Page 1
E g lise
en MARTINIQUE
Père Alain Ransay,
nouvel évêque de Cayenne
Le S eigneur vient...
Soyons dans la joie !
N° 631
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
19 DÉCEMBRE 2021
Hommage au père Filopon
Dans l'attente, quelle Martinique
pour demain ( 2)
Horaires des messes
de Noël et Jour de l'an
Page 2
23
S ommaire
«D
’où m’est-il donné que la Mère de mon Seigneur
vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1,43).
Aujourd’hui, 4
e dimanche de l’Avent, il nous est
proposé le récit de la visitation. Nous voyons la foi de Marie,
« la Première en chemin ». Sa charité lui permet de se mettre
en route. Elisabeth l’accueille et reconnait en elle la Mère de so\
n
Seigneur. L’Esprit Saint est à l’œuvre.
Dans ce monde tumultueux, réjouissons-nous ! « Soyez toujours
dans la joie », nous disait saint Paul dimanche dernier (3
e dimanche
de l’Avent). Et voilà que nous partageons la joie de père Alain
Ransay nommé Evêque de Cayenne par le pape François. Le
Seigneur l’a choisi et établi dans cette responsabilité. Oh la bonne
nouvelle ! Nous lui souhaitons un fructueux ministère.
Portons dans nos prières Christophe et Samuel qui ont été
ordonnés diacres en vue du sacerdoce, respectivement le 5 et le
12 décembre. Nous reviendrons sur leur ordination dans notre
prochaine édition.
Du changement, c’est ce que nous aspirons pour notre Martinique
en cette période anxiogène. Face à la crise qui entraîne actuel-
lement l’effondrement de notre société, et à la violence qui\
gangrène notre vie sociale, Eglise en Martinique propose de pour-
suivre la réflexion menée sur la Martinique de demain. La crise
serait-elle une opportunité « vers une Martinique renouvelée ? ».
Le diocèse invite la population « à s’inscrire de manière\
responsable
dans la construction d’une Martinique unie, plus fraternelle ; une
Martinique qui Aime, où l’on rejette tout germe de division, où\
fleurit dans le cœur de chacun le bon droit et la justice ». Le te\
mps
de l’Avent nous invite à travailler dans ce sens. Comme nous le
recommande le pape François : « Demandons la grâce de croire
qu’avec Dieu, les choses changent ».
Nous accueillerons bientôt la Lumière de Noël que nous aurons
à partager avec nos frères et sœurs. Pour nous permettre de viv\
re
pleinement les célébrations dans les paroisses, les horaires des
messes de Noël et du jour de l’An sont proposés.
Hâtons-nous de préparer le chemin du Seigneur dans notre
cœur, dans notre vie. Les moments sereins vont arriver. N’en
doutons pas ! Gardons nos lampes allumées, cultivons l’esprit
du service gratuit et veillons ! Le temps de l’Avent implique
une mise en route et un retour à l’autre. Comme Marie, et avec
elle, n’hésitons pas à aller à la rencontre des autres en to\
ute
bienveillance.
Noël est une occasion de resserrer nos liens familiaux.Que cette
belle fête nous apporte paix et réconciliation !
Cette édition est la dernière de l’année 2021. Nous nous
retrouverons le 2 janvier 2022, à l’Epiphanie du Seigneur. Tous
les membres de l’équipe de « Eglise en Martinique » se joign\
ent
à moi pour vous souhaiter un Joyeux Noël !
Justine Lordinot ■
EDITORIAL
AGENDA DE L'EVEQUE 19
MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
• La Parole Dominicale
• En route ver\b une Martinique renouvelée : “La cri\be, une oppor\ntunité”
• C’e\bt un cri, pa\b un murm\nurE
• La ju\btice de Dieu
• La ju\btice, garante du re\bpect de\b droit\b
• Que t'apporte Noël en ce temp\b de cri\be ? • Père Alain Ran\bay, nouvel évêque de
Cayenne
• Horaire\b de\b me\b\be\b de Noël 2021 et du Jour de l’an 2022
• Concernant le Nouveau Mi\b\bel Romain
• Entrée en \bynode de la p\naroi\b\be Saint Jo\beph du Prêcheur
• Solidarité enver\b Haïti
• L'iconographie de Lettonie à Coridon
• Journée paroi\b\biale de\b jeune\b du Morne-de\b-E\b\be\b
• Spécial jeune\b
• Le\b \bymptôme\b d’u\nn « Gwopwal » atavique
• Demandon\b la grâce de croire qu’avec Dieu le\b cho\be\b changent
3
EGLISE UNIVERSELLE\C
6
7
8
9
10
10
11
12
13
14
16
17
• Que t'apporte Noël en ce temp\b de cri\be ?• Que t'apporte Noël en ce temp\b de cri\be ?
AN TJÈ LÉGLI\b-LA 18
Dossier : DANS L’ATTENTE, QUELLE
MARTINIQUE POUR DE\CMAIN ? (2)
4
5
EDITORIAL 2
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70
SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586
97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com
Page 3
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 3
L
a notion de « Gwopwal »
est beaucoup plus fine
qu’on ne le pense. On parle
de « Gwopwal » pour qualifier la
lenteur des gens paresseux qui
traînent dans leur devoir d’état,
vagabondent, n’avancent pas dans la
vie. En réalité, il faudrait ici parler de
«procrastination » (… nous l’avons
déjà fait !) ou de fainéantise.
Mais de façon plus idiomatique, le
« Gwopwal » désigne un homme ou
une femme qui, suite à une déception
violente (amoureuse le plus souvent),
un choc affectif, un évènement
traumatisant, a perdu goût à la vie, se
laisse aller aux passions tristes, le dépit,
la tristesse, l’amertume ou la colère. Ce
n’est pas une personne paresseuse,
mais quelqu’un qui ne voit plus par quel
moyen surmonter l’épreuve. Le ou les
chocs ont été si violents que tout passé
se meut en blessure, tout futur devient
angoisse, toute relation se colore de
méfiance, toute parole perd son sens,
tout acte de foi ou d’espérance semble
vain, tout mouvement se déroule au
ralenti, toute pensée est lasse, tout
songe tourne au cauchemar, tout projet
semble une impasse, toute amitié
pran lavol, … Dépression, débauche
et débordements sont les symptômes
du « Gwopwal ».
Les anciens moines appelaient ça
« le démon de l’acédie ». De fait,
c’est ce démon, très reconnaissable,
qui conduit au suicide. Il est connu
depuis des siècles, mais, en raison
de son étrange capacité à susciter
des attitudes opposées, il sait se
cacher. Il reste invisible aux radars
de la politique, de la sociologie ou
de la psychologie qui tentent en vain
depuis des décennies d’en compenser
les effets…
Et pour cause : bien qu’elle ait des
racines en tous ces domaines et y
porte également ses fruits, l’acédie est
une réalité principalement spirituelle.
C’est d’abord un esprit mauvais qui
exerce vexations et oppressions et
fait feu de tout bois pour ronger l’âme
humaine.
Chez nous, ce démon, si bien repéré
par la sagesse antillaise sous le
nom de « Gwopwal », possède une
particularité : issu d’une même
porte ouverte dans notre histoire
inconsciente commune, il s’apparente
à un atavisme, il s’enracine dans
l’inconscient collectif. Nous avons,
tous ensemble, un « Gwopwal »,
un bon gros « GP ». Ce ne sont pas
seulement plusieurs d’entre nous qui
sommes mordus par ce serpent au
gré de nos existences individuelles,
mais tout notre peuple. Une seule
et même tristesse provoque çà et là
colère, déception, frayeur, esprit de
suicide collectif, dégoût, vulgarité,
envie de tout casser, de crier, de hurler,
de faire mal, de se faire mal, de dire
« je vais mal », de partir, de fuir, de
laisser tomber ou encore, fringale de
consommer, de remplir sa maison, son
ventre ou son cœur de rien ou de tout,
voire de n’importe quoi… Cette chose
inocule le virus de l’écœurement en
des âmes de plus en plus nombreuses
et de plus en plus jeunes.
La bonne nouvelle est que le remède
à cette réalité simple est simple lui-
aussi… et bien connu ! C’est même
un remède « bô kay » pour lequel
il n'ait besoin d’importer aucun
élément étranger. Au diagnostic* de
ce « Gwopwal » atavique, il ne sert
à rien d’opposer des commentaires
de haut-vol, des actions politiques
d’envergure, des thérapies fines
ou des allocations substantielles. Il
faudra commencer par prier pour que
la vérité dissipe les ténèbres et pour
nous aimer les uns les autres. Il faudra
répondre au spirituel par le spirituel.
Et ici nous savons le faire : nou pa
bizwen pèson’ ! Par contre, cette prière
ne pourra être la prière de quelques
mamies, mais une intercession ferme
du plus grand nombre, des actes de
foi radicaux, des sacrifices spirituels
consentis de tous, hommes et femmes,
grands et petits. L’amour devra être
concret, fraternel, solidaire. Kolé têt’
kolé zépol.
Comptez sur votre Eglise pour vous
concocter un chemin de victoire et de
joie jusqu’à l’enfant Jésus de la crèche !
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
Les symptômes
d’un « Gwopwal » atavique
MOT DE L’ÉVÊQUE
* Voir l’incomparable thèse de Claire-
Emmanuelle Laguerre (docteure en neuro-
science), Événements traumatiques à la
Martinique, aux éditions l’Harmattan.
Page 4
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 4
EGLISE UNIVERSELLE\n
Refuser d’écouter
Avec des connotations bibliques fortes
renvoyant aussi bien à Eve et Adam qui
« écoutent » la mauvaise parole et au
commandement de « Ecoute, Israël… »,
le pape a débusqué la tentation de la
mauvaise écoute : « Se convertir, c’est ne
pas écouter ce qui détruit l’espérance,
ne pas écouter ceux qui répètent
que rien ne changera jamais dans la
vie. C’est refuser de croire que nous
sommes destinés à sombrer dans les
sables mouvants de la médiocrité. C’est
ne pas s’abandonner aux fantômes
intérieurs qui se présentent surtout
dans les moments d’épreuve, pour
nous décourager et nous dire que nous
n’y arriverons pas, que tout va mal et
que devenir saints n’est pas fait pour
nous. Il n’en est pas ainsi, parce que
Dieu est là. Il faut lui faire confiance,
parce c’est lui notre au-delà, notre force.
Tout change si on lui laisse la première
place. Voilà la conversion : il suffit que
notre porte soit ouverte au Seigneur
pour qu’il entre et fasse des merveilles,
comme un désert.... ».
Aimer la petitesse
Le pape, loin du triomphalisme a au
contraire invité à aimer la petitesse :
« Le Seigneur préfère la petitesse et
l’humilité. La rédemption ne commence
pas à Jérusalem, à Athènes ni à Rome,
mais dans le désert. Cette stratégie
paradoxale nous délivre un très beau
message : avoir autorité, être cultivé
et célèbre n’est pas une garantie pour
plaire à Dieu ; mais peut au contraire
conduire à s’enorgueillir et à le rejeter.
