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E g lise en MARTINIQUE Dans l’attente, quelle M artinique pour demain ? N° 630 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 28 NOVEMBRE 2021 Hommage au père Filopon Questionnaire de l'Avent en lien avec le Projet pastoral Nouveau Missel Romain : ce qui change à la messe Ordination diaconale de Frédéric Félixine

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23 S ommaire L a solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de l’univers, célébrée dimanche dernier, clôturait l’année liturgique B. Aujourd’hui, nous entrons dans le temps de l’Avent, temps fort de la nouvelle année C qui va nous préparer à la grande fête de la Nativité du Seigneur Jésu\ s. C’est l’Evangéliste Saint Luc qui nous accompagnera tout au long de cette année que nous aborderons avec un cœur ouvert à la nouveauté de l’Evangile. En effet, c’est aujourd’hui qu’entre en vigueur la nouvelle traduction du Missel Romain (le livre liturgique pour la célébration de la messe). Elle inclut quelques changements « afin que la prière du peuple de Dieu soit plus exacte dans la formulation de la foi et conforme à la langue française ». Vous trouverez, dans votre revue, les principales réponses qui diffèrent pour les fidèles et les nouvelles invitations adressées par le président de la célébration. Temps de l’Avent, temps de l'Espérance ! Au cœur de l’Evangile de ce dimanche retentit un appel à la vigilance. « Redressez-vous, relevez la tête », nous dit Jésus. Cela nous inspire à faire une halte spirituelle. Notre vicaire épiscopal nous propose une « pédagogie de l’Avent » en lien avec le Projet pastoral du diocèse et les cinq essentiels. Un questionnaire, avec des points d’effort à vivre si possible en PCE, nourrira notre médiation durant les quatre semaines à venir. Notre dossier est intitulé : « Dans l’attente, quelle Martiniqu\ e pour demain ? ». Divers articles permettent d’enrichir le thème. A l’approche de la Nativité, la rubrique « An tjè \ Légliz-la » s’intéresse au « chanté Noël » : est\ -ce encore du religieux ? Soyons vigilants ! Tenons nos lampes allumées ! Veillons et prions pour que l’Amour soit victorieux dans ce monde soumis à tant de crises. Que la très sainte Vierge Marie, l'Immaculée Conception (fêtée le 8 décembre) intercède \ en notre faveur pour que nous soyons plus disponibles à la mouvance de l’Esprit-Saint. Bonne année liturgique à tous ! Justine Lordinot ■ EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE •  La Parole Dominicale •  Une Péda\bo\bie de l\n’ Avent •  Ki divini nou ? •    Le développement durable et inté\bral :  un défi   pour la Martinique\n •    La Martinique face au vieillissement de  la population et à \nl’émi\bration des jeunes •  La Martinique réserve mondiale de biosphère •  Mémoire et trauma •    Une Martinique forte de son passé,  tournée vers l’avenir •    Le "chanté Noël " es\nt devenu un phénomène  social. Pour toi est-ce encore du reli\bieux ?  Que faut-il faire ? •   La nouvelle traduction du Missel Romain :  Ce qui chan\be à la m\nesse •    Ordination diaconale de Frédéric Félixine  et envoi en Mission de la Post-Confi  rmation •    Aumônerie Nationale des Antilles  et de la Guyane (ANAG)  Rencontre annuelle du 11 novembre •  Spécial Jeunes •    L’Oratoire Saint-Jean Paul II  ouvre ses portes à Saint-Pierre •    A\benda de l’Archevêque •  L’avènement du Grand Roi    (Fable : deuxième partie\n)   (suite du « crépuscule de la \brande baleine ») •  Assemblée plénière des évêques de France 3 •  Assemblée plénière des évêques de France•  Assemblée plénière des évêques de France EGLISE UNIVERSELLE 8 6 7 10 11 12 13 13 14 14 15 16 17 18 •    Le "chanté Noël " es\nt devenu un phénomène •    Le "chanté Noël " es\nt devenu un phénomène  AN TJÈ LÉGLIZ\bLA 19 Dossier :  DANS L’ATTENTE,  QUELLE MARTINIQUE PO\NUR DEMAIN ? 4 EDITORIAL 2 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 3 L a reine avait un roi. Dans le  lagon pourtant, beaucoup  la croyait seule. Les  corporations de poulpes, les partis  de crabes ou les sociétés de requins  ne voulaient voir en elle qu’un  animal « qui avait réussi », une bête  qui avait grossi avec les années.  Malgré l’unique longévité de son  règne, la richesse incalculable de  ses œuvres ou le rayonnement  lumineux de tant de ses fils et de  ses filles, ils considéraient son  existence comme un évènement  anecdotique qui devrait un jour  prendre fin et serait remplacé dans  l’Histoire du lagon. Ils n’avaient  pas compris (ils ne voulaient pas  voir) que leur petit monde, ses  fondations, sa société, sa vie et son  avenir ne tiendrait pas sans Dame  Baleine. Son règne était voulu par  LE Roi, celui-là même par qui tout  avait commencé. La baleine parlait pourtant de ce R oi.  Elle le proclamait, le célébrait, avait  édicté toutes ses lois et coutumes  selon ses commandements et sa  Parole. Souvent… toujours, même,  elle rappelait sa bienveillance  pour le peuple du lagon. Il était  venu jadis, naître comme un  enfant, comme un fils, Il avait  reçu le pouvoir sur ses épaules. Il  avait reçu les noms de Conseiller- Merveilleux, Dieu-Fort, Père-Eternel  et Prince-de-Paix. Il avait transformé  les marins-pêcheurs et en pêcheurs  d’hommes, calmé, d’un mot, les  flots en furie et par des pêches  miraculeuses, il avait manifesté sa  puissance. Il avait surtout montré  son amour en supportant le  déferlement d’hostilité de ceux-là  mêmes qu’il était venu sauver  et établir dans la concorde. C’est  lui qui avait appelé la baleine  des ténèbres des profondeurs  océaniques à la clarté lumineuse  des eaux protégées. Pour répondre  à  S on appel, pour L e suivre, elle  avait tout quitté. Elle avait accepté,  sans bien savoir où cela la mènerait,  son appel à changer de vie. Son  regard l’avait séduite et elle s’était  laissée prendre à S on filet… de  tendresse. Elle avait consenti à la  mission qu’Il lui avait assignée. Ce Roi était donc un fils d’Homme.  Sa bienveillance n’avait jamais  fait défaut au lagon ni à ses  habitants. La baleine, en dialogue  ininterrompu avec Lui, se laissait  guider de son mieux. Malgré les  attaques injustes et brutales, sans  haine et sans violence en retour,  elle était décidée à suivre le chemin  du Maître. Il lui avait remis les clés  du Royaume, le pouvoir de lier et  de délier.  Enfin, le Roi jugea que les temps  marqués par les prophètes étaient  accomplis. La méchanceté des  squalelets, la duplicité des oiseaux  marins, la cupidité des crabes et  la lâcheté silencieuse du grand  nombre, y compris et surtout des  partisans de la baleine avaient  atteint son comble. Alors que  celle-ci semblait avoir sombré,  meurtrie dans le fond des eaux, des  nuages sombres s’accumulèrent  sur le lagon. L’effacement supposé  du mammifère n’avait pas  apaisé la faim des voraces : les  prédateurs n’ayant plus de limites,  dévoraient tous ceux qui passaient  à leur portée, les plus méchants  éliminaient ceux qui croisaient  simplement leur route. Alors, un tourbillon gigantesque  rappela à chacun sa condition  mortelle. Une terrible tempête  ballota comme du menu fretin ceux  qui se croyaient grands et forts. Le  Fils de l’Homme montra à tous que  le lagon, et même l’océan ne valaient  guère plus qu’un aquarium face à  sa seigneurie. Ceux qui voulurent  résister se jetèrent eux-mêmes  dans les nasses de la mort qui ne  s’ouvrirent jamais plus, les autres  rejoignirent Dame Baleine, soudain  immense et lumineuse plus douce  et belle que jamais.  Elle remonta avec une vitesse  vertigineuse vers la surface et vers  son Roi et, après un dernier grand  saut hors de l’eau, l’Histoire prit fin. + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ L’avènement du Grand Roi (Fable : deuxième partie) (suite du « crépuscule de la grande baleine ») MOT DE L’ÉVÊQUE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 4 Instance nationale\è 1.1 Pour les personnes victimes de  violences et d’agressions sexuelles,  les évêques de France décident que  l’INIA créée en mars 2021 devient  l’Instance nationale indépendante de  reconnaissance et de réparation (INIRR).  Sa présidence est confiée à Mme Marie  Derain de Vaucresson, juriste, cadre  du  Ministère de la justice, ancienne  défenseure des enfants, adjointe du  défenseur des droits de 2011 à 2014,  dont la mission commence dès à présent  avec les moyens financiers nécessaires.  (R27-31-32) 1 Demande au Saint-P\èère 1.2  Les évêques de France réunis en  Assemblée demandent au Pape, de qui  ils tiennent leur mission, d’envoyer une  équipe de visiteurs afin d’évaluer cette  mission en ce qui concerne la protection  des mineurs et de donner, si nécessaire,  les suites qui s’imposent à l’issue de  leur visite. Financement 1.3.1- En vue d’indemniser les personnes  victimes, les évêques de France  s’engagent à abonder selon la nécessité  R appel du point d’étape du 5  novembre 2021 : réunis en  Assemblée plénière à Lourdes,  après avoir reconnu lors de leur  dernière Assemblée en mars 2021 leur  responsabilité en tant qu’évêques, les  évêques de France ont pu vérifier qu’ils  étaient d’accord pour : -  Reconnaître la responsabilité institu- tionnelle de l’Église dans les violences  qu’ont subies tant de personnes vic- times. -  Reconnaître la dimension systémique  de ces violences : au sens où elles ne sont  pas seulement le fait d’individus isolés,  mais ont été rendues possibles par un  contexte global. Des fonctionnements,  des mentalités, des pratiques au sein  de l’Église catholique ont permis que  ces actes se perpétuent et ont empêché  qu’ils soient dénoncés et sanctionnés. -  Reconnaître que cette responsabilité  entraîne un devoir de justice et de  réparation, qui ouvre la possibilité de  demander pardon en vérité. « Chaque fois que vous l’avez fait à  l’un de ces plus petits de mes frères,  c’est à moi que vous l’avez fait. »  Mt 25,40 À l'écoute des personnes victimes  d'abus et instruits par le rapport de  la CIASE, les évêques de France ont  voulu se mettre sous la Parole de Dieu  qui les pousse à agir en prenant les  mesures pour que l'Église accomplisse  sa mission en fidélité à l'Évangile du  Christ. Assemblée plénière des évêques de France Résolutions votées par les évêques de France le 8 novembre \b0\b1  Mesures globales EGLISE UNIVERSELLE\n L’Assemblée  plénière  de  la  Conférence  des  évêques  de France s’est achevée le lundi 8 novembre \b0\b1. Les  évêques  de  France  et  Mgr  Celestino  Migliore,  Nonce  apostolique  (ambassadeur  du  Saint-Siège  en  France)  étaient réunis à Lourdes pour cette Assemblée plénière  d’automne, du mardi \b novembre au lundi 8 novembre.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 5 2.1- Les évêques de France décident  un audit externe des cellules d’écoute  des personnes victimes, aboutissant  à une charte commune et un mode  d’évaluation régulier à confier au  Conseil de prévention et de lutte contre  la pédophilie. Cette charte et cette  évaluation sont proposées aux instituts  religieux et communautés (R 15 à 22). 2.2- Les évêques de France demandent  la vérification systématique des  antécédents judiciaires de tout agent  pastoral (laïc, personne consacrée, clerc)  appelé à travailler auprès des mineurs.  (R1) 2.3-  Les évêques de France décident pour  tous les prêtres (séculiers et religieux)  l’instauration d’un modèle national de  celebret mis à jour régulièrement, avec  indication de la faculté de confesser.  2.4-  Les évêques de France demandent  la participation d’au moins une femme  au conseil de chaque séminaire et de  maisons de formation, avec droit de vote.  (R6 – 44) 2.5-  Les évêques de France confient au  CPLP la mise en place d’un référentiel  national de mesures de prévention  pour les diocèses, les mouvements et  les communautés (aménagement des  locaux, formation obligatoire, évaluation,  règlement…). Ce référentiel aboutit à  une charte nationale de bonne conduite  de protection des mineurs. (R45) 2.6-  Les évêques de France font réaliser  par un cabinet d’experts une recension  des risques, à réactualiser (R35), ainsi  qu’un dispositif de mesures préventives  correspondantes. (R13) 2.7-  Les évêques de France décident  que les commissions et conseils de  leur conférence soient tous composés  d’évêques et d’autres membres du  peuple de Dieu. (R36) 2.8-  Les évêques de France s’engagent  à demander, chacun pour son diocèse,  la signature d’un protocole avec le ou les  parquets concernés. (R29-42) 2.9-  Les évêques de France choisissent  de transférer pour l’année 2022 au  3ème dimanche de Carême, la journée  de prière pour les personnes victimes  de violences et agressions sexuelles et  d’abus de pouvoir et de conscience au  sein de l’Eglise, prévue le 3ème vendredi  de Carême. (R26) 2.10- Les évêques de France, réunis en  Assemblée plénière, décident d'ériger  un tribunal pénal canonique national  et approuvent les statuts de ce tribunal  pour la première instance qui rentrera en  fonction au 1er avril 2022. (R 40). 2 . 11-  La Commission doctrinale  organise un travail sur tous les  points doctrinaux mentionnés par le  rapport de la CIASE (morale sexuelle,  anthropologie , sacerdoce ministériel,  instrumentalisation de la Parole de  Dieu, distinction entre pouvoir d’ordre  et pouvoir de gouvernement ...), en  s’appuyant sur les compétences des  universités catholiques . Elle rend compte  de l’avancée de son travail au Conseil  permanent avant chaque Assemblée  Plénière. (R4,7,11,34) 2.12-  Les évêques de France demandent  au Conseil pour les questions canoniques  de préciser les recommandations du  rapport de la CIASE qui doivent être  soumises à l’approbation du Saint -Siège  et les présenter à l’Assemblée plénière  de mars 2022 (R9, 10, 37, 38, 39, 41). Source : https://eglise.catholique.fr/wp-content/  Mesures parti\bulières le fonds SELAM en se dessaisissant de  biens immobiliers et mobiliers de la CEF  et des diocèses. (R33) 1.3.2- Un emprunt pourra être souscrit  pour anticiper les besoins.  Synodalité 1.4  Pour donner suite aux travaux  de l’assemblée plénière avec les  personnes victimes et les autres  invités, les évêques de France  constituent des groupes de travail  composés de laïcs, diacres, prêtres,  personnes consacrées, évêques. Des  personnes victimes y seront associées.   Ces groupes reçoivent une lettre de  mission du Conseil Permanent avec  un échéancier. Ils lui rendent compte  de l’avancement de leurs travaux  en vue de l’Assemblée plénière.  L’ensemble des groupes est piloté  par un coordinateur (homme ou  femme) placé sous la responsabilité  du Secrétaire Général de la Conférence  des évêques. Il coordonne le suivi  des recommandations de la CIASE  et le travail des groupes synodaux.  Un temps de réception global de ce  travail aura lieu au printemps 2023  en collaboration avec les religieux/ ses (CORREF) et l’ensemble des forces  vives de l’Eglise en France. (R34) \bes évêques décident la création  des groupes de travail suivants : 1.4.1-  Partage de bonnes pratiques  devant des cas signalés 1.4.2- Confession et accompagnement  spirituel (R8,45) 1.4.3- Accompagnement des prêtres mis  en cause (R1) 1.4.4- Discernement vocationnel et  formation des futurs prêtres (R44) 1.4.5- Accompagnement du ministère  des évêques (R13,34) 1.4.6- Accompagnement du ministère  des prêtres (R35,44) 1.4.7- Manière d’associer les fidèles  laïcs aux travaux de la Conférence des  évêques (R34,36) 1.4.8- Analyse des causes des violences  sexuelles au sein de l’Eglise (R2) 1.4.9- Moyens de vigilance et de contrôle  des associations de fidèles menant la vie  commune et de tout groupe s’appuyant  sur un charisme particulier. (R5) 1 R + nombre renvoie aux recommandations du rapport de la CIASE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 66 Diman\bhe 28 novembre 2021   la P arole  Dominicale 1 er Dimanche de l’Avent - Année C Prière d’introduction Dieu notre Père, merci de venir nous aider à nous détacher du monde qui disparaîtra. Dans ta miséricorde, daigne renouveler notre cœur, notre Église et notre société pour faire place « aux cieux nouveaux » et « à la terre nouvelle » que nous promet la venue glorieuse de ton Fils. Que nous soyons des artisans de justice et de paix à l’exemple de Jésus. Que notre ferveur et notre amour fraternel grandissent et nous préservent de toute impureté. Que nos peurs d’avenir soient englouties par l’espérance d’être enfin heureux dans ta gloire, grâce à ton Esprit-Saint et à l’intercession de la Vierge Marie. Amen. Réflexion Les textes de ce premier dimanche de  l’Avent évoquent essentiellement la  manifestation du Seigneur à la fin des  temps et l’urgence de nous préparer sans  peur à cet événement, qui sera à la fois  l’achèvement dramatique de notre histoire  humaine et le commencement de notre  salut en Dieu.   Le prophète Jérémie (Jr 33, 14-16) nous  révèle ce moment inévitable à travers le  sort du peuple Israël qui connaîtra enfin  la liberté et la paix face aux dominations  des peuples étrangers : « en ces jours-là, Juda sera délivré, Jérusalem habitera en sécurité ». Vers les années 590-580 avant  Jésus-Christ, Jérusalem est tombée, Israël  est en exil, plus de terre, plus de temple,  la présence et l’amour de Dieu sont même  remis en cause. C’est alors, au cœur  d’une profonde détresse et des injustices  générées par une telle destruction, que le  message de la fin des tortures et du début  d’un monde meilleur est prophétisé par  Jérémie. Ce nouveau monde sera inauguré  par l’arrivée et l’accueil de celui qui  s’appellera  « Le Seigneur-est-notre-Justice ». S’adressant aux Thessaloniciens (1Th 3, 12  - 4, 2), saint Paul rappelle que la perspective  de la venue du Seigneur doit inciter le désir  et la volonté de marcher avec une ferveur  croissante sur la voie de la sainteté, qui est  avant tout un don de Dieu. L’entretien de  la relation d’amour avec Dieu et tous les  hommes, comme le montre Jésus-Christ à  travers les apôtres, permettra aux fidèles  de se garder irréprochables devant celui qui  reviendra : « Que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant, comme celui que nous avons pour vous ». Dans la méditation sur cette fin qui est en  même temps troublante et prometteuse  d’un monde meilleur, saint Luc (Lc 21, 25-28.  