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E g lise
en MARTINIQUE
A vec Marie, vivre l’Epiphanie !
N° 612
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €
3 JANVIER 2021
Dossier : Notre-Dame
du grand retour
Vœux 2021 de prêtres
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S ommaire
E
n cette fête de l’Épiphanie célébrée aujourd’hui, n\
ous
venons recueillir les fruits du temps de l’Avent et
de Noël. Nous fêtons la manifestation de l’Amour
de Dieu pour toute l’humanité. La lumière de Noël est,
en effet, pour tous les hommes, aussi éloignés de Dieu soient-
ils ! Chacun de nous a reçu la lumière de l’étoile. À nous de
la faire briller dans notre cœur.
Le 1
er janvier, en la solennité de Marie, Mère de Dieu, l’Eglise
a prié pour la paix dans le monde. Le Message du pape
François pour cette 54
ème Journée mondiale de la paix avait
comme thème « La culture du soin comme parcours de paix ».
L’année 2020 a été marquée par la crise sanitaire de la
Covid-19. Cette crise « nous enseigne qu’il est important de
prendre soin les uns des autres et de la création pour construire
une société fondée sur des relations de fraternité » affirme le
pape. D’où l‘importance de promouvoir « une culture du
soin », afin d’éliminer « celle de l’indifférence, du rejet et de
l’affrontement, souvent prédominante aujourd’hui ».
Une nouvelle année commence, et avec elle se tourne une
page du passé. Cependant, certains événements résistent au
temps. C’est le cas d’une affaire qui a fait grand bruit en 1948,
année où la Martinique a reçu Notre-Dame de Boulogne,
appelée également « La Madone » ou encore « Notre-Dame
du Grand Retour ». Notre dossier en fait référence. Une
Historienne et un Sociologue nous en parlent. Quelques
témoignages viennent enrichir le débat.
La nouvelle année est également propice aux vœux. Eglise
en Martinique a recueilli pour vous ceux de quelques prêtres
de notre diocèse.
Dieu offre à tous son Salut. Aujourd’hui comme hier, il
continue de se révéler, et pour cela, Il a besoin de chacun.
Demandons la grâce de nous mettre en chemin avec cette
fête de l’Épiphanie.
Oui, Seigneur, donne-nous la foi des mages !
Bonne et sainte année à tous !
Justine Lordinot n
EDITORIAL 2
AGENDA DE L'EVEQUE 9
EDITORIAL
MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
• La Parole Dominicale
• La Madone rassem\ble et conduit son peuple
•
Notre-Dame de Boulogne
La Madone la Josseau
• Témoignages
• Que veut dire pour toi l'Epiphanie ? •
Zoom sur… Les nomade\ns du Rosaire
• Fêtons Noël autrement avec Radio Saint-Louis\n
•
Noël en Eglise et da\nns l’Espérance
• Vœux 2021 des prêtres
• Quel est le rôle de Marie pour nou\ns ?
• Et la petite fille pleure
•
Message du pape pour l\na 54
e journée mondiale
de la paix
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EGLISE UNIVERSELLE\C
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AN TJÈ LÉGLI\b-LA 18
Dossier : NOTRE DAME DU GRAND
RETOUR – MÉMOIRE BLESSÉE
MÉDIAS 19
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DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR
RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT
MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \
05 96 50 28 28
TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES
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97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 3
E
En fin d’année, une très jeune
femme est entrée dans mon
bureau pour accompagner
sa tante religieuse avec qui j’avais
rendez-vous. Elle semblait un peu
impressionnée ; en tout cas surprise,
de se retrouver là avec l’Archevêque,
et sa tante qui tentait de la mettre à
l’aise en la taquinant. Se préparant
à un métier dans le social, il n’y avait
aucun doute sur la grande ouverture
de cœur de cette fille martiniquaise
issue d’un milieu chrétien, simple,
honnête et travailleur.
Elodie avait 20 ans et on était en 2020.
2020, cette triste année des
confinements, des isolements,
des faillites, de la séchéresse, des
inondations, de l’angoisse, et de la
mort partout dans le monde. Certes,
certains se sont mariés, d’autres
ont enfanté, d’autres encore se
sont reposés et d’autres ont même
gagné (comme notre yole reconnue
patrimoine de l’humanité) … mais
que penser de l’année à venir ?
J’étais heureux de voir tant de
fraîcheur chez une jeune. Elle était tout
simplement… normale. La modestie
de sa tenue et de son attitude, la
franchise de son regard et de ses
réponses ont suffi à chasser mon petit
découragement pour 2021. Avoir une
jeunesse, une jeunesse fidèle, une
jeunesse bien élevée, est une grâce
que nous ne mesurons pas assez
malgré notre vieillissement collectif.
Peut-être avais-je déjà vu cette jeune,
comme des milliers d’autres, il y a 4
ou 5 ans lors de sa confirmation. En
tout cas cette rencontre me rappelait
que nos familles, notre système
éducatif, notre Eglise sont encore
en mesure de mettre au monde des
jeunes ni hurleurs, ni prétentieux, ni
désabusés, ni gâtés (sinon un petit
peu), ni débauchés, ni violents, ni
neurasthéniques. Elodie était un
signe d’espérance. Une consolation.
Le temps nous manquait pour un
échange prolongé. Je la pressais
pourtant de questions sur son projet
de vie : Envisageait-elle de se marier
un jour ? De vivre en Martinique et
d’y élever ses enfants ? Elle me dit
que si elle devait un jour envisager
de quitter la Martinique se serait pour
se protéger des gens malsains et des
relations toxiques.
Cette jeune prophétesse venait me
rappeler que la partie la plus pure de
notre jeunesse (et pas seulement de notre jeunesse), celle qui ne se voit
pas sur les écrans mal élevés de la
TV et des réseaux, n’avait pas oublié
l’autre virus. Notre virus bò kay qui
nous envoie à la figure autre chose
que des postillons infectés mais
une agressivité ambiante : le virus
de la méfiance collective. Exacerbé
par les réseaux sociaux dans le
microcosme îlien, il se nourrit du
stupre empoisonné des jactances,
des outrances, des irrévérences, des
violences, des inconstances, des
intempérances et des indécences…
Beaucoup choisissent un geste
barrière radical : l’exil.
En 2021, nous voilà au pied du mur
(et en plus il y aura des élections !)
Familles, Eglise, Politiques, chacun
doit tirer la leçon de tout cela.
D’où viendra le salut de notre pays ?
D’un vaccin ? De subventions ?... De
l’extérieur ? Ou bien surtout de la
résilience légendaire de ce peuple,
victorieux de toutes les calamités par
sa prière et sa solidarité ?
Notre force : la foi, l’espérance, l’amour
et la confiance mutuelle, le respect de
notre terre.
2021 sera-t-elle l’année du bien
commun et du retour de l’entraide ?
2021 sera-t-elle l’année de la
valorisation des hommes et des
richesses de notre terroir (cadeaux
et dons de Dieu) et l’instauration de
l’écologie intégrale ?
2021 sera-t-elle l’année d’une vraie et
grande fraternité chrétienne ?
A nous, et à nous seuls d’écrire cette
page d’histoire !... En tout cas en 2021,
Elodie aura 21 ans et je lui souhaite
une bonne et sainte année.
Que Dieu bénisse notre jeunesse
et toute la Martinique.
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France n
Elle avait 20 ans en 2020 !
MOT DE L’ÉVÊQUE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 4
EGLISE UNIVERSELLE\n
C
es événements et d’autres,
qui ont marqué le chemin de
l’humanité l’année passée,
nous enseignent qu’il est important de
prendre soin les uns des autres et de
la création pour construire une société
fondée sur des relations de fraternité.
C’est pourquoi j’ai choisi comme thème
de ce message : La culture du soin comme
parcours de paix. Une culture du soin
pour éliminer la culture de l’indifférence,
du rejet et de l’affrontement, souvent
prévalente aujourd’hui.
Dieu créateur, origine de la
vocation humaine au soin. […]
Dans la Bible, le Livre de la Genèse
révèle, dès le début, l’importance du
soin ou du fait de garder dans le projet de
Dieu pour l’humanité, mettant en lumière
la relation entre l’homme (‘adam) et la
terre (‘adamah), et entre frères. Dans le
récit biblique de la création, Dieu remet
le jardin “planté en Éden” entre les mains
d’Adam avec la charge de “le cultiver et
de le garder”. Cela signifie, d’une part
rendre la terre productive et, d’autre part,
la protéger et lui conserver sa capacité
de soutenir la vie. Les verbes “cultiver”
et “garder” décrivent la relation entre
Adam et sa maison-jardin, et montrent
aussi la confiance que Dieu met en lui en
le faisant seigneur et gardien de toute la
création. […]
Les principes de la doctrine
sociale de l\bÉglise comme base
de la culture du soin.
