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E g lise
en MARTINIQUE
S aints et Saintes de Dieu
N° 608
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
25 OCTOBRE 2020
Hommage au père Filopon
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«T
u aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton
cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit »
(Mt 22,37)… « Tu aimeras ton prochain comme
toi-même » (Mt 22,39).
Jésus nous révèle que ces commandements sont inséparables…\
et complémentaires. Il est aussi urgent d’aimer Dieu que d’aime\
r
son frère. Jésus s'identifie à notre prochain et il nous appell\
e
à le reconnaître dans les autres. Cet appel à aimer Dieu et le \
prochain nous rejoint actuellement dans un monde de plus en
plus violent, indifférent, où l’égoïsme prédomine.
L’accueil est un signe de l’amour que nous portons aux autres.
Comme l‘évoque notre évêque dans son Mot, prenons-nous le
temps d’accueillir notre frère ? Pouvons-nous lui dire « sé \
ou
nou té ka atann » pour l’établir dans la communauté, afin\
qu’il
y demeure, et devienne lui aussi signe d’amour pour les autres ?
Le pape François nous interpelle sur l’urgence d’agir, ensemble,
face à la crise socio-environnementale mise en évidence par la
pandémie du coronavirus. Suivant le concept du développement
durable, le Saint-Père invite à « construire, au cours de la
prochaine décennie, un monde où nous pourrons répondre aux
besoins des générations présentes, en incluant tout le monde,
sans compromettre les possibilités des générations futures »\
.
Saints et Saintes de Dieu… Le 1
er novembre, l’Eglise célébrera
la fête de tous les saints connus ou inconnus. C’est l’occasion\
pour nous de rendre grâce à Dieu pour le jeune Carlo Acutis,
décédé à 15 ans en 2006, et qui a été solennellement proclamé
Bienheureux le 10 octobre dernier, dans la ville d’Assise, en
Italie. Sa vie est pour nous une véritable catéchèse. La sainte\
té
n’a pas d’âge, et nous sommes tous appelés à être des \
saints.
Le 2 novembre, nous commémorerons nos fidèles défunts.
Notre rapport avec la mort est parfois assez ambigu, et il nous
a paru intéressant d’avoir un regard croisé sur le sujet. C’\
est
ainsi que notre dossier intitulé « De la mort à la vie » don\
ne la
parole à un sociologue, un psychologue clinicien et un prêtre
pour enrichir le débat.
L’Evangile d’aujourd’hui nous inspire cette prière : Seigneur\
,
aide-nous à t’aimer à travers nos frères ! Apprends-nous à\
accueillir d’un cœur sincère ! Fais de nous de fidèles disci\
ples
missionnaires !
Bon dimanche à tous !
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
EDITORIAL
MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
• La Parole Dominicale
• A la Toussaint\b tous saints !
• Notre rapport à la mort Guy-Albert Médec\b Soc\niologue
• Faire son deuil aujourd’hui Tony Allaguy-Salachy\n
• La mort\b un sujet qui\n fait peur ! Père Alain Ransay\b curé de Bellevue
• Connais-tu des sai\nnts noirs ?
• Que représente pour toi ces Saints noirs au
panthéon des Saints ?
• Pourquoi ces Saints ne sont-ils p\nas visibles ? Ce
manque de visibilité \nn’a-t-il pas une infl uence
sur notre foi ? Ne serait-il pas intéressant de
les présenter de nos jours ?
• Y a-t-il en Martiniq\nue des hommes et
des femmes qui ont été de\ns chemins
ou des signes de sain\nteté pour toi ?
• La paroisse Sainte-Thérèse en fête !
• Joyeux anniversaire à nos prêtres ordonnés en octobre
• Père Gaëtan Présent\b un scientifi que qui devient prêtre
• Agenda de l’Archevêque
•
Sé ou man té ka atann !
(C’est toi que j’attendais)
• Message du pape François - Ecologie intégrale : il faut « agir »\b « pa\ns demain\b aujourd’hui »
• Béatifi cation de Carlo Acutis
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• Message du pape François - Ecologie intégrale :• Message du pape François - Ecologie intégrale :
EGLISE UNIVERSELLE
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• Message du pape François - Ecologie intégrale :
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Couverture : Bienheureux Carlo Acutis, béatifié le 10 octobre 2020 à Assise en Italie
• Connais-tu des sai\nnts noirs ?
AN TCHÈ LÉGLIZ\bLA 18
Dossier : DE LA MORT À LA\S VIE
MÉDIAS 19
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04
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MOT DE L’ÉVÊQUE
L
a scène est inoubliable.
Historique. On est le
12 Avril 2015. Le nouvel
archevêque de Martinique vient
tout juste d’être ordonné. Selon
le rituel, il doit saluer ses frères
évêques venus lui imposer les
mains et recevoir l’hommage des
prêtres du diocèse. Le premier
qui s’avance est en fauteuil
roulant, il est poussé par le
cérémoniaire. Il s’agit du doyen
du presbyterium. Âgé alors de
103 ans, il est la mémoire vivante
autant que le cœur de l’Eglise en
Martinique. Tout le monde sait
le lien personnel qui l’unit au
nouveau pasteur. La foule frémit.
Les caméras saisissent la scène
en gros plan. Le vieux prophète
pointe du doigt son nouvel évêque…
c’est en père qu’il s’adresse à lui : « sé
ou man té ka atann » ! L’assemblée
n’a pas entendu, mais elle applaudit.
Personne ne sait à ce moment-là que
les deux hommes ne se reverront
plus (en ce monde en tout cas). C’est
la dernière apparition publique du
père Gaston Jean-Michel. Il mourra
9 jours plus tard.
En discutant, il y a quelques temps,
avec un ami de longue date qui,
comme moi, travaillait jadis au côté
du père Jean-Michel, j’ai saisi la
portée de cette affirmation. En effet,
nous partagions sur notre vision de la
mission de l’Eglise. Nous envisagions
le rêve de tant de prêtres d’avoir
un ministère moins « technique »
et plus « charismatique », axé sur la
Rencontre, l’accueil des personnes
et des pauvres à « l’entrée » de
l’Eglise ; les paroisses seraient si
bien organisées et vivraient si bien
l’Evangile, que les pasteurs auraient
du temps gratuit pour accompagner
les situations particulières et
confieraient chaque nouvel arrivant
à des responsables aptes à mettre
en œuvre la vision du pasteur et
à intégrer chaque appelé dans la
famille. Tel le Bon Berger, ils feraient
confiance aux 99 brebis dans
l’enclos et se dévoueraient surtout
au soin de la brebis perdue. Chaque
personne se sentirait accueillie de
façon personnelle et unique : « sois
le bienvenu, nous t’attendions, toi !
Personnellement ! » …
Alors mon ami s’écria : « C’est comme
ça que le père Jean-Michel faisait
avec nous ! ».
En effet, spécialiste du « Sé ou man
té ka atann » le père avait le don
d’inviter ceux qu’il « harponnait » à
prendre place dans ses équipes. Moi-
même, débarqué par hasard dans les
studios de Radio Saint-Louis à 19 ans,
ne me suis-je pas retrouvé du jour au
lendemain animateur et membre de
la famille ? Combien de fois n’avons-
nous pas été surpris parce que le
père était « encore » allé trouver
quelqu’un, qu’il fallait incorporer
comme la 8 ème merveille du monde
alors que l’équipe tournait déjà
très bien ! Mais l’Histoire nous a
montré qu’il avait raison. Tant de
ces personnes ont donné leur vie
dans les différents groupes que le
père a fondés. Ils y ont trouvé des
frères et des sœurs, y ont servi le
Seigneur, et s’y sont convertis et
sanctifiés. Le père leur avait dit
« sé ou man té ka atann ». Et nous
devions nous convertir à chaque
nouveau en lui disant nous aussi :
« Sé ou NOU té ka atann».
Pasteurs et paroissiens, est-ce
le cas de tous ceux qui nous
fréquentent : la ‘tite dame qui
vient dans le fond de l’Eglise, la
maman qui amène son enfant au
catéchisme, le « ti-garçon sireur* »
qui fréquente le groupe des scouts,
l’adolescente rebelle qui finit son
cheminement et chante parfois
à la chorale, le parrain discret qui
vient par obligation à la réunion de
préparation au sacrement, le couple
qui franchit les portes du secrétariat
5 minutes avant la fermeture, le
monsieur qui rouspète parce qu’on
lui demande de l’argent pour une
inscription, la femme en pleurs qui
appelle pour préparer les obsèques
de sa mère, ou son frère qui viendra
à la messe de sortie… savons-nous
leur dire « Sé ou man té ka attan » ?