34-36) évoque deux attitudes humaines  possibles : la peur et l’espérance. D’un côté,  il y aura des hommes qui ne verront que  la réalité présente, ils « mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde ». De l’autre, les disciples du Christ  déjà avertis de la situation seront invités  à affronter courageusement dans la foi et  l’espérance les épreuves douloureuses ;  puisque c’est aussi le moment où débute  la victoire de ceux qui ont appliqué les  consignes du Seigneur dont la venue  ne va plus tarder : « … redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche... ». En réalité, nombreux sont  les premiers chrétiens, ayant subi des  terribles persécutions, qui attendaient  avec impatience le retour du Seigneur.  Leur seul et grand bonheur s’explique  par le détachement vis-à-vis du monde  temporel au profit d’un fidèle attachement  à l’amour du Christ leur Sauveur. La peur  de la mort ne les faisait donc pas reculer  pour défendre leur foi. Aurions-nous la  même ferveur devant les adversités de  notre temps ? Je dialogue avec Jésus Seigneur Jésus, Toi qui m’invites chaque jour par ta parole à vivre dans ton amour pour mieux me préparer au jour de ton retour glorieux, préserve-moi dans la fidélité à tes instructions afin que mes pensées, mes attitudes et mes actes reflètent en toute circonstance l’espérance à la vraie vie que tu donnes par ton Eucharistie. Que ton Esprit- Saint me rende digne de paraître devant toi. Ainsi, je pourrai contempler éternellement ton père que tu es venu me montrer grâce au mystère de ton incarnation. Résolution Dans l’esprit du synode, personnellement  et en Eglise, en Martinique et au-delà,  élargissons ensemble notre élan de charité  à l’égard des pauvres (cf. Mt. 25, 31-46)  en étant assidus à la lecture de la parole  de Dieu et sa mise en pratique, pour une  grande fraternité et solidarité en Christ qui  est venu nous unir à lui et à son père dans  l’éternité : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et la mettent en pratique. » (Lc 8, 21). Père Lucianno Rinasoa, CSSp.  Curé de De Briant   ■ Jérémie 33,14-16  •  P\Fsaume \b4 (\b5)   •   \F1 Thessaloniciens 3,1\b – 4, \F\b  •  Luc \b1,\b5-\b8.34\F-36 Dans l’attente de ton retour, Seigneur, fais-nous grandir dans ton amour ! LITURGIE 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 7 La célébration de Noël ne nous enferme pas dans un  éternel recommencement. Le temps de L’Avent devient  pour nous un moment privilégié pour nous rappeler qu’un  évènement  unique,  l’Incarnation  du  Fils  de  Dieu  apporte  une  réponse définitive à l’attente du peuple d’Israël, et par là à l’attente de tous  les hommes. Avent,  Aventum  en Latin, signifie\F arrivée, avènement. P our que nos fêtes de Noël ne  se ressemblent pas, il faudrait  que le temps de l’Avent soit  unique. Afin de ne pas tomber dans  la tentation de vivre son Avent comme  d’habitude, peut-être qu’il faille penser  à une pédagogie de l’Avent qui nous  conduira progressivement à refaire  cette belle expérience que St Jean nous  propose dans son Évangile : « Il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12).  Toute réduction de l’Avent au maintien  d’un passé culturel (chanté Noël par exemple…), ou utiliser le temps de  l’Avent pour cautionner les intérêts du  moment (penser seulement aux achats  pour la fête) nous enfermerait tout  simplement dans une paresse spirituelle  et empêcherait de faire l’expérience de  l’humilité de l’Incarnation. Ainsi donc,  pour ne pas s’enfermer dans une sphère  étroitement humaine qui rendrait le  temps de l’Avent à la fois inintelligible  et inopérante ; inintelligible car le  langage de notre foi s'atténue à ne pas  être lié à notre existence quotidienne ;  inopérante car cette existence pourrait  être constituée et se déployer en dehors  d’un projet pastoral.  Afin d’éviter ces pièges (Avent  inintelligible, Avent inopérant), tout  d’abord, l’Église, par sa liturgie, veut nous  faire entrer dans la joie que la réalité de  l’Incarnation apporte aux hommes en  nous proposant la relecture d’écrits de  prophètes tendus vers ce qui, pour eux,  restait encore à venir ; en nous faisant  méditer sur les figures de Jean-Baptiste  et de la Vierge Marie.  Ensuite, et c’est ici qu’une pédagogie de  l’Avent a son importance, s’inspirer du  P rojet pastoral diocésain pour rendre  son Avent intelligible et opérant. Toute  pédagogie, surtout, si elle est chrétienne,  conduit l’homme vers sa manifestation  en sachant que nous trouvons l’entière  réalisation de notre humanité en Jésus.  Ma proposition est que notre Avent  soit uni à notre P rojet pastoral, aux cinq  essentiels. Concrètement, il s’agira de  méditer sur un questionnaire en lien avec  la Parole de Dieu de chaque dimanche  de l’Avent et les cinq essentiels. Cette  méditation pourra se faire en PCE. 1er dimanche de l’Avent :  La fin  d’un vieux monde, source d’espérance. •    Est-ce que je cherche à mieux  comprendre la fin du monde dans le  langage chrétien ?  •    Ai-je le courage de parler de la fin du  monde comme source d’espérance  autour de moi ? Point concret d’effort : Je peux, par  exemple, lire l’Art. 12 du Catéchisme de  l’Église Catholique sur la vie éternelle.  2ème   dimanche  de  l’Avent  :  Un jour, les fausses grandeurs seront  nivelées. La voix qui crie dans le désert nous invite  à la conversion.  •    Comment la pratique des cinq essentiels  m’oblige-t-elle à la conversion ?  Point concret d’effort : Penser à un aspect  des cinq essentiels que je ne vis pas  assez. 3ème   dimanche  de  l’Avent  :  Soyez dans la joie du Seigneur. •    Est-ce que je me sens heureux de rendre  service à ma communauté paroissiale ? •    Est-ce que je me sens heureux de faire  une heure d’adoration par semaine ? •    Est-ce que je me sens heureux dans ma  communauté paroissiale ? •    Est-ce que je me sens heureux de parler  de Jésus ? •    Est-ce que je me sens heureux de me  laisser former ? Point concret d’effort : Faire l’inventaire  de mes sources de joie. 4ème   dimanche  de  l’Avent  :  Heureuse celle qui a cru. Marie s’est formée et priait en gardant  les événements et les méditait dans son  cœur (cf Lc 2, 51). Marie a rendu service  à sa cousine Élisabeth… l’Humble  servante du Seigneur ne s’est pas  dérobée aux cinq essentiels.  •    Est-ce que j’ai la ferme conviction que  les cinq essentiels m’aident à grandir  dans ma foi ? Point concret d’effort : À l’approche  de Noël, demander l’intercession de  Marie pour devenir un véritable disciple  missionnaire de son Fils.  Père Gilles Aïzo, Vicaire épiscopal ■ La célébration de Noël ne nous enferme pas dans un  Une Pédagogie de l’ La célébration de Noël ne nous enferme pas dans un  éternel recommencement. Le temps de L’Avent devient  pour nous un moment privilégié pour nous rappeler qu’un  évènement  unique,  l’Incarnation  du  Fils  de  Dieu  apporte  une 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 8 VIE DU DIOCÈSE Une nouvelle traduction du Missel Romain entre en  vigueur ce 1 er dimanche de l’Avent, \b8 novembre \b0\b1,  dans  les  pays  francophones.  Elle  représente  une  opportunité pastorale pour nos églises diocésaines.  Elle est l’occasion de déployer la richesse et le sens  de la célébration de l’Eucharistie selon l’ ordo missae de 1970 promulgué par le saint pape Paul VI. « I l importe d’accompagner la réception des nouveautés de cette traduction mais peut-être surtout de l’inscrire dans un projet plus vaste au service de l’édification d’un peuple de louange et d’adoration ». (extrait de Mgr Guy de Kérimel, Président de la Commission Épiscopale pour la Liturgie et la Pastorale Sacramentelle). Le Missel R omain est un livre destiné à la célébration de  l’Eucharistie, selon les normes en vigueur de l’Église catholique  romaine. Il contient les textes de prière pour la célébration de  la messe, le dimanche comme pour tous les jours de l’année. Il  est organisé en plusieurs parties selon la structure de l’année  liturgique et des fêtes chrétiennes (Avent, Noël, Carême, Semaine  Sainte et Pâques, Temps ordinaire), ainsi que des différentes  étapes de la célébration de la messe. ①  Salutation du prêt\ère  Au début de la célébration, le prêtre accueille les fidèles en leur  souhaitant la présence du Ressuscité. La nouvelle traduction  souligne cela en utilisant le mot « Christ ». La grâce de Jésus, le Christ, notre Seigneur, l’amour de Dieu  le Père, et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec  vous. ➁   Acte pénitentiel Le rite pénitentiel démarre désormais avec la mention « Frères  et sœurs ». Une mention que l’on retrouvait déjà dans le missel  latin. « Nous avons péché » remplace « nous sommes pécheurs »,  l’accent est donc mis sur l’acte plus que sur la personne. La Vierge  Marie gagne le vocable de bienheureuse. Frères et sœurs, préparons-nous à célébrer le mystère de  l’eucharistie  en reconnaissant que nous avons péché. Dans la première formule de l’Acte pénitentiel, le Confiteor,  les fidèles sont invités à dire :  Je confesse à Dieu tout puissant, Je reconnais devant  vous, frères et sœurs, que j’ai péché en pensée, en  parole, par action et par omission ; oui, j’ai vraiment  péché. C’est pourquoi je supplie la   bienheureuse Vierge Marie,  les anges et tous les saints et vous aussi, frères et sœurs, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. ➂  Gloire à Dieu Attention, dans le Gloire à Dieu, la nouvelle traduction  privilégie le pluriel « les péchés ». Gloire à Dieu, au plus haut des cieux, Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. Nous te louons, nous te bénissons, nous t’adorons, Nous te glorifions, nous te rendons grâce, pour ton  immense gloire, Seigneur Dieu, Roi du ciel, Dieu le Père tout-puissant. Seigneur, Fils unique, Jésus Christ, Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, le Fils du Père. Toi qui enlèves les péchés du monde, prends pitié de  nous Toi qui enlèves les péchés du monde, reçois notre  prière ; Toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous. Car toi seul es saint, Toi seul es Seigneur, Toi seul es le  Très-Haut, Jésus Christ, avec le Saint-Esprit Dans la gloire de Dieu le Père. Amen. La nouvelle traduction  du Missel Romain : Ce qui change à la messe

