618 - Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur

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E g lise en MARTINIQUE H osanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! N° 618 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 28 MARS 2021 Hommage au père Filopon Horaires du Triduum pascal Robert-Marie et Jacques, candidats au sacerdoce

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23 S ommaire «H osanna, Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Aujourd’hui, avec la fête des Rameaux et de la Passion du Seigneur, nous entrons dans la Grande Semaine qui nous conduira jusqu’à la fête de Pâques. Les points clé\ s de la foi chrétienne seront célébrés : la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus (passage de la mort à la vie, la victoir\ e de la vie sur toutes sortes de mort), avec l’institution de l’Eucharistie et le lavement des pieds le Jeudi saint, avec le Chemin de croix et la célébration de la Croix le Vendredi saint, la Grande Vigile pascale et la Grande fête de Pâques. Les horaires par district des célébrations du Triduum pascal sont disponibles dans votre revue. Essayons de vivre tous ces temps forts en famille ! Soutenir la famille, c’est ce qu’a demandé le pape François\ dans son message diffusé à l’occasion de l’ouverture de l’\ Année de la Famille Amoris Laetitia. Le Saint-Père invite à un changement de regard sur la famille : « Défendons-la contre ce qui compromet sa beauté. Abordons ce mystère de l’amour avec stupeur, avec discrétion et avec tendresse. Et engageons- nous à garder ses liens précieux et délicats : enfants, parents\ , grands-parents… ». Pour cela, nous pouvons compter sur l’aide de nos prêtres. Le prêtre est en effet, un témoin de la Miséricorde de Dieu. Il\ est appelé à faire miséricorde… Deux diacres de notre diocè\ se, Jacques Platon et Robert-Marie Beaufour, seront ordonnés prêtres le dimanche de la Miséricorde. Ils se présentent à v\ ous dans cette édition. Nous avons voulu obtenir également des témoignages de vie de leurs confrères, et nous en avons fait un dossier intitulé « Prêtre, appelé à servir ». Par ailleurs, nous avons vécu un Carême de conversion missionnaire en Eglise. Notre diocèse nous a donné l’occasion de consacrer du temps, en communauté, à la Parole de Dieu, à l’Eucharistie/Adoration, à la Mission entre nous, à la Mission \ vers les autres et à Saint Joseph. Des paroisses nous font partager leurs réflexions. La rubrique "An tjè Légliz-la" nous parle de situation de crise de tous ordres... Que la Semaine Sainte nous permette d’écouter davantage le Seigneur et de fortifier notre foi pour nous permettre d’entrer dans ce chemin de vie qu’il nous propose. Bonne Semaine Sainte ! Justine Lordinot ■ AGENDA DE L'EVEQUE 11 EDITORIAL Dossier : VIVRE SON CARÊ\bE  \bISSIONNAIRE Dossier : PRÊTRE,  APPELÉ À SERVIR... \bOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE •  La Parole Dominicale •  Réfl  exion \bur la Semaine \nSainte •   Que pen\be\b-tu de la \n\bituation (économique,  \bociétale, \bpirituelle...) de la Martini\nque ? •    Pen\be\b-tu ou pa\b que \nnou\b vivon\b une \bituation de \ncri\be ? Pourquoi le pen\be\b-tu ? Quelle\b en \bont le\b cau\be\b ?•   Comment faire pour en \bortir ? \n •  Le prêtre, témoin de la Mi\b\néricorde de Dieu •  Vivre \bon \bacerdoce…  •   Père Pierre-Alex Zonzon :  témoin de la joie à\n \bervir ! •   Zoom \bur…  le\b 2 candidat\b au Sacerdoce,  Jacque\b et Robert M\narie •  Le\b réfl  exion\b de Carême •  Carême \bpécial Jeune\b (7\n-12 an\b) •   Aprè\b-midi fe\btif à la cathédrale  de Saint-Pierre •   Horaire\b de\b célébration\b  du Triduum Pa\bcal 2021 •   Paroi\b\be de Saint-Jo\beph  Me\b\be d’ouverture de l'Année Saint J\no\beph •  La Légion d’honne\nur pour Mgr Riocreux •     S01E05 A la génération actuelle :   pa\b franchement « djii » t\nout ça •  Année de la Famille  Amori\b Laetitia    Extrait du Me\b\bage du pape Françoi\b  aux participant\b de \nla rencontre en ligne  « Notre amour quotidien »\n 3 Amori\b LaetitiaAmori\b Laetitia EGLISE UNIVERSELLE 7 12 15 8 9 10 55 6 14 16 17 17 •   Que pen\be\b-tu de la \n\bituation (économique, •   Que pen\be\b-tu de la \n\bituation (économique,  AN TJÈ LÉGLIZ-LA 18 \bÉDIAS 19 4 333333 EDITORIAL 2 DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 3 «E h oh ! sincèrement, vous qui êtes chrétien vous ne trouvez pas que c’est pas franchement « dji » tout ça ! -  Euh ! que veut dire « c’est pas djii » ? - Eh ben ! c’est « su », c’est « pas cool » … c’est un peu mort, bref, ce n’est pas attirant. - Et qu’est-ce qui n’est pas attirant s’il  vous plaît !?  - Eh bien, la religion ! ... Je ne suis pas contre la foi, mais avouez que le rythme général de la religion est plus adapté aux personnes du troisième âge qu’aux jeunes. C’est vrai dans plein de domaines… je ne parle pas seulement des messes qui sont des « spectacles de rythme lent », ni dynamiques, ni solennels… Je pense aussi à tout le reste : les réunions, les locaux, les horaires, les tons de voix, les idées, les activités… On ne voit pas vraiment, dans ce "catalogue", ce qui pourrait attirer des actifs qui ont de l’ambition pour la société et qui souhaitent rester dans le mouvement de la vraie vie. Avez-vous vu le nombre de propositions hyper intéressantes et tous les nouveaux concepts efficaces et adaptés à la génération actuelle… - « Génération actuelle » … Attention,  pour l’Eglise cette expression ne veut pas  dire « les jeunes », mais tous ceux qui  sont aujourd’hui vivants : les jeunes, les  enfants, les adultes, les vieillards etc…  Une paroisse n’est pas une boutique  de vêtements de marques ou une  station de radio branchée s’adressant  à un public ciblé. L’Eglise accueille  tout le monde et s’adresse aux fidèles  tous ensemble. Il est normal que son  rythme de vie et ses façons épousent  ceux de la communauté toute entière,  y compris les pauvres, les malades ou  les vieux (c’est-à-dire ceux qui sont  habituellement exclus des biotopes  culturels, professionnels, sociaux)  etc… En somme, tous ceux qui, dans  le monde, sont priés de rester devant  leurs écrans pour admirer la soi-disant  « vraie vie » (celle des autres : jeunes- beaux-et-riches) qu’on leur diffuse en  mensonge continu, sont au centre de  la vie de l’Eglise. Celle-ci s’adapte à eux  et les accueille largement. Il faut ainsi  s’habituer à la famille nombreuse et  bruyante qui arrive en retard, à l’enfant  qui gigote et pleure, à la mamie qui  chante lentement à tue-tête d’une voix  chevrotante ou au bon monsieur qui  tente maladroitement d’animer une  rencontre… Alors forcément le rythme  est lent. On est « su » … Mais l’amour  est à ce prix. - Vous avez raison. Je reconnais que c’est plutôt tendance, quoique minoritaire, de faire dans l’intergénérationnel et le compassionnel. Mais c’est un peu rebutant pour nous, surtout que le monde est « genre » agressif ! Nous avons besoin de réconfort, d’attention, de réflexion, de spiritualité, d’accompagnement, d’enseignement, de consolation, de détente, d’amitié vraie, d’action gratuite… et certainement pas qu’on nous crie dessus, qu’on nous fasse la leçon et qu’on nous empêche de monter des projets parce qu’on « n’a jamais fait comme ça » … - Si j'ai bien compris, à l’Eglise, vous  ne voulez plus de sermons, mais de  l’aide et du conseil ; vous voulez qu’on  vous dise qu’on vous aime comme  vous êtes, mais sans reproche, et en  vous montrant le chemin exigeant de  l’Evangile ; vous ne voulez pas prier  tout le temps, mais vous voulez des  expériences spirituelles ; vous n’avez  pas beaucoup de temps mais vous  espérez des moments conviviaux et  avoir l’occasion d’aider les autres… -  Sé sa menm ! - Ok j’ai compris… mais il y a deux  conditions :  ➊  l’Eglise n’est ni un  parti politique, ni une société de  bienfaisance ! Elle a toujours été un lieu  dynamique où peuvent militer ceux  qui changent le monde par l’Evangile :  missionnés par Jésus-Christ et non pas  motivés par un orgueil humaniste auto- satisfait…  ➋ l’Eglise n’est pas non plus  une société thérapeutique pour des  « quarantenaires anonymes » … C’est  une famille dont les membres sont  soignés et guéris avant tout par une  rencontre avec Jésus-Christ ressuscité. -  Que voulez-vous dire ! -  Venez et vous verrez. » + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France  ■ S01E05 * : A la génération actuelle : pas franchement « djii » tout ça MOT DE L’ÉVÊQUE * Saison 1 épisode 5

