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E g lise en MARTINIQUE J e l’emmènerai au désert, et je parlerai à son cœur… N° 615 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 14 FÉVRIER 2021 Hommage au père Filopon Dossier : Le temps des fi ançailles Carême 2021 : conversion missionnaire 

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23 S ommaire «S i tu le veux, tu peux me purifier »… « Je le veux, sois purifié ». En ce 6e dimanche ordinaire (le dernier avant le carême), l’Evangile nous invite à nous tourner avec confiance et avec foi, vers le Seigneur, quelle que soit notre détresse. Jésus connait parfaitement nos blessures, nos impuretés, et il peut nous guérir. Il est le reflet de l’amour du Père pour nous, et rien ne lui est impossible. Il prend sur lui nos souffrances, nos difficultés, et il nous communique la vie. La liturgie « est une rencontre avec le Christ », a affirmé le pape François. A celui qui serait tenté de « pratiquer un christianisme intimiste », il rappelle que la liturgie est « l’acte qui fonde\ l’expérience chrétienne tout entière et, par conséquent, \ la prière est également un événement, une survenance, une présence, une rencontre ». « Un christianisme sans liturgie », dit le Saint-Père, « est peut-être un christianisme sans le Chr\ ist, sans le Christ total. » Toute l’Église catholique entrera en carême le mercredi des Cendres (17 février). Cette année, il sera placé sous le signe de la conversion missionnaire dans notre diocèse. Pendant 40 jours, en lien avec notre communauté paroissiale, nous vivrons différents aspects d’une démarche déclinée sur les cinq semaines, avec comme points de réflexion : la Parole de Dieu, l’Eucharistie/Adoration, la mission entre nous, la mission vers les autres, et Saint-Joseph. Eglise en Martinique propose un livret de carême détachable pour nous aider à cheminer vers la grande fête de Pâques, cœ\ ur de notre foi chrétienne. Pour cette édition, notre dossier porte sur « Le temps des fiançailles », qui est un temps de discernement essentiel en vue du mariage. Ce n'est pas une simple attente : c’est une période décisive pour construire un couple et comprendre le sens de son engagement ; une occasion pour le couple de se découvrir peu à peu, de réfléchir aux enjeux du mariage et d\ e rester libre dans son choix. Le pape François souhaite que ce temps des fiançailles soit « revalorisé » comme un « temps de connaissance réciproque » avant le mariage, invitant les jeunes fiancés à ne pas « brûler les étapes » (Audience gé\ nérale au Vatican le 27 mai 2015). La formation des fiancés est donc indispensable. Les prêtres et le Centre de Préparation au Mariage sont, entre autres, des acteurs importants dans la réflexion. Le carême est proche ! Aujourd’hui, posons donc un acte de foi ! De nos blessures, de nos égoïsmes, de nos insuffisances, de nos intolérances, de nos rejets, de notre refus de pardonner… de tout cela, Seigneur, si tu le veux, tu peux nous guérir ! Bon et saint carême à tous ! Justine Lordinot ■ AGENDA DE L'EVEQUE 18 EDITORIAL •   Les fi  ançailles chrétiennes \b Temps des chantiers et du discernement •   Pourquoi le temps des fi  ançailles  est-il si important ? •   Zoom sur… les Centres de Préparation  au Mariage (CPM) •   Accompagnement et bénéd\ciction  des fi  ancés en paroisse \b  L’exemple de la paroisse de Coridon MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE •  La Parole Dominicale •    Comment vis-tu l’absence de carnaval ? Est-ce  une frustration ? Comment util\ciser ce temps ? •   Visite pastorale de Mgr Macaire sur la paroisse du Morne-des-Esses •   Paroisse de Tartane  Fête de Saint François de Sales •   Joyeux anniversaire à nos prêtres  ordonnés en février •   Intronisation de nouveaux servants au Prêcheur •   Carême 2021 \b conversion missionnaire (Livret détachable) •  S01E02 \b Un chemi\cn nouveau •  La liturgie, une «rencontre avec le Christ» 3 •  La liturgie, une «rencontre avec le Christ»•  La liturgie, une «rencontre avec le Christ» EGLISE UNIVERSELLE\C 6 7 8 8 9 13 14 15 17 AN TJÈ LÉGLI\b-LA 19 Dossier :  LE TEMPS   DES FIANÇAILLES 4 44445 EDITORIAL 2 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 –  Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 3 «V ous non plus vous n’avez pas l’air en forme -  Ah bon !?... Si vous dites ça pour  me convaincre que nous les « bons  chrétiens » ne sommes pas si  différents des autres : moi, dans  l’Eglise, et vous, plus ou moins en  dehors ou en dedans… vous dans  le monde et moi aussi… et bien  vous avez raison ! Et je prends ça  comme un compliment ! N’est-ce  pas la gloire de Dieu de me prendre  tel que je suis et de me sanctifier… -   Ça, c’est la meilleure ! Avec tous les mépris que j’ai reçus des croyants, sous prétexte que mon mode de vie « n’était pas à la gloire de Dieu » ! Qu’est-ce que je n’ai pas entendu ! … Une de mes taties m’a même laissé une fois, une citation de l’Ecriture sur un bout de papier : « Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie (…). Ne vous abandonnez pas aux préoccupations de la chair pour en satisfaire les convoitises. » (Rm 13,13-14). On m’a même prévenu que si je continuais « je ne mériterais pas le Royaume de Dieu ». Et tout ça parce que je vis normalement comme 90% des gens autour de moi !... Sans parler des chrétiens dont plusieurs sont des hypocrites puisqu’ils ne sont pas mieux que moi, mais font leurs « zaffaires » en cachette. -  C’est vrai, nous les chrétiens, ne  sommes pas différents des autres  hommes. Et à chaque fois que  personnellement et collectivement  nous nous croyons au-dessus des  autres, dès que nous nous mettons  à juger nos contemporains, le  Seigneur se charge de nous rappeler  qui nous sommes ! Déjà, nos frères  des premiers siècles l’écrivaient :  « parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi (…) ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu » (1Co 1,27-29). L’Eglise est composée  à 100% de pécheurs. -   Vous dites ça, mais avouez qu’il y a quand même un « tit’orgueil » chez les croyants. La plupart de ceux que je connais d’ailleurs me donnent l’impression de se croire meilleurs. Quant à moi « maudit pour maudit » de toutes les façons, je préfère prendre mes distances ! (Tout ça parce que je préfère faire mon sport le dimanche et que j’ai des relations et que je fais la fête de temps en temps sans voler ni tuer personne, et en aidant mon prochain de mon mieux, sans faire d’histoire…). Je rajoute, d’ailleurs, que je fais ma petite prière de temps en temps, que j’écoute parfois la radio chrétienne, et même que je regarde aussi des émissions de spiritualité… -   … et j’imagine que vous ne ratez pas  non plus votre horoscope le matin  à la radio, et que vous recherchez  toutes sortes de thérapies de bien- être pour être « zen » …  -   Pourquoi pas ? vous allez encore me dire que tout ça c’est mauvais !? -  Oui, mais là n’est pas la question,  en l’occurrence. Je note juste avec  joie que votre âme a besoin d’être  nourrie et qu’elle réclame une vie  spirituelle, et non pas simplement  des techniques pour la calmer ! En  d’autres termes (et c’est peut-être  ma première leçon depuis que nous  parlons) avant de se demander  ce qui est mal et ce qui est bien,  de jeter des anathèmes ou de se  sentir maudit, les chrétiens autour  de vous et vous-même aussi, vous  devriez partir de l’essentiel. Votre  idée ne vous a pas dit, avec tout ça  de chrétiens dans le monde, qu’il  y avait peut-être chez nous une  tradition spirituelle, un trésor que  vous n’aviez pas encore exploré ?  -  C’est quoi encore ? -  C’est qui !? C’est Jésus ! Tout  simplement Jésus ! Et si vous  commenciez par prier Jésus !? Par  parler avec Lui personnellement,  seul à seul ?  -   « Parler avec Jésus ? » …. Ça veut dire quoi ? Comment vous faites ? -  Venez et voyez ! » + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France  ■ S01E02 *  : Un chemin nouveau MOT DE L’ÉVÊQUE * Saison 1 épisode 2

