619 - Divine Miséricorde ... Mgr Macaire, 6 ans déja

Page 1

E g lise en MARTINIQUE D ivine Miséricorde... Mgr Macaire, 6 ans déjà ! N° 619 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 11 AVRIL 2021 Hommage au père Filopon l’Eglise face à la crise sociétale en Martinique (une vision biblique et prophétique du père Lafi ne) Bilan pastoral de l’Archevêque

Page 2

23 S ommaire C e 2 e dimanche de Pâques est celui « de la Divine Miséricorde » selon la demande de Jésus lui-même à sœur Faustine Kowalska, religieuse polonaise. C’est en 2001 que le pape Jean Paul II institua la Fête de la Miséricorde pour toute l'Église. « A travers sa parole, ses gestes, et toute sa personne, Jésus de Nazareth révèle la Miséricorde de Dieu »… Elle est source de joie, de sérénité et de paix, exhorte le pape François. Nous sommes, nous aussi, invités à nous réjouir de\ la Miséricorde infinie du Père. Le dimanche de la Divine Miséricorde nous rappelle un événement heureux pour notre diocèse : l’ordination épiscopale de Mgr David Macaire en 2015. 6 ans déjà ! C’est l’occasion pour notre Archevêque de faire le bilan de son épiscopat à travers une interview. Par ailleurs, ce dimanche sera également marqué par les ordinations presbytérales des diacres Jacques Platon et Robert- Marie Beaufour, à la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France. N’est-ce pas encore une expression de la Miséricorde Divine envers les ordinands ? L’un et l’autre ont fait l’expérience de l’amour du Seigneur pour eux. Rendons grâce au Seigneur pour le don qu’ils font de leur vie pour le service du peuple de Dieu. Ils témoignent que Dieu ne cesse de répondre à son peuple en prière. Nous aurons maintenant à cœur de les soutenir fraternellement dans la joie de servir le Seigneur qui les a appelés. A l’occasion de la 58 e Journée mondiale de prière pour les vocations, la Pastorale des vocations nous a préparé un dossier détachable dans lequel elle présente, entre autres, ses missions et les séminaristes de notre diocèse. Nous sommes invités à \ vivre avec eux 10 jours de prière pour les vocations, du 16 au 26 avril 2021. Le 2 e dossier de la revue est intitulé « L’Eglise face à la crise sociétale à la Martinique ». Crise d’espérance, crise identitaire… Différents points de vue permettent de traiter le sujet sous plusieurs angles. Deux questions nous aident à le conclure : Que fait Dieu ? Que devons-nous faire ? Découvrons les éléments de réponses du pape François. Dans la lumière de Pâques, rendons grâce à Dieu pour son amour infini et comme Thomas, dans la foi, reconnaissons Jésus-Christ comme notre Seigneur et notre Dieu. Bonne fête de la Miséricorde Divine à tous ! Justine Lordinot ■ AGENDA DE L'EVEQUE 19 EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE •  La Parole Dominicale •   Dieu nous emploie comme am\bassadeurs  pour dispenser son amo\nur  et sa justice autour de nous… •   D’une terre de désolation à u\nne terre  d'espérance : un scénario pour la Mart\ninique •   Une crise d’espérance… •   Interview de M. Alain Arnau\nld  Directeur Général de l’ICEA •  1 – C’est quoi le pardon pour toi ?   2 –  As-tu déjà fait l’expérience du pardon donné ?  reçu ? •   Zoom sur… Le groupe diocésain de la Miséricorde divine •   Joyeux anniversaire d’ordination  épiscopale, Mgr Macaire ! •   Présentation de la Pastorale des vocations  – sa mission •  “10 jours” pour les Vocations •  La Maison Saint J\nean-Paul II •  Quand les hommes font Eglise… •   S01E06 A la génération actuelle :    Le grand secret •  Dimanche de la M\niséricorde 3 EGLISE UNIVERSELLE\C 6 7 9 10 12 13 14 15 16 17 •  1 – C’est quoi le pardon pour toi ? AN TJÈ LÉGLI\b-LA 18 Dossier : L’EGLISE FACE À LA CRISE  SOCIÉTALE À LA MARTINIQU\CE MÉDIAS 19 4 5 EDITORIAL 2 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

Page 3

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 3 - Ç a fait plusieurs semaines que nous dialoguons. Et je dois reconnaître que je n’avais jamais fait ça. - Quoi !? - Eh bien !… discuter avec une personne de l’Église. J’avais l’impression qu’on ne m’écouterait pas, et même, que de toute façon, ça ne se faisait pas. J’avoue que je ne pense pas du tout aux trucs d’Église dans mes préoccupations de tous les jours. Pour moi, on va à l’Eglise lorsque c’est nécessaire pour les grandes occasions : la vie, la mort etc… Je ne pensais pas que c’était un endroit où on pouvait discuter de tous les sujets de la vraie vie ! Depuis l’autre jour, on a parlé de l’engagement dans la société, de la place des hommes, du carnaval, des inquiétudes des gens. J’ai même pu vous dire les critiques que j’ai sur le cœur… Mais qu’est-ce qui vous fait vivre ? Pourquoi n’êtes-vous pas tout à fait comme tout le monde ? - Votre question me fait plaisir, d’autant plus que j’ai l’impression désagréable qu’on a érigé l’Église en marâtre bourgeoise et bien- pensante, à la morale moralisatrice et passéiste, sûre d’elle-même, qui juge et donne mauvaise conscience aux gens. Les chrétiens… enfin les « catholiques »… sont considérés comme la norme et les groupes religieux, idéologiques ou politiques se positionnent par rapport et souvent contre nous. Les sophistes de tout poil peuvent et doivent nous attaquer et se moquer de nous, s’ils veulent faire mine d’apporter une pensée novatrice. Pourtant c’est exactement l’inverse, le catholicisme est révolutionnaire, absolument antisystème par essence. C’est pour cela que votre question me plait : vous avez perçu que nous ne sommes pas aussi fermés et murés dans des convictions qu’on le dit et qu’il y a chez les chrétiens un souffle nouveau qu’eux-mêmes parfois ont du mal à voir et à laisser voir. - Justement, c’est ma question, à part le truc un peu gentil et puéril, en tout cas, très naïf de la grande fraternité d’amour universel que (je ne veux pas être méchant, mais… !) on ne retrouve même pas toujours dans l’église elle-même, ni dans certaines de vos positions publiques (par exemple vous êtes contre le sexe, l’avortement, l’euthanasie, le mariage pour tous, la PMA, les libertés etc…). Quel est le fondement de ce que vous êtes et de ce que vous croyez ? En fait, vous êtes « pour » quoi !?… A quoi vous carburez ? - Je vais vous répondre ! Vous êtes mûr, en effet, pour que je vous livre ce secret, qui est notre joie, notre moteur, ce qui nous fait vivre. Ce secret à un nom, il s’appelle le Kérygme (la « the » Bonne Nouvelle): c’est le Christ ! Voilà, notre foi, notre conviction intime : Jésus de Nazareth est le Fils de Dieu, qui s’est incarné, qui a habité parmi nous et s’est fait semblable à nous en toute chose excepté le péché, qui s’est fait obéissant jusqu’à la mort de la croix, Il est ressuscité des morts et par sa victoire nous a sauvés de tout mal. Ça, mon cher, c’est le centre de notre vie. Cela construit notre façon de voir le monde, de voir notre propre existence, les fautes des hommes et celles de la société. Cela ne nous fait pas peur d’affronter les maux et même les nôtres, car nous avons la clé du Salut. Une véritable lumière sur l’homme et la société. C’est une source inépuisable d’amour malgré les incompréhensions et les haines envers nos personnes ou notre communauté. Mais quelque chose évolue de notre côté catholique : nous avons davantage conscience que le fondement de notre rapport au monde est plus l’expérience de notre rencontre personnelle avec le Ressuscité qu’une adhésion idéologique à des doctrines et des coutumes ancestrales. - C’est mystique votre truc ! Vous avez vraiment rencontré le Christ ressuscité ? Vous croyez que l’homme mort sur la croix est sorti du tombeau ? Sérieux !? - Oui, nous croyons. Nous savons et nous en témoignons. Tout le reste vient de là ! Venez et vous verrez. + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ S01E06 * : A la génération actuelle : Le grand secret MOT DE L’ÉVÊQUE * Saison 1 épisode 6

