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E g lise
en MARTINIQUE
M artinique ! Quelle est ton espérance ?
N° 610
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
6 DÉCEMBRE 2020
Zoom sur la Mission Etudiante
Catholique (M.E.C.)
Martinique, entre espérance
et désespérance
Hommage au père Filopon
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S ommaire
«A
travers le désert, une voix crie : préparez le chemin
du Seigneur, aplanissez sa route » (Mc 1, 3).
Le dimanche 29 novembre, nous sommes entrés
dans le temps de l’Avent. Ce temps d’attente, de préparation
et d’espérance qui nous prépare à Noël, marque aussi l’\
entrée
dans une nouvelle année liturgique : l’Année B que nous
parcourrons avec l’Evangéliste saint Marc.
Le 1
er dimanche de l’Avent, Jésus nous demandait de veiller.
Aujourd’hui, pour ce 2 e dimanche de l’Avent, nous sommes
invités à l’action : préparer la route au Seigneur… dans\
le
concret de notre vie. La Parole de Dieu nous rappelle l’urgence
de la conversion qui doit être un retour à l’essentiel, ou plus
précisément, une recherche de l’essentiel.
Mais, en ces temps perturbés par différents problèmes d’ord\
re
sanitaire, écologique, économique… comment nous y prendre ?
La réponse est peut-être simple : Prier Dieu avec insistance !
« Prier et parler de la prière, C’est nécessaire », nous affirme le
pape François, « Parce que si nous ne prions pas, nous n’aurons\
pas la force d’avancer dans la vie. La prière est comme l’oxygè\
ne
de la vie… Le chrétien qui prie ne craint rien », a-t-il assur\
é.
Pour nous aider dans notre conversion, nous avons également
nos prêtres. Ils sont là pour nous accompagner, nous écouter,
nous conseiller. Ce sont « des hommes de la Parole, des
hommes des sacrements, des hommes de l’unité et de la
mission ». Ainsi, rendons grâce à Dieu pour tous nos prêtres, et
saluons en particulier ceux qui ont été ordonnés en décembre\
.
Dans notre dossier intitulé « Martinique, quelle est ton
espérance ? », plusieurs questions sont traitées : Qu’est-ce\
qui
alerte aujourd’hui les Martiniquais ? Faut-il s’enfermer dans la
désespérance ? Quels sont les signes d’espérance ?
En ce temps de l’Avent, l’Eglise nous invite, le 8 décembre, à
célébrer l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge
Marie, celle qui connait la valeur de l’attente du Sauveur.
Laissons-la nous tenir par la main, en toute humilité, dans
notre avancée vers Noël.
Malgré tous nos problèmes, écoutons également la voix de
Jean-Baptiste nous invitant à préparer le chemin du Seigneur.
Demandons à Dieu de nous rendre accueillants à l’appel et à
la venue de son Fils dans notre vie et notre monde. Que ce
chemin de l’Avent soit pour nous tous un temps d’introspection
positive.
Je vous souhaite une bonne année liturgique et un bel Avent !
Justine Lordinot ■
EDITORIAL
EDITORIAL
MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
• La Parole Dominicale
• L’Immaculée \bonception de la Vierge Marie expliquée aux enfants
• L’ Avent 2020, vers un retour à l’«Essen-\biel» ?
• Témoignages
• Martinique entre espérance et désespérance
• A ton avis, la Martini\nque désespère-elle ?
As-tu de l'espoir o\nu es-tu découragé ?
Penses-tu que le pays ira mieux, ou de mal \nen pis ?
\bomment vois-tu la Martinique \nde demain ?
Sur quels points espè\nres-tu un changement ?\n • Joyeux anniversaire à nos prêtres
ordonnés en décembre
• Zoom sur… La M.E.\n\b.
• Jeune confi né, que fais-tu ?
• Agenda de l’Archevêque
• Psychanalyse épiscopale
• La prière ? « Si ! \b’est nécessaire »
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• La prière ? « Si ! \b’est nécessaire »
EGLISE UNIVERSELLE
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AN TCHÈ LÉGLIZ\bLA 18
Dossier : MARTINIQUE,
QUELLE EST TON ESPÉRANCE ?
MÉDIAS 19
4
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 3
MOT DE L’ÉVÊQUE
M
es amis, kriz pwan mwen !
Crise mondiale ! nationale !
politique ! locale ! sanitaire !
économique ! sociale ! religieuse !
« Chrétien avec vous, évêque pour
vous »
1, aujourd’hui je suis en crise
avec vous et en crise pour vous ! …
Voilà les questions qui transpercent
mon âme !
Tout d’abord, que se passe-t-il dans
ce monde ? Est-ce la fin des temps ?
de la civilisation ? Y a-t-il quelque
part des sociétés secrètes ultra-
riches et ultra puissantes qui ont
décidé l’élimination des pauvres et
de la religion chrétienne ? Pourquoi
le capitalisme mondialisé a-t-il
produit d’immenses richesses et
fabriqué des millions de miséreux ?
Comment a-t-il généré tant d’esclaves
de la consommation et tant d’exclus
déprimés ? L’élimination des masses
devenues inutiles pour les puissants
est-elle programmée avec la
complicité naïve des mouvements
anti-vie et des avorteurs ? Le monde
est ensorcelé par la culture du tout-
écran, comment le délivrer par une
annonce adéquate de l’Evangile de la
vie ? Comment répondre à la soif de
paix, de justice et d’amour de cette
génération ? Saurons-nous lui offrir
la rencontre avec Jésus qui seul peut
l’épanouir ?
Et alors comment vont nos
prêtres ? Après le déballage des
crimes commis par un tout petit
nombre, comment se sentent-
ils ? attaqués ? adulés ? respectés
dans leur fonction ? leur célibat ?
leur personne ? Sont-ils heureux ?
tentés ? Doit-on former ceux qui
veulent donner leur vie pour être des
managers ? des artistes ? des psys ?
des fonctionnaires ? des itinérants ?
des spirituels ? des intellectuels ?
des témoins ? des techniciens ? des
solitaires ? des communautaires ?
des missionnaires ? des pères ? des
frères ? des copains ? Que dire aux
filles qui veulent se consacrer et
prendre des responsabilités dans
l’Eglise ? Les communautés ont-elles
besoin des consacrées depuis que
le concile a multiplié des mères
de familles aussi pieuses, actives,
responsables et libres que les
« bonnes sœurs » de jadis !?
Et puis, que conserver ? Sur quoi
progresser ? Les communautés
seront-elles plus grandes et
plus diffuses grâce aux réseaux
sociaux ? Allons-nous devenir
une e-church, misant tout sur le
virtuel pour rejoindre facilement
chacun ? ou au contraire, prenant
le contre-pied de la mondialisation,
nous bâtirons une Civilisation de
l’Amour à taille humaine ? De petites
communautés de quelques familles
solidaires, ferventes, ouvertes
mais convaincues ? Comment alors
s’organiser en petits groupes ? N’y
a-t-il pas danger d’éclater le corps
du Christ ? Compterons-nous alors
sur un clergé stable plus nombreux ?
sur des laïcs, hommes ou femmes, et
des consacré-e-s bien formés ?
Enfin, que deviennent les chrétiens
dans tout ça ? Après les confinements,
quel est le sens de nos grandes
assemblées dominicales ? Les fidèles
vont-ils revenir ? Les communautés
centrées sur les grand’messes et le clergé vont-elles perdurer ? Auront-
elles les moyens financiers de la
mission ? A quels changements
s’attendre ? Des paroissiens enfin
missionnaires ? Des groupes et des
mouvements plus fervents ? Quel
soutien pour les fidèles engagés
dans les milieux sociaux ? Le travail ?
la recherche d’emploi ? la politique ?
les syndicats ? Et les jeunes militants
catholiques persécutés ? Trouveront-
ils dans l’Eglise soutien et protection ?
Pourquoi sont-ils si nombreux à se
sentir exclus pour des questions de
mœurs ? Que faire ? Que dire ? Le Fils
de l’Homme trouvera-t-il la Foi sur la
terre (Lc18,8) ?
Kriz pri fen car l’Esprit-Saint m’a
suggéré ce passage de l’Evangile
selon saint Jean (6, 17-20). « C’était
déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas
encore rejoint les disciples. Un grand
vent soufflait, et la mer était agitée.