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 9 ➃  Je crois en D ieu Dans le symbole de Nicée-Constantinople, le terme  « consubstantiel » remplace « de même nature », exprimant  par-là l’identité de substance entre le Père et le Fils. Le symbole  des Apôtres n’a quant à lui pas été modifié. Je crois en un seul Dieu, le Père Tout-Puissant, créateur du  ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Je crois en  un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du  Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière  née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, Engendré, non  pas créé, « consubstantiel au Père », et par lui tout a été  fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit  du ciel ;Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie,  et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,  il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le  troisième jour, conformément aux Ecritures, et il monta  au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans  la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne  n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la  vie; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même  gloire ; il a parlé par les prophètes. Je crois en l’Eglise,  une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un  seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la  résurrection des morts, et la vie du monde à venir.  Amen. ➃  \biturgie eucharistiq\èue Le renouvellement des formules de la préparation des dons et  de la prière sur les offrandes manifeste que Dieu est à la source  de ce que nous lui offrons sous la forme du pain et du vin.   Préparation des dons Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers : nous avons reçu  de ta bonté le pain que nous te présentons, fruit de la  terre et du travail des hommes ; il deviendra pour nous le  pain de la vie. Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers : nous avons reçu  de ta bonté le vin que nous te présentons, fruit de la  vigne et du travail des hommes ; il deviendra pour nous le  vin du Royaume éternel.    Nouvelle prière sur les offrandes “Priez, frères et sœurs : que mon sacrifice, et le vôtre, soit  agréable à Dieu le Père tout-puissant.” Formule à laquelle le peuple répond :  Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la  louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui  de toute l’Église. Anamnèse.  La nouvelle traduction des trois anamnèses du  Missel romain est plus fidèle au texte de l’édition typique en  latin. Le célébrant introduit une des acclamations : Le célébrant dit : Il est grand le mystère de la foi :  Le peuple répond : Nous annonçons ta mort, Seigneur  Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons  ta venue dans la gloire.  Ou le célébrant dit : Acclamons le mystère de la foi :  Le peuple répond : Quand nous mangeons ce pain et  buvons à cette Coupe, nous annonçons ta mort, Seigneur  ressuscité, et nous attendons que tu viennes. Ou le célébrant dit : Qu’il soit loué, le mystère de la foi : Le peuple répond : Sauveur du monde, sauve-nous !  Par ta croix et ta résurrection, tu nous as libérés. ➅  Agnus Dei Dans le chant de la fraction, comme dans le Gloria,  l’expression “le péché du monde” a été remplacée par “les  péchés” au pluriel. Agneau de Dieu, qui enlèves  « les péchés » du monde,  prends pitié de nous ; Agneau de Dieu, qui enlèves  « les péchés » du monde,  prends pitié de nous ; Agneau de Dieu, qui enlèves  « les péchés » du monde,  donne-nous la paix ; Ensuite le prêtre dit : Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève « les péchés »  du monde. « Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau ! » ➆   Rite de conclusi\èon Dans le rite de conclusion, la conjonction « et » a été introduite  entre le Père et le Fils pour la bénédiction finale :  Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, et le Fils, et  le Saint-Esprit. Le diacre, ou le prêtre lui-même renvoyait les fidèles en disant :  « Allez, dans la paix du Christ ». La nouvelle traduction offre  trois autres formules possibles (au choix) : -  « Allez porter l’Evangile du Seigneur ». -   « Allez en paix, glorifiez le Seigneur par votre vie ». -  « Allez en paix ». Source : https://www.prionseneglise.fr/missel/ce-qui-change-a-la-messe  ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 10 « Qui mieux que les jeunes peuvent évangéliser les jeunes ? » A gé de 55 ans, Marié à  Marie-Laure depuis 28  ans, père de 3 enfants, et  chef d’entreprise dans le domaine  des N.T.I.C., je suis responsable  de la Post-Confirmation. Mais précisément qui suis-je ? Né  à Fort-de-France dans le quartier  populaire du Morne Pichevin,  je suis l’ainé d’une fratrie de 4  enfants. J’ai donc trois sœurs.  Notre père nous a quittés très tôt  ;  il est décédé alors que je n’avais  que 13 ans. Après mon BAC, je poursuis  mes études dans l’hexagone.  Après mon Brevet de Technicien  Supérieur en électronique, je  reviens en Martinique auprès de  ma mère et de mes sœurs. Tout de  suite après mon service militaire,   j’intègre une entreprise qui œuvre  dans la maintenance, précisément  dans le secteur de l’électronique.  En parallèle, je poursuis mes  études en informatique dans le  « génie logiciel » et ouvre mon  entreprise en 1998. Puis l’inscription des enfants au  catéchisme comme beaucoup de  parents m’a mis le pied à l’étrier.  Après leur confirmation, je me  suis senti poussé à poursuivre  l’aventure à la suite du Christ et à  la demande du père Alain Ransay,  alors curé de Saint Christophe.  J’accepte d’aider des jeunes  fraichement confirmés à faire la  rencontre avec Celui qui EST…  La Post-Confirmation de Saint-  Christophe est née.  Je tiens à faire un salut à Youri,  Eylona, Estelle, Allan et les autres  premiers post-confirmés. A l’arrivée de Mgr David Macaire,  la Post-Confirmation prend une  dimension diocésaine. C’est  ainsi que chaque année, elle  fait son entrée lors d’un grand  rassemblement présidé par notre  Archevêque. C’est donc lors de  l’envoi en mission de la Post- Confirmation le 30 octobre 2021  que l’Archevêque a décidé de  m’ordonner « diacre permanent  ». Cette journée fût, non seulement  l’envoi de la Post-Confirmation,  mais aussi un moment de partage  avec des représentants des jeunes  de 14 -18 ans et la présentation  du « Patronage », afin qu’eux  aussi montrent Jésus dans leurs  mouvements respectifs. Elle a  été riche en ateliers, différents  jeux qui permettent une cohésion  entre les jeunes. Grand bravo aux  encadrants jeunes comme moins  jeunes et surtout à Élisabeth  Ziouka, Chargé de projets à la  Post-Confirmation Pour finir, j’ai personnellement  ressenti, non seulement une  convergence déjà entre les jeunes  et les moins jeunes ce matin du 30  octobre vers un objectif commun  (faire Eglise), mais aussi lors  de l’ordination, je me suis senti  porté par tous vers la mission  que me confiait l’Esprit Saint par  l’intermédiaire de Mgr Macaire :  Diacre « pour le service des hommes  et l’annonce de l’Evangile ». Frédéric Félixine, diacre permanent Responsable de la Post-Confirmation ■ > Ordination diaconale de Frédéric Félixine et envoi en Mission de la Post-Confirmation Qui mieux que les jeunes peuvent évangéliser les jeunes ? Jeunes de la Post-Confirmation Jeunes de la Post-Confirmation Jeunes de la Post-Confirmation Jeunes de la Post-Confirmation Jeunes de la Post-Confirmation Jeunes de la Post-Confirmation Jeunes de la Post-Confirmation Jeunes de la Post-Confirmation Ordination diaconale deOrdination diaconale deOrdination diaconale deOrdination diaconale deOrdination diaconale de VIE DU DIOCÈSE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 11 Après  un  an  de  pause  en  raison  de  la  crise  sanitaire  de  la  Covid-19,  la  rencontre annuelle du 11 novembre, organisée par l’Aumônerie Nationale  des Antilles et de la Guyane (ANAG), a de nouveau eu lieu. Elle revient avec  des changements significatifs, puisque le père Marcel Crépin a laissé la place  à Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque émérite de Basse-Terre (Guadeloupe),  qui  prend  donc  la  fonction  de  coordinateur  de  l’ANAG.  