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E g lise
en MARTINIQUE
Une E glise engagée...
N° 609
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
8 NOVEMBRE 2020
Hommage au père Filopon
Le pape et
la question homosexuelle :
explication de l'Evêque
Dossier : l'action des catholiques
dans la Société
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23 « V
eillez donc, car vous ne savez ni le jour ni
l'heure » (Mt 25, 13).
En ce 32
e dimanche ordinaire, la liturgie nous
invite à la vigilance. Elle nous interpelle sur notre capacité à\
nous préparer pour la rencontre avec le Christ. Avons-nous
de l’huile dans nos lampes ? Sommes-nous des chrétiens en
sommeil spirituel ?
Nous le savons, la foi passe par l’intermédiaire de nos frères,\
en
Eglise. C’est en Eglise qu’il convient de nous ressourcer pour
tenir nos lampes allumées.
Comme le dit notre archevêque, « Ne nous éloignons pas de
notre Eglise… « La (seule) solution... pour vaincre le mal »
quel qu’il soit, c’est de « retourner massivement à l’Egl\
ise ! ».
Le 15 novembre prochain, 33
e dimanche ordinaire, ce sera la
4
e édition de la Journée mondiale des pauvres instituée par le
pape François. Le Saint-Père nous exhorte à « Tendre la main
au pauvre » (Si 7, 32). Reconnaître sa pauvreté évangél\
ique,
aide à reconnaître et aider le pauvre, insiste le pape.
Dans cette édition, vous trouverez une interview de
Mgr Macaire donnée sur Radio Saint-Louis, dans « La question
du dimanche » du 25/10/2020. Elle fait suite à la polémique
soulevée sur les réseaux sociaux par les prises de position du
pape François quant aux personnes homosexuelles. L’évêque
affirme qu’aucune société n’a, par elle-même, le droit de choisir
entre les personnes « à aimer » et celle « à mépriser \
». Au Nom
de Jésus, l’Église doit se battre pour le droit de toutes les p\
ersonnes
sans distinction.
Notre Eglise s’est toujours engagée au sein de la société. D\
es
prêtres ont été acteurs de la vie de la cité, tant sur le pl\
an social
que culturel. Quelques-uns font l’objet de notre dossier intitulé
« Une Eglise engagée… ».
Que veut dire « être pauvre» ? Sommes-nous solidaires entre
pauvres ? et avec les pauvres ? Tendons-nous la main à l’autre ?
Ce sont les questions posées dans la rubrique « An tchè
Légliz-la ».
Nous sommes tous des pauvres au cœur de l’Eglise… Demandons
à Dieu la persévérance spirituelle.
Bon dimanche à tous !
Justine Lordinot ■
S ommaire
EDITORIAL
EDITORIAL
MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
• La Parole Dominicale
• Des acteurs \be l’Action \be l’Eglise catholique en Martiniq\nue
Voir –Juger –Agir
- Père Gaston Jean-Michel
- Abbé Jean Morlan\b
- Abbé Georges Zaïre
- Abbé Jean Vincent N’Goma
• Que veut \bire « être pauvre pour toi » ?
• Sommes-nous soli\bair\nes entre pauvres ? et avec les pauvres ?
• Est-ce que je ten\bs la main à l’autre ?
• Pourquoi a-t-on instauré la Journée \bes pauv\nres ? • Zoom sur la Post-Confi rmation
• Conseil Pastoral Diocésain Construire \bes ponts plutôt que\n \bes murs…
• Le Pape et l’accueil \bes personnes homosexuelles
• Rézonans, 2
eme festival \b’art sacré
• Société \be Saint Vincent \be Paul
• La (seule) solution... !
• Message \bu pape F rançois
4
ème Journée Mon\biale \bes Pauvres
2
3
rançois
EGLISE UNIVERSELLE
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AN TCHÈ LÉGLIZ\bLA 18
Dossier : UNE EGLISE ENGAGÉE
MÉDIAS 19
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13
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 3
MOT DE L’ÉVÊQUE
M
algré les innombrables
attentats de ces 40
dernières années, les
bombes, les mitraillettes, les
pistolets, les camions béliers ou
les armes blanches… la méthode
efficace pour éradiquer le fléau
terroriste n’est pas trouvée !
Chaque gouvernement promet sin-
cèrement des solutions radicales :
grandes déclarations, lois de ren-
forcement de la laïcité, émissions de
télé, articles de presse, cours d’édu-
cation civique, livres de caricatures
(!), cérémonies d’hommage, mani-
festations de rue indignées, rapports
des Renseignements généraux, arme-
ment des polices, actions de justice,
expulsions ou emprisonnements…
Mais pense-t-on vraiment que tout ça
va permettre de vaincre la barbarie
des idéologies politico-religieuses !?
Ces réponses républicaines ont le
mérite de tenter l’impossible, mais
elles sont limitées par le principe de
liberté. Il faudra donc choisir entre
liberté et sécurité.
Un peu comme cette dame d’un
quartier « chaud ». Depuis que des
cambrioleurs avaient dépouillé
son appartement, elle avait installé
des barreaux partout et ne sortait
plus. Elle était en sécurité mais
avait perdu sa liberté. Eh bien, si
ce climat de violence terroriste se
perpétue, le monde politique n’aura,
à terme, d’autres solutions que la
violence publique et l’abolition des
libertés individuelles (notamment
religieuses). Certains prônent déjà
des chemins totalitaires.
Il existe cependant une solution
populaire, non-violente et radicale
pour vaincre le mal ! Une solution
non pas politique, mais spirituelle,
religieuse et, plus précisément,
chrétienne et catholique : retourner
massivement à l’Eglise 1 !
Il faut être aveugle pour ne pas
constater que la montée des
terrorismes, des xénophobies et des
séparatismes de toute sorte est liée à
l’éloignement progressif mais radical
de la foi et des pratiques de l’Eglise
catholique. De la Gauche à la Droite,
des journalistes aux enseignants,
des artistes aux syndicalistes, des
communistes aux capitalistes, la
plupart des milieux qui font l’opinion
a cédé à l’idéologie anticatholique,
issue en grande partie de la franc-
maçonnerie » (affirmation de Alain
Bauer, ancien grand-maître, sur
C-News le 25 Sept 2020). On a voulu
détruire le substrat judéo-chrétien
de notre civilisation. Les soi-disant
lois éthiques ont créé une civilisation
sans église et sans morale, une
société du chacun pour soi, sans foi
ni loi, qui ne peut inspirer le respect
et constitue un terreau idéal pour les
idéologies politiques, économiques
et religieuses les plus violentes. « Si
vous ôtez la foi au peuple, vous
n’avez que des voleurs de grand
chemin », disait Napoléon pourtant
athée et païen (aujourd’hui on dirait
« des extrémistes »).
En ignorant la Parole de Dieu et
l’enseignement de l’Eglise, en n’allant
plus à la messe, en faisant de la foi
une chose privée et individuelle, en
dispersant les croyants, en justifiant
les choix éthiques les plus égoïstes,
les forces politiques et culturelles
alliées aux puissances d’argent ont
cru récupérer le pactole moral de
l’Eglise. Malheureusement, elles ont
juste ouvert une voie liberticide à tous
les terrorismes : du harcèlement de
la petite écolière par ses camarades,
au couteau de l’islamiste, en passant
par les pressions au travail, les
féminicides, ou l’hooliganisme dans
les stades, etc.
La solution : retourner à l’Eglise !
Elle est notre protection, c’est d’elle
que nous tenons l’ADN de Liberté,
d’Egalité et de Fraternité, elle est
nous-mêmes. Ne vous éloignons
pas de notre Eglise, n’enseignons
pas à notre jeunesse à le faire… le
monde sans la foi chrétienne n’est
pas beau. Et j’ai bien peur que sa fin
soit triste. Pli ta pli tris !
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
La (seule) solution... !
1 Ep 6, 1118 -) Revêtez l’équipement de
combat donné par Dieu, pour tenir contre
les manœuvres du diable. Car nous ne luttons
pas contre des êtres de sang et de chair, mais
contre les esprits du mal. Prenez l’équipement
de combat donné par Dieu pour résister au
malheur et tenir bon. : le ceinturon de la vérité,
la cuirasse de la justice, chaussés de l’ardeur à
annoncer l’Évangile de la paix, le bouclier de
la foi, pour éteindre les flèches enflammées
du Mauvais, le casque du salut et le glaive de
l’Esprit : la parole de Dieu. En tout temps, restez
éveillés, soyez assidus à la supplication.
2 Ce qui sert de support, ce sans quoi une réalité ne saurait exister.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 4
EGLISE UNIVERSELLE\n
«T
ends ta main au pauvre »
(Si 7, 32). La sagesse
antique a fait de ces
mots comme un code sacré à suivre
dans la vie. Ils résonnent encore
aujourd’hui, avec tout leur poids de
signification, pour nous aider, nous
aussi, à concentrer notre regard sur
l’essentiel et à surmonter les barrières
de l’indifférence. La pauvreté prend
toujours des visages différents qui
demandent une attention à chaque
condition particulière : dans chacune
d’elles, nous pouvons rencontrer le
Seigneur Jésus qui a révélé sa présence
dans ses frères les plus faibles (cf.
