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E g lise en MARTINIQUE A vec Marie, vivre l’Epiphanie ! N° 612 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 € 3 JANVIER 2021 Dossier : Notre-Dame du grand retour Vœux 2021 de prêtres

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2 3 S ommaire E n cette fête de l’Épiphanie célébrée aujourd’hui, n\ ous venons recueillir les fruits du temps de l’Avent et de Noël. Nous fêtons la manifestation de l’Amour de Dieu pour toute l’humanité. La lumière de Noël est, en effet, pour tous les hommes, aussi éloignés de Dieu soient- ils ! Chacun de nous a reçu la lumière de l’étoile. À nous de la faire briller dans notre cœur. Le 1 er janvier, en la solennité de Marie, Mère de Dieu, l’Eglise a prié pour la paix dans le monde. Le Message du pape François pour cette 54 ème Journée mondiale de la paix avait comme thème « La culture du soin comme parcours de paix ». L’année 2020 a été marquée par la crise sanitaire de la Covid-19. Cette crise « nous enseigne qu’il est important de prendre soin les uns des autres et de la création pour construire une société fondée sur des relations de fraternité » affirme le pape. D’où l‘importance de promouvoir « une culture du soin », afin d’éliminer « celle de l’indifférence, du rejet et de l’affrontement, souvent prédominante aujourd’hui ». Une nouvelle année commence, et avec elle se tourne une page du passé. Cependant, certains événements résistent au temps. C’est le cas d’une affaire qui a fait grand bruit en 1948, année où la Martinique a reçu Notre-Dame de Boulogne, appelée également « La Madone » ou encore « Notre-Dame du Grand Retour ». Notre dossier en fait référence. Une Historienne et un Sociologue nous en parlent. Quelques témoignages viennent enrichir le débat. La nouvelle année est également propice aux vœux. Eglise en Martinique a recueilli pour vous ceux de quelques prêtres de notre diocèse. Dieu offre à tous son Salut. Aujourd’hui comme hier, il continue de se révéler, et pour cela, Il a besoin de chacun. Demandons la grâce de nous mettre en chemin avec cette fête de l’Épiphanie. Oui, Seigneur, donne-nous la foi des mages ! Bonne et sainte année à tous ! Justine Lordinot n EDITORIAL 2 AGENDA DE L'EVEQUE 9 EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE • La Parole Dominicale • La Madone rassem\ble et conduit son peuple • Notre-Dame de Boulogne La Madone la Josseau • Témoignages • Que veut dire pour toi l'Epiphanie ? • Zoom sur… Les nomade\ns du Rosaire • Fêtons Noël autrement avec Radio Saint-Louis\n • Noël en Eglise et da\nns l’Espérance • Vœux 2021 des prêtres • Quel est le rôle de Marie pour nou\ns ? • Et la petite fille pleure • Message du pape pour l\na 54 e journée mondiale de la paix 3 EGLISE UNIVERSELLE\C 7 5 6 8 10 13 14 15 17 AN TJÈ LÉGLI\b-LA 18 Dossier : NOTRE DAME DU GRAND RETOUR – MÉMOIRE BLESSÉE MÉDIAS 19 4 DIRECTEUR DE PUBLICATION  : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF  : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE  : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 3 E En fin d’année, une très jeune femme est entrée dans mon bureau pour accompagner sa tante religieuse avec qui j’avais rendez-vous. Elle semblait un peu impressionnée ; en tout cas surprise, de se retrouver là avec l’Archevêque, et sa tante qui tentait de la mettre à l’aise en la taquinant. Se préparant à un métier dans le social, il n’y avait aucun doute sur la grande ouverture de cœur de cette fille martiniquaise issue d’un milieu chrétien, simple, honnête et travailleur. Elodie avait 20 ans et on était en 2020. 2020, cette triste année des confinements, des isolements, des faillites, de la séchéresse, des inondations, de l’angoisse, et de la mort partout dans le monde. Certes, certains se sont mariés, d’autres ont enfanté, d’autres encore se sont reposés et d’autres ont même gagné (comme notre yole reconnue patrimoine de l’humanité) … mais que penser de l’année à venir ? J’étais heureux de voir tant de fraîcheur chez une jeune. Elle était tout simplement… normale. La modestie de sa tenue et de son attitude, la franchise de son regard et de ses réponses ont suffi à chasser mon petit découragement pour 2021. Avoir une jeunesse, une jeunesse fidèle, une jeunesse bien élevée, est une grâce que nous ne mesurons pas assez malgré notre vieillissement collectif. Peut-être avais-je déjà vu cette jeune, comme des milliers d’autres, il y a 4 ou 5 ans lors de sa confirmation. En tout cas cette rencontre me rappelait que nos familles, notre système éducatif, notre Eglise sont encore en mesure de mettre au monde des jeunes ni hurleurs, ni prétentieux, ni désabusés, ni gâtés (sinon un petit peu), ni débauchés, ni violents, ni neurasthéniques. Elodie était un signe d’espérance. Une consolation. Le temps nous manquait pour un échange prolongé. Je la pressais pourtant de questions sur son projet de vie : Envisageait-elle de se marier un jour ? De vivre en Martinique et d’y élever ses enfants ? Elle me dit que si elle devait un jour envisager de quitter la Martinique se serait pour se protéger des gens malsains et des relations toxiques. Cette jeune prophétesse venait me rappeler que la partie la plus pure de notre jeunesse (et pas seulement de notre jeunesse), celle qui ne se voit pas sur les écrans mal élevés de la TV et des réseaux, n’avait pas oublié l’autre virus. Notre virus bò kay qui nous envoie à la figure autre chose que des postillons infectés mais une agressivité ambiante : le virus de la méfiance collective. Exacerbé par les réseaux sociaux dans le microcosme îlien, il se nourrit du stupre empoisonné des jactances, des outrances, des irrévérences, des violences, des inconstances, des intempérances et des indécences… Beaucoup choisissent un geste barrière radical : l’exil. En 2021, nous voilà au pied du mur (et en plus il y aura des élections !) Familles, Eglise, Politiques, chacun doit tirer la leçon de tout cela. D’où viendra le salut de notre pays ? D’un vaccin ? De subventions ?... De l’extérieur ? Ou bien surtout de la résilience légendaire de ce peuple, victorieux de toutes les calamités par sa prière et sa solidarité ? Notre force : la foi, l’espérance, l’amour et la confiance mutuelle, le respect de notre terre. 2021 sera-t-elle l’année du bien commun et du retour de l’entraide ? 2021 sera-t-elle l’année de la valorisation des hommes et des richesses de notre terroir (cadeaux et dons de Dieu) et l’instauration de l’écologie intégrale ? 2021 sera-t-elle l’année d’une vraie et grande fraternité chrétienne ? A nous, et à nous seuls d’écrire cette page d’histoire !... En tout cas en 2021, Elodie aura 21 ans et je lui souhaite une bonne et sainte année. Que Dieu bénisse notre jeunesse et toute la Martinique. + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France n Elle avait 20 ans en 2020 ! MOT DE L’ÉVÊQUE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 4 EGLISE UNIVERSELLE\n C es événements et d’autres, qui ont marqué le chemin de l’humanité l’année passée, nous enseignent qu’il est important de prendre soin les uns des autres et de la création pour construire une société fondée sur des relations de fraternité. C’est pourquoi j’ai choisi comme thème de ce message : La culture du soin comme parcours de paix. Une culture du soin pour éliminer la culture de l’indifférence, du rejet et de l’affrontement, souvent prévalente aujourd’hui. Dieu créateur, origine de la vocation humaine au soin. […] Dans la Bible, le Livre de la Genèse révèle, dès le début, l’importance du soin ou du fait de garder dans le projet de Dieu pour l’humanité, mettant en lumière la relation entre l’homme (‘adam) et la terre (‘adamah), et entre frères. Dans le récit biblique de la création, Dieu remet le jardin “planté en Éden” entre les mains d’Adam avec la charge de “le cultiver et de le garder”. Cela signifie, d’une part rendre la terre productive et, d’autre part, la protéger et lui conserver sa capacité de soutenir la vie. Les verbes “cultiver” et “garder” décrivent la relation entre Adam et sa maison-jardin, et montrent aussi la confiance que Dieu met en lui en le faisant seigneur et gardien de toute la création. […] Les principes de la doctrine sociale de l\bÉglise comme base de la culture du soin. La diakonia des origines, enrichie par la réflexion des Pères et animée au cours des siècles par la charité agissante de si nombreux témoins lumineux de la foi, est devenue le cœur battant de la doctrine sociale de l’Église qui s’offre à toutes les personnes de bonne volonté comme un précieux patrimoine de principes, critères et indications desquels tirer la “grammaire” du soin : la promotion de la dignité de toute personne humaine, la solidarité avec les pauvres et les sans défense, la sollicitude pour le bien commun, la sauvegarde de la création. […] La boussole pour un cap commun. À une époque dominée par la culture du rejet, devant l’aggravation des inégalités dans les nations et entre elles, je voudrais donc inviter les responsables des Organisations internationales et des gouvernements, du monde économique et du monde scientifique, de la communication sociale et des institutions éducatives, à prendre en main cette “boussole” des principes rappelés ci-dessus pour imprimer un cap commun au processus de globalisation, « un cap réellement humain ». […] La boussole des principes sociaux, nécessaire pour promouvoir la culture du soin, est indicative même pour les relations entre les nations qui devraient être inspirées par la fraternité, le respect réciproque, la solidarité et l’observance du droit international. À ce sujet, la protection et la promotion des droits humains fondamentaux, qui sont inaliénables, universels et indivisibles, doivent être réaffirmées. […] Pour éduquer à la culture du soin. La promotion de la culture du soin demande un processus éducatif. Pour cela, la boussole des principes sociaux constitue un instrument fiable pour divers contextes interdépendants. Je voudrais donner à ce sujet quelques exemples. - L’éducation au soin naît dans la famille, élément naturel et fondamental de la société, où l’on apprend à vivre en relation et dans le respect réciproque. […] - Les religions en général, et les leaders religieux en particulier, peuvent jouer un rôle irremplaçable en transmettant aux fidèles et à la société les valeurs de la solidarité, du respect des différences, de l’accueil et du soin des frères les plus fragiles.[…]. Il n\by a pas de paix sans la culture du soin. La culture du soin, cet engagement commun, solidaire et participatif pour protéger et promouvoir la dignité et le bien de tous, cette disposition à s’intéresser, à prêter attention, à la compassion, à la réconciliation et à la guérison, au respect mutuel et à l’accueil réciproque, constitue une voie privilégiée pour la construction de la paix […] Comme chrétiens, nous tenons le regard tourné vers la Vierge Marie, Étoile de la mer et Mère de l’espérance. […] Du Vatican, le 8 décembre 2020, François n Message du pape François pour la célébration de la 54 ème journée mondiale de la paix LA CULTURE DU SOIN COMME PARCOURS DE PAIX […] L’année 2020 a été marquée par la grande cri\be \banitaire de la Covid-19 qui e\bt devenue un phénomène multi\bectoriel et global, aggravant de\b cri\be\b trè\b fortement liée\b entre elle\b […]

