628 - Porteurs d'espérance

Page 1

E g lise en MARTINIQUE P orteurs d’espérance ! N° 628 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 31 OCTOBRE 2021 Hommage au père Filopon Dossier : Covid-19 : Chrétiens devant la mort !

Page 2

23 S ommaire « T u aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force… Tu aimeras ton prochain comme toi-même.» (Mc 12,30) Aujourd’hui, en ce 31 e dimanche du temps ordinaire, Les lectures nous parlent d’amour. Elles nous ramènent à l’essentiel : Aimer Dieu, aimer son prochain. L’amour de Dieu et l’amour du prochain sont liés. C’est un seul et même commandement et c’est en fait la clé de la vraie vie. Les saints prennent déjà part à cette vie. Ils sont d’ailleurs pour nous des modèles de vie. Nous allons célébrer en novembre deux grands temps forts de l’Année liturgique : la Solennité de tous les Saints (le 1 er) et la Commémoration des Fidèles défunts (le 2). La Toussaint est aujourd’hui « une fête de famille » , nous exhorte le pape François. « Les saints sont proches de nous, ils sont même nos frères et sœurs les plus vrais ». Notons que la sainteté concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ. Le dossier de cette édition est intitulé « Covid-19 : Chrét\ iens devant la mort ! ». Perdre un être cher en période de crise sanitaire est difficile. Parmi les nombreuses restrictions qu’impose le confinement, celle pesant sur les obsèques est sans doute l’une des plus douloureuses à vivre. L’absence de cérémonie complique le deuil. Pour explorer au mieux ce sujet, il vous est proposé des regards croisés de personnes ressources avec des interviews, des témoignages… La rubrique « An tjè Légliz-la » s’intéresse égalem\ ent aux difficultés liées à la crise sanitaire. « Écoute, Israël… ». Jésus nous recommande tout d’abord « l’écoute » (avant l’action). Aujourd’hui, savons-nous vraiment écouter ? C’est une action parfois difficile. Ainsi, en cette fin du mois du Rosaire, demandons à Maman Marie d’intercéder pour nous auprès de son fils afin que nous obtenions la grâce de l’écoute. Bon dimanche à tous ! Justine Lordinot ■ EDITORIAL AGENDA DE L'EVEQUE 19 MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE •  La Parole Dominicale •  La mort n’est \bas la fi  n de tout •   Célébrer les funérailles  en ce tem\bs de \bandémie •   Retraite Consolation Deuil. \n La mort a le visage de l’amour •   Entretien avec Patricia Chevalier, gérante des Pom\bes Funèbres Sébastien •  Témoignages •   Comment as-tu vécu les différents tem\bs  de confi  nement et surtout le dernier ? •   Selon toi, comment vois-tu la sortie de\n la crise ? •   Sur quoi \beut-on s’a\b\buyer \bour sortir de l\na crise ? •   Rencontre coeur à coeur  avec Monseigneur •   De la création de Petit-Bourg à sa dernière rénovation •   « Samedi Jazz » sur\n Radio Saint-Louis Interview de Ra\bhaël Monta •  S\bécial Jeunes •  Les vivants du Grand Jour •  La T oussaint : une fête de famille 3 oussaint : une fête de famille EGLISE UNIVERSELLE\C 6 7 9 10 12 13 15 15 17 •   Comment as-tu vécu les différents tem\bs •   Comment as-tu vécu les différents tem\bs  AN TJÈ LÉGLI\b-LA 18 Dossier : COVID-19 :  CHRETIENS DEVANT LA MORT ! 4 5 EDITORIAL 2 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

Page 3

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 3 N ous ne sommes pas morts. En tout cas, pas encore. La pandémie, les violences, les accidents, les pollutions, les intoxications, les catastrophes naturelles, les maladies diverses, chroniques ou diachroniques, et même l’avortement (pour ceux qui sont nés après 1975) n’ont pas réussi à nous faire passer, vous et moi, de vie à trépas. Notre heure viendra, c’est certain. Mais les dangers de l’époque n’ont pas encore réussi à nous entraîner dans la tombe. Serions-nous plus résistants, plus chanceux que ceux que nous avons vu partir ? « Ce jour-là, dit le Seigneur en parlant du grand jour de Sa venue, deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée. Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l’une sera prise, l’autre laissée. » (Lc 17,34-35). Nous ne pouvons, en ce monde, répondre clairement aux « pourquoi » qui nous taraudent l’âme en pensant à nos chers disparus. La mort est un si grand mystère, si profond et si sombre. Pourquoi sont-ils partis ? Pourquoi ma sœur ? mon fils ? ma mère ? mon oncle ? mon amie… ? Pourquoi eux… mais aussi « Pourquoi pas moi ? ». Cette autre question nous concerne encore plus directement : Pourquoi suis-je encore en vie ? Pour quoi faire ? Pour devenir quoi ? Pour être quoi ? La mort de nos proches est une chose mystérieuse, mais notre (sur)vie en est une autre encore plus impressionnante. Nous pouvons développer ce que certains psychologues appellent « le complexe des survivants », lorsque le danger frappe, « qu'il en tombe mille à tes côtés, qu'il en tombe dix mille à ta droite, alors que toi, tu restes hors d'atteinte » (Ps 90,7)… la vie fait peur. En tout cas elle prend un sens nouveau. Intense. Très intense. On mesure alors qu’elle est un don incroyable. On ne peut plus se laisser vivre tout bonnement. On choisit de vivre... ou pas ! C’est donc au cœur des crises que la vie se révèle, plus comme un choix volontairement posé que comme un état de fait subi. Vivre, c’est vouloir vivre et non subir le fait d’être en vie. Vivre, pour un chrétien, c’est prendre en main son existence fragile, se reconnaître comme créature mortelle, se savoir dépendant du Créateur, relevé par son Amour, se porter volontaire pour réaliser en ce monde le dessein de Dieu. Ma vie, de sa conception à sa fin naturelle, devient une conquête, une victoire sur les forces de mort. Elle est un cadeau de Dieu, mais aussi un don que je fais à « mes chers disparus ». Un peu comme des bougies qui verraient s’éteindre une à une les flammes des autres mèches allumées au même feu. Les dernières survivantes, afin de résister aux puissances de mort, doubleraient d’ardeur, conscientes de porter et de devoir protéger la flamme qui animait celles qui se sont éteintes. Voilà le grand mystère de notre vie en ces temps de mort. Les décès nous ont rappelé la fragilité comme la préciosité de la vie, sa fin facile comme son origine gratuite, la fugacité de notre passage sur terre comme notre destinée à inscrire cette vie dans la foi, l’espérance et l’amour. Plus qu’une consolation ou un grand travail de deuil les regards tournés vers la tombe, même la plus chère, nous sommes appelés, après nos morts, à vivre déjà tournés vers l’Eternité bienheureuse. A goûter la vie. En l’honneur de nos chers disparus. En l’honneur de l’Esprit Créateur et Donateur de Vie. Ceux qui auront fait ce choix d’une vie dont l’éternité est déjà le présent, plutôt que d’une survie mondaine et pleine de riens de ce monde, seront les Vivants du Grand Jour, les autres se seront déjà laissés engloutir par la mort quoiqu’il arrive. + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ Les vivants du Grand Jour MOT DE L’ÉVÊQUE