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 4 EGLISE UNIVERSELLE\n C hers frères et sœurs! L’exhortation apostolique post- synodale  Amoris laetitia sur la  beauté et la joie de l’amour conjugal et  familial a été promulguée il y a cinq ans.  Pour cet anniversaire, je vous ai invités à  vivre une année de relecture du document  et de réflexion sur ce thème, jusqu’à la  célébration de la 10 eJournée mondiale des familles qui, si Dieu le veut, aura  lieu à Rome le 26 juin 2022. Je vous suis  reconnaissant des initiatives que vous  avez entreprises dans ce but, et pour la  contribution que chacun de vous offre  dans son milieu de travail. Au cours de ces  cinq ans, Amoris laetitia a tracé le début  d’un chemin en cherchant à encourager  une nouvelle approche pastorale de la  réalité de la famille. L’intention principale  du document est de communiquer, à une  époque et dans une culture profondément  changées, qu’aujourd’hui un nouveau  regard sur la famille est nécessaire de la  part de l’Église : il ne suffit pas de réaffirmer  la valeur et l’importance de la doctrine,  si nous ne devenons pas gardiens de la  beauté de la famille et si nous ne prenons  pas soin de ses fragilités et de ses blessures  avec compassion. Ces deux aspects sont au  cœur de toute pastorale familiale : l’audace  de l’annonce évangélique et la tendresse  de l’accompagnement.  D’une part, en effet, nous annonçons  aux couples, aux époux et aux familles  une parole qui les aide à saisir le sens  authentique de leur union et de leur  amour, signe et image de l’amour trinitaire  et de l’alliance entre le Christ et l’Église. C’est  la parole toujours nouvelle de l’Évangile à  partir de laquelle toute doctrine, y compris  celle sur la famille, peut prendre forme. Et  c’est une parole exigeante, qui veut libérer  les relations humaines de l’esclavage qui  défigure souvent leur visage et les rend  instables : la dictature des émotions,  l’exaltation du provisoire qui décourage les  engagements pour la vie, la prédominance  de l’individualisme, la peur de l’avenir.  Face à ces difficultés, l’Église réaffirme  aux époux chrétiens la valeur du mariage  comme projet de Dieu, comme fruit de sa  grâce et comme appel à vivre en totalité,  fidélité et gratuité. Voilà la route pour que  les relations, même à travers un chemin  marqué par des échecs, des chutes et des  changements, s’ouvrent à la plénitude  de la joie et de la réalisation humaine  et deviennent un levain de fraternité et  d’amour dans la société. D’autre part, cette annonce ne peut et  ne doit jamais être faite d’en haut et de  l’extérieur. L’Église s’incarne dans la réalité  historique comme son Maître l’a été, et  même lorsqu’elle proclame l’Évangile de la  famille, elle le fait en se plongeant dans la  vie réelle, connaissant de près les travaux  quotidiens des époux et des parents,  leurs problèmes, leurs souffrances, tout  ces petites et grandes situations qui  alourdissent et parfois gênent leur chemin.  (…) Annoncer l’Évangile en accompagnant les  personnes et en se mettant au service de  leur bonheur : nous pouvons ainsi aider  les familles à marcher d’une manière qui  réponde à leur vocation et à leur mission,  conscientes de la beauté des liens et de leur  fondement dans l’amour de Dieu le Père et  le Fils et le Saint-Esprit. Quand la famille vit  sous le signe de cette Divine Communion,  que j’ai voulu expliciter dans ses aspects  aussi existentiels dans Amoris laetitia, alors  elle devient une parole vivante de Dieu  d’Amour, prononcée au monde et pour le  monde. En fait, la grammaire des relations  familiales – c’est-à-dire des relations  conjugales, de la maternité, de la paternité,  de la filiation et de la fraternité – est la  voie par laquelle se transmet le langage  de l’amour, qui donne un sens à la vie et  une qualité humaine à chaque relation.  C’est un langage fait non seulement de  paroles, mais aussi de manières d’être, de  parler, des regards, des gestes, des temps  et des espaces de notre relation aux autres.  Les époux le savent bien, les parents et les  enfants l’apprennent tous les jours dans  cette école de l’amour qu’est la famille. Et  dans ce contexte, la transmission de la foi  entre les générations a également lieu :  elle passe précisément par le langage des  relations bonnes et saines qui se vivent  dans la famille chaque jour, surtout en  affrontant ensemble les conflits et les  difficultés. En cette période de pandémie, au milieu  de tant de difficultés psychologiques,  économiques et sanitaires, tout cela est  devenu évident : les liens familiaux ont  été et sont toujours durement éprouvés,  mais en même temps ils restent le point  de référence le plus fort, un soutien plus  fort, la défense irremplaçable pour tout  le domaine de la communauté humaine  et sociale. Soutenons donc la famille ! Défendons-la  contre ce qui compromet sa beauté.  Abordons ce mystère de l’amour  avec stupeur, avec discrétion et avec  tendresse. Et engageons-nous à garder  ses liens précieux et délicats : enfants,  parents, grands-parents… Ces liens sont  nécessaires pour vivre et pour bien vivre,  pour rendre l’humanité plus fraternelle.  Par conséquent, l’année consacrée à la  famille, qui commence aujourd’hui, sera un  temps propice pour poursuivre la réflexion  sur  Amoris laetitia. (…) C’est à la Sainte Famille de Nazareth que je  vous confie vous et votre travail ; et je vous  demande de faire de même pour moi et  mon ministère. Rome, saint Jean du Latran, 19 mars 2021. Solennité de saint Joseph, début de l’Année de la Famille Amoris laetitia Pape François Copyright – Traduction de Zenit, Anita Bourdin ■ Extrait du \bessage du pape François  aux participants d\Re la rencontre en ligne « Notre amour quotidien \R» Année de la Famille Amoris Laetitia

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 55 Dimanche 28 mars 202\b  la P arole  Dominicale Dimanche des rameaux et de la Passion du Seigneur - Année B Introduction : Prière Seigneur, merci pour ta Parole de vie. Creuse en moi la soif de la connaître. Pour étancher cette soif, accorde-moi un cœur de disciple. Donne-moi une oreille d’écoute et ton Esprit de Lumière pour me faire comprendre le sens de cette Parole et la recevoir comme un message encore actuel pour moi. Réflexion ➊ Le Serviteur souffrant La première lecture de ce dimanche (Isaïe  50, 4-7) est l’un des quatre passages des  chapitres 40-55 du livre d’Isaïe appelés  « les chants du Serviteur souffrant ». Cet  extrait se trouve au troisième chant dans  lequel ce serviteur, persécuté, garde sa  confiance en Dieu. Il se considère comme  un disciple attentif, docile et ainsi garde  confiance dans son épreuve. Pour les Juifs, cette figure représente, ou  la communauté d’Israël alors en exil, ou  un juste persécuté. Les chrétiens, quant à  eux, ont trouvé dans ce chant l’annonce,  par anticipation, des souffrances de Jésus.  À sa suite, aujourd’hui, notre écoute et  notre docilité à son enseignement nous  conduisent sur le chemin d’un disciple  serviteur souffrant. ➋ Jésus, prenant la condition de serviteur, a été exalté La deuxième lecture, tirée de la lettre aux  Philippiens (2, 6-11), est un hymne que  les premières communautés exécutaient  à la gloire du Christ, hymne à laquelle  saint Paul a fait quelques ajouts. Jésus est  célébré comme le serviteur souffrant qui  a été exalté par Dieu. Par son obéissance, il « s’est anéanti »,  il « s’est abaissé ». Il a pris la condition  humaine et ainsi s’est fait solidaire de toute  l’humanité, de toute souffrance. Pour avoir  accepté et vécu cette humiliation, le Père  l’a exalté au-delà de la mort. Il l’a établi  Seigneur du monde. Disciples, serviteurs souffrants, notre gloire  auprès de Dieu passe par l’acceptation de  sa volonté sur notre vie comme pour Jésus. ➌ Le cri d’abandon de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Le récit de la passion de Jésus (Mc14,  1 – 15, 47) confirme l’interprétation de  Jésus serviteur souffrant. Il nous montre  aussi que son humiliation – évoquée par  saint Paul dans la deuxième lecture – est  une souffrance réelle, atroce qui a fait  Jésus s’exclamer : « Mon Dieu, mon Dieu,  pourquoi m’as-tu abandonné ? » (15, 34).  Loin d’être une révolte, ce cri est un  abandon. Qui plus est, « ce n’est pas  n’importe quel cri d’abandon. Jésus…  prend ainsi sur lui tous les tourments,  non seulement d’Israël, mais de tous les  hommes qui, en ce monde, souffrent parce  que Dieu leur est caché. Il présente devant  le cœur de Dieu même, le cri d’angoisse  du monde tourmenté par l’absence de  Dieu. Il s’identifie avec l’Israël souffrant,  avec l’humanité qui souffre à cause de la  « nuit de Dieu », il prend sur lui son cri, sa  détresse, toute son impuissance, et ainsi,  en même temps, il les transforme » 1. Dialogue avec Jésus Jésus, autrefois tu as souffert le reniement de Pierre, la trahison de Judas, le mépris et les railleries de la foule, la brutalité atroce des soldats. Aujourd’hui, j’en ajoute à ta souffrance par mes reniements et mes trahisons, faisant ainsi perdurer dans le temps ta passion. Donne-moi de prendre conscience de la peine que je te fais et de chercher, à l’avenir, à te procurer plus de joie. Résolution Je cherche à tenir compagnie à Jésus  durant sa passion au cours de cette  Semaine Sainte. Chemin faisant, je lui  demande pardon pour ma contribution  à sa souffrance. J’apprends par la même  occasion à lui offrir les contradictions, les  calomnies, les médisances, ma maladie,  les dérisions et autres humiliations, les  situations d’injustice de ma vie ainsi que  la souffrance de notre monde en ce temps  de crise sanitaire.  