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 5 Dimanche 03 janvier \0\b0\b1 la P arole Dominicale L'Épiphanie du Seigneur - Année B Introduction : Prière Dieu se révèle pour réaliser son projet d’amour, ainsi il associe l’humanité à cette œuvre de salut. Dans ce chemin de foi, puissions-nous nous mettre en route comme les mages, pour être chemin de lumière, d’amour et de foi pour nos frères et sœurs. Amen ! Réflexion ➊ L’Épiphanie et sa signification L’Epiphanie est une fête de Lumière, Jésus lumière des nations se montre au public, se dévoile. « Debout Jérusalem resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi ». Avec ces paroles du prophète Isaïe, l’Eglise décrit le contenu de cette fête. Oui, il est venu dans le monde, Celui qui est la vraie lumière et qui rend les hommes Lumière. Le voyage des mages d’Orient (Melchior, Balthazar et Gaspard) est pour la liturgie, le début d’une grande procession qui continue tout au long de l’histoire. Avec ces hommes, commence le pèlerinage de l’humanité vers Jésus-Christ pour adorer, magnifier et contempler ce Dieu qui est né dans une étable. C’est également une invitation à l’homme d’aujourd’hui de se mettre debout, se lever, de ses propres ténèbres pour accueillir la lumière. L’Eglise lit l’Evangile selon saint Matthieu avec la vision du prophète Isaïe que nous avons écoutée dans la première lecture. C’est tout un symbole d’humilité. Le voyage de ces hommes est seulement un commencement. D’abord, étaient venus les bergers, des âmes simples pour reconnaître Jésus comme Seigneur. Maintenant, viennent aussi les sages de ce monde, les grands et les petits, les rois et les serviteurs. Les hommes de toutes les cultures et de tous les peuples, comme le dit saint Paul, sont associés au même héritage. En célébrant la solennité de l’Epiphanie, nous sommes à la première évangélisation à partir de la crèche. ➋ Quels genres d’hommes étaient les mages ? Selon divers commentaires, ils étaient des chercheurs, des hommes de science, qui appartenaient à la grande tradition de l’astronomie. Ils voulaient savoir davantage. Ils désiraient comprendre ce qui est important pour l’être humain. Probablement ils avaient entendu parler de la promesse : « Une souche sortira de Jessé, un astre issu de Jacob ». Ceux-ci approfondirent cette promesse. Ils sont allés à sa recherche, en un mot ils sont allés à la recherche de Dieu. Pour vivre sa foi à la hauteur des défis d’aujourd’hui, il faut oser se mettre en chemin. C’est un pas nécessaire, un acte de foi, un acte de conversion pour découvrir le Seigneur qui se laisse trouver. Deux choses sont nécessaires, à savoir : a) Etre un homme attentif, capable de percevoir les signes de Dieu, son langage discret et insistant. b) Etre un homme courageux et humble, comme les rois mages qui ont supporté la fatigue du voyage, la trahison du Roi Hérode. Ils ont bravé les opinions gênantes, dominantes de l’époque pour aller s’incliner devant ce Dieu qui s’est rendu concret, simple et petit pour le toucher du regard. Ce qu’il convient de retenir c’est d’être sur le chemin et non sur le bas-côté du chemin. Celui qui connaît personnellement Dieu peut guider les autres vers Dieu. ➌ L’Etoile, chemin de vie. Les mages ont suivi l’étoile. A travers le langage de la création, ils ont trouvé le Dieu de l’histoire, mais le langage de la création ne suffit pas. Seule, la Sainte Ecriture pouvait leur indiquer de façon définitive la route. Création et Ecriture doivent coexister pour nous conduire au Dieu Vivant. En effet, aujourd’hui, nous parlons de l’écologie, de la préservation de la nature, des espèces naturels pour le bien-être de l’homme. Mais encore faut-il penser à l’Esprit nourri par la Parole de Dieu : gage de la clairvoyance qui est le Christ lui-même. La connaissance de la Parole de Dieu change le destin de l’homme et le conduit sur le chemin de la vérité. Je dialogue avec Jésus Jésus, de toute évidence, mon chemin reste encore peu lumineux malgré mes nombreux efforts. Aujourd’hui, guidé par ta parole et par le mystère de la crèche, je te demande de me conduire vers le chemin de la vérité. Tourne mon regard vers l’Etoile pour que j’aille m’incliner devant toi en toute humilité. Résolution Pour chacun, il y a une Epiphanie possible. Je vous invite à quelques instants de silence pour que s’y passe cette évidente rencontre avec Dieu notre créateur. Dieu peut rendre possible cette rencontre en enlevant le voile qui nous empêche de le voir de manière évidente. Je vous invite au silence pour y déposer : l’or, l’encens et la myrrhe de votre vie, « Se dépouiller pour posséder l’insaisissable ». Père Laurent Sounouvou, Paroisse Morne-des-Esse s n I\baïe 60,1-6 • P\baume 71 • Éphé\bien\b\l 3,2-3a.5-6 • Mat\lthieu 2,1-12,26-38 LITURGIE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 6 I – Présentation du groupe Les Nomades du Rosaire sont composés d’une vingtaine de jeunes, formés en 2 groupes : 13/17 ans et 18/34 ans. Un noyau de 7 Jeunes et 3 adultes prend les décisions, donne les orientations et établit le programme de l’année et celui des retraites. C’est un groupe Marial. Nous apprenons aux jeunes à prier, particulièrement le Chapelet, le Rosaire et cela dans la Nature. C’est la base. II – Naissance du groupe Le groupe a vu le jour le 23 octobre 2008, avec notre curé de l’époque, le père Zénon Jazac. Ce sont les PCE du Robert qui avaient sollicité différents mouvements de la paroisse pour un spectacle. Je faisais le KT dans la Nature aux jeunes du quartier Duchesne au Robert. Nous étions dans un quartier où il y a une Rivière, des espaces de forêt. Je les invitais également à d’autres activités sur la paroisse. Les catéchistes m’ont donc solliciteé pour mettre en place le spectacle des PCE. Les répétitions ont duré environs 4 mois et après le spectacle l’ambiance était tellement agréable et chaleureuse que personne ne voulait en rester là. Nous avons envisagé différentes activités, mais tout existait déjà dans le quartier . Ayant été formée par les Équipes du Rosaire depuis l’âge de 17 ans, je leur ai proposé de faire un groupe de prière du Rosaire dans la nature. Ils ont été d’accord pour un essai, et cela fait 12 ans maintenant. III – Nom du Groupe C’est une jeune du groupe, Maria (qui avait 16/17 ans à l’époque) tout en pleurs un matin me dit : il faut qu’on s’appelle « Les petits Nomades du Rosaire, j’ai une image : la Rose du Désert ». Nous avons fait des recherches sur internet et surtout, nous nous sommes rapprochés de notre nouveau curé, le père Catayée, avec lequel nous avons discerné tout cela. Entretemps, nous avons vécu des temps de prière tellement forts dans la nature, des choses tellement fortes chacun individuellement et dans les familles, que les jeunes, à partir de tout cela, ont créé un logo. IV – Le Logo Une main tendue pour donner et recevoir, à l’intérieur, une rose du désert (fleur qui vit dans le désert et ne meurt jamais, sans eau elle sèche complètement, mais à la moindre goutte d’eau elle reverdit), l’eau dans la main rappelle notre baptême et nous fait nous souvenir que nous sommes chrétiens, la colombe de l’Esprit Saint qui est toujours présent quand nous prions, et le chapelet qui est l’objet de notre rencontre, entre nous et avec Dieu. V – Activités du Groupe Avec les jeunes, il faut que ça bouge. Nous avons donc mis en place des temps de rencontres assez ludiques tous les derniers dimanches du mois, de 15h à 17h30, dans la nature, à la mer ou à la rivière. Nous animons des Messes, des temps d’adoration, au Robert et dans d’autres paroisses lors de nuits des Sentinelles. Nous proposons 3 retraites dans l’année : au carnaval, à la Miséricorde Divine où nous sommes en camping (WE du 2ème dimanche de Pâques) et notre Grande retraite de la semaine du 15 août. Quand nous ne sommes pas en retraite au mois d’août, nous sommes en pèle- rinage. Nous avons eu l’opportunité : - de vivre les JMJ de Madrid et de Pologne. - de nous rendre 3 fois au festival des Jeunes de Medjugorge. - de nous jumeler avec une Commu- nauté Mariale en Italie, la Communauté « Oasis de la Paix ». Nous étions il y a quatre ans à leur festival international à Deliceto en Italie et après nous avons fait la traversée de la Mer Adriatique en bateau pour nous rendre à Medjugorge en Bosnie où ils ont un centre. Projet de JMJ en Juillet 2023 : Nous avions commencé à préparer notre prochaine participation au JMJ du Portugal. Avec la Librairie Immaculée Conception et Air Bonheur, nous prévoyions un temps au Sanctuaire de Fatima, Les JMJ à Lisbonne, et un temps de visite à Paris. Mais COVID !!! Nous n’avions jamais imaginé faire tout cela, Mais la Sainte Vierge et le Sacré Cœur de Jésus guident les choses. Nous accueillons et NOUS LES REMERCIONS. Patricia Bellimont n Zoom sur… Les Nomades du Rosaire VIE DU DIOCÈSE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 7 E n effet, après une année de confinements et de déconfinements, d’angoisses accumulées, de distanciations sociales, et de toutes sortes de bouleversements qu’ont pu connaître les Martiniquais, comment la première radio associative de l’île en terme d’audience (source Médiamétrie) pouvait passer à côté de l’occasion de diffuser « par dessus les toits » la Bonne Nouvelle de la venue du Seigneur Jésus en ce monde ? Elle a donc proposé à la Martinique, et au-delà, une manifestation de qualité présentée par Nicole Déglise (présidente de la radio et animatrice) et Rébecca Jaccobi, une jeune fraîchement arrivée au sein de Radio Saint Louis, que l’on peut notamment entendre lors des émissions « Prions avec la Parole de Dieu » aux côtés de Ludovic. L’émission était en direct sur le plateau de la WebTv Saint Louis, spécialement décoré autour de la thématique du Noël chrétien. Au programme : chants religieux et cantiques de Noël avec les groupes Élan d’adoration (paroisse de Trinité) et Péniel (Paroisse de Saint-Joseph), témoi- gnages et messages d’encouragement, notam- ment avec Florence, une jeune femme mariée vivant en Métropole, le père Wilfried Bannais, ou encore M. Raphael Monta, aumônier de prison... Les téléspectateurs de la WebTv Saint-Louis ont aussi pu vivre en direct un sketch dirigé par la Caravane de l’Espoir, ainsi qu’un conte de Noël en créole imagé par l’équipe du Service multimédia diocésain. Mgr David Macaire a lui aussi participé à cet évènement inédit en donnant un enseignement sur le sens de Noël. Il a poursuivi en présidant les Vêpres solennelles à la Cathédrale Saint- Louis, qui elles aussi étaient imbriquées dans cette émission d’une durée de 3h30, réalisée de main de maître par Georges Petit-Charles et Patrick Dorin, accompagnés de la fervente équipe des bénévoles du Service Multimédia Diocésain. Plus de 6000 personnes ont pu visionner en ligne « Fêtons Noël autrement » via la chaîne YouTube et le Facebook de Radio Saint Louis. Qui sait, peut-être est-ce le début d’une nouvelle aventure de Noël pour la radio catholique diocésaine de la Martinique ! Yann Brédas, Service communication du diocèse de Saint-Pierre et Fort-de-France n Fêton\b Noël autrement ! C’e\bt le titre de la manife\btation « en ligne » qu’a propo\bé Radio Saint Loui\b à \be\b auditeur\b et à \be\b webtélé\bpectateur\b, le dimanche 20 décembre 2020, de 15h à 18h30. VIE DU DIOCÈSE Quand Radio Saint Louis fête Noël autrement !