Page 4

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 4 EGLISE UNIVERSELLE\n J ésus-Christ est le visage de la Miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier. Devenue vivante et visible, elle atteint son sommet en Jésus de Nazareth. Le Père, « riche en miséricorde » après avoir révélé son nom à Moïse comme « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » n’a pas cessé de faire connaître sa nature divine de différentes manières et en de nombreux moments. Lorsqu’est venue la « plénitude des temps », quand tout fut disposé selon son dessein de salut, il envoya son Fils né de la Vierge Marie pour nous révéler de façon définitive son amour. Qui le voit a vu le Père. A travers sa parole, ses gestes, et toute sa personne, Jésus de Nazareth révèle la Miséricorde de Dieu. Nous avons toujours besoin de contempler le mystère de la Miséricorde. Elle est source de joie, de sérénité et de paix. Elle est la condition de notre salut. Miséricorde est le mot qui révèle le mystère de la Sainte Trinité. La Miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La Miséricorde, c’est la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie. La Miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. « La Miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde ». Ces paroles de saint Thomas d’Aquin montrent que la Miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, mais bien l’expression de la toute-puissance de Dieu. C’est pourquoi une des plus antiques collectes de la liturgie nous fait prier ainsi : « Dieu qui donne la preuve suprême de ta puissance lorsque tu patientes et prends pitié ». Dieu sera toujours dans l’histoire de l’humanité comme celui qui est présent, proche, prévenant, saint et miséricordieux. “Patient et miséricordieux”, tel est le binôme qui parcourt l’Ancien Testament pour exprimer la nature de Dieu. Sa Miséricorde se manifeste concrètement à l’intérieur de tant d’événements de l’histoire du salut où sa bonté prend le pas sur la punition ou la destruction. En bref, la Miséricorde de Dieu n’est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle Il révèle son amour comme celui d’un père et d’une mère qui se laissent émouvoir au plus profond d’eux mêmes par leur fils. Il est juste de parler d’un amour « viscéral ». Il vient du cœur comme un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d’indulgence et de pardon. Le regard fixé sur Jésus et son visage miséricordieux, nous pouvons accueillir l’amour de la Sainte Trinité. La mission que Jésus a reçue du Père a été de révéler le mystère de l’amour divin dans sa plénitude. L’évangéliste Jean affirme pour la première et unique fois dans toute l’Ecriture : « Dieu est amour ». Cet amour est désormais rendu visible et tangible dans toute la vie de Jésus. Sa personne n’est rien d’autre qu’amour, un amour qui se donne gratuitement. Les relations avec les personnes qui s’approchent de lui ont quelque chose d’unique et de singulier. Les signes qu’il accomplit, surtout envers les pécheurs, les pauvres, les exclus, les malades et les souffrants, sont marqués par la miséricorde. Tout en Lui parle de miséricorde. Comme il est miséricordieux, ainsi sommes-nous appelés à être miséricordieux les uns envers les autres. L’Eglise a pour mission d’annoncer la Miséricorde de Dieu, cœur battant de l’Evangile, qu’elle doit faire parvenir au cœur et à l’esprit de tous. L’Epouse du Christ adopte l’attitude du Fils de Dieu qui va à la rencontre de tous, sans exclure personne. Il est déterminant pour l’Eglise et pour la crédibilité de son annonce de vivre et de témoigner elle-même de la miséricorde. Son langage et ses gestes doivent transmettre la Miséricorde pour pénétrer le cœur des personnes et les inciter à retrouver le chemin du retour au Père. Extraits de la bulle d’indiction du jubilé extraordinaire de la miséricorde Pape François (11 avril 2015) ■ Dimanche de la Miséricorde J Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. « La Miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste

Page 5

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 55 Dimanche 11 avril 2\b21\1  la P arole  Dominicale 2 ème dimanche de Pâques - Année B Introduction Sœurs et Frères bien-aimés, « Le jour que fit le Seigneur est un jour de joie Alléluia ». L’Église, dans sa sagesse, considère comme un seul jour l’octave de Pâques. Et le temps pascal dure cinquante jours. Nous avons, en effet, besoin de temps pour nous acclimater à la joie de la Résurrection. Aujourd’hui, nous sommes confrontés au doute de Thomas qui, selon les exégètes, est le symbole de la lenteur à croire de tous les disciples, à l’exception de Jean. Notre joie sera crescendo pour faire de nous un peuple de baptisés, rayonnant de la joie pascale. Parce que Jésus est ressuscité, nous devons rêver à la vie. Thérèse de Lisieux disait : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ». Réflexion ➊ La communauté chrétienne primitive de Jérusalem va se former à l’école des Apôtres. Les membres sont frères et sœurs puisqu’ils ont reçu du Seigneur ressuscité la même vie. Cette communauté de vie avec le Seigneur Jésus forme un lien étroit qui rattache tous les membres du Corps du Christ dans une authentique fraternité. Le témoignage produit la foi par l’action de l’Esprit-Saint et la foi déclenche l’amour fraternel. La mise en commun des biens s’inspire d’un amour qui se désapproprie pour partager. Cette mise en commun des biens est un appel et un défi. ➋ La foi est le thème fondamental de ces quelques versets de l’épître de Jean. Le temps de Pâques est lié au baptême. Ce texte de saint Jean nous le rappelle en parlant de « Celui qui est né de Dieu ». Mais le baptême ne va pas sans la foi, sans l’amour. Jean dit que ce qui nous fait vaincre le monde, c’est notre foi. Cette foi nous fait naître à une vie nouvelle et elle doit se vivre par l’Amour fraternel dans la communauté de l’Église. La foi est cette adhésion profonde à la personne de Jésus. Par la foi, l’amour de Dieu entre dans nos vies et cette vie d’enfant de Dieu se manifeste dans l’amour que nous avons pour Dieu et pour nos frères et sœurs. Pour Jean, foi et amour sont inséparables et débouchent sur l’obéissance aux commandements de Dieu et devient notre victoire personnelle sur le monde. Foi, amour et obéissance sont les signes de la nouvelle naissance. Pour nous chrétiens, cette foi n’est possible que grâce au témoignage de l’Esprit-Saint, parce que l’Esprit est la vérité. ➌ L’Évangile de ce dimanche nous fait revivre les différentes apparitions du Christ ressuscité. Le récit fait mention de l’apparition du Christ aux Apôtres le soir de Pâques, puis à Thomas, huit jours après. Ceux qui avaient suivi Jésus sur les routes de Galilée ont tous verrouillé les portes du lieu où ils étaient. Ils n’attendaient plus personne, ils ont fermé les portes de leurs peurs. Ils sont seuls et ne comprennent plus rien à ce qui est arrivé. L’épisode du dialogue avec Thomas qui va s’achever par une belle profession de foi que nous redisons dans nos célébrations eucharistiques, ne vient pas légitimer le doute. Thomas est absent, le Seigneur l’a permis sûrement pour rendre plus évidente la réalité de la résurrection. Devant une Bonne Nouvelle si incroyable et inattendue, ce n’est pas étonnant qu’il n’y ait pas de place pour le doute. Le doute de Thomas vient comme un cheminement vers la foi. Personne n’a vu le Christ ressusciter. Ce que Thomas demande n’est rien d’autre que ce à quoi les autres Apôtres ont déjà eu droit, à savoir de pouvoir reconnaître le Crucifié, le Glorifié. C’est un mystère offert à sa foi et à la nôtre. Il n’y a certes pas de preuves, mais des signes. De nombreux signes qui rendent la foi plausible. « Signes par milliers ». Croire, n’est pas voir. Notre foi repose sur les témoignages des Apôtres, sur leurs paroles. Croire sans voir, c’est accueillir l’Esprit-Saint qui ouvre le cœur à la Parole de Dieu. Dans notre langage, le nom de Thomas est devenu celui du sceptique. Pourtant, Thomas est celui des Apôtres qui, dans l’Évangile de ce dimanche, fait la profession de foi la plus explicite. Il prononce la foi définitive de l’Église. Dialogue avec Jésus Seigneur Jésus resuscité, tu es toujours là, avec nous, dans notre communauté chrétienne lorsque nous te prions et que nous essayons d’être unis, dans nos communautés paroissiales et nos PC ; fais que nous soyons des témoins authentiques de la joie pascale et de ta miséricorde. Résolution Seigneur Jésus comme à Thomas, tu dis à chacun de nous : « Ne sois pas incrédule, mais croyant ». Avec les situations qui se présentent à nous, les difficultés de la vie, les confinements, la pandémie que nous traversons, nous sommes bien fragilisés dans notre foi et la joie de vivre nous quitte. La joie de croire est loin d’être incompatible avec la joie de vivre. Jésus veut que cette double joie soit contagieuse et se répande. Que notre joie éclate ! Que notre sens du partage se concrétise ! Que notre prière s’exprime avec ardeur ! Père Arnauld Serge Houévoyéha Curé de la Cathédrale de Saint-Pierre ■ Actes 4,32-35  •  Psaume 117 (118) 2-3,\716 a\b-18,22-24   • \7  1 Jean 5,1-6  •  \7Jean 20, 19-2 LITURGIE 