Page 4

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 4 EGLISE UNIVERSELLE\n L a première lecture, tirée du livre de l’Apocalypse, nous parle du ciel et nous place devant «une foule immense», incalculable, « de toute nation, race, peuple et langue » (Ap 7, 9). Ce sont les saints. Que font-ils « là-haut »? Ils chantent ensemble, ils louent Dieu avec joie. Il serait beau d’entendre leur chant… Mais nous pouvons l’imaginer : savez-vous quand ? Pendant la Messe, quand nous chantons « Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu de l’univers…». C’est un hymne, dit la Bible, qui vient du ciel, qu’on chante là (cf. Is 6, 3, Ap 4,8). Alors, en chantant le « Sanctus », non seulement nous pensons aux saints, mais nous faisons ce qu’ils font : à ce moment-là, pendant la messe, nous sommes plus que jamais unis à eux. Et nous sommes unis à tous les saints : pas seulement aux plus connus du calendrier, mais également à ceux « de la porte à côté », aux membres de nos familles et à nos connaissances qui font maintenant partie de cette multitude immense. C’est donc aujourd’hui une fête de famille. Les saints sont proches de nous, ils sont même nos frères et sœurs les plus vrais. Ils nous comprennent, ils nous aiment, ils savent quel est notre vrai bien, ils nous aident et ils nous attendent. Ils sont heureux et ils veulent que nous soyons heureux avec eux au paradis. C’est pourquoi ils nous invitent sur le chemin du bonheur indiqué dans l’Evangile d’aujourd’hui, si beau et si connu : « Heureux ceux qui ont une âme de pauvre […]. Heureux les doux […]. Heureux les cœurs purs… » (cf. Mt 5, 3-8). Mais comment ? L’Evangile dit « Heureux les pauvres », alors que le monde dit « Heureux les riches ». L’Evangile dit « Heureux les doux », alors que le monde dit « Heureux les tyrans ». L’Evangile dit « Heureux les purs », alors que le monde dit « Heureux les malins et les hédonistes ». Ce chemin de la béatitude, de la sainteté, semble conduire à la défaite. Pourtant, nous rappelle encore la première lecture, les saints tiennent « des palmes à la main » (v. 9), c’est-à-dire les symboles de la victoire. C’est eux qui ont gagné, pas le monde. Et ils nous invitent à choisir leur côté, celui de Dieu qui est saint. Demandons-nous de quel côté nous sommes : celui du ciel ou celui de la terre ? Vivons-nous pour le Seigneur ou pour nous-mêmes, pour le bonheur éternel ou pour quelque satisfaction immédiate ? Demandons-nous : voulons-nous vraiment la sainteté ? Ou nous contentons-nous d’être des chrétiens, sans honte ni louange, qui croient en Dieu et estiment leur prochain mais sans exagérer ? Le Seigneur « demande tout ; et ce qu’il offre est la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés » (Exhor. ap. Gaudete et exsultate, n. 1). En somme, la sainteté ou rien ! Cela nous fait du bien de nous laisser provoquer par les saints, qui n’ont pas eu de demi-mesures ici-bas et qui, de là-haut, nous soutiennent afin que nous choisissions Dieu, l’humilité, la douceur, la miséricorde, la pureté, afin que nous soyons passionnés par le ciel plutôt que par la terre. Aujourd’hui, ces frères et sœurs ne nous demandent pas d’entendre encore une fois un bel Evangile, mais de le mettre en pratique, de nous engager sur le chemin des Béatitudes. Il ne s’agit pas de faire des choses extraordinaires, mais de suivre chaque jour ce chemin qui nous mène au ciel, en famille, à la maison. Aujourd’hui, nous entrevoyons donc notre avenir et nous fêtons ce pour quoi nous sommes nés : nous sommes nés pour ne plus jamais mourir, nous sommes nés pour jouir du bonheur de Dieu ! Le Seigneur nous encourage et à celui qui prend le chemin des Béatitudes, il dit : « Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Mt 5, 12). Que la Mère de Dieu, Reine des saints, nous aide à parcourir avec détermination le chemin de la sainteté ; qu’elle, qui est la Porte du ciel, introduise nos chers défunts dans la famille céleste. Pape François Source : https://www.vatican.va/ Angélus de la Toussaint 2018 – Année B ■ La Toussaint : une fête de famille

Page 5

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 55 Dimanche 31 octob\be 2021  la P arole  Dominicale 31 ème dimanche du Temps Ordinaire - Année B Deutéronome 6,2-6  •  Psaume 118 (119)  •   \b\1ébreux 7,23-28  •  Mar\1c 12,28b-34 LITURGIE  Introduction : « Ecoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique » Seigneur Jésus ouvre mon oreille du cœur afin que je puisse mettre en pratique ta parole et vivre une conversion en profondeur. Je sais que l’écoute (obéissance) de ta parole apporte bonheur et fécondité. Que mon quotidien soit une école de prière, de fraternité, de service, d’enseignement pour témoigner de ta présence dans mon cœur. Je te confie tous les membres de ma famille et de mon entourage qui ne te connaissent pas. Amen. Réflexion « Ta parole est lumière de mes pas, la lampe de ma route. » (Ps. 118, 105)    La première lecture tirée du livre de Deutéronome nous rappelle que la foi est d’abord écoute de la volonté de Dieu contenue dans sa parole. La phrase « écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’Unique » est devenue la prière quotidienne du juif. C’est le fameux « Shema Israël ». Cette prière est aussi importante pour les juifs que le Notre Père l’est pour nous chrétiens. Mais l’observance de la loi de Dieu n’est pas une servitude, ni une pratique dictatoriale. Le croyant s’attache à la parole de Dieu avec amour. Il faut un cœur large et généreux, comme le dit Saint Ignace de Loyola. Le psalmiste nous aide à comprendre que la mise en pratique de la loi est d’abord une question d’amour : « De quel amour j’aime ta loi : tout le jour je la médite ! ». Dieu ne veut pas que nous soyons ses serviteurs dans le sens esclavagiste, mais il nous appelle amis. Sa parole, ses justes décisions, ses préceptes, sa promesse, ses exigences … sont pour le bonheur de l’homme. Rempart contre les chemins de mal et de mensonge.    Nonobstant notre résistance à la parole, à sa volonté, Dieu a accompli ses promesses en la personne de Jésus. C’est la vie du Christ, le plus grand prêtre qu’il nous fallait, offerte une fois pour toute, qui mène à la perfection l’humanité pécheresse. En gros, Dieu, la divinité s’engage par serment et vient au secours de l’humanité pour qu’elle accède à Dieu. Il désigne Jésus son Fils, qu’il a pour toujours mener à sa perfection. » Jésus est vraiment le grand prêtre unique et définitif consacré sur la croix comme grand prêtre totalement accordé à la volonté de Dieu son Père.    Dans l’évangile, Jésus reprend le shema Israël pour donner une réponse au scribe qui le questionne. La réponse de Jésus est basée sur deux commandements d’aimer. Mais l’amour peut-il se commander ? L’élan, non, mais la fidélité, oui et c’est de cela qu’il est question ici : faire de l’amour une loi, c’est montrer que toute la loi, quelle qu’elle soit, est au service de l’amour de Dieu. Toi aussi chrétien, lorsque tu auras compris que la foi en Dieu n’est pas un carcan d’interdits ou de choses impossibles à vivre, mais qu’il s’agit d’amour car Dieu est amour, alors « tu n’es pas loin du Royaume ». Je dialogue avec Jésus Seigneur Jésus, donne-moi ton amour et ta grâce. Aimer Dieu et aimer mon prochain, cela devient impossible à mes forces humaines. Seul toi, le seul vrai Dieu, unique grand prêtre, saint, sans tâche, sans aucune faute, qui nous a aimés jusqu’à s’offrir pour nous sauver, mène mon amour pour Dieu et pour le prochain à sa perfection. Envoie ton Esprit Saint sur les lieux de manque d’amour dans ma vie. Par ta flamme d’amour, réchauffe ce qui est froid dans mon cœur ! Conduis-moi Jésus jusqu’à l’amour des ennemis. Résolution « Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. » (Magnificat). Avec l’aide de la Vierge Marie, je prends la ferme résolution de vivre ces trois points suivants : • Bénir et non maudire qui que ce soit, malgré les difficultés de la vie. • Apprendre les dix commandements et demander pardon à la confession pour mes péchés en lien avec les commandements du Seigneur. • Comme ce scribe, apporte tes questions et pose-les à un diacre, un prêtre ou à l’évêque. Père Arnaud Goma, Curé de Coridon ■

Page 6

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 6 VIE DU DIOCÈSE C est dans la joie des chants de louange qu’a débuté cette matinée communautaire. Membres, nouveaux arrivants, regardants (nom donné à ceux qui prennent un temps de réflexion avant de s’engager au sein de la Communauté de l’Emmanuel) et enfants étaient réunis pour l’occasion. La joie des retrouvailles Après des vacances bouleversées par la situation sanitaire qui n’a pu permettre aux membres de se réunir et de proposer pour la deuxième année consécutive « Paray Bo kay », cette retraite ouverte à tous, initiée depuis l’année 2020, fut créée pour tous ceux qui ne peuvent se rendre à Paray le Monial pour les sessions d’été. C’est la joie au cœur que chacun se retrouvait pour partager bonne humeur, sourires et encouragements. Enseignement Après le temps de louange qui ancrait durablement la joie dans les cœurs, les membres se sont tous retrouvés autour de l’archevêque afin de recevoir un enseignement préparé pour l’occasion autour du Sacré-Cœur. Rappelons que cette communauté a reçu, la gestion du site de Paray Le Monial, lieu des apparitions de Notre Seigneur Jésus-Christ et de son Sacré-Cœur à Sainte Marguerite Marie Alacoque au XVII ème siècle. Messe d’envoi C’est par la Sainte Eucharistie que tous les membres furent envoyés en mission par Mgr David Macaire, assisté du père Jacques Platon. Rencontre cœur à cœur avec Monseigneur ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 se sont tous retrouvés autour de l’archevêque afin de recevoir un enseignement préparé pour l’occasion autour du Sacré-Cœur. Rappelons que cette communauté a reçu, la gestion du site de Paray Le Monial, lieu des apparitions de Notre Seigneur Jésus-Christ et de son Sacré-Cœur à Sainte Marguerite Marie Alacoque au XVII siècle. Messe d’envoi C’est par la Sainte Eucharistie que tous les membres furent envoyés en Le 9 octobre  dernier, les membres  de la Communauté d\1e  L’Emmanuel étaient réunis  pour leur première rencontre  communautaire de cette année  pastorale. Pour l’occasion,  ils étaient reçus par Mgr David Macaire. •Assemblée de prière ouverte à tous à l'espace paroissial de Sainte-Thérèse (ou en ligne en fonction des conditions sanitaires). Soyez les bienvenus ! Venez louer, prier, adorer en famille ou entre amis ! • 3ème vendredi du mois : émission Cœur à cœur en direct sur Radio Saint-Louis de 20h à 22h… Pour témoigner du Sacré-Cœur dans votre vie. Contactez-nous au 0696351025 • 3ème samedi du mois : Animation du Cénacle avec le Mouvement Sacerdotal Marial à l'espace paroissial de Sainte- Thérèse. Maeva Céleste, pour la Communauté de l’Emmanuel Martinique ■ Les rendez-vous mensuels de la communauté de l’Emmanuel