Les disciples avaient ramé. Ils virent
Jésus qui marchait sur la mer et se
rapprochait de la barque. Il leur dit :
Viens Emmanuel !
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
‘‘
C’est moi. N’ayez plus peur.
‘‘
Psychanalyse épiscopale
1 Formule de saint Augustin, évêque d’Hippone
(Algérie) au V°s.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 4
EGLISE UNIVERSELLE\n
C
hers frères et sœur, bonjour !
Nous continuons les caté-
chèses sur la prière. Quelqu’un
m’a dit : « Vous parlez trop sur la
prière. Ce n’est pas nécessaire ». Si,
c’est nécessaire. Parce que si nous ne
prions pas, nous n’aurons pas la force
d’avancer dans la vie. La prière est
comme l’oxygène de la vie. Prier, c’est
attirer sur nous la présence de l’Esprit
Saint qui nous fait toujours avancer.
C’est pour cette raison que je parle tant
sur la prière. Jésus a donné l’exemple
d’une prière continue, pratiquée avec
persévérance. Le dialogue constant
avec le Père, dans le silence et dans
le recueillement, est le centre de
toute sa mission. Les Evangiles nous
rapportent également les exhortations
à ses disciples, pour qu’ils prient avec
insistance, sans se lasser.
Le Catéchisme rappelle les trois para-
boles contenues dans l’Evangile de
Luc qui souligne cette caractéristique
de l’oraison de Jésus.
La prière doit tout d’abord être
tenace : comme le personnage de
la parabole qui, devant accueillir
un hôte arrivé à l’improviste, va
frapper en pleine nuit chez un
ami et lui demande du pain. L’ami
lui répond “non !”, parce qu’il est
déjà au lit, mais il insiste et insiste
jusqu’à ce qu’il l’oblige à se lever et
à lui donner le pain. Une demande
tenace. Mais Dieu est plus patient
que nous, et celui qui frappe avec
foi et persévérance à la porte de son
cœur n’est pas déçu. Dieu répond
toujours. Toujours. Notre Père sait bien de quoi nous avons besoin ;
l’insistance ne sert pas à l’informer
ou à le convaincre, mais elle sert
à alimenter en nous le désir et
l’attente.
La deuxième parabole est celle de
la veuve qui s’adresse au juge pour
qu’il l’aide à obtenir justice. Ce juge
est corrompu, c’est un homme sans
scrupules, mais à la fin, exaspéré
par l’insistance de la veuve, il se
décide à la satisfaire. Et il pense :
« Il vaut mieux que je résolve son
problème et que je m’en débarrasse,
et qu’elle arrête de venir sans cesse
se plaindre à moi ». Cette parabole
nous fait comprendre que la foi n’est
pas l’élan d’un moment, mais une
disposition courageuse à invoquer
Dieu, également à “discuter” avec
Lui, sans se résigner devant le mal
et l’injustice.
La troisième parabole présente un
pharisien et un publicain qui vont
prier au Temple. Le premier s’adresse
à Dieu en se vantant de ses mérites ;
l’autre se sent indigne ne serait-ce
que d’entrer dans le sanctuaire.
Cependant, Dieu n’écoute pas la
prière du premier, c’est-à-dire des
orgueilleux, alors qu’il exauce celle
des humbles. Il n’y a pas de vraie
prière sans esprit d’humilité. C’est
précisément l’humilité qui nous
conduit à demander dans la prière.
L’enseignement de l’Evangile est
clair : on doit toujours prier, même
quand tout semble vain, quand
Dieu nous apparaît sourd et muet
et qu’il nous semble perdre notre
temps. Même si le ciel s’assombrit,
le chrétien ne n’arrête pas de prier.
Son oraison va de pair avec la foi. Et
la foi, en de nombreux jours de notre
vie, peut sembler une illusion, une
fatigue stérile. Il y a des moments
sombres dans notre vie et dans ces
moments, la foi semble une illusion.
Mais pratiquer la prière signifie
également accepter cette fatigue.
[…]
Dans cette nuit de la foi, celui qui
prie n’est jamais seul. En effet, Jésus
n’est pas seulement témoin et maître
de prière, il est davantage. Il nous
accueille dans sa prière, pour que
nous puissions prier en Lui et à
travers Lui. Et cela est l’œuvre de
l’Esprit Saint. C’est pour cette raison
que l’Evangile nous aide à prier le
Père au nom de Jésus. Saint Jean
rapporte ces paroles du Seigneur :
« Et tout ce que vous demanderez
en mon nom, je le ferai, pour que le
Père soit glorifié dans le Fils ».[…]
Le Christ est tout pour nous, même
dans notre vie de prière. […] Et c’est
pour cela que le chrétien qui prie
ne craint rien, il se remet à l’Esprit
Saint, qui nous a été donné comme
don et qui prie en nous, en suscitant
la prière. Que ce soit l’Esprit Saint,
Maître de prière, à nous enseigner
la voie de la prière.
Pape François
Source : https://fr.zenit.org/
■
La prière ?
« Si ! C’est
nécessaire »
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Dimanche 6 décembre \b0\b0
la P arole Dominicale
2 ème dimanche de l’Avent - Année B
S
eigneur notre Dieu dont la miséricorde
est infinie, nous te remercions de
veiller sur nous malgré les faiblesses de
notre foi pour lesquelles nous te demandons
pardon. Aide-nous par ton Esprit Saint, en
ce deuxième dimanche de l’Avent, à mieux
découvrir en ta parole, dans le mystère de
ton eucharistie et dans le visage des pauvres,
ta présence fidèlement réconfortante pour
notre foi durement éprouvée.
« Consolez, consolez mon peuple, dit votre
Dieu ». Voilà une très belle expression
d’amour, de miséricorde et d’espérance
dont nous avons profondément besoin
d’entendre au milieu des tempêtes qui
secouent violemment notre Eglise. Le
prophète Isaïe s’adressait au peuple qui
doutait de la présence de Dieu pendant
ses pires épreuves d’exil à Babylone. Entre
autres, les déportés étaient contraints à
des durs travaux de nivellement et de
terrassement ainsi que de gigantesques
remblais, pour construire la voie sacrée
de Mardouk, un dieu babylonien. Ce
peuple devait donc servir un dieu païen
à coups d’efforts considérables, comme
le révèlent certaines expressions utilisées
par le prophète Isaïe et reprises par Jean
le précurseur « ravin à combler, montagne
et colline à abaisser, passages tortueux à
rendre droits et escarpements à aplanir ».
Il se demandait si Dieu ne l’avait pas
abandonné à cause de ses infidélités
successives à l’Alliance. A son tour, Dieu
confirme sa présence fidèle, tendre et
solidaire. Il rappelle que ce peuple lui
appartient toujours « mon peuple »,
qu’il reste son père protecteur tout en
l’accompagnant sur ses traces. Il rassure
aussi qu’il est « son Dieu » à qui son culte
doit être rendu et lui promet le salut par
son intervention glorieuse en son Fils «
messie et bon pasteur ».
En attendant la venue imprévisible du
Seigneur, Saint Pierre nous exhorte à
des efforts sans réserve de pénitence
conformément aux exigences évangéliques.
C’est ce qui nous permet de profiter
d’une large patience de Dieu souhaitant
la participation de tous au nouveau
monde inauguré par et en Jésus-Christ.
L’avènement de ce nouveau monde de
Dieu exige cependant une destruction
totale de notre monde, dans ses dimensions
matérielles et temporelles, ainsi que dans
ses dérives morales et spirituelles, pour
laisser place au monde meilleur, l’objet de
notre espérance. A cet effet, nos efforts de
conversion consistent essentiellement à
détruire le mal en et autour de nous. Ils
doivent se traduire en une attente joyeuse et
dynamique, humaine et spirituelle, capable
de susciter l’enthousiasme et de donner
un sens à toutes nos activités à travers
lesquelles nous célébrons sa venue et sa
présence et anticipons son retour glorieux.
Tel est le nouvel ordre mondial que chaque
fidèle doit instaurer à la lumière des conseils
évangéliques dans une collaboration avec
le Christ, Roi de l’univers offert à la messe.
