\benir  un  phare  de  lumière  pour  tous  ceux  qui  souhaiteront  le  connaitre  et  sui\bre  son  exemple»,  s’est réjoui le cardinal Agostino Vallini, le représentant extraordinaire du Pape,  qui a présidé le samedi 9 octobre 2020,  à Assise, la béatification de Carlo Acutis, un jeune  Italien qui fut un témoin lumineux de l’É\bangile durant ses quinze ans d’existence (1991-2006). Pourquoi une béatification ? 2003 :  L’archevêque de Milan  introduit  la  cause  pour  la  béatification  pour  sa  vie  de  foi exemplaire. Février  2020  :  Le  pape  autorise  la  Congrégation  pour  les  causes  des  saints  à  promulguer  le  décret  concernant  un  miracle  attribué  à  l’intercession  de  Carlo Acutis. 10 o\btobre 2020 : Béatification  à Assise\b en Italie. Béatification de Carlo Acutis, un modèle pour les jeunes «Q u’avait de spécial ce garçon d’à peine quinze ans ?», c’est à cette question somme toute naturelle que répond le cardinal Vallini. Il décrit un jeune «normal, simple, spontané, sympathique, qui aimait la nature et les animaux, jouait au foot», avait de nombreux amis de son âge et s’était pris de passion pour l’informatique. Il évoque un jeune de son temps, qui cependant a manifesté dès son enfance son besoin de foi. Selon le témoignage de ses parents, toujours en vie et présents ce samedi dans la basilique supérieure à Assise, Carlo avait déjà «les yeux tournés vers Jésus». Le jeune homme participait tous les jours à la messe et restait de longs moments en adoration devant le Saint-Sacrement. Il répétait que «l’Eucharistie était son autoroute pour le ciel». Carlo avait un rapport personnel, intime et profond avec Jésus, qui était «son Ami, son Maître, son Sauveur, la force de sa vie et le but de tout ce qu’il faisait», il puisait dans l’énergie du Seigneur pour faire du bien aux autres. Il récitait aussi chaque jour le chapelet, il parlait de ce moment comme du rendez-vous galant de sa journée et taquinait sa mère, Antonia, en affirmant que la Vierge était la seule femme de sa vie. Outre la prière, la mission est l’autre trait distinctif de la foi héroïque du jeune bienheureux. Il éprouvait un «ardent désir», celui de faire connaître Jésus au plus grand nombre de personnes possible. Il le fit d’abord par l’exemple de sa vie, partout, au quotidien, avec spontanéité, quitte à devoir affronter «des incompréhensions, des obstacles, et à être parfois pris en dérision». Il faisait preuve d’une «capacité extraordinaire» à témoigner des valeurs auxquelles il croyait, et défendait ainsi «avec ardeur» la sainteté de la famille et la sacralité de la vie, suscitant l’admiration. «Le nouveau bienheureux représente un modèle de force, libre de toute forme de compromis, conscient que pour rester dans l’amour de Jésus, il est nécessaire de vivre concrètement l’Évangile». (…). Internet, un don de Dieu. Pour faire connaître Jésus, le jeune garçon utilisait les outils de son temps. Pour lui, grand passionné d’informatique, Internet était un «don de Dieu et un instrument important pour rencontrer les personnes et diffuser les valeurs chrétiennes». Internet n’était pas un lieu de fuite mais de rencontre, de partage, de respect réciproque. Il n’en était pas esclave et rejetait le cyber harcèlement. Carlo Acutis avait créé un site internet présentant plus de cent miracles eucharistiques ; devenu par la suite l’objet d’une exposition présentée dans le monde. Il s’en servait aussi auprès des plus petits que lui, à qui il faisait le catéchisme dès son quatorzième anniversaire.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 6 EGLISE UNIVERSELLE\n À la fin de sa vie, face à l’épreuve de la maladie, Carlo s’abandonna pleinement dans les bras de la Providence, sous le regard maternel de Marie. Il répétait : «Je veux offrir toutes mes souffrances au Seigneur, au Pape et à l’Église», faisant preuve d’une grande maturité chrétienne souligne le cardinal Vallini, qui «nous stimule et nous encourage à prendre la vie de foi au sérieux». Un modèle pour les ‘millenials’. Le jeune Carlo Acutis, premier bienheureux du XXI eme siècle, a montré que la sainteté était un objectif atteignable par tous, et non quelque chose d’abstrait réservé à quelques-uns. Le cardinal Vallini espère que sa vie sera «un modèle pour les jeunes» afin qu’ils ne cherchent pas seulement «la gratification d’un succès éphémère, mais celles des valeurs pérennes que Jésus suggère dans l’Évangile : mettre Dieu au premier plan, dans les petites et les grandes circonstances, et servir ses frères, surtout les derniers». Décédé en 2006, Carlo Acutis, enfant de Lombardie, a été enterré, selon sa volonté, à Assise où il passait ses vacances, sur les terres de saint François (…). Source : Vatican News ■ Le témoignage du bienheureux Carlo Acutis indique aux jeunes d’aujourd’hui que le vrai bonheur se trouve en mettant Dieu à la première place, et en Le servant dans les frères, spécialement les derniers. (Pape François) ‘‘ dans les frères, spécialement ‘‘ dans les frères, spécialement Quelques phrases de Carlo Acutis Si l’on s’approche tous les jours de l’eucharistie, on va droit au paradis * * * * * * * * * Le bonheur c’est d’avoir le regard tourné vers Dieu. La tristesse c’est d’avoir le regard tourné vers soi-même. J’offre toutes les souffrances que je dois subir au Seigneur, pour le pape et pour l’Eglise, et aller directement au paradis. Être toujours uni à Jésus, voilà mon programme de vie

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 77 Diman\bhe 25 o\btobre 2020  la P arole  Dominicale 30 ème dimanche du Temps Ordinaire - Année A L ’Amour est le plus grand commandement : « Aimer Dieu et aimer nos prochains ». Lecteurs et lectrices de Église en Marti- nique, Dans la liturgie de ce 30e dimanche ordinaire de l’année liturgique A, nous sommes invités à méditer sur l’amour de Dieu et l’amour des autres. « Aimer Dieu et aimer nos prochains », c’est l’essentiel de notre foi chrétienne, et c’est à cette condition que la Parole de Dieu se répandra et l’Église grandira. Aimer n’est pas un verbe de sentiment, mais c’est d’abord et avant tout un verbe de volonté. La première lecture explicite ce que veut dire aimer son prochain : « Tu n’exploiteras pas l'immigré, tu ne l'opprimeras pas, car vous étiez vous-mêmes des immigrés au pays d’Égypte ». Pour nous sensibiliser à la détresse de nos prochains en difficulté, Dieu nous renvoie à notre propre expérience de détresse. Il attire notre attention sur les catégories de personnes vulnérables et dépendantes qui méritent notre bienveillance. Il