Page 6

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 6 Zoom sur… Le groupe diocésain de la Miséricorde divineLe groupe diocésain O rigine  du  Mouvement   de  la  Miséricorde  divine en Pologne C’est à la demande de Jésus que le premier Mouvement des apôtres de la Miséricorde divine a été créé du vivant de Sainte Faustine. Jésus l’appelait « une nouvelle congrégation » du n° 435-438 du Petit journal de Sainte Faustine. Dans le n° 438 du Petit Journal de Sainte Faustine, Jésus dit qu’Il exige qu’une telle congrégation soit fondée au plus tôt – « et tu vas y vivre avec tes compagnes. Mon Esprit sera la règle de votre vie. Votre vie doit me prendre pour modèle, depuis la crèche jusqu’à la mort sur la croix. Pénètre mes mystères et tu y découvriras l’abîme de ma miséricorde envers les créatures et mon insondable bonté - et tu la feras connaître au monde. Par tes prières, tu vas être l’intermédiaire entre la terre et le ciel. ». Dans notre diocèse Le Mouvement diocésain a été créé en 2016, avec quelques groupes de Miséricorde divine présents dans notre diocèse et qui désiraient poursuivre leurs activités dans l’unité selon le culte de la spiritualité de la Miséricorde divine enseigné dans le livre du Petit Journal de Sainte Faustine. A partir de ce livre que Jésus lui a demandé d’écrire, Jésus enseigne à Sœur Faustine ce qu’est la Miséricorde de Dieu et comment la mettre en pratique dans nos vies. C’est ainsi qu’il est nécessaire de mettre en pratique les 6 piliers de la spiritualité pour respecter le culte que Jésus a voulu pour former les apôtres de sa Miséricorde. Les 6 piliers de notre spiritualité sont : l’Heure de la Miséricorde à 15h (Heure de la mort de Jésus), le chapelet à la Miséricorde divine, la vénération de l’image de Jésus Miséricordieux, la neuvaine à la Miséricorde divine, les invocations et réalisation de la fête de la Miséricorde divine le premier dimanche après Pâques. Le Mouvement diocésain est constitué d’un Bureau et de groupes adhérents. Nous sommes en relation régulière avec l’Apostolat de la Miséricorde divine de Paris des pères Pallottins qui nous soutient dans nos actions. Notre aumônier est le père Jacek Ossowski qui nous soutient et nous aide dans l’apostolat, par ses enseignements, depuis janvier 2020. Ob\bectifs  et  activités  du  Mouvement diocésai\Pn  Propager le message et la spiritualité de Jésus Miséricordieux, tels qu’Il lui a été donné, en étant un soutien et une référence pour les groupes de Miséricorde divine du diocèse.  Inciter les responsables à cheminer, ouverts aux grâces de la Miséricorde Dieu quotidiennement, en puisant dans la pratique des sacrements de l’Eucharistie, de la Confession et de l’exercice à une confiance totale en Dieu.  Réaliser des visites, des rencontres et rassemblements avec des enseigne- ments dans les paroisses ainsi qu’une récollection par an.  Aider les curés à fonder un ou des groupes de Miséricorde dans leur paroisse.  Etre une assistance constante dans les difficultés que peuvent rencontrer les responsables. Promesse de Jésus : Le Seigneur a dit à Sœur Faustine : « Les âmes qui propagent la vénération de ma miséricorde, je les protège durant toute leur vie, comme une tendre mère son nourrisson, et à l’heure de la mort, je ne serais pas pour elles un Juge, mais le Sauveur Miséricordieux… » (Extrait du n°1075 PJ). Paroisses  actuelles  adhé- rentes  aux  Mouvements  dans notre diocèse\P Ajoupa Bouillon, Anses d’Arlet, Basse- Pointe, Cathédrale, Ducos, François, Lamentin, Lorrain, Marigot, Terres- Sainville, Saint-Christophe, Sainte-Anne, Saint-Esprit, Rivière-Pilote, Trinité. Les prêtres et les personnes qui sont intéressés pour constituer un groupe ou le structurer peuvent nous joindre aux coordonnées suivantes : M me Lerus Marie-Anne, Responsable, tél : 0696264399 email : mariea.lerus@gmail.com. M me Cuti Noëlle, Responsable adjointe, tél : 0696857026 email : n.cuti@laposte.net. Fraternellement, Marie-Anne Lerus ■ VIE DU DIOCÈSE

Page 7

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 7 Le 12 avril 2015, Dimanche de la Divine Miséricorde, notre évêque  était ordonné au milieu de son peuple. Il célè\bre aujourd’hui ses 6  ans d’ordination épiscopale et se confie à travers une interview. Très  joyeux anniversaire d’ordination épiscopale, Monseigneur Macaire ! Mgr Macaire ! EEM : Quel regard portez-vous sur  ces six années écoulées ? Intenses et captivantes : l’Église  en Martinique est une « épouse »  exigeante. Elle réclame une  disponibilité et une plasticité  permanente. On navigue sur une mer  remplie de petits ilets, des « petits  paradis » avec des groupes et des  charismes et des projets à profusion.  Les fidèles sont fraternels, libres  et spontanés avec leur évêque. Le  clergé est hétéroclite, et les prêtres,  vaillants et attachants, méritent  chacun une attention particulière.  Je m’en veux de ne pas les visiter  plus souvent. Les responsables sont  passionnés et passionnants. Je crois  que je me couche tous les soirs  épuisé, mais en me disant que je  suis un évêque heureux, spectateur  admiratif de ma communauté. EEM :  Depuis votre arrivée, de  nouvelles orientations ont été lan- cées avec les Petites Communautés  Ecclésiales  locales missionnaires  où des chrétiens sont appelés à  se retrouver régulièrement autour  de la Parole de Dieu. Pour quel  objectif ? Plusieurs objectifs de ces PCE  fixés par Ecclesia’M 2020  (notre  premier Plan pastoral) : Tout  d’abord, faire faire l’expérience  de la vie communautaire et  fraternelle à chaque baptisé. Ceci  n’est pratiquement pas possible en  allant à la messe lorsqu’il y a des  centaines de personnes rassemblées,  cela paraît anonyme. Savez- vous qu’aucun des jeunes que je  rencontre ne sait qu’une paroisse est  une communauté ? Pour eux, c’est  un lieu où « les gens » viennent  faire des choses religieuses, de  même que la pâtisserie est un lieu  où on achète des gâteaux au milieu  d’autres anonymes  ! Il est temps que  cela cesse. Lire ensemble la Parole  de Dieu en lien avec leur réalité,  vivre concrètement la solidarité et la  mission en frères. Donner à chacun  d’avoir une responsabilité dans sa  communauté. Être missionnaires.  Les PCE sont l’outil communautaire  des 5 essentiels. EEM :  Quel était l’objectif précis  de vos visites pastorales ? D’abord c’est une obligation.  L’Évêque doit visiter son diocèse  tous les 5 ans. Il peut le faire par  ses délégués ou par lui-même. J’ai  pu faire deux visites et demie en 6  ans (la troisième a été interrompue  par la crise du COVID).  La première visite a été  merveilleuse : je restais 3 à 4  jours dans chaque paroisse chaque  semaine : rencontre du prêtre,  des responsables, des jeunes, des  acteurs économiques et politiques.  Cette première prise de contact a  été extrêmement fructueuse pour  connaître les communautés, les  personnes et les lieux. C’est au  cours de cette visite « synodale »  que le Plan Ecclesia’M 2020 s’est  élaboré. 5 grands chantiers ont été  lancés avec pas mal de réformes.  La deuxième visite s’appuyait sur  les districts et visait à accompagner  le dynamisme charismatique  d’un certain nombre de réseaux  pastoraux (famille, catéchèse,  cheminement, liturgie, groupes  de spiritualité, CPAE, accueil et  secrétariat, catéchuménat...). Elle  m’a permis d’organiser le diocèse  en 12 grandes Pastorales pour le  Plan pastoral CAP 2025. La dernière visite pastorale  inachevée portait sur deux objectifs  :  l’entourage et la PCE des prêtres et  la pastorale des jeunes adultes 25-35  ans et plus… tout un programme ! EEM :  Vous avez décidé d’ouvrir un  séminaire diocésain. Pourquoi et  quels en sont les fruits ? C’est un vieux projet des évêques  de la Province. Un essai en  Guadeloupe n’avait pu perdurer  il y a quelques années. Le fruit,  c’est que le nombre de candidats  au sacerdoce a été multiplié par  10  ! Je voulais que les futurs prêtres  prennent racine dans leur terreau  ecclésial avant d’être transplantés  momentanément pour enrichir leur  expérience sous d’autres cieux. Cela  permet aux prêtres de Martinique et  Mgr Macaire ! Joyeux anniversaire  d’ordination épiscopale,