Mt 25, 40).
Prenons entre les mains le texte du Livre
de Ben Sira, un des livres de l’Ancien
Testament.[…] Dès les premières
pages, le Livre de Ben Sira donne des
conseils sur de nombreuses situations
concrètes de la vie, et la pauvreté en
est une. Il insiste sur le fait que, dans
le besoin, il faut avoir confiance en
Dieu […]
Page après page, nous découvrons un
précieux recueil de suggestions sur la
façon d’agir à la lumière d’une relation
intime avec Dieu, créateur et amant de
sa création, juste et providentiel envers
tous ses enfants. La référence constante
à Dieu, cependant, n’empêche pas
de regarder l’homme concret, bien
au contraire, les deux choses sont
étroitement liées.
Ceci est clairement démontré par
l’extrait biblique dont le titre de ce
Message est tiré (cf. 7, 29-36). La prière
à Dieu et la solidarité avec les pauvres
et les souffrants sont inséparables. […]
Avoir le regard tourné vers le pauvre est
difficile, mais plus que jamais nécessaire
pour donner à notre vie personnelle et
sociale la bonne direction. Il ne s’agit pas
d’exprimer beaucoup de paroles, mais
plutôt d’engager concrètement la vie,
animée par la charité divine. Chaque
année, avec la Journée Mondiale des
Pauvres, je reviens sur cette réalité
fondamentale pour la vie de l’Église,
parce que les pauvres sont et seront
toujours avec nous (cf. Jn 12, 8) pour
nous aider à accueillir la présence du
Christ dans l’espace du quotidien.[…]
Tendre la main fait découvrir, avant tout
à celui qui le fait, qu’existe en nous la
capacité d’accomplir des gestes qui
donnent un sens à la vie.[…]
Tendre la main est un signe : un signe qui
rappelle immédiatement la proximité,
la solidarité, l’amour. En ces mois où le
monde entier a été submergé par un
virus qui a apporté douleur et mort,
détresse et égarement, combien de
mains tendues nous avons pu voir !
La main tendue du médecin qui se
soucie de chaque patient en essayant
de trouver le bon remède. La main
tendue de l’infirmière et de l’infirmier
qui, bien au-delà de leurs horaires
de travail, sont restés pour soigner
les malades. La main tendue de ceux
qui travaillent dans l’administration
et procurent les moyens de sauver le
plus de vies possibles. La main tendue
du pharmacien exposé à tant de
demandes dans un contact risqué avec
les gens. La main tendue du prêtre qui
bénit avec le déchirement au cœur. La
main tendue du bénévole qui secourt
ceux qui vivent dans la rue et qui, en
plus de ne pas avoir un toit, n’ont rien
à manger. La main tendue des hommes
et des femmes qui travaillent pour offrir
des services essentiels et la sécurité.
[…]Toutes ces mains ont défié la
contagion et la peur pour apporter
soutien et consolation. […]
« Tends la main au pauvre », est donc une
invitation à la responsabilité comme
engagement direct de quiconque se
sent participant du même sort. C’est une
incitation à prendre en charge le poids
des plus faibles[…]
« Tends la main au pauvre » fait ressortir,
par contraste, l’attitude de ceux qui
tiennent leurs mains dans leurs
poches et ne se laissent pas émouvoir
par la pauvreté, dont ils sont souvent
complices. L’indifférence et le cynisme
sont leur nourriture quotidienne. […]
« Quoi que tu fasses, souviens-toi que ta
vie a une fin » (Si 7, 36). C’est l’expression
par laquelle le Livre de Ben Sira conclut
sa réflexion.[…]
Même un sourire que nous partageons
avec le pauvre est source d’amour et
permet de vivre dans la joie. Que la
main tendue, alors, puisse toujours
s’enrichir du sourire de celui qui ne
fait pas peser sa présence et l’aide qu’il
offre, mais ne se réjouit que de vivre à
la manière des disciples du Christ. […]
François ■
MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
15 novembre 2020, 33 ème dimanche du Temps Ordinaire
4
ème
Journée Mondiale des Pauvres
« Tends ta main au pauvre » (Si 7, 32)
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 55
Dimanche 8 novembre \b0\b0
la P arole Dominicale
32 ème dimanche du Temps Ordinaire - Année A
C
hers frères et sœurs en Christ,
bien-aimés de Dieu,
L’évangile de ce 32 ème dimanche A nous
invite à la vigilance en même temps qu’il
réaffirme l’amour de Dieu pour son
peuple et pour chacun de nous. Dieu
aime son peuple comme un époux aime
son épouse. Jésus nous invite par cette
parabole à rester éveillés et vigilants
comme la fiancée qui attend son bien-
aimé. Comment gérer ce temps d’attente
avec nos lampes et nos réserves d’huile
en cette vie que symbolise la métaphore
de la nuit des noces ? Comment ne pas
aussi s’interroger sur l’attitude de ces
cinq jeunes vierges qui ne partagent
pas leur huile avec les autres ?
L’image des noces rappelle celles de
Dieu avec son peuple qui préfigurent
l’alliance nouvelle et éternelle qui
s’accomplit en Jésus. Cette parabole
s’actualise également pour nous les
chrétiens qui attendons la venue du
Christ. Cette venue toujours annoncée
est encore attendue de nos jours. Nous
ne connaissons ni le jour ni l’heure.
En nous exhortant à la vigilance, Jésus,
par cette parabole, nous donne aussi
une illustration allégorique du
jugement dernier. Aussi longue
que l’attente puisse paraître,
le chrétien doit apprendre à
être dans l’attitude de veille
jusqu’à la venue du Seigneur,
et à faire preuve de ponctualité.
Car le jugement dernier basé sur
l’amour porte sur cette capacité
que Dieu attend du chrétien à être constant dans la foi. Il ne s’agit
pas d’avoir été chrétien ou d’avoir été
baptisé au temps de tel ou tel prêtre
ou évêque du passé. Il nous faut alors
l’être dans l’aujourd’hui de notre vie,
et de l’être toujours.
Nous ne saurions ignorer le danger
de l’assoupissement qui guette tout
chrétien. « Comme l’époux tardait, elles
s’assoupirent toutes et s’endormirent »,
Saint Augustin commentant cet évangile
écrivait : « Puisqu’il nous faut nous
endormir, comment veiller ? Veille
par le cœur, veille par la foi, veille
par l’espérance, veille par la charité,
veille par les bonnes œuvres ; si
corporellement tu t’endors, comme
le veut la nature bientôt sonnera le
réveil. A ce réveil, prépare ta lampe :
qu’alors elle soit brillante, entretenue
par l’huile d’une bonne conscience :
alors l’époux céleste te prendra dans un
embrassement immortel, il t’introduira
dans sa demeure où tu ne dormiras plus,
où jamais ta lampe ne pourra s’éteindre.»
La parabole s’achève par un double
refus : celui des prévoyantes de
partager leur huile, et celui de l’époux
d’accueillir les insouciantes. Cette huile
symbolise l’amour que nous avons pour
Dieu et pour le prochain. Il ne fait aucun
doute que l’amour est cette huile qui
fait briller cette lampe. Les Pères de
l’Église associaient aussi cette huile à
l’Esprit du baptême qui illumine. Il est
interprété comme la source de la foi,
de l’espérance, et considéré comme la
petite flamme de l’amour qui nous fait
désirer et attendre la venue du Seigneur.
Ainsi symbolisée, on comprend que
cette huile ne peut être partagée. Elle
relève de l’ordre qualitatif et non
quantitatif. Elle exprime une attitude
intérieure propre à chacun qui ne peut
que se manifester. A travers ce passage
de l’évangile apparaît en filigrane l’idée
selon laquelle « on partage ce qu’on a ;
on ne partage pas ce qu’on est ». On ne
peut donner sa gentillesse à quelqu’un
d’autre. Mais on peut la manifester à
l’autre. Il y a des choses que malgré
notre bonne volonté nous ne pourrons
jamais réaliser à la place de l’autre. En
revanche, nous pouvons l’aider par
nos actes, nos paroles et nos prières à veiller et à être prêts pour le jour du Seigneur.
Veillons et prions les uns pour les autres pour que le Jour du
Seigneur ne nous surprenne
pas.
Père Crépin Hounza,
Curé des Trois-Ilets
■
Sagesse 6,12-16 • P\osaume 62 • 1 T\ohessaloniciens 4,1\b-18 •\o Matthieu 25,1-\o1\b
LITURGIE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 6
Mais Jésus les fit venir à
lui en disant :
« Laissez
les enfants venir à moi, et ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »
Luc 18,16-17
L
a Post-Confirmation, c’est d'abord
une volonté diocésaine de
l'évêque pour les jeunes de 14 à 18
ans. Elle a pour but de tendre la main aux
confirmés afin de poursuivre l'aventure
avec le Christ, en montrant Jésus à travers
les différentes rencontres annuelles.
Cette initiative leur permet de mieux Le
connaître et Le montrer aux autres par
l'écoute, la prière, la réflexion, le partage
d'informations et d'évènements.