Mieux vaut par contre être pauvre
intérieurement, comme le désert qui
est pauvre. »
Si bien que dans la petitesse, Dieu
est présent : « Aujourd’hui nous ne
pouvons que nous réjouir de le voir
choisir le désert, afin de nous rejoindre
dans notre petitesse, qu’il aime, et dans
notre aridité, qu’il veut désaltérer !
Alors, chers amis, ne craignez pas la
petitesse, car la question n’est pas d’être
petits et peu nombreux, mais de s’ouvrir
à Dieu et aux autres. Et ne craignez pas
les aridités, car Dieu ne les craint pas
non plus, c’est là qu’il nous rejoint ! »
La « grâce à demander »
Le pape diagnostique un autre
problème : « Parler de conversion
peut susciter de la tristesse ; il semble
difficile de la concilier avec l’Évangile
de la joie. Mais c’est parce que l’on
réduit la conversion à un effort moral,
comme si elle n’était que le fruit de
notre effort personnel. C’est justement
là le problème, le fait de compter
sur nos propres forces. C’est là aussi
que se nichent tristesse spirituelle et
frustration. »
Comme antidote à ce volontarisme
désespérant, le pape suggère la « grâce
à demander » à Dieu, à la manière dont
saint Ignace recommande de demander
les grâces nécessaires : « Demandons la
grâce de croire qu’avec Dieu les choses
changent, qu’il guérit nos peurs, guérit
nos blessures, transforme les lieux
arides en fontaines. Demandons la grâce
de l’espérance. Car c’est l’espérance qui
ranime la foi et ravive la charité. C’est
d’espérance que les déserts du monde
sont aujourd’hui assoiffés... »
« Demandons à notre Mère, la Toute
Sainte, de nous aider à être, comme
elle, des témoins d’espérance, des
semeurs de joie autour de nous. Non
seulement lorsque nous sommes
heureux et ensemble, mais chaque jour,
dans les déserts que nous vivons. Parce
que c’est là que, avec la grâce de Dieu,
notre vie est appelée à la conversion et
à l’épanouissement. »
Source : https://fr.zenit.org/2021/12/05/
se-convertir-cest-ne-pas-ecouter-ce-qui-
detruit-lesperance-homelie-a-athenes/ ■
« Demandons la grâce
de croire qu’avec Dieu les choses changent »
Le pape a présidé la messe à Athènes (Grèce) le dimanche 5 décem\bre 2021, entouré
de la Conférence épiscopale et de Représentants des catholiques de différents rites
et de communautés de religieuses et religieux. Quelques extraits de son homélie
nous interpellent.
Page 5
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 55
Dimanche 19 décemb\be 2021
la P arole Dominicale
4 e dimanche de l'A vent - Année C
Michée 5,1-4a • P\(saume 79 (80) • \(Hé\breux 10, 5-10 • L\(uc 1, 39-45
LITURGIE
EEM : Que signifie cette parole
d’Elisabeth : « Tu es bénie entre
toutes les femmes, et le fruit de tes
entrailles est béni. » ?
Il faut noter qu’Elisabeth ne dit pas
ces paroles d’elle-même, mais c’est
rempli d’Esprit-Saint qu’elle affirme
cela. Cette parole complète une autre
dite par l’ange Gabriel quelques
versets plus tôt dans ce même premier
chapitre de l’évangile selon saint
Luc : « Réjouis-toi Marie, comblée
de grâces, le Seigneur est avec toi ».
En rassemblant ces 2 paroles nous
avons la prière du « Je vous salue
Marie ». Mais que signifie tout cela,
me demandais-tu ?
Le texte biblique nous dit que nous
sommes en présence d’une femme
bénie entre toutes les femmes et qui
est comblée de grâces. Marie est donc
quelqu’un de tout à fait exceptionnel
car ce qui est dit d’elle n’a été dit
d’aucun autre personnage de la Bible
en dehors du Christ bien sûr qui est le
Fils de Dieu.
EEM : Est-ce pour cela qu’elle est
aussi importante dansl'Eglise ?
Tu n’ignores pas, Père, que nos
frères protestants disent que nous
lui donnons trop de place.
Tu sais, ce n’est pas nous qui lui
donnons beaucoup de place, c’est Jésus
lui-même. Regardons Jean 19. Jésus est
sur la croix et là, si je cite littéralement
le texte biblique à partir du verset 26
à 28 : « Jésus donc voyant la mère et
se tenant près d’elle le disciple qu’il
aimait dit à la mère : « Femme, voici
ton fils. » Puis il dit au disciple : «
Voici ta mère. » Dès cette heure-là,
le disciple l’accueillit chez lui. Après
quoi, sachant que désormais tout était
accompli… »
EEM : Pourquoi as-tu dis « la
mère » et pas « sa mère » ?
Parce que dans le texte grec, on ne dit
pas « sa mère » mais « la mère », mais
tout le monde traduit « sa mère », je suis
désolé. Dans la Bible rien n’est dû au
hasard. Si l’évangile nous dit que c’est
« la mère » c’est parce que l’apôtre
Jean avait bien compris que Marie était
« La mère », la mère spirituelle de tous.
De même qu’il est dit qu'Abraham,
du fait qu’il ait consenti au sacrifice
d'Isaac, a mérité d’être appelé le Père
des croyants, de même Marie, celle qui
a cru la première, pour faire référence
à Elisabeth, Marie a mérité d’être
appelée la Mère de tous les croyants
au moment du Sacrifice du Nouvel
Isaac - son Fils Jésus.
EEM : Je commence à comprendre
pourquoi elle a tant de place si elle
est la Mère de tous les croyants.
Ce n’est pas tout, juste après que Jésus
ait dit à Marie "Voici ton Fils !" et au
disciple bien-aimé : « voici ta Mère !»,
il est dit qu’alors – et seulement alors
– Jésus vit que tout était accompli. Tu
comprends que s’il avait dit : « Tout est
accompli » et qu’ensuite il avait donné
Marie comme Mère, on aurait pu dire :
« Bon, OK, Marie c’est la cerise sur le
gâteau, mais ce n’est pas important ».
Eh bien non, le don de Marie comme
Mère fait partie du mystère de la
Rédemption. C’est seulement quand
elle a été donnée comme Mère que
tout est accompli.
EEM : D’accord, mais pourquoi
alors nos frères protestants ne
l'accueillent-ils pas comme Mère ?
Peut-être que j’exagère un peu, mais
j’ai parfois l’impression que certains
la voient comme une mère porteuse.
Tu sais, ces femmes qui portent des
enfants qui ne sont pas à elles ; on
leur implante un embryon humain et
une fois qu’elles ont accouché, elles
remettent l’enfant au commanditaire.
La plupart du temps, leur nom ne figure
même pas sur l’état civil de l’enfant.
De façon analogue, certains protestants
pensent que le rôle de Marie consiste
juste à enfanter le Christ. Or ce n’est
pas ce que montre la Bible. Avant
même la naissance de Jésus, quand
le son de la voix de Marie atteint
l’oreille d’Élisabeth, dans l’évangile
de ce jour, celle-ci est remplie de
l’Esprit Saint et son fils Jean-Baptiste
tressaille dans son sein. Donc Marie
et l’Esprit Saint sont liés. C’est le cas
quand, sous l’impulsion de l’Esprit,
elle va lancer Jésus dans son ministère
à Cana. C'est encore l’Esprit qui lui
permet de rester debout au pied de la
croix et d’engendrer le disciple bien-
aimé ; enfin le jour de la Pentecôte,
l’Esprit-Saint est comme attiré par le
paratonnerre qu’est Marie pour que
celui-ci enflamme l’Église naissante. ■
Avant son départ pour le diocèse de Cayenne où il a été nommé évêque, Église en Martinique
a demandé à père Alain Ransay de nous commenter l’évangile de ce 4 ème dimanche de l’Avent.
Page 6
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 6
C
hers diocésains,
Le 10 décembre 2021 à midi, le Vatican a
annoncé que le Saint-Père, le Pape François,
a nommé évêque de Cayenne notre frère Alain
Ransay (délégué épiscopal à l’éducation, président
du bureau du conseil presbytéral, vice-président
de l’ICEA, aumônier des équipes enseignantes et
curé de Bellevue).
Cette nomination honore notre presbyterium et
notre diocèse et nous réjouit pour le peuple et le
clergé de Guyane.
Nous perdons, ou plutôt, nous offrons un prêtre
fraternel, respecté et reconnu par ses pairs, un apôtre enthousiaste et infatigable et un
pasteur aguerri auxquels se sont attachés de nombreux fidèles en près de 30 ans
d'un ministère presbytéral très riche. Nous pensons particulièrement à ses
parents âgés dont le fils va s’éloigner
prochainement ainsi qu’aux paroissiens
de Bellevue qui verront partir bientôt leur pasteur.
Le diocèse de Cayenne est constitué d’une com-munauté passionnante,
pleine de ressort, de talents
et de projets missionnaires,
mais son nouveau pasteur
devra affronter, en ces
temps difficiles, des défis
majeurs et multiples.
Au-delà des félicitations
d’usage, je vous invite
donc à assurer notre frère,
Monseigneur Alain Ransay,
de notre soutien, de nos
encouragements et de notre
affection.
Que Notre Dame de la
Délivrande intercède pour le
nouvel évêque et son diocèse.
Mgr David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre
et Fort-de-Franc
e ■
Le révérend Père Alain Ransay est né à la Trinité en Martinique le
11 novembre 1961.
Après avoir obtenu sa licence scientifique au lycée de la Trinité
en Martinique en 1981, il a complété son diplôme d’études
universitaires générales (DEUG) en mathématiques à l’Université
des Antilles et la Guyane (Martinique) en 1983.
En 1984, il est diplômé en mathématiques de l’Université Paul
Sabatier de Toulouse, France. Entre 1984 et 1986, il a enseigné
les mathématiques au lycée de la Trinité et au collège Vert-Pré
en Martinique. Entre 1986 et 1988, il a fréquenté le Séminaire
d’Avignon, France.
De 1988 à 1992, il est étudiant au Séminaire universitaire et à
l’Université catholique de Lyon, où il termine en 1992 avec une
licence canonique en théologie.
Il a été ordonné prêtre pour l’Archidiocèse de Saint-P\
ierre et Fort-
de-France le 27 décembre 1992, à Sainte-Marie en Martinique,
par S.E. Mgr Maurice Marie-Sainte.
Il parle couramment français, créole, anglais, espagnol. Il est
auteur de la publication : « S’épanouir malgré les blessures : La
vie humaine en dix étapes, Saint Paul, 2018 ».