Et toi-même, lecteur, sais-tu que « Sé
ou man té ka atann »?
J’ai bien envie d’en faire le slogan de
« CAP 2025 ! »…
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
103 ans, il est la mémoire vivante
Sé ou man té ka atann !
(C’est toi que j’attendais)
*garçonnet turbulent
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EGLISE UNIVERSELLE\n
B
onjour !
Nous vivons un moment
historique marqué par des
défis difficiles. Le monde est secoué
par la crise provoquée par la pandémie
de Covid-19, qui met encore plus en
évidence un autre défi mondial : la
crise socio-environnementale.
Cela nous confronte tous à la nécessité
d’un choix. Le choix entre ce qui
compte et ce qui ne compte pas. Le
choix entre continuer à ignorer les
souffrances des plus pauvres et à
maltraiter notre maison commune, la
Terre, ou s’engager à tous les niveaux
pour transformer notre façon d’agir.
La science nous dit, chaque jour avec
plus de précision, qu’il est nécessaire
d’agir d’urgence […]
La conscience nous dit que nous
ne pouvons pas être indifférents à
la souffrance des plus pauvres, aux
inégalités économiques croissantes
et aux injustices sociales. […]
Je voudrais vous inviter à faire un
voyage ensemble. Un voyage de
transformation et d’action. Fait non-
pas tant de paroles, mais surtout
d’actions concrètes et impossibles à
remettre à demain.
J’appelle cela un « voyage », car il
nécessite un « déplacement », un
changement ! De cette crise, aucun de
nous ne doit sortir pareil – nous ne
pouvons pas en sortir pareils : d’une
crise, nous ne sortons jamais pareils - ;
et il faudra du temps et des efforts
pour en sortir. Il faudra y aller pas à
pas, aider les faibles, persuader les
sceptiques, imaginer de nouvelles
solutions et s’engager à les mettre en
œuvre.
Mais l’objectif est clair : construire, au
cours de la prochaine décennie, un
monde où nous pourrons répondre
aux besoins des générations
présentes, en incluant tout le monde,
sans compromettre les possibilités des
générations futures.
Je voudrais inviter tous les croyants,
chrétiens ou non, et toutes les
personnes de bonne volonté, à
entreprendre ce chemin, [à partir] de
leur foi ou, s’ils n’ont pas la foi, à partir
de leur volonté, de leur bonne volonté.
[…]
Il y a cinq ans, j’ai écrit l’encyclique
Laudato si’, consacrée au soin de
notre maison commune. Il propose le
concept d’« écologie intégrale », pour
répondre ensemble au cri de la terre
mais aussi au cri des pauvres. […]
Aujourd’hui, je voudrais proposer trois
pistes d’action.
Comme je l’écrivais dans Laudato si’,
le changement et la bonne orientation
pour le chemin de l’écologie intégrale
nécessitent d’abord une démarche
pédagogique (cf. n. 202). La première
proposition est donc de promouvoir,
à tous les niveaux, une éducation
au soin de la maison commune, en
développant la compréhension que
les problèmes environnementaux
sont liés aux besoins humains – il
faut le comprendre dès le début : les
problèmes environnementaux sont
liés aux besoins humains – ; une éducation basée sur des données
scientifiques et sur une approche
éthique. C’est important : les deux. […]
Comme deuxième proposition, il
faut alors mettre l’accent sur l’eau
et l’alimentation. L’accès à une
eau salubre et potable est un droit
humain essentiel et universel. Elle
est essentielle car elle conditionne
la survie des personnes, et pour
cette raison elle est une condition à
l’exercice de tous les autres droits et
responsabilités. […]
La troisième proposition est celle
de la transition énergétique : un
remplacement progressif mais
immédiat des énergies fossiles par
des sources d’énergie propres. […]
Ces trois propositions doivent être
comprises comme faisant partie d’un
vaste ensemble d’actions que nous
devons mener de manière intégrée
pour parvenir à une solution durable
des problèmes. […]
Par conséquent, je vous invite tous à
entreprendre ce voyage. Je l’ai donc
proposé dans Laudato si’ et aussi dans
la nouvelle encyclique Fratelli tutti.
Comme le suggère le terme « compte
à rebours », nous devons agir de toute
urgence. Chacun de nous peut jouer
un rôle précieux si nous nous mettons
tous en route aujourd’hui. Pas demain,
aujourd’hui. Parce que l’avenir se
construit aujourd’hui, et il se construit
non-pas seul, mais en communauté et
en harmonie. Merci !
Pape François
Source : https://fr.zenit.org/
■
Message du pape François
Ecologie intégrale :
il faut « agir »,
« pas demain, aujourd’hui »
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«Un garçon de notre temps, un garçon comme tant d’autres, a été conquis par Jésus pour
de\benir un phare de lumière pour tous ceux qui souhaiteront le connaitre et sui\bre son
exemple», s’est réjoui le cardinal Agostino Vallini, le représentant extraordinaire du Pape,
qui a présidé le samedi 9 octobre 2020, à Assise, la béatification de Carlo Acutis, un jeune
Italien qui fut un témoin lumineux de l’É\bangile durant ses quinze ans d’existence (1991-2006).
Pourquoi
une béatification ?
2003 : L’archevêque de Milan
introduit la cause pour la
béatification pour sa vie de
foi exemplaire.
Février 2020 : Le pape
autorise la Congrégation
pour les causes des saints
à promulguer le décret
concernant un miracle
attribué à l’intercession de
Carlo Acutis.
10 o\btobre 2020 : Béatification
à Assise\b en Italie.
Béatification de Carlo Acutis,
un modèle pour les jeunes
«Q
u’avait de spécial ce garçon d’à peine quinze ans ?», c’est
à cette question somme toute naturelle que répond le
cardinal Vallini. Il décrit un jeune «normal, simple, spontané,
sympathique, qui aimait la nature et les animaux, jouait au foot», avait de
nombreux amis de son âge et s’était pris de passion pour l’informatique.
Il évoque un jeune de son temps, qui cependant a manifesté dès son
enfance son besoin de foi. Selon le témoignage de ses parents, toujours
en vie et présents ce samedi dans la basilique supérieure à Assise, Carlo
avait déjà «les yeux tournés vers Jésus».
Le jeune homme participait tous les jours à la messe et restait de
longs moments en adoration devant le Saint-Sacrement. Il répétait
que «l’Eucharistie était son autoroute pour le ciel». Carlo avait un rapport
personnel, intime et profond avec Jésus, qui était «son Ami, son Maître,
son Sauveur, la force de sa vie et le but de tout ce qu’il faisait», il puisait
dans l’énergie du Seigneur pour faire du bien aux autres. Il récitait aussi
chaque jour le chapelet, il parlait de ce moment comme du rendez-vous
galant de sa journée et taquinait sa mère, Antonia, en affirmant que la
Vierge était la seule femme de sa vie.
Outre la prière, la mission est l’autre trait distinctif de la foi héroïque
du jeune bienheureux. Il éprouvait un «ardent désir», celui de faire
connaître Jésus au plus grand nombre de personnes possible. Il le fit
d’abord par l’exemple de sa vie, partout, au quotidien, avec spontanéité,
quitte à devoir affronter «des incompréhensions, des obstacles, et à être
parfois pris en dérision». Il faisait preuve d’une «capacité extraordinaire» à
témoigner des valeurs auxquelles il croyait, et défendait ainsi «avec ardeur»
la sainteté de la famille et la sacralité de la vie, suscitant l’admiration.
«Le nouveau bienheureux représente un modèle de force, libre de toute
forme de compromis, conscient que pour rester dans l’amour de Jésus, il
est nécessaire de vivre concrètement l’Évangile». (…).