Père Médard Kounoudji,  Curé de Basse-Pointe ■ Isaïe 50, 4-7   • \(  Psaume 21 (22)   •  \( Phili\b\biens 2, 6-11 \(  •    Mc14, 1-15,\( 47 LITURGIE  calomnies, les médisances, ma maladie,  les dérisions et autres humiliations, les  situations d’injustice de ma vie ainsi que  la souffrance de notre monde en ce temps  de crise sanitaire.  1 Joseph Ratzinger – Benoît XVI, Jésus de Nazareth. De l’entrée à Jérusalem à la Résurrection, Éditions du Rocher, 2011, 245.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 6 A la jointure du Vendredi saint  et du Dimanche de Pâques,  il y a un samedi, jour de  grand silence dont nous n’avons pas  trop tenu compte ; nous faisant oublier  que beaucoup d’entre nous vivent des  samedis de la vie.  Notre théologie et notre  liturgie ratent l’importance des Offices  des Ténèbres et du désenchantement  que les disciples ont vécus durant  cette déroute du samedi qui sépare le  Vendredi saint du Dimanche de Pâques. Ce premier Vendredi saint de l’histoire,  n’oublions pas que les disciples ignoraient  qu’il y aurait un Dimanche de Pâques. Leur  maître, qu’ils avaient fini par comprendre  être Dieu même, venait de mourir sur  une Croix. Ces promesses du Royaume  annoncé semblaient aboutir dans un trou  béant scellé par une pierre dont personne  n’oserait la rouler tellement elle imposait  un barrage infranchissable. Les ténèbres,  la confusion et l’anéantissement de leurs  rêves qu’ils ont ressentis en se réveillant  ce samedi sans vie, nous sont difficiles à  imaginer :  seuls  ceux et celles qui  ont vécu avec cette  pandémie ou autres  maladies la mort  soudaine, horrifiante et  tragique d’un être cher peuvent saisir la  portée de la déroute et de la douleur. Oui,  c’est longtemps après l’espace du deuil  qui permet d’affronter le sens de la croix,  que cette dernière était en fait le signe de  la victoire du Pardon face à nos péchés  et grâce auquel nous pouvions nous  réconcilier avec Dieu, notre Créateur. L’évènement, le scoop qui s’est passé  ce Dimanche de Pâques et qui est  devenu la Bonne Nouvelle éternelle  de tout le peuple chrétien, allait en  effet transformer à jamais les disciples  et le monde même s’il git encore dans  les douleurs de l’enfantement. La  Résurrection était tellement inattendue,  tellement stupéfiante, tellement  incroyable ! Le fait de comprendre que  nous ne sommes pas emprisonnés dans  notre grand corps malade et brisé et que  nous n’avons pas à être esclaves du mal  causé et/ou subi, a fait exulter de joie  les disciples. Le goût amer de fiel et de  désolation, que le Samedi du récit du  Salut évoque avec tant d’éloquence par  son silence cadavérique, n’est pas la fin  de l’histoire, mais le commencement du  recommencement, de la recréation, qui  n’est pas une récréation le temps des  vacances de Pâques entre coq, plage  et matoutou, mais un combat à armes  inégales, mais la victoire est assurée. Nous passons pourtant une si grande  partie de notre vie en samedis du récit  du salut, où des rêves, des espoirs et des  parties de nous-mêmes meurent, où  nous nous sentons seuls et abandonnés.  Contrairement aux disciples qui  ignoraient qu’il y aurait un Dimanche  de Pâques, nous savons avoir un avenir  grâce à la Résurrection. Mais ce savoir est  encore trop cartésien, englués que nous  sommes dans nos thèses, antithèses,  synthèses « foutaises », nos élucubrations  intellectuelles, qui nous font passer  parfois à côté de l’expérience corporelle  et réelle de la Vie en abondance. Croyons- nous vraiment ce que nous professons :  « Je crois à la Résurrection de la chair, à  la Vie Éternelle ». Croyons nous qu’un  jour, dans l’ordre social, économique et  politique de la société, il y aura de la paix et  de la justice, la promesse du Royaume de  Dieu. Avons-nous hâte que « Maintenant,  le pouvoir de gouverner le monde est  à Dieu notre Seigneur et à son Messie.  Il sera Roi pour toujours » (Apocalypse  11,15). En relisant les événements qui se  sont déroulés durant la Semaine Sainte,  puissions-nous rencontrer le Dieu qui se  révèle en tant qu’Emmanuel, Dieu avec  nous, le Vivant, le Ressuscité du matin de  Pâques, afin que notre vie soit un passage  de la Mort à la Vie, une Pâques Joyeuse  pour tous. Père Patrick-Alexis Phanor  ■ Réflexion sur la Semaine Sainte LITURGIE  grand silence dont nous n’avons pas  trop tenu compte ; nous faisant oublier  que beaucoup d’entre nous vivent des  imaginer :  seuls  ceux et celles qui  ont vécu avec cette  pandémie ou autres  maladies la mort  soudaine, horrifiante et  son silence cadavérique, n’est pas la fin  de l’histoire, mais le commencement du  recommencement, de la recréation, qui  n’est pas une récréation le temps des  vacances de Pâques entre coq, plage  et matoutou, mais un combat à armes  inégales, mais la victoire est assurée. Nous passons pourtant une si grande  imaginer :  seuls imaginer :  seuls  La  Semaine  Sainte,  avec son lot d’émotions, de récits  bouleversants, débute dans l’eu\bhorie de  l’entrée triom\bhale du Christ à Jérusalem, le  Dimanche des Rameaux. À mesure que la semaine  avance,  on  sent  bien  l’é\breuve  et  l’effroi  monter.  En  effet,  la  tristesse  et  la  confusion  im\brègnent  la  Sainte  Cène,  suivies  des  horreurs  de  la  trahison,  de  la flagellation et de la crucifixion, le Vendredi saint.  Deux jours \blus tard, il y a l’inattendue exubérance  et  surabondante  de  la  Résurrection.  Le  fait  de  revivre ces récits au fil des ans, au-delà de la  sim\ble  sensibilité,  me  fait  com\brendre  que cette histoire, c’est la \bierre  angulaire de notre foi. angulaire de notre foi.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 7 « Ce n’est \bas nous-mêmes que nous mettons en avant dans  notre  \brédication,  c’est  le  Seigneur  Jésus-Christ. Nous-mêmes,  nous  sommes  vos  serviteurs  à  cause  de Jésus.  En  effet,  le  même  Dieu  qui  un  jour  a  dit :  Que  la  lumière  brille  du  sein  des  ténèbres,  a  lui-même  brillé  dans notre cœur \bour y faire res\blendir la connaissance de  la  gloire  de  Dieu  qui  rayonne  du  visage  de  Jésus-Christ.  Mais  ce  trésor,  nous  le  \bortons  dans  des  vases faits d’argile  \bour que ce soit la \buissance extraordinaire de Dieu qui se manifeste, et non notre \bro\bre ca\bacité. » (2 Co 4, 5-7). D ieu fait toujours miséricorde. Un prêtre est un homme tiré  du peuple... malgré et avec ses  travers, ses faiblesses et ses failles ;  avec ses forces et tout ce qui l’habite.  Un prêtre est un homme qui, après une  expérience surnaturelle, répond à un  appel du Seigneur. Appel à annoncer  l’Évangile et proclamer l’Amour  inconditionnel du Seigneur pour tous  ses enfants. Appel à se donner et à  se livrer corps et âme en redisant les  paroles de Jésus : « Ceci est mon Corps  livré pour vous. Ceci est mon Sang versé  pour vous. » Un prêtre fait donc d’abord  personnellement l’expérience  bouleversante de la miséricorde  divine :  « Venez, et discutons, dit le  Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. » (Is 1, 18). De ce fait, il comprend qu’il est aussi  appelé à faire miséricorde. Le prêtre devient donc, par grâce de  Dieu, expression de la miséricorde pour  tous les hommes. Cela se voit dans les  sacrements qu’il est appelé à célébrer,  particulièrement lors des confessions. « Allez vous confesser à la Sainte Vierge ou à un ange. Vous absoudront-ils ? Vous donneront-ils le corps et le sang de notre Seigneur ? Non, la Sainte Vierge ne peut pas faire descendre son divin Fils dans l’hostie. Vous auriez deux cents anges là, qu’ils ne pourraient vous absoudre. Un prêtre, tant simple qu’il soit, le peut. Il peut vous dire : Allez en paix, je vous pardonne. » « Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, c’est là le plus grand trésor que le bon Dieu puisse accorder à une paroisse, et un des plus précieux don de la miséricorde divine. » (Saint Jean-Marie Vianney). Que le Nom du Seigneur soit à jamais  glorifié ! P. Emmanuel Chaulvet  ■ Le prêtre, témoin de la \biséri\Rcorde de Dieu PRÊTRE, APPELÉ À S\nERVIR... DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 8 S eigneur, tu sais comment  je suis indigne. Pourquoi  moi ? Depuis mon plus jeune âge, j’ai désiré  devenir prêtre. Dans mon village de  Wycinki en Pologne, il y avait un curé  qui pleurait, si souvent, en parlant et  en racontant ses souvenirs du Camp  de concentration et cela m’a marqué.  Pourquoi un homme robuste, un prêtre  était autant marqué par sa vie passée,  par ses souffrances ? Dans mon esprit de  petit garçon, je me posais déjà certaines  questions sur la vie. Comment l’être  humain est bousculé par les épreuves  de la vie ?   A l’âge de huit ans, avec ma famille,  nous avons déménagé et nous nous  sommes installés à Gdansk, une grande  ville historique de Pologne connue pour  son Port de commerce et son Chantier  naval. Elle est aussi le lieu de naissance  du syndicat Solidarnosc qui a révélé les  souffrances du peuple sous le régime  communiste. Là, à Gdansk, je suis devenu  enfant de cœur, et à dix-huit ans, je  ressentais déjà ce besoin immense de  communier chaque jour et de parler avec  le Seigneur. La question était brûlante, pourquoi moi ?  