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E g lise
en MARTINIQUE
Ainsi faut-il que le F ils de l'homme
soit élevé…
N° 617
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
14 MARS 2021
Hommage au père Filopon
Le Baptême des petits enfants
A la génération actuelle...
C'est chaud
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S ommaire
E
n ce 4 e dimanche de Carême, dit dimanche de Laetare,
l’Eglise fait une pause joyeuse au milieu de sa marche vers
Pâques, d’où la couleur liturgique qui est le rose (au lieu
du violet). C’est le dimanche de la joie.
Réjouissons-nous, soyons remplis d’allégresse, « car Dieu a tant
aimé le monde qu’il a donné son Fils unique…». Dieu est riche en
miséricorde. Il fait grâce. Mais notre salut ne dépend que de
nous. Dieu ne nous convertit pas contre notre gré. Aujourd’hui,
l’Evangile nous invite à « regarder » vers le Fils de l’homme
élevé sur la croix. C’est là tout l’enjeu du Carême : \
le Seigneur
nous appelle tous à nous ouvrir à son amour et à sa misérico\
rde.
« Les rêves se construisent ensemble », nous explique le pape
François. Rêvons en tant qu’une seule et même humanité…\
comme des enfants de cette même terre qui nous abrite tous,
chacun avec la richesse de sa foi ou de ses convictions, chacun
avec sa propre voix, tous frères…». « Les crises nous placen\
t
devant la nécessité de nous engager », précise le Saint-Pè\
re.
C’est la notion de crise justement que nous questionnons dans
la rubrique « An tjé Légliz-la : Vivons-nous une situation de
crise en ce moment ? Quelles en sont les causes ? Comment
faire pour en sortir ?
Par ailleurs, notre dossier porte sur « Le baptême des petits
enfants ». Des textes très édifiants permettent d’aborder le\
sujet
pour nous éclairer sur cette démarche qui implique toute la
famille.
Sur notre route vers Pâques, nous fêtons le 19 mars saint Joseph,
père élu de Dieu, homme discret, rempli d’humilité et modèle
de paternité selon le cœur de Dieu pour les familles.
Comme le dit si bien notre Archevêque : « Saint-Joseph est au
cœur de la tragédie de notre Monde. C’est un homme, un époux\
,
un père, un travailleur et enfin un saint ! Il représente ce dont
nous avons besoin pour résoudre nos drames : Des hommes, car
les femmes n’en peuvent plus de devoir presque toujours être des
« poto-mitan » et les jeunes ont besoin de repères… ».
Le Carême est l’occasion ou jamais de regarder la croix avec un
regard renouvelé. La croix est le symbole suprême de l’amour.
Sachons nous arrêter pour relire notre vie et nous remettre
en question. N’ayons pas peur de venir à la lumière ! Nous
grandirons si nous sommes capables de regarder en face nos
faiblesses et nos fragilités. Notre Dieu est le Dieu de miséricorde,
soyons donc dans la joie !
« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon
ta parole ». L’Eglise célèbre l’Annonciation le 25 mars prochain.
Comme Marie, soyons des modèles d’obéissance et d’humilité.
Bon carême à tous !
Justine Lordinot ■
EDITORIAL
MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
• La Parole Dominicale
• Que commémoren\b les chré\biens lors de la fê\be de l’Annoncia\bion ?
• Bap\bisés : « En \boi j’ai mis \bou\b mon Amour ! »
• Réveillez la mémoire de vo\bre bap\bême
• Pourquoi bap\biser les pe\bi\bs enfan\bs ?
• Bap\bême des pe\bi\bs\n enfan\bs e\b foi des paren\bs
• Témoignage
1 - Que penses-\bu de la \nsi\bua\bion (économique, socié\bale, spiri\buelle...) de la Mar\bini\nque ?
2 - Penses-\bu (ou pas) que\n nous vivons une si\bua\bion de crise ? Pourquoi ? Quelles en son\b les causes ?
3 - C ommen\b faire pour en sor\bir ?
• Xxxx • Zoom sur…
Communau\bé des Eaux J\naillissan\bes
• Paroisse Sain\b-Joseph du P\nrêcheur Temps d’évangélisa\bion
• Carême des enfan\bs
• Carême : « La Semaine \nmissionnaire vers les au\bres » - vécue par la PCE de
Fourniols/Eudorçai\b (Paroisse de S\be Marie)
• Agenda de l’Archevêque
• Joyeux anniversaire à nos prê\bres ordonnés en mars
• Un Baden Powell original
• A la généra\bion ac\buelle…
S01 Ep 04 : C’es\b chaud !
• « Les crises nous pl\nacen\b devan\b la nécessi\bé de nous engager \n»
3
• « Les crises nous pl\nacen\b devan\b
EGLISE UNIVERSELLE
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1 - Que penses-\bu de la \nsi\bua\bion (économique, 1 - Que penses-\bu de la \nsi\bua\bion (économique,
• Xxxx• Xxxx• XxxxAN TJÈ LÉGLIZ\bLA 18
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Dossier : LE BAPTÊME
DES PETITS ENFANTS
MÉDIAS 19
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EDITORIAL 2
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 3
«C 'est chaud !
- … Eh bé !? Vous qui l’autre jour
me promettiez que vous aviez la
solution à tous nos problèmes… et
que la loi de l’Evangile pouvait nous
tirer des fers, guérir ce monde de son
mauvais esprit. Vous êtes au pied du
mur ! Vous voyez que c’est chaud !
- Vous savez, avoir l’espérance
n’empêche pas les croyants de
ressentir le poids de ce monde.
En rejetant le Bon Dieu, il a cassé
l’harmonie, aussi bien de son
environnement, que des relations
humaines, comme un enfant qui
brise son jouet au pied du sapin
de Noël. Je pensais justement à une
nouvelle carte à jouer par l’Eglise
pour aider la société à construire
sans violence, un projet respectueux
de la terre et des humains !
- C’est quoi ? J’espère que c’est un
projet concret (politique ? éducatif ?
scientifique ? économique ? ...) que
vous me proposez pour m’engager...
(Bon ! Pour l’instant « c’est chaud »
dans ma vie : travail, argent, famille,
loisirs, copains et copines…). Mais
quand je me serai stabilisé, je
souhaite prendre des responsabilités
dans des associations, ou même en
politique ! Alors ?
- Un peu tout cela en fait : je pensais
à Saint Joseph, l’époux de la Vierge
Marie.
- Saint Joseph !? Qu’est-ce qu’il vient
faire là ? On n’est ni en Avent, ni
à Noël. On est en plein Carême.
La société est en ébullition et
face aux problèmes des hommes
et aux drames du monde, vous
venez me parler de piété et de
bondieuseries !… Une fuite dans la
religiosité : cela me déçoit !
- Eh bien détrompez-vous ! Saint-
Joseph est au cœur de la tragédie
de notre Monde. C’est un homme,
un époux, un père, un travailleur et
enfin un saint ! Il représente ce dont
nous avons besoin pour résoudre
nos drames : Des hommes, car
les femmes n’en peuvent plus de
devoir presque toujours être des
poto-mitan et les jeunes ont besoin
de repères… tous gagneraient en
équilibre à se reposer sur la présence
des hommes (aujourd’hui et pas
demain-sans-faute !) ; des époux
pour que les familles marchent sur
leur deux pieds naturels et que les
épouses retrouvent la quiétude
d’être aimées dignement et sans
partage ; des pères pour protéger
dans leur croissance tant de jeunes
et leur donner une identité ; des
travailleurs pour qui le travail est un
honneur et une façon de faire du bien,
en bâtissant le monde harmonieux,
et non l’outil cupide de la jouissance
privée ; et enfin des saints, capables
de mettre leurs deux genoux à terre
devant Dieu seul, humbles et fiers de la mission que le Seigneur leur
confie en ce monde, et non pas des
orgueilleux magouilleurs, batailleurs
et vantards… Saint Joseph ce n’est
pas qu’une image, c’est un projet
de Dieu pour notre société : la juste
place des hommes.
