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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 29 décembre 2024 – n° 692
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EGLISE UNIVERSELLE
U
n ange du Seigneur, enveloppé de
lumière, illumine la nuit et annonce
la bonne nouvelle aux bergers : «
Je vous annonce une grande joie, qui sera
celle de tout le peuple : aujourd'hui, dans
la cité de David, un Sauveur vous est né,
qui est le Christ Seigneur » (Lc 2, 10-11). Au
milieu de la stupéfaction des pauvres et du
chant des anges, le ciel s'ouvre sur la terre :
Dieu s'est fait l'un de nous pour nous rendre
semblables à Lui, Il est descendu parmi
nous pour nous relever et nous ramener
dans l'étreinte du Père.
Cela, sœurs et frère, est notre espérance.
Dieu est l'Emmanuel, Il est Dieu avec nous.
L'infiniment grand s'est fait petit ; la lumière
divine a brillé à travers les ténèbres du
monde ; la gloire du ciel est apparue sur
terre. Et comment ? Dans la petitesse d'un
Enfant. Et si Dieu vient, même lorsque notre
cœur ressemble à une pauvre mangeoire,
alors nous pouvons dire : l'espérance
n'est pas morte, l'espérance est vivante,
et elle enveloppe notre vie pour toujours !
L’espérance ne déçoit pas.
Sœurs et frères, avec l'ouverture de la Porte
Sainte, nous avons inauguré un nouveau
Jubilé : chacun de nous peut entrer dans
le mystère de cette annonce de grâce. C'est
la nuit au cours de laquelle la porte de
l'espérance s'est ouverte au monde ; c'est la
nuit au cours de laquelle Dieu dit à chacun :
il y a de l'espérance pour toi aussi ! Il y a de
l’espérance pour chacun d'entre nous. Mais
n'oubliez pas, sœurs et frères, que Dieu
pardonne tout, Dieu pardonne toujours.
N'oubliez pas cela, c'est une manière de
comprendre l'espérance dans le Seigneur.
[…]
En regardant comment souvent nous nous
installons dans ce monde, en nous adaptant
à sa mentalité, un bon prêtre écrivain priait
ainsi pour Noël : « Seigneur, je te demande
un peu de tourment, un peu d'agitation,
un peu de remords. À Noël, je voudrais
me trouver insatisfait. Content, mais aussi
insatisfait. Heureux à cause de ce que Tu
fais, insatisfait à cause de mon manque
de réponses. Enlève-nous, s'il te plaît, nos
fausses paix et mets une branche d'épines
à l'intérieur de notre “mangeoire” toujours
trop pleine. Mets dans nos âmes le besoin
de quelque chose d’autre » (A. Pronzato, La
Novena di Natale). Le désir d'autre chose.
Ne restez pas immobile. N'oublions pas
que l'eau stagnante est la première à se
corrompre.
L'espérance chrétienne est précisément
ce « quelque chose d'autre » qui nous
demande d’avancer « sans tarder ». À
nous, disciples du Seigneur, il est en effet
demandé de trouver en Lui notre plus
grande espérance et de la porter sans
tarder, comme des pèlerins de la lumière
dans les ténèbres du monde.
Sœurs, frères, c'est cela le Jubilé, c'est
le temps de l'espérance ! Il nous invite
à redécouvrir la joie de la rencontre
avec le Seigneur, il nous appelle à un
renouveau spirituel et nous engage à
transformer le monde, afin que ce temps
devienne vraiment un temps jubilaire :
qu'il le devienne pour notre mère la
Terre, défigurée par la logique du profit
; qu'il le devienne pour les pays les plus
pauvres, accablés de dettes injustes ;
qu'il le devienne pour tous ceux qui sont
prisonniers des anciens et des nouveaux
esclavages.
À nous, à nous tous, incombe le don et
l'engagement de porter l'espérance là où
elle a été perdue : là où la vie est blessée,
dans les attentes trahies, dans les rêves
brisés, dans les échecs qui brisent le cœur
; dans la lassitude de ceux qui n'en peuvent
plus, dans la solitude amère de ceux qui
se sentent vaincus, dans la souffrance qui
laboure l'âme ; dans les longues journées
creuses des prisonniers, dans les chambres
étroites et froides des pauvres, dans les
lieux profanés par la guerre et par la
violence. Porter l’espérance là, semer
l’espérance là.
Le Jubilé s'ouvre pour que soit donnée à
tous l'espérance, l’espérance de l'Évangile,
l'espérance de l'amour, l'espérance du
pardon.
Et revenons à la crèche, regardons la crèche,
regardons la tendresse de Dieu qui se
manifeste sur le visage de l'Enfant Jésus,
et demandons-nous : « Y a-t-il dans notre
cœur cette attente ? Y a-t-il dans notre cœur
cette espérance ? [...] En contemplant la
bonté aimante de Dieu qui surmonte nos
méfiances et nos peurs, nous contemplons
aussi la grandeur de l'espérance qui nous
attend. [...] Que cette vision d'espérance
illumine notre chemin de chaque jour »
(C. M. Martini, Omelia di Natale, 1980).
Ma sœur, mon frère, en cette nuit, c'est pour
toi que s'ouvre la « porte sainte » du cœur
de Dieu. Jésus, le Dieu-avec-nous, est né
pour toi, pour moi, pour nous, pour chaque
homme et chaque femme. Et tu sais ? Avec
Lui, la joie fleurit, avec Lui la vie change,
avec Lui l'espérance ne déçoit pas.
François n
Solennité de la nativité du Seigneur
Ouverture de la porte sainte
et messe de la nuit de Noël
Début du jubilé ordinaire
Mardi 24 décembre 2024