Page 8

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 8 VIE DU DIOCÈSE aux communautés d’accompagner  de jeunes vocations. Je les remercie,  notamment le père Emmanuel  Chaulvet qui est le maître d’œuvre  de ce projet. Le Foyer Dominique  Savio, aujourd’hui dirigé par le père  Sosthène Godjo, a lui aussi le vent  en poupe puisqu’une quinzaine de  jeunes de 15 à 22 ans frappe à la  porte pour demander à l’Église de  discerner leur vocation. L’un des  outils de ce cheminement est la  prière des vêpres solennelles tous  les dimanches soir, spécialement  dédiée à la Pastorale des vocations.  Un bémol, c’est l’absence de projet  pour les filles. Bien que notre diocèse  compte des novices et postulantes  dans certaines communautés  religieuses. EEM :  Dans les rêves et les projets  que vous avez eus pour le diocèse,  lesquels avez-vous pu réaliser et  d’autres pas encore ? Sincèrement, je préfère réaliser les  rêves des autres. Tous les projets  sont issus d’autres personnes  qui sont venues les soumettre à  mon discernement pastoral. Par  exemple : •   la mise en place des districts est  un projet de Mgr Méranville, mon  prédécesseur ;  •   l’ICEA, notre plateforme  universitaire, est l’idée, au départ,  de frères et de sœurs autour du  père Lafine ;  •    la  catéchèse familiale est venue  du père Monconthour et de ses  adjointes aux Trois-Ilets ;  •    la  Pentecôte des Familles est un  projet de la Pastorale familiale  avec Alain  et  Béatrice Arnaud,  du Service de la catéchèse avec  le diacre Pierre Valley et du  Renouveau charismatique, avec  Raymonde Moundangui, etc. Je remercie le père Gibon, mon  Vicaire Général et le père Alain  Ransay,  président du bureau  du conseil presbytéral, de me  conseiller quotidiennement. Moi,  je ne suis qu’un « pontife » : je  fais des ponts ! J’invite les uns et  les autres à travailler ensemble et  je peux compter sur des maîtres  d’œuvre.  Mon rêve, c’est que le  travail en commun, le soutien et  l’admiration mutuels deviennent  des réflexes à tous les niveaux. Que  dès que quelqu’un a un projet, que  les autres le soutiennent, plutôt que  de critiquer. D’un autre côté, que le  porteur de projet pense d’emblée  à associer d’autres groupes à son  projet. EEM :  Pensez-vous que l’Église  a son mot à dire dans le débat de  société ? Oui, nous sommes déterminés à  cela, parce que nous y entendons  un appel de Dieu à « donner une preuve parlante de solidarité, de respect et d'amour à la société, en dialoguant avec elle sur ces différents problèmes, en les éclairant à la lumière de l'Évangile et en mettant à sa disposition la puissance salvatrice que l'Église reçoit du Christ par l’Esprit-Saint. Il s'agit de sauver et de renouveler la société humaine » (Vatican II Gaudium et Spes N°3). C’est entre  autres, le travail de l’OSPEM,  animé par Yves-Marie Grivalliers  d’entrer en dialogue avec le monde  politique.  L’encyclique  Laudato Si du pape  François exprime parfaitement le  projet politique qui peut sauver la  terre et le peuple de Martinique. La question de l’avenir de la planète est une question cruciale pour de nombreux chrétiens. Le diocèse de Martinique a obtenu le label « Église Verte », et s’engage au quotidien dans l’écologie. Je remercie Nicole Déglise et les équipes Laudato Si du diocèse. De nombreux groupes, entre autres des écoles, s’associent à ce projet. EEM :  Dans ce contexte parfois un  peu difficile, comment poursuivez- vous avec confiance le chemin de  la rencontre et du dialogue au  service de la paix ? Dans une parole prophétique,  le 30 octobre 2019, sur la Place  Saint-Pierre, le pape François avait  adressé ces mots aux Martiniquais  :  « Demandez la grâce d’être remplis de l’Esprit Saint pour faire jaillir l’espérance du salut au cœur des ténèbres illuminées par le Christ ; pour vivre l’hospitalité, avoir une foi audacieuse qui brise les barrières et libère la joie du vivre ensemble ». Tout un programme !  On ne peut pas mieux définir le cap  pour les Martiniquais. EEM :  Monseigneur, où vous  rendez-vous pour prendre du  recul ? Nulle part. En vérité, je crois que  le pays est trop petit pour cela.  Quand je le peux, je me réfugie  aux monastères de Bout-Bois et de  Terreville ou au Foyer de Charité…  mais c’est rare et souvent rapide.  Bien-sûr, il y a mes parents.  EEM :  Quelles sont vos grandes  joies de pasteur du diocèse de  Martinique ? Les messes et toute l’ambiance qu’il  y a autour (le prêtre, les fidèles, les  chorales, les ministres, etc.). Un de  mes cérémoniaires me disait l’autre  jour : « Monseigneur, dès que tu  arrives à la messe, tu es transcendé  ».  Les autres jeunes ont rigolé  : ça doit  être vrai ! Plus généralement, toute  rencontre avec mes frères et sœurs,  notamment les plus pauvres, me  réjouit grandement.  ■

Page 9

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 9 Présentation de la Pastorale des vocations – sa mission Une vocation est un appel à la vie en a\bondance adressé par Dieu à une personne, appel  pour lequel une réponse li\bre est attendue. Cette réponse n’est pas le fait d’un seul  moment ; c’est un engagement qui est appelé à croître et à évoluer. On ne « possède »  pas  la  vocation  comme  une  chose  ;  c’est  une  invitation  à  cheminer,  à  grandir  avec  quelqu’un, le Christ, qui nous guide et nous accompagne de son Esprit pour que notre  vie soit resplendissante de sa Présence. U ne vocation peut impliquer un état de vie particulier (mariage, vie religieuse, sacerdoce, etc.), mais ne se limite pas à cela. Thérèse de l’Enfant Jésus n’était pas simplement « une » religieuse ; comme religieuse, elle a eu un appel bien personnel, unique… comme chacun de nous ! Les grandes options disponibles ne doivent pas nous faire oublier la singularité et la croissance de chaque appel. Elle traduisait entièrement le plan de Dieu sur chacune de nos vies, son projet divin d’amour. La Vocation est la traduction de cet amour du Christ pour ses créatures. Un appel au sacerdoce, à la vie consacrée, au célibat, au mariage ? Mais pas que…Un véritable appel à la sainteté. Ce désir profond qui nait en nous de faire Sa volonté, de Lui plaire et de l’aimer. Dans son homélie de la messe Chrismale, Mgr Macaire a fait un parallèle entre les douze ornements qu’il porte (de la soutane en passant par la mitre etc.) et les douze pastorales mise en place dans le Diocèse. Il attribue alors le Cordon à la Pastorale des Vocations comme symbole de l’engagement ferme de chacun pour le Christ. Les entités qui constituent cette Pastorale traduisent le plus simplement possible la joie de s’engager pleinement au service du Seigneur, sans regret, avec empressement et amour. Cette pastorale pourrait sembler invisible à vos yeux, mais elle s’exprime dans chaque fibre de l’eucharistie et de notre quotidien. Elle est composée de : • La Maison Saint Jean-Paul II • Le Foyer Dominique Savio • Les Maîtres de Cérémonie Diocésains • Les Servants d’Autel • Les Auxiliaires de Liturgie • Voc’Action Elle devient visible à l’Autel au service des prêtres et de l’Évêque à travers les Servants d’Autel et les Cérémoniaires. Elle prend son sens dans la formation des Séminaristes. Elle s’engage auprès des jeunes hommes qui veulent cheminer et discerner avec le Christ au Foyer Dominique Savio. Elle se fait don à travers les jeunes filles qui deviennent Auxiliaires de Liturgie. Elle se fait patience pour ceux (engagés ou pas) qui recherchent le Christ et souhaitent faire un pas vers Lui à travers les membres de Voc’Action. Le premier appel de Dieu est l’appel à la Sainteté. Aucun d’entre nous ne peut dire aujourd’hui que le Seigneur ne l’a pas appelé et qu’il ne peut rien faire dans l’Église ou pour ses frères. Appelés à la Sainteté, appelés à l’Amour. Le Seigneur nous affirme qu’Il se laisse trouver par tous ceux qui le cherchent. Alors cherchez le sans relâche, aimez vos frères sans limite et vous aussi vous serez unis sans partage à cette Pastorale des Vocations qui est notre quotidien, mais également le vôtre. « Vous me chercherez et vous me trouverez ; oui, recherchez-moi de tout votre cœur. Je me laisserai trouver par vous. » Jérémie 29, 13 Géraldine Seleucide Responsable diocésaine à la Pastorale des Vocations ■ ‘‘ Dans le cœur de l’Église, je serai l’amour. Thérèse de l’Enfant Jésus ‘‘ je serai l’amour. ‘‘ je serai l’amour. Thérèse de l’Enfant Jésus ‘‘ Thérèse de l’Enfant Jésus Elle devient visible à l’Autel au service des prêtres et de l’Évêque