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 4 EGLISE UNIVERSELLE\c C hers frères et sœurs, bonjour ! Dans l’histoire de l’Église, on a  souvent observé une tentation  de pratiquer un christianisme intimiste,  qui ne reconnaît pas aux rites liturgiques  publics leur importance spirituelle.  Souvent, cette tendance revendiquait  la plus grande pureté présumée  d’une religiosité qui ne dépendrait  pas des cérémonies extérieures,  considérées comme un poids inutile  et dommageable. Ce qui était au  cœur des critiques, c’était non pas  une forme rituelle particulière ou une  manière spécifique de célébrer, mais  la liturgie elle-même, la prière dans sa  forme liturgique. Effectivement, on peut  trouver dans l’Église certaines formes  de spiritualité qui n’ont pas su intégrer le  moment liturgique de façon appropriée.  De nombreux fidèles, tout en participant  assidument aux rites, en particulier à  la messe dominicale, ont plutôt puisé à  d’autres sources de type dévotionnel  pour nourrir leur foi et leur vie. Au cours des dernières décennies, un  long chemin a été fait. La Constitution  Sacrosanctum Concilium du concile  Vatican II représente le cœur de ce long  parcours. Elle rappelle concrètement  et avec cohérence l’importance de la  liturgie pour la vie des chrétiens : en  elle, en effet, ils trouvent la médiation  objective en vertu du fait que Jésus- Christ n’est pas une idée ou un  sentiment, mais une Personne vivante,  et son mystère un événement historique.  La prière des chrétiens passe par des  médiations concrètes : l’Écriture Sainte,  les sacrements, les rites liturgiques, la  communauté. La dimension corporelle  et matérielle n’est pas exclue de la vie  chrétienne, parce qu’en Jésus-Christ elle  est devenue une voie de salut. Nous  pourrions dire que nous devons prier  également avec notre corps : le corps  participe à la prière. Il n’existe donc pas de spiritualité  chrétienne qui ne soit pas enracinée  dans la célébration des saints mystères.  Le Catéchisme écrit : « La mission du  Christ et de l’Esprit Saint qui, dans  la liturgie sacramentelle de l’Église,  annonce, actualise et communique  le mystère du salut, se poursuit dans  le cœur qui prie ». La liturgie, en elle- même, n’est pas seulement une prière  spontanée, mais quelque chose de plus  et de plus originel : c’est l’acte qui fonde  l’expérience chrétienne tout entière et,  par conséquent, la prière est également  un événement, une survenance, une  présence, une rencontre. C’est une  rencontre avec le Christ. Le Christ se rend  présent dans l’Esprit Saint à travers les  signes sacramentaux : il en découle pour  nous, chrétiens, la nécessité de participer  aux divins mystères. J’oserais dire qu’un  christianisme sans liturgie est peut-être  un christianisme sans le Christ. Sans le  Christ total. Même dans le rite le plus  dépouillé, comme celui qu’ont célébré  et que célèbrent certains chrétiens dans  les lieux de détention, ou cachés dans  une maison en temps de persécution,  le Christ se rend réellement présent et  se donne à ses fidèles. En raison précisément de sa dimension  objective, la liturgie demande à être  célébrée avec ferveur, pour que la  grâce répandue dans le rite ne soit  pas perdue mais rejoigne le vécu de  chacun. Le Catéchisme l’explique très  bien ainsi : « La prière intériorise et  assimile la liturgie pendant et après sa  célébration ». De nombreuses prières  chrétiennes ne proviennent pas de la  liturgie mais, si elles sont chrétiennes,  toutes présupposent la liturgie, à savoir  la médiation sacramentelle de Jésus- Christ. Chaque fois que nous célébrons  un baptême ou que nous consacrons  le pain et le vin dans l’Eucharistie, ou  que nous oignons d’huile sainte le corps  d’un malade, le Christ est là ! C’est lui qui  agit et qui est présent comme lorsqu’il  guérissait les faibles membres d’un  infirme, ou qu’il remettait son testament  pour le salut du monde, à la dernière  Cène. La prière du chrétien fait sienne la  présence sacramentelle de Jésus. Ce qui  est extérieur à nous devient une partie de  nous : la liturgie l’exprime même à travers  l’acte si naturel de manger. L’expression  « je vais écouter la messe » n’est pas juste.  La messe ne peut pas être seulement  écoutée, comme si nous n’étions que des  spectateurs de quelque chose qui glisse  sur nous sans nous impliquer. La messe  est toujours célébrée et pas uniquement  par le prêtre qui la préside, mais par tous  les chrétiens qui la vivent. Et le centre est  le Christ ! Nous tous, dans la diversité  des dons et des ministères, nous nous  unissons tous à son action parce que  c’est lui, le Christ, qui est le protagoniste  de la liturgie. (…) Saint Paul écrit dans la Lettre aux  Romains : « Je vous exhorte donc,  frères, par la tendresse de Dieu, à lui  présenter votre corps – votre personne  tout entière –, en sacrifice vivant, saint,  capable de plaire à Dieu : c’est là, pour  vous, la juste manière de lui rendre un  culte » (Rm 12, 1). La vie est appelée à  devenir un culte rendu à Dieu, mais cela  ne peut pas se produire sans la prière,  en particulier la prière liturgique. Que  cette pensée nous aide tous lorsque  nous allons à la messe : je vais prier en  communauté, je vais prier avec le Christ  qui est présent ; Quand nous allons à la  célébration d’un baptême, par exemple,  le Christ est là, présent, qui baptise. « Mais  Père, c’est une idée, une façon de dire » :  non, c’est n’est pas une façon de dire. Le  Christ est présent et, dans la liturgie, tu  pries avec le Christ qui est à tes côtés. Pape François Source : https://fr.zenit.org/ ■ La liturgie, une « rencontre avec le Christ »

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 55 Dimanche 14 fév\bie\b 2021   la P arole  Dominicale 6 ème dimanche du Temps Ordinaire - Année B Introduction : Prière Seigneur Dieu, me voici devant toi. A la fin de cette semaine et à l'aube de la prochaine, je désire répondre à ton appel. En moi, redonne vie à tout ce qui est mort, restaure ce qui est brisé, lave ce qui est souillé. Crée en moi un cœur pur et renouvelle mon esprit. Ouvre mon cœur à ta Parole de vie. Réflexion ➊   Dans cet extrait du livre des Lévites,  l'attention est centrée sur ce qui advient  à un juif contractant la lèpre. Pour le juif,  cette maladie physique très contagieuse  renvoie aussi à une symbolique spirituelle,  celle du péché. L'impureté physique, liée à  une impureté spirituelle et rituelle, pousse  à la mise à l'écart de la communauté pour  protéger l'ensemble. Cette exclusion n'est  pas à comprendre comme un rejet de la part  de Dieu et du peuple. Cela est à considérer  comme un signe fort de Dieu qui veut  garantir à la fois l'intégrité et la sainteté  du peuple saint. C'est une manière de  signifier que péché et sainteté ne  peuvent pas cohabiter. ➋    Saint Paul, dans cet extrait de la  première épître aux Corinthiens,  exhorte à tout faire pour la gloire  de Dieu, dans les œuvres les plus  spirituelles, tout comme dans  les plus petits gestes les plus  banals du quotidien. L'enjeu :  avoir une juste attitude humaine  et spirituelle qui ne contrarie pas  le chrétien qui vient du judaïsme,  ni celui qui vient du paganisme, pour  former ensemble une seule communauté  de croyants, sauvés par le Christ. Saint  Paul a même l'audace d'inviter à l'imiter,  puisqu'il s'efforce d'imiter le Christ. Pour  nous aussi : que d'autres, qui peuvent être  plus loin de Dieu que nous, puissent nous  prendre en exemple. Ayons donc à cœur  la devise des jésuites : “tout pour la plus  grande gloire de Dieu”. ➌   Nous retrouvons une autre figure  de lépreux dans cet extrait de l'évangile  de Marc. Son audace est remarquable,  sûrement motivée par une espérance forte.  Le lépreux connait son impureté qui la  prive de tout contact avec les autres. Mais  au lieu de l'enfermer dans son exclusion et  son impureté, cela lui donne des ailes pour  voler au-devant de Jésus et réclamer son  aide. Il exprime sa volonté, espérant que  celle-ci rejoindra celle du Christ : “Si tu le  veux, tu peux me purifier”. La réaction de  Jésus est toujours étonnante et touchante : il  est saisi de compassion, ému aux entrailles,  sensible à la misère de celui qui l'approche.  Comparativement, si un malade de la Covid  nous approche,  nou pa té ké rété la ! Voici sa  réponse : “je le veux, sois purifié”. En réalité,  la volonté de Jésus de le guérir a précédé  sa démarche. Dieu a toujours soif de nous  guérir, il est simplement touché lorsque  notre volonté de guérir épouse enfin la  sienne. C'est d'ailleurs la prière du lépreux  qui lui obtient sa guérison puisque Jésus  ne le touche pas. Ayons donc le fort désir  d'être délivré de nos lèpres personnelles.  Le Seigneur nous veut heureux, libres,  purifiés par son action, moyennant notre  foi. Je dialogue avec Jésus Seigneur Jésus, tu connais mon cœur, mon histoire. Tu me sondes jusqu'à l'intime et tu connais toutes mes lèpres : amertumes, colère, mensonges, manque de confiance en moi, intégrité physique qui a été bafouée, sentiment de rejet, addictions... Fais grandir en moi le désir de vouloir en guérir, comme toi tu veux me purifier. Je veux, avec le secours de ta grâce, ne plus me voir avec mon regard qui me condamne. Je veux me libérer du regard de la société qui me rejette. Je veux me laisser voir par toi tel que je suis. Que ton amour purifie en moi ce qui ne vient pas de toi, tout ce qui m'éloigne de toi. Que tout ce que je suis, que tout ce que je fais désormais soit pour ta plus grande gloire. Amen ! Père Gaëtan Présent, Vicaire de Saint-Joseph ■ Lévitique 13,1-2.45-\•46    •   Psaume 31\b32) 6    •   1 Corinthiens 10,3\•1-11,16    •   Marc 1,40-45 LITURGIE  de Dieu et du peuple. Cela est à considérer  comme un signe fort de Dieu qui veut  garantir à la fois l'intégrité et la sainteté  du peuple saint. C'est une manière de  signifier que péché et sainteté ne  avoir une juste attitude humaine  et spirituelle qui ne contrarie pas et spirituelle qui ne contrarie pas  le chrétien qui vient du judaïsme,  ni celui qui vient du paganisme, pour  colère, mensonges, manque de confiance en moi, intégrité physique qui a été bafouée, sentiment de rejet, addictions... Fais grandir en moi le désir de vouloir en guérir, comme toi tu veux me purifier. Je veux, avec le secours de ta grâce, ne plus me voir avec mon regard qui me soit pour ta plus grande gloire. Amen !