Seigneur, tu sais comment je suis indigne,  tu sais comment je suis timide. Pourquoi  moi ? Un mois après mon entrée  au Séminaire, le 16 octobre  1978, l’Archevêque de  Cracovie, le cardinal Karol  Wojtyła, était devenu le  pape sous le nom de Jean  Paul II. Toute la Pologne  était emportée par cette joie  qui était une lumière vers  la liberté et le renouveau  religieux. Jean Paul II était  pour nous, les séminaristes, plus qu’un  père. Il était notre guide, notre pasteur,  notre modèle. La  plus  \belle  période  de  ma  vie... J’ai été ordonné prêtre le 16 Juillet 1983  et affecté en tant que vicaire dans la  paroisse « Fête Dieu » de Gdansk. Un an après mon ordination, j’ai été  accidenté sur la route en me rendant à la  fête patronale de la Sainte Famille, dans la  paroisse où habitaient mes parents. Suite  à cela, j’ai passé trois années à l’hôpital  et ai subi cinq opérations chirurgicales.  J’ai goûté aux souffrances du Christ, en  tant que prêtre, la plus belle période de  ma vie… En 1990, je suis parti en mission au  Cameroun, dans la forêt tropicale  africaine. J’y ai vécu huit années. Les  moments les plus marquants ont été la  visite où Pape Jean Paul II, et la célébration  de l’Eucharistie à l’aéroport de Yaoundé  en 1995. Une messe splendide devant  600 000 personnes, remplie de chants  et danses traditionnelles, ou Jean Paul  II, malgré sa fatigue, était heureux de  vivre les beautés de la création africaine.  J’ai pu y participer grâce à l’œuvre du  Secours Catholique, avec 35 couples de  Pygmées Bakas qui étaient enchantés  malgré leur pauvreté.  Nous étions placés derrière les ministres  du gouvernement et à la cathédrale, le  Pape s’est arrêté devant chacun d'eux   pour leur parler et les bénir.  Deux années plus tard, ce groupe a pu  être baptisé et a reçu le sacrement de  mariage puis de confirmation. En 1999, je suis arrivé en Martinique où j’ai  été nommé curé de Trinité. J’y suis resté  treize ans. Aujourd’hui, je suis emporté  par la foi des Ducossais. Mes journées  sont marquées par les rencontres avec  les malades chez eux ou à l’EHPAD, les  confessions, les rencontres avec les futurs  mariés, la catéchèse, les rencontres avec  les différents groupes de prières.  Mais j’aime particulièrement le dimanche,  jour du Seigneur, avec la présence des  enfants à la messe, accompagnés de  leurs parents. On peut admirer la vie  de la paroisse, le fruit de la vie dans les  Petites Églises Domestiques que forment  les familles.  L’humilité et la douceur sont  les  qualités  premières  du  prêtre Le 11 avril 2021, à la cathédrale Saint-Louis  de Fort-de-France, Mgr David Macaire  imposera ses mains sur 2 diacres, Jacques  et Robert-Marie. Par cette imposition, un  miracle se produira. Ils deviendront  prêtres. Pour chacun des prêtres  qui imposera ses mains après  l’Archevêque, ce sera un rappel de la  vie sacerdotale vécue, les sacrifices,  les souffrances, les services, les  prières, l’humilité, la douceur, donnés  aux paroissiens. Je comprends alors que la plus grande joie d’un Évêque  puisse être la naissance et la formation  de séminaristes sur son diocèse. Le séminaire est le cœur du Diocèse, la  joie, voire la fécondité d’un Évêque. Vivre son sacerdoce… Un mois après mon entrée  au Séminaire, le 16 octobre  1978, l’Archevêque de  Cracovie, le cardinal Karol  Wojtyła, était devenu le  pape sous le nom de Jean  Paul II. Toute la Pologne  était emportée par cette joie  qui était une lumière vers  la liberté et le renouveau  religieux. Jean Paul II était  malgré leur pauvreté.  miracle se produira. Ils deviendront  aux paroissiens. Je comprends alors  que la plus grande joie d’un Évêque  puisse être la naissance et la formation  de séminaristes sur son diocèse. Le  joie, voire la fécondité d’un Évêque. Nous étions placés derrière les ministres Nous étions placés derrière les ministres  PRÊTRE, APPELÉ À S\nERVIR... DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 9 Né  en  1941,  le  \bère  Pierre-Alex  Zonzon  actuellement  vicaire  sur  la  \baroisse  de  Tartane  revient  sur  son  \barcours  et  nous  livre  ses  im\bressions. A ussi loin que je puisse remonter  dans ma mémoire, j’avais cinq  ou sept ans, ans, je ne sais  pas, j’ai toujours eu envie de devenir  prête. J'ai toujours eu ce désir là. J’ai  grandi dans une famille de culture  chrétienne. Ma mère était pratiquante  pas plus, mais pas moins. Mon père est  mort quand j'avais 5 ans. C’était un chef  scout réputé en Martinique. Est-ce que  tout cela est à l'origine de ma vocation ?  Peut être. Toujours est-il que j'ai toujours  eu le désir, au plus profond de moi, de  devenir prêtre.  Mais je crois beaucoup au rôle de la  famille. A mon avis, c’est cela qui est  très important puisque quand on est  enfant et qu'on grandit, c'est grâce à la  famille. On reçoit tout de la famille, ce  que la famille transmet volontairement,  mais ce qu'elle vous transmet aussi  involontairement. On a reçu un pays,  on est d'un peuple, on est de quelque  part. Et tout ça, c'est involontairement  que la famille l'a transmis. Mais la famille  l'a transmis quand même, en plus de ce  qu'elle transmet volontairement.  Si les familles sont moins croyantes,  moins pratiquantes, il n'est pas étonnant  que leurs progénitures soient moins  croyantes et moins pratiquantes aussi.  Ça, c'est un élément, mais pas le seul, il  y en a d’autres. C'est la société, avec tous  ses changements, ses modifications, ses  progrès. Nous vivons aujourd'hui de  manière très différente de celle de nos  parents, et nos enfants vivent déjà et  vont vivre encore dans des conditions  très différentes de celles d'aujourd'hui. Après mes trois premières années de  sacerdoce comme vicaire à la paroisse  des Terres-Sainville, j'ai été nommé à  la fois aumônier au lycée Schoelcher  et responsable du Foyer de la JEC, où je  suis resté de 1971 à 1982.  Quand je suis arrivé au foyer de la JEC en  1971, il y avait pour les inscriptions aux  sessions, des fiches pour reconnaître les  jeunes, il y avait très peu de gens qui avait  un téléphone fixe. Aujourd'hui, il n'est  plus question de téléphone fixe, mais  de téléphone mobile et de plusieurs  téléphones mobiles par personne. Et  rares sont les personnes qui n'ont pas  du tout de téléphone. Il y a là une évolution énorme. Et je ne  parle même pas de tout ce que l'on  peut faire avec un téléphone. Je parle  seulement du téléphone qui sert à parler  avec les gens, on était loin de supposer  qu'on pourrait faire tout ce que l'on fait  aujourd'hui avec un téléphone. C'est  dire l'évolution dans laquelle les êtres  humains se trouvent. Je parle de choses  que j'ai vécues, non pas quand j'étais  enfant, mais quand j'étais déjà jeune  prêtre. Je parle là d’une évolution sur  une génération et demie. J’ai été ordonné prêtre le 22 septembre  1968 et la grâce de la vocation est  un mystère qui est toujours présent  dans mon cœur. Quand je suis arrivé  sur la paroisse de Tartane, j'ai repris  le flambeau de mon prédécesseur  et poursuivi le travail qu’il avait déjà  commencé. J’ai donc poursuivi la  tâche avec les impulsions données  par l'évêque au niveau liturgique, au  niveau de la pastorale des malades, par  exemple, pour ne donner que ces deux  exemples là. Et j’ai trouvé sur cette paroisse une  communauté accueillante, bienveillante  et très dynamique. A Tartane, j'ai cette  joie d'être vraiment le prêtre d'une  communauté paroissiale. Ce que je  peux dire, c’est que la communauté est  petite et dynamique, et les paroissiens  me demandent simplement d’être prêtre  et de faire de la pastorale. J’annonce  l'Évangile, je célèbre des sacrements  et j’accompagne des personnes dans  leurs joies et leurs peines au quotidien.  C’est une joie de voir l'engagement et le  soutien des laïcs. La mission est l'affaire  de tous. Mon ministère me permet d'être  témoin de la force de l'Esprit Saint dans  la vie des gens et je rends grâce à Dieu  pour cela. Que ta volonté soit faite en moi et par  moi, aujourd’hui et tous les jours de  ma vie. C’est la parole que je répète au  Seigneur quotidiennement.  ■ Le jeune prêtre doit aimer la solitude qui  est la source de notre vie intime avec le  Christ. Il doit prendre le temps de Lui  parler et trouver auprès du Seigneur,  la force d’accomplir la mission. Il doit  écouter les souffrances, bénir ceux  qui perdent le courage. L’humilité et la  douceur sont les qualités premières  du prêtre, selon le cœur de Jésus. Nous  devons être doux et humbles de cœur, à  l’image du Christ. En voyant les jeunes prêtres qui ont le  désir de servir leur Église, j’ai le cœur  rempli de paix. La mission du Christ se  poursuit et se poursuivra. Le Seigneur  appelle et l’Eglise continuera de vivre.  Moi, je te bénis, toi prie pour moi. Père Jan Mielewski ■ Père Pierre-Alex Zonzon : témoin de la joie à servir !