Celui-ci  est  ravi  de  vivre  cette  nouvelle  expérience  avec  les  Antillo-Guyanais  après  ses  neuf  années passées en tant qu’évêque de Guadeloupe.  Aumônerie Nationale des Antilles et de la Guyane (ANAG) « Se rassembler par amour pour Dieu, et en étant amour de Dieu »\ L a journée a été ponctuée de plusieurs  temps forts, tels que des témoignages, des  enseignements et bien sûr l’eucharistie.  Cette année, ce fut le Diocèse du 94 qui était  à l’honneur, représenté par Mgr Dominique  Blanchet nommé, depuis peu, évêque de Créteil.  Celui-ci dit avoir découvert « l’art de vivre »  antillais. Il a d’ailleurs fait la connaissance de  Cannelle Cipriani, âgée de 24 ans et résidant sur  la Paroisse de Saint-Paul à Vitry sur Seine. Celle-ci  a pu témoigner de sa mission de responsable  des Journées Mondiales de la Jeunesse pour le  Diocèse de Créteil qui a été vécue comme un  véritable appel de Dieu. Mgr Dominique Blanchet  fut, par ailleurs, accompagné d’une délégation du  94, venue prendre part aux différents services  (accueil, quête, procession des offrandes,  signalisation des points de communion) liés au  bon déroulement de l'événement. Cette messe était très attendue par les Antillo- Guyanais venus nombreux malgré la crise  sanitaire et la grisaille parisienne. Ils ont ainsi  exprimé leur joie à travers les chants et la louange.  C’est précisément « La joie de l’Evangile » qui  était la thématique de cette rencontre annuelle,  à l’instar de la lettre apostolique du Pape  François. Mgr David Macaire, Archevêque de la  Martinique et Administrateur apostolique en  Guadeloupe depuis mai 2021, a rappelé que la  joie de l’Evangile « vient de la Communauté de  disciples missionnaires » selon le Pape François.  Cette joie s’exprime grâce au « style de Dieu » par  la proximité, la solidarité et la tendresse. Pour ce  faire, il est nécessaire qu’à l’aube du synode 2021- 2023, l’Eglise réfléchisse davantage à l’accueil des  fidèles chrétiens, mais également à l’accueil des  personnes extérieures à l’Eglise qui se sentent  parfois exclues. La réflexion doit porter aussi  sur le ministère des hommes et le ministère des  femmes au sein de l’institution, sur les structures  hiérarchiques très prégnantes, sur les fonctions  de religieux, de religieuses, de laïcs, enfin sur la  gouvernance de l’Eglise. L’Eglise ne peut puiser sa  force que dans la communauté chrétienne et sous  le regard de Dieu. Elle doit inviter à une conversion,  mieux une guérison. Mgr David Macaire insiste sur  le rôle important des soldats du front, car chacun  doit pouvoir se sentir important dans l’Eglise.  Cette rencontre du 11 novembre fut l’occasion de  se rassembler par amour pour Dieu et en étant  amour de Dieu. Mirza Rangheard , ANAG ■ et de la Guyane ( ) Rencontre annuelle du 11 novembre

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 12 Avent 1- N ais sez\b l'a m ou r vo u s yco n vie \b N ais sez po u r ch an g er nos des tin s. O Gran d Em man uel\b div in fil s de Mar ie Ven ez r ép a r er le s per tes des hu m ain s. Nais sez\b l 'a m ou r vo u s yco n vie \b Nais sez po u r c h an g er nos des tin s. S pé cia l Jeu \bes Inès Saint Lèbe &Maéva Celeste L\bA ven t !C e te rm evie n t d u la tin «ad ven tu s »,u n d\briv \b de "v en ir e ", v en ir ,sig nif ie « ven u e,a rriv \be,a vèn em en t ».C \be st la p \brio d e dura nt la quelle nou s nou s pr\b p a ro n s in t\b rie u re m en t à c\b l\b b re r N oël. C et \bv en em en t d \b cis if pou r l\bh um anit \b ,n ou s a ppelle to u s pa r la vo ix des pro p h ète s dans le s le ctu re s à la co n versio n ,a u ch a ng em en t d e vie ,a va nt d \ba ccu ellir le plu s b ea u des ca d ea ux :le Chris t ! N otr e priè re S eig neu r, p ré p \b re nos co eu rs ch \bqu e jo u r, r e m plis -n ou s de bo n té , de p\b tie n ce , A id e-n ou s à obéir \bfin de té m oig ner c h \bqu e jo u r qu e nou s so m mes \b u ssi des lu m iè re s d\bns ce mon d e. A m en . 1- Q ui es t Jea n le Ba pt is te ? ...................................................... 2 -Q ui es t Za c h ar ie ? .................................................... 3 -Q uelle rég io n Jea n Pa r co u rt-il ? .................................................... 4 -Q u'a ppo rte le ba pt êm e ? .................................................... 5 -Q uel pr o ph èt e av ait an non cé la ven ue d e Jea n dan s l'E v an g il e que tu as lu ? ...................................................... P r ep a r ez le ch em in d u Seig neu r !r en dez d r o it s ses ch em in s ! Relis le p\b ss\b g e de l\b E v\b ng il e s eu l ou \bvec un \bm i, un mem bre d e t\b f\b m il le :L c 3 1-6 1- Fix e au to u r de to n cer cle en osie r l e fe u il la g e ch ois i av ec le fil de fe r so u ple \b 2 -fix e la guir la n de lu m in eu se su r le cer cle \b 3 -fix e tes bo u le s av ec le ru ba n 4 -B R AV O !déc o re to n co in pr iè r e av ec \b p o se-l e su r ta po rte\b ou allu m e un e b o u g ie à ch aq ue dim an ch e de l'A v en t ! Chantons N oël ! -p o m mes de pin car aïb e - c er cle en osie r - fe u il la g e (fil a o \bp a lm ie r \bB u is de Ch in e ) - b o u g ie s \b1 guir la n de lu m in eu se\b - B o u le s de noël\b r u ba n \b fil de fe r so u ple . M at ér ie l: 2 -L e cie l es t sen sib le à nos la r m es \b L e cie l nou s ac co rde un sau veu r. L a ch ar m an te pa ix su ccèd e à nos ala r m es \b L e jo u r fo rtu n é co m ble notr e bo n heu r. L e cie l es t sen sib le à nos la r m es \b L e cie l nou s ac co rde un sau veu r. 3 -\bl naît ce mes sie ad o rable \b \b l naît ce gran d Die u fa it en fa n t. P eu t-il \b ô mortels \b se ren dr e plu s a im able \b Po u r nou s rac h et er \b il se liv r e e n nais san t. \b l naît ce mes sie ad o rable \b \b l naît ce gran d Die u fa it en fa n t. En Av en t !Po u r dé c o u vr ir ch aq ue ch alle n g e r en ds -t o is u r @ apo tr es du sac r ec o eu r ou s u r www.a po tr es du sac r ec o eu r réa lis at io n : Nais se z ! de L.B ois la vil le http ://bhachant .e-m onsite .com/ Atelier cré\btif

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 13 MEDIAS ÉGLISE EN MARTINIQUE Agenda de l’Archevêque Dimanche 28 novembre : • 11h : Messe de l’Enseignement Catholique à l’église de De Briant • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 30 novembre : • Conseil épiscopal Mercredi 1 er décembre : • Messe avec le personnel de l’EDF en l’honneur de la fête de leur saint Patron Saint-Éloi • Rencontre avec les confirmands de la paroisse de Ducos à l’archevêché • 18h : Catéchèse de l’Évêque à Emmaüs Du 02 au 08 décembre : • Visite de Mgr Fortunatus Nwachukwu (Nonce apostolique dans les pays de l’arc Caraïbes et délégué apostolique aux Antilles) Du 02 au 04 décembre : • Guadeloupe Dimanche 5 décembre : • 9h30 : Confirmation à la paroisse du Morne-Rouge • 15h : Ordination diaconale de Christophe Rebeccaï à la Cathédrale de Saint-Pierre • Vêpres solennelles annulées Mardi 7 décembre : • Rencontre presbytérale Mercredi 8 décembre : • Rencontre avec les confirmands des paroisses de Ducos et de Sainte-Luce à l’archevêché • 18h : Catéchèse de l’Évêque à Emmaüs Samedi 11 décembre : • Assemblée synodale à la Ferme Perrine (quartier Carrère au Lamentin) • 18h : Confirmation à la paroisse de Sainte-Anne Dimanche 12 décembre : • 15h : Ordination diaconale de Samuel Placide à la paroisse du François • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis … «L 'adoration, c'est offrir ce qu'on a de meilleur au Père, c'est se  remettre à Jésus et avec Jésus au Père ». La paroisse de Saint- Pierre, co-cathédrale du diocèse, accueille pour la première fois  un espace consacré à la prière personnelle. Inauguré le vendredi 22 octobre dernier,  jour d’anniversaire de l'inauguration du pontificat de Saint Jean-Paul II, l’oratoire  mitoyen au presbytère, rue Alfred Lacroix à Saint-Pierre, est un lieu particulier qui  appelle le passant à la prière, par conséquent à faire un coeur à coeur avec Jésus,  présent dans le Saint-Sacrement. Offrir un lieu d’adoration afin de permettre aux  fidèles de s'approcher de l'amour de Dieu et d'y adhérer personnellement pour  tendre à s'unir avec le Christ, entrant ainsi dans la dynamique de l'amour trinitaire,  est un voeu exaucé de père Arnauld Houévoyéha, curé de la paroisse.  « Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en  esprit  et vérité  qu’ils doivent l’adorer. » (Jn 4,24) Tu fermes les yeux, tu adores en silence.   Tu t’offres à Jésus…  à Saint-Pierre,  les Lundi - mercredi - vendredi                  de 9 h à 11 h Samedi 10 h - 12 h  Sonia Chevignac Pastorale de la Communication  de Saint-Pierre  ■ L’Oratoire Saint- Jean Paul II ouvre ses portes à Saint-Pierre « Tu adoreras  le Seigneur, ton  Dieu, de tout ton cœur,  de toute ton âme, de toute  ta force et de tout ton esprit ;  et tu aimeras ton prochain  comme toi-même »  (Luc 10,\b7).