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 6 VIE DU DIOCÈSE Le  samedi  23  Janvier,  les  paroissiens  du  Morne-des-Esses  \bSainte-Marie)  ont  eu  grand  plaisir à recevoir leur Archevêque. Mgr Macaire, pour la célébration par anticipation de la  conversion de Saint Paul, patron de la paroisse. «Q elle joie quand on m’a dit :  Nous irons à la maison du  Seigneur ». Avec joie et  allégresse, le peuple de Dieu a accueilli  son pasteur, Mgr David Macaire. C’était  une scène de liesse. L'Archevêque qui  vient à nous pour célébrer, avec nous  et pour nous… c’était une grâce, un  encouragement de foi, une élévation  de l’âme du chrétien. Comment ne pas  rendre grâce au Seigneur, comment ne  pas chanter sa reconnaissance. Tout  un peuple debout comme un seul  homme accueille son Archevêque  pour  l’écouter ! Il était accompagné par son protocole  liturgique, et reçu dans la simplicité de  cœur avec tous les composants de la  paroisse. C’était une joie inouïe, riche  en couleur.  « Comment rendrai-je au Seigneur tout  le bien qu’il m’a fait ». C’est par cette  phrase tirée du psaume 115 que le père  Laurent Sounouvou introduit son mot  d’ouverture. La visite pastorale était  d’autant plus appréciée, car elle coïncidait  avec l’anniversaire du prêtre et celui de  la paroisse.  « Merveille de Dieu, merveille d’amour ». Mgr Macaire a présidé la messe de 17h  devant une assemblée nombreuse et  recueillie. Au cours de son homélie  l'Archevêque a rappelé à la communauté  le sens du dimanche : nous sommes  invités par Dieu à l’Eucharistie. Quand  on suit Jésus « sé pa ralé chez bo tab », on  n’est pas installé. Le seigneur est déroutant,  mais il fait découvrir quelque chose de  plus beau. Accompagné de la chorale « le Chœur  du Morne-des-Esses » qui a grandement  contribué à ce beau moment de communion  par des chants appropriés, l’évêque  a repris le refrain du psaume (24, 4a)  « Seigneur, enseigne-moi tes chemins »… refrain qui porte tout le sens de la liturgie  du jour. Il a ensuite retracé l’histoire de  Saul (premier nom de Paul) intransigeant  défenseur de la tradition hébraïque. Sur  le chemin de Damas, la rencontre avec  jésus bouleversera sa vie. De persécuteur,  il devient un fidèle prédicateur.  Nous suivons le chemin du Seigneur, dira  Mgr Macaire. Mais le seigneur vient lui aussi sur notre chemin. Il est sur le chemin de chacun. Père Sounouvou, Administrateur  de la Paroisse du Morne-des-Esses Crédits photos : Daniel Toussaint ■ Visite pastorale de Mgr Macaire sur la paroisse du Morne-des-Esses

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 7 Dimanche 24 janvier 2021, c’est la fête du saint  Patron de l’église de Tartane : Saint François de  Sales. Cette grande figure de l’Église, patron des  écrivains,  mais  aussi  docteur  de  l’amour  divin,  rassemble  ce  jour  Mgr  David  Macaire,  le  père  Pierre-Alex Zonzon et de nombreux paroissiens  de Tartane et Trinité. L a cérémonie religieuse : 9h30, Mgr Macaire et le père Zonzon  entrent en procession avec les deux cérémoniaires et quatre enfants  de Chœur. Le prêtre accueille alors l’archevêque ; les lectures 1 du  jour et la prière universelle sont lues par les jeunes de la paroisse, le psaume  magnifiquement chanté par la chorale 2, l’Évangile 3 par père Zonzon et  l’explication de la Parole nous est transmise par l'archevêque. Du refrain du psaume : « Seigneur enseigne-moi tes chemins », Monseigneur  fait le lien avec l’Évangile pour mettre l’accent sur l’importance de cette  demande au Seigneur. Le Christ nous prend au mot et nous montre ses  chemins, qui ne sont pas forcément ceux auxquels nous pensons, mais pour  lesquels nous avons notre volonté à offrir. Poursuivant son lien, Monseigneur nous parle de Saint François de Sales.  Évêque de Genève, docteur de l’Église, ce patron des journalistes et des  écrivains avait développé un moyen de communication à travers des billets  qu’il rédigeait afin de dire à chacun que ce ne sont pas seulement les prêtres  qui reçoivent l’appel de Jésus Christ : les fidèles sont appelés pareillement  à suivre Jésus et à répondre à cet appel. Le temps des questions : Monseigneur accorde aux fidèles de Tartane  un temps d’échanges où il nous transmettra que le plus important pour le  chrétien est la rencontre personnelle avec le Christ. De Actes 2, 42-47, il mettra  l’accent sur la fraternité, la formation, l’évangélisation qui font partie des  points clés de CAP 2025, nouveau projet en marche de l’Église catholique  de Martinique. Le partage fraternel :  Un pot qui fût l’occasion d’échanger de manière  plus chaleureuse avec père Zonzon, Mgr Macaire et le père Gaby Lémy  qui nous a rejoints. Partage simple et rapide en ce temps de pandémie.  Moment cependant de joie, de convivialité et fort propice aux échanges  entre Monseigneur, les prêtres et les forces vives de la paroisse. De vifs remerciements à Monseigneur et à nos prêtres pour ce temps éclairant  notre vision de baptisés, boostant notre foi en même temps que notre désir  de servir. A renouveler en 2022 ! Pour les Paroissiens de Tartane Crédits photos : Daniel Toussaint ■ Paroisse de Tartane Fête de Saint François de Sales 1 Livre de Jonas, 1-5.10 ; Première Lettre de saint Paul apôtre aux \ Corinthiens 7, 29-312 Psaume 243 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, 1, 14-20

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 8 VIE DU DIOCÈSEVIE DU DIOCÈSEVIE DU DIOCÈSE Joyeux anniversaire à nos prêtres  ordonnés en février  Ils  sont  prêtres...  depuis  17  ans,  38  ans  ou  même  63  ans  !  En  ce  mois  de  février  2021,  souhaitons- leur  un  bon  anniversaire  sacerdotal ! Père Pierre Mirta 24.02.1958 (63 ans) Père Walter Covens 22.02.1983 (38 ans) Père Luc Philippon 01.02.2004 (17 ans) Samedi  16  janvier  2021,  nous  avons eu la joie d’accueillir  comme  "Samuel”, lors de la messe domi- nicale anticipée du 2 ème  dimanche  du temps ordinaire de l'année B,  9  enfants  de  la  paroisse  qui  ont  répondu  à  l'appel  du  Seigneur,  en prenant leurs engagements au  service de l'autel. I ls prendront part désormais au don total du Christ sur l’autel, et  seront des aides précieuses pour les prêtres. Les servants les plus anciens ont reçu, eux aussi, leurs nouveaux  scapulaires. Cette étape marque un tournant décisif dans leur  engagement à la table du Seigneur, mais également le degré de leur  présence auprès de leurs frères. Père Arnack Bokombé ■ Intronisation de nouveaux servants au Prêcheur

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 9 CCCC OOOO NNNN VVVV EEEE RRRR SSSS IIII OOOOOOOOOOOOO NNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN MMMM IIII SSSS SSSS IIII OOOO NNNN NNNN AAAA IIIIIIIIII RRRR EEEE CARÊME2021 DIO CESE DE LA MAR TIN IQ UE 1111 7777 FFFF EEEE VVVV RRRR IIIIEEEE RRRR ---- 2222 7777 MMMM AAAA RRRR SSSS Adoration etEucharistie Parole deDieu Missionnaires entrenous Missionnaires verslesautres Avec Saint Joseph EN5SEMAINES