Il a occupé les postes suivants :
• 1992 : Vicaire paroissial au Lamentin
• 1993-1995 : Administrateur paroissial des Trois-Îlets
• Depuis 1993 : Prédicateur de missions d’évangélisation et de
retraites spirituelles (Martinique, France, Guyane, Afrique, Liban, etc.)
• 1995-1997 : Curé de la paroisse de De Briant
• 1997-1998 : Curé de la paroisse Sainte-Marie
• 1998-2000 : Curé de la paroisse du Lamentin
• 2000-2005 : Chancelier; trésorier diocésain, aumônier hospitalier,
modérateur de l’équipe paroissiale de Robert, Martinique ;
• 2005-2008 : Directeur spirituel et professeur au Séminaire de Lyon,
France ;
• Depuis 2008 : Aumônier des enseignants (Action catholique)
• 2008-2014 : Curé de la paroisse Saint-Christophe
• 2014-2016 : Curé de la paroisse du Marin et Sainte-Anne
• Depuis 2014 : Professeur de théologie morale à l’Institut diocésain
d’études religieuses Gaston Jean-Michel
• Depuis 2016 : Professeur au Séminaire Saint-Jean-Paul II
• 2016-2018 : Directeur diocésain de l’Éducation catholique
• Depuis 2016 : Curé de la paroisse Notre Dame de Bellevue
• Depuis 2017 : Délégué épiscopal à la Pastorale de l’Éducation
• Depuis 2018 : Vice-président de l’Institut catholique européen
des Amériques
• A partir de 2020 : Secrétaire du Conseil presbytéral archidiocésain.
Père Alain Ransay
nouvel évêque de Cayenne
VIE DU DIOCÈSE
Page 7
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 7
Paroisses Veillée Nuit de Noël Jour de Noël Jour de l’An
Ajoupa-Bouillon 16h30 Veillée + messe 8hLe 31 : 17h • Le 1 er : 8h
Anses d’Arlet 17h30 9hLe 31 : 17h30 • Le 1 er : 9h
Balata 15h veillée • 16h 9h30Le 31 : 6h30 et 16h • Le 1 er : 9h30 et 16h30
Basse-Pointe 17h 9hLe 31 : 17h • Le 1 er : 9h
Bellefontaine 14h15 Veillée + messe 9h30Le 31 : 6h • Le 1 er : non communiqué
Bellevue 15h (enfants) 17h et 19h 8h - 9h30 et 17hLe 31 : 6h Messe de semaine
21h veillée + messe
Le 1 er : 8h - 9h30 et 17h
Carbet 18h30 Veillée + messe 9hLe 1 er : 9h
Case-Pilote 16h15 et 17h 8hLe 31 : 17h • Le 1 er : 8h
Cathédrale 15h et 17h Veillée
+ Messe à minuit 7h et 10h Le 31 : 17h • Le 1 er : 7h et 10h
Coridon 15h et 18h 10hLe 31 : 19h • Le 1 er : 10h
De Briant 17h30 9hLe 31 : 17h30 • Le 1 er : 8h
Diamant 17h Veillée 9hLe 31 : 18h Adoration • Le 1 er : 9h
Ducos 16h Veillée + Messe 8h et 17hLe 31 : 15h et 17h • Le 1 er : 8h
Emmaüs -8h et 17h Le 1 er : 8h
Fond-Saint-Denis 17h 10hLe 1 er : 10h
Foyer de Charité
de Trinité Pas de messe 9h Le 31 : 21h Veillée d’adoration + messe à minuit
François 19h 7h et 9h30 Le 31 : non renseigné • Le 1 er : non renseigné
Grand-Rivière 17h30 8h Le 31 :17h30 • Le 1 er : 8h
Gros-Morne 6h30 – 9h et 17h 8h Le 31 : 6h30 et 17h • Le 1 er : 8h
Josseaud - 8hLe 1 er : 8h
Lamentin 15h Enfants
17h Veillée + Messe 8hLe 31 : 17h Veillée + messe
Le 1 er : 8h et messe anticipée à 17h
Lorrain 15h Enfants
17h30 Veillée + Messe 7h – 9h
Le 31 : 18h Messe • Le 1 er : 8h
Macouba 16h10h Le 31 :16h • Le 1 er : 10h
Marigot 15h Enfants
17h30 Veillée + Messe 7h – 9h
Le 31 : 18h Messe • Le 1 er : 8h
Marin Non renseigné 7h et 10hNon renseigné
Morne-des-Esses 17h Veillée 8hLe 31 : 17h • Le 1 er : 8h
Morne-Rouge 17h 9hLe 31 : 17h • Le 1 er : 9h
Morne-Vert 18h Veillée 8h Le 31 : 18h • Le 1 er : 8h
Prêcheur 17h 8hLe 31 : 18h • Le 1 er : 8h
Redoute 15h et 17h 8h et 17hLe 31 : 6h15 • Le 1 er : 7h – 9h30 et 17h
Régale 16h30 8h et 17hLe 1 er : 8h et 17h
Rivière-Pilote 17h 8hLe 31 : 17h • Le 1 er : 8h
Rivière-Salée
(Grand-Bourg) 16h Veillée + messe 9h30Le 31 : 18h30 • Le 1 er : 9h30
Petit-Bourg 16h Veillée + messe 7h30Le 1 er : 7h30
Robert 16h Veillée + Messe 8hLe 31 : 6h30 • Le 1 er : 8h et 17h
Ste Anne 16h veillée 9h et 17hLe 31 : 17h • Le 1 er : 9h et 17h
St Christophe 6h Messe de semaine
17h Veillée 6h15 - 8h30 et 17h
Le 31 : 6h - 17h veillée • Le 1 er : 8h30 et 17h
St Esprit 18h 8hLe 31 : 18h • Le 1 er : 8h
St Joseph 18h 8h et 10h Le 1 er : 16h et 18h • Le 1 er : 8h et 10h
Ste Luce 17h Veillée 9h Le 31 : 17h • Le 1 er : 9h
Ste Marie 15h Catéchèse • 19h 7h et 9h Le 31 : 18h • Le 1 er : 7h et 9h
St Pierre 16h et 18h30 9h Le 31 : 18h30 • Le 1 er : 9h
Ste Thérèse / Volga 20h Ste Thérèse
20h Volga 8h30 et 10h Ste Thérèse
7h30 Volga Le 31 : 19h Ste Thérèse
Le 1 er : 9h Ste - 7h30 Volga
Schœlcher 15h (Terreville catéchèse)
17h (Terreville)
18h (Bourg) 8h (Bourg)
Le 1 er : 9h (Bourg)
Tartane 17h30 Veillée + Messe 9h30Le 31 : 18h Veillée• Le 1 er : 9h30
Terres-Sainville 18h Veillée 8hLe 31 : 18h Veillée• Le 1 er : 8h
Trinité 15h30 Catéchèse
17h Veillée 8hLe 31 : 18h
Le 1 er : 8h
Trois-Ilets 17h 8h30 Le 31 : 17h • Le 1 er : 9h
Vauclin 17h Veillée + Messe 8h30 Le 31 : 18h30 • Le 1 er : 8h30
Vert-Pré 18h Veillée 8h Le 31 : 18h• Le 1 er : 8h
Anse Mitan 15h 7h Le 31 :15h• Le 1 er : 7h30
Ho\bai\bes des messes de Noël 2021 et du Jour de l’an 2022
Rapprochez-vous du secrétariat de la paroisse qui vous intéresse.
Page 8
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 8
Pour nous aider à accueillir la nouvelle traduction du Missel Romain, et
répondre aux questionnements de certains chrétiens, Isa\belle Maller
et le P. Emmanuel Rochigneux, du Service diocésain de la Pastorale
Liturgique et Sacramentelle, ont rédigé les textes ci-dessous.
❶ Qu’est-ce qu’un missel et
pourquoi une nouvelle
traduction ?
Le missel est un livre destiné à la
célébration de l’Eucharistie. Il est qualifié
de romain, car il sert la liturgie de l’Eglise
catholique romaine, célébrée à travers
le monde. Il contient les textes des
prières pour la célébration de la messe,
le dimanche comme pour tous les jours
de l’année afin de permettre à tous les
fidèles rassemblés de partager la même
prière et louange. Bien qu’utilisé en
premier lieu par les ministres ordonnés,
évêques et prêtres qui président la
messe, il est au service de la prière
commune de toute l’assemblée. Les
« missels des dimanches » ou les revues
« Magnificat », « Prions en Eglise » ou
encore « Paroles et Prière » en sont des
déclinaisons à disposition des fidèles,
enrichis d’éléments divers dont les
textes bibliques proclamés pendant la
messe.
Lors du Concile Vatican II, les évêques
ont souhaité réformer la liturgie, ce
qui a donné naissance à un nouveau
missel que nous utilisons toujours
aujourd’hui, à quelques détails près.
Célébrer en langue française était aussi
une nouveauté car l’Église cherchait
à faire évoluer le langage de sa prière
pour permettre la participation de
tous. Depuis, elle éprouve le besoin de
revoir sans cesse ses traductions pour
les améliorer, à l’exemple de la Bible
dont nous avons reçu une nouvelle
traduction liturgique il y a quelques
années, et de la nouvelle traduction
du missel qui nous a été proposée à
partir du 1 er dimanche de l’Avent (le 28
novembre 2021).
❷ Les principes de traduction
Le concile Vatican II a voulu que la
prière liturgique soit adaptée à la
compréhension du peuple, ce qui a
entrainé la difficile tâche de traduire les
livres liturgiques du latin à la langue des
fidèles. La traduction est aussi un acte
de transmission dont les chrétiens ont
l’habitude : les textes bibliques, qu’ils
soient à l’origine en hébreu, araméen
ou grec, ont été traduits en grec, latin et
dans la plupart des langues d’aujourd’hui.
Certains mots de la liturgie nous rappellent
cet héritage : Amen, Alléluia sont des mots
hébreux, Kyrie Eleison vient du grec.
Quels sont les principes de traduction ?
Les plus importants sont la fidélité au
texte original latin qui exprime le contenu
de la foi et sert de garant à l’unité du rite
romain, et la fidélité au génie de la langue
dans laquelle il est traduit pour que le
langage soit accessible et que le peuple
puisse comprendre ce qu’il célèbre et
participer à la prière liturgique.