Internet, un don de Dieu. Pour faire connaître Jésus, le jeune garçon
utilisait les outils de son temps. Pour lui, grand passionné d’informatique,
Internet était un «don de Dieu et un instrument important pour rencontrer
les personnes et diffuser les valeurs chrétiennes». Internet n’était pas un
lieu de fuite mais de rencontre, de partage, de respect réciproque. Il n’en
était pas esclave et rejetait le cyber harcèlement. Carlo Acutis avait créé un
site internet présentant plus de cent miracles eucharistiques ; devenu par
la suite l’objet d’une exposition présentée dans le monde. Il s’en servait
aussi auprès des plus petits que lui, à qui il faisait le catéchisme dès son
quatorzième anniversaire.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 6
EGLISE UNIVERSELLE\n
À la fin de sa vie, face à l’épreuve de la maladie, Carlo
s’abandonna pleinement dans les bras de la Providence,
sous le regard maternel de Marie. Il répétait : «Je veux offrir
toutes mes souffrances au Seigneur, au Pape et à l’Église»,
faisant preuve d’une grande maturité chrétienne souligne
le cardinal Vallini, qui «nous stimule et nous encourage à
prendre la vie de foi au sérieux».
Un modèle pour les ‘millenials’. Le jeune Carlo Acutis,
premier bienheureux du XXI eme siècle, a montré que la
sainteté était un objectif atteignable par tous, et non quelque
chose d’abstrait réservé à quelques-uns. Le cardinal Vallini
espère que sa vie sera «un modèle pour les jeunes» afin
qu’ils ne cherchent pas seulement «la gratification d’un
succès éphémère, mais celles des valeurs pérennes que Jésus
suggère dans l’Évangile : mettre Dieu au premier plan, dans
les petites et les grandes circonstances, et servir ses frères,
surtout les derniers».
Décédé en 2006, Carlo Acutis, enfant de Lombardie, a été
enterré, selon sa volonté, à Assise où il passait ses vacances,
sur les terres de saint François (…).
Source : Vatican News ■
Le témoignage du bienheureux
Carlo Acutis indique aux jeunes
d’aujourd’hui que le vrai bonheur se trouve en mettant Dieu
à la première place, et en Le servant dans les frères, spécialement les derniers.
(Pape François)
‘‘
dans les frères, spécialement
‘‘
dans les frères, spécialement
Quelques phrases
de Carlo Acutis
Si l’on s’approche tous les jours de
l’eucharistie, on va droit au paradis
* * *
* * *
* * *
Le bonheur c’est d’avoir le regard tourné
vers Dieu.
La tristesse c’est d’avoir le regard tourné vers soi-même.
J’offre toutes les souffrances que je dois subir au Seigneur, pour le pape et pour
l’Eglise, et aller directement au paradis.
Être toujours uni à Jésus,
voilà mon programme de vie
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Diman\bhe 25 o\btobre 2020
la P arole Dominicale
30 ème dimanche du Temps Ordinaire - Année A
L
’Amour est le plus grand
commandement : « Aimer Dieu et
aimer nos prochains ».
Lecteurs et lectrices de Église en Marti-
nique,
Dans la liturgie de ce 30e dimanche
ordinaire de l’année liturgique A, nous
sommes invités à méditer sur l’amour
de Dieu et l’amour des autres. « Aimer
Dieu et aimer nos prochains », c’est
l’essentiel de notre foi chrétienne, et c’est
à cette condition que la Parole de Dieu se
répandra et l’Église grandira. Aimer n’est
pas un verbe de sentiment, mais c’est
d’abord et avant tout un verbe de volonté.
La première lecture explicite ce que veut
dire aimer son prochain : « Tu n’exploiteras
pas l'immigré, tu ne l'opprimeras pas, car
vous étiez vous-mêmes des immigrés au
pays d’Égypte ». Pour nous sensibiliser à
la détresse de nos prochains en difficulté,
Dieu nous renvoie à notre propre
expérience de détresse. Il attire notre
attention sur les catégories de personnes
vulnérables et dépendantes qui méritent
notre bienveillance. Il se fait défenseur
des pauvres, des opprimés, des gens sans
défense dans la société. Il prend le parti
des immigrés, des infirmes, des veuves,
des orphelins… et il nous demande de
suivre son exemple.
Notre alliance avec Dieu passe par
l’amour des frères et, tout spécialement,
des plus fragiles. Mais aujourd’hui, les
opprimés et les exploités de notre société
rencontrent-ils dans notre communauté
aide et protection, défense de la justice
et amour fraternel ? « Si quelqu'un dit :
« J’aime Dieu » et qu'il déteste son frère,
c'est un menteur. Celui qui n'aime pas
son frère qu'il voit, ne saurait aimer le
Dieu qu'il ne voit pas ». Pécher contre
son prochain, c'est pécher contre Dieu.
Nous sommes souvent portés à
bifurquer, tantôt en nous contenant de
la prescription, tantôt en nous laissant
prendre par un vague idéal d’aimer. La
mesure de l’amour, c’est d’aimer sans
mesure. D’ailleurs, nous serons jugés sur
l’amour puisque c’est la mesure à laquelle
nous aurons à nous ajuster pour entrer
dans le Royaume.
Pour Jésus, une attitude d'amour envers
Dieu n'est pas opposée à l'homme. Par
ce nouveau commandement, Jésus
humanise l'amour de Dieu et divinise
l'amour du prochain. Dieu et l'homme,
pour Jésus, sont l'objet du même amour.
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout
ton cœur, de toute ton âme et de tout ton
esprit ». « Tu aimeras ton prochain comme
toi-même ». « Aimer Dieu et aimer nos
prochains ».
Être chrétien se résume ainsi en ces deux
phrases à graver en son esprit, et surtout
à vivre par le cœur. Si nous sommes
vraiment chrétiens, disciples de Jésus,
l’amour des autres va de soi car l’amour
du prochain prend sa source en Dieu
qui est Amour. Chacun de nous est le
résultat d’un acte d’amour de Dieu qui
nous a choisis pour nous donner la vie,
sans mérite de notre part. Il est Amour
et puisque nous sommes créés à son
image, nous avons un besoin insatiable
d’aimer et d’être aimés. Notre bonheur ou
nos malheurs en dépendent. Quels que
soient les biens matériels qui sont nôtres,
l’amour seul peut combler notre cœur
humain. Si quelqu’un manque d’amour,
il existe un remède, un seul : Donner de
l’amour. D’ailleurs, l’amour qu’on donne
aux autres retourne nécessairement à sa
source : Dieu.
Aujourd’hui encore et pour toujours, rien
n’est aboli de ces deux commandements.
Le « tu aimeras » concerne dans un même
mouvement, une même cohérence, trois
partenaires : Dieu, le prochain, soi-même.
Pas d’amour de Dieu sans amour du
prochain, et pas d’amour du prochain sans
amour de soi-même. Notre vie d’union à
Dieu, notre prière, les sacrements que
nous recevons nous portent-ils à aimer
nos frères, à nous consacrer à faire naître
la paix dans notre cœur ?
Jésus va jusqu’au bout de l’amour,
de son engagement au service de son
prochain, c’est-à-dire de tout être humain
sans distinction. Il aime jusqu’à mourir,
jusqu’à donner sa vie pour ses ennemis,
ses bourreaux, ses juges. Voilà le nouveau
modèle d’humanité que Dieu vient vivre
dans le monde des hommes. Dieu a inscrit
sa loi d’amour au cœur de l’homme.
Ce n’est pas le nôtre que nous avons à
donner, mais c’est celui de Dieu.
Lecteurs et lectrices de Église en Martini-
que, demandons au Seigneur la grâce
de participer au salut de nos frères en
faisant l’expérience de l’amour comme
condition nécessaire pour vivre avec Dieu,
avec nous-mêmes et avec nos prochains.
C’est ainsi que les non-croyants identifient
notre attitude avec les autres à celle de
Dieu face à l’humanité. Amen !
Père Michel Delvarice,
Administrateur de la paroisse du Vert-Pré ■
Exode 22,20-26 • \’ Psaume 17 • 1 T\’hessaloniciens 1,5c-10 \’• Matthieu 22,34-\’40
LITURGIE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 8
Dans l’Eglise contemporaine, la toussaint est une fête qui se célèbre le 1 er no\bembre
de chaque année liturgique. Elle récapitule tous les saints commémorés ou seulement
é\boqués, ceux du calendrier et des mart\’yrologes … mais pas seu\’lement.
A la Toussaint, tous saints !
• Petite histoire !\f
H
istoriquement, la fête a plu-
sieurs lieux de naissance.
D’abord en Orient, au IV
e siècle
où apparaît une fête de tous
les martyrs, qui se célèbre à
des dates variables, mais
toujours proches de Pâques ;
par exemple le 13 mai à
Édesse, le vendredi après
Pâques en Syrie, le premier
dimanche après la Pentecôte
à Constantinople. Aujourd'hui
encore, l'Église byzantine fête
le "Dimanche de tous les saints"
une semaine après la Pentecôte,
avec l'intention de présenter le
rassemblement de toute l'Église
comme le terme du mystère pascal.
