636 - Mgr Alain Ransay, nouvel évêque de Guyane

Page 1

E g lise en MARTINIQUE Mgr Alain R ansay, nouvel évêque de Guyane N° 636 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 27 FÉVRIER 2022 Hommage au père Filopon Dossier : La fraternité, chemin de conversion Questionnaire de carême

Page 2

23 S ommaire L es lectures de ce 8e dimanche du temps ordinaire C nous appellent au discernement, à l’humilité et à la conversion. Nous avons des efforts à faire sur nous- mêmes pour montrer l’Eglise à travers nous, par nos paroles, nos comportements et notre mode de vie. Nous avons également à nous nourrir spirituellement pour transmettre fidèlement ce que nous recevons de Dieu. C’est d’ailleurs dans ce même ordre d’idée que le pape François interpelle les séminaristes : « Il y a un monde qui attend l’Evangile et le Seigneur désire que ses pasteurs soient conformes à lui, portant dans le cœur et sur les épaules les attentes et les poids du troupeau. Des cœurs ouverts, remplis de compassion, miséricordieux ». N’est-ce pas ce que reflète le nouvel évêque de Cayenne, Mgr Alain Ransay ? Nous nous unissons à la joie du peuple guyanais qui a assisté à son ordination épiscopale le 6 février dernier. Notre diocèse était représenté par Mgr David Macaire, de quelques prêtres, fidèles et amis. Nous portons notre cher Mgr Ransay dans nos prières et lui souhaitons un plein épanouissement dans la grande et belle mission de pasteur qui lui est confiée. Nous étions nombreux à rendre un dernier hommage à l’abbé Mirta le 14 février. Il s’en est allé discrètement rejoindre celui qu’il a aimé et servi fidèlement toute sa vie. Paix à son âme ! « Dire le salut aujourd’hui avec les cinq essentiels » : C’est le thème choisi par notre diocèse pour ce Carême 2022. Pour nous aider à nous y préparer, comme chaque année, un questionnaire est proposé. Il nous permettra certainement d’être en conformité avec les maîtres-mots des lectures d’aujourd’hui : discernement, humilité et conversion Notre Dossier est en lien avec le thème du Carême. Il traite de la fraternité, chemin de conversion. Demandons au Seigneur de nous aider à vivre une conversion de cœur et de voir son visage en chacun de ceux que nous côtoyons. Bon dimanche à tous ! Justine Lordinot ■ EDITORIAL AGENDA DE L'EVEQUE 19 MOT DE L’EVÊQUE PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE DIOCESE DE CAYENNE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE •  La Parole Dominicale •   Ordination de Mgr Alain Ransay ! Quelle fête à Cayenne, quelle joie ! •  Tous frères en Jésus-Christ •   Nou Tout sé frè" : inscrire la fraternité au coeur du débat social •  Fraternité républicaine •   « Je fais de toi la lumière  des nations » (Is49,6) •   Focus sur… le carnaval Interview de père Jean-Michel Monconthour •  A Dieu, père Mirta ! •  Carême 2022 •  Spécial Jeunes •  La période des grandes décisions •   Discours du pape François Séminaristes : « Il y a un monde qui attend  l’Evangile » 3 EGLISE UNIVERSELLE 8 9 12 14 15 16 17 AN TJÈ LÉGLIZ-LA 18 Dossier :  LA FRATERNITÉ :  CHEMIN DE CONVERSION 4 5 6 EDITORIAL 2 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

Page 3

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 3 C ’est le moment ! Pran douvan avan douvan pranw ! Je m’adresse aux pasteurs qui rêvent de progrès pour leur communauté et qui tremblent de devoir franchir tant de montagnes d’obstacles et de lenteurs humaines pour ce faire, y compris les leurs ; je parle à toutes les femmes qui n’arrivent plus totalement à se projeter dans une féminité accomplie, sous le joug de leur vie compliquée de croyante, de professionnelle, de compagne ou/et de mère ; j’interpelle les hommes qui ont le désir secret de s’améliorer pour être plus proches de ce qu’on attend d’eux dans leur couple, leur famille, leur paroisse ou leur travail ; j’exhorte les jeunes qui essaient de bâtir leur avenir, se tiennent face aux tentations du monde et aux choix radicaux à opérer pour suivre Jésus ; je veux dire aux âmes de tous les chrétiens qui, en raison des contingences de leur vie personnelle, physique, affective ou spirituelle, de l’ambiance dans leur entourage, de la conjoncture locale ou de la crise internationale, sentent comme un poids et aspirent à un renouvellement existentiel ; c’est le moment ! Le Carême approche. Si tu veux discerner et prendre de grandes décisions dans ta vie, pour ta vie… si tu aspires à des orientations nouvelles pour (mieux) suivre Jésus… si tu sens que « quelque chose doit changer », parfois depuis longtemps, et que tu n’arrives pas à t’en donner les moyens… si tu sais dans le fond de ton cœur que l’Esprit Saint t’attend, plus loin et peut-être ailleurs… si tu entends en toi le profond désir d’être libéré(e) de plusieurs chaînes ou de quelque langueur… si tu as un pardon à donner ou un aveu à confesser… si tu dois contacter quelqu’un… faire ta déclaration… t’inscrire dans un groupe… fuir des fréquentations toxiques… discerner un appel nouveau… Le Carême est là pour ça. C’est le moment du désert. A celui ou celle qui veut le bien, le Seigneur chaque année fait cette proposition « je vais t’entraîner jusqu’au désert, et je te parlerai cœur à cœur » (Osée 2,16). L’idée est de laisser Dieu profiter de la porte ouverte par ces différents désirs et aspirations de nos âmes compliquées. C’est LUI qui, in fine, doit « parler à notre cœur », désigner le but, montrer et illuminer le chemin et donner la force. En toutes choses, grandes et petites, personnelles et communautaires : « Si le Seigneur ne bâtit la maison en vain peinent les maçons » (Ps 126,1) Il ne s’agit surtout pas, pour la énième fois, de prendre des résolutions ! Les résolutions, si bonnes soient-elles, sont humaines, rien qu’humaines, trop humaines ! Notre petite volonté livrée à elle-même ne peut qu’échouer, c’est toute l’Histoire de l’Humanité. Nos petits esprits sont bien trop étriqués pour voir la route. Nous sommes bien trop « courts sur pattes » pour regarder loin et éviter les pièges. Et les « jambes » de notre volonté sont bien trop faibles pour tenir sur le chemin escarpé qui traverse les mornes et les fonds de l’existence. Donc à l’approche du Carême, contente-toi de mettre par écrit une ou deux question(s), une ou deux aspiration(s). Dès le début de cet entraînement spirituel, mets-toi à l’écoute du Seigneur : à chaque jeûne, à chaque partage, dans chaque prière et dans tous les exercices que propose l’Eglise, laisse Dieu te parler. En lisant la Parole de Dieu et priant le Saint- Rosaire, en adorant le Saint-Sacrement, en venant aux processions, en visitant des malades ou en soignant des pauvres, en célébrant l’Eucharistie, en accomplissant des services à la paroisse, en prenant des temps conviviaux et d’échanges avec les autres chrétiens ou en témoignant de ta foi à ceux qui sont éloignés… je te promets, non seulement que Dieu te donnera la claire vision de ce que tu dois faire, mais aussi la force de l’accomplir ! Rendez-vous à Pâques... le Ressuscité te parlera. + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ La période des grandes décisions MOT DE L’ÉVÊQUE