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 14 DANS L’ATTENTE, QUELLE MAR\nTINIQUE POUR DEMAI\nN ? DOSSIER L a société martiniquaise vit  encore avec les traumas de  l’esclavage. Des hommes et des  femmes s’engagent au quotidien pour  accompagner la population vers un  mieux-être. Des M artiniquais de tous  âges, chercheurs, artistes, intellectuels,  soignants, thérapeutes divers s’engagent.  Un véritable travail de décolonisation  amorcé depuis les anti-colonialistes  est maintenant affirmé autrement, de  manière plus pacifique et visant un  véritable changement de l’humanité sur  la question du racisme. La question n’est  plus politique, mais est traitée de manière  humaine visant la dignité de tous. Ce travail de décolonisation nous ouvre  aussi à la valorisation de nos ancrages  dans l’histoire et nos lignages dans nos  territoires. Nous soulignons le travail de  l’« Association Martinique réserve de  biosphère » qui a conduit à l’inscription  de la Martinique au patrimoine mondial  de l’Unesco. Woulo bravo ! Nous  pouvons envisager une  Martinique de demain  forte de ses atouts, de  son patrimoine matériel et  immatériel avec un défi à relever, celui  du développement durable Demandons à Dieu la grâce de construire  ensemble un monde plus juste et plus  fraternel, respectueux des valeurs  écologiques et humaines pour tous.  Père Jean-Michel Monconthour ■ L a Martinique doit se développer. Elle  doit se construire afin d’affronter  demain. Mais pas de n’importe  quelle façon. Son développement doit  se réaliser en respectant le cadre de vie  actuel de la population qui sera celui des  générations futures. Il nécessite d’être  durable. Pour cela, les forces vives de  l'île (institutions publiques, associations)  opèrent ensemble afin de créer une  véritable émulation tendant à faire  naître une politique de protection des  ressources, une gestion de la pollution,  une valorisation et une protection de notre  biodiversité.  Des institutions, telles que la Direction  de l'Environnement de l'Aménagement  et du Logement (DEAL) ou l’Agence de  la transition écologique (ADEME) qui  sont des relais territoriaux du  Ministère  de l’écologie accompagnent, mobilisent  les uns et les autres autour de ce thème.  L’Institut français de recherche pour  l’exploitation de la mer (IFREMER) avec son  unité biodiversité et environnement tente  de relever le défi d’une pêche responsable,  d’une aquaculture durable et innovante,  d’un milieu littoral marin préservé et  valorisé. La Direction de l’alimentation,  de l’agriculture et de la forêt (DAAF) milite  pour une agriculture diversifiée et durable. La Chambre de commerce et d’industrie  (CCIM), quant à elle, accompagne les  entreprises afin de réduire leur impact  sur l’environnement.  La collectivité territoriale de Martinique a  fait du développement durable le cadre  de ses dispositifs de planification. Elle a  mis en place un plan d’aménagement et  de développement durable (PADDMA)  pour le pays qui montre la transversalité  devant s’opérer. Il s’agit de coordonner  les actions relatives à la prévention et à la  gestion de tous les déchets et de produire  de l’électricité renouvelable. Des associations, elles aussi, prennent leur  bâton de pèlerins, telle que l’Association  de recherche en épidémiologie et en  biodiversité (AREBIO) qui cherche à  valoriser la biodiversité végétale et  marine. Elle met en valeur également  les applications de cette biodiversité  sur la santé et plus particulièrement en  épidémiologie. L’agence d’urbanisme  et d’aménagement de la Martinique  (ADUAM) de par ses recherches et travaux  éclaire les différents acteurs de la société  dans les domaines de l’urbanisme et de  l’aménagement. L’éducation est primordiale. Il faut éduquer  au développement durable. Cet axe  figure déjà dans certains programmes.  L'Université  des Antilles comprend en son  sein des unités de recherche qui travaillent  en ce sens.  L’Eglise n’est pas en reste avec sa pastorale  sociétale. Elle mène sa réflexion sur la  base du respect d’un monde plus juste  qui respecte l’écologie et l’humain.  L’encyclique  « Laudato si » nous invite à  construire une autre culture que celle de  déchets et à revoir notre fonctionnement  en mettant au centre les plus pauvres et  les populations défavorisées. L’Église  veut que le développement soit intégral :  développement de l’humain, respect du  rythme de la nature, développement  écologique naturel.  Le citoyen doit changer ses habitudes.  Trier ses déchets, donner une seconde  vie à ses meubles ou ses vêtements en  les confiant à une ressourcerie. Opter  pour un véhicule qui ne pollue pas. Il  est concerné et joue un rôle dans cette  démarche. Il est responsable et agit en  ce sens. La Martinique doit se réinventer avec  toutes les composantes de la société : les  acteurs économiques, la société civile,  les institutions. Une véritable synergie  doit se mettre en œuvre. Nous sommes  tous responsables. Notre île forte de son  ancrage dans le bassin caribéen, et de sa  qualité de Région ultra périphérique a  toutes les chances de faire face à cet  enjeu.  Nicole Chésimar ■ L a Martinique doit se développer. Elle  L a Martinique doit se développer. Elle  L entreprises afin de réduire leur impact   L’Eglise n’est pas en reste avec sa pastorale  Le développement durable et intégral : un défi pour la Martinique Ki divini nou ?

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 15 En \b016, en Martinique, les seniors de 60 ans et plus représentent \b5 % de la population.  En  \b030,  ils  seraient  40  %.  Sous  l’effet  du  vieillissement,  la  population  dépendante  continuerait  de  croître.  Les  femmes,  ayant  une  espérance  de  vie  plus  longue,  seraient  plus touchées par la dépendance. Face à ce vieillissement, la prise en charge financière  et médicale de la dépendance sera un enjeu majeur p\Four la région. L e vieillissement de la population  soulève des questions de  politiques publiques en direction  des personnes âgées et, notamment,  celle de la prise en charge des personnes  dépendantes qui seront de plus en plus  nombreuses. La question de la croissance  de la population se pose aussi : entre  2006 et 2016, le territoire a perdu 21 250  habitants sous l’effet conjugué de  mouvements migratoires défavorables  et de la diminution de la fécondité.  Dans les années 1950, les Départements  d’Outre-Mer enregistraient un taux de  fécondité élevé : six enfants en moyenne  par femme. En 2016, le taux de fécondité  s’élève à 1,9 enfants par femme en  Martinique, ce qui est inférieur au seuil  de renouvellement des générations. Entre 2016 et 2020, la Martinique  perd 0,8 % de sa population par an  en moyenne, soit 3 000 personnes en  moins. Cette baisse se poursuivrait au  même rythme entre 2020 et 2030, si  les tendances démographiques de ces  dernières années se poursuivent. En  réduisant davantage le déficit migratoire,  la population diminuerait de 0,3 %, soit  1000 personnes par an en moyenne. Entre 2030 et 2050, la baisse de la  population se confirmerait, quel que  soit le scénario envisagé. Cela s’explique  par les départs de l’île, principalement  des jeunes au moment des études ou  de la recherche du premier emploi. Seul  un Martiniquais sur dix n'a jamais quitté  l’île. A l'inverse, ils sont près d'un tiers  à être partis durablement (plus de six  mois) pour un emploi, pour le service  militaire (dans le passé) ou pour les  études. Selon le scénario de référence, la  Martinique perdrait en moyenne 2 500  habitants par an sur cette période. Deux fois plus de seniors que  de jeunes de moins de 20 ans  en 2030. La population âgée de 60 ans et plus  continuerait de croître rapidement.  L’augmentation moyenne annuelle de  cette population qui est de 4 % entre  2016 et 2020, serait de 2 % entre 2020 et  2030 (scénario de référence). En 2016, les  seniors de 60 ans et plus représentent  25 % de la population, en 2030, ils  seraient 40 %. La pyramide des âges illustre bien  l’allongement de la durée de vie et la  baisse de la natalité depuis 2000. Le  sommet élargi de la pyramide montre  le poids que représenteront les seniors  dans la société martiniquaise. En 2016, la  répartition entre les jeunes de moins de  20 ans et les plus de 60 ans est équilibrée.  En 2030, l’indice de jeunesse, rapport  entre les jeunes âgés de moins de 20 ans  et les personnes âgées de 60 ans et plus,  serait de 0,48, soit 48 jeunes pour 100  seniors. Le déséquilibre entre les deux  sexes s’explique par une espérance de  vie plus longue pour les femmes. Même  en réduisant les départs et les arrivées  de personnes en Martinique, l’exode des  jeunes se poursuivrait et continuerait  d’entraîner un déficit des naissances,  illustré par la base de plus en plus étroite  de la pyramide des âges. Marcelle Jeanne-Rose, Baptiste Raimbaud,  Floraline Cratère (Insee) Source : http://www.insee.fr/fr/stastiques/ ■ La Martinique face au vieillissement de la population et à l’émigration des jeunes

