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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 26 janvier 2025 – n° 6944
EGLISE UNIVERSELLE
C
hers frères et sœurs, bonjour !
Je voudrais dédier cette catéchèse
et la suivante aux enfants
et réfléchir sur le fléau du travail des
enfants.
Aujourd'hui nous savons regarder vers
Mars ou les mondes virtuels, mais nous
avons du mal à regarder dans les yeux
un enfant qui a été laissé en marge et
qui est exploité et abusé. Le siècle qui
génère l'intelligence artificielle et conçoit
des existences multi-planétaires n'a pas
encore pris la mesure du fléau de l'enfance
humiliée, exploitée et mortellement
blessée. Pensons à cela.
Tout d'abord, nous nous demandons :
quel message l'Écriture Sainte nous donne-
t-elle sur les enfants ? Il est curieux de
constater que le mot qui revient le plus
dans l'Ancien Testament, après le nom
divin de Jahvé est le mot ben, c’est-à-dire
“fils” : près de cinq mille fois. « Des fils
(ben), voilà ce que donne le Seigneur, des
enfants, la récompense qu'il accorde »
(Ps 127, 3). Les enfants sont un don de
Dieu. Malheureusement, ce don n'est pas
toujours accueilli avec respect. La Bible
elle-même nous emmène dans les rues
de l'histoire où résonnent les chants de
joie, mais aussi les cris des victimes. Par
exemple, dans le livre des Lamentations,
nous lisons : « La langue du nourrisson
assoiffé colle à son palais ; les petits enfants
réclament du pain, mais nul ne leur en
donne » (4,4) ; et le prophète Nahum,
rappelant ce qui s'est passé dans les
anciennes villes de Thèbes et de Ninive,
écrit : « ses petits enfants eux-mêmes
ont été massacrés à tous les carrefours »
(3,10). Pensons au nombre d'enfants qui,
aujourd'hui, meurent de faim et de misère,
ou qui sont déchiquetés par les bombes.
Même sur Jésus nouveau-né, la
tempête de la violence d'Hérode éclate
immédiatement, massacrant les enfants
de Bethléem. Un drame profond qui se
répète sous d'autres formes dans l'histoire.
[…]
Dans sa vie publique, Jésus prêchait
dans les villages avec ses disciples. Un
jour, des mères s'approchèrent de lui
et lui présentèrent leurs enfants pour
qu'il les bénisse, mais les disciples les
réprimandèrent. Alors Jésus, rompant
avec la tradition qui ne considérait l'enfant
que comme un objet passif, appelle les
disciples et dit : « Laissez les enfants
venir à moi, et ne les empêchez pas, car
le royaume de Dieu est à ceux qui leur
ressemblent ». Il désigne ainsi les petits
comme un modèle pour les adultes. Et il
ajoute solennellement : « Amen, je vous le
dis : celui qui n’accueille pas le royaume de
Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera
pas » (Lc18,16-17).
Dans un passage similaire, Jésus appelle
un enfant, le place au milieu des disciples
et dit : « Amen, je vous le dis : si vous ne
changez pas pour devenir comme les
enfants, vous n’entrerez pas dans le
royaume des Cieux » (Mt 18,3). Puis il
avertit : « Celui qui est un scandale, une
occasion de chute, pour un seul de ces
petits qui croient en moi, il est préférable
pour lui qu’on lui accroche au cou une de
ces meules que tournent les ânes, et qu’il
soit englouti en pleine mer » (Mt 18, 6).
Frères et sœurs, les disciples de Jésus-
Christ ne devraient jamais permettre
que les enfants soient négligés ou
maltraités, qu'ils soient privés de leurs
droits, qu'ils ne soient pas aimés et
protégés. Les chrétiens ont le devoir de
prévenir sérieusement et de condamner
fermement la violence ou les abus à
l'encontre des enfants.
Aujourd'hui encore, en particulier, trop
d'enfants sont contraints de travailler.
Mais un enfant qui ne sourit pas, un enfant
qui ne rêve pas ne pourra pas connaître
et faire éclore ses talents. Partout dans
le monde, il y a des enfants exploités
par une économie qui ne respecte pas la
vie ; une économie qui, ce faisant, brûle
notre plus grande réserve d'espoir et
d'amour. Mais les enfants occupent une
place particulière dans le cœur de Dieu,
et quiconque fait du mal à un enfant devra
Lui en rendre compte.
Chers frères et sœurs, celui qui se
reconnaît enfant de Dieu, et en particulier
celui qui est envoyé pour porter aux
autres la bonne nouvelle de l'Évangile,
ne peut rester indifférent ; il ne peut
accepter que les petites sœurs et les petits
frères, au lieu d'être aimés et protégés,
soient privés de leur enfance, de leurs
rêves, victimes de l'exploitation et de la
marginalisation.
Demandons au Seigneur de nous ouvrir
l'esprit et le cœur au soin et à la tendresse,
afin que chaque enfant grandisse en âge,
en sagesse et en grâce (cf. Lc 2,52), en
recevant et en donnant de l'amour. Je
vous remercie ! ■
Catéchèse. Les plus aimés du Père. 1
PAPE FRANÇOIS
Audience générale
Salle Paul VI Salle Paul VI
Mercredi 8 janvier 2025