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 10 Zoom sur… les 2 candidats au Sacerdoce,Jacques et Robert-Marie E t mon espérance est tout entière uniquement dans la grandeur immense de ta miséricorde. Donne ce que tu commandes et commande ce que tu veux. […] Ô amour qui toujours brûles et jamais ne t’éteins, ô charité, mon Dieu, embrase- moi ! (Saint Augustin) Le dimanche 11 avril 2021, diman- che de la Miséricorde divine, nous  aurons la joie Robert Marie et  moi d'être ordonnés prêtres par  Mgr Macaire, pour le service de la  sainte Eglise catholique et le salut  du monde. Au moment où il m'est  demandé d'écrire cet article, les  conditions sanitaires sont encore  incertaines d'ici le 11 avril. Mais qu'importe... un seul mot  résonne en mon cœur «  Eucharistie  »...   Action de grâce ! Je rends grâce à Dieu, notre Père à  tous, qui malgré mes infidélités, mes  révoltes, mes incompréhensions  est toujours resté fidèle à l'appel  qu’Il a lui-même déposé en mon  cœur. Je rends grâce pour mon papa  et ma maman. A leur manière,  ils ont été et seront toujours mes  Saint Joseph et Sainte Marie, une  douce présence réconfortante et  protectrice. Je rends grâce pour mon frère, mes  sœurs, neveux et nièces, pour mes  tantes, mes oncles, mes cousins et  cousines par qui mon humanité a  pu s’épanouir. Je rends grâce pour Mgr Macaire.  Il m'est certes un père, mais avant  tout un ami et un frère. Je rends grâce pour mes pères  déjà auprès du Père (Pères Cathy,  Zaïre, Paul) qui ont accompagné  mon désir de répondre oui, et pour  mes pères toujours présents (qui se  reconnaitront... ceux du séminaire  Saint Sulpice, du diocèse de  Créteil, ou simplement ceux d’ici),  qui m'ont toujours accordé leur  amitié et leur fidélité. Je rends grâce pour mes frères  de séminaire. Tous ne sont pas  devenus prêtres. Certains sont déjà  « enciellés ». Mais tous m’ont  montré le visage du Christ et sa  douce miséricorde. Je rends grâce pour mes ami(e)s  de la JEC. Ils m'ont appris le sens  de l’engagement, du témoignage,  mais surtout la beauté du mot  « amitié ». Je rends grâce enfin pour toutes ces  « petites » âmes de nos paroisses  de Bellevue, Redoute, Saint  Christophe, du Marin, de L'Hay  les Roses et bien d'autres encore.  Toutes ces petites âmes qui n'ont  cessé de m’accompagner de leurs  prières... Tel est mon portrait. De multiples  visages, mais un seul sourire.  Celui de notre Père, source de  tout amour.  ■ A l’a\b\broche de leur ordination sacerdotale, Jacques Platon, 51 ans, originaire de la commune du  Gros-Morne, diacre et assistant de l’archevêque Mgr David Macaire, et Robert-Marie Beaufour,  36  ans,  originaire  de  la  commune  de  Sainte-Marie,  diacre  affecté  à  la  \baroisse  Saint-Michel  du  François, se \brésentent à vous afin que vous les connaissiez mieux et les \bortiez en \brière. Zoom sur…Zoom sur…Zoom sur… les 2 candidats au Sacerdoce, Robert - Marie Zoom sur…Zoom sur… PRÊTRE, APPELÉ À S\nERVIR... DOSSIER Suivre le Christ pour tout chrétien et à plus forte raison pour tout ministre ordonné

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 11 Robert-Marie, peux-tu nous dire quels sont les événements importants de ton parcours vocationnel ? Mon cheminement vers la prêtrise  a été jalonné de rencontres  importantes avec des témoins  authentiques du Christ : ma grand- mère « Bonne maman », des  membres de ma famille, des amis  chrétiens, des prêtres de passage à la  maison. Plus tard, c’est le tableau de  la Miséricorde divine qui va être un  élément décisif dans ma rencontre  personnelle avec le Christ. Mon  appel viendra de l’expérience du  sacrement de la Miséricorde. De là  va naître le désir de reprendre mon  cheminement vers le sacrement  de la confirmation. L’Esprit Saint  va alors me faire découvrir la  présence de son épouse bien-aimée,  la Vierge Marie, qui va devenir  ma « maman Marie ». C’est elle  qui va m’accompagner dans mon  cheminement vocationnel et ce,  à travers deux mouvements : la  Légion de Marie et le Mouvement  Sacerdotal Marial. La consécration  au Cœur immaculé de Marie est  sans aucun doute le moyen le  plus sûr pour orienter sa vie vers  le Christ et pour épouser avec  confiance, abandon et humilité le  dessein d’amour du Père.  Tu n'aurais pas choisi de devenir prêtre aujourd'hui si … Si je n’avais pas goûter à l’amour  de Dieu, sa tendresse, dans le  sacrement de la réconciliation et  de la pénitence. C’est véritablement  cette expérience qui m’a donné  le désir de devenir prêtre pour  soulager les âmes de leurs fardeaux,  les libérer de leurs chaînes, en  leur offrant à la fois le trésor de  la Miséricorde divine, l’Eau et le  Sang qui ont jailli du Sacré Cœur  et le Pain de Vie descendu du Ciel  (Jn 6, 51-58). Un saint qui t’as marqué ? Je dois avouer que ma grand-mère,  qui était une femme très dévote,  m’a appris dès mon plus jeune âge  à prier avec le secours des saints et  des anges, notamment saint Michel  Archange et sainte Thérèse de  Lisieux. Cependant, il y en a deux  qui ont marqué mon cheminement  de foi : sainte Faustine et saint Jean- Paul II. Le lien entre les deux est  vite trouvé, il s’agit du culte de  la Miséricorde divine. Le tableau  de Jésus miséricordieux, l’heure  (15h), le chapelet, la neuvaine et la  fête de la Miséricorde divine sont  certainement les éléments qui vont  nourrir et colorer mon ministère.  Par ailleurs, être ordonné prêtre le  dimanche de la Miséricorde divine  est un beau « clin-Dieu » ! Comment perçois-tu ta mission de prêtre ? Comme je l’ai mentionné  précédemment, l’expérience de  la Miséricorde du Seigneur a  transformé ma vie. Ce qui m’habite  profondément c’est d’œuvrer auprès  des plus fragiles, des personnes  malades, des personnes isolées, me  faire proche de ceux qui peinent sur  le chemin de la vie, pour leur offrir  la Parole réconfortante du Seigneur,  un regard plein de compassion et  d’espérance qui dit « Si tu crois,  tu verras la gloire de Dieu »  (Jn 11, 40).  ■ Entretien avec Robert-Marie Beaufour tu verras la gloire de Dieu »  (Jn 11, 40).  ■ Quelques recommandations pour ces fêtes de Pâques alors que la crise sanitaire n’est pas achevée : • Les mesures sanitaires recommandées depuis près d’un an doivent être scrupuleuseme\ nt observées dans tous les lieux de culte et pour toutes les célébrations. Les équipes feront attention à bien mettre en place cette organisation au cours des fêtes pascales. • Les rassemblements extérieurs étant interdits sauf autorisation préfectorale, la bénédiction des Rameaux et la bénédiction du feu pascal devraient se dérouler de façon à ce que le peuple soit déjà\ rassemblé dans l’église. Seul le célébrant et les enfants de chœur rentreraient en proc\ ession. Il n'y aura pas de rassemblement pour les chemins de croix. On pourra cependant célébrer les chemins de croix par petit groupe de 6 personnes maximum, écartées des autres groupes de 2 mètres au moins. Tous les fidèles même dans les groupes non-officiels sont appelés à observer strictement les règles de distanciation sociale. • Afin de permettre au plus grand nombre de fidèles (notamment les plu\ s fragiles et ceux qui ne peuvent se déplacer), de participer aux fêtes pascales en lien avec leurs paroisses respectives et en vue d’assurer le respect des mesures sanitaires spéciales, l’archevêque autorise à nouveau les paroisses qui le peuvent à\ retransmettre sur les réseaux les célébrations locales. COMMUNIQUÉ

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 12 DOSSIER Le Carême 2021 a été \blacé sous le signe de la conversion missionnaire dans notre diocèse. La  démarche \bro\bosée du 17 février au 27 mars \bermettait à chacun de vivre différents tem\bs forts  en  communauté  :  Parole  de  Dieu,  Eucharistie/Adoration,  Mission  entre  nous,  Mission  vers  les  autres, Saint Jose\bh. Q\(uelques réflexions nous sont remontées des \baroisses. VIVRE SON CARÊME MISSIONNAIRE  DOSSIER Les réflexions de CarêmeLes réflexions de Carême Un « avant-Carême » le mardi 16 février nous a introduits sur cette route vers  Pâques. Un « temps de Guérison pour  la famille », proposé et animé par le  diacre Allaguy-Salachy et son épouse.  Adoration, messe, prières de guérison  ont aidé tous ceux en quête de santé  physique et spirituelle. Le Mercredi des Cendres, à 9h, le célé- brant a béni les Cendres en disant une  seule fois la formule : « Convertissez- vous et croyez à la Bonne Nouvelle »,  et « saupoudré » une pincée de cendres  au-dessus de nos têtes.  Le vendredi 19, la méditation du Chemin  de Croix a débuté. Les Groupes Mariaux  d'abord, puis Saint-Vincent-de-Paul et  Atelier Proclamation de la Parole réunis,  ont précédé les Chorales de la paroisse.  Les Hommes du Saint-Sacrement et la  Pastorale des Hommes suivront, avant  de fêter saint Joseph, le 19 mars. Le  vendredi 26 mars, les « groupes de  Cheminement » vont clore cet effort  de Carême. Du 22 au 26 février, le candélabre «  Adoration et Eucharistie » a eu lieu. Les  messes de 7h et 18h30 ont été suivies.  L'adoration du Saint Sacrement se tenant  de 8 à 12h et de 14 à 17h.  La « Parole de Dieu » a suivi du 1 er au 5  mars. Entre 10-12h et 19-20h, environ  une quinzaine de fidèles a partagé la  Parole de Dieu. Des extraits de Genèse,  Exode, Évangile de Jean, Première aux  Corinthiens, St Jacques, ont été lus pour  susciter l'envie de la lecture biblique.  Que le Seigneur nous vienne en aide !   Bon et saint Carême à tous !    