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 8 « Que la Charité fa\b\be ce que la Ju\btice \beule ne \baurait faire ». Frédéric Ozanam, Fondateur de la Société \Cde Saint-Vincent-de-Paul C e tte année, alors que la crise sanitaire perdure et aggrave les difficultés économiques et sociales, les membres des Conférences Saint-Vincent-de-Paul Saint Louis Cathédrale et Notre-Dame du Rosaire de Redoute ont uni leurs forces à celles des élèves, familles et équipes éducatives du Couvent Saint Joseph-de-Cluny Lamartine, de la Communauté AMEP, des jeunes de JKL (Jenn’ Krétjen Lakatédral) et de la 2ème année de cheminement de la paroisse Cathédrale pour organiser, sur plusieurs jours, du 16 au 21 décembre, une collecte et distribution de paniers de Noël. Aidés des équipes pastorales et des pères Jean-Michel Monconthour (curé de la cathédrale) et Hugues Lafine (curé de Redoute), ils ont fait Église pour montrer Jésus et servir avec persévérance, malgré la pandémie, afin de redonner Force, Espérance et Joie à près de 50 familles et personnes isolées du Centre-Ville et de Redoute. Noël en Eglise et dans l'espérance... Quelques témoignages Du 16 au 21 décembre 2020 Pour servir les familles du Centre-Ville : les élèves et équipes du Petit Couvent et leurs très belles cartes de vœux glissées dans les paniers remis à Saint- Vincent-de-Paul Saint Louis Cathédrale. Confiance, générosité et amour pour regarder au-delà... Rayan, Cathédrale : « C’est bien, on aide les gens, on les aide à avoir de la nourriture. J’aime bien ce que je fais, j’aurais bien aimé le refaire » Dominique, Etudiant : « J’ai bien apprécié le fait d’aider, d’apporter ma pierre à l’édifice pour une cause noble comme celle de Saint-Vincent-de-Paul »