Page 4

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 4 C hers frères et sœurs, bonjour ! Je suis content qu’avec les prêtres, il y ait aussi les personnes qui, par leur service, animent la vie du séminaire et forment la grande famille du « Lombardo ». Nous nous retrouvons à l’occasion du centenaire de l’élection du pape Pie XI qui a toujours eu à cœur « son cher » séminaire, pour lequel il a mis à disposition l’espace dans lequel vous vous trouvez, à l’ombre de la Salus populi romani. Il est beau que vous soyez là et c’est également pour moi l’occasion de penser souvent à vous. Essayons de nous inspirer de ces racines liées à Pie XI : non pas pour cultiver la nostalgie du passé et nous fermer à la nouveauté de l’Esprit qui nous invite à vivre l’aujourd’hui, mais pour y reconnaître des signes prophétiques pour votre ministère et votre mission, en particulier au service de l’Eglise. Dès son élection, Pie XI choisit de se présenter, non plus à l’intérieur de la Basilique Saint-Pierre mais à la Loggia extérieure. Il tenait ainsi à ce que sa première bénédiction fût adressée Urbi et Orbi, à la ville de Rome et au monde entier. Et par ce geste, il nous rappelle qu’il faut s’ouvrir, dilater l’horizon de son ministère aux dimensions du monde, pour rejoindre chacun de ses enfants que Dieu désire embrasser par son amour. S’il vous plaît, ne restons pas barricadés dans la sacristie et ne cultivons pas des petits groupes fermés où se chouchouter et avoir la paix. Il y a un monde qui attend l’Evangile et le Seigneur désire que ses pasteurs soient conformes à lui, portant dans le cœur et sur les épaules les attentes et les poids du troupeau. Des cœurs ouverts, remplis de compassion, miséricordieux. Et cela me fait penser à l’expérience qui existe parmi vous, sur les confesseurs de Sainte-Marie-Majeure : « Allez à celui-ci, à celui-là… Mais cet autre-là non ! S’il te plaît, il te rend la vie impossible ! ». Chercher pour soi des prêtres miséricordieux et nous, être miséricordieux avec les autres. Comme nous, qui voulons la miséricorde lorsque nous allons demander pardon pour nos péchés et que nous cherchons le plus miséricordieux, vous aussi, soyez miséricordieux. Avec tous. N’oubliez pas que Dieu ne se lasse jamais de pardonner. C’est nous qui nous lassons de demander pardon, mais lui, il ne se lasse jamais de pardonner. (…). Ce geste de Pie XI valait plus que mille paroles parce que c’était un pape qui avait de la personnalité, pour le dire délicatement. Au cours de ces années, vous étudiez et approfondissez, et c’est un don de Dieu. Mais que votre savoir ne devienne jamais abstrait, loin de la vie et de l’histoire. Une Eglise qui a beaucoup à dire mais dont les paroles manquent de l’onction et ne touchent pas la chair des gens dessert l’Evangile. Pour avoir des paroles de vie, il faut plier la science à l’Esprit dans la prière et ensuite habiter les situations concrètes de l’Eglise et du monde. Il faut le témoignage de vie : soyez des prêtres brûlés du désir d’apporter l’Evangile sur les routes du monde, dans les quartiers, dans les maisons et surtout dans les lieux les plus pauvres et oubliés. Un second point. Dans sa première homélie solennelle, le pape Ratti parla des missions et, plutôt que de donner des réponses, il invita à se poser une question : « Que puis-je offrir au Seigneur ? ». C’est une belle question que vous pouvez appliquer à tout ce que vous faites actuellement pour vous préparer à la mission. Que puis-je offrir est une question qui ne tourne pas autour de vous, du désir de telle chaire, de telle paroisse ou de tel poste à la Curie ; non, c’est une question qui demande d’ouvrir son cœur à la disponibilité et au service. C’est une question qui nous protège du carriérisme. Faites attention au carriérisme, s’il vous plaît ! A la fin, cela ne rend pas service, cela n’aide pas. Demandons-nous : « que puis-je offrir ? » au début de chaque journée. Souvent, ici aussi en Italie, les discours ecclésiaux se réduisent à de stériles dialectiques internes entre qui est innovateur et qui est conservateur, entre qui préfère tel politique et qui tel autre, et l’on oublie le point central : être Eglise pour vivre et répandre l’Evangile. Ne nous préoccupons pas des jardins privés, il y a tout un monde assoiffé du Christ. Soyez les pasteurs du troupeau, et non les peigneurs des plus jolis. Je vous exhorte à cultiver avec enthousiasme un cœur ouvert, un cœur disponible, un cœur missionnaire ! Mon dernier point est tiré de l’une des nombreuses encycliques sociales de Pie XI. J’ai lu quelques mots, écrits il y a presqu’un siècle et pourtant très pertinents aujourd’hui : « Ce qui fait mal aux yeux, c’est qu’à notre époque, il n’y a pas seulement la concentration des richesses, mais l’accumulation d’un pouvoir énorme, d’une maîtrise despotique de l’économie entre les mains de quelques-uns. […] Ce pouvoir devient plus despotique que jamais chez ceux qui, tenant l’argent dans leurs mains, en sont les maîtres ; de sorte qu’ils sont en quelque sorte les distributeurs du sang même dont vit l’organisme économique, et qu’ils ont dans leurs mains, pour ainsi dire, l’âme de l’économie ». C’est dur ! (…). De grandes tâches vous attendent. Pour les accomplir, je vous invite à demander à Dieu la capacité de rêver de la beauté de l’Eglise. L’église est magnifique ! Rêvez de l’Église de demain, plus fidèle à l’esprit de l’Évangile, plus libre, plus fraternelle et joyeuse dans le témoignage de Jésus, animée par l’ardeur de rejoindre ceux qui n’ont pas connu le « Dieu de toute consolation ». (…). Je vous bénis et vous, s’il vous plaît, priez pour moi. Merci ! Pape Francois ■ EGLISE UNIVERSELLE Séminaristes : « Il y a un monde qui attend l’Evangile » Discours du pape François Séminaristes : « Il y a un monde