En Occident, la fête de la Toussaint
se vit à Rome dès le début du VIIe
siècle, en relation avec la dédicace de
l'église Ste-Marie-aux-Martyrs qui s'est
substituée au Panthéon. En raison des
invasions barbares, qui violaient les
tombes des martyrs aux alentours de
la Ville, le pape Boniface IV (608-615)
fait rapporter et rassembler toutes
les reliques des martyrs dans cette
église, dont la dédicace a lieu le 13 mai
609, donc à la date où la fête est déjà
célébrée à Édesse.
• Depuis quand fêtons-nous la touss\faint
le 1
er no\bembre ?
Au X e siècle, sans doute pour concur-
rencer quelque festivité païenne,
des Églises de Gaule célèbrent déjà
une fête de tous les saints chaque
1er novembre. Influencé par cette
pratique, Rome adopte à la fois la date
du 1 er novembre et l'idée de fêter non
seulement les martyrs, mais tous les
saints. Les martyrs, eux, conservent
une sorte de préséance.
• Qui fêtons-nous à la toussaint ?
L'intention de cette célébration est
de fêter ensemble tous ceux dont la
grâce du Christ a fait des saints, tous
ceux qui à une époque ou à une autre,
en remplissant une fonction, une
mission ou une autre, ont contribué
à la construction de l'Église et ont
donné leur témoignage de foi ! Le but
est de célébrer de façon collective et
ecclésiale tous les saints de Dieu qui,
chacun selon son charisme, constituent
le corps du Christ et demeurent des
artisans de la croissance de l'Église.
C’est pourquoi dans la liturgie de la fête de la Toussaint, on évoque les
patriarches, les prophètes, les apôtres, les martyrs avant de
mentionner la foule immense
et anonyme de tous les élus
de Dieu.
• Et nous alors ?
Cette fête est aussi l’occasion
de rappeler que tous les
hommes sont appelés à la
sainteté, par des chemins
différents, parfois surprenants
ou inattendus, mais tous
accessibles. La sainteté n’est pas
une voie réservée à une élite : elle
concerne tous ceux et celles qui
choisissent de mettre leurs pas dans
ceux du Christ en vivant l’Evangile au
quotidien !
• Et la commémoration des défunts ?
Au lendemain de la fête de tous les
saints, l’Eglise prie pour tous ceux
qui nous ont précédés dans la mort
et qui ne seraient pas encore dans
la joie de Dieu. Ils profitent d’un
temps de purgatoire, de purification
par l’Amour de Dieu ! Notre prière
pour les défunts peut accélérer leur
purification. Notre prière manifeste
notre foi en la Vie éternelle à laquelle
nous sommes tous appelés.
P. Jean-Max Renard+ ■
Inspiré de l’article de Philippe Rouillard dans
le dictionnaire du catholicisme
istoriquement, la fête a plu-
sieurs lieux de naissance.
siècle
où apparaît une fête de tous
les martyrs, qui se célèbre à
des dates variables, mais
le "Dimanche de tous les saints"
une semaine après la Pentecôte,
avec l'intention de présenter le
rassemblement de toute l'Église
avec l'intention de présenter le
rassemblement de toute l'Église
avec l'intention de présenter le
comme le terme du mystère pascal.
En Occident, la fête de la Toussaint
se vit à Rome dès le début du VIIe
siècle, en relation avec la dédicace de
le corps du Christ et demeurent des le corps du Christ et demeurent des
artisans de la croissance de l'Église.
le corps du Christ et demeurent des
artisans de la croissance de l'Église.
le corps du Christ et demeurent des
C’est pourquoi dans la liturgie de la
fête de la Toussaint, on évoque les
patriarches, les prophètes, les
apôtres, les martyrs avant de
mentionner la foule immense
et anonyme de tous les élus
de Dieu.
•
Cette fête est aussi l’occasion
de rappeler que tous les
hommes sont appelés à la
sainteté, par des chemins
différents, parfois surprenants
ou inattendus, mais tous
accessibles. La sainteté n’est pas
une voie réservée à une élite : elle
concerne tous ceux et celles qui
choisissent de mettre leurs pas dans
ceux du Christ en vivant l’Evangile au
quotidien !
Et la commémoration
A la Toussaint,
LITURGIE
Page 9
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 9
E
lle a d’abord fêté sa sainte
patronne : la petite Thérèse. Celle
qui est mondialement vénérée et
qui demeure un modèle de simplicité.
Celle qui montre que la sainteté est
accessible à tous. Cette sainteté qui n’est
pas dans les grandes actions mais bien
dans celles qui sont accomplies dans la
simplicité et l’humilité. En 1997, Thérèse fut
proclamée docteur de l’Eglise et patronne
des missions, elle qui ne quitta jamais son
carmel.
Après avoir prié la neuvaine suivie de
l’Eucharistie, durant neuf jours, avec
différents intervenants, la communauté
s’est retrouvée le 1 er octobre autour de
son curé et des prêtres invités, pour fêter
dignement Thérèse.
Ensuite, le dimanche 4 octobre, la chapelle
de Volga Plage (qui fait partie de la paroisse
de Sainte-Thérèse) prenait le nom de
Sainte Faustine. Celle à qui le Seigneur Jésus
a confié une grande mission : rappeler
au monde son amour miséricordieux. Sa
vie très simple en apparence cache une
grande richesse d’union avec Dieu. Elle
s’efforce de transmettre le message de la
Miséricorde divine que lui enseigne Jésus.
Elle fut la première sainte canonisée en l’an
2000, au début du XXI e siècle, par Saint
Jean-Paul II.
La célébration, sous la présidence de
notre évêque, a débuté par une petite
procession à laquelle ont pris part les
officiels. Moment de joie et de fierté
pour cette communauté responsable et
solidaire.
Ces deux Saintes nous laissent un message
d’amour et d’abandon. Vivons l’amour de
Dieu au quotidien. Soyons convaincus
de la Parole de Dieu. La route n’est certes
pas aisée. Elle est semée d’embûches,
jonchée de renoncements. Il est tellement
commode d’emprunter le chemin de la
facilité. Restons confiants et soyons des
ouvriers au service de la volonté du Christ.
Construisons cette petite voie qui nous
permettra chaque jour d’aller à Dieu.
Une paroisse sans église, sans presbytère,
certes, mais qui dans cette pauvreté et
dans cette humilité fait l’expérience de la
miséricorde de notre Seigneur.
Nicole Chésimar ■
Re\benue sur le territoire
en 2018, c’est a\bec joie que
la communauté de Sainte-
Thérèse retrou\be le quartier
et ses habitants. A\bec un
curé (père Christian Catayée)
et un \bicaire (père Jean
Cazeau) qui lui sont dédiés,
cette communauté connait
une nou\belle ère. L’église
étant toujours fermée, les
célébrations se tiennent
sous un chapiteau posé sur la
place. La paroisse de Sainte-
Thérèse a connu des jours
d’allégresse en ce début du
mois d’octobre.
La paroisse
Sainte-Thérèse en fête !
VIE DU DIOCÈSE
Page 10
Père Jean
de Coulanges
02.10.1971
Père Barbe Gédio
02.10.1971
Père
Emmanuel Chaulvet
02.10.2005
Père
Pierre
Henderson
28.10.2001
Père
Wilfried
Bannais
27.10.2002
Père
Marcel Crépin
27.10.2002
Père Patrick-
Alexis Phanor
28.10.2001
Père
David Rondof
02.10.2005
Henderson
28.10.2001
Père
Wilfried
Bannais
Père
Marcel
Crépin
27.10.200227.10.2002
Ils sont prêtres... depuis 15 ans\’, 19 ans, ou même 49\’ ans pour deux d’entre eux ! En ce mois d’octobre,
souhaitons-leur un bon
anni\bersaire sacerdotal !
Joyeux
anniversaire
à nos prêtres
ordonnés en octobre
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 10
Page 11
Q
uel a été le déclic de votre
vocation ?
Cela se passe en plusieurs étapes.
La 1
ere, j’avais entre 2 et 3 ans. Allant
à l’église avec mes parents, je laissais
les bancs de l’assemblée pour me
rendre sous l’autel, et j’assistais à la
célébration en-dessous. Mais je ne
saurais dire combien de temps cela
a duré.