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 9 Agenda de l’Archevêque Dimanche 3 janvier 2021 : Épiphanie du Seigneur • 8h : Messe d’installation du curé de la paroisse des Terres-Sainville • 10h : Messe à la chapelle Citron • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Du 4 au 8 janvier : • Retraite presbytérale au Foyer de Charité Dimanche 10 janvier : Baptême du Seigneur • Messes à la paroisse de Rivière-Salée : • 8h : Petit Bourg • 9h45 : Grand Bourg • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 12 janvier : • Assemblée presbytérale Dimanche 17 janvier : • 7h et 9h : Messes à la paroisse de Sainte-Luce • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Quelques témoignages Pour servir les familles de Redoute : les Equipes et Jeunes de l’AMEP, l’Aumônerie de l’AMEP et Saint Vincent de Paul ND du Rosaire Sofiane, Cathédrale : « C’est bien, parce qu’on fait un geste envers les gens qui en ont besoin » Sonia, Cathédrale : « Je suis à SVDP depuis pas très longtemps ; je trouve ça bien ce qu’on fait parce que j’ai déjà vu beaucoup de familles qui sont dans le besoin, qui sont défavorisées et je trouve ça bien de les aider ».

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 10 R.P. Arnaud Goma, ccn Accompagnateur de la Pastorale des Hommes et de la formation aux ministères institués R.P. Percy Acquah, C.S.S.p Délégué de l’Évêque à la Pastorale de la Santé Abbé Gilles Aïzo Vicaire épiscopal chargé d’accompagner les pastorales diocésaines En cette année 2021, j’ai une pensée particulière pour les malades, les familles éprouvées, ainsi que le personnel soignant rudement mis à l’épreuve depuis le début de la crise sanitaire. Je voudrais vous bénir, et pour ce faire, je me servirai de la très belle bénédiction que le Seigneur a confiée à Aaron et ses fils : Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu'il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la Paix ! (Nb 6, 22-27). J'ajouterai : Que nos Églises soient plus dynamiques, plus fraternelles et plus missionnaires. Bonne année 2021 ! Le Christ que nous contemplons dans le berceau de Bethléem, est petit, fragile, sans défense. Il est pourtant vainqueur, et depuis la Cité du Pain (Bethléem), il fera les premiers pas de la bonté et de la justice qu’il réalisera dans la Cité de la Paix (Jérusalem). L’année 2020 a été remplie d’épreuves pour nous. Nous avons fait l’expérience de la fragilité humaine. Beaucoup de projets se sont écroulés. Cette situation pour notre Diocèse, loin d’obliger à penser constamment au paradoxe et au drame de la réalité humaine, a fait naître un trésor spirituel dans lequel s’inscrit les 12 pastorales. Ces pastorales, en réalité, constituent une action avec ce que cela suppose d’engagement volontaire et de risque encouru, la première tentation est celle de l’abstention. Au nom de quoi agir, et de quel moyen disposer ? Justement nous avons les cinq essentiels du livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 42-47) pour faire grandir toutes les pastorales et leur permettre de pérenniser. Je souhaite qu’en 2021 tous les chrétiens catholiques de notre île contribuent à la croissance des pastorales. Nous avons les moyens pour y parvenir. Que Dieu soit avec nous. Bonne et Sainte année ! R.P. Caleb-Yvon Miantuasila-Tonta, C.S.S.p Délégué de l’Évêque à la Pastorale des groupes et mouvements de Spiritualité C’est avec joie et simplicité de cœur que nous avons accueilli \ de Mgr David Macaire la charge de Délégué épiscopal pour la Pastorale des groupes spirituels au niveau du Diocèse de la Martinique. En nous tournant vers tous les lecteurs d’Église en Martinique en général et, de façon particu- lière, vers les personnes faisant partie de ladite pastorale, nous venons vous présenter nos vœux les meilleurs pour l’année 2021. Puisse le Seigneur vous bénir et vous protéger ! A tous et à chacun, je souhaite une année de paix avec Dieu, soi-même et avec les autres ! Que le Seigneur donne à tous les hommes de Martinique, un cœur tendre et obéis - sant, prompt à accueillir la volonté de Dieu et celle du prochain comme le cher fidèle Joseph ! Mon vœu le plus cher est que tous les hommes et ministres institués gardent le courage, la combativité, la créativité, la dignité et la joie au travail. A toute la Martinique, je souhaite une année pleine de joie, de force, d'espoir et de foi en Jésus Emmanuel : Dieu avec nous ! VŒUX DE PRÊ TRES POUR

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 11 Abbé Patrick Phanor , Accompagnateur du Comité Diocésain de la Musique Liturgique Abbé Emmanuel Chaulvet Délégué de l’Évêque aux Pastorales des Jeunes et des Vocations Abbé Sosthène Godjo Délégué de l’Évêque de la Pastorale Padre Pio R.P. Patrick Acheampong, C.S.S.p Délégué de l’Évêque au CDSC « Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers, et qu’il garde parfaits et sans reproche votre esprit, votre âme et votre corps, pour la venue de notre Seigneur Jésus-Christ. » (1Th5, 23) Chers amis, que la joie demeure dans nos cœurs car, à la crèche, le Seigneur manifeste sa Miséricorde. Avec l’aide de la très sainte Vierge Marie et de saint Joseph, relevons le défi de la foi en soutenant les jeunes et les vocations. Joyeux Noël et Sainte Année 2021 dans la mouvance de l’Esprit Saint. La naissance du Sauveur apporte une lueur inédite dans les obscurités de cette année conjoncturelle 2020. Que toutes ses peines, calamités et incertitudes soient plongées dans le sang du Rédempteur. Et que la nouvelle année 2021 ravive notre espérance, notre foi et notre charité et nous rapproche davantage de la joie du Royaume. Notre Santé dans toutes ses dimensions, notre protection et notre secours restent dans le Nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Aimons sans tarder. Après des mois de détresse, d’anxiété ou d’isolement, beaucoup attendent ce beau moment de partage avec impatience : c’est tout l’esprit de Noël. Gardons toujours la confiance en Dieu. Dieu, à Noël, vient réveiller l’espérance, la paix et l’Amour en nous donnant son fils unique. Cette confiance nous permettra de construire un monde plus fraternel. En cette période si particulière, la Pastorale Diocésaine de la Solidarité et de la Charité vous adresse ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année ; qu’elle soit placée sous le signe de l’Amour de la paix, de la justice et de la solidarité. Abbé Benjamin François-Haugrin Accompagnateur de l’OSPEM et du Réseau Zachée En cette nouvelle année 2021, aux Équipes du Rosaire de Martinique, à la région des Équipes du Rosaire Antilles-Guyane, aux Équipes Notre-Dame, aux membres de l’OSPEM, à CAP 170, aux frères et sœurs du Réseau Zachée et de S.T.S (Serviteurs, Talents, Sainteté) qui découvrent et approfondissent la doctrine sociale de l’Église, à ADUliM (Association pour le Développement de l'Unité et la Liberté en Martinique) qui œuvre pour le vivre ensemble en Martinique, aux fidèles des paroisses du District Sud : Tous, ensemble, devenons lumière des nations (Is 49, 6) ! Dieu nous a élus, Jésus nous a tout donné. Bonne et sainte année à tous. Chers amis choristes et musiciens de notre diocèse : « N’ayez pas peur ! ». Comme le disait saint Jean- Paul II le 22 octobre 1978, place Saint-Pierre : « Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ, à sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des États, des systèmes politiques et économiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation et du déve- loppement ». Je rajouterais volontiers : ouvrez grandes les vannes du chant et de la musique afin que résonne le Gloria, l’Alléluia, le Sanctus, en un mot la Gloire de Dieu. Bonne année musicale et sanctifiante ! VŒUX DE PRÊ TRES POUR