Page 7

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 7 De la création de l’église de P etit-Bourg à sa dernière rénovation l’église de C’est le 7 juillet 1716 que le marquis Duquesne, gouverneur de la Martinique, autorise l’établissement d’une nouvelle paroisse confiée au pères capucins à Rivière-Salée. Les premières messes furent célébrées dans une maison de pierres qui se situait sur un terrain appartenant au sieur Duval, important propriétaire foncier, en attendant la construction d’une église sur ce même terrain. A partir de 1797, les prêtres séculiers remplacent les capucins. En 1838, le père Jacques Gillet qui est nommé curé de Rivière-Salée et des Trois-Ilets sera au centre de l’histoire de la création de l’église de Petit-Bourg. Le Père trouva sa paroisse et singulièrement l’église de Grand-Bourg dans une bien triste situation. L’église, devenue trop petite et en ruine, avait été abandonnée. La messe était célébrée dans une maison louée à cet effet. Très zélé, l’abbé Jacques Gillet conçut aussitôt le projet, malgré la crise économique qui sévissait alors, de construire une nouvelle église plus grande sur un autre terrain. Il écrivit même en France pour y faire organiser des collectes. La date du 20 avril 1839 avait été retenue pour la bénédiction du nouveau terrain à Grand-Bourg dans l’après-midi. Le matin de ce jour-là, l’abbé Gillet commença par inaugurer à Petit-Bourg un local mis à sa disposition par un habitant du quartier pour servir de chapelle. En effet, les habitants de ce quartier avaient des difficultés à se rendre à Grand-Bourg, notamment en période de pluies. 600 personnes environ y demeuraient. Les curés de Saint Esprit et du François ont pris part à l’inauguration de ce local et ce dernier y prononça un sermon. L’abbé Gillet les reçut à déjeuner au presbytère de Grand-Bourg avec des notables de Petit-Bourg. Ses confrères lui firent remarquer qu’il n’arriverait pas à faire face aux dépenses de la construction d’une nouvelle église à Grand-Bourg, mais qu’il était possible de réparer l’ancienne église et notamment de l’agrandir. Convaincu par ces explications, l’abbé Gillet fit dire à la population que la bénédiction du terrain de Grand-Bourg, prévue dans l’après-midi était décommandée. Le bruit se répandit comme une traînée de poudre que le curé voulait faire de Petit-Bourg le centre de la paroisse au détriment de Grand-Bourg. Un jeune homme vint insulter au presbytère le propriétaire du local de Petit-Bourg qui était présent. Un désordre s'ensuivit ; les gens s’assemblèrent et manifestèrent violemment. Le curé répondit sur un ton vif, si bien que le responsable de la communauté, assisté de deux notables, s’en vint porter plainte contre le curé auprès du gouverneur. Ce dernier la répercute auprès du préfet apostolique. En ce temps-là, l’autorité administrative, exercée par des amiraux autoritaires, ne craignait pas d’intervenir abusivement dans les affaires ecclésiastiques. L’abbé Gillet fut sacrifié. On le pria de démissionner et on le laissa plusieurs mois sans poste. Il quitte la paroisse le 7 juin 1839. Dégouté, il s’en alla à Saint Lucie où, devenu curé de Vieux Fort, il agrandit l’église et construisit un calvaire au centre de la ville Par la suite, Il écrivit à ses supérieurs un plaidoyer en faveur de l’abolition de l’esclavage. Ainsi, les années 1840 marquent une singulière inflexion de la stratégie gouvernementale. Un programme de réparation pour les esclaves leur permettant l’émancipation par la morale chrétienne est en effet élaboré. D’importants crédits sont débloqués pour l’augmentation du clergé paroissial et l’édification d’un réseau d’écoles primaires. Une ordonnance royale du 6 novembre 1839 réserve une dotation pour la construction de chapelles rurales. En 1842, l’autorité civile de la colonie ordonne qu’une chapelle soit commencée sans délai à Petit-Bourg, Rivière-Salée. Le 2 février 1845, le conseil privé approuve le choix d’un terrain à Petit-Bourg pour la construction d’une chapelle, choix fait par une commission spécialement nommée par le directeur de l’intérieur. Les travaux de construction sont achevés en 1847 comme en témoigne la plaque avec l’inscription sur la façade de l’église. L’église connaitra d’importants travaux de réhabilitation entrepris par la municipalité de 2019 à 2021. C’est avec bonheur que les paroissiens retrouveront leur église dédiée à Notre-Dame de la Visitation. Frantz Édouard, paroisse de Rivière-Salée Sources : P. Delisle « Renouveau missionnaire et société esclavagiste 1815-1848 » et B. David « Le clergé Tome II » ■ l’abolition de l’esclavage. Ainsi, les années 1840 marquent une singulière inflexion de la stratégie gouvernementale. Un programme de réparation pour les esclaves leur permettant l’émancipation par la morale chrétienne est en effet élaboré. D’importants crédits sont Saint Lucie où, devenu curé de Vieux Fort, il et B. David « Le clergé Tome II » Q

Page 8

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 8 MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € E g lise en MARTINIQUE Une E glise engagée... N° 609REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €8 NOVEMBRE 2020 Hommage au père Filopon Le pape et la question homosexuelle : explication de l'EvêqueDossier : l'action des catholiques dans la Société lise MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE N° 609REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUELLE — 2,00 € 8 NOVEMBRE 2020 E g lise en MARTINIQUE La revue "Eglise en Martinique" a 30 ans « J’étais malade et vous m’avez visité ! » N° 614REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €31 JANVIER 2021 Hommage au père Filopon Sainte Joséphine Bakhita, de l’esclavage à la saintetéRetraite spirituelle des prêtresDOSSIER : Actions de l’Eglise auprès des malades et des soignants Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97207 FORT de France CEDEX E g lise en MARTINIQUE Une EEE Le pape et la question homosexuelle : la question homosexuelle : explication de l'explication de l' Evêque Dossier : l'action des catholiques l'action des catholiques l'action des catholiques l'action des catholiques dans la Société EEE glise engagée... E glise engagée... E "Eglise en Martinique" "Eglise en Martinique" a 30 ans « JJJ’étais malade et vous m’avez visité ! »J’étais malade et vous m’avez visité ! »JJ’étais malade et vous m’avez visité ! »JSainte Joséphine Bakhita, Sainte Joséphine Bakhita, Sainte Joséphine Bakhita, de l’esclavage à la saintetéde l’esclavage à la saintetéRetraite spirituelle des prêtresRetraite spirituelle des prêtresRetraite spirituelle des prêtresRetraite spirituelle des prêtresRetraite spirituelle des prêtresRetraite spirituelle des prêtresRetraite spirituelle des prêtresDOSSIER : Actions de l’Eglise auprès Actions de l’Eglise auprès des malades et des soignants des malades et des soignants des malades et des soignants des malades et des soignants des malades et des soignants Nom : .......................................................................\ ................................................................................................................ Prénom : .......................................................................\ ...................................................................................................................... Adresse : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...... Mail : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Tél. : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Code Postal : .......................................................................\ .................................................................................................................... Ville : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....................... Oui, je m’abonne ! COMMUNIQUÉ DE PRES\3SE Chaque année, le 11 novembre, l'Aumônerie Nationale des Antilles et de la Guyane (ANAG) organise une célébration à l'église St Sulpice dans le 6 e arrondissement de Paris. Des centaines d’Antillo-Guyanais de tous âges, venant d’Ile de France mais aussi de province, se retrouvent avec les évêques de Martinique, Guadeloupe et de Guyane. En 2020, en raison de la pandémie, cette rencontre n’avait pu avoir lieu. Aussi, c'est avec une grande joie que nous vous annonçons que la rencontre aura bien lieu cette année ! Cette journée est organisée par l'Aumônerie Antilles-Guyane. Depuis septembre dernier, le coordinateur de l’aumônerie est Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque émérite de Basse-Terre. Il succède au père Marcel Crépin qui est retourné en Martinique. Tous les Antillais et Guyanais sont invités à prendre part à ce rassemblement du Jeudi 1\ 1 Novembre à Saint Sulpice, la plus grande église de Paris. 13h00 : Accueil des participants 13h30 : Témoignages des Antillais et Guyanais du diocèse de Créteil, impliqués dans la vie de leur diocèse. 14h30 : Mgr David Macaire, archevêque de Fort de France (Martinique) et Administrateur du diocèse de Guadeloupe, présidera l’Eucharistie, entouré de Mgr Michel Dubost, administrateur du diocèse de Cayenne, d’évêques, prêtres et diacres. Cette célébration sera animée par une chorale composée principalement de jeunes. L'Aumônerie Nationale Antilles Guyane 5,bis rue Mouzaïa 75019 - Paris • Assure un service d’accueil, d’écoute, d’accompagnement et de formation des Antillais et Guyanais vivant (ou de passage) en France métropolitaine. Elle aide ceux qui le souhaitent à consolider leur foi. Elle n’a pas pour mission de se substituer aux paroisses. Sa mission est d’aider les Antillais et Guyanais à s’insérer dans la vie des communautés locales et à prendre une part active dans l’annonce de l’Evangi\ le et dans la vie de l’Eglise. • En lien avec les diocèses et des groupes de prière, elle organise des rencontres, des pèlerinages, des "Chanté Nowel".… Le temps fort de l’année est le rassemblement du 11 novembre. Contact : +33 (0)9 87 35 32 33 - aumonerieag@gmail.com