La 2
e, à l’âge de 7 ans, à la suite d’un
pèlerinage, j’ai dit à mes parents :
« Je veux être prêtre. », mais sans
vraiment comprendre la portée de
mes mots.
Après quelques années sans signe
particulier, le Seigneur m’a de
nouveau interpellé au cours d’une
vigile pascale, à l’âge de 17 ans.
Un prêtre baptisait un catéchumène,
une foule de questions m’assaillit par
rapport à la vocation au sacerdoce.
Deux ans plus tard, direction le Foyer
Dominique Savio. J’y ai cheminé
deux ans et j’ai ressenti un appel
personnel du Seigneur à le servir
comme prêtre.
C omment concevez-vous le
sacerdoce ?
Pour reprendre les mots du curé d’Ars,
« le sacerdoce c’est l’amour du Cœur
de Jésus. » Aimer le Cœur de Jésus
parce qu’il nous faut d’abord aimer
le Christ pour le servir. C’est la seule
vraie condition requise pour qui est
envoyé à sa vigne. On le voit lors de
l’échange que le Christ a avec Pierre
en Jean 21 : « Pierre, m’aimes-tu ?
(...) Sois le pasteur de mes brebis ».
Aimer le Cœur de Jésus pour y
ressentir tout l’amour qu’il a pour
chaque homme, même ceux qui ne le
connaissent pas. Et alors doit naître
en nous l’élan missionnaire puisque
nous aurons été saisis par le même
amour pour les hommes qu’il y a
dans son Cœur.
Le sacerdoce est encore comme
un don de moi-même à Dieu et à
l’Eglise. Les phrases retenues sur
mes signets d’ordinations diaconale
et presbytérale l’expriment mieux
que moi. « Il y a plus de bonheur à
donner qu’à recevoir » (Ac 20,35)
pour la diaconale, et « Ceci est mon
Corps donné pour vous » (Luc 22,19)
pour la presbytérale. Pour moi, le
sacerdoce, c’est me donner pour le
monde comme le Christ s’est donné.
Enfin, le sacerdoce pour moi, c’est
être bénéficiaire de la Miséricorde
pour mieux en être l’instrument.
Le sacerdoce est un don immense
que le Christ nous fait, puisque cela
nous rend semblable au plus haut
point à lui. « Qui sommes-nous pour
être choisis ? » ; « Vous avez reçu
gratuitement, donnez gratuitement ».
Vos premières impressions en
arrivant à la paroisse de Saint-
Josep
h
De prime abord, c’est une belle
paroisse, avec des plus anciens et
des plus jeunes. J’ai pu remarquer la
présence de quelques jeunes familles.
Les fidèles m’ont accueilli avec le
sourire… derrière les masques. Le
père Wilfried, lui aussi, m’a très
bien accueilli. J’ai retrouvé quelques
visages connus, et j’en découvre
beaucoup d’autres. Je suis en train de
m’acclimater à la vie paroissiale petit
à petit. Je sens une paroisse en attente
de faire bouger les choses, les jeunes
comme les plus grands. J’espère que
nous ferons du bon travail ensemble
pour la gloire de Dieu.
Quel est ton message aux jeunes
de ton âge ?
Aux jeunes qui ont déjà mis Jésus
dans leur vie, je n'ai pas grand chose
à ajouter sinon de continuer et de
garder le cap à sa suite. "Vous avez
choisi la meilleure part, elle ne vous
sera pas enlevée."
À ceux qui veulent faire bouger les
choses, mais qui parfois rencontrent
des difficultés à cause du cadre
existant, "lâchez vos cheveux" et allez
voir vos prêtres pour apporter votre
touche de folie à l'Église.
À tous ceux qui hésitent ou qui sont
"mi fig, mi rézen" dans leur foi, je
dirai qu'il n'y a pas 36 façons de
mettre des paillettes dans sa vie :
aimer Jésus et le faire aimer.
À tous ceux qui trouvent l'Église
poussiéreuse et complètement
dépassée (s'ils lisent ce mot
d'ailleurs!), l'Église ne pourra être
"fun" qu'avec leurs idées et leurs idées
neuves. Si on critique de l'extérieur,
les commentaires ne servent à rien
puisqu’on n'est pas prêt à faire en
sorte que ça soit différent. Pourtant,
Jésus nous attend tous.
Entretien : Joël Sandot ■
A\bec un Bac scientifique puis un BTS « Bio Analyses et Contrôles » (analyses biochimiques
et bactériologiques des eaux, des aliments, des plantes et des produits cosmétiques),
sui\bi d’une 3
e année de licence en Biologie Santé, Gaëtan Présent est a\bant tout un
homme de sciences que Dieu a appelé au sacerdoce. Il a tra\baillé un an au laboratoire
départemental d’analyses a\bant de partir au sé\’minaire.
Père Gaëtan Présent,
un scientifique qui devient prêtre
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 11
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 12
Agenda de l’Archevêque
Dimanche 25 octobre :
• 8h : Confirmation à la paroisse de De Briant
• 17h30 : Vêpres solennelles
à la cathédrale Saint-Louis
Du 26 octobre
au 28 novembre :
• (Visites et activités pastorales en Europe)
Du 3 au 8 novembre :
• Assemblée plénière des Evêques
de France à Lourdes
MARTINIQUE 40 €
GUADELOUPE 44 €
GUYANE 44 €
FRANCE et étranger 50 €
E g lise
en MARTINIQUE
LeChrist règne : et les chrétiens ?
N° 594REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €24 NOVEMBRE 2019
Hommage au père Filopon
Lire toute la Bible en une année (suite)
Qui soutient votre engagement ?Questionnaire de l'Avent
lise
MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE N° 594REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUELLE — 2,00 € 24 NOVEMBRE 2019 E g lise en MARTINIQUE
B onne décennie !
2020-2030
N° 597REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €5 JANVIER 2020
Hommage au père Filopon
Programme de Radio Saint-LouisUn chrétien peut-il utiliser les mots
vulgaires quand tout le monde le fait ?Centenaire du 14 janvier Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE
FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon,
accompagné de votre règlement à :
Eglise en Martinique
Boîte Postale 586
97207 FORT de France CEDEX
E g lise
en MARTINIQUE
LeCCCCCCCCCCCCChrist règne : et les chrétiens ? Christ règne : et les chrétiens ? CChrist règne : et les chrétiens ? C
Lire toute la Bible en une année Lire toute la Bible en une année (suite)
Qui soutient votre engagement ?Qui soutient votre engagement ?Qui soutient votre engagement ?Questionnaire de l'AventQuestionnaire de l'Avent
hrist règne : et les chrétiens ?
(suite)
BBBB onne décennie !
2020-2030
Programme de Radio Saint-LouisProgramme de Radio Saint-LouisUn chrétien peut-il utiliser les mots Un chrétien peut-il utiliser les mots vulgaires quand tout le monde le fait ?vulgaires quand tout le monde le fait ?Centenaire du 14 janvier Centenaire du 14 janvier
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Ou en sommes-nous par rapport à la pratique des rituels autour de la mort à la Martinique ?
DE LA MORT À LA VI\nE DOSSIER
Après la célébration de tous les saints connus et inconnus le 1er
no\bembre, l'Eglise catholique met tous les défunts au coeur de sa prière
liturgique le lendemain. Le 2 no\bembre, en effet, est à la fois une journée
de commémoration de nos fidèles défunts, et une journée d'intercession.
Elle nous rappelle la mort de nos proches, mais aussi notre propre mort.
Le dossier que propose Eglise en Martinique intitulé "De la mort à la
\bie" nous permet d'a\boir, entre autres, le regard croisé d'un sociologue,
d'un psychologue clinicien et d'\’un prêtre sur notre rapport à la mort.
L
a question de notre relation à
la mort ou plus précisément
de nos pratiques concernant
les rituels entourant la mort demande
une étude plus en profondeur, ce qui
malheureusement ne sera pas le cas
pour des raisons multiples. Nous nous
contenterons de donner quelques
repères, à partir des faits vécus par tout
un chacun au moment du décès d’un
proche d’hier à aujourd’hui.
Combien de fois avons-nous entendu
dire par des parents plus âgés que
« ce n’était pas comme ça qu’on faisait
lorsque M. ou Mme untel était mort ! », et
le fameux « An tan mwen… », insistant
sur les changements en cours au niveau
des rituels entourant la mort.
