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E g lise en MARTINIQUE R edynamisons l’agir missionnaire ! N° 627 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 17 OCTOBRE 2021

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23 S ommaire L a Parole de Dieu est vivante et éclaire notre vie. En effet, dimanche dernier, l’Évangile nous parlait des dangers de la richesse. Aujourd’hui, en ce 29 e dimanche ordinaire B, il aborde la question du pouvoir. Ce que propose l’Évangile, ce n’est pas un pouvoir sur les autres, mais bien un pouvoir pour les autres. Jésus dénonce ainsi les rapports de force et de supériorité. Nous sommes donc invités à revisite\ r la notion de service : " Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir ". Nous sommes appelés tous à devenir les serviteurs les uns des autres, dans la foi. La grandeur du disciple se mesure dans sa capacité à servir humblement et fraternellement. Celui qui suit le Christ ne peut être que missionnaire. À l’instigation du pape Pie XI en 1926, l’avant-dernier dimanche du mois d’octobre de chaque année est le « Dimanche missionnaire mondial ». Cette année, la Journée missionnaire aura lieu le 24 octobre sur le thème : « Il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu » (Ac. 4,20). À l’occasion de cette Journée, le pape François nous rappell\ e que « même les plus fragiles, les plus limités et les plus bles\ sés peuvent être missionnaires à leur manière, parce qu’il faut \ toujours laisser le bien se communiquer, même s’il coexiste avec de nombreuses fragilités ». La Journée consacrée à la mission est précédée, à compter du 17 octobre, de la Semaine\ missionnaire mondiale qui invite les catholiques à la prière et au partage afin de soutenir la mission des Églises locales du monde. Rendons grâce au Seigneur pour tous ceux qui se mettent au service des autres sans rien attendre en retour. Le dossier présenté dans cette édition est intitulé « Vivre la mission ». Il est introduit par le Vicaire épiscopal chargé d’accompagner les pastorales diocésaines. Vous y trouverez des témoignages de laïcs et de consacrés au cœur de la mission. \ La rubrique « An tjè Légliz-la » traite également de la m\ ission, thème général de la revue. Avec sainte Thérèse de Lisieux, Patronne de la mission, prions le « maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». A Dieu seul revient de glorifier ceux qui veulent servir à la suite de Jésus. Accueillons « Jésus serviteur » et faisons le point sur notre engagement missionnaire qui doit se nourrir d’abord de notre foi au Dieu unique. Tous missionnaires ! Justine Lordinot ■ EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE POINT DE VUE •  La Parole Dominicale •  L’agir missionnaire •   Par\bicipa\bion des laïc\ns à la mission de l’Église Ex\brai\b du Décre\b sur l’apos\bola\b des laïcs  Apos\bolicam Ac\buosi\ba\bem •   Res\baurer les « blessés de la vie » dans le Chris\b •  La joie de la M\nission •  Dieu res\be le proprié\baire de \bou\be mission •  In\berview de père Jacques Pla\bon •   Zoom sur… les Servan\bes diocésaines  de No\bre-Dame de la Délivr\nande (SNDD) •   La mission es\b abondan\be  e\b les ouvriers peu nombreux •  Commen\b vis-\bu la\n mission ? •  Es\b-ce facile ? •  Quelles son\b les diffi  cul\bés ? •  Que faudrai\b-il pour que la \nmission soi\b aisée ? •  La paroisse de Sain\be-Thérèse en fê\be •  Page Jeunes •  La pédophilie e\b \nla pédocriminali\bé •  L’époque de la grande Conversion Missionnaire •   Message du sain\b-père françois pour  la Journée Mondiale des Missions 2021 3 •   Message du sain\b-père françois pour •   Message du sain\b-père françois pour  EGLISE UNIVERSELLE 6 7 •   Par\bicipa\bion des laïc\ns à la mission de l’Église 10 11 12 13 AN TJÈ LÉGLI\b-LA 18 1010 Dossier : VIVRE LA MISSION 4 5 9 EDITORIAL 2 13 14 15 17 AGENDA DE L'EVEQUE 19 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 3 L’époque de la grande Conversion Missionnaire MOT DE L’ÉVÊQUE ‘‘ Seuls moi et mes défauts sont coupables et non pas le monde autour de moi. Albert Camus ‘‘ Albert Camus ‘‘ Albert Camus D ans 100 ans, quel titre les  historiens et journalistes  donneront-ils au chapitre  consacré à la religion du début  du XXI ème  siècle en Martinique ?  Parlera-t-on alors de « l’époque du  grand effondrement » ? Ils citeront  certainement la lettre d’orientation  pastorale de ce début d’année publiée  dans Eglise en Martinique. Ils diront :  « Malgré un constat alarmiste soulignant et signalant « le vieillissement des assemblées et des cadres, l’éloignement des jeunes, la baisse des finances, la perte de confiance dans les pasteurs (cf. rapport de la CIASE), les divisions internes et l’esprit de chapelle… », les catholiques martiniquais se sont recroquevillés dans l’attentisme et l’immobilisme. Devenus un peuple vieilli et ralenti, les chrétiens des années 2020 se sont montrés incapables de relever les défis du temps ! » Des théologiens ajouteront une analyse  plus spirituelle :  « Des réformes structurelles et maintes initiatives ont tenté de réveiller les catholiques. Mais les communautés majoritaires, nombreuses et encore ferventes, à l’époque, n’ont pas réussi à se renouveler profondément. Le conformisme, les peurs, les habitudes, les divisions et critiques internes comme la pusillanimité insulaire auront eu le dessus. Une terrible cécité devant les signes des temps et une tenace surdité aux appels incessants de leur pasteur à une conversion missionnaire aura contristé l’Esprit-Saint. Le petit nombre de catholiques du XXII ème siècle est-il le résultat de la fatalité ou de l’incurie de ceux qui les ont précédés ? » Rassurez-vous frères et sœurs, je  ne crois pas au déterminisme de  ce récit-catastrophe dont rêvent  les ennemis de l’Eglise. Je crois au  contraire que l’Eglise en Martinique,  société théandrique (composée  par des hommes mais gouvernée  par Dieu) est aussi une société  décolonisée. Une société humaine  libre qui, poussée par la grâce,  écrit sa propre histoire. Elle a choisi  de ne plus jamais être esclave, ni  des autres, ni des passions ou des  violences humaines. Les catholiques  ne se laissent pas capturer, ni  dominer, ni acheter, ni vendre, par  des trafiquants d’êtres humains,  des trafiquants d’idéologie, des  trafiquants de drogue, des trafiquants  de bien de consommation, ni par des  traficoteurs d’une culture avilissante.  Un catholique est un révolutionnaire,  ou il n’est pas : « Ce sont les violents  qui s’emparent du Royaume des  Cieux » (Mc 11,12). Alors voilà ce qu’écriront les  historiens des siècles futurs : « Contre toute attente, les catholiques martiniquais ont su, dans les années 2020, se doter des structures prophétiques qui leur ont permis de traverser la crise. L’appel du pape François à une Église synodale a vu émerger des communautés où laïcs et pasteurs apprirent à marcher ensemble. Les paroisses que l’on croyait endormies ont miraculeusement trouvé les ressorts pour devenir des communautés fraternelles et missionnaires. La jeunesse et les familles que l’on pensait déconnectées d’une religion hautaine, ont été heureuses de (re)trouver chez les catholiques un accueil ouvert et rassurant, un espace de discernement, d’encouragement et d’engagement. Investis dans la société, les catholiques jadis affaiblis par leurs divisions internes et un certain complexe de supériorité ont réussi, par le ferment de l’Evangile, à faire lever la pâte de la solidarité fraternelle... Alors que les cultes du supermarché de la foi (le paysage religieux de l’époque) n’offraient qu’une « variété émotive », une liturgie catholique simple, belle et profonde a su ramener les âmes vers la célébration contemplative des mystères divins. Il convient d’appeler cette période « l’époque de la grande Conversion Mission- naire » Qui vivra verra !  + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France  ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 4 EGLISE UNIVERSELLE\n C hers frères et sœurs, Quand nous expérimentons  la force de l’amour de Dieu,  quand nous reconnaissons sa présence  de Père dans notre vie personnelle et  communautaire, il nous est impossible  de ne pas annoncer et partager ce que  nous avons vu et entendu. […] L’expérience des a\opôtres L’histoire de l’évangélisation commence  par une recherche passionnée du  Seigneur qui appelle et veut engager  avec chaque personne, là où elle se  trouve, un dialogue d’amitié (cf. Jn 15,  12-17). Les Apôtres sont les premiers à  nous rapporter cela, se rappelant même  le jour et l’heure où ils le rencontrèrent :  « C’était vers quatre heures de l’après- midi » (Jn 1, 39). L’amitié avec le Seigneur,  le voir guérir les malades, manger avec  les pécheurs, nourrir les affamés,  s’approcher des exclus, toucher les  personnes impures, s’identifier aux  nécessiteux, inviter aux béatitudes,  enseigner d’une manière nouvelle et  pleine d’autorité, laisse une empreinte  indélébile capable de susciter  l’étonnement et une joie expansive et  gratuite qui ne peut être contenue. […] Comme les Apôtres et les premiers  chrétiens, nous disons nous aussi de  toutes nos forces : « Il nous est impossible  de nous taire sur ce que nous avons vu  et entendu » (Ac 4, 20). Tout ce que nous  avons reçu, tout ce que le Seigneur nous  a accordé au fur et à mesure, il nous  l’a donné pour que nous le mettions  en jeu et le donnions gratuitement aux  autres. […] Une invitation à chacun de nous Le thème de la Journée Mondiale des  Missions de cette année, « Il nous est  impossible de nous taire sur ce que  nous avons vu et entendu » (Ac 4, 20),  est une invitation à chacun d’entre  nous à "assumer cette charge" et à faire  connaître ce que nous avons dans le  cœur. Cette mission est et a toujours  été l’identité de l’Église : « Elle existe  pour évangéliser » (St Paul VI, Exhort.  ap. Evangelii nuntiandi, n. 14). Notre  vie de foi s’affaiblit, perd prophétie  et capacité d’émerveillement et de  gratitude dans l’isolement personnel  ou en s’enfermant en petits groupes.  Par sa propre dynamique, elle exige  une ouverture croissante capable  d’atteindre et d’embrasser tout le  monde. Les premiers chrétiens, loin de  céder à la tentation de s’enfermer dans  une élite, ont été attirés par le Seigneur et  par la vie nouvelle qu’il offrait pour aller  parmi les nations et témoigner de ce  qu’ils avaient vu et entendu : le Règne de  Dieu est tout proche. Ils l’ont fait avec la  générosité, la gratitude et la noblesse de  ceux qui sèment en sachant que d’autres  mangeront le fruit de leur engagement  et de leur sacrifice. C’est pourquoi j’aime  penser que « même les plus fragiles, les  plus limités et les plus blessés peuvent  être [missionnaires] à leur manière,  parce qu’il faut toujours laisser le bien se  communiquer, même s’il coexiste avec  de nombreuses fragilités ». […] Contempler leur témoignage  missionnaire nous encourage à être  courageux et à prier avec insistance  le « maître de la moisson d’envoyer  des ouvriers pour sa moisson » (Lc 10,  2). En effet, nous sommes conscients  que la vocation à la mission n’est pas  quelque chose du passé ou un souvenir  romantique d’autrefois. Aujourd’hui,  Jésus a besoin de cœurs capables de  vivre leur vocation comme une véritable  histoire d’amour, qui les fasse sortir  aux périphéries du monde et devenir  des messagers et des instruments de  compassion. Et c’est un appel qu’il  adresse à tous, même si ce n’est pas de  la même manière. Rappelons-nous qu’il  y a des périphéries qui sont proches  de nous, au centre d’une ville, ou dans  sa propre famille. Il y a aussi un aspect  d’ouverture universelle de l’amour qui  n’est pas géographique mais existentiel.  Toujours, mais spécialement en ces  temps de pandémie, il est important  de développer la capacité quotidienne  d’élargir notre cercle, d’atteindre ceux  que, spontanément, nous ne sentirions  pas comme faisant partie de "nos centres  d'intérêt, même s’ils sont proches de  nous. (cf. Lettre enc. Fratelli tutti, n.  97). Vivre la mission, c’est s’aventurer  à développer les sentiments mêmes  du Christ Jésus et croire avec lui que  celui qui est à mes côtés est aussi mon  frère et ma sœur. Que son amour de  compassion réveille aussi notre cœur et  nous rende tous disciples missionnaires. Que Marie, la première disciple  missionnaire, fasse croître chez tous les  baptisés le désir d’être sel et lumière sur  nos terres.  François Saint Jean de Latran, 6 janvier 2021, Solennité  de l’Épiphanie du Seigneur  ■ MESSAGE DU SAINT-PÈRE FR\PANÇOIS POUR La Journée Mondiale des Missions 2021 « Il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et en\ tendu » (Ac 4,20)

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 55 Dimanche 17 octob\be 2021  la P arole  Dominicale 29 ème dimanche du Temps Ordinaire - Année B Introduction : Seigneur, quand les hommes savent te servir avec humilité et abnégation au détriment de leur vie, tu les élèves, tu les corriges avec sagesse quand ils se trompent de chemin dans la quête du Royaume de Dieu. Donne-nous aujourd’hui, à la lumière de ta parole, de savoir nous ressaisir comme l’indique la liturgie dans la réponse de Jésus à ses disciples : « les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. » telle est la ligne du Royaume, le chemin pour atteindre le dessein bienveillant de Dieu. Réflexion Le sens de l’avoir et le Royaume de Dieu.  Dans la liturgie du dimanche dernier, plus  précisément dans l’évangile, un jeune homme  soucieux de son devenir s’approcha de Jésus  pour lui demander : « Que dois-je faire pour  avoir la vie éternelle ?». Voilà une question que  tout le monde peut se poser surtout quand on  a la crainte de Dieu.  Ce jeune vertueux ressent  le besoin d’être rassuré cherchant un sens à  sa vie, il reçoit l’admiration de Jésus, pour son  sens du bien. C’est comme s’il venait se faire  catéchiser. Mais son centre d’intérêt était l’avoir  à cause de son grand bien et de sa richesse. En  effet, la richesse ne pose pas de problème, mais  c’est l’orientation que l’on donne à la richesse,  ce que l’on fait de la richesse qui fait problème  dans la plupart du temps, ce qui se fait avec la  richesse. A priori, le cœur de ce jeune homme  est centré sur l’avoir et non sur Dieu. En effet, ce  n’est pas ce que nous avons qui nous procure  le Royaume de Dieu, mais, c’est ce que nous  sommes devenus qui fait de nous membres de  ce Règne de Dieu. L’avoir, le pouvoir, le savoir  et le vouloir sont des déterminants humains  qui valorisent l’homme quand ils sont utilisés  dans le champ de Dieu.    Le sens du pouvoir et le Règne de Dieu. Aujourd’hui, dans la liturgie de la parole, une  autre question surgit encore sur la réflexion  du Royaume de Dieu. Cette fois-ci, ce sont  les disciples de Jésus, les fils de Zébédée qui  s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître ce  que nous allons te demander, nous voudrions  que tu le fasses pour nous ». Et il leur dit : « que  voulez-vous ? » ;  ils lui répondirent : « Donne- nous de siéger l’un à ta droite et l’autre à ta  gauche dans la gloire ». D’abord, ils émettent  une pression sur Jésus : « Maître, ce que nous  allons te demander, nous voudrions que tu le  fasses pour nous ». Cette façon de demander  est beaucoup plus osée. Vouloir faire exaucer  son souhait avant la demande elle-même ;  l’ambition de toute une famille qui forme le  désir du pouvoir. Vous convenez avec moi que  les deux thèmes abordés ces deux derniers  dimanches se focalisent sur la richesse et le  pouvoir. L’Eglise, dans sa sagesse, nous fait  prendre conscience de la dimension spirituelle  de ces deux principes de vie qui nous habitent.  L’avoir est un outil pour nous rapprocher de  Dieu, surtout quand on le partage avec les  pauvres. Sans oublier que le pouvoir a toute  sa portée dans le service. Le Royaume de Dieu  que nous espérons est un royaume de charité  basé sur le service. Ces deux vertus sont au  centre de la vie chrétienne, ce sont des pierres  à la forme de cailloux comme de l’escalier qui  permettent aux hommes d’être élevés au ciel.  Le point d’être chrétien. Dans l’évangile, Jésus  semble ne pas être compris par ses disciples  qui pourtant ont reçu la primeur de l’annonce  de sa passion, sa mort et sa résurrection dans  un précédent passage. Et ce qui a préoccupé ici  c’est l’ambition du pouvoir. Et le centre d’intérêt  ici, c’est le pouvoir. Pour être rassurés,  Jacques  et Jean demandent de siéger à sa droite et  à sa gauche dans son Royaume. Les autres  disciples s’indignent : « Pourquoi pas nous ?» ;  la jalousie et la haine prennent place. Jésus  sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. Il  est le maître intérieur, il prend au sérieux cet  enseignement sur le pouvoir en donnant son  exemple : « Le fils de l’homme n’est pas venu  pour être servi, mais pour servir et donner sa  vie en rançon pour la multitude ».  