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 16 DANS L’ATTENTE, QUELLE MAR\nTINIQUE POUR DEMAI\nN ? DOSSIER À l’aube de \b0\b\b, la Martinique se distingue à l’échelle nationale et internationale, pour les récompenses sportives, les initiatives entrepreneuriales, mais pas  que. Depuis le 15 septembre \b0\b1, elle a reçu le titre de « réserve mondiale  de biosphère » pour tout son territoire. Retour sur la démarche populaire qui  a contribué à cette distinction, et les perspectives à venir. Qu’est ce qu’une réserve de biosphère ? C ’est un territoire engagé dans une  démarche de développement  économique et soutenable, tout  en préservant ses richesses naturelles  et culturelles. Ce programme, créé par  l’Unesco depuis 1971, place ainsi la  Martinique dans un réseau de coopération  régionale, nationale et mondiale. Notre  île s’inscrit donc à la mise en œuvre des  objectifs de Développement Durable  sur lesquels les Nations-Unies se sont  engagées pour 2030. Ce titre, dans les  faits, vise à renforcer l’implication de la  population dans la préservation et la  valorisation de son territoire. Ce titre est  donc vecteur de liens dans le nouveau  réseau auquel elle appartient à l’échelle  mondiale, nationale et régionale. Une démarche participative populaire La démarche de candidature au titre  mondial de Réserve de Biosphère est  le fait de la population martiniquaise.  L’association Martinique Biosphère n’en  a été que le scribe. Elle est constituée de  différents acteurs. Quelles retombées pour notre île ? Ce titre représente :      un véritable levier pour le  développement économique et social,  en intégrant les réseaux régionaux,  nationaux et mondiaux ;      Un atout d’attractivité de reconnaissance  de nos valeurs et nos richesses à  l’échelle mondiale ;     Un outil de communication puissant  pour les savoir-faire, les produits  locaux et le tourisme. Et maintenant ? La CTM, aux côtés de l’association  Martinique biosphère, présidera  le Comité de gestion de la Réserve  mondiale de biosphère. On y  retrouvera de nombreuses institutions  et associations. Conformément aux  propositions de la population, 5 axes  de travail ont été définis : ➊ Préservation protection et  valorisation de la biodiversité et des  ressources naturelles ; ➋   Réappropriation de l’identité  culturelle du territoire ; ➌   Promotion d’activités durables :  production et consommation  locales et responsables/ tourisme  responsable/énergies renouve- lables et transports collectifs ; ➍   Education à l’environnement ; ➎ Recherche avec 3 thématiques :  chlordécone, sargasses, et changement  climatique ; Conclusion Après l’inscription de la yole ronde  au patrimoine immatériel universel  de l’Unesco, la Martinique s’engage  dans une dynamique nouvelle, celle  de faire connaître les richesses  « péyi ». L’association demeure,  aux cotés de la CTM, un pilier  de coordination des activités  de la Réserve mondiale de  Biosphère. Elle assure d’ores  et déjà son rôle de contact  privilégié pour les membres  du réseau des Réserves de  Biosphère, à l’échelle régionale,  nationale et mondiale. Pour demain… Cette démarche commune de la  population est le signe phare qu’  « ensemble on va plus loin », une  étape  qui scelle une détermination  et un engagement d’une population  tournée vers l’avenir, mais surtout  profondément impliquée et consciente  de sa réalité, de ses richesses et des  possibilités plurielles qui peuvent en  découler. L’héritage qui se prépare  pour les générations futures semble  bien engagé : notamment pour la  candidature au titre de Patrimoine  Mondial Naturel  pour 2 sites de notre  territoire : les volcans et forêts de  la Montagne Pelée et des Pitons du  Nord…. À suivre donc. La Martinique réserve mondiale de biosphère « Ce titre est dédié à la population. La qualité du travail et l’implication de la population ont obtenu les félicitations du jury de l’Unesco et ça fait longtemps que cela n’avait pas été obtenu ». Nathalie de Pompignan  P résidente de l’association  Martinique biosphère. Maeva Celeste ■ Site : www.martinique-biosphere.fr martinique_bioshere martiniquebiosphere martiniquebiosphere@gmail.com ‘‘‘‘

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 17 D ans nos sociétés postcoloniales,  le poids du passé écrase  encore le présent et les traumas  de l’histoire de l’esclavage et de la  traite négrière sont encore visibles et  palpables. Ces dernières années, en  Martinique, les tensions mémorielles  ont resurgi de manière brutale et ont  démontré que le fait colonial continuait  à avoir des répercussions matérielles,  psychologiques et politiques sur nos  populations. Ces tensions n’existent pas  qu’en Martinique et dans le contexte  des  Black Lives Matter, la question des  discriminations et du racisme est plus  que jamais au cœur des débats actuels  partout dans le monde, en Europe, en  Amérique et en Afrique. Mais comment  changer les sociétés et faire avancer les  esprits vers plus d’équité et de respect  de l’être humain quelle que soit sa  couleur de peau et comment aider les  populations à transcender les traumas  de l’esclavage ? Quand l’écrivaine martiniquaise Fabienne  Kanor s’interroge sur l’impact de l’histoire  traumatique de l’esclavage, elle conclut  qu’il ne suffit pas de connaître son histoire  pour guérir car l’histoire ne soigne pas et  ne console pas de l’absence : Comment se remémorer la véritable histoire de ces femmes, hommes, enfants cloués à leur parcelle de cale ? Comment sonder les cœurs de ces corps nus arrachés à leur patrimoine matériel et immatériel ? Comment discerner la voix de ces sans-la-voix, de ces ancêtres – bois flottés – errant entre vie et mort ? Nous ignorons ce qu’il est advenu en bas. (« Poétique de la cale »). La connaissance de l’histoire n’est donc  pas suffisante car la connaissance seule  n’a pas le pouvoir de guérir ou de réparer  les irréparables traumas de notre histoire  collective. Le trauma est souvent décrit  comme une blessure de l’âme et de  nombreux théoriciens et écrivains afro- caribéens et afro-américains voient le  trauma historique de l’esclavage comme  une expérience collective et comme un  fardeau politique et psychologique porté  par les peuples de la diaspora africaine.  D’une certaine manière, comprendre et  dépasser cette expérience traumatique  collective dont nous avons hérité, c’est  s’engager dans la Poétique de la relation que décrit Édouard Glissant, « Se battre  contre l’Un de l’Histoire pour la Relation  des histoires ».  La Relation des histoires impliquerait  donc que nous fassions émerger toutes  les parties qui auraient été réduites au  silence et que nous repensions notre  histoire commune, que nous reprenions  notre pouvoir discursif afin de dépasser  ensemble les traumas de l’histoire des  Africains mis en esclavage. Dire son  histoire, c’est se l’approprier et c’est aussi  réaffirmer son identité au-delà du trauma.  Les productions artistiques et littéraires  caribéennes permettent de dépasser  les blessures historiques en mettant en  exergue la survie spirituelle et la présence  symbolique de nos ancêtres africains  dont les âmes demeurent intouchées en  dépit de leurs corps noyés, comme dans le   poème « Bleu amer » de la Martiniquaise  Dominique Aurélia : Nègres bleu nuit Nègres rouges Mauve du fond des mers Gommiers chavirés Arcs, flèches, éclairs Flamboyance des cris Les noyés sèchent leurs âmes. Les arts et la littérature ont le pouvoir  de contribuer à changer la manière  dont est représenté et commémoré le  passé de l’esclavage. Les arts visuels, les  performances tout autant que les contes  et la poésie permettent de repenser les  dynamiques de pouvoir, de redonner  toute sa place  à l’humanité de l’Autre et  de transcender la récurrence du trauma  par une démarche non-victimaire axée  sur la recréation et le dépassement de  soi. Dans l’épilogue de sa Critique de la raison nègre, Achille Mbembe nous invite  à mettre en commun nos différences, à  élargir nos conceptions de la justice et  de la responsabilité, et à nous défaire  du fardeau de la race. « Il n’y a qu’un  seul monde » affirme Mbembe, « l’on  aura beau ériger des frontières, construire  des murs et des enclos, diviser, classifier,  hiérarchiser, chercher à retrancher de  l’humanité ceux et celles que l’on aura  rabaissés, que l’on méprise ou encore  qui ne nous ressemblent pas, ou avec  lesquels nous pensons que nous ne  nous entendrons jamais. Il n’y a qu’un  seul monde et nous en sommes tous des  ayants droit ». Les artistes et penseurs afro-descendant.e.s  peuvent transformer les lieux du trauma  en espaces discursifs et créatifs et peuvent  nous aider à guérir des souffrances héritées  de l’esclavage. Ils nous invitent à plonger  dans cette mémoire collective, à nous en  imprégner, mais surtout à remonter à la  surface et à dépasser le trauma. Selon  Fabienne Kanor, les productions artistiques  servent à faire le lien entre les vivants et les  disparus. « Ces œuvres nous épaulent dans  notre quête de paix et de sens. Elles forcent  au recueillement qui soigne et s’ouvrent  comme des réponses: il faut pratiquer  l’histoire par l’art pour enterrer nos morts ».  En conclusion, il est indéniable que l’art  permet de transcender le trauma autant  que les limites de l’espace et du temps.  L’art contribue à la recréation des identités  afro-caribéennes, il a le pouvoir de libérer  et de faire ré-émerger les voix oubliées.  Myriam MOÏSE Maître de conférences à l’Université des Antilles  Présidente de l’Association La Fabrique décoloniale Organisatrice du colloque international  « Décoloniser les mémoires de l’esclavage »,  7-9 décembre 2021, campus de Schoelcher,  Martinique.  ■ Mémoire et trauma soi. Dans l’épilogue de sa 