Page 9

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 9 Nom : .......................................................................\ ................................................................................................................ Prénom : .......................................................................\ ...................................................................................................................... Adresse : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...... Mail : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Tél. : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Code Postal : .......................................................................\ .................................................................................................................... Ville : .......................................................................\ ...............................................................................................................................\ ....................... C omment est né le projet « Samedi Jazz » ? « Samedi Jazz » est une  émission de radio consacrée  principalement au jazz sur la station  Radio Saint-Louis (RSL). Le choix  du nom s’est voulu sans complication,  en rappelant simplement le jour de la  diffusion. Le projet a pris naissance il y  a quelques années déjà et s’est accéléré  pendant le premier confinement. La  première émission a été enregistrée  en août 2021. J’ai rendu hommage  à mon père qui a été animateur radio  bénévole dans le département de  l’Oise, la ville de Beauvais, pendant  une dizaine d’années, vers 1980. Quelle est ta propre expérience dans le Jazz ? Le jazz est une histoire d’amour qui  dure depuis 33 ans, parsemée de  concerts (Les Banlieux Bleues en  Seine Saint Denis, All that Jazz à  Paris, Jazz à la Villette, North Sea  Jazz Festival en Hollande), Festival  de jazz à Vienne, Festival de jazz à  Sainte-Lucie, Festival de Biguine  jazz en Martinique, divers concerts  à l’Atrium… de dédicaces et  d’entretiens. C’est aussi l’expérience  d’une cure contre la mélancolie et les  difficultés de la vie quotidienne. Mon  état d’esprit va souvent influencer mes  tendances et préférences musicales. Pourquoi as-tu choisi Radio Saint Louis ? Avec les réseaux sociaux, je  communique régulièrement avec  des habitués, où mutuellement  nous partageons nos découvertes,  nos connaissances et critiques.  Avec l’encouragement de mon  épouse et de mes enfants et mon  expérience d’animation sur RSL, j'en  ai tout naturellement discuté avec le  responsable de la radio qui a très bien  accueilli ce projet dans la confiance.  Quel est le concept de « Samedi Jazz » ? « Samedi Jazz », c’est deux émissions  d’une heure par mois, tous les  samedis de 20h à 21h avec David à  la technique. « Samedi Jazz »  vous  propose d’écouter les plus grands  musiciens et interprètes. Quel objectif voulez-vous atteindre avec « Samedi Jazz » ? L’objectif n’est pas d’intellectualiser  le jazz, mais bien de rendre accessible  à tous cette merveilleuse musique, et  de rendre hommage aux musiciens  disparus comme le pianiste  compositeur Chick Corea, mort à  Tampa (Floride) le mardi 9 février  2021, des suites d'une forme rare de  cancer. Également de faire connaitre  les chefs d’œuvre de certains artistes  jazz en formation très réduite tel que  le piano solo et le duo (saxophone- piano). C’est le cas du saxophoniste  Stan Getz qui, quelques mois  avant son décès, enregistre l’album  « People Time » en duo avec Kenny  Barron, en mars 1991. Quel rapport entre la spiritualité et « Samedi Jazz » ? Nous sommes sur une radio  chrétienne, il est donc intéressant  de mettre en avant la foi des artistes  ou leurs œuvres de charité. C’est  le cas de l’album du saxophoniste  Archie Shepp qui a enregistré le 05  février 2021, en duo avec le pianiste  Jason Moran « Let’s my people  go » (« laisse partir mon peuple »  tiré du livre de l’Exode 9, 1), qui  est une rencontre poignante entre  Archie Shepp (83 ans) et le Texan  Jason Moran (43 ans). Ce disque est  vraiment un témoignage d’amour qui  nous permet de découvrir un chef- d’œuvre gorgé de negro spirituals.  A ce jour, trois émissions ont été  enregistrées et quatre autres sont  en préparation pour finir l’année  2021. Les trois premières émissions  présentent les artistes suivants : Duke  Ellington, Louis Armstrong et Billie  Holiday Quel est l’auditoire ciblé avec « Samedi Jazz » ? « Samedi Jazz » est bien entendu  pour tout public, mais veut toucher  en priorité le large public des 25-60  ans. Nous sommes souvent attachés  à un type de jazz très dansant comme  le Latin Jazz ou Biguine Jazz, mais le  jazz ne se limite pas à cela. Beaucoup  de nos ainés ont été bercés par le  jazz à ses débuts comme la Nouvelle  Orléans des années 1910, par le  middle jazz vers la fin des années  1920, et bien d’autres courants  plus récents. C’est pour vous dire  les divers courants jazz qui peuvent  exister. « Samedi Jazz »  a le projet  de faire découvrir tous ces courants  musicaux. Est-ce la première émission de jazz à RSL ? Dans le passé, il y a eu d’autres  expériences. J’aime relever les défis  et c’est pour cela que j’ai proposé ce  projet avec un concept bien particulier.  Je suis un acharné de travail et j’aime  me fixer des objectifs. Préparer une  émission demande du temps, de la  réflexion et de la maturité. Mission  dans laquelle je suis beaucoup aidé  par mon épouse et mes enfants.  D’ailleurs, je travaille sur un autre  projet où un livre est en préparation,  mais je ne vous en dis pas plus. Je suis  convaincu que c’est avec les critiques  que nous arrivons à grandir. Alors  n’hésitez pas à me communiquer vos  remarques et réflexions par mail :  samedijazz972@gmail.com Propos recueillis par Michel Déglise ■ > Interview de Raphaël Monta « SAMEDI JAZZ » sur RADIO SAINT-LOUIS

Page 10

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 10 Seigneur, donne-moi d'aimerchaque personne. Que ton Esprit-Saint m'embrase afin que je puisse proclamer ta parole et suivre la voie donnée par ton fils Jésus-Christ. Amen. Inès Saint Lèbe & Maéva C eleste S pé cia l J eu \bes Retrouve le nom de ces saints, et relie à la bonne image. C h erch e le s a \bn t d u jo u r d e ta n a\bs sa nce e t s o n h \bs to \br e . . ....................................................................................... Q uel e s t le s a \bn t p a tr o n d e ta p a ro \bs se ? . ..................................................................................... " Soyez saints, car j e suis Saint, moi le Seigneur votre Dieu " (L 19-2) Relire en famille ou seul le passage de l'Evangile sur les Béatitudes. (Mt5, 1-12) Parmi les saints du I er siècle, saurais-tu reconnaître ceux qui sont ici représentés ? ....................................................................................................................................................................................................... Sainte Vierge M arie, saint Joseph, saint Luc, saint Jean, saint M atthieu et saint Marc. La Toussaint, c'est la fête de tous les saints ; c'est une fête remplie de joie et d'espérance. Elle nous invite à suivre tous ceux qui ont découvert un grand bonheur : celui de l'amour du prochain. P R I E R " Etre toujours uni à Jesus est mon projet de vie". "L'Eucharistie est mon autoroute vers le ciel ". QUI A DIT ? REMETS LESLETTRES DANS L'ordre Réponse : Carlo Acutis ROLAC USTICA... .. ...................... .. .... ... ........ Sainte F austine Sainte Philomene Sainte B akhita Sainte Bernadette de Lourdes Saint Dominique Savio v

