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E g lise en MARTINIQUE La revue "Eglise en Martinique" a 30 ans « J ’étais malade et vous m’avez visité ! » N° 614 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 31 JANVIER 2021 Hommage au père Filopon Sainte Joséphine Bakhita, de l’esclavage à la sainteté Retraite spirituelle des prêtres DOSSIER : Actions de l’Eglise auprès des malades et des soignants

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23 B onne nouvelle en ce 4 e dimanche ordinaire B : Jésus est venu pour nous débarrasser des esprits mauvais qui nous détournent de Dieu, \ et de tout ce qui nous empêche de vivre notre foi en toute simplicité\ . C’est le prophète qui enseigne avec autorité, et sa Parole agit\ . L’Église célèbre le 2 février la Fête de la Présenta\ tion du Seigneur, appelée aussi Fête de la Chandeleur, fête de la lumière. C'est également la Journée de la vie consacrée initiée par saint Jean-Paul II depuis 1997. Le\ s personnes consacrées ont choisi de ne s’occuper que des affaires du Seigneur, à la manière de saint Paul qui nous recommande d’être attachés à\ Dieu sans partage. L’Esprit Saint suscite le désir et le choix de la vie consacrée \ à certains hommes que Dieu appelle à devenir des prêtres. Ces derniers se for\ ment et prennent du temps pour se ressourcer. Entourés de leur évêque, les prêtres de notre diocèse ont suivi leur retraite spirituelle annuelle au Foyer \ de Charité de Trinité, du 4 au 8 janvier dernier. Le prédicateur, le père Yves Kissy, un T héologien membre de la Communauté « Mère du Divin Amour »\ , les a guidés durant la semaine en méditant sur le thème « Prêtr\ e de Jésus-Christ, prêtre comme Jésus-Christ, et prêtre avec Jésus-Christ ».\ Le 8 février prochain, c’est la Journée mondiale de prière e\ t de réflexion contre la traite humaine. Nous fêterons également Sainte Joséphine Bakhita, ancienne esclave d’origine soudanaise devenue religieuse, et\ canonisée en 2000 par saint Jean-Paul II. Nous vous proposons de revoir son histoire hors du commun. Par ailleurs, le Dimanche de la Santé est fêté le 7 février \ prochain. Il a pour thème « Tout le monde Te cherche ». Depuis 1992, l’Eglise universelle célèbre, le 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, la Journée Mondiale du malade. Pour cette 29 e édition, le message du pape François est intitulé « Vous n’avez qu’un seul maître et vous êtes tous frères (Mt 23, 8) ». Cet événement se vit en paroisse à l’occasion du Dimanche de la Santé (généralement le dimanche le plus proc\ he du 11 février, soit cette année le dimanche 7 février). A cette occasion, l’\ Eglise sera présente sur le terrain au sein des aumôneries hospitalières. D\ es bénévoles engagés dans diverses associations visiteront et réconforteront le\ s malades, les personnes seules et isolées. C’est en lien avec cette Journée du Malade que nous proposons un \ dossier sur les actions que mène l’Eglise auprès des malades et des soi\ gnants. La revue « Eglise en Martinique » a eu 30 ans le 27 janvier 2021. \ 614 numéros depuis le 27 janvier 1991, date de sa 1 ère parution sous l’épiscopat de Mgr Marie-Sainte. La revue a connu des évolutions au fil des années, tant sur la maquette que sur les sujets traités. Elle s’est adapté\ e aux réalités de la vie diocésaine et de l’Eglise. A ce jour, elle ne déroge pas à sa mission d’information et d’évangélisation. Souhaitons-lui longue vie\ ! « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur ». Le Seigneur vient nous libérer de toutes nos possessions. Ouvrons-nou\ s à sa Parole qui guérit. Bon dimanche à tous ! Justine Lordinot ■ S ommaire EDITORIAL B MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE •  La Parole Dominicale •   La Présentation \bu Seigneur au\n Temple et la Journée \be la \nVie Consacrée •   Les femmes et la liturgie   Interview \be Mgr Macaire •  Intro\buction Pastorale \be la Santé •   Aumônerie catholique \bu Centre Hospitalier  Universitaire \be Martinique Pier\nre Zob\ba- Quitman & la Maison \n\be la Femme,  \be la Mère et \be l'Enfant  •   Les gran\bs enjeux \be santé p\nublique  sur le territoire \be la Martinique • Quelques témoignag\nes… •  Agen\ba \be l’Archevêque •  Eglise en Martini\nque a 30 ans •   Que pensez-vous \be la journée in\nitiée par le pape  contre la traite \bes êtres humains ?    Que faut –il faire ? •   Retraite spirituelle \bes prêtres \bu \biocèse •    Zoom sur…  l’Association Mère \be Miséricor\be •   Sainte Joséphine Bakhita  \be l’esclavage à la sainteté •  A la génération actuelle…   Episo\be Pilote : Et si tout n’était pas per\bu ? •   Message \bu pape François  pour la Journée \bu \nMala\be 3 EGLISE UNIVERSELLE 9 7 5 6 10 11 12 13 15 15 17 17 •   Que pensez-vous \be la journée in\nitiée par le pape •   Que pensez-vous \be la journée in\nitiée par le pape  AN TJÈ LÉGLIZ\bLA 18 1212 Dossier : ACTIONS DE L’EGLISE AUPRÈS  DES MALADES ET DES \NSOIGNANTS MÉDIAS 19 4 EDITORIAL 2 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 3 «V ous n’avez pas l’air en  forme ! - Qui ? moi !? -  Oui. Vous ! - Pourquoi dites-vous cela !? -    Oh ! vous savez, il suffit de vous  observer. Comme toute votre  génération, même sans vous voir, on  peut deviner et votre isolement, et  votre angoisse.  -     Ça m’étonnerait ! C’est vrai que la vie ne semble pas facile, mais le monde entier est concerné par la mauvaise ambiance. Quant à moi, je suis un sacré fêtard entouré de toute une bande de copains. Je mange, je bois, je prends du bon temps. Tous mes rêves ne sont pas réalisés, mais j’ai de belles perspectives… Et puis, il n’y a qu’à regarder sur les réseaux, mes « amis », mes followers se comptent par dizaines et mes derniers posts ont été likés sur toute la planète. -    Oui mais la fête et ces amis -là ne  sont que des « trompes-le-cœur ».  Vos addictions, votre mode de  vie « liquide », vos amusements  comme vos amours sans fin et sans  lendemain, votre dépendance au  portable, votre fuite du silence…  tout cela parle pour vous. C’est trop  évident ! Une fête qui ne célèbre pas  un évènement, un plaisir qui ne se  justifie que par lui-même, ne sont que  d’illusoires médicaments… N’est-ce  pas ce que chantaient nos grands- pères des années 80 : « zouk-la sé sel médikaman nou-ni ». Et le chanteur  continuait à juste titre « man malad’ man malad’ man malad’ ! Ce à quoi  la foule antillaise, dans son humour  au second degré et son gros bon  sens, rajoutait avec acuité « Ay lopital ! » … Tout était vrai dans ce  petit dialogue. La maladie, son  interminable convalescence, sa fuite  dans la sensualité… Quant au reste,  au fond de votre cœur, vous savez  que c’est faux.  « Vanité des vanités, disait l’Ecclésiaste, tout est vanité »  (Si 1,2) ... -   Ah ! Je sens que vous allez encore me parler de Jésus, de prier et d’aller à la messe. Je vous rassure, ma mère me l’a déjà dit et pas qu’une seule fois… Sincèrement, j’ai déjà essayé, à plusieurs reprises, et je ne vois pas ce que ça m’apporterait : me lever bien tôt un gros dimanche… (déjà, il faudrait laisser tomber mes soirées du samedi, le seul «  ti-moment » sans stress de ma semaine), ensuite m’habiller, (ça veut dire préparer des habits propres !), prendre la voiture, trouver une place de parking, s’asseoir sur un banc bien dur dans une église étouffante, avec des gens qui vous regardent, ensuite supporter une fois sur deux des chants que vous ne connaissez pas, diffusés avec une vieille sono, sans parler du prêtre qui raconte tout le temps, et longtemps, des considérations théologiques et des babillages avec des « il faut… » et des « vous devez… » que vous avez déjà entendus 1000 fois depuis le catéchisme… C’est mission impossible. Quant à la communion… Si vous allez prendre l’hostie vous avez toujours l’impression que quelqu’un vous a vu (ou qu’on lui a dit…) ou vous soupçonne de faire des bêtises avec votre corps ; si vous n’allez pas communier, c’est encore pire… tout le monde sait vos affaires ! ça ne donne pas envie !… J’ajoute que j’ai des amis cathos qui ont tous de quoi vivre et faire la fête, qui prient et témoignent parfois, mais qui ne sont pas plus heureux que moi ! Beaucoup n’ont personne dans leur vie, sont tristes, se posent des questions comme tous les autres… à chaque fois qu’ils font une « tite-bêtise », ils ont des scrupules à n’en plus finir… On n’a pas forcément l’impression qu’ils ont trouvé un bonheur durable et profond ! -    OK ! vous avez quasiment fait le tour  de la question. Et vous avez vu les  impasses. Tout cela aussi c’est vanité.  Mais ça ne résout pas votre déficit de  bonheur !  C’est pourquoi je dois vous  poser la question.  - Laquelle ? -    La seule qui, pour tout être humain,  mérite une réponse. Elle s’adresse à  vous, à vos amis, vos followers, votre  mère, les pratiquants, le prêtre de  votre paroisse, et à moi aussi : Est-ce qu’on vous a vraiment montré Jésus !? - Franchement !?… Je n’en suis pas sûr ! Mais où est-il ? -    Venez et voyez… » (à suivre…) + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France  ■ A la génération actuelle… MOT DE L’ÉVÊQUE Episode Pilote : Et si tout n’était pas perdu ? impossible. Quant à la communion… Si vous allez prendre l’hostie vous avez toujours l’impression que avez toujours l’impression que quelqu’un vous a vu (ou qu’on lui