se fait défenseur des pauvres, des opprimés, des gens sans défense dans la société. Il prend le parti des immigrés, des infirmes, des veuves, des orphelins… et il nous demande de suivre son exemple. Notre alliance avec Dieu passe par l’amour des frères et, tout spécialement, des plus fragiles. Mais aujourd’hui, les opprimés et les exploités de notre société rencontrent-ils dans notre communauté aide et protection, défense de la justice et amour fraternel ? « Si quelqu'un dit : « J’aime Dieu » et qu'il déteste son frère, c'est un menteur. Celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, ne saurait aimer le Dieu qu'il ne voit pas ». Pécher contre son prochain, c'est pécher contre Dieu. Nous sommes souvent portés à bifurquer, tantôt en nous contenant de la prescription, tantôt en nous laissant prendre par un vague idéal d’aimer. La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure. D’ailleurs, nous serons jugés sur l’amour puisque c’est la mesure à laquelle nous aurons à nous ajuster pour entrer dans le Royaume. Pour Jésus, une attitude d'amour envers Dieu n'est pas opposée à l'homme. Par ce nouveau commandement, Jésus humanise l'amour de Dieu et divinise l'amour du prochain. Dieu et l'homme, pour Jésus, sont l'objet du même amour. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ». « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». « Aimer Dieu et aimer nos prochains ». Être chrétien se résume ainsi en ces deux phrases à graver en son esprit, et surtout à vivre par le cœur. Si nous sommes vraiment chrétiens, disciples de Jésus, l’amour des autres va de soi car l’amour du prochain prend sa source en Dieu qui est Amour. Chacun de nous est le résultat d’un acte d’amour de Dieu qui nous a choisis pour nous donner la vie, sans mérite de notre part. Il est Amour et puisque nous sommes créés à son image, nous avons un besoin insatiable d’aimer et d’être aimés. Notre bonheur ou nos malheurs en dépendent. Quels que soient les biens matériels qui sont nôtres, l’amour seul peut combler notre cœur humain. Si quelqu’un manque d’amour, il existe un remède, un seul : Donner de l’amour. D’ailleurs, l’amour qu’on donne aux autres retourne nécessairement à sa source : Dieu. Aujourd’hui encore et pour toujours, rien n’est aboli de ces deux commandements. Le « tu aimeras » concerne dans un même mouvement, une même cohérence, trois partenaires : Dieu, le prochain, soi-même. Pas d’amour de Dieu sans amour du prochain, et pas d’amour du prochain sans amour de soi-même. Notre vie d’union à Dieu, notre prière, les sacrements que nous recevons nous portent-ils à aimer nos frères, à nous consacrer à faire naître la paix dans notre cœur ? Jésus va jusqu’au bout de l’amour, de son engagement au service de son prochain, c’est-à-dire de tout être humain sans distinction. Il aime jusqu’à mourir, jusqu’à donner sa vie pour ses ennemis, ses bourreaux, ses juges. Voilà le nouveau modèle d’humanité que Dieu vient vivre dans le monde des hommes. Dieu a inscrit sa loi d’amour au cœur de l’homme. Ce n’est pas le nôtre que nous avons à donner, mais c’est celui de Dieu. Lecteurs et lectrices de Église en Martini- que, demandons au Seigneur la grâce de participer au salut de nos frères en faisant l’expérience de l’amour comme condition nécessaire pour vivre avec Dieu, avec nous-mêmes et avec nos prochains. C’est ainsi que les non-croyants identifient notre attitude avec les autres à celle de Dieu face à l’humanité. Amen ! Père Michel Delvarice, Administrateur de la paroisse du Vert-Pré ■ Exode 22,20-26   •  \’ Psaume 17   •   1 T\’hessaloniciens 1,5c-10   \’•   Matthieu 22,34-\’40 LITURGIE 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 8 Dans  l’Eglise  contemporaine,  la  toussaint  est  une  fête  qui  se  célèbre  le  1 er  no\bembre  de chaque année liturgique. Elle récapitule tous les saints commémorés ou seulement  é\boqués, ceux du calendrier et des mart\’yrologes … mais pas seu\’lement. A la Toussaint, tous saints ! • Petite histoire !\f H istoriquement, la fête a plu- sieurs lieux de naissance. D’abord en Orient, au IV e siècle où apparaît une fête de tous les martyrs, qui se célèbre à des dates variables, mais toujours proches de Pâques ; par exemple le 13 mai à Édesse, le vendredi après Pâques en Syrie, le premier dimanche après la Pentecôte à Constantinople. Aujourd'hui encore, l'Église byzantine fête le "Dimanche de tous les saints" une semaine après la Pentecôte, avec l'intention de présenter le rassemblement de toute l'Église comme le terme du mystère pascal. En Occident, la fête de la Toussaint se vit à Rome dès le début du VIIe siècle, en relation avec la dédicace de l'église Ste-Marie-aux-Martyrs qui s'est substituée au Panthéon. En raison des invasions barbares, qui violaient les tombes des martyrs aux alentours de la Ville, le pape Boniface IV (608-615) fait rapporter et rassembler toutes les reliques des martyrs dans cette église, dont la dédicace a lieu le 13 mai 609, donc à la date où la fête est déjà célébrée à Édesse. •  Depuis quand  fêtons-nous la touss\faint  le 1 er no\bembre ? Au X e siècle, sans doute pour concur- rencer quelque festivité païenne, des Églises de Gaule célèbrent déjà une fête de tous les saints chaque 1er novembre. Influencé par cette pratique, Rome adopte à la fois la date du 1 er novembre et l'idée de fêter non seulement les martyrs, mais tous les saints. Les martyrs, eux, conservent une sorte de préséance. •  Qui fêtons-nous   à la toussaint ? L'intention de cette célébration est de fêter ensemble tous ceux dont la grâce du Christ a fait des saints, tous ceux qui à une époque ou à une autre, en remplissant une fonction, une mission ou une autre, ont contribué à la construction de l'Église et ont donné leur témoignage de foi ! Le but est de célébrer de façon collective et ecclésiale tous les saints de Dieu qui, chacun selon son charisme, constituent le corps du Christ et demeurent des artisans de la croissance de l'Église. C’est pourquoi dans la liturgie de la fête de la Toussaint, on évoque les patriarches, les prophètes, les apôtres, les martyrs avant de mentionner la foule immense et anonyme de tous les élus de Dieu. • Et nous alors ? Cette fête est aussi l’occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté, par des chemins différents, parfois surprenants ou inattendus, mais tous accessibles. La sainteté n’est pas une voie réservée à une élite : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ en vivant l’Evangile au quotidien ! •  Et la commémoration  des défunts ? Au lendemain