Les jeunes de la Post-Confirmation, par
l’âge, ne sont pas si petits puisqu’ils
ont entre 14 et 18 ans. Mais ce sont de
très jeunes missionnaires, par leur
récente Confirmation. Ces nouveaux
missionnaires veulent eux aussi aider à
la moisson, et ils ont déjà montré par leurs
actions qu’ils aiment leur Église et qu’ils
peuvent faire Église… De plus, malgré
la « Tempête » de la Covid-19, ils sont là,
présents, et n’attendent que le feu vert
pour partager sur des thèmes qu’ils ont
choisis, et sur des questionnements qu’ils
n’ont pas pu aborder lors des années KT,
et qu’ils souhaitent résoudre pour vivre
amplement leur rôle de missionnaires.
En 2020, nous avons travaillé en priorité
sur les grandes questions que se posent
les jeunes, et aussi sur la main tendue
aux plus jeunes avec les « parrains »
et « marraines ». Cette année, les post- confirmés veulent aller encore plus loin
dans l'aventure à la suite du Christ… « Yo
pran gou
1». Ils veulent aussi débattre sur
leurs questionnements avec les nouveaux
petits frères et petites sœurs, et mener
plus d’actions. Déjà, aller au plus près des
pauvres : Les actions commenceront lors
de la Semaine en faveur des pauvres, puis
continueront durant toute l’année.
Un autre projet en attente depuis deux ans
est programmé cette année : le pèlerinage
de Notre-Dame de la Délivrande du
Morne-Rouge. La Post-Confirmation de
Balata et celle du Morne-Rouge sont sur
les starting-blocks en bâtissant petit à petit
le projet.
Enfin, le 17 octobre à l’église Emmaüs, les
grands frères et les grandes sœurs des
différentes post-confirmations ont été
envoyées par Mgr David Macaire avec
leur lettre de mission. Certains parents
on fait le déplacement afin d’assister
avec émerveillement à cet évènement
qui donne beaucoup de crédibilité à ces
jeunes, et montre surtout aux membres de
l’Eglise que les jeunes aussi sont appelés
par le Christ à la Moisson.
M. Frédéric felixine
Animateur diocésain de la Post-Confirmation
■
VIE DU DIOCÈSE
Zoom sur
la Post-Confirmation
1 Ils ont pris goût.
Photos prises avant la pandémie du Coronavirus
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 7
Le samedi 17 octobre 2020, de 8h\b0 à 12h, s’est tenu le Conseil Pastoral Diocésain au
foyer de l’Espérance, en présence de Mgr David Macaire. Organisé par le nouveau vicaire
épiscopal, le père Gilles Aïzo, curé de Sainte-Marie, cette rencontre a été l’occasion de
réunir les responsables des 12 grandes pastorales d’ensemble et tous les groupes les
constituant, pour entrer ensemble dans le nouveau plan pastoral, CAP 2025.
L
’idée force est d’œuvrer pour
la mission en construisant des
ponts plutôt que des murs.
Environ 120 personnes ont participé aux
activités dans le strict, dans le respect
des règles sanitaires de lutte contre la
Covid 19.
La matinée a débuté par la messe
présidée par l’évêque. Avant d’entrer
dans la célébration, il s’est réjoui de
pouvoir rencontrer les responsables
des différents groupes qui sont engagés
dans la mission au sein de l’Eglise. Lors
de l’homélie, il a rappelé l’importance de
la mission en Eglise sous la conduite de
l’Esprit Saint, pour porter du fruit.
Après l’Eucharistie, les responsables
du Service Diocésain de la Pastorale
Familiale ont pu témoigner de la volonté
des différents groupes de travailler pour
les familles. Le constat principal est que
toutes les compétences sont présentes
au sein de la Pastorale pour pouvoir
accompagner les familles. Une nécessité
s’impose : faire des ponts rapidement
entre les groupes et entre les Pastorales
pour la mise en œuvre du CAP 2025.
Dans le temps suivant, l’évêque a
présenté les motifs et la finalité du
Plan pastoral CAP 2025, ainsi que
l’organigramme diocésain exécutif.
Il a insisté sur la nécessité et l’urgence
que la mission des acteurs cherche à
créer plus d’unité dans le diocèse et
dans la société de Martinique. Les 4
résolutions du CAP 2025 ambitionnent
de « Bâtir une Civilisation de l’Amour en
Martinique ». Il s’agit de :
➊ Montrer Jésus en esprit de
mission
➋ Vivre les 5 essentiels en PCE
➌ Former les serviteurs
➍ Organiser les ministères et
les charismes.
Puis, il a lu la lettre de mission
confiée au vicaire épiscopal, le
père Gilles Aïzo, de l’assister
dans le fonctionnement des
Pastorales. Les 12 grandes
Pastorales sont animées par des
responsables laïcs ou diacres et
des prêtres délégués de l’évêque.
Il s’agit de bâtir l’unité entre
les Pastorales et les groupes ; il
demande à tous les serviteurs de faire
des ponts et non des murs !!!
Après un temps de pause, les différentes
Pastorales se sont retrouvées en
carrefour pour réfléchir à la manière
de mettre en œuvre le Plan CAP 2025
autour de 4 questions :
➊ Avez-vous saisi les liens qui
existent entre les différents groupes
de la Pastorale à laquelle vous
appartenez ?
➋ En quoi les responsables et délégués
diocésains, ainsi que les autres
groupes faisant partie de votre
Pastorale peuvent-ils vous aider dans
votre mission ? Comment créer des
synergies positives et faire circuler
les informations entre vous ?
➌ Pouvez-vous proposer un projet
commun ? Formuler en quelques
mots les modalités et la faisabilité
de ce projet ?
➍ Pouvez-vous proposer une ou 2
formations que la Pastorale voudrait
recevoir cette année ?
Le fruit de ce travail a été restitué dès le
retour en grand groupe. Il montre que
les Pastorales ont bien identifié les liens
et attentes des uns et des autres pour
la mission, la nécessité de faire circuler
l’information au plus près des acteurs.
Des projets d’actions transversales
émergent, ainsi que des besoins
en formation transversaux (accueil,
engagement, service) et d’autres plus
spécifiques.
Le dernier temps a consisté à la
présentation de l’intranet du diocèse,
Ecclésiam. Cet outil sera indispensable
pour organiser et diffuser l’information.
La rencontre a été clôturée par la
bénédiction de l’évêque. ■
Conseil Pastoral Diocésain
Construire des ponts plutôt que des murs …
Puis, il a lu la lettre de mission
confiée au vicaire épiscopal, le
père Gilles Aïzo, de l’assister
dans le fonctionnement des
Pastorales. Les 12 grandes
Pastorales sont animées par des
responsables laïcs ou diacres et
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 8
Le Pape et l’accueil
des personnes homosexuelles
Interview \bonnée en \birect sur Ra\bio Saint-L\nouis
\bans « La question \bu \bimanche » \bu 2\n5/10/2020
VIE DU DIOCÈSE
Michel : Monseigneur, une ques-
tion a agité le monde cette semaine
après la publication d’un docu-
mentaire au festival du cinéma à
Rome. Un cinéaste russo-améri-
cain Evgeny Afineevsky est revenu
sur les prises de position du pape
François en faveur des unions
civiles pour les homosexuel(le)s.
Est-ce-que vous avez suivi un peu
cette polémique ?
Monseigneur : Oui. D’abord, il y
a une bonne nouvelle : le public
aura peut-être enfin compris que
l’Église ne rejette pas les personnes
homosexuelles. Prétendre l’inverse
est un raccourci méchant inventé par
les ennemis de l’Église. Beaucoup
ont gobé ce mensonge ! On a
caricaturé l’avis de l’Église, comme
celui de "la Manif pour tous" (à
laquelle ont participé de nombreux
chrétiens et non-chrétiens, dont des
personnes homosexuelles). Nous
défendons les droits des personnes :
respect, non-discrimination,
protection juridique ! Au moins, la
polémique de cette semaine a clarifié
ce point et détruit le mensonge
qui voulait opposer les personnes
homosexuelles et l’Eglise.
Il faudrait aussi que les chrétiens
eux-mêmes qui ont suivi le buzz
de ces derniers jours soient clairs
là-dessus ! Qu’ils arrêtent de croire
les journalistes à sensations en
mélangeant tout.
Michel : D’autant plus qu’une
personne ne se définit pas à partir
de son orientation sexuelle ?
Monseigneur : Précisément. C’est
le 2 e point sur lequel je voudrais
insister : L’Église défend la personne
humaine quelle qu’elle soit. Toute
personne a des droits depuis sa
conception dans le sein de sa mère,
jusqu’à sa mort naturelle. C’est
ça qui est important. Il ne s’agit pas
de morale, de savoir si on est pour
ou contre telle ou telle pratique.
Une personne ne se définit pas
par ses mœurs et encore moins
son orientation sexuelle, mais par
ce qu’elle est : l’image de Dieu !
Arrêtons de croire que le pape serait
laxiste. Défendre les droits des
personnes, c’est toujours honorer
Dieu.