Les nouveautés de traduction concernent
essentiellement l’ensemble des prières
dites par le prêtre au nom de l’assemblée,
mais assez peu d’éléments prononcés
par les fidèles. Parmi ces derniers, dans
le symbole de Nicée-Constantinople, le
terme « consubstantiel » va remplacer
le « de même nature » pour exprimer la
divinité du Christ : « Il est Dieu, né de Dieu,
lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né
du vrai Dieu, engendré non pas créé, de
même nature que le (consubstantiel au)
Père ». Le terme « consubstantiel » est un
mot issu du langage philosophique, choisi
par les premiers conciles œcuméniques
pour expliciter le langage biblique et
exprimer de la manière la plus juste
possible la divinité du Christ au sein de
la Trinité. Ce mot compliqué fait partie
des mots transmis par nos pères dans
la foi, pour parler de Dieu. Il exprime
que si Jésus est vraiment homme, il est
aussi vraiment Dieu. L’expression « de
même nature » pouvait laisser penser que
le Père et le Fils possèdent chacun une
nature propre, identique l’une à l’autre
tout en étant distincte comme s’il y avait
deux dieux. Or « Nous ne confessons
pas trois dieux, mais un seul en trois
personnes.
❸ Les oraisons
Une grande partie du travail de révision
du missel romain concerne les oraisons :
ces courtes prières prononcées par le
prêtre qui condensent la demande de
l’assemblée : la prière d’ouverture, la
prière sur les offrandes, la prière après
la communion.
Ces oraisons sont le fruit de la longue
tradition de l’Eglise qui, en méditant
les Ecritures, a élaboré les mots de sa
prière. Les oraisons ne sont pas des
citations de la parole de Dieu mais elles
en sont imprégnées. Certaines sont très
anciennes et remontent à l’Antiquité.
L’Eglise ne manque pas de les intégrer à sa
liturgie, reconnaissant en elles des trésors
pour la prière. Aussi, leur traduction
nécessite-t-elle un soin particulier pour la
fidélité au texte original latin et permettre
en même temps une prière accessible en
français.
❹ O\b\brande et
prière communes
Le concile Vatican II avait souhaité
une réforme liturgique favorisant la
participation « consciente, pieuse et
active » des fidèles à la messe. Aussi, les
VIE DU DIOCÈSE
Concernant le Nouveau
Missel Romain
Page 9
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 9
Le pape François invite tous les diocèses à entrer en Synode et à réfléchir sur un
thème décisif pour sa vie et sa mission : « Pour une Église synodale - Communion,
Participation, mission ».
D
imanche 31 octobre 2021, en
l’Église Saint Joseph du Prêcheur,
au cours de la messe dominicale
a été projeté un mini film de 15 minutes
afin de permettre à l’ensemble des fidèles
de mieux comprendre ce chemin de
synodalité que Dieu attend de l’Église du
3ème millénaire.
Au cours des messes du week-end
précédent, le père Harnack Bokombé
a remis et expliqué le questionnaire
concernant ce synode.
Dans un premier temps, les différents
mouvements de la paroisse travailleront
sur l’ensemble de ces questions posées en
groupe et dans un deuxième temps, ce sera
toutes les PCE de quartier qui se réuniront
à leur tour pour en débattre. ■
prières ne sont-elles pas celles du prêtre
seul mais de toute l’Eglise rassemblée. Ne
dit-il pas avant chaque oraison : « Prions
ensemble » ou « Prions le Seigneur » ? Le
missel nous donne ainsi les mots qui nous
unissent tous dans une même prière.
A la jonction entre la présentation du
pain et du vin et la prière eucharistique
se trouve la prière sur les offrandes, qui
varie selon les jours. Mais l’invitation
à cette prière est toujours la même, et
traduit bien cette action commune des
fidèles, en union avec le prêtre.
On notera l’expression « frères et
sœurs » dans l’invitation à la prière.
Cette formulation inclusive se retrouve
systématiquement dans la nouvelle
traduction du missel, comme dans le Je
confesse à Dieu, par exemple. Il ne s’agit
pas seulement de prendre en compte une
réalité culturelle actuelle, mais là encore,
de signifier le rassemblement de tout le
peuple de Dieu dans une même prière.
https://www.diocese-saintetienne.fr/actualites/
nouvelle-traduction-du-missel-romain ■
Entrée en synode de la paroisse Saint Joseph du Prêcheur
Page 10
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 10
Le 14 août 2021, à 8 heures 30, Haïti était frappé par un séisme
de magnitude 7.2, ravivant les \blessures dura\bles de 2010.
Cette nouvelle catastrophe plongeait nos voisins et amis
dans une détresse humaine et économique profonde. La
solidarité des Martiniquais s’est manifestée, comme chaque
fois et spontanément, par l’envoi d’aides alimentaires et
médicales, de matériel et de matériaux. D’autres encore se
sont mis au service de la population en se rendant sur place. Ils
ont d’ailleurs pu constater la résilience de ce peuple admira\ble.
L
es fidèles de notre diocèse
ont très tôt manifesté le désir
que notre Eglise participe à cet
élan de solidarité si louable. Cela s’est
traduit par de nombreux appels, lettres
et dons dédiés.
Fort de l’expérience des catastrophes
naturelles qui se sont succédées sur l’Arc
Antillais ces dix dernières années, le
diocèse de la Martinique a mis en place,
il y a quatre ans, un fonds de solidarité
permettant de répondre dans l’urgence
aux besoins des Eglises environnantes.
Face à l’ampleur des dégâts, c’est une
aide de $112 000 (cent mille euros) qui
a été débloquée.
Mgr Macaire a souhaité que les
bénéficiaires de notre solidarité soient
désignés par ceux qui connaissent le
mieux le terrain et les besoins. Cinq de nos
prêtres issus de quatre diocèses de Haïti
ont été mandatés à cet effet pour établir
la liste des récipiendaires. Il s’agit des
Révérends Pères Enel Constant, Francky
Vilsaint, Jean-Boteennfail Cazeau, Paul-
Rosemond François et Joacin Guerrier.
Sur leurs conseils, l’aide a désormais
été versée aux diocèses de Jacmel,
Jérémie et Anse à Veau-Miragoane, à
des paroisses particulièrement touchées
et à des familles en grande précarité. Des
témoignages de gratitude nous sont déjà
parvenus et les bénéficiaires de cette
aide d’urgence ont manifesté auprès de
nous le souhait de nous tenir informés
de l’utilisation des fonds reçus. Tous ces
témoignages feront l’objet d’un dossier
spécial dans un prochain numéro d’Eglise
En Martinique afin de renforcer encore le
lien qui perdure entre la Martinique et
Haïti. La solidarité n’en est que le signe,
car ce lien n’est autre qu’un lien de foi.
Que Dieu bénisse l’Eglise Universelle qui
est en Haïti !
Hervé Lordinot, Économe diocésain,
Secrétaire du Comité de la Solidarité et de la Charité ■
Solidarité envers Haïti
R
uta et Kaspars Poïkans, venus de Riga en Lettonie, ont pu
transmettre le savoir en écriture des Icônes à l'occasion
du stage-retraite organisé par la paroisse de Coridon.
Une quinzaine de chrétiens de notre diocèse a pu participé
activement à cet atelier artistique et hautement spirituel proposé
par la Communauté du Chemin Neuf. Nous avons noté une joie
débordante du cœur des "sessionnistes" et leur bonheur d'être
repartis avec le fruit de leur inspiration et talents. Merci à Mgr David
Macaire qui leur a fait la joie de venir conclure la session par une
belle prière de bénédiction de leurs icônes. Une date a d'ores et
déjà été prise pour une prochaine session. Nos frères de Lettonie
sont rentrés chez eux avec une très grande satisfaction devant la
grandeur des merveilles de Dieu en terre de Martinique.
Père Arnaud Goma, Curé de Coridon ■
L'iconographie
de Lettonie à Coridon
Solidarité envers HaïtiSolidarité envers Haïti
VIE DU DIOCÈSE
Page 11
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 11
Le 20 novem\bre 2021, en la veille de la solennité du Christ
Roi, la Paroisse Saint Paul du Morne-des-Esses a connu une
am\biance de ferveur et de joie : nos jeunes ont marqué leur
retour à la maison du Seigneur. Il y a plus d’un an que la
Pastorale des jeunes de notre paroisse s’est ensommeillée,
perdant son engouement et la générosité de se mettre au
service de l'Evangile.
P
ourtant, l’Eglise n’a jamais cessé de
lancer des appels, d’inviter tous ses
enfants autour d’elle. Ce jour de fête
et de joie a été une occasion exceptionnelle
pleine d’espérance. Il a drainé des jeunes
de 15 à 25 ans, tous prêts à reprendre le
flambeau. Certains, accompagnés des
parents et d’autres non, ont retrouvé le
chemin de l’amitié, de la convivialité et de la
fraternité dans un espace riche en activités.
Pour nous, la jeunesse semble retrouver
sa place dans l’Eglise, car en tant que
chrétiens baptisés, les jeunes sont l’Avenir
de demain, ce sont les bâtisseurs de notre
temps en déclin de valeurs. Cette occasion
a été un cadre de transmission comme le
recommande le Pape François. C’était aussi
un moment pour voir la fidélité de l’Eglise
envers eux, l’importance d’être en l’Eglise, et
de faire sa propre expérience de foi.
Dans la matinée, plusieurs ateliers de travail
ont occupé leur temps : peinture africaine,
apprentissage du tambour bèlè, initiation
à la louange, rédaction de prières, sans
oublier la présentation de divers groupes
de la paroisse, tels que la proclamation de la parole, la Jeunesse Mariale, le scoutisme,
la chorale des enfants, la chorale du
cheminement et la Pastorale des jeunes.
Environ 121 jeunes ont donné de la couleur
à notre communauté malgré la période de
crise. Quelle merveille de Dieu ! C’est toute la
joie des parents de savoir que l’Eglise montre
le chemin de Jésus Roi de l’Univers, Lui qui
enseigne le sens de la vie. Si le monde meurt
faute de connaissances, la clé de celles-ci est
transmise à notre jeune génération à travers
les enseignements de la vie.
C’est vrai, il faut une régularité dans les
choses ordinaires, mais aussi il faut des
temps forts comme celui-ci. C’est une
expérience qui pourrait les marquer et les
faire replonger dans les valeurs. Le temps du
partage est venu comme moment d’agape
fraternelle : joie, bruit, émerveillement et
échanges de connaissances. La fraternité
n’est pas un vain mot ; elle a trouvé sa place
dans les cœurs tout joyeux. La soirée s’est
terminée par un grand temps d’adoration
suivie de la messe dominicale.