La diakonia
des origines, enrichie par la réflexion
des Pères et animée au cours des siècles
par la charité agissante de si nombreux
témoins lumineux de la foi, est devenue
le cœur battant de la doctrine sociale de
l’Église qui s’offre à toutes les personnes
de bonne volonté comme un précieux
patrimoine de principes, critères et
indications desquels tirer la “grammaire”
du soin : la promotion de la dignité de
toute personne humaine, la solidarité
avec les pauvres et les sans défense,
la sollicitude pour le bien commun, la
sauvegarde de la création. […]
La boussole pour un cap commun.
À une époque dominée par la culture du
rejet, devant l’aggravation des inégalités
dans les nations et entre elles, je
voudrais donc inviter les responsables
des Organisations internationales
et des gouvernements, du monde
économique et du monde scientifique,
de la communication sociale et des
institutions éducatives, à prendre en
main cette “boussole” des principes
rappelés ci-dessus pour imprimer un cap
commun au processus de globalisation,
« un cap réellement humain ». […]
La boussole des principes sociaux,
nécessaire pour promouvoir la culture
du soin, est indicative même pour les
relations entre les nations qui devraient
être inspirées par la fraternité, le respect
réciproque, la solidarité et l’observance
du droit international. À ce sujet, la
protection et la promotion des droits
humains fondamentaux, qui sont
inaliénables, universels et indivisibles,
doivent être réaffirmées. […]
Pour éduquer à la culture du soin.
La promotion de la culture du soin
demande un processus éducatif. Pour
cela, la boussole des principes sociaux
constitue un instrument fiable pour
divers contextes interdépendants. Je
voudrais donner à ce sujet quelques
exemples.
- L’éducation au soin naît dans la famille,
élément naturel et fondamental de la
société, où l’on apprend à vivre en
relation et dans le respect réciproque.
[…]
- Les religions en général, et les leaders
religieux en particulier, peuvent jouer
un rôle irremplaçable en transmettant
aux fidèles et à la société les valeurs de
la solidarité, du respect des différences,
de l’accueil et du soin des frères les plus
fragiles.[…].
Il n\by a pas de paix sans la culture
du soin.
La culture du soin, cet engagement
commun, solidaire et participatif pour
protéger et promouvoir la dignité
et le bien de tous, cette disposition à
s’intéresser, à prêter attention, à la
compassion, à la réconciliation et
à la guérison, au respect mutuel et à
l’accueil réciproque, constitue une voie
privilégiée pour la construction de la
paix […]
Comme chrétiens, nous tenons le regard
tourné vers la Vierge Marie, Étoile de la
mer et Mère de l’espérance. […]
Du Vatican, le 8 décembre 2020, François n
Message du pape François pour la célébration de la 54 ème journée mondiale de la paix
LA CULTURE DU SOIN COMME PARCOURS DE PAIX
[…] L’année 2020 a été marquée par la grande cri\be \banitaire de la Covid-19 qui e\bt devenue un
phénomène multi\bectoriel et global, aggravant de\b cri\be\b trè\b fortement liée\b entre elle\b […]
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Dimanche 03 janvier \0\b0\b1
la P arole Dominicale
L'Épiphanie du Seigneur - Année B
Introduction : Prière
Dieu se révèle pour réaliser son projet
d’amour, ainsi il associe l’humanité à
cette œuvre de salut. Dans ce chemin de
foi, puissions-nous nous mettre en route
comme les mages, pour être chemin de
lumière, d’amour et de foi pour nos frères
et sœurs. Amen !
Réflexion
➊ L’Épiphanie et sa signification
L’Epiphanie est une fête de Lumière, Jésus
lumière des nations se montre au public,
se dévoile. « Debout Jérusalem resplendis !
Elle est venue, ta lumière, et la gloire du
Seigneur s’est levée sur toi ». Avec ces
paroles du prophète Isaïe, l’Eglise décrit le
contenu de cette fête. Oui, il est venu dans
le monde, Celui qui est la vraie lumière et
qui rend les hommes Lumière. Le voyage
des mages d’Orient (Melchior, Balthazar
et Gaspard) est pour la liturgie, le début
d’une grande procession qui continue tout
au long de l’histoire. Avec ces hommes,
commence le pèlerinage de l’humanité
vers Jésus-Christ pour adorer, magnifier
et contempler ce Dieu qui est né dans
une étable.
C’est également une invitation à l’homme
d’aujourd’hui de se mettre debout, se lever,
de ses propres ténèbres pour accueillir la
lumière. L’Eglise lit l’Evangile selon saint
Matthieu avec la vision du prophète Isaïe
que nous avons écoutée dans la première
lecture. C’est tout un symbole d’humilité.
Le voyage de ces hommes est seulement
un commencement. D’abord, étaient
venus les bergers, des âmes simples
pour reconnaître Jésus comme Seigneur.
Maintenant, viennent aussi les sages de ce
monde, les grands et les petits, les rois et
les serviteurs. Les hommes de toutes les
cultures et de tous les peuples, comme
le dit saint Paul, sont associés au même
héritage. En célébrant la solennité de
l’Epiphanie, nous sommes à la première
évangélisation à partir de la crèche.
➋ Quels genres d’hommes étaient les
mages ?
Selon divers commentaires, ils étaient
des chercheurs, des hommes de science,
qui appartenaient à la grande tradition
de l’astronomie. Ils voulaient savoir
davantage. Ils désiraient comprendre
ce qui est important pour l’être humain.
Probablement ils avaient entendu parler
de la promesse : « Une souche sortira de
Jessé, un astre issu de Jacob ». Ceux-ci
approfondirent cette promesse. Ils sont
allés à sa recherche, en un mot ils sont
allés à la recherche de Dieu. Pour vivre sa
foi à la hauteur des défis d’aujourd’hui,
il faut oser se mettre en chemin. C’est un
pas nécessaire, un acte de foi, un acte de
conversion pour découvrir le Seigneur qui
se laisse trouver.
Deux choses sont nécessaires, à savoir :
a) Etre un homme attentif, capable de
percevoir les signes de Dieu, son langage
discret et insistant.
b) Etre un homme courageux et humble,
comme les rois mages qui ont supporté
la fatigue du voyage, la trahison du Roi
Hérode.
Ils ont bravé les opinions gênantes,
dominantes de l’époque pour aller
s’incliner devant ce Dieu qui s’est rendu
concret, simple et petit pour le toucher
du regard.
Ce qu’il convient de retenir c’est d’être sur
le chemin et non sur le bas-côté du chemin.
Celui qui connaît personnellement Dieu
peut guider les autres vers Dieu.
➌ L’Etoile, chemin de vie.
Les mages ont suivi l’étoile. A travers le
langage de la création, ils ont trouvé le Dieu
de l’histoire, mais le langage de la création
ne suffit pas. Seule, la Sainte Ecriture pouvait
leur indiquer de façon définitive la route.
Création et Ecriture doivent coexister pour
nous conduire au Dieu Vivant.
En effet, aujourd’hui, nous parlons de
l’écologie, de la préservation de la nature,
des espèces naturels pour le bien-être
de l’homme. Mais encore faut-il penser
à l’Esprit nourri par la Parole de Dieu :
gage de la clairvoyance qui est le Christ
lui-même. La connaissance de la Parole
de Dieu change le destin de l’homme et le
conduit sur le chemin de la vérité.
Je dialogue avec Jésus
Jésus, de toute évidence, mon chemin
reste encore peu lumineux malgré mes
nombreux efforts. Aujourd’hui, guidé par
ta parole et par le mystère de la crèche, je
te demande de me conduire vers le chemin
de la vérité. Tourne mon regard vers l’Etoile
pour que j’aille m’incliner devant toi en
toute humilité.
Résolution
Pour chacun, il y a une Epiphanie possible.
Je vous invite à quelques instants de
silence pour que s’y passe cette évidente
rencontre avec Dieu notre créateur. Dieu
peut rendre possible cette rencontre en
enlevant le voile qui nous empêche de le
voir de manière évidente. Je vous invite
au silence pour y déposer : l’or, l’encens
et la myrrhe de votre vie, « Se dépouiller
pour posséder l’insaisissable ».
Père Laurent Sounouvou,
Paroisse Morne-des-Esse
s n
I\baïe 60,1-6 • P\baume 71 • Éphé\bien\b\l 3,2-3a.5-6 • Mat\lthieu 2,1-12,26-38
LITURGIE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 6
I – Présentation du groupe
Les Nomades du Rosaire sont composés
d’une vingtaine de jeunes, formés en
2 groupes : 13/17 ans et 18/34 ans. Un
noyau de 7 Jeunes et 3 adultes prend
les décisions, donne les orientations et
établit le programme de l’année et celui
des retraites.