de la fête de tous les saints, l’Eglise prie pour tous ceux qui nous ont précédés dans la mort et qui ne seraient pas encore dans la joie de Dieu. Ils profitent d’un temps de purgatoire, de purification par l’Amour de Dieu ! Notre prière pour les défunts peut accélérer leur purification. Notre prière manifeste notre foi en la Vie éternelle à laquelle nous sommes tous appelés. P. Jean-Max Renard+ ■ Inspiré de l’article de Philippe Rouillard dans le dictionnaire du catholicisme istoriquement, la fête a plu- sieurs lieux de naissance. siècle où apparaît une fête de tous les martyrs, qui se célèbre à des dates variables, mais le "Dimanche de tous les saints" une semaine après la Pentecôte, avec l'intention de présenter le rassemblement de toute l'Église avec l'intention de présenter le rassemblement de toute l'Église avec l'intention de présenter le comme le terme du mystère pascal. En Occident, la fête de la Toussaint se vit à Rome dès le début du VIIe siècle, en relation avec la dédicace de le corps du Christ et demeurent des le corps du Christ et demeurent des artisans de la croissance de l'Église. le corps du Christ et demeurent des artisans de la croissance de l'Église. le corps du Christ et demeurent des C’est pourquoi dans la liturgie de la fête de la Toussaint, on évoque les patriarches, les prophètes, les apôtres, les martyrs avant de mentionner la foule immense et anonyme de tous les élus de Dieu. • Cette fête est aussi l’occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté, par des chemins différents, parfois surprenants ou inattendus, mais tous accessibles. La sainteté n’est pas une voie réservée à une élite : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ en vivant l’Evangile au quotidien !   Et la commémoration  A la Toussaint, LITURGIE 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 9 E lle a d’abord fêté sa sainte patronne : la petite Thérèse. Celle qui est mondialement vénérée et qui demeure un modèle de simplicité. Celle qui montre que la sainteté est accessible à tous. Cette sainteté qui n’est pas dans les grandes actions mais bien dans celles qui sont accomplies dans la simplicité et l’humilité. En 1997, Thérèse fut proclamée docteur de l’Eglise et patronne des missions, elle qui ne quitta jamais son carmel. Après avoir prié la neuvaine suivie de l’Eucharistie, durant neuf jours, avec différents intervenants, la communauté s’est retrouvée le 1 er octobre autour de son curé et des prêtres invités, pour fêter dignement Thérèse. Ensuite, le dimanche 4 octobre, la chapelle de Volga Plage (qui fait partie de la paroisse de Sainte-Thérèse) prenait le nom de Sainte Faustine. Celle à qui le Seigneur Jésus a confié une grande mission : rappeler au monde son amour miséricordieux. Sa vie très simple en apparence cache une grande richesse d’union avec Dieu. Elle s’efforce de transmettre le message de la Miséricorde divine que lui enseigne Jésus. Elle fut la première sainte canonisée en l’an 2000, au début du XXI e siècle, par Saint Jean-Paul II. La célébration, sous la présidence de notre évêque, a débuté par une petite procession à laquelle ont pris part les officiels. Moment de joie et de fierté pour cette communauté responsable et solidaire. Ces deux Saintes nous laissent un message d’amour et d’abandon. Vivons l’amour de Dieu au quotidien. Soyons convaincus de la Parole de Dieu. La route n’est certes pas aisée. Elle est semée d’embûches, jonchée de renoncements. Il est tellement commode d’emprunter le chemin de la facilité. Restons confiants et soyons des ouvriers au service de la volonté du Christ. Construisons cette petite voie qui nous permettra chaque jour d’aller à Dieu. Une paroisse sans église, sans presbytère, certes, mais qui dans cette pauvreté et dans cette humilité fait l’expérience de la miséricorde de notre Seigneur. Nicole Chésimar ■ Re\benue  sur  le  territoire  en  2018,  c’est  a\bec  joie  que  la  communauté  de  Sainte- Thérèse retrou\be le quartier  et  ses  habitants.  A\bec  un  curé (père Christian Catayée)  et  un  \bicaire  (père  Jean  Cazeau)  qui  lui  sont  dédiés,  cette  communauté  connait  une  nou\belle  ère.  L’église  étant  toujours  fermée,  les  célébrations  se  tiennent  sous un chapiteau posé sur la  place. La paroisse de Sainte- Thérèse  a  connu  des  jours  d’allégresse  en  ce  début  du  mois d’octobre. La paroisse  Sainte-Thérèse  en fête ! VIE DU DIOCÈSE

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Père Jean de Coulanges 02.10.1971 Père Barbe Gédio 02.10.1971 Père Emmanuel Chaulvet 02.10.2005 Père Pierre Henderson 28.10.2001 Père Wilfried Bannais 27.10.2002 Père Marcel Crépin 27.10.2002 Père Patrick- Alexis Phanor 28.10.2001 Père David Rondof 02.10.2005 Henderson 28.10.2001 Père Wilfried Bannais Père Marcel Crépin 27.10.200227.10.2002 Ils sont prêtres... depuis 15 ans\’,  19 ans, ou même 49\’ ans pour deux d’entre eux !  En ce mois d’octobre,  souhaitons-leur un bon  anni\bersaire sacerdotal ! Joyeux anniversaire à nos prêtres  ordonnés en octobre ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 10

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Q uel a été le déclic de votre vocation ? Cela se passe en plusieurs étapes. La 1 ere, j’avais entre 2 et 3 ans. Allant  à l’église avec mes parents, je laissais  les bancs de l’assemblée pour me  rendre sous l’autel, et j’assistais à la  célébration en-dessous. Mais je ne  saurais dire combien de temps cela  a duré. La 2 e, à l’âge de 7 ans, à la suite d’un  pèlerinage, j’ai dit à mes parents :  « Je veux être prêtre. », mais sans  vraiment comprendre la portée de  mes mots. Après quelques années sans signe  particulier, le Seigneur  m’a de  nouveau interpellé au cours d’une  vigile pascale, à l’âge de 17 ans.  Un prêtre baptisait un catéchumène,  une foule de questions m’assaillit par  rapport à la vocation au sacerdoce.  Deux ans plus tard, direction le Foyer  Dominique Savio. J’y ai cheminé  deux ans et j’ai ressenti un appel  personnel du Seigneur à le servir  comme prêtre. C omment concevez-vous le sacerdoce ? Pour reprendre les mots du curé d’Ars,  « le sacerdoce c’est l’amour du Cœur  de Jésus. » Aimer le Cœur de Jésus  parce qu’il nous faut d’abord aimer  le Christ pour le servir. C’est la seule  vraie condition requise pour qui est  envoyé à sa vigne. On le voit lors de  l’échange que le Christ a avec Pierre  en Jean 21 : « Pierre, m’aimes-tu ?  (...) Sois le pasteur de mes brebis ». Aimer le Cœur de Jésus pour y  ressentir tout l’amour qu’il a pour  chaque homme, même ceux qui ne le  connaissent pas. Et alors doit naître  en nous l’élan missionnaire puisque  nous aurons été saisis par le même  amour pour les hommes qu’il y a  dans son Cœur. Le sacerdoce est encore comme  un don de moi-même à Dieu et à  l’Eglise. Les phrases retenues sur  mes signets d’ordinations diaconale  et presbytérale l’expriment mieux  que moi. « Il y a plus de bonheur à  donner qu’à recevoir » (Ac 20,35)  pour la diaconale, et « Ceci est mon  Corps donné pour vous » (Luc 22,19)  pour la presbytérale. Pour moi, le  sacerdoce, c’est me donner pour le  monde comme le Christ s’est donné. Enfin, le sacerdoce pour moi, c’est  être bénéficiaire de la Miséricorde  pour mieux en être l’instrument.  Le sacerdoce est un don immense  que le Christ nous fait, puisque cela  nous rend semblable au plus haut  point à lui. « Qui sommes-nous pour  être choisis ? » ; « Vous avez reçu  gratuitement, donnez gratuitement ». Vos premières impressions en arrivant à la paroisse de Saint- Josep h De prime abord, c’est une belle  paroisse, avec des plus anciens et  des plus jeunes. J’ai pu remarquer la  présence de quelques jeunes familles.  Les fidèles m’ont accueilli avec le  sourire… derrière les masques. Le  père Wilfried, lui aussi, m’a très  bien accueilli. J’ai retrouvé quelques  visages connus, et j’en découvre  beaucoup d’autres. Je suis en train de  m’acclimater à la vie paroissiale petit  à petit. Je sens une paroisse en attente  de faire bouger les choses, les jeunes  comme les plus grands. J’espère que  nous ferons du bon travail ensemble  pour la gloire de Dieu. Quel est ton message aux jeunes de ton âge ?  Aux jeunes qui ont déjà mis Jésus  dans leur vie, je n'ai pas grand chose  à ajouter sinon de continuer et de  garder le cap à sa suite. "Vous avez  choisi la meilleure part, elle ne vous  sera pas enlevée." À ceux qui veulent faire bouger les  choses, mais qui parfois rencontrent  des difficultés à cause du cadre  existant, "lâchez vos cheveux" et allez  voir vos prêtres pour apporter votre  touche de folie à l'Église.  À tous ceux qui hésitent ou qui sont  "mi fig, mi rézen" dans leur foi, je  dirai qu'il n'y a pas 36 façons de  mettre des paillettes dans sa vie :  aimer Jésus et le faire aimer.  À tous ceux qui trouvent l'Église  poussiéreuse et complètement  dépassée (s'ils lisent ce mot  d'ailleurs!), l'Église ne pourra être  "fun" qu'avec leurs idées et leurs idées  neuves. Si on critique de l'extérieur,  les commentaires ne servent à rien  puisqu’on n'est pas prêt à faire en  sorte que ça soit différent. Pourtant,  Jésus nous attend tous. Entretien : Joël Sandot ■ A\bec un Bac scientifique puis un BTS « Bio Analyses et Contrôles » (analyses biochimiques  et bactériologiques des eaux, des aliments, des plantes et des produits cosmétiques),  sui\bi  d’une  3 e  année  de  licence  en  Biologie  Santé,  Gaëtan  Présent  est  a\bant  tout  un  homme de sciences que Dieu a appelé au sacerdoce. Il a tra\baillé un an au laboratoire  départemental d’analyses a\bant de partir au sé\’minaire.  Père Gaëtan Présent, un scientifique qui devient prêtre ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 11

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 12 Agenda de l’Archevêque Dimanche 25 octobre : • 8h : Confirmation à la paroisse de De Briant • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Du 26 octobre au 28 novembre : • (Visites et activités pastorales en Europe) Du 3 au 8 novembre : • Assemblée plénière des Evêques de France à Lourdes MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € E g lise en MARTINIQUE LeChrist règne : et les chrétiens ? N° 594REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €24 NOVEMBRE 2019 Hommage au père Filopon Lire toute la Bible en une année (suite) Qui soutient votre engagement ?Questionnaire de l'Avent lise MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE N° 594REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUELLE — 2,00 € 24 NOVEMBRE 2019 E g lise en MARTINIQUE B onne décennie ! 2020-2030 N° 597REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €5 JANVIER 2020 Hommage au père Filopon Programme de Radio Saint-LouisUn chrétien peut-il utiliser les mots vulgaires quand tout le monde le fait ?Centenaire du 14 janvier Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97207 FORT de France CEDEX E g lise en MARTINIQUE LeCCCCCCCCCCCCChrist règne : et les chrétiens ? Christ règne : et les chrétiens ? CChrist règne : et les chrétiens ? C Lire toute la Bible en une année Lire toute la Bible en une année (suite) Qui soutient votre engagement ?Qui soutient votre engagement ?Qui soutient votre engagement ?Questionnaire de l'AventQuestionnaire de l'Avent hrist règne : et les chrétiens ? (suite) BBBB onne décennie ! 2020-2030 Programme de Radio Saint-LouisProgramme de Radio Saint-LouisUn chrétien peut-il utiliser les mots Un chrétien peut-il utiliser les mots vulgaires quand tout le monde le fait ?vulgaires quand tout le monde le fait ?Centenaire du 14 janvier Centenaire du 14 janvier Nom : .......................................................................\ ................................................................................................................ Prénom : .......................................................................\ ...................................................................................................................... Adresse : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...... Mail : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Tél. : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Code Postal : .......................................................................\ .................................................................................................................... Ville : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....................... Oui, je m’abonne ! Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique. fr