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 10 Que faire pour ne pas vivre un  carême « abstrait » ? Que faire pour  éviter de vivre un carême qui n’a  aucune dimension concrète ? Que  faire pour conférer au carême une  portée pas seulement spirituelle  mais aussi anthropologique et  pastorale ? En un mot, ne pas vivre  un carême « artificiel ».  Notre  diocèse, dans son génie créateur  a opté pour le plan pastoral CAP  2025. Ce plan est en lien avec  les 5 essentiels du livre des Actes  des apôtres (Ac 2, 42-47). Les 5  essentiels ont permis à la mission  de la première communauté  chrétienne de continuer à toujours  donner la Vie du Christ.  Grâce à eux, cette  transmission de la Vie a  pérennisé dans le temps.  Les différentes modalités  des carêmes des veilleurs ont  amorcé cette transmission.  Le père Christian Catayée,  initiateur de ces carêmes, avait  proposé une autre manière de vivre  ce temps fort de l’année liturgique  pour notre Diocèse.  Grâce à son  impulsion, chaque baptisé de l’île  était appelé à offrir au moins une  journée de jeûne, un chapelet,  un temps d’adoration, une  méditation de la Parole (…) pour  la sanctification et la guérison de la  Martinique. Malheureusement la  pandémie de la Covid 19 a entaché  l’évolution harmonieuse de cette  belle expérience l’année dernière.    Le carême 2021, tout en s’appuyant  sur les expériences des années pré- cédentes, voudrait amener chaque  baptisé à réaliser une conversion  missionnaire. Pourquoi ?  Parce  que nous avons tous l’obligation  d’aider à construire « l’identité baptismale » des autres afin qu’ils  deviennent réellement les membres  du Corps du Christ (1Co 12, 27).  Par la conversion missionnaire,  chacun se rappelle ce qu’il doit  être (un baptisé appelé à annoncer  la Bonne Nouvelle), et essaie, en  sortant de sa paroisse rappeler aux  autres ce qu’ils sont (des bapti- sés ayant besoin de cette Bonne  Nouvelle).  Dans cette symbiose,  nous vivrons tous « la seconde création, celle de la sainteté » 1 que  favorise la résurrection du Christ.  Le mystère pascal, fondement  de notre foi, est célébré chaque  année par tous les baptisés. Cette  célébration est précédée du temps  de carême qui dure 40 jours. C’est  un temps privilégier qui est accordé  à tout baptisé pour lui permettre  d’entrer dans une dynamique  spirituelle de l’expérience de  l’amour de Dieu afin de le pousser  à entreprendre une nouvelle  conversion.  La conversion ne  saurait être l’œuvre d’un moment.  Le baptisé a toujours dans sa vie  quelque chose qui a besoin d’être  éclairé de l’intérieur par la lumière  de Christ. Cet éclairage permettra  de se décentrer sur le moi pour  « avancer au large » de la vie  proposée par le Christ. Le Carême,  devient donc le temps où chaque  baptisé apprend à renoncer à ce  qu’il est, ce qui n’est pas conforme  à la gloire de Dieu dans sa vie  pour accepter le projet de Dieu  sur lui-même.  1. Qu’est-ce que le carême ? 2. Comment vivre son carême ? 1 Marguerite Léna, L’Esprit de l’éducation », p. 268.

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Cette année, nous aurons à  consacrer une semaine à la Parole de Dieu, une à l’Eucharistie/ Adoration, une à la mission entre nous, une à la mission vers les autres, et une à Saint Joseph.  L’objectif visé est de commencer à  « opérationnaliser » les 5 essentiels  avec une attention particulière à la  dimension missionnaire.  Concrètement, chaque paroisse  devra permettre à tous les baptisés  de vivre les différents aspects en  5 semaines.  Pendant la semaine  missionnaire entre nous, il est  proposé de faire connaître tous les  groupes de prière, les associations  et mouvements de la paroisse aux  fidèles. Un flyer contenant les  noms des responsables avec leurs  numéros de téléphone peut être  proposé. Pendant cette semaine,  la paroisse peut mediter sur le  questionnaire du carême. Comme  nous sommes dans l’année de  St Joseph une semaine lui est  consacrée. Pendant la semaine  de l’Eucharistie/Adoration,  les curés peuvent envisager  plusieurs messes par jour et 24h  d’adoration tous les jours. Ils  consacreront aussi 7 jours à la  Parole de Dieu. L’idéal serait  qu’un paroissien soit en train  de méditer la Parole de Dieu à  chaque heure de la journée.  Enfin, pendant la semaine  missionnaire vers les autres, il  est proposé que le curé avec les  paroissiens « sortent ». Qu’ils  aillent dans les quartiers, HLM…,  qu’ils sonnent aux portes des  maisons, des appartements   se présentent comme des  catholiques…. C’est ambitieux,  mais pas impossible.  Un saint carême à tout le monde. Père Gilles Aïzo, Vicaire épiscopal  ■ Au niveau du diocèse ➊ Estime-tu que l’Eglise  Catholique en Martinique  est évangélisatrice ?  Pourquoi ?  ➋ Nous sommes envi- ronnés de communau- tés protestantes et de  sectes, comment jugez- vous leur action « évan- gélisatrice » ? Quelles  leçons tirer ? Au niveau de la paroisse ➊ Qu’est-ce que tu aurais  souhaité pour une relation  satisfaisante entre prêtres et  laïcs ?  Que penses-tu faire  concrètement pour cela? ➋ Que penses-tu faire  pour aider ta paroisse à  enseigner une foi avec  les réalités de la vie?  Comment peux-tu mettre  cela en œuvre ? Au niveau du Chrétien (disciple) ➊ As-tu le sentiment d’être frère ou sœur  dans ta paroisse ou dans les mouvements  et groupes de la paroisse ? Que peux-tu  faire pour construire cette fraternité ? ➋ Est-ce que la paroisse ou le diocèse nous  fournissent tout ce dont nous avons besoin  pour nous épanouir spirituellement ? Par  exemple, est-il facile de trouver un prêtre  pour un entretien ou une confession ? Y a-t-il  suffisamment de propositions de ressource- ment ? etc. 3. Quelles démarches peut-on suivre cette année ? ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 11 QUESTIONNAIRE pour la semaine mi\cssionnaire en paroisse 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 12 Le jeûne et la Parole de Dieu «C ertains démons ne se  combattent que par le jeûne  et la prière » (Mat 17,21).  Certaines personnes sont prisonnières  des œuvres de la chair dont Saint- Paul nous parle en Galates chapitre 5,  verset 19-20 : « idolâtrie, sorcellerie,  haines, rivalité, jalousie, emportements,  intrigues, divisions, sectarisme ».  Le temps de jeûne doit être préparé dans  la prière par le choix de textes bibliques  (Notre Père, Psaume, Evangile, etc.). Le  jeûne est biblique, ce qui signifie qu’on le  trouve dans l’Ancien Testament comme  dans le Nouveau Testament.  Inspiré par le Saint Esprit, le jeûne est  toujours un temps de bénédictions (à  condition bien sûr d’être à l’écoute du  Saint Esprit) ! L’évangile de Saint Luc (2,  37) nous parle d’Anne, fille de Phanuel :  « demeurée veuve, elle était arrivée à  l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne  s’éloignait pas du Temple, servant Dieu  jour et nuit dans le jeûne et la prière » :  Très bel exemple où l’on peut servir  Dieu en jeûnant et en priant. Les apôtres,  dans les Évangiles et dans les actes des  apôtres (Actes 13, 2 à 3), nous précisent  qu’ils jeûnaient souvent. Par le jeûne, Dieu veut révéler sa toute- puissance en nous en opérant des  changements, en débloquant certaines  situations. Et les fruits visibles peuvent  être des délivrances, des guérisons et  des libérations de personnes. A titre d’exemple, dans l’Ancien  Testament, le jeûne est utilisé pour  mener le combat spirituel : c’était le  cas d’Esther (Esther 4, 16),  et dans le  Nouveau Testament, c’était le cas de  Jean-Baptiste.  Savez-vous qu’il y a opposition entre  l’esprit et la chair ? Et bien, le jeûne fait  mourir la chair avec ses tentations, et  brise les liens d’esclavage afin de faire  dominer l’esprit. Avant de commencer sa mission, Jésus  s’est rendu au désert où il a été rempli du  Saint Esprit et a jeûné pendant 40 jours  dans le désert (Matthieu 4, 1-11). Moise a  jeûné aussi dans le désert (Exode 34, 28) Le jeûne doit nous assurer une victoire  sur les forces des ténèbres et une  victoire de nos vies. Et cette victoire nous  appartient en Christ.  