Page 11

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 11 InèsSaint Lèbe&Maéva Celeste Spé cia l Jeu \bes Pourquoi commémorer lesdéfunts ? Relie tesmissions àla bonne image: Silamer sedéchaîne Si levent souffle fort Si labarque t'entraîne N'aie paspeur delamort Si labarque t'entraîne N'aie paspeur delamort Refrain Il n'a pas ditque tucoulerais Il n'a pas ditque tusom brerais Il adit :Allons del'autre bord Allons del'autre bord Siton coeur estenpeine Si ton corps estsouffrant Crois enJésus, ilt'aime Il te donne sapaix Crois en Jésus, ilt'aime Il te donne sapaix Si un jou rsu r ta rou te T u rencon tres lemal N e sois pas dan s le dou te D ie u aim ese s en fa nts N e sois pas dan s le dou te D ie u aim ese s en fa nts C H AN T Assister àla messe desdéfunts Que devenons-nous aprèsnotremort? Ala mort, ilyaséparation ducorps etde l'âme. Lecorps sedécompose pendantquel'âme vaàla rencontre deDieu. Ilnous afait êtres dechair etd'âme. audernier jour,ilnous ressuscitera enêtres de chair, nousserons transformés. Qua ndleressuscité semontra àses disciples, ilsvirent lesplaies deson corps etont puletoucher. ( Youcat :153-154) Ma prière : Pourquoi prierpourlesdéfunts ?L'Eglise catholique croitenlacommunion des saints. Toutelacommunauté desfidèles (vivants, défuntsetsaints) forme unseul corps. Laprière etlamesse particulièrement, aidentles défunts àaccéder àla vie éternelle. Prier enfamille pourlesâmes dupurgatoire Allu m er un e bo u g ie po u r le s défu n ts de m\b f\b m il l e Nettoyer latombe dema famille Seig neu r, \bppo rte-m oi l\b p\b ix d\bn s le co eu r.per m et s -m oi d '\b c cep t er ce que je ne peu x ch \bn g er .je t'o ffr e le s mes ses de c e jo u r et to u tes celle s àven ir po u r to u s le s défu n ts .Am en ! NB : Dans notre édition précédente, nous avons noté une erre\ ur dans le nom des 12 apôtres. La bonne réponse est : Simon dit Pierre, André, Jacques, Jean, Philippe, Barthelemy, Thomas, Matthieu,\ Jacques fils d'Alphée & Thaddée, Simon le Cananéen, et Judas l'Iscariote. Marc est l'un de ceux qui a écrit les évangiles. (lire Mt 10, 1-4 Mc 3, 3-19 )

Page 12

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 12 COVID-19 : CHRETIENS\n DEVANT LA MORT ! DOSSIER Chers  amis  lecteurs  d’Église  en  Martinique,  ces  derniers  mois  plus  que  jamais,  nous  avons été confrontés à la mort à travers la pandémie de coronavirus. Même si elle n’eut  pas l’ampleur des épidémies de typhoïde ou de fièvre jaune qui ont décimé régulièrement  notre population il y a encore quelques décennies, elle fut suffisamment significative pour  que, presque tous, nous ayons eu à déplorer un ou plusieurs décès dans notre entourage. D ès lors, la question qui se pose à nous aujourd’hui est : comment vivre ces deuils parfois multiples ? On pourrait aussi formuler la question autrement : comment affronter le vertige qui nous prend lorsque nous sommes confrontés à la mort de façon aussi récurrente ? Il y a plusieurs réponses possibles à cette question La première solution au problème posé pourrait être de se forger une carapace suffisamment solide et étanche pour que notre cœur et notre psychisme soient à l’abri de la souffrance ; l’idée est de se rendre insensibles à la douleur provoquée par tous ces deuils. La seconde réponse pourrait être de s’étourdir dans des distractions et des plaisirs pour ne pas avoir à penser à nos disparus et à notre propre mort qui, à l’occasion de cette pandémie, est devenue une éventualité plus que jamais plausible et imprévisible. Que valent ces solutions ? Les possibilités de l’endurcissement vis- à-vis de la douleur de la perte d’être aimés et du contournement du deuil par les distractions sont de fausses solutions. Non seulement elles laissent le problème intact, mais elles nous abiment en faisant de nous, ou des êtres insensibles, déshumanisés, ou des personnes enfermées dans leurs bulles de jouissance –à la manière des drogués qui sont séparés des autres êtres humains et devenus esclaves d’une substance dont la consommation est leur seule raison de vivre. Quelle solution alors ? La solution ne peut être que dans l’affrontement de l’horrible réalité de la mort ; que dans le face à face avec elle mais, j’ajoute, pas tout seuls car nous serions balayés par ce redoutable adversaire. Il nous faut avancer derrière un champion à qui la mort ne fait pas peur et qui l’a déjà vaincu ; je veux parler de Jésus le Christ. Avec lui, pas de crainte à avoir, il a vaincu la mort, il est le Ressuscité. Jésus notre champion face à la mort Dans l’évangile selon St Jean, Jésus a des paroles fortes pour nous aider à vaincre le deuil : Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra… Celui qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais (Jn 11,25-26). Ce sont là des paroles qui peuvent nourrir notre espérance chrétienne. Le Christ possède la vie en lui-même (Cf. Jn 14, 6) et cette vie est plus forte que la mort. Il affirme qu’il est venu pour que nous ayons sa vie en nous : Je suis venu pour que vous ayez la vie et la vie en abondance (Jn 10, 10). Le Pain de vie et l’Esprit- Saint Par ailleurs, Jésus se fait « pain de la vie (zoé) » pour qu’en le mangeant nous ayons sa vie en nous (« Celui qui me mangera vivra éternellement » Cf. Jn 6,51). L’Eucharistie est donc un lieu extraordinaire pour vaincre l’ennemi qu’est la mort. Saint Paul ajoute un élément complé- mentaire pour vaincre la mort, il s’agit de l’Esprit-Saint : Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous (Rm 8, 11). Évidemment, croire dans le Christ suppose la réception de l’Esprit puisque le même St Paul nous dit : Nul ne peut dire que Jésus est Seigneur si ce n’est par l’Esprit Saint (1 cor 12, 3). Donc croire dans le Christ, c’est vivre de son Esprit dans le temps et l’éternité. C’est le même Esprit qui fait que le pain pour la vie biologique (bios) devienne le pain pour la vie éternelle (zoé). Chers amis, puisse ce dossier sur le deuil stimuler votre foi et votre espérance dans le Christ envoyé par le Père pour nous donner sa vie dans la puissance de l’Esprit-Saint. P. Alain Ransay, Paroisse de Bellevue ■ La mort n’est pas la fin de tout

Page 13

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 13 Les  contraintes  sanitaires  modifient  tout,  jusqu'aux  derniers  adieux  aux  défunts.  Les familles de victimes du \1Covid et toutes les personnes qui ont eu \1à vivre un deuil  depuis le début de la crise sanitaire sont confrontées à des difficultés qui peuvent se  révéler traumatisantes. D epuis le début de cette crise, les funérailles se sont succédées à tel point que ce n’est plus du Covid mais du Coplein. En effet, beaucoup de famille ont perdu un des leurs, pas forcément à cause du Covid, en tout cas la mort est passée par là. Epreuve difficile pour certaines familles qui n’ont pas pu revoir le visage de leurs proches à l’issue de leur hospitalisation, ce qui a provoqué, par rapport aux nouvelles réglementations : Housse hermétique, cercueil scellé, absence de soins mortuaires, absence de veillée, très peu de monde aux célébrations des funérailles… Mais il a fallu composer avec les contraintes Le confinement a forcé les proches et la personne en fin de vie à des renoncements douloureux. Il n’était plus possible de vivre ce moment comme on le souhaitait ou comme on l’envisageait. Pour diminuer le niveau de souffrance, il a fallu assouplir ses attentes sur ce qui aurait dû arriver ou ce qu’on aurait désiré. Parce que lorsque la fin de vie d’un être cher se dessine, ses proches ressentent généralement le besoin d’être à son chevet. Pour lui dire adieu ? Lui exprimer sa gratitude ou son amour ? Lui demander pardon ou accorder un pardon ? Le soutenir dans son passage vers la mort ? Lui exprimer sa confiance en sa capacité de vivre ce grand moment, même en solitaire ? Et enfin le laisser partir. Dans ce contexte de pandémie, malheureusement, cela a été impossible. Nombreux sont ceux qui ont été privés des rituels accompagnant habituellement la perte d'un être cher. L’importance des rituels funéraires Les rituels funéraires ont des fonctions importantes dans le processus de deuil. Ils ont pour rôle de marquer le décès d’une personne, d’honorer sa mémoire, de rassembler la famille et la communauté autour de cet événement, de donner un sens de passage à cette mort et de soutenir les proches qui commencent un deuil. Lorsque ces rituels ne peuvent s’accomplir, leur absence affecte le processus de deuil qui s’ensuit, autant pour les personnes et les familles que pour les communautés. Les rituels funéraires apaisent la souffrance. Ils ne créent pas de souffrance. Au contraire, ils lui donnent une place et ils soutiennent les proches dans la traversée du deuil qui s’amorce avec le décès de l’être cher. Célébrer les funérailles en ce temps de pandémie