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 13 Nom : .......................................................................\ ................................................................................................................ Prénom : .......................................................................\ ...................................................................................................................... Adresse : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...... Mail : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Tél. : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Code Postal : .......................................................................\ .................................................................................................................... Ville : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....................... Ou en sommes-nous par rapport à la pratique des rituels autour de la mort à la Martinique ? DE LA MORT À LA VI\nE  DOSSIER Après  la  célébration  de  tous  les  saints  connus  et  inconnus  le  1er  no\bembre, l'Eglise catholique met tous les défunts au coeur de sa prière  liturgique le lendemain. Le 2 no\bembre, en effet, est à la fois une journée  de commémoration de nos fidèles défunts, et une journée d'intercession.  Elle nous rappelle la mort de nos proches, mais aussi notre propre mort. Le  dossier  que  propose  Eglise  en  Martinique  intitulé  "De  la  mort  à  la  \bie" nous permet d'a\boir, entre autres, le regard croisé d'un sociologue,  d'un psychologue clinicien et d'\’un prêtre sur notre rapport à la mort. L a question de notre relation à la mort ou plus précisément de nos pratiques concernant les rituels entourant la mort demande une étude plus en profondeur, ce qui malheureusement ne sera pas le cas pour des raisons multiples. Nous nous contenterons de donner quelques repères, à partir des faits vécus par tout un chacun au moment du décès d’un proche d’hier à aujourd’hui. Combien de fois avons-nous entendu dire par des parents plus âgés que « ce n’était pas comme ça qu’on faisait lorsque M. ou Mme untel était mort ! », et le fameux « An tan mwen… », insistant sur les changements en cours au niveau des rituels entourant la mort. I-  De  la  mort  de  M.  Médouze  et  man  Tine  à  celle  de  misié  Antoine en 1999 Dans le film « Rue Case Nègres » de Joseph Zobel, Euzhan Palcy, la réalisatrice insiste sur la solidarité qui se manifeste dès le décès d’un proche et nous avons en mémoire ces images, où tout le quartier converge vers la maison du défunt. Dès cet instant, le mort ainsi que ses proches seront entourés par le voisinage, entre prières et « Yé Krik, Yé Krak… », où le conteur, accompagné de tambours et autres instruments locaux, retrace le vécu du disparu. Ce moment se caractérise par cet esprit de fête, où la nourriture est offerte, la fameuse soupe ainsi que les boissons (surtout le rhum) dont l’objectif est de soutenir la famille du défunt jusqu’à l’enterrement le lendemain. Nous sommes ici dans l’univers de la plantation. Avec la crise sucrière, le développement économique plus particulièrement de la société de consommation et une nouvelle forme d’habitat (cités, maisons individuelles, villas...), la pratique des rituels autour de la mort s’adapte à cet environnement. La veillée se déroule toujours chez le défunt ou à défaut un lieu proche (capable de recevoir les amis) avec un rituel en deux temps : la séquence prière d’abord, puis le conteur enchaine. Le caractère festif comme soutien à la famille demeure, de même que le service soupe et les boissons, y compris Notre rapport à la mort

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 14 le rhum. L’enterrement, le lendemain dans les 24h, car la conservation des corps ne permet pas d’aller au-delà malgré quelques techniques héritées de la plantation. L’apparition des hôpitaux avec morgue, comme l’hôpital Clarac, l’hôpital Civil et plus tard le Lamentin transformera la relation aux rituels. La possibilité de conservation du corps est allongée, mais surtout le mort est « enlevé » à ses proches et restitué pour la veillée et l’enterrement le lendemain. Les « Yé Krik, Yé Krak » commencent à disparaitre car il y a de moins en moins de conteurs dans ces villes modernes. Les années 90 marquent un tournant avec la présence des morgues (capacités plus grandes), à cela s’ajoute une réglementation de plus en plus contraignante en matière d’hygiène et de santé publique. La vie en cité, comme ailleurs dans les villes (phénomènes d’urbanisation même en commune) rend impossibles les veillées d’hier avec conteur ! Certaines familles (très peu) font de la résistance, en voulant que le défunt soit présent à son domicile pour la veillée. Nous sommes dans la phase d’une certaine adaptation entre pratiques traditionnelles aux rituels et les contraintes de la modernité dans la période 1990-2010. II-  À  l’ère  des  maisons  funé- raires  et  de  la  clé  USB  /  l’écran plat  Un changement dans la pratique aux rituels de la mort est un fait indéniable. Cela ne signifie pas pour autant une rupture totale avec, au moins, un élément structurant de notre relation à la mort : le soutien. Cette présence physique auprès de la famille du défunt qui transcende les générations. Cet aspect, soutien qui domine dans nos fêtes mortuaires, ne doit point occulter l’importance des retrouvailles, pour les familles éparpillées, les amis dispersés, pour des raisons économiques ou/et professionnelles. Le mort devient un vecteur de rassemblement comme jadis sur les plantations, « Antan Siméon, Man Tine, misié Médouze » où, tous convergeaient vers la case du défunt en signe de réconfort, aussi bien à la veillée qu’à l’enterrement. Le soin porté à la tenue vestimentaire, exprimait tout le respect et l’estime que l’on portait au défunt. Il en est de même aujourd’hui mais sur un autre registre vestimentaire, le tee- shirt avec la photo du défunt ou un emblème qu’il affectionnait, sa musique préférée, ou encore ses passions comme chez les motards ! Les nouvelles réglementations et l’évolution du droit funéraire, ont transformé l’univers de la mort. Les entreprises funéraires se livrent une concurrence acharnée pour conquérir davantage de parts de marché. Eh oui, que de chemin parcouru depuis la création de l’espace funéraire de la Joyau, véritable révolution à son époque, avec ses box, permettant aux familles de pouvoir « veillée » en toute quiétude, sans déranger les voisins. Ou encore ces salles funéraires privées qui fleurissent sur l’ile aux fleurs, avec des prestations utilisant les mêmes stratégies commerciales de la grande distribution. Jadis la famille se chargeait de toutes les démarches administra- tives, médiatiques y compris de l’office religieux. Aujour'hui, le « prestataire », l’entreprise funé- raire se charge de tout : à l’ère des « packages » avec service de base et les options ! J’ai eu plusieurs fois l’occasion de participer aux cérémonies funéraires de proches ou d’amis dans des salles funéraires privées. L’esprit de la veillée