Michel Novarre    La paroisse Sainte Jeanne d'Arc che- mine spirituellement depuis le premier  dimanche de Carême en s'appuyant sur  les propositions du diocèse sur le thème  "Conversion missionnaire" travaillées et  déployées par la Commission liturgique. Ainsi, la communauté se retrouve en  Église le jeudi autour d'un groupe de  fidèles sentinelles qui a répondu à l'ap- pel à s'inscrire lancé par la Commission  liturgique courant janvier. Ces paroissiens,  entrant d'un pas décidé dans cet effort de  Carême, ont été rejoints par des frères et  sœurs selon leurs disponibilités au cours  de la journée, après la messe de 6h30  jusqu'à 12h, et de nouveau de 16h à 18h,  heure marquée de la prière de l'Angélus. Missionnaire vers les autres, Saint Joseph,  Parole de Dieu, Missionnaire entre nous,  Adoration/Eucharistie, les semaines se  succèdent toutes ponctuées par un temps  de louanges et de prières accompagné par  les voix du Renouveau charismatique. Les paroissiens sont exhortés à chaque  fin de messe dominicale à se laisser tou- cher par les propositions présentées pour  la semaine suivante : elles les aideront  à grandir dans leur foi et à revenir au  Seigneur de tout leur cœur. À titre d'exemple, lors de la semaine  de la Parole de Dieu, c'est l'Évangile de  Marc que chacun a été invité à lire per- sonnellement, à raison de deux ou trois  chapitres par jour selon la méthode de la lectio divina , toute la semaine à la maison  et le jeudi donc en Église pour révéler  et partager avec la communauté le mot  ou le verset qui l'a interpellé. L'exercice  n'est certes pas évident car il implique  une proclamation de la Parole de Dieu à  haute voix devant ses frères et sœurs et  une disponibilité de l'Esprit accrue pour  se laisser toucher par la Parole ;  mais  nul doute qu'il est un pied mis à l'étrier  qui conférera la force d'oser renouveler  l'expérience lors du cheminement per- sonnel qui se poursuivra lors de l'octave  de Pâques et le reste de l'année liturgique  avec la grâce de Dieu.                    Marion Baker A Ducos… La paroisse Sainte Jeanne d'Arc che- Au Vert-Pré... Soucieux de bien vivre le Carême en  vue d’une belle montée vers Pâques,  les paroissiens du Diamant,  aidés de  leur curé et de tous les mouvements  et pastorales, ont eu plaisir à suivre ce  carême « conversion missionnaire » initié  par le diocèse. Nous avons commencé par une neuvaine  à St Joseph pour le bien de notre paroisse,  suivie d’une journée d’adoration et de  prières à laquelle ont participé chaque  pastorale et chaque mouvement et par- ticulièrement notre naissante Pastorale  des hommes. Nous avons poursuivi avec des temps  d’évangélisation chaque dimanche de  carême dans les quartiers (6 au total). Pour la Semaine de Saint Joseph, comme  pour la Vierge pèlerine, nous avons pro- posé aux fidèles désireux de recevoir  chez eux Saint Joseph pèlerin (une icône  bénie lors de la sainte Eucharistie). Le Bureau paroissial a été  inauguré  le  19  mars  :  «  Espace  Saint  Joseph  ».                             Une exposition relative à Saint Joseph  permet d’approfondir les connaissances  et l’amour de ce tendre père. Nous avons poursuivi avec la Parole de  Dieu. L’évangile de Saint Marc a été  lu à l’église sur la semaine en 2 fois 3  chapitres et 5 fois 2 chapitres. Le Carême touchant à sa fin, avec amour et gratitude nous adorerons notre Seigneur exposé au Saint Sacrement dans des temps de 7 à, 18, 21, 22 heures à la  demande de ceux qui travaillent. Thérèse, une paroissienne  Soucieux de bien vivre le Carême en  Au Diamant…

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 13 A Coridon… Le Carême a commencé par une  réunion préparatoire le 8 février soir.   Le père Arnaud a invité une assemblée  paroissiale ouverte à tous pour prier et  échanger essentiellement sur le Carême  2021 : Conversion missionnaire.  Le prêtre a expliqué que les «  veilleurs » deviennent cette année des  « missionnaires »  spirituellement et  personnellement engagés devant Dieu  en Eglise.    • Les semaines de l’Eucharistie et de la Parole de Dieu restent inchangées  sur le principe (notamment avec le  questionnaire inspiré de l’assemblée du  clergé de septembre dernier).  • La semaine de dévotion particulière  à Maman Marie, s’oriente vers saint  Joseph son très chaste époux à qui cette  année est consacrée (cela dit, se tourner  vers l’époux ne nous détourne pas de  l’épouse  !). En tout cas, c’est une bonne  occasion pour valoriser les hommes et  faire appel à eux. • Le jeûne et la confession ne se vivront  pas sous forme de semaines spécifiques.  Le temps des confessions est fixé au 24  mars, de 16h à 20h, pour permettre une  plus grande participation des fidèles. Mais la grande originalité de ce C arême  viendra de l’effort missionnaire que  nous aurons à produire.  Une « Semaine missionnaire entre nous » permettra de briser des murs  (souvent des murs d’ignorance), en  organisant à un moment donné un ou  plusieurs évènements communautaires  (portes-ouvertes, forum, congrès,  synode, fête, etc.) qui permettront  aux différents groupes et fidèles de se  connaître. Enfin, une  « Semaine missionnaire vers les autres » constitue le grand  challenge de cette année pour chaque  communauté et chaque pasteur. Quelle  audace ! Peut-être pour la première  fois de leur histoire, les catholiques  de Martinique devront franchir le pas  « d’aller faire des disciples » (Mt  28,19). Serons-nous ankylosés ? Il y  aurait-il des peurs, des réticences, des  oppositions ? Nous avons été informés de  l’organisation concrète des 5 semaines  dans notre district Centre Est. Pour  nous, des propositions ont été faites  pour vivre ce Carême sous le signe des  5 essentiels, le désert et un décor sobre  de notre église (ni fleurs, ni couronne)  et aussi approfondir la spiritualité  ignacienne dans la paroisse grâce à  la présence des frères et sœurs de la  Communauté du Chemin Neuf.  Ainsi, 30 minutes de prière guidée est  proposée avant chaque messe du week- end (samedi 17h, dimanche 8h et 10h).  Un partage (boisson et eau) est aussi  proposé à la fin des  messes du week- end grâce à l’installation d’une fontaine  d’eau dans la salle paroissiale.  Le prêtre fera une très courte homélie  pour permettre un temps de lectio- divina à l’intérieur de chaque messe  (week-end comme semaine). Ainsi,  depuis le début du Carême, après la  communion, un lecteur de la Parole  proclame au lambon  un livre entier  de l’Ancien ou Nouveau Testament.  Depuis le début du Carême, nous avons  lu les livres suivants : Jonas, Malachie,  Sophonie, Agée Abdia  pour  l’Ancien  Testament.  Colossiens,  Philémon, 2 ème lettre aux Corinthiens, 2ème lettre aux  Thessaloniciens, 1 ère, 2ème et 3 ème lettres  de Saint Jean, Jude pour le Nouveau  Testament.  Pour la « Semaine missionnaire entre  nous », nous avons organisé, le dimanche  7 mars, une journée récréative inter- Génération, spéciale jeux de société.   Dans la bonne humeur et la joie de jouer  autour d’une table, une cinquantaine  de paroissiens ont participé à ce temps  fort.  Plusieurs jeux étaient à l’honneur  en plus de l’éternel Domino : Rumikub,  Uno, Damier, Bakaloréya Matinik, etc.  Avant la pause-goûter, chaque table était  invitée  à se présenter et à partager une  joie ressentie dans un service rendu  à autrui. Lex jeunes de la paroisse  ont chanté une hymne en l’honneur  de Jésus avant la bénédiction donnée  par le père Arnaud. Certains souhaitent  qu’une autre journée soit organisée  prochainement. Nous nous préparons  pour une semaine avec Saint Joseph,  avant de terminer le Carême avec la  semaine missionnaire vers les autres.  Bon Carême et courage sur le chemin  du bonheur.  Des paroissiens de Coridon La première semaine de Carême, nous  avons vécu la «  Mission vers les autres  »,  du 21 au 27 février. Les membres des  PCE, par groupe de 4 et plus, ont visité  les familles des quartiers environnants.  L'accueil a été chaleureux. Dans ce  contexte lié à la COVID, nombreuses  sont les familles qui ont témoigné leur  peur concernant cette situation.  Chaque rencontre s'articulait comme  suit : écoute et échanges (les personnes  racontaient les événements vécus), par- tage de la Parole,  prières et louanges. Il  est important de rappeler que nous avons  fait l'expérience de familles chrétiennes  composites (catholique et évangélique).  Les échanges ont été enthousiasmants,  enrichissants, ponctués par une attitude  unitaire de part et d'autre. En conclusion, cette mission a permis  pour certains de rompre leur isolement  par rapport à une situation sanitaire  préoccupante. On peut dire qu’elle a été  bénéfique, puisque nous avons constaté  le retour de ces frères et sœurs à l'Eu- charistie. Mission à renouveler… La 2 ème  semaine, du 28/02 au 06/03,  nous avons vécu la « Mission entre  nous ». Nous avions des temps de prière et de  partage de la Parole à l'église et dans  les quartiers.  Le mercredi 3 mars, de 16h à 18h,  c’est le groupe du Renouveau cha- rismatique « Puits de Jacob » qui a  assuré l’animation à l’église. Le groupe  « Miséricorde  » a pris le relais le samedi  6 mars, de 16h à 18h.  Dans les quartiers, un groupe du Rosaire  et le groupe « Angélus » ont animé ces  temps de prières et de louange. Nous pouvons noter la bonne participa- tion de la communauté qui a manifesté  sa joie pendant ces moments. Philibert Paaga La première semaine de Carême, nous  A Josseaud...