- Vous dites ça, mais, dans l’Eglise,
depuis tout petit, je ne vois quasiment
que des femmes, à part les prêtres.
Avouez que votre religion est une
affaire de femmes, et que les hommes
dans tout ça, restent toujours au
second plan. Sincèrement pour un
garçon ou pour un homme, qu’est-ce
que vous proposez ? Les expressions
de la foi et les activités religieuses
sont franchement féminines dans le
fond comme dans la forme…
- Ah ! Je constate que vous nous
observez quand même un petit peu !
Vous avez raison, c’est un fait. Mais
c’est à la fois un problème et une
chance ! C’est justement pour ça que
je pense à S aint Joseph. Parce que
l’Eglise, malgré les prêtres, n’a pas
encore assez développé le génie
masculin, celui des hommes laïcs.
Il y a là un potentiel missionnaire
énorme qui commence tout juste à
émerger et vous verrez des choses
qu’on n’a jamais vues ! A la clé, un
vrai bonheur pour les hommes,
les femmes et les enfants… Un
rééquilibre du monde : Vous verrez
qui est Saint Joseph.
- J’attends de voir ça !
- Sé wou ki di sa »
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
MOT DE L’ÉVÊQUE
S01E04
*
: C’est chaud !
A la génération actuelle…
* Saison 1 épisode 4
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 4
EGLISE UNIVERSELLE\n
C
hers frères et sœurs,
[…]
Il ne fait aucun doute que nous
sommes dans une période difficile
pour tout le monde, c’est une période
de crise. […] Nous avons besoin
d’annoncer et de rappeler que nous
avons la promesse de Dieu et que
Dieu tient toujours ses promesses (cf.
1 Co 1,9-11). Nous devons également
nous rappeler que « chaque homme et
chaque génération portent en eux une
promesse qui peut libérer de nouvelles
énergies relationnelles, intellectuelles,
culturelles et spirituelles » (Lettre enc.
Fratelli tutti, 196).
La pandémie a marqué la vie des gens
et l’histoire de nos communautés.
Face à cela et à d’autres réalités, il
faut construire demain, regarder
vers l’avenir, et pour cela nous avons
besoin de l’engagement, de la force
et du dévouement de tous. Il faut
agir à la manière du Samaritain, qui
implique de se laisser frapper par
ce que je vois, en sachant que la
souffrance va me changer, et avec la
souffrance de l’autre, je dois m’engager.
Les témoignages d’amour généreux
et gratuits manifestés pendant tous
ces mois – tellement de témoignages
– ont laissé une marque indélébile
sur les consciences et dans le tissu
de la société, enseignant à quel
point sont nécessaires la proximité,
le soin, l’accompagnement et le
sacrifice pour nourrir la fraternité. Ces
personnes ont été une annonce et un
accomplissement de la promesse de
Dieu. Rappelons-nous un principe
universel : d’une crise, on ne sort jamais
pareil, on en sort meilleur ou on en sort
pire, mais on n’en sort jamais pareil.
Dans les crises, le cœur se révèle : sa
solidité, sa miséricorde, sa grandeur,
sa petitesse. Les crises nous placent
devant la nécessité d’élire et de choisir
et de nous engager sur un chemin.
« En cette époque que nous traversons,
en reconnaissant la dignité de chaque
personne humaine, nous pouvons
tous ensemble faire renaître un
désir universel d’humanité. Tous
ensemble » (Lettre enc. Fratelli tutti, 8)
et regarder vers l’avant !
Je salue spécialement les jeunes. Je les
invite à espérer (…).Vous les jeunes,
soyez les poètes d’une nouvelle
beauté humaine, une nouvelle beauté
fraternelle et amicale !
Et rappelons-nous cette autre
réalité : « Les rêves se construisent
ensemble ». Rêvons en tant qu’une
seule et même humanité, comme
des voyageurs partageant la même
chair humaine, comme des enfants
de cette même terre qui nous abrite
tous, chacun avec la richesse de sa foi
ou de ses convictions, chacun avec
sa propre voix, tous frères » (Fratelli
tutti, 8). […].
Je vous confie à la tendresse de Marie,
Mère de l’Église, et de tout cœur je
vous donne ma bénédiction. Merci
pour les ministres et les enseignants,
pour ce que vous faites. Et, s’il vous
plaît, n’oubliez pas de prier pour moi.
Merci.
Pape François
https://fr.zenit.org/2021/02/19/education ■
« Les crises nous placent devant la nécessité de nous engager »
Un congrès sur l’éducation
religieuse, parrainé par
l’archidiocèse de Los
Angeles, s’est déroulé
en ligne, du \b8 au 2\b
février 202\b, sur le thème
« Proclamez la promesse ! ».
C'est à cette occasion que
le pape François a adressé
un message vidéo aux
participants. Nous vous en
livrons un extrait.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 55
Dimanche 14 mars 2\b21
la P arole Dominicale
4 ème dimanche de Carême - Année B
Introduction : Prière
Seigneur, ce dimanche, nous marquons
un arrêt joyeux (Laetare) pour magnifier
ta miséricorde insondable pour chacun.e
de nous. Ton Amour pour nous est si
merveilleux ! Merci de nous donner la
grâce du salut malgré notre indignité et
d’augmenter notre foi pour demeurer dans
ton Cœur Miséricordieux.
Réflexion
➊ La joie de monter à Jérusalem
Au cœur de notre Carême, nous
entrevoyons déjà la joie pascale. Car ce
4e dimanche nous renvoie à l’histoire de
notre salut. Chaque fois que le peuple que
Dieu s’est choisi s’est retrouvé en esclavage
et exilé par le péché, Dieu a toujours gardé
mémoire de son Alliance et l’a délivré. En
-539, Il a suscité Cyrus II, roi de Perse, pour
la délivrance du peuple et la restauration
du temple à Jérusalem. Ainsi tout enfant de
son peuple est invité à monter librement
à Jérusalem (2Ch.36,23). Grande joie pour
le peuple qui se fond en action de grâce.
« Que ma langue s’attache à mon palais si je
perds ton souvenir, si je n’élève Jérusalem
au sommet de ma joie » (Ps.136,6). Mais
nous avons la mémoire trop courte. Le
peuple va encore s’écarter de Dieu.
Comme nous aussi aujourd’hui
avec nos différentes servitudes
afférentes. Mais Dieu reste toujours
dans un élan de Sauveur et non de
Juge. Il nous sauve gratuitement par
le Christ.
➊ Sauvés par la grâce et par le moyen
de la foi
Dieu est riche en miséricorde, nous dit
Saint Paul, à cause du grand amour dont
il nous a aimés (Ep.2,4). « Il nous a donné
la vie avec le Christ. C’est bien par la grâce
que vous êtes sauvés » insiste-t-il par
deux fois. Afin de nous faire prendre
conscience de notre privilège. Il suffira de
ne plus se détourner de Dieu, mais de viser
simplement le Christ Jésus élevé pour
notre salut à l’instar du serpent de bronze
(Jn3,14). « Car Dieu a tellement aimé le
monde qu’il a donné son Fils unique,
afin que ceux qui croient en Lui aient la
vie éternelle » (Jn.3,16). D’où notre joie
de ce dimanche. Car par la pénitence, le
partage et la prière, nous sommes résolus
à quitter définitivement nos errances
(exils) peccamineuses 1 pour laisser Jésus
entrer et demeurer dans notre cœur pour
illuminer toutes les zones d’ombre et de
souffrances entretenues naguère par le
péché.