Saint Marc nous révèle une autre attitude
spirituelle et incontournable qui permet,
non seulement de nous ouvrir à la
présence de Dieu en nous et autour de
nous, mais de découvrir aussi l’identité
même du Messie que nous attendons afin
de nous conformer à lui. La personnalité
très humble de Jean-Baptiste montre que
l’humilité est indispensable pour nous
rendre compatibles avec le Sauveur dont la
vie est glorieusement humble et pauvre dès
sa naissance à la crèche jusqu’à sa mort sur
la croix. Désormais, celui qui l’accueille par
le chemin de l’humilité devient le temple
de l’Esprit Saint, la demeure de Dieu et le
signe de sa présence dans le monde grâce
à l’Esprit de son baptême. Les événements
actuels doivent nous inspirer à témoigner
avec ferveur que Dieu n’est pas confinable,
son omniprésence active reste accessible
et profitable à tous dans les visages des
pauvres et de ceux qui l’adorent en Esprit
et en vérité en dépit des églises fermées.
Jésus, Toi, le signe visible de l’amour de
Dieu, le verbe qui s’est fait chair, que ta
parole et tes gestes très humains et remplis
d’émotions affectueuses à l’image de ton
Père, nous consolent et nous préparent à
t’accueillir dignement dans les différents
lieux et moments où tu viens nous rejoindre.
Merci de venir partager et transformer notre
condition humaine si vulnérable. Fais-nous
participer dès maintenant à ce nouveau et
meilleur monde que tu donnes par ta vie
et ta présence, Toi l’Emmanuel « Dieu avec
nous ». Nous te prions de nous rayonner de
ton humilité tellement admirable que nous
révèle le mystère de ton incarnation célébré
à Noël, afin que nos efforts de revenir à Toi
et d’être à ton service surtout auprès des
pauvres se concrétisent de plus en plus dans
les activités de notre vie quotidienne. Que,
par la grâce de ton Esprit Saint, nos doutes
au moment des épreuves soient à jamais
remplacés par la confiance et l’abandon
total à ta présence que tu nous as promise
pour renouveler notre espérance : « Et moi,
je suis avec vous tous les jours jusqu'à la
fin des temps ».
Père Lucianno R inasoa CSSp.,
Curé de De Briant
■
Isaïe 40,1-5.9-1\m1 • Psaume 84 • 2 Pie\mrre \b,8-14 • Marc 1,1-8
LITURGIE
Dieu est-il présent, voit-il nos misères ?
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‘‘
L’Immaculée Conception est un
mystère profond et fascinant, qui nous
révèle un aspect de la figure de Marie
qui mériterait d’infinies dissertations
et approfondissements. En même
temps, même un enfant pourrait
comprendre combien soit précieux
le don que Dieu a fait à cette jeune
fille simple et humble, comment il
l’ait rendue spéciale parmi toutes les
femmes. Si nous devions expliquer le
mystère de l’Immaculée Conception
à un enfant, nous devrions lui
raconter de Marie, une fille comme
les autres, qui vivait avec maman et
papa et qui rêvait d’une vie faite de
choses simples, d’une famille, d’un
époux, de beaucoup d’enfants, et de
comment un jour un magnifique ange
lui apparut et s’adressa à elle en
disant : « Je vous salue, Pleine de
Grâce. Le Seigneur est avec vous ».
M
ais, en réalité, Marie n’était pas une jeune fille comme les
autres, pas du tout ! Dieu l’avait choisi pour une chose
très spéciale, une chose qu’Il avait décidée depuis très
longtemps, bien avant que Marie ne vienne au monde, avant même
qu’elle soit conçue dans le ventre de sa maman, Saint Anne. Dieu
avait décidé que Marie aurait été la maman de Jésus.
En effet, le magnifique ange, qui s’appelait Gabriel, lui parla avec
douceur et lui dit qu’un jour elle aurait eu un enfant, un enfant très
spécial, car il serait Jésus, le fils de Dieu. Mais Dieu, qui est très bon et
sait tout, ne pouvait bien évidemment pas choisir une fille quelconque
comme maman pour son seul et unique fils. C’est ainsi que, bien
avant que Marie ne naisse, Il avait décidé qu’elle aurait été pure,
immaculée, comme la neige, qu’elle serait née sans péché originel
et qu’elle n’aurait commis aucun péché dans sa vie, tout en pouvant
choisir, à tout instant de sa vie, entre le bien et le mal.
Marie, qui était vraiment une jeune fille spéciale, car elle était gentille,
judicieuse et pleine d’amour, choisit de se fier à Dieu, et elle le fit
avec joie et humilité, en disant à l’ange Gabriel : « Voici la servante
du Seigneur ». C’est ce que chacun de nous devrait faire chaque jour,
faire confiance à Dieu et se fier à Lui quand Il nous appelle par notre
prénom et Il nous demande d’affronter même des épreuves difficiles.
À la différence de Marie, nous sommes nés avec le péché originel sur
nos épaules, mais le Baptême nous l’a enlevé, et depuis cet instant-là
nous pouvons choisir entre le bien et le mal, choisir d’être bons et
« spéciaux » comme Marie l’a fait.
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L’Immaculée Conception de la Vierge Marie
expliquée aux enfants
LITURGIE
‘‘‘‘
Benoit XVI, 8 décembre 2011
En cette solennité de l’Immaculée Conception
de la Vierge Marie,
portons notre regard vers la servante du Seigneur, resplendissante de beauté et de pureté. Prenons-la pour modèle.
A son exemple demeurons attentifs à Dieu. Vigilants dans la prière,
nous serons plus disponibles
pour dire notre « Oui » quotidien à son amour. Avec Marie,
soyons confiants et remplis de sérénité
car le Seigneur vient pour sauver son peuple !
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 7
Père
Louis Élie
21.12.1963
Père
Fortuné Gibon
23.12.1990
Père
Arnault
Houévoyéha
27.12.1992
Père
Médard
Kounoudji
04.12.1999
Père
Benjamin
François- Haugrin
17.12.2006
Père
Philippe Décilap
16.12.2007
Père
Gaëtan
Présent
17.12.2017
Père
Joacin
Guerrier
09.12.2018
Père
Pascal
Degras
20.12.2009
Père
Jules
Doganou
24.12.1994
Père
Alain
Ransay
27.12.1992
Ils sont prêtres depuis 2 ans… 1\m7 ans… \b0 ans,
ou même 57 ans pour l\m’un d’entre eux !
En ce mois de décembre, quelle belle occasion
de rendre grâce à Dieu ensemble pour leur "oui", et pour la fécondité de leur ministère.
Bon anniversaire sacerdotal à chacun !
à nos prêtres ordonnés en décembreà nos prêtres ordonnés
Joyeux anniversaire
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 8
La Mission Étudiante Catholique (M.E.C) existe depuis un peu plus de quatre ans. Initiée par
le père Oliver Marie Lucenay, c’est désormais le père Gaëtan Présent qui est responsable
de la Pastorale de la mission étudiante, avec le soutien du père Lucianno Rinasoa.
L
a M.E.C. est une Petite commu-
nauté ecclésiale (PCE) faisant
partie de la Pastorale des Jeunes
qui a vocation à être une fédération
entre aumôneries et pastorales
étudiantes de la Martinique. C’est un
moyen pour la communauté postbac
de vivre et partager sa foi (toujours dans
la joie), et ce dans sa réalité étudiante.
Alors, tous les dimanches soir à 18h30,
à l’église du bourg de Schœlcher, une
Eucharistie est célébrée, ouverte à
tous mais dédiée aux étudiants qui,
souvent démotivés ou n’ayant pas envie
de prendre part aux activités de leurs
paroisses, y retrouvent d’autres jeunes
en qui ils prennent le courage d’exprimer
leur amour pour Dieu.
Et parce que nous nous questionnons
sur notre foi et la vie dans la société,
nous nous rencontrons tous les mardis
pour trouver des réponses dans des
débats thématiques ou sociétaux, des
partages bibliques. Et nous aimons
aussi nous rencontrer de manière plus
gratuite et fraternelle autour de jeux,
repas, etc.
Trois fois par an, il lui arrive de délocaliser
ses messes pour aller à la rencontre
d’autres paroissiens martiniquais pour
se faire connaître, et pour l’occasion
organiser des visites culturelles et des
moments de détente.
À l’aube des nouvelles technologies,
il devient vital de se moderniser. La
M.E.C l’a bien compris, et ses réseaux
sociaux (Facebook, Instagram, Twitter)
deviennent alors un moyen plus direct
et instantané pour interagir, au travers
de challenges, jeux, concours, etc.