C’est un groupe Marial. Nous apprenons
aux jeunes à prier, particulièrement
le Chapelet, le Rosaire et cela dans la
Nature. C’est la base.
II – Naissance du groupe
Le groupe a vu le jour le 23 octobre 2008,
avec notre curé de l’époque, le père
Zénon Jazac.
Ce sont les PCE du Robert qui avaient
sollicité différents mouvements de la
paroisse pour un spectacle. Je faisais
le KT dans la Nature aux jeunes du
quartier Duchesne au Robert. Nous
étions dans un quartier où il y a une
Rivière, des espaces de forêt. Je les
invitais également à d’autres activités
sur la paroisse.
Les catéchistes m’ont donc solliciteé pour
mettre en place le spectacle des PCE. Les
répétitions ont duré environs 4 mois
et après le spectacle l’ambiance était
tellement agréable et chaleureuse que
personne ne voulait en rester là. Nous
avons envisagé différentes activités,
mais tout existait déjà dans le quartier .
Ayant été formée par les Équipes du
Rosaire depuis l’âge de 17 ans, je leur
ai proposé de faire un groupe de prière
du Rosaire dans la nature. Ils ont été
d’accord pour un essai, et cela fait 12
ans maintenant.
III – Nom du Groupe
C’est une jeune du groupe, Maria (qui
avait 16/17 ans à l’époque) tout en
pleurs un matin me dit :
il faut qu’on s’appelle
« Les petits Nomades du
Rosaire, j’ai une image :
la Rose du Désert ». Nous
avons fait des recherches
sur internet et surtout, nous
nous sommes rapprochés de notre
nouveau curé, le père Catayée, avec
lequel nous avons discerné tout cela.
Entretemps, nous avons vécu des temps
de prière tellement forts dans la nature,
des choses tellement fortes chacun
individuellement et dans les familles,
que les jeunes, à partir de tout cela, ont
créé un logo.
IV – Le Logo
Une main tendue pour donner et
recevoir, à l’intérieur, une rose du
désert (fleur qui vit dans le désert et
ne meurt jamais, sans eau elle sèche
complètement, mais à la moindre
goutte d’eau elle reverdit), l’eau dans
la main rappelle notre baptême et
nous fait nous souvenir que nous
sommes chrétiens, la colombe de
l’Esprit Saint qui est toujours présent
quand nous prions, et le chapelet qui
est l’objet de notre rencontre, entre
nous et avec Dieu.
V – Activités du Groupe
Avec les jeunes, il faut que ça bouge.
Nous avons donc mis en place des
temps de rencontres assez ludiques
tous les derniers dimanches du mois,
de 15h à 17h30, dans la nature, à la mer
ou à la rivière.
Nous animons des Messes, des temps
d’adoration, au Robert et dans d’autres
paroisses lors de nuits des Sentinelles.
Nous proposons 3 retraites dans l’année :
au carnaval, à la Miséricorde Divine
où nous sommes en camping (WE du
2ème dimanche de Pâques) et notre
Grande retraite de la semaine du 15 août.
Quand nous ne sommes pas en retraite
au mois d’août, nous sommes en pèle-
rinage. Nous avons eu l’opportunité :
- de vivre les JMJ de Madrid et de
Pologne.
- de nous rendre 3 fois au festival des
Jeunes de Medjugorge.
- de nous jumeler avec une Commu-
nauté Mariale en Italie, la Communauté
« Oasis de la Paix ». Nous étions il y a
quatre ans à leur festival international
à Deliceto en Italie et après nous avons
fait la traversée de la Mer Adriatique en
bateau pour nous rendre à Medjugorge
en Bosnie où ils ont un centre.
Projet de JMJ en Juillet 2023 :
Nous avions commencé à préparer
notre prochaine participation au JMJ
du Portugal. Avec la Librairie Immaculée
Conception et Air Bonheur, nous
prévoyions un temps au Sanctuaire de
Fatima, Les JMJ à Lisbonne, et un temps
de visite à Paris.
Mais COVID !!!
Nous n’avions jamais imaginé faire tout
cela, Mais la Sainte Vierge et le Sacré
Cœur de Jésus guident les choses. Nous
accueillons et NOUS LES REMERCIONS.
Patricia Bellimont n
Zoom sur…
Les Nomades du Rosaire
VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 7
E
n effet, après une année
de confinements et
de déconfinements,
d’angoisses accumulées, de
distanciations sociales, et de
toutes sortes de bouleversements
qu’ont pu connaître les
Martiniquais, comment la
première radio associative de
l’île en terme d’audience (source
Médiamétrie) pouvait passer à
côté de l’occasion de diffuser
« par dessus les toits » la Bonne Nouvelle
de la venue du Seigneur Jésus en ce
monde ?
Elle a donc proposé à la Martinique,
et au-delà, une manifestation de
qualité présentée par Nicole Déglise
(présidente de la radio et animatrice) et
Rébecca Jaccobi, une jeune fraîchement
arrivée au sein de Radio Saint
Louis, que l’on peut notamment
entendre lors des émissions
« Prions avec la Parole de
Dieu » aux côtés de Ludovic. L’émission était en direct sur le plateau de la WebTv Saint Louis, spécialement décoré autour de la thématique du
Noël chrétien. Au programme :
chants religieux et cantiques de Noël
avec les groupes Élan
d’adoration (paroisse de
Trinité) et Péniel (Paroisse
de Saint-Joseph), témoi-
gnages et messages
d’encouragement, notam-
ment avec Florence,
une jeune femme
mariée vivant en
Métropole, le père Wilfried Bannais, ou
encore M. Raphael Monta, aumônier de
prison... Les téléspectateurs de la WebTv
Saint-Louis ont aussi pu vivre en direct un
sketch dirigé par la Caravane de l’Espoir,
ainsi qu’un conte de Noël en créole imagé
par l’équipe du Service multimédia
diocésain. Mgr David Macaire a lui
aussi participé à cet évènement inédit
en donnant un enseignement sur le sens
de Noël. Il a poursuivi en présidant les
Vêpres solennelles à la Cathédrale Saint-
Louis, qui elles aussi étaient imbriquées
dans cette émission d’une durée de
3h30, réalisée de main de maître par
Georges Petit-Charles et Patrick Dorin,
accompagnés de la fervente équipe
des bénévoles du Service Multimédia
Diocésain. Plus de 6000 personnes ont
pu visionner en ligne « Fêtons Noël
autrement » via la chaîne YouTube et
le Facebook de Radio Saint Louis. Qui
sait, peut-être est-ce le début d’une
nouvelle aventure de Noël pour la radio
catholique diocésaine de la Martinique !
Yann Brédas, Service communication du
diocèse de Saint-Pierre et Fort-de-France
n
Fêton\b
Noël autrement !
C’e\bt le titre de la
manife\btation « en ligne »
qu’a propo\bé Radio Saint
Loui\b à \be\b auditeur\b et
à \be\b webtélé\bpectateur\b, le dimanche 20 décembre 2020, de 15h à 18h30.
VIE DU DIOCÈSE
Quand Radio Saint Louis fête
Noël autrement !
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 8
« Que la Charité fa\b\be ce que la Ju\btice \beule ne \baurait faire ».
Frédéric Ozanam, Fondateur de la Société \Cde Saint-Vincent-de-Paul
C
e tte année, alors que la crise
sanitaire perdure et aggrave
les difficultés économiques et
sociales, les membres des Conférences
Saint-Vincent-de-Paul Saint Louis
Cathédrale et Notre-Dame du Rosaire de
Redoute ont uni leurs forces à celles des
élèves, familles et équipes éducatives
du Couvent Saint Joseph-de-Cluny
Lamartine, de la Communauté AMEP, des
jeunes de JKL (Jenn’ Krétjen Lakatédral) et
de la 2ème année de cheminement de la
paroisse Cathédrale pour organiser, sur
plusieurs jours, du 16 au 21 décembre,
une collecte et distribution de paniers de
Noël.
Aidés des équipes pastorales et des pères
Jean-Michel Monconthour (curé de la
cathédrale) et Hugues Lafine (curé de
Redoute), ils ont fait Église pour montrer
Jésus et servir avec persévérance, malgré
la pandémie, afin de redonner Force,
Espérance et Joie à près de 50 familles
et personnes isolées du Centre-Ville et
de Redoute.
Noël en Eglise et
dans l'espérance...
Quelques témoignages
Du 16 au 21 décembre 2020
Pour servir les familles
du Centre-Ville : les
élèves et équipes du
Petit Couvent et leurs
très belles cartes de
vœux glissées dans les
paniers remis à Saint-
Vincent-de-Paul Saint
Louis Cathédrale.
Confiance, générosité et amour
pour regarder au-delà...