➌ Celui qui croit en lui échappe au
Jugement, celui qui ne croit pas est
déjà jugé
Autant Cyrus, roi de Perse, a laissé aux exilés
la liberté de monter à Jérusalem (2Ch.36,23),
autant le Seigneur nous laisse le libre choix
de lui faire confiance et de revenir à Lui.
« Dieu nous a créés sans nous, il n’a pas
voulu nous sauver sans nous » (S. Augustin,
serm. 169, 11, 13 : PL 38, 923). La miséricorde
divine est une grâce, mais elle réclame notre
conversion et notre foi. Voir la Lumière qui
est venue dans le monde et continuer à
préférer les ténèbres à la Lumière consiste
à se damner par soi-même. C’est pourquoi
Dieu nous invite en ce dimanche à venir
avec Lui à la joie de la Lumière qui passe
par la splendeur de la Vérité.
Je dialogue avec Jésus
Jésus, notre Joie, augmente en nous la foi afin
que tu nous suffises. Tu nous as tout donné.
Reçois notre confiance et notre amour.
Résolution
Bien-aimé.e.s de Dieu tournons les yeux
vers le Seigneur et rayonnons de Joie.
Il est notre Seigneur. C’est lui notre
Sauveur !
Père Sosthène Godjo,
Curé des Terres-Sainville ■
1 relatives au péché
2 Chroniques 36,\b4-\b6.\b9-\,23 • Psaume \b36 (\b37) • \, Éphésiens 2,4-\b • \, Jean 3,\b4-2\b
LITURGIE
du temple à Jérusalem. Ainsi tout enfant de
son peuple est invité à monter librement
à Jérusalem (2Ch.36,23). Grande joie pour
le peuple qui se fond en action de grâce.
« Que ma langue s’attache à mon palais si je
perds ton souvenir, si je n’élève Jérusalem
(Ps.136,6). Mais
nous avons la mémoire trop courte. Le
Reçois notre confiance et notre amour.
Résolution
Bien-aimé.e.s de Dieu tournons les yeux
vers le Seigneur et rayonnons de Joie.
Il est notre Seigneur. C’est lui notre
Sauveur !
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 6
Les fêtes de la Vierge Marie se succèdent, mais ne se ressemblent pas même si elles
célèbrent la même et l’unique personne. Celle de l’Annonciation du Seigneur est
fondamentale dans l’histoire de notre salut. Elle est l’expression même du choix de
Dieu dont la Vierge Marie fait l’objet et qui a jo\,ué un rôle privilégié dans l\,’œuvre de la
Rédemption accomplie par son fils\, Jésus.
C
e rôle s’est illustré dès
l’annonce de la venue de Jésus
au monde. Mais c’est surtout
l’accomplissement de la promesse de
Dieu faite à son peuple ; en effet, la
célèbre prophétie dans laquelle Isaïe
(cf. Is 7, 10 – 14) annonçait le fait que la
Vierge enfantera un fils, qui sera « Dieu
avec nous », est le signe de l’intervention
de Dieu pour sauver son peuple.
L’Annonciation du Seigneur se classe
au rang des solennités et pas des
moindres de l’Eglise catholique.
Elle est célébrée souvent autour des
fêtes pascales, soulignant ainsi son étroit lien avec le mystère de notre
Rédemption. L’Incarnation est en vue
de la Rédemption, le dessein d’amour
de Dieu pour les hommes. Le
moment où le Fils de Dieu s’est fait
homme dans le sein de la Vierge
Marie s’impose aujourd’hui
d’une manière privilégiée à
notre contemplation, qui se
concentre tour à tour sur le
Christ et sa Mère : le Christ
qui, en entrant dans le monde,
fait un acte d’obéissance à son
Père : « Me voici, mon Dieu ; je
viens pour faire ta volonté » (He
10, 5 – 7) ; Marie qui l’accueille
par la foi et le porte avec tendresse
dans sa chair : « voici la servante du
Seigneur ; que tout se passe pour moi
selon ta parole » (Lc 1, 37- 38). Le mystère
de l’incarnation du Fils de Dieu contenait
en germe toute la divination de l’homme
avec l’Eglise, corps mystique du Christ,
qui n’oublie pas qu’elle a commencé
ce jour-là.
Que retenir en célébrant désormais la
fête de l’Annonciation du Seigneur ?
La célébration de l’Annonciation,
tout en soulignant la fidélité de Dieu
à son Alliance et à sa promesse, nous
permet de raviver notre foi en l’union
hypostatique des personnes humaine
et divine en Jésus-Christ : « je crois en
un seul Seigneur, Jésus-Christ… il est
Dieu…vrai Dieu, né du vrai Dieu… de
même nature que le Père ; … Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie
et s’est fait homme », professons-nous
à chaque célébration eucharistique
dominicale. Nous y découvrons
également la place qu’occupe Marie
dans l’œuvre rédemptrice de son
fils Jésus. Dieu a associé son humble
servante à la réalisation de son dessin
d’amour pour le salut des hommes ; à
travers Marie, c’est l’humanité entière qui
fut sollicitée à collaborer avec Dieu. C’est
à juste titre que saint Augustin écrivait :
« Dieu ne peut pas sauver l’homme sans
la moindre collaboration de celui-ci ».
Cependant, si intimement liée que soit
la Vierge à l’évènement qui devait faire
d’elle la Mère de Dieu, c’est le Verbe fait
chair qui est au centre de la célébration.
Au-delà de toutes ces considérations,
la réponse de Marie retient
particulièrement notre attention. Marie
a engagé dans sa maternité toute son
âme, sa conscience, son intelligence, son
cœur, toute sa personne. Si Marie n’a pas
eu l’initiative de l’incarnation, elle n’a
pas pour autant été mise devant le fait
accompli. Elle a accepté librement de
devenir la mère du Christ, elle l’a accueilli
librement par un « OUI » maternel qui la
rend bénéficiaire d’une grâce à laquelle
elle a coopéré. « Marie, par sa foi, dit saint
Augustin, a conçu le Christ dans son esprit
avant de l’avoir enfanté dans sa chair ».
(Sermon 215).
Père Jules Doganou, Administrateur
de la paroisse du Morne-Vert
■
Que commémorent les chrétiens lors de
la fête de l’Annonciation ?
LITURGIE
étroit lien avec le mystère de notre
Rédemption. L’Incarnation est en vue
de la Rédemption, le dessein d’amour
de Dieu pour les hommes. Le
moment où le Fils de Dieu s’est fait
homme dans le sein de la Vierge
Marie s’impose aujourd’hui
d’une manière privilégiée à
notre contemplation, qui se
concentre tour à tour sur le
Christ et sa Mère : le Christ
qui, en entrant dans le monde,
fait un acte d’obéissance à son
Père :
viens pour faire ta volonté »
10, 5 – 7) ; Marie qui l’accueille
par la foi et le porte avec tendresse
dans sa chair :
Seigneur ; que tout se passe pour moi
selon ta parole »
de l’incarnation du Fils de Dieu contenait
en germe toute la divination de l’homme
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 7
Zoom sur…
LA COMMUNAUTÉ DES EAUX \,JAILLISSANTES
Notre charisme :
Le Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC)
1604 dit : « Dieu… a appelé l’homme à
l’amour, vocation fondamentale et innée
de tout être humain ». Pour se retrou-
ver lui-même, l’homme doit faire cette
expérience unique d’être aimé person-
nellement et inconditionnellement.