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Abbé Crépin Hounza Délégué de l’Évêque à la Pastorale de la Catéchèse Abbé Médard Kounoudji Chancelier Nous sommes en 2021 ! Je remercie Dieu et les familles pour ce que nous avons vécu de beau dans les difficultés de 2020. Pour la nouvelle année 2021, mieux pour l’avenir, je souhaite l’Espérance et la Vraie Joie à travers le Mystère de Noël. Que l’Éveil à la foi, la Catéchèse et le Cheminement soient le lieu de la redécouverte et de l’annonce de la Joie du Christ ! Soyons Joyeux, fraternels et compatissants dans l’annonce de la Bonne Nouvelle à toutes les familles et à tout le monde. Meilleurs Vœux et Bonnes fêtes à tous, surtout aux acteurs de la Catéchèse Familiale. Nous avons survécu à 2020, non pas à cause de notre jeune âge, non parce que nous avons été plus prudents, ou que nous sommes plus résistants, non parce que Dieu nous aime plus que les autres qui ne sont plus ; mais, parce que nous n’avons pas encore accompli pleinement notre mission d’amour. Profitons de cette nouvelle opportunité pour travailler à semer le bien autour de nous à la maison, dans nos communautés, dans nos cités et sur nos lieux de travail. Sainte Année 2021 ! ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 12 Chers sœurs et frères de notre diocèse. Nous sommes au début l’année 2021, une période marquée par la souffrance, l’an - goisse, le désenchantement et la peur de l’avenir face à la pandémie de la Covid-19. Beaucoup aujourd’hui veulent baisser les bras et tout lâcher. Et pourtant avec Jésus qui vient, Il faut au contraire tenir haut et ferme le flambeau de l’Espérance pour qu’elle brille dans la vie de toutes nos commu- nautés. C’est sur cette note que je me joins à la coordination des PCE (Petites Communautés Ecclésiales) de quartier pour souhaiter à tous les fidèles de notre diocèse de joyeuses fêtes de fin d’année et une heureuse année 2021 ! R.P. Joseph-Pérald Rémy, C.S.S.p Délégué de l’Évêque pour les PCE Abbé Alain Ransay Délégué de l’Évêque à l’Éducation & à la Formation Chers frères et sœurs dans le Christ, je vous souhaite une année riche en découvertes et en émerveillements -un peu à la manière des petits enfants qui découvrent le monde. Nous le savons, tout n’est pas facile, et nous ne sommes pas touts puissants -cette année écoulée nous l’a rappelé de façon éloquente- Cependant, le monde est beau et la vie est belle car notre Créateur est beau et bon. Il a caché une infinité « d’œufs de pâques » dans ce monde qu’il nous appartient de découvrir. Je souhaite une bonne et studieuse année au monde de l’éducation, et à tous une sainte année 2021 ! R.P. Behn-Donnais Cherenfant, csv Accompagnateur du Service Diocésain du Catéchuménat Chers catéchumènes de toutes les paroisses et aumône- ries de la Martinique, Comment ne pas penser à vous en ces temps difficiles ? comment ne pas vous envoyer une parole d’amour, de paix et de joie à l’occasion de Noël et du Nouvel an ? Malgré la crise sanitaire qui fragilise tout et qui vous empêche de vivre de beaux temps de rencontre avec le Seigneur par le chemin catéchuménal, le Seigneur n’a pas dit son dernier mot : Il est en train d’agir en faveur de chacun, chacune de vous. Il nous dit : « Gardez courage, j’ai vaincu le monde ». Chers catéchumènes, ne vous arrêtez pas en chemin, fixez vos regards sur celui qui est la vraie lumière et espérez avec moi, Mme Yvonne Joseph, la responsable diocésaine et vos animatrices et animateurs de toutes les paroisses, des jours meilleurs en 2021. A l’occasion de Noël et du nouvel an, prenons conscience avec le pape François que « l’amour est, au fond, l’unique lumière qui illumine sans cesse à nouveau un monde dans l’obscurité ». Joyeux Noël et heureuse année 2021. Soyez Bénis !

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L ’Église catholique consacre de nombreuses fêtes à la Vierge Marie. Cela dit-il quelque chose de la dévotion que nous devons avoir pour elle ? N. M. : Je me suis moi-même longtemps posé la question, et nos frères protestants pourraient la poser aussi : pourquoi accorder à Marie une place qui semble démesurée ? Pourtant, Marie tient de plus en plus de place dans ma prière, et je me dis que si Marie est si importante, c'est qu'elle nous rend notre dignité d'hommes et de femmes. Faisons un détour par le livre de la Genèse, où Dieu dans le jardin d'Eden donne à profusion disant à l'homme qu'il peut manger de tous les fruits du jardin, sauf celui de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Tout est donné, mais le serpent vient susurrer à l'oreille d'Eve que Dieu refuse à l'homme le droit d'être heureux. Il vient mettre le doute dans le cœur de l'homme sur la bonté de Dieu. Au contraire d'Eve, Marie plonge dans la confiance. Quand l'ange lui dit « Réjouis-toi, Marie comblée de grâces, le Seigneur est avec toi, tu vas mettre au monde un enfant », bien sûr elle demande « Comment cela va-t-il se faire ? », mais elle ne retire pas sa confiance à Dieu. Par la suite, son fils lui en fera voir de toutes les couleurs, disparaissant au Temple à l'âge de douze ans, mourant sur une croix… Toujours elle garde confiance, et elle nous en rend capables, restaurant ainsi notre dignité. C'est pour cette raison qu'on l'appelle la nouvelle Eve ? N. M. : Oui, elle est la femme dont Dieu r?ve depuis toujours ! Elle est ? la premi?re en chemin ?, comme le dit un tr?s beau chant, et non une femme ? part que l'on met sur un pi?destal. C'est celle qui me prend par la main et m'invite avec elle ? oser la conance. [?] Certains pensent qu'il faut bien distinguer la prière à Jésus, qui est la seule importante, et la dévotion à Marie… Et que Marie ne doit pas prendre la place de Jésus. N. M. : Certes, mais regardez les statues représentant Marie : elle n'est pas montrée comme une mère possessive qui garde son enfant contre elle. Bien au contraire, elle est celle qui nous donne Jésus. Marie est celle qui nous conduit à son Fils. C'est elle qui nous enseigne la foi la plus ajustée à son Fils. Vous voulez dire qu'en passant par Marie, vous avez redécouvert qui est Jésus ? N. M. : Elle m'a fait redécouvrir qu'il est possible de donner sa confiance à Dieu, de compter sur lui, de lui donner carte blanche car je sais qu'il sait ce qui est bon pour moi et que je ne serai pas d??u. La joie que Dieu nous propose est paradoxale car elle passe par la Passion, elle emprunte un chemin pascal. Mais au c?ur m?me de la souffrance, par laquelle nous passons tous, Dieu est l?. ? R?jouis-toi, le Seigneur est avec toi ?, et personne ne pourra m'enlever la pr?sence du Christ ressuscit? en moi. L’Église a édicté sur Marie un certain nombre de dogmes que les protestants refusent, mais qui choquent parfois aussi certains catholiques. Ce ne sont pas pour vous des obstacles à la prière mariale ? N. M. : Bien sûr, un esprit cartésien du XXI e siècle aura du mal avec le dogme de l'Immaculée Conception. Les dogmes sont à comprendre de l'intérieur. L'Immaculée Conception ne signifie pas autre chose que cette capacité que Marie a depuis toujours à dire oui et à donner sa confiance. Marie nous réconcilie avec cette part de nous- mêmes qui est la plus belle, elle nous invite à entrer sur ce chemin de confiance. C'est ainsi que j'ai relu ce dogme. Pour vous, pour nous, Marie est-elle un modèle ? Devons-nous la suivre et l'imiter ? N. M. : C'est un chemin de foi. Elle me dit que croire est possible, au-delà de toute apparence. Source : F. Nicolas Morin, directeur des Éditions franciscaines. Propos recueillis par Sophie de Villeneuve dans l’émission "Mille questions à la foi" sur Radio Notre-Dame. n Réponse du F. Nicolas Morin, franciscain Quel est le rôle de Marie pour nous ? ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 13