Cependant, sa vocation principale est
d’aller en mission, d’abord vers les
autres jeunes qui se sont éloignés de
l’Église – pour diverses raisons – et
ensuite auprès des défavorisés, des plus
démunis particulièrement dans cette
période où nous devons faire preuve
de charité envers nos frères et sœurs qui
en ont besoin, ou simplement participer
à la sensibilisation sur des sujets qui
touchent notre société.
L’objectif étant de permettre aux jeunes
de comprendre que leurs singularités,
qui dans le monde s’apparentent à
des faiblesses, sont au contraire des
potentiels à mettre au profit du Seigneur.
Il n’existe pas de « petits dons » ou de
« petite foi » car nous avons tous reçu
LE MÊME BAPTEME. Notre jeunesse doit
savoir qu’elle a une place importante
et des atouts à faire valoir À et DANS
l’Église, et qu’il ne tient qu’à elle de la
trouver et de la prendre !
Des rendez-vous organisés par des
jeunes pour des jeunes. Alors rejoignez
l’aventure pour que nous puissions vivre
encore longtemps !
Prêtres accompagnateurs :
M. l’Abbé Gaëtan Présent
R.P. Lucianno Rinasoa
Les jeunes de la M.E.C ■
Zoom sur… La
Un laboratoire à cœur ouvert
VIE DU DIO\bÈSE
Un laboratoire à cœur ouvertUn laboratoire à cœur ouvert
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 9
Cette année, la communauté catholique toute entière est amenée à vivre le temps de l’Avent
d’une manière très particulière. Nous nous sommes donc interrogés sur ce qu’il en était
pour les jeunes au sein des familles et dans la communauté, sachant que toutes les activités
d’accompagnement spirituel (Éveil à la foi pour les très jeunes enfants, catéchisme pour les
7-12 ans, récollections, rencontres, ateliers et autres activités pour les jeunes du cheminement)
étaient rendues impossibles en présentiel, au sein des paroisses et des communautés
fraternelles, en raison des interdictions des autorités politiques et g\mouvernementales.
L
es jeunes de cheminement
que nous avons interrogés via
« WhatsApp », nous ont livré
leur état d’esprit, leur vécu durant ces
épisodes de confinement, et nous ont
fait part de la façon dont ils abordaient
l’Avent sur fond de confinement,
comment ils se préparaient et faisaient
germer l’espérance dans leur cœur.
Les jeunes ont été très attentifs au respect
du confinement, et à l’application des
gestes barrières pour protéger leurs
proches et les grands-parents de leur
entourage.
Pour la plupart, le confinement a été
vécu dans la bonne humeur, avec de
la compassion pour les personnes en
situation difficile, et dans le calme.
C’était, dit une jeune, l’occasion de
faire et vivre de nouvelles expériences
pratiques comme la pâtisserie,
et de gagner en maturité et en
indépendance.
Certains, dans l’ennui et la solitude :
« Je me retrouvais très souvent seule,
vu que ma mère travaillait » ;
d’autres encore, en gardant l’espoir.
Si le premier confinement n’avait pas
spécialement perturbé leurs habitudes,
il n’en a pas été de même pour le
deuxième qui a paru plus compliqué
pour certains jeunes.
Dans la crainte de ne pouvoir aller à
la messe pour se préparer à l’Avent,
beaucoup de nos jeunes ont choisi de
consacrer plus de temps à la prière et à
l’écoute du Seigneur :
« Je me prépare en priant plus, en
étant dans le silence et la sérénité ».
« Je prépare mon cœur en priant et
en le confiant à Dieu ». « je prie, je reste dans le calme en
attendant la venue de Jésus ».
« Je me dis que je ne pourrais peut-
être pas aller à la messe, mais je vais
prier avec ma famille, suivre la messe
par internet et adorer Dieu comme
les autres années ».
Ces temps de prière, d’adoration, la
messe suivie par internet se déroulant
en famille, sont vécus dans la joie.
Les jeunes ont trouvé dans l’amour des
proches, dans la prière, la confiance
en Dieu ; dans l’écoute de musiques
sacrées et dans la louange, des moyens
de faire germer l’espérance dans leur
cœur durant ce temps de préparation
de l’Avent.
Jeune confiné, que fais-tu ?
C’était, dit une jeune, l’occasion de
faire et vivre de nouvelles expériences
pratiques comme la pâtisserie,
et de gagner en maturité et en
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 10 ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 10
Agenda de l’Archevêque
Du 4 au 8 décembre :
•
Voyage en Guyane
Mercredi 9 décembre :
•
Rencontre avec les confirmands des paroisses
de Morne-des-Esses, Basse-Pointe, Macouba et
Grand-Rivière (en visio ou en présentiel)
• 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs
+ Messe de Rorate
Jeudi 10 décembre :
•
Comité Diocésain de l’Enseignement Catholique
(CODIEC) et Comité Académique de l’Enseignement
Catholique (CAEC)
Samedi 12 décembre :
• 16h :
Messe de l’Enseignement Catholique à
l’église d’Emmaüs
Dimanche 13 décembre :
•
Visite aux Eaux jaillissantes
• 17h30 : Vêpres solennelles à la Cathédrale Saint Louis
Mardi 15 décembre :
•
Assemblée des modérateurs
Mercredi 16 décembre :
•
Rencontre avec les confirmands de la paroisse de De Briant
(en visio ou en présentiel)
• 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs
+ Messe de Rorate
Samedi 19 décembre :
•
Récollection pour les servantes d’autel de plus de 16 ans
Dimanche 20 décembre :
•
Messe en paroisse
• 17h30 : Vêpres solennelles à la Cathédrale Saint Louis
Ils ont trouvé que c’était le moment
propice pour mettre en pratiquer
l’obéissance, la charité envers les autres.
Une jeune, entre autres, dit faire germer
l’espérance « en obéissant à ses parents,
en suivant la messe sur les réseaux
sociaux et en aidant mes camarades de
classe ».
Leur source d’espérance en ce temps
de l’avent en confinement, disent-ils, se
trouve pour les uns dans la foi, Dieu, la
famille et les amis. Quelques réponses
qui sont souvent revenues : « la foi »,
« Ma source d’espérance est Dieu,
l’Esprit Saint, Marie et Jésus. » et un autre
jeune de dire : « Le bonheur à venir avec
Dieu est ma seule espérance ». Une
jeune fille dira en trois points : « Avec la
Foi, c’est surmonter toutes les épreuves
en compagnie du Seigneur ; Avec la Joie
de vivre, c’est pouvoir pardonner, aimer
et bien d’autres choses avec le Seigneur
à mes côtés. Avec l’Agir, c’est faire de
bonnes actions avec Son aide ».
Concluons par cette pensée d’une jeune
et le verset proposé par une autre pour
trouver sa source d’espérance :
« Je garde espoir que tout ira mieux
dans le monde, et je demande au
Seigneur d’aider les autres qui ont
besoin de Lui dans cette période ».
« Tout ce que vous demandez avec
foi par la prière vous le recevrez »
(Mat 21, 22).
Merci à tous les jeunes qui ont partagé
dans cet échange, et permis la rédaction
de cet article (Jérémie, Gabrielle,
Valencia, Kaline, Lenna, Lidie, Maéna,
Irvin et les autres). Nous leur souhaitons
de parcourir cette période qui mène à la
venue de Jésus notre Sauveur, dans la foi,
l’espérance et la charité.
Jmy, Animatrice de cheminement
Pour le Service Diocésain de la Catéchèse
■
VIE DU DIO\bÈSE
jeune de dire : « Le bonheur à venir avec
de parcourir cette période qui mène à la de parcourir cette période qui mène à la
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 11
L’ Avent 202 0 ,
vers un retour à l’«Essen-Ciel» ?
Si les temps que nous connaissons semblent sombres, le Christ nous a dit en montant
vers son Père :
« je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28,20). Ça
veut dire que nous ne devons pas perdre de vue cette promesse du Seigneur. Essayons de
voir les signes des temps pour actualiser la venue du Seigneur dans nos cœurs et dans
notre société martiniquais\me au cours de cet Avent 2020.
L
a pandémie liée à la Covid-19
et les conséquences sont de
terribles épreuves pour les
hommes et les femmes de notre temps.