traditionnelle demeure, mais à la place des conteurs qui succédaient au temps de la prière animée par un groupe de « grandes personnes », se trouve l’écran plat. Le vécu, les temps forts du passage du défunt sur cette Terre, défile en continue par l’entremise d’une clé USB. L’évolution de la société, de la ruralité à l’hyper consommation, a évidemment eu un impact sur la pratique de nos rituels à la mort. Nous assistons davantage à une modification par adaptation de certains rituels. En Martinique, certains éléments comme la veillée, véritable temps fort du rituel de la mort, les moments de prière, les moments de partage autour de la soupe et des boissons, sans oublier l’autre temps fort qu’est l’enterrement, résistent tout en évoluant avec son époque. Guy-Albert Médec, Sociologue ■ DE LA MORT À LA VI\nE  DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 15 L ’homme a un rapport différent à la mort par rapport aux autres êtres vivants. La perte d’un être cher nous fait faire l’expérience du chagrin, voire même de la dépression quand la mort de cet être cher n’est pas acceptée. Emotionnellement, le deuil est une grande souffrance intérieure, une réaction douloureuse naturelle et nécessaire suite à la perte d’un être cher. Faire le deuil, c’est accepter le caractère irréversible de la situation, c'est-à-dire accepter la réalité de la mort du proche. Réagir à la perte consiste en un ajustement, une réadaptation à la situation nouvelle. Le travail de deuil se fera plus ou moins en fonction du lien de parenté avec le défunt, mais également de la capacité à rebondir de l’endeuillé, des ressources internes qu’il a pour donner du sens à l’évènement. Tout dépendra également du soutien qu’il aura de son entourage. Traditionnellement, le travail de deuil se faisait essentiellement avec l’entourage proche qui vient soutenir, encourager. Cette aide se concrétise autour de la veillée, de la cérémonie funéraire, des neuf jours de prière pour le défunt et la messe de sortie qui se terminait par un repas familial. Aujourd’hui, le contexte sociétal a fait changer les comportements et les personnes endeuillées se trouvent plus isolées et éprouvent le besoin d’être soutenues, accompagnées dans la gestion de cette épreuve qui est une blessure. C’est pour cela que de plus en plus, elles vont consulter un psychologue pour les aider à élaborer sur cette perte, dépasser la blessure et l’accepter. Elizabeth Kubler-Ross, psychiatre américain, soulignait qu’il y a cinq étapes dans le travail de deuil : Le déni, la colère, le marchandage (avec la mort), la dépression et l’acceptation. Ce travail de deuil se fera plus ou moins bien en fonction de ses ressources personnelles. La foi étant une ressource personnelle, elle permettra à l’endeuillé de mieux assumer cette expérience en lui donnant du sens : la vie après la mort avec DIEU et la rencontre avec l’être cher. C’est l’espérance chrétienne. souligne Léon Robichaud.Tony Allaguy-Salachy ■ Communément,  la  mort  est  définie  comme  étant  la  cessation  de  la  \bie  biologique.  Mais  qu’en  est-il  de  l’homme  ?  Quelle  représentation  a-t-il  de  la  mort  ?  Quelle  expérience  fait-il  de  la  mort  ?  Comment  fait-il  son deuil aujourd’hui ? Faire son deuil aujourd’hui ‘‘ Pour qui a la foi, l’espérance fait surface et devient une disponibilité à l’avenir ‘‘ une blessure. C’est pour cela que de

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 16 Il est normal de s’interroger sur la mort. C’est un sujet  qui fait peur, que l’on soit croyant ou non. Le Christ a dit :  « Je suis la résurrection et la \bie. Celui qui croit en moi,  même s’il meurt, \bi\bra ; quiconque \bit et croit en moi ne mourra jamais »  (Jn 11,25-26). I l n’y a nulle part aucune autre réponse quant à la vie après la mort en dehors de cet espoir que nous donne la Bible. Cela vaut le coup d’ouvrir son cœur à Dieu. Mais certaines questions taraudent encore le cœur de l’homme et il est bon de s’y arrêter un instant. 1.  Nos morts font-ils partie  de  notre  \bie  de  tous  les  jours ? Vous le savez, dans notre culture catholique, on n’enterre pas les gens n’importe où. Ils sont inhumés dans un cimetière, lequel est bordé d’un mur d’enceinte qui en fait le tour et, en général, le portail du cimetière est fermé le soir. Cela signifie que les morts ont leur domaine et les vivants le leur, et qu’ils n’ont pas de territoire commun. Nous nous souvenons également de l’interdiction formelle d’invoquer les morts dans le livre du Deutéronome. Et dans le livre de Samuel, celui-ci se plaint d’être dérangé dans son « sommeil » par Saul par le biais d’une nécromancienne. Donc, a priori, le séjour des morts n’a pas à entrer en contact avec le monde des vivants. Du reste, il peut y avoir une façon morbide de fréquenter les morts. Des personnes qui n'arrivent pas à faire leur deuil et qui sont incapables de saisir les nouvelles opportunités que leur offre la vie. Avec le Christ, il a des éléments nouveaux qui apparaissent concernant les morts : la notion de « Purgatoire » même si le mot ne se trouve pas dans le Nouveau Testament (mais nous y reviendrons tout à l’heure) ; le fait que Jésus affirme que les amis de Dieu qui sont morts sont en réalité toujours vivants pour lui. Et puis, par dessus tout, il y a l’événement de la Résurrection. Jésus revient de chez les morts, et il a désormais en lui une vie qui ne peut plus mourir. Désormais, nous comprenons que tous ceux qui appartiennent au Christ ressuscitent avec Lui : Saint Paul nous dit : Si nous mourrons avec Lui, avec Lui nous vivrons. Les amis de Dieu sont désormais des super-vivants, et comme tels, ils peuvent fortement impacter notre vie. De fait, Jésus nous dit : « Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra et celui qui vit et qui croit en moi, ne mourra jamais ! » (Jn 11,25-26). Ainsi, la mort est vaincue pour celui qui est dans le Christ. Par conséquent, pour ceux qui sont morts dans le Christ, il n’y a plus de séjour des morts, mais le Séjour des Vivants et la participation à la vie du Christ. Alors… La mort, un sujet qui fait peur ! DE LA MORT À LA VI\nE  DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 17 2.  Faut-il prier pour les morts ? 