Page 5

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 55 Dimanche 27 février 2022  la P arole Dominicale 8 ème dimanche du temps ordinaire - Année C Introduction Dieu notre Père, nous te bénissons pour la bonté et la patience dont tu fais preuve envers nous. Grâce à Jésus ton fils, tu nous révèles le fondement de la vie du disciple, le sens de la vie chrétienne. Tu nous mets en face de la réalité humaine, celle de l’homme fluctuant, de l’homme sans discernement, qui vacille au gré du vent. En effet, nos paroles sont le reflet de nous-même. Si l’on veut comprendre son destin et aboutir au chemin de sainteté, il faut la tolérance dans la parole et aussi dans le regard. Concrètement, si l’on veut produire un bon fruit, il convient que notre cœur soit bon. Car on ne juge pas les autres tant qu’on a des choses à se reprocher. « On juge l’homme en le faisant parler et la parole fait connaître les sentiments ». U n langage pur, franc, charitable, c’est le fruit d’une âme saine. C’est ce que nous conseille l’expérience biblique de ce jour. Pour ce fait, donne-nous Seigneur la sagesse d’apprécier et de reconnaître la valeur de l’autre. Réflexion Pour conclure son discours inaugural des Béatitudes, Jésus donne une série d’avertissements sur la vie des disciples. D’abord, la Parole de Dieu reste actuelle et est adressée à chacun de nous. Or, les Béatitudes posent le problème du bonheur et le réel bonheur du disciple, c’est oser prendre le chemin de la sainteté qui est en réalité le fondement de la vie du disciple. En ayant un regard posé sur sa vie, il y a toujours quelque chose à rectifier, à corriger pour être meilleur et être saint. « Soyez parfaits comme votre Père Céleste est parfait ». (Matthieu 5 : 48). Chacun doit travailler à son propre salut, je crois que c’est sous cet aspect que nous devons situer la liturgie du jour. Le Seigneur s’adresse à nous en trois paraboles bien précises, deux sous forme de questions : « un aveugle peut-il conduire un autre aveugle ? » (Luc 6 : 39), « Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? » (Luc 6 : 41-45), et la troisième en formule affirmative : « un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. Chaque arbre, en effet, se reconnait à son fruit. » (Luc 6, 43-49). Ces trois paraboles nous interpellent sur nos caractères, nos manières de vivre. C’est une invitation à s’interroger sur sa vie intérieure et la capacité de voir ses propres défauts. A travers ces trois citations, Ben Sira le Sage nous invite à découvrir que la parole d’un homme est révélatrice de ses sentiments profonds et permet de se faire une opinion de lui-même. Tes paroles et tes actes te jugeront. Mais la question se pose de savoir s’il est si important de faire une opinion sur soi ou de faire une opinion sur les autres ? A regarder de près, les deux premières paraboles nous invitent à notre état d’aveuglement. Il s’agit de la vision sur soi-même. Parce que Jésus nous met en garde contre un usage inapproprié de la parole. Chacun de nous à une relation particulière avec le Seigneur. Ce qui se passe intimement avec mon Dieu et moi n’est pas perceptible à l’œil nu. Nous devons éviter les désirs présomptueux d’enseigner à autrui, de juger, de critiquer et de médire. Les deux premières paraboles relèvent de la vision que nous faisons des autres, le regard que nous projetons sur les autres, le jugement que nous portons sur autrui sans jamais nous remettre en question. Le jugement est très présent dans l’Eglise, dans nos familles, et nos communautés sont divisées à cause de nos mauvais jugements qui détruisent la beauté de notre personne et celle de notre Eglise car nous avons le jugement et la critique faciles. Pour porter du fruit, il nous faut apprendre à déraciner le mal, soigner notre image défigurée par la conséquence du péché. Jésus est le maître intérieur, il nous propose de savoir être discret, dans un silence pas coupable sur nos actes et sur ceux des autres, mais d’aider fraternellement à apprendre, à avoir un regard de miséricorde, à se convertir en profondeur et en purifiant le cœur. Car, ce que l’on reproche aux autres se trouve forcément dans notre vie. En un mot, le mal existe chez nous aussi. La formulation de la parabole notifiée par Jésus se caractérise par l’équilibre entre ce qu’il convient de reformer et tout le bien qui est à l’œuvre chez l’homme. « L’homme bon tire du bien du trésor de son cœur qui est bon. » (Luc 6,45). Saint Luc se réfère à Jésus comme l’homme intérieur qui nous sollicite à ne pas nous résigner face à nos défauts, mais de disposer nos cœurs à la purification du Seigneur pour devenir un homme bon qui tire le bien du trésor de son cœur. Je dialogue avec Jésus L’arbre se reconnaît à son fruit, tel est le message que nous recevons de ta bonté Seigneur, nous ne sommes pas souvent à la hauteur de notre identité chrétienne, celle de vivre l’amour fraternel. L’amour qui sauve et guérit, l’amour qui apporte la bienveillance et la sagesse. Tout homme pétri de l’amour demeure dans la notion du silence et sait pardonner pour tirer le bon du bien qui est le trésor du cœur. Seigneur, donne-moi de me taire quand il faut se taire de parler quand il faut parler. En un mot, donne-moi la juste mesure de ce qu’il faut faire et dire au quotidien. Résolution « Un aveugle ne peut guider un autre aveugle. Alors enlève d’abord la poutre qui est dans ton œil » (Luc 6, 39-42) comme l’indique le conseil de Notre Seigneur dans l’évangile : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ». (Luc 6 :37). Père Laurent Sounouvou, Paroisse des Mornes-des-Esses ■ Ben Sira le Sage 27,4-7  •  Psaume 91 (92)  •  1 Corinthiens 15,54-58  •  Luc 6,39-45 LITURGIE 

Page 6

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 6 C’était le 6 février, la Guyane qui accueillait son nouvel évêque. Moment de grande joie  partagée et profonde en émotion pour tout le diocèse de Cayenne.  Quelle fête à Cayenne, quelle  joie !Quelle fête à Cayenne, quelle  joie ! Ordination de Mgr Alain Ransay ! N ous étions venus de partout, de toute la Guyane et au-delà, des Antilles et d’Europe, les évêques consécrateurs, dont le nonce apostolique, Mgr Fortunatus Nwachukwu, l’archevêque de Saint-Pierre et de Fort-de- France, Mgr David Macaire, le président de la C onférence des évêques de France, beaucoup de prêtres, les missionnaires, les religieux et religieuses, les autorités politiques, civiles et administratives. La joie était d’abord spirituelle et par cette joie nous avons rendu grâce au Seigneur ressuscité et vivant au milieu de son église, plein de pouvoir et d’amour, qui envoie comme premier fait aux croyants des apôtres dont nos évêques sont les successeurs. Cette joie était encore plus grande parce que Monseigneur Alain Ransay est connu et aimé en Guyane où il est souvent passé pour des campagnes d’évangélisation. Son charisme est connu et apprécié. Il est accueilli comme une grande grâce pour le diocèse après la traversée de désert que la Guyane a connue. Et c’est justement à ce niveau que le nouvel évêque est attendu, en tant que prêtre de grande expérience, capable de redresser des situations difficiles. Et le diocèse de Cayenne a de grands défis à relever sur tous les plans : gouvernement de l’Église, évangélisation, guérison des âmes et aussi de finances. Nul besoin de rappeler que le diocèse sort d’une époque bénie où le clergé était pris en charge par la collectivité publique, une sortie qui n’avait pas été suffisamment bien préparée. Et au niveau de l’évangélisation, la population guyanaise est très jeune, avec une culture très variée selon les peuples qui habitent la Guyane et tous ceux qui viennent des quatre coins du monde. Cette culture elle-même, fortement marquée par un carnaval original, a aussi besoin d’être évangélisée. Les défis sont donc grands. Cela exige du nouvel évêque qu’il soit un homme de prière. Il doit avoir le cœur rempli de Dieu comme le fiancé a le cœur rempli de la femme qu’il aime, ainsi il pourra donner Dieu au monde. PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE- DIOCÈSE DE CAYENNE

Page 7

7 Sa proximité avec l’évêque métropolitain, l’archevêque de Fort-de-France, qui a été son évêque depuis 2015, est aussi vue comme une grande bénédiction pour toute la province ecclésiastique. En attendant la nomination du nouvel évêque de Guadeloupe, l’espoir du peuple chrétien et des prêtres est que les trois évêques de Martinique, Guadeloupe et de Guyane travaillent ensemble main dans la main, comme Pierre, Jacques et Jean aux côtés du Seigneur, pour conduire le peuple de Dieu. Et nous prions pour que le trio soit formé. Merci à toi, Seigneur. « Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : (Nous nous réjouissons devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. » (Is 9, 2) Père Désiré Mintsa-Mba, Paroisse du Marin ■ 777777