A Eaux Jaillissantes, nous annonçons
Jésus Ressuscité en chair et en os (Luc 24,
36-42), aimant, vivant avec les personnes
tout le temps. Au cœur de leur souffrance,
nous les aidons à faire « l’expérience »
de cette « rencontre avec Lui », par une
Écoute centrée sur la personne, une
Évangélisation personnalisée (« Triangle
Eaux Jaillissantes »), une Prière en binôme.
Un double but :
- Sainteté des bénévoles par Entretien
Eaux Jaillissantes, Vie communautaire,
Formation, Prière.
- Apostolat : Venir en aide aux personnes
de tout âge, blessées, ou en souffrance
morale ou spirituelle. - Devoir de
confidentialité. - Plus de 37.000
entretiens recensés.
Nos activités
Une petite communauté de résidants
(Foyer Jean-Paul II), et plus de 130
bénévoles (Intercesseurs, Orants,
Equipe Marthe et Marie, Equipe florale,
Ecoutants, Accueil, Chorale, Visite des
malades, Communication…)
Une « Halte spirituelle » (journée, week-
end, semaine) accueille ceux qui veulent
s’arrêter pour retrouver sens à leur vie et
se recentrer sur Jésus.
« L’Espace Jeunes Eaux Jaillissantes »
s’occupe des jeunes en difficulté et en
perte des repères : aide à la réadaptation
sociale, moments de bien-être et détente
leurs sont offerts afin de favoriser leur
épanouissement esprit, âme et corps.
Contact :
Adresse : 48, route de l’Entraide à FDF Tél. 0596 79 91 93
Courriel : eaux-jaillissantes@orange.fr Site : https://eauxjaillissantes.frInstagram : eauxjaillissantes
Horaire d’ouverture :
Lundi-Mardi-Samedi : 9h-12h
Mercredi-Vendredi : 9h-17h
M. l’Abbé Behn-Daunais Cherenfant
csv : Accompagnateur du Service
Diocésain du Catéchuménat
Équipe : Yvonne Joseph, responsable
du Service Diocésain du Catéchuménat,
Éric Sinapayen, Gérard Rémion, Jean-
François Héraclide, Jacky Angèle, Marie
Bourdet, Marie-Ange Pigeon, Claude
Charlec, Céline Médélice.
L’Equipe Communication ■
Eaux Jaillissantes est un Centre catholique d’écoute, de compassion,
d’évangélisation et de prière. Fondé en avril \b996 par le père Jean-Marie
Yang-Ting, dans la mouvance du Renouveau, le Centre ouvre ses portes avec Sr
Bernadette le \b0 mai \b998. Le \b6 mars 2020, il est reconnu
Association privée
de fidèles
par Mgr David Macaire, et devient Communauté des Eaux Jaillissantes .
« Changer en sources les cœurs blessés »
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 8
Durant la période de Carnaval, la paroisse
Saint-Joseph du Prêcheur a eu un temps
d’évangélisation, du \b5 au \b7 février 202\b, de
\b4h à \b8h, animé par le groupe Péniel et le
groupe charismatique \,Réphidim.
L
e thème de ce temps fort : "Heureux ceux qui pleurent,
Ils seront consolés" (Mt 5,5).
Au programme : Méditation du chapelet animée par
les Équipes du Rosaire et la Légion de Marie, adoration, enseignements, ministère et messe.
Retour en images…
Paroisse Sain\b-Joseph
du Prêcheur
Temps d’évangélisation
"Heureux
Ceux qui pleurent,
Ils seront consolés"
(Mt 5,5)
VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 9
source : objectifpaques.fr
Carême spécia l Jeunes (7-12 ans)
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 10
source : objectifpaques.fr
Coin atelier
Ta maison est-elle en ordre
comme le souhaite Dieu ? Coin prière : Si je ne l’ai pas encore fait, je range
ma chambre (demande à
Marie de t’aider, elle est
très douée pour ça ) Je fabrique la croix de mon coin prière. Je peux mettre une croix au bord
d’un chemin où je passe régulièrement. http://www.idees-cate.com
Mission de
la semaine
Ranger
très douée pour ça )
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 11
Agenda de l’Archevêque
Dimanche 14 mars :
Visite pastorale à la paroisse de la cathédrale Saint-Louis :
- 7h et 10h : Messes à la cathédrale
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Mardi 16 mars :
• Visite à l’externat Notre Dame à Redoute
• Assemblée des modérateurs
Visite pastorale à la paroisse du Lamentin
Mercredi 17 mars :
• Rencontre des confirmands des paroisses de Trinité
(2
ème groupe), Tartane et Terre-Sainville
• 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs
Jeudi 18 mars :
• Cours de Théologie de la spiritualité
• Rassemblement avec la pastorale des hommes à Balata
(entre 18h30 et 20h30) Vendredi 19 mars :
Solennité de saint Joseph
•
Messe avec les élèves du primaire st Joseph de Cluny
• 18h30 : Messe de saint Joseph : Fête patronale de la paroisse
de saint Joseph
Samedi 20 mars :
• Bénédiction d’une yole
Dimanche 21 mars :
Visite pastorale à la paroisse du Lamentin
- 6h et 8h30 : Messe à l’église du Lamentin
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Mercredi 24 mars :
• Rencontre des confirmands de l’établissement scolaire de l’Espérance
et de la paroisse de ste Marie
• 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs
Dimanche 28 mars :
Les Rameaux
• 8h : Messe à la paroisse de Rivière-Pilote
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Dans la semaine du 2\b au 27 février, la paroisse de Sainte-Marie a vécu la dimension
missionnaire vers les autres pour ce temps de carême. Le curé de la paroisse, pendant
le Conseil pastoral qui a précédé le Carême, a bien expliqué la vision du Carême 202\b
et la méthodologie à suivre pour la Semaine m\,issionnaire vers les autres.
N
ous avons réfléchi dans la Petite Communauté Ecclésiale
(PCE) de Fourniols/Eudorçait à la faisabilité de la chose.
Missionnaires vers les autres ? Qu’est-ce donc ? Faire du
porte-à-porte ? Mais carême oblige, notre foi nous le demande et notre
engagement de chrétiens catholiques l’exige. Nous nous sommes mis
en marche. Pour beaucoup, c’était une première. Dans notre PCE, nous
nous sommes organisés par binômes.
Dans notre quartier, il y a beaucoup de personnes âgées. Nous n’avons
pas hésité à frapper à toutes les portes pour rencontrer les familles de
tous les horizons. Nous avons été très bien accueillis par tous et avons
pu échanger, partager un temps de prières et présenter les différentes
activités se déroulant à la chapelle.
Nous sommes sortis ravis de cette expérience (visités et visiteurs).
Nous nous sommes promis et même engagés à renouveler l’aventure.
A tous, nous vous invitons à sortir de votre zone de confort et devenir
de vrais chrétiens missionnaires.
Tous en marche !!!
■
Carême :
« La Semaine missionnaire vers les autres »
vécue par la PCE de Fourniols/Eudorçait (Paroisse de Ste Marie)
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 12
Chaque année, les Scouts et Guides ont coutume de fêter Baden-Powell, du nom du couple
fondateur de leur vaste association au rayonnement mondial.
T
rouver des astuces, se débrouiller
avec les moyens du bord font
partie de la philosophie de ce
grand mouvement de Jeunesse.
Cette année, pandémie oblige, difficile
de se regrouper ! Qu’à cela ne tienne, le
groupe de Saint-Joseph a trouvé une idée
lumineuse !