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 4 EGLISE UNIVERSELLE\n C hers frères et sœurs ! La célébration de la 29 ème  Journée Mondiale du Malade,  qui aura lieu le 11 février 2021, mémoire  de Notre-Dame de Lourdes, est un  moment propice pour réserver une  attention spéciale aux personnes  malades et à celles qui les assistent,  aussi bien dans les lieux dédiés aux  soins qu’au sein des familles et des  communautés. Ma pensée va en  particulier vers tous ceux qui, dans le  monde entier, souffrent des effets de la  pandémie du coronavirus. […] 1 . Le thème de cette Journée s’ins- pire du passage évangélique  dans lequel Jésus critique l’hypocrisie  de ceux qui disent mais ne font pas  (cf. Mt 23, 1-12). Quand on réduit la foi  à de stériles exercices verbaux, sans  s’impliquer dans l’histoire et les besoins  de l’autre, alors la cohérence disparaît  entre le credo professé et le vécu réel.  Le risque est grand. C’est pourquoi Jésus  emploie des expressions fortes pour  mettre en garde contre le danger de  glisser vers l’idolâtrie envers soi-même,  et il affirme : « Vous n’avez qu’un seul  maître et vous êtes tous frères » (v. 8). La critique que Jésus adresse à ceux qui  « disent et ne font pas » (v. 3) est toujours  salutaire pour tous car personne n’est  immunisé contre le mal de l’hypocrisie,  un mal très grave qui a pour effet  d’empêcher de fleurir comme enfants  de l’unique Père, appelés à vivre une  fraternité universelle. Devant les besoins de notre frère et  de notre sœur, Jésus offre un modèle  de comportement tout à fait opposé  à l’hypocrisie. Il propose de s’arrêter,  d’écouter, d’établir une relation directe  et personnelle avec l’autre, de ressentir  empathie et émotion pour lui ou  pour elle, de se laisser toucher par sa  souffrance jusqu’à s’en charger par le  service (cf. Lc 10, 30-35). 2 . L’expérience de la maladie nous  fait sentir notre vulnérabilité  et, en même temps, le besoin inné de  l’autre. Notre condition de créature  devient encore plus claire et nous  faisons l’expérience, d’une manière  évidente, de notre dépendance de Dieu.  Quand nous sommes malades, en effet,  l’incertitude, la crainte, et parfois même  le désarroi, envahissent notre esprit et  notre cœur ; nous nous trouvons dans  une situation d’impuissance car notre  santé ne dépend pas de nos capacités  ou de notre “tourment” (cf. Mt 6, 27). La maladie impose une demande de  sens qui, dans la foi, s’adresse à Dieu,  une demande qui cherche une nouvelle  signification et une nouvelle direction à  notre existence et qui, parfois, peut ne  pas trouver tout de suite une réponse.  La famille et les amis eux-mêmes ne  sont pas toujours en mesure de nous   aider dans cette quête laborieuse.[…]  3 .La maladie a toujours un visage,  et pas qu’un seul : il a le visage  de chaque malade, même de ceux qui  se sentent ignorés, exclus, victimes  d’injustices sociales qui nient leurs  droits essentiels […]. La pandémie  actuelle a mis en lumière beaucoup  d’insuffisances des systèmes de santé  et de carences dans l’assistance aux  personnes malades.[…]  De fait, la proximité est un baume pré- cieux qui apporte soutien et consolation  à ceux qui souffrent dans la maladie.[…]  4 . Pour qu’une thérapie soit  bonne, l’aspect relationnel  est décisif car il permet d’avoir une  approche holistique de la personne  malade. Valoriser cet aspect aide  aussi les médecins, les infirmiers, les  professionnels et les volontaires à  prendre en charge ceux qui souffrent  pour les accompagner dans un parcours  de guérison, grâce à une relation  interpersonnelle de confiance […]  5 . Chers frères et sœurs, le  commandement de l’amour que  Jésus a laissé à ses disciples se réalise  aussi concrètement dans la relation  avec les malades. […] Je confie toutes les personnes  malades, les agents de santé et ceux  qui se prodiguent aux côtés de ceux qui  souffrent, à Marie, Mère de miséricorde  et Santé des malades. […]  Sur tous et chacun, je donne de tout  cœur ma Bénédiction. Rome, Saint-Jean-de-Latran,  20 décembre 2020,Pape Françoi s ■ Message du pape François pour la Journée du Malade Vous n’avez qu’un seul maître et vous êtes tous frères (M\ t 23, 8). La relation de confiance à la base du soin des malades. 4

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 55 Dimanche 31 janvier \3\b0\b1  la P arole  Dominicale 4 ème dimanche du Temps Ordinaire - Année B Deutéronome 18,15-20   •\P  Psaume 94\b95)  •  1 Co\Printhiens 7,32-35  \P•  Marc 1,21-28 LITURGIE  Introduction : Prière Seigneur, tes enfants tourmentés et malmenés par le mal, crient vers toi. Viens faire sortir cet ennemi de leur vie. Ils se tournent vers toi, reprends possession de nos vies, mets à nouveau la main sur ce qui t’appartient. Par la force de ton Esprit, Seigneur, mets en fuite l’ennemi, qu’il ne revienne jamais plus. Réflexion ➊  Frères et sœurs, arrivons-nous à nous  accoutumer à la présence de Dieu dans  notre vie ?  Dans la première lecture de ce  dimanche (Deutéronome 18, 15-20), nous  voyons comment, par son prophète Moïse,  Dieu exerce son autorité envers son peuple  en vue du Salut. Dieu accepte que ce peuple  le rejette. En effet, les manifestations à  l’Horeb, il n’en veut plus. Dans sa pédagogie,  on voit que dans l’histoire du Salut, avec  l’homme, Dieu préfère prendre son temps.  Chez Irénée, dans une réciprocité, nous  voyons que Dieu s’accoutume à l’homme  et l’homme progressivement s’accoutume à  Dieu. Frères et sœurs, nous sommes invités  à nous habituer à la présence de Dieu dans  nos vies.   ➊  Le chrétien essaie de répondre à cette  question : « Comment savoir à quelle  vocation m’appelle le Seigneur ? Le mariage  ou le célibat consacré ? Dans la première  Lettre de saint Paul aux Corinthiens  (7, 32-35), l’apôtre saint Paul nous montre  qu’avec le Seigneur, il n’est pas toujours  question de changer de projet de vie, mais  de le vivre pour lui et avec lui. Souvent  dans notre quotidien, nous vivons déjà la  réponse, il suffit de nous engager dans la  vie avec le Christ. Frères et sœurs, il serait  bon que les couples qui ne sont pas encore  mariés, ou ceux qui s’aiment, se posent  la question du mariage. Les célibataires  eux aussi pourront confirmer leur choix de  vouloir le rester pour le royaume.  ➌  Comment Jésus exerce t-il son autorité  sur les esprits mauvais ? Dans l’Evangile de Marc (1, 21-28), nous  voyons que l’autorité de Jésus lui vient de  Dieu ; elle s’impose en toutes situations.  Jésus parle en son propre nom ; il est celui  qui accomplit l’Ecriture dans sa totalité.  Dans les Evangiles, Jésus montre qu’il est  l’acteur principal de l’action de Dieu. Il  fait un exorcisme que l’on peut appeler  « théologique », puisqu’il donne toute son  efficacité à la prière. Il lui dit : « Tais-toi, sors de cet homme. » et tout de suite, l’esprit  impur est chassé. Comme Jésus, pouvons- nous chasser les esprits mauvais de nos  vies, de nos familles et de la société ?  Notre autorité sur les esprits mauvais nous  vient du sacrifice du Christ sur la croix. Jésus  dit :  « Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons… » (Mt 16,17). Pour commencer, nous pouvons  exercer un exorcisme ontologique. En effet,  chacun est invité à prendre le chemin de  la conversion, et recevoir le pardon de ses  péchés pour sa libération.  En Martinique, des esprits impurs se  sont attachés à l’histoire de nos familles  et de notre société. Nous demander  mutuellement pardon pour nos péchés,  c’est croire en la grâce de la libération qui  vient de Dieu. Je dialogue avec Jésus Jésus, merci d’avoir libéré l’homme de l'esprit impur, dans la synagogue. Il a poussé un grand cri, et tous furent frappés de stupeur. Seigneur, je vois que le bien que tu veux pour moi, parfois me fait peur. Jésus, apprends-moi à ne pas douter de ton amour pour moi. Donne-moi de ne pas m’habituer au mal dans ma vie. Seigneur, seule la puissance de ton Esprit Saint peut me libérer de mes esprits impurs. Résolution « Heureux, les cœurs purs, car ils verront Dieu » dit Jésus (Mat 5,8). Aujourd’hui, je prends la ferme décision de ne plus minimiser la mauvaise influence de l’esprit impur dans ma vie, ni dans celle de mes proches. Je m’engage, en obéissant à Jésus, à toujours rester vigilant pour ne pas relativiser le péché, mais à le combattre à la racine, par le jeûne, la prière et l’aumône. Désormais, je ne laisserai plus l’esprit impur diriger ma vie, mais seulement l’Esprit Saint. Père Benjamin François-Haugrin, Curé de Rivière-Salée et de Régale ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 6 Le  2  février,  l’Église  célèbre  la  Présentation  du  Seigneur  au  Temple.  Nous  trouvons  le  récit de cet événement dans l’Évangile selon Saint Luc \b2, 22-40). Quarante jours après  la naissance de Jésus, par obéissance à Dieu, Marie et Joseph se rendent au Temple de  Jérusalem pour accomplir deux rites : la “purification” de Marie \bLév. 12, 1-8), le “rachat”  du fils premier-né, Jésus, pa\Pr un sacrifice prescrit par la loi \bEx. 13,1-3.11-1\P6). U ne fois au Temple, “au lieu  de l’acte de restitution  du premier-né s’effectue  l’offrande publique de Jésus à Dieu,  son Père” 1. Au même moment,  Syméon et Anne, poussés par l’Esprit- Saint, le reconnaissent, l’indiquent et  l’annoncent comme le “Consolateur  d’Israël”, la “Lumière des Nations”. À cette fête, nous célébrons donc la  Présentation et la Consécration de Jésus  à son Père, ainsi que sa manifestation  comme Lumière des Nations. C’est  pourquoi cette fête se désigne aussi  bien sous le nom de “Présentation du  Seigneur au Temple” que sous le nom  populaire de “Chandeleur”. Selon le martyrologe romain, elle fut  célébrée dès le IV e siècle à Jérusalem.  