Nous sommes dans les temps de grâces  où l’église doit jeûner, nous rappelle  Saint-Paul : “C’est par la grâce, en effet,  que vous êtes sauvés, par le moyen  de la foi. Et cela ne vient pas de vous,  c’est le don de Dieu. Ce n’est pas par  les œuvres, afin que personne ne se  glorifie” (Ephésiens 2, 8 à 9). Le jeûne qui est un appel de Dieu doit  nous permettre de prendre de nouvelles  directions et ainsi de répondre à Dieu. Jésus, dans le sermon sur la montagne,  nous parle du jeûne : « Et quand vous  jeûnez, ne prenez pas un air abattu,  comme les hypocrites : ils prennent  une mine défaite pour bien montrer  aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je  vous le déclare : ceux-là ont reçu leur  récompense. Mais toi, quand tu jeûnes,  parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;  ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des  hommes, mais seulement de ton Père  qui est présent au plus secret ; ton Père  qui voit au plus secret te le rendra »  (Matthieu 6, 16 à 18). Jésus nous dit bien qu’il ne faut pas agir  pour se faire remarquer des hommes,  mais au contraire être dans la plus  grande discrétion et se parfumer la tête. Jésus veut nous mettre en garde contre  la gloriole. Nous ne sommes pas là pour  plaire aux hommes, mais d’abord à notre  Père qui est dans les cieux. Attention  aux jeûnes d’hypocrisie et aux jeûnes  d’apparence ; tous deux n’ont aucun  fondement spirituel, et des précautions  sont à prendre pour ne pas tomber dans  l’orgueil. On ne commence pas un jeûne  en se fixant l’objectif de tenir 40 jours. Il  est important de rappeler que le jeûne  n’est pas une compétition ; on ne repose  pas sur ses propres forces et on fait appel  à la grâce de Dieu : « ni par puissance, ni  par force, mais par l’Esprit du Seigneur »  (Zacharie 4, 6). Il ne faut pas se laisser  distraire de manière à rester concentrer  sur la P arole de Dieu. Il existe aussi le jeûne de repentance, où  l’on cherche Dieu quand on veut changer  son cœur (excès de colère, d’impulsivité).  « Revenez-moi de tout votre cœur avec  des jeûnes, avec des pleurs avec des  larmes » (Joël 2, 12) En vérité, le jeûne doit nous permettre  de nous décentrer de nous-mêmes pour  pouvoir nous ouvrir aux autres, comme  nous centrer sur notre famille sur nos  amis, sur le seigneur, nourrir davantage  notre vie de foi, notre vie spirituelle, etc. La Bible nous informe qu’il existe  plusieurs types de jeûne, comme le  jeûne de Daniel (Daniel 1, 8 à 12), et le  jeûne d’Esther. Mais, le plus important  est de se laisser guider par l’Esprit Saint,  et avant tout d’agir avec conviction et  simplicité. La plupart des jeûnes qu’on  retrouve dans la Bible sont des jeunes  alimentaires. Le but n’est pas s’abstenir  de nourriture, mais la consécration. Il  n’y a pas de règles particulières en la  matière ; on peut jeûner un jour comme  on peut jeûner plusieurs jours. On peut  jeûner seul, en groupe, en intermittence Dans la première lettre de Pierre au  chapitre 4 Dieu dit : « Soyez sobre en  toute chose ». Il faut avoir une vie de  sobriété, sans exagération, sans excès,  pour être rempli, enivré du Saint Esprit. Raphaël Monta La Fraternité Lataste Martinique ■ Le jeûne est une  des  armes  qui  nous  permet  de  gagner  notre  propre  sanctification  et  de  mener un combat spirituel en se  libérant  de  certaines  présences  d’esprits impurs qui oppressent  leurs  victimes.  Le  jeûne  permet  également  de  se  délivrer  de  certaines  addictions.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 13 Les  fiançailles,  un  temps  de  discernement  indispensable  pour  bâtir  sur  le  roc  qu’est  le  Christ, pour un engageme\•nt indissoluble. L e 18 juillet 2018, Mgr David Macaire signait le décret  n° 201807 traitant de la préparation au mariage,  dans lequel il précise l’importance de ce temps des  fiançailles. Ce dernier invite également les prêtres à célébrer  une bénédiction des fiancés, afin de marquer le début de ce  temps de discernement nourri par un parcours d’un an. Le  couple frappe à la porte de l’Eglise en prenant contact avec sa  paroisse, le prêtre lui remet alors une fiche de liaison et le dirige  vers l’une des permanences d’accueil du Centre de Préparation  au Mariage (CPM). Le couple accueilli sera invité à rentrer  dans ce parcours du temps des fiançailles, des propositions  lui étant faites sur la façon de le vivre. Ce parcours composé  de différents temps forts (Week-end des fiancés, Samedis du  CPM, Récollection de carême…) amènera les fiancés, après  discernement, jusqu’à la célébration du sacrement du Mariage.  C’est à la lumière d’échanges, d’éclairages spirituels et d’ateliers  en couples que les fiancés s’interrogent et cheminent vers une  décision, dans l’intimité de leur relation avec Dieu le Père. Si les sessions de préparation sont un rendez-vous central du  cheminement, le Week-end des fiancés est un point d’orgue  voulu par Mgr Macaire qui prend ce temps « les yeux dans les  yeux » avec les fiancés. Une occasion privilégiée pour lui de  marquer l’importance de cet engagement, en n’ignorant pas ses  nombreuses grâces, mais également ses exigences. L’édition 2021 du  Week-end des fiancés se déroulera du samedi  20 au dimanche 21 février prochain. Mgr Macaire se réjouit  déjà d’accueillir tous les couples inscrits à une session de  préparation, même sans date arrêtée de célébration.  ■ Temps des chantiers  et du discernement Les fiançailles chrétiennes : LE TEMPS DES FIANÇ\cAILLES  DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 14 Pourquoi le temps des fiançailles est-il si important ? Au-delà de toute convention, les fiançailles sont là pour susciter les conditions d’un « oui  »  aussi libre et entier que possible, afin de permettre au mariage d’être vraiment « bâti sur  le roc » \bMatthieu 7,24)\• et de porter tous ses fruits. Pourquoi le tempsPourquoi le temps des fiançailles est-il Pourquoi le temps des fiançailles est-il Pourquoi le temps LE TEMPS DES FIANÇ\cAILLES  Pourquoi le tempsPourquoi le temps DOSSIER 1. Les fiançailles sont un temps de  discernement essentiel en vue du  mariage : un temps de réflexion pour  savoir si l’on va vraiment se marier, avec  tout ce que cet engagement comporte, et  si l’on veut le faire vraiment avec cette per- sonne que l’on a choisie, qui ne nous res- semble pas, qui n’a pas que des qualités et  avec qui on devra vivre quotidiennement  toutes les questions matérielles, morales  et spirituelles de notre existence, enga- geant ainsi aussi l’avenir de nos enfants. Se marier avec quelqu’un, ce n’est pas simplement être d’accord sur les principes du mariage chrétien On a un idéal du mariage : ce que l’on a  envie de vivre. Mais le discernement porte  à la fois sur cette connaissance théorique  et intellectuelle du mariage et sur cette  question très concrète : est-ce que je  vais pouvoir et vouloir le vivre avec cette  personne-là. […]. L’autre ne me ressemble pas et je dois le choisir Un des risques les plus fréquemment  constatés aujourd’hui est de croire que  l’autre me ressemble. Or, la conjugalité,  c’est l’altérité même, et elle n’est possible  qu’à partir de cette altérité ! Les fiançailles sont donc ce temps de  discernement où l’on va se rendre compte  que l’autre est différent de soi, et qu’il l’est  nécessairement : on doit éprouver cette  différence.  […] Il faut aussi discerner sur les grands piliers du mariage Sommes-nous prêts à nous engager à  être fidèles ? Avons-nous compris que cet  engagement durera toute la vie ? Voulons- nous vraiment cette indissolubilité du  mariage ? Qu'est-ce qui fait que, quoi qu'il  arrive, je m’engage, moi, à demeurer fidèle  à ce mariage ? Aujourd’hui, tout cela est  mal compris et il faut prendre le temps  de s’y arrêter, d’y penser pour qu’il n’y  ait pas de malentendu : on doit bâtir son  projet de mariage. En ce qui concerne le  mariage civil, tout le monde est d’accord  pour vivre la fidélité ; mais il est entendu  que l'on peut mettre fin à ce mariage. Alors  que, lors du mariage chrétien, on donne sa  fidélité pour toujours, même si les mariés  venaient à se quitter, le sacrement de  mariage perdurerait. Est-ce bien cela que  nous voulons ? […] Enfin, last but not least : sur quel socle de spiritualité vais-je fonder mon couple ? Sur quelles valeurs partagées ? Quelle  sera la vie de foi vécue en couple ? Est-ce  que nous partageons la même foi ? Est-ce  que j’arrive à prier avec mon fiancé, ma  fiancée ? Est-ce que nous sommes d’accord  sur une pratique religieuse ? Est-ce que  je serai d’accord pour transmettre cette  pratique à nos enfants ? […] Les fiançailles ne sont pas une contrainte sociologique, mais une étape fondamentale à vivre avant la préparation au mariage Il arrive que les fiançailles catholiques ne  correspondent qu’à une annonce officielle,  avec une date de mariage déjà fixée et  des réservations envoyées au ban et à  l’arrière-ban. Tout cela ne suffit pas, dans  la mesure où la liberté de l’engagement  est conditionnée par un pur formalisme  extérieur, qui doit n’être que la conséquence  d’une décision mûrement réfléchie. (...) 