Rayan, Cathédrale : « C’est bien, on aide les
gens, on les aide à avoir de la nourriture. J’aime
bien ce que je fais, j’aurais bien aimé le refaire »
Dominique, Etudiant : « J’ai bien apprécié le fait
d’aider, d’apporter ma pierre à l’édifice pour une
cause noble comme celle de Saint-Vincent-de-Paul »
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 9
Agenda de l’Archevêque
Dimanche 3 janvier 2021 :
Épiphanie du Seigneur
• 8h : Messe d’installation du curé de la paroisse
des Terres-Sainville
• 10h : Messe à la chapelle Citron
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis
Du 4 au 8 janvier :
•
Retraite presbytérale au Foyer de Charité
Dimanche 10 janvier :
Baptême du Seigneur
• Messes à la paroisse de Rivière-Salée :
• 8h : Petit Bourg
• 9h45 : Grand Bourg
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Mardi 12 janvier :
•
Assemblée presbytérale
Dimanche 17 janvier :
• 7h et 9h :
Messes à la paroisse de Sainte-Luce
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis
Quelques témoignages
Pour servir les familles de Redoute : les Equipes et Jeunes de l’AMEP, l’Aumônerie de l’AMEP et Saint Vincent de Paul ND du Rosaire
Sofiane, Cathédrale :
« C’est bien, parce qu’on fait
un geste envers les gens qui
en ont besoin »
Sonia, Cathédrale : « Je suis à SVDP depuis pas très
longtemps ; je trouve ça bien ce qu’on fait parce que j’ai déjà
vu beaucoup de familles qui sont dans le besoin, qui sont
défavorisées et je trouve ça bien de les aider ».
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R.P. Arnaud Goma, ccn
Accompagnateur de la Pastorale des Hommes et de la formation aux ministères institués R.P. Percy Acquah, C.S.S.p
Délégué de l’Évêque à la Pastorale de la Santé
Abbé Gilles Aïzo
Vicaire épiscopal chargé d’accompagner les pastorales diocésaines
En cette année 2021, j’ai une pensée
particulière pour les malades, les
familles éprouvées, ainsi que le
personnel soignant rudement mis à l’épreuve depuis le début de la
crise sanitaire.
Je voudrais vous bénir, et pour ce
faire, je me servirai de la très belle
bénédiction que le Seigneur a confiée
à Aaron et ses fils :
Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu'il
te prenne en grâce !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il
t'apporte la Paix ! (Nb 6, 22-27).
J'ajouterai : Que nos Églises soient plus dynamiques,
plus fraternelles et plus missionnaires.
Bonne année 2021 !
Le Christ que nous contemplons dans le berceau
de Bethléem, est petit, fragile, sans défense. Il
est pourtant vainqueur, et depuis la Cité du
Pain (Bethléem), il fera les premiers pas de
la bonté et de la justice qu’il réalisera dans
la Cité de la Paix (Jérusalem).
L’année 2020 a été remplie d’épreuves
pour nous. Nous avons fait l’expérience
de la fragilité humaine. Beaucoup de projets
se sont écroulés. Cette situation pour notre
Diocèse, loin d’obliger à penser constamment au
paradoxe et au drame de la réalité humaine, a fait naître un
trésor spirituel dans lequel s’inscrit les 12 pastorales. Ces
pastorales, en réalité, constituent une action avec ce que cela
suppose d’engagement volontaire et de risque encouru, la
première tentation est celle de l’abstention. Au nom de quoi
agir, et de quel moyen disposer ? Justement nous avons les
cinq essentiels du livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 42-47)
pour faire grandir toutes les pastorales et leur permettre de
pérenniser.
Je souhaite qu’en 2021 tous les chrétiens catholiques de
notre île contribuent à la croissance des pastorales. Nous
avons les moyens pour y parvenir. Que Dieu soit avec nous.
Bonne et Sainte année !
R.P. Caleb-Yvon Miantuasila-Tonta, C.S.S.p
Délégué de l’Évêque à la Pastorale des groupes et mouvements de Spiritualité
C’est avec joie et simplicité de cœur que nous avons accueilli \
de Mgr David
Macaire la charge de Délégué épiscopal pour la Pastorale des groupes spirituels au niveau du Diocèse de la Martinique. En nous tournant vers tous les lecteurs d’Église en Martinique en général et, de façon particu-
lière, vers les personnes faisant partie de ladite pastorale, nous venons
vous présenter nos vœux les meilleurs pour l’année 2021.
Puisse le Seigneur vous bénir et vous protéger !
A tous et à chacun, je souhaite une année de paix avec
Dieu, soi-même et avec les autres ! Que le
Seigneur donne à tous les hommes de
Martinique, un cœur tendre et obéis -
sant, prompt à accueillir la volonté
de Dieu et celle du prochain comme
le cher fidèle Joseph !
Mon vœu le plus cher est que tous
les hommes et ministres institués
gardent le courage, la combativité, la
créativité, la dignité et la joie au travail.
A toute la Martinique, je souhaite une année
pleine de joie, de force, d'espoir et de foi en Jésus
Emmanuel : Dieu avec nous !
VŒUX DE PRÊ TRES POUR
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 11
Abbé Patrick Phanor ,
Accompagnateur du Comité Diocésain de la Musique Liturgique Abbé Emmanuel Chaulvet
Délégué de l’Évêque aux Pastorales des Jeunes et des Vocations
Abbé Sosthène Godjo
Délégué de l’Évêque de la Pastorale Padre Pio R.P. Patrick Acheampong, C.S.S.p
Délégué de l’Évêque au CDSC
« Que le Dieu de la paix lui-même
vous sanctifie tout entiers, et
qu’il garde parfaits et sans
reproche votre esprit, votre
âme et votre corps, pour
la venue de notre Seigneur
Jésus-Christ. » (1Th5, 23)
Chers amis, que la joie
demeure dans nos cœurs car, à
la crèche, le Seigneur manifeste
sa Miséricorde. Avec l’aide de la très
sainte Vierge Marie et de saint Joseph, relevons
le défi de la foi en soutenant les jeunes et les
vocations.
Joyeux Noël et Sainte Année 2021
dans la mouvance de l’Esprit Saint.
La naissance du Sauveur apporte une lueur inédite
dans les obscurités de cette année conjoncturelle
2020. Que toutes ses peines, calamités et
incertitudes soient plongées dans le sang
du Rédempteur. Et que la nouvelle année
2021 ravive notre espérance, notre foi et
notre charité et nous rapproche davantage
de la joie du Royaume.
Notre Santé dans toutes ses dimensions,
notre protection et notre secours restent dans
le Nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Aimons sans tarder.
Après des mois de détresse, d’anxiété ou
d’isolement, beaucoup attendent ce beau
moment de partage avec impatience : c’est
tout l’esprit de Noël. Gardons toujours la
confiance en Dieu. Dieu, à Noël, vient
réveiller l’espérance, la paix et l’Amour
en nous donnant son fils unique. Cette
confiance nous permettra de construire
un monde plus fraternel. En cette période
si particulière, la Pastorale Diocésaine de
la Solidarité et de la Charité vous adresse ses
meilleurs vœux pour cette nouvelle année ; qu’elle soit
placée sous le signe de l’Amour de la paix, de la justice et
de la solidarité.
Abbé Benjamin François-Haugrin Accompagnateur de l’OSPEM et du Réseau Zachée
En cette nouvelle année 2021, aux Équipes
du Rosaire de Martinique, à la région des Équipes du Rosaire Antilles-Guyane,
aux Équipes Notre-Dame, aux
membres de l’OSPEM, à CAP 170,
aux frères et sœurs du Réseau
Zachée et de S.T.S (Serviteurs,
Talents, Sainteté) qui découvrent
et approfondissent la doctrine
sociale de l’Église, à ADUliM
(Association pour le Développement
de l'Unité et la Liberté en Martinique) qui
œuvre pour le vivre ensemble en Martinique,
aux fidèles des paroisses du District Sud :
Tous, ensemble, devenons lumière des nations
(Is 49, 6) ! Dieu nous a élus, Jésus nous a
tout donné.
Bonne et sainte année à tous.
Chers amis choristes et musiciens de notre diocèse :
« N’ayez pas peur ! ». Comme le disait saint Jean-
Paul II le 22 octobre 1978, place Saint-Pierre :
« Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au
Christ, à sa puissance salvatrice, ouvrez les
frontières des États, des systèmes politiques
et économiques, les immenses domaines
de la culture, de la civilisation et du déve-
loppement ». Je rajouterais volontiers :
ouvrez grandes les vannes du chant et de la
musique afin que résonne le Gloria, l’Alléluia,
le Sanctus, en un mot la Gloire de Dieu.
Bonne année musicale et sanctifiante !