Page 14

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 14 COVID-19 : CHRETIENS\n DEVANT LA MORT ! DOSSIER Privés de rituels, d'images, de contacts, comment panser nos plaies béantes ? Dieu merci, certaines entreprises des Pompes funèbres ayant leur salle munie de chambre froide pouvaient récupérer des corps et les conserver, certes très peu de jours, et organiser la présentation du corps avant enterrement ou crémation depuis le décret du 21 janvier 2021 qui autorise les familles à voir le visage de leur proche. Rendre hommage à nos morts n'a jamais été aussi compliqué qu'aujourd'hui. Dans de telles conditions, comment espérer pouvoir faire son deuil ? Inconcevable fin de vie : Les obsèques à l’église sont tout à fait possibles Depuis le premier confinement, l'organisation de cérémonies funéraires vire au casse-tête. S'il est possible d'assister aux obsèques d'un proche, cela reste sous conditions. En tant que Diacre responsable diocésain des funérailles, comme précédemment dit, ce n’était pas du Covid, mais du Coplein. Pour ce qui est de « la Joyau », Dieu merci, entre les Diacres permanents, Pierre Valey, Yves Bobi et moi-même, la tâche était partagée. Pour ce qui me concerne parti- culièrement, et je pense qu’il en est de même pour Pierre et Yves, ayant le numéro de téléphone de la personne responsable de la démarche pour le ou la défunte, j’ai un entretien au préalable pour déterminer le jour, l’horaire et les renseignements concernant la personne décédée, afin de préparer la cérémonie. Par la suite, une demi-heure avant la célébration, un récapitulatif se fait sur place, donc à « la Joyau », avec cette personne responsable pour les questions pratiques et matérielles. Je remercie le Seigneur, car en retour, j’ai des familles qui me rappellent afin de me remercier pour la qualité de la cérémonie ainsi que pour les paroles d’apaisement et de réconfort entendues. Oui, nos chers disparus nous ont simplement devancés ; ils sont là où il n’y a plus ni larmes ni douleur, ni souffrance, là où, le Christ Jésus leur avait préparé une place, ainsi que pour chacun et chacune de nous. Nous devons vivre tout cela dans la foi, l’espérance de les revoir un jour, et la charité. Serge Gélas, Diacre Permanent Coordinateur diocésain de la Pastorale des funérailles ■ > Mortalité spécifique a\1u COVID-19 Le Covid-19 a tué  3,76 millions  de \bersonnes dans le monde, dont \blus d\ne la moitié en 2021\n.  Plus de 117 467 décès liés au Covid-19 ont été recensés de\buis le début de la \bandémie en France dont 90 593  à l’hô\bital. Point de situation à l\3a Ma\btinique semain\3e du 11 au 17 octob\be 2021  La \bo\bulation totale de la Martinique \nétait de 376 480 hab\nitants (Source INSEE – 2020).    •  101  \batients hos\bitalisés dont 30 \batie\nnts en soins critiques\n   • Le taux d'incidence s'établit à  127  cas \bour 100 000 hab\nitants.   •  670  décès, signalés \bar le CHU de Martinique\n, sont à dé\blorer de\buis de début \nde l’é\bidémie. D’a\brès les données de l’Insee, un excès significatif de la mortalité tous âges et toutes causes confondues est  enregistré de\buis la semaine 2021-30 et jusqu’à la semaine 2021-39 (données en cours de consolidation), variant  entre + 54 % et + 218 % selon la semaine. Du fait des délais habituels de transmission des certificats de décès  \bar les bureaux d’état civil, les données des dernières semaines sont encore incom\blètes et seront consolidées  dans les \brochaines semaines.

Page 15

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 15 Entretien avec   Patricia Chevalier, gérante des Pom\bes Funèbres Sébastien (Morne-des-Esses, Sainte-Marie) E n tant que gérante d'une entreprise de Pompes Funèbres, comment vivez- vous cette période de pandémie depuis l'année dernière ? Depuis un an et demi, la situation est  très compliquée pour le funéraire.  Nous avons régulièrement des  lois qui sortent par rapport au  fonctionnement de la profession. Ce  sont des choses qui sont faites pour  faciliter notre quotidien, mais nous  sommes tout de même confrontés  à la maladie. Les médecins qui  établissent le plus souvent les  certificats de décès se trompent  parfois lors de l’élaboration des  documents en oubliant de cocher  des cases, et cela met le personnel  en danger. Par exemple, c’est arrivé  sur un décès que le médecin n’ait pas  coché la case qu’il fallait alors qu’il  s’agissait d’un cas Covid-19. Donc  c’est une situation très compliquée  en général à ce niveau. Avec l’arrivée  du Pass sanitaire, c’est un nouvel  élément de complication à gérer. En  somme, depuis un an et demi, nous  vivons une situation complexe vis- à-vis de la pratique quotidienne de  notre profession. En revanche, tout  ce qui est de l’ordre administratif se  passe super bien, les choses sont très  faciles dans l’ensemble. La situation étant inédite et compliquée, quels sont vos rapports avec les familles qui font appel à vos services ? Avec les familles, cela se passe très  bien. Nous sommes dans une phase  d’évolution technologique au sein de  notre entreprise. Durant la quatrième  vague qui a eu lieu récemment, nous  avons eu un rapport différent avec  les familles en mettant en place  la visioconférence. Les différents  choix se faisaient en virtuel, par  WhatsApp notamment. Nous avons  donc dû développer un système  informatique pour gérer le choix des  cercueils, etc. Tous les documents  administratifs étaient échangés par  e-mail ou par WhatsApp. Nous  faisons de notre mieux pour aider les  familles tant bien que mal, ceux qui  ont perdu des parents Covid comme  ceux qui ont perdu des parents  non-Covid. Nous avons donc dans  l’ensemble de très bons rapports car  les familles ne sont pas compliquées  et comprennent la situation sanitaire.  Nous remarquons que les gens  commencent à passer à autre chose  et voient la mort différemment  car ils ont d’autres priorités. Les  coutumes d’avant commencent à  s’en aller et les personnes essayent  de ne pas se compliquer la vie en  allant à l’essentiel. L’important pour  nous est de toujours leur expliquer  les choses comme il faut, et cela  contribue à maintenir de bons  rapports. Comment voyez-vous l’avenir de votre entreprise et de votre profession ? Pour cette question, je ne sais  vraiment pas quoi répondre parce  que les années à venir vont être  très compliquées. En plus, tous les  jours on entend des lois et tout un  tas de choses contradictoires ; donc  on a vraiment du mal à se projeter  et à savoir quoi faire et comment  faire dans tout ce contexte législatif  aléatoire. Franchement, j’ai du mal  à me projeter sur l’avenir ! Et c’est  encore plus un avenir incertain avec  ce virus qui mute tout le temps. Propos recueillis par Yann Brédas ■ gérante des Pom\bes Funèbres Sébastien  passe super bien, les choses sont très  commencent à passer à autre chose 