Depuis le 2 février 1997, le pape saint  Jean-Paul II a voulu qu’on célèbre en  même temps la Journée Mondiale de la  Vie consacrée. Les consacrés, au sens strict, sont des  hommes et des femmes qui, dans le désir  de suivre le Christ de plus près, émettent  des voeux de pauvreté, de chasteté et  d’obéissance (Canon 573). Ils (elles) sont  consacré(e)s par les voeux. Ces voeux  sont dits publics quand ils sont reçus au  nom de l’Église par le supérieur légitime,  autrement ils sont dits privés (Canon  1192 §1). Les consacrés peuvent être des religieux  (ses) ou des séculiers. Les religieux (ses)  sont ceux (celles) qui ont fait les voeux  publics et qui vivent en communauté  (Canon 607 §2) 2.  Les séculiers ne font pas de voeux  publics, de même qu’ils ne vivent pas  obligatoirement en communauté. Ils  sont appelés séculiers parce qu’ils vivent  dans le monde. Ils sont consacrés parce  qu’ils émettent des vœux privés (Canon  710 ) 3.  Ces deux fêtes se célèbrent ensemble  parce que « la Présentation de Jésus au  temple est une éloquente icône du don  total de soi pour tous ceux qui ont été  appelés à reproduire dans l’Église et dans  le monde, par les conseils évangéliques,  “les traits caractéristiques de Jésus  chaste, pauvre et obéissant”»(VC1).  “La Vierge Marie qui porte Jésus au  temple et l’offre au Seigneur exprime très  bien l’attitude de l’Église qui continue  d’offrir ses fils et filles au Père, et les  associe à l’unique oblation du Christ,  cause et modèle de toute consécration  dans l’Église”  4. À la suite du Christ, consacré au Père  et reconnu  Lumière des Nations, l’état  de vie des consacrés « caractérisé par  les conseils évangéliques (chasteté,  pauvreté, obéissance) constitue une  signalétique routière pour tous. De  sorte que les conseils évangéliques  ne se situent pas sur le versant de la  renonciation ascétique, mais sur celui de  l’annonce prophétique 5. De fait, par leur  consécration, ils sont un “signe lumineux  dans l’Église, ils annoncent déjà la gloire  céleste” »(Canon 573 §1).  La Vie Consacrée est l’actualisation,  prolongée dans le temps de l’Église, de  ce qui s’était réalisé à la Présentation du  Seigneur au Temple.  Père Médard Kounoudji Curé de Basse-Pointe ■ La Présentation du Seigneur au Temple et la Journée de la Vie Consacrée LITURGIE  dans l’Église, ils annoncent déjà la gloire  céleste” »(Canon 573 §1).  dans l’Église, ils annoncent déjà la gloire  céleste” »(Canon 573 §1). céleste” »(Canon 573 §1). céleste” »(Canon 573 §1). céleste” »(Canon 573 §1). céleste” »(Canon 573 §1). céleste” »(Canon 573 §1). céleste” »(Canon 573 §1).  1 Joseph Ratzinger – Benoît XVI, L’enfance de Jésus, Flammarion 2012, 118. 2 Pour exemplification, dans notre diocèse, les consacré(e)s religieux (ses) sont : les Pères Spiritains, les moines et moniales bénédictin(e)s, les Dominicaines Missionnaires de Notre-Dame- de-la-Délivrande, les Soeurs de Saint Joseph de Cluny, les Soeurs de Saint-Paul de Chartres etc. 3 À titre illustratif, l’Association des Prêtres du Prado.4 Jean-Paul II, Message I ère Journée Mondiale de la Vie Consacrée, 6 janvier 1997 5 Tonino Bello, Servi inutili a tempo pieno, Ed. San Paolo 2012, 157.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 7 Interview de Mgr Macaire  \bonnée à Ra\bio Saint-\nLouis le same\bi 23 Janvier \n2021 à propos \bu motu proprio "Spiritus Dom\nini"  (11 janvier 2021) \b\nu Pape François. Mgr, le Pape François a « ouvert » aux femmes les ministères institués jusque-là réservés aux hommes laïcs. Pouvez-vous nous en expliquer la raison ? Tout d’abord, ce n’est pas une  nouveauté qu’il y ait des lectrices  et des femmes ministres de  communion dans nos assemblées. Revenons donc à l’histoire de ces  ministères depuis Vatican II. Un  « ministère » est un service stable  ou une fonction régulière dans  l’Eglise : certains sont ordonnés  (diacres, prêtres et évêques  consacrés dans le service), d’autres  sont institués ou exercés de façon  extraordinaire (les ministres de la  liturgie formés), d’autres encore  sont nommés ou confirmés  (chantres, catéchistes, sacristains,  etc…) par les pasteurs, selon les  besoins de la communauté. Paul VI, à la suite du Concile  Vatican II,  avait jugé inopportun de  maintenir la cléricalisation (c’est- à-dire de réserver uniquement  à des clercs, des futurs prêtres)  les ministères de lecteurs 1 et  d’acolytes 2. Il avait donc rédigé,  le 15 Août 1972, le motu proprio Ministeria Quaedam « réformant la  discipline de la tonsure, des ordres  mineurs et du sous-diaconat dans  l'Église latine » 3. Il y avait d’ailleurs  d’autres services comme celui de  portier ou d'exorciste...  Le motu proprio permettait  d’ailleurs de créer d’autres  ministères adaptés aux circons- tances et aux lieux 4. Les Eglises  d’Afrique, par exemple, ont  développé un ministère de  «  catéchiste » qui n’est pas comme  les « dames-caté » de nos paroisses,  mais un véritable ministre pasteur  et missionnaire. En Afrique, les  catéchistes sont des hommes et des  femmes, reconnus dans les villages  de brousse, pour être les leaders  et les enseignants habituels de la  communauté chrétienne du lieu, et  qui préparent la venue du prêtre qui  vient (parfois une fois par an  !) pour  célébrer les sacrements… Chez  nous, que dire des sacristains  (tines),  des bergers (ères) de groupes de  prière, des chefs (fes) de chœur,  des responsables de tant de groupes  qui ont, de fait, un ministère dans l’Eglise, mais qui n’est pas toujours reconnu ofciellement. Attention ! Cette « reconnaissance » n’est pas mondaine (ce ne sont pas des titres ou des grades !) ; c’est une reconnaissance devant la communauté (par exemple, par une lettre de mission) qui a la valeur d’une conrmation d’un charisme, mais aussi d’un accompagnement et d’une modération par la communauté et son pasteur ! Dans l’Eglise du Seigneur, on ne s’institue pas soi-même, on est institué par la communauté. En ce qui concerne le Lectorat et l’Acolytat, qu’en est-il !? Tout d'abord, ce sont des fonctions  liturgiques, et donc sensibles ! Ce  sont des fonctions qui s’exercent  lorsque toute la communauté est  rassemblée. Or, dans la liturgie,  les services principaux sont  exercés par des clercs,  et donc  des hommes (voir plus loin). C’est  pourquoi ces ministères étaient  liés au sacrement de l’Ordre.  La question des ministères institués (Lectorat et acolytat) LES FEMMES et LA LITURGIE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 8 Mais il fallait changer cela : (1)  Concrètement, dans la grande  majorité des paroisses, ces  fonctions  étaient remplies en réalité par des  laïcs, et (2) l’heureuse prise de  conscience du sacerdoce commun  de tous les baptisés et de leur pleine  participation à l’action liturgique,  rendait indue cette organisation des  ministères liturgiques qui laissait  penser que les laïcs n’étaient que de  simples spectateurs de la liturgie,  assistant juste à un culte réalisé par  des clercs.  Ce n’est quand même pas un scoop  pour nous que des laïcs soient  participants de la liturgie, comme  lecteurs, chantres, servants à l’autel,  ministres d'accueil, sacristains,  etc… C’est une des grandes  volontés et réussites de la réforme  de Vatican II que la liturgie soit  vécue comme une action commune  du Peuple de Dieu !! Paul VI avait toutefois réservé  aux hommes ces ministères. On  était encore dans l’idée que ces  ministères étaient des marchepieds  pour le diaconat. C’est peut- être pour cela qu’ils ne se sont  pas tellement développés dans  l’Eglise. Ici en Martinique, j’ai  décidé de les privilégier par  rapport au diaconat. Car je crois  que les paroisses ont plus besoin  de vrais lecteurs (serviteurs et  acteurs de la propagation de la  Parole de Dieu dans le peuple)  et d’acolytes (organisateurs et  acteurs des prières du peuple de  Dieu) que de diacres considérés,  à tort parfois, comme des sous- prêtres vicaires. Quoi qu'il en soit,  on peut dire que le pape François  achève aujourd’hui cette réforme  en confirmant le rôle essentiel des  laïcs hommes et femmes dans la  liturgie et la vie de l’Eglise. Peut-on cependant revenir sur la distinction homme-femme ? Elle est de moins en moins comprise dans ce monde. On sent une pression du monde pour une uniformisation style gender. Par exemple, pourquoi les clercs sont- ils tous des hommes ? La distinction homme-femme n’est  pas simplement génétique, elle  existe dans le rapport au monde,  au couple, à la sexualité, à l’enfant,  à la famille, à la vie, au travail, à  la religion, à la foi, à l’Eglise…  Hommes et femmes n’ont pas  la même façon d’exercer leurs  charismes dans l’Esprit-Saint, ni  le même rapport au Christ (qui est  un homme), et au Père (qui n’est  ni homme ni femme, mais qui est  Père !). Cette distinction est un fait,  mais elle ne signifie pas supériorité  de l’un ou de l’autre mais, au  contraire, complémentarité dans  une égale dignité. C’est le diable  et le péché, et non Dieu, qui ont  perverti la nature et introduit  des dominations entre les sexes  (cf. Gn 3). Le ministère des membres du  clergé est celui du Christ, époux de  l’Eglise-Épouse. Les clercs sont  donc députés au service sacrificiel  et exclusif (les 3 mots comptent)  de l’Eglise, comme un époux se  sacrifie en servant exclusivement  son épouse (en tout cas c’est ce  que la Parole de Dieu enseigne).  Comme le Christ qui a donné sa  vie pour son Épouse (Ep 5, 25-26  :  Vous, les hommes, aimez votre  femme à l’exemple du Christ : il  a aimé l’Église, il s’est livré lui- même pour elle, afin de la rendre  sainte en la purifiant par le bain  de l’eau baptismale, accompagné  d’une parole).  