Cela fixe et  devient pour quiconque la validité, l’efficacité  et le jugement du caractère de nos propres  missions en tant que disciples de Jésus. Le  service et le sacrifice qui sont incarnés dans  la vie de Jésus doivent aussi caractériser notre  vie. Sinon nous faisons fausse route. La gloire  du Christ se manifestera sur la croix, un bandit  à sa droite et un autre à sa gauche. Je dialogue avec Jésus Nous cohabitons avec le pouvoir et la richesse  dans le monde et tu nous l’as dit Seigneur :  « Vous êtes dans le monde mais vous n’êtes  pas du monde, celui qui veut te suivre doit être  prêt à prendre sa croix ».  C’est une réponse  et un enseignement fort pour ceux qui sont  engagés ou sont appelés à conduire le destin  de ton peuple : celui qui aime le pouvoir doit  être prompt à servir dans l’humilité. Cela reste  un défi mais c’est le chemin de sainteté. Car le  disciple n’est pas au-dessus du maître. Il fait ce  qu’il voit faire. Il est à l’image de son maître qui  est l’unique paradigme. Faire le contraire nous  conduit à donner notre âme à un autre qui ne  donne pas le salut. Conscients de cela, nous  sommes tenus à donner un bon témoignage  de notre vie.  C’est très important, car notre  monde juge le christianisme à travers ceux qui  le pratiquent. Donc à travers nous. Résolution Notre première tâche c’est de nous laisser  imprégner par l’Esprit Saint pour ne pas  déformer le message de l’évangile. Notre  travail c’est de poursuivre la mission du Christ,  c’est d’annoncer la Bonne Nouvelle, c’est de  l’amour pour chacun de ses enfants. Que la  Vierge Marie, Mère de toutes grâces, nous y  aide. Amen.   Père Laurent Sounouvou, Paroisse de Morne-des-Esses   ■ Isaïe 53,10-11  • \) Psaume 32 (33)  •  H\)ébreu\b 4,14-16  •  Mar\)c 10,35-45 LITURGIE 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 6 C’est sous une structure certes provisoire,  mais  ô  combien  accueillante,  que  la  communauté  de  Sainte-Thérèse  s’est  retrouvée  le  1 er octobre  afin  de  célébrer  sa  sainte  Patronne.  La célébration du culte s’effectuait jusqu’alors  sous  un  chapiteau  situé  devant  l’église.  Mais  les  travau\b  de  restauration  de  l’église  empêchent  dorénavant  l’occupation  de  cet  espace devenue risquée. L a fête de la paroisse a débuté par un triduum au cours  duquel  la communauté a pu se recueillir et recevoir divers  enseignements sur l’amour. Une première messe, le matin,  présidée par le père Wilfried Bannais, a rassemblé les anciens  de la paroisse. Ce fut l’occasion de revoir des visages oubliés,  de renouer avec ceux qui n’osaient plus sortir à cause du covid. Il revenait à notre évêque, Mgr David Macaire, lors de la seconde  messe, entouré du Président du Conseil exécutif de la CTM, Serge  Letchimy, ainsi que du Maire de Fort-de-France, Didier Laguerre,  d’inaugurer ce lieu désormais nommé « espace paroissial de  Sainte-Thérèse ». Au cours de cette célébration, Monseigneur a officialisé la prise  de fonction du père Jean Cazeau en tant qu’Administrateur de  la paroisse. En effet, le curé, père Christian Catayée, est absent  durant une année dans le but de poursuivre un cursus de  formation. Bien au-delà de cet aspect festif, il s’agissait de mettre l’accent  sur la simplicité de la « petite Thérèse », celle qui fut proclamée  patronne des missions alors qu’elle n’était jamais sortie de son  carmel, celle à qui fut décerné le titre de docteur de l’Eglise.  Thérèse a été saisie par la grâce et la joie de Dieu. Elle nous  montre que la sainteté est accessible à tous. Chacun de nous est  appelé à être missionnaire à son niveau, dans son cadre de vie.  Soyons au service, soyons amour. Nous ne sommes pas au bout  du chemin, le Seigneur est sur la route de chacun et nous attend. Nicole Chésimar ■ La paroisse de Sainte-Thérèse en fête VIE DU DIOCÈSE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 7 Spé cia l Jeu \bes L'église catholique célèbrechaqueannéeunesemaine missionnaire mondiale.En2021, ellesetient du dimanche 17au dimanche 24octobre, dateretenue pourlaJournée missionnaire mondiale. Le thème est«Il nous estimpossible denous taire !»(Actes 4,20). Et toi sers-tu Jésus?Es-tu danstavie quotidienne enmission pourDieu ? 1-Identifiecessacrements: 2- Le q uel mar q ue l\be n vo i en mis sio n ? . .................................................... . L e q uel le co n \bim e ? . ................................................... ........................ ............................... ............................ Inès Saint Lèbe&Maéva Celeste 3-Entoure lenom desapôtres de Jesus Christ avantla crucifixion. 3-QuifittouscesvoyagespourannoncerlaBonneNouvelle? _ _ _ _ _ _ _ _ _ Saint Paul 4-Quelleestlamissiondecesjeunes? A lle z, je vo u s en vo ie ! !Spécial mission ! ...................................... ..................................... ...................................... ............................... L'évangile pour les enfants de R. Kieffer Pierre, André, Jacques, Jean, Philippe, Barthélémy, Thomas, Mat\ thieu, Jacques, Simon, Judas, Marc 1- Le baptême, la première communion, la confirmation 2-Lequel mar\ que: Le baptême. Lequel confirme: la confirmation

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 8 InèsSaint Lèbe&Maéva Celeste Je vo u s ai ch ois is , je vo u s ai éta blis P ou r que vo u s allie z et viv ie z de ma vie . D em eu re z en moi, vo u s porte re z du fr u it , J e fa is de vo u s m es fr \b re s et m es am is ... ! Spécial mission ! MONTRE JESUS:Découpe etoffre les images àdes personnes, ainsituferas connaitre Jésus-Christ. Spé cia l Jeu \bes J e veu x pa r le r de to i au x a u tr es \b Alle z, je vo u s en vo ie \b je veu x te ser vir Seig neu r en c h an tan t àla mes se \b Es pèr e le Seig neu r, so is fo rt et p r en ds co u rag e. \bs 26 , 14 H eu re u x est l 'h om mequ\bm et sa fo \b d ans l e Se\bg neu r.P s1, 1 H eureux estl'hom me qui n'entre pas aucon seil des méch ants, qui ne suit paslechem indes pécheurs. Ps1,1-2 Diffuse cesversets autourdetoi :ton voisin, tonami connaît-il Dieu? CH AN T Je veu x ac cu eil lir to n peu ple à l 'é g lis e Mes missions Chaq ue matin : C haq ue soir : C haq ue sem ain e : A l'éco le: E n fam illeouentre am is : Comment vis-tutamission debaptisé-e? Jeprie Je vais àla messe Je lis laparole deDieu Jesuis untémoin de Jésus auprès demes amis Relie les m issions au bon dessin E t toi, Es- t u déjà e n ga gé ? A s- t u des ta le n ts que t u veu x met tr e au s e r v ic e de Die u ? www.chants.ilestvivant.com

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 9 Qu’est-ce que la pédocriminalité ? La pédocriminalité est un terme juridique  pour qualifier les délits, les crimes relevant  de la pédophilie, c'est-à-dire des abus  sexuels sur des enfants  par des adultes (ou  des jeunes d’au moins 16 ans), ou encore la  pédopornographie (scènes sexuelles avec des  enfants) et la consommation de celle-ci. Le  terme de pédocriminalité est préféré  au terme  « pédophilie » par les associations d‘aide aux  victimes d’agression sexuelle sur mineur,  car ce dernier induit la notion « d’amour ».  