Page 10

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 10 “10 jours” pour les Vocations Première section : Deuxième section : le Mariage la Vie Consacrée Pour que chacun réponde à sa vocation de saint, devienne pleinement signe du Christ. Jour ➊ Pour que les jeunes découvrent la vocation du mariage Père très Saint, par Jésus-Christ  Grand Prêtre éternel, nous  te prions : aide les jeunes à  comprendre qu’ils sont appelés  à faire de leur vie une vivante  offrande et un sacrifice saint à la  louange de ta gloire. A ceux que  Tu appelles à vivre le sacrement  du mariage, enlève de leur cœur  la peur de l’engagement. Aide- les à se détacher du monde et  des amours illusoires, pour que  le don de leur personne soit au  centre de leur désir de s’unir dans  ce sacrement et qu’ils deviennent  signe de ton amour.  Notre Père, 1 dizaine, Gloire au Père... Jour ➍ Pour les célibataires qui ne trouvent pas leur place dans l’Église Père très Saint, par Jésus-Christ Grand Prêtre  éternel, nous te prions : éclaire le cœur de celles  et ceux qui vivent le célibat, mais ne ressentent pas  un appel particulier et qui ont du mal à trouver leur place dans l’Église.  Qu’ils trouvent sur leur chemin des personnes qui leur permettent de  discerner ton appel et les aident à se mettre au service de l’É\ vangile.  Enlève dans le cœur de celles et ceux qui ont déjà entendu ton appel\   tout frein à la mise en œuvre de leur vocation, ainsi que la peur de  l’engagement qui les empêche de demeurer dans la confiance. Notre Père, 1 dizaine, Gloire au Père... Jour ➎ L’apostolat et la vie monastique Père très Saint, par Jésus-Christ Grand Prêtre éternel,  nous te prions pour celles et ceux dont Tu as embrasé  le cœur de charité et qui désirent se mettre au service  de l’Évangile et de leurs frères et sœurs dans le besoin.  Que ton Esprit les guide toujours pour que malgré les  situations compliquées ils demeurent dans l’action de  grâce. Nous te prions également pour celles et ceux  qui, attirés par Toi, veulent se retirer du Monde pour  vivre dans la prière, la contemplation et l’ascèse.  Donne-leur la force et le courage nécessaires pour  répondre à cet appel. Notre Père, 1 dizaine, Gloire au Père... Jour ➋ Pour demander des familles chrétiennes Père très Saint, par Jésus-Christ  Grand Prêtre éternel, nous te  prions : envoie ton Esprit sur les  couples qui vivent des situations  particulières dans leur mariage et  ceux qui rencontrent des difficultés  à cheminer vers le sacrement.  Apprends-leur, Père, à comprendre  que chacun est membre du même  corps dont la tête est le Christ ton  Fils. Ouvre leur cœur à l'accueil  de la vie, que ton Esprit les  accompagne dans l’éducation de  leurs enfants et qu’ils demeurent  dans la fidélité à ton Nom. Ainsi,  ils pourront être signes de l’Église,  Épouse de l’Unique Époux.  Notre Père, 1 dizaine, Gloire au Père... Jour ➌ Pour les couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant Père très Saint, par Jésus-Christ Grand  Prêtre éternel, nous te prions : console le  cœur des femmes qui n’ont pas pu enfanter,  celles qui ont perdu un enfant. Écoute le  cri des hommes qui n’ont pas pu tenir leur  enfant dans leurs bras, ceux qui ont perdu  leur épouse tandis qu’elle donnait la vie.  Viens au secours des couples qui ont du mal  à concevoir un enfant, puisque rien n’est  impossible à tes yeux. Fortifie ceux qui n’ont  pas pu accueillir la vie et donne leur d’avoir  part à une maternité et une paternité par  laquelle ils seront l’instrument de ton Amour. Notre Père, 1 dizaine, Gloire au Père... A l’occasion de la journée\7 mondiale de prière pour les vocations, les séminaristes de  la Maison Saint Jean\7-Paul II vous proposent de vivre avec eux la « dizaine \7» suivante. du 16 au 26 avril

Page 11

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 11 Troisième section : le Sacerdoce Jour ➐ Pour que chaque baptisé découvre qu’il participe au même sacerdoce Père très Saint, par Jésus-Christ Grand  Prêtre éternel, nous te prions : aide chaque  baptisé à contempler les mystères de  notre Foi. Pour que chacun puisse prendre  conscience que nous sommes tous appelés  à participer à l’unique sacerdoce du Christ.  Que ton Ange vienne toucher nos lèvres du  tison brûlant de ta Parole, pour que nous  annoncions l’Évangile. Aide-nous à aimer  comme le Christ nous aime, fais de nous  de véritables signes en ce monde et des  instruments de ta Miséricorde. Notre Père, 1 dizaine, Gloire au Père... Jour ➒ Pour demander de saints prêtres et pour les parents de prêtres Père très Saint, par Jésus-Christ Grand Prêtre  éternel, nous te prions : Seigneur donne-nous  de saints prêtres, des prêtres embrasés de ton  amour, pétris de la joie de l'Évangile. Image  de ta paternité, qu'ils nous aident à vivre en  frère et nous apprennent à ne désirer que le  ciel. Père, fais-nous aussi prendre conscience  que nous devons aider les prêtres que Tu  nous as donnés, à avancer sur le chemin  de la sainteté. Aide-nous à dépasser nos  critiques faciles pour être instruments de ta  grâce auprès des prêtres fatigués, blessés,  abattus, auprès des prêtres qui doutent et  qui ont peur des défis de l’avenir. Nous te  remettons également les parents de prêtres,  qui t’ont offert leurs fils. Daigne, Père très  bon, les combler de ta Grâce afin qu’ils  deviennent eux aussi des saints. Notre Père, 1 dizaine, Gloire au Père... Jour ➑ Pour les petits garçons, les jeunes hommes en chemin et les séminaristes Père très Saint, par Jésus-Christ Grand Prêtre éternel, n\ ous te  présentons le cœur de ces petits garçons et de ces hommes que Tu  appelles à la suite de ton Fils dans la voie du sacerdoce. Nous te  remettons leur famille, leur entourage qui pourrait être un frein à leur  vocation. Toi qui as dis “je vous donnerais des pasteurs selon mon  cœur", façonne les par ta Parole, qu’en eux nous voyions l’image  de ton Fils qui s’est livré pour nous. Nous te remettons également  Père, les séminaristes et ceux qui discernent, garde-les dans l’action  de grâce. Et qu’ils demeurent fidèles à la voix de ton Fils.   Notre Père, 1 dizaine, Gloire au Père... Jour ➓ La Sainteté (conclusion) Seigneur Jésus-Christ, Bien-Aimé Pasteur  de nos âmes, aide-nous à déposer entre  tes mains tout ce qui nous éloigne de toi.  Aide-nous à reconnaître notre condition  de pécheur pour que nous puissions  puiser abondamment à la source de ton  côté ouvert l’eau vive de ta Miséricorde.  Transperce de ton amour nos cœurs et  nos âmes. Que le seul désir qui puisse nous  tourmenter, soit celui du Tabernacle de notre cœur  qui recherche ta présence. Seigneur, fais de nous des saints, des  hommes et des femmes pétris du Mystère de la Croix, n’ayant pou\ r  seule force que la joie d’être faibles pour être entièrement comblés  de ta Grâce. Seigneur, ouvre nos yeux sur ces dons précieux  que Tu fais à ton Église, qui sont nos frères et nos sœurs que Tu  appelles à la vocation du mariage, à la vie consacrée, au sacerdoce.  Apprends-nous à ne pas être un frein dans leur cheminement, mais  à être une lumière dans la nuit de leurs épreuves. Que nos vies  te rendent témoignage Toi qui nous as donné ta vie, toi qui vis et  règne pour les siècles des siècles. Amen.   Notre Père, 1 dizaine, Gloire au Père... Jour ➏ La Virginité consacrée Père très Saint, par Jésus-Christ Grand Prêtre éternel, n\ ous te prions : soutiens celles et ceux qui pour l’amour de ton  Nom et par amour pour ton Fils veulent t’offrir leur virginité par le don total de leur personne dans la vie religieuse, la  vie consacrée. Enlève toute peur et toute honte du cœur des jeunes filles et jeunes garçons qui se sentent appelés à te  faire cette offrande de leur vie. Aide les couples à t’offrir la virginité de leur cœur, fortifie ceux et celles qui désirent te  consacrer leur veuvage. Pour que tous soient signe de la Lumière qui dissipe toute té\ nèbre.  Notre Père, 1 dizaine, Gloire au Père... Ces Dix Jours de prières peuvent être renouvelésà tous les moments de l'année  