I- De la mort de M. Médouze
et man Tine à celle de misié
Antoine en 1999
Dans le film « Rue Case Nègres »
de Joseph Zobel, Euzhan Palcy, la
réalisatrice insiste sur la solidarité qui
se manifeste dès le décès d’un proche et
nous avons en mémoire ces images, où
tout le quartier converge vers la maison
du défunt. Dès cet instant, le mort ainsi
que ses proches seront entourés par le
voisinage, entre prières et « Yé Krik, Yé
Krak… », où le conteur, accompagné de
tambours et autres instruments locaux,
retrace le vécu du disparu. Ce moment
se caractérise par cet esprit de fête, où
la nourriture est offerte, la fameuse
soupe ainsi que les boissons (surtout
le rhum) dont l’objectif est de soutenir la
famille du défunt jusqu’à l’enterrement
le lendemain. Nous sommes ici dans
l’univers de la plantation.
Avec la crise sucrière, le développement
économique plus particulièrement de
la société de consommation et une
nouvelle forme d’habitat (cités, maisons
individuelles, villas...), la pratique des
rituels autour de la mort s’adapte à cet
environnement. La veillée se déroule
toujours chez le défunt ou à défaut un
lieu proche (capable de recevoir les
amis) avec un rituel en deux temps : la
séquence prière d’abord, puis le conteur
enchaine.
Le caractère festif comme soutien à
la famille demeure, de même que le
service soupe et les boissons, y compris
Notre rapport à la mort
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 14
le rhum. L’enterrement, le lendemain
dans les 24h, car la conservation des
corps ne permet pas d’aller au-delà
malgré quelques techniques héritées
de la plantation.
L’apparition des hôpitaux avec morgue,
comme l’hôpital Clarac, l’hôpital Civil
et plus tard le Lamentin transformera
la relation aux rituels. La possibilité de
conservation du corps est allongée,
mais surtout le mort est « enlevé » à
ses proches et restitué pour la veillée
et l’enterrement le lendemain. Les
« Yé Krik, Yé Krak » commencent à
disparaitre car il y a de moins en moins
de conteurs dans ces villes modernes.
Les années 90 marquent un tournant
avec la présence des morgues
(capacités plus grandes), à cela s’ajoute
une réglementation de plus en plus
contraignante en matière d’hygiène et
de santé publique. La vie en cité, comme
ailleurs dans les villes (phénomènes
d’urbanisation même en commune)
rend impossibles les veillées d’hier avec
conteur ! Certaines familles (très peu)
font de la résistance, en voulant que
le défunt soit présent à son domicile
pour la veillée. Nous sommes dans la
phase d’une certaine adaptation entre
pratiques traditionnelles aux rituels et
les contraintes de la modernité dans la
période 1990-2010.
II- À l’ère des maisons funé-
raires et de la clé USB /
l’écran plat
Un changement dans la pratique
aux rituels de la mort est un fait
indéniable. Cela ne signifie pas pour
autant une rupture totale avec, au
moins, un élément structurant de
notre relation à la mort : le soutien.
Cette présence physique auprès de la
famille du défunt qui transcende les
générations. Cet aspect, soutien qui
domine dans nos fêtes mortuaires,
ne doit point occulter l’importance
des retrouvailles, pour les familles
éparpillées, les amis dispersés, pour
des raisons économiques ou/et
professionnelles. Le mort devient un
vecteur de rassemblement comme
jadis sur les plantations, « Antan
Siméon, Man Tine, misié Médouze »
où, tous convergeaient vers la case
du défunt en signe de réconfort, aussi
bien à la veillée qu’à l’enterrement.
Le soin porté à la tenue vestimentaire,
exprimait tout le respect et l’estime
que l’on portait au défunt. Il en est
de même aujourd’hui mais sur un
autre registre vestimentaire, le tee-
shirt avec la photo du défunt ou
un emblème qu’il affectionnait, sa
musique préférée, ou encore ses
passions comme chez les motards !
Les nouvelles réglementations et
l’évolution du droit funéraire, ont
transformé l’univers de la mort. Les
entreprises funéraires se livrent
une concurrence acharnée pour
conquérir davantage de parts de
marché. Eh oui, que de chemin
parcouru depuis la création de
l’espace funéraire de la Joyau,
véritable révolution à son époque,
avec ses box, permettant aux familles
de pouvoir « veillée » en toute
quiétude, sans déranger les voisins.
Ou encore ces salles funéraires
privées qui fleurissent sur l’ile aux
fleurs, avec des prestations utilisant
les mêmes stratégies commerciales
de la grande distribution.
Jadis la famille se chargeait de
toutes les démarches administra-
tives, médiatiques y compris de
l’office religieux. Aujour'hui, le
« prestataire », l’entreprise funé-
raire se charge de tout : à l’ère des
« packages » avec service de base et
les options !
J’ai eu plusieurs fois l’occasion
de participer aux cérémonies
funéraires de proches ou d’amis
dans des salles funéraires privées.
L’esprit de la veillée traditionnelle
demeure, mais à la place des
conteurs qui succédaient au temps
de la prière animée par un groupe
de « grandes personnes », se trouve
l’écran plat. Le vécu, les temps forts
du passage du défunt sur cette Terre,
défile en continue par l’entremise
d’une clé USB.
L’évolution de la société, de la
ruralité à l’hyper consommation, a
évidemment eu un impact sur la
pratique de nos rituels à la mort.
Nous assistons davantage à une
modification par adaptation de
certains rituels. En Martinique,
certains éléments comme la veillée,
véritable temps fort du rituel de
la mort, les moments de prière,
les moments de partage autour
de la soupe et des boissons, sans
oublier l’autre temps fort qu’est
l’enterrement, résistent tout en
évoluant avec son époque.
Guy-Albert Médec,
Sociologue
■
DE LA MORT À LA VI\nE DOSSIER
Page 15
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 15
L
’homme a un rapport différent
à la mort par rapport aux autres
êtres vivants.
La perte d’un être cher nous fait faire
l’expérience du chagrin, voire même de
la dépression quand la mort de cet être
cher n’est pas acceptée.
Emotionnellement, le deuil est une
grande souffrance intérieure, une
réaction douloureuse naturelle et
nécessaire suite à la perte d’un être
cher. Faire le deuil, c’est accepter le
caractère irréversible de la situation,
c'est-à-dire accepter la réalité de la mort
du proche. Réagir à la perte consiste en
un ajustement, une réadaptation à la
situation nouvelle.
Le travail de deuil se fera plus ou
moins en fonction du lien de
parenté avec le défunt, mais
également de la capacité
à rebondir de l’endeuillé,
des ressources internes
qu’il a pour donner du
sens à l’évènement. Tout
dépendra également du
soutien qu’il aura de son
entourage.
Traditionnellement, le travail de deuil se
faisait essentiellement avec l’entourage
proche qui vient soutenir, encourager.
Cette aide se concrétise autour de la
veillée, de la cérémonie funéraire, des
neuf jours de prière pour le défunt et la
messe de sortie qui se terminait par un
repas familial.
Aujourd’hui, le contexte sociétal a
fait changer les comportements et les
personnes endeuillées se trouvent
plus isolées et éprouvent le besoin
d’être soutenues, accompagnées dans
la gestion de cette épreuve qui est
une blessure. C’est pour cela que de
plus en plus, elles vont consulter un
psychologue pour les aider à élaborer
sur cette perte, dépasser la blessure
et l’accepter. Elizabeth Kubler-Ross,
psychiatre américain, soulignait qu’il
y a cinq étapes dans le travail de deuil :
Le déni, la colère, le marchandage
(avec la mort), la dépression et
l’acceptation.
Ce travail de deuil se fera plus ou moins
bien en fonction de ses ressources
personnelles. La foi étant une ressource
personnelle, elle permettra à l’endeuillé
de mieux assumer cette expérience en
lui donnant du sens : la vie après la mort
avec DIEU et la rencontre avec l’être cher.
C’est l’espérance chrétienne.
souligne Léon Robichaud.Tony Allaguy-Salachy
■
Communément, la mort est définie comme étant la
cessation de la \bie biologique. Mais qu’en est-il de
l’homme ? Quelle représentation a-t-il de la mort ?
Quelle expérience fait-il de la mort ? Comment fait-il
son deuil aujourd’hui ?