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 14 Qui e\bt-elle ? D’où vient-elle ? Comment-e\bt-elle parvenue ju\bqu’à nou\b ?\l T out commence dans le haut Moyen-Age dans le Royaume du Roi Dagobert, par la découverte, en 638, d’une statue en bois de la Vierge dans une barque aux environs de Boulogne-sur-Mer : c’est La Madone, la Vierge à l’Enfant, tenant le petit Jésus sur son bras gauche, autour de laquelle se développe le pèlerinage de Notre- Dame de Boulogne aussi célèbre que les grands pèlerinages moyenâgeux ; c’est aussi La Vierge Nautonière qu’on vient saluer au retour de la pêche en mer, et avant de partir à la Croisade pour conduire le bateau à bon port ! La statue est détruite pendant la Révolution ; mais les processions continuent autour d’autres reproductions de la Vierge de Boulogne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, quatre de ces statues ont été ont été sauvegardées à Lourdes. C’est enfin, Notre-Dame du Grand Retour, porteuse des espoirs de paix, d’union, de pardon, et d’une vie meilleure : de 1943 à 1948, elle regagne Boulogne. De Lourdes, les quatre statues suivent des itinéraires différents et donnent lieu à des processions grandioses à travers la France. Retour à la foi pour l’Eglise. Retour à la paix pour la France débarrassée des occupants nazis. Retour à la Liberté : reviennent les prisonniers des camps nazis et les travailleurs réquisitionnés dans le STO (service du travail obligatoire imposé par l’occupant allemand). Deux des statues parviennent jusqu’aux périphéries, en Corse et en Martinique. « Et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. (Isaïe 9, 1) La Martinique n’est plus colonie, mais la période de la Seconde Guerre mondiale a aggravé les clivages raciaux et sociaux créés par trois siècles de colonisation et deux siècles d’esclavage : le monde rural des mornes et des habitations, marginalisé, vivote dans la pauvreté, les citadins crient famine à côté d’un port mal ravitaillé pendant quelques cinq ans ! La Loi de 1946 d’assimilation n’a apporté ni la paix, ni la prospérité pour le peuple. La déception nourrit la contestation des partis politiques (socialistes, communistes…), et les ouvriers agricoles qui revendiquent, tombent sous les balles des forces de l’ordre (fusillade du Carbet du 4 mars 1948). Ici, le pèlerinage de Notre-Dame du Grand Retour dure deux mois, du 6 mars au 6 mai 1948, au cours desquels la statue parcourt toute la Martinique, les communes du Nord en mars et celles du Sud en avril. Nous avons été les témoins directs de cet intermède inédit : quelle mobilisation autour de la Madone ! Quelle ferveur ! Quelle communion ! Comment oublier la retraite aux flambeaux, la descente des gens des mornes sur le bourg de Sainte-Marie pour la veillée de la nuit ! Comment oublier le spectacle de Rivière-Pilote en ce soir d’avril : la statue de la Madone émerge au-dessus d’une foule compacte sur la place de l’église ; des prières, des chants accompagnés de la voie tonitruante de l’Abbé Croquet ! Une mobilisation qui se maintient jusqu’à son terme, puisqu’à la clôture sur la place de La Savane à Fort-de- France, la foule est évaluée de 50 000 à 70 000 personnes de toutes races, de toutes conditions. Ce peuple qui se découvre uni, si nombreux, tourné vers un intérêt commun, crée l’inquiétude. Des mauvaises nouvelles au lendemain du pèlerinage alimentent les rumeurs : l’avion Latécoère a disparu dans l’Atlantique ; transportait-il la statue de la Madone ainsi que tout l’argent récolté avec elle ? Ne s’agirait-il pas d’une énorme manipulation, une arnaque montée par des békés pour voler l’argent du peuple ? Par la suite, la réapparition de la statue dans un entrepôt relance les accusations. Néanmoins, l’Eglise de Martinique a construit et restauré ses édifices. Elle ne pouvait compter que sur ses fonds propres du fait de la législation (Loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat), sur les ressources limitées des municipalités démunies ; mais en aucun cas sur le Plan Marshall. La collecte financière du pèlerinage et les dons des fidèles ont constitué certainement un appoint, notamment pour la construction de l’église de Josseaud dont la patronne est Notre-Dame du Grand retour, et qui abrite la statue de la Madone. « Avec l’Esprit Saint, il y a toujours Marie au milieu du peuple. Elle est la Mère de l’Eglise évangélisatrice… ». Pape François, La joie de l’Evangile. Yvette Farraudière, Historienne n NOTRE-DAME DU GRAND RETOUR – MÉMOIRE BLES\nSÉE \bOSSIER La madone rassemble et conduit son peuple

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 15 C e sont nos aînés de 80 ans et plus qui racontent avec délectation, passion et déception parfois, cette insolite période de notre histoire religieuse. Dans les années 1946/1947, une statue appelée « Notre-Dame de Boulogne » était en France hexagonale transportée dans les régions rurales, provoquant une importante ferveur parce que dispensant croyait-on, grâces, guérisons et miracles à ceux qui publiquement manifestaient leur foi et leur reconnaissance. Les hautes autorités de l’Eglise aux Antilles Françaises décident alors d’emboîter le pas à cette opération. Ils préparent, organisent, mobilisent et motivent la population martiniquaise, l’apprêtant ainsi à recevoir Notre- Dame de Boulogne, une vierge rédemptrice, appelée la Madone ou Notre-Dame du Grand Retour . Elle arrive le soir du 6 mars 1948, via une mise en scène publiquement et religieusement orchestrée : une barque illuminée voguant dans la baie de Fort-de-France emmène progressivement cette statue sur les rives de « La Française ». Des pèlerinages s’en suivent alors dans toute la Martinique, ils durèrent trois mois. Les témoignages recueillis ça et là nous renvoient l’image d’une ferveur immense indescriptible presque : Les taxis pays arrivés de toutes les communes débarquent en masse des voyageurs dans Foyal ce jour-là. La Savane, la Française, la Maison du Sport, grouillent de monde. 50 à 70 000 personnes sont rassemblées et toute la nuit chansons et prières fusent. Les autorités coloniales ont porté un soin particulier à l’éclairage public afin de dimensionner en toute solennité l’évènement. Un monde incroyable habillé de blanc chantait, priait, criait et pleurait avec ferveur, et on donnait sans compter : pièces, sous, billets, bijoux, montres, bracelets, colliers, chaines forçat… Et pendant trois mois, la Madone, transportée de commune en commune, provoquait le même débordement de ferveur qui se manifestait par dons de grande ampleur et de toute nature. « on s’arrêtait les bras en croix » ; « si tu veux avoir des grâces il faut aller sans chaussures ! » ; « infirmes et aveugles entouraient la statue » ; « les gens n’hésitaient pas à marcher à genoux, ayant tellement envie d’avoir des grâces » ; « les gens montaient sur le bord du socle en bois transportant la statue pour embrasser la vierge » ; « j’ai vu une mère astucieusement se glisser pour venir en larmes mettre son bébé dans les bras de la vierge ! » ; « dans chaque commune les gens donnaient argent et offrandes et chaque soir on enlevait de la barque des sacs d’argent » ; « il fallait voir ça, tout le monde suivait la Madone, même les blancs étaient dans la rue ». Notre-Dame de Boulogne la Madone la Josseaud NOTRE-DAME DU GRAND RETOUR – MÉMOIRE BLES\nSÉE \bOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 NOTRE DAME DU GRAND RETOUR – LA MÉMOIRE B\nLESSÉE \bOSSIER Lorsque fut découverte la supercherie, car la statue sensée repartir était dans les entrepôts d’un hangar d’un béké de la place, et que la catastrophe du Latécoère surmultipliait les rumeurs, cette immense ferveur s’était transformée en immense déception qui blessa profondément la mémoire religieuse des Martiniquais, et ceci pour longtemps. Différents aspects en termes de perspectives méritent d’être soulignés. Il s’agit d’une opération se déroulant au lendemain de la seconde guerre mondiale, période autour de laquelle les autorités publiques n’hésitaient pas à employer une mise en condition massive des populations. De notre point de vue, les autorités de l’Eglise pensèrent alors à travers une méthodologie similaire à générer, au lendemain des effroyables conséquences de la seconde guerre mondiale, un sentiment d’espérance. A la Martinique, particulièrement où l’on venait juste de sortir du « tan wobè » au cours duquel les gens des milieux populaires avaient beaucoup souffert de la privation et de l’humi-liation, la population était donc psychologiquement particulièrement disponible pour l’adhésion à un vent d’espérance. Ceci fut allègrement exploité. Mais les autorités ecclésiastiques de la Martinique mirent au cœur de l’orchestration d’un tel évènement une caste, ce qui fut une erreur historique monumentale. Toute caste, en effet, n’hésite nullement à tourner le dos à l’intérêt général, à amplifier les injustices, au profit de la reproduction de sa mentalité et de sa situation de rentiers. Les évènements autour de la chlordécone réactivant la mémoire de ce comportement vient là encore amplifier la légitimité des demandes de réparation et la nécessité d’en prendre la mesure. Si la déception fut immense, qui sera d’ailleurs le point de départ d’un substan - tiel détournement de la population vers d’autres Eglises, la catastrophe du Latécoère fut également inter- prétée comme signe du jugement de Dieu. La catastrophe fut reçue comme expres - sion d’une malédic - tion envers une telle manœuvre préser - vant par ailleurs la fidélité d’une bonne partie de l a population envers son Eglise. Soulignons, par ail- leurs, la démarche de justification a postériori des autorités ecclésiastiques, la construction à Rivière-Pilote de l’église de Jossaud fonctionnant comme une reconnaissance inavouée de la défaillance morale des initiateurs. Il y a aujourd’hui nécessité d’amplifier une vaste démarche pour initier sur des bases plus saines, parce que plus équitables, une dynamique du vivre ensemble. Chaque groupe, chaque catégorie se devant d’assumer la part qui lui revient au nom de la transmission et du renouvellement. « Agir ensemble et se projeter ensemble dans un devenir commun », tel est peut-être l’essentiel de la leçon de l’événement que nous venons d’évoquer. Serge Domi, Sociologue n 16