Page 12

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 12 La Maison Saint Jean-Paul II Chers  frères  et  sœurs,  lecteurs  de  la  revue  diocésaine,  c’est  avec  ce  refrain  connu  que nous vous invitons à l’action de grâce. Oui, rendons grâce à Dieu d‘a\bord pour sa  présence à nos côtés, pour sa fidélité et sa miséricorde qui se déploient d’âge en âge.  Et rendons grâce, car des jeunes, entendant l’appel privilégié de notre Seigneur, ont  accepté de se mettre en route pour une aventure de la foi. C ette aventure de la foi a commencé pour certains, il y a quelques années, au foyer Dominique Savio, à Redoute. Armés de persévérance, accrochés à la Bonne Nouvelle reçue, ballotés de temps en temps en période de grand vent, des jeunes ont présenté leur demande pour entrer au séminaire. Et leurs désirs ont été entendus par notre archevêque, Mgr Macaire. Lorsque l’on se met en route à la suite du Seigneur, on ne sait jamais trop où Il nous amène finalement. Avec Dieu, il n’y a pas de frontières, et tout est occasion de nouvelles rencontres. A notre époque si tumultueuse et bruyante, c’est un défi quand un jeune décide d’avancer à contre- courant à cause de l’Évangile. Et c’était un challenge quand notre évêque David a décidé de l’ouverture en Martinique d’un lieu de formation pour ses séminaristes, sous le nom de « Maison Saint Jean-Paul II ». En règle générale, le séminaire dure au minimum 6 ans et se compose de deux cycles. Le premier cycle dure deux ans et s’appelle le cycle de philosophie. C’est ce premier cycle qui a vu le jour dans notre diocèse à l’archevêché. Merci de votre soutien et de vos prières pour tous les séminaristes de notre diocèse qui sont au nombre de 15 répartis sur les 2 cycles de formation : 1 er cycle en Martinique : Arnaud, Eddy, Xavier, Andy, Joseph, Matthias et Nicolas 2 nd cycle à Toulouse : Samuel, Smith, Emmanuel et Giovanni Fin de 2 nd cycle en Martinique : Franck, Christophe Diacres : Robert-Marie et Giovanny Que le Seigneur nous garde dans la joie de le suivre, de le servir, de l’annoncer et de l’aimer. Bonne fête de Pâques. Père Emmanuel Chaulvet, Délégué de l’évêque à la Pastorale des Vocations ■ VIE DU DIOCÈSE ‘‘ Que tes œuvres sont grandes, que tes œuvres sont belles, Seigneur, Seigneur, Tu nous combles de joie ! ‘‘ Chers  frères  et  sœurs,  lecteurs  de  la  revue  diocésaine,  c’est  avec  ce  refrain  connu  ‘‘ Chers  frères  et  sœurs,  lecteurs  de  la  revue  diocésaine,  c’est  avec  ce  refrain  connu 

Page 13

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 13 H omme de Martinique, lève- toi !... Pour marquer le commencement de l'année de saint Joseph et célébrer la fête du 19 mars, solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie, les hommes de Martinique étaient rassemblés au sanctuaire Notre-Dame du Sacré Cœur de Balata ce jeudi 18 mars, à 18h30. A l'initiative de la F raternité des ministres institués, de la Pastorale diocésaine des hommes et de différents groupes d'apostolat masculin, une eucharistie a été célébrée par les pères Yvon Caleb, Gérard Tietcheu et moi-même père Arnaud Goma. Grâce aux beaux chants entonnés par la chorale Pléniel, les hommes ont pu louer le Seigneur et rendre grâce à Dieu pour eux-mêmes et leur famille. Notre archevêque, Mgr Macaire, a créé la surprise en venant saluer nos hommes et leur a réaffirmer la place centrale qu'ils occupent dans son plan pastoral. Deux autres rendez-vous des hommes étaient au programme : le 21 mars à 15h (chapelet des hommes sur zoom) et le 27 mars à 6h30 (chemin de croix des hommes). Quelques photos en images. Père Arnaud Goma ■ L a Pastorale des Hommes en action C’est à l’occasion de la messe du vendredi 19 mars 2021 en l’honneur de saint Joseph que la Pastorale des hommes, fraîchement créée, a été présentée à la communauté du Morne-des-Esses. Les hommes ont mené de main de maître toute l’organisation de la célébration. On les retrouvait à tous les postes : accueil, liturgie de la Parole, chorale… « Vous êtes responsables devant Dieu et devant votre famille tout comme Joseph », leur a dit père Laurent, qui a par ailleurs rappelé lors de son homélie la place de l’homme dans la famille, dans la société, mais avant tout dans son église. « Vous avez un modèle de protecteur en Joseph…Vous êtes des gardiens, des intendants du trésor de Dieu. » Prions pour que la Pastorale des Hommes du Morne-des-Esses prenne toute sa place au sein de la communauté, et s’y enracine pleinement pour y porter des fruits en abondance. ■ Au sanctuaire Notre-Dame du Sacré Cœur de Balata … … et à la paroisse S aint Paul du Morne-des-Esses Quand les hommes font Eglise… VIE DU DIOCÈSE la société, mais avant tout dans son église. fruits en abondance. (chapelet des hommes sur zoom) et le 27 mars à 6h30 (chemin de croix des hommes). Quelques photos en images.

Page 14

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 14 Dieu nous emploie comme am\bassadeurs pour dispenser son amour et sa justice autour de nous… L’EGLISE FACE À LA CRISE SOCI\nÉTALE À LA MARTINIQU\nE DOSSIER Depuis de nom\breux mois, la Martinique vit ce que \beaucoup appellent une crise sociétale.   Mais,  quel  rôle  doit  jouer  l’Eglise  face  à  cette  crise ?  Certains  diront  qu’à  aucun  moment,  Jésus  ne  s’est  laissé  enrôler  par  la  politique !  Il  ne  s’est  pas  joint  par  exemple  aux  zélotes  (activistes politiques) qui voulaient li\bérer Israël de l’oppression politique des Romains par la  violence. Pour autant, Jésus ne nous a jamais promis une vie sans souffrance. Au contraire,  Il  nous  a  promis  que  ce  monde  serait  porteur  d’épreuves  (pauvretés,  chômage,  inégalités  socio-raciales, etc.). Mais nous pouvons garder espoir, car ce n’est pas le \bout du tunnel.  L ’Eglise n’a de cesse d’observer la situation du monde contemporain et de donner des indications concrètes d’action, d’après le message chrétien d’amour fraternel envers tous les hommes. Elle se préoccupe particulièrement des pauvres, des vulnérables et des opprimés. Pour les membres de l’Observatoire Socio-Politique de l’Eglise en Martinique (OSPEM), face à cette crise sociale, l’Eglise a un rôle à jouer et ce, à plusieurs niveaux : • Faire prendre conscience à la population que ce n’est pas par la violence que les différends seront réglés, mais par le dialogue. • Rappeler que pour obtenir une société plus égalitaire, nous devons réapprendre à être solidaires entre nous ; en optant aussi pour le circuit court de consommation permettant ainsi à nos petits producteurs de vivre, sans pour autant boycotter les grandes surfaces où bon nombre de nos compatriotes travaillent. • Rappeler que nous vivons dans un système économique mondialisé. Pour autant, il est de notre responsabilité personnelle et collective de développer notre résilience territoriale en développant des projets innovants, notamment en matière d’économie circulaire. • Rappeler que le vieillissement de notre population favorisé par l’exode des jeunes et par le nombre croissant d’avortements sur notre territoire ouvre la porte à de nouveaux métiers, axés sur la gériatrie par exemple, susceptibles d’intéresser les jeunes chômeurs. • Inciter les grands chefs d’entreprises à faciliter l’emploi de jeunes Martiniquais compétents à des postes à responsabilité au sein de leurs entreprises. • Inciter les responsables de la pollution à assumer leurs responsabilités en finançant des études permettant de décontaminer les sols et en mettant en place un système de santé prenant en charge les ouvriers agricoles malades suite à l’exposition aux molécules du chlordécone. • Rappeler à chaque citoyen martiniquais qu’en matière de pollution, trier ses ordures relève de la responsabilité et de la conscience de chacun dans l’esprit de l’encyclique Laudato Si du pape François. Jésus nous encourage à être « attentifs les uns aux autres pour nous stimuler à vivre dans l’amour et à bien agir » (Hébreux 10, 24). Alors pas de doute ! Dieu nous emploie comme ambassadeurs pour dispenser son amour et sa justice autour de nous. Julie, Janickaëlle, Livia et Yves-Marie (OSPEM) ■