Page 8

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 8 A Dieu, père Mirta ! VIE DU DIOCÈSE L’abbé  Mirta  (tout  le  monde  l’appelait  ainsi)  nous  a  quittés le vendredi 11 février 2022, dans la 93 e année,  en  la  fête  de  Notre-Dame  de  Lourdes.  Bon  et  fidèle  serviteur, il est entré dans la joie de son Maître après  64 ans de sacerdoce. L a cérémonie religieuse s’est déroulée le 14 février, à 14h, en l’église des Terres Sainville à Fort-de-France, en présence de sa famille, de notre Archevêque, Mgr David Macaire, de notre Archevêque émérite, Mgr Michel Méranville, de ses confrères prêtres, des diacres, des religieuses et des fidèles paroissiens venus en nombre lui témoigner leur gratitude et leur respect. L’abbé Pierre Mirta était, en effet, rempli de générosité, d’une grande ouverture d’esprit et toujours à l’écoute des autres. Il était connu et apprécié par beaucoup car c’était un homme de dialogue, homme de Dieu, profondément attaché à l’Eglise et dévoué à son ministère de prêtre. Il a mis en place plusieurs mouvements associatifs (MRJC, CVAV, les colonies de vacances…) dans les paroisses dans lesquelles il a officié en tant que vicaire ou curé (entre autres, Terres- Sainville, Lorrain, Robert, Rivière- Pilote, Morne-des-Esses). Les paroissiens du Morne-des-Esses ont bénéficié pendant 32 ans de sa grande simplicité de vie, de sa qualité d’écoute et de son souci constant de la mission. Certains se souviennent encore du Jubilé d’or organisé pour ses 50 ans de vie presbytérale, le dimanche 24 février 2008, sur le stade du quartier « plein à craquer ». Bien que n’aimant pas du tout le faste (car c’était un prêtre de la ruralité, toujours prêt à jardiner, bêcher et planter) l’abbé Mirta était heureux ce jour-là du soutien que lui apportait ceux qu’il accompagnait au quotidien. Lors des ses funérailles présidées par Mgr Macaire, le père Pierre Henderson l’a présenté comme le doyen des prêtres de notre diocèse, habité par le goût de la nature, de la création, resté vigoureux jusqu’au bout. Il a consacré sa vie à guider ceux qui lui étaient confiés. On retient trois aspects de sa vie : sa vocation, son dynamisme, sa disponibilité missionnaire pour les personnes malades ou en difficulté. Dans son homélie, Mgr Méranville qui connaissait depuis fort longtemps l’abbé Mirta, l’a décrit comme un homme subtil, très facétieux, un homme de foi qui aimait Dieu ; un homme toujours heureux qui tirait sa vie chrétienne de l’Evangile. Si nous sommes chrétiens, a-t-il précisé, c’est parce que le Christ est ressuscité ; Il est vivant ! Nous devons être des témoins. Suivons l’exemple de Pierre (père Mirta) : laissons grandir la paix en nous ! Des paroissiens de citron et d’ailleurs ont rendu un vibrant hommage à leur très cher père spirituel par des chants de louange et des anecdotes qui les ont marqués pendant des années durant. L’abbé Mirta a servi de son mieux ici-bas ! Nous le confions à notre Père des cieux ! A Dieu, Abbé Mirta ! Justine Lordinot, paroissienne du Morne-des-Esses ■ ‘‘‘‘ ‘‘ ÉGLISE EN MARTINIQUE

Page 9

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 9 Chaque carême nous conduit en  principe à une expérience unique  du mystère pascal, c’est-à-dire que  les 40 jours proposés par la liturgie  renouvellent en nous une nouveauté  liée à une nouvelle dimension  de la conversion. La conscience  chrétienne qui observe les réalités  de l’île s’est posée la question  suivante : Comment dire le salut  aujourd’hui en Martinique avec ses  réalités, peuple croyant, réalités  sociales, recherche identitaire… ? L e temps du carême peut nous aider à proposer des réponses. La profondeur et l’exigence de ce temps nous demandent de nous retourner aujourd’hui vers le Christ pour vaincre les nouveaux pièges du Tentateur. Cela n’est jamais facile, et il peut être parfois crucifiant d’entrer dans ce mouvement de conversion qui exige de nous tous la redécouverte de la vérité anthropologique que le Christ révèle à l’homme.. Comment inventer les nouveaux chemins de conversion individuelle et communautaire pour aboutir à une espérance ? Peut-être en disant le salut aujourd’hui avec les 5 essentiels. Tel est le thème du carême 2022. Ce chemin de conversion pourrait nous obliger à aller à contre-courant, mais nous permettra de voir en face la vérité humaine et chrétienne de l’Homme en Martinique. Au cœur de nos paroisses et de nos PCE, nous serons amenés à « réanimer », grâce au souffle de l’Esprit, l’aujourd’hui du peuple de Dieu qui vit sur cette île. Ainsi, en combattant le mystère du mal sous sa double forme de souffrance et du péché, nous permettrons à la Martinique de faire encore l’expérience d’une anthropologie pascale. C’est une mission passionnante et immense qui demande des sacrifices, la prière, la fraternité, le service et le secours maternel de la Bienheureuse Vierge Marie. Concrètement, pendant ce carême nous sommes tous appelés à entreprendre une démarche en 5 semaines : Les trois premières semaines nous permettront de faire l’expérience de l’amour de Dieu. Cela permettra ensuite de faire l’expérience de l’amour du prochain. Un questionnaire à partir de la Parole de Dieu du dimanche est proposé. Pour ne pas rester seulement dans la théorie, un effort concret doit être réalisé dans la semaine. Évidemment, ce point d’effort concret est une petite proposition. Les curés peuvent, par exemple, pendant la semaine consacrée à la Parole de Dieu, organiser une lecture continuelle de la Parole sur leur paroisse (24h/24h). Pendant la semaine de l’Adoration, ils peuvent envisager plusieurs messes dans la journée, proposer 24h d’Adoration tous les jours de la semaine, bien sûr si les conditions sanitaires le permettent. Pendant la semaine missionnaire entre nous, je propose aussi que nous nous connaissions davantage. Le questionnaire proposé peut être médité en PCE, dans les Pastorales, dans les groupes de prière, dans les chorales, en famille… Si les réalités de la paroisse le permettent, un petit compte-rendu peut être proposé à la communauté paroissiale aux messes dominicales. Si les curés le veulent, à la fin des messes, ils peuvent proposer aux communautés paroissiales le Salve Regina ou la prière pour la paix. 2022 L e temps du carême peut nous aider à proposer des réponses. La L e temps du carême peut nous aider à proposer des réponses. La L 2022 Dire le salut aujourd’hui avec les 5 essentiels CARÊME Amour de Dieu Amour du prochain Parole de Dieu 1 Adoration - Prière 2 Missionnaire entre nous  (Fraternité et service) 4 Vierge Marie 3 Missionnaire vers les autres  (Formation et Évangélisation) 5