Je note au passage l’hypocrisie
de ceux qui soutiennent les
personnes homosexuelles, mais
qui de l’autre ne reconnaissent
aucun droit à la personne du fœtus
ou à la personne en fin de vie.
On ne peut à la fois lutter contre
les discriminations et soutenir
l’avortement ou l’euthanasie.
« Tout moun sé moun » non !?
Que l’on soit handicapé, petit ou
grand, de couleur, bon ou méchant
etc. (toutes ces catégories idiotes
génèrent des discriminations)…
Aucune société n’a, par elle-
même, le droit de choisir entre
les personnes « à aimer » et celle
« à mépriser ». C’est le principe du
nazisme, de tous les terrorismes et
de tous les racismes. Au Nom de
Jésus, l’Église doit se battre pour le
droit de toutes les personnes sans
distinction. En l’occurrence, les
personnes homosexuelles. Michel : Le montage de l’émis-
sion faisait dire un petit peu autre
chose que ce que le pape avait dit.
Par exemple qu’il serait pour le
mariage homosexuel…
Monseigneur : Une union civile
entre personne de même sexe peut
être nécessaire dans la mesure où
elle protège et donne des droits
légitimes. Ceci constitue justement
l’argument principal des opposants
au « mariage » des personnes de
même sexe ! Si une union civile
garantit déjà des droits, pourquoi
absolument vouloir que ces per-
sonnes revêtent le « costume »
du mariage qui a été taillé pour et
par des personnes hétérosexuelles.
La loi sur le mariage encadre juri-
diquement le fait qu’un homme
et une femme s’unissent, vivent
ensemble, partagent leurs biens,
leurs vies, se soutiennent mutuel-
lement, s’unissent sexuellement,
engendrent ou adoptent des enfants
et les élèvent ensemble dans la
complémentarité et la stabilité.
Avec le pape, nous pouvons dire
que nous ne jugeons pas les per-
sonnes homosexuelles, mais
affirmons qu’une institution hété-
rosexuelle par essence ne doit pas
être détournée pour un autre cas
de figure. Les deux réalités ne sont
pas semblables, elles doivent être
distinctes en droit.
Les « pro mariage gay » ont réussi
à caricaturer la position de leurs
opposants. Mais on n’a pas assez
dit que beaucoup de personnes
homosexuelles étaient opposées
à cette loi ! Nous ne sommes pas
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 9
Monsieur et Madame. Pourquoi
veut-on nous faire jouer un rôle
qui n’est pas le nôtre, imiter une
relation qui n’est pas ce que nous
vivons » disaient-ils. Plusieurs
m’ont dit qu’ils se sont sentis
instrumentalisés à cette occasion
par des idéologues qui en fait
n’avaient pas d’autres but que
de détruire une vieille institution
judéo-chrétienne.
Michel : Que voulait dire le Pape
lorsqu’il parle de « droit à la
famille » ?
Monseigneur : Certains ont pensé
que le Pape était en faveur de
la famille homoparentale ? En
réalité, son propos ne fait que
redire l’Évangile en appliquant à
cette situation : au nom de quoi
peut-on rejeter une personne
de sa famille naturelle (il y a
encore tant de société qui traitent
violemment ces frères et sœurs),
ou de la famille Église ? Qui
peut prétendre qu’une personne
homosexuelle a moins de morale
que les autres ? Ce serait une
forme de racisme et de jugement,
et Jésus condamne fermement le
jugement sur les personnes. Nous
tous, nous arrivons à l’église avec
plus ou moins de blessures et de
péchés. Un père de famille addict
au porno, une « sainte-mamie » qui
médit sa voisine ou ne demande
jamais pardon à son conjoint,
etc... Chacun arrive devant la
miséricorde du Seigneur comme
il est. Par contre, la sainteté et la
pureté sont la même pour tous. Ce
n’est pas en option.
Dans son propos sur la famille,
le Saint-Père ne légitime pas
la famille homoparentale (ce
n’est pas de cela qu’il parlait).
Une personne qui se découvre
homosexuelle ne perd pas son droit
à l’affection des siens et au soutien
du Bon Dieu ! Combien se sont
écartées de l’Église, pensant être
jugées et l’étant parfois vraiment
par des chrétiens ! Leur droit à
être accueillies sur le chemin de
sainteté est inaliénable.
Michel : Le Pape, en répon-
dant à un père homosexuel qui
demandait à inscrire ses enfants
au catéchisme répondait : « Les
enfants ne sont pas responsables
de la situation, et ils doivent être
accueillis et catéchisés comme
tout enfant. »
Monseigneur : En Martinique,
nous sommes spécialisés pour
élever nos enfants dans des
situations en tout genre, même
parmi les chrétiens. C’est pourquoi
le 1er article de la feuille de route
des familles d’Ecclesia’M 2020,
dit : « Toutes les familles sont
bénies par le Seigneur. Certaines
familles ne reposent pas sur un
mariage et doivent y tendre de
leur mieux et au plus vite. D’autres
familles en situation de fragilité
ne peuvent être fondées sur un
couple marié ou reposer sur un
parent vivant seul. Ces familles
doivent d’autant plus implorer le
secours de Dieu et compter sur
l’aide de l’Eglise pour grandir
dans l’amour et accomplir leur
devoir. »
Pour des raisons diverses, tous
les enfants ne sont pas forcément
élevés avec un père et une mère
comme l’enseigne l’Eglise … et
les psychologues. Mais l’essentiel,
c’est de tendre vers la sainteté. Et
là aussi, le discours de l’Église
doit être ferme comme il l’est dans
l’opposition à toute discrimination.
Si on ferme la porte de l’espérance
à certains en disant : « puisque
tu es comme ceci tu n’as pas le
droit d’être parmi nous » … alors
pourquoi Jésus est-il venu sur
terre ? Toute personne venant à
l’Église doit s’entendre dire : « Sé
ou man té ka atann’ ». Sans avoir
à fournir un certificat de bonne
conduite ! C’est peut-être parce
qu’on est dans une situation pas
idéale qu’on a droit à l’amour de
sa famille.
Les pasteurs, les pères et mères de
familles (qui sont aussi pasteurs),
les éducateurs, les divers
responsables doivent accueillir
toute personne (Tutti Fratelli). Ça
ne veut pas dire : « Tu es parfait, tu
n’as rien à changer de ta vie ! » ni
« Toutes tes idées sont bonnes ».
Mais « à travers toi le Seigneur
nous fait des cadeaux, tu es une
merveille aux yeux de Dieu et à
nos yeux. ». Voilà ce que le Pape
a dans le cœur… n’est-ce pas
l’Évangile ?
Michel : Pourtant, on nous a
présenté comme nouveau ce que
le Pape a dit ! Et ceux qui ont
organisé ce tapage médiatique
n’ont-ils pas une arrière-pensée ?
Monseigneur : Evidemment,
les journalistes qui aiment les
soi-disant scoops, la nouveauté,
l’exclusivité, les propos qui
semblent iconoclastes etc. C’est
de bonne guerre de la part de ce
monde que de ramener le Pape à
ses idées. Le problème c’est que
nous, on se fait avoir et on avale
que notre P ape défend les thèses
des milieux gays… A qui fait-on
confiance ? aux journalistes ou
à notre pasteur ? A ce qu’il a
vraiment dit ou à l’interprétation
des manipulateurs ? Nous ne
sommes pas des « béni-oui-oui »,
mais notre esprit critique doit se
porter d’abord sur les médias. Le
Pape doit pouvoir compter sur
notre confiance ! Même si on ne
le comprend pas, I sav sa I ka fè.
Nou ka suiv’ li.” ». Sinon, ce n’est
plus la peine d’être chrétien. Le
diable se frotte les mains.
Propos recueillis par Michel Déglise ■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 10
La deuxième édition de Rézonans, festival diocésain d’art sacré, renouvelle
une action de sensibilisation des habitants de la Martinique à la découverte
de notre patrimoine artistique, dans sa dime\onsion sacrée.
L
’art sacré est un domaine peu exploité et
parfois même confondu avec l’art religieux.
Pourtant, certaines communes de notre pays, et
singulièrement le diocèse, gèrent un patrimoine sacré
très riche, qu’il s’agisse du domaine immobilier, mobilier
immatériel ou ornemental.
Ce projet a pour vocation d’ouvrir des espaces de
rencontres, de conférences, de visites et de créations pour
tous, (toutes tranches d’âges confondues). Il ambitionne
à développer la curiosité de certains, d’apporter un plus
aux sens artistiques d’autres, et surtout, sensibiliser tout
un chacun à la protection de ce patrimoine.
Cette année, le festival d’art sacré, porté par les
associations Symphonies et l’Association pour le
Rayonnement des Orgues de la Martinique (AROM), reçoit l’abbaye de Keur Moussa (Afrique de l’Ouest, près de
Dakar au Sénégal), représentée
par M me Lisette Biron. Stage d’initiation
et de perfectionnement, concerts,
conférences, animation de célébration,
nous aurons l’honneur d’apprécier le
jeu de cette passionnée de Kora.
“Je suis devenue amoureuse de la Kora
de l’Abbaye de Keur Moussa pour la
première fois en l’an 2000. Depuis, je
n’ai eu de cesse de la faire connaître,
soit par mes concerts avec notre Tri o
Licapi (hautbois, kora et chant) soit,
et surtout, par mon
enseignement.