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 14 L’Eglise catholique de Martinique cherche  à nous réunir autour de la question tou- jours nouvelle : comment annoncer la  Bonne Nouvelle ?  Les manifestations  principales que j’ai pu expérimenter sont  :  Le Parcours Alpha (Classic et Prison) et  la Fraternité Lataste Martinique. Le Parcours Alpha Classic (PAC) est en  préparation sur la paroisse du François. L’expérience Alpha aide à la mise en place  d’un temps de mission précis pour divers  publics (les jeunes, la famille, les couples,  la paroisse, la prison) et permet de former  des missionnaires en les accompagnant  dans la paroisse ou dans les groupes en  Petites Communautés Ecclésiales (PCE).  Avec le Parcours Alpha Classic, l’ini- tiative est donnée aux paroisses et aux  équipes, sous la responsabilité spirituelle  du prêtre. Avec le Parcours Alpha Prison,  l’initiative est donnée cette fois-ci aux  équipes d’aumônerie. Le caractère missionnaire du Parcours  Alpha consiste dans le fait que les  personnes qui ont suivi un parcours  deviennent à leur tour missionnaires en  témoignant. Actuellement, nous propo- sons un PAC destiné exclusivement aux  hommes pour reprendre leur place dans  l’Eglise et la famille à l’image de Saint- Joseph. L’objectif du PAC dans les quartiers est  de mettre en place progressivement dans  des paroisses une mission régulière afin  que chaque fidèle aille à la rencontre de  Jésus et de son prochain (qui peut être son  voisin sur le banc d’église), à l’image des  églises protestantes brillant par leur sens  de l’hospitalité et de la convivialité.  Il n’y a pas de vie missionnaire sans  contemplation et sans Eucharistie ! Tout  missionnaire doit pouvoir se nourrir spi- rituellement dans une vie contemplative  par des temps d’adoration eucharistique.  Avec notre émission mensuelle sur les  ondes de Radio-Saint-Louis, appelée  «  Bible-Espérance », la Fraternité Lataste  Martinique médite la Parole de Dieu en  l’actualisant dans nos vies d’aujourd’hui.  Nos rencontres mensuelles sur la paroisse  du François autour de la Parole de Dieu,  ont pour objectif de questionner notre  foi sous le double angle du disciple et  du missionnaire. Nous avons vraiment le  sentiment de vivre une Fraternité d’espé- rance et de miséricorde avec nos frères et  sœurs laïcs. Au cours d’un PAC, de multiples ques- tions autour de l’annonce de la foi dans  toutes les dimensions de notre vie sont  abordées, susceptibles de nourrir notre  manière d’être missionnaire aujourd’hui.  En participant à ces événements mis- sionnaires, l’expérience Alpha et les ren- contres mensuelles de la Fraternité Lataste  sont pensées pour être des petites écoles  d’évangélisation directe alliant théorie  et pratique.  Pendant 14 semaines et le temps de deux  week-ends, le PAC propose de vivre une  session d’évangélisation pour découvrir la  mission dans l’Eglise : messe, prière, par- tage, formation et mission dans l’Eglise  chaque jour.  Il existe d’autres outils que la Fraternité  Lataste met à la disposition des fidèles,  comme le chemin de croix qui permet  de suivre un chemin de repentance avec  l’aide de l’Esprit-Saint. Raphaël Monta, Ministre institué  Le Carême missionnaire de la Fraternité Lataste VIVRE SON CARÊME MISSIONNAIRE  Le Carême missionnaire de la Fraternité Lataste DOSSIER P our clôturer la semaine  « missionnaire entre-nous »,  un après-midi de louanges  et de d’enseignements à réuni la  famille paroissiale de Saint-Pierre.  D’entrée notre curé, le père Arnauld  Houévoyéha a situé l’événement dans  le contexte du carême missionnaire  2021 et nous a exhortés à retrouver  un dynamisme missionnaire comme  le souhaite Ecclésia'M. Au cœur de notre rencontre fraternelle,  chaque fidèle a fait connaissance  avec la sœur ou le frère. La semaine  qui a précédé ce dimanche, chaque  paroissien a choisi un petit papier  sur lequel était inscrit les prénom et  nom d’une sœur ou d’un frère. Chacun  avait la mission de prier pour l’autre.  Des échanges de présents ont  accompagné ce moment fraternel. La semaine suivante a vu la  communauté sortir pour aller sur  les places et dans les quartiers  à la rencontre de personnes qui  fréquentent ou non l’église. Avec  joie, allégresse et zèle missionnaire,  les quartiers ont été passés  au peigne fin. De nombreuses  personnes vivant seules ont été  émues de nous voir prier chez elles.  De jeunes H aïtiens, après leur dure  journée de travail, ont apprécié notre  démarche. Des contacts ont été pris  pour d’autres rendez-vous fraternels  et des possibilités de célébrations  oeucuméniques avec des frères et  sœurs de confessions protestantes. Toute la paroisse a plongé dans la joie  de la mission, une exigence de notre  baptême. Dominique Vie et  Jacqueline Lecurieux-Lafayette     Cathédrale de Saint -Pierre ■ Après-midi festif à la cathédrale de S aint-Pierre Après-midi festif à la cathédrale de Après-midi festif à la cathédrale de VIE DU DIOCÈSE Après-midi festif à la cathédrale de fréquentent ou non l’église. Avec  joie, allégresse et zèle missionnaire, 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 15 Quand est célébrée chaque image dans notre église ? samedi/ dimanche de Pâques, vendredi saint, jeudi saint, dimanche des rameaux. Tu t’engages dans un service d’Eglise ( chorale, lecture, visite des malades, servant d’autel, groupe de prière, art floral...), et tu envoies ton  témoignage à  egliseenmartinique@ gmail.compour nous dire dans quoi  tu t’es engagé. Source : catechisme-emmanuel.com en famille ou avec des amis durant la Semaine  Sainte, pour comprendre à quel point Jésus  nous a aimés : « La passion du Christ » et  « Les derniers jours de Jésus ». Ça y est, nous y sommes ! Après ce Carême qui a dû être pour toi rempli de défis, nous voici dans cette Semaine Sainte qui nous conduit vers Pâques et la joie de la Résurrection de Jésus ! Mission de la semaine Quand est célébrée Jeu en famille ou avec des amis durant la Semaine  Films à regarder Carême spécia l J eunes (7-12 ans) Jeu

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 16 ParoissesDimanche des Rameaux et de la Passion Jeudi Saint Sainte Cène Vendredi Saint Office de la Passion Samedi Saint Veillée + messe Dimanche de Pâques Ajoupa-Bouillon Sam : 18h • Dim : 8h 18h15h19h 8h Anses d’Arlet Sam : 18h•Dim : 10h 19h 15h19h 10h Balata 7h – 10h 18h3015h19h 10h Basse-Pointe Sam : 18h•Dim : 8h et 10h 19h 15h 19h 8h et 10h Bellefontaine 9h30 18h15h19h 10h Bellevue Sam : 17h – 18h30 Dim : 6h30 – 8h – 9h30 – (messe tridentine en latin à 11h) – 17h30 – 18h30 15h – 17h – 19h 15h au stade Louis Achille 17h30 au Stade Louis-Achille 6h30 ; 8h ; 9h 30 : 17h et 18h 30 Messe tridentine en latin à 11h 30 Carbet Sam : 16h30 – 18h30 Dim : 8h 19h 15h19h 9h Case-Pilote 7h30 19h3015h19h 8h Cathédrale 7h – 10h 17h – 19h15h18h30 7h – 8h30 – 10h Coridon 7h – 10h 20h15h19h 7h – 10h De Briant 8h – 18h 18h3015h19h 9h Diamant Sam : 18h•Dim : 8h 18h30 15h18h30 9h Ducos Sam : 18h Dim : 6h30 – 9h 18h 15h19h 6h30 - 9h Emmaüs 6h – 8h 18h3015h 18h30 6h – 8h Fonds-Saint-Denis 10h 17h17h17h 10h François Sam : 18h Dim : 7h – 9h30 – 18h 18h30 15h19h 7h - 9h30 Grand-Rivière 8h 19h18h 19h 8h Gros-Morne Sam : 17h Dim : 6h30 et 18h 9h catéchèse 19h 15h 18h 7h - 10h Josseaud 10h 18h15h18h30 10h Lamentin 18h 6h - 8h30 - 10h30 (Jeunes) 15h (jeunes) 18h 15h 18h 6h - 8h30 Lorrain 7h – 9h30 18h3015h18h30 7h - 9h Macouba 10h 17h15h17h 10h Marigot 7h – 9h30 18h3015h18h30 7h – 9h Marin Sam : 17h – 19h Dim : 7h – 9h – 11h 17h30 – 19h 15h – 17h17h – 19h 7h – 9h – 11h Morne-des-Esses 8h – 9h30 18h15h18h 7h – 9h30 Morne-Rouge 8h 19h15h19h 8h Morne-Vert 8h 19h15h19h 8h Prêcheur 7h30 18h3017h18h30 8h Redoute Sam : 17h – 19 h Dim : 7h – 9h30 16h 19h 15h 19h 7h - 8h30 – 10h Régale 7h30 18h3015h19h 7h30 Rivière-Pilote Sam : 18h • Dim : 8h 18h15h18h30 8h Rivière-Salée 7h (Petit-Bourg) 9h30 (Gd-Bourg) 18h30 (Petit-Bourg) 18h30 (Gd-Bourg) 15h (Petit-Bourg) 15h (Gd-Bourg) 19h (Petit-Bourg) 19h (Gd-Bourg) 7h (Petit-Bourg) 9h30 (Gd-Bourg) Robert 7h – 9h30 18h3015h19h 7h – 9h30 Sainte-Anne 8h – 10h 19h 15h18h 8h – 10h Saint-Christophe 6h15 – 8h30 17h30 19h15h19h 6h15 – 8h30 17h30 Saint-Esprit Sam : 18h • Dim : 7h – 9h30 18h15h19h 7h – 9h30 Saint-Joseph 7h30 – 10h 18h3015h18h 8h – 10h Sainte-Luce Sam : 17h • Dim : 9h30 19h15h19h 7h – 9h30 Sainte-Marie 7h – 9h30 – 18h 11h : Chapelle Rodon 15h catéchèse 18h 15h 18h 8h – 10h 10h : Pain de Sucre Saint-Pierre 9h 17h30 – (Adoration jusqu’à 21h) 17h 19h15 9h Sainte-Thérèse 7h – 9h30 7h30 (Volga-Ste Faustine) 15h (jeunes) 19h 15h (Ste Thérèse et Ste Faustine) 19h (Ste Thérèse et Ste Faustine) 8h – 9h30 7h30 (Volga- Ste Faustine) Schœlcher 7h (Bourg) 9h (Terreville) 16h (jeunes Terreville) 18h30 (Bourg) 19h (Terreville) 15h 15h Bourg 18h (Bourg) 18h (Terreville) 7h (Bourg) 9h (Terreville) 10h30 (Fond Lahaye) Tartane 9h30 18h15h19h 9h30 Terres-Sainville Sam : 18h30 • Dim : 8h 18h15h19h 8h Trinité 7h30 – 9h30 18h3015h 19h 7h30 - 9h30 Trois-Ilets Sam : 18h (Bourg) Dim : 7h30 (Bourg) 9h45 (Anse Mitan) 16h30 (Anse Mitan) 18h30 (Bourg) 15h (Bourg) 16h – 18h30 (jardin presbytère) 8h (Bourg) 9h45 (Anse Mitan) Vauclin 7h30 18h3015h18h30 7h30 Vert-Pré Sam : 17h • Dim : 8h 18h3015h18h 8h Christ-Roi 9h30 18h3015h18h30 9h30 Horaire\b de\b célébration\b du Triduum Pascal 202\b VIE DU DIOCÈSE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 17 Crédits photos : Equipe communication et D. Toussaintt Le  vendredi  19  mars  en  soirée, une messe a été dite  \bour l'ouverture de l'année  Saint Jose\bh.  E lle fut présidée par  notre archevêque, Mon- seigneur Macaire, assisté  des deux prêtres de la paroisse,  les pères Bannais et Présent et  de leur futur confrère Jacques  Platon.  Le maire Yann Monplaisir et des  conseillers municipaux y ont  participé.  Les hommes de la paroisse,  vêtus de bleu et blanc, ont assuré  plusieurs services. Le dernier chant intitulé « Nou ka salué  Sen Josef », écrit et composé par le père  Présent, a clôturé la séance sous les  applaudissements du public. Des chapiteaux on été installés pour  permettre au plus grand nombre d'y  assister dans le respect des normes  sanitaires. Joël Sandot   ■ de leur futur confrère Jacques  Le maire Yann Monplaisir et des  conseillers municipaux y ont  Les hommes de la paroisse,  vêtus de bleu et blanc, ont assuré  Crédits photos : Equipe communication et D. ToussainttCrédits photos : Equipe communication et D. Toussaintt Le dernier chant intitulé « Nou ka salué  Sen Josef », écrit et composé par le père  Des chapiteaux on été installés pour  permettre au plus grand nombre d'y  assister dans le respect des normes  Paroisse de Saint-Joseph Messe d’ouverture de l'Année Saint Joseph Mgr  Riocreux,  évêque  de  Basse-Terre  (Guadelou\be)  de\buis 2012, a reçu les insignes d’Officier de la légion  d’honneur des mains de M. Sébastien Lecornu, Ministre  des Outremers, le Mercredi 17 mars 2021. «F orce est de constater que votre parole est écoutée dans votre diocèse des Antilles et entendue par de très nombreux G uadeloupéens. Vous le devez à votre fonction et votre ouverture à cette société créole mélangeant les cultures. Vous le devez aussi à votre sourire qui a ouvert les cœurs de nos compatriotes antillais. Votre parcours si riche témoigne de votre désir profond d’être au service des autres. En effectuant vos missions religieuses, vous avez apporté un peu de paix là où vous étiez. C’est cet engagement que la République salue aujourd’hui et singulièrement le M inistère des Outre-mer. » ■ La légion d’honneur pour Mgr Riocreux