Par contre, en ce qui concerne  les laïcs, l’Eglise ne fait pas de  distinction fondamentale pour  les fonctions entre hommes et  femmes. Le meilleur exemple est  celui de la sainteté. La plus grande  sainte sur terre et dans le ciel,  est une femme, laïque et mère de  famille : la Vierge Marie. C’est  vrai aussi dans la vie religieuse qui  n’est pas « cléricale » par essence :   les abbé-esse-s, les prieur-e-s, les  supérieur-e-s hommes ou femmes  ont les mêmes prérogatives et les  règles de l’Eglise ne font pas  de différences, etc. Bref, toutes  les fonctions et les états laïcs  (non cléricaux) sont en tout cas,  aussi bien femmes que hommes,  en respectant, bien sûr, les  particularités de chaque personne.  Par contre, plutôt que « la mixité »  ou « la parité » qui sont des notions  floues et idéologiques, l’Eglise  prône plutôt la complémentarité. Il  ne faut pas mépriser les différences  enrichissantes entre hommes et  femmes, surtout chez les jeunes.  ■ 1 Le lecteur est institué pour lire la P arole de Dieu dans l'assemblée liturgique. (…) prendre les dispositions nécessaires pour que les fidèles reçoivent dignement les sacrements (…), veiller à la préparation des autres fidèles qui, occasionnellement, doivent lire la Sainte Bible (...), méditer assidûment les Saintes Écritures. Ministeria Quaedam 2 L'acolyte est institué pour aider le diacre et servir de ministre au prêtre. (…), s'occuper du service de l'autel, (…) distribuer la sainte Communion, en tant que ministre extraordinaire, (…) d'exposer publiquement le Saint-Sacrement à l'adoration des fidèles et de le reposer ensuite, sans donner la bénédiction (…), veiller à la préparation des autres fidèles qui seraient occasionnellement appelés à aider le prêtre ou le diacre dans les fonctions liturgiques, (…) s'initier à tout ce qui se rapporte au culte public de Dieu et s'appliquer à en pénétrer le sens intime et spirituel : (…) porter un amour sincère aux faibles et aux malades. Ministeria Quaedam 3 Les ministères peuvent être confiés à des laïcs, de telle sorte qu'ils ne soient plus réservés aux candidats au sacrement de l'Ordre. Ministeria Quaedam 4 « Rien n'empêche les Conférences épiscopales de demander (…) l'institution nécessaire ou très utile dans leur propre région, par exemple, les fonctions de portier, d'exorciste et de catéchiste, et d'autres encore, confiées à ceux qui sont adonnés aux œuvres caritatives ». Ministeria Quaedam Mais il fallait changer cela : (1)  Concrètement, dans la grande  majorité des paroisses, ces  fonctions  Peut-on cependant revenir sur la distinction homme-femme ? Elle est de moins en moins comprise dans ce monde. On sent une pression du monde pour une uniformisation style gender. Par exemple, pourquoi les clercs sont- ils tous des hommes ? les fonctions entre hommes et  femmes. Le meilleur exemple est  celui de la sainteté. La plus grande  sainte sur terre et dans le ciel,  est une femme, laïque et mère de  famille : la Vierge Marie. C’est  vrai aussi dans la vie religieuse qui  n’est pas « cléricale » par essence :   les abbé-esse-s, les prieur-e-s, les  LITURGIE 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 9 L’ensemble des prêtres du presbyterium et leur évêque, Mgr David Macaire, se sont  rassemblés  au  Foyer  de  Charité  de  Trinité,  du  4  au  8  janvier  2021,  pour  vivre  un  temps de retraite prêché par le père Yves Kissy, membre de la Communauté Mère  du Divin Amour, afin de :  « laisser l’amour de Jésus descendre dans nos cœurs ». 1 Une retraite ayant pour thème : "Prêtre de Jésus-Christ, prêtre comme Jésus-Christ,  et prêtre avec Jésus-Christ ».  U n temps de retraite durant  lequel nous avons pu  redécouvrir et méditer la  figure du prêtre en qualité de : « Prêtre  de Jésus-Christ, Prêtre comme Jésus- Christ, Prêtre avec Jésus-Christ ».  Prêtre  de  Jésus-Christ  : Dans un premier temps, nous avons  médité, repensé l’appartenance et la  dépendance du prêtre au Christ. Le  prêtre ne devant jamais oublier qu’il  est un disciple du Christ. Un véritable  disciple étant avant tout un converti  et un initié (initiation chrétienne =  baptême, communion, confirmation).  L’accent a été mis sur l’initiation  chrétienne en qualité de processus  ayant vocation à faire entrer le disciple  dans l’intimité du Christ.  Prêtre comme Jésus-Christ :  Dans ce second temps, la méditation a  porté sur la vocation du prêtre, et sur  le double appel que comporte celle-ci.  Le premier consistant à suivre le Christ  en tant que disciple ; le second à être  mis à part et à être investi par le Christ  pour son Eglise.  Prêtre  avec  Jésus-Christ  :  Dans un troisième temps, le prêtre nous  a été présenté en qualité d’homme de  l’Eucharistie, de la prière et de l’offrande  sacrificielle (dans cette optique, il est  celui qui s’offre avec le Christ). Durant cette retraite, nous avons  eu d’autres temps forts tels que les  célébrations eucharistiques, une nuit  d’adoration, des repas ponctués par la  lecture du livre « Du cœur de pierre au cœur de chair » de Armand Daigneault,  ainsi qu'un temps de louange et  d’effusion de l’Esprit.  Temps de ressourcement et de  renouvellement qui laisse présager de  nombreux fruits pour notre mission  pastorale.   P. Eddy Ertus  ■ Retraite spirituelle des prêtres du diocèse • du 4 au 8 janvier 20\N21 1 Paroles du père Yves Kissy VIE DU DIOCÈSE Père Yves Kissy, Père Yves Kissy, CMDACMDA

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 10   Ecoute téléphonique, intention de prière, jeûne, intervention auprès des jeunes : Tél. 0596.75.19.21 / 0696.21.10.60 Permanence d’écoute : Cité La Meynard, Bât Motet, Esc. C   Fort-de-France  Luciana-Dona A lfred Association  Mère de Miséricorde ■ « Parlez-Moi d’Amour » C’est un service d’éducation à  l’amour auprès des jeunes. C’est une  pédagogie adaptée aux jeunes, qui  a pour objectifs  de les éveiller à  la beauté et à la valeur de l’amour  durable et de la vie humaine ;  porter auprès d’eux le message  chrétien sur l’amour, la sexualité  et la vie ; approfondir avec eux la  compréhension des enjeux d’un  comportement responsable. Mère de Miséricord e est une Association de fidèles de droit  diocésain ayant pour vocation de défendre et promouvoir la  dignité  de  la  vie  humaine,  de  son  début  jusqu’à  son  terme  naturel.  Le  16  mai  2002,  son  œuvre  est  officiellement  reconnue  par  l’Eglise  catholique  en  Martinique.  Mère  de  Miséricorde  compte  parmi  les  associations  de  la  Pastorale  Familiale. Zoom sur… l’Association Mère de Miséricorde F ondée en 1982 au sein de la  Communauté des Béatitudes par  des médecins face à la détresse  profonde de femmes ayant vécu un  avortement, sa mission est d’apaiser ou  de consoler toute souffrance liée à l’accueil  de la vie. C’est en 1995 qu’elle naît à la  Martinique sous l’impulsion de M me Cottrel  Monique,  avec une dimension spirituelle  qu’il n’y avait pas à « SOS maternité ». Mère de Miséricord e est structurée en  3 « missions-vie » principales :   La Mission - Vie Ecoute Il s’agit d’une permanence d’écoute  téléphonique ou sur rendez-vous, pour  toute personne (femme ou homme)  confrontée à la question de l’accueil de  la vie : écoute des femmes lors d’une  grossesse difficile, douloureuse ou  problématique ; de toute personne  (femme ou homme) qui souffre de la  perte d’un enfant non-né : fausse couche,  GEU, IMG, IVG. Cette écoute peut alors  se poursuivre par un accompagnement.     La Mission-Vie Prière et Jeûne    (liée à la mission-vie écoute) Il s’agit d’un combat spirituel par le  jeûne et la prière auprès des personnes  envisageant de recourir à l’IVG. C’est le  jeûne pour la vie. Spécificité de la Mission-Vie Martinique :  chaque jour, il y a un membre qui jeûne  pour la vie.    Mission-Vie Intercession Il s’agit de porter devant Dieu les  personnes en détresse qui sont confiées  (des détresses liées à l’accueil de la vie,  mais aussi de toutes les autres blessures  liées à la vie, la maladie, le couple, la  famille, les enfants).  Les intentions sont portées pendant 15  jours par un membre intercesseur.  VIE DU DIOCÈSE ‘‘ Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites… Matthieu 25,40 ‘‘