Père Laurent Sounouvou ■
Journée paroissiale
des jeunes
du Morne-des-E sses
Page 12
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 12
SpécialJeunes
Quand Jésusnaquit dusein DelaVierge saMère
Plusieurs angesayanteudessein D'annoncer cemystère
Tombé, tombé,tombé,tombéduciel, Tombé duciel enterre (bis)
Pour aller chercher lesbergers L'unvole, l'autre trotte
Dans leschamps etdans lesvergers Onles trouvait parbotte
Qui faisaient la,la,la,la,la,la,laQui faisaient laribote (bis)
Margot portadesécus neufs, Toinon unelayette
Et moi jelui portai troisoeufs, Ditlagrosse Pierrette,
Pour faire uneo,une o
,une o,une o,Pour faire uneomelette (bis)
Bien bonjour Monsieur saintJoseph EtlaVierge Marie,
Bien bonjour Monseigneur Jésus,Lechef-d'oeuvre devie
Et bonjour la,la,la,la,la,la,laBonjour lacompagnie (bis)
Bonjour lacompagnie (ter)
) (ie a o l B
o
ju g ( g j c ie re(ingpp ooc ee c j B r
s MM n
rroooouu
a
j
rM
al
gg Mon g
a a a
un oMMM
ll la alalaalala
ojojouoonooooo
non ujo
jj
n
o
jnn
uo
laa
e
laa u tE
e
Et
o n
EEE oobnbo t
n
obooo
on
u
u
u uururuuo fa e
eeueeuuu srrss
o ,
osooossssp
nnee
h
neenu
ei
BB
al
r
la
u
a
Jru
all la l all
t
c
n
eLL
i
c L
t
,L
ainn
B
b enb
uuuunu,n oeuu ouuuunu,neuu urouuu un fa
u ooooom
B nn M nonnnn M eeen
ssusJéuéésuus
t
aa ss((bbe
eeeiie o
b
oe
pm
de
mp ala o
i e u
pmm gn oom g e gn p o ll
e
ngannn
)s ttte uuuuuruo
dd'd-df
llllt h
chch
h tE
ch e h
VVVV reeegg
oom e ml
a
e
ojnnjnjjoojuu onouu o rooor
d
a r alal uu
eer
e
vrr
e aree
s)) rirer urruruuo e Po o o n e(b e
ttttt,
eg M
uuuuuu
rri
ia SS p i nuunu JJ ll é SS n l JJJ l JJ uunu J S JJJ SS péécic al JJ e J unu essen J u J u JJ e J u J e JJJ e JJ e J u J e J n c JJ l é S é SSS l sss nn J u J u J unu sese l u J e JJ lll épp SS p es nenenn S icécé ll SS é l nu J u JJJJ nunu e l J n JJ e JJJJ nn ss JJ sennu J e JJJJJJJ uununenes JJJ e JJJJJJJ uunuu J e JJJ e JJJJJJ e J u enen s JJJJJJJJJJJJJJJJJJ éppp S aaal SS cic aa éc aa ccic laicééépp S p SS p SSS lllll SS pécc aallal SSS llllll S ll éé SSSSS lllai écécééééciciall SSS é SSSSS
QuandJésusnaquit !de L.Boislaville
Un cantique à chanter!
www.chretientv.com
SERVIR
En attendant Noël
FILMÀVOIR
Unehistoire vraiequiseconcentre surla
période delavie deM arie etJoseph .Un film
à voir enfamille danscebeau temps deNoël.
Diffuser desmessages depaix surlesréseaux, oulaparole deDieu.
Aller seconfesser ,prier, jeûner unefois dans lasemaine sipossible.
Inès Saint Lèbe&Maéva Celeste
Offriràune famille dequoi célébrer Noël dans lajoie !
Offrir dutemps àune person
neâgée, unepersonne isolée,
ou une personne quivitdans lebesoin.
Donner desvêtements, distribuerdesrepas auxdémunis
à Noël, contacte lefourneau économique, lesYoung
Caritas ouleSecours catholique pourlesaider.
Préparer
lacrèche enfamille
www.desidees.net / www.atelierchezsoi.fr ou youtube.com
Lafête deNoël (dulatin natalis, “naissance” ,“nativité” )célèbre lanaissance deJésus, FilsdeDieu, leSauveur attendu,
annoncé parlesprophètes. Dansl’étonnant déroulement decet événement inouï–le Fils deDieu s
’est fait homme !
l’ enfant deBethléem estnépauvre parmilespauvres qu’étaient lesbergers, maisaussi faible etsans défense. Jésus
vient ainsiparmi leshommes enpartageant entout leurcondition humaine,àl’exception dupéché .
SpécialJeunes
Quand Jésusnaquit dusein DelaVierge saMère
Plusieurs angesayanteudessein D'annoncer cemystère
Tombé, tombé,tombé,tombéduciel, Tombé duciel enterre (bis)
Pour aller chercher lesbergers L'unvole, l'autre trotte
Dans leschamps etdans lesvergers Onles trouvait parbotte
Qui faisaient la,la,la,la,la,la,laQui faisaient laribote (bis)
Margot portadesécus neufs, Toinon unelayette
Et moi jelui portai troisoeufs, Ditlagrosse Pierrette,
Pour faire uneo,une o
,une o,une o,Pour faire uneomelette (bis)
Bien bonjour Monsieur saintJoseph EtlaVierge Marie,
Bien bonjour Monseigneur Jésus,Lechef-d'oeuvre devie
Et bonjour la,la,la,la,la,la,laBonjour lacompagnie (bis)
Bonjour lacompagnie (ter)
QuandJésusnaquit !de L.Boislaville
U
n
cantique à chanter
!
www.chretientv.com
S
ERVIR
En attendant Noël
F
ILM
ÀVOIR
Unehistoire vraiequiseconcentre surla
période delavie deM arie etJoseph .U nfilm
à voir enfamille danscebeau temps deNoël.
Diffuser desmessages depaix surlesréseaux, oulaparole deDieu.
Aller seconfesser ,prier, jeûner unefois dans lasemaine sipossible.
Inès Saint Lèbe&Maéva Celeste
Offriràune famille dequoi célébrer Noël dans lajoie !
Offrir dutemps àune person
neâgée, unepersonne isolée,
ou une personne quivitdans lebesoin.
Donner desvêtements, distribuerdesrepas auxdémunis
à Noël, contacte lefourneau économique, lesYoung
Caritas ouleSecours catholique pourlesaider.
Préparer
lacrèche enfamille
www.desidees.net / www.atelierchezsoi.fr ou youtube.com
Lafête deNoël (dulatin natalis, “naissance” ,“nativité” )célèbre lanaissance deJésus, FilsdeDieu, leSauveur attendu,
annoncé parlesprophètes. Dansl’étonnant déroulement decet événement inouï–le Fils deDieu s
’est fait homme !
l’ enfant deBethléem estnépauvre parmilespauvres qu’étaient lesbergers, maisaussi faible etsans défense. Jésus
vient ainsiparmi leshommes enpartageant entout leurcondition humaine,àl’exception dupéché .
SpécialJeunes
Quand Jésusnaquit dusein DelaVierge saMère
Plusieurs angesayanteudessein D'annoncer cemystère
Tombé, tombé,tombé,tombéduciel, Tombé duciel enterre (bis)
Pour aller chercher lesbergers L'unvole, l'autre trotte
Dans leschamps etdans lesvergers Onles trouvait parbotte
Qui faisaient la,la,la,la,la,la,laQui faisaient laribote (bis)
Margot portadesécus neufs, Toinon unelayette
Et moi jelui portai troisoeufs, Ditlagrosse Pierrette,
Pour f
aireuneo,une o,une o,une o,Pour faire uneomelette (bis)
Bien bonjour Monsieur saintJoseph EtlaVierge Marie,
Bien bonjour Monseigneur Jésus,Lechef-d'oeuvre devie
Et bonjour la,la,la,la,la,la,laBonjour lacompagnie (bis)
Bonjour lacompagnie (ter)
QuandJésusnaquit !de L.Boislaville
U n c a n t iq u e à c h a n t e r !
www.chretientv.com
S E R V IR
En attendant Noël
FILM À V O IR
Unehistoire vraiequiseconcentre surla
période delavie deM arie etJoseph .Un film
à voir enfamille danscebeau temps deNoël.
Diffuser desmessages depaix surlesréseaux, oulaparole deDieu.
Aller seconfesser ,prier, jeûner unefois dans lasemaine sipossible.
Inès Saint Lèbe&Maéva Celeste
Offriràune famille dequoi célébrer Noël dans lajoie !
Offrir dutemps àune person
neâgée, unepersonne isolée,
ou une personne quivitdans lebesoin.
Donner desvêtements, distribuerdesrepas auxdémunis
à Noël, contacte lefourneau économique, lesYoung
Caritas ouleSecours catholique pourlesaider.
Préparer
lacrèche enfamille
www.desidees.net / www.atelierchezsoi.fr ou youtube.com
Lafête deNoël (dulatin natalis, “naissance” ,“nativité” )célèbre lanaissance deJésus, FilsdeDieu, leSauveur attendu,
annoncé parlesprophètes. Dansl’étonnant déroulement decet événement inouï–le Fils deDieu s
’est fait homme !
l’ enfant deBethléem estnépauvre parmilespauvres qu’étaient lesbergers, maisaussi faible etsans défense. Jésus
vient ainsiparmi leshommes enpartageant entout leurcondition humaine,àl’exception dupéché .
SpécialJeunes
Quand Jésusnaquit dusein DelaVierge saMère
Plusieurs angesayanteudessein D'annoncer cemystère
Tombé, tombé,tombé,tombéduciel, Tombé duciel enterre (bis)
Pour aller chercher lesbergers L'unvole, l'autre trotte
Dans leschamps etdans lesvergers Onles trouvait parbotte
Qui faisaient la,la,la,la,la,la,laQui faisaient laribote (bis)
Margot portadesécus neufs, Toinon unelayette
Et moi jelui portai troisoeufs, Ditlagrosse Pierrette,
Pour faire uneo,une o
,une o,une o,Pour faire uneomelette (bis)
Bien bonjour Monsieur saintJoseph EtlaVierge Marie,
Bien bonjour Monseigneur Jésus,Lechef-d'oeuvre devie
Et bonjour la,la,la,la,la,la,laBonjour lacompagnie (bis)
Bonjour lacompagnie (ter)
QuandJésusnaquit !de L.Boislaville
U n c a n t i q u e à c h a n t e r !
www.chretientv.com
S E R V IR
En attendant Noël
FILM À V O IR
Unehistoire vraiequiseconcentre surla
période delavie deM arie etJoseph .Un film
à voir enfamille danscebeau temps deNoël.
Diffuser desmessages depaix surlesréseaux, oulaparole deDieu.
Aller seconfesser ,prier, jeûner unefois dans lasemaine sipossible.
Inès Saint Lèbe&Maéva Celeste
Offriràune famille dequoi célébrer Noël dans lajoie !
Offrir dutemps àune person
neâgée, unepersonne isolée,
ou une personne quivitdans lebesoin.
Donner desvêtements, distribuerdesrepas auxdémunis
à Noël, contacte lefourneau économique, lesYoung
Caritas ouleSecours catholique pourlesaider.