Scouts et Guides de Saint-Joseph
uniquement (donc en groupe limité) ont
proposé cette année une expo-photo (Une
« lessive » comme on dit dans le jargon des
artistes, NDLR) intitulée « Mon rêve, mes
espoirs pour un monde meilleur. »
Dans un message, Robert Stephenson
Baden-Powell disait : « Dieu nous a placés
dans ce monde merveilleux pour y être
heureux et pour jouir de la vie. ». L’un de
ses mots les plus connus nous est livré
dans son dernier message, au moment où
il faisait ses adieux, où il passait la main.
« Essayez, nous dit-il, de quitter ce monde
en l’ayant rendu un peu meilleur que vous
ne l’aviez trouvé. Et quand l’heure de la mort approchera, vous pourrez mourir
heureux en pensant que vous avez fait
de votre mieux.
La devise, « Scout toujours prêt »
s’applique tant aux jeunes qu’à
l’encadrement.
Aujourd’hui, devant tous les défis de
ce monde, Scouts et Guides de Saint
Joseph et d’ailleurs, tâchent de se montrer
« toujours prêts » à « faire de leur mieux ».
Joël Sandot ■
Un Baden Powell original
Ils sont prêtres... depuis
24 ans ou même 58 ans !
En ce mois de mars 202\b,
souhaitons-leur un bon
anniversaire sacerdotal !
Père Yves Boccovi
ordonné le 15.03.1997
Père Gabriel Valard
ordonné le 09.03.1963
VIE DU DIOCÈSE
Ils sont prêtres... depuis
I Uunœun o)GbUI Uunœun o)GbU
J o y e u x a n n iv e r sa ir e
à n o s p rê tre s o rd o n n é s e n m a rs
du 14 mars 2021 – n° 617
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 13
Baptisés : « En toi j’ai mistout mon Amour ! »
LE BAPTÊME DES PETI\nTS ENFANTS DOSSIER
Le baptême est le sacrement de la foi en Jésus Christ par
lequel le nouveau chrétien est sauvé, purifié du péché,
en devenant enfant de Dieu. C’est aussi un cadeau et
don de Dieu comme on chante souvent. Le baptême est
l’occasion d’entendre la voix de Dieu nous d\,ire :
P
our entendre cette déclaration
d’adoption de Dieu, il n’y a pas
d’âge, pas besoin d’attendre
l’âge adulte. Pour que la vie d’un être
humain soit tournée vers Dieu, il
n’est pas nécessaire d’attendre qu’il
devienne d’abord ‘expert et grand
pécheur professionnel’. Dès le début
de la vie, dans l’innocence et la pureté
de la conscience, Dieu est présent en
nous :
« Avant même de te façonner dans
le sein de ta mère, je te connaissais ;
avant que tu viennes au jour, je t’ai
consacré, je fais de toi un prophète
pour les nations. » (Jérémie1, 5). Les
conséquences du péché originel sont
présentes en toute vie qui vient dans
le monde.
Avec nos frères et sœurs des Eglises
orientales et orthodoxes, nous avons
une conception du baptême ouverte à
tous. Même les plus petits d’entre nos
frères sont dignes d’être baptisés. Chez
les chrétiens d'Orient, le petit baptisé
reçois le baptême en même temps que
la communion et la confirmation.
A la Martinique, on baptise à tout âge,
de la naissance jusqu’au seuil de la
mort. On adapte la préparation selon
les circonstances (l’âge, l’état de santé,
le lien avec l’église, etc.)
La structure d’une rencontre de
préparation répond à la structure des
5 essentiels (accueil, présentation, un
verre de l’amitié, puis prière, formation
chrétienne sur des thèmes simples
mais complexes tels que : qui est Jésus
pour vous ? Le credo : ce en qui et en
quoi je crois ? Pourquoi Jésus est-il mort
(Kérygme). Il y a aussi la dimension du
service (qui fait quoi, rôle des parrains
et marraines) et du témoignage
personnel (évangélisation).
Lorsque l’enfant reçoit le baptême, cela
veut dire que les parents, parrains et
marraines s’engagent devant Dieu pour
l’accompagner dans le développement
de son initiation chrétienne. C’est
pourquoi ces adultes dans la foi se
doivent de mener une vie conforme à
la doctrine de l’Evangile. (Canon 217).
Leur témoignage de vie chrétienne est
important pour leur enfant ou filleul.
Un baptême qui n’engage pas les
adultes dans leur propre existence
et sur le chemin de la foi et la
transmission des valeurs chrétiennes,
est un sacrement inaccompli dont Jésus
devra encore intervenir plus tard pour
accomplir et conduire les choses à
leur plénitude. La vie chrétienne se
déroule essentiellement en famille, au
domicile quotidien. Récemment, une
jeune maman de 31 ans était heureuse
de m’envoyer l’enregistrement des
premiers mots du « Je vous salue
Marie », prononcés par le petit Noah
(2 ans et demi) baptisé en 2019.
‘‘
Celui-ci ou celle-là
est mon fils ou ma fille bien-aimé, en qui je trouve ma joie
(Mt 3, 17)
‘‘
je trouve ma joie
‘‘
je trouve ma joie
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 14
LE BAPTÊME DES PETI\nTS ENFANTS DOSSIER
Un autre couple m’a partagé sa joie
d’avoir installé un crucifix et une image
de la Vierge dans la chambre de la
nouvelle baptisée, Clara qui a 1 an. Je
vois aussi l’importance de raconter des
histoires bibliques, de prier en famille
(on peut même inviter le parrain et
la marraine s’ils sont en Martinique,
ou le faire en visioconférence via
le téléphone). Il y a l’éveil à la foi,
le catéchisme, la fréquentation de
la messe, les groupes de prière des
enfants, les mouvements comme le
scoutisme...
Il est important d’avoir des couples
dans l’équipe de préparation au
Baptême. Les jeunes parents s’identi-
fient et peuvent être touchés par leur
témoignage personnel.
Comme le baptême est un sacrement
qui fait rentrer la personne dans
l’Eglise, la grande famille chrétienne,
sa célébration nécessite la présence
d’un ministre ordonné : Diacre, prêtre
ou évêque. Mais en cas de danger
de mort, une personne consacrée ou
non consacrée peut administrer le
sacrement du baptême.
Mon papa qui était agent de l’état au Congo Brazzaville a baptisé beaucoup
de malades dans des régions enclavées
du pays où il passait en mission de
travail.
Un fois reçu, le baptême confère un
caractère, il est indélébile. Comme dit
saint Paul dans l’épître aux Romains
11, 29 :
« Les dons gratuits de Dieu et son appel
sont sans repentance. »
Dieu ne nous renie pas, il ne nous
enlève pas notre dignité de fils ou de
fille. Il ne rejette personne. Par contre
il la restaure pour nous ouvrir les bras
de sa miséricorde et de son pardon.
Donc en rigueur de terme, il n’y a pas
des débaptitions, ni de rebaptisés. Au
niveau œcuménique, on demande aux
Eglises non catholiques de respecter
le baptême de l’eau donné en bonne
et due forme, quel que soit l’âge de
la personne. L’essentiel est que cela a
été fait au Nom du Père, du Fils et du
Saint Esprit, comme l’a recommandé le
Christ à la fin de l’évangile selon saint
Matthieu :
« Allez ! De toutes les nations faites des
disciples : baptisez-les au Nom du Père,
et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez- leur à observer tout ce que je vous ai
commandé. » (Mt 28, 19)
Je termine simplement en vous
partageant ma joie comme prêtre
depuis 17 ans, de célébrer les
baptêmes des enfants et des adultes.
Depuis que je suis en Martinique, j’ai
baptisé beaucoup de frères et sœurs
en Christ.
Je me souviens de Josué-Gabriel
Joseph qui avait 4 jours à son baptême.