La CIM 10, 10e  révision de la Classification  Internationale des Maladies publiée par  l’OMS, classe la pédophilie dans les Troubles  de la préférence sexuelle (F65) qui eux-mêmes  font partie des troubles de la personnalité et  du comportement chez l’adulte (F60-69). La  pédophilie (F65.4) est définie de la manière  suivante : « la préférence sexuelle pour les  enfants, qu’il s’agisse de garçons, de filles, ou  des deux, généralement d’âge pré-pubère ou  au début de la puberté ». Comment devient-on pédocriminel ? La pédocriminalité est liée à l’histoire  personnelle, à la façon dont la personne s’est  construite et développée dans sa vie affective  et sexuelle entraînant une perversion de  sa sexualité et de son expression. Certains  contextes personnels comme le fait d’avoir  subi soi-même des abus sexuels au cours  de l’enfance, ou l’existence d’un retard  mental peuvent être des facteurs favorisant  le comportement pédophilique. Fort  heureusement, toutes les victimes d’agression  sexuelle ne deviennent pas des agresseurs  par reproduction du traumatisme vécu. Il est  à noter que la pédophilie existe dans tous les  milieux socio-professionnels, quel que soit le  pays et quel que soit l’état de vie (célibataire  ou marié). C’est une erreur de penser que des  célibataires sont pédophiles  parce qu’ils n’ont  pas une vie sexuelle de couple. Quelles sont les conséquences pour les victimes ? Les victimes sont marquées à vie, car elles  sont atteintes à travers leur corps dans leur  intimité profonde. Et à juste titre, nous  pouvons parler de meurtre psychique,  car il y a une effraction dans le psychisme  de la personne qui laisse une trace  mnésique (c'est-à-dire au niveau de la  mémoire) et qui prend la forme d’un  traumatisme. Les conséquences sont  multiples : sentiments de peur, de honte,  de culpabilité, dévalorisation de soi,  dépression, idées suicidaires ou passages  à l’acte suicidaire… Au niveau de la victime, la question de la  souffrance est donc centrale ; elle nécessite  un traitement, un accompagnement  psychologique à visée thérapeutique lui  permettant une élaboration psychique  (verbalisation du vécu douloureux, du  ressenti) pour faire face au traumatisme,  « mettre des mots sur les maux », donner  du sens à cet évènement traumatique  pour mieux le dépasser et continuer à  vivre. C’est au prix d’un travail sur soi, mais  l’accompagnement spirituel est une force  également pour guérir par la rencontre  avec Jésus vivant et agissant à travers les  sacrements (sacrement de réconciliation  par rapport au pardon, eucharistie), des  ministères de guérison intérieure. Les  deux dimensions sont complémentaires. Comment expliquer la pédocriminalité dans l’Eglise ? L’Eglise est une communauté humaine  voulue par le Christ qui l’a instituée. Mais  elle est composée de pécheurs, et Jésus  est venu pour les pécheurs. Donc de  ce fait, même si nous sommes appelés  à la sainteté, le péché nous guette et  la tentation est bien présente : c’est le  combat spirituel. « Le bien que je veux  faire, je ne le fais pas et le mal que je ne  veux pas faire je le fais », nous dit saint  Paul. C’est-à-dire qu’il y a une division  psychique en nous : la chair et l’esprit. Et  nous constatons qu’il y a un décalage entre  ce à quoi nous aspirons et notre réalité de  vie. Donc les hommes d’Eglise viennent  avec leur humanité, mais si cette humanité  est blessée et pas traitée, elle est projetée  sur la vie ecclésiale. Donc en clair, si des  clercs ont vécu des traumatismes  sexuels  dans leur enfance, si leur sexualité est  pervertie et déviante, ils vont reproduire  leur déviance au sein de l’Eglise. Mais ceci  est valable pour tout groupe humain :  famille, cercles amicaux, vie associative,  Education nationale… L’Eglise n’est pas  le seul lieu où ont été perpétrés des actes  de pédocriminalité. Ces faits sont mis en  exergue par les médias parce que l’Eglise,  dans un souci de vérité, a voulu faire la  lumière sur ces agissements pour mieux  les traiter et les combattre. Peut-on soigner les pédocriminels ? Bien sûr, à condition qu’ils ne soient pas  dans le déni et qu’ils reconnaissent leur  déviance. Ce sont des personnes en souffrance  comme l’explique cet  homme : « Ce n’est  pas quelque chose que j’ai choisi. C’est  quelque chose que j’éprouve et qui est  plus fort que moi ». Tout comme les victimes, les agresseurs  peuvent avoir accès à un traitement  psychologique et peuvent guérir de leur  trouble. Donc, il y a un espoir pour eux  aussi. Quel est le regard du Christ sur la pédocriminalité ? Porter atteinte à l’intégrité d’un enfant,  c’est porter atteinte au Christ lui-même :  « Tout ce que vous faites à l’un de ces  petits, c’est à moi que l’avez fait » (Mathieu  25 ,40). Le Seigneur protège les faibles et  les petits et nous demande d’en prendre  soin ;  nous ne devons pas être des loups  pour eux, ni des boucs déguisés en brebis.  Nous aurons tous des comptes à lui  rendre quant à nos responsabilités dans  la manière dont nous avons accompagné  les âmes qu’il nous a confiées. Il est miséricorde certes, et pardonne au   pécheur, mais à condition qu’il se repente  et se convertisse. Tony Allaguy-Salachy Psychologue, diacre permanent ■ > La pédophilie et la pédocriminalité La pédophilie La pédophilie POINT DE VUE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 10 L’agir missionnaire La mission n’est d’abord pas objet de théorie, mais une pratique.  « Comme toute pratique,  elle déborde le savoir par le savoir-faire »  1 ; plus que d’autres, elle relève de l’art que de  la science. L’art de la mission fait partie des nombreu\b dons que le Christ bon pasteur a  conférés à son Église. Cet art est aussi lié au\b dimensions  « ad intra »  et  « ad e\btra »  de  la mission et oblige chaque baptisé à annoncer la Bonne Nouvelle dans et en dehors des  murs paroissiau\b et, si nous av\)ons le charisme, en dehor\)s de sa terre natale.  I l y a donc une rationalité de l’agir  missionnaire qui requiert une grâce  divine communiquée par le Pasteur  du troupeau lui-même. Cela veut dire  que la dimension mission prend toute sa  force dans la Parole de Dieu pour ensuite  communiquer cette parole et en vivre. À  partir de ce constat, l’agir missionnaire  devrait favoriser la croissance spirituelle  et susciter un sursaut de foi. Mais quand  le mouvement inverse s’observe, le  nombre d’enfants inscrit au catéchisme  baisse, la pratique dominicale diminue…  Il urge de méditer sur l’agir missionnaire  pour la redynamiser de l’intérieur. C’est ainsi qu’en Martinique, nous  sommes plus que jamais très attentifs  aux 5 essentiels du livre des Actes  des apôtres (Ac. 2, 42-47). Par eux, la  première communauté chrétienne a  tenu et a annoncé l’évangile. En mettant  en œuvre les 5 essentiels, nos Petites  Communautés Ecclésiales (PCE), nos  différentes pastorales, nos paroisses  rentreront dans une grande dynamique  de l’agir missionnaire « ad intra » et « ad extra ». La logique même des 5 essentiels  pousse à la mission. On ne peut pas vivre  les 5 essentiels et faire abstraction de la  mission.  Pour être motivé, pour la mission, il faut  revenir à l’injonction de Jésus dans  l’Évangile de Saint Matthieu : « Allez ! De toutes les nations, faites des disciples (…). Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19-20). Quelques années plus tard, saint Paul écrira : « Annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1Co 9,16). Covid pourrait nous inculquer une grande  peur. Ce mal pourrait provoquer une  désaffection pour l’agir missionnaire,  nous empêcher de prendre le risque.  Mais le fait que Jésus lui-même donne  à la mission un caractère d’obligation et  d’urgence vient contester de plein fouet  « la paresse missionnaire ».  Pour ne laisser l’agir missionnaire se  transformer en quelques rencontres  épisodiques, la Formation, la Fraternité,  l’Adoration, le Service, et tout le Projet  pastoral CAP 2025 peuvent nous aider  à rester missionnaires ou à devenir  missionnaires. Concrètement, cette année, si toutes les  paroisses mettaient en lumière la beauté  des 5 essentiels, nous allons accompagner,  former, stimuler l’agir missionnaire  et donner du plaisir à tous ceux qui  voudraient s’engager sur nos paroisses.  En faisant des disciples, nous demeurons  disciples. Ne l’oublions pas. Père Gilles Aïzo, Vicaire épiscopal chargé d'accompagner  les pastorales diocésaines ■ VIVRE LA MISSION DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 11 L’Église est faite pour étendre le règne du Christ à toute la terre, pour la gloire de Dieu le  Père ; elle fait ainsi participer tous les hommes à la rédemption et au salut ; par eu\b elle  ordonne en vérité le monde entier au Ch\)rist… I l y a dans l’Église diversité de  ministères, mais unité de mission.  Le Christ a confié aux apôtres et à  leurs successeurs la charge d’enseigner,  de sanctifier et de gouverner en son  nom et par son pouvoir. Mais les  laïcs rendus participants de la charge  sacerdotale, prophétique et royale du  Christ assument, dans l’Église et dans  le monde, leur part dans ce qui est la  mission du Peuple de Dieu tout entier.  