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DANS L’ATTENTE, QUELLE MAR\nTINIQUE POUR DEMAI\nN ? DOSSIER DANS L’ATTENTE, QUELLE MAR\nTINIQUE POUR DEMAI\nN ?DANS L’ATTENTE, QUELLE MAR\nTINIQUE POUR DEMAI\nN ? ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 18 Il est nécessaire de construire la Martinique de demain. Cette construction se doit d’être  amorcée  au  plus  vite,  dès  aujourd’hui.  Que  voulons-nous  pour  notre  pays  ?    Sur  quoi  voulons-nous bâtir cette Martinique ?  A u fil du temps, des évènements, des  crises, nous avons perdu certaines  de nos valeurs et nos « réalités peyi »  ont changé. Pourtant notre avenir repose sur  notre passé assumé, sur la valorisation de  notre patrimoine matériel et immatériel  transmis et reçu depuis plusieurs générations. Une mémoire collect\èive Notre histoire est une force collective de  résistances qui a tissé un peuple, une langue,  une culture. Ce passé n’est pas à regarder  seulement sous l’angle du handicap,  de la blessure et de blocages qui nous  empêcheraient d’avancer et de construire,   mais bien d’un point de départ vers l’avenir.  Il  est décisif de prendre en compte notre culture  dans toutes ses dimensions.  Nous avons des valeurs culturelles fortes, tant  esthétiques qu’identitaires. Notre Martinique  ne peut se concevoir sans la culture des  Martiniquais sans notre art de vivre, nos  mœurs et nos coutumes. Il n’y a pas de culture  sans peuple et de peuple sans culture.  Notre patrimoine musical, avec notamment  notre musique traditionnelle, doit rester  vivant et ne point être rappelé qu’à certaines  occasions pour devenir ainsi folklore.  Il demeure, comme d’autres éléments  culturels, notre référence et notre couleur.  Ainsi, l’artisanat, avec une ébénisterie qui  a assuré la production de meubles en bois  local précieux et un riche travail d’ornement.  Notons aussi la mode, manifestant l’élégance  de nos tenues et coiffes traditionnelles,  élément non négligeable de notre patrimoine.  Ce savoir-faire, fierté de notre territoire, doit  être investi par notre créativité moderne  pour subsister et marquer notre identité.  Notre culture doit survivre ou plutôt vivre, se  développer pour ne pas être remplacer par  une culture étrangère, par le raz-de -marée  de la mondialisation. Notre culture traditionnelle de la Martinique  est liée à la valeur du travail. C’est bien au prix  du travail que l’on peut obtenir des résultats. Il  est essentiel de développer cette notion en lien  avec l’entraide et la solidarité. Une solidarité  qui s’exprime avec toutes les composantes  de notre population. Des communautés  qui ont toujours existé, cohabité et partagé.  Probablement, il conviendrait d’aller plus loin  sur l’aspect de la vie commune et travailler  pour que disparaissent les murs et clivages  dépassés qui nous séparent.  Par ailleurs, l’Eglise a également un rôle à  jouer, car les communautés paroissiales  doivent être acteurs et témoins du vivre  ensemble. Ensemble, sur la base des cinq  essentiels de la vie chrétienne, nous pouvons  avancer et résoudre bien des problèmes qui  sont des freins à l’amour, à la miséricorde  et à la réconciliation dans notre pays. La  Martinique de demain est celle d’aujourd’hui  qui a accepté sa diversité ethnique héritée  du passé et issue de la migration actuelle des  populations.  L’éducation à la martiniquaise était l’affaire  de tous : la famille, le voisinage, l’enseignant,  l’Eglise... Elle était portée par un corps social  éducatif. Il s’agissait d’une responsabilité de  tous pour tous dans une volonté commune  de s’en sortir qui rejoignait les plus petits. La  Martinique de demain est celle d’aujourd’hui  qui travaille pour retrouver sa propre valeur  dans le partage du travail éducatif qui ne  repose plus sur l’école seule. Education et  transmission sont des enjeux fondamentaux  qui doivent être portés par tous les  Martiniquais. Cela est urgent. Conscience et amou\èr Notre île n’échappe pas à la problématique  de l’environnement. Certes la catastrophe  écologique causée par la chlordécone ne  doit pas faire oublier les rivières polluées  ou la problématique de l’aménagement  du territoire. Dès maintenant, nous devons  commencer le travail de la dépollution des  terres, des cours d’eau et du repeuplement  des espaces. Ceci est envisagé pour nous  mener progressivement vers une plus grande  production agricole, parvenir ensemble à  une autosuffisance alimentaire et réaliser  un développement industriel autour de  l’agriculture locale. Notre terre doit produire  pour nourrir et soigner. Il est impératif qu’un  travail de conscientisation soit mis en place par  des Martiniquais qui souhaitent un devenir  meilleur. Cet effort exige la participation de  tous les habitants de l’île et de sa diaspora qui  ne peut et ne doit oublier le pays natal, la terre  d’origine dont elle est aussi responsable. Des  ponts d’échanges, avec notre diaspora, notre  environnement géographique et le reste du  monde pourront faire naître de nouveaux  vecteurs de mutations. Espérance Au final, le Martiniquais doit décider d’aimer la  Martinique. Aimer la Martinique avec toute sa  population où personne ne doit être exclu. La  Martinique de demain devra prôner l’amour  du pays. Dieu a confié à l’homme la terre pour  qu’il en jouisse et en soit responsable. La terre  de Martinique est confiée à la responsabilité  des Martiniquais.  Conscients de nous-mêmes et de la richesse  de notre environnement, forts de la mémoire  qui nous permet d’avancer, nous affrontons  tous les défis avec sérénité.  Père Jean-Michel Monconthour et Nicole Chésimar ■ Une Martinique forte de son passé, tournée vers l’avenir

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? Question AN TJÈ LÉGLIZ-LA ‘‘ Le "chanté Nwel " est devenu un phénomène social. Pour toi est-ce encore du religieux ? Que faut-il faire ? ‘‘ Propos recueillis par  Nicole Chésimar ■ Les « chanté  Nwel » actuellement n’ont plus  rien de religieux. Il s’agit d’un temps  essentiellement pour se défouler. L’ambiance  s’apparente au carnaval. Les ritournelles sont  quelquefois à la limite du convenable. Il y a eu une telle dérive que je ne pense pas que  l’on puisse redresser cette situation. Certains  groupes tentent de rester dans la tradition.  Faire machine arrière et revenir au « chanté  Nwel » traditionnel au cours duquel on  chantait uniquement le cantique sera  compliqué. Le côté positif est que  la convivialité demeure. Le « chanté  Nwel  » a toujours  un caractère religieux.  Sur ma paroisse est organisée la  crèche vivante suivie d’un « chanté  Nwel ». Malheureusement autour de Noël  se développe de nos jours une atmosphère  commerciale. Le « chanté Nwel » prend une  autre tournure et l’esprit de Noël n’existe plus.  Les groupes ne respectent plus la tradition.  Mais je continue à vivre Noël dans la  pure tradition au sein de mon quartier,  avec le partage, le cantique. Nous  continuons à faire la ribote  avec les voisins.  Marie Laure  Zobéide (paroisse du Morne-Rouge) autre tournure et l’esprit de Noël n’existe plus.  Les groupes ne respectent plus la tradition.  Mais je continue à vivre Noël dans la  pure tradition au sein de mon quartier,  avec le partage, le cantique. Nous  Les « chanté Nwel  » sont carnavalesques.   Auparavant, la famille chantait noël.  Le « chanté Nwel » s’est transformé  en même temps que la société a évolué.  Tout a changé. Cela s’apparente à un vrai  «  wélélé  ». Auparavant tout le monde portait  quelque chose et chantait. Les anciens pourraient nous ré-enseigner  le « chanté Nwel ». Nous devrions  en parler à nos enfants et leur  expliquer comment cela se  passait auparavant. Gilles Arsaye (paroisse du Robert) Le « chanté  Nwel  » n’a plus  rien de religieux. Les  ritournelles ont pris le pas sur le cantique et  sur la tradition de nos grands-parents. Certains  groupes tentent de ne pas dévier vers le carnaval.  Heureusement que les valeurs de convivialité, de  partage, d’échanges demeurent. Mais l’esprit de Noël  est perdu. Le coté commercial s’est installé. Bien souvent,  on achète au lieu de préparer soi-même. Les paroles  du cantique sont mises de côté. Certains y vont pour la fête. Certains groupes tentent de garder ce côté  traditionnel notamment avec la ribote. Dans certaines  campagnes on retrouve la vraie ambiance avec  de la spontanéité. Il faudrait que certains se  réveillent et boudent ces manifestations  qui ne nous font pas honneur.  Danielle  Chénière  (paroisse de De Briand) Propos recueillis par ■ Père Jean Michel  Monconthour Le « chanté Nwel » est un l’un des  éléments incontournables de notre culture.  Un moment de convivialité crée du lien social.  Il conviendrait de réaliser une étude approfondie  et scientifique afin de comprendre cet engouement  de toute une société pour les chanté Nwel. Des chants  religieux et donc sacrés ont rejoint le monde profane  pour créer cette ambiance si spéciale. Est-ce une  désacralisation ou une valorisation du sacré ? ou  une forme d’accueil qui vise à une valorisation  de ce qui serait sacré, telles que  la communion  populaire, la famille dont N oël est un signe  parlant. Une étude pourrait mettre à  jour les vrais enjeux pour la  population. Les « chanté Les « chanté Les « chanté Les « chanté Les « chanté Les « chanté Les « chanté Les « chanté Les « chanté Les « chanté Les « chanté Les « chanté Les « chanté Les « chanté  Miguelle Rimbert  (paroisse de Sainte-Thérèse) ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 novembre 2021 – n° 630 19

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Fête de l’Immaculée Conception - 8 décembre -- 8 décembre - M arie, Mère de l’Espérance, l’Église traverse un temps de divisions et d’épreuves. Par votre Coeur Immaculé, aidez-nous à accepter et porter notre croixen communion avec votre Fils et illuminez les ténèbres de nos vies pour y voir briller l’espérance. Marie, Mère du Christ, vous étiez au pied de la Croix aux côtés du disciple bien-aimé. Vous êtes celle qui a toujours cru. Venez raffermir la foi et la vocation des prêtres, religieux et consacrés tentés par le découragement et le doute. Qu’ils soient soutenus, aimés et portés par les fidèles qui les entourentafin qu’ils soient fortifiés dans l’accomplissement de leur belle mission : faire de tous des saints ! Marie, Vierge Immaculée, apprenez-nous à redire chaque jour à votre suite : « Oui Seigneur, que Votre volonté soit faite ». Alors, nous pourrons goûter pleinement à la joie de l’Amour infini du Père. Amen

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