Je suis responsable
de tout ce qui est Keur
Moussa : édition des
CD, réceptions et ventes
des koras fabriquées
par les moines, partout
en dehors du Sénégal.
J’enseigne, depuis 2008, à la demande
du frère Luc Bayle, moine et de Keur
Moussa. Frère Luc est le créateur de la
kora actuelle de Keur Moussa.
Frère Luc étant décédé l’an dernier,
j’ai été reconduit dans mon obédience
pour le monastère par Dom Olivier
Marie, 3 eme Père Abbé. La Kora, mainte-
nant, c’est ma vie.” (Lisette Biron)
Yannick Jordane, président de l'AROM ■
• 21 octobre au 11 novembre - Atelier d’initiation à la Kora, Salle paroissiale des Terres Sainville
• Vendredi 13 novembre, 18h30 - Conférence : Présentation de la Kora de L’abbaye de Keur Moussa, concert Eglise Saint-Laurent du Lamentin
• Vendredi 20 novembre, 18h30 - Concert d’ouverture : Kora/flûtes,
Eglise Saint Antoine de Terres Sainville
• Vendredi 27 novembre, 18h30 - Concert Kora, chant chorale, Cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France
• Samedi 28 novembre, 16 h - Messe de clôture (Accompagnement Kora),
Cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France
• Dimanche 29 novembre, 17 h - Concert d’orgue et chant Eglise de Régale, Rivière-Pilote
Rézonans, 2
eme
festival d’art sacré
21 octobre \b 29 novembre 2020
Contact :
SYMPHONIE :
Brunette Belfan
0696 23 69 26
AROM : 0696 41 58 76
0696 29 18 36
Association.arom@gmail.com
LE PROGRAMME DU FESTIVAL :
Rayonnement des Orgues de
la Martinique
l’abbaye de Keur Moussa
(Afrique de l’Ouest, près de
Dakar au Sénégal), représentée
RézonansRézonans
VIE DU DIOCÈSE
j’ai été reconduit dans mon obédience
pour le monastère par Dom Olivier
Marie, 3
nant, c’est ma vie.” (Lisette Biron)
et surtout, par mon
Je suis responsable
de tout ce qui est Keur
Moussa : édition des
CD, réceptions et ventes
des koras fabriquées
par les moines, partout
en dehors du Sénégal.
J’enseigne, depuis 2008, à la demande
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 11
1852 – 2020, voilà 168 ans que notre île et la Société de Saint-Vincent-de-Paul tissent des liens de ch\oarité, de solidarit\oé.
Tout au long de notre histoire commune, nous avons évolué ensemble
dans le but de pouvoir compter l'un pour l'autre. Quatre ans après
l’abolition de l’esclavage, l’entraide vincentienne est présente dans
notre première conférence à Saint-Pierre, en 1852.
N
ous avons traversé ensemble,
l'éruption de la M ontagne
Pelée, les grandes grèves de
la canne, les rationnements de l'amiral
Robert, les cyclones, les tremblements de
terre, mais aussi vécu, les "chanté Noël",
les carnavals, les grands bals, les veillées
et contes, les fêtes des communes avec
chouvalbwa, sèbi, domino…
Saint-Vincent-de-Paul en Martinique,
c’était la cité Ozanam, le Foyer de
l’Espérance, le Fourneau économique,
la Maison d'accueil de Montgéralde.
Plus proche, chacun a un vincentien ou
une vincentienne dans son entourage
dont il se rappelle : lorsqu'il veut faire
un don de vieux vêtements, soumettre une situation compliquée, ou participer à la fameuse
tombola initiée il y
a plus d’un siècle
par l’évêque de
l’époque.
Les Martiniquais
et Saint-Vincent-
de-Paul sont des
partenaires de
longue date !
Des lieux, des personnes, des
actions, la société de Saint-Vincent-de-
Paul s'articule autour de ce triptyque.
Repas chauds servis aux plus démunis,
don de vêtements, don de produits de
première nécessité, accompagnement
scolaire, accompagnement social,
soutien spirituel, sont réalisés par des
bénévoles et quelques salariés engagés.
Un terrain disponible pour bâtir des
logements, un foyer pour accueillir les
enfants et les femmes en danger, un
guichet "en ville" pour donner à manger,
autant de lieux d'exercice pour les
vincentiens.
Partenaire sans relâche aussi bien des
services publics, que des acteurs du
secteur privé, des fidèles, et au service
de l’Église, la Société de Saint-Vincent-
de-Paul œuvre.
Notre association est constituée de
laïques catholiques engagés. Elle est
ouverte à tout public, sans aucune
distinction.
Plus de 200 bénévoles pétris de la
foi catholique et de la spiritualité
vincentienne se réunissent dans une
vingtaine de paroisses pour accueillir,
prier, agir, accompagner l’autre à son
rythme, dans le respect de sa dignité.
Notre mission est rude, mais ô combien
salvatrice (dans nos corps nos réalités et
nos âmes) ! Nos bénévoles sont formés
à ces pratiques bienveillantes en accord
avec leurs valeurs et leurs convictions.
Notre richesse réside dans notre devoir
de perpétuer nos engagements pour
participer chacune, chacun à cette belle
œuvre : « Enserrer le monde dans un
réseau de charité ».
Ces mots sont de Frédéric Ozanam
notre fondateur, jeune et brillant
avocat, professeur de droit à la
Sorbonne.
Le pape François lance cette
année encore la J ournée mondiale des pauvres avec comme
thème " Tendre la main vers l’autre ".
Ce thème récurrent nous demande de
l’appréhender avec une énergie et une
démarche nouvelle et enthousiaste, car
chaque génération se doit de s’adapter à
ce défi perpétuel. Nous avons le devoir
de refuser la fatalité et agir pour changer
les choses !
La Journée des pauvres c’est tous
les jours pour nous tous, pauvres de
quelque chose, les uns, les autres.
Mais un jour spécial, un moment, est utile
pour se regarder, se retrouver, s’aider
de façon particulièrement adaptée au
contexte de cette année 2020.
Oui, la Journée des pauvres sera spéciale
car nous sommes tous spéciaux,
uniques, aux yeux de notre créateur et
tous responsables les uns des autres.
En prière, en action sur le terrain ou
autre, osons "faire paroisse", faire UN !
Forts dans l’Espérance, cheminant dans
la foi cherchons sans cesse le cœur
charitable, unique connexion
véritable avec notre Dieu et
notre Seigneur.
une association caritative ancrée dans l’histoire de notre pays Martiniqueune association caritative ancrée dans l’histoire une association caritative ancrée dans l’histoire
Photos prises avant la pandémie du Coronavirus
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 12
Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique. fr Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique. Retrouvez les actualités du diocèse sur :
REPORT DES ACTIVITÉS DE LA JOURNÉE MONDIALES DES PAUVRES
La pandémie liée au Covid-19 continue de bouleverser les activité\
s de l’Église chez nous et dans le monde.
Au vu de l’évolution croissante de la pandémie, et malgré tous nos efforts pour la mise en place d’un protocole
solide, il est maintenant devenu très clair que les mesures sanitaires ne permettent plus d’organiser des
activités pour cette Journée assurant la sécurité de tou\
s. C’est pourquoi nous avons pris la décision de
reporter toutes les activités qui nécessitaient la présence d’\
un public jusqu’à ce que les règles s’assouplissent
et que la situation se prête à nouveau à ce genre d'événements.
Nous allons devoir nous contenter, pour cette Journée, d'une célébration réduite au strict minimum à
l’église Emmaüs (célébration que vous pourrez suivre sur YouTube), juste pour marquer l'évènement, et
reporter l'ensemble des activités prévues pour cette célébra\
tion à une date ultérieure. Cette messe qui aura
lieu le dimanche 15 novembre à 8h n'accueillera pas de fidèles.
Nous vous demandons de rester vigilants à ce sujet. Nous communiquerons au fur et à mesure que nous
aurons des informations sur l’assouplissement des règles sanitaires.
Nous gardons de notre programmation :
Vendredi 13 novembre 2020 Table ronde avec le CDSCLieu : Radio Saint-Louis
Participants : Les membres du CDSC Horaire : 11h - 12h
Organisateur : Radio Saint-Louis
Comité Diocésain de la Solidarité et de la Charité (CDSC)
COMMUNIQUÉ
VIE DU DIOCÈSE
Les structures
• La résidence sociale
de transition, abbé Salinière
• L’épicerie solidaire• Le jardin solidaire
• La centrale d’achat
Régine Pognon,
Présidente Ssvp Martinique
■
Invitation au cœur\m
de l’action vincen\mtienne
(une présentation \
des structures et \
actions)
Toutes les photos ont été prises avant la pandémie du Coronavirus
Les actions
• Les ateliers
• Les visites à domicile
• Les paniers alimentaires • Les dons
• L’écoute téléphonique L’accompagnement administratif
Mode
d’intervention
• Accueil
• Accompagnement • Soutien
• Visites à domicile • Suivi
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 13
L’Eglise en Martinique, à travers des laïcs engagés ou des prêtres, s’est toujours trouvée
auprès de la population martiniquaise, tant au niveau social, politique, culturel que
sportif. La doctrine sociale de l’Eglise invite tout un chacun à agir dans ces différents
domaines. Beaucoup de dirigeants actuels évoluant dans ces différents milieux ont
reçu une formation, soit dans l’Action catholique (voir, juger, agir), soit au contact
d’hommes et de femmes qui ont marqué leur jeunesse.