2 Maccabées 12 nous dit que prier pour les morts est une pensée noble et sainte inspirée par la perspective de la Résurrection. L’auteur de ce livre félicite ainsi Judas Macchabées pour avoir pris l’initiative de lever une collecte en vue des sacrifices à Jérusalem pour les morts tombés aux combats et qui s’étaient souillés en portant sur eux des idoles païennes. C’est une indication scripturaire importante de voir que chez nos pères dans la foi, la prière pour les morts était une réalité. On avait le sentiment qu’il y avait des péchés qui pouvaient être remis après la mort. Il y a un autre élément encore plus important puisqu’il provient de la bouche du Sauveur lui-même lorsqu’il dit : « le péché contre le Saint- Esprit ne sera remis ni en ce monde ni dans l’autre » (Mt 12,32). Ce qui laisse entendre qu’il peut exister des péchés qui soient rémissibles dans l’autre monde. Donc, oui, il faut prier pour les défunts pour les aider à se purifier, mais nous reviendrons sur ce point tout à l’heure. Dans ce cas… 3.  Où  \bont  les  défunts  ?  Ceux  qui  meurent  dans  le  Christ  et  ceux  qui  ne  meurent  pas  dans  le  Christ. Cherchant à répondre à votre question, j’ai l’image de celui qui vient de quitter la planche d’un sautoir ; il a pris son élan, il s’est lancé, il a sauté… Maintenant, où va-t-il atterrir ? Et bien, sur un point qui se trouve dans l’axe de sa course d’élan et qui dépend de la vitesse et de la force avec laquelle il a quitté la planche. D’une certaine façon, on peut dire que le point d’atterrissage du sauteur dépend de lui, sauf qu’il pourra peut-être bénéficier du vent, lequel pourra lui donner plus de vitesse et l’emporter plus loin. Après notre mort, les choses sont analogues. Là où nous irons dépend de nos choix pendant notre vie, mais aussi et surtout du vent de l’Esprit qui ne manque jamais à ceux qui l’invoquent. Les 3 points de chutes sont connus : Enfer ; Purgatoire et Ciel. L’enfer c’est le degré zéro de l’amour. L’individu n’aime que lui-même ; il est incapable d’aimer quelqu’un d’autre – fusse sa mère. On ne progresse plus, c’est la mort éternelle. Au ciel, l’Amour connaît une forme d’incandescence ; c’est la plénitude de l’Amour, le Sujet est dans la communion parfaite avec Dieu est toutes ses créatures spirituelles. Comme quelqu’un qui inventorie un trésor, il va de surprise en surprise, il ne cesse de découvrir de nouveaux aspects de l’amour de Dieu. Entre les deux, il y a ce no-man’s land, cet espace transitoire, où le sujet dont le niveau d’amour est insuffisant pour le Ciel, doit vivre un accroissement de « sa température d’amour » jusqu’à atteindre le niveau requis, celui de l’incandescence et dès lors être en mesure de rejoindre ceux qui sont déjà dans la plénitude du Royaume. Cette période de purification, ou d’accroissement en amour si vous préférez, peut bénéficier du soutien à la fois de ceux qui sont déjà dans la gloire et de nous autres qui sommes encore en chemin. Le témoignage de l’amour que nous avons pour eux et le soutien que notre prière leur apporte contribuent à les faire progresser dans l’amour et les rapproche de la sortie du Purgatoire. Père Alain Ransay, curé de Bellevue ■ Le péché contre le Saint-Esprit ne sera remis ni en ce monde ni dans l’autre. (Mt 12,32) ‘‘

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 18 Patrick Valère, paroisse de Saint Joseph Sainte Bakhita, Saint Maurice, Saint Isidore Bakanja, Sainte Anuarite Nengapeta, Saint Bénédict Daswa, Saint  Martin de Porrès, Saint Cyprien Michael Tansi, Saint Raphaël Rafiringa, Martyrs du Botswana, Martyrs de  l’Ouganda, et tant d’autres inconnus. Ce sont évidemment des exemples qui nous permettent de nous rendre compte que la sainteté est \ accessible  aux prix d’efforts, mais au travers de choses toutes simples et pas forcément spectaculaires. Mais même cela  m’encourage à travers un mécanisme d’identification et confère une grande fierté. Ce serait dommage de  tomber dans le piège de la distinction liée aux couleurs de peau e\ t perdre de vue l’essentiel : l’inégalité devant  Dieu.  « Mes frères et mes sœurs sont ceux qui écoutent la parole de mon Père et la mettent en pratique » tous  appelés à être saints comme le Père et le Fils et l’Espri\ t sont saints et cela transcende toutes les considérations  de nationalité ou d’origine de classe sociale ou de couleur de pea\ u. Le manque de visibilité peut alimenter une certaine forme d’animos\ ité et qui peut inciter les gens à perdre  confiance dans ce message d’universalité. Deux pistes d’explication. La première est en lien avec une volonté délibérée de nier cette universalité impliquant  la richesse et cette beauté auxquelles participent tous les peuples du monde. En imposant l’Europe comme le  seul modèle de culture et de civilisation. La seconde réside en une forme de plus d’oppression et\  de négation des  peuples noirs avec une volonté délibérée de garder dans l’oubli leurs symboles et modèles positifs tous azimut.\ Je pense que cela malgré tout n’a pas d’influence sur notre foi\  qui est une foi intelligente fondée sur l’essentiel :  le message et la personne du Christ. Après, les modèles positifs peuvent aider à renforcer les fondamentaux. Mme Mesnil, Mme Mauny, Monsieur Saé ce sont des militants, des personnes qui ont tracé \ la voie. Le mot du Père Jean Michel Monconthour L'Eglise reconnaît les signes de la sainteté divine qui se manifestent dans la vie des hommes quelles que soient  leurs origines "ethniques". Les hommes de toutes les nations affluent, "Ils ont lavés leur robe dans le sang de l'agneau " (Ap 7). Ces chrétiens d'origine africaine ou autre, qui ont accueilli le\  Christ, sont des Martyrs de la  foi et donnés en exemple à tous dans l'Eglise universelle. Cette reconnaissance officielle de l'Eglise confirme  ce qui est annoncé dans le livre de l'apocalypse et célébré à la Toussaint. La sainteté est vraiment pour tous.  