En cette fin d’année, le bilan nous
consterne : les relations deviennent
virtuelles et désincarnées, l’isolement
fait des ravages, des couples et des
familles se déchirent, des entreprises
et la vie professionnelle de beaucoup
sont gravement menacées, une vie
spirituelle fragilisée par les mesures
sanitaires, un Avent sans chanté Nwèl
qui aurait rassemblé et réjouit les
Martiniquais à l’approche de Noël,
un passage à l’année 2021 sans savoir
quand nous pourrons reprendre une
vie normale sans virus…
Mais n’y a-t-il pas possibilité d’y voir
des opportunités nouvelles pour
l’avancée du Royaume ? L’Avent est un
temps de préparation à l’avènement du
Christ dans la chair, dans notre société,
mais aussi sa venue dans la gloire à la
fin des temps. « Quand viendra le Fils
de l’homme, trouvera-t-il la foi sur la
terre ? » Avons-nous la foi ? Quelle est notre espérance ? Est-ce que le Christ
ne nous permet pas de nous adapter à
toutes circonstances difficiles ? Puisque
Dieu ne tolère le mal que pour en tirer
un plus grand bien, c’est que nous
pouvons en sortir plus forts.
Préparer l’avènement du Seigneur
dans nos cœurs et dans notre société
pourrait commencer par remettre au
goût du jour, avec créativité, la solidarité
dont nos parents étaient si fiers. Vu
que ce qui est le plus fragilisé est le
relationnel, l’attention aux personnes
autour de nous ou plus loin de nous (les
travailleurs fragilisés financièrement,
les plus démunis, les dépressifs, les
chômeurs…).
La question soulevée de l’essentiel
et du non-essentiel peut nous aider
à reconsidérer les priorités. La course
aux cadeaux, à la surconsommation
de nourriture de fête exacerbe et
dénature le vrai sens de la fête de
Noël. Le défoulement est primordial,
mais le Christ est « non-essentiel » pour
beaucoup alors qu’il est la raison de la fête de Noël. Si nous retrouvons le
vrai sens de Noël, nous retrouvons le
vrai sens de la fête. Ne pas organiser
de chanté Nwèl comme à l’accoutumée
peut aussi nous aider en ce sens. Et
nous pouvons trouver d’autres astuces
pour des chanté Nwèl plus modestes,
mais plus profonds (en cercle réduit
dans le voisinage, en PCE, par visio, en
prenant quelques cantiques après les
messes dominicales…).
L’épidémie nous pousse à repenser
notre vivre-ensemble, à revenir à
l’« Essen-Ciel », à mettre vraiment
le Christ dans nos actes quotidiens.
Restons fermes dans la prière. Que
son Règne habite nos cœurs et que
nos actes contribuent à sa venue dans
notre société fragilisée. Seigneur, que
ton Règne vienne !
Père Gaëtan Présent,
Paroisse de Saint-Joseph
■
1 Chants de Noël
MARTINIQUE, QUELLE\n EST TON ESPÉRAN\bE ? DOSSIER
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Mathurin , paroisse
Saint-Pierre et Saint-Paul du Marigot
Pour cette année 2020, le temps de l’Avent est par-
ticulier. Nous espérons tous que la pandémie ne nous
empêchera pas de faire Eglise. Nous devons garder nos
lampes allumées, et prier pour vivre pleinement Noël. C’est
si important pour nous Chrétiens de nous rassembler en cette
période.
La Covid-19 a bouleversé nos habitudes, certes, et nous a af-
faiblis psychologiquement, voire physiquement pour certains.
Nous avons l’impression que l’avenir est incertain. Mais la foi des chrétiens ne doit pas s’affaiblir. Nous devons garder le cap vers Celui qui est, qui était et qui vient… Jé-sus-Christ. Notre espérance doit se porter sur notre Sauveur car rien ne lui est impossible. Confiné ou déconfiné, j’installerai ma crèche au moment opportun, je participerai à la messe sur les réseaux sociaux ou à l’église si c’est possible, et je continuerai à prier en famille. C’est important pour moi de le faire encore plus cette année pour retrouver la sérénité. Dans la confiance, tout est possible. Je vis dans l’espérance des jours meilleurs. Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui (ou quoi) tremblerais-je ?
Marie-Françoise
et Venance Brédas
,
paroisse Saint-Pierre et Saint-Paul
du Marigot
C'est bientôt l'Avent, qui nous prépare à Noël. Cette
année il sera particulier à cause de la crainte de la Co-
vid-19. Aujourd'hui, c'est la fête du Christ-Roi qui clôture
l'année liturgique et nous ramène vers une nouvelle année, et
de ce même pas, nous conduit aussi vers l'Avent. Bien que pri-
vés de rencontres de prière en paroisse, en PCE et en famille, nous
avons appris depuis le premier confinement une nouvelle façon de
nous exprimer à Dieu : la prière en communauté familiale. Particuliè-
rement pour cet Avent, nous prierons en couple en récitant le chapelet,
et nous ferons la neuvaine à l’Immaculée Conception du 30 Novembre
au 8 Décembre. En ce temps douloureux que nous vivons, nous en profi-
terons pour prier davantage pour L'humanité entière, pour le Saint-Père, pour nos prêtres, nos consacrés, nos familles, et pour nous-mêmes. Nous avons conscience que nous devons unir nos prières à celles de tout le Corps du Christ pour que le Seigneur éclaire nos gouvernants afin de libérer nos églises, car rester sans l’Eucharistie fait souffrir. Si d’ici là nos églises sont réouvertes, nous pourrons vivre les quatre messes de l’Avent avec la scène des quatre bougies. Par contre, si nous restons encore confinés, nous ne manquerons pas de préparer la fête de la naissance de Jésus en communauté familiale.
Annie Marie,
paroisse du Lamentin
Notre monde est de plus en plus en proie au désespoir
avec la pandémie de la covid-19 inquiétante, la pauvreté
grandissante, la violence, les désastres environnementaux, la
montée du racisme et de la discrimination, les addictions en tout
genre, et la liste de réalités déprimantes est sans fin. Nous avons
tous besoin d’espoir, d’une raison de vivre.
J’ai besoin de la Bonne Nouvelle de l’Avent qui m’annonce la nais-
sance de Christ mon Sauveur, et pour raviver en moi l’attente de son
retour glorieux à la fin des temps. Alors une persévérance nouvelle
m’anime pour aider à transformer notre monde et faire naître une hu-
manité nouvelle, plus sage. C’est pour cela que dès le 1er dimanche de
l’avent, j'ai installé la crèche comme un signe de Jésus qui entre dans
ma maison pour me toucher au cœur.
La crèche est sur une petite table dans le salon, à la vue de tous. Pour une fois, c’est la télé qui est poussée sur le côté et\
la crèche est au centre. Il n’y a pas beaucoup de personnages ; juste Joseph et Marie qui sont dans l’attente de l’Heureux moment, et le bœuf et l’âne. Par contre, je mets toujours une touche de violet qui est la couleur de l'Avent (et du carême), couleur de la sagesse et de la pénitence. Comme mes enfants sont petits (David, 4 ans et Esther, 7 ans), nous avons un temps de prière le matin avant de partir pour l’école et le soir après le diner. Le mercredi soir et le week- end nous chantons des cantiques avec l’aide d’un livre qui appartenait à ma mère. Après le coucher de mes enfants, je prends un temps de prière plus per- sonnel, un vrai cœur à cœur avec le Seigneur où je lui confie mes craintes et mes es-poirs pour mes enfants et pour la Martinique.
Le temps de l'Avent nous aide à préparer
Noël dans notre cœur, dans nos
engagements, en famille, en paroisse,
avec nos amis... Nous a\mvons rencontré
des personnes qui témoignent\m de leur
espérance en ce temps de grâce, dans
l'attente du Messie.
Nadiège Milia
J’espère de l’Avent, de la sérénité malgré ces
temps troublés. Ce temps de préparation n’est plus
trop vécu en famille car les adolescents commencent à
se désintéresser. Cependant, comme je fais toute l’année,
au réveil je me tourne vers Celui qui vient pour lui confier
ma famille et lui dire merci de sa présence dans nos vies. Je
m’engage à faire une action particulière chaque année en cette période, mais cette année je suis dans l’indécision. La crèche, chez moi, est souvent située dans le séjour. Elle peut occuper un compartiment entier du verrier ou se situer à un emplacement créé de toute pièce pour la période. En général, avant de sortir les santons, je choisi son emplacement. Je me mets à la recherche d’éléments de décoration qui peuvent être fabriqués maison ou ramassés dans la nature durant les différentes sorties de l’année.