Page 15

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 15 L e peuple d’Israël n’est pas le plus grand des peuples, bien au contraire. Il a la nuque raide et il est de petite taille. De plus, ce n’est pas un peuple confortablement installé, il n’est pas toujours homogène. 1 Il est entouré de voisins puissants. Les empires se succèdent et étendent tour à tour leur domination sur la région, imposant leur marque. Ce petit peuple, comme ses voisins, doit composer sans cesse avec cette réalité. C’est l’éternel combat de David contre Goliath. La Bible nous apprend que David sort vainqueur du combat quand il s’appuie sur Dieu. Mais Israël n’a pas toujours eu cette sagesse, préférant s’appuyer sur des alliances politiques, ce qui eut des conséquences fâcheuses. L’expérience de l’exil illustre à merveille ce propos. En effet, au début du 6 ème siècle av. J-C c’est la catastrophe. Le royaume de Juda 2, vaincu par les babyloniens, va connaître les angoisses de la déportation. L’élite du peuple (les principales forces) est emmenée en captivité à Babylone avec, pour seul repère, quelques rouleaux de la Parole de Dieu. Les déportés se retrouvent sans terre natale, sans roi et loin du Temple, lequel a été réduit en ruines par l’envahisseur babylonien. Les Judéens se retrouvent parmi des déportés d’autres nations, victimes elles aussi de la grande Babylone. Ils risquent, de ce fait, de perdre leur identité. Leur disparition semble programmée 3. Mais, contre toute attente, suite à l’avènement de Cyrus le Grand (50 ans plus tard), on retrouve ce « petit reste » zélé pour la Loi, ayant pris conscience de son identité et prêt à rebâtir Jérusalem et le Temple. Que s’est- il passé ? Durant cette période de captivité, les Judéens ont relu leur histoire, celui d’un peuple choisi par Dieu. Cette expérience donna naissance à une grande maturation théologique : l’Exil aura donc été un temps de retraite fructueux et de relecture spirituelle intense à la lumière de la Parole. Dieu a multiplié un « petit reste » et ouvert un avenir à tout un peuple menacé d’extinction. Quel contraste entre ces déportés abattus du début et ces revenants déterminés au final. C’est bien dans le style du Dieu d’Israël de procéder de la sorte. C’est déjà ainsi qu’il agit avec l’ancêtre du peuple d’Israël. Selon la présentation de la Bible, celui-ci est en train de se rendre à Canaan quand Dieu le rencontre et l’appelle : «Le Seigneur dit à Abram: " Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai… en toi seront bénies toutes les familles" » (Gn 12, 1-3). La suite du récit décrit le cheminement d’Abram (qui va devenir Abraham) et de son épouse à travers ce pays de Canaan, accompagné de la bénédiction du Seigneur. Avec les pérégrinations du patriarche, la bénédiction se répand pour une terre sur laquelle avait été prononcée une parole de malédiction (C’est sur Canaan et non sur Cham que les paroles de malédiction avaient été prononcées par Noé : Gn 9, 24-25). Les patriarches qui succèdent à Abraham sont eux aussi bénis tout au long de leur vie : la bénédiction continue de se répandre. La terre de Canaan devient la terre des nombreux descendants d’Abraham : une terre bénie. Même procédé dans l’Evangile : des moyens très simples et pauvres servent à l’accomplissement d’une œuvre grandiose : cinq pains et deux poissons pour nourrir une foule (Jn 6, 5-13), la graine de moutarde donne un arbre immense (Mt 12,31-32), un peu de levain fait gonfler toute la pâte (Mt 12,33). Encore une fois, quel contraste entre les débuts si ordinaires, voire insignifiants et le résultat extraordinaire à l’arrivée ! Et ce type de scénario pourrait se répéter. Notre Martinique si petite, avec ses difficultés économiques, ses pertes de repères selon certains, ses questionnements sur son identité, ses divisions, ses violences et son métissage ; notre Martinique face à l’absence de perspective, au non- accès au savoir nécessaire dans certains domaines, à l’enfouissement des projets intéressants… sans oublier les éternels classiques : fuite des jeunes, vieillissement de la population, est menacée de désespérance à l’instar des Judéens déportés à Babylone. D’une terre de désolation à \Cune terre d’espérance : un scénario pour la Martinique (Une vision bibliq\Cue et prophétique)

Page 16

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 16 NOTRE DAME DU GRAND RETOUR – MÉMOIRE BLES\nSÉE Cette petite île sur laquelle semble reposer une chape de plomb peut prétendre, elle aussi, à un avenir bien meilleur. Mais cela nécessite un retour à l’essentiel. Dans cet essentiel, quelques pistes peuvent se dégager : • croire que cela est possible ; • le retour à la Parole en prenant conscience que ce qui fédère des hommes, ce qui construit un peuple, c’est l’adhésion à une même parole, en l’occurrence pour le chrétien : la Parole de Dieu. C’est bien autour de cette Parole que les déportés se sont regroupés, ont connu une véritable renaissance et ont pu forger leur identité ; • cesser la quête effrénée vers la reconnaissance qui oriente les comportements et qui, à long terme, génère l’idolâtrie : recherche d’images valorisantes de soi… hypertrophie du Moi… chacun veut être vu … cité… remarqué… la peur de ne pas être reconnu… la récupération, voire le vol des outils d’autrui… Père Hugues Lafine ■ L’EGLISE FACE À LA CRISE SOCI\nÉTALE À LA MARTINIQU\nE DOSSIER I ncontestablement nous traversons une crise… Je la qualifierai de crise d’espérance. De fait, qu’est-ce qu’un jeune Martiniquais qui réfléchit à son avenir peut espérer aujourd’hui ? La France est devenue une nation en voie de paupérisation ; elle est hyper- endettée, désindustrialisée et en proie au communautarisme. L’horizon est très incertain pour elle. Et, dans notre Île, au même moment, on casse des statues dont celle de Victor Schœlcher ! On a le sentiment que les adultes qui poussent nos jeunes dans ces combats d’arrière- garde sont dans une forme d’autisme intellectuel… Au regard de cela, que dit l’Église aux jeunes Martiniquais et que fait-elle pour elle ? Elle prêche l’Espérance et s’engage notamment au niveau de la formation : il s’agit pour elle d’adapter nos jeunes à ce monde qui se dessine à l’horizon. Il convient qu'ils soient agiles intellectuellement (formés à l'interdisciplinarité) et capables de travailler en groupe pour promouvoir l’intelligence collective seule en mesure de contrer l’Intelligence Artificielle -il s’agit de se situer en complémentarité avec elle et non en adversaire. De nouveaux métiers qui tiennent compte de notre environnement doivent être promus visant à la valorisation des déchets, à l'exploitation de notre extraordinaire biodiversité et à la sécurisation d’internet. L'urgence pour l'Église est de stopper la préparation de nos jeunes au métier de chômeur ou de migrant économique tout en leur transmettant les valeurs chrétiennes qui ont toujours été le ciment de notre population diversifiée et le remède à ses multiples blessures. Père Alain Ransay Délégué épiscopal à l’Education ■ Une crise d’espérance… 1 Le père d’Abraham part d’Our en Chaldée pour se rendre au pays de Canaan. Ruth la moabite une étrangère, est l’ancêtre lointaine du roi David. Retenons également ce que dit Ez 16,7 s’adressant à Jérusalem : « Par tes origines et par ta naissance tu es de la terre de Canaan, ton père était l’Amorite et ta mère une hittite ». Comment comprendre alors des textes qui racontent autre chose au sujet des origines : Exode, Josué… D’un point de vue religieux, la croyance au dieu Baal persiste assez longtemps au sein du peuple (ex : le veau d’or en Ex 32, l’installation des deux veaux d’or dans le royaume du Nord : 1 Roi 12, le combat d’Elie contre les prophètes de Baal : 1Roi 18) 2 Après la mort de Salomon, son royaume fut divisé en deux : le royaume du Nord appelé Israël et le royaume du Sud appelé Juda (931 av. JC) 3 Le royaume du Nord, quant à lui, avait déjà connu des malheurs similaires avec l’invasion des Assyriens environ un siècle et demi plus tôt (722 av. J-C)