Page 10

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 10 La transfiguration : tournés vers un avenir de lumière • Quelle peut-être la lumière de la Parole de Dieu sur nos réalités sociales, sur notre identité ? • Face à nos réalités sociales constatées, quelles sont les personnes ressources autour de moi qui peuvent nous aider objectivement ? • Comment repérer les potentiels leaders et les former ? Point d’effort concret    • Vivre un temps d’adoration personnelle/communautaire. • Écrire sur une feuille les personnes ressources et les potentiels leaders et demander à Jésus de les illuminer par sa miséricorde. Semaine de l ’Adoration Regard sur notre peuple, et la crise sociale et identitaire Indiquer face aux différentes tentations les aspects qui vous semblent les plus représentatifs de ce que nous vivons. Tentations, péchés Aspects Passages bibliques Orgueil Avidité Luxure Colère Gloutonnerie, Gourmandise Envie, jalousie Paresse 2 ème dimanche de carême Dimanche des tentations de Jésus au désert   (voir tableau) • Que dire de la crise sociale et identitaire que nous traversons ? • Quelles sont les tentations de notre peuple ? Point d’effort concret   • Comment la parole de Dieu peut-elle nous aider à reconsidérer notre réalité sociale ? • Pour chacun des péchés, je lis les passages proposés dans les Evangiles (Lc 14, 1-11 ; Lc 12, 13-47 ; Lc 16 ; Lc 15 ; Mt 5, 17-32 ; Lc 21, 34-36 ; Lc 18, 9-14 ; Mt 25, 14-30 ; Lc 19, 12-27) et j’essaie de reconsidérer ma réalité de vie et notre réalité sociale. Dimanche des tentations de Jésus au désert  Dimanche des tentations de Jésus au désert  Dimanche des tentations de Jésus au désert  Dimanche des tentations de Jésus au désert  Dimanche des tentations de Jésus au désert  Dimanche des tentations de Jésus au désert  Dimanche des tentations de Jésus au désert   1 er dimanche de carême Semaine de la Parole de Dieu

Page 11

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 11 Appelés à la fête de la miséricorde divine • Quels reproches ai-je l’habitude de me faire à moi-même et aux autres (Famille, couple/parents, enfants, voisins, collègues, Autorités publiques, Clergé, ma paroisse) ? • Suis-je prêt(e) à pardonner ? (À moi-même et à toutes les personnes précitées) • Comment puis-je concrétiser le pardon donné en me mettant au service des autres ? Point d’effort concrèt  • Organiser en famille, en PCE et sur les paroisses, des démarches de pardon communautaire. Engagés sur le chemin de la mission parce que convertis  • Qu’est-ce qui nous empêche d’être missionnaires ? La peur ? Notre péché ? Notre histoire ? • Dieu veut faire toute chose nouvelle. Comment la Parole de Jésus à la femme adultère peut-elle résonner en moi ? « Je ne te condamne pas. Va et désormais, ne pêche plus ». • Suis-je prêt(e) à annoncer à la Martinique cette Bonne Nouvelle, qu’elle n’est pas condamnée par Dieu ? Point d’effort concret    • Organiser sur les paroisses une démarche missionnaire innovante vers les autres (visite dans les familles, dans les quartiers, des coups de fil…) pour annoncer l’Espérance. Père Gilles Aïzo, Vicaire épiscopale ■ Marie prie pour notre conversion/  « Priez pour nous pauvres pécheurs… » • Elle veut que nous soyons libérés des « esclavages modernes » (avortement, réseaux sociaux ou problématiques répertoriées dans la 1 ère semaine). Point d’effort concret :   • Prier le Rosaire tous les jours, chaîne de Rosaire dans nos paroisses (toutes les 30 mn, sur la paroisse, quelqu’un doit être en train de prier le chapelet) pour que, par l’intercession de Marie, nous soyons délivrés des « esclavages modernes ». Appelés à la fête de la miséricorde divineAppelés à la fête de la miséricorde divine 4 ème dimanche de carême Missionnaire entre nous (Fraternité et service) Missionnaire vers les autres (Formation - Évangélisation) 3 ème dimanche de carême Semaine consacrée  à  Marie 5 ème dimanche de carême

Page 12

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 12 Dès le début de l’Eglise, les chrétiens préparaient pâques, ils se réconciliaient les uns les autres. Au IVème siècle, ils jeûnaient pour préparer leur cOEur à cette grande fête : ils se privaient d'aliments, comme la viande. Le jeûne nous permet de nous occuper un peu moins de nous-mêmes et de nos envies et de donner plus de place à Dieu dans notre vie. Peu à peu, les chrétiens ont choisi de se préparer à vivre Pâques pendant 40 jours. Ils ont choisi ce chiffre parce que dans la Bibl e, c‘ est lui qui signifie le temps pour se tourner vers Dieu : dans l’ Ancien Testament, le peuple hébreu a marché 40 ans à travers le désert vers la terre promise par Dieu. Et dans l’ Evangile, Jésus a passé 40 jours dans le désert avant de commencer sa mission auprès des hommes. D’ ailleurs, Carême veut dire«quarante ». Spécial Jeunes Relis l'évangile Lc 6,39-45 Ne regarde pas la paille qu'il y a dans l'oeil de ton voisin,mais regarde la poutre qu'il y a dans ton oeil." Durant ce Car ême , la parole de Dieu nous invite à ne pas juger. Qui juges-tu ? voisins, amis, famille, camarades de classe...? Jésus nous invite à nous analyser d'abord avant de porter une critique ou un jugement sur notre prochain. Jesus face aux difficultés de sa vie ne choisit pas la facilité, ni le pouvoir, la richesse, la gloire. Il choisit de se tourner vers la Parole de Dieu qui peut combler nos manques les plus profonds, et garde sa main dans celle de Dieu. Remets les paroles de Jésus face a ux tentations dans l'ordre Ma prière Seigneur, aide-moi à ne plus juger quiconque. Ai-je bien compris ? résolution no1 résolution no2 Inès Saint Lèbe & Maéva Celeste Et si tu faisais 2 promesses à Dieu ?

Page 13

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 13 Calendrier de Carême des jeunes veilleurs Spécial Jeunes Inès Saint Lèbe & Maéva Celeste AdorationmessejeuneEvangeliser priere formation jesuslecture bible quarante Retrouve les mots suivants dans la grille ! Tu as 40 secondes ! Diffuse l'évangile Films à voir sur chrétientv.com Un dessin animé et un film retraçant la vie de Jésus-Christ. Diffuse l'évangile Diffuse l'évangile Diffuse l'évangile Diffuse l'évangile Prie avec un ami Prie avecun ami Aider un pauvre Aider un pauvre Aider un pauvre Lir e l a parole de Dieu Lire la parole de Dieu Lire la parole de Dieu Lire la parole de Dieu Lire la parole de Dieu