MARTINIQUE, QUELLE\n EST TON ESPÉRAN\bE ?
Le temps de l'Avent nous aide à préparer
DOSSIER
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 12
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Flore Malfleury
J’ai un peu la nostalgie de ce temps que nous
propose l’Église. Ce temps où je sentais toute la com-
munauté paroissiale en attente d’un évènement. An bagay ké
fèt ! Tout le monde était véritablement dans l’Attente d’un évè\
nement
crucial.
Ce que j’espère aujourd’hui, c’est profiter de ce temps de conversion qui
m’est proposé pour me remettre en route et suivre le bon cap. Que l’Église
nous donne les moyens pour alimenter davantage notre foi (réflexions, partage de
l’Évangile), et réveiller davantage notre charité par des gestes de solidarité envers les
plus démunis. Préparer la venue du Christ, rester éveillés et actifs au service de Dieu
pendant cette crise sanitaire.
J’ais préparé ma crèche avec mes deux petits enfants Mathis (3 ans) et Lyana (2 ans). Elle
est située dans un angle du séjour bien en évidence. Ce n’était pas facile, mais j’en ai profité pour essayer de transmettre quelque chose de ma foi en Jésus, ce petit enfant à naître, avec des mots adaptés et leur expliquer le pourquoi de la crèche. Cette année plus particulièrement, le temps est propice à la réflexion. C’est l’occasion pour nous, en famille, de nous laisser interpeler sur la signification de Noël, de la venue de cet enfant Sauveur ! Les cantiques que nous chantons ensemble sont de bons supports pour la discussion par exemple. « Venez divin Messie sauver nos jours infortunés », ou encore « Il s'approche l'heureux moment qui doit finir notre misère. Il va venir l'auguste Enfant qui donne la paix à la terre. Tournons vers lui tous nos soupirs, appelons-le par nos désirs. Ô nations, consolez-vous, de vos souhaits l'objet aimable vient enfin répandre sur nous les dons de son cœur ineffable ». Tout un programme en ce temps d’incertitude. Mais faut-il chercher à changer le monde sans vouloir que l’homme change son comportement ? A côté de cela il y a une préparation plus triviale qui est celle des punchs coco, du shrub, du boudin sans oublier bien sûr l’achat des jouets et la décoration de l’arbre de Noël.
Frantz Odonnat, Aumonier de prison
Temps de l’avent, temps d’attente et de préparation,
temps où chacun se met en marche pour accueillir l’Enfant-
Jésus avec un cœur d’amour.
La mission de l’équipe d’aumônerie est de rencontrer, accompagner,
écouter, aider matériellement, moralement et spirituellement des frères
en prison. C’est aussi, redonner confiance et depuis notre dernier congrès,
préparer la réinsertion sociale et spirituelle. C’est aussi permettre à chacun de
rester éveillé et d’être lumière partout.
La demande de nos frères détenus est importante et le confinement leur fait subir
une double peine : celle d’être en détention et celle de ne pas pouvoir rencontrer
tout ce qui pourrait leur donner des moments de joie et de bonheur (visites,
Parole de Dieu partagée et Corps du Christ). Mon espérance est de voir évoluer
le Centre pénitentiaire vers une meilleure humanisation, vers une communauté
qui vit réellement, même si il y a encore beaucoup à faire particulièrement pour
l’autodétermination de la personne détenue.
Merci Seigneur pour tout ce que tu m’as permis d’accomplir en prison,\
merci pour
tout ce que tu as accompli dans chacun de mes frères. Merci de donner amour,
confiance, espérance, persévérance à chacun, frères détenus, équipe d’aumônerie et à tous ceux qui portent un peu de chaleur et d’amour aux plus pauvres.Pardon Seigneur, pour les manques, les moments de procrastination. Aide chacun Seigneur et moi aussi, durant ce temps de l’avent, à être plus percutant, plus inventif dans la mission. Aide aussi tous ceux qui sont prisonniers à laisser tomber leurs chaines physiques, matérielles ou spirituelles et à se préparer à accueillir Jésus en acceptant de se convertir, de changer leurs cœurs. Aide-nous Seigneur, à rester veilleurs, toujours prêts, nos lampes toujours allumées, que nous soyons toujours lumière pour les autres. Aide-nous enfin à préférer Jésus à tout ce que le monde nous propose. Donne à chacun en ces temps difficiles et particulièrement aux frères détenus, la force d’approfondir la relation avec Jésus par la prière, la lecture de la P arole et en se laissant saisir
par son amour.
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 13
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 14
Martinique entre espérance et désespérance
Interview du père \bonconthour
EeM : Dans la situation de la
Martinique, qu’est-ce qui vous
alerte aujourd’hui, qui vous
inquiète et qui pour vous n’est
pas encourageant ?
Je pense qu’il est nécessaire de
faire un bilan de la situation pour
voir où nous en sommes dans notre
relation à nous-mêmes, à notre
famille, à notre environnement
écologique, économique, social
et politique, à notre passé et à
notre futur.
Au niveau de la relation à nous-
mêmes, on peut dire que la
Martinique traverse une crise
identitaire depuis de nombreuses
années, sans doute liée à notre
construction culturelle et notre
situation politique actuelle. En effet, qui sommes-nous ?
Qu’est-ce qu’un Martiniquais ?
Acceptons-nous d’être nous-
mêmes avec notre histoire, nos
origines diverses, notre métissage,
nos traditions locales forgées
depuis plus de trois siècles ?
N’est-ce pas désespérant de nous
voir peinés à vivre à travers ces
mêmes traditions, comme par
exemple notre « parler créole »,
« manger local », « produire
local »…), et nous voir parfois
adopter des modes de vie et
d’expressions étrangers à notre
identité martiniquaise ?
Bien sûr, il ne s’agit pas de
s’enfermer sur soi-même et de
mépriser les autres, mais bien de
s’ouvrir à soi pour mieux s’ouvrir
à d’autres, et s’enrichir dans la diversité des rencontres.
Une telle situation de
stérilité culturelle
nous inquiète.
La situation familiale nous
préoccupe également quand on
sait que près de la moitié des
familles restent monoparentales,
et quand le dialogue intrafamilial
reste difficile, voire inexistant.
Cette absence de dialogue est une
violence qui s’ajoute à d’autres
violences familiales telles que
la non-reconnaissance, la non-
inscription dans la filiation,
les problèmes de transmission
de patrimoines matériels et
immatériels, et autres formes
de violence qui atteignent le
corps et l’esprit. Il est difficile
de faire famille et tout le
monde en souffre, les enfants
particulièrement qui ne reçoivent
pas l’éducation nécessaire pour
devenir des Martiniquais debout
et responsables. La souffrance
ressentie donne aux Martiniquais
un sentiment de fermeture à
certains, de manque de perspective.
Quelques
chiffres qui nous
alertent et qui invitent
à faire bouger les choses
• 14 500 hectares de terres agricoles polluées par la
chlordécone, principalement au nord-est et au sud-est
de l'île.
•
22 personnes décédées dans des accidents de la route en
Martinique en 2019
•
2 112 d’IVG en 2019 à la (Source DREES)
•
43 614 familles monoparentales, soit 41,8 % (INSEE 2016)
•
35 690 allocataires du RSA en 2019 (CAF)
•
29,3% de la population sous le seuil de pauvreté (INSEE)
•
1 femme sur 5 en situation de violences conjugales
(1/3 de femme ont subi des violences psychologiques
(INED, 2018)
MARTINIQUE, QUELLE\n EST TON ESPÉRAN\bE ?
Martinique entre espérance
DOSSIER
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610 15
Certains portent atteinte à leur vie, d’autres tombent dans
l’errance et la déchéance (drogue, avortement, trouble
psychique..). Beaucoup quittent le pays et s’éloignent de
leur famille, quand d’autres arrivent.