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 18 ? Question AN TCHÈ LÉGLIZ-LA ‘‘ 1. Que penses-tu de la situation (économique, sociétale, spirituelle...) de la Martinique ? 2. Penses tu ou pas que nous vivons une situation de crise ? Pourquoi le penses-tu ? Quelles en sont les causes ? 3. comment faire pour en sortir ? ‘‘ La société martiniquaise traverse une profonde crise qui ne date pas de la pandémie. Celle-ci n'a fait qu'amplifier cette situation en donnant dans le contexte actuel aux M artiniquais le temps de se regarder en face. Il s'agit d'une crise profonde qui touche plusieurs secteurs. L'économie : c'est le modèle économique qui est ébranlé avec la concomitance de revendications sociétales alimentées et entretenues par cette vague de prise de conscience d'un pan de la population. Le tissu entrepreneurial qui a connu une importante mutation avec l'avènement des lois de décentralisation de 1983, situation qui a démocratisé l'initiative privée, vit une nouvelle révolution face à la problématique du vieillissement de la population et de l'héritage historique réclamé par une fraction de plus en plus importante de jeunes qui ont fait le choix responsable de se former et de revendiquer leur droit à une existence meilleure sur leur territoire. La société : c'est vraisemblablement de cette exigence de vie voire de survie que bourgeonne toute la révolution qui s'organise. Il n'y a pas que de l'incompréhension et encore moins de manipulation de quelques courants de pensées "révolutionnaires nostalgiques" ou en mal de devenir. Mais une réelle revendication tendant à démystifier une version fabriquée et racontée de notre histoire depuis des années, y compris par ceux-là même qui prônaient indé- pendance, autonomie et réparation ! Le bouillonnement qui s'organise n'a rien d'un phénomène conjoncturel ! Le spirituel : Dieu a bon dos ! N'est-ce pas lui qui permet tout cela ? Dans cette révolution qui prend forme, nombreux -heureusement- sont ceux qui ont compris aussi l'appel de la Foi ! L'homme martiniquais prend de plus en plus conscience de sa fragilité même si quelques-uns persistent à voir dans cette situation, un phénomène passager qui augure d'un lendemain comme hier : après la pluie, le beau temps ne revient-il pas toujours ? Mais pour ceux qui sont inspirés, il y a déjà un avant Covid-19. Les solutions magiques et le recours coutumier vers le traditionnel "gadé zafè" mobilise déjà bien moins ! Les évènements nous démontrent que les tentatives de sortie basées sur des approches cartésiennes sont vaines. En sus des thèses qualifiées de" complotistes", il y a une cinglante réalité que personne n'ignore, même si l'on veut encore croire que des pistes de sortie de crise existent à travers de supposés "distanciation physique", mesures de confinement, vaccins, ou encore immunité collective. Personne ne dispose de la clé de sortie et nous sommes dans cette crise multidimensionnelle bien impuissants. Le port du masque avec toute la symbolique qu'il véhicule ne peut non plus constituer un passeport vers une présumée porte ouverte sur une socialisation "repensée". Les faits sont là et seule la main invisible -pas celle des théoriciens de la pensée classique- peut aujourd'hui ouvrir une espérance sur une nouvelle existence ; un nouveau regard sur le parcours terrestre de l'Homme. Il est peut-être temps de le reconnaitre et d'agir en conséquence. Notre pays traverse une crise totale. Et cela depuis des années. Tous les secteurs de la vie éco- nomique sont touchés. Un tiers de la population est au chômage. Notre activité relevant essentiellement du tertiaire, le secteur de l’industrie demeure timide. Notre popula- tion est vieillissante, et nous ne parvenons pas à faire revenir nos jeunes sur le territoire. Même l’Eglise est en crise. Alors, face à ce chaos, il faut trouver des chemins d’avenir La solution vient d’abord de nous. Certes, la société est malade. Nous n’arrivons pas à vivre ensemble. Le vivre ensemble ne peut se désolidariser de l’amour. Nous ne nous aimons pas assez. Pour avancer, il faut s’aimer et se respecter. Une société responsable est avant tout celle qui parvient à poser des jalons, des actes de soli- darité, d’entraide. Une société qui ne s’auto flagelle pas. La solution est en nous, elle est nous. Maria Nicole paroisse de Sainte-Thérèse Emile Bucher paroisse du Saint Esprit Kriz la ka malmennen moun toupatou ! C’est le temps de la crise. Le temps du constat de voir, juger, agir sur la situation vécue par notre famille, plus largement notre pays et même le monde. Le temps de faire mémoire des évène- ments qui nous ont amenés à cet état instable qui nous oblige à faire le point. Le temps d’une prise de conscience véritable, d’ouvrir les yeux avec courage, de rechercher la vérité, d’exercer un vrai jugement éclairé par la parole de Dieu. Il est temps de revenir sur notre projet initial, de le clarifier et de mettre en lumière ce qui au départ faisait sens pour nous et qui actuellement ne va plus de soi pour le vivre ensemble. Peut-être avons-nous perdu le sens ? La crise est aussi le moment de la recherche d’un sens par l’écoute et l’attitude miséricordieuse envers soi et les autres. C’est ensemble qu’il faudra organiser la sortie de crise et choisir de nouvelles résolutions. C’est ensemble que nous devons agir ! N’hésitons pas en famille, entre amis à en parler et à oser nous engager. Père Jean Michel Monconthour Propos recueillis par Nicole Chésimar ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 mars 2021 – n° 618 19 ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\( MARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Ré\(vérend Père PinchonBP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\(X Télé\bhone : 06 96 3\(10 333 - E-mail : m\(ichel.\bouch@wanadoo.fr oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer  sur les possibilités de legs, donations et assurances-vie à l’Association Diocésaine. oui ,je  souhaite  être  contacté  pour  un  rendez-vous  au  Service  des  legs  et  donations ou à mon\R domicile. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’espérance en héritage DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part \bes coordonnées  ❏ \bme ❏ \belle    ❏ \b. Nom  Prénom Adresse   Code postal Ville  Téléphone E-mail Paroisse  (facultatif) POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\(INIQUE 99.5 - 101.3 et105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr Nous portons des corrections aux erreurs apparues dans nos précédentes éditions : • Sur les dates d’ordination de deux de nos chers prêtres. Le père Walter Covens a été ordonné prêtre le 28/08/1983 (au lieu du\ 22.02.1983) Le père Boccovi a été ordonné prêtre le 15/08/1997 (au l\ ieu du 15/03/1997). • Sur la composition de l’équipe de la Communauté des Eaux Jaillissantes. Les référents sont : L’Aumônier : P. Jean-Marie Yang-Ting L’Equipe de Direction (Troïka) : Jean-Raphaël Gros-Désormeaux, Raymond Pamphile et Marie-Laure Flomas, assistée d’un Conseil d’Administration. ERRATUM Nous portons des corrections aux erreurs apparues dans nos précédentes éditions :  Agenda de l’Archevêque Dimanche 28 mars : Les Rameaux • 8h : Messe à la paroisse de Rivière-Pilote • Visite au rassemblement des groupes de louanges du Renouveau à l’église de Saint-Christophe • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mercredi 31 mars : Mercredi saint • 16h30 : Messe Chrismale à la cathédrale Saint-Louis Jeudi 1 er avril : Jeudi Saint • 19h : Messe en mémoire de la Cène du Seigneur à la cathédrale Saint-Louis Vendredi 2 avril : Vendredi Saint • 10h : Chemin de croix au Calvaire (départ de la Chapelle du Christ-Roi) : si autorisation sanitaire • 15h : Célébration de la Passion à la cathédrale Saint-Louis Samedi 3 avril : Samedi Saint • 18h30 : Veillée pascale à la cathédrale Saint-Louis Dimanche 4 avril : Saint Jour de Pâques • 10h : Messe à la cathédrale Saint-Louis • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Du 5 au 10 avril : Octave de Pâques • Session de formation du Presbyterium • Retraite de Grands frères et grandes sœurs de la Post-confirmation • Retraite des ordinands Dimanche 11 avril : • 7h30 : Messe et confirmation au Centre pénitentiaire de Ducos • 15h30 : Ordinations presbytérales de Jacques Platon et Robert-Marie Beaufour à la cathédrale Saint-Louis • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis

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A ccueillons le signe du tombeau vide comme invitation à ne pas « chercher parmi les morts celui qui est vivant » (Lc 24, 5) et à pénétrer, sans intrusion, dans la foi en Jésus Christ ressuscité qui a vaincu la mort.

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