Page 14

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 14 LA FRATERNITÉ : CHEMIN DE CONVERSION DOSSIER I. Le premier-né d’une multitude de frères. Par sa mort sur la croix, Jésus est devenu « le premier-né d’une multitude de frères » (Rm 8,29) ; il a réconcilié avec Dieu et entre elles les deux fractions de l’humanité : le peuple juif et les nations (Ep 2,11-18). Ensemble elles ont maintenant accès au Royaume, et le frère aîné -le peuple juif- ne doit plus jalouser le prodigue enfin revenu à la maison du Père (Lc 15,25-32). Après sa résurrection, le Christ peut appeler ses disciples des frères (Jn 20,17 ; Mt 28,10). Telle est maintenant la réalité : tous ceux qui le reçoivent deviennent des enfants de Dieu (Jn 1,12), des frères, non pas en raison de la filiation d’Abraham selon la chair, mais par la foi au Christ et l'accomplissement de la volonté du Père (Mt 12,46-50 p ; cf 21, 28-32). Les hommes deviennent ainsi frères du Christ non pas en un sens figuré, mais par une naissance nouvelle (Jn 3,3). Ils sont nés de Dieu (1,13) ; ayant la même origine que le Christ qui les a sanctifiés et qui « ne rougit pas de les nommer frères » (He 2,11). Le Christ, en effet, est devenu en tout semblable à nous, pour nous faire devenir fils avec lui (2,10-17). Fils de Dieu au sens plein, capables de lui dire « Abba », nous sommes aussi co-héritiers du Christ, parce que devenus ses frères (Rm 8,14- 17), bien plus liés à lui que nous ne pourrions l’être à des frères selon la chair. 2 . La communauté des frères dans le Christ. De son vivant, Jésus a lui-même jeté les bases et énoncé la loi de la nouvelle communauté fraternelle : il a repris et perfectionné les commandements qui concernaient les relations entre frères (Mt 5,21-26), faisant une place notable au devoir de correction fraternelle (Mt 18,15ss). Si ce dernier texte laisse entrevoir une communauté limitée dont le frère infidèle peut être exclu, on voit ailleurs qu’elle est ouverte à tous (Mt 5,47) : chacun doit exercer son amour envers le plus petit de ses frères malheureux, car en eux, c'est toujours le Christ qu’il rencontre (Mt 25,40). Après la Résurrection, quand Pierre a « affermi ses frères » (Lc 22,31s), les disciples constituent donc entre eux une « fraternité » (1 P 5,9). Certes ; au début, ils continuent de donner le nom de « frères » aux Juifs, leurs compagnons de race (Ac 2,29 ; 3,17...). Mais Paul ne voit déjà plus en ceux-ci que ses frères « selon la chair » (Rm 9,3). Car une nouvelle race a pris naissance à partir des Juifs et des nations (Ac 14,1s), réconciliés dans la foi au Christ. Plus rien ne divise entre eux ses membres, pas même la différence de condition sociale entre maîtres et esclaves (Phm 16) ; ils sont tous un dans le Christ, tous frères, fidèles bien-aimés de Dieu (vg Col 1,2). Tels sont les vrais fils d'Abraham (Ga 3,7-29) : constituant le Corps du Christ (1 Co 12,12-27), ils ont trouvé dans le nouvel Adam le fondement et la source de leur fraternité. 3 . L'amour fraternel. C’est au sein de la communauté croyante que s’exerce d'abord l’amour fraternel. Cette « philadelphie sincère » n'est pas une simple philanthropie naturelle : elle ne peut venir que de la « nouvelle naissance » (1P 1, 22s). Elle n'a rien de platonique, car, si elle cherche à atteindre tous les hommes, c’est à l’intérieur de la petite communauté qu’elle s'exerce : fuite des dissensions (Ga 5,15), soutien mutuel (Rm 15,1), aumône (2 Co 8-9 ; 1Jn 3,17), délicatesse (1Co 8,12). C’est elle qui réconforte Paul lorsqu'il arrive à Rome (Ac 28,15). Dans son épître, Jean semble maintenir au mot « frère » son sens restreint, celui de membre de la communauté croyante. L’amour fraternel est l’inverse de l'attitude de Caïn (1Jn 3,12-16) ; il est le signe indispensable de l’amour envers Dieu (1Jn 2,9-12). [...] Source : Extrait du « Vocabulaire de Théologie biblique » ■ Tous frères en Jésus-Christ La  fraternité  est  un  des  cinq  essentiels  à  vivre  pendant  le  carême.  C’est  ainsi  que  nous  vous  proposons,  sous  plusieurs  aspects,  son  développement  dans  notre  vie.  Tout  d’abord,  nous  constaterons  que  la  fraternité  est  une  valeur  biblique  à  étudier  afin  de  comprendre  l’appel  universel qui fait de nous tous des frères. Puis, nous verrons sa déclinaison dans la société avec  la fraternité républicaine, ainsi que les  projets qui la valorisent et la font avancer. Cependant,  celle-ci nous demande d’emprunter des chemins de conversion et de guérison. Le  rêve  prophétique  de  fraternité  universelle  devient  réalité  dans  le  Christ,  nouvel  Adam.  Sa  réalisation  terrestre dans l'Église, pour imparfaite qu’elle soit encore, est le signe tangible de son accomplissement final. 

Page 15

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 15 F ace aux crises qui menacent aujourd’hui l’unité de la société, l’Eglise martiniquaise, convaincue qu’il ne sera pas possible de les affronter sans un élan de fraternité, s’invite dans les débats publics en cours. C’est cette idée que voudrait incarner Nou Tout Sé Frè (NTSF : tous frères), projet initié par deux chrétiens et porté, sous la responsabilité du père Jean-Michel Monconthour, par l’Eglise et sa Pastorale sociétale. Le groupe projet NTSF considère que, sans un sursaut collectif, les forces de délitement finiront par l’emporter sur les capacités de reconstruction. Peut-on assister sans réagir à la fragmentation grandissante des familles chrétiennes ? Quand bien même des initiatives sont prises pour "le vivre ensemble", elles semblent affaiblies par leur dispersion et leur manque d’unité. Les populismes, qui pourtant expriment un désir de stabilité, de travail gratifiant pour tous, de justice sociale, laissent la haine déformer ces désirs. Les technologies numériques font commerce de notre soif de connexion, mais laissent la violence s’exprimer librement sur leurs réseaux. Face à ces courants mortifères, la dynamique actuelle des initiatives fraternelles est loin de pouvoir inverser la tendance. Dès lors, le groupe projet, interpelé par la misère de nos frères en n’importe quel point de l’île, estime qu’il n’est plus possible d’invoquer l’ignorance pour fuir nos responsabilités. Le projet proposé aux fidèles du diocèse, a pour objectif de co-construire, en lien avec la société civile et les institutions publiques, une démarche de fraternité universelle, s’appuyant sur la lettre encyclique du pape François (Fratelli Tutti). La discipline spirituelle décrite indique clairement que la fraternité universelle et l’amitié sociale doivent être cultivées conjointement. S’il est vrai que pour le chrétien, toute vie créée trouve son origine en Dieu le Père et que dans le Christ, nous devenons tous frères et sœurs, NTSF invite chacun à s’engager dans sa paroisse pour créer une fraternité plus ouverte, renforçant la solidarité entre tous, sans distinction d’origine, de race ou de classe. L’Eglise entend ici apporter sa contribution en responsabilité. Pour que chaque fidèle y prenne sa part, le projet NTSF se veut en rupture avec la pratique trop courante dans l’histoire où l’universalité s’est imposée comme la loi des vainqueurs politiques et des dominants culturels. L’universalité n’est pas un concept s’imposant à tous par une volonté politique ou culturelle. Le comité NTSF propose donc à chaque fidèle d’enrichir le projet dans sa paroisse, par sa réflexion, autour des 2 axes ci-dessous : • Un rendez-vous collectif solennel pourrait être organisé autour de la fraternité chaque 22 mai, qui ferait de cette journée celle du "vivre ensemble en paix, en Martinique" ; sorte de "Fête nationale" locale de la fraternité. • Lors de cette journée, les associations pourraient faire connaître leurs activités de solidarité, de lutte contre la haine en ligne ou de transition écologique ; chacun apporterait sa contribution, ses pratiques, sa manière de voir, ses réussites et ses difficultés. Les courants philosophiques, spirituels, religieux et laïcs pourraient saisir l’occasion pour échanger et approfondir ensemble l’idée de fraternité. Ainsi pourrait se constituer peu à peu une force appelant à placer la fraternité au cœur des politiques d’intérêt général, au risque à l’inverse de voir se réaliser la parole prophétique ci-dessus de Martin Luther King. Léandre Beauroy ■ inscrire la fraternité au cœur du débat social Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots (Martin Luther King). ‘‘ ‘‘ Nous devons apprendre ‘‘ Nous devons apprendre un concept s’imposant à tous par une volonté politique ou culturelle. Le comité NTSF propose donc à chaque fidèle d’enrichir le projet dans sa paroisse, par sa réflexion, autour des 2 Nou Tout sé frè" : Dès lors, le groupe projet, interpelé par Un rendez-vous collectif solennel Père de Reynal, Léandre Beauroy et père Monconthour Père de Reynal, Léandre Beauroy et père Monconthour