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 11 Le 8 février prochain, c’est la Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite  humaine. Nous  fêterons également Sainte Joséphine Bakhita. C'est l'occasion  de revenir  sur l’histoire hors du commun de cette « amoureuse de Dieu ». «L orsqu’une personne aime beaucoup une autre, elle désire ardemment l’approcher, donc pourquoi craindre tellement la mort ? La mort nous emmène à Dieu » dit Sainte Joséphine  Bakhita dans son dernier souffle.  Réduite à l’esclavage à l’âge de 9  ans, elle n’aura jamais de haine  pour ses bourreaux, simplement  de l’Amour. Bakhita signifie « celle  qui a de la chance », parce que  c’est dans ce long calvaire qu’elle  rencontre Dieu ; d’ailleurs elle  dira de ces négriers que si elle  les rencontrait à nouveau, elle  s’agenouillerait « pour leur baiser les  mains ». De l\besclavagisme à Di\meu Née en 1869 à Olgossa, une région du  Darfour, elle est enlevée et réduite en  esclavage par un général turc. Scarifiée  et battue, Bakhita est vendue à plusieurs  reprises sur les marchés d’El-Obeid et de  Khartoum. En 1883, elle a alors 14 ans, et  est vendue au consul d’Italie à Khartoum.  Ce dernier l’emmène en Italie avec lui,  fuyant les multiples conflits du Soudan.  Bakhita dira d’ailleurs du consul qu’elle  « n’eut plus de réprimandes, de coups, de châtiments ». Elle ne craint plus le fouet  et aspire à un peu de sérénité. En Europe,  elle change à nouveau de maître, et est  envoyée dans une famille qui attend  une naissance : les Michieli. Chargée du  nouveau-né, Bakhita est préposée à son  éducation ; elle y découvre l’amour. Elle  aime cette petite Mimmina. Toutes deux  vont être envoyées au couvent des Sœurs  Canossiennes car M. Michieli doit quitter  Venise pour l’Afrique à nouveau. C’est auprès des religieuses que Bakhita  ouvrira son cœur au Seigneur et se laissera  transfigurer par son Amour. Elle espérait  pour la première fois. L’espérance d’être  attendue par le Seigneur, la grande, la belle  espérance qui lui permettra de ne plus se  sentir esclave, mais bien la fille de Dieu,  libre. Elle demande le baptême alors que  Madame Michieli souhaite rejoindre son  mari. Elle demande à Bakhita de la suivre,  mais elle refuse car dit-elle : « si je le faisais, cela signifierait l’abandon de ma foi en Dieu. J’aime beaucoup ma maîtresse et son enfant, mais je ne peux pas perdre Dieu ». La rencontre de son « Maître » Le 9 janvier 1890, Joséphine Bakhita  reçoit le baptême et la Confirmation par  le cardinal-archevêque de Venise. Elle  continue dès lors à apprendre à connaître  ce Dieu qu’elle a toujours senti dans son  cœur. Elle  écrira un jour : « voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en moi- même : qui est donc le Maître de ces belles choses ? ». Et j’éprouvais une grande envie de Le voir, de Le connaître et Lui rendre mes hommages ». Trois ans après son baptême,  elle demande à rentrer au  noviciat,  et le 8 décembre 1896,  Joséphine prononce ses premiers  vœux religieux sous le nom de  Sœur Joséphine, et elle dira  de sa foi : « même au fond du  découragement et de la tristesse,  quand j’étais esclave, je n’ai jamais  désespéré, parce que je sentais en  moi une force mystérieuse qui me  soutenait ». Un soutien qu’elle  portera dans le creux de son cœur  jusqu’à la fin de sa vie. Une fois  ses vœux définitifs prononcés,  Sœur Joséphine officiera dans  la province de Vicenza où elle  s’occupera de la conciergerie et de la  cuisine. En 1947, elle tombe gravement malade  et meurt dans une pénible agonie  tout en appelant la protection de celle  qu’elle aimait tant, la Vierge Marie. Elle  dira d’ailleurs : « je m’en vais lentement, lentement, pas à pas vers l’éternité. Jésus est mon capitaine et moi, je suis son assistante. Je dois porter les valises. L’une contient mes dettes, l’autre, plus lourde, les mérites de Jésus, et je dirai au Père Éternel : Maintenant, juge ce que tu vois ». Douze ans  après sa mort, sa bonté et son témoignage  de foi ont poussé les autorités vaticanes  à ouvrir son procès de canonisation. Elle  est béatifiée en 1992, et canonisée par  Saint Jean-Paul II le 1 er octobre 2000. Il  dira : « Cette sainte fille d’Afrique, montre qu’elle est véritablement une enfant de Dieu ; l’amour et le pardon de Dieu sont des réalités tangibles qui transforment sa vie de façon extraordinaire ». Source : Radio Notre-Dame  ■ Sainte Joséphine Bakhita de l’esclavage à la sainteté Joséphine prononce ses premiers 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 12 Introduction La  Pastorale  de  la  Santé  est  l’une  des  douze  pastorales  diocésaines déclinées par Mgr Macaire dans son plan pastoral  « Cap 2025 ». Elle est inscrite depuis peu à la Pastorale de la  Santé nationale. Sa mission consiste à :   •   Rendre l’Église présente auprès de  ses membres les plus fragiles et de  leurs familles : personnes malades en  institution ou à domicile, personnes âgées,  handicapées et isolées… (les visiter, leur  donner accès aux sacrements, …) ;   •   Accompagner les professionnels de santé ;   •  Proposer des formations ;   •   Construire des liens entre ceux qui gravitent  autour des malades, et des ponts entre les  pastorales ;   •  animer et dynamiser le réseau des 47  paroisses. Déclinaison des actions   •   Organisation de la messe de rentrée qui  permet chaque année d’accueillir les  nouveaux référents paroissiaux ;   •   Réflexion avec les pastorales de la Famille,  de la Charité et de la Catéchèse dans le  cadre d’un projet transversal ;   •   Rencontres avec les référents de paroisse ;   •  Organisation de la messe diocésaine  des malades. Dernière édition en 2020 à Emmaüs. Désormais, la messe des malades sera célébrée en paroisse ;    •   Sensibilisation des référents et des curés  sur l’intérêt de la célébration du Dimanche de la Santé. Dimanche de la Santé Le Dimanche de la Santé, célébré le dimanche  le plus proche du 11 février, mémoire de  Notre-Dame de Lourdes et Journée Mondiale  du Malade, se vit en paroisse et s’inscrit dans le  cadre de la liturgie dominicale. Il tombe cette  année le dimanche 7 février 2021 et a pour  thème : « Tout le monde Te cherche ». C’est l’occasion de donner toute sa place  au Service Evangélique des Malades et aux  acteurs de santé du secteur géographique, de  rappeler à l’assemblée que l’accueil, le soin et  l’accompagnement des personnes souffrantes  est une priorité évangélique. L’objectif de cette journée est :         •   de  manifester la joie de la mission et de  témoigner de la présence du Christ auprès  de  nos  frères  souffrants  ;                                                                        \                   •   d’inciter les fidèles des communautés  à rejoindre les équipes paroissiales de  pastorale de la santé ;    •   de prier ensemble en lien avec la Journée  Mondiale du Malade qui a pour thème cette  année : « Vous n’avez qu’un seul maître et vous êtes tous frères » (Mt 23,8). Les livrets, les affiches et la prière du Dimanche  de la Santé sont en cours de livraison dans les  paroisses. Impact de la pandémie du Covid 19 La pandémie, avec ses périodes de  confinement et de restrictions, a sérieusement  ralenti nos actions. Ce fut, et c’est encore,  une épreuve difficile pour les malades  que nous visitons et accompagnons.  Inquiètes des conséquences délétères  de ces bouleversements sur l’état de  santé des personnes visitées, les équipes  de visiteurs ont trouvé d’autres modes  d’accompagnement des malades et des  familles : appels téléphoniques réguliers,  prière pour le malade, proposition de suivre  les cérémonies religieuses et les émissions à  la télévision ou d’écouter Radio Saint-Louis.  Heureusement, les visites ont pu reprendre et  nous avons rédigé un protocole pour que ces  visites à domicile ou en hôpital se déroulent  dans les meilleures conditions de sécurité  sanitaire. Par contre, nombre de bénévoles ont  dû déposer le tablier, du fait de leur fragilité  face au Covid. Nous touchons ainsi du doigt le  vieillissement de nos équipes et l’impérieux  besoin de renouveler nos forces ! Dr Jacqueline Moëtus Responsable diocésaine de la Pastorale de la Santé (contact : jacqueline.maiga@orange.fr) ■ IntroductionIntroduction DOSSIER ACTIONS DE L’EGLISE AUPRÈS DES\n MALADES ET DES SO\nIGNANTS     Organigramme de la La Pastorale de la Santé

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 13 P ar sa présence active au Centre  Hospitalier Universitaire de  la Martinique (CHUM) Pierre  Zobda-Quitman, à la Maison de la  Femme, de la Mère et de l’Enfant (MFME),  et au Centre Emma Ventura, l’aumônerie  veille à assurer un soutien fraternel et  une présence chrétienne porteuse de  vie et d’espérance, respectueuse du  cheminement de chacun. L'aumônerie des établissements de  santé est à la fois un service de l’Église  et un service d’humanité. Ses missions  essentielles sont les suivantes : • Visiter les malades en leur  apportant soutien et réconfort ; • Les accompagner par l’écoute et la  prière ; • Proposer la participation aux  sacrements ; • Répondre aux demandes urgentes,  notamment en fin de vie ; • Répondre aux appels des familles  éprouvées et du personnel  hospitalier ; • Assister et assurer auprès de tous  une présence fraternelle porteuse  de vie et d’espérance ; • Témoigner de la miséricorde  de Dieu par sa présence et sa  proximité. Nommé par l’Évêque, l’aumônier de  l’hôpital reçoit de ce dernier une lettre de  mission. Il est le Responsable de toutes  les activités spirituelles et humanitaires  de l’Église catholique romaine au sein  de l’aumônerie. L’Eucharistie (messe) est  célébrée le mardi, le mercredi, le jeudi  et le dimanche. Des temps d’adoration  et d’écoute sont organisés le vendredi.   Il est à noter que la participation à ces  temps forts du personnel de santé, des  visiteurs de malades, des familles et des  chorales, contribue à l’incommensurable  joie des malades. L’aumônier a une vision d’ensemble de  la structure hospitalière. Il est assisté par  une équipe composée d’une trentaine  de personnes : laïcs, religieux, médecins  et personnels de santé, prêtres. Il confie  à chacune de ces personnes une mission  particulière, et leur assure de courtes  sessions de formation mensuelles  ou hebdomadaires. Au cours de ces  sessions de formation, divers thèmes  sont abordés : la souffrance, l’aumône,  la guérison intérieure, la conversion,  l’écoute, le bénévolat, le service Mission  et Appel, la définition du prochain (Luc  10, 25-37). Ces moments d’informations et  d’échanges sont au cœur même de la  mission de l’aumônier, la communication  restant un élément essentiel avec le  personnel soignant, les familles, les amis.  