Ils exercent concrètement leur apostolat  en se dépensant à l’évangélisation et à  la sanctification des hommes. Le propre  de l’état des laïcs étant de mener leur  vie au milieu du monde et des affaires  profanes ; ils sont appelés par Dieu à  exercer leur apostolat dans le monde  à la manière d’un ferment, grâce à la  vigueur de leur esprit chrétien. Les laïcs tiennent de leur union même  avec le Christ Chef le devoir et le droit  d’être apôtres. Insérés qu’ils sont par  le baptême dans le Corps mystique du  Christ, fortifiés grâce à la confirmation  par la puissance du Saint-Esprit, c’est  le Seigneur lui-même qui les députe à  l’apostolat. S’ils sont consacrés sacerdoce  royal et nation sainte, c’est pour faire  de toutes leurs actions des offrandes  spirituelles, et pour rendre témoignage  au Christ sur toute la terre. Les sacrements  et surtout la sainte Eucharistie leur  communiquent et nourrissent en eux  cette charité qui est comme l’âme de  tout apostolat. L’apostolat se vit dans  la foi, l’espérance et la charité que le  Saint-Esprit répand dans les cœurs de  tous les membres de l’Église. Bien plus,  le précepte de la charité, qui est le plus  grand commandement du Seigneur,  presse tous les chrétiens de travailler à la  gloire de Dieu par la venue de son règne  et à la communication de la vie éternelle  à tous les hommes : « Qu’ils connaissent  le seul vrai Dieu et celui qu’il a envoyé,  Jésus Christ » (cf. Jn 17, 3). À tous les chrétiens donc incombe la très  belle tâche de travailler sans cesse pour  faire connaître et accepter le message  divin du salut par tous les hommes  sur toute la terre. Pour l’exercice de cet  apostolat, le Saint-Esprit qui sanctifie le  Peuple de Dieu par les sacrements et le  ministère accorde en outre aux fidèles  des dons particuliers, les « répartissant  à chacun comme il l’entend » pour que  tous et « chacun selon la grâce reçue se  mettant au service des autres » soient eux- mêmes « comme de bons intendants de  la grâce multiforme de Dieu », en vue de  l’édification du Corps tout entier dans la  charité. De la réception de ces charismes,  même les plus simples, résulte pour  chacun des croyants le droit et le devoir  d’exercer ces dons dans l’Église et dans  le monde, pour le bien des hommes et  l’édification de l’Église, dans la liberté du  Saint-Esprit qui « souffle où il veut », de  même qu’en communion avec ses frères  dans le Christ et très particulièrement avec  ses pasteurs. C’est à eux qu’il appartient  de porter un jugement sur l’authenticité  et le bon usage de ces dons, non pas pour  éteindre l’Esprit, mais pour éprouver tout  et retenir ce qui est bon. Le Christ envoyé par le Père étant la source  et l’origine de tout l’apostolat de l’Église, il  est évident que la fécondité de l’apostolat  des laïcs dépend de leur union vitale avec  le Christ, selon cette parole du Seigneur :  « Celui qui demeure en moi et moi en  lui, celui-là porte beaucoup de fruits. Car  sans moi vous ne pouvez rien faire ». Cette  vie d’intime union avec le Christ dans  l’Église est alimentée par des nourritures  spirituelles communes à tous les fidèles,  en particulier par la participation active  à la sainte liturgie. Les laïcs doivent les  employer de telle sorte que, remplissant  parfaitement les obligations du monde  dans les conditions ordinaires de  l’existence, ils ne séparent pas l’union  du Christ et leur vie, mais grandissent  dans cette union en accomplissant leurs  travaux selon la volonté de Dieu. De  cette manière les laïcs progresseront en  sainteté avec ardeur et joie, s’efforçant  de surmonter les difficultés inévitables  avec prudence et patience. Ni le soin de  leur famille ni les affaires temporelles ne  doivent être étrangers à leur spiritualité,  selon ce mot de l’Apôtre : « Tout ce que  vous faites, en paroles ou en œuvres,  faites-le au nom du Seigneur Jésus Christ,  rendant grâces par lui à Dieu le Père » (Col  3, 17). Une telle vie exige un continuel  exercice de la foi, de l’espérance et de  la charité. Ceux qui ont cette foi vivent  dans l’espérance de la révélation des  fils de Dieu se souvenant de la croix et  de la résurrection du Seigneur. (…). Les  laïcs qui, selon leur vocation particulière,  se sont agrégés à des associations ou  instituts approuvés par l’Église doivent  s’efforcer de toujours mieux réaliser les  caractères de la spiritualité qui leur est  propre. ■ Participation des laïcs à la mission de l’Égli s e Extrait du Décret sur l’apostolat des laïcs Apostolicam Actuosi\ tatem 1 Marguerite Léna, L’esprit de l’éducation. p. 83

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 12 J’ai rejoint l’équipe de l’Aumônerie de la prison de Ducos il y a 5 ans.  Quel est mon regard sur ce ministère en milieu carcéral ? Voici  les  trois  points  que  je  voudrais  évoquer  de  façon  sommaire  :  La joie de faire équipe ; la conviction que ces « blessés de la vie » sont  porteurs de Dieu ; le pari fou de leur restauration dans le Christ. ➊ La joie de \baire équipe -  Tout  d’abord, la joie de faire équipe avec les  autres frères et sœurs de l’Aumônerie  pour une belle mission : faire résonner  la Bonne Nouvelle du Salut dans le Christ  dans ce lieu de prime abord « difficile ».  Même mission, même Esprit soufflant sur  une terre qui porte les ravages du mal,  de la souffrance, de la mort. Expérience  de la fraternité dans le Christ. Le premier  témoignage de la mission ne passe-t-elle  pas par l’unité désirée par le Christ « qu’ils  soient un, eux aussi, afin que le monde  croie que tu m’as envoyé » (Jn 17,21).  La mission est donc avant tout prière et  contemplation avant de se déployer en  des attitudes concrètes de proximité avec  l’autre dont le chemin se trouve obscurci  par le mal (négation, non-être) consenti  par une liberté aveuglée. ➋ La  conviction  qu’ils  sont  porteurs  de  Dieu  -  Nous allons  vers ces hommes et ces femmes avec la  conviction profonde qu’ils sont porteurs  de Dieu. Aussi, cette mission qui nous est  confiée se vit dans un échange mystérieux.  Nous apprenons à recevoir de l’autre, de  son indigence mais aussi de sa richesse.  Le visage du Christ se donne réellement à  voir (Mt 25,45). La mission est communion.  Comme le dit Joseph Ratzinger : « Tout  homme est une pensée de Dieu ». L’un  des axes de cette mission, pour ne pas dire  la plus importante, est « l’écoute » dans  l’Esprit, de ce qui monte des profondeurs  de l’humanité comme un cri de déréliction...  Pas de jugement moral, mais l’incarnation  de l’humble présence d’un Dieu qui aime  de façon inconditionnelle sa créature et  respecte sa liberté. Un Dieu qui, tel un  père, espère et attend le retour du fils  prodigue. Un Dieu qui n’aime pas le péché  mais aime le pécheur. ➌ Le  pari  \bou  de  leur  « restauration  »  dans  le  Christ  -  La question qui s’impose à  nous au long de ce cheminement avec  ces frères et sœurs est sans nul doute  celle-ci : comment peuvent-ils retrouver  une vie « normale », se relancer dans la  vie ? Nous « semons » dans une terre  aride avec la foi et l’espérance que la  Parole, tel le grain de blé, portera du fruit.  Comment croire au Dieu de Jésus-Christ  sans croire en l’homme ? Sans croire en  sa restauration, en sa résurrection ? La  justice des hommes doit se prononcer.  Et c’est normal. Mais la justice de Dieu  est inconcevable sans sa miséricorde  infinie qui peut se mesurer dans cette  parole de Jésus crucifié adressé à l’un des  malfaiteurs qui pressent son innocence :  « En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras  avec moi dans le paradis » (Luc 23,43). Ste  Thérèse de l’enfant-Jésus et de la S ainte  Face avait prié ardemment pour Pranzini,  un condamné à mort. Ce dernier ne se  confessa pas, mais saisit le crucifix que le  prêtre lui présenta avant d’être exécuté. Il  baisa par trois fois ses plaies sacrées. Elle  était sûre d’avoir obtenu le signe qu’elle  avait demandé au Bon Dieu. Enfin, j'aimerais terminer par une petite  anecdote. Il m’est arrivé bien souvent  d’arriver devant la porte de la prison  fatigué et les batteries comme déchargées.  Quelle ne fut pas ma surprise de repartir  le cœur léger… et telle une barque dont la  voile se trouve gonflée brusquement par  le vent, de retrouver un élan nouveau pour  me laisser encore pousser vers le large. Père Thierry Aurokiom, cssp, Prêtre accompagnateur  de l'Aumônerie de la Prison ■ J’ai rejoint l’équipe de l’Aumônerie de la prison de Ducos il y a 5 ans.  