Préparer
lacrèche enfamille
www.desidees.net / www.atelierchezsoi.fr ou youtube.com
Lafête deNoël (dulatin natalis, “naissance” ,“nativité” )célèbre lanaissance deJésus, FilsdeDieu, leSauveur attendu,
annoncé parlesprophètes. Dansl’étonnant déroulement decet événement inouï–le Fils deDieu s
’est fait homme !
l’ enfant deBethléem estnépauvre parmilespauvres qu’étaient lesbergers, maisaussi faible etsans défense. Jésus
vient ainsiparmi leshommes enpartageant entout leurcondition humaine,àl’exception dupéché .
Page 13
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 13
Notre Famille, notre pays Martinique vit aujourd’hui des heures difficiles qui resteront
gravées dans nos mémoires. La crise sociétale, à laquelle s’ajoute la crise sanitaire qui
nous divise, a fait naître des mo\bilisations d’organisations qui revendiquent de meilleures
conditions de vie e\(t de travail, et une justice pour tous.
L’Eglise entend toutes les revendications. Il est urgent d’agir, dans \(le respect et l’unité.
L
a Martinique, aux prises avec
cette crise, est le théâtre d’une
désorganisation sociale, de conflits
où la violence, en marge des mobilisations,
amène sa part de chaos. Nous en sommes
profondément touchés.
L'Église est concernée et se doit de
participer au dialogue social. Elle comprend
la colère, elle partage la souffrance et les
angoisses des Martiniquais, ces femmes
et ces hommes, qui, inquiets, espèrent
de vraies solutions de changement pour
eux et pour leurs enfants. La violence
n’est aucunement une solution, et l’Église
la condamne très fermement.
En ces temps difficiles, notre pensée
s’adresse d’abord à toutes les victimes,
aux personnels soignants en difficulté,
aux commerçants et autres artisans dont
les outils de travail ont été détruits, aux
personnes qui ont perdu leur emploi,
et à celles en grande souffrance dont le
quotidien est de plus en plus difficile.
Sachant la valeur humaine du travail,
l’Église leur adresse son soutien et appelle
chacun à mettre ses talents et compétences
au service des autres. Notre solidarité est
pour nous un signe d’espérance.
Avec vous, l’Église se tourne vers nos
anciens et nos jeunes pour les encourager
à garder l’espérance entre générations. Elle
demeure aux côtés de toutes les familles
endeuillées en ce temps de pandémie et
de tous ceux qui souffrent de la situation
actuelle dans la solitude, le silence, la
précarité ou la maladie.
Consciente de la crise qui entache les
relations sociales et identitaires, consciente
que cette crise demeure une racine pour
d’autres difficultés sociétales, l’Église de
Martinique invite la population de l’île
et sa diaspora à s’inscrire de manière
responsable, dans la construction d’une
Martinique UNIE, plus FRATERNELLE ; une
Martinique qui AIME, où l’on rejette tout
germe de division, où fleurit dans le cœur
de chacun le bon droit et la justice.
Oui nous le croyons, la fraternité avec tous,
sans exclusion, est un chemin de liberté. Il
est urgent d’établir une paix sociale fondée
sur la Vérité et un pacte social porté-partagé
par tous et à tous les niveaux. Pour l’Eglise,
l’avenir du peuple martiniquais est celui
d’un chemin de dialogue, de concertation
et d’implication de tous. En s’appuyant sur
ses institutions, la Martinique peut œuvrer
pour sa re-fondation et se purifier de ce qui, du passé et du présent, empêche la
progression de son développement.
L’Eglise propose donc que soit fait un point
d’étape et que se réalisent “les Assises du
pays Martinique” pour que germe une
Martinique renouvelée.
Notre Église de Martinique, déjà mobilisée,
œuvre au quotidien au service des
jeunes, des familles et des personnes en
situation de précarité. Elle l’est aussi par ses
réflexions, méditations et prières.
Au cœur de la crise, frères et sœurs,
n’ayons pas peur, forts de la Confiance
pour traverser les situations angoissantes
et forts de l’Espérance pour construire
ensemble un monde meilleur.
Aussi nous saluons toutes les initiatives
déjà prises pour que cette crise soit une
opportunité, un rendez-vous à ne pas rater.
En ce temps de Noël, temps de Rédemption,
l’Eglise encourage tous les hommes et
les femmes de bonne volonté, qui se
dépensent au service de la dignité de tous,
à persévérer dans la recherche de la Paix.
Kolé tet, kolé zépol, ansanm ansam nou
ké rivé !
La Pastorale sociétale et la Cellule
Communication, en union avec Mgr David
Macaire, archevêque de Fort-de-france
■
DANS L’ATTENTE, QUELLE MAR\nTINIQUE POUR DEMAI\nN ? (2) DOSSIER
Spécial Jeunes
Quand Jésusnaquit dusein DelaVierge saMère
Plusieurs angesayanteudessein D'annoncer cemystère
Tombé, tombé,tombé,tombéduciel, Tombé duciel enterre (bis)
Pour aller chercher lesbergers L'unvole, l'autre trotte
Dans leschamps etdans lesvergers Onles trouvait parbotte
Qui faisaient la,la,la,la,la,la,laQui faisaient laribote (bis)
Margot portadesécus neufs, Toinon unelayette
Et moi jelui portai troisoeufs, Ditlagrosse Pierrette,
Pour f
aireuneo,une o,une o,une o,Pour faire uneomelette (bis)
Bien bonjour Monsieur saintJoseph EtlaVierge Marie,
Bien bonjour Monseigneur Jésus,Lechef-d'oeuvre devie
Et bonjour la,la,la,la,la,la,laBonjour lacompagnie (bis)
Bonjour lacompagnie (ter)
QuandJésusnaquit !de L.Boislaville
U
n
cantique à chanter
!
www.chretientv.com
S
ERVIR
En attendant Noël
F
ILM
ÀVOIR
Unehistoire vraiequiseconcentre surla
période delavie deM arie etJoseph .Un film
à voir enfamille danscebeau temps deNoël.
Diffuser desmessages depaix surlesréseaux, oulaparole deDieu.
Aller seconfesser ,prier, jeûner unefois dans lasemaine sipossible.
Inès Saint Lèbe&Maéva Celeste
Offriràune famille dequoi célébrer Noël dans lajoie !
Offrir dutemps àune person
neâgée, unepersonne isolée,
ou une personne quivitdans lebesoin.
Donner desvêtements, distribuerdesrepas auxdémunis
à Noël, contacte lefourneau économique, lesYoung
Caritas ouleSecours catholique pourlesaider.
Préparer
lacrèche enfamille
www.desidees.net / www.atelierchezsoi.fr ou youtube.com
Lafête deNoël (dulatin natalis, “naissance” ,“nativité” )célèbre lanaissance deJésus, FilsdeDieu, leSauveur attendu,
annoncé parlesprophètes. Dansl’étonnant déroulement decet événement inouï–le Fils deDieu s
’est fait homme !
l’ enfant deBethléem estnépauvre parmilespauvres qu’étaient lesbergers, maisaussi faible etsans défense. Jésus
vient ainsiparmi leshommes enpartageant entout leurcondition humaine,àl’exception dupéché .
En route ver\b une Martinique renouvelée :
“ La crise, une opportunité ”
Page 14
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 14
DANS L’ATTENTE, QUELLE MAR\nTINIQUE POUR DEMAI\nN ? (2) DOSSIER
Cette tri\bune écrite par le « Centre de Recherche et d’Innovation des Territoriaux » (CRIT) 1,
le 24 juin 2013, est toujours d’actualité. Il mérite d’être partagé dans nos paroisses, nos
équipes diocésaines et nos familles. Nous remercions le CRIT pour cette réflexion réaliste,
pertinente et pleine d’espoir pour\( notre Martinique qui e\(st malade.
«C
ette envie de crier part du
besoin d’avancer, d’une
nécessité de se regarder,
d’une volonté de partager… Car notre
pays, la Martinique, est malade.
Malade de son chômage qui frappe 44%
de sa population active, surtout les jeunes
et les femmes ; malade de sa violence, de
la simple altercation entre susceptibilités
froissées aux meurtres, entre jeunes
pour un regard, entre anciens amants ;
malade de cette morosité qui frappe son
économie, ses habitants ; malade de ses
embouteillages interminables ; malade
de ses pollutions et de sa mal bouffe …
Vous nous direz que cette situation
est le lot de nombreux pays ; que le
désarroi est le quotidien de nombreux
individus et que la conjoncture en
France, en Europe et dans le monde
n’est guère plus réjouissante. Mais ici en
Martinique, sur ce territoire de 400 000
habitants et de 1 080 km², cette situation
est singulièrement exacerbée. Notre
société n’est pas une société apaisée, nos
relations y sont difficiles, nous sommes
à fleur de peau.
Cela est dû en partie à une histoire
douloureuse, qui a façonnée notre
rapport à l’autre, notre rapport au
travail salarié, à l’autorité, au temps, à
la vie. Aussi, avec lucidité et courage,
accordons-nous le temps de mettre
des mots sur nos maux, des mots sur
nos modes de fonctionnement ; de
mettre en lumière notre histoire afin de
comprendre ce passé qui a conditionné,
formaté nos rapports entre hommes et
femmes, femmes et femmes, hommes
et hommes, avec cette dimension de
couleur d’épiderme qui nous colle
encore à la peau.
Arrêtons de recouvrir nos problèmes de
feuilles de tôle que chaque difficulté,
chaque drame balayent comme par un
simple coup de vent. Nous sommes peu
ou prou issus de lignées généalogiques
relativement restreintes entre Africains
déportés pour être esclaves sur les
plantations, Européens anciens
esclavagistes ou nouveaux convertis,
Indiens sous contrat, Asiatiques
travailleurs, Syro-libanais commerçants
et autres migrants qui auraient fait de
nous un heureux melting-pot racial s’il y
avait encore des races, et non pas la seule
et fédératrice race humaine.
Nous avons une aptitude à la résilience,
une extraordinaire capacité à surmonter
les plus grandes difficultés, à nous
mobiliser dans une solidarité immédiate
(même si elle n’est que momentanée), à
faire preuve de chaleur humaine. Ce sont
des qualités de notre peuple, dont les
vertus sont saluées de par le monde…
sauf chez nous.
Car notre beau pays est d’abord
malade de lui-même, de ses multiples
dissensions, de la jalousie qui, on le sait,
est « fwè a sosié », de son incapacité à
élaborer un projet commun car « konplo
neg, sé konplo chien », et que « sé
kanmarad ki fè si krab pa ni tèt » ; du
magico-religieux (« mwen pa ka fè peson
mal ; man ka protéjé ko mwen »).
Si pris individuellement, chacun d’entre
nous est un modèle de générosité,
de travail (surtout pour ses propres
intérêts), d’engagement, de don de
soi, collectivement nous sommes une
tragédie.