Il est reparti vers la maison du Père
le jour de sa plongée dans l’eau
baptismale le 2 février 2021.
Je pense aussi au baptême de Candy,
une jeune mère de famille de 30 ans,
d’origine juive. A Paris, j’ai baptisé
Maga, une grand-mère de 94 ans. Il
n’y a pas d’âge pour devenir enfant
de Dieu !
L’eau du baptême, l’huile (le saint
chrême), la lumière du cierge, la
blancheur de l’habit que revêt le
baptisé, manifeste la vie nouvelle que
l’Esprit Saint donne par ce sacrement.
Merci Seigneur !
Père Arnaud Goma
Communauté du Chemin Neuf (Coridon)
■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 15
Recevoir le baptême c’est recevoir
« l’identité chrétienne, la grâce du pardon
et de la rédemption », a rappellé le pape
François à l’occasion de l’angélus, en la
fête du baptême du Christ, le dimanche
10 janvier 2021.
Après avoir été au service du parcours
ALPHA sur la paroisse, je voulais demeu-
rer au service. Lors d’une réunion orga-
nisée par notre curé, afin de renforcer les
équipes au service de notre paroisse, j’ai
rencontré Viviane et Denise, animatrices
des préparations au baptême des petits
enfants. Par leur enthousiasme, elles ont
su me donner l’envie de rejoindre l’équipe.
Ce service m’apporte une grande espé-
rance car lors des rencontres avec les
jeunes parents je me rends compte que la
demande de baptême pour leurs enfants
n’est pas seulement motivée par la tra-
dition, mais aussi par le souhait de leur
transmettre une éducation et des valeurs
chrétiennes.
Souvent la première démarche pour les
parents est de venir au secrétariat de la
paroisse pour avoir des renseignements.
Après un premier contact avec le curé où
ils présentent leur enfant à baptiser, les
parents avec parrains et marraines sont
invités à une rencontre où ils pourront
discuter avec les animateurs à propos du
baptême des enfants avec comme support
des textes bibliques traitant du baptême
chrétien. (Ex : Jean 3, 1-7)
Mais pendant ces temps d’échanges, il
arrive souvent que nous parlions de la
vie en général, la difficulté d’être jeunes
parents, des interrogations de certains
sur la foi l’avenir, de leur désir et de leurs
difficultés de pratiquer la vie de l’Eglise.
Un accent particulier est mis aussi sur
l’importance du rôle des parrains et mar-
raines dans la vie spirituelle de l’enfant.
Le déroulé du baptême est aussi expliqué
durant ce temps de rencontre (exemple :
pourquoi le vêtement blanc).
L’équipe se compose
entre autres de :
Notre curé, père
Arnaud Goma,
de Sœur Odile
et l’équipe
d’accueil du
secrétariat et
des animatrices
Viviane, Denise et
moi-même.
Témoignage…
pourquoi le vêtement blanc).
L’équipe se compose
Viviane, Denise et
Maryse
au service de la
paroisse de Coridon et
qui prépare les familles au baptême de leurs tout-petits enfants
L
a question de la foi des parents
qui demandent le baptême de
leurs enfants n’est pas nouvelle :
saint Augustin y avait déjà fait allusion,
comme on le verra. Pourtant, elle a pris,
depuis quelques décennies, une acuité
particulière en raison de l’évolution
culturelle : dans une société que d’aucuns
nomment « postchrétienne » et au sein
de laquelle le fait de se dire chrétien
ne va plus de soi, les agents pastoraux,
prêtres et laïcs, supportent mal que de
nombreux parents demandent à l’Église
des rites sacramentels davantage pour
des raisons de « tradition » qu’au nom
d’une foi quelque peu conséquente.
Ce malaise pastoral, bien compréhensible,
a débouché, dans les années 60-80, sur
des stratégies baptismales diverses dont
les effets n’ont pas toujours correspondu
aux attentes et qui ont entraîné des
débats parfois durs. Cette période de
turbulence semble aujourd’hui en voie
d’apaisement : ayant tiré des leçons des expériences précédentes, sans
doute inévitables dans la conjoncture
historique des trois dernières décennies,
les pasteurs semblent plus sereins, sans
être devenus laxistes pour autant. En tout
cas, le Document Épiscopat de juin 1994,
élaboré par la Commission épiscopale
de liturgie et de pastorale sacramentelle
à la demande du Conseil permanent de
l’épiscopat, reflète bien cet état d’esprit,
assez nouveau par rapport à la période
précédente.
Tout n’est pas résolu pour autant. Le
malaise pastoral demeure, lancinant.
Il devient même particulièrement
préoccupant lorsqu’il se redouble sur
le plan théologique. C’est le cas, chez
un certain nombre de prêtres et de laïcs
qui ont le sentiment de faire dire un
mensonge aux parents lorsqu’ils leur
demandent de répondre « je crois »
aux questions relatives à la foi trinitaire
de l’Église. Pour cette raison, certains
d’entre eux se satisfont des expressions «
personnelles » (?) de foi que fournissent
les parents au cours de la célébration.
Ce problème est grave, il l’est sur le plan
théologique : les enfants pourraient-ils
être baptisés autrement que dans la foi
trinitaire de l’Église ?
Il l’est tout autant sur le plan pastoral :
comment « accueillir avec joie » dans
la communauté chrétienne des enfants
à baptiser dans ces conditions (Rituel
francophone, n° 75) ? Comment faire
du bon travail pastoral dans cet état
d’esprit ? C’est ce malaise pastoral que
l’on voudrait contribuer à dissiper en
élucidant la question suivante, formulée
de manière assez peu élégante, mais telle
qu’on l’a entendue à plusieurs reprises :
« Qu’est-ce que l’Église demande comme
foi aux parents qui font baptiser leurs
enfants ? »
Par Louis-Marie Chauvet, Curé de paroisse dans
le diocèse de Pontoise et professeur émérite à
l’Institut catholique de Paris
■
Baptême des petits enfants et foi des parents
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 16
LE BAPTÊME DES PETI\nTS ENFANTS DOSSIER
«P
ersonne à moins de
naître de l’eau et de
l’Esprit, ne peut entrer
dans le Royaume de Dieu » (Jn,
3,5). Naître dans notre monde est
à la fois une chose merveilleuse et
aventureuse. Les parents savent bien
à la fois ce qu’est cet acte superbe
de donner la vie et l’enjeu que cela
comporte. Dans notre chemin de foi,
nous parents, sommes appelés à
nous demander si le mystère de cette
vie n’a pas à être éclairé, et cela dès
le début, par celui de notre Dieu qui
est un Dieu d’amour. Qui refuserait
à un bébé d’avoir tous les dons de
l’existence comme celui dont parle
Jésus à la Samaritaine : « Si tu savais le
don de Dieu » et elle de lui répondre :
« Seigneur, donne-la-moi, cette eau »
(Jn 4, 10…15).
Don de la confiance et de l’amour
pour grandir. Et cela passe par le
signe de l’eau qui vient du Père, par
cette foi en Jésus son Fils et le don de
l’Esprit-Amour. Baptisé pour être Fils
en Dieu et frère ensemble dans le
même Esprit, pour passer sans cesse
de toute croix à la Résurrection.
Derrière l’acte de demander le
baptême, il y a le désir. Notre désir
est parfois embrouillé, nous ne savons
pas tout ce qu’est le baptême quand
nous le demandons ; désir parfois
empêché, la vie courante prenante
et usante et tout ce qu’il faudrait
prévoir…
Pourtant que désirons-nous ? C’est
d’ailleurs une des premières questions
que le célébrant pose aux parents sur le
seuil de l’église : « Que demandez-vous
pour votre enfant à l’Église de Dieu ? » et
nous répondons : « Le baptême » mais
les réponses peuvent être diverses :
« la foi, la grâce du Christ, l’entrée dans
l’Église, la vie éternelle etc… » Quelles
que soient nos motivations, ce désir
de la Vie et de l’Amour de Dieu pour
l’enfant en est le moteur et le baptême
le signe et le moyen concret.