VŒUX DE PRÊ TRES POUR
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Abbé Crépin Hounza
Délégué de l’Évêque à la Pastorale de la Catéchèse Abbé Médard Kounoudji
Chancelier
Nous sommes en 2021 !
Je remercie Dieu et les familles pour ce
que nous avons vécu de beau dans les
difficultés de 2020. Pour la nouvelle
année 2021, mieux pour l’avenir,
je souhaite l’Espérance et la Vraie
Joie à travers le Mystère de Noël.
Que l’Éveil à la foi, la Catéchèse
et le Cheminement soient le lieu
de la redécouverte et de l’annonce
de la Joie du Christ ! Soyons Joyeux,
fraternels et compatissants dans l’annonce
de la Bonne Nouvelle à toutes les familles et à tout
le monde.
Meilleurs Vœux et Bonnes fêtes à tous,
surtout aux acteurs de la Catéchèse Familiale.
Nous avons survécu à 2020, non
pas à cause de notre jeune âge,
non parce que nous avons été plus
prudents, ou que nous sommes plus
résistants, non parce que Dieu nous aime plus que les autres
qui ne sont plus ; mais, parce que nous n’avons pas encore
accompli pleinement notre mission d’amour.
Profitons de cette nouvelle opportunité pour travailler à semer
le bien autour de nous à la maison, dans nos communautés,
dans nos cités et sur nos lieux de travail.
Sainte Année 2021 !
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 12
Chers sœurs et frères de notre diocèse. Nous sommes au début l’année 2021, une
période marquée par la souffrance, l’an -
goisse, le désenchantement et la peur de l’avenir face à la pandémie de la
Covid-19. Beaucoup aujourd’hui
veulent baisser les bras et tout lâcher.
Et pourtant avec Jésus qui vient, Il
faut au contraire tenir haut et ferme le
flambeau de l’Espérance pour qu’elle
brille dans la vie de toutes nos commu-
nautés.
C’est sur cette note que je me joins à la coordination des
PCE (Petites Communautés Ecclésiales) de quartier pour
souhaiter à tous les fidèles de notre diocèse de joyeuses
fêtes de fin d’année et une heureuse année 2021 !
R.P. Joseph-Pérald Rémy, C.S.S.p Délégué de l’Évêque pour les PCE
Abbé Alain Ransay
Délégué de l’Évêque à l’Éducation & à la Formation
Chers frères et sœurs dans le Christ, je
vous souhaite une année riche en
découvertes et en émerveillements
-un peu à la manière des petits
enfants qui découvrent le monde.
Nous le savons, tout n’est pas
facile, et nous ne sommes pas
touts puissants -cette année
écoulée nous l’a rappelé de façon
éloquente- Cependant, le monde
est beau et la vie est belle car notre
Créateur est beau et bon. Il a caché une
infinité « d’œufs de pâques » dans ce monde qu’il
nous appartient de découvrir. Je souhaite une bonne
et studieuse année au monde de l’éducation, et à tous
une sainte année 2021 !
R.P. Behn-Donnais Cherenfant, csv
Accompagnateur du Service Diocésain du Catéchuménat
Chers catéchumènes de toutes les paroisses et aumône-
ries de la Martinique,
Comment ne pas penser à vous en ces temps difficiles ?
comment ne pas vous envoyer une parole d’amour, de
paix et de joie à l’occasion de Noël et du Nouvel an ?
Malgré la crise sanitaire qui fragilise tout et qui vous
empêche de vivre de beaux temps de rencontre avec le
Seigneur par le chemin catéchuménal, le Seigneur n’a
pas dit son dernier mot : Il est en train d’agir en faveur de
chacun, chacune de vous. Il nous dit : « Gardez courage,
j’ai vaincu le monde ». Chers catéchumènes, ne
vous arrêtez pas en chemin, fixez vos regards sur celui qui est la vraie lumière et espérez
avec moi, Mme Yvonne Joseph, la responsable
diocésaine et vos animatrices et animateurs
de toutes les paroisses, des jours meilleurs en
2021. A l’occasion de Noël et du nouvel an,
prenons conscience avec le pape François que
« l’amour est, au fond, l’unique lumière qui illumine
sans cesse à nouveau un monde dans l’obscurité ».
Joyeux Noël et heureuse année 2021. Soyez Bénis !
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L
’Église catholique consacre de
nombreuses fêtes à la Vierge
Marie. Cela dit-il quelque chose
de la dévotion que nous devons avoir
pour elle ?
N. M. : Je me suis moi-même longtemps
posé la question, et nos frères protestants
pourraient la poser aussi : pourquoi
accorder à Marie une place qui semble
démesurée ? Pourtant, Marie tient de
plus en plus de place dans ma prière, et
je me dis que si Marie est si importante,
c'est qu'elle nous rend notre dignité
d'hommes et de femmes. Faisons un
détour par le livre de la Genèse, où
Dieu dans le jardin d'Eden donne à
profusion disant à l'homme qu'il peut
manger de tous les fruits du jardin, sauf
celui de l'arbre de la connaissance du
bien et du mal. Tout est donné, mais le
serpent vient susurrer à l'oreille d'Eve
que Dieu refuse à l'homme le droit d'être
heureux. Il vient mettre le doute dans
le cœur de l'homme sur la bonté de
Dieu. Au contraire d'Eve, Marie plonge
dans la confiance. Quand l'ange lui dit
« Réjouis-toi, Marie comblée de grâces,
le Seigneur est avec toi, tu vas mettre au
monde un enfant », bien sûr elle demande
« Comment cela va-t-il se faire ? »,
mais elle ne retire pas sa confiance à
Dieu. Par la suite, son fils lui en fera voir
de toutes les couleurs, disparaissant au
Temple à l'âge de douze ans, mourant
sur une croix… Toujours elle garde
confiance, et elle nous en rend capables,
restaurant ainsi notre dignité.
C'est pour cette raison qu'on l'appelle
la nouvelle Eve ?
N. M. : Oui, elle est la femme dont
Dieu r?ve depuis toujours ! Elle est ? la
premi?re en chemin ?, comme le dit un
tr?s beau chant, et non une femme ? part
que l'on met sur un pi?destal. C'est celle
qui me prend par la main et m'invite avec
elle ? oser la conance. [?]
Certains pensent qu'il faut bien
distinguer la prière à Jésus, qui est
la seule importante, et la dévotion
à Marie… Et que Marie ne doit pas
prendre la place de Jésus.
N. M. : Certes, mais regardez les statues
représentant Marie : elle n'est pas
montrée comme une mère possessive
qui garde son enfant contre elle. Bien au
contraire, elle est celle qui nous donne
Jésus. Marie est celle qui nous conduit
à son Fils. C'est elle qui nous enseigne
la foi la plus ajustée à son Fils.
Vous voulez dire qu'en passant par
Marie, vous avez redécouvert qui est
Jésus ?
N. M. : Elle m'a fait redécouvrir qu'il
est possible de donner sa confiance à
Dieu, de compter sur lui, de lui donner
carte blanche car je sais qu'il sait ce qui
est bon pour moi et que je ne serai pas
d??u. La joie que Dieu nous propose est
paradoxale car elle passe par la Passion,
elle emprunte un chemin pascal. Mais
au c?ur m?me de la souffrance, par
laquelle nous passons tous, Dieu est l?.
? R?jouis-toi, le Seigneur est avec toi
?, et personne ne pourra m'enlever la
pr?sence du Christ ressuscit? en moi.
L’Église a édicté sur Marie un certain
nombre de dogmes que les protestants
refusent, mais qui choquent parfois
aussi certains catholiques. Ce ne sont
pas pour vous des obstacles à la prière
mariale ?
N. M. : Bien sûr, un esprit cartésien du
XXI e siècle aura du mal avec le dogme de
l'Immaculée Conception. Les dogmes sont
à comprendre de l'intérieur. L'Immaculée
Conception ne signifie pas autre chose que
cette capacité que Marie a depuis toujours
à dire oui et à donner sa confiance. Marie
nous réconcilie avec cette part de nous-
mêmes qui est la plus belle, elle nous
invite à entrer sur ce chemin de confiance.
C'est ainsi que j'ai relu ce dogme.
Pour vous, pour nous, Marie est-elle
un modèle ? Devons-nous la suivre et
l'imiter ?
N. M. : C'est un chemin de foi. Elle me
dit que croire est possible, au-delà de
toute apparence.
Source : F. Nicolas Morin, directeur des Éditions
franciscaines. Propos recueillis par Sophie de
Villeneuve dans l’émission "Mille questions à la
foi" sur Radio Notre-Dame.
n
Réponse du F. Nicolas Morin, franciscain
Quel est le rôle de Marie pour nous ?