2. Il est bon d'être accompagné Le temps est nécessaire pour  mûrir et il est bon d’être accompagné par une tierce personne : amis et famille ne sont pas nécessairement bons accompagnateurs. Un prêtre oui, une préparation au sein de sa paroisse également ; on peut aussi penser à des retraites pour couples, des parcours sur la vie conjugale, etc. Père Cédric Burgun, Prêtre du diocèse de Metz  Membre de la Communauté de l’Emmanuel Enseignant en droit canonique à l’Institut catholique de Paris   Juge ecclésiastique pour les questions  de nullité de mariage  ■ Source : https://questions.aleteia.org/articles/41/ pourquoi-est-il-si-important-de-bien-vivre-le- temps-des-fiancailles/ 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 15 Aumônier : Père Wilfried Bannais Responsable diocésaine : Muriel Novarre Contact téléphonique : 0696 447 484 Adresse courriel : Acpm972@gmail.com https: //www.facebook.com/ AcpmMartinique Compte Instagram : cpm_martinique Fondé  en  1956  par  le  père  Henry  Caffarel  et  les  membres  des  Equipes  Notre-Dame  \bEND),  le  mouvement  des  Centres  de  Préparation  au  Mariage  s’est  développé  sous  l’accompagnement  du  père  Alphonse  d’Heilly.  Ce  dernier,  premier  aumônier  du  mouvement, a impulsé sa naissance en Martinique en octobre 1964, à la faveur de ses  visites  dans  l’île.  Très  rapidement,  plusieurs  équipes  se  sont  constituées,  avec  des  fonctionnements très autonomes. C ’est lors de l’assemblée  constitutive du 19 Janvier  1974 que les 6 Centres de  Préparation au Mariage d’alors  ce sont érigés en Association loi  1901. Ainsi naissait l’Association  des Centres de Préparation  au Mariage de la Martinique  (A.C.P.M. Martinique).  Le mouvement des CPM  Martinique reçoit sa mission  directement de l’Evêque, à savoir :  Amener les couples désirant se  marier à l’Eglise, à découvrir le  sens profond de la vocation au  Mariage. C’est ainsi qu’ils pourront  devenir sacrement, signe efficace  de l’amour et de la présence du  Christ au cœur du monde.  les Centres de Préparation au Mariage (CPM) Un mouvement au service d’un Sacrement Zoom sur… L’Association des Centres de  Préparation au Mariage de la  Martinique est aujourd’hui com- posée de :  -  11 équipes réparties sur  l’ensemble du territoire ; -   De couples pilotes, dont le rôle  est de faire vivre l’esprit CPM au  sein des équipes, et accompagner  les nouveaux membres ; -   Un conseil d’administration (équipe diocésaine) qui conduit  et coordonne les activités du  mouvement ; -  Un Aumônier, nommé par  l’Evêque, garant de la ligne  spirituelle du mouvement dans  la communion de l’Eglise. Cette mission de service s’exprime à  travers plusieurs activités traduisant la  vitalité du mouvement :  -  Animation de permanences d’accueil,  pour un premier contact avec les  couples désireux de se marier ; -  Organisation de plus d’une dizaine de  sessions de préparation au mariage par  an (soit environ 250 couples accueillis) ; -  Organisation de retraites, à raison de  2 par an, dont une en tandem avec  les END ; -  Organisations de recollections, de  Samedi du CPM, et autres temps de  formation pour les couples ; -  Animation d’une émission tous les 2 ème  vendredis du mois sur Radio Saint- Louis (20h/22h).  Les 11 équipes de l’ACPM de la Martinique  comptent entre 5 à 7 couples animateurs,  et bénéficient de l’accompagnement d’un  prêtre ou d’un diacre. Ces équipes font  régulièrement une révision de vie à la lumière  de la Parole de Dieu, afin d’être témoins  de  la grâce pour les couples accueillis. Cette mission au service des couples de  fiancés fait de nous des collaborateurs à  l’œuvre de Dieu, un chemin de sanctification  et de croissance pour les couples animateurs  qui reçoivent au moins autant qu’ils donnent.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 16 Aujourd’hui, les jeunes gens qui vivent souvent déjà depuis un bon moment ensemble, se passent généralement de la permission des parents. Mon copain m’a dit un samedi où nous étions à la plage sur le ton de la conversation : « Et si on se mariait ! ». J’avoue que secrètement, j’en rêvais tout en ayant peur. Je n’ai pas voulu lui montrer que je n’attendais que ça depuis trois ans qu’on se fréquentait, alors sur le même ton je lui ai répondu : « Oui, pourquoi pas ? C’est une bonne idée !», et l’affaire était entendue. Dit comme ça, cela à l’air triste, mais cela ne voulait pas dire que cette demande, cette promesse de mariage, nous la prenions à la légère. Le soir, arrivée à la maison que nous partagions, nous nous sommes mis à faire plein de projets. Nous avons abordé la question de savoir si nous voulions des enfants, il m’a fait rire car il en voulait, disait-il, huit comme ses parents. - Oui, mais elle n’a pas dit non en tout cas. Ensuite il a fallu aller dire à ses parents que je voulais l’épouser. J’étais terrorisé. Non pas par son père, mais par sa mère. Madanm-lan paté ka jwé, non. La famille de Clarisse se réunit le dimanche midi, et on en a profité pour faire en sorte que les deux familles se rencontrent autour d’un repas. Heureusement, ça s’est bien passé. J’ai fait un discours alambiqué dont je ne me souviens plus, et j’ai conclu en disant que Clarisse et moi allions nous marier l’année prochaine à la période de noël. Puis, j’ai offert à Clarisse la bague que j’étais allé acheter avec ma maman, et on était officiellement fiancé. Aujourd’hui, cela fait 9 ans que nous sommes mariés, et nous avons 3 enfants (7 ans, 4 ans et 3 mois). Nous rendons grâce à Dieu pour cela. Clarisse et Jérémy Témoignage… L’ambition de Monseigneur, partagée avec conviction par l’ACPM, est celle exprimée dans la référence 1613 du  Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) : « Que le mariage soit le signe efficace de la présence du Christ ». Le  couple ainsi engagé devient à son tour sacrement, en ce sens qu’il montre Jésus !  Permettre l’incarnation d’une telle volonté inspirée du Saint Esprit, obligeait la mise en œuvre de décisions concrètes :  ➊   Une préparation au sacrement du Mariage sous la forme d’un cheminement d’au moins 1 an ;  ➋   Un accueil du couple par l’Eglise en la personne du prêtre, puis une orientation par ce dernier vers l’ACPM dont  il aura précisé l’importance et le caractère obligatoire de la mission ; ➌   Un accueil des couples par les permanences de l’ACPM, moment de leur inscription sur une session de 5 à 6  rencontres thématiques. Présentation également de tous les temps forts qui jalonneront leur année de préparation  (Week-end des fiancés, Samedis de l’ACPM, retraites, récollection…) ;  ➍   Proposition d’une cérémonie solennelle des fiançailles ;  ➎   Suivi de la session ACPM par le couple avec, le cas échéant, une fiche navette entre le mouvement et le prêtre ;  ➏   Entretiens individuels et en couple par le prêtre, selon son discernement ;  ➐   Invitation faite par le prêtre aux membres du couple d’intégrer un lieu de service en église via les différents mouvements ou missions existantes ;  ➑   Contact/bilan avec le couple par la paroisse dans l’année suivant le mariage.  