Du coup, l’enfant ne pouvant
répondre lui-même il faut soi-
même “se mouiller” et prendre un
engagement comme nous y invite le
célébrant : « Vous devrez l’éduquer
dans la foi, et lui apprendre à garder
les commandements, pour qu’il
aime Dieu et son prochain comme
le Christ ». Mais nous ne sommes
jamais seuls, il y a les parrains et
marraines qui acceptent d’aider les
parents à exercer leur responsabilité
; mais il y a toute la communauté des
chrétiens dont la famille, les amis et le
célébrant sont les représentants. Car
ce n’est pas seulement les parents qui
s’engagent mais l’Église tout entière
qui s’engage. Elle promet aux parents
d’être toujours là pour servir la Vie de
Dieu dans l’enfant.
A-t-il besoin d’une plénitude
d’Amour ? L’Église l’invite à recevoir
le sacrement de confirmation. Faut-il
qu’il se nourrisse de la Vie éternelle ?
La communauté chrétienne l’invite à
prendre part au repas du Seigneur et à
recevoir le sacrement de l’eucharistie.
Sa vie en Dieu rencontre-t-elle des
obstacles ? Le pardon du Seigneur
lui est ouvert dans le sacrement de
réconciliation, et ainsi de suite. L’Église
d’ailleurs par les rites du baptême
va signifier tout cela au long de la
célébration.
Alors pourquoi demander le
baptême ? Renversons la question
pourquoi attendre pour faire vivre le
don de Dieu à l’enfant ? La bénédiction
de l’eau au cœur de la célébration
est ce qui donne encore la meilleure
des raisons en s’adressant à Dieu
notre Père : « Que cette eau reçoive
de l’Esprit Saint la grâce de ton Fils
unique, afin que l’homme, créé à ta
ressemblance et lavé par le baptême
des souillures qui déforment cette
image, puisse renaître de l’eau et de
l’Esprit pour la vie nouvelle d’enfant
de Dieu ».
Par Bernard Maitte, prêtre, professeur
au séminaire d’Aix et responsable du
département de pastorale et spiritualité
de l’ISTR de Marseille. Il est membre du
SNPLS ■
Pourquoi baptiser les petits enfants ?
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 17
1.
Le baptême est le sacrement
sur lequel se fonde notre foi
et qui nous greffe, comme membre
vivant, sur le Christ et son Église. Avec
l’Eucharistie et la Confirmation, il
forme ce que l’on appelle « l’initiation
chrétienne » : celle-ci est un grand et
unique événement sacramentel qui
nous configure au Seigneur et fait de
nous un signe vivant de sa présence
et de son amour. Mais nous pouvons
nous demander : le baptême est-il
vraiment nécessaire pour vivre en
chrétiens et suivre Jésus ? N’est-ce
pas, au fond, simplement un rite, un
acte formel de l’Église pour donner
un nom au petit garçon ou à la petite
fille ? C’est une question qu’on peut
se poser. Et ce qu’écrit l’apôtre Paul à
ce propos est éclairant : « Ne le savez-
vous donc pas : nous tous, qui avons
été baptisés en Jésus Christ, c’est dans
sa mort que nous avons été baptisés.
Si, par le baptême dans sa mort, nous
avons été mis au tombeau avec lui,
c’est pour que nous menions une
vie nouvelle, nous aussi, de même
que le Christ, par la toute-puissance
du Père, est ressuscité d’entre les
morts. » (Rm 6,3-4). Ce n’est donc
pas une formalité ! C’est un acte qui
touche notre existence en profondeur.
Un enfant baptisé ou un enfant qui
n’est pas baptisé, ce n’est pas la même
chose. Ce n’est pas la même chose, une
personne baptisée, ou une personne
qui n’est pas baptisée. Par le baptême,
nous sommes immergés dans cette
inépuisable source de vie qu’est
la mort de Jésus, le plus grand acte
d’amour de toute l’histoire ; et grâce
à cet amour, nous pouvons vivre une vie nouvelle, non plus à la merci
du mal, du péché et de la mort,
mais dans la communion avec
Dieu et avec nos frères.
2.
Beaucoup d’entre nous
n’ont pas le moindre
souvenir de la célébration de
ce sacrement, et c’est normal, si
nous avons été baptisés peu après
notre naissance. J’ai déjà posé cette
question deux ou trois fois, ici, sur
la place : que ceux d’entre vous qui
savent la date de leur baptême lèvent
la main. C’est important de connaître
le jour où j’ai été immergé dans ce
courant de salut de Jésus. Aujourd’hui,
chez vous, cherchez, demandez la date
de votre baptême et comme cela vous
saurez bien quel est le jour si beau
de votre baptême. Connaître la date
de notre baptême, c’est connaître une
date heureuse. Si on ne le sait pas, on
risque de perdre la conscience de ce
que le Seigneur a fait en nous, du don
que nous avons reçu. Nous finissons
alors par le considérer seulement
comme un événement du passé – et
même pas par notre volonté, mais par
celle de nos parents – et qui n’a donc
plus aucune incidence sur le présent.
Nous devons réveiller la mémoire de
notre baptême. Nous sommes appelés
à vivre notre baptême tous les jours,
comme une réalité actuelle de notre
existence. Si nous réussissons à suivre
Jésus et à rester dans l’Église, malgré
nos limites et nos fragilités, et nos
péchés, c’est précisément grâce au
sacrement dans lequel nous sommes
devenus de nouvelles créatures et
avons été revêtus du Christ. C’est en effet en vertu du baptême que, libérés
du péché originel, nous sommes
greffés sur la relation de Jésus avec
Dieu le Père, que nous sommes
porteurs d’une nouvelle espérance,
parce que le baptême nous donne
cette espérance nouvelle : l’espérance
de marcher sur la route du salut,
toute notre vie. Et rien ni personne
ne peut éteindre cette espérance,
parce que l’espérance ne déçoit pas.
Souvenez-vous : l’espérance dans le
Seigneur ne déçoit jamais. Grâce au
baptême, nous sommes capables de
pardonner et d’aimer même ceux qui
nous offensent et qui nous font du
mal, nous parvenons à reconnaître
dans les derniers et dans les pauvres
le visage du Seigneur qui nous visite et
se fait proche. Le baptême nous aide
à reconnaître le visage de Jésus dans
celui des personnes démunies, des
personnes souffrantes, et aussi dans
celui de notre prochain. Tout cela est
possible grâce à la force du baptême !
Extrait de la catéchèse
du pape François, du 8/01/14
■
Réveillez la mémoire de votre baptême
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 18
? Question
AN TCHÈ
LÉGLIZ-LA
‘‘
1 - Que penses-tu de la situation (économique, sociétale,
spirituelle...) de la Martinique ?
2 - Penses-tu (ou pas) que nous vivons une situation de crise ?
Pourquoi ? Quelles en sont les causes ?
3 - Comment faire pour en sortir ?