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 Denise, paroisse du Vauclin Man ka sonjé sa kon yè. Fo té wè sa wi ! tout moun téka suiv Lamadòn. Les pauvres comme les riches, même les blancs étaient dans la rue. Il y avait une immense ferveur dans la population. Il y avait des gens qui marchaient à genoux dans la rue pour demander des grâces. Il y avait des guérisons, beaucoup de guérison, surtout des enfants. Les gens donnaient de l’argent, des offrandes. Chaque soir, on enlevait de la barque des sacs d’argent. Les églises restaient ouvertes toute la nuit. Rosemonde, paroisse de la Cathédrale La Vierge est arrivée de la Guadeloupe le 6 mars 1948. Fort-de-France était en fête avec des lumières et des fleurs dans toutes les rues. Il y avait une grande foule qui attendait l’arrivée de La Vierge dans la rade de Fort-de-France parce qu’on nous avait dit qu’elle venait sauver le peuple martiniquais de tous ses péchés et sa misère. A son arrivée, les gens étaient en délire. Une même foi habitait les gens. Dans toutes les paroisses de la Martinique on organisait des veillées de prière avec des chants, des confessions. Avec ma cousine, on l’a suivie depuis Fort-de-France en passant par la côte Caraïbe vers le Nord pour ensuite continuer vers le Sud. La ferveur des gens était tellement forte que je ne peux même pas la décrire. Les gens ont fait beaucoup de dons : de l’argent, de billets, des bijoux. Le 6 mai 1948, c’est l’heure de lui dire au revoir, elle doit repartir pour la France, c’est déchirant, tout le monde est venu lui dire au revoir et la remercier. On la voit partir sur la mer. On croit qu’elle est partie, mais en réalité elle se trouve dans un hangar à Sainte-Thérèse, et ce sont des dockers de la Compagnie qui la découvriront. C’est là que les milans et les questions commencent. Certains ont commencé à parler d’u\ ne grande escroquerie manigancée par l’Eglise et les békés. La vérité, je ne sais pas si un jour on la connaîtra. Émilienne, paroisse du Lamentin J’ai 88 ans aujourd’hui, je m’en souviens comme si c’était hier. J’ai eu 16 ans le 6 février 1948 et la Madone est arrivée le 6 mars 1948. Man péké janmen bliyé sa. Les gens marchaient vite dans les rues (falé pa ou té pri an pié yo hen !), d’autres personnes courraient pour aller voir la Madone, les gens étaient en effervescence. Ma maman m’a emmenée avec ma sœur Yvonette cueillir des fleurs pour apporter à la Madone. Elle nous disait : priyé Lamadòn pou zòt trapé an gras, pou zòt sòti dan lanmizè mé zanfan ! Lorsqu’on l’a aperçue dans sa barque toute blanche, on a eu le souffle coupé. Elle était tellement belle, et on mettait tellement d’espoirs en elle que j’ai senti que ma tête tournait. La barque était sur un chariot et on l'a suivie du Lamentin jusqu’au François en passant par le Morne Pitault. Sur le chemin, les gens lui jetaient de l’argent, des bijoux et des fleurs. Il y avait des gens qui pleuraient, certains criaient, d’autres qui chantaient.Au départ de la Madone pour la commune voisine, tout le monde chantait en pleurant : « Nous, nous serrons comme des frères autour de leur maman ; Nous sommes tes enfants. Garde-nous tous, toujours unis en tes bras maternels ; Garde-nous tous toujours unis d’un amour fraternel. » Évanette, paroisse de Josseaud Man ni 94 zan. Man té ni 22 zan lè Lamadòn’ rivé Matinik. Lamadòn’ sòti an bouk Larivièpilòt monté Lajoso. Té ni moun épi sétout ki té ka suiv-li. Sa ki té an bòdaj chimen té ka tonbé ajounou lè’y té ka rivé owa yo, épi yo té ka mété\ kò yo ka suiv Lamadòn’ jik an chapèl Lajoso-a. Sé labé Coquet ki té isi-a an tan ta-la. Nou tout té ka chanté : Lamadòn Lajoso pa pléré, pa pléré. Epi labé Coquet té\ ka répété : chantez, chantez plus fort. Nou té kontan pas Lamadèon’ té lakay nou é jik jòdi i lakay nou toujou pas yònn dé lanné apré sa, no\ u kostwi légliz Lajoso-a é sé li ki Sen patwon nou, é sé an légliz nou-an\ yo mété Notre Dame du Grand Retour. I ka véyé anlè Lajoso. Lè’y té ka pati pou kité Matinik, man désann Fòdfwans apié pou wè’y té ka pati. A ! Sa té tris toubanman lè Lamadòn té ka pati. Tout moun té ka pléré. Men man wè’y té ka fè ti won-an pou’\ y alé Lakonpani. Apré moun rakonté i paté pati abò Latékoré kon yo té lé fè nou kwè-a, ki sé sé bétjé-a ki pran tout lajan-an, ki yo kouyònnen nou. Mwen men pa sav sa ki fèt anvérité. Sèl bagay mwen sav, sé nou ki ni Lamadòn’ épi nou Lajoso. Anne-Marie, paroisse de Josseaud Lè Notre Dame du Grand Retour rivé Matinik, man té ni 8 tan, men fo’w sav ki jan l\ ontan té ka chayé ich yo bonnè an légliz. Notre Dame du Grand Retour sòti petit Bourg, i pasé pa Larégal. Manman mwen mennen mwen Larégal wè Lamadòn’. Tout moun té kontan wè Lamadòn’. Sé moun-an té ka vréyé adan kann\ òt Lamadòn’-an enpé lajan. Sa ki pa té ni lajan té ka vréyé bijou yo. Le sanmdi oswè, tout moun ka résité chaplé-a dépi Larégal jiktan nou rivé Larivièpilòt ka s\ uiv Lamadòn’ apié. Lamadòn’ dòmi Larivièpilòt épi le landèmen yo pòté’y an chapèl Lajoso-a. Moun, moun té ka suiv Lamadòn’ ! Lè’y rivé lachapèl-la, pèsònn pa té ké lévé kité plas li pas i paté asiré twouvé’y apré. Moun té\ ka chanté dri kon pèwdri. « Chez nous soyez Reine, nous sommes à vous ». Régnez en souveraine. Chez nous, Chez nous. Soyez la madone qu’on prie à genoux, Qui sourit et pardonne, Chez nous, Chez nous. Épi labé Coquet té dèyè nou : «\ Chantez, chantez pour la Madone, mes enfants ! » Sété ansèl tjè ! Nou kontan, nou ka viv ! Tout moun té ka ri ansanm. Paté ni piès zizani, tout moun té bien épi tout moun. Man pa sav kouman pou di sa, men lè nou té pran : « Vous êtes notre Mère, Portez à votre Fils la fervente prière de vos enfants chéris » ; vwa sé moun-an té ka monté ankò plis ; mwen té ni linpré\ syon nou té ka fòmé ansèl moun. Sa té bèl, lafwa té\ ka mennen nou. Nou té ni an chant’. Sété prèmié pawas ki té ni chant’-li a lépòk. Yo té ka kriyé’y Émil Bodis. Sé li ki té ka fè nou c\ hanté. Misié-a té ni yan vwa dann’ ! Nou té ka chanté : « Lamadòn Lajoso pa pléré, pa pléré ». 17 NOTRE-DAME DU GRAND RETOUR – MÉMOIRE BLES\nSÉE \bOSSIER