Faire son deuil aujourd’hui
‘‘
Pour qui a la foi, l’espérance fait
surface et devient une
disponibilité à l’avenir
‘‘
une blessure. C’est pour cela que de
Page 16
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 16
Il est normal de s’interroger sur la mort. C’est un sujet
qui fait peur, que l’on soit croyant ou non. Le Christ a dit :
« Je suis la résurrection et la \bie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, \bi\bra ; quiconque \bit et croit en moi ne mourra jamais »
(Jn 11,25-26).
I
l n’y a nulle part aucune autre
réponse quant à la vie après la
mort en dehors de cet espoir
que nous donne la Bible. Cela vaut le
coup d’ouvrir son cœur à Dieu. Mais
certaines questions taraudent encore
le cœur de l’homme et il est bon de s’y
arrêter un instant.
1. Nos morts font-ils partie de notre \bie de tous les
jours ?
Vous le savez, dans notre culture
catholique, on n’enterre pas les gens
n’importe où. Ils sont inhumés dans
un cimetière, lequel est bordé d’un
mur d’enceinte qui en fait le tour et,
en général, le portail du cimetière
est fermé le soir. Cela signifie que les
morts ont leur domaine et les vivants
le leur, et qu’ils n’ont pas de territoire
commun.
Nous nous souvenons également de
l’interdiction formelle d’invoquer les
morts dans le livre du Deutéronome.
Et dans le livre de Samuel, celui-ci
se plaint d’être dérangé dans son
« sommeil » par Saul par le biais d’une
nécromancienne.
Donc, a priori, le séjour des morts n’a
pas à entrer en contact avec le monde
des vivants.
Du reste, il peut y avoir une façon
morbide de fréquenter les morts. Des
personnes qui n'arrivent pas à faire
leur deuil et qui sont incapables de
saisir les nouvelles opportunités que
leur offre la vie.
Avec le Christ, il a des éléments
nouveaux qui apparaissent concernant
les morts : la notion de « Purgatoire »
même si le mot ne se trouve pas dans
le Nouveau Testament (mais nous y
reviendrons tout à l’heure) ; le fait
que Jésus affirme que les amis de
Dieu qui sont morts sont en réalité
toujours vivants pour lui. Et puis, par dessus tout, il y a l’événement de la
Résurrection. Jésus revient de chez
les morts, et il a désormais en lui une
vie qui ne peut plus mourir.
Désormais, nous comprenons que
tous ceux qui appartiennent au Christ
ressuscitent avec Lui : Saint Paul nous
dit : Si nous mourrons avec Lui, avec
Lui nous vivrons. Les amis de Dieu
sont désormais des super-vivants,
et comme tels, ils peuvent fortement
impacter notre vie. De fait, Jésus nous
dit : « Celui qui croit en moi, même
s’il meurt, vivra et celui qui vit et qui
croit en moi, ne mourra jamais ! » (Jn
11,25-26). Ainsi, la mort est vaincue
pour celui qui est dans le Christ. Par
conséquent, pour ceux qui sont morts
dans le Christ, il n’y a plus de séjour
des morts, mais le Séjour des Vivants
et la participation à la vie du Christ.
Alors…
La mort, un sujet qui fait peur !
DE LA MORT À LA VI\nE DOSSIER
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 17
2. Faut-il prier pour les morts ?
2 Maccabées 12 nous dit que prier
pour les morts est une pensée noble
et sainte inspirée par la perspective
de la Résurrection.
L’auteur de ce livre félicite ainsi Judas
Macchabées pour avoir pris l’initiative
de lever une collecte en vue des
sacrifices à Jérusalem pour les morts
tombés aux combats et qui s’étaient
souillés en portant sur eux des idoles
païennes.
C’est une indication scripturaire
importante de voir que chez nos
pères dans la foi, la prière pour les
morts était une réalité. On avait le
sentiment qu’il y avait des péchés
qui pouvaient être remis après la
mort. Il y a un autre élément encore
plus important puisqu’il provient
de la bouche du Sauveur lui-même
lorsqu’il dit : « le péché contre le Saint-
Esprit ne sera remis ni en ce monde
ni dans l’autre » (Mt 12,32). Ce qui
laisse entendre qu’il peut exister des
péchés qui soient rémissibles dans
l’autre monde. Donc, oui, il faut prier
pour les défunts pour les aider à se
purifier, mais nous reviendrons sur
ce point tout à l’heure.
Dans ce cas…
3. Où \bont les défunts ?
Ceux qui meurent dans
le Christ et ceux qui ne
meurent pas dans le
Christ.
Cherchant à répondre à votre
question, j’ai l’image de celui qui vient
de quitter la planche d’un sautoir ; il a
pris son élan, il s’est lancé, il a sauté…
Maintenant, où va-t-il atterrir ? Et bien,
sur un point qui se trouve dans l’axe
de sa course d’élan et qui dépend de
la vitesse et de la force avec laquelle
il a quitté la planche. D’une certaine
façon, on peut dire que le point
d’atterrissage du sauteur dépend
de lui, sauf qu’il pourra peut-être
bénéficier du vent, lequel pourra lui
donner plus de vitesse et l’emporter
plus loin.
Après notre mort, les choses sont
analogues. Là où nous irons dépend
de nos choix pendant notre vie, mais
aussi et surtout du vent de l’Esprit
qui ne manque jamais à ceux qui
l’invoquent. Les 3 points de chutes
sont connus : Enfer ; Purgatoire et Ciel.
L’enfer c’est le degré zéro de l’amour.
L’individu n’aime que lui-même ; il est
incapable d’aimer quelqu’un d’autre
– fusse sa mère. On ne progresse plus,
c’est la mort éternelle. Au ciel, l’Amour connaît une forme
d’incandescence ; c’est la plénitude
de l’Amour, le Sujet est dans la
communion parfaite avec Dieu est
toutes ses créatures spirituelles.
Comme quelqu’un qui inventorie un
trésor, il va de surprise en surprise, il
ne cesse de découvrir de nouveaux
aspects de l’amour de Dieu.
Entre les deux, il y a ce no-man’s land,
cet espace transitoire, où le sujet dont
le niveau d’amour est insuffisant pour
le Ciel, doit vivre un accroissement de
« sa température d’amour » jusqu’à
atteindre le niveau requis, celui de
l’incandescence et dès lors être en
mesure de rejoindre ceux qui sont
déjà dans la plénitude du Royaume.
Cette période de purification, ou
d’accroissement en amour si vous
préférez, peut bénéficier du soutien
à la fois de ceux qui sont déjà dans la
gloire et de nous autres qui sommes
encore en chemin. Le témoignage de
l’amour que nous avons pour eux et le
soutien que notre prière leur apporte
contribuent à les faire progresser dans
l’amour et les rapproche de la sortie
du Purgatoire.
Père Alain Ransay, curé de Bellevue ■
Le péché contre le
Saint-Esprit ne sera
remis ni en ce monde ni dans l’autre.
(Mt 12,32)
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 18
Patrick Valère, paroisse de Saint Joseph
Sainte Bakhita, Saint Maurice, Saint Isidore Bakanja, Sainte Anuarite Nengapeta, Saint Bénédict Daswa, Saint
Martin de Porrès, Saint Cyprien Michael Tansi, Saint Raphaël Rafiringa, Martyrs du Botswana, Martyrs de
l’Ouganda, et tant d’autres inconnus.
Ce sont évidemment des exemples qui nous permettent de nous rendre compte que la sainteté est \
accessible
aux prix d’efforts, mais au travers de choses toutes simples et pas forcément spectaculaires. Mais même cela
m’encourage à travers un mécanisme d’identification et confère une grande fierté. Ce serait dommage de
tomber dans le piège de la distinction liée aux couleurs de peau e\
t perdre de vue l’essentiel : l’inégalité devant
Dieu. « Mes frères et mes sœurs sont ceux qui écoutent la parole de mon Père et la mettent en pratique » tous
appelés à être saints comme le Père et le Fils et l’Espri\
t sont saints et cela transcende toutes les considérations
de nationalité ou d’origine de classe sociale ou de couleur de pea\
u.
Le manque de visibilité peut alimenter une certaine forme d’animos\
ité et qui peut inciter les gens à perdre
confiance dans ce message d’universalité.
Deux pistes d’explication. La première est en lien avec une volonté délibérée de nier cette universalité impliquant
la richesse et cette beauté auxquelles participent tous les peuples du monde. En imposant l’Europe comme le
seul modèle de culture et de civilisation. La seconde réside en une forme de plus d’oppression et\
de négation des
peuples noirs avec une volonté délibérée de garder dans l’oubli leurs symboles et modèles positifs tous azimut.\
Je pense que cela malgré tout n’a pas d’influence sur notre foi\
qui est une foi intelligente fondée sur l’essentiel :
le message et la personne du Christ. Après, les modèles positifs peuvent aider à renforcer les fondamentaux.