L
a foi en Jésus-Christ pousse
les chrétiens à se lancer avec
un engagement toujours
renouvelé dans la construction
d'une culture sociale et politique.
L'engagement social et politique des
catholiques n'est jamais limité à la
seule transformation des structures,
car il est basé sur une culture ouverte
aux exigences dérivant de la foi et de la
morale, dont il rend compte, en faisant
le fondement et l'objectif de projets
concrets. La création, en novembre
2016, de l’Observatoire Socio Politique
de l’Eglise en Martinique (OSPEM)
au niveau du diocèse peut être un
des éléments pouvant contribuer
au développement de la société
martiniquaise.
La culture doit constituer un domaine
privilégié de présence et d'engagement
pour l'Église et pour chaque chrétien.
La séparation entre la foi chrétienne
et la vie quotidienne est considérée
par le Concile Vatican II comme une
des erreurs les plus graves de notre
temps. La création de Bèlè Légliz a eu
un retentissement allant au-delà des
catholiques.
La responsabilité à l'égard de l'envi-
ronnement, patrimoine commun du
genre humain, s'étend non seulement
aux exigences du présent, mais aussi
à celles du futur. L’encyclique du pape
François, Laudato si, nous invite à sortir
de la culture du déchet entre autres.
L’Eglise recherche un mode de fonction-
nement plus respectueux de la nature.
Catholiques et protestants font œuvre
commune et ont lancé le label « Eglise
Verte ». En Martinique, la démarche
« Eglise Verte » a été initiée il y a envi-
ron 3 ans avec un chantier synodal. Il
a constitué en une profonde réflexion
sur ce que l’Eglise de Martinique peut
faire pour protéger la nature, et par là
même l’humain. Des recherches et des
ateliers de sensibilisation sur les jar-
dins créoles et les plantes médicinales
ont été lancés par la suite, notamment
auprès des jeunes.
L’Institut Catholique Européen des
Amérique (ICEA) créé avec des
représentants de l’Archevêque et de
la société civile, notamment le monde
de l’entreprise, répond à un besoin de
permettre aux jeunes d’apprendre sur
place, dans des filières d’excellence,
des métiers dont on a vraiment besoin
dans notre pays. C’est une opportunité
pour les jeunes de débuter dans la vie
active en Martinique.
En conclusion, l’Eglise de Martinique
continuera à porter sa pierre à la
construction d’une société plus juste
et solidaire.
Yves-Marie Grivalliers ■
Des acteurs de l’Action
de l’Eglise catholique en Martinique
Voir –Juger –Agir
UNE EGLISE ENGAGÉE DOSSIER
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UNE EGLISE ENGAGÉE DOSSIER
Père Gaston Jean-Michel, ordonné prêtre
par Mgr Lequien le 21 décembre 19\b5, à
la cathédrale Saint Louis, a été curé de
plusieurs paroisses avant d’être directeur
des œuvres, puis responsable des émissions
radiotélévisées sur le service public.
F
ondateur de l‘Action Catholique Agricole
Prêtre dans le milieu rural, il a fondé l’Action Catholique
Agricole à la fin des années 30, en créant la Jeunesse
Agricole Chrétienne (J.A.C.), qui deviendra ensuite le Mouvement
Rural de Jeunesse Chrétienne (MRJC). Cette formation organisait
des réflexions avec les travailleurs, les scolaires, les chômeurs.
Un brevet sportif populaire avait également été mis sur pied.
Le mouvement « Chrétiens dans le monde rural » (CMR) est
la branche adulte du MRJC. Ces deux mouvements ont pour
vocation de porter un regard, une analyse chrétienne sur les
problèmes du milieu rural, à la lumière de l'Evangile. Leur devise :
Voir, Juger, Agir. De nombreux forums portant sur le thème de la
production et de la consommation ont été organisés, ainsi que
diverses opérations d’entraide.
Fondateur de la radio catholique
Pour répondre à la demande des personnes seules, handicapées,
malades, souhaitant garder le lien avec les paroisses, le père
Jean-Michel, alors âgé de 71 ans, fonda Radio Saint Louis. Cette
dernière a commencé à émettre un mardi gras, le 12 février 1982.
Le père Jean-Michel a ouvert l’antenne avec quelques bénévoles
issus des mouvements d’Action catholique. Il travaillera au
rayonnement de la radio pendant plus de 33 ans. Radio Saint-
Louis est actuellement placée sous l’autorité de l’Évêque.
Pas de retraite pour père Jean-Michel. Il sera encore aumônier
des hôpitaux, puis aumônier de prison, mission qu’il exercera
jusqu’à l’âge de 102 ans avant que la maladie ne lui impose de
garder le repos en février 2014.
Il y a cinq ans, Mgr Gaston Jean-Michel nous quittait au petit
matin du mardi 21 avril 2015, à l‘âge de 104 ans, après une vie
entièrement donnée au Seigneur, au service de l’Église et du
peuple de son pays, la Martinique. Sa mission sacerdotale s’est
étendue sur près de 80 années (1935-2015). Témoin de l’Evangile
et missionnaire jusqu’au bout ! ■
Altruiste , Altruiste , Altruiste la question agricole lui tenait à cœur… Altruiste la question agricole lui tenait à cœur… Altruiste la question agricole lui tenait à cœur…
Père Gaston Jean-Michel
1935 – 2015
1986, j’arrive à la Martinique, terre de mes
ancêtres, avec de nombreux questionne-
ments. Ma tante Yolande entend l’appel du
père Jean-Michel qui cherche des anima-
teurs pour Radio Saint-Louis. Je me préci-
pite, je suis à la recherche d’un emploi !
Chocolat ! C’est du bénévolat ! Le vieux prêtre
m’écoute religieusement et me conseille : « — Fais quelque
chose où tu pourras dire que c’est toi qui l’as fait. »
Cela n’arrange pas mes affaires !
Les années passent, j’adhère aux Scouts de Martinique et, au
cours des réunions j’entends dire : « Nous faisons beaucoup
de choses mais cela ne se sait pas ! ».
Je propose donc au père Gauthier des articles sur nos
activités pour l’hebdomadaire catholique « Aujourd’hui
Dimanche ».
- Ah, enfin un article chrétien !
J’en profite pour lui exposer mon problème.
- Je vous embaucherai, me promet-il.
Le Père Jean-Michel me conseille de lui envoyer régulière-
ment des articles. Les premiers paraissent et il me conseille
à nouveau : « Signe tes articles !.»
J’obtempère, cela fait écho au premier conseil donné il y
a 3 ans.
Dans le même temps, la regrettée Annie Rousselin envoie « La
page des jeunes » à « Aujourd’hui Dimanche » et crée en
parallèle une émission en lien avec « La page des jeunes ».
Succès phénoménal ! Les parents achètent le journal et la
catéchèse se fait ainsi sur les deux medias chrétiens. Le
petit Jean-Paul Pied du Saint-Esprit fait partie des enfants
les plus assidus !
Joël Sandot
Témoignage …
1986, j’arrive à la Martinique, terre de mes
Chocolat ! C’est du bénévolat ! Le vieux prêtre
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 14
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Né le 20 mars 1907 aux Trois-Ilets, le père
Jean Morland fut ordonné prêtre le 1\b août
19\b\b, à la cathédrale Saint Louis de Fort-
de-France par Mgr Lequien. Il fut nommé
successivement vicaire au Gros-Morne, à
Schœlcher puis au Vauclin.
Interpellé par les questions sociales…Interpellé par les questions sociales…Interpellé par les questions sociales…Interpellé par les questions sociales…Interpellé par les questions sociales…Interpellé par les questions sociales…Interpellé par les questions sociales…Interpellé par les questions sociales…Interpellé par les questions sociales…
Abbé Jean Morland
1907 – 1982
C
r éation de crêches à Sainte-Anne
et au Robert
En 1935, l’abbé Jean Morland est nommé curé de
Saint-Anne. Il y restera 11 ans. Durant cette période, en
contact permanent avec la misère, il décida de créer une
crèche dans cette commune pour libérer les femmes et leur
permettre d’aller travailler. Cette dernière fut inaugurée le
8 juillet 1946 à Barrière-la-Croix.
En octobre 1946, succédant au P. Flagelle, l’abbé Jean
Morland est nommé curé du Robert, charge qu’il exerce
jusqu’en 1977, soit pendant 31 ans.