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 18 ? Question AN TJÈ LÉGLIZ-LA ‘‘ Que veut dire pour toi l’Epiphanie ? ‘‘ L’Epiphanie est pour moi une fête joyeuse aussi impor - tante que Noël car Jésus est venu pour le monde juif et pour l’univers entier. Les mages se mettent en marche à la lumière de l’Etoile pour rechercher le Christ. Ils sont en joie en trouvant Jésus et sa mère Marie. Ils se prosternent devant Jésus et l’adorent. Ils lui offrent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Ceci est un exemple à suivre afin de donner le Sauveur au monde qui en a besoin. Nous chrétiens, nous adorons Jésus à l’Eucharistie qui s’offre à nous en nourris- sant nos âmes. Jésus est, par la foi, l’étoile de nos âmes qui ne cesse de se faire connaître pour nous aider à préparer notre vie éternelle pour le voir face à face. L’Epiphanie est la manifestation de la lumière pour les nations, et également du Salut donné aux hommes. Elle n’est pas enfermée uniquement dans l’histoire juive, mais dans celle de toutes les nations avec leurs particularités propres. Le message de l’amour prôné par le Christ est universel et s’intègre à toutes les traditions et civilisations. Il s’agit d’établir un dialogue avec l’Evangile afin que le message puisse être explicité, et que chacun l’entende suivant son propre univers. Aussi, il convient de voir comment Jésus nous rejoint dans la vie de tous les jours. Cette rencontre libère et rend capable de faire de sa vie une offrande. La rencontre se fait par les sacrements de la foi, par l’écoute de la Parole de Dieu, par le témoignage des autres, et aussi en se mettant gratuitement au service. Il est nécessaire qu’à l’image des mages, chacun puisse réaliser une démarche de conversion, et se mette en route pour adorer. Que chacun offre sa vie en reconnaissant que Jésus est le Berger de l’humanité de Dieu. Devenons des vrais chercheurs de Dieu. Comment faire pour le trouver ? L’unique géolocalisation est la prière. Manifestons notre communion à la suite de l’unique Pasteur ! Marchons à son école ! Faisons de notre vie une étoile. Soyons étoile les uns pour les autres ! Leila Fitte Duval Paroisse de Saint- Joseph Père Jean Michel Monconthour Guilaine, parent de 3 e A L’épiphanie symbolise pour moi la venue du Messie incarné qui reçoit la visite des rois mages. Incarnation de Dieu qui s’offre à l’humanité entière. La lumière qui guide les rois mages rappelle que le salut est pour tous. Ils s’abaissent devant l’enfant Jésus qu’ils reconnaissent comme leur roi, leur sauveur et leur Dieu. Leurs cadeaux symbolisent la royauté, la divinité et la mort. L’épiphanie est avant tout ce don offert, cette lumière qui nous guide, cette nécessaire humilité pour m’ajuster à la volonté de Dieu et répondre à ses desseins dans ma vie. Avec ce partage autour de la galette, cette joie d’être réunis, cette chaleur familiale, cette espérance et les nouvelles résolutions de début d’année. Dominique Beaunol-Zozor , Paroisse du Morne-Rouge L’épiphanie est d’une part la manifestation de l’enfant Jésus aux rois mages qui ont suivi l’étoile leur annonçant la naissance du roi des juifs et, d’autre part l’annonce du déroulement de la vie de Jésus. La révélation de Dieu à toute l’humanité est symbolisée par ces mages venus de divers continents. A travers Jésus dans la crèche, Dieu c’est-à-dire l’Amour se manifeste à nous. Dans notre société, l’accent est mis sur les galettes avec de nouveaux p\ arfums chaque année. Je n’en disconviens pas, elles sont délicieuses. Mais nous devons nous recentrer sur l’Amour qui se révèle à nous, pour que nous puissions, « demeurer en lui et lui demeurer en nous ». Christine Lasco paroisse de Saint Christophe Propos recueillis par Nicole Chesimar

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 19 MEDIAS Dimanche 10 janvier 2021 Équipe du Rosaire : les mystères d'un succès ? Rediffusion Pour quelles raisons ce mouvement de laïcs a-t-il été fondé dans les années 50 ? Comment ces petits groupes de prières à la maison se sont multipliés au fil des années jusqu’à réunir aujourd’hui plus de 80 000 membres ? Pour quelles raisons ces équipes connaissent-elles un tel succès dans nos diocèses d‘Outre-mer ? Pour y répondre, le frère François- Dominique Forquin, aumônier national est l’invité de Dieu m’est témoin cette semaine. A ses côtés Jeannette Vitalien. Présente également, connectée depuis Petit-Bourg en Guadeloupe, Daria Couvin la responsable des Equipes pour le département. Institutrice à la retraite, elle nous racontera comment elle a intégré les TKL (Ti Kommunauté Legliz) et a lancé une équipe du Rosaire. Dimanche 17 janvier 2021 Grâce ou grâces ? Rediffusion Qu’est-ce que la grâce ? Comment recevoir ce don de l’esprit, porte vers le Salut ? Pourquoi certains chrétiens posent- ils des conditions pour l’obtenir ? La grâce de Dieu est-elle différemment perçue selon que l’on est protestant ou catholique ? Des questions passionnantes, fondamentales et difficiles, que Dieu m’est témoin pose cette semaine. Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère. L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr 99.5 - 101.3 et 105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr E g lise en MARTINIQUE LeChrist r?gne : et les chrétiens ? N° 594REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €24 NOVEMBRE 2019 Hommage au p?re Filopon Lire toute la Bible en une ann?e (suite) Qui soutient votre engagement ?Questionnaire de l'Avent E g lise en MARTINIQUE B onne décennie ! 2020-2030 N° 597REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €5 JANVIER 2020 Hommage au p?re Filopon Programme de Radio Saint-LouisUn chr?tien peut-il utiliser les mots vulgaires quand tout le monde le fait ?Centenaire du 14 janvier Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97207 FORT de France CEDEX E g lise en MARTINIQUE Nom : ........................................................................\ ............................................................................................................... Prénom : ........................................................................\ ..................................................................................................................... Adresse : ........................................................................\ ...............................................................................................................................\ ..... Mail : ........................................................................\ ...............................................................................................................................\ ..................... Tél. : ........................................................................\ ...............................................................................................................................\ ..................... Code Postal : ........................................................................\ ................................................................................................................... Ville : ........................................................................\ ...............................................................................................................................\ ...................... Oui, je m’abonne ! MARTINIQUE 40  GUADELOUPE 44  GUYANE 44  FRANCE et ?tranger 50 

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Refrain Là ou foisonne la violence, tout brûler n’est d’aucun secours il reste une dernière chance : ajouter l’amour à l’amour car les fils de la paix sont heureux à jamais ! À l’amour‚ à la vie ! 1. Tous ceux qui ont écrit l’histoire Autrement qu’avec des fusils Font plus de bruit dans nos mémoires Que les larmes et les cris, Ou les chants de victoire. A l’amour, à la vie ! A l’amour, à la vie ! 2. Ceux qui désarment la colère Avant qu’elle tourne à la folie, Déclarent la guerre à la guerre Et la paix se construit Lentement pierre à pierre… Car les fils de la paix sont heureux à jamais. 3. Des hommes gardent leur sourirePour d’autres qui les injurient.La loi du Talion se déchire Avec sa tyrannie. Il est temps de se dire… A l’amour, à la vie ! A l’amour, à la vie ! (Mannick/Lebrun/ADF-Musique)

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