Page 16

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 16 LA FRATERNITÉ : CHEMIN DE CONVERSION DOSSIER La devise républicaine « liberté-égalité-fraternité » apparait en 1848. Elle figurait à l’époque  sur le drapeau tricolore. Si la liberté et l’égalité avaient du sens pour les citoyens de l’époque,  la fraternité en avait moins. Cette dernière n’était d’ailleurs pas inscrite dans la déclaration  des droits de l’homme de 1789 à l’instar des deux autres.  L a fraternité renvoie à la solidarité, à l’hospitalité, au vivre ensemble. Simple valeur morale, elle a toujours eu moins d’impact et de popularité que les deux autres, car probablement pas assez précise ou encore liée à la religion. Le Conseil constitutionnel, en 2016, reconnait la fraternité comme principe constitutionnel. Le cadre de cette décision est l’aide portée aux migrants, plus précisément sur le délit de solidarité portée aux migrants. Selon le Conseil, la fraternité revêt deux dimensions. La première, collective, qui réside en une exigence de solidarité. La seconde un peu plus personnelle qui consiste à être tolérant face aux mesures d’entraides proposées aux personnes en détresse. De « parent pauvre » elle est promue au stade de norme juridique. Cette reconnaissance était- elle nécessaire ? Pourquoi valoriser cette notion de fraternité ? Apparemment, porter secours, tendre la main, sont de l’ordre de l’exceptionnel. Aussi, le fait d’affirmer de nos jours que faire preuve de miséricorde est « légal » relève plutôt d’un désastre sociétal. Notre société souffre de nombreux maux, de vives inégalités et d’évidentes fractures. Il est clair que faire naître un élan de générosité, d’hospitalité parait irréalisable. Face au désarroi, émergent l’égoïsme, le repli sur soi, l’individualisme. La fraternité permet de mettre en évidence les manquements de notre société et notamment le vivre ensemble qui est de plus en plus battu en brèche, alors que la fraternité est le lien essentiel entre la liberté et l’égalité. C’est bien elle qui permet aux autres de vivre. C’est elle qui fait émerger une famille humaine, au sein de laquelle la solidarité a sa raison d’être. L’Etat joue pleinement son rôle en mettant des dispositifs institutionnels relatifs à des domaines tels que la santé, le chômage, la famille, les personnes âgées, mais il revient à chacun de nous de faire vivre à notre niveau la fraternité, de poser une touche d’humanité. Le malheur de mon voisin, sa souffrance m’affectent et me font réagir. Cette fraternité est précieuse car elle est en nous et est un élan d’amour qui ne répond à aucune obligation extérieure. Elle révèle le ciment qui lie les êtres humains. Certains s’opposent à la fraternité. Il est pour eux inconcevable de considérer leurs ennemis ou leurs opposants politiques comme leurs « frères ». Pourtant, l’autre demeure inexorablement mon frère et un autre moi. Le principe de fraternité devrait faire partie du parcours éducationnel. S’il ne peut vivre par lui-même, il faut éduquer les enfants à cette pratique. Qu’il devienne une culture de vie. Il est nécessaire de développer un volet humain hors des sentiers figés et établis afin que les générations futures s’approprient ce mode de vie et permettent de créer une mutation sociétale. Bien souvent, nous déplorons, manifestons notre désaccord et dénonçons des décisions ou des orientations du gouvernement. Mais cette nécessaire colère ne peut empêcher notre bonheur de vivre au sein d’une démocratie. Heureux d’être libre, de penser, de lire. Nicole Chésimar ■ Fraternité républicaine

Page 17

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 17 D ans la société, l’apprentissage du vivre ensemble peut se réaliser dans des lieux différents comme l'Église, l’école, le monde du travail et aussi celui des associations qui favorisent cet apprentissage. Mais on le sait, la famille est le premier lieu du vivre ensemble pour l’individu. Dans le milieu familial, il devra apprendre à résister aux tentations de rejet et de division. La généalogie de Jésus-Christ (Mt 1, 1-17 ; Luc 3, 23-38) est un exemple du vivre ensemble dans laquelle on trouve des hommes et des femmes qui parfois sont défaillants. Cette généalogie peut nous éclairer sur nos familles et plus généralement sur la communauté martiniquaise. C’est dans cette humanité pécheresse que Dieu va faire sortir son Fils Jésus. C’est dans ce lignage où le péché est présent que l’incarnation du Fils de Dieu vient s’accomplir. Jésus n’a pas cherché à purifier le passé de ses origines humaines en y excluant une partie de ses ancêtres. Le Christ veut nous aider à construire notre histoire personnelle, celle de notre famille, et collective en tant que peuple en acceptant notre passé et tous nos ancêtres. Les noirs et les blancs La hiérarchisation de la société en fonction de la couleur de la peau et des cheveux est une séquelle de l’esclavage. Malheureusement, ce mode de fonctionnement se retrouve dans la famille. Suis-je prêt ou prête à pardonner à ceux et celles qui, dans ma famille, m’ont rejeté à cause de ma couleur de peau, de mes cheveux crépus ? Est-ce que je refuse d’avoir honte de moi- même, de m'accepter comme Dieu m’a fait ? La réalité des familles monoparentales avec les pères absents peut s'expliquer par ses histoires. La difficulté pour un grand nombre d’hommes d’assumer une paternité responsable au sein de leur foyer nous interroge. Suis-je prête à pardonner aux hommes de ma famille leur absence ou l’abandon de vie du foyer ? Au-delà de la sphère familiale, ce sont tous les membres de la société martiniquaise que le projet pour construire le vivre ensemble devra toucher. Nous sommes issus de la même humanité qui a du, à un moment de l’histoire, faire commerce des êtres humains, pratiquer l’esclavage pour de l’argent. Saint Paul ne dit-il pas en 1Timothée 6,10 que la racine de tous les maux c’est l’amour de l’argent ? Face à la division engendrée par cette histoire dans notre communauté martiniquaise, le moment n’est-il pas venu pour nous de nous rassembler, de nous parler en vérité pour faire peuple ? Le temps n’est-il pas d’entrer dans une démarche d'auto-réparation en prenant le chemin de la réparation intégrale pour restaurer les personnes au niveau matériel, humain et spirituel ? Travailler pour le vivre ensemble en Martinique, n’est-ce pas là le défi le plus urgent qu’ensemble nous devons relever ? L’histoire de l’esclavage est devenue un fonds de commerce qui aiguise les appétits. Beaucoup utilisent les moyens de communication, l’art, la culture et le lieu de la politique, pour capter à leur profit la rente mémorielle. Ai-je compris que je me suis laissé intoxiquer et endoctriner par des manipulateurs qui se servent de la culture et de la politique pour produire des émotions négatives comme résultat la haine de tous contre tous ? Est-ce que, dans une démarche d'auto-réparation, je m’engage à mettre les moyens de communication, la culture et les arts, au service d’une réparation intégrale, qui tient compte de mes besoins matériels, humains et spirituels ? Beaucoup pensent que, par notre métissage et notre potentiel pour faire grandir cet art de vivre ensemble, nous sommes déjà une image de l’humanité de demain. N’avons-nous pas une mission pour l’humanité ? Dans le livre du prophète Isaïe, il est écrit : « Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » (Is 49,6). Être lumière pour les nations, n’est-ce pas cela tout le sens de notre vivre ensemble en Martinique ? Oui je le crois. Père Benjamin François-Haugrin Curé de Rivière-Salée (Grand-Bourg et Petit-Bourg) et Régale (Insolidum) ■ « Je fais de toi la lumière des nations » (Is49,6)