Restaurer les « blessés de la vie » dans le Christ VIVRE LA MISSION DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 13 Mon épou\b et moi voulons rendre grâce à Dieu de nous avoir fait prendre conscience au  fil des années qu’être chrétiens, c'est être disciples du Christ. En effet, le disciple c’est  celui qui est à l’école d’un maître. Et pour nous chrétiens, notre maître c'est le Christ.  A vant son départ pour rejoindre  son père, il envoie ses disciples  en mission ; il leur donne une  feuille de route, un ordre de mission :  Alors Jésus s’approcha d’eux et leur parla ainsi : J’ai reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre, allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis moi-même avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde (Mt 28,18- 20). Et pour mon époux Francisque et  moi, notre inquiétude, c'était comment  servir Dieu, comment faire des  disciples si nous-mêmes ne sommes  pas des amoureux du Christ ? Autrement  dit, si notre vie n'a pas pour fondement  l’évangile. Donc, l’histoire de la mission  pour nous commence par une recherche  passionnée du Seigneur qui nous appelle  à nous engager personnellement avec  Lui là où nous sommes.  En effet, cette recherche de Dieu doit  faire de nous des amis du Christ, afin  que de notre intimité profonde avec  Jésus naisse en nous le souci de l’autre.  Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est là le commandement le plus grand et le plus important. Et il y en a un second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Mt 22,37-39). C’est dans cette optique que mon époux  Françisque et moi sommes obligés  d’allier vie professionnelle, sociale et  service ministériel laïc. Dieu seul sait  tout le tiraillement que nous vivons entre  rester tranquille chez nous ou continuer  la mission, lorsque nous rencontrons  des incompréhensions, des questions  d’intérêts des uns et des autres, des  humiliations et des rivalités qui n’ont  pas des raisons d’être, surtout que nous  travaillons entre nous, frères chrétiens, et  pour l'honneur du Christ.   Heureusement que cette parole tirée du  livre de Siracide nous est toujours présente  à l’esprit : Mon Fils, si tu aspires à servir le Seigneur, prépare ton âme à l’épreuve. Fais-toi un cœur droit et sois résolu, ne te trouble pas au moment de la détresse... dans le revers de ton humiliation, sois patient car c'est au feu qu’on éprouve l’or et au four de l’humiliation ceux qui sont agréés de Dieu (Sir 2,1-5).  Dieu reste le propriétaire de toute mission.  En tant que missionnaires, nous faisons  sans cesse appel à l’Esprit-Saint pour nous  accompagner à réaliser le plan parfait de  Dieu sur notre vie pour nos frères. Francisque et Sylviane Rotsen,  Responsables diocésains  de la Pastorale des groupes spirituels ■ Dieu reste le propriétaire de toute mission La joie de la Mission ‘‘ ‘‘ Grande joie de partir en mission au Gabon de 1972 à 1979, lors de ma \ première expérience où j’ai découvert la simplicité, la joie et l’\ authenticité du peuple africain. Sept années d’édification au sein de cette communauté, qui ont ouvert mon esprit à de nouvelles perspectives. J’ai eu la joie de faire l’Ecole de la Foi en Suisse durant deux a\ ns, surnommée par nous, les élèves, Ecole de la Foi, de la Joie et de la Croix. Et le Seigneur continue à m’envoyer en mission au Liban pendant qu\ atre ans, où j’ai été frappée par la moralité, la foi et les vertus morales pr\ ofondément enracinées dans les familles. Pour clôturer ma mission à l'étranger, j’ai eu la joie, pendant quatre ans, de travailler avec Mgr Macaire à la Sainte Baume à Marseille. Ce fut une très belle expérience où j’ai rencontré les gens de plusieurs pays différents, ce qui a \ encore enrichi mon parcours à la suite du Christ. Aujourd’hui, je ne fais que rendre grâce au Seigneur pour son appe\ l à sa suite. Sœur Marie-Claire

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 14 Interview de père Jacques Platon EEM : Bonjour père Jacques,  Récemment ordonné, vous êtes  prêtre assistant de l’archevêque,  responsable de la messe d’Emmaüs  et accompagnateur des « MC » (se prononce « èmessi »). Qu’est-ce  donc que les « MC » ? Ce sont les « Maîtres de Cérémonie  »,  ou  « cérémoniaires » :  des  grands  clercs qui, sur la paroisse ou avec  l’évêque, s’occupent de tous les  détails de la liturgie (préparation,  rituels, lien entre les différents  acteurs, déroulement général de  la célébration, etc.). L’idée est de  permettre au célébrant et à l’assemblée  d’être plus sereins et donc de mieux  prier, mais aussi de veiller au respect  des normes liturgiques. Pendant la  liturgie, ils portent une soutane et un  surplis (comme partout ailleurs dans  le monde). EEM : Qui sont les MC diocésains  ? Ils sont une douzaine de jeunes,  étudiants ou « pros ». Ils viennent  de plusieurs paroisses à travers le  diocèse. Certains sont encore servants  d’autel sur leur paroisse. Jusque-là, le  responsable était François de Coniac,  Xavier Bauchaint (le cérémoniaire  diocésain) et moi-même comme  prêtre accompagnateur. EEM :  Comment fonctionne ce  groupe ? Ils reçoivent une formation humaine  et liturgique régulière (tous les 15  jours). Ils consultent l’agenda de  l’évêque (agenda public consultable  sur le site du diocèse) et s’inscrivent  en fonction de leur disponibilité. En  principe, ils sont deux. Le vendredi,  l’un d’entre eux vient à l’évêché  préparer et récupérer tout le nécessaire  liturgique (chasubles, aube, crosse,  mitre, voiles, rituels, saint-chrême,  etc.) selon les célébrations prévues.  Pour chaque messe (parfois 4 à 5 par  week-end), ils précèdent l’évêque  et préparent tout avant son arrivée  avec les prêtres, les servants et les  responsables de la liturgie du lieu.  EEM : Comment a été vécu le  confinement ? Difficilement. En effet, pour répondre  aux conditions sanitaires (attestation  de déplacement et distanciation),  avec les responsables, j’ai pris la  décision de réduire le groupe à 3  mêmes jeunes qui accompagnaient  l’évêque dans ses déplacements.  Nous prenions une seule voiture  ce qui nous permettait pendant  les trajets de chanter, de prier, de  dire le chapelet ou de recevoir un  enseignement de l’évêque, etc. Cela a sans doute créé quelques frustrations chez les autres. Mais la situation l’exigeait. EEM : Comment devient-on MC ? Les cérémoniaires paroissiaux  (comme à Bellevue, au Morne- Rouge ou à Saint-Christophe qui ont  de belles équipes) sont choisis par les  curés. Pour les « MCD » (prononcer « èmessidi » NDLR), le cérémoniaire  diocésain et moi-même repérons les  servants qui font preuve d’humilité,  de respect envers la liturgie et nous  leur proposons, avec l’accord de leur  curé et de leurs parents, d’intégrer  l’équipe. Tout l’accent est mis sur la  liberté et l’amour du Christ. Ce n’est  pas une tâche facile car l’évêque  exige le respect des normes précises  qui changent parfois les habitudes  locales dans les paroisses. Être MC  est une tâche ingrate ; il faut parfois  se sacrifier pour que le célébrant  puisse vivre la liturgie de manière  profonde ; c’est une vraie école de  discrétion et d’humilité. EEM : Merci père Jacques  Propos recueillis par Michel Déglise  ■ père Jacques Platon Les MC, kezako ? père Jacques Platon père Jacques Platon père Jacques Platon VIVRE LA MISSION Interview de DOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 15 Zoom sur… les Servantes diocésaines de Notre-Dame de la Délivrande (SNDD) > Qu’est-ce que les Servantes diocésaines de Notre- Dame de la Délivrande ( SNDD ) ? C’est un groupe de jeunes femmes de  plus de 16 ans au service de l’Autel et  qui suivent une formation spécifique.  Ce sont avant tout de jeunes adultes  servantes d’autel (parfois depuis leur  enfance). Elles sont garantes d’une  forme de sainteté au plus près de  Jésus, des signes pour leur communauté  paroissiale. Cela implique un devoir  de fidélité, mais aussi un engagement  authentique de service. Revêtues de  l’aube, l’habit baptismal, elles font  acte d’humilité chaque fois qu’elles se  présentent à la communauté pour servir,  en souvenir de la phrase de l’apôtre Paul :  «  Vous tous, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27). Femmes  au service de la liturgie, les servantes  diocésaines manifestent l’alliance avec  le Seigneur. Mgr Macaire, qui nous  accompagne, rappelle souvent que nous  sommes signe de l’Eglise « l’épouse bien- aimée du Christ ».  > Pourquoi plus de 1 6 ans ? C’est environ à cet âge qu’est observé en  règle générale le passage de l’enfance  au statut de femme. D’ailleurs, dans la  société latino-hispanique, il existe la  « Fête des 15 ans » ou « Quinceañera »  où il est coutume de célébrer une messe  en l’honneur de la Vierge Marie qui  symbolise la prise de conscience du pas  que la jeune fille est en train de franchir en  devenant femme. C’est donc en quelque  sorte ce rite de passage qui se matérialise  chez la jeune femme lorsqu’elle décide  de renouveler son engagement dans  le service en approfondissant et en  cultivant sa relation avec le Christ en  devenant Servante diocésaine et en  s’imprégnant du modèle de Marie Mère  de Dieu… Sans pour autant forcément  se destiner à la vie consacrée ! > Comment ce groupe est-il né ? Mgr Macaire s’est rendu compte, au cours  de ses visites pastorales, de la qualité  humaine et spirituelle d’un certain  nombre de jeunes femmes qui étaient  au service dans les paroisses. Très  proches des jeunes, il a entendu notre  désir de prendre nos responsabilités  dans l’Eglise d’aujourd’hui et de demain.  L’Archevêque a alors décidé de nous offrir  une agora diocésaine où nous pourrions  prendre des responsabilités à l’image  des garçons (les cérémoniaires). En effet,  l’apparition du groupe des « MC », fondé  et accompagné par les cérémoniaires  diocésains successifs, avait suscité un  certain nombre de questionnements  auprès des filles se sentant quelque  peu lésées. Monseigneur a jugé légitime  cette interrogation. Au lieu de mélanger  sans discernement les deux groupes, il a  pensé qu’il fallait avant tout rechercher  la place spécifique des jeunes femmes  au service de la liturgie. Il a décidé alors  d’accompagner lui-même notre groupe  avec deux religieuses, les sœurs Marie- Pierre et Marie-Paul, de nous rassembler  régulièrement pour des récollections.  Nous sommes très touchées par la  sollicitude de notre évêque : nous  sommes l’un des seuls groupes qu’il 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 16 VIVRE LA MISSION DOSSIER VIVRE LA MISSIONVIVRE LA MISSION accompagne personnellement, même  les « MC » n’ont pas cet honneur !  Ainsi nous constituons une fraternité  entre nous et nous nous formons  chrétiennement. Ce groupe est inédit  à l’échelle diocésaine (peut-être même  nationale, voire internationale). La  première rencontre a eu lieu en 2019.. > Concrètement, comment se déroulent les activités des SNDD ? Mgr Macaire a toujours été très  ouvert à l’idée de nous réserver une  place privilégiée et spécifique. Nous  avons lancé une invitation à tous les  curés pour toutes les jeunes femmes  concernées, dans le but de lancer  le groupe. Près d’une cinquantaine  de jeunes femmes avait répondu à  l’invitation, faisant de cette rencontre  la première d’une longue série. Fortes  de l’intérêt et de l’engouement suscités,  nous avons voulu en faire un rendez- vous trimestriel dans différentes  communautés ou sanctuaires de l’île. Au  programme : la messe, un témoignage,  un enseignement, un pique-nique et  une marche (en priant et en rigolant).  Nourries par les enseignements et  l’amitié des rencontres, des liens se  sont créés, des amitiés se sont forgées  laissant entrevoir les prémices d’une  véritable communauté rassemblée à  l’image de chacun de ses membres. Du  coup, il ne s’agit plus de trouver notre  place par rapport aux garçons, mais  de nous aider mutuellement à grandir  dans la sainteté de notre féminité... et  de notre service ! Finalement en juin  2021, nous avons choisi de prendre le  nom de « Servantes diocésaines de  Notre Dame de la Délivrande ». > Quelle est la mission des Servantes diocésaines ? Techniquement, en paroisse, les  SNDD sont amenées à prendre des  responsabilités dans les groupes de  servants d’autel (accueil, formation,  accompagnement…) et la mise en  œuvre de la liturgie. Nous devrions  aussi intensifier notre service dans  les cérémonies diocésaines (comme  les vêpres solennelles du Dimanche  soir auxquelles plusieurs d’entre nous  participent).  Mais notre but principal est  « d’appréhender le mystère de la féminité… et le vivre pleinement dans la famille, l’Eglise et la société » .  De là découlent toutes les missions  des « Servantes ». En effet, cette  dynamique vertueuse est d’autant  plus importante qu’elle se distingue  d’un service simplement bien fait,   mais se révèle surtout en ce que  la femme est le cœur de l’Eglise.  Mgr Macaire l’a d’ailleurs dit au  cours d’un de ses enseignements :  « Vous êtes là surtout comme signe de ce que Dieu prépare pour son peuple, pour l’Eglise d’aujourd’hui et celle de demain ». Nous avons  pris conscience d’être, selon le  pape Jean-Paul II,  « les sentinelles de l’invisible » ; Sentinelles pour  notre communauté paroissiale et  diocésaine. Nous ne cherchons pas  à être nous-mêmes dans la lumière,  mais nous avons pour mission de  porter cette lumière d’espérance  à toute la communauté que nous  servons..  Les SNDD ■ « d’appréhender le mystère de la féminité… et le vivre pleinement .  De là découlent toutes les missions  des « Servantes ». En effet, cette  dynamique vertueuse est d’autant  plus importante qu’elle se distingue  d’un service simplement bien fait,   mais se révèle surtout en ce que 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 17 L a mission repose sur l’amour de  Dieu qui a tant aimé le monde  qu’il lui a donné son Fils unique.  Cet amour s’est manifesté par la mort  de Jésus sur la croix, par sa résurrection  et par l’envoi du Saint Esprit. C’est une  nouvelle Pentecôte. Par les disciples  envoyés dans le monde où le Christ  les précède, l’amour de Dieu offre la  résurrection aux hommes. Chaque disciple fait l’expérience  personnelle d’être aimé du Père par le  Fils et dans l’Esprit. Saisi par Dieu et son  Esprit, ils se voient dotés de charismes  propres pour le bien de l’Eglise et de tous  ceux qu’il rencontrera sur le chemin de  la mission. Jésus envoie ses missionnaires dans le  monde aux multiples réalités sociales,  économiques, politiques, culturelles,  religieuses. Nos témoignages nous le montrent bien  et le pape François nous le demande :  « il faut se réveiller, sortir de nos zones  de confort, de nos habitudes, pour  rejoindre le Christ qui nous attend ».  C’est lui la lumière du monde. La mission  chrétienne est celle du Christ reçue de son  Père que nous partageons puisque nous  avons été plongés dans sa mort et dans sa  résurrection par le baptême. Cette mission  du Christ est un droit et devoir du baptisé  devant recevoir une formation approprié  pour la mission. C’est une obligation pour  lui de se former. La  priorité de la mission  qui concerne tous, en priorité les malades,  les pécheurs et tous les pauvres de la  terre qui attendent de voir se manifester  le royaume de Dieu et sa justice. Et toi  baptisé, où en es-tu dans ta mission à la  suite du Christ ? Es-tu en sortie pour le  Christ ? Si non, aujourd’hui qu’est ce qui  t’empêche d’annoncer le royaume ? Si oui  quelles sont les joies et difficultés que tu  rencontres ? As-tu un espace avec d’autres  pour en parler, pour rendre compte et  faire une relecture de la mission vécue ?  