Dès son arrivée, il travaille à l’agrandissement de l’église
paroissiale : il réalise la sacristie ainsi que l’extension
derrière l’autel. Mais très vite, les questions sociales
l’interpellent. Ainsi écrit-il pour évoquer ses débuts au
Robert : « la ville du Robert est située au centre de l’île,
ouvrant son havre vers l’est, tandis qu’en arrière, les mornes
dominant la partie urbaine qui s’étire tout au long du
rivage, abritent une grosse partie de sa population. Dans
ces quartiers populeux, nous avons rencontré les mêmes
misères [qu’à Sainte-Anne] : des enfants aux abords de
leurs cases, attendant le retour de leurs parents. (…) Sous
la pression des circonstances, les activités de simples
crèches-garderies ont été largement dépassées au bout
d’une quinzaine d’années. »
L’abbé Morland crée trois crèches au Robert, tant la
population est importante, à Duchesne, Chapelle Villarson
et Fonds Brûlé. Aujourd’hui, l’institut de la Ste famille
témoigne de l’impact et du rayonnement de cette œuvre.
A la présidence de l’US Robert
Très actif pour le redressement des jeunes, il a été aussi
impliqué dans les activités sportives de la commune et
notamment en étant président de l’US Robert pendant un
certain nombre d’années. Pour toutes ces actions, il reçut la
médaille d’honneur de la Jeunesse des Sports et des Loisirs
(nom de l’époque). Il a élevé au rang de chevalier de l’O rdre
du mérite national et officier de l’Ordre du mérite national.
Fondateur de l’association des œuvres sociales
« La Sainte Famille »
C’est l’abbé Morland qui est à l’origine de l’association
« La Sainte-Famille du Robert, en 1946.
En 1977, âgé de 70 ans, il part à la retraite mais demeure au
Robert, à Gaschette, dans l’Institut de l’association la Sainte
Famille qu’il a fondé, où il naît à l’éternité le 22 mars 1982.
Source: rosedelima.org ■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 15
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UNE EGLISE ENGAGÉE DOSSIER
J
’ai fait la connaissance de
Georges (François) en 1962-
1963 alors que je venais de
débarquer à Paris à l’âge de 17 ans pour
mes études supérieures, et que j’étais un
peu perdu dans cette grande métropole.
Je m’étais déjà inscrit à l’AGEM
(Association Générale des Etudiants
Martiniquais), mais des amis me
mirent en contact avec le père Zaïre,
alors aumônier de la paroisse Antilles-
Guyane, au 6 de la rue Thibault (14e
arrondissement). Peu de temps après, je
me mis à fréquenter la FAGEC (Fédération
Antillo-Guyanaise des Etudiants
Catholiques) dont Georges était devenu
l’aumônier et l’on peut alors dire que
nous ne nous sommes pratiquement
plus quittés durant quarante ans.
Le 12 avril 1966, Georges m’a marié à la
rue Thibault. Quelques années plus tard,
de retour en Martinique, il fut toujours
associé à ma famille, puisqu’il baptisa
ma fille, mon fils et mes neveux et filleuls.
Le 30 juin 1968, au terme d’une sérieuse
préparation spirituelle, il me baptisa à
Paris.
Rentrés au pays, nous ne nous quittâmes
plus. Je le suivis dans son périple
sacerdotal, d’abord à Case-Pilote, puis
à Schoelcher : camps de jeunes, conseil
paroissial, entrevues diverses… Devenu
professeur, j’ai accompagné Georges
chaque jeudi après-midi (c’était alors
la demi-journée libre des scolaires) à
travers les communes martiniquaises
à la rencontre des enseignants des
Equipes Enseignantes dont il était alors
le « référent » (pour employer un terme à
la mode aujourd’hui). Trouvant que cette
association manquait quelque peu de
dynamisme, nous fondâmes en 1972 le
MERAS (Mouvement pour l’Education,
la Réflexion et l’Action Sociale) affilié
aux CEAS de France (Centres d’Action
Sociale). Le Mouvement s’impliqua
davantage dans la vie de la cité (sociale,
culturelle, voire politique) en suivant
les préceptes de la doctrine sociale de
l’Eglise. En plus de chroniques régulières
dans le quotidien France-Antilles, il
commit à la veille du 20 février 1983
une plaquette explicative des lois de
décentralisation qui connut un grand
succès de librairie.
En 1971, Aimé Césaire sollicita fortement
« l’abbé » Zaïre pour faire partie de son
conseil municipal. Ce dernier hésita
longuement et consulta autour de lui
pour recueillir des avis. Une fois connue
son acceptation, un petit groupe de
soutien se constitua avec notamment
le directeur d’alors du COPES (Centre
d’Orientation et de Promotion Educative
et Sociale), Paul Quemeneur. Ce groupe
publia une plaquette explicative de
la démarche du prêtre, attiré par les
qualités humanistes du maire de Fort-
de-France. Armés de ce livret, nous
demandâmes audience à l’archevêque,
Monseigneur Varin de la Brunelière,
car Georges entendait s’engager en
toute transparence et obéissance. Cet
entretien dura assez longtemps pour
que l’Archevêque, très réticent au début,
consentît à autoriser le curé à aller au
bout de sa démarche. Il existait alors
au sein du conseil municipal un petit
groupe d’élus se revendiquant de leur
foi chrétienne.
Dans les années suivantes, fut
créée par le nouvel archevêque, Monseigneur Maurice Marie-Sainte,
une Commission Justice et Paix chargée
d’éclairer la hiérarchie catholique
sur les mouvements « sociétaux »
qui traversaient la Martinique. Tout
naturellement, Georges en fut nommé
Secrétaire Général et il y emmena avec
lui plusieurs membres du MERAS. Cette
instance de débats parfois difficiles
œuvra quelque temps, puis ne fut plus
convoquée.
Dans les décennies 1980-2000, le MERAS
poursuivit vaille que vaille son travail,
réunissant régulièrement autour de
Georges (véritable cheville ouvrière) son
conseil d’administration. Il se manifesta
par des conférences sur des sujets de foi
et de société. Toujours présent, Georges
n’imposait rien mais se montrait toujours
très attentif aux opinions des uns et des
autres.
Car ce qui frappait chez Georges et
entraînait une adhésion générale (même
pour ceux qui ne l’appréciaient guère),
c’était sa grande capacité d’écoute
et l’intérêt qu’il manifestait pour les
opinions clairement exprimées. Jamais
je ne l’ai vu ou entendu rabrouer un
interlocuteur parce qu’il proférait des
idées divergentes. C’est sans nul doute
ce qui explique qu’il parvenait à réunir
autour de lui toutes les catégories
de fidèles et de citoyens, jeunes et
moins jeunes, qui n’hésitaient pas à se
confesser à lui ou simplement solliciter
un conseil. Il m’emmenait aussi souvent
visiter des particuliers, toujours heureux
Mon mento r , r , r Mon ami
Abbé Georges Zaïre
1921\b2000
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 16
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Né à le 22 octobre 1922 à Santiago de Cuba, Jean Vincent N’Goma est ordonné prêtre à Trinité le 22
août 1950 en même temps que les pères Pierre Despointes, Raymond Palcy, et Agénor Zabulon. La
cérémonie était présidée par Mgr Henry Varin De La Brunelière. Il est nommé vicaire de la paroisse
du François de 1950 à 195\b.\o Il devint prêtre de la paroisse des Terres- Sainville de 1968 à 1971.
de son empathie. Un deuxième trait de
caractère que je ne saurais passer sous
silence était son incommensurable
humour, qui se manifestait souvent par
un éclat de rire franc et massif. Il avait
un répertoire de blagues et d’anecdotes
qui ne laissait personne indifférent. A ce
sujet, nous nous téléphonions plusieurs
fois par semaine avec l’entame suivante :
« Bonjour, Monseigneur » lui lançais-je. Et
il me répondait du tac au tac : « Comment
allez-vous, Excellence ? ».
Georges fut incontestablement un
facteur d’enrichissement pour l’Eglise
de Martinique. S’il prit parfois des
positions contre certains confrères, ce
fut toujours dans un esprit de tolérance
et de respect de l’engagement de chacun.
Et le moindre de ses mérites n’est sans
doute pas d’avoir ramené dans le giron
de la foi chrétienne quelques « brebis
égarées ».
Daniel Compère ■
C
onstruction de chapelles dans les quartiers
Curé à Sainte-Marie en 1971, l’abbé Goma y exercera durant 34 ans. Il a
profondément marqué l’histoire de la paroisse.
Il a beaucoup animé la vie de l’église. Il fit construire des chapelles dans les quartiers
de Pérou, de Rodon, de Pain de Sucre, et d’Eudorçait ; Il rénova la chapelle de
Bezaudin qui avait été construite par le père Cumia entre 1940 et 1942. Il modernisa le
presbytère (salle audiovisuelle, terrain de jeux pour les jeunes). Il a mis en place des
mini comités paroissiaux dans les quartiers ainsi que des groupes de cheminement.
Fondateur et aumônier des Equipes enseignantes
L’abbé Jean Vincent N’Goma fonde à Fort-de-France un mouvement d’action
catholique : Les équipes enseignantes. On y compta jusqu’à 19 équipes. Il était
l’aumônier de ces équipes.
L’Abbé N’Goma est décédé le 10 octobre 2003 à la Maison de retraite des prêtres.