La présence des Saints d'origine non européenne dans notre pratiqu\ e religieuse en Martinique dépend de nous,  de notre capacité à nous ouvrir à eux, à nous les représe\ nter par notre travail spirituel et artistique. Il y a nécessité  d'une production d'informations et de supports adaptés  à notre ré\ alité culturelle pour leur vénération. Nos artistes  trouveront dans la méditation de leur vie sainte une source de salut et d'\ inspiration pour un développement de  l'art sacré dans notre Diocèse. Ce travail est aussi une réponse au besoin d'expression d'une foi authentique. Il  est une parole d'ici, locale, qui doit contenir à la fois la Parole de Dieu, la réponse des Saints, et notre expression  propre. Tout cela doit nous faire entrer un peu plus chaque jour dans la Sainteté de Dieu. Des hommes et des femmes d'ici, ces enfants de la Martinique, qui ont reçu ou reçoivent le baptême sont sacra- mentellement des témoins de la sainteté de Dieu. Il nous appartient de poser sur eux notre regard intéressé, en quête  de signe, recherchant Dieu et sa miséricorde qui s'offrent à nous par leur vie. Et pour tous ceux-là qui, avec leurs  faiblesses ont répondu Oui à l'appel du Seigneur et qui font l'effort quotidien de s'y conformer, nous bénissons Dieu. Propos recueillis par Nicole Chésimar  ■ Lina Paviot, paroisse du Vauclin Je connais Sainte Bakhita, Saint Charles  Lwanga. Ils sont si peu nombreux au panthéon des  Saints. Ils représentent ma famille : mes  ascendants inévitablement. Mais aussi la  providence et la miséricorde divine. Malheureusement, il faut s’interroger sur  la manière dont est fait le choix de mon- trer, de promouvoir le Saint noir. Est-ce la  décision de l’homme sans prière préalable,  sans discernement (avec ses préjugés et des  jugements) ou est-ce la volonté divine ? Je ne pense pas que cela entache notre foi  puisque la foi est un don de Dieu. Mais  il serait nécessaire d’être en vérité sur les  attitudes passées antichrétiennes de l’Eglise  (injustice, impartialité, manque d’amour...). Il y a moins de 100 ans, certains bancs des  églises, notamment en Martinique, étaient  réservés par famille, par classe sociale. Il  serait nécessaire de demander pardon à  Dieu pour ces attitudes anti chrétiennes (JE  demande pardon). Il est donc plus intéressant de présenter, de  faire connaitre nos saints noirs par une cam- pagne de recherche et de communication. Les potentiels saints martiniquais : Eugène  Mona- Monseigneur Macaire. Monique Sylvain, paroisse de Saint Joseph Je connais Sainte Bakhita Cette dernière représente pour moi la  confiance absolue en Dieu et l’espérance de  le voir un jour en son paradis. Dieu n’aban- donne jamais ses enfants. Au contraire ce sont des exemples qui nous  permettent nous aussi de nous engager sur  le chemin de la sainteté. Sainte Bakhita a  déjà été honorée. Il y a même un film qui  retrace sa vie. Je pense à Laure Sabès qui est née en  Martinique et qui a fondé les domini- caines missionnaires de Notre Dame de la  Délivrande, première congrégation compo- sée de membres de couleur. Laure Sabès s’est  mise au service des indigents, des migrants et  des plus pauvres. Ce sont des valeurs plus que  jamais nécessaires dans les temps difficiles  que nous vivons. Mireille Duboyer Marie Sainte, paroisse de Ducos Sainte Bakhita. La présence de ces saints noirs prouve l’universalité de l’Eglise. Probablement parce qu’ils sont méconnus dans leurs pays d’origi\ ne. Et que l’Eglise ne les met pas à l’honneur. Ce manque de visibilité a probablement une influence sur notre foi lo\ rsqu’on attache de l’importance à l’en- veloppe charnelle. Mais ceux qui attachent de l’importance à l’â\ me savent qu’il existe de bonnes âmes en tous  lieux et en toute race, dans toutes les bergeries. Oui il faut les présenter et les faire connaitre afin qu’ils puissent servir de modèles à notre jeunesse. Oui mais c’est une âme qui n’avait pas de pratique religieuse : Aimé Césaire. Il a toujours eu le souci de servir  le peuple. Et ma grand-mère maternelle qui ne savait ni lire, ni écrire mais qui m’a transmis sa foi inébranlabl\ e. ? Questions ➊ Connais tu des saints noirs ? ➋ Que représente pour toi ces Saints noirs au panthéon des Saints ? ➌ Pourquoi ces Saints ne sont-ils pas visibles ? Ce manque de visibilité n’a-t-il pas une influence sur notre foi ? Ne serait-il pas intéressant de les présenter de nos jours ? ➍ Y a-t-il en Martinique des hommes et des femmes qui ont été des chemins ou des signes de sainteté pour toi ? ‘‘ AN TCHÈ LÉGLIZ-LA

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 19 ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\’ MARTINIQUE Ser\bice legs et donations Arche\bêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Ré\bérend Père PinchonBP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\’X Téléphone : 06 96 3\’10 333 - E-mail : m\’ichel.pouch@wanadoo.fr oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer  sur les possibilités de legs, donations et assurances\bvie à l’Association Diocésaine. oui ,je  souhaite  être  contacté  pour  un  rendez\bvous  au  Service  des  legs  et  donations ou à mon \Sdomicile. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’espérance en héritage DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part Mes coordonnées  ❏ Mme ❏ Melle    ❏ M. Nom  Prénom Adresse   Code postal Ville  Téléphone E\bmail Paroisse  (facultatif) POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MARTI\’NIQUE 99.5 - 101.3 et105.1 MHz radio-saint-louis@orange.fr Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com MEDIAS Dimanche 25 octobre 2020 Trop d'obèses Outre-mer, pourquoi ? Rediffusion Pourquoi le nombre de personnes obèses est plus élevé dans nos territoires d’Outre-mer qu’en hexagone ? Comment sont perçues les personnes en surpoids dans nos sociétés ? Qui sont les personnes les plus touchées par l’obésité ? Cette semaine, Dieu m’est témoin, a choisi de s’interroger sur ce fléau qui progresse. Nous recevrons Christophe Serra- Mallol, enseignant-chercheur en sociologie et anthropologie à l’université de Toulouse et auteur du livre « Nourritures, abondance et identité ». Il nous expliquera pourquoi en Polynésie, tout particulièrement, les enfants sont en surpoids. Nous suivrons le Dr Jean-Louis Boissin, endocrinologue et diabétologue, dans ses actions de lutte et de prévention contre l’obésité en Polynésie. Nous verrons que pour lui, les Eglises doivent se saisir de ces questions de santé publique. Nous irons également en Martinique suivre une patiente qui a décidé de perdre du poids. Elle a choisi de se faire accompagner par les professionnels de la Valériane, un centre de convalescence et de diététique à Trinité. Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère. L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr

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T rès belle solennité, dans l’Église. Fêtée le 1 er Novembre. O rientant, nos cœurs et nos prières, vers Dieu, Son Royaume et Ses \ saints. U nissant, les rachetés de la Terre, aux Élus connus ou inconnus du Ciel. S ollicitant, leurs bénédictions et leurs intercessions. S uscitant notre ferveur, notre louange, notre action de grâce. A ffermissant, notre unité et notre communion. I nclinant nos âmes, devant leur Amour, leurs mérites, leurs vertus. N ous exhortant, humblement, à les imiter. T out le long de notre pèlerinage terrestre. Myrianne (Paroisse de Saint-Esprit)

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