Ne reste pas seul, rejoins d’autres. La  mission est abondante et les ouvriers  peu nombreux. Père Jean-Michel Monconthour ■ La mission est abondante et les ouvriers peu nombreux > Quelques témoigna\ ges… lui de se former. La  priorité de la mission  Pour moi être au service de Dieu, c’est tout de même un privilège, un honneur. Se retrouver à l’autel, c’est être encore plus proche de L ui et du sacri-fice fait pour nous. Servir à l’autel est si beau, les gestes synchronisés faits avec grâce, mais surtout le dévouement à Dieu. « Moi j’ai souvent remarqué que quand je suis au service, je suis apaisée et mon visage s’illumine ». Donc pourquoi voudrais-je continuer à servir une fois adulte : pour non seu- lement rester au service de Dieu, du prêtre, des fidèles, mais surtout pour continuer à inculquer aux plus jeunes cette grâce et cette envie de servir Dieu. Mais aussi pour montrer à tous ceux qui pourraient porter de faux jugements que l’on peut continuer à servir le Seigneur tout au long de la vie et même à l’âge adulte. Déborah, 21 ans Jessica, 19 ans J’ai envie de continuer le service de l’autel car je me sens utile et surtout c’est toujours un plaisir de servir le Seigneur quel que soit l’âge. Cela me permet aussi de m’épa- nouir personnellement et spirituellement. Pour ma part, j’attends toujours le dimanche avec impatience parce que je sais que je vais servir, non seulement pour Dieu, mais que je vais rencontrer mes camarades de service et que l’on va se mettre d’accord sur les tâches à accomplir et donner le meilleur de nous-mêmes pour avoir un service impeccable. On y gagne aussi une petite famille avec qui on peut discuter et sur qui on peut compter. Je sais que tant que je pourrai servir, je servirai car cela me fait beaucoup de bien, surtout dans les difficultés. Servir a changé ma vie ! J’ai décidé de continuer le service de l’autel après mes 16 ans pour pratiquement les mêmes raisons pour lesquelles j’ai commencé : me rendre utile pour mon Église et servir Dieu ; m’en sentir plus proche me plaît énor-mément. Néanmoins, j’ai conscience qu’avec l’adolescence, on est de plus en plus soumise aux tentations du monde et je suis persuadée que la foi en Dieu devient un réel besoin pour un bon développement pour la femme de demain que je suis. Je suis donc très fière de pouvoir servir ma paroisse ; c’est comme un acte de gratitude que j’ai envers le Seigneur pour tout ce qu’I l fait pour moi. Élodie, 17 ans J’ai choisi de continuer à servir après mes 16 ans pour remercier Dieu pour tout ce qu’I l fait et continue de faire dans ma vie. Je veux L ui rendre grâce en servant l’autel et m’unir ainsi à la prière de l’Église. Lorsque j’aurai mon bac, j’aimerais montrer Jésus en restant témoin de sa lumière. Eh bien, la première fois que j'ai assisté à une messe, j'ai tout de suite eu ce désir de servir à l'autel de Dieu, de me rapprocher de L ui par ce biais. Continuer au sein du groupe de servants d'autel en ayant 16 ans révolus est une façon de me rappeler cet appel que j'ai reçu vers 8 ans, et de ne pas oublier l’engagement que j'ai pris : offrir mon Oui au Seigneur. Après avoir fait 3 ans de formation à la liturgie et ma prise d'aube à Christ Roi (qui est devenue une fête très symbolique pour moi), le service à l'autel m'a beaucoup apporté, et cela pas seulement sur le plan spirituel. La\ rigueur et l'attention qu'il faut avoir aux différentes célébrations sont formatrices et je serai toujours reconnaissante envers mes aînés pour toute l'expérience qu'ils m'ont permis d'acquérir. Alors à mon tour, j'aimerais essayer de transmettre aux plus jeunes du service cet amour pour Dieu, mais aussi toutes les valeurs et la paix et l'Amour que j'ai pu trouver depuis ma prise d'aube. Anne- Emmanuel, 16 ans Clélia, 17 ans

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La mission est belle mais pas facile tous les jours. Elle est prenante, il faut savoir donner du temps afin de mettre en place les différentes actions et la logistique. En exerçant cette responsabilité, j’ai l’impression d’avoir 150 enfants. Il est nécessaire de prêter une oreille attentive car les jeunes de nos jours rencontrent beaucoup de problèmes dans leur vie familiale, scolaire. Régulièrement, il est nécessaire de faire le lien avec le curé. Il y a de grandes joies, notamment lorsque des familles parviennent à se réconcilier. Malheureusement, bien souvent, je fais mienne la peine des autres et je ne parviens pas à faire le vide. Je n’ai pas de difficultés à réaliser la mission. Il faut du temps pour mettre en place les actions. Les autres paroissiens au début ont du mal des fois à accepter les jeunes. Il faudrait beaucoup de tolérance pour que la mission en général se passe bien. Yasmina Zacharie (responsable des jeunes sur la paroisse de la Cathédrale) La mission pour moi c'est ma vie avec le Christ. Car tout chrétien a fait le choix de servir, aimer et aider son prochain. La mission est facile. Avec l'amour de Dieu, aidé de Maman Marie et de tous les Saints, on devient miséricordieux envers tous ceux qui clament et qui veulent connaître ce Dieu d'amour qui ne nous abandonne jamais. Il n’y a pas trop de difficultés. La première des choses c'est de savoir écouter, analyser, ne pas juger. Après, engager une vraie conversation avec l'aide de l’Esprit Saint. Pour que la mission soit aisée, il faut de la compré- hension et prôner l'amour autour de nous. Marlène Thiant (chef de chœur de la chorale des ainés de la communauté de Volga) La mission consiste à annoncer aux autres que le Christ est vivant et qu’il nous aime. Nous ne pou- vons le dire aux autres que si nous le croyons au plus profond de nous. Et surtout que si nous avons rencontré le Christ. Cette rencontre est essentielle. Elle détermine notre façon de vivre notre foi : Etre un simple consommateur, en allant à la messe, en repartant sans faire attention à l’envoi en mission du célébrant, ou être acteur en étant l’Eglise. Le propre du chrétien est de partir en mission. La mission est belle mais ô combien difficile. Il s’agit d’un investissement personnel, dégager du temps entre les obligations professionnelles, les loisirs, la famille, les enfants pour pouvoir œuvrer. Certains déchantent, sont découragés par l’attitude d’autres chrétiens qui ont la critique facile. Bien souvent ces derniers ne font d’ailleurs pas partie des missionnaires. Ils se contentent de porter des appréciations négatives sans aller à la vigne. L’église n’est pas un « centre aéré » où on vient pour passer un bon moment. Il nous appartient de faire vivre notre baptême. D’être dans l’action, de regarder autour de nous, d’analyser. D’être des pierres vivantes. Recentrons-nous sur ce qui est fondamental : « Jésus nous aime ». Faisons bouger les choses. Partons à la rencontre de l’autre. Osons nous enga- ger. La peur de l’autre, de sa réaction, de son regard nous bloquent. Et pourtant, Dieu nous a donné son Fils par amour. Relevons donc la tête et engageons-nous. N’ayons pas peur ! Point de vue de Nicole Chésimar ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 18 ? Question AN TJÈ LÉGLIZ-LA ‘‘ • Comment vis-tu la mission ? • Est-ce facile ? • Quelles sont les difficultés ? • Que faudrait-il pour que la mission soit aisée ? Propos recueillis par Nicole Chésimar ■

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Agenda de l’Archevêque Dimanche 17 octobre : • 9h30 : Confirmation à la paroisse du François • 17h : Vêpres à la cathédrale Saint-Louis (horaire couvre-feu) OUVERTURE SOLENNELLE EN DIOCÈSE DU SYNODE ROMAIN : « Pour une Église synodale :  communion, participation et mission. » Mardi 19 octobre : • Conseil presbytéral • Conseil d’Administration de l’ICEA Mercredi 20 octobre : • Rencontre avec les confirmands du couvent et de la paroisse du Morne-Rouge à l’archevêché • Catéchèse de l’Évêque à Emmaüs (huis clos) Du 21 au 24 octobre : Guadeloupe Dimanche 24 octobre : • 17h : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis (horaire couvre-feu) Mercredi 27 octobre : • Rencontre avec les confirmands de la paroisse de Sainte-Anne à l’archevêché • 18h : Catéchèse de l’Évêque à Emmaüs (huis clos) Samedi 30 octobre : • Récollection avec les jeunes de 3 ème année de cheminement et de la post-confirmation • Ordination au diaconat permanent de Frédéric Félixine Dimanche 31 octobre : • 8h : Confirmation à la paroisse de De Briant • 14h30 : Consécration de l’église de Petit-Bourg • 17h : Vêpres à la cathédrale Saint-Louis (horaire couvre-feu) ÉGLISE EN MARTINIQUE du 17 octobre 2021 – n° 627 19 ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\) MARTINIQUE   - Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père Pinchon BP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\)X Téléphone : 06 96 3\)10 333 - E-mail : \)michel.pouch@wanadoo.fr oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer  sur les possibilités de legs, donations et \Passurances-vie à l’Association Diocésaine. oui , je  souhaite  être  contacté  pour  un  rendez-vous  au  Service  des  legs  et  donations ou à mon\P domicile. LÉGUEZ à l’ Église catholique Mes coordonnées  ❏Mme ❏Melle    ❏M. Nom  Prénom Adresse   Code postal Ville  Téléphone E-mail Paroisse  (facultatif) DEMANDE D’INFORMATIONS POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MARTI\)NIQUE sans engagement de votre part

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