L’ACPM insiste pour rappeler que ce cheminement proposé est un temps de discernement de la vocation, de  sorte qu’il doit être vécu le plus en amont possible, libre de tout engagement de date, de traiteur ou autres  contingences qui entravent parfois la liberté de la réponse.  En un mot, prenons le temps des fiançailles ! LE TEMPS DES FIANÇ\cAILLES  DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 17 J ’aime accompagner les couples de  fiancés dans l’étape merveilleuse  de la célébration des fiançailles.  Les fiançailles sont un événement  marquant pour les familles chrétiennes.  En paroisse, cela commence par un  contact direct, un entretien avec le couple.  A la suite de cette première rencontre,  j’oriente les deux futurs vers un parcours  Alpha, une session ou week-end Cana,  des sessions avec l’ACPM, et aussi vers un  couple accompagnateur de la paroisse. En  tant que prêtre accompagnateur, je garde  le contact par l’intermédiaire de la messe,  des retours et relectures des différentes  sessions vécues par les fiancés. Ensuite, arrive la célébration de la  bénédiction des fiancés. Ceci peut se  vivre après une messe de semaine ou  de week-end, dans un oratoire, chez  eux à la maison ou dans la famille de  l’un d’entre eux. Lorsque les fiançailles  sont célébrées dans l’intimité des deux  familles, je demande aussi aux parents  de bénir leurs enfants. Le temps des fiançailles est aussi le  moment favorable pour aller dans  l’évangélisation des profondeurs. Parfois,  des prières de guérison et de délivrance  sont nécessaires pour que le Christ visite  les abîmes du passé. Dans certains cas, un  suivi psychologique s’impose. La célébration des fiançailles commence  par l’écoute de la Parole de Dieu. Je fais une  courte exhortation pour rappeler le sens  des fiançailles : temps de préparation qui  rompt avec le passé, approfondissement  de la connaissance mutuelle, accueil de  la volonté divine sur la décision finale.  Puis, après la prière commune et la  prière du Notre Père, vient le temps de la  bénédiction des fiancés et de la bague ou  d’autres dons. La célébration se termine  par une prière conclusive et un chant  joyeux.  Les fiançailles sont une célébration  joyeuse dans laquelle l’homme et la  femme réalisent le sérieux de leurs projets  personnels. C’est le temps où « amour et  vérité se rencontrent » (Psaume 84). Cette  célébration permet aussi, avec l’usage de  l’eau bénite, de manifester le caractère  purificatoire sur la vie passée. C’est aussi  l’occasion de réaffirmer les éléments  essentiels de la fidélité, de la justice, de la  prière et de la liberté du don de soi. L’eau  bénite aspergée sur les fiancés est aussi  le signe de la protection et bénédiction de  Dieu sur le couple. Comme le dit l’apôtre  saint Paul :  « Celui qui as pris dans son cœur une ferme résolution, en dehors de toute contrainte, en gardant le plein contrôle de sa volonté, et a ainsi décidé en lui-même de respecter sa fiancée, celui-là fait bien. » (1Co 7,37). Les fiancés qui se préparent à fonder  un nouveau foyer chrétien, doivent  approfondir leur estime mutuelle en  s’entraidant et en priant ensemble. La  prière est un ciment essentiel pour la  famille chrétienne. Accompagner les fiancés nécessite de  la disponibilité, car les fiançailles sont  aujourd’hui ignorées par la majorité  des prétendants au mariage. Cet  accompagnement concerne aussi la  préparation de leur dossier au mariage.  Il s’agit de réunir les actes de naissance et  de baptême, les déclarations d’intention,  le casuel (offrande), d’accueillir la liste des  témoins. Les fiançailles ne sont pas un  sacrement, mais une étape décisive sur  le chemin du mariage. C’est un temps de  discernement. Plusieurs rencontres avec  le prêtre sont programmées pour aider à  ce discernement. Pour conclure, je dirais que bénir les  fiancés et les accompagner est un service  de toute la vie. Car, pour moi, les fiançailles  doivent durer toute la vie. Même après la  célébration du mariage, les époux doivent  continuer à vivre avec un cœur de fiancé,  tout rempli d’amour pour son conjoint.  A tous les amoureux, je souhaite ‘tout le bonheur du monde’ ! Père Arnaud Goma-Okadina Communauté du Chemin Neuf Curé de Corido n ■ Accompagnement et bénédictiondes fiancés en paroisse : L’exemple de la paroisse de Coridon ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 17 « Je te fiancerai  à moi pour toujours, je  te fiancerai dans la justice  et le droit, dans la tendresse  et  la  miséricorde ;  je  te  fiancerai dans la fidélité et tu  connaîtras le Seigneur. »       \bOsée 2, 21-22). 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 18 Agenda de l’Archevêque Dimanche 14 février : Visite pastorale à la paroisse de Redoute - 7h et 9h30 : Messes à l’église de Redoute • 17h30 : Vêpres solennelles à Emmaüs Du 15 au 17 février : • Retraite spirituelle Mercredi 17 février : Mercredi des Cendres • 9h30 : Messe au monastère des Sœurs bénédictines de Bout-Bois Jeudi 18 février : • Cours de Théologie de la spiritualité à l’Institut Gaston Jean-Michel\ Vendredi 19 février : • Récollection pour les servantes d’autel de plus de 16 ans Du 20 au 21 février : • Week-end des fiancés avec l’ACPM Dimanche 21 février : • Messe du week-end des fiancés Du 22 février au 1 er mars : • Prédication de retraite à l’abbaye Notre Dame de Randol à Cournols (Puy-de-Dôme) A l'époque de nos grands-parents, dans les années 20-30, un jeune homme aper- cevant une jeune fille qui lui plaisait, sans même l'aborder ni lui adresser la parole, envoyait quelqu'un (un parent ou un ami) voir les parents de cette jeune fille afin de leur demander la permission de la fréquenter. Si les parents acceptaient, le jeune homme se présentait alors et commen- çait à fréquenter la jeune fille. Il avait la possibilité de lui parler, mais toujours en compagnie d'une personne et toujours chez les parents de la fille. Cependant, le garçon n’entrait pas à l’intérieur de la maison. Ils se parlaient sur le pas de porte, puis les parents faisaient rentrer leur fille et le garçon s’en allait. Si tout allait bien et que le garçon se décidait à franchir une étape supplémen- taire, on arrivait aux fiançailles. Il fallait faire la demande et le prétendant ayant convenu d’un jour avec les parents de la jeune fille, arrivait en grande pompe, accompagné obligatoirement de ses parents. Les deux familles étaient alors présentées l’une à l’autre, puis c'était le père du jeune homme qui présentait sa demande de fiançailles aux parents de la jeune fille. C’était une histoire de famille. Si les parents de la fille étaient favo- rables à cette idée, ils faisaient entrer tout le monde à l’intérieur de la maison et des discussions commençaient. Déjà, il fallait situer la lignée du garçon (ou sé ich untel épi unetel, ki yo menm fanmi épi lé untel ki ka rété tel koté, é ki konèt lafanmi untel…). Lorsque la question de la généalogie était réglée, on abordait la capacité du jeune homme à s’occuper d’un foyer sans dépendre de ses parents. Quelles garanties il pouvait donner de prendre soin de la jeune fille ? Avait-il de l’argent de côté… ? Une fois que les deux familles étaient tombées d’accord, une grande fête était organisée avec parents et amis, où la fiancée recevait sa bague de fiançailles après un discours prononcé par le père de la fiancée et celui du fiancé. Dès lors, ils pouvaient se tenir par la main, s'embrasser à peine sur la joue, sortir ensemble se balader, mais toujours en compagnie du père ou de la mère, ou encore d'un autre parent. Il n’y avait pas de conversation privée entre les fiancés. Les fiançailles pouvaient durer très longtemps, parfois même jusqu'à cinq ans, car tant que le garçon n'avait pas de logement pour créer son foyer, il ne pouvait pas se marier. Alors même qu’ils étaient accompagnés lors des sorties, il arrivait que la jeune fille soit enceinte