L’aumônier souhaite que l’équipe soit  plus ouverte aux jeunes. L’aumônerie du CHUM envisage  d’intervenir en faveur des parents qui  entourent leurs malades durant le temps  d’hospitalisation, et qui habitent les  communes de la Martinique éloignées  des hôpitaux, ou qui viennent de  la Guadeloupe, de la Guyane ou  d’autres pays de la caraïbe. Il s’agirait  de prendre en charge ces parents qui  Aumônerie catholique du Centre Hospitalier Universitaire de Martinique Pierre Zobda- Quitman & la Maison de la Femme, de la Mère et de l'Enfant L’aumônerie  des hôpitaux est un  service de l’Église dont  la mission est d’écouter et  d’assister  les  patients,  les  familles qui les entourent,  ainsi  que  le  personnel  hospitalier. 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 14 DOSSIER ACTIONS DE L’EGLISE AUPRÈS DES\n MALADES ET DES SO\nIGNANTS  rencontrent des difficultés  d’hébergement en Martinique, à  proximité de l’hôpital, quand les  organismes qui assurent normalement  cette mission sont défaillants. A cet effet, l’aumônerie lance une  opération de recherche et de  recensement de lieux d’hébergement  à moindre coût, et à proximité du  lieu d’hospitalisation des malades  pour leurs proches auprès de la  communauté catholique. Si vous  désirez prendre part à la concrétisation  de ce projet, et avez la possibilité de  loger une ou deux personnes chez  vous, nous vous invitons à vous  rapprocher de l'aumônerie du CHUM,  au 0596 64 28 32. La fonction d’aumônier est pour  moi une grande mission que  j’exerce avec joie et compassion.  Je peux sortir d’une chambre en  n’ayant rien dit certes, mais, ayant  manifesté des gestes d’attention,  exprimé des mots d’Espérance, je  suscite des sourires, j’entends des  « mercis », des « revenez ! ». Quelle  leçon d’humilité que de contribuer au  réconfort des malades ! Durant la période difficile du COVID,  lors des deux confinements, j’ai  tenu à assurer une activité à  minima sur place pour garder le  lien avec les malades. Compte  tenu des restrictions, j’ai donc  installé aussi, depuis la Maison  des Spiritains de Didier où vivent  en communauté, les Pères et Frères  du Saint-Esprit (Spiritains), un temps  d’écoute téléphonique. Cette formule  de communication à distance a très bien  fonctionné, et est reconduite tout au long  de l’état d’urgence sanitaire. Aujourd’hui, je puis dire que cette  mission, initiée il y a 15 mois, m’a  enrichi et transformé. J’y mets beaucoup  d’enthousiasme et m’y investis  pleinement, avec la grâce de Dieu. Je  veux remercier le Seigneur pour ce  service, pour cette mission qu’il m’a  confiée auprès des malades. Mes  remerciements également à l’endroit  de Mgr David Macaire et de mon  Supérieur, père Joseph-Pérald Rémy,  pour leur confiance et leur soutien. Mon  amour pour le Seigneur a mûri et s’est  approfondi. En visitant les malades et en  accompagnant les familles en difficulté,  à chaque fois que je fais ma tournée ou  que je pratique l’écoute, je constate que  Dieu veut le Bien de l’humanité, Il est  Amour : « Je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom, sois une bénédiction ! » (Genèse : 12,2). La mission est d’abord un appel divin,  une bénédiction. Dieu invite l’homme  à être coopérateur, disponible pour  son frère et au service gratuitement. La  mission nous est donnée par l’action de  l’Esprit Saint en la personne visitée, mais  aussi pour les personnes qui assistent les  soignants, qui interviennent auprès des  malades, qui se sentent impuissants, et  qui opèrent de secrètes transformations. Cette mission est empreinte de solidarité  ;  spontanément des personnes, des  personnels des hôpitaux et autres  visiteurs de malades m’aident pour  cette belle œuvre. C’est Jésus lui-même,  dans Matthieu 25,36, qui dit « j’étais malade et vous m’avez visité ». Rendons grâce à Dieu pour  cette mission exercée au  sein de l’Eglise, et qui est capable de nous transformer au-delà de toute attente. Père Percy Acquah,  Aumônier du CHU  Pierre Zobda-Quitman  ■ Contact : Contact : Tél. : 05 96 55 20 52

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 15 Je me comporte avec les collègues et les patients comme  j’aimerais qu’on le fasse pour moi. Dans ma spécialité (cancérologie), je fais preuve de  beaucoup d’empathie car les patients sont souvent  anxieux et inquiets. Ils ont peur de l’avenir.   Par exemple : Un patient qui refusait tous soins médi- caux mais qui se soignait par les plantes depuis quelques  mois (par rapport à son entourage qui le déconseillait),  avec l’aide d’une collègue, nous lui avons expliqué la  nécessité de la radiothérapie et de la chimiothérapie.  Ce n’était pas contraire à sa médication par les plantes.  Nous l’avons convaincu, et il a accepté  de revoir le médecin pour son  traitement. Avec ce type de personnes, il  est important de faire preuve  de patience. Avec mes collègues, nous  sommes solidaires entre  nous pour une meilleure  gestion des dossiers et des situations. Je fais partie de l'Action Catholique des Milieux  Sanitaires et Sociaux (A.C.M.S.S.) depuis 10 ans et  lors de nos échanges, la phrase qui me motive au  quotidien, est la suivante « Voir dans chaque personne  que je côtoie le visage de Jésus ».     Etre bienveillante pour être bientraitante,  un plus pour la  qualité de mon mana- gement. Ma foi m’a permis d’être plus attentive et  bientraitante vis-à-vis de mon équipe : 13 personnes toutes catégories  confondues (infirmiers, aides-soignants, agents hospitaliers). C’est une  équipe autonome et compétente. Le personnel a traversé les phases aigües de la pandémie Covid-19   avec « la peur au ventre » par rapport à la prise en charge des per- sonnes hospitalisées. En tant que cadre de santé, j’ai mis en place des actions simples :  -  Proposer une cagnotte  de 12 euros pour offrir un présent à la fin de  chaque mois aux personnels dont c’est l’anniversaire ;  -  Etre encore plus à l’écoute et faire des compromis ;   -  Traiter des situations complexes plus facilement avec l’équipe et  en équipe.    Cela a permis de ressouder l’équipe, d’avoir une meilleure cohésion  et une meilleure ambiance de travail. Quels que soient les imprévus,  plus de plainte dans le service, et une polyvalence saluée de tous de  mes agents sur le pôle dont dépend mon service. Une infirmière de nuit  m’a déclaré ceci : avant, je venais au travail  pour le salaire à la fin du mois, mais maintenant, j’ai un tel plaisir,   c’est « un lieu de bonheur ». « Prendre soin des autres, de mon équipe », c'est ce qui me fait du bien  aussi et cela, c’est grâce à ma FOI. Claudine, manipulatrice en électroradiologie depuis plus de 30 ans en milieu hospitalier Bien  qu’ayant  été  une  des  plus  jeunes  régions  de  France  dans  les  années  1980,  la  Martinique est de plus en plus touchée par le vieillissement de sa population et pourrait  ainsi devenir la région la plus âgée de France en 2050, avec plus de quatre personnes sur  dix âgées de 65 ans\P et plus. E n 2020, la population présente un  état de santé globalement com- parable à la moyenne nationale,  mais avec certaines spécificités. Ainsi  en 2018, l’espérance de vie à la naissance  est de 84,7 ans pour les femmes, et de  78,6 ans pour les hommes, comparati- vement à 85,4 ans et 79,5 ans au niveau  national. Une progression des maladies chroniques Du fait de cette amélioration de l’état de  santé et du vieillissement de la popula- tion, ce sont désormais les maladies chro- niques qui prédominent : la Martinique  est particulièrement touchée par des  pathologies telles que l’hypertension  artérielle et le diabète, le plus souvent en  lien avec le surpoids et l’obésité. Cancers  et maladies cardio vasculaires sont ainsi  les deux principales causes de morta- lité, avec des particularités par rapport  à la métropole. La Martinique présente  une sous-mortalité globale par cancers  comparativement à la moyenne métropo- litaine, mais une surmortalité très nette  pour le cancer de la prostate. Diabète : les femmes davantage atteintes que les hommes Le diabète de type 2 est très fréquent  Outremer,  avec une proportion de  personnes concernées jusqu’à deux fois  plus élevée que la moyenne nationale.  Comme en métropole, le diabète de  type 2 représente plus de 90 % des cas  de diabète. Il est lié à l’évolution des  habitudes de vie : activité physique  insuffisante et sédentarité, alimentation  déséquilibrée, surpoids et obésité.  Une vulnérabilité génétique est aussi  évoquée, ainsi que des conditions socio- économiques plus défavorables. Dr Sylvie Merle, directrice, Natacha Neller, chargée d’études, Observatoire Régional de la  S anté (ORS) Martinique Source : LA SANTÉ EN ACTION – No 451 – p. 6-8  – mars 2020 ■ Bien  qu’ayant  été  une  des  plus  jeunes  régions  de  France  dans  les  années  1980,  la  Martinique est de plus en plus touchée par le vieillissement de sa population et pourrait  ainsi devenir la région la plus âgée de France en 2050, avec plus de quatre personnes sur  Les grands enjeux de santé publique sur le territoire de la Martinique Nadiège, cadre de santé depuis 11 ans en milieu hospitalier Quelques témoignages\m…