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 13
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 14
Qui e\bt-elle ? D’où vient-elle ?
Comment-e\bt-elle parvenue ju\bqu’à nou\b ?\l
T
out commence dans le haut
Moyen-Age dans le Royaume du
Roi Dagobert, par la découverte,
en 638, d’une statue en bois de la Vierge
dans une barque aux environs de
Boulogne-sur-Mer : c’est La Madone,
la Vierge à l’Enfant, tenant le petit Jésus
sur son bras gauche, autour de laquelle
se développe le pèlerinage de Notre-
Dame de Boulogne aussi célèbre que
les grands pèlerinages moyenâgeux ;
c’est aussi La Vierge Nautonière qu’on
vient saluer au retour de la pêche en
mer, et avant de partir à la Croisade pour
conduire le bateau à bon port !
La statue est détruite pendant la
Révolution ; mais les processions
continuent autour d’autres reproductions
de la Vierge de Boulogne. Pendant la
Seconde Guerre mondiale, quatre de
ces statues ont été ont été sauvegardées
à Lourdes.
C’est enfin, Notre-Dame du Grand
Retour, porteuse des espoirs de paix,
d’union, de pardon, et d’une vie meilleure :
de 1943 à 1948, elle regagne Boulogne.
De Lourdes, les quatre statues suivent
des itinéraires différents et donnent lieu
à des processions grandioses à travers la
France. Retour à la foi pour l’Eglise. Retour
à la paix pour la France débarrassée des
occupants nazis. Retour à la Liberté :
reviennent les prisonniers des camps
nazis et les travailleurs réquisitionnés
dans le STO (service du travail obligatoire
imposé par l’occupant allemand). Deux
des statues parviennent jusqu’aux
périphéries, en Corse et en Martinique.
« Et sur les habitants du pays de l’ombre,
une lumière a resplendi. (Isaïe 9, 1)
La Martinique n’est plus colonie, mais la
période de la Seconde Guerre mondiale
a aggravé les clivages raciaux et sociaux
créés par trois siècles de colonisation
et deux siècles d’esclavage : le monde
rural des mornes et des habitations,
marginalisé, vivote dans la pauvreté,
les citadins crient famine à côté d’un
port mal ravitaillé pendant quelques
cinq ans ! La Loi de 1946 d’assimilation
n’a apporté ni la paix, ni la prospérité
pour le peuple. La déception nourrit
la contestation des partis politiques
(socialistes, communistes…), et les
ouvriers agricoles qui revendiquent,
tombent sous les balles des forces de
l’ordre (fusillade du Carbet du 4 mars
1948).
Ici, le pèlerinage de Notre-Dame du
Grand Retour dure deux mois, du 6
mars au 6 mai 1948, au cours desquels
la statue parcourt toute la Martinique,
les communes du Nord en mars et
celles du Sud en avril. Nous avons été
les témoins directs de cet intermède
inédit : quelle mobilisation autour de
la Madone ! Quelle ferveur ! Quelle
communion ! Comment oublier la
retraite aux flambeaux, la descente
des gens des mornes sur le bourg de
Sainte-Marie pour la veillée de la nuit !
Comment oublier le spectacle de
Rivière-Pilote en ce soir d’avril : la statue
de la Madone émerge au-dessus d’une
foule compacte sur la place de l’église ;
des prières, des chants accompagnés de
la voie tonitruante de l’Abbé Croquet !
Une mobilisation qui se maintient
jusqu’à son terme, puisqu’à la clôture
sur la place de La Savane à Fort-de-
France, la foule est évaluée de 50 000
à 70 000 personnes de toutes races, de
toutes conditions.
Ce peuple qui se découvre uni, si
nombreux, tourné vers un intérêt
commun, crée l’inquiétude. Des
mauvaises nouvelles au lendemain
du pèlerinage alimentent les rumeurs :
l’avion Latécoère a disparu dans
l’Atlantique ; transportait-il la statue de
la Madone ainsi que tout l’argent récolté
avec elle ? Ne s’agirait-il pas d’une énorme
manipulation, une arnaque montée par
des békés pour voler l’argent du peuple ?
Par la suite, la réapparition de la statue
dans un entrepôt relance les accusations.
Néanmoins, l’Eglise de Martinique a
construit et restauré ses édifices. Elle
ne pouvait compter que sur ses fonds
propres du fait de la législation (Loi de
1905 sur la séparation des églises et de
l’Etat), sur les ressources limitées des
municipalités démunies ; mais en aucun
cas sur le Plan Marshall. La collecte
financière du pèlerinage et les dons des
fidèles ont constitué certainement un
appoint, notamment pour la construction
de l’église de Josseaud dont la patronne
est Notre-Dame du Grand retour, et qui
abrite la statue de la Madone.
« Avec l’Esprit Saint, il y a toujours Marie
au milieu du peuple. Elle est la Mère
de l’Eglise évangélisatrice… ». Pape
François, La joie de l’Evangile.
Yvette Farraudière,
Historienne
n
NOTRE-DAME DU GRAND RETOUR – MÉMOIRE BLES\nSÉE \bOSSIER
La madone rassemble
et conduit son peuple
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611 15
C
e sont nos aînés de 80 ans
et plus qui racontent avec
délectation, passion et
déception parfois, cette insolite
période de notre histoire religieuse.
Dans les années 1946/1947, une
statue appelée « Notre-Dame
de Boulogne » était en France
hexagonale transportée dans les
régions rurales, provoquant une
importante ferveur parce que
dispensant croyait-on, grâces,
guérisons et miracles à ceux qui
publiquement manifestaient leur
foi et leur reconnaissance.
Les hautes autorités de l’Eglise aux
Antilles Françaises décident alors
d’emboîter le pas à cette opération. Ils
préparent, organisent, mobilisent et
motivent la population martiniquaise,
l’apprêtant ainsi à recevoir Notre-
Dame de Boulogne, une vierge
rédemptrice, appelée la Madone ou
Notre-Dame du Grand Retour
.
Elle arrive le soir du 6 mars 1948, via
une mise en scène publiquement
et religieusement orchestrée : une
barque illuminée voguant dans la
baie de Fort-de-France emmène
progressivement cette statue sur
les rives de « La Française ». Des
pèlerinages s’en suivent alors dans
toute la Martinique, ils durèrent
trois mois.
Les témoignages recueillis ça et là
nous renvoient l’image d’une ferveur
immense indescriptible presque :
Les taxis pays arrivés de toutes les
communes débarquent en masse
des voyageurs dans Foyal ce jour-là.
La Savane, la Française, la Maison
du Sport, grouillent de monde. 50 à
70 000 personnes sont rassemblées
et toute la nuit chansons et prières
fusent. Les autorités coloniales ont
porté un soin particulier à l’éclairage
public afin de dimensionner en toute
solennité l’évènement. Un monde
incroyable habillé de blanc chantait,
priait, criait et pleurait avec ferveur,
et on donnait sans compter : pièces,
sous, billets, bijoux, montres,
bracelets, colliers, chaines forçat…
Et pendant trois mois, la Madone,
transportée de commune en
commune, provoquait le même
débordement de ferveur qui se
manifestait par dons de grande
ampleur et de toute nature.
« on s’arrêtait les bras en croix » ;
« si tu veux avoir des grâces il faut
aller sans chaussures ! » ; « infirmes
et aveugles entouraient la statue » ;
« les gens n’hésitaient pas à marcher
à genoux, ayant tellement envie
d’avoir des grâces » ; « les gens
montaient sur le bord du socle en
bois transportant la statue pour
embrasser la vierge » ; « j’ai vu une
mère astucieusement se glisser pour
venir en larmes mettre son bébé
dans les bras de la vierge ! » ; « dans
chaque commune les gens donnaient
argent et offrandes et chaque soir
on enlevait de la barque des sacs
d’argent » ; « il fallait voir ça, tout le
monde suivait la Madone, même les
blancs étaient dans la rue ».
Notre-Dame de Boulogne
la Madone la Josseaud
NOTRE-DAME DU GRAND RETOUR – MÉMOIRE BLES\nSÉE \bOSSIER
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611
NOTRE DAME DU GRAND RETOUR – LA MÉMOIRE B\nLESSÉE \bOSSIER
Lorsque fut découverte la
supercherie, car la statue sensée
repartir était dans les entrepôts
d’un hangar d’un béké de la place,
et que la catastrophe du Latécoère
surmultipliait les rumeurs, cette
immense ferveur s’était transformée
en immense déception qui blessa
profondément la mémoire religieuse
des Martiniquais, et ceci pour
longtemps.
Différents aspects en termes
de perspectives méritent d’être
soulignés.