Source : www.beliasaintemarie.com (Luc Lérandy) ■
La nécessité de faire Eglise dans les quartiers…
Abbé Jean Vincent N’Goma
1922 – 2003
Chapelle du PérouChapelle du Pérou Chapelle d'EudorçaitChapelle d'Eudorçait
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? Question
AN TCHÈ
LÉGLIZ-LA
‘‘
1 - Que veut dire « être pauvre pour toi » ?
2 - Sommes-nous solidaires entre pauvres ? et avec les pauvres ?
3 - Est-ce que je tends la main à l’autre ?
4 - Pourquoi a-t-on instauré la Journée des pauvres ?
‘‘
Philippe
Thalmensy
(paroisse du Lorrain)
Etre pauvre c‛est être
dépourvu des néces-
sités de base, tant
sur le plan matériel que
spirituel. Je pense que nous
sommes vraiment solidaires. Je tends
la main dès que je le peux, lorsque
l‛occasion se présente. Cette journée
a été créée afin de sensibiliser tous
ceux qui sont réticents à être
solidaires.
Pour moi, être
pauvre c‛est
dépendre de
Dieu dans tous
les aspects de
notre vie. Il s‛agit en
fait de comprendre et
d‛accepter l‛idée que tout nous
vient de Dieu.
Nous sommes solidaires entre pauvres
et cette solidarité est plus visible. En
revanche, la solidarité envers les
pauvres est moins spontanée et c‛est
dommage.
Je tends la main vers l‛autre autant
que je peux : une écoute, un soutien
moral, un soutien financier quand
c‛est possible. Je me dis toujours
que je pourrais en faire plus mais je
fais face moi-même à mes propres
pauvretés.
Le Pape a instauré cette Journée
des pauvres pour nous inviter à poser
notre regard sur l‛Autre, et aussi sur
nous-mêmes.
Etre pauvre pour moi c‛est « lè ou pa ni ayen
épi sé la gras Bon Diè ka fè‛w tjenbé,
ka fè‛w viv » . C‛est me retrouver dans
une dépendance vis-à-vis du ciel et de mon prochain dans une ou plusieurs dimensions de
ma vie. Dans ma précarité, ma vulnérabilité, je prie et
crie vers Dieu qui me tend la main d‛une manière ou
d‛une autre. Il s‛agit pour nous, dans l‛émerveillement,
de redécouvrir en chacun l‛image de Dieu.
Etre pauvre dans cette spiritualité c‛est considérer
que, chaque jour, je reçois tout ce que j‛ai, ce que je
suis, ce que je peux. Tout à partager sans compter. La
vie est un don que j‛ai reçu et partage avec gratuité. L‛oubli
de notre condition de « pauvre-solidaire » nous entraine à
construire des sociétés injustes qui bafouent la dignité des
personnes, et créent des catégories sociales de pauvres et de
riches, tous deux malheureux.
Tendre la main à l‛autre c‛est partager avec lui ce que nous sommes :
des pauvres enrichis par Dieu. Il est notre seul bien.
Cette journée mondiale nous permet de
réfléchir, méditer et prier sur la place
du pauvre dans une société de peur,
de convoitise, qui cherche dans
l‛idolâtrie de l‛argent la réponse
à la misère. Nous sommes invités
à aimer de charité divine qui ne
laisse jamais personne de côté.
Etre pauvre c‛est ne pas pouvoir satisfaire à ses
besoins matériels, sociaux et spirituels. Nous
ne sommes pas solidaires des pauvres car nous
nous retrouvons souvent face à des individus qui
demandent au-delà de leurs besoins réels. Je tends la main vers
l‛autre si ce dernier me sollicite, et si j‛estime sa demande justifiée.
L‛instauration de la Journée des pauvres s‛inscrit dans la philosophie
théologale du pape François.
Valère
Minoton
(paroisse du Lamentin)
Père Jean Michel Monconthour
ceux qui sont réticents à être
dépendre de
Dieu dans tous
les aspects de
notre vie. Il s‛agit en
fait de comprendre et
d‛accepter l‛idée que tout nous
fait de comprendre et
d‛accepter l‛idée que tout nous
fait de comprendre et
Etre pauvre pour moi c‛est
épi sé la gras Bon Diè ka fè‛w tjenbé,
Etre pauvre pour moi c‛est
épi sé la gras Bon Diè ka fè‛w tjenbé,
Etre pauvre pour moi c‛est
ka fè‛w viv »
épi sé la gras Bon Diè ka fè‛w tjenbé,
ka fè‛w viv »
épi sé la gras Bon Diè ka fè‛w tjenbé,
une dépendance vis-à-vis du ciel et
de mon prochain dans une ou plusieurs dimensions de
ma vie. Dans ma précarité, ma vulnérabilité, je prie et
de mon prochain dans une ou plusieurs dimensions de
ma vie. Dans ma précarité, ma vulnérabilité, je prie et
de mon prochain dans une ou plusieurs dimensions de
crie vers Dieu qui me tend la main d‛une manière ou
ma vie. Dans ma précarité, ma vulnérabilité, je prie et
crie vers Dieu qui me tend la main d‛une manière ou
ma vie. Dans ma précarité, ma vulnérabilité, je prie et
d‛une autre. Il s‛agit pour nous, dans l‛émerveillement,
de redécouvrir en chacun l‛image de Dieu.
d‛une autre. Il s‛agit pour nous, dans l‛émerveillement,
de redécouvrir en chacun l‛image de Dieu.
d‛une autre. Il s‛agit pour nous, dans l‛émerveillement,
Etre pauvre dans cette spiritualité c‛est considérer
que, chaque jour, je reçois tout ce que j‛ai, ce que je
suis, ce que je peux. Tout à partager sans compter. La
que, chaque jour, je reçois tout ce que j‛ai, ce que je
suis, ce que je peux. Tout à partager sans compter. La
que, chaque jour, je reçois tout ce que j‛ai, ce que je
vie est un don que j‛ai reçu et partage avec gratuité. L‛oubli
suis, ce que je peux. Tout à partager sans compter. La
vie est un don que j‛ai reçu et partage avec gratuité. L‛oubli
suis, ce que je peux. Tout à partager sans compter. La
de notre condition de « pauvre-solidaire » nous entraine à
vie est un don que j‛ai reçu et partage avec gratuité. L‛oubli
de notre condition de « pauvre-solidaire » nous entraine à
vie est un don que j‛ai reçu et partage avec gratuité. L‛oubli
construire des sociétés injustes qui bafouent la dignité des
de notre condition de « pauvre-solidaire » nous entraine à
construire des sociétés injustes qui bafouent la dignité des
de notre condition de « pauvre-solidaire » nous entraine à
personnes, et créent des catégories sociales de pauvres et de
construire des sociétés injustes qui bafouent la dignité des
personnes, et créent des catégories sociales de pauvres et de
construire des sociétés injustes qui bafouent la dignité des
Cette journée mondiale nous permet de
réfléchir, méditer et prier sur la place
Cette journée mondiale nous permet de
réfléchir, méditer et prier sur la place
Cette journée mondiale nous permet de
du pauvre dans une société de peur,
réfléchir, méditer et prier sur la place
du pauvre dans une société de peur,
réfléchir, méditer et prier sur la place
de convoitise, qui cherche dans
l‛idolâtrie de l‛argent la réponse
de convoitise, qui cherche dans
l‛idolâtrie de l‛argent la réponse
de convoitise, qui cherche dans
Propos recueillis par Nicole Chésimar ■
Olivier Simasotchi (paroisse de Sainte- Thérèse)
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 8 novembre 2020 – n° 609 19
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\o MARTINIQUE
Service legs et donations
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oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer
sur les possibilités de legs, donations et assurances\bvie à l’Association Diocésaine.
oui ,je souhaite être contacté pour un rendez\bvous au Service des legs et
donations ou à mon\S domicile.
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à l’ Église catholique
L’espérance en héritage
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MEDIAS
Dimanche 15 novembre 2020
Les préjugés
D’où viennent nos préjugés ? Et notamment ceux sur la couleur de notre peau ? Quelle véritable question se cache
derrière la question chromatique ? Sont-ils irrémédiables et comment s’en défaire ? La culture peut-elle être un moyen
de changer de paradigme ?
A l’occasion de la sortie de son nouveau libre « La pensée blanche », Lilian Thuram, viendra nous dire comment ce
qu’il appelle la pensée blanche, est devenue une norme enfermant inconsciemment les individus dans des catégories
sociales hiérarchisées. Avec les actions menées grâce à sa fondation Éducation contre le racisme qu’il a fondée en 2008,
il nous rappellera aussi comment nos enfants peuvent échapper à ces préjugés transmis par les adultes. Nous irons à La
Réunion, aux Archives départementales visiter l’exposition « Nous et les autres, des préjugés au racisme ». Professeurs et
éducateurs nous rappelleront que même La Réunion, souvent présentée comme l’exemple du vivre ensemble, n’échappe
pas aux préjugés.
Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.
L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
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‘‘
Le cri silencieux des nombreux pauvres doit trouver le peuple de Dieu en première ligne,
toujours et partout, afin de leur donner une voix, de les défendre et de se solidariser avec eux.
(Pape François)