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 16 "Les Amis du Centre Emma Ventura"  (LACEV), est devenue une association loi  1901 depuis 17 ans. En réalité, cela fait plus  de trente ans que nous portons la sève aux  pensionnaires du Centre Emma Ventura, qui à  l’époque s’appelait l’Hospice Emma Ventura.  Nous sommes des baptisés qui ont entendu  l’appel du Seigneur : « j’étais malade et vous  m’avez visité » (Mt 25, 36). Notre groupe est né sous l’impulsion de père  Novion qui était aumônier de la Meynard à  l’époque. Nous avons reçu une formation par  des  Assistantes sociales, et tous les samedis le  père Novion nous faisait une formation, nous  dirons, plus évangélique incluant notamment  l’écoute et la confrontation au deuil. Au  départ, nous étions donc cinq bénévoles  patronnées par le père Novion et le père  Ménoret. Au début, nous y allions 2 à 3 fois  par semaine juste pour visiter ceux qui le  souhaitaient et discuter avec eux. Puis nous  avons été interpellés par un résident du Centre  qui nous a fait remarquer que nous arrivions  bien jolies et pimpantes, mais qu’eux, les  résidents, n’avaient pas de vêtements, ils  étaient presque nus avec de vieux pyjamas  déchirés. Avec l’accord du directeur,  nous avons mis en place une banque  de vêtements pour les résidents qui  réceptionne tous les mercredis de 9h  à 12h, des vêtements propres et en bon  état. Le personnel vient ensuite choisir  des vêtements pour les résidents. Ce qui  fait que nous avons trois temps forts :  la visite des malades ou des personnes  isolées, la communion pour ceux qui la  réclament et qui sont en mesure de la rece- voir et la gestion de la banque de vêtements. Les gens qui sont à Emma Ventura sont dans  une situation particulière, car ce n’est pas  comme visiter un malade dans un hôpital.  Dans un hôpital, les gens sont de passage.  Emma Ventura est la dernière résidence de  ceux qui y vivent. C’est chez eux ! On ne peut  pas y aller tous les jours et dire, on va faire le  chapelet ou encore leur imposer des prières.  Beaucoup y sont depuis des années sans  recevoir aucune visite. Leur horizon, c’est le  personnel hospitalier et nous qui les visitons. Nous leur avons demandé ce qu’ils atten- daient de nous, que souhaitaient-ils que nous  fassions pour eux ? La réponse a été pour  beaucoup « que vous soyez notre famille ».  Nous nous sommes alors investis de plus  en plus auprès d’eux pour leur rendre leur  dignité et faire en sorte que leur vie soit la  moins triste possible. Pendant 15 ans, nous  avons organisé une kermesse pour récolter  des fonds et améliorer la vie des résidents  par des sorties extérieures et des animations  lors des grandes fêtes (Noël, fêtes des mères  et des pères, fête des personnes âgées etc.).  Nous sommes là pour aider à les préparer,  les emmener jusqu’au lieu de la fête, donner  un coup de main au service en aidant les  aveugles ou ceux qui ne peuvent tenir leur  fourchette pour manger. Nous avons établi un  partenariat avec le Couvent et le Séminaire  Collège. Ces deux établissements scolaires  viennent vivre Noël avec les résidents. Ils  préparent des sketches, des chants de Noël  qu’ils chantent avec les résidents, ils en pro- fitent pour apporter des produits d’hygiène  qu’ils ont collectés et que nous distribuons  avec les vêtements. Nous nous occupons également de les pré- parer pour toutes les grandes messes (Noël,  Pâques, Pentecôte, Ascension, messe des  malades etc.), et nous faisons venir, pour  l’occasion, une chorale extérieure. Nous  faisons le chemin de croix à Bellevue avec  tous ceux qui peuvent se déplacer seuls ou  en fauteuil. On essaie d’apporter la vie chez  nos chers résidents. Nous avons également mis en place un  service de funérailles pour ceux qui n’ont  pas de famille. Il nous incombe, à nous bénévoles, de tout préparer, et d’accom- pagner le résident qui est décédé jusqu’à  sa dernière demeure avec des funérailles  chrétiennes comme n’importe quel bap- tisé. Une formidable aventure humaine : voilà  comment on pourrait résumer le fait d’être  visiteur de malade au Centre Emma Ventura.  Au Centre Emma Ventura, des bénévoles donnent le sourire aux malades Depuis que j’ai rencontré le Christ lors d’une  retraite en 2014, ma vie et ma vision ont  changé. J’ai appris à être un médecin chré- tien. Je travaille en milieu hospitalier dans  une spécialité qui flirte avec la peur du han- dicap, l’angoisse, la dépression, les consé- quences financières parfois désastreuses de  cette pathologie (la prise en charge du pied  diabétique).  Devenir médecin chrétien m’a permis de  sortir du schéma de rivalité entre collègues,  de plan de carrière, des jugements iniques,  pour ne plus rechercher qu’à voir en perma- nence le meilleur chez les autres, rechercher  la paix en renonçant souvent à ma vision ou  mes ambitions personnelles.  Devenir médecin chrétien m’a permis d’abor- der la maladie différemment, en ne mettant  plus le corps et sa restauration "ad integrum"  comme objectif final, ce qui me plongeait dans  un orgueil déraisonnable et une culpabilité  en cas d’échec, ainsi qu'envers les patients,  mais en prenant compte de la composante la  plus importante de l’homme qui est l’âme, par  l’écoute, l’accompagnement sans violence,  le respect des opinions contraires, afin que  le patient s’oriente vers un objectif de vie  (prémices, je le souhaite, de la recherche de  la Vie éternelle).  L’objectif est devenu la restauration  de la dignité et de l’humanité des plus faibles,  notamment les personnes âgées, les accom- pagnant à la mesure de ce que je peux, ainsi  que leurs familles durant le peu de temps  d'échanges. Je suis dorénavant le plus souvent apaisé et  heureux de mettre mon tablier pour servir  toutes ces aimées  de Dieu que sont toutes  les personnes que je rencontre, et j’essaie  de transmettre cette joie. Dans les moments  les plus difficiles, parfois d’envie  de renoncer, le Seigneur qui est  éternellement fidèle et aimant sait  me donner un signe, un miracle  inattendu, une parole pour me réconforter  et me fortifier. Et l’humour du Seigneur fait  que c'est souvent par l’intermédiaire d’une  de ces personnes fragiles que je suis censé  aider, que vient le soutien.  Je suis soutenu aussi par ma communauté  d'Eglise et mon service à la musique.  "Là où se trouve ton trésor là aussi se trouve  ton cœur". Mon trésor est en Christ, et je prie  pour que le Christ vienne s’installer en moi  pour que la moindre de mes actions vienne  de Lui, et que son règne se répande comme  une onction d’huile.  Que jamais ma volonté personnelle ne vienne  annihiler son action. Dr Miguel Bourgade DOSSIER ACTIONS DE L’EGLISE AUPRÈS DES\n MALADES ET DES SO\nIGNANTS  souhaitaient et discuter avec eux. Puis nous  avons été interpellés par un résident du Centre  qui nous a fait remarquer que nous arrivions  bien jolies et pimpantes, mais qu’eux, les  résidents, n’avaient pas de vêtements, ils  étaient presque nus avec de vieux pyjamas  déchirés. Avec l’accord du directeur,  nous avons mis en place une banque  de vêtements pour les résidents qui  des vêtements pour les résidents. Ce qui  fait que nous avons trois temps forts :  la visite des malades ou des personnes  isolées, la communion pour ceux qui la  réclament et qui sont en mesure de la rece- voir et la gestion de la banque de vêtements. faisons le chemin de croix à Bellevue avec  tous ceux qui peuvent se déplacer seuls ou  en fauteuil. On essaie d’apporter la vie chez  nos chers résidents. Nous avons également mis en place un  service de funérailles pour ceux qui n’ont  pas de famille. Il nous incombe, à nous  bénévoles, de tout préparer, et d’accom- pagner le résident qui est décédé jusqu’à  chrétiennes comme n’importe quel bap- tisé. Une formidable aventure humaine : voilà  comment on pourrait résumer le fait d’être  visiteur de malade au Centre Emma Ventura. 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 17 Agenda de l’Archevêque Dimanche 31 janvier : • 10h : Messe de Notre-Dame du Grand Retour : Fête patronale de la paroisse de Josseaud • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 2 février : Fête de la vie consacrée • 8h : Messe avec les religieux, religieuses au monastère de Terreville • Conseil épiscopal Visite pastorale à la paroisse de Bellefontaine - 18h : Messe à l’église de Bellefontaine Mercredi 3 février : • Rencontre des confirmands de la paroisse du Gros-Morne • 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs Vendredi 5 février : • Messe d’institution à l’acolytat de Christophe Rebeccaï à la paroisse du François Samedi 6 février : • 9h : Confirmation à la paroisse du Gros-Morne Dimanche 7 février : Visite pastorale à la paroisse de Bellefontaine - 9h30 : Messe à l’église de Bellefontaine • 16h30 : Célébration de la vie consacrée : louange et témoignage sur la vie religieuse à la cathédrale Saint-Louis • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 9 février : • Conseil presbytéral Visite pastorale à la paroisse de Redoute Mercredi 10 février : • Rencontre des confirmands des paroisses de Schœlcher et du Vauclin • 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs Vendredi 12 février : • 18h30 : Messe d’institution à l’acolytat de Fred Violton, Robert Macéno et Thierry Behary à la paroisse du Saint-Esprit Dimanche 14 février : Visite pastorale à la paroisse de Redoute - 7h et 9h30 : Messes à l’église de Redoute • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Eglise en Martinique a 30 ans En réalité, la revue  Eglise en Martinique  a débuté en 1972 \bn°1). Il s’agissait  alors d’une revue mensuelle "artisanale" de 24 pages, à faible tirage, éditée  à  l'archevêché  et  constituée  de  feuillets  ronéotypés  et  agrafés.  