Page 17

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 17 Interview de  M. Alain Arnauld Directeur Général de l’ICEA Q ue pensez-vous de la crise  sociétale que traverse  la Martinique depuis  quelques années ? Depuis plusieurs années, nous  sommes alertés par certains  indicateurs sur un mal-être sociétal  en  Martinique (taux d’IVG, diminution  des effectifs scolaires, taux de familles  monoparentales, moyenne d’âge en  Martinique, taux de chômage …). Le scandale du chlordécone arrive sur  ce substrat de malaise sociétal, qui,  catalysé, semble révéler une crise plus  profonde, identitaire, en lien avec un  fort sentiment d’injustice. Comment est vécue cette crise selon  vous ? Il me semble que la volonté manifestée  par les différentes composantes de  la société martiniquaise est de faire  bouger les choses, de changer le  monde en quelque sorte. Les formes  d’expression utilisées vont du débat  verbal ou écrit à des actes de violences  verbales ou physiques. Quel serait selon vous le rôle que  devrait jouer l’Eglise dans cette crise  sociétale ? L’Eglise éclaire les consciences et  propose toujours la Bonne Nouvelle  de l’Evangile (répétition utile et  heureuse) par sa doctrine sociale  dont la version la plus actualisée est  exprimée dans les lettres encycliques du pape François Laudato Si’ et Fratelli tutti : sauvegarde de notre  maison commune et fraternité en  humanité. Quelle réponse apporte-t-elle ou  pourrait-elle apporter ? L’une des réponses apportées par  l’Eglise diocésaine est précisément  la création de l’ICEA il y a 3 ans  sous  l’impulsion prophétique de Mgr  David Macaire. Il s’agit de proposer  des études supérieures ambitieuses et  de qualité permettant aux étudiants :   D’apprendre à conduire des  changements en apprenant encore  mieux à apprendre, à comprendre  et à agir ensemble ;   De mieux connaître la réalité socio- économique de notre territoire et  l’esprit entrepreneurial grâce aux  parrainages d’un chef d’entreprise  ou d’un cadre dirigeant, ainsi que  le mécénat de grandes entreprises  locales permettant la mixité  sociale ;   De s’ouvrir à l’international grâce  au partenariat avec une université  canadienne, l’Université Saint- Paul, permettant l’obtention  d’un double diplôme : Licence  européenne sous jury rectoral et  Bachelor nord-américain, soit un  diplôme Bac +4 en 3 ans ;   De renforcer des soft skills  (compétences psychosociales)  telles que la confiance en soi,  l’estime de soi, l’empathie,  la capacité d’argumenter, de  convaincre, la démarche de projet,  particulièrement son propre projet  professionnel et de formation par  un accompagnement adapté ;   D’utiliser les technologies les plus  avancées et efficaces en termes  de visio-conférence et de travail  à distance dans le cadre d’un  bâtiment moderne construit avec le  cofinancement de fonds européens  (FEDER), de la CTM et le soutien  indéfectible de la mairie de Fort- de-France.  ■ ‘‘ ‘‘ Pour tout complément d’information, vous pouvez consulter le site  www.ice-edu.fr contacter le 0596 54 38 22 ou le 0696 27 10 44.  Pour tout complément Que fait Dieu ?... et que devons-nous faire ? Dans cette situation historique et sociale, que fait Dieu? Il prend la c\ roix. Jésus prend la croix, c’est-à-dire qu’il prend en charge le mal que comporte cette réalité, le mal physique, psychologique \ et surtout spirituel, car le Malin profite des crises pour semer la méfiance, le désespoir et la zizanie. Et nous? Que devons-nous faire? La Vierge Marie nous le montre, la Mère de Jésus qui est aussi sa prem\ ière disciple. Elle a suivi son fils. Elle a pris sur elle sa part de souffrance, d’obscurité,\ de perplexité et elle a marché sur le chemin de la passion en gardant la lampe de la foi allumée dans son cœur. Avec la grâce de Dieu, nous pouvons aussi faire ce chemin. Et, le long\ du Chemin de Croix quotidien, nous rencontrons les visages de nombreux frères et sœur\ s en difficulté: nous ne pouvons pas passer outre, laissons notre cœur être ému de compassion et approchons-nous. Sur le moment, \ comme le Cyrénien, on pourrait penser : « Pourquoi justement moi ? ». Mais alors nous découvrirons le don qui, sans notre mé\ rite, nous a été fait. Pape François   https://fr.zenit.org/2021/03/28/            

Page 18

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 18 ? Question AN TCHÈ LÉGLIZ-LA ‘‘ 1 – C’est quoi le pardon pour toi ? 2 – As- tu déjà fait l’expérience du pardon donné ? reçu ? ‘‘ Le pardon est la capacité de prendre sur soi pour comprendre l’offense de l’autre de manière à atténuer sa souffrance. C’est en fait se détacher de cette souffrance par amour pour l’autre. J’ai fait deux fois l’expérience du pardon donné. Le pardon reçu ou donné émane de Dieu. Car Dieu est l’artisan du pardon. Juliette Morot, paroisse de Ducos Le pardon est le fait de prendre sur soi pour dire à l’autre que je ne t’en veux pas pour le mal que tu m’as fait, pour les paroles blessantes qui ont été dites, pour les attitudes désagréables que l’autre a pu avoir. J’ai déjà fait l’expé- rience du pardon donné ou reçu. Cela fait du bien lorsque l’autre s’excuse, même si les actions précédentes ne sont pas effacées. Mais cela prouve que cette personne a mûrement réfléchi et qu’elle a pu comprendre le mal qui a été fait, la blessure provoquée par les actes, les comportements. Dire pardon est bénéfique pour l’un et pour l’autre. Le pardon renvoie à une situation difficile, car bien souvent nous avons blessé quelqu’un mais nous avons été blessés nous-m\ êmes. Et nous ne savons pas toujours comment nous positionner dans la relation à nous-mêmes et dans la relation à l’autre. Nous sommes perdus entre sentiment et émotion, entre permis et interdit. Il est peut être bon de se souvenir de la parole du Christ qui nous invite à pardonner du fond du cœur, « jusqu’à la plénitude du 70 fois 7 fois » (Matthieu 18, 21-22). Ce Christ qui nous dit « venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et je vous procurerai le repos » (Matthieu 11, 28-30). Nous pouvons aussi méditer le psaume 84 \ : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ». Le pardon réclame à la fois un travail de soi sur soi et une ouverture à la puissance divine pour faire l’expérience de la miséricorde. Faire la vérité, accepter de reconnaitre qu’on est blessé et que naissent en nous des sentiments légitimes de violence : colère, vengeance. Nous devons accepter et ne pas nier ce qui se passe en nous pour confesser notr\ e propre faiblesse, notre pauvreté et nous en remettre à Dieu qui seul peut nous sauver. Nous avons besoin de dire, de partager sur ce qui s’est passé. Cela nous aidera à faire le deuil nécessaire en ce qui concerne ce que nous avons perdu. Il nous faudra certainement passer par l’expérience du pardon donné à soi-même, d’être aimé par Dieu et d’être pardonné par lui. C’est là que nous trouverons la force nécessaire pour comprendre celui qui nous a offensés et plus tard donner un sens à toute cette expérience qui nous a malmenés peut être gravement, pour en sortir grandi. Le résultat ne dépend pas de notre volonté directe mais de Dieu que nous laissons agir en nous pour que la situation soit réglée dans l’amour, la vérité, la justice afin que la paix puisse régner. Chemin personnel mais aussi collectif, afin que tous ensemble, nous grandissions dans l’unité et la paix, dans nos familles et tout le p\ ays Martinique, qui que nous soyons, quelles que soient nos origines. Pardonner nous fait faire l’expérience de la guérison intérieure et nous fait connaitre la joie de Dieu. Père Jean Michel Monconthour Le pardon c’est d’abord aimer. Il ne s’agit pas d’un axiome ! Est-ce aussi facile à dire, à écrire, qu’à faire ? Comment pardonner à mon frère, à ma sœur les couleuvres avalées, les trahisons infâmes, les blessures qui reviennent comme des leitmotiv ? Il est nécessaire de demander au Christ ressuscité de nous aider afin de pardonner, afin de susciter en nous ce désir de pardon. Pardonner jusqu’à 77 fois 7 fois. Mais il faut également lui demander de ne pas retomber dans la tentation du déni de pardon. Il nous arrive de blesser l’autre consciemment, ou inconsciemment, ou encore méchamment. Dans son amour inconditionnel, le Seigneur nous répond : « va, ne pêche plus ». Lily Thévenard, paroisse de Coridon Alexandra Célestine, paroisse de la Cathédrale

Page 19

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 avril 2021 – n° 619 19 Dimanche 11 avril : • 7h30 : Messe et confirmation au Centre pénitentiaire de Ducos • 15h : Ordinations presbytérales de Jacques Platon et Robert-Marie Beaufour suivies des Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 13 avril : • Conseil épiscopal Mercredi 14 avril : • Rencontre des confirmands de la paroisse de Bellevue (1 er groupe) • 17h30 : Catéchèse de l'Évêque à Emmaüs (Horaire couvre-feu) Jeudi 15 avril : • Cours de Théologie de la spiritualité en visioconférence Samedi 17 avril : • Journée de récollection et messe avec les membres de la P astorale de la santé Dimanche 18 avril : • 10h : Messe à la paroisse des Anses d’Arlet • 17h : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 20 avril : • Conseil épiscopal Mercredi 21 avril : • Rencontre avec les confirmands des paroisses de Bellevue, Bellefontaine, Case-Pilote et Séminaire Collège • 18h : Catéchèse de l’Evêque à Emmaüs Jeudi 22 avril : • Cours de Théologie de la spiritualité Samedi 24 avril : • Rencontre avec les jeunes du Foyer St Dominique Savio • Rencontre "Samedi de la foi” avec l’école primaire du Couvent St Joseph de Cluny • 15h : Confirmation à la paroisse de Trinité Dimanche 25 avril : • 9h30 : Messe au quartier « Bo Kannal » • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Agenda de l’Archevêque ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\7 MARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père Pinchon BP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\7X Téléphone : 06 96 3\710 333 - E-mail : m\7ichel.pouch@wanadoo.fr oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer  sur les possibilités de legs, donations et assurances-vie à l’Association Diocésaine. oui ,je  souhaite  être  contacté  pour  un  rendez-vous  au  Service  des  legs  et  donations ou à mon\C domicile. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’espérance en héritage DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part Mes coordonnées  ❏ Mme ❏ Melle    ❏ M. Nom  Prénom Adresse   Code postal Ville  Téléphone E-mail Paroisse  (facultatif) POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\7INIQUE 99.5 - 101.3 et105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr 1 – C’est quoi le pardon pour toi ? 2 – As- tu déjà fait l’expérience du pardon donné ? reçu ?

Page 20

La vocation des jeunes ON Y CROIT ! des futurs jeunes prêtres Aidez l’Église à financer la vocation et la formation des séminaristes donnonsmafoi.com

Numéros précédents