Page 16

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 16 Les mesures sanitaires indispensables pour limiter la propagation du virus rendent la  situation particulièrement complexe et difficile pour les personnes en fin de vie et leurs  proches. Le défi de répondre à chaque situation avec humanité est immense, alors que  la charge émotionnelle dans cette période de pandé\1mie est très importante. E n effet, en Martinique où le rapport à la mort est quand même différent que dans l'Hexagone, bon nombre de nos proches sont morts seuls ces derniers jours. La cause en était le Covid-19 ou des complications liées à d'autres maladies. Ce fut une dure réalité, difficile à vivre pour les mourants et leurs familles. Le personnel soignant touché par cette problématique met tout en œuvre pour établir la liaison familles/patients, grâce à la vidéo et aux téléphones portables, et ce, tous les jours. De plus, derrière le masque, le lien avec le malade ou la personne âgée est aseptisé, le toucher est amputé par les gants, le contact est privé de câlins et d’embrassades. Si nous comprenons que le bien commun s’impose, nous constatons également à quel point l’épreuve est douloureuse pour les malades et leur entourage. Le processus normal d’accompagnement a été amputé. Il est donc douloureux pour l'entourage de ne pas pouvoir accompagner les derniers instants de leurs proches, d'être absent et de les priver d'un dernier " à Dieu ". Alors, que faire quand tout est terminé ? Comment faire sien ce moment dramatique ? Que peut-on mettre en œuvre pour apaiser ce vécu douloureux ? Ce sont ces questions que nous nous efforcerons d’aborder en ce temps de la Fête de Toussaint et de la Commémoration des Morts. Dans ce contexte qui empêche les adieux partagés, la célébration des funérailles a été souvent un instant réparateur offrant aux familles et aux proches des défunts l’occasion de partager un geste, un moment, en mémoire du défunt, souvent cependant dans l’intimité. En nous retrouvant ensemble dans le respect des consignes sanitaires, nous voulons, par cette retraite, briser l’isolement qui a pu ou qui s’est s'installé, partager en Église une prière commune pour tous ces frères et sœurs qui nous étaient si chers, découvrir que leur départ, leur mort, a le visage de l’Amour de Celui qui, avec eux, a effectué le grand passage. Nous essaierons d’être, par ce biais, une Église qui porte la Bonne Nouvelle, qui célèbre, mais aussi une Église qui accompagne, qui chemine, recherche et est en empathie auprès des jeunes et des adultes et plus spécialement encore auprès des personnes âgées, des malades et de tous les exclus de la société. Ce sera l’occasion aussi, pour nous, de nous interroger sur le processus du deuil qui est marqué par un décalage, un retard, un blocage. « Attendez ! Que s'est-il passé ? » Le deuil n’est pas non plus un processus linéaire. Un instant, nous avons l’impression d’avoir complètement surmonté la situation, et la seconde d’après cela nous revient en pleine figure. C’est parce que le deuil est insidieux, imposant et exige d’être ressenti. Même si nous pouvons l’éviter tout au long de la journée, le deuil nous rattrape pendant notre sommeil. Il s’en donne à cœur joie à notre réveil. Le deuil ne dit pas « Je suis ici depuis assez longtemps, je pense qu’il est temps de partir. » Non !!! Le deuil oppresse le cœur, prend toute notre énergie et nous empêche d’être en paix. Mais le deuil n’est pas une force maléfique qui n’est là que pour vous causer de la douleur. Le deuil accompagne un sentiment encore plus profond, une vérité sur notre vie, ce que nous apprécions et ce dont nous avions besoin, combien nous voulions quelque chose, combien nous désirions prendre soin de quelqu’un. Espérant nous retrouver ensemble pour ces deux jours de retraite où nous pourrons entreprendre aussi une démarche particulière pour nous aider à continuer et surtout traverser notre deuil. Père Patrick-Alexis Phanor, Paroisse de la cathédrale ■ Même si nous pouvons l’éviter tout au long de la journée, le deuil nous rattrape pendant notre sommeil. Il s’en donne à cœur joie à notre réveil. « La mort a le visage de l’amour » RETRAITE CONSOLATION DEUIL COVID-19 : CHRETIENS\n DEVANT LA MORT ! DOSSIER

Page 17

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 17 Aller de l’avant en gardant les valeurs essentielles en tête Je ne souhaite plus m'arrêter sur cette période meurtrière de l'humanité tout entière. Grâce à Dieu nous n'avons pas eu de décès liés à la pathologie Covid-19 au sein de notre patientèle. Je souhaite aller de l'avant, et que cette partie de nos vies nous serve réellement de leç\ on pour que les valeurs perdues telles que l'amour, la solidarité, la patience, le respect, l'humilité, la repentance, l'espérance... toutes ces belles choses que nous avons oubliées, inondent à nouveau nos vies. Propos recueillis par Maeva Céleste P our faire face à la douleur des familles qui ont perdu un membre lors de la quatrième vague de cette pandémie, le père Arnauld Houévoyéha, curé de la Cathédrale de Saint- Pierre, a célébré une messe de suffrage (messe pour le salut), le samedi 9 octobre 2021. Ceci pour permettre aux familles de faire le deuil de leurs défunts. En effet, certains n'ont pas pu dire un dernier au revoir à leur être cher. Ils ont été privés de veillée, de rassemblement autour de leurs fidèles disparus. Ces chocs douloureux et ces luttes intérieures qu’ils ont dû mener dans le secret de cette vie tourmentée les a bouleversés. Une bougie a été allumée pour chaque défunt et déposée au pied de l’autel. Comme le dit si bien la chanson : "Il y aura toujours une lumière qui brille, il y aura toujours une lampe allumée". Beaucoup ont répondu présents à cet appel. Très grand mome nt rempli d'émotion pour nos frères et sœurs. Nous leur disons un denier « A Dieu », mais "la vie continue, suis ta route !". Que notre espérance chrétienne nous permette de reprendre courage. Ceux que nous pleurons continuent de nous aimer et de nous accompagner mystérieusement. Avec le Christ et avec eux, nous marchons vers la vie où Dieu rassemble tous ses enfants. Père Arnauld et son équipe ■ > Témoignages… Je suis Aide-Soignant à l’hôpital de la Meynard. En ce qui concerne le confine- ment, ce fut une étape très difficile pour moi car je suis une personne qui n’aime pas rester enfermé. J’aime sortir, faire du sport, voir du monde, aller à l’église, et il est vrai que cela était impossible durant la période de confinement. Ce qui m’a le plus manqué, c’est d’aller à l’église car j’y accorde une importance primordiale, mais pendant le confinement, ma femme, mes enfants et moi avons décidé de faire Eglise à la maison (moment de prières, lecture de la bible et méditation), et cela fut plus que bénéfique. Je me suis beaucoup plus centré sur la Parole et rapproché de Dieu. De plus, j’ai été contaminé par le Covid et j’ai vraiment senti la présence de Dieu dans ce moment difficile. C’est Grâce à la prière que j’ai pu surmonter cette étape. En ce qui concerne l'hôpital, des mesures strictes ont été mises en place, ce qui est tout à fait normal pour protéger les soi- gnants, les visiteurs et limiter la propaga- tion du virus. J’étais moi-même affecté au Service hospitalisation Covid. Nous avions donc une tenue spéciale protectrice pour rentrer dans les chambres des patients (sur-chaussures, sur-blouse, gants, char-lottes, masques, lunettes de protection). De plus, en notre présence dans la chambre, les patients devaient garder leur masque. Le lavage des mains et la désinfection étaient obligatoires après être rentré en contact avec un patient. Pour chaque patient que j’allais voir, le changement de tenue com- plète était primordiale. Concernant le nombre de patients ayant perdu la vie pendant cette dernière vague, c’était juste effrayant. Des patients mouraient tous les jours, et je me sentais impuissant face à cela. La peur était au rendez-vous. A chaque fois que j’arrivais à l’hôpital pour prendre ma garde, je priais et je demandais à Dieu de me protéger avec son sang et de m’aider face à cette tragédie. J’ai moi-même perdu des amis et des êtres chers durant cette vague, mais Dieu dans son immense amour a su me donner la force nécessaire pour affronter ces épreuves. Je lui fais confiance. Dieu ne se trompe pas, c’est un Dieu d’amour. S’il a permis que ces personnes partent, lui seul sait pourquoi. J’ai eu l’occasion d’accompagner plusieurs malades en fin de vie (soins palliatifs), cela était très compliqué car je savais qu’il ne leur restait pas beaucoup de temps à vivre. Mais à travers ces moments, j’ai pu leur parler de Dieu et de son amour, et pour certains patients, cela les apaisait et j’éprouvais une grande satisfaction de leur avoir transmis la Parole du Seigneur sur leur lit de mort. J’ai moi-même compris que, jusqu’à notre dernier souffle, Dieu ne nous abandonne pas. « A Dieu », mais "la vie continue, Que notre espérance chrétienne nous permette de reprendre courage. Ceux que nous pleurons continuent de nous aimer et de nous accompagner affronter ces épreuves. Je lui fais confiance. Fleur, infirmière libérale Christophe Vaillant, Aide-Soignant  « Je sais que mon\1 Rédempteur est vivant, et qu’à la fi\1n il se lèvera sur la poussière »  (Job 19,25). Messe en mémoire des défunts du covid à Saint- Pierre