Cela  s’est  poursuivi jusqu’à mai 1\P990 \bn°164). A près une interruption de quelques mois, Mgr  Marie-Sainte a lancé la nouvelle formule de la  revue en janvier 1991, en repartant du n° 1. C’est  tout naturellement qu’il s’est tourné vers l’Imprimerie Antillaise, créée en 1962 par la congrégation des Sœurs  de Saint-Paul de Fribourg, dont la mission est d’annoncer  l’Evangile par les médias. Depuis les années 90, la  dénomination commerciale de l’imprimerie est Caraïb Ediprint. La Direction de la publication a été assurée  successivement par les pères André Ozon*, Alain Ransay,  Jean de Coulanges, Luc Philippon, Christian Catayée et,  depuis 2020, Jean-Michel Monconthour. Bien sûr, en trente ans, la revue a évolué, tant sur le fond  que sur la forme. De même, les équipes de rédaction  successives, constituées exclusivement de bénévoles,  à l’exception du secrétariat, ont vu passer du monde,  en plus des évêques bien sûr et des personnes citées  plus haut : père Gilles Bolle, Geneviève et Claude Pezard  (cf. encadré), Albert Granier*, Sr Marie-Philippe, OSP  (Martiniquaise, Sœur de Saint-Paul de Fribourg), Michel  Déglise, Nicole Chésimar, Léon-Laurent Valère*, Jeanne  Latour…** Et comment ne pas nommer Fred Balustre*,  notre « œil de lynx » de l’imprimerie, qui livrait une lutte  sans merci aux fautes en tous genres ! Depuis 2013, le secrétariat est assuré par Eve-Lyne Bazin  et Justine Lordinot est Rédactrice en chef depuis 2014. Le service communication ■ * Aujourd’hui décédés. ** Pour la composition actuelle de l’équipe de rédaction, se reporter au n° 613, p. 15. à  l'archevêché  et  constituée  de  feuillets  ronéotypés  et  agrafés.  Cela  s’est  La Direction de la publication a été assurée  successivement par les pères André Ozon*, Alain Ransay,  Jean de Coulanges, Luc Philippon, Christian Catayée et,  Bien sûr, en trente ans, la revue a évolué, tant sur le fond  que sur la forme. De même, les équipes de rédaction  successives, constituées exclusivement de bénévoles,  à l’exception du secrétariat, ont vu passer du monde,  en plus des évêques bien sûr et des personnes citées  De gauche à droite : Albert Granier, Geneviève Pezard, Jeanne Latour, père Jean de Coulanges. Le 17 juin 1991, Claude et moi arrivions en Martinique pour deux ans, en provenance de la métropole, suite à une mutation de Claude, désireux tous deux de nous mettre au service du diocèse. Dans les jours qui ont suivi, Mgr Marie-Sainte nous a reçus et, quinze jours après, nous a appelés à collaborer à la revue Eglise  en Martinique qui venait de redémarrer. Travail pastoral tout à fait nouveau, mais le Seigneur donne les grâces pour ce qu’il demande. Ce service nous a permis un plongeon en profondeur dans une Eglise vivante. Depuis notre retour en Provence, c’est toujours une joie de recevoir la revue qui est de très grande qualité, ce qui nous permet de rester en lien avec cette Eglise sœur. Geneviève Pezard De gauche à droite : Albert Granier, Geneviève Pezard, Jeanne Latour, père Jean de Coulanges.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 18 La traite des êtres humains peut  être une entreprise très lucrative  pour des personnes sans foi, ni  loi. Il s’agit d’êtres humains qui  mettent leurs semblables dans un état  de mort sociale, de dépossession de soi. C’est une  terrible injustice et c’est intolérable ! Tout cela pour  de l’argent ! Cette Journée contre la traite des êtres  humains existe pour éveiller les consciences et nous  dresser contre ce commerce illicite et inhumain. Il  faut que cela cesse. Pourquoi ne pas faire attention  aux lieux de production de nos biens de consomma- tion afin d’exiger qu’ils ne soient pas frappés par  l’infamie de toute pratique d’esclavage ou d’exploi- tation de l’homme ? Ou encore s’élever contre tout  sentiment hostile, tout dénigrement, même sous la  forme humoristique, à l’encontre des migrants sur  notre territoire ? Ces personnes sont des enfants de  Dieu qui méritent notre respect et notre compassion.  Cette Journée mondiale appelle à l’engagement de  tout un chacun. Nous devons rallumer la flamme de  l’amour dans notre cœur pour ne plus accepter ces  situations qui n'élèvent pas l’homme, et respecter  l’autre dans sa dignité d’enfant de Dieu. ? Question AN TCHÈ LÉGLIZ-LA ‘‘ • Que pensez-vous de la journée initiée par le pape contre la traite des êtres humains ? • Pensez-vous que cette traite existe encore de nos jours ? ici en Martinique ? dans le monde ? • Que faut-il faire ? ‘‘ Il est important que l’Eglise prenne position sur  ce sujet, et que la journée soit marquée. Il a sou- vent été rapporté qu’elle a joué un grand rôle et  a même contribué à instituer l’esclavage. Il faut  démontrer que l’Eglise était contre cette idée. Nous  devons prier pour ceux qui sont toujours en esclavage et qui subissent  encore des violences. L’esclavage n’est pas uniquement des personnes  arrachées de leur pays. Dans des pays d’Afrique, des filles disparaissent  afin d’être mises à la disposition de soldats ou d’autres personnes. Des  rapts sont organisés dans le cadre des trafics d’organes. Des femmes sont  sous l’emprise de proxénètes. Femmes et enfants vivent encore dans cette situation d’esclavage.  L’esclavage existe toujours, même en Martinique. Nous sommes d’abord  esclaves dans notre tête.  L’esclavage devrait faire partie des programmes scolaires, car il est néces- saire d’en parler, de dénoncer pour qu’il y ait une prise de conscience. Il  faut également beaucoup prier pour que cela s’améliore.  Une Journée mondiale pour un engagement de l’Eglise  en faveur de ceux d’entre nous qui vivent dans cette  situation de violence qu’est la traite des êtres humains.  Ce crime contre l’humanité est une réalité déter- minante de notre histoire martiniquaise, une histoire  commune partagée dans les Antilles, la Caraïbe, les Amériques, et qui  concerne tous les peuples, tous les continents. L’Eglise annonce le Christ  ressuscité et la miséricorde de Dieu pour tous, et surtout pour les pauvres,  pour ceux qui sont méprisés dans leur dignité d’homme et de femme créés à  la ressemblance du Créateur. Ceux-ci sont profondément blessés dans leur  chair et meurtris dans toute leur personne. L’Eglise partage leur peine et  leur espoir de liberté. Elle offre, par sa pastorale de miséricorde, respect  et considération aux victimes de ces odieux trafics en tout genre.  Elle pro- pose à ce monde, qui gît sous l’emprise de ce péché grave qu’est la traite  et l’exploitation dégradante du frère en humanité, l’espérance du salut que  donne la Foi chrétienne. Elle ouvre par son annonce un chemin de justice et  de rédemption pour les victimes et les bourreaux, et la proposition de bâtir  ensemble une civilisation de l’Amour, signe du R oyaume de Dieu. Prions : Seigneur, Père du ciel et de la terre, toi qui nous as donné ton Fils Jésus-Christ qui est mort et ressuscité, et qui \ a répandu sur nous son Esprit de Miséricorde pour le pardon des péchés, donne-nous la force de collaborer à ton œuvre de sal\ ut de l’homme pour que nous soyons délivrés de ce crime qu’est la traite et la mise en esclavage des êtres humains. Amen ! Le mot du Père Jean-Michel Monconthour Propos recueillis par Nicole Chésimar  ■ Eve-Lyne Bazin paroisse du Lamentin Lundi 8 février 2021 De l ’esclavage ... a la saintete ’ ’ Messe à 18h30 à l’église Saint-Laurent du Lamentin Apôtre du pardon Venez nombreux et parlez-en autour de vous Lundi 8 février 2021 Apôtre du pardon Sainte Bakhita Brigitte Dinal Edith paroisse des Anses d’Arlets

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 janvier 2021 – n° 614 19 Dans le contexte sanitaire qui nous impacte depuis de nombreux mois, l’ACPM met tout en œuvre pour que ses activités se poursuivent avec la grâce de notre Dieu. L’occasion de faire preuve d’adaptation et de créativité afin de continuer à accompagner les fiancés et couples que le Seigneur nous envoie. L’ensemble des évènements programmés font l’objet d’une communication à leur approche et d’invitations ciblées. Ainsi, notre prochain événement est le « Week-end des fiancés » pendant lequel Mgr David Macaire accueille les couples de fiancés en cheminement vers le Sacrement du Mariage. Cet évènement se tiendra pendant le week-end du 20 février prochain, et est réservé aux couples préalablement inscrits à une session de préparation au Mariage. Pour tout renseignement relatif aux conditions de participation, merci de vous rapprocher du mouvement via le 0696 474 484. Il est important de retenir que les sessions de préparation sont des lieux de discernement et de cheminement, et qu’il n’est donc pas nécessaire d’avoir une décision ou une date de mariage arrêtée pour y participer. Nous invitons les couples déjà inscrits à une session de préparation au mariage à confirmer rapidement leur participation via le lien Weezevent contenu dans l’invitation, dès réception du courriel. Meilleure et sainte année à chacun. Week-end des fiancés avec Mgr David Macaire Célébrons ensemble Sainte Bakhita L’Esclave devenue Sainte Messe à 18h30 à la Cathédrale Saint Louis Fort de France Conviez vos familles, vos amis et voisins... Le 8 Février 2021

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« Je te salue Marie, Femme de foi, première entre les disciples ! Vierge, Mère de l'Église, aide-nous à rendre toujours compte de l'espérance qui est en nous, ayant confiance en la bonté de l'homme et en l'amour du Père. Enseigne-nous à construire le monde, de l'intérieur : dans la profondeur du silence et de l'oraison, dans la joie de l'amour fraternel, dans la fécondité irremplaçable de la Croix. Sainte Marie, Mère des croyants, Notre-Dame de Lourdes, prie pour nous. Ainsi soit-il ! » Prière à Notre-Dame de Lourdes de Jean-Paul II Fête de Notre-Dame de Lourdes 11 février 

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