‘‘
Propos recueillis par Nicole Chésimar ■
La Martinique à l’ins-
tar du reste du monde
connait une situation
socio-économique
dégradée par cette crise sani-
taire de la COVID 19. Une crise de plus,
comme révélateur du contexte sociétal bien
spécifique de notre pays. Chômage structurel,
développement touristique à l’arrêt, secteur
du BTP à bout du souffle, une production
locale qui continue à perdre du tonnage
face aux importations, morosité du secteur
agricole, incapacité de garantir une autono-
mie alimentaire de plus d’une vingtaine de
jours, expatriation des jeunes, déclin démo-
graphique, vieillissement de la population,
baisse de la natalité due au recours plus
fréquent à l’IVG.
Pour moi, cette rupture d’équilibre dévoilée
au travers de la crise écologique et sanitaire
de la pollution du sol et des milieux marins par la molécule de la chlordécone a impacté
les comportements individuels, familiaux et
collectifs. Déni de la réalité pour certains,
fatalisme, désespoir et voire révolte pour
d’autres. Mettant à nu une crise identitaire
sous-jacente, un questionnement sur ce que
fait Dieu pour nous. « Jusqu’à quand cette
population subira-t-elle des épreuves ?
Qu’avons-nous fait pour mériter cela ? La
solution, devons-nous l’attendre de Dieu ?
Et d’ailleurs de quel Dieu ?».
L’amplification par les réseaux sociaux de
certains discours vient questionner une spi-
ritualité jusque-là vécue par certains catho-
liques dans la stricte tradition. Face à ces
multiples crises que traverse le pays, aux
effondrements du sens, il me semble impor-
tant de pouvoir préserver sa capacité de
discernement.
J’aime à prendre l’image de l’adolescent en
crise, cela peut être un moment difficile à passer pour la famille ainsi que pour l’ado-
lescent lui-même, mais au fait qu’est ce qui
est en jeu ? C’est une mutation, un passage,
d’un état d’enfance à un état d’adulte. Une
telle transition nécessite de rester en contact
dans le moment présent, de faire preuve
d’ouverture pour accueillir l’être nouveau.
Il s’agira d’accepter que les choses soient en
mouvement, d’oser remettre en cause notre
mode de vie. Repartir vers la quête de sens,
qu’est ce qui fait sens dans ma vie ? Ce qui fait
sens est-il en résonance avec l’évangile ? Je
crois que l’Esprit Saint est déjà à l’œuvre pour
que chacun se tienne debout pour accom-
pagner ces changements en déployant nos
compétences d’improvisation, d’innovation
chacun a son niveau. Croire en l’intelligence
collective au sein de nos pastorales, mais
aussi dans les sphères politiques en étant des
chrétiens signes d’espérance pour construire
la Martinique de demain.
Dans notre société, il y a du bonheur, de la
solidarité. Nous sommes très spirituels et les
groupes de prières le démontrent. Cependant
je suis interpellée parce qu’il y a des familles
en difficulté, qui vivent en-dessous du seuil
de pauvreté. Jésus me demande de porter
un regard sur le pauvre. Le taux du chômage
a toujours été élevé et il a diverses consé-
quences dans notre société.
Oui nous sommes en situation de crise et cela
date depuis des décennies. La crise sanitaire
ne fait que renforcer un disfonctionnement qui
existait déjà. Pourquoi le chômage est plus
élevé en Martinique qu’ailleurs ? Pour nous en sortir je ne dis pas que j’ai la solution,
mais je propose des pistes.
Selon moi, notre économie est faible parce
que nous importons et consommons trop
massivement ce que nous aurions pu pro-
duire. L’importation massive, le « déjà tout
prêt à consommer » tuent aussi la créativité.
Collectivement, je pense qu’il faudrait déve-
lopper la créativité et revoir les choix que
nous faisons dans notre façon de consommer.
Dans notre nature il y a des richesses. Nous
avons aussi comme ressources, des déchets,
des objets mis au rebus. Les réparations,
les remises à neuf, par exemple d’objets
électroniques que nous
jetons, seraient géné-
ratrices d’emplois en
grand nombre. Si nous
mettons en commun nos
talents et nos ingéniosités, nous serons des
producteurs dans beaucoup de domaines.
Je pense aussi qu’une économie sociale et
solidaire, où tout un chacun trouve sa place,
ne peut exister et pérenniser que dans le
cadre du commerce équitable. L’encyclique
du pape François « Laudato si » serait un
très bon support de travail pour une meilleure
vie en société.
L’Eglise, à travers ses différentes pastorales, participe à la vie de la société. Elle entend les avis de\
s uns
et des autres. La communauté chrétienne se doit d’être solidaire. Tout en annonçant l’évangile. « Elle
est le sel de la terre et la lumière du monde ». Les chrétiens travaillent pour que se construise ici-bas
une civilisation de l’amour, signe du Royaume de Dieu, réalité d’en haut que l’Eglise p\
ropose à tout
homme et à toute société.
Père Jean Michel Monconthour
Myrtha Agriodos paroisse du Lamentin
Yvonne Lérandy
paroisse de la Cathédrale
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 14 mars 2021 – n° 617 19
MEDIAS
Dimanche 21 mars 2021
L'hostie : présence réelle du Christ ? Rediffusion
Qu’est-ce que l’hostie ? D’où vient-elle ? Comment ce pain que nous mangeons, peut-il être le corps du Christ ? Et pourquoi
le Christ nous demande-t-il de le manger ? Qu’est-ce que la transsubstantiation ?
Des questions fondamentales dans la vie d'un chrétien et que Dieu m'est témoin pose cette semaine au frère Yves Combeau,
dominicain, historien et consultant pour le Jour du Seigneur. Il viendra nous dire comment la foi aide les croyants à accepter
cette présence réelle du Christ. Nous irons à La Réunion au sein de la congrégation des Filles de Marie, voir comment se
fabriquent les hosties. Nous serons connectés avec Agnés Zaou, catéchiste à la paroisse Saint-Sauveur de Cayenne, qui
nous dira comment elle explique aux enfants qui se préparent à la 1ère communion, qu'ils vont manger le corps du Christ.
Et en ce dimanche de rentrée, nous serons depuis Rome connecté avec le frère Thierry Hubert, dominicain, et tout nouveau
producteur de Dieu m'est témoin.
Dimanche 28 mars 2021
Les catholiques dans le monde Rediffusion
Quel est le visage de l’Eglise catholique aujourd’hui ? Où se trouvent les catholiques dans le monde ? Comment les Eglises
d’Afrique et d’Asie se situent-telle aujourd’hui par rapport à l’Eglise d’Europe ?
Cette semaine, Dieu m’est témoin reçoit l’ancien maître de l’Ordre des Prêcheurs, le frère Bruno Cadoré. Pendant toute la
durée de sa charge, soit 9 ans, il a parcouru toutes les provinces dominicaines de la planète, sur tous les continents du
globe. Avec lui nous ferons une leçon de géographie catholique et tenterons de comprendre l’évolution de l’institution
catholique dans le monde. C’est aussi l’occasion de l’interroger sur la place qu’occupent les Eglises d’Outre-mer ; membres
à part entière de l’Eglise de France et confrontées pourtant à des réalités géographiques et culturelles toutes autres.
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE \,MARTINIQUE Service legs et donations
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BP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDEX\,
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oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer
sur les possibilités de legs, donations et assurances\bvie à l’Association Diocésaine.
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donations ou à mon\N domicile.
LÉGUEZ
à l’ Église catholique
L’espérance en héritage
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Fête de Saint Joseph
19 mars
S alut, gardien du Rédempteur,
époux de la Vierge Marie.
À toi Dieu a confié son Fils ;
en toi Marie a remis sa confiance ;
avec toi le Christ est devenu homme. Ô bienheureux Joseph,
montre-toi aussi un père pour nous,
et conduis-nous sur le chemin de la vie.
Obtiens-nous grâce, miséricorde et courage, et défends-nous de tout mal.
Pape François