Page 18

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 18 N’étant pas quelqu’un qui sort énormément, j’ai plutô\ t bien vécu ce temps de confinement. Rester chez moi n’a pas été compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches dans les bras. Mes parents sont âgés. Il faut les protéger et ne pas les mettre en danger. Et parallèlement, je me dois d’être présente à leurs côtés. J’ai donc développé la patience et consacré plus de temps à\ la prière. Je n’ai pas été particulièrement affectée et cette période s’est passée en douceur. Comment sortir de cet état de crise ? Je n’ai pas la réponse. Tout d’abord, il nous faudrait sortir de la crise sanitaire. Le vaccin n’est pas le plus important. Ce sont les gestes barrières qui, selon moi, sont primordiaux. Se laver les mains, respecter les distances, garder le masque. Je constate que beaucoup de personnes ne portent toujours pas le masque et ce comportement ne contribue pas à l’amélioration de la situation. Il faut travailler sur les valeurs fondamentales qui ont été mises à mal : l’espérance, la confiance et la solidarité. Il faut sortir du discours négatif et de la violence ambiante. On ne peut plus échanger tranquillement. Durant cette période, il y a eu du mensonge, de l’hypocrisie, de l’égoïsme. Tout cela a été bien entretenu. Il faut travailler sur cela et renverser la situation. Cela concerne aussi bien les adultes que les plus jeunes. Force est de constater que les enfants n’ont pas grande confiance en les adultes qui les entourent. Il va falloir se battre contre la désespérance ambiante. Nous, Chrétiens, avons ce travail à faire puisque nous vivons dans l’espérance. Mais comment mettre en œuvre ce combat et comment l’amorcer ? Il va falloir des volontaires. Nous sommes porteurs d’espérance et c’est à nous que revient de rallumer la flamme qui s’est éteinte. Les chrétiens doivent se mobiliser, s’engager dans des actions concrètes. compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches compliqué. Le plus pénible est de ne pas pouvoir prendre ses proches Chantal Salvon (EMMAUS) Ce temps de confinement m’a été bénéfique. Moins de bruit, de pollution. Un temps pour moi, pour me ressourcer. Un temps de réflexion. Je ne me suis pas laissé envahir par la morosité, la tristesse et l’inquiétude. Comme tout le monde, les habitudes ont dû être changées. Nouveau mode de vie certes avec masque et gestes barrières. Plus de visites chez les uns et les autres. Il a fallu s’adapter. C’est à chacun de nous de porter sa pierre à l’édifice. Nous allons sortir de cette situation si nous faisons l’effort de vivre avec ce virus en nous protégeant. Le tissu économique de notre pays est tellement fragile que des entreprises risquent de disparaitre, le chômage augmentera. L’espérance est là. Il faut se recentrer sur l’essentiel. Le Christ demeure le chemin, la vérité et la vie. Nous devons garder la foi et avancer jour après jour. Maria Nicole (paroisse de Sainte Thérèse) La covid 19 a cassé la dynamique sociétale. Les temps de fête ont disparu. Noël n’a pas été célé\ bré comme il se doit. On n’a pas pu se marier correctement. Il y avait une impossibilité pour les familles de vivre les différents rites qui ponctuent l’existence : baptême, mariage, funérailles, remises de diplômes, départs, arrivées. La situation sanitaire a freiné considérablement l’élan social. Les précautions d’usage manifestent les peurs de contracter la maladie, de transmettre le virus à ses parents, à ses collègues. La peur s’est installée. Les périodes de confinement successives ont brisé l’élan économique. Des jeunes entreprises sont fragilisées, celles qui essayaient de sortir la tête de l’eau peinent à survivre. Nous sommes touchés durement et le fait d’être sur une île rend les choses plus aigües puisque les déplacements, l’approvisionnement sont problématiques. Il nous faut redémarrer, sortir de la peur, traverser cette épreuve en relevant la tête, en nous réappropriant nos valeurs propres et celles du pays, avec un cœur rempli d’espérance. Il nous faut donc nous appuyer sur la foi, et sur le Christ vainqueur des ténèbres, de la mort. Notre espérance est la résurrection. Et notre vivre ensemble trouvée en Christ est plus puissant que toutes les crises. En christ, rien ne pourra nous séparer. comme il se doit. On n’a pas pu se marier correctement. Il y avait une impossibilité pour les familles de vivre les différents rites qui ponctuent l’existence : baptême, mariage, nos valeurs propres et celles du pays, avec un cœur rempli d’espérance. Il nous faut donc nous appuyer sur la ? Question AN TJÈ LÉGLIZ-LA ‘‘ • Comment as-tu vécu les différents temps de confinement et surtout le dernier ? • Selon toi, comment vois-tu la sortie de la crise ? • Sur quoi peut-on s’appuyer pour sortir de la crise ? ‘‘ Propos recueillis par Nicole Chésimar ■ Père Jean-Michel Monconthour

Page 19

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 31 octobre 2021 – n° 628 19 Agenda de l’Archevêque Dimanche 31 octobre : • 8h : Confirmation à la paroisse de De Briant • Consécration de l’église de Petit-Bourg • 17h : Vêpres à la cathédrale Saint-Louis (horaire couvre-feu) Lundi 1 er novembre : • 10h : Messe de la Toussaint à la cathédrale Saint- Louis Mardi 2 novembre : • 10h : MESSE MÉMORIELLE en l’honneur des Victimes du COVID à la cathédrale Saint-Louis Du 3 au 8 novembre : • Assemblée plénière des Évêques de France (Lourdes) Jeudi 11 novembre : • 13h : Rassemblement National de l’Aumônerie des Antillais et Guyanais (Église Saint-Sulpice à Paris) Du 12 au 14 novembre : • Prédication de la retraite annuelle "Parents du Cenacolo" aux Trois Épis (Colmar) En communion avec toutes les victimes qui ont subi des agressions sexuelles perpétrées par des clercs ou des laïcs en mission ecclésiale, confions-les à notre PERE du Ciel, le DIEU de l’impossible. (Cette prière pourrait être dite après la communion avec les fidèles, en respectant une minute de silence). S eigneur, avec l’Église de France, nous sommes sous le choc face à l’\ ampleur des abus commis pendant tant d’années par des prêtres ou des laïcs. Nous te confions toutes les personnes qui ont été victimes de viol\ ence et d’agressions sexuelles au sein de l’Église. Viens panser les blessures, viens guérir les cœurs, viens rebâti\ r les personnes abîmées. Que dans les épreuves qu’elles traversent, elles puissent toujours s’app\ uyer sur Toi et sentir ta présence à leurs côtés. Qu’elles puissent aussi compter sur notre écoute véritable et n\ otre soutien fraternel. Qu’à l’image de ton Fils, nous apprenions à prendre mieux so\ in des plus petits et des plus fragiles. Que, par le souffle de ton Esprit Saint, nous nous laissions tous transformer en profondeur pour vivre les conversions auxquelles tu nous appelles pour faire de notre Eglise une « maison p\ lus sûre ». Donne-nous ton Esprit d’humilité pour traverser ces épreuves dans l’espérance. \ Avec notre engagement humble et déterminé, viens et rebâtis ton Église. Amen ! (Prière tirée du site d’ALETEIA) Chers fidèles, Afin de répondre au mieux à vos besoins d'écoute et d'accompagnement spirituel, et soucieux du salut et de la délivrance de vos âmes, notre Diocèse met à votre disposition des cellules d'écoute de proximité tenues par des écoutants for\ més et mandatés par l'Archevêque pour vous accompagner dans des situations de souffrance et de détresse (écoute, ministère de prière de guérison et de délivrance). Dans des situations spirituelles plus complexes (suspicion de possession), les responsables des cellules vous orienteront vers votre Curé qui é\ tablira la nécessité d’une orientation vers la cellule diagnostique de l'Archevêché, pour affiner le discernement entre le spirituel et le psychologique. En cas de confirmation d'un cas de vexation, les personnes concernées seront prises en charge par un prêtre exorciste qui les accompagnera dans leur délivrance. Que le Seigneur les bénisse et les garde dans sa paix ! Prière pour les victimes d’abus sexuels dans l’Eglise DIOCESE DE LA MARTINIQUE Service diocésain d'accompagnement spirituel, de guérison intérieure et de délivrance Padre Pio COMMUNIQUÉ Afin de répondre au mieux à vos besoins d'écoute et d'accompagnement spirituel, et soucieux du salut et de la délivrance de vos âmes, notre Diocèse met à votre disposition des cellules d'écoute de proximité tenues par des écoutants for\ més et mandatés par Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique. fr

Page 20

Ils sont nombreux les bienheureux Ils sont nombreux les bienheureuxqui n'ont jamais fait parler d'eux, et qui n'ont pas laissé d'image. Tous ceux qui ont, depuis des âges, aimé sans cesse et de leur mieux, autant leurs frères que leur Dieu. Ils sont éternellement heureux dans le Royaume de Dieu ! Ceux dont on ne dit pas un mot, ces bienheureux de l'humble classe. Ceux qui n'ont pas fait de miracle, ceux qui n'ont jamais eu d'extase, et qui n'ont laissé d'autre trace, qu'un coin de terre ou un berceau. Ils sont nombreux ces gens de rien, ces bienheureux du quotidien, qui n'entreront pas dans l'histoire. Ceux qui ont travaillé sans gloire, et qui se sont usé les mains,à pétrir, à gagner le pain. Ils ont leurs noms sur tant de pierres, et quelquefois dans nos prières, Mais ils sont dans le cœur de Dieu. Et, quand l'un d'eux quitte la terre, Pour gagner la maison du Père,une étoile naît dans les cieux. Robert Lebel, prêtre et compositeur

Numéros précédents