Alors que le désastre dans lequel
nous nous débattons nécessiterait un
front commun pour lutter contre une
adversité multiforme, nous en sommes
encore à nous tirer dans les pattes, à
nous chamailler, à nous quereller sur des
futilités, à nous dénigrer mutuellement
et joyeusement dans une hypocrisie de
bon aloi. Nous avons une extraordinaire
capacité à « manger nos élites », qui ne
sont pas reconnues comme légitimes
C’est un cri, pas un murmure
Page 15
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 15
car non blanches, le tout à travers le
souvenir enfoui et ambigu du géreur
d’habitation et des « nègres à talents ».
Quel que soit le domaine, la politique,
le monde du travail, des associations,
même dans les familles, un seul mot
d’ordre, couillonner, dénigrer, diffamer,
médire pour gagner seul.
Je suis le plus fort, le plus intelligent,
surtout le plus malin. Je récupère ce que
je crois m’être du, mais au détriment
de mon voisin, de mon collègue, de
mon employeur, de mon employé, de
l’autorité, de la puissance publique, de
la communauté, finalement du vivre
ensemble car « zafè tjou mel ki pwan
plon ».
Individualiste forcené, car « chak bèt a fé,
ka kléré pou nam’ yo », notre accord avec
autrui relève davantage de la connivence
(« ou ja sav ») que du partage d’un
objectif ou d’un idéal commun.
Cette seconde peau nous vient de
la servitude et a façonné de façon
subliminale notre manière de faire
aujourd’hui. Nous en sommes redevenus
les esclaves. Ce conditionnement voulu
par les maîtres esclavagistes, légalisé
par le Code noir, a formaté nos esprits et
nos cœurs au point que nous n’en avons
même plus la conscience.
Quelle est notre capacité à dire NOUS, à
nous aimer, à coopérer surtout dans la
durée, à développer notre propre contrat
social ? Quelle estime de nous-mêmes,
quelle habileté devrions-nous déployer
pour sortir de la société improbable et
tourmentée dans laquelle nous nous
sommes glissés sans espoir et sans
horizon, car « dèmen sé an kouyon » ?
Notre pays a certainement besoin
d’équipements, de projets, de
réalisations, mais il a aussi besoin
conjointement d’une alliance qui
transcende les séquelles du passé. A
défaut, les 27 avril et 22 mai n’auront
rempli que partiellement leur mission.
La ruse, la débrouillardise, le « konpè-
lapinism », le « débouya pa péché », le
« fais ça pour moi », le « si Dieu veut »,
le « i bon kon sa » ne sont pas des
solutions, sauf à très court terme et à
très courte vue.
Ils ne peuvent pas permettre de
construire cet ensemble humain,
soubassement des grands peuples, et
condition nécessaire pour que nous
sortions « kolé têt, kolé zépol » de notre
fatale condition.
Négliger la dimension d’un partage le
plus large possible d’objectifs communs,
bâti sur l’exorcisme du passé, c’est
se condamner à devoir réécrire les
fondamentaux de la néfaste construction
de notre peuple.
Au secours, les anthropologues ! Au
secours, les sociologues et autres
spécialistes des sciences humaines !
Venez nous porter votre lecture de
notre société afin que nous comprenions
que ce que nous trouvons normal, est
anormal ; que ce que nous faisons
naturellement vient d’une œuvre
humaine détestable, afin que nous
puissions en tirer la leçon et apprenions
à nous aimer et à nous faire confiance. Nous avons besoin de ces docteurs du
diagnostic, de ces révélateurs de nos
conditionnements et contradictions,
de ces contributeurs à l’analyse de
la formation de notre société, de ces
passeurs de lumière entre l’ordre
ancien et l’ordre nouveau, celui de la
nouvelle cohésion sociale et identitaire
de la Martinique. Car si entre et au sein
même des groupes qui composent notre
pays (familles, entreprises, associations,
partis politiques, administrations,
communautés,…), les représentations
sont différentes, nous ne réussirons pas
à nous entendre et nous perdrons tous
à la fin.
Nous aurons peut-être progressé
matériellement, mais nous aurons
continué notre régression humaine par
les travers qu’il est temps par ailleurs
d’abandonner.
Là est le véritable défi pour chacun. Là
est notre combat. L’utopie est créatrice
disait Nietzsche.
Au travail ! Bwa pou nou alé !
Pour que les cris de l’avenir de la
Martinique soient des cris de joie. »
Source : http://politiques-publiques.com/
martinique/c-est-un-cri-pas-un-murmure/ ■
1 Le « Centre de Recherche et d’Innovation
des Territoriaux » (CRIT) était un groupe de
réflexion composé de cadres territoriaux exerçant
en Martinique. A l’occasion d’une formation en
présence de sociologues et anthropologues, une
dizaine de ces cadres exerçant dans plusieurs
collectivités ont entamé des travaux sur la
situation du territoire. Une approche qui se
veut résolument apolitique, et que ses initiateurs
ont, dans un premier temps, choisi de publier
sans personnalisation, pour « laisser toute sa
place au message ».
Page 16
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 16
DANS L’ATTENTE, QUELLE MAR\nTINIQUE POUR DEMAI\nN ? (2) DOSSIER
Dans la \bi\ble, la justice peut prendre plusieurs aspects. Certes, cette notion
véhicule, toujours en toile de fond, l’idée selon laquelle il convient de rendre
à chacun ce qui lui appartie\(nt ou plutôt ce qui lui est dû. De fait, qu’en est-il ?
Spontanément, on peut penser au respect de la dignité d’autrui. Puisque les hommes
sont créés à l’image de Dieu, il\(s doivent tous \bénéficier des m\(êmes droits devant le créateur.
O
n peut aussi penser à la situation du
pauvre opprimé par le méchant.
Dans ce cas, la justice consiste à
prendre sa défense, le soutenir ; ce qui
peut impliquer l’idée de charité.
Le Seigneur lui-même se présente comme
Celui qui entend le cri du malheureux et lui
fait justice. Ici, la justice divine s’apparente
à des actes salvifiques. Ce sont des gestes
gratuits.
Lors de ses interventions, pour rétablir
les droits du pauvre, le Seigneur punit
le méchant si besoin (Ne serait-ce que
pour abaisser l'orgueil de ce dernier et
l'amener à la conversion). On touche ici
au domaine de la justice rétributive
(cf. Amos).
On peut encore signaler les actes par
lesquels le Seigneur tient sa promesse
en accordant la victoire aux fils d’Israël
(Jg 5, 11). De même, il soutient les exilés
à Babylone parce qu’il l’avait annoncé
par les prophètes (Is 41,10). En résumé,
quand Dieu reste fidèle à ses promesses
il fait œuvre de justice, car il agit selon sa
parole et par conséquent selon ce qu’on
attend de lui. La conformité des actes à
la parole donnée ou à la promesse relève
de la justice.
En résumé, en fonction de son champ
d’application, la justice divine aura telle
ou telle forme.
Un cas nous paraît singulièrement
intéressant, celui que nous relate Genèse
18,16-33. Ce passage raconte le dialogue
entre Abraham et le Seigneur au sujet de
Sodome. D’après Genèse 13, 13, les gens
de Sodome sont des scélérats et pèchent
gravement contre le Seigneur. Le neveu
d’Abraham a élu domicile dans cette ville.
Le Seigneur s’apprête à visiter Sodome
et Gomorrhe afin de décider de leur
sort. Mais il se dit (Gn 18, 17-19) : « Vais-je
cacher à Abraham ce que je vais faire alors
qu'Abraham deviendra une nation grande
et puissante et que par lui se béniront toutes
les nations de la terre ? Car je l'ai distingué
pour qu'il prescrive, à ses fils et à sa maison
après lui, de garder la voie de Yahvé en
accomplissant la justice et le droit… ».
Le Seigneur a donc un projet, mais il ne peut
le cacher à son ami. Ces propos éclairent la
vocation d’Abraham : devenir une grande
nation, apporter la bénédiction pour
toutes les familles de la terre et enseigner
la pratique de la justice et du droit à ses fils
et à sa maison.
Le patriarche doit enseigner la justice, mais
où en est-il lui-même dans ce domaine ?
Le dialogue avec son interlocuteur nous
renseigne là-dessus.
Première réaction d’Abraham (Gn 18,23-24) :
« Vas-tu vraiment supprimer le juste avec le
pécheur ? Peut-être y a-t-il cinquante justes
dans la ville. Vas-tu vraiment les supprimer
et ne pardonneras-tu pas à la cité pour les
cinquante justes qui sont dans son sein ? ».
Abraham ne se préoccupe pas de sauver
Loth, il ne propose pas non plus d’évacuer
les innocents. Sa justice n’est pas une sorte
de rétribution en fonction des actes commis.
Il propose plutôt d’épargner la vie de toute
la cité du fait de la présence des cinquante
justes qui s’y trouvent. La présence du juste
parmi les méchants devient source de
« non châtiment », voire source de seconde
chance. Le Seigneur adhère. Il n’en attendait
pas moins d’Abraham. Ce dernier poursuit
l’entretien jusqu’à abaisser le nombre des
justes à dix. Et pour dix seulement, le
Seigneur s’engage à épargner toute la
ville ; telle est aussi la justice divine.
Le Nouveau Testament relie l’accom-
plissement d’une telle justice à
l’événement Jésus-Christ. Prenons le
cas de Matthieu 3,13-17 : Jésus s’apprête
à recevoir le baptême de Jean, pourtant
il n’a pas besoin de ce baptême de
conversion. La réaction de Jean est
tout à fait légitime ; il veut s’opposer à
cette démarche. Mais Jésus lui répond :
« laisse …. C’est ainsi qu’il nous convient
d’accomplir toute justice » (Mt 3,15). La
présence de Jésus-Christ, sa solidarité,
scellée ici par son baptême, accomplit
la justice de Dieu, acte miséricordieux
et salutaire pour tous.
Jésus recommande une justice qui
dépasse celle des scribes et des
pharisiens. Il illustre ses propos en
indiquant le sens ultime de la loi à partir
de cas concrets (Mt 5, 20. ss)
D’après ce passage, la justice finalement,
c’est de correspondre au dessein
d’amour de Dieu pour tout homme.
Désormais, c’est l’amour de l’autre qui
devient le critère selon lequel il convient
d’agir. Cela suppose une intériorisation
de la loi, une disposition du cœur à la
grâce d’aimer.
Partant de ce constat, il n’y a pas de
recette toute faite en matière de justice.
On peut commencer par l’analyse des
situations concrètes afin de reconnaître
les dommages subis.
On retiendra également qu’il serait
souhaitable d’accorder la priorité aux
solutions qui intègrent le bien de chacun
sachant qu’il n’est pas toujours possible
de réviser un passé dont on ne maitrise
pas toujours tous les paramètres.
Père Hugues Lafine, M C et È-L B ■
Dans la \bi\ble, la justice peut prendre plusieurs aspects. Certes, cette notion
La justice de Dieu
DANS L’ATTENTE, QUELLE MAR\nTINIQUE POUR DEMAI\nN ? (2)
Dans la \bi\ble, la justice peut prendre plusieurs aspects. Certes, cette notion
véhicule, toujours en toile de fond, l’idée selon laquelle il convient de rendre
à chacun ce qui lui appartie\(nt ou plutôt ce qui lui est dû. De fait, qu’en est-il ?