Page 18

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 18 P ourquoi y a-t-il une volonté de faire carnaval encore plus cette année ? La pandémie a-t-elle un effet sur le carnaval ? A mon avis, les deux années de  confinement ont été compliquées.  Vivre la pandémie sur l’île sans  pouvoir se retrouver entre amis, en  famille en étant séparés les uns des  autres par une distance sanitaire  insupportable a été difficile. Les  gens ont besoin de sortir de cette  situation d’angoisse marquée par  l’isolement et les deuils. Ils n’ont  pu mettre en place les rites sociaux  qui permettent la résilience tels  que les veillées funèbres, les repas  familiaux. Beaucoup ont besoin de  souffler. Le carnaval est un rendez- vous annuel qui permet le  rassemblement et le vidé   qui en quelque sorte  libère. Quel sens donné à ce rituel qui revient chaque année ? Il est vrai que le carnaval  commence très tôt, après  les fêtes de Noël qui sont  comme des temps de préparatifs  aux cinq jours gras prévus dans le  calendrier. En effet, il se déroule  dans un rituel immuable qui  revient chaque année, avec son  rite d’ouverture le dimanche,  et  rassemble pêle-mêle la population  autour de la reine.  C’est comme un rite d’ouverture  et d’accueil. Le centre-ville est le  premier lieu de la fête organisée  par les associations et les pouvoirs  publics qui accompagnent et  régulent cette manifestation  populaire. Chacun y  trouve sa place, soit dans  un groupe structuré ou  soit dans un groupe  informel. Le second  jour gras, le lundi est  celui du mariage burlesque  qui donne lieu à des défilés  solennels de couples inversés, telle  une procession en compagnie de  certains déguisés en maire, prêtre, et  évêque. Il y a la prise en compte d’un  aspect fondamental de la société.  L’alliance conjugale étant le premier  contrat social institutionnel,  religieux. A  l’origine de la société, tout  commence par  le couple. L’inversion  des rôles est  peut être une  invitation  pour tous  de revenir au  point de départ  de l’énergie  créatrice de tout, afin  de retrouver l’élan nécessaire, avant  de repartir dans les occupations  quotidiennes. Ce temps de carnaval  est un temps de ré-création.  Ce renouveau souhaité dans le  carnaval prend tout son sens dans  le déploiement du rite lors du mardi  gras, jour de sortie du « papa djab ».  La couleur symbolique est le rouge.  Les déguisements représentent divers métiers et réalités de la vie sociale. Ce jour est riche d’espérance, de fécondité et de prospérité d’une vie dans l’abondance. Le vaval, symbole de ce qui est opposé au bien-être de la communauté, sera brûlé le mercredi des cendres. Tous les carnavaliers seront parés de noir et blanc pour vivre l’incinération dans les larmes, tout en lui manifestant des regrets, des pleurs en attendant le prochain carnaval. Y a-t-il une opposition entre carnaval et religion ? Le carnaval n’est pas un rite chrétien.  Il est un rite païen pour fêter le  changement de saison, symbolique  du passage de la mort à la vie.  C’est certainement pour cela que  les autorités d’alors l’ont placé dans  le calendrier avant le C arême et la  fête de Pâques, mort et  résurrection   de Jésus-Christ. Il se présente alors  comme un temps de divertissement   et de réjouissance avant de vivre  l’austérité du Carême. Il  ne s’oppose  pas aux religieux, mais il peut être  exploité et considéré comme une fête  à multiples dimensions  intéressantes. Propos recueillis par  Nicole Chésima r■ P ourquoi y a-t-il une volonté AN TJÈ LÉGLIZ-LA Interview de père Jean-Michel MonconthourInterview de père Jean-Michel Monconthour Focus sur … le carnaval

Page 19

ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 février 2022 – n° 636 19 Agenda de l’Archevêque Du 27 février au 06 mars : • Visite à Rome, prédication de retraite Dimanche 27 février : •17h30 : Vêpres solennelles à Emmaüs Mardi 08 mars : • Conseil presbytéral Mercredi 09 mars : • Rencontre avec les confirmands des établissements du Séminaire Collège Sainte-Marie et du Pensionnat Saint-Joseph de Cluny par visioconférence • 18h : Catéchèse de l’Évêque à Emmaüs Du 10 au 13 mars : • Guadeloupe Jeudi 10 mars : • Cours de Théologie de la spiritualité par visioconférence Dimanche 13 mars : • 15h30 : Célébration de l’Appel décisif à la cathédrale Saint-Louis • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint- Louis ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE MARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père Pinchon BP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDEX Téléphone : 06 96 310 333 - E-mail : michel.pouch@wanadoo.fr oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer  sur les possibilités de legs, donations et assurances-vie à l’Association Diocésaine. oui ,je  souhaite  être  contacté  pour  un  rendez-vous  au  Service  des  legs  et  donations ou à mon domicile. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’espérance en héritage DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part Mes coordonnées  ❏ Mme ❏ Melle    ❏ M. Nom  Prénom Adresse Code postal Ville  Téléphone E-mail Paroisse  (facultatif) POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MARTINIQUE Chers abonnés, Nous améliorons la prise en charge de votre règlement. Vos chèques concernant votre abonnement à la revue diocésaine Église en Martinique devront désormais être libellés à l’ordre de : AD COM Martinique (au lieu de Archevêché de Fort-de-France). C’est l’abréviation de : Association Diocésaine de Communication de Martinique. Communiqué d’Église en Martinique COMMUNIQUÉ Nous améliorons la prise en charge de votre règlement. Vos chèques concernant votre devront désormais être libellés (au lieu de Archevêché de Fort-de-France). C’est E glise en MARTINIQUE Une Eglise engagée... N° 609REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €8 NOVEMBRE 2020 Hommage au père Filopon Le pape et la question homosexuelle : explication de l'EvêqueDossier : l'action des catholiques dans la Société lise MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE EEEglise engagée...Eglise engagée...E N° 609REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUELLE — 2,00 €8 NOVEMBRE 2020 l'action des catholiques l'action des catholiques E glise en MARTINIQUE La revue "Eglise en Martinique" a 30 ans « J’étais malade et vous m’avez visité ! » N° 614REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €31 JANVIER 2021 Hommage au père Filopon Sainte Joséphine Bakhita, de l’esclavage à la saintetéRetraite spirituelle des prêtresDOSSIER : Actions de l’Eglise auprès des malades et des soignants Retrouvez les actualités du diocèse sur : http://martinique.catholique. fr

Page 20

Numéros précédents