Au niveau écologique, la situation de la Martinique est
préoccupante au regard de la pollution à la chlordécone,
à la gestion des déchets, à la protection de notre
biodiversité, à la pollution marine et à celle de notre
flore et de notre faune. La société responsable de ce
désordre écologique se retrouve elle-même victime de
la pollution (développement des maladies, difficulté à
vivre bio…) tant l’étendue du désastre a atteint toutes
les dimensions de notre écosystème. Nous pouvons
y ajouter la montée des eaux dûe au réchauffement
climatique qui entraîne l’érosion des côtes, à terme une
diminution de la superficie, et dans quelques années
une disparition de nos bourgs situés en bord de mer.
Au niveau socio-économique, la situation m’interpelle
également. J’ai l’impression d’une société où il y a
beaucoup qui galèrent. Presqu’un tiers de la population
est au chômage, beaucoup vivent des minima sociaux,
et le seuil de pauvreté est important. Beaucoup de
personnes sont dépendantes des associations caritatives
(Secours catholiques, Saint-Vincent de Paul, Banques
alimentaire...), et dépendantes d’un système social
organisé (CAF CMU, RSA…). A divers niveaux, la
Martinique peine à se responsabiliser et à se construire
un avenir où les individus prennent en main leur destin.
Le travail bien fait et valorisant n’est pas toujours une
préoccupation chez certains.
Ce qui est paradoxal, c’est que le pays est dans la pauvreté,
mais la vie y est désespérément chère malgré la crise de \
février 2009. J’ai l’impression qu’au niveau politique c’est
tout aussi compliqué, et que nous avons du mal à sortir
d’un marasme, tant la situation est complexe dans le fait
d’être entièrement Français et Français à part.
Devant tous ces constats, s’agit-il de s’enfermer dans la
désespérance ?
Des chiffres
encourageants en 2019 :
• 1 395 mariages en 2018 (INSEE)
•
3 670 naissances en 2018 (INSEE)
• 4 326 réussites au Bac en 2019 (sur 4985 candidats),
soit 86,78%
•
3 384 créations d’entreprise en 2019, soit une hausse
de 7 % par rapport à 2018
•
7 500 à 8 000 associations de toutes tailles (dont
545 nouvelles en 2018-2019), actives dans tous les
domaines de la société : Education, culture, social,
santé, environnement, défense des droits, loisirs (http://martinique.drjscs.gouv.fr/)
• 37% de jeunes engagés dans les associations
en 2019 (http://martinique.drjscs.gouv.fr/)
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EeM : Au niveau du chrétien
catholique, qu’est ce qui serait
encourageant pour nous ? Quels
sont les signes d’espérance ?
L’Eglise est une communauté
qui espère. Elle regarde vers
le royaume de Dieu, royaume
d’amour, de miséricorde, de
justice, et elle y puise l’énergie
nécessaire à la transformation
du quotidien pour que celui-ci
soit signe de ce même royaume.
Le travail fait par nos Pastorales
nous donne d’espérer, à l’instar
de la Pastorale de la Famille qui
organise la préparation au mariage
et l’accompagnement des couples
dans le cadre de l’Association
des Centres de Préparation au
Mariage (ACPM), par exemple.
Sont organisées à destination
des familles des retraites, des
récollections, des sessions,
et de nombreuses personnes
y participent. Tout cela n’est
possible que par l’engagement
de beaucoup au service d’autres.
C’est encourageant !
La mise en place de la Catéchèse
familiale, où les parents
s’investissent dans l’éducation
chrétienne de leurs enfants, est
aussi un signe positif. Je sais que
cela demande à tous beaucoup
d’efforts et d’engagement, mais
cela porte déjà des fruits d’amour
et de conversion dans les familles.
La volonté de notre Archevêque
d’instituer dans l’Eglise un
fonctionnement en Petites
Communautés Ecclésiales (PCE)
est une bonne initiative pour
développer l’unité et le dialogue
à l’intérieur de l’Eglise et dans
la société martiniquaise. Cela
contribuera à nous faire aller de
l’avant. Il en est de même pour
la mise en place de la Pastorale
des Hommes et celle des Artistes.
Ce sont de très belles initiatives.
Beaucoup de fidèles s’investissent
également dans la solidarité. Ils
viennent en aide à leurs frères et
sœurs en détresse dans le caritatif
et dans l’écoute.
La présence d’un jeune évêque,
de jeunes prêtres et de sémina-
ristes sont aussi des signes encou-
rageants.
D’autres réalités vécues en Pastoral
sont des signes d’espérance :
célébrations de sacrements et autres
initiatives missionnaires. Le travail
de l’A ssociation des victimes
conjugales, de défense des
droits.
EeM : Par rapport aux dernières
crises sociales, quels sont les
signes d’espérance ?
Dans l’optique d’améliorer le
« vivre ensemble » et de penser la
Martinique de demain, le travail
que fait le Professeur Charles
Nicolas et son association First
Caraibe, est très intéressant. Le
projet est intitulé « Martinique,
36 h pour demain ». Il a été initié,
entre autres, en partenariat avec
l’UNESCO et a pour objectif de
mobiliser la population, toutes
générations confondues, pour
imaginer la Martinique de demain,
en partant "d’une réflexion
approfondie sur ses enjeux
économiques, environnementaux
et sociétaux". C’est une belle
initiative citoyenne qui a comme
slogan "Annou fè-y !"
C’est pour moi un signe
d’espérance, et je salue l’initiative
des autres associations qui
œuvrent dans le même sens.
Propos recueillis
par Justine Lordinot
■
MARTINIQUE, QUELLE\n EST TON ESPÉRAN\bE ? DOSSIER
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610
NP
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Joëlle Cécina
Les temps sont difficiles : pandémie, situa-
tions de doute, de stress. L'hypermédiatisation de
faits divers tragiques, de situations politiques et socio-éco-
nomiques inquiétantes, d'un monde de la culture qui peine à s'en
sortir, tout ceci a un, voire des impacts néfastes sur notre société. Ces
impacts se traduisent par un malaise général. Notre société montre tous les
signes d'une implosion. De plus, quand on voit ces terribles images de familles
en détresse suite à ces intempéries dans le Nord Atlantique, on peut avoir du mal à
se projeter.
Je crois que collectivement, nous sommes "en panne" ces temps-ci. C'est-à-\
dire que nous
devons gérer de multiples situations et relever des défis.
Risques naturels et sanitaires, crise socioéconomique, doutes et morosités de toutes natures nous
guettent, alors que nous sommes des résilients, des optimistes, des personnes courageuses en fait. A
ceci, il faut ajouter la limitation de certaines libertés... Ne pas s\
e rencontrer pour prier en Eglise, ne pas
pouvoir se rendre au bord de mer afin de se ressourcer, ne pas pouvoir pour les plus jeunes se rendre sur
le Campus... Certes, il s'agit de mesures à respecter, mais à n'en point douter, cela agit sur le moral. Nou ti
brin mal...
Moi, je suis remplie d'espérance. Je sais que les temps ne sont pas les meilleurs aujourd'hui, mais je sais que
Jésus est avec nous chaque jour, jusqu'à la fin des temps. Cela m'oblige à donner le meilleur de moi-même et
surtout à rester optimiste. Il ne s'agit pas d'un optimisme béat ! Non il s'agit de croire que l'homme est fait pour la
Vie et l'Amour.
Quand cela semble difficile, je me dis qu'il fait beau sous le soleil, un colibri qui passe, une fleur qui est simplement
là, une parole, un rire... La VIE continue, on y CROIT. Il le faut !
Cela peut arriver, mais il y a toujours une idée qui survient...
Le pays ira mieux si nous décidons de mettre en avant et en pratique l'espérance. Le pays, c'est toi, c'est moi, c'est
nous... Personne ne construit un pays dans son coin. Sauf s'il s'agit du pays rêvé ! La jeunesse est la force de la Martinique. Il faut, avec nos aînés, réapprendre à tisser de vrais liens. Trop de fausses valeurs détruisent notre identité. Il faut en finir avec ce paraître sous couvert de modernité. Que voulons-nous ? Une Martinique qui sait que le seul esclavage réside dans l'ignorance et l'indifférence. Chacun doit faire sa part.Aimé Césaire a dit avec justesse : "c'est à chacun de faire le travail". Prodigieuses et justes paroles. Je tente de bien faire mon travail sans prétention et avec beaucoup d'humilité. Le travail en question, c'est la confiance donnée aux plus jeunes, le respect dû à chacun...Travaillons afin d'inverser cette tendance. Rien n'est gagné. Notre "Si Dié vé!" est une confession de foi, et non pas une parole fataliste. Dieu Notre Père est là et il veille sur nous. La Martinique de demain, je la vois comme une brise et non pas comme un \
cyclone. Nos forces sont à puiser dans notre histoire traumatique. Nous sommes sortis des cales des négriers pour témoigner que nous sommes des Femmes et des Hommes forts et fiers, profondément Humains... Le métissage est en définitive notre socle. Ainsi, nos cultures issues des quatre coins du monde font de nous des personnes riches. Cultivons cette richesse avec Amour et Foi. Je crois que l'essentiel se trouve dans notre tempérament. Nous sommes capables d'AIMER, retrouvons ce précieux TALENTS. Les autres surgiront, j'en suis certaine.