Mme Mesnil, Mme Mauny, Monsieur Saé ce sont des militants, des personnes qui ont tracé \
la voie.
Le mot du Père Jean Michel Monconthour
L'Eglise reconnaît les signes de la sainteté divine qui se manifestent dans la vie des hommes quelles que soient
leurs origines "ethniques". Les hommes de toutes les nations affluent, "Ils ont lavés leur robe dans le sang de
l'agneau " (Ap 7). Ces chrétiens d'origine africaine ou autre, qui ont accueilli le\
Christ, sont des Martyrs de la
foi et donnés en exemple à tous dans l'Eglise universelle. Cette reconnaissance officielle de l'Eglise confirme
ce qui est annoncé dans le livre de l'apocalypse et célébré à la Toussaint. La sainteté est vraiment pour tous.
La présence des Saints d'origine non européenne dans notre pratiqu\
e religieuse en Martinique dépend de nous,
de notre capacité à nous ouvrir à eux, à nous les représe\
nter par notre travail spirituel et artistique. Il y a nécessité
d'une production d'informations et de supports adaptés à notre ré\
alité culturelle pour leur vénération. Nos artistes
trouveront dans la méditation de leur vie sainte une source de salut et d'\
inspiration pour un développement de
l'art sacré dans notre Diocèse. Ce travail est aussi une réponse au besoin d'expression d'une foi authentique. Il
est une parole d'ici, locale, qui doit contenir à la fois la Parole de Dieu, la réponse des Saints, et notre expression
propre. Tout cela doit nous faire entrer un peu plus chaque jour dans la Sainteté de Dieu.
Des hommes et des femmes d'ici, ces enfants de la Martinique, qui ont reçu ou reçoivent le baptême sont sacra-
mentellement des témoins de la sainteté de Dieu. Il nous appartient de poser sur eux notre regard intéressé, en quête
de signe, recherchant Dieu et sa miséricorde qui s'offrent à nous par leur vie. Et pour tous ceux-là qui, avec leurs
faiblesses ont répondu Oui à l'appel du Seigneur et qui font l'effort quotidien de s'y conformer, nous bénissons Dieu.
Propos recueillis par Nicole Chésimar ■
Lina Paviot, paroisse du Vauclin
Je connais Sainte Bakhita, Saint Charles
Lwanga.
Ils sont si peu nombreux au panthéon des
Saints. Ils représentent ma famille : mes
ascendants inévitablement. Mais aussi la
providence et la miséricorde divine.
Malheureusement, il faut s’interroger sur
la manière dont est fait le choix de mon-
trer, de promouvoir le Saint noir. Est-ce la
décision de l’homme sans prière préalable,
sans discernement (avec ses préjugés et des
jugements) ou est-ce la volonté divine ?
Je ne pense pas que cela entache notre foi
puisque la foi est un don de Dieu. Mais
il serait nécessaire d’être en vérité sur les
attitudes passées antichrétiennes de l’Eglise
(injustice, impartialité, manque d’amour...).
Il y a moins de 100 ans, certains bancs des
églises, notamment en Martinique, étaient
réservés par famille, par classe sociale. Il
serait nécessaire de demander pardon à
Dieu pour ces attitudes anti chrétiennes (JE
demande pardon).
Il est donc plus intéressant de présenter, de
faire connaitre nos saints noirs par une cam-
pagne de recherche et de communication.
Les potentiels saints martiniquais : Eugène
Mona- Monseigneur Macaire.
Monique Sylvain, paroisse de Saint Joseph
Je connais Sainte Bakhita
Cette dernière représente pour moi la
confiance absolue en Dieu et l’espérance de
le voir un jour en son paradis. Dieu n’aban-
donne jamais ses enfants.
Au contraire ce sont des exemples qui nous
permettent nous aussi de nous engager sur
le chemin de la sainteté. Sainte Bakhita a
déjà été honorée. Il y a même un film qui
retrace sa vie.
Je pense à Laure Sabès qui est née en
Martinique et qui a fondé les domini-
caines missionnaires de Notre Dame de la
Délivrande, première congrégation compo-
sée de membres de couleur. Laure Sabès s’est
mise au service des indigents, des migrants et
des plus pauvres. Ce sont des valeurs plus que
jamais nécessaires dans les temps difficiles
que nous vivons. Mireille Duboyer Marie Sainte, paroisse de Ducos
Sainte Bakhita. La présence de ces saints noirs prouve l’universalité de l’Eglise.
Probablement parce qu’ils sont méconnus dans leurs pays d’origi\
ne. Et que l’Eglise ne les met pas à l’honneur.
Ce manque de visibilité a probablement une influence sur notre foi lo\
rsqu’on attache de l’importance à l’en-
veloppe charnelle. Mais ceux qui attachent de l’importance à l’â\
me savent qu’il existe de bonnes âmes en tous
lieux et en toute race, dans toutes les bergeries.
Oui il faut les présenter et les faire connaitre afin qu’ils puissent servir de modèles à notre jeunesse.
Oui mais c’est une âme qui n’avait pas de pratique religieuse : Aimé Césaire. Il a toujours eu le souci de servir
le peuple. Et ma grand-mère maternelle qui ne savait ni lire, ni écrire mais qui m’a transmis sa foi inébranlabl\
e.
? Questions
➊ Connais tu des saints noirs ?
➋ Que représente pour toi ces Saints noirs au panthéon des Saints ?
➌ Pourquoi ces Saints ne sont-ils pas visibles ? Ce manque de visibilité n’a-t-il
pas une influence sur notre foi ? Ne serait-il pas intéressant de les présenter
de nos jours ?
➍ Y a-t-il en Martinique des hommes et des femmes qui ont été des chemins ou des signes de sainteté pour toi ?
‘‘ AN TCHÈ
LÉGLIZ-LA
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2020 – n° 608 19
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\’ MARTINIQUE
Ser\bice legs et donations
Arche\bêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Ré\bérend Père PinchonBP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\’X
Téléphone : 06 96 3\’10 333 - E-mail : m\’ichel.pouch@wanadoo.fr
oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer
sur les possibilités de legs, donations et assurances\bvie à l’Association Diocésaine.
oui ,je souhaite être contacté pour un rendez\bvous au Service des legs et
donations ou à mon \Sdomicile.
LÉGUEZ
à l’ Église catholique
L’espérance en héritage
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MEDIAS
Dimanche 25 octobre 2020
Trop d'obèses Outre-mer, pourquoi ? Rediffusion
Pourquoi le nombre de personnes obèses est plus élevé dans nos territoires d’Outre-mer qu’en hexagone ? Comment
sont perçues les personnes en surpoids dans nos sociétés ? Qui sont les personnes les plus touchées par l’obésité ?
Cette semaine, Dieu m’est témoin, a choisi de s’interroger sur ce fléau qui progresse. Nous recevrons Christophe Serra-
Mallol, enseignant-chercheur en sociologie et anthropologie à l’université de Toulouse et auteur du livre « Nourritures,
abondance et identité ». Il nous expliquera pourquoi en Polynésie, tout particulièrement, les enfants sont en surpoids.
Nous suivrons le Dr Jean-Louis Boissin, endocrinologue et diabétologue, dans ses actions de lutte et de prévention contre
l’obésité en Polynésie. Nous verrons que pour lui, les Eglises doivent se saisir de ces questions de santé publique.
Nous irons également en Martinique suivre une patiente qui a décidé de perdre du poids. Elle a choisi de se faire
accompagner par les professionnels de la Valériane, un centre de convalescence et de diététique à Trinité.
Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.
L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
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T rès belle solennité, dans l’Église. Fêtée le 1 er Novembre.
O rientant, nos cœurs et nos prières, vers Dieu, Son Royaume et Ses \
saints.
U nissant, les rachetés de la Terre, aux Élus connus ou inconnus du Ciel.
S ollicitant, leurs bénédictions et leurs intercessions.
S uscitant notre ferveur, notre louange, notre action de grâce.
A ffermissant, notre unité et notre communion.
I nclinant nos âmes, devant leur Amour, leurs mérites, leurs vertus.
N ous exhortant, humblement, à les imiter.
T out le long de notre pèlerinage terrestre.
Myrianne (Paroisse de Saint-Esprit)