avant le mariage. Alors on précipitait le mariage pour que le déshonneur ne frappe pas la famille. Il arrivait que durant cette longue période, le garçon ou la fille (parfois même les parents) change d'avis. Les fiançailles étaient alors rompues. Mais si tout allait bien, on arrivait au jour du mariage. La famille de la future mariée s’occupait alors de tous les pré- paratifs et de l’organisation de l’évè- nement. Chaque membre de la famille devait alors offrir un cadeau spécifique aux jeunes mariés. Habituellement, la mère offrait la chambre à coucher et le père finançait la réception. La marraine Les fiançailles « an tan lontan » Témoignage… LE TEMPS DES FIANÇ\cAILLES  DOSSIER tombées d’accord, une grande fête était organisée avec parents et amis, où la fiancée recevait sa bague de fiançailles après un discours prononcé par le père de la fiancée et celui du fiancé. Dès lors, ils pouvaient se tenir par la main, s'embrasser à peine sur la joue, sortir ensemble se balader, mais toujours en compagnie du père ou de la mère, ou encore d'un autre parent. Il n’y avait pas de conversation privée entre les fiancés. Les fiançailles pouvaient durer très longtemps, parfois même jusqu'à cinq ans, car tant que le garçon n'avait pas de logement pour créer son foyer, il ne pouvait pas se marier. Alors même qu’ils étaient accompagnés lors des sorties, il arrivait que la jeune fille soit enceinte avant le mariage. Alors on précipitait le mariage pour que le déshonneur ne frappe pas la famille. père finançait la réception. La marraine prenait en charge le coût de la robe de mariée. Mme Amory George-Marie

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 février 2021 – n° 615 19 ? Question AN TCHÈ LÉGLIZ-LA Comment vis-tu l’absence de carnaval ? Est-ce une frustration ? Comment utiliser ce temps ? Je ne vis pas très bien cette absence, je l’avoue. Le carnaval est un moment que j’attends avec impatience chaque année. Ne pas voir les parades aux couleurs chatoyantes, ne pas admirer l’imagination dont font preuve les groupes pour réaliser leurs costumes… tout cela va me manquer. Les vidés chauds de par la température ambiante et la détermination des carnavaliers… au placard cette année. J’aime profiter des rues de la ville, déambuler, et puis rire des incongruités, et même aussi m’offusquer des dérives qui ne sont pas rares du tout lors de cette expression populaire. Et puis, c’est un pan important, à mes yeux, de notre patrimoine culturel. Oui sans hésitation c’est une frustration. Mais une frustration qui ne me rend pas chimérique à mourir….Ceci étant, la déception passée, je suis vite passée à autre chose. Quand on ne peut pas faire autrement, il faut se résigner. Les raisons de l’annulation de ce moment festif, joyeux et exaltant sont suffisamment nécessaires pour qu’on ne pleure pas longtemps. Je vais profiter de ce temps donné pour m’aé-rer. Faire des randonnées, aller à la mer, faire un peu de sport. Profiter du beau pays dans lequel Dieu me permet de vivre. Propos recueillis par Nicole Chésimar ■ Je le vis bien car pour moi, il n’y a pas d’absence. Cette année ce sera en petite communauté familiale. Je vais certes regretter la liesse populaire. Il y aura d’autres carnavals au cours desquels je prendrai encore plus de plaisir à m’amuser. Ce n’est pas une frustration, juste un pincement au cœur car il s’agit d’un évènement culturel et traditionnel très important en Martinique. Je n’attends pas le carnaval pour me défouler, je pense que je me défoule toute l’année. C’est un choix de vie. J’utilise ce temps à regarder les parades des années précédentes avec mes enfants en leur expliquant d’où viennent certains costumes. Nous confectionnons des\ masques afin de faire un vidé avec tambours et chachas à la campagne avec mamie. Au delà de tout cela, avec ou sans carnaval je profite de ces jours fériés pour me ressourcer spirituellement pour bien vivre le temps de carême autours des 5 essentiels de ma vie chrétienne. Peggy Habran, paroisse de Sainte Thérèse Je le vis plutôt bien. Je comprends que la situation sanitaire actuelle ne permet pas d’envisager la tenue du carnaval telle que j’aimerais le vivre. Ce n’est pas une frustration. Il suffit d’admettre que l’année prochaine j’espère bien que cela sera possible. Je n’ai pas encore décidé de ce que je ferai, mais entre le travail et les lectures en retard, le repos, je vais surement trouver à m’occuper. Je le vis plutôt bien. Je comprends que Yvon Marie Sainte, paroisse de Ducos Je ne vis pas très bien cette absence, Yvonnette François, paroisse de la cathédrale Le carnaval est ancré dans notre histoire et dans nos traditions. Fête d’ex- pression et de liesse populaire, il vise à tourner en dérision des figures de la vie politique et publique, et permet l’exhibition des uns et des autres. Mais au-delà, il s’agit d’un exutoire pour une population en souffrance, avec un fort taux de chômage, avec des féminicides qui ne cessent de croi- tre, une violence gratuite qui s’installe. Une société qui se dégrade et qui a du mal à faire corps. Le carnaval apparait alors comme une fête de l’excès au cours de laquelle les règles de la vie normale sont battues en brèche et n’existent plus. Cette année 2021 est exceptionnelle. Le carnaval n’aura pas lieu sous sa forme habituelle. Les rues resteront désertes. Cette période pourrait servir à une réflexion sur l’évolution et le devenir de notre carnaval. Tenter de fédérer l’ensemble des acteurs culturels et économiques. Fixer des pistes de développement afin qu’il devienne encore plus un outil d’attractivité touristique. Cette période inattendue est aussi une préparation au carême. Prenons le temps de recharger nos batteries, de vivre à un rythme moins effréné, d’échanger en famille afin de vivre pleinement ce carême qui arrive. Un temps pour que le Seigneur fasse son œuvre en nous. Un temps pour le discernement et les décisions. Un temps de grâce. Le carnaval est ancré dans notre Point de vue de Nicole Chésimar ‘‘ ‘‘

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conversion missionnaire 2021 Délivre-nous Seigneur Délivre-nous, Seigneur, de tout ce qui nous encombre, de nos convoitises et de nos complaisances, de nos vanités et de nos \ richesses. Délivre-nous de la crasse du cœur, de l’envie, de l’ambition, de l’hypocrisie. Délivre-nous de la rancune et des arrière-pensées, de tout espr\ it de calcul et de concurrence. Délivre-nous de la colère et de l’agressivité, de l’orgue\ il et de la vanité. Délivre-nous des tentations de la violence. Délivre-nous des tortures et des assassinats. Apprends-nous, Seigneur, à aimer les autres, tous les autres. Apprends-nous à convaincre plutôt qu’à vaincre.Apprends-nous le silence et la patience. Apprends-nous la force des moyens pauvres. Apprends-nous à nous désarmer, car nous savons, Seigneur, grâce à toi, qu’on ne triomphe jamais que par l’Amour. Remplis nos cœurs, Seigneur, non pas d’attendrissement mais de tendresse. Remplis-nous de compassion pour les autres, à commencer par les plus \ proches. Apprends-nous à partager la souffrance des affligés et à porter\ leur fardeau. Rends-nous attentifs, Seigneur, à ceux qui pleurent,car c’est par leurs yeux que tu pleures. Fais de nous, Seigneur, des hommes de la réconciliation, libérés de toute hargne, incapables d’injures, détachés d\ e tout, même de nos idées, libres de tout, même de nos habitudes. Nous calculons, nous jugeons, nous condamnons, tandis que Toi, Seigneur, tu pardonnes et tu fais confiance. Tu mises tout sur l’Amour et sur la liberté. Dieu de tendresse et de générosité, d’accueil et de gratuité\ ,communique-nous la folie de ta miséricorde.Et donne-nous de savoir veiller sans cesse, avec Marie et tous les saints, aux portes de ton Royaume . Source : sainte-rita.net

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