Il s’agit d’une opération se déroulant
au lendemain de la seconde guerre
mondiale, période autour de
laquelle les autorités publiques
n’hésitaient pas à employer une
mise en condition massive des
populations. De notre point de vue,
les autorités de l’Eglise pensèrent
alors à travers une méthodologie
similaire à générer, au lendemain
des effroyables conséquences de
la seconde guerre mondiale, un
sentiment d’espérance.
A la Martinique, particulièrement
où l’on venait juste de sortir du «
tan wobè » au cours duquel les
gens des milieux populaires avaient
beaucoup souffert de la privation et
de l’humi-liation, la population était
donc psychologiquement
particulièrement disponible
pour l’adhésion à un vent
d’espérance. Ceci fut
allègrement exploité.
Mais les autorités ecclésiastiques de la
Martinique mirent au cœur
de l’orchestration d’un tel
évènement une caste, ce qui
fut une erreur historique
monumentale. Toute caste,
en effet, n’hésite nullement
à tourner le dos à l’intérêt général,
à amplifier les injustices, au profit
de la reproduction de sa mentalité
et de sa situation de rentiers.
Les évènements autour de la
chlordécone réactivant la mémoire
de ce comportement vient là encore
amplifier la légitimité des demandes
de réparation et la nécessité d’en
prendre la mesure.
Si la déception fut
immense, qui sera
d’ailleurs le point de
départ d’un substan -
tiel détournement
de la population
vers d’autres Eglises,
la catastrophe
du Latécoère fut
également inter-
prétée comme signe
du jugement de Dieu.
La catastrophe fut
reçue comme expres -
sion d’une malédic -
tion envers une telle
manœuvre préser -
vant par ailleurs la
fidélité d’une bonne
partie de l a population
envers son Eglise.
Soulignons, par ail-
leurs, la démarche de
justification a postériori
des autorités ecclésiastiques, la
construction à Rivière-Pilote de
l’église de Jossaud fonctionnant
comme une reconnaissance
inavouée de la défaillance morale
des initiateurs. Il y a aujourd’hui
nécessité d’amplifier une vaste
démarche pour initier sur des
bases plus saines, parce que plus
équitables, une dynamique du vivre
ensemble. Chaque groupe, chaque
catégorie se devant d’assumer la
part qui lui revient au nom de la
transmission et du renouvellement.
« Agir ensemble et se projeter
ensemble dans un devenir commun »,
tel est peut-être l’essentiel de la
leçon de l’événement que nous
venons d’évoquer.
Serge Domi, Sociologue n
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 20 décembre 2020 – n° 611
Denise,
paroisse du Vauclin
Man ka sonjé sa kon yè. Fo té wè sa wi ! tout
moun téka suiv Lamadòn.
Les pauvres comme les riches, même les blancs étaient
dans la rue. Il y avait une immense ferveur dans la population. Il y avait des gens qui marchaient à genoux dans la rue pour demander des grâces. Il y avait des guérisons, beaucoup de guérison, surtout des enfants. Les gens donnaient de l’argent, des offrandes. Chaque soir, on enlevait de la barque des sacs d’argent. Les églises restaient ouvertes toute la nuit.
Rosemonde,
paroisse de la Cathédrale
La Vierge est arrivée de la Guadeloupe le 6 mars 1948.
Fort-de-France était en fête avec des lumières et des fleurs
dans toutes les rues. Il y avait une grande foule qui attendait
l’arrivée de La Vierge dans la rade de Fort-de-France parce qu’on
nous avait dit qu’elle venait sauver le peuple martiniquais de tous
ses péchés et sa misère. A son arrivée, les gens étaient en délire. Une
même foi habitait les gens. Dans toutes les paroisses de la Martinique on
organisait des veillées de prière avec des chants, des confessions.
Avec ma cousine, on l’a suivie depuis Fort-de-France en passant par la
côte Caraïbe vers le Nord pour ensuite continuer vers le Sud. La ferveur
des gens était tellement forte que je ne peux même pas la décrire. Les gens
ont fait beaucoup de dons : de l’argent, de billets, des bijoux.
Le 6 mai 1948, c’est l’heure de lui dire au revoir, elle doit repartir pour
la France, c’est déchirant, tout le monde est venu lui dire au revoir et la remercier. On la voit partir sur la mer. On croit qu’elle est partie, mais en réalité elle se trouve dans un hangar à Sainte-Thérèse, et ce sont des dockers de la Compagnie qui la découvriront. C’est là que les milans et les questions commencent. Certains ont commencé à parler d’u\
ne grande escroquerie manigancée par l’Eglise et les békés. La vérité, je ne sais pas si un jour on la connaîtra.
Émilienne,
paroisse du Lamentin
J’ai 88 ans aujourd’hui, je m’en souviens comme si
c’était hier. J’ai eu 16 ans le 6 février 1948 et la Madone
est arrivée le 6 mars 1948. Man péké janmen bliyé sa. Les gens
marchaient vite dans les rues (falé pa ou té pri an pié yo hen !),
d’autres personnes courraient pour aller voir la Madone, les gens
étaient en effervescence. Ma maman m’a emmenée avec ma sœur
Yvonette cueillir des fleurs pour apporter à la Madone. Elle nous
disait : priyé Lamadòn pou zòt trapé an gras, pou zòt sòti dan lanmizè
mé zanfan ! Lorsqu’on l’a aperçue dans sa barque toute blanche, on
a eu le souffle coupé. Elle était tellement belle, et on mettait tellement d’espoirs en elle que j’ai senti que ma tête tournait. La barque était sur un chariot et on l'a suivie du Lamentin jusqu’au François en passant par le Morne Pitault. Sur le chemin, les gens lui jetaient de l’argent, des bijoux et des fleurs. Il y avait des gens qui pleuraient, certains criaient, d’autres qui chantaient.Au départ de la Madone pour la commune voisine, tout le monde chantait en pleurant : « Nous, nous serrons comme des frères autour de leur maman ; Nous sommes tes enfants. Garde-nous tous, toujours unis en tes bras maternels ; Garde-nous tous toujours unis d’un amour fraternel. »
Évanette,
paroisse de Josseaud
Man ni 94 zan. Man té ni 22 zan lè Lamadòn’ rivé Matinik.
Lamadòn’ sòti an bouk Larivièpilòt monté Lajoso. Té ni moun
épi sétout ki té ka suiv-li. Sa ki té an bòdaj chimen té ka tonbé
ajounou lè’y té ka rivé owa yo, épi yo té ka mété\
kò yo ka suiv
Lamadòn’ jik an chapèl Lajoso-a.
Sé labé Coquet ki té isi-a an tan ta-la. Nou tout té ka chanté :
Lamadòn Lajoso pa pléré, pa pléré. Epi labé Coquet té\
ka répété :
chantez, chantez plus fort. Nou té kontan pas Lamadèon’ té lakay nou é
jik jòdi i lakay nou toujou pas yònn dé lanné apré sa, no\
u kostwi légliz
Lajoso-a é sé li ki Sen patwon nou, é sé an légliz nou-an\
yo mété Notre
Dame du Grand Retour. I ka véyé anlè Lajoso. Lè’y té ka pati pou kité Matinik, man désann Fòdfwans apié pou wè’y té ka pati. A ! Sa té tris toubanman lè Lamadòn té ka pati. Tout moun té ka pléré. Men man wè’y té ka fè ti won-an pou’\
y alé Lakonpani. Apré moun rakonté i paté pati abò Latékoré kon yo té lé fè nou kwè-a, ki sé sé bétjé-a ki pran tout lajan-an, ki yo kouyònnen nou. Mwen men pa sav sa ki fèt anvérité. Sèl bagay mwen sav, sé nou ki ni Lamadòn’ épi nou Lajoso.
Anne-Marie, paroisse de Josseaud
Lè Notre Dame du Grand Retour rivé Matinik, man té ni 8 tan, men fo’w sav ki jan l\
ontan té
ka chayé ich yo bonnè an légliz. Notre Dame du Grand Retour sòti petit Bourg, i pasé pa Larégal. Manman mwen
mennen mwen Larégal wè Lamadòn’. Tout moun té kontan wè Lamadòn’. Sé moun-an té ka vréyé adan kann\
òt Lamadòn’-an
enpé lajan. Sa ki pa té ni lajan té ka vréyé bijou yo.
Le sanmdi oswè, tout moun ka résité chaplé-a dépi Larégal jiktan nou rivé Larivièpilòt ka s\
uiv Lamadòn’ apié. Lamadòn’ dòmi
Larivièpilòt épi le landèmen yo pòté’y an chapèl Lajoso-a. Moun, moun té ka suiv Lamadòn’ ! Lè’y rivé lachapèl-la, pèsònn pa té ké lévé
kité plas li pas i paté asiré twouvé’y apré. Moun té\
ka chanté dri kon pèwdri.