Spontanément, on peut penser au respect de la dignité d’autrui. Puisque les hommes
Page 17
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 17
Notre pays a connu des évènements particuliers. Des scènes d’émeutes, de pillage, des
violences ont été vécues et viennent trou\bler l’ordre pu\blic. Chacun peut manifester. La
revendication est certes admise mais dans le respect des uns et des autres. Elle doit venir
s’inscrire dans un cadre règlementé.
Un principe : la pr\aotection
des droits des citoy\aens
L
a protection des droits des
citoyens est inscrite dans des
textes solennels. Tout d’abord,
la déclaration des droits de l’homme
et du citoyen de 1789 et le préambule
de la constitution de 1946. Puis au
niveau européen, la déclaration
universelle des droits de l’homme de
1948 et la convention européenne des
droits de l’homme de 1950. Le fait de
matérialiser ces droits dans des textes
aussi magistraux traduit bien la volonté
de les protéger. Il appartient ensuite
aux juges de garantir l’application de
ces textes à tous les niveaux de leur
compétence.
Et pourtant, on peut constater une crise
de confiance envers la justice. Certains
la trouvent complexe et préfèrent
l’éviter. D’autres la respectent et en sont
satisfaits. Néanmoins, la justice repose
sur le principe d’égalité, elle ne prend
aucunement en compte les différences
qui existent entre les citoyens. Elle traite
de manière égale les personnes se
trouvant dans la même situation. Car
la justice se doit d’être impartiale. C’est
à elle que revient de dire le droit et de
sanctionner ceux qui ne le respectent
pas. Elle est indépendante des autres
pouvoirs afin d’éviter toute interaction.
Des moyens mis à l\aa
disposition des cit\aoyens
Lorsqu’un litige survient ou lorsque l’un
des droits fondamentaux est bafoué, le
recours à la justice est indispensable.
Il est alors possible de faire appel au
défenseur des droits au lieu de recourir
au juge. Le défenseur des droits est une
autorité indépendante instituée par les
lois de 2008 et de 2011, qui peut intervenir
dans une diversité de domaines, dont
les relations avec les administrations
ou le droit des enfants. La saisine peut
se faire directement par la personne
lésée et de façon gratuite. La notoriété
de cette autorité s’est amplifiée au cours
des dernières années.
L'avocat, quant à lui, assiste, et conseille
son client, tout au long de la procédure
judiciaire. Il assure sa représentation et
agit pour son compte. Il est un médiateur
lors des conflits et aide à trouver une
solution avant de parvenir à un procès.
Afin d'aider ceux qui ne disposent pas
de moyens financiers suffisants, l'aide
juridictionnelle a été mise en place.
La justice a souvent été considérée
comme trop éloignée des justiciables.
Aussi, les maisons de la justice et du droit
ont été créées afin d’assurer une justice
de proximité. Ces entités ont vocation à
prévenir la délinquance et d’y répondre
de manière adaptée.
Le citoyen acteur de\a son
devenir
Certes, des moyens en matière
juridictionnelle existent mais le meilleur
défenseur, le meilleur gardien des
droits demeure le citoyen qui de par
ses manifestations, son implication au
sein d’associations ou d’organisations,
l’élaboration de pétitions contribue à
la défense de nos libertés. D’ailleurs,
les institutions ne sont pas figées, elles sont amenées à évoluer et à s’adapter
en fonction des mutations de la société.
Cela peut s’opérer sous l’action des
individus en direct, mais aussi par
le biais des représentants à qui nous
attribuons nos suffrages. Nous avons
pu constater la contribution, voire
la contrainte exercée par certaines
associations citoyennes pour faire
aboutir des projets. Ce fut le cas de
l’association « Comité marche 98 » qui
a travaillé, s’est battu pour parvenir à
l’émergence de la loi Taubira en 2001.
Il nous revient d’être vigilants et surtout
d’être force de propositions.
Il est nécessaire que le Martiniquais
ne reste pas éloigné de l’institution
judiciaire et ne la considère pas
comme uniquement répressive. Bien au
contraire, il est essentiel qu’il la considère
comme un élément fondamental de la
construction d’une société nouvelle
et d’un peuple renouvelé qui grandit
dans la justice. Alors cette dernière ne
sera plus crainte mais bien considérée
comme celle qui porte l’apaisement
pour l’avènement des jours meilleurs.
Les règles et les normes permettent de
mieux vivre ensemble. Si une difficulté
surgit, cette codification permet de la
surmonter. Aussi, Il est important de
respecter les règles instaurées, sans
tricher, sans les contourner. Surtout en
évitant le « debrouya pa péché ». Un
système sans loi est impensable. Le
respect de la loi doit être un des axes
du système éducatif afin d’apprendre
très tôt aux jeunes sa primauté.
Nicole Chésimar ■
La justice, garante
du respect des droits
Page 18
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 18
? Question
AN TJÈ
LÉGLIZ-LA
Propos recueillis par Nicole Chésimar ■
En ces temps de crise, Noël me
fait prendre plus conscience
du vrai sens de la vie, de la
nécessité de revenir à l’essentiel :
la simplicité, la solidarité, le
partage, la famille.
Christine Lasco (paroisse de
Saint Christophe) Cette période de crise, qui dure maintenant depuis deux ans,
s'est installée avec son lot de mensonges, de doutes, de craintes,
de peur et d'insécurité, dans tous les domaines de la vie. Notre
foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en
question, voire complètement rejetée. Ces fêtes de Noël sont là pour me rappeler
que c’est en Jésus qu’il me faut croire car c’est grâce à son Amour que je vivrai
en fraternité et en communion d’esprit. Ainsi, je pourrai surmonter toute difficulté,
et traverser ces moments très difficiles dans l’espérance d’une vie meilleure.
foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en foi n'y échappe malheureusement pas. Tantôt ébranlée, tantôt remise en
Gilles Constance (paroisse
de Schoelcher)
Noël véhicule de
nombreuses valeurs :
la paix, le partage et
la solidarité. C’est aussi le temps de
l’espérance. Nous avons besoin de ce petit
temps pour sortir de cette morosité ambiante
de cette crise. Mais j’ai bien peur qu’après
la trêve de Noël, tout cela soit oublié. Nous
repartirons avec nos rancœurs, notre égoïsme.
Nicolas Lise (paroisse du Lamentin)
La fête de noël c’est
Jésus qui vient nous
visiter dans notre
misère. Dieu s’est fait
pauvre parmi les pauvres. Il est Emmanuel.
C'est-à-dire Dieu avec nous. En conséquence,
une nouvelle manière d’être pour l’être
humain, d’établir une nouvelle relation avec
lui-même, avec les autres et avec Dieu. Cette
relation se fonde de la crèche à la croix, de
la croix au tombeau et du tombeau à la vie
ressuscitée. C’est à cette belle espérance
que nous ouvre l’enfant de Bethléem qui
nous apporte la Joie de la naissance et de la
victoire de Dieu. En ce temps de crise, nous
prenons le temps de vivre une conversion
qui nous tourne vers cette présence fidèle du
Christ ressuscité. Nous le faisons pour aimer
selon le commandement divin et devenir de
véritables disciples du Christ.
Père Jean-Michel Monconthour
Noël est la période de l’excès en tout. Trop de nourri-
ture, trop d’alcool. La course dans les magasins. Les
nombreux achats. En ce temps de crise, n’est-il pas temps
de se recentrer sur l’essentiel ? Opérons un reset. Allons à la crèche,
regardons ce dénuement, cette simplicité. Nous sommes bien loin des
paillettes, des belles décorations, du faste. Loin de la frénésie créée par
un Noël de consommation. Marie nous donne son fils : le plus beau des
cadeaux. Nous ne pouvons repartir sans être touchés, sans être conver-
tis. Notre pays a connu des scènes de violence, d’émeutes ces derniers
temps. De même que, de la crèche a jailli une lumière, de cette crise
doit naître une émulation pour notre île. Une occasion pour que nous
soyons des hommes et des femmes bienveillants, donnant le meilleur
de nous-mêmes, solidaires. Noël alors, est La Bonne Nouvelle en ces
temps tellement troublés. Nicole
Chésimar
Que t'apporte Noël
en ce temps de crise ?
‘‘
‘‘
Page 19
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 19 décembre 2021 – n° 631 19
Agenda de l’Archevêque
Dimanche 19 décembre :
• 8h : Messe à la paroisse du Carbet
• 17h30 :Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis
Mardi 21 décembre :
• Vicaire Général
Mercredi 22 décembre :
• Rencontre avec les confirmands de la paroisse de
Trinité à l’archevêché
Vendredi 24 décembre :
• Minuit : Messe pontificale de la Nuit de Noël à la
cathédrale Saint-Louis
Samedi 25 décembre :
Solennité de la Nativité du Seigneur
• 10h : Messe pontificale à la cathédrale Saint-Louis
Dimanche 26 décembre :
Fête de la Sainte Famille
• Messe au centre pénitentiaire de Ducos
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Dimanche 02 janvier 2022 :
Épiphanie du Seigneur
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE\( MARTINIQUE Service legs et donations
Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père Pinchon
BP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDE\(X
Téléphone : 06 96 \(310 333 - E-mail :\( michel.pouch@wanadoo.fr
oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer
sur les possibilités de legs, donations et assurances-vie à l’Association Diocésaine.
oui ,je souhaite être contacté pour un rendez-vous au Service des legs et
donations ou à mon\C domicile.
LÉGUEZ
à l’ Église catholique
L’espérance en héritage
DEMANDE D’INFORMATIONS
sans engagement de votre part
Mes coordonnées ❏ Mme ❏ Melle ❏ M.
Nom Prénom
Adresse
Code postal
Ville Téléphone
E-mail
Paroisse
(facultatif)
POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MART\(INIQUE
99.5 - 101.3 et105.1 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr
Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique.fr
Page 20
Refrain
Venez, Divin Messie,
Nous rendre espoir et nous sauver ! Vous êtes notre vie :
Venez, venez, venez !
1
O Fils de Dieu, ne tardez pas ;
Par votre Corps donnez la joie A notre monde en désarroi. Redites-nous encore
De quel amour vous nous aimez ; Tant d'hommes vous ignorent ! Venez, venez, venez !
2
A Bethléem, les cieux chantaient Que le meilleur de vos bienfaits C'était le don de votre Paix. Le monde la dédaigne :
Partout les cœurs sont divisés ! Qu'arrive votre règne !Venez, venez, venez !
(Barjon/Aimon-Marie Roguet/Rimaud/
Rozier/Musique et Liturgie)
Venez, divin Messie