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 6 décembre 2020 – n° 610
NP
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Les récents évènements qui ont
touché le Nord de la Martinique,
ont démontré encore une fois, un
élan de générosité, de combativité
et de solidarité de toute la population.
Dans les épreuves, les Martiniquais savent se
redresser et se remettre à l'ouvrage, sans verser dans le
découragement.
Ceux qui sont touchés par ces épreuves s’en remettent à
Dieu, pour trouver force et courage pour redémarrer.
La vie nous vient de Dieu, et nous devons la protéger, et
l'enrichir. Nous ne devons pas nous laisser envahir par
le doute, mais puiser dans notre foi des raisons de faire
partager aux autres les joies de la résurrection et ne jamais
se décourager.
Le pays est dirigé par des hommes et des femmes qui ont
l'entière responsabilité de contribuer au bien-être et au
bonheur de leurs concitoyens.
Il leur appartient de démontrer par leurs actes, que l'intérêt
général prévaut en toutes circonstances sur l'intérêt parti-
culier. La Martinique doit encore progresser sur les respects
de ses engagements.
L’adage selon lequel " i bon kon sa " ne doit pas nous donner
bonne conscience.
Nous sommes chacun d'entre nous en charge de la construc-
tion de ce pays, et devons nous y atteler.
C'est là notre responsabilité de Chrétien.
Robert Joseph Alexandre
paroisse de Sainte- Thérèse
? Question
AN TCHÈ
LÉGLIZ-LA
‘‘
A ton avis, la Martinique désespère-elle ?
As-tu de l'espoir ou es-tu découragé ?
Penses-tu que le pays ira mieux, ou de mal en pis ?
Comment vois-tu la Martinique de demain ?
Sur quels points espères-tu un changement ?
‘‘
C'est là notre responsabilité de Chrétien.
Je ne pourrais affirmer que la
Martinique désespère ou pas, mais j'ai
quand même l'impression que certains
jeunes ne se projettent pas au sein de notre
pays. Ils ne pensent pas y vivre dans quelques
années. Même si parfois il m'arrive d'être découragé, d'un point
de vue général, j'espère. J'espère des lendemains meilleurs,
j'espère une jeunesse moins accablée, j'espère une société plus
fraternelle, j'espère un monde plus juste. Je reste persuadé que
notre pays ira mieux si chacun fait ce qu'il doit faire, comme il
doit le faire. Si la situation ne s'améliore
pas, ce sera notre faute collective. Demain la Martinique sera plus
propre, donc plus belle. La jeu-
nesse aura confiance en elle,
et saura pouvoir compter
sur la génération d'avant
pour les accompagner.
Nous serons capables de
vivre ensemble et donc nous
serons plus forts !
Steeve Louis
Joseph Dogué paroisse de
Sainte-Thérèse
Mettons notre confiance dans la pro-
messe du Christ. C’est lui qui nous
donne la force et c’est lui notre appui.
Nous devons travailler au renouveau
de notre île, trouver des pistes de
réussite afin qu’elle ne sombre pas, innover
en optant pour de nouvelles pistes de développement.
Chacun de nous doit porter sa pierre à l’édifice.
Soyons acteurs et non spectateurs de la construction
de la société. Ce sont des simples gestes à accomplir
: participer aux élections, prendre des responsabilités
au sein d’associations de quartiers. L’herbe n’est pas
plus verte ailleurs que chez nous. Mais cela ne peut
se réaliser que si chaque jour nous nous laissons
conduire et gardons confiance en l’avenir que nous
construisons ensemble.
Mot de
conclusion de Nicole
Chesimar
doit le faire. Si la situation ne s'améliore
pas, ce sera notre faute collective.
Demain la Martinique sera plus
propre, donc plus belle. La jeu-
nesse aura confiance en elle,
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ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\m MARTINIQUE Service legs et donations
Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père PinchonBP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\mX
Téléphone : 06 96 \b1\m0 \b\b\b - E-mail : miche\ml.pouch@wanadoo.fr
oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer
sur les possibilités de legs, donations et assurances\bvie à l’Association Diocésaine.
oui ,je souhaite être contacté pour un rendez\bvous au Service des legs et
donations ou à mon\S domicile.
LÉGUEZ
à l’ Église catholique
L’espérance en héritage
DEMANDE D’INFORMATIONS
sans engagement de votre part
Mes coordonnées ❏ Mme ❏ Melle ❏ M.
Nom Prénom
Adresse
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Ville Téléphone
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(facultatif)
POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\mINIQUE
99.5 - 101.3 et105.1 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr
MARTINIQUE 40 €
GUADELOUPE 44 €
GUYANE 44 €
FRANCE et étranger 50 €
E g lise
en MARTINIQUE
LeChrist règne : et les chrétiens ?
N° 594REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €24 NOVEMBRE 2019
Hommage au père Filopon
Lire toute la Bible en une année (suite)
Qui soutient votre engagement ?Questionnaire de l'Avent
lise
MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE N° 594REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUELLE — 2,00 € 24 NOVEMBRE 2019 E g lise en MARTINIQUE
B onne décennie !
2020-2030
N° 597REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €5 JANVIER 2020
Hommage au père Filopon
Programme de Radio Saint-LouisUn chrétien peut-il utiliser les mots
vulgaires quand tout le monde le fait ?Centenaire du 14 janvier
Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE
FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon,
accompagné de votre règlement à :
Eglise en Martinique
Boîte Postale 586
97207 FORT de France CEDEX
E g lise
en MARTINIQUE
LeCCChrist règne : et les chrétiens ? Christ règne : et les chrétiens ? CChrist règne : et les chrétiens ? C
Lire toute la Bible en une année Lire toute la Bible en une année (suite)
Qui soutient votre engagement ?Qui soutient votre engagement ?Qui soutient votre engagement ?Questionnaire de l'AventQuestionnaire de l'Avent
hrist règne : et les chrétiens ?
(suite)
BBBB onne décennie !
2020-2030
Programme de Radio Saint-LouisProgramme de Radio Saint-LouisUn chrétien peut-il utiliser les mots Un chrétien peut-il utiliser les mots vulgaires quand tout le monde le fait ?vulgaires quand tout le monde le fait ?Centenaire du 14 janvier Centenaire du 14 janvier
Nom : .......................................................................\
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Mail : .......................................................................\
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Gran Bèlè (air trad : nérodjé, adaptation, K’zo J-B - Bèlè Légliz)
Jézi byen di nou i kay vini (3 fois)
ouvè zié zot manmay pas Jézi kay vini.
I té ka palé ba apòt li
I di yo manmay i kay vini
Pa dòmi pran gad pa dòmi
Fo pa dòmi pran zot pas Jézi kay vini
Sé kon an nonm ki janbé lanmè I bay alé i lésé kay liAn ba zèl sé sèvitè-a
I fè tou sa ki fo pou lè i kay vini
Byen ba yo chak an lòd
Mandé gawdjen rété doubout Pou jété zié asou kay la
Pas pèsonn pa sav lè Jézi kay vini
Mèt a mannyok kay viréI pé viré a nenpòt ki lè
Débatché san di to-to-to
Mé wi manmay sav byen Jézi kay vini
Sa mwen di sé ba zot tout
Pa dòmi manmay pa dòmi
Pa dòmi manmay pa dòmi
Fo pa dòmi pran zot pas Jézi kay vini
Gran Bèlè (air trad : nérodjé, adaptation, K’zo J-B - (air trad : nérodjé, adaptation, K’zo J-B - Bèlè Légliz )
Jézi kay vini