« Chez nous soyez Reine, nous sommes à vous ». Régnez en souveraine. Chez nous, Chez nous. Soyez la madone qu’on prie à genoux,
Qui sourit et pardonne, Chez nous, Chez nous. Épi labé Coquet té dèyè nou : «\
Chantez, chantez pour la Madone, mes enfants ! »
Sété ansèl tjè ! Nou kontan, nou ka viv ! Tout moun té ka ri ansanm. Paté ni piès zizani, tout moun té bien épi tout moun. Man pa sav kouman pou di sa, men lè nou té pran : « Vous êtes notre Mère, Portez à votre Fils la fervente prière de vos enfants chéris » ;
vwa sé moun-an té ka monté ankò plis ; mwen té ni linpré\
syon nou té ka fòmé ansèl moun. Sa té bèl, lafwa té\
ka mennen nou. Nou té ni an chant’. Sété prèmié pawas ki té ni chant’-li a lépòk. Yo té ka kriyé’y Émil Bodis. Sé li ki té ka fè nou c\
hanté. Misié-a té ni yan vwa dann’ ! Nou té ka chanté : « Lamadòn Lajoso pa pléré, pa pléré ».
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NOTRE-DAME DU GRAND RETOUR – MÉMOIRE BLES\nSÉE \bOSSIER
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? Question
AN TJÈ
LÉGLIZ-LA
‘‘
Que veut dire pour toi l’Epiphanie ?
‘‘
L’Epiphanie est pour moi une fête joyeuse aussi impor -
tante que Noël car Jésus est venu pour le monde juif et
pour l’univers entier. Les mages se mettent en marche
à la lumière de l’Etoile pour rechercher le Christ. Ils sont en joie en trouvant
Jésus et sa mère Marie. Ils se prosternent devant Jésus et l’adorent. Ils lui offrent
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Ceci est un exemple à suivre afin de donner le Sauveur au monde qui en a besoin.
Nous chrétiens, nous adorons Jésus à l’Eucharistie qui s’offre à nous en nourris-
sant nos âmes. Jésus est, par la foi, l’étoile de nos âmes qui ne cesse de se faire
connaître pour nous aider à préparer notre vie éternelle pour le voir face à face.
L’Epiphanie est la manifestation de la lumière pour les nations, et également du Salut donné aux
hommes. Elle n’est pas enfermée uniquement dans l’histoire juive, mais dans celle de toutes les
nations avec leurs particularités propres. Le message de l’amour prôné par le Christ est universel
et s’intègre à toutes les traditions et civilisations. Il s’agit d’établir un dialogue avec l’Evangile afin que le message
puisse être explicité, et que chacun l’entende suivant son propre univers. Aussi, il convient de voir comment Jésus nous
rejoint dans la vie de tous les jours. Cette rencontre libère et rend capable de faire de sa vie une offrande. La rencontre
se fait par les sacrements de la foi, par l’écoute de la Parole de Dieu, par le témoignage des autres, et aussi en se mettant
gratuitement au service. Il est nécessaire qu’à l’image des mages, chacun puisse réaliser une démarche de conversion, et
se mette en route pour adorer. Que chacun offre sa vie en reconnaissant que Jésus est le Berger de l’humanité de Dieu.
Devenons des vrais chercheurs de Dieu. Comment faire pour le trouver ? L’unique géolocalisation est la prière.
Manifestons notre communion à la suite de l’unique Pasteur ! Marchons à son école ! Faisons de notre vie une étoile.
Soyons étoile les uns pour les autres ! Leila Fitte Duval Paroisse de Saint- Joseph
Père Jean Michel Monconthour
Guilaine,
parent de 3 e A L’épiphanie symbolise
pour moi la venue du Messie incarné
qui reçoit la visite des rois mages.
Incarnation de Dieu qui s’offre à
l’humanité entière. La lumière qui
guide les rois mages rappelle que le
salut est pour tous. Ils s’abaissent
devant l’enfant Jésus qu’ils
reconnaissent comme leur roi, leur
sauveur et leur Dieu. Leurs cadeaux
symbolisent la royauté, la divinité
et la mort. L’épiphanie est avant
tout ce don offert, cette lumière qui
nous guide, cette nécessaire humilité
pour m’ajuster à la volonté de Dieu
et répondre à ses desseins dans ma
vie. Avec ce partage autour de la
galette, cette joie d’être réunis, cette
chaleur familiale, cette espérance et
les nouvelles résolutions de début
d’année.
Dominique
Beaunol-Zozor , Paroisse du
Morne-Rouge
L’épiphanie est d’une part la manifestation de l’enfant
Jésus aux rois mages qui ont suivi l’étoile leur annonçant
la naissance du roi des juifs et, d’autre part l’annonce du
déroulement de la vie de Jésus. La révélation de Dieu à toute
l’humanité est symbolisée par ces mages venus de divers continents.
A travers Jésus dans la crèche, Dieu c’est-à-dire l’Amour se manifeste à nous.
Dans notre société, l’accent est mis sur les galettes avec de nouveaux p\
arfums
chaque année. Je n’en disconviens pas, elles sont délicieuses.
Mais nous devons nous recentrer sur l’Amour qui se révèle à nous, pour que
nous puissions, « demeurer en lui et lui demeurer en nous ».
Christine Lasco
paroisse de Saint Christophe
Propos recueillis par Nicole Chesimar
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MEDIAS
Dimanche 10 janvier 2021
Équipe du Rosaire : les mystères d'un succès ? Rediffusion
Pour quelles raisons ce mouvement de laïcs a-t-il été fondé dans les années 50 ? Comment ces petits groupes de prières
à la maison se sont multipliés au fil des années jusqu’à réunir aujourd’hui plus de 80 000 membres ? Pour quelles
raisons ces équipes connaissent-elles un tel succès dans nos diocèses d‘Outre-mer ? Pour y répondre, le frère François-
Dominique Forquin, aumônier national est l’invité de Dieu m’est témoin cette semaine. A ses côtés Jeannette Vitalien.
Présente également, connectée depuis Petit-Bourg en Guadeloupe, Daria Couvin la responsable des Equipes pour le
département. Institutrice à la retraite, elle nous racontera comment elle a intégré les TKL (Ti Kommunauté Legliz) et a
lancé une équipe du Rosaire.
Dimanche 17 janvier 2021
Grâce ou grâces ? Rediffusion
Qu’est-ce que la grâce ? Comment recevoir ce don de l’esprit, porte vers le Salut ? Pourquoi certains chrétiens posent-
ils des conditions pour l’obtenir ? La grâce de Dieu est-elle différemment perçue selon que l’on est protestant ou
catholique ? Des questions passionnantes, fondamentales et difficiles, que Dieu m’est témoin pose cette semaine.
Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45 , sur Martinique 1 ère.
L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr
99.5 - 101.3 et 105.1 MHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr
E g lise
en MARTINIQUE
LeChrist r?gne : et les chrétiens ?
N° 594REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €24 NOVEMBRE 2019
Hommage au p?re Filopon
Lire toute la Bible en une ann?e (suite)
Qui soutient votre engagement ?Questionnaire de l'Avent
E g lise en MARTINIQUE
B onne décennie !
2020-2030
N° 597REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE — 2,00 €5 JANVIER 2020
Hommage au p?re Filopon
Programme de Radio Saint-LouisUn chr?tien peut-il utiliser les mots
vulgaires quand tout le monde le fait ?Centenaire du 14 janvier Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE
FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon,
accompagné de votre règlement à :
Eglise en Martinique
Boîte Postale 586
97207 FORT de France CEDEX
E g lise
en MARTINIQUE
Nom : ........................................................................\
...............................................................................................................
Prénom : ........................................................................\
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.....
Mail : ........................................................................\
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Oui,
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MARTINIQUE 40
GUADELOUPE 44
GUYANE 44
FRANCE et ?tranger 50
Page 20
Refrain
Là ou foisonne la violence,
tout brûler n’est d’aucun secours il reste une dernière chance : ajouter l’amour à l’amour
car les fils de la paix sont heureux à jamais !
À l’amour‚ à la vie !
1. Tous ceux qui ont écrit l’histoire Autrement qu’avec des fusils
Font plus de bruit dans nos mémoires Que les larmes et les cris,
Ou les chants de victoire.
A l’amour, à la vie !
A l’amour, à la vie !
2. Ceux qui désarment la colère Avant qu’elle tourne à la folie,
Déclarent la guerre à la guerre Et la paix se construit
Lentement pierre à pierre…
Car les fils de la paix sont heureux à jamais. 3. Des hommes gardent leur sourirePour d’autres qui les injurient.La loi du Talion se déchire Avec sa tyrannie.
Il est temps de se dire…
A l’amour, à la vie !
A l’amour, à la vie !
(Mannick/Lebrun/ADF-Musique)
